13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:32

fessenheimv2tcherno.jpgLe 6 novembre 2012, lors du forum Eurosafe organisé à Bruxelles par le réseau ETSON et ses partenaires, deux économistes de l'IRSN, Ludivine Pascucci-Cahen et Patrick Momal, ont présenté une communication intitulée « Massive radiological releases profoundly differ from controlled releases » (Les rejets radiologiques massifs sont très différents des rejets contrôlés).

 

La principale information de cette communication est une bombe : un accident nucléaire 3 fois moins important que celui de Fukushima (1 fusion de cœur de réacteur contre 3 au Japon) engendrerait un coût d’au moins 430 milliards d’euros pour le seul pays de France, soit plus que le budget de l’Etat. Autant dire une faillite complète.

 

Dans un souci de diffusion maximale des informations importantes concernant le nucléaire en France, le blog de Fukushima a décidé de réaliser la traduction de la communication de l’IRSN (1)

 

Télécharger la traduction française de la communication de l’IRSN

 

Cette communication serait passée inaperçue si l’ACRO ne l’avait pas relevée à l’occasion de sa mise en ligne en langue anglaise en décembre 2012 sur le site du forum Eurosafe. Depuis, une autre communication a été réalisée par les mêmes spécialistes en économie, en France cette fois à Cadarache, et c’est seulement à cette occasion que la presse s’en est fait l’écho à partir du 7 février 2013.   

 

On ne saurait trop remercier tous les sites d'information qui ont repris cette nouvelle car bizarrement, alors que l’information a été rendue publique depuis maintenant 3 mois, ni le site de Cadarache, ni le site du CEA, ni le site de l’IRSN ne la diffusent. Comme le gouvernement français doit déposer, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, un projet de loi de programmation à la fin du premier semestre 2013, il nous a semblé opportun de diffuser aussi cette information cruciale dont les politiques doivent absolument tenir compte pour l’avenir de la France et de l’Europe en général.

 

430 milliards d’euros, c’est difficile à imaginer ! Voilà enfin la vérité de ce que nous propose le nucléaire, une sorte de roulette russe économique et sanitaire. Voilà le futur de ce pays et de l’Europe, car les pays voisins profiteront largement du désastre prévu, il n’y a pas comme au Japon l’océan Pacifique à l’est pour absorber la radioactivité mortelle. Il y a la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, l’Italie, pays qui ont décidé de sortir du nucléaire. Voilà aussi à quoi il faudrait se préparer : avoir une responsabilité et une honte éternelle envers tous les pays contaminés de l’Europe.

 

« L’Autorité de Sûreté Nucléaire l’a dit, on ne peut pas exclure une catastrophe nucléaire majeure en France. Le risque économique incommensurable que fait peser l’industrie nucléaire sur notre pays doit donc absolument être pris en compte dans le débat en cours. » (source ACRO)

 

Le projet de loi de programmation sur la transition énergétique concerne votre député et le sénateur de votre circonscription. Envoyez-leur la communication de l’IRSN en pièce jointe par mail ! Et dites-leur par la même occasion ce que vous pensez du risque nucléaire : acceptable ? inacceptable ?

 

Vous trouverez leurs adresses mail ici et .

   

 

Vous pouvez aussi porter cette connaissance dans le débat national sur la transition énergétique. On peut y participer directement par cette page qui permet à toute personne intéressée de poster une contribution :

http://www.transition-energetique.gouv.fr/contribuer

 

 

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Lire aussi à ce sujet :

 

 

Comment estimer le coût d’un accident nucléaire ? (Etude de P. Momal)

Peut-on supporter le coût d’une catastrophe nucléaire majeure ? (ACRO)

Le coût d'un accident nucléaire en France ? Plus de 400 milliards d'euros(Les Echos)

Un accident nucléaire majeur coûterait 430 milliards d'euros (Le Figaro)

Un accident nucléaire en France : une catastrophe pour l'économie (Le Monde)

L'IRSN évalue à 430 milliards d'euros le coût d'un accident nucléaire majeur en France(L’Usine Nouvelle)

 

   

_________________

 

Addendum

 

Une lectrice du blog apporte une information de taille, puisqu’il s’agit d’une autre estimation de l’IRSN, énoncée dans le rapport public de la Cour des Comptes sur les coûts de la filière nucléaire mis en ligne le 31/01/12. Voici ce qu’indiquait la note 200, page 242 :

« Les estimations de l’IRSN donnent un coût moyen compris entre 70 Md€ pour un accident modéré sur un réacteur comme celui qui s’est produit à Three Mile Island en 1979, et 600 Md€ à 1 000 Md€ pour un accident très grave comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima. » (source)

On comprend ici que l’IRSN, qui réalise selon P. Momal et L. Pascucci-Cahen des estimations depuis 8 ans, a une politique de communication à deux vitesses. Devant la Cour des Comptes, l’accident majeur coûterait entre 600 et 1000 milliards d’euros, et devant les journalistes, ce coût tomberait à 430 milliards d’euros. Dans les deux cas, la somme est colossale et, comme dit P. Momal, « l’accident demeurerait largement intolérable » et les décideurs seraient face à « une situation dans l’ensemble désespérée ».

 

 

 201305 Cout accident nucleaire

 

Une autre source de l'IRSN est publiée par le Figaro. Curieusement, cette image amoindrit encore l'estimation, la facture totale passant de 430 milliards dans l'article  à 421 milliards dans l'illustration.

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 (1) Les rejets radiologiques massifs sont très différents des rejets contrôlés


Ludivine Pascucci-Cahen et Patrick Momal


Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
31 av Division Leclerc, 92260 Fontenay-aux-Roses

 

 

Titre original : Massive radiological releases profoundly differ from controlled releases

Edité par EUROSAFE, lien : http://www.eurosafe-forum.org/2012-seminar-2

 

Traduction française : Odile Girard, Catherine Thirion, Pierre Fetet


Résumé:

Se préparer à un accident nucléaire nécessite de comprendre les conséquences potentielles de cet accident. Alors que de nombreux experts spécialisés ont travaillé sur divers aspects particuliers d’un tel accident, il est surprenant que si peu d'efforts aient été consacrés à obtenir une vue d’ensemble  et à fournir une image globale et équilibrée de toutes les conséquences majeures. L'IRSN a travaillé sur le coût des accidents nucléaires, un exercice qui se doit d’être aussi complet que possible, étant donné que toute omission sous-estimerait évidemment le coût. Il fournit donc (idéalement) une estimation de tous les éléments de coût d’un accident, révélant la nature de ces coûts et esquissant ainsi une image globale. Sur un réacteur à eau pressurisée français (REP), il apparaît que des rejets contrôlés provoqueraient un accident « économique » ayant des conséquences radiologiques limitées par rapport à d'autres coûts ; en revanche, des rejets massifs déclencheraient une crise majeure ayant des conséquences radiologiques importantes. Ces deux types de crises confronteraient les décideurs à différents types de défis.

 

Plan de la communication

 

 

 

 

1. LES COÛTS ESTIMATIFS DOIVENT ÊTRE COMPLETS POUR DONNER UNE VUE GLOBALE

 

            1.1. L’estimation des coûts doit être complète

 

            1.2. Les grandes catégories de coûts

 

            1.3. Détail des postes de coûts

 

 

 

2. UN ACCIDENT NUCLÉAIRE GRAVE EN FRANCE serait un DÉSASTRE NATIONAL Mais resterait NÉanmoins gÉrable

 

            2.1. Un désastre national

 

            2.2. Une crise gérable

 

            2.3. Variabilité

 

 

 

3. UN ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR EN FRANCE PROVOQUERAIT UNE CATASTROPHE EUROPÉENNE INGÉRABLE

 

            3.1. Une catastrophe radiologique majeure

 

            3.2. Des coûts économiques élevés

 

            3.3. Des pertes énormes

 

 

 

4. REMARQUES DE CONCLUSION

 

 

 

Lire la communication en entier

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 23:17
Piscine commune de Fukushima Daiichi
 
commonsfp
 
Photo du 5 février 2013 (source Kyodo News)
Les paniers d’assemblages de combustible occupent la totalité de la surface disponible (Les croisillons obliques que l’on aperçoit sont le reflet de la structure du plafond). Avant de transférer le combustible de la piscine de désactivation du réacteur 4, Tepco devra faire de la place en enlevant une partie du combustible entreposé dans la piscine commune.
 
 
Avancement des travaux au réacteur 4
Photos du 5 février 2013 (source Kyodo News)
 
 reacteur4
 
 reacteur4b
 
 
Visite de l’unité 1
 
Tepco a livré le 7 février 2013 une vidéo d’une investigation au niveau 4 de l’unité 1 réalisée le 18 octobre 2011. Apparemment, la mission consistait à vérifier la pression de divers réservoirs. Au moment de redescendre, entre le 4èmeet le 3ème niveau, une alarme stridente se met à retentir. Les ouvriers arrivent au 3ème niveau, l’alarme ne s’arrête pas, l’ouvrier regarde son plan (pour retrouver le chemin de la sortie ?). Il semble que cette alarme leur indique que le temps prescrit pour cette mission de reconnaissance est terminé.
Cette vidéo a été montrée à la commission d’enquête parlementaire en 2012.
Lien d’origine pour télécharger la vidéo (38,9 Mo) :
 
Vidéo disponible sur Youtube (21 min 33)
 
    
 
 
Captures d’écran
 
 16
 
 2
 
 12
 
 18
 
5
 
 8
 
 
 
Documentaire sur les enfants de Fukushima qui ont des kystes et des nodules thyroïdiens
Beaucoup d'enfants de Fukushima n'ont jamais été évacués après la catastrophe nucléaire du 11 Mars 2011. Maintenant, le nombre d'enfants de Fukushima qui se trouvent à avoir des kystes et des nodules thyroïdiens est en augmentation. Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir?  (traduction Kna) 
.
 
      
 
 
Incroyables images de Fukushima
Ces photos datent de 2011, mais elles sont toujours aussi surprenantes. Un excellent diaporama archivant une masse considérable d’informations et d’explications.
 
 
 
 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 18:58
Tepco, le plus grand pollueur du monde depuis mars 2011, continue ses bêtises. Dans une bienveillance incompréhensible de la part de tous les pays du monde, cette entreprise qui aurait dû être mise sous tutelle dès le lendemain de la quadruple catastrophe nucléaire a continué d’exister et est restée entièrement responsable du site nucléaire sans garantir la moindre transparence (1).
 
Le 7 février 2013, Tepco a admis avoir perdu la veille une partie d'une machine, un grand cylindre permettant de charger et décharger le coeur du réacteur. Cette machine de chargement de combustible de 35 tonnes était tombée dans la piscine de désactivation lors de l’explosion du 14 mars 2011 ; une partie, de 1,5 tonnes, était encore visible et accessible. Suite à des travaux de déblaiement, le vérin a donc sombré complètement, occasionnant probablement des dégâts supplémentaires.
 
Voici le rapport de Tepco en anglais, qui dit en gros qu'ils n'ont pas remarqué tout de suite que le vérin était tombé et que ce n'est pas grave, puis une photo de l’intérieur de la piscine montrant une partie de cette machine. Le journal Asahi qui publie cette photo ne dit pas si elle date de 2013 ou si c’est une photo d’archive.
 
tepco1
 
tepco2
 
Part of the fallen fuel hoist, an electric motor, is seen i
Partie visible du treuil à combustible (source)
 
130208 01
 
130208 02
 
piscine peut etre reacteur 3 fukushima photo tepco
Voici une photo du grand vérin, grand cylindre qui permet d'aller chercher les barres, qui est tombé dans la piscine... La machine entière était déjà au fond depuis le 14 mars 2011.
 
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Mise à jour 9/02/13 : Explications en images et vidéo par Etienne Servant
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(1) Par exemple, en 2011, Tepco a empêché la commission d’enquête parlementaire de visiter l’unité 1 en prétextant l’obscurité qui y régnait à cause de sa couverture ; alors que l’on sait bien que cette couverture blanche laisse passer la lumière et que Tepco y a de toute manière installé un éclairage. (source The Mainichi)
 
11 28-gensiro-jobu-keisoku
 
Jeux d'ombres à l’unité 1
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 22:43

actescolloque.jpgLe « Collectif Santé et Nucléaire – IndependentWHO » a organisé les 12 et 13 mai 2012 à Genève, un « Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection : de Tchernobyl à Fukushima ». Durant ce forum, Eisuke Matsui, Kolin Kobayashi, Miwa Chiwaki, Wataru Iwata et Aya Marumori sont  intervenus en particulier pour témoigner des conséquences de la catastrophe de Fukushima au Japon.

 

Les Actes seront bientôt disponibles dans un volume de 160 pages et de format 21/29,7 abondamment illustré de graphiques et de photos, pour lequel une souscription est ouverte.

 

Cliquer ici pour consulter un extrait de ces actes

(dont la table des matières)

 

Pourquoi ce Forum, pourquoi ces Actes ?

 

Plus de 26 ans après le début de la catastrophe sanitaire de Tchernobyl, presque deux ans après le commencement de celle de Fukushima, le scandale de l’omerta sur les effets des rayonnements ionisants continue. Dans la région de Fukushima, il y a de plus en plus de malades dans la zone sinistrée, notamment des enfants. Comme les victimes de Tchernobyl, les citoyens, médecins et scientifiques indépendants japonais sont obligés de s’organiser face aux carences des autorités et des organisations internationales, dont l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui, malgré les leçons sur les effets des rayonnements ionisants qu’elle aurait dû tirer de Tchernobyl, est toujours soumise à l’accord du 28 mai 1959 qu’elle a signé avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

 

C’est pour parer à cette carence et mettre l’OMS, les gouvernements et les autres institutions internationales et nationales devant leurs responsabilités que le « Collectif Santé et Nucléaire – IndependentWHO », qui regroupe des organisations et des citoyens de plusieurs pays, a organisé ce Forum. Il a réuni des scientifiques indépendants et des représentants de citoyens du Japon avec leurs homologues du Bélarus, de Russie, France, Belgique, Royaume-Uni et Suisse ainsi que des élus et des journalistes. Ils ont cherché ensemble de nouvelles pistes pour mettre en œuvre une véritable information et une radioprotection efficace en impliquant la société civile dans leurs pays respectifs et ailleurs dans le monde.

 

Ces pistes sont détaillées dans les Actes de ce Forum, un livre qui révèle la richesse des interventions et des discussions qui ont eu lieu lors de ces deux journées et qui y sont intégralement retranscrites.

 

Une souscription est ouverte !

 

A commander dès maintenant et au plus tard le 15 février. Vous trouverez toutes les modalités pratiques pour acheter ce livre en cliquant sur le lien suivant :

http://independentwho.org/fr/acheter-actes-forum/

 

 

 

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Autres articles sur le sujet :

Les héros de la radioprotection - 1. Alexei Yablokov (20/05/2012)

Scientific and Citizen Forum on Radioprotection "From Chernobyl to Fukushima", May 12, Geneva (04/05/2012)

Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection : de Tchernobyl à Fukushima(04/04/2012)

 

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 00:32
Nouveaux albums Tepco
Tepco met en ligne 99 nouveaux albums de photos du premier mois de la catastrophe, soit du 15 mars au 11 avril 2011. En tout plus de 2000 nouvelles photos disponibles. (Lien de téléchargement)
Voici les 4 premiers albums.
 
 
Bâtiment réacteur 3 après l'explosion (6 photos du 15/03/2011)


 
Unités 1 à 4 (10 photos du 15/03/2011)
 
 
 
Bâtiment réacteur 2 (5 photos du 15/03/2011)


 
Environs des unités 3 et 4 (16 photos du 16/03/2011)
 

Pour les 95 autres albums, une page Facebook vient de se créer pour les télécharger petit à petit  et pouvoir les consulter plus facilement: Lien.
 
Dans ces photos, on aperçoit des détails ou des angles de vues jamais diffusés auparavant, d’où l’intérêt de les observer au plus près. Voici par exemple une vue rapprochée de la ruine du réacteur 3, et plus bas une vue de la face nord de l’unité 4 :
 
reactor3
 
reactor4
 
 
RT publie une sélection de ces photos inédites :
 
fukushima-february-storage-shows.n
 
image-291892
 
image-466583
 
image-594559
 
image-91287
 
tokyo-2011-unit-reactor
 
..Le Parisien propose aussi une sélection de photos inédites :
.
 
Construction de la superstructure pour transférer le combustible de la piscine 4.
(source)
130108 01
 
steelframingconstruction
 
 
Investigation Tepco à l’unité 2
 
1
 
2
 
130128 011
 
En savoir plus sur cette investigation ratée : ici.
 
 
Nettoyage de l’unité 3
Tepco se dit prêt à déblayer les énormes poutres d’acier entassées sur la piscine de combustible usé de l’unité3. (source)
 
fukushimareactor3sfp-feb13-a
 
fukushimareactor3sfp-feb13-b
 
 
Vidéos
 
- Discours aux Nations Unis du maire de la ville où est implantée la centrale de Fukushima Daiichi

 
 
- La réalité à Fukushima - un avocat japonais prend la parole à l'ONU

 
 
 
Comparaison Fukushima et Gizeh
La centrale de Fukushima est plus grande que le célèbre site de Gizeh
 
 

7MYkR

 
(source)
 
 
Films
 
- « Welcome to Fukushima »
un nouveau film de Alain de Halleux
 
welcome
Le film sera bientôt diffusé sur la RTBF.
 
 
 - « Catastrophes nucléaires : Histoires secrètes », film de Camille Lepomellec (2012)
Special investigation (Canal Plus), présenté par Stéphane Haumant
 
« Après Tchernobyl en 1986 et Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979, Fukushima est la troisième centrale nucléaire qui échappe au contrôle de ses concepteurs. Entre mensonges, panique et désinformation, retour sur la véritable histoire de ces catastrophes majeures. Camille Le Pomellec a recueilli les témoignages, inédits pour certains, de ceux qui ont vécu ces drames de l'intérieur : ouvriers, industriels, responsables politiques et riverains. Au-delà de ces crises, c'est toute la question du nucléaire qui est aujourd'hui en jeu, ses risques, comme son coût et son avenir. Un an après Fukushima, «Spécial investigation» avait enquêté au Japon, aux Etats-Unis, en Russie, en Allemagne et en France sur la face cachée de l'atome ».
Les animations sur les piscines des réacteurs ne sont pas justes (il n’y a qu’une seule piscine qui contient du combustible), mais sinon il s’agit là d’un bon résumé de ce qui s’est passé.
 

 
 
 
Animation
Le New York Times propose en ligne une animation sur les risques liés à l'entreposage du combustible usé dans une piscine du même type que celle des réacteurs de Fukushima Daiichi. Cliquer sur l’image pour accéder à l’animation.
 
animation piscine
 
 
Osé
Couverture de The Economist
Fallout peut se traduire par la "chute" au sens économique, mais c'est aussi le terme employé pour les retombées radioactives.
 
fallout
(source)
 
 
Art
Mirella est une artiste brésilienne pratiquant la photomanipulation et l’illustration numérique. Voici une de ses réalisations favorites : "Burning II"
seprotegerdelapluie
(source)
 
 
Poisson qui fait le buzz
Ce poisson,  pêché à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi est très radioactif : 254 000 becquerels / kg, soit 2 540 fois la limite de 100 becquerels/kg définie pour les produits de la mer par le gouvernement.
 
poisson
 
Le journal le Monde ne trouvant pas cette photo assez belle (ou le poisson pas assez joli ?), a préféré diffuser une photo de poisson en pleine forme :
1819316 3 9142 un-poisson-murasoi-sebastes-pachycephalus 76
(source)
 
Il faut dire que ce poisson n’est pas en très bon état, comme l’explique très bien Trifouillax ici.
 
 
Photos souvenirs
Des photos tirées des collections de Ray Masalas
 
3 explosion from far away
Explosion du réacteur n°3 de Fukushima Daiichi vue de loin.
 
V0nr
La centrale début 2013
 
 
Pollution
Des chercheurs vont utiliser un robot pour vérifier les niveaux de radiation dans le lac très fréquenté d’Inawashiro pour répondre aux craintes concernant la contamination radioactive due à Fukushima.
 
robot-lake
(source)
 
 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 01:53
Daiichix-wide-communityLe mardi 15 mars 2011 est une journée assez particulière pour Fukushima car on a rapporté un incendie et des explosions pour le bâtiment réacteur 4, mais depuis 22 mois, aucune image de ces évènements n’a jamais été divulguée, exceptées quelques captures de webcam peu explicites.
 
Afin d’y voir plus clair dans cette censure, il nous a semblé intéressant de rappeler la chronologie des faits, en utilisant les sources disponibles sur la toile. En effet, quand un historien cherche à reconstituer une histoire camouflée, même récente, il collecte le maximum de sources et les croise pour essayer d’en dégager une vérité.
 
La première chronologie présentée ici est celle de Tepco, complétée par les seuls documents photographiques diffusés par l’opérateur pour cette journée mystère, les 12 instantanés, heure par heure, de la première webcam du site nucléaire.
 
Que l’enquête commence !
 
-oOo-
 
Chronologie officielle du 15 mars 2011 (d’après la chronologie de Tepco)
 
20110315060000
A 6 heures du matin, on distingue bien le bâtiment réacteur n°4 entier. On voit également un petit panache blanc au dessus (incendie ?)
 
Vers 6h~6h10 :
Le son d’une explosion est confirmé par Tepco.
L’explosion a provoqué des dommages au toit couvrant le 5ème niveau (niveau technique).
 
6h50 : Comme les radiations dépassent 500µSv/h (583,7 µSv/h) au niveau de l’entrée principale, il est déterminé qu’un incident spécifique est arrivé.
 
7h : L’évènement est rapporté au gouvernement
 
20110315070000
A 7 heures, on voit que le bâtiment réacteur n°4 a changé d’aspect et qu’il fume. Notez la présence de 3 engins volants, deux à l’est, un à l’ouest, sans doute des hélicoptères ou des drones évaluant l’état du réacteur après son explosion.
 
7h55 : Tepco rapporte au gouvernement les dommages au toit du 5ème niveau du bâtiment réacteur.
 
20110315080000
Photo webcam à 8 heures du matin.
 
8h11 :
Les dommages du bâtiment réacteur de l’unité 4 sont confirmés par Tepco. Les radiations atteignent 807 µSv/h au niveau de l’entrée principale.
 
20110315090000
Photo webcam à 9 heures.
 
9h38 :
Un incendie est confirmé au 3ème niveau, du côté nord-ouest du bâtiment réacteur.
 
20110315100000
Photo webcam à 10 heures
 
Vers 11h :
Tepco confirme que l’incendie du bâtiment réacteur n°4 est éteint.
 
20110315110000
Photo webcam à 11 heures
 
20110315120000
A midi, plus de trace de fumée au n°4. L’incendie semble être éteint (le n°3 fume encore, à gauche).
 
20110315130000
Photo webcam à 13 heures.
 
20110315140000
Photo webcam à 14 heures.
 
20110315150000
Photo webcam à 15 heures. Un panache de fumée blanche s'échappe du n°4. Reprise d'incendie ?
 
16h00 : Tepco mesure 531,6 µSv/h au niveau de l’entrée principale,
 
20110315160000
Photo webcam à 16 heures. Panache encore visible.
 
20110315170000
Photo webcam à 17 heures.
 
23h00
Les radiations atteignent 4548 µSv/h au niveau de l’entrée principale.
 
______________________________
 
Un autre incendie le 16 mars 2011
 
Le 16 mars un autre incendie est signalé (reprise du précédent selon Tepco). Une vidéo rapportée par Russia Today le 16 mars montre un évènement provoquant un panache blanc. On ne sait pas s'il s'agit de l’incendie du 15 ou du 16 mars. Le panache provient bien du côté nord-ouest du bâtiment réacteur 4.
 

 
 
 
______________________________
 
Quelques chronologies disponibles sur le net 
 
 
(Traduction française partielle, heures du Japon)
 
Vers 6h~6h10 :
Le son d’une explosion a été confirmé. Plus tard, des dommages au toit du 5ème niveau du bâtiment réacteur ont été confirmés.
6h50 :
Comme les radiations dépassaient 500µSv/h (583,7 µSv/h) au niveau de l’entrée principale, il a été déterminé qu’un incident spécifique était arrivé et ça a été rapporté au gouvernement à 7h00.
7h55 :
Les dommages au toit du 5ème niveau du bâtiment réacteur ont été rapportés au gouvernement
8h11 :
Les dommages du bâtiment réacteur de l’unité 4 ont été confirmés. De même, comme les radiations dépassaient 500 µSv/h (807 µSv/h) au niveau de l’entrée principale, il a été déterminé qu’un incident spécifique était arrivé et ça a été rapporté au gouvernement à 8h36.
9h38 :
Un incendie a été confirmé au 3ème niveau, du côté nord ouest du bâtiment réacteur. Ca a été rapporté au gouvernement à 9h38.
Vers 11h :
Tepco a confirmé que l’incendie du bâtiment réacteur n°4 était éteint. Ca a été rapporté au gouvernement à 11h45.
16h00 : Comme les radiations dépassaient 500µSv/h (531,6 µSv/h) au niveau de l’entrée principale, il a été déterminé qu’un incident spécifique était arrivé et ça a été rapporté au gouvernement à 16h22.
23h00
Comme les radiations dépassaient 500µSv/h (4548 µSv/h) au niveau de l’entrée principale, il a été déterminé qu’un incident spécifique était arrivé et ça a été rapporté au gouvernement à 23h20.
 
 
Autres chronologies des évènements du 15 mars rapportées sur l’Internet
(A noter : les heures indiquent la mise en ligne des dépêches en Europe. Pour avoir le temps du Japon, il faut ajouter 8 h)
 
Chronologie Europe1.fr 
Mardi 15 mars :
3h10 : incendie dans le réacteur 4. Un incendie se déclare dans le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Fukushima, dégageant des particules radioactives.
3h50 : Tepco demande de l'aide pour éteindre l'incendie. L'exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima annonce avoir demandé de l'aide aux forces japonaises d'auto-défense et à l'armée américaine pour éteindre l'incendie qui s'est déclaré après une explosion au réacteur n°4.
7h40 : incendie éteint dans le réacteur n°4. Un incendie, qui s'est déclaré dans un bassin de stockage de combustible nucléaire usagé, a été éteint, annonce l'exploitant Tepco.
9h45 : nouvelles craintes au sujet du réacteur n°4 de Fukushima. Le combustible nucléaire usagé du réacteur n°4 de la centrale japonaise de Fukushima-Daiichi est peut-être en train de bouillonner, et le niveau d'eau baisse actuellement, rapporte l'agence de presse nippone Kyodo.
10h38 : deux brèches dans le réacteur n°4. Deux brèches de huit mètres de large sont apparues dans l'enceinte extérieure du bâtiment du réacteur n°4 de la centrale atomique à la suite d'une explosion survenue mardi, annonce l'Agence de sûreté nucléaire japonaise.
13h40 : radiations dangereuses autour du réacteur n°4. Le niveau de radioactivité dans la salle de contrôle de la tranche n°4 de la centrale atomique de Fukushima-Daiichi, sur la côte nord-est du Japon, est devenu trop élevé, mardi, pour que les ingénieurs puissent effectuer un travail normal, rapporte l'agence de presse japonaise Kyodo.
15h20. De la radioactivité pouvant "endommager la santé". Le ministre japonais des Affaires étrangères Takeaki Matsumoto a indiqué mardi à Paris que le niveau de radiations consécutif à l'incendie du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima 1 "pourrait endommager la santé" des populations.
15h57. De l'eau pourrait être injectée par hélicoptère. La compagnie d'électricité japonaise Tepco, qui exploite la centrale de Fukushima, a indiqué qu'elle envisageait de verser de l'eau par hélicoptère dans une piscine du réacteur 4 pour refroidir du combustible nucléaire usé.
21h32. La toiture d'un réacteur fissurée à Fukushima. L'agence de sûreté nucléaire japonaise annonce que la toiture du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima est fissurée.
21h58. Evolution "préoccupante" d'une piscine de stockage. L'évolution de la situation de la piscine du stockage du réacteur 4 de la centrale de Fukushima au Japon, où une "partie des assemblages de combustibles stockés serait désormais découverte", est jugée "préoccupante" par l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN).
22h57. Fukushima : nouvel incendie au réacteur 4. Un nouvel incendie s'est déclaré mercredi au réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima, au lendemain d'une explosion qui avait provoqué un premier incendie et endommagé le toit du bâtiment extérieur, a annoncé l'opérateur de la centrale.
 
Chronologie Nouvel Observateur 
Mardi 15 mars :
3h -Tokyo. Le niveau de radiations a "considérablement augmenté" à la centrale nucléaire de Fukushima n°1 où un incendie s'est produit sur le réacteur 4, déclare le Premier ministre japonais, Naoto Kan.
4h10 - Tokyo. L'incendie au réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima n°1 est "apparemment éteint", rapportent plusieurs médias japonais.
8h15 - Vienne. Des substances radioactives ont été libérées directement dans l'atmosphère à la suite de l'incendie du réacteur 4 à la centrale nucléaire de Fukushima n°1, confirme l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
10h30 - Tokyo. L'agence nucléaire du Japon annonce la découverte de deux trous de 8 mètres sur l'enceinte extérieure du réacteur N° 4 de la centrale de Fukushima (Reuters)
15h15 - Paris. Le ministre japonais des Affaires étrangères Takeaki Matsumoto indique que le niveau de radiations consécutif à l'incendie du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima 1 "pourrait endommager la santé" des populations.
15h55 - Fukushima. La compagnie d'électricité japonaise Tepco, qui exploite la centrale de Fukushima, envisage de verser de l'eau par hélicoptère dans une piscine du réacteur 4 pour refroidir du combustible nucléaire usé.
21h50 - Paris. L'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) juge l'évolution de la situation de la piscine du stockage du réacteur 4 de la centrale de Fukushima où une "partie des assemblages de combustibles stockés serait désormais découverte" "préoccupante".
22h45 - Tokyo. Un nouvel incendie se déclare au réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima.
mercredi 16 mars :
00h25 - Tokyo. L'incendie qui s'était déclenché mercredi matin au réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima paraît s'être éteint.
 
Chronologie L’essentiel online 
Mardi 15 mars :
08:43 Substances radioactives dans l'atmosphère
«Les autorités japonaises ont informé aujourd'hui l'Agence internationale de l'énergie atomique à 04h50 au Luxembourg que le bassin du combustible usé du réacteur nucléaire 4 de la centrale de Fukushima Daiichi était en feu et que de la radioactivité était en train d'être libérée directement dans l'atmosphère», a ajouté l'agence dans un communiqué. L'incendie au réacteur 4 est «apparemment éteint», ont rapporté mardi plusieurs médias japonais. «L'incendie qui s'est produit au quatrième étage du réacteur 4 est apparemment éteint», a indiqué l'agence Jiji.
10:25 Deux brèches de 8 mètres de large détectées à Fukushima
Deux brèches de huit mètres de large sont apparues dans l'enceinte extérieure du bâtiment de la quatrième tranche de la centrale atomique de Fukushima-Daiichi à la suite d'une explosion survenue mardi, annonce l'Agence de sûreté nucléaire japonaise.
17:22 Tepco envisage de verser de l'eau par hélicoptère dans le réacteur 4
La compagnie d'électricité japonaise Tepco, qui exploite la centrale de Fukushima 1, a annoncé mardi qu'elle envisageait de verser de l'eau par hélicoptère dans une piscine du réacteur 4 pour refroidir du combustible nucléaire usé. Lors d'une conférence de presse, les responsables de Tokyo Electric Power ont expliqué qu'ils étudiaient cette solution faute de pouvoir employer les moyens habituels de refroidissement, tombés en panne à cause du séisme et du tsunami qui ont dévasté la région nord-est où se situe la centrale.
18:29 Taux dangereux de radioactivité mesurés
Lors des efforts pour éteindre l'incendie de l'entrepôt du combustible nucléaire usagé, le personnel a probablement été exposé à une forte irradiation.
L'incendie du dépôt du réacteur 4 a pu être maîtrisé mais le toit du bâtiment a été endommagé. Cela signifie que la radioactivité se propage directement dans la nature.
21:48 Évolution préoccupante du réacteur 4
L'évolution de la situation de la piscine du stockage du réacteur 4 de la centrale de Fukushima au Japon, où une "partie des assemblages de combustibles stockés serait désormais découverte", est jugée "préoccupante" par l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Un incendie s'était déclaré la nuit dernière au niveau de cette piscine, rappelle l'ASN dans un communiqué, précisant que "l'état du combustible stocké, potentiellement affecté par l'incendie, n'est pas déterminé".
La compagnie d'électricité japonaise Tepco, qui exploite la centrale, a indiqué mardi lors d'une conférence de presse qu'elle envisageait de verser de l'eau par hélicoptère dans une piscine du réacteur pour refroidir du combustible nucléaire usé. L'ASN qui avait déjà fait état d'une "dégradation de l'enceinte de confinement" du réacteur 2, suite à deux explosions, s'inquiète "d'une augmentation significative des rejets radioactifs détectés" en limite du site.
21:54 Le toit fissuré
Deux techniciens sont portés disparus après l'explosion, mardi, survenue sur l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi endommagée par le séisme du 11 mars, a annoncé l'Agence japonaise de sûreté nucléaire. L'agence ne précise pas l'identité des deux techniciens dont on est sans nouvelles et qui se trouvaient dans le secteur de la turbine du réacteur n°4.
Lors d'une conférence de presse, un responsable de l'agence a également fait état de l'apparition de fissures sur la toiture du bâtiment abritant le réacteur. Les autorités s'efforcent d'empêcher une pénurie de l'eau servant à refroidir les cœurs radioactifs des réacteurs de l'usine, ce qui provoquerait une surchauffe et une libération de particules radioactives dans l'atmosphère.
22:54 Un incendie se déclare
Un nouvel incendie s'est déclaré mercredi au réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima, au lendemain d'une explosion qui avait provoqué un premier incendie et endommagé le toit du bâtiment extérieur, a annoncé l'opérateur de la centrale.
 
_______________________
 
Origine des incendies selon l’IRSN (point du 16 mars 2011 19 h) : l’hydrogène
 
« Deux incendies, qui auraient été maîtrisés rapidement, se sont déclarés au dessus de la piscine du réacteur n°4. Après analyse par l’IRSN, la présence d’hydrogène produit par la radiolyse de l’eau dans les piscines, couplée à la perte des ventilations, expliquerait l’origine de l’explosion et de l’incendie. »
 
_____________________
 
Photo d’entête : incendie du bâtiment réacteur 4 (source)
 
 

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 21:50

thermocoupleL’année dernière, Geoffroy Auneau nous avait fait part de ses questionnements sur les 8 balises permanentes de surveillance de la radioactivité de la centrale de Fukushima Daiichi, nous donnant son point de vue sur la décontamination de l’environnement et l’aménagement de ces postes de mesure. Aujourd’hui, il nous fait partager ses observations sur les mesures des thermocouples placés autour des réacteurs, données qui sont les seules sources d’information sur la température des cuves. Toutes les mesures sont fournies par Tepco, mais la logique de l’opérateur pour conduire le refroidissement des cœurs fondus est loin d’être cohérente. En publiant des mesures de capteurs déclarés par elle-même hors service, la société Tepco cherche-t-elle à brouiller les pistes ou fait-elle semblant de gérer une situation ingérable ? 

.

 

-oOo-

 

 

.

 

Surveillance des thermocouples de Fukushima Daiichi

 

par Geoffroy Auneau

 

.

Historique des faits qui ont amené à un suivi particulier des thermocouples.

A partir du 14 juin 2011, Tepco publie quotidiennement les paramètres pour les unités 1 à 3, les paramètres comprennent des températures, pression, débits, niveaux d’eau, débit d’irradiation, etc. Le 12 janvier 2012, sur l’unité 2 des anomalies de températures sont mesurées sur le thermocouple TE-2-3-69N2 (+50°C en 6h), la valeur maxi sera de 150°C, et il deviendra HS le 17 janvier (température négative).

Tepco injectera de l’acide borique le 7/02/12 dans l’unité 2 (crainte de reprise de criticité). Toujours en février 2012, 7 thermocouples connaissent des hausses plus ou moins brusques et deviennent rapidement HS (TE-2-3-66B1, TE-2-3-69H1, TE-2-3-69M1, TE-2-3-69M2, TE-2-3-69N1, TE-16-114R#1, et TE-16-114P#1), et un thermocouple TE-2-3-69E2 connaitra une poussée de fièvre sans tomber en panne.

Le 24 Février 2012, Tepco a reçu une directive sous le nom "Mesures contre l'augmentation de la température dans le fond du RPV de l'unité 2 de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi» de l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle (NISA) du Ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie.

Conformément à la directive, Tepco évalue la fiabilité des thermomètres utilisés actuellement et rapporte les résultats à l'Autorité de la réglementation nucléaire chaque début de mois.

 

Les éléments traités proviendront essentiellement du réacteur n°2, les autres réacteurs, le n°1 et le n°3 n’ont pas ou peu de problème avec les thermocouples.

 

Voici un bref aperçu des thermocouples de l’unité 2 déclarés Hors Service depuis 2012 :

Le TE-16-114P#2 est HS antérieurement à février 2012.

Janvier : TE-2-3-69N2

Février : TE-2-3-66B1, TE-2-3-69H1, TE-2-3-69N1, , TE-2-3-69M1, TE-2-3-69M2, TE-2-3-69P3, TE-2-112A, TE-2-112B, TE-16-114R#1 et TE-16-114P#1

Mars : TE-2-3-69B1, TE-2-3-69E2, TE-2-3-69F3 et TE-16-114J#2

Avril : TE-2-3-69A1, TE-2-3-69L2 et TE-16-114N#2

Mai, juin ; juillet, aout : aucun

Septembre : TE-2-3-69F2

Octobre : TE-2-3-69J1 et TE-2-3-69H2

Novembre : TE-2-3-69F1 et TE-2-3-69J3

Décembre : TE-2-3-69K1 et TE-2-3-69K3

 

Tableau récapitulatif sur les thermocouples.

1

 

La colonne « A évalué à l’extérieur » ne permet pas de connaitre l’état fonctionnel des thermocouples sans les sortir de la cuve selon Tepco, cette colonne reste ainsi identique chaque mois dans les rapports publiés. Il faut aussi noter que les courbes ne sont pas publiées. Alors sont-ils réellement en état de fonctionner ?

Depuis novembre 2012, 3 thermocouples ont été ajoutés dans l’unité 2, et en décembre, 7 thermocouples l’ont été dans l’unité 1.

.

Unité 1, schéma d’implantation des thermocouples

2

 

Unité 2, schéma d’implantation des thermocouples

3

Légende

- En noir, les thermocouples à évaluer à l’extérieur (valeurs et courbes de températures non publiées)

- En bleu, les thermocouples utilisés pour la surveillance

- En vert, les thermocouples utilisés comme référence

- En rouge, thermocouples HS

- En bleu clair, les thermocouples rajoutés

- O : changement du statut du thermomètre par rapport au mois précédent

 

Pour vérifier que les thermocouples soient toujours fonctionnels, Tepco mesure la résistance du circuit électrique pour contrôler si l’isolation du système reste toujours correcte (résistance en baisse), ou que le circuit ne soit pas déconnecté (résistance en hausse).

Pour rappel, la mesure de la température se fait par mesure d’une tension auto-induite pour un thermocouple.

4

 

Il est noté que les thermocouples (déclarés HS) TE-2-3-69K1 et TE-2-3-69K3 ont des ratios : (moyenne de la résistance lors de l’inspection périodique) / (valeur de la résistance mesurée après l’accident ou défaut) à 1,13 et 1,25 (critère d’acceptation <1,10). Ici le critère n’est plus respecté donc l’isolation du circuit n’est sans doute plus correcte, le montage tend vers le court circuit.

Dans le cas du TE-2-3-69K2 le ratio est à 0,56 (critère d’acceptation <1,10 qui est respecté). Un second critère intervient il s’agit du ratio (résistance DC minimum après l'accident ou défaut) / (mesures de résistance DC) le critère d’acceptation est <1,30, résultat : 1,18. S’agit-il d’un critère de répétabilité de la mesure de la résistance ? Le troisième et dernier critère est à l’appréciation du technicien/ingénieur qui observe les courbes de tendances des mesures. Après vérification le thermocouple TE-2-3-69K2 est correct mais reste quand même sous surveillance.

La dispersion importante des mesures que Tepco réalise sur les résistances me fait douter de l’état réel de fonctionnement des thermocouples.

 

Légende des prochains graphiques :

- Les pointillés verts représentent un séisme

- Les pointillés rouges sont relatifs à des changements d’injection d’azote

- Les pointillés bleus sont relatifs à des changements d’injection d’eau dans le réacteur

 

5

Le graphique ci-dessus montre l’évolution de plusieurs thermocouples dont le TE-2-3-69K1 en bleu foncé, TE-2-3-69K2 en bleu clair à trait épais, TE-2-3-69K3 en vert. Les montagnes russes, puis les soubresauts du TE-2-3-69K2 font penser à un thermocouple HS, mais pour Tepco il est correct (mais reste cependant sous évaluation). Les montagnes russes durent depuis avril 2012 en s’amplifiant un peu chaque mois. Est-ce le signe d’un thermocouple en état de marche ?

 

6

Dans la série des erreurs, TE-2-3-69B2, le thermocouple correct selon Tepco (courbe violette), varie autour de -15°C, puis +10°C et enfin -20°C. Dans les précédents rapports les valeurs ont commencé à être négatives à partir du mois d’aout. Le thermomètre se situe en haut de la cuve RPV. Le ridicule ne tue pas, ouf !

Le thermocouple TE-2-3-69A3 (courbe rouge) se passe de commentaire, néanmoins Tepco le considère bon et même sert de référence depuis le début, sic !! Cependant il est sous évaluation, ça contredit la fonction de référence.

Je ne connais pas les changements qui ont lieu le 12/12 et qui ont permis de supprimer les oscillations, la traduction japonaise m’est incompréhensible. Comment ont-ils fait ?

 

7

 

Pour info, le tremblement de terre du 8 décembre a fait chuter les températures d’environ 15°C sur les thermocouples TE-16-114-L#1 et TE-16-114-L#2. Ceci arrive de temps en temps, à la hausse comme à la baisse.

 

Le tremblement de terre du 15 décembre a fait baisser légèrement de 50°C à 44°C le thermomètre TE-16-114-R#2 (courbe jaune) avant de remonter à 81°C le 14 janvier et 133°C le 21 janvier (voir graphique ci-dessous pour la suite de la courbe jaune).

 

8

 

Les variations observées par les thermocouples TE-16-114-R#2(correct) et TE-2-3-69K1 (HS) se ressemble étrangement. Le TE-2-3-69K1 est situé dans le RPV en fond de cuve, il a le n°26 dans le schéma d’implantation des thermocouples et le TE-16-114-R#2 se situe dans le PCV (n°77) à priori plutôt vers le haut de la cuve.

La baisse brutale de température du 8 janvier n’est pas due à un séisme, aucune donnée de l’USGS n’a été reportée ce jour-là. Est-ce une intrusion d’eau momentanée, ou le début d’un disfonctionnement ?

 

Rapport d’avril 2012

9

 

Rapport de janvier 2013

10

 

Les températures en 9 mois n’ont pas beaucoup varié et restent pour certaines assez hautes.

 

Arrêt à froid ? J’ai comme des doutes ! Le corium ne doit pas être très loin, mais Tepco n’arrive pas à le refroidir. La diminution des débits d’injection d’eau dans le réacteur depuis juin 2012 continue malgré l’apparition de températures chaudes mesurées depuis novembre 2012 par certains capteurs qui tombent rapidement en panne.

 

11

 

 

Est-ce que l’élévation de température est la cause de la défectuosité du capteur ? Ou est-ce une conséquence de capteur défectueux ? Comme le laisse suggérer Tepco.

Pour ma part, je pencherais sur la cause directe ou indirecte qui rend les capteurs HS. Pourquoi les hausses de températures sont souvent corrélées par plusieurs thermocouples ?

Pourquoi avoir augmenté autant le débit d’eau et injecté du bore au mois de février ?

Beaucoup de zones d’ombre dans l’état fonctionnel des thermocouples. Pourquoi continuer à publier les données de certains thermocouples HS ? Faire la part des choses devient difficile dans l’analyse des données transmises par Tepco.

La situation est elle sous contrôle ?

 

 

Sources :

Rapports des thermocouples publiés par Tepco disponibles uniquement en japonais :

Mars 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120302a.pdf

Avril 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120402j0101.pdf

Mai 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120501j0101.pdf

Juin 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120601j0401.pdf

Juillet 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120702j0101.pdf

Aout 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120801j0301.pdf

Septembre 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/120903j0101.pdf

Octobre 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/121001j0201.pdf

Novembre 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/121101j0201.pdf

Décembre 2012 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu12_j/images/121203j0101.pdf

Janvier 2013 : http://www.tepco.co.jp/cc/press/betu13_j/images/130107j0301.pdf

 

Données journalières de l’unité 2 : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/f1/pla/2013/images/csv_6h_data_2u-e.csv)

 

Données horaires de l’unité 2 depuis le 12/07/12 http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/f1/pla/2013/images/csv_1h_data_2u-e.csv

 

Données horaires de l’unité 2 du 19/12/11 au 12/07/12 http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/f1/pla/2012/images/csv_1h_data_2u_a-e.csv

 

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/f1/pla/2012/index-e.html

 

Site internet de TEPCO pour les autres données http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/index-e.html#anchor03

 

________________

 

Dernière minute

Tepco publie aujourd'hui un schéma pour montrer l'emplacement des thermocouples TE-16-114R#2 et TE-23-69K1.
lien : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2013/images/handouts_130123_03-e.pdf

 13.jpg    

 

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 21:31

chernobyl-graffiti_1881641b.jpg« Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 "liquidateurs" les plus exposés. »

(extrait du dossier scientifique sur le nucléaire mis en ligne par le CNRS début janvier 2013)

 

Même après la catastrophe de Fukushima, le village nucléaire mondial reste cohérent, il produit le même discours dans toutes les organisations institutionnelles : le nucléaire, même lors des accidents, ne génèrerait que très peu de décès. C’est la doctrine officielle, et quasiment tous les salariés et subventionnés de l’énergie nucléaire se soumettent à ce postulat. Bien sûr, pour « prouver » cette assertion, on se réfère à l’unique source autorisée, le rapport initié par l’AIEA, premier promoteur de l’énergie atomique dans le monde,  « L’héritage de Tchernobyl : impacts sanitaires, environnementaux et socio-économique », publié en 2005.

 

Pourtant d’autres rapports scientifiques existent, mais les organisations institutionnelles les ignorent complètement :

 

- 2006 : The other report on Chernobyl (Torch)

 

- 2006 : The Chernobyl Catastrophe - Consequences on Human Health

 

- 2009 : Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment

 

De plus, les actes de la conférence « Les conséquences de Tchernobyl et d'autres accidents radiologiques sur la santé » qui s’est tenue à Genève en 1995 n’ont jamais été publiés. Il y a donc réellement une mainmise de l’AIEA sur les publications de l’OMS avec une réelle volonté de cacher la vérité. Est-ce une démarche scientifique ? Certainement pas, et c’est une honte que le CNRS s’associe à cette démarche négationniste.

 

Deux personnes se sont élevées contre le positionnement du CNRS, Thierry Ribault, économiste au CNRS, et Stéphane Lhomme, de l’Observatoire du nucléaire. Dans ces deux articles, la lumière est faite sur la stratégie du CNRS pour manipuler l’opinion :

 

 

Fukushima : le CNRS tait la vérité et domestique les masses

par Thierry Ribault

Le CNRS a rendu accessible le 7 janvier un dossier scientifique multimédia sur l’énergie nucléaire, destiné au « grand public ». Chercheur au CNRS en poste au Japon, où je travaille sur les modalités de la protection humaine dans le contexte du désastre de Fukushima, je tiens à me dissocier des propos tenus dans cette « animation », destinée à domestiquer les masses et taire la véritable situation à Fukushima.

Dans ce dossier « scientifique » aux desseins animés, les affirmations dénuées d’argumentation et prenant des allures d’évidences indiscutables sont légion. Ainsi, il y est certifié que :

(…)

Lire la suite de l’article

 

 

L'Observatoire du nucléaire accuse le CNRS de tromperie

par Stéphane Lhomme

« Le 7 janvier 2013, le CNRS a annoncé par communiqué la publication d'un document multimédia sur le nucléaire, prétendant que "Cette animation donne au grand public des clés pour mieux comprendre la problématique du nucléaire et ainsi participer au débat qui se déroulera de janvier à avril 2013."

Le CNRS pouvait éventuellement prendre position en faveur de l'atome, mais à condition de le faire de façon affichée et assumée. Au contraire, jouant de toute évidence de son statut d'organisme public, le CNRS laisse habilement penser que le contenu de son document est non partisan et ne fait que présenter de façon neutre et honnête les éléments du débat sur le nucléaire. Il s'agit d'une tromperie délibérée.

(…)

Lire la suite de l’article

 

 

     

 

_________________

 

Mise à jour du 20 janvier 2013

 

Suite à la dénonciation générale sur la toile de certains propos mis en ligne par le CNRS, les auteurs du dossier sur le nucléaire ont modifié le texte incriminé dans cette page (cf. texte copié-collé extrait de la partie « Aspects sociétaux / Conséquences des accidents nucléaires » en début du billet).

 

Thierry Ribaut en fait état dans un commentaire sur le site de Rue89. Voici un extrait de son commentaire :

 

« Allégations qui s’effondrent de facto

 

Il semble que les allégations de certains extrémistes de la domination qui s’expriment dans les commentaires de cet article, m’affublant de « paranoïa » (ont-ils même déjà rencontré un paranoïaque ?) ou encore m’imaginant « soutenu par les multinationales des énergies fossiles, qui font 2 millions de morts par an », (seulement ? !), de facto s’effondrent : les artisans du site du CNRS ont modifié ce jour un passage du texte du dossier sagascience sur l’énergie nucléaire à la partie Conséquences humaines des accidents nucléaires.

Je rappelle l’ancienne version :

 

« Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 “liquidateurs” les plus exposés. Par ailleurs, des registres font état d’environ 4000 cas de cancers de la thyroïde diagnostiqués imputables à l’accident de Tchernobyl, chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans en 1986, âge où la maladie est rare et n’a pu être induite que par une contamination à l’iode radioactif dispersé dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe. D’autres conséquences graves, notamment psycho-sociologiques, existent pour les populations humaines : la détresse, pouvant mener au suicide, des populations évacuées qui perdent tout du jour au lendemain et la peur de la contamination (à Tchernobyl, un grand nombre de femmes ont avorté par crainte de donner naissance à des enfants malformés). »

 

Et je signale la nouvelle (en mettant en gras le passage ajouté, les fautes de frappe ne sont pas de moi) :

 

« Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 “liquidateurs” les plus exposés. Par ailleurs, des registres font état d’environ 4000 cas de cancers de la thyroïde diagnostiqués imputables à l’accident de Tchernobyl, chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans en 1986, âge où la maladie est rare et n’a pu être induite que par une contamination à l’iode radioactif dispersé dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe.
Cependant, ces chiffres font l’objet de fortes controverses dans la commaunauté scientifique internationale et il est donc encore aujourd’hui, plus de 20 ans après, très difficile d’avoir une estimation fiable du nombre de victimes de cette catastrophe.
D’autres conséquences graves, notamment psycho-sociologiques, existent pour les populations humaines : la détresse, pouvant mener au suicide, des populations évacuées qui perdent tout du jour au lendemain et la peur de la contamination (à Tchernobyl, un grand nombre de femmes ont avorté par crainte de donner naissance à des enfants malformés). »

 

On note, outre la timidité de cet ajustement (pourquoi ne pas fournir directement les chiffres alternatifs disponibles partout ?) qu’une attention au moins aussi grande est portée aux « conséquences graves notamment psycho-sociologiques » de la catastrophe de Tchernobyl, qu’au chiffrage des victimes du cancer. Ce qui est encore une fois un parti pris évident en faveur de la non-évacuation des populations (donc d’une relativisation de la gravité des effets sanitaires physiologiques des radiations) alors que, comme l’indique le rapport gouvernemental ukrainien que j’ai cité dans mon article, sur les 13 136 enfants nés entre 1992 et 2009, des « liquidateurs » ukrainiens de Tchernobyl de 1986-1987, 10% présentaient des malformations congénitales à la naissance : la peur de la contamination » et la « crainte de donner naissance à des enfants malformés » sont bel et bien fondées. »

 

 

Comme quoi il est utile de dénoncer des textes honteux chaque fois que nécessaire. Le CNRS, qui lui-même a combattu le négationnisme dans ses propres rangs il y a une douzaine d’années, ne pouvait laisser ce texte en l’état. La correction est timide, mais la correction est là, c’est tout à son honneur.

 

 

 

 

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Photo d’entête :  AFP/East News

 

 

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 02:39

reuniondecrisefukushimaavril2011.jpgSelon Fukushima Diary, le Japon prévoit de monter une équipe consultative internationale pour le démantèlement de la centrale de Fukushima.

 

Le 11 janvier 2013, Tepco a annoncé qu’ils se préparaient à établir un IAT (International Advisory Team) pour le démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima, en coopération avec le gouvernement nippon. Manquant d’expérience en la matière, ils vont créer un organisme consultatif rassemblant des experts américains, anglais, français, russes et ukrainiens afin de recueillir des avis techniques, choisir les technologies les plus appropriées et obtenir de l’aide sur le site.

 

Ce nouvel organisme devrait être opérationnel dès avril 2013.

 

On ne peut que se réjouir de cette nouvelle qui va dans le bon sens. Il est évident que l’industrie nucléaire fait face aujourd’hui à un problème majeur inédit et multiple, celui de la fusion de trois cœurs sur le même site et de piscines suspendues fragilisées par le méga séisme du 11 mars 2011 et ébranlées régulièrement par des tremblements de terre.

 

Le premier démantèlement consistera à retirer les 1533 assemblages de combustible de la piscine de l’unité 4 dont la structure a le plus souffert.

 

Depuis 2012, Tepco est soumis à une pression internationale face au danger majeur que représente le contenu de cette piscine qui, si elle s’effondrait ou se vidait rapidement, mettrait le Japon dans une situation radiologique intenable qui aurait des conséquences mondiales irréversibles. C’est la raison pour laquelle Tepco a communiqué son intention d’accélérer la prise en charge du transfert du combustible de la piscine 4 qu’elle prévoit de terminer fin 2014.

 

Mais selon l’expert nucléaire japonais Koide, il est probable que ce transfert nécessite beaucoup plus de temps que ne l’annonce Tepco. La nouvelle de la création de cet organisme consultatif confirme sa pensée : Tepco ne sait pas comment s’y prendre et de ce fait, les deux années annoncées pour le transfert ressemblent plus à un vœu qu’à une prévision réaliste.

 

D’autre part, non seulement le transfert du combustible est extrêmement dangereux, mais Tepco n’a plus droit à l’erreur. L’obtention d’avis d’experts internationaux permet ainsi à l’opérateur de partager la responsabilité d’un éventuel échec si l’opération tournait au drame.

 

Quoiqu’il en soit, il s’agit d’une bonne nouvelle car l’affaire est très grave. Au moment où le nouvel organisme commencera à travailler, deux ans se seront déjà écoulés depuis le début de la catastrophe nucléaire. Deux ans de perdus si l’on peut dire. Car le monde entier a réclamé cette ouverture dès le début de la crise, ce que le Japon a toujours refusé de faire jusqu’à présent.

 

Toutefois il ne s’agit que d’un début. Il faut continuer à faire pression pour que le site nucléaire de Fukushima Daiichi ne soit plus sous le contrôle de Tepco. L’organisme qui va naître devra progressivement prendre la mesure de l’urgence et imposer la voie de la coopération internationale. De consultatif, il est primordial qu’il devienne décisionnel, sous la responsabilité d’une organisation internationale.

 

Afin d’appuyer cette démarche, nous allons clore la pétition adressée à l’ONU « Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale » et la transmettre prochainement à son secrétaire général Ban Ki-Moon. Débutée il y a 6 mois, elle a réuni plus de 17 000 signatures de tous pays, dont celles d’experts nucléaires. Bien que le nombre de signataires soit bien en deçà de l’enjeu d’une telle menace, nous espérons qu’elle incite les instances internationales à mieux prendre en compte les demandes qui y sont formulées.

 

D’ici là, nous vous encourageons à continuer à la diffuser et à la faire signer sans perdre de temps, car cet appel reste urgent, un nouveau gros séisme pouvant arriver n’importe quand.

 

Lien unique vers la pétition :

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/

 

Traduction de la pétition dans différentes langues :

English:

http://0z.fr/E2Y9X

日本語

http://0z.fr/HeVO6

Español :

http://2doc.net/s5i3e

 

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Avis d'experts sur le risque de la piscine 4 :

http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-urgent-pour-eviter-une-nouvelle-catastrophe-nucleaire-mondiale-107834979.html

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Photo d’entête : réunion de crise à la centrale de Fukushima Daiichi le 8 avril 2011 (source Tepco)

 

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 19:48
A l’ex-centrale…
 
- Photo de l’ex-centrale de Fukushima Daiichi prise par hélicoptère le 24 octobre 2012.
 
daiichi20121024
Les terres agricoles interdites sont maintenant couvertes de mauvaises herbes. (source Mainichi)
 
 
- Toujours des fuites
Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de fuite avec autant de kilomètres de tuyaux, autant de tremblements de terre, autant de matériaux fragiles, autant de périodes de gel en hiver ?
 
fuite desalinisation
A la station de désalinisation
 
fuite près 5 6
A l’aire de stockage de l’eau radioactive, près des unités 5-6
 
 
- Et encore des fumées
Le 7 janvier 2013 à 10h16, une fumée a commencé à s’échapper d’une cheminée de la piscine commune de combustible usé durant environ une demi-heure. Elle est visible sur les enregistrements des deux webcams disponibles, celle de Tepco et celle de TBS/JNN.
 
Vidéo TBS
 
Vidéo Tepco
 
Remarque : Que se passe-t-il dans le bâtiment de la piscine commune ? Mystère. Nous avions déjà remarqué ces fumées à deux reprises, le 28 février 2012 et le 4 septembre 2012 à des heures similaires (respectivement 10h52 et 10h57). Le 4 septembre, le dégazage avait lieu en même temps qu’une montée en température du réacteur n°2. La fumée du 7 janvier 2013 arrive également après une montée en température du réacteur n°2 depuis fin décembre, comme le mentionne Fukushima Diary. Coïncidence ?
 
 
- L’état des 4 réacteurs fin décembre vu par un journal de Tokyo (29/12/12)
 
23717 296601087127595 1554604206 n
(source)
 
 
- Construction de la structure du réacteur 4 :
4200 tonnes d’acier juste pour vider une seule piscine de son combustible 
(source)
 
1
Fin de l’enlèvement des débris (décembre 2012)
 
2
Installation d’une structure en acier pour protéger le transfert du carburant (début des travaux : 8 janvier 2013)
 
3
Toit et couverture murale (image de simulation)
 
 
Décontamination des sols
 
-  Nettoyage d’une chaussée à Naraha, Préfecture de Fukushima, en Mars 2012
 
decontam
(source)
 
- Débris radioactifs entassés au bas d’un talus à Nahara, préfecture de Fukushima
 
Slope-down
 
(source)
 
- Travailleurs lavant leurs bottes et leurs outils après le travail de décontamination à Tamura, Fukushima Prefecture. (Tamiyuki Kihara) 
 
crooked-3
(source)
 
- Travailleurs jetant des feuilles mortes contaminées dans une rivière
 
crooked-1
(source)
 
 
Cartes
 
- Données météorologiques sur le Japon
Le site meteo centrale donne les prévisions météorologiques du Japon, avec en particulier la diffusion atmosphérique des particules en provenance de la centrale de Fukushima Daiichi.
Il se trouve que si la majeure partie des particules se dirige vers la mer, il y a des périodes où le vent renvoie le panache invisible sur les terres. En cas de pluie, les poussières sont rabattues au sol, ce qui peut parfois expliquer les montées de radioactivité constatée ici où là sur l’île.
 
Exemple récent de concordance pluie-panache sur la région de Tokyo :
 
précipitationsPrécipitations
retombéesPanache
 
 
 
- Failles actives et centrales nucléaires du Japon
(source)
 
failles actives japon
 
 
 
- Centrales nucléaires du Japon
J’ai entouré en rouge les réacteurs programmés ou déjà en construction. Il y en a 13 en tout !
 
centrales nucléaires du Japon en construction ou prévues
(source : Rapport JNES 2012 p. 18-19))
 
 
- Localisation des installations de fabrication et de retraitement de combustible nucléaire et d'élimination des déchets radioactifs.
 
Location Map of Nuclear Fuel Fabrication, Reprocessing and
(source : Rapport JNES 2012 p. 307)

 
Reportage
- Japon : nouvel an à Fukushima - videos.arte.tv
Une femme: "J'ai connu les bombardements de la seconde guerre mondiale et enfant, j'ai du courir pour me cacher, mais je peux vous dire que ce temps-là était plus facile à vivre que ce qu'on vit aujourd'hui."
 
- Visite du premier minister Abe à la central de Fukushima Daiichi le 29/12/12
 

 
 
 
Témoignages
Retour sur deux vidéos de 2011 de Français habitant au Japon sur le blog de Kna
 
alex
 
 
 
 

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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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Un livre essentiel alors que la catastrophe de Tchernobyl a commencé il y a 29 ans.

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