10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 00:02
Travaux aux unités 3 et 4 (vidéo du 9 décembre 2011)
Dans cette vidéo, on distingue les travaux actuels.
 
 
Ces travaux sont réalisés pour alléger le bâtiment de l’unité 4 et déblayer les décombres. 
 
pelle mécaniqueUne pelleteuse en action là où avait été repéré l’« évènement » lumineux du 1er décembre.
 
 
mur nord du 4 - CopieUn engin de démolition en action sur le mur ouest de l’unité 4.
 
 
img demolition 113 logts colmar cleunay en 2006 2007 761 Type d’engin de démolition utilisé : pince à béton au bout d’un bras articulé
 
La démolition de certaines parties du bâtiment n°4 se fait par « grignotage ». Cette technique consiste à démolir la structure à l’aide d’une pelleteuse équipée d’outils spécifiques. Les plus hautes pelles du monde peuvent avoir 65 mètres de bras de démolition. En octobre, la sociétéHusqvarna avait annoncé que deux de ses robots de démolition contrôlé à distance allaient aider les massives opération de nettoyage sur le site du réacteur n°4 (lien).
 
Il était temps de s’occuper de l’unité 4 car le niveau de l’eau avait dangereusement baissé ces derniers temps, comme le rapporte l’ACRO : « Jeudi 1er décembre, selon un rapport intérimaire de TEPCo, le niveau d'eau dans la piscine du réacteur n°4 a atteint un niveau dangereux et les combustibles usés étaient proches d'être dénoyés. Il n'y avait plus qu' 1,5 m d'eau au dessus des combustibles alors qu'il y en a 7 m habituellement. » D'où l'utilisation du Putzmeister, ce grand bras articulé qui permet d'ajouter de l'eau dans la piscine.
 
 
nouvel état4Nouvel état du bâtiment réacteur n°4.
 
 
Photo mystère
On ne sait toujours pas ce qui a traversé la couverture du bâtiment turbine de l’unité 3, suite à l’explosion du bâtiment réacteur. Un objet toutefois assez énorme vu les dimensions du trou qui a une longueur d’au moins 14 mètres !
trou2
Vue aérienne du 27 mars 2011
 
objets
Objets projetés par l’explosion du 14 mars 2011
 
 
 
Documents
Nouvelle fuite d’eau contaminée se déversant dans l’océan.
Dans ces documents de Tepco, remarquez comment Tepco arrête une fuite d’eau : avec des sacs de sable ! De toute manière, si les égouts se déversent dans la mer, à quoi bon parler de fuite ?
 
fuite décembre
fuite 6 décembre2
 
Plus de détails sur cette ou ces fuites ici :
ou là :
Sans rire, Tepco se fiche bien des fuites, ils avaient décidé de rejeter à nouveau de l'eau contaminée dans la mer. Mais les pêcheurs apparemment pour l'instant ont réussi à bloquer cette nouvelle pollution programmée. Pour combien de temps ?
sources :
 
Histoire de webcams :
la réflexion de Trifouillax sur les changements intervenus récemments en suivant ce lien
zzg9V9eb7mmfa6jw0EJpmTl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB Rd1H6kmuBW
 
 
Cartes
Image de la contamination du Japon : carte gouvernementale truquée
Le mois dernier, Laurent Mabesoone avait dénoncé une désinformation au sujet de la contamination par l’intermédiaire d’une carte « améliorée »

Mabesoone contamination-des-sols-monitoring-aerien m
lire son article ici
 
Aujourd’hui, il a comparé la carte gouvernementale avec celle publiée par des chercheurs japonais dans un article de la revue scientifique “Kagaku”, dévoilant ainsi des différences notables.
 
comapraison cartes
 
Voici son commentaire :
« Voici la copie de la carte de “simulation des dépôts de césium” (à droite). A gauche, en regard, je joins la carte du Ministère (11 nov).
 
Attention ! L'échelle des couleurs est différente.
Sur la carte de droite, c'est une gradation qui donne a peu près :
Bleu : environ 10 000 Bq/m2 en césium
Bleu ciel: 20 000
Vert : 30 000
Jaune : 40 000
Rouge : environ 50 000 et plus

Quand on compare les cartes, cela donne :
Marron fonce devient bleu et bleu ciel
Bleu-vert devient vert
Bleu devient jaune ou rouge.

Conclusion :
1. Selon toute vraisemblance, la zone marron foncé (plus de 10 000 Bq/m2) de la carte du Ministère devrait couvrir environ trois fois plus de territoire (dont Niigata et tout Tokyo – pratiquement tout le bleu de la carte de droite).
2. Les zones de Ibaraki nord, Gunma ouest et Nagano est (Karuizawa, Saku) ne sont certainement pas dans la tranche des 10 000 a 30 000 bq/m2 (comme l'indique la carte du Ministère presque partout), mais elles sont bien a 50 000 bq/m2 pour la majorité de ce territoire. »
 
Pour comparer encore, j'ajoute cette carte du professeur Yukio Hayakawa de l’université de Gunma, spécialiste des cendres volcaniques. Pour avoir diffusé cette carte, cet homme a reçu un avertissement du président de son université avec menaces disciplinaires.
carte3
 
 
 
Album photos
Collection de photos intéressantes sur la catastrophe de Fukushima réalisée par Duke Thehazard
 
thehasard
lien :
 
 
Emission de TV japonaise :
 
Maquette et images intéressantes de mars 2011 de la centrale de Fukushima Daiichi :
 

 
 
 
Vidéo Tepco
Où l’on voit un robot nettoyer une sorte de rail du premier niveau du bâtiment de l’unité 3. La radioactivité, très forte à cet endroit, est visible sur le film qui présente de nombreux points blancs.
 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 01:09

alertez-les-bebes1.jpgDes centaines de milliers de boîtes de lait en poudre pour bébés (Meiji) sont actuellement rappelés au Japon après que des traces de césium radioactif de la centrale nucléaire de Fukushima aient été détectées. La société, qui rappelle 400 000 boîtes au total, a publié les numéros de lots en ligne afin que les gens puissent vérifier par eux-mêmes : les lots contaminés peuvent être reconnus par leur date de péremption comme indiqué ci-après :

6/10/2012: 3, 4, 5

24/10/2012: 21, 22, 23

 

La société Meiji, une des grandes sociétés japonaises de produits laitiers, précise que la quantité de césium dans la poudre de lait est bien en dessous des limites de sécurité (norme : 200 Bq/kg) et que le produit est retiré à titre de précaution.

 

C’est grâce à un journaliste de Kyodo news que l’information a été diffusée, obligeant la firme à réagir. Un laboratoire indépendant avait découvert la contamination du lait par le césium : 30,8 Bq/kg. Selon Meiji, les tests effectués les 3 et 4 décembre ont révélé un taux de césium-134 à 15,2 becquerels par kilogramme et de césium-137 à 16,5 Bq/kg,

 

Le césium 137 est particulièrement toxique. Il affecte a priori tous les êtres vivants et d'autant plus s'ils sont jeunes. Sa toxicité est chimique, mais elle résulte surtout et probablement presque essentiellement de ses propriétés radiologiques. Sur le long terme, la contamination se fait surtout par ingestion. Le césium est ensuite transporté par le sang et tend à se fixer à la place de son analogue chimique, le potassium, principalement dans le squelette. À faibles doses, et à long terme, on lui reconnait les impacts suivants :

- perturbations du cycle veille-sommeil, sans troubles comportementaux importants

- atteinte du système cardiovasculaire

- troubles du métabolisme de la vitamine D, du cholestérol et des hormones stéroïdiennes,

- malformations congénitales et fœtales,

- risque accru de cancers de la thyroïde

D'autres effets, à plus long terme sont suspectés pour le cœur et la paroi de l'estomac.

 

Beaucoup de Japonais ont été surpris par cette information, car ils n’ont pas encore réalisé que la contamination de la chaîne alimentaire est générale. Aujourd’hui, on a du mal à imaginer comment elle ne pourrait pas se poursuivre.

 

Il faut noter que c’est grâce à un laboratoire indépendant que l’information a pu arriver jusqu’au consommateur.  Au Japon, de plus en plus de citoyens se prennent en main pour surveiller la radioactivité de leur environnement et de leur alimentation.

 

alertezles-bebesseegan_t.jpgPar exemple, voici l’appel lancé par Laurent Mabesoone qui réside au Japon :

« Parents du Japon, je vous dirais : faites comme nous, rassemblez de toute urgence 10 000 euros pour passer commande d'un doseur LB200 (ou mieux : A1320A), organisez des séances de mesures citoyennes gratuites pour tous les parents qui le souhaitent, et cessez de compter sur le gouvernement ! »

 

Plus d’infos sur le site Netoyens-info :

 http://www.netoyens.info/index.php/auteur/seegan

 

 

sources :

http://webfarm.bloomberg.com/news/2011-12-06/radioactive-cesium-found-in-meiji-baby-formula-spurs-recall-shares-fall.html

http://www.euronews.net/2011/12/07/japanese-baby-milk-recalled-over-radiation-scare/

http://fukushima-diary.com/2011/12/breaking-news-30-8-bqkg-from-baby-formula/#.Tt8J6LAYv5o.facebook

http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sium_137#Sources_de_contamination.2C_normes_alimentaires_en_situation_normale_ou_de_crise_nucl.C3.A9aire

 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 15:10

Je relaie aujourd’hui cette intéressante réflexion d’Alain Giaccone, co-fondateur de Planète Verte, qui a remarqué une publicité et un partenariat entre le journal Le Monde et Areva et qui s’interroge sur la manière dont les Français sont informés :

 

alain giaccone    « Depuis la catastrophe de Fukushima le débat sur l'énergie nucléaire est désormais porté sur la place publique. Nous sommes toutes et tous en droit de réfléchir et nous poser des questions sur la manière dont nous sommes informés sur le sujet, par les médias en général, par la presse en particulier. La question en titre, dérangeante certes, implique une réflexion collective. L'article suivant, rédigé au lendemain d'évènements importants au Japon comme en France, peut apporter quelques éléments à cette réflexion.

A vous de vous forger votre propre opinion. »

 

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Rappel de la situation au 6 décembre 2011

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Nouvelle fuite d'eau radioactive à la centrale de Fukushima

TOKYO — Une nouvelle fuite de liquide radioactif se déversant en partie dans l'océan Pacifique a été détectée à la centrale accidentée de Fukushima, a annoncé lundi l'opérateur du site Tokyo Electric Power (Tepco).

Des techniciens ont été dépêchés sur les lieux pour trouver la cause de cet écoulement qui s'est produit à proximité d'un système de décontamination des eaux usées, a précisé Tepco.

Une nappe de 45 tonnes d'eau polluée a été découverte autour d'un condensateur, et une barrière de sacs de sable a été dressée à la hâte pour empêcher l'eau de s'échapper.

Source - AFP

 

Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant: Highly Radioactive Water Leaks From Crippled Japanese Facility

TOKYO -- Japan's crippled nuclear power plant leaked about 45 tons of highly radioactive water from a purification device over the weekend, its operator said, and some may have drained into the ocean.

A pool of radioactive water was discovered midday Sunday around a decontamination device (decontamination device = système de décontamination)

, TEPCO said in a statement on its website. After the equipment was turned off, the leak appeared to stop. Later, workers found a crack in a concrete barrier leaking the contaminated water into a gutter that leads to the ocean.

TEPCO is using the purification devices to decontaminate water that has been cooling the reactors. 

Source - Huffington Post

 

La dégradation de Fukushima doit-elle inquiéter ?

Un rapport de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, indique qu’une partie du béton de l’enceinte de confinement des réacteurs 1, 2 et 3 a été rongée, sans toutefois traverser la coque en acier.

…/… Décontamination de l’eau : Le reste des opérations semble se poursuivre normalement. L’installation du système de décontamination de l’eau radioactive par Areva-Veolia, Kurion et Mitsubishi a permis d’extraire des bâtiments environ 150 000 m3  d’eau. 

Source : La Croix - 1er décembre 2011

 

Fukushima : le système AREVA/Veolia contribue avec succès au traitement des eaux contaminées

Le système de décontamination co-développé par AREVA et Veolia Eau* pour la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi vient de franchir le cap des 18 000 tonnes d’eaux hautement radioactives traitées à ce jour, soit 15 % du volume accumulé.

Installé sur le site de Fukushima, gravement endommagé à la suite du séisme et du tsunami qui ont frappé le nord-est du Japon au mois de mars, le système a été conçu, construit et lancé en un temps record (2 mois). Il constitue un élément essentiel pour stabiliser la situation des centrales nucléaires. Il améliorera l’accès des travailleurs aux parties stratégiques du site et permettra à TEPCO (Tokyo Electric Power Company) de réutiliser les eaux traitées pour refroidir les réacteurs.

Source - Service de presse AREVA - juillet 2011

 

Fukushima: le béton de l'enceinte de trois réacteurs sans doute entamé

TOKYO - Le combustible nucléaire qui se trouvait dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale accidentée de Fukushima a rongé une partie du béton de l'enceinte de confinement, sans toutefois traverser la coque en acier, selon des hypothèses de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco).

Dans un rapport d'analyses rendu public mercredi soir, Tepco explique que ses nouveaux calculs laissent supposer que le combustible du réacteur 1 a entièrement fondu, percé la cuve sous pression et est tombé sur le plancher en béton de l'enceinte de confinement, le traversant sur une profondeur qui pourrait atteindre 65 centimètres.

Le combustible fondu se trouverait ainsi par endroits à 37 centimètres de la coque en acier, elle-même entourée d'un bâtiment de béton reposant sur une dalle de 7,6 mètres d'épaisseur.

Une partie du combustible des deux autres réacteurs -- les réacteurs 2 et 3 -- a également fondu en partie, percé la cuve sous pression et commencé de tomber sur le béton, le rongeant sur quelques centimètres.

Source - Libération via AFP - 1er décembre 2011

 

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Une lecture attentive de ces informations permet de résumer la situation de la manière suivante : 

 

- Une fuite importante d’eau radioactive (45 tonnes d’eau hautement radioactive) a été constatée et communiquée par Tepco le 5/12 dans le système de décontamination. Une partie de ces eaux radioactives a été déversée dans la mer.

- Quelques jours avant, Tepco reconnaissait, dans des hypothèses reconnues comme globalement optimistes (lire Hioaki Koidi, professeur de physique à l'université de Kyoto, interrogé par le New York Times), que le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima a rongé une partie du béton de l'enceinte de confinement, rendant la situation plus grave qu’on ne le pensait.

 

Simultanément une action spectaculaire de Greenpeace le 5/12 montre à quel point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire !

 

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Entre-t-on dans les centrales nucléaires françaises comme dans un moulin ?

Des militants de Greenpeace ont facilement pénétré dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine et auraient filmé la scène. Le gouvernement évoque la possibilité de "dysfonctionnements" sur la sécurité.

Source :  Challenges.fr

 

Nucléaire : "défaillance", le mot est dit

« Il est clair que cela révèle des défaillances dans notre dispositif, reconnaît Claude Guéant en milieu d'après-midi en marge d'un déplacement à Paris. Il n'est pas normal que des personnes puissent entrer sur un site hautement sécurisé comme l'est une centrale nucléaire...»

Source : Europe1

 

Greenpeace : la partie de cache-cache avec EDF prend fin à Cruas

Deux militants de l’organisation écologiste ont finalement été remis aux autorités lundi 5 décembre, aux alentours de 20h30. "Il a fallu 14h à EDF pour les trouver", explique l’organisation dans un communiqué. …/…

 Aussitôt les individus remis aux autorités, le groupe électricien a fait part de son incompréhension. Dans un communiqué, le groupe affirme qu'il "diligente une enquête interne spécifique au site de Cruas pour comprendre les circonstances qui ont permis à deux militants de Greenpeace de se dissimuler durant plusieurs heures dans la zone non protégée de l'installation".

Source : L’Usine Nouvelle

 

France admits lapses after breach of nuke reactor security

Greenpeace: Action shows vulnerability of French nuclear security

France's interior minister admitted Monday that lapses in security made it possible for Greenpeace activists to gain entry to a nuclear power plant southeast of Paris.

Interior Minister M. Claude Gueant said there have been lapses in the nuclear plant's security system and has ordered a search of all nuclear plants, a spokesman for the ministry told CNN.

Source : CNN

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Hors, au même moment quel visage montre le «quotidien français de référence» ?

Une communication évènementielle d’Areva ciblée sur la rubrique Planète du site

LeMonde.fr

Voir ci-après les copies d'écran du site LeMonde.fr  réalisées le mardi 6 décembre à 09h11.

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LeMonde Areva 0000 Calque 2

 

LeMonde Areva 0001 Calque 5

 

LeMonde Areva 0002 Calque 4

 

LeMonde Areva 0003 Calque 3

 

LeMonde Areva 0004 Calque 9

 

     

Lien vers le "Live Chat d'Areva": http://chat-live-areva.lemonde.fr/

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:44
Ce billet s'intitulait à l'origine "Incendie à la centrale de Fukushima Daiichi ?" car il s'agissait bien d'une question à la date du 1er décembre.
Le titre a été changé le 4 décembre pour éliminer des inquiétudes qui ne sont plus fondées.
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1er décembre 2011
 
8h45 : Des lueurs changeantes et colorées suggérant un feu sont actuellement visibles entre les unités 3 et 4 à la centrale de Fukushima Daiichi.
 
On peut voir cet évènement en direct sur la webcam TBS/JNN :
 
 
 

 
 
La webcam Tepco, qui a un autre angle, ne permet pas de voir ces lumières, et on ne distingue pas de fumée.
 
 
 
A suivre de près. Je complèterai cette page dès que j’aurai plus d’informations.
 
 
   
 
 
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23h00 - Mise à jour -
Le phénomène a persisté jusqu’à environ 22h00.
Il ne pouvait pas s’agir d’un feu de pétrole car il y aurait eu de la fumée noire.
 
Voici l’emplacement exact de l’évènement sur une image nette de la webcam TBS enregistrée antérieurement :
 
emplacement
 
 
Il y a quelques jours, un internaute avait déjà remarqué au même endroit une lueur verte dont voici le cliché :
 
green flash
(source)
 
 
Instantané de la webcam TBS vers 21h00 : lumière jaune-orangée
 
jaune
 
 
Instantané de la webcam TBS vers 21h00 : lumière verte
 
vert
 
 
L’image est redevenue nette à 21h50. A l’emplacement de la lumière, on voit encore une lueur rouge à 22h10 :
 
emplacement net 22h10 entouré
 
Selon Simply Info, l’hypothèse la plus vraisemblable serait celle d’un feu d’hydrogène contrôlé, pour éviter une explosion. En effet, cela fait plusieurs semaines que Tepco combat la présence d’hydrogène en injectant de l’azote. Peut-être ont-ils trouvé une solution pour se débarrasser de ce gaz explosif.
Autre hypothèse rencontrée dans les commentaires d’Enenews : des feux de véhicule d’urgence.
 
Caractéristiques des lueurs :
- couleurs : jaune, orange et vert
Informations sur les couleurs des flammes : si les gaz incandescents sont riches en particules carbonées, la couleur d’une flamme est jaune et brillante, comme celle d’une bougie. La couleur peut être aussi une indication de l’intensité énergétique des réactions physicochimiques, donc de la température des flammes. Plus la température est élevée, plus la couleur de la flamme est froide. La chaleur peut aussi exciter les électrons des composés métalliques présents dans les flammes. Ils restituent alors l’énergie sous forme d’émission lumineuse spécifique. La présence de chlorure de sodium donne une couleur jaune aux flammes, le chlorure de calcium produit de l’orange, le sulfate de cuivre, l’acide borique, le nitrate de baryum produisent du vert, le cuivre, le zinc et l’acétate de potassium produisent du bleu. Mais ces indications sont insuffisantes pour déterminer ce qui brûlait.
 
Exemple d’une flamme d’hydrogène-oxygène : elle n’est visible que quand elle est exposée à l’air.
.
 
Explications d’Arnie Gundersen sur l’hydrogène de Fukushima
.
 
 
- taille de la flamme supposée :
Si l’on se réfère aux dimensions des bâtiments, la flamme supposée avait une taille d’une dizaine de mètres. Elle semblait former une boule par moment, mais c’est sans doute une déformation de l’image due à son floutage.
 
- emplacement :
Le phénomène lumineux observé semble se situer à proximité du bâtiment réacteur n°3, sur son côté sud. Mais en réalité, la caméra est tellement éloignée qu’il est possible que ce que nous voyons soit situé sur un autre plan que celui des réacteurs. En effet, l’évènement a pu se produire sur une infinité de points situés sur une ligne partant de l’espace #3-#4 et la colline du premier plan. Sur cet axe se trouve un autre bâtiment très important : la piscine commune de combustible usé (en savoir plus sur cette piscine).
 
- durée :
L’évènement a été signalé le 1er décembre 2011 à partir de 16h (ou 10h ET) et a duré environ 6 heures.
 
- trafic dans les webcams :
Durant cet évènement, la webcam Tepco a été débranchée un moment. Par ailleurs, la webcam TBS/JNN est restée floue. Quand la lumière s’est estompée, la netteté est revenue.
Tepco maîtrise donc toujours la communication, à sa manière.
 
    
 
     
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2 décembre 2011 - Mise à jour -
 
9h30 : Le point incriminé est toujours lumineux.
Une couleur verte constante, comme les jours précédents.
 
En revanche, autre élément lumineux ce matin en plus : une lumière rouge clignotante sur une grue près du réacteur n°1. Alerte en cours ?
 
(Remarque : la lumière de la grue est rouge sur la webcam Tepco et jaune sur celle de TBS.)
 
2declumiere-rouge-sur-grue.jpg
 
2dec2lumierestepco.jpg
 
 
 
 
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2 décembre 2011 - Mise à jour -
 
12h00
 
 
 
Depuis 10h40, la caméra TBS n’offre plus qu’une image noire hyper pixellisée.
 
Hier, ils avaient flouté l’image, aujourd’hui on ne voit plus rien. Il est évident que quelque chose veut être caché. Est-ce en rapport avec la lumière clignotante rouge près du réacteur n°1, toujours en marche ?
 
 
 
Le phénomène lumineux d’hier a été enregistré par ichicax4. Si vous n’avez pas pu le voir en direct, le voici en différé :
 
 
 
           
 
 
 
       

A mon sens, la vidéo montre clairement quelque chose en train de brûler. (mise à jour du 4 décembre)

L'agrandissement permet même de "voir" de la fumée qui semble se diriger vers le nord-ouest.
 
ichicax4 nous montre aussi les flashs qui ont précédé l’évènement et expose son interprétation (commentaires en anglais, sous-titrés en français, merci Kna !). On y apprend entre autres que les gaines que l’on dit de zirconium qui entourent le combustible uranium, sont en fait constituées de zircaloy qui est un alliage de zirconium (95%), d'étain (2%), de niobium, de fer, de chrome, de nickel et quelques autres métaux, qui lui sont ajoutés pour améliorer ses propriétés mécaniques et de résistance à la corrosion. Très sensible à l’hydrogène, celui-ci le fragilise.
 
 
 
Très difficile d’interpréter ces informations pour l’heure…
 
 
 
     
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20h00
La webcam Tepco a été coupée vers 19h00. Nous n'avons plus d'image en direct de la centrale
 
      

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3 décembre 2011 - Mise à jour -

11h00

 

Les images des webcams sont revenues ce matin.

L’image Tepco montre toujours une lumière rouge clignotante sur une grue près du n°1.

L’image TBS/JNN montre toujours une lumière blanche au centre et verte en bordure, au même endroit que les jours précédents.

 

Toutefois, le plan de la webcam TBS/JNN a été recadré et ne montre plus la lumière rouge de la grue. La raison pourrait être que cette image révélait une différence très nette de couleurs entre les deux caméras. La lumière de la grue apparaissait comme jaune-orange sur la webcam TBS/JNN, donc saturée en jaune. Dans ce cas, la couleur verte du point « chaud » devrait peut-être être corrigée en bleu. La couleur bleue, dans le cadre d’une piscine de combustible, serait tout à fait normale. Ce qui est anormal est que l’on voie cette couleur très vive à l’extérieur, et que personne n'en donne d'explication !

 

377540_10150503569373245_619858244_10480031_905773014_n.jpg

Très bon cliché de Duke Thehazard

 

3decpointvert.jpg

image TBS/JNN de ce matin

 

 

 

 

 

 

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4 décembre 2011 - Mise à jour -

 

15h00

 

 

 

Etant donné que l’on ne constate pas de fumée visible durant la journée et que la radioactivité ambiante n’augmente pas, il est probable que l’évènement lumineux du 1er décembre ne soit ni un incendie, ni un feu volontaire.

 

 

 

Alors comment expliquer ce phénomène ? Selon la Tribune de Genève, qui s’appuie sur « certaines sources japonaises », ces lumières seraient dues à l’installation d’un nouvel éclairage.

 

 

 

D’après Etienne Servant (Fukushima informations), la partie du spectre visible latéralement sur un projecteur haute luminosité peut osciller entre l'orangé et le vert, ce qui pourrait expliquer le phénomène observé ces derniers temps avec le téléobjectif 500 mm de TBS /JNN : le mouvement du projecteur et de la caméra simultané pourrait produire l'effet visible. Compte tenu de la distance, de la brume, du mouvement simultané de la caméra et du projecteur, ces éclats lumineux peuvent accentuer le phénomène.

 

 

 

En effet, la caméra TBS/JNN est située à environ 2,5 km de la centrale, et l’image que l’on perçoit est forcément déformée par les mouvements de l’air et les mouvements de l’objectif dus au vent. L’absence d’image de cette webcam peut aussi s’expliquer par le passage de brumes qui opacifient l’atmosphère.

 

 

 

Si cette hypothèse n’est pas démentie, cet « évènement » démontre la capacité des hommes à imaginer ce qu’ils craignent. Les lacunes courantes des informations fournies par Tepco font que la surveillance extérieure de la centrale nucléaire la plus dangereuse au monde demande toujours un effort d’interprétation. Les effets lumineux perçus sur les webcams depuis le 11 mars ont d’ailleurs souvent conduit à des interprétations erronées.

 

 

 

Pour l’instant, la mise en place de nouveaux projecteurs dans la centrale paraît être une bonne hypothèse, car les nuits sont plus longues en hiver et les tâches de nettoyage et de déblaiement restent énormes, ce qui nécessite certainement de travailler avec des éclairages puissants.

 

 

4dec2011 lumière rouge agrandisseemnt - Copie

Lumière rouge-orangée remarquée par Robert au sud-est de l'unité 4.

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:04
Des photos du corium ? Ce n’est pas pour demain ! En revanche, de l’imagination, il en faut pour réaliser ces dessins et animations de ce qui se trouve à l’intérieur du réacteur n°1 de Fukushima Daiichi. Les chaines de télévision rivalisent de propositions pour nous expliquer ce que personne ne peut savoir.
1) Image du « combustible fondu » (on n’ose toujours pas parler de corium) selon la NHK et les données récentes de Tepco :
 
corium nhk
 
D’après Tepco, les 69 tonnes de combustible seraient donc restées dans l’enceinte de confinement, ne rongeant le béton que sur une profondeur de 65 cm. Dans cette configuration, le corium ne serait pas sorti de l’enceinte de confinement. Reste à expliquer pourquoi le 31 mars, la nappe phréatique à 15 m sous le réacteur était gravement polluée par de l’iode-131.
 
2) Ecorché du réacteur et animations par TF1 (juin) : le comble de la désinformation. On nous montre qu’un hélicoptère peut larguer de l’eau à l’intérieur même du réacteur et qu’une fois le combustible refroidi, l’eau de refroidissement s’écoule par le bas comme si l’enceinte de confinement avait une vidange… du grand n’importe quoi ! (merci à Uncas pour cette trouvaille !)
 

 
 
 
Vidéo
Une vidéo remarquable pour voir l’intérieur du bâtiment réacteur n°4 : c’est la première fois que nous disposons d’images aussi rapprochées de l’intérieur de l’unité 4. Combien ont été payés ces hommes pour aller dans cet endroit hautement radioactif ? On voit très précisément le couvercle jaune de l’enceinte de confinement, posé sur le côté ouest du niveau technique car le réacteur n°4 était à l’arrêt lors de la catastrophe.
 
 
Voici quelques instantanés extraits de cette vidéo exceptionnelle mise en ligne par aristoman007
 
 

couvercle

 Le couvercle de l’enceinte de confinement
 
drywell4
Enceinte de confinement inondée
 
ouvriers
Ouvriers travaillant au niveau du canal entre l’enceinte de confinement (DW) et la piscine (SFP)
 
toiture
Toiture et murs éventrés par l’explosion du 15 mars 2011
 
 
Photos
Le National Geographic propose quelques séries de photos sur Fukushima, dont celle-ci sur le thème du « nettoyage nucléaire » avec son indissociable corollaire : les déchets !
 
déchets
 
 
Webcam
La terre continue de trembler à Fukushima, comme on peut le constater sur cet enregistrement vidéo de la webcam Tepco de la centrale du 30 novembre 2011.
Tremblement bien visible dans la séquence de 11h à 12h : plusieurs petites secousses à 11h08, 11h10 , 11h17 avec un homme en blanc effectuant un demi-tour sur la passerelle pendant le séisme à 11h17. Les heures indiquées sont celles en haut à droite de l'écran. (source Etienne Servant, Fukushima informations)
 
 
 
Portrait
Masao Yoshida directeur de Fukushima DaiichiLe directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, vient d’être hospitalisé. La nature de sa maladie n’a pas été précisée. Il a été présent sans relâche sur le site depuis le début de la catastrophe. Au-delà de son appartenance au système Tepco qui a permis ce désastre, on peut saluer le courage et la ténacité de cet homme qui a fait acte de résistance en décidant d’injecter de l’eau de mer pour refroidir les réacteurs le 12 mars sans l’aval de sa hiérarchie. L’avenir nous dira s’il a eu raison ou pas.  
(source le Monde)
 
 
Photos
Une série de photos publiées par le Mainichi Daily News montrant ces paysages abandonnés et les gens qui vivent près d'eux, tout en soulignant la menace de rayonnement qui continue de hanter le Japon (cliquer sur l'image pour accéder aux photos).
 
photos
 
 
Vidéo
Le Financial Times examine les catastrophe nucléaire de Fukushima 8 mois après la fuite radioactive causée par la catastrophe nucléaire au Japon. Des villages ont été évacués et les terrasses de riz seront bientôt inutilisables car les effets des radiations à long terme continuent à faire des ravages sur l'environnement proche de la centrale nucléaire de Fukushima. FT visite le village près de Fukushima pour entendre les opinions locaux sur les efforts de décontamination du gouvernement.
Vidéo en Anglais dont la bande son peut être sous-titrée en visionnant sur youtube, et ensuite avec le bouton (cc) traduite dans la langue de son choix.
 
 
 
Ressource documentaire
Le site Enformable est une véritable médiathèque : il propose une série d’archives de photos et de vidéos concernant la catastrophe de Fukushima :
photos enformable
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 23:23

sarkozy.jpgAvec la catastrophe de Fukushima en toile de fond, les promoteurs du nucléaire se font de plus en plus entendre pour défendre leur industrie menacée. Le 25 novembre 2011, avant de se rendre à la centrale nucléaire du Tricastin, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration lors de la visite de l’usine Isover à Orange. Après avoir fait un discours en faveur de la poursuite du nucléaire, il s’est entretenu avec un ouvrier de l’usine. Le micro de Philippe Leduc et Anne-Laure Danier enregistrait ce dialogue et le journal de 13 heures de France-Inter l’a rapporté.

 

 

 

Transcription du dialogue entre Nicolas Sarkozy et un ouvrier de l’usine Isover à Orange diffusé sur France-Inter le 25 novembre 2011 :

 

[sujet sur le déplacement de Nicolas Sarkozy à la centrale nucléaire du Tricastin : 10:50 à 12:25 ; transcription de 11:42 à 12:14]

 

écouter  : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=226325

 

L’ouvrier : Est-ce que vous pensez réellement que l’on paie l’électricité nucléaire à son prix réel ?

Nicolas Sarkozy : Non

L’ouvrier : Le coût du démantèlement n’est pas vraiment pris en compte dans les choses.

Nicolas Sarkozy : C’est vrai, bien sûr, ça coûte de l’argent le nucléaire. Fermer le nucléaire c’est une catastrophe. Une catastrophe.

L’ouvrier : Il faudra quand même penser à ce que les fonds pour le démantèlement soient pris en compte. C’est pas…

Nicolas Sarkozy : Mais, mais si on les démantèle, 24, …

L’ouvrier : Bien sûr

Nicolas Sarkozy : …avant de commencer, c’est une folie.

L’ouvrier : Les plans, les plans qui sont prévus par d’autres partis politiques ne sont pas sur 10 ans comme vous pensez, c’est pas demain on ferme tout ! C’est quelque chose qui se prévoit à quelques décennies.

 

 

Nicolas Sarkozy reconnaît donc clairement que le prix de l’électricité nucléaire est sous-évalué, à cause de la prise en compte partielle du coût du démantèlement.

 

Or, obligé par la loi de provisionner dans ses comptes des sommes destinées au démantèlement futur de ses centrales, EDF a attribué 2 milliards d'euros aux chantiers des 9 anciens réacteurs en cours de déconstruction (voir carte ci-dessous). Si l’on se réfère au rapport de la Cour des comptes de 2005, la seule centrale de Brennilis sera démantelée pour la modique somme de 482 millions d’euros. On voit donc bien qu’EDF ne provisionne pas assez : 2 milliards d’euros seront juste suffisants pour 4 réacteurs, et non pour 9.

 

demantelement-carte.jpg

Les 9 réacteurs en déconstruction (source)

 

Et que dire de la réserve de 9 milliards pour le parc actuel de 58 réacteurs… qui ne pourrait servir que pour 18 d’entre eux ? Il reste encore à trouver au moins 20 milliards d’euros.

 

Nicolas Sarkozy ne ment pas, « ça coûte de l’argent le nucléaire » ! En revanche il ne dit pas qui va payer. C’est pourtant simple, ce sont les contribuables par leurs impôts et les consommateurs par leurs factures qui vont payer, donc les Français dans leur globalité.

 

 

 

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Article sur le même sujet

Pas cher le nucléaire ?

 

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Source photo : Cody escadron delta

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:41
MSCRLes mères de Fukushima avaient alerté le monde dès le mois de juin : les enfants avaient des saignements de nez, des diarrhées, de la toux, des thyroïdes enflées, etc. Elles n’ont eu cesse d’informer et d’agir pour que tous les enfants soient évacués de la région de Fukushima. Encore dernièrement, elles se sont mobilisées à Tokyo pour sensibiliser la population, mais en vain pour l’instant. Pourtant, l’actualité semble leur donner raison. Un grand nombre d’informations convergentes indiquent que, suite à la catastrophe nucléaire, l’état général de la santé des Japonais vivant dans une vaste région correspondant au moins à 8% du Japon est en train de se dégrader.
 
 
Tweet d'un habitant d'Ibaraki : "Je travaille dans un hôpital d'Ibaraki. Il y a eu des patients avec des saignements de nez perpétuels en avril. Il y en a eu sans raison avec de la diarrhée et de la fièvre en juillet. Maintenant même les membres du personnel de l'hôpital souffrent de diarrhée sans raison...Ça commence à craindre." Tweet d'un habitant de Fukushima : "Mon ami vit à Iwakashi. Il vient finalement de commencer à avoir de l'hématurie (sang dans les urines, NdT). Mes petits enfants ont des saignements de nez. Ils ne peuvent évacuer parce qu'ils n'ont pas assez d'argent." (source)
 
Même si ces tweets n’ont aucune valeur statistique, ils se rencontrent de plus en plus souvent et sont à mettre en relation avec l’augmentation de certaines pathologies, visible sur ces graphiques mis en ligne par le gouvernement japonais : conjonctivites, pneumonies, et diverses autres maladies sont en nette augmentation en 2011.
 
Pneumoniespneumonie.jpg
Conjonctivites
conjonctivite-aigue.jpg
 
Maladies "Hand-foot-mouth"
 mains-pieds-bouche.jpg
 
 
On avait déjà remarqué chez les enfants de Fukushima que leur thyroïde avait été affectée. Un groupe de chercheurs, sous la direction du Professeur Satoshi Tashiro de l'Université de Hiroshima, avait contrôlé la glande thyroïde de 1149 enfants de la préfecture juste après l'accident, en mars, de la centrale nucléaire. De l'iode 131 avait été détecté chez environ la moitié des enfants. Les enfants, que l’on a affublés de dosimètres, semblent ainsi être devenus des sujets de recherche ! Chez les jeunes évacués, on avait aussi remarqué des dysfonctionnements de la glande thyroïde. Plus au sud, dans la préfecture de Gunma, 80% des patients atteints de problèmes thyroïdiens voient aujourd’hui leur état s’aggraver. Devant l'inquiétude et la pression des parents, une étude à grande échelle sur les problèmes de thyroïde a commencé le 10 octobre : 360 000 enfants de la région de Fukushima seront suivis de manière régulière tout au long de leur vie.
 
D’autres anomalies ont été remarquées pour ces enfants vivant en zone contaminée comme la perte de poids, le ralentissement ou l’arrêt de la croissance et même des attaques cardiaques, ce qui peut être mis en lien avec la grande toxicité du césium-137. L’ACRO, laboratoire français, a aussi fait des mises en garde à plusieurs reprises, à partir d’analyses effectuées sur l’urine des enfants de Fukushima : 100% des prélèvements révèlent la présence des césiums radioactifs. Ainsi, plus de 4 mois après les rejets massifs de radioactivité dans l’environnement, ils étaient toujours contaminés alors que leurs parents font des efforts pour limiter cette contamination interne. Il est fort probable que cela soit dû à la nourriture.
 
Et pourtant, cette nourriture contaminée, on la vante et on en fait la promotion pour ne pas laisser tomber la région de Fukushima et son économie agricole. Mais… un présentateur vedette de la télévision japonaise, Norikazu Otsuka, qui mangeait des produits irradiés devant les caméras « pour montrer leur innocuité », a dernièrement été diagnostiqué par son médecin comme ayant contracté une leucémie aiguë.
 

 
 
Un autre promoteur et consommateur des légumes de Fukushima, l’empereur du Japon lui-même, vient également d’être hospitalisé, ainsi que deux autres membres de sa famille. Akihito souffre d’une pneumonie, la princesse Aiko a contracté une Mycoplasma pneumoniae, et la princesse Masako serait victime de fièvre et de toux : ils ont tous les trois des symptômes communs. Or la pneumonie, nous l’avons vu, est une maladie qui augmente fortement au Japon cette année ; Takeo Nishioka, Président de la Chambre des conseillers de la Diète du Japon est d'ailleurs décédé d’une pneumonie le 5 novembre 2011 à l’âge de 75 ans. Même si les cas de l’empereur et de sa famille n’auront pas forcément la même issue, on peut s’interroger sur ces cas à répétition. En avril, on tentait d’expliquer l’augmentation des cas de pneumonies dans la région de Tohoku par l’ingestion d’eau de mer : au moins 11 personnes étaient mortes de la pneumonie et environ 150 avaient été hospitalisés dans la préfecture de Miyagi, le nombre de patients étant de cinq à six fois plus élevé que d’habitude. Mais aujourd’hui, comment expliquer cette augmentation ? Comme pour Tchernobyl, il est probable que les radionucléides, en contamination interne, provoquent ces maladies respiratoires.
 
Le problème, ce sont ces idiots qui se bousculent à la télévision pour faire croire aux gens que la situation n’est pas grave. Ainsi, d’après plusieurs scientifiques médiatisés, le plutonium ne serait pas si dangereux. La radioprotection pour tous n’est pas un concept avancé au Japon. Et la population, quand elle ne s’organise pas de manière autonome, en fait les frais. Une télévision alternative, OurPlanet-TV, informe de manière indépendante en diffusant des émissions sur le sujet même de la santé. Par exemple, en juillet dernier, l’émission ContAct a invité Mika Noro, présidente de l'association " Le pont pour Tchernobyl ", qui a partagé son expérience : s’étant rendue au Bélarus en 1993 (pays le plus touché par les retombées radioactives de Tchernobyl), elle a éclairé avec lucidité et compétences les symptômes cliniques chez les enfants de Fukushima. Après la catastrophe de Fukushima, Our Planet-TV a lancé une enquête pour savoir si les retombées radioactives avaient eu des effets sur la santé de la population. Suite à cet appel, ils ont été amenés à étudier plus de 500 cas. Cette enquête met ainsi en évidence que la radioactivité, même à faible dose, a des effets réels sur la santé, ce qui était déjà connu par ailleurs avec la reconnaissance de l’augmentation du risque de cancer.
 
Dans cette vidéo sous-titrée en français, on voit entre autres le Dr Masamichi Nishio, chef  du centre anti-cancéreux d’Hokkaïdo commenter le livre de Yablokov et Nesterenko et témoigner que la  CIPR (Commission  Internationale contre les rayonnements) a renoncé à étudier les effets des radiations internes car cela aurait gêné le développement de l’industrie nucléaire.

 
 
 
Dans les écoles le problème est identique. Dans le même esprit de se persuader que tout va bien dans le meilleur des mondes, on continue de fonctionner comme si de rien n’était. Par exemple, on demande aux enfants de nettoyer une piscine contaminée sans protection, ou on leur demande d’aller ramasser les feuilles d’automne sans précaution particulière alors que l’on sait parfaitement qu’elles sont contaminées au césium. Pire encore, on force les enfants à boire du lait contaminé. Et gare à celui qui ne veut pas. Le 29 septembre 2011, Akira Matsu du New Komeito (parti politique japonais NKP) est intervenue sur ce sujet devant les responsables gouvernementaux japonais et notamment Yoshihiko Noda, 1er Ministre, Osam Fujumina, chef de Cabinet du secrétariat et Yukio Edo, Ministre de l’industrie et de l’économie. Elle a dénoncé le cynisme et la barbarie du gouvernement envers les populations contaminées de la région de Fukushima.
 

 

Un autre grave problème qui se pose d’ores et déjà dans la région de Fukushima est la fuite du personnel médical depuis la catastrophe. C’est ainsi, les personnes les mieux informées des dangers sanitaires et qui ont les moyens de déménager s’en vont. Les autres restent, alors que de toute évidence il faudrait au moins évacuer les enfants, plus fragiles aux effets de la radioactivité. Le problème est immense mais il semble que l’on veuille à tout prix l’ignorer. 8 mois après la catastrophe, on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas, ou qu’on n’a pas eu le temps de trouver des solutions pour évacuer la population.
 
La contamination est massive, le gouvernement le sait depuis les premiers jours de la catastrophe. Les premiers touchés ont été les sauveteurs qui ont opéré dans les régions dévastées par le tsunami, comme le relate ce témoignage : l'un d'entre eux qui était intervenu dans les zones sinistrées d’Iwate et Fukushima est décédé le 26 octobre 2011 d’une défaillance de la fonction rénale, trois mois après avoir appris que lui et les membres de son équipe avaient subi une contamination interne par les radionucléides. La personne qui témoigne assistait à une conférence de de Taro Yamada lors du ''Forum National des cantines scolaires'' qui s'est tenu le 6 novembre 2011 dans la ville de Sapporo. Sa déclaration a été enregistrée dans la vidéo ci-dessous (sous-titrages en français). Mais pour une personne qui parle, combien se taisent ? Quel est l’état de santé des autres membres de son équipe ?
 

 
 
 
Les personnes les plus touchées sont évidemment les « liquidateurs », ces ouvriers de la centrale de Fukushima Daiichi qui reçoivent des doses « héroïques ». Malgré l’assurance de Tepco qui affirme qu’il n’y a pas de décès liés aux travaux de décontamination et de maintenance de ce qui reste de la centrale, on constate un fort taux de mortalité pour les ouvriers de la centrale, ce qui est en contradiction avec l’espérance de vie des Japonais qui est la plus élevée au monde. En l’espace de 5 mois, 4 employés sont morts de façon anormale et rapide : le 12 mai 2011, un sexagénaire employé par la sous-traitance s’est senti mal et est décédé 2 jours plus tard. Le 16 août 2011, un employé de la centrale nucléaire est mort d’une leucémie foudroyante. Il avait travaillé pour Tepco durant une semaine, affecté à la surveillance de points chauds. Le 6 octobre 2011, un autre travailleur employé à la centrale est décédé subitement. Enfin, dernier en date, le 11 octobre 2011, un employé d'une cinquantaine d'années est mort brusquement alors qu'il se rendait à son lieu de travail, la centrale de Fukushima Daiichi.
A ces décès, il faut ajouter tous ceux dont on ne parle pas : de nombreuses personnes, employées par la sous-traitance, ont disparu ainsi des décomptes de Tepco. L’agence de sûreté nucléaire, on se souvient, avait épinglé l’entreprise en juin car celle-ci avait « égaré » des listes d’employés vacataires qui étaient intervenus sur le site, empêchant tout suivi médical de 69 personnes contaminées.
 
Il n’en a pas fallu plus pour que des rumeurs circulent sur internet sur le décès effectif de ces ouvriers intérimaires, information impossible à vérifier à ce jour bien qu’un journaliste du Shukan Asahi, M. Imanishi, ait entendu que des ambulances arrivaient 10 fois par jour à la centrale. A qui étaient destinées ces ambulances, et pourquoi ni les employés de Tepco, ni les ouvriers hospitalisés, ni les médecins n’ont-ils le droit de parler ? Il est évident que si un jour un journaliste arrivait à prouver ce genre d’information, l’image du nucléaire serait ternie à jamais et anéantirait tous les efforts du lobby nucléaire pour cacher la vérité. Il est incroyable que la catastrophe de Tchernobyl n’ait d’ailleurs pas eu plus d’impact sur l’énergie nucléaire dans le monde. La raison en est que l’OMS, qui était la plus à même de prendre des mesures de protection des populations, s’est tue. Condamnée au silence par un vieil accord avec l’AIEA, elle est devenue une institution criminelle, laissant tomber malade les gens vivant dans les territoires contaminés, et niant les effets des faibles doses sur la santé humaine.
 
Il faut en effet savoir que Tchernobyl a généré un million de victimes, comme le rappelle Janette Sherman, biologiste américaine et spécialiste en toxicologie. Dans la vidéo ci-dessous, elle présente le livre déjà cité « Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and environnement » d'A. Yablokov et de V. et A. Nesterenko, édité en 2009 par  l'Académie des Sciences de New York avec plus de 5000 références scientifiques (et bientôt édité en français).
Les auteurs de ce livre estiment à 985 000 le nombre de décès survenus à cause de Tchernobyl dans le monde entier entre 1986 et 2004, chiffre qui a encore augmenté depuis cette date. Janette Sherman dénonce également l'accord entre l'OMS et l'AIEA, signé en 1959. L'OMS est théoriquement garante de la santé des populations dans le monde et fait autorité auprès des États membres. Elle devrait, conformément à sa Constitution, être indépendante de tout intérêt commercial. Pourtant le 28 mai 1959, elle a signé avec l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) un accord par lequel aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique qui puisse nuire aux intérêts de l'autre (accord référencé WHA 12-40). Or, l'AIEA a été constituée en 1957 pour faire la promotion du nucléaire civil...

Cet interview a été réalisé le 6 mars 2011 soit 5 jours avant la catastrophe de Fukushima. (Sous-titrage en français)

 
 
 
Il faut aussi voir pour être complet la conférence de presse donnée par le Dr. Helen Caldicott, physicienne australienne, auteure et avocate anti-nucléaire qui a fondé plusieurs associations qui luttent contre l'utilisation de l'énergie nucléaire, de l'uranium appauvri pour des munitions, et des armes nucléaires en général. La conférence s’est tenue à Montréal, au Canada, le 18 mars, une semaine seulement après la catastrophe nucléaire.

Fukushima est bien pire que Tchernobyl

 


Il est certain que la situation ne va pas s’améliorer au Japon, l'expérience de Tchernobyl le démontre. Le fait de laisser vivre des millions de personnes dans un environnement contaminé apportera son lot de problèmes et de souffrances. Une grande sagesse a fait fuir de cette zone dangereuse beaucoup de femmes enceintes, protégeant leurs futurs enfants des radiations. Mais qu’en est-il de celles qui sont restées ? Que doit-on déduire du non-dit du milieu médical, relevé par Keiko Ichikawa ? Si les médecins japonais cachent les malformations et les enfants mort-nés, comment de réelles statistiques pourront-elles être établies ? On connaît déjà les dégâts épouvantables causés par l’uranium appauvri dus aux bombardements lors de la guerre en Irak, et on imagine avec effroi l’avenir des populations japonaises soumises à de fortes contaminations. La santé est un sujet difficile à aborder, le lobby nucléaire est très puissant dans le monde entier et cherchera à minimiser toutes les mauvaises nouvelles. Mais la santé n’a pas de prix et chacun doit se battre pour la conserver. Amis lecteurs, ce sujet est très grave, soyez vigilants et dénoncez toute désinformation, partout où vous le pouvez !
 
 
 
Complément d'information sur ce sujet par un médecin pédiatre :
 
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Merci à Etienne Servant pour ses infos en continu sur Fukushima Informations, à Kibo-promesse pour ses articles de qualité, à Véronique Ratel, de IndependentWHO pour l’aide apportée à la collecte des sources, à Jeep pour ses traductions sur aweb2u, à Hélios pour ses traductions sur Bistro bar blog et à Kna60 pour la mise en ligne de nombreuses vidéos sous-titrées en français ! Sans toutes ces personnes bénévoles à la recherche de la vérité, cet article n’aurait pu voir le jour.
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Rappel : la seule solution envisageable pour éviter une catastrophe sanitaire est d’évacuer les zones contaminées !
 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:16
La catastrophe de Fukushima inspire de nombreux artistes à travers le monde. Voici quelques chansons qui sillonnent le web, rappelant à chaque fois les dangers générés par l’énergie nucléaire
 
誰にも見えない、匂いもない 2011
(Invisible et inodore pour tous 2011)
interprétée par En Rankin Taxi & Dub Band Aïnous 
(Paroles & Musique: Taxi Rankin)

 
 
Fukushima Mama
Radio Free Earth (Joshua Wachtel & Rob Sunderland)
adapted from "Fujiyama Mama" by Earl Burrows

 
 
Kochemar
d’Irina et Igor

 
 
Kayak à Fukushima
par la Parisienne libérée
 
 
Plus d’info sur la musique japonaise dans cet article :
 
« Fukushima, l’avis d’artistes »
Par Michel Temman, envoyé spécial à Gifu et Tokyo (Next-Libération)
 
« Chanteurs, DJ ou écrivains, ils se font l’écho de la contestation antinucléaire et, de festivals en manifs, brisent l’omerta qui règne au Japon.
En train, en car, en voiture, à moto, à vélo, à pied, sac à dos et matériel de camping sous le bras, c’est tout une jeunesse japonaise bariolée, tifs déteints, l’âme nomade, qui accourt par bandes chaque été au Starlight Reggae Festa, le plus grand festival reggae du Japon, à 100 kilomètres au nord-est de Kyoto, dans les beaux méandres montagneux et campagnes vallonnées de Gifu. L’édition 2011 n’a pas dérogé à la tradition, attirant 20 000 personnes. Mais elle a eu un goût amer, celui des retombées de la catastrophe de Fukushima et d’une contestation antinucléaire qui ne cesse de s’amplifier avec le soutien actif d’artistes, d’écrivains, de musiciens. Un phénomène sans précédent. »
(…)
 
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Autres chansons sur la toile (mise à jour régulière)
 
L'écolière de Fukushima
 
 
Allons travailler pour TEPCo !
 
Cette chanson est un véritable pied-de-nez à l'industrie nucléaire japonaise. Les auteurs reprennent les propos rassurants de la Compagnie d'électricité de Tôkyô (Tepco) pour en faire des paroles ironiques. Ils invitent notamment ceux qui font la promotion du nucléaire à aller travailler dans un réacteur. Le titre signifie "Allons travailler pour Tepco!" (東電に入ろう, tôden ni hairô). Il s'agit là d'un jeu de mot car la prononciation peut également siginifier "Abolissons les réacteurs en renversant Tepco" (倒電に廃炉). Cette chanson est une reprise de "Andorra" du chanteur de folk Pete Seeger. (source : Le Japon à l’envers)
 
Paroles :
 
Y-a-t'il des volontaires dans le public,
pour aller travailler pour Tepco?
Est-ce que quelqu'un veut faire sa fortune?
Car Tepco est à la recherche de personnes compétentes
 
Refrain :
          Allons travailler pour Tepco, Tepco, Tepco,
          Travailler pour Tepco, c'est le paradis sur terre
          Que tous les meilleurs hommes rentrent à Tepco
          Et tombent comme des feuilles, morts
 
S'il y en a qui veulent avoir le frisson
Ils peuvent venir quand ils veulent chez Tepco
On a tout ce qu'il faut, de l'uranium, du plutonium,
Se faire employer comme sous-traitant, c'est tranquille!
 
Tous ceux qui font la promotion du nucléaire
Venez s'il-vous-plait sous le cœur d'un réacteur
Cela ne vous fera rien de mal dans l'immédiat,
Prenez une douche et c'est tranquille!
 
Le nucléaire est une énergie propre
Le plutonium, ça fait pas si peur que ça
Après tout, pour réduire sa radioactivité de moitié,
Cela ne prendra que 24 000 ans
 
Pour soutenir les besoins d'énergie du Japon
On doit dépendre du nucléaire
Il est inévitable qu'il y ait quelques irradiations
Gargarisez-vous d'un bain de bouche et tout sera tranquille!
 
Rassemblez tous les déchets nucléaires
Mettez-les dans des fûts, ça ira
Faites-les refroidir dans une piscine de Rokkasho-mura
Il ne reste plus qu'à attendre seulement 300 ans
 
L'eau fuit de partout, mais gardez votre sang froid
De la fumée sort, mais ne paniquez pas
Le toit s'est envolé, mais tout va bien,
On va refroidir tout ça avec de l'eau de mer!
 
Il n'y a pas vraiment de danger dans l'immédiat
Mais jetez quand même votre lait et vos légumes
Le grand homme du gouvernement nous l'a dit,
Nous paierons les indemnisations avec vos impôts!
 
Les compteurs Geiger sont en rupture de stocks
Vous n'avez pas besoin d'en possédez un
Nous publierons les niveaux de radiation
Seuls ceux qui nous croient seront sauvés!
 
(traduction : Mathieu Gaulène)
 
 
"It Was A Big Lie All Along"  by Kazuyoshi Saito
(斉藤和義) / 歌えなくもない英詞付き
 
 
This is a self-parody of a hit song in 2010 "I Loved You All Along" (Zutto Suki Datta) by a singer-songwriter Kazuyoshi Saito. The original Japanese title of this self-parody is "Zutto Uso Datta".
 
[Full translation (subject to revision)] :

Just take a walk
around this country
There're nuclear plants
total fifty-four

All the textbooks
CMs on TV
Said they're safe
forevermore

Now it turns out
that they had duped us
And their excuse:
"Beyond their assumptions"

The good old sky
stays the same
But now we find
black tickling rain

It was a big lie all along
But now it's come to light after all
Really a big lie all along
"Please be assured nuke power is so safe"

It was a big lie all along
I truly miss safe spinach and all
Really a big lie all along
They must have known for sure how it would be

No one can stop this radiation from flying around in the wind
How many people have to get it till they finally face reality?
This nation's government

I hear you got out
out of this town
Have you yet found
good water to drink?

Why don't you tell me?
No, never mind
Nowhere to flee
No place I can find

(interlude)

It was a big shit all along
All those electric companies
Not only TEPCO, but each of them
We've no illusion about them any more

It was a big shit all along
But still they wanna keep going on
Really a big shit all along
I feel I gotta do something about it

It was a big lie all along

Really a big shit all along

[Original Japanese lyrics]

「ずっと嘘だった」斉藤和義


この国を歩けば 原発が54
教科書もCMも言ってたよ、「安全です」


俺たちを騙して、言い訳は「想定外」
懐かしいあの空 くすぐったい黒い雨


ずっとウソだったんだぜ やっぱばれてしまったな
ほんとウソだったんだぜ 「原子力は安全です」


ずっとウソだったんだぜ ほうれん草食いてえな
ほんとウソだったんだぜ 気づいてたろこの事態


風に舞う放射能はもう止められない
何人が被爆すれば気がついてくれるの 
この国の政府


この街を離れて うまい水見つけたかい
教えてよ やっぱいいや もうどこも逃げ場はない


ずっとクソだったんだぜ 東電も北電も
中電も九電も もう夢ばかり見てないけど


ずっとクソだったんだぜ それでも続ける気だ
ほんとクソだったんだぜ 何かがしたいこの気持ち


ずっとウソだったんだぜ

ほんとクソだったんだぜ
 
 
 
     

"La voix de la ville sinistrée"

 

par Yushi Saito

 

Sur la scène du Sonic Club d'Iwaki, Yushi s'apprête à interpréter un morceau qu'il n'a pas joué depuis longtemps.

 

« Franchement, j'ai beaucoup hesité à jouer cette chanson ce soir, mais le patron du Sonic m'y a encouragé… ça s'appelle “ la voix de la ville sinistrée ”, écoutez-la bien ! »

 

Yushi prend sa guitare et entame les premiers accords de blues.

 

« La ville où je suis né a été complètement irradiée. La maison du gars là-bas a été emportée par le tsunami, les cerisiers en fleurs que nous regardions ensemble, la mer où nous jouions tous les deux, tout, tout, tout a été contaminé. »

 

Yushi Saito est un « furita », un intérimaire qui cumule differents boulots saisonniers : conducteur de poids lourd, confectionneur de crêpes « okonomiyaki » dans les festivals traditionnels, et travailleur nucléaire à Fukushima Dai-ichi depuis 8 ans.

 

« Quand il y a eu le séisme, je ne travaillais pas à la centrale. J'ai évacué ma famille à Iwaki et ensuite j'ai écrit deux chansons qui critiquaient Tepco. J'étais fou de rage. »

 

Depuis, cinq mois se sont écoulés et Yushi a changé les paroles de ces morceaux. Mais « la voix de la ville sinistrée » reste toujours virulente. Ce jeune ouvrier du nucléaire pourrait passer pour un héros à l'étranger, mais au Japon il n'est pas une exception. Ces derniers mois, il souffre de troubles à la prostate et au niveau de l'œsophage, mais choisit de ne pas en parler même s'il est suivi médicalement.

 

Sur la scène du Sonic Club, Yushi chante à plein poumons. Des chansons sur sa vie d'intérimaire, sur l'amour et sur l'accident nucléaire.

 

« Nous ne pouvons plus faire confiance au gouvernement. Alors il faut croire en soi et agir en conséquence. Ainsi quoiqu'il arrive, on n'aura pas de regrets. »

 

(source article complet :

 

http://blogs.rue89.com/alissa-descotes-toyosaki/2012/02/23/les-travailleurs-du-nucleaire-agresseurs-mais-aussi-victimes-d-0)

 

.

 
« On me dit que c'est à cause du stress et du manque de sommeil. De toute façon, personne ne peut savoir ce qu'il adviendra dans 10 ou 20 ans. Si je commence à y penser, c'est un problème sans fin. Alors je préfère essayer de vivre comme avant. Et chanter ».
Everybody's Doin' the Fukushima

 
.

Fukushima (demo)

Fukushima it's like a bad dreama
the cracks are beginning to show
media blackout, hiding the fallout
the criminal conspiracy grows

Acute radiation, jet stream migration
headed for the U.S. of A
politicians went all-out, authorities stalled-out
the cover-up was well underway

Radiation warning? That sounds alarming
tell them everything is O.K.
multiple meltdowns? FEMA told to stand-down
crush anyone in our way

An army of liars to hide the nuclear fires
yes we own everyone on TV
online resistance is rendered defenseless
by our cyber security teams

Fukushima it's like a bad dreama
the melting fuel rods will flow
fallout is global, more than Chernobyl
so the criminal conspiracy grows

As life fades away, what can we say
except that mankind never learns
repeating the cycle, reliving our downfall
until the whole world is burned

______________

La catastrophe de Fukushima a inspiré une très belle chanson à Zedvan.

La centrale nucléaire détruite de Fukushima-Daiichi vomit ses radiations dans la terre du Japon et l'océan Pacifique. On en parle un peu aux anniversaires, et puis après, plus rien...

Chanteur français, citoyen du monde, Zedvan ne se résout pas à ce silence.
Pas plus qu'aux pertes irrémédiables que l'industrie nucléaire inflige et risque encore d'infliger à la planète et à l'humanité.

Le 13 avril 2011, au lendemain de l'annonce par le gouvernement japonais de l'évacuation d'Iitate (Province de Soma, District de Fukushima), Fumio Okubo, le doyen du village, âgé de 102 ans, a préféré se suicider plutôt que de quitter sa maison.

"Fukushima, chanson du doyen d'Iitate", tente de donner la parole à cet homme.

Une version sous-titrée en anglais (http://youtu.be/lFG9CxPXK_E) et une en japonais (http://youtu.be/2pLs9BvTKMA) sont également disponibles.
D'autres traductions suivront, très bientôt : ce que le Japon a perdu, nous l'avons tous perdu.

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 22:57

DSCF2325Le débat sur l’énergie nucléaire en France n’a jamais eu lieu. Aujourd’hui, il semble que les partis politiques oublient encore les aspirations des Français à vouloir sortir du nucléaire. Pourtant, la catastrophe de Tchernobyl est toujours en cours et celle de Fukushima ne fait que commencer !

 

Afin que les élections servent à préserver la santé des générations futures plutôt que les intérêts des actionnaires et des oligarchies politico-financières, je vous propose de participer à cette action du Réseau Sortir du Nucléaire en envoyant une lettre pétition au PS et à Europe-Ecologie Les Verts

Pour en savoir plus et participer :

La sortie du nucléaire, pour moi c'est clair !

 

 

 

 

------------------------

 

En savoir plus sur l'accord entre les deux partis :

 

Avis de Stéphane Lhomme

Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire

    

Emission "Ca vous regarde" de LCP

Reportage interview

Débat

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 16:12
Fukushima Reactor 3 MOX Plutonium corium 2L’article sur le corium, « Le corium de Fukushima », édité dans ce blog en deux parties en août 2011 a provoqué de nombreuses réactions et conduit à des commentaires variés. Tout d’abord, il faut préciser que cette présentation n’avait pas pour objet d’être figée dans le marbre, mais de contribuer à la diffusion de la connaissance d’une matière récente dans l’histoire de l’humanité, très difficile à définir car en continuelle transformation. Ce nouvel article va essayer de faire une synthèse, point par point, des principales critiques qui ont été formulées et, en ouvrant une nouvelle fois le débat, va tenter de faire évoluer notre représentation de ce magma insaisissable.
 
 
1. Principales critiques
2. Compléments d’informations des contributeurs
3. Nouvelles données disponibles
 
 
    
 
 
1. Principales critiques
 
Les critiques ont été énoncées dans les commentaires qui ont suivi les deux parties de l’article et dans d’autres sites qui ont repris tout ou partie du texte original. Merci à leurs auteurs d’avoir participé d’une manière constructive à l’évolution de ce dossier. Voici les principaux griefs, questionnements et amorces de réponses :
 
1.1. Décroissance d’activité
Il n'est pas fait mention de décroissance d'activité, donc de refroidissement intrinsèque. La décroissance de la puissance résiduelle des produits de fission est extrêmement rapide : 6 mois après l'arrêt des réacteurs, l'énergie résiduelle se trouve divisée par 40. La décroissance habituellement observée dans les réacteurs arrêtés est de 4 le premier jour, puis de presque 8 après 5 jours et de 20 au bout du premier mois. Mais pour ce qui concerne Fukushima, il semble difficile de dresser un tableau de décroissance radioactive sans connaître la quantification même estimée du coefficient de criticité.
 
1.2. Puissance
Chaque pastille est supposée délivrer autant d'énergie qu'une tonne de charbon, oui mais uniquement quand la réaction de fission s'y produit, c'est-à-dire dans les conditions habituelles de fonctionnement d’un réacteur. Il ne pourrait y avoir de réaction en chaîne entretenue dans un corium. L'énergie d’un corium ne pourrait provenir que des produits : radioactivité et fission spontanée (la fission spontanée étant de 0,22 microwatt pour une tonne de combustible). On ne peut pas mettre une égalité entre l'énergie obtenue lorsque l'on brûle le combustible dans le réacteur et l'énergie du corium.
 
1.3. Température
La température d'un corium n'est pas homogène : toute la masse n'est pas à la même température, le centre est peut-être aux environs de 2900-3000°C, mais pas la périphérie.

1.4. Quantité
La formation d’un corium ne conduit pas automatiquement à la fusion (au sens chimique du terme) de la totalité du combustible, car la température reste souvent inférieure à la fusion des oxydes d'U et P (2730°C).

1.5. Ebullition
Ce n'est pas parce qu'on arrive à la température d'ébullition d'un corps que celui-ci se met forcément à bouillir car l'environnement interfère : la pression, la pression en vapeur saturante du corps X au dessus du mélange, la composition du mélange, les potentiels chimiques des espèces présentes dans le mélange, la présence de barrière physique, etc.
 
1.6. Stratification
Un corium n'est pas une masse liquide comme de l'eau, il y a une stratification et formation d'une croûte et d'un film externe de gaz en périphérie, ceci retient un grand nombre de composés dans le corium, en particulier des composés neutrophages.
 
1.7. Oxydation des métaux
Le corium, s’il forme une masse unique, ne peut pas tirer beaucoup de chaleur de l’oxydation des métaux par réactions chimiques à chaud avec l'oxygène atmosphérique ou la vapeur d’eau. Dans ce cas, les oxydations exothermiques en périphérie du corium ne représentent qu'une très petite partie de l'énergie thermique totale. En revanche, dans certaines configurations, une oxydation importante du corium peut se produire lorsque celui-ci est en morceaux, avec beaucoup de vapeur : dans le cas d’une explosion de vapeur, on peut avoir une oxydation de ces particules de corium, mais elle reste peu exothermique, en tout cas inférieure à celle du zirconium.
 
1.8. Corrosion
Ce ne serait pas un phénomène de corrosion qui régirait l'interaction cuve/corium et béton/corium ‒ même s'il y a effectivement des phénomènes d'oxydoréduction en périphérie ‒, ce serait à 95% une interaction thermique : le flux de chaleur provoquerait un percement, ainsi que l'impact des jets de corium lorsque le cœur fond : celui-ci coulerait un peu comme une bougie.
 
1.9. Stabilité
L’article laisse penser que le corium est stable. En fait, les dangers évoqués dans l’article ne concerneraient que les toutes premières heures de l’accident, quand les cœurs ne sont pas refroidis.
 
1.10. Dilution de la radioactivité
Le fait de dire que « plus on s’éloigne de la source, plus les particules et les gaz radioactifs sont dilués dans l’atmosphère et présentent moins de danger » est globalement vrai, mais à un niveau de généralité qui pourrait accréditer les thèses officielles ‒ que l’on retrouve dans tous les argumentaires de l’IRSN ‒ selon lesquelles, grâce à la dilution, il n’y a rien à craindre en France après Tchernobyl.
 
1.11. Explosion nucléaire
Affirmer qu’« un emballement de la réaction en chaîne, même minime, peut conduire à une explosion nucléaire mais à des niveaux d’énergie comparable à celle des explosions conventionnelles » est critiquable. Le Pr. V. Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, explique que 1400 kg du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 Mégatonnes soit entre 50 et 80 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima si une quantité suffisante de Corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur.
 
1.12. Epaisseur du radier
L’épaisseur de la dalle de béton sous les réacteurs de Fukushima ne serait pas de 8 m. Pour l’EPR de Flamanville, elle est de 4 m d’après l’IRSN. Il est peu probable que dans le passé on fasse mieux : entre 1,30 et 1,50 m à Fessenheim. C’est même ce qui avait amené au sacrifice des mineurs qui ont coulé 300 m3 de béton sous la dalle de Tchernobyl.
 
 
 
2. Compléments d’informations des contributeurs
 
2.1. Arrêt de la fission
La réaction de fission est stoppée par l'insertion des barres de contrôle, la puissance du "combustible", immédiatement après, tombe à environ 7%, puis à environ 1,5% après une heure, etc.
 
2.2. Réacteur naturel
Il existerait un exemple historique de corium actif pendant vraisemblablement plusieurs centaines d'années. C'est le « réacteur naturel » d'Oklo, au Gabon. La décroissance radioactive de son corium aurait pris plus de 100 000 ans. Des reprises locales de fissions, vite annihilées par le fort échauffement de l'eau alentour ‒ les neutrons perdant alors leur efficacité statistique de fissions ‒ ont généré à chaque fois de nouveaux produits de fission. Toutefois, les températures évaluées à 400-1000°C sont sans rapport avec les températures de formation du corium dans les réacteurs de Fukushima (2500-3200°C).
 
2.3. Thermolyse de l’eau
La température de thermolyse de l'eau commence à 850°C, est plus sûre à 2000°C et est complète à 2500°C. On ne doit donc pas imaginer du "craquage" d'eau à grande échelle suite à un contact avec le corium à Fukushima puisque le corium est moins chaud en surface.
 
 
 
3. Nouvelles données disponibles
 
Voici plusieurs nouveautés à signaler, qui doivent être ajoutées au dossier corium, car elles apportent des connaissances supplémentaires :
 
3.1. Histoire politique du corium
Article du 31 octobre 2011 sur l’utilisation et la perception du mot corium dans la documentation scientifique et politique, écrit par Francis Chateauraynaud, spécialiste de la sociologie des controverses et des conflits. Une étude remarquable, à lire et à faire connaître pour tous ceux qui s’intéressent à la diffusion des connaissances.
 
3.2. La non bataille de Fukushima
Tel est le titre de l’article de Steve, édité sur son blog le 7 novembre 2011. Il s’agit d’une vue pessimiste du corium mais elle a l’avantage de mettre en lumière des dangers pourtant reconnus par des spécialistes. Bien référencé, on note une solide connaissance de la physique nucléaire de la part de l’auteur ; il faut toutefois relativiser le schéma (reproduit ci-dessous) qui montre une masse de corium beaucoup trop importante par rapport à la grosseur du réacteur. Les conclusions de l’article restent tout à fait pertinentes et mériteraient d’être lues par les autorités nucléaires internationales.
Reactor-fast-neutrons-13
 
 
3.3. Le syndrome chinois
Emission éditée le 21 octobre 2011 de Sébastien Verdier, de l'Institut des risques majeurs (association qui travaille dans l'information sur le risque naturel et technologique).
C'est une interview de Gregoire Deyirmendjian, chef de division de Lyon de l'ASN, autour du film "Le syndrome Chinois", sorti en 79.
L'émission est en deux parties :
http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=203
http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=204
La première partie est consacrée au décryptage de l'accident nucléaire, la seconde partie traite des questions qui fâchent, avec notamment cette personne qui dit : « Oui, là, le film se passe dans les années 70 et met en lumière une falsification des radiographies de soudures, et bien des problèmes de falsifications de radios de soudures, ce sont des choses que l'on peut voir encore aujourd'hui en 2011. »
Et aussi, lire cet article à propos d'un syndrome chinois inévitable à Fukushima :
 
 
3.4. Where could Fukushima's corium be?
Vidéo sur le corium de Tchernobyl : un bon résumé de ce qui s’est passé il y a 25 ans à Tchernobyl et qui nous concerne encore. Le mélange de combustible fondu et de sable a créé une lave qui a coulé et s’est finalement solidifiée sur place mais qui est encore radioactive et dangereuse aujourd’hui.

 
 
 
3.5. Au cœur du corium
Le CEA a publié en septembre 2011 un dossier écrit par Claire Abou dans « Les défis du CEA » n° 163, intitulé « Au cœur du corium ». Dans cet article consacré au corium, on vante les mérites de la recherche nécessaire pour augmenter la sûreté. Mais ce que l’article ne dit pas, c’est que les expériences ne peuvent atteindre les températures et les masses de combustible en cause dans l’accident de Fukushima.
 
 
 
3.6. Fusion du coeur et produits de fission
L'IRSN a réalisé un film peu connu sur le sujet de la fusion du coeur. On y apprend entre autres que lors des expériences menées dans un réacteur de recherche, le coeur fond plus rapidement que les calculs théoriques ne l'avaient établi et qu'il est impossible de contenir l'iode radioactif gazeux à cause de la porosité du béton de l'enceinte de confinement.

 
 
 
3.7. Rapport préliminaire sur l'état des coeurs des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima Daiichi
Ce rapport vient de paraître. Il est la traduction anglaise d'une partie du rapport de Tepco sur l'état de la centrale. Cette partie, qui fait 66 pages, sera à analyser attentivement. Elle décrit et analyse chaque melt-down, avec graphiques et shémas. Voici par exemple un shéma sur la fonte du coeur n°1 : 15 heures après l'arrêt du refroidissement, il est évalué qu'il ne reste plus rien à l'emplacement où il se trouvait dans la cuve.
 
fontecoeur1.jpg
Ce rapport est téléchargeable ici (3,13 Mo)
 
 
 
  

3.8. L’IRSN a publié dans sa revue trimestrielle AKTIS un numéro spécial (n°5) en deux parties sur ses recherches concernant les accidents de perte de refroidissement. 

On peut les consulter en ligne à cette adresse :

http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/aktis-lettre-dossiers-thematiques/aktis-lettre-d-information-scientifique-IRSN/Pages/archives.aspx

ou les télécharger ici même :

1ère partie (5,2 Mo)

2ème partie (5,2 Mo)

 

 

3.9. L’AIPRI a calculé l'activité des combustibles fondus de Fukushima Daiichi. A lire dans cette article : "Radioactivité et radiotoxicité des 3 corium perdus de Fukushima."

http://aipri.blogspot.com/2011/12/la-radioactivite-des-3-corium-de.html 

 

 

 
 
Le débat reste donc ouvert. Et spécialement à tous les passionnés de la physique nucléaire car il faut le dire, le corium est un sujet de recherche essentiel pour l’avenir de la planète. Les concepteurs de l’EPR avaient déjà bien compris cet enjeu puisqu’ils ont prévu un récupérateur de corium, censé apporter plus de sécurité. Pour autant, avant de continuer à s’engager dans cette énergie folle qui pourrira inéluctablement l’économie et la tranquillité de nos descendants par ses déchets, il faudrait déjà réfléchir à maîtriser les coriums du passé (Tchernobyl) et du présent (Fukushima), sans compter les prochains coriums qui vont sans doute apparaître sur la terre dans les années à venir. Le parc nucléaire mondial est vieillissant, maints réacteurs fonctionnent au-delà de la durée initiale prévue ‒ il est bon de rappeler qu’on venait d’autoriser Fukushima Daiichi-1 à reprendre du service pour 10 ans ‒, et il existe ainsi beaucoup de candidats pour le prochain accident : les Etats-Unis persistent à conserver plus de 20 réacteurs identiques à ceux de Fukushima alors que l’histoire vient de démontrer leurs grandes faiblesses. Nombre de réacteurs sont installés sur des failles sismiques alors que la terre entre dans une période d’activité tellurique marquée par de nombreux tremblements de terre. La centrale de Metsamor (Arménie) est un représentant typique de ces dangers imminents : vieille centrale de conception soviétique, région fortement sismique et conflit entre direction et personnel… toutes les conditions sont actuellement réunies pour un nouvel enfer. En France, l’avenir n’est pas rose non plus : l’IRSN vient de donner son aval pour qu’aucun des 58 réacteurs ne ferme, malgré la reconnaissance d’une grande insécurité (possibilité d’inondations, de tremblements de terre, etc. qui affecteraient le système de refroidissement). L’après Fukushima, comme le remarquait justement un lecteur de ce blog, semble marqué par un nombre accru d’incidents nucléaires dans le monde : inondation à Fort Cahloun, incendie près du complexe nucléaire de Los Alamos, incendie à la centrale du Tricastin, explosion au complexe nucléaire de Marcoule, pollution à l’iode-131 en Europe, incendie dans un laboratoire situé près d'Idaho Falls… La majorité des politiciens et les scientifiques semblent aujourd’hui inconscients face aux dangers réels qu’ils font prendre à la population mondiale, endormie également. La bête « corium » a donc encore malheureusement de beaux jours devant elle. A vous de voir s’il faut s’en accommoder ou s’il faut la combattre.
 
 
 
 

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