21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 22:57

DSCF2325Le débat sur l’énergie nucléaire en France n’a jamais eu lieu. Aujourd’hui, il semble que les partis politiques oublient encore les aspirations des Français à vouloir sortir du nucléaire. Pourtant, la catastrophe de Tchernobyl est toujours en cours et celle de Fukushima ne fait que commencer !

 

Afin que les élections servent à préserver la santé des générations futures plutôt que les intérêts des actionnaires et des oligarchies politico-financières, je vous propose de participer à cette action du Réseau Sortir du Nucléaire en envoyant une lettre pétition au PS et à Europe-Ecologie Les Verts

Pour en savoir plus et participer :

La sortie du nucléaire, pour moi c'est clair !

 

 

 

 

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En savoir plus sur l'accord entre les deux partis :

 

Avis de Stéphane Lhomme

Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire

    

Emission "Ca vous regarde" de LCP

Reportage interview

Débat

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 16:12
Fukushima Reactor 3 MOX Plutonium corium 2L’article sur le corium, « Le corium de Fukushima », édité dans ce blog en deux parties en août 2011 a provoqué de nombreuses réactions et conduit à des commentaires variés. Tout d’abord, il faut préciser que cette présentation n’avait pas pour objet d’être figée dans le marbre, mais de contribuer à la diffusion de la connaissance d’une matière récente dans l’histoire de l’humanité, très difficile à définir car en continuelle transformation. Ce nouvel article va essayer de faire une synthèse, point par point, des principales critiques qui ont été formulées et, en ouvrant une nouvelle fois le débat, va tenter de faire évoluer notre représentation de ce magma insaisissable.
 
 
1. Principales critiques
2. Compléments d’informations des contributeurs
3. Nouvelles données disponibles
 
 
    
 
 
1. Principales critiques
 
Les critiques ont été énoncées dans les commentaires qui ont suivi les deux parties de l’article et dans d’autres sites qui ont repris tout ou partie du texte original. Merci à leurs auteurs d’avoir participé d’une manière constructive à l’évolution de ce dossier. Voici les principaux griefs, questionnements et amorces de réponses :
 
1.1. Décroissance d’activité
Il n'est pas fait mention de décroissance d'activité, donc de refroidissement intrinsèque. La décroissance de la puissance résiduelle des produits de fission est extrêmement rapide : 6 mois après l'arrêt des réacteurs, l'énergie résiduelle se trouve divisée par 40. La décroissance habituellement observée dans les réacteurs arrêtés est de 4 le premier jour, puis de presque 8 après 5 jours et de 20 au bout du premier mois. Mais pour ce qui concerne Fukushima, il semble difficile de dresser un tableau de décroissance radioactive sans connaître la quantification même estimée du coefficient de criticité.
 
1.2. Puissance
Chaque pastille est supposée délivrer autant d'énergie qu'une tonne de charbon, oui mais uniquement quand la réaction de fission s'y produit, c'est-à-dire dans les conditions habituelles de fonctionnement d’un réacteur. Il ne pourrait y avoir de réaction en chaîne entretenue dans un corium. L'énergie d’un corium ne pourrait provenir que des produits : radioactivité et fission spontanée (la fission spontanée étant de 0,22 microwatt pour une tonne de combustible). On ne peut pas mettre une égalité entre l'énergie obtenue lorsque l'on brûle le combustible dans le réacteur et l'énergie du corium.
 
1.3. Température
La température d'un corium n'est pas homogène : toute la masse n'est pas à la même température, le centre est peut-être aux environs de 2900-3000°C, mais pas la périphérie.

1.4. Quantité
La formation d’un corium ne conduit pas automatiquement à la fusion (au sens chimique du terme) de la totalité du combustible, car la température reste souvent inférieure à la fusion des oxydes d'U et P (2730°C).

1.5. Ebullition
Ce n'est pas parce qu'on arrive à la température d'ébullition d'un corps que celui-ci se met forcément à bouillir car l'environnement interfère : la pression, la pression en vapeur saturante du corps X au dessus du mélange, la composition du mélange, les potentiels chimiques des espèces présentes dans le mélange, la présence de barrière physique, etc.
 
1.6. Stratification
Un corium n'est pas une masse liquide comme de l'eau, il y a une stratification et formation d'une croûte et d'un film externe de gaz en périphérie, ceci retient un grand nombre de composés dans le corium, en particulier des composés neutrophages.
 
1.7. Oxydation des métaux
Le corium, s’il forme une masse unique, ne peut pas tirer beaucoup de chaleur de l’oxydation des métaux par réactions chimiques à chaud avec l'oxygène atmosphérique ou la vapeur d’eau. Dans ce cas, les oxydations exothermiques en périphérie du corium ne représentent qu'une très petite partie de l'énergie thermique totale. En revanche, dans certaines configurations, une oxydation importante du corium peut se produire lorsque celui-ci est en morceaux, avec beaucoup de vapeur : dans le cas d’une explosion de vapeur, on peut avoir une oxydation de ces particules de corium, mais elle reste peu exothermique, en tout cas inférieure à celle du zirconium.
 
1.8. Corrosion
Ce ne serait pas un phénomène de corrosion qui régirait l'interaction cuve/corium et béton/corium ‒ même s'il y a effectivement des phénomènes d'oxydoréduction en périphérie ‒, ce serait à 95% une interaction thermique : le flux de chaleur provoquerait un percement, ainsi que l'impact des jets de corium lorsque le cœur fond : celui-ci coulerait un peu comme une bougie.
 
1.9. Stabilité
L’article laisse penser que le corium est stable. En fait, les dangers évoqués dans l’article ne concerneraient que les toutes premières heures de l’accident, quand les cœurs ne sont pas refroidis.
 
1.10. Dilution de la radioactivité
Le fait de dire que « plus on s’éloigne de la source, plus les particules et les gaz radioactifs sont dilués dans l’atmosphère et présentent moins de danger » est globalement vrai, mais à un niveau de généralité qui pourrait accréditer les thèses officielles ‒ que l’on retrouve dans tous les argumentaires de l’IRSN ‒ selon lesquelles, grâce à la dilution, il n’y a rien à craindre en France après Tchernobyl.
 
1.11. Explosion nucléaire
Affirmer qu’« un emballement de la réaction en chaîne, même minime, peut conduire à une explosion nucléaire mais à des niveaux d’énergie comparable à celle des explosions conventionnelles » est critiquable. Le Pr. V. Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, explique que 1400 kg du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 Mégatonnes soit entre 50 et 80 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima si une quantité suffisante de Corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur.
 
1.12. Epaisseur du radier
L’épaisseur de la dalle de béton sous les réacteurs de Fukushima ne serait pas de 8 m. Pour l’EPR de Flamanville, elle est de 4 m d’après l’IRSN. Il est peu probable que dans le passé on fasse mieux : entre 1,30 et 1,50 m à Fessenheim. C’est même ce qui avait amené au sacrifice des mineurs qui ont coulé 300 m3 de béton sous la dalle de Tchernobyl.
 
 
 
2. Compléments d’informations des contributeurs
 
2.1. Arrêt de la fission
La réaction de fission est stoppée par l'insertion des barres de contrôle, la puissance du "combustible", immédiatement après, tombe à environ 7%, puis à environ 1,5% après une heure, etc.
 
2.2. Réacteur naturel
Il existerait un exemple historique de corium actif pendant vraisemblablement plusieurs centaines d'années. C'est le « réacteur naturel » d'Oklo, au Gabon. La décroissance radioactive de son corium aurait pris plus de 100 000 ans. Des reprises locales de fissions, vite annihilées par le fort échauffement de l'eau alentour ‒ les neutrons perdant alors leur efficacité statistique de fissions ‒ ont généré à chaque fois de nouveaux produits de fission. Toutefois, les températures évaluées à 400-1000°C sont sans rapport avec les températures de formation du corium dans les réacteurs de Fukushima (2500-3200°C).
 
2.3. Thermolyse de l’eau
La température de thermolyse de l'eau commence à 850°C, est plus sûre à 2000°C et est complète à 2500°C. On ne doit donc pas imaginer du "craquage" d'eau à grande échelle suite à un contact avec le corium à Fukushima puisque le corium est moins chaud en surface.
 
 
 
3. Nouvelles données disponibles
 
Voici plusieurs nouveautés à signaler, qui doivent être ajoutées au dossier corium, car elles apportent des connaissances supplémentaires :
 
3.1. Histoire politique du corium
Article du 31 octobre 2011 sur l’utilisation et la perception du mot corium dans la documentation scientifique et politique, écrit par Francis Chateauraynaud, spécialiste de la sociologie des controverses et des conflits. Une étude remarquable, à lire et à faire connaître pour tous ceux qui s’intéressent à la diffusion des connaissances.
 
3.2. La non bataille de Fukushima
Tel est le titre de l’article de Steve, édité sur son blog le 7 novembre 2011. Il s’agit d’une vue pessimiste du corium mais elle a l’avantage de mettre en lumière des dangers pourtant reconnus par des spécialistes. Bien référencé, on note une solide connaissance de la physique nucléaire de la part de l’auteur ; il faut toutefois relativiser le schéma (reproduit ci-dessous) qui montre une masse de corium beaucoup trop importante par rapport à la grosseur du réacteur. Les conclusions de l’article restent tout à fait pertinentes et mériteraient d’être lues par les autorités nucléaires internationales.
Reactor-fast-neutrons-13
 
 
3.3. Le syndrome chinois
Emission éditée le 21 octobre 2011 de Sébastien Verdier, de l'Institut des risques majeurs (association qui travaille dans l'information sur le risque naturel et technologique).
C'est une interview de Gregoire Deyirmendjian, chef de division de Lyon de l'ASN, autour du film "Le syndrome Chinois", sorti en 79.
L'émission est en deux parties :
http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=203
http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=204
La première partie est consacrée au décryptage de l'accident nucléaire, la seconde partie traite des questions qui fâchent, avec notamment cette personne qui dit : « Oui, là, le film se passe dans les années 70 et met en lumière une falsification des radiographies de soudures, et bien des problèmes de falsifications de radios de soudures, ce sont des choses que l'on peut voir encore aujourd'hui en 2011. »
Et aussi, lire cet article à propos d'un syndrome chinois inévitable à Fukushima :
 
 
3.4. Where could Fukushima's corium be?
Vidéo sur le corium de Tchernobyl : un bon résumé de ce qui s’est passé il y a 25 ans à Tchernobyl et qui nous concerne encore. Le mélange de combustible fondu et de sable a créé une lave qui a coulé et s’est finalement solidifiée sur place mais qui est encore radioactive et dangereuse aujourd’hui.

 
 
 
3.5. Au cœur du corium
Le CEA a publié en septembre 2011 un dossier écrit par Claire Abou dans « Les défis du CEA » n° 163, intitulé « Au cœur du corium ». Dans cet article consacré au corium, on vante les mérites de la recherche nécessaire pour augmenter la sûreté. Mais ce que l’article ne dit pas, c’est que les expériences ne peuvent atteindre les températures et les masses de combustible en cause dans l’accident de Fukushima.
 
 
 
3.6. Fusion du coeur et produits de fission
L'IRSN a réalisé un film peu connu sur le sujet de la fusion du coeur. On y apprend entre autres que lors des expériences menées dans un réacteur de recherche, le coeur fond plus rapidement que les calculs théoriques ne l'avaient établi et qu'il est impossible de contenir l'iode radioactif gazeux à cause de la porosité du béton de l'enceinte de confinement.

 
 
 
3.7. Rapport préliminaire sur l'état des coeurs des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima Daiichi
Ce rapport vient de paraître. Il est la traduction anglaise d'une partie du rapport de Tepco sur l'état de la centrale. Cette partie, qui fait 66 pages, sera à analyser attentivement. Elle décrit et analyse chaque melt-down, avec graphiques et shémas. Voici par exemple un shéma sur la fonte du coeur n°1 : 15 heures après l'arrêt du refroidissement, il est évalué qu'il ne reste plus rien à l'emplacement où il se trouvait dans la cuve.
 
fontecoeur1.jpg
Ce rapport est téléchargeable ici (3,13 Mo)
 
 
 
  

3.8. L’IRSN a publié dans sa revue trimestrielle AKTIS un numéro spécial (n°5) en deux parties sur ses recherches concernant les accidents de perte de refroidissement. 

On peut les consulter en ligne à cette adresse :

http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/aktis-lettre-dossiers-thematiques/aktis-lettre-d-information-scientifique-IRSN/Pages/archives.aspx

ou les télécharger ici même :

1ère partie (5,2 Mo)

2ème partie (5,2 Mo)

 

 

3.9. L’AIPRI a calculé l'activité des combustibles fondus de Fukushima Daiichi. A lire dans cette article : "Radioactivité et radiotoxicité des 3 corium perdus de Fukushima."

http://aipri.blogspot.com/2011/12/la-radioactivite-des-3-corium-de.html 

 

 

 
 
Le débat reste donc ouvert. Et spécialement à tous les passionnés de la physique nucléaire car il faut le dire, le corium est un sujet de recherche essentiel pour l’avenir de la planète. Les concepteurs de l’EPR avaient déjà bien compris cet enjeu puisqu’ils ont prévu un récupérateur de corium, censé apporter plus de sécurité. Pour autant, avant de continuer à s’engager dans cette énergie folle qui pourrira inéluctablement l’économie et la tranquillité de nos descendants par ses déchets, il faudrait déjà réfléchir à maîtriser les coriums du passé (Tchernobyl) et du présent (Fukushima), sans compter les prochains coriums qui vont sans doute apparaître sur la terre dans les années à venir. Le parc nucléaire mondial est vieillissant, maints réacteurs fonctionnent au-delà de la durée initiale prévue ‒ il est bon de rappeler qu’on venait d’autoriser Fukushima Daiichi-1 à reprendre du service pour 10 ans ‒, et il existe ainsi beaucoup de candidats pour le prochain accident : les Etats-Unis persistent à conserver plus de 20 réacteurs identiques à ceux de Fukushima alors que l’histoire vient de démontrer leurs grandes faiblesses. Nombre de réacteurs sont installés sur des failles sismiques alors que la terre entre dans une période d’activité tellurique marquée par de nombreux tremblements de terre. La centrale de Metsamor (Arménie) est un représentant typique de ces dangers imminents : vieille centrale de conception soviétique, région fortement sismique et conflit entre direction et personnel… toutes les conditions sont actuellement réunies pour un nouvel enfer. En France, l’avenir n’est pas rose non plus : l’IRSN vient de donner son aval pour qu’aucun des 58 réacteurs ne ferme, malgré la reconnaissance d’une grande insécurité (possibilité d’inondations, de tremblements de terre, etc. qui affecteraient le système de refroidissement). L’après Fukushima, comme le remarquait justement un lecteur de ce blog, semble marqué par un nombre accru d’incidents nucléaires dans le monde : inondation à Fort Cahloun, incendie près du complexe nucléaire de Los Alamos, incendie à la centrale du Tricastin, explosion au complexe nucléaire de Marcoule, pollution à l’iode-131 en Europe, incendie dans un laboratoire situé près d'Idaho Falls… La majorité des politiciens et les scientifiques semblent aujourd’hui inconscients face aux dangers réels qu’ils font prendre à la population mondiale, endormie également. La bête « corium » a donc encore malheureusement de beaux jours devant elle. A vous de voir s’il faut s’en accommoder ou s’il faut la combattre.
 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 00:33

 

Article d'origine :

Iode radioactif sur l’Europe : évènement nucléaire en cours ?   

 

 

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Mise à jour du 14/12/11


Dans un billet consacré à un incident sur une centrale nucléaire ukrainienne, Gen4 relate que cet évènement pourrait être mis en relation avec cette pollution à l’iode-131 en Europe :

 

« A chaque jour son incident : la centrale Ukrainienne ZNPP semble poser problème depuis le 9/12

Selon certains rapports Twitter, la centrale nucléaire Ukrainienne de Zaporizhia connaîtrait un nouvel incident : l'unité de production n°. 5 se serait placée automatiquement en arrêt à chaud. D'autres centrales du même pays auraient été placées en alerte à la suite de cet incident.

Le
site de production de Zaporizhia, avec ses 6 tranches de 1000 MW de conception REP/VVER, est le principal site de production d'énergie nucléaire Ukrainien et l'un des plus gros sites nucléaires Européens.

L'incident de Zaporizhia aurait été confirmé par plusieurs médias Russes dont
lenta.ru ; certains observateurs se demandent en outre si cet incident ne pourrait expliquer en partie la récente recrudescence d'Iode-131 constatée en Europe, l'arrêt de la tranche n°. 5 semblant coïncider avec une diminution des doses d'I-131 constatées en Europe de l'Ouest.


Un incident avait provoqué l'arrêt d'urgence de l'unité n°. 2 de la même centrale le 12 novembre ; l'incident avait été reporté sur lenta.ru avant que l'unité ne soit remise rapidement en production le 13/11. »

 

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Mise à jour du 3/12/11, 16h00

 

 

 

L'IRSN a publié une note de synthèse datée du 30/11/11 sur les traces d'iode 131 se trouvant dans l'air venant de Hongrie. L'étude conclut qu'il n'y a pas eu de risque sanitaire en France.

Télécharger et lire la notice en pdf (1,8 Mo) :

 « Traces d’iode 131 dans l’air venant de Hongrie : pas de risque sanitaire en France »

 

 

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Mise à jour du 25/11/11, 16h00

 


Le site « Futura Sciences » vient de publier un article « Iode 131 : 634 milliards de becquerels rejetés par Budapest ! » rappelant les infos déjà connues jusqu’à ce jour. L’IRSN, qui avait promis une étude plus poussée ne communique plus sur ce sujet.

 

 

 

« Il y a environ deux semaines, des quantités anormalement élevées d'iode 131, un élément radioactif, étaient décelées dans l'atmosphère. On sait maintenant que c'est une usine hongroise qui est responsable de ces rejets dont la quantité s'élève à 634 milliards de becquerelsdepuis janvier.

 

 

 

Où en est-on de l’affaire de l’iode 131 qui a survolé l’Europe il y a quelques jours ? Dans un communiqué daté du début de la semaine, la Criirad, Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, s’est inquiétée de l’absence de précisions au sujet de ces émissionsqui se sont produites, a-t-on appris, en Hongrie.

 

 

 

C’est en effet un institut de production radio-isotope (Izotóp Intézet) situé à Budapest qui serait responsable de l’incident, ainsi que l’Autorité à l’énergie atomique hongroise (HAEA) en a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un communiqué daté du 17 novembre, soit une semaine après que l’affaire fut révélée. La compagnie hongroise n’a pourtant rien mentionné sur son site Internet.

 

Des rejets d'iode 131 autorisés

 

 

 

Selon les indications de l’HAEA, les rejets d’iode 131 auraient eu lieu entre le 8 septembre et le 16 novembre 2011. La HAEA a expliqué que l’Institut dispose d’une autorisation de rejets annuels. Il peut ainsi dégager 1.600 milliards de becquerels (GBq) par an ! À titre de comparaison, la dose maximale admissible préconisée au niveau international s’élève à 1 millisievert, ce qui correspond à peu près – en fonction des conditions de rejets – à 279 GBq annuels.

 


Autrement dit, les doses d’iode 131 susceptibles d’être libérées par l’institut hongrois sont largement au-dessus de la dose maximale admissible. Elles sont donc potentiellement dangereuses pour les populations avoisinantes, contrairement à ce qui avait été annoncé initialement et bien que la période de cet élément radioactif soit courte (au bout de 8 jours environ la radioactivité de l’iode 131 est divisée par deux). « 

 

(…)

 

Lire la suite de l’article

 

 

 

 

 

 

 

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Mise à jour du 21/11/11, 21h00

 

 


La Criirad vient de publier un communiqué concernant les rejets d'iode-131 de l’institut hongrois Izotop Intezet. En voici l’essentiel :

 

(English version : Case on the contamination by iodine 131 in the ambiant air in Europe : It is urgent to verify the extent of the contamination in the vicinity of the Hungarian site and to take all corrective radioprotection measures locally.

 

« Selon les informations publiées sur le site officiel HAEA, l’institut de production de radioisotopes (Izotop Intezet) disposerait d’une autorisation de rejets annuels de 1 600 GBq soit 1 600 milliards de Becquerels. La traduction du texte ne nous permet pas de savoir si cette autorisation concerne l’ensemble des substances radioactives ou spécifiquement l’iode 131. Il serait nécessaire de disposer des autorisations de rejet officielles pour s’en assurer. Cependant le directeur de l’institut se réfère à cette limite pour indiquer que les rejets d’iode 131 effectués depuis le début de l’année (624 GBq) sont à 39 % de l’autorisation annuelle, ceci conforte l’idée que les 1 600 GBq peuvent concerner l’iode 131.

 

 

 

Selon le directeur de cet institut, l’installation aurait rejeté 300 GBq d’iode 131 à l’atmosphère de janvier à mai 2011. Elle aurait ensuite été arrêtée de juin à fin août compte tenu de niveaux de rejets radioactifs anormalement élevés, puis redémarrée fin août. La question de savoir si de nouveaux systèmes filtrants ont été mis en place et testés n’est pas claire. Les autorités indiquent en tout cas un rejet de 324 GBq d’iode 131 entre septembre et le 16 novembre.
Il s’agit d’une valeur très élevée.

 

 

 

sources :
 http://www.haea.gov.hu/web/v2/portal.nsf/hirek_hu/192B87A50B67A20EC125794B00269FD0 
 http://www.izotop.hu/

 

 

 

Un rejet d’iode radioactif de 300 + 324 GBq soit 624 GBq tel que celui déclaré par Izotop Intezet pour l’année 2011 est en effet 28 300 fois supérieur aux rejets d’iode radioactif effectués en 2009 par la centrale électronucléaire du Tricastin (France)
et 130 fois supérieur à ceux effectués par l’usine de retraitement de La Hague (voir tableau ci-dessous).

 

 

 

Un rejet de 624 GBq d’iode 131 est susceptible de conduire à des doses inacceptables pour la population locale. Pour calculer les doses, il faudrait connaître la répartition des rejets dans le temps, la hauteur du point de rejet, les conditions météorologiques, déterminer s’il existe des espaces cultivés et des champs dans les environs. Nous ne disposons pas de ces éléments. Mais à titre de comparaison, il est utile d’indiquer que les autorités belges responsables de la fixation des autorisations de rejet en iode 131 de l’IRE (Institut national des Radioéléments) à Fleurus considéraient qu’une dose efficace de 1 milliSievert (pour le groupe de population le plus exposé) correspondait à un rejet annuel de 279 GBq (conditions de rejet classiques) ou à un rejet concentré de 84 GBq sur 35 jours.

 

 

 

Dans le cas de l’institut de Budapest, les populations locales pourraient donc subir une dose supérieure à 1 milliSievert c'est-à-dire à la dose maximale annuelle admissible admise au niveau international (CIPR).La CRIIRAD demande donc que soit lancée en urgence une expertise du niveau de contamination en iode 131
dans l’environnement du site à Budapest et que, en l’attente des résultats, il soit demandé aux populations locales de ne pas consommer les produits végétaux et les produits laitiers d’origine locale.

 

Outre la contamination par l’iode 131, il est important de vérifier également les niveaux de rejets pour d’autres substances radioactives (autres produits de fission et d’activation) sans omettre les gaz rares, le tritium et le carbone 14. L’iode 131 est en effet extrait à partir de matériaux irradiés par un réacteur nucléaire qui jouxte l’institut des isotopes.

 

 

 

Il convient de vérifier rapidement si le dispositif de mesure des rejets de ces installations (réacteur nucléaire et institut des isotopes) est fiable et si la quantité de rejet d’iode 131 annoncée n’a pas été sous-estimée. Il conviendra également de traiter les dysfonctionnements graves que révèlent cette affaire : fixation d’autorisations de rejet très élevées (*), défaut de maîtrise des rejets, manque de transparence, défaut de protection des populations.

 

 

 

Comparaison des autorisations de rejet et rejets effectifs en iode radioactif de diverses installations

 

tableau-criirad.jpg

 

 

 

(*) Comme indiqué dans le tableau, ces autorisations de rejets d’iode radioactif sont très élevées, par comparaison à celles d’autres installations nucléaires : 1 000 fois plus que celles de la centrale nucléaire du Tricastin dans la vallée du Rhône en France (4 réacteurs électronucléaires de 900 MW de puissance) et 88 fois plus que celles de l’usine de retraitement AREVA à la Hague(France).

 

 

 

Rédaction : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire de la CRIIRAD (Valence, le 20/11/11) »

 

 

 

 

 

 

 

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Mise à jour du 20/11/11, 20h00

 

 

 

Depuis au moins le 7 novembre 2011, l’IRSN réalise des mesures spécifiques pour connaître le taux de l’iode-131 dans l’air de la France. Dans son communiqué du 15/11, elle informe des analyses en cours et diffuse les premiers résultats dont les pics de radioactivité observés concernent essentiellement les stations du nord du pays. Les prélèvements les plus récents des autres stations du réseau OPERA-Air TGD situées dans la moitié sud de la France étaient encore en cours à la date du 14 novembre. Une semaine plus tard, qu’en est-il ? On attend le prochain communiqué de l’IRSN qui devrait nous apprendre un certain nombre de choses :

 

- Les calculs de rétro-trajectoires pour tenter de localiser la provenance des masses d’air ayant transporté l’iode-131 détecté.

 

- Les dernières mesures d’iode-131.

 

- Les mesures des autres produits de fissions (en particulier le césium) et leur ratio par rapport à l’iode-131.

 

L’ensemble de ces éléments permettront ou non d’associer cette pollution aux relâchements du réacteur nucléaire hongrois désigné par l’AIEA.

 

 

 

En attendant le prochain communiqué de l’IRSN (il semble qu’il ne faille plus rien attendre de l’AIEA qui devrait pourtant mettre à disposition du public les données de l’Europe entière…), on peut observer les mesures réalisées en Europe pour l’iode-131 en 2011 sur la carte publique EurDep : dans le mois précédent le 20 avril 2011 : l’iode de Fukushima est détecté partout en Europe.

 

 

 

Grâce à ces données, on constate que le réseau fonctionne très bien, avec des coupures toutefois, correspondant à des données non transmises par certains pays, pour des raisons inconnues. A partir d’avril 2011, l’iode-131 de Fukushima est détecté partout en Europe (mais aussi le césium-134 et le césium-137).

 

 

 

Pendant ce passage remarqué du panache radioactif en Europe, un évènement est passé inaperçu : la centrale de Cernavodă, la seule centrale nucléaire de Roumanie, semble avoir eu un problème car le taux d’iode-131 a avoisiné les 3 Bq/m3 en avril 2011 (Ou alors cette installation, à l’image des dégazages des pétroliers en mer, a profité de cette pollution généralisée pour relâcher des produits de fission ?). Il est en effet impensable que l’iode provenant de Fukushima vienne se concentrer en Roumanie sans affecter les autres pays européens de l’ouest. Durant cette même période, les Roumains n’ont communiqué aucune info sur les césiums. Les taux de césium étaient-ils trop élevés pour être rendus publics ? L’AEIA a-t-elle fait une enquête sur ce taux anormal d’iode-131 ? Le 16 janvier 2010, la première unité de cette centrale avait été fermée en raison d'une fuite de vapeur. Cet incident s’est-il renouvelé en avril 2011 ?

 

 

 

11.jpg

 

Données du mois précédent le 20 novembre 2011

 

 

 

On peut s’interroger également sur les mois d’octobre et de novembre : pourquoi seules la Pologne et la Croatie continuent d’avoir des niveaux anormalement élevés en iode-131 alors que l’AEIA affirme que la source de la pollution provient de Hongrie ? La Pologne détecte du Césium 137 jusqu’au 20 octobre également, et pas les autres pays. Etrange carte.

 

 

 

Le mystère reste donc entier.

 

 

 

A quand la transparence ?

 

 

 

 

 

 

 

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Mise à jour du 17/11/11, 23h00

 

 

 

labo.jpgSelon les sites d’information français (Le Monde, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, La Croix, etc.), « le mystère est sans doute résolu » : l’iode radioactif présent sur la quasi-totalité de l’Europe proviendrait d’un laboratoire médical de Budapest. L’information largement relayée provient d’un communiqué original de l’AIEA qui énonce avoir identifié la source de la fuite en Hongrie.

 

En bref, l’autorité de l'énergie atomique hongroise (OAH)  a informé l’AIEA qu’une fuite avait été détectée à l'Institut des isotopes de Budapest (Izotop Intezet) du 8 septembre au 16 novembre 2011. Les rejets excessifs de cet établissement ne datent pourtant pas d’hier. Cet institut avait déjà eu des problèmes avec l’iode-131 au premier semestre 2011, sans doute passés inaperçus à cause de la catastrophe de Fukushima. L’IAEA prétend ne pas connaître la cause de ce rejet et promet une enquête sur cet évènement. Pourtant, l’exploitant a déjà communiqué sur ce sujet : il s’agit d’un problème de filtrage.

 

vue-aerienne-copie-1.jpg

 

 

 

Selon les sites, l’info est présentée de différentes manières. Certains affirment que la source est hongroise, d’autres utilisent le conditionnel ou émettent des doutes en s’appuyant sur les déclarations émanant de l’institut incriminé. Selon son directeur, ces rejets n'expliqueraient pas la contamination observée jusqu'en France : « Les taux de radioactivité relevés en Hongrie étaient seulement un peu plus élevés à Budapest qu'ailleurs, il n'y avait pas de différence marquée… Si la source de cette radioactivité élevée avait été à Budapest, les niveaux mesurés ici auraient dû être bien plus élevés qu'à Prague », distant de 530 kilomètres, a déclaré à l'AFP le directeur de l'institut, Mihaly Lakatos.

 

 

 

On apprend que cet institut fournit des isotopes dans le monde entier à des fins médicales, scientifiques et industrielles. Mais ce que les médias français ne disent pas, c’est que cet « institut » hongrois possède un réacteur nucléaire de 10 MW de puissance. La cheminée de ventilation de cet établissement est très haute (80 m selon l'IRSN - mise à jour du 30/11/11) et permet la dispersion des effluents gazeux. Elle peut rejeter jusqu’à 60 000 mètres cubes par heure.

 

reacteur-hall.jpg

 

 

 

Ce réacteur à eau légère de type RR date à l’origine de 1959. Il a été modernisé en 1967 puis reconstruit de 1986 à 1993. De conception soviétique, il ne possède pas d’enceinte de confinement. Il sert essentiellement à la recherche : actuellement, 12 installations de recherche fonctionnent autour de ce réacteur.

 

 

En savoir plus sur le réacteur ici (document en anglais) :

 

http://www.kfki.hu/~brr/Dokumentumok/BRR_reconst_upgrade.pdf

 

reacteur-schema.jpg

 


Selon l’exploitant, de janvier à mai 2011, les rejets radioactifs se sont montés à 300 GBq, puis, de septembre à novembre, à 324 Gbq. Il précise que ces rejets se font dans un cadre légal puisque la limite de rejet annuelle est de 1600 Gbq, et que ces rejets ne peuvent pas expliquer la présence de l’iode dans une aussi grande étendue que l’Europe. De plus, Mihaly Lakatos déclare en pas avoir été contacté par l’AIEA (source : AlertNet). L’organisme international qui prétendait le 11 novembre avoir lancé une enquête n’a donc demandé aucune information à l’exploitant directement ! Drôle d’enquête pour une agence de cette envergure, n’est-ce pas ?

 

 

 

Attendons des données supplémentaires pour en savoir plus de nos organismes experts !

 

 

 

Dernier communiqué de l’AIEA (17/11/11) : Source of Iodine-131 in Europe Identified

 

Dernier communiqué de l’IRSN (15/11/11) : Détection en France de traces d’iode 131 dans l’air imputables à des rejets radioactifs venant d’un pays étranger

 

Dernier communiqué de l’ASN : pas de communiqué.

 

 

 

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Mise à jour du 16/11/11, 22h30

 

 

 

iode-europe-carte.jpgLa nouvelle d’un nouveau nuage radioactif sur la France a désormais fait le tour de toutes les rédactions et de tous les sites d’information, pour annoncer… qu’on ne savait toujours rien de plus ! On appréciera en passant l’inquiétude franco-française des médias qui ne s’expriment que le 15 novembre en écho du communiqué de l’IRSN alors qu’il aurait été plus raisonnable de sonner le clairon dès le 11 novembre… vu la grande radio-toxicité de l’iode-131.

 

 

 

Pour résumer, ce sont désormais 13 pays qui ont reconnu avoir détecté un taux d’iode-131 supérieur à la normale : l’Allemagne, l’Autriche, la Croatie, le Danemark, la France, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Russie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, et l’Ukraine. Ils représentent une superficie d’environ 6 millions de km².

 

 

 

Vu l’étendue de la pollution, il est certain que la source ne doit pas être minime puisque la radioactivité de l’iode décroît assez rapidement (cet élément perd la moitié de sa radioactivité en 8 jours). Quelle sont les installations nucléaires qui pourraient aujourd’hui être responsables d’une telle pollution ?

 

 

 

1) un réacteur nucléaire en activité : nous avons le choix en Europe qui est la région du monde la plus nucléarisée avec ses 82 centrales et 159 réacteurs en activité.

 

 

 

carte-interavtive-1.jpg Carte d’Europe interactive 1

 

 

 

 

 

carte-interavtive-2.jpg Carte d’Europe interactive 2

 

 

 

 

 

2) un laboratoire nucléaire destiné à la production de radio-isotopes médicaux. Des fuites ont déjà eu lieu, par exemple à celui de Fleurus (IRE) en Belgique en 2008. Le gouvernement belge avait averti les riverains des risques de contamination nucléaire après une fuite d'iode-131. L'incident avait été classé "niveau 3" (accident évité de peu). L’objet de ce genre de labo vise à isoler et purifier les radio-isotopes utiles à la médecine nucléaire. La matière première provient de réacteurs de recherche, par exemple en Belgique à Mol, en France, aux Pays-Bas, en Russie (Rosatom), en Pologne (réacteur Maria) ou encore en République tchèque.

 

 

 

3) un réacteur arrêté suite à une explosion : deux candidats potentiels, Tchernobyl et Fukushima Daiichi. Ces deux sites ont la particularité de contenir des coriums constitués de tonnes de combustible fondu qui peuvent faire l’objet de reprises de criticité. Celui de Tchernobyl est encore chaud, 25 ans après la catastrophe, et il est surveillé de manière continue car sa capacité de nuire est encore immense (voir l’article de l’AIPRI à ce sujet : Tchernobyl ne nous oublie pas). Celui, ou plutôt ceux de Fukushima Daiichi, sont encore très actifs et Tepco estime que la centrale rejette encore 100 millions de becquerels par heure.

 

 

 

Selon le Sunday Times, l’Ukraine la première a détecté des traces d’iode entre le 10 et le 20 octobre, et la Pologne entre le 17 et le 24 octobre. La Bulgarie dit ne pas avoir remarqué de taux anormaux. Enfin, la République tchèque assure que l’iode ne peut pas provenir d’une centrale nucléaire car les autres éléments radioactifs n’ont pas été détectés.

 

 

 

 

Etant donné le danger sanitaire que représente la diffusion d’iode radioactif dans l’air, il est urgent que les autorités nucléaires de sûreté déterminent la source de la pollution, afin de prendre toutes les mesures de précaution pour les populations vivant à proximité de l’installation défectueuse.

 

 

 

Dernier communiqué de l’IRSN (15/11/2011) : Détection en France de traces d’iode 131 dans l’air imputables à des rejets radioactifs venant d’un pays étranger

 

Dernier communiqué de l’AIEA (11/11/11) : Low Levels of Iodine Detected in Europe

 

Dernier communiqué de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) : pas de communiqué à ce jour.

 

 

 

 

 

 

 

___________________________________

 

 

 

 

Mise à jour du 16/11/11, 7h

 

 

 

Dans un article du Point, Bruno Chareyron de la Criirad est interviewé. Il partage notre analyse : « Ce qui est grave et choquant dans cette affaire, c'est de voir que, plusieurs jours, vraisemblablement même plusieurs semaines, après le début de cette contamination, on ne sait toujours pas d'où vient la pollution. Il est vraiment très inquiétant que, y compris après la catastrophe de Fukushima, les instances internationales et l'AIEA ne soient pas en mesure de faire un tel diagnostic. »

 

Et plus loin : « Pour l'instant, les niveaux de contamination détectés en France ne nécessitent absolument pas de mesures de protection particulières, mais il faut suivre la situation avec vigilance. Tout dépend du temps que cela va durer et de comment les choses vont évoluer. Car, actuellement, on ignore si, à la source de cette contamination, la situation est en train de s'améliorer ou de s'aggraver... Tant qu'on ne sait pas exactement ce qui s'est passé et d'où ça vient, on ne peut faire aucune projection sur les conséquences du phénomène. Il va falloir que les autorités de radioprotection dans tous les pays potentiellement concernés multiplient les analyses, rapidement et avec des appareillages de haut niveau, pour pouvoir faire une cartographie de cette pollution et de son évolution dans le temps. »

 

 

 

Le site http://www.simplyinfo.org/ fait des mises à jour régulières sur la situation en Europe à ce sujet (langue anglaise).

 

 

 

Sinon, en attendant des compléments d’information, on peut consulter le site de l’IRSN pour comparer les mesures récentes de l’IRSN avec les anciennes.

 

 

 

Station de Charleville-Mézière : 5,7 µBq/m3 en novembre 2011 au lieu de 0,76 µBq/m3 en moyenne pour les 6 mesures effectuées en janvier-févier 2011, cela signifie que le taux a augmenté de 7,5 fois par rapport à une situation « normale » (bien que le normal devrait être un taux de 0%).

 

 

 

irsncharlevilleiode

 

 

 

En observant les données fournies par l’IRSN, on constate qu’un évènement nucléaire a eu lieu en 2008 : la concentration d’iode-131 a fortement augmenté cette année-là, avec une valeur haute de 32 µBq/m3 le 22 février 2008. Ce pic de radioactivité dans l’atmosphère avait été causé à l’époque par un « incident »à la centrale nucléaire de Fessenheim : le 18 février 2008, un tube d’un générateur de vapeur du réacteur n°2 de la centrale s’était fissuré à la suite d’une « anomalie de supportage », conduisant à une fuite du circuit primaire vers le circuit secondaire.

 

 

 

irsnvesinetiode

 

 

 

L’observation des relevés du Vésinet (région parisienne) permet de constater que l’iode-131 est beaucoup plus présent dans cette zone que dans l’est de la France. On remarque en particulier des taux dépassant 1000 µBq/m3 du 16 au 25 septembre 2005. Que s’est-il passé ? Les médias en ont-ils parlé ? Il semble que non.

 

On remarque aussi l’absence de diffusion de données sur l’iode depuis début 2009 pour cette station.

 

 

 

source IRSN : http://sws.irsn.fr/sws/mesure/index

 

 

 

 

 

 

 

___________________________________

 

 

Mise à jour 15/11/11, 19 h

 

 

 

Au fur et à mesure que la nouvelle se répand, les choses commencent à bouger…

 

 

 

On apprenait ce matin que de nouveaux pays étaient concernés par la pollution à l’iode-131 : d’après le site Zero Hedge, le Danemark et la Russie font désormais partie de la liste, ce qui portait à 12 le nombre de pays impliqués. Ca commence à faire beaucoup !

 

 

 

Et surprise à 11h55 ‒ mais est-ce une surprise pour la France avec l’antécédent de 1986 ? ‒ le site du Monde annonce que l’Hexagone est également touché par le nuage radioactif !

 

Il s’appuie pour cela sur la publication d’une note de l’IRSN toute fraîche sortie, qui fait le point sur des analyses faites la semaine dernière. Ce qui est très surprenant, c’est que cet organisme dit avoir été informé « de façon informelle  à travers les réseaux scientifiques dont il est membre ». Ce qui signifie que l’AIEA, au courant de la pollution depuis plusieurs semaines, n’a pas estimé utile d’alerter les services nationaux compétents de tous les pays européens. Ce manque de réactivité est très grave, car il veut dire clairement que pour l’AIEA, un incident nucléaire, ce n’est pas si grave que cela, et que l’enquête qu’elle était censée faire de manière rapide dans un souci de protection des populations n’a pas été menée sérieusement. A vrai dire, ce n’est pas étonnant, car il faut bien savoir que cette structure internationale n’a pas vraiment pour objet le bien-être des populations mais principalement le développement de l'utilisation l’énergie nucléaire (Article 3 de ses statuts).

 

 

 

Revenons à l’analyse faite par l’IRSN : cet organisme a engagé en France des analyses par spectrométrie gamma sur des prélèvements d’aérosols et d’iode sous forme gazeuse  pour y rechercher la présence éventuelle d’iode-131. Les analyses ont été effectuées par le laboratoire de mesure de la radioactivité de l’environnement d’Orsay et dans celui du Vésinet.

 

 

 

Les valeurs significatives relevées par l’IRSN sont les suivantes :

 

Bure (55) : 0,79 µBq/m3 +/- 0,22

 

Charleville-Mézières (08) : 5,7 µBq/m3 +/- 1,9

 

Orsay (91) : 4,9 µBq/m3 +/- 1,4

 

Le Vésinet (78) : 12 µBq/m3 +/- 6

 

 

 

L’IRSN précise que la présence d’iode-131 dans l’air, qui est tout à fait inhabituelle à cette échelle du territoire national, indique l’existence de rejets radioactifs anormaux dans l’atmosphère dont l’activité la plus marquée en France se situe entre le 7 et le 10 novembre. L’IRSN, comme l’AIEA, rejettent l’hypothèse que ces taux anormaux d’iode-131 puissent trouver leur origine à l’ex-centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Le possible évènement de reprise de criticité de Fukushima annoncé par Tepco le 3 novembre a pourtant été mis à la connaissance de tous, et l’arrivée d’iode-131 sur l’Europe une semaine plus tard pourrait bien avoir un lien avec cet épisode que l’industrie nucléaire a voulu rapidement étouffer. Il reste à nos yeux une hypothèse plausible. En mars, le nuage radioactif de Fukushima avait bien atteint la France à compter du 27 mars, soit 15 jours après l’explosion du réacteur 1. Avec un même régime des vents et une réaction moindre qui aurait diffusé moins de radionucléides qu’une explosion, il est tout à fait possible que cette pollution provienne de Fukushima. En effet, la pollution n’a jamais cessé depuis le 12 mars 2011, et l’hémisphère nord est désormais couvert d’un vaste nuage radioactif permanent. Or, tant qu’il ne pleut pas, les gaz et les aérosols radioactifs restent en suspensions dans l’atmosphère et se cumulent, ils ne disparaissent jamais.

 

 

 

302314_10150461893708245_619858244_10339695_47625018_n.jpg

 

Pollution de l’hémisphère nord par Fukushima en mai 2011 (source)

 

 

 

Afin de déterminer la source, l’IRSN réalise actuellement des calculs de rétro-trajectoires  pour tenter de localiser la provenance des masses d’air ayant transporté l’iode 131 détecté. Nous attendons avec impatience les résultats de cette recherche.

 

 

 

Pour mémoire, les niveaux en iode 131 mesurés en France  après l’accident de Fukushima avaient atteint quelques milliBecquerels par m3 d’air (voir le bulletin du 10 juin 2011), soit plus de 100 fois les valeurs mesurées actuellement.

 

 

 

Pour ceux qui douteraient que l’atmosphère est constamment polluée par la radioactivité, voici une animation très parlante réalisée par Marian Steinbach à partir des relevés de 1750 compteurs Geiger de son pays du 14 juin au 25 octobre 2011. Marian a eu l’idée géniale de transformer les chiffres en des points de différentes intensités sur la carte, ce qui a pour effet de visualiser l’invisible, les radionucléides se déplaçant dans l’air comme le vent dans un champ de blé.

 

 

 

anim.jpg

 

Animation de Marian Steinbach : visualisation de la radioactivité passant sur l’Allemagne

(Cliquer sur l'image pour voir l'animation)

 

 

 

 

___________________________________

 

 

 

Mise à jour du 15/11/11, 7 h :

 

 

 

Le mystère demeure. Pas de nouveau communiqué de l’AIEA.

 

Selon un article de MailOnline, la France, la Grande Bretagne, l’Espagne, la Russie, l’Ukraine, la Finlande, la Suisse, la Pologne et la Norvège n’ont pas remarqué d’augmentation du taux d’iode dans l’atmosphère.

 

 

 

Les mentions de l’Ukraine et de la Pologne sont étranges car l’article de l’Associated Press of Pakistan les mentionne comme ayant relevé un taux anormal d’iode : « Higher radiation levels were detected in Poland and Ukraine even before October 19 ». Cette anomalie nous rapproche de l’ex-centrale nucléaire de Tchernobyl. Le Pakistan, qui ne fait pas partie de l’Europe, ne prend pas de gants pour parler de ce qu’il sait. Alors que les pays européens se serrent les coudes sous le traité Euratom qui a été l’acte fondateur de l’Europe le 25 mars 1957. Tandis que l’industrie nucléaire a du mal à se remettre de la catastrophe de Fukushima, une reprise de criticité dans le corium de Tchernobyl ferait un des plus mauvais effets pour essayer de redorer l’image du nucléaire en Europe.

 

 

 

Selon un article du 14 novembre du site Decoded Science, la Suède est à ajouter à la liste des pays européens qui ont remarqué cette hausse d’iode-131, ce qui porte à 10 le nombre de pays concernés, représentant une surface de 2 millions de km² : l’Allemagne, l’Autriche, la Croatie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, et l’Ukraine.

 

 

 

Des hypothèses supplémentaires ont été émises ici ou là : sous-marin atomique, radiations cosmiques de la nébuleuse de la Tarentule, guerre de Lybie, excréments de patients soignés à l’iode-131… Oui vous avez bien lu ! Le Professeur Malcolm Sperrin, directeur de la physique médicale à l'hôpital de Grande-Bretagne du Royal Berkshire, après avoir écarté tout lien avec Fukushima, a déclaré : « It is far more likely that the iodine may be as a result of excretion by patients undergoing medical treatment. »

 

 

 

Donc résumons : 2 millions de km² pollués par de l’iode-131, certes très faiblement, mais aussi très durablement (depuis 4 semaines maintenant). Tous les pays concernés se renvoient la balle : personne n’est responsable, aucune installation nucléaire ne déclare de fuite, d’incident, ou d’accident.

 

 

 

L’AIEA informe, puis se tait. Elle enquête. Elle prend son temps. Si elle met deux mois pour envoyer des experts comme pour Fukushima, il faudra encore attendre un moment avant d’avoir du nouveau ! Le temps de réparer la fuite et de classer cette affaire sans suite ?

 

 

 

Peut-être qu’en demandant des explications à l’AIEA, on obtiendra plus d’informations ? Si vous avez une réponse, merci de la mettre dans les commentaires pour en faire profiter tous les lecteurs.

 

Contacter l’AIEA : info@iaea.org

 

 

 

 

 

[Les prochaines mises à jour éventuelles se feront désormais sur cette page]

 

 

 

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 23:44
Photos
 
Dernière fournée de photos de Fukushima mises en page par Cryptome. Ces photos ont été prises à l’occasion de l’ouverture de la centrale aux journalistes.
 
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Pour voir les autres photos diffusées le 12 novembre 2011, aller sur la page de Cryptome :
 
Rappel : lien des 16 premières séries photos de Cryptome sur Fukushima Daiichi :
 
Autres liens de Cryptome concernant Fukushima Daiichi :
daiichi-inpo.pdf      Fukushima Daiichi NPS Disaster Timeline - November 12, 2011 (2MB)
daiichi-111011.htm    Fukushima Daiichi NPS Unit 4 Damage Photos - November 10, 2011
daiichi-110511        Fukushima Daiichi NPS Unit 3 Dust Sampling Video - November 8, 2011
daiichi-100811.htm    Fukushima Daiichi NPS 8 October 2011 Photos - October 8, 2011
daiichi-091711.htm    Fukushima Daiichi NPS 15-16 September 2011 - September 17, 2011
daiichi091211.htm     Fukushima Daiichi NPS 12 September 2011 - September 13, 2011
daiichi090911.htm     Fukushima Daiichi NPS 9 September 2011 - September 10, 2011
daiichi082911.htm     Fukushima Daiichi NPP 29 August 2011 - August 30, 2011
daiichi082411.htm     Daiichi NPP Unit 3 on August 24, 2011 Hi-Rez - August 26, 2011
daiich-110820.pdf     Fukushima Desalting of Unit 4 Spent Fuel Pool - August 20, 2011
 
 
Document
 
- Voici un écorché d’un réacteur GE Mark1 (Oyster Creek, New Jersey), qui est très proche du réacteur n°1 de Fukushima Daiichi. Ce schéma explicatif est intéressant pour connaître précisément les différentes parties et installations de ce type de réacteur, grâce à la légende associée.
Cette image est diffusée par l’Université du Nouveau Mexique, par l’intermédiaire de sa banque d’archives numériques (News Mexico’s Digital Collections)
Sur les différences qui existent entre ce type de réacteur et celui de Fukushima, se reporter aux commentaires de cette page :
 
005OysterCreekReactorNo40
Image en meilleure résolution ici
 
 
Vidéos
 
- Evacués volontaires et culpabilité
Traduction française par Hélios & Kna, sous-titrage par Kna.
 
 
- L’ouverture de la centrale de Fukushima Daiichi aux journalistes a provoqué une vague de reportages filmés dont voici les principaux :
 
Les conditions de travail des employés se seraient améliorées selon Tepco (AP)
 
8 mois après, la centrale continue de polluer (AFP)
 
Tepco tente de redorer son blason (Euronews)
 
Une journée à Fukushima (J Village)
 
La vie des ouvriers de Tepco (BFMTV)
 
Médias invités à visiter la centrale de Fukushima Daiichi (BFMTV)
 
A propos de cette visite des journalistes, à lire aussi :
 
Article de Dominique Leglu :
Article de Reiji Yoshida du Japan Times :
 
 
- Attention, appel aux archivistes de Fukushima ! Il ne reste qu’un mois et demi pour visionner ou télécharger ces vidéos que Tepco a réalisées de mars à septembre 2011.


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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 17:17

By Pierre Fetet, posted in Le blog de Fukushima   

Translation from French: Robert Ash

 

Download this article110611 02

 

 

 

At a time when everyone is wondering where the coriums of the crippled Fukushima Daiichi nuclear plant may be, it is interesting to know the nature of the terrain where they could possibly be hiding. Although all documents used to write this article are readily available, most are in Japanese and this explains that to date knowledge of the geology of Fukushima is fragmented. Based on the geological survey that was conducted prior to building the plant, as well as on results of seismic testing and recent research related to drilling, this article will attempt to give an updated picture of the nature of the substratum of the nuclear plant, which may help to predict possible developments in the currently unfolding disaster.

 

 

General geological environment

 

The Fukushima Daiichi Power Station is located on the east coast of Honshu island, in northeastern Japan, on a Cenozoic sedimentary ground, i.e. belonging to the current geological era (from 65.5 million years ago to the present). It is separated from the Abukuma granite plateau by the Futuba fault.

 

tectonic division of Abukuma Mountains and location of bore

The geological map shown above is from an illustration entitled "Tectonic division of Abukuma Mountains and location of borehole" taken from the article "Granitoids with 300 Ma in the Joban coastal region, east of Abukuma Plateau, northeast Japan" (Authors: Tstsumi, Yukiyasu; Ohtomo, Yukiko; Horie, Kenji; Nakamura, Ko-ichi; Yokoyama, Kazumi), Journal of Mineralogical and Petrological Sciences, Volume 105, p. 320-327 (2010).

 

 

This map was produced when a 1005 meter-deep drilling operation was carried out in an area situated a dozen kilometers south of the Fukushima Daiichi plant, close to the Fukushima Daini plant. Published in 2010, it is the latest that we can rely on to learn about the overall geological context of the crippled plant.

 

Coring conducted by researchers shows that the layer of sedimentary rock which makes up the soil of the east coast of Japan over at least a hundred kilometers has a thickness of 815 meters at the latitude of Fukushima Daini.

 

 

A well documented site

 

For more detailed information on the geology of the soil of the Fukushima Daiichi plant, the following three other documents are essential references: the first is the geological survey that was conducted prior to the construction of the plant (1967); the second is a safety assessment in terms of seismic risk of the nuclear site, published by Tepco in May 2009; the third is an expert appraisal summarizing the situation of the Fukushima Daiichi plant from a geological and seismical perspective, which was published by the Japanese authority for nuclear safety, the NSC (Nuclear Safety Commission), in June 2010.

 

The first paper brings together two cross-sections of the ground at the site of the future plant: one east-west, another north-south. Based on this document, backed by a photo of the site before construction (1966), we realize that the coast was originally rocky and that the sedimentary plateau has been excavated in order to achieve the earthwork for the construction of the nuclear plant. As anticipated in the cross-section (marked by the dotted red line), the excavation lowers the ground to 10 meters above the sea and the digging of the basement is below sea level.

 

géologie fukushima coupes colorisées

Geological study of the Fukushima Daiichi site before 1967 (Cross-sections colorized and annotated in French by the author from an original Japanese document in black and white. Source: http://cryptome.org/0004/daiichi-build-01.pdf, page 103)

 

 

 307792 2332040463763 1332320101 2694196 6509429 n-copie-1

The site before construction, in 1966

(source: http://www.houseoffoust.com/fukushima/phototour.html)

 

 

In order to build the plant - originally only Unit 1 - the upper sedimentary layers were excavated. These are Quaternary alluvial deposits composed of clay and sand which are friable or semi-hard (green and brown in the cross-section). Thus the plant was built on "mudrock" type sedimentary rock (yellow in the cross-section), which is a muddy rock composed of clay and silt (very fine sand). But the term "muddy" does not mean that the rock is soft. It simply means that it is a rock whose matrix is clay; it is also called "argillite".

 

The second report examines the response from the ground to waves emitted from the surface over the entire site, particularly under the common cooling pool, which is located west of Unit 4. This pool, designed to cool more than 1000 tons of spent fuel, was the subject of particular attention: the east-west and north-south cross-sections intersect at this precise location.

 

 

plan coupe est ouest piscine commune geologieMap of the site

with location of the cross-section below

(red line)

 

piscine commune geologie

East-West cross-section (Thanks to Hiroko for her help in translation)

 

This cross-section shows a ground discontinuity at a depth of around 200 m, corresponding to a change in the nature of the rock. Between ground level and  -200 m, we find the geological layer of Tomioka, dating from the Neogene; the layer below it is older, it is labeled as belonging to the Paleogene - Neogene and corresponds to the Taga layer.

 

The third paper presents a detailed analysis, also shown in two cross-sections, of the various geological strata inside this thick Cenozoic sedimentary coating. This is the list of the main strata, identified by letters, from the closest to the surface ground, down to the deepest. It is followed by maps, cross-sections and an analytical table:

- T3: muddy and sandy rock (Tomioka layer, Neogene)

- T2: sandstone with some inclusion of tuff (Tomioka layer, Neogene)

- T1: sandstone with heavy inclusion of tuff (Tomioka layer, Neogene)

- TI: clayey sandstone (Taga layer, Paleogene - Neogene)

- Yu: alternating muddy and sandy rocks (Yunagawa layer, Early Miocene)

- Sr: hard sandstone and muddy rocks (Shiramizu layer, intermediate between the Oligocene and Miocene)

 

 

plan de situation des coupes géolMap showing location

of the two cross-sections

(see below)

 

coupe géol est ouest - Copie

East-West cross-section (location of the plant added in red)

 

coupe géol nord sud fukushima daiichi4

North-South cross-section (location of the plant added in red)

 

tabeau

Analytical table: Stratigraphic geology of the site of Fukushima Daiichi. (Table made from an original document in Japanese. Thanks to Marielle for her help.)

Source: http://www.nsc.go.jp/shinsa/shidai/touden_fukushima/3/siryo2.pdf, p. 14

 

 

A suspicious fault

 

In several of these cross-sections, an ancient fault, predating the later Miocene, is clearly visible under the nuclear site. Whereas the geological survey conducted prior to the construction of the plant does not reveal this fault (drilling did not go beyond a depth of 200 meters at the time), it is clear from the documents dated 2009 and 2010 that Tepco and the NSC have known about it for several years. The following cross-section shows this fault with even greater depth (- 1300 m):

 

faille fukushima daiichi

Fukushima Daiichi fault

(source NSC: http://www.nsc.go.jp/shinsa/shidai/touden_fukushima/3/siryo2.pdf , p. 13)

 

There is obviously a need to reconsider the way authorizations are granted for the building of nuclear plants (1). A non active fault behaves like a dormant volcano: once a seismic or volcanic event is known to have occurred even in a very remote past, it has the ability to recur if the conditions are met again. It would not be surprising if, during the earthquake of March 11, 2011, this fault had been reactivated, causing severe damage to the plant, such as this crack discovered after the quake:

 

fissure f1 réduite

Source of photograph: Tepco

 

 

Permeability of the layers

 

Andreas Küppers, a German geologist who had intervened on the site during the construction of the plant, was interviewed in March 2011 by the newspaper Die Welt. According to this specialist from the GeoSearch Center Potsdam (GFZ Deutsches GeoForschungsZentrum), the different layers of argillite on which the plant is built are likely to be waterproof and should be able to prevent contact with groundwater (2). But this opinion is not shared by everyone. One dissenting Japanese geologist, for example,  - who wishes to remain anonymous -  has been noted for his views expressed on a U.S. forum, "Physics Forum": according to him, the bedrock of the region is made of coarse, very permeable sandstones, and contains vast amounts of water from the neighboring Abukuma mountain. This groundwater, he claims, is flowing under the plain towards the sea at a very low speed of about 50 cm / day (3).

 

In fact, in light of the collected data, it seems that the views of these two geologists may not be conflicting after all, because both types of layers do exist: argillite (or silt) and sandstone. However, Andreas Küppers, in line with Tepco's style of communicating, refrains from disclosing all the information he possesses: namely, that there is not only waterproof argillite, there are also some strata of permeable sandstone, which allows groundwater to move towards the sea. Moreover, the presence of this fault under the plant makes it possible for the water to sink down vertically without being stopped by a horizontal waterproof layer of argillite, and allows connection between several sheets of groundwater which one would have thought were independent.

 

 

Good and bad news

 

The good news is that the radioactive water leaking from the plant will not be able to spread towards the Japanese inland and the Abukuma plateau due to the downward slope of the geological layers. The bad news is that there exists a fault which appears to be active right under the Fukushima Daiichi plant itself: this allows, and will continue to allow, radioactive pollution of aquifers over a depth of several hundreds of meters, as it runs through the different "waterproof" strata (4). This also means that the radionuclides will naturally be carried towards the sea by this underground water stream flowing through the permeable layers of sandstone. Sandstone is indeed the ideal rock for aquifers, as it is both permeable and fractured, providing easy movement of water. And finally, there is the problem of the type of rock on which the plant was built being rather "soft", meaning that an earthquake can only destabilize the buildings.

 

As early as March 31, 2011, Tepco announced that the groundwater was contaminated with radioactive iodine, according to an analysis of a sample taken at a depth of 15 meters under the first reactor (link). Today, if one or more coriums have sunk into the ground, this pollution has very likely been increasing. But Tepco no longer shares any information about the pollution of groundwater. Their only concern is to present a beautiful reassuring façade, which will never solve this disastrous pollution of soil and groundwater: underground contamination is irreparable, because there is no access to it.

 

 

 

 

(1) In France, unfortunately, the situation is no better: the nuclear safety authority seems to have expressed no objections to the expert appraisal conducted by EDF, which appears to have falsified data pertaining to seismic hazard for several nuclear plants out of concern for profitability.

Source documents may be consulted at: http://observ.nucleaire.free.fr/falsification.htm

 

(2) "Die Wahrscheinlichkeit ist hoch, daß dieses Gestein dicht ist und keinen Kontakt zu Grundwasserleitern zulässt", Die Welt, March 15, 2011.

 

(3) This information on the origin and direction of water flow is confirmed by the first cross-section in this article: the general downward slope of Quaternary strata goes from the mountain to the coast.

 

(4) Yesterday again, Tepco was pretending to have no knowledge of the fault over which the plant is built, and was trying to divert attention by discussing some active faults located 50 km from the site! Link to this bulletin from NHK: http://www.scoop.it/t/tsunami-japon/p/412878168/eng-tepco-decouvre-des-failles-probablement-actives-pres-de-fukushima-nhk-world-english. Link to a video from JAMSTEC that shows a recently discovered active fault on the seabed off the coast of Fukushima: http://www.youtube.com/watch?v=ZAidW9t6f9Q&feature=player_embedded!

 

 

 

---------------------------------------------------------

 

The following sources were consulted when writing this article:

 

Classification of sedimentary rocks (Université Libre de Bruxelles):

http://www.ulb.ac.be/sciences/dste/sediment/sedimento/notes/sedim/classification_roches_siliclastiques.pdf

Different geological layers in the region of Fukushima:

https://ir.kochi-u.ac.jp/dspace/bitstream/10126/2261/1/N022-04.pdf

Geological cross-sections of the Fukushima Daiichi plant:

http://www.nsc.go.jp/shinsa/shidai/touden_fukushima/3/siryo2.pdf

http://www.tepco.co.jp/nu/material/files/ka10061701.pdf

Classification of detrital rocks:

http://www2.ulg.ac.be/geolsed/sedim/sedimentologie.htm

Sandstone permeability:

http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-permeabilite-des-roches.xml

Article on the northeast coast of Japan:

http://www.jstage.jst.go.jp/article/jmps/105/6/320/_pdf

Wikipedia Hydrology:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrog%C3%A9ologie

 

 

---------------------------------------------------------

 

Original article in French: 

 

“La géologie de Fukushima”

http://fukushima.over-blog.fr/article-la-geologie-de-fukushima-83016778.html

 

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 03:16

eurdep.jpgD’après le site public European Radiological Data Exchange Platform, de l’iode-131 est détecté uniquement en Slovénie et en Croatie, à quatre endroits différents : à Zagreb, à Ljubljana, à Krsko, et à la limite des trois pays Croatie-Hongrie-Serbie.

 

 

Quelques remarques viennent immédiatement à l’esprit :

 

Les informations fournies par l’AIEA sont lacunaires (pas de carte, localisation vague, pas de mesure fournie). Il va sans dire qu’il s’agit bien là de rétention d’information. Pour quelle raison l’AIEA a-t-elle fait seulement hier ce communiqué sur l’iode-131 ? Deux semaines après ces détections suspectes, il est évident que cette organisation sait déjà où se situe le problème.

 

Les informations fournies par la carte mise à disposition du public par la commission européenne sont incomplètes également : aucune information sur une présence d’iode-131 dans les 5 pays cités hier (Allemagne, Hongrie, République tchèque, Autriche, Slovaquie). Pourquoi cette carte n’est-elle pas mise à jour ?

 

D’après cette carte publique, deux centrales nucléaires sont susceptibles d'être concernées par ces rejets d'iode-131 : la centrale de Krsko (Slovénie) et la centrale de Paks (Hongrie). Mais si l’on fait une recherche avec le Césium, seule la centrale de Krško est concernée puisqu’en Europe, seul ce site cumule à la fois de l’Iode-131, du Césium-134 et du Césium-137.

 

krskocarte.jpg

Carte de situation de la centrale de Krško

 

Même si cette carte mise en ligne pour informer le public n’est pas une carte pour donner une alerte et peut contenir des erreurs, elle donne tout de même un fort indice pour qu’un évènement se soit passé dans les dernières semaines (ou est encore en cours ?) dans la centrale nucléaire slovène. Il est inimaginable que l’AIEA ne soit pas au courant.

 

Cette centrale a d’ailleurs déjà eu des problèmes de fuites en 2008 : le 4 juin 2008, une fuite sur le circuit primaire du système de refroidissement du réacteur avait eu lieu. Et avec Fukushima, on sait ce qu’un problème sur un circuit de refroidissement peut donner !

 

Il est grand temps que l’AIEA s’explique sur cette diffusion d’iode-131, de césium-134 de césium-137 en Europe. Si la centrale de Krško a eu un accident, il est légitime et urgent que la population européenne en soit informée dans les plus brefs délais !

 

 

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Pour plus d'information et des mises à jour, se reporter à l'article précédent :

http://fukushima.over-blog.fr/article-iode-radioactif-sur-l-europe-evenement-nucleaire-en-cours-88519209.html

 

 

 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 18:48
iode111111.jpgSelon l’AIEA, de très faibles niveaux d'iode-131 radioactive ont été détectés en République tchèque et « ailleurs » en Europe, mais les particules sont considérées comme ne présentant pas un risque de santé publique.

 

L'Agence internationale de l'énergie atomique, basée à Vienne, a déclaré qu'elle cherchait à déterminer cette source radioactive en estimant a priori que cette pollution ne pouvait pas provenir du Japon.

 

 
(Mises à jour régulières en bas de page)
 
En fait, c’est l’agence de sûreté nucléaire tchèque qui a donné l’alerte : depuis fin octobre ‒ donc depuis 2 semaines ‒ plusieurs des stations de surveillance de ce pays ont détecté de l’iode-131; mais l’AIEA était déjà au courant, car d’autres pays d’Europe centrale, comme l’Autriche et la Hongrie, avaient des mesures similaires de ce radionucléide cancérigène depuis environ 8 jours. Or l'iode-131 est un isotope de courte durée qui a une période de désintégration radioactive de huit jours, ce qui signifie concrètement qu’un évènement a eu lieu dans les semaines qui viennent de s’écouler, et de manière suffisamment importante pour que plusieurs pays européens détectent ce radionucléide.
 
Doit-on « croire » comme l’AIEA que cette pollution ne vient pas du Japon ? Dans les jours et les semaines suivant après le 11 mars, de l’iode-131 a pourtant été détecté aux Etats-Unis, en Islande, en France et dans d’autres parties de l’Europe.
 
Voyons quels ont été les évènements de ces dernières semaines :
 
- 23 octobre 2011 : puissant tremblement de terre en Turquie. Ce pays possède un seul réacteur (Mark II, installé en 1979), qui est un réacteur de recherche situé à la Technical University of Istanbul. A plus de 1000 km de l’épicentre, ce réacteur n’a pas pu être touché par la secousse.
 
- début novembre : niveau de radioactivité très élevé (620 mSv/h) sur le réacteur 3 de la centrale de Fukushima Daiichi
 
- 2 novembre 2011 : détection de Xénon 133 et 135 sur le réacteur 2, ce qui signifie, selon les propres termes de Tepco, qu’une réaction nucléaire avait eu lieu récemment dans la centrale.
 
- 5 novembre 2011 : Mochizuki relève une augmentation de tweets sur des picotements des yeux ou des démangeaisons inhabituelles. Le vent vient du nord, de la centrale de Fukushima Daiichi, et la radioactivité commence à augmenter à Tokyo.
 
- 6 novembre 2011 : masse d’air radioactif qui arrive sur Tokyo, comme le relève le graphique du KEK à Tokyo et la prévision météo des vents au Japon.
 

 
 
kek6nov2011.jpg
Graphique du KEK (radioactivité à Tokyo)
 
- 6 novembre 2011 : pluie particulièrement radioactive (140 CPM) relevée à Los Angeles

 
- 11 novembre 2011 : détection d’iode-131 en Europe depuis au moins 2 semaines
 
Ces évènements ont-ils un lien ?
 
L’AIEA prétend que l’iode-131 pourrait provenir d’un site de production de matériels radioactifs utilisés dans le milieu médical. Si c’est le cas, il serait urgent de connaître ce généreux donateur de radionucléides dans l’environnement européen. L’AIEA serait aimable aussi de communiquer la carte de tous ces centres de production qui sont censés exister pour le bien-être de la population mondiale. Il est primordial que l’industrie, qui plus est liée à la santé, maîtrise parfaitement ce genre de produits hautement cancérigènes.
 
L’AIEA est en train d’enquêter…
… à suivre !
 
 
sources :
 
 
 
Mise à jour 11/11/11 à 23h30 : de l'iode-131 a également été détecté en Slovaquie et dans le nord de l'Allemagne. Cette pollution concerne donc l'ensemble de l'Europe centrale (environ 500 000 km²). 
 
Mise à jour 12/11/11, 1h45 : Le site public de surveillance de la radioactivité en Europe pointe la Slovénie et la Croatie. Etrange que l'AIEA ne signale pas ces pays dans leur liste ! D'après cette carte, de l'iode-131 a été détecté à Zagreb, à Ljubljana, entre ces deux villes à la centrale nucléaire de Krsko, et à la limite des trois pays Croatie-Hongrie-Serbie.
Deux centrales nucléaires sont susceptibles d'être concernées par ces rejets d'iode-131 : la centrale de Krsko (Slovénie, qui a déjà eu des problèmes de fuites en 2008, et la centrale de Paks (Hongrie).
 
Mais en fait, quand on fait une recherche sur le Césium 137, on obtient les mêmes points. Puis, avec une recherche sur le Césium 134, seule la centrale de Krsko est concernée.
 
A l'AIEA de trancher maintenant, et de dire la vérité !
 
iodecroatiegoogleearth.jpg
 
Mise à jour 13/11/11, 21h30 :  la Criirad fait ce communiqué sur son site :
"Note : l'AIEA a signalé le 11 novembre 2011 que de l'iode 131 a été détecté à de très faibles niveaux dans l'air ambiant en Europe centrale "ces derniers jours" . Selon l'agence de presse Reuters les services compétents de la République Tchèque ont détecté des traces d''iode 131 fin octobre. De faibles niveaux d'iode 131 auraient été mesurés dans le nord de l'Allemagne et en Hongrie. L'origine de cette contamination n'est pas établie. Le laboratoire de la CRIIRAD est en vigilance renforcée."

Selon le site SimplyInfo, la pollution pourrait provenir de Pologne ou de Russie où se trouvent les deux seuls réacteurs médicaux connus dans la région proche de la République tchèque, à l'est des zones de détection de l'iode 131. Ce sont les réacteurs Maria en Pologne et le réacteur de Rosatom dans le Dimitrovgrad en Russie. Le réacteur Maria en Pologne est plus proche de la détection des zones d'iode dans l'air ; il était à l'origine un réacteur de recherche et a été converti en 2010 pour faire des radio-isotopes médicaux comme l'iode 131.

     

 

Toutefois, SimplyIfo n’a pas de confirmation de ces hypothèses.    

Le mystère reste donc entier pour l’instant.

 

 

 

Mise à jour du 13/11/11, 22h10 : Selon Associated Press of Pakistan, La PASA (Pakistan Atomic Energy Commission) vient de réfuter une nouvelle (*) parue dans un article de presse nationale et internationale alléguant que la radioactivité plus élevée que la normale remarquée dans certaines parties de l'Europe pourrait provenir du récent incident à la centrale nucléaire de KANUPP. Dans un communiqué public, elle affirme qu'il n'y a eu aucune fuite de radiations dans l'environnement de KANUPP le 19 octobre. Il y a eu seulement un déversement d'eau lourde dans le bâtiment de confinement, qui a été mis sous contrôle en suivant les procédures de routine.

 

« La libération de l'iode-131 n'est pas possible sauf s'il ya une panne de combustible nucléaire, tandis que l'incident de fuite de KANUPP impliquait de l’eau lourde qui contient du tritium et non pas l'iode-131 ».  
De plus, les niveaux de radiation les plus élevés ont été détectés en Pologne et en Ukraine, vant que l'incident de KANUPP n’ait eu lieu. On peut ajouter que même s'il y avait une fuite à KANUPP, il n’aurait pas pu avoir voyagé en Europe sans laisser aucune trace dans les environs où aucun niveau inhabituel n’a été détecté.

 


(*)Le porte-parole de l'agence de l'énergie atomique polonais aurait dit : « Des rapports non confirmés suggèrent qu'il peut y avoir eu un incident dans une centrale nucléaire au Pakistan, mais cela nécessite une confirmation supplémentaire». 

 

 

 

 

 

Mise à jour du 14/11/11, 0h30 : d'autres hypothèses exposées dans le site Ex-SKF (article et commentaires).

 

- un accident dans une installation d'armes en Iran ?

 

- le résultat de spallations de Fukushima par les retombées des dernières éruptions solaires ?

 

- des problèmes à l’ex-centrale de Tchernobyl ?

 

 

Mises à jour suivantes : cliquer ici.

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 21:03
carte-cendres2.jpgAprès une catastrophe naturelle telle que celle du tsunami du 11 mars qui a ravagé la côte est du Japon, on pleure ses morts, on nettoie les côtes, on déblaie, on reconstruit, on se reconstruit et petit à petit, avec une énorme cicatrice au cœur et dans le paysage, la vie reprend le dessus.
 
Après une catastrophe nucléaire telle que celle de Fukushima Daiichi, on vit dans un environnement radioactif  persistant, on n’ose plus laisser ses enfants jouer dehors, on a peur de ce qu’on mange, on se méfie de la pluie et du vent, on s’inquiète de l’avenir, on craint qu’une nouvelle explosion se produise dans la centrale, on se demande s’il faut partir ou rester, la vie est suspendue à cette éternité radioactive, qui rejoint toujours cet instant où tout a commencé et ou rien ne se terminera.
 
Huit mois après, la centrale continue de cracher ses radionucléides et le Japon marche sur la tête.
 
 
Après la catastrophe de mars 2011, le gouvernement japonais a discrètement augmenté les normes de la radioactivité de l’eau potable : le taux limite précédent était de 10 Bq/litre pour le césium et l'iode. Les nouveaux niveaux sont de 200 Bq/litre pour le césium et 300 Bq/litre pour l'iode. Pour comparaison, alors que le taux recommandé par l'OMS est de 1 Bq/L, l'Allemagne applique 0,5 Bq/L et les Etats-Unis 0,111 US Bq/L. (1)
sources :
 
 
 
enfantAlors que l’on sait que les enfants sont plus fragiles face à la radioactivité, le gouvernement persiste à ne pas organiser leur évacuation qui les éloignerait de Fukushima. Dans cette région de ce pays civilisé, les enfants portent des dosimètres destinés à savoir quelle dose de radioactivité ils reçoivent quotidiennement. Mais celui-ci ne mesure pas la contamination interne. Pourtant on sait que rien que le fait de nouer ses lacets provoque une contamination au césium. Quel est l’avenir de ces enfants ?
sources :

 
 
 
Au lieu de rassembler les déchets radioactifs dans une zone et une seule afin de ne pas contaminer plus le pays, les Japonais ont semble-t-il décidé de répandre ces déchets radioactifs dans le pays entier. La ville de Tokyo a ainsi décidé d’acheminer des déchets radioactifs dans le site de la baie de Tokyo.
sources :
 
buUn député japonais a bu l’eau filtrée de la centrale de Fukushima Daiichi pour démontrer aux médias que le système de décontamination fonctionnait bien et qu’il ne fallait pas avoir peur.
source :
 
Les médecins donnent des conseils fallacieux à la population au sujet de la radioactivité : conserver une bonne humeur protégerait des effets néfastes des radiations ; le plutonium ne serait pas si dangereux que ça. Alors que la radioactivité est un phénomène physique qui casse  les molécules ADN, provoque des maladies et des mutations génétiques, ces pseudo-scientifiques font croire des inepties aux ignorants. (2)
source :
 
Le gouvernement nippon veut envoyer les denrées contaminées par la catastrophe de Fukushima comme aide humanitaire dans les pays du tiers-monde.
source :
 

 
 
 
 
arton1897-9a992Pour éviter la faillite de l’entreprise Tepco, l’État japonais vient de lui accorder une aide de 8 milliards d’euros. Mais les actionnaires, qui ont touché depuis dix ans des milliards d’euros, ne sont pas inquiétés. Privatiser les profits, socialiser les pertes : de nos jours, plus aucune compagnie, qu’elle soit bancaire ou industrielle, n’échappe à cette règle universelle. Au Japon, c’est la double peine : le contribuable est non seulement contaminé, mais en plus il met de sa poche pour continuer à faire vivre le plus gros pollueur de la planète.
source :
 
D’après les sources officielles, la crise nucléaire serait sur le point d’être résolue avec un « arrêt à froid » des réacteurs. Pourtant, les radiations atteignaient il y a quelques jours 620 millisieverts par heure au premier étage du bâtiment de l’unité 3, "le plus haut niveau enregistré sur place depuis le début de la catastrophe".
source :
 
bord de la piscine 3   
Nouvelle photo de la piscine de combustible de l’unité 3
(d’après la dernière vidéo Tepco)
 
Le ministère des sciences et de l’éducation a stoppé la publication des cartes de contamination du Japon depuis un mois. La raison pourrait être que ces cartes révèlent des concentrations trop fortes de radioactivité dans des régions jusque là connues pour avoir été épargnées. Comme toujours quand il y a rétention d’information, il faut se tourner vers les réseaux parallèles pour être informé convenablement. Yukio Hayakawa, scientifique japonais spécialisé dans les cendres volcaniques, vient de diffuser une carte de la contamination radioactive des cendres d’incinération du Japon. Ces cendres sont représentatives des déchets ménagers des Japonais, c'est-à-dire entre autres de ce qu’ils mangent. Le résultat est alarmant.
sources :
 
carte cendres
Carte de la contamination des cendres d’incinération par le césium : Tokyo au cœur de ce problème majeur
(cliquer sur la carte pour avoir accès aux mesures)
 
Bref, le Japon ne s’en sort pas et prend des décisions incompréhensibles, sans rapport avec l’attente des gens. Etant donné que la radioactivité, à l’échelle humaine, est un problème sans solution, cette crise nucléaire nippone n’aura pas de fin, tout comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui, 25 ans après, n’a toujours pas trouvé d’épilogue. L’urgence aujourd’hui est d’aider les populations à être mieux informées des dangers de la contamination par la poussière et la nourriture, et à évacuer toutes les personnes qui vivent dans des territoires fortement contaminés.
 
adhPour terminer sur une note optimiste, je voudrais rendre hommage à un homme remarquable, Alain de Halleux, cinéaste humaniste qui fait en ce moment même un reportage sur les enfants de Fukushima. Son témoignage, dans un blog intitulé « Carnet de voyage » est à lire, absolument. Il raconte mieux que quiconque la vie des gens, là-bas, ses rencontres, ses peurs et ses espoirs.
 
 
 
 
Sources générales : merci à Etienne Servant pour son fil d’info quotidien Fukushima information et à Laurent Mabesoone pour ses infos de terrain.
 
 
 
 
-------------------------------------
 
 
(1) Et chez vous, vous êtes-vous jamais demandé si on mesurait la radioactivité de l’eau régulièrement ? Connaissez-vous le taux limite ? Savez-vous si votre gouvernement a prévu de l’augmenter en cas d’accident nucléaire ?
 
(2) Mais au fait, dans votre entourage, qui connaît vraiment les effets de la radioactivité sur la santé ? Si vous habitez à moins de 100 km d’une centrale nucléaire, y a-t-il des exercices d’évacuation ou de confinement ? S’il y a un accident, saurez-vous quoi faire ? Vous demandera-t-on aussi de garder le sourire pour vous protéger des radiations ? C’est probable.
source :

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 17:28
Photos
 
- Une mine pour qui cherche des photographies sur la centrale de Fukushima Daiichi : plus de 250 photos et documents divers sur cette page du site houseoffoust
 
collection photos
 
 
- Photos Tepco
 
La radioactivité provenant des sous-sols est très élevée. Pour essayer de stopper les flux gazeux radioactifs, Tepco bouche toutes les ouvertures (escaliers, trappes, etc) qui sont en relation avec les caves. En effet, une casserole d’eau frémissante produit toujours, par convection, un mouvement ascendant d’air chaud. Tous les bâtiments annexes aux bâtiments réacteurs sont ainsi concernés : bâtiments des turbines, bâtiment d’élimination des déchets radioactifs, atelier d’incinération, etc. Cette programmation de travaux démontre que TOUS les sous-sols de la centrale dégagent une radioactivité importante.
 
tepco1
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tepco4
 
- Nouvelles photos infrarouge des réacteurs 1 et 3 :
 
Des nouvelles photos de Tepco datant des 13 et 14 octobre 2011, permettent de faire des comparaisons avec une photo aérienne de la centrale pour déterminer les éléments ou les endroits visibles les plus chauds.
 
infrarouge1
Cliché infrarouge réacteur 1 du 13 octobre 2011
 
infrarouge3
Cliché infrarouge réacteur 3 du 14 octobre 2011
 
reacteur1
Photo aérienne réacteur 1
meilleure résolution : cliquer ici
 
reacteur3
Photo aérienne réacteur 3
meilleure résolution : cliquer ici
 
IR1insérée
Infrarouge inséré réacteur n°1
 
IR3insérée
Infrarouge inséré réacteur n°3
 
 
Vidéos
 
- Tepco diffuse une vidéo prise le 12 octobre lors d’un prélèvement dans l’unité 3. Vision de dégâts immenses dans ce bâtiment, rien de nouveau.
Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo diffusée par Devils TOwer sur YouTube
 
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- Considérations d’Arnie Gundersen sur de nouvelles photos de Tepco
 
Arnie Gundersen nous livre une analyse des nouvelles photographies de l’unité 3 publiées récemment par TEPCO étayant son hypothèse que l’explosion de cette unité a débuté dans la piscine de combustible usé. Fairewinds pense que des dommages importants ont également eu lieu dans le système de confinement, et que les deux événements (explosion de la piscine de combustible et dommages à l’enceinte de confinement) n'ont pas eu lieu simultanément. La vidéo comprend également un bref commentaire sur la couverture construite sur l'unité 1 de Fukushima Daiichi.
 

 
 
- Visite de la centrale de Fukushima Daiichi (12 octobre, Tepco)
Visite en extérieur depuis une voiture. Rien de particulier à signaler.
 
 
 
- Des travailleurs de Fukushima témoignent auprès de la ZDF
Reportage de Johannes Hano, Martin Niessen et Fuyuko Nishisato du 4 octobre 2011,
(durée 8min15, merci à kna60 pour la traduction !)
 
- Vivre dans la zone mortelle (« Leben in der Todeszone », durée 28min32)
Reportage de Philipp Abresch dans l’émission Weltweit  (WDR)
On y voit entre autres les enfants de Minamisoma qui portent leurs dosimètres, qui ont peur de la pluie et qui n’ont plus le droit de jouer dehors…
Encore un excellent reportage qu’on aimerait voir sur nos chaînes francophones !
wdr
Pour la traduction et le sous-titrage, merci à tous les contributeurs : 007bratsche, tokyobrowntabby, sievert311, Hélios & Kna ! 
 
Application
 
- Visiter Fukushima en 3D :
Les photos aériennes ou les plans ne sont pas forcément parlants côté relief. Avec cette application, on peut visualiser le site en 3D et s’y déplacer avec un petit véhicule de manière simple. Pour ce faire, se rendre sur ce site http://tinyurl.com/3luw6d , copier/coller les coordonnées suivantes 37.4214N 141.0336E , cliquer sur Teleport et se déplacer avec les flèches.
 
3d
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 00:50

inondationunite3.jpgUn rapport détaillé sur les premières 24 heures de la catastrophe de Fukushima vient de paraître. Elaboré par Eliza Strickland (IEEE Spectrum), il a été fondé sur des entretiens avec des responsables de la Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle, la Nuclear Regulatory Commission des États-Unis, l'Agence internationale de l'énergie atomique, les gouvernements locaux, et avec d'autres experts en ingénierie nucléaire, ainsi que sur l'examen de centaines de pages de rapports officiels.

 

Un nouveau récit où l’on apprend, entre autres, que les employés sont allés chercher des batteries de voiture pour alimenter la salle de commande du réacteur n°1 ! Le déroulement des catastrophes les plus graves se rattache parfois à des évènements inimaginables… L’occasion de rappeler qu’en France, il n’y a pas besoin de tsunami ou de tremblement de terre pour provoquer un accident majeur. L’erreur humaine est suffisante, comme en 1979 à Three Mile Island, ou dans le prochain accident nucléaire qui a de fortes probabilités pour se produire en Europe…

 

Revenons à Fukushima :

 

14h46 : au moment du tremblement de terre, tout semble sous contrôle. Les alarmes fonctionnent normalement. Dans les 5 secondes, les barres de contrôle se relèvent automatiquement et mettent à l’arrêt les 3 réacteurs en fonctionnement. Les piscines se remplissent d’eau pour éviter toute surchauffe.

 

14h52 : un système de refroidissement de secours se met en route automatiquement. Les opérateurs estiment qu’un refroidissement trop rapide du coeur pourrait endommager la cuve et arrêtent le système.

 

Alerte au tsunami prédisant une vague de 3 m à Fukushima. Les personnels commencent à évacuer le site.

 

15h27 : la première vague de 4 m arrive.

 

15h35 : une autre série de vagues d’une hauteur de 14 m inonde le bâtiment des turbines et percute la pompe d’eau de mer. 11 groupes électrogènes sur 12 sont mis hors service. Le 12ème permettra aux réacteurs 5 et 6 de conserver un système de refroidissement.

 

Salle de contrôle du réacteur 1 : il n’y a plus d’électricité. Aucun moyen de connaître l’état du réacteur. Impossible de rouvrir la vanne fermée juste avant le tsunami car les commandes électriques sont inopérantes. Les ouvriers vont chercher les batteries de leur voiture pour réalimenter la salle de contrôle !

 

Les 11 camions devant apporter des générateurs de secours sont coincés dans des embouteillages… C’est le début d’une série d’évènements qui ont conduit à la catastrophe que l’on connaît.

 

Les premiers temps sont ainsi décrits précisément, heure par heure, jusqu’à l’explosion du bâtiment réacteur n°1 le 12 mars à 15h36, 24 heures exactement après l’arrivée de la vague de 14 m de hauteur.

 

Lire l’article en entier (langue anglaise) :

http://spectrum.ieee.org/energy/nuclear/24-hours-at-fukushima/0

 

Lire l’article en langue française (merci Hélios !)

1ère partie

http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/11/les-premieres-24-heures-de-la.html

2ème partie
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/11/les-premieres-24-heures-de-la_05.html

 

 

 

ieee.jpgCet article fait partie d'une série documentaire, elle-même présentée de manière chronologique et thématique, très facile d'utilisation, consultable à cette adresse :

 

http://spectrum.ieee.org/static/fukushima-and-the-future-of-nuclear-power

 

 

 

 

 

 

A noter également, cette remarquable chronologie réalisée par l’ACRO :

http://www.acro.eu.org/chronoFukushima2.html

 

De manière plus concise, voir également la chronologie des explosions ici :

http://fukushima.over-blog.fr/article-chronologie-des-explosions-et-incendies-des-reacteurs-de-fukushima-dai-ichi-73111812.html

 

Et bien sûr, l’incontournable chronologie de l’article de Wikipédia qui concerne, comme il est rappelé à juste titre, un évènement en cours :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima

     

 

L'explication technique des premiers jours de la catastrophe par le site bravenewclimate :

http://bravenewclimate.com/2011/03/13/fukushima-simple-explanation/.

 

 

Enfin, autre chronologie intéressante, celle non officielle recueillie sur le site Enformable :

 

391148_2563939661098_1332320101_2906955_1058243532_n.jpg

source : http://enformable.com/category/resources/foia/

 

 

 

 

Illustration : inondation d'une salle de l'unité 3 (photo Tepco)

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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