12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 11:43

Cet article est la traduction française d’une page d’un blog italien,  Giappo Pazzie, qui est le seul site, à ma connaissance, donnant une aussi bonne représentation graphique de l’ensemble des structures d’un réacteur. L’auteur de ces images en perspective a réalisé un travail important, en utilisant toute la documentation existante disponible pour être au plus près du réel. C’est donc un ensemble de documents imagés de qualité qu’il nous livre, qui permettra au plus grand nombre de mieux comprendre la situation à Fukushima Daiichi. 

  

Page originale en italien :

http://giappopazzie.blogspot.com/2011/05/post-tecnico-4-approfondimento-sulla.html?showComment=1306789655060#c6061292040857001931

 

Reproduction et traduction (avec autorisation de son auteur, Luca da Osaka) :

 

1ère partie

 

Pour les lecteurs potentiels : ce message fait partie d'une série de documents provenant de la collecte d’informations d'ordre technique dans le site blog unico-lab, sur divers aspects de l'accident de la centrale Fukushima 1. La publication dans Giappo Pazzie est faite uniquement pour la commodité de pouvoir consulter une synthèse des quatre réflexions que l'auteur a réuni dans cette période et que, tout compte fait, il était intéressant de mettre dans le domaine public. (…)
Merci de votre compréhension.
Mamoru

____________________________________________________________________________________________________
Dans la même série :
Post technique n ° 1 : A propos de l'eau à Fukushima
Post technique n ° 2 : Quelle quantité d'eau y a-t-il dans un réacteur à Fukushima?

publié le 1er mai 2011 
corrections et ajout de nouvelles illustrations le 4 mai 2011
ajout de nouvelles photos à la fin de l’article le 9 mai 2011

Note:
Le modèle présenté dans cet article a été conçu à partir de divers rapports officiels publiés ces dernières années par TEPCO. L'aménagement intérieur se réfère aux ouvrages principaux en béton et à d’anciennes analyses structurelles de l’unité 3 de la centrale de Fukushima 1.
On ne doit donc pas considérer ces illustrations comme des représentations fidèles de la construction proprement dite, mais plutôt comme une "meilleure estimation" provenant de la lecture des données en notre possession. Les images sont proportionnées et l'erreur de représentation est probablement de moins de 5%. Peu de détails techniques peuvent être tirés des illustrations-sources, ce qui fait qu’il manque des compartiments, des escaliers, des portes et des ouvertures de service.

 


Analyse

 

Voici les principales caractéristiques du R3.

 

 tableau-copie-1.jpg

  

 

L’édifice de l’unité 3 (comme les 5 autres sur le site) se compose de 5 étages, selon la norme japonaise ; le premier étage est indiqué 1F.

 

1Locali RB3 trasparenza2a

Représentation schématique en transparence de l’unité 3

 
Les altitudes entre parenthèses correspondent au niveau supérieur de chaque étage par rapport au niveau de référence (passage extérieur des réacteurs 1 et 4, ~ entre 9000 et 10000).

 


B1F (OP-2060)
Le niveau le plus bas est d'environ 12 mètres sous le niveau du sol. C’est la partie la  plus complexe du réacteur en raison de ses installations : la piscine torique, à peu près au centre de ce niveau, entourée d'un mur de 1,5 mètre d'épaisseur, est renforcée par quatre murs diagonaux d’1 mètre d'épaisseur qui donnent à la structure une forme octogonale. Le tout repose sur une dalle de béton d'environ 4,5 mètres d'épaisseur.

 
2R3_B1F.png

 

D'autres installations de secours sont présentes à ce niveau :
- 4 pompes de circuit de RHR (Residual Heat Removal = suppression de chaleur résiduelle) et leurs échangeurs de chaleur
- 1 (quantité à confirmer) pompe du circuit HPCI (Hight Pressure Coolant Injection = injection de liquide de refroidissement à haute pression) 


1F (OP 10200)
C'est le premier étage au-dessus du sol du R/B (Reactor Building = bâtiment du réacteur) du R3 (réacteur n°3). Il présente une ouverture sur le côté opposé au T/B (Turbine Building = bâtiment des turbines) qui se prolonge à l'extérieur du bâtiment.  La partie rouge représente la salle où les tuyaux qui transportent la vapeur d'eau de la cuve du réacteur rejoignent le T/B.
Les murs ont environ 1 300 mm d'épaisseur.


3R3_1F.png

 

 

 

2F (OP 18700)
Le plafond de cet étage a environ la même hauteur que celle du T/B proche. Juste au-dessus de la salle du passage des tuyaux de vapeur de 1F, il y a une salle qui est utilisée pour les opérations de secours en cas de besoin.

 

4R3_2F.png

 

 

3F (OP 26900)
A partir de ce niveau, la structure commence à se rétrécir considérablement autour du D/W (Dry Well = enceinte de confinement en béton) et on commence à voir le fond de la piscine (en vert) dans laquelle sont placées les barres de combustible retirées du réacteur. 

5R3_3F.png

 

Le plan présente des murs extérieurs de 900 à 1 100 mm d'épaisseur, tandis que la piscine du combustible, qui est, à l'intérieur du bâtiment, à environ 3 mètres de l'intérieur des murs extérieurs, est dotée de murs de 1 400 à 1 850 mm.


4F (OP 32300)
De la même manière qu’on le voit dans le cadre du plan précédent, nous voyons aussi ici le développement de la structure de confinement de la piscine de combustible (toujours vert) et le réservoir utilisé pour l'inondation du D/W lors de la manipulation des barres quand le réacteur est arrêté.

6R3_4F.png

 

L'épaisseur des murs extérieurs va jusque 600 mm, tandis que plus de renforts sont notés aux extrémités opposées du D/W avec une épaisseur similaire à un niveau inférieur.
Dans les images, pour plus de commodité de lecture, il apparaît que le « plafond » de béton qui ferme le sommet du D/W protège également le sommet du réacteur.


5F (OP 39920)
C'est le niveau technique sur lequel sont réalisés les chargements et les déchargements de la cuve.
Il devrait être équipé d'une machine pour le changement de carburant qui se déplace sur des rails et permet le transfert de la cuve du réacteur à la piscine pendant les temps d'arrêt. 


(Note de Toto - Unicolab)
Le changement de combustible est fait entièrement sous l'eau, pour aucune raison les barres ne doivent être retirées de l'eau pendant le ravitaillement. Les barres sont regroupées en assemblages qui ont un crochet après avoir été harponnés. Toute la partie supérieure de la PCV (Pressure Containment Vessel = enceinte de confinement) est inondé, on ouvre les vannes qui communiquent avec la PCV et la piscine à travers un mécanisme à deux portes, les barres sont transférées de la cuve du réacteur à la piscine. Le niveau technique est utilisé pour soutenir la couverture du PCV qui est aussi celle du RPV. Selon l'activité de la couverture du RPV, les opérateurs décident ou non de puiser dans la piscine dont le but est plus d’être un bouclier anti-radiation que d’être là pour le refroidissement.


7R3_5F.png


Le niveau 5F du R4 selon le schéma ci-dessous (désolé pour la simplicité du graphisme):


 8nenryou pool R4

Vue en plan et en coupe du niveau 5F du R4 (shéma simplifié)


Dans le cas illustré de la figure (R4), après l’inondation de la partie supérieure du D/W, les barres sont transférées par un canal de 8 mètres de profondeur à l'intérieur de la piscine de combustible usé, qui est encore plus profonde que le plancher de la 5F, ce qui semble être en accord avec l'ensemble des plans du R3 qui donnent environ 13 mètres de profondeur du niveau de 5F jusqu’au fond de la piscine de carburant.


CRF (OP 47820) - « Crane Floor » (= niveau supérieur)
Ce n'est pas un véritable étage, mais plutôt un niveau juste au-dessus du niveau 5F, où sont placées les rails du pont roulant du réacteur. Dans cette zone, toutes les parois ont une épaisseur de 300 mm.

 

 

9R3_CRF.png

 

Les structures de renforcement de cette partie sont indicatives, parce qu'il n'y a pas de données sur la forme exacte des chevrons et autres structures de consolidation de la structure.

 


RF (OP 55720) - "Roof" (= toit)
Le toit de l'édifice achève la construction.

 

91R3_RF.png

 

Voici un résumé de la taille du bâtiment principal et la hauteur indicative des différents étages. Dans la vue en plan on peut voir la position du centre de la cuve du réacteur, du côté de la T/B (vers la mer, si vous regardez les photos).

 

92Locali_R3_DWG.png 

Principales dimensions du R/B 3 (en mm, sauf indication contraire)

  

Le réacteur n°3 de Fukushima Daiichi (2ème partie)

La comparaison avec l'état actuel

Pour lire la suite, cliquer ici : 

http://fukushima.over-blog.fr/article-le-reacteur-n-3-de-fukushima-daiichi-2eme-partie-76486681.html 

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 23:54

Des informations, inquiétantes ou rassurantes selon les sources, continuent d’être diffusées sur la centrale de Fukushima. En voici quelques-unes que j’ai sélectionnées ce soir :

 

greenpeace-mesure.jpg Greenpeace mesure la radioactivité du sol

 

La santé des enfants est menacée à Fukushima

Vidéo de l’AFP diffusée le 10 juin 2011 (durée : 1min21)

lien : http://www.youtube.com/watch?v=eKHdWHrJbsQ&feature=share

Greenpeace mesure la radioactivité au sol dans un parc de la ville de Fukushima.

Interviews de Kumi Naidoo (directeur de Greenpeace International), de Seiichi Nakate (réseau Fukushima pour sauver les enfants) et de Kanako Nishikata, habitante de Fukushima.

 

Centrales nucléaires de Fukushima : le cauchemar s’étend…

Un article de synthèse de Cécile Monnier sur la situation actuelle de la centrale de Fukushima Daiichi et de celle de sa voisine Fukushina Daini sur le site bloc.com.

lien : http://www.bloc.com/article/societe/sujets-d-actualite/centrales-nucleaires-fukushima-le-cauchemar-s-2011-06-10.html

 

natural-news.jpgLe rapport gouvernemental dit que l’emballement dévastateur de la fusion du cœur des réacteurs survenu à la centrale Fukushima pourrait rendre le Japon inhabitable

version originale en langue anglaise :

http://www.naturalnews.com/032657_Fukushima_meltdown.html

lien vers la traduction française :

http://fr.sott.net/articles/show/4047-Le-rapport-gouvernemental-dit-que-l-emballement-devastateur-de-la-fusion-du-cur-des-reacteurs-survenu-a-la-centrale-Fukushima-pourrait-rendre-le-Japon-inhabitable

Cet article d’Ethan A. Huff, traduit en français par Pétrus Lombard, revient sur une interview d’un haut fonctionnaire japonais, Ichiro Ozawa. Celui-ci a confié au Wall Street Journal sa grande inquiétude au sujet de l’avenir du Japon.

 

Débit de dose à Tsukuba

Mesure de la radioactivité effectuée de manière continue dans la banlieue de Tokyo

lien : http://rcwww.kek.jp/norm/index-e.html

Cette mesure est réalisée par des sondes placées au centre de recherche KEK sur la physique des hautes énergies. Le compteur indiquait 0,10 µSv/h à 5h34 le 11 juin (heure locale). Cette mesure de radioactivité, proche de la « normale », est en concordance avec les relevés réalisés à Tokyo quotidiennement par le journal Metropolis (lien : http://fukushima.over-blog.fr/ext/http://metropolis.co.jp/quake/quake-2011-03/tokyo-atmospheric-radiation-levels/)

 

irsnSituation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon. Point de situation du 10 juin 2011

Publication de l’IRSN à télécharger en fichier pdf ici :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Seisme-Japon_Point-situation-10062011.pdf

L'IRSN publie un nouveau point sur l'état de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au 1er juin 2011. Pour cet organisme, « les réacteurs [1, 2 et 3] sont ainsi stabilisés ». Et plus loin : « Le démantèlement complet des installations et l’assainissement du site s’étaleront sur 10 à 20 ans, eu égard à l’ampleur des actions à réaliser ».

 

Suivi de presse du site Radio Blüe

"La Compagnie d'électricité de Tokyo a différé l'expérimentation du nouveau système de traitement de l'eau hautement radioactive présente dans les bâtiments de la centrale Fukushima Dai-ichi, en raison d'incidents techniques.
Ce vendredi, Tepco avait prévu d'injecter de l'eau faiblement contaminée dans un appareil de filtrage du césium radioactif au moyen de certains minéraux, tels que la zéolite. Les techniciens ont toutefois décelé des dysfonctionnements dans ce dispositif."

(…)

lire la suite des infos ici :

http://radio-blue.blogspot.com/p/fil-actu-japon.html

 

Et puis pour terminer, une autre synthèse intéressante de l'actualité du 10 juin, réalisée par l'électron libre (Glasnost sur Fukushima), assez différente de celle de l'IRSN...

"Le réacteur 3 s'emballe.

La piscine du 4 s’échauffe dangereusement.

L’AIEA refuse le rapport trop opaque, du gouvernement japonais.

Son impatience traduit elle une situation plus grave qu’annoncée ?"

Page au format pdf à télécharger ici :

https://2597176606353633784-a-1802744773732722657-s-sites.googlegroups.com/site/glasnostsurfukushima/bulletins/Bulletinn%C2%B043du10juin.pdf?attachauth=ANoY7cpMupG2os4ditxvG_s4kq75uPTYwUeZk20QLmIWWAysuid_jkMya9kWG7ON38zmgoFluforDU5u4CBYvnywQ9MZLVGWQc4icsFepqF08iyB0OjYhcIie0HBMdY_DNsD8BDCc7jMUsLhtvWDuVcrQL0ch4RVQ5K22MZw2YzePe4ck-PyN7xcqbAjYztbbHCnmCTeyeWoBG5GJ5s3lrW1pg3JrTZVdcdX0FS2cPQIZGTwjGYa6DTeO3ayhPE8hxAo4BHUIDtu&attredirects=0

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 21:44

yomiuri-shimbunSuite à l’annonce officielle du gouvernement nippon informant les Japonais que les cuves de trois réacteurs de Fukushima Daiichi pourraient être percées (1), nos journaux nationaux se remettent à parler de Fukushima. C’est la seule bonne nouvelle du jour. Mais attention, le mot « plutonium » est encore un gros mot.

 

Non la bonne nouvelle n’est pas dans la fonte des cœurs ou dans le percement des cuves, loin de là, ceux qui suivent l’actualité le savent depuis longtemps (2), mais dans le fait que les médias se préoccupent à nouveau de la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps. Trois mois après les faits, il était temps de réagir. Très bonne nouvelle donc car la loi du silence sur les dangers réels de l’énergie nucléaire commence à se fissurer, et bientôt plus personne ne pourra dire : je ne savais pas.

 

Mais c’est la seule bonne nouvelle malheureusement, car les autres informations ne sont pas vraiment optimistes. On ne peut pas toutes les reprendre en un article, c’est pourquoi je vais porter mon attention aujourd’hui sur celle qui me semble la plus préoccupante : du plutonium vient d’être découvert en dehors de la centrale de Fukushima Daiichi (3). Le 21 avril, un jour avant la fermeture définitive de la zone d’exclusion autour de la centrale, un universitaire du nom de Shinzo Kimura de l'Université de Hokkaido avait recueilli des échantillons en bordure de la route d’Okuma-machi (bourg situé à côté du site nucléaire) et les avait transmis au laboratoire du professeur Masayoshi Yamamoto de l’université de Kanazawa.

 

Pu,94 

 Echantillon de plutonium (photo United States Department of Energy)

 

Les résultats sont maintenant connus : des quantités infimes de plutonium ont été détectées. L’analyse montre trois types de cet élément, dont deux sont 239Pu et 240Pu, représentant un total de 0,078 becquerels par kilogramme. Comme les proportions des divers isotopes permettent de ne pas faire de confusion avec les traces laissées par les essais nucléaires atmosphériques, il est avéré que ce plutonium provient de la centrale, à 1,7 km de là (4).

D’après l’universitaire, les quantités sont si petites que la santé des personnes ne serait pas en danger. Or tout le monde n’est pas de cet avis (5). Le plutonium fait partie des substances les plus toxiques fabriquées par l’homme. NHK ne donne pas le nom du troisième isotope. S’agit-il du 238Pu, comme l’avait décelé Tepco en avril ? C’est l’isotope le plus dangereux, car un millionième de gramme (un microgramme = 0,001 g) ingéré et fixé dans l’organisme suffit à délivrer une dose équivalente à quelques Sieverts sur toute une vie, soit un cancer à terme.

 

Du plutonium avait déjà été trouvé en avril en Corée du sud (6). Un débat a lieu également pour savoir si du plutonium de Fukushima est déjà arrivé aux Etats-Unis (7). Suite aux explosions de plusieurs réacteurs dans les jours suivant le tsunami, des poussières radioactives s’étaient déplacées avec les vents, et l’on craint que le combustible utilisé dans le réacteur n°3, le MOX, ne soit responsable de cette pollution. Par ailleurs, Tepco a déjà diffusé un tableau (8) informant qu’on trouvait de l’uranium et du plutonium dans les eaux d’infiltration du bâtiment des turbines. Pour l’unité 3 par exemple, le taux de l’uranium est inférieur à 6 mg/L et celui du plutonium est inférieur à 12 mg/L  (oui vous avez bien lu, mg et non µg, Tepco voit large !). Tepco, cette entreprise privée en quasi faillite, nous prépare encore bien des surprises.

 

 

tableau tepco 

 

Dans tous les cas, le plutonium diffusé dans l’eau ou dans l’atmosphère est français car c’est AREVA qui le fabrique. Quand on sait qu’en France l’ensemble des réacteurs nucléaires produit chaque année environ 11 tonnes de plutonium (9), autrement dit 11 milliards de microgrammes, on peut se demander si nos dirigeants ont réellement conscience du danger qu’ils font encourir à la population mondiale…

 

Reste à savoir de quelle manière précise du plutonium a pu et peut encore s’échapper de la centrale japonaise. L’agence de l’AIEA, qui vient d’inspecter le site de Fukushima Daiichi, nous le dira peut-être, car elle va rendre public son rapport sur la catastrophe lors de la conférence internationale organisée à Vienne du 20 au 24 juin. Ce sera une semaine marquante dans le paysage médiatique puisqu’ils vont enfin dévoiler ce que l’entreprise Tepco et le gouvernement japonais nous cachent depuis le début. Et il y aura sans doute quelques pleurs et grincements de dents.

 

(1) Le quotidien le plus vendu de la planète, le Yomiuri Shimbun, rapporte cette information le 7 juin.

source : http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110607005367.htm

 

(2) Voir mes articles précédents

du 2 mai : Les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Daiichi auraient fondu à 100%

http://fukushima.over-blog.fr/article-les-coeurs-des-reacteurs-1-2-et-3-de-fukushima-dai-ichi-auraient-fondu-a-100-73003947.html

du 13 mai : Le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi est devenu une passoire

http://fukushima.over-blog.fr/article-le-reacteur-n-1-de-fukushima-dai-ichi-est-devenu-une-passoire-73723336.html

du 25 mai : Fukushima : 1, 2, 3, ça fait 3 cœurs fondus

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-1-2-3-a-fait-3-coeurs-fondus-74602670.html

du 26 mai : Les enceintes de confinement des réacteurs 1 et 2 de Fukushima Daiichi sont percées

http://fukushima.over-blog.fr/article-les-enceintes-de-confinement-des-reacteurs-1-et-2-de-fukushima-daiichi-sont-percees-74711145.html

 

(3) Source : NHK World

 http://www3.nhk.or.jp/daily/english/05_21.html

 

(4) Fin mars 2011, on apprenait par Tepco que des traces de plutonium (238, 239 et 240) avaient été détectées dans le sol de la centrale. Mais l’entreprise avait mis ça sur le compte des anciens essais nucléaires atmosphériques.

source : http://www.sciencesetavenir.fr/depeche/nature-environnement/20110328.AFP7105/japon-des-traces-de-plutonium-dans-le-sol-de-la-centrale-de-fukushima.html

 

(5) Voir l’interview de Hirose Takashi :

http://fukushima.over-blog.fr/article-l-inhalation-de-la-plus-infime-particule-radioactive-72991443.html

 

(6) Source : http://www.chinadaily.com.cn/world/2011-04/13/content_12320816.htm

 

(7) Je l’avais signalé en avril dans cet article :

http://fukushima.over-blog.fr/article-plutonium-et-strontium-en-amerique-72372045.html

 

(8) Lien vers le tableau de Tepco :

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/images/handouts_110522_04-j.pdf

 

(9) Source : rapport n°179 du sénateur Christian Bataille (1997/1998)

http://www.senat.fr/rap/o97-179/o97-1793.html

 

 

 

Pour aller plus loin

  

L’article « Plutonium » de Wikipedia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Plutonium

 

Les effets du plutonium sur la santé :
http://www.ieer.org/ensec/no-3/no3frnch/effets.html

 

Le plutonium de Fukushima est français :

http://www.news-26.net/politique/285-le-plutonium-de-fukishima-est-francais.html

 

Du plutonium provenant de Fukushima se trouve dans les sols

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/crise-nucleaire-au-japon/20110621.OBS5589/du-plutonium-provenant-de-fukushima-trouve-dans-les-sols.html

 

Tout savoir sur le MOX

http://clubdeleurope.wordpress.com/2011/04/04/france-nucleaire-tout-savoir-sur-le-mox/ 

 

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 12:01
De la vapeur extrêmement radioactive sort d’une crevasse du sol du réacteur n°1.
Les valeurs relevées par Tepco sont les plus hautes jamais réalisées dans l’air de la centrale : 3 à 4 Sieverts par heure. C’est énorme. On se rapproche des doses mortelles à court terme. Il sera donc hors de question pour les hommes qui travaillent à Fukushima Daiichi de retourner voir ce qui se passe dans le réacteur 1, si une telle pollution perdure.
 
vapeur.jpgComment analyser la situation ? Il est probable que le corium, cette masse en fusion composée du cœur du réacteur ait rencontré, dans sa descente incontrôlable, une masse d’eau.
Celle-ci, au contact du corium qui est à une température de l’ordre de 3000°C, se transforme immédiatement en vapeur. Sous l’effet de la pression, elle se faufile dans la moindre fissure qu’elle trouve dans le béton des fondations du réacteur. Et là, elle a le choix dans les fissures ! Il y a encore eu un tremblement de terre ce matin d’une intensité de 5,6 à 20 km de la côte, ce qui ne doit pas arranger les choses.
Comment arrêter cette machine à vapeur infernale ? On ne peut pas tout simplement, car il semble bien que nous nous rapprochions du scenario du pire. Malgré tout, la société Tepco ne voit pas en quoi cela pourrait la retarder dans les travaux en cours dans la centrale. Je les trouve bien optimistes, car si l’homme a prévu d’utiliser une énergie abondante, celle de l’atome, il n’a pas de solution contre la descente d’un cœur fondu dans le sol.
 
Et ce que je crains le plus, c’est que les hommes soient un jour obligés d’évacuer la centrale à cause d’une radioactivité trop élevée. Et alors… qui s’occupera de Fukushima ? Qui s’occupera de refroidir les cœurs des autres réacteurs ? Qui s’occupera de refroidir les piscines de stockage de combustible usé ?
 
sources :
 
 
Vidéo Tepco de ces vapeurs du réacteur n°1

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 00:46
A voir et entendre, une publicité japonaise de 1991, archivée par le site Culturepub.
 
Pub japonaise de General Electric :

 

On peut y lire et entendre entre autres (*) :
 
avenir radieux« When Tokyo Electric Power gave GE our largest export order ever, it gave Tokyo the largest, most efficient power plant of its kind in the world. Which means more jobs for our people back home and a better future for the people of Japan.
GE, we bring good things to life. » 
 
« Quand Tepco a signé le plus gros contrat à l’export de GE (General Electric), nous avons équipé Tokyo de la centrale la plus efficace en son genre au monde (1). Ce qui veut dire plus d’emplois chez nous et un avenir meilleur pour les Japonais.
GE, nous améliorons votre quotidien. »
 
20 ans plus tard, les Japonais pleurent, et le monde avec.
 
Mais aussi, en 2011, on entend le gouvernement français et le groupe AREVA qui diffusent en cœur le même genre de message, à savoir que la nouvelle génération de centrales nucléaires, l’EPR, est « la plus sûre au monde ».
sources :
 
Avec ses 58 réacteurs, les Français risquent malheureusement de pleurer aussi un jour. Après Mayac (1957), Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), on sait maintenant que le nucléaire produit des accidents graves régulièrement partout dans le monde. Pour le prochain, à qui le tour (2) ?
 
(1)  Même si dans cette pub il ne s'agit pas de la même centrale nucléaire (ça pourrait aussi être celle de Tokai), c'est bien GE qui a construit les réacteurs 1, 2 et 6 à Fukushima Daiichi.
(2) Lire à ce sujet : "Un accident nucléaire en Europe : une certitude statistique"
 
 
Addendum
La dernière publicité d'AREVA :
La contre-pub du réseau Sortir du nucléaire :
 
 
(*) Texte intégral de la publicité :
 
 
“We make your daughter dance, take you to the sun, we start you up and light your way.
 
When day is done, we make you pretty, we make you smile.
 
GE, we bring good things to life.”
 
 
 
The people in Tokyo, like people everywhere, know their future depends upon getting more electricity in a more economical way. To get it they turn to GE, the world leader in gas and steam turbine technology.
 
 
 
“We bring you closer to the ones you love.”
 
 
 
When Tokyo Electric Power gave GE our largest export order ever, it gave Tokyo the largest, most efficient power plant of its kind in the world. Which means more jobs for our people back home and a better future for the people of Japan.
 
 
 
“GE, we bring good things to life”
 
 
 
« Nous faisons danser votre fille, nous vous apportons le soleil, nous vous faisons démarrer et éclairons votre chemin.
 
Quand le jour se termine, nous vous rendons beaux, nous vous faisons sourire.
 
GE, nous améliorons votre quotidien. »
 
 
 
Les gens de Tokyo, comme les gens de partout, savent que leur futur repose sur plus d’électricité de manière plus économique. Pour y arriver, ils se tournent vers GE, le leader mondial dans la technologie des turbines à gaz et à vapeur.
 
 
 
« Nous vous rendons plus proches de ceux que vous aimez. »
 
 
 
Quand Tepco a signé le plus gros contrat à l’export de GE (General Electric), Tokyo a été équipé de la centrale la plus efficace en son genre au monde. Ce qui veut dire plus d’emplois au pays et un avenir meilleur pour les Japonais.
 
 
 
« GE, nous améliorons votre quotidien. »
 
 

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 23:30

Le professeur Naoto Sekimura, vice-doyen de l’école d’ingénieur de l’Université de Tokyo, vient de publier un rapport sur l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi :

Overview of the Accident in Fukushima Daiichi Nuclear Power Plants

 

On peut le consulter dans son intégralité ici :

http://dels.nas.edu/resources/static-assets/nrsb/miscellaneous/SekimuraPresentation.pdf

(document au format pdf. en anglais)

 

Naoto Sekimura Naoto Sekimura

 

Contents

1. Earthquake and Tsunami on March 11, 2011

2. Fukushima Daiichi and other NPPs

3. Accident in Fukushima Daiichi Units

            • Unit 1 : Core Status, AM Code Simulation

            • Unit 2 : PCV Damage, Contaminated Water

            • Unit 3 : H2 explosion

            • Unit 4 : Spent Fuel Pool, H2 explosion ?

4. Release of Radioactive Materials and INES

5. Summary and Future

 

Table des matières :

1 .  Séisme et tsunami du 11  mars  2011
2 .  Fukushima  Daiichi  et les autres centrales nucléaires
3 .  Accident  aux unités de Fukushima  Daiichi
            Unité 1 :  Etat du cœur du réacteur    

            Unité 2: Dommages au réacteur, eau contaminée
            Unité 3: Explosion d’hydrogène
            Unité 4: Piscine de combustible usé, explosion
d’hydrogène ?
4. Rejets de matières radioactives
5. Résumé et perspectives

 

 

 

 

 

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 18:57

Alors qu’en France on attend une pluie bienfaisante et source de vie, les fortes pluies actuelles sur le Japon, et donc sur la centrale de Fukushima Daiichi, n’annoncent pas de réjouissances.

 

pluie sur japon Précipitations sur le Japon le 29 mai 2011

 

A court terme, la pluie rabat les poussières radioactives aériennes au sol, ce qui mène à polluer d’avantage la terre. Mais trop de pluie va conduire à un lessivage des sols et à des phénomènes de concentration de radioéléments au bas des pentes et dans tous les endroits où l’eau de pluie est conduite ou stagne. On l’a déjà constaté dans les dernières semaines avec une radioactivité élevée dans les boues des stations d’épuration ou au bas des gouttières.

 

A long terme, les fines particules radioactives vont gagner les nappes phréatiques et polluer les eaux de source pour de nombreuses années. En effet, si on peut débarrasser un sol en enlevant la couche de terre superficielle, comme on l’a déjà fait autour de certaines écoles, il est impossible de décontaminer une nappe phréatique. Là est une catastrophe à venir pour l’ensemble des territoires touchés par les retombées.

 

 prévision méteo fuku Prévisions météo à Fukushima

 

Par ailleurs, pour ce qui concerne la centrale de Fukushima Daiichi même, nous avions déjà parlé du largage d’eau contaminée dans le Pacifique par l’entreprise Tepco, car il n’y avait pas moyen de stocker cette eau (voir : http://fukushima.over-blog.fr/article-11-500-tonnes-d-eau-radioactive-deversee-dans-l-ocean-70976885.html. Aujourd’hui, ce n’est pas Tepco mais le mauvais temps qui va être la cause de la pollution maritime. Pour aujourd’hui et lundi, il est annoncé 48 mm de pluie, ce qui correspond, pour uniquement la surface du site de la centrale (environ 1000 m x 400 m), à la bagatelle de 19 000 m3 d’eau contaminée (1 mm d’eau sur 1 m² équivaut à 1 litre) qui va aller directement à la mer.

 

La semaine prochaine, on peut donc s’attendre à des pics de radioactivité dans l’eau de mer, dans les ruisseaux et les rivières, dans les égouts, dans les boues de station d’épuration et même dans l’eau du robinet. Et pas seulement dans la région de Fukushima, car cette fois, les vents se dirigent vers le sud-est et non vers l’océan.

 

Etant donné que la catastrophe est toujours en cours et que les réacteurs ne sont toujours pas sous contrôle, la pollution n’a pas fini de s’étendre. Au cours d’une année, 1250 mm de pluie (selon les mesures moyenne) donneront, uniquement sur le site de la centrale, pas moins de 500 000 m3 d’eau contaminée qu’Areva, même avec sa centrale d’épuration des eaux radioactives, ne pourra évidemment pas traiter. En effet, l’usine qu’ils vont construire est prévue uniquement pour filtrer l’eau de refroidissement des réacteurs.

 

 

source des images :

http://www.jma.go.jp/en/radnowc/

http://www.weather-forecast.com/locations/Fukushima/forecasts/latest

 

 

 

 

 

Voir aussi l'article : La dispersion de la radioactivité dans les océans

http://fukushima.over-blog.fr/article-dispersion-de-la-radioactivite-dans-les-oceans-72762584.html

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 01:32

Lors de l’arrêt automatique des réacteurs le 11 mars 2011 à 14h46 (heure du séisme), les barres de combustible ont, d’après Tepco, continué à être refroidies par le système de refroidissement de secours. Mais à 15h30, une vague de 15 m de hauteur a mis hors service ce système de secours et le cœur a donc cessé d’être refroidi.

 

D’après Chris Allison, au bout de 3 heures et demi de non refroidissement, un cœur de ce type fond entièrement et se retrouve au fond de la cuve du réacteur. A Fukushima, le 11 mars à 19h00, les cœurs avaient donc déjà fondu. Toujours d’après ce même expert, une heure plus tard, la masse fondue (corium), constituée d’uranium, de plutonium et de divers métaux constituant les assemblages, a une température de 1650°C, soit la température de fusion de l’acier de la cuve du réacteur. Combien faut-il de temps pour que ce corium traverse une cuve qui a une épaisseur de 26 cm ? Sans doute moins que la théorie. Car concrètement, au fond de la cuve, il y a déjà une multitude de trous.

 

 En effet, le fond de la cuve d’un réacteur à eau bouillante (BWR en anglais) est percé de nombreux trous qui servent à faire passer les barres de contrôle (control rods). A Fukushima Daichi, la cuve du réacteur 1 a ainsi 97 trous, les cuves des réacteurs 2, 3, 4 et 5 ont chacune 137 trous, et la cuve du réacteur 6 en a 185. Autant dire que pour le corium qui arrive là, il est facile de se frayer un chemin (il suffit de 300°C pour endommager un joint).

 

barre de controle systeme hydraulique ge bwrBarre de contrôle traversant le fond de la cuve (document GE)

 

Si l’on suit la logique, étant donné que Tepco n’a commencé à injecter de l’eau de mer que le lendemain 12 mars à 20h20, il est évident que le corium a eu le temps de sortir de la cuve, et cela au moins pour les 3 réacteurs en service (1, 2 et 3). Pour les réacteurs 5 et 6 qui avaient encore respectivement 94 tonnes et 132 tonnes de combustible dans leurs cœurs, on peut imaginer qu’il en a été de même puisque ces masses devaient également continuer à être refroidies, même avec le réacteur l’arrêt.

 

Selon un article du Mainichi du 25 mai 2011, Tepco est finalement arrivé à la conclusion qu’il y aurait plusieurs trous dans les enceintes de confinement des réacteurs 1 et 2. Cela confirmerait que le corium a traversé le fond des cuves en acier, qu’il est descendu dans le fond de l’enceinte, et qu’il l’a percé. Un trou aurait un diamètre de 7 cm pour le réacteur 1 et plusieurs trous de 10 cm pour le réacteur 2. A moins que le tremblement de terre n’ait provoqué ces trous ? Avec Tepco, il faut toujours deviner !

 

On peut se demander pourquoi Tepco lâche seulement maintenant ces informations alors que ces évènements ont probablement eu lieu dans les jours qui ont suivi le tsunami. Tout simplement parce que jusqu’à maintenant, personne ne lui demandait rien et il avait tout intérêt à cacher la situation pour sauvegarder une image acceptable de l’énergie nucléaire. Mais depuis hier, l’AIEA fait une enquête sur l’accident de Fukushima (ils ont mis le temps !), alors Tepco ne peut plus soutenir ses mensonges, il va désormais être obligé de dire la vérité.

 

Sources :

http://forums.futura-sciences.com/actualites/463203-explosion-a-fukushima-80.html

http://enenews.com/reactor-no-2-has-multiple-4-inch-holes-in-containment-vessel

http://mainichi.jp/select/weathernews/20110311/nuclear/news/20110525k0000m040135000c.html

http://www.lepoint.fr/monde/et-pendant-ce-temps-la-au-japon-20-05-2011-1333323_24.php

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 00:43

 

"Il est tout à fait possible que la fusion se soit également produite au sein des réacteurs deux et trois [et que] la plupart du combustible soit sans doute tombé au fond [de la cuve sous pression], comme dans le réacteur numéro un", a déclaré un porte-parole de Tokyo Electric Power.

 

Source : Le Monde

http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/05/24/tepco-annonce-que-les-reacteurs-2-et-3-sont-en-fusion_1526427_1492975.html

 

 

1, 2, 3, ça fait 3 cœurs fondus ! Tepco reconnaît officiellement la fusion des réacteurs 1, 2 et 3 après deux mois d’entourloupes. Heureusement qu’il y a des gens qui parlent au Japon, sinon on en serait encore à un incident mineur…

 

En fait pour ceux qui s’informent correctement, c’est-à-dire par le réseau des veilleurs de Fukushima, cette information de Tepco n’est pas vraiment une nouveauté. Je vous en avais déjà parlé il y a 3 semaines avec la déclaration de Mishio Ishikawa à la télévision le 29 avril dernier ( http://fukushima.over-blog.fr/article-les-coeurs-des-reacteurs-1-2-et-3-de-fukushima-dai-ichi-auraient-fondu-a-100-73003947.html ). On ressent juste de la colère face à cette entreprise menteuse et manipulatrice, qui n’hésite pas à cacher la vérité en mettant en péril la vie de dizaines de milliers d’habitants.

 

Et puis, il y a maintenant le professeur Hiroaiki Koide de l'Université de Kyoto, qui aurait déclaré hier devant la commission de la chambre haute du parlement Japonais que lui et ses collègues avaient eu à subir de "fortes pressions pour ne pas publier immédiatement les données de contamination dès le 15 mars" dans le cadre de l'accident de Fukushima. H. Koide avait fait de nombreuses déclarations préalables selon lesquelles les autorités Japonaises minimiseraient systématiquement les retombées de l'accident dans le cadre d'accords secrets entre les opérateurs et les autorités de contrôle nucléaires.

source :

 http://www.forum-rpcirkus.com/t1653p210-les-informations

 

Fusion-et-excursion-corium

 

Bon alors maintenant, où en est le corium des trois réacteurs ? Ce ne sont pas les ingénieurs de Tepco qui vous le diront, car ils n’en savent rien ! Il n’y a pas de caméra sous la cuve, et même s’il y avait du matériel pour mesurer quoi que ce soit, il serait fondu par cet infâme magma. Donc il faudra attendre plus de 10 ans (voire 20 selon Thierry Charles, IRSN), avant qu’il ne refroidisse et que l’on sache ce qu’il est devenu, à moins qu’il ne provoque une nouvelle explosion. Le Mainichi a publié hier les déclarations de Chris Allison du Idaho National Laboratory, USA, créateur d’un logiciel de simulation d'analyse d'accident grave, qui a estimé à son tour qu'en cas de "blackout station" total sur un réacteur de même modèle qu'à Fukushima, l'ensemble du combustible fondrait et se regrouperait en fond de cuve à environ +200 minutes puis que le corium atteindrait 1650° C à +260 minutes après le début du blackout, température de fusion de l'acier inoxydable de la cuve du réacteur. La synthèse de ces travaux a été communiquée à l'AIEA fin mars, ce qui n'a pas empêché Tepco de révéler la gravité réelle de l'accident 45 jours plus tard et de continuer à soutenir à ce jour que le corium est "probablement" resté bien sagement stationné au fond de la cuve du réacteur. Mais qui croit encore Tepco ?

 

Source Mainichi :
http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110523p2a00m0na019000c.html

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 23:42

 

 

Voici un extrait de la conclusion du rapport de l’IRSN intitulé « Evaluation au 66ème jour des doses externes projetées pour les populations vivant dans la zone de retombée nord-ouest de l’accident nucléaire de Fukushima - Impact des mesures d’évacuation des populations » (j'ai ajouté les caractères gras qui constitueront mes seuls commentaires) :

 

 

 

« Les projections des doses externes qui sont susceptibles d’être reçues par les populations vivant en territoires contaminés toute leur vie donnent des valeurs particulièrement significatives, certaines sortant même du champ dit des faibles doses redéfini en 2010 par l’UNSCEAR, à savoir moins de 200 mSv3. L’effectif des populations impliquées pourrait être également significatif, de l’ordre de 70 000 personnes dont 9 500 enfants de 0 à 14 ans (les enfants au Japon représentant 13,7% de la population en 2005).

Ces niveaux de doses ne prennent pas en compte les doses reçues lors du passage du panache sur les territoires concernés ni celles déjà prises ou à venir liées à l’alimentation.

Les doses efficaces totales (externe + interne) pourraient être augmentées significativement selon le type de dépôt (sec ou humide), le régime alimentaire et la provenance des aliments. »

 

La carte ci-dessous, extraite de ce rapport, traduit l’ampleur des territoires concernés dans la région de la centrale nucléaire de Fukushima.

 

carte irsn pollution japon 24 mai

 

 

 

La carte ci-dessous, extraite du même rapport, représente les zones d’évacuation planifiées ou en préparation établie par les autorités japonaises compétentes dont la « Nuclear and Industrial Safety Agency » (NISA) et le MEXT.

 

 carte d'évacuation fukushima

 

 

 

Source IRSN : le rapport complet

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Rapport_Evaluation_Dosimetrique_Fukushima_16052011.pdf

 

 

 

 

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