26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 23:25

090519cIl était une fois une vieille dame dénommée Kumagai Asako qui habitait au bord de la mer. Comme elle adorait son paysage et connaissait les dangers de l’atome, elle lutta de son vivant contre l’implantation d’une centrale nucléaire. En refusant de se séparer de son terrain, elle contraignit un constructeur à déplacer de 250 mètres l’emplacement d’un futur réacteur car le projet était trop proche de sa maison. Elle savait que si elle les laissait construire l'usine, la mer serait contaminée. Malgré des menaces et des tentatives de corruption, elle a tenu bon contre la volonté de la compagnie d’électricité japonaise J-Power. Après sa disparition en 2006, sa fille et sa petite-fille ont conservé cette propriété afin de perpétuer le combat d’Asako. Elles ont dénommé la maison "Asako House" .

 

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La maison de la résistance "Asako House" (Oma, Préfecture d’Aomori)

source photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

 

Aujourd’hui, la maison est entourée par les terrains achetés par J-Power. L’opérateur essaie de faire fermer la route d’accès à la maison en comptant le nombre de personnes qui l’utilisent. Si plus personne n’emprunte cette route, ils pourront ainsi démontrer qu’on peut la fermer.

 

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La route qui mène à Asako House

 

Afin de contrer cette menace, la fille et la petite-fille d’Asako lancent un appel afin que chaque jour, quelqu’un emprunte cette route. Et cette personne sera le facteur. Pour se faire, elles demandent simplement qu’on leur envoie une lettre.

 

A l’heure où il ne reste plus que 6 réacteurs nucléaires en activité au Japon (contre 54 au début de l’année), il est important de soutenir le peuple japonais pour se débarrasser de cette énergie dangereuse et polluante. Et pour s’en débarrasser, il faut déjà empêcher les nouvelles implantations.

 

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Centrale d’Oma en construction

source photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

 

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de participer à cette action qui ne vous coûtera qu’un timbre et quelques minutes de votre temps. Si vous envoyez une carte ou une lettre à Asako House, vous pourrez freiner la construction d’une centrale nucléaire !

 

Adresse où envoyer votre courrier :

 

 

Asako House

 

aza-kookuto 396

 

Oma-machi

 

Shimokitagun

 

Aomori Pref.

 

039-4602

 

Japan

 

 

 

Voici le message original de la famille :

 

“If you sympathize, please send them a letter.

Against nuclear energy!!

No more Fukushima!!

Save Japan!!! And your country.

Do you know Asako House?

If you send a letter or a card,

You can stop to build the atomic power plant.

This house was build to stop to construct Oma atomic power plant of Aomori, northern of Fukushima.

The house is nearby Oma nuclear power plant which is not operation yet.

The road of photo is almost blockade.

The plate of fence is written "Keep out"

but actually, this road is for Asako House and her field.

Why this road is watched by some atomic power plant?

We can't understand.

They want to shut and to break the house.

This state is serious inva of human rights, and Japanese constitution,

If you send some letter, this road is used by postman, so the atomic power plant can't shut it.

Pray for Japan, pray for Fukushima,

And now send your thought!”

 

 

La centrale nucléaire d’Oma ( 原子 ) est actuellement en cours de construction. Elle sera exploitée par la société Electric Power Development (aussi nommée J-Power). Le réacteur, si jamais il devait être un jour utilisé, sera unique en son genre car il sera capable d'utiliser un cœur constitué à 100% de MOX. Les travaux actuels sont réalisés pour rendre la centrale résistante à un fort tremblement de terre. Elle devrait commencer à être opérationnelle en novembre 2014.

 

En envoyant une lettre à Asako House, vous participerez à la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire et vous contribuerez à l’abandon de la fabrication du MOX en France par Areva.

 

Si chacun des mille lecteurs réguliers de ce blog accepte d’envoyer une carte à Asako House, le facteur passera tous les jours, pendant 3 ans, sur la route que le lobby nucléaire tente de fermer.

 

Pour ce faire, je vous propose d’indiquer la date prévue de votre envoi dans les commentaires, en vérifiant auparavant que cette date n’a pas déjà été choisie. Le mieux est de faire ces envois de manière chronologique. Une fois votre engagement pris, notez cette tâche sur votre calendrier ou votre agenda afin de ne pas rompre le fil de cette action.

 

Asako, disparue en 2006, appartenait à une génération qui connaissait les dangers de la radioactivité en raison d’Hiroshima. Ne se souciant pas de l’argent, elle a refusé une offre d’achat de sa propriété à 2 millions de dollars. Depuis 1982, date à laquelle la construction de la centrale a été décidée, près de 136 millions de dollars ont été distribués en subventions publiques pour acheter la conscience des habitants d’Oma.

 

Faites comme Asako, ne vous laissez pas corrompre par l’industrie de la mort !

Et merci à Iori Mochizuki d’avoir relayé cette lutte exemplaire !

 

 

atsuko ogasawara

 

 

 

 

Atsuko,

la fille d'Asako,

vient plusieurs fois par semaine

relever le courrier

de la maison de la résistance.

 

 

 

 

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Sources :

http://ameblo.jp/datsugenpatsu1208/entry-11108920118.html

http://fukushima-diary.com/2011/12/send-me-a-letter/#.Tviz5RBiufI.facebook

http://fr.zettapedia.com/usine-oma-%C3%A9nergie-nucl%C3%A9aire.htm

http://blogimg.goo.ne.jp/user_image/22/6f/10385e350fac071bc7f7c7274ecbcaea.jpg

http://www.bloomberg.com/news/2011-06-29/japan-nuclear-holdout-rejects-2-million-bid-gets-reactor-view.html

http://cnic.jp/english/newsletter/nit143/nit143articles/ww143.html

 

 

 

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Mise à jour : 22/07/16

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 13:05
« J’arrive au bout de mon voyage. Je ne peux clamer : « Evacuons TOUS les enfants du district de Fukushima ! », comme je le pensais avant de partir. Dire cela, correspond à une position idéologique. Si je faisais ça, je ressemblerais à TEPCO ou à tous ceux qui clament qu’il n’y a aucun problème. Ce discours ne tient pas la route face aux habitants de Minamisoma qui rêvent de faire revivre leur ville. Il ne contribue qu'à augmenter la tension qui est déjà en eux...
Au bout de ce voyage, une chose est claire cependant. NOUS DEVONS PRENDRE NOS RESPONSABILITES. Au sens étymologique du terme, cela veut dire : répondre aux questions. Ici, il s’agit d’être capable de répondre aux enfants qui nous demanderont pourquoi nous avons agi sans tenir compte de leur futur ! »
 
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Situation de Minamisoma par rapport à la centrale de Fukushima 
 
A Minamisoma, à 25 km de la centrale de Fukushima, il y a des familles qui continuent à vivre. Le gouvernement les a laissées revenir dans leur ville. Dans le quartier le plus proche de la mer, les maisons ont été détruites par le tsunami. N’ayant pas assez de revenus pour déménager ailleurs, les habitants occupent des logements provisoires. Ceci malgré des radiations dépassant le microsievert par heure dans l'air et le million de becquerel au m² dans la terre. A Tchernobyl, il n'y aurait plus personne. Le gouvernement ne les aidera pas à déménager, ni cette année, ni l'année prochaine, ni jamais...
 
odomeBeaucoup de personnes âgées ne peuvent pas se déplacer pour aller acheter à manger de la nourriture saine. M. ODOME (73 ans) organise une distribution de vivres dans l'ancien hôtel qu'il tenait avant la catastrophe. Il le dit lui-même : « Le moindre petit colis contenant de la nourriture est précieux pour nous. » Cet homme fait preuve de beaucoup de courage et de détermination.
 
 
 
Concrètement, que peut-on faire pour aider ces familles de Minami-Soma ?
 
A l’initiative d’un groupe facebook, une aide directe à M. Odome s’est engagée. Si vous fréquentez ce média social, vous pouvez retrouver les informations en cliquant sur ce lien : groupe « Les amis de M. Odome »
Dans le cas contraire, vous pouvez directement soutenir M. Odome pour qu’il continue à aider la population à être ravitaillée en nourriture saine en lui envoyant directement des colis à l’adresse suivante.
 
M. Takao ODOME
Business Hotel ROKKAKU
HARAMACHI KU OOMIKA JI HIRABAYASHI 51
MINAMI SOMA SHI
FUKUSHIMA KEN
975-0049 JAPON
 
 
Quels types de produits pouvez-vous envoyer ?
 
Sardines à l'huile, biscuits, chocolat, fruits secs, confitures, tous produits finis...
Riz et céréales sont trop lourds pour être envoyés par avion (le bateau prend 3 mois).
A éviter : charcuterie et viande (la douane japonaise n'accepte pas).
 
 
 
Lettre de M. Odome du 6 octobre 2011
 
« La "zone d'évacuation à titre exceptionnel (20-30 km)" vient d'être banalisée, et pourtant, aucune décontamination n'est effectuée sur les terrains privés ... L'État a-t-il décidé de laisser les autorités locales sans aucune aide ?
Cela fait maintenant plus de six mois que nous avons été déclarés "sinistrés".
Nous retrouvons peu à peu notre sérénité, et parfois même des sourires apparaissent sur les visages. Mais les pertes infligées aux personnes sont telles que certains choisissent de mettre une fin à leur vie.
C'est la réalité.
Et ceci nous fait parfois hésiter sur le meilleur moyen de conduire notre action en tant que bénévoles. Les dons matériels (denrées, vivres) qui nous parviennent de tout le pays nous réchauffent le cœur, et sont vraiment très utiles pour tous les sinistrés ici.
Tant qu'il n'y aura pas de redémarrage de la vie commerçante ici, nous pensons solliciter encore votre aide.
En plus de cela, nous comptons poursuivre une aide psychologique aux sinistrés, notamment en faisant des rondes parmi les habitations provisoires pour pouvoir aussi parler avec les gens.
Grâce à vos envois, nous devrions avoir à peu près assez de vêtements d'hiver, même si nous manquons encore un peu de couvertures.
Pour la suite, tout ce qui est alimentation nous ferait un grand plaisir. Le moindre paquet est le bienvenu. Nous nous recommandons à votre bienveillance.
Chaque personne sinistrée ici n'a qu'un vœu : pouvoir vivre à nouveau avec sa famille, ou travailler à nouveau, le plus vite possible.
Nous vous prions de croire à l'expression de notre gratitude et souhaitons la santé à toutes les personnes chaleureuses qui ont bien voulu nous aider.
Le 6 octobre 2011, Takao ODOME,
Président de l’Association pour la protection de la vie et de l'environnement contre les centrales nucléaires »
 
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Informations supplémentaires : vidéos et photos
 
Une école maternelle rouvre ses portes à Minamisoma
 
 
Reportage en japonais sur M. Odome
 
 
Photos de l’action humanitaire de M. Odome
 
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Mise à jour : 2/01/12
 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 02:52
 
Cet article a été publié dans la revue “les Z’indigné(e)s !” (n°1, novembre 2011), la revue des résistances et des alternatives (en librairie : 14 €).
 
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Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité
 
Depuis 1945, plus de 2 400 explosions – dont la puissance de certaines [1] équivalait à plusieurs milliers de fois celle d’Hiroshima – ont eu lieu, sans parler des « ratés » et des dizaines d’accidents catastrophiques dont les premiers connus datent de l’automne 1957 à Windscale (UK) et Maïak (ex-URSS), respectivement classés 5 et 6 sur l'échelle INES. Mais qui en connaît précisément les conséquences ? Aucune enquête épidémiologique internationale digne de ce nom n’ayant été diligentée à ce propos, un comité européen sur les risques de l'irradiation (CERI) [2] a étudié, à la demande des députés verts, et confirmé l’impact de l’activité atomique depuis 65 ans sur les populations mondiales, ce dont on pouvait se douter puisqu’on en retrouve les traces jusque dans les glaces du pôle Sud [3]. Les enjeux sont tellement énormes que les effets pathologiques de toutes ces contaminations à petites doses et au long cours sont farouchement niés de concert par tous les pays ou les organisations intergouvernementales.
 
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Centre nucléaire de Maïak (photo AFP)
 
Tchernobyl : irradiations et multicontaminations « à rebonds »
Tout comme le 6 août 1945, le 26 avril 1986 est une date historique pour l’ensemble de l’humanité [4]. Dès les débuts du cataclysme, les irradiations furent violentes, très supérieures à celles d’Hiroshima ou de Nagasaki [5], multiples, complexes et pérennes, quelle que soit la distance du lieu de l’accident : c’est une des particularités de Tchernobyl par rapport aux bombardements de 1945.
En explosant, le réacteur n°4 de la centrale Lénine de Tchernobyl n’a pas seulement rejeté des gaz et des aérosols divers issus de la désintégration atomique du combustible, comme le ferait une bombe, mais il a également rejeté « des particules chaudes solides » [6] de combustible : ce sont des fragments de toutes tailles qui, combinés avec d’autres radionucléides, sont retombés sur le site ou à proximité de la centrale. Par la suite, des « particules chaudes liquides » se sont également formées dans le sol après les pluies. Lorsque ces particules pénètrent dans l’organisme par l’eau et les aliments ingérés ou par l’air inhalé, elles produisent, même longtemps après leur émission, des doses élevées d’irradiation ponctuelle interne. Cette remarque est importante pour la compréhension de la suite et des suites de l'accident.
 
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Explosion du réacteur de Tchernobyl (extrait du film La bataille de Tchernobyl)
 
Depuis le jour de la catastrophe, les irradiations ont été peu à peu supplantées par des contaminations de long terme et la situation radiologique évolue d’une manière que nul ne pouvait prédire. Deux exemples :
- Suite aux processus de désintégration du plutonium 241, la formation naturelle de l’américium 241, puissant émetteur de rayons gamma, va constituer un aspect important de la contamination de nombreux territoires situés jusqu’à un millier de kilomètres de l’explosion. A cause de cette désintégration progressive, les territoires dont le niveau de rayonnements gamma était faible sont devenus à nouveau dangereux.
- Par ailleurs, il y eut une forte redistribution des radionucléides dans les écosystèmes du fait de leur concentration par les organismes vivants (bio-accumulation) et de leur migration, après quelques années, dans les parties du sol où plongent les racines : ces radionucléides sont alors devenus de plus en plus accessibles aux végétaux, qui les reportent pour la deuxième fois à la surface du sol. C’est une des causes de l’expansion et de l’aggravation de la morbidité et de la mortalité atomiques dans les territoires contaminés.
 
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Contamination de la végétation (extrait du film La bataille de Tchernobyl) 
 
Quelques-unes des maladies provoquées par Tchernobyl
- La contamination radiologique de Tchernobyl a influé sur le fonctionnement de tous les organes du système endocrinien. L’effondrement de la fonction hormonale du thymus joue le rôle principal dans le développement de la pathologie du système immunitaire.
- Les maladies des organes circulatoires sont une des causes principales d’invalidité et de mort des « liquidateurs ».
- Le vieillissement accéléré provoqué par la catastrophe de Tchernobyl a déjà touché des centaines de milliers de personnes et en touchera des millions dans le futur.
- Le saturnisme est devenu une des pathologies importantes de Tchernobyl. En effet, entre 2 400 et 6 720 tonnes de plomb ont été déversées au cours des opérations d’extinction. Une partie importante de ce plomb a été rejetée dans l’atmosphère suite à sa fusion, à son ébullition et à sa sublimation dans l’incendie du réacteur.
En outre, les conséquences génétiques causées par la catastrophe de Tchernobyl toucheront pendant des siècles des centaines de millions de personnes, dont :
- celles qui ont subi le premier choc radiologique (irradiation externe forte et brutale), parce que la quantité des radionucléides rejetés dans l’écosphère fut infiniment supérieure et bien plus virulente que celle d’Hiroshima ;
- celles qui vivent, et vivront pendant les 300 ans à venir, dans les territoires contaminés par le strontium 90 et le césium 137, ou celles qui vivront dans les territoires contaminés par le plutonium et l’américium pendant des milliers d’années ;
- les enfants des géniteurs irradiés, pendant des générations, où qu’ils vivent par la suite.
 
Le secret, la falsification officielle des données et les malversations
Il n’y a pas de données instrumentées disponibles de la contamination de tous les pays d’Europe par l'ensemble des radionucléides de Tchernobyl, et désormais il n’y en aura plus jamais. S’appuyant sur ce manque, le rapport « Forum Tchernobyl » (2005) de l’AIEA et de l'OMS ne discute que des données concernant les territoires du Bélarus, de l’Ukraine et de la Russie d'Europe, passant sous silence la contamination des autres pays européens.
Or, même si la densité actuelle de la contamination n’est pas élevée dans un territoire, l’énorme contamination des premiers jours et des semaines qui ont suivi la catastrophe (on sait par reconstruction que, dans certains territoires, l’activité des retombées radioactives dépassait 10 000 fois les niveaux du fond naturel), jointe à la faible contamination persistant sur des décennies, ont pu influer et influeront considérablement sur la santé des habitants et sur l’environnement.
D’autre part, la suppression des institutions chargées d'examiner les suites pathologiques de Tchernobyl, le détournement des équipes de chercheurs de l’étude des problèmes engendrés par la catastrophe, le harcèlement et l’emprisonnement de certains médecins spécialisés, sont autant de tentatives concertées et persistantes pour cacher la vérité [7].
Aussi l’exigence avancée par les spécialistes de l’AIEA et de l’OMS de la nécessité d’une « corrélation certaine » entre la charge radioactive d’une personne concrète (jamais reconstituable avec précision, et pour cause) et l’atteinte à sa santé pour qu’il y ait démonstration évidente du lien de la maladie avec l’irradiation de Tchernobyl, relève-t-elle de manœuvres intellectuelles particulièrement malhonnêtes.
En plus de ces malversations, en ex-URSS, en Ukraine, au Bélarus, et au sein des principales organisations intergouvernementales concernées (CIPR, AIEA et OMS) les volontés de minimiser les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sont légion. En voici quelques exemples.
- Dans aucun des livrets militaires des 60 000 militaires en service qui ont participé aux travaux de « liquidation » n’a été enregistré le dépassement de la norme de 25 rœntgens alors en vigueur. Mais l’examen clinique de 1 100 militaires liquidateurs a révélé chez 37 % d’entre eux les symptômes hématologiques de la maladie des rayons, indiquant à l’évidence que ces personnes ont reçu plus de 25 rœntgens.
- La médecine officielle n’a commencé à reconnaître la fréquence de la cataracte « tchernobylienne » que 8 ou 9 ans après sa découverte.
- Même chose en ce qui concerne le cancer de la thyroïde, la leucémie et les affections du système nerveux central.
 
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Soins portés à un liquidateur (extrait du film La bataille de Tchernobyl)
 
Les conséquences de Tchernobyl sur la santé publique
En résumant sommairement les données publiées dans le rapport du CERI, la contamination radioactive de Tchernobyl a touché près de 400 millions de personnes (205 millions en Europe et environ 200 millions hors d’Europe). L’analyse des courbes de la morbidité générale des enfants vivant dans les territoires contaminés de l’ex-URSS est particulièrement désespérante : seulement 20 % d’entre-eux sont en bonne santé. Dans certaines régions du Polessié il n’y en a plus un seul. En Allemagne, les dents des enfants nés après la catastrophe contenaient 10 fois plus de strontium 90, tout comme on retrouve de l’uranium dans les dents de lait des enfants anglais résidant près de Windscale (depuis rebaptisé Sellafield) 53 ans après cette autre catastrophe atomique. Le nombre des victimes de Tchernobyl croîtra pendant plusieurs générations. Au cours des 15 premières années suivant la Catastrophe, il peut être estimé de la manière suivante :
Bélarus, Ukraine, Russie d’Europe 237 000
Reste de l’Europe 425 000
Asie, Afrique, Amérique du Nord 323 000
Monde entier 985 000 [8]
 
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Enfant malade (extrait du documentaire Controverses)
 
Tchernobyl : une catastrophe nucléaire au temps de l’Anthropocène [9]
Les catastrophes atomiques ont ceci de particulier qu’elles délimitent toujours une fracture multidimensionnelle de l’histoire du vivant :
- La perte irrémédiable de tout un monde vivant sur d’immenses territoires, un printemps sans les cris des oiseaux, et des arbres roussis par un gigantesque et silencieux incendie.
- Une mortalité si nombreuse, et dans des conditions si inhumaines, que le travail de deuil s’avère impossible à réaliser, surtout « au temps de la mort sèche » [10].
- Un événement imprévu et inconcevable, qui dépasse nos facultés d’imagination, et dont les conséquences futures sont elles-mêmes imprédictibles.
- Des irradiés/contaminés subissant une atteinte aussi bien mentale que physique, dont certains effets s’étaleront sur plusieurs générations, pour donner naissance à des lignées d’êtres difformes.
Autrement dit, « un avant et un après » sans retour possible. Un trou dans la mémoire symbolique des humains, dans leur inconscient, ce qui nous prépare « un retour du refoulé » à la mesure de l’événement. Mais de plus, et c’est là le « double effet paradoxal » des catastrophes atomiques, elles n’ont pas de fin, pas de terme prévisible : c’est un monstre qui pousse et dévore de l’intérieur l’humanité, dont la morbidité persistante est difficilement évitable. La catastrophe atomique « colonise l’avenir et n’offre aucune possibilité d’échapper au destin tragique : aucune culture n’est prête à affronter ce pari » [11].
 
Le négationnisme et ses conséquences au temps de l’Anthropocène
Les Etats et les organisations intergouvernementales (UNSCEAR, CIPR…) ont délibérément minimisé les conséquences sanitaires de Tchernobyl : ce parti pris des jugements concerne également l’OMS [12] et sa fameuse thèse d’une trentaine de morts jusqu’en 2005. Mais il y a bien pire depuis le 6 août 1945 (cf. note 1 et note 15 de fin de texte).
Figures de la défaite déshonorante du Japon, les « hibakushas », assimilés aux pestiférés par peur d’une contagion fantasmée, furent l’objet de la honte publique, décourageant ainsi la plupart des rescapés de participer à un quelconque travail de mémoire, témoignages dont on a vu avec Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Améry et les autres survivants l’importance capitale dans l’Europe intellectuelle de l’après-guerre. Les édiles japonais procédèrent à une « reconstruction » rapide de la ville qui eut pour but d’effacer méticuleusement toutes les traces de leur défaite et… de ce crime effroyable. Contrairement à ce qui s’est produit pour la Shoah, vainqueurs et vaincus se sont associés pour aveugler l’humanité, avec succès jusqu’à ce jour, sur la nature des crimes commis à Hiroshima et Nagasaki. Un exemple : avec l’aide des autorités japonaises, les Etats-uniens ont mené sur place des études sur les conséquences de ces bombardements, études qui furent versées dans les archives secrètes de Washington, longtemps inaccessibles. En plus du mépris des victimes en souffrance dont cela témoigne, ce sont sur ces mêmes archives que les Etats et les organisations internationales se basent encore aujourd’hui pour nier les effets des faibles doses à long terme !
 
hiba
 
Hibakusha
 
Plus de traces, tel est le credo commun à tous les criminels et négationnistes (cf. ce qu’en dit plus précisément Günter Anders). Il en fut de même à Tchernobyl et en sera de même à Fukushima. Le travail de mémoire est ainsi forclos comme on tente d’enfermer un déchet radioactif dont on sait pertinemment qu’on en retransmet la dangerosité aux générations suivantes.
Un autre versant de la politique négationniste face à tous ces dangers consiste en un raisonnement de type scientiste qui les transforme en risques statistiques. Ce que vise à cacher cette manipulation intellectuelle du risque, c’est qu’en cas de catastrophe (« le risque résiduel »), ce sont toujours les Etats qui sont appelés à la rescousse car les moyens privés sont à l’évidence insuffisants pour y faire face. Mais depuis Tchernobyl et Fukushima les habitants de tous les pays de la planète doivent savoir qu’ils ne peuvent plus compter sur leurs gouvernements pour les protéger efficacement, ni avant et encore moins après une catastrophe atomique. C’est pourquoi nous pouvons dire que les populations du monde entier, après avoir été évacuées du choix politique – aucune société civile ne fut jamais consultée sur le nucléaire – courent le risque d’être évacuées de leurs territoires nourriciers, d’être « expulsées de leurs vies ».
 
La catastrophe de Tchernobyl aurait pu être encore plus grave
La catastrophe trouve son origine dans le projet inouï consistant à « expérimenter en vraie grandeur » : il s’agissait, dans le cas d'un arrêt d'urgence, d’utiliser le dégagement calorifique résiduel pour une production supplémentaire d'énergie électrique ! Autrement dit, le monde vivant est devenu le laboratoire à grande échelle de la technoscience (et ce, depuis longtemps). Mais le rejet du seul réacteur n°4 a provoqué une contamination des dizaines de fois supérieure à la contamination due aux bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, et le « nuage de Tchernobyl » a fait au moins deux fois le tour de la Terre, ce qui fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe technologique de l’anthropocène à ce jour.
Mais il y a plus grave. Le Pr. Vassili Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe, explique [13] que 1 400 kg [14] du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 mégatonnes, soit entre 50 et 80 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima, si une quantité suffisante du corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur. « Une explosion d’une telle puissance pouvait provoquer des radiolésions massives des habitants dans un espace de 300-320 km de rayon (englobant la ville de Minsk) et toute l’Europe pouvait se trouver victime d’une forte contamination radioactive rendant la vie normale impossible. […] Mon opinion est que nous avons frisé à Tchernobyl une explosion nucléaire. Si elle avait eu lieu, l’Europe serait devenue inhabitable. » [15].
 
Explosion centrale Fukushima
Explosion du réacteur 1 de Fukushima Daiichi
 
Fukushima, une réplique de Tchernobyl
Au Japon, vu leur état, les systèmes de refroidissement ne pourront plus jamais être remis en service. Tandis que l’on injecte de l’eau borée dans les cuves et de l’azote pour inerter l’atmosphère des bâtiments, une énorme quantité d’eau y est quotidiennement déversée pour les refroidir afin d’éviter que les coriums transpercent l’enceinte et atteignent ces mêmes masses d’eau, ce qui pourrait être très grave. Et ce n’est pas un, mais quatre réacteurs, dont le n°3 qui fonctionnait au MOX [16] français, qui sont concernés. Sans parler des conséquences d’une éventuelle réplique sismique, que l’on ne peut malheureusement pas écarter vu l'emplacement de la centrale. Dans ces conditions, qui peut prédire les effets cumulatifs possibles de ce type de situation, au Japon ou ailleurs ? Or, ce qu’il fut possible de mettre en place à Tchernobyl pour éviter la catastrophe planétaire ne le sera vraisemblablement plus jamais nulle part sauf, peut-être pour quelque temps encore, en Chine.
En ex-URSS, il était possible d’enrôler 800 000 « liquidateurs », les services de secours civils de tout un immense pays, des centaines de pompiers, dix mille mineurs, une armée encore puissante avec ses dizaines de milliers de réservistes, et ce sur ordre du secrétaire du Politburo. Le déploiement de tels moyens ne sera plus possible dans d’autres cas similaires, et il est douteux que l’appel aux autres pays soit suffisant : en démocratie libérale, il y aura peu de volontaires pour mourir dans des souffrances que l’on sait atroces.
 
La perspective d’avoir à survivre en territoire contaminé ne peut être exclue
Dans les territoires contaminés par les dépôts de Tchernobyl, il est dangereux de s’occuper d’agriculture, il est dangereux d'arpenter les forêts, dangereux de pêcher le poisson et de chasser le gibier, il est dangereux de consommer les denrées produites localement sans contrôler leur radioactivité, dangereux de boire le lait et même l’eau. Tout ce qui constituait depuis des millénaires la plus sûre et la plus fidèle des sources de vie – l’air, les eaux naturelles, les fleurs, les fruits de la terre, les forêts, les fleuves et les mers – tout cela est devenu en quelques jours source de danger pour l’homme et l’animal. La catastrophe ukrainienne nous l’a enseigné, il faut également prendre en compte les effets délétères sur la santé des « faibles doses », inhalées ou ingérées via l’alimentation, qui vont ensuite se fixer dans l’organisme et produire leurs effets des années plus tard.
Les appareils automatiques de spectrométrie de radiation interne du corps humain, tels le SCRINNER en usage en Biélorussie, sont conçus pour mesurer l'activité des radionucléides dans le corps humain. Ces appareils devraient être d’usage courant dans tous les pays sous le vent de centrales atomiques en activité. Par ailleurs, dans de véritables prescriptions publiques à grande échelle, il faudrait préciser les avantages et les limites des pastilles d’iode et des mesures de confinement, les gestes qui sauvent, les « périmètres d’évacuation », les plans d’urgence… C’est pourquoi, dans tous les pays, les organisations de la société civile doivent considérer l’importance de la création d’un système de contrôles radiologiques indépendant du système officiel.
 
L’industrie nucléaire, une banalisation radicale du mal
A travers son concept de « banalité du mal », Hannah Arendt a démontré dans les années soixante que des crimes contre l’humanité avaient été perpétrés par des hommes ordinaires parce qu’ils ne se posaient pas de questions sur les fins de leurs « activités ». A partir du moment où ils étaient liés par un serment de fidélité à leur hiérarchie (ou à une idéologie, toutes choses qui sont aujourd’hui érigées en valeurs universelles par la raison calculatrice dans le monde du « travail » et ailleurs), ils tenaient ces activités pour légitimes.
Ce concept de « banalisation du mal » n’est pas issu de supputations sur une « nature humaine », mais bien d’une analyse socio-historique de ce qui s’est passé en Europe entre 1933 et 1945 et de ce qui en a préparé l’avènement. Soixante ans après, à moins de croire en un monde fixiste, il faut oser tirer les conclusions de ce qu'Hannah Arendt avait écrit.
Historiquement, la banalisation du mal occidental s’est répandue à grande échelle à partir du moment où le travail et les êtres humains ont été « industrialisés » avec l’appui massif de la technoscience, c'est-à-dire coupés de leur réalité nourricière, terrestre, pour être encasernés, prolétarisés, disqualifiés, déréalisés et finalement déshumanisés. A partir de ce moment, tout a été possible dans l’ordre de la banalisation et tout est devenu acceptable dans l’ordre du mal, puisque toutes les fins humaines ont été discréditées au seul profit de l’aliénation productiviste et marchande.
Les choses ne se sont pas arrangées depuis : cela est vérifiable sur tous les plans, y compris psychique [17]. Alors, il faut avoir le courage de dire que cette banalisation du mal est devenue omniprésente et que, en conséquence, nos sociétés ne sont plus que des « totalitarismes démocratiques » nous menant au(x) désastre(s) définitif(s), ce qui devrait être analysé comme tel dans l’ordre du politique. Porteuse de mort généralisée du vivant sur la planète, l’industrie nucléaire en est un exemple particulièrement frappant. Mais les gouvernements et la plupart des médias occidentaux (la guerre froide, qui devait durer quarante ans, y a bien pourvu) ont tout fait pour recouvrir, les 6 et 9 août 1945, cette défaite historique de l’humanité d’un épais manteau d’admiration et de dévotion devant le génie et la puissance des chercheurs, de la science, de la technique, de l’industrie… Un nouveau dieu est apparu ce 6 août 1945, à la puissance inquiétante certes, comme tous les dieux, et à la gloire duquel de nouveaux hymnes ont été forgés illico presto.
Le largage des bombes atomiques, puis « l’expérience Tchernobyl », furent non seulement un crime contre l’humanité mais, fait nouveau, un crime contre la Nature, ce que l’on appellerait aujourd’hui un Ecocide. Si le refoulement de ce type de catastrophe systémique pour l’écosphère persiste, il ne sera pas sans conséquences pour l’avenir de l’humanité et sa manière d’en écrire l’histoire.
Une conclusion s’impose donc : il faudrait mettre sur pied un tribunal international, du type de celui de Bertrand Russell, jugeant les crimes atomiques contre l’humanité à Tchernobyl et ailleurs, depuis le 6 août 1945 jusqu’à Fukushima en passant par Fallujah.
 
Ce texte a été signé par :
 
Paul ARIES, philosophe et écrivain, intellectuel de référence du courant de la décroissance. Dernier ouvrage publié : La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance.
 
Marc ATTEIA, docteur en mathématiques appliquées, professeur honoraire de l'Université de Toulouse, auteur de Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain, Yves Michel, 2009.
 
Marie-Christine GAMBERINI, traductrice, référente de l'association Les Amis de la Terre France sur le nucléaire et l'énergie.
 
Alain GRAS professeur émérite de l'Université Paris I et directeur du Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques, cofondateur de la revue Entropia, auteur de Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007.
 
François JARRIGE, maître de conférence à l’Université de Bourgogne, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique, imho, Paris, 2009.
 
Baudouin JURDANT, professeur émérite à l'Université Paris 7, traducteur de Paul Feyerabend, auteur de l'ouvrage Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique, Ed. Les Archives contemporaines, Paris, 2009.
 
Paul LANNOYE, docteur en Sciences physiques, député européen honoraire, administrateur responsable du Groupe de réflexion et d'action pour une politique écologique (GRAPE) en Belgique, co-traducteur en français du rapport du CERI, éditions Frison-Roche.
 
Serge LATOUCHE, professeur émérite d’économie de l'Université Paris XI et objecteur de croissance, auteur de Vers une société d'abondance frugale ; Contresens et controverses sur la décroissance, Mille Et Une Nuits, Fayard, 2011.
 
Frédérick LEMARCHAND, sociologue, co-directeur du pôle RISQUES, Université de Caen, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN. Coauteur de Les Silences de Tchernobyl et du film La vie contaminée, Conseiller de l’exposition internationale Il était une fois Tchernobyl.
 
Corinne LEPAGE, ancienne ministre de l’environnement, députée européenne, enseignante à l’IEP. Dernier ouvrage : La vérité sur le nucléaire ; le choix interdit, Albin Michel, 2011.
 
Stéphane LHOMME, président de l’Observatoire du nucléaire, auteur de L’insécurité nucléaire ; bientôt un Tchernobyl en France, Yves Michel, 2006.
 
Jean-Marie PELT, président de l'Institut Européen d'Ecologie et professeur honoraire de l'Université de Metz, dernier ouvrage : Heureux les simples, Flammarion, 2011.
 
Pierre RABHI, agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agroécologie.
 
Jacques TESTARD, agronome et biologiste, docteur en sciences, directeur de recherche honoraire à l'Inserm; ex-président de la Commission française du développement durable (1999-2003). Co-auteur de Labo-planète. Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens, Mille et une nuits, 2011.
 
Jean-Marc ROYER, ingénieur, ex-cadre supérieur ADP, ancien dirigeant du syndicat de cadres SICTAM/CGT Orly, en cours de publication : Décoloniser l’imaginaire occidental. I. La science creuset de l’inhumanité.
 
 
 
 
[1] 100 Mt : Andreï Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990, p 246. L’IRSN parle de 50 Mt.
 
[2] Comité Européen sur le risque de l’Irradiation (CERI), Recommandations 2003 du CERI, Ed Frison Roche, 2004. Synthèse et commande du rapport : www.euradcom.org. Pour le CERI, environ 65 millions de morts sont imputables à l’industrie atomique depuis 1945 !
 
[3] Claude Lorius, Voyage dans l’Anthropocène, Actes Sud, 2010.
 
[4] La grande majorité des informations qui suivent sont extraites du livre d’Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, « Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature », annales N°1181 de l’Académie des sciences de New York, dont le choix de textes traduits en français est dû à Wladimir Tchertkoff avec la collaboration de Lisa Mouravieff. Version américaine partiellement consultable en ligne sur : http://books.google.fr/. D’autres sites en proposent le digest français.
 
[5] Dans ces bombes, il y avait quelques kilos d’uranium ou de plutonium contre plusieurs centaines de tonnes à Tchernobyl !
 
[6] Au moment de l’accident, l’activité de certaines « particules chaudes » atteignait 10 à 12 mille becquerels, ce qui pouvait provoquer la mort en quelques heures.
 
[7] Yuri Bandajevski fut arrêté en juillet 1999, prétendument dans le cadre des mesures d'urgence destinées à combattre le terrorisme. Arbitrairement détenu, puis accusé de corruption et condamné le 18 juin 2001 à huit années de prison, malgré la rétractation publique de son accusateur, au terme d'un procès digne de ceux des années 30, il fut incarcéré jusqu’en 2005. Vassili Nesterenko, directeur de l'Institut indépendant biélorusse de protection radiologique Belrad, qu'il a créé en 1989 avec l'aide d’Andreï Sakharov, Ales Adamovitch et Anatoli Karpov, a été menacé d'internement en asile psychiatrique par le KGB, a subi deux attentats, et est décédé le 25 août 2008 après une opération à l'estomac.
 
[8] Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, op. cit. Ces chiffres ont été largement revus à la hausse soit par l’académie des sciences de NY, soit à la suite de la conférence internationale de nov. 2010 : La gazette nucléaire n° 259 février 2011, http://resosol.org/Gazette/2011/259p23.html
 
[9] Ere caractérisée par le fait que l’homme en est devenu la force géologique principale (Georgescu-Roegen, A. Gras, J. Grinevald ou C. Lorius).
 
[10] Allouch Jean, Erotique du deuil au temps de la mort sèche, EPEL, 1995.
 
[11] Frédéric Lemarchand, sociologue, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN, article du 17 mars 2011, Les Echos.
 
[12] Un accord a été signé en 1959 entre l’AIEA et l’OMS obligeant celle-ci à soumettre sa position à celle de l’AIEA dans tous les cas où le nucléaire est en jeu.
 
[13] Dans le film « Tchernobyl. La vie contaminée, vivre avec Tchernobyl » de David Desramé et Dominique Maestrali.
 
[14] Il reste encore en 2011 l’équivalent de quelques dizaines de tonnes d’uranium sous le sarcophage…
 
[15] Lettre du professeur Nesterenko à Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex et Bella Belbéoch, janvier 2005.
 
[16] Combustible constitué d'un mélange d'oxydes d'uranium, mais aussi de plutonium, ce qui d’une part réduit les marges de sécurité (sa température de fusion étant plus faible et plus rapidement atteinte) et d’autre part accroît sa dangerosité, quelques milligrammes suffisant à déclencher une mort rapide.
 
[17] Melman Charles, Lebrun Jean-Pierre, La nouvelle économie psychique, une nouvelle façon de penser et de jouir aujourd’hui, Eres, 2009.
 
 
Signez la pétition !
 
 
 
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Vidéo en relation avec cet article :
La puissance destructrice de l'humanité
Savez-vous ce que représente l'arsenal nucléaire mondial existant en Juin 2004, par rapport aux 2 bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 ?
Isao Hashimoto répond à cette question par ce clip. Incroyable !
 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 03:25
conference-presse.jpgUn arrêt à froid en entraîne un autre.
Suite à l’achèvement de l’étape 2 de la feuille de route destinée à sortir de la crise nucléaire, le ministre japonais en charge de ce dossier, Goshi Hosono, a indiqué il y a quelques jours que désormais, le gouvernement ne ferait plus de conférence de presse conjointe avec TEPCo. Puis, très pressé de rejoindre une émission de télévision de NHK, il a planté les journalistes en plein milieu de cette dernière conférence de presse, abandonnant ses camarades Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire et Toshio Nishizawa, président de Tepco. Alors que le ministre partait, ces derniers ont voulu clore la séance des questions et partir dans la foulée.
Il n’en a pas fallu plus pour que les journalistes s’énervent et invectivent le ministre :
 
« Pour quelle raison les personnes autres que M. Hosono auraient à quitter aussi la salle ? »
« C’est la dernière conférence de presse commune. Prenez vos responsabilités et répondez aux questions ! »
« Vous n’avez pas du tout répondu aux questions du peuple japonais ! »
« Vous êtes impoli et trahissez le peuple japonais ! »
« Vous êtes un arnaqueur ! »
« Vous êtes un assassin ! »
« Vous ne pouvez pas être sérieux ! »
« S’il vous plait, restez ici pour répondre aux questions ! »
 
Entendant cela, Hosono a fait demi-tour et, après avoir demandé aux journalistes de rester courtois, a de nouveau expliqué qu’il ne pouvait pas rester. Puis il a négocié avec Sonoda pour que celui-ci reste pour répondre aux questions.
« Qu’en est-il des questions auxquelles nous n’avons pas eu de réponse jusqu’à maintenant ? » lance un journaliste.
« Nous vous répondrons par mail ou par courrier », répond le ministre qui s’excuse encore une fois et s’en va.
 
Et là… le président de Tepco, Toshio Nishizawa, n’ayant absolument pas envie de répondre aux questions des journalistes, s'est sauvé comme un couard. Car lui, il n’avait pas d’émission de télé, il n’avait pas de raison de partir.
« Pourquoi M. Nishizawa s’en va ? »
« M. Nishizawa ! »
« M. le président ! »
Zengo Aizawa, vice-président de Tepco, a pris le micro et, tout penaud, a expliqué qu’il ne savait pas pourquoi Toshio Nishizawa était parti. Et le porte-parole de Tepco, Junichi Matsumoto, son voisin de table de presse, a poussé un gros soupir de fatigue.
 
Cet épisode en dit long sur l’incapacité du gouvernement japonais et de l’opérateur Tepco à répondre sincèrement aux questions des journalistes. Le peuple japonais s’inquiète de plus en plus des effets sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima mais il n’y a personne pour répondre aux questions qu’il se pose.
 
Voici la vidéo de ce passage mémorable de cette dernière conférence de presse commune. Le sous-titrage est en anglais. Tepco envisage également de réduire le nombre de ses points presse. L’information a pris soudain un coup de froid. L’état en a décidé ainsi.
 
Il n’est pas certain que dans ces conditions, le gouvernement Noda dont les ministres se font maintenant insulter garde longtemps la confiance de son peuple. La vérité, que le lobby nucléocrate essaie tant bien que mal de cacher, se fait connaître petit à petit. On n’est plus au temps de Tchernobyl, l’Internet fait son travail, surtout par l’intermédiaire des jeunes générations.
 
 
 
sources :
Photo : Ryusaku Tanaka, journaliste ayant participé à la conférence
 
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Pour terminer, voici quand même quelques infos… non gouvernementales.
 
On trouve encore du strontium à 60 km au large de Fukushima, ce qui prouve que la centrale continue à polluer le Pacifique.
 
Les entreprises fuient Fukushima en nombre plus grand que ce qui est publiquement admis par le gouvernement local.
 
Noguchi Ken, sans doute l'alpiniste japonais le plus célèbre au monde, est malade. Il avait visité la zone des 20 km et avait pris des photos des animaux abandonnés dans la région.
 
Les frais de décontamination de 102 municipalités vont être pris en charge par l'Etat.
 
Monsieur Odome à Minamisoma a toujours besoin d’aide pour trouver de la nourriture saine en territoire contaminé.
 
Certains hôpitaux refusent de voir des patients irradiés
 
Et encore trop d’écoliers japonais fréquentent des établissements contaminés.
 
Car les normes japonaises en matière de radioactivité sont… hors normes !
 
Il faut vraiment faire savoir que la dose radioactive reçue lors d'un vol transatlantique ne peut être rapprochée de la contamination par des particules radioactives !
 
Et encore bien d'autres informations sur Fukushima Informations :
 


 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 00:10
photo 1323976396435-1-0Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné vendredi une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l'eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amèneront à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire.
 
 
Aucun progrès
 
Tout d’abord, les déclarations de Tomohiko Suzuki (1) sont à l’opposé de la communication officielle qui proclame que tout est sous contrôle. Selon lui, aucun progrès n’a été fait vers une quelconque sortie de la crise nucléaire : seuls des travaux de façades ont été effectués pour faire croire à une maîtrise de la situation. On peut citer en effet l’installation de la tente de protection du réacteur n°1 et le nettoyage de la façade sud du réacteur n°4. Il s’agit d’actions concrètes et visibles propices pour donner une image de maîtrise de la situation. Or en réalité il n’en est rien. Ces actions de sécurisation à court terme ne règlent aucun problème :
 
- On ne sait toujours pas quoi faire de l’eau contaminée par le refroidissementeauFukushimaDaiichiSteelTanks des réacteurs, eau que l’on essaie de retraiter mais qui en fait s’entasse sur le site, au risque de la voir se répandre par des fuites diverses dues à des failles dans le sol, à des tuyaux de mauvaise qualité, à des normes techniques différentes selon les entreprises qui interviennent, et peut-être cet hiver à cause du gel de certains circuits exposés en plein air. Au 15 novembre, les réservoirs installés sur le site pouvaient contenir 106 000 tonnes d’eau contaminée. S’il n’y avait pas une pression de l’opinion public, TEPCo aurait déjà relâché cette eau dans la mer.
 
 
- Les 6 piscines des réacteurs et la piscine commune nécessitent un refroidissement constant car elles renferment ensemble 1964 tonnes de combustible. Aucune erreur n’est tolérable pour la maintenance de ces piscines, et il est difficile de comprendre pourquoi Tepco a laissé s’évaporer l’eau de la piscine n°4 jusqu’à ne plus avoir que 1,50 mètre de hauteur au dessus du combustible le 1er décembre alors que 7 mètres sont nécessaires. Ces piscines extrêmement dangereuses ne servent à rien. Elles nécessiteront des dépenses pharaoniques de surveillance et d’entretien durant des dizaines d’années alors que l’électricité qui a été produite avec les combustibles entreposés est déjà consommée depuis longtemps.
 
- Les coriums des réacteurs 1, 2 et 3, représentant au maximum 257 tonnes deou combustible, ne sont pas localisés. Malgré des centaines de pages de rapports divers et des modélisations rassurantes, personne ne peut dire aujourd’hui où ils sont exactement. Comment peut-on affirmer contrôler quelque chose qu’on ne sait pas localiser ?
 
.
.Intégralité de la conférence de presse de Tomohiko Suzuki avec interprète anglophone
(durée : 1 heure 42 ; langue : japonais et anglais, sous-titrage en français en 2 parties)
 
Partie 1
Partie 2

 
 
 
Un témoignage accablant
 
Tomohiko Suzuki témoigne également des conditions de travail inadmissibles, de l’absence de vérification de la qualification des intérimaires, de la guéguerre entre les constructeurs Toshiba et Hitachi qui dissimulent des données qu’ils devraient partager. Toutes ces informations sont habituellement cachées au Japon car les ouvriers du nucléaire n’ont pas le droit de parler, comme cela est stipulé dans leur contrat d’embauche (2). C’est pour cela que cette conférence de presse est exceptionnelle. Les informations sont de première main et c’est suffisamment rare pour être remarqué.
 
Vidéo réalisée par Tomohiko Suzuki à l’intérieur de la centrale (caméra cachée)
(durée : 17 minutes ; langue : japonais)
 

 
 
Pour lui, il fallait évacuer une zone de 80 km autour de la centrale, comme les Etats-Unis l’avaient préconisé pour leurs propres ressortissants. « Il y a des gens qui vivent dans des zones où personne ne devrait être. C'est presque comme s'ils vivaient à l'intérieur d'une centrale nucléaire », explique Suzuki.
 
Malgré l’absence de progrès notables dans la résolution de la crise, les nouvelles idées des ingénieurs sont aujourd’hui repoussées car il n’y a plus d’argent pour cela. On comprend mieux la précipitation du gouvernement et de TEPCo pour annoncer un « arrêt à froid » des réacteurs. Même si cela ne veut rien dire concrètement face à des réacteurs ruinés ayant perdu leur capacité de confinement, cela permet de réduire drastiquement le budget alloué à la résolution de la crise. Et tout cela aux dépens de la santé des travailleurs qui, pour la plupart, ne sont pas suffisamment prévenus des dangers des radiations. Cela explique sans doute le taux de mortalité important sur l’usine : depuis 7 mois, au moins 5 ouvriers sont morts de manière brusque.
 
 
Risques pour la santé des travailleurs
 
Tomohiko Suzuki a ainsi dénoncé les dangers et les risques pour la santé des travailleurs. Il existe d’ailleurs toujours des doutes sur l’état de santé des employés que TEPCo a « perdu » de ses listes dans les premiers mois et qu’il serait « impossible » de retrouver aujourd’hui. Le 20 juin, TEPCo avouait avoir perdu 69 ouvriers. Le 21 juillet, NHK rapportait que 198 travailleurs avaient été perdus par l’entreprise. Enfin, selon Fukushima Diary, il manquerait officiellement 840 ouvriers au 15 décembre. Que signifient ces chiffres ? TEPCo semble perdre certains de ses employés au fur et à mesure que le temps s’écoule. Au lieu de retrouver ces personnes pour pouvoir vérifier leur contamination et suivre leur état de santé, l’opérateur en perd de nouveau.
 
ouvriers
Ouvriers au réacteur n°4 : combien de temps sont-ils restés au bord de la piscine ?
 
En fait, on apprend avec notre journaliste freelance que, juste après les explosions de mars, TEPCo avait demandé à l’ensemble de ses entreprises de sous-traitance de recruter « des gens qui n’avaient pas peur de mourir ». Comment cela est-ce possible ? Hormis les Japonais qui effectivement, dans un esprit de sacrifice, ont accepté de risquer leur vie pour éviter que le Japon ne devienne un désert radioactif, qui d’autre pourrait accepter cette idée terrible ? Une autre information de poids rapportée par Suzuki pourrait l’expliquer en partie : le journaliste dévoile que les yakuzas sont très impliqués dans l’industrie nucléaire, étant responsables pour 10 % du nombre de recrutés dans la centrale de Fukushima. Les yakuzas formeraient la plus grande organisation criminelle au monde. Il faut savoir qu’au Japon, plus de 41 % des patrons de grandes entreprises japonaises affirment avoir été victimes de racket de cette organisation qui perçoit des « dîmes » régulières. On peut donc comprendre alors quels types de pressions peuvent être exercés sur des familles qui auraient des « dettes ». Car, selon Suzuki, les groupes yakuza ont longtemps envoyé des travailleurs dans les centrales nucléaires comme un moyen de rembourser les prêts consentis à des taux exorbitants.
 
 
 
Recrutements douteux
 
Une autre manière de recruter des ouvriers sur la centrale est le démarchage des personnes en difficulté. Certaines sociétés de sous-traitance sont allées très loin pour recruter des personnes dans le besoin, et surtout ne connaissant pas les dangers de la radioactivité. En témoigne ce tract alléchant distribué dans la région d’Ibaraki, et trouvé dans la boîte aux lettres d’un lecteur de ce blog au mois d’octobre. En voici l’image et la traduction :
 
 tract« Travail de reconstruction dans la zone sinistrée suite à la grande catastrophe dans l'est  du Japon
A l'intérieur de la zone de protection des 20 kilomètres (à l'extérieur de la centrale nucléaire) pour un travail de déblaiement.
4 heures par jour (par équipe de 24 heures)
Salaire journalier : 27 000 yens
(2 mois = plus de 1 600 000 yens)
Prise en compte à partir du 10 du mois, paiement 7 jours plus tard.
Durée du travail : 2 mois (pas de vacances)
Logement offert
Frais de repas 1750¥ (3 repas/jour) possibilité de retenue directe sur salaire
Age : entre 40 et 70 ans, hommes uniquement
Travail sécurisé (équipement de protection fourni)
(Sans domicile fixe et membres de la mafia refusés)
Cette annonce sera renouvelée chaque mois, les premiers arrivants seront les premies inscrits.
"Jusqu’à la fin des travaux de déblaiement"
S.A.R.L Hosyo planning 
Responsable : M. Nakamura : 047- 703 7122 
(Joignable de 6:00 à 11:00) »
 
[NDT : Il y a lieu probablement de décompter les charges sociales, les frais d'agence et de postage ainsi que la commission de l'agent recruteur qui peut être importante, ce qui donnerait un salaire net moindre, mais restant encore très alléchant]  
 
Véritable tract de recrutement ou arnaque ? Seules les personnes dans le besoin qui ont répondu à cet appel pourraient en témoigner. Quoi qu’il en soit, la catastrophe de Fukushima semble avoir créé une économie parallèle, où des salaires mirobolants sont versés à des gens prêts à tout pour sortir de la misère, et où on ne prendrait même pas la peine d’inscrire l’identité de certaines personnes appelées à faire des tâches quasi suicidaires. Sur internet, on trouve ce genre d’annonce avec un salaire mensuel plutôt de l’ordre de 200 000 yens (lien) mais le salaire journalier annoncé n’est pas non plus aberrant puisqu’on trouve aussi des annonces à 30 000 yens pour 3 heures de travail la journée (lien). Ces écarts de salaire s’expliquent sans doute par les différences des tâches à effectuer sur le terrain ou dans la centrale.
 
 
Un message secret
 
Il est impossible de savoir aujourd’hui où sont passés les ouvriers disparus. Etant donné que TEPCo ne communique pas sur ce sujet extrêmement délicat, des rumeurs ont circulé sur Twitter et sur la toile. Pour exemple, ce message troublant que l’on m’a transmis début novembre d’un « ancien professeur de math à l'Université de Kyoto, actuellement chef pour la relance des zones sinistrées » ; En voici la traduction :
 
Envoyé le : Jeudi 3 Novembre 2011 9h54 Objet : prof de Kyoto Univ.
 
« Tepco a toujours affirmé qu'ils avaient perdu la trace d'une centaine d'employés concernant leurs suivis dosimétrique et médical, c'est faux.
La réalité est qu'ils sont morts à cause de la très forte radioactivité des installations endommagées.
Ces victimes ont été parfaitement prises en charges médicalement par les unités de "Fukushima medical university"
Le département qui les a pris en charge a archivé tous les éléments médicaux de tous ces patients (symptômes, analyses, prélèvement humains, évolutions).
Si cette information, concernant une entreprise privée ayant occasionné un certain nombre de victimes directes, venait à être connue, cela ferait un très gros problème compte tenu de la situation actuelle.
Ne pouvant cacher qu'un certain nombre d'employés avait disparu de leurs listes, la direction de Tepco, avec l'aval du gouvernement, a préféré mettre en avant une perte de contact administratif avec ces personnes concernant leurs suivis médical et dosimétrique.
Les familles des victimes ont reçus de très belles indemnités pour les faire taire.
A l'heure actuelle personne ne parle, car cela représente pour les familles dédommagées une menace si elles venaient à rompre leur silence.
Moi, j'ai longuement hésité avant de vous informer de ce constat, il est probable que ce message sera effacé assez rapidement par les administrateurs du site.
Les personnes qui me lisent et qui me diffusent, auront peut-être quelques petits dérangements, mais la censure de la réalité d'une situation ne peut pas aller en s'améliorant.
Je continuerai d'essayer à vous tenir au courant, mais il ne sera pas toujours simple d'être clair, je vous apporterai plus de précisions en messages privé. »
 
Info ou intox ? Qui aurait intérêt à diffuser ce genre de texte ? Il faut espérer qu’un journaliste d’investigation retrouvera un jour l’homme qui a écrit ce message lancé comme une bouteille à la mer. Cette lettre pourrait être malheureusement véridique car elle concorde avec d’autres sources plus explicites.
 
 
Les ouvriers « jetables » ?
 
Selon Fukushima Diary, un travailleur de 21 ans est mort d’un infarctus. Il avait travaillé à la centrale de Fukushima Daiichi de mars à juillet 2011. Il est mort chez lui, et aucune autopsie n’a été réalisée. Cette mort n’est donc pas comptabilisée. Cette information a été donnée par M. Sakuma, commerçant à Kawamata-machi ‒ à 22 km à l’est du site nucléaire ‒ lors d’une interview accordée au journaliste Iwakami Yasumi. Accablé par les banques à qui il devait 30 millions de yens, cet homme est allé travailler à la centrale tout en étant bien conscient des risques qu’il encourait. Grâce à son témoignage, on apprend que dans les zones les plus contaminées, les ouvriers « non référencés » sont obligés de travailler dans des conditions extrêmes : l’un de ses amis a dû aller dans le réacteur n° 3. Dans un endroit rempli de débris, le compteur montrait environ 1~2 Sv/h. Le lendemain matin, le même endroit avait été impeccablement nettoyé, ce qui signifie que cela avait été fait par des hommes et non par des robots.  Certains travailleurs « jetables » pourraient ainsi être forcés à travailler dans des situations extrêmes, puis on les renverrait, enfin ils seraient marqués comme « manquants ».
 
La police ne serait pas mieux lotie. Les policiers qui gardent la zone d'évacuation de 20 km ne sont pas informés du niveau de rayonnement de l’environnement où ils travaillent (environ 100 microSv /h lorsque M. Sakuma l’a mesuré) et de ce fait, les décès  des policiers ne sont pas plus comptabilisés car ils ne font pas partie de la liste des ouvriers.
 
policiers
Policiers en bras de chemise et ne portant qu'un masque à poussière dans la zone contaminée : savent-ils ce qu’ils risquent ?
 
Même quand ils ne sont pas forcés de faire des travaux dangereux, certains  ouvriers font en sorte de ne pas toujours porter leurs dosimètres afin de pouvoir travailler plus longtemps, car dès qu’ils arrivent à la dose maxi, ils perdent leur emploi. C’est aussi ce qui explique que beaucoup d’ouvriers aient des dépassements de doses. D’ailleurs, l’ancien directeur de la centrale lui-même, souffrant aujourd’hui d’un cancer, avait avoué ne pas s’être inquiété des doses qu’il avait reçues. Depuis mars, d’après les données officielles de TEPCo, sur les  17 780  personnes qui sont venues travailler à la centrale de Fukushima Daiichi, 338 d’entre elles auraient reçu des doses supérieures à 100 mSv. Mais on ne sait pas si les « disparus » sont comptabilisés dans ce nombre. On ne sait pas non plus combien de ces employés sont encore en vie aujourd’hui. Tant que cette liste restera anonyme, il sera impossible de vérifier ces informations unilatérales.
 
Témoignages d’ouvriers sur ZDF (émission Frontal 21 du 4/10/11)
(durée : 8 min 21, sous-titrage en français)
 
Par ailleurs, un journaliste a tenté de poser la question du nombre de morts directement au gouvernement, représenté ce jour-là par le secrétaire parlementaire Yasuhiro Sonoda : il lui est en fait impossible de répondre à la question et se reporte toujours sur une demande faite à TEPCo. Sa non réponse implique donc que le gouvernement ignore combien de morts il y a eu à Fukushima depuis le 11 mars.
 

 
Des ouvriers en colères
 
Suite à l’annonce gouvernementale évoquée au début de cet article, il n’y a pas que le gouverneur de Fukushima qui a sursauté en regardant la télévision. Selon le Tokyo Shinbun (le Journal de Tokyo), les travailleurs de Fukushima sont également furieux d'avoir entendu leur premier ministre déclarer que non seulement la température dans les réacteurs avait baissé mais que la situation était désormais sous contrôle : « Le gouvernement ment » ; « Je ne comprends pas ce qu'il dit » ; « On ne peut même pas entrer dans les bâtiments et on ne sait même pas comment récupérer les combustibles ». Un des travailleurs qui regardait la conférence à la télévision commenta aussi : « J'ai cru que je ne comprenais plus le japonais. Je ne crois pas qu'il parle de la centrale que je vois tous les jours. Il nous faudra encore des années pour pouvoir gérer la situation... »
 
Et pendant ce temps-là, les grands médias francophones diffusent en continu une information officielle rassurante (Je vous laisse deviner qui titre quoi !):
etc.
 
Alors que les Japonais soit pleurent, soit sont en colère en entendant leur premier ministre annoncer cet « arrêt à froid », le reste du monde est hilare ou ahuri devant ce mensonge d’état. Le monde entier ? Non, la France aux 58 réacteurs soupire d’aise et se donne pour objectif de construire 30 nouveaux EPR d’ici 2050
 
 
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(1) Tomohiko Suzuki vient d’éditer un livre intitulé « Le pouvoir des yakusas dans le nucléaire », détaillant ses nombreuses expériences à la centrale de Fukushima Daiichi et les connexions entre les syndicats du crime yakuza et l'industrie nucléaire. Il a été publié par Bungei Shunju le 15 décembre 2011.
 
(2) Phrases relevées dans les contrats TEPCo : « Si le signataire accepte ce travail, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte de la centrale de Fukushima, il doit rester dans un strict secret concernant toute information, qu’elle soit écrite, orale ou obtenue par observation. » ; « Le signataire n’acceptera jamais d’interview ou une quelconque enquête de la part de tout média, que ces requêtes aient ou non à voir avec le travail. » (source)
 
 
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sources :
 
 
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Pour aller plus loin :
autres articles et reportages sur les ouvriers de Fukushima
 
Les liquidateurs de Fukushima
 
Yakuzas et centrales nucléaires
   
Témoignages d’ouvriers sur Channel 4 news
(reportage en anglais)
 
Tokyo Freeters - Un film de Marc Petitjean
Le Japon compte aujourd'hui plus de deux millions de freeters, "travailleurs jetables après usage" : des jeunes précaires peu qualifiés qui, faute de moyens, ne peuvent se fixer.
 
À la rencontre des travailleurs de Fukushima
(reportage france24)
 
5 TEPCO Workers Have Over 250 mSv Of Internal Contamination
 
 
   

_________________

 

Mise à jour de mars 2013

 

L’Asahi Shimbun a rapporté le 28 février 2013 que Tepco n’a pas transmis les données concernant les doses reçues par 21 000 travailleurs à la centrale de Fukushima Daiichi. Ces données doivent être fournies à la Radiation Effects Association, une société d'intérêt public qui gère les données de dose des travailleurs de centrales nucléaires.

 

source : http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201302280086

 

Copie de l’article en anglais :

 

THE ASAHI SHIMBUN

Tokyo Electric Power Co. failed to submit radiation dose data to an industry database, compromising the health of 21,000 people who worked at the Fukushima No. 1 nuclear plant after the March 2011 disaster.

The development shows that Tokyo Electric Power Co. remains lax about protecting the safety of workers, many of whom are employed by subcontractors. It also underscores flaws in the private records system to prevent nuclear plant workers from being exposed to dangerous accumulated doses.

A big problem is that many nuclear plant workers often switch companies—including unscrupulous ones--and they can be exposed to more radiation than legally allowed unless the dose data are kept at a centralized database.

The Ministry of Health, Labor and Welfare has repeatedly told TEPCO to submit the dose data of the 21,000 people to the Central Registration Center of Radiation Workers, operated by the Radiation Effects Association, a public-interest corporation that manages dose data of nuclear plant workers in an integrated manner.

The workers were at the Fukushima plant between March 11, 2011, the day the plant was destroyed by the Great East Japan Earthquake and subsequent tsunami, and March 31, 2012, or the end of fiscal 2011.

More than 80 percent of those workers, or 17,600, were from other companies, including subcontractors.

TEPCO on Feb. 18 agreed with the Radiation Effects Association to submit workers’ accumulated data for fiscal 2010 and 2011 by the end of March. The provisional data will be replaced when full-fledged records, including the names of employers and other details, are ready.

“We are extremely sorry for the delay,” a TEPCO spokesman said.

The company has said it took several months before data were retrieved from a computer system damaged by the tsunami. After the disaster, records were initially kept on paper, and it took time to convert them into electronic form.

In May or June each year, electric power companies submit dose data for the previous fiscal year to the center.

Around June 2011, TEPCO said the submission of data for fiscal 2010 would be delayed, and it also did not provide data for fiscal 2011. Records for fiscal 2010, excluding the post-disaster period, were submitted around July 2012.

Electric power companies, primary contractors and subcontractors are legally required to measure doses of nuclear plant workers and keep them under 50 millisieverts a year and 100 millisieverts over five years.

Many primary contractors set 20 millisieverts as the annual ceiling.

Of the 25,000 people who worked at the Fukushima No. 1 plant between March 11, 2011, and Dec. 31, 2012, more than 4,800 were exposed to an excess of 20 millisieverts a year, compared with seven for all of Japan in fiscal 2009.

The average among 76,000 nuclear plant workers across the country that year was 1.1 millisieverts.

Electric power companies have said data management in an integrated manner is not essential. They argue that they can check information in radiation management records--a dose record book kept by individual workers--when new workers arrive at their nuclear plants.

The companies say they make inquiries to the central registration center only when they need to confirm entries in the record books. The center receives 60,000 to 90,000 inquires a year.

However, workers themselves say dose data cannot be strictly managed by radiation management records alone.

Primary contractors or subcontractors enter data into the record books. But some do not comply with laws and regulations.

One subcontractor had workers cover dosimeters with lead plates at the Fukushima No. 1 plant to keep readings low so that they could continue working at nuclear facilities. Other lax practices about dose management have been uncovered.

A man in his 40s who left the Fukushima No. 1 plant more than a year ago said accurate dose data have not been written into his radiation management record.

The worker was illegally sent there as an employee of a company he does not know well. Moreover, a different company’s name is listed in his record book.

The worker could be exposed to more radiation than legally allowed if he continues to work at nuclear plants with his dose data being left uncorrected.

The Radiation Effects Association says both the system based on the central registration center and radiation management records are essential to manage dose data accurately.

The record book usually includes the latest data available for the worker, but the figures may be revised later. Some workers even lose the record book.

The central registration center, on the other hand, keeps closely examined data, but they are updated only once a year.

The dose data management system including the central registration center was established in 1977 with financial support from the government.

But it is a private-sector framework based on contracts between electric power companies and the Radiation Effects Association. The utilities and other parties are paying 275 million yen ($3 million) to administer the system in fiscal 2012.

It remains unclear whether the utilities, or layers of contractors involved in the nuclear power industry, are responsible for managing workers’ dose data and protecting their safety.

The government is not directly responsible, although the science ministry, the health ministry, the Nuclear Regulation Authority’s secretariat and other branches are involved.

“No ministry or agency is expected to take the lead because the health of individuals is at stake and the responsibility is heavy,” a government official said.

The momentum for change could come from politicians.

Some lawmakers, led by those in the Liberal Democratic Party and New Komeito, submitted a bill to establish a state management system in August, when the two parties were in the opposition camp.

Under the bill, utilities would be required to enter dose data into a government-issued record book and the government would collect and manage the data in an integrated manner.

The bill was scrapped when the Lower House was dissolved in November for a snap election. But some politicians plan to submit the bill to the Diet again.

(This article was written by Jun Sato and Toshio Tada.)

 

 

 
 
 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 02:58


    unité 3 moyenne face cachée 110316 1f sora 1 - CopieLe désormais célèbre blog Ex-SKF, qui donne des informations journalières en provenance du Japon, vient de rapporter l’interview d’un ingénieur japonais, Setsuo Fujiwara, ancien inspecteur au JNES (Japan Nuclear Energy Safety Organization). Celui-ci a déclaré au magazine SPA qu'il y a eu deux explosions au réacteur 3 le 14 mars à Fukushima Daiichi : une explosion d'hydrogène, puis une explosion nucléaire à la piscine de combustible usé.



Ce qui suit est une copie du texte japonais, puis une traduction en anglais et enfin une traduction en français. Précisons qu’EX-SKF n’a pas de connaissance particulière en physique nucléaire, et que de ce fait, sa traduction peut être sujette à révision, le cas échéant.



 

「福島第一原発3号機で3月14日に起きた爆発はピカドン(核爆発)だ!!」

"The explosion in Reactor 3 at Fukushima I Nuke Plant on March 14 was nuclear!"

"L'explosion dans le réacteur 3 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi le 14 mars était nucléaire ! "



そう語るのは、10年の春まで日本原子力安全基盤機構(JNES)で原発検査員を務めていた藤原節男氏。原発の施設と運用について隅々まで知る専門家の一人だ。

So says Mr. Setsuo Fujiwara, who worked at Japan Nuclear Energy Safety Organization (JNES) until the spring of 2010 as nuclear plant inspector. He is one of those experts who know the nuclear power plant facilities and operations in great details.

C'est ce que dit M. Setsuo Fujiwara, qui a travaillé à l’Organisation de sûreté de l’Energie nucléaire du Japon (JNES) jusqu'au printemps de 2010 comme inspecteur des installations nucléaires. Il est l'un de ces experts qui connaissent très précisément les installations et les activités de la centrale nucléaire.

 


 「3号機の爆発では、一度ピカっと炎が出た後、ドーンと黒煙がまっすぐ建屋上方へと立ち上っています。水素爆発であんな黒い煙は出ません。キノコ雲の形状といい、核爆発の現象に酷似している」

"In the Reactor 3 explosion, there was a flicker of fire, then a vertical, black smoke up the reactor building. A hydrogen explosion does not produce such a black smoke. And the mushroom cloud. It resembles a nuclear explosion."

« Dans l’explosion du réacteur 3, il y a eu une lueur d'incendie, puis une fumée noire verticale au dessus du bâtiment réacteur. Une explosion d'hydrogène ne produit pas une fumée noire. Et le nuage en forme de champignon. Cela ressemble à une explosion nucléaire. »

 

 



しかし、政府、東電の発表では、原子炉内部は安定を取り戻してきているはずだが?

But according to the government and TEPCO, the nuclear reactors are getting more stable, aren't they?

Mais selon le gouvernement et TEPCO, les réacteurs nucléaires deviennent plus stables, n’est-ce pas?

 


 「重要な放射能飛散原因は、使用済み燃料プールです」

"A more important source of radioactive materials dispersed is the Spent Fuel Pools."

 

"Une source plus importante de matières radioactives dispersées est la piscine de combustible usé."



 彼は一原発を陸側から写した航空写真を取り出した。

Fujiwara takes out an aerial photograph of the plant shot from the land side.

 

Fujiwara sort une photographie aérienne de la centrale prise du côté terre.


 

「建屋上部フレームは、使用済み燃料プールの場所が吹っ飛んでいます。プール内で爆発が起こり、そこにあった燃料棒は飛び散ってしまったと思われます」

"The upper frames of the reactor building are blown off at the location of the Spent Fuel Pool. I believe there was an explosion inside the SFP, and the fuel rods inside were blown out."

 

«Les cadres supérieurs du bâtiment réacteur sont arrachés à l'emplacement de la piscine du combustible usé. Je crois qu'il ya eu une explosion à l'intérieur du SFP et les barres de combustible qui étaient à l'intérieur ont été soufflées."

   

piscinetrou---Copie.jpg



 
だが、たとえ使用済み燃料が溶融して下に溜まっても、果たしてそれで核爆発は起きるのだろうか。

If the spent fuel had melted and sank to the bottom of the pool, would that cause a nuclear explosion?

Si le combustible usé avait fondu et coulé au fond de la piscine, est-ce que ça aurait causé une explosion nucléaire?


 
「3号機の燃料プール内では、爆発が生じるまでに冷却水が少なくなり、ジルカロイ・水反応で水素が発生。上方の燃料被覆管が溶けて、中のペレットはブロック崩し状態。プール内が原子炉さながら、小出力で臨界状態となって水が沸騰したと思われます。そして、プール水面上方で水素爆発。その圧力で沸騰水中のボイド(水蒸気)が圧縮。ボイド反応度係数はマイナスなので、一気に核分裂の反応度が高まり、即発臨界の核爆発が起きた。3号機爆発のスローモーションビデオを観ると、爆発音が3回聞こえる。これが、水素爆発の後に核爆発が生じた証拠です」

"The amount of cooling water decreased in the Reactor 3 SFP prior to the explosion, and hydrogen was generated from the zircaloy-water reaction. The upper part of the cladding melted, and the pellets fell out and piled [at the bottom of the pool?]. Inside the SFP, it was like a nuclear reactor becoming critical, and the water boiled. Then there was a hydrogen explosion above the surface of the water in the SFP, and due to the pressure from the explosion, voids (steam bubbles) in the boiling water were compressed. The void coefficient was negative, so the reactivity of nuclear fission was suddenly heightened, resulting in a nuclear explosion from the prompt criticality. When you see the slow-motion video of Reactor 3's explosion, you hear three explosive sounds. It is the evidence that the nuclear explosion occurred after the hydrogen explosion."

"La quantité d'eau de refroidissement a diminué dans la SFP du réacteur 3 avant l'explosion, et l'hydrogène a été générée par la réaction du zircaloy avec l’eau. La partie supérieure de la gaine a fondu, et les pastilles sont tombées et se sont empilées [au fond de la piscine ?]. A l'intérieur de la SFP, c’était comme un réacteur nucléaire qui devient critique, et l'eau s’est mise à bouillir. Puis il y a eu une explosion d'hydrogène au-dessus de la surface de l'eau dans la SFP, et en raison de la pression de l'explosion, les vides (bulles de vapeur) dans l'eau bouillante ont été compressés. Le coefficient de vide a été négatif, donc la réactivité de la fission nucléaire a été soudainement accrue, produisant une explosion nucléaire de criticité instantanée. Quand vous voyez la vidéo au ralenti de l'explosion du réacteur 3, vous entendez trois bruits d'explosions. C'est la preuve que l'explosion nucléaire a eu lieu après l'explosion d'hydrogène. "


 
続いて彼が指差したのは、排気筒と3号機を結ぶ配管部分だ。太いパイプはそこで断裂し、短い管が口を空けて転がっている。

Next, he points to the pipe that connected the exhaust stack and Reactor 3. The big pipe is broken, and the short segment of the pipe is lying on the ground.

 

Ensuite, il pointe le tuyau qui reliait le tuyau d'échappement et le réacteur 3. Le gros tuyau est cassé, et le segment court du tuyau est couché sur le sol.


tuyaucoupe.jpg

 

.
 
「東電は、定期点検中の4号機で水素爆発が起きたのは、3号機で発生した水素がこの配管を通って、4号機建屋に入ったためだと説明しました。しかし写真を見ると、このとおり配管は繋がっていない。4号機でも使用済み燃料プール内で水素が発生して、爆発したと言える。3、4号機爆発とも、使用済み燃料プールの水素なら、1号機も使用済み燃料プールの水素による爆発ではないか。これら重要な事故シナリオについて、誰もダメ出しをしていない」

"TEPCO explained that the hydrogen gas generated in Reactor 3 passed through this pipe and entered the reactor building of Reactor 4, causing the hydrogen explosion in Reactor 4 which was in regular maintenance at that time. However, if you look at the photo, the pipe is broken. I think it was a hydrogen explosion in Reactor 4 also, caused by hydrogen generated inside the Spent Fuel Pool. If Reactors 3 and 4's hydrogen came from the Spent Fuel Pools, is it possible that the explosion of Reactor 1 was also caused by hydrogen from the Spent Fuel Pool? But no one is questioning [TEPCO] hard on these important points in reconstructing the accident."

    «TEPCO a expliqué que le gaz hydrogène produit dans le réacteur 3 a traversé ce tuyau et est entré dans le bâtiment du réacteur 4, provoquant l'explosion d'hydrogène dans le réacteur 4, qui était dans un entretien régulier à cette époque. Cependant, si vous regardez la photo, le tuyau est cassé. Je pense que c'était aussi une explosion d'hydrogène dans le réacteur 4, causée par de l'hydrogène généré à l'intérieur de la piscine de combustible usé. Si l’hydrogène des réacteurs 3 et 4 provient de la piscine de combustible usé, est-il possible que l'explosion du réacteur 1 ait également été causée par l'hydrogène à partir de la piscine du combustible usé ? Mais personne ne questionne fermement [TEPCO] sur ces points importants concernant la reconstitution de l’accident. »

 
彼は、脱原発の技術者たちにもこれら事故シナリオ内容を投げかけたが、コメントを控えたという。「日本の技術者は、自分の専門領域以外のことにはなかなか発言しようとしない」と藤原氏は苛立つ。

Fujiwara says he tried to run his scenario of the accident with the engineers who are anti-nuclear, but that they withheld comments. "Japanese engineers are too reluctant to comment on things outside their specialties", says Fujiwara, irritated.

 

Fujiwara dit qu'il a essayé d'exécuter son scénario de l'accident avec les ingénieurs qui sont anti-nucléaires, mais qu'ils ont retenu leurs commentaires. "Les ingénieurs japonais sont trop réticents à commenter des choses en dehors de leurs spécialités», dit Fujiwara, irrité.


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Setsuo-Fujiwara.jpgQui est Setsuo Fujiwara ?

 

Cet ancien inspecteur âgé de 62 ans, ayant dénoncé des irrégularités dans les rapports d’inspection concernant la sécurité d’installations nucléaires au Japon, a été forcé par le JNES à prendre une retraite anticipée en mars 2010. Pour tenter de retrouver son travail, il a porté plainte à la cour de justice du district de Tokyo.

« J'ai décidé de devenir un Don Quichotte et d'élever ma voix, maintenant que je suis presque à la retraite et que je n’ai plus rien à perdre », avait déclaré M. Fujiwara dans une interview.

C’est donc un expert nucléaire japonais qui parle sans aucune contrainte.

 

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sources :

http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/japanese-engineer-there-was-nuclear.html

http://www.zakzak.co.jp/zakspa/news/20111213/zsp1112130929001-n1.htm

http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303654804576346821727192828.html

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 00:59
Comme déjà annoncé dans Voir Fukushima (27) il y a quelques jours, le mur sud du bâtiment du réacteur n°4 a changé d’allure. On peut aussi observer ces différences ici. La question aujourd’hui est : le mur s’est-il effondré suite à un tremblement de terre ou bien a-t-il été démoli intentionnellement par l’opérateur TEPCo ? Une analyse s’impose.
 
En remontant le temps grâce aux enregistrements de la webcam TBS/JNN du veilleur nommé Dawidh2011, nous pouvons observer le bâtiment au fil des jours. Il est a noter que le cadrage de la webcam ne permet pas toujours de visualiser l’ensemble du bâtiment 4 :
 
 22nov
 
 
22 novembre
 
26nov 
 
 
 
 
 
 
 
 
26 novembre
 
29nov 
 
 
 
 
 
 
 
29 novembre
 
1dec 
 
 
 
 
1er décembre
 
3dec 
 
 
 
 
 
3 décembre
 
5dec 
 
 
 
 
 
5 décembre
 
7dec 
 
 
 
 
 
 
7 décembre
 
 
 
 
 
 
 
Dans ce laps de temps, il semble y avoir eu plusieurs évènements :
 
- 1er et 2 décembre 2011 : évènement lumineux qui avait été suivi dans un articledu blog de Fukushima. J’ai trouvé une autre vidéo montrant plus précisément ce phénomène lumineux. Alors que le 1er décembre, la webcam était devenue floue, dans cette vidéo, la webcam réussit à avoir de la netteté par moments. On distingue en fait deux sources lumineuses, une verte sur la gauche, et une jaune sur la droite, les deux semblant reliées entre elles par leur halo :
 
 
- 3 décembre 2011 : l’image de la webcam TEPCo semble avoir été coupée de 9 h à 14h. Dawidh2011 a comparé l’image de la webcam avant et après la coupure. Que s’est-il passé ? Beaucoup de vapeur ou de poussière dans l’air, du côté des réacteurs 3 et 4 :
 
En outre, TEPCo a ajouté de nombreuses lumières sur les grues, et a dirigé un projecteur vers leur webcam comme s’ils voulaient limiter la vision du réacteur 4, déjà amoindrie par le changement de caméra du 3 décembre qui nous offre depuis un magnifique trait horizontal en permanence qui passe justement sur le 4...
 
Donc résumons : l’aspect du bâtiment de l’unité 4 a changé entre le 29 novembre et le 1er décembre 2011 : il a perdu la travée qui restait à gauche du mur sud. Mais durant cette période, la caméra TBS est mal cadrée et ne montre pas entièrement l’unité 4. Donc s’il y a eu un effondrement, celui-ci est resté forcément inaperçu.
 
Deux hypothèses :
 
1) soit TEPCo a suffisamment d’influence pour changer le plan de TBS/JNN, afin de démolir ce mur à l’abri des regards, sans subir de critique. L’évènement lumineux pourrait prendre alors un autre sens : il serait là uniquement pour attirer l’attention sur autre chose.
 
2) soit le mur s’est effondré de lui-même, et cela a obligé TEPCo à faire de gros travaux de déblaiements. Dans ce cas, le combustible a peut-être été secoué par des blocs de béton tombant dans la piscine, ce qui a provoqué son échauffement et la baisse du niveau d’eau (il ne restait plus que 1,50 m le 1erdécembre alors qu’il y en a 7 habituellement !).
 
Dans les deux cas de figure, cet évènement était extrêmement dangereux. Rappelons que la piscine de combustible du n°4 contient toujours 264 tonnes  de combustibles qu’il est impératif de maintenir sous l’eau sous peine de provoquer un incendie qui polluerait tout l’hémisphère nord.
 
La destruction de ces parties de mur (sud, est et ouest) a de toute manière provoqué des nuages de poussières qui ont forcément augmenté le niveau de radioactivité de l’atmosphère. Y a-t-il un rapport avec les nuages évoqués plus haut le 3 décembre ? On en saura sans doute un peu plus bientôt.
 
Quoi qu’il en soit, le bâtiment du réacteur 4, très instable, restera l’objet de toute notre attention !
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Autres liens sur le même sujet (anglais) :
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Compléments d'informations
(Merci à Cécile et à Ray du groupe Fukushima Information et à Okaiio, lecteur de ce blog !)
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Un document TEPCo indiquait fin septembre que la piscine allait être recouverte d'éléments pour que les combustibles soient protégés des débris du toit :
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doctepco27sept11.jpg
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Voici une photo montrant les éléments qui ont disparu de la structure ces dernières semaines :
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383209_2813579941949_1332320101_3014939_1867855869_n.jpg
     
 
De plus, comme le rapporte justement EX-SKF, TEPCo a déjà communiqué sur les travaux de démolition du bâtiment 4.
 
tepcodoc2.jpg
 
tepcodoc3.jpg
 
.
 
On suppose que TEPCo a voulu rester discret sur la partie la plus sensible de la démolition, c'est-à-dire l'enlèvement de la poutre centrale sommitale qui menaçait la piscine directement. On peut imaginer que c'est la raison pour laquelle la webcam TBS/JNN a été détournée durant la durée de ces travaux à hauts risques.
 
 
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 00:34

Bastamag, sous la plume d’Agnès Rousseaux, vient d’éditer une très bonne synthèse sur la contamination des terres due à la catastrophe de Fukushima et sur le cynisme de l’opérateur TEPCo.

 

arton1963-cff17.jpg « Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les deux millions d’habitants de la région. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés. De son côté, Tepco, l’exploitant de la centrale, sombre dans le cynisme : les éléments radioactifs qui se sont échappés des réacteurs ne lui appartiennent plus…

 

« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… » C’est l’appel lancé par un groupe de femmes de la région de Fukushima. Depuis mars, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour alerter sur les dangers sanitaires de la radioactivité, dans la zone concernée par la catastrophe nucléaire, comme ailleurs dans le pays. Des graphiques mis en ligne par Centre de surveillance des maladies infectieuses font apparaître d’inquiétants pics pour certaines maladies au Japon, comme les pneumonies, ou les conjonctivites aiguës hémorragiques.

 

Des écoliers plus irradiés que les travailleurs du nucléaire

 

Des prélèvements d’urine effectués par un laboratoire indépendant français (l’Acro, agréé par l’Autorité de sûreté du nucléaire), auprès d’une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima ont montré que 100 % d’entre eux sont contaminés par du césium radioactif. Dans cette région, un enfant examiné sur 13 aurait des problèmes hormonaux et un dysfonctionnement de la thyroïde, selon une étude japonaise. Face à l’angoisse des parents, la préfecture de Fukushima a lancé en octobre une grande étude médicale auprès de 360 000 enfants.

Les habitants de la région de Fukushima restent soumis à un important taux de radiation. En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 millisievert/an à 20 millisieverts/an. Ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire. Alors que la sensibilité des enfants aux radiations est plus importante que celle des adultes, le ministère de l’Éducation considère pourtant comme « sans danger » les écoles où le taux de radiation approche les 20 millisieverts/an. 20 % des écoles de la préfecture de Fukushima dépasseraient ce taux. Dans ces établissements, les activités de plein air sont limitées : les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et les parcs, ni à jouer dans les bacs à sable. Parallèlement, du césium a même été détecté dans du lait en poudre destiné aux enfants.

 

Les autorités confirment la vente de riz contaminé

 

Cette situation est « extrêmement dangereuse », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire, qui rappelle qu’« aucune dose de radioactivité n’est inoffensive » :« Les normes d’exposition ne correspondent en aucun cas à des seuils d’innocuité scientifiquement fondés ; elles définissent seulement des niveaux de “risque admissible”. » Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg. Neuf kg de riz « excédant les standards de sécurité internationaux » ont par ailleurs été vendus à des consommateurs, ont déclaré les autorités de la préfecture de Fukushima, qui se sont excusées pour « les désagréments causés aux personnes qui ont acheté ce riz » (sic). C’est la première fois depuis la catastrophe que les autorités confirment la vente de riz contaminé. Le présentateur de télévision Norikazu Otsuka, qui consommait en direct des produits de la région de Fukushima pour en montrer l’innocuité, a récemment été hospitalisé pour une leucémie aigüe. Ce qui n’a pas rassuré les deux millions d’habitants de la zone.

 

L’équivalent de la Bretagne contaminé au Césium

 

Autre sujet d’inquiétude : le taux de contamination en césium des rivières de la région de Fukushima. Une étude universitaire évalue le niveau de contamination à l’embouchure de l’Abukumagawa à environ 50 milliards de becquerels répandus dans la mer chaque jour. L’équivalent, au quotidien, du césium déversé dans la mer pour tout le mois d’avril, par les eaux « faiblement contaminées » relâchées par Tepco depuis les réacteurs.

Un rapport publié fin novembre par les autorités japonaises souligne que 8 % du territoire du Japon est fortement contaminé par du césium radioactif. Soit 30 000 km². L’équivalent de la superficie de la Bretagne ou de la région Paca. Le césium s’est diffusé à plus de 250 km vers l’ouest, et jusqu’à la préfecture d’Okinawa, à 1 700 km de la centrale, selon le ministère des Sciences [1]. Une zone de 20 km autour de la centrale a été évacuée en mars, et à 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux, prêts pour une évacuation. Les dernières cartes publiées par le ministère montrent que la zone à risque est beaucoup plus étendue. 300 000 personnes vivent dans la ville de Fukushima, où la radioactivité cumulée atteignait en mai plus de 20 fois la limite légale (…) »

 

 

Lire la suite de l’article sur Bastamag.net :

À qui appartient la radioactivité ?

Cynisme et manque de transparence

Le béton des réacteurs rongé par le combustible

 

 

 

 

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Une autre très bonne synthèse à lire, mais cette fois pour les anglophones, sur le site Simply Info :

 

9 Months since 3-11 Disaster

 

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Photo : Home of chaos

 

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:55

Demain, 9 mois se seront écoulés depuis le 11 mars. A cette occasion, plusieurs évènements sont organisés. Aujourd’hui au Japon, 46 réacteurs nucléaires sur les 54 qui étaient en activité avant la catastrophe sont à l’arrêt. Le Japon démontre ainsi qu’il est possible de se débarrasser de cette industrie polluante plus rapidement que certains le laissent croire en France. Le pays du soleil levant est donc sur le chemin de la sortie du nucléaire. Et pour enfoncer le clou, une grande manifestation antinucléaire est organisée aujourd’hui à Tokyo.

 

Autre lieu, autre évènement. Sur la toile, ce soir, le groupe  Fukushima informations  organise « la nuit des veilleurs ». A partir de 21 heures, une équipe de veilleurs de Fukushima a décidé de vous faire revivre les grands moments de leurs recherches et de leurs découvertes sur internet. C’est une bonne manière, conviviale et documentée, de se remémorer les principaux évènements de la catastrophe pour que celle-ci ne tombe pas dans l’oubli.

 

Du tsunami à l'accident nucléaire et à ses conséquences, le fil de l'info va se dérouler toute la nuit du 10 au 11 décembre. Faites de la place sur vos disques durs et invitez vos amis pour ne jamais oublier et archiver toutes ces informations ! En effet, au fil du temps, certains liens disparaissent et l’histoire de la catastrophe est lissée par des analyses pas toujours objectives. Il est important de conserver cette mémoire, afin que l’Histoire ne soit pas confisquée, détournée et réécrite, comme cela s’est passé pour la catastrophe de Tchernobyl.

   

 

    nuitdesveilleurs-copie-1.jpg

 

http://www.facebook.com/?ref=tn_tnmn#!/groups/Fukushima.informations/

 

 

 

PS : Une nuit n'a pas suffi. Passer en revue tous les évènements prendrait plusieurs semaines ! Nous avons parcouru la période du 11 au 19 mars. Si vous voulez prendre connaissance des liens qui ont été échangés, reportez-vous à la page de l'évènement sur Facebook : http://www.facebook.com/events/133051923471556/ ou retrouvez le fil de discussion de la nuit dans le groupe d'Etienne Servant, Fukushima Informations.

.

Autre solution pour ceux qui n'ont pas de compte Facebook, retrouvez le fil de l'actualité de Pascal49 sur son scoopit en commençant par la première page datée du 11 mars :

http://www.scoop.it/t/tsunami-japon?page=263

 

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 00:02
Travaux aux unités 3 et 4 (vidéo du 9 décembre 2011)
Dans cette vidéo, on distingue les travaux actuels.
 
 
Ces travaux sont réalisés pour alléger le bâtiment de l’unité 4 et déblayer les décombres. 
 
pelle mécaniqueUne pelleteuse en action là où avait été repéré l’« évènement » lumineux du 1er décembre.
 
 
mur nord du 4 - CopieUn engin de démolition en action sur le mur ouest de l’unité 4.
 
 
img demolition 113 logts colmar cleunay en 2006 2007 761 Type d’engin de démolition utilisé : pince à béton au bout d’un bras articulé
 
La démolition de certaines parties du bâtiment n°4 se fait par « grignotage ». Cette technique consiste à démolir la structure à l’aide d’une pelleteuse équipée d’outils spécifiques. Les plus hautes pelles du monde peuvent avoir 65 mètres de bras de démolition. En octobre, la sociétéHusqvarna avait annoncé que deux de ses robots de démolition contrôlé à distance allaient aider les massives opération de nettoyage sur le site du réacteur n°4 (lien).
 
Il était temps de s’occuper de l’unité 4 car le niveau de l’eau avait dangereusement baissé ces derniers temps, comme le rapporte l’ACRO : « Jeudi 1er décembre, selon un rapport intérimaire de TEPCo, le niveau d'eau dans la piscine du réacteur n°4 a atteint un niveau dangereux et les combustibles usés étaient proches d'être dénoyés. Il n'y avait plus qu' 1,5 m d'eau au dessus des combustibles alors qu'il y en a 7 m habituellement. » D'où l'utilisation du Putzmeister, ce grand bras articulé qui permet d'ajouter de l'eau dans la piscine.
 
 
nouvel état4Nouvel état du bâtiment réacteur n°4.
 
 
Photo mystère
On ne sait toujours pas ce qui a traversé la couverture du bâtiment turbine de l’unité 3, suite à l’explosion du bâtiment réacteur. Un objet toutefois assez énorme vu les dimensions du trou qui a une longueur d’au moins 14 mètres !
trou2
Vue aérienne du 27 mars 2011
 
objets
Objets projetés par l’explosion du 14 mars 2011
 
 
 
Documents
Nouvelle fuite d’eau contaminée se déversant dans l’océan.
Dans ces documents de Tepco, remarquez comment Tepco arrête une fuite d’eau : avec des sacs de sable ! De toute manière, si les égouts se déversent dans la mer, à quoi bon parler de fuite ?
 
fuite décembre
fuite 6 décembre2
 
Plus de détails sur cette ou ces fuites ici :
ou là :
Sans rire, Tepco se fiche bien des fuites, ils avaient décidé de rejeter à nouveau de l'eau contaminée dans la mer. Mais les pêcheurs apparemment pour l'instant ont réussi à bloquer cette nouvelle pollution programmée. Pour combien de temps ?
sources :
 
Histoire de webcams :
la réflexion de Trifouillax sur les changements intervenus récemments en suivant ce lien
zzg9V9eb7mmfa6jw0EJpmTl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB Rd1H6kmuBW
 
 
Cartes
Image de la contamination du Japon : carte gouvernementale truquée
Le mois dernier, Laurent Mabesoone avait dénoncé une désinformation au sujet de la contamination par l’intermédiaire d’une carte « améliorée »

Mabesoone contamination-des-sols-monitoring-aerien m
lire son article ici
 
Aujourd’hui, il a comparé la carte gouvernementale avec celle publiée par des chercheurs japonais dans un article de la revue scientifique “Kagaku”, dévoilant ainsi des différences notables.
 
comapraison cartes
 
Voici son commentaire :
« Voici la copie de la carte de “simulation des dépôts de césium” (à droite). A gauche, en regard, je joins la carte du Ministère (11 nov).
 
Attention ! L'échelle des couleurs est différente.
Sur la carte de droite, c'est une gradation qui donne a peu près :
Bleu : environ 10 000 Bq/m2 en césium
Bleu ciel: 20 000
Vert : 30 000
Jaune : 40 000
Rouge : environ 50 000 et plus

Quand on compare les cartes, cela donne :
Marron fonce devient bleu et bleu ciel
Bleu-vert devient vert
Bleu devient jaune ou rouge.

Conclusion :
1. Selon toute vraisemblance, la zone marron foncé (plus de 10 000 Bq/m2) de la carte du Ministère devrait couvrir environ trois fois plus de territoire (dont Niigata et tout Tokyo – pratiquement tout le bleu de la carte de droite).
2. Les zones de Ibaraki nord, Gunma ouest et Nagano est (Karuizawa, Saku) ne sont certainement pas dans la tranche des 10 000 a 30 000 bq/m2 (comme l'indique la carte du Ministère presque partout), mais elles sont bien a 50 000 bq/m2 pour la majorité de ce territoire. »
 
Pour comparer encore, j'ajoute cette carte du professeur Yukio Hayakawa de l’université de Gunma, spécialiste des cendres volcaniques. Pour avoir diffusé cette carte, cet homme a reçu un avertissement du président de son université avec menaces disciplinaires.
carte3
 
 
 
Album photos
Collection de photos intéressantes sur la catastrophe de Fukushima réalisée par Duke Thehazard
 
thehasard
lien :
 
 
Emission de TV japonaise :
 
Maquette et images intéressantes de mars 2011 de la centrale de Fukushima Daiichi :
 

 
 
 
Vidéo Tepco
Où l’on voit un robot nettoyer une sorte de rail du premier niveau du bâtiment de l’unité 3. La radioactivité, très forte à cet endroit, est visible sur le film qui présente de nombreux points blancs.
 

 

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Conférence "Fukushima 6 ans après" par Toshiya Morita

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