16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 00:06

affichette_CAN84_Marche-pour-la-vie_300dpi_--1-.jpg[ Communiqué du Can84 ]

 

A l'appel du Collectif antinucléaire du Vaucluse (CAN84), une "Marche pour la Vie" aura lieu du 18 au 25 août 2012 sur les routes du Vaucluse, du Gard et de la Drôme, au cœur du triangle de la mort nucléaire Cadarache-Marcoule-Tricastin. Un seul mot d'ordre réunira les marcheurs à pieds, à vélo, à cheval, en rollers, qui relieront les 3 sites nucléaires civils et militaires... : arrêt immédiat du nucléaire! Oui à la vie!

 

En finir sans attendre et une bonne fois pour toute avec le crime quotidien de la destruction atomique : tel est le sens et l'objectif de la "Marche pour la Vie" initiée par le CAN84.

Les citoyennes et citoyennes relieront par étapes sur 8 jours les 3 sites emblématiques de l'obscurantisme scientiste et des atteintes à la santé et à la vie qu'ils imposent aux populations et aux territoires. Le trajet pourra s'accomplir en totalité ou par étape le matin ou l'après-midi et selon les modalités de chacun : à pieds, à cheval, à vélo, en rollers, à dos d'âne, ou par tout autre moyen.

 

- A chaque étape une "escouade" de volontaires se rendra dans le village ou la ville-étape pour rencontrer la population locale, l'informer, la documenter et l'appeler à l'action contre le crime nucléaire. Des photos de victimes du nucléaire seront exposées.

 

- A chaque étape les élu-e-s locaux seront interpellé-e-s pour prendre position, par une délibération du Conseil municipal, pour la mise à l'arrêt des installations nucléaires qui portent atteinte au quotidien par leur contaminations radioactives à la santé et à la vie.

 

- A chaque étape sur les lieux nucléaires une rencontre-discussion sera proposée aux salarié-e-s du nucléaire et à leurs organisations syndicales

 

- A l'étape du soir sera organisée une rencontre favorisant les discussions, projets d'actions, concertations (les musiciens sont invités à apporter leur instrument de musiques à corde, à vent et percussions)

 

Pour connaître les étapes, pour en savoir plus, pour s’inscrire, etc., tout est là !

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 09:50

trois-singes« Il y a eu beaucoup d’occasions pour la NISA, la NSC et TEPCO de prendre des mesures qui auraient empêché l'accident, mais ils ne les ont pas prises ». Ainsi commence la cinquième partie du résumé des conclusions de la commission d’enquête indépendante sur la catastrophe de Fukushima. La lecture de ce rapport est très instructive : pas de langue de bois, on sait qui est responsable.

D’où l’intérêt, en France et partout dans le monde, de surveiller attentivement le travail des agences de sécurité nucléaire et d’exiger que leurs requêtes actuelles soient réellement suivies d’effet. Cela pourrait être le cas avec la possibilité de l’abandon d’un réacteur en Belgique après la découverte d’une fissure dans la cuve du réacteur n° 3 de la centrale nucléaire belge de Doel. 22 réacteurs fabriqués par la même entreprise sont ainsi sur la sellette dans 8 pays. On doit aussi garder dans le viseur les réacteurs à eau bouillante de type Mark I (comme le réacteur n° 1 de Fukushima Daiichi) qui fonctionnent encore dans le monde : 23 réacteurs aux Etats-Unis, 2 en Inde et un en Espagne. Pourquoi diable les agences de sécurité n’ont-elles pas exigé leur arrêt après la catastrophe japonaise qui a démontré la vétusté et les défauts de ces installations conçues dans les années 60 ?

 

Le blog de Fukushima, grâce à l’aide efficace de ses lecteurs, poursuit la publication de la traduction française de la synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête. Aujourd’hui c’est au tour des cinquième et sixième parties du résumé des conclusions, correspondant aux pages 42 à 46 du rapport de 88 pages édité en anglais.

 

 

_______

 

 

Synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima

 

(traduction : Guy Fargette)

 

_______

 

 

5. Les problèmes organisationnels dans la prévention de l'accident

et dans l'intervention

 

La commission a constaté divers problèmes organisationnels concernant les mesures préventives avant l'accident, les causes de l'accident et la crise de la gestion de l'intervention après l'accident. Nous avons examiné toute la chaîne des événements pour mettre en évidence ce qui a mal tourné dans les organisations et les systèmes impliqués. Nous avons également étudié la relation entre TEPCO et les agences de régulation, en vue d'une réforme future.

 

Questions de fond

 

Il y a eu beaucoup d’occasions pour la NISA, la NSC et TEPCO de prendre des mesures qui auraient empêché l'accident, mais ils ne les ont pas prises. Ils ont, soit délibérément reporté la mise en place de mesures de sûreté, soit pris des décisions dans l'intérêt de leur organisation — non dans l'intérêt de la sécurité publique.

            A la suite de la mise en œuvre de nouvelles régulations dans d'autres pays, des discussions ont eu lieu pour réviser les directives, afin d'inclure un scénario dans lequel l'alimentation en courant alternatif serait perdue. La discussion a également porté sur une vérification de la fiabilité des sources de courant continu. Malheureusement, ces débats n'ont pas produit la moindre modification dans les directives ou les réglementations, et au moment de l'accident, aucune considération sérieuse n'avait été accordée à un scénario impliquant la perte du courant alternatif délivré à la centrale.

            TEPCO et la NISA étaient toutes deux conscientes que si le niveau du tsunami dépassait les hypothèses faites par la Société des Ingénieurs civils (Society of Civil Engineers), il y avait un risque de dommage dans le cœur par suite d'un dysfonctionnement des pompes d'alimentation en eau de mer. Ils étaient également conscients qu'un tsunami avec des niveaux d'eau au-dessus du niveau du sol de la centrale était possible et que cela aboutirait à une perte complète de l'alimentation électrique.

            Bien que TEPCO et  la NISA aient été conscientes des risques, rien n’a été fait pour amender les réglementations existantes ou les aligner sur les normes internationales. La NISA n'a donné aucune instruction contraignante pour prendre des mesures spécifiques, et TEPCO n'a engagé aucune action.

            La NISA a bien donné instruction à TEPCO de conduire une vérification antisismique, mais en ne réalisant pas cette vérification, TEPCO a bel et bien ouvert la voie à l'accident. La NISA est également en défaut parce qu'elle ne s'est pas assurée que la vérification avait eu lieu en temps opportun, malgré la conscience qu'elle avait de l'importance de cette vérification. La défaillance de la NISA dans la demande de mise en œuvre de cette action, et la défaillance de TEPCO à la mener à bien, constituent conjointement une négligence qui a mené à la catastrophe. Ils ne peuvent utiliser l'excuse de circonstances qui auraient dépassé leurs prévisions.

 

 

La captation de régulation de l'industrie nucléaire japonaise

 

Les causes fondamentales de l'accident, comprenant l'incapacité à mettre en œuvre des mesures de prévention d'un tremblement de terre et d'un tsunami, et le manque de mesures destinées à faire face à un accident grave, peuvent également être imputées à la Fédération des Compagnies d'Energie électrique (FEPC). C'est une association de lobbying des compagnies d'électricité, non contrôlée, qui porte donc sa part de responsabilité.

            Bien qu'une vigilance constante soit requise pour se maintenir au niveau des normes internationales évolutives en matière de prévention des séismes, les opérateurs électriques du Japon ont, obstinément et de façon répétée, refusé de réévaluer et d'améliorer les réglementations existantes, dont les vérifications anti-sismiques et la mise en conformité. L'industrie nucléaire japonaise s'est montrée inférieure à la norme globale de préparation au risque sismique et au tsunami, et n'a pas su réduire le risque d'accidents graves en adhérant à la stratégie des cinq niveaux de défense en profondeur.

            L'examen par la Commission de la manière dont les régulations sont discutées et amendées révèle une relation de complaisance entre les opérateurs, les autorités de contrôle et les spécialistes universitaires, que l'ont ne peut caractériser que comme totalement inappropriée. Sur le fond, les autorités de contrôle et les opérateurs ont donné la priorité aux intérêts de leurs organisations sur la sécurité publique, et ont décidé que les opérations des réacteurs nucléaires au Japon "ne seraient pas arrêtées".

            Parce que les autorités de régulation et les opérateurs assuraient systématiquement que "la sûreté de l'énergie nucléaire est garantie", ils avaient un intérêt commun à éviter que les réacteurs existants ne soient mis à l'arrêt pour des raisons de sûreté, ou que des poursuites judiciaires ne soient lancées par des militants antinucléaires. Ils ont systématiquement évité, compromis ou reporté toute tentative d'action, et toute réglementation ou constatation qui auraient menacé le maintien en service des réacteurs nucléaires. La FEPC a été la principale organisation représentant cette position intransigeante auprès des agences de régulation et dans le monde universitaire.

            Nos investigations se sont concentrées sur le rôle important de lobbying mené par la FEPC pour le compte des opérateurs, et nous avons scruté la relation entre les opérateurs et les autorités de régulation. La Commission a constaté que la relation manquait, de fait, d'indépendance et de transparence, et était très éloignée d'une "culture de sûreté". Il s'agit d'un cas typique de "captation de régulation", où la supervision de l'industrie par les autorités de régulation cesse d'être effective. Nous en avons trouvé des exemples dans neutralisation des révisions du "Guide pour la conception antisismique", et dans les discussions erronées qui ont eu lieu à propos de la réglementation des mesures correctives à prendre en cas d'accident grave.

 

 

Les problèmes organisationnels de TEPCO

 

Cette fois encore, il nous faut pointer la mentalité organisationnelle de TEPCO comme étant l'une des causes de la catastrophe : d'une part, ils ont fortement influencé la politique énergétique et les régulations nucléaires tout en abdiquant leur propre responsabilité, et en laissant le METI prendre la responsabilité en première ligne. Mais d'autre part, ils également manipulé la relation de connivence avec les autorités de régulation pour affaiblir les mesures législatives et régulatrices.

            TEPCO a bel et bien organisé des réunions à propos de ce qu'il envisageait comme des risques pour la production nucléaire ; de tels risques étaient définis comme la perte potentielle de confiance en son utilité de la part du public en cas de catastrophe naturelle et une diminution possible du taux d'activité des réacteurs. Le risque d'un accident potentiellement grave n'est jamais apparu dans la liste des risques de TEPCO. TEPCO a expliqué cette omission flagrante en affirmant que la sûreté nucléaire relevait de son département sur le site de la centrale, et que par conséquent de tels risques ne devaient pas figurer dans les comptes-rendus des réunions de la Direction centrale des risques. Le risque de dommage à la santé et au bien-être publics n'était pas un problème pour TEPCO.

            Comme la production d'électricité est devenue de moins en moins profitable au fil des ans, la direction de TEPCO s'est mise à insister sur la baisse des coûts et l'augmentation de la dépendance du Japon dans l'énergie nucléaire. Tout en affirmant du bout des lèvres une politique de la "sûreté avant tout", la sûreté a subi le passage à d'autres priorités de la direction. Le fait que TEPCO ne disposait pas des diagrammes corrects des tuyauteries et des autres dispositifs de la centrale de Daiichi en est une illustration emblématique. Cette absence de diagrammes corrects a constitué l'un des facteurs de retard de la ventilation à un moment crucial durant l'accident.

            Après l'accident, TEPCO avait la double responsabilité de contenir la situation accidentelle et de rendre compte des faits concernant l'état de l'accident pour les habitants alentour, la nation et la communauté internationale, de façon appropriée et en temps opportun. Nous affirmons que l'information diffusée effectivement par TEPCO a été inappropriée, et que cette inadéquation a constitué elle aussi une cause indirecte de la détérioration de la situation. Par exemple, en ce qui concerne l'information sur un accroissement de la pression dans la cuve du réacteur n°2, TEPCO a diffusé un communiqué de presse à propos d'une injection d'eau de mer à 23h00 le 14 mars, mais n'a pas fait état d'un accroissement du débit de dose à l'entrée de la centrale, qui s'est produit entre 19h00 et 21h00 le même jour. TEPCO a également minimisé la gravité de la situation concernant les dégâts dans la chambre de suppression de l'unité n°2 ; de plus, il y a eu un délai significatif entre le moment où TEPCO a informé le Kantei et le moment où elle a révélé la chose publiquement.

            La Commission a également découvert un procès-verbal fait par TEPCO qui notait qu'elle n'avait pas informé le public d'une augmentation de pression dans la cuve du réacteur n°3, à 8h00 le 14 mars, parce que la NISA en avait interdit la publication. En fait, le Kantei avait simplement donné instruction à TEPCO de l'informer du contenu des communiqués au moment où ils étaient rédigés. En obéissant à l'ordre de la NISA de retenir la diffusion de cette information cruciale, TEPCO a de fait donné la priorité à ses propres intérêts et à ceux de la NISA, aux dépens du bien du public et de son droit à être informé.

 

 

Les problèmes organisationnels concernant les autorités de régulation

 

Avant l'accident, les corps de régulation manquaient d'une culture organisationnelle accordant la priorité à la sécurité publique sur leur propre confort d'institution, et de l'état d'esprit  nécessaire à la gouvernance et à la supervision. La Commission conclut que les failles structurelles dans l'administration du nucléaire doivent être identifiées par une investigation critique des structures organisationnelles, des lois et des réglementations, et du personnel concerné. Nous devions identifier les secteurs nécessitant une amélioration, reconnaître les leçons à tirer et envisager les réformes nécessaires à une mise en œuvre effective de la sûreté nucléaire à l'avenir.

            L'autonomie et la transparence doivent être mises sur pied dans les nouvelles organisations de régulation à créer. Elles doivent avoir des pouvoirs de supervision importants afin de contrôler correctement les opérateurs de centrales nucléaires. Un personnel nouveau avec une expertise hautement professionnelle doit être embauché et formé. Il est nécessaire d'opérer des changements drastiques pour obtenir un "système ouvert" fonctionnant correctement. Les relations incestueuses qui existaient entre les régulateurs et les entités privées ne doivent plus pouvoir réapparaître. Pour assurer que la sûreté et les systèmes de régulation du Japon se maintiennent au niveau des normes internationales, il est nécessaire d'en finir avec les vieilles attitudes qui ont été complices de l'accident qui s'est produit.

 

 

 

6. Le système législatif

 

La Commission a enquêté sur le besoin d'une réforme fondamentale des lois et des réglementations concernant l'énergie nucléaire. Elle a exposé les grandes lignes de la nécessité de préparer une structure organisationnelle qui assurerait des processus de décision sains pour la mise en œuvre de lois et de réglementations sur le nucléaire.

 

 

Lois et réglementations pour l'énergie nucléaire

 

La Commission a constaté qu'avant l'accident, la révision et l'amendement de lois et de réglementations n'étaient entrepris que sur une base disparate, en réponse à des préoccupations minuscules. La volonté d'opérer des changements importants et significatifs pour rester à niveau avec les normes de la communauté internationale faisait profondément défaut.

            Au moment de l'accident, les lois, les réglementations et l'infrastructure reposaient sur l'hypothèse que l'étendue et l'ampleur de catastrophes naturelles éventuelles n'excèderaient pas ce qui s'était déjà produit. On n'a pas su prendre en compte la perspective d'événements sans précédents tels que le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011, alors que l'éventualité de tels événements était connue.

            Ceux qui étaient en charge des lois et des réglementations qui présidaient au fonctionnement de l'industrie nucléaire au Japon avaient un état d'esprit dogmatique qui a empêché de suivre l'évolution des lois, des normes et des pratiques internationales, et qui a ignoré des conseils technologiques pertinents et des améliorations venant de l'étranger. Il en est résulté qu'au moment de l'accident, les lois et les réglementations gouvernant l'industrie nucléaire au Japon étaient dépassées par rapport celles des autres pays, et dans certains cas, obsolètes.

            Avant l'accident, l'objectif premier des lois et des réglementations sur le nucléaire était la promotion de l'énergie nucléaire. Les lois doivent être refondues en mettant l'accent avant tout sur  la sûreté, la santé et le bien-être publics. Les rôles, les responsabilités et les relations entre les opérateurs, les autorités de régulation et les autres entités concernées doivent être clairement délimités dans la Loi sur les Mesures spéciales concernant la préparation à l'Urgence nucléaire. La protection en profondeur doit être formellement ancrée dans les réglementations, pour qu'elle fonctionne correctement si le besoin s'en fait sentir à l'avenir.

            L'accident a mis en lumière la nécessité d'une réforme profonde et fondamentale des lois et des réglementations pour les amener au niveau des normes internationales, pour utiliser le savoir technologique de pointe et apprendre des autres accidents survenus dans le monde. Il est nécessaire de créer un système dans lequel les régulateurs ont l'obligation permanente de s'assurer que les lois et les réglementations reflètent les changements dans les normes internationales. Un mécanisme de suivi de la mise en place des infrastructures nécessaires doit être mis au point.

            Une fois que ces nouveaux systèmes, ces nouvelles lois et réglementations auront été créés, ils doivent être rétroactivement appliqués aux réacteurs existants. Il doit être explicitement précisé dans les lois que les réacteurs qui ne répondent pas aux nouveaux standards devraient être désaffectés ou traités de façon appropriée.

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 00:38
Photos
 
Le fameux couvercle jaune du réacteur 4, chapeau de l’enceinte de confinement qui se trouvait sur le niveau technique du BR4, vient d’être déplacé. Celui-ci était posé sur le côté puisque le réacteur n’était pas en fonctionnement le 11 mars 2011. Le fait de l’avoir enlevé est une bonne idée car cela soustrait une charge inutile au bâtiment fragilisé.
120810 02
source Tepco
 
Tepco a eu l’idée d’utiliser un ballon pour accéder au sommet du bâtiment réacteur n°1 afin d’y faire des mesures et des prises de vue. Mais le ballon s’est retrouvé coincé par un cable.
(En savoir plus en cliquant sur la photo)
ballon.jpg
 
 
Vidéos
 
Sous la pression du gouvernement japonais, Tepco a diffusé lundi 6 août 2012 des images des réunions d'urgence qui se sont tenues dans les premiers jours de la catastrophe nucléaire de mars 2011. Ces images montrent les échanges tendus entre les responsables de la compagnie d'électricité au centre de crise de la centrale Fukushima Daiichi ou au siège de Tepco, au moment où son personnel luttait pour contenir l'accident
Au total, la compagnie a publié quelque 150 heures d'images enregistrées entre les 11 et 15 mars 2011. Environ deux tiers des vidéos ont été diffusées sans bande-son : la censure est toujours là pour protéger l’industrie nucléaire.
 
Voici le lien vers la vidéo originale en japonais diffusée par Tepco : seulement 1h30 sur les 150 heures (dernier onglet horizontal avec 2012 entre parenthèses)!
et une partie des transcriptions en anglais publiées par le Wall Street Journal
 
La vidéo est plus simplement disponible sur youtube ou sur le site Onodekita, où un médecin ayant travaillé anciennement chez Tepco publie des articles intéressants.

 
 
Le Point  a repris des extraits pour en faire une vidéo sous-titrée en français.
(La personne qui parle est indiquée en rouge à droite. Certaines paroles n'ont pas pu être retranscrites car inaudibles)
 

 
 
 
Albums
 
- Mediapart a continué l’édition des photos d’Antonio Pagnotta.
Voici les descriptions des 4 dernières séries :
(cliquer sur les photos pour accéder aux albums)
 
Fukushima (4/7) : la décontamination
Hors de la zone interdite, mais à moins de 30 kilomètres de la centrale de Fukushima, des ouvriers et volontaires enlèvent la terre contaminée, notamment dans les écoles. Un travail dangereux, réalisé avec des outils de fortune et souvent sans vêtement de protection.
FikuDecontam13
 
Fukushima (5/7) : citoyens en colère
Seuls ou en groupe, les Japonais expriment leur colère face à la désinformation dont ont fait preuve les autorités industrielles et gouvernementales. Par crainte des radiations, certains veulent quitter le pays. D'autres restent auprès des plus vulnérables.
FukuCitoyens11
 
Fukushima (6/7) : en famille, à Tokyo
Le sixième volet du reportage d'Antonio Pagnotta nous fait sortir de la zone d'exclusion de Fukushima. Nous sommes à Tokyo, dans une famille nippo-américaine dont la vie a été bouleversée par la catastrophe nucléaire. La crainte des radiations est devenue une obsession quotidienne.
FukuFamille17
 
Fukushima (7/7) : en route vers la zone
L'autoroute Joban est fermée depuis mars 2011. Au jour anniversaire de la catastrophe nucléaire, le 11 mars 2012, Antonio Pagnotta a pu l'emprunter, seul, à pied. Il a parcouru 12 kilomètres, reliant Hirono à la ville de Naraha au cœur de la zone interdite.
FukuAutoroute13
 
- Un autre photographe, Kazuma Obara, vient d’éditer un livre intitulé « Reset - Beyond Fukushima ».
(Cliquer sur l’image pour accéder à sa présentation)
reset 1
 
 
- Nouvel album de Cryptome : photos en haute définition de juillet 2012
 (cliquer sur l’image pour accéder à l’album)
cryptome
 
 
Webcam
 
Changement de webcam : vous l’avez remarqué, Tepco a décidé de changer la webcam de place le 1er août 2012. La nouvelle vue, prise depuis le sud-ouest, montre à présent ce qui reste des bâtiments réacteurs 3 et 4. Toutefois leur base est cachée par des bâtiments annexes. On aperçoit aussi en bas à gauche le bâtiment abritant la piscine de désactivation commune. Pourquoi ce changement ? Tout simplement pour montrer les travaux sur le bâtiment réacteur 4, qui reste le problème majeur et urgent à traiter sur le site de Fukushima Daiichi.
 
tepcam2
 
location-e
 
 
Carte
 
Carte de la contamination radioactive au Japon :  la dernière version de la carte du professeur Hayakawa (Université de Gunma) a été publiée il y a peu de temps. Cliquez sur la carte pour avoir une meilleure définition (format pdf)
cartejapon
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 23:39

 

542510_319050544844028_1104273902_n.jpgDepuis la catastrophe de Fukushima, Laurent Mabesoone est devenu un militant antinucléaire infatigable, se dépensant sans compter pour informer, manifester, mesurer et partager ses connaissances.

 

A son initiative, un groupe citoyen de mesure de la radioactivité des aliments s’est constitué à Nagano. Depuis le début de l’année, sans relâche, des échantillons sont minutieusement préparés à partir de toutes sortes de produits alimentaires, et des analyses sont effectuées avec un moniteur-doseur de radioactivité. Puis, les résultats sont consignés dans un document disponible en ligne pour les membres du groupe Facebook  脱原発アピールの黄色いリボン Yellow ribbon against nuclear power.

           

laurent_mabesoone_machine---Copie.jpg

 

Laurent Mabesoone lors d’une séance publique de mesure le 1er juin 2012

(d’après une photo de Dominique Balaÿ)

 

La liste reproduite ci-dessous est extraite de ce document. Ecrite en japonais et en français, elle donne une idée de la contamination de certains produits. Les photos des emballages des produits sont présentées dans l'album associé de sorte que l’on peut faire son choix plus facilement dans les magasins quand on ne lit pas le japonais. Une liste intéressante à connaître et à diffuser quand on habite au Japon et que l’on veut prendre soin de la santé de sa famille, et en particulier des enfants, plus sensibles à la radioactivité.

 

Bien sûr, la mesure de la radioactivité alimentaire n’étant pas une science exacte, ces résultats doivent être utilisés avec précaution : les mesures donnent un ordre de grandeur de la teneur cumulée en Cs-137 et Cs-134, avec des variations possibles selon les échantillons et/ou selon l’influence marginale de certains radionucléides naturels tels que le Potassium (K-40), le Bismuth (Bi-214) ou le Plomb (Pb-214).

 

De plus, ce type de moniteur (à l’iodure de sodium ou au germanium) ne permet pas de détecter les radionucléides n’émettant que des ondes beta (strontium 90) ou alpha (plutonium). Pour les produits de la mer en particulier, le strontium 90, dont les sels sont solubles dans l’eau, risque d’être présent, à un niveau indépendant de la teneur en césium. Cette précision est importante car pour les produits de la mer, il y a vraiment un danger en dehors du césium.

 

 

 

7ed099867dLe moniteur Becquerel LB200 permet de réaliser avec précision des mesures directes en Becquerel par litre et ainsi de contrôler la contamination radioactive des liquides ou des denrées alimentaires. L’appareil est équipé pour la mesure des rayonnements gamma, et d’une chambre de comptage avec blindage de plomb et gobelet de 0,5 litre.

 

 

 

 

 

 

放射線測定

LB200 & TN300B mesures

(記載がない場合、LB200測定, absence de mention = LB200)

測定写真は以下、 Photos des mesures : album

cliquer sur la photo

 

 

 

目次 SOMMAIRE

 

* 日本茶 THE JAPONAIS / 牛乳LAIT / 酒類 BOISSONS ALCOOLISEES / 飲料その他 AUTRES BOISSONS

* ヨーグルト YAOURTS / バター、アイスクリーム、その他の乳酸品 BEURRE, GLACES, AUTRES PRODUITS LAITIERS / ジャム、せんべい、お菓子等 CONFITURES, BISCUITS, CONFISERIES

* 果物 FRUITS / 野菜、豆類、食用根菜類 LEGUMES, FEVES, RACINES / 山菜、ハーブ HERBES ET PLANTES SAUVAGES / キノコ CHAMPIGNONS

* 魚介類 POISSONS ET CRUSTACES / 肉類 VIANDES / 卵 OEUFS

* 調味料、ソース等 SAUCES, PRODUITS D'ASSAISONNEMENT

* お米 RIZ (CRU) / 穀類その他 AUTRES CEREALES

* 動物の餌 NOURRITURE POUR ANIMAUX / その他 Autres

(数値は目安・LB200測定はK40、Bi214の影響可)

 

 

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日本茶 THE JAPONAIS

★緑茶(煎茶、葉) マルカブ佐藤製茶株式会社 静岡市葵区(賞味期限2012年5月1日)

100g×2パック=200g(350cc)

350cc入り表示数値:111bq/l×1・4=155.4bq/l

→ 388.5 bq/kg

(+-7 calibration 2%、8時間測定)

The vert (feuilles sechees) Producteur : Societe Maruga / SATO a SHIZUOKA-shi Aoi-ku Oohara 1333 peremption 1/5/2012 Deux paquets de 100g = 200g (350 cc)

Chiffre affiche pour les 350cc mesures : 111 bq/l. Correction (gobelet 500cc)×1,4 = 155.4 bq/l

→ 388.5 bq/kg (+-7 calibration 2%, mesure de 8 heures)

★緑茶(煎茶、液体)伊藤園「お~いお茶 濃い味」

(国産茶葉100%、2012,11,20賞味期限)(+-9 calib1%)  5bq/kg

The vert en bouteille plastique (liquide) Ito-en "O-i ocha" koi aji (gout prononce) (100% the japonais, peremption 20/11/2012 (+-9 calib1%) 5bq/kg

★緑茶(煎茶、液体)伊右衛門(サントリー)

(国産茶葉100%、2012,10,27賞味期限)(+-9 calib1%)  0bq/kg

The vert en bouteille plastique (liquide) ”Iemon" Suntory (100% the japonais, peremption 27/10/2012 (+-9 calib1%) 0bq/kg

★緑茶(煎茶、液体)伊右衛門「濃いめ」(サントリー)

(国産茶葉100%、2012,10,25賞味期限)(+-11 calib1%)  0bq/kg

The vert en bouteille plastique (liquide) ”Iemon" Suntory "koime" (gout prononce) (100% the japonais, peremption 25/10/2012 (+-11 calib1%) 0bq/kg

★ Thé japonais de Kyûshû Récolte 2012, Itoen (péremption 14/1/2013) +/- 12becq, 2% = 0 becq/L

九州酸二千十二年 お~いお茶 新茶 500ml(賞味期限2013/01/14) +/- 12becq, 2% = 0 becq/L

★ Thé japonais de Shizuoka, Kopuro (péremption 20/12/2012) +/- 13becq, 2% = 0 becq/L

「お茶」 静岡県産 500ml(コプロ、賞味期限2012/12/20) +/- 13becq, 2% = 0 becq/L

★緑茶(煎茶、液体)DY DO 静岡産一番茶使用

「芳醇な旨み」(2013、1、25 DO2/FEH) (+-9 calib1%)  9 Bq/kg

(K40の影響は0・6bq迄可)

The japonais de Shizuoka "Houjun na umami"

(DYDO, 2013/1/25 DO2/FEH) (+-9 calib1%) 9 Bq/kg

★緑茶(煎茶、葉)「御銘茶」

(A-COOP、製造者:ハラダ製茶、静岡県島田市、賞味期限2012・12・12/M)

(300cc, 199g) (calibration 3,6cps 1% +-7) 194 Bq/L 257 Bq/kg

(Cs比率補正済、120kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は8,5Bq迄可)

The vert japonais en feuilles "Gomeicha"

(vente: A-COOP, fabricant : Harada seicha, Shimada-shi Pref de Shizuoka, peremption 12/12/2012/M) (300cc, 199g) (calibration 3,6cps 1% +-7) 194Bq/L 257 Bq/kg

★緑茶(煎茶、液体)DY DO 静岡産茶葉100%

「清々しい香り」(20130202/2B) (calib 3,5cps 1% +-3)

3Bq/L → 3 Bq/kg

(Cs比率補正済、120kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は0,6Bq迄可)

The japonais de Shizuoka "Sugasugashii kaori"

(DYDO, peremption20130202/2B)(+-3 calib1 3,5cps %) 3 Bq/kg

★ 緑茶(茶葉) (Lawson select「深蒸し緑茶」、国産茶葉100%、販売者:ローソン、製造者:伊藤園、2012・7・9「ローソン」にて購入、賞味期限2013・4・7/HI)(380cc,200g) (calibration 3,4cps 1% 12h, +- 3) 42 Bq/L(補正前)  56 Bq/kg

数値は目安・130kg遮蔽強化LB200測定Cs比率補正済・K40の影響は8,5Bq迄可・Biの影響可) The vert en feuilles “Fuka mushi”(“Lawson select”, 100% prod japonaise, vente : Lawson, production: ITOEN, achete le 9/7/2012, magasin Lawson, peremption 2013/4/7/HI) (380cc, 200g) (calibration 3,4cps 1% 12h, +- 3)

42 Bq/L → 56Bq/kg

★緑茶(煎茶、液体)「御銘茶」(A-COOP、製造者:ハラダ製茶、静岡県島田市、賞味期限2012・12・12/M)

(calibration 3,3cps 1% 12h +-3) 7Bq/L(補正前)  Bq/kg

数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は0,8Bq迄可・Bi、Pbの影響可) The vert japonais liquide "Gomeicha" (vente: A-COOP, fabricant :Harada seicha, Shimada-shi Pref de Shizuoka, peremption 12/12/2012/M)

(calibrage 3,3cps 1% 12h +-3) 7Bq/L → 4Bq/kg

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牛乳 LAIT

★ 十勝牛乳(特選) (長野イトーヨカ堂2012、4、21賞味期限) 0 bq/kg (+-23 calibration 3%)(2回測定) Lait frais TOKACHI Tokusen (Hokkaido) (achete Itoyokado Nagano date limite 21 avril 2012)0 bq/kg (+- 23 calibration 3%) (deux mesures)

★ 生産者指定 よつ葉牛乳 (北海道十勝) (長野イトーヨカ堂2012、4、26賞味期限) 0 bq/kg (+-23 calibration 3%) Lait frais YOTSUBA GYUNYU (Hokkaido Tokachi) (achete Itoyokado Nagano date limite 26 avril 2012)0 bq/kg (+- 23 calibration 3%) (deux mesures)

★ 明治 おいしい牛乳 (産地不明) (セブンイレブン長野市権堂2012年4月27日賞味期限)0 bq/kg (+-25 calibration 3%)

Lait frais MEIJI OISHII GYUNYU (provenance non precisee) (achete Seven Eleven Nagano)0 bq/kg (+- 25 calibration 3%)

★ 北海道産直牛乳 (成田サミット2012年4月24日賞味期限)0 bq/kg (+-15 calibration 3%)

Lait entier Hokkaidôchokugyûnyû (provenance Hokkaidô) (acheté à SamittoNarita) 0 bq/kg (+- 15 calibration 3%)

★ おいしい無脂肪乳 タカナシ (成田サミット2012年4月18日賞味期限)0 bq/kg (+-15 calibration 3%)

Lait 100% écrémé Takanashi Oiishiimushibô (lait provenance Hokkaidô) (acheté à SamittoNarita, date de péremption 18.04.2012) 0 bq/kg (+- 15 calibration 3%)

★ メイトー牛乳(180ml小瓶) (あづみの工場2012、4、26賞味期限) 0 bq/kg (+-20 calibration 2%)長野市山王保育園使用

Lait frais MEITO GYUNYU (en bouteilles de 180ml) (Usine de Azumino peremption 26 avril 2012) 0 bq/kg (+- 20 calibration 2%) Lait utilise par l'ecole maternelle SANNO a Nagano-shi

★ ミルク(哺乳瓶用) 明治ステップ (明治、2011、12購入※ニュースなどで問題になった頃のもの、2012、10、24賞味期限)(500cc、260g)

(+-16 calib2%) 14bk/L → 26.9 Bq/kg

LAIT EN POUDRE POUR BIBERON Meiji Step (Meiji, achete en decembre 2011 au moment du "scandale des laits pour biberons", peremption 24/10/2012) (500cc, 260g)  

14 Bq/L → 26,9 Bq/kg (+-16 calib2%)

核種別検査/Analyse par nucleides

I-131 ND

Cs-137 = 13.7 +-2,3

Cs-134 = 9,1 +-2,9 Cs-134+137 = 22.8 Bq/kg +-3,7

★ 木次牛乳(1000ml) (生牛100%使用、島根県2012、5,1賞味期限) 9 bq/kg (+/-11 calibration 2%) 4.25 bec. カリウムを除く = 4 becq/liter

Lait frais Kisuki (1litre), préfecture de Shimane, date de péremption 1/4/2012. 9 bq/kg (+/-11 calibration 2%), enlever 4,25 beq pour le potassium = 4 becq/litre

★ さわやか家族 (北海道産、タカナシ、生乳100%使用、ピーコックストア, 2012,5、8賞味期限)0 bq/kg (+/-15  calibration 3%)

SawayakaKazoku (Hokkaidô, lait frais 100%) (acheté à Peacok, date limite 8 mai 2012) 0 bq/kg (+/- 15 calibration 3%)

★ オブセ牛乳 (長野イトーヨカ堂2012,5、6賞味期限) 14 bq/kg (+-10 calibration 1%) Lait frais OBUSE GYUNYU (Nagano) (achete Itoyokado Nagano date limite 6 mai 2012) 14 bq/kg (+- 10 calibration 1%)

★ オブセ牛乳(2012,5、10賞味期限)(+-10 calibration 1%) 18 bq/kg

Lait frais OBUSE GYUNYU (Nagano) (peremption 10 mai 2012) 18 bq/kg (+- 10 calibration 1%)

★ 牛乳(群馬県吾妻郡長野原町北軽井沢産、2012年5月15日搾り、沸騰済)(+-10 calibration1%) 0bq/kg

Lait cru (prod a Kitakaruizawa, Naganohara, Gunma, traite du 15/5/2012, pasteurise-maison) (+-10 calibration1%) 0 Bq/kg

★ 小岩井農場3・7牛乳【特選】(製造場所在地:岩手県雫石町)

賞味期限12・6・3 KM AH19) (+-7 calibration1%) 13Bq/kg

Lait KOIWAI Nojo3,7 (tokusen) (lieu de conditionnement : Iwate, Shizukuishi machi)

peremption 3/6/12 KM AH19)(+- 7 calibration 1%) 13 Bq/kg

★ 大山白バラ牛乳(鳥取県、大山乳業農業、賞味期限12,06,06)(+-17 calibration 1%) 0Bq/kg

Lait Ooyama shirobara (Tottori, Ooyama nyugyo nogyo, peremption 6/6/2012)(+-17 calibration 1%) 0 Bq/kg

★ ひょうごの郷牛乳(兵庫県、共進牧場、賞味期限12,06,04)(+-18 calibration 1%) 0Bq/kg

Lait Hyougo no sato (Hyougo, Kyoushin bokujo, peremption 4/6/2012)(+-18 calibration 1%) 0 Bq/kg

★ 淡路島牛乳 (淡路島牛乳工場、兵庫県、賞味期限12,06,02AJFF)(+-17calibration1%) 0 Bq/kg

Lait Awaji Jima gyunyu (pref de Hyougo, peremption 2/6/2012 AJFF)(+-17 calibration1%) 0 Bq/kg

★ 渥美半島酪農牛乳 (中央製乳、愛知県、賞味期限12,06,02DK)(+-14calibration1%) 0 Bq/kg

Lait Atsumi Hanto gyunyu (pref de Aichi, peremption 2/6/2012 DK)(+-14 calibration1%) 0 Bq/kg

★ ヤギの乳 長野県飯綱高原(500cc)(+-28 calibration2%) 0bq

Lait de chevre, Plateau de Iizuna, pref de Nagano (500cc) (+-28 calibration2%) 0 bq

★木次牛乳生乳100%使用(島根県)(賞味期限2012/7/1)(3 cps, 1%, +/-9 ) 7 beq.

Lait cru Kisuki (préfecture de Shimane) (péremption 1/7/2012) (3 cps, 1%, +/-9 ) 7 beqc.

★牛乳(成分調整牛乳)「軽やか仕立て」(7&I premium、製造者:高梨乳業 横浜工場、賞味期限12・7・7TM/Lot K05A)(calibration 3,5cps 1%, +-3) 8Bq/L  6Bq/kg

(Cs比率補正済、120kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は3,5Bq迄可)

Lait (recompose) "Sawayaka shitate" (7&i premium, fabricant: Takanashi, usine de Yokohama, peremption 12/7/7 TM/Lot K05A)(calibration 3,5cps 1%, +-3) 8Bq/L → 6Bq/kg

★「札幌で製造した北海道牛乳」  (製造者:新札幌乳業、賞味期限:12・07・21 EOG4)(calib 2% +-26)  0 Bq/kg

Lait de Hokkaido“Sapporo de seizo shita gyunyu” (fabricant: Shin Sapporo nyugyo,peremption 21/7/12EOG4) (calib 2% +-26) 0 Bq

★長野牛乳 (賞味期限12・7・24 N100D、製造者:長野牛乳、長野市)(calibration 2%+-23)0 bq/kg

Lait Nagano Gyunyu (peremption24/7/12 N100D, fabricant : Nagano gunyu, Nagano-shi)(calibration 2%+-23) 0 Bq/kg

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酒類 BOISSONS ALCOOLISEES

★ ビール 生ASAHI スーパードライ(製造2012,04上X)(+-12calib1%)0bq/kg

Biere ASAHI Super Dry (fabrication fin04/2012 X) (+-12calib1%) 0bq/kg

★ 発泡酒 KIRIN「のどごし<生>」(製造2012、04上旬12/FSPD)(+-13calib1%)0bq/kg

Biere de substitution (happoshu) KIRIN Nodogoshi <Nama> (fabrication debut04/2012, 12/FSPD) )(+-13calib1%)0bq/kg

★ 発泡酒 SUNTORY 「THE BREW」(製造2012、03中旬P/NDLB))(+-17calib1%) 0bq/kg

Biere de substitution (happoshu) SUNTORY <THE BREW> (fabrication milieu03/2012, P/NDLB) )(+-17calib1%)0bq/kg

★ むぎ焼酎「いいちこ」(三和酒類、大分県、No・120404/P09、900mlパック)(+-16 calibration1%)  0Bq/kg

Vodka japonaise legere "Mugi shochu" IICHIKO (Sanwa, prefecture de Oita, No 120404/P09, pack 900ml) 0 Bq/kg

★ビール YEBISU THE HOP(サッポロビール、麦芽100%、2012 Limited Brewing、賞味期限12年11月Y、製造12年3月下CA5)(+-4 calibration1%) 1 Bq/kg

(10時間測定)(K40の影響は0.85bqまで)

Biere YEBISU THE HOP(edition limitee 2012, Sapporo beer, peremption12/11/Y、fabrication12/3下CA5)(+-4 calibration1% mesure de 10 heures) 1 Bq/kg

★発泡酒「麦とホップ 黒」(サッポロビール)

賞味期限12年12月H、製造12年4月中AC1(+-4 calibration1%)  8 Bq/kg

(10時間測定)(K40の影響は0.85bqまで)

Biere de substitution (happoshu) SAPPORO Noire "Ble et Houblon" (Mugi to hoppu) peremption12/12/H、fabrication12/4中AC1)

(+-4 calibration1% mesure de 10 heures) 8 Bq/kg

★ 焼酎 「大喜利」 4l 24103J メルシャン(+-22 calibration2%)0bq/kg

Vodka japonaise (shouchu) “OOGIRI” 4 l lot24103J (+-22 calibration2%) 0 Bq/kg

★梅(焼酎漬け)2011年産

長野市安茂里産 (500cc 509g) (+-24calib2%) 0 Bq/kg

Prunes a l'eau de vie (shochu), recolte 2011, ville de Nagano, Amori (+-24 calib2%) 0 Bq/kg ★その梅を漬けた焼酎(手作り梅酒)(+-13calib1%) 0 Bq/kg

Eau de vie separee (+-13calib1%) 0 Bq/kg

★梅酒「楽園」100%国産梅使用(製造:清洲桜醸造、愛知県、CCADBB)(+-15 calib1%) 0 Bq/kg

Liqueur aux prunes "Umeshu" 100% prunes japonaises (fabricant: Seisuro, Aichi, CCADBB)(+-15 calib1%) 0 bq/kg

★赤ワイン(フランス産)Vin de Pays de Mediterranee "El Nino Loco", 2009, mis en bouteille par Guillaume Gros, 84660 Malbec (calibration 3,5cps 1% +- 11) 0Bq/kg

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飲料その他 AUTRES BOISSONS

★麦茶 「香り薫る麦茶」 伊藤園 (液体)(長野いとーよか堂、2013,1,3賞味期限) 0bq/kg(+-24)

Infusion de ble "Mugicha" (etat liquide) 0bq/kg (+-24)

★りんごジュース ストレート (2012年4月買、長野県山ノ内産 M's Country http://www.mscountry.net/html/catalog.html )0 bq/kg (+- 22)

Jus de pomme pur, M's Country , Yamanouchi machi (Nagano) achete avril 2012

0bq/kg (+-22)

★りんごジュース ブレンド (2012年6月15賞味期限、青森産 Nora 0 bq/kg (+- 15)

Jus de pomme pur, Nora , préfecture Aomori, péremption 15.6.2012

0bq/kg (+-15)

★信州りんごジュース 果汁100% (ツルヤ NN22、2012、4) 0bq/kg(+-25 calibration 2%)

Jus de pommes 100% Shinshu ringo juice (Tsuruya NN22, avril 2012) 0 bq/kg (+1 25 calibration 2%)

★ サントリーなっちゃん みかん味 TN300B、1Lマリネリで6時間計測Cs-137 不検出(検出限界0.9Bq/kg)Cs-134 不検出(検出限界1.1Bq/kg)

Jus d'orange NACHAN (Suntory) "gout clementine" TN300B Marineli 1 litre Mesure de 6 heures

Cs-137 ND(limite 0.9Bq/kg)Cs-134 ND(limite 1.1Bq/kg)

http://www.facebook.com/photo.php?fbid=214484421995200&set=a.156771917766451.29501.100003009323443&type=1&theater

★ 野菜ジュース 「野菜一日これ一杯」KAGOME (2012、4)  14bq/kg (+-14 calib3%)

KAGOME Jus de légumes. "Yasai ichinichi kore ippai" 14 bq/kg (+/- 14 becquerels, calibration 3%)

★ アクエリアス (粉末+長野市の水道水) (2013,1,3賞味期限)0bq/kg

(+-16 calib1%)

Boisson AQUARIUS (poudre + eau courante de Nagano-shi) (peremption 3/1/2013) 0 bk/kg

(+-16 calib1%)

★Seven Iオレンジジュース (果汁100%)(2012、5、13賞味期限) (+-14 calib 1%) 0 bq/kg

Jus d'orange 100% SEVEN I (peremption 13/5/2012)(+-14 calib 1%) 0 bq/kg

★みかんジュース(ポム ジュース)(賞味期限2012,11,27 IB23) 0bq/kg

(+-25,calibration2%)

Jus de clementines (Pom juice) (peremption 27/11/2012 IB23) (+-25 calib2%) 0 bq/kg

★マミー(森永、ミルクカルシウム配合、2012,5,7LFFG賞味期限) 0bq/kg

(+-11calib1%)

Boisson lactee MAMI (Morinaga, peremption 7/5/2012) 0 bq/kg (+-11 calib1%)

★10種類の野菜のスープ(スジャータ、製造者:名古屋製酪株式会社、長野イトーヨーカ堂購入、賞味期限2012,6,23KWX)(+-10calib1%) 0Bq/kg

Soupe de legumes "10 sortes de legumes" (Sujata, Nagoya Seiraku Co, peremption 23/6/2012KWX)(+-10 calib1%) 0 Bq/kg

★ 紅茶花伝ROYAL MILK TEA 国産牛乳100%(コカコーラCM、賞味期限120923/HTO)(+-14callib1%) 0Bq/kg

Royal Milk Tea (the au lait en bouteille 470cc,mesure de 500cc)(Coca Cola Custumer Marketing, peremption 120923/HTO)(+-14calib1%) 0 Bq/kg

★豆乳(大豆飲料)「ミルクのようにやさしいダイズ」(大塚食品、大阪市、賞味期限12,07,02HFI2/OFG、ワタハン長池で購入)(+-7calibration 1%) (ラベル表示のカリウム量は190mg/100ml=標準の豆乳と同等→K40の影響は4・7Bq迄)8 Bq/kg

Lait de soja "Milk no youna yasashisa Daizu", Ootsuka shokuhin, peremption 2/7/2012 HFI2/OFG) 8 Bq/kg

★ピーチ フルーツミックス 果汁100% (DOLE、製造:雪印メグミルク、12.5.26 CO5 トミサトlot HM2) (+-20 calibration 1%) 0Bq/kg

Jus 100% fruits, peches + autres fruits ( Dole, fab: Yuki jirushi, peremption 12.5.26 CO5 Tomisato lot HM2) (+-20 calibration 1%) 0 Bq/kg

★豆乳 (調整豆乳)(紀文、販売者:キッコーマン飲料、千葉県野田市、大豆:「カナダ産」と表示)

賞味期限12,08,06 KN/DDS482 (+-13 calibration1%) 0Bq/kg

Lait de soja (recompose)(Kibun, vendu par Kikkoman, Noda, Chiba, origine du soja affichee : Canada, peremption 6/8/2012 KN/DDS482) (+-13 calibration1%) 0 bq/kg

★オレンジジュース(濃縮還元) Tropicana 100% 販売者:キリンビバレッジ、賞味期限20121122/ST)(+-10 calibration 1%) 0 Bq/kg

Jus d'orange Tropicana 100% (Kirin beverage, peremption 20121122/ST)(+-10 calibration 1%) 0 Bq/kg

★ 野菜ジュース「野菜生活100」KAGOME

(賞味期限13・1・20、製造者:カゴメ KGMW)(+-10 calibration 1%) 15Bq/kg

(包装表示でK40量を確認、その影響は7bqまで可)

Jus de legumes varies KAGOME "Yasai seikatsu 100" (peremption 20/1/2013, fabricant : KAGOME KGMW)(+-10 calibration 1%) 15 Bq/kg

★ ももジュース(ストレート)(長野県産 品種限定「川中島 白桃」、賞味期限120907、製造者:寿高原食品、千曲市)(+-15 calibration 1%)  0Bq/kg

Jus de peches blanches (jus pur, peches de Kawanakajima, pref de Nagano, peremption 7/8/2012, producteur : Kotobuki kougen shokuhin, Chikuma-shi)(+-15 calibration1%) 0 Bq/kg

★ ヤクルト(製造者:愛知ヤクルト工場、賞味期限120606lot.LEBA)(+-16 calibration 1%)  0Bq/kg

Boisson lactee "YAKURT" (usine Yakurt de Aichi, peremption6/6/2012 lot.LEBA)(+-16 calibration 1%) 0 bq/kg

★ 午後の紅茶 KIRIN MILK TEA 賞味期限20130201/SY (+-25 calibration2%) 0bq

The au lait “Gogo no koucha” (Kirin,1/2/2013/SY) (+-25 calibration2%) 0 Bq/kg

★豆乳飲料 フルーツミックス(紀文、販売者:キッコーマン飲料、千葉県野田市、大豆:「カナダ産」と表示)

賞味期限12,08,06 KG/CTD888 (+-14 calibration1%) 0Bq/kg

Lait de soja (aux fruits)(Kibun, vendu par Kikkoman, Noda, Chiba, origine du soja affichee : Canada, peremption 6/8/2012 KG/CTD888) (+-14 calibration1%) 0 bq/kg

★りんごジュース(ストレート) ファームはやかわ(長野県篠ノ井茶臼山産さんふじ100%)(+-18 calibration2%)  0 bq/kg

Jus de pommes pur de Nagano, Farm Sawayaka (pommes de Shinonoi, Chausuyama 100%) (+-18 calibration2%) 0 bq

★MILO (Nestlé 2013.07/4賞味期限)0bq/kg (+/-14 calibration 3%)

★ ココア 森永 (500cc、434g)  賞味期限2013,08BB6L  製造所固有記号MFPA0 bq/kg

Chocolat en poudre (au lait) “Morinaga Cocoa” (peremption 2013/8 BB6L code usine MFPA) (+-27 calibration1%) 0 Bq/kg

★ Georgia まろやかミルクのカフェラッテ(Coca-Cola custumer marketing, HTO/01 130127) (+-19 calibration1%)  O bq/kg

Cafe Latte "Maroyaka milk" , Georgia (Coca-Cola custumer marketing, HTO/01 130127) (+-19 calibration1%) 0 bq

★ 湧き水(長野県飯縄高原、2012年6月上旬採)(+-10 calibration 1%) 0bq/kg

Eau de source (Pateau de iizuna, pref de Nagano, debut juin 2012) (+-10 calibrage1%) 0 Bq/kg

★ 湧き水(長野県馬曲温泉近辺、2012年6月上旬採)(+-15 calibration 1%) 0bq/kg

Eau de source (sources de Umagari, pref de Nagano, debut juin 2012) (+-15 calibrage1%) 0 Bq/kg

★ みかん(国産ジュース)日本果実工業、(賞味期限2013/2/27) 500cc. +/- 10 beq., cal.1% = 0 beq. Jus de mandarine (100% Japon) (produit par Nihon Kajitsu Kôgyô), péremption 27/2/2013), 500cc. +/- 10 beq., cal.1% = 0 becquerel

★野菜ジュースKAGOME「野菜一日これ一本」(賞味期限13・2・11 コード3KJ)

(+-5 calib3,7cps 1%) 16Bq/L  11 Bq/kg

(Cs比率補正済・80kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は10,25bq迄可-包装表示で確認)

Jus de legumes KAGOME "Yasai ichini kore ippon" (peremption 11/2/13 code 3KJ)

(+-5 calib3,7cps 1%) 16Bq/L → 11 Bq/kg

★野菜ジュースKIRIN「濃い野菜と果物」(賞味期限13・2・8 コードKKH/L28A) (+-13 calib3,7cps 1%) 0 Bq/kg

(80kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は4,63bq迄可-包装表示で確認)

Jus de legumes KIRIN "Koi yasai to kudamono" (peremption 8/2/13 code KKH/L28A)

(+13 calib3,7cps 1%) 0 Bq/kg

★ももジュース「もも畑からジュースになりました」(国産果汁100%、ストレート40%、製造者:ふくれん甘木工場、福岡県、賞味期限12・8.9EOCI, 成城石井・大宮店で購入)(calib 3,7 cps 1% +-10)  0 Bq/kg

Jus de peches 100% "Momo batake kara juice ni narimashita" (100% peches japonaises, fabricant : Mokuren , Fukuoka, peremption 12・8.9EOCI, achete chez Seijo Ishii )(calib 3,7 cps 1% +-10)  0 Bq/kg

★カルピス ぶどう(濃縮、賞味期限2012、10、13/BC(岡山工場))(599g、500cc)(+-15calibration1%) 0bq/kg

Boisson lactee Calpis au raisin (syrop, peremption 13/10/2012/BC)(+-15 calib1%) 0 bq/kg

★マンゴ ブレンド100 (販売者:めいらく(名古屋製酪、賞味期限12・8・21GA)(calib 3,6 cps 1% +-10)  0 Bq/kg

Jus de mangues & pommes (Meiraku, Nagoyo, peremption 21/8/12 GA) )(calib 3,6 cps 1% +-10)  0 Bq/kg

★Jus de cerises Tamek, made in Turquie (code-barre 869) (péremption 14/8/2013) (500cc. 3 cps, 1%, +/- 9) 8 becq.

サワーチェリ Tamek,、トルコ産,バーコード869 (賞味期限2013/8/14), (500cc. 3 cps, 1%, +/- 9) 8 beq.

★Jus de pommes Tamek, made in Turquie (code-barre 869) (péremption 17/5/2013) (500cc. 3 cps, 1%, +/- 8) = 4 becq.

りんごジュース Tamek,トルコ産,バーコード869 (賞味期限2013/5/17), (500cc. 3 cps, 1%, +/- 8) 4 beq.

★カルピス ダイエット(濃縮、賞味期限2013、01、13/BC(+14calibration1%) 0bq/kg

Boisson lactee "Calpis diet" (syrop, peremption 13/1/2013/BC)(+-14 calib1%) 0 bq/kg

★オレンジジュース(100% フロリダ オレンジ)USA産(バーコード016)(賞味期限2012/9/30) (calibration 3,1 cps 1%, +/- 11) 0 beq./L

Jus d’oranges frais (100% Oranges de Floride) Made USA (code barres 016) (Péremption 30/9/2012) (calibration 3,1 cps 1%, +/- 11) 0 beqc./L

★ コーンクリーム ポタージュ(粒入り) (製造者:名古屋製酪 (めいらく) 賞味期限12・8・23)KXW (calib 2% +-21)  0 bq/kg

Potage crème de mais (fabricant: Nagoya seiraku – meiraku, peremption 23/8/12)(calib 2% +-21) 0 Bq/kg

★ ミックス キャロット ジュース(販売:Co-op、日本生活協同組合連合会, 賞味期限12/8.28GA)(calib 1% 3,4cps 5h +-13) 0Bq/kg

Mixed Carrot juice, jus mixte, (vente: Co-op,12/8/28GA)(calib 1% 3,4cps 5h +-13) 0Bq/kg

★ポム 国産温州みかんジュース (製造者:えひめ飲料 松山市  賞味期限2013・4・6) (calibration 2% +- 22) 0Bq/kg

Jus de clementines Onshu japonaises “Pom” (fabricant: Ehime inryo, Matsuyama, peremption 6/4/2013) (calibrage 2% +- 22) 0 Bq/kg

★ みかんジュース (「和歌山のみかんジュース、凍らせるとシャキッと美味しい♪」)(製造者:ゴールドパック、長野県松本市、賞味期限2013.03.24 AH29)(500cc)(calibration 3,4cps 1% 12h +-4)  9Bq/L(補正前)  5 Bq/kg

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内1,7Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Jus de clementines (affichage : “jus de clementines de Wakayama”, prod: Gold Pack,Matsumoto, pref de Nagano)(calibrage 3,4cps 1% 12h +-4) 9Bq/L (avant correction) → 5 Bq/kg

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ヨーグルト YAOURTS

★明治 十勝ヨーグルト「やさしい甘さ)(長野いとようか堂、2012,5,2賞味期限)0bq/kg (+-23calibration3%)

Yaourts Tokachi "Yasashii amasa" (Meiji, achetes a Nagano Itoyokado, date limite 2 mai 2012) 0bq/kg (+-23calibration3%)

★信州ヨーグルト (ツルヤ 信州育ち生乳60%使用、2012,4) 16bq/kg (+-19 calibration 2%)

Yaourt SHINSHU YOGURT (Marque Tsuruya, 60% lait frais de vaches elevees dans le Shinshu - Nagano, peremption avril 2012) 16 bq/kg (+-19 calibration 2%)

★バニラヨーグルト (株式会社 ルナ -京都、2012,5,5賞味期限)17bq/kg (+-11 calibration 2%)

Yaourt VANILLA YOGURT (Marque LUNA - Kyoto, peremption 5/52012) 17 bq/kg (+-11 calibration 2%)

★無脂肪(プレーン)ヨーグルト (タカナシ 2012/4 賞味期限)0bq/kg (+/-12 calibration 3%)

NON FAT YOGURT (Marque TAKANASHI - 4/2012) 0 bq/kg (+/-12 calibration 3%)

★ビヒダスヨーグルト脂肪0ぜロですが、ベクレルあり (成田サミット、2012、5、05賞味期限)  9bq/L (+-11

Yaourt BIBIDASU sans matières grasses, mais avec becquerels

(acheté à Samitto, date limite5.5.2012) 9 bc/Litre (+/- 11)

★明治 十勝ヨーグルト「やさしい甘さ)(長野いとようか堂、2012,5,8KAナPA2賞味期限) (+-7calibration1%)(2回3時間測定、2回とも同数値)10bq/kg

Yaourts Tokachi "Yasashii amasa" (Meiji, achetes a Nagano Itoyokado, date limite 8 mai 2012)

(+-7 calibration1%)(2 mesures de 3 heures donnant le meme chiffre) 10 Bq/kg

のむヨーグルト(ジャージー) Chateraise 製造者:ヤツレン(長野県佐久郡南牧村、賞味期限2012、5、17)

(500cc、517g)(+-19calib2%) 24 Bq/l23・2 Bq/kgYaourt a boire (vaches Jersey) “Chateraise”, producteur : Yatsuren (Nagano, village de Minami Maki), peremption 17/5/2012, (500cc,517g)(+-19 calib2%) 24 Bq/L→23,2 Bq/kg

★ のむヨーグルト(高千穂牧場、製造者:南日本酪農協会、宮崎県都城工場、賞味期限12,05,24、A、長野県松本駅内全国名産品店で購入)

(500cc、515g)(+-12 calib1%) 0 Bq/kg

Yaourt a boire (paturages de Takachiho, fabriquant: Coop des producteurs de lait du Sud du Japon, Usine de Tsushiro, pref de Miyagi, peremption 24/5/12A, achete au magasin de specialites regionales, gare de Matsumoto, pref de Nagano) (500cc,515g)(+-12calib1%) 0 Bq/kg

★毎朝快調ヨーグルト チチヤス、広島県廿日市(賞味期限12,06,03 CFE、長野市トマト食品館で購入)(+-24 calibration2%) 0 Bq/kg

Yaourts CHICHIYASU “Mainichi kaicho”

(Hiroshima, Hatsukaichi, peremption 3/6/12CFE)(+-24 calibration2%) 0 Bq/kg

★ ブルガリア ヨーグルト 明治(518g、500cc) 賞味期限12,06,02/Kチ (+-25calibration2%)   0bq/kg

Yaourt BULGARIA Marque Meiji (518g,500cc) peremption 2/6/2012 Kチ (+-25 calibration 2%) 0 bq/kg

★ ブルガリア ヨーグルト 明治 賞味期限12,06,11/Kナ

(+-7calibration1% 4,7cps)   21Bq/kg

Yaourt BULGARIA Marque Meiji peremption 11/6/2012 Kナ (+-7 calibration 1% 4,7cps)

21 Bq/kg

のむヨーグルト(「生乳たっぷり」) 製造者:酪王乳業(福島県郡山市、賞味期限12、06、30/AA)(+-14calib1%) 0 Bq/kg

Yaourt a boire (fabricant : Rakuo nyugyo, Koriyama, pref de Fukushima, peremption 30/6/30/AA)(+-14 calib1%) 0 Bq/kg

★ヨーグルト 小岩井乳業 生乳100%(賞味期限12,7,7 KIW S45)

(300cc 357g)(calibration 3,6cps 1% +-8) 20Bq/L 21Bq/kg

(Cs比率補正済、120kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は4,25Bq迄可)

Yaourt KOIWAI 100% lait frais (peremption7/7/2012 KIW S45) (300cc 357g) (calibrage 3,6cps 1% +-8) 20Bq/L → 21Bq/kg

★カスピ海 ヨーグルト 製造者:フジッコ 神戸市 (500cc,580g) 賞味期限12、7,16B (calibration 2% +-20 ) 0Bq/kg

Caspi Yogurt (fabricant : Fujikko, Kobe, peremption 16/7/12 B)(calibrage 2% +-20) 0 Bq/kg

★ジョア (製造者:ヤクルト本社 静岡県裾野市、賞味期限12・08・20 lotOAHA)(calibration 2% +-24) 0Bq/kg

Yaourt a boire “JOA” (fabricant Yakurt, Shizuoka, peremption 20/08/12 LotOAHA)(calibration 2% +-24) 0 Bq/kg

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バター、アイスクリーム、その他の乳酸品

BEURRE, GLACES, AUTRES PRODUITS LAITIERS

★雪印 北海道 バター(食塩不使用) (200g×2パックを溶かした状態で)(2012、7、8KCA賞味期限) (+-10 calib 1%) 0 bq/kg

Beurre Yukijirushi Hokkaido (doux) (2 paquets de 200g fondus dans le marineli) (peremption 8/7/2012KCA)(+-10 calib 1%) 0 bq/kg

★Lady Borden バニラ アイスクリーム(製造者:ロッテアイス 日野工場)

(470cc)(4HA112 1541D)(+-9 calib1%)0 Bq/kg

LADY BORDEN Creme glacee Vanille (470cc)(4HA112 1541D)

(fabrication : LOTTE ice usine de Hino) (+-9 calib1%) 0 Bq/kg

オソフト 雪印(賞味期限12/12/3) 500cc/490gr. -/+13 2% = 0 bq/kg

Margarine Neosoft de chez Yukijirushi (péremption 3/12/2012), 500cc/490gr. -/+13 2% = 0 bq/kg

★アイスクリーム 「北海道バニラ」 Seven&Ipremium (製造者:丸善製菓、大阪府、V2F09PB)1000ml箱(500g、363g)

(+-9 calibration1%) 10Bq/L  13 Bq/kg

Creme glacee "Hokkaido Vanilla" Seven & I Premium (fab : Maruzen Seiga, Osaka-fu, V2F09PB) boite de 1000ml (500g, 363g) (+-9 calibration1%) 10Bq/L → 13,8 Bq/kg

★ とろけるミックスチーズ Value Plus(500cc、483g)(「ドイツ産」と表示、製造:マリンフード、大阪府、賞味期限12,8,20)(+-24 calibration2%) 0Bq/kg

Torokeru Mixed Cheese “Value Plus” (500cc,483g) (fromage rape, origine affichee: Allemagne, Marin foods, Osaka, peremption 20/8/12)(+-24 calibration 2%) 0 bq/kg

★ アイスクリーム「Hokkaido super Premium」抹茶(製造者:シャトレーゼ、甲府市)賞味期限:13,01,02)

(450cc、447cc)(+-7 calibration1%) 14bq/L  17 Bq/kg

Glace au the vert "Hokkaido super Premium" (pro: Chateraise, Kohu) (peremption 2/1/2013) (450cc,447cc)(+-7 calibration1%) 14 Bq/L → 17,2 Bq/kg

★ チョコモナカ「ジャンボ」(森永製菓、神奈川県大和市、生産コードEC 06A8 C)

2回測定2回とも同結果:アイスのみ (500cc,263g) & アイス+クッキー+チョコレート(500c,252g) (+-15 calibration1%) 0bq/kg

Glace-biscuit vanille/chocolat MONAKA JUMBO (MORINAGA, Kanagawa-ken; code EC 06A8 C,

deux mesures, deux fois nulle : glace seule ( (500cc,263g), puis glace+biscuit+chocolat (500c,252g) (+-15 calibration1%) 0 Bq/kg

★ バニラ アイスクリーム Top valu (イオン株式会社 原産国名 ニュージーランド)(500cc,337g)  (+-25 calibration2%)  0 Bq/kg

Glace a la vanille “Top valu” (importee par AEON de Nouvelle Zelande) (500cc,337g)  (+-25calibration2%)  0 Bq/kg

★Lady Borden ストロベリー アイスクリーム(製造者:ロッテアイス 日野工場)

(470cc)(5HA252 1000A)(+-15 calib1%)0 Bq/kg

LADY BORDEN Creme glacee Fraise (470cc)(5HA252 1000A)

(fabrication : LOTTE ice usine de Hino) (+-15 calib1%) 0 Bq/kg

★クリープ (粉クリーム)(森永乳業、東京、13・11・21/B)(500cc,299g)(+-14 calib1%) 0Bq/kg

Creme en poudre (Creamy powder "CREAP")(Morinaga, Tokyo, peremption 21/11/2013/B)(500cc,299g)(+-14 calib1%) 0Bq/kg

★カルピス アイスバー (製造者:ロッテU 東京、4UA232 1229 B)(calibration 3,6cps 1% +-13) 0 Bq/kg Glace au syrop lacte “Calpis Ice bar” (fabricant: LOTTE U, Tokyo, 4UA232 1229 B) (calibration 3,6cps 1% +-13) 0 Bq/kg

★ バニラ・アイス「ホームランバー」  (500cc, 347g) (製造者:名糖産業、福岡県、賞味期限なし)(calibration 2% +-23) 0bq/kg

Glace batonnet vanille “Home run bar” (500cc,347g) (fabricant: Meito sangyo, Fukuoka, pas de peremption affichee) (calibrage2% +-23) 0 Bq/kg

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ジャム、せんべい、お菓子等 CONFITURES, BISCUITS, CONFISERIES

★ミルクジャム(生産者未発表、長野県北部の牛乳100%、2013、5,28賞味期限) (+-4 calibration1%) 500cc 600g 13bq/L → 10 bq/kg

Confiture de lait (Fabricant non communique, lait du nord du dep de Nagano 100%, peremption 28/5/2013)(+-4 calibration1%)   500cc 600g 13 Bq/l → 10,8 Bq/kg

★あんずジャム(2011年7月手作り、長野県千曲市更埴産のあんず)(3時間測定)

(+-9 calibration1%) 300cc 402g 25 bq/l    → 49・7 bq/kg

Confiture d'abricot (faite maison, juillet 2011, fruits de la ville de Koshoku, nord du departement de Nagano) (mesure de 3 heures) (+-9 calibration1%) 300cc 402g 25 Bq/L → 49,7 bq/kg

★ゼリー「ぶるんぶるんQoo」ぶどう味、果汁40%(日本コカ・コーラ、賞味期限12、11、15TR)(+-14calib1%) 0bq/kg

Gelee "Purun Purun Qoo" au raisin (40% de jus de fruit)(Coca-Cola Company Japan, peremption 15 nov 12 TR) (+-14 calib1%) 0 bq/kg

★せんべい(ひとくち ソフトせんべい、SevenI、500cc 191g)(国産うるごめ100%、賞味期限2012,8,29EH)(+-4calib1%) 0bq/kg

galettes de riz SENBEI "Hitokuchi soft Senbei" (Seven I, 100% riz Urugome prod du Japon, peremption 29/8/2012EH, 500cc,190g) (+-4 calib1%) 0 bq/kg

★いちごジャム(850g瓶)(信州 スドー ジャム 、松本市、賞味期限2014,1,30JB)(500cc、642g)(+-9 calib1%)14Bq/L→10・9Bq/kg

Confiture de fraises (pot de 850g, Shinshu SUDO JAM, Matsumoto-shi, peremption 30/1/2014 JB) (500c,642g) (+-9 calib1%) 14 Bq/L→ 10,9 Bq/kg

★あんずジャム(2011年、手作り、長野県千曲市更埴産のあんず)(3時間測定)

(+-10 calibration1%) 400cc 506g 32 bq/l    → 37・9 bq/kg

Confiture d'abricot

(faite maison, recolte 2011, fruits de la ville de Koshoku, nord du departement de Nagano) (mesure de 3 heures) (+-10 calibration1%) pour 400cc 506g, 32 Bq/L → 37,9 bq/kg

★ももゼリー「大満足白桃」(製造者:マルハニチロ、東京、賞味期限2012・10・21/BG)(+-15 calibration1%) 0bq/kg

Gelee aux peches "Daimanzoku hakuto" (fabr: Maruha Nichiro, Tokyo, peremption 21/10/2012/BG (+-15 calibration 1%) 0 Bq/kg

★サッポロ ポテト 「つぶつぶベジタブル」(Calbee 東京都)製造記号 NU 28323 2HX23 賞味期限12・9・21)(500cc, 202g) (+-11 calib1%)  0 Bq/kg

(K40の影響は30bq迄)

Chips en batonnets "Sapporo Potato" tsubutsubu vegetables (Calbee, Tokyo) code fabricant NU 28323 2HX23 peremption 21/9/2012)(500cc, 202g) (+-11 calib1%) 0 Bq/kg

★ グミ フェットチーネ Bonbons Fettucine gummi (500cc, 514 g) (ブルボン、新潟県、賞味期限2013.02.20 12G21 L101C) (+-28calib2%) 0 bq/kg

★いちごジャム(SEVEN&I 販売者:ソントン食品、東京、賞味期限12,12,22 製造ロット120426-162)(500cc,619g)(calib 3,6cps 1% +- 4)9Bq/L→ 6Bq/kg

(Cs比率補正済、120kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は1,6Bq迄可)

Confiture de fraises (SEVEN&I 、vente: Sonton Shokuhin, peremption 22/12/2012 Lot 120426-162)(500cc,619g)(calib 3,6cps 1% +- 4)9Bq/L→ 6Bq/kg

★かっぱえびせん(販売者:カルビー、賞味期限12.10,12、製造所固有記号 OI OCE23)(400cc,150g, 12 packs))(calib 3,5cps 1% +- 7)0Bq/kg

Chips a la crevette "KAPPA EBISEN" (vente : Calbee, peremption 12/10/12, code usine: OI OCE23)(400cc,150g, 12 packs))(calib 3,5cps 1% +- 7)0Bq/kg

★ あんずジャム あんずの里(長野市更埴産、2012年夏収穫)(500c,578g)(calibration 1% 3,5cps,+-5) 11 Bq/L(補正前)  7 Bq/kg

(数値は目安・120kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は0.18Bq迄可・Biの影響可)

Confiture d'abricots, origine : Koshoku, Nagano, recolte ete 2012 (calibration1% 3,5cps, +-5)11 Bq/L→ 7 Bq/kg

★ いちごジャム「アヲハタ 55」(販売者:キューピー株式会社、165g瓶、賞味期限:2013・5・11)(500cc 590g) (calib 1% 3,5cps +-14)  0 Bq/kg

Confiture de fraises "Aohata 55" (vente: Cupee, peremption 11/5/2013))(500cc 590g) (calib 1% 3,5cps +-14)  0 Bq/kg

★ いなご甘露煮(販売者:中越屋製菓、長野市、賞味期限2012/8/18)(300cc,282g)(calib 1% 3,4cps +-6)  0 Bq/kg

Sauterelles de rizieres comestibles (glacees au sucre)(vente: Nakagoeya, Nagano-shi, peremption 2012/8/18)(300cc,282g)(calib 1% 3,4cps +-6)  0 Bq/kg

★ ブルーベリージャム(国産生果実使用、生産者:沢屋SAWAYA、長野県軽井沢町、賞味期限13・08・03)

(460cc,533g) (calibration 3,4cps 1% 12h, +- 3) 9Bq/L(補正前)→ Bq/kg

数値は目安・130kg遮蔽強化LB200測定Cs比率補正済・K40の影響は1,8Bq迄可・Biの影響可)

Confiture de myrtilles (fruits frais de production japonaise, fabricant: SAWAYA JAM, Karuizawa, pref de Nagano, peremption 3/8/2013)

(460cc,533g) (calibrage 3,4cps 1% 12h, +- 3) 9Bq/L→ 6Bq/kg

★スナック菓子「うまい」(テリヤキバーガー味、製造者:リスか、茨城県、賞味期限N12.11.20)(46pieces, 400cc 275g)()(180kg遮蔽強化LB200測定, calibration 3,2cps 1% 12h, +-2) 0Bq/kg

Snack pour enfants "Umai" 、(46pieces, 400cc 275g)(fabricant: Riska, Ibaraki, peremption N12.11.20) (mesure LB200+isolation180kg, calibration 3,2cps 1% 12h, +-2) 0Bq/kg

★ ラスプベリー(木苺)ジャム(手作り、長野市産の実、2012年 穫(500cc,596g) (calibration3,4cps 1% 5h +-4)  12Bq/L(補正前) 6 Bq/kg

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内0,9Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Confiture de framboises (maison) ( framboise recolte 2012, prod:Nagano-shi)(calibrage 3,4cps 1% 5h +-4) 12Bq/L (avant correction) → 6Bq/kg

★ あんずジャム(手作り、長野市産の実、2012年 穫(500cc,610g) (calibration3,4cps 1% 5h +-4)  13Bq/L(補正前) 6 Bq/kg

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内1Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Confiture d'abricots (maison) ( recolte 2012, prod:Nagano-shi)(calibrage 3,4cps 1% 5h +-4) 13Bq/L (avant correction) → 6Bq/kg

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果物 FRUITS

★キウイ フルーツ (長野市安茂里地区、2012、4) 10bq/kg(+-18calibration2%) (測定時間120分)

Kiwis (produits a Nagano-shi, district de Amori) 10bq/kg (+-18 calibration 2%) (temps de mesure : 120 minutes)

★りんご(ふじ) (長野県須坂市幸高地区、平成23年もの、種・皮・果肉)0bq/kg(+-17calib2%)

Pommes Fuji (recolte 2011, Nagano-ken, Suzaka-shi, district de Kotaka, mixees avec peau et pepins) 0 bq/kg (+-17 calib 2%)

★りんご(ふじ) (長野県長野市豊野地区、平成23年もの、種・皮・果肉)0bq/kg(+-6calib2%)

Pommes Fuji (recolte 2011, Nagano-shi, district de Toyono, mixees avec peau et pepins) 0 bq/kg (+-6 calib 2%)

★いちご「栃木おいしい会」(2012,5,8、長野イトーヨーカ堂で購入、生産者:篠崎浩久、300ccパック×2、ヘタを取ってから)(+-14 calib1%) 0 Bq/kg

Fraises "Tochigi Oishii kai" (achetees a Itoyokado Nagano, le 8/5/2012, producteur: M.&Mme Hirohisa Shinozaki, 2 barquettes de 300cc, mesure sans les feuilles)(+-14 calib1%) 0 Bq/kg

http://www.oisiikai.com/

★いちご「栃木おいしい会」(2012,5,15、長野イトーヨーカ堂で購入、生産者:篠崎浩久、300ccパック×2、ヘタを取ってから)(+-17 calib1%) 0 Bq/kg

Fraises "Tochigi Oishii kai" (achetees a Itoyokado Nagano, le 15/5/2012, producteur: M.&Mme Hirohisa Shinozaki, 2 barquettes de 300cc, mesure sans les feuilles)(+-17 calib1%) 0 Bq/kg

http://www.oisiikai.com/

★いちご「栃木おいしい会」(2012,5,22、長野イトーヨーカ堂で購入、生産者:江連志市、2パック、ヘタを取ってから)

(K40の影響は4bq迄)(500cc,437g) (+-7 calib1%) 5Bq/L 5・7Bq/kg

Fraises "Tochigi Oishii kai" (achetees a Itoyokado Nagano, le 22/5/2012, producteur: M. Etsura Shiichi, 2 barquettes = 500 cc, 437g , mesure sans les feuilles)(+-17 calib1%) 5 Bq/L → 5,7 Bq/kg

http://www.oisiikai.com/

★いちご 須坂市墨坂 2012年5月下旬採(+-24 calibration1%)0 Bq/kg

Fraises de la prefecture de Nagano, ville de Suzaka (Sumisaka), cueillies fin mai 2012 (+-24 calibration2%) 0 Bq/kg

★枸櫞 (くえん),種なし,(東京、大田区、2012年6月1日採)(500cc,454gr.) +/- 10 becquerels , 36 becquerels/litre = 39,64 becq/kg  (K40の影響は3bq迄)

種あり, (500cc,455gr.) +/- 10 becquerels , 38 becquerels/litre = 41,75 becq/kg.  (K40の影響は3bq迄)

皮だけ: (500cc, 376 gr.) +/- 10 becquerels , 44 becquerels/L. = 58,51 becq/kilo

Cédrats récoltés le 1er juin 2012, dans l'arrondissement de Ootaku (Tôkyô) : Sans pépins - 454 gr.

+/- 10 becquerels , 36 becquerels/litre = 39,64 becq/kg

Avec pépins - 455 gr., +/- 10 becquerels , 38 becquerels/litre = 41,75 becq/kilo

Pelures - 376 grammes, +/- 10 becquerels , 44 becquerels/litre = 58,51 becq/kilo

(environ 3 becq. de potassium)

★ キンカン(金柑) (きんかん)(東京、大田区、2012年6月1日採) 220 gr. +/- 10 becq, 2% 14 becquerels/litre = 31 becq/kilo

Fortunella Kumquat, récoltés le 1er juin 2012, dans l'arrondissement de Ootaku (Tôkyô) 220gr. +/- 10 becq, 2% 14 becquerels/litre = 31 becq/kilo

(environ 4,5 becq. de potassium)

★ りんご (青森県産、収穫日不明、2012年5月、川崎市 京王ストア 稲田堤店で購入)(500cc、490g、種と皮も)(+-13 calibration1%) 0bq/kg

Pommes (prod pref de Aomori, date de recolte inconnue, achetee a Kawasaki, Keio store en mai 2012)(500cc,490g, avec la peau et les pepins)(+-13 calibration1%) 0 bq/kg

★ 梅 紅梅(生, 東京、大田区、2012年6月8日採)(500cc、326g)(+/-10 calib.1%) 8 Bq/L  14,9 Bq/kg (K40の影響は4,5 bq迄)

Prunes (fleurs rouges)récoltées le 8 juin 2012, dans l'arrondissement de Ootaku (Tôkyô) (500cc, 326g) (+/-10 calib.1%) 8 Bq/L → 14,9 Bq/kg (potassium 4,5 bc.)

★ 梅 白梅 (生, 東京、大田区、2012年6月8日採)(500cc、370g)(+/-11 calib.1%) = 0 Bq/kg (K40の影響は4,5 bq迄)

Prunes (fleurs blanches) récoltées le 8 juin 2012, dans l'arrondissement de Ootaku (Tôkyô) (500cc, 370g) (+/-11 calib.1%) 0 Bq/kg (potassium 4,5 bc.)

★あんず(生、皮ごと、種抜き)(長野県長野市更埴産、2012年夏採)(450cc,420g))(calibration 3,6cps1% +-4)  10 Bq/L  9 Bq/kg

(Cs比率補正済、120kg遮蔽強化LB200測定・K40の影響は2Bq迄可)

Abricots (crus, sans noyeaux, avec la peau) (recolte 2012, Nagano-shi Koshoku)(450cc,420g))(calibration 3,6cps1% +-4)  10 Bq/L → 9 Bq/kg

★バナナ(フィリピン産、「甘熟王」、Sumifru)(500cc, 393g)

(130kg遮蔽強化LB200測定, calibration 3,4cps 1% 12h, +-8) 0Bq/kg

Bananes (prod des Philippines, Kanjukuou, Sumifru)(500cc, 393g)(mesure LB200+isolation130kg, calibrage 3,4cps 1% 12h, +-8) 0 Bq/kg

★ネクタリン(長野県産、2012年7月購入)(500cc,464g)(130kg遮蔽強化LB200測定, calibration 3,4cps 1% 6h, +-10) 0Bq/kg

Nectarines (prod pref de Nagano, achetees mi juillet 2012))(500cc, 464g)(mesure LB200+isolation130kg, calibrage 3,4cps 1% 6h, +-10) 0 Bq/kg

★白桃(長野県飯綱町三水産、生産者:三ツ井はつ子、2012年7月購入)(500cc,496g)(180kg遮蔽強化LB200測定, calibration 3,3cps 1% 12h, +-2) 0Bq/kg

Peches blanches (prod pref de Nagano, Iizuna, Mme Hatsuko Mitsui,achetees mi fin juillet 2012)(500cc, 496g)(mesure LB200+isolation180kg, calibrage 3,3cps 1% 12h, +-2) 0 Bq/kg

★ ブルーベリー (長野県斑尾高原産、2012年8月採)(500cc,508g) (calibration 3,4cps 1% 12h +-10) 0 Bq/kg

Myrtilles(Pref de Nagano, Plateaux de Madarao – frontiere Niigata, cueillies en aout 2012) (500cc, 508g) (calibration 3,4cps 1% 12h +-10) 0 Bq/kg

★ 桃 (黄桃、皮ごと)(長野県信州中野産、2012/8信州中野インター近く「オランチェ」直売所で購入、生産者番号:#7493)(500cc,511g)(calibration 3,4cps 1% 12h +-6)  14Bq/L(補正前)8 Bq/kg

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内2,4Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Peches jaunes (prod: Shinshu Nakano, pref de Nagano, achetees a “Oranche”, sortie autoroute Shinshu Nakano, producteur: #7493)(calibrage 3,4cps 1% 12h +-6) 14 Bq/L(avant correction) →8Bq/kg

★ 桃 (黄桃、皮ごと)(長野県信州中野産、2012/8信州中野インター近く「オランチェ」直売所で購入、生産者番号:#7505)(500cc, 521g)(calibration 3,4cps 1% 12h +-6)  8Bq/L(補正前) → 4 Bq/kg

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内2,4Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Peches jaunes (prod: Shinshu Nakano, pref de Nagano, achetees a “Oranche”, sortie autoroute Shinshu Nakano, producteur: #7505)(calibrage 3,4cps 1% 12h +-6) 8 Bq/L (avant correction) → 4Bq/kg

★ 桃 (「白鳳」、皮ごと)(長野県信州中野産、2012/8信州中野インター近く「オランチェ」直売所で購入、生産者番号:#7620)(500cc,519g)(calibration 3,4cps 1% 12h +-6)  5Bq/L(補正前) → 3 Bq/kg

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内2,4Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Peches blanches (prod: Shinshu Nakano, pref de Nagano, achetees a “Oranche”, sortie autoroute Shinshu Nakano, producteur:#7620)(calibrage 3,4cps 1% 12h +-6) 5Bq/L (avant correction) → 3 Bq/kg

★ 桃 (あかつき、皮ごと)(長野県信州中野産、、2012/8信州中野インター近く「オランチェ」直売所で購入、生産者番号:#7476)(500cc, 525g)(calibration 3,4cps 1% 12h +-13)  0Bq/L

(数値は目安・180kg遮蔽強化LB200測定・Cs比率補正済・K40の影響は補正後数値内2,4Bq迄可・Bi、Pbの影響も可)

Peches jaunes ”Akatsuki”(prod: Shinshu Nakano, pref de Nagano, achetees a “Oranche”,sortie autoroute Shinshu Nakano, producteur: #7476)(calibrage 3,4cps 1% 12h +-13) 0 Bq/kg

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 08:55

nagasaki6 et 9 août 1945, deux dates qui font frémir. Les commémorations actuelles nous rappellent que le monde a changé en profondeur sur la base de l’horreur nucléaire. Jean-Marc Royer, par l’article suivant, nous explique très clairement l’historique de ces programmes militaires et les effets impitoyables de la bombe A. On sait aujourd’hui que ces faits militaires d’une horreur sans nom n’étaient pas nécessaires pour mettre fin à la guerre… Merci à l’auteur de contribuer à ce travail de mémoire encore inachevé.

 

 

______________________

 

 

 

LA BOMBE ATOMIQUE, UN PUR PRODUIT DE LA TECHNOSCIENCE 

 

par Jean-Marc Royer

 

 

Les rappels qui suivent se veulent une aide au travail de mémoire qui reste, soixante-sept ans après les bombardements atomiques, encore très incomplet. L’autre motivation de ce texte réside dans le fait qu’il ne peut y avoir de conscience pleine et entière de ce qui s’est passé à Hiroshima, Nagasaki puis à Tchernobyl et Fukushima sans que l’on soit en mesure de s’en faire une représentation [1]. Puisse ces lignes y aider le lecteur. Pour cela, il lui faudra le courage de ne pas reculer devant la douleur dont il est question. A cette seule condition, il en sortira grandi en humanité.

 

 

Les " découvertes scientifiques " à l'origine de la bombe atomique 

 

Il n’est pas sans conséquences philosophiques majeures de constater que la bombe atomique est un produit direct de la science occidentale [2]. On constatera que la réponse ne fait plus de doute lorsque l’on examine, même rapidement, l’histoire de cette " invention " et de ses prémisses.

En 1896, Henri Becquerel découvre la radioactivité naturelle.

Niels Bohr présente en 1913 la première théorie qui expliquait ce phénomène : la matière est constituée d'atomes, eux-mêmes formés d'électrons " tournant autour d'un noyau ". Certains de ces atomes ne sont pas stables et se décomposent en émettant des rayonnements.

En 1905 Albert Einstein publie la théorie de la relativité. Pour lui, matière et énergie sont liés par l’équation qu'il note E = mc² et qui permet d'affirmer qu'une petite quantité de matière peut devenir une énorme quantité d'énergie… ce qui est le principe de la bombe atomique.

En 1934, Frédéric et Irène Joliot-Curie s'aperçoivent que l'on peut transformer un élément stable en un autre instable, en le bombardant de particules : c'est la radioactivité artificielle.

En décembre 1938, Otto Hahn et Fritz Strassman comprennent que le noyau d'uranium, bombardé de neutrons, se casse en deux en libérant deux neutrons et une énergie considérable : l'énergie nucléaire.

En 1939, Frédéric Joliot comprend que les neutrons libérés, peuvent fracasser à leur tour d'autres atomes d'uranium : c'est une réaction en chaîne. Celle-ci peut donner naissance à une grande source d'énergie.

Ainsi, dès 1939, tous les éléments scientifiques préalables à la bombe sont découverts.

 

 

LE PROJET MANHATTAN [3]

 

Le 2 août 1939, le président Roosevelt reçoit une lettre signée d’Albert Einstein (reproduite plus loin) qui le met en garde contre les recherches effectuées par les Allemands dans le domaine de la recherche atomique et l'enjoint de lancer les Etats-Unis dans l'aventure nucléaire. Cette lettre est en fait écrite par un autre physicien, le hongrois Léo Szilard qui cherche à mobiliser les alliés contre la menace nazie et convainc Einstein, dont la célébrité est immense, de signer cet appel au président américain. Une lettre qu'Einstein regrettera quelques années plus tard, lorsqu'il verra la bombe atomique exploser à Hiroshima et Nagasaki et qui en dira : " Ce jour-là, j’aurais mieux fait de me couper les doigts de la main ".

 

Le 16 décembre 1941, neuf jours après l’attaque de Pearl Harbour, le président Roosevelt lance officiellement le projet Manhattan.

 

Eté 1942, la certitude est acquise d'une possibilité de réaction en chaîne ; les recherches de base et leur développement sont faits ; il n'y a plus qu'à établir un plan pour créer une force opérationnelle. Le général Groves est alors placé à la tête d'un groupe de techniciens et de savants qui compte plusieurs prix Nobel.

 

Le 2 décembre 42, au-dessous des gradins de Stagg Field à l’Université de Chicago, une équipe menée par Enrico Fermi initia la première réaction en chaîne nucléaire auto-entretenue.

 

Début 1943, le projet Manhattan entre dans une nouvelle phase. Il s'agit de trouver un élément qui soit capable de servir à la création d'une arme qui utiliserait l'énergie libérée par la fission nucléaire. Celui-ci doit répondre à deux critères : la facilité de production et la possibilité d’en produire une grande quantité. Deux voies se dessinent pour l'obtention d'un tel élément :

- Celle de l'uranium. Niels Bohr a calculé qu'une seule variété (isotope) de l'uranium peut " fissionner ", il s’agit de l'uranium 235. Mais celui-ci est rare : il faut le séparer du reste de l'uranium naturel 238U. L'obstacle paraît alors infranchissable.

- Celle du plutonium. Elément récemment découvert (inexistant dans la nature), il vient d'être obtenu en bombardant de l'uranium.

Le problème principal reste la rareté de ces deux éléments fissiles. On construisit donc deux énormes complexes industriels : l'un à Oak Ridge, dans le Tennessee, pour la production d'uranium 235. L'autre à Hanford, près d'un petit village sur les bords du Columbia, dans l'Etat de Washington pour la production du plutonium. [4]

 

 

lettreeinstein

 

 

Depuis mars 1943, date à laquelle fut mise en service le centre top secret de fabrication de l’arme nucléaire à Los Alamos (dans le désert du Nouveau-Mexique près de Santa Fé), une équipe de savants, sous la direction de Robert Oppenheimer, se livre à l'étude de l'architecture de la bombe elle-même.

 

L'Allemagne capitule le 8 mai 1945 mais le projet Manhattan n’arrive à son terme qu’en juillet 1945 [5]. Son succès confirme les deux filières (uranium 235 et plutonium). Les savants se trouvent donc en possession de deux types de bombe: l'une fonctionnant grâce à l'uranium (celle qui sera larguée sur Hiroshima), l'autre grâce au plutonium (produite en deux exemplaires : celle de l'essai " Trinity " et celle de Nagasaki).

 

220px-Atombombe Little Boy 2Le 16 juillet 1945, alors que les bombes Little Boy et Fat Man, destinées au Japon sont en route vers l'île de Tiniam pour y être assemblées, on a mis en place au sommet d'une tour, à Alamogordo, dans le désert " Jornado del Muerto ", dans l’État du Nouveau-Mexique, un des trois engins déjà fabriqués. L'explosion a lieu à 5 heures 30 du matin : un éclair aveuglant, insoutenable jusqu’à 35 Km, suivi d'une énorme détonation perceptible à 300 Km. L’explosion dégagea une force équivalente à 21 000 tonnes de TNT, c'est-à-dire la puissance destructrice de 2300 avions bombardiers B29 de l’époque, mais concentrée dans le temps (une fraction de seconde) et dans l’espace.

 

En constatant la puissance phénoménale engendrée par la bombe, Oppenheimer se rappela l'un de ses passages préférés d'un texte Sanskrit : " Maintenant je suis Shiva, le destructeur de mondes ". Plus prosaïquement, son adjoint Kenneth Bainbridge, responsable des essais répondra : " À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute ". Rares sont les scientifiques qui regretteront ce qu’ils ont fait. Dans un livre de conversations sur ses souvenirs de Los Alamos, Richard Feynman explique :" Après l'explosion, il y eut une formidable excitation à Los Alamos. Tout le monde faisait la fête (...). Je me souviens que Bob Wilson était assis là et semblait broyer du noir. A quoi penses-tu lui ai-je demandé ? C'est terrible, ce que nous avons fait là, a-t-il répondu. " Bob Wilson était-il le seul physicien de Los Alamos, au soir du 16 juillet 1945, à broyer du noir ? Pas loin, si l'on en croit le physicien Richard Feynman : " ce qui nous est arrivé à tous est que nous avons commencé à faire quelque chose pour une bonne raison. Ensuite nous avons travaillé très dur pour y parvenir, avec plaisir, avec excitation. Et nous avons cessé de réfléchir. Bob Wilson était le seul qui continuait à réfléchir ". Il faut tout de même préciser que des scientifiques du projet Manhattan, qui connaissaient les effets des deux bombes, suggérèrent de larguer les bombes dans des zones isolées afin de montrer la puissance des Etats-Unis en faisant le moins de victimes possible. Mais cette éventualité avait été envisagée par la présidence puis écartée.

En mai 1946 est créé le Comité d’Urgence des Scientifiques Atomistes, groupe anti-nucléaire dont tous les membres avaient participé à la construction de la bombe, sauf Albert Einstein.

 

 

LES BOMBARDEMENTS D’HIROSHIMA ET DE NAGASAKI 

 

220px-Atomic cloud over HiroshimaHiroshima. La puissance dégagée est estimée à 13 000 t de TNT. C’est une énergie transformée pour 85% en lumière, en chaleur, en souffle et pour 15% en radiations. Chacun de ces effets est dévastateur.

Dès les premiers millionièmes de seconde, l’effet aveuglant de l’éclair est suivi de l’énergie thermique libérée qui transforme l’air en une boule de feu atteignant un kilomètre de diamètre en quelques secondes au-dessus d’Hiroshima. Au sol, la température atteint plusieurs milliers de degrés sous le point d’impact. Dans un rayon d’1 km, tout est instantanément vaporisé et réduit en cendres. Jusqu’à 4 km de l’épicentre, bâtiments et humains prennent feu spontanément ; les personnes situées dans un rayon de 8 Km souffrent de brûlures au 3° degré (Voir les témoignages des docteur Michihiko Hachiya et Shuntaro Hida).

Après la chaleur, c’est au tour de l’onde de choc (troisième effet) de tout dévaster : engendrée par la phénoménale pression due à l’expansion des gaz chauds, elle progresse à une vitesse de près de 1 000 km/h, semblable à un mur d’air solide. Elle réduit tout en poussières dans un rayon de 2 km. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont entièrement détruits.

Encore très méconnu en 1945, et spécifique à cette arme, le quatrième effet est celui des rayonnements immédiats. Suivant la dose, il entraîne la mort en quelques jours, quelques mois, ou des années après l’explosion. Les femmes enceintes au moment de l'explosion donnent naissance à des " bébés-monstres ". Le nombre de tués sur le coup est estimé à 80 000 ; dans les semaines qui suivirent, plus de 130 000 personnes ont succombé. A la fin de 1945, le total des morts est de 150 000. Le mémorial de la paix comporte 221 000 noms de personnes mortes des conséquences directes ou indirectes de l'explosion, mais l'estimation " finale " du nombre de morts se situe autour de 260 000 : ce dernier chiffre concerne autant les suites de ces effets que ceux produits par le cinquième effet, la contamination par inhalation ou ingestion.

Le nombre de victimes civiles peut être comparé à d’autres bombardements, mais il porte une lourde charge symbolique, liée à la vision d'Apocalypse de l'explosion et aux effets à très long terme de l'exposition aux radiations. Leó Szilárd, qui était impliqué dans le développement de la bombe, dira après la guerre : " Si les Allemands avaient largué des bombes atomiques à notre place, nous aurions qualifié de crimes de guerre les bombardements atomiques sur des villes, nous aurions condamné à mort les coupables allemands lors du procès de Nuremberg et les aurions pendus. " [6]

 

220px-NagasakibombNagasaki. Le 9 août 1945, le B-29 " Bockscar " piloté par Charles Sweeney, partît de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, en se dirigeant vers la cible initiale, Kokura, qui était sous les nuages. Conformément à la consigne " no see, no bomb " (" pas de visibilité, pas de bombe "), Bockscar se dirige alors vers Nagasaki où la couverture nuageuse se déchire, le temps pour le B29 de larguer " Fat Man ", à 11h 02. Cette bombe est une bombe au plutonium, différente de celle d'Hiroshima (Uranium 235), mais semblable à celle de l'essai Trinity, réalisé à Alamogordo, le 16 juillet 1945 (20 000 tonnes de TNT). 

Le scénario d'Hiroshima se reproduit, à peine moins meurtrier. En effet, la topographie de Nagasaki en fait un site plus ouvert alors que les collines ceignant Hiroshima avaient amplifié les effets dévastateurs de l'explosion. Une seconde grande ville du Japon vient d'être rasée en quelques secondes.

 

 

Les conséquences du bombardement 

 

La ville abritait, en 1945, 250 000 habitants, le nombre de tués sur le coup est estimé à 35 000 et le nombre des décès directs et indirects se situe entre 75 000 et 130 000.

Le bombardement de Nagasaki est différent de celui d’Hiroshima par plusieurs aspects :

- L’arme utilisée étant plus puissante, les dommages proches de l’hypocentre ont été plus profonds.

- L’habitat y étant plus diffus, la violence des incendies fût plus limitée : ils mirent deux heures pour prendre des proportions importantes et quelques heures pour se généraliser.

- L’arme étant un modèle au plutonium, la répartition des rayonnements gamma et neutroniques fut différente, ce qui a modifié la fréquence et la nature des leucémies observées.

Etant donné l’extrême toxicité radioactive du Plutonium, il serait logique d’avancer que l’ensemble des effets radioactifs a du être plus important qu’à Hiroshima, mais nous ne possédons pas de documents à ce sujet …

 

 

LA SPECIFICITE DE LA BOMBE A, UNE HORREUR DANS L’HORREUR 

 

Je ne sais pas comment sera la 3ème guerre mondiale, mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde pour voir la 4ème" A. Einstein

 

Les plus brillants savants occidentaux collaborèrent à " l’invention de la bombe A " sans pour autant que leur sens moral ne les en détourne. Précisons tout de même ceci : le propre de la technoscience est de produire des " objets " dont la puissance dépasse l’entendement, la sensibilité et l’imagination humaine y compris de leurs auteurs (Cf. leurs réactions devant la 1ère explosion) ; précisons que l’entreprise Manhattan demandait justement que ces savants mobilisent de manière exclusive pour ce projet toute leur intelligence, leur énergie, et même tout leur être ; précisons aussi que pour cette réalisation, des lieux de résidence spécifiques avaient été construits (des villes secrètes identiques en URSS et aux Etats-Unis, sorte de campus de luxe où séjournaient également tous les personnels en charge des infrastructures et les familles des uns et des autres), les isolant ainsi de manière étanche du vulgum pecus, du sens commun ou de la " common decency " comme l’écrivait George Orwell ; précisons également que ce " Manhattan project " était vécu comme la " conquête de la dernière frontière scientifique " figure emblématique de l’aventure moderne avant que la " conquête spatiale " prenne le relais ; précisons enfin que les services spécialement dédiés à leur encadrement de tous les instants (y compris socio-affectif), rendaient difficile tout retour en arrière. L’exemple à la fois unique et admirable du physicien Joseph Rotblat, qui dût déployer des trésors de ruse pour s’enfuir de Los Alamos, montre que cela était difficile, mais pas impossible.

 

Tous les historiens sérieux sont maintenant d’accord là-dessus, l’argument des cinq cent mille vies nord-américaines [7] soi-disant épargnées par le largage de bombes Atomiques sur Hiroshima et Nagasaki fût inventé de toutes pièces par le gouvernement des Etats-Unis en direction de l’opinion publique nord américaine et internationale, illustration supplémentaire du fait que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs.

Pour le dire très vite, le Japon n’a pas tant capitulé suite à Hiroshima-Nagasaki que suite à la déclaration de guerre de Staline en date du 8 août. Les japonais redoutaient plus que tout l’occupation et les appétits territoriaux soviétiques lesquels étaient en train de retourner leur immense armée vers ce front. Par ailleurs, les Etats-Unis avaient compris que cette arme terrible devait être utilisée pour prouver aux yeux du monde leur supériorité militaire et scientifique.

Les historiens ont qualifié le 6 août 1945 comme premier acte de la guerre froide, ce qui est exact, mais largement insuffisant : il s’est agi du premier acte d’une guerre déclarée à l’ensemble du vivant et de la planète.

Si l’on accepte cette réalité historique maintenant démontrée, réalité qui est la clé de l’analyse (tout comme l’acceptation de l’existence des camps de la mort est une des clés de l’analyse du nazisme) alors, plus rien ne peut voiler le regard sur cet évènement. Des conclusions incontournables en découlent.

 

heat%20picSon premier caractère est qu’il constitue un crime contre l’humanité [8]. Mais il a été perpétré contre un peuple dont l’armée et ses dirigeants politiques se sont eux-mêmes rendus coupables de crimes du même type sur le continent et ont ensuite été défaits. Ce qui explique en partie que cette " leçon " de l’histoire ne pût être tirée par l’humanité, aucune " institution " située du côté des vaincus n’étant en mesure d’en supporter la mémoire, dans tous les sens du terme.

Horreur dans l’horreur. Les " hibakusha ", témoins vivants de la défaite et assimilés aux pestiférés par peur d’une contagion fantasmée, furent l’objet de la honte publique, décourageant ainsi la plupart des rescapés de participer à un quelconque travail de mémoire, témoignage dont on a vu avec, entre autres, Primo Lévi, Robert Antelme, David Rousset, Marcel Ophüls, l’importance capitale dans l’Europe intellectuelle de l’après-guerre et encore maintenant. Alors que les oreilles étaient encore bien bouchées à la cire, que les bouches étaient closes par des lèvres pincées, que les mémoires étaient recousues au fil de la honte, que les inconscients étaient forclos par de vieux barbelés rouillés, ces artistes hors du commun nous ont permis de penser l’histoire européenne d’après 1945.

Horreur dans l’horreur. Les responsables japonais procédèrent à une " reconstruction " rapide de la ville qui eût pour but avoué d’effacer méticuleusement toutes les traces de ce crime effroyable. Comme si à la place d’Auschwitz s’élevait maintenant un mémorial design affublé d’une sorte de parc d’attraction pour la paix. Plus de traces, telle est le credo commun à tous les criminels et négationnistes. (Cf. ce qu’en dit précisément Günter Anders).

Horreur dans l’horreur. Peu connu aussi, est le fait que les Nord-américains ont activement contribué à ce processus, soit par leur " aide à la reconstruction " ; soit en menant sur place et avec l’aide des autorités japonaises, des études militaires sur toutes les conséquences de ce bombardement, y compris quant aux suites médicales des radiations nucléaires pour les générations à venir. Mais " la raison d’Etat " primant sur les souffrances de milliers d’innocents, celles-ci furent versées dans des archives secrètes nord-américaines, accessibles seulement depuis peu. Ceci n’était d’ailleurs que la suite des essais effectués, à leur insu, sur des patients dans une aile de l’hôpital de Rochester : on inoculait du plutonium à ces " Human products " (ce fût leur nom de code) à l’aide de seringues spécialement conçues [9].

 

Horreur dans l’horreur. Contrairement à ce qui s’est produit pour la Shoah [10], vainqueurs et vaincus se sont associés pour aveugler l’humanité, avec succès jusqu’à ce jour, sur la nature des crimes commis à Hiroshima et Nagasaki. Le travail de mémoire fût ainsi forclos à plusieurs titres, de la même façon que l’on tente d’enfermer un déchet radioactif : on sait pertinemment qu’on en repasse la dangerosité aux générations suivantes.

Horreur dans l’horreur. Le largage des bombes atomiques fût non seulement un crime contre l’humanité, mais fait nouveau, un crime contre la Nature, ce que l’on appellerait aujourd’hui un Ecocide. Le refoulement de cette catastrophe systémique pour l’écosphère ne sera pas non plus sans conséquences pour l’avenir de l’humanité et la manière d’en écrire l’histoire. Les peuples qui refusent leur histoire la traînent comme un boulet.

Horreur dans l’horreur. Alors que cette " invention " était porteuse de la mort généralisée du vivant sur la planète, les gouvernements et la plupart des médias occidentaux ont tout fait pour la recouvrir d’un épais manteau d’admiration et de dévotion devant le génie et la puissance des chercheurs, se prosternant devant la science, la technique, l’industrie, les militaires et la nation nord-américaine. Un nouveau dieu est apparu ─ à la puissance inquiétante certes, comme tous les dieux – et à la gloire duquel de nouveaux hymnes devaient être forgés sur le champ. Entre les deux blocs idéologiques de cette époque, Joseph Rotblat, Albert Einstein, Bertrand Russel, ultra minoritaires, furent parmi ceux qui tentèrent de faire entendre la vérité.

On a beaucoup insisté, et à juste titre, sur le travail de mémoire [11] nécessaire pour maintenir vivant le souvenir de ceux qui sont morts dans les camps nazis. Mais le travail concernant Hiroshima et Nagasaki [12] rencontre de puissants obstacles : ceux qui ont été érigés par les ex-belligérants eux-mêmes en s’excluant, dès leur création, des poursuites possibles de toute juridiction internationale ; ceux mis en place par les autres puissances atomiques, qui voudraient effacer toute trace non seulement des victimes, mais du danger que cette technoscience fait courir à de tout le vivant sur notre planète.

 

hiroshima-lanterns-resizedAujourd’hui est venu le temps de dire que les bombardements d’Hiroshima, de Nagasaki et les soixante-cinq millions de victimes [13] de l’industrie nucléaire doivent faire l’objet d’un travail de mémoire au moins aussi important pour l’avenir de notre humanité.

 

 

 

 

 

Sources :

http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/dossier/061664/la-verite-inavouable. html

et http://www.dissident-media.org/infonucleaire/raisons.html

 

A voir :

- Le documentaire d’une heure en vidéo sur le bombardement atomique " Rain of ruin " qui bien qu'entièrement aligné sur les thèses officielles américaines (millier de vies américaines sauvées, refus du Japon de se rendre etc.) est très instructif sur la préparation et les infrastructures mises en place pour arriver aux bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki.

- Le DVD " La bombe " de Peter Watkins, tourné en 1965.

- « La face cachée d’Hiroshima » De Kenichi Watanabe, 1h46. Diffusé le 12 octobre 2011 par France 3 dans l'émission « l'histoire immédiate ». http://www.point-zero-canopus.org/archives/videos/nucleaire-militaire/hiroshima-nagasaki-ww2/662-la-face-cachee-d-hirhoshima. Le meilleur film existant sur la genèse du nucléaire !

 



[1] Voir à ce sujet « La face cachée d’Hiroshima » De Kenichi Watanabe, 1h46. Diffusé le 12 octobre 2011 par France 3 dans l'émission « L'histoire immédiate ». http://www.point-zero-canopus.org/archives/videos/nucleaire-militaire/hiroshima-nagasaki-ww2/662-la-face-cachee-d-hirhoshima

Le meilleur film existant sur la genèse du nucléaire !

[2] Il faut avoir en tête que seule l’approche scientifique pouvait découvrir, puis utiliser la constitution de la matière comme forme « d’énergie » : aucune technique humaine n’aurait été en mesure de le faire.

[4] Pap NDIAYE, Du nylon et des bombes : Du Pont de Nemours, le marché et l'État américain, 1900-1970, Belin, " Histoire et société/Cultures américaines ", 2001

[5] Addendum personnel à la fable de Günter Anders : Si la bombe avait été prête en janvier 45 selon le programme initial, aurait-elle été lancée sur Berlin ou sur Dresde ? Quelles justifications aurait-on invoqué alors ?

[7] « Hiroshima/Nagasaki : une vérité inavouable », Le Nouvel Observateur, semaine du 28/07/2005. En confrontant les archives japonaises, américaines et russes, l’historien américain Tsuyoshi Hasegawa démontre que " rien ne justifiait le recours à l’arme nucléaire en août 1945 ". Tsuyoshi Hasegawa, directeur du Centre d’Etude de la Guerre froide à l’université de Santa Barbara en Californie, a publié " Racing the Enemy " (Harvard University Press).

[8] Il faut faire l’effort d’aller voir la définition établie pour Nuremberg et son évolution dans le droit international.

[10] L’usage de ce terme est " une facilité de langage " qui ne doit pas faire oublier que les opposants politiques, les " malades mentaux ", les tziganes et tous ceux qui furent catalogués comme " déviants ", furent tout autant victimes du nazisme que les juifs.

[11] Les médias et les " piètres penseurs " ont essayé d’en faire un devoir de mémoire pour en désamorcer les leçons, le muséifier puis le transformer en " marronnier " de magazine.

[12] Quelques exemples : pourquoi ne parle-t-on jamais de la spécificité du bombardement au plutonium de Nagasaki et de ses effets, alors que l’on sait très bien que ce radioélément est autrement plus dangereux que l’uranium ? Par ailleurs, la contamination de la faune, de la flore, des eaux de surface et souterraines, de la mer avoisinante n’auraient-elles pas existé ? Qui connaît Wilfred Burchett, journaliste australien indépendant qui fût forcé par les militaires états-uniens de renier publiquement ses premiers articles décrivant les horreurs d’Hiroshima ? Et le rôle des trois commissions militaires qui débarquèrent en septembre 1945 à Hiroshima et Nagasaki ?

[13] Cf. le rapport du CERR (ou CERI en anglais). http://www.euradcom.org/

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 23:48

dosimetre.jpg« Des mesures doivent être prises en priorité pour la santé publique. Malheureusement, nous voyons peu de signes en ce sens. » 

Décidément, cette commission indépendante est très critique mais aussi très réaliste. Non seulement elle dénonce des ordres d’évacuation chaotiques et un manque criant de préparation au désastre nucléaire, mais elle met aussi en évidence l’absence de formation du public sur les effets de la radioactivité sur la santé. « Ce que le gouvernement doit faire, c'est offrir une information détaillée aux habitants et leur fournir des éléments pour une prise de décision informée. »

 

Oui, 16 mois après la catastrophe, il est grand temps que la population sache ce qu’elle risque en vivant dans des territoires contaminés. Sans doute en réaction à ce rapport, une mesure a été prise pour la prochaine rentrée : les enseignants et les écoliers recevront une formation sur la radioactivité. Est-ce que ce sera suffisant ? Probablement pas, car la matière est très complexe et il faudra de nombreuses années avant que la population n’acquière une culture de l’atome. En France, pays aux 58 réacteurs nucléaires, la situation est identique : la radioactivité est un sujet tabou qui n’est au programme ni de l’école, ni du collège. La société française fait exactement comme la société japonaise avant Fukushima, elle est dans le déni du danger nucléaire et dans un état incroyable d’impréparation au désastre.

 

Mais revenons au Japon avec la traduction de la quatrième partie du résumé des conclusions de la commission d’enquête, correspondant aux pages 37 à 41 du rapport de 88 pages édité en anglais.

 

 

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Synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima

 

(traduction : Guy Fargette)

 

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4. L'étendue des dommages

 

La commission a abouti à un certain nombre de constatations concernant l'étendue des dommages provoqués par l'accident sur la centrale nucléaire. Nous avons étudié la manière dont les décisions ont été prises, et comment les stratégies et les mesures palliatives ont été communiquées au public. Nous avons également enquêté sur ces éléments du point de vue des habitants affectés par les conséquences de l'accident.

 

 

Dommages infligés par l'accident de centrale

 

Les effets de l'accident continuent bien sûr à se faire sentir et continueront d'affecter le pays. L'accident a provoqué l'émission de 900 PBq (1015 Bq) de substances radioactives, 1/6 du total des rejets de l'accident de Tchernobyl si on les convertit en niveau d'iode. Il y a maintenant de vastes étendues du pays — 1800 km² — dans la préfecture de Fukushima dont les niveaux de contamination atteignent une dose cumulée potentielle de 5 mSv/an ou davantage.

            Les habitants sont particulièrement préoccupés par leur niveau d'exposition. Cependant, les conséquences sanitaires ne sont pas encore connues du fait des différentes conditions qui s'appliquent à chaque individu. Une estimation de l'exposition externe cumulée sur les 4 premiers mois suivant l'accident pour 14 000 habitants environ (à l'exclusion des travailleurs de la centrale) dans trois villes et villages où les doses de radiation ont été relativement élevées, montre que 0,7 % d'entre eux ont été exposés à 10 mSv ou plus, et 42,3 % ont été  exposés à moins de 10 mSv, dont 57 % ont été exposés à moins de 1 mSv. Bien que ces valeurs soient généralement basses, il est clair que des habitants souffrent de stress provoqué par la peur de l'inconnu.

 

 

Des ordres d'évacuation chaotiques

 

L'enquête de la commission a révélé que de nombreux habitants n'ont pas été informés qu'un accident s'était produit ou qu'il s'aggravait rapidement et que des fuites radioactives avaient lieu, et cela, même après que le gouvernement et certaines municipalités en aient été informés.

            Lorsque les conséquences de l'accident ont commencé à s'aggraver, les destinations d'évacuation et d'autres aspects de l'évacuation ont été souvent modifiés. Mais, même durant la période d'aggravation, la plupart des habitants proches sont restés dans l'ignorance de la catastrophe ou de sa gravité, sans parler du risque accru.

            Un total de 146 520 habitants ont été évacués à la suite des ordres d'évacuation du gouvernement. Pourtant, de nombreux habitants proches ont été évacués sans informations précises. Dans l'ignorance de la gravité de l'accident, ils pensaient ne partir que pour quelques jours et n'ont emporté que le strict nécessaire. Les ordres d'évacuation ont été régulièrement révisés tandis que les zones d'évacuation passaient du rayon initial de 3 km à 10 km, puis 20 km, tout cela en une seule journée. A chaque fois que la zone d'évacuation était étendue, les habitants devaient se déplacer. Certains évacués n'ont pas été informés qu'ils avaient été envoyés sur des sites de forte radioactivité. Les hôpitaux et les crèches dans la zone des 20 km se sont débattus pour assurer des moyens de transport et trouver des hébergements ; 60 patients sont morts en mars de complications liées à l'évacuation. L'exaspération a monté parmi les habitants.

            Le 15 mars, les habitants de la zone entre les 20 et 30 km ont reçu l'ordre de se calfeutrer. Comme cette mesure a duré plusieurs semaines, ces habitants ont été victimes d'un grand manque d'information et de moyens. L'ordre de calfeutrage a été en conséquence revu en évacuation volontaire. Mais là aussi, l'information sur cette modification a été tristement déficiente et les habitants se sont retrouvés à devoir évacuer sans posséder les informations indispensables. La Commission conclut que le gouvernement a de fait abdiqué sa responsabilité envers la sécurité publique.

            Le fait que certaines parties de la zone des 30 km subissaient de forts niveaux de radiation a été connu avec la publication du Système pour la Prédiction de l'Information environnementale sur la dose d'urgence (SPEEDI), le 23 mars. Mais ni le gouvernement ni le Centre de Réponse d'Urgence nucléaire n'ont pris de décision rapide pour l'évacuation des résidents de ces zones qui n'ont été évacuées qu'un mois plus tard.

 

 

Le manque de préparation au désastre nucléaire

 

Les autorités de régulation s'étaient aperçues de divers problèmes concernant la préparation à une catastrophe nucléaire avant l'accident, mais elles n'avaient pas redéfini les mesures de prévention. En conséquence, les retards dans la mise en œuvre ont contribué à une réponse inappropriée, comme on a pu le constater durant l'accident.

            La Commission de Sûreté nucléaire (NSC) a commencé à revoir les directives de prévention de catastrophe en 2006, pour s'aligner sur les nouveaux standards internationaux. Néanmoins, la NSC redoutait que les habitants s'inquiètent de la nécessité de mesures de protection supplémentaires après avoir été régulièrement assurés du caractère inoffensif de l'énergie nucléaire, et que ces inquiétudes alimentent les arguments opposés au projet plutonium-thermal (utilisation du Mox), alors en cours. La NSC n'a pas su expliquer comment l'initiative de défense civile pourrait être bénéfique pour les habitants, et a échoué à mettre en œuvre les standards internationaux de façon consistante. Bien que la révision des directives se soit poursuivie après 2007, l'accident s'est produit alors que cette révision était toujours en cours.

            Après le tremblement de terre de Niigata en 2007, il était évident que l'hypothèse d'une catastrophe multiple devait être prise en compte dans les mesures de prévention d'un accident nucléaire. Pourtant, la NISA a maintenu des contre-mesures basées sur l'hypothèse d'une faible probabilité de catastrophe multiple. La NISA n'a finalement fourni que des conseils passifs à propos des simulations de catastrophe fondées  sur une telle éventualité.

            Pendant ce temps, le gouvernement n'a pas non plus intégré l'hypothèse d'un accident grave ou d'une catastrophe multiple dans aucun de ses exercices de catastrophe nucléaire. Lorsque le cadre des exercices a été étendu, ceux-ci ont perdu de leur substance, et ont été réalisés dans un but cosmétique, plutôt que d'amélioration de la préparation. Les exercices non pertinents étaient dépourvus d'instruction sur la nécessité d'utiliser des outils tels que l'obtention d'informations sur les radiations depuis le système SPEEDI. Quoiqu'il ait été appliqué dans les exercices annuels, les participants ont trouvé les exercices inutiles au moment de l'accident.

            Le Système de Soutien à la Réponse d'Urgence (ERSS) et le système SPEEDI doivent servir à protéger la sécurité publique. Les directives sur la surveillance de l'environnement reposent sur l'hypothèse que l'ERSS prédit et anticipe les émissions de matières radioactives et les données de rejet, et que le SPEEDI prédit et anticipe la diffusion de matières radioactives à partir l'ERSS. Les mesures de sûreté publique, y compris celles qui concernent l'évacuation, devraient reposer sur l'utilisation de ces systèmes.

            Si les données d'émission ne peuvent être récupérées depuis l'ERSS, le système SPEEDI ne fournit que des données trop peu fiables pour délimiter les zones d'évacuation. Certaines des personnes impliquées étaient conscientes des limitations du système, mais aucune révision n'a été réalisée avant la catastrophe. Il n'y avait pas d'autre réseau de données qui aurait pu suppléer ou remplacer les systèmes de prévision.

            Ce dispositif a échoué. Les données d'émission n'ont pu être récupérées de l'ERSS, et le gouvernement a été incapable d’utiliser les résultats de SPEEDI dans la planification des mesures de protection, et dans la définition des zones d'évacuation. Quelques semaines plus tard, la NSC a publié une estimation du panache de radioactivité au moment de l'accident. Bien que l'estimation de la NSC ait été réalisée par une analyse a posteriori fondée sur une surveillance des données de long terme, le public a cru par erreur qu'elle avait été réalisée au moment de l'accident, que le gouvernement l'avait ignorée ou ne l'avait pas publiée. Cela a accru la méfiance du public.

            En même temps, les systèmes médicaux d'urgence sur les radiations avaient été établis  provisoirement, après les problèmes survenus au moment de l'accident JCO de 1999. Personne n'avait pris en compte la nécessité d'une préparation à une exposition à la radioactivité d'une grande zone géographique, comme cela s'est produit à Fukushima. A cause de cela, la plupart des dispositifs n'ont pu servir car ils étaient trop proches de la centrale, mais aussi du fait de leur capacité et des effectifs de personnels médicaux entraînés. Ces institutions médicales avec une capacité de traitement d'urgence nucléaire n'ont pas fonctionné comme prévu.

 

 

Conséquences actuelles et futures des radiations sur la santé

 

L'une des préoccupations majeures parmi les habitants est l'effet des radiations sur leur santé. Néanmoins, le gouvernement et la Préfecture de Fukushima doivent encore apporter une réponse adaptée aux inquiétudes pressantes des habitants en ce qui concerne la dose de radiation dans leur environnement, son effet sur leur santé et d'autres questions liées aux radiations. Ce que le gouvernement doit faire, c'est offrir une information détaillée aux habitants et leur fournir des éléments pour une prise de décision informée.

            Il n'y a pas de consensus parmi les experts sur les effets sanitaires de l'exposition à de faibles doses de radiation, mais nous sommes d'avis que les limites devraient être fixées aussi bas que l'on peut raisonnablement le faire. Le gouvernement doit faire des efforts pour expliquer la nécessité de limites, et justifier les niveaux choisis, de manière claire et compréhensible pour les citoyens ordinaires. Le gouvernement n'a pas encore sérieusement entrepris de programmes pour aider les gens à comprendre suffisamment bien la situation, pour qu’ils prennent leur propre décision en connaissance de cause. Le gouvernement n'a, par exemple, pas clairement expliqué les variations de risque d'exposition aux radiations selon les diverses populations, telles que les enfants et les jeunes, les femmes enceintes, ou d'autres catégories plus vulnérables aux effets des radiations.

            On a beaucoup appris avec l'accident de Tchernobyl sur l'exposition aux faibles doses, y compris le risque de cancers de la thyroïde parmi les enfants. Or, bien que les effets positifs de l'administration de comprimés d'iode et le bon moment de leur prise aient été pleinement connus, le Centre de Réponse à l'Urgence nucléaire du gouvernement et l'Exécutif de la Préfecture n'ont pas su fournir les instructions correctes pour le public.

            Un contrôle approprié de l'exposition interne du public est important pour la gestion de la santé sur le moyen et long terme. Bien que les normes aient été fixées en détail, il est plus important que le gouvernement communique par des moyens clairement utiles au public : identifier ce qui est mangeable, ce qu'est le niveau tolérable d'absorption, quels produits demeurent sains, et si les tests sont fiables. Le gouvernement devrait répondre efficacement aux inquiétudes publiques par des inspections minutieuses et une communication transparente. Ni le gouvernement, ni la Préfecture n'avaient préparé de plans pour recueillir des informations sur l'exposition interne au césium radioactif.

            TEPCO n'avait pas préparé les mesures de sûreté pour les travailleurs en cas d'accident grave, et l'information sur les doses dans l'environnement ne leur a pas été fournie immédiatement après l'accident. Il est important que l'exposition des employés de la centrale soit contrôlée avec exactitude, assurer la sûreté des travailleurs durant la réponse à l'accident est crucial.

            De plus, l'exposition aux radiations n'est pas le seul enjeu sanitaire. Les gens de Fukushima souffrent de problèmes de santé mentale, c'est devenu un problème social sérieux parmi les victimes de Tchernobyl. La Commission considère la santé mentale et physique des habitants comme une priorité majeure, et conclut à la nécessité d'une action urgente. Les études sur les conditions de santé des habitants de Fukushima sont nécessaires, mais un système de contrôle adéquat avec des équipements de contrôle représente un besoin urgent. Des mesures doivent être prises en priorité pour la santé publique. Malheureusement, nous voyons peu de signes en ce sens.

 

contamination-Cesium_fr.jpg

Carte montrant l'accumulation de césium-137 d'après les données recueillies par le MEXT le 2 juillet 2011

 

 

Les problèmes à long terme d'environnement et de décontamination

 

Une fois que les matières radioactives sont relâchées, elles continuent à affecter l'environnement et il faut  s'en occuper de manière efficace. De tous les problèmes résultant de l'accident, la Commission considère que le problème de la pollution environnementale est le moins traité. Comme le montrent les observations sur l'accident de Tchernobyl, les retombées radioactives répandues sur une vaste zone demeurent dans les zones de forêt et de montagne pendant de nombreuses années, et leur niveau ne diminue pas naturellement avant de longues décennies. Les feux de forêt, les inondations et d'autres facteurs peuvent étendre encore la contamination.

            L'eau de pluie lessive les substances radioactives et provoque des zones de concentration élevées ("hotspots", "points chauds") dans des lieux tels que les lacs. Des dépôts hautement contaminés tendent également à se former au fond de la mer. Le gouvernement devrait s'occuper rapidement de ces problèmes, avec une perspective à long terme pour corriger la situation.

            Le gouvernement dépense des montants considérables d'argent et d'énergie dans des programmes de décontamination, mais des problèmes fondamentaux sont apparus dans la mise en œuvre. De nombreuses régions se sont révélées incapables de sécuriser des sites de stockage temporaires pour les débris contaminés, et ce problème a été exacerbé par l'action unilatérale du gouvernement qui a voulu faire avancer la décontamination sans avoir au préalable obtenu l'assentiment des habitants. Il a été prouvé que plus la communication est bonne entre les exécutifs municipaux et la population, plus la communauté réussit à sécuriser les stockages de débris temporaires.

            La commission reconnaît que les habitants ont également des projets de décontamination différents selon la région, et il faut prendre en considération leurs demandes. Certains veulent demeurer dans leur région d'origine et soutiennent activement la décontamination ; d'autres veulent partir et demandent des compensations pour être aidés dans leur déménagement. De nombreux habitants ont le choix et, dans ce cas, le gouvernement doit les aider à prendre des décisions informées.

            Il est temps de commencer à étudier la rentabilité de la décontamination et de son effet sur l'environnement, ainsi que les méthodes utilisées dans le processus de décontamination. Sans une analyse en profondeur, les inquiétudes majeures des habitants resteront sans réponse : peuvent-ils retourner chez eux ? Si oui, quand ? S'ils retournent, pourront-ils subvenir eux-mêmes à leurs besoins ?

            La décontamination ne devrait pas être traitée comme une décision unilatérale, mais doit être classée selon son efficacité. Il faut garder en mémoire que la clé des questions posées par les habitants n'est pas la décontamination, mais le fait de savoir s'ils pourront reprendre leur vie antérieure. Le gouvernement doit continuer le processus de décontamination tout en révisant les plans pour intégrer l'expérience acquise.

 

 

 

__________________

 

Photo d’entête : Le Nouvel Observateur - Les enfants de la ville de Kawamata, dans la préfecture de Fukushima au Japon, tiennent des dosimètres (21 juin 2011)

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 00:02

meeting4Cette page fait suite à l’article "Rapport de la commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima : la vérité dévoilée". Après notre appel pour traduire l’intégralité du rapport japonais en français, des volontaires ont pris le relai de Jean-Marc Royer. Merci à eux !

Voici la traduction de la troisième partie du résumé des conclusions, correspondant aux pages 32 à 36 du rapport de 88 pages édité en anglais. Où l’on apprend, entre autres, avec stupeur qu’au Japon, pays des séismes et des typhons, « l'éventualité d'un désastre nucléaire causé par des catastrophes naturelles n'avait pas été envisagée » et avec écœurement que « M. Edano, directeur du cabinet, a affirmé de façon répétée qu'il n'y avait pas d'effet sanitaire immédiat des fuites de radioactivité, inspirant au public un faux sentiment de sécurité ». Oui M. Edano, effectivement, il faudra attendre quelques années pour voir clairement les effets sanitaires… 

 

 

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Synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima

 

 

 

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3. La réponse d'urgence à l'accident

 

 

 

(traduction : Guy Fargette)

 

 

La Commission a enquêté sur la manière dont TEPCO, les agences de régulation, le gouvernement et le Kantei (Cabinet du Premier Ministre) ont répondu à l'accident —  y compris les premiers stades de la réponse, le développement de l'accident, le système de réponse d'urgence et le système de gestion de crise.

 

 

La réponse de TEPCO à l'accident.

 

            Au moment de l'accident, ni le Directeur exécutif ni le Président de TEPCO n'étaient présents ni joignables, situation inconcevable pour un opérateur de centrales nucléaires. Les deux hommes avaient également une compréhension différente de la structure de la Réponse d'Urgence, un fait qui a très probablement contribué au retard dans la réponse de TEPCO à l'accident.

 

Former TEPCO president

 

L’ancien président de Tepco,

Masataka Shimizu,

à la 18ème réunion de la Commission

 

 

 

            Le manuel de TEPCO pour la réponse à un accident grave était complètement inefficace, et les mesures qu'il recommandait ne convenaient pas. Ce manuel présupposait que les mesures des paramètres de fonctionnement du réacteur seraient lisibles, mais il n'avait pas envisagé un blackout prolongé de l'installation comme ce qui s'est produit à Fukushima et qui a empêché tout suivi de ces paramètres.

            La chaîne de commandement a été perturbée durant la période d'urgence. Dans une situation d'accident, la direction de la centrale était supposée communiquer avec la NISA (Agence de Sûreté industrielle et nucléaire) à partir du site déporté ERC (Centre de Réponse d'Urgence), mais cela n'a pas été possible par suite du dysfonctionnement de ce site déporté, qui se trouvait dépourvu de courant électrique à la suite des dégâts du tremblement de terre. La situation effective du dégazage dans l'unité 1 n'a pas été communiquée à la NISA, ni au bureau du Premier Ministre, ce qui a favorisé une atmosphère de méfiance entre la direction TEPCO du site, les agences de régulation et le Cabinet du Premier ministre. La décision du Premier ministre qui en a résulté, d'aller sur le site et de donner des instructions, n'a pas seulement pris du temps aux opérateurs du site, mais a perturbé la chaîne de commandement prévue entre la compagnie nucléaire, les agences de régulation et le Cabinet du Premier ministre. Si la direction de TEPCO avait communiqué activement la situation du site dès le début, et expliqué la gravité de la situation aux autres parties, il est possible que la méfiance — et la confusion qui a suivi dans la chaîne de commandement — auraient pu être évitées.

            La direction de TEPCO n'a pas non plus produit de support technique suffisant. Alors que la situation de l'Unité 2 continuait de se détériorer, Masao Yoshida, le directeur général de la centrale de Fukushima, a demandé un avis technique au PDG et VP Sakae Muto, mais celui-ci en transit depuis le site déporté n'a pu répondre. La direction de TEPCO n'a pas non plus réussi à protéger Yoshida des questions directes du Kantei, et a approuvé les instructions du Directeur Madarame de la NSC, bien que celui-ci ait été hostile aux décisions prises sur le site, la première ligne de la réponse à l'accident.

            Enfin, l'état d'esprit de l'encadrement de TEPCO d'"obéissance à l'autorité" a entravé leur capacité de réaction. La confusion produite par le commentaire à propos de "l'évacuation", par le Président Shimizu, et l'intervention du Kantei résulte de cet état d'esprit. Au lieu de prendre des décisions déterminées et de les communiquer clairement au gouvernement, TEPCO a suggéré ce qu'elle croyait que le gouvernement souhaitait entendre et n'a pas réussi à s'en tenir à la réalité. Il est difficile de conclure que ce serait le Premier ministre qui aurait découragé l'idée d'une évacuation complète, comme il a été rapporté ailleurs, pour diverses raisons :

1/ la direction du site n'a jamais envisagé un retrait complet de ses employés ;

2/ il n'y a pas de trace qu'une décision en faveur d'un retrait complet ait été prise à la direction de TEPCO,

3/ le projet d'évacuation, préparé avant la visite de Shimizu au Kantei, prévoyait de maintenir des membres de la Réponse d'Urgence à la centrale ;

4/ le Directeur-général de la NISA, que M. Shimizu a contacté, a assuré qu'il n'avait pas été consulté pour une évacuation totale ;

5/ l'équipe du site déporté, jointe par un système de vidéo-conférence, a certifié qu'il n'y avait pas de discussion sur l'hypothèse d'une évacuation complète.

Il est clair qu'il y a eu une incompréhension de la part du Kantei, mais la raison fondamentale tient à l'état d'esprit des dirigeants de TEPCO, fait de déférence et de dépendance vis-à-vis de l'autorité gouvernementale, et à l'abdication de leurs propres responsabilités, malgré la nature privée de l'entité.

 

 

Les organisations de réponse d'urgence du gouvernement

 

Au moment de l'accident, le système de réponse gouvernemental à un accident n'était pas en état de fonctionner comme prévu. Les systèmes qu'il avait été prévu d'utiliser en cas de catastrophe — tels que les infrastructures de communication et de transport — ont été mises hors d'état par les conséquences du tsunami et du tremblement de terre. L'échec du Système gouvernemental de Réponse à l'Accident dans les premiers temps a été l'un des facteurs qui ont poussé le Kantei à augmenter son implication dans la réponse à l'accident.

Le système de réponse à l'accident gouvernemental était constitué principalement :

*du Centre de Réponse à l'Urgence nucléaire du Premier ministre,

*du Secrétariat du Centre de la Réponse à l'Urgence nucléaire de la NISA

*et de l'équipe régionale de la Réponse à l'Urgence nucléaire.

Dans l'ensemble, aucune de ces organisations n'a fonctionné comme prévu.

 

Naoto Kan

 

 

 

L’ancien premier ministre,

 

Naoto Kan,

 

à la 16ème réunion de la Commission

 

 

 

            Le Centre de la Réponse à l'Urgence nucléaire du Premier ministre, et son Secrétariat étaient censés diriger la coordination globale des mesures de Réponse d'Urgence, telles que les mesures destinées à protéger les habitants à proximité, mais ils ont été incapables de mener cette tâche à bien.

            Bien que l'intervention du Kantei ait contribué à aggraver la catastrophe, l'échec du Secrétariat du Centre pour l'Urgence nucléaire à collecter et à partager les informations sur l'évolution de l'accident et de la réponse (qui lui étaient apportée) a constitué un facteur significatif. De plus, l'équipe régionale de la Réponse à l'Urgence nucléaire n'a pas pris l'initiative dans la réponse locale à l'accident, comme une émission d'ordre d'évacuation. La cause en a été la coïncidence du tremblement de terre, du tsunami et de l'accident nucléaire, et l'absence d'une stratégie préétablie à un accident grave prolongé.

            Le Centre de Gestion de Crise, situé dans le bâtiment du Kantei, était déjà saturé par la gestion des conséquences du tremblement de terre et du tsunami, et se trouvait dans l'incapacité de répondre à l'accident nucléaire. La Commission de Sûreté nucléaire a rencontré de nombreux problèmes et s'est montrée incapable de fournir des conseils fondés sur l'expertise de sa propre organisation. Le Ministère de l'Education n'a pas non plus réussi à utiliser les systèmes qu'il avait préparés.

            En un moment où les événements se précipitent, il est absolument vital que chaque flux d'information soit partagé en temps réel. Bien qu'il y ait eu un système de téléconférence reliant le Kantei à chacune des organisations concernées, il n'y a pas d'attestation que le système ait été utilisé, tout particulièrement pour partager des informations entre le Kantei et ces organisations. TEPCO a transporté son propre système de téléconférence au site déporté et l'a utilisé pour mettre en relation le Siège avec la centrale de Fukushima. Si TEPCO avait connecté son système au réseau de téléconférence du gouvernement, il aurait été en mesure de partager l'information en temps réel dès les premiers stades, mais cela n'a pas eu lieu.

 

 

La réponse d'urgence du Kantei

 

Alors que la situation se détériorait et que les systèmes de réponse à l'accident prévus par le gouvernement ne parvenaient pas à fonctionner, le Kantei a pris le contrôle de la réponse d'urgence, avec le Premier ministre Naoto Kan au centre d'un groupe ad hoc d'hommes politiques, de conseillers et le responsable (chairman) de la NISA. Ce groupe étaient composé de gens qui n'étaient pas des experts et qui n'avaient pas de compréhension adéquate de la situation sur le site.

            Le Kantei a rencontré des problèmes dès le début. Après avoir s'être vu notifié par TEPCO que la situation correspondait aux conditions de l'Article 15 de l'Acte sur les Mesures Spéciales concernant la Préparation à l'Urgence nucléaire, il lui a fallu deux heures pour publier la Déclaration de Situation d'Urgence nucléaire, étape nécessaire pour lancer la Réponse d'Urgence. En fait, le Premier ministre Naoto Kan n'était pas pleinement conscient que la publication de la "Déclaration d'une Situation d'Urgence" était le premier pas indispensable pour l'intervention face à l'accident, et son entourage n'a pas réussi à le conseiller de façon adéquate.

            Le groupe du Kantei a compris que le Centre de Gestion de Crise, en charge de la réponse initiale, était saturé par le traitement des conséquences du tremblement de terre et du tsunami. Les membres dirigeants de la NISA et de la NSC avaient rejoint le groupe pour apporter leurs conseils. Ils n'ont pu, cependant, répondre de manière adéquate aux questions, ce qui a produit un sentiment de méfiance, qui a atteint son maximum au moment de l'explosion de l'Unité 1. A partir de là, le bureau du Premier ministre, au cinquième étage du Kantei, est devenu la première ligne des efforts de réponse à l'accident.

            Bien que TEPCO et les autorités de régulation soient tombées d'accord sur la manière d'agir sur le dégazage et sur l'injection d'eau de mer, le Kantei est resté dans l'ignorance de ce fait, et est intervenu, aggravant encore le désordre et la confusion. Au matin du 15 mars, pris d'un sentiment d'urgence face au manque d'information, le Premier ministre Naoto Kan a décidé d'aller lui-même visiter le site. En réponse à l'offre de TEPCO d'évacuer face à la situation de plus en plus critique dans l'unité 2, le Premier ministre Naoto Kan a convoqué le Président Shimizu à son bureau, et il a rejeté l'évacuation. Peu après, le gouvernement a décidé d'établir une structure conjointe entre le gouvernement et la direction de TEPCO, au Siège de TEPCO.

            Tout au long du déroulement de cet accident, le bureau du Premier ministre a également été central dans les décisions concernant les zones d'évacuation. Les plans d'urgence attribuaient  au centre de décision sur site la responsabilité d'élaborer des propositions d'évacuation, avec un transfert de compétence au Secrétariat du Centre de la Réponse à l'Urgence nucléaire, au cas où le Centre de décision sur site ne serait pas en mesure de le faire. Telle était précisément la situation, mais lorsque la réponse du Secrétariat  du Centre de la Réponse à l'Urgence nucléaire a été différée, le Kantei est intervenu et a ordonné les évacuations. Cela a provoqué les problèmes suivants :

1/ alors que les décisions étaient prises sur une base ad hoc, il y avait une coopération insuffisante entre les agences de gouvernement

2/ le détail des opérations d'évacuation était lacunaire

3/ le public manquait d'explications appropriées

Cela a conduit a aggraver le désordre et la confusion sur le terrain.

 

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Diagramme du protocole des communications d'urgence

 

 

Evaluation de la réponse d'urgence du gouvernement et du Kantei

 

Nous avons le plus grand respect pour les efforts du gouvernement et des autres parties concernées, au vu des conditions extrêmes où ils se sont trouvés — faire face à l'accident, au tremblement de terre, au tsunami, simultanément et dans des conditions de pression considérable. Ils ont eu très peu de temps pour définir une approche mesurée, et ils ont dû agir sur de longues périodes sans manger ni dormir.

            Mais il y a deux points qui doivent être précisés. D'abord, le groupe du Kantei ne saisissait pas le rôle effectif que le Kantei aurait dû assumer dans la crise. On a accordé beaucoup d'attention aux déficiences de communication entre le Kantei et TEPCO, notamment sur la question de savoir si l'évacuation de la centrale que TEPCO prévoyait devait concerner tous les employés ou une partie d'entre eux. Cependant, l'état des réacteurs était si grave que TEPCO se devait de demander une évacuation. Dans cette situation, le Kantei aurait dû confirmer la possibilité que tous les travailleurs soient évacués, afin de prévoir l'évacuation des habitants et prendre d'autres mesures pour protéger ceux-ci.

            Il est clair que le Kantei n'aurait pas dû intervenir sur des questions que TEPCO était en mesure de traiter, comme la condition du dégazage et l'injection d'eau de mer, et aurait dû confirmer le sens des commentaires du Président Shimizu à propos de l'évacuation. Son intervention amenant à établir un centre de décision gouvernement-TEPCO à TEPCO est également incompréhensible.

            Un second point concerne le fait que l'intervention directe du Kantei, dont la visite du Premier ministre Naoto Kan à la centrale Daiichi de Fukushima, a perturbé la chaîne de commandement et provoqué de la confusion dans une situation déjà terrible sur le site. A partir de cette visite, un nouveau canal de communication a été mis en place, entre le Kantei, Fukushima Daiichi et la direction de TEPCO. Ce nouveau canal allait à l'encontre du flux d'information officiel entre Fukushima-Daiichi vers le siège de TEPCO, puis vers la NISA et le Kantei (le Centre de la Réponse d'Urgence nucléaire du Premier ministre). La nouvelle orientation obligeait TEPCO à communiquer ses informations non seulement à la NISA mais aussi au Kantei, contribuant à perturber la réponse de TEPCO et causant du désordre dans la centrale.

            A tout moment, la priorité du gouvernement doit être son souci pour la santé et le bien-être publics. Mais parce que l'attention du Kantei était concentrée sur les problèmes en cours à la centrale — ce qui aurait dû être de la responsabilité de l'opérateur — le gouvernement a manqué à sa responsabilité envers le public. L'intervention permanente du Kantei dans la centrale a également mis en place les conditions permettant à TEPCO d'abdiquer de fait sa responsabilité envers la situation dans la centrale.

D'après le Manuel d'Urgence nucléaire, la NISA et les autres institutions bureaucratiques ont la responsabilité de recueillir et d'organiser l'information pour la mettre à disposition du Centre de la Réponse à l'Urgence nucléaire, afin qu'elle serve à la prise de décision. Cependant, avec le nouveau canal de communication mis en place entre le Kantei et TEPCO, la perception qu'avaient les institutions bureaucratiques de leur responsabilité a décru et leur approche est devenue passive. Le sectionnement vertical des divers ministères impliqués a également empêché un partage efficace d'information. Afin de garantir la sécurité publique, il est nécessaire que de telles agences réagissent non seulement de façon flexible en temps de crise, mais élèvent leur capacité de gestion de crise à travers un entraînement régulier.

 

 

La réponse à l'accident de la Préfecture de Fukushima

 

Le Système de Réponse d'Urgence de la Préfecture de Fukushima était également fondé sur l'hypothèse qu'une catastrophe nucléaire ne surviendrait pas en même temps qu'un tremblement de terre et un tsunami. Il a été totalement pris au dépourvu.

            La structure de réponse à une catastrophe de la Préfecture de Fukushima était exposée dans le Plan régional de Prévention de Catastrophe de la Préfecture de Fukushima, mais l'éventualité d'un désastre nucléaire causé par des catastrophes naturelles n'avait pas été envisagée. Etant donné l'effondrement des communications avec le gouvernement central dans le moment qui a suivi l'accident, l'Exécutif de la Préfecture et le gouvernement central ont ignoré les actions l'un de l'autre. Ressentant l'urgence de la situation, l'Exécutif de la Préfecture a ordonné unilatéralement que les habitants soient évacués dans un rayon de 2 km autour de la centrale, en se fondant sur des exercices antérieurs de prévention et d'urgence. Cela a été suivi 30 minutes plus tard par le gouvernement central qui a ordonné l'évacuation des habitants dans un rayon de 3 km.  Mais le tremblement de terre et le tsunami ayant gravement endommagé les réseaux de communication, il était difficile de transmettre la directive aux municipalités et au public.

            La Préfecture de Fukushima a également été incapable de gérer la surveillance d'urgence. Seul l'un des 24 postes de surveillance était encore en état de fonctionner ; les autres avaient été soit emportés par la mer, soit coupés du réseau. Les postes mobiles de surveillance sont restés inutilisables jusqu'au 15 mars, à cause des problèmes du réseau de téléphone mobile. Il y avait bien un véhicule équipé d'équipement de surveillance, mais il s'est trouvé hors d'usage, par manque de carburant.

 

 

La diffusion de l'information par le gouvernement central

 

La précision détaillée a constitué une priorité, aux dépens d'une diffusion rapide de l'information envers ceux qui en avaient besoin pour prendre des décisions en connaissance de cause. M. Edano, directeur du cabinet, a affirmé de façon répétée qu'il n'y avait pas d'effet sanitaire immédiat des fuites de radioactivité, inspirant au public un faux sentiment de sécurité. Dans ses déclarations, cependant,  la nécessité et l'urgence d'une évacuation n'a jamais été expliquée de façon adéquate du point de vue des habitants, et le gouvernement n'a jamais fourni de preuve pour appuyer ses déclarations. Cela a provoqué une angoisse importante dans le public. Enfin, le plus grave est que le gouvernement a choisi de diffuser des informations dans une perspective purement subjective, plutôt que de répondre aux besoins du public.

 

 

 

_______________________

 

Photo d’entête : Naoto Kan lors de la quatrième réunion du Centre de Réponse à l'Urgence nucléaire au Kantei  (source)

 

 

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 01:55

tepcamAvec le temps, puisqu’on n’en parle presque plus, on pourrait penser que la crise nucléaire est terminée. Oui, la crise spectaculaire, avec ses explosions, ses émanations gigantesques, ses déplacements de population, est terminée. Mais la crise nucléaire est maintenant permanente au Japon. Pour les évacués qui ne peuvent pas rentrer chez eux, pour les évacués à qui les autorités demandent de rentrer chez eux alors que c’est encore contaminé, pour les familles séparées, pour les enfants qui ne peuvent plus jouer dehors parce qu’ils savent que c’est dangereux, pour les personnes dont on a repéré des nodules dans la thyroïde, pour les parents qui doivent surveiller quotidiennement la nourriture de leur famille, pour les milliers d’ouvriers qui travaillent dans l’ex-centrale de Fukushima Daiichi, pour les personnes recrutées pour décontaminer les zones interdites, pour les personnes contaminées, pour ces centaines de milliers de Japonais qui manifestent régulièrement pour sortir du nucléaire,  la crise n’est pas terminée.

Difficile de faire une synthèse. Car cette catastrophe n’aura sans doute pas de fin. Voici plutôt quelques aspects actuels de cette crise nucléaire permanente, abordée par thèmes.

 

 

Nouvelles sur l’ex-centrale de Fukushima Daiichi

 

unité1Unité 1

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Depuis qu’il avait été mis sous tente par Tepco, le réacteur 1 ne faisait plus trop parler de lui. Mais le 22 mai 2012, on apprenait qu’il ne restait plus que 40 centimètres d’eau au fond de la cuve du réacteur et qu’une fuite existait probablement au niveau de la canalisation reliant la cuve du réacteur à la piscine torique. Le 26 juin 2012, une analyse endoscopique a été réalisée : la radioactivité de l’eau située dans les soubassements prouve une rupture de confinement.

 

unité2Unité 2

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Un nouveau thermomètre semble défectueux : le thermocouple "TE-2-3-69N1" montrait une température anormalement élevée de 144°C le 22 juillet 2012. Petit à petit, les ex-réacteurs (officiellement, ce ne sont plus des réacteurs depuis le 19 avril 2012) se dégradent, l’eau salée, les coriums et la forte radioactivité accélérant la corrosion des matériaux.

Selon Arnie Gundersen, du combustible se serait échappé de l’enceinte de confinement, d’après l’observation du 28 juin 2012 au fond de la chambre de suppression n° 1.

 

robotUnité 3

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Le 11 juillet 2012, un robot n’est pas revenu de l’une de ses explorations dans le réacteur n°3. Même les robots conçus pour résister à la radioactivité ont des problèmes. Et encore, ce sont de tout petits robots.

 

Unité 4

Le 11 juillet 2012, Tepco a fini de démanteler le sommet du bâtiment réacteur 4.

Les 18 et 19 juillet 2012, deux assemblages neufs ont été retirés de la piscine 4, ce qui porte à 1533 le nombre d’assemblages restant à retirer : 1331 de combustible usé et 202 de combustible neuf. Le début de ce transfert phénoménal ne se fera pas avant décembre 2013. D’où l’inquiétude légitime qui motive cette pétition.

 

Fuites et pannes

Il y a toujours des fuites à Fukushima Daiichi, mais on en parle moins car elles sont régulières, ce n’est plus spectaculaire. Le 26 juillet 2012, les sous-sols du bâtiment turbines de l’unité 6 étaient encore inondés, il a fallu pomper et transvaser durant 6 heures. D’où vient cette eau ? Mystère. Est-elle radioactive ? On peut le supposer car l’eau récupérée a été stockée dans un réservoir.

 

Pollution

chaudAir : 16 mois après le terrible mois de mars 2011, le site rejette toujours 10 millions de Bq/h de radio-césium. Où vont ces poussières mortelles ? La plupart vers l’océan pacifique, mais le vent peut les pousser aussi vers les terres. Autre moyen de transport rapide pour la dissémination planétaire : le jet stream.

 

decontamination4---Copie.jpgTerre : personne ne veut de la terre contaminée qu’on racle partout dans les territoires touchés par les retombées radioactives. On en fait quoi ? Si on était sûr qu’elle ne contenait que du césium, il « suffirait » de la mettre de côté durant 300 ans.

 

Eau : 228 000 tonnes d’eau contaminée sont actuellement stockées sur le site. Tepco aimerait s’en débarrasser en la rejetant à la mer, mais pour l’instant l’opérateur n’a pas d’autorisation. L’objectif de réutiliser l’eau en circuit fermé ne marche pas car la nappe phréatique remplit les sous-sols. On en fait quoi ? Il y aura un moment donné où, matériellement, il ne sera plus possible de la stocker.

 

On trouve aussi de l’eau contaminée très loin de Fukushima, à 25 km du centre de Tokyo. Si aujourd’hui les nappes phréatiques sont polluées, c’est à cause de la migration progressive des radionucléides dans le sous-sol, partout où il y a eu des retombées.

 

Le MEXT a mis en ligne des résultats de mesures très fines sur l'eau du robinet : du césium 134 et 137 est détecté à des concentrations très faibles dans 11 provinces.

 

Irradiation

plombOn vient de découvrir qu’une société filiale de Tepco demandait à ses employés d’insérer leur dosimètre dans un boîtier en plomb. Ce qui évidemment fait baisser la dose enregistrée et permet aux ouvriers de travailler plus longtemps sur le site contaminé. Par la même occasion, leur espérance de vie va sans doute diminuer, mais les entreprises de l’industrie nucléaire se moquent bien de ce genre de détail, on l’avait déjà remarqué depuis longtemps.

 

 

Nationalisation 

Au terme d’un long processus, Tepco est désormais nationalisée, le pourcentage d’actions de l’Etat ayant dépassé 50% mardi 31 juillet 2012. Par un tour de passe-passe, l’opérateur ruiné à cause de la catastrophe nucléaire éponge ses dettes grâce au contribuable japonais. L’entreprise a subi une perte nette de 3 milliards d'euros entre le 1er avril et le 30 juin 2012, causée pour plus de moitié par le versement d'indemnisations pour les victimes.

 

Santé

L’institut japonais des maladies infectieuses montre des résultats toujours inquiétants pour certaines affections. L’année 2011, suite aux explosions de la centrale nucléaire, avait montré une augmentation des cas de pneumonie à mycoplasme. L’année 2012 est encore pire, comme le montre ce graphique. Les poussières radioactives invisibles sont disséminées partout dans le pays. La maladie avance sournoisement.

 

graphique

 

Le bilan des doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi pour les mois d'avril à juin 2012 est en ligne sur le site de Tepco. Selon l’analyse de l’ACRO, ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes, avec un maximum de 23,53 mSv en un mois.

 

Pêche

Le Japon, soucieux d’oublier la catastrophe nucléaire, a décidé de réintroduire  sur les étals des produits de la mer en provenance des eaux de Fukushima. Pourtant, d'autres pays comme la Corée du Sud renforcent plus que jamais leurs régulations à l'importation dans un souci de limiter la diffusion de la contamination marine. Et ils ont bien raison car après un recul au printemps, elle augmente au large d'Hokkaido : le plus haut relevé a été de 70 Bq/Kg (Cs-134 : 31 Bq/Kg, Cs-137 : 39 Bq/Kg) sur un échantillon pris le 1eraoût 2012 (source MEXT).

 

Démographie

Selon Fukushima Diary, la chute de la population japonaise (Décès - Naissances) entre janvier et mai 2012 est 4 fois plus forte que sur la même période de 2007. Si l'on compare avec 2006, c'est 5 fois plus fort.
Ces données sont basées sur le tableau de bord du
service de la statistique démographique du ministère de la Santé, du Travail et de l'Aide Sociale du Japon. Le rapport de juin 2012 n'est pas encore paru.

tableau

Justice

Pour les anti-nucléaires, un “acte criminel” qualifiant le drame de Fukushima aurait été commis par l’entreprise électrique Tepco et par le gouvernement. Plusieurs procureurs viennent d’accepter de mener une enquête (après le dépôt de 1300 plaintes quand même !). S’ils arrivent à prouver que la catastrophe nucléaire de Fukushima a été la conséquence de négligences, des poursuites pourraient être lancées contre les responsables. On pourrait leur suggérer de s’appuyer sur les résultats de la commission d’enquête indépendante dont le rapport a été publié récemment.

 

Presse

Depuis la catastrophe de Fukushima, la mainmise du lobby nucléaire sur les médias connaît quelques failles. En effet, 3 quotidiens ont décidé de résister : le Mainichi Shinbun, le Tokyo Shinbun, et le Shinbun Akahata. A Tokyo, avec la Révolution des Hortensias en cours, l’enjeu est important. Les manifestations antinucléaires apparaissent en une du journal Tokyo Shinbun qui ne prend plus de gant pour soutenir la sortie du nucléaire.

 

Redémarrage des centrales nucléaires du Japon

Le gouvernement a décidé de relancer au forceps deux réacteurs à la centrale nucléaire d’Ohi (préfecture de Fukui, dans l'ouest du pays). Selon Courrier International, le Tokyo Shimbun, quotidien désormais antinucléaire, dénonce une décision politique, sans garanties quant à la sûreté, comme s'il ne s'était rien passé à Fukushima.

Kansaï Electric a déjà planifié le redémarrage des unités 3 et 4 de la centrale nucléaire de Takahama, située à environ 250 km à l’ouest de Tokyo. Comme pour l’unité 3 de Fukushima Daiichi, le réacteur 3 de Takahama utilise du MOX.

 

Mobilisation

francetvA chaque rendez-vous, le nombre de participants à la Révolution pacifiste des Hortensias progresse. La grande manifestation du 29 juillet 2012 a conduit la foule à encercler complètement le parlement. Il y a une semaine, un ancien Premier ministre, Yukio Hatoyama, s'était joint à la manifestation hebdomadaire devant la résidence du premier ministre actuel Noda. Tout semble s’accélérer. Alors qu’au départ les manifestations ne se tenaient qu’à Tokyo, une trentaine de villes emboîtent le pas en organisant une manifestation chaque vendredi : Sapporo, Morioka, Mizusawa, Sendai, Koriyama, Mito, Sodegaura, Sakuragicho, Niigata, Kofu, Nagano, Toyama, Kanazawa, Nagoya, Gifu, Ogaki, Fukui, Otsu, Kyoto, Osaka, Kobe, Himeji, Okayama, Maigo, Hiroshima....

Il est prévu que le groupe des organisateurs des manifestations de Tokyo (dont 13 organisations citoyennes) rencontre le premier ministre Noda. La nomination de Tanaka Shunichi pour la nouvelle instance de sécurité nucléaire sera sans doute sur la table des négociations, mais rien n’est encore joué.

 

Nouvelle instance de sécurité nucléaire

Le gouvernement projette d’établir en septembre une nouvelle organisation qui s’appelle New Nuclear Regulatory Commission. Elle prendra toutes les décisions qui concernent la politique nucléaire : redémarrages de centrales, évacuations des habitants, seuils de radioactivité, etc. Mais Shunichi TANAKA, en tant que Shunichi-TANAKA.jpgprésident de cette commission, est un problème majeur pour le mouvement antinucléaire, car cet homme, actuellement chargé de la décontamination à Fukushima, a travaillé longtemps pour « le village nucléaire ». Il est connu pour ses positions peu glorieuses pour la population : c’est lui qui affirme que 1 µSv/h est tout à fait acceptable (=8,7 mSv/an !), et il s’est opposé à l’évacuation d’habitants de certaines régions de Fukushima.

Les autres candidats-membres à cette commission sont aussi presque tous pro-nucléaires : par exemple, Kayoko NAKAMURA travaille pour Japan Isotope Associsation ou Toyoshi FUKETA pour Japan Atomic Energy Agency.

Si Tanaka devient chef de cette commission, ce sera une nouvelle catastrophe pour le Japon. C’est pourquoi les parlementaires sont très sollicités (pétitions…) pour voter contre ces candidatures. A suivre fin de semaine prochaine.

 

Futur

On aurait pu penser qu’après la catastrophe nucléaire la pire au monde (3 meltdowns), l’agence de sécurité nucléaire japonaise devienne plus sage et corrige le tir. Eh bien non, la nouvelle agence vient de décréter que l’unité 1 de la centrale de Genkaï, située dans l’extrême Sud du Japon, serait bonne pour le service durant 58 ans ! Tepco envisage même de redémarrer un jour les unités 5 et 6 de Fukushima Daiichi, ainsi que les réacteurs de la centrale de Fukushima Daini. Alors que la colère gronde dans la population japonaise, c’est une nouvelle provocation à la demande d’arrêt de production électrique atomique.

 

Les autorités nippones n’ont manifestement pas compris l’enjeu vital et sacrifient l’avenir du pays en l’embarquant à nouveau dans cette énergie catastrophique.  Pourtant il y a urgence à régler d’abord la crise de Fukushima Daiichi, en particulier en mettant à l’abri les 1533 assemblages de combustible de la piscine de l’unité 4 qui menaceront l’avenir du monde durant encore au moins un an et demi !

 

imagepetitionContinuez à signer et à faire signer la pétition demandant une prise en charge internationale de la catastrophe de Fukushima !

 

 

 

_________________________

 

Pour continuer à suivre l’actualité au jour le jour, consulter

 

en français :

la page de l’ACRO, La catastrophe de Fukushima au jour le jour

le site Gen4

Les Veilleurs de Fukushima

Fukushima Diary en français

le scoopit Fukushima Information

Pectine actualités

 

en anglais :

les journaux japonais en anglais avec Fukushima is still news

les blogs japonais traduits en anglais avec Dissensus Japan

Fukushima Diary

The Watchmen of Fukushima

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 23:52

reacteur4福島原発事故を「消化する」のに15カ月以上かかりました。余分な15カ月でした。なぜなら、ここで4機が爆発した2011311日の週以来、状況はひどく深刻です。起こったことについて、分析、理解、解明のための15カ月。このショック、この想像しがたい衝撃が過ぎたところで、私たちは心の動揺を治めて、忘れたいという誘惑に抵抗しなければなりません。なぜなら危険はまだ去っておらず、時間が過ぎるにつれて、ますます切迫してきているのです。

 

 

 

(English version)                 (Version française)

 

いつも日本の人々が、私たちにこのことを思い出させてくれます。大飯原発が活断層に近いところに位置していながら、その再稼働を選択した政府に対して、彼らはめげずにいます。最悪の事態回避を試みるために、国連事務総長へ直接働きかけるという強い手段に訴えて結集しています。福島第一原発4号機の燃料プールに保管されている264トンの核燃料の冷却が制御不能になるかもしれないのです。発生するかもしれない事故は無害とはほど遠いのです。なぜならそれは日本の大半の住民避難を意味するだけでなく、世界全体が取り返しのつかない形で数千年にわたって汚染してしまうことを意味しているのです。

 

このことは15カ月前から知られていることなのですが、この重大問題の解決が緊急であるという自覚は、善意の意志を越えることはありませんでした。今日、進行中の大災害への驚愕と苦しみのあと、次第に多くの人々がまだ行動することが可能なのだとようやく理解しはじめており、見識ある声が世界中で上がってきています。遅きに失する前に、まだ何かをする時にきているのです!

 

読者のみなさん、その声をもう一度聞いてください。あるいはすでに行動に移るのがいかに緊急事であるかを確信していらっしゃるなら、どうぞ直ちに国連事務総長宛の嘆願書のテキストに進んでください!

 

 

 

 

地震のリスク

 

 

Katsuhiko Ishibashi石橋克彦(神戸大学都市安全研究センター教授、地震学者)

 

石橋克彦氏は、2011年3月11日の大地震によって、今後、他の〈破壊的な〉地震が起きる確率が高くなった、と表明した。(リンク 

 

 

 

四号機建屋の耐久性

 

 

 Masashi-Goto藤正志(元・東芝、原子炉設計技術者、原発耐震設計エキスパート) 

 

「壁が存在するとしても、耐久性を調べる簡単な方法はありません。高温の火災によって建屋の堅牢さにどのような影響が出たのでしょうか。構造計算をするにあたって、データをすべて持っていることが基本です。しかし〈東京電力の技術者たち〉は資料を決して発表しません。ですから、外部の人間は彼らの出した結論の正当性を確認できないのです」

リンク

 

 

 arnie-gundersenアーニー・ガンダーセン(アメリカの原発エキスパート)

 

「4号機建屋の損傷があまりにもひどいので、もしM7.5ほどの地震が起きたら、4号機はそれに耐えられないだろうと思います」

リンク) 

 

 

 Jean-Louis Basdevantジャン=ルイ・バァドゥヴァン (物理学者、仏国立科学研究センター研究部長、高エネルギー物理学及び核天体物理学専門家)

 

「今日2012年6月25日現在、〈4号機建屋〉は深刻な懸念の種になっています。そこにある、30mの高さに位置しているプールはどうにか持ちこたえていますが、このプールには放射性燃料棒がたくさん入っているのです」(リンク

 

 

 

 

4号機のプールが制御不能になることで放出される放射能

 

 

 olivier isnardオリヴィエ・イナール(フランス放射線防護・原子力安全研究所IRSNの核安全エキスパート)

 

「このプール内にある燃料が大気中に出たら、1kmにわたり、1時間あたり数百グレイの放射性物質が放出されると予想されます。人間は誰もそこに近づけなくなるでしょう」(リンク

 

 

 Hiroaki Koide小出裕章 (京都大学原子炉実験所教授)

 

「別の強い地震によって、このプールが崩れるようなことがあれば、そこから放出される放射性物質は厖大でしょう。慎重に見積もって、広島に落とされた原子爆弾5000発に相当する放射性物質の量になります

リンク 

 

 

クリス・ハリス (米元・核技術者) 

 

4号機建屋の場合、再臨界が起きるでしょう。(…)止める術のまったくない、際限のない連鎖反応が起きるでしょう。(…)粒子とガスが無尽蔵に噴き出る泉がひとつ出現するようなものです」(リンク 

 

 

 Robert-Alvarez-copie-1ロバート・アルヴァレス(アメリカの核エキスパート、元・米政府連邦エネルギー庁顧問)

 

「4号機のプールは、床から約30m上のところに位置しています。プールの骨組みは傷んでおり、外気に触れています。もしも地震または別の出来事のせいで、プールの水が空になったりしたら、チェルノブイリの大事故で放出されたセシウム137の10倍近いセシウムが放出されることになり、破壊的な放射線火災が起きるでしょう」(リンク

 

 

 

プールの冷却水損失よる影響

 

 

ポール・ゲイリィ(オハイオ大学物理学教授)

 

「4号機の使用済み燃料プールに壊滅的な故障が起きたなら、別の原子炉にある他の使用済み燃料プールからの放射性物質の余計な放出を引き起こしてしまう可能性があります」

リンク

 

 

 Yukiteru-Nakaなかゆきてる(元・GE技術者、東北エンタープライズ社長)

 

「プールの水が空になったら、4号機建屋に誰も近づけなくなるでしょうし、1〜3号機建屋にも近づけなくなります(…)。私は、政府と東電が切迫した危機意識をもって事に備えることを願います」リンク

 

 

 Akio Matsumura松村昭雄(国連諸機関に30年間勤務してきた外交官)

 

「〈4号機プールが瓦解すれば〉世界の環境と私たちの文明が破壊されるでしょう(

…)人類の命運がかかっているのです」(リンク

 

 

 Mitsuhei Murata村田光平(元駐スイス/セネガル日本大使)

 

「4号機からたった50mのところに1〜6号機共通のプールがあり、そこには6375本の核燃料集合体が貯蔵されている。もし4号機のプールに火災が発生したら、共通プールも大変なことになります」(リンク

 

4号機核燃プールには日本と世界全体の運命がかかっていると言っても、大げさではありません」(リンク

 

 

 Ron Wydenロン・ワイデン(アメリカ上院議員–オレゴン)

 

「福島第一原発の原子炉の不安定な状態と、また地震が起きたときの放射性物質と使用済み燃料の膨大な量が抱えるリスクは、万人にとって深刻な問題であり、国際援助への最大の努力が集中されるべきです」

リンク

 

 

 

_________________________

 

 

 

 

最悪の事態を避けるためには、遅きに失する前に、 

 

予防原則を適用しなければならないのです! 

 

 国際連合(UN)に宛てられた署名にサインを! 

 

(イメージにクリック)

 

imagepetition

 

 

さらに、シェアをお願いします。誰もこの脅威を知らないでは済まされません! 

 

 

 

_________________________

 

 

 

国連パン・ギムン事務総長宛の署名テキスト 

 

 

 

なぜ重大なのでしょう

 

 

4号機建屋は2011年3月11日の大震災と3月15日の激しい爆発の後、構造が激しく崩壊し、安定性を失っている。

 

 

 

 

 

4号機の貯蔵プールは高さ30 m あり、建屋ごと倒壊するか、亀裂により水がなくなる恐れがある。

 

 

 

 

 

この燃料貯蔵プールにはチェルノブイリ原発事故で放出されたセシウム137 10 倍に及ぶ1533本の 燃料が含まれている。

 

 

 

 

 

燃料棒が水で冷却されなくなれば、温度上昇のために損壊し火災が起こる。その結果、放射能空気中に放出されることになる

 

 

 

 

 

4 号機の燃料貯蔵プールの冷 却システムには非常用装置がなく、故障が頻繁に起こっている

 

 

 

 

 

ウラニウムとプルトニウム燃料体に火災の起きた場合には、高度放射能の為、人間は現場に入る事ができなくなるだろう。

 

 

 

 

 

4 号機燃料貯蔵プール火災 が起きれば、チェルノブイリの90 倍の放射毒性に値する2500トンの原子力 燃料を抱える福島第一原発放置せざるを得ない

 

 

 

 

 

2011年3月に発生した巨大地震によって、地震発生する確率が高まり、既に半ば崩壊している4号建屋地震によって倒壊する可能性がある。

 

 

 

 

 

日本全土の避難という事態や、人類とその子孫の健康を危険に陥れるような国際的な核の大災害を回避するために、世界中の数多くの専門家達が迅速 な技術協力を表明している。

 

 

 

 

 

東京電力はプール倒壊の危険はないものと見なし、燃料棒を数年かけて安全な場所に移動させるつもりでいる。

 

 

 

 

 

東京電力と日本政府には、福島第一原 発4号燃料貯蔵プール内に保存されている核燃料の危機的な状態を管理する能力がない。

 

 

 

 

 

国際安全を保障する国際連合は、 人類に重くのしかかったこの長期にわたる危機的な状態に対処できる唯一の組織である。

 

 

 

 

 

私たち、世界の市民は

 

 

 

 

 

以上の理由から、私たち世界市民は、福島第一原発4号機の燃料貯蔵プール内の燃料体の運送管理と安全管理の為に、学際的で独立した国際チームの 早急な確立を国際連合に要求し、

 

 

 

 

 

燃料体を出来るだけ早く安全な場所に移動させるという目的を遂行するために、あらゆる手段を尽くし、いかなる障害もこ の行為を遅らせない事を求め、

 

 

 

 

非政府団体を含む、技術的、科学 的、経済的、政治的援助を国際連合が促進し、人類の歴史上かつて例を見ないこの世界的脅威に終止符を打つ事を願います。

 

 

 

___________________ 

 

Merci à Midori, Yu et Kazumi pour la traduction !

 

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 00:54
Documents
 
Coupe de la piscine de désactivation de l’unité 4
coupesfp4
(source rapport AIEA)
 
Plan de la centrale de Fukushima Daiichi
plancentralefukushima1
 
Coupe de la centrale de Fukushima Daiichi inondée
coupeinondation
Ce shéma explicatif ne représente pas la réalité. Il semble y avoir des erreurs de distance et d'altimétrie (niveau de la mer trop bas).
 
 
Photos
 
Photos reportages d’Antonio Pagnotta édités par Mediapart
(Cliquer sur les liens sous les photos pour accéder aux reportages)
 
- Le dernier homme : pendant plus de neuf mois, le photojournaliste Antonio Pagnotta est régulièrement entré dans la zone interdite autour de la centrale de Fukushima au Japon. Il y a rencontré un homme qui a refusé d'évacuer les lieux.
 
FukuDernierHabitant6bis
 
- Le supermarché abandonné : où l’on s’aperçoit, dans un paysage digne d’un jeu vidéo, que la radioactivité protège de la moisissure : du pain frais pour l’éternité !
 
FukuSupermarche12
 
- La vie sans les hommes : dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale, les populations ont été évacuées.
 
FukuSansHomme3
 
 
Art
 
Fukushima, œuvre d’Eve Pèlerins
FUKUSHIMA-ch-0-2 W     
 
 
Vidéos
 
- Les habitants de Minamisoma 15 mois après la fusion : des reportages de Ian Thomas Ash


 



 



 



 



 
 
 
- Vidéo aérienne du retrait d’une « barre » de combustible de la piscine 4 le 18 juillet 2012 (KyodoNews)

 
 
En savoir plus sur ce retrait de deux assemblages ici ou .
 
 
Cartes
 
- Le MEXT a reconnu la pollution du Japon au strontium. Le site simplyinfo en a réalisé une carte.
 
stroniummap1
 
 
 
- Durant les 100 derniers jours, le Japon a subi plus de 800 tremblements de terre. N’est-ce pas un pays merveilleux pour faire tourner des centrales nucléaires ?
 
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Albums
 
40 photos de la manif d’Ohi le 1er juillet 2012 prises par Fumiko Kawazoe.
 
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(Cliquer sur la photo pour accéder à l’album)
 
Une nouvelle série de photos de la centrale de Fukushima Daiichi vient d’être publiée par Cryptome. Ces clichés haute définition ont été pris de février à mai 2012, plus une photo d’avant la catastrophe.
 
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(Cliquer sur la photo pour accéder à l’album)
 
Accéder à la liste des 27 albums de Cryptome : ici 
 
 
Action
 
En commémoration du bombardement nucléaire de 1945 sur le Japon et de l’accident nucléaire de Fukushima, le groupe Facebook Hibakusha Fukushima Day  organise un évènement qui aura lieu le 6 et le 9 août 2012. A cette occasion, le groupe vous invite à plier des grues de papier et à les prendre en photo afin de les diffuser sur la toile, en guise de symbole de son opposition au nucléaire, refusant tout futur accident qui mettrait en péril la sécurité internationale.
 
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Pour en savoir plus, cliquer sur l’image
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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