19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 00:39
Vidéo sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
diffusée par Tepco le 17 août 2011, publiée par Cryptome sur YouTube et par Kna enfin en version sous-titrée française.
Durée : 6 minutes 09.
 

 
 
 
Présentation de la vidéo en 28 scènes : document Tepco pdf (122 Ko)
 
doctepco
 
 
 
A défaut de contrôler les coriums qui se font la malle, Tepco maîtrise la communication.
L’entreprise diffuse une vidéo d’« information » sur ce qui se passe dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : le message, en gros, c’est « tout va bien, on assure, et les ouvriers sont bien traités, voyez par vous-mêmes ». Bien sûr, le directeur de la centrale n’oublie pas de s’excuser auprès des habitants de la région de Fukushima pour l’anxiété et les inconvénients causés par l’accident.
 
Rien sur la contamination du sol au plutonium, rien sur les vapeurs hautement radioactives… c’est désespérant.
Et la cerise sur le gâteau, c’est le message final :
 
 “We will make our utmost effort to bring the situation under control and enable evacuees to return to their homes as soon as possible.”
Masao Yoshida,
General Manager
Fukushima Daiichi Nuclear Power Station
 
"Nous allons faire tout notre possible pour ramener la situation sous contrôle et permettre aux personnes évacuées de retourner chez elles aussi vite que possible."
Masao Yoshida,
Directeur Général
Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Quelle folie de vouloir autoriser la population à retourner vivre dans des territoires contaminés !
 
 
 
 
____________________________
 
Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :
 
Plan de la centrale
Photos de la mesure d’une radioactivité élevée
Vidéo Arnie Gundersen
Video réacteur 1 (robot)
Photos réacteur 3 et 4 (soutènement piscine)
Albums sur Fukushima
Reportage NHK sur la contamination
 
Vidéo de la visite du bâtiment du réacteur n°2
Plan de l’unité 2
Vidéo du bâtiment 3
Plan de l’unité 3
Retour sur la visite des experts de l’AIEA du 22 mai au 2 juin 2011.
 
Shéma : plan du niveau technique de l’unité 4
Photos : piscine de l’unité 4
Album : photos prises par un liquidateur
Vidéo : reportage sur Fukushima et Tchernobyl
 
Photos : les systèmes de décontamination de l’eau
Schéma : fuite du corium dans le sol
 
Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2
Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur
 
Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA
 
Photos : réacteur 4
Webcam Tepco : enregistrements sur youtube
Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale
 
Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4
 
Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi
Webcam de la centrale par Tepco
 
Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi
 
Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi
 
Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4
Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots
 
Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Photos : tous les clichés fournis par Tepco
Vidéo : zone interdite
 
Webcam de la centrale par Weather Online
 
Vidéos : survol des réacteurs avec des drones
Vidéos : des robots filment au sol
 
Photos : les 15 séries de photos de Cryptome
 
Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth
 

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 03:18
Depuis le début de l’accident, la centrale de Fukushima Daiichi n’a jamais cessé de produire de la vapeur. Elle provient des piscines de refroidissement des combustibles usés et des réacteurs arrosés en continu pour refroidir les cœurs nucléaires. Or par nature, la vapeur d’eau est un gaz totalement invisible. On sait que de la vapeur s’échappe dans l’atmosphère uniquement parce qu'elle se condense en fines gouttelettes au contact d’un air froid. Elle se transforme alors en quelque chose de visible : un brouillard.
 
Ceux qui observent les images fournies par la webcam de Tepco connaissent bien ce phénomène : on n’aperçoit ces brouillards au dessus de la centrale qu’à certaines heures, et spécialement la nuit, lorsque la température baisse ou que les vents du Pacifique apportent soudainement un air froid venant du large.
 
C’est pourquoi durant les jours d’été, quand il fait chaud, on ne la voit pas forcément. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y en a pas. En fait, en augmentant le contraste de certaines photos ou vidéo, on peut mieux mettre en évidence ce dégagement de vapeur, par exemple avec cette photo, tirée d’une série  donnée par Lucas Whitefield Hixson.
 
Fukushima_Daiichi_May_12th_2011_4_23_pm_CST.jpg
 
 
Mais les faits qui suivent sont de nature différente, car la vapeur semble provenir d’ailleurs. La vidéo de la nuit du 4 août montre par exemple d’énormes dégagements de vapeur, accompagnés d’effets lumineux. Cette séquence a été vue plus de 100 000 fois sur YouTube. C’est dire si elle est impressionnante.
 
On voit des lumières intenses se dégager à droite de l’écran, et beaucoup de brouillard. Certains ont interprété cet événement comme l’incendie de la piscine commune de combustible usé, car ces lumières sont dans sa direction. En effet, cette piscine est située derrière le réacteur 4, à une cinquantaine de mètres à l’ouest, donc à la droite des réacteurs sur l’image de la webcam.
 
Or, il faut savoir que la piscine commune a été visitée par l’AIEA le 27 mai dernier. On peut la voir dans une vidéo faite à l’occasion, et dont la photo suivante est tirée.
 
common spent fuel fuku
 
 
On peut constater au passage que cette piscine n’est pas en bon état : sa bordure est défectueuse, peut-être des dégâts dus au tsunami ou au tremblement de terre. En fait, sous ces 3000 m3 d’eau calme reposent plus de 1000 tonnes de combustible usé (6375 assemblages exactement selon les sources officielles, soit plus de 400 000 crayons d’uranium-plutonium). Cette piscine est donc un lieu très sensible, car il ne faut pas qu’elle perde son eau. Si c’était le cas, le combustible s’échaufferait et pourrait finir par brûler, ce qui provoquerait une pollution radioactive sans précédent. Mais pour l’instant, Tepco n’a pas signalé de fuite d’eau au sujet de cette piscine, donc tant que le combustible est immergé complètement, il ne peut pas s’échauffer. Il semble donc qu’il faille chercher d’autres raisons à ces lumières.
 
En fait, les projecteurs utilisés pour éclairer les réacteurs sont très puissants. Si la lumière rencontre une nappe de brouillard, elle va être très atténuée car dispersée par chaque gouttelette, et elle formera un halo de lumière. Songez par exemple aux phares de voiture que vous ne voyez qu’au dernier moment dans le brouillard, ou aux halos lumineux au-dessus des villes la nuit.
 
Dans la vidéo, on distingue bien des halos au-dessus de l’emplacement des projecteurs. Pourquoi ces halos changent-ils d’aspect comme s’il s’agissait d’un incendie ? Tout simplement parce que le brouillard semble avoir des intensités très changeantes. On peut expliquer ce phénomène par des jets de vapeur qui pourraient provenir du sol non loin de ces projecteurs, ou alors directement des réacteurs 2, 3 et 4. Il faut aussi garder à l’esprit que cette vidéo est accélérée (on visionne 1 heure en seulement 3 minutes) et que les effets sont ainsi accentués.
 
Des jets de vapeur provenant du sol ont en effet été signalés par des travailleurs qui sont quelquefois obligés d’évacuer temporairement les lieux (source). Car c’est de la vapeur radioactive.
 
    Ce brouillard ne viendrait pas cette fois-ci de l’océan, mais bien de la vapeur abondante qui sortirait des antres de la centrale. Un corium en est vraisemblablement responsable. D’autant plus qu’il semble être actif (réaction nucléaire en cours) puisque l’on trouve du Neptunium-239 à 38 km à l’ouest de la centrale (source). Cet élément radioactif est en effet un pur descendant de l’activation de l’uranium 238. Très instable ‒ le Neptunium-239 a une période de 2,4 jours ‒ il se transforme rapidement en Plutonium-239. Or, qui dit réaction nucléaire, dit fort dégagement de chaleur. Si le corium a atteint la nappe phréatique, c’est normal que de la vapeur soit produite en quantité et s’échappe par la moindre faille, fissure, cavité ou tuyau qu’elle rencontre dans le sol.
 
S’il s’avère que c’est dû au corium, il continuera de produire de la vapeur radioactive encore pendant longtemps, empêchant parfois la présence de l’homme sur le site, et retardant les travaux de façade. Et en hiver, il est probable que l'on ne puisse plus apercevoir la centrale car l'air froid continuel pourrait provoquer un brouillard permanent.
 
 
Autre vidéo avec apparition subite de brouillard : 10 jours plus tard, le 14 août, la « vapeur » s’est encore manifestée, cette fois-ci en plein jour.
 

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 02:12
Les savants japonais sont-ils devenus fous ? Quelques-uns d’entre eux au moins semble-t-il ! Alors que le plutonium est un produit très dangereux, ils ont un discours minimisant sa haute radio-toxicité.
 
La dernière vidéo de Tokyo Brown Tabby rassemble les interventions de trois chercheurs japonais affirmant, sur la télévision nationale, que le plutonium n’est pas plus dangereux que ça. Les deux premiers sont intervenus à la télévision après l’accident du 11 mars 2011 pour assurer au public qu'il n'y avait rien à craindre du plutonium. Le troisième intervenait en 2005 lors d’un débat sur le MOX. Et, parlant d’un éventuel accident nucléaire : « Vous parlez de la probabilité d'un événement improbable »… Sans commentaire.
 

 

 
 
version française de kna60 : http://www.youtube.com/watch?v=DHfVJ_4kHss
 
   


Les trois « Plutonium Brothers » sont :
 
1) Tadashi Narabayashi
Professeur en génie
Université de Hokkaido

2) Keiichi Nakagawa
Professeur agrégé en radiologie
Université de Tokyo Hôpital

3) Hirotada Ohashi
Professeur en innovation de système
Université de Tokyo

 
 
Transcription de la vidéo
(original en anglais ici)

Tadashi Narabayashi
Professeur en génie
Université de Hokkaido
(Dans l’émission de TV Asahi "Sunday Scramble", le 3 avril 2011)

TN : Eh bien, la moitié des hommes adultes meurent s'ils ingèrent 200 grammes de sel. Avec seulement 200 grammes. Toutefois, la dose létale par voie orale de plutonium-239 est 32g. Donc, si vous comparez la toxicité, le plutonium, lorsqu'il est ingéré, n'est pas très différent de celle du sel. Si vous inhalez ça dans vos poumons, la dose létale sera d'environ 10 milligrammes. C'est à peu près le même que le cyanure de potassium. Cela semble effrayant, mais le fait est que le plutonium n'est pas différent du cyanure de potassium. Certaines toxines, comme le bacille du botulisme, cause un empoisonnement alimentaire beaucoup plus dangereux. La dioxine est encore plus dangereuse. Donc, sauf si vous mettez le plutonium en poudre et le respirez ....

MC : Personne ne ferait cela.

TN : En outre, le plutonium peut être arrêté par une simple feuille de papier. Le plutonium est transformé en combustibles nucléaires dans les installations avec de bonnes mesures de protection, vous n'avez donc pas besoin de vous inquiéter. 


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Keiichi Nakagawa
Professeur agrégé en radiologie
Université de Tokyo Hôpital
(Dans l’émission de Nippon TV, "News every", le 29 mars 2011)

KN : Par exemple, le plutonium ne sera pas absorbé par la peau. Parfois, vous l'ingérez par voie alimentaire, mais dans ce cas, la plupart du temps il ira dans l'urine ou les selles. Le problème survient lorsque vous inspirez. L'inhalation de plutonium augmente le risque de cancer du poumon.

MC : En quoi cela affectera notre vie quotidienne ?

KN : En rien.

MC : En rien?

KN : En rien. Pour commencer, ce matériau est très lourd. Ainsi, contrairement à l'iode, il ne sera pas dispersé dans l'air. Les travailleurs de l'usine pourraient être touchés. Alors, je devrais être prudent. Mais je ne pense pas que le public devrait s'inquiéter. Par exemple, il y a 50 ans, quand je suis né, la quantité de plutonium était 1000 fois plus élevée que maintenant.

MC : Oh, pourquoi ?

KN : A cause des essais nucléaires. Donc, même si le montant a maintenant augmenté quelque peu, en fait, c'est encore beaucoup moins qu'avant. Toutefois, si elle est libérée dans l'océan par les rejets d’eau, c'est un problème. Une fois dehors, le plutonium ne diminue guère.

MC : Il faut 24 000 années avant qu'il décroisse de la moitié, c’est ça ?

KN : C'est exact. Donc, en ce sens, le plutonium est problématique. Mais là encore, il n'y aura aucun effet sur le public. Je pense que vous pouvez dormir tranquille.

MC : « Laissez-moi résumer :le plutonium ne sera pas absorbé par la peau S’il est ingéré par voie alimentaire, il sortira du corps dans l'urine S’il est inhalé, il peut augmenter le risque de cancer du poumon. Mais comme il est très lourd, nous n'avons pas besoin de nous inquiéter. "

 
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"La quantité de plutonium était 1000 fois plus élevée il y a 50 ans." Si la demi-vie du plutonium est de 24 000 ans, comment peut-il n'en rester qu'un millième après 50 ans ? 

 

Vous voulez dire la quantité dans l'air ? Mais n'avez-vous pas dit que le plutonium est trop lourd pour se disperser dans l'air ? ...

 

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Hirotada Ohashi
Professeur à l'innovation du système
Université de Tokyo
(Lors d'un débat à la préfecture de Saga le 25 décembre 2005, concernant l'utilisation du MOX à la centrale nucléaire de Genkai)

MC : Dr Ohashi, s'il vous plaît.

HO : Je tiens à souligner deux choses. Ce qui se passe dans un accident [nucléaire] dépend entièrement de vos hypothèses. Si vous considérez que tout se briserait et tous les matériaux à l'intérieur du réacteur seraient complètement libérés dans l'environnement, alors nous aurions toutes sortes de résultats. Mais c'est comme discuter de ce qui se passerait si une météorite géante tombait.  Vous parlez de la probabilité d'un événement improbable.

Vous pouvez penser que c'est un gros problème, si un accident survient dans le réacteur, mais les experts nucléaires ne pensent pas que les dispositifs de confinement vont se rompre. Mais les gens anti-nucléaires se disent : « Comment savez-vous cela ? ». Des explosions d'hydrogène ne se produiront pas et je suis d'accord, mais leur argument est "Comment savez-vous cela?"

Alors, dès maintenant à l'examen de la sécurité, nous supposons que chaque situation est techniquement possible. Par exemple, telle ou telle partie se briserait, le plutonium serait libéré comme ça, alors il serait arrêté là ... quelque chose comme ça. Nous avons mis la barre haute et supposons toujours que même le rayonnement de niveau supérieur serait libéré et nous faisons des calculs.

Cela peut être très difficile pour vous de comprendre ce processus, mais nous le faisons. Pour comprendre à quel point la contamination pourrait se répandre, nous analysons la base de notre hypothèse de ce qui pourrait se produire. Toutefois, le public interprète ça comme quelque chose qui va se produire. Ou les anti-nucléaires vont le prendre dans un mauvais sens et pense que nous faisons une telle hypothèse comme si elle allait devoir se passer. Nous ne pouvons pas avoir de discussions avec de telles personnes.

Une autre chose est la toxicité du plutonium. La toxicité du plutonium est très exagérée. Les experts de la santé traitant des dommages par le plutonium appellent cette situation « toxicité sociale ». En réalité, il n'y a rien d'effrayant dans le plutonium. Si, dans un cas extrême, les terroristes pourraient prendre du plutonium et le jeter dans un réservoir qui fournit l'eau du robinet. Ensuite, ce seraient des dizaines de milliers de gens qui meurent ? Non, ils ne mourraient pas. Pas une seule personne probablement ne mourrait. Le plutonium est insoluble dans l'eau et serait expulsé rapidement du corps, même s’il était ingéré avec de l'eau.

Donc, ce que M. Koide dit est que si on prend des particules de plutonium, une par une, que l’on ouvre vos poumons et que l’on y mette les particules de plutonium profondément, alors beaucoup de gens vont mourir. Un pur fantasme qui n'arriverait jamais.

Il dit essentiellement que nous ne pouvons pas conduire une voiture, nous ne pouvons pas monter dans un train, parce que nous ne savons pas ce qui va arriver.

MC: "Je vous remercie beaucoup."


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Pluton-kun (Little Plutonium Boy)
Personnage mascotte de la Corporation pour le développement de l’énergie nucléaire (maintenant Agence japonaise de l'énergie atomique)

Imaginons que quelques méchants viennent me jeter dans un réservoir. Je ne suis pas seulement difficile à dissoudre dans l'eau, mais aussi difficile à être absorbé par l'estomac ou les intestins, et finalement je vais être rejeté par le corps. Donc je ne peux pas réellement tuer des gens.

Mais il arrive si souvent que les méchants prennent une petite chose et le transforment en un gros mensonge pour menacer les gens.

(Légende)
Regarde, nous avons été dupés. Le plutonium n'est pas dangereux ! Nous ferions mieux de demander à ces trois de boire ça pour prouver que ce n’est pas dangereux. Puis nous nous sentirons en sécurité, n'est-ce pas? S'il vous plaît les médecins, le feriez-vous pour nous?

 
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Pour connaître réellement les dangers du plutonium :
Autre article de ce blog sur des thèmes associés :
 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 14:55
- Plan de la centrale de Fukushima Daiichi : ça peut toujours servir pour comprendre les différents évènements qui peuvent y survenir.
 
 
plan centrale fukushima daiichi
 
Source et plus d’infos ici
 
 
- Mesure de radioactivité élevée dans la centrale : 3 photos (source Tepco) montrant le lieu exact, la prise de mesure par un employé, et l’image des rayonnements gamma
 
 
lieu mesure radioactivite
 
raiations hautes 1aout2011
 
radioactivite visible
 
(source : Tepco et ici)
 
Commentaire : rien n’a changé depuis Tchernobyl, on envoie toujours des gens au casse-pipe pour prendre des mesures extrêmement fortes sans protection appropriée !
 
30Prelevementtchernobyl Employés pratiquant des mesures
 sur le corium de Tchernobyl.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Arnie Gundersen donne son analyse au sujet de cette haute radioactivité (vidéo en anglais) :
 
 
 
- Réacteur 1 : vidéo de la visite d’un robot le 2 août 2011 à l’intérieur du bâtiment de l’unité 1. Voyez comme l’image se dégrade à la fin, quand il rencontre un endroit particulièrement radioactif (5 Sievert/h).
(Mise en ligne par blackpointyboots)
 
video robot 

 
source originale :
 
 
- Réacteur 3
Ce photo-montage, réalisé à partir d’une vidéo par Lucas Whitefield Hixson, donne une vision reconstituée d’une partie de ce qui reste du toit et des équipements de l’unité 3 (source).
image reconstituée lucas
 
 
 
- Réacteur 4
Fin des travaux de soutènement (piliers, injection de béton) de la piscine de combustible (images Tepco) : ouf !
Rappel du contenu de cette piscine : 264 tonnes de combustible (source)
Donc il y a davantage de tonnes de combustible dans cette piscine que dans les trois cœurs fondus réunis, ça valait le coup de la consolider !
 
110730 1
 
110730 2
 
110730 3
 
travaux piscine 4
 
 
 
- Photos de Tepco et autres sur Fukushima rassemblées en albums par la communauté Facebook « Japon 11 Mars 2011 & conséquences »
albums
 
 
 
 
- Vidéo-reportage
 
 

 
 
C'est un reportage en anglais réalisé par la chaîne japonaise NHK sur la contamination dans la région de Fukushima : « Nucléaire : collaborer pour créer une carte des retombées radioactives de contamination ».
 
Cette vidéo de 90 minutes montre la réalité de la situation à ce jour au Japon.
Un sous titrage est possible en français avec la touche (cc) en visionnant directement sur youtube.
 
Extrait d’analyses de séquences de ce reportage par CréAriane, sur le site Inspiration Japon
15 min 50 s : comparaison des graphiques : on voit ensuite qu'à même distance de la centrale, suivant que l'on est au nord ou au sud, le taux de césium est multiplié par 15.
32 min : on assiste à la fin d'un élevage de poules créé en 1950, l'éleveur n'est plus approvisionné en aliments pour son élevage, les livreurs ne viennent plus par peur des radiations.
34 min 45 s : à Akogi, un endroit où des personnes de Namie ont été déplacées, la radioactivité dans l'air est de 80 µS/h.
Dans le bâtiment où vivent les "réfugiés", on mesure 20 µS/h dans l'air. Mr Kimura les informe que le taux moyen de radioactivité auquel une personne est exposée dans des conditions normales est de 0,06 µS/h. Ces personnes, lorsqu'elles sont à l'extérieur, sont donc exposées à des taux 1000 à 1200 plus importants que la normale.
Une dame dit qu'ils étaient inquiets de rester à Iitate, Mr Kimura leur précise qu'actuellement, le taux de radiation est trois fois moins important à Iitate qu'ici -----> stupéfaction des "réfugiés", décision de partir.
44 min 40 s : Mr Okano a fait des relevés à partir d'avril avec une caméra spécialement équipée qui filme les lieux, enregistre la radioactivité en temps réel (materialisée sur l'image par la barre du bas), effectue des analyses spectrales (pour detecter quels radioéléments sont présents). Il remarque que les radiations sont 20 fois moins importantes à Namie qu'à Akogi. Il est même surpris par un taux "si faible", à 8 km de la centrale.
La relation est faite entre les lieux les plus touchés (notamment Akogi et Iitate), les vents dominants, les chutes de neige et les "explosions" successives à Fukushima.
1h 09 min : le 19/04 le Ministère de l'Education a relevé le seuil d'exposition annuel des enfants à 20 mS/an, ce qui correspond à 4 fois la dose communément admise pour les travailleurs du nucléaire.
Le seuil maximal pour les terrains de sport scolaire est fixé à 3,8 µS/h. En cas de dépassement, les élèves ne doivent pas y faire plus d'une heure d'activité par jour.
1h 11 min : Retirer la surface de sol serait un moyen de faire baisser la radioactivité. A Koriyama, à 60 km de Fukushima, on retire 3 cm de terre sur le terrain de sport, on divise ainsi par 2 le taux auxquel les enfants seront exposés.
Les masses de terre sont évacuées vers une décharge à Kozu, ce qui soulève la révolte des habitants. La terre contaminée, ne trouvant aucun lieu de stockage, revient donc sur le terrain de sport et sera stockée là recouverte d'une bâche.
1 h 27 min : la cartographie complète réalisée par messieurs Okano et Kimura est dévoilée. Pour l'établir, ils ont parcouru environ 3000 km.
 
Voir plus de contenus écrits de cette vidéo ici :

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 10:03
anim corium1Cette page est la deuxième partie de l’article
« Le corium de Fukushima ».
Pour revenir à la première partie, cliquer ici :
 
   
 
Sommaire
 
Le corium de Fukushima
 
partie 1 : description et données
1. Définition du corium
2. Matière de tous les extrêmes
3. Quand le corium de Fukushima s’est-il formé ?
4. Combien de tonnes de combustible ont fondu ?
5. Aspect et composition du corium
6. Progression du corium
 
partie 2 : effets et dangers
7. Que se passe-t-il quand le corium rencontre du béton ?
8. Que se passe-t-il quand le corium rencontre du métal ?
9. Que se passe-t-il quand le corium rencontre de l’eau ?
10. Que veulent dire les termes « Melt-down », « Melt-through » et « Melt-out » ?
11. Possibilité de contenir le corium
12. Dangers du corium

 
7. Que se passe-t-il quand le corium rencontre du béton ?
Au contact du corium, le béton se vitrifie puis se décompose et ce, de plus en plus vite au fur et à mesure de l'augmentation de la masse qui s’accumule au même endroit. Un béton siliceux a un point de fusion à 1300°C. Un corium à 2800°C le transforme ainsi en divers gaz et aérosols : chaux vive (CaO), silice (
SiO2), eau et gaz carbonique, mais aussi monoxyde de carbone et hydrogène qui peut être produit en de grandes quantités à cette occasion.
La chaux vive, à l’état solide, réagit habituellement avec l’eau en produisant de la chaleur et de la chaux éteinte (Ca(OH)
2). Il est probable que des phases de condensation de la chaux entretiennent ainsi la chaleur du corium.
Du tellure est aussi relâché au fur et à mesure de la décomposition du tellurure de zirconium.

Tous ces produits, entre autres, se mélangent donc et interagissent continuellement, alimentant l’énergie du magma.
L'interaction corium-béton comme celui du bouclier inférieur de Fukushima Daiichi produit une fulgurite au point d'attaque, c'est-à-dire que le béton se vitrifie et forme un tube ‒ dont la structure cristalline est proche de celle des céramiques ‒ et se désolidarise du reste de la masse de béton car sa structure moléculaire est différente. Ensuite cette fulgurite, d'un diamètre de quelques centimètres à quelques dizaines de cm selon la masse de corium, peut servir de conduit pour le reste de la masse en fusion. La structure moléculaire des fulgurites procure à celles-ci une faible conductivité thermique et de ce fait, le reste de la masse de béton ne peut pas ou plus agir comme dissipateur thermique.

405px-Graphic TMI-2 Core End-State Configuration8. Que se passe-t-il quand le corium rencontre du métal ?
Il y a peu de métaux qui résistent à des températures de 2500 à 3000°C. De plus, ces métaux sont rares et ne possèdent pas les propriétés mécaniques de l’acier. C’est pourquoi les cuves des réacteurs sont toujours fabriquées en acier. Tout va bien si la température est maîtrisée. Mais en cas de panne du système de refroidissement, la cuve peut subir de graves dommages causés par la montée de la température et de la pression. Le point de fusion du fer étant à 1538°C, on peut comprendre pourquoi une cuve ne résiste pas longtemps à un corium puissant comme celui de Fukushima.

Par ailleurs, dans une atmosphère inerte, l'alliage argent-indium-cadmium provenant des barres de contrôle produit du cadmium. En présence d'eau, l'indium forme les instables oxydes d'indium et hydroxyde d'indium qui s'évaporent et forment un aérosol. L'oxydation de l’indium est inhibée par une atmosphère riche en hydrogène. Le césium et l'iode des produits de fission volatiles réagissent pour produire l'iodure de césium, qui se condense aussi sous forme d'aérosols.
Le bain de corium est donc un milieu multiconstituant et multiphasique (liquide, solide, gaz) dont la composition et les propriétés physiques évoluent constamment au cours de ses interactions avec les éléments de son environnement.

9. Que se passe-t-il quand le corium rencontre de l’eau ?
L’eau est « craquée » à partir de 850°C par thermolyse, ce qui signifie qu’elle subit, à cause de la chaleur, une réaction de décomposition chimique en deux éléments : l’oxygène et l’hydrogène. Dans le même temps, l’eau subit une radiolyse, qui est le « craquage » de la molécule d’eau par la forte radioactivité, en donnant des radicaux libres d’hydrogène et d’hydroxyde. Dans les deux cas, en expérimentation, on constate autour du corium la formation d’une bulle de gaz formée d’hydrogène, d’oxygène et de vapeur, plus ou moins importante suivant la quantité de corium, son activité et sa température. De ce fait, l'eau n’est jamais vraiment en contact avec la masse en fusion.
La radiolyse et la thermolyse participent à la perte d'énergie du corium sur le long terme mais pas à un refroidissement à proprement parler, sauf à partir du moment où le corium a perdu son état de criticité.
 
 
vapeur 
 du réacteur 1
 (début juin 2011)
 
 
 
 
 
 
 
10. Que veulent dire les termes « Melt-down », « Melt-through » et « Melt-out » ?
On rencontre parfois ces mots dans les articles concernant la fonte des cœurs de réacteurs nucléaires. Ce sont des mots anglais qui n’ont pas d’équivalents en français.

« Melt-down » (ou « Meltdown ») est un terme général faisant référence à la fusion d'un cœur de réacteur nucléaire à la suite d'un grave accident nucléaire. Lors de cet évènement, les barres de combustible fondent et s’effondrent sur elles-mêmes. Si le refroidissement n’est pas rétabli suffisamment tôt, elles se retrouvent dans le fond de la cuve sous la forme d’un corium.

Le « Melt-through » est la suite logique du « Melt-down ». Suite à la fusion du cœur d’un réacteur nucléaire et du percement de la cuve, ‒ le met-through de la cuve du réacteur peut prendre de quelques dizaines de minutes à plusieurs heures ‒ le corium peut poursuivre son avancée en traversant le fond de l’enceinte de confinement. S’il n’est pas étalé, refroidi ou piégé dans une cavité prévue à cet effet, il arrive finalement à perforer la dalle de béton de base du réacteur.

 

 
Animation du ministère de l’Industrie du Japon sur le Melt-through dans un réacteur du type de Fukushima.
 
 
 
Le « Melt-out » correspond à la phase finale de cet accident majeur. Le combustible fuit à l’extérieur des différentes barrières de confinement des réacteurs, soit la cuve du RPV et l’ampoule du Drywell : il atteint le sol géologique, continue sa descente ‒ plus ou moins rapidement selon la nature du terrain ‒ et diffuse une forte radioactivité dans l’environnement. Il est probable que l’on doive ce nouveau mot à Hiroaki Koide, de l’Université de Kyoto, car l’expression semble apparaître pour la première fois dans un article rapportant ses propos. Ce phénomène est aussi connu sous le nom de « syndrome chinois », en référence à des travaux évoqués pour la première fois par le physicien Ralph Lapp en 1971 (7), mais surtout à un film catastrophe sorti quelques jours avant l’accident de Three Mile Island. A ce propos, il est peu probable que le corium puisse rejoindre le magma, et de toute manière impossible qu’il puisse dépasser le noyau terrestre.

11. Possibilité de contenir le corium
Comme le souligne la
synthèse R&D relative aux accidents graves dans les réacteurs à eau pressurisée : Bilan et perspectives (2006, IRSN-CEA), « il n’est pas possible, sur la base des résultats des essais réalisés (…), de conclure actuellement quant à la possibilité de stabilisation et de refroidissement d’un bain de corium en cours d’ICB [interaction corium-béton] par injection d’eau en partie supérieure. Les progrès dans ce domaine sont malaisés du fait des difficultés technologiques (effets de taille, ancrage de croûte, représentativité du mode de chauffage, …) auxquelles se heurte la réalisation d’essais en matériaux réels à une échelle suffisamment grande. »
Donc pour ce qui concerne le corium, l’arrosage des réacteurs de Fukushima est bien une mesure de pis-aller. En fait, l'eau apportée n'est pas destinée à refroidir l'ensemble du cœur initial mais à maintenir en place le corium résiduel. Celui-ci, dont la masse réduite n’engendre plus de criticité, peut en effet être refroidi.

 
corium irsn video3 Vidéo d’un corium 
 contenu dans un creuset : 
 expérience du CEA 
 diffusée par l’IRSN
 
 
 
 
 
 
Le pire des cas serait un corium qui s’engouffrerait ou s'enfermerait dans le béton ou le sol, ce qui non seulement offrirait la meilleure forme possible pour conserver son intégrité, augmenterait le nombre de neutrons récupérés, mais en plus, la masse deviendrait, de facto, inaccessible, ce qui le rendrait impossible à refroidir.
C’est ce cas de figure qui semble se produire actuellement à Fukushima pour au moins l’un des réacteurs (n° 1). D’où l’idée de construire une enceinte souterraine qui limiterait la dissémination de la radioactivité dans le sol. Mais Tepco, entreprise privée exsangue, ne paraît pas être pressée de protéger l’environnement car ce projet, s’il était soumis aux actionnaires, ne serait sans doute pas accepté car trop coûteux.
Lors de l’accident de Tchernobyl, les Soviétiques n’avaient pas hésité à construire une dalle de béton sous le réacteur pour empêcher la descente du corium. Pourquoi les Japonais n’ont pas fait la même chose ? Peut-être à cause du coût, peut-être à cause de la présence de l’eau, peut-être parce que c’était trop tard ?
 
12. Dangers du corium
Les dangers du corium sont nombreux et vont s’inscrire malheureusement dans la durée. D’où l’absence de communication de Tepco sur le sujet…
 
 Explosion-centrale-Fukushima.jpg   Le premier danger est la formation d’hydrogène. On connaît bien le danger de ce gaz qui a provoqué les explosions dans bâtiments des 4 premiers réacteurs au cours des premiers jours de la catastrophe. C’est ainsi que l’hydrogène, l’élément le plus simple et le plus abondant de l’univers, est aussi le gaz le plus redouté dans l’industrie nucléaire.
Or le corium, une fois constitué, continue à en fabriquer. On a vu plus haut comment : en craquant l’eau par thermolyse et par radiolyse, mais aussi lors de la vaporisation du béton. C’est pourquoi Tepco injecte régulièrement de l’azote dans les réacteurs, afin d’atténuer les effets explosifs de l’hydrogène en présence d’oxygène. Une nouvelle explosion pourrait être catastrophique, car les bâtiments ont déjà beaucoup souffert ‒ en particulier le n° 4 dont la structure est devenue instable ‒ et les piscines de combustible usé sont perchées à plus de 20 mètres de hauteur. Ce serait donc véritablement un désastre si l’une d’elle venait à lâcher.
 
Le deuxième danger est précisément la faculté qu’a le corium de fragiliser le béton. Dans le cas où il y a Melt-through, le corium le traverse sans problème, mais son action va avoir une conséquence sur la solidité des fondations : lors du refroidissement de la fulgurite, il se produit un changement de phase qui a la particularité de produire une forte augmentation de volume ; ainsi les parois de béton en contact, mais désolidarisées mécaniquement des fulgurites, sont détruites par effet de compression. On peut donc s'attendre, avec le refroidissement du bouclier inférieur dans les mois à venir, à une destruction d'éléments massifs de la structure en béton de soutènement, ce qui pourrait avoir plusieurs effets négatifs : fragilisation des bâtiments réacteurs et apparition de failles supplémentaires où l’eau hautement radioactive utilisée continuellement pour le refroidissement pourrait s’échapper dans l’environnement, accentuant la pollution.
 
Un troisième danger a longtemps été évoqué dans les premières semaines de la catastrophe : la possibilité d’une explosion de vapeur. Le corium, dans sa descente souterraine, pourrait rencontrer une masse d’eau qui, sous la chaleur du magma, la transformerait immédiatement en vapeur qui, avec la pression engendrée, provoquerait une énorme explosion si l’eau n’est pas dans un milieu ouvert. C’est ce que redoutaient déjà les soviétiques à Tchernobyl ; pour éviter ce grave danger, ils avaient vidé la piscine de suppression de pression avant que le corium ne l’atteigne. A Fukushima, on peut se demander si le même scénario ne s’est pas produit car le 4 avril, Tepco a commencé à vider 11 500 tonnes d’eau. Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, annonçait à l’occasion : « Nous n'avons pas d'autre choix que de rejeter cette eau contaminée dans l'océan comme mesure de sécurité » (8). Quant au porte-parole de Tepco, il pleurait en annonçant la nouvelle. Pleurait-il parce qu’il déversait de l’eau faiblement radioactive dans la mer ou parce qu’il savait que le corium allait définitivement être perdu ? Dans cette hypothèse, le corium (de quel réacteur ?) aurait mis plus de trois semaines pour atteindre les sous-sols de la centrale.
 
Quant à la possibilité de rencontrer brutalement une masse d’eau naturelle, cela est peu probable. En effet, une nappe phréatique n’est pas un lac souterrain, mais une masse d’eau répartie dans le sol entre les éléments le constituant. Si le corium traverse cette nappe, il ne rencontrera pas suffisamment d’eau à la fois pour provoquer une explosion. Cela provoquera en revanche des jets de vapeur, voire des geysers, qui pourront apparaître n’importe où à la surface, passant dans les failles et les interstices du sol. Et cela constitue le quatrième danger, celui de la contamination de l’environnement. L’eau, au contact avec le corium, se charge d’uranium, de plutonium, de cobalt, de césium, etc. à des niveaux extrêmement élevés et se trouve donc fortement contaminée. Si elle parvient à sortir de terre, la pollution se propagera dans l’atmosphère sous forme de vapeurs, de gaz ou d’aérosols radioactifs. Si la vapeur se condense dans le sol, elle polluera irrémédiablement le sol, et les radionucléides rejoindront inévitablement la nappe phréatique.
 
Un autre grand danger, le cinquième, est celui que le corium rencontre la nappe aquifère en relation avec la mer. Après tout, les réacteurs ne sont situés qu’à 200 mètres du rivage, et les sous-sols des bâtiments réacteurs sont clairement en dessous du niveau de la mer, comme cela apparaît dans un plan du METI (Ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie). Donc si un corium a réellement traversé le radier, il s’est probablement trouvé en contact avec un niveau géologique en relation avec l’océan, car la centrale est construite sur des roches sédimentaires de type « grès », assez perméable à l’eau car souvent fracturé. Or, une contamination continue de la mer durant des dizaines d’années pourrait créer des dommages considérables pour l’ensemble du littoral oriental de l’archipel.
 
coupe centrale meti
 
 
 
On a aussi également beaucoup parlé dans les forums d’un risque d’explosion nucléaire, hypothèse qui a été reprise dans quelques articles. Le terme d’« explosion nucléaire » avait déjà été employé de manière incorrecte dans les médias pour des explosions d’hydrogène. En fait, dans une centrale nucléaire, une explosion n’est pas forcément nucléaire. En revanche, une explosion d’hydrogène dans une centrale nucléaire rejette de la radioactivité dans l’environnement. Même s’il reste de grandes interrogations sur la nature des explosions de l’unité 3, il ne faut pas faire d’amalgame.
En octobre 1999, un accident de criticité a eu lieu au Japon à Tokaï-Mura : lors d’une phase de mélange de composants, le dépassement de la masse critique d’uranium enrichi avait déclenché un « début d'explosion atomique » (9). Pour autant, les défenseurs de l’énergie nucléaire ont toujours affirmé qu’une centrale nucléaire ne pouvait pas exploser comme une bombe atomique. Il y a du vrai et du faux. Une explosion nucléaire implique un emballement de la réaction en chaîne. Or cet emballement peut être plus ou moins important. Quand il est important, c’est que le combustible est très pur et très enrichi. On ne rencontre ça que dans une bombe. Dans une centrale nucléaire en fonctionnement normal, le combustible peut être sujet à un emballement suite à une erreur de manipulation ou une panne du système de refroidissement, mais il ne donnera jamais une explosion atomique du type bombe A car l’environnement, les taux et la nature des combustibles ne le permettent pas. En revanche, cet emballement, même minime, peut conduire à une explosion nucléaire ‒ sixième danger ‒ mais à des niveaux d’énergie comparable à celle des explosions conventionnelles, c’est-à-dire des millions de fois plus petite qu’une explosion nucléaire militaire (10).
 
En outre, il reste encore une grande inconnue, c’est le comportement des différents coriums engendrés par la catastrophe du 11 mars. Ils ont chacun des masses et des compositions différentes, selon ce qu’il y avait au départ dans chaque réacteur et ce qu’ils ont « mangé » sur leur passage. La modélisation de l’activité de coriums d’une aussi grande masse n’a jamais été réalisée, et l’accident de Fukushima devient une « expérience », sauf que cette expérience se fait et se fera dans un milieu non confiné aux dépens de la population japonaise au premier chef, mais aussi de la population mondiale puisqu’elle est partie pour durer des dizaines d’années. L’idée défendue par le milieu nucléaire de se servir du retour d’expérience de Fukushima pour réaménager le parc nucléaire mondial existant est donc un leurre puisque l’on ne connaîtra réellement ce qui s’est passé que dans des décennies. D’où l’utilité de réclamer en urgence un moratoire sur l’emploi de l’énergie nucléaire, au moins pour les centrales les plus vieilles, afin de ne plus prendre le risque d’une telle catastrophe.
 
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(7) LAPP (Ralph E.), “Thoughts on nuclear plumbing”, The New York Times, 12 déc. 1971, p. E11.

(8) Source : « Fukushima : 11.500 tonnes d'eau radioactive à la mer », Le Figaro, 5 avril 2011.
 
(9) Source : « Tokaï-Mura.1999 : Un accident de criticité au Japon », site La radioactivité.com
 
 
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Phebus.jpgEn France, il existe un laboratoire spécialement conçu pour étudier le corium : le Laboratoire d’études du corium et du transfert des radioéléments (LETR, anciennement LEPF). Celui-ci fait partie du Service d'études et de modélisation de l'incendie, du corium et du confinement (
Semic) de la Direction de prévention des accidents majeurs (DPAM). Situé sur le centre de recherches de Cadarache, dans sud-est de la France, il est dirigé par Didier Vola.
L’étude du corium en fusion est donc en lui-même un domaine de recherche : des programmes d’essais sont organisés : MASCA (thermochimie du corium), FOREVER, ou VULCANO (écoulement du corium), LHF (percement de la cuve), QUENCH (renoyage du corium), ainsi que tous les tests portant sur le refroidissement du corium hors cuve. Voici quelques liens pour ceux qui veulent approfondir le sujet :

 

http://www-lgit.obs.ujf-grenoble.fr/users/peyrotm/documents/rapportCEA.pdf
http://gsite.univ-provence.fr/gsite/Local/sft/dir/user-3775/documents/actes/Congres_2007/communications/134.pdf
http://ethesis.inp-toulouse.fr/archive/00001391/
http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/aktis-lettre-dossiers-thematiques/RST/RST-2005/Documents/F5RST05-3.pdf
http://www.sar-net.org/upload/s2-presentationoverviewcoriumbonnet.pdf
http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/Formation_recherche/Theses/Theses-soutenues/DPAM/Documents/2010-these-introini.pdf
http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/Publications_documentation/BDD_publi/DSR/SAGR/Documents/rapport_RetD_AG_VF.PDF

 

http://article.nuclear.or.kr/jknsfile/v41/JK0410575.pdf
http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/outils-scientifiques/Codes-de-calcul/Pages/Le-systeme-de-logiciels-ASTEC-2949.aspx

 

http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/34/36/71/PDF/These-C-Journeau.pdf

 


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Articles sur le corium
(et en particulier les excellents articles de Trifouillax de Gen4) :
Corium (Wikipédia)
A quoi ça ressemble le corium ? (radioprotection eklablog).
Album photo sur le corium de Tchernobyl
(Site de Philippe Hillion).
 
 
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Mise à jour sur cet article :

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 00:35

corium irsn video3Corium : c’est le mot tabou de Tepco. Pourquoi l’entreprise responsable de la plus grande catastrophe nucléaire au monde n’en parle jamais ? Tout simplement parce que c’est la matière la plus dangereuse jamais créée par l’homme, une sorte de magma incontrôlable et ingérable, aux conséquences incommensurables. Étant donné que beaucoup d’informations contradictoires circulent sur cette matière rare et mal connue, cet article va essayer de faire le point des connaissances actuelles.

On ne communique pas beaucoup sur le sujet dans le milieu du nucléaire, sauf entre experts. En effet, c’est la bête noire du monde de l’atome, car cette matière n’existe qu’en cas d’accident grave. Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011 ont produit chacun leur corium. Si l’on connaît aujourd’hui les coriums des deux premiers accidents cités, on ne sait pas grand-chose de celui de Fukushima, car il faudra attendre des années avant que celui-ci ne se refroidisse et que l’on puisse l’approcher. Pour autant, on peut essayer d’évaluer sa nature, son action et ses conséquences.

Pour réaliser cet article, j’ai tiré beaucoup d’informations du forum technique de Radioprotection Cirkus. Merci donc à tous les contributeurs de ce forum, avec une mention particulière pour Jansson-Guilcher, et évidemment à Trifouillax qui a initié ce
fil d’info très instructif. Pour des raisons techniques liées au blog, cet article a été séparé en 2 parties consultables sur deux pages différentes.

 

 

 

 

 Version téléchargeable de l'article entier au format pdf (taille 400 Ko)

 

Traduction de l'article en espagnol par Edgar Ocampo, sur le site Crisisenergetica

http://www.crisisenergetica.org/article.php?story=20110912233505679.

 

 

 

MàJ : Cet article comprend des imperfections. La lecture de cette mise au point sur le corium, éditée ultérieurement, est recommandée : Corium, le point 

 

 

 

 


Sommaire

 

Le corium de Fukushima

 

partie 1 : description et données
1. Définition du corium
2. Matière de tous les extrêmes
3. Quand le corium de Fukushima s’est-il formé ?
4. Combien de tonnes de combustible ont fondu ?
5. Aspect et composition du corium
6. Progression du corium

 

partie 2 : effets et dangers
7. Que se passe-t-il quand le corium rencontre du béton ?
8. Que se passe-t-il quand le corium rencontre du métal ?
9. Que se passe-t-il quand le corium rencontre de l’eau ?
10. Que veulent dire les termes « Melt-down », « Melt-through » et « Melt-out » ?
11. Possibilité de contenir le corium
12. Dangers du corium

 

 


corium irsn video21. Définition du corium
Le corium est un magma résultant de la fusion des éléments du cœur d'un réacteur nucléaire. Il est constitué du combustible nucléaire (uranium et plutonium), du gainage des éléments combustibles (alliage de zirconium) et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact (barres, tuyauteries, supports, etc.). Le terme « corium » est un néologisme formé de core (en anglais, pour le cœur d'un réacteur nucléaire), suivi du suffixe ium présent dans le nom de nombreux éléments radioactifs : uranium, plutonium, neptunium, américium, etc.

2. Matière de tous les extrêmes
Le corium est la matière des six extrêmes : il est extrêmement puissant, extrêmement toxique, extrêmement radioactif, extrêmement chaud, extrêmement dense et extrêmement corrosif.

Extrêmement puissant

Le combustible fondu est le constituant principal du corium. Or ce combustible est formé à l’origine d’assemblages de crayons contenant des pastilles. Dans le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi, le cœur était composé de 400 assemblages constitués de 63 crayons de combustibles chacun. Les réacteurs 2 et 3 étaient quant à eux composés, chacun, de 548 assemblages, constitués eux-mêmes de 63 crayons de combustibles. Sachant qu’un crayon contient environ 360 pastilles, on peut en déduire que dans les trois réacteurs concernés, il y a plus de 33 millions de pastilles en jeu.

pellet uraniumEt comme  chaque pastille est supposée délivrer autant d’énergie qu’une tonne de charbon, on comprend pourquoi le corium développe une chaleur énorme en totale autonomie.

 

 

Extrêmement toxique
Le corium contient un nombre important d’éléments en fusion, interagissant entre eux sans cesse, et produisant des gaz et des aérosols. C’est la toxicité de ces émanations qui est problématique, car les particules émises sont extrêmement fines, invisibles à l’œil nu et, en suspension dans l’air, peuvent se déplacer avec les vents jusqu’à faire le tour de la terre. Toutefois, plus on s’éloigne de la source, plus ces particules et ces gaz sont dilués dans l’atmosphère et présentent moins de danger. C’est donc le Japon en premier lieu qui est victime des effets de toxicité des éléments diffusés. Néanmoins, si la concentration de particules diminue avec la distance, au final le bilan en maladies reste le même mais réparties différemment (1).
Exemple d’élément toxique : l’uranium. C’est un toxique chimique pour le rein, mais il peut aussi toucher les poumons, les os et le foie. Il a aussi des effets sur le système nerveux, comparables à ceux d’autres poisons métalliques comme le mercure, le cadmium ou le plomb. L’uranium peut enfin augmenter la perméabilité cutanée et avoir des effets génétiques.

Extrêmement radioactif
Le corium émet tellement de radioactivité que personne ne peut s’en approcher sans décéder dans les secondes qui suivent. Il avoisine 28 térabecquerels par kg, soit, pour un corium de 50 tonnes, plus d’un million de térabecquerels (un becquerel correspond à une désintégration par seconde, un million de TBq correspond à 10 puissance 18 désintégrations par seconde).
Comme le corium est critique, ou localement critique, c'est-à-dire qu’il présente des réactions de fission nucléaire, rien n’est modélisable et tout peut arriver. Ce que l’on sait, c’est qu’au fur et à mesure que les éléments lourds se regroupent, la masse critique augmente et donc la réaction ainsi que la température. Par effet de coefficient de température négatif, la réaction tend à diminuer et donc aussi la température. Il s'établit ainsi un cycle d’augmentation et de réduction du volume de ce noyau très actif, la période de ce cycle dépendant de la masse, de la densité, de la forme et de la composition du corium.
Cet effet de « respiration » du corium est sans doute à mettre en corrélation à Fukushima avec les mesures changeantes de pression, de température et de radioactivité données par Tepco au fil des mois suivant la catastrophe.

anim corium3Extrêmement chaud
Areva, par la voix de François Bouteille, explique que le corium a une température de
2500°C. Mais en fait, selon son environnement, il peut monter encore de 400°C car la température de fusion de l’oxyde d’uranium est de l’ordre de 2900°C. En fait, sa température varie entre 2500 et 3200 °C. Pour comparaison, la température de la lave d’un volcan se situe entre 700 et 1200°C. Cette chaleur importante, produite par la désintégration des produits de fission, peut faire fondre la plupart des matériaux qu’il rencontre, comme l’acier ou le béton. C’est pour cela qu’il est incontrôlable, car personne ne peut l’approcher et il détruit tout sur son passage.
Une autre source de chaleur est l'oxydation des métaux par réactions chimiques à chaud avec l'oxygène atmosphérique ou la vapeur d’eau.
Les chercheurs ont du mal à étudier le corium et les essais qu’ils effectuent sont loin de la réalité puisqu’ils travaillent sur des magmas n’ayant souvent pas la même composition, avec des températures plus faibles (souvent de 500 à 2000°C) et des masses 50 à 500 fois moins importantes que celles des cœurs de Fukushima. Toutefois, parmi une multitude de paramètres étudiés, ils déterminent que la cuve en acier d’un réacteur recevant un bain de corium en son fond devient fragile à partir de 1000°C.
A Tchernobyl, il a fallu 6 à 7 mois pour obtenir un “arrêt à froid” de la masse de corium. Mais 18 ans après l’accident, en 2004, on mesurait encore une température de 36°C à proximité du combustible fondu (2).
A Fukushima, la dernière feuille de route de Tepco (3) en juillet - tout comme l’
analyse de l’IRSN - annonce un “arrêt à froid” des réacteurs pour janvier 2012 : l’entreprise en effet ne communique que sur les réacteurs, pas sur le corium. Et pour cause, il faudra probablement quelques dizaines d’années avant un refroidissement de celui-ci. Il faut donc voir l’expression “arrêt à froid” comme une façade de communication minimisant la catastrophe.

Extrêmement dense

Le corium a une densité de l’ordre de 20, c'est-à-dire environ trois plus importante que l’acier. Concrètement, cela signifie qu’un mètre cube de corium pèse 20 tonnes (contre 1 tonne pour 1 m3 d’eau). Le volume des différents coriums est estimé par Jansson-Guilcher de 1 à 1,5 m3 (20/30 tonnes) pour le réacteur 1 et de 3 à 4 m3 (60/70 tonnes) pour les réacteurs 2 et 3. On peut ainsi mieux imaginer ce qu’une telle masse peut produire comme pression sur une très faible surface. Mais s’il s’avère que l’ensemble du corium puisse se conglomérer, par exemple en cas de l’effondrement d’un fond de cuve, les masses en jeu sont évidemment plus importantes et l'attaque du béton ou du sol est d’autant plus renforcée.
 

anim corium1Extrêmement corrosif
Le corium est capable de traverser la coque en acier d’une cuve et la dalle de béton qui la supporte. La cuve principale (RPV = Reactor Pressure Vessel) fait 16 à 17 centimètres d’épaisseur. La cuve secondaire dite “de confinement” (appelée aussi Drywell ou PCV = Pressure Containment Vessel) est beaucoup plus mince, de l’ordre de 2 à 6 cm, mais doublée d’un bouclier de béton. Enfin, la dalle de béton de base, appelée aussi radier, devrait avoir en théorie une épaisseur de 8 mètres. Toutes ces protections peuvent être traversées par le corium par corrosion (Se reporter aux paragraphes 7 et 8).

 

3. Quand le corium de Fukushima s’est-il formé ?
La panne du système de refroidissement de la centrale de Fukushima Daiichi a eu lieu le 11 mars 2011, mais on ne sait pas encore exactement la ou les causes (tremblement de terre, tsunami, et possible erreur humaine pour le réacteur 1). Quoiqu’il en soit, après deux mois de dissimulations, Tepco a finalement reconnu que les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 avaient fondu. Le réacteur 1 n’a plus été refroidi durant 14 heures et 9 minutes, le 2 durant 6 heures et 29 minutes et le 3 durant 6 heures et 43 minutes (lien).
 

4. Combien de tonnes de combustible ont fondu ?
D’après les
données connues des combustibles des réacteurs de Fukushima Daiichi, on connaît les masses de combustible des trois coriums :
- corium 1 : 69 tonnes
- corium 2 : 94 tonnes
- corium 3 : 94 tonnes
soit une masse totale de combustible en fusion de 257 tonnes.
Pour comparaison, le corium de Three Mile Island avait une masse d’environ 20 tonnes et celui de Tchernobyl de 50 à 80 tonnes. A Fukushima, les coriums ont donc une masse jamais égalée, ce qui explique entre autres les difficultés que rencontrent les experts pour modéliser l’accident.

 

 

29Combustiblepatte delephant tchernobyl Corium de Tchernobyl

 

Quant au corium 3, il faut préciser que celui-ci contient du plutonium issu du combustible MOX. Ce dernier étant constitué de plutonium à 6,25%, et le cœur du réacteur 3 contenant 32 assemblages sur les 548 présents, on peut évaluer à au moins 300 kg la masse de plutonium issu du MOX contenue dans le corium 3, sans compter le plutonium provenant du combustible usé contenu dans les 516 autres assemblages (4).
A ces données, il faut ajouter les tonnes de matériaux divers qui structurent les cœurs et qui peuvent avoir été emportés dans la masse en fusion, ce qui représente quelques tonnes supplémentaires.
Pour autant, l’expérience montre qu’une partie du corium reste dans les cuves percées s’il est suffisamment refroidi. Cela dépend en fait de l’état des cuves. Si le corium est passé par une ouverture minime de la cuve, une partie peut être restée attachée aux parois subsistantes. En revanche, si le cœur a fondu entièrement, le fond de cuve peut s’ouvrir complètement et dans ce cas, le corium résiduel est extrêmement faible.

    corium irsn video15. Aspect et composition du corium
Le corium ressemble à de la lave en fusion, avec une consistance pâteuse, entre liquide et solide. Quand il rencontre une masse froide, ou quand il se refroidit avec le temps, une croûte peut se former, limitant ainsi les échanges de température. La croûte peut exister en surface, refroidie par exemple par de l’eau. Elle peut aussi être verticale, contre les parois d’une cuve en béton. Mais à Fukushima, le corium est actif, ainsi aucune possibilité de refroidissement n'est envisageable ou attendue pour l’instant. Si croûte il y a, elle doit être bien mince.
Les éléments constituant le corium n’ayant pas la même masse, ils migrent selon leur densité, les plus lourds (métaux) se retrouvant au fond et les plus légers (oxydes) en surface. Mais si la chaleur est trop intense, la production de gaz est importante et tout est brassé. Dans ce cas, les éléments les plus lourds ont tendance à se rassembler au centre.
Le corium est composé d’un certain nombre de métaux en fusion provenant de la fonte des différents éléments du cœur. Le zirconium, provenant des gaines de combustible, est le plus observé car il réagit avec l'eau en produisant du dioxyde de zirconium et de l’hydrogène. D’autres métaux se retrouvent dans cette « soupe », formant une couche dense contenant des métaux de transition tels que le ruthénium, le technétium ou le palladium, de l’indium, du cadmium, du zircaloy, du fer, du chrome, du nickel, du manganèse, de l’argent, des produits de fission métalliques, et du tellurure de zirconium.
La couche superficielle se compose principalement à l’origine de dioxyde de zirconium et de dioxyde d'uranium, éventuellement avec de l'oxyde de fer et des oxydes de bore, puis elle finit par concentrer également des oxydes de strontium, de baryum, de lanthane, d’antimoine, d’étain, de niobium et de molybdène.

6. Progression du corium
Si l’on se réfère à une
étude réalisée par l’Oak Ridge National Laboratory qui évoque une simulation d’accident de ce type dans un réacteur à eau bouillante similaire à ceux de Fukushima Daiichi, on sait qu’il suffit de 5 heures pour que le cœur ne soit plus recouvert d’eau, 6 heures pour que le cœur commence à fondre, 6h30 pour que le cœur s’effondre, 7 heures pour que le fond de la cuve lâche, et 14 h pour que le corium traverse une couche de 8 m de béton avec une progression de 1,20 m/h (5). On peut donc raisonnablement supposer que la cuve du réacteur 1 de Fukushima Daiichi a été traversée par le corium dès le soir du 11 mars et que cette pâte incandescente est passée sous la dalle dès le 12 mars 2011.

 


corium ornl

 

Quant aux coriums des réacteurs 2 et 3, on sait qu’en 6 heures, ils ont eu le temps de se former et de fragiliser le fond de cuve, voire de la percer, en particulier pour le 3 (panne de 6h et 43min). Des éléments de preuves, provenant de sources internes à Tepco, mais non encore officialisées, indiquent que les coeurs des réacteurs 2 et 3 ont bel et bien fondu, le numéro 3 s'étant même effondré dans sa cuve (6).
D’après Jansson-Guilcher, intervenant qualifié dans le
forum technique de Radioprotection Cirkus, « une cavité a été ajoutée sous le réacteur. En fait, le sous-bassement n'est pas plein. Pour limiter les répercussions sismiques, les Japonais ont "allégé" la dalle pour constituer un corps creux, sensé être plus résistant aux séismes qu'une dalle pleine ». Cette cavité pourrait faire communiquer les 4 réacteurs de Fukushima Daiichi par des tunnels de dépressurisation. Si cette information est confirmée, le corium n’a pas à traverser 8 mètres de béton, mais beaucoup moins, ce qui facilite sa progression verticale vers le sol géologique, d’autant plus qu’à Fukushima, il n’a rien été prévu pour permettre son étalement.
Dans le cas d’une descente du corium dans le sol, deux scénarios sont possibles. Soit celui-ci se rassemble au même endroit, et dans ce cas, il forme un puits d’environ 0,80 m de diamètre et descend à la verticale ; sa vitesse de progression est inconnue, mais doit être assez rapide comparée à la vitesse dans du béton qui est d’environ 1 m/jour. Soit il se disperse dans diverses directions, profitant de structures de sols moins dures ou s’infiltrant dans des failles rocheuses. Dans ce deuxième cas, il perdrait de sa puissance en se divisant en de multiples tentacules.
anim corium2Avec une température de 2500 à 3000°C, il semble impossible qu’il reste coincé quelque part. Pourtant, d’après d’autres contributeurs dans d’autres forums et sites, le corium pourrait ne pas avoir traversé la dalle de béton le séparant du sol. L’explication serait que la masse de corium arrivée sur le radier serait trop faible pour engendrer une criticité. Mais là, personne n’est encore allé voir, donc tout n’est que suppositions.
Il y aurait pourtant des façons simples pour connaître à la fois l'avancée du corium et ses caractéristiques physico-chimiques, à commencer par une spectrographie et une spectroscopie aérienne ou satellitaire. On a aussi la possibilité de faire des relevés utilisant plusieurs gammes de fréquences comme l’infrarouge. Bien qu’il soit probable que les Japonais ont ces renseignements, 5 mois après la catastrophe, rien n’est communiqué à ce sujet.

 

 

 

 

 

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(1) “Le sort qui est réservé habituellement aux travailleurs du nucléaire devient en définitive le sort de la population mondiale car il faut bien comprendre que la dispersion des radioéléments n'enlève rien à leur action ; leur concentration diminue mais leur rayon d'action s'étend en conséquence et, au final, le nombre de maladies engendrées par les accidents nucléaires majeurs reste le même, il est juste réparti différemment.”
source :

http://www.gen4.fr/blog/2011/07/les-infos-de-fukushima-et-dailleurs-317.html

(2) L'Express, 6/12/2004 : “Tchernobyl, la catastrophe à petit feu”
source :

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sarcophage2.html

(3) La dernière feuille de route est décrite ici :
http://news.lucaswhitefieldhixson.com/2011/07/japan-and-tepco-revise-roadmap-to.html

(4) On peut toutefois se poser la question de la pertinence de l’information de 32 assemblages de MOX. D’après un article d’Andréa Fradin, un responsable d’Areva aurait déclaré que le cœur du réacteur 3 était chargé de 30% de MOX, ce qui change complètement la donne. Je reviendrai sur ce sujet dans un autre article.

(5) Cette vitesse de 1,20 m/h est en totale discordance avec Areva qui annonce un percement du béton par le corium avec une progression de moins d’un mètre par jour (
lien). Il est vrai qu’il existe différents types de béton, présentant plus ou moins de densité et de résistance. La quantité de corium doit jouer aussi beaucoup. La différence peut s’expliquer également en fonction du moment d’attaque : la phase d'érosion rapide du radier en béton dure environ une heure et progresse sur environ un mètre de profondeur, puis ralentit à plusieurs centimètres par heure, et s'arrête complètement si le corium refroidit en dessous de la température de décomposition du béton (environ 1100 ° C).

(6) Cf. «
Révélations sur la crise de Fukushima Daiichi », Courrier international, 18 mai 2011.

 


   

(Illustrations tirées d'une animation du METI et de l'album de Philippe Hillion)

 

 

 

 

Pour lire la suite, cliquer sur ce lien :

 

http://fukushima.over-blog.fr/article-le-corium-de-fukushima-2-effets-et-dangers-81400782.html

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 01:29

hirose-copie-1Cette page est une reprise de l’article « Les mensonges du lobby de l’atome », édité le 28 juillet 2011 sur le site Courrier International, qui est une traduction de l’article intitulé : « 原発は低コストのウソ 「原発廃絶なら値上げ」は恫喝だ! » édité sur le site japonais [DAN] le 1er juillet 2011, lui-même étant est une reprise d’un article paru dans l’hebdomadaire Shukan Asahi. Créé en 1922 par le groupe Asahi Shimbun, ce journal grand public est l'un des plus anciens magazines d’actualité de l’archipel.

 

J’ai choisi de présenter cet article en mêlant les deux sources, de manière à ce qu'à la fois Japonais et francophones puissent le lire.

sources :

http://www.wa-dan.com/article/2011/07/post-130.php

http://www.courrierinternational.com/article/2011/07/28/les-mensonges-du-lobby-de-l-atome

 

 

原発廃絶なら電気料金は上がる--電力会社のそんな言い分に、広瀬隆氏が「待った!」をかけた。「原発は低コスト」のウソを検証する。

Le militant Takashi Hirose dresse un sévère réquisitoire contre les fournisseurs d’électricité. Il leur reproche de dissimuler la vérité et de faire des bénéfices en monopolisant les réseaux de l’archipel.

 

経済産業省を中心とした時代遅れの原子力マフィアたちは、何も知らない国民を恫喝するために、「原発を廃絶すると、石炭や天然ガスの燃料コストが上昇して、一家庭当たり毎月1千円の電気料金の上昇になる」と騒ぎ始めたが、これこそ真ッカッカの大嘘である。

Pour faire peur au peuple qui n’y connaît rien, la mafia du nu­cléaire, rassemblée autour du ministère de l’Economie et de l’Industrie, a brandi la menace suivante : “Si l’on ­supprime le nucléaire, les prix du charbon et du gaz vont augmenter et la facture ­d’électricité de chaque ménage va s’alourdir de 1 000 yens [8,90 euros] par mois.” C’est un mensonge scandaleux !

電気代は、電力会社が公益事業だからという理由で、すべての必要経費を計上したあと、その4・4%相当分の報酬を加えるというように、原価コストに一定の利益を加算する「総括原価方式」によって決められる。そこで電力会社は、巨額の建設費と出費を要する原発をつくればつくるほど、高い電気代を徴収できる。一般企業がコスト削減に必死になるのに、電力業界は、むしろ無駄な出費増加で莫大な利益をあげる。これが彼らを、原発に走らせてきた諸悪の根源である。

加えて原油などの燃料費が高騰した場合、3カ月後には、それに応じて電気料金が引き上げられる。これは理屈に合っているようだが、地域を独占する電力会社に競争相手はなく、好き放題に電気料金を引き上げてきた。

Les compagnies d’électricité étant des entreprises d’intérêt public, le calcul du prix de l’électricité est fondé sur un système de coût global consistant à additionner tous les coûts et à rajouter une marge bénéficiaire équivalant à 4,4 %. De ce fait, ces compagnies peuvent aisément se permettre d’augmenter nos factures d’électricité en construisant des centrales nucléaires impliquant des coûts importants. Davantage de centrales nucléaires pour davantage de frais pour les compagnies. Contrairement aux autres entreprises, qui s’acharnent à réduire leurs coûts de production, ces sociétés tâchent d’augmenter les leurs pour accroître leurs bénéfices. Voilà la source de nos malheurs, la raison pour laquelle le Japon s’est lancé dans le nucléaire. De surcroît, chaque fois que le prix des combustibles s’envole, les compagnies peuvent, trois mois plus tard, répercuter cette hausse sur le prix de l’électricité. Même si une telle procédure peut paraître logique, elle leur permet d’augmenter le prix de l’électricité à leur guise, puisque, du fait de leur monopole régional, elles n’ont pas de concurrents.

廃棄物処理費用、74兆円の可能性

Le coût de l’élimination des déchets

 

そこで立命館大学の大島堅一教授は、これまでマスメディアが検証もせずに引用してきた政府試算値(2004年公表)の発電価格をチェックしてみた。その結果、1キロワット時の発電量当たり、液化天然ガスが6・2円、石炭火力が5・7円、石油火力が10・7円、一般水力が11・9円に対して、原発が5・3円といちばん安くなっていることが、まったくの間違いであることを明らかにした。

Kenichi Oshima, professeur à l’université Ritsumeikan, est allé récemment fouiller dans les chiffres publiés en 2004 par le gouvernement et cités jusqu’ici par les médias sans avoir été vérifiés. Il en ressort que la production de 1 kWh d’électricité coûte 6,20 yens avec le gaz naturel, 5,70 yens avec l’énergie thermique du charbon, 10,70 yens avec le pétrole, 11,90 yens avec l’énergie hydraulique et 5,30 yens avec l’énergie nucléaire, laquelle apparaît incontestablement comme la source la moins chère. Cependant, dans le cas du nucléaire, ces calculs ne prennent pas en compte les coûts de la recherche et du développement ni ceux de l’implantation, qui sont financés par le gouvernement.

それは、原発のコスト計算では、莫大な政府予算が投入されている研究開発費や立地対策のカネが入っていない。加えて、原発と火力では、設備稼働率を80%と仮定しているが、原発の稼働率はせいぜい60%にしかならない。火力も30%しか動いていない。特に、夜間の原発余剰電力を利用するために建設されてきた巨大な揚水発電ダムの莫大な費用を計算すると、原発が最も高くなる。電力への財政支出には、一般会計のエネルギー対策費と、エネルギー対策特別会計(電源開発促進対策特別会計=電源三法交付金)があり、この財政支出を加えた総合の発電コスト(1970~2007年度平均)は、実際には一般水力が3・98円、火力が9・9円、原子力が10・68円で、揚水発電を加味した「原子力+揚水」は12・23円になるのである。

Par ailleurs, pour le nucléaire comme pour le thermique, les calculs se fondent sur un taux d’exploitation des centrales de 80 % alors qu’en réalité ce taux ne dépasse pas 60 % pour l’énergie nucléaire et 30 % pour l’énergie thermique. Produire de l’énergie nucléaire revient encore plus cher quand on inclut les coûts colossaux des énormes centrales hydrauliques à réserve pompée, construites pour pouvoir redistribuer les excédents d’énergie nucléaire stockés pendant la nuit. Les dépenses budgétaires pour l’électricité comprennent les dépenses d’énergie du budget général et un budget spécial pour l’énergie. Lorsqu’on additionne ces dépenses, le coût global moyen de 1 kWh pour la période 1970-2007 est de 3,98 yens avec l’énergie hydrau­lique, 9,90 yens avec l’énergie thermique, 10,68 yens avec l’énergie nucléaire et 12,23 yens avec l’énergie nucléaire produite dans une centrale à réserve pompée.


話はこれで終わらない。さらにとてつもない量の放射性廃棄物という処分不能の危険物が発生し、それを処理することをバックエンドと呼んでいるが、ここに巨大なコストがかかる。電力会社は、プルトニウムを再利用すると銘打ったプルサーマル運転を強行してきたが、これを前提にしたバックエンド費用の試算結果は、2004年に政府の総合資源エネルギー調査会が報告した内容によると、六ケ所再処理工場を40年動かすとして、建設・操業・廃止を含めた再処理費用が11兆円、放射性廃棄物の処理・貯蔵・処分やMOX燃料(プルトニウム・ウラン混合燃料)の加工など、関連するほかの費用を合わせると18兆8800億円に達する。

Et les choses ne s’arrêtent pas là. Comme la production d’énergie nucléaire génère une énorme quantité de déchets radio­actifs non éliminables, il faut ajouter le coût colossal de leur retraitement. Pour réutiliser le plutonium [généré par la fission nucléaire], les compagnies d’électricité font appel à un procédé utilisant un mélange d’uranium et de plutonium (mox) comme combustible. Selon le rapport publié en 2004 par la Commission d’enquête gouvernementale sur les ressources énergétiques, le coût du retraitement, qui inclut les frais de construction, de fonctionnement et de démantèlement de six usines de retraitement en service pendant quarante ans, s’élève à 11 000 milliards de yens [97 milliards d’euros] et à 18 880 milliards [167 milliards d’euros] avec les frais de traitement, de stockage et d’élimination des déchets radioactifs, ceux de fabrication du mox et les frais annexes.

ところが、この大島教授に取材した経済誌の週刊東洋経済が、このコストを疑って試算したところ、実際にはその4倍の、74兆円に膨らむ可能性があることがわかった、とある。週刊東洋経済6月11日号が、「強弁と楽観で作り上げた『原発安価神話』のウソ」と題して、これだけ明確に原発のコスト計算の裏を暴いているのだから、「火力を使えば電気料金が上がる」というストーリーは大嘘である。

もともと電力会社が原発で使ってきた無駄で巨大な出費をなくせば、逆の結果になる。実際には、自家発電の特定規模電気事業者(PPS)の電気料金は、電力会社より2割前後も安いのだ。つまり現在は、原発のために、とてつもなく高い電気料金を徴収されているのである。特に無駄で、まったく将来性のない高速増殖炉もんじゅと、六ケ所再処理工場は、即刻、閉鎖しなければならない。そして原発から出る高レベル放射性廃棄物が莫大なコストを電気料金に加えているのだから、これ以上の高レベル放射性廃棄物が出ないように、一刻も早く原発すべてを廃止しなければならない。

Mais l’hebdomadaire économique Shukan Toyo Keizai, qui a interviewé le Pr Oshima, a mis ces chiffres en doute et démontré, après avoir mené sa propre enquête, que le coût pourrait atteindre 74 000 milliards de yens [656 milliards d’euros]. En dévoilant les véritables chiffres, l’article “Kyoben to rakkan de tsukuriageta ‘genpatsu anka shinwa’no uso” [Le mythe du nucléaire bon marché, un mensonge bâti sur l’obstination et l’optimisme] fait voler en éclats la thèse mensongère selon la­quelle “le prix de l’électricité augmenterait si l’on utilisait du charbon”. Si les compagnies d’électricité mettaient fin aux énormes dépenses inutiles générées par la production nucléaire, on obtiendrait le résultat inverse. Le prix de l’électricité autoproduite [par des industriels ou des particuliers] est inférieur de 20 % à celui des compagnies. Autrement dit, à cause du nucléaire, l’électricité se vend aujourd’hui à un prix exorbitant. De plus, comme la production de déchets hautement radioactifs génère des coûts importants qui se répercutent sur le prix de l’électricité, il faut abandonner l’énergie nucléaire dans les plus brefs délais.

原発廃止への推進力となる反原発運動についても、一言申し上げたい。

Abolir l’énergie nucléaire

 

電力会社の原発はほぼ5千万キロワットだが、今夏のピーク時には、福島第一の廃炉が決まり、福島第二、東通、女川、東海第二が全滅し、浜岡が停止、柏崎刈羽が3基再起不能で停止、さらに全土で定期検査中の原発が運転再開不能のため、事実上1300万キロワットしか稼働しない状況にある。

この頼りない原発より、資源エネルギー庁が公表している産業界の保有する自家発電6千万キロワット(昨年9月末現在)のほうが、はるかに大きなバックアップとしての発電能力を持っている。
「原 発の代替エネルギーとして自然エネルギーに転換せよ」という声が圧倒的に多いが、日本人が"快適な生活"をするために使っている電気の大半を生み出してい るのは、現在は火力発電である。この火力発電は、日本においてきわめてすぐれた世界最高度のクリーンな新技術を導入しているので、何ら問題を起こしていない。決して原発が、電力の大半をになっているのではない。原発は事故続きで、4分の1も発電していない。

 

A ce propos, je voudrais dire un mot aux militants antinucléaires : les compagnies d’électricité ont une capacité de production de près de 50 gigawatts, mais, cet été, durant les pics de consommation, celle-ci tombera à 13 gigawatts : non seulement la centrale de Fukushima Daiichi va être démantelée, mais celles de Fukushima Daini, de Higashidori, d’Onnagawa et de Tokai Daini sont endommagées, de même que celle de Kashiwazaki-Kariwa, dont les trois réacteurs n’ont pu être redémarrés. Celle de Hamaoka a été arrêtée et aucun des réacteurs qui ont été stoppés pour un contrôle de routine sur l’ensemble du territoire ne peut être relancé. Les entreprises industrielles qui ont recours à l’autoproduction offrent une capacité d’appoint beaucoup plus importante que les centrales nucléaires puisque, selon les chiffres du ministère de l’Energie et des Ressources naturelles, celle-ci s’élevait à 60 gigawatts à la fin de septem­bre 2010. De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour réclamer le remplacement de l’énergie nucléaire par des énergies renouvelables, mais il faut savoir que la plus grande partie de l’électricité utilisée par les Japonais pour mener une “vie confortable” est d’origine thermique et que, comme sa production repose sur des technologies nouvelles qui figurent parmi les plus propres au monde, elle ne pose aucun problème. Si nous exploitions toutes les ressources de l’autoproduction en ­complément de cette électricité d’origine thermique, nous pourrions satisfaire nos besoins “sans avoir à changer notre style de vie, à faire des économies d’énergie ni à stopper les chaînes de production”, estime l’hebdomadaire.

自家発電をフルに活用すれば、このすぐれた、クリーンな火力だけで、「まったく現在のライフスタイルを変えずに、節電もせずに、工場のラインを一瞬でも止めることなく」電気をまかなえる。これは、将来、自然エネルギーが不要だと言っているわけではない。多くの人が抱いている「自然エネルギーで代替しなければ原発を止められない」という現在の反原発運動の固定観念は、まったくの間違いである。原発廃絶は、反原発運動の自己満足のために実現されるべきものではない。産業界も含めた、すべての日本人のために進められるべきである。

Cela ne veut pas dire que le Japon n’aura pas besoin d’énergies renouvelables à l’avenir. L’idée fixe du mouvement antinucléaire selon laquelle il serait impossible d’abandonner l’énergie nucléaire sans la remplacer par des énergies nouvelles est totalement fausse. La sortie du nucléaire ne doit pas se faire dans le seul but de satisfaire ses demandes. Elle doit être accomplie dans l’intérêt de tous les Japonais, y compris le monde industriel. Je n’aborderai pas ici la question de la future composition de notre programme énergétique, mais il n’y a pas d’urgence particulière à se tourner vers des énergies nouvelles pour remplacer le nucléaire. Il est préférable de sortir du nucléaire en s’alliant au secteur industriel et en tirant pleinement parti de l’autoproduction de ses entreprises.

将来のエネルギー構成をどうするべきかについてはここで論じないが、原発を止めるのに、選択肢の一つである自然エネルギーは、今のところ特に必要ではない。つまり、産業界を味方につけて自家発電をフルに活用し、原発を止めることのほうが、もっと重要である。


ただちに必要な送電価格値下げ

Ouvrir l’accès au réseau

本誌6月10日号で特集したように、週刊朝日でこの連載を担当している堀井正明記者が各電力会社に取材した結果、興味深い電力需給についての裏の構造が明らかになった。全国で、電力会社が他社受電の発電能力を秘密にして、取材にも答えようとしなかった。特に九州電力だけは、「発電設備ごとの能力の内訳は公開していない。経営戦略情報なので教えられない」と、火力・水力・他社受電(自家発電からの買い取り)・原子力の内訳さえも答えないというトンデモナイ非常識な態度をとった。この九州電力が、原発を動かせないので夏に電力不足になる、と言い立てている。

Un reportage réalisé par le journaliste Masaaki Horii auprès des compagnies d’électricité et publié dans le numéro du 10 juin de Shukan Asahi a révélé des données très intéressantes concernant l’offre et la demande d’électricité. Dans tout le pays, les compagnies d’électricité tiennent secrète la part de production qu’elles achètent à d’autres entreprises et elles n’ont pas souhaité répondre à nos questions à ce propos. Kyushu Electric Power, en particulier, a fait savoir qu’elle ne dévoilait pas “la capacité de production de chacune de ses centrales car ce sont des données de gestion stratégiques”. Elle s’est même conduite de façon extrêmement incorrecte en refusant d’indiquer la répartition entre l’électricité d’origine thermique, hydraulique et nu­cléaire et celle qui provient de l’autoproduction des entreprises. Kyushu Electric Power a insisté sur les pénuries ­d’électricité que le pays connaîtrait cet été du fait de l’arrêt de ses centrales.

なぜ電力会社は、これら当たり前の事実を隠そうとするのか、という疑問から、ここで重大なことが明らかになった。

それは、彼らが安い電気を民間企業から買い取って、高い電気料金でわれわれに売って利益をあげている暴利の構造である。それを知られたくないばかりか、もう一つ「電力会社が自家発電をフルに利用すれば電力不足が起こらない」、この事実を国民に知られると、産業界からも、一般消費者からも、「送電線を自家発電の民間企業に開放せよ!」という世論が生まれる。そして制度が改善されて、誰もが送電線を自由に使えるようになると、地域を独占してきた電力会社の収益源の牙城が崩れる。送電線の利権だけは、何としても電気事業連合会の総力をあげて死守する必要がある、と彼らは考えている。九つの電力会社にとって、福島原発事故を起こした今となっては、原発の確保より、送電線の確保のほうが、独占企業としての存立を脅かすもっと重大な生命線である。そのため、自家発電の電気を買い取らずに、「15%の節電」を要請するという行動に出てきたのである。

En nous demandant pourquoi les compagnies d’électricité dissimulent la vérité, nous avons découvert un fait essentiel : ces sociétés réalisent des bénéfices considérables en achetant de l’électricité à bas prix à des entreprises et en nous la vendant beaucoup plus cher. Non seulement elles ne tiennent pas à ce que l’opinion publique l’apprenne, mais elles craignent peut-être aussi que le peuple ne découvre une autre vérité. Si elles exploitaient toutes les ressources de l’autoproduction, il n’y aurait pas de pénurie d’électricité. Si cela se savait, le secteur industriel et les consommateurs pourraient alors réclamer l’ouverture du réseau électrique.
Si l’on faisait en sorte que les lignes puissent être utilisées par tout le monde, la base des revenus des compagnies d’électricité qui ont un monopole régional s’écroulerait. A leurs yeux, il est donc capital de défendre à tout prix leur droit d’utiliser le réseau. Plus que le maintien du nucléaire, c’est la mainmise sur le réseau qui est le principal garant du monopole des neuf compagnies d’électricité du pays. C’est pourquoi, plutôt que d’acheter de l’électricité aux entreprises qui en autoproduisent, elles ont appelé à une diminution de 15 % de la consommation d’électricité.

したがって日本人は、「自然エネルギーを利用しろ」と主張する前に、「送電線をすべての日本人に開放せよ!」という声をあげることが、即時の原発廃絶のために、まず第一に起こすべき国民世論である。何しろ、送電線が開放されて、安価に送電できなければ、自家発電ばかりでなく、自然エネルギーの自由な活用もできないのだから。

しかし送電線事業の分離には時間がかかると予想されるので、それまで電力不足が起こらぬよう、国会は、全産業が安い送電費用で電気を供給できるよう、ただちに電力会社に送電価格値下げの命令を下し、それによって国民生活と企業活動を守ることが至上命題である。 (構成 本誌・堀井正明)

Avant de réclamer le passage à des énergies nouvelles, les Japonais doivent demander que le réseau soit ouvert à tous pour que le pays puisse sortir du nucléaire dans les plus brefs délais. Si l’on ne fait pas baisser le prix de l’électricité en instaurant le libre usage des lignes, on ne pourra pas exploiter l’électricité autoproduite ni les énergies renouvelables. Cependant, comme l’ouverture de l’accès au réseau prendra vraisemblablement du temps, il est de la plus grande urgence, pour éviter les pénuries, que la Diète ordonne aux compagnies de réduire le prix du transport de l’électricité pour que l’industrie japonaise soit en mesure de fournir une électricité moins chère. Les habitants pourront ainsi conserver leur style de vie et les entreprises poursuivre leurs activités.

 

 

    

ひろせ・たかし 1943年生まれ。作家。早大理工学部応用化学科卒。『二酸化炭素温暖化説の崩壊』(集英社新書)、『原子炉時限爆弾--大地震におびえる日本列島』(ダイヤモンド社)など著書多数。今回の連載に大幅加筆した新刊『FUKUSHIMA 福島原発メルトダウン』(朝日新書)が5月13日に緊急出版された

Hiro est né en 1943. Ecrivain. Diplômé du Département des sciences appliquées et de génie, Université de Waseda. Auteur de plusieurs livres : "L'effondrement de la théorie de dioxyde de carbone du réchauffement climatique" (Shueisha Broché), "Bombe nucléaire - un grand tremblement de terre a effrayé les îles japonaises" (Inc), etc. Cette série a été considérablement retouchée 新刊 Fukushima : effondrement de la centrale nucléaire "(Asahi Broché) publié le 13 mai.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 22:55
Nucléaire, une vision d'avenir pour l'énergie ?
C’était l’avis d’Anne Lauvergeon, alors présidente générale d'Areva, qui s’exprimait le 4 mai 2011 à New-York lors d’une conférence au CFR, le Council on Foreign Relations, organisme qui a pour but d'analyser la politique étrangère américaine et la situation politique mondiale.
 
La vidéo et la transcription originales sont disponibles à cette adresse :
Le sous-titrage en français vient d'être réalisé d'après la transcription CFR en anglais. Merci à Kna qui a réalisé cette traduction et sa diffusion sur YouTube en 4 parties.
 
On pourrait penser que c’est servir Areva de diffuser ce discours, mais au contraire, je pense qu’il faut bien connaître les positions et les objectifs de cette firme pour mieux les dénoncer et les combattre. Je diffuse donc ce lien dans le blog de Fukushima comme archive documentaire, car il ne faut jamais oublier que le MOX du réacteur 3 de Fukushima Daiichi a bien été produit et livré par Areva.
 

 
 
.Télécharger le texte entier de la conférence en format pdf :
   
.Quelques phrases commentées :
 
 partie 1, 13:18
 « Au Etats-Unis comme en Europe, l’énergie nucléaire reste un problème émotionnel. »
Je répondrai deux fois non.
D’abord parce que l’ensemble de la planète, et plus particulièrement l’hémisphère nord, a « profité » des retombées radioactives dues à l’accident de Fukushima. Des radionucléides qui se déposent partout, même à faible dose, ce n’est pas de l’émotion.
Et puis non, nous ne sommes plus sous l’émotion des premiers jours, nous connaissons pertinemment les dangers du nucléaire et c’est de manière tout à fait calme et posée que nous revendiquons l’abandon de cette énergie.
D’ailleurs, Anne Lauvergeon a bien fait attention de ne pas mentionner le Japon, car là-bas, au-delà de l’émotion, même cachée, il y a la contamination généralisée des produits et des sols, et ce n’est pas l’émotion qui fait crépiter les compteurs Geiger !
 
partie 1, 13:54
« Et la nouvelle génération de réacteurs, la troisième « + », comme l’EPR, comme ATMEA, comme KERENA, sont plus sûres grâce à l’expérience tirée de crises comme TMI, Tchernobyl et le 11 septembre. »
Anne Lauvergeon fait un lapsus et parle du retour d’expérience du 11 septembre au lieu du 11 mars… Considère-t-elle la catastrophe du 11 mars comme un attentat ?
 
partie 2, 3:09
 « Nous parlons de rien de moins que de gagner la course contre le changement climatique et la sécurité énergétique, rien de moins que la construction du futur de l’énergie propre pour les Etats-Unis et pour le monde. »
Alors que la catastrophe de Fukushima n’est pas encore terminée, c’est assez insoutenable d’entendre cette phrase ! Pour trois raisons :
1. Après Three Mile Island et Tchernobyl, Fukushima vient encore de démontrer que la sécurité énergétique ne se fera jamais avec l’énergie nucléaire.
2. D’autre part, affirmer que le nucléaire est une énergie propre est un mensonge honteux. Le nucléaire pollue à la source lors de l’extraction de l’uranium, il pollue en fonctionnement en relâchant en permanence une légère radioactivité dans l’environnement, et il pollue enfin la terre pour des milliers d’années avec ses déchets radioactifs indestructibles.
3. Enfin, la course contre le changement climatique ne sera jamais gagnée avec l’aide du nucléaire ! L’Agence Internationale de l’Energie a calculé que la contribution du nucléaire à la réduction des émissions de CO2 serait d’à peine 6 % pour un coût d’au moins 1 000 milliards d’euros... contre 54 % pour les économies d’énergie et 21 % pour les énergies renouvelables, à un coût très inférieur ! (1)
 
partie 2, 7:20
« A la fin, vous avez seulement 4% du combustible usagé d’origine. Les 4% restant, nous travaillons beaucoup pour les faire disparaître aussi et pour s’assurer que tout sera brûlé. En laboratoire, nous savons comment faire disparaître ces derniers 4%. »
Anne Lauvergeon est une magicienne. En 3 phrases, pfouit, elle fait disparaître des tonnes de déchets radioactifs ! C’est invraisemblable d’entendre ça. C’est un discours trompeur et mensonger. Dans la partie 3, en réponse à une question d’un journaliste, elle fait disparaître l’hydrogène… Avec Areva, le monde devient si simple…
 
Pour terminer, si vous ne l’avez pas encore fait, je vous encourage à voir l’interview de Jérémy Rifkin avec la vidéo intitulée « Le nucléaire est mort ». Son discours va à l’opposé de l’ex-PDG d’Areva et ses arguments sont plutôt convaincants.
 
 
(1) Agence Internationale de l’Energie, "Energy technology perspectives 2008, Scenarios and strategies to 2050", 2008 ; cité dans Les cahiers de Global Chance n°25, "Nucléaire : la grande illusion", 2008, p.17.
 
 
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Autre article sur Anne Lauvergeon dans ce blog :
 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 14:31

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Hier, jeudi 4 août 2011, quatre mois et deux jours après la création de ce blog, mon compteur de visiteurs uniques a dépassé le nombre de 100 000, correspondant à l’ouverture de plus de 230 000 pages. Cela ne veut pas dire grand-chose à vrai dire, c’est juste un nombre. Mais quand même, symboliquement ... Pour autant, cela ne signifie pas que 100 000 visiteurs différents sont venus visiter ce blog : ce total est la somme des totaux de visiteurs uniques par jour.

 

Quand j’ai commencé ce blog début avril, je ne m’attendais pas à ça. En fait, je remarque que moins les médias traditionnels parlent de la catastrophe de Fukushima et plus le blog est visité. Il est certain qu’à force de ne pas traiter correctement l’information, ils vont perdre des lecteurs et des auditeurs qui se tourneront de plus en plus vers l’Internet.

 

Cet été, vous êtes entre 1000 et 2000 par jour à visiter le blog de Fukushima selon les articles et les évènements. J’aimerais pouvoir poster plus d’informations, car il y en a beaucoup, mais la recherche d’informations vérifiées, la rédaction d’un article et la gestion d’un site prend du temps et une journée n’a que 24 heures. C’est pourquoi je mets en page d'accueil la liste des sites des veilleurs de Fukushima où vous pouvez trouver des fils d’info au jour le jour, des forums techniques, des forums sociaux, des analyses, des revues de presse, des documents, etc. de grande qualité.

 

Je suis enchanté que tant de monde diffuse de l’information sur Fukushima, et également heureux que beaucoup d'internautes s’y intéressent, car cela montre que nous sommes arrivés à un tournant historique en matière d’énergie. Car le 21ème siècle va devenir le siècle de l’économie d’énergie et de l’énergie renouvelable.

 

Les historiens ont pour habitude de faire commencer les siècles à des moments clés de l’Histoire. Par exemple, le 18ème siècle historique a commencé en 1715 avec la disparition de Louis XIV et l’avènement des Lumières, le 19èmesiècle a commencé en 1815 avec la défaite de Napoléon et le Traité de Paris qui a réorganisé l’Europe, le 20ème siècle a débuté en 1914 avec l’abandon de la paix et la généralisation de l’industrie polluante. Je propose que le 21ème siècle historique commence en 2011 avec la catastrophe de Fukushima et la sortie progressive de l’énergie nucléaire. De plus, cette crise nucléaire arrive au même moment qu’une grave crise financière mondiale, ce qui n’est sans doute pas sans rapport puisque ce sont bien les actionnaires du nucléaire qui font baisser les coûts de production au mépris des règles de base de la sécurité, autant pour la construction des réacteurs que pour leur maintenance.

 

L’Allemagne, l’Italie, la Suisse et l’Autriche ont déjà décidé de sortir du nucléaire, ces pays nous montrent la voie. Le Japon, suite aux conséquences tragiques de la dissémination de la radioactivité dans l’île, va bientôt se réveiller et prendre également cette décision, les déclarations du premier ministre Naoto Kan vont d’ailleurs dans ce sens. Même si cela doit encore prendre quelques années, le processus est enclenché et plus rien ne pourra l’arrêter.

 

Puisse la France et les autres puissances mondiales encore trop engagées dans cette énergie prendre cette décision assez tôt !

 

Cela dépendra de nous, chers visiteurs. En attendant, 100 000 mercis à vous pour votre fidélité. Et 100 000 mercis aux autres veilleurs de Fukushima de continuer à diffuser de l’information de qualité.

 

Continuez à vous informer, passez le message de l’abandon de l’énergie nucléaire et portez le flambeau des énergies propres partout où vous pouvez ! Il en va de l’avenir pérenne de nos sociétés et de la sauvegarde de l’espèce humaine.

 

Pierre Fetet

 

 

 

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avatar-le-blog-de-fukushima.jpg Si vous découvrez mon blog, vous pouvez prendre connaissance des 181 posts ou article classés par ordre chronologique à cette page :

http://fukushima.over-blog.fr/pages/Articles_du_blog_de_Fukushima-5491927.html

 

 

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Pour ceux que ça intéresse, voici l'image de mes statistiques fournies par Overblog

(en orange, les 19 derniers jours, en grisé, les 30 jours précédents)

 

100000stats.jpg

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 18:28

 

Quand on s'intéresse à Fukushima, on arrive tôt ou tard à s'intéresser à l'énergie nucléaire dans sa globalité : mines d'uranium, fonctionnement d'une centrale nucléaire, déchets radioactifs, accidents nucléaires, effets sanitaires, lutte anti-nucléaire, etc.

 

 

 

Voici une liste de sites incontournables (mise à jour régulièrement) :

 

 

 

Independent WHO

 

http://independentwho.org/fr/

 

 

 

IndependentWHO” - dont la traduction française est “OMS Indépendante”- est un collectif d’associations créé en 2006 pour demander la révision de l’Accord “WHA 12-40” signé entre l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA). Depuis la signature de cet accord, l’OMS s’interdit toute autonomie d’initiative et de moyens pour protéger les populations contre les conséquences sanitaires de la contamination radioactive. Ainsi sur ce sujet, l’OMS ne fournit pas l’information essentielle, n’entreprend pas les actions appropriées comme l’exige sa constitution afin “d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible.” (Article I de la constitution de l’OMS)
 

 

 

 

La Gazette nucléaire

 

http://gazettenucleaire.org/~resosol/Gazette/

 

 

 

La Gazette nucléaire est une publication du GSIEN (Groupement des Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire). Le journal papier existe depuis juin 1976 mais tous les anciens numéros sont aussi disponibles en ligne. Née de l’opposition au programme électronucléaire français, La Gazette nucléaire diffuse de l'information issue de textes officiels ou de textes confidentiels gardés sous le boisseau. Les contributeurs de ce journal sont tous soucieux d'empêcher que les informations officielles du nucléaire se transforment en propagande. C’est donc une source considérable d’informations en tout genre à utiliser sans modération.

 

 

 

 

 

Le Réseau « Sortir du nucléaire »

 

http://sortirdunucleaire.org/

 

 

 

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rassemble aujourd'hui  905 associations, plus de 50 000 individus, tous signataires de la Charte du Réseau "Sortir du nucléaire". Association libre et indépendante, elle est financée exclusivement grâce aux dons et cotisations de ses membres.

 

Le rôle du réseau est de réunir toutes les personnes qui souhaitent exprimer leur volonté d'une sortie du nucléaire. En rassemblant ses adhérents autour d'une Charte, il met en place un rapport de force pour obtenir des résultats concrets. L’objectif du réseau est d’obtenir l'abandon du nucléaire en France grâce à une autre politique énergétique, en favorisant notamment la maîtrise de l'énergie, et le développement d'autres moyens de production électrique.

 

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