19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 22:26

100femmes 1004okEn ce mois de mars 2012, comme un écho au combat des 100 femmes de Fukushima, un nouvel appel vient d’être lancé, l’Appel des Femmes pour l’Arrêt Immédiat du Recours à l’Énergie Atomique.

 

« Certaines d’entre nous sont connues. D’autres moins. D’autres pas du tout. Certaines sont des militantes de longue date. D’autres ne militeront jamais. Certaines sont des amies proches. D’autres affichent de profonds désaccords entre elles sur quantité de terrains.

Mais, toutes, nous partageons désormais la conviction de la nécessité vitale d’un arrêt immédiat du recours à l’énergie nucléaire. Qu’il s’agisse de production d’électricité ou d’armement (…) »

 

Lire la suite de l’appel, connaître les signataires, signer : une seule adresse !

 

http://www.fairea.fr/

 

 

A cette occasion, je voudrais faire connaître deux témoignages qui m’ont touché, ceux de Cécile et d’Aizen, toutes deux engagées dans la lutte antinucléaire par diverses actions, en particulier l’information. Il n’est pas inutile ni futile de savoir ce que ressentent les gens. Depuis Fukushima, leur vie a changé, et elles ne sont pas les seules à penser et à vivre différemment depuis mars 2011.

 

 

Le témoignage de Cécile

(texte original en anglais ici, traduit par Bibou Gaiga Kaunta)

 

« Je ne suis pas japonaise, et je ne vis même pas au Japon. Mais la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi a changé ma vie ...
Lorsque le tremblement de terre et le tsunami sont survenus, j'ai été choquée et accablée par la tragédie du peuple japonais.
Et puis, c'est arrivé ...
A ce moment là, je ne savais rien du tout sur l'énergie nucléaire. Bien que je sois française,... enfant à l'époque de Tchernobyl, j'étais juste aveugle...
Lorsque Fukushima a commencé, j'étais un adulte. J'ai pu trouver des informations par moi-même. Maintenant, je vois ...
Je vois la souffrance des personnes au Japon ...
Je vois des enfants froidement sacrifiés pour le profit ...
Je vois des parents aux prises avec la peur ...
Je vois le silence étouffant ...
J'entends le cri long et profond de l'homme face à l'injustice ...
Et, juste au-dessus de cette montagne de colère et de douleur, je te vois, mon fils, entouré par l'horreur et le danger ... Le monde était plein de fleurs et de papillons, il est maintenant un endroit pour les radionucléides et les larmes ...
Et c'est de ma faute, parce que je n'ai jamais rien fait pour éviter cela ...
Le 11 mars 2012, comme chaque jour depuis 2011, levons-nous !
... De sorte que tous les gens qui vivent au Japon savent que nous pensons terriblement à eux,
... Afin que tous les différents pouvoirs publics dans le monde sachent que nous ne pourrons jamais pardonner leurs crimes contre le peuple du Japon,
... Nous allons nous battre ensemble pour exiger l'arrêt des centrales nucléaires à travers le monde.
Alors tous nos enfants pourront jouer dans un grand jardin,
plein de fleurs et de papillons ...
C'est peut-être notre dernière chance ... »

 

 

Le témoignage d’Aizen

 

« Cette année a été la plus longue, la plus usante, la plus éreintante que j’ai jamais connue. Je crois que par la force des choses, j’ai enfin appris ce que voulait dire l’expression :

se battre pour une cause qui nous tient à cœur.

(…)

Au delà même de la tristesse que je ressens face à la catastrophe de Fukushima, souvent, ce qui me fait le plus de peine, c’est de constater un déni constant de réalité chez bien des individus. Régulièrement on m’a traitée de fataliste. Mais je ne le suis pas, je suis simplement lucide.

J’aime le Japon plus que quiconque. C’est ma patrie, je suis née là bas, j’ai de la nostalgie, un amour incommensurable pour ce pays. Mais l’amour ne me rend ni aveugle, ni inconsciente.

Les gens ont souvent peur de voir la réalité en face. Ils aimeraient que les choses ne soient pas aussi cruelles, ils espèrent toujours qu’il puisse exister des circonstances atténuantes. Seulement voilà: il ne peut y avoir de circonstances atténuantes face à une catastrophe nucléaire. On peut se battre pour et contre beaucoup de chose, sauf contre la radioactivité.

C’est logique, implacable, mathématique : il faut évacuer les zones contaminées. La limite autorisée pour l’exposition de la population aux rayonnements artificiels, en France est de 1 mSv/an/personne. Je vous laisse faire vous même le calcul des zones potentielles à évacuer au Japon. Relever les limites d’exposition est un crime. Je ne cesserai à jamais de le dénoncer.

Dimanche, je n’ai pas commémoré les 1 an de Fukushima, parce que je n’ai cessé de commémorer toute l’année. 1 an vient de passer mais rien n’est terminé.  J’ai peur qu’après cet anniversaire les gens puissent oublier plus facilement. Tout ne fait que commencer. Le 11 mars 2012, je l’ai passé avec mes proches, dans un recueillement silencieux.

Je ne prie plus depuis longtemps, car je sais que mes prières n’auront jamais aucune influence sur la radioactivité, mais je médite pour évacuer ma rage, mon indignation, ma colère face à ce gouvernement japonais irresponsable et laxiste, face à Tepco qui cache les informations, face à la désinformation dans le monde entier, face aux négationnistes qui constamment se permettent de minimiser les conséquences et la souffrance d’un peuple…

Mais j’évacue mes ressentiments, car pour aider les autres et ce monde, il ne peut y avoir de place pour la haine. Il faut apprendre alors à avoir de la compassion même pour nos ennemis… »

(…)

Lire la suite ici :

Mon combat pour le Japon

 

 

 

 

 

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 00:09
rector4Lors d’une émission intitulée "Morning Bird" sur TV Asahi, diffusée en direct le 8 mars 2012, les Japonais qui pensaient que la catastrophe nucléaire de Fukushima était terminée ont été frappés de stupeur en écoutant une interview d’Hiroaki Koide. « Si la piscine de l'unité 4 fuit, c'est la fin », a-t-il déclaré.
 
 
 
Mais la fin de quoi ? La fin de toute vie humaine possible à 250 km à la ronde autour de la centrale. Le journaliste, Toru Tamakawa, ne précise pas cela, car tout le monde sait que dans ce cas-là, Tokyo devrait être évacué. L’effroi se lit dans les visages.
 
Il y a 1535 assemblages dans la piscine n°4, soit 264 tonnes de combustible.
 
Le journaliste demande si on ne pourrait pas tout simplement construire une autre piscine à côté et transférer les barres de l’une à l’autre. Hiroaki Koide répond que si on sortait les barres à l’air libre, leur radioactivité tuerait immédiatement les hommes qui se trouveraient là.
 
Pour transférer les barres, il faut les insérer dans un caisson de plus de cent tonnes. Mais pour porter ce caisson, il faut une grue géante. Or celle du réacteur a été mise hors d’usage à cause de l’explosion. Il faudra beaucoup de temps pour nettoyer la piscine de ses débris et construire les structures qui permettront le transfert du combustible. Tepco envisage cette délicate manœuvre en janvier 2013.
 
C’est pourquoi les travaux sur l’unité 4 sont la priorité de Tepco. Il faut impérativement réaliser ce transfert avant qu’un séisme important ne vienne détruire la piscine n°4.
 

Traduction & sous-titrage français : Kna
 
 
 
koide.jpgQui est Hiroaki Koide ?
Hiroaki Koide a commencé une carrière d’ingénieur nucléaire, il y a 40 ans. Il avait été attiré par les promesses de l’énergie nucléaire. Cependant, rapidement il a perçu les points faibles du programme nucléaire japonais et a été reconnu comme le critique le mieux informé sur ce programme. Sa critique publique et non contestable lui a valu un purgatoire honorable comme «assistant professor» à l’Université de Kyoto. Il a pu, cependant, continuer une recherche « gagne pain » sur les mesures des radioéléments à l’Institut de Recherche sur les réacteurs de l’Université de Kyoto. Et ce jusque mars 2011.
Depuis le séisme suivi d’un tsunami entraînant des fusions de cœurs à Fukushima Daiichi, il est apparu comme une voix puissante et une figure centrale pour, suite au désastre, relancer le Japon vers d’autres énergies.
Les médias et les citoyens apprécient ses interventions: conférences, consultations et interviews. Il a publié 3 livres, dont le best-steller « Le mensonge de l'énergie nucléaire », qui ont aidé à reconstruire une conscience publique et un débat officiel au Japon.
En savoir plus sur Hiroaki Koide :
 
 
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En savoir plus sur l'énergie nucléaire avec une conférence de Hiroaki Koide :
 
 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 10:54

Livre

 
Le photographe Frédérick Carnet a voyagé au nord de Hokkaido en passant par les régions dévastées par le tsunami et la région de Fukushima où il est resté une quinzaine de jours. Un reportage de son passage dans la région de Fukushima  a été réalisé sur NHK (Voir ici).
A partir des photos réalisées, il programme la sortie d’un livre en collaboration avec Ellen Dietrich, Photo Editor de DIE ZEIT, Jean-François Sabouret, Directeur de Recherche au CNRS, Directeur du Réseau Asie - IMASIE (Institut des Mondes Asiatiques) et Wataru Iwata, Compositeur, Fondateur de l'ONG "CRMS" (Citizen's Radioactivity Measuring Station) à Fukushima City. On peut déjà voir une partie de ses œuvres en cliquant sur la photo ci-dessous.
carnet
 
 
 
 
 
Films
 
La série « Récits de Fukushima » de Alain de Halleux
 
« Surviving Japan » de Chris Noland
surviving
 
 
Vidéos IRSN
 
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi »
Ce film détaille le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi en mars 2011. Il explique le fonctionnement des réacteurs à eau bouillante exploités au Japon, détaille le scénario de l'accident et présente les interventions d'urgence menées durant la crise et depuis.
Remarques : l’orientation des piscines est inexacte. Par ailleurs, l’explication de l’explosion du 4 est celle de Tepco (hydrogène provenant de l’unité 3). Cette hypothèse est contestée. Autre chose, l’IRSN indique une explosion dans la piscine torique de l’unité 2, mais il n’en indique pas sa nature (mention de l’hydrogène pour les unités 1, 3 et 4, aucune mention pour la 2). Sinon, l’explosion de l’unité 3 est soigneusement évitée ; pourquoi ?

 
 
- « La contamination de l'environnement après l'accident de Fukushima »
Ce film fait le point sur les conséquences de l'accident de Fukushima Daiichi sur l'environnement. Il traite des rejets radioactifs et de leurs conséquences sur le milieu terrestre au Japon et sur le milieu marin.
Remarques : l’IRSN fait l’impasse de la pollution au plutonium et autres actinides. Il n’est pas de bon ton de faire référence au MOX quand on est un institut français ! Selon l’IRSN, c’est l’explosion de l’unité 2 (non reconnue par Tepco) qui aurait produit le plus de pollution aérienne. Pas un mot sur les rejets des explosions des unités 3 et 4 ! L’IRSN n’explique pas comment la piscine torique souterraine a pu rejeter autant d’aérosols dans l’atmosphère sans que ça se voie !

 
 
 
 
Webcam Tepco
 
« Fukushima Captures d'écran »
Un remarquable témoignage d’Azo, fidèle veilleur de la centrale, qui a réalisé un montage de 4 min 44 avec 600 captures d’écran du 4 juin 2011 au 11 mars 2012.

 
 
 
Photos
 
Le mur nord de l’unité 4 a changé d’aspect.
La partie basse du mur nord du bâtiment réacteur n°4 a disparu. Soit elle s’est effondrée suite aux derniers tremblements de terre, soit c’est une destruction programmée. En effet, on aperçoit à droite de l’image la pince de démolition.
murnord4
 
 
Album de 34 photos légendées
« Japan Earthquake and Tsunami: Nuclear Disaster Looms Large »
album
 
 
Renouvellement des images de Google Earth 1 an après
google earth
 
 
200 photos de la mobilisation antinucléaire à Tokyo
album photo antinuc
 
 
Technique : le pont roulant de l'unité 4 a été démonté (Gen4)
pontroulant
autre source : Fukushima Diary
 
 
Unité 4 - le chariot mobile de la machine de chargement de combustible a également été démonté (Gen4)
démontage
 
 
Photos de la BBC : chaque école de la préfecture de Fukushima est maintenant équipée de compteurs de radioactivité. Il faudra se préparer à ce genre de chose en France quand un accident surviendra.
bbc
 
 
Reportages diffusés à l'occasion du 11 mars 2012
 
Arte : Fukushima 1 an après
(erreur relevée : l’explosion dans le film est celle du n°3 et non du n°1)

 
 
 
France 24 et Sciences et Avenir  : « Un an après, le Japon bouleversé »
 
 
Al Jazeera : « Japan Fukushima aftermath : Fukushima residents report various illnesses »

 
 
BFMTV : « Japon : un an après, Philippe Nibelle reste marqué par la catastrophe »

 
 
 
BFMTV : « Fukushima : les produits issus de la zone contaminée vont être interdits »

 
 
 
BFMTV : « Fukushima : images inédites de la zone interdite autour de la centrale »
 
 
Arte : « Les mères courage de Fukushima »
 
 
AFP : Fukushima : récit d'une catastrophe nucléaire

 
 
 
3.11 Remembrance and Wrath: Human Chain around the Japan's Diet Building (Mar/11/2012)

 
 
 
Fukushima: Relevé des radiations (visible au Canada)
 
 
 
 
Cartes
 
Carte interactive de mesures isotopiques effectuées autour de la centrale. Cliquer sur le point de mesure pour voir les isotopes découverts. Comme on s’y attendait, il n’y a pas que des césiums !
 
 
Carte de la contamination marine en mars 2012
 

fukushima-ocean-radioactivite-e1331888286346

 
En savoir plus ici
 
 
Nouvelle carte de contamination par Safecast
safecast
 
 
 
Vidéos Tepco
 
 
La piscine n°4

 

 

 

 
 
 
Barres de contrôle du réacteur 4

 
 
Inspection des sous-sols des bâtiments 2 et 3

 
 

 
 
Captures d’écran par SimplyInfo (unité 2)
 
Infos Tepco
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torea
 
toreb
 
Analyse de Trifouillax (unité 3)
Cliquer sur l'image
tore
 
 
 
 
 
 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 01:35
vue de côté reacteur 3 cryptoem 5 avrilUn an après la catastrophe, la désinformation bat son plein !
Courrier International a publié récemment la traduction d’un article du Daily Telegraph intitulé « Tsunami : 20 000 morts - Fukushima Daiichi : zéro mort », repris par de nombreux sites. Cet article est choquant : d’une part c’est faux, il n’y a pas eu zéro mort à Fukushima, d’autre part c’est insultant vis-à-vis des familles des victimes japonaises.
 
L’auteur de cet article, le journaliste Michael Hanlon, est régulièrement l’invité des télés et radios en tant qu’ « expert scientifique ». Les lecteurs britanniques, et à présent les internautes francophones, sauront-ils reconnaître ses mensonges sur Fukushima ? 
 
« Fukushima Daiichi : zéro mort ». C’est faux. La catastrophe nucléaire a déjà provoqué des centaines de morts directs ou indirects. Cet article les ignore, c’est de la pure désinformation. Le triste décompte des premiers morts dus à la catastrophe nucléaire se fait ici : « Les premiers morts de la catastrophe de Fukushima », avec toutes les références nécessaires. Et c’est sans compter les disparus
 
 Il n’y a pas que le titre de son article qui est mensonger : « La centrale de Fukushima Daiichi, bien qu’obsolète, criblée de défauts de conception et frappée par des forces géologiques supérieures aux prévisions du cahier des charges, a remarquablement résisté », rapporte-t-il. C’est faux. La centrale n’a pas « remarquablement bien résisté ». Au contraire, il s’y est produit au moins 4 explosions  provoquant de graves pollutions radioactives, et 3 cœurs de réacteur ont fondu quasi simultanément, ce qui représente la pire configuration d’accident nucléaire de tous les temps. Le confinement n’est plus assuré. La nappe phréatique est contaminée. L’océan pacifique subit la pire des pollutions radioactives de l’histoire. Au moins 8% du territoire japonais est  contaminé au césium pour 300 ans. Du plutonium a été répandu dans l’atmosphère.
 
« Les réacteurs ont été détruits, mais les radiations n’ont pas causé de morts à Fukushima Daiichi et ne devraient pas en causer au cours des cinquante prochaines années », lit-on encore dans cet article. C’est complètement faux. Pourtant, en tant que scientifique, Michael Hanlon sait bien que les radiations ne tuent pas immédiatement. Elles provoquent de nombreuses maladies et provoquent des cancers des années après. A Tchernobyl, les premiers cancers de la thyroïde dus à l’iode 131 sont apparus au bout de 3 ans. Il ne faut pas attendre 50 ans pour compter les morts comme le prétend cet article négationniste. Entre 1986 et 2004, on estime à 985 000 le nombre de morts dus à la catastrophe de Tchernobyl (source : Chernobyl : Consequences of the Catastrophe for People and the Environment).
 
Il n’y a pas que ce journaliste qui désinforme, en France nous avons aussi des gens qui profitent de leur position pour diffuser des contre-vérités dans l’unique but de défendre l’industrie nucléaire. Dans les ministères, on se bouscule pour suivre la voix du président. On connaissait déjà Eric Besson, ministre de l’industrie, qui annonçait le 12 mars 2011, après l’explosion du bâtiment réacteur n°1 de Fukushima Daiichi que ce n’était  « pas une catastrophe nucléaire ». A présent, c’est au tour de Gérard Longuet, ministre de la défense, de lancer cette phrase incroyable : « [Le nucléaire] est une économie sans production de CO2. C'est une énergie qui n'a tué personne ». C’est insoutenable. Au-delà de la catastrophe de Fukushima qui est en cours, le ministre français semble nier les centaines de milliers de victimes de Tchernobyl…
 
Il faut dénoncer par tous les moyens ces paroles insensées, car elles contribuent à chaque fois à  mettre en péril l’avenir de l’humanité. L’énergie nucléaire est une énergie extrêmement dangereuse, sa maîtrise est un mythe ‒ Fukushima l’a définitivement prouvé ‒ et on ne doit pas laisser les apprentis-sorciers dire n’importe quoi sans réagir.
 
Le site « lepoint.fr » désinforme également en annonçant dans l’article Fukushima un an après : manifestations antinucléaires à Tokyo  : « Un millier d'opposants se sont rassemblés dans la capitale japonaise, un an après la catastrophe de Fukushima ». C’est faux. Comme le rapporte justement le journal le Monde, il y avait plusieurs milliers de manifestants à Tokyo, répartis dans plusieurs manifestations. Le Point.fr  ne rapporte pas non plus la manifestation à Kôriyama rassemblant 16 000 personnes… une information qui a pourtant toute son importance !
 
 
 
 
 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 23:27

On ne doit plus attendre le prochain accident nucléaire sans rien faire. Pour changer la donne mondiale, il faudrait mettre sur pied un tribunal international jugeant les crimes atomiques contre l’humanité. Rédigé par Jean-Marc Royer et signé par des personnalités reconnues, cet appel international est à diffuser sans modération, en français dans cette page ou en anglais dans cette autre page : International Appeal : Hiroshima, Chernobyl, Fukushima, Crimes Against Humanity

 

 

Télécharger la version française (pdf)

 

Télécharger la version anglaise (pdf)

 

 

 

 

 

Appel international

Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité

 

Depuis 1945, plus de 2 400 explosions – dont la puissance de certaines[1]équivalait à plusieurs milliers de fois celle d’Hiroshima – ont eu lieu, sans parler des « ratés » et des dizaines d’accidents catastrophiques dont les premiers connus datent de l’automne 1957 à Windscale (UK) et Maïak (ex-URSS), respectivement classés 5 et 6 sur l'échelle INES. Mais qui en connaît précisément les conséquences ? Aucune enquête épidémiologique internationale digne de ce nom n’ayant été diligentée à ce propos, un comité européen sur les risques de l'irradiation (CERI)[2] a étudié, à la demande des députés verts, et confirmé l’impact de l’activité atomique depuis 65 ans sur les populations mondiales, ce dont on pouvait se douter puisqu’on en retrouve les traces jusque dans les glaces du pôle Sud[3]. Les enjeux sont tellement énormes que les effets pathologiques de toutes ces contaminations à petites doses et au long cours sont farouchement niés de concert par tous les pays ou les organisations internationales.

 

Tchernobyl : irradiations et multicontaminations « à rebonds »

Tout comme le 6 août 1945, le 26 avril 1986 est une date historique pour l’ensemble de l’Humanité[4]. Dès les débuts du cataclysme, les irradiations furent violentes, multiples, complexes et pérennes, selon la distance du lieu de l’accident : c’est une des particularités de Tchernobyl.

En explosant, le réacteur n°4 de la centrale Lénine de Tchernobyl n’a pas seulement rejeté des gaz et des aérosols divers issus de la désintégration atomique du combustible, comme le ferait une bombe, mais il a également rejeté « des particules chaudes solides »[5]de combustible : ce sont des fragments de toutes tailles qui, combinés avec d’autres radionucléides, sont retombés sur le site ou à proximité de la centrale. Par la suite, des « particules chaudes liquides » se sont également formées dans le sol après les pluies. Lorsque ces particules pénètrent dans l’organisme par l’eau et les aliments ingérés ou par l’air inhalé, elles produisent, même longtemps après leur émission, des doses élevées d’irradiation ponctuelle interne. Cette remarque est importante pour la compréhension de la suite et des suites de l'accident.

 

Depuis le jour de la catastrophe, les irradiations ont été peu à peu supplantées par des contaminations de long terme et la situation radiologique évolue d’une manière que nul ne pouvait prédire. Deux exemples :

- Suite aux processus de désintégration du plutonium 241, la formation naturelle de l’américium 241, puissant émetteur de rayons gamma, va constituer un aspect important de la contamination de nombreux territoires. A cause de cette désintégration progressive, les territoires dont le niveau de rayonnements gamma était faible sont devenus à nouveau dangereux.

- Par ailleurs, il y eut une forte redistribution des radionucléides dans les écosystèmes du fait de leur concentration par les organismes vivants (bioaccumulation) et de leur migration, après quelques années, dans les parties du sol où plongent les racines : ces radionucléides sont alors devenus de plus en plus accessibles aux végétaux, qui les reportent pour la deuxième fois à la surface du sol. C’est une des causes de l’expansion et de l’aggravation de la morbidité et de la mortalité atomiques dans les territoires contaminés.

 

Quelques-unes des maladies (outre cancers et leucémies) provoquées par Tchernobyl :

- La contamination radiologique de Tchernobyl a influé sur le fonctionnement de tous les organes du système endocrinien. L’effondrement de la fonction hormonale du thymus joue le rôle principal dans le développement de la pathologie du système immunitaire.

- Les maladies des organes circulatoires sont une des causes principales d’invalidité et de mort des « liquidateurs ».

- Le vieillissement accéléré provoqué par la catastrophe de Tchernobyl a déjà touché des centaines de milliers de personnes et en touchera des millions dans le futur.

- Le saturnisme est devenu une des pathologies importantes de Tchernobyl. En effet, entre 2 400 et 6 720 tonnes de plomb ont été déversées au cours des opérations d’extinction. Une partie importante de ce plomb a été rejetée dans l’atmosphère suite à sa fusion, à son ébullition et à sa sublimation dans l’incendie du réacteur.

En outre, les conséquences génétiques causées par la catastrophe de Tchernobyl toucheront pendant des siècles des centaines de millions de personnes, dont :

- celles qui ont subi le premier choc radiologique (irradiation externe forte et brutale), parce que la quantité des radionucléides rejetés dans l’écosphère fut très importante ;

- celles qui vivent, et vivront pendant les 300 ans à venir, dans les territoires contaminés par le strontium 90 et le césium 137, ou celles qui vivront dans les territoires contaminés par le plutonium et l’américium pendant des milliers d’années ;

- les enfants des géniteurs irradiés, pendant des générations, où qu’ils vivent par la suite.

 

Le Secret, la falsification officielle des données et les malversations

Il n’y a pas de données instrumentées disponibles de la contamination de tous les pays d’Europe par l'ensemble des radionucléides de Tchernobyl, et désormais il n’y en aura plus jamais. S’appuyant sur ce manque, le rapport « Forum Tchernobyl » (2005) de l’AIEA et de l'OMS ne discute que des données concernant les territoires du Bélarus, de l’Ukraine et de la Russie d'Europe, passant sous silence la contamination des autres pays européens.

Or, même si la densité actuelle de la contamination n’est pas élevée dans un territoire, l’énorme contamination des premiers jours et des semaines qui ont suivi la catastrophe (on sait par reconstruction que, dans certains territoires, l’activité des retombées radioactives dépassait 10 000 fois les niveaux du fond naturel), jointe à la faible contamination persistant sur des décennies, ont pu influer et influeront considérablement sur la santé des habitants et sur l’environnement.

D’autre part, la suppression des institutions chargées d'examiner les suites pathologiques de Tchernobyl, le détournement des équipes de chercheurs de l’étude des problèmes engendrés par la catastrophe, le harcèlement et l’emprisonnement de certains médecins spécialisés, sont autant de tentatives concertées et persistantes pour cacher la vérité[6].

Aussi l’exigence avancée par les spécialistes de l’AIEA et de l’OMS de la nécessité d’une « corrélation certaine » entre la charge radioactive d’une personne concrète (jamais reconstituable avec précision, et pour cause) et l’atteinte à sa santé pour qu’il y ait démonstration évidente du lien de la maladie avec l’irradiation de Tchernobyl, relève-t-elle de manœuvres intellectuelles particulièrement malhonnêtes.

En plus de ces malversations, en ex-URSS, en Ukraine, au Bélarus, et au sein des principales organisations intergouvernementales concernées (CIPR, AIEA et OMS) les volontés de minimiser les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sont légion. En voici quelques exemples.

- Dans aucun des livrets des dizaines de milliers de militaires en service qui ont participé aux travaux de « liquidation » n’a été enregistré le dépassement de la norme de 25 rœntgens alors en vigueur. Mais l’examen clinique de 1 100 militaires liquidateurs a révélé chez 37 % d’entre eux les symptômes hématologiques de la maladie des rayons,  indiquant à l’évidence que ces personnes ont reçu plus de 25 rœntgens.

- La médecine officielle n’a commencé à reconnaître la fréquence de la cataracte « tchernobylienne » que 8 ou 9 ans après sa découverte.

- Même chose en ce qui concerne le cancer de la thyroïde, la leucémie et les affections du système nerveux central.

 

Les conséquences de Tchernobyl sur la santé publique

En résumant sommairement les données publiées dans le rapport du CERI, la contamination radioactive de Tchernobyl a touché près de 400 millions de personnes (205 millions en Europe et environ 200 millions hors d’Europe). L’analyse des courbes de la morbidité générale des enfants vivant dans les territoires contaminés de l’ex-URSS est particulièrement désespérante : seulement 20 % d’entre-eux sont en bonne santé. Dans certaines régions du Polessié il n’y en a plus un seul. En Allemagne, les dents des enfants nés après la catastrophe contenaient 10 fois plus de strontium 90, tout comme on retrouve de l’uranium dans les dents de lait des enfants anglais résidant près de Windscale (depuis rebaptisé Sellafield) 53 ans après cette autre catastrophe atomique. Le nombre des victimes de Tchernobyl croîtra pendant plusieurs générations. Au cours des 15 premières années suivant la Catastrophe, il peut être estimé de la manière suivante :

 

Bélarus, Ukraine, Russie d’Europe

237 000

Reste de l’Europe

425 000

Asie, Afrique, Amérique du Nord

323 000

Monde entier

985 000[7] 

 

Tchernobyl : une catastrophe nucléaire au temps de l’Anthropocène[8]

Les catastrophes atomiques ont ceci de particulier qu’elles délimitent toujours une fracture multidimensionnelle de l’histoire du vivant :

- La perte irrémédiable de tout un monde vivant sur d’immenses territoires, un printemps sans les cris des oiseaux, et des arbres roussis par un gigantesque et silencieux incendie.

- Une mortalité si nombreuse, et dans des conditions si inhumaines, que le travail de deuil s’avère impossible à réaliser, surtout « au temps de la mort sèche »[9].

- Un événement imprévu et inconcevable, qui dépasse nos facultés d’imagination, et dont les conséquences futures sont elles-mêmes imprédictibles.

- Des irradiés/contaminés subissant une atteinte aussi bien mentale que physique, dont certains effets s’étaleront sur plusieurs générations, pour donner naissance à des lignées d’êtres difformes.

Autrement dit, « un avant et un après » sans retour possible. Un trou dans la mémoire symbolique des humains, dans leur inconscient, ce qui nous prépare « un retour du refoulé » à la mesure de l’événement. Mais de plus, et c’est là le « double effet paradoxal » des catastrophes atomiques, elles n’ont pas de fin, pas de terme prévisible : c’est un monstre qui pousse et dévore de l’intérieur l’humanité, dont la morbidité persistante est difficilement évitable. La catastrophe atomique « colonise l’avenir et n’offre aucune possibilité d’échapper au destin tragique : aucune culture n’est prête à affronter ce pari »[10].

 

Le négationnisme et ses conséquences au temps de l’Anthropocène

Les Etats et les organisations internationales de l’ONU dont l’UNSCEAR, l’AEIA ont délibérément minimisé les conséquences sanitaires de Tchernobyl : ce parti pris des jugements concerne également l’OMS[11]et sa fameuse thèse d’une trentaine de morts jusqu’en 2005. Mais il y a bien pire depuis le 6 août 1945.

Figures de la défaite déshonorante du Japon, les « Hibakushas », assimilés aux pestiférés par peur d’une contagion fantasmée, furent l’objet de la honte publique, décourageant ainsi la plupart des rescapés de participer à un quelconque travail de mémoire, témoignages dont on a vu avec Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Améry et les autres survivants l’importance capitale dans l’Europe intellectuelle de l’après-guerre. Les édiles japonais procédèrent à une « reconstruction » rapide de la ville qui eut pour but d’effacer méticuleusement toutes les traces de leur défaite et… de ce crime effroyable[12]. Contrairement à ce qui s’est produit pour la Shoah, vainqueurs et vaincus se sont associés pour aveugler l’humanité, avec succès jusqu’à ce jour, sur la nature des crimes commis à Hiroshima et Nagasaki. Un exemple : avec l’aide des autorités japonaises, les Etats-uniens ont mené sur place des études sur les conséquences de ces bombardements, études qui furent versées dans les archives secrètes de Washington, longtemps inaccessibles. En plus du mépris des victimes en souffrance dont cela témoigne, ce sont sur ces mêmes archives que les Etats et les organisations internationales se basent encore aujourd’hui pour nier les effets des faibles doses à long terme !

Plus de traces, tel est le credo commun à tous les criminels et négationnistes (cf. ce qu’en dit plus précisément Günter Anders). Il en fut de même à Tchernobyl et en sera de même à Fukushima. Le travail de mémoire est ainsi forclos comme on tente d’enfermer un déchet radioactif dont on sait pertinemment qu’on en retransmet la dangerosité aux générations suivantes.

 

Un autre versant de la politique négationniste face à tous ces dangers consiste en un raisonnement de type scientiste qui les transforme en risques statistiques. Ce que vise à cacher cette manipulation intellectuelle du risque, c’est qu’en cas de catastrophe (« le risque résiduel »), ce sont toujours les Etats qui sont appelés à la rescousse car les moyens privés sont à l’évidence insuffisants pour y faire face. Mais depuis Tchernobyl et Fukushima les habitants de tous les pays de la planète doivent savoir qu’ils ne peuvent plus compter sur leurs gouvernements pour les protéger efficacement, ni avant et encore moins après une catastrophe atomique. C’est pourquoi nous pouvons dire que les populations du monde entier, après avoir été évacuées du choix politique – aucune société civile ne fut jamais consultée sur le nucléaire – courent le risque d’être évacuées de leurs territoires nourriciers, d’être « expulsées de leurs vies ».

 

La catastrophe de Tchernobyl aurait pu être encore plus grave

La catastrophe trouve son origine dans le projet inouï consistant à « expérimenter en vraie grandeur » : il s’agissait, dans le cas d'un arrêt d'urgence, d’utiliser l'énergie cinétique résiduelle du rotor du générateur pour une production supplémentaire d'énergie électrique ! Autrement dit, le monde vivant est devenu le laboratoire à grande échelle de la technoscience (et ce, depuis longtemps). Mais le rejet du seul réacteur n°4 a provoqué une contamination des dizaines de fois supérieure à la contamination due aux bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, et le « nuage de Tchernobyl » a fait au moins deux fois le tour de la Terre, ce qui fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe technologique de l’Anthropocène à ce jour.

Mais il y a plus grave. Le Pr. Vassili Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe, explique[13]que 1 400 kg[14] du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 mégatonnes, soit environ 200 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima, si une quantité suffisante du corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur. « Une explosion d’une telle puissance pouvait provoquer des radiolésions massives des habitants dans un espace de 300-320 km de rayon (englobant la ville de Minsk) et toute l’Europe pouvait se trouver victime d’une forte contamination radioactive rendant la vie normale impossible. […] Mon opinion est que nous avons frisé à Tchernobyl une explosion nucléaire. Si elle avait eu lieu, l’Europe serait devenue inhabitable ».[15]

 

Fukushima, une réplique de Tchernobyl

Au Japon, vu leur état, les systèmes de refroidissement ne pourront plus jamais être remis en service. Tandis que l’on injecte de l’eau borée dans les cuves et de l’azote pour inerter l’atmosphère des bâtiments, une énorme quantité d’eau y est quotidiennement déversée pour les refroidir afin d’éviter que les coriums transpercent l’enceinte et atteignent ces mêmes masses d’eau, ce qui pourrait être très grave. Et ce n’est pas un, mais quatre réacteurs, dont le n°3 qui fonctionnait au MOX[16]français, qui sont concernés. Sans parler des conséquences d’une éventuelle réplique sismique, que l’on ne peut malheureusement pas écarter vu l'emplacement de la centrale. Dans ces conditions, qui peut prédire les effets cumulatifs possibles de ce type de situation, au Japon ou ailleurs ? Or, ce qu’il fut possible de mettre en place à Tchernobyl pour éviter la catastrophe planétaire ne le sera vraisemblablement plus jamais nulle part sauf, peut-être pour quelque temps encore, en Chine. En ex-URSS, il était possible d’enrôler 800 000 « liquidateurs », les services de secours civils de tout un immense pays, des centaines de pompiers, dix mille mineurs, une armée encore puissante avec ses dizaines de milliers de réservistes, et ce sur ordre du secrétaire du Politburo. Le déploiement de tels moyens ne sera plus possible dans d’autres cas similaires, et il est douteux que l’appel aux autres pays soit suffisant : en démocratie libérale, il y aura peu de volontaires pour mourir dans des souffrances que l’on sait atroces. 

 

La perspective d’avoir à survivre en territoire contaminé ne peut être exclue

Dans les territoires contaminés par les dépôts de Tchernobyl, il est dangereux de s’occuper d’agriculture, il est dangereux d'arpenter les forêts, dangereux de pêcher le poisson et de chasser le gibier, il est dangereux de consommer les denrées produites localement sans contrôler leur radioactivité, dangereux de boire le lait et même l’eau. Tout ce qui constituait depuis des millénaires la plus sûre et la plus fidèle des sources de vie – l’air, les eaux naturelles, les fleurs, les fruits de la terre, les forêts, les fleuves et les mers – tout cela est devenu en quelques jours source de danger pour l’homme et l’animal. La catastrophe ukrainienne nous l’a enseigné, il faut également prendre en compte les effets délétères sur la santé des « faibles doses », inhalées ou ingérées via l’alimentation, qui vont ensuite produire leurs effets des années plus tard.

Les appareils automatiques de spectrométrie interne du corps humain, tels le SCRINNER en usage en Biélorussie, sont conçus pour mesurer l'activité des radionucléides dans le corps humain. Ces appareils devraient être d’usage courant dans tous les pays sous le vent de centrales atomiques en activité. Par ailleurs, dans de véritables prescriptions publiques à grande échelle, il faudrait préciser les avantages et les limites des pastilles d’iode et des mesures de confinement, les gestes qui sauvent, les « périmètres d’évacuation », les plans d’urgence… C’est pourquoi, dans tous les pays, les organisations de la société civile doivent considérer l’importance de la création d’un système de contrôles radiologiques indépendant du système officiel.

 

L’industrie nucléaire, une banalisation radicale du mal

A travers son concept de « banalité du mal », Hannah Arendt a démontré dans les années soixante que des crimes contre l’humanité avaient été perpétrés par des hommes ordinaires parce qu’ils ne se posaient pas de questions sur les fins de leurs « activités ». A partir du moment où ils étaient liés par un serment de fidélité à leur hiérarchie (ou à une idéologie, toutes choses qui sont aujourd’hui érigées en valeurs universelles par la raison calculatrice dans le monde du « travail » et ailleurs), ils tenaient ces activités pour légitimes.

Ce concept de « banalisation du mal » n’est pas issu de supputations sur une « nature humaine », mais bien d’une analyse socio-historique de ce qui s’est passé en Europe entre 1933 et 1945 et de ce qui en a préparé l’avènement. Soixante ans après, à moins de croire en un monde fixiste, il faut oser tirer les conclusions de ce qu'Hannah Arendt avait écrit.

Historiquement, la banalisation du mal occidental s’est répandue à grande échelle à partir du moment où le travail et les êtres humains ont été « industrialisés » avec l’appui massif de la technoscience, c'est-à-dire coupés de leur réalité nourricière, terrestre, pour être encasernés, prolétarisés, disqualifiés, déréalisés et finalement déshumanisés. A partir de ce moment, tout a été possible dans l’ordre de la banalisation et tout est devenu acceptable dans l’ordre du mal, puisque toutes les fins humaines ont été discréditées au seul profit de l’aliénation productiviste et marchande.

Les choses ne se sont pas arrangées depuis : cela est vérifiable sur tous les plans, y compris psychique[17]. Alors, il faut avoir le courage de dire que cette banalisation du mal est devenue omniprésente et que, en conséquence, nos sociétés ne sont plus que des « totalitarismes démocratiques » nous menant au(x) désastre(s) définitif(s), ce qui devrait être analysé comme tel dans l’ordre du politique. Porteuse de mort généralisée du vivant sur la planète, l’industrie nucléaire en est un exemple particulièrement frappant. Mais les gouvernements et la plupart des médias occidentaux (la guerre froide, qui devait durer quarante ans, y a bien pourvu) ont tout fait pour recouvrir, les 6 et 9 août 1945, cette défaite historique de l’humanité d’un épais manteau d’admiration et de dévotion devant le génie et la puissance des chercheurs, de la science, de la technique, de l’industrie… Un nouveau dieu est apparu ce 6 août 1945, à la puissance inquiétante certes, comme tous les dieux, et à la gloire duquel de nouveaux hymnes ont été forgés illico presto. Le largage des bombes atomiques, puis « l’expérience Tchernobyl », furent non seulement un crime contre l’humanité mais, fait nouveau, un crime contre la Nature, ce que l’on appellerait aujourd’hui un Ecocide. Si le refoulement de ce type de catastrophe systémique pour l’écosphère persiste, il ne sera pas sans conséquences pour l’avenir de l’humanité et sa manière d’en écrire l’histoire.

Une conclusion s’impose donc : il faudrait mettre sur pied un tribunal international, du type de celui de Bertrand Russell, jugeant les crimes atomiques contre l’humanité à Tchernobyl et ailleurs, depuis le 6 août 1945 jusqu’à Fukushima en passant par Fallujah.

 

 

 

Cet appel a été signé par :

 

Paul ARIES, philosophe et écrivain, intellectuel de référence du courant de la décroissance. Dernier ouvrage publié : « La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance ».

 

Marc ATTEIA, Docteur en mathématiques appliquées, professeur honoraire de l'Université de Toulouse, auteur de : Hilbertian kernels and spline functions, Elsevier Science Publishers, 1992 et Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain, Yves Michel, 2009.

 

Marie-Christine GAMBERINI, traductrice, référente de l'association Les Amis de la Terre France sur le nucléaire et l'énergie.

 

Raphaël GRANVAUD, écrit dans « Billets d'Afrique » de l’association Survie, auteur de Que fait l'armée française en Afrique, Agone 2009 et de Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français, Agone 2012.

 

Alain GRAS, professeur émérite de l'Université Paris I et directeur du Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques, cofondateur de la revue Entropia, auteur de Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007.

 

François JARRIGE, Maître de conférence à l’Université de Bourgogne, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique, imho, Paris, 2009.

 

Eva JOLY, ex-Juge d'instruction au Pôle Financier de Paris, ex-Conseillère des gouvernements norvégien puis islandais dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, Députée Européenne, Candidate à l'élection Présidentielle de 2012.

 

Baudouin JURDANT, Professeur émérite à l'Université Paris 7, traducteur de Paul Feyerabend, auteur de l'ouvrage Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique, Ed. Les Archives contemporaines, Paris, 2009.

 

Paul LANNOYE, Dr en Sciences physiques, député européen honoraire, administrateur responsable du Groupe de réflexion et d'action pour une politique écologique (GRAPE) en Belgique, co-traducteur en français du rapport du CERI, éditions Frison-Roche.

 

Serge LATOUCHE, professeur émérite d’économie de l'Université Paris XI et objecteur de croissance, auteur de Vers une société d'abondance frugale ; Contresens et controverses sur la décroissance, Mille Et Une Nuits/Fayard, 2011.

 

Frédérick LEMARCHAND, Sociologue, co-directeur du pôle RISQUES, Université de Caen, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN. Coauteur de Les Silences de Tchernobyl et du film La vie contaminée, Conseiller de l’exposition internationale Il était une fois Tchernobyl.

 

Corinne LEPAGE, ancienne ministre de l’environnement, députée européenne, enseignante à l’IEP. Dernier ouvrage : La vérité sur le nucléaire ; le choix interdit, Albin Michel, 2011, Candidate à l'élection Présidentielle de 2012.

 

Stéphane LHOMME, Président de l’observatoire du nucléaire, auteur de L’insécurité nucléaire ; bientôt un Tchernobyl en France, Yves Michel, 2006.

 

Jean-Marie MATAGNE, Docteur en philosophie, Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (www.acdn.net), auteur de En finir avec la terreur nucléaire et de Désarmer pour vivre sur une planète sans armes ni centrales nucléaires, candidat à l’élection présidentielle de 2002.

 

Roland MERIEUX, secrétaire du Syndicat international d’aide aux liquidateurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl et aux victimes du nucléaire.

 

Jean-Marie PELT, Président de l'Institut Européen  d'Ecologie et Professeur Honoraire de l'Université de Metz, dernier ouvrage : Heureux les simples, Flammarion, 2011.

 

Pierre RABHI, agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agroécologie.

 

Jacques TESTART, Agronome et biologiste, Dr en sciences, dir. de recherche honoraire à l'Inserm; ex-président de la Commission française du développement durable (1999-2003). Co-auteur de Labo-planète. Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens, Mille et une nuits, 2011.

 

Jean-Marc ROYER, ingénieur, ex-cadre supérieur ADP, ancien dirigeant du syndicat de cadres SICTAM/CGT Orly, en cours de publication : Décoloniser l’imaginaire occidental. I. La science creuset de l’inhumanité. Rédacteur de l’appel. Email : jean-marc_royer@orange.fr

 

 



[1] 100 Mt : Andreï Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990, p 246. L’IRSN parle de 50 Mt.

 

[2] Comité Européen sur le risque de l’Irradiation, (CERI) Recommandations 2003 du CERI, Ed Frison Roche, 2004. Synthèse et commande du rapport : www.euradcom.org. Pour le CERI, environ 65 millions de morts sont imputables à l’industrie atomique depuis 1945 ! 

 

[3] Claude Lorius, Voyage dans l’Anthropocène, Actes Sud, 2010.

 

[4] La grande majorité des informations qui suivent sont extraites du livre d’Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, « Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature », annales N°1181 de l’Académie des sciences de New York, 2009, dont le choix de textes traduits en français est dû à Wladimir Tchertkoff avec la collaboration de Lisa Mouravieff. Version américaine partiellement consultable en ligne sur : http://books.google.fr/. D’autres sites en proposent le digest français.

 

[5] Au moment de l’accident, l’activité de certaines « particules chaudes » atteignait 10 à 12 mille becquerels, ce qui pouvait provoquer la mort en quelques heures.

 

[6] Yuri Bandajevski fut arrêté en juillet 1999, prétendument dans le cadre des mesures d'urgence destinées à combattre le terrorisme. Arbitrairement détenu, puis accusé de corruption et condamné le 18 juin 2001 à huit années de prison, malgré la rétractation publique de son accusateur, au terme d'un procès digne de ceux des années 30, il fut incarcéré jusqu’en 2005. Vassili Nesterenko, directeur de l'Institut indépendant biélorusse de protection radiologique Belrad, qu'il a créé en 1989 avec l'aide d’Andreï Sakharov, Ales Adamovitch et Anatoli Karpov, a été menacé d'internement en asile psychiatrique par le KGB, a subi deux attentats, et est décédé le 25 août 2008 après une opération à l'estomac.

 

[7] Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, op. cit. Ces chiffres ont été largement revus à la hausse soit par l’académie des sciences de NY, soit à la suite de la conférence internationale de nov. 2010 : La gazette nucléaire n° 259 février 2011, http://resosol.org/Gazette/2011/259p23.html

 

[8] Ere caractérisée par le fait que l’homme en est devenu la force géologique principale (Georgescu-Roegen, A. Gras, J. Grinevald ou C. Lorius).

 

[9] Allouch Jean, Erotique du deuil au temps de la mort sèche, EPEL, 1995.

 

[10] Frédéric Lemarchand, sociologue, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN, article du 17 mars 2011, Les Echos.

 

[11] Un accord a été signé en 1959 entre l’AIEA et l’OMS obligeant celle-ci à soumettre sa position à celle de l’AIEA dans tous les cas où le nucléaire est en jeu.

 

[12] Que la ville soit rapidement reconstruite, cela se comprend aisément et ce fût également le cas en Europe. Mais on aurait pu espérer que subsiste d’autres traces que l’unique dôme de l’ancien pavillon d’exposition industrielle …

 

[13] Dans le film « Tchernobyl. La vie contaminée, vivre avec Tchernobyl » de David Desramé et Dominique Maestrali.

 

[14] Il reste encore en 2011 l’équivalent de quelques dizaines de tonnes d’uranium sous le sarcophage…

 

[15] Lettre du professeur Nesterenko à Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex et Bella Belbéoch, janvier 2005.

 

[16] Combustible constitué d'un mélange d'oxydes d'uranium, mais aussi de plutonium, ce qui d’une part réduit les marges de sécurité (sa température de fusion étant plus faible et plus rapidement atteinte) et d’autre part accroît sa dangerosité, quelques milligrammes suffisant à déclencher une mort rapide.

 

[17] Melman Charles, Lebrun Jean-Pierre, La nouvelle économie psychique, une nouvelle façon de penser et de jouir aujourd’hui, Eres, 2009.

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:55

Since 1945, there have been more than 2,400 explosions, with a power in some cases (1) amounting to several thousand times that of the Hiroshima bomb: this comes in addition to numerous "failures" and dozens of catastrophic accidents, starting, as far as we know, back in the fall of 1957 at Windscale (UK) and Mayak (former USSR), respectively ranked level 5 and 6 on the INES scale. But who can tell precisely what the impact of all this has been? Since no epidemiological survey worthy of the name had been initiated at an international level to analyze this problem, thus a European Committee on the Risks of Irradiation (CERI) (2) was requested by green party Members of the European Parliament to study this impact, and their findings confirmed the serious effects that atomic activity has had during the past 65 years on populations worldwide, which comes as no surprise when we know that traces of this activity have been detected in the ices of the South Pole (3). The stakes are so huge that the pathological effects of the contaminations by the small doses throughout time are fiercely denied jointly by all countries or international organizations.

 

Chernobyl: irradiation and multiple contamination with "rebounds"

The April 26 1986 is a historical date for all of humanity, just as the august 6 1945 (4). Right from the start of this disaster, depending on the distance of the accident, the emission of radiations was violent, multiple, complex and with long-lasting effects: this is one of the peculiarities of the Chernobyl accident.

When it exploded, the reactor N° 4 of the Lenin plant at Chernobyl not only rejected gases and various aerosols produced by the nuclear disintegration of the fuel, in a way similar to a bomb, but it also rejected "solid hot particles" (5) of fuel: these are fragments of all sizes which, combined with other radionuclides, dropped on the site or near the plant. Subsequently, the hot liquid particles were also formed in the soil after the rains. When these particles enter the body through ingested water and food or inhaled air, they produce, even long after their emission, high doses of localized internal irradiation. This observation is important for understanding the aftermath and the consequences of the accident.

 

Since the day of the disaster, irradiation has gradually given way to various types of long-term contamination and the radiological situation is developing in a manner that no one could predict. Two examples:

-  Following the decay process of plutonium 241, the natural formation of americium 241, a potent gamma ray emitter, becomes an important part of the contamination of many places. Because of this gradual disintegration, areas that had reduced their level of gamma radiation have once again become dangerous.

- Furthermore, there was a wide redistribution of radionuclides within ecosystems due to their concentration by living organisms (bio-accumulation) and their migration, after some years, in parts of the soil where the roots enter: these radionuclides then became increasingly accessible to plants, which draw them for a second time to the soil surface. This is one of the causes of the expansion and worsening of morbidity and mortality in contaminated areas.

 

Some of the diseases caused by Chernobyl (in addition to cancer and leukemia)

- The radioactive contamination from Chernobyl has affected the functioning of every organ of the endocrine system. The collapse of the hormonal function of the thymus plays a major part in the development of pathology of the immune system.

-  The diseases of circulatory organs are one of the leading causes of disability and death among the "liquidators ".

- The accelerated aging caused by the Chernobyl disaster has affected hundreds of thousands of people and will affect millions in the future.

- Lead poisoning has become one of the significant pathologies linked to Chernobyl. This is due to the fact that between 2400 and 6720 tons of lead were dumped on the site during extinction operations. An important part of that lead was released into the atmosphere following its melting, boiling and sublimation in the reactor fire.

 In addition, genetic effects caused by the Chernobyl disaster will affect hundreds of millions of people for centuries. Among these future victims:

- those who experienced the first radiological shock (the powerful and brutal external irradiation), because the amount of radionuclides released into the ecosphere was very important;

- those who now live, and those who will live over the next 300 years, in the areas contaminated with strontium 90 and cesium 137, or those who will live in areas contaminated with plutonium and americium over the next thousands of years;

- for many generations, children born of parents who were irradiated, wherever they live thereafter.

 

Secrecy, official falsification of data and the malpractices

There is no publicly available instrumented data on the extent to which all European countries have been contaminated by the entire array of radionuclides from Chernobyl, and it is now clear that there never will be. In using this absence of data as a justification in the "Chernobyl Forum" of 2005, the IAEA and the WHO restricted the scope of its study to include only data pertaining to the territories of Belarus, Ukraine and European Russia, ignoring the contamination of other European countries.

However, even if the usual density of the contamination is not high in a given  area, it is a fact that a huge contamination occurred during the first days and weeks following the disaster: we know, by reconstructing the chain of events, that in some areas, the activity of radioactive elements fallout exceeded 10,000 times the natural background levels; this, combined with the low-level but long-lasting contamination (several decades) is bound to have a major impact on the health of residents and the environment.

On the other hand, the removal of institutions which were entrusted with monitoring the pathological consequences of Chernobyl, the diversion of research teams from the study of problems caused by the disaster, the harassment and the imprisonment of some specialized doctors, are as many attempts for concerted and persistent suppression of the truth (6).

Consequently, the requirement put forward by experts of the IAEA and the WHO, for clearly demonstrating that a particular health problem is linked to radiation from Chernobyl,  that a "definite correlation " should be established between the total radioactive exposure of a concrete person (never reconstituted with precision, and for good reason) and damage to this person's health, is an intellectual trickery of a particularly dishonest kind.

In addition to these malpractices, in the former USSR, in Ukraine, in Belarus, and in key relevant international organizations (IAEA, WHO ...) there is abundant evidence of a policy to minimize the consequences of the Chernobyl disaster. Here are some examples.

- In none of the health booklets of the tens of thousands of service members who participated in the work of "liquidation» was any mention ever recorded about exceeding the limit of 25 roentgens then in effect. But the clinical examination of 1100 military liquidators found in 37% of them hematological symptoms of radiation sickness, a clear indication that these people received more than 25 roentgens.

- The Official medical science has just begun  to recognize the frequency of the cataract of Chernobyl, 8 or 9 years after its discovery.

- Same situation concerning thyroid cancer, leukemia and ailments of the central nervous system.

 

The consequences of Chernobyl on public health

Briefly summarizing the data published in the CERR report, radioactive contamination from Chernobyl has affected nearly 400 million people, (205 million in Europe and about 200 million outside Europe). The curve analysis of general morbidity among children living in contaminated areas of the former USSR is particularly distressing: only 20% of them are healthy. In some parts of Polesye there are no more healthy children. In Germany, the teeth of children born after the disaster contained 10 times more strontium 90 (similarly, plutonium shows up in baby teeth of English children living near Windscale - since then renamed Sellafield - 53 years after that other atomic disaster). The number of Chernobyl victims will continue to grow over several generations. During the first 15 years following the disaster, it can be estimated as follows:

 

Belarus, Ukraine, European Russia                237,000

Rest of Europe                                               425,000

Asia, Africa, North America                          323,000

World                                                             985,000 (7)

 

Chernobyl: a nuclear disaster in the Anthropocene era (8)

The atomic disasters have this characteristic that they always define a multidimensional fracture in the history of life:

- Irretrievable loss of an entire living world covering vast territories, springtime without the cries of birds, and trees scorched by a huge and quiet fire.

-  Fatalities in such great numbers, and in such inhumane conditions, that grieving is impossible to achieve, especially "at time of dry death" (9).

- An unexpected and inconceivable event, which lies beyond our faculties of imagination and whose future consequences are themselves unpredictable.

- Irradiated / contaminated victims affected by mental as well as physical suffering, because some effects will spread over several generations, will give birth to lines of deformed creatures.

In other words, "a before and after" with no possible return. A hole in the symbolic memory of humans, in their unconscious, which prepares "a return of the repressed" in line with the size of the event. But in addition to this, and this is the "double paradoxical effect" of atomic disasters, they have no end, no predictable term: it is a monster that grows and devours humanity from within, with a persistent morbidity that is hard to avoid. The atomic disaster "colonizes the future and offers no possibility to escape the doom: no culture is ready to take that bet" (10).

 

The negationism and its consequences in the Anthropocene era

The UN member states and international organizations, among which the UNSCEAR, have deliberately played down the health consequences of Chernobyl: that bias in judgments is also true for the WHO (11) with its infamous thesis that there were only about thirty fatalities until 2005. But there is a lot worse relating to the aftermath of August 6 1945.

Faces of the disgraceful defeat of Japan, the "Hibakushas" were treated as if they were plague carriers for fear of fantasized contagion; they were subjected to public shame, thus discouraging most survivors from contributing with their testimonies to any "work of memory": the kind of legacy which proved to be of such a critical importance in Europe's postwar intellectual life, as seen with Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Amery and other survivors. The Japanese aediles proceeded to a rapid "reconstruction" of the city that was intended to carefully delete all traces of their defeat and ... of this appalling crime (12). Contrary to what happened in the case of the Shoah perpetrated by Nazi Germany, winners and losers teamed up to blind humanity, in order to cover up, so far successfully, the nature of the crimes committed in Hiroshima and Nagasaki. As an example: with the help of the Japanese authorities, US military services had conducted on-site studies of the consequences of the bombings, studies that were kept in the secret archives of Washington which remained inaccessible for a long time. Besides the fact that this was contemptuous towards the victims who were suffering, it is these same archives that states and international organizations now rely on to deny the effects of low doses over the long term!

Erase all traces, such is the creed common to all criminals and Holocaust deniers (see what Günter Anders has to say, more specifically, about this). The same policy was followed in Chernobyl and the same can be expected in Fukushima. The "work of memory" is thus precluded in the same way that one attempts to lock up a piece of radioactive waste although we know perfectly well that we are passing the danger on to future generations.

 

Another aspect of the policy of denial in the face of all these dangers lies in a line of reasoning which transforms the dangers in curves of mere statistical risks. What this intellectual manipulation of risk aims to hide, is the fact that in the case of a disaster (termed "residual risk") it is always the states which are called to the rescue because private funds are obviously insufficient to cope with the situation. But since Chernobyl and Fukushima, residents of all countries of the world must know that they can no longer rely on their governments to protect them effectively, either before or let alone after an atomic disaster. This is why we can say that the people of the entire world, after having been excluded from the political choice - no civil society was ever consulted on the nuclear issue - are under the risk of being excluded from the lands that feed them, "expelled from their own lives".

 

The Chernobyl disaster could have been even more serious

The disaster had its origin in the outrageous project which aimed to experiment in the "full scale of reality": the idea was, in the case of an emergency stop, to use the residual kinetic energy of the rotor of the generator for further production of electrical energy! In other words, the living world has (and since long ago) become a large scale laboratory for technoscience. But the material ejected by the single reactor N° 4 caused a contamination ten times more extensive than the bombs dropped on Hiroshima and Nagasaki, and the "Chernobyl cloud" circled the Earth, at least twice, making Chernobyl the greatest technological disaster to date in the Anthropocene era.

 

But there are more serious facts. The professor Vassili Nesterenko, a nuclear physicist who directly supervised operations to deal with the consequences of the disaster, explains (13) that if 1400 kg (14) of the uranium-graphite mixture came in contact with water, this would be a critical mass that could cause an atomic explosion with a power from 3 to 5 megatons, about 200 times the power of the explosion in Hiroshima; this would happen if enough of the corium, which had already pierced the reactor vessel, had pierced the concrete slab that separated it from the masses of water contained in the basement of the reactor. "An explosion of such power could cause massive radiation injury to the population within a 300-320 km radius (encompassing the city of Minsk) and the whole of Europe could be the victim of a severe radioactive contamination making normal life impossible. [...] It is my opinion that in Chernobyl, we narrowly missed a nuclear explosion. If it had occurred, Europe would have become uninhabitable." (15).

 

Fukushima, a replica of Chernobyl

In Japan, considering their condition, it is clear that the cooling systems will never be able to return to service. While borated water is injected as well as nitrogen, to render inert the atmosphere of the buildings, a huge amount of water is poured every day in order to cool them so as to prevent the corium from piercing the outer containment and reaching these same masses of water, which could be catastrophic. And it is not just one, but four reactors, including the N° 3 that worked on French-provided MOX (16), that are affected. Not to mention the consequences of seismic aftershocks, the possibility of which can unfortunately not be excluded, given the location of the plant. Under these conditions, who can predict the possible cumulative effects of this type of situation, whether in Japan or elsewhere? Actually, the measures that were successfully applied in Chernobyl to avert a catastrophe of planetary scale are unlikely to ever be feasible anywhere else again, except perhaps for some time yet, in China. In the former USSR, it was possible to recruit 800 000 "liquidators", as well as the emergency services of an entire vast country, hundreds of firefighters, ten thousand miners, a still powerful army with tens of thousands of reservists, all of this simply on the order of the Secretary of the Politburo. The deployment of such gigantic means will no longer be possible in other similar cases, and it is doubtful that appealing to other countries would be enough: in liberal democracy, there will be few volunteers to sacrifice their lives and experience a degree of pain that is known to be horrendous.

 

The prospect of having to survive in contaminated areas cannot be excluded

In the territories that were contaminated by fallout from Chernobyl, it is dangerous to practice farming, dangerous to wander in the forests, dangerous to go fishing and hunting, dangerous to eat locally produced food without checking its level of radioactivity, dangerous to drink milk and even water. All things that had been for many millennia the safest and most accurate sources of life - air, natural waters, the flowers, the fruit of the earth, forests, rivers and seas - all those, in just a few days, became sources of danger to man and animal. As this Ukrainian disaster has taught us, we must also consider the destructive health effects of "low doses", whether inhaled or ingested through food, which will then produce their effects many years later.

Equipment for automated spectrometry of the human body, such as the SCRINNER used in Belarus, are designed to measure the activity of radionuclides in the human body. These devices should be routinely used in all countries situated downwind of active atomic power plants. Moreover, real large scale public prescriptions should be issued, clarifying the advantages and limitations of iodine tablets, of sheltering measures, of first aid gestures, of evacuation perimeters, of the emergency plans ... This is why, in all countries, civil society organizations should consider the importance of creating a system of radiological control that is independent from the official system.

 

Nuclear industry, a radical trivialization of evil

Through his concept of "trivial evil", Hannah Arendt showed in the sixties that crimes against humanity were committed by ordinary people because they would not ask any questions about the purpose of their "activities". Once they were bound by an oath of loyalty to their hierarchy (or to an ideology, all of which are nowadays construed as universal values by the calculating reason which rules the world of "work" and other areas), they regarded these activities as legitimate.

This concept of "trivialization of evil" is not derived from speculation about a "human nature", but is indeed based on a socio-historical analysis of what happened in Europe between 1933 and 1945 and what paved the way for those events. Sixty years later, unless you believe in a world shielded from evolution, we must dare to draw conclusions from what Hannah Arendt wrote.

Historically, the trivialization of evil in the Western world spread widely once labor and human beings became "industrialized" with the solid support of science and technology: in other words, they were cut off from their nurturing earth-based reality, to be quartered in barracks, proletarianised, disqualified, deprived of their reality and ultimately dehumanized. From that moment, everything became possible in the order of trivialization and everything became acceptable in the order of evil, since all human purposes were discredited for the sole benefit of consumerist and market-based alienation.

Since then, things have not improved: this can be verified at all levels, including the human psyche (17). So we must have the courage to say that this trivialization of evil has become pervasive and, consequently, our societies have become nothing more than "democratic totalitarian systems" leading us to one or several final disasters, which should be analyzed as such in the realm of politics. The nuclear industry, which carries the potential universal death of all living beings on the planet, is a particularly striking example. But governments along with most media in the Western world (the cold war, which lasted forty years, contributed largely to this) did everything to cover the historic defeat of humanity which occurred on the 6th and 9th of August 1945, with a thick blanket of admiration and devotion to the brilliant ideas and the power of research, science, technology, industry ... A new god had emerged on August 6 1945, naturally yielding fearsome power, as do all gods, and new hymns were promptly created for his glory.

The dropping of atomic bombs, and the "Chernobyl experience" were not only a crime against humanity but also something new: a crime against Nature, what we today would call an Ecocide. If the consciousness of such a systemic disaster for the ecosphere continues to be suppressed, it will not be without consequences for the future of humanity and the way history will be written.

All this leads to a necessary conclusion: there is a need for an international tribunal to be set up, similar to the one created by Bertrand Russell, for judging atomic crimes against humanity that occurred  at Chernobyl and elsewhere since August 6 1945, all the way to Fukushima, through Fallujah.

 

Notes:

 

1 - 100 Mt: Andrei Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990, p 246. The French IRSN claims it was about 50 Mt.

     

2 - European Committee on Radiation Risk (CERR), Recommandations 2003 du CERI, Ed Frison Roche, 2004. Summary and viewing of the report on: www.euradcom.org. For the CERR, an estimated 65 million deaths are attributable to the nuclear industry since 1945!

 

3 - Claude Lorius, Voyage dans l’Anthropocène, Actes Sud, 2010.

 

4 - The vast majority of information that follows is from the book by Alexei V. Yablokov, Vasily B. Nesterenko, Aleksei V. Nesterenko, Chernobyl, the Consequences of the Disaster for Man and Nature No. 1181, Annals of the Academy of Sciences New York, 2009. The selection of texts translated into French is from Wladimir Tchertkoff in collaboration with Lisa Mouravieff. The American version is in part searchable online at: http://books.google.fr/. Other sites offer summaries in French.

     

5 - At the time of the accident, the activity of certain "hot particles" reached 10 to 12,000 Becquerels, which could cause death within few hours.

 

6 - Yuri Bandazhevsky was arrested in July 1999, allegedly as part of emergency measures to combat terrorism. Arbitrarily detained and accused of corruption, sentenced on 18 June 2001 to eight years in prison, despite the public recantation of his accuser, after a trial worthy of the thirties, he was imprisoned until 2005. Nesterenko, director of the independent Belarusian Institute of Radiation Protection, Belrad, which he founded in 1989 with the help of Andrei Sakharov, Ales Adamovich and Anatoly Karpov, was threatened with internment in a mental asylum by the KGB, suffered two attacks, and died August 25, 2008 after surgery to the stomach.

     

7 - Alexei V. Yablokov, Vasily B. Nesterenko, Aleksei V. Nesterenko, op. cit. These figures have been widely reviewed upward either by the NY Academy of Sciences, or following the international conference in November 2010: see "La gazette nucléaire" No. 259 February 2011, on http://resosol.org/Gazette/2011/259p23.html

 

8 - Age characterized by the fact that man has become the main geological force on earth (Georgescu-Roegen, P. Crutzen, A. Gras, J. Grinevald or C. Lorius).

 

9 - Allouch Jean, Erotique du deuil au temps de la mort sèche, EPEL, 1995

 

10 - Frederic Lemarchand, sociologist, member of the Scientific Board of CRIIGEN, article dated March 17, 2011, Les Echos.

 

11 - An agreement was signed in 1959 between the IAEA and WHO forcing the latter to submit its position to that of IAEA in all cases where nuclear power is at stake.

 

12 - The city was quickly rebuilt, which is entirely understandable and it was also the case in Europe. But one would have hoped that other traces of the disaster remain, and not just the dome of the industrial exhibition palace.

 

13 - In the movie «Tchernobyl; la vie contaminée, vivre avec Tchernobyl » by David Desramé and Dominique Maestrali.

 

14 - In 2011, there are still the equivalent of some tens of tons of uranium in the sarcophagus...

 

15 - Letter from Mr. Prof. Nesterenko to Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex and Bella Belbéoch, Jan. 2005.

 

16 - Fuel consisting of a mixture of uranium oxides, but also of plutonium, which on the one hand reduces the safety margins (its melting temperature being lower and more quickly reached) and on the other hand increases its dangerousness, a few milligrams being sufficient to cause a rapid death.

 

17 - Melman Charles, Lebrun Jean-Pierre, La nouvelle économie psychique, une nouvelle façon de penser et de jouir aujourd’hui, Eres, 2009.

 

This call was signed by:

 

Paul ARIES, philosopher and writer, key intellectual for the movement in support of economic decrease. Last book published: « La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance »

 

Marc ATTEIA, Doctor of Applied Mathematics, Professor Emeritus at the University of Toulouse, author of: Hilbertian kernels and spline functions, Elsevier

Science Publishers, 1992 and Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain,, Yves Michel, 2009.

 

Marie-Christine GAMBERINI, translator, referent of the association Les Amis de la Terre France on nuclear questions and energy.

 

Raphaël GRANVAUD writes in "Billets d'Afrique" of the association Survie, author of  Que fait l'armée française en Afrique, Agone 2009, and Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français, Agone 2012.

 

Alain GRAS, professor emeritus at the University of Paris I and Director of the Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques,  co-founder of the journal Entropia, author of Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007.

 

Francis JARRIGE, Senior Lecturer at the University of Burgundy, author of Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique, imho, Paris, 2009.

 

Eva JOLY, former magistrate of the pôle financier de Paris, former adviser to the Norwegian government then to the Icelandic Government in the struggle against international financial crime, Member of European Parliament.

 

Baudouin JURDANT, Professor Emeritus at the University of Paris 7, translator of Paul Feyerabend, author of Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique, Ed. Les Archives contemporaines, 2009.

 

Paul LANNOYE, PhD in Physical Sciences, honorary MEP, director responsible for the thinktank Groupe de réflexion et d'action pour une politique écologique (GRAPE)  )in Belgium, co-translator into French of the report CERI, Editions Frison-Roche.

 

Serge LATOUCHE, Professor Emeritus of Economics, University Paris XI and growth objector, author of Vers une société d'abondance frugale ; Contresens et controverses sur la décroissance, Mille Et Une Nuits/Fayard, 2011.

 

Frederick LEMARCHAND, sociologist, co-director of the pole RISK, University of Caen, Council Member of the scientific Council CRIIGEN. Co-author of Les Silences de Tchernobyl and of the film La Vie Contaminée, advisor for the International Exhibition Once upon a time Chernobyl.

 

Corinne LEPAGE, former Minister of Environment, MEP, a teacher at the IEP. Last book: La vérité sur le nucléaire ; le choix interdit, Albin Michel, 2011.

 

Stephane LHOMME, Chairman of the Observatoire du Nucléaire, author of L’insécurité nucléaire ; bientôt un Tchernobyl en France, Yves Michel, 2006.

 

Jean-Marie MATAGNE, Ph.D in Philosophy, President of l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (Www.acdn.net), author of En finir avec la terreur nucléaire, and of Désarmer pour vivre sur une planète sans armes ni centrales nucléaires.

 

Roland MERIEUX, secretary of the International Union for assistance to the liquidators of the Chernobyl nuclear power plant and nuclear victims.

 

Jean-Marie PELT, President of the European Institute and Honorary Professor of Ecology at the University of Metz, latest book: Heureux les Simples, Flammarion, 2011.

 

Pierre RABHI, farmer, Algerian-born French writer and thinker,  Knight of the ordre national de la Légion d'Honneur, Pierre Rabhi is among the pioneers in agroecology.

 

Jacques TESTART, agronomist and biologist, PhD in Science, Honorary Director of Research at INSERM, former president ofthe French Commission on Sustainable Development (1999 -2003). Co-author of Labo-planète. Ou comment 2030  se prépare sans les citoyens, Mille et une nuits, 2011.

 

Jean-Marc ROYER, engineer, former senior ADP, former leader of the union executive SICTAM / CGT of the airport of Orly, in press: La science creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’imaginaire occidental. I, Writer of the Appeal. Email: jean-marc_royer@orange.fr

 

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La traduction est de Robert ASH, d'après le texte original en français disponible ici .

Grâce à lui, cet appel peut être lu dans le monde entier ! Qu'il en soit ici remercié.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 00:31

DSCF5040 - CopieSamedi 10 mars 2012, lors de la manifestation pour l’arrêt de la centrale de Fessenheim, le discours de Kokoro Fujinami a été lu en 4 langues. Moment émouvant commémorant la catastrophe japonaise et rappelant le désir de tous les peuples soumis à l’atome de sortir du nucléaire.

 

Kokoro Fujinami, 15 ans, avait prononcé ce discours pour son pays il y a tout juste un mois, à Tokyo, mais sa portée est universelle. Merci à Xavier Nast pour son initiative de traduction dans d’autres langues. La langue japonaise a été phonétisée en français pour permettre sa lecture en japonais pour ceux qui ne connaissent pas la langue.

 

Voir aussi : "Il est temps maintenant de redéfinir ce qu'est le vrai bonheur et la vraie richesse"

 

 

 

1. みなさんこんにちは、藤波心です
Minàsàn kon'nichiwà, foudjinàmi kokolodészou
1. Hello, everyone. I'm Kokoro Fujinami.
1. « Bonjour, tout le monde, je m'appelle Kokoro Fujinami.
1. Hallo alle zusammen. Ich spreche im Namen von Kokoro Fujinami.

1. Hola, gente. Soy kokoro fujinami.


2.
東日本大震災、あともう少しで年がたちます。
Higàshinihon dàishinsài, àto môszoukoshi dé itchi-nén gà tàchimàssou.
2. It's been almost a year now since the Great East Japan Earthquake.
2. Cela fait presque un an qu'il y a eu le grand tremblement de terre de l'est du Japon.
2. Es ist schon fast ein Jahr her, seit dem großen Erdbeben in Ost Japan .

2. Falta poco para que cumpla un año después dela gran catástrofe del este de Japón .

3. 3.11以降、私の価値観は大きく変わりました。
San ii ikô, wàtàshi no kàchikàn wà ôkikou kàwàlimàshità
3. Since 3.11, my sense of value has greatly changed.
3. Depuis le 11 mars mon sens des valeurs a fortement changé.
3. Seit dem 11. März, hat sich meinen Sinn für Werte stark verändert.

3. Después del día 11 marzo mi sentido del valor hacambiado bastante.

4.
類の歴史に残るような大きな事故なのに、たいしたことが無い様に見せる国の姿勢や、報道。
Djinloui no lékishi ni nokolou yônà ôkinà djikonànoni, tàishità kotogà nài yô ni misélou kouni no shiséi yà, hôdô.
4. The government and the media have played down the serious consequences of the nuclear accident, even though it's a huge disaster that will go down in human history.
4. Le gouvernement et les médias ont minimisé les graves conséquences de l'accident nucléaire, même si c'est une immense catastrophe qui restera dans l'histoire humaine.
4. Die Regierung und die Medien haben die schwerwiegenden Folgen des nuklearen Unfalls herunter gespielt,obwohl es eine riesige Katastrophe war und die größte in der menschlichen Geschichte.

4. Fue un accidente muy grave la forma que marcóla huella en la historia de los seres humanos. Sin embargo el gobierno y losmedios de comunicaciones actuaron para que pareciera meno grave.

 

   
   

   

    DSCF5046 - Copie5. 検査も少ししかしていないのに、経済を守るために緩すぎる基準。
Kénsà mo soukoshi shikà shité inài no ni, kéizài o màmolou tàmé ni youlou szougilou kidjoun.
5. Very lax radiation standards have been set to protect the economy, even though food inspection is only partially being done.
5. Des normes de radiations très laxistes ont été fixées pour protéger l'économie, même si l'inspection des aliments ne se fait que partiellement.
5. Sehr gleichgültige (LAX) Strahlungs Standards wurden festgelegt, um die Wirtschaft zu schützen, 
wobei dies für die Lebensmittelüberwachung nur teilweise getan wird.

5. La normativa del nivel de las radiaciónesdemasiado blandas para poder proteger la economía, aunque habían inspeccionadoparcialmente.


6.
食べて応援しよう」なんていう、人の命の重さを無視した、無責任な国を挙げてのキャンペーン。
`Tàbété ôén shiyoou' nànté iu, hito no inochi no omossà o moushi shità, mousékinin'nà kouni o àgété no kyànpēn.
6. A nation-wide irresponsible campaign for "Eat and Support" is underway, which thinks nothing of the weight of human life.
6. Une campagne nationale irresponsable pour un ''soutien en mangeant'' est en cours, dans laquelle la vie humaine ne pèse rien.
6. Eine bundesweite unverantwortliche Kampagne für "Essen und Support" ist im Gange, 
die aber ohne Rücksicht auf das menschliche Leben nehmen.

6. Una campaña irresponsable junto al gobiernosin mirar el valor de los seres humanos que dicen que vamos a apoyarlescomiendo sus productos.


7.
私は、これはすごく怖い事だと思います。
Wàtàshi wà, kolé wà sougokou kowài kotodà to omoimàssou.
7. I think this situation is really frightening.
7. Je pense que cette situation est vraiment effrayante.
7. Ich weis, diese Situation ist wirklich erschreckend.

7. Yo creo que esta situación es realmentemiedosa.


8.
日本って、こんな国だったんだと、残念な気持ちになりました。
Nihon-tté, kon'nà kounidàttàndà to, zàn'nén'nà kimochi ni nailmàshità.
8. I was upset to find out Japan is such a country.
8. J'ai été bouleversée de découvrir que le Japon est ce genre de pays.
8. Ich habe herausgefunden, das Japan solch ein Land ist.

8. Me hace sentir muy triste al saber que Japónera un país así.

9.
今日本は歴史上、大変な危機に面していると私は思います。
Imà Nihon wà lékishi-djô, tàihén'nà kiki ni ménshité iluuto wàtàshi wà
omoimàsou.
9. I think Japan is facing a profound historical crisis now.
9.
Je pense que le Japon fait face à une profonde crise historique.
9. Ich weis, dass Japan jetzt vor einer tiefgreifenden historischen Krise steht.

9. Pienso que ahora mismo Japón está situado encrisis histórica.

   

DSCF503710. この狭い国土に、この地震が多い国土に、気が付いたら、原発を54基も建ててしまっていた。
Kono sémài kokoudo ni, kono djishin gà ôi kokoudo ni, kigàzouitàlà, génpàtsou o gojuuyon ki mo tàtété shimàtté ità.
In this small country, in this highly seismic country, we've found ourselves with 54 nuclear reactors.
10. Dans ce petit pays, dans ce pays sismique, nous nous retrouvons avec 54 réacteurs nucléaires.
10. In diesem kleinen und hoch seismischen/Erdbeben gefährdetes Land , haben wir es mit 54 Kernreaktoren zutun.

10. Cuando se da cuenta, habían construido 54plantas nucleares en esta tierra con poco terreno y muchos terremotos.

   
11. これは、繁栄の象徴でも無く、ただの時限爆弾です。
Kolé wà, hàn'éi no shôchô démo nàkou, tàdà no djigén bàkoudàndésou. ̄
11. They are not a symbol of prosperity. They are simply ticking time bombs.
11. Ils ne sont pas des symboles de prospérité. Ce ne sont que des bombes à retardement.
11. Sie sind nicht ein Symbol für Wohlstand. Sie sind einfach nur tickende Zeitbomben. 

11. Éstas no son símbolo de prosperidad. Simplementeson bombas del tiempo.

12.
もし、またどこかで大地震が起きて、別の原発が爆発するような事があったら、今度こそ、日本は終わりだと思います。
Moshi, màtà doko kà dé dài djishin gà okité,-bétsou no génpàtsou gà bàkouhàtsou soulou yônà koto gà àttàlà, kondokoso, Nihon wà owàlidà to omoimàsou.
12. If a big earthquake occurred again somewhere, and if another nuclear plant exploded, that would surely be the end of this country.
12. Si un gros séisme se produisait à nouveau, et si une autre centrale nucléaire explosait, ce serait sûrement la fin de ce pays.

12. Wenn irgendwowieder ein großes Erdbeben auftreten wird und ein
anderes Atomkraftwerk explodieren würde, so wäre dies sicherlich das Ende von diesem
Land.

12. Si ocurriera otro terremoto muy grande y siexplotara otra planta nuclear, entonces sería el final de este país.


13.
いつ爆発するか分からない爆弾と一緒に生活するなんて、私は絶対に嫌です。
Itsou bàkouhàtsou soulou kà wàkàlànài bàkoudàn to issho ni séikàtsou soulou nànté, wàtàshi wà zéttài ni iyàdésou.
13. I absolutely don't want to live with bombs that might explode at any moment.
13. Je ne veux absolument pas vivre avec des bombes qui risquent d'exploser à tout moment.

13. Ich will absolut nicht mit Bomben leben, die in jedem Moment explodieren können.

13. No quiero vivir con las bombas que puedenexplotar en cualquier memento.

   
14. 美しい山や川、海歴史ある町美味しい山の幸や海の幸
Outsoukoushî yàmà yà kàwà, oumi Lékishi àlou màchi oishî yàmànosàchi yà oumi no sachi
14. We have beautiful mountains and rivers, seas, towns with long history, delicious fruits of the sea and food from the mountain.
14. Nous avons de belles montagnes et des rivières et des mers et des villes historiques, de délicieux produits de la mer et des montagnes.
14. Wir haben wunderschöne Landschaften mit Bergen, Flüssen, Seen und Städten mit langer Geschichte. Leckere Früchte des Meeres und Lebensmittel aus den Gebirgen.

14. Tenemos bonitas montañas, el río, el mar Y las ciudades con sus largas historias. Los frutos tan deliciosos de las montañas y del mar.

.

    DSCF506715. もう、私たちの国土に第二の福島を作っては絶対にいけません。
Mô wàtàshitàchi no kokoudo ni dàini no Foukoushimà o tsoukoutté wà zéttài ni ikémàssén.
15. We should never create another Fukushima ever again on our land.
15. Nous ne devrions jamais recréer un autre Fukushima dans notre pays.
15. Wir sollten nie erstellen Sie einen anderen Fukushima jemals wieder auf unserem Land.

15. Nunca deberíamos de crear otro Fukushima en nuestra tierra.

   
16. 私たちは所詮ちっぽけな生き物です。
Watashitachi wa shossen chippoke na ikimono dessou.
16. We are just little creatures after all.
16. Nous ne sommes après tout que de fragiles créatures.
16. Wir alle sind nur kleine Geschöpfe.

16. Al fin y al cabo no somos nada.

   
17. どうやったって地球の自然には勝てません。
Dô yàttà tté chikyū no shizén ni wà kàtémàssén.
17. We can never conquer the Earth's nature no matter how hard we try.
17.
Nous ne pourrons jamais vaincre la Nature, même en essayant de toutes nos forces.
17. Wir können die Mutter Natur nicht übergehen oder Sie überwältigen, egal wie sehr wir uns bemühen.

17. No podemos conquistar la naturaleza aunque lo intentemospor todos los remedios.


18.
科学が発達したからといって、人類が何でもコントロールできると思ったら、大間違いです。
Kàgàkou gà hàttàtsou shitàkàlà to itté, djinloui gà nàndémo kontolôlou dékilou to omottàlà, ô màchigàidéssou.
18. We make a great mistake if we think the human race can control everything with its advanced science.
18. C'est une grande erreur de penser que la race humaine peut tout contrôler par les avancées scientifiques.
18. Wir machen einen großen Fehler, wenn wir denken, die Menschheit kann alles kontrollieren mit seiner fortschrittlichen Wissenschaft.

18. Si pensaran que podemos controlar todo porhaber tenido el avance de la ciencia es una gran  equivocación.

   
19.自然の中に生きる私たちは、絶対に自然を超えることはできません。
Shizén no nàkà ni ikilou wàtàshitàchiwà, zéttài ni shizén o koélou
koto wa dekimassen.
19. We are living within nature and we can never transcend it.
19.
Nous vivons dans la nature et nous ne pouvons jamais la transcender.
19. Wir machen einen großen Fehler, wenn wir denken, die Menschheit kann alles kontrollieren mit seiner fortschrittlichen Wissenschaft.

19. Nosotros vivimos dentro de la naturaleza y nuncapodremos superarla a ella.

 

Kokoro Fujinami20. こんな、地震の多い国に、原発を造りまくるというのも、 自然をバカにした人類のおごりだと思います。
Kon'nà, djishin no ôi kouni ni, génpàtsou o tsoukouli màkoulou to iou no mo, shizén o bàkànishità djinloui no ogolidà to omoimàssou.
20. I think it's an act of human hubris to look down on nature and build many nuclear plants in such a highly seismic country.
20. Je pense que c'est un acte d'orgueil humain démesuré de regarder la nature de haut et de construire plein de centrales nucléaires dans un pays si sismique.
20. Wir sind leben in der Natur, und wir können unsere Grenzen in Bezug auf unsere Natur niemals überschreiten.

20. Creo que en éste caso también fue por  faltar el respeto a la naturaleza y laprepotencia de los seres humanos. Y habían construido muchas plantas nuclearesen este país donde están las fallas para que puedan ocurrir muchos terremotos.


21.
私たちは原発によって支えられていたのではなく何も知らない私達が、 原発を支えていたのだと思います。
Wàtàshitàchiwà génpàtsou ni yotté sàsàé làlété ità nodé wànàkou nàni mo shilànài wàtàshitàchi gà, génpàtsou o sàsàété ità nodà to omoimàssou.
21. I think it's not "we have been supported by nuclear plants" but "we, ignorant people, have supported nuclear plants."
21. Je pense que ce n'est pas ''Nous avons été soutenus par les centrales nucléaires, mais ''nous, peuple ignorant, avons soutenu les centrales nucléaires.''
21. Ich glaube nicht "das wir Unterstützung von Kernkraftwerken haben ", aber " wir, unwissende Menschen, bekommen Unterstützung von nuklearen Pflanzen. "

21. Creo que nosotros no hemos estado apoyado porlas plantas nucleares, Sino hemos estado apoyándolas con la ignorancia.


22.
よく、「経済がダメになるから原発は必要だ」と言う人がいます。
Yokou,`kéizài gà dàméninàlou kàlà génpàtsou wà hitsouyôdà' to iou hito
gà imàssou.
22. Many people say we need nuclear plants so as not to ruin our economy.
22. Beaucoup de gens disent que nous avons besoin des centrales nucléaires pour ne pas ruiner notre économie.
22. Viele Leute sagen, wir brauchen Atomkraftwerke, um unsere Wirtschaft aufrecht zu halten und nicht zu ruinieren.

22. A veces hay gente que dice que es necesariolas plantas nucleares para la economía.


23. でも、今の日本は、原発があるから経済がダメになってしまっているように私には思えます。
Démo, imà no Nihon wà, génpàtsou gà àloukàlà kéizài gà dàmé ni nàtté shimàtté ilou yô ni watashi wa omoemassu.
23. But it seems to me our economy has been ruined because we have nuclear plants in Japan.
23. Mais il me semble que notre économie a été ruinée parce que nous avons des centrales nucléaires au Japon.
23. Aber mir scheint es, dass unsere Wirtschaft zerstört worden ist, weil wir Kernkraftwerke in Japan haben.

23. Pero a mí me parece que en Japón se arruina laeconomía por tenerlas.


24. いまこそ、本当の幸せとは何か、豊かさとは何か、考え直す時がきているんだと思います。
Imakosso, hontô no shiawasse towa nanika, yutakassa towa nanika, kangaenaossu toki ga dekiteiru dato omoimassou.
24. I think now is the time to redefine what true happiness and true wealth is.
24.
Je pense qu'il est temps maintenant de redéfinir ce qu'est le vrai bonheur et la vraie richesse.
24. Ich denke, es ist an der Zeit, um neu zu definieren, was wahres Glück und wahrer Reichtum ist!

24. Creo que ahora es el momento de volver apensar que cuál es la verdadera riqueza y felicidad.


25. いつも最後にしわ寄せが来るのは、一般市民や弱い人、子どもたちです。
Itsoumo sàigo ni shiwàyosé gà koulou no wà, ippàn shimin yà yowài
hito,-kodomo-tàchidéssou.
25. It's always the general public, the weak, and children who suffer in the end.
25.
C'est toujours le public, les gens fragiles et les enfants qui souffrent à la fin.
25.
Es betrifft immer die breite Öffentlichkeit, die Schwachen und Kinder, die am Ende leiden müssen. 

25. Siempre la gente general, los débiles y losniños son los que sufren al final.


26. みなさん、人の力は、大きな力に変わります。
Minàsàn, 1-li 1-li no chikàlà wà, ôkinà chikàlà ni kàwàlimàszou.
26. The power of each one of you can become a big force.
26. Le pouvoir de chacun de nous peut devenir une grande force.
26. Die Leistung und Anteil eines jeden einzelnen von Euch, gibt uns Kraft um es zu schaffen.

26. Oigan. Con la fuerza de cada persona se formauna gran fuerza!


27.
子どもたちの明るい未来も、そして、日本の未来も、守って下さい。
よろしくお願いします。
Kodomo-tàchi no àkàloui milài mo, soshité, Nirhon no milài mo, màmotté koudàsài.
27. Please protect the bright future of children and the future of our country.
27. S'il vous plaît protégez l'avenir de nos enfants et l'avenir de notre pays.
27. Bitte schützen Sie die Zukunft der Kinder und die Zukunft unseres Landes.

27. Por favor. Protejan el gran futuro de los niños y el de nuestropaís.



(Merci à tous les traducteurs qui ont participé !)

 

.

 

 


Message de Kokoro Fujinami, 15 ans, manif... par kna60

 

 

 

En savoir plus sur Kokoro Fujinami :

http://www.ecoloinfo.com/2012/03/07/qui-est-kokoro-fujinami-la-jeune-activiste-antinucleaire-japonaise/.

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 01:49
Selon Jacques Repussard, directeur de l’IRSN, la France doit se préparer à des accidents nucléaires « complètement inimaginables », qui représentent le plus grand danger pour ses installations, comme le prouve la catastrophe de Fukushima.
Mais les Français ne sont pas d’accord. Ils ne veulent pas se préparer à un accident inéluctable. Ils ne veulent plus qu’on leur impose ce risque permanent. Ils veulent sortir du nucléaire.
Et les 10 et 11 mars 2012, ils vont le dire haut et fort !
 
 
kibo.jpgPour ceux qui doutent encore de la nécessité de sortir du nucléaire le plus rapidement possible, lire la synthèse implacable d'Aizen Kaguya sur le site Kibô Promesse et l'article de Stéphane Lhomme, président de l'Observatoire du nucléaire :
 
.
 
 
 
 
La manifestation principale aura lieu entre Lyon et Avignon le dimanche 11 mars. Pour ceux qui ne peuvent rejoindre la plus grande chaîne humaine jamais réalisée en France, vous pouvez participer aux autres nombreuses manifestations organisées un peu partout en France ces jours-là.
 
11 mars 2012
 
CHAINE HUMAINE
A l’occasion de la commémoration de la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, le réseau Sortir du Nucléaire a lancé un appel national  en France pour dénoncer le risque de catastrophe nucléaire en France et pour affirmer que « sortir du nucléaire, c’est possible ! ». Pour cela, il appelle à participer à une grande chaîneentre Lyon et Avigon.
 
 
Autres manifestations du week-end
  
 
 
10 mars 2012 - 10 h 30
 
BRISONS L’OMERTA SUR FUKUSHIMA
 
Place du marché de Cahors
 
C.A.N. France
 
Réseau zéro nucléaire : http://sanurezo.org/
 
cahors-bruit-0a238
 
 
 
10 mars 2012 - 11 h à 24 h
 
FUKUSHIMA CA NOUS FAIT QUOI ?
 
Projection de Récits de Fukushima, Courts métrages d’Alain de Halleux (2012)
 
Suivi de vidéoconférences avec le Japon sur la situation quotidienne, de débats sur la filière nucléaire, de la pièce « Avenir radieux, une fission française » de Nicolas Lambert sur l’histoire de la filière en France, d’un bal bistrot.
 
 
10mars-points-verts
 
 
 
 
 
10 mars 2012 - 11 h
 
COMMEMORATION DE FUKUSHIMA
 
Rassemblement devant l’ASN, place du Colonel Bourgoin, Paris 12e
Métro Reuilly-Diderot (sortie rue de Chaligny)
 
 

10 mars 2012 - 11 h
 
FUKUSHIMA 1 an et la France ne sort toujours pas du nucléaire !
 
Place de la Mairie de Chaumont
 
 
 
 
10 mars 2012 - 11 h
 
« ANNIVERSAIRE » DE LA CATASTROPHE NUCLEAIRE DE FUKUSHIMA
 
A Niort, devant les halles
 
Plus exactement au pied de l'arbre nouvellement inauguré et appelé "Arbre de la laïcité". Venez des morceaux de tissu accompagnés d'un petit mot, d'une pensée, d'un souhait (comme cela se fait notamment au Japon).
 
 
 
 
10 mars 2012 - 11 h
 
N’OUBLIONS PAS FUKUSHIMA
 
Rassemblement devant la Mairie de Lannion
 
 
 
 
10 mars 2012 - 11 h 30
 
CHAINE HUMAINE
 
A Arras : RDV à 11H impasse des Chariottes pour les préparatifs, avec un départ au marché à 11H30 sur petite et grande place pour une heure de déambulation en musique.
 
 
arras-2fb5c
 
 
 
  
10 mars 2012 - 12  h
DIE-IN de commémoration des un an de Fukushima
Place de la gare à Vitré (Ille et Vilaine)
Rassemblement et die-in pour commémorer les un an de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Pour montrer notre solidarité avec les japonais et pour rappeler notre volonté de sortir de l’énergie nucléaire.
 
 
 
10 mars 2012 - 12 h
CHERNOBYL 4 EVER
Projections du film Chernobyl 4 ever, dans le cadre du Festival International du Film des Droits de l'Homme de Paris
Cinéma Le nouveau Latina, 20 rue du Temple, Paris 4e
La projection est suivie d'un débat avec Jean-Marc Royer, auteur de l’appel « Pour un tribunal Russell contre les crimes du nucléaire civil » 
 
4ever.jpg
 
 
10 mars 2012 - 14 h
STOP FESSENHEIM
Manifestation antinucléaire le samedi 10 mars 2012 à 14h00
Rassemblement face à la maison des énergies
(au nord de la centrale nucléaire en direction de Hartheim)
 
fessenheim
 
 
 
  
10 mars 2012 - 14 h
FLASH MOB
Nantes, entre les places du Commerce et Royale
Mini chaîne humaine. Apportez banderoles, combinaisons blanches, masques de "victime anonyme", bandeaux japonais.
 
  

10 mars 2012 - 14 h30

FUKUSHIMA UN AN APRES

Saint-Dié des Vosges (88)

Rassemblement commémoration de la catastrophe de Fukushima

sur le pont de la République

http://vosges-a.n.over-blog.org/article-calendrier-98979470.html

 

   
10 mars 2012 - 14 h 30
Manifestation TCHERNOBYL... FUKUSHIMA... CIVAUX ???
14h30 place de l’hôtel de ville à Poitiers (86)
Exigez la sortie du nucléaire partout et tout de suite !
Co-voiturage en départ de Parthenay et Niort.
http://nuke86.new.fr | http://www.csdn79.fr
 
 
10 mars 2012 - 14 h 30
1 HEURE POUR FUKUSHIMA
au Forum de la GARE esplanade ciné-médiathèque à Fougères (35).
Un an après la catastrophe nucléaire de Fukushima, rassemblement silencieux et en solidarité aux populations victimes au Japon du tremblement de terre, du tsunami, de l’accident nucléaire de Fukushima. L’accident majeur nucléaire qui est arrivé au Japon peut se produire en France quoiqu’en disent les défenseurs du nucléaire.
 
 
 
 
10 mars 2012 - 14 h 30
 
CHAINE HUMAINE LOCALE
 
De 14h30 à 16h Place de la Libération, devant la mairie de Dijon (21), en toute légalité.
Chaine humaine et joyeuse !
Habillez vous de jaune, apportez vos affiches, masques, etc. ou venez tout simplement avec votre énergie. Apportez votre cocotte ou votre faitout pour illustrer les 54 centrales japonaises, dont 52 sont arrêtées.
 
Chaine organisée par le Collectif Sortir du nucléaire Côte d’Or (Les Alternatifs 21, Attac 21, Alliance Ecologiste Indépendante, CAP 21, Combactive, Dijon-ecolo.fr, Europe Ecologie Les Verts 21, La Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE 21), Greenpeace 21, Sud Rail Dijon et des adhérents individuels du Réseau Sortir du Nucléaire).
 
 
 
 
 
10 mars 2012 - 15 h
 
FUKUSHIMA AN 1
 
Rendez-vous à l’Hôtel de ville d’Angoulême (16).
 
Chaîne humaine locale : Urgent et possible !
 
 
 
 
10 mars 2012 - 15 h
NUCLEAIRE, L’ERREUR HUMAINE
Rassemblement devant l’ambassade du Japon, 7 av. Hoche PARIS 8e
Pour l’Arrêt Immédiat du nucléaire
 
affiche-erreur-humaine-2
 
 
 
  
10 mars 2012 - 15 h
FUKUSHIMA - UN AN !
Rassemblement : Rendez-vous à 15h colonne de Merten à Metz.
Comme dans tous les pays du monde ainsi que dans de nombreuses villes de France avec "Sortons du nucléaire Moselle" et d’autres organisations, EXIGEONS un arrêt inconditionnel et immédiat du nucléaire !
 
     
10 mars 2012 - 15 h
CHAINE HUMAINE LOCALE
Rendez-vous Place Lamagdelaine à Alençon (61).
En soutien et par solidarité avec la chaine humaine de Lyon à Avignon
 
 
10 mars 2012 - 16 h 30
CHAINE HUMAINE LOCALE
Rendez-vous grand’place à Lille, pendant deux heures nous formerons une chaîne humaine mobile dans le centre-ville. Drapeaux, banderoles, perruques... : soyons colorés !
Organisée par le Collectif Sortir du Nucléaire Nord Pas de Calais.
 
       
10 mars 2012 - 18 h
SOIREE PROJECTION DEBAT
Les Vans (07)
au cinéma Vivans : Soirée d’échange et de débat autour de deux films produits par les "ateliers du passeur". Rencontre avec Alain Saulière, réalisateur.
  18h DISSONANCES (2009, 0h50’). Quelques figures du Japon contemporain dans le contexte de la crise économique.
20h30 TCHERNOBYL, L’ETERNEL PRESENT (2002, 0h56’). 16 ans après la catastrophe de Tchernobyl, une équipe de chercheurs rencontre en Biélorussie les habitants qui sont restés vivre dans les zones contaminées
 
 
 
Lieu : Parthenay (79)
A Parthenay, place des bancs - à partir de 16h
Nous accrocherons nos petits mots, photos, doc d'infos, dans les arbres pas laïques cette fois, mais publics ! Puis au Cinéma le foyer - à 18h - Projection de "INTO ETERNITY"
 
Lieu : Partout en France
 
ONDE-DES-TAMBOURS-8e219.jpg
 
Du 11 mars 2012 au 26 avril 2012 : Cycle De Tchernobyl à Fukushima
Lieu : Rennes (35)
 
11 mars 2012 de 10:00 à 17:00 :
"Ensemble, commémorons Fukushima"; à cette occasion hommage rendu en musique pour cette terrible catastrophe, de 10h à 17h à l'hôpital militaire allemand de Fécamp
Lieu : Fécamp (76)
 
11 mars 2012 de 11:00 à 17:00 : Journée "Non au nucléaire civil et militaire"
Lieu : Le Faou (29)
 
11 mars 2012 de 11:00 à 14:00 : Chaîne humaine locale
Lieu : Conflans Sainte Honorine et Andrésy (78)
 
11 mars 2012 11h00 : Chaîne humaine locale
Lieu : Ile d'Yeu (85)
 
11 mars 2012 11h30 : Chaîne humaine locale
Lieu : Bayonne (64)
 
 
Lieu : Ernée (53)
 
Lieu : Villedieu (50)
 
Lieu : Avignon (84)
 
Lieu : La Rochelle (17)
 
11 mars 2012 14h00 : Chaîne humaine locale
Lieu : St Malo (35)
 
11 mars 2012 14h00 : Manifestation
Lieu : Paris (75)
 
11 mars 2012 14h30 : Chaîne humaine locale
Lieu : Bordeaux (33)
 
Lieu : Dieppe (76)
 
11 mars 2012 15h00 : Rassemblement
Lieu : Paris (75)
 
Lieu : Flamanville (50)
 
Lieu : St Nazaire (44)
 
Lieu : Amiens (80)
 
11 mars 2012 15h30 : Rassemblement
Lieu : Le Havre (76)
 
11 mars 2012 de 19:55 à 20:00 : Action nationale - 5 minutes contre le nucléaire
Lieu : Partout en France
 
 
   
  
 
  
 
 
    
12 mars 2012 - 18 h 15
CHERNOBYL 4 EVER
Projection du film Chernobyl 4 ever, dans le cadre du Festival International du Film des Droits de l'Homme de Paris
Cinéma Le nouveau Latina, 20 rue du Temple, Paris 4e
La projection est suivie d'un débat avec Jean-Marc Royer, auteur de l’appel « Pour un tribunal Russell contre les crimes du nucléaire civil »
 
4ever
 
12 mars 2012 - 19 h
CONCERT - CONFERENCE
Concert de Mme Kaé KITAMAKI et Mme Midori MURAI
et conférence « 1 an après Fukushima: quelle transition énergétique? »
Lyon Mairie 3e
2 projections du film Ashes to Honey de Kamanaka Hitomi sur une mobilisation civile anti-nucléaire sont prévues : à Lyon le 17 mars (15 h, maison des Passages à Lyon) et le 24 mars (17 h, centre Factory à Villeurbanne).
 
negawatt.jpg
 
 
 

Evènements après le 11 mars :

agenda Sortir du Nucléaire

 

Manifestations dans les autres pays :

11 mars : journée mondiale d'action Fukushima 2012

 

Site des Frying Dutchman : parades HumanError

http://fryingdutchman.jp/eng.php

 

 
 
 
 
 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 10:37
Beaucoup de documents… le rythme va s’accélérer dans les jours qui viennent avec la commémoration de la catastrophe du 11 mars qui approche. Beaucoup de films, de documentaires, d’articles, d’émissions paraissent déjà et vont paraître à cette occasion.
 
 
Vidéos
 
- Tout d’abord, un document exceptionnel par sa netteté, une vidéo datée du 28 février 2012 prise par hélicoptère et diffusée par la chaîne ANN-News. Elle est disponible sur YouTube en 7 parties, couvrant une grande part de la zone interdite. Depuis que l’autorisation a été donnée de s’approcher de la centrale, les prises de vue aériennes se multiplient, avec des images d’une qualité remarquable qui n’ont rien à voir avec celles de la fameuse webcam TBS/JNN située à une dizaine de kilomètres et ne présentant qu’un point de vue fixe.
 

 
 
Détail des 7 parties :
partie 1  (centrale de Fukushima Daiichi)
partie 2  (secteur de Nahara)
partie 3  (secteur de Tomioka)
partie 4  (secteur d’Okuma)
partie 5  (secteur de Futaba)
partie 6  (secteur de Namie)
partie 7  (secteur de Minamisoma)
 
 
- Vidéo aérienne de la centrale de Fukushima Daiichi du 26 février 2012
Cette vidéo a déjà été supprimée ! Je n’ai pas eu le temps d’en extraire des instantanés. D’où l’importance de faire des sauvegardes dès que les documents apparaissent en ligne.
 
 
- Explorations de la piscine 4 (10 février 2012) : le combustible est encore en place.

 
 
Piscine 4 : traces de vie aquatique ? (9 février 2012)
 
 
- Visite du niveau 5 de l’unité 2 par un robot le 27 février 2012

 
 
 
- 20 février 2012 : 1500 microSieverts dans le bus des journalistes quand il est passé à côté du réacteur 3 : 2 vidéos proposées par Iori. Cliquer sur l’image pour accéder à Fukushima Diary et aux 2 vidéos.
fd
 
 
- Vidéo qui montre quelqu’un qui essaie de s’approcher de la centrale de Fukushima Daiichi en avril 2011. Empêché d’aller plus loin avec sa voiture à cause des routes détruites par le tremblement de terre ou le tsunami, il avance finalement à pied jusqu’à 1,5 km de la centrale pour mesurer, mains nues, plus de 110 µSv/h.

 
 
 
 
Photos
 
- Nouvel album de photos haute définition sur le site Cryptome
Par exemple, cette photo inédite du bâtiment de la piscine commune  qui n’a l’air de rien, pourtant lieu très sensible du site où reposent plus de 1000 tonnes de combustible usé à refroidir en permanence :
 
PISCINECOMMUNECRYPTOME
 
Cryptome diffuse régulièrement des albums sur Fukushima Daiichi.
 
- De nouvelles infos sur le barrage
Tepco a édité un document en japonais donnant des informations sur le barrage  dont ils avaient annoncé la construction en septembre 2011. En voici les principales illustrations :
 
barrageplan
Plan du barrage avec localisation de la coupe AA
 
barragecoupeAA
Coupe AA du barrage
 
barragegéologie1
Environnement géologique
 
barragegéologie2
Coupe géologique
 
barrageévacuationdeseaux
Evacuation des eaux vers le futur système de drainage-pompage
 
 
- Autres photos Tepco ici
 
 
 
 
Plans
 
Plans rapportant la radioactivité dans les unités 1 à 3 de Fukushima Daiichi.
Le site SimplyInfo présente 9 plans avec des mesures de radioactivité fournies par Tepco.
 
Unit1 groundfloor
Exemple de plan : rez de chaussée de l’unité 1
 
 
 
Albums
 
- Visite technique de l’intérieur de l’unité 4 de Fukushima Daini
Tepco vient de mettre en ligne un dossier photo.
  
reacteur4tepco
Cliquer sur l’image pour télécharger le dossier
 
 
- Albums photo du Mainichi Daily News du 26 février 2012
Cliquer sur les photos pour accéder aux albums 
 
Album 1 : photos de la centrale de Fukushima Daiichi
mainichi
 
 
Album 2 : photos aériennes de la centrale et de ses abords
mainichi3.jpg
 
mainichi2
Extrait d’une photo de l’album 2
  
 
 
- Photos de la zone interdite
Hirono ville située au sud de la zone interdite porte les stigmates du tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima. C’est aussi la dernière ville traversée par les ouvriers qui travaillent dans la centrale. Le check point J-Village sous contrôle des autorités marque le début d’un no man’s land de 20 km autour de la centrale de Fukushima Dai Ichi
hironoalbum
Cliquer sur la photo pour accéder à l’album
 
 
- Séries de photos de la centrale de Fukushima Daiichi sur le site EX-SKF
Trois liens :
 
 
Webcam
 
- Webcam TBS/JNN
17 février 2012 - 11h05 à 11h56
Intervention de nombreux ouvriers dans l’unité 4. Il est possible qu’après avoir retiré les protections de la piscine, ils aient commencé le nettoyage superficiel des caisses de combustible. Un accès a dû être aménagé pour accéder au niveau technique car ils repartent sans utiliser de nacelle.

 
 
- Petit tour de camera et paysage grand angle webcam TBS/JNN du 25 janvier 2012.
Dans cet enregistrement, on voit très bien que la caméra est située sur une colline à une dizaine* de kilomètres de la centrale. On comprend mieux pourquoi les images sont floues quelquefois, ou qu'on ne puisse rien capter en cas de pluie, neige ou brouillard, même léger.
*Mise à jour août 2013 : en fait la caméra est probablement située à 17 km
paysage camTBS
Cliquer sur l’image pour voir l’enregistrement de la webcam
 
 
 
 
 
Reportages
 
- Les pompiers le 15 mars 2011 : un vidéo-reportage de la BBC
  
pompierbbc
Cliquer sur l’image pour accéder au reportage
 
- Reportage TF1 du 20 février 2012
 
- Documentaire de Sciences et Avenir
« Un an après, le Japon bouleversé »
Marie Linton et le photographe Guillaume Bression, envoyés spéciaux de Sciences et Avenir au Japon, ont parcouru le pays, de Tokyo à Ogatsu. Chaque étape est l'occasion de rencontres avec des déplacés, des sinistrés qui racontent leur quotidien et les bouleversements qu'ils ont connu un après le séisme et le tsunami meurtriers du 11 mars 2011.
docscienceetavenir
Cliquer sur la photo pour accéder au documentaire web.
 
 
Affiches
 
No more Fukushima : une série impressionnante de 228 affiches antinucléaires !
nomorefuku
Cliquer sur l’image pour accéder à la collection
 
 
Archives
 
Tepco met en ligne les photos de l’ancienne webcam du 11 mars au 31 mai 2011 montrant la centrale depuis le sud.
 
Exemple, les images précédant et succédant à l’explosion du bâtiment réacteur 4, à 6h et à 7h le 15 mars 2011.
A 6h, il fait déjà jour, on distingue de la fumée ou de la vapeur au-dessus du toit du 4.
 
webcam15mars6h
 
A 6h14, Tepco annonce qu'une partie du bâtiment du réacteur n° 4 est « endommagé ». En fait, il a explosé, comme le montre la photo de 7 h de la webcam. Des hélicoptères viennent constater les dégâts.
 
webcam15mars7h
 
Ces deux photos démontrent qu’au moins une vidéo de l’explosion du bâtiment réacteur 4 existe puisque la webcam était en service à ce moment-là.
Y aura-t-il un jour quelqu’un au Japon pour demander à rendre publique cette vidéo ?
 
 
Recherche
 
- Unité 2, 27 février 2012
Voici une photo du niveau technique de l’unité 2 prise par un robot (cf. vidéo plus haut).
Elle comporte des anomalies ou des retouches. Le questionnement reste ouvert.
Dossier à suivre sur le site Gen4 ici.
 
http://www.tepco.co.jp/tepconews/pressroom/110311/images/120228_01.jpg
 
- Trifouillax analyse également minutieusement les ruines des réacteurs. Un dossier très bien documenté à consulter pour ceux qui souhaitent comprendre ce qui s’est véritablement passé en mars 2011 :
 
- Le bâtiment réacteur 4 penche-t-il ?
Plusieurs observateurs ont remarqué que le bâtiment 4 n’est plus vertical, en prenant pour appui la vision de la webcam TBS/JNN. En effet, l’angle nord-ouest ne semble plus vertical. Difficile de dire si la structure entière est penchée ou s’il s’agit juste du mur qui a été fortement ébranlé par l’explosion du 15 mars 2011. Gen4 remarque que la structure pourrait pencher à cause d’un équilibre inhabituel, avec un surplus de 1000 tonnes au sud.
 

reacteur4

 
Cliquer sur l’image pour accéder à l’article de Trifouillax
 
 
 
Autres photos
(sources diverses)
 
408102 3318192156939 1332320101 3230008 1862962317 n
Unité 3, face sud
 
416993 392274807454309 100000153801019 1770698 247818371 n
Unité 4, face ouest 
 
426144 3318043953234 1332320101 3229853 415324349 n
Unité 4, pont roulant, vu du sud
 
fuku120220
Unité 3 et 4, avec piscine commune en premier plan vue du sud-ouest
 
fuku120220a
Unité 4, face ouest
 
fuku120220b
Unité 4, face ouest
.
vuereacteur4
Unité 4 : vue aérienne du pont roulant
 
 

fuku120220c

Que fait cet homme immobile dans l'unité 4 ? Un figurant pour les journalistes ?

 
 
fuku120220d
Centrale de Fukushima Daiichi vue du sud-ouest
 
fuku120220e
Une batterie des fameux projecteurs de Fukushima !
 
fuku120220f
Unité 3, face sud
 
fuku120220g  
Centrale de Fukushima Daiichi vue du sud-ouest
 
fuku120220i
Les journalistes le 20 février 2012
 
fuku120220j  
Centrale de Fukushima Daiichi vue du sud-ouest
 
fukushimaplant2012  
Vue aérienne du nord-ouest.
 
fukushimaplant2012-1  
Vue aérienne de l'ouest avec aperçu du bassin de décharge en arrière-plan
 
fukushimaplant2012-2  
Vue aérienne du sud-est, avec aperçu des bâtiments turbines à droite
 
fukushimaplant2012-3  
Vue générale de la centrale et des champs de conteneurs de déchets radioactifs solides ou liquides
.
réservoirs
Vue rapprochée des conteneurs
 
linextricablereacteur3
Incroyable réacteur 3 !
 
paysage montagneux camTBS
Environnement de la centrale : paysage montagneux capté par la webcam TBS/JNN
.
picine commune
Centrale vue du sud-ouest
.
reacteur2
Event de l'unité 2, face est
.
travaux bassin
Barge dans le bassin de décharge. Probablement bétonnage du fond pour éviter la dispersion des radionucléides
.
vague11mars11b
La vague du 11 mars 2011 arrivant sur la centrale de Fukushima Daiichi
.
ventilation1avant explosion
Fumée blanche juste avant l'explosion de l'unité 1 le 12 mars 2011
.
vue aerienne 15 mars ou 16 mars 2011
Vue aérienne du 15 ou 16 mars 2011 : unités 2, 3, 4
.
.
vue aerienne 15 mars ou 16 mars 2011c
Vue aérienne 15 ou 16 mars 2011 : unité 3
 
vue aerienne 15 mars ou 16 mars 2011d
Largage d'eau par hélicoptère sur l'unité 3 le 15 mars 2011
 
.
     
 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 23:28
Katsutaka-Idogawa.jpgEcoutez le message de Katsutaka Idogawa, maire de Futaba, ville évacuée à cause de la catastrophe nucléaire de Fukushima il y a un an. Il s’adresse à l’origine à l’auditoire du Festival International du Film de Berlin, Berlinale 2012, où « Nuclear Nation », un documentaire d'Atsushi Funahashi sur les réfugiés de Futaba, a été projeté pour la première fois.
 
Mais en fait, son message a une portée universelle, celle de l’homme qui a changé et qui souhaite partager son expérience : « À la lumière de la catastrophe de Fukushima Daiichi, nous devons nous demander, honnêtement, si les centrales nucléaires sont vraiment une nécessité sur cette Terre. »
 
Et puis : « Je ne veux pas que quelqu'un d'autre dans ce monde expérimente ce que nous traversons. Mon souhait le plus profond est que notre situation vous aide à faire les bons choix pour l'avenir. »
 
Depuis un an, le maire de Futuba vit dans un lycée désaffecté de Tokyo. Il ne retournera jamais vivre dans sa ville (1).
 
Saurons-nous comprendre son message ?



Vidéo originale : http://vimeo.com/37533312

Traduction française Cécile Monnier, sous-titrage Kna.
 
 
 
 
 
« Bonjour Berlin

Mon nom est Katsutaka Idogawa.

Je suis le maire de Futaba, dans la préfecture de Fukushima.

Je regrette de ne pouvoir me joindre à la Berlinale cette année.
J'aurais aimé vous rencontrer tous, et vous parler en personne.

Depuis le début de la crise à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, notre ville a reçu tellement de chaleur, d'encouragement et de soutien de personnes à travers le monde.
Merci beaucoup.

C'est mon espoir que, grâce à ce film, chacun à travers le monde puisse mieux comprendre à quel point l'énergie nucléaire est dangereuse.

Si elles étaient sûres, les centrales nucléaires seraient très utiles.
Avant cet accident, je voulais construire davantage de réacteurs nucléaires, en pensant que c'était la meilleure façon d'apporter un progrès à notre communauté.

Depuis l'accident, mon attitude a radicalement changé.
Augmenter le nombre de centrales nucléaires sans prendre de dispositions en cas d'accidents graves est extrêmement téméraire.
En plus de cela, il n'existe toujours aucun moyen sûr pour s'occuper des déchets nucléaires.
Malgré cela, des centrales nucléaires surgissent partout dans le monde, en grand nombre, et cela est très déconcertant.

À la lumière de la catastrophe de Fukushima Daiichi, nous devons nous demander, honnêtement, si les centrales nucléaires sont vraiment une nécessité sur cette Terre.
Je crois qu'il est essentiel pour nous d'être rationnels.

Notre planète est petite.
Combien d'espace nous reste-t-il, pour absorber la totalité de la radioactivité que nous continuons à produire ?
De quelle capacité disposons-nous, pour stocker tous les déchets nucléaires ?
A moins que nous ne trouvions des solutions viables, nous ne devrions pas utiliser l'énergie nucléaire.

L'apprentissage a été brutal.
Je ne veux pas que quelqu'un d'autre dans ce monde expérimente ce que nous traversons.

Mon souhait le plus profond est que notre situation vous aide à faire les bons choix pour l'avenir. »

Katsutaka Idogawa
Maire de la ville Futaba
 
 
—————————————–

“Guten tag Berlin.
My name is Katsutaka Idogawa.
I’m the Mayor of Futaba in Fukushima Prefecture.
I regret that I’m not able to join you at this year’s Berlinale.
I would’ve loved to meet you all, and speak to you in person.
Ever since the crisis began at the Fukushima Daiichi nuclear power station, our town has received so much warmth, encouragement and support from people around the world.
Thank you very much.
It’s my hope that, through this film, everyone around the world can get a better understanding of how dangerous nuclear power is.
If they were safe, nuclear power plants would be very convenient.
Before this accident happened, I wanted to build more nuclear reactors, thinking that was the best way to bring progress to our community.
Since the accident, my attitude has changed drastically.
Increasing the number of nuclear plants without making provisions for serious accidents is extremely reckless.
On top of that, a safe way to dispose of nuclear waste has not yet been discovered.
Despite this, nuclear plants are cropping up around the world, in great numbers, and this is very disconcerting.
In light of the disaster at Fukushima Daiichi, we need to question ourselves, honestly, if nuclear power plants are truly a necessity on this Earth.
I believe it’s critical for us to be rational.
Our planet is small.
How much space do we have left, to absorb all the radioactivity we keep producing?
What capacity do we have, for storing all the nuclear waste?
Unless we find viable solutions, we should not be permitted to use nuclear energy.
The learning curve has been steep.
I don’t want anyone else in this world to ever experience what we’re going through.
My deepest wish is that our situation will help you make the right choices for the future.”
 
Katsutaka Idogawa
Mayor of Futaba Town
 
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グーテンターク、ベルリン。
ドイツの皆さんこんにちは。
私は福島県双葉町町長の井戸川克隆と申します。
この度のベルリン国際映画祭に出席をできなくて、大変残念に思っております。
皆さんと直接お会いして生の声をお届けしたかったんですが、なかなかできませんでしたことをお詫び申し上げます。
さてこの度の、福島第一原子力発電所の事故によって世界中の皆さんから双葉町の町民の皆さんに対しての、温かい思いやりを戴きました。ご支援ありがとうございます。
この映画を通して世界中の皆さんに原子力発電所が持つ大きな危険というものを実感をして戴きたいと思います。
安全な装置であれば原子力発電所はやはり便利です。
私はこの事故が起きる前は原子力発電所を誘致して町の振興に役立てたいと思っておりました。
事故が起きてから原子力発電所に対する私の考えは大きく変わりました。
事故に対する備えが無いまま、原子力発電所を増やしていくことは大変危険であります。
まして、放射性物質の最終処分ということも確立されていないまま世界中に原子力発電所が多くできることは大変危険だと思います。
この福島原発の事故を皆さんと共有して、これから地球上に原子力発電所が必要なのかどうか、
皆さんと共に考えなければならないと考えております。
地球の大きさは一定であります。
その大きさの中で放射能を受け入れる容積っていったいどのくらいあるんだろうか、
また、いろいろな廃棄物を受け入れる場所とか方法があるんだろうか、
この問題を皆さんと共有しなければ推進してはいけないな、
とそんな思いになっております。
多くの経験をしました。
もう2度と私たちのような経験を世界中の皆さんにしては欲しくありません。
よく皆さんがこの事を考えて今後の事を選択されることを願っております。
双葉町長 井戸川克隆


 
———————————–

(1) Pour en savoir plus sur le maire de Futuba et ses conditions de vie avec ses administrés en tant que réfugiés du nucléaire, lire le très intéressant article en deux parties de Janick Magne qui l’a rencontré le 12 février 2012 :
 
 
 
 
 
 
 

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