7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 16:05

Que veut dire le mot « urgence » à la centrale de Fukushima Daiichi ? Ce mot a tellement été employé depuis deux ans et demi qu’on a du mal à croire à une urgence alors que Fukushima n’inquiète plus grand monde depuis longtemps. Et pourtant, ce mot vient d’être employé par quelqu’un qui s’occupe de la sécurité nucléaire au Japon : selon l’agence Reuters, le responsable d’un groupe de travail sur Fukushima de la NRA – l’Autorité de régulation nucléaire du Japon –  a annoncé lundi que Fukushima était dans une situation d’« urgence ». Shinji Kinjo n’est pourtant pas du genre à s’inquiéter d’habitude : le 15 mars 2011, après la troisième explosion à la centrale de Fukushima Daiichi, l’expert avait déclaré que l’augmentation de la radioactivité n’aurait pas d’effets immédiats sur la santé. C’est dire si ses propos publics aujourd’hui sont inquiétants. Pour comprendre pourquoi cet homme sort de sa réserve en remettant sévèrement en cause l’opérateur Tepco, il faut revenir sur les évènements qui ont débuté le mois dernier. C’est l’objet de cet article qui va essayer de faire le point de la situation concernant les eaux contaminées à la centrale de Fukushima Daiichi.

Etat de la situation en mars 2013 selon Ken Buesseler

Etat de la situation en mars 2013 selon Ken Buesseler

La gestion des eaux de Fukushima Daiichi

 

Pour bien appréhender la situation, il faut connaître l’état des lieux. En bref, en mars 2011, les sous-sols de la centrale on été entièrement inondés par le tsunami, d’où la présence abondante d’eau salée initialement. Puis elle a subi 3 meltdowns (fonte du cœur) – c’est-à-dire l’accident le plus redouté de l’industrie nucléaire – formant chacun un corium d’environ 70 à 90 tonnes. Mais pire, au moins un des coriums a traversé la cuve d’un réacteur pour s’arrêter et se solidifier en fond d’enceinte de confinement ; ça c’est la version officielle. Mais pour l’instant, Tepco n’a pas été capable de montrer quoi que ce soit prouvant cette version. Car il y a une autre hypothèse : le corium a peut-être traversé le radier de fondation, ce qui l’aurait mené à la couche géologique contenant la nappe phréatique. Personne n’a prouvé cela non plus, car c’est tout simplement impossible en l’état des connaissances étant donné que Tepco pratique la rétention d’une grande partie des données. Mais cette hypothèse est de plus en plus plausible, nous allons voir pourquoi.

A la télévision japonaise (Asahi TV), on n’hésite plus à parler de melt-out (sortie du corium de l’enceinte de confinement).

A la télévision japonaise (Asahi TV), on n’hésite plus à parler de melt-out (sortie du corium de l’enceinte de confinement).

Arrosage des cœurs fondus

 

Tepco arrose les cœurs fondus – du moins leur emplacement supposé dans les cuves – pour évacuer leur chaleur résiduelle. Cela nécessite environ 360 m3 d’eau par jour. L’eau, au lieu de rester dans les enceintes de confinement, se répand dans les sous-sols de la centrale, probablement à cause de failles provoquées par le tremblement de terre du 11 mars 2011. On estime que 100 000 tonnes d’eau contaminée stagnent ainsi à la base de la centrale. La contamination de cette eau est très importante : les dernières mesures donnent 5,7 millions de Bq/L pour l’unité un, 36 millions de Bq/L pour l’unité 2, et 46 millions de Bq/L pour l’unité 3.

 

Nappe phréatique en jeu

 

Une autre arrivée d’eau, incontrôlable, a été rapidement constatée, c’est celle de la nappe phréatique qui vient de toute part : 400 m3 d’eau par jour, qui se mélange et se contamine à celle utilisée pour le refroidissement.

Pour que le niveau d’eau ne monte pas et que le site ne devienne pas un marécage radioactif, Tepco est obligé de pomper en permanence l’eau des sous-sols. Cette eau est ensuite acheminée à des systèmes complexes de traitements qui suppriment la salinité et enlèvent une partie des radionucléides. L’eau est ensuite stockée dans des réservoirs, et une partie est réutilisée pour le refroidissement. En effet, pour éviter de relâcher de l’eau radioactive dans l’océan, on la stocke sur le site. Actuellement, il y a environ 1000 réservoirs contenant quelques 300 000 m3 d’eau contaminée. Au 5 août 2013, Tepco a annoncé avoir encore 60 000 m3 de stockage disponible, ce qui lui permettrait de tenir jusque décembre 2013. Sur le long terme, d’ici deux ans, Tepco prévoit d’augmenter sa capacité de stockage à 700 000 m3.

 

Le point sur le stockage et le traitement des eaux contaminées le 30 juillet 2013 (source Tepco)

Le point sur le stockage et le traitement des eaux contaminées le 30 juillet 2013 (source Tepco)

Le combat contre l’arrivée d’eau

 

Pour éviter de traiter trop d’eau, Tepco a installé 12 puits en amont des réacteurs pour pomper l’eau de la nappe phréatique avant qu’elle n’arrive dans les sous-sols. Cette opération ne permet en fait que de pomper 100 m3/jour. Mais comme le terrain surplombant ces puits a été contaminé par des fuites d’eau très radioactive provenant de réservoirs souterrains que l’opérateur avait creusés à même le sol – pour réduire la facture du stockage en cuves métalliques  – il n’y a pas encore d’autorisation pour relâcher cette eau en mer. En effet, après le tollé provoqué par le relâchement de 11 500 m3 d’eau radioactive dans l’océan en mars 2011, Tepco a promis de ne plus le faire sans l’autorisation des pêcheurs. Mais aujourd’hui, les pêcheurs n’ont plus confiance et ils ont sans doute raison.

 

Ce poisson, pêché à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi en janvier 2013 est très radioactif : 254 000 Bq/kg, soit 2 540 fois la limite de 100 Bq/kg définie pour les produits de la mer par le gouvernement.

Ce poisson, pêché à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi en janvier 2013 est très radioactif : 254 000 Bq/kg, soit 2 540 fois la limite de 100 Bq/kg définie pour les produits de la mer par le gouvernement.

Mur étanche et fuites vers la mer

 

Prévu depuis deux ans, la construction d’un mur étanche en acier et béton entre la centrale et l’océan aurait dû être aujourd’hui terminée. Il n’en est rien. Pour des raisons probablement financières (ça coûte évidemment très cher) et humaines (difficulté de recruter des ouvriers), la construction de cette barrière est loin d’être terminée.

Projet du mur étanche en acier et béton (Tepco et Asahi TV)
Projet du mur étanche en acier et béton (Tepco et Asahi TV)

Projet du mur étanche en acier et béton (Tepco et Asahi TV)

Dans la précipitation due aux découvertes du mois de juillet, Tepco a opté pour la réalisation de murs chimiques. Cette technique avait déjà été employée en 2011 : à l’époque, on avait injecté dans le sol du silicate de sodium (Na2SiO3), qui est un composé chimique ayant la particularité de solidifier le sol et le rendre dur comme du verre. Il est possible que ce soit le même procédé. Toujours est-il qu’une raison technique empêche de réaliser cette structure jusqu’au niveau du sol. Le mur chimique de 16 m de profondeur s’arrête à 1,80 m de la surface.

Principe de réalisation du mur chimique par injection (source Tepco)

Principe de réalisation du mur chimique par injection (source Tepco)

Or il semble que l’utilisation de cette technique sur une longueur de 100 m ait provoqué la montée du niveau de la nappe phréatique en aval de la centrale au niveau de l’unité 2 : le niveau d'eau dans un des puits a augmenté d'un mètre depuis début juillet. Cela semble assez logique étant donné que l’eau souterraine se déplace de la montagne vers l’océan. Rencontrant un obstacle, cela provoque une élévation de son niveau. Le gros problème, c’est que cette eau est fortement contaminée ; Tepco reconnaissait qu' « il est possible que les eaux aient commencé à passer par dessus le mur souterrain », ce qui signifie en clair qu’elle est déjà en train de rejoindre l’océan.

Schéma de l’Asahi TV : le niveau de l’eau de la tranchée est plus haut que le sommet du mur chimique.

Schéma de l’Asahi TV : le niveau de l’eau de la tranchée est plus haut que le sommet du mur chimique.

De l’eau contaminée dans l’océan

 

Les mesures réalisées en mer depuis deux ans et demi montrent que la radioactivité ne baisse pas près de la centrale de Fukushima Daiichi, alors que la décroissance radioactive et la dilution auraient dû provoquer une diminution significative de la pollution. On supposait donc que la centrale relâchait des effluents radioactifs mais Tepco refusait jusqu’à maintenant d’admettre cette réalité. Ce n’est que le 22 juillet 2013 que l’opérateur a reconnu une pollution du Pacifique, puis le 2 août, Tepco a annoncé que la quantité totale de tritium rejeté depuis mai 2011 était comprise entre 20 000 et 40 000 milliards de becquerels (20 et 40 TBq). En fait, suite à la fuite de 2011 qu’ils avaient eu du mal à contenir, Tepco s’était engagé à boucher des conduits, ce qui pourtant n’a jamais été fait durant 2 ans, la situation s’étant soit-disant « stabilisée ».

 

Localisation des fuites de 2011 (Asahi)

Localisation des fuites de 2011 (Asahi)

On se rend compte à chaque fois que l’opérateur n’a rien d’un service public – bien que l’état japonais soit l’actionnaire majoritaire – mais est bien une entreprise commerciale qui, recherchant toujours le profit, évite au maximum les dépenses. Finalement le 7 août 2013, le gouvernement, par l’intermédiaire de l’Agence des Ressources Naturelles et de l’Énergie, annonce que 300 m3 d’eau contaminée rejoignent quotidiennement l’océan.

 

Pomper en urgence

 

L’ensemble des conduits-tunnels-tranchées en aval de la centrale contiennent environ 15 000 m3 d'eaux contaminées. Devant l’insistance de la NRA, Tepco s’est engagé à commencer à les pomper dès le week-end prochain alors qu’ils programmaient ce nouveau chantier seulement à la fin du mois d’août. Comme le bassin qui devait recueillir cette eau supplémentaire près de l’unité 2 n’a pas encore été construit, cela va réduire mécaniquement les capacités de stockage du site.

Dès le mois de juin 2013, Tepco avait constaté une augmentation de la radioactivité dans l’eau d’un conduit situé près de l’unité 2. Mais en juillet, ça a été un peu la panique : deux prélèvements dans des tranchées qui servent en fait de réservoir d’eau contaminée depuis le début de la catastrophe ont donné des mesures impressionnantes : le premier prélèvement (19 juillet 2013) a mesuré 36 milliards de Bq/m3 de césium 134/137, et le second (26 juillet 2013) 2 350 milliards de Bq/m3. D’où l’état d’urgence décrété par la NRA.

 

 

Des tranchées qui débordent

 

Aujourd’hui, il est avéré que l’eau contaminée passe par-dessus la barrière chimique. On peut penser aussi qu’elle passe par en dessous et sur les côtés, étant donné que ce « mur » chimique est intermittent. On peut également penser que depuis 2 ans toute la communication de Tepco sur la nappe phréatique qui se serait maintenue sagement sous la centrale n’est qu’une vaste fumisterie. Dans une émission récente sur Asahi TV, des experts dénoncent les projets désastreux de l’opérateur.

 

Sur Asahi TV, on explique que même le mur en acier-béton ne serait pas efficace puisque l’eau de la nappe phréatique contournerait facilement la barrière pour rejoindre l’océan.

Sur Asahi TV, on explique que même le mur en acier-béton ne serait pas efficace puisque l’eau de la nappe phréatique contournerait facilement la barrière pour rejoindre l’océan.

Pour l’instant, aucune action destinée à retenir l’eau contaminée n’a été efficace. Elles ont été réalisées en dépit du bon sens. Pourtant depuis le début de nombreux experts réclament une enceinte souterraine fermée, une sorte de sarcophage souterrain gigantesque dont la construction prendrait deux années. Si cette décision avait été prise il y a deux ans, le déferlement de l’eau contaminée dans l’océan Pacifique aurait peut-être été contenu aujourd’hui. Peut-être, car on ne sait pas pour l’instant quelle profondeur devrait avoir cette enceinte. La centrale de Fukushima repose sur des couches sédimentaires gréseuses et il est probable que l’eau y circule très facilement à des profondeurs insoupçonnées.

 

Le corium sorti de l’enceinte ?

 

Selon l’ACROnique de Fukushima du 1er août, les derniers résultats de mesure de la contamination en césium de l'eau des tranchées incriminées font apparaître des concentrations en centaines de millions de becquerels par litre pour le réacteur n°2. Plus l'eau est prélevée profondément, plus elle est radioactive, relate aussi Gen4 : il y a jusqu'à 950 millions de becquerels par litre. Cela laisse penser que l’eau qui refroidit les coriums sort de l’enceinte de confinement et largue ses radionucléides en continu dans la nappe phréatique. Etant donné que Tepco ment par omission en permanence sur tous les fronts depuis le début de la crise, on peut penser raisonnablement que c’est une des dernières cachoteries de l’opérateur maudit.

Des échantillons ont été prélevés le 31 juillet à une profondeur de 1 mètre, 7 mètres et 13 mètres sur le côté mer de la centrale. (Asahi)

Des échantillons ont été prélevés le 31 juillet à une profondeur de 1 mètre, 7 mètres et 13 mètres sur le côté mer de la centrale. (Asahi)

Que faire maintenant ?

 

Maintenant que le gouvernement a révélé que 300 m3/jour d’eau contaminée s’écoulent en continu dans l’océan, que va-t-il être possible de faire ? Il devient très critique de travailler dans cet environnement de plus en plus radioactif. Les hydrogéologues de la NRA certes travaillent sur le sujet, mais rarement la théorie concorde avec le terrain. L’eau finit toujours par s’infiltrer et s’installer. Il serait dangereux que le sol où est construite la centrale devienne un bourbier radioactif car il pourrait devenir instable. La solution à court terme est donc d’encore pomper et stocker. La solution à long terme n’est pas encore connue. Ou alors, il faut faire comme l’IRSN, rester optimiste quoi qu’il arrive : « Au vu des valeurs observées dans l’eau de nappe, l’apport de radioactivité à l’océan par le site devrait rester limité au regard de cet apport terrestre global, compte tenu des mesures prises, et les éventuels impacts écologiques devraient vraisemblablement rester localisés aux environs immédiats de la centrale du fait de l'importante capacité de dilution de l'océan. » (IRSN, 10 juillet 2013)

 

Grès de Fukushima (coupe géologique à 300 m de la centrale)

Grès de Fukushima (coupe géologique à 300 m de la centrale)

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 23:21

Il existe deux webcams braquées en permanence sur la centrale de Fukushima Daiichi et disponibles en ligne. L’une est gérée par Tepco sur le site nucléaire même (lien), l’autre par une chaîne de télévision commerciale, JNN (Japan News Network), régie par le réseau TBS (Tokyo Broadcasting System, Inc.). Aujourd’hui, je vais vous parler de la seconde, connue sous le sigle TBS/JNN. L’accès à cette webcam se fait sur le compte Youtube TBS News-i , mais attention, le lien change de temps en temps et il faut le réactualiser. Cette webcam est très visitée par les veilleurs de Fukushima du monde entier.

 

Depuis longtemps, je me demandais où pouvait se trouver cette caméra indiscrète qui donne des images de la centrale avec un autre angle de vue que celle de Tepco et qui a fourni en mars 2011 les célèbres images des explosions des unités 1 et 3. Pour tenter de localiser cette caméra, j’ai prospecté les montagnes situées au sud-ouest de Fukushima Daiichi en utilisant l’outil Google Earth. Une fois trouvés quelques points culminants possibles, j’ai comparé l’image virtuelle 3D avec une vue grand angle capturée le 16 mars 2011 (explosion de l’unité 3) par la caméra TBS/JNN et j’ai choisi la configuration de paysage la plus proche du cliché.

Image tirée de Google Earth avec cadrage centré sur le site de Fukushima Daiichi

Image tirée de Google Earth avec cadrage centré sur le site de Fukushima Daiichi

Comparaison de la photo avec l’image virtuelle 3D

Comparaison de la photo avec l’image virtuelle 3D

Situation du sommet repéré en plan et ligne de visée

Situation du sommet repéré en plan et ligne de visée

La position possible de la caméra TBS/JNN se situe à 17 km à vol d’oiseau de la centrale, au sommet d’une montagne du district de Nahara, à 682 m d’altitude. A cet endroit, on voit sur la photo aérienne plusieurs mâts, reconnaissables par leur ombre au sol.

Au premier plan, vue du point culminant probable avec ses installations

Au premier plan, vue du point culminant probable avec ses installations

Le fait que cette caméra soit placée en altitude donne une image oblique plongeante avec un horizon qui n’est pas le ciel mais la mer.

Zoom avec la mer comme horizon (cliché du 8 avril 2013)

Zoom avec la mer comme horizon (cliché du 8 avril 2013)

La qualité HD de l’objectif lui permet de faire des zooms impressionnants qui ont permis par exemple de voir évoluer les ouvriers sur le niveau technique du réacteur n°4 en 2012.

 

En revanche, toute perturbation atmosphérique de type brouillard, brume, nuage, pluie, neige engendre un brouillage partiel ou complet de l’image. Un autre écueil à la netteté de l’image est la chaleur, les mouvements de convection de l’air chaud provoquant des distorsions visuelles.

 

La webcam TBS/JNN a permis durant deux ans et demi de suivre l’évolution des travaux sur le site, souvent même avant d’avoir des informations de Tepco. Ce qu’ont découvert les veilleurs de Fukushima en visionnant cette webcam, c’est que justement Tepco ne donne pas toutes les informations. Par exemple, l’opérateur japonais ne s’est jamais vanté de l’apparition de panaches de vapeur alors que l’arrêt à froid avait été décrété.

 

Par ailleurs, la caméra ne fixe pas sans arrêt la centrale. De temps à autre, des plans sont faits sur le paysage, avec quelques zooms intéressants donnant divers aspects du point de vue. Par exemple, voici des clichés extraits de l’enregistrement du 25 janvier 2012 :

La webcam TBS/JNN surveille la centrale de Fukushima Daiichi
La webcam TBS/JNN surveille la centrale de Fukushima Daiichi
La webcam TBS/JNN surveille la centrale de Fukushima Daiichi

Dernièrement, le 3 mai 2013, la caméra s’est intéressée aux réacteurs 5 et 6, très peu observés jusqu’à maintenant. Malheureusement, la source a disparu en l’espace de quelques semaines et je n’avais pas encore extrait de clichés quand je m’en suis aperçu. Dans ces défuntes images, on percevait que les deux bâtiments réacteurs n’ont pas la même hauteur. Le n° 6, que l’on voyait en arrière-plan, dépasse de 14 m son voisin n° 5. Il est aussi plus puissant, avec une puissance thermique presque 3 fois supérieure à l’unité 1 : 3293 MWt contre 1380 MWt. Mis en service en 1979, il est le dernier construit sur le site de Fukushima Daiichi (source).

 

Cela m’amène à penser que la disparition progressive des images et des vidéos sur Fukushima peut faire partie d’un plan de nettoyage du net. Certaines parties sensibles des installations ne sont jamais montrées, et si, pour une raison ou pour une autre, une image gênante sort par mégarde, on s’arrange pour la faire disparaître. Par exemple, les images de l’incendie survenu le 19 octobre 2012 ont été « nettoyées ». Mais le cas du réacteur n°4 est un meilleur exemple. Tepco a déjà prouvé plusieurs fois son intention de cacher des endroits de ce bâtiment, soit directement par coloriage blanc, soit par aplats noirs. Mais le summum est bien le verrouillage total de la diffusion d’images des incendies et de l’explosion du bâtiment réacteur 4. Pourtant, la caméra TBS/JNN, ainsi que bien d’autres caméras fixées sur la centrale en pleine crise, filmaient bien la centrale en continu en ces jours des 15 et 16 mars 2011…

 

En fait, je suis très inquiet de la disparition progressive des documents sur Fukushima, car cette suppression des sources empêchera les historiens de travailler correctement et permettra un lissage, voire un gommage de certains faits. Tout en rédigeant ce billet, alors que je vérifiais quelques liens, je me suis rendu compte à nouveau de la fragilité des documents mis en ligne et de la nécessité de les sauvegarder. Non seulement la vidéo infrarouge du 11 mars 2011 a disparu, mais la pire découverte pour moi a été de constater la suppression de l’intégralité de la collection des 11 vidéos de 2012 prouvant que « l’arrêt à froid » était un mensonge (lien vers la collection massacrée). La création d’une base de données francophone sur la catastrophe de Fukushima pourrait contrer cette dégradation progressive et continue des sources.

 

Pierre Fetet

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 01:53

Manifestement, Tepco est débordé. Non seulement il doit toujours gérer l’arrivée de centaines de tonnes d’eau contaminée par jour, les fuites multiples et variées des réservoirs souterrains ou aériens et la contamination de la nappe phréatique et de l’océan qui sont de plus en plus radioactifs, mais il doit en plus trouver une solution à une découverte faite le 18 juillet 2013 par un ouvrier sous-traitant chargé de nettoyer les débris du niveau technique du réacteur n°3 : de la vapeur s’échappe du bâtiment en continu. Pour minimiser ce fait très gênant, Tepco l’explique en prétendant que de l’eau de pluie s’est infiltrée et s’évapore à cause de la chaleur.

 

En fait, Tepco fait semblant de ne pas savoir, comme d’habitude. Il faut revenir en mars 2011 pour comprendre ce qui se passe. Une vidéo aérienne prise le 27 mars 2011 montre très clairement que le confinement du réacteur 3 était atteint après l’explosion du 14 mars 2011. Voyez ce cliché extrait de cette vidéo : de la vapeur s’échappe du centre du bâtiment en ruine, côté nord. On distingue bien la fosse de rangement de matériel, et la vapeur qui s’échappe à sa droite.

Tepco débordé à Fukushima Daiichi

Or aujourd’hui, Tepco essaie de cacher, de manière ridicule, qu’il y a une fuite à ce même endroit, alors qu’ils savent très bien que la vapeur provient de l’enceinte de confinement.

On a souvent vu de la vapeur s’échapper des bâtiments depuis que Tepco et le gouvernement ont déclaré les réacteurs à froid en décembre 2011 (Se reporter aux vidéos collectées dans cette page : Arrêt à froid avec panaches). Donc on sait bien que les coriums sont capricieux. Non seulement on ne sait pas où ils sont, mais en plus ils peuvent de temps en temps générer des recriticités (redémarrages localisés et chroniques de fissions), donc de la chaleur, d’où le bore préparé par Tepco pour calmer le monstre.

Situation de la fuite du réacteur 3

Situation de la fuite du réacteur 3

Donc pour résumer, Tepco nous fait un sketch sur une fuite connue depuis deux ans et demi en nous expliquant que ce n’est que de la pluie qui s’évapore alors que c’est le scénario du pire : il n’existe plus de confinement, la vapeur radioactive sort de l’enceinte de confinement comme d’une vieille cocotte minute ayant perdu son joint.

 

Maintenant, on peut se demander pourquoi Tepco (et le gouvernement qui est actionnaire majoritaire) joue à ce petit jeu. Est-ce pour détourner l’attention de la contamination record de l’océan ? ou est-ce pour annoncer petit à petit, l’air de rien, que le Japon ne pourra pas gérer et payer tout seul cette catastrophe continuelle qui affecte le monde depuis 2 ans et demi ?

 

Photos fournies par Tepco :

 

1 : A droite, on voit la piscine de combustible recouverte d’une toiture protectrice qui a été posée pour la durée des travaux de déblaiement du niveau technique.

1 : A droite, on voit la piscine de combustible recouverte d’une toiture protectrice qui a été posée pour la durée des travaux de déblaiement du niveau technique.

2 : Cette photo démontre, pour ceux qui pensaient que la cuve du réacteur avait explosé, que la dalle ronde anti-missile, située juste au dessus de l’enceinte de confinement, est toujours en place. Par-dessus cette dalle se trouve le pont roulant qui est tombé là lors de l’explosion du 14 mars 2011.

2 : Cette photo démontre, pour ceux qui pensaient que la cuve du réacteur avait explosé, que la dalle ronde anti-missile, située juste au dessus de l’enceinte de confinement, est toujours en place. Par-dessus cette dalle se trouve le pont roulant qui est tombé là lors de l’explosion du 14 mars 2011.

3. Il reste encore beaucoup de décombres, mais pour l’instant le chantier a été arrêté à cause de la vapeur. Quoi qu’il en soit, ce sont des robots qui travaillent à cet étage car la radioactivité y est trop importante.

3. Il reste encore beaucoup de décombres, mais pour l’instant le chantier a été arrêté à cause de la vapeur. Quoi qu’il en soit, ce sont des robots qui travaillent à cet étage car la radioactivité y est trop importante.

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Pour suivre l’évolution de la catastrophe nucléaire :

Info quotidienne avec la page de l’ACRO

Infos hebdomadaires avec la compilation de Pectine

Infos japonaises, traduites en français, avec Fukushima Diary

Infos interactives avec les groupes Facebook dédiés à Fukushima : Fukushima Information, Les veilleurs de Fukushima francophones, Dernières nouvelles de veilleurs, etc.

Infos techniques avec Gen4

Infos diverses avec Les veilleurs de Fukushima

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 21:53

La zone interdite en juin 2013

Alex Thomson a realisé un très bon reportage sur Channel4News, « Signs of radioactivity return to Japan »

Voici quelques clichés extraits de cette vidéo :

Poupée abandonnée

Poupée abandonnée

Déchets et eau radioactive s’accumulent à la centrale de Fukushima

Déchets et eau radioactive s’accumulent à la centrale de Fukushima

Il y a encore des réfugiés 2 ans après l’évacuation !

Il y a encore des réfugiés 2 ans après l’évacuation !

Des haut-parleurs annoncent la fin de la visite autorisée.

Des haut-parleurs annoncent la fin de la visite autorisée.

Conférence de Janick Magne

Janick Magne a parcouru la France en mars-avril 2013 pour témoigner de ce qui se passe au Japon depuis deux ans, en présentant sa conférence dans 5 lieux dont le dernier, Bonnet, se situe à quelques kilomètres de Bure, commune qui accueille le projet de centre d'enfouissement de déchets nucléaires (CIGEO).

Femmes de Fukushima

Six femmes Japonaises nous offrent ici, loin des dissimulations et des mensonges d’état à propos du progrès réel de la décontamination en cours, une vision brute et sans états d'âme de la façon dont l’accident de Fukushima a affecté leur vie, leur foyer, et leur famille.

Le tourment d’une mère de Fukushima

Photos : Tchernobyl au Japon

The Telegraph publie les photos d’une ville abandonnée (Namie) dans la zone d'exclusion nucléaire de Fukushima. Le photographe Franck Robichon suit Yuzo Mihara et son épouse Yuko qui, comme des dizaines de milliers de personnes, ont tout perdu.

Voir les 19 photos

Quatre photos extraites de la galerie proposée par The Telegraph :

Yuzo Mihara et son épouse Yuko © Franck Robichon

Yuzo Mihara et son épouse Yuko © Franck Robichon

L’école élémentaire abandonnée de Namie © Franck Robichon

L’école élémentaire abandonnée de Namie © Franck Robichon

Sacs d’élèves abandonnés sur place © Franck Robichon

Sacs d’élèves abandonnés sur place © Franck Robichon

Stockage "temporaire" de terre contaminée à Naraha © Franck Robichon

Stockage "temporaire" de terre contaminée à Naraha © Franck Robichon

Musique : Fukushima Style

Une parodie de Gangnam Style, proposée et sous-titrée en français par Kna

Ecouter Fukushima

Dans le cadre de l’émission « La demi-heure radio-active » diffusée le 11 juin 2013 sur Radio Galère, Thierry Ribault, économiste au CNRS, s’exprime sur le sort des réfugiés nucléaires, la fin de la zone interdite, les rapports contradictoires au sein de l’ONU et la politique nucléaire du gouvernement japonais.

Au-delà du nuage

Site consacré au web documentaire "Au-delà du nuage", et contenant de multiples témoignages. Cette création transdisciplinaire est une co-production franco-japonaise de KI / Keiko Courdy
Accès au site

Voir Fukushima (56)

Tous Fukushima

Le projet de "Tous Fukushima" : des jeunes en photo, tous informés de la situation des habitants du Japon, de Minami-Soma, Fukushima, et qui ont accepté de participer en tant que "citoyens du monde". Pour participer, il suffit de se prendre en photo devant un fond blanc ou rouge ( drapeau japonais ) avec un masque en papier ( pas cher, en pharmacie). L’idée, c'est de faire une "chaine humaine de photos" pour dire à nos amis japonais que l'on pense toujours à eux.

Voir Fukushima (56)

Artiste engagé

Face au déni généralisé de la part de ceux qui vivent dans le Tohoku, un artiste dénommé 281_Anti Nuke tente de faire prendre conscience des dangers du nucléaire à Tokyo par des œuvres murales. Etant devenu la cible de l’extrême droite, il a choisi de rester anonyme.

En savoir plus avec cet article du Japan Times (en anglais)

Accéder à sa galerie en ligne ici

Voir Fukushima (56)

A la centrale…

Tepco a engagé la construction d’un gigantesque bâtiment destiné au traitement des déchets radioactifs solides afin de réduire leur volume (source)

Voir Fukushima (56)
Voir Fukushima (56)

MOX

Manifestation le 27 juin 2013 au port de Takahama : 200 citoyens japonais manifestent contre l’arrivée du carburant MOX au plutonium d’Areva.

En savoir plus (vidéo, explication de ce qu’est le MOX) avec l’article de Georges Magnier

Voir Fukushima (56)

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 16:32
Fukushima : une vidéo inédite et des vapeurs suspectes

Selon le Japan Times du 18 juin 2013, l’autorité de réglementation nucléaire japonaise (NRA) vient de faire savoir que, suite à l’inspection du bâtiment réacteur 1, le tremblement de terre du 11 mars 2011 n’aurait pas endommagé la tuyauterie du condenseur d’isolement, système qui permet le refroidissement du réacteur. Cette enquête a pour origine le constat d’une fuite d’eau qui aurait pu avoir causé l’arrêt du système de refroidissement avant l’arrivée du tsunami. Un ouvrier témoin avait affirmé que cette fuite n’était pas de la vapeur, ce qui signifie, selon ce média, qu'il serait peu probable que les tuyaux des condenseurs aient été endommagés, car ils sont censés contenir uniquement de la vapeur.

Pourtant, il y avait bien de la vapeur qui s’échappait de la centrale de Fukushima Daiichi au moment de l’arrivée du tsunami, évènement que j’ai pu observer récemment en visionnant une vidéo restée inaperçue jusqu’à maintenant.

J’ai trouvé ces images de la chaîne japonaise FNN au hasard de mes recherches.  Elles ne semblent pas avoir été très diffusées, allez savoir pourquoi. C’est une vidéo de l’arrivée du tsunami sur la centrale de Fukushima Daiichi, vue du sud. La prise de vue est réalisée avec un téléobjectif, probablement depuis un éperon rocheux à 6 km au sud, ce qui permet d’avoir cet angle de vue. On voit les quatre cheminées du site nucléaire, l’unité n°4 qui est juste derrière la plus grosse cheminée en premier plan, l’unité 1 qui se dégage car décalée par rapport aux unités 2, 3 et 4, et les unités 5 et 6 en arrière-plan surélevé.

Vision de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi depuis le sud

Vision de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi depuis le sud

Ce qui est très intéressant dans cette vidéo, c’est sa relative netteté et les informations nouvelles qu’elle met au jour : hormis la violence des vagues frappant la falaise, on peut observer très nettement que le site, au niveau des unités 1-2-3-4, laisse échapper des panaches de vapeur provenant de deux endroits différents. Au temps 3’28, une réplique sismique a lieu et immédiatement se forme un énorme panache côté est. Il est possible qu’à ce moment-là, au moins un panneau-évent était déjà tombé et que la vapeur provenait directement de cette ouverture de sûreté. Cette observation tend à montrer qu’au moment du tsunami, il existait déjà une grande chaleur dans au moins un des bâtiments réacteurs et donc que le tsunami n’était pas responsable de ces rejets de vapeurs.

 

Ca démontre aussi que l’accident nucléaire a commencé au moment du séisme et non pas suite au tsunami, car en fonctionnement normal, une unité de production ne produit pas de tels panaches de vapeur. Il semble que dès 15h37, au moment de l’arrivée du tsunami, soit 3 quarts d’heure après le séisme, les réacteurs 1 et 2 avaient des problèmes de confinement.

 

Etant donné qu’il n’est pas possible qu’une piscine se soit déjà réchauffée à ce point en seulement 45 minutes, il est fortement probable que cette vapeur ce soit échappée soit du circuit de refroidissement, soit de l’enceinte de confinement.

 

Cette information est capitale car Tepco, le gouvernement et l’AIEA ont toujours affirmé que la catastrophe avait débuté avec le tsunami. A ce propos, seule la commission d’enquête indépendante de la Diète a émis des réserves sur les conclusions empressées des protagonistes du village nucléaire :

Nous concluons que TEPCO a été trop rapide à avancer le tsunami comme cause de l'accident nucléaire et à nier que le séisme ait causé des dégâts. Nous croyons que le séisme a probablement endommagé l'équipement nécessaire pour assurer la sécurité et qu’il est possible qu’il y ait eu une légère perte du liquide de refroidissement dans le réacteur 1. Nous espérons que ces points seront examinés de façon plus approfondie par une prochaine enquête.

Même si les deux catastrophes naturelles – le séisme et le tsunami qui a suivi - ont été les causes directes de l’accident, il reste plusieurs points dans le déroulement des événements qui n’ont pas été éclaircis. La raison principale en est que presque tout l’équipement directement lié à l’accident se trouve à l’intérieur de l’enceinte des réacteurs, qui sont inaccessibles et le resteront encore de longues années. Un examen complet et une analyse exhaustive sont donc impossibles actuellement.

TEPCO n’a cependant pas hésité à attribuer l'accident au tsunami, et à conclure que le séisme n'était pas responsable des dommages à l'équipement nécessaire à la sécurité (même s’il a ajouté « dans la mesure où l’information a pu être confirmée », une phrase qui apparaît dans les rapports de TEPCO au gouvernement et à l'AIEA). Cependant, sans preuve de fond, il est impossible de considérer le tsunami comme la cause directe de l’accident. La Commission estime qu'il s'agit là d'une tentative pour éviter toute responsabilité en mettant tout sur le compte de l’inattendu (la hauteur du tsunami), comme il est écrit dans le rapport intermédiaire, et non pas sur le séisme, plus prévisible.

Grâce à notre enquête, nous avons vérifié que les personnes impliquées étaient au courant du risque de séisme et de tsunami. En outre, les dommages causés au réacteur 1 ont été causés non seulement par le tsunami, mais aussi par le séisme, une conclusion établie après avoir examiné les faits suivants :
1) La plus grande onde de choc du séisme a frappé après l'arrêt automatique (SCRAM) [des réacteurs].
2) La JNES a confirmé la possibilité d’un accident localisé de perte de liquide de refroidissement.
3) Les opérateurs du réacteur 1 se sont inquiétés de la fuite de liquide de refroidissement de la soupape de sécurité.
4) La soupape de décharge ne fonctionnait pas.

En outre, il y a eu deux causes à la perte d'alimentation externe, toutes deux liées au séisme: il n'y avait pas de systèmes redondants et diversifiés, ni de résilience parasismique pour les alimentations électriques externes, et par ailleurs, le poste de transformation de ShinFukushima n'était pas résistant aux séismes.

Rapport NAIIC

 

 

Chronologie et analyse de la vidéo

 

14h46 : au moment du tremblement de terre, les alarmes fonctionnent normalement. Les barres de contrôle se relèvent automatiquement et mettent à l’arrêt les 3 réacteurs en fonctionnement. Les piscines se remplissent d’eau pour éviter toute surchauffe.

 

14h52 : un système de refroidissement de secours se met en route automatiquement. Les opérateurs estiment qu’un refroidissement trop rapide du cœur pourrait endommager la cuve et arrêtent le système. L’alerte au tsunami prédit une vague de 3 m à Fukushima.

 

15h27 : une première vague de 4 m arrive. La digue de la centrale étant à 5m70, cette première vague n’atteint pas les installations.

 

15h35 : une autre série de vagues d’une hauteur de 14 à 15 m inonde le bâtiment des turbines et percute la pompe d’eau de mer. 11 groupes électrogènes sur 12 sont mis hors service.

C’est à ce moment précis que commence la vidéo, et plus exactement quelques secondes plus tard.

 

 

Séquence 1 : 0:16 à 1:11 (c’est-à-dire 15:35:20 à 15:36:15)

 

Pour bien faire, il ne faut pas regarder les vagues impressionnantes qui ont lieu sur des falaises situées en premier plan à 3 km au sud de la centrale. Il faut fixer son attention sur le site nucléaire lui-même.

Vague se fracassant sur la falaise située 3 km au sud de la centrale (0:31) et analyse du paysage
Vague se fracassant sur la falaise située 3 km au sud de la centrale (0:31) et analyse du paysage

Vague se fracassant sur la falaise située 3 km au sud de la centrale (0:31) et analyse du paysage

 

Mais avant tout, voici une analyse de la silhouette de l’usine nucléaire, on verra que la localisation précise des bâtiments réacteurs (BR) est importante à connaître pour situer les différents panaches.

Analyse de l’image de la centrale vue du sud

Analyse de l’image de la centrale vue du sud

 

Revenons à la chronologie fine.

15 :35 :21 : un panache de vapeur apparaît entre le BR1 et le BR2. Ce panache ne peut être confondu avec une vague car celui-ci se déplace lentement de l’ouest vers l’est, alors que l’eau d’un ressac projetée vers le haut retombe de manière verticale.

Panache provenant de l’entre BR1-BR2 ou du BR2 (0:18)

Panache provenant de l’entre BR1-BR2 ou du BR2 (0:18)

15:35:58 : un nouveau panache situé entre le BR1 et le BR2 confirme que de la vapeur fuit en masse.

Panache provenant de l’entre BR1-BR2 ou du BR2 (0:55)

Panache provenant de l’entre BR1-BR2 ou du BR2 (0:55)

 

La vidéo attachée à un timing (horaire local) s’arrête à 1:10, soit à 15:36:13 selon le timing visible au début de la séquence, puis flouté. Les autres séquences de la vidéo de FNN n’indiquent pas le timing, mais on peut l’évaluer en observant les évènements et le niveau de la mer.

 

 

Séquence 2 : 1:11 à 2:02

 

La deuxième séquence montre un zoom sur la centrale. On voit une vague se fracasser sur le côté sud-est de la centrale, mais la vision est insuffisante pour savoir où a lieu l’impact, qui probablement est situé plus au sud que ce qu’on pense.

 

Vague au sud-est de la centrale de Fukushima Daiichi (1:18)

Vague au sud-est de la centrale de Fukushima Daiichi (1:18)

Puis on voit un panache de vapeur semblant provenir de l’espace entre le BR1 et le BR2.

Panache provenant de l’entre BR1-BR2 ou du BR2 (1:50)

Panache provenant de l’entre BR1-BR2 ou du BR2 (1:50)

 

La mer est haute, mais il est difficile de savoir si la séquence 2 est antérieure ou postérieure à la séquence 1. Toutefois, selon le choix chronologique du montage de cette vidéo, il est probable que la séquence 2 soit postérieure à la séquence 1.

 

Un détail permet de faire un raccord avec la séquence suivante : une cheminée située sur le BR6 est en train de fumer à la fin de la séquence 2 (à partir de 1:40) et on la retrouve identique au début de la séquence 3. Le BR6, dont Tepco ne parle quasiment jamais, a donc eu aussi un problème suite au séisme qui a provoqué ou nécessité un relâchement de gaz.

 

Fumée provenant d’une cheminée du BR6 (1:44)

Fumée provenant d’une cheminée du BR6 (1:44)

 

Séquence 3 : 2:02 à 3:14

 

La mer est en train de se retirer, et une réplique a lieu à 2:04-2:06. Puis la vidéo passe en vitesse accélérée montrant l’océan reprendre sa place habituelle.

A 2:25, on observe encore un panache de vapeur, mais cette fois-ci provenant de l’arrière du BR1 (nord du bâtiment).

 

Panache provenant de l’arrière du BR1, soit entre BR1 et BR5 (2:25)

Panache provenant de l’arrière du BR1, soit entre BR1 et BR5 (2:25)

A 2:31, une image est insérée pour faire une comparaison du niveau de la mer pendant et après le tsunami. La vapeur est encore visible derrière le BR1 à 2:35.

 

 

Séquence 4 : 3:14 à 3:50

 

La mer est à un niveau bas. A 3:28, une grosse réplique secoue la caméra. Immédiatement, cela provoque le dégagement d’un gros panache de vapeur, provenant du côté nord du BR1. Qu’est-ce qui peut provoquer de la vapeur quand on le secoue ?

La réplique enregistrée est peut-être celle de 15h48 ou celle de 16h10.

 

 

Fukushima : une vidéo inédite et des vapeurs suspectes

 

Séquence 5 : 3:50 à 4:29

Zoom sur la côte et ses vagues. Vision tronquée et embrumée de la centrale.

 

Séquence 6 : 4:29 à 5:09

Vision générale de la côte rocheuse et ses vagues.

 

Conclusion 

 

Ma conclusion aura la forme de questions :

Quelle est l’origine de ces panaches de vapeur, à deux endroits différents de la centrale ?

Pourquoi le BR6 a une cheminée qui dégage de la fumée peu après le tsunami ?

Quelle est la nature de ces rejets atmosphériques, et sont-ils volontaires ?

Tepco doit le savoir évidemment, pourquoi n’a-t-il jamais rien dévoilé sur ces sujets ?

Pourquoi cela reste-t-il caché ?

Cette vidéo compromettante pour l’industrie nucléaire ne va sans doute pas faire long feu. Amis de la vérité, sauvegardez-la avant que les nettoyeurs de la révision historique ne passent à l’action ! Je viens de me rendre compte que sur les 2 vidéos que je proposais dans un de mes premiers articles en avril 2011, 100% ont été supprimées (cf. ci dessous). C’étaient des comptes youtube, et à l’époque, je ne savais pas télécharger une vidéo. L’une montrait la vague arriver sur la centrale, l’autre montrait les dégâts causés sur les quais de la centrale. Encore un bel exemple de la « transparence » de l’industrie nucléaire.

 

Pierre Fetet

 

Vidéo supprimée de la vague sur Fukushima : http://www.youtube.com/watch?v=xwFrah3o4Cs

Vidéo supprimée de la vague sur Fukushima : http://www.youtube.com/watch?v=xwFrah3o4Cs

Vidéo supprimée des quais de la centrale de Fukushima Daiichi : http://www.youtube.com/watch?v=uAVKoCmBaPw

Vidéo supprimée des quais de la centrale de Fukushima Daiichi : http://www.youtube.com/watch?v=uAVKoCmBaPw

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 00:51
Explications d’experts sur les conséquences de la contamination radioactive de l’eau à Fukushima

Akio Matsumura, ancien diplomate japonais, Gordon Edwards, expert en physique nucléaire et Helen Caldicott, médecin pédiatre, s’expriment dans un article publié sur le site akiomatsumura.com sur les conséquences de la contamination radioactive de l’eau à Fukushima.

Titre original : Experts Explain Effects of Radioactive Water at Fukushima

Traduction française : Fukushima-is-still-news

Introduction

 

Akio Matsumura

Explications d’experts sur les conséquences de la contamination radioactive de l’eau à Fukushima

La contamination de l’eau pose un nouveau problème sur le site de Fukushima. Tepco doit continuer à refroidir les barres de combustible irradiées, mais n’a pas réussi à mettre en place un système permanent et soutenable pour se débarrasser de l’eau hautement radioactive produite par la procédure de refroidissement. Son système peut certes filtrer une grande partie de la radioactivité de l’eau, mais certains éléments comme le tritium, un agent cancérigène, ne peuvent pas être extraits et la concentration dépasse largement les normes légales. Tepco veut déverser l’eau dans l’Océan Pacifique afin de diluer le tritium pour rendre le taux acceptable, mais les pêcheurs, qui se méfient du fournisseur d’électricité, y sont opposés. Entre temps, Tepco stocke l’eau contaminée dans des citernes. Peut-on être surpris que ces citernes fuient (New York Times) ? De plus, Tepco admet qu’il finira par manquer de place pour toutes ces citernes de stockage.

La gestion de cette eau de refroidissement contaminée est devenue le problème le plus crucial  et le plus dangereux que Tepco ait eu à affronter depuis 2011.

 

 

Contexte

 

Selon le Japan Times (extraits): À la date du 7 mai , Tepco avait récupéré 290 000 tonnes d’eau radioactive dans 940 énormes citernes sur le site de la centrale, mais il en reste

94 500 tonnes dans les sous-sols des bâtiments des réacteurs et de diverses installations.

Tepco doit en permanence arroser les cœurs fondus des réacteurs 1, 2 et 3 en utilisant des systèmes de fortune pour éviter que le combustible ne fonde et ne provoque de nouveaux incendies.

 

Cependant, les enceintes de confinement des cœurs ont été endommagées par la fusion, ce qui a permis à l’eau de refroidissement hautement radioactive de fuir et de s’infiltrer dans les sous-sols. Les taux élevés de radioactivité ont empêché les ouvriers de s’approcher suffisamment pour inspecter correctement les dégâts, sans parler de démarrer la procédure de démantèlement.

 

Pour tout compliquer, 400 tonnes d’eaux souterraines pénètrent également quotidiennement dans les sous-sols des bâtiments endommagés par le tsunami et les explosions, se mélangeant aux fuites d’eau de refroidissement.

 

Tepco a utilisé un système de recyclage pour assécher les sous-sols. Ce système est supposé extraire le césium avant de remettre l’eau en circulation dans les réacteurs. Mais la menace est encore exacerbée par l’afflux des eaux souterraines.

 

Tout ce que Tepco a été capable de faire a été de construire davantage de citernes de stockage. Quels problèmes toute cette eau peut-elle provoquer ?

Selon Tepco, il y a une limite au nombre de citernes qui peuvent être installées avant que le site ne manque d’espace de stockage.

 

Tepco a affirmé pouvoir augmenter la capacité de stockage de 430 000 tonnes cette année à 700 000 d’ici la mi-2015, en abattant une forêt et en faisant de la place dans l’enceinte de la centrale. Cette façon de faire est censée lui procurer un répit de trois ans.

 

 

Le processus de contamination de l’eau

 

Gordon Edwards, expert en physique nucléaire

Explications d’experts sur les conséquences de la contamination radioactive de l’eau à Fukushima

1. Quand du combustible nucléaire est utilisé dans un réacteur nucléaire ou une bombe atomique, les atomes qu’il contient se désintègrent (subissent une “fission”) destinée à produire de l’énergie. Le processus de fission est déclenché par des particules subatomiques appelées neutrons. Dans un réacteur nucléaire quand les neutrons sont arrêtés, le processus de fission s’arrête également. C’est ce qu’on entend par “arrêt du réacteur”.

2. Mais le processus de fission nucléaire crée des centaines de nouvelles variétés d’atomes radioactifs qui n’existaient pas auparavant. Ces sous-produits radioactifs dont on ne veut pas s’accumulent dans le combustible irradié et pris collectivement, sont des millions de fois plus radioactifs que le combustible nucléaire de départ.

 

3. Ces nouveaux matériaux radioactifs sont classés comme produits de fission, produits d’activation et éléments transuraniens. Les produits de fission — comme l’iode131, le césium 137 et le strontium 90 — sont les fragments des atomes désintégrés. Les produits d’activation — comme l’hydrogène 3 (“tritium”), le carbone 14 et le cobalt 60 — sont le résultat de la transformation d’atomes non radioactifs en atomes radioactifs après absorption d’un ou plusieurs neutrons égarés. Les éléments transuraniens — comme le plutonium, le neptunium, le curium et l’américium — sont créés par transmutation quand un atome massif d’uranium absorbe un ou plusieurs neutrons, devenant ainsi encore plus massif (d’ou le terme « transuranien », qui signifie « au-delà de l’uranium »).

 

4. À cause de l’intense radioactivité de ces sous-produits, le combustible nucléaire usagé continue à dégager de la chaleur pendant des années après l’arrêt du processus de fission. Cette chaleur (appelée “ chaleur résiduelle”) provient de la désintégration incessante des déchets nucléaires. Nul ne sait comment ralentir ou arrêter la désintégration radioactive de ces atomes ; autrement dit, la chaleur résiduelle est littéralement impossible à arrêter. Mais la chaleur résiduelle décroît progressivement avec le temps, devenant beaucoup moins intense après une dizaine d’années.

 

5. Toutefois, dans les années qui suivent la mise à l’arrêt d’un réacteur, si la chaleur résiduelle n’est pas supprimée au fur et à mesure qu’elle est produite, la température du combustible irradié peut atteindre des niveaux dangereux et des gaz, vapeurs et particules radioactifs sont émis dans l’atmosphère à des taux inacceptables.

 

6. La manière la plus courante de supprimer la chaleur résiduelle du combustible irradié est de l’arroser en permanence. C’est ce que fait Tepco, à raison de quelque 400 tonnes d’eau par jour. Cette eau est contaminée par les produits de fission, les produits d’activation et les éléments transuraniens. Comme ces déchets sont radiotoxiques et nocifs pour les organismes

vivants, l’eau ne peut pas être rejetée dans l’environnement tant qu’elle est contaminée.

 

7. En plus des 400 tonnes d’eau utilisées journellement par Tepco pour refroidir le cœur fondu des trois réacteurs endommagés, 400 tonnes d’eaux souterraines s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments des réacteurs endommagés. Cette eau est également contaminée par la

radioactivité et doit donc être stockée en attendant d’être décontaminée.

 

8. Tepco utilise un “Système de traitement liquide avancé ”(ALPS) qui est capable de filtrer

62 types de matériaux radioactifs contenus dans l’eau contaminée, mais ce procédé est lent, l’extraction est rarement efficace à cent pour cent et certains matériaux radioactifs ne sont pas filtrés du tout.

 

9. Le tritium, par exemple, ne peut être filtré. Le tritium est de l’hydrogène radioactif : quand des atomes de tritium se combinent avec des atomes d’oxygène, on obtient des molécules d’eau radioactives. Aucun système de filtration n’est en mesure de retirer le tritium de l’eau, parce qu’on ne peut pas extraire l’eau de l’eau. Une fois rejeté dans l’environnement, le tritium pénètre librement dans tous les organismes vivants.

 

10. L’énergie nucléaire constitue l’exemple ultime de la société du tout-jetable. Le combustible irradié doit en effet être tenu à l’écart de l’environnement des organismes vivants pour l’éternité. Les matériaux de qualité utilisés pour construire la zone centrale des réacteurs nucléaires ne peuvent jamais être recyclés ou réutilisés, mais doivent être stockés en tant que déchets radioactifs pour toujours. Les réacteurs défaillants ne peuvent jamais être complètement arrêtés, parce que la chaleur résiduelle continue bien après la mise à l’arrêt. Et les efforts déployés pour refroidir un réacteur sévèrement endommagé produisent d’énormes volumes d’eau contaminée par la radioactivité ; celle-ci doit être stockée ou rejetée dans l’environnement. On comprend pourquoi certains qualifient l’énergie nucléaire de « technologie sans pitié ».

 

 

Neuf conséquences médicales de la contamination de l’eau par le tritium

 

Helen Caldicott, médecin pédiatre

Explications d’experts sur les conséquences de la contamination radioactive de l’eau à Fukushima

1. Il n’existe pas de moyen de séparer le tritium de l’eau contaminée. Le tritium, un émetteur bêta de faible énergie, est un puissant cancérigène qui reste radioactif pendant plus de cent ans. Il se concentre dans les organismes aquatiques dont les algues, les crustacés et les poissons. Parce qu’il n’a ni goût ni odeur et qu’il est invisible, il sera inévitablement ingéré à travers l’alimentation, en particulier les produits de la mer, pendant de nombreuses décennies.

Il se combine dans la molécule d’ADN – le gène – où il peut provoquer des mutations qui peuvent ultérieurement causer un cancer. Il provoque des tumeurs du cerveau, des malformations congénitales et des cancers dans beaucoup d’organes. La situation est extrêmement grave parce qu’il est absolument impossible de contenir toute cette eau radioactive en permanence et elle s’écoulera inévitablement dans l’Océan Pacifique pendant

50 ans ou plus, en même temps qu’une série d’autres isotopes très dangereux, comme le césium 137, qui a une durée de vie de 300 ans et provoque des tumeurs des muscles très malignes, les rhabdomyosarcomes, et le strontium 90 qui est également radioactif pendant 300 ans et provoque des cancers des os et des leucémies ; ces deux isotopes ne sont qu’un exemple des nombreux éléments radioactifs [contenus dans cette eau contaminée].

2. Les rayonnement peuvent provoquer tous les types de cancers. Comme une grande partie des terres de Fukushima et des environs sont contaminées, la nourriture – le thé, le bœuf, le lait, les légumes verts, le riz, etc. – resteront radioactifs pendant plusieurs centaines d’années.

 

3. Le terme de “nettoyage” est inapproprié : les sols, le bois, les feuilles et l’eau contaminés ne peuvent pas être décontaminés ; ils peuvent à la limite être déplacés ailleurs et contaminer les nouveaux emplacements.

 

4. L’incinération des déchets radioactifs propage les agents cancérigènes dans d’autres régions du Japon, y compris des régions qui n’étaient pas contaminées.

 

5.  Les cancers ont une longue période d’incubation : 2 à 80 ans après que les gens ont mangé de la nourriture radioactive ou respiré de l’air contaminé.

 

6. Selon l’AIEA, le démantèlement des réacteurs [de Fukushima] va prendre entre 50 et

60 ans et certains prédisent que ce désastre ne pourra jamais être nettoyé ni éliminé.

 

7. Où est-ce que le Japon va pouvoir déposer ce combustible fondu hautement radioactif, les barres de combustible et le reste ? Il n’existe aucun lieu sûr pour stocker ce matériau mortel

(qui doit être isolé de l’exosphère pendant un million d’années si l’on en croit l’EPA, l’Agence américaine de protection de l’environnement) sur une île régulièrement frappée par des séismes.

 

8. Au fur et à mesure que ces éléments radioactifs s’infiltrent dans l’eau et dans les océans et qu’ils sont rejetés dans l’air, l’incidence des malformations congénitales, des cancers et des aberrations génétiques ne peut qu’augmenter au fil du temps et dans les générations à venir.

 

9. Les enfants sont de 10 à 20 fois plus sensibles aux effets cancérigènes des rayonnements que les adultes (les petites filles y sont deux fois plus sensibles que les garçons) et les fœtus des milliers de fois plus – une radio chez la femme enceinte double le risque pour l’enfant d’avoir une leucémie.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 20:54
Green et Vert et le hameçonnage écolo

On connait tous le hameçonnage (phishing) par mail ou par site falsifié qui consiste à usurper l’identité d’une entreprise ou d’une personne de confiance afin de soutirer des renseignements personnels.

Eh bien tout utilisateur de l’Internet doit être averti qu’une autre forme de « hameçonnage » existe pour l’écologie à travers de nombreux sites. Ce n’est ni de l’écoblanchiment (greenwashing), ni du filoutage mais c’est une démarche trompeuse pour qui n’y prend pas garde. Le lobby nucléaire est très puissant, il n’a pas peur des dépenses dès qu’il s’agit de favoriser l’idée que le nucléaire est indispensable à nos sociétés. Pour ce faire, des associations, des fondations ou des sociétés sont créées avec des buts reprenant les thèmes écologistes. Ça c’est pour la façade officielle et irréprochable. Puis, du fait de l’absence de militant, la vie de ces organismes est activée artificiellement par l’intermédiaire de sites internet subventionnés par des fonds inconnus. Ces sites présentent bien, ils sont riches d’informations diverses et variées touchant à l’écologie, et abordent des sujets intéressants de manière régulière. Mais, dans le même temps, sous couvert de « développement durable », de « communication responsable », d’ « éco-acteur », etc., on y place, parmi beaucoup d’articles hameçons, des articles favorables aux idées du lobby nucléaire.

L’exemple de Green et Vert

 

D’après la rubrique « Qui sommes-nous ? », le site existerait depuis mars 2010 ; mais les premiers articles en lignes datent bizarrement de janvier 2010. Six mois après Fukushima, une association loi 1901 intitulée « Green et Vert » est constituée.  En septembre 2011, le site est édité par le « Fonds de dotation Green et Vert », constitué et financé par les fondateurs du site. Qui sont-ils ? Mystère. Les noms des fondateurs sont introuvables. La demande de renseignement adressée à l’adresse mail de contact reste sans réponse.

Quel est l’objectif de cet « Établissement à but non lucratif » ? Il « opère toutes activités d’intérêt général visant à sensibiliser sur les enjeux et les opportunités du développement durable ».

Au fait, que signifie ce terme, « développement durable » ? Voici sa définition : Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Selon la déclaration de Rio, il doit respecter entre autres principes :

- La protection de l'environnement est partie intégrante du processus de développement.

- Le public doit être impliqué dans les décisions.

- Le principe de précaution doit être mis en œuvre.

Donc très clairement, l’industrie nucléaire ne peut pas prétendre contribuer à ce développement durable puisqu’elle génère des déchets radioactifs qu’elle disperse dans l’environnement pour des milliers d’années, que l’avis de l’opinion publique n’est quasiment jamais pris en compte et que le principe de précaution n’est jamais appliqué (on aurait dû arrêter la production d’énergie nucléaire dès la catastrophe de Tchernobyl. On aurait ainsi évité Fukushima et les catastrophes futures).

 

Alors pourquoi cet exemple de Green et Vert ? Parce que le site présente de nombreux articles qui, sournoisement, diffusent les idées pronucléaires traditionnelles, à savoir :

- Fukushima n’est pas une catastrophe, c’est un « incident ».

- On ne peut pas se passer du nucléaire.

- Les énergies renouvelables sont trop chères.

- L’énergie nucléaire est la moins chère à produire.

- Le nucléaire est une énergie propre, sans résidus.

- Il faut accepter l’idée des réacteurs de 4ème génération.

- Le nucléaire est acceptable si l’on met le paquet sur la sécurité.

- La science va permettre de faire des progrès pour diminuer les risques.

- On doit se préparer à une nouvelle catastrophe.

- On peut vivre en territoire contaminé.

 

Vous ne me croyez pas ? Alors lisez ces exemples :

 

7 juin 2013 : Quand le nucléaire menace plus que la santé et l’environnement

Le titre est bien accrocheur, mais au fil de l’article, on lit : « la fermeture de près de la moitié du parc nucléaire national combiné à un été qui s’annonce torride et allongé, fait craindre des rationnements d’électricité. De quoi faire dérailler une économie qui se relève doucement après une période difficile » . Le principe trompeur développé dans cet article est de faire croire au rationnement. Or il a été démontré au Japon qu’un pays fortement nucléarisé pouvait stopper toutes ses centrales sans problème majeur.

 

5 janvier 2013 : Réacteurs au thorium : le nucléaire du futur ?

C’est une publicité pour ce type de réacteur : « Un chercheur local affirme néanmoins avoir trouvé une alternative plus sûre et fiable, et bien meilleur marché ». Et plus bas ce titre : « Une énergie nucléaire plus respectueuse de l’environnement ».

 

17 juin 2012 : La preuve du retour en force du nucléaire

Le titre est trompeur, car il concerne la Chine uniquement. « Le seul espoir qu’il reste, c’est que la sécurité ne soit pas sacrifiée pour la vitesse de réalisation de ces projets » : Green et vert accepte donc l’option nucléaire en Chine en se satisfaisant d’une sécurité accrue.

 

20 mars 2012 : Des mini-centrales nucléaires plus sûres ?

 « le réacteur modulaire Carem-25 devrait permettre de diminuer les risques grâce à sa petite taille ».  Green et Vert insinue que le nucléaire est acceptable si on diminue les risques.

 

14 mars 2012 : Un an après Fukushima

 « Le Canada et les États-Unis se veulent rassurants et soulignent la fiabilité de leurs réacteurs ». « Selon de nombreux experts, la tragédie de Fukushima a démontré que le Japon n’était pas prêt à faire face à une crise nucléaire de cette ampleur ». Green et Vert insinue que dans les autres pays, on est prêt ?

 

13 mars 2012 : Fukushima, un an après

La photo d’illustration ‒ on croit rêver ‒ date de 1999, et montre la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi impeccable ! Il y a là une véritable volonté de Green et Vert de ne pas diffuser les images des bâtiments nucléaires éventrés après les multiples explosions.

Et puis cette phrase extraordinaire : « Si les autorités de l’archipel multiplient les déclarations en faveur des énergies renouvelables, comme l’a récemment fait le gouverneur de la préfecture de Fukushima, on ne voit pas comment il se passerait totalement, à court terme, de l’énergie atomique ». Green et Vert, le soi-disant défenseur du développement durable, ne voit pas comment faire pour se passer de nucléaire ! Et pour bien embrouiller le lecteur, ils parlent du « ratio production/capacité [qui] s’élevait aux alentours de 80% » au lieu de parler des 30 % de production d’électricité… C’est dans ce genre d’article glissés de temps en temps que le véritable objectif du site se dévoile : promouvoir le nucléaire.

 

12 mars 2012 : La place du nucléaire dans le monde de demain

 « L’énergie est reconnue par l’ONU comme la clé de voûte du développement et de la stabilisation des civilisations. Étant donné les ressources limitées dont nous disposons à tous points de vue, la question ne semble pas être pour ou contre le nucléaire, mais plutôt comment ». Green et Vert ne remet pas en cause le nucléaire, c’est clair.

Publicité pour Areva : « Areva investit dans le renouvelable »

« Le nucléaire justifie donc sa place par le besoin d’une énergie disponible, abondante et propre ». Euh, oui, il n’y a pas de souci, Green et Vert, on a bien compris votre position ! Encore un article très clair sur les intentions du site !

 

16 décembre 2011 : Bill Gates en visite pour réduire la pauvreté ou pour vendre du nucléaire ?

 « L’alliance entre Bill Gates et la Chine pour développer la nouvelle génération de nucléaire est une preuve supplémentaire de la confiance qu’ont les dirigeants de Pékin dans cette filière. C’est une option essentielle de la politique énergétique chinoise pour faire face à l’augmentation de la demande électrique ». En somme, vive Bill Gates, vive le nucléaire chinois !

 

25 novembre 2011 : L’archipel doit-il miser sur le nucléaire?

Green et Vert apporte le témoignage d’un « entrepreneur du secteur des énergies « amies » de l’environnement ». Et que dit cet homme ?

- « Les politiques récentes de retour aux énergies renouvelables sont critiquables en raison de leurs coûts. »

- « Le nucléaire offre des garanties »

- « L’énergie nucléaire est la moins chère à produire »

- « Pour le Cap Vert, il suffirait d’une centrale de 100 MW, qui ne génère pratiquement pas de résidus. » (Si, si, vous avez bien lu !)

- « Nous devons nous préparer pour le futur, et le futur sera l’énergie nucléaire. »

Cet article est bien révélateur des intentions du site, n’est-ce pas ?

 

16 novembre 2011 : Les grands moyens pour faire un état des lieux de la contamination autour de Fukushima

« Pour reconstruire la région autour de Fukushima, il faut d’abord décontaminer et rassurer la population sur le niveau de radiations ». Mais surtout ne pas l’informer des risques sur la santé ! Green et Vert fait donc connaître son avis sur la question de la contamination : il faut apprendre aux populations à vivre en territoire contaminé.

 

30 juillet 2011 : Le premier réacteur de 4ème génération connecté au réseau électrique

Encore un coup de pub pour les réacteurs de 4ème génération : « c’est une étape sensible de plus dans la maîtrise et le développement de la quatrième génération de réacteurs nucléaires par la Chine. Cette technologie devrait permettre de mieux utiliser le combustible nucléaire, de faire des avancées en termes de sécurité, et de réduire le problème des déchets. »

 

28 juillet 2011 : Le secteur du nucléaire à peine ébranlé après Fukushima

 « A ce jour, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et le Japon sont cependant les seuls pays à avoir réellement cédé à la pression populaire et aux écologistes ». C’est vrai que par ailleurs, on ne demande que rarement à la population si elle est d’accord ou pas à prendre ce risque.

« Pourquoi ne pas continuer avec le nucléaire effectivement ? »

« Sortir du nucléaire aujourd’hui ne serait pas possible »

« L’industrie de l’atome n’est donc pas prête à régresser »

 

6 juin 2011 : Christophe de Margerie s’adresse aux jeunes

Arrêter le nucléaire, ce n’est pas bien, et hop, on tape sur le choix de l’Allemagne : « M. de Margerie ne mâche pas ses mots, jugeant la sortie de l’Allemagne du nucléaire d’ici 10 ans comme étant une « décision unilatérale et égoïste» »

Et puis le traditionnel : « Les énergies renouvelables coûtent très chères ». A force de le marteler, les gens le croient !

 

15 mars 2011 : Le spectre de Tchernobyl plane sur Fukushima

 « La possible catastrophe nucléaire au Japon rappelle aux Ukrainiens et aux Russes l’explosion dramatique de la centrale de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Selon les experts interrogés par Komsomolkaya Pravda, en Ukraine et en Russie, les deux situations sont loin d’être identiques, même si au fil des jours, des voix discordantes se font entendre sur la dangerosité de l’incident japonais ». Green et Vert, comme le gouvernement français, refuse de voir une catastrophe nucléaire alors que les 4 réacteurs de Fukushima Daiichi ont déjà explosé !

 

Dans quel but Green et Vert agit ainsi ? Apparemment pour maintenir l’état de désinformation des Français au sujet du nucléaire, comme cela se fait depuis des décennies. Egalement pour contrer l’effet négatif de la catastrophe de Fukushima. En tout cas ça marche, ça mord, car en deux ans ce site est devenu très bien référencé sur la toile.

 

Ce genre de site utilise une technique se rapprochant du hameçonnage (ou phishing ou  filoutage si vous préférez !) parce qu’il utilise une technique de communication qui détourne l’utilisation de l’expression « développement durable » au profit de l’énergie nucléaire. Ce n’est pas une usurpation d’identité mais une usurpation de sens. Si on ne fait pas attention, on peut facilement être trompé. Les internautes qui font confiance à ce genre de site sont des victimes potentielles si elles vont plus loin. En effet, le site est devenu en 2012 un « social media ». Dans ce nouveau cadre, on peut créer un compte et donner ses coordonnées. Mission accomplie alors pour les fondateurs inconnus du site si des écolos distraits sont ferrés.

 

Green et Vert, finalement, ce n’est ni green, ni vert, c’est pronucléaire.

 

Pierre Fetet

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 23:10
Du césium pour les repas du Président de la République ?

Dans le cadre de la promotion des produits de Fukushima, la chaîne de télévision publique japonaise NHK a lancé une campagne internationale pour obtenir l’appui de gens aussi variés que des journalistes, des blogueurs et… des chefs cuisiniers. C’est ainsi qu’aux frais du contribuable japonais, des personnes du monde entier se sont déplacées et se déplacent au Japon pour participer à des émissions de promotion diffusées à la télévision.

Selon le journal L’Est Républicain (édition Est Magazine du 7 avril 2013, p. 21), une délégation de chefs s’est ainsi rendue dans la région de Fukushima « afin d’aider les pêcheurs et agriculteurs locaux à redonner une image positive de leurs produits ».

 

Bernard Vaussion, le chef de l’Elysée, faisait partie de ce voyage promotionnel. Celui-ci s’est rendu à Aizuwakamatsu en février 2013, à plus de 90 km à l’ouest de la centrale de Fukushima Daiichi, et non pas « à une quarantaine de kilomètres de la centrale » comme cela est relaté dans le journal. Cet écart participe au discours général de l’article signé Jean-Charles Verguet qui énonce un autre mensonge plus grave : « Les fruits, les légumes, la viande, les poissons du secteur victimes de l’accident nucléaire, ne présentent plus de risques sanitaires » et qui rapporte les paroles d’un autre acteur du projet, Gilles Bragard : « Il n’y a plus de radioactivité nocive (sic) en dehors de la zone d’exclusion autour de la centrale ».

Bernard Vaussion faisant la promotion de produits de Fukushima

Bernard Vaussion faisant la promotion de produits de Fukushima

Avec cet article diffusé en grand tirage dans l’est de la France, le gouvernement japonais, par l’intermédiaire d’un voyage doré filmé par la NHK, atteint son objectif : diffuser l’idée que la radioactivité disparaît au bout de quelques années, que l’on peut vivre à Fukushima comme partout ailleurs dans le monde, et qu’au final, un accident nucléaire de temps en temps, c’est un risque acceptable.

 

Ce n’est pourtant pas l’avis des femmes de Fukushima qui s’expriment dans cette vidéo rassemblant leurs témoignages (sous-titrage en français) :

 

Désormais, il y a deux Japons, séparant deux manières de voir la catastrophe nucléaire : il y a ceux qui, conscients du danger des radiations, évacuent ou qui demandent à être évacués, et il y a ceux qui pensent que la décontamination est possible, qu’elle peut être efficace, et qu’il est possible de vivre en territoire contaminé. On sait pourtant depuis Tchernobyl que les faibles doses rendent malades les enfants, mais on fait comme si cette triste expérience n’existait pas.

 

Bernard Vaussion, peut-être sans le savoir vraiment, a donc choisi de promouvoir la consommation de produits faiblement radioactifs. Il a participé à la préparation d’un repas de gala sous les caméras avec des personnalités japonaises des arts et du spectacle. Il y avait 200 personnes à ce repas de solidarité faiblement radioactif, dont l’ambassadeur de France au Japon Christian Masset. Bien sûr, tous ces gens ne risquent rien car ce ne sont pas quelques becquerels en plus qui vont les rendre malades, ils ne vivent pas en territoire contaminé et ils ne sont pas obligés de vivre avec cet apport radioactif journalier et cette angoisse permanente.

 

Bien sûr, tous ceux qui vont s’empresser de critiquer ce billet n’habitent pas en territoire contaminé, ils ne risquent rien mais sont tous d’accord pour que les autres, loin de chez eux, soient contaminés à leur place. Bien sûr Bernard Vaussion ne va pas préparer de plats contaminés à François Hollande, ni à sa propre famille d’ailleurs. La promotion de la bouffe au césium, c’est bon uniquement pour les Japonais. Quoique… Le jour où il y aura un accident nucléaire en France, la situation sera identique, il y aura tellement de monde à évacuer que cela ne sera pas possible et qu’on demandera à la majeure partie de ne pas bouger. Et là, il faudra des volontaires pour manger en direct à la télévision des légumes radioactifs, cuisinés par des grands chefs soumis à la volonté du pouvoir.

 

Ni Bernard Vaussion, ni François Hollande n’ont compris les dangers réels de la contamination interne. Les deux, indirectement ou directement, font la promotion de l’énergie nucléaire. La stratégie de communication du village nucléaire est décidément un cancer de notre société. Elle utilise tous les moyens dans les milieux pédagogiques, culturels, artistiques, sportifs, scientifiques, économiques et politiques pour gangréner les esprits. Elle envahit le web, les médias, les institutions.

 

Alors petit rappel pour ces deux personnes intelligentes et pour toutes les autres qui auraient tendance à oublier la situation actuelle :

 

- Il faut attendre 300 ans, et non pas 2 ans, avant que le césium perde toute sa radioactivité.

- La contamination interne permanente rend malade les gens, surtout les enfants.

- On n’a pas le droit de jouer avec la santé des enfants.

- 27 ans après Tchernobyl, 3 enfants sur 4 ne sont plus en bonne santé en Biélorussie.

- 2 ans après Fukushima, déjà 12 enfants de Fukushima ont un cancer de la thyroïde et 15 sont suspectés.

 

Pour ceux dont les connaissances sur la radioactivité sont limitées, il faut lire de toute urgence le vademecum réalisé par Georges Magnier (site Vivre après Fukushima). Si vous êtes victime d’un accident nucléaire, vous n’aurez plus le temps de le consulter, et vous serez démunis face à une situation que vous ne comprendrez pas.

 

Télécharger le petit vademecum du nucléaire (500 Ko)

 

Pour terminer, car il faut bien répondre à la question du titre : non, pas de césium pour le Président de la République, ni pour les petits Français qui mangent dans les écoles françaises du Japon. Nicolas Sarkozy n’est pas allé à Fukushima, François Hollande non plus. Comme son prédécesseur, il a annoncé au Japon le renforcement du partenariat franco-japonais dans le nucléaire, comme si la catastrophe en cours n’avait eu aucun impact sur sa conscience. Et pendant ce temps, Edison International prenait la décision de fermer la vieille centrale de San Onofre (Californie)…

 

Pierre Fetet

L'origine des denrées est contrôlée de la même manière que pour le menu de demi-pension ( Aucun produit en provenance du nord de Tokyo (Aomori, Akita, Iwate, Yamagata, Miyagi, Gunma, Niigata, Fukushima, Tochigi, Ibaraki, Saitama, Chiba, Tokyo, Kanagawa, Shizuoka) n’est commandé).

Lycée français international de Tokyo

____________________

 

Photo d’entête : les chefs sous le feu des caméras de la NHK (source)

 

____________________

 

Aller plus loin : Message à François Hollande de la part de ressortissants japonais résidant en France.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 20:44

Terre contaminée

On ne sait plus quoi faire de la terre contaminée.

Terre contaminée dans une école de Date

Terre contaminée dans une école de Date

Piles de sacs de terre contaminée sur le terrain de base-ball de Fukushima

Piles de sacs de terre contaminée sur le terrain de base-ball de Fukushima

Une école presque vide à Fukushima

Takashi Sato est le seul élève à l'école primaire du quartier d’Onami à Fukushima. Avant la catastrophe, l’école accueillait une quarantaine d’enfants. Les quartiers les plus contaminés ont été désertés par leurs habitants.

(source)

Voir Fukushima (55)

Ils plantent du riz à 15 km de la centrale de Fukushima

Ca semble incroyable mais pourtant c’est la réalité. Comment ensuite écouler du riz radioactif ? En le mélangeant avec du riz non contaminé pour ne pas dépasser les normes japonaises ou en l’envoyant en Afrique ou au Népal.

(source)

Voir Fukushima (55)

Reportage aérien sur Fukushima Daiichi et ses alentours

La TV Our planet propose la vidéo commentée (en japonais) du survol de la côte est en mars 2013. Très intéressante, car elle donne entre autres des images de la centrale de Fukushima Daini.

Centrale nucléaire de Fukushima Daini

Centrale nucléaire de Fukushima Daini

Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Unité 1

Tepco va démonter la couverture de l’unité 1 afin de commencer le nettoyage du niveau technique recouvert de décombres.

Les aérosols radioactifs ne seront donc plus captés par le système de filtrage.

(source)

Voir Fukushima (55)

Début juin 2013, une équipe d’inspecteurs de la NRA a visité le 4ème étage de l’unité 1. Ils cherchent à savoir si le réacteur a été endommagé par le séisme du 11 mars 2011. Durant un quart d’heure, ils ont pris des centaines de clichés, 40 minutes de vidéos et… 4,8 millisieverts.

(source)

Voir Fukushima (55)

Unité 3

Tepco a poursuivi l’installation de protections sur la surface technique de l’unité 3, comme cela est expliqué dans les documents fournis par l’opérateur.

(source)

Voir Fukushima (55)
Voir Fukushima (55)

Unité 4

Résultats de la cinquième inspection de solidité de l'unité 4 de Fukushima Daiichi

Tepco comme à son habitude continue de nous ne montrer qu’une infime partie du bâtiment en cachant la réalité avec des trucages : aplats de noir ou machine bien placée afin de cacher un trou béant à la base.

Mais il n’arrive pas à tout cacher : un cône de sécurité percé servant d’entonnoir bardé de ruban adhésif pour y raccorder un tuyau afin de récupérer une fuite, ça ne s’invente pas ! Sinon, on voit la rouille omniprésente dans toutes les canalisations. Combien de temps ça va tenir ?

(source)

Unité 4 : Tepco cache quelque chose à la base

Unité 4 : Tepco cache quelque chose à la base

Paroi extérieure unité 4 côté ouest : un engin bien placé empêche de voir une ouverture à la base

Paroi extérieure unité 4 côté ouest : un engin bien placé empêche de voir une ouverture à la base

Paroi piscine 4 côté est

Paroi piscine 4 côté est

Paroi piscine 4 côté ouest (1)

Paroi piscine 4 côté ouest (1)

Paroi piscine 4 côté ouest (2)

Paroi piscine 4 côté ouest (2)

Paroi piscine 4 côté sud

Paroi piscine 4 côté sud

Unité 4 : système D pour récupérer de l'eau envahissante...

Unité 4 : système D pour récupérer de l'eau envahissante...

Tepco pompe

Tepco s’imaginait qu’en pompant l’eau en amont, il y aurait moins d’eau à traiter. Sur les 400 tonnes qui arrivent quotidiennement dans les sous-sols, seule une centaine échapperait à la contamination, ce qui est insuffisant puisque les capacités de stockage arrivent à leurs limites. En fait, l’eau de la nappe phréatique arrive de toute part. Pour la protéger, la solution serait de construire une enceinte souterraine étanche, reposant sur une couche imperméable, entourant toute la centrale. Cela nécessiterait des travaux gigantesques que Tepco s’est toujours refusé à réaliser. La seule solution pour le Japon sera de demander l’aide internationale.

(source Asahi)

(source Asahi)

Installation de dérivation des eaux souterraines

Tepco a mis en ligne un plan et une vidéo montrant les kilomètres de tuyaux reliant les installations de pompage à des citernes puis à la mer.

Télécharger la vidéo (15 Mo)

Une des 12 stations de pompage et tuyaux amenant l’eau aux citernes

Une des 12 stations de pompage et tuyaux amenant l’eau aux citernes

Citernes de stockage temporaire d'eau

Citernes de stockage temporaire d'eau

Tuyaux de vidange des citernes

Tuyaux de vidange des citernes

Le tuyau de vidange aboutit à un caniveau sur la côte.

Le tuyau de vidange aboutit à un caniveau sur la côte.

Plan détaillé de la centrale de Fukushima

Version française

Cette carte ayant plusieurs mois, certaines zones peuvent avoir évolué.

image en haute résolution en français

source originale en anglais

Voir Fukushima (55)

Animation

Simulation 3D de la dispersion du césium 137 en mars 2011

(source Japan Atomic Energy Agency)

Cliquer sur ce lien pour accéder à l'animation :

http://nsed.jaea.go.jp/ers/environment/en/envs/fukushima/animation2-3.htm

Voir Fukushima (55)

Ecouter Fukushima

Interview d’Alain de Halleux le 19 mai 2013 par Martine Cornil à La première (RTBF):

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=1824993&e=

Prévisions

Le site suisse meteo centrale continue de prévoir la dispersion du panache radioactif de la centrale de Fukushima Daiichi. Combiné avec les prévisions des précipitations, on peut prévoir où la pluie risque d’être radioactive au Japon.

source

Cliquer sur ce lien : http://www.meteocentrale.ch/en/weather/weather-extra/weather-in-japan.html

Cliquer sur ce lien : http://www.meteocentrale.ch/en/weather/weather-extra/weather-in-japan.html

Manifestations

Les Japonais continuent de manifester inlassablement contre le redémarrage des centrales nucléaires de leur pays.

Voir Fukushima (55)

Haïkus de Taro

Lors de la 8ème conférence WHA Japan Conference le 29 avril 2013 à Itabashi, le poète Taro Aizu a déclamé ses haïkus en plusieurs langues dont le français, accompagné à la guitare par Haruka Shimizu.

Mon Fukushima de Taro Aizu ✿ Que les enfants de / Fukushima n'aient pas / de cancers à l'avenir ✿ Que le grand-père / partage ses légumes / avec son petit-enfant ✿ Que mon code génétique / ne soit pas contaminé / par le césium radioactif ✿ ▪ Taro Aizu

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 13:20
Fukushima : provocation de l’ONU et des médias

Alors que le nombre de cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima augmente (12 cancers confirmés et 15 suspectés), une nouvelle étape de désinformation massive a été franchie le 31 mai 2013 : la diffusion en masse de dépêches de l’AFP ou de REUTERS intitulée « Fukushima: pas de risque pour la santé après les émissions radioactives ». Ça me rappelle la mi-décembre 2011 quand le gouvernement japonais avait décidé que la centrale de Fukushima était en « arrêt à froid », et que les médias du monde entier avaient repris cette information en chœur. On se souvient, suite à cet « arrêt à froid de l’information », que la centrale crachait en fait toujours de la vapeur radioactive en 2012… On sait maintenant ce que vaut ce genre de dépêche expéditive. Le titre est trompeur, mais tout le monde le reprend ! Cherchez l’erreur. Honneur aux publications et aux journalistes qui reviendront sur ce sujet majeur qu’est la santé des populations, car tout est fait pour taire la vérité.

Quand je tape le titre de cette dépêche, mon moteur de recherche propose 143 000 résultats le 1er juin, 225 000 le 2 juin, 608 000 le 5 juin ! Quel buzz ! Et pourtant, il est facilement démontrable qu’il s’agit d’une supercherie. Honte à cette « équipe de chercheurs » de l’UNSCEAR (=United Nations Scientific Comittee on the Effects of Atomic Radiation, organe de l’ONU) supervisée par Wolfgang Weiss. Car la réalité est toute autre.

 

En fait, cette conférence de presse de l’UNSCEAR est faite pour contrer les derniers rapports de l’OMS et de l’ONU qui n’étaient pas assez complaisants avec l’AIEA, organisme qui n’existe que pour faire la promotion du nucléaire dans le monde.

 

D’une part, un rapport de l’OMS a indiqué en mars 2013 que les radiations provoqueraient un surnombre de cancers dans la région de Fukushima, d’autre part Anand Grover, représentant de l’ONU, a établi un rapport accablant téléchargeable ici et dont il fait état dans cette vidéo sous-titrée en français :

Manifestement, il y a des forces contraires au sein de l’ONU. Il y a des gens à la base qui font le boulot pour lequel ils ont été embauchés, c’est-à-dire qu’ils informent les populations des dangers de la radioactivité, et il y a les dirigeants qui souhaitent étouffer le crime en cours au bénéfice des objectifs de l’AIEA toute puissante.

 

Voici des extraits du communiqué de l’AFP et mes commentaires :

 

« Les émissions radioactives après la catastrophe à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 ne devraient pas avoir de conséquences sur la santé à l’avenir, a estimé vendredi un comité de chercheurs de l’ONU à Vienne. »

 

Hormis Wolfgang Weiss, le communiqué ne donne pas les noms des autres chercheurs, les voici : Fred Mettler, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky. A moins que ces gens reviennent sur leur communiqué indigne de leurs fonctions, on retiendra bien ces noms quand la catastrophe sanitaire prendra de l’ampleur et qu’on recherchera des responsables pour non assistance à personne en danger.

Fred Mettler, Wolfgang Weiss, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky.

Fred Mettler, Wolfgang Weiss, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky.

« L’exposition aux radiations qui a suivi l’accident nucléaire à Fukushima-Daiichi n’a pas entraîné d’effet immédiat sur la santé. »

 

Manifestement, ces experts sont mal renseignés. Ce n’est pas l’avis de la population qui a constaté de nombreux troubles suite à la contamination radioactive : diarrhées, saignements de nez, nausées, goût de métal dans la bouche, conjonctivites, pneumonies, etc. Tout cela n’est que fables pour l’UNSCEAR.

 

« Il est peu probable de pouvoir y attribuer à l’avenir des conséquences sur la santé pour la population globale et la grande majorité des travailleurs, pour qui l’historique de l’exposition aux radiations a été établi. »

 

C’est très bien rédigé ! L’UNSCEAR est très subtil car Tepco traine les pieds pour communiquer les listes des personnes qui travaillent à la centrale de Fukushima Daiichi. Il y a de nombreux oubliés et disparus, ceux-là ne seront jamais comptabilisés. L’Asahi Shimbun a rapporté le 28 février 2013 que Tepco n’a pas transmis les données concernant les doses reçues par 21 000 travailleurs à la centrale de Fukushima Daiichi. Ces données devaient pourtant être fournies à la Radiation Effects Association, une société d'intérêt public qui gère les données de dose des travailleurs de centrales nucléaires. L’UNSCEAR est-il au courant de cette pratique honteuse ?

 

« Les mesures prises par les autorités pour protéger la population (évacuation et protection sous abri) ont réduit de manière significative l’exposition aux radiations, qui aurait été dans le cas contraire multipliée par 10. »

 

Le rapport officiel de la commission d’enquête de la Diète sur la catastrophe de Fukushima n’expose pas ces choses de la même manière. L’UNSCEAR ignore totalement les conclusions de ce rapport dont voici un extrait :

Des ordres d'évacuation chaotiques

L'enquête de la commission a révélé que de nombreux habitants n'ont pas été informés qu'un accident s'était produit ou qu'il s'aggravait rapidement et que des fuites radioactives avaient lieu, et cela, même après que le gouvernement et certaines municipalités en aient été informés.

Lorsque les conséquences de l'accident ont commencé à s'aggraver, les destinations d'évacuation et d'autres aspects de l'évacuation ont été souvent modifiés. Mais, même durant la période d'aggravation, la plupart des habitants proches sont restés dans l'ignorance de la catastrophe ou de sa gravité, sans parler du risque accru.

Un total de 146 520 habitants ont été évacués à la suite des ordres d'évacuation du gouvernement. Pourtant, de nombreux habitants proches ont été évacués sans informations précises. Dans l'ignorance de la gravité de l'accident, ils pensaient ne partir que pour quelques jours et n'ont emporté que le strict nécessaire. Les ordres d'évacuation ont été régulièrement révisés tandis que les zones d'évacuation passaient du rayon initial de 3 km à 10 km, puis 20 km, tout cela en une seule journée. A chaque fois que la zone d'évacuation était étendue, les habitants devaient se déplacer. Certains évacués n'ont pas été informés qu'ils avaient été envoyés sur des sites de forte radioactivité. Les hôpitaux et les crèches dans la zone des 20 km se sont débattus pour assurer des moyens de transport et trouver des hébergements ; 60 patients sont morts en mars de complications liées à l'évacuation. L'exaspération a monté parmi les habitants.

Le 15 mars, les habitants de la zone entre les 20 et 30 km ont reçu l'ordre de se calfeutrer. Comme cette mesure a duré plusieurs semaines, ces habitants ont été victimes d'un grand manque d'information et de moyens. L'ordre de calfeutrage a été en conséquence revu en évacuation volontaire. Mais là aussi, l'information sur cette modification a été tristement déficiente et les habitants se sont retrouvés à devoir évacuer sans posséder les informations indispensables. La Commission conclut que le gouvernement a de fait abdiqué sa responsabilité envers la sécurité publique.

Le fait que certaines parties de la zone des 30 km subissaient de forts niveaux de radiation a été connu avec la publication du Système pour la Prédiction de l'Information environnementale sur la dose d'urgence (SPEEDI), le 23 mars. Mais ni le gouvernement ni le Centre de Réponse d'Urgence nucléaire n'ont pris de décision rapide pour l'évacuation des résidents de ces zones qui n'ont été évacuées qu'un mois plus tard. »
(source)

Rapport NAIIC

 

« Aucune mort liée à l’exposition aux radiations n’a été observée auprès des quelque 25.000 travailleurs envoyés sur le site de l’accident. Au vu du faible nombre de travailleurs très exposés, il est peu probable de pouvoir détecter dans les prochaines années une augmentation des cas de cancers de la thyroïde dû aux radiations ».

 

C’est faux. Des morts ont été observées. Mais l’UNSCEAR détourne les yeux. Il suffit de se limiter aux données officielles et c’est bon : il n’y en a aucune concernant les décès directement liés aux radiations nucléaires émanant de la centrale : des morts sont observées depuis deux ans, mais le gouvernement et Tepco refusent systématiquement de les lier à la radioactivité. Quand un crime a lieu et que le suspect nie, normalement on mène une enquête pour rechercher la vérité. Au Japon, qui mènera cette enquête puisque le déni officiel est permanent ?

 

« Les doses (de radiations) reçue après Tchernobyl, en particulier dans le cas des enfants et de la thyroïde, étaient beaucoup plus élevées que celles que nous avons mesurées à Fukushima. »

 

Il est manifeste que l’UNSCEAR va à l’inverse des conclusions d’Anand Grover, rejetées par le Japon : « Les autorités Japonaises ont finalement établi des zones radioactives bien plus restreintes que celles établies consécutivement à l'accident de Tchernobyl, M. Grover estime ainsi que le seuil de contamination de la Zone Rouge de Fukushima est "environ 4 fois plus élevé qu'en Ukraine". » (source)

 

Enfin, le communiqué de l’UNSCEAR d’origine parle aussi de la santé des enfants, l’AFP oublie de le mentionner, est-ce un hasard ou une volonté ? Le communiqué complet de l’UNSCEAR est disponible ici (langue anglaise).

 

 

Pour terminer, voici une vidéo qui va dans le même sens que le communiqué de l’UNSCEAR, produite par la préfecture de Fukushima : tout va bien dans le meilleur des mondes. Moi quand je visionne cette vidéo, j’ai des frissons, je vois les poussières radioactives qui volent partout, je vois les gens qui décontaminent sans protection, je vois les enfants jouer innocemment, c’est de la grande propagande…

 

Pierre Fetet

___________

Photo d’entête : décontamination sans protection des sols de Fukushima (source)

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reacteur2aout2011webcamTBS Webcam

 TBS/JNN

 

radioactivité Tokyo Radioactivité

 à Tsukuba

 en continu

.  

carte contamination cumulée Contamination

 cumulée

 du japon

 

radfuku Mesure des radiations

 dans la préfecture

 de Fukushima :

 

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