3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 01:55

tepcamAvec le temps, puisqu’on n’en parle presque plus, on pourrait penser que la crise nucléaire est terminée. Oui, la crise spectaculaire, avec ses explosions, ses émanations gigantesques, ses déplacements de population, est terminée. Mais la crise nucléaire est maintenant permanente au Japon. Pour les évacués qui ne peuvent pas rentrer chez eux, pour les évacués à qui les autorités demandent de rentrer chez eux alors que c’est encore contaminé, pour les familles séparées, pour les enfants qui ne peuvent plus jouer dehors parce qu’ils savent que c’est dangereux, pour les personnes dont on a repéré des nodules dans la thyroïde, pour les parents qui doivent surveiller quotidiennement la nourriture de leur famille, pour les milliers d’ouvriers qui travaillent dans l’ex-centrale de Fukushima Daiichi, pour les personnes recrutées pour décontaminer les zones interdites, pour les personnes contaminées, pour ces centaines de milliers de Japonais qui manifestent régulièrement pour sortir du nucléaire,  la crise n’est pas terminée.

Difficile de faire une synthèse. Car cette catastrophe n’aura sans doute pas de fin. Voici plutôt quelques aspects actuels de cette crise nucléaire permanente, abordée par thèmes.

 

 

Nouvelles sur l’ex-centrale de Fukushima Daiichi

 

unité1Unité 1

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Depuis qu’il avait été mis sous tente par Tepco, le réacteur 1 ne faisait plus trop parler de lui. Mais le 22 mai 2012, on apprenait qu’il ne restait plus que 40 centimètres d’eau au fond de la cuve du réacteur et qu’une fuite existait probablement au niveau de la canalisation reliant la cuve du réacteur à la piscine torique. Le 26 juin 2012, une analyse endoscopique a été réalisée : la radioactivité de l’eau située dans les soubassements prouve une rupture de confinement.

 

unité2Unité 2

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Un nouveau thermomètre semble défectueux : le thermocouple "TE-2-3-69N1" montrait une température anormalement élevée de 144°C le 22 juillet 2012. Petit à petit, les ex-réacteurs (officiellement, ce ne sont plus des réacteurs depuis le 19 avril 2012) se dégradent, l’eau salée, les coriums et la forte radioactivité accélérant la corrosion des matériaux.

Selon Arnie Gundersen, du combustible se serait échappé de l’enceinte de confinement, d’après l’observation du 28 juin 2012 au fond de la chambre de suppression n° 1.

 

robotUnité 3

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Le 11 juillet 2012, un robot n’est pas revenu de l’une de ses explorations dans le réacteur n°3. Même les robots conçus pour résister à la radioactivité ont des problèmes. Et encore, ce sont de tout petits robots.

 

Unité 4

Le 11 juillet 2012, Tepco a fini de démanteler le sommet du bâtiment réacteur 4.

Les 18 et 19 juillet 2012, deux assemblages neufs ont été retirés de la piscine 4, ce qui porte à 1533 le nombre d’assemblages restant à retirer : 1331 de combustible usé et 202 de combustible neuf. Le début de ce transfert phénoménal ne se fera pas avant décembre 2013. D’où l’inquiétude légitime qui motive cette pétition.

 

Fuites et pannes

Il y a toujours des fuites à Fukushima Daiichi, mais on en parle moins car elles sont régulières, ce n’est plus spectaculaire. Le 26 juillet 2012, les sous-sols du bâtiment turbines de l’unité 6 étaient encore inondés, il a fallu pomper et transvaser durant 6 heures. D’où vient cette eau ? Mystère. Est-elle radioactive ? On peut le supposer car l’eau récupérée a été stockée dans un réservoir.

 

Pollution

chaudAir : 16 mois après le terrible mois de mars 2011, le site rejette toujours 10 millions de Bq/h de radio-césium. Où vont ces poussières mortelles ? La plupart vers l’océan pacifique, mais le vent peut les pousser aussi vers les terres. Autre moyen de transport rapide pour la dissémination planétaire : le jet stream.

 

decontamination4---Copie.jpgTerre : personne ne veut de la terre contaminée qu’on racle partout dans les territoires touchés par les retombées radioactives. On en fait quoi ? Si on était sûr qu’elle ne contenait que du césium, il « suffirait » de la mettre de côté durant 300 ans.

 

Eau : 228 000 tonnes d’eau contaminée sont actuellement stockées sur le site. Tepco aimerait s’en débarrasser en la rejetant à la mer, mais pour l’instant l’opérateur n’a pas d’autorisation. L’objectif de réutiliser l’eau en circuit fermé ne marche pas car la nappe phréatique remplit les sous-sols. On en fait quoi ? Il y aura un moment donné où, matériellement, il ne sera plus possible de la stocker.

 

On trouve aussi de l’eau contaminée très loin de Fukushima, à 25 km du centre de Tokyo. Si aujourd’hui les nappes phréatiques sont polluées, c’est à cause de la migration progressive des radionucléides dans le sous-sol, partout où il y a eu des retombées.

 

Le MEXT a mis en ligne des résultats de mesures très fines sur l'eau du robinet : du césium 134 et 137 est détecté à des concentrations très faibles dans 11 provinces.

 

Irradiation

plombOn vient de découvrir qu’une société filiale de Tepco demandait à ses employés d’insérer leur dosimètre dans un boîtier en plomb. Ce qui évidemment fait baisser la dose enregistrée et permet aux ouvriers de travailler plus longtemps sur le site contaminé. Par la même occasion, leur espérance de vie va sans doute diminuer, mais les entreprises de l’industrie nucléaire se moquent bien de ce genre de détail, on l’avait déjà remarqué depuis longtemps.

 

 

Nationalisation 

Au terme d’un long processus, Tepco est désormais nationalisée, le pourcentage d’actions de l’Etat ayant dépassé 50% mardi 31 juillet 2012. Par un tour de passe-passe, l’opérateur ruiné à cause de la catastrophe nucléaire éponge ses dettes grâce au contribuable japonais. L’entreprise a subi une perte nette de 3 milliards d'euros entre le 1er avril et le 30 juin 2012, causée pour plus de moitié par le versement d'indemnisations pour les victimes.

 

Santé

L’institut japonais des maladies infectieuses montre des résultats toujours inquiétants pour certaines affections. L’année 2011, suite aux explosions de la centrale nucléaire, avait montré une augmentation des cas de pneumonie à mycoplasme. L’année 2012 est encore pire, comme le montre ce graphique. Les poussières radioactives invisibles sont disséminées partout dans le pays. La maladie avance sournoisement.

 

graphique

 

Le bilan des doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi pour les mois d'avril à juin 2012 est en ligne sur le site de Tepco. Selon l’analyse de l’ACRO, ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes, avec un maximum de 23,53 mSv en un mois.

 

Pêche

Le Japon, soucieux d’oublier la catastrophe nucléaire, a décidé de réintroduire  sur les étals des produits de la mer en provenance des eaux de Fukushima. Pourtant, d'autres pays comme la Corée du Sud renforcent plus que jamais leurs régulations à l'importation dans un souci de limiter la diffusion de la contamination marine. Et ils ont bien raison car après un recul au printemps, elle augmente au large d'Hokkaido : le plus haut relevé a été de 70 Bq/Kg (Cs-134 : 31 Bq/Kg, Cs-137 : 39 Bq/Kg) sur un échantillon pris le 1eraoût 2012 (source MEXT).

 

Démographie

Selon Fukushima Diary, la chute de la population japonaise (Décès - Naissances) entre janvier et mai 2012 est 4 fois plus forte que sur la même période de 2007. Si l'on compare avec 2006, c'est 5 fois plus fort.
Ces données sont basées sur le tableau de bord du
service de la statistique démographique du ministère de la Santé, du Travail et de l'Aide Sociale du Japon. Le rapport de juin 2012 n'est pas encore paru.

tableau

Justice

Pour les anti-nucléaires, un “acte criminel” qualifiant le drame de Fukushima aurait été commis par l’entreprise électrique Tepco et par le gouvernement. Plusieurs procureurs viennent d’accepter de mener une enquête (après le dépôt de 1300 plaintes quand même !). S’ils arrivent à prouver que la catastrophe nucléaire de Fukushima a été la conséquence de négligences, des poursuites pourraient être lancées contre les responsables. On pourrait leur suggérer de s’appuyer sur les résultats de la commission d’enquête indépendante dont le rapport a été publié récemment.

 

Presse

Depuis la catastrophe de Fukushima, la mainmise du lobby nucléaire sur les médias connaît quelques failles. En effet, 3 quotidiens ont décidé de résister : le Mainichi Shinbun, le Tokyo Shinbun, et le Shinbun Akahata. A Tokyo, avec la Révolution des Hortensias en cours, l’enjeu est important. Les manifestations antinucléaires apparaissent en une du journal Tokyo Shinbun qui ne prend plus de gant pour soutenir la sortie du nucléaire.

 

Redémarrage des centrales nucléaires du Japon

Le gouvernement a décidé de relancer au forceps deux réacteurs à la centrale nucléaire d’Ohi (préfecture de Fukui, dans l'ouest du pays). Selon Courrier International, le Tokyo Shimbun, quotidien désormais antinucléaire, dénonce une décision politique, sans garanties quant à la sûreté, comme s'il ne s'était rien passé à Fukushima.

Kansaï Electric a déjà planifié le redémarrage des unités 3 et 4 de la centrale nucléaire de Takahama, située à environ 250 km à l’ouest de Tokyo. Comme pour l’unité 3 de Fukushima Daiichi, le réacteur 3 de Takahama utilise du MOX.

 

Mobilisation

francetvA chaque rendez-vous, le nombre de participants à la Révolution pacifiste des Hortensias progresse. La grande manifestation du 29 juillet 2012 a conduit la foule à encercler complètement le parlement. Il y a une semaine, un ancien Premier ministre, Yukio Hatoyama, s'était joint à la manifestation hebdomadaire devant la résidence du premier ministre actuel Noda. Tout semble s’accélérer. Alors qu’au départ les manifestations ne se tenaient qu’à Tokyo, une trentaine de villes emboîtent le pas en organisant une manifestation chaque vendredi : Sapporo, Morioka, Mizusawa, Sendai, Koriyama, Mito, Sodegaura, Sakuragicho, Niigata, Kofu, Nagano, Toyama, Kanazawa, Nagoya, Gifu, Ogaki, Fukui, Otsu, Kyoto, Osaka, Kobe, Himeji, Okayama, Maigo, Hiroshima....

Il est prévu que le groupe des organisateurs des manifestations de Tokyo (dont 13 organisations citoyennes) rencontre le premier ministre Noda. La nomination de Tanaka Shunichi pour la nouvelle instance de sécurité nucléaire sera sans doute sur la table des négociations, mais rien n’est encore joué.

 

Nouvelle instance de sécurité nucléaire

Le gouvernement projette d’établir en septembre une nouvelle organisation qui s’appelle New Nuclear Regulatory Commission. Elle prendra toutes les décisions qui concernent la politique nucléaire : redémarrages de centrales, évacuations des habitants, seuils de radioactivité, etc. Mais Shunichi TANAKA, en tant que Shunichi-TANAKA.jpgprésident de cette commission, est un problème majeur pour le mouvement antinucléaire, car cet homme, actuellement chargé de la décontamination à Fukushima, a travaillé longtemps pour « le village nucléaire ». Il est connu pour ses positions peu glorieuses pour la population : c’est lui qui affirme que 1 µSv/h est tout à fait acceptable (=8,7 mSv/an !), et il s’est opposé à l’évacuation d’habitants de certaines régions de Fukushima.

Les autres candidats-membres à cette commission sont aussi presque tous pro-nucléaires : par exemple, Kayoko NAKAMURA travaille pour Japan Isotope Associsation ou Toyoshi FUKETA pour Japan Atomic Energy Agency.

Si Tanaka devient chef de cette commission, ce sera une nouvelle catastrophe pour le Japon. C’est pourquoi les parlementaires sont très sollicités (pétitions…) pour voter contre ces candidatures. A suivre fin de semaine prochaine.

 

Futur

On aurait pu penser qu’après la catastrophe nucléaire la pire au monde (3 meltdowns), l’agence de sécurité nucléaire japonaise devienne plus sage et corrige le tir. Eh bien non, la nouvelle agence vient de décréter que l’unité 1 de la centrale de Genkaï, située dans l’extrême Sud du Japon, serait bonne pour le service durant 58 ans ! Tepco envisage même de redémarrer un jour les unités 5 et 6 de Fukushima Daiichi, ainsi que les réacteurs de la centrale de Fukushima Daini. Alors que la colère gronde dans la population japonaise, c’est une nouvelle provocation à la demande d’arrêt de production électrique atomique.

 

Les autorités nippones n’ont manifestement pas compris l’enjeu vital et sacrifient l’avenir du pays en l’embarquant à nouveau dans cette énergie catastrophique.  Pourtant il y a urgence à régler d’abord la crise de Fukushima Daiichi, en particulier en mettant à l’abri les 1533 assemblages de combustible de la piscine de l’unité 4 qui menaceront l’avenir du monde durant encore au moins un an et demi !

 

imagepetitionContinuez à signer et à faire signer la pétition demandant une prise en charge internationale de la catastrophe de Fukushima !

 

 

 

_________________________

 

Pour continuer à suivre l’actualité au jour le jour, consulter

 

en français :

la page de l’ACRO, La catastrophe de Fukushima au jour le jour

le site Gen4

Les Veilleurs de Fukushima

Fukushima Diary en français

le scoopit Fukushima Information

Pectine actualités

 

en anglais :

les journaux japonais en anglais avec Fukushima is still news

les blogs japonais traduits en anglais avec Dissensus Japan

Fukushima Diary

The Watchmen of Fukushima

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 23:52

reacteur4福島原発事故を「消化する」のに15カ月以上かかりました。余分な15カ月でした。なぜなら、ここで4機が爆発した2011311日の週以来、状況はひどく深刻です。起こったことについて、分析、理解、解明のための15カ月。このショック、この想像しがたい衝撃が過ぎたところで、私たちは心の動揺を治めて、忘れたいという誘惑に抵抗しなければなりません。なぜなら危険はまだ去っておらず、時間が過ぎるにつれて、ますます切迫してきているのです。

 

 

 

(English version)                 (Version française)

 

いつも日本の人々が、私たちにこのことを思い出させてくれます。大飯原発が活断層に近いところに位置していながら、その再稼働を選択した政府に対して、彼らはめげずにいます。最悪の事態回避を試みるために、国連事務総長へ直接働きかけるという強い手段に訴えて結集しています。福島第一原発4号機の燃料プールに保管されている264トンの核燃料の冷却が制御不能になるかもしれないのです。発生するかもしれない事故は無害とはほど遠いのです。なぜならそれは日本の大半の住民避難を意味するだけでなく、世界全体が取り返しのつかない形で数千年にわたって汚染してしまうことを意味しているのです。

 

このことは15カ月前から知られていることなのですが、この重大問題の解決が緊急であるという自覚は、善意の意志を越えることはありませんでした。今日、進行中の大災害への驚愕と苦しみのあと、次第に多くの人々がまだ行動することが可能なのだとようやく理解しはじめており、見識ある声が世界中で上がってきています。遅きに失する前に、まだ何かをする時にきているのです!

 

読者のみなさん、その声をもう一度聞いてください。あるいはすでに行動に移るのがいかに緊急事であるかを確信していらっしゃるなら、どうぞ直ちに国連事務総長宛の嘆願書のテキストに進んでください!

 

 

 

 

地震のリスク

 

 

Katsuhiko Ishibashi石橋克彦(神戸大学都市安全研究センター教授、地震学者)

 

石橋克彦氏は、2011年3月11日の大地震によって、今後、他の〈破壊的な〉地震が起きる確率が高くなった、と表明した。(リンク 

 

 

 

四号機建屋の耐久性

 

 

 Masashi-Goto藤正志(元・東芝、原子炉設計技術者、原発耐震設計エキスパート) 

 

「壁が存在するとしても、耐久性を調べる簡単な方法はありません。高温の火災によって建屋の堅牢さにどのような影響が出たのでしょうか。構造計算をするにあたって、データをすべて持っていることが基本です。しかし〈東京電力の技術者たち〉は資料を決して発表しません。ですから、外部の人間は彼らの出した結論の正当性を確認できないのです」

リンク

 

 

 arnie-gundersenアーニー・ガンダーセン(アメリカの原発エキスパート)

 

「4号機建屋の損傷があまりにもひどいので、もしM7.5ほどの地震が起きたら、4号機はそれに耐えられないだろうと思います」

リンク) 

 

 

 Jean-Louis Basdevantジャン=ルイ・バァドゥヴァン (物理学者、仏国立科学研究センター研究部長、高エネルギー物理学及び核天体物理学専門家)

 

「今日2012年6月25日現在、〈4号機建屋〉は深刻な懸念の種になっています。そこにある、30mの高さに位置しているプールはどうにか持ちこたえていますが、このプールには放射性燃料棒がたくさん入っているのです」(リンク

 

 

 

 

4号機のプールが制御不能になることで放出される放射能

 

 

 olivier isnardオリヴィエ・イナール(フランス放射線防護・原子力安全研究所IRSNの核安全エキスパート)

 

「このプール内にある燃料が大気中に出たら、1kmにわたり、1時間あたり数百グレイの放射性物質が放出されると予想されます。人間は誰もそこに近づけなくなるでしょう」(リンク

 

 

 Hiroaki Koide小出裕章 (京都大学原子炉実験所教授)

 

「別の強い地震によって、このプールが崩れるようなことがあれば、そこから放出される放射性物質は厖大でしょう。慎重に見積もって、広島に落とされた原子爆弾5000発に相当する放射性物質の量になります

リンク 

 

 

クリス・ハリス (米元・核技術者) 

 

4号機建屋の場合、再臨界が起きるでしょう。(…)止める術のまったくない、際限のない連鎖反応が起きるでしょう。(…)粒子とガスが無尽蔵に噴き出る泉がひとつ出現するようなものです」(リンク 

 

 

 Robert-Alvarez-copie-1ロバート・アルヴァレス(アメリカの核エキスパート、元・米政府連邦エネルギー庁顧問)

 

「4号機のプールは、床から約30m上のところに位置しています。プールの骨組みは傷んでおり、外気に触れています。もしも地震または別の出来事のせいで、プールの水が空になったりしたら、チェルノブイリの大事故で放出されたセシウム137の10倍近いセシウムが放出されることになり、破壊的な放射線火災が起きるでしょう」(リンク

 

 

 

プールの冷却水損失よる影響

 

 

ポール・ゲイリィ(オハイオ大学物理学教授)

 

「4号機の使用済み燃料プールに壊滅的な故障が起きたなら、別の原子炉にある他の使用済み燃料プールからの放射性物質の余計な放出を引き起こしてしまう可能性があります」

リンク

 

 

 Yukiteru-Nakaなかゆきてる(元・GE技術者、東北エンタープライズ社長)

 

「プールの水が空になったら、4号機建屋に誰も近づけなくなるでしょうし、1〜3号機建屋にも近づけなくなります(…)。私は、政府と東電が切迫した危機意識をもって事に備えることを願います」リンク

 

 

 Akio Matsumura松村昭雄(国連諸機関に30年間勤務してきた外交官)

 

「〈4号機プールが瓦解すれば〉世界の環境と私たちの文明が破壊されるでしょう(

…)人類の命運がかかっているのです」(リンク

 

 

 Mitsuhei Murata村田光平(元駐スイス/セネガル日本大使)

 

「4号機からたった50mのところに1〜6号機共通のプールがあり、そこには6375本の核燃料集合体が貯蔵されている。もし4号機のプールに火災が発生したら、共通プールも大変なことになります」(リンク

 

4号機核燃プールには日本と世界全体の運命がかかっていると言っても、大げさではありません」(リンク

 

 

 Ron Wydenロン・ワイデン(アメリカ上院議員–オレゴン)

 

「福島第一原発の原子炉の不安定な状態と、また地震が起きたときの放射性物質と使用済み燃料の膨大な量が抱えるリスクは、万人にとって深刻な問題であり、国際援助への最大の努力が集中されるべきです」

リンク

 

 

 

_________________________

 

 

 

 

最悪の事態を避けるためには、遅きに失する前に、 

 

予防原則を適用しなければならないのです! 

 

 国際連合(UN)に宛てられた署名にサインを! 

 

(イメージにクリック)

 

imagepetition

 

 

さらに、シェアをお願いします。誰もこの脅威を知らないでは済まされません! 

 

 

 

_________________________

 

 

 

国連パン・ギムン事務総長宛の署名テキスト 

 

 

 

なぜ重大なのでしょう

 

 

4号機建屋は2011年3月11日の大震災と3月15日の激しい爆発の後、構造が激しく崩壊し、安定性を失っている。

 

 

 

 

 

4号機の貯蔵プールは高さ30 m あり、建屋ごと倒壊するか、亀裂により水がなくなる恐れがある。

 

 

 

 

 

この燃料貯蔵プールにはチェルノブイリ原発事故で放出されたセシウム137 10 倍に及ぶ1533本の 燃料が含まれている。

 

 

 

 

 

燃料棒が水で冷却されなくなれば、温度上昇のために損壊し火災が起こる。その結果、放射能空気中に放出されることになる

 

 

 

 

 

4 号機の燃料貯蔵プールの冷 却システムには非常用装置がなく、故障が頻繁に起こっている

 

 

 

 

 

ウラニウムとプルトニウム燃料体に火災の起きた場合には、高度放射能の為、人間は現場に入る事ができなくなるだろう。

 

 

 

 

 

4 号機燃料貯蔵プール火災 が起きれば、チェルノブイリの90 倍の放射毒性に値する2500トンの原子力 燃料を抱える福島第一原発放置せざるを得ない

 

 

 

 

 

2011年3月に発生した巨大地震によって、地震発生する確率が高まり、既に半ば崩壊している4号建屋地震によって倒壊する可能性がある。

 

 

 

 

 

日本全土の避難という事態や、人類とその子孫の健康を危険に陥れるような国際的な核の大災害を回避するために、世界中の数多くの専門家達が迅速 な技術協力を表明している。

 

 

 

 

 

東京電力はプール倒壊の危険はないものと見なし、燃料棒を数年かけて安全な場所に移動させるつもりでいる。

 

 

 

 

 

東京電力と日本政府には、福島第一原 発4号燃料貯蔵プール内に保存されている核燃料の危機的な状態を管理する能力がない。

 

 

 

 

 

国際安全を保障する国際連合は、 人類に重くのしかかったこの長期にわたる危機的な状態に対処できる唯一の組織である。

 

 

 

 

 

私たち、世界の市民は

 

 

 

 

 

以上の理由から、私たち世界市民は、福島第一原発4号機の燃料貯蔵プール内の燃料体の運送管理と安全管理の為に、学際的で独立した国際チームの 早急な確立を国際連合に要求し、

 

 

 

 

 

燃料体を出来るだけ早く安全な場所に移動させるという目的を遂行するために、あらゆる手段を尽くし、いかなる障害もこ の行為を遅らせない事を求め、

 

 

 

 

非政府団体を含む、技術的、科学 的、経済的、政治的援助を国際連合が促進し、人類の歴史上かつて例を見ないこの世界的脅威に終止符を打つ事を願います。

 

 

 

___________________ 

 

Merci à Midori, Yu et Kazumi pour la traduction !

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 00:54
Documents
 
Coupe de la piscine de désactivation de l’unité 4
coupesfp4
(source rapport AIEA)
 
Plan de la centrale de Fukushima Daiichi
plancentralefukushima1
 
Coupe de la centrale de Fukushima Daiichi inondée
coupeinondation
Ce shéma explicatif ne représente pas la réalité. Il semble y avoir des erreurs de distance et d'altimétrie (niveau de la mer trop bas).
 
 
Photos
 
Photos reportages d’Antonio Pagnotta édités par Mediapart
(Cliquer sur les liens sous les photos pour accéder aux reportages)
 
- Le dernier homme : pendant plus de neuf mois, le photojournaliste Antonio Pagnotta est régulièrement entré dans la zone interdite autour de la centrale de Fukushima au Japon. Il y a rencontré un homme qui a refusé d'évacuer les lieux.
 
FukuDernierHabitant6bis
 
- Le supermarché abandonné : où l’on s’aperçoit, dans un paysage digne d’un jeu vidéo, que la radioactivité protège de la moisissure : du pain frais pour l’éternité !
 
FukuSupermarche12
 
- La vie sans les hommes : dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale, les populations ont été évacuées.
 
FukuSansHomme3
 
 
Art
 
Fukushima, œuvre d’Eve Pèlerins
FUKUSHIMA-ch-0-2 W     
 
 
Vidéos
 
- Les habitants de Minamisoma 15 mois après la fusion : des reportages de Ian Thomas Ash


 



 



 



 



 
 
 
- Vidéo aérienne du retrait d’une « barre » de combustible de la piscine 4 le 18 juillet 2012 (KyodoNews)

 
 
En savoir plus sur ce retrait de deux assemblages ici ou .
 
 
Cartes
 
- Le MEXT a reconnu la pollution du Japon au strontium. Le site simplyinfo en a réalisé une carte.
 
stroniummap1
 
 
 
- Durant les 100 derniers jours, le Japon a subi plus de 800 tremblements de terre. N’est-ce pas un pays merveilleux pour faire tourner des centrales nucléaires ?
 
japan east large
 
 
Albums
 
40 photos de la manif d’Ohi le 1er juillet 2012 prises par Fumiko Kawazoe.
 
282333 439328352754766 794314300 n-450x299
(Cliquer sur la photo pour accéder à l’album)
 
Une nouvelle série de photos de la centrale de Fukushima Daiichi vient d’être publiée par Cryptome. Ces clichés haute définition ont été pris de février à mai 2012, plus une photo d’avant la catastrophe.
 
crypome27
(Cliquer sur la photo pour accéder à l’album)
 
Accéder à la liste des 27 albums de Cryptome : ici 
 
 
Action
 
En commémoration du bombardement nucléaire de 1945 sur le Japon et de l’accident nucléaire de Fukushima, le groupe Facebook Hibakusha Fukushima Day  organise un évènement qui aura lieu le 6 et le 9 août 2012. A cette occasion, le groupe vous invite à plier des grues de papier et à les prendre en photo afin de les diffuser sur la toile, en guise de symbole de son opposition au nucléaire, refusant tout futur accident qui mettrait en péril la sécurité internationale.
 
iqNUUeyG9Hnvk8CyPrwSJjl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB Rd1H6kmuBW
Pour en savoir plus, cliquer sur l’image
 
 
 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 00:09
 
panoramicLa grande manifestation antinucléaire du 29 juillet 2012 a été un succès. Entre 10 000 (selon la police) et 200 000 personnes (selon les organisateurs) se sont rassemblées pour encercler le parlement à Tokyo afin de réclamer l’arrêt définitif du nucléaire.
Les manifestants sont venus de tout le pays pour faire comprendre au gouvernement que leur volonté est inébranlable. Les forces de police présentes autour du parlement ont vite été débordées par la foule.
Le mouvement ne cesse de croître de semaine en semaine. Un bras de fer pacifiste est désormais engagé entre le peuple et le gouvernement Noda qui persiste à vouloir redémarrer les centrales nucléaires.
 
 
L’affiche qui annonçait l’évènement
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Photo panoramique de la manifestation :
Cliquer sur la photo pour accéder à la photo complète.
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Vue aérienne d’un reportage de la chaîne TBS News : alors 10 000 ou 200 000 ? Je vous laisse compter !
vueaerienne.jpg
Comme le rapportait un journaliste français présent, « C'est hallucinant d'affirmer ça [10 000], j'y étais, même un malvoyant en aurait compté cent mille ! »
 
 
Article de FranceTVinfo
« Au Japon, la rue viendra-t-elle à bout du nucléaire ? »
francetv
 
     
Reportage d'OurPlanet TV
 
Reportage d’Euronews
 
euronews
 
   
Reportage de Russia Today

 
 
Fait très rare au Japon : la police est débordée ! Même les voies réservées aux voitures sont occupées par les manifestants.

 
Album de 福島を救え! 大震災義援! ウシトラ旅団
 
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Reportage de la ZDF
 
zdf
 
 
Autres images
     
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francais
 
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313226 10151042808458895 1769813884 n 
 
 
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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:57

velo4-copie-1.jpgJe relaie volontiers cet appel à une action citoyenne de sensibilisation aux dangers de l’énergie nucléaire qui prendra la forme d’une caravane à vélo qui traversera la France d’ouest en est. Voici ci-dessous le communiqué des organisateurs, les indignés du nucléaire, ainsi que les différentes étapes prévues.

 

 

Vous avez des jours libres en aout ou septembre, ce qui se passe à Fukushima vous inquiète très sérieusement parce que, vous, vous êtes au courant de ce qui s’y déroule malgré le silence médiatique et politique, et au-delà de Fukushima dans l’ensemble du Japon, vous pensez qu’il est urgent d’en tirer les enseignements et en particulier pour la France.

Vous aimez le vélo, ou vous ne faites pas de vélo mais vous pouvez vous déplacer, alors n’hésitez pas, venez participer avec votre vélo, ou sans en étant présent au départ ou à une arrivée d’étape, à :

 

La caravane à vélo, de Plogoff à Fessenheim-Wyhl, des indignés du nucléaire de plus en plus inquiets.

Elle partira de Plogoff dans le Finistère le dimanche 5 aout dans l’après-midi après un pique-nique  musical festif, pour rejoindre Fessenheim-Wyhl le samedi 8 septembre, après avoir serpenté le long de la transversale est-ouest en passant d’un site nucléaire à l’autre. Une promenade à vélo qui se veut joyeuse, humoristique et colorée avançant à un rythme pépère, et chacun à son rythme : 40 km en moyenne par jour, soit 4 heures de flânerie vélocipédique quotidienne (en gros 2 heures le matin, 2 heures l’après-midi).

Pour une seule ou pour plusieurs étapes, à vélo ou non, l’important est de PAR-TI-CI-PER.

Ses buts:

1) réveiller le souvenir des résistances victorieuses à la déraison nucléaire (Plogoff, Erdeven, LePellerin-Le Carnet , Bourg d’Iré, Wyhl, en ce qui concerne le trajet de la caravane),

2) exiger une date très prochaine pour le débat sur l'énergie promis par le candidat Hollande et qu’il soit d’une durée suffisante afin que nous sachions enfin tirer les enseignements des catastrophes nucléaires, et en particulier celles de Mayak (1957), Winscale-Sellafield (1957), Saint-Laurent des Eaux (1969 et 1980), Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), surtout de Fukushima ,

3) réclamer un dorlotement exceptionnel de tous les salariés des centrales nucléaires, y compris bien évidemment les intérimaires,  à tous les niveaux de hiérarchie afin de maintenir à leur niveau le plus bas les risques d’accident,

et 4) fixer la date de fermeture de la centrale de Fessenheim.

 

Afin de populariser cette caravane et la médiatiser, de lui donner le maximum de publicité, les participants seront si possible déguisés et il est fait appel aux chanteurs(ses) musicien(ne)s, conteur(ses), danseur(ses) et  artistes de rue pour animer les soirées d’étape, lesquelles accueilleront également des conférences, et à la tombée de la nuit la projection d’un film documentaire(*). Grâce à un feuilleton quotidien, écrit (« C’est Nabum » ( Chroniques-ovales) s’est déjà proposé) et peut-être vidéo, il s’agira de susciter l’intérêt du plus grand nombre de sites et blogs spécialisés, auxquels  il sera fait appel pour le diffuser, et celui des médias traditionnels, régionaux et  qui sait nationaux.

Notre slogan central, ou nucléaire : vélo-inactif ce matin, radioactif ce soir. Mais ça pourrait tout aussi bien être : vélo-inactif aujourd’hui, radioactif demain. Ou : vélo-inactif ce matin, radioactif demain. Ou…)

Nous fleurirons nos vélos d’hortensias en référence et soutien à la révolution qui se déroule au Japon. Nous espérons que les communes et leurs habitants informés de notre passage nous accueilleront avec ces fleurs.

 

Texte de présentation complet

 

Ce qu’il faut apporter

 

CONTACT : karavelopf1@gmail.com

 

 

 

Les étapes :

 

 

1)    DIMANCHE 5 AOUT : départ de Plogoff après un pique-nique festif sur le site de Feunteun Aod, sur lequel grâce à un combat acharné mené de 1978 à 1981 n’erre plus désormais que le souvenir fantomatique d’une centrale nucléaire. Arrivée à la ferme de Gorré à Plouhinec.

 

2)    lundi 6 aout : arrivée à Sainte Anne La Palud

 

3)    mardi 7 aout : arrivée à la maison du cidre d’Argol, après commémoration au Fret à 17 h des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 aout 1945 

 

4)    mercredi 8 aout : arrivée à la centrale de Brennilis

 

5)    jeudi 9 aout : arrivée à Carhaix

 

6)    vendredi 10 aout : arrivée à Meslan et visite des sites des anciennes mines d’extraction d’uranium 

 

7)    samedi 11 aout : arrivée à ERDEVEN, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire en 1975 

 

8)    DIMANCHE 12 AOUT : arrivée à Muzillac

 

9)    lundi 13 aout : arrivée à Guérande, après passage sur le site des anciennes mines d’extraction d’uranium 

 

10) mardi 14 aout : arrivée auCARNET, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1982-1997) 

 

11) mercredi 15 aout : arrivée au PELLERIN, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1976-1981) 

 

12) jeudi 16 aout : arrivée à Mauves-sur-Loire

 

13) vendredi 17 aout : arrivée à Ingrandes

 

14) samedi 18 aout : arrivée à Champteussé-sur-Baconne, installation de stockage de déchets dangereux (de Saint-Laurent-des-Eaux, de Chinon) 

 

15) DIMANCHE 19 AOUT : arrivée à La Daguenière

 

16) lundi 20 aout : arrivée à la centrale d’AVOINE

 

17) mardi 21 aout : arrivée à Tours

 

18) mercredi 22 aout : arrivée à Chaumont-sur-Loire

 

19) jeudi 23 aout : arrivée à la centrale de SAINT LAURENT DES EAUX

 

20) vendredi 24 aout : arrivée à Orléans

 

21) samedi 25 aout : arrivée à la centrale de DAMPIERRE EN BURLY

 

22) DIMANCHE 26 AOUT : arrivée à la centrale de BELLEVILLE

 

23) lundi 27 aout : arrivée à Entrains-sur-Nohain

 

24) mardi 28 aout : arrivée à Vézelay

 

25) mercredi 29 aout : arrivée à Semur-en-Auxois

 

26) jeudi 30 aout : arrivée à Darcey

 

27) vendredi 31 aout : arrivée à Moloy (Valduc,
CEA : centre nucléaire pour la production d'armements) 

 

28) samedi 1er septembre : arrivée à Dijon

 

29) DIMANCHE 2 SEPTEMBRE : arrivée à Pesmes, après passage à Pontailler-sur-Saône (déchets, stockage. Installation de stockage de déchets dangereux ayant reçu des boues de décantation de très faible activité provenant du Centre d'Etudes de VALDUC) 

 

30) lundi 3 septembre : arrivée à Besançon

 

31) mardi 4 septembre : arrivée à Baume-les-Dames

 

32) mercredi 5 septembre : arrivée à L’Isles-sur-le Doubs

 

33) jeudi 6 septembre : arrivée à Montbéliard

 

34) vendredi 7 septembre : arrivée à Mulhouse

 

35) SAMEDI 8 SEPTEMBRE : arrivée à la centrale de FESSENHEIM

 

36)    et DIMANCHE 9 SEPTEMBRE : festivités puis ballade à WYHL en Allemagne. En 1975, occupation du chantier de la centrale nucléaire par 25 000 militants pendant 8 mois : de Kaisergaust (Suisse) à Gerstheim (Bas-Rhin), 12 projets de réacteurs sur le Rhin sont abandonnés.

 

Le trajet en pdf

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 00:19

518288-membres-medias-employes-tepco-examinent.jpgPourquoi la vérité dévoilée ? Parce que le rapport de la commission indépendante nommée par le parlement japonais dénonce nombre de mensonges et d’erreurs sur la catastrophe nucléaire : risques sismiques sous-évalués, impréparation de l’opérateur, collusions, négligences de sécurité, suivi sanitaire des personnels et des populations insuffisant… Bref une catastrophe créée par l’homme, qui pourrait en tous points se reproduire ailleurs dans le monde tellement les causes sont indépendantes de la géographie.

 

Fidèle contributeur du blog de Fukushima, Jean-Marc Royer présente dans cette page un résumé commenté du rapport de la commission nippone, judicieusement comparé à l’analyse de l’autorité de sûreté nucléaire française.

 

A la fin de son article, l’auteur suggère que ce remarquable rapport japonais, disponible en anglais, soit traduit dans son intégralité afin de pouvoir le diffuser largement en France. Je me joins à lui pour faire un appel aux lecteurs compétents : si vous souhaitez participer à la traduction anglais > français d’une partie de ce rapport, merci de me contacter et de signaler votre engagement en commentaire, en indiquant bien la numérotation des pages afin qu’il n’y ait pas de doublon. Dès que la totalité du rapport sera traduite, le blog de Fukushima l’éditera intégralement. Merci d’avance aux traducteurs ! Le travail exemplaire de cette commission doit servir de manière internationale, afin qu’une telle catastrophe nucléaire ne puisse plus jamais se reproduire !

Pierre Fetet

 

 

-oOo-

 

 

 

RAPPORT DE LA COMMISSION INDEPENDANTE NOMMEE PAR LA DIETE

 

SUR LA CATASTROPHE NUCLEAIRE DE FUKUSHIMA

 

(Résumé et commentaire)

 

 

 

par Jean-Marc ROYER

 

 

La commission indépendante nommée par la diète japonaise vient de mettre en ligne son premier rapport de 88 pages en anglais : de l’inouï, de l’inédit, du jamais vu ‒ à ma connaissance ‒ de la part d’une commission nommée par un parlement !

Il n’y avait qu’à traduire (ce que j’ai fait dans le fichier joint) en se tenant le plus près possible du texte, puis résumer et commenter, ce que je fais ci-dessous avec le renvoi à la pagination du texte original en anglais.

Ce premier rapport étonne et tranche avec le récent rapport de l’ASN française dont nous avions fait une synthèse récemment. Il étonne car à l’évidence il pointe les vrais dysfonctionnements et les responsabilités des uns et des autres, il tranche car il étudie en détail les malversations et le système de complicités étendues mises en place à tous les niveaux alors que l’ASN se contente, en utilisant la langue de bois, de constater, de quémander et de se plaindre. Je rappelle ici quelques points du rapport de l’ASN afin que chacun puisse juger des énormes différences d’approche.

 

 

RAPPORT DE L’ASN FRANCAISE

 

A - Inondations : La Règle de Conduite est déclinée avec des retards de plusieurs années, avec des « écarts » et de manière incomplète ou incohérente, en contradiction avec le Plan d’Urgence Interne ; les exercices annuels de simulation sont bâclés, ce qui augure mal du « lancement des actions appropriées dans les délais » en cas de nécessité ; l’ASN « Demande à l’exploitant de revoir toutes ses estimations (fournir le détail de la méthodologie et les justifications utilisées pour caractériser le modèle d’inondation retenue), de se prononcer lui-même sur l’adéquation des bâtiments à ces évaluations. » Par ailleurs, l’ASN se plaint du fait que les échéances convenues pour effectuer des travaux à la suite de « l’évènement du Blayais » ne sont pas respectées sans qu’aucune mesure compensatoire ne soit prise.

B - Séismes majeurs : De même, la règle en vigueur n’est pas respectée, l’instrumentation est insuffisante ou mal positionnée, son entretien et sa maintenance laissent à désirer, de même que sa qualification, son étalonnage et son réglage. De plus, les exercices ne sont pas réalisés et les opérateurs ne savent pas utiliser cette instrumentation sismique ou en interpréter les données en salle de commande ce qui les mettrait dans l’impossibilité de se faire une idée juste sur l’état du réacteur.

C - Perte de la source froide : Encore des « écarts au référentiel », des disparités dans le suivi des équipements, des « anomalies de maintenance ou d’essais périodiques » et l’ASN note dans son rapport que les dispositions proposées par EDF permettent de retarder la fusion du cœur mais pas nécessairement de l’éviter en quelques heures !

D - Perte des alimentations électriques : L’ASN relève là aussi des écarts sur la conformité, l’entretien et les contrôles périodiques qui affectent la robustesse des groupes électrogènes de secours et demande à EDF d’y remédier. Par ailleurs, « l’ASN constate que des « effets falaise » peuvent se produire, caractérisés par un délai du découvrement du cœur inférieur au délai prévu pour la mise en œuvre des moyens de la Force d’Action Rapide Nucléaire [24h] et recommande de mettre en œuvre sans délai les moyens proposés par EDF pour répondre à ces dangers ». Dans l’attente du déploiement progressif de dispositions qui prendra plusieurs années (sic), l’ASN prescrira la mise en place de dispositions provisoires dès 2012, telles que des groupes électrogènes mobiles.

E - Gestion des accidents graves : la disponibilité des moyens matériels nécessaires à la gestion de crise ne pouvant être garantie dans les situations extrêmes ; l'arrivée des astreintes étant impossible pendant les 24 premières heures suivant une situation de grande ampleur touchant tout le site ; les moyens de communication utilisés lors du gréement de l'organisation pouvant être défaillants ; la tenue aux situations extrêmes de l’instrumentation technique et environnementale nécessaire à la gestion de crise n’étant pas garantie, l’ASN, s’est bornée à considérer « qu’EDF n’a pas achevé l’analyse des points faibles de l’organisation en fonction de l’ampleur de la crise, et n’a pas évalué les conséquences des phénomènes dangereux liés à la dégradation des voies de communication et des canalisations dans les situations extrêmes » et va donc lui prescrire d’intégrer dans le « noyau dur » les éléments indispensables à la gestion de crise.

 

A la relecture du rapport de l’ASN, on voit clairement que les régulateurs français avaient fait le même diagnostic des causes de la catastrophe de Fukushima : une perte de toutes les alimentations électriques combinée à celle du refroidissement entraînant des effets cumulatifs – les fameux effets falaise – imparables. Mais surtout on constatera dans le rapport japonais que les similitudes ne s’arrêtent pas là !

 

 

LES CONSTATATIONS DE LA COMMISSION JAPONAISE

 

Le rapport de la commission montre que les installations de la centrale de Fukushima Daiichi n’étaient pas aptes à résister à un séisme, un tsunami et une catastrophe du type de ceux qui se sont produits le 11 mars 2011 pour de multiples raisons.

 

1) Une alimentation électrique externe très vulnérable

 

« Il y eût deux causes à la perte d'alimentation externe, toutes deux liées au séisme : il n'y avait pas de redondance diversifiée ni de résilience parasismique pour les alimentations électriques externes, et par ailleurs, le poste de transformation de Shin-Fukushima n'était pas résistant aux séismes, p 18. »

« Le système d'alimentation électrique était particulièrement fragile et a souffert d'un manque de redondance, de diversification et d'autonomie. Bien qu'il y ait un certain nombre de lignes électriques à l’extérieur de la centrale, il n'y avait que deux stations-source, lesquelles ont été mises hors service par le séisme, ce qui a provoqué une perte d'alimentation externe pour tous les réacteurs p 30. […] La ligne de secours de 66kV provenant du réseau de la Compagnie Tohoku Electric Power n’a pas pu alimenter le réacteur 1 en raison de connexions de modèles incompatibles » p 14.

 

2) Une résistance au séisme totalement inadéquate

 

- « A la fin des années 1960, au moment du permis de construire, les recommandations pour la construction de la centrale étaient insuffisantes pour les réacteurs 1 à 3 ; la zone autour de la centrale était considérée comme n'ayant jamais connu un tremblement de terre. Basé sur cette évaluation, le niveau d'accélération au sol maximum a été fixé à 265 gal, un niveau remarquablement bas, p 27. »

- En 1981, la NSC émet une recommandation antisismique ;

- En 2006, vingt-cinq ans plus tard (!), la NISA en reprend la mise à jour et demande aux opérateurs de l’appliquer.

- En 2008, TEPCO émet un rapport intérimaire sur le seul réacteur N°5, conjecturant que sa résistance parasismique a été portée à 600 gals.

- En 2009 la NISA accepte ce rapport tout en sachant que seul le bâtiment du réacteur et sept des nombreux équipements de sécurité de celui-ci ont été « durcis ». Puis TEPCO soumet des rapports similaires à celui du réacteur N°5, mais décide unilatéralement de reporter la mise en place des mesures antisismiques à janvier 2016.

« TEPCO savait par ce rapport intermédiaire que de nombreux renforts étaient nécessaires pour répondre aux normes de la dernière recommandation, mais notre enquête a vérifié que TEPCO n’avait ajouté aucun renfort aux réacteurs 1 à 3 au moment du séisme du 11 mars. Bien que la NISA ait reconnu la nécessité des renforts et du « check-up antisismique », le régulateur a échoué dans son rôle de surveillance des travaux de TEPCO, p 27. »

- « Dans leurs analyses et leurs évaluations après l'accident, TEPCO et la NISA ont confirmé que quelques-unes des pièces de sécurité importantes de la tuyauterie du réacteur N°5 n’étaient pas aux normes de sécurité antisismiques au moment du tremblement de terre. […] La Commission estime que cette même conclusion est valide pour les réacteurs N°1 à 3, qui sont beaucoup plus âgés que le réacteur N°5. La section 2 de ce rapport comprend des détails montant que le séisme enregistré à Fukushima Daiichi a dépassé les hypothèses de la dernière recommandation. Il est clair que des mesures antisismiques de renfort n'étaient pas en place au moment du séisme du 11 Mars p 27. »

 

Japon : le séisme de juillet 2007 plus fort que prévu pour la centrale !

Le violent séisme qui a endommagé le 16 juillet 2007 le complexe nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, dans le centre du Japon, était 2,7 fois plus fort que la limite maximale prévue par les constructeurs de la centrale, affirme dimanche le quotidien Mainichi Shimbun. Selon le journal, la compagnie exploitante, TEPCO, a mesuré une accélération au sol de 993 Gals de la roche située sous la centrale au moment du séisme, alors que Kashiwazaki-Kariwa était prévue pour supporter une accélération maximale de 370 Gals. Toujours d'après le Mainichi Shimbun, 8 des 17 centrales nucléaires du Japon ont été édifiées selon la même estimation d'accélération maximale du sol, et les normes de construction devront sans doute être durcies.

Source : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/seisme_japon.html

Philippe Jamet, membre de l’ASN, était présent dans la délégation de l’AIEA qui a rendu son rapport en août 2007. Rapport en PDF : http://bit.ly/f5cIkb page iii.

 

 

3) L’absence de contre-mesures aux tsunamis

 

a) « Des synergies » de toutes natures et à tous les niveaux pour minorer les risques

- « La NISA n’a publié aucune information sur ses évaluations ou ses instructions de réexamen des hypothèses utilisées dans la conception des moyens de défense vis-à-vis des tsunamis. La NISA n'a pas non plus conservé ces dossiers (!). […]

- La méthode utilisée par la Société japonaise des ingénieurs civils était obscure et entachée [de partialité en faveur des opérateurs…]. La NISA l’a acceptée comme une norme sans examiner sa validité. […]

- TEPCO a tenté de justifier une faible probabilité d’occurrence d’un tsunami et a utilisé les résultats d'un processus de calcul biaisé pour ignorer la nécessité de contre-mesures […]. Plutôt que d’étudier les faits connus et la mise en œuvre rapide des mesures, TEPCO a eu recours à des tactiques dilatoires, comme la présentation d'autres études scientifiques et le lobbying p 27 et 28. »

b) La perte de toutes les alimentations AC/DC et du refroidissement comme horizon prévisible

- « La construction de la centrale de Fukushima Daiichi qui a débuté en 1967 [il y a 45 ans], était basée sur la connaissance sismologique de cette époque-là. Comme la recherche a continué au fil des ans, les chercheurs ont souligné à plusieurs reprises la grande probabilité de tsunamis dont les niveaux dépasseraient les hypothèses formulées au moment de la construction, ainsi que la possibilité d'endommagement du cœur dans l’éventualité de tels tsunamis. TEPCO a négligé ces avertissements, et les faibles marges de sécurité qui existaient étaient loin d'être suffisantes pour faire face à une telle situation d'urgence. Depuis 2006, les autorités réglementaires et TEPCO ont échangé des informations sur la possibilité d'une panne totale d'électricité résultant de tels tsunamis. Ils étaient également conscients du risque de dommages au cœur des réacteurs à la suite d'une panne des pompes d'eau de mer si l'ampleur d'un tsunami s’avérait être supérieure à l'évaluation faite par la Société japonaise des ingénieurs civils p 27. »

- « Les hypothèses concernant une panne totale (Station Black-Out) ne comprenaient pas la perte de la puissance en courant continu, mais c'est exactement ce qui s'est passé p 30. […] Le tsunami a inondé et totalement détruit les générateurs diesel de secours, les pompes primaires du circuit de refroidissement , le système de câblage électrique et l'alimentation en courant continu pour les réacteurs 1, 2 et 4, ce qui a entraîné la perte de toute source d’énergie — sauf au réacteur 6, alimenté par un générateur diesel de secours initialement dédié à la production du froid » p 14.

c) Le tsunami n'a pas uniquement endommagé les alimentations électriques

- « Le tsunami a aussi détruit ou emporté des véhicules, des machineries lourdes, les réservoirs de fuel et de gravier. Il a détruit des bâtiments, des installations et d'autres machines. L'eau de mer du tsunami a inondé toute la zone de bâtiments et a même atteint les équipements de haute pression des tranches 3 et 4, ainsi que la piscine commune de refroidissement [des assemblages usés]. Après que l'eau se soit retirée, les débris suite à l'inondation ont été éparpillés sur tout le site de la centrale, ce qui a entravé tout déplacement. Les plaques d'égout et de caniveaux avaient disparu, laissant des trous béants dans le sol » p 14. 

 

4) Des contre-mesures aux accidents graves (AG) non conformes aux standards internationaux

 

a) Des opérateurs qui s’affranchissent de toute contrainte régulatrice

- « Dès le début, les opérateurs ont été autorisés à fixer des contre-mesures aux AG de manière autonome […]. » Ce qui a été validé par la NSC en 1991. « Permettre la mise en œuvre autonome a également laissé aux opérateurs la possibilité de négocier les conditions d’application via la Fédération des compagnies électriques (FEPC). Cela fut particulièrement vrai après 2010, […] avec deux perspectives :

i) éviter ou minimiser le risque de poursuites potentielles ;

ii) éviter des prescriptions de mise en conformité qui pourraient interférer avec la production des réacteurs. Encore une fois, cela signifie qu'aucune mesure n’a été préparée contre les accidents graves comme celui qui a eu lieu à compter du 11 mars […] » p 28.

 

b) Sécurité : de graves lacunes organisationnelles

- « Les manuels de gestion détaillée des accidents graves n'étaient pas à jour, les schémas et les documents décrivant les procédures d'évacuation étaient incomplets ou manquants. La priorité n’avait pas été suffisamment axée sur les simulations et la formation aux situations d’urgence. La perte des fonctions de la salle de contrôle, de l'éclairage et des communications, la lutte pour livrer des équipements et des matériaux dans une centrale jonchée de débris, tout cela fût encore plus difficile à vivre à cause des répliques continues [durant trois mois]. Cela non plus n’avait pas été anticipé. Cela est symptomatique des problèmes institutionnels de TEPCO » p 30.

 

5) Le déroulement de la catastrophe

 

a) Les enseignements du BRGM [1] sur le séisme du 11 mars

Pour bien comprendre ce qui s’est passé le 11mars (avec les informations dont nous disposons à ce jour), il faut lire les documents publiés par le BRGM qui stipulent que :

- le 11 mars, les appareils des réseaux KNet et KikNet de la National Research Institute for Earth Science and Disaster Prevention japonaise ont enregistré « des accélérations au sol de 1300 gals [2]dans la préfecture de Fukushima et des accélérations supérieures à 1000 gals dans de larges secteurs côtiers, en particulier dans la région de la centrale nucléaire de Fukushima »,

- Que, chose exceptionnelle celles-ci ont duré entre 2 et 3 minutes avec un plateau de 100s environ ;

- Que, par ailleurs, il n’y a pas eu 1 mais 2 forts séismes à ce moment-là (p 6). De plus, des répliques et des séismes induits se sont produits quotidiennement pendant 3 mois.

Nous avions appris de la bouche du Pr Hideki Shimamura interviewé par la ZDF [3] que le maxima antisismique adopté lors de la construction des centrales semble se situer entre 450 et 600 gals et uniquement pour les bâtiments réacteurs (moins pour les canalisations et les autres bâtis). Ce que la commission de la Diète valide. Quand TEPCO parle de cette question, il semble s’abriter, comme d’habitude, derrière des variables supplémentaires, une tactique qui semble se généraliser : il s’agit d’introduire à l’infini des facteurs de complexification non contestables surtout par les profanes, à savoir les fréquences - ou plus exactement les périodes - de ces accélérations au sol. Toute structure bâtie à effectivement une « fréquence de résonnance » spécifique mais voici une première réponse, claire, du BRGM page 7 :

- Les périodes rapportées aux vitesses d’accélération au sol « ont également été analysés par nos collègues japonais. Ces fréquences sont distribuées « entre 0,5 s et 20 s environ. Cette singularité pourrait être en partie à l’origine les dommages observés. En effet, elles couvrent « de fait la gamme des périodes propres à des structures très différentes en termes de taille ou de typologie de constructions depuis les grandes structures de type gratte‐ciel (période propre de plusieurs secondes) jusqu’aux maisons traditionnelles en bois (période propre inférieure à 0.5 s), en passant par des petits immeubles (période propre de l’ordre de 1 s).

Pour résumer, d’après le BRGM, tous les bâtiments ont été durement éprouvés puisqu’ils ont eu à faire face à :

- Deux séismes majeurs compris dans une excursion de 2 à 3 minutes ;

- Des accélérations au sol très élevées, atypiques car balayant tout le spectre des fréquences, des répliques durant 3 mois ; aucune contre-mesure à tout cela n’avait été prévu à la construction de Fukushima Daiichi, ni ensuite d’ailleurs.

 

b) L’enchaînement probable des évènements

1 « L'arrêt d’urgence fonctionnel, ou SCRAM [4], est entré en service dans les réacteurs 1, 2 et 3 immédiatement après le début de l'activité sismique p 14. [… Ensuite] De fortes secousses sur les installations ont débuté 30 secondes après le SCRAM et la centrale a été durement secouée pendant plus de 50 secondes. […] On pense que le mouvement au sol était assez fort pour causer des dommages à certaines fonctions clés de sécurité » p 31.

2 « La perte de l'alimentation de secours A dans le réacteur N°1 pourrait ne pas avoir été causée par les inondations ».

3 « Les condenseurs d'isolement (systèmes A et B2) de l'unité 1 ont été fermés automatiquement à 14h52, mais l'opérateur de l'unité 1 a arrêté manuellement les deux IC 11 minutes plus tard. […] Ils ont arrêté les IC pour vérifier si le liquide de refroidissement s'échappait des IC ou d’autres tuyauteries parce que la pression du réacteur baissait rapidement. […] 

Plusieurs employés des fournisseurs de TEPCO qui travaillaient au quatrième étage du bâtiment du réacteur N°1 au moment du séisme ont identifié une fuite d'eau sur cet étage qui abrite deux grandes cuves pour le condenseur d'isolation (IC) et les tuyauteries de cet IC. […] 

Une perte de réfrigérant provenant d'une fissure dans la tuyauterie […] a pu se produire sans être précisément identifiable pour les opérateurs. […] Incontrôlé pendant 10 heures, des dizaines de tonnes de liquide de refroidissement auraient été perdus, conduisant à un endommagement ou une fusion du cœur » p 31.

4 « Il n'existe aucune preuve de l'ouverture de la vanne de sécurité (SR) au réacteur N°1 […] par contre, ce document est disponible pour le réacteur N°2. Nous avons constaté que le bruit de l'ouverture du clapet de sécurité SR du réacteur N°2 a été entendu à la salle de contrôle centrale et dans le réacteur, mais aucun employé travaillant au réacteur N°1 n’a entendu le bruit de l'ouverture de la soupape SR. Il est donc possible que la soupape soit restée fermée au réacteur N°1 » p 31.

5 La commission conclut : « dans ce cas, un APRP [5] local causé par le mouvement sismique pourrait avoir eu lieu dans l'Unité 1 » p 31.

 

6) TEPCO et toutes les autorités attribuent la catastrophe au Tsunami

 

a) Des simulations douteuses [6]

- « Mitsuhiko Tanaka [7] dans l'édition de Septembre de Kagaku (Sciences) publié par Iwanami Shoten, critique l'analyse de simulation par ordinateur réalisée par TEPCO, qui a été jointe au rapport du gouvernement japonais soumis à l'AEIA. Il émet l'hypothèse que toute la tuyauterie de la centrale de Fukushima a été endommagée par le tremblement de terre avant le tsunami, ce qui a conduit à une perte d'eau de refroidissement des réacteurs. Le défaut majeur dans l'analyse de TEPCO, d’après Tanaka, c’est que les temps [des changements de niveaux d'eau et des variations de pression dans la cuve] utilisés dans la simulation par ordinateur étaient clairement différents des temps réels mesurés lorsque l'accident s’est produit. Le résultat de l'analyse de TEPCO c’est que les sources d'énergie électrique ont été perdues après le tsunami » […].

- « Le 28 octobre 2011, Kansai Electric Power Co. a présenté à la NISA l'évaluation du premier stress-test du réacteur N° 3 de la centrale nucléaire d’Oi. L'évaluation a montré que le réacteur serait capable de résister à un tremblement de terre qui serait 1,8 fois plus fort que ce que la norme anti sismique le prévoit. » [Un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30 de l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement. Un séisme « 2 fois plus puissant » correspondrait à une augmentation de magnitude d’environ 0,2 point ce qui est dérisoire par rapport à la magnitude 9,1 atteinte le 11 mars 2011.] « Le 14 novembre, les experts ont été autorisés à exprimer leurs points de vue en réponse à l'évaluation des stress-tests du réacteur N° 3 d’Oi. Hiromitsu Ino, professeur émérite à l'Université de Tokyo, qui est spécialisé dans les matériaux métalliques, a déclaré : « C’est une erreur de lier la reprise des opérations à des stress-tests. L’accident nucléaire de Fukushima démontre qu’il y avait des défauts dans les inspections de sécurité. Si les stress-tests sont menés sans réviser tout d’abord ces procédures, cela mènera à la confusion dans les évaluations de sécurité. » Ino a eu une autre suggestion : « Afin de vérifier l'efficacité des stress-tests, ceux-ci devraient être effectués à Fukushima, centrale où l'accident s'est produit ». Dans ce contexte de doutes sérieux quant à l’hypothèse de TEPCO, l’opinion commune c’est que quelque chose ne va pas dans la logique de reprise des opérations car celles-ci sont basées sur des calculs en chambre ».

 

b) Séisme ou tsunami comme cause de l’accident ?

- « Si le tremblement de terre du 11 Mars est considéré comme le principal coupable de l’accident nucléaire de Fukushima, cela veut dire que d'autres centrales nucléaires sont également vulnérables aux tremblements de terre importants. […] Il est nécessaire d'envisager également la possibilité que la tuyauterie principale de la centrale de Fukushima ait été endommagée par le tremblement de terre avant même que le tsunami ait frappé la centrale. Une telle théorie entrave sérieusement les plans d'autres compagnies d'électricité décidées à reprendre les opérations dans leurs centrales nucléaires après la mise en œuvre de mesures pour faire face à la possibilité d'un tsunami majeur. Par exemple, Chubu Electric Power Co. envisage de reprendre les opérations à la centrale nucléaire de Hamaoka après la construction d'une digue côtière. […] Si [on] en arrivait à prendre en considération la possibilité que le tremblement de terre a été la principale cause de l'accident nucléaire de Fukushima [… cela rendrait] encore plus difficile la reprise des opérations dans les centrales. C’est une des raisons pour laquelle TEPCO et d'autres compagnies électriques, insistent sur le fait que seul le tsunami est responsable de l’accident nucléaire de Fukushima ».

- « Nous concluons que TEPCO a été trop rapide à avancer le tsunami comme cause de l'accident nucléaire et à nier que le séisme n’ait causé aucun dommage » p 17 du rapport de la commission.

 

7) Les conclusions de la commission parlementaire indépendante

 

a) Les estimations et les questions (gênantes) de la commission

- « L’accident nucléaire de Fukushima Daiichi ne peut pas être considéré comme une catastrophe naturelle. Nous concluons que l'accident était clairement d'origine humaine. Il aurait pu et aurait dû être prévu et empêché. De plus, ses effets auraient pu être atténués par une réponse plus efficace » p 9. « Nous croyons que les causes profondes étaient les systèmes organisationnels et réglementaires qui ont couvert des décisions et des actions erronées, plutôt que des questions relatives à la compétence d'un quelconque individu » p 16.

- « L'opérateur (TEPCO), les organismes de réglementation (NISA et NSC [8]) et l'organisme gouvernemental de promotion de l'industrie nucléaire (METI), ont tous échoué à correctement définir les exigences de sécurité les plus élémentaires, tels que l'évaluation de la probabilité d'un accident, la préparation à contenir les effets d’un tel désastre, et l'élaboration de plans d'évacuation du public dans le cas d'un relâchement important de radionucléides » p 16.

- « Comment est-il devenu habituel de résister à la pression réglementaire et de dissimuler les petits accidents ? » p 9. « Par exemple, lorsque les risques de tsunami étaient évoqués, TEPCO ne les examinaient que du point de vue de ses propres intérêts : cela pouvait-il se traduire par un arrêt des réacteurs ou affaiblir leur position dans d'éventuelles poursuites juridiques ? » p 20. 

- « Comment un tel accident a-t-il pu se produire au Japon, une nation qui a une telle préoccupation de sa réputation d'excellence en ingénierie et en technologie ? » p 9. « L’accident nucléaire de Fukushima a été le résultat (i) d'une collusion entre le gouvernement, les organismes de réglementation et l’opérateur, et (ii) de la gestion défectueuse desdites parties » p 16. Plus globalement, « l'énergie nucléaire est devenue une force échappant au contrôle de la société civile. Sa régulation a été confiée à une bureaucratie gouvernementale engagée dans sa promotion » p 9.

 

b) La catastrophe aurait pu être encore plus grave

« De nombreux niveaux de sécurité ont été violés simultanément, tandis que l’alimentation électrique des quatre réacteurs était perdue. S'il n'y avait pas eu certains événements fortuits — tels que le fonctionnement heureusement pérenne du RCIC [9] du réacteur 2, l’éclatement de son panneau de soufflage ad hoc et le relâchement de pression qui s’en est suivi, la rapidité avec laquelle les sous-traitants ont nettoyé l’épave — les réacteurs 2 et 3 auraient été dans une situation encore plus précaire ». […]

« La Commission conclut que la situation a continué à se détériorer parce que le système de gestion de crise du Kantei [10], des régulateurs et des autres organismes responsables n'ont pas fonctionné correctement. Les limites définissant les rôles et les responsabilités des uns et des autres étaient problématiques, en raison de leurs propres ambiguïtés » p 18.

 

c) La confusion dans l’évacuation des résidents

- « Certaines personnes ont été évacuées vers des zones [à forts rayonnements] et ont ensuite été laissées sur place, ne recevant plus aucune nouvelle consigne d'évacuation avant le mois d’Avril […] parce que les informations de surveillance n'avaient pas été fournies. […] Le gouvernement n’a pas sérieusement mis en place des programmes pour aider les citoyens à comprendre la situation et à se faire leur propre opinion. Il a échoué par exemple à expliquer les risques liés aux irradiations pour différents couches de la population comme les nourrissons et les jeunes ou les personnes particulièrement vulnérables aux effets des radiations ». […]

- « La Commission conclut que la confusion dans l'évacuation des résidents découle de la négligence des régulateurs, de l'échec persistant à mettre en œuvre les mesures adéquates contre une catastrophe nucléaire, ainsi que d'un manque d'action des gouvernements précédents et des régulateurs sur la gestion des crises. Le système de gestion de crise qui existait pour le Kantei et les régulateurs devait protéger la santé et la sécurité du public, mais il a échoué dans cette fonction ». […]

- « Il n'y a pas de fin prévisible aux activités de décontamination et de restauration qui sont essentiels pour la reconstruction des communautés » p 19.

 

d) En l’absence de contre pouvoirs, les bureaucraties complices ont rendu la catastrophe inévitable

- « Il y eût de nombreuses opportunités de prendre des mesures préventives avant le 11 Mars. L'accident s'est produit parce que TEPCO n'a pas pris ces mesures et que la NISA et la commission de sûreté nucléaire (NSC) n’ont pas réagi. Ils ont aussi intentionnellement reporté la mise en place des mesures de sécurité, ou pris des décisions basées sur l'intérêt de leur organisation, et non pas dans l'intérêt de la sécurité publique » p 16.

« Du point de vue de TEPCO, la nouvelle réglementation aurait interféré avec l'exploitation des centrales et affaibli leur position dans d'éventuelles poursuites judiciaires. Ce fut une motivation suffisante pour s'opposer énergiquement à de nouvelles règles de sécurité et pour renvoyer les négociations avec les régulateurs vers la Fédération des compagnies électriques (FEPC). Les régulateurs auraient dû prendre une position forte pour le bien du public, mais ils ont échoué à le faire. Comme ils s’étaient fermement convaincus eux-mêmes à l'idée que les centrales nucléaires étaient sûres, ils étaient réticents à créer de nouveaux règlements » p 17.

- « Cette illusion [de toute puissance] a été renforcée par la mentalité collective de la bureaucratie japonaise, pour laquelle le premier devoir de tout bureaucrate individuel est de défendre les intérêts de son organisation. Poussé à l'extrême, ce bureaucratisme a conduit à placer les intérêts de l'organisation avant le devoir primordial de protéger la population » p 9. Mais il y a plus :

- « Nous avons trouvé la preuve que les organismes de réglementation posaient des questions explicites sur les intentions des opérateurs à chaque fois qu'il était question de mettre en œuvre un nouveau règlement. Par exemple, la NISA a informé les opérateurs qu'ils n'avaient pas besoin d'examiner une situation de panne totale (SBO) parce que la probabilité en était faible et parce que d'autres mesures étaient en place. La NISA a ensuite demandé aux opérateurs de rédiger un rapport qui donnerait la justification appropriée à expliquer pourquoi cette mise en œuvre n'était pas nécessaire. Afin d'obtenir la preuve de cette collusion, la commission a été forcée d'exercer son droit législatif pour obtenir de telles informations de la NISA, après que celle-ci ait refusé de répondre à plusieurs demandes » p 16. « Sans l'enquête menée par cette commission, la plupart des faits révélant la collusion entre les régulateurs et les autres acteurs n'auraient jamais été dévoilés […]. Leur indépendance vis-à-vis des politiques, des ministères pro-nucléaires et des opérateurs a été une parodie p 20. Ils ont effectivement trahi le droit de la nation à être à l’abri d'accidents nucléaires » p 16.

 

e) A l’origine de la catastrophe, quel type de structure sociale ?

- « Dans l'ensemble, la Commission a rencontré une ignorance et une arrogance impardonnables chez toute personne ou tout organisme s'occupant de l'énergie nucléaire. Nous avons rencontré du mépris pour les évolutions internationales et la sécurité publique » p 21.

- « Les règlements existants sont principalement orientés vers la promotion de l'énergie nucléaire, et non vers la sécurité, la santé publique et le bien-être. La responsabilité sans équivoque que les opérateurs doivent assumer lors d’une catastrophe nucléaire n'a pas été précisée. Il n’y avait également pas de directives claires sur les responsabilités des parties dans le cas d'une situation d'urgence » p 20.

- « La question sous-jacente concerne la structure sociale qui a engendré cette neutralisation de la réglementation, et le cadre organisationnel, institutionnel et juridique qui a permis aux individus de justifier leurs propres actions, de les cacher quand cela était gênant, sans laisser de traces, afin d'éviter toute responsabilité » p 21.

 

Quelques recommandations de la commission

 

- « Mettre en place un système de commissions d'enquête indépendantes p 23 et mener des enquêtes régulières et des audits exploratoires sur les organismes de réglementation, les universitaires et les intervenants [… avec] des experts indépendants ayant une vision globale ». […] 

- « TEPCO doit subir une spectaculaire réforme d'entreprise, incluant la gestion des risques, la gouvernance et la diffusion des informations — la sécurité étant la seule priorité ».

- « Tous les opérateurs doivent accepter un organisme désigné par la Diète comme une autorité de surveillance de tous les aspects de leurs opérations, incluant la gestion des risques, la gouvernance, les normes de sécurité, avec le droit d’enquêter sur place » p 22.

- « Le processus de décision [du régulateur] doit être indépendant des actionnaires des compagnies » p23.

 

QUELQUES COMMENTAIRES

 

1. Ce qu’il y a de frappant lorsque l’on compare ce rapport avec celui de l’ASN (Cf. la synthèse que nous en avions faite), c’est que toutes les remarques faites après la lecture de celui-ci sont également valables pour le Japon. Qu’on en juge par ce rappel des titres :

- « Il n’y a pas une seule installation qui ne fasse l’objet d’une remarque d’inspection ou d’une recommandation importante. »

- « Depuis la conception, l'accident majeur n'a jamais été pris en compte. »

- « Le nucléaire français "au bord de la falaise" ! »

- « Silence, on MOX ! Une gestion " statistico-probabiliste " du risque bien pratique … »

- « Les centrales nucléaires : des Macro-Systèmes Techniques intrinsèquement dangereux. »

- « De multiples conséquences supportées par les populations du monde entier. »

Une conclusion s’impose donc : si cet inventaire est identique à celui que la commission japonaise a dressé, c’est avant tout qu’il s’agit des mêmes « macro-systèmes techniques » qui posent les mêmes problèmes et que les travers induits par la gestion libérale sont eux aussi identiques.

 

2. Grâce à un de ses commissaires, Philippe Jamet, qui faisait partie de la délégation de l’AEIA au Japon [11], l’ASN a vite compris comment et pourquoi la catastrophe était survenue [12]. Elle a surtout compris que toutes les instances de contrôle et de régulation avaient failli. D’où le contenu de son rapport de janvier 2012 : il fallait à tout prix montrer que ce n’était pas le cas en France. Mais a-t-elle pour autant été plus ferme à l’égard d’EDF dans le passé ? Vu les déplorations restées à ce jour sans résultats, on peut en douter. D’ailleurs, étant donné la puissance économique des opérateurs en général, n’est-ce pas la même histoire du pot de fer contre le pot de terre qui est destinée à se répéter partout, ad vitam aeternam, ici aussi bien que là-bas, a quelques nuances près ?

 

3. Là-bas, pas plus qu’ici, la possibilité d’un accident majeur n’a été prise en compte à la conception : le sentiment d’infaillibilité, de toute puissance, non seulement rend « arrogant », mais amène à penser comme allant de soi que l’ensemble de l’appareil d’Etat collabore « au grand œuvre nucléaire ». Or, là-bas comme ici le nucléaire a été adopté après-guerre pour « laver une défaite » historique majeure et refouler des évènements dont le deuil n’a pas été fait. Là-bas comme ici, les réacteurs ont été construits sur les failles de la mémoire. Là-bas comme ici la survenue d’un accident majeur a largement bénéficié d’un consensus politique, administratif, industriel, scientifique, économique qui a permis, en l’absence de contre-pouvoirs suffisants, toutes sortes de complicités. Que cela mette en cause la vie et la santé des populations fût le cadet de leurs soucis.

 

4. C’est la commission qui le dit : « Ils ont effectivement trahi le droit de la nation à être à l’abri d'accidents nucléaires » p 16. A ce stade, peut-on encore parler d’un « village nucléaire » circonscrit ? Ne s’agit-il pas plutôt de toute une société gangrénée par le chancre nucléaire depuis des lustres ? Et comme pour Hiroshima et Tchernobyl « le secret de la famille nucléaire » ne réside-t-il pas dans la complicité de crimes contre l’Humanité ? On sait la puissance des liens qu’engendrent les connivences basées sur le crime. C’est là un des liens majeurs à dénouer.

 

5. Reste notre travail comme citoyens du monde. Le texte de la commission parlementaire japonaise devrait être diffusé partout dans le monde et en particulier ici, à nos parlementaires français et européens. Or nous n’avons traduit que 31 pages sur 88. Nous faisons donc un appel aux bonnes volontés : il suffirait de quatre personnes traduisant une douzaine de pages chacune pour le rendre plus facile à lire en France… Nos édiles doivent savoir ce qu’est une étude réellement indépendante et nos concitoyens doivent pouvoir se rendre compte des origines de toute catastrophe nucléaire, c’est même une des conditions pour en empêcher la survenue.

 

Jean-Marc ROYER, juillet 2012

 

 

1 Bureau de Recherches géologiques et Minières établissement public français de référence dans le domaine des sciences de la Terre.

 

2 Les effets d’une secousse sismique ne s’évaluent pas seulement selon son gradient de puissance mais aussi selon bien d’autres facteurs dont « l’accélération au sol » mesurée en m/s2 (comme toute accélération), ici dénommée « gal », en référence à Galilée.

 

3 http://www.internationalnews.fr/article-le-mensonge-de-fukushima-reportage-allemand-30-vostf-104215356.html, Date : 7 mars 2012, T : 25’13’’.

 

4 Safety Control Rod Axe Man arrêt rapide d'un réacteur nucléaire par l'insertion des barres de commande dans le cœur.

 

5 APRP : accident de perte de réfrigérant primaire. En anglais : LOCA, loss of coolant accident.

 

6 Extraits d’un article d’AKIRA SATO, publié dans l’Asahi Shimbun Weekly, http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201112060052

 

7 Membre de la commission de la Diète, ancien ingénieur nucléaire qui a travaillé à la conception de la cuve du réacteur N° 4 de Fukushima.

 

8 Commission de sûreté nucléaire du Japon, un organisme gouvernemental, qui supervise les régulateurs et les opérateurs.

 

9 Reactor core isolation cooling system : une pompe d'alimentation en eau à haute pression destinée au refroidissement d'urgence.

 

10 Le bâtiment abritant à la fois le bureau officiel du Premier ministre et sa résidence. Par extension, le Cabinet du Premier ministre. Dans ce rapport, « Kantei » renvoie le plus souvent à son groupe de travail ad hoc au 5ème étage, qui était responsable de la réponse du gouvernement à l'accident.

 

11 Cité dans la conférence de presse de l’ASN du 28 juin 2012 (39’15’’) ; voir sa bio éloquente qui est passée par la DAM du CEA : http://bit.ly/eJLjAp

 

12 A preuve : toutes les décisions de fin juin 2012, sans exceptions, se rapportent à la catastrophe de Fukushima. http://www.asn.fr/index.php/Les-actions-de-l-ASN/La-reglementation/Bulletin-Officiel-de-l-ASN/Decisions-de-l-ASN/Decision-n-2012-DC-0274-de-l-ASN-du-26-juin-2012

 

 

 

________________

 

A lire également sur le même sujet

 

 

Fukushima: Une enquête indépendante et critique

(Daniel Eskenazi - Le Temps)

 

Fukushima : le rapport qui change tout

(Michel de Pracontal - Mediapart)

 

 

 

Photo d’entête : Tomohiro Ohsumi, AFP

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 01:34

reacteur4It has taken 16 months for the world to come to terms with the Fukushima disaster. This is 16 months too many: since that week in March 2011 where four reactors exploded on the same site, the situation has remained extremely dangerous. We have had 16 months to analyse and make sense of what happened. Now that we have got over the initial shock - this unthinkable “collision” - we must rally and resist the temptation to forget. The danger is still there and is becoming more threatening as times passes.

 

 

(Version française)                  (日本語版)

 

Once again the Japanese population is showing the way. The Japanese refuse to give up and they manage to stand up to a governement who has decided to restart the Ohi nuclear reactors, despite suspicion of active fault lines in the vicinity. They have also taken action and addressed the UN Secretary-General, in order to try and avoid the worst-case scenario: a loss of control of the system that cools the 264 tons of spent fuel stocked in the pool of Unit 4 at Fukushima Daiichi. This risk is far from trivial ; a failure of the cooling system would mean having to evacuate parts of Japan and would irreparably pollute the whole world for thousands of years.

 

All this we have known for 16 months but awareness of the urgency to solve this major problem has never gone beyond good intentions. Today, after being stunned into inaction by the sheer horror and enormity of the disaster, more and more people finally seem to realise we can still react. Enlightened voices can be heard from all over the world : Let us do something before it is too late!

 

Dear readers, I urge you to listen to these voices again. If you are already convinced of the need to act urgently, scroll down to the text of the petition we are now addressing to the UN Secretary-General.

 

 

About quake risks

 

Katsuhiko IshibashiKatsuhiko Ishibashi, a seismologist teaching at the Research Center for Urban Safetyand Security, Kobe University:

 

The magnitude 9.0 quake last year made it more likely that "devastating" earthquakes would follow in the future. (link)  

 

 

 

About the stability of the building of reactor no.4

 

Masashi-GotoMasashi Goto, a former nuclear engineer for Toshiba Corporation and expert in the design of quake-resistant nuclear plants:

 

“Even though the walls exist, there is no simple way of knowing the stability of it.

To what degree has the stability been compromised due to the high temperature of fire?

Essentially, all data are required when you work out a structural calculation…

But [TEPCO engineeers] have never released a data which a third party could use to re-check their findings.” (link

 

 

 

arnie-gundersenArnie Gundersen, an American nuclear expert:

 

 “I believe that the structural damage to Unit 4 is so great that if there is a 7.5 earthquake, it will not withstand it.” (link)

 

 

 

Jean-Louis BasdevantJean-Louis Basdevant, a physicist, research director at CNRS (Centre national de recherche scientifique), specialist in High Energy Physics and Astrophysics:

     

At this very moment, i.e. June 25, 2012 [the reactor no.4 building]is a constant source of worry because these pools that sit 30 meters above ground and  have miraculously survived contain a large quantity of radioactive rods.”  (link)

 

 

 

About the radiation resulting from a loss of control

of the pool at Unit 4

 

olivier isnardOlivier Isnard, a French expert in nuclear safety at IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) :

 

“The fuel in this pool would be exposed to the air; radiation in the order of hundreds of grays per hour would spread over a kilometer and no human being could go near the site” (link) 

 

 

Hiroaki KoideHiroaki Koide, a professor at Kyoto University Research Reactor Institute (KURRI):

 

“If the spent fuel pool were to collapse due to another big earthquake, the release of radioactive materials will be huge.(…),a conservative estimate is 5000 nuclear bombs.” (link)

 

 

Chris Harris, a former American nuclear engineer:

 

In the case of Unit 4… you can get a recriticality.(…) That would be a never ending process threes no way to shut that down.(…) there you have another never ending fountain of particulates and gas.” (link)

 

 

Robert-Alvarez-copie-1Robert Alvarez, an American nuclear expert, adviser to the Federal Department of Energy of the American government (1993-1999)

 

“The No. 4 pool is about 100 feet above ground, is structurally damaged and is exposed to the open elements. If an earthquake or other event were to cause this pool to drain this could result in a catastrophic radiological fire involving nearly 10 times the amount of Cs-137 released by the Chernobyl accident.”  (link)

 

 

 

About the effects of the loss of cooling water in a pool

 

 

Paul Gailey, Physics professor at Ohio University:

 

“A catastrophic failure of the unit 4 spent fuel pool could potentially cascade into additional releases from the other spent fuel pools and reactors.” (link)

 

 

Yukiteru-NakaYukiteru Naka, a Japanese engineer for General Electric, now president of  Tohoku Enterprise (TECO):

 

Should the spent fuel pool empty, no workers will be able to go near the reactor 4 building as well as the reactor 1, 2 and 3 building.(…) that's why I would like the government and TEPCO to prepare themselves with a sense of impending crisis in mind.” (link) 

 

 

Akio MatsumuraAkio Matsumura, a Japanese diplomat who worked for 30 years for various UN agencies :

 

“[The collapse of No. 4 pool in case of a quake]would destroy the world environment and our civilization. (…) This is an issue of human survival.”  (link)

 

 

 

Mitsuhei MurataMitsuhei Murata, former ambassador of Japan in Switzerland and Senegal:

 

Just 50 meters from the No. 4 reactor is the common pool for the No. 1 to No. 6 reactors. The common pool holds 6,375 spent nuclear fuel rods. If a fire should occur at the No. 4 reactor pool, the common pool would also not stand a chance.” (link)

 

“It is no exaggeration to say that the fate of Japan and the whole world depends on No. 4 reactor” (link)

 

 

Ron WydenRon Wyden, an American Senator (Oregon):

 

The precarious status of the Fukushima Daiichi nuclear units and the risk presented by the enormous inventory of radioactive materials and spent fuel in the event of further earthquake threats should be of concern to all and a focus of greater international support and assistance.”  (link) 

 

 

 

 

To prevent the worst-case scenario, let us take precautionary measures

 

before it is too late !

 

  Please sign this petition to the UN

(Click on the picture)

 

 

imagepetition

 

 

 

Text of the petition:

 

 

An urgent appeal to avoid another global nuclear disaster

 

Because the building of reactor no.4 has been badly shaken by the terrible earthquake of 3/11 and the violent explosions of March 15, 2011 and therefore its structure has suffered severe stress, which makes it very vulnerable,

 

Because the spent fuel in this unit sits in an elevated pool 30 metres high and threatens to collapse with the building or to drain because of a number of cracks,

 

Because this pool contains 1,533 spent fuel assemblies, i.e. the equivalent of 10 times the amount of cesium 137 released by Chernobyl,

 

Because failure of the water cooling of the fuel would cause the temperature to rise and the fuel to degrade, and the resulting fire would then release enormous amounts of radioactivity into the atmosphere,

 

Because a back-up cooling system for the pool is not evailable and the cooling system regularly fails, 

 

Because a fire in the uranium and plutonium assemblies would make human intervention impossible due to the intense radioactivity,

 

Because the Fukushima Daiichi plant contains nearly 2,500 tons of nuclear fuel – a source of radiotoxicity equivalent to 90 times that of Chernobyl – and a fire at unit 4 would force the authorities to abandon the entire plant,

 

Because the strength of the earthquake of March 2011 increased the probability of further disastrous quakes which could in turn cause the half-ruined building of reactor no.4 to collapse,

 

Because numerous experts all over the world agree on the urgency to act in order to avoid having to evacuate the whole of Japan and at the same time prevent an international radiological disaster that would endanger the health of the world population and their descendants,

 

Because Tepco says there is no risk the pool will collapse and because the company plans to take years to transfer the spent fuel and store it in a safe place,

 

Because Tepco and the Japanese government are incapable of managing the crisis situation of the spent fuel pool at Fukushima Daiichi reactor no.4, 

 

Because the UN, as guarantor of international security, is the only organisation capable of dealing with this permanent threat to humanity,
 

We, citizens of the world,

 

-          request that the UN rapidly set up an international, independent and interdisciplinary team. This team would be responsible for managing the transfer of the fuel at the Unit 4 pool and its safe storage.

 

-          urge that every possible means be devoted to this crisis team, in order to avoid any delay and to ensure that the spent fuel be safely disposed of as soon as possible,

 

-          demand that the UN facilitates every possible technical, scientific, economic and political means of collaboration, including non-governmental measures, in order to put an end to a global threat without equivalent in the whole history of humanity.

 

 

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Translated by Fukushima-is-still-news

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  French version

 

 

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:39
anthropocène
Dans ce numéro, François Diaz Maurin, ancien ingénieur dans l'industrie nucléaire, présente un article très intéressant intitulé « Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d'effondrement sociétal ». En voici un large extrait, la suite pouvant être lue sur le site d’origine. Pour l’auteur, l'humanité ne semble plus capable de poursuivre son expansion telle que nous la connaissons depuis deux siècles en recourant au même mécanisme de complexification de la société.
Entropia, revue d’étude théorique et politique de la décroissance, consacre sa dernière édition « à l’appréhension de la catastrophe de Fukushima comme dévoilement de l’Anthropocène ».
 
-oOo-
 
Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d'effondrement sociétal 
 
(Version de prépublication, se référer à la version de l’éditeur pour citation)
 
 
Anthropocène, complexité et énergie
 
 
 
L'Anthropocène, c'est l'ère de l'appropriation grandissante par l'homme de l'ensemble du système terrestre et de ses attributs à l’œuvre depuis la révolution industrielle à la fin du XVIIIème siècle. Mais l'Anthropocène c'est aussi l'ère de la complexification de la société au sens culturel du terme. Selon l'historien et anthropologue américain Joseph Tainter (1988) la complexité culturelle d'une société se mesure par sa différentiation structurelle et organisationnelle présentant plus d'éléments constitutifs (par exemple, de nouvelles institutions) et/ou plus de types d'éléments constitutifs (par exemple, de nouvelles fonctions au sein d'institutions existantes).
 
 
 
Dans la vision progressiste du développement des civilisations, le processus de complexification est souvent considéré comme intentionnel, c'est-à-dire comme étant le résultat de l'imagination de nos ancêtres et plus ou moins facilité par les circonstances du moment (Tainter, 2011). Selon cette même vision progressiste, la complexification de la société a lieu par ce qu'elle le peut. De la même façon qu'une jeune pousse émerge de la terre lorsque toute les conditions de température, d'humidité, de nutriments et de rayonnement solaire sont réunies, la complexification de la société devient possible lorsque de plus grandes quantités de ressources naturelles sont disponibles et que le surplus énergétique (quantité d'énergie délivrée à la société par le secteur de production d'énergie et dissipée ensuite au sein des autres secteurs) croît. La vision progressiste établit ainsi une relation linéaire de cause à effet entre énergie et complexité, considérant la première comme précédant la seconde et lui permettant d'émerger.
 
 
 
Pourtant, de nombreuses civilisations avant nous, comme la Rome Antique ou la Mésopotamie Ancienne, ont bénéficié d'un niveau d'organisation structurelle – et donc d'une complexité – relativement avancé (Tainter, 1988). Ces mêmes civilisations n'ont pour autant jamais bénéficié d'un surplus énergétique aussi important que celui dont notre « civilisation à haute énergie » (Smil, 2004) bénéfice depuis deux siècles. L'ère de l'Anthropocène représente à ce titre une période unique – et très courte – dans l'histoire de l'humanité. La relation linéaire de cause à effet entre énergie et complexité n'est donc pas suffisante pour expliquer le développement des civilisations anciennes.
 
 
 
Pour comprendre toute l'ambiguïté de cette relation entre énergie et complexité, il faut d'abord étudier le rôle essentiel que joue la complexité dans la durabilité d'une société. Selon Tainter (1988, 2004, 2011), qui a fait de cette question l'une de ses principales lignes de recherche, la complexité est un outil fondamental de résolution des problèmes rencontrés par une société et qui se dressent comme obstacles à son désir de continuité. Confrontée à de tels problèmes, la société développe alors de nouvelles technologies et institutions, ou ajoute des éléments constitutifs supplémentaires à celles déjà existantes, menant logiquement à sa complexification. La durabilité d'une civilisation dépend ainsi de sa capacité à résoudre les problèmes qu'elle rencontre à l'aide de ce processus de complexification tout en étant capable d'en absorber les contraintes (coûts financiers, énergétiques, etc.).
 
 
 
La relation entre énergie et complexité apparaît alors comme étant auto-catalytique, c'est-à-dire que la présence d'un surplus d'énergie permet à la complexité d'émerger (vision progressiste), complexité qui en retour produit de nouveaux types de problèmes qui n'existaient pas auparavant. Or, résoudre de tels problèmes requière une complexification supplémentaire de la société et donc un surplus d'énergie d'autant plus grand. Energie et complexité sont ainsi imbriquées dans une relation de causalité à double sens (réciprocité).
 
 
 
L'existence d'un surplus d'énergie étant une condition sine qua non à l'émergence de la complexité, celui-ci joue donc le rôle de contrainte limitative à cette relation de réciprocité et donc in fine à l'évolution d'une société complexe. Ce point, pourtant essentiel, n'est pas toujours bien compris dans les discussions ayant trait à la durabilité. Cela vient du fait que vivre à l'ère de l'Anthropocène où l'énergie est à la fois bon marché et abondante nous donne l'impression (biaisée) que ce surplus d'énergie est quelque chose de tout à fait normal et d'immuable. Rappelons-nous toutefois que ces périodes d'abondance énergétique ont été à la fois rares et de courte durée à l'échelle de l'histoire de l'humanité. Or, notre civilisation s'apprête à devoir affronter une double contrainte qui menace sa durabilité : la multiplication grandissante – et évidente – des problèmes et une crise énergétique globale réduisant sa capacité à résoudre ces problèmes.
 
 
 
 
 
Fukushima, complexité et énergie nucléaire
 
 
 
Dans ce contexte de l'Anthropocène, l'énergie nucléaire est de loin le système de génération d'énergie le plus complexe jamais conçu par l'homme. Il tient sa complexité de la nature même de cette source d'énergie à la fois très diluée à l'état primaire (minerai d'uranium) et très concentrée lors de la génération des vecteurs énergétiques (chaleur puis électricité) directement utilisable par la société. Toute la difficulté de la production d'électricité à l'aide de l'énergie nucléaire (fission) réside alors dans deux tâches suivantes : la concentration de l'uranium depuis son état naturel à son état de combustible (processus amonts de production du combustible) suivis du contrôle de cette énergie fortement concentrée (centrale nucléaire et processus avals de gestion des déchets). Ces deux étapes impliquent la multiplication des processus industriels, des capitaux (financiers, humains et matériels), des décisions, et de la connaissance scientifique indispensables pour faire fonctionner ce système énergétique. A titre de comparaison, l'exploitation des énergies renouvelables (rayonnement solaire, vent, marrées, etc.) qui sont également très diluées à l'état primaire ne requièrent que des efforts de concentration de façon à obtenir un vecteur énergétique (électricité) directement utilisable par la société, ce qui leur donne un avantage considérable par rapport à l'énergie nucléaire en terme de compétitivité biophysique (basée sur des données énergétiques et physique, et non pas sur des données monétaires comme c'est le cas des études économétriques conventionnelles).
 
 
 
L'énergie nucléaire est sans doute la source primaire d'énergie qui illustre le mieux l'ère hautement complexe qu'est l'Anthropocène. Cependant, comme tout système complexe, l'énergie nucléaire est également un système fragile comme récemment illustré par les accidents de Fukushima.
 
 
 
Le 11 mars 2011, un violent séisme suivi d'un fort tsunami s’abattaient sur la côte Est du Japon mettant en péril 4 des 6 unités appartenant au site de production d'électricité de Fukushima-Daiichi. Plus précisément, ce sont trois cœurs de réacteur qui sont entrés en fusion partielle, ainsi qu'une piscine de stockage de combustible usagés d'un autre réacteur qui a subi un incendie1  . L'ensemble de ces événements a obligé les autorités japonaises à classer la catastrophe nucléaire d'accident majeur – le niveau maximum sur l'échelle de l'INES (niveau 7) – toutefois plus d'un mois après le début des accidents. Il a d'ailleurs été largement admis que la gestion de la catastrophe nucléaire a démontré d'importantes lacunes que ce soit de la part de l'exploitant de la centrale TEPCO, des autorités japonaises ou de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (Brumfiel, 2011a) dont la principale conséquence a été le manque d'informations – parfois retenues intentionnellement (Taira et Hatoyama, 2011) – au sujet de l'état des réacteurs, de la situation sanitaire et de la radioactivité à l'échelle locale et globale. Cette mauvaise gestion de crise montre également la fragilité de ce système dont les enjeux et conséquences sont pourtant globaux.
 
 
 
Pour prendre la mesure de la gravité de la catastrophe, il ne suffit pas de regarder les conséquences immédiates des accidents (radioactivité dans l'air et évacuation des populations) – qui ne sont que la partie émergée de l'iceberg – mais bel et bien l'ensemble des conséquences sanitaires, économiques et sociales que ces accidents auront à long terme. Pour rendre la situation encore plus dramatique, les accidents ne peuvent pas encore à ce jour – l'article a été écrit en décembre 2011, soit près d'un an après le début des accidents – être considérés comme techniquement terminés et resteront actifs tant que les réacteurs ne seront pas complètement refroidis, ce qui est normalement prévu pour le début de l'année 2012 (Brumfiel, 2011b).
 
 
 
Compte tenu de l'ampleur de la catastrophe nucléaire de Fukushima, on est en droit – et même dans le devoir – de s'interroger sur les raisons d'une telle catastrophe. Qu'a-t-il permis la perte totale de contrôle sur ces centrales et qui en porte la véritable responsabilité ? Ces questions sont d'autant plus importantes puisqu'elles concernent la viabilité et la désirabilité de l'énergie nucléaire qui entend être une source d'énergie alternative dans un contexte de crise globale de l'énergie. Pour répondre à cette question, je propose de discuter deux aspects : les phénomènes naturels qui ont provoqué les accidents de Fukushima et les méthodes employées pour estimer les risques liés à ces phénomènes.
 
 
 
A l'origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima, il y a deux phénomènes naturels : un séisme et d'un tsunami. C'est la combinaison de ces deux phénomènes naturels – bien connus des géologues pour être dans certains cas couplés entre eux – qui est le plus souvent annoncée comme étant la cause des accidents. Or, les dernières expertises font état du fait que le séisme, seul, aurait été responsable des principaux dommages causés à la centrale et notamment aux pompes de secours qui étaient déjà hors d'état de fonctionner avant le tsunami – information retenue intentionnellement par TEPCO et délivrée aux institutions gouvernementales seulement 6 mois après le début des accidents (Taira et Hatoyama, 2011). A ce stade, qu'un séisme seul – pourtant pris en compte dans les études de risques – soit la cause principale d'une telle catastrophe nucléaire réduit d'autant plus le caractère de « jamais vu » utilisé pour décrire la catastrophe naturelle. Certes, le séisme lui-même était d'une magnitude inégalée dans la région, il n'en est pas moins qu'un séisme de magnitude supérieure à 9.0 a lieu tous les 6 ans environ dans le monde. Cela démontre les limites des études de risques vis-à-vis des phénomènes naturels, que ce soit au niveau de leur localisation, de leur amplitude et de leur récurrence.
 
 
 
Ce type de scénario – séisme et/ou tsunami – est bien connu et régulièrement pris en compte dans les calculs de sureté des installations nucléaires. Pourtant, malgré leur prise en compte dans le cas des réacteurs de Fukushima, cela n'a pas empêché d'aboutir à l'une des pires catastrophes nucléaires depuis le début de son développement. Cela signifie que les hypothèses prises au moment du développement de ces réacteurs dans les années 1970 ne furent pas suffisantes pour contenir les événements survenant en 2011 au large du Japon. Nous sommes ici en présence d'un scénario à faibles probabilités mais à grandes conséquences pour l'homme et pour l'environnement. Cette très grande sensibilité aux hypothèses critiques est caractéristique des projets complexes et représente leur fragilité. La fragilité de la sûreté des réacteurs nucléaires peut se résumer ainsi : l'énergie nucléaire est sûre jusqu'à ce qu'un accident survienne. L'exploitation de centrales nucléaires actuelles implique ainsi une inévitable situation de dualité en passant d'une sûreté totale à une situation de chaos juste par le fait que certaines hypothèses critiques peuvent être dépassées.
 
 
 
L'implication des hypothèses de calculs comme source profonde des accidents de Fukushima – les deux événements naturels n'étant que les facteurs déclencheurs – fait donc indéniablement porter la responsabilité sur l'industrie nucléaire en charge de ces calculs, et sur les autorités de régulation en charge de leur validation. Plus largement ce sont les méthodes probabilistes utilisées pour évaluer les risques liés à ce type de phénomènes – naturels ou non – qui peuvent être critiquées. On peut se demander en effet si la conception de telles centrales est faite en pleine connaissance des risques encourus. La réponse est de toute évidence négative, puisque de telles études sont affectées par la présence inévitable de « véritable ignorance » – ou « incertitude » – que l'on doit différencier de la simple « indétermination probabiliste » (Knight, 1921 ; Diaz Maurin, 2011b). Le physicien Richard P. Feynman, lauréat du prix Nobel de physique, disait à ce sujet en 1963 qu' « il est d'une importance primordiale, afin de faire progresser [la science], que nous reconnaissions cette ignorance et ce doute » (Feynman, 1998). Cela s'applique également au domaine de la technologie et donc de l'énergie nucléaire pour laquelle il est essentiel de reconnaître la présence d'ignorance et d'en identifier les sources. Or, l'une des principales sources est l'ignorance systémique affectant l'ensemble des études de risques indépendamment du type de réacteur nucléaire – à la conception aussi avancée soit-elle2   – et de sa localisation (Diaz Maurin, 2011b). De telles études de risques conventionnelles basées sur des calculs probabilistes ne peuvent donc pas – et ne devraient pas – être utilisées dans des situations où la présence d'ignorance est avérée, comme dans le cas de la sûreté nucléaire. Et si c'est encore le cas, compte tenu de la présence inévitable d'ignorance – comme lorsque l'on mène un projet à large échelle pour la première fois – il n'est pas recommandé de seulement se baser sur l'avis de « l'expert » qui n'a pas plus de raison d'être immunisé contre l'ignorance que n'importe quelle autre personne.
 
 
 
La présence de « véritable ignorance » pose donc la question de la désirabilité de l'énergie nucléaire pour laquelle on ne peut connaître les risques encourus. Poursuivre l'expérience à grande échelle de l'énergie nucléaire, d'une part, tout en refusant d'admettre les sources d'ignorance évidentes, d'autre part, démontre une certaine fermeture d'esprit loin de la sagesse et de l'imagination que requière la gestion de la crise énergétique globale qui représente sans doute la plus grande menace de l'ère de l'Anthropocène.
 
 
 
En effet, rien n'indique que la transition énergétique et sociétale impliquant une diminution rapide de la qualité de l'énergie – et donc de la quantité disponible pour la société – se passe nécessairement sans heurts vis-à-vis de l'organisation sociétale actuelle (Smil, 2008, 2010 ; Tainter, 2004). Il semble même très probable que la transition énergétique s'accompagne d'un « effondrement sociétal » global.
 
 
 
 
 
Risque d'effondrement sociétal
 
 
 
La notion d'effondrement sociétal est familière des lecteurs d'Entropia qui lui a consacré son numéro 7 avec un dossier intitulé L'Effondrement : et après ? Toutefois, ce terme n'y était pas clairement défini. Par effondrement sociétal j'entends ici la perte rapide de la complexité sociale, politique et économique (Tainter, 2004). Ce type d'effondrement est un phénomène récurrent de l'histoire des civilisations et a été synonyme de leur déclin. Un tel effondrement sociétal, selon Tainter, apparaît lorsque la résolution des problèmes n'est plus possible par l'usage du processus de complexification de la société décrit précédemment. Or, même si l'on admet la thèse de Tainter à savoir que l'énergie n'est pas la cause première de l'effondrement des civilisations anciennes mais bel et bien leur incapacité à poursuivre dans la résolution des problèmes par le recours à toujours plus de complexité, on doit néanmoins se rappeler que la complexification d'une société n'est possible que parce qu'un surplus d'énergie croissant est disponible. C'est à ce titre que la crise énergétique globale – de par le déclin du surplus énergétique qu'elle impliquera – représente un véritable risque d'effondrement sociétal.
 
 
 
La question n'est alors plus de savoir si un effondrement de notre société est possible – l'histoire nous a montré que oui – ou de savoir ce qu'il y aura après l'effondrement – compte tenu de notre ignorance vis-à-vis de cette question et du caractère auto-évolutif et non planifiable d'une société – mais la question est avant tout autre chose de connaître les implications d'un tel processus d'effondrement, et notamment de savoir s'il est désirable, évitable et, si tel n'est pas le cas, de savoir comment s'y préparer.
 
(…)
 
 
 
 
 
 
1  Il est important de préciser qu'il s'agit bien de 4 accidents distincts du point de vue de la sûreté nucléaire (études de risques), et ce, bien que la cause initiatrice et que la centrale nucléaire soient les mêmes (Diaz Maurin, 2011a).
 
 
2  A ce titre, l'empressement de l'industrie nucléaire au lendemain des accidents de Fukushima pour annoncer à la population que les nouveaux réacteurs « auraient résisté à une telle situation » ne fait que repousser le seuil d'incertitude sans régler pour autant le problème de fond qu'est la présence d'incertitude. De plus, de telles déclarations sont complètement hors sujet puisque aucun de ces « nouveaux réacteurs » n'est en fonctionnement à l'heure actuelle dans le monde et il faudra attendre encore plusieurs dizaines d'années avant qu'ils représentent une part significative de la production d'électricité de la filière nucléaire – si toutefois ils étaient commandés, financés et finalement construits ce qui est de moins en moins envisagés dans les pays développés – et donc avant que l'on puisse les prendre en considération dans les discussions relatives à la sûreté nucléaire.
 
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Francois-Diaz-Maurin.jpgQui est François Diaz Maurin ?
 
Ancien ingénieur de l'industrie nucléaire en France et aux Etats-Unis, François Diaz Maurin  est aujourd’hui chercheur à l'Institut des Sciences et Technologies Environnementales (ICTA) à Université Autonome de Barcelone.
 
Contact : Francois.Diaz (a) uab.cat
 
 
 
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En savoir plus sur la revue Entropia
 
entropia12 c 370x590pxavbordf7622e-a6605« Loin de l’agitation médiatique et des surenchères de promesses électorales inhérentes au rituel quinquennal de l’Hexagone, cette publication semestrielle a choisi, pour sa douzième livraison, de consacrer son dossier à l’appréhension de la catastrophe de Fukushima comme dévoilement de l’Anthropocène. Notre ambition est ici de faire connaître à des lecteurs curieux et exigeants l’ampleur de la signification de ce mot nouveau qui, pour l’heure, reste largement méconnu. Cette ère est caractérisée par une espèce humaine devenue force géologique par la transformation systématique que ses activités font subir à la nature. Si Hiroshima en est le seuil, Fukushima sera-t-il le déclic qui détermine de nouveaux imaginaires, empêche l’amnésie et réveille l’insurrection devant l’illusion d’une croissance sans fin ? »
 
 
Sommaire du n°12
Anthopo(s)cène
 
La Grande Accélération
L’entropie, maladie mortelle de l’Anthropocène. Agnès Sinaï
Le concept d’Anthropocène, son contexte historique et scientifique.Jacques Grinevald
Le climat de l’Histoire : quatre thèses. Dipesh Chakrabarty
La faim de l’Anthropocène. Jean-Claude Besson-Girard
 
L’ère des démesures
Par-delà l’empire du marché, la technoscience. Simon Charbonneau
Géo-ingénierie : le retour des apprentis sorciers. Paul Lannoye
Pas de fin de l’Anthropocène sans fin du nucléaire. Xavier Rabilloud
 
L’effondrement et au-delà
Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d’effondrement sociétal. François Diaz Maurin
Ivan Illich au Japon. De Yokohama à Fukushima. Silvia Grünig Iribarren
Comment démanteler la mégamachine ? Philippe Bihouix
Depuis Fukushima : confirmation du désastre, lucioles d’espoir ? Marc Humbert
 
Intermezzo
Nécessité de la poésie
Poèmes extraits de Souffles du présent. Annie Salager
Poèmes inédits. Henri Droguet
 
Hors champ
Le Titanic de la technologie. Jean-Claude Dumoncel
 
Chronique des démesures ordinaires
Roulette russe planétaire. Entretien avec Pat Mooney
 
 
 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 18:24
Photos
 
La piscine de l’unité 4 a eu chaud le 1er juillet !
Suite à une panne du système de refroidissement de la piscine 4, on a appris qu’il n’y avait pas de système de secours, et que l’eau de la piscine se réchauffait de 10 °C par 24 heures. Si le refroidissement de la piscine n’était pas assuré, il suffirait de quelques jours pour que l’eau de la piscine soit portée à ébullition. Le 1er juillet, Tepco a réussi à rétablir le système, mais la piscine 4 commençait déjà à produire un panache blanc, comme en témoigne cet instantané de la webcam Tepco :
 
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Si comme moi vous pensez que la gestion du site n’est pas suffisamment suivie, manque de moyens et menace la sécurité du Japon et du monde, signez et partagez la pétition adressée à l’ONU !
 
 
Ces baigneuses savent-elles vraiment ce qu’elles risquent ?
La plage de Nakoso à Iwaki a été ouverte à la baignade lundi 16 juillet 2012. Précision : cette plage se situe à 60 km au sud de la centrale de Fukushima Daiichi. Sans commentaire…
 
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Clichés de l’unité 3 publiées par Enenews
Ces instantanés sont tirés de vidéos prises depuis une grue. Pour voir ces vidéos, cliquer ici.
 
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Albums
 
L’album photo de Ray Masala : 1776 photos sur Fukushima !
 
albumray1
 
Album de la manifestation contre le redémarrage à la centrale nucléaire d’Ôi (photos Fumiko Kawazoe)
 
album ooi
 
Une photo de cet album m’a fait penser à une publicité de General Electric datant de 1991 ventant les bienfaits de l’énergie nucléaire au Japon. Ce type d’énergie conduit TOUJOURS à une société policière et totalitaire.
 
avenir-radieux
 
ooi2012
Face à face police / manifestants : Ôi 2012
 
 
Documents
 
Coupe et plan de diffusion de radioactivité à Fukushima Daiichi ?
Je mets en ligne ces documents pour archive. Ils ne représentent pas la réalité car il est pour l’heure impossible de savoir où se trouve(nt) le (les ?) corium(s). Pour l’instant, je ne suis pas en mesure de les dater précisément (mais sans aucun doute 2011), ni de les traduire, ni d’en connaître l’origine. Il semble qu’il s’agisse de documents techniques retouchés. La coupe générale (document A) montre en effet une sorte de sarcophage recouvrant un bâtiment réacteur et un mur d’enceinte souterrain entourant le site. Il s’agit probablement d’un projet de constructions afin de contenir la radioactivité dégagée par les gaz (sarcophage supérieur) et par les coriums (mur d’enceinte souterrain). Ce projet, s’il a bien été formulé ainsi, a été abandonné au profit de structures plus petites et surtout moins coûteuses : toile recouvrant les réacteurs et barrage uniquement prévu sur le front de mer (cf. Les grands travaux de Fukushima).
Je ferai une mise à jour dès que des lecteurs japanophones pourront nous donner des précisions sur les légendes des documents. Merci d’avance !
Sources à consulter :
 
nuclear-fukushima1water-vein-melt-out-schema-jap
Document A
 
photo 5
Document B
 
pollution-data-underwatervein
Document C
 
 
Le dérasement du dernier niveau du réacteur 4 se termine et se poursuit sur le R3
Un dossier complet sur les derniers travaux par Etienne Servant
 
 
Portique-3
(Cliquer sur l’image pour accéder au dossier illustré)
 
 
Des caméras qui rendent visible la radioactivité
Des caméras spéciales permettent de repérer les secteurs hautement contaminés grâce à des repères colorés en surimpression sur l’image. Etienne Servant présente cette technique et des images prises par Tepco dans la centrale de Fukushima Daiichi.
 
 
120705 05-1
(Cliquer sur l’image pour accéder au dossier)
 
 
Investigations dans l’unité 1
Dossier de Trifouillax (Gen4) sur la recherche endoscopique effectuée le 26 juin 2012
 
6a015433c24917970c017615e770f2970c
 
 
Vidéos
 
Evacuez Fukushima
Film en plusieurs parties réalisé par Nelson Surgeon (son blog)
Kna a réalisé le sous-titrage en français des 3 premières parties

 

 
 
Images de la prospection de l'unité 1 de Fukushima Daiichi du 5 juillet 2012
 
Chemin parcouru par le robot et mesures de radiations en mS/h
unité1
 
Vidéo Tepco mise en ligne par sierraecho7914 

 
 
Vidéo aérienne de la centrale de Fukushima Daiichi du 2 juillet 2012
(mise en ligne par nuckelchenblogde)

 
 
 
Peintures
 
Tableaux visionnaires ?

Vincent Eggericx nous fait connaître les œuvres de Yasumitsu IKOMA, dont un représente 6 cheminées qui fument, un autre une ferme abandonnée, un autre encore un bateau sur une colline. Ces tableaux datent de 1992. Pour lire l’article de Vincent Eggericx, c’est ici.

Pour les résidents au Japon, Yasumitsu IKOMA expose actuellement (11 au 22 juillet) à la biennale 2012 d’art contemporain au château de Himeji (Préfecture de Hyogo)

 
kyoto pays chem m
 
kyoto noe m
 
 
Jeu
 
Uncas nous propose le jeu des 7 horreurs.
jeudes7horreurs
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 00:57
 
TKY201207160248-450x261.jpgDes nouvelles de l'énorme manifestation antinucléaire qui s’est tenue à Tokyo ce lundi 16 juillet 2012, par l’intermédiaire du blog de Iori Mochizuki traduit par Mimi Mato.
 
 
 
 
[Ajisai Revolution] 170 000 personnes à la manifestation de Tokyo "Nous ne mourrons pas insultés."

170 000 personnes (selon les organisateurs) à une nouvelle manifestation contre le redémarrage de Ohi. [cf.
http://fukushima-diary.com/?s=ohi&x=0&y=0]

Les manifestants se sont rassemblés au parc Yoyogi de Tokyo qui se trouve en face du siège de NHK (major de la presse). Ils se sont séparés en 3 groupes pour marcher dans Tokyo.

La police fait état de 75 000 personnes. M. Oe Kenzaburo (lauréat du prix Nobel de Littérature en 1994), M. Setouchi Jakucho [cf.
http://fukushima-diary.com/2012/05/90-years-old-nun-joined-hunger-strike-to-be-against-restarting-ooi-nuclear-plant/] et M. Sakamoto Ryuichi (musicien japonais) ont parlé à la foule.

Oe Kenzaburo :

「私らは侮辱の中に生きている。政府のもくろみを打ち倒さなければならないし、それは確実に打ち倒しうる。原発の恐怖と侮辱の外に出て自由に生きることを皆さんを前にして心から信じる。しっかりやり続けましょう」

“Nous vivons dans le mépris. Nous devons faire tomber les mauvais objectifs du gouvernement et nous pouvons y arriver. Je crois que nous pouvons vivre sans la menace et les insultes de la politique nucléaire. Battons-nous."

Sakamoto Ryuichi :

「たかが電気のためになんで命を危険にさらさないといけないのでしょうか。子どもを守りましょう。日本の国土を守りましょう」

"Pourquoi devons-nous exposer nos vies à un tel risque juste pour de l'électricité? Nous devons protéger nos enfants. Nous devons protéger notre pays."

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En savoir plus
 
Reportage d'Arte
 
Vidéo Euronews

 
 
 
Albums photos
 
Album de Tiro Maekawa
 
album.jpg
 
 
Album du Parisien
 
parisien.jpg
 
 
De nombreux articles sont parus pour parler de cette manifestation impressionante, donnant de plus en plus de sens à la révolution des hortensias :
 
et aussi ces traductions anglaises de blogs japonais sur Dissensus Japan :
 
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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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