6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 23:34

Quatre mois, il aura fallu quatre mois pour anéantir les efforts du lobby nucléaire mondial qui souhaitait étouffer l’affaire. Les langues se délient, les réseaux sociaux se consolident, les blogs diffusent, les reportages se multiplient, des sites se créent, des mails honteux sont dévoilés, les journalistes s’affairent, les députés s’interrogent, les résultats d’analyses tombent…, la chape de plomb qui recouvrait l’information sur les dangers du nucléaire a fini par se fragiliser avec l’accident de Fukushima.

 

Il y a encore un mois, le sujet de Fukushima se perdait dans un désert médiatique, aujourd’hui il explose, c’est la profusion ! Pour preuve, vous trouverez plus bas une sélection d’articles édités ces derniers jours qui donnent des éclairages divers sur la situation actuelle au Japon.

 

Pour autant, la transparence n’est toujours pas de mise et il faudra du temps, beaucoup de temps avant de tout savoir, si jamais on sait tout un jour… car les infos à la source pourraient se tarir : par exemple, la webcam de weatheronline ne fonctionne plus.  Il faudra donc rester vigilant pour que l’information continue à être diffusée, sans censure, et spécialement avec cet outil fabuleux qu’est l’Internet. Car la catastrophe est toujours en cours, et le corium dont on ne parle plus aujourd’hui restera le sujet de préoccupation principal de Fukushima Daiichi, après celui de la catastrophe sanitaire en cours.

 

Cliquer sur les vignettes pour avoir accès aux articles complets (sites d'origines)

 

contamination radioactive des sols setendFukushima: "la contamination radioactive des sols s'étend"

(Enerzine, 6 juillet 2011)

Les alertes répétées de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), sur le périmètre trop restreint d'évacuation de la population nipponne suite à la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima en mars dernier, semble se vérifier.

(...)

http://www.enerzine.com/2/12332+fukushima--la-contamination-radioactive-des-sols-setend+.html

 

peur sur la villeNucléaire : peur sur la ville de Fukushima

par Guillaume Duhamel (zegreenweb, 6 juillet 2011)

Bien que située à soixante kilomètres de la centrale nucléaire accidentée, la ville de Fukushima (Japon) présente désormais par endroits des taux de radioactivité plus de quatre fois supérieurs aux seuils autorisés.

(...)

http://www.zegreenweb.com/sinformer/energie/nucleaire-peur-sur-la-ville-de-fukushima,28091

 

greenpeace mesureFukushima. Des appels à évacuer la ville

(Le Télégramme, 6 juillet 2011)

Des associations appellent les autorités à évacuer les femmes enceintes et les enfants de la ville de Fukushima, située à 60 kilomètres de la centrale nucléaire accidentée.

(...)

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/fukushima-des-appels-a-evacuer-la-ville-06-07-2011-1361052.php

 

geigerRadiations : Fukushima se défend

par l’AFP (Le Figaro, 6 juillet 2011)

La ville de Fukushima a affirmé aujourd'hui que ses 300.000 habitants n'étaient pas menacés par les radiations provenant de la centrale nucléaire accidentée, malgré des appels à l'évacuation émanant d'associations locales.

(...)

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/07/06/97001-20110706FILWWW00379-radiations-fukushima-se-defend.php

 

huetFukushima : le mystère du césium dans la ville

par Sylvestre Huet (Sciences², 6 juillet 2011)

La gestion de la contamination radioactive au Japon pose de délicats problèmes d'information. Un exemple récent survenu dans la ville de Fukushima, à 60 km de la centrale nucléaire dévastée permet de le mesurer. Des acteurs sociaux conduits par des objectifs, convictions et intérêts divers voire divergents interfèrent avec une bonne information des citoyens.

(...)

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/07/fukushima-le-myst%C3%A8re-du-c%C3%A9sium-dans-la-ville.html

 

épinards tuentNucléaire : au Japon, manger des épinards tue

par Benjamin Seze (Témoignage chrétien, 6 juillet 2011)

Manque d’électricité, radioactivité omniprésente… Près de quatre mois après l’accident de la centrale nucléaire, le quotidien des Japonais est bouleversé. Dans la préfecture de Fukushima et bien au delà.

(...)

http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/International/Nucleaire-au-Japon-manger-des-epinards-tue/Default-3-2748.xhtml

 

enfants contaminésLes enfants de Fukushima contaminés par les rejets radioactifs

par Daphnée Leportois (leplus.nouvelobs, 4 juillet 2011)

Tout comme le nuage de Tchernobyl n'a pas interrompu son trajet aux frontières, le césium radioactif de Fukushima ne s'est arrêté ni à la surface de la terre ni aux lèvres des enfants : les légumes sont contaminés et ceux qui en ont ingéré aussi. Explications.

(...)

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/164674;les-enfants-de-fukushima-contamines-par-les-rejets-radioactifs.html

 

ne pas oublier fukushimaNe pas oublier Fukushima : 40 000 enfants équipés de dosimètres

par Claude-Marie Vadrot (Politis, 4 juillet 2011)

Il ne faut pas oublier l’accident nucléaire de Fukushima. Ne pas oublier que les Japonais contaminés, de plus en plus nombreux, sont abandonnés à leur sort par leur gouvernement.

(...)

http://www.politis.fr/Ne-pas-oublier-Fukushima-40-000,14743.html

 

réfugiésFukushima: Tepco annonce de nouvelles indemnisations pour les réfugiés

par l’AFP (20 minutes, 5 juillet 2011)

Le gouvernement japonais a approuvé mardi une deuxième rallonge budgétaire, de 2.000 milliards de yens (17 milliards d'euros), pour aider les victimes de la catastrophe du 11 mars et la compagnie Tepco a annoncé de nouvelles indemnisations pour les réfugiés de Fukushima.

(...)

 

http://www.20minutes.fr/article/753187/fukushima-tepco-annonce-nouvelles-indemnisations-refugies

 

citizensideJapon : les restrictions de consommation électrique sont entrées en vigueur

(citizenside, 4 juillet 2011)

La catastrophe qui s'est produite au complexe nucléaire de la compagnie d'électricité nippone, TEPCO, à Fukushima n'en finit pas de produire ses effets sur une population aux nerfs par ailleurs déjà mis à rude épreuves. Dernier en date : l'entrée en vigueur de restrictions de consommation électrique qui, même si elles ne sont pas (pour l'instant) coercitives, font grincer pas mal de dents notamment du côté des usines et des commerces, gros consommateurs d'énergie comme chacun sait.

(...)

http://www.citizenside.com/fr/photos/politique/2011-07-04/39891/japon-les-restrictions-de-consommation-electrique-sont-entrees-en-vigueur.html

 

heros anonymeCatastrophe nucléaire : le héros anonyme de Fukushima

(Atlantico, 5 juillet 2011)

Plus de trois mois après la catastrophe, un premier bilan. Et des révélations sur le "héros anonyme" qui aurait évité une catastrophe bien pire encore en allant à l'encontre des ordres de Tepco, l'opérateur de Fukushima.

(...)

http://www.atlantico.fr/pepites/fukushima-bilan-nettoyage-nucleaire-reacteur-pollution-135453.html

 

grande bretagne nucleaire fukushima insideAprès Fukushima, Londres a joué le VRP pour l'industrie nucléaire

par Sylvain Biville (Rue89, 4 juillet 2011)

Areva et EDF ont été étroitement associés à une campagne de communication visant à minimiser les risques de la catastrophe nucléaire au Japon. Plusieurs élus réclament la démission du ministre britannique de l'Energie et du Changement climatique.

(...)

http://www.rue89.com/blog-londres/2011/07/04/apres-fukushima-londres-a-joue-le-vrp-pour-lindustrie-nucleaire-212095

 

reproduction-d-un-mailFukushima : le gouvernement britannique a-t-il voulu minimiser ?

par Franck Lefebvre-Billiez (TF1 news, 5 juillet 2011)

La révélation du contenu de mails échangés entre un membre du ministère britannique du Commerce et de hauts responsables de l'industrie nucléaire, au début de la crise de Fukushima, fait polémique au Royaume-Uni. Des élus vont jusqu'à réclamer la démission du ministre de l'Energie.

(...)

http://lci.tf1.fr/monde/europe/2011-06/fukushima-le-gouvernement-britannique-a-t-il-voulu-minimiser-6562713.html

 

webcam tepcoFukushima: l'action Tepco bondit de 20%, paris sur la survie de la compagnie

par l’AFP (Romandie, 4 juillet 2011)

L'action de l'exploitant de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), a bondi lundi de 19,81%, terminant la séance à 393 yens à la Bourse de Tokyo, des investisseurs pariant sur la survie de la compagnie malgré ses difficultés.

(...)

http://www.romandie.com/news/n/_Fukushima_l_action_Tepco_bondit_de_20_paris_sur_la_survie_de_la_compagnie040720110807.asp

 

test resistanceLes centrales nucléaires japonaises vont subir des "tests de résistance"

par l’AFP (Le Monde, 6 juillet 2011)

Le Japon va procéder à des "tests de résistance" sur l'ensemble de ses centrales nucléaires pour vérifier à nouveau leur sûreté après l'accident de Fukushima, a annoncé mercredi le ministre de l'économie, Banri Kaieda, cité par les agences de presse Jiji et Kyodo.

(...)

http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/07/06/les-centrales-nucleaires-japonaises-vont-subir-des-tests-de-resistance_1545256_1492975.html

 

110614 19Assemblage des structures destinées à couvrir trois réacteurs à Fukushima

(Japon infos, 6 juillet 2011)

Des sections des structures destinées à contenir les matières radioactives libérées par les réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima commencent à arriver sur le site.

(...)

http://www.japoninfos.com/assemblage-des-structures-destinees-a-couvrir-trois-reacteurs-a-fukushima.html

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 12:35
Jan Beranek fait partie d’une équipe de militants de Greenpeace et enquête sur les retombées de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Dans cette vidéo, diffusée à l'origine sur le média russe RT News, il explique que les Japonais sont encouragés à retourner à leurs vies normales, inconscients des dangers auxquels ils ont à faire face dans la zone contaminée.
 
Cette vidéo est en langue anglaise, voici un résumé de l'intervention en français : 
« Personnellement, je trouve cela très inquiétant, car d'une part vous voyez les autorités japonaises obliger les gens et la société à revenir à une activité normale, et d’autre part, dans le même temps, il y a des niveaux toujours très élevés de rayonnement dus à la contamination du sol, et aussi potentiellement dans la nourriture ", a déclaré le militant. "C'est tout simplement incroyable, car à ces niveaux d'exposition, cela pose évidemment un risque pour la vie et la santé de la population. Si vous tracez un parallèle avec la catastrophe de Tchernobyl, les Soviétiques avaient décidé d'évacuer tous les habitants de l'endroit où le rayonnement est trois ou quatre fois plus faible que ce que nous voyons dans la ville de Fukushima aujourd'hui ", a ajouté Jan Beranek, qui a personnellement visité la région de Tchernobyl après la catastrophe de 1986.
 
« Greenpeace fait pression sur le gouvernement japonais pour recueillir et fournir plus d'informations sur la contamination, en plus de faire son travail de manière indépendante, dit-il. Nous avons effectivement forcé le gouvernement, par exemple, à étendre la surveillance de la mer. Et nous avons appris aussi que le gouvernement était en train de réviser au moins quelques-unes des mesures de protection pour les enfants, ce qui est évidemment une bonne nouvelle. Pourtant, le gouvernement est trop lent et fait trop peu par rapport à l’importance de la situation ».
Le militant espère que les conséquences de la catastrophe de Fukushima conduiront le Japon et les autres nations à changer leur position sur l'énergie nucléaire et à l'éliminer progressivement. Un tel changement s’est déjà produit en Allemagne, en Italie et en Suisse.
       
 
« L'énergie nucléaire, nous l'avons vu, est intrinsèquement dangereux. Il y a toujours une combinaison imprévisible de catastrophe naturelle, de défaillance technologique et d’erreur humaine qui peut aboutir à une situation où un réacteur devient hors de contrôle très rapidement. C'est une question de quelques heures avant que la débâcle complète n’arrive. Il est dangereux de prendre les paris et continuer avec le nucléaire ».

 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 00:44

 

D’après le Japan Times du 27 juin, du césium radioactif a été décelé dans les urines de 15 habitants du village de Iitate et de la ville de Kawamata, dans la région de Fukushima. Ces deux localités sont à quelques dizaines de kilomètres la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, mais pas dans la zone d’exclusion. Ces analyses prouvent que la population subit une contamination radioactive interne. Nanao Kamada, professeur émérite de biologie et de rayonnement à l’université d’Hiroshima qui a supervisé ces analyses, souhaite que ces résultats encouragent les habitants à quitter la région.

 

 

 

Dix autres analyses d’urine réalisées à la demande du réseau de Fukushima pour protéger les enfants du rayonnement par l’Acro, laboratoire français indépendant, montrent que les enfants de la ville de Fukushima sont aussi contaminés. La plus grande quantité de césium-134 était de 1,13 becquerels par litre chez une fillette de 8 ans. La plus grande quantité de césium-137 était de 1,30 becquerels par litre chez un garçon de 7 ans.

 

 

 

Ces informations sont corroborées par un autre laboratoire indépendant, la Criirad, qui estime que les autorités auraient dû évacuer ces zones beaucoup plus tôt. Les membres de l’équipe envoyée sur place du 24 mai au 2 juin par cet organisme sont revenus plutôt choqués par la situation actuelle au Japon car il y a une forte désinformation de la part des autorités nipponnes.

 

 

 

Des dizaines de milliers d’habitants devraient donc encore être évacués. Mais la communauté internationale ne réagit pas.

 

 

 

5704110915 dafbe19b73 z

 

 

sources :

 

http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110627a2.html

 

http://aweb2u.free.fr/dotclear/

 

 

 

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/crise-nucleaire-au-japon/20110630.OBS6196/japon-les-autorites-n-ont-pas-pris-les-bonnes-initiatives.html

 

 

source illustration : CSSK

 

http://www.flickr.com/photos/cssk/sets/72157626675396074/

 

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 21:29
laurent-mabesoone.jpgUn témoignage à écouter absolument, celui de Laurent Mabesoone, habitant à Nagano depuis 15 ans, papa d’une petite fille de 2 ans.
Comment comprendre l’indicible réalité des habitants du Japon ?
Ecoutez-le.
 
 
 
« Il n’est pas possible de réagir d’une façon normale face à une menace qui n’a rien d’humain.
Les radionucléides sont partout : dans les bacs à sable des enfants, dans l’alimentation, dans l’air. Ils sont là pour toujours, à l’échelle humaine.
Le déni de réalité de la population japonaise n’est pas seulement dû au côté obéissant des Japonais, il est dû au fait que c’est une menace qui est totalement différente de tout ce qu’on peut connaître.
24 000 ans de demi-vie pour le plutonium, voilà ce qu’on a créé. Au Japon, on crée 1000 tonnes par an de déchets hautement radioactifs au plutonium.
On a perdu le sens de la mesure. La technologie nous a rattrapés, on n’est plus humain.
Quand il arrive quelque chose, c’est la menace la plus inhumaine qui existe. Vous n’avez plus nulle part où vous réfugier. Et ça va durer des années. Et vous avez une épée de Damoclès quand vous avez des enfants. Arrêtons ça ! »

 

Titulaire d’un doctorat en littérature comparée obtenu à l’université Waseda, Laurent Mabesoone est plus connu sous le nom de Seegan Mabesoone, qui est son nom de plume. Il est en effet poète de haïku, romancier et essayiste, et a publié plusieurs recueils.

Suite à l’accident de Fukushima, il a créé un mouvement, « le ruban jaune », pour dénoncer l’utilisation de l’énergie nucléaire au Japon : chaque vendredi, ceux qui s’engagent avec lui s’habillent en jaune pour rappeler le vendredi 11 mars 2011, ce jour où la catastrophe a commencé.
 
Voir la vidéo (7min25):

 

 

Si vous en avez les moyens, copiez cette vidéo sur votre disque dur, car elle pourrait être supprimée d'ici peu. Car au Japon, on n'a pas le droit de dire tout ce qu'on veut.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 23:47
On dit que les médias traditionnels ne s’intéressent plus à Fukushima. C’est vrai en partie. Certains font comme si le problème était réglé, en se contentant de répéter le discours officiel : « La situation est stabilisée ». D’autres, beaucoup moins nombreux, continuent à questionner le sujet en publiant des articles de fond sur la catastrophe et ses conséquences. Malgré tout, il semble que le lectorat traditionnel commence à changer ses habitudes, en se tournant davantage vers les réseaux d’information parallèles.
     
   
La raison ? Les infos du terrain ont du mal à passer deux barrières : celle de l’autocensure des journalistes sur l’énergie nucléaire et celle des difficultés de traduction du japonais. Mais grâce à l’Internet, la situation est en train de bouger. La catastrophe de Fukushima a créé un séisme dans l’establishment nucléaire international, et une faille est apparue au grand jour. Celle-ci ne se refermera pas : on n’a jamais autant parlé, publié, débattu du nucléaire que depuis mars 2011, grâce notamment aux veilleurs de Fukushima. Et grâce aussi, il faut tout de même le reconnaître, aux médias qui publient et diffusent de plus en plus d’articles, d’émissions de radios ou de reportages sur le nucléaire. Mais ce n’est qu’un début, les choses bougent lentement. Il manque encore des grands reporters, ceux qui vont chercher l’info sur le front. Oui, des grands reporters pour témoigner de la guerre livrée quotidiennement contre le feu nucléaire de Fukushima.
 
               
Et en les attendant, l’info continue à passer, à travers des conférences, des articles et des reportages :
       
 
De retour du Japon, Michèle Rivasi a donné une conférence le 20 juin à Valence. Elle se déclare effarée et révoltée par ce qu’elle a pu constater dans les territoires contaminés : les Japonais sont dans le déni de la radioactivité et vivent dans la désinformation. Elle redoute une forte hausse des cancers, surtout pour les enfants.
 
Vidéo de la conférence de Michèle Rivasi : Fukushima - Encore pendant

 
 
Article de presse sur cette conférence :
 
 
 
 
acro.jpgCe que dit la députée européenne est confirmé par un laboratoire français indépendant, l’ACRO, qui a réalisé des mesures sur le terrain. Suite à la catastrophe de Fukushima, il a étendu son observatoire citoyen de la radioactivité dans l'environnement au Japon. L’analyse des échantillons prélevés dans les provinces de Fukushima et de Miyagi mettent en évidence une contamination alarmante.
 
Pour voir les résultats mis à jour au 24 juin, c’est ici :
 
 
 
 
geiger.jpgKenji Saito raconte son voyage à Fukushima le 1er juin et sa rencontre avec le représentant du Réseau de Fukushima pour la protection des enfants contre le rayonnement. L’article est diffusé par le site safecast, qui est l’expression d’un réseau japonais de surveillance citoyenne de la radioactivité.
 
Reportage dans la ville de Fukushima (article en anglais)
 
 
Traduction complète de l'article en français :
 
 
 
 
kaku michioMichio Kaku, physicien étatsunien, a été interviewé par une journaliste de CNN le 21 juin. Il affirme que les Japonais n’ont toujours pas le contrôle des réacteurs de Fukushima Daiichi et que cette centrale reste une menace permanente (langue anglaise).
 
 
 
 
Anne-Laure Barral, journaliste envoyée au Japon pour France-Info, raconte ses impressions pendant… 1min42. Les Japonais ne savent pas dire « je ne sais pas », donc il semble très difficile d’exercer convenablement le métier de journaliste là-bas. La vidéo est assez courte, mais écoutez jusqu’au bout, la vérité sort de la bouche des enfants !
 

 
 
 
La Criirad, laboratoire associatif français créé après la catastrophe de Tchernobyl, s’est rendue au Japon pour soutenir les organisations non gouvernementales japonaises qui se mobilisent pour faire des mesures et informer la population des risques de la radioactivité. Avec le réseau 47project, une conférence de presse s’est tenue à Tokyo au Japan National Press Club le 1er juin 2011 avec les interventions de Bruno Chareyron et Wataru Iwata (langue japonaise et française).
 

 
 
Retranscription et traduction en français des interventions et questions des journalistes ici (Les réponses et interventions de Bruno Chareyron en français ne sont pas retranscrites, mais à consulter directement dans la vidéo):
 
 
 
 
110614_19-copie-1.jpgAvec l’obligation de décontaminer l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs de Fukushima Daiichi, les boues radioactives vont s’accumuler : l’un des responsables du département nucléaire de Tepco, Teruaki Kobayashi, a avancé le chiffre de deux mille mètres cube de boues fortement contaminées, d’ici la fin de l’année 2011. Tepco envisage aussi la construction de structures en polyester pour recouvrir les bâtiments des réacteurs et des turbines pour limiter la diffusion de la radioactivité.
 
Un article du 15 juin du site zegreenweb :
 
 
 
 
Les liquidateurs de Fukushima s’expriment. Même si la centrale nucléaire de Fukushima Daichi reste dangereuse, des demandeurs d’emploi sont toujours prêts à y travailler. Dans cette centrale qui emploie 2500 personnes, environ 2200 employés sont en sous-traitance. Dans les trois derniers mois, au moins huit travailleurs ont été exposés à des niveaux élevés de radiation et retirés du service, mais cela n'a pas empêché les autres d’y aller. Bien qu’il n’existe que peu d'avantages et pas d'assurance pour d’éventuelles blessures ou un empoisonnement par radiation, beaucoup font encore la queue pour avoir un emploi.
 
Un reportage du 19 juin de la chaîne Aljazeera (langue anglaise) :
 

 
 
 
 
Et enfin, souvenez-vous, le ministre français de l’Industrie, Eric Besson, a pris la fuite en plein tournage d’une émission sur le nucléaire. Mais quelle question a-t-il voulu éviter ? Voici le témoignage qu’il n’a pas voulu entendre, celui d’un sous-traitant du nucléaire, Christian Ugolini, qui raconte comment "la sûreté des installations nucléaires est sacrifiée à la rentabilité économique", avec un exemple précis à l'appui :
 
Le reportage qu’a évité Eric Besson :
 

 
 
Retour sur la question qui fâche, un article du blog télé de Samuel Gontier :
 
 
 
 
 
 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 01:37

« Les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Analyse initiale avec le modèle de risque de la Commission Européenne sur les Risques des Rayonnements (CERR) » est un document important réalisé par Chris Busby, expert britannique dans les rayonnements ionisants.

 

Document intégral téléchargeable

en anglais (13 pages - 1 Mo) :
http://www.fairewinds.com/sites/default/files/fukuhealthrept.pdf
en français (12 pages - 4,77 Mo) :
http://aweb2u.free.fr/Annexes/Article_Busby_10062011.pdf

Ce rapport date du 30 mars 2011, mais reste d’actualité. Merci infiniment à Jeep d’avoir effectué la traduction entière du rapport.

 

Sommaire

 

Hypothèses et méthodologie 

Doses collectives

Calcul des risques par la méthode ECRR

L’exposition aux radiations près de Fukushima

L’exposition dans les préfectures

Populations

Excès de cancers dans la population des 100 km

Excès de cancer dans la population de l’anneau des 200 km

Autres domaines et quelques mises en garde

Conclusions et recommandations

Références

 

 

Extraits choisis par Jeep, du site Aweb2u :

 

Hypothèses et méthodologie 

 

Le modèle de risque de rayonnement de la commission européenne sur la radioprotection et les risques est décrit dans l'ECRR2010. Il diffère du modèle actuellement employé par les organismes pour la protection contre les radiations qui est fondé sur les recommandations de la Commission Internationale pour la Protection Radiologique CIPR. Cette dernière considère le modèle (CIPR) de l'exposition aux rayonnements de la même manière pour toutes les sources, comme si elle était extérieure au corps, et généralement des moyennes de la dose à l'organisme comme s'il s'agissait de tissus uniformes supérieurs à 1 kg. Le modèle de la CIPR prend alors cette dose et la multiplie par un facteur de risque pour le cancer, linéairement basé sur le taux de cancer à hautes doses aiguës des survivants des populations japonaises d'Hiroshima et Nagasaki qui sont étudiées depuis 1952.
Cette méthode ne peut s'appliquer à des doses internes de substances radioactives, appelées radionucléides, qui ont été inhalées ou ingérées dans les aliments ou de l'eau. Cela parce que ces substances ont des affinités variables pour l'ADN et les différentes parties du corps et peuvent délivrer de très hautes énergies au tissu local. La méthode CIPR ne peut pas non plus être appliquée à l'inhalation ou l'ingestion de particules chaudes, qui sont solides, mais microscopiques et peuvent se loger dans les tissus et administrer des doses élevées aux cellules locales. Il y a beaucoup de preuves que l'exposition interne aux radionucléides est jusqu'à 1000 fois plus nocive que ce que le modèle de la CIPR conclut. Le modèle de risque ECRR pallie à ce problème en ajoutant facteurs de pondération des risques aux doses calculées pour les radionucléides internes ou l'exposition aux particules.

 

 (...)

 

Conclusions et recommandations

 

1. Le modèle de risque ECRR a été appliqué à 3 millions de personnes vivant dans le rayon de 100 km de la catastrophe de Fukushima. En supposant que ces personnes qui y vivent restent pendant un an le nombre de cancers en excès prédit par la méthode est d'environ 200.000 au cours des 50 prochaines années 100.000 étant diagnostiqués dans les 10 prochaines années. Si elles sont évacuées immédiatement, le nombre diminuera d'une quantité importante. Pour les 7 millions qui vivent entre 100 km et 200 km à partir du site, le nombre prévu de cancers est légèrement supérieure à 220.000 cancers supplémentaires au cours des 50 prochaines années dont environ 100.000 seront exprimés dans les dix prochaines années. Ces prédictions sont basées sur les résultats du modèle de risque ECRR de cancer en Suède, après l'accident de Tchernobyl.

 

2. Le modèle de la CIPR prédit 2838 cancers supplémentaires dans la population des 100 km. Le taux réel sera donc un autre test de deux modèles de risque.

 

3. Les calculs basés sur les débits de dose gamma officiels publiés par le Ministère Japonais MEXT peuvent être utilisés en retour pour évaluer la contamination de surface aux endroits des mesures à l'aide de méthodes scientifiques reconnues. Les résultats montrent que les rapports de l'AIEA ont considérablement sous-estimé les niveaux de contamination.

 

4. Il est recommandé qu'une attention urgente soit donnée aux mesures de la contamination du sol par des isotopes spécifiques.

 

5. Il est recommandé que les populations vivant dans la zone des 100 kilomètres au Nord Ouest du site soient immédiatement évacuées et que la zone soit déclarée zone d'exclusion.

 

6. Le modèle de risque de la CIPR devrait être abandonné et toutes les décisions politiques devraient être faites sur la base des recommandations du Comité européen sur les Risques des Radiations www.euradcom.org. C'est la conclusion des éminents experts des risques liés aux rayonnements qui ont signé la Déclaration de 2009 Lesvos

 

7. Des enquêtes et des sanctions juridiques devraient être engagées contre les personnes qui ont sciemment freiné la divulgation des données auprès du public

 

8. Des enquêtes et des sanctions juridiques devraient être engagées contre les personnes qui minimisent les effets sur la santé de cet événement dans les médias

800px-Michel Fernex Wladimir Tchertkoff Chris Busby

 

Christopher Busby en compagnie de Michel Fernex et Wladimir Tchertkoff devant le siège de l’OMS en 2007 (photo : Yann Forget)

 

 

 

Qui est Christopher Busby ?

 

Christopher Busby (né en 1945) est un scientifique Britannique. Il a obtenu un doctorat en chimie physique à l’université de Kent. Il est connu pour ses théories sur les effets négatifs sur la santé des très faibles doses de rayonnements ionisants.
En 2001, membre du Comité de surveillance sur l'uranium appauvri (DUOB) au ministère de la Défense britannique. En 2003, membre de la Faculté de médecine, Université de Liverpool, dans le département d'anatomie humaine et biologie cellulaire. En 2004, responsable du réseau pour l'interprétation des politiques en matière de santé de l'enfant et d'environnement (PINCHE : Policy Interpretation Network on Children's Health and Environment) créé par l’Europe.
Il est aujourd’hui le directeur de Green Audit, une agence de conseil en environnement. source :
http://en.wikipedia.org/wiki/Christopher_Busby

 

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 00:04

Trois mois après l’accident, comment la catastrophe de Fukushima est-elle perçue ?

Les points de vue divergent, selon que l’on est simple citoyen, conseiller scientifique, élu politique, directeur d’agence d’information, représentant d’un organisme officiel ou physicien nucléaire.

 

yves-marignac.jpgYves Marignac, directeur de Wise-Paris (agence d'information sur le nucléaire) livre son analyse de la catastrophe nucléaire de Fukushima trois mois après l'accident (vidéo 29 min).

http://www.universcience.tv/media/3299/fukushima-3-mois-apres--1.html

 

bertrand-barre.jpgBertrand Barré, conseiller scientifique d'Areva, fait de même mais avec une vision différente (vidéo 18 min).

http://www.universcience.tv/media/3295/fukushima-3-mois-apres--2.html

 

corinne-lepage.jpgCorinne Lepage, députée européenne, expose sur son blog une brève analyse de la catastrophe nucléaire.

http://www.corinnelepage.fr/index.php/2011/06/11/trois-mois-apres-fukushima/

 

guy-de-halleux.jpgGuy de Halleux, citoyen radio-créatif, dresse un état très inquiétant de la situation.

http://blog.marcelsel.com/archive/2011/06/16/fukushima%C2%A0-3-fois-tchernobyl-en-10-fois-pire.html

 

 

 

 

Difficile de se situer quand une grande part des médias français se tait sur une actualité pourtant dramatique !

Qui croire ?

En fait, il ne faut pas croire, mais simplement s’attacher aux faits, ils parlent d’eux-mêmes :

 

En France, on ne parle pas beaucoup de Fukushima, et bien que les voisins allemands, suisses et italiens disent stop au nucléaire, le discours officiel est « on continue le nucléaire » !

 

jacques-repussard.jpgPar exemple, Jacques Repussard, directeur de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, tire les leçons de Fukushima en promouvant l’EPR,

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/06/17/01008-20110617ARTFIG00610-accident-nucleaireil-faut-imaginer-l-inimaginable.php

 

Dans le même temps, les salariés d’EDF craignent pour la sécurité des centrales,

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/planete/20110611.OBS4967/les-salaries-d-edf-craignent-pour-la-securite-des-centrales-nucleaires.html

 

eric-besson.jpgle ministre de l’industrie, Eric Besson, refuse d’en discuter, panique et fuit un plateau d’enregistrement,

http://fukushima.over-blog.fr/article-nucleaire-eric-baisse-on-dirait-77036864.html

 

ghislain-quetel.jpget Guislain Quetel, ancien technicien d’Areva, dénonce le manque de sécurité à la Hague.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/planete/20110611.OBS4951/nucleaire-un-technicien-d-areva-denonce-le-manque-de-securite-a-la-hague.html

 

dominique-lalanne.jpgPas étonnant donc que Dominique Lalanne, ancien directeur de recherches en Physique nucléaire au CNRS, s'inquiète des nouvelles probabilités d'accidents en France,

http://www.podcastjournal.net/INTERVIEW-VIDEO-Apres-la-catastrophe-de-FUKUSHIMA-journee-d-action-mondiale-contre-le-nucleaire_a8606.html

 

bernard-laponche.jpgpropos qui sont confirmés par ceux de Bernard Laponche, physicien nucléaire.

http://www.telerama.fr/monde/bernard-laponche-il-y-a-une-forte-probabilite-d-un-accident-nucleaire-majeur-en-europe,70165.php

 

 

 

 

 

 

Et pendant ce temps au Japon…

 

Areva n’arrive pas à décontaminer l’eau de Fukushima Daiichi : au bout de 5 heures de fonctionnement, l’usine est tombée en panne. La raison : le matériel n’a pas été conçu pour ce type d’eau, les filtres sont bouchés, et surtout, les boues récoltées sont trop radioactives pour l’homme ; et pas de robot prévu pour changer les filtres.

 

L’eau de refroidissement des réacteurs s’infiltrant dans le sol, elle remplit les sous-sols de la centrale (105 000 tonnes). Comme on ne peut pas arrêter de refroidir les réacteurs et les piscines (500 tonnes/jour), le niveau monte jusqu’à bientôt déborder… vers la mer. Tepco avait annoncé que si l’on ne pompait pas cette eau, celle-ci déborderait le 20 juin.

 

L’usine de décontamination de l’eau étant dans l’incapacité de fonctionner et les capacités de stockage de l’eau radioactive ayant été épuisées, le risque de voir cette eau descendre vers l’océan est grand.

 

 Fukushima-eau-radioactive.jpg   Refroidissement du réacteur 3 "en circuit ouvert"

 

Côté radioactivité, cela ne va pas mieux non plus : le dernier bilan de l’ASN du 16 juin n’est pas bon du tout : des fumées hautement radioactives dans l’unité 1, des vapeurs radioactives dans l’unité 2 et des débris radioactifs dans l’unité 3 interdisent l’accès humain plus de quelques heures en prenant des doses maximales. Pas de quoi faire de gros travaux sans mettre en danger la santé des hommes.

 

Alors que certains prônent la création d’un sarcophage comme à Tchernobyl, on risque toujours une explosion d’hydrogène ou une réaction thermique du corium (cœur en fusion) avec l’eau de la nappe phréatique, ce qui nécessite une attention permanente.

 

sources :

http://japon.asn.fr/

http://www.chinadaily.com.cn/world/2011-06/18/content_12728589.htm

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/japon-que-se-passe-t-il-a-fukushima_994010.html

 

 

Les Japonais prennent conscience petit à petit des dangers de la radioactivité, en particulier pour leurs enfants. Ils se mobilisent de plus en plus, réclament des analyses et des consultations médicales. Des parents s’organisent pour décontaminer les écoles, donner des conseils pour éviter la contamination interne. Des associations d’entraide voient le jour, des réseaux se forment pour mesurer la radioactivité de manière citoyenne, des scientifiques et des universitaires se mobilisent au côté de la population et apportent leurs expertises.

Une grande inquiétude : la santé des enfants. Ce sont eux les plus fragiles, ce sont eux qui, les premiers, présentent des symptômes d’intoxication : saignements de nez, nausées, diarrhée, manque d’énergie, augmentation de volume de la thyroïde.

 

 nettoyage-ecole-date.jpg Décontamination d'une école

 

sources :

http://aweb2u.free.fr/dotclear/index.php?post/2011/06/16/Passerelle-pour-Tchernobyl

http://www3.nhk.or.jp/daily/english/19_15.html

http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-a-l-aide-des-meres-de-fukushima-76787054.html

http://www.nnistar.com/gmap/fukushima.html

 

Avez-vous entendu parler de tout ça dans vos médias ? Un peu ? Beaucoup ? Pas du tout ?

Et après avoir lu cet article et ses sources, quel est votre propre point de vue, plus de trois mois après le début de l’accident de Fukushima Daiichi ?

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 12:22

1492714 7 a256 des-enfants-evacues-des-alentours-de-laIl y a quelques semaines, je vous avais alerté sur le scandale de la norme de 20 mSv/an établie par le gouvernement japonais pour les enfants (1). Aujourd'hui, la situation s'empire et les mères de la ville de Fukushima s'organisent pour donner une véritable information sur les dangers de la radioactivité et pour donner des conseils aux parents. Aya Marumori vient de créer un centre d'information et d'aide. Son appel à l'aide est des plus poignants. En voici la traduction.

 

(1) http://fukushima.over-blog.fr/article-petition-pour-les-ecoliers-de-fukushima-72633370.html

 

 

Chers amis

Nous habitons dans la ville de Fukushima, à seulement 60 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Aujourd’hui, la santé de nos enfants est en danger.
Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme, etc.

Nous, les mères de ces enfants, pensons que c'est une situation très grave.
Nous nous inquiétons des effets des rayonnements ionisants sur la santé de nos enfants.

Notre gouvernement a annoncé que les rayonnements n’avaient aucun effet sur notre santé.

Nous ne pouvons croire en la norme de sécurité de notre gouvernement.
Nous ne pouvons pas attendre que nos enfants aient un cancer suite aux risques élevés d'exposition.

Nous avons décidé de créer une organisation afin de protéger nos enfants. Nous prévoyons de faire des recherches sur les questions de santé par nous-même, avec l’aide des savants et des experts qui coopèrent avec notre propre réseau, de manière indépendante.
Le 19 juin, nous allons inviter une équipe de médecins pour les sessions de consultations médicales.

S'il vous plaît, nous avons besoin de plus de médecins et d'experts.
S'il vous plaît, nous avons besoin de plus de vos conseils,
S'il vous plaît, aidez-nous à protéger nos enfants contre les effets des rayonnements
pour notre et votre avenir !

 

 

Cordialement,

 

Aya Marumori,

repésentante du centre d’information de Fukushima pour sauver les enfants des radiations

 

 

 

 

source :

http://blog.goo.ne.jp/kodomofukushima/e/7ab5399b0e82fd21b2c0646140158d53

 

 

 

Texte original :

 



 

Dear friends


We are in Fukushima city just 60km away from the Fukushima nuclear plant.
Now, our children's physical condition is in danger.
We  see symptoms such as swollening of the thyroid, nosebleed, diarrhea, cough, asthma, etc..

 

We, Mothers of those children, believe it is a very serious situation and worries about the effects of atomic radiation on our children's health.
and worries about the effect of radiation on on the health of our children.

Our government have been announcing that there is no effect on our health from radiation at all.

 

We cannot believe our government's safety standard any more.
We cannot wait our children to have a cancer from the high risks of exposure.

We have decide to start up an organization in order to protect our children.
We are planning to research on health issues by ourselves with the cooperative scholars and experts with our own independent network
On June 19th, we will invite a team of doctors for health counseling sessions.

 

Please, we need more doctors and experts.
Please, we need more of your advices,
Please help us protecting our children from the effect of radiation
for our and your future!!

 

Sincerely,


Aya MARUMORI
Representative of FUKUSHIMA Information Center for Saving Children from Radiation 

 

 

 

 

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 16:31

Un chien viverrin, canidé asiatique, est aperçu régulièrement sur la webcam de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (1).

 

Lien vers la vidéo ANN news du 7 juin 2011 :

http://www.youtube.com/watch?v=gokLEVKcXFw&feature=player_embedded

 

Les Japonais nomment cet animal tanuki, et lui prêtent des pouvoirs magiques. Animal mythique, il est souvent représenté avec un chapeau de paille, une gourde de saké et des testicules imposants.

 

253px-Tanuki UnzenStatuette de tanuki (image de Chris73)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Tanuki_Unzen.jpg

 

Il fait partie des Yokai, c'est-à-dire des êtres surnaturels faisant partie intégrante de l’imaginaire japonais depuis les temps les plus reculés. Symbole de chance, de réussite et de prospérité, les tanukis sont présents dans l’art et les contes japonais depuis le Moyen Age et restent très populaires encore aujourd’hui.

 

Au Japon, on rencontre souvent des statues de tanukis, qui sont alors assimilés à Jiso ; cette divinité est la protectrice des voyageurs, des personnes condamnées à l’enfer, et des âmes des enfants mort-nés ou des fœtus avortés.

 

statuettes-tanukis.jpgImage provenant du blog de Yanou,  inside of my soul

http://inside-of-my-soul.over-blog.com/article-26738307.html

 

Le tanuki a été immortalisé au cinéma par Isao Takahata dans le dessin animé Pompoko (1994), où l’on voit ces bêtes sauvages se mobiliser contre la folie destructrice des hommes (2). La présence de ce tanuki sur la centrale accidentée de Fukushima Daiichi fait écho à ce film environnementaliste. Les hommes sont devenus fous et détruisent la nature jusqu’à mettre en péril leur propre existence.

 

pompoko.jpgDans Pompoko, les tanukis ont su s’associer, au-delà de leurs différences, pour lutter contre le danger. Mais malgré leur union, ils ne réussissent pas à arrêter la destruction quotidienne de leur espace vital et décident de demander l’aide d’anciens tanukis provenant de contrées éloignées.

 

Même si ce pauvre tanuki de Fukushima n’a pas de chance (il va probablement subir les effets des radiations mortifères d’ici peu), je vois une ressemblance entre le combat des tanukis de Pompoko pour préserver leur espace de vie et le combat des Japonais pour lutter contre le feu de Fukushima. Si aujourd’hui cet accident majeur dans l’histoire du nucléaire reste encore confiné au domaine privé de l’entreprise Tepco, il est évident qu’il va devenir au fil des années, et même des décennies, un des problèmes majeurs de la planète, et que les hommes devront s’unir pour réussir à limiter les dégâts.

 

Non je ne crois pas à un Japon inhabitable, mais si on ne veut pas que les Japonais soient condamnés à l’enfer, il faudra que les hommes de tous les pays leur viennent en aide. Et il faudra aussi, si l’AEIA n’est pas à la hauteur des enjeux, créer une structure internationale qui mette la catastrophe de Fukushima sous contrôle citoyen (3).

 

 

(1) C’est Pascal49 a aperçu le premier cet animal. Il l’a nommé Yokaï. On peut le voir régulièrement dans les vidéos de son site sur l’actualité du Japon suite au séisme du 11 mars : http://www.scoop.it/t/tsunami-japon/

 

(2) Très bon article sur le film Pompoko :

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=780

Lien vers le site du film :  

http://www.buta-connection.net/pompoko/

 

(3) Aujourd’hui, plus de 4000 personnes ont signé l’appel de Fukushima, pourquoi pas vous ?

Lien vers la pétition : http://appeldefukushima.wordpress.com/

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 14:42

Cet article est la traduction française d’une page d’un blog italien, Giappo Pazzie, qui est le seul site, à ma connaissance, donnant une aussi bonne représentation graphique de l’ensemble des structures d’un réacteur. L’auteur de ces images en perspective a réalisé un travail important, en utilisant toute la documentation existante disponible pour être au plus près du réel. C’est donc un ensemble de documents imagés de qualité qu’il nous livre, qui permettra au plus grand nombre de mieux comprendre la situation à Fukushima Daiichi. 

 

Page originale en italien :

http://giappopazzie.blogspot.com/2011/05/post-tecnico-4-approfondimento-sulla.html?showComment=1306789655060#c6061292040857001931

 

Reproduction et traduction (avec autorisation de son auteur, Luca da Osaka) :

 

1ère partie

 

Analyse

 

Pour accéder à la 1ère partie de l'article, cliquer ici :

http://fukushima.over-blog.fr/article-le-reacteur-n-3-de-fukushima-daiichi-1ere-partie-76473777.html

 

 

2ème partie


La comparaison avec l'état actuel
 

Après cette introduction sur la forme des divers étages de R3, nous allons voir une photographie prise sur place qui dépeint la situation actuelle de l'immeuble.

 

 

93aerial-2011-3-30-0-50-49-confronto.jpg

Comparaison de R3 avec les structures R2 et R4, mettant en évidence l’absence d'au moins deux étages (CRF et 5F). Le chevauchement de R2 et R3 est une projection fonctionnelle des plans de construction.


Permettez-nous de superposer des images virtuelles à des structures réelles :

1) Vue verticale de R3 et R4

 

94aerial-2011-3-30-0-20-11-confronto   

 

En jaune le couvercle du D/W en " position d’activité" et à sa gauche, en vert, la piscine de combustible qui, selon la planimétrie, s'étendrait en profondeur de 5F à 3F. R4 est à gauche et R3 à droite ; pour le premier on suppose que la configuration spatiale du réacteur est comparable à celle du second.

 


2) Vue de face pris en vol

 

95aerial-2011-3-30-3-20-0.jpg 

Photographie aérienne de R3

 

96aerial-2011-3-30-3-20-0-confronto.jpg

Modèle approché superposé à une photographie de R3.


Il est assez difficile de bien superposer les deux images. Les deux constructions en béton dans le coin avant droit du bâtiment ne sont pas authentiques parce qu'ils ne sont que des références à des graphiques, car il n'y avait aucune indication de leur mesure dans les dessins de la centrale examinés.
À première vue, il semblerait que R3 a subi l'effondrement complet du CRF, de 5F et en partie aussi de 4F (les semelles peuvent avoir différentes sections dans le même plan et par conséquent, il a pu exister des effondrements localisés). Du côté de la T/B, il semblerait que la structure ait mieux résisté : justement dans cette zone, il y a des murs en béton épais pour soutenir le D/W, tandis quà l’avant du bâtiment, il y a plus de « vides » probablement plus enclins à un affaissement.
Cependant, ce n'est qu'une hypothèse tirée d’une série de considérations personnelles, basée sur très peu d’éléments concrets.

 

Quelques nouvelles photos découvertes via Flickr montrent quelques détails de R3 et R4 (lien ici ). Dans cette photographie du R4, on voit bien le pont roulant sur le CFR (la structure d'acier grise aussi grande que le bâtiment) ainsi que la machine de ravitaillement (vert clair).

 

975705368411_4a2ee8f0a6_o.jpg

Vue latérale sud de R4 : pont roulant (la "poutre" grise en haut) 

et la machine de ravitaillement en carburant (vert clair juste en dessous à droite)

 

 985705937712_f3b356410b_o.jpg

 Vue latérale sud de R4 : zoom du cliché précédent

 

Une structure similaire au pont roulant de R4 est également visible dans cette photo de R3 en fait on voit une extrémité de ce qui pourrait être une double poutre du pont roulant tombée du CRF sur le 5F, celle-ci ayant perdu la base de son appui. Sur la photo on voit en bas des piliers avec la protubérance caractéristique sur laquelle généralement s’appuient les poutres des rails du pont roulant. Ils sont inversés par rapport à leur position normale, comme ils ont été coupés et ont été renversés à l'extérieur du bâtiment.

 

 995705961026_2b9175499b_o.jpg

Vue ouest de R3 : les piliers de la CRF coupés et renversés (en bas)

Pont roulant (?) en haut au centre.

 

La chute semble à peu près arrivée au niveau de la position du réacteur. En pratique le pont roulant serait en position de faire un "toit" à au moins la moitié de la voûte de béton qui couvre l'entrée du D/W du R3. Cela ne veut pas dire que c'est une mauvaise chose.

 

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