12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 03:16

eurdep.jpgD’après le site public European Radiological Data Exchange Platform, de l’iode-131 est détecté uniquement en Slovénie et en Croatie, à quatre endroits différents : à Zagreb, à Ljubljana, à Krsko, et à la limite des trois pays Croatie-Hongrie-Serbie.

 

 

Quelques remarques viennent immédiatement à l’esprit :

 

Les informations fournies par l’AIEA sont lacunaires (pas de carte, localisation vague, pas de mesure fournie). Il va sans dire qu’il s’agit bien là de rétention d’information. Pour quelle raison l’AIEA a-t-elle fait seulement hier ce communiqué sur l’iode-131 ? Deux semaines après ces détections suspectes, il est évident que cette organisation sait déjà où se situe le problème.

 

Les informations fournies par la carte mise à disposition du public par la commission européenne sont incomplètes également : aucune information sur une présence d’iode-131 dans les 5 pays cités hier (Allemagne, Hongrie, République tchèque, Autriche, Slovaquie). Pourquoi cette carte n’est-elle pas mise à jour ?

 

D’après cette carte publique, deux centrales nucléaires sont susceptibles d'être concernées par ces rejets d'iode-131 : la centrale de Krsko (Slovénie) et la centrale de Paks (Hongrie). Mais si l’on fait une recherche avec le Césium, seule la centrale de Krško est concernée puisqu’en Europe, seul ce site cumule à la fois de l’Iode-131, du Césium-134 et du Césium-137.

 

krskocarte.jpg

Carte de situation de la centrale de Krško

 

Même si cette carte mise en ligne pour informer le public n’est pas une carte pour donner une alerte et peut contenir des erreurs, elle donne tout de même un fort indice pour qu’un évènement se soit passé dans les dernières semaines (ou est encore en cours ?) dans la centrale nucléaire slovène. Il est inimaginable que l’AIEA ne soit pas au courant.

 

Cette centrale a d’ailleurs déjà eu des problèmes de fuites en 2008 : le 4 juin 2008, une fuite sur le circuit primaire du système de refroidissement du réacteur avait eu lieu. Et avec Fukushima, on sait ce qu’un problème sur un circuit de refroidissement peut donner !

 

Il est grand temps que l’AIEA s’explique sur cette diffusion d’iode-131, de césium-134 de césium-137 en Europe. Si la centrale de Krško a eu un accident, il est légitime et urgent que la population européenne en soit informée dans les plus brefs délais !

 

 

------------------------------------------

 

Pour plus d'information et des mises à jour, se reporter à l'article précédent :

http://fukushima.over-blog.fr/article-iode-radioactif-sur-l-europe-evenement-nucleaire-en-cours-88519209.html

 

 

 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 18:48
iode111111.jpgSelon l’AIEA, de très faibles niveaux d'iode-131 radioactive ont été détectés en République tchèque et « ailleurs » en Europe, mais les particules sont considérées comme ne présentant pas un risque de santé publique.

 

L'Agence internationale de l'énergie atomique, basée à Vienne, a déclaré qu'elle cherchait à déterminer cette source radioactive en estimant a priori que cette pollution ne pouvait pas provenir du Japon.

 

 
(Mises à jour régulières en bas de page)
 
En fait, c’est l’agence de sûreté nucléaire tchèque qui a donné l’alerte : depuis fin octobre ‒ donc depuis 2 semaines ‒ plusieurs des stations de surveillance de ce pays ont détecté de l’iode-131; mais l’AIEA était déjà au courant, car d’autres pays d’Europe centrale, comme l’Autriche et la Hongrie, avaient des mesures similaires de ce radionucléide cancérigène depuis environ 8 jours. Or l'iode-131 est un isotope de courte durée qui a une période de désintégration radioactive de huit jours, ce qui signifie concrètement qu’un évènement a eu lieu dans les semaines qui viennent de s’écouler, et de manière suffisamment importante pour que plusieurs pays européens détectent ce radionucléide.
 
Doit-on « croire » comme l’AIEA que cette pollution ne vient pas du Japon ? Dans les jours et les semaines suivant après le 11 mars, de l’iode-131 a pourtant été détecté aux Etats-Unis, en Islande, en France et dans d’autres parties de l’Europe.
 
Voyons quels ont été les évènements de ces dernières semaines :
 
- 23 octobre 2011 : puissant tremblement de terre en Turquie. Ce pays possède un seul réacteur (Mark II, installé en 1979), qui est un réacteur de recherche situé à la Technical University of Istanbul. A plus de 1000 km de l’épicentre, ce réacteur n’a pas pu être touché par la secousse.
 
- début novembre : niveau de radioactivité très élevé (620 mSv/h) sur le réacteur 3 de la centrale de Fukushima Daiichi
 
- 2 novembre 2011 : détection de Xénon 133 et 135 sur le réacteur 2, ce qui signifie, selon les propres termes de Tepco, qu’une réaction nucléaire avait eu lieu récemment dans la centrale.
 
- 5 novembre 2011 : Mochizuki relève une augmentation de tweets sur des picotements des yeux ou des démangeaisons inhabituelles. Le vent vient du nord, de la centrale de Fukushima Daiichi, et la radioactivité commence à augmenter à Tokyo.
 
- 6 novembre 2011 : masse d’air radioactif qui arrive sur Tokyo, comme le relève le graphique du KEK à Tokyo et la prévision météo des vents au Japon.
 

 
 
kek6nov2011.jpg
Graphique du KEK (radioactivité à Tokyo)
 
- 6 novembre 2011 : pluie particulièrement radioactive (140 CPM) relevée à Los Angeles

 
- 11 novembre 2011 : détection d’iode-131 en Europe depuis au moins 2 semaines
 
Ces évènements ont-ils un lien ?
 
L’AIEA prétend que l’iode-131 pourrait provenir d’un site de production de matériels radioactifs utilisés dans le milieu médical. Si c’est le cas, il serait urgent de connaître ce généreux donateur de radionucléides dans l’environnement européen. L’AIEA serait aimable aussi de communiquer la carte de tous ces centres de production qui sont censés exister pour le bien-être de la population mondiale. Il est primordial que l’industrie, qui plus est liée à la santé, maîtrise parfaitement ce genre de produits hautement cancérigènes.
 
L’AIEA est en train d’enquêter…
… à suivre !
 
 
sources :
 
 
 
Mise à jour 11/11/11 à 23h30 : de l'iode-131 a également été détecté en Slovaquie et dans le nord de l'Allemagne. Cette pollution concerne donc l'ensemble de l'Europe centrale (environ 500 000 km²). 
 
Mise à jour 12/11/11, 1h45 : Le site public de surveillance de la radioactivité en Europe pointe la Slovénie et la Croatie. Etrange que l'AIEA ne signale pas ces pays dans leur liste ! D'après cette carte, de l'iode-131 a été détecté à Zagreb, à Ljubljana, entre ces deux villes à la centrale nucléaire de Krsko, et à la limite des trois pays Croatie-Hongrie-Serbie.
Deux centrales nucléaires sont susceptibles d'être concernées par ces rejets d'iode-131 : la centrale de Krsko (Slovénie, qui a déjà eu des problèmes de fuites en 2008, et la centrale de Paks (Hongrie).
 
Mais en fait, quand on fait une recherche sur le Césium 137, on obtient les mêmes points. Puis, avec une recherche sur le Césium 134, seule la centrale de Krsko est concernée.
 
A l'AIEA de trancher maintenant, et de dire la vérité !
 
iodecroatiegoogleearth.jpg
 
Mise à jour 13/11/11, 21h30 :  la Criirad fait ce communiqué sur son site :
"Note : l'AIEA a signalé le 11 novembre 2011 que de l'iode 131 a été détecté à de très faibles niveaux dans l'air ambiant en Europe centrale "ces derniers jours" . Selon l'agence de presse Reuters les services compétents de la République Tchèque ont détecté des traces d''iode 131 fin octobre. De faibles niveaux d'iode 131 auraient été mesurés dans le nord de l'Allemagne et en Hongrie. L'origine de cette contamination n'est pas établie. Le laboratoire de la CRIIRAD est en vigilance renforcée."

Selon le site SimplyInfo, la pollution pourrait provenir de Pologne ou de Russie où se trouvent les deux seuls réacteurs médicaux connus dans la région proche de la République tchèque, à l'est des zones de détection de l'iode 131. Ce sont les réacteurs Maria en Pologne et le réacteur de Rosatom dans le Dimitrovgrad en Russie. Le réacteur Maria en Pologne est plus proche de la détection des zones d'iode dans l'air ; il était à l'origine un réacteur de recherche et a été converti en 2010 pour faire des radio-isotopes médicaux comme l'iode 131.

     

 

Toutefois, SimplyIfo n’a pas de confirmation de ces hypothèses.    

Le mystère reste donc entier pour l’instant.

 

 

 

Mise à jour du 13/11/11, 22h10 : Selon Associated Press of Pakistan, La PASA (Pakistan Atomic Energy Commission) vient de réfuter une nouvelle (*) parue dans un article de presse nationale et internationale alléguant que la radioactivité plus élevée que la normale remarquée dans certaines parties de l'Europe pourrait provenir du récent incident à la centrale nucléaire de KANUPP. Dans un communiqué public, elle affirme qu'il n'y a eu aucune fuite de radiations dans l'environnement de KANUPP le 19 octobre. Il y a eu seulement un déversement d'eau lourde dans le bâtiment de confinement, qui a été mis sous contrôle en suivant les procédures de routine.

 

« La libération de l'iode-131 n'est pas possible sauf s'il ya une panne de combustible nucléaire, tandis que l'incident de fuite de KANUPP impliquait de l’eau lourde qui contient du tritium et non pas l'iode-131 ».  
De plus, les niveaux de radiation les plus élevés ont été détectés en Pologne et en Ukraine, vant que l'incident de KANUPP n’ait eu lieu. On peut ajouter que même s'il y avait une fuite à KANUPP, il n’aurait pas pu avoir voyagé en Europe sans laisser aucune trace dans les environs où aucun niveau inhabituel n’a été détecté.

 


(*)Le porte-parole de l'agence de l'énergie atomique polonais aurait dit : « Des rapports non confirmés suggèrent qu'il peut y avoir eu un incident dans une centrale nucléaire au Pakistan, mais cela nécessite une confirmation supplémentaire». 

 

 

 

 

 

Mise à jour du 14/11/11, 0h30 : d'autres hypothèses exposées dans le site Ex-SKF (article et commentaires).

 

- un accident dans une installation d'armes en Iran ?

 

- le résultat de spallations de Fukushima par les retombées des dernières éruptions solaires ?

 

- des problèmes à l’ex-centrale de Tchernobyl ?

 

 

Mises à jour suivantes : cliquer ici.

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 21:03
carte-cendres2.jpgAprès une catastrophe naturelle telle que celle du tsunami du 11 mars qui a ravagé la côte est du Japon, on pleure ses morts, on nettoie les côtes, on déblaie, on reconstruit, on se reconstruit et petit à petit, avec une énorme cicatrice au cœur et dans le paysage, la vie reprend le dessus.
 
Après une catastrophe nucléaire telle que celle de Fukushima Daiichi, on vit dans un environnement radioactif  persistant, on n’ose plus laisser ses enfants jouer dehors, on a peur de ce qu’on mange, on se méfie de la pluie et du vent, on s’inquiète de l’avenir, on craint qu’une nouvelle explosion se produise dans la centrale, on se demande s’il faut partir ou rester, la vie est suspendue à cette éternité radioactive, qui rejoint toujours cet instant où tout a commencé et ou rien ne se terminera.
 
Huit mois après, la centrale continue de cracher ses radionucléides et le Japon marche sur la tête.
 
 
Après la catastrophe de mars 2011, le gouvernement japonais a discrètement augmenté les normes de la radioactivité de l’eau potable : le taux limite précédent était de 10 Bq/litre pour le césium et l'iode. Les nouveaux niveaux sont de 200 Bq/litre pour le césium et 300 Bq/litre pour l'iode. Pour comparaison, alors que le taux recommandé par l'OMS est de 1 Bq/L, l'Allemagne applique 0,5 Bq/L et les Etats-Unis 0,111 US Bq/L. (1)
sources :
 
 
 
enfantAlors que l’on sait que les enfants sont plus fragiles face à la radioactivité, le gouvernement persiste à ne pas organiser leur évacuation qui les éloignerait de Fukushima. Dans cette région de ce pays civilisé, les enfants portent des dosimètres destinés à savoir quelle dose de radioactivité ils reçoivent quotidiennement. Mais celui-ci ne mesure pas la contamination interne. Pourtant on sait que rien que le fait de nouer ses lacets provoque une contamination au césium. Quel est l’avenir de ces enfants ?
sources :

 
 
 
Au lieu de rassembler les déchets radioactifs dans une zone et une seule afin de ne pas contaminer plus le pays, les Japonais ont semble-t-il décidé de répandre ces déchets radioactifs dans le pays entier. La ville de Tokyo a ainsi décidé d’acheminer des déchets radioactifs dans le site de la baie de Tokyo.
sources :
 
buUn député japonais a bu l’eau filtrée de la centrale de Fukushima Daiichi pour démontrer aux médias que le système de décontamination fonctionnait bien et qu’il ne fallait pas avoir peur.
source :
 
Les médecins donnent des conseils fallacieux à la population au sujet de la radioactivité : conserver une bonne humeur protégerait des effets néfastes des radiations ; le plutonium ne serait pas si dangereux que ça. Alors que la radioactivité est un phénomène physique qui casse  les molécules ADN, provoque des maladies et des mutations génétiques, ces pseudo-scientifiques font croire des inepties aux ignorants. (2)
source :
 
Le gouvernement nippon veut envoyer les denrées contaminées par la catastrophe de Fukushima comme aide humanitaire dans les pays du tiers-monde.
source :
 

 
 
 
 
arton1897-9a992Pour éviter la faillite de l’entreprise Tepco, l’État japonais vient de lui accorder une aide de 8 milliards d’euros. Mais les actionnaires, qui ont touché depuis dix ans des milliards d’euros, ne sont pas inquiétés. Privatiser les profits, socialiser les pertes : de nos jours, plus aucune compagnie, qu’elle soit bancaire ou industrielle, n’échappe à cette règle universelle. Au Japon, c’est la double peine : le contribuable est non seulement contaminé, mais en plus il met de sa poche pour continuer à faire vivre le plus gros pollueur de la planète.
source :
 
D’après les sources officielles, la crise nucléaire serait sur le point d’être résolue avec un « arrêt à froid » des réacteurs. Pourtant, les radiations atteignaient il y a quelques jours 620 millisieverts par heure au premier étage du bâtiment de l’unité 3, "le plus haut niveau enregistré sur place depuis le début de la catastrophe".
source :
 
bord de la piscine 3   
Nouvelle photo de la piscine de combustible de l’unité 3
(d’après la dernière vidéo Tepco)
 
Le ministère des sciences et de l’éducation a stoppé la publication des cartes de contamination du Japon depuis un mois. La raison pourrait être que ces cartes révèlent des concentrations trop fortes de radioactivité dans des régions jusque là connues pour avoir été épargnées. Comme toujours quand il y a rétention d’information, il faut se tourner vers les réseaux parallèles pour être informé convenablement. Yukio Hayakawa, scientifique japonais spécialisé dans les cendres volcaniques, vient de diffuser une carte de la contamination radioactive des cendres d’incinération du Japon. Ces cendres sont représentatives des déchets ménagers des Japonais, c'est-à-dire entre autres de ce qu’ils mangent. Le résultat est alarmant.
sources :
 
carte cendres
Carte de la contamination des cendres d’incinération par le césium : Tokyo au cœur de ce problème majeur
(cliquer sur la carte pour avoir accès aux mesures)
 
Bref, le Japon ne s’en sort pas et prend des décisions incompréhensibles, sans rapport avec l’attente des gens. Etant donné que la radioactivité, à l’échelle humaine, est un problème sans solution, cette crise nucléaire nippone n’aura pas de fin, tout comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui, 25 ans après, n’a toujours pas trouvé d’épilogue. L’urgence aujourd’hui est d’aider les populations à être mieux informées des dangers de la contamination par la poussière et la nourriture, et à évacuer toutes les personnes qui vivent dans des territoires fortement contaminés.
 
adhPour terminer sur une note optimiste, je voudrais rendre hommage à un homme remarquable, Alain de Halleux, cinéaste humaniste qui fait en ce moment même un reportage sur les enfants de Fukushima. Son témoignage, dans un blog intitulé « Carnet de voyage » est à lire, absolument. Il raconte mieux que quiconque la vie des gens, là-bas, ses rencontres, ses peurs et ses espoirs.
 
 
 
 
Sources générales : merci à Etienne Servant pour son fil d’info quotidien Fukushima information et à Laurent Mabesoone pour ses infos de terrain.
 
 
 
 
-------------------------------------
 
 
(1) Et chez vous, vous êtes-vous jamais demandé si on mesurait la radioactivité de l’eau régulièrement ? Connaissez-vous le taux limite ? Savez-vous si votre gouvernement a prévu de l’augmenter en cas d’accident nucléaire ?
 
(2) Mais au fait, dans votre entourage, qui connaît vraiment les effets de la radioactivité sur la santé ? Si vous habitez à moins de 100 km d’une centrale nucléaire, y a-t-il des exercices d’évacuation ou de confinement ? S’il y a un accident, saurez-vous quoi faire ? Vous demandera-t-on aussi de garder le sourire pour vous protéger des radiations ? C’est probable.
source :

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 17:28
Photos
 
- Une mine pour qui cherche des photographies sur la centrale de Fukushima Daiichi : plus de 250 photos et documents divers sur cette page du site houseoffoust
 
collection photos
 
 
- Photos Tepco
 
La radioactivité provenant des sous-sols est très élevée. Pour essayer de stopper les flux gazeux radioactifs, Tepco bouche toutes les ouvertures (escaliers, trappes, etc) qui sont en relation avec les caves. En effet, une casserole d’eau frémissante produit toujours, par convection, un mouvement ascendant d’air chaud. Tous les bâtiments annexes aux bâtiments réacteurs sont ainsi concernés : bâtiments des turbines, bâtiment d’élimination des déchets radioactifs, atelier d’incinération, etc. Cette programmation de travaux démontre que TOUS les sous-sols de la centrale dégagent une radioactivité importante.
 
tepco1
tepco2
tepco3
tepco4
 
- Nouvelles photos infrarouge des réacteurs 1 et 3 :
 
Des nouvelles photos de Tepco datant des 13 et 14 octobre 2011, permettent de faire des comparaisons avec une photo aérienne de la centrale pour déterminer les éléments ou les endroits visibles les plus chauds.
 
infrarouge1
Cliché infrarouge réacteur 1 du 13 octobre 2011
 
infrarouge3
Cliché infrarouge réacteur 3 du 14 octobre 2011
 
reacteur1
Photo aérienne réacteur 1
meilleure résolution : cliquer ici
 
reacteur3
Photo aérienne réacteur 3
meilleure résolution : cliquer ici
 
IR1insérée
Infrarouge inséré réacteur n°1
 
IR3insérée
Infrarouge inséré réacteur n°3
 
 
Vidéos
 
- Tepco diffuse une vidéo prise le 12 octobre lors d’un prélèvement dans l’unité 3. Vision de dégâts immenses dans ce bâtiment, rien de nouveau.
Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo diffusée par Devils TOwer sur YouTube
 
tepco6
 
 
- Considérations d’Arnie Gundersen sur de nouvelles photos de Tepco
 
Arnie Gundersen nous livre une analyse des nouvelles photographies de l’unité 3 publiées récemment par TEPCO étayant son hypothèse que l’explosion de cette unité a débuté dans la piscine de combustible usé. Fairewinds pense que des dommages importants ont également eu lieu dans le système de confinement, et que les deux événements (explosion de la piscine de combustible et dommages à l’enceinte de confinement) n'ont pas eu lieu simultanément. La vidéo comprend également un bref commentaire sur la couverture construite sur l'unité 1 de Fukushima Daiichi.
 

 
 
- Visite de la centrale de Fukushima Daiichi (12 octobre, Tepco)
Visite en extérieur depuis une voiture. Rien de particulier à signaler.
 
 
 
- Des travailleurs de Fukushima témoignent auprès de la ZDF
Reportage de Johannes Hano, Martin Niessen et Fuyuko Nishisato du 4 octobre 2011,
(durée 8min15, merci à kna60 pour la traduction !)
 
- Vivre dans la zone mortelle (« Leben in der Todeszone », durée 28min32)
Reportage de Philipp Abresch dans l’émission Weltweit  (WDR)
On y voit entre autres les enfants de Minamisoma qui portent leurs dosimètres, qui ont peur de la pluie et qui n’ont plus le droit de jouer dehors…
Encore un excellent reportage qu’on aimerait voir sur nos chaînes francophones !
wdr
Pour la traduction et le sous-titrage, merci à tous les contributeurs : 007bratsche, tokyobrowntabby, sievert311, Hélios & Kna ! 
 
Application
 
- Visiter Fukushima en 3D :
Les photos aériennes ou les plans ne sont pas forcément parlants côté relief. Avec cette application, on peut visualiser le site en 3D et s’y déplacer avec un petit véhicule de manière simple. Pour ce faire, se rendre sur ce site http://tinyurl.com/3luw6d , copier/coller les coordonnées suivantes 37.4214N 141.0336E , cliquer sur Teleport et se déplacer avec les flèches.
 
3d
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 00:50

inondationunite3.jpgUn rapport détaillé sur les premières 24 heures de la catastrophe de Fukushima vient de paraître. Elaboré par Eliza Strickland (IEEE Spectrum), il a été fondé sur des entretiens avec des responsables de la Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle, la Nuclear Regulatory Commission des États-Unis, l'Agence internationale de l'énergie atomique, les gouvernements locaux, et avec d'autres experts en ingénierie nucléaire, ainsi que sur l'examen de centaines de pages de rapports officiels.

 

Un nouveau récit où l’on apprend, entre autres, que les employés sont allés chercher des batteries de voiture pour alimenter la salle de commande du réacteur n°1 ! Le déroulement des catastrophes les plus graves se rattache parfois à des évènements inimaginables… L’occasion de rappeler qu’en France, il n’y a pas besoin de tsunami ou de tremblement de terre pour provoquer un accident majeur. L’erreur humaine est suffisante, comme en 1979 à Three Mile Island, ou dans le prochain accident nucléaire qui a de fortes probabilités pour se produire en Europe…

 

Revenons à Fukushima :

 

14h46 : au moment du tremblement de terre, tout semble sous contrôle. Les alarmes fonctionnent normalement. Dans les 5 secondes, les barres de contrôle se relèvent automatiquement et mettent à l’arrêt les 3 réacteurs en fonctionnement. Les piscines se remplissent d’eau pour éviter toute surchauffe.

 

14h52 : un système de refroidissement de secours se met en route automatiquement. Les opérateurs estiment qu’un refroidissement trop rapide du coeur pourrait endommager la cuve et arrêtent le système.

 

Alerte au tsunami prédisant une vague de 3 m à Fukushima. Les personnels commencent à évacuer le site.

 

15h27 : la première vague de 4 m arrive.

 

15h35 : une autre série de vagues d’une hauteur de 14 m inonde le bâtiment des turbines et percute la pompe d’eau de mer. 11 groupes électrogènes sur 12 sont mis hors service. Le 12ème permettra aux réacteurs 5 et 6 de conserver un système de refroidissement.

 

Salle de contrôle du réacteur 1 : il n’y a plus d’électricité. Aucun moyen de connaître l’état du réacteur. Impossible de rouvrir la vanne fermée juste avant le tsunami car les commandes électriques sont inopérantes. Les ouvriers vont chercher les batteries de leur voiture pour réalimenter la salle de contrôle !

 

Les 11 camions devant apporter des générateurs de secours sont coincés dans des embouteillages… C’est le début d’une série d’évènements qui ont conduit à la catastrophe que l’on connaît.

 

Les premiers temps sont ainsi décrits précisément, heure par heure, jusqu’à l’explosion du bâtiment réacteur n°1 le 12 mars à 15h36, 24 heures exactement après l’arrivée de la vague de 14 m de hauteur.

 

Lire l’article en entier (langue anglaise) :

http://spectrum.ieee.org/energy/nuclear/24-hours-at-fukushima/0

 

Lire l’article en langue française (merci Hélios !)

1ère partie

http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/11/les-premieres-24-heures-de-la.html

2ème partie
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/11/les-premieres-24-heures-de-la_05.html

 

 

 

ieee.jpgCet article fait partie d'une série documentaire, elle-même présentée de manière chronologique et thématique, très facile d'utilisation, consultable à cette adresse :

 

http://spectrum.ieee.org/static/fukushima-and-the-future-of-nuclear-power

 

 

 

 

 

 

A noter également, cette remarquable chronologie réalisée par l’ACRO :

http://www.acro.eu.org/chronoFukushima2.html

 

De manière plus concise, voir également la chronologie des explosions ici :

http://fukushima.over-blog.fr/article-chronologie-des-explosions-et-incendies-des-reacteurs-de-fukushima-dai-ichi-73111812.html

 

Et bien sûr, l’incontournable chronologie de l’article de Wikipédia qui concerne, comme il est rappelé à juste titre, un évènement en cours :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima

     

 

L'explication technique des premiers jours de la catastrophe par le site bravenewclimate :

http://bravenewclimate.com/2011/03/13/fukushima-simple-explanation/.

 

 

Enfin, autre chronologie intéressante, celle non officielle recueillie sur le site Enformable :

 

391148_2563939661098_1332320101_2906955_1058243532_n.jpg

source : http://enformable.com/category/resources/foia/

 

 

 

 

Illustration : inondation d'une salle de l'unité 3 (photo Tepco)

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 02:38

reacteur 2Mauvaises nouvelles. Selon les informations données le 2 novembre lors d’une conférence de presse par Tepco, opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le combustible fondu du réacteur 2 est sujet à une reprise de criticité. Ce qui signifie concrètement que des réactions en chaîne et des fissions nucléaires ont eu lieu récemment. Habituellement, dans une centrale nucléaire en bon état, tout ceci est sous contrôle. Mais là, il faut arrêter de parler de « réacteurs accidentés » car on ne maîtrise plus rien. En effet, il n’y a plus de réacteur digne de ce nom dans les unités 1, 2 et 3. Ils ne seront jamais réparés. Chaque cuve a été percée par un cœur fondu, qui a créé cette chose que l’on doit désormais appeler par son nom, un corium.

 

Tepco vient donc d’annoncer que du xénon a été détecté dans l’unité 2. Les deux éléments Xe-133 et Xe-135 révèlent des réactions en chaîne très récentes, car ces gaz rares sont des marqueurs d’une fission nucléaire de l’uranium et leur période radioactive est très courte (9 h pour Xe-135 et 5 jours pour Xe-135). Pour essayer d’arrêter ce phénomène, Tepco a injecté de l’eau boratée dans le réacteur (1), ce qui selon plusieurs sources, n’est pas forcément la meilleure solution : à Tchernobyl, quand une reprise de criticité a lieu, les équipes responsables du corium utilisent du nitrate de gadolinium, produit qui semble plus indiqué.

 

L’absence de repérage de bouffée de rayonnements et la non augmentation de la température ou de la pression pourraient s’expliquer par des réactions en chaîne non pas dans la centrale mais dans son sous-sol, ce qui correspondrait à un scénario de melting-out, c'est-à-dire de sortie totale du corium des différentes enceintes de confinement, radier compris. Seul les gaz produits par la reprise de criticité seraient ainsi détectables en surface.

 

shemafission.jpg

Schéma explicatif du phénomène (Asahi Shimbun, via Enformable)

 

Certains commentateurs ont voulu voir dans une image de la webcam TBS des trous dans le mur sud du bâtiment réacteur 2, ce qui aurait pu indiquer qu’une explosion avait eu lieu. En fait, la caméra est située à plusieurs kilomètres du site et il s’agit probablement de la silhouette d’un arbre. On distingue très nettement en comparant des prises de vue d’août et de novembre qu’un défrichement forestier a eu lieu au sud-ouest du site, ce qui laisse voir une plus grande partie du bâtiment n°2. De plus, l’image diffusée par Euronews est sans équivoque : les murs n’ont souffert d’aucun dommage.

 

reacteur2aout2011webcamTBS.jpg

Image de la webcam TBS/JNN fin août 2011

 

reacteur2novembre2011webcamTBS.jpg

Image de la webcam TBS/JNN du 2 novembre 2011

 

reacteur2novembre2011euronews.jpg

Image du bâtiment réacteur n°2 du 2 novembre  (Euronews)

 

Il est toutefois légitime de s’inquiéter, car une réaction nucléaire non contrôlée pourrait rapidement tourner au désastre, une explosion de vapeur étant toujours possible dans le cas d’un réchauffement brusque du corium dans un endroit confiné. C’est bien parce que des explosions ‒ de vapeur ou d’hydrogène ‒ sont toujours à craindre dans la centrale que les médias se sont emparés de cette information qui a fait rapidement la une de nombreux sites d’information. Car oui, nous sommes dans le même état d’incertitude sur l’avenir de cette centrale, et cette information a ravivé les craintes et les angoisses de mars 2011.

 

Toutefois, il faut relativiser un tant soit peu cette nouvelle, car Tepco connaissait cette information depuis longtemps, et ceux qui suivent la catastrophe de près ne sont pas vraiment étonnés de la nouvelle. Les faisceaux de neutrons observés à 13 reprises au mois de mars indiquaient déjà des reprises de criticité, sauf que les coriums à cette époque se situaient probablement à un niveau plus élevé. En effet, à chaque fois que la réaction se développe, la chaleur produite peut brasser le mélange, réactiver le processus de corrosion et ainsi faire descendre le corium un peu plus dans le sol.

 

Selon Shinichi Saoshiro, correspondant pour l’agence Reuters, les ingénieurs de Tepco supposent que des débris de corium ont pris des formes granulaires de 1,5 à 5 cm de diamètre. Ces grains de matière fissile mélangés à l’eau de refroidissement pourraient constituer une géométrie favorable à une réaction en chaîne temporaire. Pourtant, jusqu’à présent, ces mêmes responsables avaient affirmés que le corium avait une forme ovale avec une croûte refroidie.  Mais Tepco n’en est pas à sa première contradiction… Toujours est-il que les spécialistes nucléaires en sont toujours à faire des hypothèses, sans savoir réellement ce qui se passe.

 

Une chose est sûre, il va falloir revoir la définition d’ « arrêt à froid » d’un réacteur. La température seule ne peut plus servir de référence unique. Il faudra désormais y associer un état définitif de sous-criticité qui interdit toute reprise de réaction en chaîne.

 


(1) L'injection d'eau boratée a duré pendant une heure (02h48-03h47). TEPCO a déclaré avoir mis 480 kg de pentaborate de sodium (NaB5O8) dans le liquide de refroidissement.

 

 

 

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A lire aussi sur le sujet :

 

Reprise ou maintien de criticité dans l'unité n°. 2 : pourquoi ne sommes-nous pas étonnés ?

Phénomènes de criticité ou pas ? (Synthèse sur l’accident de Fukushima, p. 6)

A Tchernobyl, l'eau et le corium ne faisaient pas bon ménage. Et à Fukushima, ils le feraient ?

 

 

 

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Si vous avez loupé quelques épisodes depuis le 11 mars, vous pouvez vous rattraper avec ces articles :

 

La géologie de Fukushima

La construction de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : toutes les données sur les réacteurs et les combustibles

Chronologie des explosions et incendies des réacteurs de Fukushima Dai-ichi

Explosion au réacteur n°3 de Fukushima Dai-ichi : la théorie d'Arnie Gundersen

Analyse de l'explosion du bâtiment du réacteur 3 de Fukushima Daiichi

Les enceintes de confinement des réacteurs 1 et 2 de Fukushima Daiichi sont percées

Les vapeurs de Fukushima Daiichi

Pluies radioactives sur le Japon

Le corium de Fukushima (1) : description et données

Le corium de Fukushima (2) : effets et dangers

Le réacteur n°1 de Fukushima Dai-ichi est devenu une passoire

Le réacteur n°3 de Fukushima Daiichi (1ère partie)

Le réacteur n°3 de Fukushima Daiichi (2ème partie)

Le plutonium de Fukushima Daiichi

Un barrage sur la faille de Fukushima

Dispersion de la radioactivité dans les océans

Fukushima : bombe sanitaire à retardement

Les effets de la radioactivité sur les enfants de Fukushima

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 21:05
livre tchernobylAprès la catastrophe de Fukushima, Our Planet-TV a lancé une enquête pour savoir si les retombées radioactives avaient eu des effets sur la santé de la population. Suite à cet appel, ils ont reçu près de 500 mails par semaine.
 
Cette enquête met en évidence que la radioactivité, même à faible dose, a des effets réels sur la santé.
 
 
Dans cette émission, on apprend que les symptômes les plus fréquemment signalés sont le saignement de nez abondant, la diarrhée, l’irritation de la gorge et la fatigue intense. Et ces symptômes n’ont pas été observés que pour les enfants. Le Dr Masamichi Nishio, chef du centre sur le cancer de Hokakido, estime que ces symptômes doivent être reconnus comme de nouveaux symptômes cliniques de l’exposition aux rayonnements à faible dose.
 
 

 

 
 
Dans le livre sur les conséquences de Tchernobyl publié en 2009 par l’Académie des Sciences de New-York, le Dr Yablokov décrit les mêmes symptômes associés à des gonflements des ganglions lymphatiques. Mais les conséquences dramatiques de la catastrophe de Tchernobyl ont été ignorées pour que le lobby de l’énergie nucléaire puisse continuer à prospérer.
 
Selon l’enquête de Our Planet-TV, sur 500 signalements, le symptôme le plus fréquent est le mal de gorge (1 personne sur 3), puis le saignement de nez (1/5), puis la diarrhée (1/5) et enfin la fatigue (1/6).
 
D’après Mme Mika Noro, présidente de l’association japonaise « Le pont de Tchernobyl », les enfants qui vivent dans les zones contaminées par la catastrophe de 1986 présentent les mêmes symptômes que ceux de Fukushima.
 
Elle a visité la Biélorussie. Dans les territoires contaminés, 98% des enfants ne sont pas en bonne santé. La durée d’un cours à l’école est passée de 45 à 25 minutes car les enfants sont trop fatigués.
 
Elle a visité aussi la région de Fukushima. Elle a constaté que les enfants y jouent encore joyeusement avec des taux très élevés de radiations dans les villes de Fukushima, Koriyama et Nihonmatsu.
 
Sa conclusion :
 
LES ENFANTS DOIVENT ETRE EVACUES IMMEDIATEMENT !
 
Cette émission a été diffusée en juillet 2011. Trois mois plus tard, les enfants ne sont toujours pas évacués et sont toujours soumis à de forts taux de rayonnement.
 
Et que fait l'OMS ? RIEN.
 
 
 
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Autres liens sur le même sujet :
 
Vidéo et pétition « Evacuate Fukushima »
 
Soutenir le documentaire d’Alain de Halleux « Message in a bottle »,
reportage sur la vie de 5 enfants vivant en zone contaminée
 
extrait-livre-4
 
   
 
Rien n'a changé dans le paysage ici, avant et après l'accident nucléaire, mais nos vies ont complètement changé
 
 

1492714 7 a256 des-enfants-evacues-des-alentours-de-la

 
 
Récréations en intérieur obligatoires
 
Les enfants japonais sont-ils des cobayes ? (anglais)
 
enfants
 
Blog du CRMS (Citizen's Radioactivity Measuring Station)
 
 
 
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Autres sites sur la même problématique :
 
Site de l’association Les enfants de Tchernobyl
 
Site de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus
 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 01:53
100femmes 1004okDepuis le 27 octobre, 100 femmes se mobilisent pour réveiller le monde. Pour elles, la vie s’est arrêtée le 11 mars 2011 avec la catastrophe nucléaire. Leur région est irrémédiablement contaminée. Elles veulent sauver leurs enfants et alerter le monde entier pour que l’énergie nucléaire ne soit plus utilisée.
 
Suivez-les presque en direct sur la chaine FukushimaVideoReport (voir les liens en bas de page) !
 
100femmes 0968ok
Drapeau dénonçant la machine à cancer Tepco
 
Le Réseau de Fukushima pour la Protection des Enfants contre le Rayonnement s’est formé en juin ; le blog de Fukushima avait diffusé à cette époque le premier appel des mères de Fukushima. Depuis, le réseau s’est organisé et étoffé. Il aide les habitants à mesurer les niveaux de radiation, à nettoyer les matières radioactives, à évacuer le cas échéant. Le partage des connaissances est également une partie importante des activités du réseau. Un article paru dans le site Safecast, et traduit dans le site Aweb2u, « Visite au "Réseau de Fukushima pour la Protection des Enfants contre le Rayonnement »  montre très bien le climat de solidarité dans lequel ce réseau s’est constitué.
 
100femmes 0970ok
Une maman militant pour la santé des enfants
 
"Nous avions cru, disent les 100 femmes, que cette catastrophe amènerait notre gouvernement à fermer les centrales nucléaires existantes et à stopper les projets de nouvelles installations nucléaires. Nous croyions que notre dépendance à l’énergie nucléaire deviendrait un souvenir du passé et que le gouvernement japonais investirait désormais dans les énergies renouvelables. Il nous faut constater cependant que, même si tous les sondages montrent que 80% de la population japonaise veulent se passer de l’énergie nucléaire, les hommes politiques japonais veulent poursuivre leur agenda nucléaire et faire redémarrer les réacteurs."
 
Skoazell da FUKUSHIMA WOMEN SIT-IN TOKYO
Soutien français au sit-in des 100 femmes de Fukushima (dessin de Nono)
 
Face à la non-assistance des autorités, les citoyens se sont organisés pour éviter le pire. Ne pas profiter de l’expérience de la catastrophe de Tchernobyl aurait été une erreur. Des contacts se sont ainsi noués entre des organisations telles que celle présidée par Yves Lenoir, l'association Enfants de Tchernobyl Belarus et les réseaux citoyens japonais. En Biélorussie et au Japon, les problèmes sont les mêmes : « mensonges délibérés des médecins radiothérapeutes qui, à Fukushima comme hier à Tchernobyl font tout pour nier les inéluctables maux qu'entraîne l'exposition aux radiations et aux contaminations corporelles, surtout chez les enfants et les fœtus ».
 
Les Japonais ont évidemment raison de se mobiliser. Le gouvernement ne prend pas la mesure de l’ampleur de la catastrophe et ne prend pas toujours les bonnes décisions. Aujourd’hui on sait selon une étude récente que la centrale a libéré deux fois plus de radioactivité que ce qu’avaient annoncé les autorités. Des milliers de Japonais se mobilisent pour éviter une grande dispersion des déchets radioactifs dans le pays : le gouvernement s’apprête par exemple à vouloir  déverser des cendres radioactives provenant d’Iwate dans la baie de Tokyo (pétition internationale).
 
sdn100
Soutien du réseau Sortir du nucléaire
 
0000000508-DSCF0737En France, le Réseau "Sortir du nucléaire" a décidé d’appuyer l’action des 100 femmes et propose une campagne de photos de soutien dans la semaine à venir. Il vous invite à envoyer des portraits de femmes, dans la mesure où les Japonaises qui ont initié cette action en appellent aux femmes du monde entier... mais ils invitent également les hommes à agir, par exemple en prenant les photos !
 
 
Utilisez le modèle de poster, élaboré avec les Japonaises de Fukushima, et réalisez un maximum de photos de femmes portant ce poster en soutien. Faites-les ensuite parvenir à sdn.agglonimesuzes@free.fr pour les mettre en ligne et les transmettre au Japon.
 
100femmes 1018ok
Intérieur de la tente louée spécialement pour les 100 femmes. La pile de cartons au milieu représente une petite partie des donations pour les habitants de la région.
 
Autre action possible, aider financièrement ce mouvement en faisant une donation par PayPal :
Nom de la donation :
"Women's Sit-In" ("Onna Suwarikomi")
 
 
 
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Reportages vidéo avec la chaine FukushimaVideoReport
 
Le 29 octobre, les mamans de Fukushima ont formé une chaine autour du METI (Ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie).

 

 
 
Manifestation du 29 octobre à Tokyo

 
 
 
Il n’y a pas d’âge pour crier son désespoir !

 
 
 
Un point chaud dans un quartier froid !

 
 
 
Message de Mme Sato aux Français. Elle représente le Réseau de Fukushima pour la Protection des Enfants contre le Rayonnement
   

 
   

Transcription du message de Mme Sato par Yumiko

 

Mme Sato : Bonjour les Français,

A cause de l’accident, la situation actuelle est catastrophique à Fukushima.

On a beaucoup d'émotions en ce moment : la tristesse, la colère, le malheur, tous ces sentiments sont mélangés et nous essayons de trouver de l'espoir dans l'arrêt des centrales au Japon et dans le monde.

Soyons ensemble, soyons liés tous ensemble, s'il vous plaît.

 

Yumiko : Quelle est la situation réelle à Fukushima ?

 

Mme Sato : Les enfants de Fukushima vivent dans une zone autant contaminées qu'à Tchernobyl, et ils sont dans l'obligation de vivre de façon normale face à cette situation.

Les habitants qui ont pu partir de Fukushima sont très peu nombreux, la complexité des situations familiales (cellule familiale, situation professionnelle) sont autant d'empêchements

à la mobilité.

Tous le monde prend sa dose là-bas au jour le jour, on cherche tous les jours ce qu'on peut manger et boire comme eau ; on cherche dans le noir, dans nos tètes de mamans, ce qu'on peut donner à manger et à boire ; à cela s’ajoutent les différences de sensibilités face aux dangers qui se manifestent au sein de la famille.

Au début, nous avions l'espoir qu'après une décontamination nous pourrions revivre normalement, mais maintenant nous avons acquis la certitude que la décontamination ne sert à rien.

Toutes les mamans veulent faire partir les enfants de la zone, elles ne pensent qu'à cela maintenant.

L'association essaye de placer les enfants ailleurs, au loin de cette zone.

Encouragez-nous !

 

Yumiko : Est-ce qu'il y a des problèmes de santé qui apparaissent ?

 

Mme Sato : Les problèmes de santé commencent à être graves pour les enfants ayant une faible santé ; les premiers symptômes de saignement de nez et de colique sont apparus deux mois après la catastrophe. C’est particulièrement vrai pour les enfants qui souffraient déjà de dermatose atopique.

Maintenant cela commence à être visible dans les villes comme Tokyo et Chiba.

Ce problème de santé ne pourra pas être prouvé à l’avenir comme étant une cause directe de la radioactivité, ce sera un gros problème de santé publique dans le futur.

Merci beaucoup d’être avec nous !

 
 
Une occupation permanente existait déjà devant le ministère par diverses associations antinucléaires. Le 29 octobre était leur 49ème jour de présence.

 
 
 
Cette présence permanente de militants antinucléaires matérialisée par une tente devant le METI rappelle celle effectuée par les vigies d’Hippocrate : depuis le 26 avril 2007, sans relâche, des militants se relaient pour dénoncer l’attitude honteuse de l’OMS face à la catastrophe de Tchernobyl en étant présent devant le siège de l’organisation à Genève (1).
 
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(1) Pour mieux connaître cette action et participer, ne serait-ce qu’une heure, à la dénonciation de ce silence criminel de l’OMS, cliquer ici.

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 16:39

cattenom.jpgLes journalistes ont rivalisé d’imagination pour  nommer les intermittents du nucléaire : les bagnards du nucléaire, les clochards du nucléaire, les invisibles du nucléaire, les serfs de l'atome, les esclaves du nucléaires, les trimardeurs du nucléaire…

Le dernier reportage de Pascale Pascariello dans l’émission « La tête au carré » sur France Inter en dit encore long. Mais n’a-t-on déjà pas tout dit sur ce sujet ? Pourquoi cette situation scandaleuse perdure ? Tout simplement parce que le nucléaire a un coût qu’EDF ne veut plus assumer, au risque de mettre les centrales nucléaires en situation d’avoir un accident majeur.

 

Aujourd’hui, tout est dénoncé, tout est su, et rien ne bouge. C’est comme si l’on attendait stupidement que l’accident irrémédiable arrive. Les conditions de vie et de travail des intérimaires sont scandaleuses, les prises de risque décidées par EDF envers la population française sont honteuses. Tellement honteuses que les dirigeants coupent court à tout débat sur le sujet de la sous-traitance dans le nucléaire. On se souvient d’Eric Besson qui a fui un plateau de télévision, maintenant c’est Philippe Druelle, directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF, qui met fin à un interview (voir la transcription de l’interview ci-dessous). Vous rendez-vous compte que nous sommes dirigés par des gens qui fuient la réalité ?

 

Avant la catastrophe de Fukushima, la situation était identique dans le nucléaire japonais. Si vous ne l’avez pas encore fait, lisez absolument le témoignage de Norio Hirai, qui laisse son manifeste posthume : Témoignage de Norio HIRAI, chaudronnier du nucléaire : « Les centrales nucléaires sont construites par des gens incompétents »

 

Aujourd’hui, quel avenir veut-on pour la France ?

 

 

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Transcription de l’interview avec Philippe Druelle, directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF :

 

Philippe Druelle : Nous avons acquis l’intime conviction que techniquement nos installations sont capables de fonctionner jusqu’à 60 ans.

Donc la maintenance des installations ne peut se faire que lorsque le réacteur est à l’arrêt, sur des périodes très courtes et très limitées dans le temps, donc cette activité de maintenance est une activité saisonnière.

Pascale Pascariello : En même temps, ce qui est étonnant, c’est que dans les centrales maintenant il y a des sous-traitants qui restent à l’année.

Philippe Druelle : Oui, effectivement, on a un certain nombre d’emplois dits permanents dans nos centrales.

Pascale Pascariello : Il y a eu un rapport également paru en juin 2011 qui s’interroge sur la sous-traitance en cascade.

Philippe Druelle : Aujourd’hui, la maintenance nucléaire, environ 80% de cette maintenance est assurée par ces entreprises prestataires. Qu’on se comprenne bien, EDF reste maître de ce qu’il fait chez lui, c’est-à-dire : la définition de ce que l’on doit faire, la nature des travaux que l’on doit faire, la façon dont ces travaux doivent être faits, la vérification que ces travaux sont bien faits, c’est de la responsabilité d’EDF, et c’est l’exercice de son contrôle qu’elle exerce sur les entreprises prestataires.

Pascale Pascariello : Comment EDF, qui ne pratique plus, peut surveiller ?

Philippe Druelle : Pour faire faire faut-il savoir faire. On a augmenté le nombre de surveillants formés, c’est là-dessus que nous travaillons.

Pascale Pascariello : C’est possible d’avoir un ordre d’idée de l’augmentation du nombre de surveillants ?

Philippe Druelle : Euh, ça… Donc, on a une demande de l’ASN, je peux vous garantir qu’on progresse. Je peux vous garantir que c’est le cas, on y travaille fortement.

Pascale Pascariello : 80% des doses sont prises par les salariés de la sous-traitance.

Philippe Druelle : Nous industriels, c’est aussi notre responsabilité, c’est de faire en sorte que bien sûr la loi soit respectée. Puisque vous avez beaucoup de chiffres, vous devez aussi avoir celui-là, je vous en rajoute un : c’est que la dosimétrie prise par les intervenants a quand même été divisée par trois en plus de 10 ans. Donc ensuite, qui prend la dose, c’est très fortement lié à l’activité menée par chacune des personnes.

Pascale Pascariello : Est-ce que cette sous-traitance est aussi voulue parce que ça permet de ne pas prendre en charge les doses prises par les salariés de la sous-traitance ?

Philippe Druelle : Euh…Alors. Moi je vous invite à venir voir comment ça se passe sur un site, concrètement. Plutôt qu’en parler, venez voir concrètement comment on y vit, comment les sous-traitants y travaillent.

Pascale Pascariello : Je serais venue volontiers. Je suis allée dans une autre centrale. J’ai pris avec moi des témoignages que j’ai pu avoir sur un surveillant. Il dure 1 minute 30. Donc si vous voulez on peut l’écouter. Je l’ai gravé sur un CD [« Je suis désolé mais »… dit une voix féminine en fond] pour vous donner un aperçu de ce que j’ai entendu. Est-ce que vous voulez qu’on l’écoute ?

Philippe Druelle : Non, non non, Mais… Je… Après, comment dirais-je, vous êtes libre d’interroger les gens que vous souhaitez. Il n’y a pas d’état d’âme là-dessus.

Pascale Pascariello : Non non. Mais justement je vous fais part, je vous invite à écouter les gens que j’ai rencontrés et également ceux qu’on appelle les nomades du nucléaire qui vivent dans des campings, dans des conditions justement de vie et de travail assez déplorable.

Philippe Druelle : Je lis dans des journaux des témoignages divers et variés. Je suis à l’aise avec ça. Moi je vous explique qu’en tant que patron et en tant qu’industriel, les actions qu’on mène.

Quelqu’un : « De toute façon, on ne va pas continuer à… parce que je crois que vous avez votre… »

Philippe Druelle : oui

Pascale Pascariello : Ah bon, vous arrêtez ? Pourquoi ? Parce que j’ai parlé des conditions de vie des sous-traitants ?

Quelqu’un : Bon je suis désolée, je vous avoue qu’on est un petit peu en retard, euh..

Pascale Pascariello : Bon il n’y a pas de réponse, quoi…

 

Mathieu Vidard : Gros malaise, Pascale Pascariello, la direction d’EDF refuse donc de parler des conditions de travail et de vie des sous-traitants.

Pascale Pascariello : Oui, il coupe court à l’interview ».

 

Lien pour écouter l’émission complète :

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=191435

 

Présentation de l’émission :

La sous-traitance dans le nucléaire, un reportage de Pascale Pascariello

Près de 80% de la maintenance des installations nucléaires est aujourd’hui sous-traitée.

« EDF utilise pas loin de 20 000 personnes en sous-traitance, aux cotés de ses 20 000 salariés. C'est vraiment un souci ! Ces sous-traitants doivent être formés, travailler dans de bonnes conditions, être bien protégés, bien surveillés ». Ce cri d'alarme a été lancé le 29 aout dernier par le Président de l'Autorité de Sureté nucléaire, André-Claude Lacoste, en charge de veiller sur les 19 centrales françaises.

Nous sommes donc allés voir ceux qui entretiennent les centrales. Certains sont des "nomades" qui vont de centrales en centrales et logent dans des campings ou des gites. Souvent interdits de parole sous peine de licenciement, les sous-traitants du nucléaire éprouvent aujourd'hui le besoin d'alerter l'opinion sur les risques qu'ils encourent et sur la dégradation des conditions d'intervention à l'intérieur des centrales.

Les témoignages que nous avons pu recueillir sont instructifs : « Je suis tout seul dans l'atelier de décontamination mais je ne sais pas faire. Donc le boulot est mal fait»affirme un décontamineur à l’abri des regards non loin de la centrale dans laquelle il intervient depuis près plus de 15 ans.

A quelques heures de route de là, dans un autre site nucléaire, un jeune homme de 22 ans vient de finir sa journée. De la grande distribution, il s'est reconverti dans le nucléaire. Las, il s'assoit à mes côtés dans un petit bureau attenant à la centrale : «Souvent on m'a demandé de faire des trucs seuls comme vérifier des fuites ou décontaminer alors que je ne suis pas habilité à le faire » explique t'il, décidé à quitter ce travail trop dangereux.

Encore des kilomètres et une autre centrale plus loin, nous arrivons dans un camping occupé en cette fin d'été non par des vacanciers mais des sous-traitants. Devant une caravane de 6 mètres carrés, Fred, intérimaire, et deux de ses collègues acceptent de faire part de ce qu'ils vivent, épuisés par leur condition de travail : « Au bout d'un moment y en a qui vont péter les plombs (...) C'est de la survie ». Du côté des agents EDF, le malaise se ressent également. Les agents EDF en charge de veiller à la maintenance des installations nous confient qu' « au bout du compte, on ne surveille pas comme il faut, et parfois on ne surveille pas du tout ! ».

Nous avons donc rencontré des salariés de la sous-traitance et de EDF, et nous avons également interrogé Annie Thebaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l'Inserm, Thomas Houdré, directeur des centrales à l'Autorité de Sureté Nucléaire, Philippe Druelle, directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF et Pierre-Yves Cuche, ancien directeur de la centrale de Tricastin.

 

 

 

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Plus de documentation sur la sous-traitance dans le nucléaire :

 

Le scandale de la sous-traitance dans les centrales nucléaires   (Blog de Fukushima)

La sous-traitance nucléaire explose (OWNI).

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 21:47
Qu’il aurait été agréable d’annoncer une reprise en main de la situation… Mais il ne faut pas rêver. La catastrophe nucléaire, même si certains ont tendance à l’oublier ou à la minimiser, est toujours en cours au Japon : la centrale continue de relâcher ses radionucléides dans l’environnement ‒ air, terre, eau ‒, le territoire japonais continue à être contaminé jusqu’aux portes de Tokyo, et la majeure partie de la population continue à vivre comme si de rien n’était alors que certains points chauds montrent des taux de radioactivité supérieurs aux zones évacuées dans la région de Tchernobyl.
Cet article ne prétend pas faire un point exhaustif de la situation, mais propose simplement de faire le tour de l’actualité en cette fin d'octobre.
 
1. Etat de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
2. Contamination du Japon
3. Intérêt des scientifiques
4. Radioprotection
5. Mobilisation de la population japonaise
6. Mouvements humanitaires
7. Et les coriums dans tout ça ?
 
 
1. Etat de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
D’abord, une petite visite s’impose. C’était le 22 octobre, belle journée ensoleillée d’automne. C’est Tepco qui filme. C’est beau, c’est propre, les liquidateurs ont bien travaillé, au risque de leur vie (ils sont actuellement 3000 employés sur le site). On filme essentiellement ce qui ne fâche pas : seulement 10 secondes pour les réacteurs accidentés sur un total de 6 minutes 25. On oublierait presque la radioactivité ambiante…
 

 
 
 
D’après Tepco, la situation s’améliore et serait presque maîtrisée : ils auraient réussi à faire un « arrêt à froid », comme ils disent dans leur jargon, des réacteurs accidentés. En fait, cela signifie une température « inférieure à 100°C » (lien). Donc de l’eau frémissante à 99°C, pour eux ça ne compte pas. Bertrand Barré (Areva) va plus loin : il affirme que « Les cœurs qui ont fondu sont resolidifiés et sont refroidis » (lien). Impressionnant. Mais on ne sait toujours pas comment il sait ça !
 
Sinon, rien n’a changé au réacteur n°1, il est toujours aussi radioactif au niveau du sous-sol : 3 juin, 4000 mSv/h (vidéo) ; 13 octobre, 4700 mSv/h (lien). Quant au 2ème étage, ce n’est pas mieux : août, 5000 mSV/h. La toile qu’ils ont installée autour du bâtiment ne changera quasiment rien, sinon de redorer l’image même de Tepco.
 
nouveau1
Une toile recouvre maintenant le bâtiment du réacteur n°1
 
La centrale, selon Tepco, dégagerait aujourd’hui moins de radioactivité que le mois dernier ; on peut évidemment s’en réjouir, mais tout de même, elle crache encore 2,4 milliards de becquerels chaque jour (lien). Cette vidéo de la webcam de la centrale nous montre que de la vapeur continue à se dégager de la centrale de manière abondante (début de l’évènement à 1:08, correspondant à 17h22 le 22 octobre 2011) :

 
Et les hotspots trouvés récemment dans la banlieue de Tokyo confirment que ces dégagements peuvent se rabattre sur les terres à partir du moment où le vent les pousse vers le sud.
 
Le problème de l’accumulation de l’eau hautement contaminée sur le site reste entier. Il y aurait actuellement 175 000 tonnes d’eau radioactive stockée sur le site, essentiellement dans les sous-sols. Tepco a constaté que le pompage de l’eau des sous-sols était inefficace car ils sont situés sous le niveau de la nappe phréatique, dans la roche sédimentaire aquifère. Dès que le niveau baisse, l’eau arrive de nouveau par le jeu des fissures. La centrale est devenue un puits infernal, car l’eau arrive en permanence : 200 à 500 tonnes par jour selon Tepco. C’est le tonneau des Danaïdes inversé. Les hommes sont désormais condamnés à vider un trou qui se remplit. Mais l’eau qu’on en retire est mortelle. Tepco ne sait plus quoi en faire, au point de l’éliminer en arrosant du bois pour éviter un improbable incendie… (lien).
 
arrosage-bois-tepco.png
Arrosage de bois avec de l'eau contaminée
 
L’enjeu aujourd’hui est de prévoir une installation pérenne qui va pouvoir traiter cette eau de manière constante durant des dizaines d’années, sans que cela n’affecte l’environnement.
 
 
2. Contamination du Japon
 
D’après le dernier rapport de l’IRSN du 27 septembre 2011, « depuis le 1er juillet, les concentrations en radionucléides dans les produits végétaux terrestres ont continué de présenter une tendance générale à la baisse ». Certes, mais il faut savoir que les radionucléides ne disparaissent pas pour autant, ils se déplacent. Et ils peuvent se concentrer ailleurs.
 
En fait, la contamination se répand partout dans le Japon. Dans l’alimentation, dans le sol, dans les matériaux. La pollution ne se limite pas à la préfecture de Fukushima car les nuages ne connaissent pas les limites administratives et les vents sont capricieux. Les cendres d’incinération, si elles ne dépassent pas 8000 Bq/kg, peuvent être réemployées dans les matériaux de construction, en particulier le ciment. Par exemple, un morceau de panneau de béton vient d’être découvert dans le nord de Tochigi (lien) avec une radioactivité de 2,5 µSv/h, soit 50 fois la radioactivité habituelle (1).
 
Mesure d’un hotspot à Kashiwa du 24 octobre : plus de 11 µSv/h, soit 100 mSv/an.
 
Kashiwa est une ville de 400 000 habitants à 200 km de la centrale de Fukushima Daiichi. C’est la banlieue de Tokyo. On y détecte aujourd’hui de nombreux points chauds, essentiellement dans les caniveaux et sous les arbres à larges feuillages. La plus importante mesure a été 57,5 µSv/h, ce qui correspond à plus de 1000 fois la radioactivité habituelle… A Tchernobyl, on a évacué des territoires pour moins que ça.
D’après les échantillons de terre analysés par la mairie de Kashiwa (lien), la pollution provient bien de la centrale de Fukushima (présence abondante de Césium 134) et elle serait relativement récente (lien). 276 000 Bq/kg de césium pour un de ces prélèvements, c’est très inquiétant, et cela confirme une nouvelle fois que la centrale continue à polluer le Japon, même très loin de la source.
 

kishawa

Recherche de points chauds par les autorités
 
D’après les principes des nucléophiles, pour réduire la radioactivité, il faut la diluer. Alors après que Tepco ait généreusement dilué dans le Pacifique la radioactivité de l’eau polluée provenant de la centrale (et ce n’est pas fini, la côte est du Japon continue d’être polluée par la centrale : lien), le gouvernement la dilue maintenant dans l’environnement : comme on ne sait plus quoi faire des déchets radioactifs (terre : 29 millions de mètres cube ; cendres ; boues), on va les répandre partout dans le Japon : l'Agence forestière autorise dorénavant les municipalités à enterrer dans les forêts domaniales les sols radioactifs provenant des zones contaminées (lien). Le Japon est donc condamné par son propre gouvernement à voir la radioactivité ambiante augmenter avec le temps, avec à la clé de nombreuses décharges de déchets radioactifs. Inodores. Invisibles. Incontrôlables à long terme… et avec quels effets sur la santé ?
 
décharge secrète
Décharge secrète de déchets radioactifs de Fukushima (source)
 
 
3. Intérêt des scientifiques
 
Les forums scientifiques français, comme les médias en général, se désintéressent petit à petit de Fukushima. Par exemple sur Futura Sciences, le principal fil de discussion sur l’explosion de Fukushima a été fermé, et le fil d’actualités n’apporte plus d’info depuis plus de deux semaines. En France doit-on s’en étonner ?
Pourtant les sujets de recherche et les questionnements concernant la catastrophe pourraient être nombreux si on s’y intéressait un tant soit peu. On pourrait aussi imaginer des forums de consensus, où des scientifiques pourraient débattre sur un sujet polémique, en acceptant d’avancer point par point vers une acceptation commune d’un fait. Au lieu de cela, même si les discussions sont souvent de bon niveau, on déplore parfois du mépris vis-à-vis des amateurs ou du dédain envers des autodidactes. Et ce sans parler des trolls, ces intervenants professionnels qui viennent perturber des débats dès qu’ils deviennent intéressants.
 
Et au-delà de la France, que penser du site Physics Forums où l’on fustige les rares scientifiques qui prennent position et qui informent sur Fukushima, tels Arnie Gundersen et Chris Busby ? (2)
 
Le monde scientifique est ainsi quasi muet sur la catastrophe de Fukushima. L’appel lancé par Harry Bernas en avril n’a guère eu de suite. Bien sûr il y a les sites militants de l’Acro, de la Criirad, de l’Aipri, ou le blog exemplaire de Dominique Leglu, Sciences pour vous et moi. Mais mis à part le dossier spécial de Science & Vie sorti en avril, « Fukushima. Ce qui s’est vraiment passé », les publications sont rares. Il faut dire qu’en France, les experts en nucléaire sont souvent salariés de la filière nucléaire. Les 48 000 employés d’Areva n’ont donc pas intérêt à aller contre le discours officiel ou à faire des vagues. N’avez-vous pas remarqué que souvent, ce sont des retraités ou des personnes anonymées qui s’expriment le plus facilement ? Aussi, le citoyen intéressé par la physique nucléaire a tout intérêt à s’informer par des réseaux indépendants du groupe industriel, tout en gardant un esprit critique.
 
Au Japon, le CRMS, association de citoyens qui font des mesures indépendantes de la radioactivité, a organisé une conférence sur le thème "A qui appartient le débat scientifique ?" The Japan Times reprend dans un long article l'essentiel de leurs discussions (lien, langue anglaise).
 
 
4. Radioprotection
 
Au Japon, les règles de radioprotection ne semblent pas être les mêmes qu’ailleurs. Après l’accident, on a commencé par relever les limites de doses. On se souvient en particulier du tollé provoqué en avril par la décision d’une limite de 20 mSv/an pour les enfants de Fukushima. Les consignes de prise de pastille d’iode n’ont pas été données assez rapidement. On décontamine les sols et les maisons avec des outils et des protections rudimentaires
En France, s’il y avait un accident, il n’en serait pas autrement. La population n’est pas formée pour subir un désastre nucléaire. Vu le taux élevé de réacteurs nucléaires sur le territoire français, il serait souhaitable que chaque élève reçoive une formation minimum sur la radioactivité afin de connaître les gestes qui sauvent en cas de catastrophe.
 
decontamination-en-famille.png
Décontamination d’un terrain scolaire en famille : consternant !
 
Suite à la catastrophe de Fukushima, un appel à projet a été lancé conjointement par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) et le JST (Japan Science and Technology Agency) qui invite les chercheurs Français et Japonais à étudier conjointement tous les aspects du tremblement de terre du 11 mars 2011 au Japon… à l’exclusion de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. La recherche française est donc manipulée par le lobby atomique qui ne souhaite absolument pas que l’on travaille sur l’effet des faibles doses sur la santé humaine (lien). Pour quelle raison ?
 
 
5. Mobilisation de la population japonaise
 
Il y avait un impressionnant dispositif policier lors de la manifestation antinucléaire organisée à Tokyo le 15 octobre dernier. On peut le constater sur cette vidéo (c’est vrai que l’énergie nucléaire implique une société policière) :
 

 
Malgré tout, la pression populaire ne faiblit pas. Les Japonais sont majoritairement opposés à la poursuite de l’utilisation de l’énergie nucléaire et ils le font savoir par des jeûnes, des manifestations et des occupations symboliques. La manifestation du 19 septembre, rassemblant 60 000 personnes à Tokyo, a été la plus démonstrative dans ce pays où traditionnellement, on n’a pas l’habitude de sortir dans la rue.
 
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Manifestation du 15 octobre à Tokyo
 
 
La mobilisation continue avec l'action des 100 femmes de Fukushima qui commence aujourd'hui à Tokyo.
       
 
 
6. Actions humanitaires
 
Le gouvernement japonais espère faire revenir aussi vite que possible les 80 000 réfugiés qui habitaient dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Pourtant ce territoire est fortement contaminé par le césium qui a une période radioactive de trente ans. La gestion de la catastrophe est étrange, entre le déni du danger et la désinformation.
Bientôt un mois que le gouvernement a demandé aux réfugiés de la zone rouge (20-30 km) de rentrer chez eux. C’est terrible. Dans cette zone encore contaminée, un certain Monsieur Odome s’organise pour distribuer de la nourriture aux habitants démunis, la plupart des magasins étant fermés.
Un soutien s’organise en France pour l’aider.
Plus de renseignements ici :
 
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M. Odome en pleine action
 
Des Japonais ont commencé à quitter leur pays. Si vous souhaitez accueillir l’un d’eux, ou si vous habitez au Japon et souhaitez partir, vous trouverez des moyens de vous faire connaître en lisant l’une de ces pages :
 
 
7. Et les coriums dans tout ça ?
 
On n’a pas fini de parler de cette matière qui empoisonne la vie des nucléophiles, et plus généralement la vie humaine tout court. Tepco a bien avoué (l’opérateur finit toujours par avouer !) qu’il avait fait une estimation fin mars de la descente du corium (lien) ; mais comment être sûr de leurs conclusions en sachant que chaque expérience sur le sujet mène à des résultats différents ?
 
Alors qu’en France tout le monde se fout de ce qui s’est réellement passé, le CEA fait sa pub sur la sûreté nucléaire avec un dossier écrit par Claire ABOU dans « Les défis du CEA » n° 163, intitulé « Au cœur du corium ».
 
coulee.jpgDans cet article consacré au corium, on vante les mérites de la recherche nécessaire pour augmenter la sûreté. Mais ce que l’article ne dit pas, c’est que les expériences ne peuvent atteindre les températures et les masses de combustible en cause dans l’accident de Fukushima, ce qui explique que le monde nucléaire soit muet sur le sujet des coriums de Fukushima : on ne peut pas communiquer sur quelque chose qu’on ne sait pas modéliser ! L’article ne dit pas non plus que même avec des instituts de recherche, l’accident majeur finit toujours par arriver. Dommage que les centrales ne soient pas sûres AVANT les « accidents » !
 
Une question reste en suspens : pourquoi Bertrand Barré n’a-t-il pas été interviewé dans ce dossier ? C’est pourtant l’expert qui semble le mieux informé. Pourquoi n’en dit-il pas plus ? Et pourquoi aucun journaliste ne lui demande de s’expliquer ?
 
 
 
-----------------------------------------
 
(1) En France, il faudra rester très vigilant pour que cela ne se produise pas, car il existe une pression et une possibilité pour que les déchets radioactifs de faible activité soient recyclés dans les matériaux de construction ou même les casseroles. Ce n’est pas une blague, voyez vous-mêmes le dossier de la Criirad sur ce sujet : Mobilisation contre l’ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction. La dilution de la radioactivité dans l’environnement reste un objectif des industriels de l’atome. Mais cette pratique qui au final aboutit à un accroissement du bruit de fond radioactif nie les effets de la radioactivité à faible dose sur la santé.
 
(2) J’ai moi-même été banni de ce forum scientifique après avoir proposé un lien vers mon article sur le corium. On voit là toute l’ouverture d’esprit de certains scientifiques assis sur leurs principes, et soumis aux intérêts du lobby atomique.

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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