2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 22:39

Retour vers le mois de mars 2011...

 

Le 11 mars, le tsunami frappait la centrale de Fukushima Daiichi. Voici quelques photos présentant l'arrivée de la vague sur la centrale :

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1388629/Japan-tsunami-destroyed-wall-designed-protect-Fukushima-nuclear-plant.html

 

 

vague-fuku.jpg

 

 

Les 20 et 24 mars, un petit drone a survolé et photographié la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, donnant des vues aériennes intéressantes du site :

http://photos.oregonlive.com/photo-essay/2011/03/fukushima_dai-ichi_aerials.html

 

 

Ah et puis j'oubliais, la nouvelle webcam de Tepco, donnant une image des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi 24 heures sur 24, avec un décallage de 30 secondes par rapport au temps réel. Au premier plan, le réacteur 1, puis le 2, le 3 et le 4 en enfilade. On peut constater que ça fume encore tous les jours là-bas, et que rien n'est réglé.

 

Lien vers la webcam :

http://www.tepco.co.jp/nu/f1-np/camera/

 

localisation-webcam.jpgLocalisation de la webcam et angle de vue

 

 

Voir aussi dans ce blog :

 

Voir Fukushima (9)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-9-73724224.html

 

Voir Fukushima (8)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-8-73615499.html

 

Voir Fukushima (7)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-7-73508521.html

 

Voir Fukushima (6)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-6-72817263.html

 

Voir Fukushima (5)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-5-72462945.html

 

Voir Fukushima (4)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-4-72364967.html

 

Voir Fukushima (3)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-3-72360441.html

 

Voir Fukushima (2)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-2-71376115.html

 

Voir Fukushima (1)

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-71173053.html

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:57

Je vous propose un détour vers une page du blog Turpitudes, qui tient un regard satirique et décalé sur l'actualité et où chaque turpitude est illustrée de dessins de presse et de caricatures humoristiques. Ici sur les turpitudes liées à l’accident de Fukushima.

  

Définition du Grand Robert :

turpitude [tyRpityd] n. f.

ÉTYM. v. 1390; lat. turpitudo, de turpis «  honteux  ».

Une, des turpitudes. Action, parole, idée basse, honteuse.  Bassesse, horreur. | Imputer à une nation la turpitude d'un seul.| Présenter des turpitudes sur la scène

 

 

Fukushima, le nucléaire allemand, Homer Simpson et les autres

 

Y’a pas à dire en Allemagne, y’a quand même de sacrés péteux. Deux catastrophes nucléaires en 30 ans et voilà que nos cousins germains annoncent un arrêt net de huit de leurs centrales tout de suite et des neuf autres que compte leur parc dans la décennie à venir soit une sortie du nucléaire programmée à 2022. C’était à prévoir puisque comme le soulignait alors Piet dans le Zélium du mois de Mai, des chaînes allemandes, autrichiennes et suisses avaient demandés, suite à la catastrophe japonaise, de ne pas diffuser certains épisodes des Simpson. Rappelons pour nos lecteurs non avertis que dans cette série animée américaine,  le personnage principal Homer est un employé incompétent et jaune de peau de la centrale nucléaire de Springfield.

 

lasserpe turpitudes En France, au grand désarroi de nos amis écolos, on en est loin et la fermeture potentielle de nos 59 centrales paraît utopique puisque après le stress test des banques voilà maintenant que depuis Mars on réfléchit à de puissants et infaillibles tests de résistance sur 143 réacteurs européens donc, nous le précisions plus haut, 59 bleu-blanc-rouge.

 

Mais revenons sur Fukushima si vous le voulez bien. Fukushima à qui rien ne pouvait arriver, s’est donc pris il y a maintenant deux mois, un tsunami de plein fouet. Et puis pendant deux semaines on a suivi, avec haleine, les états successifs des réacteurs 1, 2, 3 et puis tout comme Tchernobyl, les déplacements des nuages…où va-t-il aller ? Est-il dangereux ou nous veut-il du bien ?

(…)

 

Lire la suite ici :

http://turpitudes.over-blog.com/article-fukushima-le-nucleaire-allemand-homer-simpson-et-les-autres-75222102.html

 

 

Source dessin Lasserpe - http://lasserpe.blogs.sudouest.fr

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 21:46

"Appel pour une journée d’action internationale le 11 juin, afin de mettre un terme à l’ère nucléaire"

 

Aux ami(e)s de France

Au Japon, il y a deux mois, nous avons eu des accidents nucléaires très graves à Fukushima. Au 11 juin 2011 (trois mois après ces accidents), nous appelons les associations et les mouvements sociaux divers dans le monde entier à organiser une journée d’action internationale contre le nucléaire. Afin de réaliser ce projet, nous souhaitons que les associations et les groupes en France adhérent à cette initiative. Si vous vous associez à ce projet, nous souhaiterions recevoir votre réponse, et nous joindrons le nom de votre association ou groupe a notre communication. Dans la mesure du possible, nous souhaiterions que vous organisiez une manifestation ou réunion le 11 juin pour réfléchir ou discuter sur les accidents nucléaires de Fukushima. Maintenant, avec les citoyens du monde entier, nous devons mettre fin à l’ère nucléaire. Et nous espérons ouvrir le futur post-nucléaire avec vous.

 

Source :

http://nonukes.jp/wordpress/?page_id=171

L’Association pour mettre un terme au nucléaire et réaliser le passage aux énergies alternatives
http://e-shift.org/

Le Congres d’urgence pour faire face aux accidents nucléaires de Fukushima
http: //2011shinsai.info/node/125

 

DSCF2317.jpg

 

En réponse à cet appel, des actions sont d'ores et déjà prévues le 11 juin :

(source actualisée :

http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=japon-affichage-actions )

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 01:53

Le réalisateur Thomas Johnson lève les tabous avec ce documentaire Nucléaire en alerte, un film peu connu et pourtant intéressant, tourné en 2008, mais diffusé en France tardivement. Alors que l'accident de Fukushima n'est pas encore résolu, il est normal d'essayer de comprendre ce qu'il se passerait en France si un accident nucléaire survenait.

 

nucleaire en alerteLa question du nucléaire se pose aujourd’hui avec autant d’inquiétude qu’hier. Depuis 1986 et la catastrophe de Tchernobyl, les populations de chaque pays se sont rendues compte du risque que pouvaient représenter les centrales nucléaires sur leurs sols.


Mais les craintes concernant l’énergie nucléaire ne sont pas nouvelles. Bien que ses 58 réacteurs assurent à la France son indépendance énergétique et répondent à 80% de nos besoins en électricité, personne n’oublie l’ombre de la bombe nucléaire.

 

Lien pour voir le film :

http://mega-streaming.info/video/BOANS5NO82YY/Nucl%C3%A9aire-en-Alerte

 

 

Le film a été diffusé seulement le 3 mars 2010 en France, le pays le plus nucléarisé du monde. Co-produit par différentes chaînes de télévision européennes, dont France 3, la France a été finalement le dernier des pays co-producteurs à le diffuser (en deuxième partie de soirée, entre 23 heures et 00h30...).

 

Le film documentaire de 87 minutes reprend, entre autres, un exercice d'alerte à la sécurité dans la centrale nucléaire de Flamanville, exercice qui a tourné au fiasco général. On peut ainsi comprendre pourquoi le film de Thomas Johnson a mis du temps à trouver sa place dans le PAF et qu’il a été diffusé à une heure aussi tardive.

 

Dans ce film, on apprend aussi que le centre de retraitement de La Hague, qui est le site le plus important au monde, est sans doute plus dangereux qu’une centrale nucléaire. En effet, ses piscines, qui ne possèdent pas d’enceintes de confinement, abritent 17 600 tonnes de combustible usé (selon Wise), soit 7 fois plus qu’à Fukushima Daiichi.

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:18

Après la décision de la Suisse de sortir du nucléaire en 23 ans, voici l’Allemagne qui décide également de se séparer de cette source d’énergie dangereuse en 11 ans. Il n’y a bien que la France en Europe pour voir encore un avenir au nucléaire. Avec la catastrophe de Fukushima, cette technologie a pourtant définitivement montré ses tristes limites et ses conséquences nuisibles et irrémédiables pour le monde entier.

 

Je reprends ici une information qu’un lecteur m’a transmise aujourd’hui : Jérémy Rifkin, sociologue étatsunien et spécialiste de prospective économique de réputation mondiale, s’exprime de manière très claire dans un interview réalisé par Terre.tv : "Je préside un groupe de 120 des plus grandes entreprises du monde dans le domaine de l'informatique, des transports, de la logistique, de l'énergie, de la distribution d'électricité, de la construction [...], ces sociétés savent que le nucléaire est mort"

 

JEREMY Rifkin~1Jérémy Rifkin (Photo boellstiftung)

 

Dans cette interview, il énonce très clairement les 5 raisons qui conduiront les investisseurs, entre autres, à fuir cette énergie :

 

1) Il faudrait construire 1500 réacteurs nucléaires dans les 25 ans, à coups de milliers de milliards de dollars pour avoir un effet sur les émissions de gaz à effet de serre.


2) Nous faisons du nucléaire depuis 60 ans et nous ne savons toujours pas quoi faire des déchets ; et il n'existe pas de solutions.


3) Le prix de l'uranium ne cessera d'augmenter pour une ressource de plus en plus rare.


4) Il existe bien une nouvelle génération de réacteurs nucléaires pour se passer de l'uranium (les centrales de 4ème génération à neutrons rapides), mais elles fonctionnent au plutonium, "c'est de la folie" dit Rifkin.


5) Sauf à mettre les centrales sur les côtes et à les refroidir à l'eau de mer, il n'y a pas assez d'eau douce. Et s'adressant spécialement aux français : "40% de toute l'eau douce consommée dans toute la France est utilisée par l'industrie nucléaire pour refroidir les réacteurs".

 

Voir la vidéo ici :

http://www.youtube.com/watch?v=j_EbrOjIGkQ

 

Source du reportage :

http://www.ddmagazine.com/201105242216/Actualites-du-developpement-durable/Jeremy-Rifkin-le-nucleaire-est-mort.html

 

 

 

Sunoco-Takeover-Thomas-O-MalleyJérémy Rifkin n’est d’ailleurs pas le seul à le dire : Thomas O’Malley, PDG de PBF Energy Company, l’un des opérateurs d’électricité aux Etats-Unis, avait déclaré, 10 jours après la catastrophe de Fukushima : "Le nucléaire, c'est grillé. Qui va signer aujourd'hui un permis de construction ? Plus personne, après cette catastrophe." La société NRG, le plus grand fournisseur indépendant d'électricité aux Etats-Unis, avait annoncé quant à elle, dès le 19 avril, qu'elle renonçait à la construction d'une centrale nucléaire dans le sud du Texas.

 

Le nucléaire recule donc partout dans le monde, et on peut logiquement s’attendre à voir Areva redoubler ses efforts de communication pour essayer de vendre son EPR trop cher et trop dangereux.

 

Source :

http://acrobis.over-blog.com/article-le-nucleaire-victime-du-marche-72279531.html

 

 

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 23:30

Le professeur Naoto Sekimura, vice-doyen de l’école d’ingénieur de l’Université de Tokyo, vient de publier un rapport sur l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi :

Overview of the Accident in Fukushima Daiichi Nuclear Power Plants

 

On peut le consulter dans son intégralité ici :

http://dels.nas.edu/resources/static-assets/nrsb/miscellaneous/SekimuraPresentation.pdf

(document au format pdf. en anglais)

 

Naoto Sekimura Naoto Sekimura

 

Contents

1. Earthquake and Tsunami on March 11, 2011

2. Fukushima Daiichi and other NPPs

3. Accident in Fukushima Daiichi Units

            • Unit 1 : Core Status, AM Code Simulation

            • Unit 2 : PCV Damage, Contaminated Water

            • Unit 3 : H2 explosion

            • Unit 4 : Spent Fuel Pool, H2 explosion ?

4. Release of Radioactive Materials and INES

5. Summary and Future

 

Table des matières :

1 .  Séisme et tsunami du 11  mars  2011
2 .  Fukushima  Daiichi  et les autres centrales nucléaires
3 .  Accident  aux unités de Fukushima  Daiichi
            Unité 1 :  Etat du cœur du réacteur    

            Unité 2: Dommages au réacteur, eau contaminée
            Unité 3: Explosion d’hydrogène
            Unité 4: Piscine de combustible usé, explosion
d’hydrogène ?
4. Rejets de matières radioactives
5. Résumé et perspectives

 

 

 

 

 

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 18:57

Alors qu’en France on attend une pluie bienfaisante et source de vie, les fortes pluies actuelles sur le Japon, et donc sur la centrale de Fukushima Daiichi, n’annoncent pas de réjouissances.

 

pluie sur japon Précipitations sur le Japon le 29 mai 2011

 

A court terme, la pluie rabat les poussières radioactives aériennes au sol, ce qui mène à polluer d’avantage la terre. Mais trop de pluie va conduire à un lessivage des sols et à des phénomènes de concentration de radioéléments au bas des pentes et dans tous les endroits où l’eau de pluie est conduite ou stagne. On l’a déjà constaté dans les dernières semaines avec une radioactivité élevée dans les boues des stations d’épuration ou au bas des gouttières.

 

A long terme, les fines particules radioactives vont gagner les nappes phréatiques et polluer les eaux de source pour de nombreuses années. En effet, si on peut débarrasser un sol en enlevant la couche de terre superficielle, comme on l’a déjà fait autour de certaines écoles, il est impossible de décontaminer une nappe phréatique. Là est une catastrophe à venir pour l’ensemble des territoires touchés par les retombées.

 

 prévision méteo fuku Prévisions météo à Fukushima

 

Par ailleurs, pour ce qui concerne la centrale de Fukushima Daiichi même, nous avions déjà parlé du largage d’eau contaminée dans le Pacifique par l’entreprise Tepco, car il n’y avait pas moyen de stocker cette eau (voir : http://fukushima.over-blog.fr/article-11-500-tonnes-d-eau-radioactive-deversee-dans-l-ocean-70976885.html. Aujourd’hui, ce n’est pas Tepco mais le mauvais temps qui va être la cause de la pollution maritime. Pour aujourd’hui et lundi, il est annoncé 48 mm de pluie, ce qui correspond, pour uniquement la surface du site de la centrale (environ 1000 m x 400 m), à la bagatelle de 19 000 m3 d’eau contaminée (1 mm d’eau sur 1 m² équivaut à 1 litre) qui va aller directement à la mer.

 

La semaine prochaine, on peut donc s’attendre à des pics de radioactivité dans l’eau de mer, dans les ruisseaux et les rivières, dans les égouts, dans les boues de station d’épuration et même dans l’eau du robinet. Et pas seulement dans la région de Fukushima, car cette fois, les vents se dirigent vers le sud-est et non vers l’océan.

 

Etant donné que la catastrophe est toujours en cours et que les réacteurs ne sont toujours pas sous contrôle, la pollution n’a pas fini de s’étendre. Au cours d’une année, 1250 mm de pluie (selon les mesures moyenne) donneront, uniquement sur le site de la centrale, pas moins de 500 000 m3 d’eau contaminée qu’Areva, même avec sa centrale d’épuration des eaux radioactives, ne pourra évidemment pas traiter. En effet, l’usine qu’ils vont construire est prévue uniquement pour filtrer l’eau de refroidissement des réacteurs.

 

 

source des images :

http://www.jma.go.jp/en/radnowc/

http://www.weather-forecast.com/locations/Fukushima/forecasts/latest

 

 

 

 

 

Voir aussi l'article : La dispersion de la radioactivité dans les océans

http://fukushima.over-blog.fr/article-dispersion-de-la-radioactivite-dans-les-oceans-72762584.html

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 02:45

Mis à mal par l’accusation de rétention d’information dénoncée le 25 mai par la CRIIRAD (1), l’IRSN essaie de se défendre. Bien maladroitement semble-t-il. Son communiqué, paru dès le lendemain, essaie de réécrire l’histoire en sa faveur.

 

 thierry charles

IRSN, extrait du communiqué du 26 mai 2011

source : http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20110526_seisme-japon-point-situation-25-mai.aspx

« Dès le début de l’accident, les informations disponibles avaient permis à l’IRSN de conclure que le combustible de ces trois réacteurs avait partiellement fondu du fait de la perte de refroidissement consécutive au tsunami associé au séisme survenu le 11 mars 2011. Dans le cas du réacteur 1, eu égard à la durée de la perte de refroidissement du cœur, l’IRSN considérait que la fusion avait pu concerner l’ensemble du cœur et qu’une partie du « corium » ainsi formé s’était relocalisé dans le fond de la cuve. »

 

Pourtant le 13 mars, l’IRSN dit uniquement : « L’exploitant TEPCO a confirmé la fusion partielle du cœur [du réacteur n° 1] ». Il ne parlera du corium que pour le réacteur n° 3 et seulement à partir du 24 mars : « Une des hypothèses examinée par l’IRSN concerne l’éventualité d’une rupture de la cuve du réacteur [n° 3] suivie d’une interaction entre le corium (mélange de combustible et de métaux fondus) et le béton au fond de l’enceinte de confinement. » 

 

Sinon, si l’on reprend les communiqués de l’IRSN du mois de mars, on ne trouve rien faisant allusion à un cœur du réacteur n° 1 totalement fondu :

-       Communiqué du 15 mars : « Le cœur du réacteur [n° 1] a partiellement fondu »

-       Communiqué du 16 mars : « L’IRSN a examiné les scénarios susceptibles de se produire en cas de rupture de la cuve [du réacteur n° 1] et estime que cela entrainerait très rapidement la rupture de l’enceinte de confinement. Un accroissement des rejets radioactifs, accompagné de phénomènes explosifs (combustion), serait à craindre. »

-       Communiqué du 26 mars : « Par ailleurs, le combustible du réacteur n°1 a été très fortement dégradé. »

A la lecture des archives de l’IRSN, il est bien mentionné l’étude de plusieurs scénarios mais cet organisme ne reconnaît jamais une fusion complète du cœur n° 1 ou une localisation du corium au fond de la cuve (2). C’est facile de réécrire l’histoire en sa faveur en prétendant que l’on avait tout compris depuis le début. Encore aurait-il fallu l’écrire dans les communiqués à ce moment-là, et non l’affirmer deux mois plus tard.

 

Finalement cette manière de détourner la réalité n’est pas nouvelle, j’avais déjà dénoncé en avril les propos d'un expert de l’IRSN, Thierry Charles, qui affirmait le 11 avril : « Dans trois mois (…) les habitants pourront théoriquement revenir » (voir : http://fukushima.over-blog.fr/article-le-nouveau-pellerin-est-arrive-71748502.html). Et aujourd’hui, le même IRSN demande l’évacuation supplémentaire de 70 000 habitants (ce qui, malgré tout, est tout à son honneur).

 

 

(1) voir le communiqué de la CRIIRAD du 25 mai 2011 : « Mensonge de Tchernobyl : bis repetita ? »,

lien : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/irsn/11_05_25_CP_irsn_22_mars.pdf

 

(2) voir aussi l’analyse de Radio Blüe : « Un coup partiellement fondu à 5%, puis 50%, puis 70%, jamais entendu l'IRSN nous annoncer un fonte totale en bas de cuve. Sur les forums, ça a même été un argument pour contrer ceux qui penchaient pour cette théorie », lien : http://radio-blue.blogspot.com/p/fil-actu-japon.html

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 01:32

Lors de l’arrêt automatique des réacteurs le 11 mars 2011 à 14h46 (heure du séisme), les barres de combustible ont, d’après Tepco, continué à être refroidies par le système de refroidissement de secours. Mais à 15h30, une vague de 15 m de hauteur a mis hors service ce système de secours et le cœur a donc cessé d’être refroidi.

 

D’après Chris Allison, au bout de 3 heures et demi de non refroidissement, un cœur de ce type fond entièrement et se retrouve au fond de la cuve du réacteur. A Fukushima, le 11 mars à 19h00, les cœurs avaient donc déjà fondu. Toujours d’après ce même expert, une heure plus tard, la masse fondue (corium), constituée d’uranium, de plutonium et de divers métaux constituant les assemblages, a une température de 1650°C, soit la température de fusion de l’acier de la cuve du réacteur. Combien faut-il de temps pour que ce corium traverse une cuve qui a une épaisseur de 26 cm ? Sans doute moins que la théorie. Car concrètement, au fond de la cuve, il y a déjà une multitude de trous.

 

 En effet, le fond de la cuve d’un réacteur à eau bouillante (BWR en anglais) est percé de nombreux trous qui servent à faire passer les barres de contrôle (control rods). A Fukushima Daichi, la cuve du réacteur 1 a ainsi 97 trous, les cuves des réacteurs 2, 3, 4 et 5 ont chacune 137 trous, et la cuve du réacteur 6 en a 185. Autant dire que pour le corium qui arrive là, il est facile de se frayer un chemin (il suffit de 300°C pour endommager un joint).

 

barre de controle systeme hydraulique ge bwrBarre de contrôle traversant le fond de la cuve (document GE)

 

Si l’on suit la logique, étant donné que Tepco n’a commencé à injecter de l’eau de mer que le lendemain 12 mars à 20h20, il est évident que le corium a eu le temps de sortir de la cuve, et cela au moins pour les 3 réacteurs en service (1, 2 et 3). Pour les réacteurs 5 et 6 qui avaient encore respectivement 94 tonnes et 132 tonnes de combustible dans leurs cœurs, on peut imaginer qu’il en a été de même puisque ces masses devaient également continuer à être refroidies, même avec le réacteur l’arrêt.

 

Selon un article du Mainichi du 25 mai 2011, Tepco est finalement arrivé à la conclusion qu’il y aurait plusieurs trous dans les enceintes de confinement des réacteurs 1 et 2. Cela confirmerait que le corium a traversé le fond des cuves en acier, qu’il est descendu dans le fond de l’enceinte, et qu’il l’a percé. Un trou aurait un diamètre de 7 cm pour le réacteur 1 et plusieurs trous de 10 cm pour le réacteur 2. A moins que le tremblement de terre n’ait provoqué ces trous ? Avec Tepco, il faut toujours deviner !

 

On peut se demander pourquoi Tepco lâche seulement maintenant ces informations alors que ces évènements ont probablement eu lieu dans les jours qui ont suivi le tsunami. Tout simplement parce que jusqu’à maintenant, personne ne lui demandait rien et il avait tout intérêt à cacher la situation pour sauvegarder une image acceptable de l’énergie nucléaire. Mais depuis hier, l’AIEA fait une enquête sur l’accident de Fukushima (ils ont mis le temps !), alors Tepco ne peut plus soutenir ses mensonges, il va désormais être obligé de dire la vérité.

 

Sources :

http://forums.futura-sciences.com/actualites/463203-explosion-a-fukushima-80.html

http://enenews.com/reactor-no-2-has-multiple-4-inch-holes-in-containment-vessel

http://mainichi.jp/select/weathernews/20110311/nuclear/news/20110525k0000m040135000c.html

http://www.lepoint.fr/monde/et-pendant-ce-temps-la-au-japon-20-05-2011-1333323_24.php

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 00:43

 

"Il est tout à fait possible que la fusion se soit également produite au sein des réacteurs deux et trois [et que] la plupart du combustible soit sans doute tombé au fond [de la cuve sous pression], comme dans le réacteur numéro un", a déclaré un porte-parole de Tokyo Electric Power.

 

Source : Le Monde

http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/05/24/tepco-annonce-que-les-reacteurs-2-et-3-sont-en-fusion_1526427_1492975.html

 

 

1, 2, 3, ça fait 3 cœurs fondus ! Tepco reconnaît officiellement la fusion des réacteurs 1, 2 et 3 après deux mois d’entourloupes. Heureusement qu’il y a des gens qui parlent au Japon, sinon on en serait encore à un incident mineur…

 

En fait pour ceux qui s’informent correctement, c’est-à-dire par le réseau des veilleurs de Fukushima, cette information de Tepco n’est pas vraiment une nouveauté. Je vous en avais déjà parlé il y a 3 semaines avec la déclaration de Mishio Ishikawa à la télévision le 29 avril dernier ( http://fukushima.over-blog.fr/article-les-coeurs-des-reacteurs-1-2-et-3-de-fukushima-dai-ichi-auraient-fondu-a-100-73003947.html ). On ressent juste de la colère face à cette entreprise menteuse et manipulatrice, qui n’hésite pas à cacher la vérité en mettant en péril la vie de dizaines de milliers d’habitants.

 

Et puis, il y a maintenant le professeur Hiroaiki Koide de l'Université de Kyoto, qui aurait déclaré hier devant la commission de la chambre haute du parlement Japonais que lui et ses collègues avaient eu à subir de "fortes pressions pour ne pas publier immédiatement les données de contamination dès le 15 mars" dans le cadre de l'accident de Fukushima. H. Koide avait fait de nombreuses déclarations préalables selon lesquelles les autorités Japonaises minimiseraient systématiquement les retombées de l'accident dans le cadre d'accords secrets entre les opérateurs et les autorités de contrôle nucléaires.

source :

 http://www.forum-rpcirkus.com/t1653p210-les-informations

 

Fusion-et-excursion-corium

 

Bon alors maintenant, où en est le corium des trois réacteurs ? Ce ne sont pas les ingénieurs de Tepco qui vous le diront, car ils n’en savent rien ! Il n’y a pas de caméra sous la cuve, et même s’il y avait du matériel pour mesurer quoi que ce soit, il serait fondu par cet infâme magma. Donc il faudra attendre plus de 10 ans (voire 20 selon Thierry Charles, IRSN), avant qu’il ne refroidisse et que l’on sache ce qu’il est devenu, à moins qu’il ne provoque une nouvelle explosion. Le Mainichi a publié hier les déclarations de Chris Allison du Idaho National Laboratory, USA, créateur d’un logiciel de simulation d'analyse d'accident grave, qui a estimé à son tour qu'en cas de "blackout station" total sur un réacteur de même modèle qu'à Fukushima, l'ensemble du combustible fondrait et se regrouperait en fond de cuve à environ +200 minutes puis que le corium atteindrait 1650° C à +260 minutes après le début du blackout, température de fusion de l'acier inoxydable de la cuve du réacteur. La synthèse de ces travaux a été communiquée à l'AIEA fin mars, ce qui n'a pas empêché Tepco de révéler la gravité réelle de l'accident 45 jours plus tard et de continuer à soutenir à ce jour que le corium est "probablement" resté bien sagement stationné au fond de la cuve du réacteur. Mais qui croit encore Tepco ?

 

Source Mainichi :
http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110523p2a00m0na019000c.html

 

 

 

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
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Actualités sur Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

The Watchers of Fukushima

Presse japonaise anglophone   

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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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