13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 14:52

La vigie de Genève a 10 ans. Depuis 2007, l’action d’IndependentWHO consiste, chaque jour ouvrable, à se tenir debout devant l’OMS pour dénoncer la non-assistance de l’institution onusienne aux populations touchées par des catastrophes nucléaires, de Tchernobyl à Fukushima, et la non reconnaissance des dangers des faibles doses. A l’occasion de ce dixième anniversaire de cette lutte citoyenne remarquable, l’association appelle à manifester devant l’OMS le 26 avril prochain.

 

 

 

Communiqué d’IndependentWHO :

 

Toutes et tous à Genève devant l'OMS, le 26 avril 2017, pour les 10 ans et l’arrêt de la Vigie d'IndependentWHO - Santé et Nucléaire


La Santé est le bien le plus précieux de l’humanité. Nous souhaitons le transmettre aux générations futures. Or les rayonnements ionisants provenant de l’industrie nucléaire civile et militaire continuent d’irradier et de contaminer les populations, surtout les enfants, sur plusieurs générations, engendrant en particulier des dommages génétiques irréversibles.

La « communauté internationale », avec le label de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ne veut pas reconnaître ou minimise ces conséquences sanitaires.
Depuis le 26 avril 2007, tous les jours de la semaine, par tous les temps, de 8 à 18 heures, les Vigies d’IndependentWHO - Santé et Nucléaire ont demandé à l’OMS de revenir sur ce mensonge criminel et de dire la vérité sur les effets sanitaires de ces rayonnements, notamment sur les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et celles des catastrophes civiles de Tchernobyl et de Fukushima.

Après 10 ans de protestation silencieuse les Vigies d’IndependentWHO - Santé et Nucléaire constatent que le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent. Cependant, de plus en plus de citoyens et une partie du monde scientifique soupçonnent que toute la vérité n’a pas été dite.

Après Fukushima, réplique de Tchernobyl, il est maintenant reconnu officiellement, que d’autres catastrophes sont possibles. Il devient alors important pour les autorités de nous faire croire que l’on peut s’adapter à vivre en milieu contaminé.

Par conséquent, les Vigies d’IndependentWHO - Santé et Nucléaire, vu l’urgence, ont décidé de continuer leur combat sous d’autres formes, notamment en transmettant l'expérience et les acquis de ces 10 ans de lutte à celles et ceux qui considèrent que ce combat pour la vérité et la santé est indispensable. Pour marquer les 10 ans de la Vigie d’IndependentWHO-Santé et Nucléaire, des actions sont programmées le mercredi 26 avril 2017 à Genève, au carrefour des Morillons, face à l’OMS (terminus bus n°8).

12h à 15h30 : Grande Vigie

15h45 : Inauguration de la stèle érigée pour les victimes du nucléaire et discours de personalités : Rémy Pagani (Conseil administratif de la de ville de Genève), Jean Ziegler (sociologue et vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l'homme de l'ONU), Annie Thébaud-Mony (sociologue, directrice de recherches honoraire à l’INSERM, porte-parole de réseaux citoyens en lutte pour la santé au travail), Roland Desbordes (président de la Criirad), Anne-Cécile Reimann (Présidente de Contratom), Paul Roullaud (Initiateur de la vigie d'IndependentWHO)

17h : Remise à l'OMS du livre de Wladimir Tchertkoff : “The Crime of Chernobyl - the Nuclear Gulag" et messages à l’attention des directions actuelle et futures de l'Organisation Mondiale de la Santé

18h : A partir de la Place des Nations, participation à la manifestation organisée par Contratom, groupe antinucléaire genevois

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En savoir plus

Dans un article publié dans le quotidien genevois «Le Courrier», Alison Katz, membre d’IndenpendentWHO – Santé et Nucléaire, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.

Lire l'article ici : http://independentwho.org/fr/2017/04/10/dogme-hiroshima/

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 11:13

La pollution radioactive à l’iode 131 en Europe au début de l’année 2017 a permis de mettre en lumière l’activité d’un réacteur inconnu du grand public, le réacteur de recherche de Halden en Norvège. Bien qu’il ne puisse être tenu responsable du nuage radioactif qui s’est étendu de l’Espagne à la Norvège en janvier-février, on a appris grâce à l’ONG norvégienne Bellona que ce réacteur avait connu un « incident » en octobre dernier. La lecture d’un rapport de l’agence de sûreté nucléaire norvégienne daté du 13 février 2017 permet de se rendre compte du danger que font courir aux Européens les utilisateurs de ce réacteur. On s’éloigne un peu de Fukushima mais pas tant que ça car la problématique est la même : panne de refroidissement du réacteur, risque d’explosion d’hydrogène, rejet d’iode 131 et autres radionucléides cancérigènes, MOX, … ça ne vous rappelle rien ?

Pierre Fetet

Mise en service officielle du réacteur de recherche de Halden le 10 octobre 1959 (Source: Institute for Energy Technology)

Mise en service officielle du réacteur de recherche de Halden le 10 octobre 1959 (Source: Institute for Energy Technology)

SOMMAIRE

 

1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité

2. Les partenaires du « Halden Reactor Project »

3. L’« Incident » du 24 octobre 2016

4. Expérimentation de nouveaux combustibles

5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?

6. Pour un arrêt définitif du réacteur de Halden

7. L’IFE a besoin d’argent public pour traiter ses déchets

8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet évènement d'octobre 2016 ?

9. Exiger des éclaircissements

10. Annexes

 

-oOo-

 

AVERTISSEMENT

Cet article, comme tous les autres articles que j’ai écrits dans ce blog depuis 6 ans, représente le résultat de mes recherches et l’avis d’un simple citoyen européen qui s’inquiète de l’air qu’il respire. Il n’est absolument pas l’expression de la CRIIRAD, comme un site norvégien l’a rapporté hier. J’ai fait une erreur d’appréciation concernant l’appellation « accident » de l’échelle INES dans la première version de cet article. J’ai corrigé cette erreur rapidement et prie mes lecteurs de bien vouloir m’en excuser. Toutefois, l’évènement qui a eu lieu à Halden est pour moi bel et bien un accident qui a eu des effets négatifs sur l’environnement, mais on ne doit pas l’appeler « accident nucléaire » car des rejets radioactifs importants sont autorisés par nos sociétés nucléarisées et les faibles doses ne sont pas reconnues comme dangereuses par les organismes de sûreté nucléaire, alors qu’il est prouvé qu’elles sont responsables de mutations génétiques et de maladies. Je ne veux affoler personne, ce n’est pas mon but. Je veux simplement informer et alerter sur les dangers du nucléaire et sur les pollutions atmosphériques que nous subissons tous, à notre insu. Je persiste et signe, quoi qu’on en dise, le réacteur de Halden est dangereux, comme tous les autres réacteurs nucléaires du monde. C’est mon avis, basé sur des sources que tout le monde peut consulter. PF (mise à jour 28/03/17)

 

 

1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité

 

Le réacteur de Halden a été inauguré et activé en 1959. Oui, vous avez bien lu : 1959 ! Il se situe à Halden, une ville côtière au sud-est de la Norvège, près de la frontière avec la Suède, à 1200 km de la France. D’une puissance de 25 MW maximum, ce presque sexagénaire a été créé pour la recherche.

Ce réacteur à eau bouillante (REB) n’est pas visible de l’extérieur. Il est situé à 100 mètres à l’intérieur d’une colline sous une couverture rocheuse de 30 à 50 mètres. Le hall du réacteur a 10 mètres de large, 30 mètres de long et 26 mètres de haut. La salle du réacteur contient également des fosses à combustible pour le stockage temporaire du combustible utilisé. L’ensemble souterrain a un volume de 4500 m3. Les circuits de refroidissement sont situés à l'intérieur de la salle du réacteur et dans le tunnel d'entrée du réacteur. La salle de contrôle et les installations de service sont placées à l'extérieur de l'excavation. Les bâtiments de service contiennent des bureaux, des ateliers et des laboratoires.

Le réacteur de Halden est situé dans un complexe de 7000 m², au bord de la rivière Tista (Capture Google Earth).

Le réacteur de Halden est situé dans un complexe de 7000 m², au bord de la rivière Tista (Capture Google Earth).

L'énergie produite est livrée sous forme de vapeur à travers des échangeurs de chaleur et des conduites à Norske Skog Saugbrugsforeningen qui l’utilise pour la production de papier.

Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)
Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)
Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)
Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)
Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)
Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)

Réacteur de recherche de Halden : vues extérieures (source IFE et HRP)

La principale fonction du réacteur de Halden est de tester des combustibles et des composants de réacteurs nucléaires. Une charge de carburant est constituée d’une combinaison de carburants d'essai provenant d'organisations des pays partenaires et d'assemblages de combustible qui fournissent une base de réactivité pour le fonctionnement du réacteur. Le cœur se compose d'environ 110 à 120 assemblages de combustible, y compris le combustible d'essai, dans un réseau hexagonal ouvert.

Plan du cœur du réacteur de Halden (Source AIEA)

Plan du cœur du réacteur de Halden (Source AIEA)

A Halden, les codes, les règles et les recommandations acceptés au niveau international ne sont utilisés que de manière consultative, ce qui signifie que les expérimentateurs sont au courant des normes internationales de sécurité mais peuvent ne pas en tenir compte si bon leur semble. Pourtant, selon le CEA, les essais de matériaux et les analyses effectuées indiquent que le réacteur peut fonctionner en toute sécurité bien au-delà de l'an 2020.

Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)
Photos du hall du réacteur (source IFE)

Photos du hall du réacteur (source IFE)

2. Les partenaires du « Halden Reactor Project »

 

Géré par l’Institut norvégien de technologie énergétique (IFE), il est le plus important des projets communs de l’AEN (Agence pour l'Energie Nucléaire, organe de l’OCDE) : plus de 130 organismes scientifiques, institutionnels et industriels issus de 21 pays sont ou ont été impliqués dans le projet du réacteur de Halden.

 

Les pays partenaires de ce projet atomique sont l’Allemagne (Société pour la sécurité des centrales et des réacteurs - GRS), la Belgique (Centre de recherche nucléaire - SCK CEN), la République tchèque (ÚJV Řež), la Corée (Institut coréen de recherche sur l'énergie atomique - KAERI), le Danemark (Université technique du Danemark - DTU), les Émirats arabes unis (Autorité pour la réglementation nucléaire - FANR), l’Espagne (Centre de recherche pour l'énergie, l'environnement et la technologie - CIEMAT)), les États-Unis (Commission américaine de réglementation nucléaire - USNRC), la Fédération de Russie (Compagnie de carburant de ROSATOM - JSC TVEL), la Finlande (Ministère de l'emploi et de l'économie - TVÖ), la France (Electricité de France - EDF ; IRSN), la Hongrie (Centre de recherche sur l'énergie, Académie hongroise des sciences - MTA), l’Italie (Agence nationale pour les nouvelles technologies, l'énergie et le développement économique durable - ENEA), le Japon (Autorité japonaise de réglementation nucléaire - NRA), le Kazakhstan (Usine métallurgique Ulba - UMP JSC), la Norvège (Institut technologique de l’énergie - IFE), les Pays-Bas (Compagnie NRG), la République slovaque (VÚJE Trnava), le Royaume-Uni (Laboratoire nucléaire national - NNL), la Suède (Autorité suédoise de sûreté radiologique - SSM) et la Suisse (Inspection fédérale de la sûreté nucléaire - ENSI). Il s’agit donc là d’une plaque tournante du village nucléaire mondial.

 

3. L’« incident » du 24 octobre 2016

 

Voici le texte laconique du communiqué de presse de l’IFE : « Le lundi 24 octobre à 13 h 45, une libération non intentionnelle d'iode radioactif a eu lieu en relation avec la manutention d’un carburant d'essai dans la salle du réacteur de Halden. Le rejet ne représente aucune menace pour les employés d'IFE ou l'environnement. »

 

C’est tellement succinct que la NPRA, l’agence de sûreté nucléaire norvégienne équivalent de l’ASN en France, a tenu à réaliser une inspection pour contrôler l’installation et connaître le détail de cet évènement.

 

Grâce au site European News Weekly qui a édité la traduction anglaise du rapport norvégien de la NPRA, nous connaissons le contenu de ce document que nous avons traduit en français. Vous pouvez lire l’intégralité de ce rapport en annexe en bas de cette page ou en le téléchargeant au format pdf par le lien ci-dessous.

Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)
Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)
Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)
Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)
Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)
Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)

Documents techniques du réacteur de Halden (Sources : neimagazine.com - HRP - IFE)

Pour résumer, alors que le réacteur était à l’arrêt – officiellement pour maintenance depuis le 8 octobre 2016 – une erreur de manutention, le lundi 24 octobre 2016 à 13h45, d’un combustible endommagé a conduit à la création soudaine d’un nuage radioactif qui a envahi le hall du réacteur et ses alentours. Vu le danger encouru, le personnel du site a immédiatement été évacué.

 

L’IFE (Institut technologique de l’énergie, chargé de l’exploitation du réacteur) n’a alerté l’autorité de sûreté nucléaire norvégienne, la NRPA, que le lendemain matin ; puis, après avoir arrêté le système de ventilation de la salle du réacteur (ce qui a stoppé le rejet dans l'environnement), l’IFE a informé la NRPA le mardi soir (25 octobre) que la situation était sous contrôle. Vu la gestion étrange de l’incident par l’exploitant, la NRPA a procédé à une inspection surprise au siège de l’IFE à Kjeller. Et là, grosse surprise : l’évènement était encore en cours ! De ce fait, la NRPA a engagé immédiatement une inspection renforcée de l’IFE qui lui a permis de superviser, en partie sur site, la gestion de l’« incident » jusqu’au 2 décembre.


 

Vues de l'intérieur du réacteur de recherche de Halden (source IFE)
Vues de l'intérieur du réacteur de recherche de Halden (source IFE)
Vues de l'intérieur du réacteur de recherche de Halden (source IFE)

Vues de l'intérieur du réacteur de recherche de Halden (source IFE)

Le 1er novembre, après que la NRPA ait demandé une plus grande transparence, l’IFE a communiqué que le réacteur était "dans un état très spécial". Qu’est-ce qu’un réacteur « dans un état très spécial » alors qu’il était à l’arrêt depuis plus de trois semaines ? Eh bien, cela se traduit par « des fluctuations de température dans la cuve du réacteur, l'indication d'une augmentation du flux neutronique dans le cœur du réacteur et le danger de formation d'hydrogène ». Rien moins que ça. Normalement, quand un réacteur est arrêté, la réaction en chaîne est stoppée intégralement. Dans ce cas précis, ça n’avait pas l’air d’être le cas car une augmentation du flux neutronique indique une reprise de l’activité, signée d’ailleurs par une production d’iode qui est un produit de fission. Par ailleurs, l’augmentation de la chaleur dans le cœur du réacteur, sans circuit de refroidissement, peut conduire à la dégradation des gaines de zirconium qui entourent le combustible. Or, à partir d’une certaine température, le zirconium s’oxyde au contact de l’eau et produit de l’hydrogène, gaz hautement explosif. Ce phénomène a produit au moins trois explosions violentes à Fukushima en 2011.

 

Pour sortir de cette crise, la NRPA a autorisé la réouverture de la ventilation du hall du réacteur le 1er novembre. Il y a donc eu deux rejets atmosphériques : le premier les 24-25 octobre 2016 quand l’évènement s’est produit jusquà ce que l’on ferme la ventilation et le second le 1er novembre.

 

Suite à cet évènement, la NRPA a révoqué la licence d’exploitation du réacteur. Pourtant, l’IFE compte bien sur la NRPA pour obtenir à nouveau les autorisations nécessaires afin de poursuivre les expériences. En effet, le directeur de recherche de Halden, Atle Valseth, assure que le réacteur redémarrera d’ici au mois de juin 2017.

 

4. Expérimentation de nouveaux combustibles

 

Depuis 2013, le réacteur de Halden sert à l’expérimentation d’un nouveau combustible au thorium. C’est une petite société d'énergie nucléaire basée en Norvège, Thor Energy, qui a commencé à tester le potentiel du thorium en remplacement de l'uranium dans les réacteurs nucléaires. Au moment de l’« incident », l’IFE terminait un programme de recherche triannuel qui avait commencé en janvier 2015. Quelle était la nature de ces recherches ? Selon la World Nuclear Association, l’expérimentation en cours consistait en une irradiation d’un combustible thorium-MOX. Le carburant d'essai se présente sous la forme de pastilles composées d'une matrice céramique d'oxyde de thorium dense contenant environ 10 % d'oxyde de plutonium en tant que conducteur fissile. Il est possible que l’instabilité du réacteur au moment de l’« incident » provienne de ce nouveau combustible. Les apprentis-sorciers de l’atome n’ont pas de limite ! C’est également au cours d’une « expérience » que la catastrophe de Tchernobyl, toujours en cours 31 ans plus tard, a commencé.

 

La Norvège est tentée par le thorium car elle a de grandes réserves de cette matière sur son territoire. La production de thorium n’aurait qu’un objectif économique car ce pays n’a pas besoin de nucléaire : la Norvège produit la majeure partie de son électricité grâce aux énergies renouvelables.

Thorium (photo D. R.)

Thorium (photo D. R.)

L’entreprise étatsunienne Lightbridge et l’IFE ont officialisé en 2015 une collaboration portant sur l’étude d’un nouveau combustible nucléaire métallique développé par Lightbridge. Le réacteur de Halden devait permettre un test d’échantillons en conditions réelles, c’est-à-dire sous les conditions d’opération d’un réacteur commercial. Ces essais, qui étaient programmés pour 2017 ont-ils commencé plus tôt que prévu ? Selon le PDG de Lightbridge, Seth Grae, ils devaient générer des données nécessaires à l’accréditation du nouveau combustible par la commission américaine de réglementation nucléaire (US Nuclear Regulatory Commission - NRC), et à son déploiement par les services publics nucléaires dans les réacteurs commerciaux à travers le monde. « Nous avons une confiance absolue dans l’expertise de l’IFE et les installations d’Halden, qui sont reconnues dans l’industrie de l’énergie nucléaire pour leur excellence. », disait cet homme très éclairé.

 

[ Mise à jour 27/03/17 : Lightbridge, partenaire d'AREVA, vient d'obtenir l'autorisation de la NRPA de faire les expériences sur le nouveau combustible à Halden. (Source) ]

 

Assemblage de combustible thorium-plutonium de Halden (source Zdnet)

Assemblage de combustible thorium-plutonium de Halden (source Zdnet)

5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?


Selon la NPRA, le rejet a été de 150 millions de becquerels pour l’iode 131 et 24 millions de becquerels pour l’iode 132, sans faire état des autres substances radioactives susceptibles d’avoir été rejetées.  L’IFE, contacté le 19 mars par mes soins, n’a pas souhaité communiquer la nature intégrale des nuages radioactifs d’octobre-novembre 2016, ni les proportions des différents radionucléides les composant. Il le ferait à la demande de la NRPA, si l’autorité nucléaire lui demandait. L’IFE indique qu’il devra remettre un rapport détaillé à la NRPA sur les rejets de 2016 avant le 1er mai 2017. Mais il ne dit pas si ce rapport sera public. Par ailleurs, la NRPA, contactée également le 19 mars, n’a fourni aucune réponse à cette même question.

 

Du côté français, j’ai également contacté l’IRSN le même jour, mais celui-ci est resté muet jusqu’à présent. Quant à l’ASN, il m’a renvoyé aux communiqués de la NRPA et de l’IFE. On tourne en rond… Pas étonnant que des rumeurs de meltdown à Halden fleurissent dans plusieurs sites internet ! L’IFE et la NRPA, en restant opaques sur cet « incident », provoquent eux-mêmes des questionnements légitimes qui se transforment vite en rumeurs. A présent, ces deux organismes sont obligés de faire des communiqués pour contrer les rumeurs qu’ils ont contribué à former !

 

C’est une association qui finalement vient d’obtenir l’information manquante. La Criirad a contacté également la NRPA le 16 mars. Grâce à elle, nous avons un peu plus de renseignements, et pas des moindres !

 

Les rejets d’octobre 2016 ne comportaient pas que des becquerels d’iode131 et 132. Ils contenaient également 8 178 milliards de becquerels de gaz rares radioactifs et 550 milliards de becquerels de tritium ! On est très loin des 184 millions de becquerels d’iode radioactif du communiqué rassurant de la NRPA ! Cette « autorité de sûreté nucléaire » n’a déclaré que 0,002 % du rejet radioactif ! Comment faire confiance à la NRPA après un tel mensonge ?

Le réacteur nucléaire de Halden en Norvège : un danger pour l’Europe

Selon la Criirad, compte tenu de l’absence de stations de mesures assez proches du réacteur de Halden et de dispositifs permettant de conserver la mémoire de la contamination, « on ne peut effectuer une caractérisation fine de l’impact des rejets intervenus le 24 octobre 2016 et les jours suivants »

 

[Mise à jour 07/04/17

Dans un communiqué du 5 avril 2017, l'IRSN est obligé de reconnaître officiellement que le rejet atmosphérique comportait également des gaz rares et d'autres radioéléments. Mais l'IRSN, qui insiste sur "un rejet limité dans l'environnement" cache au public les mesures révélées par la NRPA à la Criirad. Aucun organisme ne veut communiquer officiellement sur le fait que la NRPA n'a informé que sur 0,002 % des rejets radioactifs totaux. C'est normal, l'IRSN, comme indiqué dans son communiqué, est un partenaire du Halden Reactor Project. En diffusant ces informations, l'institut français prendrait le risque de faire capoter les expériences qu'elle chapeaute.]

 

6. Pour un arrêt définitif du réacteur de Halden

 

Il est grandement souhaitable – tous les pays européens devraient l’exiger – que, vu son grand âge, ce réacteur soit arrêté définitivement, d’autant plus que la NRPA ne le soumet pas aux normes internationales de sécurité nucléaire.

 

Réacteur Halden - Source AIEACet « incident » a montré la grande incohérence fonctionnelle concernant le confinement du site : le système de refroidissement du réacteur est lié au système de ventilation du hall du réacteur ! Cela signifie qu’en cas d’accident grave, il n’y a pas d’autre solution que de larguer dans l’atmosphère toute pollution radioactive gazeuse ou en aérosol. C’est un réacteur avec un faux confinement. Jusque là, on a rassuré les habitants de Halden en leur expliquant que l’installation est sous 40 mètres de roche et qu’ils ne risquent donc absolument rien. C’est totalement faux. Pour le projet d’enfouissement souterrain des déchets radioactifs dans la Meuse, le même mensonge est utilisé : s’il arrive un incendie, même à 500 mètres sous terre, la pollution sortira par les cheminées d’aération. Le confinement n’est absolument pas assuré.

 

Le fait que le réacteur de Halden soit sous 40 mètres de roche ne présente aucune garantie. Au contraire, en cas d’explosion d’hydrogène, le site peut devenir rapidement inaccessible à cause des éboulements et produire une pollution radioactive atmosphérique par l’intermédiaire des cheminées d’évent ou tout autre orifice créé par l’explosion. Les accidents souterrains sont toujours possibles et, une fois produits, sont extrêmement coûteux et difficiles à gérer, surtout en présence de plutonium. Voir l’exemple récent du WIPP au Nouveau Mexique !

 

La NRPA a indiqué à la Criirad avoir demandé à l’IFE de corriger le défaut de conception du réacteur de Halden, sans quoi l’autorisation de redémarrage ne serait pas donnée. Cela doit être suivi de près. En effet, l’IFE compte redémarrer avant juin le réacteur pour satisfaire ses clients internationaux. Faire des travaux rendrait son fonctionnement déficitaire pour l’année 2017. La NRPA a-t-elle assez d’autorité pour exiger ces travaux importants de sécurité ?

 

7. L’IFE a besoin d’argent public pour traiter ses déchets

 

Le réacteur de Halden a été arrêté le 8 octobre 2016, officiellement pour cause de maintenance, mais surtout pour faire des économies. En effet, l’IFE est affecté par le ralentissement économique, avec une perte de chiffre d'affaires d'environ 5 millions d’euros. Pour réduire les coûts de 2016, cet institut a mis en chômage technique une partie de ses employés (98 employés mis à 50 % et 27 licenciements purs). De fait, le réacteur de recherche coûte très cher quand il est à l'arrêt et la gestion de ses déchets pose également un gros problème. Amassant 17 tonnes de combustibles usés divers provenant de ses propres essais depuis les années 60 dans les réacteurs de Halden et de Kjeller, la Norvège ne sait plus quoi faire de ses déchets. Selon le site norvégien TU, « le carburant est instable et potentiellement auto-inflammable au contact de l'air. Il ne convient donc pas pour le stockage à long terme ».

 

En 2016, l’IFE avait demandé 8 millions d’euros au gouvernement norvégien pour commencer à reconditionner ses déchets à vie longue, il n’en a obtenu que 3. L’institut compte sur AREVA et la Hague pour retraiter ces déchets dangereux. Il espère convaincre le parlement norvégien de la nécessité de s’occuper de ces déchets encombrants et dangereux, en particulier en insistant sur les 18 conteneurs de carburants usés qui sont actuellement coincés dans un puits de stockage de l’ancien réacteur Jeep 1 à Kjeller, abandonnés depuis l’arrêt du réacteur il y a 50 ans…

 

Salles de contrôle du réacteur de Halden (source IFE)
Salles de contrôle du réacteur de Halden (source IFE)

Salles de contrôle du réacteur de Halden (source IFE)

8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet évènement d'octobre 2016 ?

 

Parce que 130 organismes scientifiques, institutionnels et industriels issus d’une vingtaine de pays sont impliqués dans le projet du réacteur de Halden de l’OCDE. Ils veulent pouvoir faire des expérimentations tranquillement, à l’abri des règlementations internationales trop contraignantes de sûreté nucléaire. On fait comme au bon vieux temps des essais atmosphériques. On pollue sans compter, et surtout sans rien dire, « afin de ne pas compliquer la communication auprès du grand public par un trop grand nombre de données » (NRPA).

 

Le village nucléaire mondial étant mouillé jusqu’au cou par les activités polluantes de ce réacteur obsolète,  on comprend qu’aucun organisme officiel ne veuille ébruiter une affaire de ce genre. Dans le nucléaire, quand on soulève le tapis, on découvre des horreurs… Bizarrement, il manque des données publiques les jours où il y a eu le plus fort rejet.

 

Le fait qu’il y ait eu un endommagement des barrières radiologiques et une exposition du public à des doses non négligeables rend cet évènement inquiétant : 35 % de la limite de rejet annuel de Krypton 85 (période de 10,7 ans) et 44 % de la limite de rejet annuel de Xénon 131m (période de 12 jours) en une dizaine de jours, ça fait beaucoup d'un coup. Bien entendu, tous les organismes officiels, habitués à mentir à la population, continueront de ne parler que de l'iode 131, bien que la NRPA ait été prise en flagrant délit de mensonge.

 

9. Exiger des éclaircissements

 

Tous ces organismes faussement transparents, IFE, NRPA, doivent expliquer clairement ce qu’il s’est passé en octobre-novembre 2016 à Halden. Ils doivent répondre à ces questions :

 

- Quel évènement a endommagé le combustible testé ?

- Pourquoi l’IFE n’a pas alerté immédiatement la NRPA ?

- Quel évènement a produit une augmentation du flux neutronique ?

- Est-ce que le combustible testé était du thorium-plutonium ?

- Etait-ce une expérimentation de MOX thorié en conditions réelles ?

- Quelle était la nature exacte des rejets radioactifs des 24-25 novembre et du 1er novembre 2016 ? L’information de la NRPA fournie à la Criirad est insuffisante car il n’est pas mentionné de mesures sur d’éventuels rejets de carbone 14, de césium 137, de cobalt 60, de plutonium, etc.

- Quelle était la proportion des radionucléides pour chacun de ces nuages ?

- Pourquoi le réacteur de Halden n'obéit pas aux règles internationales de sécurité des installations nucléaires post-Fukushima ?

 

Extrait de la page 7 du rapport d'inspection de l'INSARR (AIEA) - Lien vers le rapport complet en annexe

Extrait de la page 7 du rapport d'inspection de l'INSARR (AIEA) - Lien vers le rapport complet en annexe

C’est assez insupportable d’apprendre par hasard que l’atmosphère européenne est polluée par des gaz ou des aérosols radioactifs issus d’un réacteur désuet, et tout ceci avec la bénédiction des organismes de sécurité qui sont censés nous protéger. Une enquête parlementaire devrait être exigée des députés européens pour faire l’entière lumière sur cette affaire et sur toutes les installations susceptibles de relâcher des produits dangereux dans l’atmosphère, d’autant plus que de l’iode 131 vient encore d’être détecté en mars à Svanhovd, dans le nord de la Norvège.

 

[Mise à jour du 07/04/17 : on continue à avoir des éléments d'information.

 

Dans le communiqué (cf. annexes) du 05/04/17 de l'IRSN, Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire français, on apprend que :

- Le combustible endommagé était un "assemblage d'essai". Rappelons ici qu'un assemblage comporte plusieurs crayons de combustible. Lors de l'"incident", plusieurs crayons ont été détériorés mais l'IRSN ne précise pas combien.

- L'évènement a commencé en fait le 20 octobre 2016 (l'assemblage avait été retiré du réacteur le 17 octobre), date à laquelle l'IFE repère l'augmentation de l'activité en gaz rares dans le "handling compartment" (là où est stocké l'assemblage, c'est-à-dire un conteneur d'entreposage).

- L'IRSN confirme bien qu'il y a eu d'autres rejets que de l'iode radioactif : d'autres radioéléments et des gaz rares. Mais l'IRSN ne donne aucun nom d'isotope, aucune mesure, aucun pourcentage.

- L’IRSN précise que, selon l’IFE, « de l’eau contaminée lors de l’événement a été traitée à partir du 28 octobre et rejetée dans la rivière Tista après contrôles radiologiques et accord de NRPA ». Ces rejets d’iode par voie liquide correspondraient à moins de 20 % des autorisations de rejets liquides annuels en iodes. Mais l'IRSN ne communique pas les limites de l'autorisation annuelle.

- L"’incident" a été classé provisoirement au niveau 1 de l’échelle INES (par qui ? l'IRSN ne le dit pas), Le classement définitif est en cours d'instruction par la NRPA. Pour info, le niveau 1 de l'échelle INES correspond à une "anomalie". 8000 milliards de Bq relâchés dans l'environnement, c'est donc juste considéré comme une anomalie... on croit rêver !

 

Le communiqué de l'IRSN donne certes quelques informations nouvelles, mais ne répond pas aux questions essentielles liées à cet évènement. On ne sait toujours pas ce qui a conduit le réacteur de Halden à être reconnu dans un "état très spécial". Enfin, il est encore une fois étrange de constater que les infos arrivent par là où on ne les attend pas : après une association française et un blog français, c'est un institut français qui donne des précisions sur l'incident norvégien. Prochaine étape : le rapport détaillé de l'IFE ? de la NRPA ? ]

 

10. Annexes

- Communiqué de l'IRSN du 05/04/17

- Communiqué de la Criirad du 24/03/17 (1ère mise à jour)

- Article de Bellona du 03/03/2017

- Rapport de la NRPA du 13/02/17 sur l'incident du 25 octobre 2016

- Présentation du Halden Reactor Project (HRP, RIC) en 2009

- Présentation du Halden Reactor Project (IFE) en 2008

- Rapport d'inspection du réacteur de Halden (INSARR, AIEA) de juin 2007

- Rapport de la NRPA du 13/02/17 :

Traduction française d’après une version anglaise : Pierre Fetet et Odile Girard

Source de la version anglaise : https://nuclear-news.net/2017/03/12/fuel-error-at-ife-halden-the-handling-of-the-incident-nrpa-report-in-english/

 

 

Rapport complet
Notre référence : 16/00889
Agent : Tonje Sekse
Date: 13/02/2017

 

 

Erreur sur du combustible à l’IFE de Halden

Le traitement de l'incident

 

 

1. Introduction


Lundi 24 Octobre 2016 à 13h45, un incident s’est produit lors d’une manipulation de combustible endommagé dans le réacteur nucléaire de Halden à l'Institut de technologie de l’énergie (IFE). Cela a provoqué un rejet brutal de substances radioactives dans la salle du réacteur et ses alentours. Le hall du réacteur a été évacué et fermé. L’IFE a notifié cet évènement à l'Autorité norvégienne de radioprotection (NRPA) le mardi matin (25 octobre) et le système de ventilation de la salle du réacteur a été arrêté. Le rejet dans l'environnement a alors été stoppé. L’IFE a informé la NRPA que la situation était sous contrôle le mardi soir.

 

Le lendemain de la notification, mercredi 26 octobre, la NRPA a choisi de procéder à une inspection surprise à l’IFE à leur siège à Kjeller étant donné la notification tardive et la gestion de l'incident. Au cours de cette inspection, il s’est révélé que l’évènement était encore en cours et qu'il y avait encore un rejet dans la salle du réacteur. Pour cette raison, la NRPA a décidé d’ordonner une inspection renforcée à l’IFE pour le suivi de la notification tardive, les informations manquantes et le traitement des conséquences de l'incident, y compris les efforts pour obtenir davantage de contrôle sur le rejet dû au combustible endommagé.

 

Dans le cadre du renforcement de l’inspection, un régime de communication plus serré entre l’IFE et la NRPA a été créé pour gérer l’évolution de la situation. L’IFE a fait quotidiennement état de la progression du travail, des mesures des émissions dans la salle du réacteur et dans l'environnement immédiat, et a planifié les futures tâches. Durant la période d'inspection, le personnel de la NRPA était présent à l’IFE de Halden pendant toutes les opérations dans la salle du réacteur. Dans le cadre de l'inspection renforcée, la NRPA a mené plusieurs entrevues avec le personnel de l'IFE qui était impliqué dans le traitement de l'incident. La plupart des entretiens ont eu lieu les 10 et 25 novembre 2016. En outre, la NRPA a organisé plusieurs vidéoconférences avec le personnel de l'IFE et leur direction. La NRPA a également obtenu des copies des données enregistrées concernant l’évènement.

 

Le 25 novembre 2016, une importante réunion d'inspection s’est tenue à Halden entre l'IFE et la NRPA. Ont participé à la réunion les représentants suivants de la NRPA et de l'IFE :
 

IFE:

Atle Valseth - Directeur de recherche NSF
Geir Mjønes - Directeur de département HBWR
Tord Walderhaug - Chef de la sûreté / surveillant de la radioprotection (Halden)
Kari Lyumer Moum - Chef de la section chimie
Pål Thowsen - Ingénieur principal du réacteur
Lise Moen - Physicienne principale du réacteur
Wolfgang Wiesenack - Directeur de recherche


NRPA:

Per Strand – Chef de service
Kristin Frogg - Directeur technique
Øyvind Gjølme Selnæs - Conseiller principal
Tonje Sekse - Conseiller principal

 

2. Règlements actuels

L’autorisation d'inspection renforcée a été notifiée le 25 octobre 2016 dans le cadre de l'inspection faite à l’improviste le même jour. L'inspection a été autorisée par la Loi sur l'énergie atomique § 13 sur l'inspection, et dans la Loi sur la lutte contre la pollution § 48, également sur l'inspection.

 

3. Contexte, portée et mise en œuvre

L'inspection a été décidée et lancée conjointement avec l'inspection surprise le 26 octobre 2016. Dans le cadre de l'inspection renforcée, la NRPA a eu un dialogue permanent avec l'IFE pendant la période de supervision et a mené plusieurs entrevues avec le personnel de l'IFE impliqué dans le traitement de l'incident. Le point central des entretiens était le rôle des personnes dans le processus de manutention du combustible endommagé, mais aussi la situation du réacteur. La NRPA a reçu des copies des journaux concernant cet incident et en lien avec cette inspection.
L'inspection renforcée s’est terminée le 2 décembre.

 

4. Impression générale

Précédemment, la NRPA, dans le cadre de l'inspection surprise du 26 octobre 2016, avait signalé les erreurs de défaut d’informations et de notification tardive de l'incident (Réf. Rapport d'inspection 13/2016). L'inspection renforcée implique la communication de l'IFE à la NRPA, et la gestion ultérieure de l'incident.


La NRPA a mené des entrevues et obtenu, dans le cadre de l'inspection, les rapports journaliers. Lors de la réunion d'inspection du 25 novembre 2016, l’IFE a reçu le journal d'urgence, les journaux de l'ingénieur du réacteur (de la salle de contrôle) et le journal de la chimie de l'eau pour la période considérée. En outre, l'IFE a ensuite transmis les journaux de contrôle de l'usine, « la ronde de nuit », les instructions quotidiennes et annonces de construction, et le document imprimé ProcSee montrant les signaux / tendances.


Le circuit de refroidissement primaire est une partie importante du système de sûreté du réacteur. Les valves qui régulent la circulation d'eau de refroidissement dans le circuit de refroidissement primaire dépendent de l'ouverture du circuit d’air de process. Lorsque, le mercredi 26 octobre, le système de ventilation de la salle du réacteur a été arrêté et que les valves ont été fermées, l'une des conséquences a été que le circuit d’air de process a été fermé. La circulation dans le circuit de refroidissement primaire a donc été suspendue. Le réacteur était à l’arrêt lorsque l'incident avec le combustible endommagé s'est produit le 24 octobre. Antérieurement, l'IFE avait informé qu'il se produisait des arrêts dans la circulation du circuit de refroidissement primaire pendant de plus longues périodes en liaison avec la maintenance et d'autres travaux pendant que le réacteur était hors service.

 

A partir du jeudi 27 octobre, la sûreté du réacteur a été un thème récurrent quotidien entre la NRPA et l'IFE, où la NRPA a remis en question plusieurs fois les opinions sur la sûreté du réacteur et la fermeture du circuit primaire de refroidissement. L'IFE a rapporté que la situation n'était pas inhabituelle et que le réacteur pouvait rester dans cet état pendant plusieurs semaines. Le mardi 1er novembre à 14h00, lors d’une réunion vidéo, la NRPA a réclamé une plus grande transparence et une meilleure traçabilité dans les évaluations de sûreté que celles qui avaient été faites et demandées, une meilleure documentation avec des déclarations signées des responsables opérationnels et des gestionnaires de la sûreté. Quelques heures plus tard, le soir même, la NRPA a reçu un message de l'IFE selon lequel le réacteur était "dans un état très spécial".

L'IFE a demandé à la NRPA la permission d'ouvrir les valves et de démarrer la circulation dans le circuit primaire dès que possible. La raison du message était des fluctuations de température dans la cuve du réacteur, l'indication d'une augmentation du flux de neutrons dans le cœur du réacteur et le danger de formation d'hydrogène. Pour la NRPA, c'est un message sérieux et une situation complètement différente de celle que l'IFE avait décrite quelques heures plus tôt. Ce message était correct, mais la NRPA a demandé pourquoi cela n'a pas été étudié plus tôt, à la fois en raison de la sécurité, mais aussi parce que l'autorité de réglementation l'avait demandé. L'IFE a reçu l'autorisation d'ouvrir les valves et de commencer la procédure de démarrage du circuit de refroidissement primaire et de procéder à l’éventage de l'air contaminé de la salle du réacteur. Malgré le fait qu’il y avait encore des émissions provenant du combustible endommagé, les rejets ont été toujours conformes aux limites d'émission autorisées.


La même nuit, l'IFE a appelé les physiciens du réacteur qui ont évalué la situation et ont constaté que les indications étaient probablement dues à l'impact sur les instruments qui n'étaient pas calibrés pour les conditions en cours dans la salle du réacteur. L’IFE a complété les mesures prévues, ouvert les valves et démarré le circuit de refroidissement primaire. La situation s’est alors stabilisée.


La NRPA prend la situation très au sérieux, bien consciente des manquements aux évaluations de sûreté et à la communication à la NRPA autour de la sûreté du réacteur dans les jours qui ont précédé la détection d’une augmentation du flux de neutron le 1er novembre à l'IFE. Le réacteur était alors, comme l'IFE l'a décrit, dans un « état très spécial », qui était à la fois inhabituel et non décrit dans le rapport de sûreté. Les instruments nucléaires n’étaient pas calibrés pour les conditions subies dans la salle du réacteur. Comme il a déjà été dit, il ne s'agissait pas non plus d'une situation normale ou décrite dans le rapport sur la sûreté.


La NRPA a observé que, lors des entretiens donnés par la suite, il y avait des explications quelque peu contradictoires et qu'il y avait encore une certaine confusion. La NRPA estime qu'il est important que tous les facteurs soient pris au sérieux, à la fois les échecs techniques et les procédures inadéquates. L’IFE doit se concentrer sur les efforts visant à améliorer la culture de sûreté de l'organisation et tenir compte des rapports d'erreurs des inspections précédentes.


Il est important de mentionner qu'après le 1er novembre, il y a eu une communication satisfaisante de l'IFE à la NRPA dans les travaux ultérieurs sur le traitement du combustible endommagé et la supervision en cours,

 

5. Éléments découverts durant l’inspection-déviation et remarques

 

5.1. Définitions

Déviation = non-conformité aux normes établies dans le cadre de la loi.

Remarques = conditions nécessaires à signaler mais non couvertes par la définition de déviation.
Commentaire = utilisé pour expliquer ou justifier des discordances ou des remarques.

 

5.2. Déviation

On a relevé 4 écarts :

1. L’IFE a donné des informations erronées à la NRPA le mardi 25 octobre 2016 quand l’annonce a été faite que la situation était maîtrisée. L’IFE a de nouveau donné des informations erronées à la NRPA à plusieurs reprises entre le 27 octobre et le 1er novembre, quand la question de la sûreté du réacteur était soulevée et que l’IFE déclarait que la situation n’avait rien d’inhabituel.
2. L’IFE n’a pas été capable de faire des évaluations satisfaisantes de la situation et des conséquences possibles pour la sûreté du réacteur et les systèmes de sécurité du hall du réacteur, bien que la chose ait été discutée à plusieurs reprises dans les communications avec la NPRA. Une nouvelle évaluation de la sûreté du réacteur et de la situation dans le hall du réacteur n’a été faite que quand la NRPA a exigé une documentation comportant les signatures des directeurs responsables des opérations et de la sûreté.

3. Suite à la fermeture des valves et l’arrêt du circuit de refroidissement primaire, le réacteur s’est retrouvé dans un état qui n’a pas été défini dans le rapport de sûreté (SAR). La NPRA pense que les conséquences possibles de la fermeture des valves, l’augmentation des niveaux de radioactivité et les fortes températures dans le hall du réacteur pour les instruments clé et les systèmes de sécurité n’ont pas été évalués de manière adéquate ou documentés en amont ni décrits dans le SAR.

4. Il est important que toutes les conditions soient prises sérieusement et que l’IFE continue ses efforts pour améliorer sa culture de sûreté dans l’organisation et le suivi des recommandations et la prise en compte des déviations des inspections précédentes. Le travail sur la sûreté et la culture de sûreté chez l’IFE ont fait l’objet d’inspections systémiques en 2014 (Cf. rapport d’incident 1/2014). La NRPA voit cet événement comme une déviation liée à la culture de sûreté (Cf. déviations signalées dans le rapport d’inspection 1/2014). Des progrès plus importants auraient dû être réalisés dans les efforts pour se conformer aux conclusions de la révision du système et du travail destiné à améliorer la culture de sûreté de l’organisation.

 

5.3. Remarque

Aucune remarque n’a été faite dans le cadre de l’inspection.

 

5.4 Autres conditions

Il n’y a pas d’autres conditions à rapporter.

 

6. Suivi après l'inspection

La NRPA prend cet incident et ce qui peut être vu comme un suivi inadéquat de la révision du système très au sérieux. Cela sera suivi par la NRPA. Il y a maintenant un contact étroit entre la NRPA et l'IFE. L'IFE doit effectuer plusieurs diagnostics et procédures de dépistage. La NRPA a reçu un rapport après l'incident le 2 décembre 2016 et recevra également des rapports supplémentaires. La NRPA utilisera ces rapports dans ses efforts pour assurer le suivi de l'IFE. La NRPA supervisera le premier trimestre de 2017 en mettant l'accent sur les procédures et le suivi après l'incident.


 

Meilleures salutations,


Per Strand, chef de service

et Tonje Sekse, conseiller principal

 

 

_________________

Mises à jour :

26/03/17 : ajout d'un lien et d'une illustration (dernière de l'article)

27/03/17 : ajout d'une info dans le paragraphe 4 et modification du paragraphe 8 (suppression de l'allusion à un accident de niveau 4)

28/03/17 : ajout d'un avertissement au lecteur en début d'article

29/03/17 : ajout d'un lien dans l'avertissement

30/03/17 : ajout de trois illustrations et de deux liens vers des présentations diffusées par la NRC et l'AIEA (en annexe)

07/04/17 : ajout de l'info et de l'analyse du communiqué de l'IRSN sur Halden et ajout du lien vers ce communiqué daté du 5 avril 2017 - paragraphe 2 : ajout du partenaire IRSN pour la France - ajout d'une illustration (plan du réacteur)

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 13:47

Fukushima : une catastrophe sans fin

 

Cécile Asanuma-Brice

 

Voici maintenant plus d’un siècle que nos pays modernisés se sont tournés vers la planification afin de penser un meilleur équilibre économique et démographique de leur territoire. Si tel fut le discours mis en avant pour en vanter les mérites, le résultat n’en reste pas moins décevant, si ce n’est nul. Le rééquilibrage régional n’a que relativement fonctionné, bien qu’artificiellement réactivé par quelques espoirs toujours déçus, et les campagnes ont continué à se vider de leurs activités humaines au profit des villes dont l’étalement s’épanche telle une tâche d’huile alimentée par les fuites du moteur de la société de consommation. Il en est de même au Japon, où les campagnes meurent lentement, où les villages abandonnés laissent leurs belles demeures de bois pourrir au gré des vents, au fil du temps. Fukushima n’avait pas échappé à ce rouleau compresseur d’un système économique sans indulgence, devenu l’ultime but de la production humaine alors qu’il aurait dû en être son serein soutien.

 

ISOTOPES. Ça n’est donc pas sans surprise que nous observons l’ardeur des organisations internationales, ainsi que celle du gouvernement japonais à vouloir à tout prix faire rentrer dans leur campagne en désuétude les populations réfugiées suite à l’accident nucléaire du 11 mars 2011. Plus de 6 années après l’explosion de la centrale, présents plus que jamais sur ce territoire rural perdu au milieu de nulle part, les membres de l’AIEA, du CEPN, de l’IRSN et autres UNSCEAR (1), se lancent dans "l’humanitaire" à la défense des paysans en péril, nous ventant les bienfaits de la résilience (2), les nuisances du refuge, les méfaits sanitaires du stress face au désastre, tout en affichant une attitude agnostique envers les résultats épidémiologiques qui voient pourtant croître à plus de 184 le nombre d’enfants de moins de 18 ans ayant dû être opérés d’un cancer de la thyroïde sur un échantillon limité de 270 500 personnes (3). Ce point, qu’il est devenu tabou d’évoquer dans les cercles scientifiques, est néanmoins fondamental, en ce qu’il est celui qui déterminera la nécessité des politiques de protection à mettre en œuvre, ou non, en cas d’accident. Si l’explosion d’une centrale nucléaire et la dispersion des isotopes qu’elle contient à travers monts et vallées n’est pas dangereuse pour la santé humaine et pour la vie dans son ensemble, alors pourquoi partir en cas d’explosion, pourquoi évacuer les populations dont on broie la vie communautaire, mais aussi à quoi bon dépenser tant d’argent à décontaminer, pourquoi avoir créer des centres de recherches spécifiques sur la radioprotection puisqu’il serait inutile de s’en protéger, et finalement pourquoi se servir de ces mêmes isotopes inoffensifs pour réaliser l’arme de destruction ultime que l’on brandit à la face du monde à chaque tension diplomatique ? Bref, nous devons rétablir de la cohérence dans nos discours et nos analyses. Si les habitants de Fukushima se sont réfugiés, ou ont été évacués (même si l’évacuation organisée par l’administration a été bien tardive) c’est qu’il y a un danger, réel, dont nous avons tous connaissance : scientifiques, militaires et citoyens (cette dernière catégorie comprenant les deux précédentes).

 

Ce danger serait néanmoins variable, bien que jamais nul, en fonction de la dose reçue. En outre, alors que les populations de toutes parts réclament une plus grande sécurité vis-à-vis du nucléaire, les seuils des doses dites admissibles par les autorités gestionnaires sont relevés, en toute discrétion, à chaque accident.

La réouverture progressive de la zone d’évacuation © Préfecture de Fukushima

La réouverture progressive de la zone d’évacuation © Préfecture de Fukushima

« Ai-je droit de mettre en jeu l’intégralité des intérêts des autres ? » (4)

 

Afin de permettre une marge d’acceptabilité toujours plus grande du risque, les institutions en charge de la gestion du nucléaire et de sa production ont élaboré un système de seuils dits "acceptables" pour l’être humain. Le tout est de réussir à appréhender, ainsi qu’à quantifier ce qui est de l’ordre de l’acceptable prenant en considération les aspects économiques, sociaux et sanitaires générés par une catastrophe nucléaire. On aurait pu croire que l’aspect sanitaire eut été déterminant, et que l’être humain accorderait plus d’attention, plus d’intérêt, à ce qui pourrait mettre sa santé en péril, mais à notre grande surprise, il n’en est rien. Ainsi, bien que les dernières études épidémiologiques telles Inworks (réalisée sur une cohorte de plus de 308 000 travailleurs de centrale nucléaire), ou encore le modèle LNT (Linear No-Threshold model, 2007, Université d’Ottawa) nous prouvent l’augmentation du risque de développement de maladies proportionnellement au niveau d’exposition aux irradiations, balayant de fait la pertinence d’une limite sécuritaire, des seuils sont encore fixés afin de permettre l’existence de l’exploitation de centrales nucléaires et de leurs désagréments: fuites et autres accidents potentiels augmentant le niveau de radioactivité environnant. C’est ainsi que l’on a vu le seuil de protection internationalement fixé à 1 mSv (pour la population hors travailleurs des centrales), passé, sans bruit, à 20 mSv dans les directives de l’union européenne en 2014, 3 ans après Fukushima. Il est par ailleurs indiqué dans ce même texte qu’un taux annuel allant jusqu’à 100 mSv est envisageable dans des conditions d’urgence (5), justifiant un niveau de 20 mSv/an en temps normal, en pleine contradiction avec les études menées sur la question.

 

Ce point est fondamental, en ce qu’il permet, entre autre, l’autorisation internationale de la réouverture d’une partie de la zone d’évacuation autour de la centrale de Fukushima à la fin du mois de mars 2017. Le but de cette démarche est d’élaborer un système de cogestion citoyenne des conséquences d’un accident afin de prouver que l’on est capable de surmonter une catastrophe nucléaire en sachant gérer la radioactivité présente, mais également de diminuer les coûts auparavant pris en charge par les entreprises gestionnaires des centrales. Pour autant, l’imposition d’une planification politique au retour à vivre dans les zones contaminées de Fukushima n’a pas le succès escompté et les désastres s’enchaînent tour à tour.

Mesure de la radioactivité d’un pin. Age : 100 ans, Hauteur : 15 m, prélevé en janvier 2016 à Iitate (Fukushima). Mesures effectuées par l’université d’Hiroshima. La mesure montre la concentration des isotopes dans le cœur des végétaux. © Documents ITO Nobu (centre de recherche sur la radioactivité à Iitate (IISORA).

Mesure de la radioactivité d’un pin. Age : 100 ans, Hauteur : 15 m, prélevé en janvier 2016 à Iitate (Fukushima). Mesures effectuées par l’université d’Hiroshima. La mesure montre la concentration des isotopes dans le cœur des végétaux. © Documents ITO Nobu (centre de recherche sur la radioactivité à Iitate (IISORA).

Les désastres annoncés se succèdent sans fin à Fukushima

 

Ce fut d’abord une politique de décontamination toute aussi drastique, coûteuse, qu’inefficace, qui a conduit à l’entrepôt de milliers de sacs contenant des tonnes de terre contaminée répartis sur plus de 115 000 sites dans la préfecture, principalement en bord de mer. Cette politique ayant rempli son seul rôle de regain de confiance citoyenne en démontrant que le gouvernement se préoccupait de la situation, et devenue ingérable par le volume occupé, s’est conclue par la décision de réutiliser les débris en deçà de 8 000 Bq/kg pour la construction des routes et autres travaux relatifs aux ponts et chaussées dans l’ensemble du pays. Cette stratégie s’est accompagnée d’une campagne de communication sur l’acceptation du risque pour inciter au retour en vue d’une "stabilisation" avant l’accueil des jeux Olympiques de 2020, avec notamment la construction d’un centre dans lequel on apprend aux habitants les différents modes de décontamination possibles via des maquettes ludiques, ou encore des visites organisées dans la centrale nucléaire endommagée pour les lycéens, sans protection mais armés de dosimètres.

Documentaire NHK « Je veux voir de mes propres yeux – Visite de la centrale par des lycéens de la région », 23 novembre 2016.

Documentaire NHK « Je veux voir de mes propres yeux – Visite de la centrale par des lycéens de la région », 23 novembre 2016.

La réouverture d’une partie de la zone d’évacuation conséquente entraîne automatiquement la fin des indemnités de logement accordées jusqu’alors aux réfugiés, ainsi que l’expulsion des habitants des cités de logements provisoires qui seront fermées. Des appartements dans des immeubles collectifs publics, dont ils devront assumer le loyer, leur ont parfois été proposés. La plupart des personnes âgées concernées, propriétaires de biens devenus inhabitables six ans après la catastrophe, sont pour la plupart dans l’incapacité de pouvoir assumer un loyer ainsi que la charge économique de la consommation de biens alimentaires qu’ils produisaient autrefois.

 

En outre, des psychologues, spécialisés dans les traumatismes psychologiques engendrés par des situations de désastres, dont le Professeur Tsujiuchi de l’université de Waseda, avait estimé, après une étude dont les résultats furent publiés début 2016, qu’un retour contraint sur une zone encore instable, dans laquelle les personnes réfugiées ont subi leur traumatisme, et alors que celles-ci sont atteintes, pour la plupart d’entre elles, de PTSD (Post Traumatic Stress Disorder), serait un nouveau drame, entraînant une vague de suicide notable.

 

La concrétisation de ces prévisions ne se fit pas attendre. Les communes rouvertes successivement à l’habitat accueillent quelques-uns des habitants qui ont opté pour le retour. La contamination très élevée, bien qu’irrégulière, a découragé la plupart des familles avec enfants au retour, celles-ci ayant recommencé leur vie ailleurs. Les habitants, en très faible nombre, souvent âgés, se trouvent dans une situation d’isolement qui devient vite insupportable, entraînant un état dépressif lourd, voir leur suicide (cf. reportage de la NHK en janvier 2017). Ces personnes sont confrontées à une différence trop grande entre l’espoir du retour longtemps maintenu par les discours sécurisants des autorités ou les politiques de décontamination, et la réalité du retour qui est toute autre (taux de radioactivité encore trop élevé, paysage dévasté par la décontamination et les sacs de terre, plus aucun habitant ni de communauté existante).

 

Iitate, des investissements pharaoniques pour une ville fantôme

 

Iitate est l’une des communes destinée à être rouverte à l’habitat le mois prochain. Malgré un investissement colossal de plus d’1 milliard 700 millions euros pour la reconstruction des divers équipements publics, la commune n’accueillera pas le nombre de résidents escompté. Un habitant du village d’Iitate déclarait le 19 février 2017, lors d’une conférence organisée à Fukushima par des chercheurs et les anciens habitants du village : « On nous dit qu’il n’y a pas de problème. Qu’il suffit de ne pas aller sur les “hot spots”. On ne peut ni aller en montagne, ni s'approcher des rivières, ne pas aller à droite ni à gauche... Comment voulez- vous que l'on vive ici ?!”. Un ancien membre du conseil communal, témoigne : « Nous avons déménagé il y a six ans maintenant. Pourquoi devrions-nous rentrer dans un village désert où l’environnement ne nous permet pas de vivre librement et en sécurité ? » (6).

Conférence sur le retour des habitants d’Iitate (Fukushima) 19.02.2017 © Cécile Brice

Conférence sur le retour des habitants d’Iitate (Fukushima) 19.02.2017 © Cécile Brice

Ces derniers mois ont vu un regain des séismes dans la région de Fukushima, au moment où la pénétration d’un robot scorpion dans l’enceinte a permis de confirmer la fonte du corium du réacteur visité qui s’est enfoncé dans les sous-sols. Cette instabilité ne fait que renforcer la population dans son jugement de ne pas céder à la politique du retour. Même si les habitants "captifs" ont développé des bases de données cartographiées de la radioactivité afin de mettre en place leur protection, les fantasmes des institutions internationales, qui rêvaient de cogestion des conséquences de l’accident nucléaire par les habitants auront montré leurs limites. On ne peut demander aux victimes d’un système imposé d’assumer la charge des accidents engendrés par ce système.

 

(Article édité le 14 mars dans Sciences et avenir)

 

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(1) AIEA : Agence Internationale de l’énergie atomique, CEPN : Centre d’étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, UNSCEAR : United Nation Scientific Comittee on the Effects of Atomic Radiation.

(2) Cf. Cécile Asanuma-Brice, « De la vulnérabilité à la résilience, réflexions sur la protection en cas de désastre extrême », Raison Publique, nov. 2015

(3) Selon les résultats de la commission sanitaire rendus officiels en février 2017.

(4) Hans Jonas, « Le principe de responsabilité » Champs essais, Flammarion, 2013, p.81.

(5) "Sans préjudice des niveaux de référence fixés pour les doses équivalentes, les niveaux de référence exprimés en dose efficace sont fixés dans l'intervalle de 1 à 20 mSv par an pour les situations d'exposition existantes et de 20 à 100 mSv (aiguë ou annuelle) pour les situations d'exposition d'urgence". II (Actes non législatifs). DIRECTIVE 2013/59/EURATOM du conseil du 5 décembre 2013 fixant les normes de base.

(6) Site de la commune

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En savoir plus sur les faibles doses
 
Conférence de presse du 15 mars 2017 au Foreign Correspondents Club of Japan avec Dr Cécile Asanuma-Brice, Pr. Keith Baverstock (université de Finlande) et Dr Shimizu Nanako de l'université d'Utsunomiya concernant la question des faibles doses et la réouverture de la zone d'évacuation autour de la centrale nucléaire de Fukushima.
Deux textes de recommandations sur ce même thème, signés par 14 scientifiques du monde entier, viennent d'être publiés dans la revue scientifique Kagaku (Science), également envoyés au gouvernement japonais ainsi qu' au préfet de Fukushima.

Plus d'infos sur la VIDEO (durée 1h, en anglais)

 

Cécile Asanuma-Brice informe qu’elle s’exprime sous sa casquette de Présidente de l’Association du CSRP ; elle annonce que les travaux du 6ème symposium (Nihonmatsu, du 7 au 10 octobre 2016) [qui réunissait, entre autres, des scientifiques indépendants mais aussi des « autorités » de Fukushima] ont débouché sur 2 « déclarations » :

  1. la « conclusion » du symposium, qu’elle lit aux journalistes [ici le texte en anglais, 6 pages]
  2. « the Nihonmatsu Déclaration on the Risks of Exposure to Low Doses of Ionizing Radiation » qui sera prochainement traduite en anglais

Ces déclarations ont de plus été publiées (en japonais) dans le N° de mars de la revue « Kagaku » (qui signifie « science » ajoute-t-elle).

 

Cécile Asanuma-Brice, au début de la video : « aujourd’hui la mémoire collective du Japon s’estompe or, on doit trouver des solutions pour les milliers de sinistrés… En 2016 le symposium a duré 4 jours, des scientifiques, épidémiologiques, biologistes ont débattu du sujet des « zones évacuées » sur la réponse qu’il convenait d’apporter à la question : est-il acceptable de réouvrir les zones évacuées ? D’un point de vue scientifique, la réponse est clairement NON ! Ils ont donc rédigé 2 textes de recommandations qui ont été publiés dans la revue [montrée à l’écran à 6.52’] Kagaku de mars 2017.

 

Fourteen independent experts from inside and outside of Japan participated at the 6th Citizen-Scientist International Symposium on Radiation Protection, held from October 7 to October 10, 2016, in Nihonmatsu, Fukushima prefecture, in order to present their latest research. Over three days, they exchanged opinions on the themes of “Epidemiology of low-dose radiation” and “Discourses, laws and ethics after the nuclear power plant accident.” They compiled their propositions in two recommendations text they signed, based on discussions they had during the symposium, but also on findings and numerous study reports published after Chernobyl and Fukushima.

 

(1) The first recommendation agreement, “Conclusion” of the 6th CSRP, take a critical look at risk communication currently conducted by the Japanese authorities, and listed up 6 recommendations deemed indispensable from the victims’ viewpoint.

(2) The second recommendation agreement, entitled “The Nihonmatsu Declaration on the Risks of Exposure to Low Doses of Ionizing Radiation,” uses the “linear non-threshold (LNT) model” based on the latest scientific findings demonstrating scientific impertinence and lack of political wisdom of the present return policy for the evacuees to areas below 20 millisievert per year.

 

The Japanese version of these two recommendation reports were published in the March 2016 issue of Science Magazine “Kagaku (Science),” and the electronic English version will be published on its special website soon).

CSRP will transmit these recommendations agreement to Minister of the Environment, Director General of Reconstruction Agency, Chairman of Nuclear Regulation Authority and the Governor of Fukushima Prefecture, and hold press conferences for Japanese journalists and foreign correspondents in Japan.

 

Tout est regroupé sous l’onglet « overview » : présentation, programme détaillé des 4 jours, intervenants (leur biographie s’obtient en cliquant sur leur portrait).

 

(infos Evelyne Genoulaz)

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Publié par Cécile Asanuma-Brice - dans Au Japon
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 20:44

Difficile d’être novateur sur le sujet de Fukushima. Aurait-on déjà tout dit depuis 6 ans que dure la catastrophe ? Eh bien non, avec le film de Linda Bendali, « De Paris à Fukushima, les secrets d’une catastrophe », le sujet de l’attitude de la France nucléaire au mois de mars 2011 n’avait jamais été abordé sous cet angle : alors que le Premier ministre japonais, Naoto Kan, confronté au feu nucléaire, devenait anti-nucléaire, le gouvernement Fillon lançait l’artillerie lourde pour contrer toute véhémence de débat sur ce sujet en France. Pour le ministre de l’industrie, Eric Besson, il s’agissait d’un incident. Nicolas Sarkozy s’invitait au Japon alors qu’on ne l’y attendait pas pour faire la promotion du nucléaire en pleine crise atomique. Et la France faisait semblant d’aider le Japon en envoyant des produits inutilisables ou dépassés. Donc un bon documentaire pointant des dysfonctionnements tant japonais que français que l’on peut revoir sur le compte Youtube de l'émission ci-dessous.

Cela dit, ce reportage a réveillé en moi une vieille colère, jamais vraiment éteinte depuis 1986, et vous n’échapperez donc pas aux commentaires que m'inspire ce reportage.

Pierre Fetet

 

Les mensonges de Tepco

 

Au début du documentaire, Tepco, champion du mensonge et du non-dit s’exprime par la voix de son porte-parole Yuichi Okamura : « Nous n’avions jamais imaginé qu’un tel accident puisse arriver. A partir des statistiques, nous avions calculé que le tsunami ne devait pas dépasser 5 mètres. Nos prévisions étaient dépassées.»

 

Il est contredit ensuite par la réalisatrice. Je remercie infiniment Linda Bendali d’avoir insisté sur le fait que le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur Fukushima a donné comme première conclusion que la catastrophe de Fukushima est d’origine humaine. Car peu de gens comprennent l’enchaînement des évènements et l’on entend trop souvent que « la catastrophe de Fukushima a été provoquée par le tsunami ». Or, la véritable chaîne logique a été celle-ci :

 

1) Irresponsabilité : Tepco décide de construire une centrale nucléaire au niveau de la mer.

 

2) Stupidité : Alors que sept tsunamis de 12 à 28 mètres de hauteur ont eu lieu au Japon au XXe siècle, les hommes décident de construire une digue de protection de 5 m.

 

3) Corruption : les organismes de sûreté nucléaire du Japon acceptent les dossiers de construction.

 

4) Evènement naturel : un tsunami de 15 m de hauteur s’abat sur la côte est de Honshu, et donc sur la centrale de Fukushima Daiichi.

 

 

L’IRSN fait sa pub

 

L’IRSN est toujours pris en exemple et soigne son image de marque. Normal, il est l’organisme officiel de référence. Pourtant j’ai déjà pris plusieurs fois cet institut en flagrant délit de mensonge : assurance que les évacués allaient revenir d’ici trois mois en 2011, assurance qu’il n’y avait pas eu de rejet de strontium et de plutonium au Japon, assurance qu’une centrale nucléaire ne peut pas exploser en France… On a encore eu droit à Thierry Charles dernièrement qui affirme savoir où est le corium alors que même Tepco ne le sait pas…

 

Dans le documentaire, le narrateur assure que « L’IRSN est le premier organisme au monde à annoncer que le cœur en fusion s’est échappé de son confinement ». Et effectivement on a l’impression, en écoutant Jacques Repussard, que son institut a communiqué sur ce sujet en mars 2011. Or six mois après le début de la catastrophe, l’IRSN était encore à écrire : « Il reste impossible de savoir si du combustible fondu a pu se relocaliser au fond des enceintes et dans quelle quantité. » (Communiqué du 25 août 2011). Pourtant, le gouvernement japonais avait déjà reçu un rapport de l’AIEA le 7 juin reconnaissant la possibilité de perforations dans les cuves des réacteurs 1 à 3…

 

Non, sérieusement. Tout d’abord, le premier organisme qui a annoncé la fusion des trois cœurs, c’est Tepco, le 24 mai 2011. Et l’IRSN l’a annoncé le lendemain. Auparavant, l’IRSN n’a jamais rien écrit d’autre, pour les réacteurs 1, 2 et 3, que « L’injection d’eau douce se poursuit. Le débit d’injection d’eau est ajusté afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement dénoyé. »

 

En 2011, la première personne qui a osé briser l’omerta du lobby nucléaire est Mishio Ishikawa, fondateur du JANTI (Japan Nuclear Technology Institute) : lors d’une émission télévisée japonaise, le 29 avril 2011, il a affirmé que les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Daiichi étaient fondus à 100%. C’est ça l’histoire, c’est comme ça que ça s’est passé. L’IRSN n’a jamais dit cela avant quiconque. L’IRSN a respecté l’omerta sur la fonte totale des trois cœurs comme tous les acteurs du monde nucléaire et a attendu docilement que Tepco annonce la réalité pour acquiescer, quoi qu’en dise Jacques Repussard six ans plus tard.

 

 

Le mythe Naoto Kan

 

L’image du Premier ministre du Japon d’alors est à nuancer. On a l’impression, après avoir vu le documentaire, que Naoto Kan est intervenu en héros. Or il faut admettre également qu’il a fait plusieurs erreurs :

 

- Naoto Kan est allé à la centrale de Fukushima Daiichi en pleine crise et a fortement dérangé la gestion en cours. Le directeur Masao Yoshida a été sommé de s’expliquer, et d’expliquer ce qu’il était en train de faire, faisant perdre un temps précieux à ceux qui essayaient de résoudre les problèmes un par un (C’était juste avant les explosions du n°2 et du n°4 !). Le documentaire laisse entendre que Masao Yoshida allait quitter la centrale avec tous les ouvriers, et que grâce à l’intervention de Kan, ils ont été obligés de rester. C’est faux. Tepco avait peut-être l’intention de quitter le navire, mais le directeur responsable de la centrale a démenti tout projet d’abandon du site.

 

- Le documentaire montre bien Naoto Kan qui s’agenouille devant Nicolas Sarkozy. Politesse ou pressions industrielles ? On ne sait pas pourquoi il n’a pas osé contrer le VRP du nucléaire français.

 

- Naoto Kan restera pour tous les habitants des zones évacuées celui qui a décidé de faire passer la norme de 1 à 20 mSv/an. D’un côté, il était prêt à faire évacuer Tokyo mais de l’autre il a fait subir à toute une région un taux d’irradiation très important. Quelque chose est bizarre dans ces attitudes opposées.

 

 

Le spectre de Tchernobyl

 

Pierre Pellerin, même disparu, fait encore des dégâts… Entre deux parties du documentaire, Frédéric Boisset, rédacteur en chef de Brainworks Press, présente l’histoire de Tchernobyl de cette manière : « En 1986, le nuage radioactif se répand sur toute l’Europe. Les autorités n’ont pas les moyens techniques pour mesurer les retombées, donner des consignes aux Français. Peut-on manger des fruits et des légumes ? Faut-il se calfeutrer ? C’est pour éviter ce type de ratage qu’on a créé cet institut [l’IRSN]. »

 

Or ce n’est pas une interview prise sur le vif, c’est un texte soigneusement préparé avant l’enregistrement. Frédéric Boisset soutient donc sans sourcilier que le SCPRI de 1986, un ancêtre de l’IRSN, n’avait pas les moyens d’alerter les Français des dangers de la radioactivité !  Quelle énormité ! En Allemagne, ils avaient les moyens d’interdire la vente des épinards et des salades, de confiner les élèves à l’intérieur mais pas en France. Frédéric Boisset nous refait le coup du nuage qui s’arrête à la frontière ? C’est invraisemblable qu’un journaliste perpétue la désinformation commencée en 1986.

 

Pourtant, l’IRSN, digne héritier de l'esprit du SCPRI, a fait ce communiqué le 15 mars 2011, jour où le nuage radioactif de Fukushima est arrivé à Tokyo : « Une légère élévation de la radioactivité ambiante à Tokyo est constatée par quelques mesures. Cette élévation n’est pas significative en termes d’impact radiologique. » Pierre Pellerin n’aurait pas dit mieux ! Dans le même temps, Olivier Isnard, expert de l’IRSN dépêché à Tokyo, préconisait le calfeutrage des locaux de l’ambassade de France. Heureusement, Philippe Faure, l’ambassadeur de France au Japon, communiquait autrement auprès de ses expatriés à 10 h : « Restez dans vos maisons, en veillant à les calfeutrer au maximum, cela protège efficacement contre les éléments radioactifs de faible intensité qui pourraient traverser Tokyo. » Mais à 20 h, il change de ton et reprend le discours officiel dicté par l’IRSN : « La situation reste à l’heure qu’il est tout à fait saine sur Tokyo. Une très légère hausse de radioactivité a été enregistrée. Elle ne présente aucun danger sur la santé humaine. » 100 Bq/m3 ne présenterait aucun danger pour la santé pour un nuage radioactif sortant directement d’un réacteur nucléaire ? Je ne suis pas plus rassuré qu’en 1986 malheureusement. La Criirad non plus, qui publiait le 14 mars 2011 ce communiqué : "Alertes nucléaires au Japon"
 

 

Le tabou de l'explosion de vapeur

 

Une dernière tromperie. L’IRSN a trafiqué la traduction des paroles de Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi. Juste après l’explosion de l’unité 3, celui-ci, affolé, appelle le quartier général pour l’informer de la situation. Tepco a livré cet enregistrement et l’IRSN l’a diffusé dans une vidéo en 2013.  Je ne connais pas le japonais mais j’ai des amis japonais qui m’ont assuré de la traduction de ses paroles. Je vous donne donc les deux versions, celle de mes amis et celle de l’IRSN. Les japanophones pourront vérifier d'eux-mêmes.

 

Version TV japonaise

https://youtu.be/OWCLXjEdwJM?t=7m38s

7:38 – 7:48

Version IRSN

https://youtu.be/tjEHCGUx9JQ?t=52m52s

52:56 – 53:06

  • QG ! QG !
  • Oui, ici le QG.
  • QG ! QG ! C’est affreux ! L’unité 3 a explosé maintenant. Je pense que c’est probablement la vapeur.
  • QG, estce que vous m’entendez ? On a un problème. Écoutez-moi s’il vous plait.
  • QG ! QG ! C’est terrible ! On a eu un problème sur le site n°3 !

 

 

Le documentaire donne une autre version : « QG, QG, c'est terrible ! C'est très grave ! - Oui, ici le QG. - Il semble qu'il y a eu une explosion sur le réacteur 3 qui ressemble à une explosion d'hydrogène ». Qui a soufflé ce texte aux journalistes ? Pourtant "Yoshida dit bien « suijôki » (vapeur) et non « suiso » (hydrogène). La traduction de l’IRSN censure donc l’hypothèse émise par le directeur de la centrale : l’explosion de vapeur. C’est normal, c’est la version officielle du gouvernement japonais et l’IRSN ne peut pas aller contre.

 

L’explosion de vapeur est un sujet tabou des communicants du nucléaire. Les experts en parlent entre eux, réalisent des études, des thèses, mais n’en parlent jamais au public car le sujet de l’explosion d’une centrale nucléaire est trop anxiogène. Si jamais on apprenait qu’une explosion de vapeur était arrivée à Fukushima, cela mettrait à mal l’image du nucléaire mondial. En France, le lobby politico-industriel a misé sa communication sur la maîtrise de l’hydrogène : toutes les centrales françaises ont des recombineurs d’hydrogène pour éviter les explosions d’hydrogène. Mais contre une explosion de vapeur, il n’y a rien à faire. Quand la cuve de confinement est pleine d’eau et que le corium à 3000°C tombe dedans, ça fait boum, que l’on soit au Japon ou en France, que ce soit un réacteur à eau bouillante ou un réacteur à eau pressurisée.

 

 

______________________

 

En savoir plus sur le documentaire

 

Fukushima : la bataille de la France au nom de l’atome (Libération, Arnaud Vaulerin)

Fukushima : histoire d'une panique française (Téléobs, Arnaud Gonzague)

 

 

(dernière mise à jour 21/02/17)

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Illustration d'entête : évocation des fuites du réacteur 1 de Fukushima Daiichi (capture de l'animation du documentaire)

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 01:07

Les investigations menées par Tepco fin janvier 2017 ont permis de visualiser une partie de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur 2 de Fukushima Daiichi. A cette occasion, Tepco a fait semblant de s’étonner de deux choses pourtant très prévisibles : 1) le corium a pu faire un trou dans une plateforme métallique située juste en dessous de la cuve du réacteur. 2) l’endroit est excessivement radioactif : 530 Sieverts/h (dose létale quasi immédiate), mesure de radioactivité la plus haute jusqu’à présent révélée par Tepco.

(Mises à jour régulières en bas de page)

Le trou d’un mètre de côté observé le 30 janvier (photo Tepco)

Le trou d’un mètre de côté observé le 30 janvier (photo Tepco)

Cette découverte a été rendue possible grâce à une caméra conduite à distance. Ce n’est pas la première fois que Tepco fait des recherches dans l’enceinte de confinement du réacteur 2, mais les images obtenues jusqu’alors n’étaient pas aussi explicites.

Ouvriers à l’action dans le BR2 (photo Tepco)

Ouvriers à l’action dans le BR2 (photo Tepco)

Situation de la cavité explorée (document Tepco)

Situation de la cavité explorée (document Tepco)

Aire d’investigation (Illustrations d’après des documents Tepco)
Aire d’investigation (Illustrations d’après des documents Tepco)

Aire d’investigation (Illustrations d’après des documents Tepco)

Les employés de Tepco ont utilisé un accès existant destiné au remplacement des barres de contrôle qui ne peut se faire que par le bas. Pour cela, une ouverture est aménagée dans l’enceinte de confinement suivie d’une passerelle qui permet d’accéder à la cavité située juste en dessous de la cuve. A cet endroit, les systèmes de commande des barres peuvent être vérifiés lors des visites d’entretien et les barres de contrôle peuvent être remplacées si besoin. Voici par exemple une photo d’une inspection du dessous de cuve du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, le 8 février 2012.  

Les barres de contrôle sous le réacteur 4 de Fukushima Daini (Reuters/Kyodo)

Les barres de contrôle sous le réacteur 4 de Fukushima Daini (Reuters/Kyodo)

Ces barres sont nécessaires au bon fonctionnement du réacteur car elles permettent de réguler sa puissance. Le 11 mars 2011, les barres sont remontées automatiquement dans les réacteurs de Daiichi et ont stoppé la réaction en chaîne.

 

Aujourd’hui au réacteur 2 de Fukushima Daiichi, le paysage du dessous de cuve est tout autre, voilà ce qu’on peut en voir :

Commandes des barres de contrôle du réacteur 2 de Fukushima Daiichi (photo Tepco)

Commandes des barres de contrôle du réacteur 2 de Fukushima Daiichi (photo Tepco)

A partir d’un montage de Tepco, le site Simply Info a évalué l’emplacement du trou dans la grille ("HOLE" sur l’illustration ci-dessous).

Illustration Simply Info

Illustration Simply Info

Tepco a également fourni un plan de la plateforme avec la situation du trou :

Illustration Tepco

Illustration Tepco

Aire d’investigation et évocation des dégâts (Illustration Asahi Shimbun)

Aire d’investigation et évocation des dégâts (Illustration Asahi Shimbun)

Le caillebotis est recouvert de morceaux de matière noire qui pourrait bien être du corium solidifié. Le trou dans la plateforme, juste sous la cuve, évoque le passage du corium. Ayant pu chauffer à l’intérieur de la cuve jusqu’à 2 à 3000°C, celui-ci a facilement pu faire fondre les barres de contrôle et comme le fond de cuve est percé de multiples trous (voir photos ci-dessous), le magma radioactif n’a pas eu de mal à traverser la passoire.

Ces trous servent à faire coulisser les barres de contrôle qui sont situées sous la cuve. C'est un vieux système des réacteurs Mark-I ou Mark-II, conçus par General Electric, qui a démontré sa grande faiblesse. Aujourd'hui, il existe encore beaucoup de centrales nucléaires qui l'utiisent, notamment aux Etats-Unis. En France, le système est différent, il est actionné par le haut.

Les fonds de cuve des réacteurs de Fukushima Daiichi sont des passoires (97 trous pour le n°1, 137 pour les réacteurs 2, 3, 4, 5 et 185 pour le réacteur n°6)
Les fonds de cuve des réacteurs de Fukushima Daiichi sont des passoires (97 trous pour le n°1, 137 pour les réacteurs 2, 3, 4, 5 et 185 pour le réacteur n°6)

Les fonds de cuve des réacteurs de Fukushima Daiichi sont des passoires (97 trous pour le n°1, 137 pour les réacteurs 2, 3, 4, 5 et 185 pour le réacteur n°6)

On peut facilement imaginer, puisque trou il y a, que le corium est tombé sur le caillebotis, l’a rendu mou à cause de la chaleur et l’a déformé jusqu’à percement à cause de sa densité 20 fois plus importante que celle de l’eau. La suite logique est qu’il est tombé dans le fond de l’enceinte de confinement. Là, l’interaction corium-béton, bien connue des spécialistes, a fait disparaître le béton petit à petit. On ne connaît pas la profondeur du trou – n’ayez crainte Tepco nous l’annoncera un jour – mais peu importe, le mal est fait depuis 6 ans déjà et la pollution est permanente à cause de l’eau. L’investigation du 26 mars 2012 nous avait appris qu’il y avait 60 cm d’eau au fond de l’enceinte à une température d’environ 50°C, malgré un apport de plus de 100 m3/jour.  Le corium est donc bien proche et l’eau extrêmement contaminée file dans les sous-sols et la nappe phréatique. Le corium n’a pas besoin de s’être enfoncé dans le sol pour polluer la nappe phréatique et l’océan Pacifique.

De fait, les niveaux de pollution de la nappe phréatique en aval du réacteur 2 ont toujours été gigantesques. Les dernières données de Tepco relevées par le site Fukushima Diary montraient des niveaux importants en strontium 90 pour des échantillons pris non loin du réacteur 2, côté mer : puits 1-06 : 750 000 Bq/L, puits 1-14 : 54 000 Bq/L, puits 1-16 : 200 000 Bq/L (5 février 2016). Et il faut se souvenir que Tepco a avoué durant l’été 2013 que 300 m3 d’eau contaminée allaient directement des sous-sols de la centrale à l’océan Pacifique chaque jour.

 

Une partie du corium du réacteur 2 a pu aussi se déverser dans la piscine torique. On en retrouvera partout assurément. Il faut se souvenir du corium de Tchernobyl qui se trouve encore, 30 ans après les faits, réparti sur plusieurs niveaux de la centrale ukrainienne.

Répartition du corium de Tchernobyl. Aucun démantèlement depuis trente ans.

Répartition du corium de Tchernobyl. Aucun démantèlement depuis trente ans.

A Fukushima Daiichi, Hiroshi Miyano, professeur à l'Université Hosei et président de la commission d'étude pour le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, a déclaré que « Le niveau extrêmement élevé de radiations mesuré à un endroit, s'il est exact, peut indiquer que le combustible n'est pas loin et qu'il n'est pas recouvert d'eau ».

Mais les plus de 500 Sv/h relevés sous la cuve et le trou dans la grille risquent fort d’empêcher Tepco de poursuivre ses investigations comme il l’avait prévu. En effet, le petit robot qu’ils comptaient envoyer en éclaireur devait passer sur cette grille. Or il n’a pas été conçu pour rencontrer des débris collés à la grille ou des trous. Il était prévu également pour mener une mission de 10 heures (la dernière investigation avait donné une radioactivité de 73 Sv/h). La radioactivité ambiante réactualisée le rendra inutilisable probablement au bout d’une ou deux heures seulement.

Le robot que Tepco compte utiliser pour les explorations futures

Le robot que Tepco compte utiliser pour les explorations futures

Pour mémoire, le réacteur 2 de Fukushima Daiichi a subi une explosion, sans doute au niveau de la piscine torique, le 15 mars 2011 vers 6h10. A partir de cette date, une énorme quantité de radioactivité s’est échappée de ce réacteur qui, malgré ses murs extérieurs intacts, rejetait un panache de vapeur permanent par le trou du panneau d’évent (déjà ouvert le 13 mars 2011).

Panache de vapeur visible le 23 mars 2011

Panache de vapeur visible le 23 mars 2011

Trou du panneau d’évent du BR2 (façade est)

Trou du panneau d’évent du BR2 (façade est)

Cette radioactivité venait soit directement du puits de cuve, à la verticale du réacteur, comme le montre cette photo gamma (880 mSv/h en juin 2013) (ce qui prouve au passage que le couvercle de la cuve n'est plus étanche),

L’intérieur du réacteur 2 (d’après une photo gamma Tepco)

L’intérieur du réacteur 2 (d’après une photo gamma Tepco)

soit par une cheminée de ventilation provenant du sous-sol, qui est bien visible sur la photo ci-dessous (angle nord-ouest du bâtiment-réacteur).

Cheminée de ventilation du réacteur 2 (photo Tepco)

Cheminée de ventilation du réacteur 2 (photo Tepco)

On n’a donc pas fini de parler de Fukushima. Tepco compte sur 40 ans pour démanteler le site, mais il est probable que dans plusieurs siècles on en parle encore.

 

Pierre Fetet

 

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Documents de synthèse de Tepco

2 février :

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170202_01-e.pdf

30 janvier :

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170130_02-e.pdf

26 janvier :

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170126_01-e.pdf

Vidéo du 26 janvier 2017

http://www.tepco.co.jp/en/news/library/archive-e.html?video_uuid=udr1gg5z&catid=61785

 

 

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Mise à jour (08/02/17)

 

Tepco a donné plus d'informations sur la localisation de la mesure de 530 Sv/h (qui d'ailleurs n'est qu'une estimation faite à partir de la caméra avec marge d'erreur de 30%).

Voici le nouveau schéma diffusé par l'opérateur qui montre l'endroit précis (point n°2) où l'estimation de 530 Sv/h a été faite, suivi de la photo reconstituée de l'endroit :

Schéma de localisation des mesures (merci à Masaichi Shiozaki pour la traduction !)

Schéma de localisation des mesures (merci à Masaichi Shiozaki pour la traduction !)

Partie de la passerelle où a été observée une masse de métal fondu très radioactif selon l'estimation (530 Sv/h)

Partie de la passerelle où a été observée une masse de métal fondu très radioactif selon l'estimation (530 Sv/h)

Si la masse fondue est du corium, on s'explique mal comment il a pu arriver à cet endroit. On observe également qu'il n'y a "que" 20 Sv/h sous la cuve (à l'entrée du socle), alors que l'on se rapproche du trou dans la plateforme. Les investigations futures dans ce secteur devront essayer de répondre à ces problématiques. Dernière remarque relevée par Masaichi Shiozaki : Tepco précise qu'au moment de l'arrêt du réacteur 2, donc en 2011, le débit de dose pour les assemblages de combustible était de plusieurs dizaines de milliers de Sv/h. Tepco nous habitue progressivement aux grands nombres. Plus on se rapprochera du corium, plus on mesurera une haute radioactivité. Ce qu'il ne faut pas confondre avec une augmentation de la radioactivité.

 

Source des deux dernières illustrations :

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/handouts/2017/images1/handouts_170206_05-j.pdf

 

 

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Mise à jour (09/02/17)

 

Selon Kyodo News, lors du nettoyage de la passerelle avec un jet d'eau à haute pression, l'image transmise par la caméra est devenue sombre. Bref, la caméra a grillé. Tepco a relevé une radioactivité de 650 Sieverts par heure, soit 120 Sieverts de plus que la dernière mesure communiquée fin janvier. De ce fait, l'opération a été interrompue. Cela ralentit (voire compromet ?) la poursuite des investigations. La passerelle doit en effet être dégagée de tout débris pour laisser passer le petit robot prospecteur Scorpion, censé supporter une radioactivité de 1000 Sv/h.

(Source : http://english.kyodonews.jp/news/2017/02/457859.html)

 

Selon Tepco, les "sédiments" (peut-être des fragments de corium) ont été détachés sur un mètre (sur les 5 mètres planifiés). Car plus on approche du socle de la cuve, plus la couche est épaisse et difficile à décoller.

 

Localisation du nettoyage (Extrait du rapport de Tepco du 9 février 2017)

Localisation du nettoyage (Extrait du rapport de Tepco du 9 février 2017)

La vidéo du décapage des "sédiments" est visible à cette adresse :

http://www.tepco.co.jp/tepconews/library/archive-j.html?video_uuid=x9n765q1&catid=69619

 

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Mise à jour (15/02/17)

 

Tepco continue de communiquer des infos sur les investigations du réacteur 2.

La photo reconstituée montre que la plateforme comporte au moins 3 trous et qu'elle est déformée par endroit.

Vue globale de la plateforme (photo Tepco)

Vue globale de la plateforme (photo Tepco)

Plan de la plateforme. Les parties rouges sont manquantes.

Plan de la plateforme. Les parties rouges sont manquantes.

Le plan de la plateforme ne montre que deux trous. La photo commentée en montre un troisième du côté sud du réacteur non représenté sur le plan. On peut en déduire que le corium a fui par plusieurs trous depuis le fond de la cuve.

Le corium, en toute logique, doit se trouver en dessous, en fond de cuve de confinement, ou encore plus bas s'il y a eu une interaction corium-béton. Pour en savoir plus, le robot Scorpion devra s'approcher d'un trou et diriger sa caméra vers le fond de l'enceinte.

Source : http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/handouts/2017/images1/handouts_170215_08-j.pdf

 

 

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Mise à jour (16/02/17)

 

Le robot Scorpion est entré dans l'enceinte de confinement et s'est avancé sur la passerelle jusqu'à la plateforme sous la cuve, mais sans pouvoir aller plus loin car une chenille ne fonctionnait plus.

Le robot Scorpion avançant sur la passerelle

Le robot Scorpion avançant sur la passerelle

Ouverture du socle (photo Tepco)

Ouverture du socle (photo Tepco)

A trois mètres du socle, le robot a relevé 210 Sv/h et 16,5°C.

Extrait du rapport de Tepco

Extrait du rapport de Tepco

Vidéo de l'exploration visible ici :

http://www.tepco.co.jp/en/news/library/archive-e.html?video_uuid=ptc4lm8y&catid=61785

 

Rapport Tepco du 16/02/17 : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170216_01-e.pdf

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Mise à jour (25/02/17)

 

Tepco diffuse à nouveau cette image du dessous du réacteur 2 avec les barres de contrôle.

Barres de contrôle sous la cuve du réacteur 2 (photo Tepco)

Barres de contrôle sous la cuve du réacteur 2 (photo Tepco)

Il diffuse aussi une nouvelle image de l'état de la passerelle avec ses trous.

Plateforme sous la cuve du BR2 (photo Tepco)

Plateforme sous la cuve du BR2 (photo Tepco)

Tepco diffuse également un rapport, mais uniquement en japonais.

Celui-ci envisage une autre mission robotique d'exploration du réacteur 2.

Toujours par le même conduit, un robot de même type que le précédent (assez fin pour passer dans un tuyau) sera envoyé sur une passerelle qui se situe autour du socle de la cuve. Après avoir fait la moitié du tour du socle, le robot laissera pendre une caméra et un dosimètre pour voir l'état de la base de l'enceinte de confinement à côté du socle. A cet endroit, on devrait également apercevoir une ouverture d'accès au dessous de la cuve du réacteur, là où en toute logique, le corium est tombé.

 

Chose très rare pour Tepco, une flaque de corium est représentée sortant par cette ouverture. Manifestement, Tepco s'attend à en trouver sur tout le fond.

 

A droite, corium apparaissant sous forme de flaque bleue (schéma Tepco-IRID : 燃料デブリの広がり(イメージ)

A droite, corium apparaissant sous forme de flaque bleue (schéma Tepco-IRID : 燃料デブリの広がり(イメージ)

Reconstitution de la passerelle autour du socle (photo Tepco)

Reconstitution de la passerelle autour du socle (photo Tepco)

Adresse du rapport complet (en japonais)

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/roadmap/2017/images1/d170223_08-j.pdf

Le site du Mainichi a mis en ligne aujourd'hui des photos de l'intérieur du réacteur 5 de Fukushima Daiichi. Ces photos sont très intéressantes car elles permettent de voir en net ce que le robot voit en flou dans le réacteur 2.

La passerelle d'accès aux barres de contrôle du réacteur 5 (photo Mainichi)

La passerelle d'accès aux barres de contrôle du réacteur 5 (photo Mainichi)

La plateforme sous la cuve du réacteur 5 (photo Mainichi)

La plateforme sous la cuve du réacteur 5 (photo Mainichi)

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 21:51

Texte de de HORI Yasuo du 30 novembre 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

Texte original en espéranto

Le 30 novembre a eu lieu la fête de Zamenhof (événement en l'honneur de l'inventeur de l'espéranto) organisée par le Cercle de Mai dans la station thermale d'Īzaka dans la ville de Fukushima. Profitant de cette occasion, j'ai visité la ville de Fukushima et le mont Shinobu qui s'y trouve.

 

 

Comment on nettoie l'environnement dans les villes autour de la centrale nucléaire n°1 endommagée de Fukushima


     A trois minutes de marche de la gare de Fukushima se trouve ce qui s'appelle la "Plaza pour obtenir des informations sur le nettoyage" (http://josen-plaza.env.go.jp/). Dans cette Plaza, on distribue diverses informations sur la radioactivité et le nettoyage, donc, lorsque je vais à Fukushima, j'ai l'habitude de m'y rendre. Cependant, je n'ai jamais vu de visiteurs dans ce bureau et chaque fois deux ou trois préposés m'attendaient avec une expression ennuyée. Ce jour-là aussi, la situation était identique.

 

  Je m'intéresse à l'état du nettoyage dans les villes autour de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima. Sur les tableaux blancs on pouvait lire l'état actuel dans ces villes,  par exemple celui-ci :

 

Villes

Transports de déchets

dans le lieu de stockage provisoire

Nombre d'ouvriers

Progression du travail de nettoyage

Minami-Sōma

transporté

4100

Maisons 100%, Forêts 100%, Champs 100%, Routes 100%

Ītate

transporté

1400

Maisons 100%, Forêts  99.8%, Champs  99%, Routes  95%

Namie

transporté

2300

Maisons 92%, Forêts 96%, Champs 96%, Routes 87%

Ōkuma

transporté

590

Maisons 100%, Forêts 100%, Champs  100%, Routes 100%

Tomioka

transporté

1200

Maisons 100%, Forêts 100%, Champs  99.9%, Routes 99%

 

 

  La centrale nucléaire n°1 est implantée dans les villes d'Ōkuma et Futaba. Namie et Tomioka sont des villes voisines, et Ītate est situé un peu loin de la centrale, mais le nuage nucléaire a flotté vers ce village et l'a fortement contaminé. Dans ces 5 villes et village, les gens ne sont pas autorisés à vivre, mais 9590 personnes en tout y travaillent pour nettoyer la terre. La moitié d'entre eux sont des habitants de Fukushima, l'autre moitié vient d'autres départements pour gagner un salaire.

 

 

       Selon les informations ci-dessus, presque tous les sites sont déjà nettoyés, mais ici "forêts" signifie "lisière de forêt dans un rayon de 20 mètres autour des maisons." On ne peut pas nettoyer de très vastes forêts, on a donc décidé de nettoyer juste quelques arbres autour des maisons afin que les habitants puissent vivre dans leur propre maison. Par conséquent, presque toutes les forêts sont encore si radioactives qu'on ne peut y prendre du bois pour cultiver des champignons, ni y cueillir des herbes et champignons comestibles. En outre, l'eau de pluie provenant des forêts peut à nouveau contaminer le sol où sont installées les maisons. 

 

    On va construire à présent, on construit, et on a déjà achevé une petite partie de "l'avant-dernier stockage  de déchets" ( On construira le stockage final dans 30 ans en dehors du département de Fukushima, et c'est là qu'iront ces déchets, mais personne n'y croit), or de nombreux propriétaires de terrain ne sont pas d'accord pour la vente ou le prêt de leurs terrains à l'État, si bien que la construction est très lente. Selon le tableau, on transporte maintenant les déchets de ces villes dans le lieu de stockage, mais je suppose que la quantité en est très faible. La plupart des déchets se trouvent encore dans ces villes.

 

      Sur les tableaux sont écrits les noms des entreprises qui font ces travaux. Toutes sont de grandes compagnies. Certes, elles en tirent un grand bénéfice, ainsi que de la construction de barrages anti-tsunamis le long de la côte de la région de Tōhoku. Nombreux sont ceux qui souffrent des suites du tsunami et de l'accident nucléaire, mais à l'inverse, ces entreprises rient sous cape de l'immense profit engendré, et je les soupçonne d'espérer que reviennent tsunami et accident nucléaire.

 

 

Efforts pour la sécurisation des productions


Encore beaucoup de gens pensent que les produits de Fukushima ne sont pas sûrs, c'est pourquoi le département de Fukushima essaye de dissiper cette mauvaise réputation auprès des gens. Pour cette raison, on fait différents efforts; par exemple, pour le riz on effectue ceci :

   1. le nettoyage des champs par retournement de la terre de sous-couche pour la mettre en surface, labourage plus profond, grattage de la terre de surface

   2. la prévention de l'absorption de césium radioactif dans le riz par épandage de grandes quantités de potasse dans les champs, car, lorsque la terre manque de potassium, le riz absorbe davantage de césium.

   3. l'examen de tous les sacs de riz. La norme maximale de radioactivité autorisée dans les productions est de 100 becquerels / kg. On examine tous les sacs de riz, et seuls les sacs en dessous de cette norme reçoivent l'étiquette "contrôlé" et pourront aller sur le marché. En 2014, 10.968.811 sacs ont été examinés, dont aucun ne dépassait la norme. 

 

  Pareillement les fruits, les légumes, le poisson et la viande sont contrôlés puis envoyés sur le marché. Sur la base de ces efforts, le département de Fukushima explique  que les productions de Fukushima sont les plus sûres du Japon, mais la sécurité et la paix appartiennent à d'autres catégories. Même si on comprend "la sécurité" dans sa tête, dans son coeur on ne peut pas l'accepter, car maintenant encore les productions de Fukushima ne sont achetées qu'après d'âpres marchandages et les agriculteurs se lamentent.

 

 

Au pied du mont Shinobu côté sud


Le pied du mont Shinobu côté sud était un lieu de prédilection pour les habitants. Beaucoup s'y promenaient, mais depuis l'accident nucléaire seulement quelques personnes courageuses y vont. Il est très proche de la gare de Fukushima. J'ai emprunté un vélo gratuit à la gare et je m'y suis rendu.

 

Au pied de la montagne se trouve le Musée Départemental de l'Art. Entre le musée et la montagne il y a un petit ruisseau. A un endroit, il y a 3 ans, c'était contaminé à 12 microsieverts par heure (la norme maximale est de 0,23). L'an dernier, le nombre était tombé en dessous de 10. Le ruisseau à présent était plein de feuilles mortes. J'ai mesuré sur les feuilles et le chiffre a affiché environ 6 microsieverts. Le chiffre cette fois a diminué de moitié, mais cet endroit est encore trop pollué pour être habitable.

   Le pied sud de la montagne était un endroit très agréable pour les habitants, car ils pouvaient profiter d'un beau panorama en direction du mont Azuma-yama, symbole du département. Mais maintenant, à côté de toutes les maisons, on voit des sacs verts contenant de la terre polluée. J'ai mesuré la radioactivité sur ces sacs. Les chiffres étaient d'environ 0,15 donc ici c'est habitable, mais les gens ne veulent pas vivre entourés de sacs verts. Beaucoup de maisons étaient vides. Lorsque cet "avant-dernier lieu de stockage" sera terminé dans Ōkuma et Futaba, ces sacs verts y seront dirigés, mais nous ne savons pas quand cela aura lieu.

Autour du Mont Shinobu dans la ville de Fukushima

   Je me suis dirigé ensuite vers l'ouest en longeant la montagne. Il s'y trouve un centre des impôts municipal et national, et à proximité une station émettrice de télévision. Dans ce lieu il y a un énorme stockage temporaire de déchets. Peut-être y avait-il là un parking auparavant.

Autour du Mont Shinobu dans la ville de Fukushima

A côté du stockage se trouve un dosimètre avec l'information suivante:

Cet entrepôt provisoire est une installation pour préserver temporairement et en toute sécurité la terre polluée etc., avant qu'elle soit transportée vers "l'avant-dernier stockage". A cet effet, l'installation est construite pour contenir les déchets nucléaires, empêcher la radioactivité de se répandre, observer les déchets et tenir les gens à distance.
Afin de maintenir le lieu de stockage sûr et rassurant, nous mesurons la radioactivité chaque semaine et l'eau souterraine chaque mois.
Afin de ne pas endommager le beau paysage du mont Shinobu, nous avons couvert la terre polluée avec une bâche de plastique vert.

Explications tout à fait ridicules ! Le lieu de stockage s'est rapproché des habitants et les inquiète. Est-ce que la couverture verte s'harmonise avec la montagne verte ? Nous ne savons pas quand ce monticule sera transféré à "l'avant-dernier stockage" que l'on construit à côté de la centrale nucléaire endommagée. Certes, beaucoup craignent que le monticule vert ne se dresse ici à jamais.

 

 

A côté de ce monticule se trouvent des maisons provisoires pour les réfugiés de la ville de Namie. Ils sont partis de leur ville parce qu'il y a là-bas une radioactivité forte mais invisible, or maintenant ils logent face à une radioactivité visible. Sur quelques fenêtres pendaient des kakis. C'est là un paysage d'automne symbolique du Japon, mais comme ils pendent tristement ici !

Autour du Mont Shinobu dans la ville de Fukushima

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Publié par Ginette Martin - dans Textes de HORI Yasuo
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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 07:02

Texte de de HORI Yasuo du 17 novembre 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

L'Asie nucléaire (source openstreetmap)

L'Asie nucléaire (source openstreetmap)

Article original en espéranto

Le Vietnam a retardé la construction de réacteurs nucléaires


Le 6 novembre, on a appris que le Parti communiste du Vietnam avait demandé au gouvernement de retarder la construction des réacteurs nucléaires, car c'est très difficile de dépenser autant d'argent pour cette installation. 

 

En 2010, le Japon a réussi à obtenir une commande de deux réacteurs nucléaires au Vietnam, mais à cause de cette dernière décision, la construction pourra être reportée à beaucoup plus tard, alors ce sera un grave revers pour le Premier ministre japonais Abe, qui a l'intention d'exporter le plus possible de réacteurs japonais à l'étranger pour la prospérité de l'économie japonaise.

 

Au Vietnam, en mars de cette année, le gouvernement a publié que le premier réacteur commencerait à fonctionner en 2028, mais plusieurs des membres du conseil d'administration nouvellement élus craignent une détérioration de la situation financière du pays en raison de cette construction et craignent aussi le danger de l'énergie nucléaire. Cependant, le responsable du ministère de l'économie a nié la possibilité d'arrêter la construction elle-même.
(Selon le journal Mainichi, du 7 novembre 2016)

 

 

Taïwan a décidé de démanteler toutes les centrales nucléaires pour 2025

 

A Taïwan, en 2015, l'électricité provenant des centrales nucléaires constituait  14,1%, et actuellement ce sont  3 réacteurs qui fonctionnent dans trois centrales. Après l'accident de Fukushima, l'opinion antinucléaire s'est durcie, et en mai Mme Tsai Ing-wen, qui a promis d'abandonner l'énergie nucléaire, a été élue présidente de Taïwan. Tous les réacteurs à Taïwan atteindront 40 années d'âge en 2025. Dans la loi qui sera révisée sur l'industrie de l'électricité, on inscrira clairement l'abandon des projets de restauration, et l'arrêt de tous les réacteurs pour 2025.

 

Le 23 octobre, dans le journal Asahi a paru une interview avec M. Lee (李世光), le ministre de l'économie de Taïwan, que je traduis ici.

 

– Pourquoi Taïwan se dirige-t-elle vers l'arrêt des centrales nucléaires ?
M. Lee: Après l'accident de Fukushima, l'opinion publique a beaucoup changé. Le nouveau gouvernement a montré son objectif clair d'abandonner tous les réacteurs et promouvoir l'énergie renouvelable. Lorsque le monde industriel constatera que cet objectif ne va pas vaciller, il investira positivement dans l'énergie renouvelable et il créera un grand changement.

 

– Il semble que le temps va manquer.
M. Lee: Avant que nous ayons montré clairement notre objectif, on a nous opposé la difficulté de compenser les 14,1% d'électricité que nous allions perdre, et on a manifesté un doute quant à la stabilité de l'énergie renouvelable, et la conclusion a été que dépendre de l'énergie renouvelable serait difficile ; et en ce qui concerne le traitement des combustibles usagés, on a cessé de réfléchir sérieusement et on a évité de conclure. Un tel état d'esprit est le plus grand obstacle pour les énergies renouvelables.

 

– Comment changerez-vous tout cela ?
M. Lee: Maintenant produire de l'électricité à partir de l'énergie solaire est techniquement assez au point, et les panneaux solaires deviennent bon marché. Pour Taïwan va naître une grande chance. Dans le détroit de Taïwan soufflent des vents forts, donc produire de l'électricité à partir du vent est une solution des plus envisageables. Cependant il manque une technologie suffisante pour Taïwan, donc nous attendons l'aide du Japon.

Aucune source d'électricité renouvelable ne peut, à elle seule, constituer l'énergie de base, mais nous y arriverons si nous combinons diverses sortes d'énergies renouvelables. Pendant ce temps, nous exploiterons la technologie du stockage d'énergie et ferons la promotion  des économies d'électricité.

 

– Cela est-il réalisable?
M. Lee:  Alors que nous visons à rejeter les réacteurs nucléaires, nous ne devons pas nous demander si nous pourrons remplacer l'énergie nucléaire par de l'énergie renouvelable, mais nous devons réfléchir à la politique à mener pour que nous ne laissions pas le problème des déchets nucléaires à la génération qui vient.

Taïwan a sagement choisi une nouvelle présidente, et s'est dirigée dans la bonne voie, tandis qu'au Japon, on a élu ce mauvais premier ministre et on lui permet de remettre en fonctionnement toujours davantage de réacteurs nucléaires  et on lui permet même d'exporter des réacteurs japonais à l'étranger.

 

 

Le Japon et l'Inde se sont mis d'accord sur l'énergie nucléaire


    Le 11 novembre, le Premier ministre japonais et le Premier ministre indien ont signé un accord sur l'énergie nucléaire. Grâce à cet accord, le Japon pourra exporter des réacteurs nucléaires en Inde (y compris des produits nucléaires, des machines, des équipements et de la technologie).

Centrales nucléaires en fonctionnement en Inde (Les chiffres indiquent le nombre de réacteurs)

Centrales nucléaires en fonctionnement en Inde (Les chiffres indiquent le nombre de réacteurs)

L'Inde a expérimenté une bombe atomique en 1974, et en 1998 elle l'a expérimentée une deuxième fois. Elle n'a pas signé le Pacte de non-prolifération des armes nucléaires (en anglais, Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons: NPT), donc beaucoup craignent que cet accord ne facilite l'exploitation des armes nucléaires en Inde.

 

Le Japon a souffert, et souffre encore, des deux bombes atomiques larguées sur son sol, il a donc le devoir de proposer l'abolition des armes nucléaires dans le monde, mais le gouvernement actuel fait tout le contraire. M. Sakuma Kunihiko, représentant des victimes des bombes atomiques, a vivement protesté en disant :

"L'Inde n'a pas signé le Pacte. Les équipements nucléaires que nous allons exporter peuvent être utilisés pour produire des armes nucléaires.

L'accord qui vient d'être conclu est contraire à l'objectif du TNP, et en conséquence le Japon pourra se trouver engagé dans la production de davantage d'armes nucléaires en Inde ".

Le 27 novembre, le Japon refuse toujours de signer la résolution sur la tenue d'une session de l'Organisation des Nations Unies pour l'abolition des armes nucléaires. Maintenant, le Japon est devenu un pays qui ne mérite plus le respect du monde.

 

 

Tremblement de terre et centrales nucléaires en Corée

La politique nucléaire des pays voisins du Japon

Un tremblement de terre d'une magnitude de 5,8 s'est produit le 12 septembre en Corée. Ce séisme a eu lieu à proximité de deux centrales nucléaires: Wolseong ( ) avec 6 réacteurs et Kori ( ) avec 6 réacteurs ; et dans un rayon de 30 kilomètres autour de ces centrales vivent 3,8 millions de personnes. Le gouvernement insiste sur le fait que les centrales sont construites assez solidement pour résister aux tremblements de terre, mais les opposants proposent le démantèlement des réacteurs anciens et fragiles face aux séismes, et l'arrêt de la construction des nouveaux réacteurs n ° 5 et 6 dans la centrale nucléaire de Kori.
(Selon le journal Akahata du 20 septembre 2016)

 

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Publié par Ginette Martin - dans Textes de HORI Yasuo
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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 09:03

Article original d’Akio Matsumura paru le 3 décembre 2016 sur le site Finding the missing link.

Traduction française : Odile Girard (Fukushima-is-still-news)

Read in English

 

Pour la planète Terre, une période de cinq ans et huit mois ne représente que le temps d’un éclair.

Le séisme de force 7,4 qui a frappé l’est du Japon le 22 novembre 2016 et serait une réplique du grand séisme du Japon de l’Est du 11 mars 2011, a servi à réveiller les consciences ; en tant qu’humains, nous avons en effet la mémoire terriblement courte.

Beaucoup cette fois se sont inquiétés en apprenant l’arrêt momentané de la pompe de refroidissement de la piscine de combustible nucléaire usé à la centrale de Fukushima No.2 opérée par Tokyo Electric Power Co (TEPCO)... Au tout début de la catastrophe de mars 2011, l’arrêt de la pompe de refroidissement à la centrale de Fukushima No.1 avait soulevé de sévères inquiétudes quant au combustible usé. On avait alors redouté un rejet massif de substances radioactives.

Nous craignons que cette leçon particulière de la catastrophe de 2011 n’ait déjà été oubliée.

Nous devons en toute humilité tirer les leçons de chaque désastre. Il revient à la société – aux particuliers comme aux entreprises – de continuer à envisager des contremesures viables et ce constamment.

En fin de compte, c’est la seule manière de pouvoir se préparer à la prochaine catastrophe qui pourrait se produire aujourd’hui même.

Le gouvernement japonais et le gouvernement métropolitain de Tokyo inondent l’actualité de promotions pour les Jeux olympiques de 2020 prévus à Tokyo. Devant tant de nouvelles passionnantes, nous remarquons à peine qu’on ne parle quasiment pas de l’avancement des réparations, des difficultés rencontrées par les équipes ou du nombre de zones encore inapprochables sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima. De fait, l’observateur lambda au Japon ou aux États-Unis a l’impression que les problèmes nucléaires de Fukushima ont été résolus depuis longtemps et qu’aujourd’hui tout va bien. Ce n’est bien sûr pas le cas. Je crains fort que bien des aspects de la crise nucléaire de Fukushima ne continuent à affecter la sécurité des personnes et de l’environnement.

Vue aérienne de la centrale nucléaire Fukushima Daini de Tokyo Electric Power Co., à Nahara, dans la préfecture de Fukushima, au Japon. Photo prise le 22 novembre 2016. Crédit : Kyodo Kyodo/via REUTERS

Vue aérienne de la centrale nucléaire Fukushima Daini de Tokyo Electric Power Co., à Nahara, dans la préfecture de Fukushima, au Japon. Photo prise le 22 novembre 2016. Crédit : Kyodo Kyodo/via REUTERS

Les médias ont détourné les projecteurs de la crise (Anglais) . Il est donc important de garder à l’esprit les réalités suivantes :

 

  • En raison de l’importance des radiations, personne ne peut approcher les réacteurs 1, 2 et 3. Aucune solution pour retirer les coriums n’est envisagée pour au moins 40 ans. ans.

 

  • TEPCO utilise 400 tonnes d’eau par jour pour refroidir les cœurs fondus des trois réacteurs dévastés et 400 tonnes supplémentaires s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments réacteurs endommagés. De plus, la pluie emporte dans l’océan les matériaux radioactifs restant sur le site.

 

  • Le phytoplancton (algues) qui absorbe les isotopes radioactifs de Fukushima nourrit le plancton animal et ses larves microscopiques. Ces microorganismes, première source de nourriture des poissons et des mammifères marins, sont ensuite transportés le long du courant du Pacifique nord jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord et se retrouvent en Alaska et au Chili.

 

  • Un mur souterrain de boue gelée d’une trentaine de mètres de profondeur et de près d’un kilomètre et demi de longueur – officiellement dénommé « le mur de glace » – a coûté 320 millions de dollars et est totalement incapable de remplir son objectif, qui était de réduire le passage de l’eau contaminée.

 

  • Selon le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, les mesures de décontamination coûteront plusieurs milliards de dollars par an si l’on veut vraiment améliorer la situation. Il y a peu de chances que le gouvernement japonais soit prêt à consacrer autant de son budget à cet objectif.

 

Ce que nous avons appris avec l’accident nucléaire de Fukushima, c’est que les priorités du gouvernement japonais et de TEPCO n’étaient pas de protéger le public et malheureusement, beaucoup d’éminents scientifiques nucléaires japonais ont soutenu TEPCO ou gardé le silence. TEPCO a fini par admettre, cinq ans plus tard, qu’ils avaient attendu deux mois pour utiliser le terme de « fusion » à la centrale. Pour les experts du monde entier qui observaient la situation, il était évident que les cœurs étaient en train de fondre dès lors qu’ont eu lieu des rejets massifs de gaz de fission.

 

J’ai également beaucoup de mal à accepter la façon dont l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’AIEA) a géré la situation depuis la crise initiale jusqu’à aujourd’hui. Au départ, l’AIEA a envoyé des experts à Fukushima pour évaluer la situation et aider par leur expertise le gouvernement et TEPCO. Pourquoi l’Agence ne s’est-elle pas interposée quand le gouvernement japonais a décidé une zone d’évacuation de 20 km, soit un quart de la recommandation américaine (80 km) et un dixième ( !) des 200 km –incluant Tokyo – préconisés par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ? La mission de l’AIEA est de promouvoir l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, tout en empêchant que celle-ci soit utilisée à des fins militaires, dont les armes nucléaires. Ces objectifs devraient comprendre une obligation morale de faire de la sécurité publique une priorité, et non pas de défendre les positions des gouvernements-membres et de l’industrie nucléaire.

 

CARTE INTERACTIVE : Centrales nucléaires et Index de fragilité des États

Pour utiliser cette carte : cliquer ici
(non compatible avec Internet Explorer)

Cliquer sur chaque centrale ou sur le pays pour plus d’informations. Double-cliquer pour zoomer. Cliquer et faire glisser pour se déplacer.

Cliquer sur chaque centrale ou sur le pays pour plus d’informations. Double-cliquer pour zoomer. Cliquer et faire glisser pour se déplacer.

À mon avis, la probabilité d’attaques terroristes sur l’un des 430 réacteurs nucléaires existant dans le monde est forte et va en augmentant. Compte tenu des enjeux politiques, économiques et environnementaux que représente le nucléaire pour les gouvernements et l’industrie, la discussion sur la sûreté et la sécurité de l’industrie nucléaire a toutes les chances de rester opaque et limitée. Pour faire contrepoids au manque d’information, il en va de l’intérêt public d’établir un réseau indépendant d’experts en sûreté et sécurité nucléaires. Hans-Peter Durr, récemment disparu, ancien directeur du département d’Astrophysique à l’Institut Max Planck en Allemagne, m’avait dit quelques jours après le début de la crise de Fukushima, qu’après un accident nucléaire, une solution scientifique pour y mettre fin peut prendre des décennies. Selon lui, le seul moyen de minimiser les dégâts serait de rassembler des experts en divers domaines pour arriver à avoir une vue d’ensemble de l’accident nucléaire.

 

Il est très encourageant de constater l’ampleur du soutien que j’ai reçu pour établir le Conseil consultatif international de l’Alliance pour l’action en cas d’urgence nucléaire (NEAA). Beaucoup de gens m’ont aidé à recruter des experts dans de nombreux domaines : ingénierie nucléaire, médecine, santé et justice environnementales, armée, biologie, activisme social, industrie et réseaux sociaux. Les membres de notre conseil sont des sommités dans leur domaine ; tous sont reconnus et recommandés tant par leurs collègues que par le public. (Remarque : Dans ce conseil, nous ne représentons que nous-mêmes. Les détails professionnels ne sont là que pour le contexte.)

 

Je suis extrêmement heureux d’introduire les membres actuels du Conseil consultatif international de la NEAA.

Prénom

Nom de famille

Détails professionnels

Pays

Robert

Alvarez

Founder of the Environment Policy Institute

USA

Claus

Biegert

Director of the Nuclear-Free Foundation

Allemagne

Oleg

Bodrov

Chairman of Green World

Russie

Rinaldo

Brutoco

Founding President of the World Business Academy

USA

Helen

Caldicott

Founding President of Physicians for Social Responsibility

Australie

Agnes

Denes

International Conceptual and Environmental Artist, pioneer of the ecological art movement

USA, née à Budapest, Hongrie

Arne Johnanson

Fjortoft

Fonder of the Worldview International Foundation

Norvège

Subrata

Ghoshroy

Research affiliate at the Program in Science, Technology, and Society at the Massachusetts Institute of Technology

USA

Roza (Rose)

Goncharova

Head of Genetic Safety Laboratory, National Academy of Science of Belarus, Institute of Genetics and Cytology

Biélorussie

Pervez

Hoodbhoy

Member of the Permanent Monitoring Panel on Terrorism of the World Federation of Scientists

Pakistan

Scott

Jones

Career naval officer, Qualified nuclear weapons delivery pilot

USA

David

Krieger

Founder of the Nuclear Age Peace Foundation

USA

Yves

Lenoir

Social movement for children of Chernobyl. President of the French Association Enfants de Tchernobyl Belarus

France

Claus

Montonen

Professor of Elementary Particle Physics at University of Helsinki

Finlande

Eisuke

Matsui

Director of Gifu Research Institute for Environmental Medicine

Japon

Akio

Matsumura

Founder of NEAA, Founder of the Global Forum of Spiritual and Parliamentary Leaders

Japon

Mitsuhei

Murata

Former Japanese Ambassador to Switzerland

Japon

Andreas

Nidecker

Founder of Physicians for Social Responsibility/International Physicians for the Prevention of Nuclear War/Switzerland (PSR/IPPNW/Switzerland)

Suisse

Michel

Prieur

President of the International Center of Comparative Environmental Law (CIDCE), Professor Emeritus of University of Limoges

France

Muhammad

Riaz Pasha

Scientist and former Adviser/ Technical Consultant to the Pakistan Atomic Energy Commission

Pakistan

Alex

Rosen

Vice President of the International Physicians for the Prevention of Nuclear War Germany

Allemagne

Vinod

Saighal

Major General (ret), Executive Director of Eco Monitors Society

Inde

Jurgen

Scheffran

Professor of Climate Change and Security at University of Hamburg

Allemagne

Alice

Slater

Lawyer, Nuclear Age Peace Foundation

USA

Gordon

Thompson

Executive Director of Institute for Resource and Security Studies

USA

Francisco Chico

Whitaker

World Future Council (WFC), Catholic Commission for Justice and Peace

Brésil

Remarque : l’IPPNW a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985.

Nous ne savons pas quand, ni où, ni comment un accident nucléaire se produira, mais nous devons admettre le fait que les gouvernements et l’industrie feront tout leur possible pour masquer les dangers au public.

 

De nos jours, nous avons accès à l’information et les moyens de connecter des experts pour analyser, interpréter et communiquer cette information. Le défi auquel nous sommes confrontés est de mettre en place et de maintenir un réseau efficace, indépendant, qui serve à défendre l’intérêt public.

 

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Publié par Odile Girard - dans En France et ailleurs
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 07:00

Texte de de HORI Yasuo du 1er novembre 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

 

 

Derniers mouvements en date contre la politique nucléaire

Texte original en espéranto

Les débats au tribunal de ma ville ont pris fin


Le 31 octobre a eu lieu la fermeture des débats au tribunal de Maebashi, dans le département de Gunma. Les magistrats ont annoncé qu'ils rendraient leur verdict le 17 mars 2017. Il s'agissait d'une demande de fonds de compensation de la part des victimes habitant ici en raison de l'accident nucléaire de Fukushima en mars  2011.

 

Le 11 septembre, le groupe de plaignants constitué de 137 personnes de 45 familles de Fukushima, vivant principalement dans le département de Gunma, a exigé devant le tribunal une indemnisation de TEPCO. Le 25 avril 2014, la première des plaidoiries verbales a eu lieu. Le 15 décembre, tous les 137 plaignants ont présenté leur affaire. En tout 25 séances ont eu lieu et finalement, le 31 octobre 2016,  les débats ont été terminés.

 

Dans ce jugement, le groupe des accusateurs a donné les arguments suivants :


1. Les plaignants ont été chassés de leur maison à cause de l'accident de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima. Ils ont perdu leur foyer, base de leur vie et de leur bonheur de vivre. Cinq années plus tard, certains ne peuvent pas encore revenir à Fukushima, certains vivent séparés des membres de leur famille et d'autres vivent seuls ici dans un endroit qui leur est étranger.

 

2. Ils exigent qu'au tribunal on leur explique les causes de l'accident. On pouvait prévoir un tsunami exceptionnel, mais TEPCO n'a rien fait pour prévenir l'accident, et l'État n'a pas donné de consignes à la compagnie. Ils sont tous deux coupables de l'accident.

 

3. Ils demandent que le tribunal fasse rapidement son travail pour sauver au plus tôt les victimes en difficulté. 

 

    4. Ils exigent 10 millions de yens (86 500 euros) de compensation de TEPCO.

 

    J'ai souvent assisté à l'audience du tribunal, et j'ai senti que la présidente Hara éprouvait de la sympathie pour le groupe de plaignants et avait au contraire une position sévère envers les avocats de TEPCO et de l'État. Elle a écouté sincèrement les plaidoiries des plaignants. Elle a consenti à un verdict rapide comme le demandaient ceux-ci, si bien qu'une audience s'est tenue presque tous les mois, de sorte que le verdict sera le premier sur les 20 procès similaires se déroulant au Japon.

 

Au sujet de la sincérité de la présidente quelqu'un a écrit ces lignes:

 

Des 25 audiences, la plus impressionnante a été celle du 25 avril 2014. C'était la première audience et une femme a témoigné. Elle a parlé de la façon dont elle avait fui et atteint le département de Gunma, elle pleurait et tremblait, et pour finir elle s'est écroulée. Tout le monde la regardait avec une grande inquiétude. Elle n'était pas très mal en point, mais elle a dû sortir du palais de justice avec l'aide des responsables du tribunal. Ensuite la présidente a lu le reste de sa plaidoirie jusqu'au bout, et elle a déclaré que cela devait être considéré comme la plaidoirie de cette femme. J'ai été ému par sa sincérité.

 

Après la fermeture des audiences, est arrivée la réunion de synthèse. On y a fait un rapport sur 5 années de procès et ensuite deux accusatrices ont dit un mot en prenant congé. Je vais traduire les paroles de Mme Tanyi Sugie.


Je vous remercie de tout cœur de votre présence et de votre soutien. Je suis sûre que votre appui constant a encouragé le jury et sera un puissant levier pour une possibilité de verdict équitable.
J'ai perdu deux parents après l'accident nucléaire, c'est pourquoi aujourd'hui je suis venue ici en habit de deuil.
En juillet 2011, je me suis réfugiée dans la ville de Maebashi, laissant derrière moi mes chers amis. Je suis une réfugiée volontaire, non contrainte par le gouvernement, parce que mon mari et moi vivions en dehors de la zone interdite, donc j'ai toujours eu un sentiment de culpabilité depuis. Chaque jour, je me demandais si mon choix avait été juste, et si nous n'aurions pas dû rester là pour lutter ensemble. Aujourd'hui sont venues 15 personnes de la ville où j'habitais, donc je suis d'autant plus heureuse de les voir.
Je suis également reconnaissante aux avocats, qui nous ont soutenus au cours des 3 dernières années. Ils nous ont sincèrement tendu leurs mains secourables. Dans le Gunma, chaque plaideur est pris en charge par son avocat particulier. Tout le monde était venu à la barre des témoins avec beaucoup d'inquiétude et de peur. A ce moment-là les avocats et les sympathisants nous ont soutenus chaleureusement. Nous vous remercions du fond du cœur. Nous avons ainsi marché main dans la main avec une forte confiance.
J'ai plaidé deux fois. J'ai commencé les plaidoiries par ces mots "TEPCO doit compenser nos journées perdues dans la terreur et la solitude" et j'ai fini par ces mots "S'il n'y avait pas eu de centrale nucléaire, s'il n'y avait pas eu cet accident nucléaire, ...". Toutes les victimes ont leurs propres difficultés, mais ce qui les a causées, c'est l'accident nucléaire.
Le jour de l'accident, sans aucune information sur les pollutions aériennes, beaucoup de gens sont restés dans cet endroit dangereux et de nombreux parents ont fait la queue avec leurs enfants sous la pluie et la neige en attendant de l'eau. Ils regrettent d'avoir agi ainsi ce jour-là et ils s'en veulent. Ensuite, le gouvernement a déclaré qu'une radioactivité de 20 ou même de 100 millisieverts/an n'était pas dangereuse, mais peut-on le croire?
Qui peut rassurer les mères qui tremblent et qui pensent qu'une bombe nucléaire installée dans le corps de leurs enfants pourra exploser à tout moment ? Qui est coupable, et qui devra leur demander pardon? Qui doit répondre à la question d'un enfant: "Est-ce que je grandirai? Combien de temps pourrai-je vivre?". Même si nous pourrons rentrer chez nous, nous ne pourrons pas retrouver notre ancienne vie tranquille.

Pendant les audiences, Mme A, qui s'est réfugiée avec ses trois enfants, a raconté d'une voix tremblante qu'à partir de ce jour-là l'enfer avait commencé. Mme B a perdu son mari pendant l'exode, Mme C a renoncé à avoir un bébé, Mme D était dans l'inquiétude, craignant que ses enfants ne soient pas acceptés par leurs camarades de classe à l'école..., tous les 137 plaignants ont raconté leurs difficultés; avec leurs jambes qui tremblaient et avec des larmes, ils expliquaient le danger de l'énergie nucléaire, se présentant comme des personnes sincères et fières, et ils demandaient que TEPCO et le gouvernement leur présentent des excuses.

 

A chaque audience, les dossiers augmentaient et s'entassaient sur la table des avocats. Toutes les paroles qui y figuraient montraient une accumulation de chagrins, de pertes et d'angoisses chez les habitants de Fukushima. Mais TEPCO et le gouvernement n'ont jamais accepté une seule page de nos plaintes. Au contraire les agresseurs se dressent avec arrogance au-dessus des agressés.

 

Ce que nous pouvons faire maintenant, c'est exiger un verdict juste, et serrer plus fort les mains de nos amis. Nous ne demandons pas l'aumône à TEPCO et au gouvernement, mais nous exigeons d'être indemnisés comme notre droit.

 

Il y a 60 ans, le gouvernement a officiellement reconnu que la maladie de Minamata avait été causée par la société Tshiso qui avait déversé du mercure dans la mer, et ce problème a reçu un commencement de solution, mais il y a encore des gens qui souffrent sans compensation et sans aide médicale. Notre bataille contre la radioactivité invisible, inodore et indolore, durera longtemps par delà les générations, avec la crainte d'une maladie qui pourra éclater à tout moment. Tous les malades disent: "Qu'elle n'arrive plus jamais, la souffrance qui est la nôtre actuellement". Toutes les victimes de Fukushima sont d'accord.

Nous avons expérimenté le pire et le plus grand malheur, c'est pourquoi nous voulons faire ce que nous pouvons faire maintenant pour l'avenir, pour le monde à venir. C'est avec cette conviction que nous avons soumis notre affaire à la justice."
Le tribunal rendra son verdict en mars 2017, mais ce sera seulement le début de notre lutte. TEPCO et le gouvernement feront appel sans avoir honte quand ils auront ici un verdict défavorable. Jusqu'à ce qu'ils acceptent leur culpabilité et nous demandent pardon et que nous retrouvions une vie tranquille, après avoir reçu une compensation suffisante, nous avons décidé de nous battre, et nous ne renoncerons pas à la bataille.
A vous, les avocats et les sympathisants, nous adressons nos remerciements chaleureux. Jusqu'à la victoire finale, marchons ensemble main dans la main.

 Deux gouverneurs opposés à l'énergie nucléaire ont été élus


   En juillet a été élu M. Mitazono Satoshi comme gouverneur du département de Kagoshima, dans lequel se trouve la centrale nucléaire de Sendai. Il a exigé l'arrêt de cette usine, bien qu'il n'ait pas le pouvoir de l'ordonner. La société Kyūshū, qui possède cette centrale, a rejeté sa demande. L'avis du gouverneur, c'est-à-dire l'opinion de ses administrés, est d'une grande importance, donc l'entreprise ne peut pas simplement l'ignorer. Dans le département voisin de Kagoshima ont eu lieu de grands tremblements de terre successifs en avril, de sorte que les habitants de Kagoshima ont une grande peur d'un accident de la centrale nucléaire dans leur département. 

 

En octobre a été élu M. Yoneyama Ryūitshi à la tête du département de Nīgata. A Nīgata se trouve la plus grande centrale nucléaire du monde, à savoir celle de Kashiwazaki-Kariwa. Dans cette centrale, qui dispose de sept réacteurs, a eu lieu en 2007 un gros accident causé par un tremblement de terre. A présent, plus aucun réacteur ne fonctionne, mais TEPCO a l'intention de les remettre en route.

 

Le gouvernement va décider de démanteler le surgénérateur de Monju, qu'on a échoué à remettre en route au cours des 20 dernières années, bien qu'on ait dépensé 1000 milliards de yens (8,65 milliards d'euros). Le gouvernement a prévu de produire du plutonium à partir d'uranium usagé à Monju pour que le Japon possède éternellement un combustible nucléaire bon marché. Que ce soit pour garder Monju ou pour le mettre au rebut, nous aurons besoin de beaucoup d'argent et on ne sait pas comment le démanteler en toute sécurité.

 

Selon un sondage réalisé par le journal Asahi, 57% des Japonais sont opposés à la remise en route des réacteurs nucléaires, tandis que 29 % l'approuvent.

 

 

Les pays voisins


    A Taïwan, le cabinet a décidé d'arrêter tous les trois réacteurs jusqu'en 2025. Après l'accident nucléaire de Fukushima, le mouvement contre l'énergie nucléaire a évolué, si bien qu'on a  décidé de ne plus construire le réacteur n°4  qui est en cours de construction.
(Selon le journal Akahata du 24 octobre 2016)

  

Au Vietnam, beaucoup de gens sont opposés au fonctionnement de trois réacteurs chinois, qui sont situés à proximité du Vietnam. On avait prévu de construire une centrale nucléaire sous la direction du Japon, mais après l'accident nucléaire de Fukushima, la crainte a augmenté, si bien que le gouvernement a décidé de reporter la construction à 2020.

 

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Publié par Ginette Martin - dans Textes de HORI Yasuo
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 09:32

Situation de l’épicentre par rapport à la centrale de Fukushima DaiichiAlors que le Premier ministre japonais, depuis l’Argentine, donnait un ordre d’évacuation concernant 100 000 personnes, on a tremblé aussi hier soir à Fukushima Informations en apprenant la nouvelle d’un tsunami. A 5h59 au Japon et 22h59 en Europe, un tremblement de terre d’une magnitude annoncée de 7,3 (puis abaissée à 6,9) a eu lieu au large de la centrale de Fukushima Daiichi, produisant un tsunami annoncé de 3 m (en réalité jusque 1,4 m aux alentours de Sendai). Les souvenirs des évènements de mars 2011 se sont soudain réactivés. Quelques personnes ont été légèrement blessées et un début d’incendie a été signalé dans une raffinerie. Mais l’alerte a été levée. Selon Tepco, aucun problème majeur n’a été recensé sur le site de Fukushima Daiichi. Cette secousse de rappel nous fait cependant frémir avec raison, car les problèmes atomiques sont loin d’être réglés.

Le séisme a eu lieu à 33 km de la centrale de Fukushima Daiichi. Ce n’est pas la première fois que ce point précis tremble. Déjà en 2011, il avait donné plusieurs séismes d’une magnitude supérieure à 6. Sa profondeur est très faible : 10 km. Les séismes d’une magnitude supérieure à 4 sont le plus souvent à une profondeur de 20 à 40 km. Le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 s’était produit par exemple à 32 km de profondeur. Or plus l’épicentre est proche de la surface, plus il est dévastateur car l’onde de choc est moins amortie. Je ne suis pas sismologue mais c’est ce que je remarque : l’homme est suffisamment idiot pour construire des centrales nucléaires à 30 km d’une faille active...

En ce point précis, la première secousse a eu lieu à 3h25, magnitude 4,6 : pas de quoi réveiller les Japonais qui ont l’habitude de ce genre de séisme qui est ressenti faiblement en intensité sur la côte (intensité 1 à 2). Mais à 5h59, le séisme de magnitude 7,3 provoque l’alerte générale et les ordres d’évacuation. Un tsunami de 3 m est annoncé.

Le tremblement de terre a provoqué l’arrêt du système de refroidissement de la piscine n°3 de combustible de la centrale nucléaire à l’arrêt de Fukushima Daini, située à 12 km au sud de celle de Fukushima Daiichi. Cette information n’est pas anodine car la piscine n°3 de cette centrale contient 2544 assemblages de combustible nucléaire qu’il est impératif de refroidir en toute circonstance, sans quoi il y a risque d’évaporation de l’eau et d’embrasement aérien du combustible. Cela nous rappelle que même sans explosion de centrale et sans guerre, le feu nucléaire est toujours possible à cause de l’existence même de piscines de combustible sans enceinte de confinement.

Piscine de Fukushima Daini : c’est beau, c’est propre, mais c’est extrêmement dangereux

Piscine de Fukushima Daini : c’est beau, c’est propre, mais c’est extrêmement dangereux

Ce séisme qui finalement n’aura pas d’autres conséquences apparentes a été suivi de nombreuses répliques, 44 à l’heure où j’écris :

Heure (JST)

Latitude

Longitude

Profondeur

Magnitude

Région

03:25 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.6E

20 km

4.6

Fukushima-ken Oki

05:59 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.6E

10 km

7.3

Fukushima-ken Oki

06:10 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.4E

40 km

5.4

Fukushima-ken Oki

06:39 JST 22 Nov 2016

37.3N

140.9E

50 km

5.5

Fukushima-ken Hamadori

06:51 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.5E

30 km

4.9

Fukushima-ken Oki

08:23 JST 22 Nov 2016

37.2N

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Fukushima-ken Oki

08:40 JST 22 Nov 2016

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4.6

Fukushima-ken Oki

08:52 JST 22 Nov 2016

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141.3E

10 km

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Miyagi-ken Oki

08:56 JST 22 Nov 2016

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141.4E

20 km

4.0

Fukushima-ken Oki

09:03 JST 22 Nov 2016

37.4N

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40 km

4.4

Fukushima-ken Oki

09:04 JST 22 Nov 2016

37.3N

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20 km

4.1

Fukushima-ken Oki

09:08 JST 22 Nov 2016

37.2N

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40 km

4.1

Fukushima-ken Oki

09:14 JST 22 Nov 2016

37.2N

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Fukushima-ken Oki

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Fukushima-ken Oki

09:19 JST 22 Nov 2016

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Fukushima-ken Oki

09:28 JST 22 Nov 2016

37.2N

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40 km

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Fukushima-ken Oki

09:29 JST 22 Nov 2016

37.3N

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30 km

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Fukushima-ken Oki

09:32 JST 22 Nov 2016

37.3N

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30 km

4.4

Fukushima-ken Oki

09:36 JST 22 Nov 2016

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20 km

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Fukushima-ken Oki

09:47 JST 22 Nov 2016

37.4N

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30 km

4.2

Fukushima-ken Oki

09:49 JST 22 Nov 2016

37.2N

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Fukushima-ken Oki

09:53 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.4E

very shallow

3.7

Fukushima-ken Oki

10:09 JST 22 Nov 2016

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Fukushima-ken Oki

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Fukushima-ken Oki

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Fukushima-ken Oki

10:38 JST 22 Nov 2016

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Fukushima-ken Oki

11:15 JST 22 Nov 2016

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Fukushima-ken Oki

11:24 JST 22 Nov 2016

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Fukushima-ken Oki

12:06 JST 22 Nov 2016

37.2N

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4.5

Fukushima-ken Oki

12:32 JST 22 Nov 2016

37.2N

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Fukushima-ken Oki

12:38 JST 22 Nov 2016

37.2N

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20 km

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Fukushima-ken Oki

12:55 JST 22 Nov 2016

37.2N

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30 km

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Fukushima-ken Oki

13:01 JST 22 Nov 2016

37.2N

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Fukushima-ken Oki

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19:10 JST 22 Nov 2016

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20 km

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Fukushima-ken Oki

Carte du séisme de 5h59 diffusée par la Japan Meteorological Agency

Carte du séisme de 5h59 diffusée par la Japan Meteorological Agency

Arrivée de la vague à 8h41 à Tagajo, près de Sendai (@yabatters)

Arrivée de la vague à 8h41 à Tagajo, près de Sendai (@yabatters)

Penser que Fukushima, c’est réglé, est une erreur. L’épée de Damoclès est toujours là. Alors que 300 tonnes d’eau hautement radioactive se déversent chaque jour dans l’océan Pacifique, alors que trois coriums se retrouvent dans les sous-sols des réacteurs 1, 2 et 3, il y a encore 3 piscines à vider sur le site de Fukushima Daiichi :

- piscine 1 : 392 assemblages

- piscine 2 : 615 assemblages

- piscine 3 : 566 assemblages

 

Ce qui fait en tout 1573 assemblages, soit la bagatelle de 270 tonnes de combustible nucléaire encore prisonnier des ruines ou de la radioactivité. Tepco vient d’annoncer qu’ils ne pourraient pas respecter leur feuille de route et qu’ils repoussaient le vidage de la piscine 3 qui était prévu en mars 2018. La raison invoquée est qu’il y a trop de radioactivité et qu'il faut protéger les travailleurs. Ça ne serait pas étonnant qu’ils reportent cette opération à haut risque après les JO de 2020, de peur que cela ne fasse trop de vague et ternisse l’image d’un Fukushima « propre » que le gouvernement Abe, aidé des médias, construit petit à petit…

 

Pierre Fetet

_________________

Mise à jour 22/11/16 20h40

 

Le site de Fukushima Daiichi a quand même été bien secoué lors de ce séisme. Tepco vient d'avouer que de l'eau de la piscine commune était sortie de la piscine et s'était répandue sur une surface de 2 x 3 m (source : Fukushima Diary). C'est un peu comme si on donnait un coup de pied dans une cuvette d'eau. L'onde de choc provoque un tsunami dans la mer et fait de grosses vagues dans les piscines. Il ne faudrait pas qu'il lui arrive quelque chose de fâcheux à cette piscine parce que pour le coup, celle-là est à toc : plus de 1000 tonnes de combustible nucléaire y sont entreposées !

 

Tepco dit aussi que le poste de surveillance de la radioactivité de l'océan situé à l'extrémité de la jetée du port de la centrale a été mis hors service en raison du tremblement de terre.

 

Iori Mochizuki remarque avec raison que Tepco s'était empressé, 40 minutes après le séisme, de dire que le tsunami d'un mètre de hauteur n'avait pas affecté la centrale...

 

On a appris aussi par l'Asahi que Tepco avait coupé manuellement le transfert de l'eau contaminée pour éviter une fuite éventuelle durant le tsunami (source : http://www.fukushima-is-still-news.com/)

 

Enfin, selon le Japan Times, ce tremblement de terre est une réplique du séisme de 2011. Il aurait été provoqué par une plaque de roche qui aurait glissé verticalement, créant un écart dans le niveau des fonds marins et poussant l'eau de mer. Selon Tepco, les accélérations constatées à la centrale de Fukushma Daiichi auraient été de  54,2 gal, 68,4 gal et 65,9 gal. (source Fukuleaks)

Les Japonais évacuant les côtes au petit matin (photo AP/SIPA)

Les Japonais évacuant les côtes au petit matin (photo AP/SIPA)

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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Agenda

Mardi 25 avril à 20h30, Paris

Projection du film « De Hiroshima à Fukushima »

en présence du réalisateur Marc Petitjean et d’Yves Lenoir

En hommage au docteur Shuntaro Hida 
disparu le 20 mars 2017 à l’âge de 100 ans
 
Cinéma les 7 Parnassiens
98 Bd du Montparnasse 75014
Metro Vavin

 

 

 

Jeudi 4 mai, 18h-21h, Dieppe

Retour de Fukushima :

Caroline Amiel, conseillère régionale écologiste, parlera de son récent voyage à Fukushima dans le cadre d'une délégation de l'Intercli de la Manche.

Lieu : petite salle de la mairie

Organisé par Stop-Epr ni à Penly ni ailleurs et Anti-nuke Dieppe

 

 

 

Outil de traduction gratuite de site Internet

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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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