25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 15:19

« Manifestation inédite à Tokyo » : très bon article de Christian Kessler sur le Japon aujourd’hui face à la menace permanente de la contamination radioactive ou d’un tremblement de terre à Tokyo.

 

 

blog-kessler.jpg.

 

Christian Kessler est historien, professeur à L’Athénée Français de Tokyo, et aux universités Musashi et Aoyama Gakuin (Tokyo), auteur notamment de « Le Petit Dictionnaire du Japon » (Desclée de Brouwer, Paris 1996).

 

« En vacances pour quelques jours en France cet été, je fus étonné du silence médiatique sur le tremblement de terre du 11 mars, le tsunami et la catastrophe nucléaire sans précédent au Japon. Pourtant, les médias occidentaux n’avaient pas lésiné sur la couverture du plus grand désastre du pays depuis Hiroshima et Nagasaki en 1945. Mais d’autres événements ont rejeté dans l’oubli une catastrophe qui, au Japon où je suis rentré, continue de faire la Une des quotidiens. Avec son lot de nouvelles, guère faites pour rassurer sur le futur proche.

 

Ainsi M. Christopher Busby, responsable scientifique au Comité européen des risques sur les radiations, a déclaré qu’à cent kilomètres de la centrale de Fukushima et même jusqu’à l’agglomération de Tokyo, les niveaux de radioactivité sont bien plus élevés que ne le disent les autorités japonaises en charge du dossier Fukushima. On aurait détecté dans la capitale même, en quelques endroits précis, des niveaux de radioactivité supérieurs à ceux de la zone d’exclusion de Tchernobyl ! Tokyo Electric Power Company (Tepco) a reconnu le 15 août que 200 millions de becquerels s’échappaient chaque heure des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Entre mars et fin juillet, les rejets totalisaient 1 milliard de becquerels par heure, toujours d’après Tepco.

 

Selon un comité scientifique affilié au gouvernement japonais (mais ce dernier ne reconnaît pas ses résultats), les rejets de césium des réacteurs de la centrale de Fukushima depuis mars sont égaux en volume à 168 fois ceux d’Hiroshima en août 1945 – comparaison fréquemment utilisée ici. Après les rejets massifs en mars, les vents, les pluies, le ruissellement ont dispersé d’importantes quantités d’isotopes aussi bien à l’ouest (Niigata), qu’au centre (Nagano), ou qu’à Tokyo. Près de chez moi, à Saitama (nord de Tokyo), on mesure 919 100 becquerels, alors que l’institut de radioprotection et de sécurité nucléaire avait fixé le seuil d’évacuation à 600 000 becquerels par mètre carré ! Pour Wataru Iwata, responsable du centre de mesure CRMS à Fukushima, « détecter les dépôts radioactifs qui sont dispersés sur une surface aussi énorme, prendra des années ».

 

Bref, de jour en jour, le citoyen ordinaire apprend que la situation est loin d’être sous contrôle. Malgré, il faut le reconnaître, un gros travail de Tepco. Avec des employés du groupe français Areva, l’entreprise cherche des solutions pour refroidir les réacteurs et commencer à envisager la construction des dômes de béton qui devraient un jour devenir le tombeau de ces réacteurs, dans dix ou quinze ans, quand ils seront définitivement décontaminés.

Dès mon retour à Tokyo, je ressens l’angoisse qui règne autour de moi, dans ce petit restaurant de quartier, par exemple, où l’on m’a vu arriver avec plaisir. Ouf, le Français n’a pas déserté ! Je m’empresse de rappeler à quel point les valeureux « Cherry Blossom » (cerisier en fleur) avaient tenu tête à l’équipe de France de rugby, pays où contrairement à l’archipel, on pratique ce sport de longue date (match du 10 septembre gagné par la France 47 à 21). Tout de suite, on me parle de ces anciens de Tepco à la retraite qui s’organisent dans tout le pays et proposent de descendre dans la centrale afin d’épargner les jeunes. C’est bien l’esprit japonais, m’assurent-ils. Je ne cherche pas à les contredire. Les voilà ragaillardis pour un moment.

 

De toute évidence, la menace pèse.

(…)

 

Lire la suite de l’article.

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:45

satelliteLa nature se déchaine encore au Japon. Un typhon passe actuellement sur la centrale de Fukushima.  Les webcams Tepco et TBS ne fonctionnent plus que par intermittence.

 

Des nouvelles du typhon, par Mochizuki Cheshire Iori (blog Fukushima Diary).

 

 

 

 

 

 Que disait-il à 19h ? (midi pour la France)

 

(traduction)

 

Breaking News: Typhoon’s hitting Fukushima

http://fukushima-diary.com/2011/09/breaking-news-typhoons-hitting-fukushima/#.Tnm67VbtGr0.facebook

 

« 18:58 21/09/2011, le typhon est presque juste au-dessus de ce PC, à Yokohama.

Le 15
ème
typhon, avec une pression de 960hPa, a touché Hamamatsu depuis 14 heures et se dirige vers le nord-est, directement à Fukushima. (50km /h)

Autant que je sache, la plupart des transports métropolitains sont arrêtés.
Il ya eu quatre fois des black-out entre 16 heures et 18 heures.
Maintenant plus de 100 000 maisons sont touchées.

Niveau de rayonnement a augmenté autour de Tokyo et de Fukushima.
• Dans Kawasaki, 0,05 µSv / h → 0,10 µSv / h
• A Futabamachi, Fukushima, c'est 21 µSv / h aujourd'hui.

Le vent souffle du sud au nord, et il est très salé.
On suppose que le typhon répand de l'eau de mer.
Le rayonnement est supposé provenir de la mer.

21:00 d'aujourd'hui [14 h pour la France], on s’attend à ce que le 15e typhon soit juste en train de frapper les installations de Fukushima.
Mais la couverture du réacteur 1 n'est pas encore terminée.
Certaines personnes supposent que la centrale de Fukushima puisse être inondée aujourd'hui.
  
Seul Dieu le sait combien d'heures il nous reste.

Une chose dont je suis sûr, c’est que j’aurais dû évacuer avant. »

grue tombée

Image de la webcam, une grue semble être tombée sur le réacteur n°3.

Edit : en fait non, elle est juste repliée (voir : http://www.youtube.com/watch?v=AKkYkyXKJSE&feature=youtu.be).

 

sans-titre

Pic de radioactivité constaté au passage du typhon

 

403415446

Déplacement du typhon

 

geiger 21 09 fuku

Mesure sur Fukushima

 

 

 

Autres photos de ce typhon

(source Fukushima Diary)

 

1

 

2

 

3

 

4

 

5

 

6.

 

 

Autres infos récentes de Charmaine Harris

(Marcoule Nuclear Fuel Plant Explosion)

« Information about the earthquake and tsunami in Japan (地震と津波日本に関する情報)
About 530,000 homes are without electricity.
316, 000 in Shizuoka, 146, 000 in Kanagawa, 29, 000 in Chiba and 15, 000 in Tokyo. »

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 19:45
plan barrage2Un des grands axes de la feuille de route de Tokyo Electric Power Company pour contenir l’accident nucléaire est la prévention de la contamination de l'eau de mer. Pour cela, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi prévoit de construire un mur en acier pour empêcher l'eau radioactive de s'écouler dans l’océan.
 
Actuellement, selon la firme nipponne, plus de 110 000 tonnes d'eau hautement radioactive sont actuellement stockées dans les caves des bâtiments de la centrale. L’entreprise compte utiliser entre 600 et 700 palplanches en acier pour créer un mur de 800 mètres longeant la côte. Chaque élément, de 22 mètres de long et un mètre de large, sera enfoncé profondément dans le sol sous le niveau du fond de la mer pour arrêter l'écoulement des eaux souterraines.

Cet ouvrage, prévu pour une durée de 30 ans, sera complété par un système de captage des eaux contaminées, à l’intérieur d’une importante chape de béton qui sera coulée dans l’espace entre la digue existante et la barrière en acier. Tepco estime qu’il faudra se préparer à une hausse des niveaux d'eau souterraine autour de l'usine quand le mur aura été construit. Une surveillance étroite des niveaux, le pompage des eaux souterraines et leur décontamination seront ainsi nécessaires afin d’éviter tout débordement vers l’océan.
 
Tepco reconnaît donc implicitement que l’eau contaminée des sous-sols est actuellement en train de s’écouler dans la mer, ce qui est en concordance avec les conclusions de l’analyse géologique du terrain : les couches aquifères en correspondance avec le plateau d’Abukuma ont un pendage dirigé vers la mer. Même si la vitesse de déplacement des eaux souterraines est lente ‒ de l’ordre de quelques mètres par semaine ‒ il faut être conscient que de l’eau radioactive va continuer à se déverser régulièrement dans la mer durant au moins deux ans, date à laquelle la construction du barrage est sensée être terminée.
 
plan barrage3
Plan de situation du barrage
 
Selon un schéma représentant la future construction en plan et en coupe, ce barrage sera établi dans le bassin de décharge des eaux de refroidissement de la centrale et au-delà, au nord et au sud, jusqu’aux quais longeant la centrale.
 
D’après la coupe fournie par Tepco, le barrage traversera 3 couches géologiques et le début d’une quatrième. Celles-ci font partie de la couche géologique de Tomioka, datant du Miocène Supérieur. Nous avons donc ici la confirmation que des couches aquifères se situent juste sous la centrale.
 
plan barrage4
Coupe du barrage
 
Toutefois, même si l’effort de l’entreprise semble louable, il restera un coup d’épée dans l’eau, et ce pour plusieurs raisons :
 
- La première est que l’ensemble des couches sédimentaires sur lesquelles a été construite la centrale a une profondeur d’au moins 1000 mètres. Les tremblements de terre réguliers de la région font qu’il est illusoire de compter sur l’imperméabilité de ces roches. En effet, même si un grès fortement argileux a une porosité médiocre, sa friabilité le rend perméable. On peut se demander pourquoi Tepco a choisi une profondeur de 22 mètres. Peut-être tout simplement à cause d’une limite technique. C’est peut-être un indice aussi sur la localisation éventuelle des coriums ? En tout état de cause, la profondeur de ce barrage ne garantira en rien le confinement de l’eau contaminée car son passage dans les couches inférieures, même ralenti, sera toujours possible par les fissures intrinsèques à ce genre de terrain.
 
- La deuxième est que ce barrage va être construit sur une faille. Tepco évite de communiquer sur le sujet mais il est clair que le terrain ne se prête à aucune construction, que ce soit un réacteur ou un barrage. Cette faille est clairement visible sur un document de la NSC (autorité de sûreté nucléaire du Japon), et il est vraisemblable que durant le tremblement de terre du 11 mars, celle-ci soit redevenue active, vus les dégâts causés aux dalles en béton en bordure de mer. Etant donné l’existence de cette faille à 200 mètres sous le niveau du sol, il est probable que la future construction ne sera pas épargnée par les mouvements de terrain causés par celle-ci. D’où de légitimes doutes sur la pérennité de l’étanchéité de la structure
 
faille de fukushima
Faille de Fukushima
 
- La troisième est que le barrage n’est pas fermé. Si l’eau ne peut pas passer directement vers la mer, elle va simplement contourner la barrière, en passant au nord ou au sud.
 
Ce barrage est donc seulement un nouvel élément dans la communication de Tepco : l’entreprise fait tout pour paraître maîtriser la situation. Elle décontamine l’eau de refroidissement des réacteurs et des piscines, elle crée de nouvelles enceintes autours des réacteurs détruits pour éviter la propagation de la radioactivité aérienne, et enfin elle construit un barrage pour épargner la mer.
 
Mais malheureusement l’avenir dira que tout ceci est vain : le plus gros de la contamination aérienne a été répandu sur le Japon en mars. Trop tard pour revenir en arrière. Les coriums sont sans doute quelque part dans le sous-sol. Trop tard pour les retenir. La nappe phréatique est contaminée. Trop tard pour la préserver. Le barrage souterrain est ouvert et ne sera jamais assez profond. Trop tard, l’océan pacifique va connaître une source de pollution radioactive continue qui va contaminer l’ensemble des mers de la planète durant des dizaines d'années...
 
 
 
 
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Sources
 
Vidéo de NHK World présentant le barrage

 
 
Communiqué de NHK World
 
Communiqué du Mainichi Daily News
 
 
 
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En savoir plus
 
La commission gouvernementale Japonaise sur l'énergie atomique évoque pour la première fois une éventualité de contamination des eaux souterraines à Fukushima Daiichi (Gen4)
 
 
Dispersion de la radioactivité dans les océans
 
Mise à jour février 2012 : des précisions de Tepco :

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 11:11

Suite à l’arrestation abusive d’un couple franco-japonais qui manifestait pacifiquement le 11 septembre à Shinjuku contre l’énergie nucléaire, Nelson Surjon, partisan actif pour l’évacuation des enfants de Fukushima, a adressé une lettre à l’ambassade du Japon. Un exemple de plus qui montre que l’énergie nucléaire ne s’accommode pas de la démocratie.

 

(La vidéo de l’arrestation suit la traduction de la lettre ouverte.)

 

 
« Monsieur Consigny,
 
Je vous écris pour vous informer des événements survenus lors du rassemblement à Shinjuku, le 11 Septembre 2011 et concernant l'arrestation de M. Franck C... et de son épouse.
Nous trouvons les mesures des autorités japonaises et de leurs alliés de droite inacceptables et anticonstitutionnelles. M. C... n'a même pas résisté à son arrestation et sa femme a été frappée à l'estomac par certains des extrémistes. Cela nous est apparu avant tout comme un "lynchage". J'ai inclus les vidéos de l'arrestation où vous pouvez voir clairement la discrimination dans ces actes. L'une des raisons (d’après la déclaration de la police) était qu'il était en train de crier. Comment un cri peut être entendu alors que le pauvre homme porte un masque et par le simple fait qu'il ne parle même pas un mot de japonais ?

Alors que ceux du groupe d'extrême-droite criaient "Sortez du Japon, les étrangers !" ; ou "Arrêtez-les, la police, c'est votre travail !" ; ou "Abattez-le ! Tuez-le ! », la police n’a rien fait pour les arrêter. Au lieu de cela, elle a porté en exemple l’arrestation de ce couple.

C'est un acte de violence scandaleux, qui n'a pas été dénoncé par notre ambassade et aucune mesure n'a été prise, autre celle que nous vous félicitons d’avoir prise pour le faire sortir de prison. Nous comprenons que vous devez prendre une approche diplomatique, mais la justice doit être faite. M. C... a été contraint de signer une déclaration en vue de sortir de prison qui ne reflète pas les événements précis qui ont eu lieu.

Donc, si vous décidez de ne pas agir, nous le ferons. Nous avons déjà contacté la presse japonaise (je pense que certains journalistes pourraient déjà venir à l'ambassade). Nous avons aussi contacté le Président Sarkozy et Matignon. Nous sommes également en train de contacter la presse internationale. Nous recueillons toutes les données pour les distribuer sur le net.

C'est une chose de faire croire que les citoyens français à Tokyo et le nord du Japon peuvent vivre en sécurité (au milieu des mensonges constants de TEPCO, des autorités japonaises, de l'AIEA, de l'IRSN, d’AREVA, etc.), mais là c'est une attaque directe contre l'un de nos compatriotes. Nous vous exhortons d'agir et de suivre cette affaire pressante.

Cordialement,
Nelson Surjon

Constitution Française, déclaration des droits de l'homme:
Art-11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler écrire, imprimer librement ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Art-12. La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

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La vidéo qui montre l’intervention de la police japonaise sur un manifestant français :
 

 
 

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"Evacuate Fukushima"
 
La vidéo qui explique le combat de Nelson, concerne les crimes contre les enfants de Fukushima. Uniquement en anglais pour l’instant, suivi d’une demande de pétition.
 
A voir absolument !

 
 
 
Lien vers la pétition :
 
 
 
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Qui est Thierry Consigny ?
 
Il nous a semblé intéressant d’ajouter ici cet avis extrait du Journal d’un vagabond
 
« Si vous posiez la question : “Qui est l’Ambassadeur de France au Japon ?”, il y a de très fortes chances pour que nombre de Français vivant (encore) au Japon vous répondent : Thierry Consigny, en lieu et place du fantomatique et silencieux Philippe Faure, pourtant toujours prompt à faire ses vœux, mais bouche bée en période de crise.
Thierry Consigny n’est pas Ambassadeur. Il est le représentant de l’Assemblée des Français à l’Etranger et, prenant à bras le corps sa fonction, il a été le premier et le plus apte à communiquer avec la communauté française du Japon. »
 
Sinon, pour en savoir plus sur l’ambassadeur du Japon, suivre ce lien :
 
     

 

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En savoir plus sur cet évènement

 

Article de Mami TAKEBE sur Rue89

« Fukushima : un « héros » français envoyé au tapis »

 

Interview filmé du couple franco-japonais, Franck et Yumi, par wakamiyasumi2

http://www.ustream.tv/recorded/17246228

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 23:46

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » animé par Alain Bédouet sur France Inter ce 12 septembre 2011, Bertrand Barré, conseiller scientifique d’Areva a déclaré : « Les cœurs qui ont fondu sont resolidifiés et sont refroidis ».

 

Vous pouvez écouter les propos de ce professeur d’ingénierie nucléaire ici (à partir de 5:30) :

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=160223

 

bertrand barréCet ancien cadre de l'industrie nucléaire, invité surprise de l’émission, a des propos bien assurés. Mais pourquoi n’a-t-il pas donné plus de détails sur la localisation de ces « cœurs » fondus qui doivent plutôt ressembler à des coriums ?

 

 

D’après les conclusions du rapport de l’AIEA, on sait pourtant qu’il y a eu Melt-through, comme le rapporte The Telegraph du 9 juin 2011 : « The nuclear fuel in three of the reactors at the Fukushima Dai-Ichi nuclear plant has melted through the base of the pressure vessels and is pooling in the outer containment vessels, according to a report by the Japanese government. »
 

Où sont les coriums ? Dans les cuves ? Dans les enceintes de confinement ? Dans le radier ? Dans le sol ? Allez Monsieur Barré, un petit effort, un petit peu de transparence, dites nous où ils sont, vous qui avez l’air d’en savoir tant !

 

 

 

Autres invités qui interviennent aussi dans l’émission :

 

- Corinne Lepage, députée européenne et ancienne ministre de l'environnement, de retour de Fukushima (en duplex de Strasbourg au Parlement européen)

 

- David Boilley, physicien, président de l'ACRO, Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest

 

- Didier Champion, directeur de l'environnement et de l'intervention à l'IRSN, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

 

 

Le téléphone sonne avait déjà consacré une émission sur Fukushima le 22 juin 2011 :

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-100-jours-apres-questions-sur-la-situation-reelle-au-japon-et-sur-la-securite-nucleair-77423110.html

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 12:44
enfant zdf« So schön kann ein Albtraum sein… » (Si beau peut être un cauchemar)
Ainsi commence un documentaire télévisé allemand sur Fukushima. Vous savez, ce genre de documentaire qui manque cruellement en France pour nous informer de ce qui se passe réellement là-bas, au Japon.
En fait, le titre de ce reportage est « Die Folgen von Fukushima », c’est-à-dire « Les conséquences de Fukushima ». En Allemagne, on n’a pas peur de la réalité, car on n’a pas d’industrie nucléaire à défendre à tout prix. Alors on informe correctement la population.
En France, malgré Fukushima, on est resté ce pays sourd et aveugle face à la menace nucléaire (1).
 
Il faut que je vous raconte comment l’information arrive en France parfois, c’est fabuleux. Juste avec cet exemple.
1) La télévision ZDF diffuse un reportage sur Fukushima le 9 août 2011.
2) La vidéo est diffusée sur internet dans des sites allemands.
3) Elle est repérée par des Japonais qui cherchent de l’information sur Fukushima.

4) Elle est traduite, sous-titrée en japonais et diffusée sur YouTube par un internaute, obenquaken, le 31 août 2011.

5) Yumiko remarque alors ce reportage, réalise la traduction japonais-français, et me transmets le tout le 7 septembre 2011.
6) Je réalise cet article aujourd’hui et le diffuse en France.
Il a fallu un mois complet et deux traductions pour que ce reportage arrive à nos yeux et nos oreilles. Il a fallu contourner le mur du silence.
 
D’après Yumiko, au Japon, « aujourd’hui, les télés et les journaux ne disent plus rien sur l'accident, les gens ont repris leur vie normale. Ils n'ont pas du tout conscience de la gravité de l'accident et ce qui va nous arriver ».
 
Merci à elle pour avoir traduit cette vidéo. Si vous connaissez la langue allemande, pardonnez l’écart qui pourrait exister entre l’audio et le texte français, car il s’agit d’une traduction qui est passée par le japonais. Et merci à son mari de m’avoir signalé ce document de qualité qui, par sa grande qualité, méritait d’être diffusé.
 
Une dernière précision : dans le reportage original, on voit l’explosion du réacteur 3 de la centrale de Fukushima. Cette séquence a été coupée au Japon. Mais ça vaut la peine d’écouter l’original (juste après l’intro), car il y a le son de l’explosion, rarement diffusé.
 
 
 
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Die Folgen von Fukushima 
ZDF, "Frontal21 - Das Magazin"
 
Dans ce reportage, on notera plusieurs témoignages ou interviews intéressants de Kazunori Ohsawa (agriculteur), Takao Haegawa (du CRMS), Ichiro Arakawa (responsable de l’agriculture à la préfecture de Fukushima), Yoshimi Hitosugi (porte-parole Tepco), Goshi Hosono (ministre chargé de la crise nucléaire), Jan van der Putte (expert nucléaire de Greenpeace), Christopher Busby (membre de la Commission Européenne sur les Risques liés aux Rayonnements).
 

 
 
   
Ajout du 14/09/11 : Vidéo sous-titrée en français par Kna60

 
 
 
(Traduction de Yumiko)
 
Ce beau paysage est une scène de cauchemar.
La terre est très fertile à Fukushima, et les gens de la ville aimaient venir passer leurs vacances ici.
Mais le sol a été contaminé par l'accident nucléaire.
 
(0:15 - 0:39)
M. Osawa a 61ans. Il est fermier à Motomiya, à 80 km de la centrale.
Il a apporté des pommes de terre, des aubergines et des poireaux de ses champs au CRMS, au village d'à côté.
Depuis l'accident, il n'a pas mangé ses légumes parce qu'il a peur de la contamination radioactive.
 
(0:40 - 1:00)
« Je ne peux plus faire  confiance à l'état japonais.
Depuis le début de la catastrophe, ils ont toujours essayé de minimiser l’accident. Ils répètent chaque fois qu'il n'y a pas de problème pour la santé "pour l’instant". Ils ne fournissent pas des valeurs fiables de radioactivité, et ils ne mesurent même pas comme il faut.
Ils nous ont laissés avec ce problème de contamination, ils nous ont abandonnés. »
  
(1:00 - 1:09)
M. Osawa a demandé à l'état de faire des mesures de radioactivité de ses légumes juste après l'accident.
Mais, on lui a refusé en disant : "Vos champs sont bien loin de la zone 20-30km, ce n'est pas nécessaire de faire des mesures."
 
(1:14 - 1:30)
Mais au CRMS, ils disent le contraire de ce que dit l'état. Il n'a y aucun légume qui ne soit pas contaminé.
C’est surtout une catastrophe concernant le Cs-137.
Sur les endroits  où l’on obtient les valeurs qui sont si élevées, il faut évacuer les gens impérativement.
Les pommes de terre de M. Osawa étaient aussi contaminées.
 
(1:32 - 1:52)
Les champignons de la ville de Date, à 60 km de la centrale, ont eu 7000 bq/kg de contamination. La norme maximale est 500 bq/kg. Ce n'est plus de la nourriture, ce n'est qu’un déchet radioactif.
 
(1:54 - 2:09)
Normalement le contrôle de la contamination est du ressort de la préfecture.
Mais, en ce moment ils sont débordés. Ils n’ont pas de méthode de mesure, ni assez de mains, ni assez de matériel de mesure.
 
(2:10 - 2:30)
« Malheureusement, on est obligé de refuser les demandes de mesure des particuliers. Avec les échantillons que nous avons choisis, on réalise des contrôles et on juge avec ces résultats là. Même juste avec ce travail là, on est complètement débordé, si on prenait aussi des demandes de particuliers, on ne pourrait plus remplir nos autres missions administratives. »
 
(2:31 - 2:43)
Même les japonais qui sont très patients commencent à s’apercevoir des problèmes de contamination de nourritures. Des légumes, du the vert, puis la viande de bœuf.....
 
(2:45 - 3:10)
Quelle est la réaction de Tepco qui est propriétaire de la centrale?
C'est toujours la même chose, pas de commentaire, et c'est hors de leur juridiction.
« Notre travail est dans la centrale. Le travail de mesure est du ressort de l’état japonais et de chaque préfecture. Nous ne pouvons que les aider. Donc, je ne peux faire aucun commentaire sur ce problème là. »
 
(3:11 - 3:49)
Lors de la conférence de TEPCO avec l’état, quand nous avons posé des questions sur le fermier que nous avions interviewé, le ministre chargé de la catastrophe ne pouvait rien répondre.
Tout les fonctionnaires qui étaient là ont cherché et vérifié tous leurs documents, et finalement, le ministre a reconnu qu'ils n'ont pas fait leur travail correctement.
« Les contrôles devaient être parfaits. Mais avec le problème du bœuf contaminé qui a été vendus aux marchés, on est obligé de forcer sur les contrôles. Et maintenant, il ne faut plus jamais mettre en circulation de la nourriture contaminée. »
 
(3:50 - 4:24)
Greenpeace a sorti ses propres résultats de mesures.
« Les poissons sont toujours aussi fortement contaminés par le Césium.
La moitié des poissons qui ont été mesurés dépassent de 500 bq/kg la norme jusqu’à 55 km de la centrale.
Ca veut dont dire que la zone contaminée est d’une grande superficie. »
 
(4:25 - 5:05)
L'aliment de base chez les Japonais, le riz, est aussi contaminé comme les autres aliments.
M. Osawa a donné 2 fois de la terre de ses champs au laboratoire de l'état.
« Au premier contrôle, c’est passé (en dessous de la norme), mais au deuxième contrôle, l'état ne voulait pas fournir le résultat.
Je voulais savoir si je pouvais récolter le riz cette année ou pas.
Donc, avec mon argent, j'ai demandé à faire des mesures au laboratoire indépendant.
Ils ont obtenu un résultat de 35 000 bq/kg de Césium 137.
C'est 7 fois supérieur à la norme.
J'ai abandonné ma récolte de riz. »
 
(5:06 - 5:28)
A Fukushima City, la plupart des gens n'ont pas été informés de ce genre de valeur de contamination.
Il y a la fête d'été comme les autres années, ils mangent tout ce qui est à la vente.
Depuis que la radioactivité dans l'air a baissé, les gens ont repris leur vie normale.
Ils ont l'air d’avoir oubliée la colère qu'ils ont eue quand la norme avait été augmentée jusqu'a 20 mSv/an même pour les enfants,.
 
(5:29 - 6:00)
L’expert Christopher Busby dit que justement le danger est là.
« L’irresponsabilité de l'état japonais est criminelle. Les enfants sont forcément contaminés, mais ce n’est pas un problème pour eux.
Ils ont augmenté la norme à court terme comme ça parce que ça les arrange. Cette décision qui a été prise va entraîner sans doute la mort de beaucoup d'enfants.
Ce n'est pas imaginable que le pays aussi annonce ce qu’ils sont en train de faire. »
 
(6:01 - 6:19)
Mais, justement c'est le pays du "village du nucléaire".
Ce sont les compagnies d'électricité, les hommes politiques, les fonctionnaires des ministères qui ont un grand pouvoir.
Ils cachent tous les scandales sur le nucléaire, ils ont toujours minimisé les choses. Pour protéger leur business de milliards de Yen, ils utilisent la même façon pour minimiser cet accident, comme les autres fois.
 
(6:20 - 6:49)
M. Osawa a éprouvé ca avec son expérience qu'il a eu avec l'état.
« Je voulais mesurer mon taux de contamination dans mon corps.
Mais, l'université de Fukushima m'a refusé en disant qu'ils ne font pas de mesure de citoyen.
Un de mes amis a demandé à l'hôpital de la préfecture d'à côté (en dehors de Fukushima), mais le préfet de Fukushima a interdit de prendre les gens de Fukushima pour les consulter.
Mais, l'état dit qu'ils n'ont jamais donné de tels ordres aux hôpitaux. »
 
(6:50 - 7:08)
M. Osawa est obligé de jeter son travail de fermier, il a eu 90 microSv/h chez lui.
Il a atteint en 9 jours la norme des personnels des centrales en Allemagne.
Dans un endroit qui est à 80 km de centrale.
 
(7:09 - )
« C'est la catastrophe que les humains ne peuvent même pas imaginer.
C'était évident depuis le début de l'accident que la situation n'était pas contrôlable.
Maintenant, Personne ne sait ce qu'il faut faire, personne n'a de réponse simple.
Je pense que c'est la plus grande catastrophe de l’histoire de l’humanité. »
 
Les gens ont planté des tournesols partout à Fukushima.
Ils absorbent la radioactivité de la terre.  
 
 
 
-------------------------------------
 
(1) Arte, il faut le reconnaître, a tout de même consacré 2 min 45 à Fukushima le 31 août 2011
 
Japon : les éleveurs de Fukushima
 
A voir également !
 
« Près de 6 mois après l'accident du réacteur nucléaire de Fukushima, les agriculteurs de la région ont vu leur activité réduite à néant. Et pour cause, certains troupeaux de vaches de la région ont été contaminés et même si aujourd'hui, l'interdiction de vente du bétail a été levée, la suspicion des consommateurs demeure.
Aviva Fried a rencontré un couple qui vit toujours dans la zone d'exclusion autour de la centrale. Ils prennent soin de leur troupeau, leur seul bien, en espérant un avenir meilleur. Mais ils ne se font pas trop d'illusions. »
 
éleveur
 
 
 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 14:27
corneille tchernobyl11 septembre 2011 : deux souvenirs d’évènements douloureux vont se télescoper, 6 mois exactement après le tremblement de terre japonais et 10 ans après la destruction des tours jumelles à New York. Alors autant prendre quelques jours d’avance pour faire le point sur la catastrophe de Fukushima, car on sait déjà de quoi les médias vont parler le plus… Ne parlons même pas du non-lieu général dans l'affaire des retombées en France du nuage de Tchernobyl. 10 ans d’enquête pour en arriver là… Vraiment, 2011, une triste année. Alors commençons par la seule bonne nouvelle qui semble se dessiner.
 
Kan NaotoC’est maintenant presque officiel : le Japon va sortir du nucléaire ! Naoto Kan, ex premier ministre, est devenu anti-nucléaire. Avant de quitter le gouvernement, il avait pris soin de faire voter une loi favorable aux énergies renouvelables. Libéré de ses fonctions et des pressions qu’il subissait, il dit aujourd’hui publiquement ce qu’il pensait tout bas : « Quand vous pensez à la possibilité d'un accident qui pourrait rendre la moitié du pays inhabitable, vous ne pouvez pas prendre ce risque, même si cela n’arrivait qu’une fois dans un siècle" (lien). Le nouveau gouvernement ne dit pas autre chose : Yoshihiko Noda, premier ministre depuis une semaine, juge difficile de construire de nouveaux réacteurs au Japon, y compris pour remplacer ceux arrivant en fin de vie. A terme, cela devrait aboutir à la disparition progressive des centrales nucléaires au Japon, comme l’a indiqué dernièrement le ministre de l'industrie (lien).

C’était la bonne nouvelle. Les autres sont moins réjouissantes, car la crise nucléaire est à son paroxysme, non pas à la centrale même ‒ même si la centrale continue de diffuser son poison en continu, il n’y a plus d’explosions spectaculaires   mais dans les territoires contaminés qui sont loin de se limiter à la zone d’exclusion décidée par le gouvernement. Pour plusieurs centaines de milliers de Japonais, la situation sanitaire est désormais critique, certains secteurs habités étant plus pollués que des zones interdites à Tchernobyl. Malgré ces faits alarmants, peu de médias osent aborder le sujet. D’où aujourd’hui l’idée de faire le point à l’aide de dossiers, de synthèses ou de reportages réalisés récemment qui donnent des éclairages multiples de la situation presque 6 mois après l’accident.
 
 
 
1. Fukushima, 6 mois après : la catastrophe continue (Réseau Sortir du nucléaire)
2. A Fukushima, « on ne maîtrise rien », témoigne Corinne Lepage (reportage)
3. Une synthèse de l'accident de Fukushima du 11 mars 2011 (Forum de Radioprotection)
4. Mise en place de moyens de contrôles radiologiques indépendants (Partenariat Criirad-ONG japonaises)
5. Le point sur la situation à Fukushima Daiichi (Autorité de Sûreté Nucléaire)
6. Accident survenu à la centrale de Fukushima Daiichi : point de la situation (IRSN)
7. Fukushima Retombées (reportage TV australien)
8. Dernières nouvelles de Tokyo en… 2016 (court-métrage japonais)
9. Qui tient encore le fil de l’actualité de Fukushima aujourd’hui ? (liens)
 
 
 
1. Fukushima, 6 mois après : la catastrophe continue
Dossier du réseau Sortir du nucléaire
6 septembre 2011
 
nucleaire-non-merci.jpg« Ce 11 septembre 2011, six mois se seront écoulés depuis le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Six mois que Tepco, l’ensemble du lobby nucléaire, le gouvernement japonais, mentent et désinforment les citoyens du Japon et du reste de la planète. Six mois déjà, à lutter contre l’opacité, à tenter de démêler les fils de la vérité, concernant la situation des réacteurs, la contamination de l’environnement, des habitants et des aliments. A la veille du 11 septembre 2011, nous sommes toujours confrontés à un mur de censure. Les grandes catastrophes nucléaires de l’histoire, de Mayak à Fukushima en passant par Tchernobyl, se suivent… la désinformation reste entière, et nous, citoyens du Japon et d’ailleurs, sommes les premières victimes. Ce silence doit cesser.
Le Réseau “Sortir du nucléaire“ souhaite ici fournir un aperçu – sans prétendre être exhaustif – de la situation des populations dans la préfecture de Fukushima à ce jour. Ce dossier met en valeurs certains aspects scandaleux de la gestion de la catastrophe par les autorités japonaises qui sont passés inaperçus dans les médias en France. Alors que l’accident n’en est qu’à son commencement, le Japon en a-t-il tiré les leçons ? »
Lire la suite (pdf)                 Lire la suite (html)
 
 
2. A Fukushima, « on ne maîtrise rien », témoigne Corinne Lepage
Propos recueillis par Audrey Chauvet
6 septembre 2011
    
article lepage L'eurodéputée Corinne Lepage
 lors d'une manifestation contre le nucléaire,
 en mars 2011 à Paris.
 (AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS)
 
« Presque six mois, jour pour jour, après la catastrophe de Fukushima, la députée européenne Corinne Lepage s'est rendue au Japon. Elle en revient avec un témoignage alarmant...
Elle a «pris son baluchon» et elle s’est rendue sur les lieux de la catastrophe. La députée européenne Corinne Lepage, qui suit particulièrement la question du nucléaire au Parlement européen, s’est rendue au Japon du 29 août au 2 septembre pour y rencontrer les autorités, les ONG et les associations de familles de Fukushima. Elle en revient avec des nouvelles alarmantes sur l’état de la centrale accidentée et la radioactivité à laquelle sont confrontées les populations, mais témoigne également de la possibilité d’adapter la consommation électrique d’un pays à de nouvelles contraintes et dénonce l’industrie nucléaire, incapable de faire face aux accidents dont elle est à l’origine. »
 
 
 
3. Une synthèse de l'accident de Fukushima du 11 mars 2011
Mise en ligne le 29 août 2011
 
Ce document a été élaboré grâce aux informations collectées via le fil de discussion dédié a cette catastrophe sur le forum du Radioprotection Cirkus. Elle fait un point de la situation à la fin juin 2011 sur les six thèmes suivants :

- La cinétique de l’accident.

- L’état des tranches fin juin 2011 soit trois mois et demi après l’accident.
- Le traitement des déchets et effluents liquides.
- L’impact dosimétrique sur les intervenants.
- L'impact sur l'environnement.
- L’impact sanitaire prévisionnel sur la population.
 
Si cette synthèse est technique, elle est aussi critique, ce qui lui donne une originalité incomparable sur la toile : nous avons là les informations officielles résumées et des commentaires et interrogations pertinents, comme l’annonce cet extrait de l’introduction du document : « Cependant nous pensons que la situation est loin d’être stabilisée et que des questions majeures se posent encore sur la reprise de criticité, sur les coriums qui peuvent avoir ou non traversés les radiers, sur la récupération du combustible dans les piscines de stockage et des coriums, sur les traitements des effluents liquides, sur l’impact dosimétrique chez les intervenants et dans la population et sur le suivi épidémiologique qui sera réalisé dans le futur. »
 
rpc.png 
 
 
 
 
 
 
4. Partenariat Criirad-ONG japonaises : mise en place de moyens de contrôles radiologiques indépendants.
Dossier spécial Japon Criirad
 
La CRIIRAD a accueilli du 9 au 12 août 2011 à Valence une délégation du CRMS (Citizen’s Radioactivity Measuring Station) afin de renforcer les liens de coopération mis en place depuis avril 2011 avec M Wataru Iwata (ONG Project 47 et CRMS). La visite a comporté des réunions de travail, formation aux techniques de mesure de radioactivité, réunion publique et conférence de presse. Quelques unes des interventions médiatisées sont disponibles ci-dessous :
- Sujet de France 3 diffusé le 10 août 2011. Il traite de la formation organisée au laboratoire de la CRIIRAD
 
 
Conférence de presse organisée à la CRIIRAD à Valence le 11 août 2011
Intervenants : M Wataru Iwata (CRMS) et Bruno Chareyron (CRIIRAD)
- Sujets de M. Lorrain Sénéchal diffusés sur France Inter, France Info et France Bleu Drôme Ardèche (fichiers audio)
- Sujet de Mme Emilie Nora diffusé sur Europe 1 (fichier audio)
 
JAPON : Accueil et formation à la CRIIRAD de représentants des associations japonaises CRMS (citizen's radioactivity monitoring station), et Réseau citoyen pour sauver les enfants de Fukushima. 16/08/2011 :
-
Intervention de Bruno Chareyron (Responsable du laboratoire) lors de la conférence de presse CRIIRAD du 11/08/2011 (Vidéo Youtube - 13 min)
- Intervention de Wataru Iwata (CRMS) lors de la conférence de presse CRIIRAD du 11/08/2011
(Vidéo Youtube - 18 min)
 
 
5. Le point sur la situation à Fukushima Daiichi
par l’ASN
26 août 2011
L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et les conséquences radiologiques au Japon :
I. La situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
II. Le suivi des populations présentes au Japon
III. La contamination radioactive de l’environnement au Japon
IV. La mise en place d’un « zonage post accidentel »
V. La radioactivité dans les produits alimentaires japonais
VI. La radioactivité dans l’eau du robinet au Japon
VII. La radioactivité dans les produits non alimentaires au Japon
VIII. La gestion des déchets contaminés
 
 
 
6. Accident survenu à la centrale de Fukushima Daiichi : point de la situation
par l’IRSN
25 août 2011
Depuis le 12 mars 2011, l'IRSN publie des points d'informations réguliers sur l'état des installations nucléaires au Japon. Mais attention, pas de scoop dans ce bulletin, car l’IRSN ne restitue que les données fournies par Tepco. De plus, les commentaires sont excessivement prudents, ce qui donne une impression constante de minimisation de la catastrophe. Pourtant, l’IRSN aurait de quoi dire beaucoup plus. Alors que cet organisme chapeaute un laboratoire de recherche sur le corium (le Laboratoire d’études du corium et du transfert des radioéléments - LETR - financé par les contribuables français), il ne communique pas sur les coriums de Fukushima ! Mais je vous l’avais déjà signalé, le mot est tabou autant chez Tepco que dans l’espace nucléaire français. Cet état de fait est scandaleux : plus un sujet est dangereux en terme d’image pour l’industrie nucléaire, plus on le camoufle.
 
 
 
7. Fukushima : Fallout (Retombées)
Reportage australien de Liz Hayes, sous-titré en français par Kna60
Extrait de l'émission "60 Minutes" de Channel Nine diffusée le 19 juin 2011.
 
 
« Quand le Japon a été secoué par un énorme séisme et un tsunami en mars dernier, nous nous sommes dit que le pire était derrière nous. Des dizaines de milliers de morts, une économie dévastée, des communautés entières rasées. Sûrement les Japonais avaient assez souffert comme cela. Bien des semaines plus tard, la crise est loin d'être terminée. La centrale nucléaire endommagée de Fukushima fuit toujours et, à en juger par l'expérience de Tchernobyl, le rétablissement du Japon ne se mesurera pas en années, mais en siècles.
La contamination radioactive ajoute simplement un autre chapitre à ce qui est déjà une tragédie indicible : la décision de revenir et reconstruire pourrait bien ne pas appartenir à la population qui habitait dans la zone d'exclusion. Cette contamination, diluée, s'étend maintenant à la planète entière.
 »
 
 
8. Dernières nouvelles de Tokyo en… 2016
 
Ecrit et dirigé par Yukihiro Shoda, Blind est un court-métrage qui prend place dans un Tokyo post-nucléaire dans lequel un homme d’affaires se retrouve propulsé dans un monde surréaliste.
 
 
 
9. Qui tient encore le fil de l’actualité de Fukushima aujourd’hui ?
Il faut le reconnaître, se tenir constamment informé sur Fukushima et restituer l’info clairement de manière quotidienne est une tâche difficile car elle nécessite un temps plein. Certains veilleurs des premiers temps de la catastrophe ont jeté l’éponge ou font une pause (1), d’autres passent le relai. Pour les francophones, voici quelques sites qui ont encore des rubriques actualisées type « fil d’info » ou « dernières nouvelles » :
 
Restent aussi les sites collectant les articles qui paraissent au jour le jour, les fameux « scoopit » intarissables de Pascal49 et d’Etienne Servant :
 
Et les sites toujours actifs, s’attachant particulièrement à la traduction d’articles étrangers :
 
ou à la sensibilisation mondiale de la catastrophe :
 
 
 
(1) On regrette en particulier les bulletins de l’électron libre (Glasnost sur Fukushima), les « Quoi de neuf  ? » de Paul Keirn, les fils d’infos d’Ubick (Radio Blüe), de l’association Kokopelli, de François Leclerc (blog de Paul Jorion), de Dazibaoueb, etc. Espérons que ces forces d’information soient réactivées bientôt, ou qu’elles ressurgissent sous d’autres formes sur la toile.
 
 
 
 
Source photo tête d'article : Jdd

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 09:11
Il a fallu 4 ans pour construire la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, de 1967 à 1971.
 
construction fukushima daiichi
source photo :
 
 
Un film japonais retrace la construction de cette centrale. Il est disponible sur YouTube en deux parties, avec sous-titrage intégré à la vidéo.
 
Réalisé à l’origine à la gloire du nucléaire, ce film est intéressant à plus d’un titre car il est à la fois un document historique et pédagogique. Il est aujourd’hui important de le visionner pour comprendre la centrale accidentée, afin d’en connaître ses éléments constitutifs, à l’heure où on construit une enveloppe autour du bâtiment réacteur 1.
 
Une image rare, extraite parmi tant d’autres : le fond de la cuve, percée de 97 trous destinés à recevoir les barres de contrôles. C’est un des grands défauts de ce type de réacteur : les barres de contrôles sont actionnées depuis le bas. Autant de trous où le corium peut se faufiler en cas de fonte du cœur…
 
construction fukushima daiichi trous barres de controle
Les trous destinés au passage des 97 barres de contrôle en fond de cuve   

 

 

C’est vraiment émouvant de voir ce film à la lumière de la catastrophe qui a lieu en ce moment. La centrale est présentée de manière tellement angélique :

 

« La centrale de Fukushima Daiichi est un modèle d’ingénierie innovante dans le domaine de l’énergie nucléaire. La nouvelle énergie qui est née ici, le nucléaire, sera une grande énergie qui soutiendra l’ensemble de nos vies ». 

       
Du coup, on pense inévitablement à la construction actuelle de l’EPR de Flamanville qui présente déjà des malfaçons... et à la propagande d’AREVA.
 
   
 
 
Film « La centrale nucléaire de Fukushima »
édité par borrrden
Sous-titrage : cliquer sur« cc », choisir la langue et valider.
 
 
Partie 1
 

 
 
Partie 2
 

 
 
 
Version originale non sous-titrée éditée par krikkosnack
 
PS : merci à Julien d’avoir partagé ces liens !
 
 
Autres documents sur la construction de la centrale diffusés par Cryptome :
Documents d'archives concernant la construction de Fukushima Daiichi 1, comportant des schémas et des photos de 1967 (au format pdf et en japonais). Intéressant : dans le premier document, on peut voir un schéma, page 102, qui ressemble à un projet de construction avec une digue de protection, adossée au bâtiment des turbines, et haute de 33 m. Il est clair que l’on savait dès le début qu’un tsunami pouvait atteindre la centrale. Ce projet a dû être modifié ensuite…
 
projet réacteur fuku avec digue de 33 m
 
Télécharger le document 1
 
Télécharger le document 2
 
     
 
-----------------------------------
 
Autres articles en rapport avec le sujet :
 
Témoignage de de Norio HIRAI, chaudronnier du nucléaire :
 
Le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi est devenu une passoire

 

Technique : vidéos et commentaires de la construction de la centrale de Fukushima-Daiichi 1 / 2

http://www.gen4.fr/blog/2012/01/technique-vid%C3%A9os-et-commentaires-de-la-construction-de-la-centrale-de-fukushima-daiichi-12.html

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 21:18

A l’heure où tout le monde se demande où se trouvent les coriums de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi, il est intéressant de connaître la nature du terrain où ils pourraient éventuellement se cacher. Bien que tous les documents qui ont servi à réaliser cet article soient facilement accessibles, la plupart sont en japonais et c’est ce qui explique qu’à ce jour, la connaissance de la géologie de Fukushima soit parcellaire. A partir de l’étude géologique préparatoire à la construction de la centrale, de rapports de tests sismiques et de recherches récentes liées à des forages, cet article va essayer de faire le point sur la nature du sous-sol de la centrale nucléaire, ce qui permettra d’envisager les évolutions possibles de la catastrophe en cours.

 

 

 > English version

 

> Español

 

 

 

Environnement géologique général

 

La centrale de Fukushima Daiichi est située sur la côte est de l’île d’Honshū, au nord-est du Japon, sur un sol sédimentaire du Cénozoïque, c'est-à-dire appartenant à l’ère géologique actuelle (-65,5 millions d’années à nos jours). Elle est séparée du plateau granitique d’Abukuma par la faille de Futuba.

 

tectonic division of Abukuma Mountains and location of bore

 

La carte géologique ci-dessus est tirée d’une illustration intitulée « Tectonic division of Abukuma Mountains and location of borehole » extraite de l’article « Granitoids with 300 Ma in the Joban coastal region, east of Abukuma Plateau, northeast Japan » (Auteurs : Tsutsumi, Yukiyasu; Ohtomo, Yukiko; Horie, Kenji; Nakamura, Ko-Ichi; Yokoyama, Kazumi), Journal of Mineralogical and Petrological Sciences, Volume 105, p. 320-327 (2010).

 

 

Cette carte a été réalisée à l’occasion d’un forage d’une profondeur de 1005 mètres à une douzaine de kilomètres au sud de la centrale de Fukushima Daiichi, à proximité immédiate de la centrale de Fukushima Daini. Publiée en 2010, elle est la plus récente qui puisse nous renseigner sur le contexte géologique général du site de la centrale accidentée.

 

Le carottage effectué par les chercheurs permet de constater que la couche de roche sédimentaire, dont sont constitués les sols de la côte est du Japon sur au moins une centaine de km, a une épaisseur de 815 mètres à la latitude de Fukushima Daini.

 

 

Un site bien documenté

 

Pour avoir des informations plus précises sur la géologie du sol de la centrale de Fukushima Daiichi, il faut consulter trois autres documents : le premier est l’étude géologique préparatoire à la construction de la centrale (1967) ; le second est un rapport d’évaluation de la sécurité sismique du site nucléaire, édité par Tepco en mai 2009 ; le troisième est une expertise résumant la situation géologique et sismique de la centrale de Fukushima Daiichi, édité par l’autorité de sureté nucléaire du Japon, la NSC (Nuclear Safety Commission) en juin 2010.

 

Le premier document rassemble deux coupes du terrain à l’emplacement de la future centrale, l’une orientée est-ouest, l’autre nord-sud. Avec ce document, conforté par une photo du site avant travaux (1966), on se rend compte que la côte était rocheuse à l’origine, et que le plateau sédimentaire a été entaillé pour réaliser les terrassements nécessaires à la construction de la centrale nucléaire. Comme prévu dans la coupe (trait rouge pointillé), le terrassement du sol est à 10 mètres au dessus de la mer et le creusement des sous-sols est en dessous du niveau de la mer.

 

 

géologie fukushima coupes colorisées

 

Etude géologique du site de Fukushima Daiichi avant 1967 (Coupes colorisées et annotées en français par l’auteur d’après un original japonais en noir et blanc. Source : http://cryptome.org/0004/daiichi-build-01.pdf , page 103)

 

 

307792_2332040463763_1332320101_2694196_6509429_n-copie-1.jpg

 

Le site avant les travaux, en 1966 (source : groupe Fukushima Daiichi)

 

 

Pour construire la centrale ‒ à l’origine uniquement l’unité 1 ‒ on a excavé les couches sédimentaires supérieures qui sont des alluvions du Quaternaire composées d’argiles et de sables friables ou mi-durs (couleurs verte et marron dans la coupe). La centrale est donc construite sur une roche sédimentaire de type « mudrock » (couleur jaune dans la coupe), c’est-à-dire une roche boueuse composée d’argile et de silt (sable très fin). Mais le terme « boueuse » ne signifie pas pour autant que la roche est molle. Cela veut dire simplement que c’est une roche dont la matrice est argileuse ; on l’appelle aussi « argilite ».

 

Le second rapport étudie la réaction du terrain à des ondes émises depuis la surface sur l’ensemble du site, et en particulier sous la piscine commune, qui se trouve à l’ouest de l’unité 4. Cette piscine, consacrée au refroidissement de plus de 1000 tonnes de combustible usé, fait en effet l’objet d’une attention particulière : les coupes est-ouest et nord-sud se croisent à son emplacement.

 

 

plan coupe est ouest piscine commune geologie Plan du site

 avec situation de la coupe

 ci-dessous (trait rouge)

 

 

 

piscine commune geologie

 

Coupe est-ouest (Merci à Hiroko pour son aide à la traduction)

 

 

Cette coupe montre une discontinuité de sol à environ 200 m de profondeur, correspondant à un changement de nature de roche. Entre le niveau du sol et -200 m, il s’agit de la couche géologique de Tomioka, datée du Néogène ; la couche située en dessous est plus ancienne, elle est indiquée être du Paléogène-Néogène et correspond à la couche Taga.

 

Le troisième document présente une analyse fine des différentes strates géologiques internes à cet épais manteau sédimentaire du Cénozoïque, représentées aussi dans deux coupes. En voici les principales strates, nommées par des lettres, de la plus proche du sol à la plus profonde, liste suivie des plans, coupes et tableau analytique :

- T3 : roche boueuse et sablonneuse (couche de Tomioka, Néogène)

- T2 : grès avec inclusion de tuf (couche de Tomioka, Néogène)

- T1 : grès avec inclusion de tuf en grande proportion (couche de Tomioka, Néogène)

- TI : grès argileux (couche Taga, Paléogène-Néogène)

- Yu : alternance de roches boueuses et sablonneuses (couche Yunagaya, Miocène inférieur)

- Sr : grès dur et roches boueuses (couche Shiramizu, intermédiaire entre l’Oligocène et le Miocène)

 

 

plan de situation des coupes géol Plan de situation

 des deux coupes

 (cf. ci-dessous)

 

 

 

coupe géol est ouest - Copie

 

Coupe est-ouest (avec ajout de la situation de la centrale en rouge)

 

 

coupe géol nord sud fukushima daiichi4

 

Coupe nord-sud (avec ajout de la situation de la centrale en rouge)

 

 

tableau

 

Tableau analytique : géologie stratigraphique du site de Fukushima Daiichi (Tableau réalisé à partir d’un original en langue japonaise. Merci à Marielle pour son aide précieuse)

Source : http://www.nsc.go.jp/s....pdf, p. 14.

 

 

Une faille suspecte

 

Dans plusieurs de ces coupes, une faille ancienne, antérieure au Miocène supérieur, est clairement visible sous le site nucléaire. Alors que l’étude géologique datant de la construction de la centrale ne met pas en évidence cette faille (les forages n’allaient pas au-delà de 200 m de profondeur à cette époque), il apparaît avec ces documents de 2009 et 2010 que Tepco et la NSC la connaissent depuis plusieurs années. La coupe suivante montre encore cette faille avec plus de profondeur (-1300 m) :

 

faille fukushima daiichi

 

Faille de Fukushima Daiichi (source NSC :http://www.nsc.go.jp/shins....pdf , p. 13)

 

Il faudrait évidemment revoir la manière dont sont autorisées les constructions de centrales nucléaires (1). Une faille non active se comporte comme un volcan éteint : à partir du moment où un évènement sismique ou volcanique s’est produit dans le passé, même très lointain, il peut réapparaître si les conditions sont à nouveau réunies. Lors du tremblement de terre du 11 mars 2011, il ne serait pas étonnant que cette faille ait été réactivée et ait provoqué des dégâts dans la centrale, comme cette fissure découverte après le tremblement de terre :

 

 

fissure f1 réduite

 

Source du cliché : Tepco

 

 

Perméabilité des couches

 

Andreas Küppers, géologue allemand qui était intervenu sur le site lors de la construction de la centrale, a été interviewé en mars 2011 par le journal Die Welt. Selon ce spécialiste du Centre de Géorecherche de Potsdam (GFZ : Deutsches Geoforschungszentrum), il est probable que les différentes couches d’argilite sur lesquelles la centrale est construite soient imperméables, et qu'elles n'autorisent pas le contact avec les nappes phréatiques (2). Mais cet avis n’est pas partagé par tout le monde. On connait par exemple la position d’un géologue japonais ‒ qui souhaite rester anonyme ‒ par l’intermédiaire du forum étatsunien « Physics Forum » : selon lui, la roche de fond de la région est faite de grès grossiers, très perméables, et contient énormément d'eau provenant  de la montagne voisine d'Abukuma. Cette eau souterraine coulerait sous la plaine en direction de l’océan à vitesse très lente, de l’ordre de 50 cm/jour (3).

 

En fait, à la lumière des données recueillies, il semble que les avis des deux géologues ne s’opposent pas car il existe à la fois des couches d’argilites (ou de siltites) et des couches de grès. Cependant Andreas Küppers, à la manière Tepco, ne donne pas toutes les informations qu’il possède : il n’y a pas que des argilites imperméables, il y a aussi des strates de grès perméables, ce qui permet à l’eau souterraine de se déplacer vers la mer. De plus, la présence de cette faille sous la centrale offre la possibilité à l’eau de descendre verticalement sans être arrêtée par une couche d’argilite horizontale imperméable, et de mettre en relation plusieurs nappes phréatiques que l’on aurait pu croire indépendantes.

 

 

Bonne et mauvaises nouvelles

 

La bonne nouvelle est que l’eau radioactive qui fuit de la centrale ne pourra pas remonter vers les terres du Japon et le plateau d’Abukuma, à cause du pendage des couches géologiques. Les mauvaises nouvelles, c’est d’abord qu’il existe une faille qui semble active sous la centrale même de Fukushima Daiichi, et que celle-ci permet et permettra une pollution radioactive des nappes aquifères sur plusieurs centaines de mètres de profondeur, car elle traverse les différentes strates « imperméables » (4). C’est aussi que les radioéléments vont se diriger naturellement vers la mer par ce courant d’eau souterrain, par l’intermédiaire des couches de grès perméables. Le grès est en effet la roche idéale pour les nappes aquifères, car elle est à la fois perméable et fissurée, assurant une circulation facile. C’est enfin que la roche sur laquelle la centrale est construite est plutôt « molle », c’est-à-dire qu’un tremblement de terre ne peut que déstabiliser les bâtiments, comme on l’a remarqué pour le bâtiment 4 dont les murs ne sont plus verticaux (lien).

 

Dès le 31 mars 2011, Tepco annonçait que la nappe phréatique était polluée avec de l’iode radioactif, d’après une analyse d’échantillon recueillie à 15 m de profondeur sous le premier réacteur (lien). Aujourd’hui, si un ou plusieurs corium sont descendus dans le sol, cette pollution a dû s’accentuer. Mais Tepco ne communique plus sur la pollution des nappes phréatiques. Son seul souci est de présenter une belle façade extérieure, ce qui ne réglera jamais cette catastrophe qu’est la pollution des sols et des eaux souterraines : sous terre, la contamination est irrémédiable car il est impossible d'y accéder.

 

Pierre Fetet

 

 

(1) En France, c’est malheureusement la même situation : l’autorité de sûreté nucléaire semble s’être tenue à l’expertise d’EDF qui aurait falsifié des données sismiques sur plusieurs centrales nucléaires dans un souci de rentabilité économique.

Consulter les documents sources ici :http://observ.nucleaire.free.fr/falsification.htm

 

(2) « Die Wahrscheinlichkeit ist hoch, dass dieses Gestein dicht ist und keinen Kontakt zu Grundwasserleitern zulässt », Die Welt, 15 mars 2011.

 

(3) Cette information sur la provenance et l’orientation du flux de l’eau est confirmée par la première coupe présentée dans cet article : le pendage général des couches quaternaires va de la montagne vers la côte.

 

(4) Hier encore, Tepco faisait semblant d’ignorer la faille sur laquelle la centrale est construite, et essayait de détourner l’attention en communiquant sur des failles actives situées à 50 km du site ! Lien vers le communiqué NHK : http://www.scoop.it/t/...fukushima. Lien vers une vidéo du JAMSTEC qui montre une faille active sous-marine découverte récemment au large de Fukushima : http://www.youtube.com/watch...#!

 

 

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Documentation consultée pour réaliser cet article

 

Classification des roches sédimentaires (Université Libre de Bruxelles)

http://www.ulb.ac.be/sciences/dste/sediment/sedimento/notes/sedim/classification_roches_siliciclastiques.pdf

Différentes couches géologiques de la région de Fukushima :

https://ir.kochi-u.ac.jp/dspace/bitstream/10126/2261/1/N022-04.pdf

Coupes géologiques de la centrale de Fukushima Daiichi :

http://www.nsc.go.jp/shinsa/shidai/touden_fukushima/3/siryo2.pdf

http://www.tepco.co.jp/nu/material/files/ka10061701.pdf

Classification des roches détritiques

http://www2.ulg.ac.be/geolsed/sedim/sedimentologie.htm

Perméabilité des grès

http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-permeabilite-des-roches.xml

Article sur la côte nord-est du Japon

http://www.jstage.jst.go.jp/article/jmps/105/6/320/_pdf

Wikipédia hydrologie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrog%C3%A9ologie

 

 

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Rapports postérieurs édités par Tepco

Rapport sur la géologie de Fukushima - Tepco - 23 août 2013 (langue japonaise)

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Mise à jour : 16/03/2019

Lien vers un site décrivant toutes les couches géologiques : ci-dessous

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 23:33
guardianLe journaliste japonais Kazuma Obara a souhaité visiter l’intérieur de la centrale de Fukushima Daiichi afin d’y rencontrer ceux qui y vivent tous les jours, qu’il considère comme des héros. Bravant sa propre peur de la radioactivité, il a réussi à s’introduire dans le site nucléaire. Cela n’a été possible que grâce à l’aide d’un contact qui y travaille et qui veut que le monde sache dans quelles conditions lui et les autres ouvriers travaillent.
 
Kazuma Obara a recherché vainement au Japon un journal qui accepte de publier ses photos. Il s’est donc tourné vers l’Europe et a trouvé The Guardian. En avez-vous entendu parler en France dans les médias ? L’info a été brièvement reprise par quelques journaux en ligne, sans plus… En revanche, une télévision allemande a réalisé une interview du journaliste (1).
 
Emu par le témoignage de Kazuma Obara, Gilles Chertier m’en a transmis la traduction, afin que les Francophones puissent aussi profiter de ce reportage. Je publie volontiers ces textes car c’est l’objet même de ce blog : informer sur la catastrophe de Fukushima Daiichi, « car il est tout simplement très difficile d'avoir des infos dans notre France nucléarisée ».
 
Voici donc l’intégralité de ces commentaires, chaque image associant le texte original en anglais. Merci à Gilles de nous avoir fait partager ce témoignage saisissant.
 
 
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A l'intérieur de Fukushima
Lien vers l’article original : « Inside Fukushima – interactive guide »

Au début de ce mois, Kazuma Obara a été le premier photojournaliste à accéder sans autorisation à la centrale électrique et a réalisé un reportage exclusif sur la vie à l'intérieur de l'établissement.
 
 
Pink-wrapped-copie-1.jpg
 
Emballage rose
Voici la première photo que j’ai faite à 7 heures du matin, après avoir pris mon travail. Je l’ai prise avec un appareil numérique compact que je transportais dans une pochette en plastique bleue, distribuée à chacun de nous pour emporter nos cigarettes, notre portefeuille, notre téléphone portable, etc.
Les murs, le sol et les portes de ce secteur sont entièrement recouverts de feuilles de plastique rose. Pendant que je me tenais là, un homme est passé et son dosimètre personnel, qui mesure le rayonnement, a commencé à biper. J’ai vu les mesures des radiations indiquées dans toutes les salles où je suis entré.
Entrer dans la centrale n’a pas présenté de difficulté. J’ai été surpris par le laxisme de la sécurité. Au J Village, complexe d’entraînement sportif proche de la centrale, où résident bon nombre des ouvriers, nous avons dû enregistrer la voiture et le nom de ma société. Cependant, les occupants du véhicule n’ont pas eu à se présenter. J’ai simplement prétendu être un employé de la société pour laquelle travaille mon ami, et on nous a laissé passer.
Même à l’intérieur du périmètre d’exclusion de 20 kilomètres, très peu d’ouvriers portaient des masques malgré un rayonnement très élevé. Ils semblaient blasés quant à la nécessité de se protéger. D’ailleurs, les masques sont extrêmement chauds et inconfortables. Au moment où nous avons franchi le portail, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander ce qui se passerait s’il y avait une autre explosion, comme celles qui se sont produites dans les jours qui ont suivi le tsunami.
 
 
Fukushima unmasked
 
Fukushima sans masque
J’ai pris cette photo du masque de mon contact pendant l’une de nos pauses de trois heures, dans un bâtiment qui se trouve à environ cinq minutes en voiture du réacteur, mais à l’intérieur du complexe de la centrale. Nous devions changer de vêtements de protection et faire contrôler notre exposition aux radiations à la fin de chaque période de travail. Ensuite, nous devions nous préparer pour retourner travailler. De ce fait, le temps de pause effectif n’était que d’une demi-heure.
La journée de travail dure six heures au total et débute à 7 heures du matin. Après la dernière période de travail, vous pouvez faire une autre pause ou retourner directement à votre logement. Il n’y a pas grand-chose à faire pendant les pauses. Certains ouvriers font une sieste, tandis que d’autres bavardent ou fument des cigarettes.
 
 
Downtime
 
Repos
Ces deux hommes profitent de leur pause pour dormir un peu. J’ai pris cette photo dans une salle suffisamment grande pour 30 tatamis, où le sol avait été recouvert de bâches de camping argentées. A un moment donné, 30 à 40 hommes y dormaient à même le sol.
A 11 h 30, lorsque les ouvriers revenaient épuisés de leur deuxième période de travail, ils s’allongeaient tous sur les tatamis. Quand la place vient à manquer, ils s’assoient sur le sol des couloirs pour y somnoler. Certains d’entre eux semblent très jeunes. Ils ont les joues rougies par l’effort. A cette heure-là, les rires et les bavardages du matin avaient cessé, et tous luttaient contre l’épuisement.
 
 
Silent witness
 
Témoin muet
J’ai pris cette photo de trois hommes en train de fumer avec un minuscule appareil photo qui ressemble à un ancien modèle argentique 110 mm en jouet. Je n’ai pas parlé avec ces hommes et j’ai soigneusement évité leur regard. Outre sa petite taille, cet appareil photo présentait l’avantage d’être silencieux.
C’était l’un des deux appareils que j’ai utilisés à l’intérieur des bâtiments de la centrale. Lorsque j’étais à l’extérieur de la voiture de mon contact sur le site, j’utilisais quatre appareils reflex numériques professionnels. J’ai réussi à prendre une centaine de photos au long de la journée. De temps en temps, un ouvrier me repérait en train de faire des photos, mais Tepco et les autres sociétés qui interviennent sur le site en font souvent pour leur propre usage. Il n’était donc pas inhabituel de voir quelqu’un avec un appareil photo, et personne ne m’a posé de questions.
Peut-être que quelqu’un savait ce que je faisais, mais tenait à ce que publie ces photos. En tout cas, c’est le point de vue de mon contact. Il m’a aidé parce qu’il veut que le monde sache dans quelles conditions lui et les autres ouvriers travaillent.
 
 
I was scared when I saw the reactors
 
« J’étais mort de peur en voyant les réacteurs »
Lorsque la deuxième des trois périodes de travail a commencé, je me suis joint à des ouvriers qui se tenaient à l’extérieur, équipé de vêtements de protection. Après avoir porté mon masque pendant une vingtaine de minutes, j’ai ressenti une douleur perçante tout au fond du nez. J’ai commencé à avoir de la difficulté à respirer. Au bout d’une trentaine de minutes, j’avais des élancements très douloureux du côté gauche de la tête. Je ne sais pas si c’était dû au manque d’oxygène ou parce que le masque était trop serré. Au bout d’une heure, la douleur était intolérable et je n’avais qu’une hâte : que l’heure de la pause arrive et que je puisse retirer mon masque. Une fois que vous avez mis votre équipement de protection, il est impossible de boire ou d’aller aux toilettes.
Je dois admettre que j’étais terrifié en voyant les réacteurs n°1 et 2 pour la première fois de mes propres yeux.
 
 
Missing windows
 
Fenêtres disparues
Ce bâtiment se trouve à proximité du réacteur n°1. Ce n’est pas ma meilleure photo, mais l’endroit m’a frappé parce que toutes les fenêtres avaient disparu et que tous les débris du tsunami avaient été évacués. Le bâtiment ressemblait à beaucoup d’autres que j’avais vus le long de la côte de la préfecture d’Iwate, d’où je suis originaire. Par contre, cet endroit avait quelque chose de mystérieux. Je me suis demandé à quoi il servait avant d’être endommagé.
 
 
Never give up, Fukushima
 
« N’abandonne jamais, Fukushima »
Vous voyez le réacteur n°2 au premier plan sur la gauche et, derrière lui, légèrement dissimulée, l’enveloppe du réacteur n°3. J’ai été stupéfait de voir autant de tuyaux à l’air libre. On ne les avait jamais vus à la télévision.
Le 1er août, Tepco a annoncé qu’un rayonnement de 10 000 millisieverts par heure avait été détecté entre les réacteurs n°1 et n°2, non loin du panneau où les idéogrammes peints en rouge proclament : « D’un même élan du cœur : n’abandonne jamais, Fukushima ». En se tenant une minute et demie à cet emplacement, un ouvrier dépasserait la dose annuelle limite de 250 millisieverts. A l’époque, les ouvriers n’en avaient pas été avertis. On ne leur a d’ailleurs jamais rien expliqué, même suite à cette annonce.
Lorsque j’ai quitté la centrale à la fin de la journée, le contrôle des radiations a montré que j’avais été exposé à une dose de 60 microsieverts en l’espace de six heures. Je me demande quels en seront les effets à long terme sur ma santé, mais je m’inquiète surtout du sort des jeunes gens qui travaillent ici jour après jour.
 
 
No one knew what anyone else was doing
 
« Personne ne savait ce que faisaient les autres »
Je ne sais pas exactement ce que faisaient ces deux hommes. C’était le côté le plus insolite du travail à la centrale. Il y avait très peu de contact avec les autres ouvriers ; de ce fait, personne ne savait ce que faisaient les autres. Je n’ai d’ailleurs pas vu tellement de monde, et j’imagine que la plupart des ouvriers présents sur le site se trouvaient à l’intérieur des bâtiments des réacteurs, mais je n’avais aucun moyen d’y pénétrer.
 
 
Toxic-tank-copie-1.jpg
 
Réservoir toxique
Le réservoir bleu contient de l’eau contaminée pompée depuis les bâtiments des réacteurs, où elle s’est accumulée pendant les tentatives de refroidissement des barres de combustible. Je ne sais pas très bien à quoi servent les réservoirs cylindriques sur la droite.
Il est étrange d’en savoir si peu sur les gens qui travaillent à Fukushima Daiichi. Les ouvriers eux-mêmes ne connaissent pas la finalité de leur travail, ce qui est très mauvais pour la motivation. C’est une des raisons pour lesquelles le nettoyage prend aussi longtemps. Si notre travail ne dit rien qui vaille aux gens de l’extérieur, je préfère ne pas imaginer ce que ressentent les ingénieurs à l’intérieur des bâtiments. Les sous-traitants refusent d’écouter les conseils ou les idées des salariés. Ils se contentent de donner des ordres et d’exiger que tout le monde obéisse. C’est tout le contraire de ce qui se fait dans la plupart des autres sociétés japonaises.
Il est impossible de garantir la santé et la sécurité des ouvriers de la centrale. Est-ce que leurs conditions de travail leur permettent d’être efficaces ? Les ouvriers sont-ils suffisamment protégés, ou sont-ils considérés comme jetables ? C’est pour tenter de répondre à ces questions que j’ai décidé de pénétrer dans la centrale.
Ils risquent leur vie pour nous protéger, mais les médias ne font rien pour les protéger, eux, en parlant de leur situation. Les stations de télévision pixellisent le visage des ouvriers pour rendre leur identification impossible. Pourquoi dissimuler le visage de héros ?
 
 
Filling up
 
Le plein
Nous nous sommes arrêtés à cette station-service sur le terrain de la centrale nucléaire alors que nous sortions pour notre pause. Bon nombre des ouvriers vivent non loin de là et prennent leur voiture pour aller travailler. L’essence est gratuite, sinon les frais de carburant seraient trop élevés pour qu’ils puissent continuer à travailler à la centrale.
 
 
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(1) reportage de la chaîne allemande ZDF sur le photographe Kazuma Obara

 
 
 

Traduction de Cheech68

(source : http://www.scoop.it/t/tsunami-japon, post du 28 août 2011, 3:51 PM)

 

"Lui, voulait se faire sa propre idée sur la catastrophe de Fukushima et ainsi du même coup faire des photos pour le monde entier. Lorsque Katsuma Obara se mit à prendre des photos des ruines de Fukushima, ce qu'il a d'abord ressenti, c'est la peur.
"Par exemple pour ces hommes, qui sont confrontés à des taux très élevés de radiations, mangent,  fument et tout ça sans masque de sécurité. Pourtant sur chaque mur étaient inscrits les taux de radioactivité allant de 10, 16, à 18 micro-sieverts par heure. Etant donnés des taux de radioactivité si élevés, c'était pour moi assez bizarre de voir tous ces travailleurs et certains restant même uniquement en simples sous-vêtements.
En comparaison, la radioactivité moyenne en Allemagne est de 0,2 micro-sieverts de l’heure.
De plus, il fait extrêmement chaud dans ces habits de protection, et de ce fait beaucoup de travailleurs épuisés se seraient évanouis. Entre autres, certains d'en eux n'avaient vraiment pas l'air d'être du métier. Il y avait là-bas beaucoup de jeunes hommes, avec leurs joues encore bien rouges, comme s’ils venaient juste de sortir de l’université. J'en ai vu beaucoup d'entre eux, lorsque peu avant venait d'être détectée une fuite mesurée à 10 sieverts par heure. Il me fût clair que Tepco cachait délibérément beaucoup d’informations.
Mais notre gouvernement devrait être censé obliger Tepco à dire tout ce qui peut concerner la sûreté des travailleurs."
Le gouvernement prétend détenir toutes les informations nécessaires en ce qui concerne Tepco, mais lorsque nous voulons le confronter pour la première fois à ces images, il montre quelques signes d'hésitation.
"Bon ,oui ,nous aimerions bien continuer à être attentif , en ce qui concerne les conditions de travail , mais s'il existe des choses comme vous venez de me montrer , alors il faut en faire rapport au gouvernement . "
Mais le gouvernement ne semble plus seulement ne plus être maître de la situation à l'intérieur des ruines de Fukushima, mais également à l'extérieur de la centrale, elle n'arrive pas à maitriser la situation, pourtant ils ne veulent pas perdre espoir, comme ce qu'un travailleur a marqué sur la centrale de Fukushima : "Fukushima, n'abandonnes jamais !!! "
A 80 km des taux élevés de radioactivité de la centrale, on rencontre des taux de radioactivité relevés pour les enfants.
Des tests sur les aliments ne sont pratiqués que sporadiquement et les cours d'écoles contaminées sont retournées pour être remélangées avec la terre, 30 cm plus bas.
Alleen Mioko Smith, Anti-nucléaire Action Verte Japon :
" Ces bébés et enfants vivant dans de telles conditions devraient être évacués, mais le gouvernement insiste sur le fait qu'ils devraient et doivent rester là. A travers cela, nous voyons une violation des droits de l'homme vis à vis des enfants. "
Une commission de l’O.N.U. est censée aller vérifier l'état de la situation sur place.
On dirait que c'est seulement maintenant que les Japonais commencent à réaliser l'ampleur de la catastrophe. "

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