21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:46

kodanshaCe reportage, qui traite du système de décontamination de l’eau, des conditions de sa mise en œuvre, de la possible descente du corium dans le sol et des pratiques de désinformation de Tepco, donne aussi des informations sur l’état général de la centrale de Fukushima Daiichi. Malgré l’annonce rassurante de Tepco et du gouvernement au sujet de la maîtrise de la crise, personne au Japon ne peut ignorer, à la lecture de cet article très critique, ce qui se joue réellement à Fukushima Daiichi.

Merci infiniment à  Marielle Ikeme et Hiroko pour avoir réalisé cette traduction française de qualité.

 

Paru le 8 juillet 2011 sur le site Internet Gendai Business sous le titre original :

メルトアウト「核燃料」地下水直撃の恐怖!
メルトスルーを超える最悪の事態 東電はこの可能性を隠していないか!

cet article provient à l’origine de l’hebdomadaire FRIDAY publié par Kodansha, grande société d'édition au Japon.

 

L’article est suivi d’un communiqué du 20 juillet de NHK World qui confirme, 12 jours plus tard, que le système de recyclage de l’eau de refroidissement ne fonctionne pas correctement.

 

 

Fukushima : après le "Melt-through", le "Melt-out" : le corium attaque les nappes phréatiques

source :

http://gendai.ismedia.jp/articles/-/11152

 

En considérant l’aspect des sous-sols de la centrale de Fukushima Dai-ichi, les spécialistes font un effroyable constat : le système de refroidissement fonctionne bien en deçà des espérances et le devenir du combustible fondu reste incertain.

Cependant Tepco s’évertue à remettre en marche le système de refroidissement des réacteurs de la centrale Fukushima Dai-ichi.

 

 

 

 tuyaux au sol près de l'unité 1

Travail au sol près de l'unité 1

 

 

A l’ouverture de la séance organisée par Tepco et le gouvernement le 27 juin, le responsable M. Takeshi Hosono a déclaré qu’on se rapprochait de la stabilisation du système de refroidissement, qu’un pas en avant avait été franchi. Ce système, interrompu le 18 juin, avait été remis en marche dans l’après-midi à 16h20.

 

Cependant, lors de la clôture de cette conférence, Monsieur Junichi Matsumoto de Tepco a mis fin à cette euphorie en déclarant, les yeux baissés, qu’il avait d’autres informations à communiquer : « De l’eau fuit par les joints, ce qui a entraîné l’arrêt du circuit de refroidissement dans l’après-midi à 5h55. »

 

img_f7fa2c497c2af1145c2af97af567f0a793831.jpg

Mesure de dose de radiations sur une voiture du site : 94 µSv/h

 

 

 

La remise en circulation de l’eau de refroidissement n’a fonctionné que 90 minutes. Ce système est encore en situation d’échec. Ce n’est que le 28 juin qu’il a pu refonctionner. A quand sa stabilité ?

 

C’est parce que ce système a été construit à la hâte que l’on craint des incidents imprévisibles, comme une réplique. Ce système de refroidissement repose sur 4 km de canalisations dans lequel circule une grande quantité d’eau contaminée par le mélange fondu de combustible à haute température. Lors d’un fort tremblement de terre, les canalisations s’endommageraient, les boulons se desserreraient et des matières radioactives se déverseraient dans l’environnement (M. Jun Sakurai technicien spécialisé).

 

Selon les indications de M. Sakurai, il est fort possible qu’une catastrophe imprévisible intervienne à nouveau d’ici la stabilisation du système de refroidissement. La situation serait alarmante. Une atroce réalité peu imaginable, mais qui peut arriver dans la profondeur des sous-sols de la centrale de Fukushima.

 

Avec l’intervention des systèmes de désalinisation d’eau, de séparation huile-eau, de purification, et un autre système d’élimination du césium, l’eau légèrement décontaminée de sa radioactivité est réutilisée pour le refroidissement. Selon un rapport de l’AIEA publié le 7 juin, le gouvernement a reconnu la possibilité de perforations dans les cuves des réacteurs 1~3.

 

Le combustible des réacteurs fondus (melt-down) s’échappe des cuves de pressurisation et s’infiltre dans l’environnement (melt-through).

 

 

schema reacteur 1 

 

Selon Monsieur Hiroaki Koide de l’Université de Kyoto, “La situation de la centrale de Fukushima est désespérée” :

« Je pense que le corium, mélange fondu à base d’uranium, a endommagé le fond des cuves et qu’il s’infiltre au travers du béton et se diffuse dans la terre. Le combustible du cœur des réacteurs ne fond pas à moins de 2800 degrés (la radioactivité empêche la mesure de la température actuelle).

Il y a à peu près cent tonnes de corium. Les cuves de pressurisation et les métaux utilisés pour l’enceinte du bâtiment fondent à 1500 degrés. Il est donc probable que le corium soit tombé au fond des cuves, qu’une partie ait attaqué le sol et qu’une autre partie se soit mélangée avec l’eau contaminée, entraînant la fonte des murs. »

 

Le combustible fuit à l’extérieur des réacteurs et diffuse une forte radioactivité dans l’environnement. M. Koide qualifie cette situation catastrophique de « melt-out ».

Si le corium attaque les nappes phréatiques, on aura beau refroidir, cela n’empêchera pas la radioactivité de s’étendre. Il faut stopper cette infiltration souterraine afin de ne pas contaminer l’océan. Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? Cela protègerait les nappes phréatiques du corium et des sols contaminés.

 

Si l’on considère la structure de la centrale, il y a de grande chance pour que l’on soit entré dans la phase “melt out”. Voici les explications fournies par M. Masashi Goto, ex-technicien nucléaire chez Toshiba :

« L’épaisseur des parois des cuves de pressurisation est d’une dizaine de centimètres. Mais les enceintes de confinement ne font pas plus de 30 millimètres d’épaisseur. La pression des cuves est calculée pour supporter une pression de 70 unités mais la pression à l’extérieur ne peut en excéder 4. Si le combustible devait fuir au point de faire fondre la cuve de pressurisation, l’enceinte de confinement ne résisterait pas. Et qui plus est, le bâtiment extérieur et les murs en béton du sous-sol.

Comme nous l’avons dit plus haut, rien n’a été construit en cas de fonte d’un réacteur, ni au niveau des enceintes, ni au niveau des cuves. C’était dès le départ un échec assuré. C’est pour cela qu’il faut envisager des mesures pour le cas où nous entrerions dans la phase « melt down » car ce n’est qu’une question de temps pour que le corium s’échappe des cuves, perce les enceintes extérieures et s’infiltre dans les sous-sols de la centrale. »

 

Suite à la phase “melt-out”, des particules radioactives terriblement dangereuses sont dispersées. On y trouve de l’iode, dont la demi-vie est de 8 jours, en provenance de l’eau contaminée qui vient du sous-sol des bâtiments et qui remonte à la surface de la terre, ainsi que du césium dont la demi-vie est de 2 ans ; ces particules radioactives assez légères s’accumulent à la surface de l’eau. Par contre, parmi les particules qui s’infiltrent à l’intérieur du sol, il y a le strontium dont la teneur met 29 ans pour diminuer de moitié et le plutonium qui lui mettra 24 000 ans. De plus le plutonium peut rester dans le corps humain 50 ans et y causer de graves dommages. D’après M. Takeda, ancien spécialiste du nucléaire de l’institut de recherche de l’université du Chubu, «  Ses effets sont désastreux ».

 

 

tuyaux au sol 

Sous le soleil brûlant, des hommes travaillent avec des combinaisons de protection renforcées de ruban adhésif. La chaleur s’intensifiant depuis juin, plusieurs ont déjà souffert d’hyperthermie.

 

Le plutonium qui se dépose facilement dans l’eau est une substance radioactive relativement lourde. Si le combustible s’est infiltré dans les eaux souterraines, ce sont les rivières les lacs, les puits, la mer et tout ce qui est en contact avec ces nappes qui vont être contaminés. Et en plus, le niveau de radioactivité est tellement fort que l’homme ne peut pas s’en approcher afin de faire un rapport de la situation.

 

La construction d’une enceinte de protection

 

Est-ce que Tepco connait le niveau actuel d’infiltration du combustible ? Certes Tepco a constaté la phase du « melt-out » mais sans pour autant être persuasif dans ses explications.

 

Selon des analyses, le combustible du réacteur numéro 1 est tombé au fond de la cuve. Actuellement, le refroidissement de ce réacteur est stabilisé grâce aux injections d’eau, ce qui limiterait à partir de maintenant l’éventualité de fortes émanations radioactives. Pour les réacteurs 2 et 3, de mêmes analyses sont en cours mais l’état des réacteurs est inconnu. A la question de savoir si les cuves sont percées ou pas, Tepco répond que l’investigation n’étant pas terminée, les résultats seront communiqués plus tard (Service de presse de Tepco).

 

Pendant que l’attention se focalise sur “la stabilisation de refroidissement des réacteurs”, les possibilités de “melt through” et “melt out” sont à peine évoquées sous prétexte que “l’enquête suit son cours”. Cependant d’un autre côté, Tepco prépare la construction d’une enceinte de protection en profondeur.

 

« Les plans sont en cours d’élaboration. Tepco prévoit de construire une enceinte afin de protéger les nappes phréatiques des infiltrations contaminées » (Service de presse de Tepco).

 

On en revient à l’évocation de M. Koide : « Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? ». Concernant la pire des situations qui pourrait arriver, Tepco ne se prononce pas, mais n’envisage-t-il pas ce « melt out » quand il commence à prendre des mesures à son encontre ?

 

Un travailleur sur la centrale révèle que, depuis juin, le travail à Tepco devient problématique. Sur le panneau d’affichage du stade de Fukushima, des informations étaient quotidiennement publiées sur la centrale. Mais récemment plus aucune information n’est apparue. Selon le patron d’une compagnie mère qui travaille sur la centrale, il manque l’essentiel. Tepco, qui interdit formellement l’accès de la centrale car c’est trop dangereux, n’en dit pas plus. Les ouvriers soupçonnent « Tepco de manigancer quelque chose ».

 

Sous la centrale, où l’homme ne peut pas pénétrer, il est possible que se préparent des évènements sans précédents pour l’humanité.

 

 

 

Note :
Pour voir les autres photos du reportage, se reporter à "Voir Fukushima (15)"

 

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Le taux de nettoyage à la centrale de Fukushima reste faible

NHK World,

Mercredi 20 juillet 2011- 21:14 0900 (JST)

http://www3.nhk.or.jp/daily/english/20_36.html

 

Le système de décontamination d'eau radioactive de la centrale nucléaire paralysée de Fukushima Daiichi continue de fonctionner en dessous de sa capacité cible.

L’opérateur de l'usine, Tokyo Electric Power Company, a constaté que le taux de décontamination du système était d'environ 53% durant la semaine écoulée, alors que le taux attendu était de 70%. Il a été incapable d'atteindre le taux cible pendant 3 semaines consécutives.

La faible performance du système est due à des fuites d'eau ainsi que le fait que sa capacité à éliminer les matières radioactives est de 30% inférieur à celui des Etats catalogue. 

TEPCO dit que les performances du système ne se sont pas améliorées, même après que la tuyauterie ait été changée, et que la cause du problème est encore inconnue. 

À la centrale en difficulté, l'eau utilisée pour refroidir les réacteurs est devenue radioactive et s’est accumulée dans les sous-sols des bâtiments du réacteur.

TEPCO a exploité un système en boucle depuis le mois dernier, en utilisant l'eau pour refroidir les réacteurs après décontamination. 

Mardi, la compagnie d'électricité et le gouvernement ont déclaré que les réacteurs se sont refroidis de façon stable. Pourtant, le système de recyclage d'eau de refroidissement ne fonctionne pas bien. 

Mercredi, à 7 heures, au bâtiment du réacteur numéro 1, le niveau d'eau polluée dans le sous-sol avait 13 centimètres de plus que la veille. TEPCO dit que la tempête tropicale a haussé les niveaux d'eau.

 

Texte original en anglais

Cleanup rate at Fukushima plant remains low

A system to decontaminate radioactive water at the crippled Fukushima Daiichi nuclear power plant continues to work below its target capacity.
The plant's operator, Tokyo Electric Power Company, has found that the system's decontamination rate was about 53 percent during the past week, compared with the target rate of 70 percent. It has been unable to reach the target rate for 3 consecutive weeks.
The utility says the system's low performance rate is due to water leaks as well as the fact that its capacity to remove radioactive materials is 30 percent lower than the catalog states.
TEPCO says the system's performance has not improved even after its piping was changed, and that the cause of the problem is still unknown.
At the troubled plant, water used to cool down reactors has become radioactive and has been accumulating in the basements of the reactor buildings.
TEPCO has operated the cyclical system since late last month, using the water to cool down the reactors after decontaminating it.
On Tuesday, the utility company and the government said that the reactors are being cooled down in a stable manner. However, the system to recycle cooling water is not working well.
At the Number 1 reactor building, the level of polluted water in the basement at 7 AM on Wednesday was 13 centimeters higher than the previous day. TEPCO says a tropical storm has raised the water levels.

 

 

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Pour avoir plus d’infos techniques sur le système de décontamination, reportez-vous à l’excellent dossier de l’électron libre sur le site « Glasnost sur Fukushima » :

« L’électron libre » n° 51 du 14 juillet au 16 juillet

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:57

Billet invité

Jean-Claude Cousin, veilleur de Fukushima sur le site Dazibaoueb, m’a transmis cet article que je publie ici volontiers. Dans ce contexte de catastrophe où l’actualité prend le dessus sur l’analyse, il n’est pas inutile de prendre du recul sur les évènements gravissimes qui ont eu lieu et d’aller au-delà des déclarations d’autosatisfaction de Tepco, l’entreprise la plus polluante du monde. Non, malgré les propos minimisants des acteurs du lobby nucléaire, rien n’est réglé. Oui, « le monde va devoir se serrer les coudes », et changer.

 

 

Quatre mois plus tard, Fukushima : un premier bilan ?

par Jean-Claude Cousin, le 16 juillet 2011

  

tsunami.jpg« Rappel des faits. Le 11 mars 2011, un déplacement de trente mètres de la plaque supportant le Japon (plaque nord-américaine), sur une largeur de 400 kilomètres, a provoqué à la fois le séisme le plus violent de l'histoire du Japon (au moins 9 de magnitude), et un très violent tsunami atteignant parfois 14 mètres de hauteur, et ravageant les terres du nord-est sur une profondeur de plusieurs dizaines de kilomètres.

Un autre séisme moins violent, le 9 mars, avait déjà fragilisé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Le 11 mars les défenses automatiques ont très mal fonctionné, et envahies par l'eau de mer n'ont plus permis de refroidir les réacteurs 1 à 3. Dans ceux-ci, en raison de la rapide élévation de température, les barres contenant les pastilles de carburant nucléaire se sont mises à fondre complètement, constituant un corium qui s'est accumulé au fond des cuves. On ne sait pas exactement quel est l'état de ce corium, ni combien de barrières il a réussi à traverser, ni ce qui advient du plutonium qu'il contient nécessairement.

Le plutonium est un sous-produit de la transmutation de l'uranium initial, quand il n'est pas comme dans le réacteur N°3 de Fukushima Daiichi un des constituants du carburant initial. Ce réacteur avait été chargé en MOX, mélange d'uranium pauvre pour 93% et de plutonium pour le reste. Ce mélange particulier est fabriqué en France, par le recyclage de barres usagées provenant du monde entier. Les autres réacteurs utilisent de l'uranium enrichi.

L'inconvénient du plutonium, outre sa toxicité énorme, est la faiblesse de sa masse critique. Cela signifie que, dans le corium encore chaud, si les diverses particules de plutonium réussissent à se constituer en une masse commune suffisante (six kilogrammes seulement, soit en raison de sa masse très élevée - pratiquement 20 Kg pour un litre - une petite motte), une réaction nucléaire se produira spontanément. On peut essayer d'en imaginer les conséquences.

Ce matin, la société TEPCO, opérateur de cette centrale, et le gouvernement japonais se sont félicités de maîtriser la situation : les trois réacteurs incriminés seraient enfin dans un état d'arrêt à froid. En revanche, sur les eaux de refroidissement et leur "nettoyage" des difficultés continuent à se faire jour, avec sans doute un risque de débordement de produits radioactifs dans la terre environnante.

Ce n'est pas tout. La piscine où sont entreposés les déchets du réacteur N°4 est-elle entièrement sécurisée ? Rappelons qu'en raison de l'hydrogène qui s'était accumulé au-dessus, provenant des autres réacteurs, son plafond avait volé en éclats, et les barres usagées avaient manqué d'eau puisque les pompes de refroidissement ne fonctionnaient plus, et que l'eau de la piscine s'était en partie évaporée à force de bouillir.

On notera que pendant tout ce travail des particules de césium, d'iode, et d'autres produits plus lourds ont été transportées par le vent un peu partout, en particulier jusqu'à Tokyo et au-delà. Les quantités n'étant pas très importantes, les effets ne se feront pas sentir tout de suite, mais dans plusieurs années. Déjà, les plantes, les animaux sont radioactifs : on l'a découvert pour le thé, jusqu'à 200 Km de la centrale. C'est aussi vrai pour les champignons, et pour plein d'autres légumes. Bien entendu, les animaux qui ont brouté l'herbe, ou le foin pas encore mis à l'abri, présentent eux aussi des signe de contamination. On ne parle pas des poissons et coquillages, puisque des quantités importantes d'eau très radioactive se sont déversées dans l'océan avant qu'on puisse maîtriser ce facteur.

Jusqu'à présent, n'a été abordé que le volet nucléaire du désastre (qui amène d'ailleurs les Japonais à manquer d'électricité pour cet été). C'est pourquoi le premier ministre a poussé à désormais diversifier la production, en se lançant dans les énergies renouvelables.

 

Pour ce qui est des dégâts matériels du Japon du nord-est, ils sont considérables. Le chiffre de 165 milliards d'euros a été avancé. Tout est à reprendre, infrastructures, routes, distribution électrique et d'eau potable, bâtiments publics et privés. La masse des gravats et détritus divers devra être évacuée d'une façon ou une autre. Sans compter qu'il faudra veiller à ce que les sols, déjà touchés par le sel apporté par la vague, ne soient pas aussi radioactifs. De plus, même les balises géodésiques sont à recaler une à une pour reconstituer les bornages des propriétés, puisque tout a été décalé de façon variable allant jusqu'à plusieurs mètres.

Comment la reconstruction pourra-t-elle se faire ? Très lentement sans doute, puisqu'il faut reprendre plus qu'à zéro, nettoyer, recadastrer, reconstituer des archives dont certaines sont forcément inutilisables en raison de l'envahissement par l'eau, définir les priorités, aider les habitants à reprendre espoir, à repartir sur de nouvelles bases. Il va falloir compter sans doute en dizaines d'années, mais rien ne sera plus comme avant. On compte plus de vingt-trois mille morts et disparus, cela va changer beaucoup de choses. Des familles entières sont manquantes.


Il y aura un Japon d'après le 11 mars, ce sera bien pire qu'un certain 11 septembre à New York. Grosse différence, il peut être considéré comme acquis que dans ce cas-là, une grossière propagande ne va pas transformer le pays en camp retranché, car c'est cela, et rien que cela, l'important du nine-eleven. Le Japon doit vivre, réussira-t-il à surmonter toutes ses difficultés ? Nos descendants le sauront sans doute. Ou pas, si notre monde s'écroule entre-temps sous les coups de boutoir de la grande finance et de ses fous furieux.

Que nous, Européens, ne considérions pas cette affaire comme négligeable. La quantité de nucléides radioactifs divers qui s'est répandue dans l'atmosphère va essaimer sur le monde entier, de façon moins importante à court terme que Tchernobyl pour nous Européens, mais...

Mais les océans vont TOUS supporter un accroissement de radioactivité, plus ou moins stockée par le plancton, puis par les poissons... je laisse deviner la suite. Les prairies de partout seront plus radioactives... un peu, ce qui s'ajoutera à ce qui advient d'un Tchernobyl "qui s'est arrêté à nos frontières", comme l'ont laissé entendre les médias !

Le Monde va devoir se serrer les coudes. Pour cela quelques accapareurs devront, ce sera devenu impératif, laisser de gré ou de force place à de toutes autres formes de gouvernements, solidaires et plus égalitaires. »

 

source image : Ouest-France

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 02:23
Images du plan du niveau technique et de la piscine de l’unité n°4 de Fukushima Daiichi (photos prises le 29 juin 2011)
sources :
 
r4-plan-niveau-5.jpg 
Plan du niveau technique
 
 
r4-source-mainichi5.jpg
 
r4-plan-niveau-5-20a.jpg
 
r4-source-mainichi2.jpg
 
valve-20b.jpg
 
20A et 20B :
Fuel pool cooling and filtering system valve
(Valve du système de refroidissement et de filtrage de la piscine de combustible)
     
r4-source-mainichi3.jpg 
Equipment storage pool side to the fuel exchange truck
(Côté de la piscine de stockage d’équipement à la machine d’échange de combustible)
 
r4-source-mainichi1.jpg 
Reactor well
 
r4-source-mainichi4.jpg 
Spent fuel pool gate
(Porte de la piscine de combustible usé)
 
   

r4-piscine-source-tepco.jpg 

Piscine de combustible le 29 juin 2011

 
 
 
Photos prises par un liquidateur
(lien du site « The Fukushima Project »)
photos-liquidateur.jpg 
 
“This is our reality… Fukushima”
Reportage (langue anglaise, 13 min 29), faisant le lien entre l’accident de Tchernobyl et celui de Fukushima.
importé par aussiegirlonamission sur Youtube

 
 
Une journaliste américaine visite la région de Fukushima et ses territoires évacués. Elle visite également les territoires évacués de la région de Tchernobyl il y a 25 ans. Le reportage est ponctué d’interviews de Chie Matsumoto, japonaise, de Michio Kaku, physicien étatsunien, d’enfants de Tchernobyl et d’une scientifique britannique.
 
 
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Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :

 

Voir Fukushima (15)

Photos : les systèmes de décontamination de l’eau

Schéma : fuite du corium dans le sol

 

Voir Fukushima (14)

Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2

Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur

 

Voir Fukushima (13)

Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA

 

Voir Fukushima (12)

Photos : réacteur 4

Webcam Tepco : enregistrements sur youtube

Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale

 

Voir Fukushima (11)

Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4

 

Voir Fukushima (10)

Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi

Webcam de la centrale par Tepco

 

Voir Fukushima (9)

Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (8)

Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (7)

Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4

Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots

 

Voir Fukushima (6)

Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (5)

Photos : tous les clichés fournis par Tepco

Vidéo : zone interdite

 

Voir Fukushima (4)

Webcam de la centrale par Weather Online

 

Voir Fukushima (3)

Vidéos : survol des réacteurs avec des drones

Vidéos : des robots filment au sol

 

Voir Fukushima (2)

Photos : les 15 séries de photos de Cryptome

 

Voir Fukushima (1)

Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth

 

 

 
 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 01:54

DSCF2325Trop de mauvaises nouvelles depuis plusieurs mois pour ne pas souligner les bonnes ! Cette semaine, au Japon et en France, deux personnalités se sont fait remarquer par leurs propos au sujet de la sortie du nucléaire. Même si ce ne sont que des paroles, elles marquent le début du tournant mondial provoqué par la catastrophe de Fukushima : l’industrie nucléaire étant à la fois trop dangereuse et plus du tout rentable, l’humanité va progressivement quitter cette ère honteuse pour les générations futures. Bien évidemment, cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique, il faudra sans doute plusieurs décennies, mais si les hommes politiques au pouvoir commencent enfin à prendre conscience de la nécessité du changement, on est sur le bon chemin.

 

Kan_Naoto.jpg Naoto Kan (photo Sebastian Pinera)

 

« Le risque nucléaire est trop fort »

 

Naoto Kan, premier ministre du Japon, a déclaré mercredi : « On ne peut plus soutenir que la politique menée jusqu’à présent garantisse la sécurité de l’exploitation de l’énergie nucléaire. Nous devons concevoir une société qui puisse s’en passer. »

Quelle audace ! Et quelle surprise ! Avant l’accident de Fukushima, ce même homme prévoyait une augmentation de la part de l’électricité nucléaire dans la production totale à plus de 50% d’ici à 2030, contre quelque 30% en 2010. Aujourd’hui, il envisage de revoir de fond en comble la politique énergétique du Japon : Naoto Kan plaide pour une « réduction progressive » de la part de l’électricité nucléaire au profit des énergies renouvelables (solaire, éolienne, biomasse, etc.) avec pour objectif de s’en affranchir totalement.

Evidemment, les médias, sous influence financière de Tepco, ont vivement critiqué les propos du premier ministre. Mais malgré son impopularité au Japon, il a indiqué qu’il quitterait le pouvoir une fois adopté un texte sur les énergies renouvelables. Il est clair que les Japonais, de moins en moins favorables à l’énergie nucléaire, vont maintenant attendre des actes, car si « l'abandon du nucléaire est une idée qui monte en puissance" selon l'Asahi, elle "ne doit pas être seulement un slogan", poursuit le Mainichi.

 

Aujourd’hui, seuls 19 réacteurs sur 54 sont en activité au Japon, ce qui montre la grande faiblesse de cette énergie en cas de tremblement de terre.

 

 

éric besson Eric Besson

 

« Nous allons étudier tous les scénarios possibles du mix énergétique des années qui viennent », « Aucun scénario ne sera écarté, y compris, les scénarios de sortie du nucléaire »

 

Eric Besson, pronucléaire notable et ministre français de l’industrie, a précisé qu’une étude prospective était lancée afin d'envisager les scénarios de sortie du nucléaire. Ce programme s’appelle « Energie 2050 ». « Ce programme, qui vient de démarrer et sera piloté par Bercy, prévoit le passage en revue de toutes les sources d'énergie, de la demande et des « sources de production », a précisé Eric Besson sur Europe 1. La grande nouveauté, c’est que parmi les hypothèses, la fin du nucléaire à l'horizon 2040-2050 sera envisagée, ce qui est une grande première pour l'exécutif français.
Bien que le gouvernement, Nicolas Sarkozy en tête, soit favorable à l’énergie nucléaire, les Français sont en train d’évoluer sur le sujet : suite à la catastrophe de Fukushima, les récents sondages montrent qu’une majorité de Français ne sont pas favorables à cette énergie et de ce fait, il est probable que l’énergie sera un thème fort lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2012.

Fukushima a fait bouger les choses. Avant, on ne parlait pas de nucléaire, c’était un sujet tabou. A partir de maintenant, cela devient un enjeu électoral et chaque parti s’en empare : alors que sans surprise Europe-Ecologie-les-Verts veut mettre en œuvre une sortie rapide du nucléaire, le PS, plus divisé, envisage soit une dénucléarisation sans fixer d'échéance (Martine Aubry), soit une réduction de la part de l'atome à 50% d'ici 2025 (François Hollande), soit une sortie d'ici 40 ans (Ségolène Royal).

 

A chacun maintenant d’aider les politiques qui nous gouvernent ou qui vont nous gouverner à faire bouger la ligne encore plus loin,

- en les informant sur ce qui se passe réellement au Japon,

- et en leur indiquant que l’énergie sera un sujet clé pour les prochaines élections.

 

Aujourd’hui en France, de nombreuses centrales nucléaires sont en passe de devoir être arrêtées à cause du manque d’eau dans les rivières qui assurent le refroidissement des cœurs, ce qui montre une autre faiblesse de cette énergie (voir article de l’observatoire du nucléaire).

sources :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bffd2e40-ad8f-11e0-afdb-44023cd0aa9f

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/13/04016-20110713ARTFIG00632-le-japon-envisage-de-sortir-du-nucleaire.php

http://www.sciencesetavenir.fr/depeche/nature-environnement/20110714.AFP7124/japon-le-premier-ministre-kan-critique-pour-la-vacuite-de-ses-propos-sur-le-nucleaire.html

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/sortir-du-nucleaire-gouvernement-cogite-116878.html

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 22:00

goupil.jpg

Un accident disent-ils une centrale ils ont perdu le contrôle

Les radiations sont partout et j'habite presque à côté

Le matin je vais à l'école comme tous les enfants

J'ai six ans papa m'a dit si le dosimètre monte plus haut que le trait tu t'éloignes

Tu me cherches

Le dosimètre a dépassé le niveau je ne vais pas à l'école je cherche papa

Je demande aux gens qui passent vous n'avez pas vu mon papa

Il travaille dans une banque

Non on ne l'a pas vu

Les gens regardent mon dosimètre

Ils ont peur

Peur

De me toucher

De me regarder

Peur

Que je les contamine

Peur

De me parler ils s'en vont très vite

Peur

Ils ont appelé des gens qui ressemblent à des cosmonautes

Avec leurs combinaisons blanches

Je ne vois même pas leurs yeux

J'ai peur

Ils m'emmènent

Me font monter dans un camion

Déshabiller

Doucher

Ils me passent un drôle d'appareil qui grésille

Tout autour de moi

Je suis nu

J'ai froid

Peur

Où sont papa et maman

Une autre douche

Encore l'appareil il grésille moins fort

J'ai le droit de ressortir

Pour cette fois ça va ils m'ont dit

Où sont tes parents

Je ne sais pas je les cherche

Comment tu t'appelles

Je dis mon nom

Où tu habites

Ils me ramènent chez moi

C'est long

J'ai peur

Ils m'ont donné un nouveau dosimètre

Ils donnent l'ancien à papa et maman

Tout va bien il est décontaminé

Papa et maman pleurent

Pourquoi vous pleurez

La ville est contaminée

Les radiations arrivent

La vie change on doit déménager

Ça fait trois fois

Et on a tous été irradiés

Cette fois on ne déménage pas on attend

C'est la fin

Des larmes

La douleur

Ils n'ont pas de dosimètre

Ils savent

 

Jérôme Goupil, 9 juillet 2011

 

source :

http://www.jeromegoupil.com/fr/News/Entr%C3%A9es/2011/7/11_Irradi%C3%A9s.html

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 02:03
Du 24 mai au 3 juin 2011, une équipe scientifique de la Criirad est allée au Japon, dans les préfectures d’Ibaraki et de Fukushima. Composée de Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la Criirad, et de Christian Courbon, technicien spécialiste des investigations de terrain, cette mission d’étude avait un triple objectif : évaluer les niveaux d’irradiation, former et équiper des citoyens et des associations japonaises au contrôle radiologique, et limiter au maximum l’exposition des personnes.
Au moment où la Criirad édite la vidéo d’une conférence faite fin juin pour faire connaître le compte rendu de la mission, l’IRSN publie une synthèse sur la pollution radioactive sur terre, un article du site d’Alexander Higgins dévoile une contamination importante du sol de la banlieue de Tokyo et l’Acro met à jour les résultats de ses propres analyses. Il est donc intéressant de comparer leurs différentes approches.
 

 
 
 Vidéo de la conférence de la Criirad du 29 juin 2011 à Lyon avec Bruno Chareyron (1/2 h)
 
1) Informations données lors de la conférence de la Criirad
Selon Bruno Chareyron, les Japonais ont été très mal informés et très mal protégés. Très peu de pastilles d’iode ont été distribuées pour éviter les cancers de la thyroïde. Des doses extrêmement élevées de radiations ont été relevées seulement 10 jours après le début de la catastrophe, ce qui est inacceptable car on a laissé la population dans l’ignorance du danger des retombées.
La Criirad ne comprend pas comment cela a pu se passer dans un pays moderne, riche comme le Japon, ayant des ingénieurs en radioprotection. Cela est inacceptable 25 ans après Tchernobyl.
Par ailleurs, la simulation de l’IRSN du 17 mars a laissé penser qu’il ne fallait évacuer personne, alors qu’on était en pleine contamination. La simulation a été faite sans chiffres fiables, puisqu’encore aujourd’hui, on ne connaît pas exactement la réalité de cette contamination.
 
Fin mai 2011, les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la Criirad sur la ville de Fukushima, située à 60-65 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.
Les débits de dose relevés à 1 mètre du sol, en extérieur, sont plus de 10 fois, voire plus de 20 fois supérieurs à la normale (supérieurs à 1 et 2 μSv/h). L’irradiation est encore mesurable dans les étages des bâtiments. Des mesures effectuées au 4ème étage d’un immeuble ont montré un excès de radiation qui augmente lorsqu’on se rapproche des fenêtres, même fermées.
Les maisons ne sont donc pas vraiment des protections, car les rayonnements gamma des radionucléides qui sont sur le sol à l’extérieur sont très puissants et traversent les murs et les fenêtres. A l’intérieur d’une maison individuelle du quartier Watari, la Criirad a mesuré un débit de dose plus de 3 fois supérieur à la normale au contact du tatami dans la chambre des enfants (0,38 μSv/h) et 6 fois supérieur dans le salon à 1 mètre du sol (0,6 μSv/h). Devant la maison, on mesure 2,2 μSv/h dans le jardin d’agrément et 2,9 μSv/h au niveau de la pelouse d’une école proche (mesures à 1 mètre du sol).
Un prélèvement sous une balançoire de la ville de Fukushima a donné un taux de radioactivité en césium de 370 000 Bq/kg, donc la terre de cette école peut être considérée comme un déchet radioactif.
La centrale de Fukushima Daiichi souffre également d’un manque de contrôle de la radioactivité de l’air : la balise qui se trouve devant la centrale ne fonctionne que 20 minutes par jour. Tepco répond à ce problème en prétendant qu’ils n’ont pas assez de personnel disponible pour changer les filtres.
 
Selon la Criirad, les autorités japonaises n’ont pas lancé de critères d’évacuation obligatoire suffisants. Si rien n’est fait, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an, ce qui correspond à 5 décès pour 100 000 personnes exposées.
Or les autorités japonaises ont fixé une limite de dose de 20 milliSieverts comme critère pour décider d’évacuer définitivement ou non les populations. Ceci correspond à un risque de cancer mortel à terme 20 fois supérieur au risque acceptable en France. Ceci est d’autant plus grave que les habitants de Fukushima ont déjà été fortement exposés. Il faut également tenir compte des doses liées à la contamination interne que ces populations continuent à subir par ingestion de denrées contaminées et des risques liés à l’inhalation de poussières à partir du sol contaminé.
 
L’intérêt de la mission de la Criirad au Japon a été de permettre aux Japonais qui ont rencontré Bruno Chareyron et Christian Courbon d’intellectualiser cette menace invisible, afin de mieux s’en prémunir.
 
 
2) Le rapport de l’IRSN
carte irsn pollution japon 24 mai"Synthèse des informations disponibles sur la contamination radioactive de l’environnement terrestre japonais provoquée par l’accident de Fukushima Dai-ichi"
13 juillet 2011
Selon ce rapport que vous pouvez consulter avec le lien ci-dessus, il n’est pas dangereux de boire du thé faiblement radioactif. Les amateurs de thé apprécieront, j’en suis certain !
Par ailleurs, l’IRSN utilise différentes unités de mesures de radioactivité, soit des Bq/kg (densité massique), soit des Bq/m² (densité surfacique) ce qui ne permet pas de lire le document de façon aisée puisque l’on saute de l’une à l’autre sans explication ni données de comparaison. Il est évident qu’il serait plus juste de donner uniquement des mesures de densité surfacique, car c’est sur le sol que les hommes vivent.
Toutefois, on pourrait quand même comparer ces mesures en transformant les densités massiques en densité surfacique. Mais, petit problème, il manque deux données essentielles : la densité de la terre prélevée et la hauteur du prélèvement. Seul le prélèvement de l’ACRO comporte l’information de profondeur (2 cm). Il faut donc utiliser une densité minimale pour la terre superficielle d’environ 1200 kg/m3 (densité de la terre végétale = 1200, densité de l’argile ou du sable = 1700) pour ensuite envisager de convertir la mesure de 86 680 Bq/kg pour l’iode 131 (prélèvement du 31 mars à Iitate Maeda) avec cette formule : Bq/kg (radioactivité massique) x kg/m3 (densité de la terre) x m (profondeur de prélèvement) = Bq/m² (radioactivité surfacique)
Ce qui donne :
86 680 x 1200 x 0,02 = 2 080 320 Bq/m²
Eh oui, 2 080 320 Bq/m², ça fait plus mal aux yeux dans un rapport que 86 600 Bq/kg ! Voilà comment les scientifiques manient les chiffres pour manipuler les gens.
 
Quant aux autres données de l’IRSN en Bq/kg, impossible d’en tirer quoi que ce soit puisqu’il n’est jamais mentionné la profondeur du prélèvement. Dommage, ça aurait été intéressant, car plus le prélèvement est profond, plus la radioactivité massique baisse !
 
Pour la ville de Fukushima, si on compare les mesures faites par la Criirad et celles fournies par l’IRSN, voici ce que l’on constate :
Selon la Criirad (Ville de Fukushima, fin mai 2011, césium 134 et 137) :
- 490 000 Bq/m² sur la pelouse de l’école primaire Moriai
- Plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.
Selon l’IRSN (Ville de Fukushima) :
- 48 Bq/m² en césium 134 du 29 au 30 mai 2011,
- 70 Bq/m² en césium 137 du 30 au 31 mai 2011, soit un total pour le césium de 118 Bq/m².
       

[ Il y a comme un problème de mesure pour l’un ou pour l’autre ! A la même date (fin mai), les mesures données par l’IRSN sont 5 000 fois inférieures à celles de la Criirad. Certes, il peut y avoir des écarts énormes entre des endroits très rapprochés mais quand même, cela est très surprenant. Cela voudrait-il dire que l’IRSN ne retient que les « bons » endroits ou que la Criirad ne retient que les « mauvais » (en dessous d’une balançoire par exemple) ? ]

Correction du 15 juillet 2011 13h : suite à un commentaire pertinent d’un lecteur, je supprime ce paragraphe car on ne peut effectivement pas comparer un flux avec un dépôt. La Criirad donne une somme de dépôts radioactifs accumulés sur le sol alors que l’IRSN donne le flux, c’est-à-dire l’apport de poussières radioactives en une journée. L’erreur provient de l’utilisation de la même unité « Bq/m² » dans les deux mesures. Pour un flux, il faudrait plutôt utiliser « Bq/m²/j » pour plus de clarté.

Peut-être y verra-t-on plus clair avec les mesures effectuées par un Japonais dans la banlieue de Tokyo ?
 
3) Article “52,547 Bq/Kg of cesium radiation found in soil just outside Tokyo – 135 miles south of Fukushima
52547-Bq-per-Kg-Cesium-Radiation-Found-In-Soil-On-Outskirts
Je ne vais pas développer cet article écrit en anglais, mais simplement résumer l’information la plus importante : selon l’auteur de l’article, Alexander Higgins, un Japonais a fait analyser un échantillon de terre prélevé à Kashiwa, à une trentaine de km au nord-est de Tokyo. Les résultats du laboratoire montrent un rayonnement de 52 547 Bq/kg de césium : 23 663 Bq/kg de césium 134 et 28 884 Bq/kg de césium 137.
‎52 547 Bq/kg, ça fait vraiment beaucoup ! Il doit être, au même titre que la terre sous la balançoire de Fukushima, considéré comme un déchet radioactif (limite maximale au Japon fixée à 8000 Bq/kg).
Si on essaie de comparer ces mesures alarmantes avec celles de l’IRSN, eh bien on ne peut pas, tout simplement, car cette « synthèse » n’en fournit pas. Le rapport mentionne simplement que « dans la grande majorité des préfectures japonaises (dont Tokyo), le césium 134 et le césium 137 ne sont plus détectés dans les retombées atmosphériques collectées ». Mais il ne parle pas des mesures faites au sol.  Pourquoi ? Dans quel but l’IRSN laisse-t-il les habitants de Tokyo dans l’ignorance ?
 
4) Résultats des mesures de l’ACRO : mise à jour au 13 juillet 2011
acroCe laboratoire indépendant a reçu des échantillons en provenance des provinces de Fukushima et de Miyagi qui mettent en évidence une contamination alarmante, ce qui ne contredit en rien les relevés de la Criirad.
Je ne peux reproduire ici tous les tableaux, il est préférable de consulter le site directement à l’aide du lien donné ci-dessus.
Quant à la ville de Kashiwa, l’Acro relève que la contamination surfacique des sols en césium 137 est supérieure à la limite biélorusse de 37 000 Bq/m2 qui implique un contrôle radiologique périodique et qu’il conviendrait de faire une étude plus détaillée de la contamination de cette zone. Cette conclusion ne contredit pas non plus les résultats de l’analyse décrite plus haut par Alexander Higgins.
 
safecast.jpgPour conclure, il semble prudent de conseiller aux Japonais de ne pas tenir compte des mesures officielles. Elles sont souvent prises trop en hauteur (sur les toits par exemple), en dehors de la réalité de la vie humaine qui se passe la plupart du temps au sol. Quant on compare les données officielles aux mesures des organisations indépendantes des intérêts liés à l’industrie nucléaire, on se rend compte qu’il y a une manipulation des données pour désinformer la population. Il existe enfin un site qui rassemble des centaines de milliers de mesures réalisées au Japon par les citoyens volontaires avec des compteurs Geiger. C’est le site http://safecast.org/présentant des cartes interactives.
 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 12:30

lauvergeonLa nouvelle est tombée le 12 juillet, révélée par le Point, mais la décision avait été prise depuis quelques semaines par les actionnaires de Libération : Anne Lauvergeon sera bientôt présidente du conseil de surveillance du journal "Libération". Pour mémoire, en 1999, DSK la nommait PDG de la COGEMA, en 2001 elle fondait le groupe AREVA dont elle prenait la tête et en 2011, il y a quelques jours, elle était remplacée par Luc Oursel.

 

Donc maintenant c’est clair, la femme reconnue parmi les 100 personnes les plus influentes dans le monde va orienter Libé.

 

« Libération » journal pronucléaire ? Ca va faire drôle. Quoique… Sylvestre Huet, journaliste scientifique du journal nous avait déjà habitués à cette tournure éditoriale. Son dernier article sur Fukushima, daté du 6 juillet, est juste là pour dire quelle est la bonne information :

Sylvestre-huet.jpg« Des acteurs sociaux conduits par des objectifs, convictions et intérêts divers voire divergents interfèrent avec une bonne information des citoyens. »

 

A vrai dire, ce journaliste n’aime pas les associations indépendantes, il l’avait prouvé en descendant en règle la Criirad dans son article du 17 juin :

« Il est regrettable de constater que la CRIIRAD ne joue pas son rôle de contre-expertise citoyenne, rôle nécessaire et souhaitable, par défaut de compétence... »

 

Car le journaliste scientifique ne prend en compte que l’information officielle, qu’elle provienne de Tepco, du gouvernement japonais ou de l’IRSN, et s’en explique dans son article du 23 juin :

« Les sources d'informations "officielles" sont diverses, selon qu'elles émanent de l'industriel (la TEPCo), de l'Autorité de sûreté japonaise, du gouvernement japonais. Elles sont très souvent incompréhensibles directement. Et l'effort d'explication de l'industriel est la plupart du temps proche de zéro. Volonté d'embrouiller tout le monde ou incapacité ? Je ne peux trancher, il faudrait vivre au Japon pour cela. ».

 

Ah bon, donc comme on ne vit pas au Japon, on ne peut avoir d’avis tranché ! Dommage d’entendre cet aveu de la part d’un journaliste scientifique, alors que les faits, rien que les faits, montrent que le gouvernement japonais et Tepco ont caché la fusion des cœurs de Fukushima Daiichi durant des mois !

 

Le dernier article scientifique du blog de Sylvestre Huet a été celui consacré à la décontamination de l’eau, le 22 juin, il y a 3 semaines maintenant. Un article à la gloire d’Areva ou il parle d’une « boucle fermée » (ça me rappelle le discours de l’IRSN). Cela voudrait-il signifier que la catastrophe de Fukushima est terminée ? Il n’y a plus rien à dire ? Qui parlera à l’avenir des coriums ingérables et des vapeurs hautement radioactives qui s’échappent en continu de la centrale ? Qui parlera du combat de la population japonaise pour être véritablement informé ?

 

Peut-être va-t-il falloir s’informer de manière différente maintenant ?

 

 

A lire aussi, cette lettre ouverte d'Agir pour l'environnement :

« Anne Lauvergeon, future présidente du conseil de surveillance de Libération : l'aberration ! »

    et puis

"Anne Lauvergeon, ministrable, lâchée sur la gauche à huit mois de 2012".

 

 

Autres sources :

http://www.energie2007.fr/actualites/fiche/3448/areva_nucleaire_lauvergeon_liberation_twitter_reactions_130711.html

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/exclusif-anne-lauvergeon-bientot-presidente-du-conseil-de-surveillance-de-liberation-12-07-2011-1352167_52.php

http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/06/16/areva-aucune-decision-nest-prise-assure-lelysee/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_femmes_les_plus_puissantes_du_monde_selon_Forbes#Top_10_de_l.27ann.C3.A9e_2011

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 01:41

irsnL’IRSN a publié le 11 juillet une « Synthèse actualisée des connaissances relatives à l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi ». Cette note d’information présente et commente les informations les plus récentes recueillies par cet organisme, depuis la seconde note d’information du 13 mai consacrée au même sujet.

 

On peut la télécharger avec ce lien :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN-NI-Impact_accident_Fukushima_sur_milieu_marin_11072011.pdf

 

Quelques commentaires… critiques !

 

p. 1

« Le césium radioactif restera détectable durant plusieurs années à l’échelle du Pacifique Nord, mais à des concentrations très faibles (environ 5000 fois plus faibles que la concentration en potassium 40, radionucléide naturel présent en permanence dans l’eau de mer). »

Pourquoi l’IRSN se sent-il obligé de toujours minimiser ?

 

[ La comparaison du césium avec le potassium est pour le moins très mal choisie : un gramme de potassium 40 présente une radioactivité de 263 000 Bq alors qu’un gramme de césium 137 présente une radioactivité de 3 260 millions de Bq. Si l’on suit le taux donné dans le rapport (concentration 5000 fois plus faible), on obtient encore 652 millions de Bq, ce qui est quand même près de 2500 fois plus radioactif qu’un gramme de potassium 40 ! Doit-on être rassuré par cette nouvelle ? ]

 

Correction du 15 juillet 2011 14h : suite à la remarque d’un lecteur, je supprime ce paragraphe qui reposait sur une erreur de compréhension. En effet, le rapport d'activité observé K40/Cs137 ne peut être comparé avec la concentration massique des éléments.

     

 

p. 2

 

tableau-irsn.jpg

 

 " D’autres radionucléides artificiels, la plupart avec une demi-vie courte, ont également été décelés occasionnellement, à des concentrations plus faibles. "

 

De quels autres radionucléides artificiels s’agit-il ? Dommage que l’IRSN n’en parle pas !

En fait, le rapport ne parle que des radionucléides qui ont des périodes courtes, jamais des radionucléides qui ont une période longue. Il ignore par exemple le césium 135, qui a une période radioactive de 2,3 millions d’années.

Pourquoi ?

   

p. 12

« Des valeurs également élevées (au-dessus des niveaux maximaux admissibles pour la consommation alimentaire) concernent quelques échantillons prélevés de manière occasionnelle ; elles ne sont pas reportées sur la figure 11. Il s’agit de petite friture, de moules méditerranéennes (Mytilus galloprovincialis), d’algues Wakame (Undaria pinnatifida), ou encore de poissons scorpaeniformes ou gadiformes, tous provenant de la préfecture de Fukushima. »

 

Pourquoi l’IRSN ne reporte pas ces valeurs ?

 

p. 13

« Évolution attendue

En conséquence, si à court terme, les concentrations les plus élevées sont plutôt trouvées chez les espèces situés au début de la chaîne alimentaire, à plus long terme, une fois que le transfert dans les différents maillons des réseaux trophiques sera effectif, ce seront les prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui devraient présenter des niveaux plus élevés. »

 

Et qui est au bout de la chaîne ? L’homme ! Et au Japon, le poisson est au menu dans 60% des repas.

 

Je n’en dirai pas plus sur ce rapport qui est, comment dire, … orienté ? Il est en tous les cas incomplet. Je terminerai juste par un petit rappel des produits de fission créés par une centrale nucléaire. Il s’agit d’un tableau fourni par le CEA, édité dans le site du Sénat : « Concentrations des différents isotopes des produits de fission dans le combustible irradié » (1)

 

 

    (voir tableau en fin de page)

 

A partir de ce tableau très instructif, on apprend qu’on ne trouve pas que du césium dans les produits de fission. C’est vrai que le césium 137 est intéressant car c’est celui qui est le plus abondant, mais ça serait intéressant aussi de connaître les taux de deux autres éléments qui se retrouvent aussi en forte quantité : le technétium et le zirconium 93. Mais chuuuuut, ils ont respectivement des périodes de 210 000 ans et de 1,5 million d’années, c’est une information non politiquement correcte ! (2)

   

Pour en savoir plus sur les autres radionucléides produits par une centrale nucléaire : « Radionucléides de Fukushima »

http://fukushima.over-blog.fr/article-radionucleides-de-fukushima-72040491.html

 

Et pour connaître l’extrapolation des radionucléides diffusés par la centrale de Fukushima Daiichi, visitez le site de l’AIPRI : « Prédire la contamination globale au sol » 

http://aipri.blogspot.com/2011/06/predire-la-contamination-globale-au-sol.html

 

 

 

(1) Source : tableau CEA ( UO2 enrichi à 3,5 % - 33 000 MWj/t - gaine zircalloy - 3 ans après le déchargement), tiré du Rapport de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques No 612 (1997 / 1998)

http://www.senat.fr/rap/o97-612/o97-612.html

 

(2) L’IRSN publie des fiches techniques sur les radionucléides : s’il a publié une fiche sur le technétium, il n’a pas encore réalisé celle du zirconium, élément découvert en... 1789.

   

 

Élément Période (années) Abondance (g/t) Teneur isotopique
Césium 133 Stable 1144 42,80%
Césium 134 2,1 38,7 1,40%
Césium 135 2 300 000 360 13,50%
Césium 137 30 1130 42,30%
Césium total - 2672,7  
Iode 127 Stable 38,2 18,30%
Iode 129 16 000 000 170 81,70%
Iode 131 8 jours -  
Iode total   208,2  
Palladium 104 Stable 198 12,20%
Palladium 105 Stable 382 23,60%
Palladium 106 Stable 288 17,80%
Palladium 107 6 500 000 200 12,40%
Palladium 108 Stable 129 8,00%
Palladium 109 0,0001   0
Palladium 110 Stable 420 26,00%
Palladium total   1617  
Sélénium 77 stable 0,7 1,30%
Sélénium 78 stable 2,5 4,60%
Sélénium 79 65 000 4,7 8,60%
Sélénium 80 stable 13,8 25,30%
Sélénium 82 stable 32,8 60,20%
Sélénium total   54,5  
Samarium 147 1,1. 1011 186 21,30%
Samarium 148 8. 1015 118 13,50%
Samarium 149 4. 1014 3,7 0,40%
Samarium 150 stable 275 31,50%
Samarium 151 90 16 1,80%
Samarium 152 stable 143 16,40%
Samarium 153 0,005 100 11,50%
Samarium 154 stable 30 3,40%
Samarium total   871,7  
Etain 115 stable 0,1 0,20%
Etain 116 stable 2 4,70%
Etain 117 stable 4,2 9,90%
Etain 118 stable 3,6 8,50%
Etain 119 stable 3,7 8,70%
Etain 120 stable 3,6 8,50%
Etain 121 55 0,3 0,70%
Etain 122 stable 4,8 11,30%
Etain 124 stable    
Etain 126 100 000 20 47,30%
Etain total   42,3  
Technétium 99 210 000 810 100%
Zirconium 90 stable 58,5 1,60%
Zirconium 91 stable 602 16,80%
Zirconium 92 stable 644 18,00%
Zirconium 93 1 500 000 713 19,90%
Zirconium 94 stable 765 21,40%
Zirconium 95 0,02   0
Zirconium 96 stable 800 22,30%
Zirconium total   4392,5  

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:08
Le 9 juillet 2011, NHK a réalisé et diffusé une émission spéciale sur l'énergie nucléaire pour essayer d’amoindrir l’anxiété de la population japonaise. Son enregistrement est diffusé sur youtube par magna551.
 
Partie 1 (durée 11min26)
[Sous-titres anglais: Miki Shunji]
Dès qu’une traduction française sera disponible, je l’ajouterai à cette page.
 
 
 
Les participants de cette émission étaient :

2 anti-nucléaires :

* Goto Masashi, ingénieur nucléaire, conférencier à l'Institut de Technologie de Shibaura à Tokyo.

* Iida Tetsuya, directeur général de l'Institut pour les Politiques de l'énergie durable.

3 pronucléaires :

* Tadashi Narabayashi, professeur de la Faculté de génie à l’université d’Hokkaido et membre de la Commission de sûreté nucléaire.

* Sawa Akihiro, membre de l'Institut de politique publique du 21e siècle.

* Hosono Goshi, jeune ministre en charge des accidents des centrales nucléaires
 
Autres participants
Yoshinaga Michiko, écrivain
Miyake Tamio, animateur
Morimoto Nami, annonceur adjoint
et Mizuno Nobuyuki, commentateur de la NHK

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 00:39

Un article sans doute très intéressant sur le système de décontamination de l’eau et la pollution du sol par le corium vient de paraître dans le site d’information Kodansha, mais… en japonais. Si un traducteur japonais a le courage de traduire cet article en français, je le publierai volontiers.

En attendant, les photos sont très parlantes, c’est pourquoi je les reproduis ici.

Plus bas, je vous livre aussi une série de photos données par Tepco début juillet.

 

Photos de l’article « メルトアウト「核燃料」地下水直撃の恐怖!
メルトスルーを超える最悪の事態 東電はこの可能性を隠していないか! »

source :

http://gendai.ismedia.jp/articles/-/11152

schema-reacteur-1.jpg Dessin de la fuite du corium vers la nappe phréatique

 

 

 schema-decontamination.png Cette image ne fait pas partie de l'article, elle provient de NHK, je la place ici juste pour donner une idée du circuit de décontamination et de refroidissement de l'eau, en attendant un dessin moins simplificateur.

 

absorbeur-de-cesium-de-Kyrion.jpg Absorbeur de césium de Kurion (USA)

 

 dessalement de Hitashi Dessalement de l'eau (Hitashi)

 

réservoir pour le dessalement Réservoir pour le dessalement de l'eau

 

séparation de l'huile de Toshiba Séparation des huiles (Toshiba)

 

areva pompe 21 juin Réparation d'une pompe (Areva)

 

tuyaux au sol Tuyaux au sol

 

tuyaux au sol près de l'unité 1 Tuyaux au sol près de l'unité 1

 

 

 

Photos de Tepco

source : http://www.tepco.co.jp/en/news/110311/

 

Upper point of Unit 2 water intake(Installation work) Upper point of Unit 2 water intake (Installation work)

 

Upper point of Unit 2 water intake(Before construction) Upper point of Unit 2 water intake (Before construction)

Upper point of Unit 2 water intake(After construction) Upper point of Unit 2 water intake (After construction)

 

Unit 2 water intake (from sea side)(After construction (fro Unit 2 water intake (from sea side) (After construction (front)

 

Leakage from Waterpipes of Outline of Temporary RHRS Pump a Leakage from Waterpipes of Outline of Temporary RHRS Pump at Unit 5, Fukushima Daiichi Nuclear Power Station

 

Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant Setting steel sheet a Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant Setting steel sheet at the 1st floor of the unit 3 reactor building

 

Fuel Pool Cooling and Filtering System Valve of Unit 4 Fuku Fuel Pool Cooling and Filtering System Valve of Unit 4 Fukushima Daiichi Nuclear Power Station (20B Valve)

 

110710 1 Un joint défectueux

 

Trial fitting of the cover for Unit 1 Fukushima Daiichi Nuc Trial fitting of the cover for Unit 1 Fukushima Daiichi Nuclear Power Station at Onahama port. Précisions ici

 

Access-point-Photo-by-Packbot.jpg    Access point Photo by Packbot

 

High-place-working-vehicle--after-shielding-.jpg High place working vehicle (after shielding)

 

High-place-working-vehicle--before-shielding-.jpg High place working vehicle (before shielding)

 

Nitrogen-injection-planned-point--after-removing-stoppage-c.jpg Nitrogen injection planned point (after removing stoppage cap

 

Vous voulez encore plus de shémas et de photos sur le système de décontamination ?

Téléchargez les documents de Tepco

ici

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_110627_01-e.pdf

et là

http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/betu11_e/images/110609e8.pdf

 

_____________________________________________________________________________________    

 

Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :

 

Voir Fukushima (14)

Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2

Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur

 

Voir Fukushima (13)

Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA

 

Voir Fukushima (12)

Photos : réacteur 4

Webcam Tepco : enregistrements sur youtube

Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale

 

Voir Fukushima (11)

Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4

 

Voir Fukushima (10)

Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi

Webcam de la centrale par Tepco

 

Voir Fukushima (9)

Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (8)

Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (7)

Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4

Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots

 

Voir Fukushima (6)

Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (5)

Photos : tous les clichés fournis par Tepco

Vidéo : zone interdite

 

Voir Fukushima (4)

Webcam de la centrale par Weather Online

 

Voir Fukushima (3)

Vidéos : survol des réacteurs avec des drones

Vidéos : des robots filment au sol

 

Voir Fukushima (2)

Photos : les 15 séries de photos de Cryptome

 

Voir Fukushima (1)

Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
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