13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 12:30

lauvergeonLa nouvelle est tombée le 12 juillet, révélée par le Point, mais la décision avait été prise depuis quelques semaines par les actionnaires de Libération : Anne Lauvergeon sera bientôt présidente du conseil de surveillance du journal "Libération". Pour mémoire, en 1999, DSK la nommait PDG de la COGEMA, en 2001 elle fondait le groupe AREVA dont elle prenait la tête et en 2011, il y a quelques jours, elle était remplacée par Luc Oursel.

 

Donc maintenant c’est clair, la femme reconnue parmi les 100 personnes les plus influentes dans le monde va orienter Libé.

 

« Libération » journal pronucléaire ? Ca va faire drôle. Quoique… Sylvestre Huet, journaliste scientifique du journal nous avait déjà habitués à cette tournure éditoriale. Son dernier article sur Fukushima, daté du 6 juillet, est juste là pour dire quelle est la bonne information :

Sylvestre-huet.jpg« Des acteurs sociaux conduits par des objectifs, convictions et intérêts divers voire divergents interfèrent avec une bonne information des citoyens. »

 

A vrai dire, ce journaliste n’aime pas les associations indépendantes, il l’avait prouvé en descendant en règle la Criirad dans son article du 17 juin :

« Il est regrettable de constater que la CRIIRAD ne joue pas son rôle de contre-expertise citoyenne, rôle nécessaire et souhaitable, par défaut de compétence... »

 

Car le journaliste scientifique ne prend en compte que l’information officielle, qu’elle provienne de Tepco, du gouvernement japonais ou de l’IRSN, et s’en explique dans son article du 23 juin :

« Les sources d'informations "officielles" sont diverses, selon qu'elles émanent de l'industriel (la TEPCo), de l'Autorité de sûreté japonaise, du gouvernement japonais. Elles sont très souvent incompréhensibles directement. Et l'effort d'explication de l'industriel est la plupart du temps proche de zéro. Volonté d'embrouiller tout le monde ou incapacité ? Je ne peux trancher, il faudrait vivre au Japon pour cela. ».

 

Ah bon, donc comme on ne vit pas au Japon, on ne peut avoir d’avis tranché ! Dommage d’entendre cet aveu de la part d’un journaliste scientifique, alors que les faits, rien que les faits, montrent que le gouvernement japonais et Tepco ont caché la fusion des cœurs de Fukushima Daiichi durant des mois !

 

Le dernier article scientifique du blog de Sylvestre Huet a été celui consacré à la décontamination de l’eau, le 22 juin, il y a 3 semaines maintenant. Un article à la gloire d’Areva ou il parle d’une « boucle fermée » (ça me rappelle le discours de l’IRSN). Cela voudrait-il signifier que la catastrophe de Fukushima est terminée ? Il n’y a plus rien à dire ? Qui parlera à l’avenir des coriums ingérables et des vapeurs hautement radioactives qui s’échappent en continu de la centrale ? Qui parlera du combat de la population japonaise pour être véritablement informé ?

 

Peut-être va-t-il falloir s’informer de manière différente maintenant ?

 

 

A lire aussi, cette lettre ouverte d'Agir pour l'environnement :

« Anne Lauvergeon, future présidente du conseil de surveillance de Libération : l'aberration ! »

    et puis

"Anne Lauvergeon, ministrable, lâchée sur la gauche à huit mois de 2012".

 

 

Autres sources :

http://www.energie2007.fr/actualites/fiche/3448/areva_nucleaire_lauvergeon_liberation_twitter_reactions_130711.html

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/exclusif-anne-lauvergeon-bientot-presidente-du-conseil-de-surveillance-de-liberation-12-07-2011-1352167_52.php

http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/06/16/areva-aucune-decision-nest-prise-assure-lelysee/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_femmes_les_plus_puissantes_du_monde_selon_Forbes#Top_10_de_l.27ann.C3.A9e_2011

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 01:41

irsnL’IRSN a publié le 11 juillet une « Synthèse actualisée des connaissances relatives à l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi ». Cette note d’information présente et commente les informations les plus récentes recueillies par cet organisme, depuis la seconde note d’information du 13 mai consacrée au même sujet.

 

On peut la télécharger avec ce lien :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN-NI-Impact_accident_Fukushima_sur_milieu_marin_11072011.pdf

 

Quelques commentaires… critiques !

 

p. 1

« Le césium radioactif restera détectable durant plusieurs années à l’échelle du Pacifique Nord, mais à des concentrations très faibles (environ 5000 fois plus faibles que la concentration en potassium 40, radionucléide naturel présent en permanence dans l’eau de mer). »

Pourquoi l’IRSN se sent-il obligé de toujours minimiser ?

 

[ La comparaison du césium avec le potassium est pour le moins très mal choisie : un gramme de potassium 40 présente une radioactivité de 263 000 Bq alors qu’un gramme de césium 137 présente une radioactivité de 3 260 millions de Bq. Si l’on suit le taux donné dans le rapport (concentration 5000 fois plus faible), on obtient encore 652 millions de Bq, ce qui est quand même près de 2500 fois plus radioactif qu’un gramme de potassium 40 ! Doit-on être rassuré par cette nouvelle ? ]

 

Correction du 15 juillet 2011 14h : suite à la remarque d’un lecteur, je supprime ce paragraphe qui reposait sur une erreur de compréhension. En effet, le rapport d'activité observé K40/Cs137 ne peut être comparé avec la concentration massique des éléments.

     

 

p. 2

 

tableau-irsn.jpg

 

 " D’autres radionucléides artificiels, la plupart avec une demi-vie courte, ont également été décelés occasionnellement, à des concentrations plus faibles. "

 

De quels autres radionucléides artificiels s’agit-il ? Dommage que l’IRSN n’en parle pas !

En fait, le rapport ne parle que des radionucléides qui ont des périodes courtes, jamais des radionucléides qui ont une période longue. Il ignore par exemple le césium 135, qui a une période radioactive de 2,3 millions d’années.

Pourquoi ?

   

p. 12

« Des valeurs également élevées (au-dessus des niveaux maximaux admissibles pour la consommation alimentaire) concernent quelques échantillons prélevés de manière occasionnelle ; elles ne sont pas reportées sur la figure 11. Il s’agit de petite friture, de moules méditerranéennes (Mytilus galloprovincialis), d’algues Wakame (Undaria pinnatifida), ou encore de poissons scorpaeniformes ou gadiformes, tous provenant de la préfecture de Fukushima. »

 

Pourquoi l’IRSN ne reporte pas ces valeurs ?

 

p. 13

« Évolution attendue

En conséquence, si à court terme, les concentrations les plus élevées sont plutôt trouvées chez les espèces situés au début de la chaîne alimentaire, à plus long terme, une fois que le transfert dans les différents maillons des réseaux trophiques sera effectif, ce seront les prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui devraient présenter des niveaux plus élevés. »

 

Et qui est au bout de la chaîne ? L’homme ! Et au Japon, le poisson est au menu dans 60% des repas.

 

Je n’en dirai pas plus sur ce rapport qui est, comment dire, … orienté ? Il est en tous les cas incomplet. Je terminerai juste par un petit rappel des produits de fission créés par une centrale nucléaire. Il s’agit d’un tableau fourni par le CEA, édité dans le site du Sénat : « Concentrations des différents isotopes des produits de fission dans le combustible irradié » (1)

 

 

    (voir tableau en fin de page)

 

A partir de ce tableau très instructif, on apprend qu’on ne trouve pas que du césium dans les produits de fission. C’est vrai que le césium 137 est intéressant car c’est celui qui est le plus abondant, mais ça serait intéressant aussi de connaître les taux de deux autres éléments qui se retrouvent aussi en forte quantité : le technétium et le zirconium 93. Mais chuuuuut, ils ont respectivement des périodes de 210 000 ans et de 1,5 million d’années, c’est une information non politiquement correcte ! (2)

   

Pour en savoir plus sur les autres radionucléides produits par une centrale nucléaire : « Radionucléides de Fukushima »

http://fukushima.over-blog.fr/article-radionucleides-de-fukushima-72040491.html

 

Et pour connaître l’extrapolation des radionucléides diffusés par la centrale de Fukushima Daiichi, visitez le site de l’AIPRI : « Prédire la contamination globale au sol » 

http://aipri.blogspot.com/2011/06/predire-la-contamination-globale-au-sol.html

 

 

 

(1) Source : tableau CEA ( UO2 enrichi à 3,5 % - 33 000 MWj/t - gaine zircalloy - 3 ans après le déchargement), tiré du Rapport de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques No 612 (1997 / 1998)

http://www.senat.fr/rap/o97-612/o97-612.html

 

(2) L’IRSN publie des fiches techniques sur les radionucléides : s’il a publié une fiche sur le technétium, il n’a pas encore réalisé celle du zirconium, élément découvert en... 1789.

   

 

Élément Période (années) Abondance (g/t) Teneur isotopique
Césium 133 Stable 1144 42,80%
Césium 134 2,1 38,7 1,40%
Césium 135 2 300 000 360 13,50%
Césium 137 30 1130 42,30%
Césium total - 2672,7  
Iode 127 Stable 38,2 18,30%
Iode 129 16 000 000 170 81,70%
Iode 131 8 jours -  
Iode total   208,2  
Palladium 104 Stable 198 12,20%
Palladium 105 Stable 382 23,60%
Palladium 106 Stable 288 17,80%
Palladium 107 6 500 000 200 12,40%
Palladium 108 Stable 129 8,00%
Palladium 109 0,0001   0
Palladium 110 Stable 420 26,00%
Palladium total   1617  
Sélénium 77 stable 0,7 1,30%
Sélénium 78 stable 2,5 4,60%
Sélénium 79 65 000 4,7 8,60%
Sélénium 80 stable 13,8 25,30%
Sélénium 82 stable 32,8 60,20%
Sélénium total   54,5  
Samarium 147 1,1. 1011 186 21,30%
Samarium 148 8. 1015 118 13,50%
Samarium 149 4. 1014 3,7 0,40%
Samarium 150 stable 275 31,50%
Samarium 151 90 16 1,80%
Samarium 152 stable 143 16,40%
Samarium 153 0,005 100 11,50%
Samarium 154 stable 30 3,40%
Samarium total   871,7  
Etain 115 stable 0,1 0,20%
Etain 116 stable 2 4,70%
Etain 117 stable 4,2 9,90%
Etain 118 stable 3,6 8,50%
Etain 119 stable 3,7 8,70%
Etain 120 stable 3,6 8,50%
Etain 121 55 0,3 0,70%
Etain 122 stable 4,8 11,30%
Etain 124 stable    
Etain 126 100 000 20 47,30%
Etain total   42,3  
Technétium 99 210 000 810 100%
Zirconium 90 stable 58,5 1,60%
Zirconium 91 stable 602 16,80%
Zirconium 92 stable 644 18,00%
Zirconium 93 1 500 000 713 19,90%
Zirconium 94 stable 765 21,40%
Zirconium 95 0,02   0
Zirconium 96 stable 800 22,30%
Zirconium total   4392,5  

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:08
Le 9 juillet 2011, NHK a réalisé et diffusé une émission spéciale sur l'énergie nucléaire pour essayer d’amoindrir l’anxiété de la population japonaise. Son enregistrement est diffusé sur youtube par magna551.
 
Partie 1 (durée 11min26)
[Sous-titres anglais: Miki Shunji]
Dès qu’une traduction française sera disponible, je l’ajouterai à cette page.
 
 
 
Les participants de cette émission étaient :

2 anti-nucléaires :

* Goto Masashi, ingénieur nucléaire, conférencier à l'Institut de Technologie de Shibaura à Tokyo.

* Iida Tetsuya, directeur général de l'Institut pour les Politiques de l'énergie durable.

3 pronucléaires :

* Tadashi Narabayashi, professeur de la Faculté de génie à l’université d’Hokkaido et membre de la Commission de sûreté nucléaire.

* Sawa Akihiro, membre de l'Institut de politique publique du 21e siècle.

* Hosono Goshi, jeune ministre en charge des accidents des centrales nucléaires
 
Autres participants
Yoshinaga Michiko, écrivain
Miyake Tamio, animateur
Morimoto Nami, annonceur adjoint
et Mizuno Nobuyuki, commentateur de la NHK

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 00:39

Un article sans doute très intéressant sur le système de décontamination de l’eau et la pollution du sol par le corium vient de paraître dans le site d’information Kodansha, mais… en japonais. Si un traducteur japonais a le courage de traduire cet article en français, je le publierai volontiers.

En attendant, les photos sont très parlantes, c’est pourquoi je les reproduis ici.

Plus bas, je vous livre aussi une série de photos données par Tepco début juillet.

 

Photos de l’article « メルトアウト「核燃料」地下水直撃の恐怖!
メルトスルーを超える最悪の事態 東電はこの可能性を隠していないか! »

source :

http://gendai.ismedia.jp/articles/-/11152

schema-reacteur-1.jpg Dessin de la fuite du corium vers la nappe phréatique

 

 

 schema-decontamination.png Cette image ne fait pas partie de l'article, elle provient de NHK, je la place ici juste pour donner une idée du circuit de décontamination et de refroidissement de l'eau, en attendant un dessin moins simplificateur.

 

absorbeur-de-cesium-de-Kyrion.jpg Absorbeur de césium de Kurion (USA)

 

 dessalement de Hitashi Dessalement de l'eau (Hitashi)

 

réservoir pour le dessalement Réservoir pour le dessalement de l'eau

 

séparation de l'huile de Toshiba Séparation des huiles (Toshiba)

 

areva pompe 21 juin Réparation d'une pompe (Areva)

 

tuyaux au sol Tuyaux au sol

 

tuyaux au sol près de l'unité 1 Tuyaux au sol près de l'unité 1

 

 

 

Photos de Tepco

source : http://www.tepco.co.jp/en/news/110311/

 

Upper point of Unit 2 water intake(Installation work) Upper point of Unit 2 water intake (Installation work)

 

Upper point of Unit 2 water intake(Before construction) Upper point of Unit 2 water intake (Before construction)

Upper point of Unit 2 water intake(After construction) Upper point of Unit 2 water intake (After construction)

 

Unit 2 water intake (from sea side)(After construction (fro Unit 2 water intake (from sea side) (After construction (front)

 

Leakage from Waterpipes of Outline of Temporary RHRS Pump a Leakage from Waterpipes of Outline of Temporary RHRS Pump at Unit 5, Fukushima Daiichi Nuclear Power Station

 

Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant Setting steel sheet a Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant Setting steel sheet at the 1st floor of the unit 3 reactor building

 

Fuel Pool Cooling and Filtering System Valve of Unit 4 Fuku Fuel Pool Cooling and Filtering System Valve of Unit 4 Fukushima Daiichi Nuclear Power Station (20B Valve)

 

110710 1 Un joint défectueux

 

Trial fitting of the cover for Unit 1 Fukushima Daiichi Nuc Trial fitting of the cover for Unit 1 Fukushima Daiichi Nuclear Power Station at Onahama port. Précisions ici

 

Access-point-Photo-by-Packbot.jpg    Access point Photo by Packbot

 

High-place-working-vehicle--after-shielding-.jpg High place working vehicle (after shielding)

 

High-place-working-vehicle--before-shielding-.jpg High place working vehicle (before shielding)

 

Nitrogen-injection-planned-point--after-removing-stoppage-c.jpg Nitrogen injection planned point (after removing stoppage cap

 

Vous voulez encore plus de shémas et de photos sur le système de décontamination ?

Téléchargez les documents de Tepco

ici

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_110627_01-e.pdf

et là

http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/betu11_e/images/110609e8.pdf

 

_____________________________________________________________________________________    

 

Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :

 

Voir Fukushima (14)

Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2

Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur

 

Voir Fukushima (13)

Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA

 

Voir Fukushima (12)

Photos : réacteur 4

Webcam Tepco : enregistrements sur youtube

Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale

 

Voir Fukushima (11)

Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4

 

Voir Fukushima (10)

Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi

Webcam de la centrale par Tepco

 

Voir Fukushima (9)

Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (8)

Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (7)

Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4

Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots

 

Voir Fukushima (6)

Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (5)

Photos : tous les clichés fournis par Tepco

Vidéo : zone interdite

 

Voir Fukushima (4)

Webcam de la centrale par Weather Online

 

Voir Fukushima (3)

Vidéos : survol des réacteurs avec des drones

Vidéos : des robots filment au sol

 

Voir Fukushima (2)

Photos : les 15 séries de photos de Cryptome

 

Voir Fukushima (1)

Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 00:06

village bureQuel point commun existe-t-il entre Bure, ce petit village de la Meuse, et la centrale de Fukushima Daiichi ? Il est très simple : la folie des hommes d’aujourd’hui qui méprisent les générations futures pour des milliers d’années.

 

 

 

 

 

A Fukushima Daiichi, le feu nucléaire continu et incontrôlable pollue et va polluer irrémédiablement le sol japonais de toutes sortes de radionucléides très toxiques tels que le césium ou le plutonium, mais aussi le strontium-90, émetteur béta pur très "mordant" et non décorporable (2.9% des produits de fission), le technétium-99 pour ses particules très fines et sa demi-vie de 211.000 ans (3%), le zirconium-93 pour sa durée de demi-vie "record" de 1.530.000 ans (3.2%), le zirconium-96 qui bat encore le précédent à plate couture 3.8*10^17 années (3.2%) (1).

 

A Bure, on s’apprête à enfouir les déchets hautement radioactifs de toutes les centrales nucléaires de France, sans possibilité de réversibilité, condamnant cette région à la contamination des sols et des nappes phréatique pour des milliers d’années.

Labo-aerien.jpg "Laboratoire" de Bure

 

Il faut vraiment se mobiliser contre ce projet délirant, c’est pourquoi je vous convie à faire passer l’appel des militants de la maison de la résistance à la poubelle nucléaire de Bure.

 

bure1

 

 

MAISON DE RÉSISTANCE À LA POUBELLE NUCLÉAIRE DE BURE

 

COLLECTIF BURE ZONE LIBRE

 

APPEL À BÉNÉVOLES – ÉTÉ 2011

 

 

En Meuse, aux tréfonds du « Far East », l'industrie criminelle de l'atome veut camoufler sous terre les pires matières qu'elle ait créé : ses déchets hautement radioactifs, toxiques pour des centaines de milliers d'années !

 

bure2.jpgHeureusement, depuis plus de dix ans, la résistance à ce projet morbide s'organise. Les opposants à la décharge nucléaire de Bure ont notamment réussi à investir et rénover un ancien corps de ferme, symbole de l'implantation de cette lutte dans le temps : c'est la maison de résistance à la poubelle nucléaire de Bure, gérée par le collectif BureZoneLibre.

 

Cette maison a plusieurs facettes : lieu d'accueil et de rencontres des militants, activistes et sympathisants de la lutte antinucléaire, centre de diffusion d'une information libre et indépendante, espace de propositions et d'alternatives énergétiques et organisationnelles.

 

Pour contrer la propagande des nucléocrates la construction d'une salle d'accueil du public attenante à la Maison a été décidée. Elle accueillera des expos sur le nucléaire et ses déchets, des conférences, projections, concerts de soutien, etc. Mais il y a encore beaucoup de travail avant que cette salle puisse ouvrir ses portes au public !

 

Le programme de l'été 2011 est déjà bien chargé : maçonnerie, menuiserie, préparation du festival antinucléaire de Bure, etc. Et aussi toutes les activités quotidiennes d'une grande maison collective : cuisine, jardinage, apéro... bref, il y en aura pour tous les goûts ! Plusieurs stages sont aussi en préparation : moteur à huile, sérigraphie, etc. Rejoignez-nous pour aider à l'organisation ou participer ! Il est également possible de venir avec son projet s'il est autogéré.

 

Passer un moment à la Maison de résistance, au cœur du village de Bure, est une forme de vigie et un acte militant en soi : avec 7 habitants au km², le coin n'a pas été choisi par hasard !

Venez construire avec nous un monde sans nucléaire !

 

 

Plus de détails sur les chantiers prévus cet été sur

 

http://burezoneblog.over-blog.com/

 

 

BURE ZONE LIBRE  

2 rue de l'église 55290 BURE  

03 29 45 41 77  

leherissonvengeur@gmail.com

 

Merci de prévenir de votre arrivée par mail ou par téléphone !

 

 

(1) Merci à Trifouillax pour ces précisions !

source : http://www.forum-rpcirkus.com/t1653p1035-les-informations

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 22:11

Cessac_Isnard_140-322e4.jpgOlivier Isnard et Bruno Cessac, de l’IRSN, ont donné une conférence intitulée « Accident de Fukushima : état des lieux et conséquences de l’accident sur l’environnement et les populations » à l’ambassade de France à Tokyo.

 

Pour écouter et voir cette conférence d’une demi-heure, utilisez les liens suivants :

1ère partie :

http://www.youtube.com/watch?v=6gZsZZs4MWY&feature=player_embedded

2ème partie :

http://www.youtube.com/watch?v=ocxHlOs30fM

3ème partie :

http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_305266&v=xHiLS8pGBS0&feature=iv

 

Pour écouter la séance de questions/réponses qui a suivi la conférence, c’est ici :

1ère partie :

http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_957735&feature=iv&v=0m-NN6qatsE

2ème partie :

http://www.youtube.com/watch?feature=iv&v=A08IPfEahEw&annotation_id=annotation_886073

3ème partie :

http://www.youtube.com/watch?v=486jj_KmDdM&annotation_id=annotation_849042&feature=iv

4ème partie (suite de la question sur le thé radioactif arrivé en France) :

http://www.youtube.com/watch?feature=iv&v=A0PLRvbOU-I&annotation_id=annotation_193204

 

Pour télécharger les images infographiques d’Olivier Isnard, c’est ici :

https://www.sfen.fr/content/download/32144/1687589/file/IRSN%20-%20Olivier%20Isnard.pdf

 

 

Relevés de phrases et mes commentaires :

 

Olivier Isnard :

« Trois réacteurs ont fondu. »

Ce ne serait pas plutôt le combustible qui a fondu ?

 

« Les cuves sont non étanches (…). Vraisemblablement le corium (...) s’est retrouvé en partie au fond des réacteurs, on verra en quoi ce n’est pas forcément un problème en termes d’impact environnemental. »

Olivier Isnard, au cours de sa conférence, ne revient pas sur cette étrange phrase. Le corium n’aurait pas d’impact environnemental ??? Ce serait intéressant qu’il s’exprime plus longuement sur ce sujet, car s’il a des informations sur ce corium dont personne ne parle plus, ça serait bien qu’il les communique !

 

« Si l’on parle maintenant des piscines (…) a priori, ce combustible ne serait pas abimé. »

Le « a priori » en dit long. On pourrait le remplacer par « selon Tepco ». Dans l’industrie nucléaire, il est de bon ton de « croire ». Arnie Gundersen, expert nucléaire, croit autre chose pourtant…

 

Décontamination de l’eau : « Pour parler vite, c’est une sorte de circuit fermé, mais qui reste quand même avec des passages un peu ouverts. »

Un circuit fermé un peu ouvert ! Dans l’industrie nucléaire, ce genre de concept, ça fait un peu désordre ! On attend encore, de la part de l’entreprise Tepco et des journalistes scientifiques, un schéma précis de ce circuit fermé-ouvert : où sont les prises d’eau et les injections pour les quatre réacteurs ?

 

« La stabilisation des installations est faite. »

Si quelqu’un peut expliquer cette phrase, je suis preneur. Je rappelle que trois cœurs sont en fusion et que le bâtiment du réacteur 4 est très instable puisqu’il menace de s’effondrer avec sa piscine perchée à 20 mètres au dessus du niveau du sol et contenant 229 tonnes de combustible…

 

« Le traitement de l’eau contaminée, ça, c’est un sujet qui va encore rester d’actualité pendant de nombreuses semaines. »

Euh, moi j’aurais plutôt dit de nombreuses années non ? Pourquoi Olivier Isnard se sent-il obligé de tout minimiser ?

 

« Tache du nord-ouest : rejet qui a eu lieu entre le 15 et 16 mars (…) au moment où le réacteur n°2 a connu une explosion en partie basse. »

« Les autorités japonaises prennent des mesures progressives d’incitation à l’évacuation de la ville d’Itate ou des villages autour. »

Aucune empathie de la part de ce monsieur pour la population japonaise qui réclame à être évacuée. Ne sait-il pas que des mesures d’évacuation impliqueront des indemnités et qu’une évacuation volontaire ne donnera droit à rien ? Qui est prêt à tout quitter - travail, maison, pays - en échange de rien ?

 

Bruno Cessac

« Ce qui va nous intéresser, dans le cas de l’accident de Fukushima, c’est principalement la catégorie des iodes et des césiums. Ce sont les deux principaux radionucléides qui ont eu un impact lors de cet accident. »

Donc on ne dira rien sur le plutonium, qui est pourtant le radionucléide le plus toxique. Au fait, le plutonium est-il recherché, ou bien considère-t-on qu’il n’existe pas ?

 

Questions réponses

Au sujet de l’explosion du réacteur n°3, Olivier Isnard affirme que c’était une explosion d’hydrogène.

Ca c’est encore la version officielle, tout le monde n’est pas d’accord.

 

A propos des piscines, il dit que la perte d’une piscine aurait des conséquences bien plus importantes que les rejets des réacteurs car les hommes ne pourraient plus approcher le site : sur 1 km de distance, il y aurait un débit de dose de plusieurs centaines de Gray/h. Cela nécessiterait une évacuation sur un rayon de 60 km. Mais pas 250 km (allusion à l’évacuation de Tokyo).

Alors pourquoi la France en mars a-t-elle demandé à ses ressortissants de quitter Tokyo ?

http://www.france-info.com/monde-asie-2011-03-17-japon-la-france-conseille-a-ses-ressortissants-de-quitter-la-zone-a-522437-14-17.html

Pourquoi les employés d’Areva ont-ils fui dès les premiers jours de la catastrophe ?

http://downtowntokyo.canalblog.com/archives/2011/03/18/20662358.html

Pourquoi les Etasuniens ont-ils demandé à leurs ressortissants de ne pas approcher la centrale à moins de 80 km ?

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/16/97001-20110316FILWWW00638-fukushima-perimetre-us-de-80-km.php

 

D’après Bruno Cessac, aujourd’hui, pour l’eau potable, on est très en dessous des limites des normes et voire la plupart du temps en dessous des limites de détection de la radioactivité.

Pour autant, il y a encore des traces de radioactivité dans l’eau de Tokyo, doit-on considérer ça comme normal ?

http://www.bloomberg.com/news/2011-07-04/radioactive-cesium-is-found-in-tokyo-water.html

 

« Le niveau d’exposition d’une école de Tokyo est moins important que le niveau d’une école du Limousin. », dit Olivier Isnard.

Mais parle-t-on bien de la même chose ? Je crois que M. Isnard parle du gaz radioactif qui se dégage naturellement du sol. Si l’école est bien aérée, cela ne présente pas de problème. En revanche, dans le Limousin, l’industrie nucléaire, par ses carrières d’extraction de l’uranium, produit encore de nombreuses pollutions honteuses. Voir cet article :

http://atomicsarchives.chez.com/limou_radioac.html

Dans une école de Tokyo ou de Fukushima, la radioactivité n’est pas de même provenance. Elle vient des particules qui sont retombées au sol avec la pluie et le vent. Or dans le Limousin, il n’y a pas de radionucléides qui se sont déposés dans la cour de l’école, et les bambins y jouent en toute sécurité. A Tokyo, l’IRSN présente des mesures faite à très grande distance du sol (toit de l’ambassade par exemple). L’enfant, lui, joue par terre.

 

Une question est aussi posée sur le mystère du thé radioactif intercepté à Roissy en juin en provenance de la préfecture de Shizuoka, à 350 km de la centrale accidentée. Une explication est donnée mais peu convaincante. En tout cas pas de démenti, donc le panache radioactif est bien descendu jusqu’au sud de Tokyo, à des centaines de kilomètres de Fukushima, et a effectivement pollué l’environnement.

 

Une autre question d’un auditeur porte sur l’indépendance de l’IRSN. Olivier Isnard répond que l’IRSN travaille en toute indépendance.

Après avoir écouté son discours approximatif, réducteur et minimisant, j’en doute. C’est en fait le même discours que celui de Thierry Charles, son collègue médiatique de l'IRSN, qui, en avril, ignorait le thierry charlescésium et le plutonium, et prétendait que les habitants évacués allaient pouvoir rentrer chez eux dans 3 mois. Eh bien maintenant, nous sommes exactement 3 mois après les propos de M. Charles, je suggère donc au directeur de l’IRSN d’aller lui-même annoncer la bonne nouvelle à tous les évacués nucléaires !

 

 

Autre article traitant du même sujet :

"Fukushima : l'IRSN fait son cinéma à Tokyo"

http://sierraecho79.skyrock.com/3014569861-FUKUSHIMA-L-IRSN-FAIT-SON-CINEMA-A-TOKYO.html

 

 

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 13:26

« L’industrie électro-nucléaire est condamnée ». C’est ce que je retiens de l’excellent article de François Leclerc intitulé « Des promesses n’engageant que ceux à qui elles sont faites ». Depuis le début de la catastrophe de Fukushima Daiichi, il a tenu à jour quotidiennement une chronique éditée dans le blog de Paul Jorion, décrivant tous les évènements concernant la centrale accidentée. Il fait à ce titre partie des infatigables veilleurs de Fukushima.

 

Dans l'article que je reproduis ici en partie, il nous livre son analyse, sans concession pour ce « système oligarchique mondial », exhibant ses « grandes capacités de nuisance ». Toutefois je regretterai un mot de sa conclusion, « spectateurs ». Oui nous allons être les spectateurs de la fin du règne du nucléaire, mais nous pouvons surtout être des acteurs, afin d’accélérer le changement, comme le dit si bien le manifeste Wake up ! Oui François Leclerc, nous allons devoir « nous habituer à penser autrement, à briser le carcan de normes d’une grande indigence et de conservatismes rétrogrades ». Mais la pensée doit se poursuivre par l’action.

 

 

« Des promesses n’engageant que ceux à qui elles sont faites »

 

article de François Leclerc du 7 juillet 2011, invité dans le blog de Paul Jorion.

 

source :

 

http://www.pauljorion.com/blog/?p=25904

 

 

 

fracois-leclerc.jpgLa catastrophe rampante de Fukushima a désormais acquis dans les esprits un statut équivalent à celui de Tchernobyl, il y a vingt-cinq ans. Bien que son scénario soit différent, et que le pire ait été miraculeusement évité dans les tous premiers jours, ce nouveau désastre suscite désormais une profonde réticence à l’égard de l’électro-nucléaire, en dépit de la résilience d’un complexe industriel nucléaire installé au cœur du pouvoir politique.

 

 

 

Mais Fukushima n’a pas fini de dispenser ses leçons, bien que disparu de l’actualité. En premier lieu, parce que Tepco, son opérateur, n’est toujours pas parvenu à reprendre en main la situation à la centrale, qui reste profondément instable et incertaine. En second, parce que les conséquences de la catastrophe se sont désormais propagées sur quatre échelles.

 

 

 

D’abord celle de la centrale elle-même, toujours sous soins palliatifs improvisés, aux installations dévastées et fragilisées, dont le cœur de trois cœurs de réacteurs a fait fusion et où sont stockés dans des conditions précaires d’importantes quantités de combustible. Résultat des attentions dont elle est entourée, Fukushima Daiichi a subi une sorte de mutation, devenue bouilloire a produire non plus de l’électricité mais des masses d’eau hautement contaminée. Sans visibilité sur la poursuite des opérations, de dangereux rebondissements sont toujours à redouter.

 

 

 

Ensuite celle de la région et de la ville de Fukushima, où les 300.000 habitants qui n’ont pas été évacués (80.000 habitants dans un rayon limité de 20 kms autour de la centrale l’ont été) découvrent les servitudes de la vie sous la menace rampante d’une contamination radioactive insidieuse parce qu’invisible, dont les mesures officielles sont sujettes à caution, faisant face aux dissimulations des autorités censées les protéger et leur porter assistance. Soupçon et inquiétude minent de manière permanente la population et impriment leur marque à la vie de centaines de milliers de japonais, qui craignent d’être dans l’avenir considérés comme des parias. Le dos au mur, les autorités ne peuvent se résoudre à ordonner de nouvelles mesures d’évacuation, qui prendraient la forme d’un exode.

 

 

 

Pour ne donner que deux exemples, l’accès aux égouts de la ville de Fukushima a dû être condamné, à la suite de relevés de la contamination des eaux usées, le revêtement des sols des cours d’école a dû être remplacé, les bâtiments scolaires nettoyés au jet d’eau à haute pression.

 

 

 

En troisième lieu, celle du pays tout entier, qui doit déjà faire face aux terribles conséquences du tsunami qui a ravagé des régions côtières entières et fait de leurs habitants des déplacés devenus des assistés ayant tout perdu, maison et travail, y compris les repères de leur vie. 23.000 morts et disparus sont enregistrés. Mais les conséquences de Fukushima vont bien au-delà de la bonne exécution de l’immense chantier de la reconstruction et mettent en question l’avenir du pays dans son ensemble, bouleversant son équation énergétique et impliquant sans attendre une diminution forcée de sa consommation et une reconversion ultérieure de sa production.

 

 

 

Dans l’immédiat, le gouvernement et les autorités régionales cherchent à autoriser la remise en route de nombreuses centrales mises à l’arrêt, et vont utiliser le classique simulacre des stress tests pour en justifier la décision auprès d’une opinion publique désormais sur le qui-vive. Seuls 19 réacteurs sur 54 fonctionnent actuellement, alors que l’apport du nucléaire est de 30% de la consommation.

 

 

 

(…)

 

Lire la suite de l’article sur le blog de Paul Jorion

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 04:02
fukushima_without_say_goodbye_inside-copie-1.jpgLa catastrophe de Fukushima Daiichi a généré et génère encore de multiples peurs et angoisses dans la population, même dans le cas où elle n’est pas touchée directement par la pollution. Il y a de nombreuses façon de gérer ces ressentis : la plupart des gens évitent d’en parler pour ne pas y faire face ; d’autres affrontent la réalité en s’informant, en écrivant, en peignant ou en créant sur le sujet de Fukushima. Ainsi ce poème que m’a envoyé Leiza Nonim. Je le publie ici volontiers, accompagnés d’œuvres réalisées par le groupe d’artistes japonais Chim Pom.

« Without SAY GOOD BYE »(1)
 
 
 
 
Fukushima mon amour...
Tu me hantes sans recours
Dans des cauchemars suffocants
Pleins de larmes, de sueur, et de sang...

Soumis à une étrange sentence
L'Homme subit l'omnipotence
D'une épée de Damoclès au dessus de sa tête
Le feu nucléaire à sa porte, sournoisement l'inquiète...

Mais l'orgueilleux technophile
Idolâtre de sa science virile
Se rit de nos craintes effarées
Rien, dit-il, ne saurait libérer
Le Dieu nucléaire asservi pour toujours
Car il est enchaîné sans retour...

Pourtant une petite voix...
Voix de la conscience aux abois...
Me chuchote tout bas cette complainte cruelle
Que je chantonne comme un rituel
"Tchernobyl, Three Mile Island, Fukushima...
Un jour le désert s'étendra...
Jusqu'aux confins de la terre
Comme après une guerre...
Tchernobyl, Three Mile Island, Fukushima...
Un jour nous n'aurons plus de larmes, ici-bas,
Pour pleurer nos frères humains
Disparus dans une nuit sans fin...
Hiroshima, Nagasaki, Fukushima...
Un jour, demain ?..., l'apocalypse viendra..."

Fantasmes d'un peuple irrationnel et obscurantiste !
Raillent nos technocrates autistes...
"Selon les calculs de probabilité
De nos ordinateurs brevetés
Le risque est infinitésimal...
C'est consigné dans le procès-verbal !"
Dormez, dormez, braves gens...
L'Atome divin veille sur vos enfants
Par lui viendra le Salut !
Témoins déchus... rumeurs disparues...

Dans l'abolition de toute pensée délictueuse
Doucement s'endort la majorité silencieuse...
Bercée par le ronron bavard de ces écrans
Où défile sans arrêt le spectacle du Léviathan...
Soudain un rêve tourmenté l'éveille
L'angoisse la tire de son sommeil...
"Mais où donc nous emmènent-ils ?...
Vers quel néant ?... vers quel futur hostile ?..."

Le Nucléaire!!! enfer ou paradis...
C'est juste une question de Foi mon ami !
La Foi aveugle dans les modernes Prométhées
Qui nous promettent l'éternité du feu sacré...
Mais il y a de moins en moins de croyants semble-t-il...
Prêts à sacrifier pour une parcelle d'uranium une âme indocile

Demain nos cathédrales atomiques désertées
Resteront comme les témoins naufragés
D'une époque arrogante qui croyait triompher...
Et à l'hubris déchaîné...
 
 fukushima flower harmony inside
 
 
 
 
 
 
 

« Radiation-exposed flower harmony » (2)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
(1) Avant de quitter la zone, les artiste de Chim Pom ont laissé en souvenir un épouvantail dans un champ de riz, en masque et combinaison, en guise de mausolée aux héros inconnus de Fukushima. Cette installation porte pour nom « Without SAY GOOD BYE » : « Nous voulions rendre hommage aux travailleurs de la centrale. Tous les jours, les gens qui travaillent dans la centrale sont contaminés, Tepco ment, les Japonais sont en colère. On est en plein mensonge, personne ne croit à ce que dit le gouvernement. »
 
(2) Ce « monstre de Fukushima » représente les inquiétudes de l'artiste quant aux futures naissances d'enfants victimes de malformations au Japon. L'installation, intitulée « Radiation-exposed flower harmony », est censée tenir le temps de l'exposition. Elle devrait commencer à pourrir devant les spectateurs.
 
 
 
 
 
Photos des œuvres  « Radiation-exposed flower harmony » et « Without SAY GOOD BYE » : Julien Morello
 
 
 
 


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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 15:56

message from fukushimaEcoutez cet appel à l’aide d’habitants de Fukushima, grâce à un sous-titrage en français inclus dans la vidéo.

 

http://www.universalsubtitles.org/ja/videos/o9gtNtWoaqpZ/

(Choisir la langue du sous-titrage sous la vidéo)

 

 

Vous pouvez envoyer vos messages de soutien aux habitants de Fukushima à cette adresse :

mscrjp@gmail.com

 

Vous pouvez proposer un hébergement en France par l’intermédiaire de ce site :

http://www.couchsurfing.org/group.html?gid=39774

 

ou en envoyant un mail à ces adresses :

 

hebergements_Japon_2011@yahoogroupes.fr

   

philippe.denis38@wanadoo.fr  

 

 

Plus d'info :

http://fukushima.over-blog.fr/article-comment-venir-en-aide-aux-refugies-du-nucleaire-78846525.html

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 02:20
MSCR.jpgUne lectrice de ce blog m’a contacté car elle cherche un moyen pour inviter des enfants de Fukushima cet été, pour leur éviter de vivre dans un milieu trop hostile. Elle commence son message par une histoire qui ressemble au début d’un conte. Puis elle explique, avec sa sensibilité, comment elle voit le présent et l’avenir de ces enfants.
 
Si vous vous sentez concerné comme elle, lisez son message, et voyez plus bas quelles solutions sont envisageables.

« Bonjour,
Je prendrai quelques paroles pour vous transmettre une phrase que j’ai entendue.
Après cette catastrophe tragique, un garçon de Fukushima, 3 ans, se chausse un matin tout seul ! Sa mère le regarde avec un grand étonnement, car il n’a jamais lassé ses chaussures tout seul. Il est trop petit pour ça !
Il prend son sac avec une attitude décisive et il est prêt à partir.
La mère l’interroge : « Où vas-tu mon petit ? »
Alors il lui répond : « Je vais chercher le coupable de ce tremblement de terre ! »

Que penser de cette histoire ?
Je dirais qu'un enfant de 3 ans raisonne mieux que nous et il a du courage, de l’audace et de la spontanéité.
Il est direct pour chercher la solution.
Il n’hésite point.
Il n’a même pas l’idée de l’intérêt économique, politique, médiatique et scientifique.
Spontanément il sait ce qu’il doit faire !
Qu’est-ce qu’il comprend vite !
Droit à l’essentiel.
Ces enfants tout neufs sont sensibles, mais hélas aussi sensibles à la radioactivité !

Ces enfants ne sont absolument pas coupables dans ces catastrophes humaines et ce sont eux qui prennent 10 voire même 20 fois plus de risques.
C’est vraiment injuste !
Ils respirent l’air à des niveaux de radiation extrêmement élevés en ce moment même !
En attendant des discussions politiques, économiques et administratives de toutes sortes de la part des adultes, ils vivent ces risques sans le savoir.
Ils ne crient pas pour leurs risques de cancers où malformations !

Qu’est ce qui est le plus important maintenant ?
Question de la Vie, vie de l’humain. S’il n’y a pas de respect pour la vie, nos vies, c’est évidemment que nos vies ne peuvent pas continuer.

Le problème le plus grave c’est que ces enfants vivent dans une zone de niveaux de radioactivité identique à celle de la zone interdite de Tchernobyl.

J’ai de l’espoir pour ces enfants, ces enfants de la catastrophe qui sont en train de grandir avec leur cœur plein d’eau !
Alors je cherche ce que je peux faire pour eux.

J’ai entendu, d’après l’expérience de Tchernobyl, si l’enfant peut quitter ne serait-ce qu’un mois des vacances de cette radiation, sa vitalité revient. »
 
 

Pour répondre à sa question, il se trouve que c’est vrai : des enfants vivant dans les régions contaminées de Tchernobyl sont accueillis chaque année en France par des familles d’accueil bénévoles. Et ces enfants en profitent pour retrouver de la vitalité et se décontaminer en mangeant de la nourriture saine (1).
 
Pour ce qui concerne les enfants japonais, il n’existe pas encore, à ma connaissance, d’association constituée, mais des personnes se sont spontanément portées volontaires pour faciliter les rencontres et les échanges.
 
L’une d’elle s’appelle Gérard Mannig, et je reproduis ici intégralement le message qu’il m’a transmis. Vous pouvez également consulter son blog.
 
Recherche familles d'accueil

Vous ne pouvez qu'être sensible au drame qui se déroule sous nos yeux au Japon. Notez que nous ne disons pas "Fukushima" mais bien "Japon" tant les limites géographiques de l'indicible reculent d'heure en heure. Mais cela, ce n'est évidemment pas les médias officiels qui nous l'enseignent.

Que vous souhaitiez participer à ce projet humanitaire ou non, merci de faire suivre ce courrier à qui vous jugez bon. Si vous avez en tête des destinataires souhaitables de ce courrier qui doivent être portés à notre connaissance,
contactez-nous!

L'heure est à l'action. La seule action concrète que nous puissions valablement faire, dans la mesure de nos possibilités, est d'organiser l'hébergement des Japonais qui nous en feraient la demande. Pour cela, il nous faudra, naturellement, des familles d'accueil. Quel que soit le pays.

L'urgence du moment est donc de faire appel aux bonnes volontés.
Nous demandons donc aux familles volontaires de se signaler à nous dès que possible.

Si vous voulez prêter votre toit:
et si vous voulez simplement déposer une offre d'hébergement
- envoyer votre offre à hebergements_Japon_2011@yahoogroupes.fr
si vous ne voulez qu'examiner les offres d'hébergement
Il existe un moteur de recherche depuis
et si vous souhaitez recevoir automatiquement toutes les offres/demandes d'hébergement par Mail :
- allez sur
et cliquez sur le bouton bleu intitulé " Rejoindre ce groupe"
- ou envoyez un mail vide à
hebergements_Japon_2011-subscribe@yahoogroupes.fr

Vous recevrez en retour la charte de ce groupe (règles d'auto-discipline) et quelques conseils d'écriture.

IMPORTANT :
Naturellement, il vous est possible de quitter ce groupe tout aussi facilement que vous y êtes entré(e). Voir
http://fr.groups.yahoo.com/group/hebergements_Japon_2011/


Vous n'avez aucune possibilité d'hébergement ?
Si vous pensez pouvoir aider d'une quelconque manière — je dis bien : quelconque — à la réalisation de ce projet, merci de nous contacter. Je pense prioritairement à des interprètes/traducteurs EN-JA ou FR-JA, bien sûr, mais il y aura tant à faire... Ce peut être (deux exemples parmi tant d'autres) aider à la recherche d'une salle de réception pour organiser une rencontre festive entre réfugiés (seuls et leurs hôtes) ou pratiquer du voiturage pour les véhiculer.

CONTACT
Autrement, nous sommes joignables:
- sur Skype : okinawa761
- sur MSN :gerard.mannig@hotmail.com (ne rien envoyer par mail à cette adresse)

Merci à l'avance de tout ce que vous ferez, même si cela se réduit à un échange d'emails ! Les petits ruisseaux...

 
Une autre personne se propose d’aider à l’accueil de Japonais en France, il s’agit de Philippe Denis, que vous pouvez contacter par mail (philippe.denis38 (a) wanadoo.fr) ou par téléphone (04 73 97 57 72).
Voici une copie de l’article qui lui a été consacré dans le site radioscoop :
 auvergnat-article-radioscoop.jpg

Par ailleurs, un autre site permet de s’inscrire sur une liste pour se proposer comme famille d’accueil, "Couchsurfing" :
 
Enfin, au Japon, des mères se sont organisées afin de sauver les enfants des radiations. Elles ont créé un site portail pour aider les parents qui souhaitent réduire les risques de contamination de leurs enfants. Ce site est en anglais ou en japonais, mais allez le visiter avec une traduction automatique, il vous donnera beaucoup d’informations sur ce que vivent les Japonais au jour d’aujourd’hui.
Les responsables de l’association « Moms to Save Children from Radiation » (MSCR) sont Hideko Wada, Yumiko Iijima, Yoshimi Takizawa et Makiko Ohgiya. Elles ont besoin de votre soutien. Vous pouvez les contacter en langue anglaise à cette adresse :
Le site du MSCR : http://mscr2011.jugem.jp/?eid=6
 
 

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  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
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Agenda

Du 19 au 28 juin

Exposition "Le Japon - Fukushima pour l'avenir"

Adresse : cinéma Les Variétés à Marseille

Présentation de l'exposition : cliquer ici

Cette exposition collective rend hommage à la tragédie du 11 mars 2011 au Japon et à la mémoire de ses victimes. Elle regroupe 10 artistes sur cet événement qui s'engagent contre l'oubli de cette triple catastrophe et qui transmettent à travers leurs œuvres leurs réactions, leurs sentiments, leurs émotions, leurs messages.

 

 

Outil de traduction gratuite de site Internet

Actualités sur Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

The Watchers of Fukushima

Presse japonaise anglophone  

NHK en français

.

« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

Infos en direct

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radioactivité Tokyo Radioactivité

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 cumulée

 du japon

 

radfuku Mesure des radiations

 dans la préfecture

 de Fukushima :

 

Aider le Japon maintenant

"Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement"

Un livre essentiel alors que la catastrophe de Tchernobyl a commencé il y a 29 ans.

Télécharger la version française ici.

 

 

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