28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 22:50

fukushima_seb_jarnot_statement_english.jpg« Nous avons besoin de la musique, de la poésie et de l’art qui pourraient nous montrer un point de vue possible ainsi qu’une façon dont on aborde la réalité. »

 

 

 

Peu de temps après la catastrophe de Fukushima, un collectif d’artistes japonais s’est réuni autour de la figure de Otomo Yoshihide, originaire de cette ville, pour tenter de remettre de la vie là où il n’y avait plus que poison et angoisse. Un projet est rapidement né, Project Fukushima!, véritable appel à la création qui a donné lieu à un festival, situé à Fukushima même, et à une série d’événements à travers le monde (Londres, New York, Bangkok, Séoul, Singapore, Paris…).

 

A la suite de ce festival, webSYNradio a souhaité rester à la disposition du projet Fukushima! et continuer à « agir » avec un nouveau projet pour 2012 : « Et pendant ce temps là, à Fukushima…» (Meanwhile, in Fukushima…)


Pour réaliser ce nouveau projet,  Dominique Balaÿ s’est rendu à Fukushima du 15 au 30 mai 2012 pour enregistrer les sons de la vie « normale » et accompagner les différentes initiatives lancées par le collectif Fukushima! en vue de faire vivre leur engagement et leur manifeste, notamment à travers l’organisation du prochain festival qui aura lieu durant l’été 2012.


Avec les sons collectés et organisés en bibliothèque « open sounds », une invitation a été lancée à des artistes pour se confronter à cette matière et cette thématique, et tenter, à travers les œuvres créées, de jeter une ligne de vie entre là-bas et ici.


Avec ce projet de création sonore, il s’agit pour Dominique Balaÿ de rester fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : ni dénonciation militante, ni simple rapport des faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et les populations touchées par la catastrophe nucléaire.

 

Voici, par l’intermédiaire du voyageur D. Balaÿ, quelques nouvelles fraîches de Fukushima :

 

A quelques exceptions notables près (chantiers de reconstruction et décontamination, présence de stations de mesure atmosphérique dans les lieux publics, moins d'enfants dans les rues, discussions centrées sur l’urgence de la situation, nombreuses initiatives locales, etc.), la vie est normale dans la ville de Fukushima.

 

 

579590_210399855748128_150979312_n.jpgCôte de Minamisoma, 25 mai 2012 (image Youdou Takeushi), dans le fond on aperçoit la toute nouvelle ligne construite par Tepco qui envoie de l'électricité produite par géothermie jusqu'à la centrale de Fukushima-daichi

 

 

 

Les quelques mesures que Dominique Balaÿ a pu faire confirment des valeurs élevées de radioactivité. La plupart des gens qu’il a pu rencontrer ne croient plus du tout aux cartes établies par le gouvernement, c’est pourquoi la « carte mentale » des zones contaminées qu'ils se sont créés démarre plutôt à la sortie de la ville ou les quartiers périphériques, comme Watari. Dans ce quartier, 50% des enfants ont pu être évacués.

 

La grande ville de Fukushima est équivalente en population à la 5 ou la 6ème plus grande ville française. « S'ils envisagent un voyage en dehors de la ville, les gens peuvent aller jusqu'à louer une voiture pour ne pas contaminer leur propre voiture, celle où ils transportent habituellement leurs enfants. Mais là on touche à des structures mentales très profondes : la ville, c'est le lieu où on se réunit pour se protéger, et éventuellement prospérer ensemble, comment pourrions nous y être en danger plus qu'ailleurs ou autant qu'ailleurs ? »

« Il y a de çà je pense, plus le fait, confirmé par l'ensemble des personnes rencontrées d'un intense stress qu'ils ne peuvent plus supporter (un an et demi c'est très long ...) et qui les pousse à ranger le dosimètre dans le tiroir de la cuisine, et à faire comme si. C'est d'ailleurs l'un des axes de communication du gouvernement : "le stress occasionne plus de dégât que l’évènement lui même". »

 

 

428375_211666925621421_322132877_n.jpgKika-zaru : singe sourd + Iwa-zaru : singe muet + mi-zaru : singe aveugle, stationnant sur le bulletin édité par Kohei à l'attention des personnes d’un camp de réfugiés

 

 

 

« Zone grise, substance noirâtre, multiples strates d'informations : les japonais ont une histoire que je viens de découvrir avec 3 singes, le singe qui ne voit pas, le singe qui n'entend pas et le singe qui ne parle pas. Ce qu'il y a d'important dans cette histoire, c'est qu'il s'agit de trois singes différents et pourtant indissociables, des compères. On peut avoir une connaissance d'un évènement ou d'un fait scientifique, historique et ne pas agir en fonction de ce fait et de cette connaissance : c'est un peu l'impression que j'ai ici ... on peut avoir des yeux et ne pas pouvoir parler, un cerveau et ne pas pouvoir agir ... étrange impression. C'est vraiment la "zone grise", grey zone. Comme dans le Stalker de Tarkowski, le passage est là tout proche, tout le temps là, et pourtant il semble impossible à atteindre, comment se guider dans un tel brouillard ? Jusqu'à quel point compter sur les autres (la presse, les politiques, les médias, les scientifiques, le voisinage, etc.) ? Oui difficile de se guider même à plusieurs, surtout à plusieurs. La science, ou disons la véracité des faits, devrait pouvoir éclairer, au mieux cela agace (comme une rage de dents peut agacer), au pire cela est répulsif (cachez ce dosimètre que je ne saurai voir ...). D'où cela peut il venir alors ? De par ma formation et mes aspirations, j'ai tendance à penser que l'art, la musique, la poésie sont une voie de connaissance possible. Pour tous, je ne sais pas, pour certains sans doute. »

 

C'est l'une des bases du projet que mène Otomo Yoshihide et le festival qu'il organise du 15 au 26 août prochain à Fukushima. Dominique Balaÿ est allé à leur rencontre. Il en ramène aujourd’hui des images et des sons. A suivre !

 

154593 211672025620911 191362960985151 364700 1912557101 n Village de réfugiés du nucléaire

 

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En savoir plus

 

Open sounds : Des sons enregistrés/capturés au Japon, en France, sur les réseaux …

 

Une présentation de ce projet sur France Culture dans l’émission de Thomas Baumgartner, l’Atelier du son (2èmepartie).

 

Et pendant ce temps-là, à Fukushima sur webSYNradio

 

Album de voyage

 

 

 

 

371171_1694364385_1904902817_n.jpgQui est Dominique Balaÿ ?

 

Né en 1968 à Maisons Laffitte, Dominique Balaÿ vit à Nîmes et travaille dans l’industrie du web, chargé de cours à l’université de Nîmes, créateur de webSYNradio, membre du comité de rédaction de la revue Droit de Cités.
Ayant contribué à diverses revues littéraires et artistiques (Ralentir Travaux, Le Mâche Laurier, Variable, Autre Sud…), il a également publié Intérim, aux éditions JCB en 1998 et Le mal est fait, aux éditions Rafael de Surtis en 2000.

 

Dominique Balaÿ anime aussi la revue de création Numérique Nîmes Sources Adultes. En 2009, il lance le projet webSYNradio à l’invitation de la revue Droit de Cités. WebSYNradio propose des interventions inédites de personnalités (artistes, intellectuels, chercheurs, écrivains …), la plupart reconnues sur la scène internationale.

 

En 2010, en prolongement du projet webSYNradio, il participe à la création de MACROSILLONS, sculpture sonore et collaborative présentée dans différents contextes (galerie, musée).
Avril 2011, diffusion sur France Musique, de la pièce sonore Dans la brèche (Jacques-Marie Bernard, Salvatore Puglia & Dominique Balaÿ).
Juillet 2011, participation au projet Fukushima!

 

(Source)

 

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 00:20
Webcam
 
Ciels d’orage sur la centrale les 5 et 17 mai 2012
 
éclairs fuku
éclair
 
 
Fukushima Daiichi
 
- Unité 2 : Tepco fournit une coupe pour annoncer qu’ils envisagent de boucher la fuite d’eau de la piscine torique. On remarque au passage qu’ils imaginent le corium moitié dans la cuve, moitié au fond de l’enceinte de confinement, restant bien sagement étalé sur la dalle de béton sans le détériorer…
 
tepcocoupe
 
- Unité 3 de Fukushima Daiichi
 
Prospection robotisée au 1er niveau de l’unité  3 (23 mai 2012)
 
prospection3-copie-1.jpg
 
 
- Unité 4 de Fukushima Daiichi
 
- Démontage du toit de l’unité 4
Pour éviter tout effondrement qui pourrait provoquer une catastrophe, les ouvriers travaillant sur la centrale démontent petit à petit les niveaux supérieurs au niveau technique. Tout cela en vue de faire place nette pour la nouvelle structure destinée à décharger le combustible.
 
tepco1
 
tepco2.jpg.
 
 
- Plan des 5 niveaux du bâtiment réacteur 4
 
tep2.jpg
 
- Inspection de la piscine 4
En février et en avril 2012, Tepco avait déjà vérifié l’horizontalité du bâtiment
 
tep1.jpg
 
- En mai 2012, il est confirmé que la piscine 4 est stable, l’écart entre le niveau d’eau et le haut des 4 angles de la piscine étant identique (461 mm).
 
unit4a.jpg
 
unit4b.jpg
 
- Le côté ouest du bâtiment réacteur 4 est bombé, selon les mesures de Tepco
 
unit4c.jpg
 
unit4d.jpg
 
 
 
 
Vidéos
 
- Evacuez Fukushima ! une vidéo de Nelson Surjon sous-titrée en français par Kna
 
 
 
- Bruno Chareyron (Criirad) explique pourquoi il est important d’évacuer les enfants de Fukushima
 

 
 
 
- Les débris du tsunami traversent l’océan Pacifique
Une modélisation du NOAA's Earths System Research Laboratory
 

 
 
 
- Manifestation du 5 mai à Tokyo
 

 
 
 
- Première visite de journalistes à l'intérieur de l'unité 4 de Fukushima Daiichi le 26 mai 2012 (FNNnewsCH)
 

 
 
 
- Première visite de la presse au bâtiment réacteur 4 (Osaka Channel)
 

 
 
 
- Survol de la centrale de Fukushima Daiichi en hélicoptère (3 km de distance)
(publiée le 24 mai 2012 par asahicom)


 
 
 
 
Photos
 
- Quelques instantanés de la vidéo d’asahicom du 24 mai 2012
 
unite3.jpg
Unité 3
 

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Unité 3  
 
unite4.jpg
Unité 4
 
unites4b.jpg
Unité 4 : une pelle mécanique a été installée au niveau technique
 
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Vue en enfilade des unités 1 à 4
 
- Fukushima: réouverture de la zone interdite : des enfants s’amusent au cœur de la zone interdite, à 11 kilomètres seulement de la centrale nucléaire de Fukushima
(Cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder au reportage de Marie Linton)
 
3694549.jpg
 
- La centrale de Fukushima le 26 février 2012
photo haute définition fournie par Cryptome
(cliquer sur le lien ci-dessous pour avoir l’image en HD)
 
daiichifevrier26cryptome.jpg
 
- Cryptome diffuse régulièrement des albums sur Fukushima Daiichi.
 
- A Kawauchi-mura, des bénévoles, petits enfants compris, plantent du riz juste en dehors du rayon des 20 km dans la préfecture de Fukushima, mains et pieds nus.
kawauchi-riceplanting.JPG
 
- Reportage photo sur Asahi.com (visite des journalistes du 26 mai 2012)
 
a1.jpg
 
a2.jpg
 
a4.jpg
 
Voir les autres photos :
 
 
- Fonds documentaire Tepco (photos et vidéos)
 
 
Dessins
 
Dessins sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, ses conséquences et comment la société japonaise y fait face.
(cliquer sur le lien ci-dessous pour accéder au site et aux autres dessins)
tumblr_lw4vooz3ak1qgqdx4o1_1280.jpg
 
 
Albums
 
- Clair obscur à Fukushima
par trois8 (collectif de photographes)
Un no man’s land de 1000 kilomètres carré aux alentours de la centrale de Fukushima. « Nous nous sommes rendus dans cette zone d’exclusion, en partie interdite, pour découvrir ces paysages désolés sous un angle nouveau ».
 
clair-obscur-fukushima-31.jpg
.
- Vivre en zone contaminée
Photos de Guillaume Bression (accès à l'album : cliquer sur le lien ci-dessous)
 
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Carte
 
Statut des régions acceptant les débris provenant du tsunami
(accéder à la carte en ligne en cliquant sur le lien ci-dessous)
incinerationjapan.jpg
.
Lien vers la vidéo "Stop Burning of Radioactive Disaster Debris in KITAKYUSHU" :
Lien vers la pétition (version française) contre l’accueil et l’incinération de déchets radioactifs à Kita-Kyushu et Kyushu (extreme sud-ouest du Japon)
.
.
 
 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 01:23

2C’est la plus grande confusion dans les médias. Jeudi 24 mai 2012, on pouvait lire ces deux titres contradictoires :

Japon - Les fuites radioactives de Fukushima plus fortes qu’annoncé (Reuters)

Après Fukushima, des niveaux de radiation très faibles au Japon (Le Monde)

Le premier article se base sur la dernière estimation de Tepco, le deuxième sur un rapport préliminaire de l’OMS…

 

Depuis 14 mois, c’est la valse des chiffres !

Voici par exemple quelques estimations données au fil du temps pour le césium 137   (données en PBq, c’est-à-dire en millions de milliards de becquerels) :

 

- 8 juin 2011, estimation de la NISA : 15 PBq

 

- 9 mars 2012, estimation de l’IRSN : 21 PBq

 

- 3 avril 2012, estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais : 63 PBq

 

- 24 mai 2012, estimation de Tepco : 10 PBq pour le relâchement aérien du 12 au 31 mars 2011 et 3,6 PBq pour le relâchement marin du 26 mars au 30 septembre 2011

 

- 24 mai 2012, autre source, the Daily Yomiuri : 360 PBq ! erreur de journaliste ? (1)

Dans ce cas… ça serait 5 fois plus que le césium relâché par Tchernobyl en 1986 !

 

 

En savoir plus sur la désinformation ambiante avec les articles

   

- de Gen4 : Césium-137 et Fukushima : à la recherche de l'erreur

- de l’AIPRI : Plus dure sera la chute

- de Russia Today : Cesium-137 contamination: Fukushima amounts to four Chernobyls

 

 

(1) Copie de l’article en ligne :

 

TEPCO estimate sees more radiation than NISA's

The Yomiuri Shimbun

Tokyo Electric Power Co. has estimated the total amount of radioactive substances discharged from its Fukushima No. 1 nuclear power plant measured 760,000 terabecquerels, 1.6 times the estimate released by the Economy, Trade and Industry Ministry's Nuclear and Industrial Safety Agency in February.

One terabecquerel is equal to 1 trillion becquerels.

TEPCO will include the estimate in a final report to be compiled by an in-house accident investigation committee in June. The firm has also begun explaining how it arrived at the figure to local governments in Fukushima Prefecture.

There are two ways to estimate the amount of discharged radioactive substances. One way is to base calculations on the degree of damage to the reactor core. The other is to reverse calculate based on the density of radioactive substances found in the atmosphere and seawater. As a result, there will be differences in estimates depending on how the figures were obtained.

NISA released an estimate of 770,000 terabecquerels in June last year, and another estimate of 480,000 terabecquerels in February. The Cabinet Office's Nuclear Safety Commission released an estimate of 570,000 terabecquerels in August last year.

TEPCO combined the two methods and repeated its calculations under different conditions. It reached a final estimate of 400,000 terabecquerels of iodine-131 and 360,000 terabecquerels of cesium-137.

The amount of radioactive substances discharged in the Chernobyl accident in 1986 was 5.2 million terabecquerels.

"As there wasn't enough available data immediately after the disaster, estimates can differ substantially if conditions change, even just a little," said Prof. Hideo Yamazaki at Kinki University, an expert in environmental analysis. "The discharged amount of radioactive substances increased, but the figure is within the assumed margin of error. There will be no problems in continuing decontamination work and other measures."

(May. 24, 2012)

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 16:18

greyzone.jpgAlain de Halleux, connu pour son engagement avec la réalisation des films « RAS : nucléaire, rien à signaler », « Chernobyl 4 ever » et « Récits de Fukushima », s’est engagé dans un nouveau film sur Fukushima.

 

Le réalisateur s’est rendu à Minamisoma en octobre 2011 et en mars 2012 ; il a pu entrer dans la zone contaminée et se rendre compte de la situation : la plupart des gens s'imagine que le problème est réglé, pourtant il ne fait que commencer.

 

Alors que la ville de Minamisoma n’est pas évacuée, les ex-réacteurs de la centrale nucléaire, à 20 km, sont toujours menaçants. Les gens se demandent  s'il faut rester ou partir. Le film suit 3 familles. L'une suit les directives rassurantes du gouvernement. L'autre a décidé de déménager à Okaido. La troisième cherche à comprendre la situation.

 

Alain de Halleux a déjà tourné 50 heures, mais il a encore besoin de tourner sur le festival Nomaoi pour terminer les portraits qu’il a commencés. Sans ce 3èmevoyage, il ne pourra pas finaliser son projet. Les médias considèrent que le sujet de Fukushima n'est plus d'actualité. Aussi, est-il obligé aujourd’hui de compter sur la conscience et l'investissement personnel des citoyens.

 

Les témoignages et le cinéma ont un grand pouvoir pour faire bouger les consciences. Merci à tous ceux qui pourront aider Alain de Halleux à terminer son film !

 

Pour faire un don en ligne, cliquer sur ce lien, puis sur « Contribute now »

(indiquer la somme que l’on veut donner, puis suivre les instructions) :

http://www.indiegogo.com/greyzone?c=home

 

 

 

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En savoir plus :

 

Sur l’origine du projet

 

Sur Alain de Halleux

 

 

 

Photo d'entête A. de Halleux : fillette portant un dosimètre


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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 23:56
DSCF5413 - CopieJ’ai rencontré des héros. Pas des héros de cinéma, pas des héros de bande dessinée. Des vrais, en chair et en os. Des femmes et des hommes qui se battent, chacun dans leur pays, pour faire connaître la vérité. Au risque du dénigrement, du mépris, voire de la prison, au risque de leur santé, de leur vie, ils se donnent sans relâche, certains depuis 26 ans, d’autres depuis 1 an. Mais ils ont la même volonté d’alerter leurs semblables avant qu’il ne soit trop tard. Faire la lumière sur les risques sanitaires de l’énergie atomique : tel est leur objectif. Ils ne sont pas nombreux, mais en se réunissant à Genève les 12 et 13 mai 2012, ils ont renforcé leur détermination à dénoncer l’horreur. Dans l’indifférence générale du bruit de la vie du monde,  ils étaient là, ensemble, debout, vivants. Ils ont délivré un message, nous avons été plus de 200 à en être les témoins. Ecoutez-les.
 
 
DSCF53791. Alexei Yablokov
Docteur ès Sciences biologiques,
conseiller de l’Académie des Sciences de Russie
 
De 1986 à 1989, il était interdit de publier sur Tchernobyl en Union Soviétique. Après Hiroshima, les Etats-Unis avaient fait la même chose en interdisant toute publication avant 1950. L’atome, historiquement, a toujours été le monde du secret.
A cause de cette interdiction, personne aujourd’hui ne peut déterminer les conséquences de la contamination par l’iode 131 de Tchernobyl. C’est pourquoi on se base sur les césiums qui ont une période radioactive plus longue. C’est le seul moyen disponible et objectif dont on dispose : la mesure des taux de césium dans l’organisme.
 
25 ans après le début de la catastrophe sanitaire de Tchernobyl, plus de dix-mille travaux scientifiques ont déjà été publiés dans différents pays, la plupart en Russie, en Ukraine et au Bélarus. Mais ces sources sont rarement utilisées par la communauté scientifique internationale.
Pourtant, l’ensemble de ces publications permet aujourd’hui de dresser un tableau général objectif des altérations de la santé des groupes de population qui ont reçu l’irradiation supplémentaire de Tchernobyl.
 
D’abord, il est clair que tous les systèmes de l’organisme sont détériorés par l’irradiation, ce qui a été mis en évidence par une augmentation de l’incidence et de la prévalence de la morbidité pour :
- le système circulatoire
- le système immunitaire
- le système génito-urinaire
- le système squelettique
- le système nerveux central
- l’appareil visuel
 
Il a été aussi démontré d’autres effets de la pollution radioactive :
- un pic de nouveau-nés atteints par la trisomie 21 a été constaté en 1986, et le niveau est resté ensuite plus élevé qu’avant la catastrophe ;
- dans le monde entier, le nombre des cancers a augmenté après 1986 ;
- le nombre des malformations congénitales a augmenté, par exemple dans le district de Luginy en Ukraine ;
- le vieillissement des individus est prématuré dans les territoires contaminés ;
- la fréquence des mutations dans les tissus somatiques et générateurs a augmenté ;
- il y a eu un changement dans le sex-ratio secondaire : jusqu’à un million de décès d’embryons et de fœtus de sexe masculin.
 
DSCF5380
Augmentation des cancers entre 1982 et 1999 en Russie et dans les régions de Kaluga et Bryansk
 
Au cours des 15 années qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl, il y a eu, dans les territoires contaminés (taux de césium 137 supérieur ou égal à 40 kBq/m²) au Belarus, en Ukraine et en Russie, une augmentation de la mortalité totale de 4%, soit 273 000 décès supplémentaires. Ce nombre est évidemment à comparer avec l’estimation mensongère de 9000 morts supplémentaires de l’OMS-AIEA jusqu’en 2056 !
 
DSCF5382
Augmentation des malformations congénitales dans le district de Luginy en Ukraine
 
En réalité, le taux de mortalité périnatale progresse dans de nombreux pays (1) et, sans compter la mortalité in utero, Alexei Yablokov estime, sur la base des informations officielles, que la catastrophe de Tchernobyl a provoqué la mort de près d’un million de personnes entre 1987 et 2004.
 
DSCF5384
Mortalité supplémentaire due à Tchernobyl sur 15 ans dans le monde.
 
On ne peut pas aborder la catastrophe de Fukushima et ses conséquences en ignorant les travaux d’Alexei Yablokov. C’est pourtant ce qu’est en train de faire le gouvernement japonais.
 
 
 
chernobyl consequencesAlexei Yablokov  est un des co-auteurs du livre “Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment” que l’on peut télécharger en version anglaise ici. Des versions japonaise et française seront bientôt disponibles.
 
 
Interview d'Alexei Yablokov :  
 
 
(1) En France par exemple, de 2002 à 2009, le taux de mortalité périnatale est passé de 10 à 13,3 et le taux de morti-natalité de 8,2 à 11,7 (Taux de mortalité périnatale : décès d'enfants de moins de 7 jours et d'enfants sans vie pour 1 000 naissances totales (nés vivants + enfants sans vie) ; taux de mortinatalité : nombre d'enfants sans vie pour 1 000 naissances totales)
 
 
---------------------------------
 
En savoir plus sur le forum de Genève
 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 21:50

 


Taro AIZU, originaire de Fukushima, a écrit un texte sur sa ville natale. A la fois narratif et poétique, ponctué de courts poèmes, il traduit bien le sentiment douloureux des Japonais navigant entre le désarroi dû à la catastrophe nucléaire et l’amour de leur pays.

 

 

 

Notre ville natale, Fukushima

1

 

P1050442.JPGChaque été la plupart des Japonais retournent dans leur ville natale et prient devant les tombes de leurs ancêtres. Cette tradition bouddhiste est appelée " Obon(お盆) " en japonais. Dans le respect de la tradition, je suis retourné l'été dernier dans ma ville natale, Fukushima, afin de prier pour mes défunts parents. Mais cette fois en 2011, j'ai hésité à revenir à cause de la contamination occasionnée par la fuite de la centrale nucléaire de Fukushima. Ma ville natale est devenue très dangereuse depuis le 11 mars 2011. Le vent a dispersé le césium de la centrale dans tout Fukushima.

On dit que le césium peut causer de futurs cancers chez les enfants et les bébés. Après avoir hésité pendant quelques jours, j'ai décidé d'y retourner malgré cela, car je crois être trop vieux pour contracter un cancer à cause de la radioactivité.

En août, je me suis rendu là-bas en bus. Quand j'en suis descendu, les champs de Fukushima s'étendaient  à perte de vue.

Je ne puis croire

qu'ils aient été contaminés,

devant ces rizières

verdoyantes, verdoyantes,

et si brillantes.

 

 

2

 

J’ai été hébergé chez mon frère et ai fait une promenade avec mes neveux le lendemain. L’un d’eux a dit :  " Oh, j'ai oublié d’emporter mon dosimètre ! "

Il est retourné à la maison et l'a rapporté.  Les enfants à Fukushima accrochent toujours leurs dosimètres autour du cou quand ils sortent, pour que leurs instituteurs puissent vérifier leurs taux de radiation.

Nous avons fait une promenade dans le parc près de la rivière.

 

Les enfants s’accrochent

des dosimètres autour du cou

même quand ils jouent

à chat avec moi

dans le parc verdoyant.

 

 

3

 

Mais il n'y avait aucun autre enfant jouant dans le parc sauf nous. Peut-être que les autres jouaient aux jeux électroniques ou regardaient la télé chez eux afin d’éviter le vent de césium. Les instituteurs des écoles leur avaient dit de jouer chez eux aussi longtemps que possible.
Un après-midi, il a commencé à pleuvoir tout à coup. Sous la pluie, notre chat s'est précipité vers la maison de mon frère et s'est assis sous l'auvent.

Notre chat
est ignorant
qu’il lèche
la pluie de césium
de son pelage mouillé

 

 

4

 

Des résidents habitant près de la centrale se sont enfuis après les fuites radioactives. Les parents, avec leurs jeunes enfants ou bébés, ont cherché refuge loin de là. Seules les personnes âgées sont restées.

Bien que les habitants
veuillent s'enfuir,
ils n'ont nulle part où aller,
ni travail, ni maison
ailleurs qu’à Fukushima.

 

5

 

En particulier les vieux fermiers près de la centrale, riches ou non, ils n’ont pas voulu chercher un refuge ailleurs.

Ils ne voulaient ni apprendre un nouveau dialecte, ni de nouvelles coutumes, ni laisser leurs voisins et amis. Ils sont restés dans leur ville natale pour vivre leurs dernières années tranquillement.

Bien que les officiels disent
" Fuyez votre village ! "
les vieux fermiers refusent
puisqu'ils veulent rester

dans leur ville natale, Fukushima.

 

Les vieux fermiers
comme les plantes
ont leurs grosses racines
profondément ancrée dans la terre
de Fukushima.

 

À travers Fukushima,
les vieux fermiers
veulent revenir
à leur vraie ville natale :
La Terre elle-même.

 

La Terre

est le repos sombre

où ils renaissent

à l’avenir :

leurs prochains stades.

 

 

6

 

Quand nous regardions un match de football à la télévision ensemble dans la salle de séjour de mon frère, sa femme a épluché une pêche pour moi.

Je mange
la pêche rosée.
Elle était délicieuse,
mais une trace de césium
est entrée dans mon corps.

Je ne peux ni voir le césium,
ni l'entendre,
ni le sentir,
C'est l’invisible
ennemi.


Pourtant, pour parler franchement, je ne suis pas sûr qu’une trace de césium soit mon ennemi. Des spécialistes disent que c'est bon pour la santé aussi longtemps que c'est justement une trace. D'autres que c'est très dangereux.  Je ne sais pas lequel dit vrai. Pour parler strictement, même les spécialistes ne connaissent pas la vérité. Dans le futur, je saurai si le césium nous apportera du bien ou du mal. Cependant, maintenant, je veux savoir si, dans l'avenir, j'aurai un cancer.

 

C'est là commune inquiétude

qui ronge les esprits
de beaucoup de résidents
proches de la centrale nucléaire
de Fukushima.

 

Je ne puis savoir mon futur. Dieu le sait. Mais si Dieu

n’existe pas, aucun homme ne peut savoir dans le vaste univers.

 

Un trace du césium

existe silencieusement

sans l’odeur,

sans le goût,

dans ma cellule sombre.

 

 

7

 

J'ai parlé de la contamination radioactive avec mon frère. Ce qu'il a dit sur un laitier était un grand choc pour moi.  J'ai examiné les détails, en lisant beaucoup d'articles sur lui dans les magazines et journaux. Le résumé est ci-dessous.

 

Un laitier habitait dans

un petit village près de la centrale nucléaire

de Fukushima avec sa femme philippine

et ses deux fils. Sa famille était très heureuse,

puisqu'il possédait environ 40 vaches et

travaillait bien avec sa femme tous les jours.

Il a construit un nouvel atelier pour gagner

plus d'argent, parce que ses fils étaient

très jeunes. Il avait préparé un nouveau

cartable pour son fils, et attendait que la

cérémonie d'entrée à l'école primaire se

tienne en avril quand les fleurs de cerisiers

s'épanouissent autour de la cour d'école. 

Mais il y a eu une explosion  à la

centrale nucléaire de Fukushima, suite

au grand tsunami qui a frappé la région le

11 mars 2011. Le vent a dispersé le césium

de la centrale à travers les champs,

montagnes et maisons de son village. Le lait

de ses vaches contenait beaucoup de césium,

car il les nourrissait avec l'herbe qu'il fauchait

chaque matin. Il a dû jeter tout le lait contaminé

par le césium chaque jour.
Étant inquiet pour la santé de ses deux fils, il a
fait fuir sa famille du village et l'a fait partir pour

les Philippines au milieu du mois d'avril. C’était

avant la cérémonie d'entrée à l'école primaire.

Comme un résultat, l'explosion de la centrale l'a

empêché de participer à la cérémonie d'entrée.

 

Il est resté tout seul et a continué à travailler à

Fukushima pendant quelque temps. Mais enfin il

a renoncé à traire ses vaches et il a rejoint sa femme

et ses fils aux Philippines.

Pourtant, il n'a pas pu comprendre la langue, ni

trouver du travail là-bas. Il est revenu à Fukushima

tout seul en mai. Cependant il n'y avait plus

aucune vache, ni sa famille dans son village.


Le laitier a laissé ce message

sur un mur dans son nouvel atelier,
"Si la centrale n'avait pas explosé,
je ne me serais pas suicidé."

Il avait 54 ans.

 

 

8

 

Je suis allé au célèbre site touristique avec la famille de mon frère. Mais il y avait peu de visiteurs par peur du césium alors qu'il était bondé d'enfants dans le passé pendant les vacances d'été.

 

Reviens,

reviens,

ancienne Fukushima

où les enfants jouaient dehors

heureux avec leurs parents.

 

 

9

 

Après la fuite radioactive, beaucoup de parents et de fonctionnaires ont commencé à nettoyer le césium de la terre de toutes les crèches, écoles et lycées à Fukushima. Les résidents étaient en train de balayer leurs maisons, jardins et routes. Les fermiers ont continué à dégager leurs champs, les forêts et les montagnes pendant plusieurs mois. La plupart des habitants ont continué à nettoyer tout Fukushima.

La terre et le vent,
les poires et les pêches,
les chats et les humains,
que tous les êtres
renaissent à Fukushima.
 

 

10

 

P1050464.JPGJ’ai l’habitude d’aller à Miharu près de la centrale pour contempler les belles fleurs de cerisier chaque printemps. L’arbre le plus célèbre de la région est vieux d'environ 10 siècles. Il n’est pas insignifiant mais très grand et ses fleurs s’étendent vers le ciel bleu. Les résidents l'appellent " Takizakura" parce que "taki" signifie "cascade" et "zakura" signifie "fleurs de cerisier" en japonais. Les fleurs ressemblent à une cascade rosée qui coule du ciel d’azur, en flottant calmement dans les vents doux du printemps. La floraison n’est pas seulement superbe mais fraîche dans le ciel bleu. En levant les yeux, je mange des gâteaux japonais et bois de la bière et fais une sieste de deux ou trois heures avec mes amis. Mais je ne suis pas retourné là-bas ce printemps. J’ai eu peur du problème de césium près de Miharu. L’explosion de la centrale le 11 mars m’a empêché d’aller là-bas en avril.
Pourtant, j’irai là-bas. Je retournerai à Miharu pour puiser l'énergie des fleurs de cerisier en avril prochain. J’aurai rendez-vous avec Takizakura comme d’habitude. C’est la promesse que je lui ai faite une fois par an.

 

Nous chanterons une chanson
et danserons encore
autour des fleurs du grand cerisier
dans notre ville natale,

Fukushima, Fukushima. 

 

 

 

Qui est Taro AIZU ?

 

aizuTaro AIZU est né à Fukushima au Japon en 1954.  Il écrit des poèmes gogyohshi (五行詩 - poèmes de cinq lignes) en japonais depuis 10 ans et en anglais et français depuis 2 ans. Il a publié en 2011 trois recueils de poèmes, respectivement en japonais, anglais et français. Leur titre est  いとしい地球よ  /  The Lovely Earth /  La Terre Précieuse. Il a également remporté deux prix de haiku "全国現代俳句大会” et un prix spécial du poème au Japon.

 

Le blog de Taro Aizu : http://blogs.yahoo.co.jp/lovelyearth_mont

 

Le blog de Taro Aizu en français : http://blogs.yahoo.co.jp/lovelyearth_mont/folder/165372.html

 

 

 

Une autre version de ce texte, appelée « Fukushima Renaissance » est publiée sur le site Evazine. Anna Jouy en propose une lecture que l’on peut écouter en ligne ici : http://evazine.com/Poesie%20lue/poesie_lue.htm#89

 

 

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Version japonaise   

 

私達のふるさと、福島

 

 

 

 たいていの日本人は、八月のお盆の前になると、生まれ故郷の実家に帰って行く。そして花やお茶や線香などを持って、みんないっしょに先祖の墓に行き、花を飾り、墓石にお茶をかけ、スイカなどの食べ物を供え、両手を合わせる。そして御先祖様の霊を慰め、また自分の近況を報告したり、新しい誓いを立てたりする。私もその大多数の日本人の一人として、毎年、お盆になると生まれ故郷に帰り、亡くなった両親の墓に両手を合わせていた。

 しかしことしのお盆は、帰ろうかどうしようか、私は迷った。その理由は三月十一日に私のふるさと福島で、原子力発電所が爆発し、セシウムという放射能が周辺に流れ出たからだ。そのセシウムは風や雨に流され、福島県全体を、いやその近くの茨城県や千葉県などにも広範囲に流れ出て、その日以来、日本中が放射能汚染で大騒ぎになり、新聞や週刊誌には、福島はなぜか片仮名でフクシマと書かれるようになった。でも・・・

 

福島は外国の町ではなくて

日本の町なのだから

片仮名でフクシマと書くのは

もうやめてください。

私たちは同じ日本人なのです。

 

 

 

 

二、三日よく考えて、セシウムは乳幼児や子供の将来に悪影響を与えるが、初老の年齢に差し掛かった自分には悪影響はないと信じた。

そしてお盆の前日、新宿駅から深夜高速バスに乗り込むと、仮眠をしながら、朝早く、わがふるさと会津に降りた。寝ぼけたまなこには、今までと何も変わらない、朝の田園風景が果てしなく広がっていた。 

 

こんなに爽やかで

こんなに輝いているのに

福島の水田が

ほんとうに

汚れてしまったのか

 

 

 

 

私は兄の家に泊まった。そして翌日、兄の子供たち、甥たちを二人連れて、散歩に出かけた。するとその途中、甥の一人が突然叫んだ。「あっ、ガラスバッジ忘れた。取って来るよ。」

甥っ子は走って家に帰り、胸にガラスバッジをぶら下げながら戻ってきた。福島では、子供たちが外出する時はいつでも、胸にガラスバッジをぶら下げることになっていた。あとでガラスバッジを集め、その中にたまったセシウムの数値を測るという話だった。私たちは童謡を歌ったり、草花や蝶の名前を言い当てたり、土手をぶらぶら歩きながら、広々とした河川敷の中へ降りて行った。そして広い公園で何をして遊ぶか、すぐに決まった。

 

子供達が

ガラスバッジを

胸にぶら下げながら

芝生の公園で

私とオニゴッコ

 

しかしその公園には、私たち以外の親子連れが見られなかった。ふだんは大人たちが子供や孫を連れていっしょに遊び、歓声を上げているのだが、その日は私たち以外に遊んでいる人が全然いなかった。たぶん子供たちは放射能汚染を避けて、家の中でテレビを見たり、ゲームをしたり、マンガを読んで遊んでいるのだろう。というのは、学校の先生が子供たちに外ではあまり遊ばないように、外に出る時は必ずガラスバッジを胸にぶら下げるように指導でしているらしい。

 

 

 

 

 空がだんだん曇ってきたので、子供たちを連れて急いで家に向かったが、途中で少し雨に打たれた。家に入ってバスタオルで顔を拭いていると、軒下では猫が舌を伸ばして、からだを舐めていた。片足を上に伸ばしながら、からだの隅々まできれいに舐めていた。

 

からだに付いた

セシウムまで

きれいに

舐めてしまう

福島の猫

 

5   

 

 

 

原発のすぐ近くに住んでいた住民たちは、強制的に避難させられたり、また自主的に自分の家を捨て、町を捨て、遠くへと引っ越した。特に幼児や赤ちゃんをかかえた若い親たちは、他県の町へ引っ越した。だが他県に仕事を見つけられない父親や年配の人達は自分の町にかなり残った。

 

遠くに避難したくても

家がなくて

仕事がなくて

避難できない

福島の父親達

 

でも農家の老人達は、たとえ裕福であっても、他県の町や村には移り住みたくなかった。今さら新しい町や村に引っ越して新しい方言や習慣を覚えたりするのが面倒だった。それに慣れ親しんだ友達や知人や近所の人達と別れるのがつらかった。そして何よりも自分の人生の最後を、自分が生まれ育ち長年暮らしてきた村や町の中で過ごしたかったのだ。

 

「避難しろ」と言われても

避難などしないで

自分の老後を

平和に暮らしたい

福島の農民達

 

年老いた農民達は

太い根っこを

樹木のように

地中深く

張っている

 

年老いた農民達は

福島の土地から

ほんとうのふるさと

大地の中へ

帰りたがっている

 

大地は

命が新しく生まれ変わる

暗いけれど

母のような

安息所

 

 

 

 

真夏の夜、家の居間でサッカーのテレビ中継をみんなで見ていた時、兄貴の嫁さんがよく冷えた桃の皮をむいて、みんなに出してくれた。

 

 福島の桃は

  おいしかったけれど

 微量のセシウムが

 私のからだに

 入ったかもしれない

 

 

 見ることもできず

 聞くこともできず

 感じることもできない

 セシウムという

 無味無臭の敵

でも、正直に言えば、微量のセシウムがほんとうに敵なのかどうか、私にはわからない。ある専門家は微量の放射能なら健康によいかもしれないとまで言っている。ところが別の専門家はたとえ微量であっても非常に危険だと言っている。どちらが本当なのか、素人の私にはよくわからない。厳密に言えば、その専門家たちでさえ、よくわからないのだろう。十年、二十年と時間がたって結果がはっきり出れば、誰にでもわかるのだろう。しかしそれまでじっと待つことはできない。将来私が癌にかかるかどうか、私は今知りたいのだ。

 

 これが原発の

 近くに住む

 多くの住民の

 心に潜む

 不安なのか

 

だが今、私は知ることができない。神様だけが私の未来を知っている。しかし神様が存在しなかったら、この広い宇宙の中で、誰にも私の未来はわからない。

 

無味無臭の

微量のセシウムが

音もなく飛び交う

細胞の中の

常闇の世界

 

 

 

 

 その夜遅く、私は兄と二人だけになって、放射能汚染について語り合った。その時兄が言ったことは、私にはとてもショックだった。それは原発の近くに住むある酪農家の話だった。私は翌日、念のためにいろいろな雑誌を読みながら、彼の事件を詳しく調べた。その事件は次のような内容だった。

                      

 福島原発の近くの小さな村に、五四歳の酪農家がフィリピン人の妻、二人の息子といっしょに平和に暮らしていました。彼は四十頭の乳牛を飼いながら、妻と二人で毎日一生懸命に働き、二人の息子にも恵まれたので、家族みんなで幸福に暮らしていました。ただ子供達がまだ小さかったので、その生活費を何とか稼ぎだそうと思い、借金をしながらも、新しい作業場を建て、酪農の事業を拡大しました。さらに小学校に入学する息子のために新しいランドセルを買って、四月にある入学式を楽しみにしていました。

 しかし三月十一日に起きた巨大津波が原因で、福島原発が突然爆発しました。原発から漏れ出たセシウムは、毎日毎日雨風に流され、村や田畑や森林を静かに汚染して行きました。その汚染は目で見ることもできず、耳で聞くこともできず、鼻で嗅ぐこともできません。そして彼が毎朝刈り取っている牧草の上にも、セシウムの雨風が付着しました。その刈り取られた牧草は、何も知らない牛たちに与えられたので、牛達のミルクには基準値以上のセシウムが含まれたのです。彼は仕方なくそのミルクを毎日毎日捨てました。

 放射能汚染が大人よりも子供たちに危険だと知ったので、その酪農家は妻と息子を、フィリピンへ避難させました。村の子供達もみんなどこかに避難し、結局彼は息子の入学式を見ることができませんでした。でも彼は家族の生活費を稼ぐために村に残り、また酪農の仕事を一生懸命に続けました。それでもミルクに含まれるセシウムは、思うようには減らず、ついに酪農をあきらめ、自分も家族といっしょに暮らすために、フィリッピンへ出発しました。しかしフィリッピンに行っても、彼は英語もタガログ語も話せなかったので、仕事を見つけることができませんでした。そして五月になると、彼だけが一人日本へ戻ってきました。でももう牛達も家族もいませんでした。

 

 「原発さえなければ」

 と黒板に書き残し

 作業小屋で亡くなられた

 福島の酪農家

 享年54歳

 

 

                       

 

 

 

 ある日の午後、兄の家族みんなと一緒に、近くの湖へドライブに出かけた。でもそこには、観光客がほとんどいなかった。やっぱりセシウムの影響だろうか。いつもは観光客でにぎわっているのに、今年は観光客の姿がほとんど見られない。いるのは地元の土産物屋のおじさんとおばさんだけだ。私は土産物屋を覗き込みながら、おじさんに話しかけてみた。

 

 『ことしは、お客さん、少ないですね。』

 『まったくだ。風評被害ってやつだべ。これじゃあ、商売、あがったりだな。』

 『でも来年になったら、大丈夫ですよ。』

 『来年?何言ってんだ。こんなにお客が少ないんじゃ、店がつぶれっちまうべ。来年までなんか、とでもとでも待でねえべ。』

 

 湖の青い水面は去年と同じように、真夏の光を浴び、銀色に輝いている。湖から吹いて来る風も、去年と同じように涼しく吹いて来る。そして地元の人達の方言も、去年と同じように素朴だ。自然も人間もみんな変わっていない。みんな同じままだ。それなのに子供の姿だけが減ってしまった。子供たちの活き活きした歓声だけが聞こえなくなってしまった。

 

返ってこい、返ってこい

子供達が外で遊べるような

普通の町

福島よ

返ってこい

 

 

 

やがて多くの親と先生方そして村や町役場の職員が立ち上がって、除染を始めた。まず最初に子供たちが通う幼稚園、小学校そして中学校のグランドの土、通学路の放射能除染を開始した。それから自分の家の庭、田畑、樹木、森林、そして里山の土を除染した。できるだけ多くの住民が参加して、自分達のふるさと、汚れてしまった福島の土をきれいに掃除し始めた。

  

 

米も野菜も

梨も桃も

猫も人間も

みんな、みんな

復活しようよ

 

 

10

 

 

毎年四月になると、私は原発の近くにある三春町へ行く。そして原っぱの中央にぽつんと咲いている「滝桜」という大きな、大きな桜の花を、ぼんやりと見上げる。薄紅色の枝垂れ桜は、名前の通り青空から流れ落ちる滝のように、華やかに咲いている。そして時々春の風になびく姿はただ華やかなだけではなくて、青空を背景にしてそよ風になびいているせいか、清々しく、爽やかである。私はただ花を眺めるだけではなくて、桜の木の下で、団子を食べたり、ビールを飲んだり、ベンチで居眠りをしながら、二,三時間のんびりと過ごす。そして来た時よりもなぜか元気になって、私は東京へ帰って行く。ところが今年の四月は、行かなかった。三月に起きたセシウム騒ぎに動揺し、こわくなって、私は行かなかった。だが来年の四月は必ず行く。行ってあの滝桜に会い、またぼんやり花を見上げたり、団子を食べたり、ビールを飲みながら、滝のような生命力をもらい、私も復活するのだ。そしてこれからも今までと同じように、毎年四月になったら三春町へ行き、滝桜に会って一年に一度だけ、たった二、三時間だけれど、いっしょにのんびり過ごすのだ。

 

 

 

大きな、大きな滝桜

みんなでよ

まーるく囲んでよ

賑やかな花見

またやんべえーよ

 

 

 

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 19:52

DSCF5040 - CopieMardi 8 mai 2012 : l’arrêt inopiné du réacteur 2 de Fessenheim, lors d’un exercice (essai « d’ilôtage ») semble encore inexpliqué par EDF. Pourtant, deux jours après cet évènement, l’unité de production a été recouplée au réseau électrique national.

Cet incident faisait suite à deux incendies qui se sont produits récemment dans la même unité de production, l’un le 24 janvier 2012 sur un groupe électrogène, l’autre le 25 avril  sur un matériel de refroidissement de l’alternateur en salle des machines.

 

Même si ces évènements sont considérés comme mineurs par l’exploitant, ils confirment que la centrale est vieille et que les inquiétudes de la population menacée par la possibilité d’un accident est légitime.

 

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte !

 

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

 

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire de Fessenheim. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

 

Si Fessenheim provoquait la pollution radioactive de Fukushima…

 

fessenheimv2fuku.jpg

 

…une partie de l’Alsace serait à évacuer. Le massif vosgien serait entièrement contaminé. De grandes villes comme Dijon, Lausanne, Genève, Belfort, Bâle, Besançon, seraient empoisonnées. Mais selon les vents dominants, la pollution traverserait la frontière pour arroser largement l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche (nuage grisé).

 

 

Si Fessenheim provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl…

 

fessenheimv2tcherno.jpg

 

… une grande partie de l’Alsace, dont la ville de Strasbourg, devrait être évacuée. Le département des Vosges également. La contamination s’étendrait jusque Nancy, Langres, Chaumont, Besançon, Dijon, Troyes. La situation serait catastrophique également pour l’Allemagne : Stuttgart, Heilbronn, Mannheim, Darmstadt, Wiesbaden et Frankfort seraient durement touchées. La contamination irait jusqu’à concerner Prague en République Tchèque.

 

Greenpeace propose une simulation pour un accident à la centrale de Fessenheim. Pour y accéder, cliquer sur l’image et tapez 68.

 

GPFessenheim.jpg

http://www.greenpeace.fr/nucleaire/ppi/

 

Selon l’engagement de campagne du président nouvellement élu en France, la centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne des installations françaises, devrait être fermée d’ici 2017.

 

 

 

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En savoir plus sur la centrale de Fessenheim

 

 

8 mai 2012 : Un réacteur de Fessenheim s’arrête durant un exercice (Libération)

http://www.liberation.fr/terre/2012/05/09/un-reacteur-de-fessenheim-s-arrete-durant-un-exercice_817532

 

Dossier sur Fessenheim (2009, Sortir du Nucléaire)

http://stopfessen.celeonet.fr/images//journal-fessenheim.pdf

 

Dossier sur Fessenheim (2011, EDF)

http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/Centrales/Fessenheim/Publications/documents/DP%20VD3%20unite%202%20Fessenheim.pdf

 

Article de juin 2011 sur le blog de Fukushima

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushifessenheim-77619739.html

 

Article Wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Fessenheim

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 21:56

japon-centrales-nucleairesCa y est, ce jour tant attendu par les Japonais est enfin arrivé : 5 mai 2012, tous les réacteurs nucléaires sont arrêtés ! Pour la première fois depuis 1970. Beaucoup célèbrent cette nuit au Japon.

 

 

Avant le 11 mars 2011, 54 réacteurs étaient en service. 14 mois plus tard, ils sont tous à l’arrêt. Certains parce qu’ils ont subi des avaries sérieuses dues au tremblement de terre, d’autres parce qu’ils arrivent dans une phase normale de maintenance, d’autres enfin parce que la population s’y oppose.

 

Le traumatisme de la catastrophe de Fukushima est tellement grand que le peuple japonais fait désormais pression sur les autorités locales pour ne jamais revivre ce cauchemar.

 

Maintenir la pression est encore nécessaire pour que ce jour ne soit pas qu’un mirage. Car le gouvernement entend bien continuer à produire de l’électricité nucléaire. Il a d’ores et déjà donné son accord pour la reprise d’exploitation de plusieurs réacteurs. Un bras de fer va donc s’engager entre la population et l’industrie atomique.

 

Pourtant, le combat antinucléaire a déjà gagné. Cette journée est historique car le Japon vient de démontrer clairement qu’il était possible de se passer de cette énergie destructrice. Le monde entier est maintenant au courant : il n’est pas besoin de revenir à la bougie quand on arrête le nucléaire !

 

Les pays qui persistent à vouloir utiliser cette énergie ou qui se lancent aveuglément dans le nucléaire devront-ils attendre d’avoir leur propre catastrophe pour comprendre ?

 

   

 

Aider le gouvernement japonais à prendre la bonne décision   

(cliquer sur l'image pour accéder à la pétition en ligne)

petition-avaaz.jpg

 

 

Demander une aide internationale d'urgence

Pétition  mise en place par 72 organisations japonaises et des personnalités comme le professeur KOIDE pour demander une intervention internationale d'urgence sous l'égide de l'ONU afin d'aider à stabiliser la piscine de désactivation du réacteur 4 de la centrale de Fukushima, une menace de tous les instants pour le Japon et pour la planète :

 

http://www.change.org/petitions/the-president-of-the-united-states-urgent-request-on-un-intervention-to-stabilize-the-fukushima-reactor-unit-4

 

 

En savoir plus :  

Le Japon arrête son dernier réacteur nucléaire (vidéo AFP)

 

afp.jpg

http://www.dailymotion.com/video/xqm7zu_le-japon-arrete-son-dernier-reacteur-nucleaire_news

 

 

"Setsuden", les mesures d'économie d'électricité au Japon (article de Janick Magne)

 

http://janickmagne.fr/wp-content/uploads/2012/03/SDN-52-MagneJ-Setsuden-%C3%A9conomies-d%C3%A9lectricit%C3%A9-au-Japon.pdf

 

 

 

Laurent Mabesoone s’exprime sur cet évènement dans un entretien réalisé par Dominique Balaÿ le 3 mai 2012 (l’entretien proprement dit commence vers 4 min 30 ; il porte aussi sur la contamination alimentaire).

 

http://varias.info/fukushima/carte/laurent-mabesoone/

 

 

 

« 5 mai 2012 : le dernier réacteur nucléaire au Japon éteint... le 5 mai, c'est aussi la fête des enfants ! » (article de Corinne N)

 

http://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/050512/5-mai-2012-le-dernier-reacteur-nucleaire-au-japo

 

 

 

« Le Japon a cessé, provisoirement, de produire de l'énergie nucléaire » (Le Monde)

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/05/le-japon-a-cesse-provisoirement-de-produire-de-l-energie-nucleaire_1696207_3244.html

 

 

 

« Sortie du nucléaire au Japon, un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France » (Politis)

 

http://www.politis.fr/Sortie-du-nucleaire-au-Japon-un,18216.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=facebook

 

 

 

« Faced with a summer without nukes » (Fukushima is still news)

 

http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-faced-with-a-summer-without-nukes-104650928.html

 

 

 

« Fukushima : démantèlement incertain et désastre économique garanti » (article de François Leclerc)

 

http://www.pauljorion.com/blog/?p=36619

 

 

 

 



 

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 00:40

independentwho[ Information from IndependentWHO ] 

 

Version française : ici

 

IndependentWHO is organising a « Scientific and Citizen Forum on Radioprotection : from Chernobyl to Fukushima » on May 12th 2012 in Geneva.

 

Why organize a scientific and citizen Forum?

 

The real health consequences of Chernobyl have been covered up. And a repeat cover up of the health consequences of Fukushima is well underway.

Subordinate since 1959 to the International Atomic Energy Agency – part of whose mandate is the promotion of peacefull use of the atom - the World Health Organization has fully participed in the cover up.

 

The " clean bill of health " that the WHO provides to all nuclear activities must be denounced and civil society must take matters into its own hands.

IndependentWHO has decided, therefore, to invite independent scientists, free or all conflict of interest, to participate in a Scientific and Citizen Forum so that serious, reliable information can be provided be to the public on radiocontamination and radioprotection.

 

The Forum will allow citizens, politicians, journalists, health professionals and Hippocratic Vigils to share information and experience and think about what they can do together to protect populations from radioactive pollution.

 

 

P R O G R A M M E

 

Saturday 12 may 2012 – 8.00 to 12.45 -

 

8.30 Welcome

9.00 Présentation – Chair : Marc MOLITOR

Opening adress by Rémy PAGANI (Switzerland)

Administrative Councillor of the City of Geneva

Introduction to the Forum

Paul ROULLAUD(France)Représentative, IndependentWHO

Why organize a scientific and citizen forum ?

Roland DESBORDES (France) Président, CRIIRAD

Citizen information : taking responsability.

Paul LANNOYE (Belgium) Scientist, Honorary Member of

European Parliament : Why have the risks of exposure to radioactivity

always been underestimated ?

9.50 Overview of the radiocontamination in Japan and the

Health consequences of Chernobyl

- Chair : André LARIVIÈRE

Alexei YABLOKOV (Russia) Environmental scientist ,

Adviser, Academy of Sciences :

The diversity of biomedical consequences of Chernobyl.

ShinzoKIMURA (Japan) Professor, University of

Hokkaido. Specialist in radioprotection.

Extent of contamination and first clinical symptoms following

the Fukushima catastrophe.

EisukeMATSUI (Japan) Director, Institute of Environmental

Medicine of Gifu, Specialist in respiratory illness.

Action taken by Japanese scientists and citizens concerned about

low-doses internal radiation exposure in Japan.

11.25 Radioprotection against internal contamination

- Chair : Wladimir TCHERTKOFF

Galina BANDAJEVSKAIA (Belarus) Pediatrician, cardiologist

Health status of children in Belarus since the accident at the

Chernobyl nuclear reactor.

Alexei NESTERENKO(Belarus) Director, Belrad Institute

Implementation of radioprotection for population at local level.

Radioecological atlas : human beings and ionizing radiation.

Vladimir BABENKO (Belarus) Assistant Director, Belrad

Institut : From Chernobyl to Fukushima... A practical guide to

radioprotection.

 

Saturday 12 may 2012 – 14.00 to 18.00 -

 

14.00 Management of the catastrophe by the autorities and its effects on

society. - Chair : Eric PEYTREMANN

Sophie FAUCONNIER (France) Practitioner, author of studies on the

impact of Chernobyl in Corsica

Health impact of the Chernobyl accident in Corsica : an independent

epidemiological study finally established.

Paul JOBIN (France) Professor of Sociology, specialised in Japan,

Research associate at the Center for Research on Contempory Issues in

Public Health (INSERM-EHESS)

Fukushima : radioprotection ou « radio-management » by autorities ?

Kolin KOBAYASHI (Japan) Journalist, correspondent, 'Days Japan'

Nuclear energy in Japan, from Hiroshima to Fukushima, and the

antinuclear movement

15.20 Civil society : Following Chernobyl and Fukushima, NGOs,

individuals citizens, politicians, doctors, scientists, andjournalists

take action.

- Chair : Marc MOLITOR

Youri BANDAJEVSKY (Belarus) Anatomopathologist,

Président, Center for Analysis and Coordination "Ecology and Health"

From the syndrome of chronic incorporation of long half- life radionuclides

to the creation of programs and radioprotection policies for populations

: - an example of an integrated model.

Aya MARUMORI and Wataru IWATA (Japan) Independent Laboratory

CRMS : Independent initiatives and activities following Fukushima

Michèle RIVASI (France) Member, European Parliament , co-founder

CRIIRAD.

What is Europe doing in the area of radioprotection ?

Miwa CHIWAKI (Japan) Representative,Association of Mothers from

Fukushima : Our struggle for survival continues.

Chris BUSBY (United Kingdom) Chimist, chemical physicist,

Secretary ECRR

Small area cancer epidemiology for the Citizen : some approaches.

Michel FERNEX (Switzerland) Professor Emeritus, Faculty of

Medicine, Basel, former consultant, WHO.

Fukushima : precious time has been lost.

Conclusion of the day

 

 

Accommodation

 

“Accommodation in Geneva and the surrounding area”

Do not hesitate to contact IndependentWHO for further information:

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 22:57

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de l’air

 

Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

projet1Evidemment, une simple bâche posée sur un ex-réacteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphérique. Aujourd’hui, pour l’unité 1 uniquement, cette couverture sert plutôt à stopper l’arrivée d’eau extérieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout à cacher le réacteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidéo de son explosion le 12 mars 2011 a été historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nucléaire exploser à la télévision. 25 ans de travail acharné de désinformation et de formatage des cerveaux anéantis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unité 3 a été pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et cassé à jamais l’image du nucléaire sans danger. C’est pourquoi la vidéo de l’explosion de l’unité 4 a été interdite de diffusion, verrouillée, censurée.

La couverture du bâtiment réacteur n°1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de la nappe phréatique

 

Par le choix du refroidissement à l’eau de réacteurs percés, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des Danaïdes : les hommes sont désormais condamnés à pomper et traiter de l’eau radioactive durant des décennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extérieure, Tepco a prévu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phréatique.

 

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Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

 

L’ancienne centrale électrique dévolue à Tokyo est désormais appelée à devenir une usine de retraitement des eaux usées éternelles de l’industrie nucléaire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durée indéterminée (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs

 

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminée, le terme de « liquidateur », donné à l’origine aux gens qui se sont sacrifiés pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

 

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de l’océan Pacifique

 

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. A l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

 

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(Source Tepco)

 

 

Travaux pour éviter un nouvel incendie de la piscine 4

 

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unité 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au réservoir de désactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est évaporée petit à petit jusqu’à laisser à l’air le haut des barres de combustible. C’est là que l’incendie a pu se déclarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, répandant leurs produits de fission directement dans l'atmosphère. L’incendie s’est arrêté vers midi. Mais un autre incendie a été signalé le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

En voici le projet fourni par Tepco :

 

1

 

2

 

(Pour en savoir plus sur ce projet, voir l’article de Trifouillax.)

 

 

Autres travaux à prévoir et coûts pharamineux

 

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut réaliser en priorité. Toutefois il est évident que le combustible des unités 1 et 3 devra être également transféré, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des décennies. Mais entretemps, il faudra résoudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient déjà plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplémentaire ?

 

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

 

Enfin, combien cela va-t-il coûter ?

Est-ce que le prix des conséquences des catastrophes nucléaires sera maintenant compris dans le coût du kW ?

Et qui va payer au final ?

 

On a déjà des éléments de réponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de démarrer. Coût total prévu pour un seul réacteur : 1,54 milliard d'euros.

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