26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 00:29

Article original publié le 17/02/2021 sous le titre original “New highly ra­dio­act­ive particles found in Fukushima

Source : University of Helsinki
Lien : https://www.helsinki.fi/en/news/science-news/new-highly-radioactive-particles-found-in-fukushima

Traduction : Philippe LOOZE

Publié avec l’autorisation des auteurs

Des membres de l'équipe du projet étudient les sols de la zone d'exclusion nucléaire de Fukushima Daiichi pour y détecter les particules de Césium. L’arrière-plan montre un site d'aquaculture près de la centrale détruite par le tsunami de 2011.

Des membres de l'équipe du projet étudient les sols de la zone d'exclusion nucléaire de Fukushima Daiichi pour y détecter les particules de Césium. L’arrière-plan montre un site d'aquaculture près de la centrale détruite par le tsunami de 2011.

Le 10e anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima Daiichi aura lieu en mars. Les travaux qui viennent d'être publiés dans la revue « Science of the Total Environment » documentent de nouvelles particules hautement radioactives de grande taille (> 300 micromètres (1)) qui ont été libérées par l'un des réacteurs endommagés de Fukushima.

 
Figure 1 - Une carte montrant l'emplacement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et le site d'échantillonnage par rapport à la dose de rayonnement à 1 m au-dessus du sol en novembre 2017. L'étoile rouge représente l'emplacement de l'échantillon de sol contenant les particules hautement radioactives.

Figure 1 - Une carte montrant l'emplacement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et le site d'échantillonnage par rapport à la dose de rayonnement à 1 m au-dessus du sol en novembre 2017. L'étoile rouge représente l'emplacement de l'échantillon de sol contenant les particules hautement radioactives.

Des particules contenant du césium radioactif [Césium 134 & 137] ont été libérées par les réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi lors de la catastrophe nucléaire de 2011. Les petites particules de taille micrométrique [appelées CsMPs soit des microparticules chargées en césium] ont été largement distribuées, jusqu'à atteindre Tokyo. Les CsMPs ont fait l'objet de nombreuses études ces dernières années. Cependant, il est récemment apparu que des particules plus grosses (>300 micromètres) contenant du Césium, avec des niveaux d'activité beaucoup plus élevés [~ 100 000 Bq (2)], ont également été libérées de l'unité de réacteur 1 qui a subi une explosion d'hydrogène. Ces particules se sont déposées dans une zone étroite qui s'étend sur environ 8 km au nord-nord-ouest du site du réacteur. À ce jour, on sait peu de choses sur la composition de ces plus grosses particules et sur leurs impacts potentiels sur l'environnement et la santé humaine.

Aujourd'hui, des travaux qui viennent d'être publiés dans la revue « Science of the Total Environment » étudient aux dimensions atomiques (3) ces grandes particules qui font état de niveaux d'activité élevés qui dépassent 100 000 Bq.

Les particules rapportées dans l'étude, ont été trouvées lors d'une étude des sols en surface à 3,9 km au nord-nord-ouest de l'unité de réacteur 1 (Voir Figure 1).

Parmi les 31 particules de Césium collectées au cours de la campagne d'échantillonnage, deux ont donné les plus hauts niveaux jamais atteints d'activités de Césium 134 & 137 associées à des particules pour les matières émises par la centrale nucléaire de Fukushima (plus précisément : 610 000 et 2,5 millions de  Bq, respectivement, pour les particules, après correction de la désintégration à la date de l'accident de Fukushima).

L'étude a été menée par des scientifiques du Japon, de la Finlande, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis, sous la direction du Dr Satoshi Utsunomiya et de Kazuya Morooka, étudiant de troisième cycle (département de chimie de l'université de Kyushu). L'équipe a utilisé une combinaison de techniques analytiques avancées (analyse synchrotron des rayons X nano-focalisés, spectrométrie de masse des ions secondaires et microscopie électronique à transmission à haute résolution) pour caractériser pleinement les particules. La particule ayant une activité de césium 134 & 137 de 610 000 Bq s'est avérée être un agrégat de nanoparticules de silicate en flocons plus petits, qui avaient une structure semblable à celle du verre. Cette particule provenait probablement des matériaux de construction du réacteur, qui ont été endommagés lors de l'explosion d'hydrogène de la tranche 1 ; puis, au fur et à mesure de sa formation, la particule a probablement adsorbé les atomes de césium qui avaient été volatilisés du combustible du réacteur. L'activité de césium 134 & 137 de l'autre particule a dépassé le million de  Bq. Cette particule avait un noyau de carbone vitreux et une surface qui était enrobée d'autres microparticules, qui comprenaient un alliage Pb-Sn (4), un silicate d'aluminium fibreux, un carbonate/hydroxyde de calcium et du quartz.

Figure 2 - Image de la section transversale de la particule la plus radioactive (FTB26) accompagnée de cartes élémentaires de ses principaux constituants.

Figure 2 - Image de la section transversale de la particule la plus radioactive (FTB26) accompagnée de cartes élémentaires de ses principaux constituants.

La composition des microparticules encastrées en surface reflète probablement la composition des particules en suspension dans l'air à l'intérieur du bâtiment du réacteur au moment de l'explosion d'hydrogène, offrant ainsi une fenêtre sur « l’autopsie » des événements du 11 mars 2011.

Figure 3 - Un diagramme circulaire présentant la composition moyenne principale des microparticules en suspension dans l'air, encastrées à la surface du cœur de carbone.

 

Utsunomiya a ajouté : « Les nouvelles particules provenant des régions proches du réacteur endommagé fournissent de précieux indices historiques. Elles donnent un aperçu des conditions atmosphériques dans le bâtiment du réacteur au moment de l'explosion d'hydrogène, et des phénomènes physico-chimiques qui se sont produits pendant la fusion du réacteur ».

Il a poursuivi, « alors que près de dix ans se sont écoulés depuis l'accident, l'importance des connaissances scientifiques n'a jamais été aussi cruciale. Le nettoyage et la récupération des résidus se poursuivent et une compréhension approfondie des formes de contamination et de leur distribution est importante pour l'évaluation des risques et la confiance du public ».

Le professeur Gareth Law (co-auteur, Université d'Helsinki) a ajouté : « Les efforts de nettoyage et de démantèlement du site sont confrontés à des défis difficiles, en particulier l'enlèvement et la gestion sûre des débris de l'accident qui présentent des niveaux de radioactivité très élevés. Dans ce contexte, la connaissance préalable de la composition des débris peut contribuer à éclairer les approches de gestion sûre ».

Étant donné la forte radioactivité associée aux nouvelles particules, l'équipe du projet souhaitait également comprendre leurs impacts potentiels sur la santé et les doses.

Le Dr Utsunomiya a déclaré : « En raison de leur grande taille, les effets sur la santé des nouvelles particules sont probablement limités aux risques d'irradiation externe lors d'un contact statique avec la peau (5). Ainsi, malgré le niveau d'activité très élevé, nous nous attendons à ce que les particules aient un impact négligeable sur la santé humaine car elles n'adhèrent pas facilement à la peau. Cependant, nous devons prendre en compte les effets possibles sur les autres créatures vivantes telles que les ‘organismes filtreurs ‘ (6) dans les habitats naturels [de la faune aquatique] entourant Fukushima Daiichi. Même si dix ans ont presque passé, la demi-vie du césium 137 est de ~30 ans (7). Ainsi, l'activité des particules hautement radioactives récemment découvertes n'a pas encore diminué de manière significative. Elles resteront donc dans l'environnement pendant de nombreuses décennies encore, et ce type de particules pourrait encore se trouver occasionnellement dans les points chauds de rayonnement ».

Le professeur Rod Ewing (co-auteur de l'Université de Stanford) a déclaré que « ce document fait partie d'une série de publications qui donnent une image détaillée des matières émises lors de la fusion du réacteur de Fukushima Daiichi. C'est exactement le type de travail requis pour la remise en état et la compréhension des effets à long terme sur la santé ».

Le professeur Bernd Grambow (co-auteur de l'IMT Atlantique) a ajouté que « les travaux actuels, utilisant des outils analytiques de pointe, ne donnent qu'un aperçu très limité de la très grande diversité des particules émises lors de l'accident nucléaire, beaucoup plus de travail est nécessaire pour obtenir une image réaliste de l'impact environnemental et sanitaire très hétérogène ».

 

Citations de l’article :

New Highly Radioactive Particles Derived from Fukushima Daiichi Reactor Unit 1: Properties and Environmental Impacts. Kazuya Morooka, Eitaro Kurihara, Masato Takehara, Ryu Takami, Kazuki Fueda, Kenji Horie, Mami Takehara, Shinya Yamasaki, Toshihiko Ohnuki, Bernd Grambow, Gareth T. W. Law, Joyce W. L. Ang, William R. Bower, Julia Parker, Rodney C. Ewing, and Satoshi Utsunomiya, Science of The Total Environment. https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2021.145639

 

Contact :

Professor Gareth Law, University of Helsinki
Email: gareth.law@helsinki.fi
Phone: +358 294150179

 

Associate Professor Satoshi Utsunomiya, Kyushu University
Email: utsunomiya.satoshi.998@m.kyushu-u.ac.jp
Phone: +81-92-802-4168

 

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Notes du traducteur :

1 - Le micromètre est le nouveau nom du micron (µm), c’est un millième de mm. Donc 300 µm, c’est 0,3 mm, c’est assez gros, mais cela pourrait peut-être être ingéré. C’est une très grosse microparticule ; la définition stricte de la limite entre une « grosse » particule et ’une microparticule n’est pas claire, pour certains cela va jusqu’au micron… https://fr.wikipedia.org/wiki/Microparticule#Autres_d%C3%A9finitions_concernant_leur_dimension
Les nanoparticules sont définies en dessous de 100 nm, soit 0,1 µm : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nanoparticule

2 - Le Becquerel (Bq) est une unité utilisée pour mesurer le nombre de  désintégrations par seconde. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Becquerel et  http://tinyurl.com/z4f9gcb

3 - Autrement dit, l’étude des atomes qui se trouvent sur et dans la particule, qui est assez grosse pour être vue à l’œil nu (0,3 mm) !

4 - Plomb-Étain

5 -  Pourquoi évacuer la possibilité d’une ingestion/inhalation et d’une contamination interne ? C’est vrai que 0.3 mm c’est gros pour être inhalé, mais ça pourrait. quand-même être avalé, et qui nous dit qu’il n’y en pas des plus petites, comme certaines trouvées dans des sacs d’aspirateur à Tokyo juste après la catastrophe ?

6 - Traduction de "filter feeder": animal aquatique qui se nourrit de particules ou de petits organismes, et qui filtre l'eau en en ingérant une partie : comprend la plupart des mangeurs stationnaires, comme les palourdes, les huîtres, les balanes, les coraux, les ascidies et les éponges :
Microphagie suspensivore — Wikipédia

7 - Le césium 137 a une demi-vie de 30,15 ans, le 134 de ~2 ans, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sium . Sur la radioactivité, voir http://tinyurl.com/z4f9gcb

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 23:18

Il y a 8 ans, pour le deuxième anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima, la Fondation Helen Caldicott organisait un symposium exceptionnel de deux jours à l’Académie de médecine de New York. À cette occasion, des personnalités de renommée internationale, scientifiques, médecins, biologistes, ingénieurs nucléaires, mais aussi des personnes inconnues comme ces marines qui se sont fait gravement irradiés alors qu’ils étaient en mission, ont présenté des communications et discuté des conséquences biomédicales et écologiques de la catastrophe de Fukushima. Voici les noms des intervenants : Herbert Abrams, Robert Alvarez, David Brenner, Ken Buesseler, Helen Caldicott, Maurice Enis, Ian Fairlie, Cindy Folkers, David Freeman, Arnie Gundersen, Kevin Kamps, Naoto Kan, Hiroaki Koide, David Lochbaum, Joseph Mangano, Akio Matsumura, Timothy Mousseau, Mary Olson, Jaime Plym, Hisako Sakiyama, Steven Starr, Mari Takenouchi, Wladimir Wertelecki, Steven Wing et Alexey Yablokov.

 

Malgré la grande qualité des interventions, cet événement international consacré à l’une des catastrophes nucléaires les plus graves de l’Histoire est passé presque inaperçu dans les médias, en particulier en France. Suite à ce constat, une vingtaine de personnes, toutes bénévoles, se sont mobilisées pour réaliser des traductions françaises et allemandes afin de diffuser les communications sur la toile. Mais la tâche était colossale. Il n’y avait pas moins de 26 conférences à transcrire et à traduire à partir de vidéos. Grâce à l’impressionnante mobilisation de Kna, l’objectif a été quasiment atteint au bout de 20 mois.

 

Le blog de Fukushima, qui se proposait de diffuser les textes et les vidéos des conférences au fur et à mesure de leur traduction, a publié 6 conférences d’août à novembre 2013. Beaucoup plus endurant, Kna a réalisé le sous-titrage en français de tous les enregistrements qu’il a diffusés systématiquement sur ses chaînes vidéo et sur Kna-blog, où ont été publiés également 12 articles concernant ces traductions. Il a ainsi pu mettre un point final à ce projet en décembre 2014 en mettant à disposition, en ligne, l’ensemble de la documentation créée.

 

Un nouveau livre

 

Suite à la création des éditions de Fukushima en 2017, il m’a paru intéressant de rassembler toutes les traductions en un seul ouvrage afin d’en augmenter encore leur diffusion. L’ampleur du projet était telle qu’il a connu de longues pauses et qu’il a même failli être abandonné, jusqu’à ce qu’il soit réactivé début 2021.

 

Finalement, soutenus par Helen Caldicott et avec l’accord des conférenciers, nous avons réussi à finaliser ce nouveau livre. Le bébé fait 378 pages et comporte 26 communications de qualité, accompagnées des nombreuses illustrations utilisées par les experts qui se sont exprimés durant ce colloque.

 

On pourrait croire que ces conférences de 2013 sont trop anciennes mais, de fait, l’ensemble des communications de ce symposium est toujours d’actualité. De plus, c’est un cours complet pour celles et ceux qui veulent connaître dans le détail la catastrophe de Fukushima ou qui souhaitent avoir les bases de ce qu’il faut savoir sur le nucléaire, son histoire et ses conséquences.

 

Je tiens, pour conclure, à remercier ces bénévoles transcripteurs et traducteurs en les nommant car vraiment, sans eux, cet ouvrage collectif n’aurait jamais pu voir le jour : Robert Ash, Beata, Chris Cote, François Gillard, Odile Girard, Leonore Golling (†), Marie-Élise Hanne, Taka Honda, Kna, Andreas Kohler, Mali Lightfoot, Janick Magne, Mimi Mato, Mélanie, Cécile Monnier, Hermann Ölberg, Marie-France Payrault-Gaber, Catherine Thirion. Merci à vous tous !

 

Pierre Fetet

 

Vous pouvez télécharger ce livre en cliquant sur ce lien

https://editionsdefukushima.fr

 

 

Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima

Mise à jour : 21/02/2021

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27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 20:14

Tepco vient de diffuser sur son site internet des centaines de photos aériennes qui ont été prises les 20 et 24 mars 2011, soit juste après le début de la catastrophe, environ une semaine après les dernières explosions. Il va falloir un peu de temps pour les analyser mais au premier abord, on a l’impression que Tepco commence à faire sa pub pour préparer les 10 ans en donnant l’illusion de la transparence. C’est en effet un faux espoir de croire que l’on va apprendre quelque chose de plus car les zones d’entrée des réacteurs et de la piscine commune sont pixélisées… Fidèle à sa tradition, Tepco vous dit tout mais vous ne saurez rien… Propriété industrielle oblige bien sûr mais 10 ans après la catastrophe, on se demande ce que Tepco veut encore cacher. J’ai l’air de me moquer comme ça, mais je fais bien la différence entre l’entreprise championne du monde du mensonge par omission et les ouvriers liquidateurs qui travaillent sur le site et font un boulot de dingue. Je me suis associé à la diffusion de ce message en 2013, l'ont-ils reçu ?

Comme c’est long de télécharger les photos dossier après dossier, j’ai choisi de publier toutes les photos dans trois diaporamas sur YouTube. Vous trouverez les liens tout en bas de la page.

Avant cela, je vous propose une sélection de captures d’écran, souvent des agrandissements montrant des détails du site qu’on n’avait jamais vraiment vus de près. Car, parmi ces 714 clichés pris par des drones, on a quand même pu trouver quelques vues inédites, qu’on aurait tant aimé avoir il y a 10 ans… Tepco perfusé nous gâte (nous gave ?) pour Noël, espérons qu’il continue avec un peu plus de données sur les explosions pour les Rois, un peu plus de données sur la pollution actuelle de la nappe phréatique pour Carnaval et un peu plus de vérité pour les dix tristes bougies.

Pierre Fetet

 

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Sommaire des photos

 

1. Vues générales de la centrale

2. Les bâtiments réacteurs

3. Les bâtiments turbines

4. Les bâtiments à l’ouest du réacteur 3

5. Les bâtiments à l’est des réacteurs

6. La piscine commune

7. Les bâtiments entre les réacteurs 1 et 5

8. Les cheminées d’évent

9. Les lignes à très haute tension

10. Le port et ses alentours

11. Les bâtiments administratifs et le bâtiment antisismique

12. La zone nord

13. La zone ouest

14. La zone sud

15. Divers

 

 

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1. Vues générales de la centrale

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

2. Les bâtiments réacteurs

- Le BR1

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

- Le BR2

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

- Le BR3

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

- Le BR4

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

- Le BR5

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

- Le BR5 et le BR6

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

3. Les bâtiments turbines

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

4. Les bâtiments à l’ouest du réacteur 3

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

5. Les bâtiments à l’est des réacteurs

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

6. La piscine commune

Précision : cette piscine est le centre de toutes les préoccupations, c'est l'endroit le plus sensible de la centrale, il concentre des milliers de tonnes de combustible. Il ne doit rien lui arriver. On ne doit rien savoir sur lui. Vous en saurez quand même un peu plus que cette photo ici.

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

7. Les bâtiments entre les réacteurs 1 et 5

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

8. Les cheminées d’évent

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

9. Les lignes à très haute tension

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

10. Le port et ses alentours

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

11. Les bâtiments administratifs et le bâtiment antisismique

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

12. La zone nord

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

13. La zone ouest

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

14. La zone sud

Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011
Photos aériennes de Fukushima Daiichi de mars 2011

15. Divers

Une cheminée porteuse de sirènes

Une cheminée porteuse de sirènes

Un effondrement de terrain dû au séisme

Un effondrement de terrain dû au séisme

La rampe d'accès piéton au site nucléaire

La rampe d'accès piéton au site nucléaire

Un réservoir se promène, à l'origine au port

Un réservoir se promène, à l'origine au port

Des voitures comme des dominos

Des voitures comme des dominos

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Les trois "vidéos" suivantes rassemblent les 714 photos, pour les curieux !

 

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 00:59

La catastrophe de Fukushima peut avoir des conséquences insoupçonnées. La nouvelle est devenue publique le 23 septembre 2020 à la suite de la parution d’un article dans Le canard enchaîné : une chercheuse au Laboratoire des Sciences Humaines et Sociales de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), Dr Christine Fassert, a été licenciée le 16 juin dernier pour faute grave. Selon le célèbre canard, celle-ci a été renvoyée à cause d’ « une insubordination récurrente avec défiance vis-à-vis de [sa] hiérarchie » et « un comportement inadapté ».

 

Réaction en chaîne, ce licenciement a conduit David Boilley, physicien nucléaire très impliqué dans la recherche d’informations sur la catastrophe de Fukushima, à démissionner du Comité d’Orientation des Recherches (COR) de l’IRSN où il représentait l’Acro (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest).

 

Alors que s’est-il passé pour en arriver là ? Le blog de Fukushima a toujours regardé l’IRSN avec méfiance car, depuis 2011, nous avons observé un double langage dans la communication ou les publications de cette institution réputée : d’un côté, un discours scientifique argumenté, et de l’autre des failles de crédibilité allant quelquefois jusqu’au mensonge avéré. Dans tous les cas, on perçoit bien que le mot d’ordre de la direction de l’IRSN est la minimisation à tous crins des risques liés à l’exposition à la radioactivité.

 

C’est là que le bât blesse. Quand on fait de la recherche et qu’on est honnête, on peut difficilement accepter de voir les résultats de ses travaux modifiés pour des raisons d’ordre politique. C’est justement ce dont se plaint Christine Fassert qui s’était impliquée dans le projet de recherche Shinrai visant à étudier les conséquences sociales, politiques, éthiques de l'accident de Fukushima. Mais, alors que la confiance est un thème qui la fascine, elle se demande si le nucléaire est compatible avec la démocratie. Les informations provenant de la société civile doivent-elles être prises en compte ? « L’accident de Fukushima a eu pour importante conséquence de rouvrir la controverse sur les faibles doses », écrit-elle aussi dans un article publié en mars dernier. Ce thème est très sensible à l’IRSN car l’institut communique imperturbablement depuis sa création en 2001 sur le fait que les faibles doses ne sont pas dangereuses pour la santé, ou alors que l’on ne peut rien dire pour l’instant et que la recherche va bientôt répondre à cette question. Seulement, au bout de plusieurs décennies, et alors même que de nombreuses études prouvent que les faibles doses présentent un risque pour la santé, le discours de l’IRSN reste le même : on ne peut rien affirmer !

 

La goutte qui a fait déborder le vase est le refus de l’IRSN de la publication d’un article que Christine Faussert s’apprêtait à transmettre en février à la revue « Les Annales des Mines ». Le motif invoqué par l’IRSN est que son travail semblait « mettre en défaut l’expertise institutionnelle par rapport à la contre-expertise ». La chercheuse avait déjà donné le ton dans des propos rapportés par Libération sur la catastrophe de Tchernobyl dans une sorte d’autocritique où, affirmant que les scientifiques locaux avaient « constaté une baisse générale dramatique du niveau de santé des enfants : le nombre d’enfants "pratiquement sains" a diminué de 80% en 1985 à 20% en 2000», «ces données "locales" ne furent pas reprises en compte par les rapports que nous avons appelés "institutionnels"».

 

La chercheuse a donc refusé d’accepter des modifications de son article qui pouvaient aller jusqu’à la censure de phrases. C’est tout à son honneur. La science ne fait pas bon ménage avec le dogme. L’affaire est portée aux Prudhommes, il sera intéressant d’en voir l’aboutissement.

 

Quant à David Boiley qui soutient Christine Fassert, sa démission du COR est expliquée sur le site de l’ACRO : « Cet évènement est très inquiétant car il montre que l’Institut n’est pas disposé à accepter des résultats de recherches qui remettent en cause ses préjugés. Ce n’est pas la seule personne à avoir subi la rigidité de cet institut, mais c’est la première fois que cela conduit à un licenciement, ce qui est proprement scandaleux. »

 

Pour une information plus complète sur cette affaire, nous reproduisons ici sa lettre de démission, publiée initialement sur le site de l’Acro, qui évoque le problème de la non prise en compte des auto-évacués de la catastrophe de Fukushima dans les études institutionnelles :

 

« Madame la Présidente,

Suite au licenciement d’une chercheuse de l’IRSN, je souhaite démissionner du COR. Si l’IRSN n’est pas capable d’accepter des voix singulières en interne, il ne peut pas s’ouvrir à la société.

Dans son avis sur le post-accident, le COR, avait souligné, pour le volet « populations et gouvernance » : « Le GT pense qu’il serait important de mener des recherches sur ce sujet en prenant en compte les avis de toutes les catégories de population. Les auto-évacués échappent au suivi officiel au Japon et à la plupart des études et recherches auxquelles l’IRSN participe. Le retour d’expérience ne peut pas se limiter à la seule population qui souhaite rester sur place ou rentrer, peu représentative de l’ensemble des populations affectées par un accident nucléaire grave. L’IRSN gagnerait à élargir le champ de ses études et recherches ou à se rapprocher d’autres programmes impliquant toutes les personnes affectées par la catastrophe, y compris celles qui ne souhaitent pas rester sur place ou rentrer. »

En cas d’accident nucléaire en France, l’IRSN ne pourra pas choisir parmi les populations affectées. La participation de toutes les parties prenantes sera nécessaire. La chercheuse licenciée est justement la seule personne de l’institut qui s’intéressait à toutes les catégories de population, le programme des « dialogues » n’ayant sélectionné que des personnes en accord avec le paradigme dominant à l’IRSN.

J’ai déjà eu l’occasion plusieurs fois, au sein du COR, d’interroger et d’alerter sur la liberté de publier et de communiquer des chercheurs de l’IRSN, en vain. Jamais le COR n’a accepté d’en débattre.

Depuis le début du COR, j’ai œuvré pour plus d’ouverture et la prise en compte des demandes de la société. J’ai participé à quasiment tous les GT et j’en ai présidé deux. Mais je crains que tout ce travail ait été vain et que l’IRSN ne soit pas prêt à s’ouvrir sincèrement. Dans ces conditions, je ne vois pas d’autre solution que de démissionner du COR.

Bien à vous,

David Boilley »

 

 

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En savoir plus avec cet article de David Boilley

Fukushima et la liberté d'expression

 

 

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Illustration d'entête : fuite d'eau à Fukushima Daiichi (photo Tepco)

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 22:54

Il existe différentes manières de s’informer sur la catastrophe de Fukushima. On peut lire des rapports techniques de divers organismes, on peut écouter ou lire un journaliste qui s’est rendu là-bas, on peut observer une exposition de photographies ou assister à un spectacle ou une conférence, mais on peut aussi écouter directement des gens qui habitent près de la centrale de Fukushima. Et cela grâce auProjet Mieruka Fukushimade l’ONG  FoE Japan *.

Voici cinq témoignages directs d’habitants de Fukushima. Cinq visions différentes de la nôtre, en 2020.

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Témoignage d’un agriculteur bio

Après le désastre nucléaire, M. Sugeno a redécouvert les valeurs de l'agriculture. "La centrale nucléaire nous a dépossédés de nos villes natales. Elle a éloigné les gens les uns des autres. Cela ne devrait plus jamais se reproduire." "Nous, les habitants de Fukushima, devons partager notre histoire. Pour changer nos modes de vie. Pour changer de politique. Pour tenir tête au gouvernement et résister. Et cultiver nos champs. Voilà ce que nous voulons faire.

 

Témoignage d’une évacuée

"Le quartier de Tsushima, dans la ville de Namie, préfecture de Fukushima, où se trouvait la maison de Mme Kanno, est toujours à l'heure actuelle en zone "difficile à habiter". Le 15 mars, soit trois jours après le désastre nucléaire, elle a quitté la ville avec son fils et son chien en mettant de l'essence de tracteur dans sa petite voiture. Quand ils ont finalement rejoint la voie rapide, ils se sont arrêtés dans le premier café qu'ils ont trouvé sur l'aire d'autoroute...

 

Témoignage de pêcheurs

Les pêcheurs de la préfecture de Fukushima sont en colère. En février 2020, un sous-comité du gouvernement japonais a publié un rapport proposant le rejet dans l'océan d'énormes volumes d'eau traitée mais contaminée contenant des matières radioactives telles que le tritium généré par la centrale nucléaire TEPCO de Fukushima Daiichi comme "option réaliste". Le pêcheur Haruo Ono s'exprime... "Mes trois fils sont aussi pêcheurs, ce sera un grave problème si la mer est contaminée."

 

Témoignage d’une mère

"Au moment de la catastrophe, j'avais un enfant de deux ans et j'étais enceinte de huit mois." Après avoir accouché, sans avoir eu le temps de profiter du moment, elle a été évacuée dans la région du Kansai, et a commencé à vivre dans un refuge avec ses deux enfants. Cependant, en raison de divers problèmes dans leur nouveau lieu de résidence, elle ne sentait pas bien et, des années après avoir évacué, elle a décidé de retourner à Fukushima. De retour à Fukushima, elle raconte avoir entendu des gens se reprocher de ne pas avoir pu évacuer, et être jaloux de ceux qui l'ont fait. Cependant, quand on lui a dit que cela a dû être difficile pour les personnes évacuées, elle s'est sentie quelque peu mal et voulait pouvoir dire en retour que cela avait dû être difficile pour ceux qui étaient restés. "Personne ne peut vous reprocher de n'avoir pas pu évacuer". Ces mots ont laissé une trace particulière. Ceux qui ont pu évacuer et ceux qui ne l'ont pas fait ont eu chacun leurs propres difficultés. Ceci est le témoignage d'une mère qui a vécu les deux.

 

Témoignage d’un ancien producteur laitier

"L'énergie nucléaire nous a tout pris" - ses mots sont de Hasegawa Kenichi, le représentant municipal de Maeta au moment de l'accident de la centrale nucléaire, endroit où se trouve toujours le stockage temporaire des sols contaminés. « Nous sommes simplement un obstacle sur la route des Jeux. En fin de compte, toutes les régions touchées par la radiation sont une épine dans le pied des organisateurs. Ils veulent simplement se débarrasser de nous, pour tirer un trait sur le passé. » a-t-il dit avec colère.

 

* FoE Japan

En tant que membre des Amis de la Terre International, FoE Japan est active au Japon depuis 1980. Ses activités couvrent le changement climatique et l'énergie, les forêts et la biodiversité, le financement du développement et l'environnement, le soutien de Fukushima et l'élimination du nucléaire, etc. FoE Japan vise ainsi à sortir du nucléaire et plaide pour les droits des survivants d'une catastrophe nucléaire. Son objectif ultime est de créer un monde dans lequel tout le monde puisse vivre pacifiquement et équitablement.

 

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Illustration d'entête : © "Fukushima" par M art'IN

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 00:41
Explosion nucléaire de Nagasaki

Les militaires ont réalisé 2053 essais nucléaires de 1945 à 1998, dont 527 tests nucléaires atmosphériques effectués entre 1945 et 1980. Ces seuls essais atmosphériques correspondent, en termes de puissance, à 30 000 fois la bombe d’Hiroshima. Il ne faisait pas bon vivre ou naître dans les années 60 où, suite à une augmentation faramineuse des tests atmosphériques (période 1954-1958 et 1961-1962) l’atmosphère était autant chargée en radionucléides qu’après la catastrophe de Tchernobyl. Sauf qu’à l’époque, on n’en parlait pas ; et dans le même temps, la mortalité par cancer commençait à augmenter de manière sensible. Je relaie aujourd’hui, 9 août, date anniversaire du bombardement de Nagasaki, cet article de Pierre Péguin qui rappelle de manière claire, concise et lucide ce qu’il faut savoir en matière nucléaire sur ces trois quarts de siècles écoulés.

PF

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Trois quarts de siècle plus tard…..

 

Pierre Péguin, 5 aout 2020

 

Plus que jamais nous subissons les graves conséquences des largages de bombes atomiques des 6 et 9 aout 1945 sur les villes martyres Hiroshima et Nagasaki:

 

- La manipulation des observations recueillies par les américains après les bombardements ont permis aux structures internationales du lobby nucléaire de nier le plus longtemps possible l’effet des contaminations par de faibles doses radioactives, ainsi que de leurs effets génétiques transmissibles. De ce fait les normes de protection des travailleurs et des populations sont très insuffisantes.

 

- La course aux armements nucléaires de plus en plus sophistiqués accroît le risque de guerre nucléaire dangereusement (1). Les 2400 bombes qui ont explosé à titre d’essai ont contaminé l’ADN de tout le vivant de la planète.

 

Il en résulte un nombre considérable de victimes (plusieurs dizaines de millions) qui dépasse, et de loin, celui directement liées aux bombardements de 1945 (environs 250.000) qui ont introduit l’humanité dans une ère de barbarie (2).

 

J'avais 7 ans en 45, et je me souviens être monté sur la terrasse de l'immeuble dans lequel nous habitions pour regarder vers l'est et espérer naïvement voir le champignon.... Très vite l’idéologie dominante, celle des vainqueurs, avait annoncé que grâce à la bombe atomique le Japon avait capitulé marquant ainsi la fin de la guerre. Plus tard tout aussi naïvement on a chanté, dansé, adulé l'atome (« c'est la danse atomique... ») et les maillots de bain « bikini »; on a cru à l'« atome for peace » promu par Eisenhower, et à la "grandeur de la France" chère à de Gaulle créant le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) chargé de construire la bombe.
Ah, on nous a bien manipulés !

 

Ainsi tout avait été fait pour convaincre l’opinion de la nécessite de ces opérations afin que les US ne soient jamais accusés de crime contre l’humanité. Pourtant une autre analyse de l’histoire, « le projet Manhattan » (3), montre que le Japon à genoux voulait négocier une capitulation honorable, mais que les États Unis y mettaient des conditions insupportables, conditions disparues comme par hasard, après les bombardements.

 

Dans cette analyse qui contredit l’idéologie officielle, Il fallait à tous prix que la guerre se prolonge quelques jours, le temps de pouvoir larguer ces bombes sur deux villes martyres, non seulement pour bénéficier d’une expérimentation en vraie grandeur, mais aussi pour asseoir la supériorité US sur la Russie, c’était le début de la guerre froide.

 

La suite montrera l’exploitation des données recueillies sur les victimes immédiates et celles mourant ultérieurement dans d’horribles souffrances, sous l’œil froid des experts exclusivement américains.

 

Mais maintenant on sait, on sait que l'horreur nucléaire est toujours à l’œuvre, que les dégâts humains sont à ce jour bien pires que ceux de 1945, que les 2400 explosions de bombes atomiques ont contaminé toute la planète et l’ADN du vivant, que toute la chaîne de l'industrie nucléaire et le fonctionnement des réacteurs répandent les radionucléides responsables de bien de pathologies, sans parler des catastrophes.

 

Août 45 est un symbole mais, en août 2020, nous sommes avec un nombre de victimes et des menaces autrement plus terrifiantes. Nous payons aujourd’hui les conséquences de ces bombardements et de l’exploitation qu’en a faite le complexe militaro-scientifico-industriel. C’est le cas des multiples victimes de la radioactivité, que ce soit sur les sites d’expérimentation militaires (Reggane, Polynésie), dans les territoires de guerre ayant subi les armes à tête d’uranium (4) comme en Irak, Afghanistan, Kosovo, suite aux catastrophes atomiques toujours en cours (Tchernobyl, Fukushima, etc.), au voisinage des centrales et usines nucléaires, ou des mines d’uranium.

 

On sait aussi qu’au delà de la crise climatique, au-delà même des catastrophes nucléaires, la pire menace qui pèse sur nos existences est la guerre atomique dont on n’ose pas imaginer ce qui en resterait de l’humanité. L’entretien et le développement des armements nucléaires mobilisent des budgets considérables. Ils s’appuient sur le fonctionnement des équipements nécessaires à la production de l’électricité par le nucléaire dit « civil » qui se trouve ainsi verrouillé.

 

Notre revendication de l’arrêt du nucléaire en est d’autant plus difficile à aboutir, contrairement à nos pays voisins qui ont choisi de s’en passer sans pour autant être retournés à la caverne et à la bougie.

Nous ne devons pas nous taire, et continuer à appeler à l’arrêt de l’électronucléaire, et à la condamnation de l’armement nucléaire.

 

Hiroshima le 6 août et Nagasaki le 9
Le 6 août 1945, Hiroshima a été détruite par une bombe atomique à l’uranium, et le 9, Nagasaki a subi le même sort, cette fois par une bombe au plutonium.
Ces événements qui marquent notre histoire sont l’aboutissement de ce qui a été appelé le projet Manhattan qui a mobilisé plusieurs centaines de milliers de travailleurs sur plusieurs sites aux USA.
S’il est exact que ce projet a été lancé face à la crainte que l’Allemagne nazie travaille sur l’arme atomique, il a été su assez vite que l’ennemi n’en avait pas la capacité. Mais la machine était lancée, le complexe militaro-scientifico-industriel voulait aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix.
Et le prix n’a pas été que financier, il a également été humain : il y a eu des victimes parmi le personnel, et le silence des familles a été acheté, c’était le début des mensonges concernant la dangerosité cachée de la radioactivité. De très nombreux cobayes humains ont été volontairement contaminés : résidents d’asiles, d’orphelinats, des malades hospitalisés, des condamnés, etc. L’horreur !
Le pire est que la direction militaire voulait absolument une expérimentation en site humain pour en tirer tous les enseignements et qui permettrait d’affirmer la supériorité des US sur l’URSS.



Ensuite l’armée américaine a verrouillé les observations de façon à cacher la nocivité de la contamination radioactive et à n’attribuer les dégâts qu’aux effets directs de l’explosion (onde de choc, chaleur et irradiation).

 

Les structures internationales supposées protéger les travailleurs et les populations, continuent à s’appuyer sur les données tronquées diffusées à cette époque. Ainsi tout ce qui concerne les effets de la contamination des organismes vivants, et les effets génétiques ont été officiellement niés. Cela a permis d’imposer des normes de protection très insuffisantes.
Il s’est bien agit là d’un crime contre l’humanité commis consciemment, et qui a ouvert la porte à une nouvelle ère, celle de la menace atomique liant à tout jamais dans l’histoire humaine, l’énergie nucléaire et le mépris de la vie.



Ainsi l’UNSCEAR (5), structure chargée de dire la connaissance scientifique officielle du lobby international, reprend les résultats fournis par les Américains dans le suivi sanitaire des irradiés d’Hiroshima et Nagasaki. Cela a permis à la CIPR (6) de préconiser des normes laxistes de protection.

 

L’enjeu essentiel est de pouvoir nier le plus possible l’importance de la contamination par de faibles doses de radioactivité, et on continue à le faire dans les zones contaminées par Tchernobyl ou Fukushima au mépris de la santé des populations concernées. Au point même de refuser aux enfants les cures qui permettraient d’alléger leurs souffrances ! C’est l’application des programmes « éthos-Core » (7) dans lesquels les experts français du CEPN (8) toujours à la pointe de la lutte pour sauver le nucléaire sont impliqués. Ces criminels prétendent que c’est la nucléophobie qui rend malade...

 

Mais face à ce « négationisme », en 2001, des membres du Parlement Européen ont décidé de soutenir la rédaction du rapport « Etude des effets sanitaires de l’exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection », rapport CERI publié en 2003 (9).

 

Le CERI, Comité Europeen sur le Risque de l’Irradiation
Le CERI remet en cause les normes et méthodes d'évaluation qui ont prévalu jusqu'à présent en matière de radioprotection. Sollicitée et financée par le groupe Verts européens, l'élaboration de cette étude a été coordonnée par le chimiste anglais Chris Busby et a rassemblé une palette d'experts indépendants du monde entier.
La création du CERI reposait sur le fait « qu’il existait suffisamment de preuves démontrant qu’une exposition de faible dose due à des radio-éléments artificiels provoquait des problèmes de santé, et que les modèles conventionnels de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations (CIPR) n’ont aucunement prévu ces effets. »
Outre le fait que le secret ait entouré les observations effectuées au Japon, et que de plus les structures internationales de sûreté nucléaire soient verrouillées sans contrôle démocratique, les experts du CERI ont critiqué la démarche scientifique pour les raisons suivantes :
- Les survivants ont dû être parmi les plus résistants des habitants de ces villes, les plus fragiles (jeunes, femmes enceintes, etc.) étant déjà tués beaucoup plus facilement. La « cohorte » suivie n’est donc pas représentative d’une population moyenne.
- Il s’est agi au Japon d’irradiation violente (rayonnement gamma pour l’essentiel), alors que le fonctionnement actuel des réacteurs engendre des quantités importantes de radioéléments dont la contamination à petite dose est d’autant plus dangereuse qu’ils peuvent se comporter chimiquement comme des éléments nécessaires à la vie et prendre leur place dans nos organismes ( Césium 139, strontium 90, iode 131, par exemple). Il n’est donc pas possible de donner du crédit à l’extrapolation vers les faibles doses de la relation linéaire liant le nombre de victimes à la dose reçue.
- L’existence d’un seuil en-dessous duquel l’irradiation serait inoffensive n’est pas crédible non plus, on trouve encore des textes annonçant qu’au dessous de 100 mSv il n’y a pas d’effets prouvés !
- La comparaison avec la radioactivité naturelle n’a pas de sens, la radioactivité artificielle est composée d’éléments qui n’existent pas à l’état naturel, éléments qui entrent dans le cycle de la vie et dont le rayonnement perturbe les cellules et l’ADN.
- Les calculs officiels ne prennent pas en compte les graves conséquences de la contamination interne. Ils ne tiennent pas compte des autres pathologies provoquées par la radioactivité, ni des effets génétiques transmissibles, ni encore des fausse-couches ou des bébés mort-nés. Ils ont pu ainsi faire l’impasse sur les effets à long terme des contaminations par de faibles doses, et sur les conséquences de transmission génétique d’altérations.
- Les fortes doses tuent, les faibles doses agissent à plus long terme, elles abîment les cellules, créent des radicaux libres et provoquent des mutations.
- De plus, le modèle CIPR fait comme si l’irradiation est répartie uniformément sur le corps, pas de distinction entre irradiation répartie et concentration localisée sur certains organes (comme par exemple l’iode radioactif dans la thyroide).

 

Ainsi après 3/4 de siècle nous subissons plus que jamais les graves conséquences des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki :


- Des normes de sécurité insuffisantes, et leur manipulation en fonction des besoins, pour les travailleurs, pour les populations qui vivent en zone contaminée, aux dépends de leur santé. Ce terrible et inhumain mensonge permet de rejeter les demandes de maladies professionnelles ou de reconnaissance de pathologies subies suite aux catastrophes ou tout simplement suite aux essais nucléaires comme ceux de Reggane ou de Polynésie.

 

- Enfin l’initiative de l’armée US ne pouvait dans le cadre de la guerre froide que provoquer le développement d’armements de plus en plus sophistiqués et terrifiants tel que la bombe H (10). L’exemple a été suivi par d’autres pays Israël, Inde, Pakistan, Corée Nord.
Nous sommes en permanence menacés d’une guerre nucléaire, le plus grave fléau en puissance. Notons que les plus grands émetteurs de CO2 sont les plus grandes puissances militaires.

 

Il nous faut donc non seulement œuvrer à l’arrêt du nucléaire civil, mais aussi du militaire avec neutralisation des stocks de bombe.

 

Ainsi ACDN, Action des Citoyens pour le désarmement nucléaire, agit, notamment par une demande de référendum, en faveur d’un désarmement nucléaire, biologique et chimique. Pour cela il existe une Proposition de Loi visant à organiser un referendum pour abolir les armes nucléaires et radioactives (Le Monde, 14 février 2020). Pour être déposée, elle doit recueillir les signatures de 185 parlementaires et en a reçu 43 pour le moment.

 

D’après ICAN France, relais national de la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires, campagne qui vise à mobiliser les citoyens pour faire pression sur leurs gouvernements. Le traité des Nations unies sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) voté à l’Onu en 2017 par 122 États n'a besoin que de 10 ratifications supplémentaires pour atteindre les 50 nécessaires pour entrer en vigueur, et rendre les armes nucléaires illégales au regard du droit international. La France s’est bien gardée bien sûr de rejoindre cette démarche (11), elle prévoit de moderniser l’arsenal nucléaire, et a repris en juin dernier des essais du missile nucléaire M 51…..

 

Jeûne de Taverny, Jeûne de commémoration et d’interpellation de Taverny du 6 au 9 août, jeûne de commémoration des bombardements atomiques des villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki, jeûne institué par Solange FERNEX, et soutenu par Théodore MONOD.

 

Le Collectif Arrêt du Nucléaire (ADN) qui regroupe des associations qui œuvrent à l’arrêt des nucléaires civil et militaire (12), organise ses journées d’été, décalées du fait du Covid, les 2,3,4 octobre à St Denis, au siège de la compagnie « Joli Môme », avec un riche programme.

 

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(1) https://www.rts.ch/info/monde/11374471--le-risque-nucleaire-est-plus-eleve-que-pendant-la-guerre-froide-.html

 

(2) Aujourd’hui est venu le temps de dire que les bombardements d’Hiroshima, de Nagasaki et les soixante-cinq millions de victimes de l’industrie nucléaire doivent faire l’objet d’un travail de mémoire, http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/dossier/061664/la-verite-inavouable. Html et http://www.dissident-media.org/infonucleaire/raisons.html  

 

(3) "Le Monde comme projet Manhattan", Jean-Marc Royer, Le passager clandestin, 2017. Excellent livre. L’auteur développe les racines du négationnisme nucléaire avec toutes ses horreurs telles que l’évocation des 9.000 cobayes humains, ou la gestion criminelle post Hiroshima et Nagasaki. Présentation.

 

(4) À propos des armes à uranium appauvri :
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/02/02/A-propos-de-l-uranium-dit-appauvri,
Et aussi https://apag2.wordpress.com/2018/02/02/a-propos-de-luranium-dit-appauvri/

 

(5) UNSCEAR : Comité scientifiques des nations unies sur les effets des radiations atomiques. C'est l'instance de l'ONU qui «  dit la science », qui en a le monopole sans contestation possible. créé en 1955, ses membres sont nommés par les états, ils sont choisis évidemment pour porter la parole officielle et neutraliser toute remise en cause (par exemple nier l’effet des contaminations par de faibles doses).

 

(6) CIPR : Commission indépendante de protection radiologique dont les membres sont cooptés sans contrôle démocratique, reconnue par l'ONU, organisation privée composée de membres cooptés au service du développement des usages de l'énergie nucléaire. Elle dicte les normes de la radioprotection et émet des recommandations concernant les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par l’UNSCAER.

 

(7) Vivre dans « le jardin nucléaire » avec Ethos, un crime contre l’humanité, Pierre Péguin 2016 https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos-un-crime-contre-lhumanite/, ou http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/07/Vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-Ethos-un-crime-contre-l-humanite,

 

(8) Le CEPN, Centre d’Étude sur l'évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français il rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN (13) ! Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard fut directeur du CEPN et vice-président de la CIPR.… Et c'est le CEPN qui a obtenu de l'Europe un financement pour développer les programmes Ethos et Core en Biélorussie sous la direction de Gille Dubreuil destinés à convaincre les populations de vivre en zones contaminées par Tchernobyl, avec tous les risques que cela comporte, programmes appliqués maintenant à Fukushima. C'est criminel.

 

(9) CERI Recommandations 2003 du Comité Européen sur le risque de l’Irradiation, traduit par Françoise Dupont et Paul Lannoye, disponible en librairie, éd Frison-Roche, 2004.

 

(10) Bombe H ou bombe à fusion, étudiée à Mégajoule. La fusion est tentée d’être appliquée à la production d’énergie dans le projet international pharaonique Iter, fiasco en puissance en construction à Cadarache.

 

(11) Dissuasion nucléaire : la France bille en têtes, Source : Libération   (8/2/2018)
http://www.liberation.fr/france/2018/02/07/dissuasion-nucleaire-la-france-bille-en-tetes_1628220

 

(12) L’Arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l'échelle européenne par Élisabeth Brenière et François Vallet. Arrêt du Nucléaire (ADN) http://collectif-adn.fr/2019/Arret_immediat_Europe.pdf,

 

(13) IRSN: L'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire est l’expert public en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. Ne comptons pas sur ce comité pour réellement nous protéger même si des associations y participent, voire s'y compromettent (l’ACRO, France Nature Environnement, Ligue nationale contre le cancer).

 

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màj 12/08/2020 12h40

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 23:45

La radio publique France Inter programme régulièrement des émissions sur Fukushima. Cet été 2020, l’émission « Je reviens du monde d’avant » de Giv Anquetil  consacre deux numéros sur la catastrophe nucléaire en compagnie de la sociologue Cécile Asanuma-Brice (CNRS Tokyo) : « Japon - Fukushima, 9 ans après, retour à l’anormal (vivre avec la radioactivité) » le 26 juillet et « Japon - Fukushima, avec les femmes et les mères en lutte » le 16 août. À écouter en podcast sur le site de France Inter.

 

Atomu zushi, Restaurant Sushi Atomu, dans la ville de Tomiyoka, fait face au musée de la catastrophe de Tepco © Cécile Asanuma-Brice, 2020

 

Japon - Fukushima, 9 ans après, retour à l’anormal (vivre avec la radioactivité)

« Autour de la centrale de Fukushima Daiichi, les routes traversant l’ancienne zone d’évacuation sont rouvertes les unes après les autres, et des villages autrefois condamnés sont déclarés vivables par les autorités - soucieuses d’un retour à la normale. Les travaux dureront plus de 40 ans mais la société Tepco garantit que tout est fait pour que la zone soit "revitalisée". Sauf que les villages comme Iitate, où nous allons avec la sociologue Cécile Asanuma-Brice (CNRS Tokyo), restent désespérément vides. 

Seuls 20% des habitants reviennent, tel Ito-san, vaillant retraité qui se dit trop vieux pour craindre les radiations et qui arpente la campagne environnante pour documenter les niveaux de radioactivité. 

Car si la terre des champs et autour des maisons est méthodiquement grattée (des 5 premiers centimètres contaminés) pour être stockée un peu partout dans le paysage dans des piles de sacs noirs, la nature de ces montagnes verdoyantes est toujours hautement radioactive. »

Écouter l'émission : lien ci-dessous

Giv Anquetil et Cécile Asanuma-Brice mènent l'enquête (photo Mari Suzuki)

Giv Anquetil et Cécile Asanuma-Brice mènent l'enquête (photo Mari Suzuki)

Japon - Fukushima, avec les femmes et les mères en lutte

« Alors que la fin des aides gouvernementales aux personnes déplacées manifeste la volonté des autorités de tourner officiellement la page de la catastrophe nucléaire de Fukushima, d’irréductibles citoyennes continuent de se battre pour faire toute la vérité. Malgré les messages toujours rassurants de la compagnie Tepco (responsable de la centrale), une multitude d’associations de femmes ont réussi à faire admettre leur expertise citoyenne dans l’après-Fukushima. Yuri Chiba, de l’association des MamaBecq (comme Becquerel), mesure la radioactivité dans les cours d’écoles. Mari Suzuki propose, avec le collectif Happy Island, de réaliser gratuitement des échographies de la tyroïde pour dépister les cancers. Et Mmes Muto et Sakiyama poursuivent Tepco et les pouvoirs publics devant les tribunaux. Pour les mettre face à leurs responsabilités. »

Écouter l'émission : lien ci-dessous

Les mama Beq, guidées par Yumi Chiba, effectuent des mesures dans les cours d'écoles et les parcs (photo Cécile Asanuma-Brice)

Les mama Beq, guidées par Yumi Chiba, effectuent des mesures dans les cours d'écoles et les parcs (photo Cécile Asanuma-Brice)

Fukushima : catastrophe naturelle, désastre nucléaire

Une autre émission, « Affaire sensible », a aussi traité de la catastrophe. Elle a été diffusée deux fois, en 2015 et en 2018. En 2015, l’invité de Fabrice Drouelle était Noël Mamère maire de Bègles et alors député Europe Ecologie Les Verts (EELV) de la Gironde. En 2018, c’était le médecin explorateur Jean-Louis Étienne.

Écouter l'émission : lien ci-dessous

C’est à l’occasion de cette émission en 2018 que j’ai découvert que l’ « écologiste » Jean-Louis Étienne était pronucléaire. « On ne va pas pouvoir s’en passer » affirme-t-il. Il prône le déploiement de la génération 4, c’est-à-dire de nouveaux réacteurs « digesteurs » qui, selon lui, auraient le pouvoir de « redigérer » les déchets nucléaires (le mythe du recyclage). Il reprend tous les arguments des lobbyistes de l’atome : énergie décarbonée (alors que ce n'est pas tout à fait ça), déchets à enterrer à Bure (contre l'avis de la population), menace du retour au charbon comme en Allemagne (alors que c'est faux). Il croit au projet ITER qu’il considère comme peu cher. Il parle d’un coût de 15 milliards alors qu’en 2018 on savait déjà qu’ITER coûterait 5 milliards de plus. C’est vrai que de nos jours, on n’est plus à 5 milliards près...

 

D’autres émissions…

Une page avec 30 liens vers des émissions sur divers sujets sur Fukushima depuis 2011 est disponible sur le site de France Inter (lien ci-dessous).

Musée de Tepco sur la catastrophe de Fukushima à Tomiyoka (photo Cécile Asanuma-Brice)

Musée de Tepco sur la catastrophe de Fukushima à Tomiyoka (photo Cécile Asanuma-Brice)

PF

 

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 12:34

                                                                              En mars 2011, des milliers de Japonais se sont retrouvés confinés dans un rayon entre 20 et 30 km autour de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi. Aujourd’hui, en tant que confinés, on peut se rendre compte de ce qu’ont vécu ces gens pris au piège de l’évènement que personne n’avait prévu. Et, puisqu’aujourd’hui on a le temps et l’expérience, profitons-en pour réfléchir à ce que signifie être confiné en cas de catastrophe nucléaire.

 

Virus et radioactivité : prenons le temps de comparer !

 

par Philippe Looze

 

Il y a des parallèles intéressants entre ces deux maux invisibles et insidieux, les virus et les radionucléides qui se répandent dans l’environnement. Des analogies, des différences et des interactions.

Demi-vie (1)

La "demi-vie" du virus du Covid 19 est de quelques jours au plus, comparé à ce qu’on trouve à Tchernobyl et Fukushima, le Césium 137 a une demi-vie de l’ordre de 30 ans, le Plutonium de l’ordre de 24 000 ans, et il faut encore beaucoup plus longtemps pour en être totalement débarrassé. Certains déchets radioactifs durent des centaines de milliers d’années.
En cas de pollution radioactive, se laver les mains sera utile mais ne suffira pas, surtout si l’air est pollué par l’iode radioactif, entre autres poisons ! Et la contamination se fera aussi par ingestion.

La détection de la radioactivité, du moins quand la contamination est forte, est facile à détecter avec des instruments bien au point et souvent portatifs, alors qu’à chaque nouvelle mutation d’un virus, il nous faut refaire les tests et les vaccins, ce dont nous rendons compte en ce moment. C’est bien le seul point ou la gestion de l’épidémie marque un petit point sur l’atome…

Prévention

Il n'y a pas de vaccin contre la radioactivité, ni les hommes, ni les autres êtres vivants ne développent d’immunité pour se protéger ni de ces rayons, ni de ces particules radioactives ! Les pilules d'iodes ingérées plusieurs heures avant le passage du nuage radioactif peuvent limiter les dégâts dus à l'iode dans les premiers jours, mais il faudrait que tout le monde les ait reçues avant la catastrophe, et il y a bien d'autres dangers que l'iode 131 !
 

Confinés ou évacués ?

En cas de catastrophe nucléaire, certains seront évacués d’urgence, d'autres seront confinés « temporairement » dans de mauvaises conditions, puisque toute l’alimentation dans une zone étendue sera contaminée et que les transports seront limités. Il faut savoir que le traité Euratom a prévu de relever « temporairement » les normes des doses « acceptables » dans la nourriture et l’eau à des niveaux qu’on peut qualifier de criminel, souvent plus élevé que ceux des deux autres catastrophes les plus connues (voir encart ci-dessous). Perdre son logement et absorber du poison sans pouvoir se protéger réellement pour une durée inconnue, ce n’est pas comparable à ce que nous vivons actuellement dans une pandémie.

 

L’après

A Fukushima les évacués ne peuvent (et beaucoup ne veulent) toujours pas rentrer chez eux après 9 ans. Le but du gouvernement japonais, en organisant les Jeux Olympiques, était d’effacer la tache sur l’honneur du Japon créée par l’accident de Fukushima, de forcer les évacués à rentrer chez eux dans des zones encore dangereuses, là où les normes admises (20 mSv/an) correspondent à celles des travailleurs des centrales nucléaires, à proposer de la nourriture soi-disant propre provenant de la région de Fukushima pour faire croire que tout cela c’est terminé, et relancer le commerce. Les faibles doses de radioactivité n’entrainent pas un risque nul, mais un risque plus faible (2). C’est un peu comme la cigarette, si vous fumez une cigarette tous les deux jours, le risque est plus faible que si vous fumiez un paquet par jour. Mais il est quand-même plus élevé que si vous ne fumez pas du tout.Autour de Tchernobyl les problèmes de santé continuent aussi plus de trente ans après.
L’échelle de temps entre les deux catastrophes n’est pas comparable, même si nous devons nous attendre à des vagues en retour du virus dans les années à venir.


 

Quand la catastrophe est là, c’est déjà trop tard. Il faut se mobiliser avant ; il faut se mobiliser pour faire évoluer les normes de sûreté nucléaire, les normes de radioprotection. Mais pour l’instant, il faut souligner qu’a contrario, la France a retenu des normes moins protectrices : c’est une référence de 20 millisieverts qui a été retenue et non pas 1 millisievert pour la gestion post accidentelle. C’est-à-dire que, sur un territoire donné, on laissera vivre des gens avec des doses vingt fois plus fortes que ce qu’on acceptait jusqu’ici. Et récemment l’Europe a validé des normes sur la contamination des aliments en cas d’accident nucléaire qui sont extrêmement élevées du point de vue de la CRIIRAD.

La catastrophe de Fukushima au Japon : le suivi et l’expérience de la CRIIRAD, Interview de Bruno Chareyron, 27/04 /2019

 

Décontaminer

La radioactivité ne se décontamine pas comme les virus qui se désactivent après quelques jours et qui ne résistent pas à un nettoyage sérieux, à la portée de tous. Au Japon la « décontamination » de la région a consisté, entre autres, à mettre en sac des milliers de tonnes de terre qui contiennent entre autres du césium 137, qui va encore irradier pendant jusqu’à presque 300 ans (dix fois la demi-vie). Les autorités japonaises n’ont rien trouvé de mieux que de disperser ces terres pour en faire des remblais dans tout le pays. Faible dose signifie faible probabilité de choper un problème de santé. Faible mais pas nulle, donc à l’échelle d’un pays, c’est un sérieux problème, des malades par milliers certainement. Et ce n’est qu’un exemple de l’extrême difficulté de décontaminer la radioactivité. Lors du démantèlement des centrales, les industriels voudraient bien recycler les métaux irradiés dans la filière métallurgique existante, en disant que si c’est dilué, le danger est négligeable… Mais en réalité, il n’est pas nul !

Retour à la normale ?

Dans la période anormale que nous vivons actuellement, nous avons le ferme espoir que cela ne durera pas, que les infrastructures, les usines, les terres agricoles, l’air et l’eau, la nature (3) seront parfaitement utilisables dès que le coronavirus ne bloquera plus les activités sociales et économiques, que la médecine aura de meilleures armes pour le neutraliser et prévenir les futures vagues en retour. Le but actuel est de mettre l’économie sous cloche, en sachant que tout peut redémarrer !
Je n’ose pas imaginer l’état psychique d’une population soumise au danger d’un accident nucléaire grave, qui n’offre aucun futur prévisible, sauf la faillite généralisée de l’économie et de l’État.
Pour en avoir une idée, il nous faut relire « La Supplication », de Svetlana Aleksievitch (4), qui montre la réalité vécue par la population lors de la « gestion » de la catastrophe de Tchernobyl ; un vrai reportage de guerre. Malgré tout, nous devons beaucoup à l’intervention énergique de l’URSS et à ses centaines de milliers de volontaires désignés comme « liquidateurs », et envoyés au casse-pipe. Je doute qu’un État Européen actuel puisse gérer ce genre de situation, pire que la situation actuelle…

Le temps long

Dans le cas d’une catastrophe nucléaire, nous serons confinés ou évacués sans aucune certitude de retour à la normale dans un temps prévisible, qui pourrait se compter en dizaines d’années, voire en siècles. Les deux catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima se sont passées dans des zones moyennement peuplées. Être évacué, c’est abandonner son logement et presque tout ce qui s’y trouve; une partie sera définitivement irrécupérable.
Imaginons une catastrophe à Tihange, près de Liège et Namur, à Cattenom à 25 km de Luxembourg, à Nogent sur Seine, à 90 km en amont de Paris. Comment évacuer ces villes, et pour aller où ?
La ville de Fukushima, à 62 km de la centrale, n'a échappé à la contamination que grâce à la bonne direction des vents, en tous cas au début. Le premier ministre Japonais a un moment craint de devoir évacuer Tokyo. Les vents ont soufflé plutôt vers la mer. Ce qui n'empêche que des particules chaudes ont aussi atterri à Tokyo. Peu, mais trop !

Nous voyons aussi que le nucléaire est sensible au changement climatique (besoin en eau froide pour refroidir les centrales), aux tsunamis, aux séismes mais aussi … aux épidémies.
Il n’y a pas une grande réserve de personnel qualifié pour piloter une centrale, il ne faut pas que le virus se répande dans l’équipe, et le télétravail n’est pas une solution… Dans certaines centrales en France, ils ont vérifié l’état de santé de l’équipe, et les ont confiné, voire enfermés, dans la centrale avec des lits de camps et de la nourriture pour des mois : ils ont peur de devoir arrêter la centrale si trop d’entre eux tombent malades… Si trop d’ingénieurs nucléaires sont écartés, nous craignons que les gestionnaires de centrale y placent des personnes incompétentes...

Pour le moment nous avons un bon réseau de télécommunications, mais en plus du virus la panne électrique ou la panne des réseaux de communication (internet, télé, radio, téléphone, journaux), et même la distribution d'eau, ce sera vraiment ingérable et invivable pour les communautés isolées ! Un peu partout, y compris aux USA, la pandémie menace la gestion des centrales et pourrait les mettre à l'arrêt, ou empêcher leur maintenance périodique et le rechargement de combustible, ce qui revient aussi à, soit les arrêter, soit les rendre plus dangereuses.
Bonne illustration du fait que, dans ce cas précis, le "tout nucléaire" pourrait nous renvoyer à la bougie, contrairement aux énergies renouvelables !

 

Faut-il redouter une épidémie chez les agents EDF ? Le plan pandémie, fondé sur des scénarios très pénalisants, permet de tourner dans les centrales avec 25 % des effectifs absents pendant douze semaines, ou avec 40 % d’absents pendant trois semaines. Sur l’antenne d’Europe 1, Jean-Bernard Lévy s’est voulu rassurant : « Nous assurons aussi en prévision, si nous avions un grand nombre de salariés malades, une rotation de façon à avoir toujours des équipes en réserve, donc je crois qu’on peut rassurer les salariés, rassurer les Français, nous avons tout ce qu’il faut pour continuer à fournir de l’électricité, à tout moment, à tous les Français, pendant cette période exceptionnelle.

Laurie Moniez, Le Monde, « La centrale nucléaire de Gravelines fonctionne avec seulement un quart de ses effectifs », 31/03/2020

Atteinte à nos libertés

Selon le philosophe Michel Foucault, jamais comme en période d’épidémie, le pouvoir politique n’est aussi puissant à faire disparaître la vie démocratique et les contre-pouvoirs. Quelles conséquences la crise du coronavirus ou la crise nucléaire pourraient-elles avoir sur notre vie privée et nos libertés ? (5)
Nous voyons déjà des détournements opportunistes : limitation des droits des migrants, des femmes (tentatives de fermeture des plannings familiaux), des normes de protection de l’environnement aux USA, fermeture excessive des frontières…
Voulons-nous :
La fermeture des parlements et des autres lieux de contre-pouvoirs ? (6)

  • L’Union nationale ou  la dérive autoritaire ?
  • Des mesures d’urgence, ou des lois d’exception, établies en dérogation du droit commun ? (7)
  • Le repli identitaire, ou une production et une consommation locale, et l’arrêt à long terme des excès de la mondialisation ?

Le mécanisme sera le même en cas de crise nucléaire, à part que :

  • Cela peut durer beaucoup plus longtemps.
  • Le nucléaire civil a été créé pour justifier le nucléaire militaire et l’alimenter en matériaux fissiles pour faire des bombes, la frontière entre les deux a toujours été occultée par le secret-défense. En cas de catastrophe, surtout dans les pays possédant l’arme nucléaire, la réputation du secteur nucléaire a justifié et justifiera tous les abus de droit et tous les dénis, comme en 1986 (8), au mépris de la santé de la population (9).

Et le pire qui puisse arriver, mais il nous faut envisager cette possibilité, ce serait un accident nucléaire sérieux en période d’épidémie. Les ressources médicales et les services de secours seraient soumis à un stress encore plus sévère et peut-être fatal, car nous devrions
combattre sur deux fronts !

 

Philippe Looze

________________

 

(1) La demi-vie, appelée aussi période, est le temps au bout duquel une grandeur (par exemple une mesure de radioactivité) atteint la moitié de sa valeur initiale.

 

(2) Selon l’IPPNW et l’OMS, il suffit d’utiliser un simple coefficient de dose (Sieverts)/personne et par an pour trouver le nombre de maladies radio-induites dans une grande population, suite à une augmentation de la dose de radioactivité. Le risque par personne est faible, mais un passage à 20 mSv/an générera des centaines de cancers et d’autres maladies radio-induites dans une population de cent mille personnes !

 

(3) Dossier sur la faune et la flore, toujours  pas guérie de Fukushima et de Tchernobyl :
http://tinyurl.com/Faune-Flore-Fuku-Tcherno

 

(4) La supplication : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Supplication ; le film : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Supplication_(film) ; le livre : https://www.payot.ch/Detail/la_supplication-alexievitch_svetlana-9782709646826?fp=1

(5) J’ai apprécié les commentaires du magistrat Denis Salas sur Arte lors d’une émission de « 28 minutes » : https://www.youtube.com/watch?v=VhkrxC0Urdg

 

(6) Le parlement Français n’a pas été fermé en 1914.
 

(7) Et pour combien de temps ?   https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d%27exception

 

(8) Oui la France et les pays voisins ont bien été irradiés, contrairement aux déclarations étatiques de l’époque. Cf. cet article.

 

(9) C’est ainsi que l’OMS a été muselée depuis le début en 1952 : toute étude ou recommandation sur le nucléaire doit être approuvée par l’AIEA, qui promeut le nucléaire !

________________

 

En savoir plus :

 

- Le monde « joyeux » qu’on nous promet officiellement (et qu’on ne veut pas !) après un accident nucléaire dans cette vidéo de l'ASN :

- Coronavirus Covid-19 et radioactivité : des ennemis invisibles

par Françoise Boissonnat, France 3, 02 avril 2020.

« "Retour à la normale" est un documentaire fiction sur les conséquences d’une catastrophe nucléaire en France. Et si ce film trouvait une résonnance dans la crise d’aujourd’hui ? Paroles de l'auteure, Christina Firmino, alors que le film est disponible en streaming sur France 3. « Avec le Covid 19, on se trouve, comme avec la radioactivité, devant un danger invisible. On a un rapport étrange avec l’intérieur, avec l’extérieur. Il faut se méfier de tout. C’est très angoissant. »

 

- Dans les centrales nucléaires, le coronavirus inquiète les sous-traitants

par Émilie Massemin, Reporterre, 19 mars 2020.

« Comment la filière nucléaire fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ? Les niveaux de production et de sûreté devraient être maintenus malgré des effectifs réduits. Mais des sous-traitants, indignés par le manque de mesures de protection, ont commencé à exercer leur droit de retrait. »

 

- Le point dans les centrales françaises le 7 avril 2020

Depuis le 2 mars, une cellule de crise spécifique a été déclenchée afin de prendre rapidement les mesures nécessaires en lien avec le Plan pandémie d’EDF. Des Plans d’activité de continuité ont été définis afin d’assurer le maintien de l’approvisionnement en électricité. Les activités essentielles définies dans ce cadre et nécessitant la présence physique des salariés sur les sites de l’entreprise, les sites des clients et des fournisseurs sont assurées dans la durée.

Le plan pandémie permet de tourner dans les centrales avec 25 % des effectifs absents pendant douze semaines, ou avec 40 % d’absents pendant trois semaines. Le 10 mars, selon un porte-parole d’EDF, trois employés de centrales nucléaires en France ont été testés positifs au coronavirus.

  • À Gravelines, seuls 800 des 3000 agents (27%) se déplacent sur le site pour assurer la conduite des réacteurs. les agents d’EDF "se disent prêts pour le plan d'urgence interne.
  • À Flamanville, une centaine de personnes sur 800 sont présentes (12%).
  • À Fessenheim, l'effectif est réparti 50 % sur site et 50 % en télétravail. Tous les 15 jours, les deux équipes permutent. « Et une autre équipe se tient en réserve, à distance. » (Au niveau des pourcentages de personnel ça ne colle pas, NDLR)
  • À Cattenom, limitation du nombre de personnes présentes sur site au strict nécessaire.
  • À Cruas : Tous les salariés ne relevant pas des activités essentielles travaillent désormais à domicile.
  • À Belleville : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • Au Blayais : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Bugey : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Chinon : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Chooz : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Dampierre : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Golfech : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Nogent : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Paluel : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Penly : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Saint-Alban : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Saint-Laurent : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.
  • À Tricastin : aucune info disponible au sujet du personnel sur le site internet de la centrale.

 

- Le point sur les centrales nucléaires belges :

Avec un « plan d'action coronavirus », Engie Electrabel assure qu’il y a suffisamment de personnel qualifié disponible pour assurer les activités critiques des centrales nucléaires en toutes circonstances. Le groupe dit prendre également les mesures nécessaires pour prévenir et limiter la propagation du coronavirus parmi le personnel des centrales nucléaires belges : encouragement du télétravail pour les salariés dont les activités le permettent ; report de toutes les activités de formation, réunions et activités de maintenance non urgentes ; …

 

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Illustration d’entête, encarts et « En savoir plus » : Pierre Fetet

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 11:48

 

La reconstruction de la zone d'évacuation autour de la centrale endommagée de Fukushima récemment rouverte à l'habitat pourrait-elle être fragilisée par le covid-19 ?

 

©Cécile Brice Maquette projetée en 3D de l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. Musée de la catastrophe nucléaire - TEPCO, ville de Tomioka

 

 

Cet article de Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie/géographie urbaine, a été publié le 10/03/2020 sur le site Japosphère.

 

-oOo-

La reconstruction de la zone d'évacuation autour de la centrale endommagée de Fukushima récemment rouverte à l'habitat pourrait-elle être fragilisée par le covid-19 ?

 

Posé sur la boîte à gants de la voiture, le compteur Geiger s’affole. Ses vibrations se font de plus en plus bruyantes pour afficher des niveaux entre 2 et 3 microsievert/h. Nous sommes sur la route 6 qui traverse le département de Fukushima du nord au sud. Cette départementale a été rouverte le 31 janvier 2020 à une circulation limitée aux 4 roues, en raison des trop forts taux de radioactivité. Elle a la spécificité de passer à quelques kilomètres seulement de la centrale de Fukushima. Sur la chaussée à droite, comme sur celle de gauche, les entrées de vastes demeures embroussaillées par des années d’abandon sont closes par des grillages qui spécifient l’interdiction de s’arrêter. Sur le bord de route, des panneaux nous indiquent le niveau de radiation auquel nous sommes exposés : entre 0.5 et 2.5 microsievert/h. La fourchette est large, mais reste bien au- dessus du niveau naturel qui était à 0,04 microsievert/h avant l’accident.

 

La terre des ancêtres transportée dans des entrepôts

 

Une fois passée la zone d’habitation, tout est en travaux. Un nouveau tronçon de route est en construction. Nous sommes précédés par des camions, dont le chargement est recouvert d’une bâche verte, qui acheminent la terre contaminée de tout le département vers des centres d’entreposage. Les mots de Eikô Kannô, une octogénaire revenue vivre il y a quelques mois dans son village d’Iitate, me reviennent à l’esprit : « toute cette terre contaminée entreposée dans ces sacs, c’est une terre dont on a pris soin, que l’on a cultivée avec amour. Elle est animée par les esprits comme le reste du vivant. Or, ils la déplacent comme s’il s’agissait d’une chose ».

©Cécile Brice - Mme Eikô Kannô est revenue vivre dans son village natal d’Iitate avec son amie d’enfance. Elles nous montrent une photo d’avril 2015 sur laquelle toutes deux figurent accompagnées d’anciennes voisines de la cité de logements provisoires où elles ont résidé durant sept années

©Cécile Brice - Mme Eikô Kannô est revenue vivre dans son village natal d’Iitate avec son amie d’enfance. Elles nous montrent une photo d’avril 2015 sur laquelle toutes deux figurent accompagnées d’anciennes voisines de la cité de logements provisoires où elles ont résidé durant sept années

Nous entreprenons de les doubler pour nous apercevoir que des dizaines de camions défilent les uns après les autres. Cette valse incessante des véhicules de chantier a pris un rythme effréné dans la région, avec l’approche des Jeux Olympiques. Dès la décision de l’accueil des JO par le Japon en 2013, une vaste politique de communication afin d’inciter les populations au retour à vivre dans les zones inégalement contaminées avait été lancée. Entre autres mesures : la suspension des aides au refuge, la réouverture d’une partie de la zone d’évacuation et l’épandage de la terre contaminée en deçà de 8000 Bq/kg. Bien que freinés par les forts typhons d’octobre dernier, les travaux ont repris de plus belle dès le début d’année.

©Cécile Brice - «Nous sommes précédés par des camions, dont le chargement est recouvert d’une bâche verte, qui acheminent la terre contaminée de tout le département vers des centres d’entreposage»

©Cécile Brice - «Nous sommes précédés par des camions, dont le chargement est recouvert d’une bâche verte, qui acheminent la terre contaminée de tout le département vers des centres d’entreposage»

Au plan national comme au plan international, la reconstruction, un enjeu de taille

 

Car l’enjeu est de taille : il s’agit, pour le Japon, de démontrer qu’il a réussi à surpasser l’accident nucléaire de mars 2011 qui avait généré l’évacuation de 160.000 habitants du département de Fukushima. Pour l’industrie nucléaire mondiale, l’occasion est donnée de montrer que l’on peut être « résilient » à un accident nucléaire. Aussi, si l’Etat japonais décide en dernière instance des travaux effectués, les organismes internationaux de gestion du nucléaire (AIEA, UNSCEAR, WHO, ICRP…) n’ont eu de cesse d’organiser des conférences régulières dans le département depuis l’accident, ayant pour principal message : la volonté d’apprendre aux habitants à gérer la contamination qui désormais devrait faire partie de leur quotidien en lieu et place de refuges trop dispendieux aux yeux des autorités. C’est ce qui a été désigné comme les potentialités données par « la résilience », bien qu’il ne s’agisse pas ici de résilience psychologique, mais bien d’une attente d’adaptation physique à la situation radiologique dans un environnement encore irrégulièrement contaminé.

©Cécile Brice - Un sushi-bar abandonné du nom d’Atomu (en référence au héros d’Astro Boy propulsé au nucléaire (1960), un manga d’Osamu Tetzuka très célèbre au Japon) en face du musée de la catastrophe nucléaire fondé par TEPCO à Tomioka, à une dizaine de km de la centrale.

©Cécile Brice - Un sushi-bar abandonné du nom d’Atomu (en référence au héros d’Astro Boy propulsé au nucléaire (1960), un manga d’Osamu Tetzuka très célèbre au Japon) en face du musée de la catastrophe nucléaire fondé par TEPCO à Tomioka, à une dizaine de km de la centrale.

Afin de rouvrir la zone d’évacuation progressivement, le gouvernement japonais a déployé une politique de décontamination comme il n’en n’avait encore jamais été réalisé au monde. Si les diverses méthodes utilisées fonctionnent sur des parcelles précises, elles sont inapplicables aux forêts qui composent les trois quarts du territoire. Malgré cela, les 1150 km2 qui représentaient la zone d’évacuation autour de la centrale ont été réduits à 340 km2 selon les données du MEXT d’avril 2019[1]. En outre, le budget de la reconstruction associé à celui de la politique de décontamination ont atteint des sommes pharaoniques, pour des conséquences finalement très limitées : la très grande majorité de la population n’ayant pas l’intention de revenir vivre dans les communes rouvertes, selon les multiples sondages effectués par diverses institutions dont TEPCO.

 

Le musée de TEPCO : de la catastrophe nucléaire au démantèlement des territoires

 

Nous arrivons sur le parking du TEPCO Decommissioning Archive Center ouvert à Tomioka au début de cette année. Le compteur Geiger affiche 1.16 microsievert/h. A 10 km de la centrale, la ville de Tomioka a été sévèrement touchée à la fois par le tsunami, le tremblement de terre et la catastrophe nucléaire. Restés longtemps inhabités, les environs de la gare ont été totalement détruits et sont aujourd’hui en travaux. Le bâtiment dans lequel TEPCO a installé sa nouvelle devanture est celui dans lequel se trouvait un musée du nucléaire avant l’accident. Nous sommes accueillis par des employés en costume, qui, dès les salutations passées, s’excusent d’avoir causé une telle catastrophe. Un peu décontenancés, nous sommes guidés vers des films documentaires. Via des projections faites sur des maquettes virtuelles en 3D, ils retracent l’accident, analysent les dysfonctionnements émaillant les prises de décision durant la période de crise. Toutes les conséquences techniques sont détaillées avec précision.

©CécileBrice - La visite organisée par TEPCO du musée de la catastrophe nucléaire à Tomioka (à une dizaine de km de la centrale)

©CécileBrice - La visite organisée par TEPCO du musée de la catastrophe nucléaire à Tomioka (à une dizaine de km de la centrale)

Si chaque vidéo commence par des excuses, elles ont toutes pour objet de montrer que les erreurs ont bien été saisies et qu’on en a tiré toutes les leçons pour aborder l’avenir avec sérénité. Preuve en est : les trois stations de train des trois communes, adjacentes à la centrale, seront remises en activité le mois prochain ! Les communes n’étant, elles, que partiellement rouvertes à l’habitat en raison de taux de radiation encore trop élevés et les habitants quasi absents, ces trois stations de train seront les trois premières stations entièrement automatisées du Japon, les taux présents ne permettant pas une activité humaine permanente sur place [2].

©CécileBrice - Projection sur le grand écran du musée de la catastrophe-TEPCO à Tomioka. Cette photo montre la ville de Tomioka quelques années après l’accident mais avant la reconstruction. L’ensemble de ces rues a été détruit pour laisser place à de vastes terrains vagues recouverts de graviers blancs

©CécileBrice - Projection sur le grand écran du musée de la catastrophe-TEPCO à Tomioka. Cette photo montre la ville de Tomioka quelques années après l’accident mais avant la reconstruction. L’ensemble de ces rues a été détruit pour laisser place à de vastes terrains vagues recouverts de graviers blancs

Jeux olympiques contre Coronavirus : Quand un virus ébranle l’élan de la reconstruction

 

Désormais armé pour appareiller ce nouvel avenir radieux, le gouvernement japonais prévoit parallèlement le démarrage du relais de la flamme olympique dans cette zone évacuée, partiellement rouverte à la population autour de la centrale de Fukushima Daiichi. Il réalise ainsi d’une pierre deux coups : banaliser le désastre tout en médiatisant cette banalisation. Afin de limiter la contamination des athlètes, il est prévu de leur faire parcourir de courtes distances dans l’ensemble de ces communes dont le niveau de contamination n’est toujours pas stabilisé [3].

Parcours du relais de la flamme olympique dans la zone évacuée autour de la centrale de Fukushima du 26 au 28 mars 2020. En rouge: jour 1, en marron: jour 2, en rose: jour 3 ©site Olympic Torch Relay Tokyo 2020

Parcours du relais de la flamme olympique dans la zone évacuée autour de la centrale de Fukushima du 26 au 28 mars 2020. En rouge: jour 1, en marron: jour 2, en rose: jour 3 ©site Olympic Torch Relay Tokyo 2020

Ces bribes de parcours commenceront par la traversée du J-Village, le 26 mars prochain. J-Village est un stade à 35 km au sud de la centrale, qui avait été réquisitionné pour servir de Quartier Général aux 4000 ouvriers travaillant quotidiennement sur le site de la centrale endommagée. Depuis l’année passée, ces ouvriers sont désormais rapatriés sur le site de la centrale-même. Après plusieurs campagnes de décontamination, le stade comprend néanmoins encore des hot spots qui font régulièrement la une des journaux japonais. Le 28 février, la chaîne nationale NHK annonce une réduction de l’événement qui devait accueillir 3000 personnes, à 1000 personnes, en raison des restrictions imposées par le coronavirus [4].

 

Le coronavirus aura-t-il raison de la reconstruction ?

 

Car c’est au cœur de ces tensions, amplifiées par la décision de rejeter les eaux contaminées stockées autour de la centrale nucléaire à la mer, affaire qui oppose les syndicats des pêcheurs de Fukushima à l’AIEA[5], que le Coronavirus fait son entrée en scène venant fragiliser un peu plus l’élan donné par l’accueil des JO en vue de la reconstruction. Le 29 février, lors d’une conférence de presse, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, s’adresse à ses citoyens concernant les mesures prises pour tenter d’enrayer la pandémie de covid-19, avec un vocable proche de celui utilisé lors de la catastrophe de Fukushima : il faudrait se battre contre un ennemi invisible, dont on ne connaît pas les conséquences. Là encore, les tests sont réduits et les critiques contre la gestion faite par le gouvernement japonais montent, accusant une politique dissimulant les conséquences sanitaires réelles. Dans son discours, le premier ministre Abe spécifie qu’il est fondamental d’éviter la contamination de masse et que tous les évènements sportifs et culturels devront être reportés, d’autant que « des cas de contamination ont été prouvés lors de manifestations sportives ». Alors qu’un journaliste du journal Asahi, l’un des principaux journaux du pays, s’inquiète de ce qu’il adviendra des JO, Abe Shinzo emploie le vocabulaire qui lui avait pourtant été tant reproché durant la gestion de la crise nucléaire « nous nous préparons minutieusement, afin que des rencontres sûres et sécures puissent être organisées ».

 

Malgré les volontés nationales et internationales, le coronavirus, en ce qu’il remet en cause l’organisation des JO, arrive à un moment clef du processus de reconstruction. Le 9 mars, le premier ministre japonais, Shinzô Abe, s’est rendu dans les communes récemment rouvertes de la zone d’évacuation à Fukushima pour y lancer un appel national fortement médiatisé, afin que la population revienne habiter dans ces villages, martelant l’élan lancé par les prochains JO. Au delà du coût qu’engendrerait l’annulation des JO, elle fait office de chiffon noir dans l’esprit nippon, remémorant la première annulation motivée par le début de la seconde guerre mondiale. Aussi, si les jeux olympiques japonais venaient à être annulés, il est fort à craindre que le COVID-19 ait raison de ce géant aux pieds d’argile qu’est la reconstruction tant décriée d’un territoire encore instable.

 


[1]https://www.mext.go.jp/content/1421518_03.pdf

[2]https://mainichi.jp/english/articles/20191220/p2a/...

[3]https://tokyo2020.org/ja/torch/route/fukushima/

[4]https://www3.nhk.or.jp/lnews/fukushima/20200228/6050009125.html?fbclid=IwAR3bKB5vHjmgvPWab8pd92SLll1Hm84gRoKVMC7HsfrWxg3sBseSyQmeYXM

[5]L’International Atomic Energy Agency a exhorté par 4 fois le gouvernement japonais de rejeter les eaux en mer. Une dernière visite auprès du 1erministre japonais Shinzo Abe du PDG de l’AIEA, M. Grossi, a eu lieu le 27 février 2020. cf. : https://www.jaif.or.jp/en/

 

 

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9ème année après la catastrophe nucléaire : autres liens

 

- Et pendant ce temps-là, à Fukushima…

Fukushima, 9 ans

Diffusion radiophonique

Jusqu’au 18 mars 2020 sur webSYNradio tous les soirs 20h ou en podcast

 

- Fukushima en forme olympique : bilan chiffré pour le 9ème anniversaire

Un énorme travail de compilation effectué par l’ACRO, bilan effectué à partir des médias, des sites officiels et des 2 600 articles du site « L’ACROnique de Fukushima ».

 

- Fukushima : le mythe du retour à la normale

Communiqué de la Criirad

 

- Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ?

France Inter, un reportage de Giv Anquetil.

 

- 9e anniversaire de Fukushima

Analyse d’Annie Thébaut-Mony

 

- 9ème rapport annuel sur Fukushima

Le site SimplyInfo édite un rapport annuel sur la catastrophe de Fukushima de manière indépendante (en langue anglaise)

 

- VIDÉO - Fukushima : neuf ans après la catastrophe, la décontamination loin d’être finie

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:00

 

7. Menteurs assidus

 

Mensonges par omission de Tepco

Corium du réacteur n° 2 (capture d’écran vidéo Tepco)

Corium du réacteur n° 2 (capture d’écran vidéo Tepco)

Tepco a attendu deux mois avant d’annoncer la fonte des cœurs des réacteurs. Et pas que Tepco. Tous les experts nucléaires savent ce qu’il arrive quand un cœur n’est plus refroidi. Tous les experts officiels de tous les pays ont donc attendu sagement que Tepco dise enfin la vérité avant d’avouer également qu’ils étaient au courant. Un seul expert japonais a dévoilé la vérité avant tout le monde, Mishio Ishikawa, le 29 avril 2011 à la télévision japonaise.

 

 

Pas de cancer ni de mort dû à la radioactivité ?

Comparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de Fukushima

Comparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de Fukushima

Les autorités japonaises, assistées par Tepco, le martèlent : chez les enfants testés, aucun cancer de la thyroïde n’est dû à la radioactivité. Ce n’est pas du tout ce que pense les médecins de l’IPPNW, l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Selon leur analyse, dans la préfecture de Fukushima, le taux de nouveaux cas de cancer est plus de quinze fois supérieur à la moyenne du Japon. Pour mémoire, en octobre 2019, 231 cas de cancer de la thyroïde ont été suspectés chez les enfants de Fukushima, dont 174 ont été confirmés par une intervention chirurgicale.

Pour les morts, c’est pareil. Pourtant jamais le taux de mortalité n’a été aussi élevé dans une usine : 8 morts la première année, 16 morts en 4 ans et demi. Mais pas question de reconnaître que la radioactivité y soit pour quelque chose. Et on n’a jamais eu de nouvelle non plus des centaines de disparus des listes des premiers liquidateurs de Fukushima en 2011.

 

 

Nicolas Sarkozy : « Je suis allé à Fukushima »

Photo non truquée : Éric Besson posant devant la centrale de Fukushima Daiichi (photo Antoine Bouthier/AFP)

Photo non truquée : Éric Besson posant devant la centrale de Fukushima Daiichi (photo Antoine Bouthier/AFP)

Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a aligné trois gros mensonges à Caen le 6 avril 2012. Selon lui, il serait allé à Fukushima avec Nathalie Kosciusko-Morizet. La voix du Japon précise : « En réalité, M. Sarkozy s’est bien rendu au Japon le 31 mars 2011 (…) mais il n’avait siégé qu’à Tokyo, soit à 250 kilomètres de la centrale nucléaire. Un mensonge retentissant au Japon et dans le monde. » Nathalie Kosciusko-Morizet n’y est pas plus allée, elle a d’ailleurs déclaré plus tard : « Personne ne va à Fukushima ». Dans le même discours de Caen, Sarkozy affirme aussi que « la vague a atteint 42 m de haut », information totalement contradictoire avec la réalité puisque les experts japonais l’ont finalement évaluée au plus haut à 23,60 m. La vague en elle-même a été mesurée à environ 14 m au niveau de la centrale. Éric Besson quant à lui y est bien allé l’année suivante en février 2012 où il s'est dit « globalement rassuré » car il a constaté qu’il n’y avait « pas de radioactivité forte autour de la centrale ».

 

 

La catastrophe de Fukushima à 6 ou 7 sur l’échelle INES ?

Pierre-Franck Chevet jurant de dire la vérité (capture d’écran vidéo Public Sénat)

Pierre-Franck Chevet jurant de dire la vérité (capture d’écran vidéo Public Sénat)

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » (Questions sur l’état de la sureté des installations nucléaires) du 17 avril 2013 sur France Inter, Pierre Franck Chevet, alors président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), a annoncé sans être contredit par les journalistes que l’accident de Fukushima avait été classé au niveau 6 de l’échelle internationale INES. L’accident avait pourtant été classé au niveau 7 depuis le 12 avril 2011, soit 2 ans avant son intervention ! Celui qui avait la responsabilité de la sûreté nucléaire en France a donc été pris en flagrant délit de manipulation de l’opinion sur une chaîne publique nationale.

En savoir plus

 

 

Les mensonges de l’IRSN

Dessin de Julien Loïs

Dessin de Julien Loïs

Cette institution sérieuse qu’est l’IRSN, sous l’image de grande objectivité qu’elle veut donner,  n’est jamais neutre. Son penchant pour la minimisation de tous les dangers de l’atome est bien connu. Mais quelquefois, à force de toujours vouloir rassurer, cela tourne au mensonge. Je rappelle régulièrement ses écarts sur ce blog et il n’y a jamais eu de démenti. Ainsi, selon l’IRSN, la perte d’un corium n’est pas forcément un problème pour l’environnement, les évacués allaient revenir d’ici trois mois en 2011, il n’y a pas eu de rejet de strontium et de plutonium au Japon, une centrale nucléaire ne peut pas exploser en France.

 

 

Perspectives heureuses

Retrait d’un assemblage du réacteur 3 (capture d’écran vidéo Tepco)

Retrait d’un assemblage du réacteur 3 (capture d’écran vidéo Tepco)

Boris Le Ngoc, responsable relations publiques et communication digitale de la SFEN (Société Française d'Energie Nucléaire) a publié le 12 mars 2015 un article et un dossier très minimisateur et rassurant, Fukushima 2015, état des lieux et perspectives : selon lui, l’évacuation du combustible des piscines des réacteurs 1 à 3 était prévue pour être terminée en 2015. On ne sait pas sur quelles sources il s’appuyait pour affirmer cela. Quatre ans plus tard, on peut dire que son enthousiasme était démesuré puisque pour les réacteurs 1 et 2, il ne s’est rien passé. Pour le réacteur 3, le transfert a commencé en mai 2019 ; toutefois, depuis juillet dernier, Tepco a stoppé l’opération à cause de problèmes techniques.
Sinon, toujours dans le même article, "la consommation des denrées ne présente aucun risque pour la santé" et Tepco a la "maîtrise de la situation".

 

 

8. Publicité mensongère

 

General Electric et l’avenir du Japon

Capture d’écran de la publicité de General Electric

Capture d’écran de la publicité de General Electric

General Electric, après avoir construit la centrale nucléaire de Fukushima, diffusait un spot publicitaire annonçant : « Quand Tepco a signé le plus gros contrat à l’export de GE (General Electric), nous avons équipé Tokyo de la centrale la plus efficace en son genre au monde. Ce qui veut dire plus d’emplois chez nous et un avenir meilleur pour les Japonais. GE, nous améliorons votre quotidien. » Aujourd’hui, la majorité des Japonais regrette d’avoir été trompée…

Voir la publicité

 

 

Un avenir radieux

Bannière de Futaba (Source AFP/JIJI)

Bannière de Futaba (Source AFP/JIJI)

Les Japonais regrettent tellement d’avoir été bernés par l’industrie nucléaire qu’en 2016, ils ont décroché la célèbre pancarte de Futaba dont le slogan, inventé par M. Onuma, était : « L’énergie nucléaire : l’énergie qui prépare un avenir radieux ».

 

 

Les JO de 2020

Caricature de 281… Antinuke

Caricature de 281… Antinuke

Shinzo Abe n’a pas hésité à mentir pour obtenir les JO de Tokyo. Le 13 septembre 2013, il a assuré au Comité international olympique que Tepco maîtrisait la situation vis-à-vis de la catastrophe de Fukushima : « It has never done and will never do any damage to Tokyo. » Évidemment, c’était un gros mensonge. En effet, un nuage radioactif est bien passé par deux fois sur Tokyo en mars 2011 et y a laissé une pollution mesurable dans les poussières. A la centrale de Fukushima Daiichi, le démantèlement est illusoire, les délais intenables à cause des multiples problèmes techniques. Tout autour, la décontamination définitive des sols est impossible. On n’élimine jamais les radionucléides, on ne fait que les déplacer. On ment à la population pour qu’elle retourne vivre dans des territoires contaminés. La propagande éthosienne bat son plein.

 

 

9. Théories du complot

 

Sabotage de la centrale

Il faut lire cet article qui analyse la théorie du sabotage de la centrale de Fukushima par l’état d’Israël diffusée par certains sites fumeux : Fukushima : retour sur une théorie du complot (Conspiracy Watch, 6 mars 2012). C’est un Japonais qui est à l’origine de cette théorie. Yoichi Clark Shimatsu, contributeur régulier de la chaîne de télévision officielle de la République populaire de Chine, est surtout un théoricien du complot à l’imagination débordante.

 

 

Missiles dans l’unité 4

Photo Tepco

Photo Tepco

Certains internautes ont réussi à échafauder une théorie comme quoi on fabriquait des missiles dans le réacteur n°4 de Fukushima Daiichi à partir de cette photo diffusée par Tepco. On distingue bien deux poteaux dont la base est munie de 4 jambes de force qui accroissent leur stabilité et leur solidité. Mais rien à voir, mis à part la forme ressemblante, avec des missiles et à des ailettes…

Voici une info véritable pour faire le pendant de celle du « missile » : une bombe américaine a bien été trouvée à la centrale de Fukushima Daiichi au cours de travaux destinés à créer un parking en 2017. La région où est implantée la centrale Fukushima Daiichi, à cheval sur les localités côtières de Futaba et Okuma, hébergeait en effet durant la Seconde Guerre mondiale une base aérienne de l’armée nippone et a subi des bombardements étatsuniens importants, notamment en 1945.

 

 

Concours de hoax

Et pour terminer ce chapitre, juste pour rire, mais je ne mettrai pas le lien, cette pépite de conspirationisme : « Révélation Fukushima: c'était un méga attentat ! ». Vous retrouverez facilement cet article sur le net, où le site Wikistrike (dont la devise est « Rien ni personne n'est supérieur à la vérité » !) assure que le Japon a été victime d’un attentat qui a utilisé  le système Haarp, que le séisme n’était pas de magnitude 9, que le réacteur 4 a été détruit par une arme nucléaire, que Naoto Kan a payé 20 milliards pour éviter que le mont Fuji n’explose, etc. Qui dit mieux ?

 

 

10. Communication insidieuse

 

La minute de vérité

Incendie de l’unité 1 de Fukushima Daiichi qui n’a jamais eu lieu (capture d’écran du film « Accident nucléaire de Fukushima » de Steve Webb

Incendie de l’unité 1 de Fukushima Daiichi qui n’a jamais eu lieu (capture d’écran du film « Accident nucléaire de Fukushima » de Steve Webb

Sorti en 2012, le film documentaire de Steve Webb, « Accident nucléaire de Fukushima », réécrit l'histoire en développant une kyrielle de mensonges : les explosions des unités 1 et 3, dont les images existent pourtant, sont minimisées avec des reconstitutions ne correspondant pas du tout à la réalité. Quant à l'explosion de l’unité 2, elle n'est même pas mentionnée. Le film énonce également que les experts de l'AIEA sont intervenus "quelques jours après le tsunami", ce qui est complètement faux. Ils ne sont venus à Fukushima que fin mai 2011. Autre mensonge : "trois des réacteurs de Fukushima sont totalement irréparables". C'est faux puisque les explosions ont concerné 4 bâtiments réacteurs. Autre absurdité : les gaines de zirconium protègeraient le combustible de la chaleur. Le mensonge continue avec le tonnage de combustible de Tchernobyl répandu dans l’atmosphère : 8 tonnes selon le reportage. Pourtant, d’après le magazine La Recherche, c’est 50 tonnes, cherchez l’erreur… On continue : aucune mention du problème majeur de l’eau contaminée stockée sur le site.

Et en conclusion, cerise sur le gâteau, la voix off dit qu’il faudra peut-être 10 ans avant que les personnes évacuées puissent toutes revenir chez elles ! Et quid de la contamination qui continue ? de la période de 30 ans du césium 137 ? de la fin programmée des indemnités aux réfugiés ?

Le réalisateur dévoile finalement sa subjectivité en validant la décision de Shinzo Abe de poursuivre le redéploiement du nucléaire au Japon. Ce film, qui a été construit avec de nombreuses incohérences et mensonges, est fait à la gloire de l’industrie nucléaire et prétend, dès 2012, tirer les leçons de la catastrophe pour continuer à produire de l’électricité nucléaire. Il a été diffusé en septembre 2015 dans la série « La minute de vérité » sur la chaîne française Numéro 23, désormais dénommée RMC Story.

 

 

Fausse traduction

Fausse traduction de l’IRSN (capture d’écran de la vidéo de l’IRSN)

Fausse traduction de l’IRSN (capture d’écran de la vidéo de l’IRSN)

Dans la vidéo très instructive et très bien conçue « L'analyse de l'IRSN du déroulement de l'accident de Fukushima » diffusée sur youtube en 2013, la traduction des paroles de Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi est fausse. Le 14 mars 2011, juste après l’explosion de l’unité 3, celui-ci, affolé, appelle le quartier général pour l’informer de la situation : « QG ! QG ! C’est affreux ! L’unité 3 a explosé maintenant. Je pense que c’est probablement la vapeur ! » (source : TV japonaise, 7:38 – 7:48). Or, l’IRSN, qui a repris la bande son de Tepco, a livré cette traduction : « QG ! QG ! C’est terrible ! On a eu un problème sur le site n°3 ! » (source vidéo de l’IRSN, 52:56 – 53:06). Pourtant, aucun doute, Yoshida dit bien « suijôki » (vapeur). La traduction de l’IRSN censure ainsi l’hypothèse émise par le directeur de la centrale : l’explosion de vapeur. L’IRSN s’aligne donc sur la version officielle du gouvernement japonais en faisant mentir feu Yoshida.

 

Comment vivre heureux en territoire contaminé ?

C’est le programme que vous propose Ethos, sous la houlette du Français Jacques Lochard, directeur du CEPN et vice-président de la CIPR. Comme cela coûte trop cher de déplacer les populations suite à un accident nucléaire, les gouvernements, en totale complicité avec les industriels de l’atome, ont inventé le programme Ethos qui permet de faire accepter la vie en territoire contaminé. Expérimenté dans les territoires pollués de Tchernobyl, il a été d’autant plus facilement appliqué aux populations de Fukushima. Le sociologue Frédérick Lemarchand pose bien le problème : « Faut-il entraîner l’humanité à « vivre avec » les conséquences d’un accident nucléaire ? Le faire est techniquement raisonnable car un accident est toujours possible, y compris en Europe, mais politiquement condamnable car conduisant à une logique d’adaptation à ce qui doit rester à jamais inacceptable. »

 

 

11. Confusions courantes

 

- dosimètre et radiamètre : un dosimètre mesure en continu les doses reçues et donnera au final une dose reçue pour une certaine durée. Par exemple, les travailleurs du nucléaire portent des dosimètres pour limiter leur présence en milieu radioactif. On peut aussi se servir d’un dosimètre pour mesurer la présence de radon dans une pièce. Le radiamètre quant à lui sert à mesurer la radioactivité gamma d’un environnement à un instant T. On le nomme aussi plus communément compteur Geiger car il compte les désintégrations qui passent dans son capteur.

 

- microsievert et millisievert : ces deux unités de mesure ont fait souvent l’objet de confusions lors des premières semaines de la catastrophe de Fukushima. Ce sont toutes les deux des fractions décimales du sievert, unité servant à mesurer la dose reçue par une personne. Le millisievert (mSv) est un millième de sievert alors que le microsievert (µSv) en est un millionième.

 

- radiation et radioactivité : le mot radiation est un terme rassemblant toutes sortes de choses comme la chaleur, la lumière, les rayons X ou les rayons radioactifs. Alors que la radioactivité ne couvre que les rayons radioactifs. Utiliser le terme radiation à la place de radioactivité, comme le veut l’usage anglo-saxon, n’est pas anodin car cela amoindrit la précision d’un discours, voire minimise sa portée.

 

- barres et assemblages : le combustible nucléaire est conditionné dans des barres de 4 m environ appelées aussi crayons. Les barres sont disposées par dizaines dans des assemblages de section carrée. Au moment de l’accident nucléaire en 2011, la centrale de Fukushima avait 14225 assemblages dans ses 6 réacteurs et ses 7 piscines, soit 896 175 barres.

 

- centrales et réacteurs : la France compte 58 réacteurs mais elle n’a que 19 centrales nucléaires car elles possèdent toutes plusieurs tranches (ou unités). Le Japon quant à lui avait 54 réacteurs nucléaires en 2011 au moment de l’accident répartis dans 15 centrales. Aujourd’hui, il n’y a plus que 9 réacteurs en activité. La population est devenue très méfiante vis-à-vis de cette énergie dangereuse qui, de surcroît, est devenue moins rentable que certaines énergies renouvelables.

 

 

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Une fois n’est pas coutume, je termine cet article en chanson avec l’ami Brassens qui nous offre, via l’INA, son histoire de faussaire.

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Mise à jour 7/02/2020 à 14h56

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