11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 01:44

minamisoma.jpgDepuis l’année dernière, Minamisoma est devenue une ville très connue du Japon car elle est située à 25 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Lors de la catastrophe, son maire Katsunobu Sakurai avait envoyé un appel à l’aide sur YouTube, entendu dans le monde entier. Presque un an après, la situation a changé, ce même maire demande à ce que les habitants reviennent vivre dans leur ville où, selon les sources officielles, les taux de radioactivité ne sont pas inquiétants. Pourtant, tous les habitants ne voient pas cela de la même manière. Comme Koichi Ohyama, cet élu local qui demandait plus de précautions et de mesures avant que les gens ne reviennent chez eux. Comme Takao Odome, qui cherche à s’approvisionner en nourriture non contaminée. Comme cette bloggeuse,  Emiko Numauchi alias Numayu, qui a perdu la santé et veut alerter les autorités sur les dangers de la radioactivité.

 

Pour bien comprendre que la situation est vécue de manières différentes selon les habitants, voici trois témoignages concernant Minamisoma, à commencer par celui d’un Français qui pense que « la situation est grave mais pas désespérée ».

 

Témoignage d’un français expatrié,

Pablo Perez, qui partage sa vie entre Minamisoma et Tokyo où il travaille

(courriel du 2 janvier 2012)

 

« Minamisoma est le nom qui a été choisi (Minami signifie "sud" et la ville se trouve au sud d'une plus grande qui s'appelle Soma) pour nommer la réunion de trois anciennes municipalités : Kashima au nord, Haramachi au centre et Odaka au sud. Aujourd'hui, la fameuse zone des 20 km englobe Odaka mais pas Haramachi ni Kashima. Minamisoma se trouve donc "amputé" d'une partie de son territoire.

 

Après les deux explosions à la centrale, les 2/3 des habitants se sont enfuits. A cette époque, personne ne savait ce qui se passait dans cette usine. Deux ou trois semaines plus tard, lorsqu'on a compris qu'il ne s'agissait pas d'un "Tchernobyl", un mouvement de retour a été entamé malgré les avertissements officiels comme quoi il était possible qu'un ordre d'évacuation immédiate tombe à tout instant. Aujourd'hui, 60 des 80 000 habitants sont rentrés. Les 20 000 manquants représentent les familles qui ont des enfants en bas âge et qui, pour la grande majorité d'entre eux, n'ont pas souhaité revenir. Les écoles et les lycées sont d'ailleurs fermés à quelques exceptions près (il y a toujours des irréductibles ...).

 

A cette époque, la réorganisation des approvisionnements de la ville en carburant et en nourriture a pris du temps. Mais on peut dire qu'en mai la situation est revenue à la normale. Je viens de passer les fêtes avec des amis japonais ici et je peux vous dire que les magasins regorgent de tout ce que l'on veut.

 

Concernant le séisme, la municipalité n'a pas souffert pour une raison bien connue ici : Haramachi a la chance d'être une région géologiquement très stable. C'est pour cette raison que la ville abritait, au XXème siècle, une haute tour de communication militaire maintenant disparue. Ce n'est pas le cas des villes avoisinantes qui ont subit des dégâts mais, dans l'ensemble, peu élevés au regard de la faramineuse secousse.

 

Enfin, concernant le tsunami, la ville se trouve à 5 km à l'intérieur des terres et n'a pas été touchée. Seul un quartier se trouvait en bord de mer et a été en grande partie détruit. Les habitants les plus démunis ont été relogés dans des préfabriqués.

 

En ce qui concerne la radioactivité ambiante, je possède bien sûr un compteur et j'ai suivi personnellement les mesures effectuées par la municipalité. Des mesures régulières et précises, publiées dans le journal municipal. La situation est complexe : plus on se trouve à l'est, moins la radioactivité est élevée. Plus on se dirige vers l'ouest, plus les niveaux montent. 

 

Et tout ceci est très loin d'être régulier. Les mesures sont souvent différentes d'un jardin à l'autre. Il y a de nombreux spots et de nombreuses zones propres. Je me trouve un peu à l'ouest du centre et actuellement le rayonnement ambiant dans mon jardin est de 0,3 microsievert/h. Par contre, si on sort de la ville et qu'on se dirige vers les montagnes à l'ouest, les doses grimpent en flèche. Je suis passé, en avril, dans une zone à environ 60 km d'ici ou mon compteur affichait 9 microsieverts/h !! 

 

En général, les jardins publics sont pour le moment évités par les habitants, les terrains de sports sont fermés, des karchers ont été loués gratuitement aux habitants pour nettoyer devant les portes d'entrée, etc. ... les grandes opérations de nettoyage sont programmées pour ce trimestre.

 

Le principal reproche formulé par les japonais de la région auprès des autorités est cette fichue zone circulaire de 20 km qui ne reflète en rien la réalité du terrain. Figurez-vous que les mesures de radioactivité à Namie (10km de la centrale, aujourd'hui zone interdite) est inférieure à Minamisoma ! et les gens ne peuvent pas rentrer chez eux. Alors que des zones à plus de 60 km affichent des spots ultra pollués où les habitants ont seulement été priés de prendre des précautions... La situation est gérée à l'emporte pièce par le gouvernement qui ne peut pas, ou ne veut pas entrer dans les détails... décider qui peut rester, qui doit partir...

 

Quant au "buzz"' Minamisoma, il est le résultat de deux facteurs : cette ville est à la lisière des 20 km. Elle est donc à la fois considérée comme sinistrée mais en même temps ouverte. Elle concentre donc tous les regards et d'autant plus que son maire s'est fait remarquer sur YouTube jusqu'à entrer dans le top 100 du magazine Times ! Mais cette triste popularité est surfaite. Combien les municipalités comme Namie, Futaba, Okuma ou Tomioka sont bien plus à plaindre ! Elles dont les habitants ont été chassés par cette catastrophe et sont maintenant disséminés on ne sait où ... et ne pourront sans doute pas revenir d'ici 30 ans. Et celles du nord du Japon qui ont été rasées par le terrible tsunami, laissant des dizaines de milliers de sans abris. Des situations bien plus dramatiques que celle de Minamisoma et ses 0,3 microsieverts. »

 

IMAG0066---Copie.jpg

Mesure en temps réel à la mairie de Minamisoma : le compteur, à 1 mètre du sol, affichait 0,30 µSv/h le 5 janvier 2012 ; le compteur de P. Perez affichait 0,43 µSv/h (cliché P. Perez)

 

 

Témoignage de Emiko Numauchi

(Extrait de son blog, le 5 janvier 2012, traduit par Ex-skf en anglais, puis par Hélios en français) :

 

« Je viens de parler au téléphone à un ''vrai journaliste'', nommé Iwakami. J'ai réalisé que j'avais été stupide.

C'en est fini des formules de politesse. Je vais écrire avec mon langage habituel. Faites une recherche sur ''Emiko Numauchi'' et ce sera moi.
Cela fait six ans que j'ai publié un roman sur ''la vérité sur la bataille d'Okinawa''.

 

J'ai été très émue par l'enthousiasme d'Iwakami. Il semble qu'il y a déjà de nombreux cas de maladies mystérieuses dans la préfecture de Fukushima. Je suis un ''témoin vivant'' et seulement la messagère de ce qui va arriver.

 

Il y a déjà un chat qui est né avec un seul œil.

 

Peu importe ce que peut faire le gouvernement japonais, peu importe le genre de calomnie que cela peut me rapporter, il est important de continuer à diffuser les informations. C'est ce que j'ai appris de ce journaliste.

 

La ''vie'' et la ''dignité'' humaines sont étouffées, j'entends dire que des enfants malformés sont déjà nés. La situation dans la préfecture de Fukushima devient catastrophique, avec en fait un contrôle de l'information [ou un blackout médiatique]. Sans l'appel d'Iwakami, j'aurai tout simplement arrêté mon blog même si je suis toujours en colère.

 

J'ai pris rendez-vous [avec Iwakami] pour une interview, à visage découvert devant la caméra. Je ne parlerai plus par circonvolutions. Ce sera pour le bénéfice de tous les citoyens japonais si je me montre comme je suis.

 

Tous les membres de la Diète devraient être remplacés. Pas une élection surprise mais un remplacement des membres indispensables.

 

Nous n'avons pas besoin de ministres et de membres de la Diète pourris et puants. A la Diète, je veux leur dire comment est la réalité, en tant que témoin, je veux leur montrer la ''véritable âme'' du peuple japonais. »

 

 

Témoignage d’un Japonais anonyme

(reçu sur le site de Kibô Promesse)

 

« À propos de Minamisoma.

Katsunobu Sakurai, le maire de Minamisoma qui est devenu une célébrité parce qu'il a lancé un appel SOS sur YouTube l'an dernier, a déclaré à plusieurs reprises que sa ville avait besoin d'argent pour reconstruire la région dévastée par le tsunami de sorte que les personnes évacuées pourraient revenir.
Les jeunes veulent émigrer hors de cette zone car elle est fortement contaminée par les radiations, mais les personnes âgées veulent rester et souhaitent que les familles restent, en particulier les jeunes avec des enfants.
La communauté internet, composée essentiellement par les jeunes générations, condamne le maire Sakurai qui passe pour quelqu’un qui aime l’argent et qui ne se soucie pas de la vie des gens. Mais il y a un problème social plus profond, spécifiquement japonais, qui est le fossé entre les générations extrêmes où petits et grands sont totalement divisés sur les valeurs et la perception du monde.
Je pense toujours que les jeunes, au moins les enfants et les jeunes femmes, devraient pouvoir choisir de déménager.
C'est très frustrant d'être incapable de faire quoi que ce soit. »

 

Le territoire de Minamisoma est un territoire désormais contaminé « en peau de léopard », avec de nombreux hotspots qu’il faut cartographier, décontaminer, interdire. Une partie de la population souhaite être évacuée face aux dangers incommensurables de la radioactivité, une autre souhaite rester, décontaminer et reconstruire. Le Japon est divisé, mais l’inquiétude domine.

 

Pour que rien ne se perde, pour que rien ne s’oublie, des citoyens ont décidé de lancer une campagne d’enregistrement de toutes les données, de tous les témoignages concernant le territoire de Minamisoma. Pour lancer cette action, ils organisent un colloque le 11 février 2012 à Minamisoma.

 

Pourquoi Minamisoma?

Laissons parler encore une fois quelqu’un du pays qui a partie prenante avec l’évènement :

« Parce que c'est la ville symbolique de tous les problèmes et de tous les malheurs produits par Fukuchima Daiichi.

A l'époque, le gouvernement avait demandé aux habitants de s'enfermer dans les maisons, sans fournir de nourriture, ni d’eau, ni de médicament, ni d’essence.

La population a été complètement abandonnée pendant la première semaine, sans aucune information, sans aucun secours ; tous les médias se sont sauvés et ne sont jamais revenus. On  ne pouvait même pas sortir de la ville.

Encore très peu de gens connaissent ce qui s'est passé à Minamisoma, malgré le maire M. Sakurai qui a été choisi comme personnage de "TIME 100", « the 100 most influential people in the world » en 2011.

Le gouvernement et les médias ignorent toujours cette ville. »

 

Buts de la manifestation

« Le but de cette opération est :

1) d’enregistrer tous les témoignages, les analyses, les recherches et tous les suivis sur l'environnement et santé

2) de diffuser au monde toutes ces informations (tout ce qui s'est passé et tout ce qui va se passer face à la contamination radioactive pendant 30 ans) de la manière la plus neutre possible, au plus près de la vérité.

L’objectif n’est ni d'attaquer le gouvernement actuel, ni de faire la promotion de la ville de Minamisoma, mais de partager la vérité car ce ne sont pas seulement les habitants de Minamisoma ou les Japonais qui sont concernés aujourd'hui, mais tous les êtres humains. »

 

Qui compose le comité exécutif de la conférence ?

Katsunobu Sakurai (Maire de Minamisoma), Tatsuhiko Kodama (Directeur du Radioisotope Center, Université de Tokyo), Kengo Sakaguchi (Professeur, Tokyo University of Science), Masafumi Yano (Professeur honoraire, Tohoku University / Research Institute of Electrical Communication, Tohoku University), Satoshi Okamoto (Okamoto Satoshi Architecture and Urban Laboratory / Researcher, Hosei University), Yoshiharu Tsukamoto (Professeur associé, Tokyo Institute of Technology / Architect), Tetsuji Yamamoto (Directeur de la Fondation de l'École des Hautes Études en Sciences Culturelles)

 

Programme :

http://www.minamisoma-fukushima.jp/wp-content/uploads/2012/01/MWC_press_english1.pdf

 

 

MIAMISOMA WORLD CONFERENCE en direct sur Ustream
http://www.ustream.tv/channel/minamisoma-wc-ch2

 

Dans le descriptif du colloque, on remarque la présence du professeur Tatsuhiko Kodama. C’est lui qui avait courageusement parlé devant le Parlement, accusant TEPCO et le gouvernement d'incompétence devant l'ampleur du désastre.

 

 

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Mise à jour du 14 février 2012

Témoignage d'un médecin de Minamosoma :

 

"L'hôpital municipal de Minami-Soma, à environ 30 km de la centrale nucléaire, a mesuré 100.000 coups par minute sur les vêtements de certains patients.

Tomoyoshi Oikawa, un médecin à l'hôpital, s'est plaint que, même s'il a maintes et maintes fois parlé de l'exposition des patients à un haut niveau de rayonnement, la plupart des médias n'ont pas rapporté ses résultats."

source : http://www.japantimes.co.jp/text/eo20120214a1.html

 

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D’autres liens

 

 

Sur Minamisoma

 

Minamisoma, la ville abandonnée (avril 2011)

 

 

Sur Soma

 

SOMA (Japon) - La vie presque tranquille d'habitants de Soma à 45 km de Fukushima(septembre 2011)

 

 

Sur les villes évacuées

 

Du rififi à Fukushima : les maires de 12 villes haussent le ton sur les "compensations" (janvier 2012)

 

 

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Pour les lecteurs habitant à Tokyo :

 

Pour information, la prochaine grande manifestation antinucléaire aura lieu à Tokyo ce samedi 11 février à Shibuya/Parc Yoyogi :

 "Sayonara genpatsu" .


Programme:

13h  Concert d'ouverture avec The JUMPS

13h30 Discours, avec Oe Kenzaburo, Yamamoto Taro et de nombeuses personnalités,  artistes, délégués de Fukushima, dans le parc de YOYOGI, secteur B (au "Carré des manifestations" = IBENTO Hiroba, et dans l'allée des Zelkovas = Keyaki Namiki)

14h30 Départ de la manifestation

La manif part de Keyaki Namiki et du Parc Yoyogi et se terminera au Parc Central de Shinjuku. 

(L'itinéraire est encore sujet à modifications, vérifier sur le site (la fonction "traduction" peut être activée mais elle reste approximative):

 

ケヤキ並木→渋谷勤福→宮下公園→明治通り→原宿→千駄ヶ谷小学校→明治公園

Départ Parc de Yoyogi, allée des Zelkovas --- parc Miyashita--- Meiji dori --- Harajuku --- Ecole primaire de Sendagaya --- parc Meiji

イベント広場→代々木公園駅→参宮橋→新宿中央公園

Départ "Carré des manifestations" (=IBENTO hiroba) --- Gare de Yoyogi koen --- Sangubashi -- parc central de Shinjuku (Shinjuku Chuo koen)

 


Lien:  http://sayonara-nukes.org/2012/01/0211action_a/

 

 

 

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:15

nuclear-plant-slovenia-krsko-lgLe 4 février 2012, pendant que l’AIEA et l’OMS  commémoraient en grande pompe la journée mondiale contre le cancer (1), quelques rares médias ont signalé que la centrale de Krsko en Slovénie était en difficulté. Fait assez rare pour être signalé. Pourquoi diable, puisqu’il n’y a pas de fuite, communiquer sur un petit problème technique? Y aurait-il anguille sous roche ?

 

 

Problème à la centrale de Krsko ?

 

Le communiqué de Romandie News du 4 février 2012 :

« LJUBLJANA - La centrale nucléaire slovène de Krsko (est) a réduit préventivement sa production de deux tiers afin d'injecter du lubrifiant dans la pompe du réacteur, a annoncé samedi l'opérateur de la centrale.
Cette réduction est préventive et décidée à l'avance... il n'y a aucun risque (de fuite radioactive), a déclaré à l'AFP la porte-parole de la centrale Ida Novak Jerele.
Elle a ajouté que la production à rythme réduit devrait durer plusieurs heures pour ajouter préventivement de l'huile lubrifiante dans un palier de pompe du réacteur.
Le quotidien Delo a rapporté samedi, citant des sources non officielles, que l'intervention est due à une surchauffe et à une perte de lubrifiant dans la pompe du réacteur. (…) »

 

Plusieurs choses sont étranges :

- Pourquoi la centrale a-t-elle prévu de réduire de deux tiers sa production en plein hiver, qui plus est dans une période de grand froid, au moment où la consommation électrique est la plus forte ?

- S’il n’y a aucun risque de fuite radioactive, pourquoi le site de surveillance de la radioactivité en Europe a-t-il choisi justement ce jour-là pour arrêter de communiquer les données concernant la Slovénie et la Croatie ?

 

En effet, depuis le communiqué laconique d’hier, le site EURDEP a choisi de ne plus donner de mesure pour ces deux pays. Y a-t-il un lien entre la situation géographie de la centrale de Krsko, l’information du problème technique de la centrale de Krsko et la suppression de la diffusion des mesures de la radioactivité dans cette région ?

 

situation krsko

Situation de la centrale de Krsko, entre les deux capitales de Slovénie et de Croatie

 

avant

Carte EURDEP avant le communiqué de presse de samedi : le point violet indique une augmentation de la radioactivité à la centrale de Krsko (> 0,4 µSv/h)

 

après

Carte EURDEP après le communiqué de presse de samedi : arrêt de la communication des données !

 

Les températures négatives actuelles ne seraient-elles pas à l’origine du problème de la centrale de Krsko ? On connaît déjà les innombrables fuites actuelles causées par le gel à la centrale de Fukushima Daiichi. Paradoxalement, le froid peut en effet détériorer un système de refroidissement.

A Krsko, il est signalé un problème de surchauffe de la pompe du réacteur. Le lubrifiant s’est-il solidifié à cause du froid, ne pouvant plus alimenter la pompe ? Et si la pompe surchauffe, peut-elle tomber en panne ? Si la pompe est en panne, y a-t-il une pompe de secours en état de marche qui peut la remplacer afin de refroidir le réacteur ?

 

En 2008, il y avait déjà eu un problème de fuite dans le circuit primaire dans cette centrale, et il avait été caché (2).  Il n’y a aucune raison pour que les pratiques changent, c’est pourquoi il est légitime de s’inquiéter aujourd’hui, en particulier pour les habitants proches de la centrale, parce qu'une panne de refroidissement du réacteur peut entraîner un meltdown, phénomène tristement célèbre qui s'est produit 3 fois à Fukushima.

 

 

Problème aussi en Hongrie ?

 

En observant la carte EURDEP, on se rend compte d’un autre problème, cette fois-ci en Hongrie. Dans la semaine qui vient de s’écouler, pas moins de sept points de mesure indiquent une hausse notable de radioactivité : 3 stations donnent des mesures inférieures ou égales à 300 nanoSieverts (points rouges entre 0,3 et 0,4 µSv/h), et quatre des mesures supérieures à 400 nanoSieverts (> 0,4 µSv/h). Vous remarquerez la très grande transparence de cet état des mesures : supérieur à 0,4 µSv, ça veut dire qu’il n’est pas décent de donner la mesure exacte ?

La Hongrie a-t-elle encore des soucis ? Avec quelle installation (Centrale nucléaire de Paks ? Réacteur de Budapest ?) ? Avec quel(s) radioélément(s) ?

La population hongroise a-t-elle été avertie ?

 

Mystère, l’AIEA n’informe pas, l’AIEA commémore…

 

hongrie

 

C’est là qu’on mesure l’efficacité de cette carte mise en place par la commission européenne : d’un côté, on supprime les données d’un site qui a un problème, de l’autre, on informe d’une augmentation de la radioactivité d’un pays sans donner la possibilité d’avoir des mesures précises, ni donner d’explication. C’est ça la grande transparence du nucléaire ?

 

Ne pas hésiter à demander des explications à l’Europe et à l’AIEA !

 

Ecrire un courrier à la Commission Européenne :

http://ec.europa.eu/contact/mailing_fr.htm

 

Envoyer un mail à l’AIEA :

Official.Mail@iaea.org

 

Et pour plus de transparence sur la radioactivité que nous respirons,

signez la pétition de la CRIIRAD !

http://petitions.criirad.org/?Petition-pour-une-transparence

 

 

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(1) Selon l’OMS, « le cancer constitue la première cause de mortalité dans le monde. Elle estime que le cancer aura fait 84 millions de morts entre 2005 et 2015 si aucune mesure n’est prise ». Or que fait l’OMS pour réduire la prolifération des radionucléides cancérigènes dans le monde ? Rien.

 

(2) En 2008, selon Josef Pröll, ministre fédéral autrichien de l'Environnement, les autorités slovènes ont tout d'abord signalé l'incident comme un "exercice" et non comme une panne réelle. Le ministre slovène de l'Environnement, Janez Podobnik, a reconnu que l'incident a été signalé par erreur comme un "test". D'autre part, de nombreux Croates habitants près de la centrale se sont plaints d'avoir appris la nouvelle de l'incident par des médias étrangers et des expatriés, en raison d'une absence d'information officielle de la part des autorités croates. (source Wikipédia)

 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 21:48
humanerror1Le groupe japonais Frying Dutchman a été scandalisé par le comportement du gouvernement japonais face à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Il estime que les autorités ont aggravé la contamination et qu’elles continuent de préserver davantage les puissances de l'argent et l'économie plutôt que la vie de son propre peuple et de ses enfants.  Alors que la vidéo HumanError ‒ du nom de leur album et morceau éponyme sorti en août 2011 ‒ avait été visionnée plus de 30 000 fois dès le premier mois de mise en ligne, les membres du groupe ont décidé d’organiser une parade mondiale à l’occasion du premier anniversaire de la catastrophe, désirant accompagner et amplifier cette vague massive de résistance à l'énergie nucléaire et de soutien aux survivants.
 
Samedi et dimanche 10 et 11 mars 2012, aura donc lieu la « HumanERROR One Million Person Parade ».

En attendant cet évènement international, la vidéo « HumanError », qui avait été au départ sous-titrée en anglais, est désormais disponible avec sous-titrages français, grâce au travail de longue haleine de Kna. Merci à lui de contribuer ainsi à faire connaître cette œuvre qui est le cri de révolte du Japon contaminé.
 
La transcription du texte de HumanError est reproduite ci-dessous en japonais, en anglais et en français.
 
 
 
La vidéo sous-titrée en anglais :
 
La video sous-titrée en français en deux parties sur YouTube :
 
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Transcription de HumanError
Traduction anglaise : Paul R.Kotta, Minako Yoshino
Traduction française : Kna - avec l’aide de Tokyobrowntabbyet des Veilleurs de Fukushima
 
 
人類は遙か昔、本当の時を奪われたせいで五感が低下し、テレパシーだとか、想念の力とか、今とは想像を遙かに超えた別の次元のクリエーティブなテクノロジーを失ってしまったんだよ
 
Long ago, human beings lost their true sense of time, and because of this, their senses grew dull and they lost other-dimensional creative powers that would be unimaginable today, like telepathy and advanced powers of thought.
 
Il y a bien longtemps, les êtres humains ont perdu leur vrai sens du temps, et de ce fait, leurs sens se sont amoindris et ils ont perdu les puissances créatrices dans d'autres dimensions qui seraient inimaginables aujourd'hui, comme la télépathie et des pouvoirs avancés de la pensée.
 
いつの時代も毒を持った悪い奴らがいて、その能力を独占するために偽物の時間を作り出し、物質に頼る文明を発達させる為に破壊という科学を生み出して、戸惑う人々に対して、自分たちの身勝手な屁理屈を定義づけるために宗教を操り、その裏でエネルギーを牛耳って、経済というお金のシステムを構築してきた代わりに、偉大な能力を失ってしまった。 何千年もかけて、遺伝子的に記憶障害が起こり、何度も何度も生まれ変わって、完全にその能力を忘れてしまった俺たちは、記憶喪失なのだ!!
 
Ever since then, evil people have created a false sense of time to keep those abilities smothered. Using the science of destruction, they built civilizations dependent on material things and created religion to force their self-serving rules on a bewildered populace, while behind the scenes, they monopolized energy and built money-based economies, snuffing out our powerful natural abilities. Over thousands of years, genetic memory loss set in: after numerous reincarnations, here we are, having completely forgotten those abilities. We all have collective amnesia!
 
Depuis lors, des gens mauvais ont créé une fausse sensation du temps pour garder ces capacités étouffées. En utilisant la science de la destruction, ils ont construit des civilisations dépendantes de choses matérielles et créé la religion pour imposer leurs règles égoïstes à une population désorientée, tandis que derrière la scène, ils monopolisent l'énergie et bâtissent des économies basées sur l'argent, au prix de nos puissantes capacités naturelles. Pendant des milliers d'années, une perte de la mémoire génétique s’est produite. Après de nombreuses réincarnations, nous voici, ayant complètement oublié ces capacités. Nous souffrons tous d'amnésie collective !
 
四次元の科学や哲学の話で、ファンタジーに興味のない人にはめんどくさがられるけど、
まぁ、要するにお金を儲けるためにメディアを駆使し、人々をコントロールし、騙して、自然を破壊し無責任に危ない物をいっぱい作ってきた奴らが、自然を愛し、自然を育んで自然と共に生活してきた人たちに、長年にわたって、ものすごい苦痛を与えてきた事実が明らかになってくると、犠牲になってきた人たちの上に電気っていう暮らしがあるんだよ そして、パンドラの箱の底を覗くと、太陽光発電だとか、無限エネルギーだとか、自然を壊さなくても自然を利用した技術が発達してて、今は原発がなくても十分電気がまかなえる時代なんだよ!しかも低コストで!今ある原発をすべて止めても、水力、火力をフル稼働するだけで、まかなえるんだよ!それを隠して騙す理由はものすごい利権が絡んでるんのさ。金だよ!カネ! 末期的に気が狂ってるよ こいつらは!!
 
Talking about four-dimensional science and philosophy may bore people who have no interest in fantasy, so let me put it simply: For a long time, some people have made money by destroying nature and irresponsibly making dangerous products, all the while using the media to deceive the masses and inflicting horrible pain and suffering on those in harmony with nature. The electricity powering our lives is no exception -- it’s built on the suffering of others. But peer deep into Pandora’s box and you’ll see advanced technologies that harness natural energy without destroying nature. With technologies like solar power and other renewable sources, we can get all the electricity we need without nuclear power, and cheaply, too. We could shut down all the nuclear plants and easily make up the difference by operating our hydroelectric and thermal power plants at full capacity. But powerful interests hide this fact from us. Why? Because of money! Money! Those people are terminally insane!
 
Parler de science à quatre dimensions et de philosophie peut ennuyer les gens qui n'ont aucun intérêt pour l’imagination, donc laissez-moi dire les choses simplement :
Pendant longtemps, certaines personnes ont fait de l'argent en détruisant la nature et fabriquant de manière irresponsable des produits dangereux, tout en utilisant les médias pour tromper les masses et en infligeant des douleurs horribles et des souffrances à ceux qui sont en harmonie avec la nature. L'électricité alimentant nos vies ne fait pas exception - il est bâti sur la souffrance des autres. Mais scrutez tout au fond de la boîte de Pandore et vous verrez les technologies énergétiques avancées qui maîtrisent les énergies naturelles sans détruire la nature. Avec des technologies comme l'énergie solaire et autres énergies renouvelables, nous pouvons obtenir toute l'électricité dont nous avons besoin sans l'énergie nucléaire, à un prix avantageux également.
Nous pourrions fermer toutes les centrales nucléaires et facilement faire la différence en exploitant nos centrales hydroélectriques et thermiques à pleine capacité. Mais de puissants intérêts nous cachent ce fait.
Pourquoi ? A cause de l'argent ! L’argent ! Ces gens sont en phase de folie terminale !
 
humanerror2原発1基作るのに1兆円ほどの援助金が国から電力会社におりて、電力会社はターゲットを決めて、その土地の人たちに近づいて、金をばらまくんだよ。おっさんをキャバクラに連れってって、お年寄りを温泉旅行、接待、接待、接待!「町が復興するよ」なんて子供だましな嘘ついて、反対派、推進派に人々の心をお金で引き裂いてくマニュアルがあって、海を売った漁師に莫大な漁業権を支払って、安全対策?やら、危ない秘密の実験やら、プロパガンダの広告費で、莫大にかかってるそのお金は、みんなの税金だよ!
そうやって廃炉になったのと計画中のを合わせて59基ある日本の原発は作られてきたんだよ!!
 
Power companies get up to a trillion yen (about US$13 billion) in subsidies from the government to build a nuclear power plant. Once the location is chosen, the power company showers the locals with money. They take the guys to hostess bars and the old people to hot springs. Wine and dine, wine and dine! And they lie to them about the nuclear plant being good for the local economy. They actually have a manual on how to use money to divide the community into supporters and opponents. Fishermen even sell off their fishing rights for enormous sums. Then there’s a PR barrage that’s nothing but propaganda, about safety measures and secret dangerous experiments. Where does the money for all that come from? From your taxes! This is how Japan has aggressively constructed 59 nuclear power plants, either operating, decommissioned, or planned.
 
Les compagnies d'électricité ont reçu jusqu’à un trillion de yens (environ 13 milliards de dollars US) de subventions du gouvernement pour construire une centrale nucléaire. Une fois l'emplacement choisi, les compagnies d'électricité arrosent d’argent la population locale.
Ils emmènent les gars dans des bars à hôtesses et les personnes âgées à des séances aux sources chaudes.
Vin et dîner, vin et dîner ! Et ils leur mentent au sujet de la centrale nucléaire disant que ça sera bon pour l'économie locale. Ils ont en fait un manuel sur la façon d'utiliser l'argent pour diviser la communauté en partisans et adversaires.
Même les pêcheurs vendent leurs droits de pêche pour des sommes énormes.
Puis il y a un tir de barrage de relations publiques qui n'est rien d’autre que de la propagande, sur les mesures de sécurité et le secret des expériences dangereuses.
D’où vient l'argent pour tout cela ? De vos impôts ! C'est ainsi que le Japon a construit de manière agressive 59 centrales nucléaires, soit en exploitation, hors service, ou en prévision.
 
体に50個以上の時限爆弾をつけて生活してるのと同じで、1個でも爆発したら、そこにはもう人が住めなくなるし、なんにも生息できなくなって、ジワジワと汚染が広がってく恐ろしい物が50個以上あるんだよ。嫌なイメージだけど、核の平和利用の名の下に、日本は核兵器を持ちたいが為に、これだけ強行して作ってきたんだよ
 
That means we are now living with over 50 time bombs strapped to our bodies. If even one blows up, the entire area around it becomes uninhabitable for all living things, and contamination slowly spreads all over. That’s not pleasant to imagine. Japan built these reactors under the banner of peacefully using nuclear power, but the real reason is that the government wants nuclear weapons.
 
Cela signifie que nous vivons maintenant avec plus de 50 bombes à retardement attachées à nos corps. Si une seule explose, toute la zone autour d'elle devient inhabitable pour tous les êtres vivants, et la contamination se propage lentement partout. Ce n'est pas agréable à imaginer.
Le Japon a construit ces réacteurs sous la bannière de l’utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, mais la vraie raison est que le gouvernement veut des armes nucléaires.
 
中国電力は山口県上関町の田ノ浦の美しい海岸を埋め立てて、これから日本最大級の原発を2基作ろうとしてて、その対岸に住む祝島の人たちは30年も反対して、やめてくれって言って、生活をほっぽり出して必死にくい止めてきてるんだよ。豊かな自然と共にみんなそこにずっと住んで生活してるんだぜ!歴史もあって、広大な自然が残ってるすばらしいとこなんだぜ。そんなの全部無視して強行しようとしてるんだぜ!この期に及んで、「福島原発とはうちは関係ありません」って言って!つい最近まで毎日工事してたよ。愚かだよね!各地で今止まってる原発も「大丈夫」って再稼働しようとしてるし、何が? 大丈夫? はぁあ? おまえの頭もメルトダウンしてるじゃねぇかよ?末期的に気が狂ってるし、宗教よりもきつい洗脳されてるっていうか、自分たちで安全、安全ってほざいてきたその呪縛にかかってるよね!ほんとに馬鹿!でもそんな馬鹿野郎に騙されてきた俺たちも馬鹿野郎だし、完全に罠にはまってるぜ!
 
Right now, in Kaminoseki Town in Yamaguchi, Chugoku Electric Power wants to build what would be two of Japan’s largest nuclear reactors, by reclaiming land from the beautiful coast of Tanoura Bay.
For 30 years, the people of nearby Iwai Island have fought these plans. They devoted their lives to this cause, and they stopped the construction. These people lived in harmony with their island’s verdant nature for generations. It’s an amazing place, with history and wide-open nature. But Chugoku Power wants to ignore all that and force their plans through. “Fukushima?” they say. “We didn’t have anything to do with that.” Until only recently, they were working on that plant every day. How stupid! And now other companies that shut down their nuclear plants after Fukushima want to restart them. “They’re safe,” they say. What do you mean, safe? Did a meltdown happen inside your heads? They are terminally insane. With all that chanting of “It’s safe, it’s safe” they’ve brainwashed themselves, like people in a religious cult. What idiots! But we’ve been deceived by those idiots, which makes us idiots, too. We’re completely caught in their trap!
 
En ce moment, dans la ville de Kaminoseki dans la Préfecture de Yamaguchi, Chugoku Electric Power veut construire ce qui serait deux des plus grandes centrales nucléaires du Japon, construites en gagnant du terrain sur la magnifique côte de la Baie de Tanoura. Depuis 30 ans, la population de l'île voisine d’Iwai a combattu ces plans. Ils ont consacré leur vie à cette cause, et ils ont arrêté la construction.
Ces gens vivaient en harmonie avec la nature de leur île verdoyante depuis des générations. C'est un endroit stupéfiant, avec une histoire et une nature grandiose. Mais Chugoku Power veut ignorer tout cela et forcer la réalisation de leurs plans.
"Fukushima ?" disent-ils. "Nous n'avons rien à voir avec cela."
Jusqu'à récemment, ils ont travaillé sur cette centrale tous les jours.
Quelle bêtise ! Et maintenant d'autres entreprises qui ont fermé leurs centrales nucléaires après Fukushima veulent les redémarrer.
"Elles sont sûres", disent-ils. Que voulez-vous dire, par sûres ? Une fusion s’est-elle produite à l’intérieur de votre tête ? Ils sont en phase de folie terminale. A force de scander des "C'est sûr, c'est sûr” ils se sont eux-mêmes  lavé le cerveau, comme les gens dans un culte religieux.
Quels idiots ! Mais nous avons été trompés par ces idiots, ce qui nous rend idiots, nous aussi. Nous sommes complètement pris dans leur piège !
 
ツイッターやネットで原発の反対してる人の揚げ足をとるようなレス多いけど、そんな奴ほど薄っぺらく、なんにも実態解ってないし、情けなくなるぜ!そんな君たちも原発を推進するなら、応援するなら、広島、長崎の原爆、第五福竜丸の被爆、1953年、国連で核の平和利用のキャンペーンが始まり、その裏でソビエトとアメリカが冷戦下で核開発を競い合って、読売新聞、読売テレビの正力松太郎を介して、アメリカから日本に原発計画が進められ、ウランが渡ってきたとこから、日本に原発が誕生し、今に至るまで知ってから、話してくれよ!気持ちは変わると思うぜ!原発によって、社会全体に影響してる負の連鎖なんて見えてきたら吐き気がしちゃうよ。 
まともな心を持っていればね 
 
A lot of people on Twitter and the Internet nitpick what the anti-nuclear people say, but those shallow types don’t understand the situation at all. It’s pathetic! Don’t say you support nuclear power until you know the real history -- Hiroshima and Nagasaki, the radiation exposure from Fukuryumaru Reactor No. 5.; the United Nations “peaceful use” campaign starting in 1953, which was just a cover for the Cold War nuclear development race between the U.S. and the Soviet Union.; the nuclear energy plans drafted by America and sold to the public by Matsutaro Shoriki’s Yomiuri newspaper and TV station. That’s how uranium came to Japan. Once you know that history, your views will change! Once you see the negative chain reaction that nuclear energy has throughout our society, it’ll make you want to puke! If you have a heart, that is.
 
Un grand nombre de personnes sur Twitter et Internet ergotent sur les déclarations des anti-nucléaires, mais ces types superficiels ne comprennent pas du tout la situation. C'est pathétique ! Ne dites pas que vous soutenez l'énergie nucléaire tant que vous ne connaissez pas l'histoire réelle - Hiroshima et Nagasaki, l'exposition aux radiations provenant du réacteur n °5 de Fukuryumaru, la campagne "d’utilisation pacifique" des Nations Unies à partir de 1953, qui était juste une couverture pour la course au développement nucléaire de la guerre froide entre les Etats-Unis et l'Union soviétique; les projets d'énergie nucléaire élaborés par l'Amérique et vendus au public par le journal Yomiuri et la station de télévision de Matsutaro Shoriki.
Voilà comment l'uranium est venu au Japon. Une fois que vous connaissez cette histoire, votre point de vue va changer ! Une fois que vous voyez l’impact négatif de la réaction en chaîne de l'énergie nucléaire à travers toute notre société, il va vous donner envie de vomir !
Si vous avez un cœur, en fait.
 
テレビや新聞は騙すために使われてるよ。特に日本はひどいよ!
今もテレビの報道機関はひどすぎるね、プルトニウムのプの字がやっと出始めたね。この世で一番危険な物質だよ。福島の3号機は関西電力の星野監督が出てたCMでもおなじみのプルサーマルだよ プルトニウムで発電してるやつさ!あれが爆発してるんだぜ!なのに、次の日の新聞の一面は「計画停電」だったね。プロパガンダだぜ!自分たちの悪事を隠すために、いったいどれだけの人を犠牲にするんだよ!ふざけんな!馬鹿やろぉ!
 
Television and newspapers are tools for deceiving the public, it’s an especially serious problem in Japan. The TV news is absolutely horrible. Only now have they even started mentioning plutonium -- the most dangerous substance in the world! Unit 3 of Fukushima plant is a plutonium-thermal reactor, the kind promoted in the Kansai Power commercials starring baseball coach Sen’ichi Hoshino. A reactor that uses plutonium -- that’s the one that blew up! But the newspaper front page news the next day was “ the planned outage.” That is pure propaganda! Just how many people’s lives will they sacrifice to cover up their crimes? Enough already, you bastards!
 
La télévision et les journaux sont des outils pour tromper le public, c’est un problème spécialement grave au Japon. Les informations à la TV sont d’une qualité absolument horrible. Ce n'est que maintenant qu'ils ont commencé à parler du plutonium - la substance la plus dangereuse au monde !
L’unité 3 de Fukushima est un réacteur pluthermal ! Du genre promu dans les publicités de Kansai Power mettant en vedette le coach de baseball Sen'ichi Hoshino. C’est un réacteur qui utilise du plutonium - c'est là que ça a explosé ! Mais le titre en première page du journal le lendemain, parlait juste de la "coupure de courant planifiée." C'est de la pure propagande !
La vie de combien de gens vont-ils sacrifier pour couvrir leurs crimes ?
Ça suffit, salopards !
 
プルトニウムは放射線とは比べちゃいけないよ この物質を少しても吸い込んだらすべての細胞やられちゃって、遺伝子もぶっ壊されて再生もできなくなるんだぜ!それが漏れてるにも関わらず、長い間、プの字に触れない奴らの口癖は「直ちに人体に影響はない」「直ちに人体に影響はない」「直ちに人体に影響はない」 今年の流行語大賞だぜ、まったく!一大殺人集団、組織犯罪だよ!原発に関してだけじゃなくても、しっかり情報が公開されていれば、救えた命はもっとあったはずだよ!「テレビ局=原発」このシステムいかれてるぜ!人の命をなんやと思てんね! あほんだらぁ ボケぇ カっスぅ!
 
Plutonium is far deadlier than other radioactive materials. If you breath in even just a tiny amount, it attacks your cells and destroys your genes so these cells can’t repair the damages . That’s the stuff that leaked out, but for a long time, those bastards never even mentioned plutonium. They just kept repeating  “There is no immediate health risk. There is no immediate health risk.”  That should win the “Phrase of the Year Award”. This is organized crime committed by a gang of murderers. More lives could have been saved if they had disclosed more information, and not just about nuclear power. You TV news people are nothing but mindless cheerleaders for the nuclear industry. Do you have any respect for human life, you stupid morons! You scumbags!
 
Le plutonium est de loin plus meurtrier que d'autres matières radioactives.
Si vous en respirez même une petite quantité, il attaque vos cellules et détruit vos gènes, ces cellules ne peuvent plus réparer les dommages.
C'est cette substance qui a fui, mais pendant longtemps, ces salauds n’ont même jamais mentionné le plutonium. Ils ont juste continué de répéter "Il n'y a aucun risque immédiat pour la santé. Il n'y a aucun risque immédiat pour la santé." Cette phrase devrait gagner le “Prix de la Phrase de l’Année”. C'est le crime organisé commis par un gang d'assassins. Plus de vies auraient été sauvées s’ils avaient divulgué plus d'informations, et pas seulement sur l'énergie nucléaire. Vous les auteurs des nouvelles télévisées n’êtes que les pom-pom girls aveugles de l'industrie nucléaire. N’avez-vous aucun respect pour la vie humaine, crétins stupides ?! Ordures !
 
まぁそうやって、嘘つきまくって人々騙してきた奴らが、今何をやってるかって言うと、国民のことよりも責任を逃れる為に頭フル回転させて必死で言い訳を考えてるよ!
それが奴らの仕事さ! 可笑しいよね! ヒューマンエラーだぜ!  
もうバレバレだよ!全世界、全宇宙がみてるよ
今、世界中がこの日本に襲ってきた痛みを、日本人がどう乗り越えるのか注目してるよ!日本の若者がどう行動するか、アーティストやミュージシャンがこの痛みをどうARTにして訴えて思いを込めて乗り越えるのか、世界中のみんながみてるぜ!
日本は一大事なんだよ!!!
挙げ足の取り合いしてる場合じゃねぇんだよ!もう寝てる場合じゃないよ!
原発なんてもう時代遅れ!
 
Right now, those lying, deceiving bastards aren’t thinking about the Japanese people. They’re desperately trying to think up excuses to avoid taking responsibility for what they’ve done. That’s their job. Funny, isn’t it? This is human error! Anyone can see right through that crap! The whole world is watching. The whole universe is watching!
Now, the world is watching to see how the Japanese will overcome this horror -- what Japan’s young people will do, how artists and musicians will express this pain in their art. Japan is in crisis, and the whole world is watching, so this is no time for hair-splitting arguments. It’s time to wake up! Nuclear energy is outdated!
 
Pour l'instant, ces menteurs, ces bâtards malhonnêtes ne pensent pas à la population japonaise. Ils essaient désespérément d’imaginer des excuses pour éviter de prendre la responsabilité de ce qu'ils ont fait. C'est leur boulot. Marrant, n’est-ce pas ? Ce sont des erreurs humaines ! N'importe qui peut voir clair à travers ces foutaises !
Le monde entier regarde. L'univers entier regarde !
Maintenant, le monde regarde pour voir comment les Japonais vont  surmonter cette horreur – ce que les jeunes du Japon vont faire, comment les artistes et musiciens vont exprimer cette douleur dans leur art.
Le Japon est en crise, et le monde entier l’observe, ce n'est donc pas le moment de couper les cheveux en quatre. Il est temps de se réveiller ! L'énergie nucléaire est obsolète !
 
スウェーデンなんて「原発は破滅に向ってるから、原発をやめますか?」って、
「やめたら始めのうちは、苦労しますけど」って国民に真実を話したら、
国民は「やめよう」っていって、今もうとっくに原発なしでやってこうとしてるぜ!!
日本もとっくに自然エネルギーでだけでやっていける技術は持ってるんだよ!!
それを、騙して、脅して、隠してるだけ!   お金のために!!!
早く気づいておくれよ どうしてそんな無関心でいてられるのさベイビー!
 
The Swedish government was honest with its people. “Nuclear energy is headed for disaster,” they said. “We can give it up, but it will be hard at first.” But the people still said no to nuclear power, and now the country is working to get by without it! Japan already has the technology to get by with just natural energy, but that fact is covered up with lies and fear-mongering. Because of money! So wake up! How can you be so apathetic? BABY??
 
Le gouvernement Suédois a été honnête avec son peuple. "L'énergie nucléaire est vouée à l'échec", disent-ils. "Nous pouvons y renoncer, mais ça sera difficile au début." Mais les gens continuent à dire non à l'énergie nucléaire, et maintenant le pays travaille pour s'en sortir sans elle !
Le Japon a déjà la technologie pour s’en tirer avec juste de l'énergie naturelle, mais ce fait est masqué par des mensonges et des propos alarmistes. A cause de l'argent ! Alors réveillez-vous ! Comment pouvez-vous être si passifs ?
 
humanerror3青森県六ヶ所村の核の再処理工場には核の廃棄物用の3000トンのプールがあって、
核の廃棄物がそこに溢れてて、埋めきれないから廃液を海に捨ててるンだぜ!
信じられないだろぉ!!それをみんなに黙ってるんだぜ!隠してるんだぜ!!
その工場が爆発したら日本どころじゃなくて、
地球がつぶれるほどの核がそこにはあるんだよ!
原発に関してだけでも、隠してることはたっぷりあるんだよ!
 
At the Rokkasho nuclear reprocessing plant in Aomori, nuclear waste leaked from a 3,000-ton pool. There was too much liquid waste to bury, so they dumped it into the ocean. Can you believe that? And they’re hiding that from everyone. There’s so much nuclear material there that if the plant ever exploded, forget about Japan -- the whole world would be finished. The government is hiding so much, and that’s just what they’re hiding about nuclear power.
 
À l'usine de retraitement nucléaire de Rokkasho à Aomori, des déchets nucléaires ont fui d'une piscine de 3 000 tonnes. Il y avait trop de déchets liquides à enterrer, alors ils les ont déversés dans l'océan. Pouvez-vous croire cela ? Et ils cachent cela à tout le monde.
Il y a là tellement de matières nucléaires que si jamais l’usine avait explosé, oubliez le Japon – c’en serait fini du monde entier. Rien que sur le nucléaire, ils nous cachent tellement de choses ...
 
この前の計画停電もひどいよね。
あれは国民に原発がなかったら、不便だとか困るとかって植え付けて、原発をこれからも維持するためにわざとやってるんだよぉ! そんなことやったせいで死人まで出たんだぜ
そんな事しなくても、オール電化が流行ってるぐらい日本の電力は有り余ってるんだよ!
 
Those recent planned power outages were outrageous. They intentionally did that to fool people into believing they need nuclear power. People died because of those outages, but what’s the point? Japan has so much electrical power that more and more homes and buildings are switching to electricity-only power.
 
Ces coupures de courant planifiées dernièrement étaient scandaleuses.
Ils ont volontairement fait cela pour tromper les gens en leur faisant croire qu'ils ont besoin d'énergie nucléaire. Des gens sont morts à cause de ces coupures, mais à quoi ça sert ? Le Japon a tellement d'énergie électrique que de plus en plus de maisons et de bâtiments n’utilisent plus que l’énergie électrique.
 
みんな普通に考えてみてよ
日本は温泉大国でそこら中に温泉があるだろ、温泉掘って地熱発電もできるんだよ!
日本は島国だから潮の満ち引きを利用した無限エネルギーも有効で開発は進んでるんだよ!送電線ひとつにしても、今使ってる電線は発電所からそれぞれの家庭や施設やビルに届くまでに、ものすごく電気を垂れ流してるんだぜ。君の家に届くまでに、ものすごいロスがあるんだよ! 今は電気がほとんど漏れない送電線がすでに日本にはあるんだよ!
 
Think about it, everyone. Japan has hot springs almost everywhere, so there’s plenty of hot water underground for geothermal energy! Japan is an island nation, and we’ve created the technology to generate unlimited energy from the tides. Japan also has high-tech power-transmission lines that could almost eliminate electricity loss -- the lines we use now to transmit electricity from power plants to your homes and office buildings lose a lot of power!
 
Pensez-y, tout le monde. Le Japon a des sources chaudes, presque partout, donc il y a beaucoup d'eau chaude souterraine pour l'énergie géothermique ! Le Japon est une nation insulaire, et nous avons créé la technologie pour produire de l'énergie illimitée à partir des marées. Le Japon a aussi des lignes haute tension high-tech pour transporter l’énergie qui pourraient presque éliminer les pertes d'électricité - les lignes que nous utilisons aujourd'hui pour transmettre l'électricité provenant des  centrales à vos maisons et édifices de bureaux causent beaucoup de pertes de puissance !
 
日本人の技術はすごいんだぜ! 今までそんなモンに使ってきたお金があったら、間違いなく自然エネルギーでやっていけてるぜ!なぜそうしないか?って、核兵器と金だよぉぉ 薄汚い金!それにみんなタカってるの!!日本の電力は独占企業でそれ自体が法律違反してるよ!  みんな、何の為に税金払ってるんだよ。   金、かね カネ かね カネ!
お金も大事だけど、もっと大事なもんあるよね!あるよね? そこを、忘れちゃいけないよ!
 
We Japanese have amazing technology! If we had the money for all that stuff, then we absolutely can achieve the goal of getting by on natural energy alone. So why don’t we? Because of nuclear weapons and money! Dirty damned money! And the money has them in a feeding frenzy! Japan’s electric power companies are monopolies, so they themselves are illegal! What are you all paying taxes for? It’s all about money, money, money! Sure, money is important, but there are more important things than money!
 
Nous autres Japonais avons une technologie impressionnante !
Si nous avions l'argent pour tout ça, alors nous pouvons absolument atteindre l'objectif d’utiliser seulement de l'énergie naturelle. Alors pourquoi ne le faisons-nous pas ? A cause des armes nucléaires et de l'argent ! Sale argent damné ! Et l'argent qui cause une frénésie de consommation ! Les compagnies Japonaises d'électricité sont des monopoles, donc elles sont illégales ! Pourquoi payez-vous tous des impôts ? C'est une question d'argent, d'argent, d'argent ! Bien sûr, l'argent est important, mais il y a des choses plus importantes que l'argent !
 
オカネがあっても家は買えるけどホームは買えない 時計を買えても時間は買えないし
本を買えても知識は買えない ベットは買えても眠りは買えない
医者に診てもらうことはできても病は治らない 電気を買ったら自然が壊れちまったよ。
 
You can buy a house, but you can’t buy a home. Money buys you a watch, but it can’t buy you time. You can buy a book, but you can’t buy knowledge. You can buy a bed, but you can’t buy sleep. Money pays the doctor, but it can’t cure disease. Buying electricity destroys nature.
 
Vous pouvez acheter une maison, mais vous ne pouvez pas acheter un foyer.
L'argent vous achète une montre, mais il ne peut pas vous acheter le temps.
Vous pouvez acheter un livre, mais vous ne pouvez pas acheter la connaissance. Vous pouvez acheter un lit, mais vous ne pouvez pas acheter le sommeil. L'argent paie le médecin, mais il ne peut pas guérir la maladie.
Acheter de l'électricité détruit la nature.
 
何かしてあげたいけど、お金しか出せなくてモヤモヤしてる人いっぱいいると思う。
お金をだすことは善意でいいことだけど、自分が出したお金が、その出したところに、どういうふうに使われて、どう人の役にたつのかってまで考えて、義援金を出してる人は少ないね。ただモヤモヤした気持ちをお金ですっきりさせてるだけで、無関心な人多いね。
 
A lot of people feel frustrated because they want to help, but all they can think of is sending in a donation. Donating money is a good thing, but how many people think about how that money is spent or who benefits from it? Many people send in donations out of guilt, but they don’t really care.
 
Beaucoup de gens se sentent frustrés parce qu'ils veulent aider, mais tout ce qui leur vient à l’esprit est d’envoyer un don. Donner de l'argent est une bonne chose, mais combien de gens pensent à la manière dont cet argent est dépensé ou qui en bénéficie ? Beaucoup de gens envoient des dons par culpabilité, mais ils ne s'intéressent pas vraiment.
 
だから、例えば電力を民主化し、京都で言うと京都なんて掘ればどこでも温泉出てくるし、温泉掘って、地熱発電にしてその地域の電力をまかなえるシステムを作って地域に一温泉なんて粋じゃない?京都はダムもあるし、曇ったって大丈夫!雨なら今ある水力でこれ以上自然を壊さなくっても電力供給できると思わない?エレクトリック・デモクラシーさ
奴らの送電線を奪うんだ!!
 
One thing we can do is democratize electric power. In Kyoto, wherever you dig a hole you hit a hot spring, so the city could create a power grid where every community has its own hot spring to generate electricity. Wouldn’t that be awesome? Geothermal has its downsides, but communities can decide what the right balance is. Kyoto also has dams, so cloudy weather is no problem, and the dams can turn rain into more hydroelectric power. With all that, Kyoto could generate the electric power it needs without harming nature. That is electric democracy.
 
Une chose que nous pouvons faire est de démocratiser l'énergie électrique. À Kyoto, où que vous creusiez un trou vous trouvez une source chaude, donc la ville pourrait créer un réseau électrique où chaque communauté a sa propre source chaude pour produire de l'électricité. Est-ce que ça ne serait pas génial ? La géothermie a ses inconvénients, mais les collectivités peuvent décider de ce que serait un juste équilibre.
Kyoto a aussi des barrages, donc un temps nuageux n'est pas un problème, et les barrages peuvent transformer la pluie en davantage d'énergie hydroélectrique. Avec tout cela, Kyoto pourrait générer l'énergie électrique dont elle a besoin sans nuire à la nature. C'est cela la démocratie électrique.
 
もちろん、それをするには資本がいるし徹底した議論も必要だし、義援金や支援金や税金を具体的にどう使って具現化していくか、プロセスもしっかり公開して、みんなでやっていけたらいいよね! 使い道がしっかり公表されて有意義ならお金を出す価値があると思うよ! 義援金詐欺があるぐらいだし、大企業だからって信用しちゃいけないよ。大企業だからこそ、うまくごまかせるんだよ
こんなこと言いたくないけど、今の日本じゃ情けないけど信用できないね
 
Of course a project like that will take capital, along with thorough discussions and transparency, so everyone can see how donations, subsidies, and taxes are used. Working together, we can do it! People would want to donate if it was for a good cause and if there was transparency. Donation scams are out there. You can’t trust a company just because it’s big. In fact, big companies are better at pulling off scams. I hate to say it, but there is a dismal amount of dishonesty in Japan today.
 
Bien sûr, un tel projet aura besoin de capitaux, ainsi que de discussions approfondies et de transparence, afin que chacun puisse voir comment les dons, les subventions et les impôts sont utilisés. En travaillant ensemble, nous pouvons le faire ! Les gens voudraient faire un don si c'était pour une bonne cause et s'il y avait de la transparence.
Les arnaques aux dons existent. Vous ne pouvez pas faire confiance à une société juste parce qu’elle est importante. En fait, les grandes entreprises sont les meilleures pour les escroqueries. Je déteste dire ça, mais il y a une quantité lamentable de malhonnêteté aujourd'hui au Japon.
 
原発は今まで俺たちの暮らしを支えてくれました。今まで実態を知らずにそれを許してきました。本気で原発を設計してきた、その危険性を一番解ってる技術者の人も、俺たちが遊んでいる間も、高い給料をもらって必死に設計してくれたんじゃないかな。百歩譲って原発に感謝しようって気持ちはあるんだけど、騙されてきたんだし、やっぱり感謝できないよね。そして、後の何世代にもわたって禍根を残す汚れた物を、この国に無責任に作ってきた、電力会社、原子力安全保安院、官僚、政府、財界のお偉いさん、大企業、マスメディア、御用学者、そして、それらに関係する奴らのお金という名の喜劇をこれ以上見るのは悲しすぎますが、この確信犯たちに目を背けずに、真実の目でしっかりと追求し、これからどこへ向かって行くべきなのか、真実を知ろうとする気持ちがあれば、クリエーティブなイメージが生まれ、具体的な提案を示すことができるし、何千年かけて失ったものを、また何千年かけて取り戻せるきっかけにもなるはずだよ とにかくもう、原発は必要ない
 
Nuclear energy has powered our daily lives, and being ignorant of the situation, we let that happen. While we played around, engineers designed nuclear power plants. They knew the dangers better than anyone, and they got paid well, so maybe they did the best job they could. Maybe I should feel grateful for nuclear power, but I just can’t -- not with all the lies we’ve been told. Irresponsible people have left us contaminated waste that will plague the nation for who knows how many generations. The power companies, the Nuclear and Industrial Safety Agency,bureaucrats, politicians, bankers, corporate executives, the mass media, and government scientists are all chasing money around like characters in a comedy. But it’s too painful to watch anymore ! If we pursue the truth and keep our eyes on those criminals, if we open our eyes to reality to see how things should change, we’ll be able to visualize creatively and come up with concrete ideas. We’ll also figure out how everything we lost over thousands of years can be regained, even if it takes thousands of years. But no matter what, we do not need nuclear energy anymore.
 
L'énergie nucléaire a alimenté nos vies quotidiennes, et en ignorant la situation, nous avons laissé cela se produire. Alors que nous nous amusions, les ingénieurs ont conçu des centrales nucléaires. Ils connaissaient les dangers mieux que personne, et ils ont été bien payés, alors peut-être qu'ils ont fait le meilleur travail possible. Peut-être que je devrais me sentir reconnaissant envers l'énergie nucléaire, mais je ne peux pas - pas avec tous les mensonges qu'on nous raconte. Des personnes irresponsables nous ont laissé des déchets contaminés qui vont affliger le pays pour qui sait combien de générations.
Les compagnies d'électricité, l'Agence de Sécurité Nucléaire et Industrielle, les bureaucrates, les politiciens, banquiers, dirigeants d'entreprises, les médias de masse, et les scientifiques du gouvernement courent tous après l'argent comme des personnages dans une comédie. Mais c’est trop pénible à regarder encore !
Si nous poursuivons la vérité et gardons ces criminels à l’œil, si nous ouvrons les yeux sur la réalité pour voir comment les choses doivent changer, nous allons être capables d’avoir des regards créatifs et d’apporter des idées concrètes. Nous allons également voir comment tout ce que nous avons perdu depuis des milliers d'années peut être retrouvé, même si cela prend des milliers d'années.
Mais quoi qu'il arrive, nous n'avons plus besoin d'énergie nucléaire.
 
これ以上無関心で騙され続けたら破滅するぞぉぉ!
電気が足りる足りないの問題じゃねぇんだよ
電気が無くても生きていけるけど、自然がなかったら生きてけないだろぉ!
取り返しの付かないことがもうすでに起こってるんだぜ!
人間のエゴに巻き込まれた動物や植物たちにも迷惑どころの話じゃねぇし
何が一番かわいそうかって? 子供が一番かわいそうだろ!!
俺たちの未来なんだぞ!!  守ってやれなくてどうするんだよ!!!
50年、100年、200年後の世代に、
今の俺たちのこの時代を、「ヒトラー」って呼ばれても可笑しくないぜ!!!
みんなが事実の裏に隠された真実を見れば、武器なんて物騒なもん持たなくても一撃で世の中ひっくり返るんだよ!!
 
Staying apathetic and gullible will only lead us to destruction! This isn’t about not having enough electrical power, because you can live without electricity, but you can’t live without nature. Irreversible damage has already been done. I’m not talking about feeling sorry for animals and plants harmed by our egotistical ways, because you know who we should really feel sorry for? The children! They’re our future! If we don’t protect them, who the hell will? Fifty, a hundred, or two hundred years from now, people might look back on our era and say, “They were a bunch of Hitlers! They were a bunch of genocidal maniacs!” If we see the truth behind the lies, we can change the world overnight without violence!
 
Rester apathiques et crédules ne fera que nous conduire à la destruction !
Ce n'est pas le problème de ne pas avoir assez de puissance électrique, parce que vous pouvez vivre sans électricité, mais vous ne pouvez pas vivre sans la nature. Des dommages irréversibles ont déjà été réalisés. Je ne parle pas de se sentir désolé pour les animaux et les plantes lésées par nos manières égoïstes, car vous savez pour qui nous devrions vraiment être désolés ?
Les enfants ! Ils sont notre avenir ! Si nous ne les protégeons pas, qui diable le fera ?
Cinquante, cent, ou deux cents ans à partir de maintenant, les gens pourront regarder en arrière à notre époque et dire: "C’était une bande de Hitlers ! Une bande de maniaques génocidaires !" Si nous voyons la vérité derrière les mensonges, nous pouvons changer le monde du jour au lendemain sans violence !
 
どんなに遠回りしたって、何度、生まれ変わったって目指すところはひとつさ  
愛だろ愛! きれい事でもねぇし、照れてる場合じゃねぇんだよ!
LOVEなんだよぉぉ!! 愛! LOVEって言ってみろぉぉ バカヤロォォ!!!
だから馬鹿やローって叫ぶンだぁ!! 馬鹿やろぉぉぉ!
さぁ、立ち上がれ! 声を上げろ! 
原発絶対反対!原発絶対反対!原発絶対反対!直ちに撤廃せよ!!
 
No matter how many detours we take, or how many times we are reborn, the goal remain the same: love! Love! It’s not just some corny word, and don’t be embarrassed to say it: “Love!”
Love is what we need!
Shout it out: “LOVE!”
Shout it out: “LOVE!”
Shout it out: “LOVE!”
Shout it out: “LOVE!”, YOU BASTARDS!
Now let the bastards hear you!
“YOU BASTARDS!”
“YOU BASTARDS!”
“YOU BASTARDS!”
“YOU BASTARDS!”
“YOU BASTARDS!”
“YOU BASTARDS!”
All right, now stand up and make your voice heard!
NO MORE NUCLEAR POWER! NO MORE NUCLEAR POWER! NO MORE NUCLEAR POWER! SHUT DOWN ALL NUCLEAR POWER PLANTS!
Eliminate nuclear power right now!
 
Peu importe combien de détours nous prenons, ou combien de fois nous renaissons, l'objectif reste le même : l'amour ! l'amour !
Ce n'est pas seulement un mot banal, et ne soyez pas gêné de le dire : "Amour!"
L'amour est ce dont nous avons besoin !
Criez-le : "AMOUR !"
Criez-le : "AMOUR !"
 
Criez-le : "AMOUR !"
Criez-le : "AMOUR !", SALAUDS !
Maintenant, laissez les salauds vous entendre !
"SALOPARDS !"
"SALOPARDS !"
"SALOPARDS !"
"SALOPARDS !"
"SALOPARDS !"
"SALOPARDS !"
Très bien, maintenant levez-vous et faite entendre votre voix !
 
PLUS JAMAIS D’ENERGIE NUCLÉAIRE !
PLUS JAMAIS D’ENERGIE NUCLÉAIRE !
PLUS JAMAIS D’ENERGIE NUCLÉAIRE !
FERMEZ TOUTES LES CENTRALES NUCLÉAIRES !
 
Éliminez l'énergie nucléaire maintenant !
 
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Camera & montage : Tatsukawa Shinsuke, Masashi Nagara
Son : Slim Chance Audio, Yuske Nakajima
Direction : Shoji Goto
Traduction Anglaise : Paul R.Kotta, Minako Yoshino
Traduction Française : Kna - avec l’aide de Tokyobrowntabby et des Veilleurs de Fukushima (http://lesveilleursdefukushima.blogspot.com/)
Sous-titrage : Kna
 
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Comment participer à la « HumanERROR one Million Person Parade » ?
Se référer aux instructions mises en ligne sur le site du groupe (en japonais) :
 
ou dans ce
 
 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 16:35
rector4Le bâtiment réacteur 4 fait toujours l’actualité. Pourquoi le 4 en particulier ? Parce qu’il fait l’objet de travaux importants, mais aussi parce qu’on ne sait pas ce qui se passe pour les autres : le 1 est caché par une tente de protection, on n’a plus d’image de cette unité depuis octobre ; le 2 a encore ses murs, on ne peut pas voir l’intérieur (sauf la vidéo de l’enceinte de confinement, voir plus bas), la seule face présentant une ouverture étant rarement montrée ; le 3 n’est quasiment pas visible car caché par des pylônes ; les 5 et 6 sont hors du champ des caméras. Voici donc une série de photos et de vidéos sur ce bâtiment réacteur 4. Les travaux de démontage et de déblaiement se poursuivent.
 
Photos du bâtiment réacteur 4
- Le site SimplyInfo met en ligne de nouvelles photos de l’unité 4.
 
4back markup
Angle nord-est de l’unité 4
 
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Vue générale du nord-est de l’unité 4
 
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Façade sud de l'unité 4, partiellement nettoyée

20mai00500950 enhanced
Vue générale de la face sud de l’unité 4. On peut voir le grand pont roulant avec un escalier en dessous des poutres du toit

20mai00500945
Vue générale de la centrale depuis l’est
 
 
- Le site Enformable quant à lui met en ligne des photos des récents travaux sur l’unité 4
 
Enformable-3
 
Enformable-6
 
Enformable-Reactor-4-Debris-Removal-Work-Roof-Parapet-Disma
 
Enformable-9
 
Enformable-10
 
 
- Le 2 février 2012, le réservoir attenant à la piscine de l’unité 4 a baissé très rapidement, indiquant une fuite plus importante qu’en janvier. A surveiller donc…
 
fuite reservoir 4
(Source)
 
- Fuite dans l’unité 4
 
fuite unité 4 fev 2
 
 
Vidéos de l’unité 4
- Travailleurs dans le bâtiment réacteur 4 le 26 janvier 2012

 
 
 
- Démontage d’une partie du toit du bâtiment réacteur 4 le 1er février 2012
Vidéo où l’on voit une immense structure métallique être descendue à l’aide d’une grue (2 premières minutes, accéléré x3)

 
 
 
Cheminées
On peut apercevoir les 4 cheminées de ventilation de la piscine commune sur l’image fournie par la webcam.
 
cheminées bâtiment csfp
 
 
Autres fuites
Voici un des milliers de problèmes de la centrale de Fukushima Daiichi : un problème de tuyau qui fuit. Je vous fais grâce des autres photos de tuyaux sans grand intérêt. Ce qu’il faut retenir, c’est que les systèmes de refroidissement et de filtrage sont assez vulnérables. Tout a été construit dans l’urgence, et parfois avec du matériel de qualité médiocre. Il y aurait eu 23 nouvelles fuites ces derniers jours, dues en partie au gel. Pour ceux qui veulent voir toutes les photos de tuyaux de Tepco, cliquer sur la photo.
 
tuyaux et fuites
 
 
Drainages autour des réacteurs 5 et 6
Il semble qu’il y ait encore des fuites…
 
plan drainages
 

fossé de drainage

On se demande quelle est l’utilité de ces sacs...
 
sortie drain
De toute manière tout va à la mer, alors…
 
 
Carte
Mercredi 25 janvier, une carte de la contamination des sédiments a été publiée par le ministère des sciences et technologies : la contamination marine se poursuit sur des centaines de kilomètres autour de la centrale de Fukushima (souce info : ACRO).
 
carte contamination sediments marins
 
 

carte contamination sediments marins tableau

 
 
Documentaire
La photographe Annabelle Lourenço et le réalisateur-animateur Cyprien Nozières ont réalisé un superbe documentaire sur Fukushima, « La fissure ». Un document et des témoignages remarquables.
 
fissure
 
 
Album photo de la centrale
État actuel de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : le tour de la centrale en 57 photos diffusées par Cryptome.
(Cliquer sur l’image pour accéder à l’album)
 
cryptome
 
 
Endoscopie de l’enceinte de confinement de l’unité 2 le 19 janvier 2012
On a voulu nous faire croire que Tepco recherchait un corium, mais en fait là où la caméra est passée, il n’était pas possible de le voir étant donné que le support de la cuve empêchait sa vision. L’endoscopie du drywell était plutôt destinée à voir l’état des structures et le niveau de l’eau de refroidissement.
Les vidéo sont impressionnantes car elles visualisent la radioactivité, comme un spectacle maudit.
 
endoscop8
Manifestement le revêtement de l’enceinte a souffert de la chaleur
 
endoscop6
 
endoscop2
 
Lien vers les vidéos :
 
 
Reportage CBS du  16 janvier 2012
Une équipe de journalistes a été autorisée à accompagner le personnel de l'ambassade des USA à Tokyo dans la zone interdite, à 10 kilomètres au nord de la centrale nucléaire, afin de rendre compte des avancées du travail de décontamination
 
 
 
Plutonium en vadrouille
On le savait, Fukushima arrose le monde entier.
On a retrouvé des radionucléides de l'accident de Fukushima dans l'air de la Lituanie. Pas par hasard. Des chercheurs les ont traqués et modélisés : G. Lujanienė, S. Byčenkienė, PP Povinec et M. Gera ont réalisé cette étude environnementale co-organisée par le Centre pour les sciences physiques et de la technologie de Vilnius (Lituanie) et la Faculté de Mathématiques, Physique et Informatique de Bratislava (Slovaquie). (Source)
A partir d’échantillons d’aérosols effectués à Vilnius en mars-avril 2011, cette étude a montré, entre autres, que le ratio d'activité 238 Pu / 239 240 Pu était de 1,2, indiquant une présence du combustible usé d'origine différente de celle de l'accident de Tchernobyl ou des essais nucléaires atmosphériques. Et dire qu’on nous disait que le plutonium ne pouvait pas voyager !
 
etude lituanie
 
Analyses of 131I, 137Cs and 134Cs in airborne aerosols were carried out in daily samples in Vilnius, Lithuania after the Fukushima accident during the period of March–April, 2011. The activity concentrations of 131I and 137Cs ranged from 12 μBq/m3 and 1.4 μBq/m3 to 3700 μBq/m3 and 1040 μBq/m3, respectively. The activity concentration of 239,240Pu in one aerosol sample collected from 23 March to 15 April, 2011 was found to be 44.5 nBq/m3. The two maxima found in radionuclide concentrations were related to complicated long-range air mass transport from Japan across the Pacific, the North America and the Atlantic Ocean to Central Europe as indicated by modelling. HYSPLIT backward trajectories and meteorological data were applied for interpretation of activity variations of measured radionuclides observed at the site of investigation. 7Be and 212Pb activity concentrations and their ratios were used as tracers of vertical transport of air masses. Fukushima data were compared with the data obtained during the Chernobyl accident and in the post Chernobyl period. The activity concentrations of 131I and 137Cs were found to be by 4 orders of magnitude lower as compared to the Chernobyl accident. The activity ratio of 134Cs/137Cs was around 1 with small variations only. The activity ratio of 238Pu/239,240Pu in the aerosol sample was 1.2, indicating a presence of the spent fuel of different origin than that of the Chernobyl accident. 
 
 
Neige
Il neigeait sur la centrale le 22 janvier 2012
 

neigefukushima

 
 
 
   
 
 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 00:58

ouvriersTraitant essentiellement de la radioprotection au Japon - sujet rarement abordé - l’article « Retour à Fukushima » a été publié dans le numéro du deuxième semestre 2011 de HesaMag, un magazine consacré à la santé et à la sécurité au travail diffusé par l’Institut syndical européen (European Trade Union Institute, ETUI). L’auteur, Paul Jobin, est sociologue ; maître de conférences à l’université Paris Diderot (département des langues et civilisations de l’Asie orientale), il est également directeur du CEFC Taipei (Centre d’études français sur la Chine contemporaine, antenne de Taipei).

 

 

Dans cet article on apprend, entre autres, que :

 

- Tepco est une entreprise dangereuse : 50 jours pour un arrêt de tranche au lieu des 3 mois nécessaires à une vérification consciencieuse de l’ensemble des installations.

- Il existe d’autres héros que les liquidateurs au Japon, tel ce spécialiste de la radioprotection qui n’hésite pas à démissionner pour donner des informations de radioprotection dans les territoires contaminés.

- Le ministère de la Santé et du Travail se moque des normes de la radioprotection.

- Déjà en août 2002, des ingénieurs de General Electric faisaient état de pratiques de falsification et de camouflage.

- Le réseau complexe des micro-sous-traitants permettrait de camoufler une part majeure de la dose collective, et donc de limiter la facture sociale du nucléaire.

- La radioprotection serait devenue au cours des quarante dernières années la pierre angulaire d’un système sophistiqué qui tend souvent à minimiser les conséquences des rayons ionisants sur la santé humaine.

 

 

 

-------------------------------------

 

Retour à Fukushima

 

Paul Jobin

 

 

 

Depuis mars 2011, de nombreux experts du nucléaire se sont exprimés. Bien plus rares sont les acteurs et victimes du drame à avoir pris la parole. Rencontre avec un "liquidateur" et de simples riverains de Fukushima. Leurs témoignages sont comme des échos à ceux de travailleurs de Tepco recueillis dix ans plus tôt, lors d’une enquête sur la sous-traitance dans le nucléaire japonais. (1)

 

 

Le 19 juin 2011, Kimura Shinzô (2), un chercheur spécialiste de radioprotection, a donné une conférence dans la ville d’Iwaki (30 km au sud de Fukushima Daiichi) sur l’état de la radioactivité dans la région, notamment pour signaler les « points chauds » à éviter, et faire part de son expérience à Tchernobyl.

Lors de la première explosion, le 12 mars, alors qu’il travaille depuis dix ans comme chercheur dans un organisme semi-public (National Institute of Radiological Sciences), M. Kimura informe son supérieur hiérarchique qu’il va se rendre au plus vite dans la région pour effectuer des relevés sur la radioactivité. Se voyant signifier un refus, il donne sa démission et prend contact avec des collègues universitaires. Dès le 15 mars, ils entreprennent ensemble une série de relevés qu’ils partagent avec les populations les plus menacées, prenant ainsi leur spécialité, la radioprotection, au plus près de sa vocation initiale : protéger autant que possible des conséquences de la radioactivité.

Le 19 juin, plus de 900 personnes se pressaient dans la salle pour l’écouter attentivement et lui poser des questions, comme ce jeune père : « Combien de temps est-ce que je peux laisser mes enfants jouer dehors ? », ou ce paysan : « Que faire des légumes irradiés puisqu’on ne peut pas les brûler ? », et cette femme de réagir : « Les apporter à Tepco ! Mais comment puisque la zone est interdite d’accès ? »

A l’issue de cette conférence, j’ai pu faire la connaissance de T.S., un ouvrier employé depuis une dizaine d’années par un sous-traitant de la région, spécialisé dans le nucléaire pour le compte de Tepco (Tokyo Electric Company) et d’autres sociétés d’électricité.

Depuis début avril, il intervient à Fukushima Daiichi, en rotation de quatre jours. A la question de savoir pourquoi la centrale d’Onagawa, pourtant située plus près de l’épicentre du séisme, n’a pas été plus touchée que celle de Fukushima Daiichi (centrale numéro 1 de Fukushima), T.S. mentionne des caractéristiques géographiques – située dans une baie, Onagawa se trouve moins directement exposée à l’océan – pour aussitôt souligner le fait que cette centrale n’est pas gérée par Tepco mais par la société d’électricité Tohoku Electric Power. Et d’insister sur le fait que cette entreprise consacre une centaine de jours à l’arrêt de tranche du réacteur, période pendant laquelle s’effectuent le remplacement du combustible et la vérification de l’ensemble du système (réacteur, circuit de refroidissement, turbine, génératrice, etc.). De leur côté, les dirigeants de Tepco ont pris pour habitude d’imposer à leurs employés et sous-traitants d’expédier en moins de cinquante jours cette phase cruciale pour la sûreté d’une centrale nucléaire. Comme me le rappelle T.S., en cinquante jours, on a tout juste le temps d’enchaîner les vérifications au pas de charge, et d’apposer son sceau au bas des documents administratifs. Depuis son retour à Fukushima Daiichi en avril, T.S. a déjà accumulé une dose de 50 millisieverts (3) (mSv). Comme il est encore jeune et célibataire, il s’inquiète pour son avenir, mais ne s’estime pas parmi les plus en danger. Il craint plus encore pour tous ceux qui sont embauchés dans des conditions sauvages pour ramasser les débris des explosions : « Comme il y a des endroits où ça crache très fort, en quelques jours, ces gars peuvent prendre plus de 100 mSv. »

1

Pour participer aux opérations d'urgence, Tepco a recruté des intérimaires dans les quartiers défavorisés.

Tomioka (préfecture de Fukushima), le 18 avril 2011.

Source image : Zumapress

 


Des mesures exceptionnelles qui tendent à durer

Depuis le 15 avril 2011, le ministère japonais du Travail et de la Santé a accepté d’ouvrir des négociations avec les associations en lien avec les organisations syndicales au sujet des conditions de travail et d’exposition aux rayonnements ionisants des personnels intervenant à la centrale de Fukushima. Ces militants avaient été révoltés par la décision du ministère, le 14 mars, de relever les normes d’exposition annuelle de 20 à 250 mSv compte tenu de l’état d’urgence à Fukushima. Entendue de cette façon, la radioprotection est-elle encore une protection ? N’est-ce pas une façon de légaliser la mort ou de limiter les demandes prévisibles d’indemnisation ? Lors de séances de négociations, auxquelles j’ai pu assister en juin et juillet derniers, un des représentants du ministère a confié que cette décision émanait en fait de Tepco et de la NISA, l’autorité de sûreté nucléaire japonaise dépendant du ministère de l’Economie (METI). Le même fonctionnaire avouait en outre son impuissance à contrôler vraiment la situation sur place, sa hiérarchie l’ayant jusqu’alors empêché de s’y rendre. Ce fonctionnaire pointait les contradictions inhérentes aux normes de radioprotection, pas seulement en situation de crise, mais aussi en temps ordinaire. Suivant les recommandations de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), la norme maximale est fixée à un maximum de 100 mSv sur cinq ans, soit 20 mSv par an. Mais au Japon, il suffit d’avoir été exposé à 5 mSv par an pour pouvoir effectuer une demande de reconnaissance en maladie professionnelle. Rappelons que cette norme d’exposition recommandée pour les travailleurs du nucléaire est vingt fois supérieure à celle préconisée pour le reste de la population (1 mSv par an). Et, par ailleurs, ces normes n’ont cessé d’être révisées à la baisse (4), sans pour autant qu’en soient tirées les conséquences pour les travailleurs jusqu’alors « surexposés ».

Selon les chiffres publiés par Tepco, entre le 12 mars et le 30 avril, 565 salariés de la société d’électricité et 3 760 employés d’entreprises partenaires (sous-traitants ou intérimaires), soit un total de 4 325 travailleurs, auraient pris part aux travaux sous rayonnements. Et au 18 juin, sur les 3 514 intervenants qui ont été examinés par un Whole Body Counter – WBC, un appareil ressemblant à un scanner qui permet de mesurer la radiation accumulée dans le corps –, 549 d’entre eux ont subi une contamination interne supérieure à 20 mSv (voir tableau 2), ce qui est déjà très préoccupant pour ces personnes. Mais que dire des intérimaires embauchés de façon sauvage par le biais de petites annonces ou dans les quartiers de travailleurs journaliers ? Comme l’a reconnu à mots couverts le cadre du ministère de la Santé, il est fort probable que toutes ces petites mains, embauchées quelques jours puis relâchées dans la nature, ne passeront jamais sous un WBC. Lors de la réunion du 26 juillet, le fonctionnaire présent (un autre que la fois précédente, et beaucoup moins compréhensif) est même allé jusqu’à dire que de toute façon beaucoup d’ouvriers étaient prêts à s’exposer à des doses importantes pourvu qu’ils aient du travail. Les militants associatifs lui ont répondu, fous de rage : « Dans ce cas, à quoi servez-vous si vous faites fi du code du travail ? A quoi bon avoir un ministère de la Santé et du Travail ? » La dernière réunion, en août, n’a guère permis de progresser sur le dossier. Autrement dit, les normes exceptionnelles de 250 mSv par an tendent à s’installer dans la longue durée.

 

2


Une étude interrompue

En 2002, alors que je me trouvais à l’université de Hitotsubashi à Tokyo, j’avais entrepris une recherche sur la maintenance de l’industrie nucléaire japonaise, ce qui m’avait notamment amené aux centrales de Fukushima, Hamaoka (au sud de Tokyo) et Shimane (qui fournit en électricité la région de Hiroshima), pour y interroger des responsables de la sûreté et de la radioprotection, et quelques ouvriers de la sous-traitance. Au regard de la catastrophe du 11 mars 2011, qui oblige de nouveau à appréhender le trou noir de l’industrie nucléaire, je tente ici une première synthèse rétrospective.

La question qui avait amorcé ce choix d’étude est devenue un leitmotiv presque banal depuis le 11 mars 2011 : comment se fait-il que le pays qui a subi Hiroshima et Nagasaki ait construit autant de réacteurs nucléaires (51 alors, 54 aujourd’hui), qui plus est, dans un pays aussi fréquemment touché par les séismes ? L’affaiblissement du mouvement antinucléaire japonais répondait en partie à la question du développement de l’industrie nucléaire. Les années 1960 et 1970 ont été marquées par une période d’intenses mobilisations, puis la protestation antinucléaire a décliné en même temps que ses principaux appuis politiques, le parti socialiste et le parti communiste japonais. Le slogan lancé en 1953 par le président américain Eisenhower « Atoms for Peace » aura eu raison du mouvement pacifiste et antinucléaire, conduit principalement par deux organisations, la Gensuikyô, proche du parti communiste, et la Gensuikin, proche du parti socialiste.

Sollicité par cette dernière, j’ai eu l’opportunité de servir de guide et d’interprète à une délégation de victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien et à Mururoa, lors des cérémonies commémorant le bombardement nucléaire à Hiroshima, le 6 août 2002. Si la Gensuikin avait encore la capacité d’organiser une manifestation de cette ampleur, hormis cette mémoire des premiers « essais nucléaires » que furent Hiroshima et Nagasaki, pour l’opinion publique japonaise, la césure était confirmée entre la contestation à l’encontre des centrales nucléaires et celle en direction de « l’atome » symbolisant la bombe et le nucléaire militaire dont officiellement le Japon s’était interdit la fabrication ou l’usage. Des organisations comme le Citizens’ Nuclear Information Center (CNIC) ont tenté, non sans difficultés, d’enrayer la diffusion du nucléaire civil en le plaçant sous un contrôle citoyen. A défaut de faire entendre facilement leur voix auprès des médias, ces militants n’auront cessé de surenchérir en vigilance et en analyse technique, pour se trouver prêts à répondre aux demandes d’information des médias soucieux de contrebalancer la propagande de l’industrie et de l’Etat. Ce fut le cas, par exemple, lors de l’accident de criticité (5) survenu à la centrale de Tokaimura en 1999, qui irradia gravement trois ouvriers entraînant la mort de deux d’entre eux en quelques mois et dans d’atroces souffrances (6), et à celle de Mihama en 2004 (7), marquée par la mort de cinq ouvriers, tous des sous-traitants.


Camouflages, velléités de sûreté et libéralisation du marché

Depuis plusieurs années des révélations importantes secouent l’industrie nucléaire japonaise, à commencer par Tepco. Ainsi, fin août 2002, des ingénieurs de General Electric (8) font état de pratiques de falsification et de camouflage que l’autorité de sûreté nucléaire, placée sous la coupe du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI), avait fini par reconnaître. L’affaire fait grand bruit. Ces révélations surgissent alors que tarde à se concrétiser la libéralisation du marché de l’électricité souhaitée par le METI depuis le début des années 1990. L’Assemblée japonaise des industriels nucléaires (Japan Atomic Industrial Forum, JAIF) s’est rangée à cette idée. Elle appelle les sociétés d’électricité à s’engager résolument dans la libéralisation, afin de rationaliser leurs effectifs et d’œuvrer pour une plus grande transparence, à l’instar d’une industrie nucléaire qui aurait su regagner de la sorte la confiance du grand public. Selon la JAIF, les centrales japonaises emploient alors proportionnellement le double de personnel de leurs homologues américains. La cascade des sous-traitants japonais est dénoncée comme une multiplication inutile de la durée des interventions et donc des coûts de maintenance. Les révélations des ingénieurs de General Electric, relayées par le METI, rejoignent donc une « révolution vertueuse » souhaitée par l’industrie nucléaire qui estime que la libéralisation permettra de conjuguer transparence en matière de sécurité et réduction du coût de fonctionnement.

Au terme de cette tempête médiatique d’environ deux mois, tout se sera passé comme s’il avait fallu camoufler au grand public l’usure pourtant normale et inéluctable des éléments du réacteur ainsi que des nombreuses canalisations qui parcourent les centrales nucléaires. Or les centrales thermiques qui nécessitent des réparations analogues n’ont jamais fait l’objet de tels mystères. On aura compris que le nœud du problème concerne une fois de plus les rayonnements et leurs diverses conséquences sur les hommes et le matériel.

Si la NISA publie chaque année des statistiques qui révèlent que l’essentiel de la dose collective est absorbé par les employés extérieurs aux sociétés d’électricité, les chiffres n’entrent pas dans le détail de la sous-traitance.

Or pour tous ces ouvriers extérieurs, c’est justement la position dans la cascade de sous-traitance qui détermine la dose dont ils seront inévitablement « aspergés » (irradiation externe), ou qu’ils risquent fort d’« avaler » (contamination interne, qui présente encore plus de risque à long terme). Dans les échelons intermédiaires se trouvent les ouvriers qualifiés, mais néanmoins exposés à des risques fréquents comme en témoignent les demandes post mortem de reconnaissance en accident du travail. Et tout en bas, se trouvent les ouvriers qui effectuent les premières tâches de décontamination afin de limiter la dose des ouvriers plus qualifiés, ceux qu’on appelle en France « les bêtes à rems », et qui au Japon sont parfois recrutés parmi les populations les plus démunies comme les sans-abri des grandes villes. Mais les niveaux intermédiaires, techniciens et responsables d’équipe, ne sont pas pour autant épargnés. A ce niveau, le réseau complexe des micro-sous-traitants permet de camoufler une part majeure de la dose collective, et donc de limiter la facture sociale du nucléaire.


La radioprotection comme mode de gestion

Dans le cas de la France, la sociologue du travail Annie Thébaud-Mony (9) a montré que le recours à la sous-traitance avait été motivé pour parer à l’augmentation des coûts de main-d’œuvre induits par la maintenance en veillant à ne pas dépasser les limites d’exposition. Ce qu’elle a nommé la « gestion de l’emploi par la dose » consiste à répartir la dose collective sur un nombre important de travailleurs intermittents en la diluant au point de la rendre socialement invisible. Plus les centrales vieillissent, plus elles « crachent », plus il faut d’ouvriers pour effectuer les tâches de maintenance. D’autant que, et quoiqu’en disent nombre d’experts, le témoignage des ouvriers tend à montrer que la radioactivité contribuerait de façon non négligeable à l’usure des installations. A charge pour les intervenants en zone contrôlée (radioactive) de gérer cette contradiction majeure entre, d’une part, une exigence de sûreté et de protection des travailleurs et, d’autre part, les impératifs économiques de gestion des coûts.

En juin 2002, je m’étais rendu à la centrale de Fukushima Daiichi. Les cadres responsables de Tepco m’avaient reçu avec courtoisie, mais lorsque je leur avais demandé la liste de leurs sous-traitants pour me permettre d’effectuer des entretiens systématiques avec leurs collègues qui effectuaient de fait l’essentiel du travail de maintenance, ils m’avaient signifié un refus embarrassé. J’avais néanmoins pu interroger un technicien responsable des tâches de vérification et de réparation des pompes, un élément important du circuit de refroidissement, salarié d’une entreprise de Kobe opérant en sous-traitance pour le compte des trois grands fabricants japonais (Hitachi, Toshiba et Mitsubishi). Il m’avait confié que dans certaines centrales nucléaires, et c’était le cas à Fukushima Daiichi, il fallait désormais faire intervenir deux fois plus d’ouvriers que dix ans plus tôt pour effectuer des réparations analogues. Or selon lui, depuis deux ans, l’objectif de durée de l’arrêt de tranche avait été réduit à 45 jours, en prenant exemple sur la France. Ce qui signifiait donc plus d’intervenants sur une période plus courte. Compte tenu des quotas de radioprotection (un maximum de 0,1 mSv par jour et par intervenant), cette réduction de l’arrêt de tranche contraignait les ouvriers soit à faire l’impasse sur certaines réparations pourtant indispensables à la sûreté des installations nucléaires, soit à poursuivre leur intervention aux dépens de leur santé. Muni de son dosimètre et de son carnet de dose, à chaque ouvrier donc de « bien gérer » sa radioprotection.

Cette individualisation du risque explique partiellement la contradiction initiale de la loi établissant qu’une dose totale de 5 mSv est suffisante pour effectuer une demande de reconnaissance, alors que le niveau maximum d’exposition est fixé à 100 mSv en « temps ordinaire », soit 20 mSv par an sur cinq ans. Et de fait, selon les statistiques de la NISA, très peu d’ouvriers dépassent les 20 mSv annuels (voir tableau 3). Mais présentées centrale par centrale, ces statistiques ne permettent pas de savoir ce qu’il en est pour tous les « gitans » qui se rendent d’une centrale à l’autre. En outre, ne disposant pas eux-mêmes de leur carnet de dose, il est d’autant plus difficile pour les ouvriers de « gérer » leur dose.

3

 


Des cas emblématiques de reconnaissance

Depuis le début de l’industrie nucléaire japonaise, selon les informations rendues publiques par le ministère du Travail et de la Santé, il y aurait eu, en tout et pour tout, quatorze cas de reconnaissance parmi les ouvriers du nucléaire. Le premier cas est celui, posthume, en 1991, de M. K., mort d’une leucémie à 31 ans, après avoir accumulé une dose totale de 40 mSv pour des interventions à Fukushima Daiichi entre novembre 1978 et septembre 1980 ; la maladie s’était déclenchée dès 1982. Sa famille a déposé une demande de reconnaissance en maladie professionnelle après sa mort en 1988 (10).

Les cas les mieux documentés sont ceux qui ont donné lieu à une bataille publique et dont certains ont obtenu gain de cause. Le premier cas reconnu et médiatisé dont le nom a été rendu public par la famille est celui de Shimahashi Nobuyuki, mort à 29 ans de leucémie, après avoir travaillé de 1981 à 1988 pour un sous-traitant de la société d’électricité Chûbu qui possède la centrale de Hamaoka, au sud de Tokyo. Affecté au bâtiment du réacteur pendant les périodes de vérification périodique des trois réacteurs, il avait accumulé une dose de 50 mSv. En guise de condoléances, l’entreprise offre une somme de trois millions de yens aux parents, mais contre une promesse de s’en tenir là. Choqués et se sentant coupables d’avoir incité leur fils à poursuivre ce travail malgré des signes de fatigue, ses parents introduisent une demande de reconnaissance. Les parents s’apercevront après coup que le jour même de sa mort, l’entreprise avait falsifié son carnet de dose. Lorsque celle-ci tente de dissuader les parents de déposer une demande, sous prétexte qu’ils seraient utilisés par le mouvement antinucléaire, la mère leur répond : « Mais non, c’est nous qui allons les utiliser ! » Le bureau du travail de Shizuoka leur donne raison en 1991 (11).

En 2004, Nagao Mitsuaki, a été reconnu pour un myélome, le premier cas autre qu’une leucémie (et si l’on fait exception des trois ouvriers grièvement irradiés à Tokaimura) ; pour parvenir à ce résultat, lui aussi a dû bénéficier d’une mobilisation importante et d’une pétition de soutien à travers tout le pays.

Et puis il y a les cas plus secrets, les familles craignant de subir l’opprobre de l’entreprise, ou du voisinage, car il ne fait pas bon d’être un parent d’irradié. Ainsi en 2000, le bureau de Tomioka a également reconnu le cas de H. E., un ouvrier d’un sous-traitant de Tepco, qui travaillait comme soudeur aux centrales de Fukushima 1 et 2 depuis 1988, et décédé d’une leucémie à 46 ans, en novembre 1999. Selon sa famille, cet ouvrier avait été exposé à un total de 75 mSv. Dans deux autres cas, d’après les documents que m’a montrés un employé du Bureau du travail de Tomioka, « la dose totale d’irradiation était inférieure aux normes de protection », sans qu’il soit précisé la fiabilité de ces relevés dosimétriques ou que soit évoqué l’impact éventuel des faibles doses.

Au cours de mon enquête, j’avais pu rencontrer M. Yokota, le patron d’une petite entreprise chargée de la radioprotection des ouvriers sous-traitants de General Electric, Hitachi, Toshiba, Mitsubishi (les quatre fabricants de réacteurs nucléaires existant au Japon). M. Yokota était atteint de cancer, et contraint au chômage par son état de santé. Il était tellement dégoûté par l’attitude de Tepco, qu’il m’avait expliqué par le menu comment il s’était rendu complice de tout un système de falsifications dont personne n’était dupe, surtout pas Tepco. Il m’avait ainsi montré le faux tampon « aucune anomalie » qu’il utilisait pour falsifier les carnets d’irradiation des ouvriers dont il avait la responsabilité, par exemple, à l’issue de la visite médicale annuelle réglementaire, si le médecin avait constaté des perturbations de la composition sanguine signalant un risque de leucémie.

Mais quel est au fond l’intérêt des responsables du parc nucléaire : s’agit-il de fermer les yeux sur ces pratiques de falsification pour limiter la quantité officielle de radiation à laquelle ces travailleurs sont officiellement exposés ? Ou bien, au contraire, s’efforcent-ils de maximiser les doses réellement encaissées pour limiter la perception que le grand public pourrait avoir de la dangerosité des « faibles doses » ? La réponse tient sans doute dans un subtil dosage des deux stratégies.

4

Impuissant devant l'ampleur de la catastrophe, le gouverneur de la province de Fukushima, Yuhei Sato, se recueille devant un autel improvisé.

Namie (préfecture de Fukushima), le 15 mai 2011.

Source image : MaxPPP

 


L’épidémiologie dévoyée

Constituée sur la base des études des victimes de Hiroshima et Nagasaki, la radioprotection est devenue au cours des quarante dernières années la pierre angulaire d’un système sophistiqué qui, faute de pouvoir véritablement protéger, tend souvent à minimiser les conséquences des rayons ionisants sur la santé humaine, par le biais d’une grille de normes qui n’a cessé d’être révisée à la baisse depuis sa création, ou encore, en aplatissant la complexité de la cancérogenèse. Les ouvriers en sont les premières victimes. Et d’autres suivent, comme en témoigne la démission, en larmes, le 29 avril 2011, du professeur Kosako Toshiso, conseiller pour les questions de radioprotection du Premier ministre Kan Naoto, parce qu’il n’avait pas réussi à dissuader le ministère de l’Education d’envisager 20 mSv par an comme un maximum d’exposition possible pour les enfants de Fukushima. Il n’était pourtant pas, loin de là, un antinucléaire, mais sans doute la contradiction inhérente à la radioprotection lui sera-t-elle apparue ce jour-là dans toute sa violence.

Au côté de la radioprotection, l’épidémiologie peut être elle aussi dévoyée de sa vocation initiale pour devenir un outil complémentaire dans le dispositif de minimisation des conséquences des rayonnements sur la santé humaine. Ainsi, en mars 2010, l’Association japonaise de radioprotection a rendu au ministère des Sciences une étude épidémiologique basée sur une cohorte impressionnante de 212 000 personnes, sur un total de 277 000 personnes ayant travaillé dans l’industrie nucléaire entre 1990 et 1999 (12). L’étude a trouvé une augmentation significative de la mortalité pour un type de leucémie, mais a estimé que pour les autres formes de cancer, il n’y avait pas de différence avec le reste de la population. Comme l’a remarqué Watanabe Mikiko, militante du CNIC, le problème majeur de cette étude, comme celles qui l’ont précédé, est de prendre en compte uniquement la mortalité, et d’ignorer la morbidité, c’est-à-dire les personnes déjà atteintes de cancer, mais encore en vie au moment de l’enquête. Depuis avril 2011, des initiatives ont déjà pris forme à Fukushima autour d’associations locales de professeurs et de parents d’élèves, ou bien les relevés effectués par l’équipe de Kimura Shinzô, ou encore ceux d’organisations étrangères comme Greenpeace et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Ces relevés sont d’ores et déjà utiles pour permettre aux habitants de la région de faire fi des propos rassurants du gouvernement ou de l’autorité de sûreté nucléaire et de se prémunir autant que possible des risques radioactifs. A l’avenir, ils pourraient aussi, le cas échéant, servir de point d’appui pour mener une épidémiologie populaire et identifier les victimes de la catastrophe.

 


(1) Ce texte est une version abrégée d’un article paru dans Annie Thébaud-Mony, Paul Jobin, Véronique Daubas- Letourneux, Nathalie Frigul, Santé au travail : approches critiques, La Découverte, Paris, janvier 2012.


(2) Selon l’usage japonais, le nom précède le prénom (idem par après).


(3) Le sievert est l’unité utilisée pour la mesure des expositions aux rayonnements ionisants subies par la population générale, les travailleurs ou les patients. Ces expositions sont habituellement de l’ordre de quelques millisieverts (mSv) par an.


(4) Jusqu’en 1959, les recommandations étaient de 5 mSv par an pour l’ensemble de la population. Pour les travailleurs, elles étaient fixées à 460 mSv/ an jusqu’en 1950, puis à 150 mSv/an entre 1950 et 1956, et à 50 mSv/an jusqu’en 1990.


(5) Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage spontané d’une réaction en chaîne lorsqu’une quantité de matière fissile dépassant une certaine valeur seuil est rassemblée au même endroit et en présence d’une matière comme l’eau.


(6) Takagi, J. (2000), Criticality Accident at Tokai-mura, CNIC, Tokyo et Kamata, S. (2001) Genpatsu retto o iku (Parcourir l’archipel des centrales nucléaires), Shueisha, Tokyo.


(7) White, P. (2004) « Five killed in Mihama-3 Accident », Nuke Info, n° 102, CNIC, Tokyo.


(8) General Electric est à l’origine de la technologie des réacteurs nucléaires à eau bouillante, qui constituent la majeure partie du parc nucléaire japonais, dont les six réacteurs de Fukushima Daiichi.


(9) Thébaud-Mony, A. (2000), L’industrie nucléaire, sous-traitance et servitude, éditions EDK-INSERM, Paris.


(10) Fujita, Y. (1996), Shirarezaru genpatsu hibaku rôdô (Un inconnu : le travail sous rayonnements dans les centrales nucléaires), Iwanami, Tokyo.


(11) Fujita, op.cit. et Shimahashi, M. (1999), Musuko wa naze hakketsubyô de shinda no ka (Pourquoi notre fils est-il mort d’une leucémie ?), Gijutsu to ningen, Tokyo.


(12) Hôshasen eikyô kyôkai (Radiation Effects Association) (2010), Genshiryoku hatsuden shisetsu nado hôshasen gyômu jyûjisha nadi ni kakaru ekigakuteki chôsa ; dai 4 ki, heisei 17-21 nendo (Etude épidémiologique des personnels affectés aux travaux sous rayonnements dans les installations nucléaires et autres. 4ème période, 2005-2009).

 

 

 

 

Source :

http://www.etui.org/fr/Themes/Sante-et-securite/HesaMag

(Article intégralement reproduit avec l’aimable autorisation de la revue HesaMag)

 

 

Version originale de cet article téléchargeable ici ou   (pdf 292 Ko).

 

 

 

Qui est Paul Jobin ?

 

paul jobinPaul Jobin est sociologue, spécialiste du Japon. Titulaire d'un MBA de la prestigieuse université de Keio à Tokyo, il a effectué de nombreux séjours professionnels au Japon, où il a rencontré Satoshi Kamata. Ses sujets de recherche portent sur le syndicalisme, la santé au travail et la pollution industrielle. Il enseigne la sociologie du Japon à Paris-VII et est chercheur associé au Centre de recherche sur les enjeux contemporains en santé publique (Inserm-EHESS). Il participe aussi aux travaux du réseau Asie dirigé par Jean-François Sabouret.

 

Paul Jobin est l'auteur de "Maladies industrielles et renouveau syndical au Japon", Editions de l’EHESS, 2006, Paris et de  « Les cobayes portent plainte. Usages de l’épidémiologie dans deux affaires de maladies industrielles à Taiwan », Politix, vol. 23, n° 91/2010, p. 53-75.

 

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 23:56

Michel FernexFollowing the publication of an article in the newspaper Mainichi Daily News, here is the reaction of Michel Fernex, professor emeritus at the Medical Faculty of Basel, former member of the steering committees of TDR (Tropical Diseases Research) in the WHO and President of the Association of Children of Chernobyl Belarus from 2006 to 2010.

This text created quite a stir on the Internet in Japan. This goes to show how insufficient the basic information on the effects of radiation on health and the ways to fight internal contamination still is.
 
Le blog de Fukushima, by posting the following English, Japanese and French versions of Dr. Michel Fernex's vital information and advice, wishes to make it accessible to everyone.



Sources:
http://peacephilosophy.blogspot.com/2012/01/edr-michel-fernex-warns-health.html

and Véronique R.
(headings are from the Japanese version)

 

 

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Response of Dr. Fernex

F-68480 BIEDERTHAL, Wednesday, November 30, 2011

 


When reading the article of the Mainichi Daily News, dealing with health problems after the nuclear accident of Fukushima, one may ask the question: which institution could advice the authorities for ta-king the best decisions to protect the population and reduce the suffering of the victims? 

The responsibility of the direction of the factory starts with the errors in the planning and building of the power plant, the absence of information about the real damage which started with the earthquake, more than one hour before the rest of the wave of the tsunami making thousands of victims 100km from there. * The later errors lead to the delay to reduce and stop the contamination of the air, of the soils and water.

- WHO subordinated to IAEA -


According to its constitution (1946) the World Health Organization (WHO) has to provide an adequate technical assistance in the field of medicine. Intervention in case of urgency, if required by governments, or just after acceptation of such interventions should furnish the best information, give pieces of advice and assistance concerning health. It has to form a well documented public opinion regarding health. None of these obligations were respected.

For historical reasons this did not happen. The WHO signed in 1959 with the newly created (1957) International Agency for Atomic Energy (IAEA) an Agreement (WHA 12.40) which ended the independence of the WHO to act in the field of nuclear industry. * More recent decisions confirm the take away of the activities of the WHO in the field of ionizing radiation. * It explains why the IAEA could intervene in Chernobyl and Fukushima, not the WHO.

The population ignore the statutes of the IAEA, which gives directives or contributes to make decisions after an atomic catastrophe such as Fukushima or Chernobyl. The IAEA before all, has to owe the wording of its statutes. The following lines of this IAEA document, is quoted in IAEA publications, for instance in the Proceedings of the International Conference on Chernobyl in Vienna, 8-12 April 1996. It says that the Agency has as principal objective "to accelerate and enlarge the contribution of atomic industry to peace, health and prosperity throughout the world".

In other words, this U.N. agency has before all to promote nuclear industries, and support such commercial projects. The IAEA has the highest position compared with other agencies in the hierarchy of the United Nations (UN), including the WHO, FAO, UNICEF and others being controlled by ECOSOP. Furthermore, the WHO from a legal point of view, is not independent or even absent in the field of health and ionizing radiations. The IAEA having to impose its goal, will not admit that severe diseases are due to radiation; this would slow down the spreading and the growth of the nuclear facilities in the world. The guidelines from this agency represent the defense of these commercial structures, but not a protection the population nor a help for victims. 

For the national health authorities, the IAEA will be the wrong councilor in case of a nuclear catastrophe. Priority will be given to economical considerations, therefor the attempt to minimize or refute pathologies associated or provoked by artificial radiations will be denied. Wrong estimations may delay the evacuation of heavily irradiated communities. 

   

 

- Radiation effects by gender -

 

Shocking and even less understandable in Fukushima, has been the absence of distribution of stable iodine to the whole population, and before all to children, who are more at risk. This prophylactic intervention is not expensive. It would have been efficient and, as shown in Poland by Keath Baverstock, such a campaign is very well tolerated, even if millions of children, who have the greatest need for such a protection, are included. One tablets has to be swallowed, if possible before the wind transporting radioactive iodine, mainly I-131, crosses over the region.

The Journal does not indicate that the first victims of the accident of Fukushima are and will be the children. This starts when the rapidly dividing cells of the embryo makes this stage of development 1000 times more susceptible than adults. Embryos may die, this would correspond to an early subclinical abortion. At birth, up to 5% of the girl babies have been missing the years after the explosion of Chernobyl, compared with the statistics of the years prior to 1986. The highest sex odds, with more than 5% of the female children missing were registered in Belarus and Russia, the countries with the highest radioactive fall-out. Missing girls at birth were also noticed in eastern Europe and Balkans after Chernobyl. Even in Germany there was still a significant deficit in girls at birth. However in France and Spain, with very little or localized radioactive fall-out, no changes of the historical sex odds were found. It shows that the deterioration of the sex odds is proportional to ionizing radiation. 

The normal sex ratio, which is a sex odd, corresponds to about 1045 new-born males for 1000 newborn females. This ratio is more or less constant all over the world. There are other examples where the aggravation of the sex odds are increased, connected with increased radioactivity. For instance in the valley of Kerala with a back-ground radioactivity due to monazite, a thorium rich sand, with a six-time increased background activity, leads to a significant increase of congenital new dominant mutations, and Down's syndrome, as well as an aggravation of the sex odds, compared with the neiboring valley with a normal background radiation. (Padmanabham). 

In Chernobyl still-birth and perinatal mortality, as well as congenital defects were noticed. Cardiac defects are often detected much later. Irradiation of fetuses in utero may lead to a significant increase of leukaemia and cancers (brain tumors) as shown in the 50th by Alice Stewart. 

 

- Radiation and immune dysfunction -


In Chernobyl, the incidence of type 1 diabetes mellitus increased in children and especially in small children and infants, where the disease becomes evident due to the coma at entry. This is caused by defects of the immune system or a new mutation. *Usually, hereditary factors may be found in such cases; parents or grand-parents suffered from similar diseases. * In Chernobyl, type 1 diabetes mellitus is missing in the family. The Chernobyl diabetes mellitus of infants or small children appears to be a new disease. 

In Belarus, it has been shown that the immune system was heavily affected after the accident. Therefore, both the white blood cells and the gamma globulins must be studied with a prolonged follow-up in the population of Fukushima (See papers of Pr. Titov). The results should be compared with those of similar research performed in children populations far away from the radioactive fall-out. E.g.: a comparable region around Kobe or Kyoto). 

When studying the immune system of irradiated children, attention should be payed to auto-antibodies, agains beta cells of Langerhans islets in the pancreas, and against thyroid cells. Hashimoto's thyroiditis has the same etiology as type 1 diabetes mellitus. *Other endocrine glands, such as sex hormones producing cells, may be responsible for functional problems especially during puberty: delayed menstruations or even epidemics of male sterility as described in Ukraine. Allergic diseases may also increase in frequency among irradiated children populations. *Again, comparison with communities free of radioactive fall-out will be necessary.

The hypersensitivity of cells (lymphocyte cultures) of irradiated children, after a short X-ray irradiation of the cell culture, should also be studied in Fukushima, as it was done in Chernobyl children by Pr. Pelevina. The alteration of the immune system surely contributes to the increase of infectious diseases in infants and children of Chernobyl, even after years, if children still receive radio-contaminated food. The infections will have a more severe course, with complications and a tendency to become chronic, when compared with children of not radio-contaminated regions.

Ionizing radiation induces a genome instability, which is directly transmissible from generation to generation. This has to be studied and followed-up for generations, starting with the grand-parents now. 

 

- Radiation and cancer -


The incidence of thyroid cancer extremely rare in small children, may increase even before the fifth year of age; an age where normally only one case in one million small children suffers from this malignant disease. If irradiated in utero or soon after birth, the latency period for this cancer may be very short, and a rapidly invasive papillary cancer of the thyroid can develop in very young children. Chernobyl provoked several other thyroid diseases, such as goiter, thyroiditis and functional disorders. The other cancers have a longer latency period, up to 35 years. Cronberg in Sweden and Okeanov in Belarus found a clear trend for the increase of different cancers 10 years after Chernobyl, and a statistically highly significant increases of all common cancers after 20 years.

Irradiation of young adults leads to premature aging; the early occurrence of cancers being part of this phenomenon. *The increase of cancer was much more pronounced in younger, than in older liquidators of Chernobyl, with the same exposition to radiation. Okeanov showed further more that among liquidators, the duration of the exposition to radiation was a more important risk factor than the dose. (See Proceeding of an intentional conference, IAEA, Vienna, p. 279, 8-12 April 1996.). When studying problems of cancers, never chose the mortality as parameter, the mortality is declining year after year, but the incidence is growing, especially among irradiated subjects, and the mean age of occurrence may start 20 years too early. There, statistically significant differences may be found in ten to twenty years. 

Blindness is also more frequent among young than among older liquidators. It is a degenerative disease of the retina, with microcirculatory disturbance, reaching after a few years the macula. 

In Chernobyl the first cause of death due to radiation is not cancer, but cardiovascular diseases, hypertension, with cerebral and cardiac complications. Physicians may protect patients from these complications. 

Years after Chernobyl, children with a high burden of Cs-137 in the organism are ill in 80% of the cases, and have often cardiac problems. Prior to Chernobyl and in regions of Belarus with minimal radioactive fallout, only 20% of the children can be considered as non healthy, as it was the case in Belarus before the catastrophe.

Hashimoto's thyroiditis, and type 1 diabetes mellitus occur in infants at always younger ages. Other endocrine diseases, such as conditions due to anomalies of sex hormones may be responsible for functional problems especially in females during puberty, with delayed menstruations and sterility in male subject.

It is important that similar studies are undertaken in Fukushima, with always a possibly to compare the findings, with a group for comparison, in a similar environment, but no radioactive fall-out. The age, the sex distribution, the professions and standard of living and the density of population should be the same. Radiologically clean regions for comparison, could be selected around Kyoto or Kobe.

   

- Avoid internal exposure -

 

Measures to be taken to protect children are before all to prevent the uptake of radionuclides with drinks and food. Clean food and drinks must be given to all children, at home and in school canteens. Holidays in radiologically clean areas are also helpful.

Pectin reduces the uptake of radionuclides, Sr-90. Cs-137 and uranium derivatives. It also accelerates the elimination of radionuclides both with feces and urine. This food additive is considered by the experts of the Research Laboratory of the European Commission in Ispra, Italy, as safe and efficient for this indication (Nesterenko V.I. & al. SMV 134: 24-27. 2004).

Contaminated children can also be protected with vitamin E and A, as well as carotenes, which act as antioxidants. Mothers should provide carrots, beet ruts and red fruits, containing such antioxidants to their children.

The external radiation dose is much less source of pathologies than internal dose due to incorporated radionuclides, which are chronically accumulated in given organs, Thymus, endocrine glands, spleen, surface of bones and heart. Bandazhevsky demonstrated after Chernobyl (SMW 2003; 133:p488-490) that nearly a two times higher concentrations of Cs-137 is measured at autopsy in organs from children, when compared with the concentration in the organs of adults from the same region. The highest concentrations were measured in the pancreas and the thymus of new-born babies and infants. 

Dosimeters distributed to children should be replaced by whole body spectrometers periodically transported in schools for controls. This gives a measure of the Cs-137 load. If the values are above 20 Bq/kg bodyweight, pectin courses may be necessary, and the contaminated food must be replaced by absolutely clean food and clean drinks.

These reflections follow the article of the Mainich Daily News. It confirms that among adults no death related radiation occurred so far. The epidemiological and medical problems are to be studied and treated from birth to puberty by pediatricians, geneticists and immunologists, in irradiated communities. They will compare the present situation in Fukushima with that observed in not radio-contaminated comparable regions. *The cancers epidemic in adults has to be studied in 5 to 25 years from now.

 

 

 

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Japanese version

 

人々が被曝から身を守るために
-福島の即時の影響と後発性の影響を予測すること-
ミッシェル・フェルネックス
  
2011年11月30日 

フランス、オー=ラン県 ビーダータル

AP
通信社は11月21日、「福島第一原発の事故による健康被害の実態は、明らかにならない可能性がある」という記事を配信した。これを読むと、次のような疑問が浮かぶ。「人々をできるだけ被ばくから守り、犠牲を最低限に食い止めるための最適な方策を、いったいどの機関が日本政府に進言できるだろうか」。 福島原発の管理者は、原発の計画をたて、建設を実行した最初の誤ちから、津波到来の1時間も前、すでに地震によって原発が壊れていたことを隠蔽した過ちまで、一貫して責任を負っている。これは明らかな人災で、結果として、環境中への放射能漏れの対応に遅れが生じた。

●● IAEA
に従属するWHO

 1946年の世界保険機構( WHO)憲章で、WHOは、医療部門において適正な技術を提供する義務がある、と定められている。緊急時には、政府が要請するか、あるいはWHOの介入に合意が得られたあとで、その役割を実行することになっている。WHOは健康に関する全ての情報、アドバイスおよび援助を与え、健康に関する世論をしっかり記録に残す義務がある。ところが、これらの義務はまったく遂行されていない。
 
 WHOはもともとこうだったわけではない。1957年に設立された国際原子力機関(IAEA)との間で交わされた合意(1959年、 WHA12.40)によって、原子力分野での独立性を失ったのである。より最近では、放射線関連分野におけるWHOの活動は縮小しており、福島に介入したのもIAEAであった。あまり問題とされてはいないが、IAEAは、福島やチェルノブイリのような原発大惨事が起こるたびに、大きな決定権を発揮できる、という国際原子力機関憲章をもつ。IAEAは自らの憲章に忠実で、1996年4月8日~12日にウィーンで開催されたチェルノブイリに関する国際会議会報のように、IAEA出版物には度々、憲章の第二条が引用されている。IAEAの主要目的は「全世界の平和、健康、繁栄に対して原子力産業が果たす役割を推進し拡大すること」なのである。

 言い換えれば、国連組織であるIAEAは、原子力産業を推進し、その商業プロジェクトを支援するための機関である。WHO、FAO(国連食糧機構)、ユニセフなどの国連諸機関のなかで、IAEAはその最上部に位置している。さらに、法的に見ると、WHOは、健康および放射線分野での独立性をもたない、あるいは存在すらしていない。原子力産業を代弁するIAEAは、深刻な病気の数々と放射能の関係を認めない。彼らの意図は原子力産業を保護することであり、放射能汚染から人々を保護したり被災者を支援することではない、とIAEAの指針にはっきり示されている。
 従って、国の保健当局は、原発事故の際にIAEAに忠告を求めてはならない。IAEAは経済的配慮を優先するため、被ばくによると思われる健康被害を過小評価したり否定したりする。その結果、強度の汚染地域からの住民の避難が遅れる可能性もある。

●●
まず性差に表れる放射線の影響

 行政が福島の住民、特に放射能の影響を受けやすい子供たちにヨード剤を配布しなかったのは理解に苦しむ。ヨード剤は高価なものではない。ポーランドの例を見るように、たとえ百万単位の子供たちに配布しなければならないとしても、効果があったことだろう。原発から放出されたヨウ素131が到来する前に一錠飲むだけで予防になった。
 AP通信社の記事は、原発事故の影響がまず子供たちに現れることを伝えていない。細胞分裂の早い成長期の子供は、成人に比べて千倍も放射能の影響を受けやすい。妊娠八週以内の胎芽が死亡するリスクもある。すなわち早期流産である。86年のチェルノブイリ事故前の統計と比較すると、事故後、女児新生児の5%が死亡している。最も汚染されたベラルーシとロシアでは、このために新生児の男女比が最大となっている。分娩時の女児死亡はチェルノブイリ後の東欧およびバルカン諸国でも見られ、ドイツでも同様に急増した。しかし汚染が局地的あるいはほとんどなかったフランスやスペインでは性差にあまり差異は見られなかった。このデータは性比が放射能汚染の度合いに比例して変化することを示している。
 通常の性比は男1045に対して女1000前後で、地域別に見ても大差はない。放射能の影響で性比が変化した例は他にもある。例えば高濃度のトリウムを含むモナザイト岩地域、インドのケララ谷は、自然放射線レベルが通常の6倍も高く、ここの住民にはダウン症などの先天性異常が多い。また、自然放射線レベルが通常の周辺地域には見られない性比が認められている。(Padmanabham)
 チェルノブイリでは死産、周産期死亡および先天性異常の増加が見られた。もっと後になってからだが、心臓の先天異常も見られた。5 0年代に行われたアリス・スチュワート医師の研究では、胎内で被ばくした胎児は後に白血病や癌(脳腫瘍)を発病するリスクが高いことが分かっている。


●●
放射線と免疫機能低下

 チェルノブイリでは子供たち、特に小さい子供や幼児の1型糖尿病が増加し、昏睡の症状が確認された。通常は、遺伝的要因からくる自己免疫異常や新たな突然変異によるものだが、チェルノブイリで1型糖尿病を発病した小さい子供や幼児たちは糖尿病家系ではないことが特徴的だった。
 事故後、被ばくが免疫機能に影響を与えることがベラルーシで明らかとなっている。そのため、福島周辺住民の白血球および抗体グロブリンの長期的調査が必要である(チトフ教授の研究を参考)。調査結果は、福島から離れた九州などの汚染されていない地域の対象群と比較しなければならない。
 汚染地域の子供たちの免疫調査では、膵臓ランゲルハンス島のベータ細胞および甲状腺細胞に対する自己抗体に注意を払う必要がある。橋本甲状腺炎の原因には1型糖尿病と同じように遺伝子が関連すると考えられている。ホルモンなどその他の内分泌腺は、特に思春期に機能不全を引き起こすリスクがある。たとえば、生理の遅れやウクライナで急増した男性不妊症だ。アレルギー性疾病も汚染地域の子供たちの間で増加すると思われるが、これらの調査はいずれも、非汚染地域の対象群と比較すべきである。チェルノブイリでペレヴィナ教授が子供にレントゲンを短時間照射し細胞の過敏性(リンパ球培養)を調査したが、同じ調査を福島でも行う必要がある。
 食品による内部被ばくにより免疫が低下したチェルノブイリの子供や幼児は、事故から何年も経ってからも頻繁に感染症にかかっている。汚染されていない地域に比べて合併症や慢性化によって悪化する率が高い。 被ばくによって引き起こされるゲノム不安定性は遺伝的に受け継がれる。調査は、子どもの祖父母から始まって、これから何世代にも渡って続ける必要がある。

●●
被ばくとガン

 甲状腺ガンは五歳児では百万人に一人という、子どもには稀な病気だが、今後は五歳未満の子供たちの間でも増大するだろう。被ばくした胎児・新生児の場合、甲状腺ガンの潜伏期間は非常に短く、浸潤性の甲状腺乳頭ガンが極めて速く進行する可能性がある。チェルノブイリ後、甲状腺腫、甲状腺炎および甲状腺機能不全などの甲状腺の病気が増加した。その他のガンは潜伏期間が長く、最大で35年である。スウェーデンのクロンベルクとベラルーシのオケアノフは、チェルノブイリ事故から十年後に様々なガンが増加する、という明白な傾向をつかみ、二十年後には一般的なガンの発生率が統計的に顕著に上昇することを確認した。
 放射線を受けた若い人々は、若くしてガンを発病するなど、若年性老化のリスクがある。被ばく量の等しい〈リクビダートル〉(原発事故処理作業員)たちと比較すると、若い〈リクビダートル〉の発ガン率は年配の〈リクビダートル〉より著しく高かった。オケアノフはまた、被ばく総量より被ばくした時間の長さがよりリスクを高める要因であることを示した(1996年4月8日~12日のウィーン国際会議のIAEA会報279ページ参照)。ガンの調査においては、年々減少するであろう死亡率を要因にするのではなく、特に被ばくした人々の発ガン率、また従来より20年早まるであろう発ガン年齢に注目する必要がある。発ガン率と発ガン年齢は10~20年後、統計的に顕著な変化が見られると思われる。若い〈リクビダートル〉の失明も、年配者より頻繁に発生した。これは微小循環障害を伴う網膜の変性疾患で、数年後に黄斑に現れる。
 チェルノブイリ事故後、最初の死因はガンではなく、脳と心臓の合併症を伴う心臓血管病と高血圧だった。医師にはこうした合併症の予防に力を尽くして欲しい。被ばくした幼児は、通常より若い年齢で橋本甲状腺炎および1型糖尿病を示す危険がある。性ホルモンの異常による症状などその他の内分泌腺の病気は性機能を不調にし、特に思春期の女性には生理の遅れ、男性には男性不妊症という症状が現れる。 

●● 内部被ばくを避けるには


 放射能から子供を守るために最も重要なのは、食べ物による内部被ばくを避けることだ。危険なのは外部被ばくよりもむしろ内部被ばくである。体内に取り込まれた放射性物質は、胸腺、内分泌腺、脾臓、骨の表面および心臓といった特定の内臓に蓄積する。チェルノブイリの事故後にバンダジェフスキーが行った研究によると、大人の内臓に蓄積された濃度の二倍近いセシウム137が同地域の子供の内臓から検出された。最も濃度の高かったのは、新生児、乳幼児の膵臓および胸腺だった。
 チェルノブイリ後にセシウム137が体内に蓄積された子供たちの八割は病気で、心臓疾患も多い。事故前のベラルーシでは健康に問題のある子供は2割程度で、ベラルーシの汚染されていない地域では事故後でも変化が見られなかった。
 子供たちは放射線測量計を身につけるより、ホールボディカウンターを定期的に学校に搬送し、子供たちのセシウム137体内蓄積量を調査する必要がある。体重1キロ当たり20ベクレルの値を超えている場合にはペクチンを与え、汚染された食品の摂取を避ける必要がある。また子供を汚染地域外でしばしば保養させるのも効果的だ。 
 ペクチンはストロンチウム90、セシウム137、ウラン誘導体の体内摂取を減らすとともに、体外への排出を促進する。イタリア、イスプラの欧州委員会研究所の専門家たちは、ペクチンが安全で放射能の排出に効果的なサプリメントであるとみなしている。
 
(Nesterenko V.I.他「アップルペクチンによるチェルノブイリの子どもの体内のセシウム137の除去効果」
SMW 134: 24-27. 2004)
 汚染された子供たちには、抗酸化物質として作用するビタミンE、ビタミンA、カロチンも有効であり、ニンジン、赤かぶ、赤い果物などを与えるのが効果的だ。

 以上はAP配信記事に対する意見である。記事によると、放射能事故を原因とする成人の死亡例はまだ出ていないようだ。汚染地域で小児科医、遺伝学者、免疫学者たちによる出生時から思春期までの継続した疫学調査・医学調査を行うことを強く要請したい。この調査には、汚染されていない地域で、年齢・性別の分布、職業、生活水準、居住地域の人口密度など環境的に類似した対象群を選ぶことが重要である。
(翻訳:小川万里子  編集:藤原かすみ)

ミッシェル・フェルネックス Michel Fernex 略歴 
1929年ジュネーヴ生まれのスイス人。医学博士。ジュネーヴ、パリ、ダカール、バーゼルで医学を学ぶ。後、セネガル、マリ、ザイール、タンザニアなどアフリカ諸国に勤務、またフランス、スエーデンでも勤務し、寄生体学、マラリア、フィラリア症の問題で、世界保健機関と15年間,共同作業を行う。スイス・バーゼル大学医学部教授に任命。臨床医学,及び熱帯医学専門医。66歳で退職。以後、IPPNWの会員、またNPO「チェルノブイリ/ベラルーシーのこどもたち」(ETB)を仏緑の党創立メンバーで反核の闘士であった夫人のソランジュ・フェルネックスと2001年に創設。また2007年から、ETB、IPPNW、 CRIIRAD、仏脱原発ネットワークなどとWHO独立のためのキャンペーン(Inde-pendent WHO)

を組織。キャンペーン会員はジュネーヴのWHO本部前で毎日8時から18時までピケを張っている。(過去に、ジャン・ジーグレール、ダニエル・ミッテラン、クリス・バスビー、チェルトコフ、ヴァシーリ・ネステレンコがヴィジーに参加)


 

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French version

     

 

 

Réponse de Michel Fernex

 

A Biederthal, le mercredi 30 novembre 2011

 

En lisant l'article du Mainichi Daily News, à propos des problèmes de santé après l'accident nucléaire de Fukushima, on peut se poser une question : quelle institution pourrait conseiller les autorités sur les meilleures dispositions à prendre pour protéger la population et diminuer les souffrances des victimes ?

 

La responsabilité de la direction de l'usine commence avec les erreurs dans la conception et la construction de la centrale, l'absence d'information sur les dommages réels dus au tremblement de terre, plus d'une heure avant que le reste de la vague du tsunami ne fasse des milliers de victimes 100 km plus loin. Ces erreurs ont été la cause du retard apporté à la réduction et à l'arrêt de la contamination de l'air, des sols et de l'eau.

 

- L’OMS subordonné à l’AIEA -

 

Conformément à sa constitution (1946), l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) se doit de fournir une assistance technique dans le domaine de la médecine, en cas d'urgence, si cela est demandé par les gouvernements, ou simplement après l'acceptation de telles interventions. L'OMS doit fournir toutes les informations, donner des conseils et offrir une assistance concernant la santé. Elle doit former une opinion publique bien documentée sur la santé. Aucune de ces obligations n'a été respectée.

 

Ceci ne s'est pas produit pour des raisons historiques. L'OMS a signé en 1959 avec la toute nouvelle Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) un accord voté par l'assemblée Générale (WHA 12.40) qui a mis fin à l'indépendance de l'OMS dans le domaine de l'industrie nucléaire. De plus récentes décisions confirment le retrait des activités de l'OMS dans le domaine des radiations ionisantes. Cela explique que l'AIEA soit intervenue à Tchernobyl et Fukushima, et pas l'OMS.

 

La population ignore les statuts de l'AIEA, qui donne des directives ou contribue à prendre des décisions après une catastrophe atomique comme celles de Fukushima ou Tchernobyl. L'AIEA, avant tout, se doit de respecter les termes de ses statuts. Les lignes ci-après, tirées d'un document de l'AIEA, cité dans les publications de l'AIEA, par exemple dans les "Proceedings of the International Conference on Chernobyl", à Vienne, du 8 au 12 avril 1996. Il y est stipulé que l'Agence a pour principal objectif "d'accélérer et d'étendre la contribution de l'industrie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde".

 

En d'autres termes, cette agence des Nations Unies doit avant tout promouvoir les industries nucléaires, et soutenir ce genre de projets commerciaux. L'AIEA occupe la plus haute position dans la hiérarchie des agences de Nations Unies, y compris l'OMS, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'UNICEF et d'autres contrôlées par ECOSOP. En outre, l'OMS, d'un point de vue légal, n'est pas indépendante, ou pire est absente dans le domaine des radiations ionisantes. L'AIEA, dans la nécessité d'imposer ses buts, n'admettra pas que ces sévères maladies soient dues aux radiations. Cela risquerait de ralentir le développement et la croissance des installations nucléaires dans le monde. Les directives de cette agence représentent la défense de ces structures commerciales, bien plus que la protection des populations ou l'aide aux victimes.

 

Pour les autorités sanitaires nationales, l'AIEA sera donc le mauvais conseiller en cas de catastrophe nucléaire. La priorité sera donnée aux considérations économiques, et donc toute tentative d'attribuer ou d'associer des pathologies aux radiations sera réfutée. De fausses estimations peuvent retarder l'évacuation de communautés fortement irradiées.

 

- Les effets du rayonnement selon le sexe -

 

Choquant et encore plus incompréhensible à Fukushima a été l'absence de distribution d'iode stable à toute la population, et avant tout aux enfants, qui sont les plus menacés. Cette intervention prophylactique est peu coûteuse. Elle aurait été efficace, comme démontré en Pologne par Keath Baverstock, une campagne de ce genre est très bien tolérée, même si cela inclut des millions d'enfants, qui ont le plus besoin d'une telle protection. Un comprimé à avaler, si possible avant que le vent qui transporte l'iode radioactive, essentiellement I-131, ne traverse la région.

 

Le journal n'indique pas que les premières victimes de l'accident de Fukushima sont et seront les enfants. Cela commence quand la rapidité de la division cellulaire de l'embryon rend ce stade de développement 1000 fois plus vulnérable que l'adulte. Les embryons peuvent mourir, ce qui correspondrait à des avortements précoces. A la naissance, 5% des bébés filles ont manqué dans les années qui ont suivi l'explosion de Tchernobyl, en comparaison avec les statistiques d'avant 1986. Les plus importantes différences dans l'équilibre des sexes, avec plus de 5% d'enfants femelles manquant, ont été enregistrées au Bélarus et en Russie, les pays qui ont subi le plus de retombées radioactives. Une diminution des filles à la naissance a été également enregistrée en Europe de l'Est et dans les Balkans après Tchernobyl. Même en Allemagne, on a enregistré un déficit notable de filles à la naissance. Toutefois, en France et en Espagne, où les retombées ont été faibles ou localisées, aucun changement dans l'équilibre des sexes à la naissance n'a été enregistré. Cela montre que ce décalage est proportionnel à l'intensité des radiations ionisantes.

 

Le rapport normal entre les sexes, inégal, correspond à environ 1045 nouveaux-nés mâles pour 1000 nouveaux-nés femelles. Ce pourcentage est plus ou moins constant à travers le monde. Il y a d'autres exemples où le décalage entre sexes est plus important, en liaison avec une radioactivité accrue. Par exemple, dans la vallée de Kerala, présentant une radioactivité ambiante due au monazite, un sable riche en thorium, avec une activité six fois supérieure à la normale, provoque un accroissement significatif de mutations dominantes, ainsi que de la trisomie 21, de même qu'une augmentation de la disparité entre les sexes, par comparaison avec la vallée voisine qui présente une radiation normale (Padmanabham).

 

A Tchernobyl, on a constaté une mortinatalité, une mortalité périnatale ainsi que des malformations congénitales. Les déficiences cardiaques sont constatées beaucoup plus tard. L'irradiation des fœtus in utero peut conduire à un accroissement des leucémies et cancers (tumeurs du cerveau), comme démontré dans les années 50 par Alice Stewart.

 

- Rayonnement et dysfonctionnement immunitaire -

 

A Tchernobyl, la fréquence de diabète sucré de type 1 a augmenté chez les enfants, et spécialement chez les jeunes enfants et les bébés, où la maladie provoque un coma puis un décès. Ceci est provoqué par des défauts dans le système immunitaire ou une mutation. Généralement, des facteurs héréditaires peuvent être trouvés dans ces cas-là ; les parents ou grands-parents souffrent de problèmes similaires. A Tchernobyl, le diabète sucré de type 1 n'existe pas dans la famille. Le diabète sucré de Tchernobyl semble être une nouvelle maladie.

 

Il est prouvé qu'au Bélarus, le système immunitaire a été gravement affecté après l'accident. Donc, à la fois les globules blancs et les gamma globulines doivent être étudiées avec un suivi prolongé sur la population de Fukushima (voir les publications du Pr. Titov). Les résultats devraient être comparés avec ceux d'études similaires effectuées sur des populations d'enfants éloignées des retombées radioactives, par exemple une région comparable près de Kobe ou Kyoto.

 

Lorsque l'on étudie le système immunitaire d'enfants irradiés, il faudrait prêter attention aux auto-anticorps par rapport aux cellules beta des îlots de Langerhans dans le pancréas, et par rapport aux cellules de la thyroïde. La thyroïdite de Hashimoto a la même étiologie que le diabète sucré de type 1. D'autres glandes endocrines, comme celle produisant des hormones sexuelles, peuvent être responsables de problèmes fonctionnels, spécialement pendant la puberté : retards menstruels ou même épidémie de stérilité masculine, comme décrit en Ukraine. La fréquence des maladies allergiques peut également s'accroître dans les populations d'enfants irradiés. Là encore, une comparaison avec des communautés à l'abri des retombées radioactives sera nécessaire.

 

L'hyper-sensibilité de cellules (culture de lymphocytes) d'enfants irradiés, après une brève exposition aux rayons-X de la culture cellulaire, devrait être étudiée à Fukushima, comme cela a été fait à Tchernobyl par le Pr. Pelevina. L'altération du système immunitaire contribue à n'en pas douter à l'accroissement des maladies infectieuses chez les bébés et les enfants de Tchernobyl, même après des années, si les enfants continuent à absorber de la nourriture radio-contaminée. Les infections on des conséquences plus graves, avec des complications et une tendance à devenir chroniques, par comparaison avec des enfants de régions non contaminées.

 

Les radiations ionisantes induisent une instabilité du génome, directement transmissible de génération en génération. Ceci doit être étudié et suivi pendant des générations, en commençant par les grands-parents dès maintenant.

 

- Irradiation et cancer -

 

Le taux de cancer de la thyroïde, extrêmement rare chez de jeunes enfants, peut augmenter même avant l'âge de 5 ans, un âge auquel on s'attend normalement à un cas sur un million de cette maladie maligne. Si l'irradiation se produit in utero, ou tôt après la naissance, le temps de latence peut être très court, et un cancer papillaire de la thyroïde, rapidement envahissant, peut se développer chez de très jeunes enfants. Tchernobyl a provoqué plusieurs autres maladies de la thyroïde, comme des goitres, des thyroïdites, et désordres fonctionnels. Les autres cancers ont des temps de latence plus longs, jusqu'à 35 ans. Cronberg en Suède et Okeanov, au Bélarus, ont trouvé une nette tendance à l'accroissement de différents cancers 10 ans après Tchernobyl, et une augmentation significative de tous les cancers communs après 20 ans.

 

L'irradiation de jeunes adultes entraîne un vieillissement prématuré ; l'apparition prématurée de cancers participe de ce phénomène. L'accroissement des cancers était plus prononcé chez les plus jeunes des liquidateurs de Tchernobyl que chez les plus âgés, pour la même exposition aux radiations. Okeanov a en outre montré que parmi les liquidateurs, la durée de l'exposition aux radiations était un facteur de risque plus important que la dose. (Cf. Proceeding of an intentional conference, AIEA, Vienne, p. 279, 8-12 April 1996). Lors de l'étude des problèmes des cancers, il ne faut pas choisir la mortalité comme paramètre, la mortalité décroît année après année, mais le taux va croissant, spécialement parmi les sujets irradiés, et il est 20 ans trop tôt pour déterminer la moyenne d'âge d'apparition. Pour ça, des différences statistiques pourront être trouvées dans dix ou vingt ans.

 

La cécité est également plus fréquente parmi les liquidateurs les plus jeunes. C'est une maladie dégénérative de la rétine, avec une perturbation de la microcirculation qui atteint la macula après quelques années.

 

A Tchernobyl, la première cause de décès dus aux radiations n'est pas le cancer, mais les maladies cardio-vasculaires, l'hypertension, avec complications cérébrales et cardiaques. Les médecins peuvent protéger les patients de ces complications.

 

Des années après Tchernobyl, les enfants avec une grande concentration de Cs-137 dans l'organisme sont malades dans 80% des cas, et ont souvent des problèmes cardiaques. Avant Tchernobyl, et dans les régions du Bélarus où les retombées radioactives sont minimales, seulement 20% des enfants peuvent être considérés en mauvaise santé, comme c'était le cas au Bélarus avant la catastrophe.

 

La thyroïdite de Hashimoto et le diabète sucré de type 1 touche toujours de jeunes bébés. D'autres maladies endocrines, comme celles provoquées par des anomalies des hormones sexuelles peuvent être responsables de dysfonctionnements, en particulier chez les filles pendant la puberté, avec des retards de menstruation, et chez les garçons, avec une stérilité.

 

Il est important que des études similaires soient entreprises à Fukushima, avec toujours la possibilité de comparer les résultats, avec un groupe de référence, dans un environnement similaire, mais sans retombée radioactive. L'âge, la répartition des sexes, les professions, les modes de vie de la population devraient être les mêmes. Les régions radiologiquement propres pour la comparaison devraient êtres choisies autour de Kyoto et de Kobe.

 

- Eviter l’exposition interne -

 

Les mesures à prendre pour protéger les enfants consistent avant tout à éviter l'absorption de radionucléides avec les boissons et les aliments. Il faut fournir des aliments et des boissons propres à tous les enfants, à la maison et dans les réfectoires à l'école. Des vacances dans des régions non contaminées sont également bénéfiques.

 

La pectine réduit l'absorption de radionucléides, Sr-90, Cs-137 et dérivés de l'uranium. Elle accélère également l'élimination des radionucléides à la fois dans les selles et l'urine. Cet additif alimentaire est considéré par les experts du Laboratoire de la Commission Européenne à Ispra (Italie) comme sûr et efficace pour cette indication (Nesterenko V.I. & al. SMV 134: 24-27. 2004).

 

Les enfants contaminés peuvent aussi être protégés avec des vitamines E et A, ainsi qu'avec des carotènes, qui agissent en tant qu'antioxydants. Les mères devraient donner des carottes, des betteraves et des fruits rouges, qui contiennent de tels antioxydants, à leurs enfants.

 

La dose de radiation externe est une bien moindre source de pathologies que la dose interne dus à l'absorption de radionucléides, qui s'accumulent dans les organes tels que thymus, glandes endocrines, rate, surface des os et cœur. Bandazhevsky a démontré après Tchernobyl (SMW 2003;133:488-490) que l'on détecte à l'autopsie des concentrations de Cs137 deux fois supérieures dans les organes des enfants que dans ceux des adultes de la même région. Les plus fortes concentrations sont mesurées dans le pancréas et le thymus des nouveaux-nés et des bébés.

 

Les dosimètres donnés aux enfants devraient être remplacés par des spectromètres du corps entier transportés périodiquement dans les écoles pour contrôles. Ils donnent une mesure de la charge de Cs-137. Si la valeur mesurée dépasse 20 Bq/kg de poids du corps, des cures de pectine s'avèrent nécessaires, et la nourriture contaminée doit être remplacée par de la nourriture et des boissons saines.

 

Ces remarques font suite à l'article du Mainich Daily News. Il confirme que parmi les adultes, aucun décès n'a eu lieu pour l'instant. Les problèmes épidémiologiques et médicaux doivent être étudiés et traités de la naissance à la puberté par des pédiatres, des généticiens et des immunologiques, dans les communautés irradiées. Ils devront comparer la situation présente à Fukushima avec les observations faites dans des régions comparables, mais non contaminées.

 

Michel Fernex

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 19:52

vue-aerienne.jpgA la centrale de Fukushima Daiichi, l’attention a toujours été portée à juste titre sur les réacteurs et leurs piscines. Il faut évidemment les surveiller car la moitié d’entre eux comporte deux dangers : le cœur dont le combustible fondu, le corium, menace ou est en train de polluer le sol, et la piscine attenante de combustible usé qui doit impérativement être maintenue en eau pour éviter la fonte des barres d’uranium-plutonium et autres poisons.

 

Mais il existe un autre lieu à haut risque à Fukushima Daiichi : la piscine commune aux 6 réacteurs. Elle se situe à une cinquantaine de mètres à l’ouest de l’unité 4.

 

plan centrale fukushima daiichi

Plan de situation des différentes piscines de la centrale de Fukushima Daiichi

 

situation piscine commune

Situation de la piscine commune : vue d'ensemble

 

piscine commune

Vue intérieure de la piscine commune de Fukushima Daiichi

 

 

La piscine commune et son bâtiment

 

Comme pour les installations du centre de stockage de la Hague en France, la piscine commune de Fukushima Daiichi ne possède pas d’enceinte de confinement. Elle est protégée par un simple bâtiment qui ne supporterait pas le crash d’un avion. Rectangulaire, elle a une longueur de 29 m, une largeur de 12 m et une profondeur de 11 m. Son volume est de 3828 m3.

 

vuerapprochée vue nord ouest

Vue extérieure du bâtiment (angle nord-ouest)

 

Suite au tremblement de terre du 11 mars 2011, le bâtiment ne semble pas avoir subi de dégât vu de l’extérieur. Mais il est tout de même probable que des dégâts aient eu lieu, d’après ce que montre une vidéo tournée le 27 mai 2011 lors de la visite des experts de l’AIEA. Dans un cliché tiré de cette vidéo, on distingue très nettement que la bordure ouest de la piscine est dégradée. Il n’est pas possible que ces froissements de tôles aient été causés par le tsunami car le niveau technique de la piscine se situe à un étage supérieur, à une dizaine de mètres au dessus du sol, et la vague à cet endroit avait une hauteur de 4 mètres maximum.

 

common spent fuel fuku

Cliché extrait de la vidéo du 27 mai 2011

 

 

Pourquoi une piscine supplémentaire ?

 

Pour comprendre pourquoi le site avait besoin d’une septième piscine, il faut revenir sur le fonctionnement d’une centrale nucléaire. Le principe est de produire de la chaleur dont on se sert pour produire de l’électricité, mais ce processus produit en parallèle des déchets, constitués des assemblages de combustibles utilisés dans les cœurs des réacteurs. Ces assemblages resteront hautement radioactifs durant de longues années, et de ce fait nécessitent un refroidissement permanent. Mais ces assemblages ne sont pas directement transférables.

 

Pour ne pas perdre de puissance, chaque cœur a besoin d’être réalimenté avec du combustible neuf. Un assemblage étant prévu pour être utilisé en moyenne 3 ans, on réalise en gros une rotation par tiers chaque année.

 

Une fois les couvercles de l’enceinte de confinement et de la cuve du réacteur enlevés, on inonde la cavité et on ouvre une double vanne la séparant de la piscine attenante. L’eau des deux structures se retrouve alors en communication par l’intermédiaire d’un petit canal les reliant. Le transfert des assemblages de combustible usé peut ainsi être effectué tout en conservant une hauteur d’eau suffisante au-dessus des barres, ce qui permet au personnel d’être préservé de la radioactivité.

 

Les assemblages devront rester dans cette piscine au moins 19 mois, jusqu’à ce qu’ils perdent suffisamment d’activité pour pouvoir être transférés ailleurs. Et cet ailleurs est, à Fukushima Daiichi, cette piscine commune, nommée également CFSP (Common Fuel Spent Pool). Car il faudra encore conserver ces barres dans l’eau durant une période variant de 10 à 20 ans, afin qu’elles perdent leur puissance résiduelle.

 

picine commune dessin

Ecorché de la piscine commune de Fukushima Daiichi

 

C’est ce qui explique l’encombrement actuel des piscines d’entreposage. Avant la catastrophe de Fukushima, le Japon envisageait la construction d’un nouveau centre de stockage, les piscines de nombreux sites nucléaires approchant le maximum de leurs capacités de stockage. Même si le programme nucléaire nippon va être amoindri, voire abandonné, il n’est pas certain que ce projet ne voie pas le jour. En effet, sortir du nucléaire ne signifie pas abandonner toutes les installations. La production d’électricité nucléaire des 40 dernières années va devoir être assumée par les générations futures durant des milliers d’années.

 

 

Un site sous surveillance

 

Tepco reste très discret sur cette piscine, voire ne communique pas. Pourtant c’est bien le lieu le plus dangereux du site nucléaire car la somme des déchets rassemblés en ce seul endroit est énorme : plus de 1000 tonnes de combustible usé y sont actuellement entreposées, autrement dit 6375 assemblages rassemblant plus de 400 000 barres. Le site est étroitement surveillé : lors des études géologiques, c’est toujours cet endroit précis que l’on a choisi pour faire se croiser les coupes de terrain. La construction antisismique a donc dû être très soignée, car d’une part les barres ne doivent pas s’entrechoquer, et d’autre part l’étanchéité de la piscine doit demeurer parfaite.

 

plan de situation des coupes géol

Les tracés des coupes géologiques se croisent exactement à l’emplacement de la piscine commune

 

Il est absolument nécessaire de refroidir en continu ces déchets. Sinon, en cas de dénoyage dû à l’évaporation de l’eau, les barres s’échaufferaient, se déformeraient, et finalement perdraient leur étanchéité, provoquant une pollution radioactive atmosphérique considérable. Le refroidissement de ces piscines est donc un impératif, une priorité incontournable pour la sécurité du Japon, voire du monde entier vu le nombre incroyable de tonnes de combustible entreposées en ce lieu à hauts risques (séisme possible, tsunami possible, ex-réacteurs, autres piscines en difficulté, présence d'hydrogène explosif).

 

 

 

Autres documents sur la piscine commune

 

piscine commune dessin

Dessin de la piscine commune et d’un caisson de 90 assemblages

 

consctruction piscine commune

Photo du site nucléaire de Fukushima Daiichi au moment de la construction de la piscine commune

 

 

piscine commune vue aérienne mars11 - Copie

Photo satellite du 14 mars 2011 : le bâtiment réacteur 4 est encore intact, et le bâtiment de la piscine commune ne semble pas avoir été affecté par les explosions des bâtiments réacteurs 1 et 3.

 

piscine commune et reacteur 4

Photo aérienne postérieure au 15 mars 2011 (cliché d’après vidéo) : l’explosion du bâtiment réacteur 4 ne semble pas avoir affecté la piscine commune.

 

façade ouest piscine commune

Façade ouest du bâtiment de la piscine commune

 

videocsfpaiea.jpg

Vue de la piscine commune (extrait vidéo du 27 mai 2011)

 

PISCINECOMMUNECRYPTOME

Vue de la piscine commune depuis le sud-ouest

 

picine commune

Vue de la piscine commune depuis le sud-ouest

 

piscine-commune.jpg

Vue au sol depuis l'est. Image tirée d'un film de Tepco (visite de la centrale)

 

piscine-commune2.jpg

Vue intérieure de la piscine avant l'accident (film de Tepco : visite de la centrale).

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La piscine commune de combustible usé de Fukushima Daiichi

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 13:06

10La mobilisation internationale est exemplaire. Des dizaines de milliers de messages ont été envoyés au ministre de l’industrie Edano en une seule journée. En soutien aux militants antinucléaires et aux mères de Fukushima, des centaines de personnes se sont rendues devant le ministère (METI), là où est dressé le campement, à l’heure où celui-ci devait être évacué.
 
Et l’évacuation annoncée par le ministère n’a pas eu lieu.
 
Pour autant, l’ordre de d’évacuer le site n’est pas levé, et il est important de continuer à soutenir ces femmes et ces hommes engagés pour l’évacuation des zones contaminées dans la préfecture de Fukushima et l’arrêt définitif de l’utilisation de l’énergie nucléaire au Japon.
 
Merci de continuer à diffuser cette action. Ceux qui manifestent en ce moment ont besoin de votre soutien :
 
 
 
 
 

 

 

 

 

   
   
   
   
manifs-1374--2-.jpg
 
Vous aviez entendu parler de ça à la télé ?
 
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..
Devant le METI le 27 janvier 2012, sur la chaîne FukushimaVideoReport :
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En savoir plus :

 

avec Carlus-Beton

 
avec Uncas
 
 
 
 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 17:28
tentemeti.jpgAprès « l’arrêt à froid » des réacteurs de Fukushima décrété par le gouvernement en décembre ‒ fin officielle de la catastrophe  ‒, après la suppression des conférences de presse communes Tepco-gouvernement concernant la catastrophe atomique ‒ fin officielle de la communication  ‒, voici le temps de la répression contre le mouvement antinucléaire japonais ‒ fin de la contestation ? . Une fois que l’on ne parlera plus de Fukushima et que les antinucléaires seront neutralisés, il sera alors plus facile de rouvrir les centrales nucléaires du Japon. C’est pourquoi l’ordre d’évacuer la tente installée devant le ministère de l’économie vient d’être donné. Dernier délai : vendredi 27 janvier, 17 heures (JT).
 
Cette tente est insupportable aux yeux du gouvernement. Plantée devant le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) à Tokyo, elle est occupée jour et nuit par des militants antinucléaires et pacifistes depuis le mois de septembre 2011. Elle rappelle en permanence le danger continu de l’énergie nucléaire. Appelant les citoyens à manifester régulièrement pour l’évacuation des territoires contaminés, elle a accueilli le mouvement des 100 femmes de Fukushima. Cette tente est devenue au fil des mois un haut lieu de la lutte antinucléaire dans la capitale japonaise, rassemblant plusieurs groupes ayant des objectifs convergents, et organisant la lutte de terrain.
 
Suite à la manifestation de la semaine dernière où le ministre de l’industrie Edano s’est fait chahuter, il est maintenant exigé que les militants quittent les lieux au plus tard vendredi 27 janvier 2012 à 17h. Le motif invoqué est la sécurité, mais il est évident que le motif réel du gouvernement est de faire place nette, afin de supprimer le symbole de ce mouvement contestataire.
 
Vendredi, une conférence de presse des militants est prévue à 13h, puis une manifestation de soutien à 16h devant la tente, devant le ministère de l’industrie. Est-ce que ce sera suffisant pour éviter l’évacuation ?
 
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URGENT
 
Si vous n’êtes pas d’accord avec l’évacuation de la tente devant le METI, contactez directement le ministre de l’industrie au Japon en lui envoyant un mail à cette adresse : omiya@edano.gr.jp
 
Exemple de message à envoyer
 
« Je soutiens les actions d’information pacifistes organisées par les militants de la tente située en face de votre ministère. S’il vous plait, ne faites pas évacuer ces personnes, et écoutez ce qu’elles ont à vous dire. »
 
Mise à jour du 26 janvier :
Une pétition internationale a également été mise en ligne pour demander l'annulation de la décision du campement pacifique des femmes de Fukushima : 15 000 signatures en 12 heures seulement, bientôt 20 000 grâce à vous !
 
 
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En savoir plus sur l’occupation du METI :
 
Reportage en images de Shingetsu News Agency (15 décembre 2011)

 
 
Article de la journaliste Alissa Descotes-Toyosaki (24 janvier 2012)
 
Billet du blog Le Japon à l’envers (12 novembre 2011)
 
L’action des 100 femmes de Fukushima, et en particulier le message de Mme Sato aux Français (1er novembre 2011)
 
 
 
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Autre exemple de présence continue : les vigies d’Hippocrate
 
Depuis bientôt 5 ans, des citoyens se mobilisent et se relaient devant le siège de l’OMS à Genève pour dénoncer un accord honteux avec l’AIEA et pour rappeler à cette institution onusienne ses devoirs tels qu’ils sont inscrits dans sa constitution.
 
 
 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 03:04
Il n’y a pas de journée sans tremblement de terre au Japon. Celui du 23 janvier 2012 a été particulièrement ressenti, avec une magnitude de 5,1 / 5,3.
 
23 janvier 2011 carte tremblement de terre  23janvier2012tremblement
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il a eu lieu à 20h45. On peut le voir sur cette vidéo à la centrale de Fukushima Daiichi au repère 2:15

 
 
Quasi simultanément, à 40 km au nord-est de Tokyo, le KEK de Tsukuba a enregistré une montée rapide de la radioactivité mesurée dans l’air. D’habitude, le capteur mesure une radioactivité moyenne de 0,09 µSv/h. En moins de 3 heures, le taux a doublé puisqu’il est passé à 0,18 µSv/h vers 22h30. Vous remarquerez que le graphique général atténue ce pic puisqu’il réduit 0,18 à 0,15.
 
23 janvier 2011 kek
 
Or, il est impossible d’attribuer cette augmentation simultanée à un effet du tremblement de terre à Fukushima qui se trouve à 200 km au nord.
 
De la même manière le site http://guregoro.sakura.ne.jp/radioactivity/ a indiqué une augmentation de la radioactivité à partir de 15 heures pour Tokyo, c'est-à-dire à partir du moment où il a commencé à pleuvoir. Le phénomène est observable durant une dizaine d’heures.
 
23janviertokyo
 
D’où venait cette radioactivité ?
De quelle nature était-elle ?
Venait-elle d’un relâchement de Fukushima Daiichi il y a quelques jours, porté par le vent ?
D’une incinération de déchets radioactifs ?
 
D’habitude, c’est le mauvais temps qui explique ce genre de pics de radioactivité, la pluie apportant son lot de radionucléides. Et d'après ce relevé, il pleuvait-neigeait à ce moment là sur la région de Tokyo.
 
meteo23janv12
 
Il est probable ainsi qu’il s’agisse d’une coïncidence, c'est-à-dire d’un épisode pluvio-neigeux se produisant au même moment que le tremblement de terre.
 
tokyo-neige23012012
Tokyo sous la neige le 23 janvier 2012
 
Cette nouvelle pluie radioactive semble montrer que la pollution de la centrale de Fukushima n’a pas de répit. Selon l’aveu même de l’opérateur, elle aurait été en augmentation en janvier.
 
 
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Autre article sur la pluie radioactive :
 
 
(merci à Franck et Yumiko pour les infos météo à Tokyo)
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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