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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 18:59
Photos
 
- Les vraies dimensions des bâtiments réacteurs
Quand on regarde les images fournies par la webcam TBS, on a l’habitude de voir des bâtiments qui semblent écrasés, mais en fait une colline empêche de les voir entièrement. L’image ci-dessous restitue la véritable hauteur des bâtiments, avec en bonus l’emplacement des enceintes de confinement (en jaune) et des cuves (en rouge) des réacteurs 2, 3 et 4, et une visualisation de la hauteur du sous-sol en pointillé.
 
vraiesdimensionsdesréacteurs
 
 
- Les neiges de Fukushima
 
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(cliché Etienne Servant, Fukushima Informations)
 
 
- A l’arrière de la centrale
Vue rare offerte par NHK, de l’espace situé à l’ouest de la centrale. On y aperçoit le bâtiment protégeant la piscine commune et des aires de stockage de déchets radioactifs.
piscine commune
 
 
- Cheminée très chaude ?
Dans la vidéo infrarouge réalisée le soir de la catastrophe le 11 mars 2011, on remarque que la cheminée de ventilation située entre les unités 1 et 2 est blanche, contrairement aux deux autres cheminées, à peine visibles car grises. Il est probable que cette couleur est due à la chaleur de la fusion en cours du réacteur n°1. La vidéo a été tournée vers 22h25.
 
cheminée du 1 blanche
(Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo source)
 
 
Cartes
 
- Comparaison des cartes de contamination des sols à Tchernobyl et à Fukushima
Yukio Hayakawa a réalisé deux cartes à la même échelle, comparant les retombées de Tchernobyl et celles de Fukushima.
On pourrait penser que les effets sont moindres au Japon, vu la surface touchée. Il n’en est rien. L’Ukraine a une densité de population très faible, 79 habitants au km², alors qu’au Japon, elle est de 340. Mais comme la population se concentre sur seulement 22% du sol japonais, la densité réelle passe à près de 1600 hab/km² et jusqu'a 5419 hab/km² à Tokyo.
7 millions d’habitants ont été touchés par la catastrophe de Tchernobyl pour des dépôts de césium 137 supérieurs à 37 kBq/m2. Au Japon, les 25 000 km² pollués aux mêmes taux pourraient concerner entre 10 et 20 millions d’habitants.
 
Hayakawamap-FukuChernobyl
 
 
- Cartes chronologiques de la pollution radioactive du 12 au 21 mars 2011.
La pollution radioactive s’est faite en plusieurs étapes au mois de mars. Elle se poursuit encore à l’heure actuelle, mais le gouvernement japonais n’a pas réactualisé ses cartes de contamination depuis l’automne 2011.
 
datetime2
Télécharger la carte en pdf : cliquer ici
 
 
The Fukushima Timeline Project
 
J. Corbett, du site Enformable, s’est lancé dans le projet de réaliser une frise chronologique des évènements à la centrale de Fukushima depuis le 11 mars 2011. Une entreprise très intéressante qui mobilise beaucoup d’énergie, et qui permettra au final à tout chercheur un retour aux sources enregistrées.
 
Cliquer sur l’image pour accéder à la frise interactive. Utiliser la molette de la souris pour agrandir les informations. Maintenir le clic gauche pour se déplacer dans la frise chronologique.
TheFukushimaTimelineProject
 
 
 
Webcam
 
- Evolution des travaux : la webcam TBS donne des images en continu de la centrale, à partir d’une colline située à environ (5 à 10 ?) km au sud-ouest. L’enregistrement de clichés permet de constater que le bâtiment 4 a fait l’objet de gros travaux depuis novembre 2011, qui ont consisté à démolir les murs qui risquaient de s’effondrer sur la piscine de refroidissement de combustible. Les derniers travaux ont été réalisés début janvier.
 
* 5 janvier 2011 : grande animation !
Des ouvriers interviennent directement dans le bâtiment 4 à l’aide d’une nacelle. Certains au niveau de la piscine (niveau technique appelé 5F), d’autres au niveau du pont roulant (CRF). Tepco n’a pas communiqué sur l’évènement qui a nécessité une intervention aussi massive.
 
* 9 janvier 2011 : démontage des compartiments de béton (couleur claire) du mur ouest à l’aide d’une pince à béton au bout d’un bras articulé. Un autre bras articulé, déployé au sud, permet sans doute de surveiller les opérations de destruction par l’autre côté à l’aide d’une caméra. On peut imaginer également que la grue permet d’arroser la destruction afin de rabattre les poussières radioactives au sol.
 
 
- Comparaison du bâtiment 4 novembre / janvier
 
évolution reacteur4
 
- Séisme du 12 Janvier 2012 JST 12:20, 5.7M, profondeur : 9km
 
 
Documents Tepco
 
Des fuites, toujours des fuites…
 
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fuite1
 
fuite2
 
fuite3
 
 
 
Vidéos
 
- TEPCO : Mission accomplie & déchets radioactifs en baie de Tokyo par Arnie Gundersen (29.12.2011) -  Sous-titrage kna60.
"Est-ce que le gouvernement Japonais et l'AIEA protègent plus l'industrie nucléaire que le peuple du Japon en affirmant que Fukushima est stable quand il ne l'est pas ? Arnie Gundersen, ingénieur en chef Fairewinds, expose les incohérences majeures et le double langage tenu par l'AIEA, le gouvernement Japonais et TEPCO qui affirment que l'accident de Fukushima est terminé.
L’augmentation des doses d'exposition pour les enfants japonais et les travailleurs du nucléaire, le mélange des matières radioactives avec des non-contaminées, leur incinération et la diffusion de ces cendres contaminées à travers le Japon ne sont qu'une petite partie de cette tragédie nucléaire."
 
 
 
- Les circonstances de la catastrophe vues par Thierry Lefranc
« Le Japon n’a pas connu de plus grand désastre depuis la seconde guerre mondiale ».
Bel exposé, mais l’on regrette le raccourci effectué entre le 11 et le 18 mars 2011. Et il n’est pas des moindres puisque les explosions des bâtiments ont carrément été effacées de la chronologie ! Contrainte technique, autocensure ou pressions sur le journaliste ?
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 00:25
DSCF3242---Copie.JPGSuite à l’article « Ecrivez une lettre à Asako House » édité le 26 décembre 2011, en l’espace de 10 jours, des centaines de promesses d’envoi de courriers ont été annoncées dans les commentaires du blog, assurant à la maison de la résistance à l’énergie nucléaire au Japon un passage du facteur au moins pendant 300 jours différents de l’année 2012.
 
C’est Atsuko Ogasawara, la fille d’Asako, qui va être comblée ! Là-bas, elle est assez isolée dans sa lutte contre la construction de la centrale, comme le montre le reportage que vous pourrez découvrir plus bas. Ces centaines de lettres vont avoir au moins deux vertus : faire passer le facteur pour empêcher la fermeture de la route menant à Asako House, et redonner du courage et de la force à Atsuko.
 
atsuko ogasawaraAtsuko a prévu large, regardez sa boîte aux lettres ! Il ne faut surtout pas la laisser vide un seul jour de l’année. Pour faciliter cette action de solidarité, Julien s’est spontanément proposé pour créer un site dédié. Celui-ci reprend l’article original pour expliquer l’action à ceux qui la découvre, et surtout il propose un calendrier perpétuel qui permet de programmer ses envois en fonction des envois des autres. Le fonctionnement en est très simple, il suffit de taper son nom et son pays dans le jour que l’on souhaite. Une fonction « avertissement » est aussi proposée (elle reste facultative) pour recevoir un courriel de rappel avant la date choisie.
Un site simple et génial, merci Julien !
 
Diffusez-le largement !
 
 
 
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Reportage de Mark Willacy d’ABC News :
 
 
Transcription du reportage en anglais ici :
 
Même reportage sous-titré en japonais
 
 
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Quelques informations supplémentaires :
 
- Merci à ceux qui ont fait des promesses d'envoi dans les commentaires du blog de compléter les jours qu'ils ont choisi dans le site asakohouse.com.
 
- Il est d’ores et déjà prévu de traduire le site asakohouse.com en plusieurs langues. Les personnes compétentes et intéressées peuvent contacter Julien directement à cette adresse : asako[arobase]asakohouse.com pour l’aider dans cette tâche.
 
- Envoi international vers le Japon depuis la France : timbre à 89 centimes d’euro pour un envoi ne dépassant pas 20 grammes.
 
- Je ne pense pas qu’Atsuko connaisse le français. En revanche, elle sait parler anglais. Si vous ne savez pas quoi écrire, faites-lui un dessin ou envoyez-lui une photo !
 
- Dans un premier temps, privilégiez les dates qui n’ont pas encore été choisies, avec comme objectif d’atteindre trois envois par jour (même les dimanches). Cela assurera l’envoi d’au moins 1000 lettres bien réparties dans l’année.
 
- Les suites données à cette action internationale seront diffusées par l’intermédiaire du blog de Fukushima et du site asakohouse.com
 
- Je remercie infiniment tous les participants pour leur enthousiasme. Au-delà de la lutte contre la construction d’une centrale nucléaire, cette action a une grande valeur symbolique qui peut porter haut la volonté des peuples à se débarrasser de l’énergie nucléaire dans le monde entier.
 
- Situation géographie d’Asako House
 
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Quelques articles ayant répercuté cette action :
 
 
 
Groupe Facebook sur Asako House
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 03:35
Mise à jour du 8/01/12 18h30 :

EX-SKF a trouvé une image de la face est des réacteurs datant du 13 mars. Seul le panneau amovible du réacteur 2 est absent. C'est une preuve que la vidéo infra-rouge du 11 mars ne montre pas des cavités mais des couleurs différentes dues probablement à la nature du revêtement. Reste à savoir si ces panneaux avaient réellement été soudés ou non.

    

 

panneau2.jpg

Source image : DigitalGlobe

 

 

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Mise à jour du 2/01/12 18h30 :

 

Suite à la découverte d’une vidéo démontrant sans ambigüité que les panneaux étaient encore en place juste après le tsunami, il est désormais impossible d’affirmer qu’ils ont pu tomber à cause du séisme. De plus, la vidéo présentée dans le billet d’origine a été tournée de nuit, ce qui fait que ces rectangles noirs ne représentent qu’une différence de température des matériaux, et non forcément une ouverture comme je l'avais pensé au départ. C’est pourquoi cette mise à jour ajoutera un point d’interrogation au titre original, sans enlever la possibilité d’un enlèvement des panneaux le 11 mars avant 22 h.

Pour en savoir plus, lisez le dernier point de Trifouillax :

Follow-up technique : les panneaux anti-déflagration étaient toujours en place après le séisme et le tsunami du 11/3

 

 

Par ailleurs, Hélios nous signale à juste titre que ce n’est pas la piscine 4 qui fuit mais son trop-plein. Cette information est importante car de ce fait, la sécurité est assurée, le combustible restant recouvert de plusieurs mètres d’eau. Ce qui n’enlève rien au problème des fuites d’eau contaminée en général sur le site, problème récurrent dans tous les circuits de la centrale. Pour en savoir plus, lisez la dernière traduction d'Hélios :

Japon, 2 janvier 2012

 

 

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Depuis hier circule une information non confirmée, provenant d’un employé anonyme de Tepco, laissant entendre que les panneaux de ventilation de sécurité des bâtiments réacteurs avaient été soudés alors qu’ils auraient dû rester amovibles, ce qui aurait favorisé les explosions des bâtiments. Or il s’avère qu’une vidéo prise le 11 mars montre les unités 2, 3 et 4 avec leurs panneaux absents.
 
C’est un veilleur de Fukushima assidu, Ray, collectionneur et analyseur d’images et de vidéos sur la catastrophe, qui a trouvé l’oiseau rare : une vidéo d’un journal télé japonais, enregistré et diffusé à présent sur YouTube par nuckelchen. Voici l’image la plus nette extraite de cette vidéo, montrant clairement les emplacements des 3 panneaux manquants (rectangles noirs sur les murs face à la mer).
 
panneaux-ouverts.jpg
 
L’enregistrement date précisément du 11 mars à 22h24-25, et le film a été pris d’un hélicoptère. C’est à ma connaissance le seul document dont on dispose qui montre le côté est des bâtiments. Je me souviens qu’au tout début de la catastrophe, les journaux télévisés ne montraient pas d’image de la centrale, sauf des images d’archives. Ensuite, très rapidement ont eu lieu les explosions et les informations se sont focalisées sur leurs images spectaculaires, bien que parcellaires (on n’a toujours pas d’image de l’explosion du bâtiment 4, plus de 9 mois après les faits !).
 
 
 
La vidéo n’est pas de bonne qualité, mais l’information est fiable : les panneaux sont manquants. Maintenant, reste à se poser les bonnes questions :
 
- Le bâtiment n°1, le plus ancien, était-il équipé de ce panneau de ventilation ? Si oui, ce panneau avait-il été soudé comme l’affirme cet informateur anonyme ? Une confirmation de cette information serait grave car cela remet en cause la compétence de la NISA. C’est un peu comme les magasins qui cadenassent les sorties de secours ; on prévoit des systèmes de sécurité mais on s’empresse de les rendre hors d’usage…
 
- A quel moment les 3 panneaux ont-ils été éjectés ? On sait juste qu’ils sont tombés entre 14h46, l’heure exacte du tremblement de terre, et 22:24, l’heure exacte de la prise de vue aérienne. Mais en fait, il est possible que le tremblement de terre de magnitude 9 ait fait sauter ces panneaux dès le début de l’après midi. En effet, à cette heure-là, aucune explosion n’avait encore eu lieu. Toutefois, la prise de vue a lieu presque 8 heures après le séisme, et 7 heures après le tsunami. Les cœurs étaient déjà en train de chauffer sérieusement et de ce fait, les panneaux ont peut-être sauté à cause de la pression interne des bâtiments.
 
panneaux2.jpg
 
Evidemment, tout cela demanderait une enquête complète et minutieuse, réalisée par des experts indépendants. On en est loin… Mais la vérité avance jour après jour et on ne désespère pas en 2012 avoir plus d’informations qu’en 2011. A qui profite ces cachotteries ? L’analyse de cette vidéo va peut-être faire avancer les choses un peu plus vite. Car si les panneaux 2, 3 et 4 étaient ouverts avant les explosions, ils ont pu libérer l’hydrogène. Dans ce cas, seule l’explosion du réacteur n°1 est compréhensible car il n’avait pas d’ouverture. Les explosions des bâtiments 2, 3 et 4 pourraient alors avoir été causées par autre chose. La diffusion de la vidéo de l’explosion du réacteur 3 a fait vraiment désordre. Elle ne ressemblait pas du tout à la première. Faire avaler une couleuvre au monde entier en prétendant qu’il s’agissait aussi d’une explosion d’hydrogène, c’était déjà très difficile, alors l’explosion du réacteur 4, n’en parlons pas, elle a été carrément censurée !
 
Tout cela est du passé, mais il va bien falloir déterminer les responsabilités et les causes de cette catastrophe en reconstituant fidèlement le fil des évènements. Dans le même temps, il faudra continuer à gérer les dangers du présent. Aujourd’hui, le danger vient à nouveau de la piscine du réacteur 4. Je vous avais déjà signalé que son niveau était déjà descendu bien bas récemment, et ça recommence. Un message d’alerte a été donné à la presse : la piscine fuit, mais on ne sait pas où va l’eau ! A chaque tremblement de terre, comme celui du 1erjanvier, les secousses ne doivent pas arranger les choses… Une surveillance continue est nécessaire pour éviter aux 264 tonnes de combustibles de s’enflammer et polluer tout l'hémisphère nord.
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 15:31
Vidéo
 
Une image rare de la centrale de Fukushima Daiichi. D’abord, elle montre la centrale sous un angle inhabituel, ensuite elle est extraite d’une vidéo prise durant le tremblement de terre du 11 mars 2011. Certains observateurs assurent que la centrale a commencé à avoir des problèmes dès ce moment-là, avant l’arrivée du tsunami.
Cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo.
 
 
Webcam
 
Premier janvier 2012, quatre tremblements de terre. Selon Fukushima Informations, deux étaient de magnitute 4,7 et 4,5 à seulement une profondeur de 10 et 43 km au large de Fukushima.
4.7M, depth: 10km 1/1/2012 18:29
4.5M, depth: 43km 1/1/2012 17:31
6.8M, depth: 349km 1/1/2012 14:27
4.8M, depth: 694km 1/1/2012 07:49
 
Situation du séisme de 18h29 (heure japonaise)
seismejanvier
source : Japan Quake Map
 
Le plus important, d’intensité 6,8, est enregistré sur la webcam de TEPCo (Info de Lufilau sur le site de Pascal49) : la secousse est visible à partir de 7:32 (heure japonaise : 14h30)
 
 
Photos
 
- Le bâtiment du réacteur n°1 a été caché par Tepco mais le soleil le fait réapparaître de manière artistique, en ombre chinoise ;-) Un clin d’œil du soleil.
11 28-gensiro-jobu-keisoku
(Cliché du 26 novembre 2011)
 
- Vue de la centrale de Fukushima Daiichi depuis un avion de chasse.
 
 
Cartes
 
- Contamination de l’océan Pacifique par le césium étendue à 4000 km du Japon  (source : Asahi Shimbun)
11 22-secium-osen4000km
 
- Contamination de l’atmosphère : une association citoyenne japonaise, Akita Citizens Association for Radiation Protection, a créé une carte en ligne des préfectures qui ont accepté, quelquefois en secret, de brûler les déchets du tsunami. Le problème est que beaucoup de ces déchets sont radioactifs et que la radioactivité est redistribuée sur tout le territoire. Malheureusement, diluer la radioactivité ne la supprime pas.
carte déchets
Lien vers la carte (avec liste déroulante des préfectures) : http://one-world.happy-net.jp/ukeire/
 
 
Graphique de la radioactivité à Tokyo
 
On remarque deux pics de radioactivité atmosphérique en décembre 2011 à Tokyo, l’un le 9 entre 6 h  et 11 h, l’autre le 20 vers 6 h. Vous remarquerez qu’un pic qui ne dure pas longtemps (celui du 20 décembre) n’est pas répercuté dans le graphique général, absorbé par la moyenne. Ces augmentations momentanées de la radioactivité sont, semble-t-il, passées inaperçues.
Vent du nord ? Pluie ? Brûlage de déchets ? Autre source ?
111220 à 6h le 20 12 pic
 
 
Animations
 
- Voir tous les tremblements de terre !
Epoustouflants ces 16 699 tremblements de terre qui ont eu lieu au Japon du 1er janvier au 15 octobre 2011 : animation à regarder au moins jusque 2 min 05, qui correspond au 11 mars 2011.
 
- Petit rappel des premiers évènements de la catastrophe sur les 4 réacteurs de Fukushima Daiichi.
(cliquer sur l'image)
japon20min
 
 

Photos TEPCo 

source : http://www.tepco.co.jp/en/news/110311/index-e.html

 

- Plan du 4ème niveau de l’unité 4

 

382580 2794725270594 1332320101 3008273 2045579044 n

 

 

- Encore des fuites !

Beaucoup de fuites à la centrale de Fukushima Daiichi. Cela ne serait pas si grave s’il ne s’agissait pas d’eaux radioactives qui à chaque fois se déversent au final dans l’océan Pacifique. On sait par le journaliste Tomohiko Suzuki que certains tuyaux sont de mauvaise qualité, ceci expliquant cela…

 

Accumulated water treatment facility in Fukushima Daiichi N

Plan des installations

 

fuite du 5 decembre

Fuite du 5 décembre 2011

 

fuite du 13 decembre

Fuite du 13 décembre 2011

 

tepco3

Problème du 22 décembre 2011 : gonflement de tuyaux

 

tepco1

Fuite du 29 décembre 2011

 

tepco2

Fuite du 29 décembre 2011 (gros plan)

 

 

- Stockage du césium : dans 30 ans, combien y aura-t-il de fûts ?

 

tepcocesium1

Stockage du césium : plan d’ensemble

 

Overview of temporary storage for cesium adsorption towers

Stockage du césium : vue d’ensemble

 

Temporary storage for cesium adsorption towers

Stockage du césium : vue rapprochée

 

 

- Déchets radioactifs solides

La centrale de Fukushima Daiichi, comme toute centrale nucléaire, produisait et continue de produire une quantité énorme de déchets radioactifs solides, constitués de matières contaminées diverses. Ces déchets sont enfermés dans des fûts que l’on entrepose dans des bâtiments plus ou moins construits en dur.

Dossier source : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_111214_02-e.pdf

 

déchets solides 1

 

déchets solides 2

 

déchets solides 3

 

déchets solides 4

 

déchets solides 5

 
 
Vidéos
 
- Arnie Gundersen se demande s’il peut y avoir un syndrome chinois à la centrale de Fukushima Daiichi. Toujours beaucoup de pédagogie, à voir évidemment. C’est tellement rare un expert en nucléaire qui partage ses connaissances !
 
- Reportage BFMTV (27 décembre 2011) : un rapport accuse Tepco et les autorités
Un groupe d'experts mandatés par le gouvernement japonais met en cause le manque de préparation et d'organisation de la société Tepco et des autorités face à l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima.
 
- TEPCo a diffusé cette vidéo qui date des 14 et 15 décembre juste avant l’annonce officielle de la « fin de l’accident nucléaire » le 16 décembre. Manque de bol, ce calendrier destiné à étouffer la catastrophe n’a pas résisté aux nombreuses critiques des experts, des journalistes, des ouvriers de Tepco et de la population.
Séquences successives de cette vidéo, expliquées par EX-SKF :
(Initial screen) Current condition of Fukushima I Nuclear Power Plant, work progress. Video taken on December 14 and 15.
Reactor 1 building
Reactor 2 building, from the backside
Backside of Reactor 4 building, looking toward the central waste processing facility
Watertight bulkhead, ocean side (near Reactor 3, in preparation)
Water injection pump to the reactors
Central control room for the contaminated water treatment system
Area G sludge storage facility (for sludge from AREVA's system)
Area H storage tank location
Area C putting insulation on the pipes for the winter
Putting insulation on the pipes, near the central waste processing facility
Worker carrying insulation materials at the backside of the process main building
Debris removal from the upper floors of Reactor 4
Bringing debris inside the tent, by remote control vehicles (carried out at night)
Construction of a new power transmission tower

 
Reportage photo

A quoi ressemble une région évacuée ? Le National Geographic Magazine a envoyé le photographe d'Associated Press, David Guttenfelder, dans la zone d'exclusion autour de l'usine nucléaire de Fukushima.
La photo ci-dessous est une des premières de la série des 39 photos proposées dans le site.
 
Pour voir les suivantes, cliquer sur la photo.


Webcam
 
Panoramique de la centrale de Fukushima Daiichi par la webcam TBS/JNN du 20 décembre 2011, pour mémoire.
.
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 23:25

090519cIl était une fois une vieille dame dénommée Kumagai Asako qui habitait au bord de la mer. Comme elle adorait son paysage et connaissait les dangers de l’atome, elle lutta de son vivant contre l’implantation d’une centrale nucléaire. En refusant de se séparer de son terrain, elle contraignit un constructeur à déplacer de 250 mètres l’emplacement d’un futur réacteur car le projet était trop proche de sa maison. Elle savait que si elle les laissait construire l'usine, la mer serait contaminée. Malgré des menaces et des tentatives de corruption, elle a tenu bon contre la volonté de la compagnie d’électricité japonaise J-Power. Après sa disparition en 2006, sa fille et sa petite-fille ont conservé cette propriété afin de perpétuer le combat d’Asako. Elles ont dénommé la maison "Asako House" .

 

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La maison de la résistance "Asako House" (Oma, Préfecture d’Aomori)

source photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

 

Aujourd’hui, la maison est entourée par les terrains achetés par J-Power. L’opérateur essaie de faire fermer la route d’accès à la maison en comptant le nombre de personnes qui l’utilisent. Si plus personne n’emprunte cette route, ils pourront ainsi démontrer qu’on peut la fermer.

 

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La route qui mène à Asako House

 

Afin de contrer cette menace, la fille et la petite-fille d’Asako lancent un appel afin que chaque jour, quelqu’un emprunte cette route. Et cette personne sera le facteur. Pour se faire, elles demandent simplement qu’on leur envoie une lettre.

 

A l’heure où il ne reste plus que 6 réacteurs nucléaires en activité au Japon (contre 54 au début de l’année), il est important de soutenir le peuple japonais pour se débarrasser de cette énergie dangereuse et polluante. Et pour s’en débarrasser, il faut déjà empêcher les nouvelles implantations.

 

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Centrale d’Oma en construction

source photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

 

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de participer à cette action qui ne vous coûtera qu’un timbre et quelques minutes de votre temps. Si vous envoyez une carte ou une lettre à Asako House, vous pourrez freiner la construction d’une centrale nucléaire !

 

Adresse où envoyer votre courrier (pour un envoi au Japon depuis la France, tarif normal à moins de 20 grammes, carte postale ou lettre, ce sont des timbres mauves à 0.89 €) :

 

 

Asako House

 

aza-kookuto 396

 

Oma-machi

 

Shimokitagun

 

Aomori Pref.

 

039-4601

 

Japan

 

 

 

Voici le message original de la famille :

 

“If you sympathize, please send them a letter.

Against nuclear energy!!

No more Fukushima!!

Save Japan!!! And your country.

Do you know Asako House?

If you send a letter or a card,

You can stop to build the atomic power plant.

This house was build to stop to construct Oma atomic power plant of Aomori, northern of Fukushima.

The house is nearby Oma nuclear power plant which is not operation yet.

The road of photo is almost blockade.

The plate of fence is written "Keep out"

but actually, this road is for Asako House and her field.

Why this road is watched by some atomic power plant?

We can't understand.

They want to shut and to break the house.

This state is serious inva of human rights, and Japanese constitution,

If you send some letter, this road is used by postman, so the atomic power plant can't shut it.

Pray for Japan, pray for Fukushima,

And now send your thought!”

 

 

La centrale nucléaire d’Oma ( 原子 ) est actuellement en cours de construction. Elle sera exploitée par la société Electric Power Development (aussi nommée J-Power). Le réacteur, si jamais il devait être un jour utilisé, sera unique en son genre car il sera capable d'utiliser un cœur constitué à 100% de MOX. Les travaux actuels sont réalisés pour rendre la centrale résistante à un fort tremblement de terre. Elle devrait commencer à être opérationnelle en novembre 2014.

 

En envoyant une lettre à Asako House, vous participerez à la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire et vous contribuerez à l’abandon de la fabrication du MOX en France par Areva.

 

Si chacun des mille lecteurs réguliers de ce blog accepte d’envoyer une carte à Asako House, le facteur passera tous les jours, pendant 3 ans, sur la route que le lobby nucléaire tente de fermer.

 

Pour ce faire, je vous propose d’indiquer la date prévue de votre envoi dans les commentaires, en vérifiant auparavant que cette date n’a pas déjà été choisie. Le mieux est de faire ces envois de manière chronologique. Une fois votre engagement pris, notez cette tâche sur votre calendrier ou votre agenda afin de ne pas rompre le fil de cette action.

 

Asako, disparue en 2006, appartenait à une génération qui connaissait les dangers de la radioactivité en raison d’Hiroshima. Ne se souciant pas de l’argent, elle a refusé une offre d’achat de sa propriété à 2 millions de dollars. Depuis 1982, date à laquelle la construction de la centrale a été décidée, près de 136 millions de dollars ont été distribués en subventions publiques pour acheter la conscience des habitants d’Oma.

 

Faites comme Asako, ne vous laissez pas corrompre par l’industrie de la mort !

Et merci à Iori Mochizuki d’avoir relayé cette lutte exemplaire !

 

 

atsuko ogasawara

 

 

 

 

Atsuko,

la fille d'Asako,

vient plusieurs fois par semaine

relever le courrier

de la maison de la résistance.

 

 

 

 

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Sources :

http://ameblo.jp/datsugenpatsu1208/entry-11108920118.html

http://fukushima-diary.com/2011/12/send-me-a-letter/#.Tviz5RBiufI.facebook

http://fr.zettapedia.com/usine-oma-%C3%A9nergie-nucl%C3%A9aire.htm

http://blogimg.goo.ne.jp/user_image/22/6f/10385e350fac071bc7f7c7274ecbcaea.jpg

http://www.bloomberg.com/news/2011-06-29/japan-nuclear-holdout-rejects-2-million-bid-gets-reactor-view.html

http://cnic.jp/english/newsletter/nit143/nit143articles/ww143.html

 

 

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 13:05
« J’arrive au bout de mon voyage. Je ne peux clamer : « Evacuons TOUS les enfants du district de Fukushima ! », comme je le pensais avant de partir. Dire cela, correspond à une position idéologique. Si je faisais ça, je ressemblerais à TEPCO ou à tous ceux qui clament qu’il n’y a aucun problème. Ce discours ne tient pas la route face aux habitants de Minamisoma qui rêvent de faire revivre leur ville. Il ne contribue qu'à augmenter la tension qui est déjà en eux...
Au bout de ce voyage, une chose est claire cependant. NOUS DEVONS PRENDRE NOS RESPONSABILITES. Au sens étymologique du terme, cela veut dire : répondre aux questions. Ici, il s’agit d’être capable de répondre aux enfants qui nous demanderont pourquoi nous avons agi sans tenir compte de leur futur ! »
 
     305188_296010000429699_281474631883236_979081_1420942834_n-.jpg
Situation de Minamisoma par rapport à la centrale de Fukushima 
 
A Minamisoma, à 25 km de la centrale de Fukushima, il y a des familles qui continuent à vivre. Le gouvernement les a laissées revenir dans leur ville. Dans le quartier le plus proche de la mer, les maisons ont été détruites par le tsunami. N’ayant pas assez de revenus pour déménager ailleurs, les habitants occupent des logements provisoires. Ceci malgré des radiations dépassant le microsievert par heure dans l'air et le million de becquerel au m² dans la terre. A Tchernobyl, il n'y aurait plus personne. Le gouvernement ne les aidera pas à déménager, ni cette année, ni l'année prochaine, ni jamais...
 
odomeBeaucoup de personnes âgées ne peuvent pas se déplacer pour aller acheter à manger de la nourriture saine. M. ODOME (73 ans) organise une distribution de vivres dans l'ancien hôtel qu'il tenait avant la catastrophe. Il le dit lui-même : « Le moindre petit colis contenant de la nourriture est précieux pour nous. » Cet homme fait preuve de beaucoup de courage et de détermination.
 
 
 
Concrètement, que peut-on faire pour aider ces familles de Minami-Soma ?
 
A l’initiative d’un groupe facebook, une aide directe à M. Odome s’est engagée. Si vous fréquentez ce média social, vous pouvez retrouver les informations en cliquant sur ce lien : groupe « Les amis de M. Odome »
Dans le cas contraire, vous pouvez directement soutenir M. Odome pour qu’il continue à aider la population à être ravitaillée en nourriture saine en lui envoyant directement des colis à l’adresse suivante.
 
M. Takao ODOME
Business Hotel ROKKAKU
HARAMACHI KU OOMIKA JI HIRABAYASHI 51
MINAMI SOMA SHI
FUKUSHIMA KEN
975-0049 JAPON
 
 
Quels types de produits pouvez-vous envoyer ?
 
Sardines à l'huile, biscuits, chocolat, fruits secs, confitures, tous produits finis...
Riz et céréales sont trop lourds pour être envoyés par avion (le bateau prend 3 mois).
A éviter : charcuterie et viande (la douane japonaise n'accepte pas).
 
 
 
Lettre de M. Odome du 6 octobre 2011
 
« La "zone d'évacuation à titre exceptionnel (20-30 km)" vient d'être banalisée, et pourtant, aucune décontamination n'est effectuée sur les terrains privés ... L'État a-t-il décidé de laisser les autorités locales sans aucune aide ?
Cela fait maintenant plus de six mois que nous avons été déclarés "sinistrés".
Nous retrouvons peu à peu notre sérénité, et parfois même des sourires apparaissent sur les visages. Mais les pertes infligées aux personnes sont telles que certains choisissent de mettre une fin à leur vie.
C'est la réalité.
Et ceci nous fait parfois hésiter sur le meilleur moyen de conduire notre action en tant que bénévoles. Les dons matériels (denrées, vivres) qui nous parviennent de tout le pays nous réchauffent le cœur, et sont vraiment très utiles pour tous les sinistrés ici.
Tant qu'il n'y aura pas de redémarrage de la vie commerçante ici, nous pensons solliciter encore votre aide.
En plus de cela, nous comptons poursuivre une aide psychologique aux sinistrés, notamment en faisant des rondes parmi les habitations provisoires pour pouvoir aussi parler avec les gens.
Grâce à vos envois, nous devrions avoir à peu près assez de vêtements d'hiver, même si nous manquons encore un peu de couvertures.
Pour la suite, tout ce qui est alimentation nous ferait un grand plaisir. Le moindre paquet est le bienvenu. Nous nous recommandons à votre bienveillance.
Chaque personne sinistrée ici n'a qu'un vœu : pouvoir vivre à nouveau avec sa famille, ou travailler à nouveau, le plus vite possible.
Nous vous prions de croire à l'expression de notre gratitude et souhaitons la santé à toutes les personnes chaleureuses qui ont bien voulu nous aider.
Le 6 octobre 2011, Takao ODOME,
Président de l’Association pour la protection de la vie et de l'environnement contre les centrales nucléaires »
 
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Informations supplémentaires : vidéos et photos
 
Une école maternelle rouvre ses portes à Minamisoma
 
 
Reportage en japonais sur M. Odome
 
 
Photos de l’action humanitaire de M. Odome
 
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Mise à jour : 2/01/12
 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 02:52
 
Cet article a été publié dans la revue “les Z’indigné(e)s !” (n°1, novembre 2011), la revue des résistances et des alternatives (en librairie : 14 €).
 
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Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité
 
Depuis 1945, plus de 2 400 explosions – dont la puissance de certaines [1] équivalait à plusieurs milliers de fois celle d’Hiroshima – ont eu lieu, sans parler des « ratés » et des dizaines d’accidents catastrophiques dont les premiers connus datent de l’automne 1957 à Windscale (UK) et Maïak (ex-URSS), respectivement classés 5 et 6 sur l'échelle INES. Mais qui en connaît précisément les conséquences ? Aucune enquête épidémiologique internationale digne de ce nom n’ayant été diligentée à ce propos, un comité européen sur les risques de l'irradiation (CERI) [2] a étudié, à la demande des députés verts, et confirmé l’impact de l’activité atomique depuis 65 ans sur les populations mondiales, ce dont on pouvait se douter puisqu’on en retrouve les traces jusque dans les glaces du pôle Sud [3]. Les enjeux sont tellement énormes que les effets pathologiques de toutes ces contaminations à petites doses et au long cours sont farouchement niés de concert par tous les pays ou les organisations intergouvernementales.
 
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Centre nucléaire de Maïak (photo AFP)
 
Tchernobyl : irradiations et multicontaminations « à rebonds »
Tout comme le 6 août 1945, le 26 avril 1986 est une date historique pour l’ensemble de l’humanité [4]. Dès les débuts du cataclysme, les irradiations furent violentes, très supérieures à celles d’Hiroshima ou de Nagasaki [5], multiples, complexes et pérennes, quelle que soit la distance du lieu de l’accident : c’est une des particularités de Tchernobyl par rapport aux bombardements de 1945.
En explosant, le réacteur n°4 de la centrale Lénine de Tchernobyl n’a pas seulement rejeté des gaz et des aérosols divers issus de la désintégration atomique du combustible, comme le ferait une bombe, mais il a également rejeté « des particules chaudes solides » [6] de combustible : ce sont des fragments de toutes tailles qui, combinés avec d’autres radionucléides, sont retombés sur le site ou à proximité de la centrale. Par la suite, des « particules chaudes liquides » se sont également formées dans le sol après les pluies. Lorsque ces particules pénètrent dans l’organisme par l’eau et les aliments ingérés ou par l’air inhalé, elles produisent, même longtemps après leur émission, des doses élevées d’irradiation ponctuelle interne. Cette remarque est importante pour la compréhension de la suite et des suites de l'accident.
 
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Explosion du réacteur de Tchernobyl (extrait du film La bataille de Tchernobyl)
 
Depuis le jour de la catastrophe, les irradiations ont été peu à peu supplantées par des contaminations de long terme et la situation radiologique évolue d’une manière que nul ne pouvait prédire. Deux exemples :
- Suite aux processus de désintégration du plutonium 241, la formation naturelle de l’américium 241, puissant émetteur de rayons gamma, va constituer un aspect important de la contamination de nombreux territoires situés jusqu’à un millier de kilomètres de l’explosion. A cause de cette désintégration progressive, les territoires dont le niveau de rayonnements gamma était faible sont devenus à nouveau dangereux.
- Par ailleurs, il y eut une forte redistribution des radionucléides dans les écosystèmes du fait de leur concentration par les organismes vivants (bio-accumulation) et de leur migration, après quelques années, dans les parties du sol où plongent les racines : ces radionucléides sont alors devenus de plus en plus accessibles aux végétaux, qui les reportent pour la deuxième fois à la surface du sol. C’est une des causes de l’expansion et de l’aggravation de la morbidité et de la mortalité atomiques dans les territoires contaminés.
 
tchernobyl3
Contamination de la végétation (extrait du film La bataille de Tchernobyl) 
 
Quelques-unes des maladies provoquées par Tchernobyl
- La contamination radiologique de Tchernobyl a influé sur le fonctionnement de tous les organes du système endocrinien. L’effondrement de la fonction hormonale du thymus joue le rôle principal dans le développement de la pathologie du système immunitaire.
- Les maladies des organes circulatoires sont une des causes principales d’invalidité et de mort des « liquidateurs ».
- Le vieillissement accéléré provoqué par la catastrophe de Tchernobyl a déjà touché des centaines de milliers de personnes et en touchera des millions dans le futur.
- Le saturnisme est devenu une des pathologies importantes de Tchernobyl. En effet, entre 2 400 et 6 720 tonnes de plomb ont été déversées au cours des opérations d’extinction. Une partie importante de ce plomb a été rejetée dans l’atmosphère suite à sa fusion, à son ébullition et à sa sublimation dans l’incendie du réacteur.
En outre, les conséquences génétiques causées par la catastrophe de Tchernobyl toucheront pendant des siècles des centaines de millions de personnes, dont :
- celles qui ont subi le premier choc radiologique (irradiation externe forte et brutale), parce que la quantité des radionucléides rejetés dans l’écosphère fut infiniment supérieure et bien plus virulente que celle d’Hiroshima ;
- celles qui vivent, et vivront pendant les 300 ans à venir, dans les territoires contaminés par le strontium 90 et le césium 137, ou celles qui vivront dans les territoires contaminés par le plutonium et l’américium pendant des milliers d’années ;
- les enfants des géniteurs irradiés, pendant des générations, où qu’ils vivent par la suite.
 
Le secret, la falsification officielle des données et les malversations
Il n’y a pas de données instrumentées disponibles de la contamination de tous les pays d’Europe par l'ensemble des radionucléides de Tchernobyl, et désormais il n’y en aura plus jamais. S’appuyant sur ce manque, le rapport « Forum Tchernobyl » (2005) de l’AIEA et de l'OMS ne discute que des données concernant les territoires du Bélarus, de l’Ukraine et de la Russie d'Europe, passant sous silence la contamination des autres pays européens.
Or, même si la densité actuelle de la contamination n’est pas élevée dans un territoire, l’énorme contamination des premiers jours et des semaines qui ont suivi la catastrophe (on sait par reconstruction que, dans certains territoires, l’activité des retombées radioactives dépassait 10 000 fois les niveaux du fond naturel), jointe à la faible contamination persistant sur des décennies, ont pu influer et influeront considérablement sur la santé des habitants et sur l’environnement.
D’autre part, la suppression des institutions chargées d'examiner les suites pathologiques de Tchernobyl, le détournement des équipes de chercheurs de l’étude des problèmes engendrés par la catastrophe, le harcèlement et l’emprisonnement de certains médecins spécialisés, sont autant de tentatives concertées et persistantes pour cacher la vérité [7].
Aussi l’exigence avancée par les spécialistes de l’AIEA et de l’OMS de la nécessité d’une « corrélation certaine » entre la charge radioactive d’une personne concrète (jamais reconstituable avec précision, et pour cause) et l’atteinte à sa santé pour qu’il y ait démonstration évidente du lien de la maladie avec l’irradiation de Tchernobyl, relève-t-elle de manœuvres intellectuelles particulièrement malhonnêtes.
En plus de ces malversations, en ex-URSS, en Ukraine, au Bélarus, et au sein des principales organisations intergouvernementales concernées (CIPR, AIEA et OMS) les volontés de minimiser les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sont légion. En voici quelques exemples.
- Dans aucun des livrets militaires des 60 000 militaires en service qui ont participé aux travaux de « liquidation » n’a été enregistré le dépassement de la norme de 25 rœntgens alors en vigueur. Mais l’examen clinique de 1 100 militaires liquidateurs a révélé chez 37 % d’entre eux les symptômes hématologiques de la maladie des rayons, indiquant à l’évidence que ces personnes ont reçu plus de 25 rœntgens.
- La médecine officielle n’a commencé à reconnaître la fréquence de la cataracte « tchernobylienne » que 8 ou 9 ans après sa découverte.
- Même chose en ce qui concerne le cancer de la thyroïde, la leucémie et les affections du système nerveux central.
 
tchernobyl4
Soins portés à un liquidateur (extrait du film La bataille de Tchernobyl)
 
Les conséquences de Tchernobyl sur la santé publique
En résumant sommairement les données publiées dans le rapport du CERI, la contamination radioactive de Tchernobyl a touché près de 400 millions de personnes (205 millions en Europe et environ 200 millions hors d’Europe). L’analyse des courbes de la morbidité générale des enfants vivant dans les territoires contaminés de l’ex-URSS est particulièrement désespérante : seulement 20 % d’entre-eux sont en bonne santé. Dans certaines régions du Polessié il n’y en a plus un seul. En Allemagne, les dents des enfants nés après la catastrophe contenaient 10 fois plus de strontium 90, tout comme on retrouve de l’uranium dans les dents de lait des enfants anglais résidant près de Windscale (depuis rebaptisé Sellafield) 53 ans après cette autre catastrophe atomique. Le nombre des victimes de Tchernobyl croîtra pendant plusieurs générations. Au cours des 15 premières années suivant la Catastrophe, il peut être estimé de la manière suivante :
Bélarus, Ukraine, Russie d’Europe 237 000
Reste de l’Europe 425 000
Asie, Afrique, Amérique du Nord 323 000
Monde entier 985 000 [8]
 
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Enfant malade (extrait du documentaire Controverses)
 
Tchernobyl : une catastrophe nucléaire au temps de l’Anthropocène [9]
Les catastrophes atomiques ont ceci de particulier qu’elles délimitent toujours une fracture multidimensionnelle de l’histoire du vivant :
- La perte irrémédiable de tout un monde vivant sur d’immenses territoires, un printemps sans les cris des oiseaux, et des arbres roussis par un gigantesque et silencieux incendie.
- Une mortalité si nombreuse, et dans des conditions si inhumaines, que le travail de deuil s’avère impossible à réaliser, surtout « au temps de la mort sèche » [10].
- Un événement imprévu et inconcevable, qui dépasse nos facultés d’imagination, et dont les conséquences futures sont elles-mêmes imprédictibles.
- Des irradiés/contaminés subissant une atteinte aussi bien mentale que physique, dont certains effets s’étaleront sur plusieurs générations, pour donner naissance à des lignées d’êtres difformes.
Autrement dit, « un avant et un après » sans retour possible. Un trou dans la mémoire symbolique des humains, dans leur inconscient, ce qui nous prépare « un retour du refoulé » à la mesure de l’événement. Mais de plus, et c’est là le « double effet paradoxal » des catastrophes atomiques, elles n’ont pas de fin, pas de terme prévisible : c’est un monstre qui pousse et dévore de l’intérieur l’humanité, dont la morbidité persistante est difficilement évitable. La catastrophe atomique « colonise l’avenir et n’offre aucune possibilité d’échapper au destin tragique : aucune culture n’est prête à affronter ce pari » [11].
 
Le négationnisme et ses conséquences au temps de l’Anthropocène
Les Etats et les organisations intergouvernementales (UNSCEAR, CIPR…) ont délibérément minimisé les conséquences sanitaires de Tchernobyl : ce parti pris des jugements concerne également l’OMS [12] et sa fameuse thèse d’une trentaine de morts jusqu’en 2005. Mais il y a bien pire depuis le 6 août 1945 (cf. note 1 et note 15 de fin de texte).
Figures de la défaite déshonorante du Japon, les « hibakushas », assimilés aux pestiférés par peur d’une contagion fantasmée, furent l’objet de la honte publique, décourageant ainsi la plupart des rescapés de participer à un quelconque travail de mémoire, témoignages dont on a vu avec Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Améry et les autres survivants l’importance capitale dans l’Europe intellectuelle de l’après-guerre. Les édiles japonais procédèrent à une « reconstruction » rapide de la ville qui eut pour but d’effacer méticuleusement toutes les traces de leur défaite et… de ce crime effroyable. Contrairement à ce qui s’est produit pour la Shoah, vainqueurs et vaincus se sont associés pour aveugler l’humanité, avec succès jusqu’à ce jour, sur la nature des crimes commis à Hiroshima et Nagasaki. Un exemple : avec l’aide des autorités japonaises, les Etats-uniens ont mené sur place des études sur les conséquences de ces bombardements, études qui furent versées dans les archives secrètes de Washington, longtemps inaccessibles. En plus du mépris des victimes en souffrance dont cela témoigne, ce sont sur ces mêmes archives que les Etats et les organisations internationales se basent encore aujourd’hui pour nier les effets des faibles doses à long terme !
 
hiba
 
Hibakusha
 
Plus de traces, tel est le credo commun à tous les criminels et négationnistes (cf. ce qu’en dit plus précisément Günter Anders). Il en fut de même à Tchernobyl et en sera de même à Fukushima. Le travail de mémoire est ainsi forclos comme on tente d’enfermer un déchet radioactif dont on sait pertinemment qu’on en retransmet la dangerosité aux générations suivantes.
Un autre versant de la politique négationniste face à tous ces dangers consiste en un raisonnement de type scientiste qui les transforme en risques statistiques. Ce que vise à cacher cette manipulation intellectuelle du risque, c’est qu’en cas de catastrophe (« le risque résiduel »), ce sont toujours les Etats qui sont appelés à la rescousse car les moyens privés sont à l’évidence insuffisants pour y faire face. Mais depuis Tchernobyl et Fukushima les habitants de tous les pays de la planète doivent savoir qu’ils ne peuvent plus compter sur leurs gouvernements pour les protéger efficacement, ni avant et encore moins après une catastrophe atomique. C’est pourquoi nous pouvons dire que les populations du monde entier, après avoir été évacuées du choix politique – aucune société civile ne fut jamais consultée sur le nucléaire – courent le risque d’être évacuées de leurs territoires nourriciers, d’être « expulsées de leurs vies ».
 
La catastrophe de Tchernobyl aurait pu être encore plus grave
La catastrophe trouve son origine dans le projet inouï consistant à « expérimenter en vraie grandeur » : il s’agissait, dans le cas d'un arrêt d'urgence, d’utiliser le dégagement calorifique résiduel pour une production supplémentaire d'énergie électrique ! Autrement dit, le monde vivant est devenu le laboratoire à grande échelle de la technoscience (et ce, depuis longtemps). Mais le rejet du seul réacteur n°4 a provoqué une contamination des dizaines de fois supérieure à la contamination due aux bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, et le « nuage de Tchernobyl » a fait au moins deux fois le tour de la Terre, ce qui fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe technologique de l’anthropocène à ce jour.
Mais il y a plus grave. Le Pr. Vassili Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe, explique [13] que 1 400 kg [14] du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 mégatonnes, soit entre 50 et 80 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima, si une quantité suffisante du corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur. « Une explosion d’une telle puissance pouvait provoquer des radiolésions massives des habitants dans un espace de 300-320 km de rayon (englobant la ville de Minsk) et toute l’Europe pouvait se trouver victime d’une forte contamination radioactive rendant la vie normale impossible. […] Mon opinion est que nous avons frisé à Tchernobyl une explosion nucléaire. Si elle avait eu lieu, l’Europe serait devenue inhabitable. » [15].
 
Explosion centrale Fukushima
Explosion du réacteur 1 de Fukushima Daiichi
 
Fukushima, une réplique de Tchernobyl
Au Japon, vu leur état, les systèmes de refroidissement ne pourront plus jamais être remis en service. Tandis que l’on injecte de l’eau borée dans les cuves et de l’azote pour inerter l’atmosphère des bâtiments, une énorme quantité d’eau y est quotidiennement déversée pour les refroidir afin d’éviter que les coriums transpercent l’enceinte et atteignent ces mêmes masses d’eau, ce qui pourrait être très grave. Et ce n’est pas un, mais quatre réacteurs, dont le n°3 qui fonctionnait au MOX [16] français, qui sont concernés. Sans parler des conséquences d’une éventuelle réplique sismique, que l’on ne peut malheureusement pas écarter vu l'emplacement de la centrale. Dans ces conditions, qui peut prédire les effets cumulatifs possibles de ce type de situation, au Japon ou ailleurs ? Or, ce qu’il fut possible de mettre en place à Tchernobyl pour éviter la catastrophe planétaire ne le sera vraisemblablement plus jamais nulle part sauf, peut-être pour quelque temps encore, en Chine.
En ex-URSS, il était possible d’enrôler 800 000 « liquidateurs », les services de secours civils de tout un immense pays, des centaines de pompiers, dix mille mineurs, une armée encore puissante avec ses dizaines de milliers de réservistes, et ce sur ordre du secrétaire du Politburo. Le déploiement de tels moyens ne sera plus possible dans d’autres cas similaires, et il est douteux que l’appel aux autres pays soit suffisant : en démocratie libérale, il y aura peu de volontaires pour mourir dans des souffrances que l’on sait atroces.
 
La perspective d’avoir à survivre en territoire contaminé ne peut être exclue
Dans les territoires contaminés par les dépôts de Tchernobyl, il est dangereux de s’occuper d’agriculture, il est dangereux d'arpenter les forêts, dangereux de pêcher le poisson et de chasser le gibier, il est dangereux de consommer les denrées produites localement sans contrôler leur radioactivité, dangereux de boire le lait et même l’eau. Tout ce qui constituait depuis des millénaires la plus sûre et la plus fidèle des sources de vie – l’air, les eaux naturelles, les fleurs, les fruits de la terre, les forêts, les fleuves et les mers – tout cela est devenu en quelques jours source de danger pour l’homme et l’animal. La catastrophe ukrainienne nous l’a enseigné, il faut également prendre en compte les effets délétères sur la santé des « faibles doses », inhalées ou ingérées via l’alimentation, qui vont ensuite se fixer dans l’organisme et produire leurs effets des années plus tard.
Les appareils automatiques de spectrométrie de radiation interne du corps humain, tels le SCRINNER en usage en Biélorussie, sont conçus pour mesurer l'activité des radionucléides dans le corps humain. Ces appareils devraient être d’usage courant dans tous les pays sous le vent de centrales atomiques en activité. Par ailleurs, dans de véritables prescriptions publiques à grande échelle, il faudrait préciser les avantages et les limites des pastilles d’iode et des mesures de confinement, les gestes qui sauvent, les « périmètres d’évacuation », les plans d’urgence… C’est pourquoi, dans tous les pays, les organisations de la société civile doivent considérer l’importance de la création d’un système de contrôles radiologiques indépendant du système officiel.
 
L’industrie nucléaire, une banalisation radicale du mal
A travers son concept de « banalité du mal », Hannah Arendt a démontré dans les années soixante que des crimes contre l’humanité avaient été perpétrés par des hommes ordinaires parce qu’ils ne se posaient pas de questions sur les fins de leurs « activités ». A partir du moment où ils étaient liés par un serment de fidélité à leur hiérarchie (ou à une idéologie, toutes choses qui sont aujourd’hui érigées en valeurs universelles par la raison calculatrice dans le monde du « travail » et ailleurs), ils tenaient ces activités pour légitimes.
Ce concept de « banalisation du mal » n’est pas issu de supputations sur une « nature humaine », mais bien d’une analyse socio-historique de ce qui s’est passé en Europe entre 1933 et 1945 et de ce qui en a préparé l’avènement. Soixante ans après, à moins de croire en un monde fixiste, il faut oser tirer les conclusions de ce qu'Hannah Arendt avait écrit.
Historiquement, la banalisation du mal occidental s’est répandue à grande échelle à partir du moment où le travail et les êtres humains ont été « industrialisés » avec l’appui massif de la technoscience, c'est-à-dire coupés de leur réalité nourricière, terrestre, pour être encasernés, prolétarisés, disqualifiés, déréalisés et finalement déshumanisés. A partir de ce moment, tout a été possible dans l’ordre de la banalisation et tout est devenu acceptable dans l’ordre du mal, puisque toutes les fins humaines ont été discréditées au seul profit de l’aliénation productiviste et marchande.
Les choses ne se sont pas arrangées depuis : cela est vérifiable sur tous les plans, y compris psychique [17]. Alors, il faut avoir le courage de dire que cette banalisation du mal est devenue omniprésente et que, en conséquence, nos sociétés ne sont plus que des « totalitarismes démocratiques » nous menant au(x) désastre(s) définitif(s), ce qui devrait être analysé comme tel dans l’ordre du politique. Porteuse de mort généralisée du vivant sur la planète, l’industrie nucléaire en est un exemple particulièrement frappant. Mais les gouvernements et la plupart des médias occidentaux (la guerre froide, qui devait durer quarante ans, y a bien pourvu) ont tout fait pour recouvrir, les 6 et 9 août 1945, cette défaite historique de l’humanité d’un épais manteau d’admiration et de dévotion devant le génie et la puissance des chercheurs, de la science, de la technique, de l’industrie… Un nouveau dieu est apparu ce 6 août 1945, à la puissance inquiétante certes, comme tous les dieux, et à la gloire duquel de nouveaux hymnes ont été forgés illico presto.
Le largage des bombes atomiques, puis « l’expérience Tchernobyl », furent non seulement un crime contre l’humanité mais, fait nouveau, un crime contre la Nature, ce que l’on appellerait aujourd’hui un Ecocide. Si le refoulement de ce type de catastrophe systémique pour l’écosphère persiste, il ne sera pas sans conséquences pour l’avenir de l’humanité et sa manière d’en écrire l’histoire.
Une conclusion s’impose donc : il faudrait mettre sur pied un tribunal international, du type de celui de Bertrand Russell, jugeant les crimes atomiques contre l’humanité à Tchernobyl et ailleurs, depuis le 6 août 1945 jusqu’à Fukushima en passant par Fallujah.
 
Ce texte a été signé par :
 
Paul ARIES, philosophe et écrivain, intellectuel de référence du courant de la décroissance. Dernier ouvrage publié : La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance.
 
Marc ATTEIA, docteur en mathématiques appliquées, professeur honoraire de l'Université de Toulouse, auteur de Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain, Yves Michel, 2009.
 
Marie-Christine GAMBERINI, traductrice, référente de l'association Les Amis de la Terre France sur le nucléaire et l'énergie.
 
Alain GRAS professeur émérite de l'Université Paris I et directeur du Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques, cofondateur de la revue Entropia, auteur de Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007.
 
François JARRIGE, maître de conférence à l’Université de Bourgogne, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique, imho, Paris, 2009.
 
Baudouin JURDANT, professeur émérite à l'Université Paris 7, traducteur de Paul Feyerabend, auteur de l'ouvrage Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique, Ed. Les Archives contemporaines, Paris, 2009.
 
Paul LANNOYE, docteur en Sciences physiques, député européen honoraire, administrateur responsable du Groupe de réflexion et d'action pour une politique écologique (GRAPE) en Belgique, co-traducteur en français du rapport du CERI, éditions Frison-Roche.
 
Serge LATOUCHE, professeur émérite d’économie de l'Université Paris XI et objecteur de croissance, auteur de Vers une société d'abondance frugale ; Contresens et controverses sur la décroissance, Mille Et Une Nuits, Fayard, 2011.
 
Frédérick LEMARCHAND, sociologue, co-directeur du pôle RISQUES, Université de Caen, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN. Coauteur de Les Silences de Tchernobyl et du film La vie contaminée, Conseiller de l’exposition internationale Il était une fois Tchernobyl.
 
Corinne LEPAGE, ancienne ministre de l’environnement, députée européenne, enseignante à l’IEP. Dernier ouvrage : La vérité sur le nucléaire ; le choix interdit, Albin Michel, 2011.
 
Stéphane LHOMME, président de l’Observatoire du nucléaire, auteur de L’insécurité nucléaire ; bientôt un Tchernobyl en France, Yves Michel, 2006.
 
Jean-Marie PELT, président de l'Institut Européen d'Ecologie et professeur honoraire de l'Université de Metz, dernier ouvrage : Heureux les simples, Flammarion, 2011.
 
Pierre RABHI, agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agroécologie.
 
Jacques TESTARD, agronome et biologiste, docteur en sciences, directeur de recherche honoraire à l'Inserm; ex-président de la Commission française du développement durable (1999-2003). Co-auteur de Labo-planète. Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens, Mille et une nuits, 2011.
 
Jean-Marc ROYER, ingénieur, ex-cadre supérieur ADP, ancien dirigeant du syndicat de cadres SICTAM/CGT Orly, en cours de publication : Décoloniser l’imaginaire occidental. I. La science creuset de l’inhumanité.
 
 
 
 
[1] 100 Mt : Andreï Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990, p 246. L’IRSN parle de 50 Mt.
 
[2] Comité Européen sur le risque de l’Irradiation (CERI), Recommandations 2003 du CERI, Ed Frison Roche, 2004. Synthèse et commande du rapport : www.euradcom.org. Pour le CERI, environ 65 millions de morts sont imputables à l’industrie atomique depuis 1945 !
 
[3] Claude Lorius, Voyage dans l’Anthropocène, Actes Sud, 2010.
 
[4] La grande majorité des informations qui suivent sont extraites du livre d’Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, « Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature », annales N°1181 de l’Académie des sciences de New York, dont le choix de textes traduits en français est dû à Wladimir Tchertkoff avec la collaboration de Lisa Mouravieff. Version américaine partiellement consultable en ligne sur : http://books.google.fr/. D’autres sites en proposent le digest français.
 
[5] Dans ces bombes, il y avait quelques kilos d’uranium ou de plutonium contre plusieurs centaines de tonnes à Tchernobyl !
 
[6] Au moment de l’accident, l’activité de certaines « particules chaudes » atteignait 10 à 12 mille becquerels, ce qui pouvait provoquer la mort en quelques heures.
 
[7] Yuri Bandajevski fut arrêté en juillet 1999, prétendument dans le cadre des mesures d'urgence destinées à combattre le terrorisme. Arbitrairement détenu, puis accusé de corruption et condamné le 18 juin 2001 à huit années de prison, malgré la rétractation publique de son accusateur, au terme d'un procès digne de ceux des années 30, il fut incarcéré jusqu’en 2005. Vassili Nesterenko, directeur de l'Institut indépendant biélorusse de protection radiologique Belrad, qu'il a créé en 1989 avec l'aide d’Andreï Sakharov, Ales Adamovitch et Anatoli Karpov, a été menacé d'internement en asile psychiatrique par le KGB, a subi deux attentats, et est décédé le 25 août 2008 après une opération à l'estomac.
 
[8] Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, op. cit. Ces chiffres ont été largement revus à la hausse soit par l’académie des sciences de NY, soit à la suite de la conférence internationale de nov. 2010 : La gazette nucléaire n° 259 février 2011, http://resosol.org/Gazette/2011/259p23.html
 
[9] Ere caractérisée par le fait que l’homme en est devenu la force géologique principale (Georgescu-Roegen, A. Gras, J. Grinevald ou C. Lorius).
 
[10] Allouch Jean, Erotique du deuil au temps de la mort sèche, EPEL, 1995.
 
[11] Frédéric Lemarchand, sociologue, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN, article du 17 mars 2011, Les Echos.
 
[12] Un accord a été signé en 1959 entre l’AIEA et l’OMS obligeant celle-ci à soumettre sa position à celle de l’AIEA dans tous les cas où le nucléaire est en jeu.
 
[13] Dans le film « Tchernobyl. La vie contaminée, vivre avec Tchernobyl » de David Desramé et Dominique Maestrali.
 
[14] Il reste encore en 2011 l’équivalent de quelques dizaines de tonnes d’uranium sous le sarcophage…
 
[15] Lettre du professeur Nesterenko à Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex et Bella Belbéoch, janvier 2005.
 
[16] Combustible constitué d'un mélange d'oxydes d'uranium, mais aussi de plutonium, ce qui d’une part réduit les marges de sécurité (sa température de fusion étant plus faible et plus rapidement atteinte) et d’autre part accroît sa dangerosité, quelques milligrammes suffisant à déclencher une mort rapide.
 
[17] Melman Charles, Lebrun Jean-Pierre, La nouvelle économie psychique, une nouvelle façon de penser et de jouir aujourd’hui, Eres, 2009.
 
 
Signez la pétition !
 
 
 
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Vidéo en relation avec cet article :
La puissance destructrice de l'humanité
Savez-vous ce que représente l'arsenal nucléaire mondial existant en Juin 2004, par rapport aux 2 bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 ?
Isao Hashimoto répond à cette question par ce clip. Incroyable !
 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 03:25
conference-presse.jpgUn arrêt à froid en entraîne un autre.
Suite à l’achèvement de l’étape 2 de la feuille de route destinée à sortir de la crise nucléaire, le ministre japonais en charge de ce dossier, Goshi Hosono, a indiqué il y a quelques jours que désormais, le gouvernement ne ferait plus de conférence de presse conjointe avec TEPCo. Puis, très pressé de rejoindre une émission de télévision de NHK, il a planté les journalistes en plein milieu de cette dernière conférence de presse, abandonnant ses camarades Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire et Toshio Nishizawa, président de Tepco. Alors que le ministre partait, ces derniers ont voulu clore la séance des questions et partir dans la foulée.
Il n’en a pas fallu plus pour que les journalistes s’énervent et invectivent le ministre :
 
« Pour quelle raison les personnes autres que M. Hosono auraient à quitter aussi la salle ? »
« C’est la dernière conférence de presse commune. Prenez vos responsabilités et répondez aux questions ! »
« Vous n’avez pas du tout répondu aux questions du peuple japonais ! »
« Vous êtes impoli et trahissez le peuple japonais ! »
« Vous êtes un arnaqueur ! »
« Vous êtes un assassin ! »
« Vous ne pouvez pas être sérieux ! »
« S’il vous plait, restez ici pour répondre aux questions ! »
 
Entendant cela, Hosono a fait demi-tour et, après avoir demandé aux journalistes de rester courtois, a de nouveau expliqué qu’il ne pouvait pas rester. Puis il a négocié avec Sonoda pour que celui-ci reste pour répondre aux questions.
« Qu’en est-il des questions auxquelles nous n’avons pas eu de réponse jusqu’à maintenant ? » lance un journaliste.
« Nous vous répondrons par mail ou par courrier », répond le ministre qui s’excuse encore une fois et s’en va.
 
Et là… le président de Tepco, Toshio Nishizawa, n’ayant absolument pas envie de répondre aux questions des journalistes, s'est sauvé comme un couard. Car lui, il n’avait pas d’émission de télé, il n’avait pas de raison de partir.
« Pourquoi M. Nishizawa s’en va ? »
« M. Nishizawa ! »
« M. le président ! »
Zengo Aizawa, vice-président de Tepco, a pris le micro et, tout penaud, a expliqué qu’il ne savait pas pourquoi Toshio Nishizawa était parti. Et le porte-parole de Tepco, Junichi Matsumoto, son voisin de table de presse, a poussé un gros soupir de fatigue.
 
Cet épisode en dit long sur l’incapacité du gouvernement japonais et de l’opérateur Tepco à répondre sincèrement aux questions des journalistes. Le peuple japonais s’inquiète de plus en plus des effets sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima mais il n’y a personne pour répondre aux questions qu’il se pose.
 
Voici la vidéo de ce passage mémorable de cette dernière conférence de presse commune. Le sous-titrage est en anglais. Tepco envisage également de réduire le nombre de ses points presse. L’information a pris soudain un coup de froid. L’état en a décidé ainsi.
 
Il n’est pas certain que dans ces conditions, le gouvernement Noda dont les ministres se font maintenant insulter garde longtemps la confiance de son peuple. La vérité, que le lobby nucléocrate essaie tant bien que mal de cacher, se fait connaître petit à petit. On n’est plus au temps de Tchernobyl, l’Internet fait son travail, surtout par l’intermédiaire des jeunes générations.
 
 
 
sources :
Photo : Ryusaku Tanaka, journaliste ayant participé à la conférence
 
---------------------------------------------------- 
 
Pour terminer, voici quand même quelques infos… non gouvernementales.
 
On trouve encore du strontium à 60 km au large de Fukushima, ce qui prouve que la centrale continue à polluer le Pacifique.
 
Les entreprises fuient Fukushima en nombre plus grand que ce qui est publiquement admis par le gouvernement local.
 
Noguchi Ken, sans doute l'alpiniste japonais le plus célèbre au monde, est malade. Il avait visité la zone des 20 km et avait pris des photos des animaux abandonnés dans la région.
 
Les frais de décontamination de 102 municipalités vont être pris en charge par l'Etat.
 
Monsieur Odome à Minamisoma a toujours besoin d’aide pour trouver de la nourriture saine en territoire contaminé.
 
Certains hôpitaux refusent de voir des patients irradiés
 
Et encore trop d’écoliers japonais fréquentent des établissements contaminés.
 
Car les normes japonaises en matière de radioactivité sont… hors normes !
 
Il faut vraiment faire savoir que la dose radioactive reçue lors d'un vol transatlantique ne peut être rapprochée de la contamination par des particules radioactives !
 
Et encore bien d'autres informations sur Fukushima Informations :
 


 
 
 
 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 00:10
photo 1323976396435-1-0Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné vendredi une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l'eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amèneront à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire.
 
 
Aucun progrès
 
Tout d’abord, les déclarations de Tomohiko Suzuki (1) sont à l’opposé de la communication officielle qui proclame que tout est sous contrôle. Selon lui, aucun progrès n’a été fait vers une quelconque sortie de la crise nucléaire : seuls des travaux de façades ont été effectués pour faire croire à une maîtrise de la situation. On peut citer en effet l’installation de la tente de protection du réacteur n°1 et le nettoyage de la façade sud du réacteur n°4. Il s’agit d’actions concrètes et visibles propices pour donner une image de maîtrise de la situation. Or en réalité il n’en est rien. Ces actions de sécurisation à court terme ne règlent aucun problème :
 
- On ne sait toujours pas quoi faire de l’eau contaminée par le refroidissementeauFukushimaDaiichiSteelTanks des réacteurs, eau que l’on essaie de retraiter mais qui en fait s’entasse sur le site, au risque de la voir se répandre par des fuites diverses dues à des failles dans le sol, à des tuyaux de mauvaise qualité, à des normes techniques différentes selon les entreprises qui interviennent, et peut-être cet hiver à cause du gel de certains circuits exposés en plein air. Au 15 novembre, les réservoirs installés sur le site pouvaient contenir 106 000 tonnes d’eau contaminée. S’il n’y avait pas une pression de l’opinion public, TEPCo aurait déjà relâché cette eau dans la mer.
 
 
- Les 6 piscines des réacteurs et la piscine commune nécessitent un refroidissement constant car elles renferment ensemble 1964 tonnes de combustible. Aucune erreur n’est tolérable pour la maintenance de ces piscines, et il est difficile de comprendre pourquoi Tepco a laissé s’évaporer l’eau de la piscine n°4 jusqu’à ne plus avoir que 1,50 mètre de hauteur au dessus du combustible le 1er décembre alors que 7 mètres sont nécessaires. Ces piscines extrêmement dangereuses ne servent à rien. Elles nécessiteront des dépenses pharaoniques de surveillance et d’entretien durant des dizaines d’années alors que l’électricité qui a été produite avec les combustibles entreposés est déjà consommée depuis longtemps.
 
- Les coriums des réacteurs 1, 2 et 3, représentant au maximum 257 tonnes deou combustible, ne sont pas localisés. Malgré des centaines de pages de rapports divers et des modélisations rassurantes, personne ne peut dire aujourd’hui où ils sont exactement. Comment peut-on affirmer contrôler quelque chose qu’on ne sait pas localiser ?
 
.
.Intégralité de la conférence de presse de Tomohiko Suzuki avec interprète anglophone
(durée : 1 heure 42 ; langue : japonais et anglais, sous-titrage en français en 2 parties)
 
Partie 1
Partie 2

 
 
 
Un témoignage accablant
 
Tomohiko Suzuki témoigne également des conditions de travail inadmissibles, de l’absence de vérification de la qualification des intérimaires, de la guéguerre entre les constructeurs Toshiba et Hitachi qui dissimulent des données qu’ils devraient partager. Toutes ces informations sont habituellement cachées au Japon car les ouvriers du nucléaire n’ont pas le droit de parler, comme cela est stipulé dans leur contrat d’embauche (2). C’est pour cela que cette conférence de presse est exceptionnelle. Les informations sont de première main et c’est suffisamment rare pour être remarqué.
 
Vidéo réalisée par Tomohiko Suzuki à l’intérieur de la centrale (caméra cachée)
(durée : 17 minutes ; langue : japonais)
 

 
 
Pour lui, il fallait évacuer une zone de 80 km autour de la centrale, comme les Etats-Unis l’avaient préconisé pour leurs propres ressortissants. « Il y a des gens qui vivent dans des zones où personne ne devrait être. C'est presque comme s'ils vivaient à l'intérieur d'une centrale nucléaire », explique Suzuki.
 
Malgré l’absence de progrès notables dans la résolution de la crise, les nouvelles idées des ingénieurs sont aujourd’hui repoussées car il n’y a plus d’argent pour cela. On comprend mieux la précipitation du gouvernement et de TEPCo pour annoncer un « arrêt à froid » des réacteurs. Même si cela ne veut rien dire concrètement face à des réacteurs ruinés ayant perdu leur capacité de confinement, cela permet de réduire drastiquement le budget alloué à la résolution de la crise. Et tout cela aux dépens de la santé des travailleurs qui, pour la plupart, ne sont pas suffisamment prévenus des dangers des radiations. Cela explique sans doute le taux de mortalité important sur l’usine : depuis 7 mois, au moins 5 ouvriers sont morts de manière brusque.
 
 
Risques pour la santé des travailleurs
 
Tomohiko Suzuki a ainsi dénoncé les dangers et les risques pour la santé des travailleurs. Il existe d’ailleurs toujours des doutes sur l’état de santé des employés que TEPCo a « perdu » de ses listes dans les premiers mois et qu’il serait « impossible » de retrouver aujourd’hui. Le 20 juin, TEPCo avouait avoir perdu 69 ouvriers. Le 21 juillet, NHK rapportait que 198 travailleurs avaient été perdus par l’entreprise. Enfin, selon Fukushima Diary, il manquerait officiellement 840 ouvriers au 15 décembre. Que signifient ces chiffres ? TEPCo semble perdre certains de ses employés au fur et à mesure que le temps s’écoule. Au lieu de retrouver ces personnes pour pouvoir vérifier leur contamination et suivre leur état de santé, l’opérateur en perd de nouveau.
 
ouvriers
Ouvriers au réacteur n°4 : combien de temps sont-ils restés au bord de la piscine ?
 
En fait, on apprend avec notre journaliste freelance que, juste après les explosions de mars, TEPCo avait demandé à l’ensemble de ses entreprises de sous-traitance de recruter « des gens qui n’avaient pas peur de mourir ». Comment cela est-ce possible ? Hormis les Japonais qui effectivement, dans un esprit de sacrifice, ont accepté de risquer leur vie pour éviter que le Japon ne devienne un désert radioactif, qui d’autre pourrait accepter cette idée terrible ? Une autre information de poids rapportée par Suzuki pourrait l’expliquer en partie : le journaliste dévoile que les yakuzas sont très impliqués dans l’industrie nucléaire, étant responsables pour 10 % du nombre de recrutés dans la centrale de Fukushima. Les yakuzas formeraient la plus grande organisation criminelle au monde. Il faut savoir qu’au Japon, plus de 41 % des patrons de grandes entreprises japonaises affirment avoir été victimes de racket de cette organisation qui perçoit des « dîmes » régulières. On peut donc comprendre alors quels types de pressions peuvent être exercés sur des familles qui auraient des « dettes ». Car, selon Suzuki, les groupes yakuza ont longtemps envoyé des travailleurs dans les centrales nucléaires comme un moyen de rembourser les prêts consentis à des taux exorbitants.
 
 
 
Recrutements douteux
 
Une autre manière de recruter des ouvriers sur la centrale est le démarchage des personnes en difficulté. Certaines sociétés de sous-traitance sont allées très loin pour recruter des personnes dans le besoin, et surtout ne connaissant pas les dangers de la radioactivité. En témoigne ce tract alléchant distribué dans la région d’Ibaraki, et trouvé dans la boîte aux lettres d’un lecteur de ce blog au mois d’octobre. En voici l’image et la traduction :
 
 tract« Travail de reconstruction dans la zone sinistrée suite à la grande catastrophe dans l'est  du Japon
A l'intérieur de la zone de protection des 20 kilomètres (à l'extérieur de la centrale nucléaire) pour un travail de déblaiement.
4 heures par jour (par équipe de 24 heures)
Salaire journalier : 27 000 yens
(2 mois = plus de 1 600 000 yens)
Prise en compte à partir du 10 du mois, paiement 7 jours plus tard.
Durée du travail : 2 mois (pas de vacances)
Logement offert
Frais de repas 1750¥ (3 repas/jour) possibilité de retenue directe sur salaire
Age : entre 40 et 70 ans, hommes uniquement
Travail sécurisé (équipement de protection fourni)
(Sans domicile fixe et membres de la mafia refusés)
Cette annonce sera renouvelée chaque mois, les premiers arrivants seront les premies inscrits.
"Jusqu’à la fin des travaux de déblaiement"
S.A.R.L Hosyo planning 
Responsable : M. Nakamura : 047- 703 7122 
(Joignable de 6:00 à 11:00) »
 
[NDT : Il y a lieu probablement de décompter les charges sociales, les frais d'agence et de postage ainsi que la commission de l'agent recruteur qui peut être importante, ce qui donnerait un salaire net moindre, mais restant encore très alléchant]  
 
Véritable tract de recrutement ou arnaque ? Seules les personnes dans le besoin qui ont répondu à cet appel pourraient en témoigner. Quoi qu’il en soit, la catastrophe de Fukushima semble avoir créé une économie parallèle, où des salaires mirobolants sont versés à des gens prêts à tout pour sortir de la misère, et où on ne prendrait même pas la peine d’inscrire l’identité de certaines personnes appelées à faire des tâches quasi suicidaires. Sur internet, on trouve ce genre d’annonce avec un salaire mensuel plutôt de l’ordre de 200 000 yens (lien) mais le salaire journalier annoncé n’est pas non plus aberrant puisqu’on trouve aussi des annonces à 30 000 yens pour 3 heures de travail la journée (lien). Ces écarts de salaire s’expliquent sans doute par les différences des tâches à effectuer sur le terrain ou dans la centrale.
 
 
Un message secret
 
Il est impossible de savoir aujourd’hui où sont passés les ouvriers disparus. Etant donné que TEPCo ne communique pas sur ce sujet extrêmement délicat, des rumeurs ont circulé sur Twitter et sur la toile. Pour exemple, ce message troublant que l’on m’a transmis début novembre d’un « ancien professeur de math à l'Université de Kyoto, actuellement chef pour la relance des zones sinistrées » ; En voici la traduction :
 
Envoyé le : Jeudi 3 Novembre 2011 9h54 Objet : prof de Kyoto Univ.
 
« Tepco a toujours affirmé qu'ils avaient perdu la trace d'une centaine d'employés concernant leurs suivis dosimétrique et médical, c'est faux.
La réalité est qu'ils sont morts à cause de la très forte radioactivité des installations endommagées.
Ces victimes ont été parfaitement prises en charges médicalement par les unités de "Fukushima medical university"
Le département qui les a pris en charge a archivé tous les éléments médicaux de tous ces patients (symptômes, analyses, prélèvement humains, évolutions).
Si cette information, concernant une entreprise privée ayant occasionné un certain nombre de victimes directes, venait à être connue, cela ferait un très gros problème compte tenu de la situation actuelle.
Ne pouvant cacher qu'un certain nombre d'employés avait disparu de leurs listes, la direction de Tepco, avec l'aval du gouvernement, a préféré mettre en avant une perte de contact administratif avec ces personnes concernant leurs suivis médical et dosimétrique.
Les familles des victimes ont reçus de très belles indemnités pour les faire taire.
A l'heure actuelle personne ne parle, car cela représente pour les familles dédommagées une menace si elles venaient à rompre leur silence.
Moi, j'ai longuement hésité avant de vous informer de ce constat, il est probable que ce message sera effacé assez rapidement par les administrateurs du site.
Les personnes qui me lisent et qui me diffusent, auront peut-être quelques petits dérangements, mais la censure de la réalité d'une situation ne peut pas aller en s'améliorant.
Je continuerai d'essayer à vous tenir au courant, mais il ne sera pas toujours simple d'être clair, je vous apporterai plus de précisions en messages privé. »
 
Info ou intox ? Qui aurait intérêt à diffuser ce genre de texte ? Il faut espérer qu’un journaliste d’investigation retrouvera un jour l’homme qui a écrit ce message lancé comme une bouteille à la mer. Cette lettre pourrait être malheureusement véridique car elle concorde avec d’autres sources plus explicites.
 
 
Les ouvriers « jetables » ?
 
Selon Fukushima Diary, un travailleur de 21 ans est mort d’un infarctus. Il avait travaillé à la centrale de Fukushima Daiichi de mars à juillet 2011. Il est mort chez lui, et aucune autopsie n’a été réalisée. Cette mort n’est donc pas comptabilisée. Cette information a été donnée par M. Sakuma, commerçant à Kawamata-machi ‒ à 22 km à l’est du site nucléaire ‒ lors d’une interview accordée au journaliste Iwakami Yasumi. Accablé par les banques à qui il devait 30 millions de yens, cet homme est allé travailler à la centrale tout en étant bien conscient des risques qu’il encourait. Grâce à son témoignage, on apprend que dans les zones les plus contaminées, les ouvriers « non référencés » sont obligés de travailler dans des conditions extrêmes : l’un de ses amis a dû aller dans le réacteur n° 3. Dans un endroit rempli de débris, le compteur montrait environ 1~2 Sv/h. Le lendemain matin, le même endroit avait été impeccablement nettoyé, ce qui signifie que cela avait été fait par des hommes et non par des robots.  Certains travailleurs « jetables » pourraient ainsi être forcés à travailler dans des situations extrêmes, puis on les renverrait, enfin ils seraient marqués comme « manquants ».
 
La police ne serait pas mieux lotie. Les policiers qui gardent la zone d'évacuation de 20 km ne sont pas informés du niveau de rayonnement de l’environnement où ils travaillent (environ 100 microSv /h lorsque M. Sakuma l’a mesuré) et de ce fait, les décès  des policiers ne sont pas plus comptabilisés car ils ne font pas partie de la liste des ouvriers.
 
policiers
Policiers en bras de chemise et ne portant qu'un masque à poussière dans la zone contaminée : savent-ils ce qu’ils risquent ?
 
Même quand ils ne sont pas forcés de faire des travaux dangereux, certains  ouvriers font en sorte de ne pas toujours porter leurs dosimètres afin de pouvoir travailler plus longtemps, car dès qu’ils arrivent à la dose maxi, ils perdent leur emploi. C’est aussi ce qui explique que beaucoup d’ouvriers aient des dépassements de doses. D’ailleurs, l’ancien directeur de la centrale lui-même, souffrant aujourd’hui d’un cancer, avait avoué ne pas s’être inquiété des doses qu’il avait reçues. Depuis mars, d’après les données officielles de TEPCo, sur les  17 780  personnes qui sont venues travailler à la centrale de Fukushima Daiichi, 338 d’entre elles auraient reçu des doses supérieures à 100 mSv. Mais on ne sait pas si les « disparus » sont comptabilisés dans ce nombre. On ne sait pas non plus combien de ces employés sont encore en vie aujourd’hui. Tant que cette liste restera anonyme, il sera impossible de vérifier ces informations unilatérales.
 
Témoignages d’ouvriers sur ZDF (émission Frontal 21 du 4/10/11)
(durée : 8 min 21, sous-titrage en français)
 
Par ailleurs, un journaliste a tenté de poser la question du nombre de morts directement au gouvernement, représenté ce jour-là par le secrétaire parlementaire Yasuhiro Sonoda : il lui est en fait impossible de répondre à la question et se reporte toujours sur une demande faite à TEPCo. Sa non réponse implique donc que le gouvernement ignore combien de morts il y a eu à Fukushima depuis le 11 mars.
 

 
Des ouvriers en colères
 
Suite à l’annonce gouvernementale évoquée au début de cet article, il n’y a pas que le gouverneur de Fukushima qui a sursauté en regardant la télévision. Selon le Tokyo Shinbun (le Journal de Tokyo), les travailleurs de Fukushima sont également furieux d'avoir entendu leur premier ministre déclarer que non seulement la température dans les réacteurs avait baissé mais que la situation était désormais sous contrôle : « Le gouvernement ment » ; « Je ne comprends pas ce qu'il dit » ; « On ne peut même pas entrer dans les bâtiments et on ne sait même pas comment récupérer les combustibles ». Un des travailleurs qui regardait la conférence à la télévision commenta aussi : « J'ai cru que je ne comprenais plus le japonais. Je ne crois pas qu'il parle de la centrale que je vois tous les jours. Il nous faudra encore des années pour pouvoir gérer la situation... »
 
Et pendant ce temps-là, les grands médias francophones diffusent en continu une information officielle rassurante (Je vous laisse deviner qui titre quoi !):
etc.
 
Alors que les Japonais soit pleurent, soit sont en colère en entendant leur premier ministre annoncer cet « arrêt à froid », le reste du monde est hilare ou ahuri devant ce mensonge d’état. Le monde entier ? Non, la France aux 58 réacteurs soupire d’aise et se donne pour objectif de construire 30 nouveaux EPR d’ici 2050
 
 
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(1) Tomohiko Suzuki vient d’éditer un livre intitulé « Le pouvoir des yakusas dans le nucléaire », détaillant ses nombreuses expériences à la centrale de Fukushima Daiichi et les connexions entre les syndicats du crime yakuza et l'industrie nucléaire. Il a été publié par Bungei Shunju le 15 décembre 2011.
 
(2) Phrases relevées dans les contrats TEPCo : « Si le signataire accepte ce travail, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte de la centrale de Fukushima, il doit rester dans un strict secret concernant toute information, qu’elle soit écrite, orale ou obtenue par observation. » ; « Le signataire n’acceptera jamais d’interview ou une quelconque enquête de la part de tout média, que ces requêtes aient ou non à voir avec le travail. » (source)
 
 
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sources :
 
 
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Pour aller plus loin :
autres articles et reportages sur les ouvriers de Fukushima
 
Les liquidateurs de Fukushima
 
Yakuzas et centrales nucléaires
   
Témoignages d’ouvriers sur Channel 4 news
(reportage en anglais)
 
Tokyo Freeters - Un film de Marc Petitjean
Le Japon compte aujourd'hui plus de deux millions de freeters, "travailleurs jetables après usage" : des jeunes précaires peu qualifiés qui, faute de moyens, ne peuvent se fixer.
 
À la rencontre des travailleurs de Fukushima
(reportage france24)
 
5 TEPCO Workers Have Over 250 mSv Of Internal Contamination
 
 
   

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Mise à jour de mars 2013

 

L’Asahi Shimbun a rapporté le 28 février 2013 que Tepco n’a pas transmis les données concernant les doses reçues par 21 000 travailleurs à la centrale de Fukushima Daiichi. Ces données doivent être fournies à la Radiation Effects Association, une société d'intérêt public qui gère les données de dose des travailleurs de centrales nucléaires.

 

source : http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201302280086

 

Copie de l’article en anglais :

 

THE ASAHI SHIMBUN

Tokyo Electric Power Co. failed to submit radiation dose data to an industry database, compromising the health of 21,000 people who worked at the Fukushima No. 1 nuclear plant after the March 2011 disaster.

The development shows that Tokyo Electric Power Co. remains lax about protecting the safety of workers, many of whom are employed by subcontractors. It also underscores flaws in the private records system to prevent nuclear plant workers from being exposed to dangerous accumulated doses.

A big problem is that many nuclear plant workers often switch companies—including unscrupulous ones--and they can be exposed to more radiation than legally allowed unless the dose data are kept at a centralized database.

The Ministry of Health, Labor and Welfare has repeatedly told TEPCO to submit the dose data of the 21,000 people to the Central Registration Center of Radiation Workers, operated by the Radiation Effects Association, a public-interest corporation that manages dose data of nuclear plant workers in an integrated manner.

The workers were at the Fukushima plant between March 11, 2011, the day the plant was destroyed by the Great East Japan Earthquake and subsequent tsunami, and March 31, 2012, or the end of fiscal 2011.

More than 80 percent of those workers, or 17,600, were from other companies, including subcontractors.

TEPCO on Feb. 18 agreed with the Radiation Effects Association to submit workers’ accumulated data for fiscal 2010 and 2011 by the end of March. The provisional data will be replaced when full-fledged records, including the names of employers and other details, are ready.

“We are extremely sorry for the delay,” a TEPCO spokesman said.

The company has said it took several months before data were retrieved from a computer system damaged by the tsunami. After the disaster, records were initially kept on paper, and it took time to convert them into electronic form.

In May or June each year, electric power companies submit dose data for the previous fiscal year to the center.

Around June 2011, TEPCO said the submission of data for fiscal 2010 would be delayed, and it also did not provide data for fiscal 2011. Records for fiscal 2010, excluding the post-disaster period, were submitted around July 2012.

Electric power companies, primary contractors and subcontractors are legally required to measure doses of nuclear plant workers and keep them under 50 millisieverts a year and 100 millisieverts over five years.

Many primary contractors set 20 millisieverts as the annual ceiling.

Of the 25,000 people who worked at the Fukushima No. 1 plant between March 11, 2011, and Dec. 31, 2012, more than 4,800 were exposed to an excess of 20 millisieverts a year, compared with seven for all of Japan in fiscal 2009.

The average among 76,000 nuclear plant workers across the country that year was 1.1 millisieverts.

Electric power companies have said data management in an integrated manner is not essential. They argue that they can check information in radiation management records--a dose record book kept by individual workers--when new workers arrive at their nuclear plants.

The companies say they make inquiries to the central registration center only when they need to confirm entries in the record books. The center receives 60,000 to 90,000 inquires a year.

However, workers themselves say dose data cannot be strictly managed by radiation management records alone.

Primary contractors or subcontractors enter data into the record books. But some do not comply with laws and regulations.

One subcontractor had workers cover dosimeters with lead plates at the Fukushima No. 1 plant to keep readings low so that they could continue working at nuclear facilities. Other lax practices about dose management have been uncovered.

A man in his 40s who left the Fukushima No. 1 plant more than a year ago said accurate dose data have not been written into his radiation management record.

The worker was illegally sent there as an employee of a company he does not know well. Moreover, a different company’s name is listed in his record book.

The worker could be exposed to more radiation than legally allowed if he continues to work at nuclear plants with his dose data being left uncorrected.

The Radiation Effects Association says both the system based on the central registration center and radiation management records are essential to manage dose data accurately.

The record book usually includes the latest data available for the worker, but the figures may be revised later. Some workers even lose the record book.

The central registration center, on the other hand, keeps closely examined data, but they are updated only once a year.

The dose data management system including the central registration center was established in 1977 with financial support from the government.

But it is a private-sector framework based on contracts between electric power companies and the Radiation Effects Association. The utilities and other parties are paying 275 million yen ($3 million) to administer the system in fiscal 2012.

It remains unclear whether the utilities, or layers of contractors involved in the nuclear power industry, are responsible for managing workers’ dose data and protecting their safety.

The government is not directly responsible, although the science ministry, the health ministry, the Nuclear Regulation Authority’s secretariat and other branches are involved.

“No ministry or agency is expected to take the lead because the health of individuals is at stake and the responsibility is heavy,” a government official said.

The momentum for change could come from politicians.

Some lawmakers, led by those in the Liberal Democratic Party and New Komeito, submitted a bill to establish a state management system in August, when the two parties were in the opposition camp.

Under the bill, utilities would be required to enter dose data into a government-issued record book and the government would collect and manage the data in an integrated manner.

The bill was scrapped when the Lower House was dissolved in November for a snap election. But some politicians plan to submit the bill to the Diet again.

(This article was written by Jun Sato and Toshio Tada.)

 

 

 
 
 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 02:58


    unité 3 moyenne face cachée 110316 1f sora 1 - CopieLe désormais célèbre blog Ex-SKF, qui donne des informations journalières en provenance du Japon, vient de rapporter l’interview d’un ingénieur japonais, Setsuo Fujiwara, ancien inspecteur au JNES (Japan Nuclear Energy Safety Organization). Celui-ci a déclaré au magazine SPA qu'il y a eu deux explosions au réacteur 3 le 14 mars à Fukushima Daiichi : une explosion d'hydrogène, puis une explosion nucléaire à la piscine de combustible usé.



Ce qui suit est une copie du texte japonais, puis une traduction en anglais et enfin une traduction en français. Précisons qu’EX-SKF n’a pas de connaissance particulière en physique nucléaire, et que de ce fait, sa traduction peut être sujette à révision, le cas échéant.



 

「福島第一原発3号機で3月14日に起きた爆発はピカドン(核爆発)だ!!」

"The explosion in Reactor 3 at Fukushima I Nuke Plant on March 14 was nuclear!"

"L'explosion dans le réacteur 3 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi le 14 mars était nucléaire ! "



そう語るのは、10年の春まで日本原子力安全基盤機構(JNES)で原発検査員を務めていた藤原節男氏。原発の施設と運用について隅々まで知る専門家の一人だ。

So says Mr. Setsuo Fujiwara, who worked at Japan Nuclear Energy Safety Organization (JNES) until the spring of 2010 as nuclear plant inspector. He is one of those experts who know the nuclear power plant facilities and operations in great details.

C'est ce que dit M. Setsuo Fujiwara, qui a travaillé à l’Organisation de sûreté de l’Energie nucléaire du Japon (JNES) jusqu'au printemps de 2010 comme inspecteur des installations nucléaires. Il est l'un de ces experts qui connaissent très précisément les installations et les activités de la centrale nucléaire.

 


 「3号機の爆発では、一度ピカっと炎が出た後、ドーンと黒煙がまっすぐ建屋上方へと立ち上っています。水素爆発であんな黒い煙は出ません。キノコ雲の形状といい、核爆発の現象に酷似している」

"In the Reactor 3 explosion, there was a flicker of fire, then a vertical, black smoke up the reactor building. A hydrogen explosion does not produce such a black smoke. And the mushroom cloud. It resembles a nuclear explosion."

« Dans l’explosion du réacteur 3, il y a eu une lueur d'incendie, puis une fumée noire verticale au dessus du bâtiment réacteur. Une explosion d'hydrogène ne produit pas une fumée noire. Et le nuage en forme de champignon. Cela ressemble à une explosion nucléaire. »

 

 



しかし、政府、東電の発表では、原子炉内部は安定を取り戻してきているはずだが?

But according to the government and TEPCO, the nuclear reactors are getting more stable, aren't they?

Mais selon le gouvernement et TEPCO, les réacteurs nucléaires deviennent plus stables, n’est-ce pas?

 


 「重要な放射能飛散原因は、使用済み燃料プールです」

"A more important source of radioactive materials dispersed is the Spent Fuel Pools."

 

"Une source plus importante de matières radioactives dispersées est la piscine de combustible usé."



 彼は一原発を陸側から写した航空写真を取り出した。

Fujiwara takes out an aerial photograph of the plant shot from the land side.

 

Fujiwara sort une photographie aérienne de la centrale prise du côté terre.


 

「建屋上部フレームは、使用済み燃料プールの場所が吹っ飛んでいます。プール内で爆発が起こり、そこにあった燃料棒は飛び散ってしまったと思われます」

"The upper frames of the reactor building are blown off at the location of the Spent Fuel Pool. I believe there was an explosion inside the SFP, and the fuel rods inside were blown out."

 

«Les cadres supérieurs du bâtiment réacteur sont arrachés à l'emplacement de la piscine du combustible usé. Je crois qu'il ya eu une explosion à l'intérieur du SFP et les barres de combustible qui étaient à l'intérieur ont été soufflées."

   

piscinetrou---Copie.jpg



 
だが、たとえ使用済み燃料が溶融して下に溜まっても、果たしてそれで核爆発は起きるのだろうか。

If the spent fuel had melted and sank to the bottom of the pool, would that cause a nuclear explosion?

Si le combustible usé avait fondu et coulé au fond de la piscine, est-ce que ça aurait causé une explosion nucléaire?


 
「3号機の燃料プール内では、爆発が生じるまでに冷却水が少なくなり、ジルカロイ・水反応で水素が発生。上方の燃料被覆管が溶けて、中のペレットはブロック崩し状態。プール内が原子炉さながら、小出力で臨界状態となって水が沸騰したと思われます。そして、プール水面上方で水素爆発。その圧力で沸騰水中のボイド(水蒸気)が圧縮。ボイド反応度係数はマイナスなので、一気に核分裂の反応度が高まり、即発臨界の核爆発が起きた。3号機爆発のスローモーションビデオを観ると、爆発音が3回聞こえる。これが、水素爆発の後に核爆発が生じた証拠です」

"The amount of cooling water decreased in the Reactor 3 SFP prior to the explosion, and hydrogen was generated from the zircaloy-water reaction. The upper part of the cladding melted, and the pellets fell out and piled [at the bottom of the pool?]. Inside the SFP, it was like a nuclear reactor becoming critical, and the water boiled. Then there was a hydrogen explosion above the surface of the water in the SFP, and due to the pressure from the explosion, voids (steam bubbles) in the boiling water were compressed. The void coefficient was negative, so the reactivity of nuclear fission was suddenly heightened, resulting in a nuclear explosion from the prompt criticality. When you see the slow-motion video of Reactor 3's explosion, you hear three explosive sounds. It is the evidence that the nuclear explosion occurred after the hydrogen explosion."

"La quantité d'eau de refroidissement a diminué dans la SFP du réacteur 3 avant l'explosion, et l'hydrogène a été générée par la réaction du zircaloy avec l’eau. La partie supérieure de la gaine a fondu, et les pastilles sont tombées et se sont empilées [au fond de la piscine ?]. A l'intérieur de la SFP, c’était comme un réacteur nucléaire qui devient critique, et l'eau s’est mise à bouillir. Puis il y a eu une explosion d'hydrogène au-dessus de la surface de l'eau dans la SFP, et en raison de la pression de l'explosion, les vides (bulles de vapeur) dans l'eau bouillante ont été compressés. Le coefficient de vide a été négatif, donc la réactivité de la fission nucléaire a été soudainement accrue, produisant une explosion nucléaire de criticité instantanée. Quand vous voyez la vidéo au ralenti de l'explosion du réacteur 3, vous entendez trois bruits d'explosions. C'est la preuve que l'explosion nucléaire a eu lieu après l'explosion d'hydrogène. "


 
続いて彼が指差したのは、排気筒と3号機を結ぶ配管部分だ。太いパイプはそこで断裂し、短い管が口を空けて転がっている。

Next, he points to the pipe that connected the exhaust stack and Reactor 3. The big pipe is broken, and the short segment of the pipe is lying on the ground.

 

Ensuite, il pointe le tuyau qui reliait le tuyau d'échappement et le réacteur 3. Le gros tuyau est cassé, et le segment court du tuyau est couché sur le sol.


tuyaucoupe.jpg

 

.
 
「東電は、定期点検中の4号機で水素爆発が起きたのは、3号機で発生した水素がこの配管を通って、4号機建屋に入ったためだと説明しました。しかし写真を見ると、このとおり配管は繋がっていない。4号機でも使用済み燃料プール内で水素が発生して、爆発したと言える。3、4号機爆発とも、使用済み燃料プールの水素なら、1号機も使用済み燃料プールの水素による爆発ではないか。これら重要な事故シナリオについて、誰もダメ出しをしていない」

"TEPCO explained that the hydrogen gas generated in Reactor 3 passed through this pipe and entered the reactor building of Reactor 4, causing the hydrogen explosion in Reactor 4 which was in regular maintenance at that time. However, if you look at the photo, the pipe is broken. I think it was a hydrogen explosion in Reactor 4 also, caused by hydrogen generated inside the Spent Fuel Pool. If Reactors 3 and 4's hydrogen came from the Spent Fuel Pools, is it possible that the explosion of Reactor 1 was also caused by hydrogen from the Spent Fuel Pool? But no one is questioning [TEPCO] hard on these important points in reconstructing the accident."

    «TEPCO a expliqué que le gaz hydrogène produit dans le réacteur 3 a traversé ce tuyau et est entré dans le bâtiment du réacteur 4, provoquant l'explosion d'hydrogène dans le réacteur 4, qui était dans un entretien régulier à cette époque. Cependant, si vous regardez la photo, le tuyau est cassé. Je pense que c'était aussi une explosion d'hydrogène dans le réacteur 4, causée par de l'hydrogène généré à l'intérieur de la piscine de combustible usé. Si l’hydrogène des réacteurs 3 et 4 provient de la piscine de combustible usé, est-il possible que l'explosion du réacteur 1 ait également été causée par l'hydrogène à partir de la piscine du combustible usé ? Mais personne ne questionne fermement [TEPCO] sur ces points importants concernant la reconstitution de l’accident. »

 
彼は、脱原発の技術者たちにもこれら事故シナリオ内容を投げかけたが、コメントを控えたという。「日本の技術者は、自分の専門領域以外のことにはなかなか発言しようとしない」と藤原氏は苛立つ。

Fujiwara says he tried to run his scenario of the accident with the engineers who are anti-nuclear, but that they withheld comments. "Japanese engineers are too reluctant to comment on things outside their specialties", says Fujiwara, irritated.

 

Fujiwara dit qu'il a essayé d'exécuter son scénario de l'accident avec les ingénieurs qui sont anti-nucléaires, mais qu'ils ont retenu leurs commentaires. "Les ingénieurs japonais sont trop réticents à commenter des choses en dehors de leurs spécialités», dit Fujiwara, irrité.


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Setsuo-Fujiwara.jpgQui est Setsuo Fujiwara ?

 

Cet ancien inspecteur âgé de 62 ans, ayant dénoncé des irrégularités dans les rapports d’inspection concernant la sécurité d’installations nucléaires au Japon, a été forcé par le JNES à prendre une retraite anticipée en mars 2010. Pour tenter de retrouver son travail, il a porté plainte à la cour de justice du district de Tokyo.

« J'ai décidé de devenir un Don Quichotte et d'élever ma voix, maintenant que je suis presque à la retraite et que je n’ai plus rien à perdre », avait déclaré M. Fujiwara dans une interview.

C’est donc un expert nucléaire japonais qui parle sans aucune contrainte.

 

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sources :

http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/japanese-engineer-there-was-nuclear.html

http://www.zakzak.co.jp/zakspa/news/20111213/zsp1112130929001-n1.htm

http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303654804576346821727192828.html

 

 

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