27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 15:02
Centrale de Fukushima Daiichi
 
- Unité 1
 
Depuis que Tepco l’a emballée, on n’a plus d’image !
 
 
- Unité 2
 
Inspection de la piscine torique, appelée aussi chambre de suppression.
Cliquer sur l’image pour visionner le diaporama de Simply Info
diaporama
 
 
 
- Unité 3
 
react3
Cliquez sur ce lien pour avoir la photo en HD :
 
reacteur3
Photo de Takashi Morizumi, photojournaliste japonais.
 
tepco3
Inspection de la trappe d’équipement (hatch)
 
machinetombée3
Elément de la machine de ravitaillement tombée dans la piscine
 
 
- Unité 4
lors de la visite du Vice Ministre Ikko Nakatsuka 
 
120423 02
Sous la piscine
 
120423 03
La piscine de désactivation, recouverte d’une bâche blanche
 
120423 04
L’enceinte de confinement inondée
 
120423 04 - Copie
Détail de la photo précédente.
 
 
Autres photos
 
Suivi de la contamination interne à Namie
wbd
 
 
Reportage de Flo sur la décontamination à Fukushima : ouvriers sans masque de protection (cliquer sur la photo pour accéder au reportage)
 
Mise à jour : la photo a été retirée à la demande de son auteure.
Vous ne pourrez pas la voir non plus dans son blog car l'article a été supprimé.
   
 
 
A Date City, ville contaminée et pleine de hot-spots, on demande à des enfants de maternelle de nettoyer une boîte aux lettres. L'horreur du déni.
post
 
 
 
Images 360° de la préfecture de Miyagi en mars 2011 après le tsunami
360
 
 
Vidéos
 
La piscine de l’unité 3 a-t-elle explosé ?
(Goddard's Journal)
 

 
 
Ouverture de la zone interdite (BFM TV)
 
Vidéo de la piscine 4 (Tepco)

 
 
Visite du 24 avril 2012 dans l’unité 4 (Tepco)

 
(voir à partir de 2:40)
 
Vidéo de l'intérieur du bouchon blindé de l’enceinte de confinement du réacteur 3 (18/04/2012)

 
 
 
Webcam
 
Fumée le 29 mars 2012 semblant provenir de l’unité 3

 
 
 
 
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Merci aux veilleurs et à Etienne Servant, grâce à qui j’ai pu glaner la plupart de ces images.
Pour d’autres images, vidéos et infos, visitez son Scoopit au jour le jour !
 
 

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 00:41
réacteur 3Dans une interview de Luc Oursel accordée à Challenges, celui-ci conseille aux autorités japonaises de « communiquer davantage sur ce qui se passe à Fukushima pour expliquer comment la situation est mise sous contrôle ».
 
Il est peu probable que les vœux du président du directoire d’Areva soient rapidement exaucés, car en fait peu de choses sont sous contrôle.
 
Aujourd’hui, qu’est-ce que contrôle Tepco à Fukushima Daiichi ?
 
Tepco maître de l’eau ?
 
Elle a envahi la centrale de manière artificielle dans le combat permanent contre le feu nucléaire et de manière naturelle par la nappe phréatique. Tepco ne sait plus quoi faire de cette eau contaminée. Pour assurer une image d’entreprise responsable qui gère la situation, elle a créé des champs de cuves autour de la centrale pour récupérer l’eau radioactive pompée, avant de la traiter et de la réinjecter dans le circuit de refroidissement des réacteurs. Mais ces usines improvisées qui désalinisent et filtrent le césium tombent souvent en panne ‒Areva en sait quelque chose ‒ et le solde des mètres cubes se trouve finalement positif, malgré les promesses de la feuille de route de 2011. En effet, des quantités considérables d’eau de la nappe phréatique ‒ on parlait en septembre de 200 à 500 tonnes par jour  ‒ arrivent directement dans les sous-sols de la centrale et s’ajoutent aux volumes d’eau pompée.
Le stockage de l’eau radioactive ‒ 98 000 à 120 000 tonnes selon les estimations ‒ ne pouvant pas s’étendre infiniment, Tepco, au bout d’un an, est au pied du mur.
 
stokeau
Cuves d’eau radioactive
 
L’entreprise s’apprête aujourd’hui à vouloir faire baisser le niveau de la nappe phréatique par 14 puits de pompage à l’ouest du site afin que l’eau n’envahisse plus les sous-sols de la centrale. Cette eau devrait être conduite directement dans l’océan. Or, rien ne dit qu’elle ne soit pas contaminée, car ce que ne dit plus l’opérateur, c’est que les échanges avec la nappe phréatique ont lieu dans les deux sens et que la pollution radioactive s’est répandue dans le sol dès les premiers jours de la catastrophe. C’est Naoyuki Matsuma lui-même, porte-parole de Tepco, qui l’a attesté en mars 2011 : à 15 m de profondeur sous la centrale, une mesure d’iode 131 indiquait un taux 10 000 fois supérieure à la norme (430 becquerels par cm3). Depuis, l’entreprise n’a jamais plus communiqué sur ces analyses d’eau de la nappe phréatique. Connaissant ses pratiques de non-dits, il est probable que ce qu’on analyse aujourd’hui n’est pas politiquement communicable au public.
 
 
Tepco maître du feu ?
 
Après la série historique des explosions et incendies qui se sont produits sur les 4 premiers réacteurs de Fukushima Daiichi du 12 au 15 mars 2011 (n°1 : 1 explosion ; n°2 : 1 explosion ; n°3 : 3 explosions et 1 incendie ; n°4 : 3 explosions et 2 incendies), Tepco recherche les cœurs fondus. Depuis la disparition de trois coriums de la centrale dans les premiers jours de la catastrophe, l’opérateur a beau prospecter, il ne les retrouve pas. Il a filmé à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a inspecté la piscine torique du réacteur n°2, il a examiné l’ouverture latérale (hatch) de la base de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 : rien. Certes, énormément de radioactivité, ce qui confirme les meltdowns, mais pas de corium en vue. Alors où sont les coriums ? Quelque part logés dans les radiers ou partis dans la nature ? Et comment maîtriser la situation si on ne connaît pas la température ? En effet, les thermocouples sont déclarés hors service de manière régulière, de telle sorte que pour le réacteur n°2, on ne dispose plus que d’une seule sonde valide dans le bas de la cuve.
Après le feu passé catastrophique et le feu présent introuvable, Tepco maîtrise-t-il le feu futur ? Pour éviter de nouvelles explosions, l’opérateur injecte de l’azote pour contrer la production régulière d’hydrogène de la centrale, mais il s’avère que ce système tombe régulièrement en panne, et ce quelquefois pendant plusieurs heures.
Par ailleurs, de grandes craintes se sont petit à petit répandues dans le monde sur la possibilité d’un grand feu d’artifice final si la piscine n°4 venait à se vider ou à s’effondrer suite à un tremblement de terre de très grande magnitude.
 
intérieur piscine reacteur 4
Combustible de la piscine du réacteur 4
 
Ce ne serait plus le scénario du pire mais le scénario de la fin, comme dirait l’ingénieur nucléaire Hiroaki Koide. Dans ce cas, les 264 tonnes de combustible, privés de refroidissement, prendraient feu et cet incendie imposerait une évacuation immédiate de la centrale sous peine de mort rapide de tout le personnel. A partir de cet abandon du site, les évènements s’enchaîneraient, sans qu’aucun homme ne puisse y faire quoi que ce soit : un à un, les systèmes de refroidissement des ex-réacteurs et des 6 piscines de refroidissement restantes tomberaient en panne, faute de maintenance. Les incendies de combustible, et peut-être des réactions nucléaires « promptes », sorte de micro-explosions atomiques, se succéderaient alors, mettant en jeu au final dans l’atmosphère plus de 2400 tonnes de combustible (Pour mémoire, Tchernobyl avait envoyé 50 tonnes de combustible dans les airs).
Les lecteurs de ce blog savent déjà cela depuis longtemps, mais la prise de conscience d’un tel danger semble enfin arriver dans les sphères influentes. Ainsi récemment, un ambassadeur japonais, Mitsuhei Murata et un sénateur étatsunien, Ron Wyden, se sont exprimés publiquement pour une meilleure prise en compte mondiale de cette menace permanente.
 
L’avis du diplomate Akio Matsumura (sous-titré en français)
 
Pour l’instant, la piscine n°4 tient le coup, les explosions du bâtiment ayant affecté principalement les niveaux supérieurs. Tepco a écarté tout danger d’effondrement de murs surplombant la piscine en démolissant et démontant scrupuleusement toutes les structures qui auraient pu lâcher lors d’un séisme violent. La piscine a également été consolidée dans ses fondements. Enfin, Tepco a déjà prévu le transfert des barres de combustible menaçantes par une construction spéciale. Mais cela prendra du temps. Beaucoup de temps, de une à plusieurs années. Et les travaux ne devront pas être arrêtés par un séisme trop important.
 
 
Tepco maître de la terre ?
 
Alors là on va faire très court, l’évènement du 11 mars 2011 a démontré définitivement qu’une centrale nucléaire ne devait pas être construite dans une zone sismique. Les hommes ne peuvent pas défier les forces telluriques. Tepco a donc eu tort de construire Fukushima Daiichi sur une ancienne faille. Et tous ceux qui actuellement dans le monde favorisent de nouvelles constructions de centrales nucléaires dans des zones sismiques ou permettent de continuer leur exploitation font prendre des risques énormes à l’humanité. On pense en particulier à la vieille centrale arménienne de Metsamor et à la future mégacentrale de Jaitapur en Inde (projet de 6 EPR).
 
Bien sûr, Monsieur Oursel savait déjà tout cela : Tepco ne maîtrise pas grand-chose. L’opérateur ne sait pas quoi faire de l’eau radioactive, à l’image de l’apprenti sorcier ; il ne sait pas où est le feu nucléaire qu’il a créé, il ne fait plus que le subir depuis que Fukushima Daiichi n’est plus une centrale nucléaire ; il ne maîtrise pas les tremblements de terre, il ne peut pas connaître la date ni l’intensité du prochain. Il maîtrise en revanche parfaitement la communication, diffusant ses informations au compte-goutte, souvent avec plusieurs mois de retard pour amoindrir l’impact des mauvaises nouvelles.
Pourtant M. Oursel préfèrerait qu’ils communiquent de manière plus positive. Car Areva, avec une perte de 2,4 milliards d’euros en 2011, souffre beaucoup de l’image catastrophique de Fukushima. Tepco fait ce qu’il peut, les liquidateurs  travaillent dur pour améliorer l’aspect et la sécurité du site en déblayant toutes les matières radioactives issues des explosions. Mais une catastrophe nucléaire reste une catastrophe à très longue durée. 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, on doit reconstruire un nouveau sarcophage pour un seul cœur fondu. Combien de décennies seront nécessaires pour démanteler Fukushima et ses 3 cœurs fondus ? Nul ne le sait, la catastrophe semble éternelle pour l’humanité, et quelle que soit la communication qu’on emploie, l’industrie nucléaire n’a plus d’avenir.
 
 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 23:11

Billet invité

Geoffroy Auneau, veilleur de Fukushima, s’intéresse de près au site de Fukushima Daiichi. Il nous informe régulièrement par l’intermédiaire de ses commentaires sur l’état de la centrale. Aujourd’hui, après l’édition d’un rapport de Tepco sur les 8 balises permanentes de surveillance de la radioactivité de la centrale, il nous donne son point de vue sur la décontamination de l’environnement et l’aménagement de ces postes de mesure.

 

plan

Schéma des emplacements des balises de surveillance de l’environnement à Fukushima Daïchi

 

Monitoring des balises de Fukushima Daïchi

par Geoffroy AUNEAU

 

Depuis cet hiver, les valeurs des balises situées autour de l’enceinte du site de Fukushima ont connu des baisses parfois ponctuelles liées à la présence de neige (l’eau fait office d’écran contre la radioactivité). Mais depuis le mois de février, régulièrement, la valeur d’une balise baissait significativement pendant la semaine : toujours entre 8h-12h et 13h-17h, le travail du personnel de la centrale était à l’œuvre pour faire baisser les valeurs d’irradiation.

Par le document du 20 avril 2012 (lien), Tepco a pu donner quelques explications sur ce travail.

Tepco souhaitait avoir une irradiation inférieure à 10 µSv/h sur l’ensemble des balises installées sur le site, excepté les balises temporaires qui ne sont pas concernées : Main Building (255µSv/h), West Gate (9µSv/h) et Main Gate (25 µSv/h). MP1 n’a connu aucuns travaux car sa valeur est de 4µSv/h. Les autres balises MP2 à MP8 ont bien connu une décontamination dans un rayon de 20 à 30 m autour d’elles. Les méthodes utilisées sont : élagage des arbres, enlèvement d’une partie du sol et surtout construction d’un mur d’1,60 m à 2,5 m de haut et d’épaisseur 30 cm autour des balises ayant des valeurs très élevées (MP6, MP7 et MP8).

 

mp2ab

Aménagement de la balise MP2

 

mp6ab

Aménagement de la balise MP6

 

 

Ce samedi 21 avril 2012, les valeurs des balises sont toutes comprises entre 4 et 10 µSv/h, objectif atteint pour Tepco (mais limite pour MP7 valeur à 10 µSv/h).

 

Les raisons de cette pseudo « décontamination » ?

 

- Argument n°1 : opération marketing, Tepco pourra montrer des valeurs d’irradiation assez faibles en périphérie du site, juste un cache misère. Les journalistes et les lecteurs reprendront ces valeurs sans se poser de questions.

 

- Argument n°2 : selon Tepco, l’abaissement du bruit de fond permet d’améliorer la détection d’un possible relâchement anormale de contamination. Le contre exemple provient de la balise « South of Main Building » qui connait des variations journalières sans équivoque, diminution le matin et montée des valeurs en fin d’après-midi. Les variations sont très bien visibles sur le graphique (lien). Il s’agit ici de relâchement « normal » de radioactivité (fluctuation d’environ 10µSv/h sur la journée).

 

tableaugeoffroy

 

- Argument n°3 « caisson blindé » : les balises MP6, MP7, MP8 sont maintenant très bien protégées contre les radiations (photos sur le lien : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_120420_06-e.pdf). Les valeurs de la radioactivité ont été divisées d’un facteur 5 grâce à ce système, mais le but premier de ces dispositifs n’est il pas de surveiller l’irradiation  (par intégration du débit de dose autour de la sonde) ?  L’argument n°2 ne tient pas et devient même un gros mensonge : les variations des valeurs des balises MP6 à 8 seront maintenant réduites d’un facteur X suite à ces travaux.

 

- Argument n°4 surveillance à 2 vitesses : la comparaison entre chaque balise n’est plus possible, certaines sont protégées, à priori par du béton (MP6 à 8), et d’autres sans protection.

 

Les méthodes employées par Tepco sont-elles vraiment justes ? Que signifient exactement les variations de la balise Main Building ?

 

 

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Autres documents fournis par Tepco

 

mp2mp8

Exemples des aménagements pour MP2 et MP8

 

mp2

Balise MP2

 

mp8

Balise MP8

 

tableautepco

Tableau de relevé des mesures montrant les variations dues aux aménagements

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 00:10

RAPPORT.jpg

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a rendu en janvier un rapport de plus de 500 pages sur les inspections des centrales nucléaires françaises que peu de personne ont lu en entier. Jean-Marc Royer, rédacteur de l’appel  « Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité », a fait cet important travail de lecture et a réalisé un résumé de ce document, ainsi qu’une analyse très intéressante. Sa synthèse vous est présentée intégralement dans cette page.

 

 

Le rapport de l’ASN est consultable en ligne iciou téléchargeable (6,29 Mo)

 

Le texte de Jean-Marc Royer est aussi téléchargeable en fichier PDF (285 Ko)

 

 

___________________________

 

 

Synthèse et commentaire des inspections conduites en 2011 par l’ASN

 

par Jean-Marc ROYER

 

Suite à l’accident de Fukushima, des inspections et « évaluations complémentaires de sûreté » (ECS) ont été conduites entre le printemps et l’automne 2011 ; elles ont porté sur :

1 - Les dispositions de sûreté : sont-elles conformes aux cahiers des charges en cours aussi appelé « référentiel EDF » ?

2 - Au-delà de cette conformité basique, ces dispositions sont-elles adaptées « aux situations extrêmes » ?

3 - Seraient-elles à même de pallier aux effets cumulatifs qui caractérisent les situations accidentelles ?

4 - Quelles dispositions seraient susceptibles d'améliorer le niveau de sûreté des installations dans ces cas là (13) ?

 

Les sujets abordés lors de ces inspections concernaient :

- la protection contre les inondations et les séismes ;

- la perte des sources de refroidissement ;

- la perte des alimentations électriques ;

- la gestion des situations d’urgence (15).

 

J’ai eu à gérer des questions de « sûreté/sécurité industrielle » sur de grandes installations en France et à l’étranger, et j’ai dû connaître le fonctionnement « des autorités indépendantes » et le type de rapports qu’elles produisent à destination du public. Il y aurait beaucoup à dire, sur le fond et sur la forme à la lecture du rapport de l’ASN. C’est pourquoi je me suis tenu très près du texte (la plupart du temps en le citant in extenso) mais en le traduisant en langage compréhensible lorsque cela était nécessaire. Le résumé qui suit, très synthétique, issu de ce rapport de 524 pages, situe toujours la source de ce qui est écrit ou cité par le N° de page (affiché entre parenthèses) auquel il se réfère.

Tout cela concerne la première partie de ce texte. Il n’empêche qu’il faut également savoir repérer les non-dits de cette littérature qui sont aussi importants que ce qui est écrit : c’est un exercice digne de ceux que les soviétologues faisaient au temps de la Pravda, un exercice ingrat mais indispensable dans lequel il faut savoir remettre la technoscience à sa place et surtout n’avoir soi-même rien à vendre, pas même une expertise. Ceci fait l’objet de la seconde partie du texte.

 

En ce qui concerne les dangers induits par les inondations

 

La Règle Particulière de Conduite est déclinée avec des retards de plusieurs années, avec des « écarts » et de manière incomplète ou incohérente, en contradiction avec le Plan d’Urgence Interne ou sans convention d’alerte avec Météo France ; certains « retours d’expérience » ne sont pas renseignés, le ruban bleu revenant aux sites de Cruas et du Tricastin qui n’ont toujours pas intégré qu’ils pouvaient être isolés par une inondation et même, pour ce dernier site, en perdre son alimentation électrique.

Les suivis météorologiques ainsi que la détection des seuils d’alerte laissent à désirer, tandis que les exercices annuels de simulation sont bâclés, ce qui augure mal du « lancement des actions appropriées dans les délais » en cas de nécessité. Les moyens de protection - en particulier la Protection Volumétrique, les Moyens Mobiles de Pompage et leur alimentation - ne sont pas correctement entretenus (notamment les joints « waterstop » de la PV) ou surveillés (certaines galeries inter bâtiments ne sont pas étanches et un affaissement de pointe de digue a été constaté lors d’une inspection). Par ailleurs, l’ASN se plaint de ce que les échéances convenues pour effectuer des travaux à la suite de « l’évènement du Blayais » ne soient pas respectées sans qu’aucune mesure compensatoire n’ait été prise (25 à 32).

L’ASN, faisant le constat que des « effets falaise » (effets cumulatifs) peuvent se produire très près des niveaux d’inondation retenus dans le « référentiel EDF », demande à l’exploitant de revoir toutes ses estimations (fournir le détail de la méthodologie et les justifications utilisées pour caractériser le modèle d’inondation retenue), de se prononcer lui-même sur l’adéquation des bâtiments à ces évaluations et lui prescrira de revoir sa copie concernant Belleville et Tricastin, notamment en cas de rupture des digues amont.

Concernant des « effets falaise » possibles suite à une inondation (perte totale de source froide et/ou des alimentations électriques), l’ASN pense que ni les rapports d’Evaluation Complémentaires de Sûreté, ni les compléments présentés par EDF en cours d’instruction, ne sont de nature à les éviter et lui demande de revoir là aussi ses copies (122, 124, 128, 130, 137 et 139).

 

Pour les dangers liés aux séismes majeurs

 

Un constat : la règle en vigueur (FS I.3.b) n’est pas respectée, l’instrumentation est insuffisante ou mal positionnée, son entretien et sa maintenance laissent à désirer, de même que sa qualification, son étalonnage et son réglage. De plus, les exercices ne sont pas réalisés et les opérateurs ne savent pas utiliser cette instrumentation sismique ou en interpréter les données en salle de commande ce qui les mettrait dans l’impossibilité de se faire une idée juste sur l’état du réacteur (40). « Les exploitants du site du Tricastin auraient des difficultés à gérer une situation accidentelle consécutive à un séisme majeur, du fait de la perte des alimentations électriques, des moyens de communication, de la supervision de l'installation ou encore du non dimensionnement au séisme de locaux annexes, des locaux de crise ou de repli, et des locaux abritant les moyens et les hommes de la Formation Locale de Sécurité » (67). Sur d’autres sites, les moyens d’alimentation électrique de secours seraient généralement indisponibles en cas de séisme. (79).

 

Concernant les dangers liés à la perte de la source froide (nommée : H1)

 

Encore des « écarts au référentiel », des disparités dans le suivi des équipements, des « anomalies de maintenance ou d’essais périodiques » et des relations problématiques entre les services centraux d’EDF et les centrales. Mention spéciale pour La Hague où il est nécessaire d’améliorer la maintenance et de vérifier la tenue dans le temps des équipements de refroidissement (échangeurs, aérothermes, tuyauteries) ou de ventilation naturelle des entreposages des colis compactés de coques et embouts (Areva NC) dont l’efficience semble remise en cause au vu des écarts constatés en inspection (41 à 44 et 71).

De plus, les dispositions proposées par EDF visent essentiellement à permettre des appoints (au circuit secondaire, au circuit primaire, et aux piscines combustible) pour prolonger l’autonomie des réacteurs et des piscines, ce qui permet de retarder la fusion du cœur mais pas nécessairement de l’éviter (181) en quelques heures (175).

L’ASN considère donc qu’EDF doit « conforter ses conclusions quant à la capacité des centrales à gérer une situation dégradée de type H1 sur plusieurs tranches simultanément, y compris lorsqu’une autre tranche connaît un accident grave » (177).

 

Les dangers liés à la perte des alimentations électriques (H3)

 

L’ASN a relevé là aussi des écarts sur la conformité, l’entretien (corrosion interne ou externe des tuyauteries et des réservoirs de carburant sur une majorité de sites) et les contrôles périodiques, qui affectent la robustesse des groupes électrogènes de secours.

L’ASN a donc demandé à EDF de revoir sa copie et de :

Fournir les informations sur la capacité et la durée des batteries ;

Indiquer combien de temps le site peut faire face à la perte des alimentations électriques externes et des sources d’énergie de secours, sans intervention extérieure, avant qu’un endommagement grave du combustible ne soit inévitable ;

Préciser quelles actions (extérieures) sont prévues pour prévenir la dégradation du combustible ;

Identifier les moments où les principaux effets falaise se produisent ;

Indiquer si des dispositions peuvent être envisagées pour prévenir ces effets falaise ou pour renforcer la robustesse de l’installation (modification de conception, modification des procédures, dispositions organisationnelles, etc.). (46, 152)

De plus, « l’ASN constate que les ECS mettent en évidence des « effets falaise » de court terme, caractérisés par un délai avant découvrement du cœur inférieur au délai prévu pour la mise en œuvre des moyens de la Force d’Action Rapide Nucléaire (160) et recommande de mettre en œuvre sans délai les moyens proposés par EDF pour répondre à ces dangers » (161).

Dans l’attente du déploiement progressif de dispositions qui prendra plusieurs années, l’ASN prescrira la mise en place de dispositions provisoires dès 2012, telles que des groupes électrogènes mobiles (226).

A La Hague, la disponibilité problématique des moyens de secours et la corrosion avancée de certains équipements des groupes électrogènes commandent une action palliative rapide (74), tandis que sur plusieurs « autres sites » (hors centrales) la perte des alimentations électriques conduirait à moyen terme à la perte des moyens de surveillance en salle de commande et à la perte des moyens de communication (75).

 

Quelle « gestion des accidents graves » ?

 

Moyens matériels et organisation

EDF indiquant que :

- la disponibilité des moyens matériels nécessaires à la gestion de crise, (Matériels Mobiles de Sûreté, les matériels PUI et les Matériels du Domaine Complémentaire), ne peut être garantie dans les situations extrêmes (187) ;

- l'arrivée des astreintes est impossible pendant les 24 premières heures suivant une situation de grande ampleur touchant tout le site (186), [ce qui correspond au délai maximal de mise en œuvre de la future « Force d’Action Rapide Nucléaire »] ;

- les moyens de communication utilisés lors du gréement de l'organisation peuvent être défaillants (189) ;

- la tenue aux situations extrêmes de l’instrumentation technique et environnementale nécessaire à la gestion de crise n’est pas garantie (p 193),

 

et l’ASN, considérant que :

- EDF n’a pas achevé l’analyse des points faibles de l’organisation en fonction de l’ampleur de la crise, et n’a pas évalué les conséquences des phénomènes dangereux liés à la dégradation des voies de communication et des canalisations dans les situations extrêmes (190) ;

- une analyse approfondie devra être menée sur les conditions d’intervention spécifiques aux situations accidentelles (difficultés lors de la prise de décision, suffisance des ressources, compétences requises, accessibilité et habitabilité des locaux, stress et fatigue des intervenants, ambiance sonore, calorifique et radiologique, 224),

- et nonobstant l’installation prévue par EDF d’une instrumentation dédiée à la gestion des accidents graves permettant de détecter la percée de la cuve et de détecter la présence d’hydrogène dans l’enceinte,

 

l’ASN va prescrire à EDF d’intégrer dans le « noyau dur » les éléments indispensables à la gestion de crise, c'est-à-dire :

- Les locaux, les moyens matériels, les moyens de communication et l’instrumentation technique (notamment la détection de l’entrée en AG) et environnementale ;

- Les moyens de dosimétrie opérationnelle, les instruments de mesures pour la radioprotection et les moyens de protection individuelle et collective en quantité suffisante ;

- L’accessibilité, l’opérabilité, l’habitabilité des salles de commande en cas de rejets de substances dangereuses ou radioactives (184), notamment après ouverture du système de filtration U5, lequel pose une série de problèmes non résolus à ce jour. En effet :

. il n’est pas « robuste aux séismes majeurs » ;

. il ne peut être utilisé pendant les premières 24h suivant un AG pour éviter le rejet des aérosols ;

. par la condensation ou la présence d’oxygène dans sa tuyauterie, il induit des risques de déflagration de l’Hydrogène ;

. son ouverture oblige les personnels à évacuer les salles de commande dans les 24h suivantes ;

. son efficacité de filtrage laisse à désirer, surtout s’il est utilisé par deux réacteurs simultanément (184 à 207).

Par ailleurs, l’ASN a prescrit à EDF le renforcement du radier de Fessenheim, avant le 30 juin 2013 (205).

 

Le cas particulier des piscines

Les centrales de Bugey et Fessenheim présentent un risque particulier d’endommagement de la piscine en cas de chute d’un emballage de transport de combustible (210). 

Compte tenu de la difficulté, voire de l’impossibilité, de la mise en place de moyens efficaces de limitation des conséquences d’un dénoyage prolongé des assemblages combustibles (confinement statique et filtration inefficaces), l’ASN imposera à EDF des prescriptions pour renforcer les mesures de prévention et la robustesse de l’installation afin de limiter la possibilité d’un tel accident (213).

 

La Sous-traitance

« L’ASN considère qu’EDF n’apporte pas la démonstration que les différentes périodes d’arrêt de réacteur qui ont lieu au cours de l’année sur chacun des CNPE engendrent au total des surcroîts saisonniers qui justifieraient le recours à la sous-traitance. Par ailleurs, le recours à la sous-traitance pose la question du maintien des compétences internes au sein de l’organisation de l’exploitant, en particulier dans un contexte de prolongation éventuelle de la durée d’exploitation des installations nucléaires existantes et de renouvellement important des effectifs » (p 216) et « l’ASN considère que la surveillance des sous-traitants exécutant des activités importantes pour la sûreté doit être renforcée, et en particulier que cette surveillance ne peut pas être déléguée » (230).

 

Conclusions du rapport ASN

L’analyse des rapports d’ECS d’EDF a montré que certains scénarios de perte de la source froide et de perte des alimentations électriques peuvent conduire, en l’absence de toute intervention, « à une fusion du coeur dans un délai de quelques heures pour les cas les plus défavorables » (p 226). Or, « l’accident de Fukushima a montré que la capacité de l’exploitant et, le cas échéant, de ses prestataires à s’organiser pour travailler en cas d’accident grave est un élément essentiel de la maîtrise d’une telle situation », (13) [ce qui ne semble pas être le cas].

Par ailleurs, « l’ASN considère, pour ce qui concerne la gestion de crise, que les exploitants du groupe AREVA ont dressé un état des lieux sommaire et n’ont pas tiré les conclusions pratiques des constats effectués » (342).

« Au premier trimestre de 2012, l’ASN imposera donc aux exploitants un ensemble de dispositions de sûreté relatives à la prévention des risques de séisme et d’inondation, à la prévention des risques liés aux autres activités industrielles, à la surveillance des sous-traitants et au traitement des non conformités. Par la suite, l’ASN s’assurera du respect par les exploitants de la centaine de prescriptions qu’elle aura édictées, ainsi que de la prise en compte des nouveaux référentiels qu’elle aura approuvés » (16).

 

 

Quelques commentaires et réflexions philosophiques subséquentes

 

Il n’y a pas une seule installation qui ne fasse l’objet d’une remarque d’inspection ou d’une recommandation importante. Qu’il s’agisse, en temps normal, ou en situation extrême (ou afin de l’éviter) :

- des estimations et des méthodes qui sont à la base des « référentiels nationaux » de sécurité de l’exploitant,

- de la déclinaison obligatoire des Règles Particulières de Conduites sur les sites ou de la gestion des « écarts » à ces règles,

- des conditions nécessaires à l’efficience de ces règles « en amont et en aval » (prédiction et retour d’expérience),

- du suivi, de l’entretien et de la maintenance des systèmes, des équipements et des matériels, y compris des groupes de secours,

- de la capacité à mettre en place et à utiliser une instrumentation spécifique (séisme, intégrité du confinement et entrée en AG),

- de la capacité du système de filtrage U5 et de ses dangers intrinsèques,

- du danger très particulier porté par les piscines de stockage dans le bâtiment réacteur,

- de l’analyse des situations internes et externes porteuses de dangers,

- de l’analyse des effets cumulatifs de toutes natures propre aux situations extrêmes et des moyens de les éviter,

- de l’organisation humaine ou matérielle locale et nationale, en particulier de l’usage de la sous-traitance,

- des moyens de mobiliser rapidement les personnels d’astreinte,

- de l’accessibilité, de l’opérabilité ou de l’habitabilité des locaux de commande, de crise ou de repli,

- des moyens de mesure et de radioprotection individuelle et collective en quantité suffisante,

- de la pérennité des moyens de communication,

- du respect des engagements de sûreté pris avec l’ASN.

 

Depuis la conception, l'accident majeur n'a jamais été pris en compte

 

-1- Qu’est-ce que ce rapport vient démontrer ? A sa lecture, on réalise peu à peu ce qui se lit entre les lignes : les ingénieurs nucléaires, leurs commanditaires industriels, politiques et militaires se refusaient à penser, il y a quarante ans, qu’un accident majeur puisse un jour arriver. Les centrales ont été construites sur ce postulat : la probabilité de survenue d’un accident majeur était considérée comme nulle ou bien trop minime pour justifier des dispositions jugées trop coûteuses au regard de ce qui fût qualifié de « risque résiduel ». Poussé par Tchernobyl et Fukushima, c’est ce à quoi ce rapport se confronte, et à quoi il tente de pallier un peu tard, par des moyens et des méthodes dont on peut se demander ce qu’ils deviendront une fois traduits sur les sites par l’exploitant, étant donné la manière dont les prescriptions en cours sont appliquées.

 

Le nucléaire français « au bord de la falaise » !

 

-2- Il n’y a pas un seul des sujets abordés par l'ASN qui ne pose problème, alors que l’exploitant, l’industrie dans son ensemble et les politiques qui les soutiennent nous serinent depuis des lustres que les centrales françaises sont les plus sûres ! Quel démenti cinglant et argumenté en détail ! Ce ne sont plus seulement des manques ou des négligences, mais une suite d’aveux, qui, mis bout à bout constituent justement le lit d’un accident majeur ! Un véritable gouffre, un précipice au bord duquel se trouve effectivement toute l’industrie nucléaire, guettée par « un effet falaise » (les acronymes et les euphémismes sont un des traits majeurs de la novlangue) qui lui est consubstantiel (voir plus bas). Sans pouvoir malheureusement le démontrer dans ce cadre, il est évident qu'il se produira un accident nucléaire majeur en France. Intégrer cela dans le domaine de la pensée pose certes quelques difficultés, mais devient à mon sens plus que nécessaire.

Ce qui suit n'est certes pas une illustration centrale de cette hypothèse, mais elle en illustre l'accroissement de la probabilité (l'invention du MOX est récente).

 

Silence, on MOX !

 

-3- Un des silences assourdissant de ce rapport (il aurait été facile de l’introduire dans ces « stress-test ») concerne l’utilisation dans 22 réacteurs, et avec l’accord de l’ASN, du MOX pour « Mixed Oxydes », un composé d’environ 6 à 7 % de dioxyde de plutonium au lieu de l’enrichissement classique à 4,2% d’235U. D’une part il accroît notablement les dangers d’accidents majeurs car :

- la conduite des réacteurs avec MOX est nettement plus délicate ;

- il accélère le processus de vieillissement des réacteurs ;

- il a un processus de fusion plus bas et plus rapide : dans une configuration accidentelle, le risque de criticité, est donc plus important et plus rapidement atteint ;

- il aggrave toute situation accidentelle car l’eau mélangée au bore qui sert à atténuer les effets d’échauffement de la radioactivité en absorbant les neutrons, est d’une efficacité moindre avec le MOX.

D’autre part ce plutonium est issu du retraitement de l’uranium nucléaire usé, ce qui suppose le transport délicat et fréquent de matériaux hautement radioactifs des centrales vers les usines et retour.

Le plutonium fait non seulement partie des éléments présentant une radiotoxicité très élevée, mais tous les isotopes et autres composés issus du plutonium sont également très toxiques et radioactifs. En voie aérienne, on estime qu’une quantité de l’ordre du dixième de milligramme peut provoquer le décès rapide d’une personne.

 

Une gestion « statistico-probabiliste » du risque bien pratique …

 

-4- De plus, à faire pour la première fois cet exercice d’imagination, on s’aperçoit que tout l’appareil technico-politique du nucléaire nous donne à voir l’ampleur, non seulement des « écarts » (comme ils disent) avec les préconisations de sécurité de base, mais aussi et surtout :

- l’impossible maîtrise tous azimuts des aléas propres aux « Macro Systèmes Techniques » (1) ;

- l’incapacité de voir (ou d’imaginer) les effets cumulatifs possibles de ces éventualités (baptisées « effets falaise ») tant la dénégation des dangers majeurs a contribué à les refouler depuis des décennies ;

- et de plus, le refus de prendre en compte les hypothèses les plus pessimistes parce que le rapport coût/bénéfice est « économiquement défavorable » et que la probabilité d’occurrence d’un accident majeur est jugée négligeable.

En réalité, ce type de calcul a trouvé son inspiration au cœur de la science physique atomiste, laquelle a amplement légitimé l’extension d’un nouveau mode de mesure - statistique et probabiliste - et non plus strictement déterministe (2). Or, ce type d’évaluation - qui de surcroît repose sur des hypothèses en arborescence et des modélisations ad hoc - présente l’insigne avantage d’être manipulable à l’infini, donc de se prêter à tous les désirs des industriels qui veulent nous faire croire à la soit-distante sûreté de ces manipulations nucléaires.

 

Les centrales nucléaires : des Macro-Systèmes Techniques intrinsèquement dangereux

 

-5- Force est de constater une fois de plus les fragilités (et les dangers qui s’en suivent) de tous ces MST constitués d’un entrelacs de techniques, de technologies, de process et d’interfaces multiples dont on veut nous faire croire que leurs complexités inévitables ne sont que le signe de la modernité et de la sûreté technoscientifiques.

La sophistication extrême des matériaux utilisés (bétons et aciers spéciaux …) et le contrôle fin de leurs caractéristiques que cela suppose, la difficulté de leur mise en œuvre étant donné la précision de leurs spécifications, la complexité de la construction des parcs nucléaires et de leurs raccordements, les problèmes dus à l’interdépendance de multiples technologies entre-elles (mécanique, électrotechnique, électronique, pneumatique, hydraulique, informatique …), les questions de conduite opérationnelle ordinaire et extraordinaire, la gestion des urgences et des situations de crise, l’adéquation des interfaces hommes/machines à toutes les situations, la qualification des personnels intervenants, les opérations de maintenance et de réparations (compliquées et parfois dangereuses), la gestion du vieillissement tous azimuts des installations, la qualité de tous les contrôles opérant à tous les niveaux depuis la mise en service nominale jusqu’au démantèlement, la gestion des déchets … Ce listing élémentaire et générique donne une petite idée du nombre de process corrélés entre eux et des répercutions possibles d’un manquement ou d’une simple défaillance, pour peu que ceux-ci soient imprévus et se produisent sur une interface délicate.

-6- En plus de ces fragilités intrinsèques et des dangers dus aux aléas climatiques et géologiques, il en est d’autres qui ont été introduits depuis trente ans par la pression actionnariale et qui conduisent soit à la sous-traitance massive, soit à des malversations dans le but de faire des économies sur l’entretien et la maintenance (Cf. les dossiers publiés concernant Tepco), soit à des politiques de « risques calculés » dont on a pu constater l’inanité à plusieurs reprises au Japon, en France et ailleurs.

 

De multiples conséquences supportées par les populations du monde entier

 

-7- Evidemment, la puissance dévastatrice intrinsèque des MST nucléaires (liée à ses fragilités) exige une « sûreté totale », c'est-à-dire un système politique du type « totalitarisme démocratique postmoderne » (3) intériorisé dans les imaginaires des populations du monde entier. Un des multiples aspects de ces penchants, peu étudié, se niche dans le « droit nucléaire international » forgé sur mesure dans les années 60 en dérogation à tous les usages conventionnels (4). Le nucléaire a ceci de particulier qu'il n'a pu se mettre en place qu'en bénéficiant (de la part des Etats) de régimes dérogatoires dans de nombreux domaines. Par contrecoup, ses répercutions se sont fait sentir dans tous les domaines de l'activité humaine, y compris le politique, la philosophie et la morale (5). En voici une petite illustration.

-8- Un accident nucléaire majeur rend obsolètes et dérisoires tous les plans et les mesures de sécurité (on se souviendra longtemps des tuyaux d’arrosage à l’eau de mer dérisoirement inadaptés à refroidir des cœurs de réacteurs en fusion partielle à Fukushima, 60% de l’eau étant dissipée en évaporation et 20% ratant sa cible). Les possibilités d’un Etat (et du secteur privé plus encore) ne seront jamais à la mesure de la catastrophe ; c’est ce que la limitation des responsabilités de l’industrie nucléaire, actée dès ses débuts par diverses lois et conventions confirme de manière éclatante (6). De ce point de vue, le droit prenait en compte, noir sur blanc, les gigantesques dangers consubstantiels au nucléaire que les pouvoirs s’efforçaient, en même temps qu’ils négociaient ces conventions, de nier devant les opinions mondiales. Sans ce report des responsabilités sur le corps social, aucun investisseur, aucun industriel au monde n’aurait investi un seul centime dans cette industrie.

 

Déconstruire le nucléaire, décoloniser l'imaginaire occidental

 

-9- L’énergie nucléaire n’est que secondairement une technologie ; elle est avant tout « la fille aînée de la science ». Aucune technique n’aurait jamais permis une telle intrusion dans la composition de la matière. Autrement dit, « l’énergie nucléaire », n’en déplaise à beaucoup, n’est qu’une conséquence du mode de connaissance scientifique spécifique de l’Occident et du rapport à la nature (à l’écosphère) que cela sous-tend. D’un seul coup, en 1945, cette « création scientifique » a rendu totalement obsolètes toutes les critiques philosophiques qui s’en tenaient à celle des techniques, comme si d’ailleurs les techniques n’étaient pas un attribut inévitable de toute vie en société depuis la nuit des temps.

-10- Tous ces Macro Systèmes Techniques ont en commun la volonté de défier et de maîtriser au-delà des « lois de la Nature » (que la science a par ailleurs encensées à une certaine époque pour s’affirmer face aux croyances religieuses dominantes), ce qui s’apparente de facto à une activité fondamentalement transgressive que l’on baptise Progrès pour en faire oublier le caractère prométhéen. Mais il ne faut pas oublier que ces Macro Systèmes Techniques ont un but : faire de l’homme moderne un homme appareillé dont il suffira un jour de le débrancher pour mettre fin à son existence.

 

Les trous du rapport de l’ASN

 

Outre l’utilisation du MOX qui réduit les marges de sécurité et dont l’ASN avalise ainsi de facto l’usage, il est toujours utile de se poser les questions suivantes : qu’est-ce que le document passe sous silence, ou omet de rapporter publiquement ? Car il y a toujours deux versions de ce type de rapport, bien évidemment : une version professionnelle et une pour « le grand public ». Par ailleurs, ces inspecteurs, que n’ont-ils pas vus, pu voir, ou pas voulu voir ou écrire ?

- Tout d’abord, la chose le plus surprenante dans la conception des centrales, ce qui est certainement un héritage des « trente béates » nucléaires, c’est que les salles de contrôle-commande, non seulement ne sont pas doublées, mais qu’elles ne sont pas suffisamment isolées, protégées ou autonomes en cas d’accident majeur très radioactif. Rien n’est dit à ce propos dans le rapport de l’ASN. (7)

- En 2011, Arnie Gundersen avait attiré l’attention sur le fait que les batteries de dernier secours prévues pour durer 8h à Fukushima, n’ont pas tenu tout ce temps, et il avait recommandé que cette autonomie (de 4h aux Etats-Unis) soit augmentée en urgence. Or la disponibilité des batteries est très dépendante de leur entretien et de leur maintenance dont on a vu dans le rapport de l’ASN comment ils étaient assurés en France dans certains sites. Or rien ne filtre sur cette question du secours en CC dans le rapport de l’ASN, ce qui est fort curieux. (8)

- « Notons, et c’est important, que le radier, c'est-à-dire la chape de béton sur laquelle repose l’enceinte de confinement de la cuve, a une épaisseur de trois mètres, alors que, sur les REP du parc français, l’épaisseur correspondante n’est que d’un mètre. » (9) Ainsi s’exprime JL Basdevant, …….. Mise à part la recommandation concernant le radier de Fessenheim, rien n’est dit non plus à ce sujet dans le rapport de l’ASN.

- Pourquoi les « ECS » qui envisagent un accident grave sont-ils muets sur leurs conséquences alors que « en France, l’ASN coordonne depuis 2005 une réflexion sur la gestion des suites d’un accident nucléaire (10) » et que « nous travaillons sur le post-accident, avec l’idée de se préparer aux conséquences pour la population et l’environnement, une fois que les émissions radioactives ont cessé (sic) (11) » ? Il faut bien lire cette phrase, tous les mots ont leur importance pour bien comprendre dans quelle direction l’ASN travaille. Est-ce pour cela que cette réflexion n’est pas publique ?

- Pourquoi n’est-il rien dit sur les effluents émis quotidiennement par les centrales ? Et pourquoi, alors que la transparence est devenue un crédo largement partagé, l’ASN ne propose-t-elle pas l’installation de balises de surveillance des émissions radioactives des 58 réacteurs (12) dont les mesures seraient visibles H24 sur internet par tout un chacun : cela ne serait-il pas une aide à la protection des populations en cas d’accident majeur, puisque l’ASN doit savoir maintenant, après Tchernobyl et Fukushima, que les tous premiers jours sont décisifs de ce point de vue ?

 

Jean-Marc Royer version 2 en juillet 2012.

 

 

__________________________

 

 (1) Concept clé du philosophe Alain Gras, « Que sais-je », 1997. Voir point 5.

 

 (2) On appréciera d’autant plus ce type de raisonnement que l’on connaît la « ligne de défense » de l’industrie nucléaire et de l’OMS : ils demandent aux victimes de prouver un rapport déterministe entre les effets des radiations (notamment les contaminations aux faibles doses) et les maladies induites.

 

 (3) Le film Food Inc en est une bonne illustration : l’auteur y montre comment, de manière totalement « démocratique » des lois sont votées dans certains états des Etats-Unis qui empêchent toute critique publique des industries agroalimentaires et des trusts de fast-food afin de protéger leur chiffre d’affaires. Il s’agit là, pour résumer, de l’utilisation des moyens démocratiques contre la démocratie, ce qui tend à devenir systématique en Occident. Une autre forme en est la dénégation des votes populaires rejetant les différents traités européens ou pire, les « ajustements » législatifs et constitutionnels des pouvoirs exécutifs afin de se soustraire aux poursuites judiciaires encourues à la suite d’agissements délictueux ou criminels ou, plus récemment, la nomination de banquiers à la tête de responsabilités gouvernementales en dehors de tout processus démocratique.

 

 (4) http://www.oecd-nea.org/law/isnl/10th/isnl-10th-anniversary-f.pdf

 

 (5) Lire le philosophe Günther Anders à ce sujet.

 

 (6) Conventions de Paris (juillet 1960) et Bruxelles (janvier 1963), amendées par les Protocoles de janvier 1964, novembre 1982 et février 2004. Loi d’octobre 1968 modifiée par celle du 16 juin 1990 …

 

(7) Mais c’est une des décisions annoncées lors de sa conférence de presse du 28 juin par l’ASN !

 

(8) Là aussi l’ASN a pris des décisions annoncées le 28 juin 2012 !

 

(9) JL Basdevant, Maitriser le nucléaire. Sortir du nucléaire après Fukushima, Eyrolles, 2012, p162-3.

 

(10) Délibération ASN N° 2011-DL-0021 du 21 mars 2011 sur l’accident de Fukushima et ses suites.

 

(11) Comme le disait un membre de l’ASN dans le monde du 2 avril 2011.

 

(12) Un réseau existe déjà, mais outre qu’il ne dit rien des émissions quotidiennes des centrales, il est incomplet du point de vue des analyses effectuées. Voir les remarques de la CRIIRAD à ce sujet.

 

 

 

 

(mise à jour du 22 juillet 2012)

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 17:18

photo-le-dl-patrick-roux.jpgMardi 10 avril 2012. Encore un incendie dans une centrale nucléaire française. Encore une pompe sur le circuit de refroidissement, mais cette fois-ci sur le circuit secondaire. Les pompes des centrales nucléaires françaises sont-elles vraiment sûres ? Pourquoi brûlent-elles ? Mystère.

 

EDF considère cet évènement comme un « incident mineur », mais en fait, aucune panne dans une centrale nucléaire ne doit être considérée de la sorte. Une centrale nucléaire doit être exemplaire en sécurité. Car un enchaînement d’évènements mineurs peut déclencher une catastrophe.

 

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

 

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire du Tricastin. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Fukushima…

 

tricastin-FUKU.jpg

 

… Avignon, Lyon et Castres seraient des villes contaminées. Selon la direction du vent, il est probable qu’Aix, Marseille et Toulon soient également touchées. En effet, la carte des retombées de Fukushima se limite à la superficie de l’île, mais elles ont été considérables aussi à l’est, côté pacifique.

 

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl…

 

tricastin-tcherno.jpg

 

… une grande partie de la vallée du Rhône devrait être évacuée. Avignon, Lyon, Valence, Saint-Etienne, Chalon-sur-Saône seraient des villes contaminées. Annecy et Chambéry seraient sans doute à évacuer. Mais d’autres pays que la France seraient aussi touchés, en particulier la Suisse : Genève serait à évacuer. La pollution s’étendrait jusqu’à l’Italie et l’Autriche. Paradoxalement, ces trois derniers pays subiraient les effets d’une catastrophe nucléaire alors qu’ils ont décidé de sortir du nucléaire. En effet, la France impose le risque nucléaire à ses propres habitants, mais aussi à l'ensemble des Européens.

 

 

 

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En savoir plus sur la centrale du Tricastin

 

Dépêche du Dauphiné sur cet incendie

http://www.ledauphine.com/drome/2012/04/10/degagement-de-fumee-sans-consequences-a-la-centrale-du-tricastin

 

Un autre incendie a déjà eu lieu à la centrale de Tricastin au mois de juillet 2011

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110702.OBS6326/incendie-a-la-centrale-edf-de-tricastin.html

 

Evènement de 2008 au Tricastin

http://groupes.sortirdunucleaire.org/2008-Tricastin-fuite-d-uranium

 

Pourquoi il faut arrêter le Tricastin ?

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/labaleine167.pdf

 

D'autres infos concernant Tricastin et la vallée Rhône-Durance 

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

 

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Photo d'entête de Patrick Roux (DL).

 

 

 

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 17:17
Ces deux reportages sont très intéressants à mettre en vis-vis.
 
L’un parle des conditions mises en place dans le « village nucléaire » japonais qui ont permis à la catastrophe de Fukushima de se produire. « Bien que la cause directe de l’accident était le tsunami, de façon plus significative, l’erreur a été les mesures de sécurité requise qui n’ont pas été prises », explique l’ex-premier ministre du Japon, Naoto Kan.
 
« Le mensonge de Fukushima », documentaire de Johannes Hano diffusé sur la chaîne allemande ZDF le 7 mars 2012, sous-titré en français par Kna.
 
 
 
L’autre parle des conditions actuelles du « village nucléaire » français. On y apprend que le ministre actuel de l’économie, François Baroin, fait pression pour « accélérer les efforts de redressement de la rentabilité » de l’électricité nucléaire, ce qui amoindrit mécaniquement la sécurité des centrales, car on oublie le facteur humain : 80 % des travailleurs du nucléaire sont aujourd’hui salariés d’entreprises de sous-traitance, et on ne leur donne plus aujourd’hui les moyens de travailler de manière efficace.
 
« Nucléaire, la bombe humaine », reportage d’Elsa Fayner diffusé sur France 5
le mardi 10 avril 2012 à 20h35
ou visible sur le net à l’adresse suivante jusqu’au 17 avril 2012
bombe-humaine.jpg
 
 
 
 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 20:43

vue-de-la-centrale-nucleaire-de-penly-en-seine-maritime-le-Ouf ! On respire, ce n’était qu’un « incident » !

5 avril 2012. Deux départs de feu à la centrale nucléaire de Penly et une fuite d’eau radioactive de 2,3 m3 par heure, classé niveau 1 sur l’échelle INES.  

La panne d’une pompe servant au refroidissement du réacteur : grave ou pas grave ?

« Niveau 1 » signifie « anomalie ». Donc pas grave a priori, selon l’ASN.

La fuite ne peut évidemment pas être considérée comme grave par cet organisme étant donné que des fuites sont déjà tolérées par la même agence de sureté nucléaire (lien). D’autant plus qu’on autorise cette centrale à relâcher 72.000.000.000.000 Bq par an dans la Manche, juste pour le tritium (cf. autorisation pour 2008).

 

FUITE BR 4

 

 

 

 

Une fuite connue en 2010 à la centrale nucléaire de Penly

(Source : Médiapart, 25 juin 2011)

 

 

 

 

Juste une anomalie donc.

Pourtant, si une autre pompe n’avait pas pris le relai, le cœur aurait fondu rapidement.

Comme à Three Mile Island. Comme à Fukushima.

 

On remarque en passant que cet incendie, qui a quand même nécessité l’intervention de 29 personnes, n’a pas eu besoin d’un tremblement de terre ou d’un tsunami pour se produire.

C’est pourquoi il est utile de rappeler ‒ ou d’apprendre ? ‒ à la population ce qui se passerait en cas d’accident majeur : contamination des sols pour des décennies, voire des siècles, et évacuations définitives pour les zones les plus touchées.

 

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

 

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire de Penly. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

 

Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Fukushima…

 

 penlyv2fuku.jpg  

 

… Le Havre, Rouen, seraient des villes contaminées. Les côtes anglaises et la Manche seraient également touchées. La carte des retombées de Fukushima, à cause de l’impossibilité de les relever dans l’océan Pacifique, ne montre pas la pollution à l'est. Selon les vents dominants, il faudrait aussi très probablement évacuer les villes suivantes : Amiens, Lille, Saint-Quentin, Calais, Dunkerque, et la plupart du territoire belge serait contaminé (zone grisée) à cause de la pollution radioactive aérienne qui serait générée par une catastrophe nucléaire à Penly.

 

Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Tchernobyl…

 

penly tcherno

 

… Le Havre, Rouen, Orléans, Calais, Dunkerque seraient des villes contaminées. Mais d’autres pays que la France seraient touchés : l’Angleterre, la Belgique (faudrait-il évacuer Bruges ?), les Pays-Bas et l’Allemagne. Il faudrait aussi sans doute interdire la pêche dans la Manche étant donné que l’essentiel des retombées y seraient localisées.

 

 

 

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En savoir plus sur l’évènement de Penly

 

 

Analyse de Bruno Chareyron (Criirad)

http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/penly/penly.html

 

Analyse de Bernard Frau

http://leblogpolitiquedebernardfrau.20minutes-blogs.fr/archive/2012/04/06/grave-evenement-a-la-centrale-de-penly.html

 

Article du Monde

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/06/que-s-est-il-passe-a-la-centrale-de-penly_1681749_3244.html

 

Communiqué de l’IRSN

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20120406_incident-penly.aspx

 

Communiqués de l’ASN

http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:53

independentwho.jpgUn forum scientifique et citoyen sur la radioprotection intitulé « De Tchernobyl à Fukushima » se tiendra les 12 et 13 mai 2012 à Genève. Organisé par IndependentWHO, un mouvement citoyen initié par un collectif d’associations et d’individus, il rassemblera de nombreuses personnalités engagées dans le monde entier : Bélarus, Belgique, Russie, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Suisse.

 

Les vraies conséquences sanitaires de Tchernobyl ont été dissimulées. Et cette dissimulation se répète avec Fukushima. L’Organisation Mondiale de la Santé étant subordonnée depuis 1959 à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont le but est le développement de l’énergie atomique, participe directement à ces dissimulations.

 

Le « label » santé de l’OMS ne pouvant plus être une garantie, il revient à la société civile de se prendre en charge. Aussi IndependentWHO  a pris la décision d’inviter des scientifiques indépendants de tout conflit d’intérêts pour qu’une véritable information soit donnée en matière de radioprotection des populations exposées à des rayonnements ionisants.

 

Ce forum sera aussi un moment de partage d’expériences entre citoyens, vigies d’Independent WHO, élus, journalistes et professionnels de la santé, pour réfléchir à ce que nous pouvons faire ensemble pour que la santé des populations soit prise en compte en cas d’exposition à une pollution radioactive.

 

 

Appel aux dons

 

Le soutien à la réalisation de ce colloque entièrement indépendant est primordial.

 

Si vous souhaitez aider financièrement cette action, cliquez ici :

 

http://independentwho.org/fr/2012/04/01/forum-radioprotection-dons/

 

 

 

LIEUX ET PROGRAMME

 

Samedi 12 Mai : Centre OEcuménique des Églises 150 Route de Ferney 1211 GENEVE 2 Suisse .

Salle de conférences (avec traduction simultanée anglais, français, japonais et russe)

Dimanche 13 Mai : Salle Gandhi, Maison des associations 15 rue des Savoises, Genève.

 

L'entrée est libre dans la limite des places disponibles.

Pour des raisons d'organisation, il est préférable de s'inscrire à l'avance en envoyant un mail à

contact@independentwho.org

 

 

Hébergement

“Voir les possibilités d’hébergement à Genève et dans les environs”

 

 

 

PROGRAMME DU SAMEDI 12 MAI

 

Samedi 12 mai 2012 – de 8h30 à 12h45 -

 

8h30 Accueil

9h00 Présentation du Forum – Modérateur : Marc MOLITOR

Ouverture du Forum par Rémy PAGANI (Suisse) Conseiller

administratif de la Ville de Genève.

Introduction du Forum

Paul ROULLAUD (France) Représentant IndependentWHO

Pourquoi ce forum scientifique et citoyen.

Roland DESBORDES (France) Président de la CRIIRAD

Prise en charge citoyenne de l'information.

Paul LANNOYE (Belgique) Docteur es Sciences, Député

Européen Honoraire : Pourquoi les risques de la radioactivité

ont-ils toujours été sous-estimés ?

9h50 Panorama des contaminations au Japon et des

conséquences sanitaires à Tchernobyl

- Modérateur : André LARIVIÈRE

Alexei YABLOKOV (Russie) Docteur ès Sciences biologiques

Conseiller de l'Académie des Sciences de Russie : Diversité des

conséquences biomédicales de la catastrophe de Tchernobyl.

Dr ShinzoKIMURA (Japon) Enseignant à l' Université de

Hokkaido. Expert en radioprotection.

Étendue des contaminations. Premiers symptômes cliniques

après Fukushima.

Dr EisukeMATSUI (Japon) Spécialiste pathologie respiratoire

Directeur de l'Institut médical de l'environnement de Gifu

Actions de citoyens et de scientifiques japonais concernés par l'exposition

aux faibles doses de rayonnement ionisant interne au Japon.

11h25 La radioprotection contre la contamination interne élevée

- Modérateur : Wladimir TCHERTKOFF

DrGalina BANDAJEVSKAIA (Bélarus) Pédiatre, cardiologue

Etat de santé des enfants du Bélarus après l'accident de

Tchernobyl.

Alexei NESTERENKO(Bélarus) Directeur de l'Institut Belrad

Le concept de radioprotection des habitants au niveau local.

L' ATLAS radio-écologique. L'homme et les rayonnements ionisants

Vladimir BABENKO (Bélarus) Directeur-Adjoint de Belrad

De Tchernobyl à Fukushima... Guide pratique de radioprotection

 

 

Samedi 12 mai 2012 – de 14h00 à 18h00 -

 

14h00 Gestion de la catastrophe par les autorités et ses effets sur la

société. - Modérateur : Eric PEYTREMANN

Dr Sophie FAUCONNIER (France) Médecin, auteure d'études sur

l'impact sanitaire de Tchernobyl en Corse

Impact sanitaire de l'accident de Tchernobyl en Corse : une étude

épidémiologique indépendante enfin mise en place.

Paul JOBIN (France) Sociologue, spécialiste du Japon, chercheur

associé au Centre de recherche sur les enjeux contemporains en santé

Publique (INSERM-EHESS)

Fukushima : Radioprotection ou « radio-gestion » par les autorités ?

Kolin KOBAYASHI (Japon) Journaliste, correspondant 'Days Japan'

Le nucléaire au Japon, de Hiroshima à Fukushima, et le mouvement

antinucléaire.

15h20 La société civile : Après Tchernobyl et Fukushima, des ONG,

citoyens, élus, médecins, scientifiques et journalistes s' activent.

- Modérateur : Marc MOLITOR

Dr Youri BANDAJEVSKY (Bélarus) Anatomopathologiste,

Président du Centre d'Analyse et de Coordination "Ecologie et Santé"

Du syndrome d'incorporation chronique des radionucléides à période

longue (SLIR) à la construction de programmes et politiques de radio -

protection des populations : - un exemple de modèle intégré.

Aya MARUMORI et Wataru IWATA (Japon) du laboratoire

indépendant japonais CRMS : Initiatives et actions indépendantes

après Fukushima.

Michèle RIVASI (France) Députée européenne , cofondatrice de la

CRIIRAD.

Que fait l'Europe en matière de radioprotection ?

Miwa CHIWAKI (Japon) Représentante de l'association des mères

de Fukushima : Notre lutte pour la survie continue.

Chris BUSBY (Royaume-Uni) Chimiste, Physicien, Secrétaire du CERI

Epidémiologie citoyenne du cancer dans les petites localités : quelques

approches.

Dr Michel FERNEX (Suisse) Professeur émérite de la Faculté de

Médecine de Bâle, ex-consultant de l'OMS.

Le temps perdu à Fukushima.

Conclusion de la journée

   

 

 

PROGRAMME DU DIMANCHE 13 MAI

 

de 8h30 à 15h :

 

RENCONTRE-DÉBAT entre scientifiques, élus, professionnels de la santé, vigies, journalistes, citoyens :

QUE POUVONS-NOUS FAIRE ENSEMBLE ?

Salle Gandhi, Maison des Associations, 15 rue des Savoises, Genève.

 

 

---------------------------------------

 

En savoir plus sur l’évènement

 

Présentation du forum

Document à télécharger (16 Ko)

 

Communiqué de presse

Document à télécharger (41 Ko)

 

Programme et présentation en format PDF

Document à télécharger (163 Ko) VERSION FRANCAISE

Document à télécharger (210 Ko) ENGLISH VERSION

 

Site du Collectif Independent WHO

http://www.independentwho.org/

 

 

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:16
hosonohue.jpg31 mars 2012, un évènement incroyable s’est passé au Japon, et pourtant, vous n’en avez pas entendu parler dans les grands médias, ni au Japon, ni en France ! Un ministre qui se fait huer au point de ne plus pouvoir se faire entendre malgré la sonorisation, c’est pourtant rare !
 
Que s’est-il passé ?
 
De passage à Kyoto pour tenter de convaincre la population de l'innocuité de l'incinération des décombres radioactifs provenant des départements du Nord-Est du Japon le ministre de l'environnement Goshi HOSONO, le gouverneur de Kyoto, Keiji YAMADA, puis Tesuro FUKUYAMA, ancien député (Parti Démocrate) de la Chambre des Conseillers pour Kyoto, se font huer par la foule aux cris de "Kaéré !" (Fous le camp ! Tire-toi !) et "KODOMOwoMAMORé !" (Protégez les enfants !).
Il semble que le peuple japonais ait assez entendu de mensonges durant un an...
 
Regardez surtout à partir de la 11ème minute et jusqu'à la fin, la tension monte peu à peu.
 
 
À 11'30, Goshi Hosono, ministre de l'environnement, entre en scène. Il est immédiatement hué par la foule en colère. Il doit changer de micro pour être entendu par-dessus les cris.

À 16'00, Hosono attrape désespéré un objet d'artisanat fait par un élève d'une région sinistrée et essaie de dire à l'audience en colère ''Pensez-vous que c'est contaminé ?''. Les gens continuent de lui crier après, ''Kaere, Kaere (Va-t-en, va-t-en)''.

À 23', le gouverneur de Kyoto monte sur l'estrade. Les gens continuent de le huer.

À 27'40, Fukuyama, homme politique du parti démocrate de Kyoto et conseiller de l'ex premier ministre Kan, entre en scène. Les gens continuent de crier ''Va-t-en, va-t-en''. Fukuyama essaie de les amadouer en disant qu'il est de Kyoto et qu'il est revenu. Les gens continuent de lui dire de s'en aller.
 
Suite des commentaires en français sur Bistro Bar Blog :
 
Commentaires en anglais sur EX-SKF :
 
Merci à Hélios pour la traduction et à Janick pour l'info !

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 23:55
censureLes faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à atténuer l’impact d’informations dramatiques sur l’industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu’une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un an à Fukushima.
Toutes les astuces utilisées pour cacher les données, pour minimiser les dangers, pour éviter de reconnaître les responsabilités seront évidemment réutilisables pour la prochaine catastrophe qui ne manquera pas d’arriver bientôt, selon les lois statistiques, à l’un des 440 réacteurs répartis tout autour de la planète.
 
Alors voyons, quelles sont ces astuces ?
 
 
1) Effacer les données
 
Au Japon, les données de contamination obtenues via Speedi entre le 11 mars et le 15 mars ont été effacées « par mégarde ». Le système Speedi était sensé alerter la population rapidement en cas de pollution radioactive. Il n’a pas été utilisé, car les données recueillies ont été estimées « surréalistes ».
http://mainichi.jp/select/today/news/20120322k0000m040030000c.html?inb=tw
 
 
2) Etre frappé d’amnésie
 
Haruki Madarame« Je n'ai pas dormi pendant plus d'une semaine, et je ne me souviens de presque rien », a déclaré M. Haruki Madarame, directeur de la NISA (agence japonaise de sûreté nucléaire). Quand on est directeur de la sécurité nucléaire, il n’y a pas besoin d’assumer, il suffit d’être amnésique.
 
 
3) Ne pas communiquer les informations sensibles
 
Si toutefois on ne peut pas faire autrement, attendre plusieurs mois, par exemple avant d’annoncer la fonte des cœurs des réacteurs.
 
rapportcaviardéSi par hasard un organisme de sécurité vous demande la copie d’un rapport, il suffit de le caviarder pour éviter d’être reconnu responsable.
 
 
4) Une fois les cœurs fondus, ne jamais utiliser le mot « corium »  et ne jamais parler de reprise de criticité.
 
Si on en parle par mégarde, se rétracter immédiatement.
 
 
5) Surtout, ne pas diffuser les images des explosions !
 
La vidéo de l’explosion de l’unité 4 n’a jamais été rendue publique.
 
La vidéo de l’explosion de l’unité 3 ne doit plus être diffusée.
Exemples  :
- Le documentaire « Fukushima » (Thierry Lefranc) ne montre aucune explosion. Pourtant cette vidéo est censée expliquer les circonstances de la catastrophe.
 
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi » (IRSN) ne développe pas l’explosion de l’unité 3. Pourtant, ce film est censé détailler le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.
 
fukushima3Et bien sûr, si une explosion dont on a malencontreusement diffusé la vidéo a une allure bizarre, a un panache noir ou est trop puissante, surtout marteler qu’il s’agit d’une explosion d’hydrogène. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, les gens n’y connaissent rien en explosion nucléaire.
 
 
6) Nier une explosion si elle n’est pas visible
 
Tepco a modifié sa position sur l'existence d'une explosion dans le réacteur 2 et a conclu, 7 mois après les faits, qu'elle n'a pas eu lieu. Il est en effet préférable de nier ce qui ne se voit pas. 3 explosions au lieu de 4, c’est toujours ça de pris.
 
 
7) Faire des tours de magie pour démontrer l’innocuité de la radioactivité
 
401830-yasuhiro-sonoda-occupe-poste-secretairePar exemple, boire en public de l’eau de refroidissement d’un réacteur nucléaire, comme l’a fait Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire.
 
 
8) Diffuser des cartes truquées
 
Mabesoone contamination-des-sols-monitoring-aerien mUne carte de contamination du Japon a été diffusée, puis rapidement modifiée. Il ne faut pas affoler inutilement les populations. Il ne faut pas non plus accréditer l’idée que la pollution radioactive ait pu retomber à des centaines de kilomètres de la centrale.
 
 
9) Ne jamais parler de plutonium
 
Ne parler que de l’iode et des césiums, surtout ne pas parler ni rechercher de traces de plutonium, d’américium, de strontium, etc. qui ont des périodes radioactives trop longues. Et si par hasard on retrouve du plutonium, surtout dire qu’il n’est pas dangereux pour la santé et qu’il provient des essais atmosphériques des années 60. Mais en général, il faut éviter de rechercher du plutonium, ça permet de ne pas en trouver, et du coup de ne pas inquiéter la population.
 
Si on est obligé de parler de plutonium, alors il ne faut pas hésiter à mentir, à la télévision, on peut dire n’importe quoi ça passe bien et ça rassure les gens :
« Si vous comparez la toxicité, le plutonium, lorsqu'il est ingéré, n'est pas très différent de celle du sel. » (Tadashi Narabayashi)
 
 
10) Modifier les seuils légaux
 
eau-robinet-verreComme on ne peut pas tout manipuler et que les gens achètent des compteurs Geiger, un moyen radical est de changer les normes. S’il y a trop de radioactivité, il suffit que le gouvernement décrète des seuils plus hauts. Par exemple au Japon, les normes de radioactivité pour l’eau potable ont été relevées : le taux limite était précédemment de 10 Bq/litre pour le césium et l’iode ; il est à présent de 200 Bq/litre pour le césium et de 300 Bq/litre pour l’iode.
Comme la radioactivité est invisible et inodore, tout le monde n’y voit que du feu !
 
Une autre astuce est de déplacer les sondes. Au Japon, on les a remontées entre 20 et 80 m au dessus du sol et de ce fait les mesures ont été plus faibles. Peu importe si cela conduit les enfants japonais à être exposés à 20 mSv/an ‒ comme la limite des travailleurs d’une centrale nucléaire en France ‒ cela ne se verra pas. S’ils tombent malades dans l’avenir, personne ne pourra prouver l’origine des maladies.
 
 
11) Eparpiller les déchets radioactifs dans tout le pays
 
Cette technique est nouvellement expérimentée au Japon, mais ça marche ! Cela a deux avantages : d’abord ça permet d’augmenter en douceur le bruit de fond radioactif général sans créer de manifestation antinucléaire ; la banalisation de la radioactivité est l’avenir de cette énergie ! Ensuite cette dissémination des radionucléides dans l’environnement provoquera des maladies mieux réparties sur l’ensemble du territoire japonais, ce qui permettra de pourfendre l’idée que la région de Fukushima a été plus atteinte que les autres, et donc que globalement, un accident nucléaire n’est pas si catastrophique que ça.
 
 
Si des municipalités refusent de brûler des déchets radioactifs, proposer aux élus de plus grosses enveloppes. L’industrie nucléaire réussit à acheter toutes les consciences, que ce soit pour la construction d’une centrale, l’implantation d’un centre de stockage et maintenant l’acceptation d’incinérer ou d’enterrer des déchets radioactifs n’importe où.
 
 
12) Ne jamais utiliser le terme de catastrophe
 
Préférer les termes « accident » ou « incident » qui sont plus appropriés. L’industrie nucléaire n’a pas les moyens d’assumer une nouvelle catastrophe, Tchernobyl a déjà beaucoup trop coûté.
 
Et surtout, toujours faire l’amalgame avec la catastrophe naturelle provoquée par le tsunami, c’est très important de brouiller les pistes.
 
 
13) Diffuser des articles affirmant que l’accident n’a fait aucun mort.
 
Il est important que ces articles soient écrits par des « experts scientifiques ».
Exemple, l’article de Michael Hanlon publié dans le Daily Telegraph et repris par de nombreux sites francophones, « Tsunami : 20 000 morts - Fukushima Daiichi : zéro mort »
 
Il est primordial de diffuser cette idée que l’énergie nucléaire n’est pas dangereuse. Peu importe s’il y a déjà eu des morts ou s’il y en aura, le seul intérêt visé étant la sauvegarde des profits générés par l’industrie nucléaire.
 
Utiliser les hommes politiques pour diffuser ces mensonges est important, ça fait plus sérieux :
« [Le nucléaire] est une énergie qui n'a tué personne ». (Gérard Longuet)
 
 
14) Si par malheur il y a des morts, ne jamais dire que les personnes sont mortes à cause de la radioactivité.
 
Il existe des tas de noms de maladies, il faut utiliser un de ces noms, c’est assez simple : leucémie foudroyante, infarctus, surmenage, etc.
Sinon, une astuce pour éviter de parler des décès des ouvriers est de ne pas comptabiliser les employés qui font des travaux dangereux, surtout dans les premiers mois. Il suffit d’utiliser massivement des entreprises de sous-traitance, de licencier les ouvriers concernés une fois qu’ils ont terminé leur travail et le tour est joué !
 
 
15) Organiser la vie des territoires contaminés comme si rien ne s’était passé pour faire croire à la population que tout est normal.
 
marathonExemple : organiser des marathons sur les routes et chemins contaminés de la préfecture de Fukushima. Le fait d’utiliser des enfants qui n’ont pas conscience du danger est excellent en termes d’impact visuel : « Si les parents laissent leurs enfants respirer à pleins poumons la poussière de Fukushima, c’est qu’il n’y a vraiment aucun danger », pensent les gens qui ont connaissance de ces évènements.
 
 
16) Effacer des moteurs de recherche les liens directs vers des articles trop sensibles
 
Ce qui est gênant avec l’Internet, c’est que d’autres sites reprennent ces articles et que les internautes peuvent finalement y avoir accès. Il est très regrettable que la population obtienne trop d’informations sur les effets des radiations à faible dose sur la santé car des millions de personnes vivent à côté de centrales nucléaires dans le monde. Désinformer sur les faibles doses est primordial pour l’avenir de l’industrie nucléaire.
Au besoin, il ne faut pas hésiter à neutraliser les scientifiques qui tendraient à prouver ces dangers.
BandazhevskyExemple : le professeur Bandazhevsky, recteur de l'Institut de médecine de Gomel, a été condamné à 8 ans de réclusion après avoir tenté de faire connaître ses résultats sur les faibles doses pour les enfants de Tchernobyl.
 
 
17) Et surtout, il faut à la fois minimiser et positiver ! C’est excellent pour le moral, et ça permet de ne pas à avoir à expliquer l’inexplicable.
 
Quelques exemples :
Ce n’est « pas une catastrophe nucléaire » (Eric Besson, ministre de l’industrie)
 
11 avril 2011 : « Dans trois mois (…) les habitants pourront théoriquement revenir » (Thierry Charles, IRSN)
...phrase en parfaite concordance avec ce que pense Jean-Marc Jancovici : « Il n’y a plus de raison sanitaire, aujourd’hui, d’empêcher le retour des populations évacuées à Fukushima, qui, au final, n’aura fait aucun mort par irradiation. »
 
 « Le corium (...) s’est retrouvé en partie au fond des réacteurs, on verra en quoi ce n’est pas forcément un problème en termes d’impact environnemental. » (Olivier Isnard, IRSN)
 
Il faut aussi bien expliquer à la population que si on reste de bonne humeur, cela stoppe les radiations : selon le professeur Yamashita, Conseiller à la Gestion des risques de santé dus aux radiations dans la préfecture de Fukushima, « Pour dire la vérité, les radiations n'affectent pas les gens qui sourient, mais ceux qui sont soucieux. Cela a été clairement démontré par des études sur des animaux. »
 
« Nous souhaitons que tous viennent au Japon en toute quiétude pour travailler, étudier ou faire du tourisme."
 « Venir au Japon et acheter des produits japonais, y compris ceux produits dans les régions sinistrées, constitue le meilleur soutien à la reconstruction que l’on puisse fournir. » (ambassade du Japon en France)
 
 « Nous avançons assurément vers la reconstruction et la régénération de notre pays » (Ichiro Komatsu, ambassadeur du Japon en France)
 
 
18) Pour finir, une bonne couche de désinformation et le tour est joué !
 
Au cas où tout le reste ne prendrait pas, réaffirmer des mensonges fondamentaux du genre : « L’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire » (le président de la république française, Nicolas Sarkozy)
 
Puis, produire des vidéos idylliques de ce type pour convaincre définitivement les récalcitrants, en particulier les touristes, pour leur faire croire qu’au paradis de Fukushima, la poussière du sol est propre, et que les enfants peuvent y jouer en toute quiétude.
 

 

 
 
 
Donc résumons le discours des tenants de l’industrie atomique qui veulent effacer cette catastrophe nucléaire : oui, il y a bien eu un accident à Fukushima dans une centrale nucléaire. Mais bon, c’était il y a plus d’un an. En fait, il n’y a pas eu de mort, et la centrale est depuis longtemps sous contrôle. Le peu de radioactivité qui s’en est dégagé s’est finalement dilué dans l’immensité de l’océan, et de toute manière la radioactivité n’est pas dangereuse pour la santé. Au contraire, elle crée des paradis où il fait bon vivre et se régénérer.
 
Vue comme ça, elle n’est pas belle la vie ?
 
 
 
  
 
 
--------------------------------
 
Mises à jour : astuces en bonus
 
 
19) Décontaminer au maximum les endroits où sont placés les compteurs
 
Exemple 1 : un lecteur de ce blog a remarqué que les taux de radioactivité de la centrale de Fukushima Daiichi avaient chuté au mois de mars 2012. Ainsi, pour éviter que l’on se rende compte que la centrale pollue chaque jour de l’année avec effet cumulatif, il suffit de bien nettoyer les abords des 8 sondes, ce qui permet de faire croire que l’ensemble du site voit son taux de radioactivité décroître.
    

La preuve de cette entourloupe a été donnée par un journaliste courageux, Takashi Uesugi, qui est venu sur place pour faire la mesure. Près de la borne M-7, il relève 100 µSv/h alors que le capteur protégé n’indique que 9,3 µSv/h

http://gen4.fr/2012/07/un-ancien-journaliste-du-ny-times-a-releve-des-niveaux-de-radioactivite-dix-fois-superieurs-a-ceux-annonces-officiellement-dans-la-zone-interdite-de-fukushima.html

 

Exemple 2 : après avoir remarqué que ses propres mesures au compteur Geiger étaient nettement plus faibles que celles présentées par les postes de contrôle des radiations du MEXT, un citoyen de Fukushima a prouvé qu'un poste de surveillance des rayonnements est décontaminé secrètement pour réduire les niveaux de rayonnement enregistrés.
 
 
 
 
        
 
20) Combattre les « rumeurs nuisibles »
 
 
 
En avril 2011, pour éviter que les citoyens disent n’importe quoi, le gouvernement japonais a décidé d'appliquer la loi de manière rigoureuse en ce qui concerne les reportages indépendants ainsi que les critiques visant les politiques du gouvernement après la catastrophe, en décidant ce que les citoyens peuvent ou ne peuvent pas dire en public.         
 
 
 
Par exemple, l’agence de publicité Asatsu-DK a été chargée de surveiller les publications du Net. Selon un rapport rendu au METI (ministère de l’industrie au Japon) sur leur programme d'espionnage sur Internet, il avait été demandé à l’agence de fouiner sur la toile publique et sociale afin d’empêcher des « rumeurs nuisibles  ». Elle a donc examiné les messages sur Twitter, sur les forums de discussion publics et sur d'autres formes de médias en ligne tels que les blogs et les sites web, afin de fournir des lignes directrices pour la communication officielle. Mais le rapport, rendu public partiellement, ne précise pas forcément de quelle manière l’espionnage a été utilisé sur les individus concernés.       
 
 
         
 
21) Sous-estimer les rejets de césium
 
 
 
Quand on ne peut pas tricher sur les nombres, tricher sur les dates. La désinformation par omission est une technique peu coûteuse et pratique. Par exemple, faire un bilan annuel en ne prenant en compte que deux semaines : brouillage de compréhension assuré !
 
        
  
- Estimation de l’IRSN
 
Dans son étude du 9 mars 2012 intitulée « L’accident de Fukushima 1 an après : situation environnementale et sanitaire au Japon », l'IRSN évalue les rejets de Cs-137 uniquement du 12 au 25 mars 2011 en insistant sur le fait que c’est moins que les rejets de Tchernobyl : 21 PBq. Pourquoi l’IRSN se limite-t-il à deux semaines de rejet ? Pour minimiser les rejets réels. En présentant les données ainsi, l’IRSN pratique le déni. Un an après, l’IRSN « oublie » de prendre en compte que la centrale de Fukushima Daiichi n’a jamais cessé de rejeter des radionucléides dans l’environnement !       
 
        
 
- Estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais :
 
Une étude intitulée « Fukushima-derived radionuclides in the ocean and biota off Japan », publiée dans le bulletin PNAS du 3 avril 2012, rectifie les estimations précédentes :
 
Fuskushima (Cs-137) : 63 PBq       
 
        
       
22) Supprimer des comptes Youtube dérangeants
 
Le 10 mai 2012, Youtube a supprimé le compte de Tokyobrowntabby. Sous ce nom se cache une habitante de Tokyo qui diffusait des vidéos sur le thème de Fukushima, avec sous-titrages anglais ou japonais. On se souvient aussi de la disparition du compte d’Alex, ce Français expatrié qui faisait des comptes rendus vidéo quasi quotidiens de la catastrophe nucléaire…
Kna60, qui a aussi subi des restrictions sur Youtube, explique parfaitement ce phénomène de contrôle des grandes firmes sur les vidéos. Au passage, il reprend deux vidéos d’Alex de 2011 qui valent le détour si vous ne les avez jamais visionnées !
 

 
 
 
 
 

 

23) Arrêter les enquêtes épidémiologiques

 

Quand une étude scientifique peut compromettre le message officiel sur la situation sanitaire vis-à-vis de la radioactivité, il faut faire arrêter l’étude en prétextant que cela pourrait amener des interrogations de la population.

Le 14 juin 2012, on a appris que le Professeur Shinji Tokonami de l'Université d'Hirosaki avait été sommé par les autorités de Fukushima de stopper prématurément une étude lancée en avril 2011 et qui prévoyait d'étudier l'exposition à la radioactivité d'une centaine d'habitants de la région de Fukushima.
Sur les 62 cas étudiés incomplètement, de l'iode-131 avait été détecté au niveau de la glande thyroïde sur 50 personnes.
          

http://www.gen4.fr/blog/2012/06/une-enqu%C3%AAte-sur-la-radioactivit%C3%A9-stopp%C3%A9e-brutalement-par-les-autorit%C3%A9s-de-fukushima.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Gen4-LeNuclaireBilanEtPerspectives+%28gen4+-+Le+nucl%C3%A9aire%2C+bilan+et+perspectives%29

      

http://www.gen4.fr/blog/2012/06/une-enqu%C3%AAte-sur-la-radioactivit%C3%A9-stopp%C3%A9e-brutalement-par-les-autorit%C3%A9s-de-fukushima.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Gen4-LeNuclaireBilanEtPerspectives+%28gen4+-+Le+nucl%C3%A9aire%2C+bilan+et+perspectives%29

 

 

24) Arrêter de compter les décès

 

S’il y a trop de décès dans une région contaminée, le mieux est de supprimer la rubrique nécrologique. Ca risquerait d’alerter l’opinion.

Iori Mochizuki nous informe par son blog Fukushima Diary du 17 juin 2012 qu’un journal local de Fukushima a interrompu sa rubrique nécrologique depuis une semaine (10 juin 2012).

Le Fukushima Minpo est le plus grand des journaux locaux de Fukushima, il mettait à jour sa rubrique nécrologique tous les jours, il avait attiré l'attention par l'ampleur de ses avis de décès pour une population comme celle de Fukushima. Il y avait entre 40 et 60 morts listés, de tous âges. Aucune explication n'est donnée sur cette interruption.           

http://fukushima-diary.com/2012/06/fukushima-local-news-paper-stopped-updating-condolence-column-for-a-week/#.T94OSCKE-10.facebook

 

 

 

 

 

 25) Faire taire les journalistes

 

Si un journaliste fait une enquête trop poussée révélant des collusions ou des disfonctionnements, il faut lui faire un procès exemplaire qui servira de leçon à ceux qui seraient tentés de faire la même chose. Le village nucléaire ne doit pas être dérangé dans ses petites affaires.

 

Minoru-Tanaka.jpgDepuis mai 2012, le journaliste freelance Minoru Tanaka est ainsi accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’incident nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi.

http://fr.rsf.org/japon-fukushima-acharnement-judiciaire-10-07-2012,42990.html

 

 

 

26) Trafiquer les dosimètres

 

 

 

boitierOn a vu plus haut (n° 19) qu’on pouvait donner l’illusion d’une centrale accidentée qui ne polluerait quasiment plus en protégeant les capteurs. On peut faire la même chose avec les travailleurs : on peut donner l’illusion que la centrale n’est pas dangereuse pour faire travailler les ouvriers plus longtemps. Il suffit pour cela de leur demander de glisser leur dosimètre individuel dans un petit boîtier en plomb. Et hop, ni vu ni connu, la radiation est effacée des registres !

 

 

 

Surtout il faut rester discret. Si la chose est rendue publique, il faut vite trouver un bouc émissaire pour lui faire porter le chapeau d’une pratique courante mais interdite. Ainsi, c’est BUILD-UP, filiale de TOKYO Energy Systems, filiale de TEPCO qui s’est fait prendre. Tant pis pour elle !

 

http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-one-way-to-shield-radiation-108381425.html

 

 

 

 

 

    

 

27) Truquer les photos

 

 

 

Pour minimiser l’état lamentable des structures après une explosion due à l’énergie nucléaire, utiliser un logiciel de retouche de photo pour arranger la vision des bâtiments réacteurs.

 

 

 

Un bon exemple, le bâtiment du réacteur 4 qui comporte une piscine très dangereuse en suspens à 30 mètres de hauteur doit être soutenu avec des murs impeccables. S’il y a des ouvertures gênantes, il suffit de mettre du blanc et hop, le mur est réparé !

 

 

 

trou caché

 

 

 

http://gen4.fr/2012/09/tepco-camouflage.html

 

 

 

 

 

 

28) Supprimer l’accès aux documents

 

 

 

C’est bien de paraître transparent dans un premier temps, c’est l’image officielle de l’industrie nucléaire qu’il faut préserver. Mais attention, au bout d’un certain temps, il faut supprimer l’accès aux informations d’origine car des chercheurs un peu trop zélés pourraient faire des recherches trop poussées. Supprimer l’accès libre à des documents sources est donc un principe de base.

 

 

 

Il faut prendre exemple sur l’ancienne autorité de sûreté nucléaire japonaise qui avait une bibliothèque avec 40 000 documents en libre accès. Cette librairie a été fermée. L’astuce a été de profiter du changement de structure pour arrêter ce service.

 

 

 

http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html (2 octobre 2012)

 

 

 

 

    

 

29) Dénigrer les informations non officielles

 

 

 

Dans les pays où l’Internet ne peut pas être bridé, il est nécessaire d’avoir un réseau de journalistes scientifiques qui désamorcent les informations trop sensibles qui apparaissent dans des blogs ou des journaux trop informés. Pour cela, quand une info fait le buzz et que cela entache la réputation de l’industrie nucléaire, il faut créer un article pour la contrer. Cet article doit insister fortement sur le manque de professionnalisme de l'auteur ou remettre en question des sources non fondées. C’est assez facile, on met le coup de projecteur sur une erreur insignifiante qui n’a pas forcément de rapport avec le fond de l’article. De ce fait, l’attention est détournée et le journal ou l’auteur sont décrédibilisés. Le lecteur doit surtout retenir que la véritable info doit être officielle, et que le reste est de la désinformation. Comme ça, on met tous les sites alternatifs dans le même sac et le tour est joué.

 

 

 

Cette technique est régulièrement et brillamment utilisée par Sylvestre Huet dans son blog Sciences², en particulier avec l’article « Fukushima : désinformation sur la piscine 4 ». Dans son billet, le journaliste n’hésite pas à descendre un collègue du Nouvel Observateur  en s’attachant à une simple bâche plastique et à une erreur de situation de la piscine.

 

 

 

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/09/fukushima-la-d%C3%A9sinformation-continue.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 

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