18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:39
anthropocène
Dans ce numéro, François Diaz Maurin, ancien ingénieur dans l'industrie nucléaire, présente un article très intéressant intitulé « Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d'effondrement sociétal ». En voici un large extrait, la suite pouvant être lue sur le site d’origine. Pour l’auteur, l'humanité ne semble plus capable de poursuivre son expansion telle que nous la connaissons depuis deux siècles en recourant au même mécanisme de complexification de la société.
Entropia, revue d’étude théorique et politique de la décroissance, consacre sa dernière édition « à l’appréhension de la catastrophe de Fukushima comme dévoilement de l’Anthropocène ».
 
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Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d'effondrement sociétal 
 
(Version de prépublication, se référer à la version de l’éditeur pour citation)
 
 
Anthropocène, complexité et énergie
 
 
 
L'Anthropocène, c'est l'ère de l'appropriation grandissante par l'homme de l'ensemble du système terrestre et de ses attributs à l’œuvre depuis la révolution industrielle à la fin du XVIIIème siècle. Mais l'Anthropocène c'est aussi l'ère de la complexification de la société au sens culturel du terme. Selon l'historien et anthropologue américain Joseph Tainter (1988) la complexité culturelle d'une société se mesure par sa différentiation structurelle et organisationnelle présentant plus d'éléments constitutifs (par exemple, de nouvelles institutions) et/ou plus de types d'éléments constitutifs (par exemple, de nouvelles fonctions au sein d'institutions existantes).
 
 
 
Dans la vision progressiste du développement des civilisations, le processus de complexification est souvent considéré comme intentionnel, c'est-à-dire comme étant le résultat de l'imagination de nos ancêtres et plus ou moins facilité par les circonstances du moment (Tainter, 2011). Selon cette même vision progressiste, la complexification de la société a lieu par ce qu'elle le peut. De la même façon qu'une jeune pousse émerge de la terre lorsque toute les conditions de température, d'humidité, de nutriments et de rayonnement solaire sont réunies, la complexification de la société devient possible lorsque de plus grandes quantités de ressources naturelles sont disponibles et que le surplus énergétique (quantité d'énergie délivrée à la société par le secteur de production d'énergie et dissipée ensuite au sein des autres secteurs) croît. La vision progressiste établit ainsi une relation linéaire de cause à effet entre énergie et complexité, considérant la première comme précédant la seconde et lui permettant d'émerger.
 
 
 
Pourtant, de nombreuses civilisations avant nous, comme la Rome Antique ou la Mésopotamie Ancienne, ont bénéficié d'un niveau d'organisation structurelle – et donc d'une complexité – relativement avancé (Tainter, 1988). Ces mêmes civilisations n'ont pour autant jamais bénéficié d'un surplus énergétique aussi important que celui dont notre « civilisation à haute énergie » (Smil, 2004) bénéfice depuis deux siècles. L'ère de l'Anthropocène représente à ce titre une période unique – et très courte – dans l'histoire de l'humanité. La relation linéaire de cause à effet entre énergie et complexité n'est donc pas suffisante pour expliquer le développement des civilisations anciennes.
 
 
 
Pour comprendre toute l'ambiguïté de cette relation entre énergie et complexité, il faut d'abord étudier le rôle essentiel que joue la complexité dans la durabilité d'une société. Selon Tainter (1988, 2004, 2011), qui a fait de cette question l'une de ses principales lignes de recherche, la complexité est un outil fondamental de résolution des problèmes rencontrés par une société et qui se dressent comme obstacles à son désir de continuité. Confrontée à de tels problèmes, la société développe alors de nouvelles technologies et institutions, ou ajoute des éléments constitutifs supplémentaires à celles déjà existantes, menant logiquement à sa complexification. La durabilité d'une civilisation dépend ainsi de sa capacité à résoudre les problèmes qu'elle rencontre à l'aide de ce processus de complexification tout en étant capable d'en absorber les contraintes (coûts financiers, énergétiques, etc.).
 
 
 
La relation entre énergie et complexité apparaît alors comme étant auto-catalytique, c'est-à-dire que la présence d'un surplus d'énergie permet à la complexité d'émerger (vision progressiste), complexité qui en retour produit de nouveaux types de problèmes qui n'existaient pas auparavant. Or, résoudre de tels problèmes requière une complexification supplémentaire de la société et donc un surplus d'énergie d'autant plus grand. Energie et complexité sont ainsi imbriquées dans une relation de causalité à double sens (réciprocité).
 
 
 
L'existence d'un surplus d'énergie étant une condition sine qua non à l'émergence de la complexité, celui-ci joue donc le rôle de contrainte limitative à cette relation de réciprocité et donc in fine à l'évolution d'une société complexe. Ce point, pourtant essentiel, n'est pas toujours bien compris dans les discussions ayant trait à la durabilité. Cela vient du fait que vivre à l'ère de l'Anthropocène où l'énergie est à la fois bon marché et abondante nous donne l'impression (biaisée) que ce surplus d'énergie est quelque chose de tout à fait normal et d'immuable. Rappelons-nous toutefois que ces périodes d'abondance énergétique ont été à la fois rares et de courte durée à l'échelle de l'histoire de l'humanité. Or, notre civilisation s'apprête à devoir affronter une double contrainte qui menace sa durabilité : la multiplication grandissante – et évidente – des problèmes et une crise énergétique globale réduisant sa capacité à résoudre ces problèmes.
 
 
 
 
 
Fukushima, complexité et énergie nucléaire
 
 
 
Dans ce contexte de l'Anthropocène, l'énergie nucléaire est de loin le système de génération d'énergie le plus complexe jamais conçu par l'homme. Il tient sa complexité de la nature même de cette source d'énergie à la fois très diluée à l'état primaire (minerai d'uranium) et très concentrée lors de la génération des vecteurs énergétiques (chaleur puis électricité) directement utilisable par la société. Toute la difficulté de la production d'électricité à l'aide de l'énergie nucléaire (fission) réside alors dans deux tâches suivantes : la concentration de l'uranium depuis son état naturel à son état de combustible (processus amonts de production du combustible) suivis du contrôle de cette énergie fortement concentrée (centrale nucléaire et processus avals de gestion des déchets). Ces deux étapes impliquent la multiplication des processus industriels, des capitaux (financiers, humains et matériels), des décisions, et de la connaissance scientifique indispensables pour faire fonctionner ce système énergétique. A titre de comparaison, l'exploitation des énergies renouvelables (rayonnement solaire, vent, marrées, etc.) qui sont également très diluées à l'état primaire ne requièrent que des efforts de concentration de façon à obtenir un vecteur énergétique (électricité) directement utilisable par la société, ce qui leur donne un avantage considérable par rapport à l'énergie nucléaire en terme de compétitivité biophysique (basée sur des données énergétiques et physique, et non pas sur des données monétaires comme c'est le cas des études économétriques conventionnelles).
 
 
 
L'énergie nucléaire est sans doute la source primaire d'énergie qui illustre le mieux l'ère hautement complexe qu'est l'Anthropocène. Cependant, comme tout système complexe, l'énergie nucléaire est également un système fragile comme récemment illustré par les accidents de Fukushima.
 
 
 
Le 11 mars 2011, un violent séisme suivi d'un fort tsunami s’abattaient sur la côte Est du Japon mettant en péril 4 des 6 unités appartenant au site de production d'électricité de Fukushima-Daiichi. Plus précisément, ce sont trois cœurs de réacteur qui sont entrés en fusion partielle, ainsi qu'une piscine de stockage de combustible usagés d'un autre réacteur qui a subi un incendie1  . L'ensemble de ces événements a obligé les autorités japonaises à classer la catastrophe nucléaire d'accident majeur – le niveau maximum sur l'échelle de l'INES (niveau 7) – toutefois plus d'un mois après le début des accidents. Il a d'ailleurs été largement admis que la gestion de la catastrophe nucléaire a démontré d'importantes lacunes que ce soit de la part de l'exploitant de la centrale TEPCO, des autorités japonaises ou de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (Brumfiel, 2011a) dont la principale conséquence a été le manque d'informations – parfois retenues intentionnellement (Taira et Hatoyama, 2011) – au sujet de l'état des réacteurs, de la situation sanitaire et de la radioactivité à l'échelle locale et globale. Cette mauvaise gestion de crise montre également la fragilité de ce système dont les enjeux et conséquences sont pourtant globaux.
 
 
 
Pour prendre la mesure de la gravité de la catastrophe, il ne suffit pas de regarder les conséquences immédiates des accidents (radioactivité dans l'air et évacuation des populations) – qui ne sont que la partie émergée de l'iceberg – mais bel et bien l'ensemble des conséquences sanitaires, économiques et sociales que ces accidents auront à long terme. Pour rendre la situation encore plus dramatique, les accidents ne peuvent pas encore à ce jour – l'article a été écrit en décembre 2011, soit près d'un an après le début des accidents – être considérés comme techniquement terminés et resteront actifs tant que les réacteurs ne seront pas complètement refroidis, ce qui est normalement prévu pour le début de l'année 2012 (Brumfiel, 2011b).
 
 
 
Compte tenu de l'ampleur de la catastrophe nucléaire de Fukushima, on est en droit – et même dans le devoir – de s'interroger sur les raisons d'une telle catastrophe. Qu'a-t-il permis la perte totale de contrôle sur ces centrales et qui en porte la véritable responsabilité ? Ces questions sont d'autant plus importantes puisqu'elles concernent la viabilité et la désirabilité de l'énergie nucléaire qui entend être une source d'énergie alternative dans un contexte de crise globale de l'énergie. Pour répondre à cette question, je propose de discuter deux aspects : les phénomènes naturels qui ont provoqué les accidents de Fukushima et les méthodes employées pour estimer les risques liés à ces phénomènes.
 
 
 
A l'origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima, il y a deux phénomènes naturels : un séisme et d'un tsunami. C'est la combinaison de ces deux phénomènes naturels – bien connus des géologues pour être dans certains cas couplés entre eux – qui est le plus souvent annoncée comme étant la cause des accidents. Or, les dernières expertises font état du fait que le séisme, seul, aurait été responsable des principaux dommages causés à la centrale et notamment aux pompes de secours qui étaient déjà hors d'état de fonctionner avant le tsunami – information retenue intentionnellement par TEPCO et délivrée aux institutions gouvernementales seulement 6 mois après le début des accidents (Taira et Hatoyama, 2011). A ce stade, qu'un séisme seul – pourtant pris en compte dans les études de risques – soit la cause principale d'une telle catastrophe nucléaire réduit d'autant plus le caractère de « jamais vu » utilisé pour décrire la catastrophe naturelle. Certes, le séisme lui-même était d'une magnitude inégalée dans la région, il n'en est pas moins qu'un séisme de magnitude supérieure à 9.0 a lieu tous les 6 ans environ dans le monde. Cela démontre les limites des études de risques vis-à-vis des phénomènes naturels, que ce soit au niveau de leur localisation, de leur amplitude et de leur récurrence.
 
 
 
Ce type de scénario – séisme et/ou tsunami – est bien connu et régulièrement pris en compte dans les calculs de sureté des installations nucléaires. Pourtant, malgré leur prise en compte dans le cas des réacteurs de Fukushima, cela n'a pas empêché d'aboutir à l'une des pires catastrophes nucléaires depuis le début de son développement. Cela signifie que les hypothèses prises au moment du développement de ces réacteurs dans les années 1970 ne furent pas suffisantes pour contenir les événements survenant en 2011 au large du Japon. Nous sommes ici en présence d'un scénario à faibles probabilités mais à grandes conséquences pour l'homme et pour l'environnement. Cette très grande sensibilité aux hypothèses critiques est caractéristique des projets complexes et représente leur fragilité. La fragilité de la sûreté des réacteurs nucléaires peut se résumer ainsi : l'énergie nucléaire est sûre jusqu'à ce qu'un accident survienne. L'exploitation de centrales nucléaires actuelles implique ainsi une inévitable situation de dualité en passant d'une sûreté totale à une situation de chaos juste par le fait que certaines hypothèses critiques peuvent être dépassées.
 
 
 
L'implication des hypothèses de calculs comme source profonde des accidents de Fukushima – les deux événements naturels n'étant que les facteurs déclencheurs – fait donc indéniablement porter la responsabilité sur l'industrie nucléaire en charge de ces calculs, et sur les autorités de régulation en charge de leur validation. Plus largement ce sont les méthodes probabilistes utilisées pour évaluer les risques liés à ce type de phénomènes – naturels ou non – qui peuvent être critiquées. On peut se demander en effet si la conception de telles centrales est faite en pleine connaissance des risques encourus. La réponse est de toute évidence négative, puisque de telles études sont affectées par la présence inévitable de « véritable ignorance » – ou « incertitude » – que l'on doit différencier de la simple « indétermination probabiliste » (Knight, 1921 ; Diaz Maurin, 2011b). Le physicien Richard P. Feynman, lauréat du prix Nobel de physique, disait à ce sujet en 1963 qu' « il est d'une importance primordiale, afin de faire progresser [la science], que nous reconnaissions cette ignorance et ce doute » (Feynman, 1998). Cela s'applique également au domaine de la technologie et donc de l'énergie nucléaire pour laquelle il est essentiel de reconnaître la présence d'ignorance et d'en identifier les sources. Or, l'une des principales sources est l'ignorance systémique affectant l'ensemble des études de risques indépendamment du type de réacteur nucléaire – à la conception aussi avancée soit-elle2   – et de sa localisation (Diaz Maurin, 2011b). De telles études de risques conventionnelles basées sur des calculs probabilistes ne peuvent donc pas – et ne devraient pas – être utilisées dans des situations où la présence d'ignorance est avérée, comme dans le cas de la sûreté nucléaire. Et si c'est encore le cas, compte tenu de la présence inévitable d'ignorance – comme lorsque l'on mène un projet à large échelle pour la première fois – il n'est pas recommandé de seulement se baser sur l'avis de « l'expert » qui n'a pas plus de raison d'être immunisé contre l'ignorance que n'importe quelle autre personne.
 
 
 
La présence de « véritable ignorance » pose donc la question de la désirabilité de l'énergie nucléaire pour laquelle on ne peut connaître les risques encourus. Poursuivre l'expérience à grande échelle de l'énergie nucléaire, d'une part, tout en refusant d'admettre les sources d'ignorance évidentes, d'autre part, démontre une certaine fermeture d'esprit loin de la sagesse et de l'imagination que requière la gestion de la crise énergétique globale qui représente sans doute la plus grande menace de l'ère de l'Anthropocène.
 
 
 
En effet, rien n'indique que la transition énergétique et sociétale impliquant une diminution rapide de la qualité de l'énergie – et donc de la quantité disponible pour la société – se passe nécessairement sans heurts vis-à-vis de l'organisation sociétale actuelle (Smil, 2008, 2010 ; Tainter, 2004). Il semble même très probable que la transition énergétique s'accompagne d'un « effondrement sociétal » global.
 
 
 
 
 
Risque d'effondrement sociétal
 
 
 
La notion d'effondrement sociétal est familière des lecteurs d'Entropia qui lui a consacré son numéro 7 avec un dossier intitulé L'Effondrement : et après ? Toutefois, ce terme n'y était pas clairement défini. Par effondrement sociétal j'entends ici la perte rapide de la complexité sociale, politique et économique (Tainter, 2004). Ce type d'effondrement est un phénomène récurrent de l'histoire des civilisations et a été synonyme de leur déclin. Un tel effondrement sociétal, selon Tainter, apparaît lorsque la résolution des problèmes n'est plus possible par l'usage du processus de complexification de la société décrit précédemment. Or, même si l'on admet la thèse de Tainter à savoir que l'énergie n'est pas la cause première de l'effondrement des civilisations anciennes mais bel et bien leur incapacité à poursuivre dans la résolution des problèmes par le recours à toujours plus de complexité, on doit néanmoins se rappeler que la complexification d'une société n'est possible que parce qu'un surplus d'énergie croissant est disponible. C'est à ce titre que la crise énergétique globale – de par le déclin du surplus énergétique qu'elle impliquera – représente un véritable risque d'effondrement sociétal.
 
 
 
La question n'est alors plus de savoir si un effondrement de notre société est possible – l'histoire nous a montré que oui – ou de savoir ce qu'il y aura après l'effondrement – compte tenu de notre ignorance vis-à-vis de cette question et du caractère auto-évolutif et non planifiable d'une société – mais la question est avant tout autre chose de connaître les implications d'un tel processus d'effondrement, et notamment de savoir s'il est désirable, évitable et, si tel n'est pas le cas, de savoir comment s'y préparer.
 
(…)
 
 
 
 
 
 
1  Il est important de préciser qu'il s'agit bien de 4 accidents distincts du point de vue de la sûreté nucléaire (études de risques), et ce, bien que la cause initiatrice et que la centrale nucléaire soient les mêmes (Diaz Maurin, 2011a).
 
 
2  A ce titre, l'empressement de l'industrie nucléaire au lendemain des accidents de Fukushima pour annoncer à la population que les nouveaux réacteurs « auraient résisté à une telle situation » ne fait que repousser le seuil d'incertitude sans régler pour autant le problème de fond qu'est la présence d'incertitude. De plus, de telles déclarations sont complètement hors sujet puisque aucun de ces « nouveaux réacteurs » n'est en fonctionnement à l'heure actuelle dans le monde et il faudra attendre encore plusieurs dizaines d'années avant qu'ils représentent une part significative de la production d'électricité de la filière nucléaire – si toutefois ils étaient commandés, financés et finalement construits ce qui est de moins en moins envisagés dans les pays développés – et donc avant que l'on puisse les prendre en considération dans les discussions relatives à la sûreté nucléaire.
 
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Francois-Diaz-Maurin.jpgQui est François Diaz Maurin ?
 
Ancien ingénieur de l'industrie nucléaire en France et aux Etats-Unis, François Diaz Maurin  est aujourd’hui chercheur à l'Institut des Sciences et Technologies Environnementales (ICTA) à Université Autonome de Barcelone.
 
Contact : Francois.Diaz (a) uab.cat
 
 
 
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En savoir plus sur la revue Entropia
 
entropia12 c 370x590pxavbordf7622e-a6605« Loin de l’agitation médiatique et des surenchères de promesses électorales inhérentes au rituel quinquennal de l’Hexagone, cette publication semestrielle a choisi, pour sa douzième livraison, de consacrer son dossier à l’appréhension de la catastrophe de Fukushima comme dévoilement de l’Anthropocène. Notre ambition est ici de faire connaître à des lecteurs curieux et exigeants l’ampleur de la signification de ce mot nouveau qui, pour l’heure, reste largement méconnu. Cette ère est caractérisée par une espèce humaine devenue force géologique par la transformation systématique que ses activités font subir à la nature. Si Hiroshima en est le seuil, Fukushima sera-t-il le déclic qui détermine de nouveaux imaginaires, empêche l’amnésie et réveille l’insurrection devant l’illusion d’une croissance sans fin ? »
 
 
Sommaire du n°12
Anthopo(s)cène
 
La Grande Accélération
L’entropie, maladie mortelle de l’Anthropocène. Agnès Sinaï
Le concept d’Anthropocène, son contexte historique et scientifique.Jacques Grinevald
Le climat de l’Histoire : quatre thèses. Dipesh Chakrabarty
La faim de l’Anthropocène. Jean-Claude Besson-Girard
 
L’ère des démesures
Par-delà l’empire du marché, la technoscience. Simon Charbonneau
Géo-ingénierie : le retour des apprentis sorciers. Paul Lannoye
Pas de fin de l’Anthropocène sans fin du nucléaire. Xavier Rabilloud
 
L’effondrement et au-delà
Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d’effondrement sociétal. François Diaz Maurin
Ivan Illich au Japon. De Yokohama à Fukushima. Silvia Grünig Iribarren
Comment démanteler la mégamachine ? Philippe Bihouix
Depuis Fukushima : confirmation du désastre, lucioles d’espoir ? Marc Humbert
 
Intermezzo
Nécessité de la poésie
Poèmes extraits de Souffles du présent. Annie Salager
Poèmes inédits. Henri Droguet
 
Hors champ
Le Titanic de la technologie. Jean-Claude Dumoncel
 
Chronique des démesures ordinaires
Roulette russe planétaire. Entretien avec Pat Mooney
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 18:24
Photos
 
La piscine de l’unité 4 a eu chaud le 1er juillet !
Suite à une panne du système de refroidissement de la piscine 4, on a appris qu’il n’y avait pas de système de secours, et que l’eau de la piscine se réchauffait de 10 °C par 24 heures. Si le refroidissement de la piscine n’était pas assuré, il suffirait de quelques jours pour que l’eau de la piscine soit portée à ébullition. Le 1er juillet, Tepco a réussi à rétablir le système, mais la piscine 4 commençait déjà à produire un panache blanc, comme en témoigne cet instantané de la webcam Tepco :
 
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Si comme moi vous pensez que la gestion du site n’est pas suffisamment suivie, manque de moyens et menace la sécurité du Japon et du monde, signez et partagez la pétition adressée à l’ONU !
 
 
Ces baigneuses savent-elles vraiment ce qu’elles risquent ?
La plage de Nakoso à Iwaki a été ouverte à la baignade lundi 16 juillet 2012. Précision : cette plage se situe à 60 km au sud de la centrale de Fukushima Daiichi. Sans commentaire…
 
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Clichés de l’unité 3 publiées par Enenews
Ces instantanés sont tirés de vidéos prises depuis une grue. Pour voir ces vidéos, cliquer ici.
 
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Albums
 
L’album photo de Ray Masala : 1776 photos sur Fukushima !
 
albumray1
 
Album de la manifestation contre le redémarrage à la centrale nucléaire d’Ôi (photos Fumiko Kawazoe)
 
album ooi
 
Une photo de cet album m’a fait penser à une publicité de General Electric datant de 1991 ventant les bienfaits de l’énergie nucléaire au Japon. Ce type d’énergie conduit TOUJOURS à une société policière et totalitaire.
 
avenir-radieux
 
ooi2012
Face à face police / manifestants : Ôi 2012
 
 
Documents
 
Coupe et plan de diffusion de radioactivité à Fukushima Daiichi ?
Je mets en ligne ces documents pour archive. Ils ne représentent pas la réalité car il est pour l’heure impossible de savoir où se trouve(nt) le (les ?) corium(s). Pour l’instant, je ne suis pas en mesure de les dater précisément (mais sans aucun doute 2011), ni de les traduire, ni d’en connaître l’origine. Il semble qu’il s’agisse de documents techniques retouchés. La coupe générale (document A) montre en effet une sorte de sarcophage recouvrant un bâtiment réacteur et un mur d’enceinte souterrain entourant le site. Il s’agit probablement d’un projet de constructions afin de contenir la radioactivité dégagée par les gaz (sarcophage supérieur) et par les coriums (mur d’enceinte souterrain). Ce projet, s’il a bien été formulé ainsi, a été abandonné au profit de structures plus petites et surtout moins coûteuses : toile recouvrant les réacteurs et barrage uniquement prévu sur le front de mer (cf. Les grands travaux de Fukushima).
Je ferai une mise à jour dès que des lecteurs japanophones pourront nous donner des précisions sur les légendes des documents. Merci d’avance !
Sources à consulter :
 
nuclear-fukushima1water-vein-melt-out-schema-jap
Document A
 
photo 5
Document B
 
pollution-data-underwatervein
Document C
 
 
Le dérasement du dernier niveau du réacteur 4 se termine et se poursuit sur le R3
Un dossier complet sur les derniers travaux par Etienne Servant
 
 
Portique-3
(Cliquer sur l’image pour accéder au dossier illustré)
 
 
Des caméras qui rendent visible la radioactivité
Des caméras spéciales permettent de repérer les secteurs hautement contaminés grâce à des repères colorés en surimpression sur l’image. Etienne Servant présente cette technique et des images prises par Tepco dans la centrale de Fukushima Daiichi.
 
 
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(Cliquer sur l’image pour accéder au dossier)
 
 
Investigations dans l’unité 1
Dossier de Trifouillax (Gen4) sur la recherche endoscopique effectuée le 26 juin 2012
 
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Vidéos
 
Evacuez Fukushima
Film en plusieurs parties réalisé par Nelson Surgeon (son blog)
Kna a réalisé le sous-titrage en français des 3 premières parties

 

 
 
Images de la prospection de l'unité 1 de Fukushima Daiichi du 5 juillet 2012
 
Chemin parcouru par le robot et mesures de radiations en mS/h
unité1
 
Vidéo Tepco mise en ligne par sierraecho7914 

 
 
Vidéo aérienne de la centrale de Fukushima Daiichi du 2 juillet 2012
(mise en ligne par nuckelchenblogde)

 
 
 
Peintures
 
Tableaux visionnaires ?

Vincent Eggericx nous fait connaître les œuvres de Yasumitsu IKOMA, dont un représente 6 cheminées qui fument, un autre une ferme abandonnée, un autre encore un bateau sur une colline. Ces tableaux datent de 1992. Pour lire l’article de Vincent Eggericx, c’est ici.

Pour les résidents au Japon, Yasumitsu IKOMA expose actuellement (11 au 22 juillet) à la biennale 2012 d’art contemporain au château de Himeji (Préfecture de Hyogo)

 
kyoto pays chem m
 
kyoto noe m
 
 
Jeu
 
Uncas nous propose le jeu des 7 horreurs.
jeudes7horreurs
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 00:57
 
TKY201207160248-450x261.jpgDes nouvelles de l'énorme manifestation antinucléaire qui s’est tenue à Tokyo ce lundi 16 juillet 2012, par l’intermédiaire du blog de Iori Mochizuki traduit par Mimi Mato.
 
 
 
 
[Ajisai Revolution] 170 000 personnes à la manifestation de Tokyo "Nous ne mourrons pas insultés."

170 000 personnes (selon les organisateurs) à une nouvelle manifestation contre le redémarrage de Ohi. [cf.
http://fukushima-diary.com/?s=ohi&x=0&y=0]

Les manifestants se sont rassemblés au parc Yoyogi de Tokyo qui se trouve en face du siège de NHK (major de la presse). Ils se sont séparés en 3 groupes pour marcher dans Tokyo.

La police fait état de 75 000 personnes. M. Oe Kenzaburo (lauréat du prix Nobel de Littérature en 1994), M. Setouchi Jakucho [cf.
http://fukushima-diary.com/2012/05/90-years-old-nun-joined-hunger-strike-to-be-against-restarting-ooi-nuclear-plant/] et M. Sakamoto Ryuichi (musicien japonais) ont parlé à la foule.

Oe Kenzaburo :

「私らは侮辱の中に生きている。政府のもくろみを打ち倒さなければならないし、それは確実に打ち倒しうる。原発の恐怖と侮辱の外に出て自由に生きることを皆さんを前にして心から信じる。しっかりやり続けましょう」

“Nous vivons dans le mépris. Nous devons faire tomber les mauvais objectifs du gouvernement et nous pouvons y arriver. Je crois que nous pouvons vivre sans la menace et les insultes de la politique nucléaire. Battons-nous."

Sakamoto Ryuichi :

「たかが電気のためになんで命を危険にさらさないといけないのでしょうか。子どもを守りましょう。日本の国土を守りましょう」

"Pourquoi devons-nous exposer nos vies à un tel risque juste pour de l'électricité? Nous devons protéger nos enfants. Nous devons protéger notre pays."

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En savoir plus
 
Reportage d'Arte
 
Vidéo Euronews

 
 
 
Albums photos
 
Album de Tiro Maekawa
 
album.jpg
 
 
Album du Parisien
 
parisien.jpg
 
 
De nombreux articles sont parus pour parler de cette manifestation impressionante, donnant de plus en plus de sens à la révolution des hortensias :
 
et aussi ces traductions anglaises de blogs japonais sur Dissensus Japan :
 
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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 01:52
reacteur4Il aura fallu plus de 15 mois pour « digérer » Fukushima. 15 mois de trop car la situation est gravissime depuis cette semaine de mars 2011 où 4 unités nucléaires ont explosé sur le même site. 15 mois pour analyser, décortiquer, comprendre, réaliser ce qui s’était produit. Passé ce choc, cette collision inimaginable, il nous faut reprendre nos esprits et résister à la tentation d’oublier. Car le danger est toujours là, de plus en plus menaçant au fur et à mesure que le temps passe.
 
(English version)        (日本語版) 
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Ce sont encore et toujours les Japonais qui nous le rappellent. Non seulement ils ne désarment pas face à leur gouvernement qui a choisi de redémarrer les réacteurs nucléaires d’Ôi alors que ceux-ci sont situés près d’une faille active, mais ils se mobilisent aussi de manière forte en s’adressant directement au secrétaire général de l’ONU afin d’essayer d’éviter le pire : la perte de contrôle du refroidissement des 264 tonnes de combustible entreposés dans la piscine de l’unité 4 de Fukushima Daiichi. Cet évènement possible n’est absolument pas anodin, car il signerait l’évacuation d’une grande partie du Japon, et il polluerait le monde entier de manière irréversible pour des milliers d’années.
 
Tout cela, on le sait depuis 15 mois, mais la prise de conscience de l’urgence de régler ce problème majeur n’est jamais allée au-delà des bonnes intentions. Aujourd’hui, après la stupeur et la souffrance de la catastrophe en cours, de plus en plus de monde semble enfin comprendre qu’il est encore possible d’agir, des voix éclairées se lèvent dans tous les pays : il est réellement temps de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard !
 
Chers lecteurs, écoutez-les encore une fois, ou bien si vous êtes déjà convaincus de l’urgence d’agir, allez directement au texte de la pétition adressée au secrétaire général de l’ONU !
      
 
 
Sur le risque sismique
 
Katsuhiko IshibashiKatsuhiko Ishibashi, sismologue enseignant au Centre de recherche pour la Sécurité Urbaine de l'Université de Kōbe :
 
Katsuhiko Ishibashi a déclaré que le très fort séisme de mars 2011 augmentait la probabilité d'autres tremblements de terre « dévastateurs » à l'avenir. (lien)  
   
     
 
Sur la solidité du bâtiment réacteur n°4
 
Masashi-GotoMasashi Goto, ex-ingénieur japonais chez Toshiba, expert en conception de centrales nucléaires résistantes aux séismes :
 
« Même si les murs existent, il n’y a pas de manière simple d’en connaître la stabilité. A quel point la stabilité a-t-elle été compromise par la haute température de l’incendie ? Il est essentiel d’avoir toutes les données quand vous travaillez sur un calcul structurel. Mais [les ingénieurs de Tepco] n’ont jamais publié une donnée que quelqu’un de l’extérieur pourrait utiliser pour vérifier leurs conclusions. » (lien)
 
arnie-gundersenArnie Gundersen, expert nucléaire étatsunien :
 
« Je pense que les dommages à la structure de l’unité 4 sont si importants que, si un séisme de magnitude 7,5 se produit, le réacteur n’y résistera pas. » (lien)
 

Jean-Louis-Basdevant.jpg

Jean-Louis Basdevant, physicien, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de physique des hautes énergies et d’astrophysique nucléaire. :

 

« A l’heure actuelle où nous parlons, le 25 juin 2012, [le bâtiment réacteur n°4] pose de très graves soucis parce qu’il y a dans des piscines à 30 mètres de haut ‒ qui tiennent par l’esprit ‒ des quantités de barres radioactives. » (lien)

 
 
 
Sur la radioactivité qui se dégagerait par une perte de contrôle de la piscine 4
 
olivier isnardOlivier Isnard, expert français en sécurité nucléaire à l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) :
 
« Le combustible de cette piscine serait mis à l’air, sur un kilomètre de distance il y aurait un débit de dose qui serait sur des centaines de Gray/heure, et il n’y a pas un humain qui serait en mesure d’approcher le site. » (lien)
 
Hiroaki KoideHiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche Nucléaire Universitaire de Kyoto :
 
« Si la piscine devait s’effondrer à cause d’un nouveau gros séisme, les émissions de matière radioactives seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire d’Hiroshima. » (lien)
 
Chris Harris, ancien ingénieur nucléaire étatsunien :
 
« Dans le cas de l'unité 4, vous pouvez avoir une recriticité. (…) Ce serait un processus sans fin sans aucun moyen de le stopper. (…) Vous auriez une autre fontaine inépuisable de particules et de gaz.» (lien)
 
Robert-Alvarez-copie-1Robert Alvarez, expert nucléaire étatsunien, ex-conseiller auprès du Federal Department of Energy du gouvernement américain (1993-1999)
 
« La piscine n°4 est située à environ 30 mètres au-dessus du sol ; sa structure est endommagée et elle est exposée à l’air libre. Si un séisme ou tout autre événement entraînait sa vidange, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium-137 relâchée par la catastrophe de Tchernobyl. » (lien)
 
 
 
Sur les conséquences de la perte de l’eau de refroidissement d’une piscine
 
 
Paul Gailey, professeur agrégé de physique à l'Université d'Ohio :
 
« Une défaillance catastrophique de la piscine de combustible usé de l'unité 4 pourrait potentiellement provoquer en cascade des émissions supplémentaires provenant des autres piscines de combustible usé et des réacteurs. » (lien)
 
Yukiteru-NakaYukiteru Naka, ex-ingénieur japonais chez General Electric, directeur de Tohoku Entreprise, :
 
« Si la piscine se vide, aucun travailleur ne pourra s’approcher du bâtiment réacteur 4, ni des bâtiments 1, 2 et 3. (…) J’aimerais que le gouvernement et Tepco se préparent avec une notion de crise imminente à l’esprit.» (lien)
 
Akio MatsumuraAkio Matsumura, diplomate japonais ayant travaillé trois décennies pour divers organes des Nations-Unies :
 
« [Un effondrement de la piscine n°4 en cas de séisme] détruirait l’environnement mondial et notre civilisation. (…) C’est une question de survie de l’humanité. » (lien)
 
Mitsuhei MurataMitsuhei Murata, ex-ambassadeur du Japon en Suisse et au Sénégal :
 

« A seulement 50 mètres du réacteur n° 4,  se trouve la piscine commune pour les réacteurs n ° 1 à 6 où sont entreposés 6 375 assemblages de combustible nucléaire. Si un feu se déclenche à la piscine du réacteur n ° 4, la piscine commune ne serait également pas une chance. » (lien) 

 

« Il n'est pas exagéré de dire que le sort du Japon et du monde entier dépend du réacteur  n ° 4 » (lien)
 
Ron WydenRon Wyden, sénateur étatsunien (Oregon) :
 
« Le statut précaire des réacteurs de Fukushima Daiichi et le risque que représente l’énorme inventaire de matériaux radioactifs et de combustible usé en cas de séismes ultérieurs devraient être un sujet de préoccupation pour tous, et devrait concentrer de plus grands efforts d’assistance internationale. » (lien)
 
 
 
Pour éviter le pire, il faut appliquer le principe de précaution
avant qu’il ne soit trop tard !
 
(Cliquer sur l'image)
 
imagepetition
 
Puis partagez-là : personne ne doit ignorer cette menace !
 
 
 
---------------------------
 
Dossier technique sur la piscine du réacteur 4 de Fukushima Daiichi
A télécharger ici : « Fukushima, la piscine de tous les dangers »
 
---------------------------
 
 
Texte de la pétition adressée au Conseil de sécurité de l'ONU et à son Secrétaire Général Ban Ki-Moon
 
 
Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale
 
 
English version     
.
Parce que le bâtiment réacteur n°4 de la centrale de Fukushima Daiichi a subi le terrible séisme du 11 mars et les violentes explosions du 15 mars 2011 et que sa structure a énormément souffert, menaçant sa stabilité,
 
Parce que la piscine de désactivation de cette unité, perchée à 30 m de hauteur, menace soit de s’effondrer avec le bâtiment, soit de se vider de son eau à cause de fissures,
 
Parce que cette piscine contient 1533 assemblages de combustible, l’équivalent de près de 10 fois la quantité de césium 137 relâché par Tchernobyl,
 
Parce que si le combustible n’était plus refroidi par de l’eau, il s’échaufferait, se dégraderait, et provoquerait un incendie dispersant la radioactivité dans l’atmosphère,
 
Parce que le système de refroidissement de la piscine de l’unité 4 n’a pas d’installation de secours et tombe régulièrement en panne,
 
Parce qu’en cas d’incendie des assemblages d’uranium et de plutonium, il ne serait plus possible pour les hommes d’intervenir sur le site tant la radioactivité serait élevée,
 
Parce que l’incendie de la piscine de l’unité 4 provoquerait l’abandon de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi qui recèle à elle seule près de 2500 tonnes de combustible nucléaire, correspondant à une radiotoxicité 90 fois supérieure à Tchernobyl,
 
Parce que le très fort séisme de mars 2011 a augmenté la probabilité d'autres tremblements de terre dévastateurs qui pourraient à l'avenir provoquer l’effondrement du bâtiment réacteur n°4 déjà à moitié ruiné,
 
Parce que de nombreux experts dans le monde entier sont d’accord sur la nécessité d’intervenir au plus vite pour éviter l’évacuation du Japon mais aussi une catastrophe radiologique internationale mettant en péril la santé de l'ensemble des hommes et de leurs descendants,
 
Parce que la compagnie Tepco considère qu’il n’y a pas de danger d’effondrement de cette piscine et qu’elle compte mettre plusieurs années pour transférer le combustible dans un lieu sûr,
 
Parce que la compagnie Tepco et le gouvernement japonais sont incapables de gérer la situation de crise concernant le combustible de la piscine du réacteur n°4 de Fukushima Daiichi,

Parce que l’ONU, garante de la sécurité internationale, est la seule organisation apte à prendre en charge cette menace permanente pesant aujourd’hui sur tous les hommes,
 
Nous, citoyens du monde,
 
- exigeons que l’ONU mette en place d’urgence une équipe internationale, indépendante et interdisciplinaire ayant autorité pour prendre en charge la gestion du transfert et de la mise en sûreté du combustible de la piscine de l’unité 4 de la centrale de Fukushima Daiichi,
 
- demandons que tous les moyens soient dévolus à cette cellule de crise afin qu’aucun obstacle ne vienne retarder son action, et que l’objectif de mettre en lieu sûr le combustible soit atteint le plus rapidement possible,
 
- souhaitons que l’ONU favorise toutes les coopérations techniques, scientifiques, économiques et politiques nécessaires, y compris non-gouvernementales, afin de mettre un terme au plus vite à cette menace mondiale jamais égalée dans l’histoire de l’humanité.
 
 
 
---------------------------
 
Aller plus loin avec une vidéo (sous-titrage en français Kna)
 

 
 
Interview par Marc Willacy d'ABC Australie sur les dangers de la piscine de combustible n°4 de Fukushima.
Les personnes interrogées sont :
- Pr. Hiroaki Koide, expert en réacteurs nucléaires de l'université de Kyoto.
- Robert Alvarez, conseiller en politique énergétique aux Etats-Unis
- Yoshimi Hitosugi, porte-parole de TEPCO
- Tomohiko Suzuki, journaliste et travailleur clandestin à la centrale de Fukushima.
- Misuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse.
 
 
 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 11:39

DSCF5509.jpg26 ans après l’explosion, la catastrophe de Tchernobyl se poursuit. L’association humanitaire « Les Enfants de Tchernobyl » a accueilli ce 30 juin 2012 à Horbourg-Wihr le 40ème groupe d’enfants invité en France : 120 enfants ukrainiens qui sont hébergés par 101 familles d’accueil volontaires au mois de juillet. Le blog de Fukushima se fait le relai de cette action humanitaire remarquable en publiant le communiqué de presse de l’association.

 

La veille de leur départ, tous les enfants ont bénéficié d’une spectrographie de masse qui permet de mesurer le taux de césium. Cette année, pour certains enfants, la contamination monte jusqu’à 100 Bq/kg. A la fin de leur séjour, le même examen est réalisé. L’année dernière, les enfants avaient réduit leur charge corporelle en césium de 30 % en moyenne, juste en mangeant de la nourriture non contaminée, d’où l’intérêt de cette œuvre humanitaire.

 

Le combat de l’association « Les Enfants de Tchernobyl » a évidemment un lien avec le combat mené au Japon pour la santé des enfants vivant en zone contaminée. C’est pourquoi l’association était intervenue l’année dernière en juin 2011 auprès de l’ambassadeur du Japon pour défendre les enfants de Fukushima. Thierry Meyer, président fondateur, écrivait à l’époque : « Nous demandons instamment que le gouvernement japonais annule immédiatement la décision autorisant l’exposition des enfants à des doses d’irradiation pouvant atteindre 20 mSv/an, et prenne au contraire toutes les dispositions nécessaires pour les préserver de l’exposition à la radioactivité ».

 

-oOo-

 

 

Communiqué de presse du 30 juin 2012-07-01

 

Vingt-six ans après l’explosion du réacteur de Tchernobyl, l’association humanitaire alsacienne « Les Enfants de Tchernobyl » continue de présenter les preuves de la poursuite de la catastrophe et de l’intérêt des séjours en France des « Enfants de Tchernobyl ».

 

Le 26 avril 1986, à 1h24, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine de Tchernobyl explose. L’explosion est 90 fois supérieure à la bombe d’Hiroshima et libère 7000 fois plus de particules radioactives dans l’atmosphère que la bombe lancée sur le Japon en 1945.

 

Plus d’un quart de siècle plus tard, les habitants du nord de l’Ukraine, du sud de la Russie et du Bélarus sont contraints de vivre dans un environnement radioactif et parce que leur alimentation est contaminée, les radioéléments (et tout particulièrement le césium 137) s’accumulent, jour après jour, dans l’organisme des enfants. Les principaux responsables sont le lait, les produits de la cueillette (baies, champignons…), de la chasse et de la pêche.

 

DSCF5500.jpg

 

L’irradiation permanente de leurs cellules, en particulier celles du cœur, de la thyroïde et du cerveau, provoque d’innombrables lésions qui sont à l’origine de pathologies très graves, liées notamment à l’atteinte des défenses immunitaires et des organes vitaux. Les examens et travaux du professeur Youri Bandajevsky ont démontré une corrélation entre le taux de césium 137 accumulé dans l’organisme des enfants et les anomalies révélées par leurs électrocardiogrammes.

 

Le césium 137 n’existe pas à l’état naturel. Celui que l’on met en évidence ne peut provenir que des activités humaines : installations nucléaires, essais atmosphériques, pollutions et catastrophes nucléaires.

 

Lors des mesures réalisées les années précédentes, tous les enfants ukrainiens et russes invités à séjourner en France par l’association « Les Enfants de Tchernobyl » étaient contaminés par du césium 137 dans leur organisme, mis en évidence par les mesures réalisées (aux frais de l’ONG) par l’Académie des Sciences d’Ukraine à Kiev. Certains des enfants mesurés, qui n’étaient pas nés en 1986 au moment de l’explosion du réacteur de Tchernobyl, avaient dans leur corps  autant de césium 137 radioactif que leurs parents en 1986.

 

Une alimentation « propre » durant quelques semaines permet à ces enfants d’éliminer plus rapidement le césium radioactif contenu dans leurs organismes et donc de réduire les risques sanitaires. Pour cette raison, l’association française « Les Enfants de Tchernobyl », comme d’autres associations occidentales (en Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Irlande, mais aussi au Canada et aux Etats Unis), invite chaque année des enfants qui continuent d’habiter sur des territoires contaminés par les retombées radioactives de Tchernobyl à séjourner en été dans notre pays.

 

Durant leurs précédentes vacances françaises, les enfants invités par l’association alsacienne « Les Enfants de Tchernobyl » ont réduit leur charge corporelle en césium 137 radioactif de 30% en moyenne, jusqu’à 65% pour les plus contaminés, uniquement par une alimentation « propre ». Ces résultats sont remarquables et prouvent l’intérêt de ces projets.

 

Grâce au dévouement et à la générosité des familles d’accueil membres de l’association et grâce aux sympathisants, ce sont 137 Ukrainiens et 80 Russes (208 enfants et 9 adultes) qui vivront un été 2012 à l’heure française, soit en juillet, soit en août, soit les deux mois, essentiellement dans les deux départements alsaciens, mais également dans cinq limitrophes.

 

Fait exceptionnel : le succès de la 20ème édition de l’opération « 10 000 œufs pour les Enfants de Tchernobyl » (26 563 œufs en bois vendus cette année) a permis de financer cette année le transport aérien entre Kiev et l’Allemagne des jeunes invités et de leur encadrement.

 

Le premier des 3 groupes d’enfants de l’été composé de 101 Ukrainiens est arrivé ce samedi 30 juin en Alsace dans la Salle Alfred Kastler gracieusement mise à disposition par la municipalité d’Horbourg-Wihr, fidèle partenaire depuis 19 années de l’association humanitaire.

 

Il s’agit du 40ème groupe d’enfants originaires des régions contaminées par les retombées radioactives du printemps 1986 invités en France par l’association « Les Enfants de Tchernobyl » portant par là même à 3390 le nombre de séjours organisés.

 

Les responsables de l’association humanitaire française réservent à leurs 217 invités ukrainiens et russes un programme de sorties et de visites exceptionnelles pour cet été, en particulier : Grande Fête à Geispolsheim (Bas-Rhin), visite du zoo de Bâle (Suisse), journée de pêche à l’étang de Blodelsheim (Haut-Rhin) et sortie au parc d’attractions de Fraispertuis (Vosges).

 

26 ans après l’explosion, la catastrophe de Tchernobyl se poursuit. L’association humanitaire alsacienne lance un appel aux dons pour financer ses nombreux projets d’aide aux populations d’Ukraine, du Bélarus et de Russie qui continuent de survivre sur les territoires contaminés par la radioactivité de Tchernobyl.

 

 

Renseignements et dons :

Association LES ENFANTS DE TCHERNOBYL

1A rue de Lorraine  68840 PULVERSHEIM (France)

Contact courriel : lesenfantsdetchernobyl (a) gmail.com

Site internet : www.lesenfantsdetchernobyl.fr

 

 

 

DSCF5497.jpg Thierry Meyer, président de l'association "Les enfants de Tchernobyl", lors de l'accueil des enfants ukrainiens le 30 juin 2012.

 

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 01:35
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La Révolution des Hortensias se poursuit de manière déterminée au Japon. L’occupation du site de la centrale d’Ôi a commencé dès samedi soir avec plusieurs centaines de manifestants. Un cordon de policier empêche l’accès aux bâtiments. Aujourd’hui dimanche 1er juillet 2012, malgré la pluie, des milliers d’opposants au redémarrage de cette installation nucléaire vont se rendre sur le site pour manifester leur désaccord avec la politique de Noda.
(photos ici ou )
Dans le même temps, diverses anomalies ayant été détectées, il est possible que le redémarrage de la centrale qui était prévu ce 1er juillet soit repoussé de quelques jours. (Mise à jour 2 juillet : la centrale a redémarré )
Ludovic Klein, doctorant en japonologie et contributeur à l’écriture du livre « Oublier Fukushima », revient sur le contexte de ce redémarrage de la centrale d’Ôi, dévoilant les mensonges des responsables et la stratégie du village nucléaire japonais pour duper la population. Merci à l’auteur pour cette contribution détaillée qui analyse très bien la situation.
 
 
 
-oOo-
 
 
REDÉMARRAGE D’ŌI : MENSONGES ET OPACITÉ GÉNÉRALISÉS (I)
 
 
par Ludovic Klein
 
Le redémarrage d’Ōi devra prendre effet ce 1er juillet à 21h, donc dans quelques heures. L’occasion de faire, en 2 parties, le point sur les mensonges, approximations et manipulations diverses en jeu. Et réitérer notre opposition absolue à un redémarrage synonyme de danger nucléaire renouvelé pour la population japonaise.
La principale raison de la remise en service des réacteurs 3 et 4 de la centrale d’Ōi (département de Fukui) était le risque de pénurie d’électricité de 15% dans la région avoisinante du Kansai, conurbation regroupant Ōsaka, Kyōto et Kōbe, et le prix de l’énergie en hausse. Mais certains éléments permettent de douter de la bonne foi du Premier Ministre et des autorités de sûreté nucléaire.
 
 
Les chiffres sont en trompe-l’oeil
Le 17 juin 2011, le journal Asahi Shinbun, ainsi que la plupart des quotidiens nationaux et régionaux, a publié les chiffres de l’approvisionnement en électricité et des économies d’énergie sur l’ensemble des régions du Japon. Un examen attentif permet de dresser un certain  nombre de constatations étonnantes.
 
 
Document 1 : Prévision de puissance électrique et d’économies d’énergie dans tout le pays pour cet été (Journal Asahi) :
Sans titre
 
 
 
Voici une retranscription complète de ce tableau :
3
.
Document 2 : Prévision de puissance électrique et d’économies d’énergie dans tout le pays pour cet été (Journal régional Ehime Shinbun, île de Shikoku)
 2
(Quelques mineures variations : le conditionnel a été abandonné et le plan d’économie d’énergie de la région de Hokuriku est montré comme ayant été abandonné)
 
 
 
 
1èreconstatation : malgré une perte sèche de 26% de sa puissance électrique, et un mode de vie énergivore à l’extrême, le Japon ne voit que 3 régions subir une pénurie d’électricité qui serait problématique pour affronter le pic de surconsommation de cet été. Sur ces 3 régions, une seule présente une pénurie d’électricité significative, le Kansai (région d’Ōsaka-Kyōto-Kōbe). Les deux autres régions déficitaires (Kyūshu au sud et Hokkaidō au nord) ne présentent qu’un déficit énergétique minime (respectivement de 2.2% et de 1.9%).
 
2ème constatation : Le Kansai AVAIT un plan d'économies prévu de 15%, mais suite au redémarrage en vue de Ōi il l'a abandonné pour le ramener à 10% (histoire peut-être de faire encore semblant de faire des économies). La pénurie impossible à éviter dans le Kansai selon le Premier Ministre avait donc été primitivement prévue et intégrée dans un plan d’économies d’énergie rationnel.
 
Et 3èmeconstatation : les chiffres sont basés sur... 2010 (c'est notamment sur le document du journal Asahi, légende d’en bas). Mais pourquoi pas 2011, l’année dernière ? La raison en est simple : le pourcentage est forcément plus grand si l'on compare 2012 avec 2010, été qui a battu des records de chaleur au Japon, et qui se place (c’est bien pratique !) avant la catastrophe du Tōhoku et les économies d'énergie qui en ont découlé. Il est dès lors légitime de se demander « en 2011, quelles étaient le pourcentage des économies d’énergie consécutives à la catastrophe de Fukushima ? »
 
Voici un extrait du journal Yomiuri Shinbun du 24 juillet 2011 :
 
YOMIURI ONLINE(読売新聞) [2011年7月24日19時25分]
http://www.yomiuri.co.jp/atmoney/news/20110724-OYT1T00448.htm
 
政府が関西電力管内に要請した10%以上の節電期間が25日からスタートする。9月22日までの約2か月間、自主的な節電を求め、今夏の電力不足を乗り切る狙いだ。
Le gouvernement a demandé à la circonscription approvisionnée par la compagnie d’électricité Kansai Electric de mettre en place à partir du 25 [juillet] une économie d’énergie de 10%. Sur cette période de deux mois qui s’étend jusqu’au 22 septembre, le but est de solliciter des économies d’énergie volontaires, afin de triompher du manque d’électricité de cet été.
 
Les renseignement pris par téléphone auprès du Plan général d’économies d’électricité de la ville d’Ōsaka ont permis de confirmer les points suivants : Il y avait bien pour 2012 15 % de plan d’économie d’électricité qui sont passés à 5 % ~ 10 % pour cause de redémarrage de Ōi, et il y a eu 10 % d’économie d’énergie l'année dernière (2011) dans le Kansai, planifiées et mises en place (et le tout s'est passé de manière tellement naturelle que quasiment personne ne s'en est aperçu).
Noda nous prend donc pour des imbéciles (et encore je suis poli). Évidemment, s’il avait commencé ses discours en disant : « il y a une pénurie d'électricité de 5 % dans le Kansai par rapport à l'année dernière, on n'a pas d'autre choix que de faire redémarrer la Centrale », l’opinion publique aurait été beaucoup moins réceptive. D'où le choix des chiffres de 2010. Le but était de réussir à mettre en place une sorte de chantage en soulignant le caractère inévitable du redémarrage : le nucléaire ou le chaos : absence d’électricité, usines en panne, etc.
La vérité est qu’il n’y avait aucune nécessité à redémarrer à toute force la centrale d’Ōi : les économies d’énergie étaient amplement suffisantes.
 
Indépendants, les membres de l’Agence de sûrété nucléaire ?
 
Ce n’est pas tout. Ino Hiromitsu, un membre de l’Agence de sûreté du nucléaire, membre qui se distingue par son indépendance d’esprit envers l’industrie nucléaire, a directement accusé un de ses collègues d’avoir reçu des pots-de-vins monumentaux de la part des compagnies électronucléaires.
La mise en accusation a pris place lors de la séance de questions de la réunion d’audition de points de vue, le 22 décembre 2011 :
« Selon les rapports, le membre [de l’Agence de sûreté du nucléaire] Akira Yamaguchi a reçu la somme de 33.850.000 yens en budget de recherche de la part de la société Nuclear Developmentsous le prétexte d’un « dépôt de recherche ». Nuclear Development est une entreprise affiliée aux Industries lourdes Mitsubishi, le fabricant principal des centrales de Ōi, de Ikata [dans l’île de Shikoku] et de Tomari [à Hokkaidō], qui sont actuellement en cours d’examen. Si cela est avéré, cela mettrait en valeur une possibilité de cas de conflit d’intérêt, et comme je pense que pour un membre de l’Agence cela n’est pas approprié à l’éthique de la recherche scientifique, j’en appelle au jugement de l’Agence de sûreté nucléaire.»
【参考】井野博満委員の12月22日意見聴取会への質問書より
「報道によれば、山口彰委員は、(株)ニュークリア・デベロップメントから『受託研究』の名目で3,385万円の研究費を受け取っている。ニュークリア・デベロップメントは、現在審議中の大飯原発・伊方原発・泊原発主製造メーカである三菱重工の関連企業である。これが事実であれば、利益相反の事例に該当する可能性があり、研究者倫理としても委員にはふさわしくないと考えるが、保安院の判断をお聞きしたい。」
 
En plus de Yamaguchi Akira, deux autres membres de l’Agence sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vins (sous forme de « budgets de recherche » :
Source : Journal Asahi Shinbun du 1er janvier 2012
Okamoto Kōji – Professeur spécialisé dans l’énergie nucléaire, chercheur en génie de l’université de Tōkyō. Aurait reçu 2.000.000 de yens de Mitsubishi – Industries lourdes. (réponse via son université : « Il ne peut pas répondre car il est très occupé »)
◆岡本孝司 東京大学工学研究科原子力専攻教授 三菱重工業 200万円
「多忙につき答えられない」(大学広報を通じて回答):朝日1/1記事
 
Abe Yutaka – Enseignant-chercheur en ingéniérie des systèmes d’information – cursus post-universitaire de l’université Tsukuba. Aurait reçu 5.000.000 de yens de Mitsubishi – Industries lourdes. Déclare « lors des délibérations exprimer son opinion en toute neutralité, d’un point de vue d’expert ».
◆阿部豊 筑波大学大学院システム情報工学研究科教授 三菱重工業 500万円
「審議では専門の立場から中立な意見を述べてきた」:朝日1/1記事
 
Mais ce n’est pas encore tout. Toujours selon le même article du quotidien national Asahi Shinbun (1er janvier 2012), 24 membres de l’Agence de sûreté nucléaire japonaise auraient reçu pas moins de 85.000.000 de yens de 2005 à 2010, gracieusement offerts par 11 sociétés en relation avec le nucléaire (sociétés de production électronucléaire et de traitement des combustibles usagés), et ce sans que ces dons d’argent ne soient reportés, les rendant plus faciles à utiliser discrètement. Les membres de l’Agence affirment que cela ne met pas en cause leur neutralité. Voire.


On redémarre le nucléaire d’abord, on discute après
Heureusement, une nouvelle mouture de l’Agence de sécurité, beaucoup plus indépendante, devrait voir le jour. Voici un extrait du Monde (édition en ligne) du 20 juin 2012 :
"Le Parlement a par ailleurs adopté mercredi la loi qui précise les termes de la création et du fonctionnement d'une nouvelle instance de régulation nucléaire, pour remplacer la structure précédente sous tutelle ministérielle et vertement critiquée lors de l'accident de Fukushima. La nouvelle entité de régulation, qui devrait être effectivement mise en place en septembre, aura une plus grande indépendance que la précédente, bien qu'étant placée sous le ministère de l'environnement. A l'instar de ceux de la banque centrale du Japon, ses cinq hauts membres seront nommés par le Parlement, avec accord obligatoire des deux chambres. L'accident de Fukushima a montré les lacunes et limites de l'Agence de la sûreté nucléaire actuelle, qui dépend du ministère de l'industrie, ouvertement pronucléaire."
 
Voilà encore qui témoigne de la bouffonerie généralisée du redémarrage de la centrale d’Ōi : nommer une commission « indépendante » APRÈS la décision du redémarrage d’Ōi, qui statuera sur les éventuelles ouvertures d’autres centrales. Et pourquoi ne pas avoir créé cette fameuse commission il y a quelques mois afin qu’elle analyse les conditions (problématiques évidemment) du redémarrage de la centrale d’Ōi ? Comment dès lors faire confiance à une commission, entachée de soupçons de pots-de-vins, qui a peu brillé par son indépendance vis-à-vis du pouvoir ?
 
De même, une grande discussion sur l’avenir énergétique du pays sera ouverte en août, après le redémarrage d’Ōi. Elle portera sur les 4 grands scénarios énergétiques possibles pour le Japon de demain : sur 30 ans, faire porter la part du nucléaire a zéro (scénario 1), à 15% (scénario 2), à 20~25 % (scénario 3), soit quasiment le même pourcentage qu’avant la catastrophe de Fukushima ! (avec très ironiquement une facture énergétique très similaire selon chacun des plans !)
Source : Journal Nikkei en ligne, du 29 juin
 
Mais évidemment, ce genre de discussion DOIT intervenir après le redémarrage du nucléaire au Japon, processus antidémocratique, entaché d’irrégularités et de complaisances, exposant derechef la population japonaise à une nouvelle catastrophe en sus de la première.
 
 
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dovic Klein

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Publié par Ludovic Klein - dans Au Japon
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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 15:19

 

Rien à dire, juste les écouter parler.

 

Merci à Ian Thomas Ash, auteur du documentaire "Nuclear Refugees, the people of Iitate Village", d’avoir bien voulu réaliser une version sous-titrée en français (traduction Kna) :

 

Les réfugiés du nucléaire : les habitants du village d'Iitate, un an après

 

 

 
 
 
 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 13:35

 

555813_389219384460552_664962392_n.jpgUne semaine après la manifestation ayant rassemblé 40 000 personnes à Tokyo, c’est aujourd’hui probablement plus du double, et peut-être le triple de manifestants qui se sont donnés rendez-vous devant la résidence officielle du premier ministre Noda. La demande est claire : ne pas redémarrer les réacteurs de la centrale d’Ooi. Le gouvernement compte en effet passer en force contre l’avis du peuple pour imposer à nouveau au Japon une politique énergétique nucléaire, malgré la catastrophe de Fukushima en cours.

 

Mais le peuple dit non. Il y a tellement de monde ce soir dans la rue que le gouvernement a décidé de barricader l’accès au bâtiment et d’interrompre la manifestation.

 

Les organisateurs promettent 300 000 personnes la semaine prochaine.

 

Iori Mochizuki, célèbre blogueur japonais en exil, donne des infos régulièrement.

 

Blog Fukushima Diary (en anglais, Iori Mochizuki)

http://fukushima-diary.com/

 

Traductions françaises de Fukushima Diary (Mimi Mato)

https://www.facebook.com/#!/FukushimaDiaryFR

 

 

Avant la manifestation de la semaine prochaine, une action de terrain est programmée le 1er juillet 2012, jour choisi par le gouvernement pour redémarrer la centrale d'Ooi : à partir de 8 heures du matin un sit-in est prévu pour en bloquer l'entrée.
 
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http://www.nihon.jpn.org/nonukes/

 

 

Photos de la manifestation du vendredi 29 juin 2012

(sources : Fukushima Diary, Groupe Yellow Ribbon, Japan Times) 

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En savoir plus sur les manifestations avec cet article d'Alissa Descotes-Toyosaki

Les manifestations antinucléaires à Tokyo : hortensias et mégaphones 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 14:29
basdevantSuite à la parution en mars 2012 du livre de Jean-Louis Basdevant « Maîtriser le nucléaire ; sortir du nucléaire après Fukushima », Jean-Marc Royer en a réalisé une analyse critique qui a toute sa place dans le blog de Fukushima. Il y est relevé, entre autres, que « deux des trois cœurs ont fondu, deux subissant une fusion totale avec percement des cuves et des soubassements : le melt-through et le melt-out redoutés ». Cette information, également donnée lors d’une conférence au CERN en août 2011 par J.-L. Basdevant, si elle est confirmée par l’auteur lui-même ou un autre physicien nucléaire, devrait être à la une de tous les journaux !
 
En effet, jamais Tepco n’a révélé l’existence d’un melt-out à Fukushima ! Les physiciens français auraient-ils accès à des informations confidentielles sur la catastrophe ? Le terme melt-out, dans la phrase citée, ne prête à aucune confusion puisqu’il y est expliqué comme la « fusion totale avec percement des cuves et des soubassements ». Les physiciens nucléaires connaissent-ils la vérité à ce sujet, laissant à Tepco et au gouvernement japonais le soin de la diffuser ? Si cela était le cas, ce serait tout à l’honneur de J.-L. Basdevant, qui reste un pro-nucléaire convaincu, que de rompre ce silence coupable.
 
 
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Maîtriser le nucléaire… ou fermer toutes les centrales nucléaires du monde
 
par Jean-Marc Royer
 
 
Jean-Louis Basdevant, Ecole normale supérieure, Dr au CNRS, professeur honoraire à l’école Polytechnique, a travaillé au CEA, au CERN, au Fermi National Laboratory, avait Georges Charpak pour ami et vient de publier un gros livre intitulé « Maîtriser le nucléaire ; sortir du nucléaire après Fukushima ». Ce livre émane d’un physicien qui, malgré les constatations accablantes qu’il fait à propos de Fukushima, réalise la prouesse de rester pro-nucléaire. Je ne recense ici que les chapitres 6 à 9, les autres, que j’ai lus, traitant soit des bases de la physique nucléaire, soit … des réacteurs du futur (sic) et des dangers de la prolifération. Les citations, que je souligne parfois, sont en italique et sont référées à la pagination du livre. A noter que si l’auteur n’abandonne pas son point de vue fondamental qui consiste en une expansion illimitée de la maîtrise rationnelle [1], le sous-titre précédent était : que sait-on et que peut-on faire après Fukushima ? On devine une évolution, certes infinitésimale, mais on se demande si elle émane de l’auteur ou de l’éditeur. Synthèse et commentaires.
 
Un des soucis majeurs de JL Basdevant, et comment pourrait-on l’éviter, concerne les accidents nucléaires.
« Une part notable du déclenchement ou de l’aggravation de ces accidents provient de facteurs humains. Il y a bien entendu, des manques d’attention, ou des effets d’incompétence. Mais beaucoup de causes d’accidents proviennent d’un excès de compétence et d’habitude forgé au cours du temps » p. 134. Ainsi apparaît en filigrane ce qui pose problème à l’industrie nucléaire : entre le manque ou le trop de compétences, c’est l’être humain qui, quelle que soit sa conduite, ne serait pas à la hauteur de cette technoscience. Plus loin, JL Basdevant écrit, suite à l’accident de Three Miles Island, « toutes les procédures de conduite accidentelle ont été revues avec une approche totalement nouvelle : ne plus demander aux opérateurs de comprendre ce qui se passe (car il y a une très grande probabilité pour qu’ils se trompent, aussi compétents soient-ils), mais leur donner des actions à faire en fonction des paramètres dont ils disposent : pression, température, niveaux d’eau, taux de radioactivité ou autres. C’est ce qui s’appelle « l’approche par états », qui est aujourd’hui suivie dans de très nombreuses centrales nucléaires de par le monde » p. 140. Or c’est exactement la procédure qui était en vigueur à Fukushima. Mettre les inévitables incidents propres à ces Macro-Systèmes Techniques  [2] et au nucléaire sur le compte des êtres humains est une pratique courante depuis cinquante-cinq ans, mais qui perd de sa crédibilité au fur et à mesure des catastrophes. A mieux y réfléchir, c’est de facto l’être humain que le nucléaire aimerait bien formater à l’aune de sa démesure ou bien l’évincer de ses processus. Comme si l’homme était en trop, en quelque sorte.
 
Analyse de la catastrophe de Fukushima
« D’une part, sa cause est un phénomène naturel, il ne provient ni d’un malheureux concours de circonstances ni d’une absurdité bureaucratique. D’autre part, il est plus complexe, plus total [que Tchernobyl] : il a impliqué plusieurs réacteurs ainsi que des piscines de refroidissement du combustible usagé » p. 152.
On peut s’interroger sur « les phénomènes naturels » en question : qu’y a-t-il de naturel à installer une centrale le plus près possible du bord et du niveau de la mer ? Qu’y a-t-il de naturel à implanter des groupes électrogènes dans les sous-sols des réacteurs ? Qu’y a-t-il de naturel à se contenter d’un mur de protection de 5,5 m de haut alors que des vagues de tsunamis cinq à sept fois plus hautes sont répertoriées dans les archives : « En 2009, des géologues japonais avaient mis en garde contre le risque d’un tsunami majeur : ils rappelaient qu’en 1896 et en 1933, des vagues de 38m et 29m s’étaient abattues sur la côte du Japon. » p. 157. Qu’y a-t-il de naturel à implanter des centrales nucléaires dans un pays où se chevauchent cinq plaques tectoniques (Tokyo se trouve sur une mini plaque découverte il y a peu) et qui enregistre 10% de l’ensemble des tremblements de Terre ? Qu’y a-t-il de naturel, de surcroît, à les implanter sur la façade Est du pays, une des subductions tectoniques les plus actives de la planète ? Qu’y a-t-il de naturel enfin à édifier des centrales nucléaires lorsque l’on sait qu’il est impossible de construire des bâtiments du type des réacteurs nucléaires qui soient capable de résister aux accélérations au sol [3] énormes qui se sont déjà produites et se reproduiront dans ce pays ?
Ma thèse est que si l’on veut comprendre l’état des choses au Japon (et en France), il faut en rechercher l’explication dans son Histoire depuis 1945 : ces 55 réacteurs on été construits sur les failles de la mémoire !
 
« Lundi 14 et mardi 15 mars 2011. Cette émission soudaine et importante de fumée indiquait que le corium était bel et bien en contact avec l’eau souterraine. Des pluies noires se produisent » p. 154. « On a détecté une contamination au Plutonium en deux endroits de la centrale » p. 153. Une des explications plausibles de ce phénomène, d’après Arnie Gundersen, c’est que le bâtiment N°3 a subi une puissante détonation d’Hydrogène combinée à un accident de criticité dans sa piscine de refroidissement. D’autre part l’étanchéité de la cuve de ce réacteur, chargé en MOX depuis septembre 2010, a vraisemblablement été atteinte par l’énorme puissance de cette détonation.
 
« Lundi 28 mars 2011. On annonce un taux d’iode mille fois supérieur à la normale dans l’océan au voisinage immédiat de la centrale. […] cinq échantillons, ont mis en évidence la présence de Plutonium 238, 239 et 240. La présence de Plutonium autour de la centrale de Fukushima est inquiétante, car elle prouve l’existence de fuites dans le cœur d’un réacteur [et/ou d’accidents de criticité dans plusieurs piscines de refroidissement] » p. 156-7.
 
« Vendredi 1er avril 2011. Les nouvelles à propos du travail des liquidateurs de la centrale sont alarmantes. Six cent personnes travaillent dans les décombres des réacteurs où l’on ne parle que de radioactivité élevée […] Plusieurs de ces travailleurs ont mené leurs activités sans avoir été équipés de dosimètres […] encore une fois le ministère de la santé décide d’examiner le mode opératoire de la compagnie Tepco. Les travailleurs dorment dans des salles de réunion ou dans les couloirs, s’enveloppant de couvertures contenant du plomb pour limiter l’exposition aux radiations » p. 158. En fait, de nombreux journaux japonais ont rapporté l’activité de mafias japonaises qui recrutent des journaliers et des SDF, parfois de force, pour le compte de Tepco durant cette période. On se doute des procédures de suivi médical de ces « travailleurs » plus que précaires. Entre les méthodes de recrutement des liquidateurs néolibérales ou soviétiques, il y a comme une ressemblance : serait-ce une des caractéristiques principales de toute industrie nucléaire que de s’affranchir ainsi de toute préoccupation de santé publique ?
 
La cause : Séisme et tsunami
« Une commission gouvernementale d’enquête, présidée par le professeur Yotaro Hatamura, a été constituée par le gouvernement japonais pour étudier la catastrophe de Fukushima dans tous ses détails. Son premier rapport d’étape a été publié le 26 décembre 2011. […] Le président de cette commission révèle que c’est le séisme et non le tsunami résultant qui a causé le désastre » p. 164-5. Mais Tepco, s’appuyant sur une simulation informatique, continue d’affirmer que seul le tsunami est à l’origine de la catastrophe :
« dans l’analyse publiée dans l’édition de septembre du magazine Kagaku (La Science), Mitsuhiko Tanaka [ancien ingénieur nucléaire qui a participé à la conception de l’équipement de pressurisation du R4] critique la simulation informatique conduite par Tepco. [… Pour Tanaka]les temps utilisés dans la simulation informatique pour les changements de niveaux d’eau dans l’équipement principal et [ceux utilisés pour simuler] les changements de pression dans la cuve n’étaient pas ceux enregistrés en temps réel pendant le déroulement de l’accident. Il y a eu tricherie. La simulation de Tepco a été sciemment falsifiée par des données contraires à la réalité : les temps utilisés dans cette simulation diffèrent énormément des temps réels mesurés. Ces derniers mènent à une forte probabilité qu’une partie importante de la tuyauterie ait été endommagée par le tremblement de terre avant que le tsunami n’arrive » p. 172-73. Ce qui est confirmé par le fait connu que seuls les réacteurs sont conçus avec des normes antisismiques importantes.
«  Le séisme a endommagé les réacteurs et les circuits. Un signal d’alerte aux radiations s’est déclenché sur le site avant l’arrivée du tsunami [4]. De nombreux témoignages de personnes présentes l’attestent. Le détecteur, réglé sur des taux de radiation élevés, était situé à environ 1,5 km du réacteur N°1 et s’est mis en marche à 15h29, plusieurs minutes avant l’inondation par le tsunami. Ces faits on été connus des autorités qui les ont volontairement passés sous silence » p. 165.
« L’affirmation que seul le tsunami, d’une force exceptionnelle, était responsable du désastre a tout de suite constitué un dogme pour Tepco. En effet, l’hypothèse que le séisme lui-même aurait pu jouer un rôle important, sans le déclenchement du tsunami, aurait suscité une méfiance sévère sur la fiabilité et la sécurité non seulement de Fukushima 1, […] mais sur toutes les centrales de la compagnie. […] Les autorités gouvernementales elles-mêmes ont admis qu’il fallait éviter d’annoncer qu’un tremblement de terre pouvait endommager un réacteur nucléaire. Cela aurait déclenché une vague de méfiance, voire de panique, au Japon, pays doté de cinquante réacteurs nucléaires et sujet à des séismes fréquents » p. 170-71.
 
Bilan de la catastrophe de Fukushima
1 - « On sait maintenant que deux des trois cœurs ont fondu, deux subissant une fusion totale avec percement des cuves et des soubassements : le melt-through et le melt-out redoutés » p. 159. Sans parler des piscines de refroidissement…
« Les explosions ont entraîné des rejets radioactifs importants. Ces rejets ont d’abord été atmosphériques, puis par écoulement d’eau fortement contaminée [ils ont atteint]le milieu marin et, après percement des cuves et radiers, le sol et les nappes phréatiques. […] Le gouvernement a demandé à Tepco de construire une barrière en ciment sous les réacteurs pour stopper l’effusion du corium qui a atteint les nappes phréatiques et menace l’océan. Tepco a refusé en prétextant la lenteur de la diffusion, le coût de l’opération et le risque de voir sa cotation en Bourse s’effondrer. […] Le 24 mai Junichi Matsumoto, porte parole de Tepco, a confirmé qu’en effet la fusion du cœur s’était produite dans les trois réacteurs [dès le 11 mars]. […]Le 7 juin, le gouvernement le reconnait dans un rapport de 750 pages destiné à l’ONU » p. 168-9.
 
2 - « Un problème grave est celui de l’eau contaminée qui inonde les bâtiments des réacteurs 1, 2 et 3 jusqu’à 1,5m de hauteur. Elle provient principalement des fuites et des débordements de l’eau de mer injectée par les pompiers [qui] s’écoule dans la mer et s’infiltre dans les sols, polluant la nappe phréatique » p. 159. « Comment se débarrasser de l’eau polluée hautement radioactive qui s’est accumulée dans les bâtiments des réacteurs, les sous-sols et les fossés (environ 100 000 tonnes) » p. 174. «  … la contamination du sol, du sous-sol, des nappes phréatiques et, par conséquent, de tout le système de circulation d’eau douce par le césium 137, est unique en son genre. […] cela signifie qu’une fraction notable de l’eau douce peut rester impropre à la consommation comme à l’agriculture pendant deux siècles » p. 174. Des phénomènes de la même ampleur se sont déjà produits à Mayak-Kychtym, Tomsk-7 et Krasnoïarsk-26 en Sibérie. Noter que cette « continuité historique » pourrait aider JL Basdevant à prendre conscience de leur nature …
 
3 - « Le rejet radioactif en mer (estimé à 27 000 TéraBq par l’IRSN) représente le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé. Il est vingt fois plus important que l’estimation faite par l’opérateur japonais Tepco, publiée en juin. Dans la globalité du pacifique, cette quantité de césium serait deux fois supérieure aux retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 1960 » p. 173.
 
4 - « On est frappé par le degré d’amateurisme et d’improvisation de l’organisation des secours et des mesures de sécurité face à l’accident et son développement. Cela contraste avec l’attitude légendaire du peuple japonais vis-à-vis des tremblements de terre et des tsunamis. Le fait qu’il n’existe aucun protocole d’intervention bien défini, comme il en existe pour les incendies, les catastrophes ferroviaires ou dans l’industrie chimique, est révélateur. Cette remarque vaut pratiquement pour tous les pays équipés d’installations nucléaires, sans quoi des propositions d’aide auraient été faites » p. 174. Ainsi donc, nous n’avons pas été les seuls à remarquer cette improvisation. La différence, c’est que nous pensons qu’elle est criminelle et devrait être jugée comme telle.
 
5 - Il est plus qu’incroyable que dans ce bilan JL Basdevant ne dise pas un mot des énormes dangers que recèle la piscine de refroidissement du réacteur N°4, y compris dans la seconde édition du livre. Comme quoi il ne suffit pas d’être scientifique pour être clairvoyant. Mais à ce niveau de myopie, c’est pour le moins une grave faute professionnelle, morale et philosophique.
 
Conclusions
1 - « C’est une contre-vérité accablante que d’utiliser le désastre imminent du réchauffement climatique pour en justifier un autre [le désastre nucléaire] » p. 189. Voici une remarque que nous ne pouvons qu’approuver, pourvu qu’elle ne soit pas oubliée dans la suite du raisonnement et ... du livre.
 
2 - [Mettre en place],« tout d’abord, des protections contre le melt-out du corium, qui permettent à celui-ci de se refroidir en s’épanchant latéralement, sur une assise épaisse et de grande étendue latérale. […] Ensuite adapter des dispositifs puissants et autonomes de refroidissement d’urgence en cas de panne des systèmes prévus à cet effet. Ces deux adjonctions, certainement coûteuses aux réacteurs déjà existants constituent un minimum indispensable. Si une raison quelconque empêche de les mener à bien, il faut arrêter le réacteur correspondant et procéder à son démantèlement » p. 194. Chiche ! Nous prenons les paris, sans risque de nous tromper au vu du dernier rapport de l’ASN en ce qui concerne le parc français : cette proposition ne sera suivie d’aucun effet. JLB sera-t-il pour autant aux avant-postes pour demander la fermeture immédiate de tous les réacteurs ? D’autant plus que quelques pages plus haut il écrit : « Notons et c’est important, que le radier, c'est-à-dire la chape de béton sur laquelle repose l’enceinte de confinement de la cuve, a une épaisseur de trois mètres, alors que, sur les REP du parc français, l’épaisseur correspondante n’est que d’un mètre » p. 162-3.
 
3 - « Le danger grave du nucléaire réside pratiquement entièrement dans la fusion des cœurs ou, de façon équivalente, dans la sécurité et la fiabilité des systèmes de refroidissement et de contrôle éventuel du corium. […] La question des déchets est loin d’être résolue, ni quant à sa technique ni quant à son prix. De façon inexorable, les déchets s’accumulent dans les piscines aux alentours des réacteurs ou dans des dépôts de fûts vitrifiés. […] une façon radicale de supprimer un symptôme est d’en supprimer la cause. La sortie pure et simple du nucléaire est une solution à ce problème. Il apparaît de plus en plus vraisemblable que, pour un temps, (sic) c’est la seule. Elle aura un coût, mais ce coût sera inférieur à celui de la persévérance dans le danger. Nos sociétés ne sont pas mûres pour utiliser l’électronucléaire dans les conditions technologiques actuelles, c’est à dire avec des réacteurs REP ou REB actuellement en service dans le monde » p.191-192. Au-delà de ces rodomontades dont la vraie motivation s’affiche dans les lignes ci-dessous, il faut bien entendre le premier fondement de cette soudaine radicalité : ce sont les sociétés humaines qui ne seraient pas mûres ! Gageons que les chercheurs en « Transhumanités » sauront nous fabriquer des êtres à la mesure des industries nucléaires.
 
4 – Et voici le second fondement qui pointe le bout du nez : « En France, l’objectif de réduire la part du nucléaire de 75% à grosso modo 50% d’ici à 2025 ou 2030 est parfaitement tenable. Cela inclut, bien entendu, le remplacement d’anciens réacteurs par des réacteurs EPR. Le futur du nucléaire sera, ensuite, beaucoup plus indécis. Il est tout à fait possible […] que le nucléaire s’estompe progressivement. Il est aussi possible qu’après un creux, il reparte de plus belle avec des réacteurs de la génération 4 ou 5, pourquoi pas. Encore une fois : personne ne peut prévoir ce que sera la physique dans soixante ans ! » p. 191. Décidemment, ces scientifiques sont comme ces vieux staliniens qui ne peuvent se résoudre à la chute du mur parce qu’elle met en cause non seulement toute leur vie, mais aussi toutes leurs anciennes valeurs. Rappelons juste à JL Basdevant que le dernier rapport de la cour des comptes permet de comprendre que plus de 225 milliards d’euros 2010 ont été dépensés depuis 1945 pour tenter d’analyser et de circonvenir les dangers recelés par le nucléaire, avec les brillants résultats que l’on connait.
 
5 - « Un collègue japonais me disait un jour : si EDF et Areva sont tellement sûrs de leurs centrales, pourquoi ne pas en installer une sous la place de la Concorde ? Grâce à la cogénération, cela permettrait d’améliorer considérablement le chauffage urbain à Paris » p. 191. Voilà une remarque judicieuse que l’on aurait aimé entendre de la bouche de nos experts et de nos politiques gaulois !
 
6 - « Le plus grave est la pénétration de masses radioactives dans les nappes d’eau souterraines et dans la mer à la suite du melt-out. La radioactivité s’épanche dans les nappes phréatiques. L’eau douce, l’eau potable, l’eau de l’agriculture, vont devenir radioactives pendant trois cents ans sur une étendue considérable ! » p. 200. [De plus, Fukushima …] « est la première catastrophe civile qui se soit développée au contact de la mer ! L’évolution et l’issue de cet aspect des choses sont d’une importance primordiale. Cet aspect avait été négligé, on le comprend, dans les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki » p. 197. Cette remarque est intéressante car ces deux villes sont situées sur un delta en bord de mer ; c’est un des multiples aspects que les commissions militaires états-uniennes se sont empressées « d’oublier » dans leurs études, dès septembre 1945.
 
7 - « Au vu des expertises et des témoignages divers dont nous avons parlé, il est malheureusement probable que le maintien du parc nucléaire japonais dans l’état actuel de sa technologie a de fortes chances de transformer le pays en un vaste marécage radioactif avant la fin du siècle » p. 184. On aurait aimé que JL Basdevant en tire toutes les conséquences et sur tous les plans car tout ceci ne l’empêche pas de continuer à rêver, non pas au bonheur de l’humanité, ni à la manière d’éviter les catastrophes à venir, mais plutôt à la génération IV et V des réacteurs nucléaires, à la maîtrise de la fusion thermonucléaire (chapitre X) et à la manière d’en faire bénéficier le tiers-monde (p. 198). Les professeurs Folamour ont ceci de commun avec les vieux staliniens que le monde peut bien s’écrouler, ils continueront de penser de la même manière. Peut-on leur rappeler ce que disait un scientifique un peu plus philosophe : on ne résout pas un ancien problème avec de vieux arguments. C’est la notion même d’énergie, comme vision prédatrice d’un monde fini qu’il faudrait qu’ils commencent à remettre en cause, et en conséquence la notion de croissance illimitée [5].
 
Jean-Marc Royer, juin 2012
 
 
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[1] Concept philosophique de Cornélius Castoriadis exposé entre autres livres dans Le monde morcelé, Paris, Seuil, 1990.
 
[2] Concept développé par le philosophe Alain Gras dans un livre éponyme et que JL Basdevant confirme de facto : « Il est apparu qu’un accident de ce genre [TMI] provient de la conjonction inattendue et imprévisible de défaillances multiples dans un système complexe » p. 140. Et plus loin : « L’accident de TMI est l’archétype de ce que Charles Perrow nomme les accidents normaux des systèmes complexes : des accidents qui sont inévitables, quelque soit l’efficacité des systèmes de sécurité conventionnels » p. 182.
 
[3] Les effets d’un séisme ne sont pas seulement fonction de sa magnitude, mais dépendent d’une foule de facteurs. Un des plus importants, est l’accélération au sol horizontale, qui fut énorme le 11 mars 2011. Consulter la documentation du bureau régional géologique et minier à ce propos.
 
[4] Japan’s Fukushima Reactor May Have Leaked Radiation Before Tsunami Struck, By Yuji Okada, Tsuyoshi Inajima and Shunichi Ozasa. http://www.bloomberg.com/news/2011-05-19/fukushima-may-have-leaked-radiation-before-quake.html
 
[5] Certains scientifiques seraient bien avisés de tirer toutes les conséquences de ce qu’il faut nommer le principe entropique, issu du second principe de la thermodynamique, lequel est l’objet d’un gigantesque « trou de mémoire » dont les effets sont phénoménaux.
 
 
 

 

 

Jean-Marc Royer-copie-1Qui est Jean-Marc Royer ?

Jean-Marc ROYER est diplômé de l’Ecole nationale d’aviation civile et de l’université Paris-VIII en histoire, ex-cadre supérieur d’ADP, ancien dirigeant du syndicat des cadres CGT d’Orly, contributeur dans deux séminaires de l’EHESS, rédacteur du livre « La science, creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’imaginaire occidental » (cf. ci-dessous) et de l’appel :  Hiroshima, Tchernobyl Fukushima : des crimes contre l’Humanité.

Contact : jean-marc_royer (a) orange.fr

 

 

 

La science, creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’im« La science, creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’imaginaire occidental »

 

Jean-Marc Royer

 

En 1610, Galilée promeut un mode de connaissance qui se veut une lecture mathématique de l'Univers. Face à lui, l'Eglise. Un long combat s'engage alors, lois contre lois. Un siècle et demi plus tard, tandis que naît la fabrique industrielle basée sur le charbon, les philosophes optent pour ces "lumières". Ce savoir qui voulait mettre la subjectivité à distance aura réussi au-delà de toute espérance : c'est l'être humain que la rationalité calculatrice a rendu obsolète.

 

« C’est un chant général que nous espérons, un cantique, orchestré par un Mikis Theodorakis sur un livret de Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant, Viviane Forrester, André Velter, Armand Gatti, Beaudoin de Bodinat. C’est d’un Sophocle, d’un Euripide ou d’un Eschyle dont nous aurions besoin pour mettre en scène la tragédie, unique, que l’humanité et le monde sont en train de vivre. »

 

Table des matières

 

Télécharger la présentation détaillée du livre « La science, creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’imaginaire occidental »

 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 23:24
 
Cartes
 
- Carte de la dispersion du plutonium de Fukushima :
Les prélèvements analysés pour cette nouvelle carte ont été effectués entre le 10 août et le 13 octobre 2011.
Ce document, diffusé par le bureau local du METI (ministère de l'économie, du commerce extérieur et de l'industrie du Japon), section catastrophes naturelles et nucléaires, est suspect : ces résultats en Bq/m² sont en contradiction avec les données sur le neptunium, précurseur du plutonium, issues des prélèvements effectués à Iitate en avril 2011.
 
carte plutonium
 
 
Document source en entier (en japonais, 649 Ko)
Document source en entier annoté en français (merci à Martine C. pour la traduction !)
 
 
- Dépôt de plutonium et strontium
(carte du 1eroctobre 2011)
 
plutoniumstrontium
 
L’article du Asahi Shimbun qui fournit cette carte, relate la version officielle : il y a peu de strontium par rapport au césium, donc il vaut mieux s’intéresser au césium. Il y a peu de plutonium, et même si vous l’ingérez, il ne se fixe pas dans l’organisme. Blablabla… . C’est un discours rassurant mais dont il faut se méfier assurément, car le gouvernement semble vouloir cacher la pollution au plutonium.
Les prélèvements analysés pour cette carte ont été effectués du 6 juin au 8 juillet 2011 dans un rayon de 100 km autour de Fukushima Daiichi.
 
 
- Zonage post-accidentel au 1er avril 2012 (doc ASN)
 
Annexe-Zonage-post-accidentel-au-1er-avril-2012
 
 
 
Webcams
 
La démolition de l’étage supérieur de l’unité 4 se poursuit (Merci à nuckelchen pour son œil de lynx !). Cette opération consiste à débarrasser entièrement de toute construction le niveau technique (qui est aussi le niveau supérieur de la piscine) afin d’y construire la nouvelle structure qui permettra le sauvetage du combustible.
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Extrait de la vidéo de la webcam TBS du 21 juin 2012 :

 
 
Extrait de la vidéo de la webcam Tepco du 21 juin 2012

 
 
Captures photos des 23 et 24 juin 2012 au matin : les murs ruinés de l’unité 4 changent d’aspect de jour en jour
120623matinheurejapon
120624matintbs.jpg.
 
 
Photos
 
Vues aériennes de la centrale de Fukushima Daiichi (28 mai 2012)
 
- depuis la mer
fukuestjuin2012
(source Cryptome : lien vers la photo HD)
 
reacteur3
Détail : unité 3
 
reacteur4
Détail : unité 4
 
- depuis le sud
fukusudjuin2012
(source Cryptome : lien vers la photo HD)
 
 
Visite de l’unité 2 par le robot Quince
(13 juin 2012)
 
sans-titre
piscine de désactivation (celle-ci contient 106 tonnes de combustible)
 
unité2
Relevé des niveaux de doses au niveau technique. On notera les 880 mSv pile au dessus du réacteur, ce qui atteste une fuite radioactive provenant de l'enceinte de confinement.
 
En savoir plus sur cette visite avec Gen4
 
 
Archive (merci Ray !)
Photo du 15 mars 2011(matin) : image de la télévision japonaise NHK, prise à 30 kilomètres, montrant un panache de couleur blanche qui s'échappe de l’unité 4 de Fukushima Daiichi. Vapeur ou fumée d’incendie ?
 
Daiichix-wide-community
source : Ondeadline
 
 
Rizières de Fukushima
Photos de Jean-Marc Bonzom qui étudie actuellement les effets de la radioactivité sur les oiseaux (source : son blog de bioécologie)
 

rizière

 
 
rizière2
 
 
Vidéos
 
Toutes les vidéos de Kna sont à voir et à diffuser ! Elles sont soigneusement choisies et sous-titrées en français. La chaîne de Kna est une source de connaissances incontournable sur la catastrophe de Fukushima et sur le nucléaire. Voici quelques-unes de ses dernières éditions :
 
 
 
 
 
 
 
kna60
 
Autres vidéos de Kna
sur Youtube
ou sur Dailymotion
 
 
 
 
 
Film à soutenir
Encore une semaine pour soutenir le film de Alain de Halleux !
(Cliquez sur l’image pour accéder au site)
 
greyzone
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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