12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 00:34

Bastamag, sous la plume d’Agnès Rousseaux, vient d’éditer une très bonne synthèse sur la contamination des terres due à la catastrophe de Fukushima et sur le cynisme de l’opérateur TEPCo.

 

arton1963-cff17.jpg « Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les deux millions d’habitants de la région. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés. De son côté, Tepco, l’exploitant de la centrale, sombre dans le cynisme : les éléments radioactifs qui se sont échappés des réacteurs ne lui appartiennent plus…

 

« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… » C’est l’appel lancé par un groupe de femmes de la région de Fukushima. Depuis mars, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour alerter sur les dangers sanitaires de la radioactivité, dans la zone concernée par la catastrophe nucléaire, comme ailleurs dans le pays. Des graphiques mis en ligne par Centre de surveillance des maladies infectieuses font apparaître d’inquiétants pics pour certaines maladies au Japon, comme les pneumonies, ou les conjonctivites aiguës hémorragiques.

 

Des écoliers plus irradiés que les travailleurs du nucléaire

 

Des prélèvements d’urine effectués par un laboratoire indépendant français (l’Acro, agréé par l’Autorité de sûreté du nucléaire), auprès d’une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima ont montré que 100 % d’entre eux sont contaminés par du césium radioactif. Dans cette région, un enfant examiné sur 13 aurait des problèmes hormonaux et un dysfonctionnement de la thyroïde, selon une étude japonaise. Face à l’angoisse des parents, la préfecture de Fukushima a lancé en octobre une grande étude médicale auprès de 360 000 enfants.

Les habitants de la région de Fukushima restent soumis à un important taux de radiation. En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 millisievert/an à 20 millisieverts/an. Ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire. Alors que la sensibilité des enfants aux radiations est plus importante que celle des adultes, le ministère de l’Éducation considère pourtant comme « sans danger » les écoles où le taux de radiation approche les 20 millisieverts/an. 20 % des écoles de la préfecture de Fukushima dépasseraient ce taux. Dans ces établissements, les activités de plein air sont limitées : les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et les parcs, ni à jouer dans les bacs à sable. Parallèlement, du césium a même été détecté dans du lait en poudre destiné aux enfants.

 

Les autorités confirment la vente de riz contaminé

 

Cette situation est « extrêmement dangereuse », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire, qui rappelle qu’« aucune dose de radioactivité n’est inoffensive » :« Les normes d’exposition ne correspondent en aucun cas à des seuils d’innocuité scientifiquement fondés ; elles définissent seulement des niveaux de “risque admissible”. » Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg. Neuf kg de riz « excédant les standards de sécurité internationaux » ont par ailleurs été vendus à des consommateurs, ont déclaré les autorités de la préfecture de Fukushima, qui se sont excusées pour « les désagréments causés aux personnes qui ont acheté ce riz » (sic). C’est la première fois depuis la catastrophe que les autorités confirment la vente de riz contaminé. Le présentateur de télévision Norikazu Otsuka, qui consommait en direct des produits de la région de Fukushima pour en montrer l’innocuité, a récemment été hospitalisé pour une leucémie aigüe. Ce qui n’a pas rassuré les deux millions d’habitants de la zone.

 

L’équivalent de la Bretagne contaminé au Césium

 

Autre sujet d’inquiétude : le taux de contamination en césium des rivières de la région de Fukushima. Une étude universitaire évalue le niveau de contamination à l’embouchure de l’Abukumagawa à environ 50 milliards de becquerels répandus dans la mer chaque jour. L’équivalent, au quotidien, du césium déversé dans la mer pour tout le mois d’avril, par les eaux « faiblement contaminées » relâchées par Tepco depuis les réacteurs.

Un rapport publié fin novembre par les autorités japonaises souligne que 8 % du territoire du Japon est fortement contaminé par du césium radioactif. Soit 30 000 km². L’équivalent de la superficie de la Bretagne ou de la région Paca. Le césium s’est diffusé à plus de 250 km vers l’ouest, et jusqu’à la préfecture d’Okinawa, à 1 700 km de la centrale, selon le ministère des Sciences [1]. Une zone de 20 km autour de la centrale a été évacuée en mars, et à 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux, prêts pour une évacuation. Les dernières cartes publiées par le ministère montrent que la zone à risque est beaucoup plus étendue. 300 000 personnes vivent dans la ville de Fukushima, où la radioactivité cumulée atteignait en mai plus de 20 fois la limite légale (…) »

 

 

Lire la suite de l’article sur Bastamag.net :

À qui appartient la radioactivité ?

Cynisme et manque de transparence

Le béton des réacteurs rongé par le combustible

 

 

 

 

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Une autre très bonne synthèse à lire, mais cette fois pour les anglophones, sur le site Simply Info :

 

9 Months since 3-11 Disaster

 

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Photo : Home of chaos

 

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:55

Demain, 9 mois se seront écoulés depuis le 11 mars. A cette occasion, plusieurs évènements sont organisés. Aujourd’hui au Japon, 46 réacteurs nucléaires sur les 54 qui étaient en activité avant la catastrophe sont à l’arrêt. Le Japon démontre ainsi qu’il est possible de se débarrasser de cette industrie polluante plus rapidement que certains le laissent croire en France. Le pays du soleil levant est donc sur le chemin de la sortie du nucléaire. Et pour enfoncer le clou, une grande manifestation antinucléaire est organisée aujourd’hui à Tokyo.

 

Autre lieu, autre évènement. Sur la toile, ce soir, le groupe  Fukushima informations  organise « la nuit des veilleurs ». A partir de 21 heures, une équipe de veilleurs de Fukushima a décidé de vous faire revivre les grands moments de leurs recherches et de leurs découvertes sur internet. C’est une bonne manière, conviviale et documentée, de se remémorer les principaux évènements de la catastrophe pour que celle-ci ne tombe pas dans l’oubli.

 

Du tsunami à l'accident nucléaire et à ses conséquences, le fil de l'info va se dérouler toute la nuit du 10 au 11 décembre. Faites de la place sur vos disques durs et invitez vos amis pour ne jamais oublier et archiver toutes ces informations ! En effet, au fil du temps, certains liens disparaissent et l’histoire de la catastrophe est lissée par des analyses pas toujours objectives. Il est important de conserver cette mémoire, afin que l’Histoire ne soit pas confisquée, détournée et réécrite, comme cela s’est passé pour la catastrophe de Tchernobyl.

   

 

    nuitdesveilleurs-copie-1.jpg

 

http://www.facebook.com/?ref=tn_tnmn#!/groups/Fukushima.informations/

 

 

 

PS : Une nuit n'a pas suffi. Passer en revue tous les évènements prendrait plusieurs semaines ! Nous avons parcouru la période du 11 au 19 mars. Si vous voulez prendre connaissance des liens qui ont été échangés, reportez-vous à la page de l'évènement sur Facebook : http://www.facebook.com/events/133051923471556/ ou retrouvez le fil de discussion de la nuit dans le groupe d'Etienne Servant, Fukushima Informations.

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Autre solution pour ceux qui n'ont pas de compte Facebook, retrouvez le fil de l'actualité de Pascal49 sur son scoopit en commençant par la première page datée du 11 mars :

http://www.scoop.it/t/tsunami-japon?page=263

 

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 00:02
Travaux aux unités 3 et 4 (vidéo du 9 décembre 2011)
Dans cette vidéo, on distingue les travaux actuels.
 
 
Ces travaux sont réalisés pour alléger le bâtiment de l’unité 4 et déblayer les décombres. 
 
pelle mécaniqueUne pelleteuse en action là où avait été repéré l’« évènement » lumineux du 1er décembre.
 
 
mur nord du 4 - CopieUn engin de démolition en action sur le mur ouest de l’unité 4.
 
 
img demolition 113 logts colmar cleunay en 2006 2007 761 Type d’engin de démolition utilisé : pince à béton au bout d’un bras articulé
 
La démolition de certaines parties du bâtiment n°4 se fait par « grignotage ». Cette technique consiste à démolir la structure à l’aide d’une pelleteuse équipée d’outils spécifiques. Les plus hautes pelles du monde peuvent avoir 65 mètres de bras de démolition. En octobre, la sociétéHusqvarna avait annoncé que deux de ses robots de démolition contrôlé à distance allaient aider les massives opération de nettoyage sur le site du réacteur n°4 (lien).
 
Il était temps de s’occuper de l’unité 4 car le niveau de l’eau avait dangereusement baissé ces derniers temps, comme le rapporte l’ACRO : « Jeudi 1er décembre, selon un rapport intérimaire de TEPCo, le niveau d'eau dans la piscine du réacteur n°4 a atteint un niveau dangereux et les combustibles usés étaient proches d'être dénoyés. Il n'y avait plus qu' 1,5 m d'eau au dessus des combustibles alors qu'il y en a 7 m habituellement. » D'où l'utilisation du Putzmeister, ce grand bras articulé qui permet d'ajouter de l'eau dans la piscine.
 
 
nouvel état4Nouvel état du bâtiment réacteur n°4.
 
 
Photo mystère
On ne sait toujours pas ce qui a traversé la couverture du bâtiment turbine de l’unité 3, suite à l’explosion du bâtiment réacteur. Un objet toutefois assez énorme vu les dimensions du trou qui a une longueur d’au moins 14 mètres !
trou2
Vue aérienne du 27 mars 2011
 
objets
Objets projetés par l’explosion du 14 mars 2011
 
 
 
Documents
Nouvelle fuite d’eau contaminée se déversant dans l’océan.
Dans ces documents de Tepco, remarquez comment Tepco arrête une fuite d’eau : avec des sacs de sable ! De toute manière, si les égouts se déversent dans la mer, à quoi bon parler de fuite ?
 
fuite décembre
fuite 6 décembre2
 
Plus de détails sur cette ou ces fuites ici :
ou là :
Sans rire, Tepco se fiche bien des fuites, ils avaient décidé de rejeter à nouveau de l'eau contaminée dans la mer. Mais les pêcheurs apparemment pour l'instant ont réussi à bloquer cette nouvelle pollution programmée. Pour combien de temps ?
sources :
 
Histoire de webcams :
la réflexion de Trifouillax sur les changements intervenus récemments en suivant ce lien
zzg9V9eb7mmfa6jw0EJpmTl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB Rd1H6kmuBW
 
 
Cartes
Image de la contamination du Japon : carte gouvernementale truquée
Le mois dernier, Laurent Mabesoone avait dénoncé une désinformation au sujet de la contamination par l’intermédiaire d’une carte « améliorée »

Mabesoone contamination-des-sols-monitoring-aerien m
lire son article ici
 
Aujourd’hui, il a comparé la carte gouvernementale avec celle publiée par des chercheurs japonais dans un article de la revue scientifique “Kagaku”, dévoilant ainsi des différences notables.
 
comapraison cartes
 
Voici son commentaire :
« Voici la copie de la carte de “simulation des dépôts de césium” (à droite). A gauche, en regard, je joins la carte du Ministère (11 nov).
 
Attention ! L'échelle des couleurs est différente.
Sur la carte de droite, c'est une gradation qui donne a peu près :
Bleu : environ 10 000 Bq/m2 en césium
Bleu ciel: 20 000
Vert : 30 000
Jaune : 40 000
Rouge : environ 50 000 et plus

Quand on compare les cartes, cela donne :
Marron fonce devient bleu et bleu ciel
Bleu-vert devient vert
Bleu devient jaune ou rouge.

Conclusion :
1. Selon toute vraisemblance, la zone marron foncé (plus de 10 000 Bq/m2) de la carte du Ministère devrait couvrir environ trois fois plus de territoire (dont Niigata et tout Tokyo – pratiquement tout le bleu de la carte de droite).
2. Les zones de Ibaraki nord, Gunma ouest et Nagano est (Karuizawa, Saku) ne sont certainement pas dans la tranche des 10 000 a 30 000 bq/m2 (comme l'indique la carte du Ministère presque partout), mais elles sont bien a 50 000 bq/m2 pour la majorité de ce territoire. »
 
Pour comparer encore, j'ajoute cette carte du professeur Yukio Hayakawa de l’université de Gunma, spécialiste des cendres volcaniques. Pour avoir diffusé cette carte, cet homme a reçu un avertissement du président de son université avec menaces disciplinaires.
carte3
 
 
 
Album photos
Collection de photos intéressantes sur la catastrophe de Fukushima réalisée par Duke Thehazard
 
thehasard
lien :
 
 
Emission de TV japonaise :
 
Maquette et images intéressantes de mars 2011 de la centrale de Fukushima Daiichi :
 

 
 
 
Vidéo Tepco
Où l’on voit un robot nettoyer une sorte de rail du premier niveau du bâtiment de l’unité 3. La radioactivité, très forte à cet endroit, est visible sur le film qui présente de nombreux points blancs.
 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 01:09

alertez-les-bebes1.jpgDes centaines de milliers de boîtes de lait en poudre pour bébés (Meiji) sont actuellement rappelés au Japon après que des traces de césium radioactif de la centrale nucléaire de Fukushima aient été détectées. La société, qui rappelle 400 000 boîtes au total, a publié les numéros de lots en ligne afin que les gens puissent vérifier par eux-mêmes : les lots contaminés peuvent être reconnus par leur date de péremption comme indiqué ci-après :

6/10/2012: 3, 4, 5

24/10/2012: 21, 22, 23

 

La société Meiji, une des grandes sociétés japonaises de produits laitiers, précise que la quantité de césium dans la poudre de lait est bien en dessous des limites de sécurité (norme : 200 Bq/kg) et que le produit est retiré à titre de précaution.

 

C’est grâce à un journaliste de Kyodo news que l’information a été diffusée, obligeant la firme à réagir. Un laboratoire indépendant avait découvert la contamination du lait par le césium : 30,8 Bq/kg. Selon Meiji, les tests effectués les 3 et 4 décembre ont révélé un taux de césium-134 à 15,2 becquerels par kilogramme et de césium-137 à 16,5 Bq/kg,

 

Le césium 137 est particulièrement toxique. Il affecte a priori tous les êtres vivants et d'autant plus s'ils sont jeunes. Sa toxicité est chimique, mais elle résulte surtout et probablement presque essentiellement de ses propriétés radiologiques. Sur le long terme, la contamination se fait surtout par ingestion. Le césium est ensuite transporté par le sang et tend à se fixer à la place de son analogue chimique, le potassium, principalement dans le squelette. À faibles doses, et à long terme, on lui reconnait les impacts suivants :

- perturbations du cycle veille-sommeil, sans troubles comportementaux importants

- atteinte du système cardiovasculaire

- troubles du métabolisme de la vitamine D, du cholestérol et des hormones stéroïdiennes,

- malformations congénitales et fœtales,

- risque accru de cancers de la thyroïde

D'autres effets, à plus long terme sont suspectés pour le cœur et la paroi de l'estomac.

 

Beaucoup de Japonais ont été surpris par cette information, car ils n’ont pas encore réalisé que la contamination de la chaîne alimentaire est générale. Aujourd’hui, on a du mal à imaginer comment elle ne pourrait pas se poursuivre.

 

Il faut noter que c’est grâce à un laboratoire indépendant que l’information a pu arriver jusqu’au consommateur.  Au Japon, de plus en plus de citoyens se prennent en main pour surveiller la radioactivité de leur environnement et de leur alimentation.

 

alertezles-bebesseegan_t.jpgPar exemple, voici l’appel lancé par Laurent Mabesoone qui réside au Japon :

« Parents du Japon, je vous dirais : faites comme nous, rassemblez de toute urgence 10 000 euros pour passer commande d'un doseur LB200 (ou mieux : A1320A), organisez des séances de mesures citoyennes gratuites pour tous les parents qui le souhaitent, et cessez de compter sur le gouvernement ! »

 

Plus d’infos sur le site Netoyens-info :

 http://www.netoyens.info/index.php/auteur/seegan

 

 

sources :

http://webfarm.bloomberg.com/news/2011-12-06/radioactive-cesium-found-in-meiji-baby-formula-spurs-recall-shares-fall.html

http://www.euronews.net/2011/12/07/japanese-baby-milk-recalled-over-radiation-scare/

http://fukushima-diary.com/2011/12/breaking-news-30-8-bqkg-from-baby-formula/#.Tt8J6LAYv5o.facebook

http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sium_137#Sources_de_contamination.2C_normes_alimentaires_en_situation_normale_ou_de_crise_nucl.C3.A9aire

 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 15:10

Je relaie aujourd’hui cette intéressante réflexion d’Alain Giaccone, co-fondateur de Planète Verte, qui a remarqué une publicité et un partenariat entre le journal Le Monde et Areva et qui s’interroge sur la manière dont les Français sont informés :

 

alain giaccone    « Depuis la catastrophe de Fukushima le débat sur l'énergie nucléaire est désormais porté sur la place publique. Nous sommes toutes et tous en droit de réfléchir et nous poser des questions sur la manière dont nous sommes informés sur le sujet, par les médias en général, par la presse en particulier. La question en titre, dérangeante certes, implique une réflexion collective. L'article suivant, rédigé au lendemain d'évènements importants au Japon comme en France, peut apporter quelques éléments à cette réflexion.

A vous de vous forger votre propre opinion. »

 

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Rappel de la situation au 6 décembre 2011

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Nouvelle fuite d'eau radioactive à la centrale de Fukushima

TOKYO — Une nouvelle fuite de liquide radioactif se déversant en partie dans l'océan Pacifique a été détectée à la centrale accidentée de Fukushima, a annoncé lundi l'opérateur du site Tokyo Electric Power (Tepco).

Des techniciens ont été dépêchés sur les lieux pour trouver la cause de cet écoulement qui s'est produit à proximité d'un système de décontamination des eaux usées, a précisé Tepco.

Une nappe de 45 tonnes d'eau polluée a été découverte autour d'un condensateur, et une barrière de sacs de sable a été dressée à la hâte pour empêcher l'eau de s'échapper.

Source - AFP

 

Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant: Highly Radioactive Water Leaks From Crippled Japanese Facility

TOKYO -- Japan's crippled nuclear power plant leaked about 45 tons of highly radioactive water from a purification device over the weekend, its operator said, and some may have drained into the ocean.

A pool of radioactive water was discovered midday Sunday around a decontamination device (decontamination device = système de décontamination)

, TEPCO said in a statement on its website. After the equipment was turned off, the leak appeared to stop. Later, workers found a crack in a concrete barrier leaking the contaminated water into a gutter that leads to the ocean.

TEPCO is using the purification devices to decontaminate water that has been cooling the reactors. 

Source - Huffington Post

 

La dégradation de Fukushima doit-elle inquiéter ?

Un rapport de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, indique qu’une partie du béton de l’enceinte de confinement des réacteurs 1, 2 et 3 a été rongée, sans toutefois traverser la coque en acier.

…/… Décontamination de l’eau : Le reste des opérations semble se poursuivre normalement. L’installation du système de décontamination de l’eau radioactive par Areva-Veolia, Kurion et Mitsubishi a permis d’extraire des bâtiments environ 150 000 m3  d’eau. 

Source : La Croix - 1er décembre 2011

 

Fukushima : le système AREVA/Veolia contribue avec succès au traitement des eaux contaminées

Le système de décontamination co-développé par AREVA et Veolia Eau* pour la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi vient de franchir le cap des 18 000 tonnes d’eaux hautement radioactives traitées à ce jour, soit 15 % du volume accumulé.

Installé sur le site de Fukushima, gravement endommagé à la suite du séisme et du tsunami qui ont frappé le nord-est du Japon au mois de mars, le système a été conçu, construit et lancé en un temps record (2 mois). Il constitue un élément essentiel pour stabiliser la situation des centrales nucléaires. Il améliorera l’accès des travailleurs aux parties stratégiques du site et permettra à TEPCO (Tokyo Electric Power Company) de réutiliser les eaux traitées pour refroidir les réacteurs.

Source - Service de presse AREVA - juillet 2011

 

Fukushima: le béton de l'enceinte de trois réacteurs sans doute entamé

TOKYO - Le combustible nucléaire qui se trouvait dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale accidentée de Fukushima a rongé une partie du béton de l'enceinte de confinement, sans toutefois traverser la coque en acier, selon des hypothèses de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco).

Dans un rapport d'analyses rendu public mercredi soir, Tepco explique que ses nouveaux calculs laissent supposer que le combustible du réacteur 1 a entièrement fondu, percé la cuve sous pression et est tombé sur le plancher en béton de l'enceinte de confinement, le traversant sur une profondeur qui pourrait atteindre 65 centimètres.

Le combustible fondu se trouverait ainsi par endroits à 37 centimètres de la coque en acier, elle-même entourée d'un bâtiment de béton reposant sur une dalle de 7,6 mètres d'épaisseur.

Une partie du combustible des deux autres réacteurs -- les réacteurs 2 et 3 -- a également fondu en partie, percé la cuve sous pression et commencé de tomber sur le béton, le rongeant sur quelques centimètres.

Source - Libération via AFP - 1er décembre 2011

 

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Une lecture attentive de ces informations permet de résumer la situation de la manière suivante : 

 

- Une fuite importante d’eau radioactive (45 tonnes d’eau hautement radioactive) a été constatée et communiquée par Tepco le 5/12 dans le système de décontamination. Une partie de ces eaux radioactives a été déversée dans la mer.

- Quelques jours avant, Tepco reconnaissait, dans des hypothèses reconnues comme globalement optimistes (lire Hioaki Koidi, professeur de physique à l'université de Kyoto, interrogé par le New York Times), que le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima a rongé une partie du béton de l'enceinte de confinement, rendant la situation plus grave qu’on ne le pensait.

 

Simultanément une action spectaculaire de Greenpeace le 5/12 montre à quel point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire !

 

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Entre-t-on dans les centrales nucléaires françaises comme dans un moulin ?

Des militants de Greenpeace ont facilement pénétré dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine et auraient filmé la scène. Le gouvernement évoque la possibilité de "dysfonctionnements" sur la sécurité.

Source :  Challenges.fr

 

Nucléaire : "défaillance", le mot est dit

« Il est clair que cela révèle des défaillances dans notre dispositif, reconnaît Claude Guéant en milieu d'après-midi en marge d'un déplacement à Paris. Il n'est pas normal que des personnes puissent entrer sur un site hautement sécurisé comme l'est une centrale nucléaire...»

Source : Europe1

 

Greenpeace : la partie de cache-cache avec EDF prend fin à Cruas

Deux militants de l’organisation écologiste ont finalement été remis aux autorités lundi 5 décembre, aux alentours de 20h30. "Il a fallu 14h à EDF pour les trouver", explique l’organisation dans un communiqué. …/…

 Aussitôt les individus remis aux autorités, le groupe électricien a fait part de son incompréhension. Dans un communiqué, le groupe affirme qu'il "diligente une enquête interne spécifique au site de Cruas pour comprendre les circonstances qui ont permis à deux militants de Greenpeace de se dissimuler durant plusieurs heures dans la zone non protégée de l'installation".

Source : L’Usine Nouvelle

 

France admits lapses after breach of nuke reactor security

Greenpeace: Action shows vulnerability of French nuclear security

France's interior minister admitted Monday that lapses in security made it possible for Greenpeace activists to gain entry to a nuclear power plant southeast of Paris.

Interior Minister M. Claude Gueant said there have been lapses in the nuclear plant's security system and has ordered a search of all nuclear plants, a spokesman for the ministry told CNN.

Source : CNN

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Hors, au même moment quel visage montre le «quotidien français de référence» ?

Une communication évènementielle d’Areva ciblée sur la rubrique Planète du site

LeMonde.fr

Voir ci-après les copies d'écran du site LeMonde.fr  réalisées le mardi 6 décembre à 09h11.

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LeMonde Areva 0000 Calque 2

 

LeMonde Areva 0001 Calque 5

 

LeMonde Areva 0002 Calque 4

 

LeMonde Areva 0003 Calque 3

 

LeMonde Areva 0004 Calque 9

 

     

Lien vers le "Live Chat d'Areva": http://chat-live-areva.lemonde.fr/

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:44
Ce billet s'intitulait à l'origine "Incendie à la centrale de Fukushima Daiichi ?" car il s'agissait bien d'une question à la date du 1er décembre.
Le titre a été changé le 4 décembre pour éliminer des inquiétudes qui ne sont plus fondées.
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1er décembre 2011
 
8h45 : Des lueurs changeantes et colorées suggérant un feu sont actuellement visibles entre les unités 3 et 4 à la centrale de Fukushima Daiichi.
 
On peut voir cet évènement en direct sur la webcam TBS/JNN :
 
 
 

 
 
La webcam Tepco, qui a un autre angle, ne permet pas de voir ces lumières, et on ne distingue pas de fumée.
 
 
 
A suivre de près. Je complèterai cette page dès que j’aurai plus d’informations.
 
 
   
 
 
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23h00 - Mise à jour -
Le phénomène a persisté jusqu’à environ 22h00.
Il ne pouvait pas s’agir d’un feu de pétrole car il y aurait eu de la fumée noire.
 
Voici l’emplacement exact de l’évènement sur une image nette de la webcam TBS enregistrée antérieurement :
 
emplacement
 
 
Il y a quelques jours, un internaute avait déjà remarqué au même endroit une lueur verte dont voici le cliché :
 
green flash
(source)
 
 
Instantané de la webcam TBS vers 21h00 : lumière jaune-orangée
 
jaune
 
 
Instantané de la webcam TBS vers 21h00 : lumière verte
 
vert
 
 
L’image est redevenue nette à 21h50. A l’emplacement de la lumière, on voit encore une lueur rouge à 22h10 :
 
emplacement net 22h10 entouré
 
Selon Simply Info, l’hypothèse la plus vraisemblable serait celle d’un feu d’hydrogène contrôlé, pour éviter une explosion. En effet, cela fait plusieurs semaines que Tepco combat la présence d’hydrogène en injectant de l’azote. Peut-être ont-ils trouvé une solution pour se débarrasser de ce gaz explosif.
Autre hypothèse rencontrée dans les commentaires d’Enenews : des feux de véhicule d’urgence.
 
Caractéristiques des lueurs :
- couleurs : jaune, orange et vert
Informations sur les couleurs des flammes : si les gaz incandescents sont riches en particules carbonées, la couleur d’une flamme est jaune et brillante, comme celle d’une bougie. La couleur peut être aussi une indication de l’intensité énergétique des réactions physicochimiques, donc de la température des flammes. Plus la température est élevée, plus la couleur de la flamme est froide. La chaleur peut aussi exciter les électrons des composés métalliques présents dans les flammes. Ils restituent alors l’énergie sous forme d’émission lumineuse spécifique. La présence de chlorure de sodium donne une couleur jaune aux flammes, le chlorure de calcium produit de l’orange, le sulfate de cuivre, l’acide borique, le nitrate de baryum produisent du vert, le cuivre, le zinc et l’acétate de potassium produisent du bleu. Mais ces indications sont insuffisantes pour déterminer ce qui brûlait.
 
Exemple d’une flamme d’hydrogène-oxygène : elle n’est visible que quand elle est exposée à l’air.
.
 
Explications d’Arnie Gundersen sur l’hydrogène de Fukushima
.
 
 
- taille de la flamme supposée :
Si l’on se réfère aux dimensions des bâtiments, la flamme supposée avait une taille d’une dizaine de mètres. Elle semblait former une boule par moment, mais c’est sans doute une déformation de l’image due à son floutage.
 
- emplacement :
Le phénomène lumineux observé semble se situer à proximité du bâtiment réacteur n°3, sur son côté sud. Mais en réalité, la caméra est tellement éloignée qu’il est possible que ce que nous voyons soit situé sur un autre plan que celui des réacteurs. En effet, l’évènement a pu se produire sur une infinité de points situés sur une ligne partant de l’espace #3-#4 et la colline du premier plan. Sur cet axe se trouve un autre bâtiment très important : la piscine commune de combustible usé (en savoir plus sur cette piscine).
 
- durée :
L’évènement a été signalé le 1er décembre 2011 à partir de 16h (ou 10h ET) et a duré environ 6 heures.
 
- trafic dans les webcams :
Durant cet évènement, la webcam Tepco a été débranchée un moment. Par ailleurs, la webcam TBS/JNN est restée floue. Quand la lumière s’est estompée, la netteté est revenue.
Tepco maîtrise donc toujours la communication, à sa manière.
 
    
 
     
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2 décembre 2011 - Mise à jour -
 
9h30 : Le point incriminé est toujours lumineux.
Une couleur verte constante, comme les jours précédents.
 
En revanche, autre élément lumineux ce matin en plus : une lumière rouge clignotante sur une grue près du réacteur n°1. Alerte en cours ?
 
(Remarque : la lumière de la grue est rouge sur la webcam Tepco et jaune sur celle de TBS.)
 
2declumiere-rouge-sur-grue.jpg
 
2dec2lumierestepco.jpg
 
 
 
 
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2 décembre 2011 - Mise à jour -
 
12h00
 
 
 
Depuis 10h40, la caméra TBS n’offre plus qu’une image noire hyper pixellisée.
 
Hier, ils avaient flouté l’image, aujourd’hui on ne voit plus rien. Il est évident que quelque chose veut être caché. Est-ce en rapport avec la lumière clignotante rouge près du réacteur n°1, toujours en marche ?
 
 
 
Le phénomène lumineux d’hier a été enregistré par ichicax4. Si vous n’avez pas pu le voir en direct, le voici en différé :
 
 
 
           
 
 
 
       

A mon sens, la vidéo montre clairement quelque chose en train de brûler. (mise à jour du 4 décembre)

L'agrandissement permet même de "voir" de la fumée qui semble se diriger vers le nord-ouest.
 
ichicax4 nous montre aussi les flashs qui ont précédé l’évènement et expose son interprétation (commentaires en anglais, sous-titrés en français, merci Kna !). On y apprend entre autres que les gaines que l’on dit de zirconium qui entourent le combustible uranium, sont en fait constituées de zircaloy qui est un alliage de zirconium (95%), d'étain (2%), de niobium, de fer, de chrome, de nickel et quelques autres métaux, qui lui sont ajoutés pour améliorer ses propriétés mécaniques et de résistance à la corrosion. Très sensible à l’hydrogène, celui-ci le fragilise.
 
 
 
Très difficile d’interpréter ces informations pour l’heure…
 
 
 
     
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20h00
La webcam Tepco a été coupée vers 19h00. Nous n'avons plus d'image en direct de la centrale
 
      

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3 décembre 2011 - Mise à jour -

11h00

 

Les images des webcams sont revenues ce matin.

L’image Tepco montre toujours une lumière rouge clignotante sur une grue près du n°1.

L’image TBS/JNN montre toujours une lumière blanche au centre et verte en bordure, au même endroit que les jours précédents.

 

Toutefois, le plan de la webcam TBS/JNN a été recadré et ne montre plus la lumière rouge de la grue. La raison pourrait être que cette image révélait une différence très nette de couleurs entre les deux caméras. La lumière de la grue apparaissait comme jaune-orange sur la webcam TBS/JNN, donc saturée en jaune. Dans ce cas, la couleur verte du point « chaud » devrait peut-être être corrigée en bleu. La couleur bleue, dans le cadre d’une piscine de combustible, serait tout à fait normale. Ce qui est anormal est que l’on voie cette couleur très vive à l’extérieur, et que personne n'en donne d'explication !

 

377540_10150503569373245_619858244_10480031_905773014_n.jpg

Très bon cliché de Duke Thehazard

 

3decpointvert.jpg

image TBS/JNN de ce matin

 

 

 

 

 

 

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4 décembre 2011 - Mise à jour -

 

15h00

 

 

 

Etant donné que l’on ne constate pas de fumée visible durant la journée et que la radioactivité ambiante n’augmente pas, il est probable que l’évènement lumineux du 1er décembre ne soit ni un incendie, ni un feu volontaire.

 

 

 

Alors comment expliquer ce phénomène ? Selon la Tribune de Genève, qui s’appuie sur « certaines sources japonaises », ces lumières seraient dues à l’installation d’un nouvel éclairage.

 

 

 

D’après Etienne Servant (Fukushima informations), la partie du spectre visible latéralement sur un projecteur haute luminosité peut osciller entre l'orangé et le vert, ce qui pourrait expliquer le phénomène observé ces derniers temps avec le téléobjectif 500 mm de TBS /JNN : le mouvement du projecteur et de la caméra simultané pourrait produire l'effet visible. Compte tenu de la distance, de la brume, du mouvement simultané de la caméra et du projecteur, ces éclats lumineux peuvent accentuer le phénomène.

 

 

 

En effet, la caméra TBS/JNN est située à environ 2,5 km de la centrale, et l’image que l’on perçoit est forcément déformée par les mouvements de l’air et les mouvements de l’objectif dus au vent. L’absence d’image de cette webcam peut aussi s’expliquer par le passage de brumes qui opacifient l’atmosphère.

 

 

 

Si cette hypothèse n’est pas démentie, cet « évènement » démontre la capacité des hommes à imaginer ce qu’ils craignent. Les lacunes courantes des informations fournies par Tepco font que la surveillance extérieure de la centrale nucléaire la plus dangereuse au monde demande toujours un effort d’interprétation. Les effets lumineux perçus sur les webcams depuis le 11 mars ont d’ailleurs souvent conduit à des interprétations erronées.

 

 

 

Pour l’instant, la mise en place de nouveaux projecteurs dans la centrale paraît être une bonne hypothèse, car les nuits sont plus longues en hiver et les tâches de nettoyage et de déblaiement restent énormes, ce qui nécessite certainement de travailler avec des éclairages puissants.

 

 

4dec2011 lumière rouge agrandisseemnt - Copie

Lumière rouge-orangée remarquée par Robert au sud-est de l'unité 4.

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:04
Des photos du corium ? Ce n’est pas pour demain ! En revanche, de l’imagination, il en faut pour réaliser ces dessins et animations de ce qui se trouve à l’intérieur du réacteur n°1 de Fukushima Daiichi. Les chaines de télévision rivalisent de propositions pour nous expliquer ce que personne ne peut savoir.
1) Image du « combustible fondu » (on n’ose toujours pas parler de corium) selon la NHK et les données récentes de Tepco :
 
corium nhk
 
D’après Tepco, les 69 tonnes de combustible seraient donc restées dans l’enceinte de confinement, ne rongeant le béton que sur une profondeur de 65 cm. Dans cette configuration, le corium ne serait pas sorti de l’enceinte de confinement. Reste à expliquer pourquoi le 31 mars, la nappe phréatique à 15 m sous le réacteur était gravement polluée par de l’iode-131.
 
2) Ecorché du réacteur et animations par TF1 (juin) : le comble de la désinformation. On nous montre qu’un hélicoptère peut larguer de l’eau à l’intérieur même du réacteur et qu’une fois le combustible refroidi, l’eau de refroidissement s’écoule par le bas comme si l’enceinte de confinement avait une vidange… du grand n’importe quoi ! (merci à Uncas pour cette trouvaille !)
 

 
 
 
Vidéo
Une vidéo remarquable pour voir l’intérieur du bâtiment réacteur n°4 : c’est la première fois que nous disposons d’images aussi rapprochées de l’intérieur de l’unité 4. Combien ont été payés ces hommes pour aller dans cet endroit hautement radioactif ? On voit très précisément le couvercle jaune de l’enceinte de confinement, posé sur le côté ouest du niveau technique car le réacteur n°4 était à l’arrêt lors de la catastrophe.
 
 
Voici quelques instantanés extraits de cette vidéo exceptionnelle mise en ligne par aristoman007
 
 

couvercle

 Le couvercle de l’enceinte de confinement
 
drywell4
Enceinte de confinement inondée
 
ouvriers
Ouvriers travaillant au niveau du canal entre l’enceinte de confinement (DW) et la piscine (SFP)
 
toiture
Toiture et murs éventrés par l’explosion du 15 mars 2011
 
 
Photos
Le National Geographic propose quelques séries de photos sur Fukushima, dont celle-ci sur le thème du « nettoyage nucléaire » avec son indissociable corollaire : les déchets !
 
déchets
 
 
Webcam
La terre continue de trembler à Fukushima, comme on peut le constater sur cet enregistrement vidéo de la webcam Tepco de la centrale du 30 novembre 2011.
Tremblement bien visible dans la séquence de 11h à 12h : plusieurs petites secousses à 11h08, 11h10 , 11h17 avec un homme en blanc effectuant un demi-tour sur la passerelle pendant le séisme à 11h17. Les heures indiquées sont celles en haut à droite de l'écran. (source Etienne Servant, Fukushima informations)
 
 
 
Portrait
Masao Yoshida directeur de Fukushima DaiichiLe directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, vient d’être hospitalisé. La nature de sa maladie n’a pas été précisée. Il a été présent sans relâche sur le site depuis le début de la catastrophe. Au-delà de son appartenance au système Tepco qui a permis ce désastre, on peut saluer le courage et la ténacité de cet homme qui a fait acte de résistance en décidant d’injecter de l’eau de mer pour refroidir les réacteurs le 12 mars sans l’aval de sa hiérarchie. L’avenir nous dira s’il a eu raison ou pas.  
(source le Monde)
 
 
Photos
Une série de photos publiées par le Mainichi Daily News montrant ces paysages abandonnés et les gens qui vivent près d'eux, tout en soulignant la menace de rayonnement qui continue de hanter le Japon (cliquer sur l'image pour accéder aux photos).
 
photos
 
 
Vidéo
Le Financial Times examine les catastrophe nucléaire de Fukushima 8 mois après la fuite radioactive causée par la catastrophe nucléaire au Japon. Des villages ont été évacués et les terrasses de riz seront bientôt inutilisables car les effets des radiations à long terme continuent à faire des ravages sur l'environnement proche de la centrale nucléaire de Fukushima. FT visite le village près de Fukushima pour entendre les opinions locaux sur les efforts de décontamination du gouvernement.
Vidéo en Anglais dont la bande son peut être sous-titrée en visionnant sur youtube, et ensuite avec le bouton (cc) traduite dans la langue de son choix.
 
 
 
Ressource documentaire
Le site Enformable est une véritable médiathèque : il propose une série d’archives de photos et de vidéos concernant la catastrophe de Fukushima :
photos enformable
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Accès aux autres pages de la catégorie "Voir Fukushima" :
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 23:23

sarkozy.jpgAvec la catastrophe de Fukushima en toile de fond, les promoteurs du nucléaire se font de plus en plus entendre pour défendre leur industrie menacée. Le 25 novembre 2011, avant de se rendre à la centrale nucléaire du Tricastin, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration lors de la visite de l’usine Isover à Orange. Après avoir fait un discours en faveur de la poursuite du nucléaire, il s’est entretenu avec un ouvrier de l’usine. Le micro de Philippe Leduc et Anne-Laure Danier enregistrait ce dialogue et le journal de 13 heures de France-Inter l’a rapporté.

 

 

 

Transcription du dialogue entre Nicolas Sarkozy et un ouvrier de l’usine Isover à Orange diffusé sur France-Inter le 25 novembre 2011 :

 

[sujet sur le déplacement de Nicolas Sarkozy à la centrale nucléaire du Tricastin : 10:50 à 12:25 ; transcription de 11:42 à 12:14]

 

écouter  : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=226325

 

L’ouvrier : Est-ce que vous pensez réellement que l’on paie l’électricité nucléaire à son prix réel ?

Nicolas Sarkozy : Non

L’ouvrier : Le coût du démantèlement n’est pas vraiment pris en compte dans les choses.

Nicolas Sarkozy : C’est vrai, bien sûr, ça coûte de l’argent le nucléaire. Fermer le nucléaire c’est une catastrophe. Une catastrophe.

L’ouvrier : Il faudra quand même penser à ce que les fonds pour le démantèlement soient pris en compte. C’est pas…

Nicolas Sarkozy : Mais, mais si on les démantèle, 24, …

L’ouvrier : Bien sûr

Nicolas Sarkozy : …avant de commencer, c’est une folie.

L’ouvrier : Les plans, les plans qui sont prévus par d’autres partis politiques ne sont pas sur 10 ans comme vous pensez, c’est pas demain on ferme tout ! C’est quelque chose qui se prévoit à quelques décennies.

 

 

Nicolas Sarkozy reconnaît donc clairement que le prix de l’électricité nucléaire est sous-évalué, à cause de la prise en compte partielle du coût du démantèlement.

 

Or, obligé par la loi de provisionner dans ses comptes des sommes destinées au démantèlement futur de ses centrales, EDF a attribué 2 milliards d'euros aux chantiers des 9 anciens réacteurs en cours de déconstruction (voir carte ci-dessous). Si l’on se réfère au rapport de la Cour des comptes de 2005, la seule centrale de Brennilis sera démantelée pour la modique somme de 482 millions d’euros. On voit donc bien qu’EDF ne provisionne pas assez : 2 milliards d’euros seront juste suffisants pour 4 réacteurs, et non pour 9.

 

demantelement-carte.jpg

Les 9 réacteurs en déconstruction (source)

 

Et que dire de la réserve de 9 milliards pour le parc actuel de 58 réacteurs… qui ne pourrait servir que pour 18 d’entre eux ? Il reste encore à trouver au moins 20 milliards d’euros.

 

Nicolas Sarkozy ne ment pas, « ça coûte de l’argent le nucléaire » ! En revanche il ne dit pas qui va payer. C’est pourtant simple, ce sont les contribuables par leurs impôts et les consommateurs par leurs factures qui vont payer, donc les Français dans leur globalité.

 

 

 

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Article sur le même sujet

Pas cher le nucléaire ?

 

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Source photo : Cody escadron delta

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:41
MSCRLes mères de Fukushima avaient alerté le monde dès le mois de juin : les enfants avaient des saignements de nez, des diarrhées, de la toux, des thyroïdes enflées, etc. Elles n’ont eu cesse d’informer et d’agir pour que tous les enfants soient évacués de la région de Fukushima. Encore dernièrement, elles se sont mobilisées à Tokyo pour sensibiliser la population, mais en vain pour l’instant. Pourtant, l’actualité semble leur donner raison. Un grand nombre d’informations convergentes indiquent que, suite à la catastrophe nucléaire, l’état général de la santé des Japonais vivant dans une vaste région correspondant au moins à 8% du Japon est en train de se dégrader.
 
 
Tweet d'un habitant d'Ibaraki : "Je travaille dans un hôpital d'Ibaraki. Il y a eu des patients avec des saignements de nez perpétuels en avril. Il y en a eu sans raison avec de la diarrhée et de la fièvre en juillet. Maintenant même les membres du personnel de l'hôpital souffrent de diarrhée sans raison...Ça commence à craindre." Tweet d'un habitant de Fukushima : "Mon ami vit à Iwakashi. Il vient finalement de commencer à avoir de l'hématurie (sang dans les urines, NdT). Mes petits enfants ont des saignements de nez. Ils ne peuvent évacuer parce qu'ils n'ont pas assez d'argent." (source)
 
Même si ces tweets n’ont aucune valeur statistique, ils se rencontrent de plus en plus souvent et sont à mettre en relation avec l’augmentation de certaines pathologies, visible sur ces graphiques mis en ligne par le gouvernement japonais : conjonctivites, pneumonies, et diverses autres maladies sont en nette augmentation en 2011.
 
Pneumoniespneumonie.jpg
Conjonctivites
conjonctivite-aigue.jpg
 
Maladies "Hand-foot-mouth"
 mains-pieds-bouche.jpg
 
 
On avait déjà remarqué chez les enfants de Fukushima que leur thyroïde avait été affectée. Un groupe de chercheurs, sous la direction du Professeur Satoshi Tashiro de l'Université de Hiroshima, avait contrôlé la glande thyroïde de 1149 enfants de la préfecture juste après l'accident, en mars, de la centrale nucléaire. De l'iode 131 avait été détecté chez environ la moitié des enfants. Les enfants, que l’on a affublés de dosimètres, semblent ainsi être devenus des sujets de recherche ! Chez les jeunes évacués, on avait aussi remarqué des dysfonctionnements de la glande thyroïde. Plus au sud, dans la préfecture de Gunma, 80% des patients atteints de problèmes thyroïdiens voient aujourd’hui leur état s’aggraver. Devant l'inquiétude et la pression des parents, une étude à grande échelle sur les problèmes de thyroïde a commencé le 10 octobre : 360 000 enfants de la région de Fukushima seront suivis de manière régulière tout au long de leur vie.
 
D’autres anomalies ont été remarquées pour ces enfants vivant en zone contaminée comme la perte de poids, le ralentissement ou l’arrêt de la croissance et même des attaques cardiaques, ce qui peut être mis en lien avec la grande toxicité du césium-137. L’ACRO, laboratoire français, a aussi fait des mises en garde à plusieurs reprises, à partir d’analyses effectuées sur l’urine des enfants de Fukushima : 100% des prélèvements révèlent la présence des césiums radioactifs. Ainsi, plus de 4 mois après les rejets massifs de radioactivité dans l’environnement, ils étaient toujours contaminés alors que leurs parents font des efforts pour limiter cette contamination interne. Il est fort probable que cela soit dû à la nourriture.
 
Et pourtant, cette nourriture contaminée, on la vante et on en fait la promotion pour ne pas laisser tomber la région de Fukushima et son économie agricole. Mais… un présentateur vedette de la télévision japonaise, Norikazu Otsuka, qui mangeait des produits irradiés devant les caméras « pour montrer leur innocuité », a dernièrement été diagnostiqué par son médecin comme ayant contracté une leucémie aiguë.
 

 
 
Un autre promoteur et consommateur des légumes de Fukushima, l’empereur du Japon lui-même, vient également d’être hospitalisé, ainsi que deux autres membres de sa famille. Akihito souffre d’une pneumonie, la princesse Aiko a contracté une Mycoplasma pneumoniae, et la princesse Masako serait victime de fièvre et de toux : ils ont tous les trois des symptômes communs. Or la pneumonie, nous l’avons vu, est une maladie qui augmente fortement au Japon cette année ; Takeo Nishioka, Président de la Chambre des conseillers de la Diète du Japon est d'ailleurs décédé d’une pneumonie le 5 novembre 2011 à l’âge de 75 ans. Même si les cas de l’empereur et de sa famille n’auront pas forcément la même issue, on peut s’interroger sur ces cas à répétition. En avril, on tentait d’expliquer l’augmentation des cas de pneumonies dans la région de Tohoku par l’ingestion d’eau de mer : au moins 11 personnes étaient mortes de la pneumonie et environ 150 avaient été hospitalisés dans la préfecture de Miyagi, le nombre de patients étant de cinq à six fois plus élevé que d’habitude. Mais aujourd’hui, comment expliquer cette augmentation ? Comme pour Tchernobyl, il est probable que les radionucléides, en contamination interne, provoquent ces maladies respiratoires.
 
Le problème, ce sont ces idiots qui se bousculent à la télévision pour faire croire aux gens que la situation n’est pas grave. Ainsi, d’après plusieurs scientifiques médiatisés, le plutonium ne serait pas si dangereux. La radioprotection pour tous n’est pas un concept avancé au Japon. Et la population, quand elle ne s’organise pas de manière autonome, en fait les frais. Une télévision alternative, OurPlanet-TV, informe de manière indépendante en diffusant des émissions sur le sujet même de la santé. Par exemple, en juillet dernier, l’émission ContAct a invité Mika Noro, présidente de l'association " Le pont pour Tchernobyl ", qui a partagé son expérience : s’étant rendue au Bélarus en 1993 (pays le plus touché par les retombées radioactives de Tchernobyl), elle a éclairé avec lucidité et compétences les symptômes cliniques chez les enfants de Fukushima. Après la catastrophe de Fukushima, Our Planet-TV a lancé une enquête pour savoir si les retombées radioactives avaient eu des effets sur la santé de la population. Suite à cet appel, ils ont été amenés à étudier plus de 500 cas. Cette enquête met ainsi en évidence que la radioactivité, même à faible dose, a des effets réels sur la santé, ce qui était déjà connu par ailleurs avec la reconnaissance de l’augmentation du risque de cancer.
 
Dans cette vidéo sous-titrée en français, on voit entre autres le Dr Masamichi Nishio, chef  du centre anti-cancéreux d’Hokkaïdo commenter le livre de Yablokov et Nesterenko et témoigner que la  CIPR (Commission  Internationale contre les rayonnements) a renoncé à étudier les effets des radiations internes car cela aurait gêné le développement de l’industrie nucléaire.

 
 
 
Dans les écoles le problème est identique. Dans le même esprit de se persuader que tout va bien dans le meilleur des mondes, on continue de fonctionner comme si de rien n’était. Par exemple, on demande aux enfants de nettoyer une piscine contaminée sans protection, ou on leur demande d’aller ramasser les feuilles d’automne sans précaution particulière alors que l’on sait parfaitement qu’elles sont contaminées au césium. Pire encore, on force les enfants à boire du lait contaminé. Et gare à celui qui ne veut pas. Le 29 septembre 2011, Akira Matsu du New Komeito (parti politique japonais NKP) est intervenue sur ce sujet devant les responsables gouvernementaux japonais et notamment Yoshihiko Noda, 1er Ministre, Osam Fujumina, chef de Cabinet du secrétariat et Yukio Edo, Ministre de l’industrie et de l’économie. Elle a dénoncé le cynisme et la barbarie du gouvernement envers les populations contaminées de la région de Fukushima.
 

 

Un autre grave problème qui se pose d’ores et déjà dans la région de Fukushima est la fuite du personnel médical depuis la catastrophe. C’est ainsi, les personnes les mieux informées des dangers sanitaires et qui ont les moyens de déménager s’en vont. Les autres restent, alors que de toute évidence il faudrait au moins évacuer les enfants, plus fragiles aux effets de la radioactivité. Le problème est immense mais il semble que l’on veuille à tout prix l’ignorer. 8 mois après la catastrophe, on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas, ou qu’on n’a pas eu le temps de trouver des solutions pour évacuer la population.
 
La contamination est massive, le gouvernement le sait depuis les premiers jours de la catastrophe. Les premiers touchés ont été les sauveteurs qui ont opéré dans les régions dévastées par le tsunami, comme le relate ce témoignage : l'un d'entre eux qui était intervenu dans les zones sinistrées d’Iwate et Fukushima est décédé le 26 octobre 2011 d’une défaillance de la fonction rénale, trois mois après avoir appris que lui et les membres de son équipe avaient subi une contamination interne par les radionucléides. La personne qui témoigne assistait à une conférence de de Taro Yamada lors du ''Forum National des cantines scolaires'' qui s'est tenu le 6 novembre 2011 dans la ville de Sapporo. Sa déclaration a été enregistrée dans la vidéo ci-dessous (sous-titrages en français). Mais pour une personne qui parle, combien se taisent ? Quel est l’état de santé des autres membres de son équipe ?
 

 
 
 
Les personnes les plus touchées sont évidemment les « liquidateurs », ces ouvriers de la centrale de Fukushima Daiichi qui reçoivent des doses « héroïques ». Malgré l’assurance de Tepco qui affirme qu’il n’y a pas de décès liés aux travaux de décontamination et de maintenance de ce qui reste de la centrale, on constate un fort taux de mortalité pour les ouvriers de la centrale, ce qui est en contradiction avec l’espérance de vie des Japonais qui est la plus élevée au monde. En l’espace de 5 mois, 4 employés sont morts de façon anormale et rapide : le 12 mai 2011, un sexagénaire employé par la sous-traitance s’est senti mal et est décédé 2 jours plus tard. Le 16 août 2011, un employé de la centrale nucléaire est mort d’une leucémie foudroyante. Il avait travaillé pour Tepco durant une semaine, affecté à la surveillance de points chauds. Le 6 octobre 2011, un autre travailleur employé à la centrale est décédé subitement. Enfin, dernier en date, le 11 octobre 2011, un employé d'une cinquantaine d'années est mort brusquement alors qu'il se rendait à son lieu de travail, la centrale de Fukushima Daiichi.
A ces décès, il faut ajouter tous ceux dont on ne parle pas : de nombreuses personnes, employées par la sous-traitance, ont disparu ainsi des décomptes de Tepco. L’agence de sûreté nucléaire, on se souvient, avait épinglé l’entreprise en juin car celle-ci avait « égaré » des listes d’employés vacataires qui étaient intervenus sur le site, empêchant tout suivi médical de 69 personnes contaminées.
 
Il n’en a pas fallu plus pour que des rumeurs circulent sur internet sur le décès effectif de ces ouvriers intérimaires, information impossible à vérifier à ce jour bien qu’un journaliste du Shukan Asahi, M. Imanishi, ait entendu que des ambulances arrivaient 10 fois par jour à la centrale. A qui étaient destinées ces ambulances, et pourquoi ni les employés de Tepco, ni les ouvriers hospitalisés, ni les médecins n’ont-ils le droit de parler ? Il est évident que si un jour un journaliste arrivait à prouver ce genre d’information, l’image du nucléaire serait ternie à jamais et anéantirait tous les efforts du lobby nucléaire pour cacher la vérité. Il est incroyable que la catastrophe de Tchernobyl n’ait d’ailleurs pas eu plus d’impact sur l’énergie nucléaire dans le monde. La raison en est que l’OMS, qui était la plus à même de prendre des mesures de protection des populations, s’est tue. Condamnée au silence par un vieil accord avec l’AIEA, elle est devenue une institution criminelle, laissant tomber malade les gens vivant dans les territoires contaminés, et niant les effets des faibles doses sur la santé humaine.
 
Il faut en effet savoir que Tchernobyl a généré un million de victimes, comme le rappelle Janette Sherman, biologiste américaine et spécialiste en toxicologie. Dans la vidéo ci-dessous, elle présente le livre déjà cité « Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and environnement » d'A. Yablokov et de V. et A. Nesterenko, édité en 2009 par  l'Académie des Sciences de New York avec plus de 5000 références scientifiques (et bientôt édité en français).
Les auteurs de ce livre estiment à 985 000 le nombre de décès survenus à cause de Tchernobyl dans le monde entier entre 1986 et 2004, chiffre qui a encore augmenté depuis cette date. Janette Sherman dénonce également l'accord entre l'OMS et l'AIEA, signé en 1959. L'OMS est théoriquement garante de la santé des populations dans le monde et fait autorité auprès des États membres. Elle devrait, conformément à sa Constitution, être indépendante de tout intérêt commercial. Pourtant le 28 mai 1959, elle a signé avec l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) un accord par lequel aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique qui puisse nuire aux intérêts de l'autre (accord référencé WHA 12-40). Or, l'AIEA a été constituée en 1957 pour faire la promotion du nucléaire civil...

Cet interview a été réalisé le 6 mars 2011 soit 5 jours avant la catastrophe de Fukushima. (Sous-titrage en français)

 
 
 
Il faut aussi voir pour être complet la conférence de presse donnée par le Dr. Helen Caldicott, physicienne australienne, auteure et avocate anti-nucléaire qui a fondé plusieurs associations qui luttent contre l'utilisation de l'énergie nucléaire, de l'uranium appauvri pour des munitions, et des armes nucléaires en général. La conférence s’est tenue à Montréal, au Canada, le 18 mars, une semaine seulement après la catastrophe nucléaire.

Fukushima est bien pire que Tchernobyl

 


Il est certain que la situation ne va pas s’améliorer au Japon, l'expérience de Tchernobyl le démontre. Le fait de laisser vivre des millions de personnes dans un environnement contaminé apportera son lot de problèmes et de souffrances. Une grande sagesse a fait fuir de cette zone dangereuse beaucoup de femmes enceintes, protégeant leurs futurs enfants des radiations. Mais qu’en est-il de celles qui sont restées ? Que doit-on déduire du non-dit du milieu médical, relevé par Keiko Ichikawa ? Si les médecins japonais cachent les malformations et les enfants mort-nés, comment de réelles statistiques pourront-elles être établies ? On connaît déjà les dégâts épouvantables causés par l’uranium appauvri dus aux bombardements lors de la guerre en Irak, et on imagine avec effroi l’avenir des populations japonaises soumises à de fortes contaminations. La santé est un sujet difficile à aborder, le lobby nucléaire est très puissant dans le monde entier et cherchera à minimiser toutes les mauvaises nouvelles. Mais la santé n’a pas de prix et chacun doit se battre pour la conserver. Amis lecteurs, ce sujet est très grave, soyez vigilants et dénoncez toute désinformation, partout où vous le pouvez !
 
 
 
Complément d'information sur ce sujet par un médecin pédiatre :
 
-----------------------------------
Merci à Etienne Servant pour ses infos en continu sur Fukushima Informations, à Kibo-promesse pour ses articles de qualité, à Véronique Ratel, de IndependentWHO pour l’aide apportée à la collecte des sources, à Jeep pour ses traductions sur aweb2u, à Hélios pour ses traductions sur Bistro bar blog et à Kna60 pour la mise en ligne de nombreuses vidéos sous-titrées en français ! Sans toutes ces personnes bénévoles à la recherche de la vérité, cet article n’aurait pu voir le jour.
-----------------------------------
 
 
 
 
Rappel : la seule solution envisageable pour éviter une catastrophe sanitaire est d’évacuer les zones contaminées !
 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:16
La catastrophe de Fukushima inspire de nombreux artistes à travers le monde. Voici quelques chansons qui sillonnent le web, rappelant à chaque fois les dangers générés par l’énergie nucléaire (page mise à jour régulièrement).
 
誰にも見えない、匂いもない 2011
(Invisible et inodore pour tous 2011)
interprétée par En Rankin Taxi & Dub Band Aïnous 
(Paroles & Musique: Taxi Rankin)

 
 
Fukushima Mama
Radio Free Earth (Joshua Wachtel & Rob Sunderland)
adapted from "Fujiyama Mama" by Earl Burrows

 
 
Kochemar
d’Irina et Igor

 
 
Kayak à Fukushima
par la Parisienne libérée
 
 
Plus d’info sur la musique japonaise dans cet article :
 
« Fukushima, l’avis d’artistes »
Par Michel Temman, envoyé spécial à Gifu et Tokyo (Next-Libération)
 
« Chanteurs, DJ ou écrivains, ils se font l’écho de la contestation antinucléaire et, de festivals en manifs, brisent l’omerta qui règne au Japon.
En train, en car, en voiture, à moto, à vélo, à pied, sac à dos et matériel de camping sous le bras, c’est tout une jeunesse japonaise bariolée, tifs déteints, l’âme nomade, qui accourt par bandes chaque été au Starlight Reggae Festa, le plus grand festival reggae du Japon, à 100 kilomètres au nord-est de Kyoto, dans les beaux méandres montagneux et campagnes vallonnées de Gifu. L’édition 2011 n’a pas dérogé à la tradition, attirant 20 000 personnes. Mais elle a eu un goût amer, celui des retombées de la catastrophe de Fukushima et d’une contestation antinucléaire qui ne cesse de s’amplifier avec le soutien actif d’artistes, d’écrivains, de musiciens. Un phénomène sans précédent. »
(…)
 
-----------------------------------------------------------
Autres chansons sur la toile (mise à jour régulière)
 
L'écolière de Fukushima
 
 
Allons travailler pour TEPCo !
 
Cette chanson est un véritable pied-de-nez à l'industrie nucléaire japonaise. Les auteurs reprennent les propos rassurants de la Compagnie d'électricité de Tôkyô (Tepco) pour en faire des paroles ironiques. Ils invitent notamment ceux qui font la promotion du nucléaire à aller travailler dans un réacteur. Le titre signifie "Allons travailler pour Tepco!" (東電に入ろう, tôden ni hairô). Il s'agit là d'un jeu de mot car la prononciation peut également siginifier "Abolissons les réacteurs en renversant Tepco" (倒電に廃炉). Cette chanson est une reprise de "Andorra" du chanteur de folk Pete Seeger. (source : Le Japon à l’envers)
 
Paroles :
 
Y-a-t'il des volontaires dans le public,
pour aller travailler pour Tepco?
Est-ce que quelqu'un veut faire sa fortune?
Car Tepco est à la recherche de personnes compétentes
 
Refrain :
          Allons travailler pour Tepco, Tepco, Tepco,
          Travailler pour Tepco, c'est le paradis sur terre
          Que tous les meilleurs hommes rentrent à Tepco
          Et tombent comme des feuilles, morts
 
S'il y en a qui veulent avoir le frisson
Ils peuvent venir quand ils veulent chez Tepco
On a tout ce qu'il faut, de l'uranium, du plutonium,
Se faire employer comme sous-traitant, c'est tranquille!
 
Tous ceux qui font la promotion du nucléaire
Venez s'il-vous-plait sous le cœur d'un réacteur
Cela ne vous fera rien de mal dans l'immédiat,
Prenez une douche et c'est tranquille!
 
Le nucléaire est une énergie propre
Le plutonium, ça fait pas si peur que ça
Après tout, pour réduire sa radioactivité de moitié,
Cela ne prendra que 24 000 ans
 
Pour soutenir les besoins d'énergie du Japon
On doit dépendre du nucléaire
Il est inévitable qu'il y ait quelques irradiations
Gargarisez-vous d'un bain de bouche et tout sera tranquille!
 
Rassemblez tous les déchets nucléaires
Mettez-les dans des fûts, ça ira
Faites-les refroidir dans une piscine de Rokkasho-mura
Il ne reste plus qu'à attendre seulement 300 ans
 
L'eau fuit de partout, mais gardez votre sang froid
De la fumée sort, mais ne paniquez pas
Le toit s'est envolé, mais tout va bien,
On va refroidir tout ça avec de l'eau de mer!
 
Il n'y a pas vraiment de danger dans l'immédiat
Mais jetez quand même votre lait et vos légumes
Le grand homme du gouvernement nous l'a dit,
Nous paierons les indemnisations avec vos impôts!
 
Les compteurs Geiger sont en rupture de stocks
Vous n'avez pas besoin d'en possédez un
Nous publierons les niveaux de radiation
Seuls ceux qui nous croient seront sauvés!
 
(traduction : Mathieu Gaulène)
 
 
"It Was A Big Lie All Along"  by Kazuyoshi Saito
(斉藤和義) / 歌えなくもない英詞付き
 
 
This is a self-parody of a hit song in 2010 "I Loved You All Along" (Zutto Suki Datta) by a singer-songwriter Kazuyoshi Saito. The original Japanese title of this self-parody is "Zutto Uso Datta".
 
[Full translation (subject to revision)] :

Just take a walk
around this country
There're nuclear plants
total fifty-four

All the textbooks
CMs on TV
Said they're safe
forevermore

Now it turns out
that they had duped us
And their excuse:
"Beyond their assumptions"

The good old sky
stays the same
But now we find
black tickling rain

It was a big lie all along
But now it's come to light after all
Really a big lie all along
"Please be assured nuke power is so safe"

It was a big lie all along
I truly miss safe spinach and all
Really a big lie all along
They must have known for sure how it would be

No one can stop this radiation from flying around in the wind
How many people have to get it till they finally face reality?
This nation's government

I hear you got out
out of this town
Have you yet found
good water to drink?

Why don't you tell me?
No, never mind
Nowhere to flee
No place I can find

(interlude)

It was a big shit all along
All those electric companies
Not only TEPCO, but each of them
We've no illusion about them any more

It was a big shit all along
But still they wanna keep going on
Really a big shit all along
I feel I gotta do something about it

It was a big lie all along

Really a big shit all along

[Original Japanese lyrics]

「ずっと嘘だった」斉藤和義


この国を歩けば 原発が54
教科書もCMも言ってたよ、「安全です」


俺たちを騙して、言い訳は「想定外」
懐かしいあの空 くすぐったい黒い雨


ずっとウソだったんだぜ やっぱばれてしまったな
ほんとウソだったんだぜ 「原子力は安全です」


ずっとウソだったんだぜ ほうれん草食いてえな
ほんとウソだったんだぜ 気づいてたろこの事態


風に舞う放射能はもう止められない
何人が被爆すれば気がついてくれるの 
この国の政府


この街を離れて うまい水見つけたかい
教えてよ やっぱいいや もうどこも逃げ場はない


ずっとクソだったんだぜ 東電も北電も
中電も九電も もう夢ばかり見てないけど


ずっとクソだったんだぜ それでも続ける気だ
ほんとクソだったんだぜ 何かがしたいこの気持ち


ずっとウソだったんだぜ

ほんとクソだったんだぜ
 
 
 
     

"La voix de la ville sinistrée"

 

par Yushi Saito

 

Sur la scène du Sonic Club d'Iwaki, Yushi s'apprête à interpréter un morceau qu'il n'a pas joué depuis longtemps.

 

« Franchement, j'ai beaucoup hesité à jouer cette chanson ce soir, mais le patron du Sonic m'y a encouragé… ça s'appelle “ la voix de la ville sinistrée ”, écoutez-la bien ! »

 

Yushi prend sa guitare et entame les premiers accords de blues.

 

« La ville où je suis né a été complètement irradiée. La maison du gars là-bas a été emportée par le tsunami, les cerisiers en fleurs que nous regardions ensemble, la mer où nous jouions tous les deux, tout, tout, tout a été contaminé. »

 

Yushi Saito est un « furita », un intérimaire qui cumule differents boulots saisonniers : conducteur de poids lourd, confectionneur de crêpes « okonomiyaki » dans les festivals traditionnels, et travailleur nucléaire à Fukushima Dai-ichi depuis 8 ans.

 

« Quand il y a eu le séisme, je ne travaillais pas à la centrale. J'ai évacué ma famille à Iwaki et ensuite j'ai écrit deux chansons qui critiquaient Tepco. J'étais fou de rage. »

 

Depuis, cinq mois se sont écoulés et Yushi a changé les paroles de ces morceaux. Mais « la voix de la ville sinistrée » reste toujours virulente. Ce jeune ouvrier du nucléaire pourrait passer pour un héros à l'étranger, mais au Japon il n'est pas une exception. Ces derniers mois, il souffre de troubles à la prostate et au niveau de l'œsophage, mais choisit de ne pas en parler même s'il est suivi médicalement.

 

Sur la scène du Sonic Club, Yushi chante à plein poumons. Des chansons sur sa vie d'intérimaire, sur l'amour et sur l'accident nucléaire.

 

« Nous ne pouvons plus faire confiance au gouvernement. Alors il faut croire en soi et agir en conséquence. Ainsi quoiqu'il arrive, on n'aura pas de regrets. »

 

(source article complet :

 

http://blogs.rue89.com/alissa-descotes-toyosaki/2012/02/23/les-travailleurs-du-nucleaire-agresseurs-mais-aussi-victimes-d-0)

 

.

 
« On me dit que c'est à cause du stress et du manque de sommeil. De toute façon, personne ne peut savoir ce qu'il adviendra dans 10 ou 20 ans. Si je commence à y penser, c'est un problème sans fin. Alors je préfère essayer de vivre comme avant. Et chanter ».
______________
 
Everybody's Doin' the Fukushima

 
.

Fukushima (demo)

Fukushima it's like a bad dreama the cracks are beginning to show media blackout, hiding the fallout the criminal conspiracy grows Acute radiation, jet stream migration headed for the U.S. of A politicians went all-out, authorities stalled-out the cover-up was well underway Radiation warning? That sounds alarming tell them everything is O.K. multiple meltdowns? FEMA told to stand-down crush anyone in our way An army of liars to hide the nuclear fires yes we own everyone on TV online resistance is rendered defenseless by our cyber security teams Fukushima it's like a bad dreama the melting fuel rods will flow fallout is global, more than Chernobyl so the criminal conspiracy grows As life fades away, what can we say except that mankind never learns repeating the cycle, reliving our downfall until the whole world is burned

 

______________

 

La catastrophe de Fukushima a inspiré une très belle chanson à Zedvan.

La centrale nucléaire détruite de Fukushima-Daiichi vomit ses radiations dans la terre du Japon et l'océan Pacifique. On en parle un peu aux anniversaires, et puis après, plus rien...

Chanteur français, citoyen du monde, Zedvan ne se résout pas à ce silence.
Pas plus qu'aux pertes irrémédiables que l'industrie nucléaire inflige et risque encore d'infliger à la planète et à l'humanité.

Le 13 avril 2011, au lendemain de l'annonce par le gouvernement japonais de l'évacuation d'Iitate (Province de Soma, District de Fukushima), Fumio Okubo, le doyen du village, âgé de 102 ans, a préféré se suicider plutôt que de quitter sa maison.

"Fukushima, chanson du doyen d'Iitate", tente de donner la parole à cet homme.

Une version sous-titrée en anglais (http://youtu.be/lFG9CxPXK_E) et une en japonais (http://youtu.be/2pLs9BvTKMA) sont également disponibles.
D'autres traductions suivront, très bientôt : ce que le Japon a perdu, nous l'avons tous perdu.

_______________________

 

Tu n'as rien vu (à Fukushima)

by RéVOLePTIK - Stéphane Appourchaux / Nicolas Hillion

 

Des monticules d'eau
des monticules d'objets
remplacent les cités

L'intimité déversée l'intimité mêlée l'intimité mélangée
de l'oxyde et du métal
du plancton dans les platanes
un poisson sur un pare-brise
bon pour la psychanalyse

et les larmes des Nations

Les cygnes partiront, les oiseaux partiront, les enfants partiront

Humanité violée
avenir inimaginable
Les coupables
tout désignés
mais intouchables

La pêche y était miraculeuse
les fleurs des cerisiers délicieuses
mais immangeables les poissons
seront laissés tranquilles
les poissons mourront
ou muteront

Toute laideur ici sera née de l'homme
qui croit impunément jouer avec l'atome

les cygnes reviendront, les oiseaux reviendront, les enfants reviendront... oui...

_____________

credits

released 01 October 2013
voix, guitare, textes: Stéphane Appourchaux
enregistrement, mixage, basse : Nicolas Hillion
OCT 2013

___________________

 

« Fukushima Mon Amour »

Bruno V. / Vincent Barbier

2014

« Fukushima Mon Amour »

 

Tchernobyl Fukushima

jamais jamais deux sans trois

Tchernobyl Fukushima

quel est ce monstre dans tes bras ?

Fukushima mon amour

es tu morte pour toujours

Fukushima mon amour

peux tu me dire à qui le tour?

 

Ta centrale si fière dans le vent

comme un phare au firmament

provoquait chaque jour l'océan

il a mis ton rivage en sang

ses petites soeurs n'ont pas eu peur

elles turbinnent à pleine vapeur

nous acheminent vers l'horreur

elles n'ont que faire de ton malheur

 

Tchernobyl Fukushima

vos coeurs refroidissent d'émoi

Tchernobyl Fukushima

seules au monde et paria

Fukushima mon amour

aucun sursis ni recours

Fukushima mon amour

ta plaie fait fuir les vautours

 

 

Comment peut-on sans précaution

briser nos rêves de cette façon

peux tu me dire pour quelles raisons

ton cri se perd à l'horizon.

Les bourses reprennent leur train train

spéculant sur le bien commun

ton suicide restera vain

chacun a repris son chemin

 

Tchernobyl Fukushima

condamnées à mort sans loi

Tchernobyl Fukushima

2 exemples pour rien ma foi

Fukushima mon amour

aucun espoir de retour

Fukushima mon amour

ta lèpre tue pour toujours

 

De ton corps denudé et froid

ton ombre brûle jusqu'à trépas

l'invisible morsure en toi

contamine tes fleurs et nos pas

ne pleure pas Fukushima

l' homme ne te mérite pas

le jour où il te comprendra

il ne sera plus ici bas

 

Paroles : Bruno V.

Musique : Bruno V. & Vincent Barbier

 

_______________________

 

TALKIN’ END GAME: IT’S THE RADIOACTIVE SONG

Michel Montecrossa dit à propos de 'Talking' End Game: it's the Radioactive Song" :
« Les catastrophes nucléaires, les catastrophes humaines, les catastrophes naturelles sont tous les avertissements et les appels forts pour se tourner vers une évolution de conscience plus élevé. Dans l'émergence d'un savoir au lieu d'une humanité ignorante, il pourrait y avoir l'espoir d'une conduite plus harmonieuse et moins destructive du monde terrestre ".

 

Paroles :

TALKIN’ END GAME: IT’S THE RADIOACTIVE SONG (Dedicated to the Fukushima Nuclear Plant)
Talkin’ End Game: It’s The Radioactive Song. / Push away the dark thoughts, see, yes, see the light of the One. / Latest news spreads the threat to this heart of mine: / Fukushima Daiichi nuclear plant brought the demon time.
Talkin’ End Game: It’s The Radioactive Song. / It’s bad to feel alone with eyes like glitterin’ holes. / My head aches from contaminated ham and eggs and juice. / Fukushima Daiichi nuclear plant did it to you too.
Talkin’ End Game: It’s The Radioactive Song. / Italian clothings and recycled Japanese paper: / I will leave them on the floor and am a-runnin’ faster. / Yeah, man! Fukushima plant poses as the Endzeit master.
Talkin’ End Game: It’s The Radioactive Song. / The texture of vision changes. / Evolution in me is a-goin’ on. / We tube into the city for a mega overthrill. / Like freak winds we are somethin’ / that can not be killed.
Talkin’ End Game: It’s The Radioactive Song. / Push away the dark thoughts, see, yes, see the light of the One. / Latest news spreads the threat to this heart of mine: / Fukushima Daiichi nuclear plant brought the demon time.
Music & Lyrics by Michel Montecrossa, © Mira Sound Germany

____________________________

 

FUKUSHIMA (tribute)

Peter Roland

 

"Il y a des sujets d'actualité qui forcément nous touchent et nous font prendre conscience de la fragilité de cette terre que nous croyons immortelle ! Plutôt qu'un militantisme basique et souvent inefficace utilisons nos voix pour passer le message en chansons !"

 

On dit que maintenant à Fukushima

Les oiseaux vivent libres  mais ils ne chantent pas

Les souris naissent aveugles les fleurs ne poussent plus

Naitre là-bas c’est une aventure sans issue !

 

Cinq ans avant on riait à Fukushima

La vie était facile  c’était un bel endroit

Avant la vague qui est venue de l’horizon

Avant la lave qui a ravagé nos maisons !

  

Fukushima  c’est chez toi

Partout c’est le même combat

On construit des horreurs qu’on n’assume pas

 

Que vous soyez enfants d’ici où de là-bas

Je vous en prie surtout ne baissez pas les bras

Accrochez-vous à deux mains à notre caillou

Ne cédez pas aux mirages qui nous rendent fous !

_________________

 

F*** TEPCO!! / SCRAP

 

"You wouldn't know the punk band was Japanese, a culture self-programmed for propriety.
I can't write the chorus (sung in English) of the band's favorite song here, as my editor would first delete the offensive word and then report me to my superiors.
Let's just say it's an obscenity that begins with the letter "F" and rhymes with what hockey players call the vulcanized rubber disk that's hit into the goal.
(...)

_________________

 

Fukushima

(L'île du bonheur)

 

Paroles: Eric Hermerel, Musique: Gérard Bonnet.

Une chanson inspirée par la catastrophe de Fukushima.

Version live

________________

 

Pépère, le nucléaire ! Joyeux #anniversaire #Fukushima !

 

(Paroles et musique : Jérémy K. )


"Écrite en 2014, suite à l'audition sur France Inter d'un reportage expliquant que TEPCO avait fait appel à la mafia japonaise pour recruter dans la rue des personnes endettées, SDF ou psychologiquement fragiles, pour aller nettoyer les endroits les plus dangereux de la centrale de Fukushima et de ses environs, ce qui m'a scandalisé, Pépère, le nucléaire ! est une chanson aux paroles caustiques et même violentes qui dénonce le cynisme dont TEPCO a fait preuve pour s'enrichir, rappelle le fameux mensonge du nuage de Tchernobyl qui se serait « arrêté à la frontière » et pose également la question taboue : si vous êtes pro-nucléaire et qu'un accident se produit dans un centrale, irez-vous, vous-même, faire le nécessaire pour endiguer la catastrophe au péril de votre vie ?

Le clip, pour sa part, est un court-métrage d'animation réalisé essentiellement suivant la technique du papier découpé. A mi-chemin entre les collages de Terry Gilliam et un dessin animé punk, il est totalement « barré » et comprend une multitude d'allusions tant à la culture japonaise qu'aux arts plastiques, au cinéma, à la science, ainsi, bien sûr, qu'à... TEPCO, aux liquidateurs de Tchernobyl et à la vie politique française.

Pépère, le nucléaire ! se veut une authentique création artistique mais également un outil politique efficace."

Jérémy K.

 

Paroles :

 

Konishiwa ! Здравствуй ! Bonjour ! Bonjour !
Konishiwa ! Здравствуй ! Bonjour ! Bonjour !

Fukushima ! Boum ! Boum ! Bonjour ! Bonjour !

J'aime l'argent
J'suis très content
J'viens d'investir
Dans l'énergie d'l'avenir !

Le nucléaire
Y a pas d'mystère
Pour faire du fric
C'est la formule magique !

Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, PÉPÈRE !

C'est idéal :
J'ai aucun frais !
Pas d'assurances
Et rien pour la maintenance !

Irresponsable !
Jamais coupable !
C'est idéal,
Je fais ce qui me plait !

Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, PÉPÈRE !

Pour les fissures...
Un coup d'peinture !
Pour la piscine...
De la résine !
Si y a une fuite...
J'attends la suite !
Et pour le cœur...
Un extincteur !

Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, pépère !
Pépère le nucléaire, PÉPÈRE !

Et si ça pète ?
Y a pas d'problèmes !
Vous croyez pas
Que j'vais y aller moi-même ?!

J'ai pas prévu
D'mourir là-bas !
Y a bien d'autres cons
Qu'iront crever pour moi !

Tous ces clodos / Sayonara !
Tous ces débiles / Sayonara !
Et tous ces vieux
Dont on n'sait pas quoi faire / Sayonara !

Tous ces psychos / Sayonara !
Ces inutiles / Sayonara !
Ces sous-humains
Qu'on paye à ne rien faire / Sayonara !

Au réacteur ! / Kamikaze !
A la piscine ! / Kamikaze !
Au nettoyage
Et aux rayons gamma ! / Kamikaze !

Allez crever ! / Kamikaze !
Allez crever ! / Kamikaze !
J'ai mon pognon,
Réparez mes conneries ! / Aligato !

J'ai mon pognon,
Je vous laisse l'addition ! / Aligato !

J'ai mon pognon,
Je vous laisse l'addition ! / Aligato !

Haaaa ! Haha ! Hahahaha ! Haaaa ! Haha ! Hahahaha !...
 

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