24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 23:30

Le Tokyo National Collège of Technology, centre universitaire de technologie à Tokyo, a publié il y a quelques jours une note informant qu’on avait détecté, au mois de mai, de petites quantités de matières radioactives (moins de 10 Bq/kg) dans l’eau du robinet de l'établissement. Une surveillance régulière de cette eau sera réalisée.

 

Source :

http://www.tokyo-ct.ac.jp/220/000607.html

 

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas la dose minime (quoique les faibles doses ont forcément des effets sur la santé, voir  « Les dangers des faibles doses » : http://fukushima.over-blog.fr/article-les-dangers-des-faibles-doses-72733737.html ), c’est le fait que cette radioactivité n’avait pas été détectée au mois d’avril. Cela signifie concrètement que la contamination des sols, puis des nappes phréatiques, est progressive et cumulative. Et pas seulement dans la région de Fukushima, mais aussi à des centaines de kilomètres, par le phénomène de la retombée des poussières radioactives au sol par les pluies.

 

 doses cumulées tokyo

 

Pour illustrer l’effet cumulatif de la radioactivité, weatheronline fournit un graphique estimatif de la radioactivité reçue à Tokyo depuis le 13 avril.

Source :

http://www.wofrance.fr/weather/news/fukushima?LANG=fr&VAR=radiationsum&WMO=1140000001

 

Les réacteurs de Fukushima Daiichi dégageant de la radioactivité tous les jours et les cœurs ayant fondu, il est certain que cette courbe n’est pas prête de faiblir…

 

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 00:28

Je conseille la lecture de cet article de l’AIPRI qui donne la vraie mesure de l’horreur de la catastrophe de Fukushima. Combien de tonnes de combustible radioactif se sont déjà disséminées et combien dans le futur ?

 

"Sans attendre les dix ans que prendront le prochain rapport de l’Onu, l’AIPRI anticipe son second inventaire des produits de fission et d’activation des 6 réacteurs de Fukushima d’une puissance globale de 4696 Mwé.  L’AIPRI, rappelant que quasiment tous les carburants « actifs » et « éteints » sont là en probable fusion, considère qu’au moins 8 tonnes de matière ont été fissionnées à Fukushima dans les 577 tonnes de combustible utilisées. (…)"

 

Lire la suite de l’article ici :

http://aipri.blogspot.com/

 

 

Qu’est-ce que l’AIPRI ?

Association fondée en 1993 par Jean Pignero et Maurice Eugène André, l'AIPRI ( Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants) a pour but la divulgation scientifique dans le domaine de la physique nucléaire et des dangers radiologiques de la contamination interne.

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 08:55

Jusqu'à présent, on n'avait que des photos éloignées de la façade ouest du bâtiment du réacteur 3. De nouvelles photos, publiées par Cryptome, permettent de s'en rapprocher sensiblement. Ces photos sont précieuses pour ceux qui essaient de comprendre ce qui a pu se passer dans ce réacteur.

 

unité 3 moyenne face cachée 110316 1f sora 1 - Copie

 

On distingue par exemple une grille bleue dans l'angle nord-ouest du bâtiment en ruine. Cet objet d'environ 2 m de longueur avec des cases carrées pourrait-il être un support d'assemblages ? La question est posée.

 

Ajout du 29 mai 2011 :

Tepco a ajouté une image de meilleure qualité sous ce même angle ici

http://www.tepco.co.jp/en/news/110311/images/110527_3.jpg

 

 

Pour mémoire, Cryptome publie régulièrement des photos de Fukushima Daiichi. Tous les liens actualisés régulièrement vers les 15 séries de photos se trouvent ici :

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-2-71376115.html

 

Lien direct vers le site de Cryptome :

http://cryptome.org/nppw-series.htm

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 01:02

L'explosion du bâtiment du réacteur n°3, survenue le 14 mars, reste encore un mystère. Pour autant, les experts en énergie nucléaire sans langue de bois s'accordent à reconnaître, non pas une explosion due à l'hydrogène, mais une explosion nucléaire. Christopher Busby, scientifique britannique, fait le même diagnostic qu'Arnie Gundersen. Cette petite vidéo de 2min49, créée par GoddarsJournal, reprend cette théorie et explique de manière très claire le déroulement de l'explosion.

 

video explosion 3

Lien vers la vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=1Q3ljfLvHww

 

In order to better follow this video, I propose a transcript of the English text and French translations.

 

Pour mieux suivre cette vidéo, je propose une retranscription du texte en anglais et une traduction en français.

 

 

0 :00

While officials claim that both blasts were hydrogen explosions, professor Christopher Busby, a nuclear energy expert complains that the blast at Fukushima Daiichi unit 3 may have been a nuclear fission criticality.

0:18

Indeed it's plain to see that the explosion of unit 3 differs significantly from the explosion at unit 1. Not just in terms of magnitude, but a whole spectrum of features. 0:30

In this video, we'll examine some of those features.

0:37

Unit 3 building initially implodes and from its first seconds its blast differs from unit 1's.

0:45

Its first smoke is pitch black and while the force of unit's one blast is almost entirely lateral, the forces from unit 3 are almost entirely straight upward, carrying massive debris five times the height of the building.

1:06

Indicative of extreme temperatures, an apparent ring of vortex forms immediately unconstrained lateral smoke projection.

1:16

Fire appears to be sucked up and into the vortex.  Ring vortices are classic features of nuclear explosions.

1:26

Indeed a classical mushroom cloud cap eventually blooms from the blast invariably driven by the same thermal forces.

1:45

For context let's compare the Fukushima fission reactor blast with a known test of a nuclear fission weapon.

1:54

The classic thermally driven downward rotation of mushroom cloud caps is equally apparent in both cases. 

2:03

While all nuclear explosions have these thermally driven characteristics, not all explosions with these characteristics are nuclear. 

2:13

So while the visual evidences may be consistent with Busby's speculation, it is not perfect proof that unit 3's blast was really a fission criticality explosion.

2:26

Such proof could come from isotope ratio data that TEPCO has yet to release.

2:34

But one has to wonder what are the odds that such a massive explosion with distinct nuclear fission characteristics arises from a nuclear fission power plant and isn't a nuclear fission event.   

 

0 :00

Bien que les responsables affirment que les deux explosions ont été des explosions d'hydrogène, le professeur Christopher Busby, un expert en énergie nucléaire le conteste : l'explosion de l’unité 3 à Fukushima Daiichi peut avoir été due à une criticité de fission nucléaire.

0 :18

En effet il est aisé de voir que l'explosion de l'unité 3 diffère de manière significative de l'explosion de l'unité 1. Pas seulement en termes de grandeur, mais aussi avec tout un éventail de caractéristiques.

0 :30

Dans cette vidéo, nous allons examiner certaines de ces caractéristiques.

0 :37

Tout d’abord, le bâtiment de l’unité 3 implose et le souffle de ces premières secondes diffère de celui de l'unité 1.

0 :45

Sa première fumée est noire comme la poix, et alors que la force du souffle de l’unité 1 est presque entièrement latérale, les forces provenant de l'unité 3 sont presque entièrement dirigées vers le haut, transportant des débris massifs jusqu’à cinq fois la hauteur du bâtiment.

1 :06

Révélateur de températures extrêmes, un anneau apparent de vortex forme immédiatement et sans contrainte une projection latérale de fumée.

1 :16

Le feu semble être aspiré dans le tourbillon. Les tourbillons annulaires sont des caractéristiques classiques des explosions nucléaires.

1 :26

En effet, le sommet du nuage classique en forme de champignon se forme invariablement à partir du souffle entrainé par les mêmes forces thermiques.

1 :45

Pour exemple, nous allons comparer l'explosion du réacteur de Fukushima avec un essai connu d'une arme à fission nucléaire.

1 :54

La rotation classique entrainée thermiquement vers le bas des sommets de champignon est apparente de la même manière dans les deux cas.

2 :03

Bien que toutes les explosions nucléaires aient ces poussées thermiques caractéristiques, toutes les explosions avec ces particularités ne sont pas nucléaires. 2 :13

Ainsi, alors que les évidences visuelles peuvent être en accord avec la spéculation de Busby, cela ne constitue pas une preuve parfaite que l’explosion de l'unité 3 était vraiment une explosion de criticité de fission.

2 :26

Cette preuve pourrait venir à partir des données de rapport isotopique que TEPCO n'a pas encore publiées.

2 :34

Mais on peut se demander quelles sont les chances qu'une telle explosion massive, avec des caractéristiques distinctes de fission nucléaire, provienne d'une centrale nucléaire et ne soit pas un accident de criticité.

 

 

 

Qu’est-ce qu’un accident de criticité ?

 

Un accident de criticité désigne un accident nucléaire  provoqué par une réaction nucléaire en chaîne involontaire et incontrôlée dans un combustible nucléaire fissile comme l'uranium ou le plutonium. Cet événement nécessite à minima une masse critique de matière nucléaire. Le combustible est alors le siège d'une réaction en chaîne au cours de laquelle se produit un grand nombre de fissions en un court laps de temps. Il se dégage alors une quantité dangereuse de rayonnement ionisant, sous forme de neutrons et de rayons X ou gamma. Normalement, un accident de criticité ne provoque pas d’explosion nucléaire.

Source wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_de_criticit%C3%A9

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 16:27

  shema reacteurs 3 et 4 image plus petite

 

Depuis deux mois, beaucoup de chiffres circulent sur le tonnage des combustibles de la centrale de Fukushima Daiichi. Mais il est difficile de s’y retrouver car les données diffèrent d’une source à l’autre. Cet article essaie de faire le point.

 

« Chaque piscine du bâtiment du réacteur contient 3.450 assemblages de combustible » ; « Le chargement du réacteur 3 ne contient que 32 barres de MOX » ; « TEPCO a aussi pu observer les 1535 assemblages et leurs rangements » : ce sont des "informations" que j’ai trouvées ici ou là sur la toile mais les données sont fausses. Il faut bien avouer que les sources manquent. Malgré sa soi-disant « transparence », l’industrie nucléaire n’est pas très encline à diffuser des informations précises, d’où l’abondance des approximations et des méprises.

 

Certaines erreurs proviennent aussi de confusions entre les réacteurs à eau bouillante utilisés à Fukushima et les réacteurs à eau pressurisée que nous avons en France. D’autres écarts de mesures résultent des différents assemblages utilisés dans les six8x8 schéma réacteurs. A Fukushima Dai-ichi, le réacteur 1, de type BWR-3, ainsi que les réacteurs 2 à 5, de type BWR-4, étaient équipés à l’origine avec des assemblages 7x7, c’est-à-dire constitués de 49 barres de combustible. Puis, suite à l’évolution de cette technologie, ils ont été remplacés par des assemblages 8x8, soit 64 barres, dont 63 sont destinées au combustible et 1 à la circulation de l’eau ; le réacteur 6 est plus récent ; de type BWR-5, il pourrait, si l'on suit la logique de l'évolution des assemblages, avoir le modèle 8x8R, soit 64 barres, dont 2 sont réservées à l’eau ; mais comme je n'en ai pas de certitude, je le considérerai dans les estimations comme ayant 63 barres de combustible comme pour les autres réacteurs du site. 

 

La méconnaissance du vocabulaire explique aussi certaines erreurs. Il ne faut pas confondre barre et assemblage, BWR et PWR (ou REB et REP), Fukushima Daiichi et Fukushima Daiini, etc. Cet article est donc là pour donner quelques éclaircissements, en particulier avec des tableaux de données précises.

 

 

Tableau 1 - Informations générales sur la centrale de Fukushima Daiichi

 

Fukushima Daiichi

http://fukushima.over-blog.fr/

Unité 1

Unité 2

Unité 3

Unité 4

Unité 5

Unité 6

Type de réacteur

BWR-3

BWR-4

BWR-4

BWR-4

BWR-4

BWR-5

Modèle

Mark I

Mark I

Mark I

Mark I

Mark I

Mark II

Constructeur

General Electric

General Electric  et Toshiba

Toshiba

Hitashi

Toshiba

General Electric et Toshiba

Début des travaux

1967

1969

1970

1972

1971

1973

Mise en service

mars 1971

juillet 1974

mars 1976

oct. 1978

avril 1978

oct. 1979

Statut de l’installation le 11 mars 2011

En service

En service

En service

A l’arrêt pour entretien

A l’arrêt pour entretien

A l’arrêt

pour entretien

Dernière inspection

15 oct. 2010

15 déc. 2010

26 oct. 2010

30 nov. 2010

3 jan.

2011

14 août

2010

Puissance thermique

1380 MWt

2381 MWt

2381 MWt

2381 MWt

2381 MWt

3293 MWt

Puissance électrique brute

460 MW

784 MW

784 MW

784 MW

784 MW

1100 MW

Puissance électrique nette

439 MW

760 MW

760 MW

760 MW

760 MW

1067 MW

 

 

 

  Tableau 2 - Données sur les réacteurs de Fukushima Daiichi

 

tableau 2 

 

 

reacteur en françaisAvec une longueur avoisinant les 4 mètres, une barre (appelée aussi crayon) est constituée de plusieurs centaines de pastilles de dioxyde d’uranium enveloppée dans une gaine de zircaloy (alliage de zirconium). Les pastilles peuvent aussi être constituées d’un mélange de dioxyde d’uranium et de dioxyde de plutonium que l’on appelle le MOX. Dans le réacteur 3 de Fukushima Daiichi, il y a 32 assemblages de MOX sur les 548 présents au moment de l’accident. Mais le problème, quand on recherche la justesse des nombres, c’est qu’on ne dispose d’aucune information concernant la masse d’une pastille d’oxyde d’uranium ou de plutonium et le nombre de ces pastilles par barre dans les réacteurs de Fukushima. Malgré tout, on peut se faire une idée du nombre avec des données pellet uraniumconnues sur des réacteurs similaires construits par General Electric : une barre d’assemblage de type 8x8 peut contenir 366 pastilles. Chaque pastille, d’un diamètre et d’une hauteur approchant 10 mm, pèse environ 8 grammes.

 

barre et pellets shémaDans le réacteur à eau bouillante n°1 de Fukushima Daiichi, le cœur est composé de 400 assemblages. Chaque assemblage est constitué de 63 crayons de combustibles. Les réacteurs 2 à 5 de Fukushima Daiichi sont quant à eux composés chacun de 548 assemblages, constitués eux-mêmes de 63 crayons de combustibles chacun. Enfin, le sixième réacteur, plus récent, est chargé de 764 assemblages de 63 barres chacun (ou de 62 barres si BWR5 utilise des assemblages 8x8R). D’après les informations recueillies dans le site web de Tepco, on considère qu’un assemblage a une masse moyenne de 172 kg, et c’est à partir de cette estimation que les poids des combustibles ont été évalués ; ils ont été reportés dans le tableau 3 ci-dessous.

 

 

 

Tableau 3 - Données sur les combustibles de Fukushima Daiichi

  

 tableau 3

 

Il y a deux sortes de combustibles, le combustible neuf et le combustible usé. La centrale de Fukushima Daiichi produit environ 700 assemblages de combustible usé chaque année. On les entrepose de trois manières : dans les piscines des réacteurs, dans une piscine commune et dans des conteneurs d’entreposage à sec pour les combustibles en fin de refroidissement ("dry casks").

 

 

Tableau 4 - Stockage annexe de combustible usé de Fukushima Daiichi

 

tableau 4 

 

  

piscineLes piscines dans les unités 2, 3, 4 et 5 ont toutes un volume de 1 425 mètres cubes, avec des dimensions de 12,2 m x 9,9 m x 11,80 m de profondeur. La piscine du réacteur 1 est un peu plus petite avec 1 020 mètres cubes et celle du réacteur 6 légèrement plus grande avec 1497 mètres cubes. La piscine de stockage de combustible usé commun aux 6 réacteurs se situe à 50 m à l’ouest du réacteur 4. Son volume est de 3828 mètres cubes (29 m x 12 m x 11 m). Sa capacité maximale d’entreposage est de 6840 assemblages, elle en avait 6375 au moment du tsunami, ce qui correspond à 1097 tonnes de combustible.

 

 

Tableau 5 - Données sur les combustibles de Fukushima Daiichi

d’après l’ambassade de France au Japon

 

tableau 5 

 

Vous avez remarqué avec le tableau 5 qu’il reste une divergence entre les chiffres donnés par Tepco et ceux fournis par le Service Nucléaire de l’ambassade de France au Japon. La différence est de taille puisqu’elle est de 37 tonnes ! Lequel des deux se trompe ? S’agit-il d’une modification du tonnage par l’abandon des assemblages 7x7 au profit des 8x8 ? Cette hypothèse est à étudier, bien que la logique veuille que le poids augmente avec le nombre de barres et non l’inverse. Tepco essaierait-il de cacher encore quelque chose ? Bien sûr il y a 11 ans d’écart entre ces données mais les réacteurs sont toujours les mêmes et le combustible ne s’évapore pas ! J’ai contacté l’ambassade de France pour avoir des éclaircissements. A suivre donc.

 

Autre découverte : durant ma recherche, j’ai appris que dans plusieurs centrales nucléaires japonaises existait un entreposage à sec de combustible usé « en châteaux ». L’ambassade de France indique que les réacteurs 4, 5 et 6 avaient ce type de stockage en plus de la piscine en 1999. Habituellement, ce type de confinement est utilisé pour le transport. Il s’agit en fait d’un stockage supplémentaire en conteneurs appelés « dry casks ». Le commentaire du document en français de l’ambassade du japon dit : « Stockage à sec en châteaux des combustibles usés utilisé en supplément des piscines ». Ce qui est étrange, c’est que le document rattache ces conteneurs à 3 réacteurs alors qu’un bâtiment commun est spécialisé pour entreposer ces conteneurs. Il est situé en bordure de mer, entre les réacteurs 1 et 5. Cet entrepôt a-t-il été construit après 1999, date du document, ou bien les réacteurs 4 à 6 ont-ils un entrepôt particulier ? A suivre également.

 

 

Tableau 6 - Total des combustibles du site de Fukushima Daiichi

 

tableau 6 

 

La radioactivité est invisible, mais le tonnage est concret, c’est pourquoi il est intéressant de comparer la catastrophe de Fukushima avec les accidents nucléaires précédents. A Three Mile Island en 1979, la quantité de carburant perdu dans la fusion du cœur était d'environ 30 tonnes, et en 1986, le réacteur de Tchernobyl avait environ 180 tonnes lorsque l'accident est survenu.

En 2011, la catastrophe est pire : les 6 réacteurs sont concernés (explosions, destruction des infrastructures, inondations, fuites, perte de contrôle) et ce sont 1350 tonnes de combustible qui sont en cause.

Dans le cas d’une explosion du réacteur 4, la piscine commune pourrait aussi être affectée car elle n’est qu’à 50 mètres de ce dernier. Ce serait alors 1096 tonnes de combustible supplémentaire qui seraient en cause, soit un total de plus de 2400 tonnes de combustible radioactif.

 

Pierre Fetet

 

 

Petit lexique anglais-français

 

CV = Confinment Vessel (enceinte de confinement)

RPV = Reactor Pressure Vessel (cuve du réacteur)

assembly = assemblage

core = cœur

fuel pellet = pastille de combustible

rod = barre (ou crayon)

suppression pool = piscine torique de condensation à la base de la cuve de confinement

BWR = Boiling Water Reactor (REB = réacteur à eau bouillante)

PWR = Pressurized Water Reactor (REP = réacteur à eau pressurisée)

 

 

Sources :

 

Ambassade de France au Japon

http://www.ambafrance-jp.org/

 

ANSN (Asian Nuclear Safety Network)

http://www.ansn-jp.org/index.php

 

DOE (Department of Energy)

http://www.energy.gov/

 

JNES (Japan Nuclear Energy Safety)

http://www.jnes.go.jp/english/index.html

 

NIRS (Nuclear Information and Resource Service)

http://www.nirs.org/

 

NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency)

http://www.nisa.meti.go.jp/english/

 

NEA (Nuclear Energy Agency)

http://www.oecd-nea.org/

 

OSTI (Office of Scientific and Technical Information)

http://www.osti.gov/

 

TEPCO (Tokyo Electric Power Company)

http://www.tepco.co.jp/

 

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 23:31

Les Etats-Unis (U.S. Department of Energy) mettent en ligne depuis le 25 mars les résultats des études conjointes Japon-USA sur la contamination des terres due à la centrale de Fukushima.

 

Source :

http://energy.gov/news/10194.htm

(puis cliquer en bas de page sur UPDATE: Download the Data (05/13)

 

Remarque sur la carte fournie : La répartition de la densité de contamination est en forme de V renversé, d’abord en se dirigeant vers le NO pendant environ 50 km, puis en prenant la direction SO, bien que la densité de contamination soit beaucoup moins dense. La deuxième étape semble être due à un changement de direction du vent lorsque le panache a parcouru environ 50 km, le long du district "Naka-Dori". Ce secteur a un relief vallonné entre les chaînes de montagnes Ohu à l'ouest et celles d'Abukuma à l'est. La contamination est due à l'explosion d'hydrogène du réacteur 1 de Fukushima Dai-ichi le 12 mars 2011.

  

  

  

Rapport (traduction française)

  

  

Evaluation des effets radiologiques
dus à
la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi


 13 mai 2011 


 Suivi des résultats: de Sendai à Tokyo

 
• Les résultats montrent des niveaux de rayonnement le long du Tohoku Shinkansen Train Bullet
 • La dose intégrée a été mesurée avec un dosimètre électronique calibré par un membre de l'équipe sur le terrain prenant le train en tant que passager, et comprend l'exposition externe, mais pas l’inhalation.
 • Le débit de dose a été enregistré toutes les 3 secondes avec un scintillateur calibré.
 • Toutes les mesures ont été faites à l'intérieur du train.
 • Le débit de dose dans certaines stations est nettement plus faible que le long des pistes en dehors de la station ; mise en évidence possible de décontamination.
 • Le débit de dose mesurée dans le train devrait être différente de celle mesurée par l'AMS, car le train est souvent surélevé (plus éloigné des dépôts actifs) ou dans les tunnels (non touché par l'activité relâchée). 

 

Suivi des résultats: de Sendai à Tokyo
1
 Note: 1 millirems (mRem) = 10 µ (micro) Sieverts;
        1 millirem (mRem) = 1000 µ (micro) rem

 

 

 

• Les mesures aériennes DOE / NNSA ont totalisé plus de 507 heures de vol en appui aux opérations de surveillance aérienne
 • Les équipes d'intervention de gestion des conséquences NNSA ont recueilli plus de 269.500 mesures de champ total prises par le DOE, le DoD et le suivi des actifs japonais
 • Les échantillons d'air plus de 514 prises dans des installations américaines dans tout le Japon en cours d'analyse de laboratoire aux États-Unis
 • 148 au total dans les spectres de masse in situ prises dans tout le Japon pour analyse en laboratoire aux États-Unis
• 115 échantillons de sol du Japon reçus, traités, et en cours d'analyse

 

 

 Données AMS américano-japonaises

 
• Ces résultats proviennent d'un MEXT commun, le DOE / NNSA et enquête USFJ
• Les données sont fondées sur 42 à voilure fixe et vols inventaire en hélicoptère à une altitude allant de 150 à 700 mètres entre le 6 avril et le 29 avril
• Les taux d'exposition sont en moyenne plus de 300 m des zones à 1500 m de diamètre
• Il n'existe pas de données près de la ville de Inawashiro, car elle est montagneuse et difficilement accessible par avion volant à basse altitude
• Le dépôt de césium a été déterminé à partir de mesures aériennes et au sol
• Le rapport de la quantité de Cs-137 de Cs-134 est uniforme dans toute la région d'enquête
• Il n'existe pas de données de relevés aériens directement sur la centrale nucléaire elle-même
• Les limites de l’enquête ont été choisies sur la base des mesures préliminaires qio ont montré l’extension des dépôts

 

 

Données AMS américano-japonaises

 Débit de dose au niveau du sol
 2

Données AMS américano-japonaises

pour le cesium-134 et le cesium-137
3 

Évaluation

 

Une évaluation des mesures recueillies jusqu'au 13 mai continue à afficher:
 • Les niveaux de rayonnement continuent de diminuer
 • Aucun dépôt mesurables de matières radioactives depuis Mars 19
 • les bases américaines et des installations de tous les débits de dose en dessous de 32 microrem mesure / h (32 millionièmes de REM) ** - un niveau sans risques connus pour la santé
 • agricole surveillance et d'intervention possibles seront nécessaires pour plusieurs centaines de kilomètres carrés autour du site:
 • échantillons de sol et l'eau sont la seule méthode infaillible pour déterminer les contre-mesures agricoles
• Terrain de surveillance peut donner une meilleure fidélité à identifier les domaines qui nécessitent d'échantillonnage agricoles
 

Contexte
• La Nuclear Regulatory Commission estime que l'Américain moyen absorbe 620 mRem par an * (ou 0,071 mRem / heure) **
• Un vol transatlantique produit en moyenne une exposition de 2,5 mRem *
• Une classique radio des poumons produit 10 mrem par image
• Les directives de l'EPA appellent à des actions de santé publique si l'exposition dépasse 1000 mRem sur 4 jours

 


     * Source: CNRC: http://nrc.gov/images/about-nrc/radiation/factoid2-lrg.gif

 
    
** Note: 1 millirems (mRem) = 10 µ (micro) Sieverts;
                 1 millirem (mRem) = 1000 µ (micro) rem

 

4

 


Version originale anglaise :

http://energy.gov/news/10194.htm

 

ou directement la page :

http://energy.gov/news/documents/051311__Joint_DOE_GoJ_AMS_Train_Data_FINAL.pptx

 

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 00:47

cuve percée de nombreux trous

 

Cette illustration est l'image d'un réacteur à eau bouillante en construction identique à ceux utilisés à Fukushima Dai-ichi pour les unités 1 à 5. Sur cette photo, on voit la piscine torique à la base et l'enceinte de confinement, en forme de poire. A l'intérieur, la cuve du réacteur, qu'on ne peut pas voir.

 

Avec cette image, on est loin d'un shéma simplifié et réducteur d'Areva et on perçoit bien la complexité d'un réacteur. Une multitude de tuyaux et de circuits divers traversent l'enceinte de confinement. Chaque trou fragilise l'enceinte, c'est pourquoi l'on porte beaucoup de soin aux soudures qui doivent être irréprochables pour garantir l'étanchéité et la solidité de l'ensemble.

 

Pour la cuve du réacteur même, c'est la même chose, la qualité des aciers et des soudures doit être parfaite. Or, avec le tremblement de terre violent du 11 mars dernier, puis les problèmes de surpression et de surchauffe des réacteurs et d'explosion des bâtiments, les cuves ont été et continuent d'être malmenées.

 

Tepco vient d'annoncer que la cuve du réacteur n°1 avait des trous. C'est ce qui peut arriver de pire à un réacteur. Le coeur fondu, appelé corium, risque maintenant de descendre dans le fond de l'enceinte de confinement, puis dans la cavité située en dessous. S'il arrive là, il pourra alors commencer à ronger lentement la dalle de béton qui a 8 mètres d'épaisseur.  

 

Si le corium réussissait à traverser cette dalle, la pollution du sol géologique serait alors irrémédiable et dramatique. En 1986, l'union soviétique avait coulé une dalle de béton sous le réacteur de Tchernobyl pour éviter justement ce problème majeur.

 

Et en 2011, alors que deux mois se sont écoulés depuis le début de la catastrophe de Fukushima, on laisse une entreprise privée gérer seule la pire catastrophe nucléaire au monde...

 

 

Pour plus de détail sur cet accident majeur dans le réacteur n°1, lire l'article de Dominique Leglu ici :

http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/

 

autre source : Kyodonews

http://english.kyodonews.jp/news/2011/05/90715.html

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 02:11

Deux mois après le tsunami dévastateur, le réacteur n°4 de la centrale de Fukushima Dai-ichi fume toujours - d’après les dernières images de la webcam de Tepco - et soulève de nombreuses et légitimes inquiétudes. Vu l’état des façades du bâtiment qui le protégeait, on se demande encore ce qui s’est réellement passé le 15 mars 2011 dans cette unité. A partir des données disponibles, on peut restituer le bâtiment en élévation et en plan et essayer d’analyser les différents éléments en cause, à savoir le réacteur, la cuve de confinement et les piscines, en relation avec les destructions visibles de l’extérieur.

 

    schéma réacteur 4 fukushima

 

Tout d’abord, il faut rappeler que ce réacteur n’était pas en fonctionnement lors du tsunami du 11 mars. C’est pourquoi le couvercle jaune de l’enceinte de confinement, visible sur certaines photos et vidéos, ne se trouve pas à sa place habituelle. Il est posé sur le niveau du plateau technique, au nord-ouest du bâtiment. Le fait de le voir à cet endroit n’est donc absolument pas étonnant, le réacteur étant en maintenance. Cela donne au moins une information : il n’y a pas à cet endroit de piscine.

 

reacteur 4 bulbe jaune (2)

Sur cette photo, on aperçoit, au travers de la façade est éventrée, le couvercle jaune de l’enceinte de confinement.

 

La façade nord a une forme concave. Cette déformation a été provoquée le 14 mars par la violente explosion du bâtiment voisin, celui du réacteur n°3. Mais cet évènement n’explique pas tous les dégâts observés. En effet, le lendemain, le 15 mars, entre 8 h et 10 h, deux ou trois grosses explosions ont eu lieu suivies d’un incendie. Cet incendie, arrêté vers midi, a repris le lendemain. Il semble avoir des périodes d’activité intermittentes, car on observe régulièrement depuis des fumées plus ou moins importantes sur ce côté du réacteur.

 

Il n’existe pas, à ma connaissance, de vidéos disponibles de ces explosions. Ont-elles été confisquées par Tepco ? Et si oui pourquoi ? Quoi qu’il en soit, il est évident, d’après les dégâts observés, qu'une explosion a eu lieu sous le niveau du plateau technique, exactement comme pour ce qui a été observé pour le réacteur n°3. Ce niveau est particulièrement visible sur la façade ouest qui a perdu ses 6 cloisons de béton à cette hauteur.

 

 réacteur 4

Façades ouest et sud (photo Tepco)

 

Sur le côté sud, très endommagé, le bâtiment a perdu deux niveaux de poutres en béton armé. L’ouverture béante laisse entrevoir une structure verte qui pourrait être le bord de la piscine de stockage de combustible. En effet, c’est de cet endroit que l’on observe soit de la vapeur, soit de la fumée grise.

 

 

piscine reacteur 4 après l'accident

Une structure verte apparaît dans l'ouverture béante de la façade sud (photo Tepco)

 

 

S’il ne semble pas y avoir de danger du côté du réacteur qui était vide au moment de l’accident, la piscine est un énorme problème car ses incendies à répétition dégagent une quantité phénoménale de radioactivité qui retarde les interventions. De plus, Tepco a reconnu qu’une fuite était probable dans la piscine de stockage de combustible, ce qui a fait que les sous-sols du bâtiment se remplissent d’eau fortement contaminée.

 

Une question reste posée pour ce réacteur n°4 : pourquoi de l’hydrogène s’est accumulé sous le niveau technique, à hauteur du sommet de la cuve de confinement ? En théorie, la piscine ayant son niveau supérieur au niveau technique, seul les deux derniers étages de béton armé auraient dû être atteints par l’explosion, et non le troisième. C’est la question légitime que se pose également l’association professionnelle des chauffagistes industriels, la VGB: « Explosion in concrete part of the reactor building of unit 4, athough no fuel inside of reactor ! » Est-ce que Tepco a répondu à leurs inquiétudes depuis ? Nul ne le sait.

 

 

trou bizarre au niveau du réacteur 4

 

 

La VGB (Verband der Großkessel  Besitzer), association professionnelle des chauffagistes industriels, est une organisation visant à défendre les intérêts des constructeurs et exploitants de centrales énergétiques. Elle a été fondée en 1920, son siège est situé à Essen. Actuellement, le groupe VGB se compose de cinq sociétés, spécialisées dans divers domaines : la formation du personnel des centrales, lesresearch activities and activités de recherche, la communication.

Site : http://www.vgb.org/

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 00:44

Mise à jour du 23/10/11

 

 

L’information donnée par le titre de cet article est fausse. La piscine du réacteur n°3 n’est pas éventrée. J’avais déduit cette donnée par une information provenant du blog de Sylvestre Huet. Or ce dernier s’est trompé mais n’a jamais rectifié son erreur. Il a mal situé la piscine sur une photo verticale (lien) : « Un zoom à la verticale sur le 3, où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l'angle en haut et à gauche ».

...................................................................

 

 

La semaine dernière, j’affirmais que le réacteur n°3 avait explosé avec sa piscine de stockage, convaincu par un exposé dont j’ai cité la source. Bon voilà, c’était juste une conviction de blogueur, une humeur du jour, pas un article d’investigation. Mais depuis une semaine, j’ai approfondi le sujet et je vous livre aujourd’hui le résultat de mes recherches.

 

En fait, si personne ne peut être sûr de l’état du réacteur n° 3, à cause de la non visibilité de celui-ci, on peut toutefois analyser les photos disponibles des ruines du bâtiment qui le protégeait. Mais ces images sont rares et invariablement obliques et offrent la plupart du temps une vision partielle ou trop éloignée. De plus les bâtiments des réacteurs 1 à 4 se ressemblent énormément, et il est important d’analyser chaque image en sachant de quel réacteur il s’agit et en l’orientant.

 

Tout d’abord, il faut prendre en compte que les réacteurs 2, 3 et 4 sont construits sur un même niveau et ont les mêmes dimensions. Cela permet de constater quels niveaux ont disparu dans le bâtiment 3 : deux niveaux manquent côté ouest, et aucun côté est, du moins pour ce qui concerne les poutres en béton armé qui forment la structure de base des bâtiments 2 à 4.

 

récateurs 2 3 4 construits au même niveau coté est conse 

Côté est

 

2 3 4 coté ouest le reacteur 3 a perdu les 2 derniers nive

Côté ouest

 

Ensuite, à partir des données disponibles, je me suis attelé à la reconstitution en élévation des quatre façades du réacteur n°3. Pour ce faire, j’ai utilisé deux coupes transversales du réacteur de type GE Mark I, réacteur à eau bouillante construit à Fukushima dans les unités 1 à 5. A partir des photos extérieures et des coupes, j’ai restitué la hauteur des bâtiments, évaluée à 56-60 m à l’extérieur et à 17-18 m sous le niveau du sol.

 

Puis, grâce à l’observation minutieuse des photos et des vidéos, j’ai dessiné les murs encore existants, et laissé vide les espaces disparus dans les façades. Pour rendre plus lisible les figures, j’ai attribué une couleur différentes aux éléments les plus importants du réacteur : la cuve du réacteur (rouge), l’enceinte de confinement (jaune, son couvercle étant de cette couleur), la piscine torique (gris) et la piscine de stockage de combustible (bleu).

 

Enfin, j’ai établi un plan du bâtiment du réacteur n° 3 pour avoir une meilleure vision que celle donnée par cet enchevêtrement de poutres et matériaux divers visibles sur les photos aériennes.  Et pour finir, j’ai ajouté sur le plan les emplacements des différentes émanations du réacteur (fumée noire, vapeur). Cela donne une image nouvelle du réacteur n° 3, qui permet d’analyser plus finement la situation.

 

shéma réacteur 3 fukushima légère 

 

 

piscine éventréeCe qui frappe en premier lieu, c’est que la piscine de stockage de combustible carrée est éventrée : la paroi de béton verticale qui la supportait à l’ouest n’existe plus. Il est probable, comme le soutient Arnie Gundersen, que celle-ci ait été victime d’une micro-explosion nucléaire (réaction nucléaire « prompte »), et que tout ce qu’elle contenait soit parti dans l’atmosphère lors de l’explosion du 14 mars.

 

Source pour l'emplacement de la piscine de combustible : l'article de Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, "Fukushima : les photos où l'on voit presque tout"

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/03/fukushima-les-photos-o%C3%B9-lon-voit-presque-tout-.html 

 

Autre élément à constater : trois niveaux ont disparu sur les faces ouest et nord, ce qui signifie que l’explosion d’hydrogène qui a détruit le bâtiment dans un premier temps a eu lieu sous le niveau du plateau technique, à la hauteur du sommet de l’enceinte de confinement et de la cuve du réacteur. Celui-ci n’apparaissant pas sur les photos, sans doute recouvert par les décombres, il est impossible de dire dans quel état il est ; mais il est vraisemblable que cette enceinte se soit volatilisée, ou au moins la dalle antimissile la recouvrant, comme l’indique l’expertise de l’IRSN du 20 mars. Quelles que soient les hypothèses, l’enceinte de confinement n’est plus étanche car sa pression est celle de l’atmosphère et elle a perdu son rôle de protection.

 

L’état des murs indique aussi que l’explosion a eu lieu du côté ouest, la façade est gardant son entière élévation. Cela s’explique par la position désaxée du réacteur dans le bâtiment, on le voit avec le plan et les coupes sud et nord. L’explosion d’hydrogène a donc eu lieu du côté ouest, dans l’axe du réacteur.

 

Les photos et les vidéos montrent enfin de la vapeur s’échappant du côté est, c'est-à-dire à la verticale de la piscine torique. Celle-ci a peut-être été endommagée de ce côté. La fumée sombre quant à elle s’échappe des ruines sur le côté sud. Peut-être s’agit-il de débris de combustibles issus de la piscine de stockage qui a explosé.

 

Beaucoup de questions se posent encore. Par exemple, est-il possible que l’énorme flamme soit seulement due à une explosion hydrogène-oxygène ? Ce genre d’explosion donne habituellement de l’eau avec une flamme très difficile à voir. Si cette flamme-flash sortait de la piscine (elle est visible sur le côté sud), pourrait-elle correspondre à cette mini réaction nucléaire ? Et dans ce cas, l’explosion énorme qui suit pourrait-elle sortir de la cuve de confinement ? J’espère en tout cas que l’on va avancer dans la compréhension de cet évènement du 14 mars, grâce aux analyses recoupées de chacun. Mon prochain article portera sur le réacteur n° 4, avec également une analyse de ses façades.

 

 

 

 

 

     

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 01:18
Malgré leur apparente uniformité de forme et de couleur avant la catastrophe, les six réacteurs de la centrale de Fukushima Dai-ichi ne sont pas identiques. Ils ont été construits à différentes époques, de 1967 à 1979, par trois constructeurs différents : General Electric, Toshiba et Hitashi. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ils ne réagissent pas de la même manière aux contraintes qu’ils subissent durant la catastrophe.
 
Un petit rappel des évènements spectaculaires, mais aussi fortement polluants, qui ont concerné les 4 premiers réacteurs, et se sont produits juste après le tsunami, du 12 au 16 mars.
 
les 4 réacterus
Les 4 réacteurs endommagés (photo satellite)
les 4 réacteurs accidentés
source : image créée par Roulex 45
 
 
 
reacteur 1 photoSamedi 12 mars : réacteur 1
(mis en service en 1970, construit par Général Electric)
 
15 h 36 : explosion de la partie supérieure du bâtiment. Le toit semble s’être effondré, produisant une propagation horizontale des nuages de poussière.
Structure restante sur 3 niveaux : croisillons de poutrelles métalliques
  
Vidéo de l’explosion :
 
 
 
 
 
vue de côté reacteur 3 cryptoem 5 avrilLundi 14 mars : réacteur 3 (mis en service en  1974, construit par Toshiba)
  
11 h 01 : l’explosion se produit en deux temps. Une première explosion est visible sur le côté sud de manière horizontale avec un flash de lumière, et quasi simultanément une seconde souffle le toit de manière verticale. Il reste 3 niveaux de poutres de béton armé côté est, les 3 autres côtés ont disparu pour cette même hauteur.
Structure : poutres de béton armé
 
Vidéo de l’explosion :
 
Etude compète de l'explosion du réacteur 3 (Mise à jour 2015) :
 
 
 
reacteur 2Mardi 15 mars : réacteur 2
(mis en service en 1973, construit par Général Electric)
 
6 h 10 : Contrairement aux deux précédentes explosions sur les réacteurs 1 et 3, celle du réacteur 2 n'a pas été visible de l'extérieur et n'a pas détruit le bâtiment externe. L’explosion a endommagé la piscine de condensation de l’enceinte de confinement.
 
Vidéo de l’explosion :
Elle n’existe pas apparemment.
 
 
 
réacteur 4Mardi 15 mars: réacteur 4 (mis en service en 1978, construit par Hitashi)
6 h 14 : TEPCO annonce qu'une partie du bâtiment du réacteur no 4 est endommagé
8 h 00 (?) : le hall d'opération du réacteur 4 est victime de deux grosses explosions qui causent deux brèches d’environ 8 mètres de large sur l’enceinte extérieure du bâtiment abritant le réacteur.
9 h 38 : explosion suivie d’un incendie de la piscine de stockage du combustible, qui s’éteint vers midi. La structure de base du bâtiment est encore quasiment entière, mais très endommagée à cause des explosions et des incendies.
 
Vidéos des explosions :
Elles existent peut-être, mais je ne les ai pas encore trouvées (si quelqu’un connaît un lien, je l’ajouterai)
 
Mardi 15 mars : Selon la WMO, le réacteur 3 aurait subi une nouvelle explosion, à 11 heures.
  
Mercredi 16 mars : réacteur 4
5 h 45 : nouvel incendie qui s’arrête vers 9 h 40
 
(Mise à jour) Mercredi 23 mars : réacteur 3
Un incendie débute avant 16 h 00 au niveau 4 du bâtiment réacteur. Selon la NISA, il était encore visible à 21 h 30. Il a donc duré au moins 5 heures. A 23 heures, il était éteint.
 

(Mise à jour) Lundi 30 mairéacteur 4 - Tepco a rendu compte le 31 mai d'une explosion provenant de la partie sud du réacteur N°4 qui se serait produite le 30 mai à 14h30. Pas de feu, de fumée ni d'augmentation de radioactivité n'ont été notés. Tepco soupçonne un engin técommandé de déblaiement des débris qui pourrait avoir endommagé un réservoir de gaz et provoqué son explosion.

source : http://www.franceculture.fr/blog-en-quete-de-science-2011-05-29-fukushima-le-mystere-du-reacteur-n%C2%B04.html
 
Sources : Wikipédia
 
Sources photos : Tepco
 
 
Vidéo de la chronologie des évènements :
 
 
 
Chronolgie par l'AFP

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