24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 09:55

Le 9 octobre 2013

Texte de HORI Yasuo

traduit de l'espéranto par Paul Signoret

 

Mon autre crainte : le manque de main-d’œuvre

 

Les Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020, sont-ils une circonstance favorable au règlement du problème de l’eau polluée à Fukushima ? C’est là une question que je me pose souvent ces temps-ci.

En vue de ces Jeux, nous devrons construire un nombre important de vastes stades dans Tokyo, et il est nécessaire en outre de réaliser et de coordonner les infrastructures. Pour cela on a besoin de main-d’œuvre. Le Japon en dispose-t-il en quantité suffisante, à la fois pour la centrale sinistrée de Fukushima et pour la préparation des Jeux. Je n’en crois rien. Je crains au contraire que, par manque de force de travail disponible, le gouvernement ne puisse faire porter suffisamment son effort sur les réacteurs en détresse. De divers côtés nous viennent des informations au sujet de cette pénurie de main-d’œuvre.

 

TEPCO a donné 100 000 yens à ses employés

 

Le 20 juillet, un article sur ce thème a paru dans toute la presse. Le journal Fukuŝima-Minpoo en autres écrivait :

« En 2011 et 2012, 1 177 personnes ont quitté TEPCO, au nombre desquels 40% étaient des administratifs. Entre avril et juin 2013 déjà, 109 personnes ont démissionné. TEPCO entend stopper la tendance par cette augmentation provisoire de salaire. Le président de TEPCO, M. Hirose déclare : « Je veux que, dans ces temps difficiles, les administratifs fournissent davantage d’efforts, mais jusqu’ici nous n’avons pas pu compenser leur surcroît de travail. Cette somme de 100 000 yens (1000 euros) est certes modeste, mais je souhaite ainsi envoyer un message à ceux à qui elle est destinée. »

Dans le même journal, en date du 1er août, on pouvait lire : « Les uns après les autres, les gens démissionnent de TEPCO en raison de l’évolution radicale de la compagnie. En 2011, 465 employés sont partis et en 2012, 712. Un des dirigeants de TEPCO dit que le départ de fonctionnaires et d’ouvriers capables est porteur de crise, mais que la réforme de TEPCO ne peut être arrêtée

 

Je veux travailler jusqu’au démantèlement des réacteurs, mais…

(un homme de 29 ans, de Fukuŝima)

 

Après l’accident nucléaire à Fukushima, je suis revenu aussitôt à la centrale. Je savais ma mort possible, mais jamais je n’ai songé à quitter le lieu de l’accident, car j’avais longtemps travaillé là. Au début, je me suis dépensé avec tant d’ardeur que je ne pensais jamais à l’irradiation. Beaucoup partaient à cause du travail trop dur, mais moi je le faisais volontiers, jusqu’au jour où j’ai su que j’avais reçu des doses de radiations équivalentes à plusieurs années d’exposition. Et j’ai dû, moi aussi, partir. Ce n’est qu’au début qu’on nous a encensés, mais plus tard on nous a rejetés. Quand je tomberai malade, personne ne se souciera de moi. Je voulais travailler pour la Centrale, mais à présent j’ai baissé les bras.

(paru dans le journal Fukushima-Minpo du 25 juin 2013)

 

Un travail extrêmement éprouvant

 

3 000 personnes travaillent chaque jour dans la centrale nucléaire n°1 de Fukushima. TEPCO a programmé le retrait des combustibles dans les réacteurs n° 1, 2 et 3 à partir de 2020. Pour effectuer ce travail, en 2013 TEPCO a besoin de 500 personnes, mais en 2014 il en faudra 4 600, et 8000 en 2015. Pour les tâches complexes, il lui faudra des ouvriers expérimentés.

Or dans les centrales nucléaires, les membres du personnel, pour pouvoir continuer à travailler, ne doivent recevoir dans l’année qu’une irradiation maximum de 50 millisieverts, et de 100 millisieverts pour cinq ans. Ils reçoivent d’autant plus de radiations qu’ils travaillent plus longtemps. Il en résulte que les travailleurs expérimentés et efficaces s’en vont et sont remplacés par des nouveaux, inexpérimentés. Ces nouveaux pourront-t-ils assumer convenablement leur tâche ? TEPCO affirme avoir assez de main-d’œuvre.

Le travail dans la centrale est éprouvant. Beaucoup se plaignent d’un salaire trop bas. Pour la décontamination des sols et des habitations les travailleurs reçoivent un salaire spécial, ce qui n’est pas le cas de ceux de la centrale. C’est la raison pour laquelle les gens préfèrent travailler dans les villes plutôt qu’à la centrale.

(paru dans le journal Fukushima-Minpoo du 10 septembre 2013)

 

Accès au cœur du réacteur (photo de la collection de M. Higutshi Kenji) : Aux alentours du cœur du réacteur règne une très intense radioactivité ; les ouvriers ne peuvent y travailler plus de quelques minutes ; c’est pourquoi d’autres attendent à côté pour les remplacer, mais une rotation trop rapide des intervenants gêne le bon déroulement du travail. Il arrive donc que des ouvriers ne tiennent pas compte de l’alarme de leur dosimètre ou travaillent sans l’avoir sur eux.

Accès au cœur du réacteur (photo de la collection de M. Higutshi Kenji) : Aux alentours du cœur du réacteur règne une très intense radioactivité ; les ouvriers ne peuvent y travailler plus de quelques minutes ; c’est pourquoi d’autres attendent à côté pour les remplacer, mais une rotation trop rapide des intervenants gêne le bon déroulement du travail. Il arrive donc que des ouvriers ne tiennent pas compte de l’alarme de leur dosimètre ou travaillent sans l’avoir sur eux.

TEPCO perd sa main-d’oeuvre

Dans la centrale nucléaire de Fukushima, des fonctionnaires de TEPCO planifient le travail et des ouvriers de compagnies sous-traitantes accomplissent les tâches attribuées. Un membre de l’une de ces compagnies sous-traitantes dit : « Les fonctionnaires capables de bien comprendre la situation à l’intérieur de la centrale se font rares. Si leur capacité à diriger les choses diminue, divers problèmes vont se poser dans les chantiers. »

L’un des dirigeants d’une compagnie collaboratrice de TEPCO avoue : « Nous recrutons des ouvriers pour travailler dans la centrale, mais presque personne ne se présente. Les gens vont s’embaucher pour la décontamination dans les villes, ce qui offre moins de danger. »

On prévoit que, lors du démarrage des travaux de construction en vue des Jeux, des gens partiront de Fukushima, et le recrutement se fera plus difficile.

Mais le ministre de l’économie et de l’industrie est optimiste : « Nous n’entendons jamais dire que l’embauche de travailleurs est difficile, ni que ce problème gêne les travaux de réparation. »

(paru dans le journal Fukushima-Minpoo du 25 septembre 2013)

 

Les travaux de démantèlement des réacteurs occuperont les quarante prochaines années. Et non seulement les réacteurs de Fukushima, mais également ceux situés ailleurs seront mis au rebut en raison de leur caducité, ce qui nécessitera une plus grande quantité de main-d’œuvre. De plus, il y aura les Jeux Olympiques. De surcroît, le premier ministre Abe a lancé un projet grandiose, le “Projet de renforcement du pays”, autrement dit un plan de constructions en béton partout dans le Japon. Et enfin, la population du pays diminue : le nombre de personnes âgées s’accroît, celui d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes s’amenuise. Si le Japon gagne en prospérité grâce à l’Abéconomie (mot-valise formé du nom du premier ministre et de ‘économie’), il y aura d’autant moins de pauvres et donc d’autant moins de gens prêts à travailler dans ces chantiers dangereux.

Je crains que le Japon ne devienne un cimetière de réacteurs nucléaires, désormais inhabitable. Vision terrifiante, mais qui ne cesse de m’obséder.

 

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Publié par Ginette MARTIN - dans Textes de HORI Yasuo
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 22:36
David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Dans cet exposé, David Lochbaum détaille les divers risques, connus mais sciemment ignorés par l'exploitant et l'autorité de régulation, qui ont menés à la tragédie de mars 2011 à Fukushima.

[Cet article fait partie de la série de publications en version française d’exposés présentés en mars 2013 au symposium de New York « Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima ». Avec le blog de Kna, le blog de Fukushima participe à la diffusion de ces textes de manière régulière. Merci infiniment aux traducteurs qui se sont investis dans ce grand projet. ]

 

_______________________

 

Symposium de New York, 11 mars 2013

Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima

 

 

Une autre surprise sans surprise
 


par David Lochbaum

directeur du Projet de Sureté Nucléaire, Union of Concerned Scientists (UCS)

 

Aujourd'hui, c'est le deuxième anniversaire de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Un tremblement de terre et son tsunami ont engendré la paralysie de la centrale et provoqué la fusion du cœur de trois réacteurs. La catastrophe a forcé des dizaines de milliers de personnes à être évacuées de leurs maisons et a coûté des dizaines de milliards de dollars.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Était-ce "choc et effroi", une tragique surprise qui n'aurait pas pu être prévue et évitée ?

Non, c'était "zut alors", des situations qui avaient été clairement prévues, mais tragiquement laissées non corrigées.

La catastrophe a commencé par un séisme de magnitude 9 sur l'échelle de Richter. Une épreuve sans surprises : Fukushima a été conçue pour résister à de violents séismes. Des documents disponibles suggèrent que les systèmes de sécurité de la centrale ont en grande partie survécu à la secousse et refroidissaient les cœurs des réacteurs comme prévu.

Mais le tremblement de terre a largement endommagé le réseau électrique. Les réacteurs nucléaires en fonctionnement fournissent l'électricité au réseau. Les réacteurs nucléaires à l'arrêt, comme les six unités de Fukushima après le séisme, nécessitent l'électricité du réseau pour les pompes, les ventilateurs, les lumières, les contrôles et les autres équipements utilisés pour refroidir les cœurs des réacteurs. On savait depuis longtemps que le réseau n'était pas protégé contre les séismes graves et qu'il pouvait tomber en panne.


En prévision d'une perte du réseau, les travailleurs avaient installé plus d'une douzaine de groupes électrogènes diesel à Fukushima. Un générateur diesel par réacteur peut alimenter les équipements nécessaires pour refroidir le cœur, le reste fournit une sécurité supplémentaire. Lorsque le tremblement de terre a coupé l'alimentation normale, ces générateurs diesel ont démarré automatiquement et ont fourni l'alimentation de secours.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Le tremblement de terre a non seulement coupé les alimentations normales, mais il a également déclenché une série de tsunamis. En prévision de tsunamis pouvant un jour frapper la façade océanique de la centrale, les travailleurs avaient érigé une digue de près de 15 pieds [~ 4,5 m] de haut le long de la côte. Mais le tsunami qui a frappé Fukushima faisait près de 45 pieds de haut. [~ 14 m]

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Des années plus tôt, des chercheurs japonais avaient prévu des risques de tsunami allant jusqu'à 45 pieds [~ 14 m] de haut sur le site. Mais le propriétaire de la centrale et l'autorité de régulation ont rejeté cet avertissement au motif qu'il était trop hypothétique et sans fondement. Aucun changement n'a été apporté aux mesures de protection de Fukushima contre les inondations.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Pour les trois réacteurs en fonctionnement à l'époque, les générateurs diesel étaient situés dans les sous-sols des bâtiments turbines - les bâtiments les plus proches du front de mer. Les eaux du tsunami à peine entravées par la digue ont inondé le site et se sont déversées dans les bâtiments turbines à travers les portes et les volets de ventilation. Les générateurs diesel ont cessé de fonctionner dès que l'eau les a submergés.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Tous les générateurs diesel étaient situés dans les sous-sols. Cet emplacement offre une plus grande protection contre les dommages causés par les tremblements de terre, mais il offre une protection moindre contre les inondations. La constance peut être une qualité surestimée. Savoir s’en défaire augmente les chances d'avoir raison. En d'autres termes, la diversité est une alliée. Si quelques-uns des générateurs diesel avaient été situés plus en hauteur et d'autres plus bas, il aurait alors été plus difficile au tsunami de les détruire tous. Mais l'entreprise a mis tous ses œufs dans le même panier trempé.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Pour faire face à une panne touchant à la fois le réseau électrique et les générateurs diesel, les travailleurs avaient installé des bancs de batteries d'une capacité suffisante pour alimenter le système de refroidissement du réacteur de chaque unité pendant un maximum de huit heures. Mais certaines de ces alternatives aux systèmes d'alimentation de secours étaient également situées dans les sous-sols et elles ont également été endommagées par les eaux du tsunami. Les batteries ayant survécu aux inondations n'ont pas tenu les nombreux jours qui ont été nécessaires aux intervenants pour restaurer les connexions au réseau électrique et réparer les générateurs diesel.

En prévision de défaillances multiples des systèmes, les travailleurs avaient mis au point des procédures pour le raccordement de pompes diesel installées sur des camions de pompiers à des tuyaux qui pourraient fournir de l'eau de refroidissement d'appoint aux réacteurs. Mais la pression produite par les pompes de ces camions de pompiers n’était qu’un quart de la pression normale à l'intérieur des cuves des réacteurs. En d'autres termes, les camions de pompiers étaient inutiles, s’il n’était pas possible de réduire la pression à l'intérieur des cuves de réacteurs.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

En prévision de la nécessité d'abaisser la pression dans la cuve du réacteur, les travailleurs avaient installé des vannes capables de dépressuriser la cuve du réacteur dans l'enceinte de confinement, puis d'évacuer la pression de l'enceinte de confinement dans l'atmosphère. Mais ces vannes avaient besoin d'une alimentation électrique pour s'ouvrir.

 

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Par une ironie cruelle, trois cœurs de réacteurs de Fukushima se sont retrouvés face à une menace de surchauffe après que les vagues de l'océan ont inondé et désactivé les alimentations des deuxième et troisième moyens de refroidissement. La perte du courant a également empêché les ouvriers d'utiliser le quatrième moyen de refroidissement. Construits littéralement à un jet de pierre de l'océan Pacifique - une réserve d’eau gigantesque - trois cœurs de réacteurs ont fondu par manque d'eau.

En prévision qu'un jour les cœurs des réacteurs puissent surchauffer et fondre, produisant de grandes quantités d’hydrogène durant ce processus, les travailleurs avaient installé des systèmes pour purger l'air à l'intérieur des enceintes de confinement et le remplacer par de l'azote avant que les réacteurs ne commencent à fonctionner. En cas d'accident, l'hydrogène se serait mélangé avec le gaz inerte qu'est l'azote et n'aurait pas pu exploser à cause de l'absence d'oxygène. Mais l'accident a fait monter la pression à l'intérieur du bâtiment de confinement. Un excès de pression peut provoquer des fuites d'hydrogène (et de radioactivité) hors de l'enceinte de confinement. Et cela peut mettre en défaut le confinement, donc permettre à l'oxygène de pénétrer dans l'enceinte de confinement et se mélanger avec l'hydrogène.

Pour pouvoir contrôler la pression à l'intérieur de l'enceinte de confinement, les employés avaient installé trois systèmes en apparence diversifiés. Le premier système faisait passer les gaz du confinement le long de tubes métalliques remplis d'eau froide, un peu comme un radiateur refroidit un moteur de voiture. Le second système pulvérisait de l'eau par des gicleurs genre station de lavage de véhicules, montés sur les parois supérieures de l'enceinte de confinement pour refroidir l'atmosphère confinée. Le troisième était simplement d'ouvrir des vannes pour évacuer les gaz de l'enceinte de confinement directement dans l'atmosphère extérieure et réduire ainsi la pression. Mais ces trois systèmes différents avaient un point commun : ils avaient tous besoin de courant électrique pour fonctionner. Et sans électricité, ils se sont avérés aussi utiles qu'un cautère sur une jambe de bois.

L'hydrogène s'est échappé des enceintes de confinement dans les bâtiments des réacteurs les entourant. Les travailleurs avaient installé à l'intérieur des confinements des instruments donnant les concentrations en oxygène et en hydrogène. Ces instruments permettent aux employés de contrôler la concentration en oxygène pendant le fonctionnement normal et d'ajouter de l'azote lorsque c'est nécessaire pour maintenir inerte l'atmosphère de l'enceinte, surveiller la concentration d'hydrogène dans des conditions accidentelles et évacuer le gaz avant qu'il ne puisse exploser. Mais l'hydrogène n'était pas supposé pouvoir entrer dans le bâtiment du réacteur, donc aucun instrument de contrôle n'y était installé. Même si des instruments de surveillance de la concentration d'hydrogène avaient été installés dans le bâtiment du réacteur, la panne d'alimentation électrique aurait juste fourni aux employés une autre jauge inutile à regarder. Les ouvriers ont appris que l'hydrogène avait pénétré dans les bâtiments des réacteurs lorsque ceux-ci ont explosé les uns après les autres, comme des dominos nucléaires.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise
David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise
David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Avec toutes ces prévisions, la seule chose surprenante dans la catastrophe de Fukushima, c’est qu’on puisse en avoir été surpris. Les signes avant-coureurs étaient tous là. Il suffisait d’en tenir compte au lieu de les ignorer.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

La fusion des trois réacteurs a forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs maisons et leurs biens. Le Centre pour la Recherche Économique du Japon a récemment estimé que cette catastrophe nucléaire pourrait coûter entre 71 et 250 milliards de dollars, dont 54 milliards pour acheter la totalité des terrains contaminés dans la zone des 20 kilomètres et 8 milliards pour indemniser les habitants.

Même si la facture finale reste en fin de compte à l'extrémité inférieure de la fourchette, ce coût demeure beaucoup plus élevé que si on avait investi dans la sécurité par le passé.

Si le réseau électrique avait été renforcé pour résister à un fort tremblement de terre, le fait de continuer à disposer du courant aurait donné aux employés de nombreuses options pour refroidir le cœur des réacteurs.

Si la digue avait été élevée à la hauteur nécessaire pour résister aux tsunamis prévus, le fait de continuer à disposer des alimentations électriques de secours aurait permis aux travailleurs de disposer de nombreuses options pour refroidir le cœur des réacteurs.

Si les générateurs diesel et les moyens de distribution électrique associées avaient tous été situés à des hauteurs différentes, plus haut ou plus bas, la disponibilité probable de certaines de ces sources d'électricité de secours aurait donné aux ouvriers suffisamment d’options pour refroidir le cœur des réacteurs.

Si les batteries d'accumulateurs avaient été dimensionnées pour durer des jours plutôt que des heures, le fait de continuer à disposer d’électricité de secours aurait donné une chance aux ouvriers de refroidir le cœur des réacteurs.

Si on avait donné aux travailleurs un plan d'action viable à suivre une fois les batteries épuisées, ils auraient conservé une chance de refroidir le cœur des réacteurs.

Le coût de toutes ces mesures, si elles avaient été prises, aurait peut-être dépassé 71 milliards de dollars. L'élément le plus coûteux de cette liste est de protéger un réseau étendu contre de graves tremblements de terre. Son coût à lui seul aurait pu approcher, voire dépasser 71 milliards de dollars.

David Lochbaum - Une autre surprise sans surprise

Mais il n'aurait pas été nécessaire d'investir dans toutes ces mesures de sécurité, ni même dans la plus chère d'entre elles. Si une seule, même la moins chère, de ces mesures de sécurité avait été prise, nous n'en serions pas là. On ne fait pas de colloque sur les catastrophes qui ont pu être évitées.

Si une digue plus haute avait été érigée sur le site, aucune des autres mesures de sécurité n'aurait été nécessaire pour éviter la catastrophe de Fukushima. Le tremblement de terre aurait quand même coupé la source normale de courant de la centrale, mais les générateurs diesel n'auraient pas eux aussi été perdus. Ils auraient pu alimenter les équipements indispensables jusqu'à ce que les connexions au réseau électrique soient restaurées. À moins d’être en or, une digue de 50 pieds de haut (± 15m) aurait coûté beaucoup moins que 71 milliards de dollars.

 

 

Si chaque réacteur de Fukushima avait été construit avec un générateur diesel au sous-sol et le second placé en hauteur, une digue plus élevée n'aurait pas été nécessaire. Même si le séisme avait coupé la source d'énergie normale et l'eau du tsunami détruit la moitié des alimentations de secours, certains des générateurs diesel auraient survécu. La relocalisation de certains des générateurs diesel après la construction de la centrale, ou l'installation de générateurs diesel supplémentaires, aurait coûté moins de 71 milliards de dollars.

Si chaque réacteur de Fukushima avait été équipé de moyens de réduire la pression à l'intérieur de la cuve du réacteur lors d'un épisode de perte d'alimentation générale, la catastrophe aurait pu être évitée. Le tremblement de terre et le tsunami auraient tout de même emporté les sources d'énergie normales et les alimentations de secours. Des jeux de batteries indépendants et des bouteilles d'air comprimé pour une poignée de vannes auraient permis aux travailleurs de réduire la pression dans la cuve du réacteur à un niveau où les pompes diesel des camions de pompiers auraient pu facilement fournir l’eau de refroidissement de secours. Le coût de ces mesures aurait été une toute petite fraction de ces 71 milliards de dollars.

Tous les dangers qui ont concouru à la catastrophe de Fukushima avaient été anticipés depuis des années et dans beaucoup de cas, il existait des solutions relativement peu coûteuses. Ce n’est pas comme si on avait été surpris par un danger imprévu. Au contraire, la chose surprenante, c’est qu’on ait pu être victime de risques prévus.

Les accidents graves comme celui de Fukushima continuent d'arriver parce que les propriétaires des centrales nucléaires et leurs régulateurs continuent de prétendre que les accidents graves ne se produiront pas. Prétendre est à la protection ce que deviner est à la connaissance.

Nous avons la capacité de protéger plutôt que de faire semblant. Les centrales nucléaires peuvent être construites et exploitées pour résister à tous les risques prévisibles. Et cette capacité ne dépend que de notre volonté de le faire.

Lorsque les chercheurs ont conclu que le site de Fukushima pourrait connaître un tsunami supérieur à la hauteur de sa digue de protection, son propriétaire et le régulateur ont accepté ce défaut parce qu’ils avaient le sentiment qu’il y avait peu de chances qu'une vague d'une telle hauteur ne survienne. Plutôt que de simplement prétendre que les tsunamis de plus de 15 pieds (± 4,5m) de haut ne peuvent pas se produire, ils auraient dû estimer les conséquences d'une vague plus haute que la digue. Cela les aurait amenés à déménager les équipements existants ou à installer du matériel supplémentaire au-dessus du niveau d’inondation pour qu'ils puissent survivre et assurer le refroidissement des réacteurs. Ou bien, si le coût de ces améliorations s'était révélé excessif, ils auraient pu investir dans une digue plus haute, ce qui aurait coûté moins cher pour fournir la protection nécessaire.

Lorsque les concepteurs ont installé des batteries d'accumulateurs disposant de seulement huit heures de capacité, ils ont fondé cette limite sur le risque, perçu comme faible, qu’une coupure de courant puisse durer plus longtemps. Plutôt que de gentiment prétendre que les pannes d'électricité seraient de courte durée, ils auraient dû examiner les conséquences de pannes plus longues. Cela les aurait amenés à ajouter des bancs de batteries pour disposer de plus de capacité. Ou si cette mise à niveau coûtait trop cher, ils auraient pu investir dans des jeux de batteries et des bouteilles d'air comprimé nécessaires aux travailleurs pour réduire la pression dans la cuve de réacteur, afin de pouvoir utiliser les pompes diesel des camions de pompiers.

Ces exemples illustrent le processus à suivre dès qu'on accepte un niveau de protection inférieur aux risques prévisibles. Les niveaux de protection inférieurs comptent sur la chance que de plus grands dangers ne surviennent jamais. Quand la chance tourne, il est impératif que l'on puisse s'appuyer sur la compétence.

Les propriétaires de centrales et les régulateurs peuvent vouloir considérer la mise en place d'un niveau de protection inférieur à un niveau de risque prévu quand ils évaluent formellement comment la centrale ferait face à un danger plus grand. Quand cette évaluation démontre qu'une contre-mesure solide et fiable est disponible, le niveau de protection réduit peut très bien se justifier. Mais lorsque cette évaluation repose sur l’espoir de miracles et sur la chance, d'autres solutions doivent être envisagées.

Une autre façon de justifier des schémas de protection fixés plus bas que les niveaux de risque attendus est de répondre à la question "et si". Par exemple, si on considère qu'un mur contre les inondations de x pieds de haut est acceptable, il faut répondre à la question "et si une inondation de x pieds +1 de haut se produit vraiment ?" Si la réponse est qu’il faut augmenter la hauteur de la digue ou mettre en œuvre d'autres parades, alors ces mesures de prudence doivent être prises maintenant. Par contre, si la réponse implique qu'aucune précaution supplémentaire n'est à prendre, alors un mur contre les inondations de x pieds de haut peut être justifié.

Pour mieux illustrer cette distinction, imaginez un instant que les dommages de Fukushima aient été provoqués par un impact d'astéroïde plutôt que par un tremblement de terre et le tsunami associé. Il est peu probable qu’on déciderait de monter des boucliers anti-astéroïdes autour des centrales nucléaires au Japon ou ailleurs. La réponse à cette question "et si" implique de petits changements sur le site des centrales et plus probablement une détection plus précoce des astéroïdes à venir.

De quelle manière Fukushima a-t-il impacté la sécurité nucléaire aux États-Unis ? Certains affirment que "ça ne peut pas arriver ici." Si le "ça" fait référence à la fin du statu quo de proclamations vides par lesquelles la Commission de Régulation du Nucléaire entend protéger le public des accidents graves des réacteurs, alors ils ont raison. Si leur "ça" se réfère à des accidents graves, alors ils ont tort.

Le public sera mieux servi lorsque les propriétaires de centrales et leurs régulateurs le protégeront réellement des accidents graves de leurs réacteurs, au lieu de prétendre qu'ils ne peuvent pas se produire. Les accidents graves des réacteurs doivent être maîtrisés avec courage plutôt que par déclaration péremptoire. Pour paraphraser la troisième loi de Newton sur le mouvement, pour chaque risque on doit avoir une protection égale et correspondante. Un système de protection acceptable doit résister seul au risque correspondant, ou en combinaison avec d'autres mesures de protection lorsque le niveau du risque dépasse celui de la protection.

Une caractéristique de la sûreté nucléaire est la prise de mesures de défense en profondeur : Une source d'énergie électrique normale et une de secours pour les composants de refroidissement du cœur, de multiples méthodes de contrôle de la pression à l'intérieur de l'enceinte de confinement, etc. Mais lésiner sur l'une ou l'autre de ces mesures, c'est la porte ouverte à une catastrophe emportant à elle seule toutes les barrières, quel qu'en soit le nombre,

Si Fukushima avait visé plus haut pour une seule - une seule - de ces mesures, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Plus important encore, des dizaines de milliers de personnes innocentes seraient aujourd'hui dans leurs maisons, avec leurs affaires, et pourraient continuer à vivre normalement. Pour eux, comme pour les éventuelles victimes innocentes de demain, nous devons tout simplement faire un meilleur travail de protection contre les accidents nucléaires graves.

 

Transcription anglaise par Afaz

Traduction par Mimi Mato

Relecture par Odile Gérard et Kna

 

Article de Kna sur son blog

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Publié par Pierre Fetet - dans Symposium de New York
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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 10:44
Fukushima : l’AIEA autorise la vie en zone contaminée

Avertissement : attention aux lecteurs sensibles, la lecture de cet article peut provoquer des nausées.

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(Illustration : Juan Carlos Lentijo, chef de la mission AIEA chargée d'enquêter sur la décontamination à Fukushima et sur les mesures de protection des habitants de la région. Source : Reuters)

Selon le communiqué de presse de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) du 21 octobre 2013, les Japonais peuvent se faire contaminer en toute tranquillité à 20 mSv/an.

 

Et pour qu’il n’y ait pas de contestation, elle implique directement les organisations qui auraient pu prétendre le contraire : la CIPR (Commission internationale de la protection radiologique), l’UNSCEAR (Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements ionisants et l'OMS (Organisation mondiale de la Santé).

 

Bien sûr, on n’attendra pas de réactions outrées de ces organisations qui sont soumises au bon vouloir de l’industrie nucléaire.

 

Les 16 personnes faisant partie de cette mission AIEA à Fukushima ont eu cette conclusion géniale : recommander aux habitants de porter des dosimètres pour qu’ils gèrent eux-mêmes leur empoisonnement.

 

La catastrophe de Fukushima aura donc eu comme effet :

 

1. l’autorisation de l’industrie nucléaire à rejeter en continu 300 m3 d’eau hautement radioactive par jour dans l’océan Pacifique pour une durée illimitée,

 

2. l’autorisation pour la population de se faire irradier à 20 mSv/an, c’est-à-dire de vivre normalement avec sa famille, ses enfants, dans un endroit aussi risqué qu’une « zone contrôlée » d’une centrale nucléaire.

 

Pour mémoire, les territoires contaminés de Tchernobyl ont été évacués à partir de 5 mSv/an. Et dans les territoires contaminés où on a laissé vivre la population, trois quart des enfants ne sont plus en bonne santé.

 

Ecœurant…

 

Pierre Fetet

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 00:29

Paroles de Takashi Hirose, journaliste et ancien ingénieur, dans le film documentaire AU-DELA DU NUAGE °Yonaoshi 3.11 霧の向こう de Keïko Courdy (2013).

Takashi Hirose : « J’appelle ce pays une nation criminelle »

« Les gens ont reçu un choc avec l’accident.

Puis petit à petit, tout le monde a commencé à avoir peur.

Mais c’était une bonne chose, une bonne peur.

Ils ont compris que l’on ne pouvait plus faire confiance.

Malheureusement, l’homme est entouré chaque jour de milliers d’informations.

Cela lui fait oublier les plus terribles évènements.

On vit cette situation aujourd’hui.

 

En ce moment-même, sous Fukushima, de la matière radioactive est en train de s’échapper.

Elle va dans les sous-sols, dans la mer, puis elle ressort sans l’atmosphère.

Ce genre de chose n’apparaît pas dans les nouvelles.

Alors tout le monde l’oublie.

Si cela apparaissait tous les jours aux informations, les Japonais ne pourraient pas l’ignorer.

Mais on passe toute sorte d’autres choses.

Je pense que la plus grande faute revient aux médias.

Ils ont construit cette situation.

Rien n’a changé depuis l’accident.

Les accidents se produisent parce que les médias ne prennent pas le problème au sérieux.

Et même après l’accident, s’ils en parlaient un peu au début, maintenant ils n’en parlent qu’au compte-goutte.

 

Le problème de la contamination, c’est que l’on ne peut que la mesurer, dans les choses, dans la terre, dans le sol.

Beaucoup de monde aujourd’hui possède un compteur Geiger, mais cela ne mesure que ce qui circule dans l’air, cela ne mesure que les rayons gamma.

En fait, lorsqu’on recherche la composition de la radioactivité sortie des réacteurs et sa dispersion, on ne trouve pas tout.

L’intérieur des réacteurs faisait presque 5000 degrés.

C’était une température plus que monumentale.

Et l’uranium et le plutonium sont sortis sous forme de gaz.

Je peux trouver cela d’après mes calculs, mais cela ne ressort pas dans les compteurs Geiger, tout comme les rayons alpha ou bêta.

 

Personne ne mesure non plus le strontium.

Le strontium est le plus effrayant.

Il se fixe dans les os et provoque des leucémies.

C’est particulièrement dangereux pour les enfants en pleine croissance qui sont exposés aujourd’hui.

Pour les enfants qui habitent dans des lieux contaminés comme Fukushima, il faut organiser immédiatement une évacuation.

Mais quand on n’a pas d’argent, on ne peut pas fuir.

Même si les gens de Fukushima voulaient fuir, ils ne le pourraient pas pour des raisons économiques.

 

Maintenant nous devons agir pour que la société Tepco qui a provoqué l’accident donne des indemnités, de l’argent, pour que les gens puissent partir s’ils le veulent.

Le pays doit d’abord faire évacuer les enfants en groupe de la préfecture de Fukushima, plutôt que de les laisser fuir chacun de leur côté.

Les enfants veulent pouvoir rester avec leurs amis d’école.

On doit faire cela en groupe.

C’est possible.

Avant que le Japon ne perde la guerre, on avait organisé des évacuations de groupe.

On faisait fuir les enfants des zones dangereuses en les amenant dans les montagnes.

C’est quelque chose qui devrait être fait maintenant.

 

Mais le pays ne fait absolument rien.

Pour cette raison, j’appelle ce pays une nation criminelle.

Si on ne fait rien, il va arriver des choses terribles aux enfants.

Je suis inquiet. »


Takashi Hirose

(sous-titres en français à activer)

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 13:14
Fukushima : dysfonctionnement olympique

Cet article est paru le 11 octobre 2013 sous le titre original « Fukushima; Dysfunction Olympics ». Sa traduction est publiée avec l’autorisation du site SimplyInfo.

Traduction : Phil Ansois

Les travailleurs sont stressés, personne n’est tenu de rendre des comptes, les solutions restent hors de portée et les Jeux Olympiques surgissent comme une sorte de distraction. Au Japon rien ne semble fonctionner correctement.

 

Quelques travailleurs ont parlé au journal Le Monde à propos de leur situation sur le site. Ils ont parlé de leur isolement, des bas salaires et des mauvaises conditions de travail. Ils ont dit que beaucoup de travailleurs manquent complètement de formation et ne sont même pas familiarisés aux outils qu’ils doivent utiliser. Les équipements donnés aux travailleurs sont souvent anciens, car les sous-traitants ne veulent pas gaspiller de l’argent pour un équipement qui sera abandonné sur le site à cause de la contamination. Le président de TEPCO a admis cette semaine que les travailleurs travaillent trop, en faisant de longues journées et que le site manque de personnel. Les travailleurs disent qu’ils ne veulent plus travailler à Fukushima. Les bas salaires et la stigmatisation culturelle ambiante à propos de l’industrie nucléaire contribue à la chute du nombre de travailleurs. Ils citent aussi la construction des installations olympiques à Tokyo comme un attracteur potentiel des travailleurs hors du site nucléaire.

 

Des citoyens ont pris à Tokyo des mesures des radiations autour de nombreux endroits destinés aux Jeux Olympiques. Ils  ont trouvé des niveaux significatifs de contamination radioactive sur un certain nombre de sites olympiques. Le gouvernement a immédiatement complètement nié cette contamination comme si elle n’existait pas.  Ceci semble être la politique officielle du gouvernement, qui est soucieux de la sécurité des invités aux Jeux Olympiques.

 

La NRA [Nuclear Regulation Authority] japonaise a brillé par son bon sens cette semaine. Le responsable,  Shunichi Tanaka, a dit que les inspections en vue d’un possible redémarrage des réacteurs à Kashiwazaki Kariwa seront postposés jusqu’à ce que changent et les compétences et les capacités de TEPCO à traiter le foutoir de Fukushima Daïchi.
Maintenant la NRA annonce ouvertement son intention de mettre en veilleuse l’inspection de Kashiwazaki Kariwa. Comme le redémarrage de ces réacteurs était un élément clé du plan de réhabilitation de TEPCO par le gouvernement, ceci pourrait impacter les cours des actions de TEPCO et la volonté des banques de prêter de l’argent à TEPCO. Il y a aussi des discussions au Japon à propos du démantèlement de TEPCO ou de sa scission en deux sociétés.

 

Robert Jacobs, professeur associé à l’Institut de la Paix d’Hiroshima et membre de SimplyInfo.org, a parlé sur  RT et sur ABC Australia des énormes défis qui s’annoncent pour le Japon. Il a explicités les énormes risques que présente le site nucléaire si la situation reste sans solution, et la « nouvelle normalité » imposée aux habitants du Japon.

 

Les plus grand défis restent sans solution ou sont simplement ignorés par le gouvernement. Ceci commence à causer une paralysie majeure de l’Etat. Les personnes évacuées ne peuvent ni revenir chez elles ni obtenir une aide de relogement pour redémarrer leur vie. Les défis sur le site nucléaire demeurent sans solution.

Le Japon a fait un appel à l’aide internationale. Ceci peut amener quelques nouvelles tactiques de résolution de problème qui seront utiles pour tenter de traiter la triple fusion de cœurs et la pagaille créée ensuite par TEPCO.
Aucun pays ne détient une solution éprouvée pour résoudre ces problèmes.
Ni les gouvernements, ni le grand public de par le monde n’ont pris conscience de la réalité.

 

Source : http://www.fukuleaks.org/web/?p=11586

Traduit par Phil Ansois avec l’autorisation du site  SimplyInfo.

 

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Sur le même sujet :

J.O. 2020 : les mensonges du Premier ministre ont fait triompher Tokyo

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 11:11
J.O. 2020 : les mensonges du Premier ministre ont fait triompher Tokyo

Texte de HORI Yasuo rédigé le 16 septembre 2013

(illustration : le Premier ministre Abe - Source Mainichi)

Le 16 septembre 2013

 

Les mensonges du Premier ministre ont fait triompher Tokyo

 

HORI Yasuo

 

 

Traduit du japonais à l'espéranto par Hori Yasuo,

Puis de l'espéranto au français par Ginette Martin



 

Les belles paroles du Premier ministre.
Le 7 septembre à Buenos Aires a eu lieu la Session générale du Comité international olympique (CIO), et Tokyo a été élue ville olympique pour 2020. Avant le vote,  le principal handicap pour Tokyo était l'accident de la centrale nucléaire n° 1 de Fukushima. Pour persuader les membres du comité, le Premier ministre Shinzo  Abe a fait la déclaration suivante :

"Tokyo est l'une des villes les plus sûres au monde, elle l’est non seulement maintenant, mais elle le sera aussi en 2020. Il y a certainement des gens qui ont des inquiétudes au sujet des centrales nucléaires de Fukushima, mais je vous promets ceci. Comme nous avons la situation sous contrôle, elles ne causeront aucun dommage à Tokyo. Je vous garantis que les Jeux Olympiques auront lieu en toute sécurité. La situation financière est également en ordre.
Si vous choisissez Tokyo comme ville olympique, cela donnera une nouvelle et forte source d'inspiration pour le mouvement olympique. Nous voulons faire du monde un endroit meilleur en collaboration avec le CIO".

 Ensuite eut lieu une séance de questions et réponses, et il a répondu comme suit:
"En conclusion, le problème de l'eau contaminée n'a pas d'importance. Voyez les faits :
l’influence de l’eau polluée ne s’exerce que sur une aire de 0,3 kilomètre carré dans le petit port de la centrale n° 1 de Fukushima.
Nous  faisons mesurer la radioactivité dans la mer proche. Même le plus élevé des chiffres relevés n’est que le 1/500-ème de la norme pour l'eau potable définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La norme japonaise de sécurité est la plus sévère au monde. Je vous garantis qu'au sujet de la santé, il n'y a jamais eu de problème dans le passé, il n'y en a pas maintenant, et il ne s'en présentera jamais à l'avenir. En outre, pour résoudre de façon plus parfaite la difficulté, nous avons défini un programme et avons commencé à œuvrer à sa réalisation totale. En tant que premier ministre du Japon, j'ai la responsabilité de la sécurité et de l'avenir des enfants et aussi des athlètes qui vont venir au Japon. J'assumerai parfaitement ma responsabilité.

 

 Réactions venues de divers côtés
TEPCO:
Nous voulons au plus vite stabiliser la situation. La densité de la radioactivité en dehors du petit port est le cinquième de ce qu'elle est à l'intérieur. L'eau polluée n'est pas encore parfaitement retenue.
    * TEPCO a envoyé un questionnaire au gouvernement au sujet du discours du Premier ministre. Cela signifie que TEPCO a une opinion différente de son discours.
    * la compagnie a installé des barrières appelées barrières de boue (siltfence, シルト フェンス) dans le petit port pour que l'eau contaminée ne sorte pas, mais elle avoue que l'eau contaminée n'est pas parfaitement retenue. En outre, elle ne nie pas la possibilité que de l'eau fortement contaminée provenant des stockages s'en aille jusqu'à la mer.

 

Un haut fonctionnaire du Ministère de l'Economie et de l'Industrie:
Il est difficile de  définir ce qu’est la « maîtrise » d’une situation , mais il est clair que nous ne pouvons pas nommer la situation actuelle "techniquement bien maîtrisée".
(Le journal Mainichi, 10 septembre 2013)

 

Konno Tomomicu, 54 ans, pêcheur dans la ville de Sooma, département de Fukushima,
       Ne dites pas de sottises.  C’est parce que la centrale nucléaire n'est pas maîtrisée, que nous souffrons tellement de l'eau contaminée. Il ne sait pas ce qui se passe ici. Il a parlé de la sécurité à l'étranger, mais jamais à nous, dans le pays. S'il a la responsabilité de ses propres paroles, qu'il fasse ce qu'il a promis.
(Le journal Asahi, 10 septembre 2013)

 

M. Masao Aïda, 69 ans, agriculteur, qui est parti du village d'Iitate, département de Fukushima, à cause de l'accident :
       Le gouvernement a dit qu'il était responsable de la  décontamination des sols, mais on ne voit de progrès nulle part. Il abandonne Fukushima. C'est une chose réjouissante que les Jeux Olympiques viennent au Japon, mais le gouvernement a mieux à faire qu’à s’occuper des Jeux Oympiques .
(Le journal Asahi, 10 septembre 2013),

 

M. Yamana Hajime (Président de l'Institut international de recherche pour le démantèlement des réacteurs, International Research Institute for Nuclear Decommissioning, 国際廃炉研究開発機構, fondé en août 2013)
       Nous disposons de données, grâce auxquelles nous pouvons conjecturer que la radioactivité reste à l'intérieur du petit port de la centrale nucléaire No1 de Fukushima. Et même si elle se répand à l'extérieur, elle perdra son intensité et ne provoquera pas de grands effets. Il est nécessaire que nous arrêtions l'eau polluée, mais nous ne savons pas où se trouvent les substances nucléaires qui la polluent. Le plus gros problème est le fait qu'un écoulement non maîtrisé perdure. Si nous ne pouvons pas venir à bout de la cause principale, viendront encore de nouveaux problèmes.
(Le journal Mainichi, le 11 septembre 2013).

 

Mme Sakiyama Hisako (membre de l'ancien Comité parlementaire sur l'accident nucléaire de Fukushima, 东京 电力 福岛 原子 力 発 电 所 事故 调查 委员会)
La situation de l'usine est pire qu'en juillet dernier, lorsqu'on a publié le rapport de la commission.
Chaque jour, 400 tonnes d'eau s’infiltrent sous les enceintes des réacteurs. On ne sait pas d'où elle vient, ni où elle va. Le gouvernement dit qu'il va stopper l'eau avec des murs en terre gelée, mais  on ignore si cette méthode fonctionnera vraiment. Peut-on dire que les réacteurs sont sous contrôle?
       On détecte une très forte quantité de césium chez les poissons pêchés dans la mer. Les substances radioactives répandues voyagent des montagnes vers les rivières et la mer. On détecte du césium également dans les urines des enfants vivant à Tokyo. On ne sait pas quels seront les effets d'une faible radioactivité sur la santé.
(Le journal Mainichi, le 11 septembre 2013),

 

Mme Oohashi Satsuki, 20 ans, qui habite la ville de Minami-Sooma située dans la zone de 20 kilomètres de rayon autour de la centrale nucléaire de Fukushima n ° 1:
       Je suis préoccupée par ma santé future. Je me demande toujours avec crainte: «Vais-je pouvoir me marier?", "Vais-je être capable de donner naissance à des bébés?", "Même si je peux en avoir, est-ce qu'ils naîtront normaux?"
(Le journal Akahata, le 11 septembre 2013),

 

L'olympisme est une philosophie de vie, élevant et réunissant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et du cœur. Associant le sport à la culture et à l'éducation, l'olympisme vise à créer un mode de vie fondé sur la joie dans l'effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.

Principes fondamentaux de l'olympisme (1er chapitre)

 

 

Les Japonais sont bien organisés, de sorte que les Jeux Olympiques en 2020 connaîtront un beau succès, si l'accident nucléaire de Fukushima est résolu pour 2020, s'il n'arrive pas d'autres accidents graves dans d'autres réacteurs et si Tokyo n'est pas attaqué par un autre grand séisme,  dont on prévoit la survenue avec une probabilité de 70% au cours des 30 prochaines années. Pourtant ces Jeux Olympiques ne seront pas fondés sur « la joie dans l'effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels », mais sur « l'effort dans le sport du mensonge du Premier ministre, la valeur anti-éducative du mauvais exemple, l'irresponsabilité sociale et le manque de respect pour les victimes de l'accident nucléaire ». Quelle valeur auront ces Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 ?

 

Hori Yasuo

    traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN

    avec les conseils de Paul Signoret

 

 

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Sur le même sujet :

Fukushima : dysfonctionnement olympique

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 20:54

[2ème partie de "Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ?"]

Retour vers la 1ère partie

 

 

 

Il y a 4 détecteurs de radiations qui ont continué à fonctionner après l'accident de Daiichi. Pratiquement tous n'étaient plus alimentés, mais quelques-uns avaient une batterie, et ils n'ont découvert les données que récemment.

Le bruit de fond normal sur ces détecteurs de radioactivité était de 0,04 microsieverts.

À 5 heures du matin, juste après l'accident, la radioactivité sur les détecteurs était de 10 fois la valeur normale.

À 6 heures, 60 fois la valeur normale.

À 9 heures, 150 fois la valeur normale.

À 10 heures, 700 fois la valeur normale.

Ce que cela signifie, c'est que quelqu'un à proximité de ces détecteurs recevait  une dose annuelle en 12 heures. Puis les évents ont été ouverts. C'est donc une indication claire que les confinements fuyaient bien avant que les évents ne soient ouverts. Donc à 15 heures, les mêmes détecteurs mesuraient 30 000 fois la valeur normale. Cela signifie une dose annuelle en 10 minutes pour les gens de Chiba.

Mais il est important de réaliser que ça n'est peut-être pas le pire. Cela correspond à l'endroit où étaient les détecteurs. Mais ça ne veut pas dire que le nuage a choisi d'aller sur les détecteurs pour donner ces valeurs.

 

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

C'est une diapo compliquée mais elle montre exactement de quoi je parle ici, géographiquement. Un détecteur était ici. Ici se trouve la centrale. Un détecteur se trouvait ici, voici son pic. Un autre détecteur était ici, voici son pic. Un autre ici, voilà son pic. Donc cela situe géographiquement ces données alentours.

Donc il est clair que ce nuage a tracé des méandres partout des côtés Ouest et Nord de la centrale. Avant même avant que les évents ne soient ouverts.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

Un des détecteurs a également continué à fonctionner et voici les pics sur ce détecteur. Il n'y a pas de corrélation entre ces pics et le moment où les dépressurisations ont eu lieu, et le moment ou les explosions se sont produites.

Il n'y a pas de corrélation, ce qui veut dire qu'un autre phénomène a dû également se produire, que les scientifiques n'ont pas encore évalué.

 

Hypothèse n°4 : le facteur de décontamination pour le césium.

Et je suis désolé, c'est un peu technique, mais la NRC suppose qu'après un accident nucléaire, l'eau contenue dans le tore, qui est l'anneau au bas du confinement, retient 99% du césium. C'est appelé un facteur de décontamination de 100. C'est vraiment écrit dans la loi, ils pensent que ça arrive.

Mais ils disent également que si l'eau atteint l'ébullition, il n'y a pas de facteur de décontamination, l'eau est incapable de capturer le césium.

Hé bien les données de Fukushima montrent que l'eau dans ce tore au bas du confinement a bouilli. Pourquoi a-t-elle bouilli ? Parce que ces pompes dont je parlais pour refroidir les diesels ont aussi été conçues pour refroidir le tore.

Donc nous avions de l'eau bouillante dans le tore et cela signifiait que le césium n'était pas retenu. Maintenant, alors que les Japonais essayent de reconstituer cet accident, ils prétendent que le césium a été capturé dans ce tore, mais la loi et les données montrent que cela ne pouvait être. Il n'y avait pas de dépôt de césium, pas de rétention à l'intérieur de la piscine de suppression.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

Comment est-ce que je sais cela ? C'est une diapo importante. C'est un peu... flou.

C'est une image infrarouge de l'unité 3. La large tache au centre de la scène est la piscine à combustible usé de l'unité 3. Et la température des gaz émanant de cette piscine est de 62°C, ce qui signifie que le combustible bouillait et se mélangeait à l'air froid, et il y avait un bain d'air chaud radioactif au dessus de la piscine à 62°C, c'est plutôt mauvais.

Mais ce qui est pire, c'est le pic que montre la photo.

TEPCO savait depuis 2 ans mais n'en a pas parlé.

Ce pic, juste ici, est exactement là où le confinement doit se trouver.

Et ce pic est à 128°C, ce qui signifie que ce n'est pas de la vapeur.

La vapeur peut atteindre plus de 100°C. Les ingénieurs parlent de "tables de vapeur". Mais à la pression atmosphérique actuelle, quand on fait bouillir [de l'eau], la vapeur ne dépasse pas 100°C.

Ces pics sont à 128°C, ce qui veut dire que ce n'est pas de la vapeur, ça signifie que ce sont des gaz chauds radioactifs, relâchés directement du confinement. Cela veut aussi dire qu'à l'intérieur du confinement, ça n'était pas sous le point d’ébullition de l'eau, c'était au dessus du point d’ébullition. Il n'y avait pas d'eau sous forme liquide dans ce confinement. C'était le 20 Mars, 9 jours après l'accident. Le confinement relâche des gaz chauds radioactifs directement dans l'environnement. C'est positivement une preuve à mon avis.

Et TEPCO – évidemment ce sont de bons ingénieurs, et ils ont dû voir l'émission de ce pic chaud radioactif à 128°C, environ 250°[F], sur cette photo infrarouge. Donc ils savaient depuis longtemps que d'énormes quantités de césium étaient relâchées directement dans l'air, car elles n'étaient pas piégées dans l'eau de la piscine de suppression.

 

La dernière hypothèse, ce sont les particules chaudes.

C'est moi et Reiko, co-auteur du livre que nous avons écrit en Japonais, prenant un échantillon quand j'étais au Japon en février de l'an dernier.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

Le sol... j'ai pris 5 échantillons en 5 jours. Je suis simplement allé dans une partie pavée, une partie... Dans un cas c'était un parc pour enfants juste à côté d'une école, les gamins jouaient juste à côté de moi à lancer des cailloux comme font les enfants.  J'ai pris un sachet d'échantillons et j'ai ramené les 5 échantillons, les ai déclaré  aux douanes, ils ont été analysés par Marco Kaltofen à Worcester Polytech. Et chacun des échantillons excédait 7000 Becquerels par kilogramme.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

Cela signifie que dans une boite d'échantillons de deux livres, nous avions 7.000 désintégrations par secondes de césium, à Tokyo - à plus de 160 kilomètres de l'accident.

Pensez à cela, c'est comme ...  vous savez … New York ... Tokyo et New York sont en gros comparables pour leur importance dans leur pays, et 7.000 Becquerels par kilo est classé comme déchets radioactifs aux États Unis. Donc les gens à Tokyo marchent dans des points où il y a des déchets radioactifs. Et je n'ai pas cherché pour trouver ça, c'était juste au bord du trottoir.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

C'est une autoradiographie de filtre à air de voiture...

Ce que ça signifie... nous avons eu des gens, Fairewinds a eu des gens qui nous ont envoyé des filtres à air, et il est arrivé un colis totalement inattendu. Comme je m'approchais avec mon compteur Geiger, il a commencé à partir hors-échelle à une distance de 5 pieds [~ 1,5m]. C'était un filtre à air de voiture. Nous l'avons déposé sur une plaque à rayons X, Marco Kaltofen à fait cela à Worcester Poly. Et ce sont les marques de brûlures sur la plaque après qu'elle ait été mise dans un coffre pendant plusieurs jours.

Fukushima City [non pas Daiichi] est à droite, Tokyo est au milieu. Cela montre les particules chaudes radioactives prisonnières des filtres à air. Hé bien il y avait des gens dans ces voitures. Il y avait des enfants dans ces voitures. Si c'est dans leurs poumons...  Si c'est dans leurs filtres à air, c'est dans leurs poumons. Je pense qu'il est permis de supposer que les gens à Fukushima et les gens à Tokyo ont eu une exposition énorme à des particules chaudes directement dans leurs poumons.

 

Nous avons aussi demandé des chaussures d'enfants. C'est la concentration de césium dans ces chaussures. Les enfants attachent leurs chaussures. Les enfants mangent avec leurs mains. C'est dans leur estomac. C'est dans leurs intestins.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

J'ai pensé comparer les inventaires disponibles de radioactivité du césium par rapport à Fukushima Daiichi. On appelle cela petabecquerels ou PBecquerels et c'est tout un tas de zéros à la fin d'un nombre. [1015]. La totalité du césium disponible à Tchernobyl était de 2,9 avec 17 zéros derrière, en césium. Il y avait pratiquement 3 fois plus de césium disponible pour être relâché à Daiichi 1, 2 et 3.

Nous savons que de fait, 300 %, trois fois plus, de gaz nobles ont été relâchés par Daiichi, il ne peut y avoir de discussion à ce sujet.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

Maintenant, les gens se demandent combien de césium a été libéré.

Tchernobyl montre qu'environ un tiers du césium a été libéré à Tchernobyl, et les experts japonais disent que ''Oh non, il ne peut y avoir que 1 % du césium qui a été relâché, peut être 2 % du césium a été libéré à Fukushima''. Je ne pense pas que cela soit vrai. Et je ne pense pas que cela soit vrai à cause de l'image que je vous ai montrée avant, où la température dans ce réacteur était de l'ordre de – dans le confinement –  était si chaude qu'il n'y avait pas d'eau sous forme liquide pour retenir le césium. Les experts japonais croient que le césium a été retenu dans l'eau. Mais cette photo infrarouge que je vous ai montrée plus tôt montre clairement que ça ne pouvait pas se produire.

Donc j'en conclus que les gaz nobles étaient 3 fois plus nombreux qu'à Tchernobyl, et le taux de fuite du confinement était de 300 % par jour – c'est un chiffre de la NRC – et que la décontamination du césium a été de zéro. Rien n'a été filtré en sortie, nettoyé dans la piscine de suppression.

La seule bonne chose qu'il y ait eu à Fukushima, et pas à Tchernobyl, c'est que d'un côté il y avait de l'eau et souvent le vent soufflait vers la mer. Mais pour compenser cela il y avait la dernière partie de la page qui est que la densité de population au Japon est diablement pire que la population... autour du réacteur de Tchernobyl.

 

Et finalement il y a les rejets liquides. Je n'ai vraiment pas assez de temps pour en parler, mais ils vont continuer pendant des années et des années à venir, et nous savons déjà que les rejets liquides sont de 10 fois ceux de Tchernobyl.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

Tokyo regroupe 35 millions de personnes dans sa métropole. Et le Premier Ministre Kan a dit ''Notre existence en tant que nation souveraine était en danger''. Je sais déjà que j'ai pris les 5 échantillons qui montrent que des parties de Tokyo, partout dans la ville, étaient radioactives au point que nous aurions dû les envoyer dans un lieu d'entreposage de matières radioactives ici aux États-Unis. Donc je pense que le point important est  ''À  quel moment les risques d'une technologie deviennent-ils inacceptables ?''

 

Ma conclusion est que tôt ou tard, dans tout système infaillible, les imbéciles vont prendre le pas sur les preuves !  [Les systèmes infaillibles n'existent pas]

 

Merci.

Transcription anglaise par Cécile Monnier

Relecture par kna, Afaz.at, Mali Lightfoot, Arnie Gundersen pour un point technique spécifique sur la vapeur au dessus ou en dessous de 100°C.

Traduction par Cécile Monnier

Relecture & édition par kna

 

 

Article de Kna60 sur son blog

 

 

__________________

Mise à jour du 28/09/13

"C'est ce que les ingénieurs appellent des tableaux de vapeur." a été remplacé par "Les ingénieurs parlent de "tables de vapeur". "

Mise à jour du 2/10/13

Dans le titre, "et quand le savaient-ils" a été remplacé par "et depuis quand".

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Publié par Pierre Fetet - dans Symposium de New York
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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 12:31
Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Depuis le début de la catastrophe, Tepco et le gouvernement japonais cachent des informations importantes pour éviter l’effondrement de l’industrie nucléaire mondiale. Les melt-throughs ont été cachés, la fuite de 300 m3/j d’eau radioactive dans la mer aussi. Mais ce que dévoile Arnie Gundersen dans cet exposé va bien au-delà de ce qu’on peut imaginer. D’une part, l’histoire démontre que des tsunamis beaucoup plus importants avaient déjà eu lieu durant le siècle précédent, et malgré cela, une digue ridicule a été construite. Pire, la population japonaise a été soumise à un nuage radioactif à cause du grave défaut de confinement des réacteurs Mark 1 : des aérosols radioactifs ont été libérés jusqu’à atteindre Tokyo. Ce défaut était connu par les ingénieurs depuis les années 70. Or, rien n’a été fait pour contrer ces vices. La catastrophe nucléaire était donc inévitable.

 

[Cet article fait partie de la série de publications en version française d’exposés présentés en mars 2013 au symposium de New York « Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima ». Avec le blog de Kna, le blog de Fukushima participe à la diffusion de ces textes de manière régulière. Merci infiniment aux traducteurs qui se sont investis dans ce grand projet. ]

__________________

 

 

Symposium de New York, 11 mars 2013

Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima

 

 

Que savaient-ils, et depuis quand ?
 


par Arnie Gundersen

ingénieur nucléaire, Fairewinds Associates

 

 

Bonjour, merci beaucoup d'être venus. J'aimerais remercier tout spécialement Helen Caldicott, la Fondation Caldicott et Médecins pour une Responsabilité Sociale de sponsoriser la rencontre d'aujourd'hui. Et pour ceux d'entre vous en ligne de par le monde, merci de nous écouter, pratiquement à minuit au Japon.

 

Un diaporama identique à celui que je vais vous montrer est en téléchargement sur le site web de Fairewinds pour ceux d'entre vous qui ne sont pas parmi nous et si vous voulez le récupérer, allez chez Fairewinds. Et il y a aussi une discussion Twitter en cours comme nous le disions plus tôt, et aussi chez Fairewinds sur Twitter.

 

OK, attachons nos ceintures et commençons.

 

Je voulais vous parler aujourd'hui de quand les gens savaient qu'il y avait des problèmes à Fukushima Daiichi, à la fois dans les décennies qui ont précédé l'accident, puis immédiatement après l'accident. Mais avant cela, il y a des centaines de personnes à Fukushima Daiichi et Daini que je voudrais reconnaître comme mes héros personnels. ça a été un accident, une tragédie, causée par l'échec de la  technologie. Mais ce qui a sauvé la situation, ça a été le courage humain.

Nous avons donc ici un exemple de courage triomphant d'échecs de la technologie, grâce à plusieurs centaines de personnes qui ont tout risqué pour sauver le Japon et pour sauver le monde, et je suis en admiration devant ce qu'ils ont fait.

 

Les séquences : Dans les deux premières sections j'aimerais parler de ce qui s'est passé en 1965. Qu'est-ce que l'on savait, avant même que cette centrale ne démarre ? Les deux planches suivantes sont ce que l'on sait maintenant après l'accident.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

L'accident de Fukushima a été fabriqué en Amérique. Le réacteur a été conçu par General Electric et construit par une entreprise nommée Ebasco. J'avais l'habitude d'aller dans les bureaux d'Ebasco ici même à Manhattan quand j'étais ingénieur à l'unité 1 de Millstone, qui est pratiquement identique à l'unité 1 de Fukushima Daiichi. Elle a été agréée par la Commission à l'Énergie Atomique qui était alors dans les années 60 l'autorité ultime d'accréditation nucléaire dans le monde – c'est du moins ce que nous pensions.

Ça n'est pas simplement un problème de Daiichi. Il y a 22 autres centrales similaires aux États-Unis. Et les centrales aux États-Unis sont par certains côtés bien pires, car il y a bien plus de combustible usagé dans les piscines qu'à Daiichi.

 

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Les ingénieurs de General Electric et d'Ebasco ont commis 6 erreurs critiques en 1965 qui devaient mener le Japon à la ruine en 2011. Les 5 premières erreurs critiques tournent toutes autour du problème de ne pas vraiment comprendre la puissance d'un tsunami.

 

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Ils ont réduit la hauteur de la falaise où la centrale a été construite.

Ils ont fait un mur anti-tsunami bas.

Les diesels ont été placés en sous-sols.

Les pompes d'urgence, appelées pompes de service, ont été placées dans un endroit où elles se sont retrouvées sous l'eau.

Et pour finir les réservoirs des diesels ont été placés de telle manière qu'ils ont aussi été inondés.

C'était des ingénieurs basés ici à New York qui n'ont simplement pas compris la puissance d'un tsunami. Le dernier problème du confinement Mark 1 est un peu plus vaste et j'y viendrai aussi.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

C'est une photo de la falaise de Fukushima Daiichi en 1960 : elle faisait environ 115 pieds de haut [~35 m]. Les ingénieurs de GE et Ebasco l'ont arasée jusqu'à 10 mètres, c'est donc une falaise de 30 pieds.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

C'est une photo après la construction de Daiichi. Ces zones ici et ici sont à 35 mètres. La zone le long de la côte est à 10 mètres et c'est une route d'accès taillée dans la terre pour avoir la centrale plus près de l'eau.

 

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Tsunami est un mot Japonais venant de tsu qui signifie port et nami qui veut dire vagues. L'océan entier s'élève, et si vous êtes dans un bateau, vous ne savez pas que c'est un tsunami, car tout l'océan monte. Sauf quand il frappe un port, il devient alors terrifiant. Il se déplace à une vitesse proche de celle du son.

 

Les ingénieurs savaient pour les tsunamis, et j'ai pensé revenir 100 ans en arrière dans l'histoire du Japon pour voir ceux qui avaient frappé la côte Pacifique du Japon.

En 1896 il y a eu un tsunami de 40 mètres.

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En 1923 il y en a eu un de 13 mètres.

En 1933 il y en a eu un de 28 mètres. Il détenait le record du nombre de victimes avant le tsunami de Daiichi. En 1944 il y a eu un 12 mètres, en 46 un autre 12 mètres. En 54 et 55, 10 ans avant que Fukushima Daiichi ne soit conçu, il y a eu 3 tsunamis, tous de plus de 13 mètres.

 

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Le tsunami qui a frappé Fukushima Daiichi en 2011 était juste un tsunami modéré comparé à l'historique du siècle précédant. Mais face à cette histoire, le mur anti-tsunami a été construit à 4 mètres par les ingénieurs Américains, et par la suite relevé à 5,7 mètres.

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De plus, les générateurs diesel ont été placés en sous-sol.

Les diesels peuvent être situés au sous-sol, mais vous devez pouvoir les mettre dans une sorte de conteneur étanche, ce qui n'a pas été le cas.

 

Il est important de savoir que General Electric a construit cette première douzaine de réacteurs Mark 1, sous la forme d'un “contrat clé en main”

Ils ont pris 60 millions de dollars pour construire ces centrales et y ont laissé leur chemise. Je le sais car j'ai travaillé sur l'un des ces réacteurs “clé en main” - Millstone 1 - à peu près au même moment. Donc il y avait beaucoup de pression économique sur General Electric pour maintenir les coûts bas car ils perdaient des sommes d'argent dramatiques sur la douzaine de réacteurs qu'ils ont construits selon cette formule clé en main.

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De plus, les pompes à eau de service devaient être au niveau de l'eau, mais elles ont été conçues de telle manière qu'en cas de tsunami, elles auraient été inondées.

Donc peu importe que les diesels soient au sous-sol. Si les diesels avaient été en haut de l’Empire State Building, nous aurions eu le même problème, car les pompes de refroidissement de ces diesels auraient été inondées.

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De plus les réservoirs de carburant pour ces diesels étaient aussi en zone inondable. De nouveau, ce n'est pas le fait que les diesels soient inondés; c'est à propos d'ingénieurs ici dans la ville de New York, des ingénieurs de GE et Ebasco, qui n'ont pas apprécié la magnitude d'un tsunami.

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Voici un exemple. Voici la hauteur de la digue et bien sûr les pompes ont été totalement inondées. Le site était à 10 mètres, mais il y a eu 4 mètres d'eau en plus de cela. C'est une inondation de 12 pieds au dessus de la Terre-Mère. Ça arrivait pratiquement au bas de la salle de contrôle, voilà combien il y avait d'eau sur le site après le tsunami.

 

Maintenant il y a eu quelques problèmes politiques également.

General Electric, dont la devise dans les années 60 était “Notre plus important produit est le progrès”, a dit en 1961 : “Nous allons imposer ce truc nucléaire”.

Leur président est cité disant cela, et ils l'ont imposé. Ils ont rencontré le Comité Consultatif sur la Sécurisation des Réacteurs qui est en théorie un organisme indépendant conçu pour protéger les Américains dans ce cas, mais les décideurs ont été amenés à se conformer au design prévu pour le Japon également. Et le Dr. David Okrent qui était dans le Comité Consultatif a dit en substance que General Electric les a menacés de quitter le marché à moins que le Comité Consultatif ne continue avec ce modèle Mark 1. Des scientifiques aux États Unis, en 1965, on reconnu que ce modèle Mark 1 présentait des défauts, et comme l'a dit le Dr. Okrent, “Je pense que c'était une sorte de menace”.

Glenn Seaborg était alors le président du comité consultatif – on a en fait donné son nom à un atome, un élément “Seaborgium” porte son nom, c'est un poids lourd dans l'industrie nucléaire – et il a dit “Je ne pense pas que nous avions le pouvoir de les arrêter”. Maintenant réfléchissez à cela : c'était le gouvernement des États-Unis qui n'avait pas le pouvoir d'arrêter le concept défectueux de GE en 1966 !

 

Juste au moment où l'unité de Daiichi démarrait en 1972, il  y a eu un échange de courriers fameux avec un responsable scientifique chez GE nommé Joseph Hendrie. Et M. Hendrie disait qu'il avait de sérieux doutes sur la conception de Daiichi, le confinement Mark 1. Mais comme je l'ai finalement souligné, il dit qu'il estimait qu'ils devraient être éliminés. Mais éliminer ce modèle Mark 1, je cite : “cela pourrait bien signifier la fin de l'énergie nucléaire, en créant plus de remous que je ne pourrais en supporter”.

Donc les remous qu'il a choisi d'éviter en 1972 sont devenus les troubles que Fukushima Daiichi a connus 40 ans plus tard.

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Donc quand cette centrale a démarré – une conception “made in America” – c'était Fukushima Daiichi 1, les unités 2, 3 et 4 n'étaient pas encore construites. Fukushima Daiichi 1 a été construite par General Electric et Ebasco dans le projet clé en main,

Il n'y avait pas d'ingénierie Japonaise à Fukushima Daiichi 1, tous les problèmes que Daiichi allait affronter 40 ans après étaient en place. En substance, la mèche a été allumée à Fukushima Daiichi en 1970 et ça a explosé en 2011.

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Si l'on fait une avance rapide de 40 ans, voici le site terminé juste avant l'accident,

et voici le tsunami frappant la centrale. Le terrain est descendu d'un mètre – 3 pieds – après le séisme. Le tsunami faisait 15 mètres de haut, mais souvenez-vous qu'il se déplaçait à la vitesse du son, donc la vague quand elle a frappé la centrale l'a en fait traversée à une hauteur de 46 mètres, par dessus tous ces bâtiments.

 

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Donc quelle était la gravité ? Le secret est dans les hypothèses.

C'est la bande dessinée que je préfère au monde, et pour ceux qui ne peuvent la voir je vais la lire.

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C'est Dilbert... Le patron à la tête en pointe dit : “Je peux faire cette analyse de faisabilité en 2...” Ah oui... Dilbert est interrogé par le patron à la tête en pointe et il dit : “Je peux faire cette analyse de faisabilité en 2 minutes”. Puis il dit “C'est la pire idée au monde. Les chiffres ne mentent pas”. Alors le patron à la tête en pointe dit : “Mais notre PDG aime cette idée”. Et Dilbert répond : “Par chance, les hypothèses, elles, mentent.”

Donc le message est ici : quand nous évaluons ces conséquences de Fukushima Daiichi, le secret est dans les hypothèses, et c'est ce sur quoi je vais passer le reste de cette présentation.

 

L'hypothèse n°1 est que les confinements conservent leur intégrité.

Après tout, on les appelle confinements pour une raison : ils sont prévus pour contenir. Aucun confinement au monde n'est conçu pour supporter l'onde de choc d'une détonation. C'est une onde de choc qui se déplace plus vite que la vitesse du son. Il y a 440 réacteurs nucléaires et aucun d'entre eux ne peut supporter une onde de choc de détonation, une onde de choc qui se déplace plus vite que le son, car les ingénieurs ont pensé que ça n'arriverait pas, que ça ne pourrait pas arriver.

Eh bien, juste après que ça se soit produit, il est intéressant que Chuck Casto de la NRC – c'est un gars important, il est en charge de la région 3 de la NRC dans les bureaux de Chicago, un gars très important de la NRC – a dit ceci : ''...bien sûr, ce confinement Mark 1 est le pire des confinements que nous ayons, et si vous avez ce qu'on appelle une perte d'alimentation externe, une “station blackout”, vous allez perdre le confinement. Il n'y a pas de doutes là-dessus.”

Donc, souvenez-vous que M. Hendrie de la NRC disait en 1972 que c'était le pire confinement du monde, et voilà la Commission de Régulation du Nucléaire [NRC] qui dit la même chose, immédiatement après l'accident.

Nous savions depuis 40 ans que ce modèle Mark 1 comme à Daiichi, c'était un accident attendant de se produire.

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Bien, à quoi ressemble une fusion de cœur ?

Quand j'étais dans l’industrie, quelqu'un m'a donné un fragment de barre de combustible, sans combustible dedans. Et juste après l'accident, je l'ai chauffée à 2000°, voici à quoi ressemble une barre de combustible à 2000°. C'est ce qui s'est produit à l'intérieur des réacteurs à Fukushima Daiichi quand ils n'ont plus eu d'eau de refroidissement. C'est très chaud.

 

Ok, c'est une séquence d'images, je vais passer très rapidement.

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L'unité 1 de Fukushima Daiichi a déjà explosé, elle est à l'extrême gauche, puis il y a les unités 2, 3 et 4. Gardez les yeux sur l'unité 3 au milieu.

 

 

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Juste ici se trouve le début de quelque chose que la NRC pense ne pas pouvoir se produire : c'est l'onde de choc d'une détonation. Juste ici. Il y a le bâtiment intact. Voici le bâtiment qui explose avec la détonation. Mais ça ne peut pas arriver, donc… ne vous en souciez pas.

C'est la détonation image par image, et bien sûr nous avons tous vu la dévastation que l'onde de choc d'une détonation peut causer. Les confinements sont faits pour confiner, et ceci n'est pas supposé se produire.

L'hypothèse n°2, c'est la fuite de confinement.

Maintenant Dave Lochbaum s'était penché sur ce point avant même l'accident, et certainement pendant, comme Fairewinds : ce qui s'est passé à l'intérieur des réacteurs de Daiichi, c'est que la pression est devenue si élevée que les boulons qui maintenaient le confinement on commencé à s'étirer.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Et des gaz chauds radioactifs et de la vapeur radioactive ont commencé à fuir, ainsi que de l'hydrogène. En plus de l'hydrogène créé dans le combustible, il y avait également une fusion en cours, et ce combustible repose maintenant sur le béton. Le béton libérait également de l'hydrogène. Nous avions donc deux sources d'hydrogène après l'accident de Daiichi : Le combustible alors qu'il causait ce qu'on appelle une réaction zirc-water, une réaction zirconium-eau. Mais nous avions aussi la fusion qui créait davantage d'hydrogène car le combustible chaud était en contact avec le béton et cela libérait de l'hydrogène également.

 

La NRC considère qu'un confinement fuit de 1% par jour. Dans un bâtiment, une pièce de cette taille, nous disons que... les gaz qui sont produits, cela ferait environ 1%... ce qui veut dire qu'en une centaine de jours, les gaz de cette pièce partiraient et des gaz frais les remplaceraient. Mais ce qu'a dit la NRC lors d'un appel téléphonique le 23 mars, c'est que les réacteurs de Daiichi fuyaient à 300% par jour.

Cela signifie que les gaz à Daiichi quittaient le confinement en 8 heures.

Quelle que soit la radioactivité émise par ce combustible nucléaire, elle était libérée dans l'environnement en 8 heures, car le taux de fuite du confinement était de 300% par jour. Et non pas 1% comme le suppose la NRC.

 

L’hypothèse n°3 ce sont les gaz nobles.

Si vous vous souvenez de la chimie au lycée – levez la main ceux qui s'en souviennent. Je ne vois pas beaucoup de mains, “oh, je m'en souviens !” – à l’extrême droite de la table périodique se trouvent les gaz nobles, des choses comme le xénon ou le krypton. On les appelle nobles car ils ne réagissent avec rien.

Le combustible nucléaire est chargé de gaz nobles, et aussi longtemps qu'il garde son intégrité, les gaz sont emprisonnés à l'intérieur. Hé bien le combustible n'a pas gardé son intégrité, et tous les gaz nobles ont été libérés. Les données indiquent qu'à Chiba il y avait du xénon qui est un gaz noble, à 400.000 fois le taux normal, immédiatement après l'accident. Et aussi que la concentration de xénon à Chiba était de 1300 Becquerels par mètre cube pendant 8 jours. Un mètre cube, c'est 3 pieds par 3 pieds par 3 pieds, et imaginez cela, dans chaque mètre cube d'air à Chiba, il y avait 1300 désintégrations, émettant de la radioactivité chaque seconde, pendant 8 jours. Qu'est-ce que ces gens respiraient ? Des gaz nobles, qui ne peuvent être mesurés maintenant, ils sont partis.

Donc je pense qu'un des problèmes ici est que le gouvernement japonais n'a aucune idée de quelle exposition les gens de Chiba ont reçu de ce nuage de gaz nobles qui ont été rejetés.

 

Voici des données importantes, elles viennent de sortir. Le journal Mainichi a couvert cette histoire mais ce sont en fait des données de la préfecture de Fukushima et ça ne date que d'une paire de jours.

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (1)

Accéder à la 2ème partie de la présentation :

Arnie Gundersen - Que savaient-ils, et depuis quand ? (2)

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Publié par Pierre Fetet - dans Symposium de New York
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 21:04

Texte de HORI Yasuo, rédigé le 13 septembre 2013.

Réfugiés à OKAYAMA

Le 13 septembre 2013

Réfugiés à OKAYAMA

 

HORI Yasuo

 

 

Traduit de l'espéranto au français par Ginette MARTIN

 

Après l'accident nucléaire de Fukushima, des habitants de Fukushima, mais aussi des personnes de départements voisins, ont trouvé refuge dans d'autres départements. Le nombre de réfugiés en provenance du département de Fukushima est de 149 949 pour une population totale de 2,1 millions à l'origine (voir la carte ci-dessous). Parmi ceux-ci  95 853 vivent dans d'autres villes du département de Fukushima et 53 960 dans d'autres départements.
Il y a peu de temps un ami d'OKAYAMA, département à l'ouest du Japon, m'a envoyé une brochure sur la vie de ces réfugiés. Je vais la traduire.

 

De quels départements viennent-ils?
1106 personnes se sont réfugiées dans le département d'OKAYAMA après l'accident nucléaire. La plupart sont originaires des départements suivants:
Fukushima: 364
Tokyo: 201
Chiba: 139
Kanagawa: 108
Ibaraki: 102
      Au moment de l'accident nucléaire et après, le vent a suivi plusieurs directions, et il a soufflé aussi vers Tokyo. Les 4 départements cités (dont Tokyo) et mis à part Fukushima, sont situés le long de ces flux de vent, et ont donc été des lieux de radioactivité intense. Beaucoup de mères ont fui vers l'ouest dans la terreur. Mais pour se déplacer et avoir une nouvelle vie ailleurs, il faut pouvoir en prendre la décision et bénéficier d'un ensemble de conditions. Comment les réfugiés dans le département d'OKAYAMA ont-ils pris cette décision et comment vivent-ils maintenant ?

 

Je suis heureuse dans le département d'OKAYAMA
Mme Hashimoto Yôko, est arrivée d'Ibaraki dans la ville d'OKAYAMA(dans le département du même nom) avec un enfant. Son mari et un autre enfant sont restés à Ibaraki.
  "Lorsque l'accident nucléaire  a eu lieu à Fukushima, de nombreuses particules radioactives ont été dispersées. J'ai vu l'accident à la télé, et me suis immédiatement souvenue que de nombreuses personnes souffrent encore de Tchernobyl. J'ai entendu dire qu'il y a des endroits très pollués, même à 600 kilomètres de Tchernobyl. J'ai été terrifiée, mais décider de fuir était difficile. J'avais beaucoup de choses précieuses et des personnes auxquelles je tenais à Ibaraki, mais j'ai choisi la santé et la vie de mes enfants comme bien le plus précieux. Maintenant je me sens heureuse, car ici je peux respirer profondément et sécher mon linge dehors. Je souhaite très fort qu’OKAYAMA ne soit pas contaminé."

 

OKAYAMA est un endroit très agréable.
     Mme Kurokawa Suzuko, arrivée avec sa fille de la ville de Nagareyama, Chiba, dans la ville de Sôja, OKAYAMA. Son mari est resté à Tokyo.
    "Depuis mai 2011, j'ai emménagé dans la ville de Sôja avec ma fille. À l'époque, le district nord-ouest de Chiba avait été contaminé suite  à  l'accident nucléaire, et j'ai décidé de fuir pour protéger ma fille de la radioactivité. Mon mari vit toujours à Tokyo.
    "La ville de Sôja m'était complètement étrangère jusque-là, mais il y a des personnes généreuses qui nous soutiennent, et puis nous avons réussi à louer une maison. Beaucoup de gens qui vivent à Tokyo restent complètement étrangers les uns pour les autres, mais ici les gens sont agréablement amicaux avec nous. Je ne vois pas comment sera ma vie dans l'avenir, mais lorsque je me sens triste et solitaire, le bel environnement naturel du département d'OKAYAMA me console."

 

Notre vie commence à se stabiliser.
     Mme E.F., son mari et deux enfants, sont arrivés de Fukushima dans la ville de Takahashi, OKAYAMA
  " Le lendemain du tremblement de terre, les réacteurs nucléaires ont explosé. Ma maison était à 60 km de la centrale, mais ce soir-là ma fille de deux ans a eu une forte fièvre, et le lendemain moi aussi, et j'ai commencé à éprouver une grande inquiétude à cause de l'accident nucléaire.
   "Je pensais: " Je dois protéger mes enfants ! Je dois me réfugier avec mes enfants dans un endroit sûr ! Cinq jours après l'accident j'ai quitté Fukushima. Toute seule, je conduisais ma voiture, les mains tremblantes. J'ai traversé la montagne enneigée jusqu'au département de  Yamagata, et ensuite je suis allée à Miyagi, où sont mes parents.
    Mon mari, forestier, était resté dans le département de Fukushima, mais l'accident a eu des répercussions sur son travail. Nous avons cherché un emploi sur internet et avons décidé de déménager à OKAYAMA, où les forêts sont abondantes. OKAYAMA est un lieu qui nous est totalement étranger, mais maintenant, au cœur d'une belle nature et entourés de gens sympathiques, nous commençons à avoir une vie stable ici."

 

La maladie de mon enfant m'a causé un choc.
      Mme T.K., avec son mari et deux enfants, est arrivée d'Ibaraki dans la ville d'Akaiwa, OKAYAMA
   " Quand j'ai entendu dire que les réacteurs nucléaires avaient atteint le seuil critique, j'ai tout de suite emballé l'essentiel dans la voiture et je suis allée dans le département de Gunma, où vivent mes parents. Le réacteur n° 1 a explosé. Ce jour-là, ma fille beaucoup saigné du nez. Et le lendemain  ma nièce, mon frère et ma mère aussi ont saigné du nez. La distance entre Fukushima et Gunma est de 200 km, donc je n'avais pas prévu qu'une telle chose se produirait. Ensuite le gouvernement a interdit de commercialiser des légumes de Gunma. Quand nous sommes rentrés à Ibaraki, je savais que l'air, la mer et l'eau étaient contaminés.
    "Je veux donner une nourriture saine à mes enfants! Je veux qu'ils puissent jouer à l'extérieur à volonté ! En pensant à tout cela, j'ai décidé de déménager.
    "Il y avait plusieurs options. J'ai choisi l’OKAYAMA, parce que c'est très loin du département de Fukushima, mais il se trouve sur la même île, Honshu, et cette région souffre rarement de catastrophes naturelles. Maintenant, mes enfants jouent librement, et nous vivons en paix."

 

Nous vivons ici au sein de réseaux amicaux.
Mme Tayasu Eri, son mari et ses deux enfants, sont venus de Urayasu, Tshiba, à la  la ville de Tsuyama, OKAYAMA.
   "En raison de l'accident nucléaire,  mon ancienne ville d'Urayasu dans le Chiba est devenue trop polluée. On a trouvé un bosquet d'arbustes dans un parc contaminé à 30 000 becquerels par kilogramme, mais la ville et le gouvernement étaient trop centrés sur l'économie. Je savais que nous seuls, les parents, pouvions protéger nos enfants. Pendant un an, nous avons réfléchi à notre avenir, et enfin avons cessé de travailler là-bas et décidé de déménager à OKAYAMA. L'année dernière, nous avons voyagé dans l'OKAYAMA pendant 10 jours pour trouver un endroit approprié, et quand nous avons vu les belles rivières de la ville de Tsuyama, j'ai choisi cette ville. Maintenant, je travaille au bureau municipal. Nos enfants de 2 ans et 5 ans jouent joyeusement dans l'air frais. Nous sommes très heureux d'avoir déménagé ici."

 

Je suis venue ici juste avant mon accouchement.
   Mme Watanabe et sa fille, sont arrivées de la ville d'Iwaki, département de Fukushima, dans la ville de Tamano, OKAYAMA.

   "Mon mari va venir ici en août.
   " En mars 2011, j'étais dans mon neuvième mois de grossesse. Il y eu l'accident nucléaire. Je me suis réfugiée dans la maison d'une personne de ma famille loin de la centrale dans le département de Fukushima. Là, je suis allée à  l'hôpital voisin, mais il a brusquement fermé. J'ai été choquée et je me sentais inquiète. Je devais trouver un hôpital où je pourrais mettre mon bébé au monde, et j'ai téléphoné à ma belle-sœur dans l'OKAYAMA. Le lendemain, je partais en train et en avion. Je n'avais rien, même pas de sous-vêtements.
    Dix jours après avoir trouvé un logement, j'ai donné naissance à mon bébé. Beaucoup de gens m'ont donné des vêtements et des objets de première nécessité pour mon bébé et moi. Un article à mon sujet est paru  dans un journal, et beaucoup de gens m'ont envoyé des lettres, des vêtements et des livres.  Deux années ont passé déjà, mais certains me rendent encore visite."

 

Je remercie OKAYAMA
    Mme J. avec deux enfants, est arrivée du département de Miyagi dans la ville d’OKAYAMA
   "En mars 2011, les tremblements de terre se succédaient sans arrêt tous les jours. Mes enfants étaient si terrifiés qu'ils se blottissaient constamment contre moi. Nous ne nous endormions pas facilement. Devant l’éventualité de forts tremblements de terre et la maladie de mes enfants à cause de la radioactivité, j'ai décidé de faire tout ce que je pouvais, et j'ai déménagé à OKAYAMA.
   " Ma maison dans le Miyagi a été partiellement détruite. Habituellement, dans ces conditions les gens n'ont pas droit à un logement gratuit, mais la ville d’OKAYAMA, contrairement à d'autres villes, m'a charitablement attribué une maison. Je suis très reconnaissante à la ville d'OKAYAMA."

 

Pourquoi OKAYAMA?
    OKAYAMA a accueilli 992 réfugiés, derrière Osaka (1132) et Okinawa (1002). Elle occupe la troisième place parmi les 23 départements de l'ouest du Japon. Le professeur Gotô Noriaki en analyse les raisons:
  1. Divers organismes pour aider les sinistrés ont été très tôt mis sur pied.
  2. Différents rapports ont été largement diffusés par Internet.
  3.  Des coordinateurs actifs mettent en relation ces organisations entre elles.
  4. Des relations amicales existent entre ces organisations et entre les anciens et nouveaux habitants.
  5. Le département d'OKAYAMA est compact avec des villes relativement grandes, des zones rurales et des montagnes.
  6. Le département d'OKAYAMA  est situé dans endroit commode,  avec des liaisons ferroviaires rapides et un réseau de lignes aériennes toutes directions.
7. Le climat y est doux avec une  production agricole abondante et des produits de la mer.

 

Cependant, beaucoup ne sont pas heureux.
      Ci-dessus ne s’exprimaient que des gens heureux, mais en réalité nombreux sont ceux qui souffrent. Le 26 août, le journal Fukushima-Minpô a publié au sujet des souffrances des réfugiés les rubriques suivantes: "Graves sont les blessures du cœur - sentiment d'isolement, subsistance difficile et maladie."

En voici le contenu:
"Le département de Fukushima a ouvert, en avril 2012, un «  Centre de soutien psychologique aux réfugiés ». Beaucoup de demandes y affluent. Plus de la moitié d'entre elles ont trait à l'insomnie et à l'inquiétude. Certains réfugiés souffrent de mélancolie ou d'alcoolisme. Plus se prolonge le séjour dans un lieu-refuge du département d’origine ou dans d'autres départements, et plus les problèmes de subsistance se multiplient. Selon une enquête menée en 2012 auprès de 66.014 personnes réfugiées dans 13 villes du département de Fukushima, 4 677 d’entre elles (7%) ont besoin d'aide pour raison de stress psychologique. Le département envisage de mettre en place des centres similaires dans les départements de Yamagata, Niigata et Tokyo, où vivent au total 20 000 réfugiés ".

 

Décès liés à la catastrophe
   Par suite du tsunami, 1 599 personnes ont péri dans le département de Fukushima, et plus tard, à cause du raz de marée et de l'accident nucléaire réunis, de très nombreux habitants se sont réfugiées dans des lieux qui leur étaient étrangers. En raison de mauvaises conditions dans les refuges, séjours prolongés dans ces derniers, maladies et suicides, déjà 1539 d’entre elles sont mortes de désespoir. Et comme 109 autres décès pourront être reconnus comme tels aussi, il est clair que le nombre de «décès liés à la catastrophe" va dépasser celui des décès directement dus au tsunami.
    Les raisons de ces décès sont "la fatigue liée à la vie en refuge» (33,7%), "la fatigue pendant l'évacuation" (29,5%), « le manque de soins médicaux dû au dysfonctionnement des hôpitaux » (14,5%) et« les suicides » (9 personnes, 1,2%).
    Le nombre de décès liés à la catastrophe dans les deux départements limitrophes est de 423 (Iwate) et 869 (Miyagi), donc le nombre de morts dans le département de Fukushima est nettement plus élevé. En raison de l'accident nucléaire, les réfugiés restés à l'intérieur du département de Fukushima sont deux fois plus nombreux, et ils n'ont aucun espoir pour l'avenir.

 

L'accident nucléaire a détruit la vie jusqu'alors paisible de beaucoup de gens, mais ni le gouvernement ni le monde industriel ne se sentent coupables, au contraire  ils veulent poursuivre la même dangereuse politique énergétique, dépendante de l'énergie atomique. Ils sont vraiment fous!
J'espère vraiment que ces réfugiés vivront tranquillement une nouvelle vie dans l’OKAYAMA et d'autres départements.

 

 

HORI Yasuo, traduit par Ginette MARTIN

(avec l'aide de Paul Signoret)

(avec l'aide de Janick Magne)

 

 

Mise à jour : 2/10/13

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Publié par Pierre Fetet - dans Textes de HORI Yasuo
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 21:05

«Dans les années 1970, on estimait le risque d’accident à une fois tous les cent mille ans. Pourtant à vingt-cinq ans d’intervalle, nous avons eu Tchernobyl puis Fukushima. En fait, la probabilité de tels accidents est complètement imprévisible, estime Ivo Rens, dépositaire de l’Appel. Sur les 400 réacteurs nucléaires actifs dans le monde, une majorité date des années 1970. Une catastrophe pourrait surgir n’importe où, n’importe quand.» (source)

 

Il y a trente-cinq ans, le premier « Appel de Genève » avait été lancé contre la centrale de Creys-Malville. Aujourd’hui, un nouveau groupe de physiciens, d’ingénieurs, de professeurs d’université et de responsables politiques interpelle les autorités suisses pour qu'elles décident de sortir sans délai du nucléaire. C’est la catastrophe de Fukushima qui a été le déclencheur de cette nouvelle initiative qui remet la question du risque technologique majeur sur le tapis. L’appel va bientôt être disponible en allemand, italien et anglais car le texte, de visée internationale, concerne tous les états nucléarisés. A ce titre, l’Appel de Genève II est ouvert à la signature de personnes de toutes nationalités. Un site dédié lui est désormais consacré.

L’Appel de Genève II

APPEL DE GENÈVE II

 

Appel aux autorités politiques

 

Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima ont eu lieu à 25 ans d’intervalle.

 

Pourtant, on nous avait assuré que de tels accidents étaient quasiment impossibles ! Nos responsables politiques l’ont cru, et nous aussi. En réalité, la probabilité d’un tel accident est impossible à calculer. Mais elle fut estimée à une fois en cent mille ans. La triste vérité est que ce fut deux fois en vingt-cinq ans. Aujourd’hui, un peu moins de 400 réacteurs nucléaires sont en état de fonctionner dans le monde. La prochaine catastrophe se produira n’importe où, n’importe quand. Et l’état actuel de ces centrales vieillissantes ne peut qu’augmenter la probabilité d’une nouvelle catastrophe.

 

L’inventaire radioactif généré par ces installations est terrifiant : il peut exterminer chaque habitant de notre planète, et cela plusieurs dizaines de milliers de fois ! Il suffit qu’une infime fraction de cet inventaire s’échappe dans la nature pour provoquer une catastrophe. N’oublions jamais que tout ce qui peut arriver, finit par arriver … Tchernobyl et Fukushima en sont la double preuve.

 

Le seul et unique moyen d’éliminer ce risque est d’arrêter ces centrales, d’y entreposer les déchets qu’elles ont produits, d’extraire le combustible irradié et le conditionner dans un milieu approprié et dans des containers adéquats, puis de transformer le site en mausolée. Ces mausolées seront autant de témoignages évoquant, pour les générations futures, les conséquences des risques technologiques non maîtrisables.

 

Au lieu de tenter de nous faire oublier les catastrophes déjà subies, les Etats, les institutions internationales et les pouvoirs économiques devraient décider l’abandon du nucléaire pour aborder la transition vers le tout renouvelable, parfaitement en mesure d’assurer la relève, à condition que l’on cesse d’entraver son développement.

 

On ne peut pas prendre encore le risque d’un accident nucléaire meurtrier qui rendra inhabitable d’immenses territoires pendant des siècles, sous prétexte d’un besoin douteux en électricité. N’oublions pas que l’on a décidé de construire des centrales nucléaires pour ensuite se demander comment vendre le courant ainsi produit. Ce qui a conduit les compagnies d’électricité à promouvoir diverses aberrations énergétiques telles que le chauffage électrique, le développement inconsidéré de l’éclairage public, notamment.

 

Le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable; son abandon est donc inéluctable.

 

Tout retard ne fait qu’augmenter le risque d’une prochaine catastrophe. Après Fukushima, le Japon a bien arrêté la quasi totalité de ses réacteurs : c’est donc possible !

 

C’est la seule attitude responsable. C’est notre seul moyen de limiter les problèmes insolubles que nous léguerons aux générations futures.

 

Genève, le 24 mai 2013

 

 

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Liste des signataires initiaux de l’Appel de Genève 2

• Pierre Lehmann, Physicien nucléaire
• Paul Bonny, Citoyen de Genève
• Ivo Rens, Prof. honoraire de l’Université de Genève
• Yves Lenoir, Ingénieur ­­
• Rémy Pagani, Maire de Genève
• Michèle Rivasi, Fondatrice de la CRIIRAD, Députée européenne
• Wladimir Tchertkoff, Vice-Prés. Enfants de Tchernobyl-Bélarus
• Alexey V.Yablokov, Prof., Académie des sciences de Russie
• Anne-Cécile Reimann, Prés. ContrAtom, Genève
• Luc Recordon, Député au Parlement suisse
• Wataru Iwata, Citoyen japonais
• Michel Fernex, Prof. émérite, Faculté de Médecine, Bâle (Suisse)
• Roger Nordmann, Député au Parlement suisse
• Liliane Maury Pasquier, Députée au Parlement suisse
• Bruno Barillot, Lauréat du Nuclear Free Future Award 2010, Polynésie française
• Philippe Lebreton, Prof. honoraire, Université Lyon 1
• Victor Ruffy, anc. Président du Conseil national (Suisse)
• Jean-Robert Yersin, Député vaudois (Suisse)
• Robert J. Parsons, Journaliste
• Isabelle Chevalley, Députée au Parlement suisse
• Luc Breton, anc. Expert en radioprotection, Institut Suisse de Recherche Expérimentale sur le Cancer, Epalinges
• Yves Renaud, Diplômé du CNAM de Paris
• Jürg Buri, Directeur Fondation Suisse de l’Energie, Zurich
• Frédéric Radeff, Citoyen de Genève
• François Lefort, Prof. HES, Député au Grand Conseil (GE)
• Walter Wildi, Prof. géologie, Université de Genève
• Joel Jakubec, Pasteur de l’Eglise protestante de Genève
• Danielle Martinet, Citoyenne de Genève
• Cyril Mizrahi, ancien Constituant (GE)
• Manuel Tornare, Député au Parlemement suisse, ancien Maire de Genève
• Salima Moyard, Députée au Grand Conseil (GE)
• Guillaume Mathelier, Maire d’Ambilly
• Edouard Dommen, Ethicien
• Micheline Calmy-Rey, anc. Présidente de la Confédération suisse
• Renaud Gautier, Député au Grand Conseil de Genève
• Pierre Mercier, Prof. honoraire de l’Université de Lausanne

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
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Agenda

19, 20, 21 mai 2015 : Spectacle

Fukushima work in progress. Une légende japonaise

à l’Avant Seine / Théâtre de Colombes

avec Audrey Vernon et Xavier Mathieu

 

30 mai 2015, 14 h : Conférence sur Fukushima

Que s’est-il passé à Fukushima?

L’accident nucléaire dans toutes ses dimensions : techniques, environnementales mais aussi sociales.

par David Boilley, physicien (ACRO).

Lieu : Université de Caen, Amphi Copernic Campus 1

Actualités sur Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

The Watchers of Fukushima

Presse japonaise anglophone  

NHK en français

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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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 cumulée

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 dans la préfecture

 de Fukushima :

 

Aider le Japon maintenant

"Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement"

Un livre essentiel alors que la catastrophe de Tchernobyl a commencé il y a 29 ans.

Télécharger la version française ici.

 

 

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