29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 00:20

Il y a un mois, j’ai adressé à chaque candidat républicain un questionnaire concernant Fukushima. Voici les réponses de ceux qui ont accepté de participer à cette tribune. Pour permettre à tous les candidats de s’exprimer, cette page sera mise à jour régulièrement jusqu’au jour de l’élection présidentielle.

 

(Précision : l’ordre des candidats est celui qui a été déterminé par le Conseil Constitutionnel)

 

 

Mme Eva Joly (Europe Ecologie Les Verts)

 

1. Quelle a été votre première pensée quand vous avez appris qu’une centrale nucléaire avait explosé au Japon ?

 

L’effroi d’abord. Ensuite, une inquiétude tenace, à laquelle il était impossible d’apporter une réponse. Elle a été longue et elle n’a pas disparu aujourd’hui encore. Car on ne savait pas ce qui se passait vraiment, donc il était  difficile de comprendre les conséquences avérées ou potentielles.

 

2. Que pensez-vous de l’annonce de l’arrêt à froid des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en décembre dernier par le gouvernement japonais ?

 

Que c’est une belle tentative de manipulation. L’arrêt à froid est un terme qui s’applique pour un réacteur dans un état normal. En l’occurrence, cela ne signifie rien. C’est plutôt un slogan qui cherche à masquer la réalité puisque personne ne sait exactement l’état de la situation : où est le corium ? pourquoi la température a réaugmenté temporairement dans le réacteur numéro 2 ? pourquoi n’y a-t-il que 60 cm d’eau dans le réacteur 2 quand on en attendait plusieurs mètres ?...

 

La réalité est que nous ne savons pas l’essentiel. Cela vaut pour les réacteurs, mais aussi pour les piscines, notamment celle du réacteur 4. J’ai appris récemment, avec effroi, que si la piscine du réacteur 4 est restée remplie d’eau, cela est le pur fruit de la chance. En effet, il y avait une fuite, totalement fortuite, avec un autre bassin surélevé. Cette fuite au niveau de la porte de séparation des deux bassins n’aurait pas dû exister. C’est elle qui a permis d’éviter le scénario catastrophe d’un embrasement des barres de combustible. Mais la question de la piscine du réacteur 4 est loin d’être résolue : il y a des raisons importantes de rester inquiets, tant sa fragilité est grande.

 

Il nous faudra des décennies pour déconstruire la centrale. Alors seulement, on pourra dire que la catastrophe est finie.

 

3. Que pensez-vous de l’idée de la création d’une commission d’experts internationaux qui prendrait en charge le suivi du site de Fukushima ?

 

Je suis favorable au développement d’une expertise internationale, pour Fukushima, et pour le nucléaire en général. Il faut multiplier les sources d’expertises, avec différents types d’indépendances (vis-à-vis du politique, vis-à-vis des puissances économiques, vis-à-vis des fiertés nationales…) et avec de la transparence. C’est le seul moyen de créer des débats d’experts contradictoires seuls à même de renforcer la sûreté.

 

Aujourd’hui, en France, on se gargarise d’une expertise « indépendante », mais elle n’est ni plurielle, ni contradictoire, ni transparente, ni indépendante en de nombreux points (pressions économiques d’entreprises publiques, porosité avec l’industrie nucléaire, prédominance des grands corps d’Etat…).

 

4. Pensez-vous que les femmes de Fukushima ont raison de se mobiliser pour avoir les moyens d’évacuer leurs enfants des zones contaminées ?

 

Evidemment. J’ai rencontré certaines de ces femmes, quand je me suis déplacée à Fukushima. Cela m’a bouleversé. L’ennemi invisible de la radioactivité change votre regard sur le monde : comment se protéger et protéger les êtres qu’on aime le plus au monde ? comment y échapper ? comment être sûr que l’on y échappe ? Ce sont des questions très concrètes, qui amènent des familles à se séparer ou à quitter définitivement leur vie passée. C’est humainement dramatique.

 

Le discours, largement relayé en France, selon lequel la radioactivité diffuse du type de celle rencontrée autour de Fukushima n’aurait pas d’impact sur la santé m’est insupportable. Certains affirment même que les impacts sanitaires sont liés au stress, une sorte d’effet placebo ! C’est mépriser ces populations victimes, qui n’ont rien demandé, et qui paient un prix élevé. Et c’est mépriser les sciences et des centaines ou milliers d’études, de multiples origines disciplinaires, qui montrent le contraire. Les parangons du nucléaire sont la caricature du positivisme productiviste qui refuse de croire à la faillibilité de l’homme : une dose d’humilité leur ferait beaucoup de bien. 

 

5. Suite à la catastrophe nucléaire, des Japonais ont quitté leur pays car ils ne s’y sentent plus en sécurité. Seriez-vous favorable à la création d’un statut international de réfugié environnemental ?

 

Oui. Cela s’appliquerait pour le cas du nucléaire, mais également pour les réfugiés climatiques. Ou bien ceux victimes de l’exploitation des ressources naturelles.

C’est dramatique d’en être arrivé à un tel impératif…

 

6. Lors de la catastrophe, le gouvernement japonais a fait évacuer une zone de 20 puis de 30 km en utilisant des cercles concentriques autour du site nucléaire. En France, en cas d’accident nucléaire, les Plans Particuliers d’Intervention prévoient l’évacuation d’une zone de 2 km, et le confinement de la population dans un rayon de 10 km. Pensez-vous que ces mesures de sécurité soient suffisantes ?

 

Evidemment non. Nous demandons un renforcement drastique des procédures (en particulier des PPI), une amélioration de la transparence et des pouvoirs des Commissions Locales d’Information.

 

La sûreté et la sécurité doivent être drastiquement renforcées à court terme, bien au-delà des recommandations de l’ASN. Mais la seule véritable solution pour supprimer le risque est de sortir du nucléaire.

 

7. La catastrophe de Fukushima vous a-t-elle fait évoluer sur l’idée que vous vous faisiez de la sûreté nucléaire ?

 

Non, pas fondamentalement. Je suis confortée dans mes idées, et dans la conviction qu’il y a urgence à agir. Je ne cesse de me battre pour cela.

 

8. Selon vous, pourquoi n’a-t-on jamais demandé aux Français quelle énergie ils voulaient utiliser en priorité ? Seriez-vous favorable à l’organisation en France d’un débat national sur l’énergie suivi d’un référendum afin que la population choisisse en connaissance de cause les risques qu’elle est prête à assumer ?

 

Car le nucléaire a d’abord été une entreprise militaire, et que le nucléaire civil s’est imposé en conséquence, à la fois à des fins de justification des moyens nécessaires au nucléaire militaire et pour prouver que le nucléaire allait dans le « sens du progrès ».

 

De plus, la France est largement dirigée par une administration composée par les « Grands corps d’Etat » (corps des Mines, corps des Ponts notamment). Je pense que ces serviteurs de l’Etat sont persuadés d’agir pour le bien commun. Ils sont aussi persuadés que les enjeux complexes dépassent les capacités des citoyens. Ce qui est évidemment dangereux et absurde.

 

La France n’a jamais eu de débat réel sur l’énergie. Jusqu’à peu encore (peut être est-ce encore le cas ?), nos dirigeants sont persuadés qu’énergie est synonyme d’électricité, donc de nucléaire. Ils ont découvert, sans tout comprendre d’ailleurs (souvenez-vous du débat entre M. Sarkozy et Mme Royal il y a cinq ans), que le nucléaire ce n’est que 17% de l’énergie finale en France, et 2,2% de l’énergie finale dans le monde.

 

Nous avons besoin de faire de l’enjeu énergétique une question de société, dans lequel la question nucléaire fait partie, mais ne s’y résume pas. Nous pourrons montrer comment les énergies renouvelables et surtout les réductions de consommations par l’efficacité et la sobriété sont autrement plus puissantes que le nucléaire. Nous pourrons montrer que la lutte pour la protection du climat et la réponse à la raréfaction des ressources fossiles n’ont pas besoin du nucléaire. Nous pourrons montrer, bien au contraire, que le nucléaire porte un risque insupportable pour un bénéfice négligeable et qu’il bloque les alternatives.

 

Nous pensons qu’un référendum risquerait de simplifier à outrance la question de la transition énergétique et qu’une grande loi d’orientation permettrait davantage de garantir et de concrétiser la sortie du nucléaire et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

9. Souhaitez-vous ajouter autre chose sur le sujet de la catastrophe de Fukushima ?

 

Les conséquences de cette catastrophe, je les ai vues de mes yeux. Je les garde en mémoire et elles font partie de ces souvenirs révoltants qui me donnent le courage de continuer à me battre.

 

 

 

M. Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire)

Réponse non communiquée

 

 

M. Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)

Réponse non communiquée

 

 

M. Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste)

 

1. Quelle a été votre première pensée quand vous avez appris qu’une centrale nucléaire avait explosé au Japon ?

 

Que l’horreur absolue était en train d’arriver

 

2. Que pensez-vous de l’annonce de l’arrêt à froid des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en décembre dernier par le gouvernement japonais ?

 

C'est une annonce politique à la tonalité rassurante qui ne correspond pas à la réalité et confine à la désinformation. Dans le cas des trois réacteurs de Fukushima, l’arrêt à froid signifie que l’eau est en-dessous de 100°C et que le risque d’une reprise de la réaction de fission est écarté. Cependant beaucoup d’inconnues demeurent sur l’état des réacteurs : leur combustible a fondu et a formé un corium qui est tombé au fond de la cuve, puis l'a probablement traversée.. Personne ne sait aujourd'hui où se trouve  exactement ce corium et nul ne peut présager de ce qui va se produire dans les semaines, mois ou années à venir.

 

3. Que pensez-vous de l’idée de la création d’une commission d’experts internationaux qui prendrait en charge le suivi du site de Fukushima ?

 

Nous n’avons pas confiance dans les « experts » internationaux qui sont pour la plupart inféodés au lobby nucléaire et en particulier les « experts » français. Si une telle commission devait être créée, elle devrait comprendre pour moitié au moins, des scientifiques militants dans les groupes d’opposition au nucléaire. Ce ne sera jamais le cas. Les japonais ne doivent compter que sur leur mobilisation et sur notre solidarité pour pousser les autorités à dire la vérité qui est connue des opérateurs.

 

4. Pensez-vous que les femmes de Fukushima ont raison de se mobiliser pour avoir les moyens d’évacuer leurs enfants des zones contaminées ?

 

Bien entendu !

 

5. Suite à la catastrophe nucléaire, des Japonais ont quitté leur pays car ils ne s’y sentent plus en sécurité. Seriez-vous favorable à la création d’un statut international de réfugié environnemental ?

 

Absolument

 

6. Lors de la catastrophe, le gouvernement japonais a fait évacuer une zone de 20 puis de 30 km en utilisant des cercles concentriques autour du site nucléaire. En France, en cas d’accident nucléaire, les Plans Particuliers d’Intervention prévoient l’évacuation d’une zone de 2 km, et le confinement de la population dans un rayon de 10 km. Pensez-vous que ces mesures de sécurité soient suffisantes ?

 

Elles sont tout simplement ridicules. Le gouvernement français a toujours fait preuve d’une inconséquence dramatique et potentiellement meurtrière en la matière.

 

7. La catastrophe de Fukushima vous a-t-elle fait évoluer sur l’idée que vous vous faisiez de la sûreté nucléaire ?

 

Non, nous étions déjà profondément antinucléaires et ne nous faisions aucune illusion sur la sûreté. Hélas nous avions raison.

 

8. Selon vous, pourquoi n’a-t-on jamais demandé aux Français quelle énergie ils voulaient utiliser en priorité ? Seriez-vous favorable à l’organisation en France d’un débat national sur l’énergie suivi d’un référendum afin que la population choisisse en connaissance de cause les risques qu’elle est prête à assumer ?

 

En réponse à la 1ère question, la raison est simple : nous évoluons dans une fausse démocratie dirigée en fait par le marché, les grands groupes et la classe politique à leur service. Les gens sont réduits à de simples électeurs pour ceux qui dirigent et décident et ne sauraient être considérés en tant qu'acteurs.

Sur le 2ème point : imaginer un vrai débat public national où toutes les positions auraient la même liberté de s'exprimer est d'une grande naïveté : aujourd'hui le pouvoir est totalement inféodé à Aréva et aux multinationales dont l'intérêt est de vendre des centrales nucléaires coûte que coûte. Les drames que le nucléaire provoque ne sont pour ces gens-là que des dégâts collatéraux nécessaires. Dans ce contexte, l'organisation d'un référendum est une mascarade de démocratie. Non seulement c'est un leurre de penser que les gens pourraient décider en connaissance de cause tant la propagande menée par les classes dirigeantes est puissante, mais ça devient un mensonge de laisser croire que ces mêmes classes dirigeantes respecteraient le résultat du vote si celui-ci leur était défavorable. (cf. le traité constitutionnel européen).

 

Pour nous, en France (comme dans le monde entier d’ailleurs) nous devons imposer la sortie du nucléaire par nos mobilisations qui devront être encore plus massives que vient de l'être la chaîne humaine du 11 mars. Pour nous y aider, les partis politiques devraient faire des propositions crédibles pour sortir du nucléaire et montrer que c’est techniquement et socialement possible. C’est ce que fait le NPA en popularisant un plan de sortie en 10 ans argumenté et chiffré.

Au NPA, nous ne nous retranchons pas comme certains derrière une proposition de référendum pour masquer notre absence de position sur la question.

 

9. Souhaitez-vous ajouter autre chose sur le sujet de la catastrophe de Fukushima ?

 

Oui, après la catastrophe de Fukushima où rien n'est définitivement sous contrôle, et malgré les efforts des travailleurs japonais qui tentent au péril de leur vie, d'empêcher un désastre encore plus grand, l'humanité est toujours sous la menace du pire. Cette tragédie a révélé au monde de façon encore plus évidente l'urgence absolue à se mettre à l'abri des méfaits du nucléaire. Accidents aux conséquences gravissimes, effets de la radioactivité sur la santé, production de déchets hautement nocifs et ingérables, énormes difficultés pour le démantèlement des centrales, pollution des rivières indispensables au refroidissement des réacteurs, production d'armes nucléaires..., les raisons de sortir du nucléaire sont multiples.

Il faut une voix pour le crier et dire qu'il est tout à fait possible de sortir rapidement du nucléaire. Hélas, à l'exception de quelques associations, le NPA est bien seul dans le monde politique pour faire des propositions en ce sens. Nous continuerons néanmoins et invitons tous ceux qui le souhaitent à prendre connaissance de notre scénario de sortie en 10 ans à cette adresse : http://www.npa2009.org/content/8-pages-npa-comment-sortir-du-nucl%C3%A9airepdf

 

 

Mme Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)

Réponse non communiquée

 

 

M. Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès)

Réponse non communiquée

 

 

M. François Bayrou (Mouvement Démocrate)

Réponse non communiquée

 

 

M. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

Réponse non communiquée

 

 

M. François Hollande (Parti Socialiste)

Réponse non communiquée

 

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:37

Après le premier essai infructueux du 19 janvier 2012 pour essayer de mesurer le niveau de l’eau dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2, Tepco a réalisé hier une deuxième tentative qui cette fois a porté ses fruits.

fukushimareactor2CV-March12Mais les nouvelles sont très mauvaises. Alors que l’opérateur évaluait la hauteur de l’eau de refroidissement à 3 m, elle a constaté une hauteur de seulement 60 cm en fond de cuve de confinement. Cette nouvelle mesure, implacable, nous rapproche à nouveau du « scénario du pire », et cela le jour même, ironie du sort, où le candidat Nicolas Sarkozy affirme que l’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire (1).

 

 

source image

 

Cette image du Mainichi Daily News représentant grossièrement la coupe du réacteur n°2 est totalement surréaliste, montrant le corium comme une matière inerte qui se serait sagement confinée en fond de cuve de réacteur (RPV) et en fond de cuve de confinement (PCV). Elle essaie de faire croire aux Japonais que la situation est toujours sous contrôle alors qu’il n’en est rien.

 

Pourquoi ?

1) Parce qu’elle ne montre pas le percement du fond de la cuve du réacteur

2) Parce qu’elle ne montre pas le creusement du fond de la cuve de confinement.

3) Parce qu’elle ne montre pas les dégâts occasionnés par l’explosion qui s’est produite dans la piscine torique le 15 mars 2011 à 6h10 et qui lui a fait perdre son étanchéité.

4) Parce qu’une hauteur d’eau de 60 cm est ridicule pour refroidir une masse de 94 tonnes de combustible fondu.

5) Parce que la température de 48,5~50°C des 60 cm d’eau en fond de cuve semble incompatible avec la présence de corium qui a une décroissante thermique extrêmement lente.

 

n2bVoici une infographie plus réaliste mais tout aussi improbable, celle de NHK, qui place le niveau de l’eau de la cuve de confinement à hauteur de l’ouverture des tuyaux descendant vers la piscine torique, mais qui garde de l’eau en fond de cuve de réacteur alors que celui-ci est percé… Le corium quant à lui n’est pas représenté.

 

 

 

 

 

Schéma NHK du réacteur 2

 

 

 

 

Tepco injecte actuellement 9 tonnes d’eau par heure dans le réacteur, soit 2,5 litres par seconde. Où va cette eau ? Elle se déverse probablement dans la piscine torique, puis va se perdre dans les sous-sols fracturés de la centrale, avant d’être à nouveau partiellement pompée pour être retraitée. On ne peut pas vraiment parler de circuit fermé comme on essaie de nous faire croire.

 

barrageévacuationdeseaux

L’eau contaminée du sous-sol pourrait-elle rejoindre l’océan par les innombrables canalisations souterraines reliant la centrale à la côte ? (source du plan : Tepco)

 

Où se trouve le corium ? Les températures relevées dans l’enceinte de confinement laissent supposer qu’il ne doit plus être là. Selon Gen4, « la vérité est que les coriums ont depuis longtemps perforé la cuve réacteur (RPV), le confinement primaire (cuve PCV) et secondaire (le radier en béton ou une variante par l'anneau de surpression) et qu'ils se sont finalement réfugiés quelque part sous les bâtiments ». (lien)

 

tepco.jpg

Schéma Tepco

 

Il est même possible que le corium, dans l’hypothèse où il a pris le chemin de la piscine torique par les tuyaux de bas de cuve (2), ait plongé dans l’eau du réservoir circulaire, provoquant une explosion de vapeur, et non une explosion d’hydrogène. Cette hypothèse a d’ailleurs sans doute été retenue par l’IRSN qui, pudiquement, indique une explosion dans la piscine torique du réacteur 2 en précisant qu’il ne s’agit pas d’une explosion d’hydrogène.

 

Tepco, qui n’aime pas dire les choses comme elles sont, préfère carrément nier cette explosion, se déresponsabilisant ainsi de la perte d’un corium dans la nature, évènement qui n’est jamais arrivé dans l’histoire mondiale du nucléaire et qui fait partie du « scénario du pire ».

 

 

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 (1) Discours du 26 mars 2012 à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux : « C’est un accord électoral entre des gens sectaires qui profitent de l’accident de Fukushima, qui n’est pas un accident nucléaire, pour jouer sur les peurs et pour casser le nucléaire français ».

On peut l’écouter ici à 9:39 : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=321997

 

(2) Les ouvriers de Tepco le pensent : http://fukushima-diary.com/2012/03/fukushima-worker-assumes-melted-fuel-has-gone-into-suppression-chamber/#.T3B7Ejw0_Lg.facebook

 

 

 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 23:09

 hiroshima-lanterns-resized-copie-1.jpgHiroshima et Fukushima.

Comment ne pas relier les deux évènements ? La fission de l’atome, la pluie noire, le césium, la contamination interne, la maladie, l’exclusion, la souffrance.

Voici le témoignage d’une survivante d’Hiroshima, Bun Hashizume, traduit par Pierre Régnier. Dans les moments les plus critiques, elle a toujours gardé la foi en l’humanité et en la bonté de chacun, trouvant les ressources qui lui ont permis de surmonter l’insurmontable.

Une leçon de vie et d’espoir pour tous les Japonais touchés par la catastrophe de Fukushima.

 

(Texte en japonais et en anglais plus bas) 



Témoignage de Hashizume Bun, survivante d’Hiroshima

29 mars 2011                                   


« Je suis une « atomisée » rescapée du bombardement d’Hiroshima. J’habite à Tôkyô. J’ai 80 ans.
Le 11 mars 2011, lorsqu’a eu lieu le Grand Tremblement de Terre du Nord-Est du Japon suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, j’étais en train d’écrire un livre sur le bombardement atomique survenu soixante-six ans auparavant et sur la vie de la population civile d’Hiroshima avant et après le bombardement. J’avais déjà rédigé la majeure partie de cet ouvrage, mais accablée par la douleur que provoqua en moi l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima, j’ai voulu finir la rédaction du dernier chapitre sur le lieu même du bombardement atomique, à Hiroshima, ma ville natale.

Tard le soir, en foulant le sol d’Hiroshima, je sentais un lourd fardeau peser sur mes épaules et, pendant un temps, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre. A chaque fois que je revenais à Hiroshima, j’avais pour habitude de commencer par me rendre à pied au mémorial pour les morts situé dans le Parc de la Paix et de discuter avec les membres de ma famille qui se trouvent là, ainsi qu’avec mes amis, ou de simples connaissances, et avec tous ceux qui sont morts ce jour-là dans une horreur qui dépasse l’entendement. Mais cette fois-ci, plutôt que de prier, je leur ai demandé :


            Donnez-moi encore pour un temps la santé,
            Donnez-moi de la force,
            Dites-moi ce que je peux faire, guidez-moi s’il vous plaît.

Ce jour-là, j’ai été atomisée à 1,5 kilomètre de l’hypocentre de la bombe. J’ai été très gravement blessée et j’ai frôlé la mort mais j’ai pu survivre grâce à l’aide de trois personnes qui m’ont sauvé la vie.
Lorsque nous vivions dans les baraques, je souffrais de maladies fulgurantes dues à la radioactivité telles que, par exemple, de fortes fièvres, des saignements de nez et des gencives, de terribles diarrhées et vomissements, des taches pourpres sur tout le corps ou la perte des cheveux. Pourtant, là encore miraculeusement j’ai pu survivre. Cependant par la suite et jusqu’à aujourd’hui, j’ai souffert de nombreuses maladies et il n’est pas un seul jour où j’ai été en bonne santé.

Parmi toutes les maladies, un des maux les plus pénibles est le « chancellement des atomisés ». Cette maladie se manifeste par un état d’épuisement difficilement supportable.
Plusieurs fois j’ai imploré le médecin « Docteur, ne serait-ce qu’une journée ou même une heure, faites-moi me sentir fraîche et légère. » Mais cela ne s’est jamais réalisé. En allant me coucher le soir, je priais Dieu, « Faites que je ne me réveille pas demain matin. »

Toutes ces maladies étaient dues à l’irradiation interne. Toutes les substances contaminées par la radioactivité que nous avions ingérées, notamment l’eau que nous avions bue, la nourriture ou l’air, ces substances continuent sans cesse leur réaction à l’intérieur même de l’organisme et bouleversent les gènes. Cela se poursuit jusqu’à la mort.
Finalement, récemment on en parle dans les médias : le césium qui détruit les fibres musculaires serait à l’origine du « chancellement des atomisés », et c’est ici, à Hiroshima, que je l’ai appris tout dernièrement.
Ceux qui ce jour-là étaient sous la pluie noire, ceux qui sont entrés dans la ville pour venir secourir les victimes ou chercher des proches, mais pas seulement les victimes de la bombe, tous les atomisés victimes des essais nucléaires, des accidents des centrales, tous ceux-là sont victimes d’irradiations internes.

L’irradiation interne a toujours été sciemment dissimulée. Maintenant, du fait de l’accident de la centrale de Fukushima, enfin, on voit apparaître le terme « irradiation interne », mais on ne voit quasiment aucune explication précise de ce dont il s’agit.
Sans doute parce qu’alors il ne serait plus possible de continuer à développer l’exploitation des centrales nucléaires.

« L’énergie nucléaire est une énergie propre », « l’énergie rêvée » entendait-on à une époque mais, après les accidents des centrales de Tchernobyl et de Three Mile Island, on l’entendait un peu moins.
Cependant, ces dernières années, beaucoup de pays dans le monde se sont remis à la course à la construction de centrales nucléaires. On a appelé cela « la Renaissance des centrales nucléaires ». Voyant cette évolution, j’ai alerté sur le fait qu’inévitablement, dans un futur pas bien lointain, il y aurait quelque part sur terre un accident dans une centrale nucléaire.
Cela se produit actuellement dans mon pays et qui plus est, chaque seconde, il y a des fuites ininterrompues de substances radioactives très concentrées. Il n’y a pas de moyen pour stopper cela de façon sûre et l’on ne peut prévoir quand cette situation critique prendra fin.
Au Japon, pays de petite superficie et situé en zone sismique, il y a plus de 50 réacteurs nucléaires. De plus, ils sont regroupés et établis sur des plaques produisant de nombreux tremblements de terre, régions à faible population.
Par ailleurs, à Fukushima, dans la centrale numéro 1 de Fukushima, il y a six réacteurs qui forment une chaîne s’enfonçant dans la spirale du danger. En outre, à la centrale numéro 2 de Fukushima, il y a aussi quatre réacteurs qui ont subi des dommages. Après le grand tremblement de terre du Nord-Est, le 15 mars, il y a eu un grand tremblement de terre à Shizuoka. On dit que, dans première moitié de ce siècle, se produira inévitablement Le Grand Tremblement de Terre du Tôkai et de la Baie de Suruga. C’est là que se trouve l’une des centrales majeures qu’est celle de Hamaoka.
Sur la zone très sismique de la côte de la Mer du Japon, les centrales nucléaires sont nombreuses, en particulier dans la préfecture du Fukui que l’on appelle « le Ginza des centrales nucléaires » (en référence au quartier très animé et dense de Ginza à Tôkyô).

À la population du Japon,
Est-ce une bonne chose que le Japon, victime des bombes atomiques soit devenu le pays coupable d’une telle émission de radioactivité ?
Il n’y a plus de temps à perdre. Agissons pour que soient arrêtées les centrales actuellement en activité.
Aux populations du monde entier, je vous en prie, apportez-nous votre soutien.
Demandons haut et fort que sur la Terre, naturellement, il n’y ait plus de construction de centrales nucléaires, mais aussi que l’on stoppe toutes les centrales en activité et que soient reclassés les réacteurs nucléaires.

En tant qu’atomisée de la bombe, j’ai lutté contre le nucléaire au Japon et à l’étranger. Cela parce qu’il y a la menace que la vie sur Terre soit détruite, non seulement par les bombes atomiques ou les bombes à hydrogène, mais aussi par les centrales nucléaires.
Même lors de leur fonctionnement ordinaire, les centrales nucléaires rejettent de petites quantités de particules radioactives qui contaminent la mer, l’air et le sol. La dangerosité de ces rejets de particules radioactives en faibles quantités est occultée.

Il n’y a pas que l’être humain qui ait reçu la vie sur Terre. N’est-il pas indécent que l’être humain, pour son propre bénéfice, sacrifie les autres espèces vivantes ?
Ouvrir la voie vers une vie en harmonie avec la nature ne devrait-il pas être la sagesse humaine ?
Par ailleurs, nous qui vivons entre le 20ème et le 21ème siècle, nous ne nous sommes vus confier qu’un court laps de temps dans la longue histoire de l’humanité. Est-ce que nous ne sommes pas simplement supposés passer le relais entre nos aïeux et les générations à venir ?

Nous, les atomisés des bombardements ainsi que les atomisés des accidents des centrales nucléaires et des essais nucléaires, avons souffert toute notre vie ; de même, les atomisés de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima souffriront désormais sans cesse.
On voit tous les jours dans les médias les gens endurer des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés.
Et en voyant des nourrissons innocents et des enfants ne pas perdre leur vitalité même dans de telles conditions, j’ai le cœur meurtri mais j’y vois en même temps un espoir.
La radioactivité est particulièrement nocive pour les enfants et empêche leur croissance.


            La radioactivité ne connaît pas les frontières.
            Pour secourir les enfants qui sont l’avenir,
            Tous ensemble, dans le monde entier,
            Donnons-nous la main et levons-nous contre le nucléaire »

 

 

source : http://autreinfo.free.fr/Fukushima.htm

 

 

 

 

Qui est Hashizume Bun ?

 

Hashizume BunMadame Hashizume Fumiko, Hashizume Bun de son nom de plume, est née à Hiroshima en 1931. A quatorze ans, elle se trouvait à moins d’un kilomètre et demi de l’hypocentre de l’explosion atomique, le 6 août 1945, à 8 h 15. Gravement blessée, elle a survécu miraculeusement non seulement à ses blessures mais aussi à la famine et aux maladies qui s'ensuivirent. Durant plusieurs décennies, comme la plupart des hibakusha (survivants des bombardements atomique), elle ne parvenait pas à évoquer le sujet, se refusant à se remémorer les événements. Elle est finalement parvenue à décrire l'horreur et les conditions extrêmes de la survie après le bombardement en écrivant un livre.

 

A l’âge de 76 ans, elle a engagé toute son énergie pour témoigner à travers le monde du drame humain qu'elle et les siens ont vécu. Elle a notamment fait de nombreuses conférences en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon.

 

Elle est l'auteur de divers ouvrages en japonais, notamment des recueils de poésie.

 

Son autobiographie, témoignage de ce qu'ont vécu les habitants d'Hiroshima, est disponible en langue française : « Le jour où le soleil est tombé - J'avais 14 ans à Hiroshima », 2007, Ed. Cénacle de France, 219 p.

 

 

 

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En savoir plus

 

Autour du témoignage d’Hashizume Bun, survivante d’Hiroshima

 

 

 

Photo entête : lumières d'espoir devant le mémorial d'Hiroshima

(AP Photo/Katsumi Kasahara)

 

 

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Texte original

 

橋爪文さん 「広島から日本のみなさん、世界のみなさんへ」

 

私は広島の被爆者で、東京在住、現在八十歳です。
 二〇一一年三月十一日、東日本大震災が起こり、続いて福島原発事故が発生したとき、私は六十六年前の原爆被爆と、その前後の市民たちの暮らしについて執筆中でした。
 大半を書き終えていた私は、福島原発事故を痛く重く心に抱き、最終章は故郷広島の原爆の原点に立って書き終えたいと思いました。

 夜遅く広島の地を踏んだとき、私は両肩に重い負荷を感じ、一瞬足が前に進みませんでした。
 帰広する度に私は先ず平和公園の慰霊碑に足を運び、碑の中の親族、友人、知人、そしてあの日、想像を絶する惨状の中で死んでいった人びとと対話するのが常でしたが、今回は祈るというよりお願いをしました。
  私に、いましばらくの間、健康を与えてください。
  私に、ちからを与えてください。
  私に、何ができるのか教え、導いてください。

 私はあの日、爆心地から約一・五キロメートルの地で被爆し、瀕死の重傷を負いましたが、三人の人に助けられ生きのびることができました。
 焼け跡でのバラック生活の中で、高熱、鼻や歯ぐきからの出血、ひどい下痢、嘔吐、全身の紫斑、脱毛など、急性の原爆症に苦しめられましたが、このときも奇跡的に生きのびることができました。
 しかし、その後、現在に至るまで、次々とさまざまな病気に苦しめられ、一日として健康体であった日はありません。

 中でも特に辛かったのは、「原爆ぶらぶら病」でした。
 症状は、耐え難いほどの倦怠感です。
 私は医師に何度かお願いしました。
 「先生、一日でも、一時間でもいいですから、爽やかで軽いからだにしてください」
 でも、それは叶いませんでした。
 私は夜寝るときに神に祈りました。
 「明日の朝、目が覚めませんように」

 それらはすべて放射線による内部被曝によって起こりました。
 放射性物質を含んだ水、食物、空気などを体内に取り込むと、その物質が体内で絶え間なく核分裂を起こして細胞を破壊していき、遺伝子を狂わせます。それは死ぬまで続きます。
 最近ようやくメデイアにその名前が出てきた「セシウム」が「原爆ぶらぶら病」の原因で、それが筋肉にダメージを与えると、ここ広島で聞きました。
 あの日、黒い雨に遭った人、救援や人を探しに市内に入った人たち、また原爆だけではなく、核実験、原発事故の被曝者たちもみんな内部被曝者です。

 内部被曝については、ずっと隠蔽されてきました。
 今回の福島原発事故によって、やっと「内部被曝」という言葉が出てくるようになりましたが、それがどういうものかについて詳しい説明はありません。
 原発行政が進められなくなるからです。
 原発がクリーンエネルギー、夢のエネルギーともてはやされた時期もありましたが、チェルノブイリやスリーマイル島の原発事故の後、少し控えられていました。
 それなのに近年、世界の多くの国が競って原発を造ろうとしています。それを原発ルネッサンスなどと呼んでいますね。
 この傾向を見て、私はあまり遠くない将来、必ず地球上のどこかで原発事故が起こると思って警告していました。

 それが現在、私の国で起こり、しかも毎秒高濃度の放射性物質を漏らしつづけています。それを止める確固とした手立てもなく、危機的な状態が終わる見通しはたっていません。
 国土の狭い、地震国の日本に五十基を超える原発。しかも地震多発のプレートの上に、過疎地に集中して建てています。
 今回の福島原発も第一原発には六号機まであり、それらは連鎖して危機に陥っています。
 また、福島第二原発にも一号機から四号機まであり、それらもダメージを受けています。
 東北の大地震のあと三月十五日には、静岡でも大きな地震が起きました。東海、駿河湾の大地震は、今世紀前半に一〇〇%起こるといわれています。しかも直下型。その上には最大級の浜岡原発があります。
 地震の多い日本海側にも原発銀座と呼ばれる福井県をはじめ、多くの原発があります。

 日本のみなさん
 原爆被爆国の日本が放射能発生加害国になっていって良いのでしょうか?
 時間はありません。現在稼働している原発を止めるように働きかけましょう。
 世界の皆さん
 加勢してください。
 そして、地球上に新しい原発を造ることはもちろん、いま稼働しているすべての原発を止め、廃炉にするように声を上げましょう。

 私は被爆者として国の内外で反核を訴えてきました。それは原爆・水爆だけではなく、原発が地球上の生命を滅ぼす日が来ることを恐れてのことです。
 原発は正常に稼働しているときでさえ、常に微量の放射性物質を放出し、海、空、土を汚しています。
 微量放射線の危険性についても隠蔽されています。

 地球上に生を受けているのは人間だけではありません。人間が自らの利得のために、他の生物を犠牲にするのは不遜ではないでしょうか?
 自然と調和して生きていく道を拓くのが、人間の英知ではないでしょうか?
 また二十世紀から二十一世紀に生きる私たちは、長い人類史のほんの一刻を与えられているに過ぎません。先達から引き継ぎ、未来へバトンタッチをする、ほんの一刻を預かっているだけではないでしょうか?

 私たち原爆被爆者や、原発事故・核実験などによる被曝者が一生苦しんできたように、福島原発事故による被曝者たちが、これから苦しみつづけることになります。
 避難所での厳しい生活にひたすら耐えている人びとの様子が毎日報道されます。
 そんな中にあっても、無心な乳幼児、活力を失わない子どもたちの姿に、私は心を打たれると同時に、そこに希望を見るのです。
 放射能は、子どもたちに特に大きな被害を与えて、彼らの成長を妨げます。
それなのに、政府や電力会社はこの狭い地震国・日本にさらに十基以上を建て続けるというのです。

 放射能に国境はありません。
未来を拓く子どもたちを救うためにも
 世界中のみなさん
 共に手を取り合って、反原発に向けて立ち上がりましょう。

 

Version anglaise

 

APPEAL OF HASHIZUME BUN, A-BOMB SURVIVOR OF HIROSHIMA,
TO THE PEOPLE OF JAPAN AND THE PEOPLE OF THE WORLD
March 29, 2011

My name is Hashizume Bun and I am an A-bomb survivor of Hiroshima. I live in Tokyo and I am now 80 years old. When the Great Eastern Japan Earthquake occurred on March 11, 2011, which triggered the crisis at the nuclear power plant in Fukushima, I was in the midst of writing about the radiation exposure wrought by the atomic bombing of 66 years ago and about the lives of Hiroshima citizens before and after the blast.

Though much of my writing had already been completed, I was deeply pained by the accident involving the Fukushima nuclear plant and I felt that I would like to conclude my thoughts—and share this conclusion in English as well—from the vantage point of the atomic bombing of Hiroshima, my hometown.

When the earthquake struck, I was in Tokyo; afterwards, I came to Hiroshima. When I reached the A-bombed city, it was late at night and I felt a heavy weight on my shoulders. It took a moment for me to take my first steps.

Every time I return to Hiroshima, I first visit the memorials standing in Hiroshima Peace Memorial Park and I speak to my family members, friends, acquaintances, and other victims who perished in the unimaginable horror of the atomic bombing. This time, however, I asked them to hear my wish, rather than my prayer.

Please enable my health to hold.
Please enable my strength.
Please guide me, and lead me, in my efforts.

On the day of the atomic bombing, I was exposed to the bomb’s radiation at a location 1.5 kilometers from the hypocenter. I was also injured severely, but I managed to survive the blast with the help of others.

After the war, I lived in a makeshift hut in the burned-out city and I suffered from acute symptoms of radiation exposure, including a high fever, bleeding from my gums, dreadful diarrhea, vomiting, purple spots that covered my body, and hair loss. It was a miracle that I again survived.

Since that time, right up to today, I have suffered from a series of illnesses and I have never enjoyed a single day of fine health.

Among the many illnesses, one has been particularly difficult. The symptom of this “A-bomb disease” is unbearable fatigue. I begged my doctor to make me feel fresh and light again, if only for a day, if only for an hour, but it did not happen. When I went to sleep at night, I prayed to God: “Don’t let me wake up tomorrow.”

All this poor health was caused by internal exposure to the bomb’s radiation. Once radioactive materials are ingested in the body through contaminated water, food, or air, these substances continue to be radioactive without end, destroying the body’s cells and damaging genes. This is a lifelong fate.

I did not know until my recent visit to Hiroshima that the substance called “Cesium,” which has been a familiar talking point of the media these days, damages the muscles and induces the awful “A-bomb disease.”

People who were doused by the black rain or entered the city to aid the relief efforts or search for the missing all became victims of internal exposure. And beyond the A-bomb survivors, those who have suffered nuclear tests or accidents at nuclear power plants are also victims of internal exposure to radiation.

Information about internal exposure to radiation has been hidden from the public for a long time. Since the accident at the Fukushima nuclear plant, the expression “internal exposure to radiation” is finally being uttered, but no detailed explanations have been forthcoming. Revealing such information will make it difficult for the government to continue pursuing nuclear energy

Nuclear energy had once been praised as “clean energy,” even “ideal energy,” but this enthusiasm cooled somewhat after the accidents at the nuclear power plants at Chernobyl and Three Mile Island. In recent years, however, many nations have been constructing nuclear power plants and the age has been dubbed a “renaissance” of nuclear energy. As I watched this phenomenon unfold, I couldn’t help but feel that one day, not far in the future, there would undoubtedly be another accident at a nuclear power plant somewhere in the world.

That accident has occurred in my own country, and the crippled nuclear plant is now continuously leaking a large volume of radioactive materials into the environment. There is no foolproof way to stop it, and no end to the crisis is in sight. In the small nation of Japan, which suffers from frequent earthquakes, more than 50 nuclear reactors have been built. These nuclear reactors loom mainly in depopulated areas, on sites within active earthquake zones.

The Great Eastern Japan Earthquake has compromised the six reactors at the nuclear power plant in Fukushima. Experts warn that further earthquakes of this magnitude—earthquakes that will strike in the vicinity of other nuclear power plants—will occur with 100% certainty in the none-too-distant future.

To the people of Japan, I ask: Will we simply accept the fact that Japan, the A-bombed nation, ultimately brings about a catastrophe of worldwide radiation exposure?

Time is of the essence. We must work together to halt the nuclear power plants now in operation. People of the world, join hands and speak out to stop the construction of any additional nuclear power plants, speak out to shut down every nuclear power plant on earth.

As an A-bomb survivor, I have long been opposed to nuclear energy in Japan and internationally. This is because I have feared not only nuclear bombs, but also the possibility that one day nuclear energy would destroy all life on the planet. Even operable nuclear power plants are continuously releasing small amounts of radioactive materials into the environment, contaminating the soil, the sea, and the sky. The danger of these small amounts of radioactive materials is being concealed, too.

Human beings are not the only living things. Is it not arrogance for human beings to sacrifice other living things simply for our own benefit? Would it not be wiser for human beings to seek harmony with nature? Humanity in the 20th and 21st centuries is offered only a moment in the long history of our species. That brief moment has been bequeathed by our ancestors, which we, in turn, bequeath to our descendants.

Like the A-bomb survivors, and the sufferers of nuclear tests and nuclear power plant accidents, the victims of the accident at the Fukushima nuclear power plant will face suffering throughout their lives. The people displaced by the multiple disasters in eastern Japan are braving difficult days in shelters. But even amid such conditions, the children retain their innocence and hope and I am moved and find hope in them.

Radiation is especially damaging to children and their growth. Nevertheless, the Japanese government and electric power companies say they will persist in the construction of more nuclear power plants in Japan, in this small nation continually shaken by earthquakes.

Radiation respects no border. To save our children, the future of our species, I call on the people of Japan, and the people of the world, to stand together and oppose the continuation of nuclear energy.

 

(source des textes japonais et anglais :

http://ameblo.jp/hibakushaglobal/entry-10902685850.html)

 

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 22:26

100femmes 1004okEn ce mois de mars 2012, comme un écho au combat des 100 femmes de Fukushima, un nouvel appel vient d’être lancé, l’Appel des Femmes pour l’Arrêt Immédiat du Recours à l’Énergie Atomique.

 

« Certaines d’entre nous sont connues. D’autres moins. D’autres pas du tout. Certaines sont des militantes de longue date. D’autres ne militeront jamais. Certaines sont des amies proches. D’autres affichent de profonds désaccords entre elles sur quantité de terrains.

Mais, toutes, nous partageons désormais la conviction de la nécessité vitale d’un arrêt immédiat du recours à l’énergie nucléaire. Qu’il s’agisse de production d’électricité ou d’armement (…) »

 

Lire la suite de l’appel, connaître les signataires, signer : une seule adresse !

 

http://www.fairea.fr/

 

 

A cette occasion, je voudrais faire connaître deux témoignages qui m’ont touché, ceux de Cécile et d’Aizen, toutes deux engagées dans la lutte antinucléaire par diverses actions, en particulier l’information. Il n’est pas inutile ni futile de savoir ce que ressentent les gens. Depuis Fukushima, leur vie a changé, et elles ne sont pas les seules à penser et à vivre différemment depuis mars 2011.

 

 

Le témoignage de Cécile

(texte original en anglais ici, traduit par Bibou Gaiga Kaunta)

 

« Je ne suis pas japonaise, et je ne vis même pas au Japon. Mais la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi a changé ma vie ...
Lorsque le tremblement de terre et le tsunami sont survenus, j'ai été choquée et accablée par la tragédie du peuple japonais.
Et puis, c'est arrivé ...
A ce moment là, je ne savais rien du tout sur l'énergie nucléaire. Bien que je sois française,... enfant à l'époque de Tchernobyl, j'étais juste aveugle...
Lorsque Fukushima a commencé, j'étais un adulte. J'ai pu trouver des informations par moi-même. Maintenant, je vois ...
Je vois la souffrance des personnes au Japon ...
Je vois des enfants froidement sacrifiés pour le profit ...
Je vois des parents aux prises avec la peur ...
Je vois le silence étouffant ...
J'entends le cri long et profond de l'homme face à l'injustice ...
Et, juste au-dessus de cette montagne de colère et de douleur, je te vois, mon fils, entouré par l'horreur et le danger ... Le monde était plein de fleurs et de papillons, il est maintenant un endroit pour les radionucléides et les larmes ...
Et c'est de ma faute, parce que je n'ai jamais rien fait pour éviter cela ...
Le 11 mars 2012, comme chaque jour depuis 2011, levons-nous !
... De sorte que tous les gens qui vivent au Japon savent que nous pensons terriblement à eux,
... Afin que tous les différents pouvoirs publics dans le monde sachent que nous ne pourrons jamais pardonner leurs crimes contre le peuple du Japon,
... Nous allons nous battre ensemble pour exiger l'arrêt des centrales nucléaires à travers le monde.
Alors tous nos enfants pourront jouer dans un grand jardin,
plein de fleurs et de papillons ...
C'est peut-être notre dernière chance ... »

 

 

Le témoignage d’Aizen

 

« Cette année a été la plus longue, la plus usante, la plus éreintante que j’ai jamais connue. Je crois que par la force des choses, j’ai enfin appris ce que voulait dire l’expression :

se battre pour une cause qui nous tient à cœur.

(…)

Au delà même de la tristesse que je ressens face à la catastrophe de Fukushima, souvent, ce qui me fait le plus de peine, c’est de constater un déni constant de réalité chez bien des individus. Régulièrement on m’a traitée de fataliste. Mais je ne le suis pas, je suis simplement lucide.

J’aime le Japon plus que quiconque. C’est ma patrie, je suis née là bas, j’ai de la nostalgie, un amour incommensurable pour ce pays. Mais l’amour ne me rend ni aveugle, ni inconsciente.

Les gens ont souvent peur de voir la réalité en face. Ils aimeraient que les choses ne soient pas aussi cruelles, ils espèrent toujours qu’il puisse exister des circonstances atténuantes. Seulement voilà: il ne peut y avoir de circonstances atténuantes face à une catastrophe nucléaire. On peut se battre pour et contre beaucoup de chose, sauf contre la radioactivité.

C’est logique, implacable, mathématique : il faut évacuer les zones contaminées. La limite autorisée pour l’exposition de la population aux rayonnements artificiels, en France est de 1 mSv/an/personne. Je vous laisse faire vous même le calcul des zones potentielles à évacuer au Japon. Relever les limites d’exposition est un crime. Je ne cesserai à jamais de le dénoncer.

Dimanche, je n’ai pas commémoré les 1 an de Fukushima, parce que je n’ai cessé de commémorer toute l’année. 1 an vient de passer mais rien n’est terminé.  J’ai peur qu’après cet anniversaire les gens puissent oublier plus facilement. Tout ne fait que commencer. Le 11 mars 2012, je l’ai passé avec mes proches, dans un recueillement silencieux.

Je ne prie plus depuis longtemps, car je sais que mes prières n’auront jamais aucune influence sur la radioactivité, mais je médite pour évacuer ma rage, mon indignation, ma colère face à ce gouvernement japonais irresponsable et laxiste, face à Tepco qui cache les informations, face à la désinformation dans le monde entier, face aux négationnistes qui constamment se permettent de minimiser les conséquences et la souffrance d’un peuple…

Mais j’évacue mes ressentiments, car pour aider les autres et ce monde, il ne peut y avoir de place pour la haine. Il faut apprendre alors à avoir de la compassion même pour nos ennemis… »

(…)

Lire la suite ici :

Mon combat pour le Japon

 

 

 

 

 

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 00:09
rector4Lors d’une émission intitulée "Morning Bird" sur TV Asahi, diffusée en direct le 8 mars 2012, les Japonais qui pensaient que la catastrophe nucléaire de Fukushima était terminée ont été frappés de stupeur en écoutant une interview d’Hiroaki Koide. « Si la piscine de l'unité 4 fuit, c'est la fin », a-t-il déclaré.
 
 
 
Mais la fin de quoi ? La fin de toute vie humaine possible à 250 km à la ronde autour de la centrale. Le journaliste, Toru Tamakawa, ne précise pas cela, car tout le monde sait que dans ce cas-là, Tokyo devrait être évacué. L’effroi se lit dans les visages.
 
Il y a 1535 assemblages dans la piscine n°4, soit 264 tonnes de combustible.
 
Le journaliste demande si on ne pourrait pas tout simplement construire une autre piscine à côté et transférer les barres de l’une à l’autre. Hiroaki Koide répond que si on sortait les barres à l’air libre, leur radioactivité tuerait immédiatement les hommes qui se trouveraient là.
 
Pour transférer les barres, il faut les insérer dans un caisson de plus de cent tonnes. Mais pour porter ce caisson, il faut une grue géante. Or celle du réacteur a été mise hors d’usage à cause de l’explosion. Il faudra beaucoup de temps pour nettoyer la piscine de ses débris et construire les structures qui permettront le transfert du combustible. Tepco envisage cette délicate manœuvre en janvier 2013.
 
C’est pourquoi les travaux sur l’unité 4 sont la priorité de Tepco. Il faut impérativement réaliser ce transfert avant qu’un séisme important ne vienne détruire la piscine n°4.
 

Traduction & sous-titrage français : Kna
 
 
 
koide.jpgQui est Hiroaki Koide ?
Hiroaki Koide a commencé une carrière d’ingénieur nucléaire, il y a 40 ans. Il avait été attiré par les promesses de l’énergie nucléaire. Cependant, rapidement il a perçu les points faibles du programme nucléaire japonais et a été reconnu comme le critique le mieux informé sur ce programme. Sa critique publique et non contestable lui a valu un purgatoire honorable comme «assistant professor» à l’Université de Kyoto. Il a pu, cependant, continuer une recherche « gagne pain » sur les mesures des radioéléments à l’Institut de Recherche sur les réacteurs de l’Université de Kyoto. Et ce jusque mars 2011.
Depuis le séisme suivi d’un tsunami entraînant des fusions de cœurs à Fukushima Daiichi, il est apparu comme une voix puissante et une figure centrale pour, suite au désastre, relancer le Japon vers d’autres énergies.
Les médias et les citoyens apprécient ses interventions: conférences, consultations et interviews. Il a publié 3 livres, dont le best-steller « Le mensonge de l'énergie nucléaire », qui ont aidé à reconstruire une conscience publique et un débat officiel au Japon.
En savoir plus sur Hiroaki Koide :
 
 
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En savoir plus sur l'énergie nucléaire avec une conférence de Hiroaki Koide :
 
 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 10:54

Livre

 
Le photographe Frédérick Carnet a voyagé au nord de Hokkaido en passant par les régions dévastées par le tsunami et la région de Fukushima où il est resté une quinzaine de jours. Un reportage de son passage dans la région de Fukushima  a été réalisé sur NHK (Voir ici).
A partir des photos réalisées, il programme la sortie d’un livre en collaboration avec Ellen Dietrich, Photo Editor de DIE ZEIT, Jean-François Sabouret, Directeur de Recherche au CNRS, Directeur du Réseau Asie - IMASIE (Institut des Mondes Asiatiques) et Wataru Iwata, Compositeur, Fondateur de l'ONG "CRMS" (Citizen's Radioactivity Measuring Station) à Fukushima City. On peut déjà voir une partie de ses œuvres en cliquant sur la photo ci-dessous.
carnet
 
 
 
 
 
Films
 
La série « Récits de Fukushima » de Alain de Halleux
 
« Surviving Japan » de Chris Noland
surviving
 
 
Vidéos IRSN
 
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi »
Ce film détaille le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi en mars 2011. Il explique le fonctionnement des réacteurs à eau bouillante exploités au Japon, détaille le scénario de l'accident et présente les interventions d'urgence menées durant la crise et depuis.
Remarques : l’orientation des piscines est inexacte. Par ailleurs, l’explication de l’explosion du 4 est celle de Tepco (hydrogène provenant de l’unité 3). Cette hypothèse est contestée. Autre chose, l’IRSN indique une explosion dans la piscine torique de l’unité 2, mais il n’en indique pas sa nature (mention de l’hydrogène pour les unités 1, 3 et 4, aucune mention pour la 2). Sinon, l’explosion de l’unité 3 est soigneusement évitée ; pourquoi ?

 
 
- « La contamination de l'environnement après l'accident de Fukushima »
Ce film fait le point sur les conséquences de l'accident de Fukushima Daiichi sur l'environnement. Il traite des rejets radioactifs et de leurs conséquences sur le milieu terrestre au Japon et sur le milieu marin.
Remarques : l’IRSN fait l’impasse de la pollution au plutonium et autres actinides. Il n’est pas de bon ton de faire référence au MOX quand on est un institut français ! Selon l’IRSN, c’est l’explosion de l’unité 2 (non reconnue par Tepco) qui aurait produit le plus de pollution aérienne. Pas un mot sur les rejets des explosions des unités 3 et 4 ! L’IRSN n’explique pas comment la piscine torique souterraine a pu rejeter autant d’aérosols dans l’atmosphère sans que ça se voie !

 
 
 
 
Webcam Tepco
 
« Fukushima Captures d'écran »
Un remarquable témoignage d’Azo, fidèle veilleur de la centrale, qui a réalisé un montage de 4 min 44 avec 600 captures d’écran du 4 juin 2011 au 11 mars 2012.

 
 
 
Photos
 
Le mur nord de l’unité 4 a changé d’aspect.
La partie basse du mur nord du bâtiment réacteur n°4 a disparu. Soit elle s’est effondrée suite aux derniers tremblements de terre, soit c’est une destruction programmée. En effet, on aperçoit à droite de l’image la pince de démolition.
murnord4
 
 
Album de 34 photos légendées
« Japan Earthquake and Tsunami: Nuclear Disaster Looms Large »
album
 
 
Renouvellement des images de Google Earth 1 an après
google earth
 
 
200 photos de la mobilisation antinucléaire à Tokyo
album photo antinuc
 
 
Technique : le pont roulant de l'unité 4 a été démonté (Gen4)
pontroulant
autre source : Fukushima Diary
 
 
Unité 4 - le chariot mobile de la machine de chargement de combustible a également été démonté (Gen4)
démontage
 
 
Photos de la BBC : chaque école de la préfecture de Fukushima est maintenant équipée de compteurs de radioactivité. Il faudra se préparer à ce genre de chose en France quand un accident surviendra.
bbc
 
 
Reportages diffusés à l'occasion du 11 mars 2012
 
Arte : Fukushima 1 an après
(erreur relevée : l’explosion dans le film est celle du n°3 et non du n°1)

 
 
 
France 24 et Sciences et Avenir  : « Un an après, le Japon bouleversé »
 
 
Al Jazeera : « Japan Fukushima aftermath : Fukushima residents report various illnesses »

 
 
BFMTV : « Japon : un an après, Philippe Nibelle reste marqué par la catastrophe »

 
 
 
BFMTV : « Fukushima : les produits issus de la zone contaminée vont être interdits »

 
 
 
BFMTV : « Fukushima : images inédites de la zone interdite autour de la centrale »
 
 
Arte : « Les mères courage de Fukushima »
 
 
AFP : Fukushima : récit d'une catastrophe nucléaire

 
 
 
3.11 Remembrance and Wrath: Human Chain around the Japan's Diet Building (Mar/11/2012)

 
 
 
Fukushima: Relevé des radiations (visible au Canada)
 
 
 
 
Cartes
 
Carte interactive de mesures isotopiques effectuées autour de la centrale. Cliquer sur le point de mesure pour voir les isotopes découverts. Comme on s’y attendait, il n’y a pas que des césiums !
 
 
Carte de la contamination marine en mars 2012
 

fukushima-ocean-radioactivite-e1331888286346

 
En savoir plus ici
 
 
Nouvelle carte de contamination par Safecast
safecast
 
 
 
Vidéos Tepco
 
 
La piscine n°4

 

 

 

 
 
 
Barres de contrôle du réacteur 4

 
 
Inspection des sous-sols des bâtiments 2 et 3

 
 

 
 
Captures d’écran par SimplyInfo (unité 2)
 
Infos Tepco
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torea
 
toreb
 
Analyse de Trifouillax (unité 3)
Cliquer sur l'image
tore
 
 
 
 
 
 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 01:35
vue de côté reacteur 3 cryptoem 5 avrilUn an après la catastrophe, la désinformation bat son plein !
Courrier International a publié récemment la traduction d’un article du Daily Telegraph intitulé « Tsunami : 20 000 morts - Fukushima Daiichi : zéro mort », repris par de nombreux sites. Cet article est choquant : d’une part c’est faux, il n’y a pas eu zéro mort à Fukushima, d’autre part c’est insultant vis-à-vis des familles des victimes japonaises.
 
L’auteur de cet article, le journaliste Michael Hanlon, est régulièrement l’invité des télés et radios en tant qu’ « expert scientifique ». Les lecteurs britanniques, et à présent les internautes francophones, sauront-ils reconnaître ses mensonges sur Fukushima ? 
 
« Fukushima Daiichi : zéro mort ». C’est faux. La catastrophe nucléaire a déjà provoqué des centaines de morts directs ou indirects. Cet article les ignore, c’est de la pure désinformation. Le triste décompte des premiers morts dus à la catastrophe nucléaire se fait ici : « Les premiers morts de la catastrophe de Fukushima », avec toutes les références nécessaires. Et c’est sans compter les disparus
 
 Il n’y a pas que le titre de son article qui est mensonger : « La centrale de Fukushima Daiichi, bien qu’obsolète, criblée de défauts de conception et frappée par des forces géologiques supérieures aux prévisions du cahier des charges, a remarquablement résisté », rapporte-t-il. C’est faux. La centrale n’a pas « remarquablement bien résisté ». Au contraire, il s’y est produit au moins 4 explosions  provoquant de graves pollutions radioactives, et 3 cœurs de réacteur ont fondu quasi simultanément, ce qui représente la pire configuration d’accident nucléaire de tous les temps. Le confinement n’est plus assuré. La nappe phréatique est contaminée. L’océan pacifique subit la pire des pollutions radioactives de l’histoire. Au moins 8% du territoire japonais est  contaminé au césium pour 300 ans. Du plutonium a été répandu dans l’atmosphère.
 
« Les réacteurs ont été détruits, mais les radiations n’ont pas causé de morts à Fukushima Daiichi et ne devraient pas en causer au cours des cinquante prochaines années », lit-on encore dans cet article. C’est complètement faux. Pourtant, en tant que scientifique, Michael Hanlon sait bien que les radiations ne tuent pas immédiatement. Elles provoquent de nombreuses maladies et provoquent des cancers des années après. A Tchernobyl, les premiers cancers de la thyroïde dus à l’iode 131 sont apparus au bout de 3 ans. Il ne faut pas attendre 50 ans pour compter les morts comme le prétend cet article négationniste. Entre 1986 et 2004, on estime à 985 000 le nombre de morts dus à la catastrophe de Tchernobyl (source : Chernobyl : Consequences of the Catastrophe for People and the Environment).
 
Il n’y a pas que ce journaliste qui désinforme, en France nous avons aussi des gens qui profitent de leur position pour diffuser des contre-vérités dans l’unique but de défendre l’industrie nucléaire. Dans les ministères, on se bouscule pour suivre la voix du président. On connaissait déjà Eric Besson, ministre de l’industrie, qui annonçait le 12 mars 2011, après l’explosion du bâtiment réacteur n°1 de Fukushima Daiichi que ce n’était  « pas une catastrophe nucléaire ». A présent, c’est au tour de Gérard Longuet, ministre de la défense, de lancer cette phrase incroyable : « [Le nucléaire] est une économie sans production de CO2. C'est une énergie qui n'a tué personne ». C’est insoutenable. Au-delà de la catastrophe de Fukushima qui est en cours, le ministre français semble nier les centaines de milliers de victimes de Tchernobyl…
 
Il faut dénoncer par tous les moyens ces paroles insensées, car elles contribuent à chaque fois à  mettre en péril l’avenir de l’humanité. L’énergie nucléaire est une énergie extrêmement dangereuse, sa maîtrise est un mythe ‒ Fukushima l’a définitivement prouvé ‒ et on ne doit pas laisser les apprentis-sorciers dire n’importe quoi sans réagir.
 
Le site « lepoint.fr » désinforme également en annonçant dans l’article Fukushima un an après : manifestations antinucléaires à Tokyo  : « Un millier d'opposants se sont rassemblés dans la capitale japonaise, un an après la catastrophe de Fukushima ». C’est faux. Comme le rapporte justement le journal le Monde, il y avait plusieurs milliers de manifestants à Tokyo, répartis dans plusieurs manifestations. Le Point.fr  ne rapporte pas non plus la manifestation à Kôriyama rassemblant 16 000 personnes… une information qui a pourtant toute son importance !
 
 
 
 
 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 23:27

On ne doit plus attendre le prochain accident nucléaire sans rien faire. Pour changer la donne mondiale, il faudrait mettre sur pied un tribunal international jugeant les crimes atomiques contre l’humanité. Rédigé par Jean-Marc Royer et signé par des personnalités reconnues, cet appel international est à diffuser sans modération, en français dans cette page ou en anglais dans cette autre page : International Appeal : Hiroshima, Chernobyl, Fukushima, Crimes Against Humanity

 

 

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Appel international

Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité

 

Depuis 1945, plus de 2 400 explosions – dont la puissance de certaines[1]équivalait à plusieurs milliers de fois celle d’Hiroshima – ont eu lieu, sans parler des « ratés » et des dizaines d’accidents catastrophiques dont les premiers connus datent de l’automne 1957 à Windscale (UK) et Maïak (ex-URSS), respectivement classés 5 et 6 sur l'échelle INES. Mais qui en connaît précisément les conséquences ? Aucune enquête épidémiologique internationale digne de ce nom n’ayant été diligentée à ce propos, un comité européen sur les risques de l'irradiation (CERI)[2] a étudié, à la demande des députés verts, et confirmé l’impact de l’activité atomique depuis 65 ans sur les populations mondiales, ce dont on pouvait se douter puisqu’on en retrouve les traces jusque dans les glaces du pôle Sud[3]. Les enjeux sont tellement énormes que les effets pathologiques de toutes ces contaminations à petites doses et au long cours sont farouchement niés de concert par tous les pays ou les organisations internationales.

 

Tchernobyl : irradiations et multicontaminations « à rebonds »

Tout comme le 6 août 1945, le 26 avril 1986 est une date historique pour l’ensemble de l’Humanité[4]. Dès les débuts du cataclysme, les irradiations furent violentes, multiples, complexes et pérennes, selon la distance du lieu de l’accident : c’est une des particularités de Tchernobyl.

En explosant, le réacteur n°4 de la centrale Lénine de Tchernobyl n’a pas seulement rejeté des gaz et des aérosols divers issus de la désintégration atomique du combustible, comme le ferait une bombe, mais il a également rejeté « des particules chaudes solides »[5]de combustible : ce sont des fragments de toutes tailles qui, combinés avec d’autres radionucléides, sont retombés sur le site ou à proximité de la centrale. Par la suite, des « particules chaudes liquides » se sont également formées dans le sol après les pluies. Lorsque ces particules pénètrent dans l’organisme par l’eau et les aliments ingérés ou par l’air inhalé, elles produisent, même longtemps après leur émission, des doses élevées d’irradiation ponctuelle interne. Cette remarque est importante pour la compréhension de la suite et des suites de l'accident.

 

Depuis le jour de la catastrophe, les irradiations ont été peu à peu supplantées par des contaminations de long terme et la situation radiologique évolue d’une manière que nul ne pouvait prédire. Deux exemples :

- Suite aux processus de désintégration du plutonium 241, la formation naturelle de l’américium 241, puissant émetteur de rayons gamma, va constituer un aspect important de la contamination de nombreux territoires. A cause de cette désintégration progressive, les territoires dont le niveau de rayonnements gamma était faible sont devenus à nouveau dangereux.

- Par ailleurs, il y eut une forte redistribution des radionucléides dans les écosystèmes du fait de leur concentration par les organismes vivants (bioaccumulation) et de leur migration, après quelques années, dans les parties du sol où plongent les racines : ces radionucléides sont alors devenus de plus en plus accessibles aux végétaux, qui les reportent pour la deuxième fois à la surface du sol. C’est une des causes de l’expansion et de l’aggravation de la morbidité et de la mortalité atomiques dans les territoires contaminés.

 

Quelques-unes des maladies (outre cancers et leucémies) provoquées par Tchernobyl :

- La contamination radiologique de Tchernobyl a influé sur le fonctionnement de tous les organes du système endocrinien. L’effondrement de la fonction hormonale du thymus joue le rôle principal dans le développement de la pathologie du système immunitaire.

- Les maladies des organes circulatoires sont une des causes principales d’invalidité et de mort des « liquidateurs ».

- Le vieillissement accéléré provoqué par la catastrophe de Tchernobyl a déjà touché des centaines de milliers de personnes et en touchera des millions dans le futur.

- Le saturnisme est devenu une des pathologies importantes de Tchernobyl. En effet, entre 2 400 et 6 720 tonnes de plomb ont été déversées au cours des opérations d’extinction. Une partie importante de ce plomb a été rejetée dans l’atmosphère suite à sa fusion, à son ébullition et à sa sublimation dans l’incendie du réacteur.

En outre, les conséquences génétiques causées par la catastrophe de Tchernobyl toucheront pendant des siècles des centaines de millions de personnes, dont :

- celles qui ont subi le premier choc radiologique (irradiation externe forte et brutale), parce que la quantité des radionucléides rejetés dans l’écosphère fut très importante ;

- celles qui vivent, et vivront pendant les 300 ans à venir, dans les territoires contaminés par le strontium 90 et le césium 137, ou celles qui vivront dans les territoires contaminés par le plutonium et l’américium pendant des milliers d’années ;

- les enfants des géniteurs irradiés, pendant des générations, où qu’ils vivent par la suite.

 

Le Secret, la falsification officielle des données et les malversations

Il n’y a pas de données instrumentées disponibles de la contamination de tous les pays d’Europe par l'ensemble des radionucléides de Tchernobyl, et désormais il n’y en aura plus jamais. S’appuyant sur ce manque, le rapport « Forum Tchernobyl » (2005) de l’AIEA et de l'OMS ne discute que des données concernant les territoires du Bélarus, de l’Ukraine et de la Russie d'Europe, passant sous silence la contamination des autres pays européens.

Or, même si la densité actuelle de la contamination n’est pas élevée dans un territoire, l’énorme contamination des premiers jours et des semaines qui ont suivi la catastrophe (on sait par reconstruction que, dans certains territoires, l’activité des retombées radioactives dépassait 10 000 fois les niveaux du fond naturel), jointe à la faible contamination persistant sur des décennies, ont pu influer et influeront considérablement sur la santé des habitants et sur l’environnement.

D’autre part, la suppression des institutions chargées d'examiner les suites pathologiques de Tchernobyl, le détournement des équipes de chercheurs de l’étude des problèmes engendrés par la catastrophe, le harcèlement et l’emprisonnement de certains médecins spécialisés, sont autant de tentatives concertées et persistantes pour cacher la vérité[6].

Aussi l’exigence avancée par les spécialistes de l’AIEA et de l’OMS de la nécessité d’une « corrélation certaine » entre la charge radioactive d’une personne concrète (jamais reconstituable avec précision, et pour cause) et l’atteinte à sa santé pour qu’il y ait démonstration évidente du lien de la maladie avec l’irradiation de Tchernobyl, relève-t-elle de manœuvres intellectuelles particulièrement malhonnêtes.

En plus de ces malversations, en ex-URSS, en Ukraine, au Bélarus, et au sein des principales organisations intergouvernementales concernées (CIPR, AIEA et OMS) les volontés de minimiser les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sont légion. En voici quelques exemples.

- Dans aucun des livrets des dizaines de milliers de militaires en service qui ont participé aux travaux de « liquidation » n’a été enregistré le dépassement de la norme de 25 rœntgens alors en vigueur. Mais l’examen clinique de 1 100 militaires liquidateurs a révélé chez 37 % d’entre eux les symptômes hématologiques de la maladie des rayons,  indiquant à l’évidence que ces personnes ont reçu plus de 25 rœntgens.

- La médecine officielle n’a commencé à reconnaître la fréquence de la cataracte « tchernobylienne » que 8 ou 9 ans après sa découverte.

- Même chose en ce qui concerne le cancer de la thyroïde, la leucémie et les affections du système nerveux central.

 

Les conséquences de Tchernobyl sur la santé publique

En résumant sommairement les données publiées dans le rapport du CERI, la contamination radioactive de Tchernobyl a touché près de 400 millions de personnes (205 millions en Europe et environ 200 millions hors d’Europe). L’analyse des courbes de la morbidité générale des enfants vivant dans les territoires contaminés de l’ex-URSS est particulièrement désespérante : seulement 20 % d’entre-eux sont en bonne santé. Dans certaines régions du Polessié il n’y en a plus un seul. En Allemagne, les dents des enfants nés après la catastrophe contenaient 10 fois plus de strontium 90, tout comme on retrouve de l’uranium dans les dents de lait des enfants anglais résidant près de Windscale (depuis rebaptisé Sellafield) 53 ans après cette autre catastrophe atomique. Le nombre des victimes de Tchernobyl croîtra pendant plusieurs générations. Au cours des 15 premières années suivant la Catastrophe, il peut être estimé de la manière suivante :

 

Bélarus, Ukraine, Russie d’Europe

237 000

Reste de l’Europe

425 000

Asie, Afrique, Amérique du Nord

323 000

Monde entier

985 000[7] 

 

Tchernobyl : une catastrophe nucléaire au temps de l’Anthropocène[8]

Les catastrophes atomiques ont ceci de particulier qu’elles délimitent toujours une fracture multidimensionnelle de l’histoire du vivant :

- La perte irrémédiable de tout un monde vivant sur d’immenses territoires, un printemps sans les cris des oiseaux, et des arbres roussis par un gigantesque et silencieux incendie.

- Une mortalité si nombreuse, et dans des conditions si inhumaines, que le travail de deuil s’avère impossible à réaliser, surtout « au temps de la mort sèche »[9].

- Un événement imprévu et inconcevable, qui dépasse nos facultés d’imagination, et dont les conséquences futures sont elles-mêmes imprédictibles.

- Des irradiés/contaminés subissant une atteinte aussi bien mentale que physique, dont certains effets s’étaleront sur plusieurs générations, pour donner naissance à des lignées d’êtres difformes.

Autrement dit, « un avant et un après » sans retour possible. Un trou dans la mémoire symbolique des humains, dans leur inconscient, ce qui nous prépare « un retour du refoulé » à la mesure de l’événement. Mais de plus, et c’est là le « double effet paradoxal » des catastrophes atomiques, elles n’ont pas de fin, pas de terme prévisible : c’est un monstre qui pousse et dévore de l’intérieur l’humanité, dont la morbidité persistante est difficilement évitable. La catastrophe atomique « colonise l’avenir et n’offre aucune possibilité d’échapper au destin tragique : aucune culture n’est prête à affronter ce pari »[10].

 

Le négationnisme et ses conséquences au temps de l’Anthropocène

Les Etats et les organisations internationales de l’ONU dont l’UNSCEAR, l’AEIA ont délibérément minimisé les conséquences sanitaires de Tchernobyl : ce parti pris des jugements concerne également l’OMS[11]et sa fameuse thèse d’une trentaine de morts jusqu’en 2005. Mais il y a bien pire depuis le 6 août 1945.

Figures de la défaite déshonorante du Japon, les « Hibakushas », assimilés aux pestiférés par peur d’une contagion fantasmée, furent l’objet de la honte publique, décourageant ainsi la plupart des rescapés de participer à un quelconque travail de mémoire, témoignages dont on a vu avec Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Améry et les autres survivants l’importance capitale dans l’Europe intellectuelle de l’après-guerre. Les édiles japonais procédèrent à une « reconstruction » rapide de la ville qui eut pour but d’effacer méticuleusement toutes les traces de leur défaite et… de ce crime effroyable[12]. Contrairement à ce qui s’est produit pour la Shoah, vainqueurs et vaincus se sont associés pour aveugler l’humanité, avec succès jusqu’à ce jour, sur la nature des crimes commis à Hiroshima et Nagasaki. Un exemple : avec l’aide des autorités japonaises, les Etats-uniens ont mené sur place des études sur les conséquences de ces bombardements, études qui furent versées dans les archives secrètes de Washington, longtemps inaccessibles. En plus du mépris des victimes en souffrance dont cela témoigne, ce sont sur ces mêmes archives que les Etats et les organisations internationales se basent encore aujourd’hui pour nier les effets des faibles doses à long terme !

Plus de traces, tel est le credo commun à tous les criminels et négationnistes (cf. ce qu’en dit plus précisément Günter Anders). Il en fut de même à Tchernobyl et en sera de même à Fukushima. Le travail de mémoire est ainsi forclos comme on tente d’enfermer un déchet radioactif dont on sait pertinemment qu’on en retransmet la dangerosité aux générations suivantes.

 

Un autre versant de la politique négationniste face à tous ces dangers consiste en un raisonnement de type scientiste qui les transforme en risques statistiques. Ce que vise à cacher cette manipulation intellectuelle du risque, c’est qu’en cas de catastrophe (« le risque résiduel »), ce sont toujours les Etats qui sont appelés à la rescousse car les moyens privés sont à l’évidence insuffisants pour y faire face. Mais depuis Tchernobyl et Fukushima les habitants de tous les pays de la planète doivent savoir qu’ils ne peuvent plus compter sur leurs gouvernements pour les protéger efficacement, ni avant et encore moins après une catastrophe atomique. C’est pourquoi nous pouvons dire que les populations du monde entier, après avoir été évacuées du choix politique – aucune société civile ne fut jamais consultée sur le nucléaire – courent le risque d’être évacuées de leurs territoires nourriciers, d’être « expulsées de leurs vies ».

 

La catastrophe de Tchernobyl aurait pu être encore plus grave

La catastrophe trouve son origine dans le projet inouï consistant à « expérimenter en vraie grandeur » : il s’agissait, dans le cas d'un arrêt d'urgence, d’utiliser l'énergie cinétique résiduelle du rotor du générateur pour une production supplémentaire d'énergie électrique ! Autrement dit, le monde vivant est devenu le laboratoire à grande échelle de la technoscience (et ce, depuis longtemps). Mais le rejet du seul réacteur n°4 a provoqué une contamination des dizaines de fois supérieure à la contamination due aux bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, et le « nuage de Tchernobyl » a fait au moins deux fois le tour de la Terre, ce qui fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe technologique de l’Anthropocène à ce jour.

Mais il y a plus grave. Le Pr. Vassili Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe, explique[13]que 1 400 kg[14] du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 mégatonnes, soit environ 200 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima, si une quantité suffisante du corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur. « Une explosion d’une telle puissance pouvait provoquer des radiolésions massives des habitants dans un espace de 300-320 km de rayon (englobant la ville de Minsk) et toute l’Europe pouvait se trouver victime d’une forte contamination radioactive rendant la vie normale impossible. […] Mon opinion est que nous avons frisé à Tchernobyl une explosion nucléaire. Si elle avait eu lieu, l’Europe serait devenue inhabitable ».[15]

 

Fukushima, une réplique de Tchernobyl

Au Japon, vu leur état, les systèmes de refroidissement ne pourront plus jamais être remis en service. Tandis que l’on injecte de l’eau borée dans les cuves et de l’azote pour inerter l’atmosphère des bâtiments, une énorme quantité d’eau y est quotidiennement déversée pour les refroidir afin d’éviter que les coriums transpercent l’enceinte et atteignent ces mêmes masses d’eau, ce qui pourrait être très grave. Et ce n’est pas un, mais quatre réacteurs, dont le n°3 qui fonctionnait au MOX[16]français, qui sont concernés. Sans parler des conséquences d’une éventuelle réplique sismique, que l’on ne peut malheureusement pas écarter vu l'emplacement de la centrale. Dans ces conditions, qui peut prédire les effets cumulatifs possibles de ce type de situation, au Japon ou ailleurs ? Or, ce qu’il fut possible de mettre en place à Tchernobyl pour éviter la catastrophe planétaire ne le sera vraisemblablement plus jamais nulle part sauf, peut-être pour quelque temps encore, en Chine. En ex-URSS, il était possible d’enrôler 800 000 « liquidateurs », les services de secours civils de tout un immense pays, des centaines de pompiers, dix mille mineurs, une armée encore puissante avec ses dizaines de milliers de réservistes, et ce sur ordre du secrétaire du Politburo. Le déploiement de tels moyens ne sera plus possible dans d’autres cas similaires, et il est douteux que l’appel aux autres pays soit suffisant : en démocratie libérale, il y aura peu de volontaires pour mourir dans des souffrances que l’on sait atroces. 

 

La perspective d’avoir à survivre en territoire contaminé ne peut être exclue

Dans les territoires contaminés par les dépôts de Tchernobyl, il est dangereux de s’occuper d’agriculture, il est dangereux d'arpenter les forêts, dangereux de pêcher le poisson et de chasser le gibier, il est dangereux de consommer les denrées produites localement sans contrôler leur radioactivité, dangereux de boire le lait et même l’eau. Tout ce qui constituait depuis des millénaires la plus sûre et la plus fidèle des sources de vie – l’air, les eaux naturelles, les fleurs, les fruits de la terre, les forêts, les fleuves et les mers – tout cela est devenu en quelques jours source de danger pour l’homme et l’animal. La catastrophe ukrainienne nous l’a enseigné, il faut également prendre en compte les effets délétères sur la santé des « faibles doses », inhalées ou ingérées via l’alimentation, qui vont ensuite produire leurs effets des années plus tard.

Les appareils automatiques de spectrométrie interne du corps humain, tels le SCRINNER en usage en Biélorussie, sont conçus pour mesurer l'activité des radionucléides dans le corps humain. Ces appareils devraient être d’usage courant dans tous les pays sous le vent de centrales atomiques en activité. Par ailleurs, dans de véritables prescriptions publiques à grande échelle, il faudrait préciser les avantages et les limites des pastilles d’iode et des mesures de confinement, les gestes qui sauvent, les « périmètres d’évacuation », les plans d’urgence… C’est pourquoi, dans tous les pays, les organisations de la société civile doivent considérer l’importance de la création d’un système de contrôles radiologiques indépendant du système officiel.

 

L’industrie nucléaire, une banalisation radicale du mal

A travers son concept de « banalité du mal », Hannah Arendt a démontré dans les années soixante que des crimes contre l’humanité avaient été perpétrés par des hommes ordinaires parce qu’ils ne se posaient pas de questions sur les fins de leurs « activités ». A partir du moment où ils étaient liés par un serment de fidélité à leur hiérarchie (ou à une idéologie, toutes choses qui sont aujourd’hui érigées en valeurs universelles par la raison calculatrice dans le monde du « travail » et ailleurs), ils tenaient ces activités pour légitimes.

Ce concept de « banalisation du mal » n’est pas issu de supputations sur une « nature humaine », mais bien d’une analyse socio-historique de ce qui s’est passé en Europe entre 1933 et 1945 et de ce qui en a préparé l’avènement. Soixante ans après, à moins de croire en un monde fixiste, il faut oser tirer les conclusions de ce qu'Hannah Arendt avait écrit.

Historiquement, la banalisation du mal occidental s’est répandue à grande échelle à partir du moment où le travail et les êtres humains ont été « industrialisés » avec l’appui massif de la technoscience, c'est-à-dire coupés de leur réalité nourricière, terrestre, pour être encasernés, prolétarisés, disqualifiés, déréalisés et finalement déshumanisés. A partir de ce moment, tout a été possible dans l’ordre de la banalisation et tout est devenu acceptable dans l’ordre du mal, puisque toutes les fins humaines ont été discréditées au seul profit de l’aliénation productiviste et marchande.

Les choses ne se sont pas arrangées depuis : cela est vérifiable sur tous les plans, y compris psychique[17]. Alors, il faut avoir le courage de dire que cette banalisation du mal est devenue omniprésente et que, en conséquence, nos sociétés ne sont plus que des « totalitarismes démocratiques » nous menant au(x) désastre(s) définitif(s), ce qui devrait être analysé comme tel dans l’ordre du politique. Porteuse de mort généralisée du vivant sur la planète, l’industrie nucléaire en est un exemple particulièrement frappant. Mais les gouvernements et la plupart des médias occidentaux (la guerre froide, qui devait durer quarante ans, y a bien pourvu) ont tout fait pour recouvrir, les 6 et 9 août 1945, cette défaite historique de l’humanité d’un épais manteau d’admiration et de dévotion devant le génie et la puissance des chercheurs, de la science, de la technique, de l’industrie… Un nouveau dieu est apparu ce 6 août 1945, à la puissance inquiétante certes, comme tous les dieux, et à la gloire duquel de nouveaux hymnes ont été forgés illico presto. Le largage des bombes atomiques, puis « l’expérience Tchernobyl », furent non seulement un crime contre l’humanité mais, fait nouveau, un crime contre la Nature, ce que l’on appellerait aujourd’hui un Ecocide. Si le refoulement de ce type de catastrophe systémique pour l’écosphère persiste, il ne sera pas sans conséquences pour l’avenir de l’humanité et sa manière d’en écrire l’histoire.

Une conclusion s’impose donc : il faudrait mettre sur pied un tribunal international, du type de celui de Bertrand Russell, jugeant les crimes atomiques contre l’humanité à Tchernobyl et ailleurs, depuis le 6 août 1945 jusqu’à Fukushima en passant par Fallujah.

 

 

 

Cet appel a été signé par :

 

Paul ARIES, philosophe et écrivain, intellectuel de référence du courant de la décroissance. Dernier ouvrage publié : « La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance ».

 

Marc ATTEIA, Docteur en mathématiques appliquées, professeur honoraire de l'Université de Toulouse, auteur de : Hilbertian kernels and spline functions, Elsevier Science Publishers, 1992 et Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain, Yves Michel, 2009.

 

Marie-Christine GAMBERINI, traductrice, référente de l'association Les Amis de la Terre France sur le nucléaire et l'énergie.

 

Raphaël GRANVAUD, écrit dans « Billets d'Afrique » de l’association Survie, auteur de Que fait l'armée française en Afrique, Agone 2009 et de Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français, Agone 2012.

 

Alain GRAS, professeur émérite de l'Université Paris I et directeur du Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques, cofondateur de la revue Entropia, auteur de Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007.

 

François JARRIGE, Maître de conférence à l’Université de Bourgogne, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique, imho, Paris, 2009.

 

Eva JOLY, ex-Juge d'instruction au Pôle Financier de Paris, ex-Conseillère des gouvernements norvégien puis islandais dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, Députée Européenne, Candidate à l'élection Présidentielle de 2012.

 

Baudouin JURDANT, Professeur émérite à l'Université Paris 7, traducteur de Paul Feyerabend, auteur de l'ouvrage Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique, Ed. Les Archives contemporaines, Paris, 2009.

 

Paul LANNOYE, Dr en Sciences physiques, député européen honoraire, administrateur responsable du Groupe de réflexion et d'action pour une politique écologique (GRAPE) en Belgique, co-traducteur en français du rapport du CERI, éditions Frison-Roche.

 

Serge LATOUCHE, professeur émérite d’économie de l'Université Paris XI et objecteur de croissance, auteur de Vers une société d'abondance frugale ; Contresens et controverses sur la décroissance, Mille Et Une Nuits/Fayard, 2011.

 

Frédérick LEMARCHAND, Sociologue, co-directeur du pôle RISQUES, Université de Caen, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN. Coauteur de Les Silences de Tchernobyl et du film La vie contaminée, Conseiller de l’exposition internationale Il était une fois Tchernobyl.

 

Corinne LEPAGE, ancienne ministre de l’environnement, députée européenne, enseignante à l’IEP. Dernier ouvrage : La vérité sur le nucléaire ; le choix interdit, Albin Michel, 2011, Candidate à l'élection Présidentielle de 2012.

 

Stéphane LHOMME, Président de l’observatoire du nucléaire, auteur de L’insécurité nucléaire ; bientôt un Tchernobyl en France, Yves Michel, 2006.

 

Jean-Marie MATAGNE, Docteur en philosophie, Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (www.acdn.net), auteur de En finir avec la terreur nucléaire et de Désarmer pour vivre sur une planète sans armes ni centrales nucléaires, candidat à l’élection présidentielle de 2002.

 

Roland MERIEUX, secrétaire du Syndicat international d’aide aux liquidateurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl et aux victimes du nucléaire.

 

Jean-Marie PELT, Président de l'Institut Européen  d'Ecologie et Professeur Honoraire de l'Université de Metz, dernier ouvrage : Heureux les simples, Flammarion, 2011.

 

Pierre RABHI, agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agroécologie.

 

Jacques TESTART, Agronome et biologiste, Dr en sciences, dir. de recherche honoraire à l'Inserm; ex-président de la Commission française du développement durable (1999-2003). Co-auteur de Labo-planète. Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens, Mille et une nuits, 2011.

 

Jean-Marc ROYER, ingénieur, ex-cadre supérieur ADP, ancien dirigeant du syndicat de cadres SICTAM/CGT Orly, en cours de publication : Décoloniser l’imaginaire occidental. I. La science creuset de l’inhumanité. Rédacteur de l’appel. Email : jean-marc_royer@orange.fr

 

 



[1] 100 Mt : Andreï Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990, p 246. L’IRSN parle de 50 Mt.

 

[2] Comité Européen sur le risque de l’Irradiation, (CERI) Recommandations 2003 du CERI, Ed Frison Roche, 2004. Synthèse et commande du rapport : www.euradcom.org. Pour le CERI, environ 65 millions de morts sont imputables à l’industrie atomique depuis 1945 ! 

 

[3] Claude Lorius, Voyage dans l’Anthropocène, Actes Sud, 2010.

 

[4] La grande majorité des informations qui suivent sont extraites du livre d’Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, « Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour l’homme et la nature », annales N°1181 de l’Académie des sciences de New York, 2009, dont le choix de textes traduits en français est dû à Wladimir Tchertkoff avec la collaboration de Lisa Mouravieff. Version américaine partiellement consultable en ligne sur : http://books.google.fr/. D’autres sites en proposent le digest français.

 

[5] Au moment de l’accident, l’activité de certaines « particules chaudes » atteignait 10 à 12 mille becquerels, ce qui pouvait provoquer la mort en quelques heures.

 

[6] Yuri Bandajevski fut arrêté en juillet 1999, prétendument dans le cadre des mesures d'urgence destinées à combattre le terrorisme. Arbitrairement détenu, puis accusé de corruption et condamné le 18 juin 2001 à huit années de prison, malgré la rétractation publique de son accusateur, au terme d'un procès digne de ceux des années 30, il fut incarcéré jusqu’en 2005. Vassili Nesterenko, directeur de l'Institut indépendant biélorusse de protection radiologique Belrad, qu'il a créé en 1989 avec l'aide d’Andreï Sakharov, Ales Adamovitch et Anatoli Karpov, a été menacé d'internement en asile psychiatrique par le KGB, a subi deux attentats, et est décédé le 25 août 2008 après une opération à l'estomac.

 

[7] Alexeï V. Yablokov, Vassili B. Nesterenko, Alexeï V. Nesterenko, op. cit. Ces chiffres ont été largement revus à la hausse soit par l’académie des sciences de NY, soit à la suite de la conférence internationale de nov. 2010 : La gazette nucléaire n° 259 février 2011, http://resosol.org/Gazette/2011/259p23.html

 

[8] Ere caractérisée par le fait que l’homme en est devenu la force géologique principale (Georgescu-Roegen, A. Gras, J. Grinevald ou C. Lorius).

 

[9] Allouch Jean, Erotique du deuil au temps de la mort sèche, EPEL, 1995.

 

[10] Frédéric Lemarchand, sociologue, membre du Conseil scientifique du CRIIGEN, article du 17 mars 2011, Les Echos.

 

[11] Un accord a été signé en 1959 entre l’AIEA et l’OMS obligeant celle-ci à soumettre sa position à celle de l’AIEA dans tous les cas où le nucléaire est en jeu.

 

[12] Que la ville soit rapidement reconstruite, cela se comprend aisément et ce fût également le cas en Europe. Mais on aurait pu espérer que subsiste d’autres traces que l’unique dôme de l’ancien pavillon d’exposition industrielle …

 

[13] Dans le film « Tchernobyl. La vie contaminée, vivre avec Tchernobyl » de David Desramé et Dominique Maestrali.

 

[14] Il reste encore en 2011 l’équivalent de quelques dizaines de tonnes d’uranium sous le sarcophage…

 

[15] Lettre du professeur Nesterenko à Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex et Bella Belbéoch, janvier 2005.

 

[16] Combustible constitué d'un mélange d'oxydes d'uranium, mais aussi de plutonium, ce qui d’une part réduit les marges de sécurité (sa température de fusion étant plus faible et plus rapidement atteinte) et d’autre part accroît sa dangerosité, quelques milligrammes suffisant à déclencher une mort rapide.

 

[17] Melman Charles, Lebrun Jean-Pierre, La nouvelle économie psychique, une nouvelle façon de penser et de jouir aujourd’hui, Eres, 2009.

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:55

Since 1945, there have been more than 2,400 explosions, with a power in some cases (1) amounting to several thousand times that of the Hiroshima bomb: this comes in addition to numerous "failures" and dozens of catastrophic accidents, starting, as far as we know, back in the fall of 1957 at Windscale (UK) and Mayak (former USSR), respectively ranked level 5 and 6 on the INES scale. But who can tell precisely what the impact of all this has been? Since no epidemiological survey worthy of the name had been initiated at an international level to analyze this problem, thus a European Committee on the Risks of Irradiation (CERI) (2) was requested by green party Members of the European Parliament to study this impact, and their findings confirmed the serious effects that atomic activity has had during the past 65 years on populations worldwide, which comes as no surprise when we know that traces of this activity have been detected in the ices of the South Pole (3). The stakes are so huge that the pathological effects of the contaminations by the small doses throughout time are fiercely denied jointly by all countries or international organizations.

 

Chernobyl: irradiation and multiple contamination with "rebounds"

The April 26 1986 is a historical date for all of humanity, just as the august 6 1945 (4). Right from the start of this disaster, depending on the distance of the accident, the emission of radiations was violent, multiple, complex and with long-lasting effects: this is one of the peculiarities of the Chernobyl accident.

When it exploded, the reactor N° 4 of the Lenin plant at Chernobyl not only rejected gases and various aerosols produced by the nuclear disintegration of the fuel, in a way similar to a bomb, but it also rejected "solid hot particles" (5) of fuel: these are fragments of all sizes which, combined with other radionuclides, dropped on the site or near the plant. Subsequently, the hot liquid particles were also formed in the soil after the rains. When these particles enter the body through ingested water and food or inhaled air, they produce, even long after their emission, high doses of localized internal irradiation. This observation is important for understanding the aftermath and the consequences of the accident.

 

Since the day of the disaster, irradiation has gradually given way to various types of long-term contamination and the radiological situation is developing in a manner that no one could predict. Two examples:

-  Following the decay process of plutonium 241, the natural formation of americium 241, a potent gamma ray emitter, becomes an important part of the contamination of many places. Because of this gradual disintegration, areas that had reduced their level of gamma radiation have once again become dangerous.

- Furthermore, there was a wide redistribution of radionuclides within ecosystems due to their concentration by living organisms (bio-accumulation) and their migration, after some years, in parts of the soil where the roots enter: these radionuclides then became increasingly accessible to plants, which draw them for a second time to the soil surface. This is one of the causes of the expansion and worsening of morbidity and mortality in contaminated areas.

 

Some of the diseases caused by Chernobyl (in addition to cancer and leukemia)

- The radioactive contamination from Chernobyl has affected the functioning of every organ of the endocrine system. The collapse of the hormonal function of the thymus plays a major part in the development of pathology of the immune system.

-  The diseases of circulatory organs are one of the leading causes of disability and death among the "liquidators ".

- The accelerated aging caused by the Chernobyl disaster has affected hundreds of thousands of people and will affect millions in the future.

- Lead poisoning has become one of the significant pathologies linked to Chernobyl. This is due to the fact that between 2400 and 6720 tons of lead were dumped on the site during extinction operations. An important part of that lead was released into the atmosphere following its melting, boiling and sublimation in the reactor fire.

 In addition, genetic effects caused by the Chernobyl disaster will affect hundreds of millions of people for centuries. Among these future victims:

- those who experienced the first radiological shock (the powerful and brutal external irradiation), because the amount of radionuclides released into the ecosphere was very important;

- those who now live, and those who will live over the next 300 years, in the areas contaminated with strontium 90 and cesium 137, or those who will live in areas contaminated with plutonium and americium over the next thousands of years;

- for many generations, children born of parents who were irradiated, wherever they live thereafter.

 

Secrecy, official falsification of data and the malpractices

There is no publicly available instrumented data on the extent to which all European countries have been contaminated by the entire array of radionuclides from Chernobyl, and it is now clear that there never will be. In using this absence of data as a justification in the "Chernobyl Forum" of 2005, the IAEA and the WHO restricted the scope of its study to include only data pertaining to the territories of Belarus, Ukraine and European Russia, ignoring the contamination of other European countries.

However, even if the usual density of the contamination is not high in a given  area, it is a fact that a huge contamination occurred during the first days and weeks following the disaster: we know, by reconstructing the chain of events, that in some areas, the activity of radioactive elements fallout exceeded 10,000 times the natural background levels; this, combined with the low-level but long-lasting contamination (several decades) is bound to have a major impact on the health of residents and the environment.

On the other hand, the removal of institutions which were entrusted with monitoring the pathological consequences of Chernobyl, the diversion of research teams from the study of problems caused by the disaster, the harassment and the imprisonment of some specialized doctors, are as many attempts for concerted and persistent suppression of the truth (6).

Consequently, the requirement put forward by experts of the IAEA and the WHO, for clearly demonstrating that a particular health problem is linked to radiation from Chernobyl,  that a "definite correlation " should be established between the total radioactive exposure of a concrete person (never reconstituted with precision, and for good reason) and damage to this person's health, is an intellectual trickery of a particularly dishonest kind.

In addition to these malpractices, in the former USSR, in Ukraine, in Belarus, and in key relevant international organizations (IAEA, WHO ...) there is abundant evidence of a policy to minimize the consequences of the Chernobyl disaster. Here are some examples.

- In none of the health booklets of the tens of thousands of service members who participated in the work of "liquidation» was any mention ever recorded about exceeding the limit of 25 roentgens then in effect. But the clinical examination of 1100 military liquidators found in 37% of them hematological symptoms of radiation sickness, a clear indication that these people received more than 25 roentgens.

- The Official medical science has just begun  to recognize the frequency of the cataract of Chernobyl, 8 or 9 years after its discovery.

- Same situation concerning thyroid cancer, leukemia and ailments of the central nervous system.

 

The consequences of Chernobyl on public health

Briefly summarizing the data published in the CERR report, radioactive contamination from Chernobyl has affected nearly 400 million people, (205 million in Europe and about 200 million outside Europe). The curve analysis of general morbidity among children living in contaminated areas of the former USSR is particularly distressing: only 20% of them are healthy. In some parts of Polesye there are no more healthy children. In Germany, the teeth of children born after the disaster contained 10 times more strontium 90 (similarly, plutonium shows up in baby teeth of English children living near Windscale - since then renamed Sellafield - 53 years after that other atomic disaster). The number of Chernobyl victims will continue to grow over several generations. During the first 15 years following the disaster, it can be estimated as follows:

 

Belarus, Ukraine, European Russia                237,000

Rest of Europe                                               425,000

Asia, Africa, North America                          323,000

World                                                             985,000 (7)

 

Chernobyl: a nuclear disaster in the Anthropocene era (8)

The atomic disasters have this characteristic that they always define a multidimensional fracture in the history of life:

- Irretrievable loss of an entire living world covering vast territories, springtime without the cries of birds, and trees scorched by a huge and quiet fire.

-  Fatalities in such great numbers, and in such inhumane conditions, that grieving is impossible to achieve, especially "at time of dry death" (9).

- An unexpected and inconceivable event, which lies beyond our faculties of imagination and whose future consequences are themselves unpredictable.

- Irradiated / contaminated victims affected by mental as well as physical suffering, because some effects will spread over several generations, will give birth to lines of deformed creatures.

In other words, "a before and after" with no possible return. A hole in the symbolic memory of humans, in their unconscious, which prepares "a return of the repressed" in line with the size of the event. But in addition to this, and this is the "double paradoxical effect" of atomic disasters, they have no end, no predictable term: it is a monster that grows and devours humanity from within, with a persistent morbidity that is hard to avoid. The atomic disaster "colonizes the future and offers no possibility to escape the doom: no culture is ready to take that bet" (10).

 

The negationism and its consequences in the Anthropocene era

The UN member states and international organizations, among which the UNSCEAR, have deliberately played down the health consequences of Chernobyl: that bias in judgments is also true for the WHO (11) with its infamous thesis that there were only about thirty fatalities until 2005. But there is a lot worse relating to the aftermath of August 6 1945.

Faces of the disgraceful defeat of Japan, the "Hibakushas" were treated as if they were plague carriers for fear of fantasized contagion; they were subjected to public shame, thus discouraging most survivors from contributing with their testimonies to any "work of memory": the kind of legacy which proved to be of such a critical importance in Europe's postwar intellectual life, as seen with Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Amery and other survivors. The Japanese aediles proceeded to a rapid "reconstruction" of the city that was intended to carefully delete all traces of their defeat and ... of this appalling crime (12). Contrary to what happened in the case of the Shoah perpetrated by Nazi Germany, winners and losers teamed up to blind humanity, in order to cover up, so far successfully, the nature of the crimes committed in Hiroshima and Nagasaki. As an example: with the help of the Japanese authorities, US military services had conducted on-site studies of the consequences of the bombings, studies that were kept in the secret archives of Washington which remained inaccessible for a long time. Besides the fact that this was contemptuous towards the victims who were suffering, it is these same archives that states and international organizations now rely on to deny the effects of low doses over the long term!

Erase all traces, such is the creed common to all criminals and Holocaust deniers (see what Günter Anders has to say, more specifically, about this). The same policy was followed in Chernobyl and the same can be expected in Fukushima. The "work of memory" is thus precluded in the same way that one attempts to lock up a piece of radioactive waste although we know perfectly well that we are passing the danger on to future generations.

 

Another aspect of the policy of denial in the face of all these dangers lies in a line of reasoning which transforms the dangers in curves of mere statistical risks. What this intellectual manipulation of risk aims to hide, is the fact that in the case of a disaster (termed "residual risk") it is always the states which are called to the rescue because private funds are obviously insufficient to cope with the situation. But since Chernobyl and Fukushima, residents of all countries of the world must know that they can no longer rely on their governments to protect them effectively, either before or let alone after an atomic disaster. This is why we can say that the people of the entire world, after having been excluded from the political choice - no civil society was ever consulted on the nuclear issue - are under the risk of being excluded from the lands that feed them, "expelled from their own lives".

 

The Chernobyl disaster could have been even more serious

The disaster had its origin in the outrageous project which aimed to experiment in the "full scale of reality": the idea was, in the case of an emergency stop, to use the residual kinetic energy of the rotor of the generator for further production of electrical energy! In other words, the living world has (and since long ago) become a large scale laboratory for technoscience. But the material ejected by the single reactor N° 4 caused a contamination ten times more extensive than the bombs dropped on Hiroshima and Nagasaki, and the "Chernobyl cloud" circled the Earth, at least twice, making Chernobyl the greatest technological disaster to date in the Anthropocene era.

 

But there are more serious facts. The professor Vassili Nesterenko, a nuclear physicist who directly supervised operations to deal with the consequences of the disaster, explains (13) that if 1400 kg (14) of the uranium-graphite mixture came in contact with water, this would be a critical mass that could cause an atomic explosion with a power from 3 to 5 megatons, about 200 times the power of the explosion in Hiroshima; this would happen if enough of the corium, which had already pierced the reactor vessel, had pierced the concrete slab that separated it from the masses of water contained in the basement of the reactor. "An explosion of such power could cause massive radiation injury to the population within a 300-320 km radius (encompassing the city of Minsk) and the whole of Europe could be the victim of a severe radioactive contamination making normal life impossible. [...] It is my opinion that in Chernobyl, we narrowly missed a nuclear explosion. If it had occurred, Europe would have become uninhabitable." (15).

 

Fukushima, a replica of Chernobyl

In Japan, considering their condition, it is clear that the cooling systems will never be able to return to service. While borated water is injected as well as nitrogen, to render inert the atmosphere of the buildings, a huge amount of water is poured every day in order to cool them so as to prevent the corium from piercing the outer containment and reaching these same masses of water, which could be catastrophic. And it is not just one, but four reactors, including the N° 3 that worked on French-provided MOX (16), that are affected. Not to mention the consequences of seismic aftershocks, the possibility of which can unfortunately not be excluded, given the location of the plant. Under these conditions, who can predict the possible cumulative effects of this type of situation, whether in Japan or elsewhere? Actually, the measures that were successfully applied in Chernobyl to avert a catastrophe of planetary scale are unlikely to ever be feasible anywhere else again, except perhaps for some time yet, in China. In the former USSR, it was possible to recruit 800 000 "liquidators", as well as the emergency services of an entire vast country, hundreds of firefighters, ten thousand miners, a still powerful army with tens of thousands of reservists, all of this simply on the order of the Secretary of the Politburo. The deployment of such gigantic means will no longer be possible in other similar cases, and it is doubtful that appealing to other countries would be enough: in liberal democracy, there will be few volunteers to sacrifice their lives and experience a degree of pain that is known to be horrendous.

 

The prospect of having to survive in contaminated areas cannot be excluded

In the territories that were contaminated by fallout from Chernobyl, it is dangerous to practice farming, dangerous to wander in the forests, dangerous to go fishing and hunting, dangerous to eat locally produced food without checking its level of radioactivity, dangerous to drink milk and even water. All things that had been for many millennia the safest and most accurate sources of life - air, natural waters, the flowers, the fruit of the earth, forests, rivers and seas - all those, in just a few days, became sources of danger to man and animal. As this Ukrainian disaster has taught us, we must also consider the destructive health effects of "low doses", whether inhaled or ingested through food, which will then produce their effects many years later.

Equipment for automated spectrometry of the human body, such as the SCRINNER used in Belarus, are designed to measure the activity of radionuclides in the human body. These devices should be routinely used in all countries situated downwind of active atomic power plants. Moreover, real large scale public prescriptions should be issued, clarifying the advantages and limitations of iodine tablets, of sheltering measures, of first aid gestures, of evacuation perimeters, of the emergency plans ... This is why, in all countries, civil society organizations should consider the importance of creating a system of radiological control that is independent from the official system.

 

Nuclear industry, a radical trivialization of evil

Through his concept of "trivial evil", Hannah Arendt showed in the sixties that crimes against humanity were committed by ordinary people because they would not ask any questions about the purpose of their "activities". Once they were bound by an oath of loyalty to their hierarchy (or to an ideology, all of which are nowadays construed as universal values by the calculating reason which rules the world of "work" and other areas), they regarded these activities as legitimate.

This concept of "trivialization of evil" is not derived from speculation about a "human nature", but is indeed based on a socio-historical analysis of what happened in Europe between 1933 and 1945 and what paved the way for those events. Sixty years later, unless you believe in a world shielded from evolution, we must dare to draw conclusions from what Hannah Arendt wrote.

Historically, the trivialization of evil in the Western world spread widely once labor and human beings became "industrialized" with the solid support of science and technology: in other words, they were cut off from their nurturing earth-based reality, to be quartered in barracks, proletarianised, disqualified, deprived of their reality and ultimately dehumanized. From that moment, everything became possible in the order of trivialization and everything became acceptable in the order of evil, since all human purposes were discredited for the sole benefit of consumerist and market-based alienation.

Since then, things have not improved: this can be verified at all levels, including the human psyche (17). So we must have the courage to say that this trivialization of evil has become pervasive and, consequently, our societies have become nothing more than "democratic totalitarian systems" leading us to one or several final disasters, which should be analyzed as such in the realm of politics. The nuclear industry, which carries the potential universal death of all living beings on the planet, is a particularly striking example. But governments along with most media in the Western world (the cold war, which lasted forty years, contributed largely to this) did everything to cover the historic defeat of humanity which occurred on the 6th and 9th of August 1945, with a thick blanket of admiration and devotion to the brilliant ideas and the power of research, science, technology, industry ... A new god had emerged on August 6 1945, naturally yielding fearsome power, as do all gods, and new hymns were promptly created for his glory.

The dropping of atomic bombs, and the "Chernobyl experience" were not only a crime against humanity but also something new: a crime against Nature, what we today would call an Ecocide. If the consciousness of such a systemic disaster for the ecosphere continues to be suppressed, it will not be without consequences for the future of humanity and the way history will be written.

All this leads to a necessary conclusion: there is a need for an international tribunal to be set up, similar to the one created by Bertrand Russell, for judging atomic crimes against humanity that occurred  at Chernobyl and elsewhere since August 6 1945, all the way to Fukushima, through Fallujah.

 

Notes:

 

1 - 100 Mt: Andrei Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990, p 246. The French IRSN claims it was about 50 Mt.

     

2 - European Committee on Radiation Risk (CERR), Recommandations 2003 du CERI, Ed Frison Roche, 2004. Summary and viewing of the report on: www.euradcom.org. For the CERR, an estimated 65 million deaths are attributable to the nuclear industry since 1945!

 

3 - Claude Lorius, Voyage dans l’Anthropocène, Actes Sud, 2010.

 

4 - The vast majority of information that follows is from the book by Alexei V. Yablokov, Vasily B. Nesterenko, Aleksei V. Nesterenko, Chernobyl, the Consequences of the Disaster for Man and Nature No. 1181, Annals of the Academy of Sciences New York, 2009. The selection of texts translated into French is from Wladimir Tchertkoff in collaboration with Lisa Mouravieff. The American version is in part searchable online at: http://books.google.fr/. Other sites offer summaries in French.

     

5 - At the time of the accident, the activity of certain "hot particles" reached 10 to 12,000 Becquerels, which could cause death within few hours.

 

6 - Yuri Bandazhevsky was arrested in July 1999, allegedly as part of emergency measures to combat terrorism. Arbitrarily detained and accused of corruption, sentenced on 18 June 2001 to eight years in prison, despite the public recantation of his accuser, after a trial worthy of the thirties, he was imprisoned until 2005. Nesterenko, director of the independent Belarusian Institute of Radiation Protection, Belrad, which he founded in 1989 with the help of Andrei Sakharov, Ales Adamovich and Anatoly Karpov, was threatened with internment in a mental asylum by the KGB, suffered two attacks, and died August 25, 2008 after surgery to the stomach.

     

7 - Alexei V. Yablokov, Vasily B. Nesterenko, Aleksei V. Nesterenko, op. cit. These figures have been widely reviewed upward either by the NY Academy of Sciences, or following the international conference in November 2010: see "La gazette nucléaire" No. 259 February 2011, on http://resosol.org/Gazette/2011/259p23.html

 

8 - Age characterized by the fact that man has become the main geological force on earth (Georgescu-Roegen, P. Crutzen, A. Gras, J. Grinevald or C. Lorius).

 

9 - Allouch Jean, Erotique du deuil au temps de la mort sèche, EPEL, 1995

 

10 - Frederic Lemarchand, sociologist, member of the Scientific Board of CRIIGEN, article dated March 17, 2011, Les Echos.

 

11 - An agreement was signed in 1959 between the IAEA and WHO forcing the latter to submit its position to that of IAEA in all cases where nuclear power is at stake.

 

12 - The city was quickly rebuilt, which is entirely understandable and it was also the case in Europe. But one would have hoped that other traces of the disaster remain, and not just the dome of the industrial exhibition palace.

 

13 - In the movie «Tchernobyl; la vie contaminée, vivre avec Tchernobyl » by David Desramé and Dominique Maestrali.

 

14 - In 2011, there are still the equivalent of some tens of tons of uranium in the sarcophagus...

 

15 - Letter from Mr. Prof. Nesterenko to Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex and Bella Belbéoch, Jan. 2005.

 

16 - Fuel consisting of a mixture of uranium oxides, but also of plutonium, which on the one hand reduces the safety margins (its melting temperature being lower and more quickly reached) and on the other hand increases its dangerousness, a few milligrams being sufficient to cause a rapid death.

 

17 - Melman Charles, Lebrun Jean-Pierre, La nouvelle économie psychique, une nouvelle façon de penser et de jouir aujourd’hui, Eres, 2009.

 

This call was signed by:

 

Paul ARIES, philosopher and writer, key intellectual for the movement in support of economic decrease. Last book published: « La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance »

 

Marc ATTEIA, Doctor of Applied Mathematics, Professor Emeritus at the University of Toulouse, author of: Hilbertian kernels and spline functions, Elsevier

Science Publishers, 1992 and Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain,, Yves Michel, 2009.

 

Marie-Christine GAMBERINI, translator, referent of the association Les Amis de la Terre France on nuclear questions and energy.

 

Raphaël GRANVAUD writes in "Billets d'Afrique" of the association Survie, author of  Que fait l'armée française en Afrique, Agone 2009, and Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français, Agone 2012.

 

Alain GRAS, professor emeritus at the University of Paris I and Director of the Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques,  co-founder of the journal Entropia, author of Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007.

 

Francis JARRIGE, Senior Lecturer at the University of Burgundy, author of Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique, imho, Paris, 2009.

 

Eva JOLY, former magistrate of the pôle financier de Paris, former adviser to the Norwegian government then to the Icelandic Government in the struggle against international financial crime, Member of European Parliament.

 

Baudouin JURDANT, Professor Emeritus at the University of Paris 7, translator of Paul Feyerabend, author of Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique, Ed. Les Archives contemporaines, 2009.

 

Paul LANNOYE, PhD in Physical Sciences, honorary MEP, director responsible for the thinktank Groupe de réflexion et d'action pour une politique écologique (GRAPE)  )in Belgium, co-translator into French of the report CERI, Editions Frison-Roche.

 

Serge LATOUCHE, Professor Emeritus of Economics, University Paris XI and growth objector, author of Vers une société d'abondance frugale ; Contresens et controverses sur la décroissance, Mille Et Une Nuits/Fayard, 2011.

 

Frederick LEMARCHAND, sociologist, co-director of the pole RISK, University of Caen, Council Member of the scientific Council CRIIGEN. Co-author of Les Silences de Tchernobyl and of the film La Vie Contaminée, advisor for the International Exhibition Once upon a time Chernobyl.

 

Corinne LEPAGE, former Minister of Environment, MEP, a teacher at the IEP. Last book: La vérité sur le nucléaire ; le choix interdit, Albin Michel, 2011.

 

Stephane LHOMME, Chairman of the Observatoire du Nucléaire, author of L’insécurité nucléaire ; bientôt un Tchernobyl en France, Yves Michel, 2006.

 

Jean-Marie MATAGNE, Ph.D in Philosophy, President of l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (Www.acdn.net), author of En finir avec la terreur nucléaire, and of Désarmer pour vivre sur une planète sans armes ni centrales nucléaires.

 

Roland MERIEUX, secretary of the International Union for assistance to the liquidators of the Chernobyl nuclear power plant and nuclear victims.

 

Jean-Marie PELT, President of the European Institute and Honorary Professor of Ecology at the University of Metz, latest book: Heureux les Simples, Flammarion, 2011.

 

Pierre RABHI, farmer, Algerian-born French writer and thinker,  Knight of the ordre national de la Légion d'Honneur, Pierre Rabhi is among the pioneers in agroecology.

 

Jacques TESTART, agronomist and biologist, PhD in Science, Honorary Director of Research at INSERM, former president ofthe French Commission on Sustainable Development (1999 -2003). Co-author of Labo-planète. Ou comment 2030  se prépare sans les citoyens, Mille et une nuits, 2011.

 

Jean-Marc ROYER, engineer, former senior ADP, former leader of the union executive SICTAM / CGT of the airport of Orly, in press: La science creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’imaginaire occidental. I, Writer of the Appeal. Email: jean-marc_royer@orange.fr

 

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La traduction est de Robert ASH, d'après le texte original en français disponible ici .

Grâce à lui, cet appel peut être lu dans le monde entier ! Qu'il en soit ici remercié.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 00:31

DSCF5040 - CopieSamedi 10 mars 2012, lors de la manifestation pour l’arrêt de la centrale de Fessenheim, le discours de Kokoro Fujinami a été lu en 4 langues. Moment émouvant commémorant la catastrophe japonaise et rappelant le désir de tous les peuples soumis à l’atome de sortir du nucléaire.

 

Kokoro Fujinami, 15 ans, avait prononcé ce discours pour son pays il y a tout juste un mois, à Tokyo, mais sa portée est universelle. Merci à Xavier Nast pour son initiative de traduction dans d’autres langues. La langue japonaise a été phonétisée en français pour permettre sa lecture en japonais pour ceux qui ne connaissent pas la langue.

 

Voir aussi : "Il est temps maintenant de redéfinir ce qu'est le vrai bonheur et la vraie richesse"

 

 

 

1. みなさんこんにちは、藤波心です
Minàsàn kon'nichiwà, foudjinàmi kokolodészou
1. Hello, everyone. I'm Kokoro Fujinami.
1. « Bonjour, tout le monde, je m'appelle Kokoro Fujinami.
1. Hallo alle zusammen. Ich spreche im Namen von Kokoro Fujinami.

1. Hola, gente. Soy kokoro fujinami.


2.
東日本大震災、あともう少しで年がたちます。
Higàshinihon dàishinsài, àto môszoukoshi dé itchi-nén gà tàchimàssou.
2. It's been almost a year now since the Great East Japan Earthquake.
2. Cela fait presque un an qu'il y a eu le grand tremblement de terre de l'est du Japon.
2. Es ist schon fast ein Jahr her, seit dem großen Erdbeben in Ost Japan .

2. Falta poco para que cumpla un año después dela gran catástrofe del este de Japón .

3. 3.11以降、私の価値観は大きく変わりました。
San ii ikô, wàtàshi no kàchikàn wà ôkikou kàwàlimàshità
3. Since 3.11, my sense of value has greatly changed.
3. Depuis le 11 mars mon sens des valeurs a fortement changé.
3. Seit dem 11. März, hat sich meinen Sinn für Werte stark verändert.

3. Después del día 11 marzo mi sentido del valor hacambiado bastante.

4.
類の歴史に残るような大きな事故なのに、たいしたことが無い様に見せる国の姿勢や、報道。
Djinloui no lékishi ni nokolou yônà ôkinà djikonànoni, tàishità kotogà nài yô ni misélou kouni no shiséi yà, hôdô.
4. The government and the media have played down the serious consequences of the nuclear accident, even though it's a huge disaster that will go down in human history.
4. Le gouvernement et les médias ont minimisé les graves conséquences de l'accident nucléaire, même si c'est une immense catastrophe qui restera dans l'histoire humaine.
4. Die Regierung und die Medien haben die schwerwiegenden Folgen des nuklearen Unfalls herunter gespielt,obwohl es eine riesige Katastrophe war und die größte in der menschlichen Geschichte.

4. Fue un accidente muy grave la forma que marcóla huella en la historia de los seres humanos. Sin embargo el gobierno y losmedios de comunicaciones actuaron para que pareciera meno grave.

 

   
   

   

    DSCF5046 - Copie5. 検査も少ししかしていないのに、経済を守るために緩すぎる基準。
Kénsà mo soukoshi shikà shité inài no ni, kéizài o màmolou tàmé ni youlou szougilou kidjoun.
5. Very lax radiation standards have been set to protect the economy, even though food inspection is only partially being done.
5. Des normes de radiations très laxistes ont été fixées pour protéger l'économie, même si l'inspection des aliments ne se fait que partiellement.
5. Sehr gleichgültige (LAX) Strahlungs Standards wurden festgelegt, um die Wirtschaft zu schützen, 
wobei dies für die Lebensmittelüberwachung nur teilweise getan wird.

5. La normativa del nivel de las radiaciónesdemasiado blandas para poder proteger la economía, aunque habían inspeccionadoparcialmente.


6.
食べて応援しよう」なんていう、人の命の重さを無視した、無責任な国を挙げてのキャンペーン。
`Tàbété ôén shiyoou' nànté iu, hito no inochi no omossà o moushi shità, mousékinin'nà kouni o àgété no kyànpēn.
6. A nation-wide irresponsible campaign for "Eat and Support" is underway, which thinks nothing of the weight of human life.
6. Une campagne nationale irresponsable pour un ''soutien en mangeant'' est en cours, dans laquelle la vie humaine ne pèse rien.
6. Eine bundesweite unverantwortliche Kampagne für "Essen und Support" ist im Gange, 
die aber ohne Rücksicht auf das menschliche Leben nehmen.

6. Una campaña irresponsable junto al gobiernosin mirar el valor de los seres humanos que dicen que vamos a apoyarlescomiendo sus productos.


7.
私は、これはすごく怖い事だと思います。
Wàtàshi wà, kolé wà sougokou kowài kotodà to omoimàssou.
7. I think this situation is really frightening.
7. Je pense que cette situation est vraiment effrayante.
7. Ich weis, diese Situation ist wirklich erschreckend.

7. Yo creo que esta situación es realmentemiedosa.


8.
日本って、こんな国だったんだと、残念な気持ちになりました。
Nihon-tté, kon'nà kounidàttàndà to, zàn'nén'nà kimochi ni nailmàshità.
8. I was upset to find out Japan is such a country.
8. J'ai été bouleversée de découvrir que le Japon est ce genre de pays.
8. Ich habe herausgefunden, das Japan solch ein Land ist.

8. Me hace sentir muy triste al saber que Japónera un país así.

9.
今日本は歴史上、大変な危機に面していると私は思います。
Imà Nihon wà lékishi-djô, tàihén'nà kiki ni ménshité iluuto wàtàshi wà
omoimàsou.
9. I think Japan is facing a profound historical crisis now.
9.
Je pense que le Japon fait face à une profonde crise historique.
9. Ich weis, dass Japan jetzt vor einer tiefgreifenden historischen Krise steht.

9. Pienso que ahora mismo Japón está situado encrisis histórica.

   

DSCF503710. この狭い国土に、この地震が多い国土に、気が付いたら、原発を54基も建ててしまっていた。
Kono sémài kokoudo ni, kono djishin gà ôi kokoudo ni, kigàzouitàlà, génpàtsou o gojuuyon ki mo tàtété shimàtté ità.
In this small country, in this highly seismic country, we've found ourselves with 54 nuclear reactors.
10. Dans ce petit pays, dans ce pays sismique, nous nous retrouvons avec 54 réacteurs nucléaires.
10. In diesem kleinen und hoch seismischen/Erdbeben gefährdetes Land , haben wir es mit 54 Kernreaktoren zutun.

10. Cuando se da cuenta, habían construido 54plantas nucleares en esta tierra con poco terreno y muchos terremotos.

   
11. これは、繁栄の象徴でも無く、ただの時限爆弾です。
Kolé wà, hàn'éi no shôchô démo nàkou, tàdà no djigén bàkoudàndésou. ̄
11. They are not a symbol of prosperity. They are simply ticking time bombs.
11. Ils ne sont pas des symboles de prospérité. Ce ne sont que des bombes à retardement.
11. Sie sind nicht ein Symbol für Wohlstand. Sie sind einfach nur tickende Zeitbomben. 

11. Éstas no son símbolo de prosperidad. Simplementeson bombas del tiempo.

12.
もし、またどこかで大地震が起きて、別の原発が爆発するような事があったら、今度こそ、日本は終わりだと思います。
Moshi, màtà doko kà dé dài djishin gà okité,-bétsou no génpàtsou gà bàkouhàtsou soulou yônà koto gà àttàlà, kondokoso, Nihon wà owàlidà to omoimàsou.
12. If a big earthquake occurred again somewhere, and if another nuclear plant exploded, that would surely be the end of this country.
12. Si un gros séisme se produisait à nouveau, et si une autre centrale nucléaire explosait, ce serait sûrement la fin de ce pays.

12. Wenn irgendwowieder ein großes Erdbeben auftreten wird und ein
anderes Atomkraftwerk explodieren würde, so wäre dies sicherlich das Ende von diesem
Land.

12. Si ocurriera otro terremoto muy grande y siexplotara otra planta nuclear, entonces sería el final de este país.


13.
いつ爆発するか分からない爆弾と一緒に生活するなんて、私は絶対に嫌です。
Itsou bàkouhàtsou soulou kà wàkàlànài bàkoudàn to issho ni séikàtsou soulou nànté, wàtàshi wà zéttài ni iyàdésou.
13. I absolutely don't want to live with bombs that might explode at any moment.
13. Je ne veux absolument pas vivre avec des bombes qui risquent d'exploser à tout moment.

13. Ich will absolut nicht mit Bomben leben, die in jedem Moment explodieren können.

13. No quiero vivir con las bombas que puedenexplotar en cualquier memento.

   
14. 美しい山や川、海歴史ある町美味しい山の幸や海の幸
Outsoukoushî yàmà yà kàwà, oumi Lékishi àlou màchi oishî yàmànosàchi yà oumi no sachi
14. We have beautiful mountains and rivers, seas, towns with long history, delicious fruits of the sea and food from the mountain.
14. Nous avons de belles montagnes et des rivières et des mers et des villes historiques, de délicieux produits de la mer et des montagnes.
14. Wir haben wunderschöne Landschaften mit Bergen, Flüssen, Seen und Städten mit langer Geschichte. Leckere Früchte des Meeres und Lebensmittel aus den Gebirgen.

14. Tenemos bonitas montañas, el río, el mar Y las ciudades con sus largas historias. Los frutos tan deliciosos de las montañas y del mar.

.

    DSCF506715. もう、私たちの国土に第二の福島を作っては絶対にいけません。
Mô wàtàshitàchi no kokoudo ni dàini no Foukoushimà o tsoukoutté wà zéttài ni ikémàssén.
15. We should never create another Fukushima ever again on our land.
15. Nous ne devrions jamais recréer un autre Fukushima dans notre pays.
15. Wir sollten nie erstellen Sie einen anderen Fukushima jemals wieder auf unserem Land.

15. Nunca deberíamos de crear otro Fukushima en nuestra tierra.

   
16. 私たちは所詮ちっぽけな生き物です。
Watashitachi wa shossen chippoke na ikimono dessou.
16. We are just little creatures after all.
16. Nous ne sommes après tout que de fragiles créatures.
16. Wir alle sind nur kleine Geschöpfe.

16. Al fin y al cabo no somos nada.

   
17. どうやったって地球の自然には勝てません。
Dô yàttà tté chikyū no shizén ni wà kàtémàssén.
17. We can never conquer the Earth's nature no matter how hard we try.
17.
Nous ne pourrons jamais vaincre la Nature, même en essayant de toutes nos forces.
17. Wir können die Mutter Natur nicht übergehen oder Sie überwältigen, egal wie sehr wir uns bemühen.

17. No podemos conquistar la naturaleza aunque lo intentemospor todos los remedios.


18.
科学が発達したからといって、人類が何でもコントロールできると思ったら、大間違いです。
Kàgàkou gà hàttàtsou shitàkàlà to itté, djinloui gà nàndémo kontolôlou dékilou to omottàlà, ô màchigàidéssou.
18. We make a great mistake if we think the human race can control everything with its advanced science.
18. C'est une grande erreur de penser que la race humaine peut tout contrôler par les avancées scientifiques.
18. Wir machen einen großen Fehler, wenn wir denken, die Menschheit kann alles kontrollieren mit seiner fortschrittlichen Wissenschaft.

18. Si pensaran que podemos controlar todo porhaber tenido el avance de la ciencia es una gran  equivocación.

   
19.自然の中に生きる私たちは、絶対に自然を超えることはできません。
Shizén no nàkà ni ikilou wàtàshitàchiwà, zéttài ni shizén o koélou
koto wa dekimassen.
19. We are living within nature and we can never transcend it.
19.
Nous vivons dans la nature et nous ne pouvons jamais la transcender.
19. Wir machen einen großen Fehler, wenn wir denken, die Menschheit kann alles kontrollieren mit seiner fortschrittlichen Wissenschaft.

19. Nosotros vivimos dentro de la naturaleza y nuncapodremos superarla a ella.

 

Kokoro Fujinami20. こんな、地震の多い国に、原発を造りまくるというのも、 自然をバカにした人類のおごりだと思います。
Kon'nà, djishin no ôi kouni ni, génpàtsou o tsoukouli màkoulou to iou no mo, shizén o bàkànishità djinloui no ogolidà to omoimàssou.
20. I think it's an act of human hubris to look down on nature and build many nuclear plants in such a highly seismic country.
20. Je pense que c'est un acte d'orgueil humain démesuré de regarder la nature de haut et de construire plein de centrales nucléaires dans un pays si sismique.
20. Wir sind leben in der Natur, und wir können unsere Grenzen in Bezug auf unsere Natur niemals überschreiten.

20. Creo que en éste caso también fue por  faltar el respeto a la naturaleza y laprepotencia de los seres humanos. Y habían construido muchas plantas nuclearesen este país donde están las fallas para que puedan ocurrir muchos terremotos.


21.
私たちは原発によって支えられていたのではなく何も知らない私達が、 原発を支えていたのだと思います。
Wàtàshitàchiwà génpàtsou ni yotté sàsàé làlété ità nodé wànàkou nàni mo shilànài wàtàshitàchi gà, génpàtsou o sàsàété ità nodà to omoimàssou.
21. I think it's not "we have been supported by nuclear plants" but "we, ignorant people, have supported nuclear plants."
21. Je pense que ce n'est pas ''Nous avons été soutenus par les centrales nucléaires, mais ''nous, peuple ignorant, avons soutenu les centrales nucléaires.''
21. Ich glaube nicht "das wir Unterstützung von Kernkraftwerken haben ", aber " wir, unwissende Menschen, bekommen Unterstützung von nuklearen Pflanzen. "

21. Creo que nosotros no hemos estado apoyado porlas plantas nucleares, Sino hemos estado apoyándolas con la ignorancia.


22.
よく、「経済がダメになるから原発は必要だ」と言う人がいます。
Yokou,`kéizài gà dàméninàlou kàlà génpàtsou wà hitsouyôdà' to iou hito
gà imàssou.
22. Many people say we need nuclear plants so as not to ruin our economy.
22. Beaucoup de gens disent que nous avons besoin des centrales nucléaires pour ne pas ruiner notre économie.
22. Viele Leute sagen, wir brauchen Atomkraftwerke, um unsere Wirtschaft aufrecht zu halten und nicht zu ruinieren.

22. A veces hay gente que dice que es necesariolas plantas nucleares para la economía.


23. でも、今の日本は、原発があるから経済がダメになってしまっているように私には思えます。
Démo, imà no Nihon wà, génpàtsou gà àloukàlà kéizài gà dàmé ni nàtté shimàtté ilou yô ni watashi wa omoemassu.
23. But it seems to me our economy has been ruined because we have nuclear plants in Japan.
23. Mais il me semble que notre économie a été ruinée parce que nous avons des centrales nucléaires au Japon.
23. Aber mir scheint es, dass unsere Wirtschaft zerstört worden ist, weil wir Kernkraftwerke in Japan haben.

23. Pero a mí me parece que en Japón se arruina laeconomía por tenerlas.


24. いまこそ、本当の幸せとは何か、豊かさとは何か、考え直す時がきているんだと思います。
Imakosso, hontô no shiawasse towa nanika, yutakassa towa nanika, kangaenaossu toki ga dekiteiru dato omoimassou.
24. I think now is the time to redefine what true happiness and true wealth is.
24.
Je pense qu'il est temps maintenant de redéfinir ce qu'est le vrai bonheur et la vraie richesse.
24. Ich denke, es ist an der Zeit, um neu zu definieren, was wahres Glück und wahrer Reichtum ist!

24. Creo que ahora es el momento de volver apensar que cuál es la verdadera riqueza y felicidad.


25. いつも最後にしわ寄せが来るのは、一般市民や弱い人、子どもたちです。
Itsoumo sàigo ni shiwàyosé gà koulou no wà, ippàn shimin yà yowài
hito,-kodomo-tàchidéssou.
25. It's always the general public, the weak, and children who suffer in the end.
25.
C'est toujours le public, les gens fragiles et les enfants qui souffrent à la fin.
25.
Es betrifft immer die breite Öffentlichkeit, die Schwachen und Kinder, die am Ende leiden müssen. 

25. Siempre la gente general, los débiles y losniños son los que sufren al final.


26. みなさん、人の力は、大きな力に変わります。
Minàsàn, 1-li 1-li no chikàlà wà, ôkinà chikàlà ni kàwàlimàszou.
26. The power of each one of you can become a big force.
26. Le pouvoir de chacun de nous peut devenir une grande force.
26. Die Leistung und Anteil eines jeden einzelnen von Euch, gibt uns Kraft um es zu schaffen.

26. Oigan. Con la fuerza de cada persona se formauna gran fuerza!


27.
子どもたちの明るい未来も、そして、日本の未来も、守って下さい。
よろしくお願いします。
Kodomo-tàchi no àkàloui milài mo, soshité, Nirhon no milài mo, màmotté koudàsài.
27. Please protect the bright future of children and the future of our country.
27. S'il vous plaît protégez l'avenir de nos enfants et l'avenir de notre pays.
27. Bitte schützen Sie die Zukunft der Kinder und die Zukunft unseres Landes.

27. Por favor. Protejan el gran futuro de los niños y el de nuestropaís.



(Merci à tous les traducteurs qui ont participé !)

 

.

 

 


Message de Kokoro Fujinami, 15 ans, manif... par kna60

 

 

 

En savoir plus sur Kokoro Fujinami :

http://www.ecoloinfo.com/2012/03/07/qui-est-kokoro-fujinami-la-jeune-activiste-antinucleaire-japonaise/.

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