30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 20:40

Ian Fairlie, consultant indépendant sur la radioactivité dans l’environnement (https://www.ianfairlie.org), présente dans un récent article intitulé « The Hazards of tritium » les caractéristiques singulières de l’hydrogène radioactif ou tritium (3H). En s’appuyant sur les conclusions de nombreuses études, l’auteur explique comment le tritium, sous ses trois formes (tritium gazeux, eau ou vapeur d’eau tritiée, tritium organique), présente des risques sanitaires largement sous-estimés, qui devraient conduire les autorités de la protection radiologique à prendre des mesures de protection plus strictes pour les populations vivant dans la proximité des centrales nucléaires.

 

Concernant le projet du Japon de rejet à l’océan de plus de 1,25 million de mètres cubes d’eau tritiée (par ailleurs contaminée par d’autres radioéléments), de façon chronique pendant plus de vingt ans, cet article nous alerte indirectement sur les risques de pollution marine irrémédiable à Fukushima, par le TOL (tritium organiquement lié ou encore OBT en anglais).

Micro-organismes, algues, petits poissons et leurs prédateurs, voire amateurs de fruits de mer…

N’est-ce pas au final une menace de contamination de l’ensemble du vivant à travers la chaîne alimentaire, qui menace à Fukushima ?

Le Japon communique régulièrement que la dilution de l’eau tritiée rendra les rejets inoffensifs, « 16 grammes en tout et pour tout soit une cuillère à soupe » dit le METI ! ou encore que le seuil du tritium dilué sera bien inférieur au seuil pour l’eau potable…

Ne soyons pas dupe de ces éléments de communication : la comparaison entre l’eau potable et l’océan ne fait pas sens, tout seuil est arbitraire, la radioactivité s’accumule et pollue.

 

Quelle sera la nocivité du tritium dans l’océan ? Malformations, raréfaction de certaines ressources halieutiques ? pendant combien de temps ? Aujourd’hui, nul ne peut le dire.

En France, suite aux rejets de l’installation nucléaire de La Hague, l’éventualité d’une bio-accumulation du tritium organique dans certaines espèces est aujourd’hui sous surveillance, tandis que la recherche sur les effets du tritium sur le vivant est en panne et que le Livre blanc du tritium (ASN) * appelle à poursuivre les recherches…

 

Souhaitons que les voix conjuguées des si nombreux pays fortement opposés à ce projet de pollution massive de l’océan à Fukushima fassent que le Japon y renonce, avant qu’il ne soit trop tard !

 

Evelyne Genoulaz

 

 

* Livre blanc du tritium 2010 (mise à jour février 2022) pp 188-189.

 

 

-oOo-

 

The Hazards of tritium, 13 mars 2020. Dr Ian FAIRLIE. Source : https://www.ianfairlie.org/news/the-hazards-of-tritium/. Traduction en français, surlignement en gras et italiques : Evelyne Genoulaz. Traduction éditée avec l'autorisation de l'auteur.

 

 

 

LES DANGERS DU TRITIUM

 

Dr Ian FAIRLIE

 

 

 

Résumé

 

Les installations nucléaires émettent de très grandes quantités de tritium (3H), l'isotope radioactif de l'hydrogène. Preuve est faite, dans un grand nombre d'études portant sur les cellules, les animaux ou encore la théorie de la biologie des rayonnements, que le tritium est plus dangereux que les rayons gamma ainsi que la plupart des rayons X. Cependant, la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) continue de sous-estimer le danger du tritium en recommandant un facteur de pondération du rayonnement (wR) de 1 pour les émissions de ses particules bêta. Or, le taux d'échange moléculaire exceptionnellement élevé du tritium avec les atomes d'hydrogène des molécules adjacentes le rend extrêmement mobile dans l'environnement. Si l’on ajoute à cela que la forme la plus courante du tritium c’est l'eau, donc une eau radioactive, cela signifie que, lorsque le tritium est émis par les installations nucléaires, il contamine rapidement tout le biote dans les zones adjacentes. Le tritium se lie aux matières organiques pour former du tritium organiquement lié (TOL) dont le temps de résidence dans les tissus et les organes est long, ce qui le rend plus radiotoxique que l'eau tritiée (HTO). Des études épidémiologiques font état de l'augmentation des cancers et des malformations congénitales à proximité d’installations nucléaires. Il est recommandé que les exploitants et les scientifiques du secteur nucléaire soient correctement informés des dangers du tritium ; que les facteurs de sécurité du tritium soient renforcés ; et qu'un schéma des dangers des radionucléides courants soit établi.

 

 

Sommaire

 

1. Introduction générale

2. Les multiples dangers du tritium

3. L’échange moléculaire

4. Modalités de l’exposition au tritium

5. Le tritium organiquement lié (TOL)

6. Longévité du TOL dans l'environnement

7. Evaluation des risques

8. Épidémiologie

9. L’abus des tests de signification statistique

10. Recommandations

11. Références

 

 

1. Introduction générale

 

Ce rapport se veut un résumé de l’état des connaissances sur les effets biologiques et sanitaires de l’exposition au tritium et commente les risques encourus par les personnes vivant dans la proximité d’installations nucléaires. Il s'appuie principalement sur des travaux antérieurs concernant les installations nucléaires canadiennes, en raison de la disponibilité de données canadiennes. Toutefois, ses conclusions sont largement applicables à l’ensemble des installations nucléaires, car les discussions s’attachent aux concentrations plutôt qu’à des quantités spécifiques.

 

Le tritium est l'isotope radioactif de l’hydrogène, sa demi-vie est de 12,3 ans. Il se désintègre en émettant une particule bêta d'une énergie maximale de 18,7 keV et d'une énergie moyenne de 5,7 keV (Okada, 1993). Le libre parcours de la particule bêta de désintégration du tritium dans les tissus est d'environ 0,6 µm en moyenne, soit le diamètre d'un chromosome humain. On le trouve dans l’environnement principalement sous les formes de tritium gazeux (HT) ou d'eau radioactive (HTO). La demi-vie biologique du HTO chez l'homme est d'environ 10 jours, mais peut être raccourcie par une diurèse forcée. Les demi-vies biologiques du TOL dépendent de l'atome (par exemple C, N ou P) auquel le tritium est lié, et de la longévité de sa molécule organique, par exemple l'ADN et l'ARN sont fortement conservés. Dans les zones éloignées d’installations nucléaires, les niveaux de fond du tritium dans l'eau vont de 2 à 5 becquerels (Bq) par litre, principalement un résidu des essais atomiques dans l’atmosphère, au cours des années 1950 & 1960.

 

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tritium était souvent considéré comme un nucléide "faible". Cette attitude a changé après la publication du rapport CERRIE sur les émetteurs internes en 2004, le tritium étant l'émetteur interne le plus couramment rencontré. Suite au rapport CERRIE ont été publiés des rapports importants sur le tritium, par les agences de radioprotection du Royaume-Uni (AGIR, 2008), du Canada (CNSC, 2010a ; 2010b) et de la France (ASN, 2010). En outre, l'Institut français de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire a publié six rapports sur le tritium (IRSN, 2010a ; 2010b ; 2010c ; 2010d ; 2010e ; 2010f).

Ces rapports soulignent notamment que les expositions au tritium ont pour effet des doses de rayonnement interne dont les estimations sont difficiles car elles comportent des incertitudes importantes – voire très importantes – susceptibles de les rendre peu fiables.

Le rapport le plus complet sur le tritium a été publié par le Groupe Consultatif supérieur sur les Rayonnements Ionisants, du gouvernement britannique (AGIR, 2008). Ce rapport indiquait sans hésitation qu’il fallait multiplier par deux le danger du tritium (à savoir son « efficacité biologique relative » ou EBR). Un projet de rapport (2006) de l’EPA, l’Agence de Protection de l’Environnement américaine, recommandait que l’on multiplie son EBR par un facteur 2,5. D'autres scientifiques (Fairlie, 2008 ; Fairlie, 2007a ; Fairlie, 2007b ; Melintescu et al, 2007 ; Makhijani et al, 2006) ont présenté des preuves d’une radiotoxicité du tritium encore plus élevée.

 

 

2. Ces rapports ont dans leur ensemble attiré l'attention sur les diverses propriétés du tritium qui en font un radionucléide à la dangerosité inhabituelle.

 

Il s'agit notamment de :

  • Une demi-vie relativement longue de 12,3 ans,
  • sa mobilité et son cycle sous forme d'eau radioactive dans la biosphère,
  • ses multiples voies d'accès à l’homme,
  • la capacité à s'échanger instantanément avec les atomes d’Hydrogène dans les substances adjacentes,
  • son efficacité biologique relative (EBR) relativement élevée de 2 à 3,
  • sa propension à se lier aux constituants cellulaires pour former du tritium organiquement lié (TOL) avec une distribution hétérogène chez l’homme et
  • la courte portée de sa particule bêta, ce qui signifie que les dommages causés dépendent avant tout de sa localisation dans les molécules cellulaires, y compris dans l’ADN.
  • sous la forme d'oxyde, le tritium n'est généralement pas détecté par les instruments couramment utilisés dans les études (Okada et al, 1993) et
  • sous sa forme gazeuse, le tritium se diffuse à travers la plupart des conteneurs, y compris ceux qui sont en acier, en aluminium, en béton ou en plastique.

            Voir à ce sujet  https://www.ianfairlie.org/news/continued-radioactive-emissions-from-old-closed-nuclear-reactors/

 

En somme, le tritium présente de nombreux défis à la dosimétrie conventionnelle ou pour l'évaluation des risques sanitaires. Plusieurs rapports très récents attestent néanmoins d’une faible sensibilisation aux problèmes posés par le tritium.

 

 

3. L’échange moléculaire

 

De nombreux rapports font une distinction entre les émissions de tritium gazeux (HT) et celles de vapeur d'eau tritiée (HTO). Mais en définitive, dans l’environnement les atomes de tritium s'échangent rapidement avec les atomes d’hydrogène stables de l’eau ou de vapeur d’eau, par le phénomène de l’échange moléculaire. C’est pourquoi il convient de traiter tous les rejets de tritium comme des HTO. C’est d’ailleurs la pratique couramment décrite dans les rapports de l'industrie (par exemple Davis et al, 1997).

Ce mécanisme de transfert rapide est un indicateur important car la vapeur d’eau tritiée (HTO) est plus radiotoxique que le tritium gazeux. En termes de doses-limite annuelles, la vapeur d’eau tritiée dans l’atmosphère est considérée comme 25 000 fois plus dangereuse que le tritium gazeux (CIPR, 1979) en partie parce que le corps absorbe avidement l'eau mais pas l’hydrogène gazeux.

 

Pour détailler plus avant, dans la matière tous les atomes engagent des réactions d'échange à différents degrés avec les atomes similaires de molécules adjacentes. C’est ainsi que les atomes de tritium (gaz ou vapeur d’eau) échangent leur position avec des atomes d’hydrogène stables dans l'environnement, dans l'hydrosphère ou dans le biote, y compris chez l’homme. H et T, les plus petits atomes, jouent un rôle prépondérant dans ces réactions d’échange qui sont très rapides, de l’ordre en moyenne de 10-15 secondes.

 

Comme dans l’environnement la substance la plus courante contenant de l'hydrogène est l'eau elle-même, dans les émissions d’hydrogène gazeux, le tritium se transforme très rapidement en vapeur d’eau tritiée. En pratique, les eaux de surface et le biote se trouvant sous le vent, à savoir toutes les plantes, les animaux et les hommes, subissent un niveau de contamination en tritium équivalant au niveau de la concentration en tritium dans l'atmosphère. Ce serait le cas par exemple, aussi bien des légumes ou des fruits se trouvant sur les étals des marchés que dans les magasins (Inoue, 1993).

 

 

4. De quelle façon sommes-nous exposés au tritium ?

 

Examinons ce qu’il se passe concrètement lorsque du tritium est émis par les installations nucléaires, qu’il s’agisse de vapeur d'eau ou de tritium gazeux. Il emprunte de multiples voies environnementales (panaches de vapeur, rivières, cultures, etc.) pour atteindre l'homme. C’est ainsi que son absorption par l'homme se fait par absorption cutanée, inhalation de vapeur d'eau contaminée, ou par ingestion d'aliments ou d'eau contaminés.

Lorsque le tritium pénètre dans l'organisme, il est facilement absorbé grâce aux mécanismes d'échange, aux réactions métaboliques et à travers la croissance cellulaire. Plus de 60 % des atomes de l'organisme sont des atomes d'hydrogène et chaque jour, 5 % d'entre eux environ sont entraînés dans les réactions métaboliques et la prolifération cellulaire.

Il en résulte qu'une partie du tritium absorbé se fixe aux lipides, aux glucides, aux protéines et aux nucléoprotéines telles que l'ADN et l'ARN. C’est ce qu’on désigne du nom de tritium organiquement lié (TOL) et dont il sera question ci-après.

 

Ces propriétés inhabituelles donnent à penser que le tritium devrait être considéré comme dangereux par les autorités chargées de la radioprotection. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Les propriétés inhabituelles du tritium ne sont pas du tout reconnues par la CIPR et les autorités nationales qui s'inspirent de la CIPR. Et il n'existe actuellement malheureusement aucun indice international de danger pour les radionucléides, bien qu'un indice ait été proposé (Kirchner, 1990).

 

Une autre controverse porte sur le fait que la CIPR continue de recommander un facteur de pondération radiologique (wR) de 1 pour le tritium, en dépit de nombreuses preuves (Fairlie, 2007a) montrant qu'il faudrait doubler voire tripler ce facteur. Et ce débat dure depuis plus de soixante ans. Or, il faut avoir à l'esprit que la CIPR, nonobstant son titre, n'est pas un organisme officiel mais une association privée. Dans le passé, on a parfois critiqué ses interprétations scientifiques (par exemple Shrader-Frechette, 1985). Et bien qu'elle ait depuis adopté une attitude plus ouverte, néanmoins sur des questions cruciales comme la dose collective, la dosimétrie interne ou l'EBR du tritium, elle reste principalement soucieuse de la protection des intérêts de ses membres plutôt que de ceux du grand public.

Il semble que des considérations non scientifiques jouent un rôle dans les politiques de la CIPR sur le tritium, notamment en ce qui concerne les usines de production d'armes nucléaires dans le passé, les centrales nucléaires à l'heure actuelle et les installations de fusion proposées à l’avenir.

 

 

5. Le cas du tritium organiquement lié (TOL)

 

Le TOL se distribue de manière non uniforme et il est retenu pendant des périodes plus longues que l'eau tritiée. Les modèles dosimétriques de la CIPR pour le tritium supposent le contraire, à savoir que le tritium serait distribué de manière homogène dans les tissus/organes sous forme d'eau tritiée (HTO) et serait rapidement excrété.

Or, le problème c’est que les expositions dues au TOL sont généralement plus élevées que celles dues à l’eau tritiée (HTO). Plus longtemps les personnes seront exposées aux émissions d'eau tritiée, plus leurs niveaux de TOL vont augmenter jusqu'à ce que, dans le cas d'expositions durant des années, des équilibres s'établissent entre les niveaux de HTO et de TOL. Là encore, les modèles dosimétriques de la CIPR partent du principe inverse : seules des expositions uniques sont prises en compte, de sorte que leurs estimations des niveaux de TOL restent faibles.

 

On peut détecter le Tritium organiquement lié (TOL) dans la plupart des matières organiques tels les plantes, les animaux et les sols à proximité dinstallations nucléaires. La forme non échangeable du TOL, c'est-à-dire l’isotope radioactif lié aux atomes de carbone, est principalement produite par la photosynthèse chez les plantes et par les processus métaboliques chez les animaux. Une deuxième forme de TOL, appelée TOL échangeable, est liée de manière plus lâche aux atomes de P, N et S. Pour tout dire, le comportement du TOL dans l’environnement sous ces deux formes n'est pas encore bien compris car il est distribué de manière très hétérogène dans les écosystèmes naturels.

Il est néanmoins reconnu qu’il est plus pertinent de s’intéresser au TOL plutôt qu’à l'eau tritiée si l’on veut comprendre le comportement du tritium (Kim et al., 2013), en partie parce que les mesures du TOL donnent une représentation plus précise du tritium dans l'environnement en raison de son temps de rétention plus long que celui de l’eau tritiée (Kim et Roche, 2012).

Le TOL peut s’incorporer dans tous les composés biochimiques, y compris les acides aminés, les sucres, les amidons, les lipides et les éléments qui structurent la cellule.

Il présente de fait un temps de rétention plus long que l'eau tritiée, dont la demi-vie biologique n'est que d'environ 10 jours chez l’adulte, tandis que certaines biomolécules ont une durée de vie très longue, par exemple les phospholipides des cellules nerveuses ou les macromolécules d'ADN et d'ARN qui peuvent durer toute la vie. Ces temps de rétention plus longs font que le TOL est plus radiotoxique que l'eau tritiée.

 

La CIPR a défini un coefficient d'exposition par ingestion pour le TOL  2,3 fois supérieur à celui de l'HTO. (Les coefficients de dose de la CIPR pour les adultes sont de 1,8 x 10-11 Sv/Bq pour l'eau tritiée et de 4,2 x 10-11 Sv/Bq pour le TOL).

Cependant, des données suggèrent à l’évidence qu'il devrait être au moins 5 fois supérieur (Fairlie, 2008).

Après une seule absorption d’eau tritiée, le modèle actuel de la CIPR suppose que 3 % de tritium est lié sous forme de TOL et que c’est négligeable.

Mais Trivedi et al. (1997) ont estimé que jusqu'à 9 % du tritium se retrouve lié sous forme de TOL chez l’homme…

Les études sur les animaux indiquent également que les niveaux de TOL doivent être pris en compte, puisqu’il est éliminé de l'organisme beaucoup plus lentement que l’eau tritiée (HTO). Commerford et al. (1982) ont constaté, après une exposition transitoire de souris au HTO, que le tritium restait lié à l'ADN et à l'histone jusqu'à huit semaines plus tard. Ils en ont conclu que les doses de TOL dépasseraient globalement les doses de HTO, même avec une seule absorption.

 

Il en va de même pour les doses chroniques d’eau tritiée. Commerford, Carsten et Cronkite (1977) ont constaté que la majeure partie de la dose de tritium provenait du TOL deux à trois jours après l'arrêt de l'administration chronique d’eau tritiée à des souris. De même, Rogers (1992) a conclu que le TOL était le principal déterminant des doses de tritium présentées par des souris ayant subi une exposition chronique à l’eau tritiée. Plus récemment, Kim et al. (2013a) ont examiné la contribution du TOL aux expositions au tritium dues aux rejets chroniques de tritium dans l'air. Ils ont comparé onze études, selon lesquelles la contribution moyenne du TOL aux expositions totales au tritium était de 21 %.

En d'autres termes, les estimations des expositions à l’eau tritiée dues aux émissions des installations nucléaires devraient être augmentées d'un facteur de 1,25.

 

 

6. La longévité du TOL dans l’environnement

 

Eyrolle-Boyer et al. (2014) ont suggéré que des niveaux élevés de tritium organiquement lié peuvent persister dans l'environnement plusieurs décennies après les rejets d’eau tritiée.

Ils ont constaté que les bassins de biomasse terrestre qui avaient été contaminés par les retombées atmosphériques mondiales de tritium provenant des essais d’armes nucléaires des années 1950 et 1960 constituent une source retardée importante de TOL, ce qui a entraîné une augmentation certaine des niveaux de tritium organiquement lié par rapport aux niveaux d’eau tritiée.

Ce constat explique les rapports TOL/HTO supérieurs à 1 observés dans des zones non touchées par des rejets radioactifs.

Il corrobore également les conclusions d'Ichimasa (1995) sur les niveaux de TOL élevés à long terme près de la centrale nucléaire de Chalk River au Canada, en raison de rejets chroniques de tritium.

Thompson et al. (2015) ont déclaré que, le sol agissant comme un dépôt pour la matière organique en décomposition, les concentrations de TOL dans le sol représentent des réservoirs à long terme des rejets de tritium passés. Ils ajoutaient : "Nos données appuient les preuves croissantes suggérant que certains paramètres utilisés dans les modèles de transfert dans l'environnement approuvés pour les évaluations réglementaires devraient être réexaminés afin de mieux prendre en compte le comportement du HTO et du TOL dans l'environnement et de s'assurer que les estimations modélisées (par exemple le TOL des plantes) sont suffisamment prudentes."  Malheureusement, dans la plupart des pays, ce conseil ne semble pas avoir été entendu.

 

7. Comment évaluons-nous les risques liés au tritium ?

 

Dans l'évaluation des risques liés aux rejets de tritium, les émissions aériennes sont plus représentatives que les rejets liquides pour deux raisons. Premièrement, le paramètre clé de l'estimation des doses de rayonnement reçues par les populations locales est la concentration de nucléides dans les matériaux environnementaux. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les émissions aériennes entraînent des concentrations environnementales plus élevées que les rejets dans l'eau. La raison en est la dilution : un mètre cube d'eau contient un million de grammes, ce qui dilue les contaminants radioactifs bien plus efficacement qu'un mètre cube d'air dont la teneur en eau est de ~10 grammes (Davis et al., 1996), c'est-à-dire > 100 000 fois plus. Il ne s'agit pas d'accepter que la dilution soit une solution à la pollution. Elle reflète simplement les méthodes existantes (peu judicieuses) d'élimination des déchets nucléaires. Deuxièmement, les doses individuelles et collectives provenant des émissions atmosphériques sont beaucoup plus importantes que celles provenant des rejets dans l'eau. C'est pourquoi ce rapport traite principalement des émissions atmosphériques.

 

Pour évaluer les risques, l'approche officielle consiste à estimer les doses de rayonnement du tritium exprimées en unités Sv, mais la dosimétrie du tritium pose de gros problèmes - (Fairlie, 2007a,b,c ; Fairlie, 2008). Les estimations des doses internes et des risques découlant des expositions à des émetteurs internes tels que le tritium sont considérées comme peu fiables - voir les conclusions du rapport CERRIE (2004).

Or, concernant l'évaluation des risques, on considère qu'il est préférable d'utiliser la radioactivité plutôt que le rayonnement, en d’autres termes, nous devrions utiliser les émissions, les absorptions et les concentrations du tritium en Bq plutôt que les doses en Sv. Car au moins, la radioactivité peut être mesurée physiquement alors que les doses de rayonnement sont des estimations. L'approche de la radioactivité a été utilisée par d'autres scientifiques (par exemple Osborne, 2002).

 

Les concentrations de tritium dans l'air varient considérablement dans le temps, car des pics d'émissions de tritium se produisent régulièrement. Or, les émissions « pulsées » de tritium sont susceptibles d’entraîner un marquage important des cellules en formation dans les embryons et les fœtus des femmes enceintes se trouvant à proximité à ce moment précis. Cette crainte a été exprimée par le professeur Edward Radford dans son témoignage de 1979 devant le comité spécial du gouvernement de l'Ontario sur les affaires hydroélectriques de l'Ontario : Hearings on The Safety of Ontario's Nuclear Reactors, 10 juillet 1979 [Voir http://www.ccnr.org/tritium_2.html#scoha]. Ceci représente le mécanisme de base d’une hypothèse pour expliquer les fortes augmentations de leucémie chez les enfants qui étaient nés près des réacteurs nucléaires (Fairlie, 2014).

 

Modalités d’exposition des populations locales au tritium

 

- en buvant des liquides tritiés et en ingérant des denrées alimentaires contaminées par de la vapeur d'eau tritiée, par exemple sur les marchés locaux et les étals de fruits.

- par l’inhalation de gaz de tritium et de vapeur d'eau tritiée, et l'absorption par la peau de vapeur d'eau tritiée.

En fait, les populations locales pourraient présenter une forte absorption de tritium, de sorte que dans l’idéal les concentrations en tritium devraient être mesurées en pratiquant des analyses d'urine pour l'HTO et des tests biologiques non invasifs, comme les coupures d'ongles ou de cheveux, pour le TOL. Malheureusement, s’agissant du public, cela n'est presque jamais fait.

 

 

Normes en vigueur pour le tritium dans l'eau potable

 

Pour utiliser la radioactivité (mesurée en Bq) comme mesure du risque, nous avons besoin d'un étalon pour les niveaux de sécurité dans l'eau potable, qui est construit comme suit.

Un risque annuel de cancer mortel de 1 sur un million (106) est considéré comme acceptable (HSE, 1988). [cf. commentaire à la fin de l’article]

 

En utilisant ce niveau de risque, le Conseil consultatif ontarien sur l'eau potable du gouvernement de l'Ontario (ODWAC, 2009) a recommandé une concentration maximale de 20 Bq/L pour le tritium dans l'eau potable. Si l'on multiplie cette concentration par la consommation annuelle moyenne d'eau de 550 litres pour les adultes selon Santé Canada, on obtient ~10 000 Bq d'eau tritiée par an ou 30 Bq par jour pour les adultes, à un chiffre significatif près. Ce chiffre peut être utilisé comme une mesure approximative d'une dose annuelle acceptable de tritium pour les adultes.

Noter que cet étalon dépend beaucoup de la valeur choisie pour la limite de l'eau potable, et il existe différents points de vue à ce sujet : le tableau 1 présente différentes limites en jeu. Il est raisonnable d'utiliser la limite officielle recommandée par l'ODWAC du gouvernement de l'Ontario, à savoir 20 Bq/L.

 

 

Tableau 1 - Limites de concentration de tritium dans l'eau potable

 

ORGANISME

DATE

LIMITE DE TRITIUM EN BQ PAR LITRE

Comité consultatif sur les normes environnementales du gouvernement de l’Ontario

1994

20*

CE (Commission européenne)

1998

100

Colorado

objectif 2008

18

Californie

objectif 2008

15

Ontario (ODWAC)

2009

20*

Guide de conception de la CCSN pour les eaux souterraines

2011

100

*après une période initiale de 100 Bq/L.

 

 

8. Les preuves épidémiologiques des risques

 

En raison de leurs limites méthodologiques, les études épidémiologiques sont un outil peu efficace pour découvrir si des effets néfastes résultent de l'exposition aux rayonnements.

 

Ces limites sont les suivantes :

  • la sous-estimation (des personnes s'éloignent ou des cas ne sont pas répertoriés).
  • les exigences sur les données : idéalement, les données épidémiologiques doivent permettre une bonne identification des cas, avec un enregistrement uniforme, des critères de diagnostic clairs et une collecte uniforme. Or ces exigences sont souvent difficiles à satisfaire car elles mobilisent beaucoup de temps et de ressources.
  • des facteurs de confusion : les véritables causes de morbidité ou de mortalité peuvent être incertaines en raison de facteurs de confusion tels que le statut socio-économique et les causes concurrentes de décès.
  • les biais : le tabagisme et l'alcool entraînent une augmentation importante de la mortalité et de la morbidité globales, ainsi que du cancer et des maladies cardiovasculaires. Il faut donc traiter les données brutes avec soin pour éviter les biais.
  • un mauvais rapport signal/bruit : seules les grandes études épidémiologiques, coûteuses et longues, sont capables de révéler des effets où le signal (cancers ajoutés) est faible et le bruit (grand nombre de cancers spontanés) est fort.
  • des doses incertaines : pour établir la causalité, il faut souvent estimer les doses afin de montrer une relation dose-effet. Cependant, il existe souvent de grandes incertitudes dans l'estimation des doses, en particulier pour les rayonnements internes, ainsi ceux du tritium.
  • de larges intervalles de confiance : généralement, les résultats (par exemple, les risques ou les rapports de cotes) sont exprimés avec des intervalles de confiance à 95 %, c'est-à-dire la plage de valeurs dans laquelle se situe la valeur réelle dans 95 % des cas. Mais souvent, cette fourchette peut être très large simplement en raison du faible nombre de cas. Cela peut limiter considérablement les conclusions que l'on peut tirer des résultats.
  • De nombreuses études épidémiologiques sont des études écologiques, c'est-à-dire des études rapides et peu coûteuses qui examinent les statistiques de santé dans des tableaux et notent les données individuelles. Leurs résultats sont généralement considérés comme indicatifs, mais non concluants. Si leurs résultats suggèrent un effet indésirable, ils doivent être approfondis par des études de cohorte ou des études cas-témoins plus détaillées. Ces dernières associent des "cas" (c'est-à-dire ceux qui ont un effet néfaste sur la santé) à des individus similaires choisis au hasard et n'ayant pas d'effet néfaste, afin de minimiser la sous-estimation. Cependant, peu de ces études sont effectivement réalisées en raison de leur coût et de leur longue durée. Parfois, elles ne sont pas réalisées pour des raisons politiques, car les résultats d'une augmentation des cancers ne sont pas les bienvenus.

 

Il est déconcertant de constater qu'un nombre important d'études épidémiologiques menées à proximité des centrales nucléaires concluent à l'absence de problèmes de santé, alors que des augmentations ont en réalité été observées. En d'autres termes, les chercheurs n'ont pas été en mesure d'accepter les preuves de leurs propres travaux. Il est difficile de se prononcer sur cette dissonance cognitive (il semble qu’il y ait peu d’études sur ce phénomène) mais elle est vraisemblablement souvent due à des préjugés non verbalisés ou à une croyance communément admise en l'impossibilité de l’existence d’effets néfastes pour la santé à proximité des installations nucléaires.

 

Dans leurs conclusions, ces auteurs ont écarté leurs résultats en invoquant diverses raisons, dont les suivantes :

  • un trop large éventail dans les résultats.
  • un trop grand nombre de comparaisons, certaines sont dues au seul hasard.
  • absence de résultats cohérents (par exemple, certains types de cancer sont observés à l’exclusion d’autres).
  • absence d'une tendance montrant que les risques augmentent avec les doses.
  • absence d'une tendance à l’éloignement.
  • absence de signification statistique pour l’accroissement des risques observés (cf. ci-après).

 

Cela pose cependant un sérieux problème.

Si des effets sanitaires accrus similaires avaient été observés à proximité, par exemple, d'une fonderie de plomb ou d'une mine d'amiante, seraient-ils écartés en invoquant ces arguments ? J'en doute fort. En d'autres termes, ce qu’il se passe ici, c'est que des préjugés non-dits en faveur de l'énergie nucléaire sont en jeu. À mon avis, de tels conflits de parti pris devraient être déclarés dès le départ, tout comme le sont aujourd'hui les conflits d’intérêts.

 

9. L’abus des tests de signification statistique

 

De nombreuses études épidémiologiques sur les cancers près des centrales nucléaires ont révélé des risques accrus, mais les ont rejetés comme n'étant pas "statistiquement significatifs". Cette formulation induit souvent le lecteur profane en erreur en lui faisant croire qu'une augmentation signalée est sans importance ou non pertinente.

 

Or, en statistique, l'adjectif "significatif" est un terme spécialisé utilisé pour exprimer une signification bien précise, à savoir que la probabilité qu'une observation soit un hasard est inférieure à  5 % (dans le cas par exemple d’un test p = 5 %). Il ne signifie pas « important » ou « pertinent ».

De plus, cette expression est généralement employée sans expliquer que le niveau de signification choisi est tout à fait arbitraire. Il n'y a aucune justification scientifique à l'utilisation d'un niveau de 5 % ou de tout autre niveau de test : il s'agit simplement d'une question de commodité. En d'autres termes, il est tout à fait possible que des résultats qui ne sont "pas significatifs" lorsqu'un test de 5% est appliqué, deviennent "significatifs" lorsqu'un test de 10% ou d’un autre niveau est utilisé.

L'existence de cette pratique a des parallèles historiques.

Dans les années 1950, des dizaines d'études sanitaires financées par les compagnies de tabac ont semé le doute sur les effets du tabagisme sur la santé pendant de nombreuses années. L'utilisation de la signification statistique était un stratagème courant dans ces études. Comme décrit dans des livres américains, voir ici et ici. De même, il a été démontré que les entreprises pharmaceutiques organisaient des essais sur leurs propres médicaments afin de minimiser leurs effets secondaires. Là encore, l'absence de signification statistique a été utilisée comme un stratagème dans ces essais. Cependant, ces mauvaises pratiques pourraient bientôt devoir cesser.

En mars 2019, la revue Nature a publié un éditorial important : « Il est temps de parler de l'abandon de la signification statistique » qui plaide contre l'utilisation de tests statistiques dans les études de santé.

 

La même édition contenait un commentaire "Scientists rise up against statistical significance" signé par 853 scientifiques du monde entier, dont environ 80 au Royaume-Uni. Il appelait à mettre fin, entre autres, à "l'élimination d'effets potentiellement cruciaux" dans les études de santé par l'utilisation inappropriée de tests statistiques. Aux États-Unis, elle signale que l'American Statistical Association (ASA) a publié un article scientifique ayant le même objectif. Voir ici.

 

L'éditorial de Nature indique que les tests statistiques continueront d'être nécessaires dans certaines applications industrielles où une décision oui/non est requise, mais surtout pas dans la recherche sur la santé, c'est-à-dire les études épidémiologiques et les essais cliniques. Pourquoi ? Parce que leur utilisation dans les études de santé peut être biaisée en raison d'arrière-pensées ou être insuffisamment nuancée.

L'article de Nature explique que, par le passé, de nombreux chercheurs en santé ont "jeté leurs résultats dans une poubelle marquée "non significatif" sans y réfléchir davantage". Au lieu de cela, les chercheurs auraient dû se pencher sur des questions telles que "les données de base, la conception de l'étude, la qualité des données et la compréhension des mécanismes sous-jacents, car ces éléments sont souvent plus importants que les valeurs p ou les intervalles de confiance".

En particulier, ils auraient dû discuter des implications sanitaires de leurs résultats non statistiquement significatifs.

 

L'utilisation abusive de la signification statistique est une question importante pour quatre raisons.

Premièrement, parce que l'utilisation de tests de signification statistique a souvent conduit à un résultat erroné, en particulier dans les essais cliniques, et, selon mon expérience, il en va de même dans les études épidémiologiques. Plusieurs auteurs ont signalé que le rejet de résultats pour des raisons de signification peut souvent cacher des risques réels (Axelson, 2004 ; Whitley et Ball, 2002).

Deuxièmement, comme l'indique Nature, "l'accent rigide mis sur la signification statistique encourage les chercheurs à choisir des données et des méthodes qui ... produisent une non-signification statistique pour un résultat non souhaité, tel que les effets secondaires potentiels des médicaments, invalidant ainsi les conclusions". Ce verdict accablant s'applique avec la même force au résultat non désiré que constitue l'augmentation observée des effets sur la santé dans une étude épidémiologique. Pendant des décennies, certains scientifiques, dont malheureusement ceux employés par les agences gouvernementales britanniques, ont rejeté les résultats des études épidémiologiques sur les risques à proximité des installations nucléaires en concluant qu'elles ne montraient pas de risques accrus "significatifs" ou que les risques excessifs n'étaient "pas significatifs", ou des phrases similaires.

 

Une troisième raison, également mentionnée dans l'article de Nature, est que nous devons réexaminer les études passées qui ont utilisé le manque de signification statistique pour rejeter les augmentations observées, car ces conclusions ne sont plus fiables. Ce verdict s'applique, par exemple, aux études passées du Comité sur les aspects médicaux de la radioactivité dans l’environnement (COMARE) du gouvernement britannique, qui a observé des augmentations de leucémie près des installations nucléaires britanniques, mais les a rejetées parce qu'elles n'étaient pas statistiquement significatives. Il s'agit par exemple de :

 

COMARE (2011) Quatorzième rapport. Examen complémentaire de l'incidence de la leucémie infantile autour des centrales nucléaires en Grande-Bretagne, HMSO : Londres.

COMARE (2016) Dix-septième rapport. Examen complémentaire de l'incidence des cancers autour des installations nucléaires de Sellafield et de Dounreay, HMSO : Londres.

 

La quatrième raison dans toute étude épidémiologique, c’est l’élément déterminant de la taille, c’est-à-dire le nombre de cas observés d'effets sanitaires dans une population ; parce que la probabilité (c'est-à-dire la valeur p) qu'un effet observé soit dû au hasard ou non, est affectée à la fois par l'ampleur de l'effet et par la taille de l'étude (Whitely et Ball 2002 ; Sterne et Smith, 2001). Si la taille de l'étude est mineure, ses résultats ne seront souvent pas statistiquement significatifs, indépendamment de la présence de l'effet indésirable (Everett et al., 1998).

 

Conclusion

 

J'ai soutenu que l’on a fait un usage inapproprié des tests de signification statistique dans les études épidémiologiques sur les cancers à proximité des installations nucléaires. Dans le passé, ces études ont souvent conclu que de tels effets n’advenaient pas ou ont minimisé les effets qui sont advenus. De fait, il existe de nombreuses preuves dans le monde entier – plus de 60 études – de l'augmentation des niveaux de cancer à proximité des centrales nucléaires. Ceci est discuté dans mon article scientifique de 2014 sur une hypothèse propre à expliquer les cancers à proximité des centrales nucléaires. La plupart de ces études ‒ plus de 75% ‒ ont constaté une augmentation des cancers, mais comme elles étaient de petite taille, leurs résultats ont souvent été rejetés comme n'étant pas statistiquement significatifs. En d'autres termes, elles ont été jetées dans la poubelle marquée "non significatif », sans autre considération.

 

En conclusion, je demande aux scientifiques et aux observateurs à l'esprit ouvert de reconsidérer leur point de vue sur ces soixante études (de même que sur les rapports trompeurs du COMARE) qui indiquent une augmentation des taux de cancer à proximité des centrales nucléaires. Tout comme les gens ont été trompés sur le tabagisme au cours des décennies précédentes, peut-être sommes-nous trompés aujourd'hui sur le sujet des cancers à proximité des centrales nucléaires.

 

 

10. Recommandations

 

Il est recommandé :

 

1. de fixer une limite de 20 becquerels par litre (Bq/L) pour l'eau potable,

 

2. de proposer des analyses d'urine et des tests biologiques non invasifs aux personnes volontaires vivant à proximité de centrales afin de déterminer leur niveau de contamination en HTO/TOL,

 

3. de conseiller aux résidents locaux d'éviter de consommer les aliments cultivés localement et l'eau des puits locaux,

 

4. de conseiller aux femmes vivant à proximité des centrales nucléaires, ayant l'intention de fonder une famille, ainsi qu’aux familles avec des bébés et de jeunes enfants, d’envisager de déménager au loin. Il est reconnu que cette recommandation peut susciter des inquiétudes, mais il vaut mieux être conscient des risques pour les bébés et les jeunes enfants que de les ignorer,

 

5. d’informer les employé.e.s et leur conjoint.e, en particulier les jeunes travailleurs, des dangers du tritium,

 

6. de ne pas user arbitrairement de la « signification statistique » des résultats d'une étude épidémiologique pour rejeter des résultats positifs,

 

7. d'établir un indice de dangerosité des radionucléides.

 

11. Références bibliographiques : se reporter à larticle original.

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NDLR : commentaire sur les Normes en vigueur pour le tritium dans l'eau potable

 

1) Noter que ce chiffre du risque de cancers vaut pour l’Ontario au Canada.

 

2) Pour les pays de l’UE, la référence de potabilité ou « valeur-guide de protection » de l’OMS à 10 000Bq/L ainsi que « le seuil de contrôle » de l’eau potable à 100 Bq/L ont été critiqués scientifiquement par la CRIIRAD. Ses conclusions ont mis en évidence un risque cancérologique beaucoup plus élevé qu’affiché par l’OMS (5,5 cancers pour un million). La CRIIRAD a par conséquent recommandé d’abaisser de façon drastique les seuils réglementaires, à 60 voire à 10 Bq/L pour la référence de potabilité et à 10 Bq/L pour le seuil de contrôle. A ce jour, elle n’a pas été entendue…

Source : criirad.org, dossier Eau potable,2019.

Consulter le volet 1 : Analyse critique du seuil de 10 000 Bq/L défini par l’OMS pour le tritium dans l’eau potable

Consulter le volet 2 : Contamination de l’eau potable par le tritium - La révision à la baisse de la référence de “qualité” de 100 Bq/L

 

3) Concernant le Japon, TEPCO, et l’AIEA annoncent que l’eau tritiée qui sera rejetée à l’océan sera préalablement « diluée de façon à présenter une radioactivité en tritium de 1 500 Bq/L » et que ce seuil est inférieur à la valeur-guide de 10 000 Bq/L admise par lOMS ; qu’il y aura des contrôles de qualité des eaux dans l’océan à différents points situés dans l’environnement du rejet.

 

Mais on aura vu dans cet article que l’eau tritiée et le tritium organique induisent des effets sans comparaison possible.

 

 

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Vidéo de 17min46

The Dangers of Tritium by Dr. Ian Fairlie, avec surtitrage en Japonais, réalisée par : Manhattan Project for a Nuclear-Free World, pour l’événement en ligne « No Radioactive Dump in the Pacific » (non au rejet radioactif dans le Pacifique) du 03/11/2021, dans le cadre général de la CoP26. On peut demander la transcription anglaise simultanée dans les paramètres.

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Autre article du blog de Fukushima sur le tritium :

La Hague et Fukushima : la question des quantités de tritium dans l’eau contaminée

(Philippe Looze, avril 2021)

http://www.fukushima-blog.com/2021/04/la-hague-et-fukushima-la-question-des-quantites-de-tritium-dans-l-eau-contaminee.html

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Autre article de Ian Fairlie paru dans le blog de Fukushima :

Leucémies infantiles près des centrales nucléaires

(traduction de Philippe Looze, août 2014)

http://www.fukushima-blog.com/2014/08/leucemies-infantiles-pres-des-centrales-nucleaires.html?fbclid=IwAR12wT67UGfRI0mjA-f9drKtRuG8Lor-QysqVegW0JgIuKjUr1hM4dxma1s

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Màj 31/03/22 : dans le paragraphe 4, remplacement de "volontaire" par "une association privée"

Màj 02/04/22 : dans le paragraphe 1, remplacement de un [isotope] par l'[isotope]

Màj 05/04/22 : ajout de la référence sur les leucémies infantiles

Màj 03/05/22 : dans l'article, remplacement de "Critère de mesure du tritium dans l'eau potable" par "Normes en vigueur pour le tritium dans l'eau potable" ; dans le tableau, remplacement de "agences" par "organismes"

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 17:02

L’évènement de la centrale nucléaire de Taishan révélé ce jour par CNN permet de mettre un coup de projecteur sur le rejet de gaz rares dans l’environnement. Tout d’abord, concernant l’industrie atomique, considérez la formulation « gaz inertes » comme étant de la désinformation car les gaz rares issus d’une centrale nucléaire sont tout sauf inertes ! Inerte, cela signifie inactif. Or la radioactivité, c’est de l’activité : les rayons projettent des particules et de l’énergie dans leur environnement.

Habituellement, on appelle gaz rares, ou gaz nobles, un ensemble de gaz monoatomiques incolores et inodores, chimiquement très peu réactifs, voire totalement inertes pour les deux plus légers. Ce sont l'hélium (He), le néon (Ne), l'argon (Ar), le krypton (Kr), le xénon (Xe) et le radon (Rn), ce dernier étant radioactif, avec une demi-vie de 3,8 jours pour le radon 222, son isotope le plus stable. Ainsi, quand on parle de gaz rares, on parle généralement d’éléments non radioactifs pour la plupart et inertes chimiquement.

Or, dans l’industrie nucléaire, les gaz rares ne sont pas tout à fait les mêmes ! Par exemple, l’isotope radioactif du Xénon, 133Xe, a une demi-vie de près de 5,25 jours, ce qui fait que l’on peut le détecter durant presque deux mois après son émission. Ce fut le cas quand on détecta le xénon radioactif de Fukushima Daiichi, révélant qu’au moins un réacteur avait un problème d’étanchéité. Le krypton radioactif, 85Kr, quant à lui, a une demi-vie de 10,76 années ; de ce fait, il peut encore être détectable un siècle plus tard. C’est ce qui explique sa concentration au pôle nord car la plupart des réacteurs nucléaires sont dans l’hémisphère nord.

 

Article tiré du Rapport annuel d’information du public relatif aux installations nucléaires du site de Flamanville (2019). EDF prétend que les gaz rares n’interfèrent pas avec les tissus vivants. C’est évidemment faux puisqu’ils sont radioactifs.

Si ces gaz ne sont pas assimilés par l'organisme, ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas dangereux puisqu'ils sont très radioactifs. Quand ils sont produits en masse, ils peuvent être inhalés et provoquer des irradiations internes et externes. On a l’habitude de ne pas prendre en compte ces polluants radioactifs car ils se diluent dans l’air. Ainsi l'évènement atomique qui avait eu lieu au vieux réacteur de Halden (Norvège) avait provoqué en 2016 le rejet en quelques jours de 8,18 Tbq de gaz rares sans que ça n'émeuve personne. Concernant Taishan, la Chine et la France espèrent que les choses en restent là, c’est-à-dire en minimisent l’évènement jusqu’à extinction de l‘intérêt des médias. Mais CNN évoque une fuite, et pour l’EPR qui n’a pas encore pu démontrer son efficacité, c’est le moins qu’on puisse dire, cela change tout. En outre, comme le remarque Stéphane Lhomme (Observatoire du nucléaire), le coup pourrait être fatal pour ce « fleuron de l’industrie française ».  

EDF communique de cette manière : "La présence de certains gaz rares dans le circuit primaire est un phénomène connu, étudié et prévu par les procédures d'exploitation des réacteurs". Je traduis : les procédures d’exploitation des réacteurs prévoient un rejet des gaz rares dans l’atmosphère, car on ne peut pas tout traiter. Chaque centrale a ainsi le droit de polluer l’atmosphère avec des gaz radioactifs. Par exemple, la centrale de Bugey a le droit de rejeter jusqu’à 60 TBq (60 000 milliards de becquerels) de gaz rares par an. Autant dire qu’il ne vaut mieux pas être sous le vent d’une centrale nucléaire. Pire encore, le centre atomique de La Hague qui a le droit de rejeter 470 000 TBq de gaz rares chaque année.

L’IRSN, fidèle à son habitude de minimiser les dangers, s’exprime par l’intermédiaire d’une directrice générale adjointe, Karine Herviou : « Contamination du fluide primaire ne veut pas dire rejet dans l'environnement», « Il n'y a pas plus d'inquiétude à avoir pour l'instant, compte tenu de ce qu'on sait.» (Propos relevés par Le Figaro). Encore une fois, mensonge, car tous les réacteurs nucléaires rejettent de la radioactivité dans l’environnement. Et si Framatome contacte les États-Unis pour signaler un « risque radioactif imminent », pourquoi s’inquiéter en effet ?

Carte du bruit de fond artificiel du Xénon 133 dans le monde (Extrait de G. Le Petit - P. Achim - G. Douysset - P. Gross - M. Monfort - C. Moulin / CEA−DAM Île-de-France, « Accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi : analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère », revue du CEA Chocs Avancées, 2012)

Carte du bruit de fond artificiel du Xénon 133 dans le monde (Extrait de G. Le Petit - P. Achim - G. Douysset - P. Gross - M. Monfort - C. Moulin / CEA−DAM Île-de-France, « Accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi : analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère », revue du CEA Chocs Avancées, 2012)

Revenons à Taishan. Selon CNN, Framatome aurait alerté le département étatsunien de l'Énergie pour l'avertir de la situation. Cette note stipulerait que l'Autorité de sûreté chinoise aurait relevé les limites de détection de la radioactivité aux alentours du site au-dessus des normes de sécurité afin d'éviter d'avoir à stopper la centrale nucléaire. Cela paraît signifier que l’EPR chinois semble polluer l’atmosphère plus que prévu… Pour l’instant, aucune mesure de l’atmosphère n’est communiquée (secret militaire oblige), mais si un nuage radioactif conséquent arrive aux États-Unis, on en entendra peut-être parler. Celui de Fukushima avait mis 4 jours pour atteindre les côtes américaines.

Alors, fuite du confinement primaire ou rejet volontaire ? L’avenir nous le dira peut-être, mais dans les deux cas, on peut s'inquiéter des doses reçues par la population locale.

Pierre Fetet

 

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Illustration d’entête : Cinq tubes à gaz nobles - Alchemist-hp www.pse-mendelejew.de, CC BY-SA 2.0 DE <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/de/deed.en>, via Wikimedia Commons

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En savoir plus

Comme l’information sur une fuite a Taishan est venue de CNN, voici un article de ce média ainsi que de The Australian, relevés et surlignés par rezo nuke et Fukushima is still news

Source : CNN

https://edition.cnn.com/2021/06/14/politics/china-nuclear-reactor-leak-us-monitoring/index.html

 

Exclusive: US assessing reported leak at Chinese nuclear power facility

By Zachary Cohen, CNN

Updated 0742 GMT (1542 HKT) June 14, 2021

 (CNN)The US government has spent the past week assessing a report of a leak at a Chinese nuclear power plant, after a French company that part owns and helps operate it warned of an "imminent radiological threat," according to US officials and documents reviewed by CNN.

The warning included an accusation that the Chinese safety authority was raising the acceptable limits for radiation detection outside the Taishan Nuclear Power Plant in Guangdong province in order to avoid having to shut it down, according to a letter from the French company to the US Department of Energy obtained by CNN.

Despite the alarming notification from Framatome, the French company, the Biden administration believes the facility is not yet at a "crisis level," one of the sources said.

While US officials have deemed the situation does not currently pose a severe safety threat to workers at the plant or Chinese public, it is unusual that a foreign company would unilaterally reach out to the American government for help when its Chinese state-owned partner is yet to acknowledge a problem exists. The scenario could put the US in a complicated situation should the leak continue or become more severe without being fixed.

 

However, concern was significant enough that the National Security Council held multiple meetings last week as they monitored the situation, including two at the deputy level and another gathering at the assistant secretary level on Friday, which was led by NSC Senior Director for China Laura Rosenberger and Senior Director for Arms Control Mallory Stewart, according to US officials.

The Biden administration has discussed the situation with the French government and their own experts at the Department of Energy, sources said. The US has also been in contact with the Chinese government, US officials said, though the extent of that contact is unclear.

The US government declined to explain the assessment but officials at the NSC, State Department and the Department of Energy insisted that if there were any risk to the Chinese public, the US would be required to make it known under current treaties related to nuclear accidents.

Framatome had reached out to the US in order to obtain a waiver that would allow them to share American technical assistance in order to resolve the issue at the Chinese plant. There are only two reasons why this waiver would be granted, and one is an "imminent radiological threat," the same verbiage used in the June 8 memo.

The memo claims the Chinese limit was increased to exceed French standards, yet it remains unclear how that compares to US limits.

"It is not surprising that the French would reach out," according to Cheryl Rofer, a nuclear scientist who retired from Los Alamos National Laboratory in 2001. "In general, this sort of thing is not extraordinary, particularly if they think the country they are contacting has some special ability to help."

"But China likes to project that everything is just fine, all the time," she added.

The US could give permission for Framatome to provide the technical assistance or support to help resolve the issue, but it is the Chinese government's decision whether the incident requires shutting down the plant completely, the documents obtained by CNN indicate.

Ultimately, the June 8 request for assistance from Framatome is the only reason why the US became involved in the situation at all, multiple sources told CNN.

CNN has reached out to the Chinese authorities in Beijing and Guangdong province, where the plant is located, the Chinese embassy in Washington, DC, as well as the state-owned energy group that operates the plant along with the French company. None have responded directly, though China is amidst a three-day national holiday that runs through the end of Monday.

However, the Taishan Nuclear Power Plant published a statement on its website Sunday night local time, maintaining that environmental readings for both the plant and its surrounding area were "normal."

The two nuclear reactors in Taishan are both operational, the statement said, adding that Unit 2 had recently completed an "overhaul" and "successfully connected to the grid on June 10, 2021." The statement did not define why or how the plant was overhauled.

"Since it was put into commercial operation, the Taishan Nuclear Power Plant has strictly controlled the operation of the units in accordance with operating license documents and technical procedures. All operating indicators of the two units have met the requirements of nuclear safety regulations and power plant technical specifications," the statement noted.

In a separate statement Friday, hours after CNN first reached out for comment, Framatome acknowledged the company "is supporting resolution of a performance issue with the Taishan Nuclear Power Plant in Guangdong Province, China."

"According to the data available, the plant is operating within the safety parameters. Our team is working with relevant experts to assess the situation and propose solutions to address any potential issue," the statement added.

Framatome would not directly address the content of the letter to the Department of Energy when asked by CNN.

The letter comes as tensions between Beijing and Washington remain high and as G7 leaders met this weekend in the United Kingdom with China an important topic of discussion. There are no indications the reports of a leak were discussed at a high level at the summit.

A warning from a French nuclear company

The issue first emerged when Framatome, a French designer and supplier of nuclear equipment and services that was contracted to help construct and operate the Chinese-French plant, reached out to the US Department of Energy late last month informing them of a potential issue at the Chinese nuclear plant.

The company, mainly owned by Électricité de France (EDF), a French utility company, then submitted an operational safety assistance request on June 3, formally asking for a waiver that would allow them to address an urgent safety matter, to the Department of Energy, warning American officials that the nuclear reactor is leaking fission gas.

The company followed up with DOE on June 8 asking for an expedited review of their request, according to a memo obtained by CNN.

"The situation is an imminent radiological threat to the site and to the public and Framatome urgently requests permission to transfer technical data and assistance as may be necessary to return the plant to normal operation," read the June 8 memo from the company's subject matter expert to the Energy Department.

Framatome reached out to the US government for assistance, the document indicates, because a Chinese government agency was continuing to increase its limits on the amount of gas that could safely be released from the facility without shutting it down, according to the documents reviewed by CNN.

When asked by CNN for comment, the Energy Department did not directly address the memo's claim that China was raising the limits.

In the June 8 memo, Framatome informed DOE the Chinese safety authority has continued to raise regulatory "off-site dose limits." It also says the company suspects that limit might be increased again as to keep the leaking reactor running despite safety concerns for the surrounding population.

"To ensure off-site dose limits are maintained within acceptable bounds to not cause undue harm to the surrounding population, TNPJVC (operator of Taishan-1) is required to comply with an regulatory limit and otherwise shut the reactor down if such a limit is exceeded," the June 8 memo reads.

It notes that this limit was established at a level consistent with what is dictated by the French safety authority, but "due to the increasing number of failures," China's safety authority, the National Nuclear Security Administration (NNSA) has since revised the limit to more than double the initial release, "which in turn increases off-site risk to the public and on-site workers."

As of May 30, the Taishan reactor had reached 90% of the allegedly revised limit, the memo adds, noting concerns the plant operator may be "petitioning the NNSA to further increase the shutdown limit on an exigent basis in an effort to keep running which in turn would continue to increase the risk to the off-site population and the workers at the plant site."

The NNSA is a semi-autonomous agency in China responsible for enhancing national security through the military application of nuclear and radiation science.

The US State Department came into possession of the June 8 letter and immediately began engaging with interagency partners and with the French government, State Department officials said.

Over the course of 48-72 hours, the US government has been in repeated contact with French officials and US technical experts at DOE, State Department officials said, noting that this flurry of activity was due to the June 8 letter.

Subsequently, there were several urgent questions for the French government and Framatome, they added. CNN has reached out to the French embassy in Washington for comment.

Still, Rofer, the retired nuclear scientist, warns that a gas leak could indicate bigger problems.

"If they do have a gas leak, that indicates some of their containment is broken," Rofer said. "It also argues that maybe some of the fuel elements could be broken, which would be a more serious problem."

"That would be a reason for shutting down the reactor and would then require the reactor to be refueled," Rofer told CNN, adding that removing the fuel elements must be done carefully.

For now, US officials do not think the leak is at "crisis level," but acknowledge it is increasing and bears monitoring, the source familiar with the situation told CNN.

While there is a chance the situation could become a disaster, US officials currently believe it is more likely that it will not become one, the source added.

China has expanded its use of nuclear energy in recent years, and it represents about 5% of all power generated in the country. According to China Nuclear Energy Association, there were 16 operational nuclear plants with 49 nuclear reactors in China as of March 2021, with the total generation capacity of 51,000 megawatts.

The Taishan plant is a prestige project built after China signed a nuclear electricity generation agreement with Électricité de France, which is mainly owned by the French government. The construction of the plant started in 2009, and the two units started generating electricity in 2018 and 2019, respectively.

The city of Taishan has a population of 950,000 and is situated in the southeast of the country in Guangdong province, which is home to 126 million residents and has a GDP of $1.6 trillion, comparable to that of Russia and South Korea.

CNN's Kylie Atwood, Kristen Holmes, Yong Xiong and Shanshan Wang contributed to this report.

 

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Source : The Australian

https://www.theaustralian.com.au/world/french-nuclear-firm-framatome-seeks-to-fix-performance-issue-at-taishan-plant-in-china/news-story/7ce47995ab44bb85a942be5019db3e94

 

French nuclear firm Framatome seeks to fix ‘performance issue’ at Taishan plant in China

  • By Afp
  • AFP
  • June 14, 2021

A French nuclear firm says it is working to resolve a “performance issue” at a plant it part-owns in China’s southern Guangdong province following a US media report of a potential leak there.

CNN reported earlier that the US government is assessing a report of a leak at the Taishan Nuclear Power Plant after the French company, Framatome, warned of an “imminent radiological threat”.

Framatome — a subsidiary of French energy giant EDF — said in a statement on Monday that it is “supporting resolution of a performance issue” at the plant.

 “According to the data available, the plant is operating within the safety parameters,” the company said.

EDF later said that there was an “increase in the concentration of certain noble gases in the primary circuit of reactor no. 1” at Taishan, referring to a part of the reactor’s cooling system.

Noble gases are elements like argon, helium and neon which have low chemical reactivity.

Their presence in the system “is a known phenomenon, studied and provided for in the reactor operating procedures,” EDF said.

The firm added it had requested an extraordinary meeting of the power plant’s board “for management to present all the data and the necessary decisions”.

Citing a letter from Framatome to the US energy department, CNN said the warning included an accusation that the Chinese safety authority was raising the acceptable limits for radiation outside the facility in order to avoid having to shut it down.

But a US official told the broadcaster that “the Biden administration believes the facility is not yet at ‘crisis level’”.

The operator of the power station, state-owned China General Nuclear Power Group, said in a statement on Sunday night that “the environmental indicators of Taishan Nuclear Power Plant and its surroundings are normal”.

It did not reference any leak or incident at the power station, which it said meets “the requirements of nuclear safety regulations and power plant technical specifications.”

The news service Agence France-Presse did not get an immediate response to a request for comment from either the Chinese foreign ministry or the Chinese nuclear power group.

Powered up in 2018, the Taishan plant was the first worldwide to operate a next-generation EPR nuclear reactor, a pressurised water design that has been subject to years of delays in similar European projects in Britain, France and Finland.

There are now two EPR power units at the plant in the city of Taishan, which sits close to the coastline of southern Guangdong — China’s most populous province.

EPR reactors have been touted as promising advances in safety and efficiency over conventional reactors while producing less waste.

French Prime Minister Jean-Marc Ayrault visited the Taishan plant in 2013, on a trip where the French leader shopped his country’s nuclear expertise to the massive China market.

Nuclear plants supplied less than 5 per cent of China’s annual electricity needs in 2019, according to the National Energy Administration, but this share is expected to grow as Beijing attempts to become carbon neutral by 2060.

China has 47 nuclear plants with a total generation capacity of 48.75 million kilowatts — the world’s third-highest after the US and France — and has invested billions of dollars to develop its nuclear energy sector.

Last month Russian President Vladimir Putin and his Chinese counterpart, Xi Jinping, hailed close ties between their countries as they launched work on Russian-built nuclear power plants in China.

And in December state media reported that China had successfully powered up its “artificial sun” nuclear fusion reactor for the first time — the HL-2M Tokamak reactor — which uses a powerful magnetic field to fuse hot plasma and can reach temperatures of over 150 million degrees Celsius.

It is China’s largest and most advanced nuclear fusion experimental research device, and scientists hope that the device can potentially unlock a powerful clean energy source.

 

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Mise à jour : 14/06/2021 23h21

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 00:41
Explosion nucléaire de Nagasaki

Les militaires ont réalisé 2053 essais nucléaires de 1945 à 1998, dont 527 tests nucléaires atmosphériques effectués entre 1945 et 1980. Ces seuls essais atmosphériques correspondent, en termes de puissance, à 30 000 fois la bombe d’Hiroshima. Il ne faisait pas bon vivre ou naître dans les années 60 où, suite à une augmentation faramineuse des tests atmosphériques (période 1954-1958 et 1961-1962) l’atmosphère était autant chargée en radionucléides qu’après la catastrophe de Tchernobyl. Sauf qu’à l’époque, on n’en parlait pas ; et dans le même temps, la mortalité par cancer commençait à augmenter de manière sensible. Je relaie aujourd’hui, 9 août, date anniversaire du bombardement de Nagasaki, cet article de Pierre Péguin qui rappelle de manière claire, concise et lucide ce qu’il faut savoir en matière nucléaire sur ces trois quarts de siècles écoulés.

PF

-oOo-

 

Trois quarts de siècle plus tard…..

 

Pierre Péguin, 5 aout 2020

 

Plus que jamais nous subissons les graves conséquences des largages de bombes atomiques des 6 et 9 aout 1945 sur les villes martyres Hiroshima et Nagasaki:

 

- La manipulation des observations recueillies par les américains après les bombardements ont permis aux structures internationales du lobby nucléaire de nier le plus longtemps possible l’effet des contaminations par de faibles doses radioactives, ainsi que de leurs effets génétiques transmissibles. De ce fait les normes de protection des travailleurs et des populations sont très insuffisantes.

 

- La course aux armements nucléaires de plus en plus sophistiqués accroît le risque de guerre nucléaire dangereusement (1). Les 2400 bombes qui ont explosé à titre d’essai ont contaminé l’ADN de tout le vivant de la planète.

 

Il en résulte un nombre considérable de victimes (plusieurs dizaines de millions) qui dépasse, et de loin, celui directement liées aux bombardements de 1945 (environs 250.000) qui ont introduit l’humanité dans une ère de barbarie (2).

 

J'avais 7 ans en 45, et je me souviens être monté sur la terrasse de l'immeuble dans lequel nous habitions pour regarder vers l'est et espérer naïvement voir le champignon.... Très vite l’idéologie dominante, celle des vainqueurs, avait annoncé que grâce à la bombe atomique le Japon avait capitulé marquant ainsi la fin de la guerre. Plus tard tout aussi naïvement on a chanté, dansé, adulé l'atome (« c'est la danse atomique... ») et les maillots de bain « bikini »; on a cru à l'« atome for peace » promu par Eisenhower, et à la "grandeur de la France" chère à de Gaulle créant le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) chargé de construire la bombe.
Ah, on nous a bien manipulés !

 

Ainsi tout avait été fait pour convaincre l’opinion de la nécessite de ces opérations afin que les US ne soient jamais accusés de crime contre l’humanité. Pourtant une autre analyse de l’histoire, « le projet Manhattan » (3), montre que le Japon à genoux voulait négocier une capitulation honorable, mais que les États Unis y mettaient des conditions insupportables, conditions disparues comme par hasard, après les bombardements.

 

Dans cette analyse qui contredit l’idéologie officielle, Il fallait à tous prix que la guerre se prolonge quelques jours, le temps de pouvoir larguer ces bombes sur deux villes martyres, non seulement pour bénéficier d’une expérimentation en vraie grandeur, mais aussi pour asseoir la supériorité US sur la Russie, c’était le début de la guerre froide.

 

La suite montrera l’exploitation des données recueillies sur les victimes immédiates et celles mourant ultérieurement dans d’horribles souffrances, sous l’œil froid des experts exclusivement américains.

 

Mais maintenant on sait, on sait que l'horreur nucléaire est toujours à l’œuvre, que les dégâts humains sont à ce jour bien pires que ceux de 1945, que les 2400 explosions de bombes atomiques ont contaminé toute la planète et l’ADN du vivant, que toute la chaîne de l'industrie nucléaire et le fonctionnement des réacteurs répandent les radionucléides responsables de bien de pathologies, sans parler des catastrophes.

 

Août 45 est un symbole mais, en août 2020, nous sommes avec un nombre de victimes et des menaces autrement plus terrifiantes. Nous payons aujourd’hui les conséquences de ces bombardements et de l’exploitation qu’en a faite le complexe militaro-scientifico-industriel. C’est le cas des multiples victimes de la radioactivité, que ce soit sur les sites d’expérimentation militaires (Reggane, Polynésie), dans les territoires de guerre ayant subi les armes à tête d’uranium (4) comme en Irak, Afghanistan, Kosovo, suite aux catastrophes atomiques toujours en cours (Tchernobyl, Fukushima, etc.), au voisinage des centrales et usines nucléaires, ou des mines d’uranium.

 

On sait aussi qu’au delà de la crise climatique, au-delà même des catastrophes nucléaires, la pire menace qui pèse sur nos existences est la guerre atomique dont on n’ose pas imaginer ce qui en resterait de l’humanité. L’entretien et le développement des armements nucléaires mobilisent des budgets considérables. Ils s’appuient sur le fonctionnement des équipements nécessaires à la production de l’électricité par le nucléaire dit « civil » qui se trouve ainsi verrouillé.

 

Notre revendication de l’arrêt du nucléaire en est d’autant plus difficile à aboutir, contrairement à nos pays voisins qui ont choisi de s’en passer sans pour autant être retournés à la caverne et à la bougie.

Nous ne devons pas nous taire, et continuer à appeler à l’arrêt de l’électronucléaire, et à la condamnation de l’armement nucléaire.

 

Hiroshima le 6 août et Nagasaki le 9
Le 6 août 1945, Hiroshima a été détruite par une bombe atomique à l’uranium, et le 9, Nagasaki a subi le même sort, cette fois par une bombe au plutonium.
Ces événements qui marquent notre histoire sont l’aboutissement de ce qui a été appelé le projet Manhattan qui a mobilisé plusieurs centaines de milliers de travailleurs sur plusieurs sites aux USA.
S’il est exact que ce projet a été lancé face à la crainte que l’Allemagne nazie travaille sur l’arme atomique, il a été su assez vite que l’ennemi n’en avait pas la capacité. Mais la machine était lancée, le complexe militaro-scientifico-industriel voulait aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix.
Et le prix n’a pas été que financier, il a également été humain : il y a eu des victimes parmi le personnel, et le silence des familles a été acheté, c’était le début des mensonges concernant la dangerosité cachée de la radioactivité. De très nombreux cobayes humains ont été volontairement contaminés : résidents d’asiles, d’orphelinats, des malades hospitalisés, des condamnés, etc. L’horreur !
Le pire est que la direction militaire voulait absolument une expérimentation en site humain pour en tirer tous les enseignements et qui permettrait d’affirmer la supériorité des US sur l’URSS.



Ensuite l’armée américaine a verrouillé les observations de façon à cacher la nocivité de la contamination radioactive et à n’attribuer les dégâts qu’aux effets directs de l’explosion (onde de choc, chaleur et irradiation).

 

Les structures internationales supposées protéger les travailleurs et les populations, continuent à s’appuyer sur les données tronquées diffusées à cette époque. Ainsi tout ce qui concerne les effets de la contamination des organismes vivants, et les effets génétiques ont été officiellement niés. Cela a permis d’imposer des normes de protection très insuffisantes.
Il s’est bien agit là d’un crime contre l’humanité commis consciemment, et qui a ouvert la porte à une nouvelle ère, celle de la menace atomique liant à tout jamais dans l’histoire humaine, l’énergie nucléaire et le mépris de la vie.



Ainsi l’UNSCEAR (5), structure chargée de dire la connaissance scientifique officielle du lobby international, reprend les résultats fournis par les Américains dans le suivi sanitaire des irradiés d’Hiroshima et Nagasaki. Cela a permis à la CIPR (6) de préconiser des normes laxistes de protection.

 

L’enjeu essentiel est de pouvoir nier le plus possible l’importance de la contamination par de faibles doses de radioactivité, et on continue à le faire dans les zones contaminées par Tchernobyl ou Fukushima au mépris de la santé des populations concernées. Au point même de refuser aux enfants les cures qui permettraient d’alléger leurs souffrances ! C’est l’application des programmes « éthos-Core » (7) dans lesquels les experts français du CEPN (8) toujours à la pointe de la lutte pour sauver le nucléaire sont impliqués. Ces criminels prétendent que c’est la nucléophobie qui rend malade...

 

Mais face à ce « négationisme », en 2001, des membres du Parlement Européen ont décidé de soutenir la rédaction du rapport « Etude des effets sanitaires de l’exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection », rapport CERI publié en 2003 (9).

 

Le CERI, Comité Europeen sur le Risque de l’Irradiation
Le CERI remet en cause les normes et méthodes d'évaluation qui ont prévalu jusqu'à présent en matière de radioprotection. Sollicitée et financée par le groupe Verts européens, l'élaboration de cette étude a été coordonnée par le chimiste anglais Chris Busby et a rassemblé une palette d'experts indépendants du monde entier.
La création du CERI reposait sur le fait « qu’il existait suffisamment de preuves démontrant qu’une exposition de faible dose due à des radio-éléments artificiels provoquait des problèmes de santé, et que les modèles conventionnels de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations (CIPR) n’ont aucunement prévu ces effets. »
Outre le fait que le secret ait entouré les observations effectuées au Japon, et que de plus les structures internationales de sûreté nucléaire soient verrouillées sans contrôle démocratique, les experts du CERI ont critiqué la démarche scientifique pour les raisons suivantes :
- Les survivants ont dû être parmi les plus résistants des habitants de ces villes, les plus fragiles (jeunes, femmes enceintes, etc.) étant déjà tués beaucoup plus facilement. La « cohorte » suivie n’est donc pas représentative d’une population moyenne.
- Il s’est agi au Japon d’irradiation violente (rayonnement gamma pour l’essentiel), alors que le fonctionnement actuel des réacteurs engendre des quantités importantes de radioéléments dont la contamination à petite dose est d’autant plus dangereuse qu’ils peuvent se comporter chimiquement comme des éléments nécessaires à la vie et prendre leur place dans nos organismes ( Césium 139, strontium 90, iode 131, par exemple). Il n’est donc pas possible de donner du crédit à l’extrapolation vers les faibles doses de la relation linéaire liant le nombre de victimes à la dose reçue.
- L’existence d’un seuil en-dessous duquel l’irradiation serait inoffensive n’est pas crédible non plus, on trouve encore des textes annonçant qu’au dessous de 100 mSv il n’y a pas d’effets prouvés !
- La comparaison avec la radioactivité naturelle n’a pas de sens, la radioactivité artificielle est composée d’éléments qui n’existent pas à l’état naturel, éléments qui entrent dans le cycle de la vie et dont le rayonnement perturbe les cellules et l’ADN.
- Les calculs officiels ne prennent pas en compte les graves conséquences de la contamination interne. Ils ne tiennent pas compte des autres pathologies provoquées par la radioactivité, ni des effets génétiques transmissibles, ni encore des fausse-couches ou des bébés mort-nés. Ils ont pu ainsi faire l’impasse sur les effets à long terme des contaminations par de faibles doses, et sur les conséquences de transmission génétique d’altérations.
- Les fortes doses tuent, les faibles doses agissent à plus long terme, elles abîment les cellules, créent des radicaux libres et provoquent des mutations.
- De plus, le modèle CIPR fait comme si l’irradiation est répartie uniformément sur le corps, pas de distinction entre irradiation répartie et concentration localisée sur certains organes (comme par exemple l’iode radioactif dans la thyroide).

 

Ainsi après 3/4 de siècle nous subissons plus que jamais les graves conséquences des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki :


- Des normes de sécurité insuffisantes, et leur manipulation en fonction des besoins, pour les travailleurs, pour les populations qui vivent en zone contaminée, aux dépends de leur santé. Ce terrible et inhumain mensonge permet de rejeter les demandes de maladies professionnelles ou de reconnaissance de pathologies subies suite aux catastrophes ou tout simplement suite aux essais nucléaires comme ceux de Reggane ou de Polynésie.

 

- Enfin l’initiative de l’armée US ne pouvait dans le cadre de la guerre froide que provoquer le développement d’armements de plus en plus sophistiqués et terrifiants tel que la bombe H (10). L’exemple a été suivi par d’autres pays Israël, Inde, Pakistan, Corée Nord.
Nous sommes en permanence menacés d’une guerre nucléaire, le plus grave fléau en puissance. Notons que les plus grands émetteurs de CO2 sont les plus grandes puissances militaires.

 

Il nous faut donc non seulement œuvrer à l’arrêt du nucléaire civil, mais aussi du militaire avec neutralisation des stocks de bombe.

 

Ainsi ACDN, Action des Citoyens pour le désarmement nucléaire, agit, notamment par une demande de référendum, en faveur d’un désarmement nucléaire, biologique et chimique. Pour cela il existe une Proposition de Loi visant à organiser un referendum pour abolir les armes nucléaires et radioactives (Le Monde, 14 février 2020). Pour être déposée, elle doit recueillir les signatures de 185 parlementaires et en a reçu 43 pour le moment.

 

D’après ICAN France, relais national de la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires, campagne qui vise à mobiliser les citoyens pour faire pression sur leurs gouvernements. Le traité des Nations unies sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) voté à l’Onu en 2017 par 122 États n'a besoin que de 10 ratifications supplémentaires pour atteindre les 50 nécessaires pour entrer en vigueur, et rendre les armes nucléaires illégales au regard du droit international. La France s’est bien gardée bien sûr de rejoindre cette démarche (11), elle prévoit de moderniser l’arsenal nucléaire, et a repris en juin dernier des essais du missile nucléaire M 51…..

 

Jeûne de Taverny, Jeûne de commémoration et d’interpellation de Taverny du 6 au 9 août, jeûne de commémoration des bombardements atomiques des villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki, jeûne institué par Solange FERNEX, et soutenu par Théodore MONOD.

 

Le Collectif Arrêt du Nucléaire (ADN) qui regroupe des associations qui œuvrent à l’arrêt des nucléaires civil et militaire (12), organise ses journées d’été, décalées du fait du Covid, les 2,3,4 octobre à St Denis, au siège de la compagnie « Joli Môme », avec un riche programme.

 

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(1) https://www.rts.ch/info/monde/11374471--le-risque-nucleaire-est-plus-eleve-que-pendant-la-guerre-froide-.html

 

(2) Aujourd’hui est venu le temps de dire que les bombardements d’Hiroshima, de Nagasaki et les soixante-cinq millions de victimes de l’industrie nucléaire doivent faire l’objet d’un travail de mémoire, http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/dossier/061664/la-verite-inavouable. Html et http://www.dissident-media.org/infonucleaire/raisons.html  

 

(3) "Le Monde comme projet Manhattan", Jean-Marc Royer, Le passager clandestin, 2017. Excellent livre. L’auteur développe les racines du négationnisme nucléaire avec toutes ses horreurs telles que l’évocation des 9.000 cobayes humains, ou la gestion criminelle post Hiroshima et Nagasaki. Présentation.

 

(4) À propos des armes à uranium appauvri :
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/02/02/A-propos-de-l-uranium-dit-appauvri,
Et aussi https://apag2.wordpress.com/2018/02/02/a-propos-de-luranium-dit-appauvri/

 

(5) UNSCEAR : Comité scientifiques des nations unies sur les effets des radiations atomiques. C'est l'instance de l'ONU qui «  dit la science », qui en a le monopole sans contestation possible. créé en 1955, ses membres sont nommés par les états, ils sont choisis évidemment pour porter la parole officielle et neutraliser toute remise en cause (par exemple nier l’effet des contaminations par de faibles doses).

 

(6) CIPR : Commission indépendante de protection radiologique dont les membres sont cooptés sans contrôle démocratique, reconnue par l'ONU, organisation privée composée de membres cooptés au service du développement des usages de l'énergie nucléaire. Elle dicte les normes de la radioprotection et émet des recommandations concernant les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par l’UNSCAER.

 

(7) Vivre dans « le jardin nucléaire » avec Ethos, un crime contre l’humanité, Pierre Péguin 2016 https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos-un-crime-contre-lhumanite/, ou http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/07/Vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-Ethos-un-crime-contre-l-humanite,

 

(8) Le CEPN, Centre d’Étude sur l'évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français il rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN (13) ! Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard fut directeur du CEPN et vice-président de la CIPR.… Et c'est le CEPN qui a obtenu de l'Europe un financement pour développer les programmes Ethos et Core en Biélorussie sous la direction de Gille Dubreuil destinés à convaincre les populations de vivre en zones contaminées par Tchernobyl, avec tous les risques que cela comporte, programmes appliqués maintenant à Fukushima. C'est criminel.

 

(9) CERI Recommandations 2003 du Comité Européen sur le risque de l’Irradiation, traduit par Françoise Dupont et Paul Lannoye, disponible en librairie, éd Frison-Roche, 2004.

 

(10) Bombe H ou bombe à fusion, étudiée à Mégajoule. La fusion est tentée d’être appliquée à la production d’énergie dans le projet international pharaonique Iter, fiasco en puissance en construction à Cadarache.

 

(11) Dissuasion nucléaire : la France bille en têtes, Source : Libération   (8/2/2018)
http://www.liberation.fr/france/2018/02/07/dissuasion-nucleaire-la-france-bille-en-tetes_1628220

 

(12) L’Arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l'échelle européenne par Élisabeth Brenière et François Vallet. Arrêt du Nucléaire (ADN) http://collectif-adn.fr/2019/Arret_immediat_Europe.pdf,

 

(13) IRSN: L'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire est l’expert public en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. Ne comptons pas sur ce comité pour réellement nous protéger même si des associations y participent, voire s'y compromettent (l’ACRO, France Nature Environnement, Ligue nationale contre le cancer).

 

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màj 12/08/2020 12h40

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:00

 

7. Menteurs assidus

 

Mensonges par omission de Tepco

Corium du réacteur n° 2 (capture d’écran vidéo Tepco)

Corium du réacteur n° 2 (capture d’écran vidéo Tepco)

Tepco a attendu deux mois avant d’annoncer la fonte des cœurs des réacteurs. Et pas que Tepco. Tous les experts nucléaires savent ce qu’il arrive quand un cœur n’est plus refroidi. Tous les experts officiels de tous les pays ont donc attendu sagement que Tepco dise enfin la vérité avant d’avouer également qu’ils étaient au courant. Un seul expert japonais a dévoilé la vérité avant tout le monde, Mishio Ishikawa, le 29 avril 2011 à la télévision japonaise.

 

 

Pas de cancer ni de mort dû à la radioactivité ?

Comparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de Fukushima

Comparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de Fukushima

Les autorités japonaises, assistées par Tepco, le martèlent : chez les enfants testés, aucun cancer de la thyroïde n’est dû à la radioactivité. Ce n’est pas du tout ce que pense les médecins de l’IPPNW, l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Selon leur analyse, dans la préfecture de Fukushima, le taux de nouveaux cas de cancer est plus de quinze fois supérieur à la moyenne du Japon. Pour mémoire, en octobre 2019, 231 cas de cancer de la thyroïde ont été suspectés chez les enfants de Fukushima, dont 174 ont été confirmés par une intervention chirurgicale.

Pour les morts, c’est pareil. Pourtant jamais le taux de mortalité n’a été aussi élevé dans une usine : 8 morts la première année, 16 morts en 4 ans et demi. Mais pas question de reconnaître que la radioactivité y soit pour quelque chose. Et on n’a jamais eu de nouvelle non plus des centaines de disparus des listes des premiers liquidateurs de Fukushima en 2011.

 

 

Nicolas Sarkozy : « Je suis allé à Fukushima »

Photo non truquée : Éric Besson posant devant la centrale de Fukushima Daiichi (photo Antoine Bouthier/AFP)

Photo non truquée : Éric Besson posant devant la centrale de Fukushima Daiichi (photo Antoine Bouthier/AFP)

Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a aligné trois gros mensonges à Caen le 6 avril 2012. Selon lui, il serait allé à Fukushima avec Nathalie Kosciusko-Morizet. La voix du Japon précise : « En réalité, M. Sarkozy s’est bien rendu au Japon le 31 mars 2011 (…) mais il n’avait siégé qu’à Tokyo, soit à 250 kilomètres de la centrale nucléaire. Un mensonge retentissant au Japon et dans le monde. » Nathalie Kosciusko-Morizet n’y est pas plus allée, elle a d’ailleurs déclaré plus tard : « Personne ne va à Fukushima ». Dans le même discours de Caen, Sarkozy affirme aussi que « la vague a atteint 42 m de haut », information totalement contradictoire avec la réalité puisque les experts japonais l’ont finalement évaluée au plus haut à 23,60 m. La vague en elle-même a été mesurée à environ 14 m au niveau de la centrale. Éric Besson quant à lui y est bien allé l’année suivante en février 2012 où il s'est dit « globalement rassuré » car il a constaté qu’il n’y avait « pas de radioactivité forte autour de la centrale ».

 

 

La catastrophe de Fukushima à 6 ou 7 sur l’échelle INES ?

Pierre-Franck Chevet jurant de dire la vérité (capture d’écran vidéo Public Sénat)

Pierre-Franck Chevet jurant de dire la vérité (capture d’écran vidéo Public Sénat)

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » (Questions sur l’état de la sureté des installations nucléaires) du 17 avril 2013 sur France Inter, Pierre Franck Chevet, alors président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), a annoncé sans être contredit par les journalistes que l’accident de Fukushima avait été classé au niveau 6 de l’échelle internationale INES. L’accident avait pourtant été classé au niveau 7 depuis le 12 avril 2011, soit 2 ans avant son intervention ! Celui qui avait la responsabilité de la sûreté nucléaire en France a donc été pris en flagrant délit de manipulation de l’opinion sur une chaîne publique nationale.

En savoir plus

 

 

Les mensonges de l’IRSN

Dessin de Julien Loïs

Dessin de Julien Loïs

Cette institution sérieuse qu’est l’IRSN, sous l’image de grande objectivité qu’elle veut donner,  n’est jamais neutre. Son penchant pour la minimisation de tous les dangers de l’atome est bien connu. Mais quelquefois, à force de toujours vouloir rassurer, cela tourne au mensonge. Je rappelle régulièrement ses écarts sur ce blog et il n’y a jamais eu de démenti. Ainsi, selon l’IRSN, la perte d’un corium n’est pas forcément un problème pour l’environnement, les évacués allaient revenir d’ici trois mois en 2011, il n’y a pas eu de rejet de strontium et de plutonium au Japon, une centrale nucléaire ne peut pas exploser en France.

 

 

Perspectives heureuses

Retrait d’un assemblage du réacteur 3 (capture d’écran vidéo Tepco)

Retrait d’un assemblage du réacteur 3 (capture d’écran vidéo Tepco)

Boris Le Ngoc, responsable relations publiques et communication digitale de la SFEN (Société Française d'Energie Nucléaire) a publié le 12 mars 2015 un article et un dossier très minimisateur et rassurant, Fukushima 2015, état des lieux et perspectives : selon lui, l’évacuation du combustible des piscines des réacteurs 1 à 3 était prévue pour être terminée en 2015. On ne sait pas sur quelles sources il s’appuyait pour affirmer cela. Quatre ans plus tard, on peut dire que son enthousiasme était démesuré puisque pour les réacteurs 1 et 2, il ne s’est rien passé. Pour le réacteur 3, le transfert a commencé en mai 2019 ; toutefois, depuis juillet dernier, Tepco a stoppé l’opération à cause de problèmes techniques.
Sinon, toujours dans le même article, "la consommation des denrées ne présente aucun risque pour la santé" et Tepco a la "maîtrise de la situation".

 

 

8. Publicité mensongère

 

General Electric et l’avenir du Japon

Capture d’écran de la publicité de General Electric

Capture d’écran de la publicité de General Electric

General Electric, après avoir construit la centrale nucléaire de Fukushima, diffusait un spot publicitaire annonçant : « Quand Tepco a signé le plus gros contrat à l’export de GE (General Electric), nous avons équipé Tokyo de la centrale la plus efficace en son genre au monde. Ce qui veut dire plus d’emplois chez nous et un avenir meilleur pour les Japonais. GE, nous améliorons votre quotidien. » Aujourd’hui, la majorité des Japonais regrette d’avoir été trompée…

Voir la publicité

 

 

Un avenir radieux

Bannière de Futaba (Source AFP/JIJI)

Bannière de Futaba (Source AFP/JIJI)

Les Japonais regrettent tellement d’avoir été bernés par l’industrie nucléaire qu’en 2016, ils ont décroché la célèbre pancarte de Futaba dont le slogan, inventé par M. Onuma, était : « L’énergie nucléaire : l’énergie qui prépare un avenir radieux ».

 

 

Les JO de 2020

Caricature de 281… Antinuke

Caricature de 281… Antinuke

Shinzo Abe n’a pas hésité à mentir pour obtenir les JO de Tokyo. Le 13 septembre 2013, il a assuré au Comité international olympique que Tepco maîtrisait la situation vis-à-vis de la catastrophe de Fukushima : « It has never done and will never do any damage to Tokyo. » Évidemment, c’était un gros mensonge. En effet, un nuage radioactif est bien passé par deux fois sur Tokyo en mars 2011 et y a laissé une pollution mesurable dans les poussières. A la centrale de Fukushima Daiichi, le démantèlement est illusoire, les délais intenables à cause des multiples problèmes techniques. Tout autour, la décontamination définitive des sols est impossible. On n’élimine jamais les radionucléides, on ne fait que les déplacer. On ment à la population pour qu’elle retourne vivre dans des territoires contaminés. La propagande éthosienne bat son plein.

 

 

9. Théories du complot

 

Sabotage de la centrale

Il faut lire cet article qui analyse la théorie du sabotage de la centrale de Fukushima par l’état d’Israël diffusée par certains sites fumeux : Fukushima : retour sur une théorie du complot (Conspiracy Watch, 6 mars 2012). C’est un Japonais qui est à l’origine de cette théorie. Yoichi Clark Shimatsu, contributeur régulier de la chaîne de télévision officielle de la République populaire de Chine, est surtout un théoricien du complot à l’imagination débordante.

 

 

Missiles dans l’unité 4

Photo Tepco

Photo Tepco

Certains internautes ont réussi à échafauder une théorie comme quoi on fabriquait des missiles dans le réacteur n°4 de Fukushima Daiichi à partir de cette photo diffusée par Tepco. On distingue bien deux poteaux dont la base est munie de 4 jambes de force qui accroissent leur stabilité et leur solidité. Mais rien à voir, mis à part la forme ressemblante, avec des missiles et à des ailettes…

Voici une info véritable pour faire le pendant de celle du « missile » : une bombe américaine a bien été trouvée à la centrale de Fukushima Daiichi au cours de travaux destinés à créer un parking en 2017. La région où est implantée la centrale Fukushima Daiichi, à cheval sur les localités côtières de Futaba et Okuma, hébergeait en effet durant la Seconde Guerre mondiale une base aérienne de l’armée nippone et a subi des bombardements étatsuniens importants, notamment en 1945.

 

 

Concours de hoax

Et pour terminer ce chapitre, juste pour rire, mais je ne mettrai pas le lien, cette pépite de conspirationisme : « Révélation Fukushima: c'était un méga attentat ! ». Vous retrouverez facilement cet article sur le net, où le site Wikistrike (dont la devise est « Rien ni personne n'est supérieur à la vérité » !) assure que le Japon a été victime d’un attentat qui a utilisé  le système Haarp, que le séisme n’était pas de magnitude 9, que le réacteur 4 a été détruit par une arme nucléaire, que Naoto Kan a payé 20 milliards pour éviter que le mont Fuji n’explose, etc. Qui dit mieux ?

 

 

10. Communication insidieuse

 

La minute de vérité

Incendie de l’unité 1 de Fukushima Daiichi qui n’a jamais eu lieu (capture d’écran du film « Accident nucléaire de Fukushima » de Steve Webb

Incendie de l’unité 1 de Fukushima Daiichi qui n’a jamais eu lieu (capture d’écran du film « Accident nucléaire de Fukushima » de Steve Webb

Sorti en 2012, le film documentaire de Steve Webb, « Accident nucléaire de Fukushima », réécrit l'histoire en développant une kyrielle de mensonges : les explosions des unités 1 et 3, dont les images existent pourtant, sont minimisées avec des reconstitutions ne correspondant pas du tout à la réalité. Quant à l'explosion de l’unité 2, elle n'est même pas mentionnée. Le film énonce également que les experts de l'AIEA sont intervenus "quelques jours après le tsunami", ce qui est complètement faux. Ils ne sont venus à Fukushima que fin mai 2011. Autre mensonge : "trois des réacteurs de Fukushima sont totalement irréparables". C'est faux puisque les explosions ont concerné 4 bâtiments réacteurs. Autre absurdité : les gaines de zirconium protègeraient le combustible de la chaleur. Le mensonge continue avec le tonnage de combustible de Tchernobyl répandu dans l’atmosphère : 8 tonnes selon le reportage. Pourtant, d’après le magazine La Recherche, c’est 50 tonnes, cherchez l’erreur… On continue : aucune mention du problème majeur de l’eau contaminée stockée sur le site.

Et en conclusion, cerise sur le gâteau, la voix off dit qu’il faudra peut-être 10 ans avant que les personnes évacuées puissent toutes revenir chez elles ! Et quid de la contamination qui continue ? de la période de 30 ans du césium 137 ? de la fin programmée des indemnités aux réfugiés ?

Le réalisateur dévoile finalement sa subjectivité en validant la décision de Shinzo Abe de poursuivre le redéploiement du nucléaire au Japon. Ce film, qui a été construit avec de nombreuses incohérences et mensonges, est fait à la gloire de l’industrie nucléaire et prétend, dès 2012, tirer les leçons de la catastrophe pour continuer à produire de l’électricité nucléaire. Il a été diffusé en septembre 2015 dans la série « La minute de vérité » sur la chaîne française Numéro 23, désormais dénommée RMC Story.

 

 

Fausse traduction

Fausse traduction de l’IRSN (capture d’écran de la vidéo de l’IRSN)

Fausse traduction de l’IRSN (capture d’écran de la vidéo de l’IRSN)

Dans la vidéo très instructive et très bien conçue « L'analyse de l'IRSN du déroulement de l'accident de Fukushima » diffusée sur youtube en 2013, la traduction des paroles de Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi est fausse. Le 14 mars 2011, juste après l’explosion de l’unité 3, celui-ci, affolé, appelle le quartier général pour l’informer de la situation : « QG ! QG ! C’est affreux ! L’unité 3 a explosé maintenant. Je pense que c’est probablement la vapeur ! » (source : TV japonaise, 7:38 – 7:48). Or, l’IRSN, qui a repris la bande son de Tepco, a livré cette traduction : « QG ! QG ! C’est terrible ! On a eu un problème sur le site n°3 ! » (source vidéo de l’IRSN, 52:56 – 53:06). Pourtant, aucun doute, Yoshida dit bien « suijôki » (vapeur). La traduction de l’IRSN censure ainsi l’hypothèse émise par le directeur de la centrale : l’explosion de vapeur. L’IRSN s’aligne donc sur la version officielle du gouvernement japonais en faisant mentir feu Yoshida.

 

Comment vivre heureux en territoire contaminé ?

C’est le programme que vous propose Ethos, sous la houlette du Français Jacques Lochard, directeur du CEPN et vice-président de la CIPR. Comme cela coûte trop cher de déplacer les populations suite à un accident nucléaire, les gouvernements, en totale complicité avec les industriels de l’atome, ont inventé le programme Ethos qui permet de faire accepter la vie en territoire contaminé. Expérimenté dans les territoires pollués de Tchernobyl, il a été d’autant plus facilement appliqué aux populations de Fukushima. Le sociologue Frédérick Lemarchand pose bien le problème : « Faut-il entraîner l’humanité à « vivre avec » les conséquences d’un accident nucléaire ? Le faire est techniquement raisonnable car un accident est toujours possible, y compris en Europe, mais politiquement condamnable car conduisant à une logique d’adaptation à ce qui doit rester à jamais inacceptable. »

 

 

11. Confusions courantes

 

- dosimètre et radiamètre : un dosimètre mesure en continu les doses reçues et donnera au final une dose reçue pour une certaine durée. Par exemple, les travailleurs du nucléaire portent des dosimètres pour limiter leur présence en milieu radioactif. On peut aussi se servir d’un dosimètre pour mesurer la présence de radon dans une pièce. Le radiamètre quant à lui sert à mesurer la radioactivité gamma d’un environnement à un instant T. On le nomme aussi plus communément compteur Geiger car il compte les désintégrations qui passent dans son capteur.

 

- microsievert et millisievert : ces deux unités de mesure ont fait souvent l’objet de confusions lors des premières semaines de la catastrophe de Fukushima. Ce sont toutes les deux des fractions décimales du sievert, unité servant à mesurer la dose reçue par une personne. Le millisievert (mSv) est un millième de sievert alors que le microsievert (µSv) en est un millionième.

 

- radiation et radioactivité : le mot radiation est un terme rassemblant toutes sortes de choses comme la chaleur, la lumière, les rayons X ou les rayons radioactifs. Alors que la radioactivité ne couvre que les rayons radioactifs. Utiliser le terme radiation à la place de radioactivité, comme le veut l’usage anglo-saxon, n’est pas anodin car cela amoindrit la précision d’un discours, voire minimise sa portée.

 

- barres et assemblages : le combustible nucléaire est conditionné dans des barres de 4 m environ appelées aussi crayons. Les barres sont disposées par dizaines dans des assemblages de section carrée. Au moment de l’accident nucléaire en 2011, la centrale de Fukushima avait 14225 assemblages dans ses 6 réacteurs et ses 7 piscines, soit 896 175 barres.

 

- centrales et réacteurs : la France compte 58 réacteurs mais elle n’a que 19 centrales nucléaires car elles possèdent toutes plusieurs tranches (ou unités). Le Japon quant à lui avait 54 réacteurs nucléaires en 2011 au moment de l’accident répartis dans 15 centrales. Aujourd’hui, il n’y a plus que 9 réacteurs en activité. La population est devenue très méfiante vis-à-vis de cette énergie dangereuse qui, de surcroît, est devenue moins rentable que certaines énergies renouvelables.

 

 

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Une fois n’est pas coutume, je termine cet article en chanson avec l’ami Brassens qui nous offre, via l’INA, son histoire de faussaire.

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Mise à jour 7/02/2020 à 14h56

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 06:00

Article publié en trois parties.

Lien vers le sommaire et la première partie

 

4. Hoax animaliers

 

Poisson-loup de Béring

Source : tweet de Hiroshi Hirasaka (https://twitter.com/hirahiroro/status/644447532848803840)

Source : tweet de Hiroshi Hirasaka (https://twitter.com/hirahiroro/status/644447532848803840)

Comme le relève encore Audrey Garric, ce poisson n’est pas le résultat d’une mutation due à la pollution radioactive de Fukushima. Il a été pêché au large de l'île d'Hokkaido, à 800 km de la centrale, par un journaliste biologiste passionné par la recherche de créatures marines. La photo qu’il a publiée sur tweeter en 2015 déforme un peu la gueule de l’animal à cause de l’angle de la prise de vue, ce qui a conduit certains internautes à imaginer qu’il pouvait être un mutant. En réalité, cette espèce s'avère plutôt commune dans la zone où elle a été pêchée et la taille de ce spécimen est dans la norme de l'espèce.

En revanche, près de Fukushima, les pêcheurs se battent depuis des années pour que Tepco ne relâche pas dans l’océan le million de mètres cube d’eau contaminée qui ont été entreposés sur le site.

 

 

Monstre marin

Source : news.nationalgeographic.com

Source : news.nationalgeographic.com

Mais quel est ce nouveau monstre marin que Fukushima aurait pu encore produire ? En fait, il s’agit juste de baleineaux siamois retrouvés à Laguna Ojo de Liebre en Basse-Californie. Les réseaux sociaux ont diffusé cette image en 2014 en l’associant une fois de plus à Fukushima. Selon Michael Moore, vétérinaire à la Woods Hole Oceanographic Institution (Massachusetts) spécialisé dans l'analyse médico-légale des décès de mammifères marins, « il n’est pas rare d’avoir des jumeaux siamois chez les grandes baleines ».

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Toutefois, sans forcément créer de monstres hideux, la radioactivité peut avoir des effets dramatiques sur la faune, comme en atteste la mort prématurée des chevaux de M. Hosokawa ou ces malformations sur divers mammifères et insectes (lien).

 

 

Baleines échouées

Source : changera.blogspot.com

Source : changera.blogspot.com

Il arrive que l’on retrouve des baleines mortes sur les plages sans que l’on ne sache pas toujours pourquoi. Sur cette photo, ces baleines ne sont pas mortes, elles se sont échouées sur une plage en 2010, très loin de Fukushima, en Nouvelle - Zélande. Or, en 2013, de grandes angoisses – justifiées – sur la pollution de la mer se sont traduites par un article rassemblant des informations véridiques d’animaux mourant en masse en Alaska et un peu partout dans le monde. Mais jamais de rapport évident avec Fukushima. Il existe des tas de pollutions marines qui peuvent produire ces désastres écologiques (plastiques, hydrocarbures, usines côtières, etc.). Le rejet quotidien et permanent de centaines de tonnes d’eau hautement radioactive dans l’océan Pacifique à Fukushima Daiichi est évidemment bien réel, mais les conséquences de ces rejets massifs dans l’environnement marin et terrestre, même si elles sont déjà étudiées, ne sont pas encore très bien connues.

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Lapin sans oreille

Lapin sans oreille : origine inconnue (Source : capture de vidéo de yuunosato)

Lapin sans oreille : origine inconnue (Source : capture de vidéo de yuunosato)

Dans une vidéo qui a buzzé en 2011, on voit un lapereau blanc sans oreille. Toutefois, il est impossible de savoir où a été tourné cette vidéo. De plus, on connaissait déjà les lapins sans oreille avant 2011. La peur de la mutation génétique engendrée par la radioactivité, calamité réelle, se traduit ainsi par la diffusion de bizarreries, mais celles-ci ne sont pas forcément dues à Fukushima. Les mutations, si elles peuvent bien évidemment être provoquées par la radioactivité, ont d’autres origines possibles : elles peuvent apparaître spontanément (elles sont d’ailleurs à la base de l’évolution des êtres vivants) comme elles peuvent aussi être dues à des produits chimiques.

Ce canular a été relayé entre autres par RTL en juin 2011.

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Mise à jour du 25/02/2021 :

Kazumi, lectrice de cet article, précise dans un commentaire que le lapereau blanc s'appelle Cookie et qu'il est né à Namie. La vidéo a été filmée par Yuko Sugimoto, et publiée sur YouTube le 21 mai 2011. Il est donc possible que la mutation ait été provoquée par le nuage radioactif de Fukushima. Plus tard, Cookie a vécu à Saitama et est resté en forme au moins jusqu'en 2013 selon le site ci-après : https://matome.naver.jp/odai/2136296168629422001

Pas de nouvelles depuis. Yuko Sugimoto habite toujours dans la région de Fukushima (Namie ou Sukagawa). Son compte Twitter est @ikarostayuu

 

Dauphins morts

Source : Reuters

Source : Reuters

Le site 7sur7.be titrait le 7 mai 2015 que des dauphins étaient morts à cause de Fukushima. Trente chercheurs ont ainsi autopsié les 17 animaux retrouvés sur les côtes d’Ibaraki au sud de Fukushima. « Les poumons de ces dauphins étaient blancs, ce qui, d'après les scientifiques, est une indication du manque de sang acheminé vers les organes dû à un empoisonnement par radiation. » L’ACRO quant à elle se demande comment cette info a pu être construite à partir d’un échouage de 155 dauphins sur une dizaine de kilomètres. Elle fait l’hypothèse que la source du site 7sur7.be puisse être enenews.com, qui fait un lien avec la radioactivité alors que les sources japonaises ne le font pas. Enenews est en effet familier de ce genre d’amalgames. « Comme si la radioactivité était la seule pollution océanique responsable de tous les maux. »

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5. Errare humanum est

 

Centrale nucléaire inconnue

Une centrale nucléaire en bord de côte (Source : Kim Kyung-Hoon/Reuters)

Une centrale nucléaire en bord de côte (Source : Kim Kyung-Hoon/Reuters)

Ce cliché, attribué au photographe Kim Kyung-Hoon, ne représente pas la centrale de Fukushima Daiichi. Cette dernière n’a pas de tels silos, ses bâtiments réacteurs n’ont pas le même design, les cheminées ne sont pas à la même place, le terrain n’est pas configuré de la même manière et, avec cet angle de vue, on devrait voir le réacteur n°3. Pourtant, cette photo est régulièrement utilisée dans les médias pour illustrer des articles sur Fukushima Daiichi. Peut-être une erreur de l’agence Reuters ? Elle a été diffusée à partir du 12 mars 2011 par des dizaines de sites d’information à un moment où personne ne connaissait vraiment Fukushima Daiichi. Cette photo est très intrigante, car le bâtiment de gauche semble être chaud, de la vapeur se dégageant du toit ; et à quoi pourraient servir de tels silos dans un site nucléaire ? Ce qui est très amusant, c’est qu’un article de Paul Blustein, diffusé par Slate en 2013, reprend cette photo alors que le titre de l’article est « Tout ce que vous avez entendu sur l’accident nucléaire de Fukushima est faux ». C’est dur de prétendre détenir seul la vérité !

 

 

Erreur de centrale de Fukushima

Fausses nouvelles et vrais mensonges sur Fukushima (II)

Oui, cette centrale ressemble beaucoup à celle de Fukushima Daiichi. C’est bien la centrale nucléaire de Fukushima, mais Fukushima Daini – d’où l’erreur commise par Le Point. Daiichi veut dire n°1 et Daini, n°2. Elle est située à 12 kilomètres au sud de la première, mais contrairement à sa jumelle, celle-ci n’a pas provoqué de catastrophe. Non seulement les deux noms se ressemblent mais l’alignement des quatre réacteurs au bord de la côte aussi. Elle a été construite sur le modèle et dans la foulée de Fukushima Daiichi dans les années 80. On peut facilement la différencier car contrairement à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, celle de Daini n’a pas son premier bâtiment réacteur décalé par rapport aux autres.

Pour ne pas se tromper de centrale nucléaire japonaise, il faut faire un petit effort de documentation, comme avec cet article de Hori Yasuo : Le point sur les centrales nucléaires du Japon et autres nouvelles.

 

 

Mais où sont les piscines de Fukushima ?

« Un zoom à la verticale sur le 3, où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l’angle en haut à gauche » : légende de la photo du site de Sylvestre Huet (Libération)

« Un zoom à la verticale sur le 3, où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l’angle en haut à gauche » : légende de la photo du site de Sylvestre Huet (Libération)

Avant de m’intéresser au nucléaire, je ne savais pas où étaient les piscines de désactivation. Pour les journalistes, c’était pareil, ils ont eux aussi peiné à les repérer dans ce fatras de ruines de bâtiments réacteurs, d’où des erreurs. Comme celle de Sylvestre Huet, journaliste scientifique au journal Libération, qui a cru trouver la piscine de désactivation du réacteur n°3 sur une photo verticale « où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l'angle en haut et à gauche » (article du 31 mars 2011 / màj 18/03/21 : copie d'écran de l'article supprimé)… sauf que dans l’angle en haut et à gauche, il s’agit du sas d'accès matériel (« equipment hatch »). Rien à voir avec une piscine donc.

Capture d’écran d’une illustration du site du Nouvel Observateur

Capture d’écran d’une illustration du site du Nouvel Observateur

Un an plus tard, Vincent Jauvert, publie sur le site du Nouvel Observateur (article du 23 août 2012) un article comportant lui aussi une erreur de localisation : il entoure d’un rond blanc un espace bleuâtre correspondant au démantèlement d’une partie du niveau technique du bâtiment réacteur n°4. Cette couleur était due à la mise en place d’un filet de protection. La piscine quant à elle se cachait sous une couverture métallique quelques mètres plus loin.

Le plus marrant dans cette histoire, c’est que Sylvestre Huet s’est fendu d’un article (*) polémique en tirant à boulets rouges sur Vincent Jauvert car le site du Nouvel Obs n’avait pas retiré la photo erronée. Or, alors que je l’avais prévenu de son erreur, ce même journaliste de Libération n’a jamais cru bon non plus corriger sa fausse localisation de piscine en ligne depuis 8 ans.

 

(*) Màj 18/03/21 : sauvegarde de l'article "Fukushima : désinformation sur le piscine n°4"

 

Le syndrome chinois

Schéma apparu dès le 14 mars 2011 sur le forum US Message Board

Schéma apparu dès le 14 mars 2011 sur le forum US Message Board

Le syndrome chinois fait allusion à l'hypothèse selon laquelle, suite à une fusion de cœur d'un réacteur nucléaire situé en Amérique du Nord, le corium pourrait percer les barrières qui le confinent, s'enfoncer sous terre, traverser la croûte terrestre et atteindre la Chine. Cette théorie a été diffusée en particulier en 1979 à l’occasion de la sortie du film « Le syndrome chinois » de James Bridges. Sans que l’on conserve cette idée saugrenue que le corium pourrait traverser la planète, le scénario du pire a été évoqué quelques jours après le début de la catastrophe, à savoir que le corium descendant dans le sol jusque la nappe phréatique menaçait de provoquer une explosion de vapeur. Ce qu’on sait moins, c’est que la théorie d’origine n’est pas une fiction et qu’elle est prise très au sérieux par les scientifiques. Le ministère de l’Industrie du Japon en a d’ailleurs créé une animation qui montre les conditions du melt-down, du melt-through puis du melt-out dans un réacteur du type de Fukushima.

A mon sens, pour qu’une explosion de vapeur se produise en cas de melt-out, il faudrait qu’une masse importante de corium de plusieurs milliers de degrés tombe brusquement dans un lac souterrain, ce qui est fort peu probable quand le sous-sol n’est pas karstique (à Fukushima Daiichi, le sous-sol est composé de grès). En revanche, une explosion de vapeur est possible dans une centrale nucléaire avant que le corium ne sorte de la centrale, dans le cas où une masse considérable de corium tombe dans un espace confiné rempli d’eau, comme cela a pu se produire à Fukushima.

Explosion ou pas, les coriums ont très rapidement été en contact avec la nappe phréatique car fin mars 2011, le taux de radioactivité de l’eau de mer, en lien avec la nappe phréatique, était plusieurs milliers de fois supérieur à la normale et la semaine suivante plusieurs millions de fois.

 

 

 

 

6. Fausses nouvelles

 

Incendie à la piscine commune ?

Image saturée, à partir d’une capture d’écran webcam Tepco, juin 2011

Image saturée, à partir d’une capture d’écran webcam Tepco, juin 2011

En 2011, plusieurs internautes ont cru, au vu d’effets de lumières de projecteurs sur des brouillards intenses et mouvants que l’on pouvait observer en direct grâce à la webcam de surveillance de Tepco, que la piscine commune du site de Fukushima Daiichi (qui « abrite » plus de 1000 tonnes de combustible nucléaire) était en feu. Si cela avait été le cas, aucun homme n’aurait pu sortir sur le site de la centrale sans risquer sa vie et la pollution mondiale qui s’en serait suivi n’aurait pu être cachée. Alors que certains internautes utilisaient des effets de couleurs à partir des vidéos de la webcam pour démontrer que de la vapeur s’échappait bien des réacteurs, d’autres ont mal interprété ces couleurs vives comme on peut en voir sur l’illustration ci-dessus. Le jaune, l’orange et le rouge dramatisent l’image et suggèrent ainsi un incendie.

Cela dit, un feu de piscine reste toujours possible et c’est sans doute ce qu’il peut arriver de pire dans une centrale nucléaire puisque les piscines n’ont pas de confinement. Sans eau de refroidissement, les barres de combustible peuvent brûler comme des cierges magiques répandant dans l’atmosphère les produits de fission. Le risque le plus grand en France se situe à la Hague qui stocke 10 000 tonnes de combustible nucléaire dans des piscines sous des toits de tôle. En cas d’incendie de piscine à la Hague, tout le nord de l’Europe serait pollué irrémédiablement et la récente catastrophe industrielle de Rouen ne serait qu’un souvenir insignifiant.

En savoir plus sur le feu de piscine

 

 

La piscine n° 4 a-t-elle été vide d’eau en mars 2011 ?

Comment voir si la piscine contient encore de l’eau ? (photo Cryptome)

Comment voir si la piscine contient encore de l’eau ? (photo Cryptome)

En pleine crise nucléaire, le 16 mars 2011, les États-Unis ont conseillé subitement à leurs ressortissants vivant au Japon de s’éloigner à plus de 80 km de la centrale de Fukushima. Les experts américains craignaient en effet le pire, c'est-à-dire un incendie imminent du combustible de la piscine du réacteur n°4. On sait maintenant que le chef de l’Autorité de sûreté américaine s’est affolé à tort en croyant que la piscine était vide. Comme quoi on peut être expert et se tromper. Mais les Japonais ne communiquaient pas beaucoup, c’était très difficile d’avoir des informations (comme toujours en cas de catastrophe nucléaire). Car si vraiment elle avait été vide, la catastrophe aurait tourné au pire : le combustible nucléaire aurait pris feu et aurait pollué le monde entier.

Cependant, les Japonais se préparaient au pire également : Naoto Kan, alors premier ministre, était prêt également à faire évacuer la population dans un rayon de 250 km autour de la centrale, Tokyo compris. C’est dire si le danger était grand, danger que ne mesurent toujours pas la majorité des Français qui vivent à moins de 150 km d’une centrale nucléaire.

Une chose étrange tout de même dans cette histoire, c’est que des incendies ont été déclarés les 15 et 16 mars dans le bâtiment réacteur n°4, dont le premier aurait été éteint par l’armée américaine. Mais 9 ans après, on ne connaît toujours pas la nature de ces incendies. 

 

 

Accident de criticité à la centrale nucléaire ?

Capture d’écran de la webcam TBS, 2011

Capture d’écran de la webcam TBS, 2011

En décembre 2011, certains internautes ont interprété cette capture d’écran de la webcam TBS/JNN – qui diffusait également des images de la centrale de Fukushima Daiichi en continu – comme une explosion ou un flash radioactif. Plus sérieusement, il s’agissait vraisemblablement d’un recalibrage de la caméra ou d’une sursaute de tension. Des spécialistes en vidéo pourraient expliquer ça mieux que moi. Ce phénomène a eu lieu à nouveau en août 2013 (vidéo à 1:28). Le flash provenait également de la droite de l’image avec la même orientation.

Cela dit, des accidents de criticité peuvent survenir dans des installations nucléaires, il en est répertorié une soixantaine depuis 1945. À Fukushima d’ailleurs, la scientifique Dominique Leglu avait rapporté qu’en mars 2011, des « bouffées de neutrons extrêmement dangereuses » pour les humains et pouvant endommager les appareillages alentour, avaient été observées à 13 reprises.

 

 

Un réacteur est-il tombé dans l’océan ?

Capture d’écran de l’article en ligne sur neotrouve.com

Capture d’écran de l’article en ligne sur neotrouve.com

Le summum du désastre du recyclage de diverses sources sans compréhension aucune… A partir de l’info en février 2017 que le corium avait fait un trou dans une plateforme sous le réacteur 2 de Fukushima Daiichi, divers sites, dont newspunch, ont repris l’info en la mélangeant avec de vieilles infos concernant le réacteur 4. C’est ainsi que le corium qui est tombé dans l’enceinte de confinement est devenu sans problème un réacteur qui est tombé dans l’océan… L’illustration associée à cette infox dans le site neotrouve est encore pire car elle a repris la photo de l’incendie de la raffinerie d’Ichihara. Ça me rappelle une info que j’ai lue dans un site russe d’information francophone qui mentionnait qu’un séisme avait été provoqué par une explosion de vapeur due à la rencontre du corium avec la nappe phréatique. En réalité, dès mars 2011 et encore aujourd’hui, les coriums se sont mélangés et se mélangent à la nappe phréatique en provoquant beaucoup de vapeur (en 2011 et 2012) et une pollution permanente de l’océan .

 

 

_________________________

 

Lien  vers la troisième partie de l'article.

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26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 00:23

Il y a tout juste 32 ans, se produisait l’accident nucléaire de Tchernobyl. A l’occasion de cet anniversaire, j‘édite une collection d’articles qu’on a pu lire au jour le jour dans la presse régionale de l’Est de la France. J’avais à l’époque conservé tous les articles paraissant sur la catastrophe dans deux journaux régionaux, La Liberté de l’Est, aujourd’hui disparu, et L’Est Républicain.

L’accident s’est produit le 26 avril 1986. Les informations n’ont commencé à émerger qu’à partir du 29 avril. Mais même si peu d’infos arrivaient, paradoxalement, les « experts européens » qui avaient analysé le nuage radioactif qui arrivait sur l’Europe avaient mieux communiqué publiquement la situation qu’en 2011 pour Fukushima car dès le 30 avril 1986, soit quatre jours après l’explosion, La Liberté de l’Est annonçait : « L’accident survenu à la centrale nucléaire soviétique de Tchernobyl près de Kiev (Ukraine), est bien dû à la fonte du cœur du réacteur (…) ». En 2011, il a fallu attendre 74 jours – oui vous avez bien lu –  pour que Tepco avoue que trois cœurs avaient fondu, et c’est seulement après cette date que les « experts européens » ont reconnu la fusion des cœurs. Pourtant ceux-ci avaient accès aux informations via le réseau international d’analyse des composants nucléaires de l’atmosphère et donc connaissaient la gravité de l’accident. Cependant, ils n’ont rien dit.

Je vous laisse apprécier les différents titres qui se succédèrent dans les 3 premières semaines, du 26 avril au 17 mai 1986, en particulier ceux de L’Est Républicain du 3 mai : « France : aucune mesure sanitaire n’est nécessaire » et du 6 mai 1986 : « Tchernobyl, c’est fini ». La Liberté de l’Est, quant à elle, ne publia rien sur la catastrophe le 6 mai !

Aujourd’hui, un accident nucléaire serait-il plus difficile à cacher ? On le voit avec la pollution au ruthénium 106 de l’automne dernier, le village nucléaire mondial a toujours du mal à communiquer et on ne sait toujours pas officiellement, 6 mois plus tard, ce qui s’est passé !

Pierre Fetet

Il y a 32 ans : Tchernobyl
Il y a 32 ans : Tchernobyl
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 08:24
Fukushima : vous pouvez aider les enfants !

Depuis 2012, des citoyens s’organisent pour accueillir des enfants de Fukushima dans le sud de la France. L’objectif ? Sortir ces enfants des zones contaminées pour préserver leur santé et leur permettre de retrouver des moments d'insouciance et de véritables jeux d'enfants. En second lieu, cet événement annuel sert aussi à médiatiser les conséquences de la catastrophe nucléaire et à alerter sur les dangers qu'encourent ces enfants sur le long terme. Pour l’accueil 2014, un appel au don est lancé afin d’accueillir le plus d’enfants possible. Et les dons sont possibles à partir de 5 €. Pour une fois, nous pouvons tous faire quelque chose !

Le projet « Fukushima c’est eux, Fukushima c’est nous ! 2014 » s’inscrit dans la continuité d’une action engagée en 2012, quand des bénévoles avaient accueillis chez eux quatre enfants de Fukushima. Cette initiative avait été amplifiée l’année suivante, en 2013, avec l'accueil d'une dizaine d'enfants pour un séjour collectif plus complet, dans le Luberon.

Fukushima : vous pouvez aider les enfants !

Sur le terrain, ce projet est organisé par l’association « Alchemille », en partenariat avec l’association « Folding For Peace », et bénéficie de l’engagement sur le long terme de nombreux bénévoles. Côté japonais, plusieurs associations sont impliquées dans l’organisation du séjour, et notamment le réseau international Fukushima Network for Saving Children from Radiation. Et comme l’année dernière, c’est la générosité des donateurs qui permet de financer ce séjour.

L’OBJECTIF : Sortir les enfants des zones contaminées et médiatiser les conséquences d’une catastrophe nucléaire.

 

Il faut savoir que ce type d’accueil existe déjà pour des enfants de Tchernobyl, via l’association les Enfants de Tchernobyl Belarusse, association créée en 1986 juste après la catastrophe. Cette association organise (entre autres) des séjours en famille d’accueil pour des enfants vivants dans les zones les plus contaminées par la catastrophe de Tchernobyl.

Pour le projet Fukushima l’idée est de recevoir les enfants accompagnés de l’un de leurs parents, pour faire en sorte que ce séjour ne soit pas synonyme de séparation familiale (on sait à quel point les familles ont été très souvent disloquées suite à la catastrophe).

 

Dans la préfecture de Fukushima, les enfants jouent dans des bacs à sable en intérieur.

Ces familles sont par ailleurs accueillies de manière collective et non en famille d’accueil, afin de mieux répondre aux besoins des familles japonaises, très attachées à la vie en communauté.

 

Le but est de permettre aux familles accueillis de se retrouver dans un environnement sain et serein, de les faire décompresser d'un climat de stress (rejet par les autres, peur de la contamination, contraintes de vie très lourdes : port de dosimètres pour les enfants, qui ne peuvent par ailleurs pas rester plus de 30mn dehors par jour par exemple, etc).

LES EFFETS SUR LA SANTE DE LA VIE EN ZONE CONTAMINEE :

 

Pourquoi accueillir en France des enfants qui habitent dans les zones contaminées ?

L’irradiation permanente des cellules, en particulier celles du cœur, de la thyroïde et du cerveau, provoque d’innombrables lésions qui sont à l’origine de pathologies très graves, liées notamment à l’atteinte des défenses immunitaires et des organes vitaux.

Le césium 137 n’existe pas à l’état naturel. Celui que l’on met en évidence ne peut provenir que des activités humaines : installations nucléaires, essais atmosphériques, pollutions et catastrophes nucléaires.

 

Le suivi médical des enfants de la préfecture de Fukushima révèle une explosion des cancers de la thyroïde depuis 2011.

Les enfants vivent dans des zones ou l’eau, l’air, l’alimentation sont contaminés par la radioactivité, situation qui a comme conséquence, à moyen ou long terme, une perte notable des défenses immunitaires qui peut conduire au développement de nombreuses maladies. (source : Site internet de l’association les Enfants de Tchernobyl Belarusse).

 

Dans la préfecture de Fukushima, on dénombre de plus en plus d’enfants porteurs d'un cancer de la thyroïde...

A-t-on la preuve de l’efficacité des séjours en termes de diminution des risques sanitaires ?

A la demande de l’association des Enfants de Tchernobyl, des mesures de la teneur en césium 137 des enfants ukrainiens et russes invités à séjourner en France durant l’été 2013 ont été réalisées par l’Académie des Sciences d’Ukraine de Kiev.

 

Les résultats obtenus sont très importants : la baisse moyenne de la radioactivité mesurée s’élève à 33% après un séjour de 21 jours et de 47% après un séjour de 2 mois, elle est supérieure ou égale à 85% pour les enfants les plus contaminés.

 

Les accueils en France des enfants vivant dans les zones contaminées par le césium 137 permettent de réduire la radioactivité interne et l’irradiation externe de leur organisme de manière importante et par conséquent de diminuer les risques sanitaires.

UNE INITIATIVE CITOYENNE ET INDEPENDANTE :

 

La collecte mise en place permettra de financer :

  • Billet d’avions
  • Hébergement
  • Transports (minibus) sur place
  • Traducteurs et accompagnateurs
  • Activités proposées aux enfants

L'association tient à ce que ce projet reste une initiative entièrement citoyenne, totalement indépendante. Il s'agit d'éviter toute récupération politique de quelconque parti et de rester libre des financements publics, dans un pays foncièrement nucléocrate. Ce sont donc les dons des citoyens qui financent ce séjour.

DUREE DU SEJOUR :

 

Le séjour prévu est d’une durée d’une dizaine de jour, pour une question de budget. Mais plus les dons et les soutiens matériels récoltés seront importants, plus l’accueil pourra être prolongé pour améliorer encore les effets sur la santé des personnes accueillies. Il est aussi envisagé, si la collecte atteint son but, d’accueillir plus de familles.

Les organisateurs prospectent également pour obtenir le plus de structures et de moyens à titre gracieux (l’hébergement va peut-être être offert). Ils font aussi appel au bénévolat et aux dons (numéraires, matériels, logistiques). Si vous souhaitez apporter une aide autre que financière, vous pouvez donc contacter l'association Alchemille par mail : unteeshirtpour.fukushima@yahoo.fr.

 

Il n'y a pas de petit don, il n'y a pas de petit geste. Tout ce que nous faisons pour ces enfants, d'autres le feraient pour les nôtres. Fukushima c'est eux, Fukushima c'est nous...

 

Ils ont besoin de nous. Ne les oublions pas...

Et des fois que vous ne l'ayez pas encore compris, la collecte, c'est ici : http://fr.ulule.com/fukushima/ !

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