24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 20:55
maire-minamisoma.jpgOn se souvient encore du SOS lancé sur YouTube en mars dernier par Katsunobu Sakurai, maire de la ville de Minamisoma (70 000 habitants avant l’accident), qui lui a valu une notoriété mondiale. Dominique Leglu en avait fait l’écho dans son blog en relevant cette phrase : « Même les gens qui veulent nous aider et les médias ont peur de venir dans notre ville qui se trouve à 25 km de la centrale nucléaire de Fukushima ». Le réalisateur de la vidéo, Kenichiro Nakata, cité par l’agence Kyodo news dans une dépêche du 1er avril, avait expliqué à l’époque que les résidents victimes du désastre ne savaient même pas s’ils devaient rester ou évacuer.
 
Quatre mois plus tard, la contamination de la ville est avérée, mais suite à l’annonce du gouvernement de la reprise en main de la centrale nucléaire, le maire demande à ses concitoyens évacués de revenir dans la ville. Un membre du conseil municipal, Koichi Ohyama, n’est pas du tout de cet avis. Et pour se faire entendre, il utilise le même canal d’information que son maire, YouTube, pour dénoncer le manque cruel d’information sur la contamination réelle de la localité. Il s’oppose en fait au retour des personnes évacuées tant que toutes les mesures n’auront pas été prises pour mettre la population hors de danger, en particulier les enfants. « Les gens perdent l'habitude de se protéger contre la contamination », prévient Koichi Ohyama. C’est effectivement très dangereux. La radioactivité est invisible mais elle va rester dangereuse durant des dizaines d’années. Les territoires contaminés par l’accident de Tchernobyl sont confrontés aux mêmes problèmes : les gens reviennent.
 
Il est évident que cet homme a raison de protester contre le retour de la population évacuée, car c’est la condamner à la maladie future. Le cas de Minamisoma ne va pas être un cas isolé malheureusement. La pression économique va conduire à de fortes tensions dans la population entre ceux qui sont pour un retour rapide à une vie normale, quitte à « oublier » la radioactivité, et ceux qui ne conçoivent pas la vie sans une information transparente et une prise de précaution maximum, jusqu’à une évacuation définitive le cas échéant.
 
Au-delà du drame de cet homme et de cette ville, c’est le problème de l’exode définitif d’une partie de la population japonaise qui va se poser. Ceux qui connaissent les dangers réels de la radioactivité, ceux qui sont bien informés, ceux qui ont les moyens de partir : tous ces gens sont déjà partis ou sont en train de se préparer à partir. Si Koichi Ohyama estime qu’il y a trop de danger à rester et se décide à quitter sa ville, qui continuera à s’inquiéter de la santé de la population ?
 
Voici donc la vidéo de Koichi Ohyama, diffusée le 18 juillet 2011 sur YouTube. Elle est suivie par la traduction en français de son discours, réalisée par Pom’Verte du groupe Fukushima Informations. Mille mercis à elle pour cet important travail qui permet aux francophones de connaître la réalité.
 
 

 
 
 
 

Nouvel SOS de Minamisoma, Fukushima

 
« Bonjour les amis, je m'appelle Koichi Ohyama, et je suis membre indépendant du conseil municipal de Minamisoma, dans la Préfecture de Fukushima.
 
Ma ville pâtit encore gravement de contamination radioactive, et les gens continuent d'avoir peur du danger en cours venant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, qui est à peu près à 30 kilomètres de notre Mairie.
 
Vous qui m'écoutez, vous, tous les habitants de Minamisoma et de la Préfecture de Fukushima, vous, tous les gens du Japon et tous les gens du monde entier, j'aimerais que vous sachiez ce qui est en train de se passer ici, à Minamisoma.
 
Le 8 juillet, M. Katsunobu Sakurai, le Maire de Minamisoma, cité dans la liste des 100 personnalités les plus influentes du Time, a demandé aux résidents de la ville qui avaient été évacués de la zone de 20km à 30km autour de Fukushima, de rentrer chez eux.
 
Alors, beaucoup d'inquiétudes des résidents me sont parvenues depuis lors. Leurs inquiétudes sont :
 
- Les abris temporaires ou les appartements mis à disposition par la Ville sont dans la zone des taux de doses (de radiation) élevées.
 
- La Ville a construit des bâtiments scolaires temporaires sans enlever la surface de sol contaminée.
 
- Le Gouvernement ne vérifie ni les taux d'irradiation de mon puits ni ceux des légumes produits pour ma propre consommation (les légumes non destinés à la vente).
 
- La vérification des taux d'irradiation de ma maison évacuée, et le nettoyage de sa contamination sont-ils à ma charge (sous ma responsabilité) ?
 
Et tant d'autres sujets d'inquiétudes.
 
Je pense que les inquiétudes des résidents sont très raisonnables [valables], que le Maire ne devrait pas leur demander de repartir, et que le Gouvernement ne devrait pas supprimer la Zone de Préparation à l'Évacuation d'Urgence, qui est de 20km à 30 km autour de Fukushima Daiichi, avant d'en assurer la sécurité.
 
Aucune information détaillée sur la sécurité de la zone de 20 km à 30 km n'a été fournie, c'est pourquoi l'annonce du Maire provoque beaucoup d'inquiétude et de la colère chez les résidents.
 
Dans cette situation, dans le cadre de mon devoir d'annonce publique en tant que membre du Conseil Municipal, j'ai décidé de fournir des informations importantes sur Minamisoma par le biais de YouTube, suivant en cela l'exemple du Maire.
 
À notre avis, la chose la plus dangereuse est la contamination au plutonium, au strontium, et à tous les 31 autres sortes de matières radioactives, répertoriées officiellement au tableau n°5 du rapport de l'AIEA adressé le 6 juin au Gouvernement japonais.
 
Le Gouvernement a officiellement admis que ces matières sont "venues par les airs" de Fukushima Daiichi, mais il n'a pas fait d'enquête, ni annoncé où elles ont "atterri". J'ai demandé directement au Maire et aux membres du Parlement Japonais d'enquêter sur leur contamination, mais je n'ai eu aucune réponse.
 
En hiver, il souffle à Minamisoma de puissants vents saisonniers en provenance des hauts plateaux de l'ouest. Une partie de ces hautes terres sont dans le village de Itate, où les taux relevés sont si élevés qu'on demande à tous les habitants d'évacuer. Donc si des vents violents viennent de ces hauts plateaux hautement contaminés, notre ville sera de nouveau lourdement polluée au prochain hiver.
 
Et si nous enlevons maintenant les matières radioactives de la ville, nous serons de nouveau contaminés en hiver. Notre eau potable provient également de ces hauts plateaux.
 
Où sont ces quantités massives de 31 sortes de matières radioactives très dangereuses, dangereuses au possible ? On peut consulter le tableau et les chiffres dans les sites officiels, mais ni la télévision ni les journaux n'en parlent. C'est totalement injuste.
 
Le Gouvernement et le Maire n'ont pas le droit de mettre les habitants en danger en supprimant la zone restreinte avant d'en avoir contrôlé et assuré la sécurité, tout particulièrement pour la santé des jeunes. Ils sont notre trésor.
 
Nous ne devrions pas poursuivre la restauration économique suite à la catastrophe nucléaire avant d'avoir assuré la sécurité de notre vie.
 
Les parents ne peuvent pas assurer la sécurité de leurs enfants sans une déclaration de sécurité fiable et responsable du Premier Ministre, du Gouverneur, et du Maire. Et au final, c'est le Gouvernement qui doit fournir l'assurance et la responsabilité de la sécurité.
 
Or à Minamisoma, les gens perdent l'habitude de se protéger contre la contamination simplement parce que beaucoup de temps est passé depuis le 11 mars. Ils ont tendance à penser qu'il y aura moins de risques sans le sol, qu'ils n'ont plus besoin de masques, et parfois ils sont au milieu de la poussière dangereuse sans aucune protection.
 
Nous devons tous demander au Gouvernement d'enquêter et d'annoncer publiquement où se trouvent les 31 sortes de matières radioactives dangereuses en provenance de Fukushima Daiichi.
 
D'abord, nous devons connaitre les faits. Ensuite, nous devons y faire face.
 
Nous ne pouvons pas attendre jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour notre santé et notre vie. Le Gouvernement et le Maire ne doivent pas compromettre la santé et la vie des habitants au nom de l'économie.
 
L'avenir de nos enfants dépend maintenant de notre choix et de notre action. Nous devons être responsables de notre santé et de la vie à venir. C'est tellement critique maintenant.
 
S'il vous plait, faites connaitre cette situation à vos voisins et à vos amis, et demandez de l'aide.
 
Merci beaucoup de votre attention. »
 
 
 
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En savoir plus avec d’autres articles:
 
Dans Ecocentric, un blog du Time (langue anglaise)
un article de Krista Mahr du 21 Juillet 2011 consacré à Koichi Ohyama
« Is This Mike On? Another YouTube SOS from Fukushima »
 
Dans le site de l’Express
un article de Philippe Mesmer du 22 juillet 2011 consacré à Katsunobu Sakurai
Japon: le maire qui veut sauver sa ville après Fukushima
 
 
 
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Ce n’est pas le seul SOS lancé par un Japonais, je vous avais déjà fait part de l’appel à l’aide des habitants de la ville de Fukushima début juillet :
 
 
 
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Note : le titre de cette page a été emprunté à la chanson du groupe The police : « Message in a bottle »
 
 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 01:24
arnie-gundersenArnie Gundersen, expert nucléaire étatsunien, suit avec régularité la situation au Japon. Depuis le début de la catastrophe, il nous fait part de ses analyses et de ses questionnements par l’intermédiaire de vidéos qu’il diffuse sur le site de Fairewinds. Ses commentaires sont toujours pertinents, et ils sont précieux car c’est l’un des rares scientifiques au monde qui s’exprime sur la catastrophe de Fukushima Daiichi. C’est pourquoi il est important de donner aux francophones la traduction de ses propos, car aucun scientifique de son envergure ne s’exprime en France sur ce sujet. Il est vrai que l’Hexagone est encore plus nucléarisé que le Japon et qu’il ne serait pas de bon ton de parler de pluie noire, ce qui ternirait l’image de cette énergie « propre ». Cette « black rain » est aussi une pluie « chaude », radioactive, qui contamine faune, flore et humanité pour des dizaines d’années.
 
Cette vidéo a été éditée par Fairewinds Associates le 19 juillet 2011 sous le titre original « Ex Japanese Nuclear Regulator Blames Radioactive Animal Feed on "Black Rain” ». On peut la visionner sur le site de Fairewinds, ou sur Youtube avec un sous-titrage automatique (qui présente certains défauts de transcription).
 
 

 
 
 
Un ex-inspecteur nucléaire attribue l’origine des fourrages radioactifs à la "pluie noire"
 
Traduction P. Fetet, à partir du texte original édité par Fairewinds
 
 
« Bonjour, je suis Arnie Gundersen, de Fairewinds, et nous sommes le mardi 19 juillet.
 
Aujourd'hui, j'ai l'intention de parler de l’état des réacteurs à Fukushima, et plus important encore, de la radioactivité qui a été détectée à travers le Japon, pas seulement sur le site. Enfin, j’aimerais parler de ce que les Japonais commencent à appeler « Black Rain » (pluie noire).

La première chose est la situation actuelle site même. Les trois réacteurs de Fukushima qui sont en cause, 1, 2 et 3, et la piscine de combustible du réacteur 4 continuent à libérer de la radioactivité.
 
Actuellement, vous ne pouvez pas la voir dans la journée, car les jours sont chauds, mais vous pouvez la voir durant la nuit. J'ai reçu énormément de courriels à ce sujet, où les gens pensent que le site est en train de sauter. En fait, c’est de la vapeur sortant de ces réacteurs qui rencontre l'air froid du Pacifique.
 
Alors, ils continuent à libérer de la radioactivité. Mais la plupart du rayonnement de Fukushima a été produit en mars et en avril. A l’heure actuelle, il y a beaucoup moins de radioactivité quotidiennement qu'il n'y en avait en mars et avril. Environ 90 à 95% de la radioactivité de Fukushima a été libérée dans les 6 premières semaines de l'accident.
 
Alors que des radiations continuent à être relâchées, en quantité journalière, il n'y en a plus autant qu'avant. Mais d’un autre côté, Fukushima peut continuer à libérer de la radioactivité pendant une longue période.

Les Japonais ont programmé de construire de grandes tentes pour couvrir chacun de ces réacteurs. La première tente est en cours de fabrication et couvrira le réacteur 1, puis ils passeront au réacteur 2, puis au réacteur 3, et enfin au réacteur 4. Ces tentes sont conçues pour empêcher la vapeur de sortir et de la recueillir sous forme d’eau pour la traiter. Donc à partir de septembre, la plupart des radiations atmosphériques seront éliminées de Fukushima, au moins pour un réacteur.
 
Cependant, de plus en plus, cela débouchera sur la contamination de l'eau souterraine et des liquides qui sont sur le site. On ne peut rien prévoir dans l’avenir qui permettrait d'éliminer cette contamination.
 
En fait, les Japonais ont annoncé qu'il faudra 10 ans avant qu'ils ne commencent à démanteler les cœurs à partir du bas de l'enceinte. Il n'y a pas de technologie en ce moment pour les enlever. N'oubliez pas qu'ils ont fondu à travers le réacteur nucléaire et ils se sont répandus à la base de l’enceinte nucléaire.

A Three Mile Island, ils avaient fondu au fond de la cuve du réacteur, mais n’avaient pas traversé le réacteur. Donc, c'est tout nouveau. C'est un peu comme essayer de peler un œuf au fond d'une poêle à frire. S’il cuit trop longtemps, c'est un processus très, très compliqué et difficile. Et c'est ce à quoi nous sommes confrontés à Fukushima, un nettoyage à long terme. Alors en attendant, il y aura énormément de déchets radioactifs liquides qui devront être traités pendant 10 ou peut-être 20 ans.

Eh bien, dans mon esprit, la chose la plus préoccupante est l'information provenant du site dernièrement. Certains de mes amis sont des biologistes qui ont travaillé à Tchernobyl et qui se sont rendus au Japon pour y faire quelques travaux scientifiques. Ils ont bien vu que les choses allaient mal tourner. J'ai reçu un appel de leur part cette semaine et ils ont dit que la situation était très mauvaise. A vrai dire ce sont des scientifiques endurcis qui sont habitués à traiter avec la radioactivité et ils croient que les conditions à Fukushima sont bien pires que ce qu'ils avaient pensé.

Il existe des preuves qui confirment cela. La première est que des champignons qui se trouvent à 30-40 miles des réacteurs se sont révélés être contaminés bien au-delà de ce que les normes japonaises le permettent. Ce qui est intéressant est que ces champignons n’ont pas été cultivés à l’extérieur. Alors, comment est-ce possible de dépasser les normes de rayonnement pour des champignons cultivés en intérieur ? C’est une préoccupation majeure, et encore, ce n’est qu’à 35 miles de la centrale  accidentée.

La deuxième preuve, c'est que des bovins ont été contaminés dans toute la préfecture de Fukushima et au-delà. La semaine dernière, ça a commencé avec 8 vaches contaminées, puis c'est passé à 40 vaches et maintenant il s’agit de plus de 130 vaches qui sont contaminées, et je suis sûr que le nombre va augmenter avec le temps.
 
Maintenant il y a quelques éléments intéressants ici. Le premier est que les vaches étaient à 30-40 miles de la centrale et que leurs niveaux de césium vont bien au-delà de ce qui est déjà toléré pour la consommation humaine. Quand les vaches sont arrivées sur le marché, les Japonais n'ont pas goûté la viande, ils ont frotté la peau de l’animal pour voir s’il n'y avait aucune contamination. Et sur cette base, ils l'ont mise sur le marché. C'est seulement après cela que l'on a découvert que la viande était contaminée. Ce n'est pas une façon acceptable de contrôler la viande de bœuf.
 
Mais la question la plus importante ici est de savoir comment les vaches ont été contaminées alors que tout le monde pensait qu'elles étaient nourries avec de l’ensilage, en d'autres termes, le foin qui avait été sauvegardé d'avant l'accident ?
Il s'avère que les Japonais utilisent les tiges de riz pour nourrir leurs vaches. Et les agriculteurs, à 45 miles et au-delà, coupaient leur tiges de riz pour l’expédier vers les fermes qui étaient à l'intérieur de la préfecture de Fukushima. La paille a été contaminée à 500 000 désintégrations par seconde, dans un kilogramme de paille. Maintenant, il s’agit de césium. Il a une demi-vie de 30 ans. Mais au bout de 30 ans, il se désintégrera à 250 000 désintégrations par seconde. Et 30 ans plus tard, à 125 000 désintégrations par seconde. C'est ce que ce terme de « demi-vie » signifie.

Cela s'est produit à 45 miles. Rappelez-vous, la Nuclear Regulatory Commission avait suggéré l'évacuation au-delà de 50 miles. Cela semble indiquer que la NRC avait raison. Les Japonais auraient dû évacuer leur population au-delà de 50 miles et à la place de cela, ils se sont contentés d’évacuer jusqu’à environ 12-18 miles.

Cette contamination s’est ensuite propagée au-delà de la préfecture de Fukushima. Pourtant, la préfecture elle-même semble être le seul endroit pour lequel les Japonais sont inquiets au sujet de cette exposition à la radioactivité.

La dernière chose dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est ce qui arrive en dehors des 50 miles dont nous venons de parler. Il est déjà assez clair, sur la base de la radioactivité qui a été découverte dans la paille, que le rayonnement, même à 50 miles, est aussi élevé qu’il l’était dans certaines régions de Tchernobyl.

Eh bien, que dire de plus ? Jetons un œil sur Tokyo qui me préoccupe aussi. Tout d'abord, les stations d'épuration à Tokyo ont leurs boues contaminées. Normalement, cette matière est utilisé dans la construction de matériaux de construction. Mais elle est tellement radioactive qu'elle doit être stockée à l'extérieur sous des bâches, jusqu'à ce que quelqu'un trouve un moyen de s’en débarrasser.

La deuxième chose, c’est un rapport de laboratoire qu’un japonais m'a envoyé. Cette personne a pris sur ses propres deniers pour payer un laboratoire afin d’analyser les données sur une rue près d'un terrain de jeux à Tokyo.

Voici le rapport du laboratoire. Il montre qu'il y a 53 000 désintégrations par seconde dans un kilogramme, à partir de 2,2 kilos de matière prélevée sur le côté d'une rue près d'un terrain de jeux à Tokyo.

Cette personne était si préoccupée qu'elle est allé à la mairie de cette ville et le maire lui a répondu : je ne suis pas inquiet à ce sujet. Voici un citoyen qui, avec son propre argent, paye pour un rapport de laboratoire et ne peut rien obtenir de son gouvernement local.

Eh bien, il y a d’autres données. C’est celles que l’on obtient du National Cancer Center, hôpital également près de Tokyo. Ca a été publié sur leur site web quelques jours après l'accident. Le rapport montre que le 24 mars, soit 9 jours après l'accident, le fond radioactif en dehors de l'hôpital a été 30 fois plus élevé que le fond radioactif à l'intérieur de l'hôpital. Il y avait un dépôt de particules chaudes sur le sol. Et il était assez important pour augmenter la quantité de rayonnement que les détecteurs ont évalué à un facteur 30. A vrai dire, un hôpital national du cancer sait clairement comment mesurer le rayonnement, car ce sont des scientifiques expérimentés.

La dernière information que je veux partager avec vous provient d’un rapport que je reçois quotidiennement par courriel d'un éminent physicien japonais nommé le Dr Glen Saji. Il était secrétaire de la Commission de réglementation nucléaire au Japon. Il a écrit il y a deux jours ce qui suit, et cela a à voir avec la paille qui a été découverte près de Fukushima : « Je pense qu'ils ont dû stocker la paille dans un champ au moment du passage du panache, au cours de la première semaine de l'accident, en particulier à cause de la pluie noire ».

A vrai dire, « black rain » n'est pas un terme dont je sois sûr qu'il utilise à la légère. Mais cela a été clairement expérimenté au Japon après l'accident. Ce à quoi il fait référence est qu’il y a eu des nuages ​​de particules radioactives chaudes qui se sont déposées partout dans le nord du Japon.

Eh bien, les Japonais sont des gens débrouillards, comme en témoigne leur victoire en Coupe du monde ce dimanche. Mais ils ont besoin de connaître l'ampleur du problème auquel ils font face afin de le traiter correctement. Plutôt que de limiter l'information, il est important qu'ils limitent la radioactivité.

Je vous remercie beaucoup et à bientôt. »

 
 
Note :
Merci à Pom’Verte, Bernie, Idrissa et Hervé du groupe Facebook « Fukushima informations » pour m’avoir aidé à finaliser la traduction ! N’hésitez pas à rejoindre ce groupe convivial qui partage une somme considérable d’informations sur Fukushima, mais aussi sur le nucléaire en général.
 
 
 
Autre traduction d’Arnie Gundersen :
Interview édité le 3 juin
 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:46

kodanshaCe reportage, qui traite du système de décontamination de l’eau, des conditions de sa mise en œuvre, de la possible descente du corium dans le sol et des pratiques de désinformation de Tepco, donne aussi des informations sur l’état général de la centrale de Fukushima Daiichi. Malgré l’annonce rassurante de Tepco et du gouvernement au sujet de la maîtrise de la crise, personne au Japon ne peut ignorer, à la lecture de cet article très critique, ce qui se joue réellement à Fukushima Daiichi.

Merci infiniment à  Marielle Ikeme et Hiroko pour avoir réalisé cette traduction française de qualité.

 

Paru le 8 juillet 2011 sur le site Internet Gendai Business sous le titre original :

メルトアウト「核燃料」地下水直撃の恐怖!
メルトスルーを超える最悪の事態 東電はこの可能性を隠していないか!

cet article provient à l’origine de l’hebdomadaire FRIDAY publié par Kodansha, grande société d'édition au Japon.

 

L’article est suivi d’un communiqué du 20 juillet de NHK World qui confirme, 12 jours plus tard, que le système de recyclage de l’eau de refroidissement ne fonctionne pas correctement.

 

 

Fukushima : après le "Melt-through", le "Melt-out" : le corium attaque les nappes phréatiques

source :

http://gendai.ismedia.jp/articles/-/11152

 

En considérant l’aspect des sous-sols de la centrale de Fukushima Dai-ichi, les spécialistes font un effroyable constat : le système de refroidissement fonctionne bien en deçà des espérances et le devenir du combustible fondu reste incertain.

Cependant Tepco s’évertue à remettre en marche le système de refroidissement des réacteurs de la centrale Fukushima Dai-ichi.

 

 

 

 tuyaux au sol près de l'unité 1

Travail au sol près de l'unité 1

 

 

A l’ouverture de la séance organisée par Tepco et le gouvernement le 27 juin, le responsable M. Takeshi Hosono a déclaré qu’on se rapprochait de la stabilisation du système de refroidissement, qu’un pas en avant avait été franchi. Ce système, interrompu le 18 juin, avait été remis en marche dans l’après-midi à 16h20.

 

Cependant, lors de la clôture de cette conférence, Monsieur Junichi Matsumoto de Tepco a mis fin à cette euphorie en déclarant, les yeux baissés, qu’il avait d’autres informations à communiquer : « De l’eau fuit par les joints, ce qui a entraîné l’arrêt du circuit de refroidissement dans l’après-midi à 5h55. »

 

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Mesure de dose de radiations sur une voiture du site : 94 µSv/h

 

 

 

La remise en circulation de l’eau de refroidissement n’a fonctionné que 90 minutes. Ce système est encore en situation d’échec. Ce n’est que le 28 juin qu’il a pu refonctionner. A quand sa stabilité ?

 

C’est parce que ce système a été construit à la hâte que l’on craint des incidents imprévisibles, comme une réplique. Ce système de refroidissement repose sur 4 km de canalisations dans lequel circule une grande quantité d’eau contaminée par le mélange fondu de combustible à haute température. Lors d’un fort tremblement de terre, les canalisations s’endommageraient, les boulons se desserreraient et des matières radioactives se déverseraient dans l’environnement (M. Jun Sakurai technicien spécialisé).

 

Selon les indications de M. Sakurai, il est fort possible qu’une catastrophe imprévisible intervienne à nouveau d’ici la stabilisation du système de refroidissement. La situation serait alarmante. Une atroce réalité peu imaginable, mais qui peut arriver dans la profondeur des sous-sols de la centrale de Fukushima.

 

Avec l’intervention des systèmes de désalinisation d’eau, de séparation huile-eau, de purification, et un autre système d’élimination du césium, l’eau légèrement décontaminée de sa radioactivité est réutilisée pour le refroidissement. Selon un rapport de l’AIEA publié le 7 juin, le gouvernement a reconnu la possibilité de perforations dans les cuves des réacteurs 1~3.

 

Le combustible des réacteurs fondus (melt-down) s’échappe des cuves de pressurisation et s’infiltre dans l’environnement (melt-through).

 

 

schema reacteur 1 

 

Selon Monsieur Hiroaki Koide de l’Université de Kyoto, “La situation de la centrale de Fukushima est désespérée” :

« Je pense que le corium, mélange fondu à base d’uranium, a endommagé le fond des cuves et qu’il s’infiltre au travers du béton et se diffuse dans la terre. Le combustible du cœur des réacteurs ne fond pas à moins de 2800 degrés (la radioactivité empêche la mesure de la température actuelle).

Il y a à peu près cent tonnes de corium. Les cuves de pressurisation et les métaux utilisés pour l’enceinte du bâtiment fondent à 1500 degrés. Il est donc probable que le corium soit tombé au fond des cuves, qu’une partie ait attaqué le sol et qu’une autre partie se soit mélangée avec l’eau contaminée, entraînant la fonte des murs. »

 

Le combustible fuit à l’extérieur des réacteurs et diffuse une forte radioactivité dans l’environnement. M. Koide qualifie cette situation catastrophique de « melt-out ».

Si le corium attaque les nappes phréatiques, on aura beau refroidir, cela n’empêchera pas la radioactivité de s’étendre. Il faut stopper cette infiltration souterraine afin de ne pas contaminer l’océan. Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? Cela protègerait les nappes phréatiques du corium et des sols contaminés.

 

Si l’on considère la structure de la centrale, il y a de grande chance pour que l’on soit entré dans la phase “melt out”. Voici les explications fournies par M. Masashi Goto, ex-technicien nucléaire chez Toshiba :

« L’épaisseur des parois des cuves de pressurisation est d’une dizaine de centimètres. Mais les enceintes de confinement ne font pas plus de 30 millimètres d’épaisseur. La pression des cuves est calculée pour supporter une pression de 70 unités mais la pression à l’extérieur ne peut en excéder 4. Si le combustible devait fuir au point de faire fondre la cuve de pressurisation, l’enceinte de confinement ne résisterait pas. Et qui plus est, le bâtiment extérieur et les murs en béton du sous-sol.

Comme nous l’avons dit plus haut, rien n’a été construit en cas de fonte d’un réacteur, ni au niveau des enceintes, ni au niveau des cuves. C’était dès le départ un échec assuré. C’est pour cela qu’il faut envisager des mesures pour le cas où nous entrerions dans la phase « melt down » car ce n’est qu’une question de temps pour que le corium s’échappe des cuves, perce les enceintes extérieures et s’infiltre dans les sous-sols de la centrale. »

 

Suite à la phase “melt-out”, des particules radioactives terriblement dangereuses sont dispersées. On y trouve de l’iode, dont la demi-vie est de 8 jours, en provenance de l’eau contaminée qui vient du sous-sol des bâtiments et qui remonte à la surface de la terre, ainsi que du césium dont la demi-vie est de 2 ans ; ces particules radioactives assez légères s’accumulent à la surface de l’eau. Par contre, parmi les particules qui s’infiltrent à l’intérieur du sol, il y a le strontium dont la teneur met 29 ans pour diminuer de moitié et le plutonium qui lui mettra 24 000 ans. De plus le plutonium peut rester dans le corps humain 50 ans et y causer de graves dommages. D’après M. Takeda, ancien spécialiste du nucléaire de l’institut de recherche de l’université du Chubu, «  Ses effets sont désastreux ».

 

 

tuyaux au sol 

Sous le soleil brûlant, des hommes travaillent avec des combinaisons de protection renforcées de ruban adhésif. La chaleur s’intensifiant depuis juin, plusieurs ont déjà souffert d’hyperthermie.

 

Le plutonium qui se dépose facilement dans l’eau est une substance radioactive relativement lourde. Si le combustible s’est infiltré dans les eaux souterraines, ce sont les rivières les lacs, les puits, la mer et tout ce qui est en contact avec ces nappes qui vont être contaminés. Et en plus, le niveau de radioactivité est tellement fort que l’homme ne peut pas s’en approcher afin de faire un rapport de la situation.

 

La construction d’une enceinte de protection

 

Est-ce que Tepco connait le niveau actuel d’infiltration du combustible ? Certes Tepco a constaté la phase du « melt-out » mais sans pour autant être persuasif dans ses explications.

 

Selon des analyses, le combustible du réacteur numéro 1 est tombé au fond de la cuve. Actuellement, le refroidissement de ce réacteur est stabilisé grâce aux injections d’eau, ce qui limiterait à partir de maintenant l’éventualité de fortes émanations radioactives. Pour les réacteurs 2 et 3, de mêmes analyses sont en cours mais l’état des réacteurs est inconnu. A la question de savoir si les cuves sont percées ou pas, Tepco répond que l’investigation n’étant pas terminée, les résultats seront communiqués plus tard (Service de presse de Tepco).

 

Pendant que l’attention se focalise sur “la stabilisation de refroidissement des réacteurs”, les possibilités de “melt through” et “melt out” sont à peine évoquées sous prétexte que “l’enquête suit son cours”. Cependant d’un autre côté, Tepco prépare la construction d’une enceinte de protection en profondeur.

 

« Les plans sont en cours d’élaboration. Tepco prévoit de construire une enceinte afin de protéger les nappes phréatiques des infiltrations contaminées » (Service de presse de Tepco).

 

On en revient à l’évocation de M. Koide : « Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? ». Concernant la pire des situations qui pourrait arriver, Tepco ne se prononce pas, mais n’envisage-t-il pas ce « melt out » quand il commence à prendre des mesures à son encontre ?

 

Un travailleur sur la centrale révèle que, depuis juin, le travail à Tepco devient problématique. Sur le panneau d’affichage du stade de Fukushima, des informations étaient quotidiennement publiées sur la centrale. Mais récemment plus aucune information n’est apparue. Selon le patron d’une compagnie mère qui travaille sur la centrale, il manque l’essentiel. Tepco, qui interdit formellement l’accès de la centrale car c’est trop dangereux, n’en dit pas plus. Les ouvriers soupçonnent « Tepco de manigancer quelque chose ».

 

Sous la centrale, où l’homme ne peut pas pénétrer, il est possible que se préparent des évènements sans précédents pour l’humanité.

 

 

 

Note :
Pour voir les autres photos du reportage, se reporter à "Voir Fukushima (15)"

 

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Le taux de nettoyage à la centrale de Fukushima reste faible

NHK World,

Mercredi 20 juillet 2011- 21:14 0900 (JST)

http://www3.nhk.or.jp/daily/english/20_36.html

 

Le système de décontamination d'eau radioactive de la centrale nucléaire paralysée de Fukushima Daiichi continue de fonctionner en dessous de sa capacité cible.

L’opérateur de l'usine, Tokyo Electric Power Company, a constaté que le taux de décontamination du système était d'environ 53% durant la semaine écoulée, alors que le taux attendu était de 70%. Il a été incapable d'atteindre le taux cible pendant 3 semaines consécutives.

La faible performance du système est due à des fuites d'eau ainsi que le fait que sa capacité à éliminer les matières radioactives est de 30% inférieur à celui des Etats catalogue. 

TEPCO dit que les performances du système ne se sont pas améliorées, même après que la tuyauterie ait été changée, et que la cause du problème est encore inconnue. 

À la centrale en difficulté, l'eau utilisée pour refroidir les réacteurs est devenue radioactive et s’est accumulée dans les sous-sols des bâtiments du réacteur.

TEPCO a exploité un système en boucle depuis le mois dernier, en utilisant l'eau pour refroidir les réacteurs après décontamination. 

Mardi, la compagnie d'électricité et le gouvernement ont déclaré que les réacteurs se sont refroidis de façon stable. Pourtant, le système de recyclage d'eau de refroidissement ne fonctionne pas bien. 

Mercredi, à 7 heures, au bâtiment du réacteur numéro 1, le niveau d'eau polluée dans le sous-sol avait 13 centimètres de plus que la veille. TEPCO dit que la tempête tropicale a haussé les niveaux d'eau.

 

Texte original en anglais

Cleanup rate at Fukushima plant remains low

A system to decontaminate radioactive water at the crippled Fukushima Daiichi nuclear power plant continues to work below its target capacity.
The plant's operator, Tokyo Electric Power Company, has found that the system's decontamination rate was about 53 percent during the past week, compared with the target rate of 70 percent. It has been unable to reach the target rate for 3 consecutive weeks.
The utility says the system's low performance rate is due to water leaks as well as the fact that its capacity to remove radioactive materials is 30 percent lower than the catalog states.
TEPCO says the system's performance has not improved even after its piping was changed, and that the cause of the problem is still unknown.
At the troubled plant, water used to cool down reactors has become radioactive and has been accumulating in the basements of the reactor buildings.
TEPCO has operated the cyclical system since late last month, using the water to cool down the reactors after decontaminating it.
On Tuesday, the utility company and the government said that the reactors are being cooled down in a stable manner. However, the system to recycle cooling water is not working well.
At the Number 1 reactor building, the level of polluted water in the basement at 7 AM on Wednesday was 13 centimeters higher than the previous day. TEPCO says a tropical storm has raised the water levels.

 

 

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Pour avoir plus d’infos techniques sur le système de décontamination, reportez-vous à l’excellent dossier de l’électron libre sur le site « Glasnost sur Fukushima » :

« L’électron libre » n° 51 du 14 juillet au 16 juillet

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:57

Billet invité

Jean-Claude Cousin, veilleur de Fukushima sur le site Dazibaoueb, m’a transmis cet article que je publie ici volontiers. Dans ce contexte de catastrophe où l’actualité prend le dessus sur l’analyse, il n’est pas inutile de prendre du recul sur les évènements gravissimes qui ont eu lieu et d’aller au-delà des déclarations d’autosatisfaction de Tepco, l’entreprise la plus polluante du monde. Non, malgré les propos minimisants des acteurs du lobby nucléaire, rien n’est réglé. Oui, « le monde va devoir se serrer les coudes », et changer.

 

 

Quatre mois plus tard, Fukushima : un premier bilan ?

par Jean-Claude Cousin, le 16 juillet 2011

  

tsunami.jpg« Rappel des faits. Le 11 mars 2011, un déplacement de trente mètres de la plaque supportant le Japon (plaque nord-américaine), sur une largeur de 400 kilomètres, a provoqué à la fois le séisme le plus violent de l'histoire du Japon (au moins 9 de magnitude), et un très violent tsunami atteignant parfois 14 mètres de hauteur, et ravageant les terres du nord-est sur une profondeur de plusieurs dizaines de kilomètres.

Un autre séisme moins violent, le 9 mars, avait déjà fragilisé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Le 11 mars les défenses automatiques ont très mal fonctionné, et envahies par l'eau de mer n'ont plus permis de refroidir les réacteurs 1 à 3. Dans ceux-ci, en raison de la rapide élévation de température, les barres contenant les pastilles de carburant nucléaire se sont mises à fondre complètement, constituant un corium qui s'est accumulé au fond des cuves. On ne sait pas exactement quel est l'état de ce corium, ni combien de barrières il a réussi à traverser, ni ce qui advient du plutonium qu'il contient nécessairement.

Le plutonium est un sous-produit de la transmutation de l'uranium initial, quand il n'est pas comme dans le réacteur N°3 de Fukushima Daiichi un des constituants du carburant initial. Ce réacteur avait été chargé en MOX, mélange d'uranium pauvre pour 93% et de plutonium pour le reste. Ce mélange particulier est fabriqué en France, par le recyclage de barres usagées provenant du monde entier. Les autres réacteurs utilisent de l'uranium enrichi.

L'inconvénient du plutonium, outre sa toxicité énorme, est la faiblesse de sa masse critique. Cela signifie que, dans le corium encore chaud, si les diverses particules de plutonium réussissent à se constituer en une masse commune suffisante (six kilogrammes seulement, soit en raison de sa masse très élevée - pratiquement 20 Kg pour un litre - une petite motte), une réaction nucléaire se produira spontanément. On peut essayer d'en imaginer les conséquences.

Ce matin, la société TEPCO, opérateur de cette centrale, et le gouvernement japonais se sont félicités de maîtriser la situation : les trois réacteurs incriminés seraient enfin dans un état d'arrêt à froid. En revanche, sur les eaux de refroidissement et leur "nettoyage" des difficultés continuent à se faire jour, avec sans doute un risque de débordement de produits radioactifs dans la terre environnante.

Ce n'est pas tout. La piscine où sont entreposés les déchets du réacteur N°4 est-elle entièrement sécurisée ? Rappelons qu'en raison de l'hydrogène qui s'était accumulé au-dessus, provenant des autres réacteurs, son plafond avait volé en éclats, et les barres usagées avaient manqué d'eau puisque les pompes de refroidissement ne fonctionnaient plus, et que l'eau de la piscine s'était en partie évaporée à force de bouillir.

On notera que pendant tout ce travail des particules de césium, d'iode, et d'autres produits plus lourds ont été transportées par le vent un peu partout, en particulier jusqu'à Tokyo et au-delà. Les quantités n'étant pas très importantes, les effets ne se feront pas sentir tout de suite, mais dans plusieurs années. Déjà, les plantes, les animaux sont radioactifs : on l'a découvert pour le thé, jusqu'à 200 Km de la centrale. C'est aussi vrai pour les champignons, et pour plein d'autres légumes. Bien entendu, les animaux qui ont brouté l'herbe, ou le foin pas encore mis à l'abri, présentent eux aussi des signe de contamination. On ne parle pas des poissons et coquillages, puisque des quantités importantes d'eau très radioactive se sont déversées dans l'océan avant qu'on puisse maîtriser ce facteur.

Jusqu'à présent, n'a été abordé que le volet nucléaire du désastre (qui amène d'ailleurs les Japonais à manquer d'électricité pour cet été). C'est pourquoi le premier ministre a poussé à désormais diversifier la production, en se lançant dans les énergies renouvelables.

 

Pour ce qui est des dégâts matériels du Japon du nord-est, ils sont considérables. Le chiffre de 165 milliards d'euros a été avancé. Tout est à reprendre, infrastructures, routes, distribution électrique et d'eau potable, bâtiments publics et privés. La masse des gravats et détritus divers devra être évacuée d'une façon ou une autre. Sans compter qu'il faudra veiller à ce que les sols, déjà touchés par le sel apporté par la vague, ne soient pas aussi radioactifs. De plus, même les balises géodésiques sont à recaler une à une pour reconstituer les bornages des propriétés, puisque tout a été décalé de façon variable allant jusqu'à plusieurs mètres.

Comment la reconstruction pourra-t-elle se faire ? Très lentement sans doute, puisqu'il faut reprendre plus qu'à zéro, nettoyer, recadastrer, reconstituer des archives dont certaines sont forcément inutilisables en raison de l'envahissement par l'eau, définir les priorités, aider les habitants à reprendre espoir, à repartir sur de nouvelles bases. Il va falloir compter sans doute en dizaines d'années, mais rien ne sera plus comme avant. On compte plus de vingt-trois mille morts et disparus, cela va changer beaucoup de choses. Des familles entières sont manquantes.


Il y aura un Japon d'après le 11 mars, ce sera bien pire qu'un certain 11 septembre à New York. Grosse différence, il peut être considéré comme acquis que dans ce cas-là, une grossière propagande ne va pas transformer le pays en camp retranché, car c'est cela, et rien que cela, l'important du nine-eleven. Le Japon doit vivre, réussira-t-il à surmonter toutes ses difficultés ? Nos descendants le sauront sans doute. Ou pas, si notre monde s'écroule entre-temps sous les coups de boutoir de la grande finance et de ses fous furieux.

Que nous, Européens, ne considérions pas cette affaire comme négligeable. La quantité de nucléides radioactifs divers qui s'est répandue dans l'atmosphère va essaimer sur le monde entier, de façon moins importante à court terme que Tchernobyl pour nous Européens, mais...

Mais les océans vont TOUS supporter un accroissement de radioactivité, plus ou moins stockée par le plancton, puis par les poissons... je laisse deviner la suite. Les prairies de partout seront plus radioactives... un peu, ce qui s'ajoutera à ce qui advient d'un Tchernobyl "qui s'est arrêté à nos frontières", comme l'ont laissé entendre les médias !

Le Monde va devoir se serrer les coudes. Pour cela quelques accapareurs devront, ce sera devenu impératif, laisser de gré ou de force place à de toutes autres formes de gouvernements, solidaires et plus égalitaires. »

 

source image : Ouest-France

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 22:00

goupil.jpg

Un accident disent-ils une centrale ils ont perdu le contrôle

Les radiations sont partout et j'habite presque à côté

Le matin je vais à l'école comme tous les enfants

J'ai six ans papa m'a dit si le dosimètre monte plus haut que le trait tu t'éloignes

Tu me cherches

Le dosimètre a dépassé le niveau je ne vais pas à l'école je cherche papa

Je demande aux gens qui passent vous n'avez pas vu mon papa

Il travaille dans une banque

Non on ne l'a pas vu

Les gens regardent mon dosimètre

Ils ont peur

Peur

De me toucher

De me regarder

Peur

Que je les contamine

Peur

De me parler ils s'en vont très vite

Peur

Ils ont appelé des gens qui ressemblent à des cosmonautes

Avec leurs combinaisons blanches

Je ne vois même pas leurs yeux

J'ai peur

Ils m'emmènent

Me font monter dans un camion

Déshabiller

Doucher

Ils me passent un drôle d'appareil qui grésille

Tout autour de moi

Je suis nu

J'ai froid

Peur

Où sont papa et maman

Une autre douche

Encore l'appareil il grésille moins fort

J'ai le droit de ressortir

Pour cette fois ça va ils m'ont dit

Où sont tes parents

Je ne sais pas je les cherche

Comment tu t'appelles

Je dis mon nom

Où tu habites

Ils me ramènent chez moi

C'est long

J'ai peur

Ils m'ont donné un nouveau dosimètre

Ils donnent l'ancien à papa et maman

Tout va bien il est décontaminé

Papa et maman pleurent

Pourquoi vous pleurez

La ville est contaminée

Les radiations arrivent

La vie change on doit déménager

Ça fait trois fois

Et on a tous été irradiés

Cette fois on ne déménage pas on attend

C'est la fin

Des larmes

La douleur

Ils n'ont pas de dosimètre

Ils savent

 

Jérôme Goupil, 9 juillet 2011

 

source :

http://www.jeromegoupil.com/fr/News/Entr%C3%A9es/2011/7/11_Irradi%C3%A9s.html

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 02:03
Du 24 mai au 3 juin 2011, une équipe scientifique de la Criirad est allée au Japon, dans les préfectures d’Ibaraki et de Fukushima. Composée de Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la Criirad, et de Christian Courbon, technicien spécialiste des investigations de terrain, cette mission d’étude avait un triple objectif : évaluer les niveaux d’irradiation, former et équiper des citoyens et des associations japonaises au contrôle radiologique, et limiter au maximum l’exposition des personnes.
Au moment où la Criirad édite la vidéo d’une conférence faite fin juin pour faire connaître le compte rendu de la mission, l’IRSN publie une synthèse sur la pollution radioactive sur terre, un article du site d’Alexander Higgins dévoile une contamination importante du sol de la banlieue de Tokyo et l’Acro met à jour les résultats de ses propres analyses. Il est donc intéressant de comparer leurs différentes approches.
 

 
 
 Vidéo de la conférence de la Criirad du 29 juin 2011 à Lyon avec Bruno Chareyron (1/2 h)
 
1) Informations données lors de la conférence de la Criirad
Selon Bruno Chareyron, les Japonais ont été très mal informés et très mal protégés. Très peu de pastilles d’iode ont été distribuées pour éviter les cancers de la thyroïde. Des doses extrêmement élevées de radiations ont été relevées seulement 10 jours après le début de la catastrophe, ce qui est inacceptable car on a laissé la population dans l’ignorance du danger des retombées.
La Criirad ne comprend pas comment cela a pu se passer dans un pays moderne, riche comme le Japon, ayant des ingénieurs en radioprotection. Cela est inacceptable 25 ans après Tchernobyl.
Par ailleurs, la simulation de l’IRSN du 17 mars a laissé penser qu’il ne fallait évacuer personne, alors qu’on était en pleine contamination. La simulation a été faite sans chiffres fiables, puisqu’encore aujourd’hui, on ne connaît pas exactement la réalité de cette contamination.
 
Fin mai 2011, les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la Criirad sur la ville de Fukushima, située à 60-65 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.
Les débits de dose relevés à 1 mètre du sol, en extérieur, sont plus de 10 fois, voire plus de 20 fois supérieurs à la normale (supérieurs à 1 et 2 μSv/h). L’irradiation est encore mesurable dans les étages des bâtiments. Des mesures effectuées au 4ème étage d’un immeuble ont montré un excès de radiation qui augmente lorsqu’on se rapproche des fenêtres, même fermées.
Les maisons ne sont donc pas vraiment des protections, car les rayonnements gamma des radionucléides qui sont sur le sol à l’extérieur sont très puissants et traversent les murs et les fenêtres. A l’intérieur d’une maison individuelle du quartier Watari, la Criirad a mesuré un débit de dose plus de 3 fois supérieur à la normale au contact du tatami dans la chambre des enfants (0,38 μSv/h) et 6 fois supérieur dans le salon à 1 mètre du sol (0,6 μSv/h). Devant la maison, on mesure 2,2 μSv/h dans le jardin d’agrément et 2,9 μSv/h au niveau de la pelouse d’une école proche (mesures à 1 mètre du sol).
Un prélèvement sous une balançoire de la ville de Fukushima a donné un taux de radioactivité en césium de 370 000 Bq/kg, donc la terre de cette école peut être considérée comme un déchet radioactif.
La centrale de Fukushima Daiichi souffre également d’un manque de contrôle de la radioactivité de l’air : la balise qui se trouve devant la centrale ne fonctionne que 20 minutes par jour. Tepco répond à ce problème en prétendant qu’ils n’ont pas assez de personnel disponible pour changer les filtres.
 
Selon la Criirad, les autorités japonaises n’ont pas lancé de critères d’évacuation obligatoire suffisants. Si rien n’est fait, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an, ce qui correspond à 5 décès pour 100 000 personnes exposées.
Or les autorités japonaises ont fixé une limite de dose de 20 milliSieverts comme critère pour décider d’évacuer définitivement ou non les populations. Ceci correspond à un risque de cancer mortel à terme 20 fois supérieur au risque acceptable en France. Ceci est d’autant plus grave que les habitants de Fukushima ont déjà été fortement exposés. Il faut également tenir compte des doses liées à la contamination interne que ces populations continuent à subir par ingestion de denrées contaminées et des risques liés à l’inhalation de poussières à partir du sol contaminé.
 
L’intérêt de la mission de la Criirad au Japon a été de permettre aux Japonais qui ont rencontré Bruno Chareyron et Christian Courbon d’intellectualiser cette menace invisible, afin de mieux s’en prémunir.
 
 
2) Le rapport de l’IRSN
carte irsn pollution japon 24 mai"Synthèse des informations disponibles sur la contamination radioactive de l’environnement terrestre japonais provoquée par l’accident de Fukushima Dai-ichi"
13 juillet 2011
Selon ce rapport que vous pouvez consulter avec le lien ci-dessus, il n’est pas dangereux de boire du thé faiblement radioactif. Les amateurs de thé apprécieront, j’en suis certain !
Par ailleurs, l’IRSN utilise différentes unités de mesures de radioactivité, soit des Bq/kg (densité massique), soit des Bq/m² (densité surfacique) ce qui ne permet pas de lire le document de façon aisée puisque l’on saute de l’une à l’autre sans explication ni données de comparaison. Il est évident qu’il serait plus juste de donner uniquement des mesures de densité surfacique, car c’est sur le sol que les hommes vivent.
Toutefois, on pourrait quand même comparer ces mesures en transformant les densités massiques en densité surfacique. Mais, petit problème, il manque deux données essentielles : la densité de la terre prélevée et la hauteur du prélèvement. Seul le prélèvement de l’ACRO comporte l’information de profondeur (2 cm). Il faut donc utiliser une densité minimale pour la terre superficielle d’environ 1200 kg/m3 (densité de la terre végétale = 1200, densité de l’argile ou du sable = 1700) pour ensuite envisager de convertir la mesure de 86 680 Bq/kg pour l’iode 131 (prélèvement du 31 mars à Iitate Maeda) avec cette formule : Bq/kg (radioactivité massique) x kg/m3 (densité de la terre) x m (profondeur de prélèvement) = Bq/m² (radioactivité surfacique)
Ce qui donne :
86 680 x 1200 x 0,02 = 2 080 320 Bq/m²
Eh oui, 2 080 320 Bq/m², ça fait plus mal aux yeux dans un rapport que 86 600 Bq/kg ! Voilà comment les scientifiques manient les chiffres pour manipuler les gens.
 
Quant aux autres données de l’IRSN en Bq/kg, impossible d’en tirer quoi que ce soit puisqu’il n’est jamais mentionné la profondeur du prélèvement. Dommage, ça aurait été intéressant, car plus le prélèvement est profond, plus la radioactivité massique baisse !
 
Pour la ville de Fukushima, si on compare les mesures faites par la Criirad et celles fournies par l’IRSN, voici ce que l’on constate :
Selon la Criirad (Ville de Fukushima, fin mai 2011, césium 134 et 137) :
- 490 000 Bq/m² sur la pelouse de l’école primaire Moriai
- Plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.
Selon l’IRSN (Ville de Fukushima) :
- 48 Bq/m² en césium 134 du 29 au 30 mai 2011,
- 70 Bq/m² en césium 137 du 30 au 31 mai 2011, soit un total pour le césium de 118 Bq/m².
       

[ Il y a comme un problème de mesure pour l’un ou pour l’autre ! A la même date (fin mai), les mesures données par l’IRSN sont 5 000 fois inférieures à celles de la Criirad. Certes, il peut y avoir des écarts énormes entre des endroits très rapprochés mais quand même, cela est très surprenant. Cela voudrait-il dire que l’IRSN ne retient que les « bons » endroits ou que la Criirad ne retient que les « mauvais » (en dessous d’une balançoire par exemple) ? ]

Correction du 15 juillet 2011 13h : suite à un commentaire pertinent d’un lecteur, je supprime ce paragraphe car on ne peut effectivement pas comparer un flux avec un dépôt. La Criirad donne une somme de dépôts radioactifs accumulés sur le sol alors que l’IRSN donne le flux, c’est-à-dire l’apport de poussières radioactives en une journée. L’erreur provient de l’utilisation de la même unité « Bq/m² » dans les deux mesures. Pour un flux, il faudrait plutôt utiliser « Bq/m²/j » pour plus de clarté.

Peut-être y verra-t-on plus clair avec les mesures effectuées par un Japonais dans la banlieue de Tokyo ?
 
3) Article “52,547 Bq/Kg of cesium radiation found in soil just outside Tokyo – 135 miles south of Fukushima
52547-Bq-per-Kg-Cesium-Radiation-Found-In-Soil-On-Outskirts
Je ne vais pas développer cet article écrit en anglais, mais simplement résumer l’information la plus importante : selon l’auteur de l’article, Alexander Higgins, un Japonais a fait analyser un échantillon de terre prélevé à Kashiwa, à une trentaine de km au nord-est de Tokyo. Les résultats du laboratoire montrent un rayonnement de 52 547 Bq/kg de césium : 23 663 Bq/kg de césium 134 et 28 884 Bq/kg de césium 137.
‎52 547 Bq/kg, ça fait vraiment beaucoup ! Il doit être, au même titre que la terre sous la balançoire de Fukushima, considéré comme un déchet radioactif (limite maximale au Japon fixée à 8000 Bq/kg).
Si on essaie de comparer ces mesures alarmantes avec celles de l’IRSN, eh bien on ne peut pas, tout simplement, car cette « synthèse » n’en fournit pas. Le rapport mentionne simplement que « dans la grande majorité des préfectures japonaises (dont Tokyo), le césium 134 et le césium 137 ne sont plus détectés dans les retombées atmosphériques collectées ». Mais il ne parle pas des mesures faites au sol.  Pourquoi ? Dans quel but l’IRSN laisse-t-il les habitants de Tokyo dans l’ignorance ?
 
4) Résultats des mesures de l’ACRO : mise à jour au 13 juillet 2011
acroCe laboratoire indépendant a reçu des échantillons en provenance des provinces de Fukushima et de Miyagi qui mettent en évidence une contamination alarmante, ce qui ne contredit en rien les relevés de la Criirad.
Je ne peux reproduire ici tous les tableaux, il est préférable de consulter le site directement à l’aide du lien donné ci-dessus.
Quant à la ville de Kashiwa, l’Acro relève que la contamination surfacique des sols en césium 137 est supérieure à la limite biélorusse de 37 000 Bq/m2 qui implique un contrôle radiologique périodique et qu’il conviendrait de faire une étude plus détaillée de la contamination de cette zone. Cette conclusion ne contredit pas non plus les résultats de l’analyse décrite plus haut par Alexander Higgins.
 
safecast.jpgPour conclure, il semble prudent de conseiller aux Japonais de ne pas tenir compte des mesures officielles. Elles sont souvent prises trop en hauteur (sur les toits par exemple), en dehors de la réalité de la vie humaine qui se passe la plupart du temps au sol. Quant on compare les données officielles aux mesures des organisations indépendantes des intérêts liés à l’industrie nucléaire, on se rend compte qu’il y a une manipulation des données pour désinformer la population. Il existe enfin un site qui rassemble des centaines de milliers de mesures réalisées au Japon par les citoyens volontaires avec des compteurs Geiger. C’est le site http://safecast.org/présentant des cartes interactives.
 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 01:41

irsnL’IRSN a publié le 11 juillet une « Synthèse actualisée des connaissances relatives à l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi ». Cette note d’information présente et commente les informations les plus récentes recueillies par cet organisme, depuis la seconde note d’information du 13 mai consacrée au même sujet.

 

On peut la télécharger avec ce lien :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN-NI-Impact_accident_Fukushima_sur_milieu_marin_11072011.pdf

 

Quelques commentaires… critiques !

 

p. 1

« Le césium radioactif restera détectable durant plusieurs années à l’échelle du Pacifique Nord, mais à des concentrations très faibles (environ 5000 fois plus faibles que la concentration en potassium 40, radionucléide naturel présent en permanence dans l’eau de mer). »

Pourquoi l’IRSN se sent-il obligé de toujours minimiser ?

 

[ La comparaison du césium avec le potassium est pour le moins très mal choisie : un gramme de potassium 40 présente une radioactivité de 263 000 Bq alors qu’un gramme de césium 137 présente une radioactivité de 3 260 millions de Bq. Si l’on suit le taux donné dans le rapport (concentration 5000 fois plus faible), on obtient encore 652 millions de Bq, ce qui est quand même près de 2500 fois plus radioactif qu’un gramme de potassium 40 ! Doit-on être rassuré par cette nouvelle ? ]

 

Correction du 15 juillet 2011 14h : suite à la remarque d’un lecteur, je supprime ce paragraphe qui reposait sur une erreur de compréhension. En effet, le rapport d'activité observé K40/Cs137 ne peut être comparé avec la concentration massique des éléments.

     

 

p. 2

 

tableau-irsn.jpg

 

 " D’autres radionucléides artificiels, la plupart avec une demi-vie courte, ont également été décelés occasionnellement, à des concentrations plus faibles. "

 

De quels autres radionucléides artificiels s’agit-il ? Dommage que l’IRSN n’en parle pas !

En fait, le rapport ne parle que des radionucléides qui ont des périodes courtes, jamais des radionucléides qui ont une période longue. Il ignore par exemple le césium 135, qui a une période radioactive de 2,3 millions d’années.

Pourquoi ?

   

p. 12

« Des valeurs également élevées (au-dessus des niveaux maximaux admissibles pour la consommation alimentaire) concernent quelques échantillons prélevés de manière occasionnelle ; elles ne sont pas reportées sur la figure 11. Il s’agit de petite friture, de moules méditerranéennes (Mytilus galloprovincialis), d’algues Wakame (Undaria pinnatifida), ou encore de poissons scorpaeniformes ou gadiformes, tous provenant de la préfecture de Fukushima. »

 

Pourquoi l’IRSN ne reporte pas ces valeurs ?

 

p. 13

« Évolution attendue

En conséquence, si à court terme, les concentrations les plus élevées sont plutôt trouvées chez les espèces situés au début de la chaîne alimentaire, à plus long terme, une fois que le transfert dans les différents maillons des réseaux trophiques sera effectif, ce seront les prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui devraient présenter des niveaux plus élevés. »

 

Et qui est au bout de la chaîne ? L’homme ! Et au Japon, le poisson est au menu dans 60% des repas.

 

Je n’en dirai pas plus sur ce rapport qui est, comment dire, … orienté ? Il est en tous les cas incomplet. Je terminerai juste par un petit rappel des produits de fission créés par une centrale nucléaire. Il s’agit d’un tableau fourni par le CEA, édité dans le site du Sénat : « Concentrations des différents isotopes des produits de fission dans le combustible irradié » (1)

 

 

    (voir tableau en fin de page)

 

A partir de ce tableau très instructif, on apprend qu’on ne trouve pas que du césium dans les produits de fission. C’est vrai que le césium 137 est intéressant car c’est celui qui est le plus abondant, mais ça serait intéressant aussi de connaître les taux de deux autres éléments qui se retrouvent aussi en forte quantité : le technétium et le zirconium 93. Mais chuuuuut, ils ont respectivement des périodes de 210 000 ans et de 1,5 million d’années, c’est une information non politiquement correcte ! (2)

   

Pour en savoir plus sur les autres radionucléides produits par une centrale nucléaire : « Radionucléides de Fukushima »

http://fukushima.over-blog.fr/article-radionucleides-de-fukushima-72040491.html

 

Et pour connaître l’extrapolation des radionucléides diffusés par la centrale de Fukushima Daiichi, visitez le site de l’AIPRI : « Prédire la contamination globale au sol » 

http://aipri.blogspot.com/2011/06/predire-la-contamination-globale-au-sol.html

 

 

 

(1) Source : tableau CEA ( UO2 enrichi à 3,5 % - 33 000 MWj/t - gaine zircalloy - 3 ans après le déchargement), tiré du Rapport de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques No 612 (1997 / 1998)

http://www.senat.fr/rap/o97-612/o97-612.html

 

(2) L’IRSN publie des fiches techniques sur les radionucléides : s’il a publié une fiche sur le technétium, il n’a pas encore réalisé celle du zirconium, élément découvert en... 1789.

   

 

Élément Période (années) Abondance (g/t) Teneur isotopique
Césium 133 Stable 1144 42,80%
Césium 134 2,1 38,7 1,40%
Césium 135 2 300 000 360 13,50%
Césium 137 30 1130 42,30%
Césium total - 2672,7  
Iode 127 Stable 38,2 18,30%
Iode 129 16 000 000 170 81,70%
Iode 131 8 jours -  
Iode total   208,2  
Palladium 104 Stable 198 12,20%
Palladium 105 Stable 382 23,60%
Palladium 106 Stable 288 17,80%
Palladium 107 6 500 000 200 12,40%
Palladium 108 Stable 129 8,00%
Palladium 109 0,0001   0
Palladium 110 Stable 420 26,00%
Palladium total   1617  
Sélénium 77 stable 0,7 1,30%
Sélénium 78 stable 2,5 4,60%
Sélénium 79 65 000 4,7 8,60%
Sélénium 80 stable 13,8 25,30%
Sélénium 82 stable 32,8 60,20%
Sélénium total   54,5  
Samarium 147 1,1. 1011 186 21,30%
Samarium 148 8. 1015 118 13,50%
Samarium 149 4. 1014 3,7 0,40%
Samarium 150 stable 275 31,50%
Samarium 151 90 16 1,80%
Samarium 152 stable 143 16,40%
Samarium 153 0,005 100 11,50%
Samarium 154 stable 30 3,40%
Samarium total   871,7  
Etain 115 stable 0,1 0,20%
Etain 116 stable 2 4,70%
Etain 117 stable 4,2 9,90%
Etain 118 stable 3,6 8,50%
Etain 119 stable 3,7 8,70%
Etain 120 stable 3,6 8,50%
Etain 121 55 0,3 0,70%
Etain 122 stable 4,8 11,30%
Etain 124 stable    
Etain 126 100 000 20 47,30%
Etain total   42,3  
Technétium 99 210 000 810 100%
Zirconium 90 stable 58,5 1,60%
Zirconium 91 stable 602 16,80%
Zirconium 92 stable 644 18,00%
Zirconium 93 1 500 000 713 19,90%
Zirconium 94 stable 765 21,40%
Zirconium 95 0,02   0
Zirconium 96 stable 800 22,30%
Zirconium total   4392,5  

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:08
Le 9 juillet 2011, NHK a réalisé et diffusé une émission spéciale sur l'énergie nucléaire pour essayer d’amoindrir l’anxiété de la population japonaise. Son enregistrement est diffusé sur youtube par magna551.
 
Partie 1 (durée 11min26)
[Sous-titres anglais: Miki Shunji]
Dès qu’une traduction française sera disponible, je l’ajouterai à cette page.
 
 
 
Les participants de cette émission étaient :

2 anti-nucléaires :

* Goto Masashi, ingénieur nucléaire, conférencier à l'Institut de Technologie de Shibaura à Tokyo.

* Iida Tetsuya, directeur général de l'Institut pour les Politiques de l'énergie durable.

3 pronucléaires :

* Tadashi Narabayashi, professeur de la Faculté de génie à l’université d’Hokkaido et membre de la Commission de sûreté nucléaire.

* Sawa Akihiro, membre de l'Institut de politique publique du 21e siècle.

* Hosono Goshi, jeune ministre en charge des accidents des centrales nucléaires
 
Autres participants
Yoshinaga Michiko, écrivain
Miyake Tamio, animateur
Morimoto Nami, annonceur adjoint
et Mizuno Nobuyuki, commentateur de la NHK

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 22:11

Cessac_Isnard_140-322e4.jpgOlivier Isnard et Bruno Cessac, de l’IRSN, ont donné une conférence intitulée « Accident de Fukushima : état des lieux et conséquences de l’accident sur l’environnement et les populations » à l’ambassade de France à Tokyo.

 

Pour écouter et voir cette conférence d’une demi-heure, utilisez les liens suivants :

1ère partie :

http://www.youtube.com/watch?v=6gZsZZs4MWY&feature=player_embedded

2ème partie :

http://www.youtube.com/watch?v=ocxHlOs30fM

3ème partie :

http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_305266&v=xHiLS8pGBS0&feature=iv

 

Pour écouter la séance de questions/réponses qui a suivi la conférence, c’est ici :

1ère partie :

http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_957735&feature=iv&v=0m-NN6qatsE

2ème partie :

http://www.youtube.com/watch?feature=iv&v=A08IPfEahEw&annotation_id=annotation_886073

3ème partie :

http://www.youtube.com/watch?v=486jj_KmDdM&annotation_id=annotation_849042&feature=iv

4ème partie (suite de la question sur le thé radioactif arrivé en France) :

http://www.youtube.com/watch?feature=iv&v=A0PLRvbOU-I&annotation_id=annotation_193204

 

Pour télécharger les images infographiques d’Olivier Isnard, c’est ici :

https://www.sfen.fr/content/download/32144/1687589/file/IRSN%20-%20Olivier%20Isnard.pdf

 

 

Relevés de phrases et mes commentaires :

 

Olivier Isnard :

« Trois réacteurs ont fondu. »

Ce ne serait pas plutôt le combustible qui a fondu ?

 

« Les cuves sont non étanches (…). Vraisemblablement le corium (...) s’est retrouvé en partie au fond des réacteurs, on verra en quoi ce n’est pas forcément un problème en termes d’impact environnemental. »

Olivier Isnard, au cours de sa conférence, ne revient pas sur cette étrange phrase. Le corium n’aurait pas d’impact environnemental ??? Ce serait intéressant qu’il s’exprime plus longuement sur ce sujet, car s’il a des informations sur ce corium dont personne ne parle plus, ça serait bien qu’il les communique !

 

« Si l’on parle maintenant des piscines (…) a priori, ce combustible ne serait pas abimé. »

Le « a priori » en dit long. On pourrait le remplacer par « selon Tepco ». Dans l’industrie nucléaire, il est de bon ton de « croire ». Arnie Gundersen, expert nucléaire, croit autre chose pourtant…

 

Décontamination de l’eau : « Pour parler vite, c’est une sorte de circuit fermé, mais qui reste quand même avec des passages un peu ouverts. »

Un circuit fermé un peu ouvert ! Dans l’industrie nucléaire, ce genre de concept, ça fait un peu désordre ! On attend encore, de la part de l’entreprise Tepco et des journalistes scientifiques, un schéma précis de ce circuit fermé-ouvert : où sont les prises d’eau et les injections pour les quatre réacteurs ?

 

« La stabilisation des installations est faite. »

Si quelqu’un peut expliquer cette phrase, je suis preneur. Je rappelle que trois cœurs sont en fusion et que le bâtiment du réacteur 4 est très instable puisqu’il menace de s’effondrer avec sa piscine perchée à 20 mètres au dessus du niveau du sol et contenant 229 tonnes de combustible…

 

« Le traitement de l’eau contaminée, ça, c’est un sujet qui va encore rester d’actualité pendant de nombreuses semaines. »

Euh, moi j’aurais plutôt dit de nombreuses années non ? Pourquoi Olivier Isnard se sent-il obligé de tout minimiser ?

 

« Tache du nord-ouest : rejet qui a eu lieu entre le 15 et 16 mars (…) au moment où le réacteur n°2 a connu une explosion en partie basse. »

« Les autorités japonaises prennent des mesures progressives d’incitation à l’évacuation de la ville d’Itate ou des villages autour. »

Aucune empathie de la part de ce monsieur pour la population japonaise qui réclame à être évacuée. Ne sait-il pas que des mesures d’évacuation impliqueront des indemnités et qu’une évacuation volontaire ne donnera droit à rien ? Qui est prêt à tout quitter - travail, maison, pays - en échange de rien ?

 

Bruno Cessac

« Ce qui va nous intéresser, dans le cas de l’accident de Fukushima, c’est principalement la catégorie des iodes et des césiums. Ce sont les deux principaux radionucléides qui ont eu un impact lors de cet accident. »

Donc on ne dira rien sur le plutonium, qui est pourtant le radionucléide le plus toxique. Au fait, le plutonium est-il recherché, ou bien considère-t-on qu’il n’existe pas ?

 

Questions réponses

Au sujet de l’explosion du réacteur n°3, Olivier Isnard affirme que c’était une explosion d’hydrogène.

Ca c’est encore la version officielle, tout le monde n’est pas d’accord.

 

A propos des piscines, il dit que la perte d’une piscine aurait des conséquences bien plus importantes que les rejets des réacteurs car les hommes ne pourraient plus approcher le site : sur 1 km de distance, il y aurait un débit de dose de plusieurs centaines de Gray/h. Cela nécessiterait une évacuation sur un rayon de 60 km. Mais pas 250 km (allusion à l’évacuation de Tokyo).

Alors pourquoi la France en mars a-t-elle demandé à ses ressortissants de quitter Tokyo ?

http://www.france-info.com/monde-asie-2011-03-17-japon-la-france-conseille-a-ses-ressortissants-de-quitter-la-zone-a-522437-14-17.html

Pourquoi les employés d’Areva ont-ils fui dès les premiers jours de la catastrophe ?

http://downtowntokyo.canalblog.com/archives/2011/03/18/20662358.html

Pourquoi les Etasuniens ont-ils demandé à leurs ressortissants de ne pas approcher la centrale à moins de 80 km ?

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/16/97001-20110316FILWWW00638-fukushima-perimetre-us-de-80-km.php

 

D’après Bruno Cessac, aujourd’hui, pour l’eau potable, on est très en dessous des limites des normes et voire la plupart du temps en dessous des limites de détection de la radioactivité.

Pour autant, il y a encore des traces de radioactivité dans l’eau de Tokyo, doit-on considérer ça comme normal ?

http://www.bloomberg.com/news/2011-07-04/radioactive-cesium-is-found-in-tokyo-water.html

 

« Le niveau d’exposition d’une école de Tokyo est moins important que le niveau d’une école du Limousin. », dit Olivier Isnard.

Mais parle-t-on bien de la même chose ? Je crois que M. Isnard parle du gaz radioactif qui se dégage naturellement du sol. Si l’école est bien aérée, cela ne présente pas de problème. En revanche, dans le Limousin, l’industrie nucléaire, par ses carrières d’extraction de l’uranium, produit encore de nombreuses pollutions honteuses. Voir cet article :

http://atomicsarchives.chez.com/limou_radioac.html

Dans une école de Tokyo ou de Fukushima, la radioactivité n’est pas de même provenance. Elle vient des particules qui sont retombées au sol avec la pluie et le vent. Or dans le Limousin, il n’y a pas de radionucléides qui se sont déposés dans la cour de l’école, et les bambins y jouent en toute sécurité. A Tokyo, l’IRSN présente des mesures faite à très grande distance du sol (toit de l’ambassade par exemple). L’enfant, lui, joue par terre.

 

Une question est aussi posée sur le mystère du thé radioactif intercepté à Roissy en juin en provenance de la préfecture de Shizuoka, à 350 km de la centrale accidentée. Une explication est donnée mais peu convaincante. En tout cas pas de démenti, donc le panache radioactif est bien descendu jusqu’au sud de Tokyo, à des centaines de kilomètres de Fukushima, et a effectivement pollué l’environnement.

 

Une autre question d’un auditeur porte sur l’indépendance de l’IRSN. Olivier Isnard répond que l’IRSN travaille en toute indépendance.

Après avoir écouté son discours approximatif, réducteur et minimisant, j’en doute. C’est en fait le même discours que celui de Thierry Charles, son collègue médiatique de l'IRSN, qui, en avril, ignorait le thierry charlescésium et le plutonium, et prétendait que les habitants évacués allaient pouvoir rentrer chez eux dans 3 mois. Eh bien maintenant, nous sommes exactement 3 mois après les propos de M. Charles, je suggère donc au directeur de l’IRSN d’aller lui-même annoncer la bonne nouvelle à tous les évacués nucléaires !

 

 

Autre article traitant du même sujet :

"Fukushima : l'IRSN fait son cinéma à Tokyo"

http://sierraecho79.skyrock.com/3014569861-FUKUSHIMA-L-IRSN-FAIT-SON-CINEMA-A-TOKYO.html

 

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 15:56

message from fukushimaEcoutez cet appel à l’aide d’habitants de Fukushima, grâce à un sous-titrage en français inclus dans la vidéo.

 

http://www.universalsubtitles.org/ja/videos/o9gtNtWoaqpZ/

(Choisir la langue du sous-titrage sous la vidéo)

 

 

Vous pouvez envoyer vos messages de soutien aux habitants de Fukushima à cette adresse :

mscrjp@gmail.com

 

Vous pouvez proposer un hébergement en France par l’intermédiaire de ce site :

http://www.couchsurfing.org/group.html?gid=39774

 

ou en envoyant un mail à ces adresses :

 

hebergements_Japon_2011@yahoogroupes.fr

   

philippe.denis38@wanadoo.fr  

 

 

Plus d'info :

http://fukushima.over-blog.fr/article-comment-venir-en-aide-aux-refugies-du-nucleaire-78846525.html

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