24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 17:57
Nouvelle vidéo de l’unité 3
Pour une fois, Tepco nous livre une vidéo de bonne qualité montrant le niveau supérieur du bâtiment détruit (prise le 24 août 2011).
situation-video-3.jpg
Situation de la prise de vue
 
On commence par voir le côté ouest du bâtiment et l’image se poursuit vers l’est, à peu près au centre, au niveau du réacteur. On aperçoit à droite à 2:20 une surface jaunâtre qui pourrait correspondre au couvercle de l’enceinte de confinement (à confirmer). D’ailleurs ça fume à cet endroit, ce qui prouve une nouvelle fois que la centrale est toujours en phase de pollution radioactive atmosphérique.
 
IR-reacteur3-24-sept-video.jpg
  
La deuxième partie de la vidéo montre le bord sud-ouest de la piscine de stockage de matériel, au niveau de l’écluse qui la relie avec le drywell (enceinte de confinement). Difficile de dire où est le niveau de l’eau à cause de la vue verticale, mais une chose est sûre : ça fume également à cet endroit, du côté du réacteur.
En comparant avec la photo infrarouge (voir plus bas), on peut s’apercevoir que le problème de fuite était le même le 26 mars, il y a 6 mois.
 

 
 
 
 
 

Vidéo de l’unité 2

 

Ce document n’en est pas un à vrai dire. Très pénible à regarder, la caméra n’a manifestement pas la possibilité de se diriger vers le sol. On voit toutefois beaucoup de vapeur s’échapper, ce qui confirme la pollution radioactive atmosphérique du réacteur n°2.

 

 
 
 
 
 
Thermographie
 
Des photos aériennes infrarouges de la centrale de Fukushima Daiichi sont disponibles sur le site du ministère de la défense du Japon. On peut les télécharger à partir de ce lien :
 
IR-reacteur3-23-mars.jpg
Exemple de photo : le réacteur n° 3 le 23 mars 2011.
 
Le site Gyldengrisgaard publie ces photos de manière comparative, présentant les réacteurs par colonne et par date. De ce fait, on peut suivre l’évolution des évènements thermiques du 20 mars au 26 avril 2011.
 
infrarouge.jpg
 
L’analyse de ces photos est intéressante, par exemple en superposant la photo du réacteur n°3 avec le plan de Tepco. Cela permet de visualiser où se trouvent exactement les émissions de chaleur.
 
infographie-reacteur-3-copie-1.jpg
Superposition du plan et de la photo infrarouge du n°3 (23 mars 2011)
 
 
 
 
Montage photo
 
660 photos de Fukushima en 3 minutes 42 : accrochez-vous !
(cliquer sur l'image)
 
 
video-660.jpg
 
 
 
 
Photos Tepco
 
L’entreprise fournit toujours régulièrement des photos plus ou moins intéressantes. Et bien sûr, comme il n’y a pas grand-chose à dire sur les réacteurs 5 et 6, ils en donnent une quarantaine de photos ! Pas le courage de les copier ici ; si cela vous intéresse, vous pouvez les télécharger directement sur leur site :
 
Bien sûr, Tepco communique toujours autant sur le montage de la tente du n°1, par exemple cette photo :
 
tente-n1.jpg
 
Mais le montage prend du retard, apparemment à cause d’une grève des grutiers
 
 
 
 
Reportage
 
Fukushima : les révoltés du nucléaire
De David Zavaglia, Pierre Grillot, Roger Walch et Valérie Mérie – Scientifilms – ARTE GEIE – France 2011

arte-24-sept.jpg
 
"Alors que la France prononce vingt cinq ans plus tard un non lieu général sur Tchernobyl – et les supposés mensonges sur le nuage radioactif - les Japonais décident de prendre leur destin en main. Malgré une discrétion et un fatalisme farouches, ils n'acceptent plus les mensonges d'Etat."
 
Décidemment seul Arte semble s’intéresser à Fukushima ! Ce reportage très intéressant a été diffusé le 24 septembre.
Rediffusion dimanche 25 septembre à 12H00 et samedi 1 octobre à 06H00.
 
 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:08

manif-19-septembre.jpgSuite à l’appel lancé par des groupes anti-nucléaires japonais, une manifestation massive a eu lieu à Tokyo le 19 septembre : environ 60 000 personnes ont répondu à cet appel, un chiffre qui a largement dépassé les attentes des organisateurs.

 

Le fer de lance de ce mouvement anti-nucléaire est le comité : 10 Million People’s Action to say Goodbye to Nuclear Power Plants.  Parmi les membres fondateurs de ce comité, on compte l’écrivain et lauréat du Prix Nobel, Kenzaburo Oe, et des intellectuels et artistes, comme le musicien Ryuichi Sakamoto.

Son but est de présenter une pétition de 10 millions de signatures au Premier Ministre japonais à l’occasion du premier anniversaire du triple désastre du 11 mars. Jusque là, on compte déjà un million de signatures récoltées.

 

Pour en savoir plus sur cette organisation, veuillez visiter leur site 

(japonais/anglais)

 

Le  site Senri no michi propose la traduction française de cette pétition. Merci de leur apporter tout votre soutien !

 

petition.jpg 

 

 

Pour télécharger la pétition,

veuillez cliquer sur un lien ci-dessous

 

 

 

 

French petition

 

English petition

 

Japanese petition

 

Italian petition

 

 

Quelques notes concernant la pétition

 

Au Japon, une pétition signée à la main a beaucoup plus de valeur qu’une signature électronique par internet. Veuillez donc imprimer la pétition et nous l’envoyer par courrier.

Voici quelques instructions :

 

1.  La pétition comprend deux pages, qui doivent être présentées ensemble. Merci d’agrafer ces deux pages.

 

2.  La pétition est adressée au Premier Ministre japonais en fonction. Elle reste néanmoins valable même en cas de changement de la personne qui occupe cette fonction.  Quand notre organisation présentera les pétitions, on fera en sorte que toutes les obligations légales garantissant la validité de la pétition soient remplies.

 

3.  Merci d’envoyer la pétition par courrier (le fax ne peut pas être accepté) à l’adresse suivante ;

Citizens’ Committee for the 10 Million People’s Petition to say Goodbye to Nuclear Power Plants

c/o Gensuikin, 1F 3-2-11 Kanda Surugadai, Chiyoda-ku, Tokyo 101-0062, JAPAN

 

4.  La date limite de cette pétition est le 28/02/12. Néanmoins nous avons fixé deux dates intermédiaires : le 10 septembre 2011, et le 20 décembre 2011

 

5.  Quelques précisions supplémentaires :

Veuillez écrire votre nom et votre adresse dans votre propre langue.

Des pétitions signées par des citoyens non-japonais qui ne résident pas au Japon sont valables, sous condition que celles-ci soient adressées au Premier Ministre japonais.  Une pétition signée par des citoyens non-japonais résidant ailleurs qu’au Japon et adressée au Diet National (Parlement) ou au Chambre Supérieure ne sera pas valable.

Il n’y a pas de limite d’âge. Des pétitions signées par des mineurs sont valables.

En principe, une signature doit être signée par la personne elle-même. Pour les mineurs ou les personnes qui ne sont pas aptes à signer elles-mêmes, une signature par procuration est acceptée.

 

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:45

satelliteLa nature se déchaine encore au Japon. Un typhon passe actuellement sur la centrale de Fukushima.  Les webcams Tepco et TBS ne fonctionnent plus que par intermittence.

 

Des nouvelles du typhon, par Mochizuki Cheshire Iori (blog Fukushima Diary).

 

 

 

 

 

 Que disait-il à 19h ? (midi pour la France)

 

(traduction)

 

Breaking News: Typhoon’s hitting Fukushima

http://fukushima-diary.com/2011/09/breaking-news-typhoons-hitting-fukushima/#.Tnm67VbtGr0.facebook

 

« 18:58 21/09/2011, le typhon est presque juste au-dessus de ce PC, à Yokohama.

Le 15
ème
typhon, avec une pression de 960hPa, a touché Hamamatsu depuis 14 heures et se dirige vers le nord-est, directement à Fukushima. (50km /h)

Autant que je sache, la plupart des transports métropolitains sont arrêtés.
Il ya eu quatre fois des black-out entre 16 heures et 18 heures.
Maintenant plus de 100 000 maisons sont touchées.

Niveau de rayonnement a augmenté autour de Tokyo et de Fukushima.
• Dans Kawasaki, 0,05 µSv / h → 0,10 µSv / h
• A Futabamachi, Fukushima, c'est 21 µSv / h aujourd'hui.

Le vent souffle du sud au nord, et il est très salé.
On suppose que le typhon répand de l'eau de mer.
Le rayonnement est supposé provenir de la mer.

21:00 d'aujourd'hui [14 h pour la France], on s’attend à ce que le 15e typhon soit juste en train de frapper les installations de Fukushima.
Mais la couverture du réacteur 1 n'est pas encore terminée.
Certaines personnes supposent que la centrale de Fukushima puisse être inondée aujourd'hui.
  
Seul Dieu le sait combien d'heures il nous reste.

Une chose dont je suis sûr, c’est que j’aurais dû évacuer avant. »

grue tombée

Image de la webcam, une grue semble être tombée sur le réacteur n°3.

Edit : en fait non, elle est juste repliée (voir : http://www.youtube.com/watch?v=AKkYkyXKJSE&feature=youtu.be).

 

sans-titre

Pic de radioactivité constaté au passage du typhon

 

403415446

Déplacement du typhon

 

geiger 21 09 fuku

Mesure sur Fukushima

 

 

 

Autres photos de ce typhon

(source Fukushima Diary)

 

1

 

2

 

3

 

4

 

5

 

6.

 

 

Autres infos récentes de Charmaine Harris

(Marcoule Nuclear Fuel Plant Explosion)

« Information about the earthquake and tsunami in Japan (地震と津波日本に関する情報)
About 530,000 homes are without electricity.
316, 000 in Shizuoka, 146, 000 in Kanagawa, 29, 000 in Chiba and 15, 000 in Tokyo. »

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 23:24

Les émissions parlant de Fukushima en France sont suffisamment rares pour qu’on les signale.

 

France Culture diffusait le 19 septembre l’émission « Du grain à moudre » intitulée :

Peut-on désinventer le nucléaire ?

 

isnard-et-laponche.JPG Olivier Isnard

 et Bernard Laponche

 

 

Présentation :

« De la même manière qu’il y eut un ‘avant’ et un ‘après’ Tchernobyl, il y aura un ‘avant’ et un ‘après’ Fukushima. Six mois après le séisme et le tsunami qui ont mis en péril la centrale japonaise et traumatisé la population, la question de la pérennité du nucléaire civil reste plus que jamais d’actualité. Depuis cet accident, la Suisse a décidé de sortir du nucléaire en 2034, l’Allemagne dès 2022. L’Italie, de ne pas y revenir, comme cela avait été un temps envisagé.

Hier, le conglomérat industriel allemand Siemens a annoncé à son tour qu’il renonçait à cette technologie, pour se consacrer pleinement aux énergies renouvelables. Le nucléaire : trop dangereux aux yeux de nos plus proches voisins.

 Cette série de décisions, d’en finir une bonne fois pour toutes, contraste fortement avec l’attitude de la France. C’est qu’il n’est pas facile de remettre en cause une politique énergétique fondée depuis les débuts de la Vème République sur la primauté de l’atome.

L’électricité que nous consommons aujourd’hui est fournie, pour les trois quarts par l’énergie nucléaire. Avec ses 19 centrales et ses 58 réacteurs en activité, la France est le pays le plus nucléarisé au monde. Et pas forcément le plus sûr.

Selon une enquête récente de l’Autorité de sureté nucléaire, aucune de nos centrales ne prendrait correctement en compte le risque sismique. Eric Besson, le ministre de l’énergie, avait donc beau jeu aujourd’hui de plaider, devant l’AIEA à Vienne, en faveur d’une généralisation des tests de résistance à tous les réacteurs du monde.

La France ne semble donc pas prête à sortir du nucléaire. Mais, et c’est un changement notable, ceux qui la dirigent ou la dirigeront demain, sont désormais disposés à en débattre, comme l’a prouvé la première confrontation télévisée entre les candidats à la primaire socialiste. L’idée d’une sortie du nucléaire n’est plus taboue Mais s’agit-il vraiment d’une bonne idée ?

 

Peut-on désinventer le nucléaire ?

Pour y répondre, Hervé Gardette recevait :

 

- Olivier Isnard, chercheur à l'Institut radiologique de sûreté nucléaire (IRSN), adjoint au chef du service des situations d'urgence et d'organisation de crise

 

- Jacques Foos, professeur honoraire au Conservatoire national des Arts et Métiers et auteur du livre Peut-on sortir du nucléaire ? Après Fukushima, les scénarios énergétiques de 2050 à paraître aux éditions Hermann le 24 octobre 2011

 

- Bernard Laponche, physicien nucléaire, politologue et auteur du livre En finir avec le nucléaire à paraître aux éditions du Seuil le 6 octobre 2011 »

 

 

Pour écouter cette émission :

http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4311981#reecoute-4311981

(39 minutes)

 

Durant cette émission, encore des propos très ambigus d’Olivier Isnard (IRSN) :

 

« Ce qu’on ressent de la société japonaise, c’est une défiance de plus en plus forte vis-à-vis de… vis-à-vis du… du pouvoir… du pouvoir politique et de.. et des mesures qu’ils sont en train de prendre. Euh… On est dans une période, par rapport à cette crise, où finalement, on n’attend plus de son pays de nous protéger de manière arbitraire, mais d’instaurer une discussion, une ouverture à la société civile, où un débat s’instaurerait entre cette société et l’état et le pouvoir politique pour trouver ensemble euh... ben… une certaine acceptation de la vie dans un territoire contaminé. Ce qui n’est à l’heure actuelle pas le cas, et donc la défiance vis-à-vis des mesures prises par l’état et bien évidemment le problème posé par le nucléaire au Japon se fait de plus en plus important. »

 

Mais face au discours pronucléaire invraisemblable de Jacques Foos, le représentant de l’IRSN a insisté sur les réels dangers du césium. De plus, il a bien expliqué la différence fondamentale existant entre une irradiation naturelle provenant du sol et une contamination interne via la chaîne alimentaire comme c’est le cas au Japon actuellement. Merci à lui d’avoir recentré les informations de base.

 

Merci aussi et enfin à Bernard Laponche d’avoir rétabli la vérité sur les dangers de la radioactivité et la nécessité de sortir du nucléaire !

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 19:45
plan barrage2Un des grands axes de la feuille de route de Tokyo Electric Power Company pour contenir l’accident nucléaire est la prévention de la contamination de l'eau de mer. Pour cela, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi prévoit de construire un mur en acier pour empêcher l'eau radioactive de s'écouler dans l’océan.
 
Actuellement, selon la firme nipponne, plus de 110 000 tonnes d'eau hautement radioactive sont actuellement stockées dans les caves des bâtiments de la centrale. L’entreprise compte utiliser entre 600 et 700 palplanches en acier pour créer un mur de 800 mètres longeant la côte. Chaque élément, de 22 mètres de long et un mètre de large, sera enfoncé profondément dans le sol sous le niveau du fond de la mer pour arrêter l'écoulement des eaux souterraines.

Cet ouvrage, prévu pour une durée de 30 ans, sera complété par un système de captage des eaux contaminées, à l’intérieur d’une importante chape de béton qui sera coulée dans l’espace entre la digue existante et la barrière en acier. Tepco estime qu’il faudra se préparer à une hausse des niveaux d'eau souterraine autour de l'usine quand le mur aura été construit. Une surveillance étroite des niveaux, le pompage des eaux souterraines et leur décontamination seront ainsi nécessaires afin d’éviter tout débordement vers l’océan.
 
Tepco reconnaît donc implicitement que l’eau contaminée des sous-sols est actuellement en train de s’écouler dans la mer, ce qui est en concordance avec les conclusions de l’analyse géologique du terrain : les couches aquifères en correspondance avec le plateau d’Abukuma ont un pendage dirigé vers la mer. Même si la vitesse de déplacement des eaux souterraines est lente ‒ de l’ordre de quelques mètres par semaine ‒ il faut être conscient que de l’eau radioactive va continuer à se déverser régulièrement dans la mer durant au moins deux ans, date à laquelle la construction du barrage est sensée être terminée.
 
plan barrage3
Plan de situation du barrage
 
Selon un schéma représentant la future construction en plan et en coupe, ce barrage sera établi dans le bassin de décharge des eaux de refroidissement de la centrale et au-delà, au nord et au sud, jusqu’aux quais longeant la centrale.
 
D’après la coupe fournie par Tepco, le barrage traversera 3 couches géologiques et le début d’une quatrième. Celles-ci font partie de la couche géologique de Tomioka, datant du Miocène Supérieur. Nous avons donc ici la confirmation que des couches aquifères se situent juste sous la centrale.
 
plan barrage4
Coupe du barrage
 
Toutefois, même si l’effort de l’entreprise semble louable, il restera un coup d’épée dans l’eau, et ce pour plusieurs raisons :
 
- La première est que l’ensemble des couches sédimentaires sur lesquelles a été construite la centrale a une profondeur d’au moins 1000 mètres. Les tremblements de terre réguliers de la région font qu’il est illusoire de compter sur l’imperméabilité de ces roches. En effet, même si un grès fortement argileux a une porosité médiocre, sa friabilité le rend perméable. On peut se demander pourquoi Tepco a choisi une profondeur de 22 mètres. Peut-être tout simplement à cause d’une limite technique. C’est peut-être un indice aussi sur la localisation éventuelle des coriums ? En tout état de cause, la profondeur de ce barrage ne garantira en rien le confinement de l’eau contaminée car son passage dans les couches inférieures, même ralenti, sera toujours possible par les fissures intrinsèques à ce genre de terrain.
 
- La deuxième est que ce barrage va être construit sur une faille. Tepco évite de communiquer sur le sujet mais il est clair que le terrain ne se prête à aucune construction, que ce soit un réacteur ou un barrage. Cette faille est clairement visible sur un document de la NSC (autorité de sûreté nucléaire du Japon), et il est vraisemblable que durant le tremblement de terre du 11 mars, celle-ci soit redevenue active, vus les dégâts causés aux dalles en béton en bordure de mer. Etant donné l’existence de cette faille à 200 mètres sous le niveau du sol, il est probable que la future construction ne sera pas épargnée par les mouvements de terrain causés par celle-ci. D’où de légitimes doutes sur la pérennité de l’étanchéité de la structure
 
faille de fukushima
Faille de Fukushima
 
- La troisième est que le barrage n’est pas fermé. Si l’eau ne peut pas passer directement vers la mer, elle va simplement contourner la barrière, en passant au nord ou au sud.
 
Ce barrage est donc seulement un nouvel élément dans la communication de Tepco : l’entreprise fait tout pour paraître maîtriser la situation. Elle décontamine l’eau de refroidissement des réacteurs et des piscines, elle crée de nouvelles enceintes autours des réacteurs détruits pour éviter la propagation de la radioactivité aérienne, et enfin elle construit un barrage pour épargner la mer.
 
Mais malheureusement l’avenir dira que tout ceci est vain : le plus gros de la contamination aérienne a été répandu sur le Japon en mars. Trop tard pour revenir en arrière. Les coriums sont sans doute quelque part dans le sous-sol. Trop tard pour les retenir. La nappe phréatique est contaminée. Trop tard pour la préserver. Le barrage souterrain est ouvert et ne sera jamais assez profond. Trop tard, l’océan pacifique va connaître une source de pollution radioactive continue qui va contaminer l’ensemble des mers de la planète durant des dizaines d'années...
 
 
 
 
-------------------------------------
 
Sources
 
Vidéo de NHK World présentant le barrage

 
 
Communiqué de NHK World
 
Communiqué du Mainichi Daily News
 
 
 
------------------------------------
 
En savoir plus
 
La commission gouvernementale Japonaise sur l'énergie atomique évoque pour la première fois une éventualité de contamination des eaux souterraines à Fukushima Daiichi (Gen4)
 
 
Dispersion de la radioactivité dans les océans
 
Mise à jour février 2012 : des précisions de Tepco :

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 11:11

Suite à l’arrestation abusive d’un couple franco-japonais qui manifestait pacifiquement le 11 septembre à Shinjuku contre l’énergie nucléaire, Nelson Surjon, partisan actif pour l’évacuation des enfants de Fukushima, a adressé une lettre à l’ambassade du Japon. Un exemple de plus qui montre que l’énergie nucléaire ne s’accommode pas de la démocratie.

 

(La vidéo de l’arrestation suit la traduction de la lettre ouverte.)

 

 
« Monsieur Consigny,
 
Je vous écris pour vous informer des événements survenus lors du rassemblement à Shinjuku, le 11 Septembre 2011 et concernant l'arrestation de M. Franck C... et de son épouse.
Nous trouvons les mesures des autorités japonaises et de leurs alliés de droite inacceptables et anticonstitutionnelles. M. C... n'a même pas résisté à son arrestation et sa femme a été frappée à l'estomac par certains des extrémistes. Cela nous est apparu avant tout comme un "lynchage". J'ai inclus les vidéos de l'arrestation où vous pouvez voir clairement la discrimination dans ces actes. L'une des raisons (d’après la déclaration de la police) était qu'il était en train de crier. Comment un cri peut être entendu alors que le pauvre homme porte un masque et par le simple fait qu'il ne parle même pas un mot de japonais ?

Alors que ceux du groupe d'extrême-droite criaient "Sortez du Japon, les étrangers !" ; ou "Arrêtez-les, la police, c'est votre travail !" ; ou "Abattez-le ! Tuez-le ! », la police n’a rien fait pour les arrêter. Au lieu de cela, elle a porté en exemple l’arrestation de ce couple.

C'est un acte de violence scandaleux, qui n'a pas été dénoncé par notre ambassade et aucune mesure n'a été prise, autre celle que nous vous félicitons d’avoir prise pour le faire sortir de prison. Nous comprenons que vous devez prendre une approche diplomatique, mais la justice doit être faite. M. C... a été contraint de signer une déclaration en vue de sortir de prison qui ne reflète pas les événements précis qui ont eu lieu.

Donc, si vous décidez de ne pas agir, nous le ferons. Nous avons déjà contacté la presse japonaise (je pense que certains journalistes pourraient déjà venir à l'ambassade). Nous avons aussi contacté le Président Sarkozy et Matignon. Nous sommes également en train de contacter la presse internationale. Nous recueillons toutes les données pour les distribuer sur le net.

C'est une chose de faire croire que les citoyens français à Tokyo et le nord du Japon peuvent vivre en sécurité (au milieu des mensonges constants de TEPCO, des autorités japonaises, de l'AIEA, de l'IRSN, d’AREVA, etc.), mais là c'est une attaque directe contre l'un de nos compatriotes. Nous vous exhortons d'agir et de suivre cette affaire pressante.

Cordialement,
Nelson Surjon

Constitution Française, déclaration des droits de l'homme:
Art-11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler écrire, imprimer librement ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Art-12. La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

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La vidéo qui montre l’intervention de la police japonaise sur un manifestant français :
 

 
 

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"Evacuate Fukushima"
 
La vidéo qui explique le combat de Nelson, concerne les crimes contre les enfants de Fukushima. Uniquement en anglais pour l’instant, suivi d’une demande de pétition.
 
A voir absolument !

 
 
 
Lien vers la pétition :
 
 
 
----------------------------------------------------
 
Qui est Thierry Consigny ?
 
Il nous a semblé intéressant d’ajouter ici cet avis extrait du Journal d’un vagabond
 
« Si vous posiez la question : “Qui est l’Ambassadeur de France au Japon ?”, il y a de très fortes chances pour que nombre de Français vivant (encore) au Japon vous répondent : Thierry Consigny, en lieu et place du fantomatique et silencieux Philippe Faure, pourtant toujours prompt à faire ses vœux, mais bouche bée en période de crise.
Thierry Consigny n’est pas Ambassadeur. Il est le représentant de l’Assemblée des Français à l’Etranger et, prenant à bras le corps sa fonction, il a été le premier et le plus apte à communiquer avec la communauté française du Japon. »
 
Sinon, pour en savoir plus sur l’ambassadeur du Japon, suivre ce lien :
 
     

 

----------------------------------------------------

 

En savoir plus sur cet évènement

 

Article de Mami TAKEBE sur Rue89

« Fukushima : un « héros » français envoyé au tapis »

 

Interview filmé du couple franco-japonais, Franck et Yumi, par wakamiyasumi2

http://www.ustream.tv/recorded/17246228

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 23:46

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » animé par Alain Bédouet sur France Inter ce 12 septembre 2011, Bertrand Barré, conseiller scientifique d’Areva a déclaré : « Les cœurs qui ont fondu sont resolidifiés et sont refroidis ».

 

Vous pouvez écouter les propos de ce professeur d’ingénierie nucléaire ici (à partir de 5:30) :

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=160223

 

bertrand barréCet ancien cadre de l'industrie nucléaire, invité surprise de l’émission, a des propos bien assurés. Mais pourquoi n’a-t-il pas donné plus de détails sur la localisation de ces « cœurs » fondus qui doivent plutôt ressembler à des coriums ?

 

 

D’après les conclusions du rapport de l’AIEA, on sait pourtant qu’il y a eu Melt-through, comme le rapporte The Telegraph du 9 juin 2011 : « The nuclear fuel in three of the reactors at the Fukushima Dai-Ichi nuclear plant has melted through the base of the pressure vessels and is pooling in the outer containment vessels, according to a report by the Japanese government. »
 

Où sont les coriums ? Dans les cuves ? Dans les enceintes de confinement ? Dans le radier ? Dans le sol ? Allez Monsieur Barré, un petit effort, un petit peu de transparence, dites nous où ils sont, vous qui avez l’air d’en savoir tant !

 

 

 

Autres invités qui interviennent aussi dans l’émission :

 

- Corinne Lepage, députée européenne et ancienne ministre de l'environnement, de retour de Fukushima (en duplex de Strasbourg au Parlement européen)

 

- David Boilley, physicien, président de l'ACRO, Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest

 

- Didier Champion, directeur de l'environnement et de l'intervention à l'IRSN, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

 

 

Le téléphone sonne avait déjà consacré une émission sur Fukushima le 22 juin 2011 :

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-100-jours-apres-questions-sur-la-situation-reelle-au-japon-et-sur-la-securite-nucleair-77423110.html

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 18:36
Pour changer un peu des mauvaises nouvelles, et si aujourd’hui on regardait le monde autrement ? Tout d’abord, écoutez cette très belle chanson de Fool & scissors. Suite au tremblement de terre, privé d’électricité, le chanteur du groupe a enregistré « Tokyo est roche-papier-ciseaux » dans le noir et l’a ensuite édité sur YouTube.
Mais regardez bien, il y a une lueur dans cette obscurité ; écoutez bien, il y a un cœur qui bat !
Roche-papier-ciseaux comme on dit aussi au Québec, pierre-feuille-ciseaux en France, Jan-Ken-Pon au Japon, ce jeu de main tient essentiellement du hasard et de la probabilité, et dans la chanson il représente l’incertitude totale d’un peuple face à son avenir, entre tremblements de terres et catastrophe nucléaire. Mais un peuple qui sait rester debout et vivant.
 

 
 
オレは君を知らない
君はオレを知らない
だけど いのる いのる いのる

正しい言葉より
がんばってる姿が
暗い部屋に明かりを灯す

だけどグーチョキパー
東京はグーチョキパー
強くもない 弱くもない

オレたちはグーチョキパー
それぞれにグーチョキパー
何かができる 何かができる

生きている
生きている
生きている
生きている

違う夜の下で
同じ空を見上げ
みんな生きる
生きている


みんな生きている
 
 
(traduction)
 
Je ne vous connais pas.
Vous ne me connaissez pas.
Mais priez, priez, priez.

Je suppose que ce sont les mots justes
pour donner de la lumière à l’obscurité.
 
Mais roche-papier-ciseaux,
Tokyo est roche-papier-ciseaux,
Ni faible, ni forte.

Nous sommes roche-papier-ciseaux,
Tous, roche-papier-ciseaux.
Quelque chose peut nous faire rester

Vivants
Vivants
Vivants
Vivants

Sous une nuit différente,
Regardant le même ciel,
Le peuple est vivant
Vivant

Le peuple est vivant !
 
 
Et puis comme en écho à cette chanson, tous ces artistes qui s’expriment de mille manières, tels ceux de Chim Pom  à Tokyo ou Hideyo KANEKO en France. Ce dernier réalise des œuvres en porcelaine pour que l’accident de Fukushima ne soit jamais oublié. La porcelaine, cette matière si éternelle et si fragile, comme une centrale nucléaire.
 
 

porcelaine.jpg

 
 
 
Mais encore… ce peuple sait réagir et s’organise. Des citoyens se regroupent et s’informent en créant des sites d’entraide comme le CMRS, 47project ou Safecast.
 
Et l’aide internationale se met en place. Des associations locales d’aide aux victimes se sont créées et sont relayées en France avec par exemple Kibo promesse, ou Fukushima-Future, jeune association qui vend des objets au bénéfice des Japonais en difficulté, soit à cause du tsunami, soit à cause de la catastrophe nucléaire.
 
D’autres proposent l’accueil et l’hébergement des Japonais qui souhaitent quitter le Japon à court ou à moyen terme pour éviter une trop grande contamination. Ainsi les démarches françaises de Gérard Mannig et de Philippe Denis, mais aussi les actions dans différents pays répertoriés dans la page très complète du site Appeal for Fukushima, Des maisons prêtes à accueillir des Japonais partout dans le monde.
 
Et aujourd’hui, 11 septembre 2011, de grandes manifestations antinucléaires ont eu lieu au Japon, comme en témoignent ces images. Vraiment le peuple japonais est encore vivant !
 
Reportage de Mochizuki sur Fukushima Diary :
 
 
Vidéos :
 
 
 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 13:19
Photos Tepco
Tepco distille ses photos de manière étrange. La dernière fournée donne par exemple des clichés déjà diffusés par ailleurs de l’inondation due au tsunami. Les photos sont d’inégales qualité : plus c’est important, plus c’est petit et flou. La structure construite autour du n°1, c’est important pour l’image de marque de Tepco, alors c’est net. Le contenu de la piscine du réacteur 4, extrêmement dangereux, c’est carrément du n’importe quoi, vous verrez, vous pourrez compter les pixels !
Donc comme d’habitude, on n’a que ce que Tepco veut bien nous donner, le reste, il le cache.
 
Etat actuel des installations hydrauliques extérieures :

Sea side area, outdoor seawater facility
Vue générale de la zone en bord de mer : installations hydrauliques (eau de mer) extérieures

Outdoor seawater facility of Unit 1 a
Installation hydraulique extérieure de l'unité 1 (vue aérienne)

Outdoor seawater facility of Unit 1 b
Installation hydraulique extérieure de l'unité 1 (vue au sol)

Outdoor seawater facility of Unit 2 a
Installation hydraulique extérieure de l'unité 2 (vue aérienne)

Outdoor seawater facility of Unit 2 b
Installation hydraulique extérieure de l'unité 2 (vue au sol)

Outdoor seawater facility of Unit 3 a
Installation hydraulique extérieure de l'unité 3 (vue aérienne)

Outdoor seawater facility of Unit 3 b
Installation hydraulique extérieure de l'unité 3 (vue au sol)


Outdoor seawater facility of Unit 4 a
Installation hydraulique extérieure de l'unité 4 (vue aérienne)

Outdoor seawater facility of Unit 4 b
Installation hydraulique extérieure de l'unité 4 (vue au sol)

Outdoor seawater facility of Unit 5 a
Installation hydraulique extérieure de l'unité 5 (vue aérienne)
Outdoor seawater facility of Unit 5 b
Installation hydraulique extérieure de l'unité 5 (vue au sol)

Outdoor seawater facility of Unit 6 a
Installation hydraulique extérieure de l'unité 6 (vue aérienne)
Outdoor seawater facility of Unit 6 b
Installation hydraulique extérieure de l'unité 6 (vue au sol)

Etat actuel d’une pompe à eau de mer endommagée par la chute de grues pour inspecter les équipements des unités 5 et 6 :

Current situation of a damaged seawater pump due to falling
 [1]
 
 
Current situation of a damaged seawater pump due t-copie-1
[2]

Current situation of emergency seawater cooling facility of
Etat actuel de l’installation de refroidissement d’urgence à eau de mer de l'unité 6 (après le séisme)

Current situation of SFP of Unit 3
Etat actuel de la piscine de désactivation du combustible usagé (SFP = Spend Fuel Pool) de l'unité 3

Situation actuelle à la piscine de l'unité 4 :

Current underwater situation of pool of Unit 4 1
[1]
 
Current underwater situation of pool of Unit 4 2
[2]
 
Current underwater situation of pool of Unit 4 3
[3]
 
Current underwater situation of pool of Unit 4 4
[4]

dry cask
Etat actuel de l'intérieur du bâtiment de stockage en fût de stockage à sec (Dry cask)

Tepco diffuse aussi des photos de vêtements et d’équipement de protection mais je vous en fais grâce…
 
 
Photos haute définition de Fukushima Daiichi
Des photographies aériennes à haute résolution de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi ont été prises les 20 et 24 mars 2011 par un drone géré par Air Photo Service, une société basée à la préfecture de Niigata. Rien à voir avec le flou de Tepco…
Elles sont disponibles ici :
 
Une fois dans le site, cliquez sur [Enlarge] sous chaque image pour obtenir la photo HD.
 
 
 
 
fukushima 3l
Exemple de photo disponible : unité 3
 
 
 
Vidéo
Le nouveau premier ministre Yoshihiko Noda s'est rendu ce jeudi près de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Mais apparemment, euronews manque d’images sur cette sortie car il semble bien que ces gens casqués qui se promènent dans la centrale soient les experts de l’AIEA du mois de mai dernier et non le staff du ministère…
 

 
 
 
 
____________________________
 
Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :
 
Albums du site houseoffoust
Vidéos
- Vidéo du 23 mars 2011 d’Arnie Gundersen
- Diaporama des deux premières semaines de l’accident,
- Vue sur l’ensemble de la centrale, incluant les réacteurs 5 et 6.
- Caméras de la centrale nucléaire
- Exercices d’utilisation des robots à Fukushima
- Homme pointant son doigt vers la webcam
Photos Tepco
Echantillonnage de poussières pour les bâtiment-réacteur des unités 1 et 2
Echelle du réacteur 2
 
Photo du réacteur n°3 (Cryptome)
Reportage photo du journaliste Kazuma Obara (The Guardian)
Webcam : construction de la protection du réacteur 1, panaches de vapeur, animaux
 
Vidéo sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Plan de la centrale
Photos de la mesure d’une radioactivité élevée
Vidéo Arnie Gundersen
Video réacteur 1 (robot)
Photos réacteur 3 et 4 (soutènement piscine)
Albums sur Fukushima
Reportage NHK sur la contamination
 
Vidéo de la visite du bâtiment du réacteur n°2
Plan de l’unité 2
Vidéo du bâtiment 3
Plan de l’unité 3
Retour sur la visite des experts de l’AIEA du 22 mai au 2 juin 2011.
 
Shéma : plan du niveau technique de l’unité 4
Photos : piscine de l’unité 4
Album : photos prises par un liquidateur
Vidéo : reportage sur Fukushima et Tchernobyl
 
Photos : les systèmes de décontamination de l’eau
Schéma : fuite du corium dans le sol
 
Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2
Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur
 
Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA
 
Photos : réacteur 4
Webcam Tepco : enregistrements sur youtube
Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale
 
Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4
 
Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi
Webcam de la centrale par Tepco
 
Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi
 
Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi
 
Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4
Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots
 
Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Photos : tous les clichés fournis par Tepco
Vidéo : zone interdite
 
Webcam de la centrale par Weather Online
 
Vidéos : survol des réacteurs avec des drones
Vidéos : des robots filment au sol
 
Photos : les 15 séries de photos de Cryptome
 
Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 12:44
enfant zdf« So schön kann ein Albtraum sein… » (Si beau peut être un cauchemar)
Ainsi commence un documentaire télévisé allemand sur Fukushima. Vous savez, ce genre de documentaire qui manque cruellement en France pour nous informer de ce qui se passe réellement là-bas, au Japon.
En fait, le titre de ce reportage est « Die Folgen von Fukushima », c’est-à-dire « Les conséquences de Fukushima ». En Allemagne, on n’a pas peur de la réalité, car on n’a pas d’industrie nucléaire à défendre à tout prix. Alors on informe correctement la population.
En France, malgré Fukushima, on est resté ce pays sourd et aveugle face à la menace nucléaire (1).
 
Il faut que je vous raconte comment l’information arrive en France parfois, c’est fabuleux. Juste avec cet exemple.
1) La télévision ZDF diffuse un reportage sur Fukushima le 9 août 2011.
2) La vidéo est diffusée sur internet dans des sites allemands.
3) Elle est repérée par des Japonais qui cherchent de l’information sur Fukushima.

4) Elle est traduite, sous-titrée en japonais et diffusée sur YouTube par un internaute, obenquaken, le 31 août 2011.

5) Yumiko remarque alors ce reportage, réalise la traduction japonais-français, et me transmets le tout le 7 septembre 2011.
6) Je réalise cet article aujourd’hui et le diffuse en France.
Il a fallu un mois complet et deux traductions pour que ce reportage arrive à nos yeux et nos oreilles. Il a fallu contourner le mur du silence.
 
D’après Yumiko, au Japon, « aujourd’hui, les télés et les journaux ne disent plus rien sur l'accident, les gens ont repris leur vie normale. Ils n'ont pas du tout conscience de la gravité de l'accident et ce qui va nous arriver ».
 
Merci à elle pour avoir traduit cette vidéo. Si vous connaissez la langue allemande, pardonnez l’écart qui pourrait exister entre l’audio et le texte français, car il s’agit d’une traduction qui est passée par le japonais. Et merci à son mari de m’avoir signalé ce document de qualité qui, par sa grande qualité, méritait d’être diffusé.
 
Une dernière précision : dans le reportage original, on voit l’explosion du réacteur 3 de la centrale de Fukushima. Cette séquence a été coupée au Japon. Mais ça vaut la peine d’écouter l’original (juste après l’intro), car il y a le son de l’explosion, rarement diffusé.
 
 
 
---------------------------------------------
 
Die Folgen von Fukushima 
ZDF, "Frontal21 - Das Magazin"
 
Dans ce reportage, on notera plusieurs témoignages ou interviews intéressants de Kazunori Ohsawa (agriculteur), Takao Haegawa (du CRMS), Ichiro Arakawa (responsable de l’agriculture à la préfecture de Fukushima), Yoshimi Hitosugi (porte-parole Tepco), Goshi Hosono (ministre chargé de la crise nucléaire), Jan van der Putte (expert nucléaire de Greenpeace), Christopher Busby (membre de la Commission Européenne sur les Risques liés aux Rayonnements).
 

 
 
   
Ajout du 14/09/11 : Vidéo sous-titrée en français par Kna60

 
 
 
(Traduction de Yumiko)
 
Ce beau paysage est une scène de cauchemar.
La terre est très fertile à Fukushima, et les gens de la ville aimaient venir passer leurs vacances ici.
Mais le sol a été contaminé par l'accident nucléaire.
 
(0:15 - 0:39)
M. Osawa a 61ans. Il est fermier à Motomiya, à 80 km de la centrale.
Il a apporté des pommes de terre, des aubergines et des poireaux de ses champs au CRMS, au village d'à côté.
Depuis l'accident, il n'a pas mangé ses légumes parce qu'il a peur de la contamination radioactive.
 
(0:40 - 1:00)
« Je ne peux plus faire  confiance à l'état japonais.
Depuis le début de la catastrophe, ils ont toujours essayé de minimiser l’accident. Ils répètent chaque fois qu'il n'y a pas de problème pour la santé "pour l’instant". Ils ne fournissent pas des valeurs fiables de radioactivité, et ils ne mesurent même pas comme il faut.
Ils nous ont laissés avec ce problème de contamination, ils nous ont abandonnés. »
  
(1:00 - 1:09)
M. Osawa a demandé à l'état de faire des mesures de radioactivité de ses légumes juste après l'accident.
Mais, on lui a refusé en disant : "Vos champs sont bien loin de la zone 20-30km, ce n'est pas nécessaire de faire des mesures."
 
(1:14 - 1:30)
Mais au CRMS, ils disent le contraire de ce que dit l'état. Il n'a y aucun légume qui ne soit pas contaminé.
C’est surtout une catastrophe concernant le Cs-137.
Sur les endroits  où l’on obtient les valeurs qui sont si élevées, il faut évacuer les gens impérativement.
Les pommes de terre de M. Osawa étaient aussi contaminées.
 
(1:32 - 1:52)
Les champignons de la ville de Date, à 60 km de la centrale, ont eu 7000 bq/kg de contamination. La norme maximale est 500 bq/kg. Ce n'est plus de la nourriture, ce n'est qu’un déchet radioactif.
 
(1:54 - 2:09)
Normalement le contrôle de la contamination est du ressort de la préfecture.
Mais, en ce moment ils sont débordés. Ils n’ont pas de méthode de mesure, ni assez de mains, ni assez de matériel de mesure.
 
(2:10 - 2:30)
« Malheureusement, on est obligé de refuser les demandes de mesure des particuliers. Avec les échantillons que nous avons choisis, on réalise des contrôles et on juge avec ces résultats là. Même juste avec ce travail là, on est complètement débordé, si on prenait aussi des demandes de particuliers, on ne pourrait plus remplir nos autres missions administratives. »
 
(2:31 - 2:43)
Même les japonais qui sont très patients commencent à s’apercevoir des problèmes de contamination de nourritures. Des légumes, du the vert, puis la viande de bœuf.....
 
(2:45 - 3:10)
Quelle est la réaction de Tepco qui est propriétaire de la centrale?
C'est toujours la même chose, pas de commentaire, et c'est hors de leur juridiction.
« Notre travail est dans la centrale. Le travail de mesure est du ressort de l’état japonais et de chaque préfecture. Nous ne pouvons que les aider. Donc, je ne peux faire aucun commentaire sur ce problème là. »
 
(3:11 - 3:49)
Lors de la conférence de TEPCO avec l’état, quand nous avons posé des questions sur le fermier que nous avions interviewé, le ministre chargé de la catastrophe ne pouvait rien répondre.
Tout les fonctionnaires qui étaient là ont cherché et vérifié tous leurs documents, et finalement, le ministre a reconnu qu'ils n'ont pas fait leur travail correctement.
« Les contrôles devaient être parfaits. Mais avec le problème du bœuf contaminé qui a été vendus aux marchés, on est obligé de forcer sur les contrôles. Et maintenant, il ne faut plus jamais mettre en circulation de la nourriture contaminée. »
 
(3:50 - 4:24)
Greenpeace a sorti ses propres résultats de mesures.
« Les poissons sont toujours aussi fortement contaminés par le Césium.
La moitié des poissons qui ont été mesurés dépassent de 500 bq/kg la norme jusqu’à 55 km de la centrale.
Ca veut dont dire que la zone contaminée est d’une grande superficie. »
 
(4:25 - 5:05)
L'aliment de base chez les Japonais, le riz, est aussi contaminé comme les autres aliments.
M. Osawa a donné 2 fois de la terre de ses champs au laboratoire de l'état.
« Au premier contrôle, c’est passé (en dessous de la norme), mais au deuxième contrôle, l'état ne voulait pas fournir le résultat.
Je voulais savoir si je pouvais récolter le riz cette année ou pas.
Donc, avec mon argent, j'ai demandé à faire des mesures au laboratoire indépendant.
Ils ont obtenu un résultat de 35 000 bq/kg de Césium 137.
C'est 7 fois supérieur à la norme.
J'ai abandonné ma récolte de riz. »
 
(5:06 - 5:28)
A Fukushima City, la plupart des gens n'ont pas été informés de ce genre de valeur de contamination.
Il y a la fête d'été comme les autres années, ils mangent tout ce qui est à la vente.
Depuis que la radioactivité dans l'air a baissé, les gens ont repris leur vie normale.
Ils ont l'air d’avoir oubliée la colère qu'ils ont eue quand la norme avait été augmentée jusqu'a 20 mSv/an même pour les enfants,.
 
(5:29 - 6:00)
L’expert Christopher Busby dit que justement le danger est là.
« L’irresponsabilité de l'état japonais est criminelle. Les enfants sont forcément contaminés, mais ce n’est pas un problème pour eux.
Ils ont augmenté la norme à court terme comme ça parce que ça les arrange. Cette décision qui a été prise va entraîner sans doute la mort de beaucoup d'enfants.
Ce n'est pas imaginable que le pays aussi annonce ce qu’ils sont en train de faire. »
 
(6:01 - 6:19)
Mais, justement c'est le pays du "village du nucléaire".
Ce sont les compagnies d'électricité, les hommes politiques, les fonctionnaires des ministères qui ont un grand pouvoir.
Ils cachent tous les scandales sur le nucléaire, ils ont toujours minimisé les choses. Pour protéger leur business de milliards de Yen, ils utilisent la même façon pour minimiser cet accident, comme les autres fois.
 
(6:20 - 6:49)
M. Osawa a éprouvé ca avec son expérience qu'il a eu avec l'état.
« Je voulais mesurer mon taux de contamination dans mon corps.
Mais, l'université de Fukushima m'a refusé en disant qu'ils ne font pas de mesure de citoyen.
Un de mes amis a demandé à l'hôpital de la préfecture d'à côté (en dehors de Fukushima), mais le préfet de Fukushima a interdit de prendre les gens de Fukushima pour les consulter.
Mais, l'état dit qu'ils n'ont jamais donné de tels ordres aux hôpitaux. »
 
(6:50 - 7:08)
M. Osawa est obligé de jeter son travail de fermier, il a eu 90 microSv/h chez lui.
Il a atteint en 9 jours la norme des personnels des centrales en Allemagne.
Dans un endroit qui est à 80 km de centrale.
 
(7:09 - )
« C'est la catastrophe que les humains ne peuvent même pas imaginer.
C'était évident depuis le début de l'accident que la situation n'était pas contrôlable.
Maintenant, Personne ne sait ce qu'il faut faire, personne n'a de réponse simple.
Je pense que c'est la plus grande catastrophe de l’histoire de l’humanité. »
 
Les gens ont planté des tournesols partout à Fukushima.
Ils absorbent la radioactivité de la terre.  
 
 
 
-------------------------------------
 
(1) Arte, il faut le reconnaître, a tout de même consacré 2 min 45 à Fukushima le 31 août 2011
 
Japon : les éleveurs de Fukushima
 
A voir également !
 
« Près de 6 mois après l'accident du réacteur nucléaire de Fukushima, les agriculteurs de la région ont vu leur activité réduite à néant. Et pour cause, certains troupeaux de vaches de la région ont été contaminés et même si aujourd'hui, l'interdiction de vente du bétail a été levée, la suspicion des consommateurs demeure.
Aviva Fried a rencontré un couple qui vit toujours dans la zone d'exclusion autour de la centrale. Ils prennent soin de leur troupeau, leur seul bien, en espérant un avenir meilleur. Mais ils ne se font pas trop d'illusions. »
 
éleveur
 
 
 

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