25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 01:23

2C’est la plus grande confusion dans les médias. Jeudi 24 mai 2012, on pouvait lire ces deux titres contradictoires :

Japon - Les fuites radioactives de Fukushima plus fortes qu’annoncé (Reuters)

Après Fukushima, des niveaux de radiation très faibles au Japon (Le Monde)

Le premier article se base sur la dernière estimation de Tepco, le deuxième sur un rapport préliminaire de l’OMS…

 

Depuis 14 mois, c’est la valse des chiffres !

Voici par exemple quelques estimations données au fil du temps pour le césium 137   (données en PBq, c’est-à-dire en millions de milliards de becquerels) :

 

- 8 juin 2011, estimation de la NISA : 15 PBq

 

- 9 mars 2012, estimation de l’IRSN : 21 PBq

 

- 3 avril 2012, estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais : 63 PBq

 

- 24 mai 2012, estimation de Tepco : 10 PBq pour le relâchement aérien du 12 au 31 mars 2011 et 3,6 PBq pour le relâchement marin du 26 mars au 30 septembre 2011

 

- 24 mai 2012, autre source, the Daily Yomiuri : 360 PBq ! erreur de journaliste ? (1)

Dans ce cas… ça serait 5 fois plus que le césium relâché par Tchernobyl en 1986 !

 

 

En savoir plus sur la désinformation ambiante avec les articles

   

- de Gen4 : Césium-137 et Fukushima : à la recherche de l'erreur

- de l’AIPRI : Plus dure sera la chute

- de Russia Today : Cesium-137 contamination: Fukushima amounts to four Chernobyls

 

 

(1) Copie de l’article en ligne :

 

TEPCO estimate sees more radiation than NISA's

The Yomiuri Shimbun

Tokyo Electric Power Co. has estimated the total amount of radioactive substances discharged from its Fukushima No. 1 nuclear power plant measured 760,000 terabecquerels, 1.6 times the estimate released by the Economy, Trade and Industry Ministry's Nuclear and Industrial Safety Agency in February.

One terabecquerel is equal to 1 trillion becquerels.

TEPCO will include the estimate in a final report to be compiled by an in-house accident investigation committee in June. The firm has also begun explaining how it arrived at the figure to local governments in Fukushima Prefecture.

There are two ways to estimate the amount of discharged radioactive substances. One way is to base calculations on the degree of damage to the reactor core. The other is to reverse calculate based on the density of radioactive substances found in the atmosphere and seawater. As a result, there will be differences in estimates depending on how the figures were obtained.

NISA released an estimate of 770,000 terabecquerels in June last year, and another estimate of 480,000 terabecquerels in February. The Cabinet Office's Nuclear Safety Commission released an estimate of 570,000 terabecquerels in August last year.

TEPCO combined the two methods and repeated its calculations under different conditions. It reached a final estimate of 400,000 terabecquerels of iodine-131 and 360,000 terabecquerels of cesium-137.

The amount of radioactive substances discharged in the Chernobyl accident in 1986 was 5.2 million terabecquerels.

"As there wasn't enough available data immediately after the disaster, estimates can differ substantially if conditions change, even just a little," said Prof. Hideo Yamazaki at Kinki University, an expert in environmental analysis. "The discharged amount of radioactive substances increased, but the figure is within the assumed margin of error. There will be no problems in continuing decontamination work and other measures."

(May. 24, 2012)

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 01:27
 
Pour ne pas oublier Fukushima, pour que les évènements tragiques de 2011 ne se perdent pas dans les limbes de l’Internet, pour laisser une trace indélébile avant que les faussaires de l’Histoire ne tentent de changer le fil des évènements, pour le grand livre de la mémoire des hommes, des auteurs ont pris leur plume pour essayer de révéler l’indicible de cette catastrophe sans précédent.
 
Voici la présentation actualisée en continu de ces livres tous aussi intéressants les uns que les autres. Ouvrages à lire pour une fois dans le monde réel, sans écran, avec la douceur du papier et l’odeur de l’encre.
 
 
arton4022.jpgOublier Fukushima
Arkadi Filine
 
La catastrophe nucléaire au Japon serait résolue. Catastropher, liquider, évacuer, réhabiliter, banaliser : autant d’épisodes d’un feuilleton destiné à nous faire oublier Fukushima. Autant de chapitres de ce livre pour défaire les mensonges des États nucléarisés. « Je ne veux plus y retourner. Là-bas, la vie a été effacée », explique une grand-mère japonaise qui a fui la zone contaminée. La catastrophe dans laquelle se débattent les Japonais n’est pas seulement un aperçu de ce qui nous attend partout ailleurs, c’est aussi le miroir grossissant de notre condition présente, celle de prisonniers d’un monde clos. Chaque foutue aspiration à la liberté se cogne aux murs des installations nucléaires, se perd dans le temps infini de la contamination. Quelle existence reste-t-il à mener avec un dosimètre autour du cou ?
De Tchernobyl à Fukushima, du Japon à la France, des textes, des récits, des documents. Pour contribuer à l’histoire immédiate du désastre nucléaire. Pour nourrir quelques esprits qui refusent de se résigner.
Ni héros, ni martyr, Arkadi Filine est l’un des 800 000 liquidateurs de Tchernobyl. Svetlana Alexievitch lui donne la parole dans son livre La Supplication. Pour ce livre, trois personnes de la génération Tchernobyl ont choisi d’emprunter son nom. Elles se reconnaissent dans son sens de la dérision, au bord du gouffre, son attitude désespérée mais pas résignée.
 
 
arton5045-87dc3.jpg Après Fukushima
coordonné et préfacé par Laurent Mabesoone
 
 Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? « Après Fukushima » est un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, dans lesquels les auteurs expriment leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. L’ouvrage est coordonné et préfacé par Seegan Mabesoone ‒ nom de plume de Laurent Mabesoone ‒ qui assure également la traduction des textes en japonais.
 Né en 1968, Laurent Mabesoone est poète de haïku mais aussi romancier, essayiste et comparatiste français s’exprimant en langue japonaise. Il enseigne actuellement la littérature comparée à l’Université Jûmonji de Tokyo et l’Université Shinshu. Il a créé en 2004 le cercle de poètes de haïku Seegan kukaï, qui se réunit régulièrement à Nagano et à Nagareyama (Chiba). Il est aussi un des initiateurs du mouvement du "ruban jaune anti-nucléaire" au Japon.
 Les droits d’auteurs seront versés intégralement à l’Association pour la protection de la vie et de l’environnement face à l’accident nucléaire (président M. Takao Odome, à Minami Soma).
 
 
 
01071601366.jpgFukushima, récit d'un désastre
Michaël Ferrier
 
Vendredi 11 mars 2011, en début d'après-midi, la vibration des fenêtres. Quelque chose s'ouvre, grogne, frémit, demande à sortir. » Michaël Ferrier, auteur de « Tokyo. Petits portraits de l'aube et de Sympathie pour le fantôme », raconte depuis le Japon où il vit le désastre de Fukushima. Au pire de la tourmente, il tire du chaos un récit saisissant et d'une grande beauté. Au-delà de l'énoncé des faits, Michaël Ferrier engage une réflexion humaine sur le nucléaire et sur la vie dans les zones contaminées, « la demi-vie », cette « entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité ».
« On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c'est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l'indifférence des autres – est en train d'imposer, de manière si évidente qu'elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité.
 
 
tunasrienvuTu n’as rien vu à Fukushima
Daniel de Roulet 
 
C’est une lettre personnelle à une amie japonaise, en souvenir d’une soirée passée à Tokyo il y a un an, jour pour jour, avant le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cette lettre évoque aussi d’autres malheurs qui ont secoué le Japon et le souvenir heureux d’un séjour sur les plages de Sendai – fascination extrême pour l’élégance inquiète de cette culture raffinée.
Il est aussi question du rapport entre les nucléocrates et la littérature, des difficultés de se comprendre entre l’Europe et le Japon. L’auteur, qui a lui-même travaillé dans une centrale nucléaire, écrit ces pages d’une lucidité bienfaisante comme un écho à Hiroshima, mon amour - dans lequel l’héroïne s’entendait reprocher : Tu n’as rien vu à Hiroshima. 
 
 
9782907681957.jpgFukushima. Dans la zone interdite
William Tanner Vollmann
 
L'Américain William Vollmann, au lendemain du séisme, s'est équipé de protections sommaires pour se rendre sur les lieux. Il raconte son périple dans la "zone interdite" et note tout ce qu'il a vu - habitants en fuite, villes fantômes, destructions apocalyptiques. Pendant ce "voyage à travers l'enfer", il a aussi écouté les rescapés et, en reporter scrupuleux, il rapporte ce qu'il a entendu : des témoignages où se mêlent le fatalisme et la colère, l'ignorance et l'inconscience, l'incompréhension et le désespoir de ceux qui "ont fait l'expérience de tout perdre".  (source du commentaire)
 
 
journaldesjourstremblants.jpgJournal des jours tremblants
Yoko Tawada
 
Journal d'une Japonaise qui vit en Allemagne, Yoko Tawada. Elle dénonce la langue de bois des autorités nipponnes, qui ont longtemps dissimulé les menaces, minimisé les risques, manipulé les médias et étouffé les inquiétudes d'un peuple naturellement passéiste, tout en censurant les voix des antinucléaires. Et Yoko Tawada ajoute : "Tokyo est une ville qui continue de rire joyeusement, la nuit, avec l'électricité que Fukushima produit au péril de la vie de ses riverains." (source du commentaire)
 
 
 
51EiU5kSgXL__SL500_AA300_-copie-1.jpgL'Archipel des séismes
sous la direction de Corinne Quentin et Cécile Sakai
Editions Philippe Picquier
    .
Romanciers, poètes, essayistes et artistes japonais, livrent leurs témoignages, réactions à vif, méditations et visions sur la triple catastrophe ‒ séisme, tsunami, accident nucléaire ‒ qui a frappé la région du nord-est du Japon le 11 mars 2011.
Ces textes déclinent le courage, le deuil et la révolte, mais aussi l'ironie, voire l'humour noir, signes d'une force et d'une lucidité critique largement partagées. C'est en ce sens un document essentiel pour comprendre la société japonaise aujourd'hui, pour partager ses doutes et ses espoirs d'une reconstruction sur des fondations qui pourraient être nouvelles. 

 

 On remarquera entre autres « La centrale nucléaire de Fukushima. Histoire d’un « renoncement à la sécurité » Que sont indépendance, démocratie, transparence devenues ? » de Shioya Yoshio, « Nous, peuple de Fukushima – Agitation nécessaire pour vivre dans l’après-11 mars » de Ikeda Yûichi, « Le temps sinistré : un seul traitement, sortir du nucléaire » de Saitô Tamaki, « Adieu au nucléaire ! » de Ôe Kenzaburô et « Le goût de Fukushima » de Sekiguchi Ryôko.
 Les contributions des auteurs et des traducteurs sont bénévoles.
Tous les bénéfices de la vente de cet ouvrage seront reversés aux sinistrés du Tôhoku.
 
 

 

51SCpkFymaL SL500 AA300 -copie-1Journal d'Apocalypse

Philippe Nibelle

Editions du Rocher

 

11 mars 2011 : le plus grand tremblement de terre (8.9 sur l’échelle de Richter) ravage le Japon. Des milliers de morts ! Autant de disparus !

Parmi les survivants du séisme, un Français : Philippe Nibelle, professeur d’université. Il est le lien qui permettra, de télévision en télévision, de nous faire partager, jour après jour, les affres de la population.

 

 

 

41-KMKZCppL__SL500_AA300_.jpgLes Sanctuaires de l'abîme : Chronique du désastre de Fukushima

Nadine Ribault et Thierry Ribault

Editions Encyclopédie des nuisances

 

Comme chacun s’en souvient, un tremblement de terre, un raz-de-marée et un accident nucléaire ont frappé la région de Fukushima, au Japon, en mars 2011. En suivant les initiatives de Wataru Iwata, fondateur d’une association appelée "Projet 47", visant à faire en sorte "que les gens accèdent à l’information juste et exacte et prennent conscience de ce qui est véritablement en train de se passer", les auteurs retracent la chronique des événements qui ont suivi le déclenchement de l’accident à la centrale de Fukushima – tergiversations du gouvernement et de l’entreprise responsable de la centrale, désinformation de la population, à qui l’on ne cesse de répéter qu’il n’y a aucun danger –, et rappellent la manière dont l’industrie du nucléaire "pacifique" a été promue par le gouvernement japonais depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en collaboration avec les États-Unis, afin de rendre non seulement acceptable mais désirable une technologie que les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki avaient marquée du sceau de l’infamie.
L’ouvrage met en lumière le rôle joué par des organisations mafieuses ou semi-mafieuses telles que la Fondation Sasakawa dans la négation des conséquences des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima sur la santé des populations, ainsi que le rôle joué par les yakuza dans l’assistance aux populations immédiatement après la catastrophe, se substituant à des "pouvoirs publics" étatiques et locaux totalement dépassés par les événements. Sont également remis en question un certain nombre de clichés concernant ce qu’il est convenu d’appeler la culture japonaise, qui rendrait la population particulièrement apte à se résigner à une sorte de fatalité. La réalité est fort différente, comme l’attestent notamment les pillages constatés après la catastrophe, ainsi que les sentiments de désespoir et de panique qui animent de larges couches de la population.

 

 

 

image.jpgJapon touché au cœur - Fukushima

Sylvie Baussier et Pascale Perrier

Oskar éditions

 

11 mars 2011 : un tremblement de terre suivi d'un tsunami ravage le nord du Japon et endommage gravement la centrale nucléaire de Fukushima. A des milliers de kilomètres de là, Fanny, une jeune Française, décrit dans son journal intime sa vie quotidienne au rythme des informations et de l'inquiétude de ses amies : Natalia, d'origine russe, qui s'imagine déjà qu'un nouveau Tchernobyl vient de se produire et Ima, une cousine japonaise qui débarque chez elle, avant de disparaître sans prévenir.
Comment les trois filles vont-elles vivre ensemble ces événements graves ? Et peuvent-elles agir pour aider le Japon ?

« Pour aider les jeunes à décrypter ce qui s'est passé là-bas. Nous avons écrit à partir d'une veille documentaire très fournie, et proposé le point de vue de plusieurs jeunes dans cette fiction qui se présente comme un journal intime. » (S. Baussier)

 

 
 

52969402Fukushima, la fatalité nucléaire

François Leclerc

Osez la république sociale !

 

Cette catastrophe, après celle de Tchernobyl, permettra enfin d’ouvrir les yeux sur le nucléaire. François Leclerc a tenu une chronique depuis le début de « l’accident » sur le blog de Paul Jorion. Ces textes nous révèlent le mensonge au quotidien des autorités et du lobby nucléaire. La catastrophe de Fukushima n’est toujours pas réglée et l’opérateur Tepco ne sait toujours pas comment régler le problème de cette centrale sinistrée. Il est déjà acquis que Tepco, l’opérateur de Fukushima, ne maîtrise pas grand chose de la centrale sinistrée. Ni de la poursuite endémique de la contamination de l’atmosphère et de la mer, ni du statut du combustible nucléaire. Ni à fortiori de l’impact de nouvelles secousses sismiques sur des structures éprouvées, dont en premier celle de la piscine du réacteur n°4, qui concentre toutes les inquiétudes étant donné l’énorme masse de combustible qu’elle contient. 1.535 assemblages sont ainsi stockés à 30 mètres du sol dans une structure à l’air libre qui a du être consolidée, et qui représente 85 fois la quantité de Césium-137 libéré par l’explosion du réacteur de Tchernobyl… De quoi rendre invivable le Japon tout entier et bien au-delà, car c’est à cette dimension que se mesure le danger subsistant. C’est un livre qui s’inscrit dans le débat français sur la filière nucléaire.

 

 

30010.jpgPourquoi Fukushima après Hiroshima ?

Une éthique pour sortir du nucléaire

Jean-Marc Sérékian

Médial-Sang de la Terre

 

La catastrophe de Fukushima a tourné une page d'histoire : l'âge atomique est entré dans une phase finale d'agonie. On découvre aujourd'hui les improvisations, la corruption et l'arbitraire à l'origine de l'aventure nucléaire. De nombreux problèmes restent sans réponse et sont laissés aux générations futures : les déchets et leur traitement, l'arrêt et la déconstruction des centrales. Sans oublier que l'avenir d'une industrie ne peut éternellement se construire sur une croissance indéfinie et puiser dans la dette publique. L'événement de Fukushima boucle donc un cycle historique et, par ses conséquences humaines et écologiques, révèle à nouveau l'origine et l'unique finalité militaire du nucléaire. Les dix réflexions de ce livre refont l'analyse des racines historiques de l'âge atomique et explicitent sur le plan éthique la nécessité d'une sortie urgente du nucléaire

 

 

 

    1359124298couvpagnotta.jpgLe dernier homme de Fukushima

Antonio Pagnotta

Dom Quichotte Editions

 

Ce récit est l’histoire vraie d’un homme exceptionnel, d’un personnage de légende. Naoto Matsumura, tel un un samouraï sans maître, a refusé en mars 2011 d’évacuer la zone interdite autour de la centrale explosée de Fukushima. Malgré le tsunami et l’apocalypse nucléaire, malgré les réacteurs qui, deux ans après, continuent de cracher de la radioactivité, il a choisi de rester sur la terre de ses ancêtres, dans sa ferme, auprès des quelques animaux encore vivants. Il est aujourd’hui le dernier habitant de Fukushima.

Par cet acte de résistance, le fermier manifeste sa colère face à Tepco, le géant de l’industrie nucléaire, mais préserve aussi son honneur en refusant le sort des habitants évacués des zones contaminées, condamnés à l’errance aujourd’hui et demain aux maladies certaines, pour finir tels des parias. Dans son combat, Matsumura porte toute l’humanité de celui qui refuse de se soumettre à la bureaucratie, à la finance et au lobby nucléaire, dont les choix sont d’abord économiques : sauver le pays de la faillite à n’importe quel coût humain, y compris le sacrifice des enfants.

À travers le lien qu’il maintient entre l’homme et la nature, le respect et le soin qu’il doit aux pierres, aux plantes et aux bêtes, il incarne la lutte de la terre contre le nucléaire, le jour après l’apocalypse. Matsumura est bien plus qu’un militant écologiste ; pour trouver la force de survivre, et sauver sa ville, il puise dans le Japon de la religion et des philosophies ancestrales. 

Dossier Fukushima

Criirad

Site de la Criirad

2 ans après la catastrophe de Fukushima, la CRIIRAD sort une publication qui relate une partie des actions conduites en 2011 et 2012 pour informer sur la gravité de la contamination et pour accompagner la naissance au Japon de structures indépendantes.

D'amour et de liberté

Elias Aboumrad

Livre numérique (roman)

Tous ceux qui sont au courant de la catastrophe nucléaire de Fukushima savent qu’il faudra un jour enterrer cette centrale dans un projet pharaonique. Contrairement à d’autres dangers qui menacent la vie sur terre, celui-là est fonctionnel et hors contrôle. On ne pourra pas refroidir continuellement les cœurs des trois réacteurs qui ont fondu avec de l’eau qui se retrouve dans l’océan. Le pacifique est immense, mais l’empoisonner continuellement avec des éléments radioactifs qui mettent des dizaines de milliers d’années à disparaître aura un effet certain sur la vie qu’il porte. Hans Brücken, ingénieur de profession ne se doutait pas, lui le spécialiste des tunnels, qu’il allait prendre part à un projet de nature nucléaire. Le plus célèbre des tunnels auxquels il lui fut donné de participer était celui sous la Manche. Son prochain travail, qui va venir à bout de la menace que la centrale accidentée de Fukushima fait planer sur la vie sur Terre, sera autrement plus important.

Fukushima : l'apocalypse et après ?

Christophe Sabouret

Pascal Galodé éditeurs

Que s'est-il donc vraiment passé au Japon depuis ce 11 mars fatidique ? Deux mois après le terrible enchaînement de catastrophes naturelles et nucléaires, que savons-nous vraiment de la situation et de la réalité d'un pays à la fois si lointain et si proche ? Qui sont ces dirigeants à la manœuvre pour utiliser cette situation historique à des fins moins avouables ? Le Japon est-il vraiment à la croisée des chemins, peut-il renouer avec ses pires démons militaro-industriels ? Le pire que l'on croit n'est-il finalement que le prélude à bien pire encore ? Au moment où Akihito, fils de Hirihito, prend la parole à la télévision, comme son père l'avait fait à la radio au lendemain d'Hiroshima et Nagasaki, le Japon vit des heures sombres et historiques à la fois. Sans prétendre à une quelconque universalité, Christophe Sabouret qui s'est appuyé sur de multiples témoignages, nous donne les clés pour mieux appréhender ce qui se passe au pays du Soleil levant, et qui nous concerne tous, et nous Français au premier chef. Ne sommes-nous pas le deuxième pays le plus nucléarisé du monde?

Daisy : lycéennes à Fukushima,

Reiko Momochi

Editions Akata

Depuis le terrible tsunami qui a frappé Fukushima, Fumi n'ose plus sortir de chez elle. Trop inquiète pour sa santé, à cause des éventuelles radiations émises par la centrale. Pourtant, en dernière année de lycée, il faudra bien qu'elle se décide à retourner en cours. Mais est-il seulement possible de recommencer à vivre et de faire comme si de rien n'était, quand même une simple pluie représente la menace d'une contamination radioactive ? Heureusement, elle pourra compter sur Moé, Ayaka et Mayu, ses trois meilleures amies. Ensemble, elles comptent bien profiter de la vie, et surtout sortir toutes diplômées du lycée ! Elles décident alors de créer un groupe de musique, Daisy, pour se redonner du courage. Mais très vite, la réalité les rattrape et...

Est-il possible de construire leur avenir sur cette terre polluée qu'est-devenue Fukushima ? En tant que filles, en tant que femmes, en tant que futures mères... Tandis que le reste de la jeunesse japonaise et du monde a le droit de profiter de sa vie dans l’insouciance, tandis que le monde entier a oublié le drame qui s'est abattu sur Fukushima et que ses habitants tombent dans l'oubli, quel avenir s'offre à ces adolescentes, à l'aube de leur vie d'adulte ?

Fukushima : Chronologie d'un désastre nucléaire annoncé Raymond de Bonnefoy, Daniel Haber L’Harmattan

La catastrophe naturelle du 11 mars 2011 au Japon, qui fit des milliers de morts, fut également responsable d'un désastre nucléaire de répercussion mondiale. Quelles sont les causes principales de ce désastre ? Comment les événements se sont-ils réellement déroulés ? Comment a été gérée cette situation de crise ? Quelles sont les conséquences de cette tragédie, et quelles sont les leçons à en tirer ?

Les équinoxiales

Armelle Leclercq

Le corridor bleu

Des feux de circulation aux bestioles, l’écriture des Équinoxiales nous introduit à une célébration du paysage japonais, tant rural qu’urbain, avec une attention particulière aux petites choses. Mais cette ample respiration du monde est brusquement interrompue par la catastrophe de Fukushima. Une dernière partie du livre laisse alors entendre les échos bruts d’un drame qui se joue non loin et remet en cause l’harmonie ancestrale de l’homme avec la nature.

Fukushima - Dans la zone interdite

William T. Vollmann

Editions Tristram

Le livre-reportage de Vollmann à Fukushima dans les jours qui ont suivi le séisme, le tsunami et le début de la catastrophe dans la centrale. En mars 2011, un tremblement de terre et un tsunami ravagent la côte est du Japon. S’ensuit un enchaînement catastrophique d’événements qui, à la centrale de Fukushima, aboutissent au plus grave accident nucléaire civil depuis Tchernobyl. L’écrivain William T. Vollmann se rend sur les lieux. Équipé de protections rudimentaires et d’un radiamètre à la fiabilité incertaine pour mesurer le taux de radioactivité, il parcourt des villes et une campagne sinistrées aux abords de la « zone interdite ». Fidèle à sa méthode, il constate, il décrit et il interroge — avec les questions les plus simples — témoins et victimes de la tragédie. À l’opposé de tout sensationnalisme, son reportage révèle l’étrange fatalisme de la population face à un mal impalpable… alors que comme chaque année les cerisiers refleurissent. Dans ce Japon qu’il connaît et aime de longue date — et où le traumatisme des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki est encore vif — Vollmann pose, à nouveau, la question du nucléaire et de l’information sur le nucléaire. Une préoccupation qui était déjà celle du jeune William Vollmann lorsqu’il était étudiant, et qui est à l’origine des interrogations morales développées dans son œuvre majeure : Le Livre des violences.

Trente Haïjins contre le nucléaire

Seegan Mabesoone

Editions Pippa

« À l'heure où j'écris cette préface, tous les réacteurs nucléaires japonais sont à l'arrêt. Or, nous, habitants de l'Archipel nippon, pouvons en témoigner : la vie quotidienne ne pose aucun problème particulier de ce fait. La France et le Japon ne sont pas deux « grands pays du nucléaire ». Ce sont avant tout deux grands pays de poètes. Que la force des citoyens et des artistes permette aux pétales du verbe de s'ouvrir toujours, de part et d'autre de l'Eurasie ! » Laurent Mabesoone

L'accident de Fukushima Dai Ichi - Le récit du directeur de la centrale

Volume I - L'anéantissement

Franck Guarnieri, Sébastien Travadel, Christophe Martin, Aurélien Portelle, Aissame Afrouss

Presse des Mines

Le 11 mars 2011, le Japon subit l’un des séismes les plus importants de l’histoire. Il est suivi d’un tsunami de grande amplitude. Ce double événement fait plus de 18 000 morts et provoque d’importants dégâts matériels. Cinq centrales nucléaires sont notamment touchées par le sinistre. L’une d’entre elles, Fukushima Dai Ichi, est confrontée à une situation d’urgence nucléaire. Trois réacteurs entrent en fusion et des explosions se produisent dans quatre bâtiments réacteurs. Une poignée d’hommes sont restés aux commandes de la centrale. Ils sont dirigés par Masao Yoshida, le directeur de Fukushima Dai Ichi. Cet ouvrage propose au lecteur un récit inédit. Le témoignage, traduit du japonais, de Yoshida à la commission d’enquête gouvernementale sur l’accident. Plus de 400 pages qui dévoilent une autre histoire : celle d’une équipe de travailleurs confrontés à un désastre annoncé. Une histoire qui, du reste, peut se lire comme un grand roman technique. Face à l’ampleur du chantier de traduction et d’analyse, l'éditeur a choisi de diviser ce projet éditorial en quatre volumes. Ce premier volume, sous-titré « L’anéantissement », aborde l’incidence de la catastrophe naturelle sur les installations et le début de l’accident nucléaire. Il expose en outre deux concepts : celui d’ingénierie de l’urgence et de situation extrême.

La désolation

Arnaud Vaulerin

Grasset

Centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, été 2013 : près de deux ans après le tsunami qui provoqua l'arrêt des réacteurs, l'inondation de la centrale et des explosions en série, sur une terre contaminée, des dizaines de grues, pelleteuses, bulldozers et des milliers de silhouettes anonymes s’affairent pour tâcher de réparer la catastrophe qui a déjà chassé plus de 200 000 personnes de la région du Tohoku. Qui sont ces ouvriers courbés et silencieux, occupés à ramasser les débris radioactifs, la plupart du temps sans combinaison ? Ce sont les sacrifiés, vaste armée de travailleurs précaires venus œuvrer, par patriotisme sacrificiel d’abord, puis par nécessité financière, au démantèlement de la centrale. Isolés dans leur propre pays, méconnus ailleurs, Arnaud Vaulerin les a suivis pendant plus de deux ans. Souvent sans compétences, sous-payés et broyés par une administration tentaculaire où les sous-traitants sont aussi nombreux que les travaux à entreprendre, ces « gitans du nucléaires » s’exposent à des niveaux de radiations bien supérieurs au seuil maximal sur un site où règnent l’anarchie et la loi du silence. Des villages abandonnés de la côte aux réacteurs irradiés en passant par les bureaux aseptisés de la puissante Tokyo electric power company (Tepco), l’enquêteur est allé à leur rencontre pour découvrir que le pire reste peut-être à venir : niveaux de radiation records, sécurité limitée, travaux effectués à la va-vite, fuites, bricolage et risques médicaux encore méconnus, la catastrophe est loin d’être terminée. Un grand récit, dans la lignée des Proies d’Annick Cojean – les faits sont établis dans une émotion intense, littéraire ; ce n’est pas un incident ou une enquête, c’est une plongée au pays de la mort, invisible, impensable, et qui guette tant de pays…

Frankushima

Géraud Bournet

Lutopiquant

Comment appréhender l'univers de la radioactivité dont le propre est d'être invisible, inodore, sans goût ni saveur ? Cinq ans après le début de la catastrophe de Fukushima, la liquidation du désastre a en grande partie permis sa banalisation et son oubli généralisé. À travers une démarche documentaire et graphique, Franckushima, « caisse de résonance sur les catastrophes nucléaires », propose de revenir sur les enjeux de la catastrophe pour mieux nous préparer à celle qui nous guette en France.

Le Nucléaire en Asie. Fukushima, et après ?

Mathieu GAULÈNE

Editions Picquier

Cet ouvrage fournit le panorama le plus complet existant à ce jour sur le nucléaire en Asie : non seulement les programmes civils (Chine, Japon, Inde, Vietnam, Thaïlande, et même Bangladesh et Myanmar), mais aussi l’inquiétante prolifération de l’arme nucléaire, possédée par des pays qu’opposent des rivalités profondes (Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord). Il fait également le point sur l’essor des mouvements antinucléaires et des énergies renouvelables, relancés par la catastrophe de Fukushima. Un chapitre spécial est consacré à l’accident nucléaire du 11 mars 2011, riche en révélations sur le véritable bilan humain et le rôle du crime organisé dans la « liquidation » de la centrale sinistrée. Les choses vont très vite dans le nucléaire. Pyongyang prétend désormais avoir la bombe H. Au Japon, nouveaux redémarrages de réacteurs et nouveaux déboires du surrégénérateur et de l’usine de retraitement d’uranium. Autant de raisons de suivre cette actualité à la lumière de l’analyse approfondie et accessible qu’est Le Nucléaire en Asie.

Au cœur de Fukushima : journal d'un ouvrier de la centrale nucléaire 1F (vol. 1)

Kazuto Tatsuta

Kana

Depuis l’accident de Tchernobyl, la destruction d’une partie de la centrale de Fukushima est la plus terrible catastrophe nucléaire civile qui ait frappée la planète. Suite à cet événement, un auteur de manga s’est fait engager anonymement comme ouvrier pour travailler dans la centrale afin de raconter le quotidien de cette usine et de ses réacteurs endommagés.

Un manga ancré directement dans les coulisses du drame juste après la catastrophe : en effet, le mangaka nous propose ici un documentaire inédit sur le quotidien des équipes de travail de la centrale afin de nous sensibiliser sur un sujet d’actualité et de société qui nous concerne absolument tous : le nucléaire.

Au cœur de Fukushima : journal d'un ouvrier de la centrale nucléaire 1F (vol. 2)

Kazuto Tatsuta

Kana

Un témoignage sur l'après Fukushima et sur le quotidien des ouvriers de la centrale, d'après l'expérience du mangaka engagé sous un pseudonyme en tant que travailleur-déblayeur. Selon l'auteur, "ce sont des erreurs évidentes de dire que « des travailleurs de la centrale sont atteints de leucémie » ou que « les cancers de la thyroïde chez les enfants ont augmenté à Fukushima ». D'où des avis très controversés sur son œuvre qui semble faire le jeu de Tepco.

Fukushima : le poison coule toujours

François-Xavier Ménage

Flammarion

Le journaliste relate son expérience dans la zone dévastée de Fukushima en 2011 et les événements ayant suivis la catastrophe : les risques encourus par les décontaminateurs, les militants antinucléaire, les regrets des décideurs, etc. Il s'intéresse également au cas du nucléaire en France et met en avant le risque réel qu'un tel événement se reproduise. Malgré son expérience, quand un journaliste lui pose la question "Êtes-vous pro ou antinucléaire ?", il répond "Je n'ai aucune capacité intellectuelle pour vous répondre".

Penser le Nucléaire, Autopsie d'une Illusion

Hiroaki KOIDÉ

Anima Viva

Penser le Nucléaire, Autopsie d'une Illusion, à la fois pédagogique autant que corrosif, pose le problème général du bien fondé de la prouesse humaine : l'Énergie nucléaire. Montrant les failles et fragilités dans les applications technologiques actuelles et le savoir-faire incomplet de la science aujourd'hui, il fait le point sur la situation périlleuse dans laquelle se trouve le Japon quatre ans après la catastrophe de Fukushima : l’ampleur de la contamination radioactive dans les zones proches de la centrale, mais aussi son inéluctable progression, les difficultés de la décontamination, le démantèlement difficile - sans cesse ralenti - des cœurs de réacteurs, le stockage des déchets radioactifs : autant de défis techniques mal maîtrisés, autant de plongées dans l’inconnu. S’il est facile d’identifier les responsables, membres du gouvernement ou cadre de la Compagnie d’électricité de Tokyo Tepco, comment réfréner leur intention de promouvoir aujourd’hui l’énergie nucléaire non seulement sur le sol japonais mais aussi à l’étranger ? Ainsi ce livre propose les bases pour un débat mondial nécessaire, incluant autant le public que l'intelligentsia, ainsi que les décideurs.

Colère nucléaire (tome 1)

Takashi IMASHIRO

Editions Akata

Satô, protagoniste de ce manga, assiste avec horreur à la catastrophe qui frappe le Nord-Est du Japon, le 11 mars 2011. Il assiste avec encore plus d'effroi aux évènements qui suivent : tandis que la plupart des Tokyoïtes semblent vouloir reprendre leur vie comme si de rien n'était, Satô, lui, est en colère ! En colère contre ce gouvernement et ses non-dits, en colère contre cette société qui ferme les yeux sur les conséquences réelles de la catastrophe. Au fil des jours, il observe, commente et enrage, face à l'évolution de la situation de son propre pays... Un manga-documentaire passionnant !

Colère nucléaire (tome 2)

Takashi IMASHIRO

Editions Akata

Plusieurs mois après la catastrophe de Fukushima et l'explosion de la centrale, la société japonaise semble plus que jamais tombée dans l'immobilisme et la loi du silence. Révolté, Satô décide, entre autres choses, de participer à des manifestations contre la réouverture de certaines centrales nucléaires japonaises. Pendant ce temps, le gouvernement japonais semble vouloir signer un accord avec les USA : le TPP, ou « Accord de partenariat Transpacifique ». De quoi mettre en colère, encore une fois, une partie révoltée de la société nipponne !

L'accident de Fukushima Dai Ichi - Le récit du directeur de la centrale

Volume II - Seuls

Franck Guarnieri, Sébastien Travadel, Christophe Martin, Aurélien Portelle, Aissame Afrouss

Presse des Mines

Le 11 mars 2011, le Japon subit l’un des séismes les plus importants de l’histoire. Il est suivi d’un tsunami de grande amplitude. Ce double événement fait plus de 18 000 morts et provoque d’importants dégâts matériels. Cinq centrales nucléaires sont notamment touchées par le sinistre. L’une d’entre elles, Fukushima Dai Ichi, est confrontée à une situation d’urgence nucléaire. Trois réacteurs entrent en fusion et des explosions se produisent dans quatre bâtiments réacteurs. Une poignée d’hommes sont restés aux commandes de la centrale. Ils sont dirigés par Masao Yoshida, le directeur de Fukushima Dai Ichi. Cet ouvrage propose au lecteur la suite d’un récit inédit : le témoignage, traduit du japonais, de Yoshida à la commission d’enquête gouvernementale sur l’accident. Plus de 400 pages qui dévoilent une autre histoire, celle d’une équipe de travailleurs confrontés à un désastre annoncé. Face à l’ampleur du chantier de traduction et d’analyse, l'éditeur a choisi de diviser ce projet éditorial en quatre volumes. Ce deuxième volume, sous-titré « Seuls », aborde la lutte acharnée livrée contre une installation nucléaire libérée de ses dispositifs de contrôle et de sûreté. Il livre aussi le témoignage sans concession de Masao Yoshida sur le rôle des cadres et experts de la société TEPCO, sur celui des forces d’auto-défense japonaises et sur celui du Premier ministre du moment, Naoto Kan.

Un récit de Fukushima - Le directeur parle

Franck Guarnieri  Sébastien Travadel

Presses Universitaires de France

L’audition du directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, à la suite de la catastrophe de mars 2011, s’est échelonnée sur plusieurs jours. Dans cet ouvrage en est réunie l’essence : de par l’enchaînement des péripéties qu’il rapporte et l’épaisseur des personnages qu’il met en scène, le témoignage de Yoshida apparaît comme un « roman technique ». Aux questions techniciennes des enquêteurs, le directeur répond parfois par de longs développements dans lesquels il fait surgir ici un nouveau protagoniste, là un événement imprévu. Il livre son expérience hors du commun avec un réalisme et une cohérence qui confèrent un sens profond à son action, particulièrement lors de ses écarts aux recommandations et autres bonnes pratiques que les enquêteurs relèvent systématiquement. Pourtant, en transgressant la procédure, Masao Yoshida a assurément empêché une catastrophe pire encore : l’explosion pure et simple de toute la centrale. Dans ce témoignage présenté et mis en lumière par deux chercheurs spécialistes de la sûreté nucléaire, il apparaît que lorsque les probabilités sont contrariées et les manuels devenus inutiles, l’humain est le dernier rempart face au pire.

 

 

Jets de poèmes - Dans le vif de Fukushima

Ryoichi Wago  Corinne Atlan

Éditions Érès

« Minuit. Sixième jour après le séisme. Tandis que de nombreux habitants partaient se réfugier ailleurs, j’ai choisi de rester seul dans mon appartement pour rassembler mes pensées sous forme de tweets. Avec radiations et répliques pour compagnons de route. Dans ma cellule solitaire, ma seule pensée était que ma propre vérité se trouvait dans les mots, et uniquement dans les mots. Nulle part ailleurs. Je m’efforçais de ne penser à rien d’autre, alors que la société s’écroulait, que la vie pouvait m’être arrachée à tout moment. Je m’agrippais à cette seule vérité comme un enfant aux bras de sa mère. C’était mon seul soutien. Cette nuit-là, j’ai envoyé plus de 40 tweets. J’ai intitulé "Jets de poèmes" la série de messages que j’envoie. »

Ryôichi Wâgo, Fukushima, mai 2011. Né en 1968 à Fukushima, l’auteur vit toujours dans cette ville, où il a choisi de rester après la catastrophe du 11 mars 2011. Parallèlement à ses activités de poète, il enseigne la langue japonaise dans un lycée. Ses poèmes-tweets du 11 mars à aujourd'hui ont fait l'objet d'une publication en 3 recueils au Japon : Jets de poèmes (shi no tsubute) écrit « sur le vif » de la catastrophe, Hommage silencieux (shi no mokurei) à la mémoire des disparus, et Retrouvailles (shi no kaikô) adressé aux survivants. La présente traduction concerne le premier recueil de cette trilogie.

Fukushima & ses invisibles

Sabu Kohso, Hapax, Yoko Hayasuke, Shiro Yabu, Mari Matsumoto, Motonao Gensai Mori

Les éditions des mondes à faire

"La catastrophe se poursuit. Chaque jour, des nucléides radioactifs se déversent dans l’air, l’eau et le sol. Pire, ce processus est amplifié par la politique du gouvernement japonais, qui distribue dans le monde entier des produits alimentaires irradiés, et force les principales municipalités du pays à prendre en charge les déchets radioactifs (notamment sous forme de remblais). Le gouvernement libéral démocrate persiste dans sa posture pronucléaire, proréarmement, et promarché. Dans le même temps, les initiatives populaires se multiplient pour protéger les corps, les esprits et l’environnement : relevés de la radioactivité par divers collectifs de mesures, évacuations volontaires, batailles juridiques, blocages, manifestations et actions de rue. Mais l’élan de ces luttes a été insuffisant. L’accident de Fukushima a suscité d’innombrables discours. Face à l’urgence et à l’ampleur du désastre, la plupart d’entre eux ont façonné l’idée d’une « Crise Humaine » que réglerait une solution unique, une sorte d’union sacrée des dirigeants, des partis, des mouvements sociaux, dépassant les distinctions de classe et de caste. Mais le « problème Fukushima » n’est pas social ou politique ; il s’apparente plutôt aux « hyper-objets » conceptualisés par Timothy Morton. Il implique des choses, des temporalités et des échelles spatiales qui échappent en grande partie aux humains et qui pourtant leur sont intimement présentes : trou noir, biosphère, système solaire, plutonium, uranium.

Le désastre nucléaire est irréversible et conduit à deux pertes fatales pour les êtres planétaires. Par leur pouvoir de mutation et de destruction des processus génétiques, les nucléides radioactifs réduisent les possibilités du futur. Tôt ou tard, nous serons tous irradiés ! Et de ce fait, c’est notre lien à la terre, autrefois considéré comme le fondement des « communs », qui est touché. Autrement dit, les radiations n’atrophient pas seulement les ressources, mais aussi nos aspirations, notre capacité à créer des « communs ».

Penser avec Fukushima

Fabien Arribert-Narce, Anne Bayard-Sakai, François Bizet et al. sous la direction de Christian Doumet et Michaël Ferrier

Editions Cécile Defaut

« Le 11 mars 2011, la terre a tremblé : un séisme de magnitude 9, un tsunami dévastateur frappant 600 kilomètres de côtes et faisant près de 18500 morts, et un accident nucléaire de niveau 7. Pour parler de Fukushima, on peut rappeler les faits, mais a-t-on tout dit pour autant de cette catastrophe ? Mais d'ailleurs, peut-on tout dire d'une catastrophe ?

Dans cet ouvrage collectif passionnant, paru aux éditions Cécile Defaut, Michaël Ferrier qui a fait l'introduction, le dit : Fukushima est comme une sorte de modèle de la catastrophe, et même de toute crise : on n'en finit pas de la vivre, de la comprendre, d'en sentir les effets. La terre, n'en finit pas de trembler. D'où ce titre pour cet ouvrage : penser avec Fukushima, et non pas après Fukushima. Alors, à défaut de passer à autre chose, de dépasser la catastrophe, comment la penser et comment la vivre ? Comment envisager le temps, l'espace, les concepts, le langage, quand toutes les conditions pour penser et vivre sont ainsi abolies ? Comment remettre sur pied la pensée avec ce qui, par définition, renverse tout, càd la catastrophe ?

Dans un des articles consacrés à la manière dont Fukushima reconfigure notre rapport à l'espace, François Bizet propose le concept de l'inhabitat : ce qui ne désigne pas un territoire impossible à occuper à cause de la catastrophe, mais un territoire où il est, au contraire, possible de vivre malgré elle. Penser que l'on peut, doit, veut, penser malgré la catastrophe, pousse alors à proposer à notre tour le concept d'impensé. L'impensé : car la catastrophe oblige à penser là où l'on n'a pas l'habitude de penser : alors que l'on envisage toujours le pire à venir ou que l'on tire des conclusions des événements, c'est au jour le jour, au présent qu'il faut désormais apprendre à penser. »

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D’autres livres ont sans doute été édités ou paraîtront dans le futur sur la catastrophe de Fukushima. Je les ajouterai à cette liste au fur et à mesure que j’en prendrai connaissance. Par ailleurs, pour les publications en langue anglaise, se rendre sur la page spéciale du blog Fukushima-is-still-news.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 21:50

 


Taro AIZU, originaire de Fukushima, a écrit un texte sur sa ville natale. A la fois narratif et poétique, ponctué de courts poèmes, il traduit bien le sentiment douloureux des Japonais navigant entre le désarroi dû à la catastrophe nucléaire et l’amour de leur pays.

 

 

 

Notre ville natale, Fukushima

1

 

P1050442.JPGChaque été la plupart des Japonais retournent dans leur ville natale et prient devant les tombes de leurs ancêtres. Cette tradition bouddhiste est appelée " Obon(お盆) " en japonais. Dans le respect de la tradition, je suis retourné l'été dernier dans ma ville natale, Fukushima, afin de prier pour mes défunts parents. Mais cette fois en 2011, j'ai hésité à revenir à cause de la contamination occasionnée par la fuite de la centrale nucléaire de Fukushima. Ma ville natale est devenue très dangereuse depuis le 11 mars 2011. Le vent a dispersé le césium de la centrale dans tout Fukushima.

On dit que le césium peut causer de futurs cancers chez les enfants et les bébés. Après avoir hésité pendant quelques jours, j'ai décidé d'y retourner malgré cela, car je crois être trop vieux pour contracter un cancer à cause de la radioactivité.

En août, je me suis rendu là-bas en bus. Quand j'en suis descendu, les champs de Fukushima s'étendaient  à perte de vue.

Je ne puis croire

qu'ils aient été contaminés,

devant ces rizières

verdoyantes, verdoyantes,

et si brillantes.

 

 

2

 

J’ai été hébergé chez mon frère et ai fait une promenade avec mes neveux le lendemain. L’un d’eux a dit :  " Oh, j'ai oublié d’emporter mon dosimètre ! "

Il est retourné à la maison et l'a rapporté.  Les enfants à Fukushima accrochent toujours leurs dosimètres autour du cou quand ils sortent, pour que leurs instituteurs puissent vérifier leurs taux de radiation.

Nous avons fait une promenade dans le parc près de la rivière.

 

Les enfants s’accrochent

des dosimètres autour du cou

même quand ils jouent

à chat avec moi

dans le parc verdoyant.

 

 

3

 

Mais il n'y avait aucun autre enfant jouant dans le parc sauf nous. Peut-être que les autres jouaient aux jeux électroniques ou regardaient la télé chez eux afin d’éviter le vent de césium. Les instituteurs des écoles leur avaient dit de jouer chez eux aussi longtemps que possible.
Un après-midi, il a commencé à pleuvoir tout à coup. Sous la pluie, notre chat s'est précipité vers la maison de mon frère et s'est assis sous l'auvent.

Notre chat
est ignorant
qu’il lèche
la pluie de césium
de son pelage mouillé

 

 

4

 

Des résidents habitant près de la centrale se sont enfuis après les fuites radioactives. Les parents, avec leurs jeunes enfants ou bébés, ont cherché refuge loin de là. Seules les personnes âgées sont restées.

Bien que les habitants
veuillent s'enfuir,
ils n'ont nulle part où aller,
ni travail, ni maison
ailleurs qu’à Fukushima.

 

5

 

En particulier les vieux fermiers près de la centrale, riches ou non, ils n’ont pas voulu chercher un refuge ailleurs.

Ils ne voulaient ni apprendre un nouveau dialecte, ni de nouvelles coutumes, ni laisser leurs voisins et amis. Ils sont restés dans leur ville natale pour vivre leurs dernières années tranquillement.

Bien que les officiels disent
" Fuyez votre village ! "
les vieux fermiers refusent
puisqu'ils veulent rester

dans leur ville natale, Fukushima.

 

Les vieux fermiers
comme les plantes
ont leurs grosses racines
profondément ancrée dans la terre
de Fukushima.

 

À travers Fukushima,
les vieux fermiers
veulent revenir
à leur vraie ville natale :
La Terre elle-même.

 

La Terre

est le repos sombre

où ils renaissent

à l’avenir :

leurs prochains stades.

 

 

6

 

Quand nous regardions un match de football à la télévision ensemble dans la salle de séjour de mon frère, sa femme a épluché une pêche pour moi.

Je mange
la pêche rosée.
Elle était délicieuse,
mais une trace de césium
est entrée dans mon corps.

Je ne peux ni voir le césium,
ni l'entendre,
ni le sentir,
C'est l’invisible
ennemi.


Pourtant, pour parler franchement, je ne suis pas sûr qu’une trace de césium soit mon ennemi. Des spécialistes disent que c'est bon pour la santé aussi longtemps que c'est justement une trace. D'autres que c'est très dangereux.  Je ne sais pas lequel dit vrai. Pour parler strictement, même les spécialistes ne connaissent pas la vérité. Dans le futur, je saurai si le césium nous apportera du bien ou du mal. Cependant, maintenant, je veux savoir si, dans l'avenir, j'aurai un cancer.

 

C'est là commune inquiétude

qui ronge les esprits
de beaucoup de résidents
proches de la centrale nucléaire
de Fukushima.

 

Je ne puis savoir mon futur. Dieu le sait. Mais si Dieu

n’existe pas, aucun homme ne peut savoir dans le vaste univers.

 

Un trace du césium

existe silencieusement

sans l’odeur,

sans le goût,

dans ma cellule sombre.

 

 

7

 

J'ai parlé de la contamination radioactive avec mon frère. Ce qu'il a dit sur un laitier était un grand choc pour moi.  J'ai examiné les détails, en lisant beaucoup d'articles sur lui dans les magazines et journaux. Le résumé est ci-dessous.

 

Un laitier habitait dans

un petit village près de la centrale nucléaire

de Fukushima avec sa femme philippine

et ses deux fils. Sa famille était très heureuse,

puisqu'il possédait environ 40 vaches et

travaillait bien avec sa femme tous les jours.

Il a construit un nouvel atelier pour gagner

plus d'argent, parce que ses fils étaient

très jeunes. Il avait préparé un nouveau

cartable pour son fils, et attendait que la

cérémonie d'entrée à l'école primaire se

tienne en avril quand les fleurs de cerisiers

s'épanouissent autour de la cour d'école. 

Mais il y a eu une explosion  à la

centrale nucléaire de Fukushima, suite

au grand tsunami qui a frappé la région le

11 mars 2011. Le vent a dispersé le césium

de la centrale à travers les champs,

montagnes et maisons de son village. Le lait

de ses vaches contenait beaucoup de césium,

car il les nourrissait avec l'herbe qu'il fauchait

chaque matin. Il a dû jeter tout le lait contaminé

par le césium chaque jour.
Étant inquiet pour la santé de ses deux fils, il a
fait fuir sa famille du village et l'a fait partir pour

les Philippines au milieu du mois d'avril. C’était

avant la cérémonie d'entrée à l'école primaire.

Comme un résultat, l'explosion de la centrale l'a

empêché de participer à la cérémonie d'entrée.

 

Il est resté tout seul et a continué à travailler à

Fukushima pendant quelque temps. Mais enfin il

a renoncé à traire ses vaches et il a rejoint sa femme

et ses fils aux Philippines.

Pourtant, il n'a pas pu comprendre la langue, ni

trouver du travail là-bas. Il est revenu à Fukushima

tout seul en mai. Cependant il n'y avait plus

aucune vache, ni sa famille dans son village.


Le laitier a laissé ce message

sur un mur dans son nouvel atelier,
"Si la centrale n'avait pas explosé,
je ne me serais pas suicidé."

Il avait 54 ans.

 

 

8

 

Je suis allé au célèbre site touristique avec la famille de mon frère. Mais il y avait peu de visiteurs par peur du césium alors qu'il était bondé d'enfants dans le passé pendant les vacances d'été.

 

Reviens,

reviens,

ancienne Fukushima

où les enfants jouaient dehors

heureux avec leurs parents.

 

 

9

 

Après la fuite radioactive, beaucoup de parents et de fonctionnaires ont commencé à nettoyer le césium de la terre de toutes les crèches, écoles et lycées à Fukushima. Les résidents étaient en train de balayer leurs maisons, jardins et routes. Les fermiers ont continué à dégager leurs champs, les forêts et les montagnes pendant plusieurs mois. La plupart des habitants ont continué à nettoyer tout Fukushima.

La terre et le vent,
les poires et les pêches,
les chats et les humains,
que tous les êtres
renaissent à Fukushima.
 

 

10

 

P1050464.JPGJ’ai l’habitude d’aller à Miharu près de la centrale pour contempler les belles fleurs de cerisier chaque printemps. L’arbre le plus célèbre de la région est vieux d'environ 10 siècles. Il n’est pas insignifiant mais très grand et ses fleurs s’étendent vers le ciel bleu. Les résidents l'appellent " Takizakura" parce que "taki" signifie "cascade" et "zakura" signifie "fleurs de cerisier" en japonais. Les fleurs ressemblent à une cascade rosée qui coule du ciel d’azur, en flottant calmement dans les vents doux du printemps. La floraison n’est pas seulement superbe mais fraîche dans le ciel bleu. En levant les yeux, je mange des gâteaux japonais et bois de la bière et fais une sieste de deux ou trois heures avec mes amis. Mais je ne suis pas retourné là-bas ce printemps. J’ai eu peur du problème de césium près de Miharu. L’explosion de la centrale le 11 mars m’a empêché d’aller là-bas en avril.
Pourtant, j’irai là-bas. Je retournerai à Miharu pour puiser l'énergie des fleurs de cerisier en avril prochain. J’aurai rendez-vous avec Takizakura comme d’habitude. C’est la promesse que je lui ai faite une fois par an.

 

Nous chanterons une chanson
et danserons encore
autour des fleurs du grand cerisier
dans notre ville natale,

Fukushima, Fukushima. 

 

 

 

Qui est Taro AIZU ?

 

aizuTaro AIZU est né à Fukushima au Japon en 1954.  Il écrit des poèmes gogyohshi (五行詩 - poèmes de cinq lignes) en japonais depuis 10 ans et en anglais et français depuis 2 ans. Il a publié en 2011 trois recueils de poèmes, respectivement en japonais, anglais et français. Leur titre est  いとしい地球よ  /  The Lovely Earth /  La Terre Précieuse. Il a également remporté deux prix de haiku "全国現代俳句大会” et un prix spécial du poème au Japon.

 

Le blog de Taro Aizu : http://blogs.yahoo.co.jp/lovelyearth_mont

 

Le blog de Taro Aizu en français : http://blogs.yahoo.co.jp/lovelyearth_mont/folder/165372.html

 

 

 

Une autre version de ce texte, appelée « Fukushima Renaissance » est publiée sur le site Evazine. Anna Jouy en propose une lecture que l’on peut écouter en ligne ici : http://evazine.com/Poesie%20lue/poesie_lue.htm#89

 

 

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Version japonaise   

 

私達のふるさと、福島

 

 

 

 たいていの日本人は、八月のお盆の前になると、生まれ故郷の実家に帰って行く。そして花やお茶や線香などを持って、みんないっしょに先祖の墓に行き、花を飾り、墓石にお茶をかけ、スイカなどの食べ物を供え、両手を合わせる。そして御先祖様の霊を慰め、また自分の近況を報告したり、新しい誓いを立てたりする。私もその大多数の日本人の一人として、毎年、お盆になると生まれ故郷に帰り、亡くなった両親の墓に両手を合わせていた。

 しかしことしのお盆は、帰ろうかどうしようか、私は迷った。その理由は三月十一日に私のふるさと福島で、原子力発電所が爆発し、セシウムという放射能が周辺に流れ出たからだ。そのセシウムは風や雨に流され、福島県全体を、いやその近くの茨城県や千葉県などにも広範囲に流れ出て、その日以来、日本中が放射能汚染で大騒ぎになり、新聞や週刊誌には、福島はなぜか片仮名でフクシマと書かれるようになった。でも・・・

 

福島は外国の町ではなくて

日本の町なのだから

片仮名でフクシマと書くのは

もうやめてください。

私たちは同じ日本人なのです。

 

 

 

 

二、三日よく考えて、セシウムは乳幼児や子供の将来に悪影響を与えるが、初老の年齢に差し掛かった自分には悪影響はないと信じた。

そしてお盆の前日、新宿駅から深夜高速バスに乗り込むと、仮眠をしながら、朝早く、わがふるさと会津に降りた。寝ぼけたまなこには、今までと何も変わらない、朝の田園風景が果てしなく広がっていた。 

 

こんなに爽やかで

こんなに輝いているのに

福島の水田が

ほんとうに

汚れてしまったのか

 

 

 

 

私は兄の家に泊まった。そして翌日、兄の子供たち、甥たちを二人連れて、散歩に出かけた。するとその途中、甥の一人が突然叫んだ。「あっ、ガラスバッジ忘れた。取って来るよ。」

甥っ子は走って家に帰り、胸にガラスバッジをぶら下げながら戻ってきた。福島では、子供たちが外出する時はいつでも、胸にガラスバッジをぶら下げることになっていた。あとでガラスバッジを集め、その中にたまったセシウムの数値を測るという話だった。私たちは童謡を歌ったり、草花や蝶の名前を言い当てたり、土手をぶらぶら歩きながら、広々とした河川敷の中へ降りて行った。そして広い公園で何をして遊ぶか、すぐに決まった。

 

子供達が

ガラスバッジを

胸にぶら下げながら

芝生の公園で

私とオニゴッコ

 

しかしその公園には、私たち以外の親子連れが見られなかった。ふだんは大人たちが子供や孫を連れていっしょに遊び、歓声を上げているのだが、その日は私たち以外に遊んでいる人が全然いなかった。たぶん子供たちは放射能汚染を避けて、家の中でテレビを見たり、ゲームをしたり、マンガを読んで遊んでいるのだろう。というのは、学校の先生が子供たちに外ではあまり遊ばないように、外に出る時は必ずガラスバッジを胸にぶら下げるように指導でしているらしい。

 

 

 

 

 空がだんだん曇ってきたので、子供たちを連れて急いで家に向かったが、途中で少し雨に打たれた。家に入ってバスタオルで顔を拭いていると、軒下では猫が舌を伸ばして、からだを舐めていた。片足を上に伸ばしながら、からだの隅々まできれいに舐めていた。

 

からだに付いた

セシウムまで

きれいに

舐めてしまう

福島の猫

 

5   

 

 

 

原発のすぐ近くに住んでいた住民たちは、強制的に避難させられたり、また自主的に自分の家を捨て、町を捨て、遠くへと引っ越した。特に幼児や赤ちゃんをかかえた若い親たちは、他県の町へ引っ越した。だが他県に仕事を見つけられない父親や年配の人達は自分の町にかなり残った。

 

遠くに避難したくても

家がなくて

仕事がなくて

避難できない

福島の父親達

 

でも農家の老人達は、たとえ裕福であっても、他県の町や村には移り住みたくなかった。今さら新しい町や村に引っ越して新しい方言や習慣を覚えたりするのが面倒だった。それに慣れ親しんだ友達や知人や近所の人達と別れるのがつらかった。そして何よりも自分の人生の最後を、自分が生まれ育ち長年暮らしてきた村や町の中で過ごしたかったのだ。

 

「避難しろ」と言われても

避難などしないで

自分の老後を

平和に暮らしたい

福島の農民達

 

年老いた農民達は

太い根っこを

樹木のように

地中深く

張っている

 

年老いた農民達は

福島の土地から

ほんとうのふるさと

大地の中へ

帰りたがっている

 

大地は

命が新しく生まれ変わる

暗いけれど

母のような

安息所

 

 

 

 

真夏の夜、家の居間でサッカーのテレビ中継をみんなで見ていた時、兄貴の嫁さんがよく冷えた桃の皮をむいて、みんなに出してくれた。

 

 福島の桃は

  おいしかったけれど

 微量のセシウムが

 私のからだに

 入ったかもしれない

 

 

 見ることもできず

 聞くこともできず

 感じることもできない

 セシウムという

 無味無臭の敵

でも、正直に言えば、微量のセシウムがほんとうに敵なのかどうか、私にはわからない。ある専門家は微量の放射能なら健康によいかもしれないとまで言っている。ところが別の専門家はたとえ微量であっても非常に危険だと言っている。どちらが本当なのか、素人の私にはよくわからない。厳密に言えば、その専門家たちでさえ、よくわからないのだろう。十年、二十年と時間がたって結果がはっきり出れば、誰にでもわかるのだろう。しかしそれまでじっと待つことはできない。将来私が癌にかかるかどうか、私は今知りたいのだ。

 

 これが原発の

 近くに住む

 多くの住民の

 心に潜む

 不安なのか

 

だが今、私は知ることができない。神様だけが私の未来を知っている。しかし神様が存在しなかったら、この広い宇宙の中で、誰にも私の未来はわからない。

 

無味無臭の

微量のセシウムが

音もなく飛び交う

細胞の中の

常闇の世界

 

 

 

 

 その夜遅く、私は兄と二人だけになって、放射能汚染について語り合った。その時兄が言ったことは、私にはとてもショックだった。それは原発の近くに住むある酪農家の話だった。私は翌日、念のためにいろいろな雑誌を読みながら、彼の事件を詳しく調べた。その事件は次のような内容だった。

                      

 福島原発の近くの小さな村に、五四歳の酪農家がフィリピン人の妻、二人の息子といっしょに平和に暮らしていました。彼は四十頭の乳牛を飼いながら、妻と二人で毎日一生懸命に働き、二人の息子にも恵まれたので、家族みんなで幸福に暮らしていました。ただ子供達がまだ小さかったので、その生活費を何とか稼ぎだそうと思い、借金をしながらも、新しい作業場を建て、酪農の事業を拡大しました。さらに小学校に入学する息子のために新しいランドセルを買って、四月にある入学式を楽しみにしていました。

 しかし三月十一日に起きた巨大津波が原因で、福島原発が突然爆発しました。原発から漏れ出たセシウムは、毎日毎日雨風に流され、村や田畑や森林を静かに汚染して行きました。その汚染は目で見ることもできず、耳で聞くこともできず、鼻で嗅ぐこともできません。そして彼が毎朝刈り取っている牧草の上にも、セシウムの雨風が付着しました。その刈り取られた牧草は、何も知らない牛たちに与えられたので、牛達のミルクには基準値以上のセシウムが含まれたのです。彼は仕方なくそのミルクを毎日毎日捨てました。

 放射能汚染が大人よりも子供たちに危険だと知ったので、その酪農家は妻と息子を、フィリピンへ避難させました。村の子供達もみんなどこかに避難し、結局彼は息子の入学式を見ることができませんでした。でも彼は家族の生活費を稼ぐために村に残り、また酪農の仕事を一生懸命に続けました。それでもミルクに含まれるセシウムは、思うようには減らず、ついに酪農をあきらめ、自分も家族といっしょに暮らすために、フィリッピンへ出発しました。しかしフィリッピンに行っても、彼は英語もタガログ語も話せなかったので、仕事を見つけることができませんでした。そして五月になると、彼だけが一人日本へ戻ってきました。でももう牛達も家族もいませんでした。

 

 「原発さえなければ」

 と黒板に書き残し

 作業小屋で亡くなられた

 福島の酪農家

 享年54歳

 

 

                       

 

 

 

 ある日の午後、兄の家族みんなと一緒に、近くの湖へドライブに出かけた。でもそこには、観光客がほとんどいなかった。やっぱりセシウムの影響だろうか。いつもは観光客でにぎわっているのに、今年は観光客の姿がほとんど見られない。いるのは地元の土産物屋のおじさんとおばさんだけだ。私は土産物屋を覗き込みながら、おじさんに話しかけてみた。

 

 『ことしは、お客さん、少ないですね。』

 『まったくだ。風評被害ってやつだべ。これじゃあ、商売、あがったりだな。』

 『でも来年になったら、大丈夫ですよ。』

 『来年?何言ってんだ。こんなにお客が少ないんじゃ、店がつぶれっちまうべ。来年までなんか、とでもとでも待でねえべ。』

 

 湖の青い水面は去年と同じように、真夏の光を浴び、銀色に輝いている。湖から吹いて来る風も、去年と同じように涼しく吹いて来る。そして地元の人達の方言も、去年と同じように素朴だ。自然も人間もみんな変わっていない。みんな同じままだ。それなのに子供の姿だけが減ってしまった。子供たちの活き活きした歓声だけが聞こえなくなってしまった。

 

返ってこい、返ってこい

子供達が外で遊べるような

普通の町

福島よ

返ってこい

 

 

 

やがて多くの親と先生方そして村や町役場の職員が立ち上がって、除染を始めた。まず最初に子供たちが通う幼稚園、小学校そして中学校のグランドの土、通学路の放射能除染を開始した。それから自分の家の庭、田畑、樹木、森林、そして里山の土を除染した。できるだけ多くの住民が参加して、自分達のふるさと、汚れてしまった福島の土をきれいに掃除し始めた。

  

 

米も野菜も

梨も桃も

猫も人間も

みんな、みんな

復活しようよ

 

 

10

 

 

毎年四月になると、私は原発の近くにある三春町へ行く。そして原っぱの中央にぽつんと咲いている「滝桜」という大きな、大きな桜の花を、ぼんやりと見上げる。薄紅色の枝垂れ桜は、名前の通り青空から流れ落ちる滝のように、華やかに咲いている。そして時々春の風になびく姿はただ華やかなだけではなくて、青空を背景にしてそよ風になびいているせいか、清々しく、爽やかである。私はただ花を眺めるだけではなくて、桜の木の下で、団子を食べたり、ビールを飲んだり、ベンチで居眠りをしながら、二,三時間のんびりと過ごす。そして来た時よりもなぜか元気になって、私は東京へ帰って行く。ところが今年の四月は、行かなかった。三月に起きたセシウム騒ぎに動揺し、こわくなって、私は行かなかった。だが来年の四月は必ず行く。行ってあの滝桜に会い、またぼんやり花を見上げたり、団子を食べたり、ビールを飲みながら、滝のような生命力をもらい、私も復活するのだ。そしてこれからも今までと同じように、毎年四月になったら三春町へ行き、滝桜に会って一年に一度だけ、たった二、三時間だけれど、いっしょにのんびり過ごすのだ。

 

 

 

大きな、大きな滝桜

みんなでよ

まーるく囲んでよ

賑やかな花見

またやんべえーよ

 

 

 

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 21:56

japon-centrales-nucleairesCa y est, ce jour tant attendu par les Japonais est enfin arrivé : 5 mai 2012, tous les réacteurs nucléaires sont arrêtés ! Pour la première fois depuis 1970. Beaucoup célèbrent cette nuit au Japon.

 

 

Avant le 11 mars 2011, 54 réacteurs étaient en service. 14 mois plus tard, ils sont tous à l’arrêt. Certains parce qu’ils ont subi des avaries sérieuses dues au tremblement de terre, d’autres parce qu’ils arrivent dans une phase normale de maintenance, d’autres enfin parce que la population s’y oppose.

 

Le traumatisme de la catastrophe de Fukushima est tellement grand que le peuple japonais fait désormais pression sur les autorités locales pour ne jamais revivre ce cauchemar.

 

Maintenir la pression est encore nécessaire pour que ce jour ne soit pas qu’un mirage. Car le gouvernement entend bien continuer à produire de l’électricité nucléaire. Il a d’ores et déjà donné son accord pour la reprise d’exploitation de plusieurs réacteurs. Un bras de fer va donc s’engager entre la population et l’industrie atomique.

 

Pourtant, le combat antinucléaire a déjà gagné. Cette journée est historique car le Japon vient de démontrer clairement qu’il était possible de se passer de cette énergie destructrice. Le monde entier est maintenant au courant : il n’est pas besoin de revenir à la bougie quand on arrête le nucléaire !

 

Les pays qui persistent à vouloir utiliser cette énergie ou qui se lancent aveuglément dans le nucléaire devront-ils attendre d’avoir leur propre catastrophe pour comprendre ?

 

   

 

Aider le gouvernement japonais à prendre la bonne décision   

(cliquer sur l'image pour accéder à la pétition en ligne)

petition-avaaz.jpg

 

 

Demander une aide internationale d'urgence

Pétition  mise en place par 72 organisations japonaises et des personnalités comme le professeur KOIDE pour demander une intervention internationale d'urgence sous l'égide de l'ONU afin d'aider à stabiliser la piscine de désactivation du réacteur 4 de la centrale de Fukushima, une menace de tous les instants pour le Japon et pour la planète :

 

http://www.change.org/petitions/the-president-of-the-united-states-urgent-request-on-un-intervention-to-stabilize-the-fukushima-reactor-unit-4

 

 

En savoir plus :  

Le Japon arrête son dernier réacteur nucléaire (vidéo AFP)

 

afp.jpg

http://www.dailymotion.com/video/xqm7zu_le-japon-arrete-son-dernier-reacteur-nucleaire_news

 

 

"Setsuden", les mesures d'économie d'électricité au Japon (article de Janick Magne)

 

http://janickmagne.fr/wp-content/uploads/2012/03/SDN-52-MagneJ-Setsuden-%C3%A9conomies-d%C3%A9lectricit%C3%A9-au-Japon.pdf

 

 

 

Laurent Mabesoone s’exprime sur cet évènement dans un entretien réalisé par Dominique Balaÿ le 3 mai 2012 (l’entretien proprement dit commence vers 4 min 30 ; il porte aussi sur la contamination alimentaire).

 

http://varias.info/fukushima/carte/laurent-mabesoone/

 

 

 

« 5 mai 2012 : le dernier réacteur nucléaire au Japon éteint... le 5 mai, c'est aussi la fête des enfants ! » (article de Corinne N)

 

http://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/050512/5-mai-2012-le-dernier-reacteur-nucleaire-au-japo

 

 

 

« Le Japon a cessé, provisoirement, de produire de l'énergie nucléaire » (Le Monde)

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/05/le-japon-a-cesse-provisoirement-de-produire-de-l-energie-nucleaire_1696207_3244.html

 

 

 

« Sortie du nucléaire au Japon, un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France » (Politis)

 

http://www.politis.fr/Sortie-du-nucleaire-au-Japon-un,18216.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=facebook

 

 

 

« Faced with a summer without nukes » (Fukushima is still news)

 

http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-faced-with-a-summer-without-nukes-104650928.html

 

 

 

« Fukushima : démantèlement incertain et désastre économique garanti » (article de François Leclerc)

 

http://www.pauljorion.com/blog/?p=36619

 

 

 

 



 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 22:57

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de l’air

 

Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

projet1Evidemment, une simple bâche posée sur un ex-réacteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphérique. Aujourd’hui, pour l’unité 1 uniquement, cette couverture sert plutôt à stopper l’arrivée d’eau extérieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout à cacher le réacteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidéo de son explosion le 12 mars 2011 a été historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nucléaire exploser à la télévision. 25 ans de travail acharné de désinformation et de formatage des cerveaux anéantis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unité 3 a été pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et cassé à jamais l’image du nucléaire sans danger. C’est pourquoi la vidéo de l’explosion de l’unité 4 a été interdite de diffusion, verrouillée, censurée.

La couverture du bâtiment réacteur n°1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de la nappe phréatique

 

Par le choix du refroidissement à l’eau de réacteurs percés, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des Danaïdes : les hommes sont désormais condamnés à pomper et traiter de l’eau radioactive durant des décennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extérieure, Tepco a prévu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phréatique.

 

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Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

 

L’ancienne centrale électrique dévolue à Tokyo est désormais appelée à devenir une usine de retraitement des eaux usées éternelles de l’industrie nucléaire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durée indéterminée (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs

 

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminée, le terme de « liquidateur », donné à l’origine aux gens qui se sont sacrifiés pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

 

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de l’océan Pacifique

 

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. A l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

 

cross section view

 

panoramic view

(Source Tepco)

 

 

Travaux pour éviter un nouvel incendie de la piscine 4

 

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unité 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au réservoir de désactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est évaporée petit à petit jusqu’à laisser à l’air le haut des barres de combustible. C’est là que l’incendie a pu se déclarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, répandant leurs produits de fission directement dans l'atmosphère. L’incendie s’est arrêté vers midi. Mais un autre incendie a été signalé le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

En voici le projet fourni par Tepco :

 

1

 

2

 

(Pour en savoir plus sur ce projet, voir l’article de Trifouillax.)

 

 

Autres travaux à prévoir et coûts pharamineux

 

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut réaliser en priorité. Toutefois il est évident que le combustible des unités 1 et 3 devra être également transféré, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des décennies. Mais entretemps, il faudra résoudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient déjà plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplémentaire ?

 

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

 

Enfin, combien cela va-t-il coûter ?

Est-ce que le prix des conséquences des catastrophes nucléaires sera maintenant compris dans le coût du kW ?

Et qui va payer au final ?

 

On a déjà des éléments de réponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de démarrer. Coût total prévu pour un seul réacteur : 1,54 milliard d'euros.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 00:41
réacteur 3Dans une interview de Luc Oursel accordée à Challenges, celui-ci conseille aux autorités japonaises de « communiquer davantage sur ce qui se passe à Fukushima pour expliquer comment la situation est mise sous contrôle ».
 
Il est peu probable que les vœux du président du directoire d’Areva soient rapidement exaucés, car en fait peu de choses sont sous contrôle.
 
Aujourd’hui, qu’est-ce que contrôle Tepco à Fukushima Daiichi ?
 
Tepco maître de l’eau ?
 
Elle a envahi la centrale de manière artificielle dans le combat permanent contre le feu nucléaire et de manière naturelle par la nappe phréatique. Tepco ne sait plus quoi faire de cette eau contaminée. Pour assurer une image d’entreprise responsable qui gère la situation, elle a créé des champs de cuves autour de la centrale pour récupérer l’eau radioactive pompée, avant de la traiter et de la réinjecter dans le circuit de refroidissement des réacteurs. Mais ces usines improvisées qui désalinisent et filtrent le césium tombent souvent en panne ‒Areva en sait quelque chose ‒ et le solde des mètres cubes se trouve finalement positif, malgré les promesses de la feuille de route de 2011. En effet, des quantités considérables d’eau de la nappe phréatique ‒ on parlait en septembre de 200 à 500 tonnes par jour  ‒ arrivent directement dans les sous-sols de la centrale et s’ajoutent aux volumes d’eau pompée.
Le stockage de l’eau radioactive ‒ 98 000 à 120 000 tonnes selon les estimations ‒ ne pouvant pas s’étendre infiniment, Tepco, au bout d’un an, est au pied du mur.
 
stokeau
Cuves d’eau radioactive
 
L’entreprise s’apprête aujourd’hui à vouloir faire baisser le niveau de la nappe phréatique par 14 puits de pompage à l’ouest du site afin que l’eau n’envahisse plus les sous-sols de la centrale. Cette eau devrait être conduite directement dans l’océan. Or, rien ne dit qu’elle ne soit pas contaminée, car ce que ne dit plus l’opérateur, c’est que les échanges avec la nappe phréatique ont lieu dans les deux sens et que la pollution radioactive s’est répandue dans le sol dès les premiers jours de la catastrophe. C’est Naoyuki Matsuma lui-même, porte-parole de Tepco, qui l’a attesté en mars 2011 : à 15 m de profondeur sous la centrale, une mesure d’iode 131 indiquait un taux 10 000 fois supérieure à la norme (430 becquerels par cm3). Depuis, l’entreprise n’a jamais plus communiqué sur ces analyses d’eau de la nappe phréatique. Connaissant ses pratiques de non-dits, il est probable que ce qu’on analyse aujourd’hui n’est pas politiquement communicable au public.
 
 
Tepco maître du feu ?
 
Après la série historique des explosions et incendies qui se sont produits sur les 4 premiers réacteurs de Fukushima Daiichi du 12 au 15 mars 2011 (n°1 : 1 explosion ; n°2 : 1 explosion ; n°3 : 3 explosions et 1 incendie ; n°4 : 3 explosions et 2 incendies), Tepco recherche les cœurs fondus. Depuis la disparition de trois coriums de la centrale dans les premiers jours de la catastrophe, l’opérateur a beau prospecter, il ne les retrouve pas. Il a filmé à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a inspecté la piscine torique du réacteur n°2, il a examiné l’ouverture latérale (hatch) de la base de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 : rien. Certes, énormément de radioactivité, ce qui confirme les meltdowns, mais pas de corium en vue. Alors où sont les coriums ? Quelque part logés dans les radiers ou partis dans la nature ? Et comment maîtriser la situation si on ne connaît pas la température ? En effet, les thermocouples sont déclarés hors service de manière régulière, de telle sorte que pour le réacteur n°2, on ne dispose plus que d’une seule sonde valide dans le bas de la cuve.
Après le feu passé catastrophique et le feu présent introuvable, Tepco maîtrise-t-il le feu futur ? Pour éviter de nouvelles explosions, l’opérateur injecte de l’azote pour contrer la production régulière d’hydrogène de la centrale, mais il s’avère que ce système tombe régulièrement en panne, et ce quelquefois pendant plusieurs heures.
Par ailleurs, de grandes craintes se sont petit à petit répandues dans le monde sur la possibilité d’un grand feu d’artifice final si la piscine n°4 venait à se vider ou à s’effondrer suite à un tremblement de terre de très grande magnitude.
 
intérieur piscine reacteur 4
Combustible de la piscine du réacteur 4
 
Ce ne serait plus le scénario du pire mais le scénario de la fin, comme dirait l’ingénieur nucléaire Hiroaki Koide. Dans ce cas, les 264 tonnes de combustible, privés de refroidissement, prendraient feu et cet incendie imposerait une évacuation immédiate de la centrale sous peine de mort rapide de tout le personnel. A partir de cet abandon du site, les évènements s’enchaîneraient, sans qu’aucun homme ne puisse y faire quoi que ce soit : un à un, les systèmes de refroidissement des ex-réacteurs et des 6 piscines de refroidissement restantes tomberaient en panne, faute de maintenance. Les incendies de combustible, et peut-être des réactions nucléaires « promptes », sorte de micro-explosions atomiques, se succéderaient alors, mettant en jeu au final dans l’atmosphère plus de 2400 tonnes de combustible (Pour mémoire, Tchernobyl avait envoyé 50 tonnes de combustible dans les airs).
Les lecteurs de ce blog savent déjà cela depuis longtemps, mais la prise de conscience d’un tel danger semble enfin arriver dans les sphères influentes. Ainsi récemment, un ambassadeur japonais, Mitsuhei Murata et un sénateur étatsunien, Ron Wyden, se sont exprimés publiquement pour une meilleure prise en compte mondiale de cette menace permanente.
 
L’avis du diplomate Akio Matsumura (sous-titré en français)
 
Pour l’instant, la piscine n°4 tient le coup, les explosions du bâtiment ayant affecté principalement les niveaux supérieurs. Tepco a écarté tout danger d’effondrement de murs surplombant la piscine en démolissant et démontant scrupuleusement toutes les structures qui auraient pu lâcher lors d’un séisme violent. La piscine a également été consolidée dans ses fondements. Enfin, Tepco a déjà prévu le transfert des barres de combustible menaçantes par une construction spéciale. Mais cela prendra du temps. Beaucoup de temps, de une à plusieurs années. Et les travaux ne devront pas être arrêtés par un séisme trop important.
 
 
Tepco maître de la terre ?
 
Alors là on va faire très court, l’évènement du 11 mars 2011 a démontré définitivement qu’une centrale nucléaire ne devait pas être construite dans une zone sismique. Les hommes ne peuvent pas défier les forces telluriques. Tepco a donc eu tort de construire Fukushima Daiichi sur une ancienne faille. Et tous ceux qui actuellement dans le monde favorisent de nouvelles constructions de centrales nucléaires dans des zones sismiques ou permettent de continuer leur exploitation font prendre des risques énormes à l’humanité. On pense en particulier à la vieille centrale arménienne de Metsamor et à la future mégacentrale de Jaitapur en Inde (projet de 6 EPR).
 
Bien sûr, Monsieur Oursel savait déjà tout cela : Tepco ne maîtrise pas grand-chose. L’opérateur ne sait pas quoi faire de l’eau radioactive, à l’image de l’apprenti sorcier ; il ne sait pas où est le feu nucléaire qu’il a créé, il ne fait plus que le subir depuis que Fukushima Daiichi n’est plus une centrale nucléaire ; il ne maîtrise pas les tremblements de terre, il ne peut pas connaître la date ni l’intensité du prochain. Il maîtrise en revanche parfaitement la communication, diffusant ses informations au compte-goutte, souvent avec plusieurs mois de retard pour amoindrir l’impact des mauvaises nouvelles.
Pourtant M. Oursel préfèrerait qu’ils communiquent de manière plus positive. Car Areva, avec une perte de 2,4 milliards d’euros en 2011, souffre beaucoup de l’image catastrophique de Fukushima. Tepco fait ce qu’il peut, les liquidateurs  travaillent dur pour améliorer l’aspect et la sécurité du site en déblayant toutes les matières radioactives issues des explosions. Mais une catastrophe nucléaire reste une catastrophe à très longue durée. 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, on doit reconstruire un nouveau sarcophage pour un seul cœur fondu. Combien de décennies seront nécessaires pour démanteler Fukushima et ses 3 cœurs fondus ? Nul ne le sait, la catastrophe semble éternelle pour l’humanité, et quelle que soit la communication qu’on emploie, l’industrie nucléaire n’a plus d’avenir.
 
 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 23:11

Billet invité

Geoffroy Auneau, veilleur de Fukushima, s’intéresse de près au site de Fukushima Daiichi. Il nous informe régulièrement par l’intermédiaire de ses commentaires sur l’état de la centrale. Aujourd’hui, après l’édition d’un rapport de Tepco sur les 8 balises permanentes de surveillance de la radioactivité de la centrale, il nous donne son point de vue sur la décontamination de l’environnement et l’aménagement de ces postes de mesure.

 

plan

Schéma des emplacements des balises de surveillance de l’environnement à Fukushima Daïchi

 

Monitoring des balises de Fukushima Daïchi

par Geoffroy AUNEAU

 

Depuis cet hiver, les valeurs des balises situées autour de l’enceinte du site de Fukushima ont connu des baisses parfois ponctuelles liées à la présence de neige (l’eau fait office d’écran contre la radioactivité). Mais depuis le mois de février, régulièrement, la valeur d’une balise baissait significativement pendant la semaine : toujours entre 8h-12h et 13h-17h, le travail du personnel de la centrale était à l’œuvre pour faire baisser les valeurs d’irradiation.

Par le document du 20 avril 2012 (lien), Tepco a pu donner quelques explications sur ce travail.

Tepco souhaitait avoir une irradiation inférieure à 10 µSv/h sur l’ensemble des balises installées sur le site, excepté les balises temporaires qui ne sont pas concernées : Main Building (255µSv/h), West Gate (9µSv/h) et Main Gate (25 µSv/h). MP1 n’a connu aucuns travaux car sa valeur est de 4µSv/h. Les autres balises MP2 à MP8 ont bien connu une décontamination dans un rayon de 20 à 30 m autour d’elles. Les méthodes utilisées sont : élagage des arbres, enlèvement d’une partie du sol et surtout construction d’un mur d’1,60 m à 2,5 m de haut et d’épaisseur 30 cm autour des balises ayant des valeurs très élevées (MP6, MP7 et MP8).

 

mp2ab

Aménagement de la balise MP2

 

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Aménagement de la balise MP6

 

 

Ce samedi 21 avril 2012, les valeurs des balises sont toutes comprises entre 4 et 10 µSv/h, objectif atteint pour Tepco (mais limite pour MP7 valeur à 10 µSv/h).

 

Les raisons de cette pseudo « décontamination » ?

 

- Argument n°1 : opération marketing, Tepco pourra montrer des valeurs d’irradiation assez faibles en périphérie du site, juste un cache misère. Les journalistes et les lecteurs reprendront ces valeurs sans se poser de questions.

 

- Argument n°2 : selon Tepco, l’abaissement du bruit de fond permet d’améliorer la détection d’un possible relâchement anormale de contamination. Le contre exemple provient de la balise « South of Main Building » qui connait des variations journalières sans équivoque, diminution le matin et montée des valeurs en fin d’après-midi. Les variations sont très bien visibles sur le graphique (lien). Il s’agit ici de relâchement « normal » de radioactivité (fluctuation d’environ 10µSv/h sur la journée).

 

tableaugeoffroy

 

- Argument n°3 « caisson blindé » : les balises MP6, MP7, MP8 sont maintenant très bien protégées contre les radiations (photos sur le lien : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_120420_06-e.pdf). Les valeurs de la radioactivité ont été divisées d’un facteur 5 grâce à ce système, mais le but premier de ces dispositifs n’est il pas de surveiller l’irradiation  (par intégration du débit de dose autour de la sonde) ?  L’argument n°2 ne tient pas et devient même un gros mensonge : les variations des valeurs des balises MP6 à 8 seront maintenant réduites d’un facteur X suite à ces travaux.

 

- Argument n°4 surveillance à 2 vitesses : la comparaison entre chaque balise n’est plus possible, certaines sont protégées, à priori par du béton (MP6 à 8), et d’autres sans protection.

 

Les méthodes employées par Tepco sont-elles vraiment justes ? Que signifient exactement les variations de la balise Main Building ?

 

 

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Autres documents fournis par Tepco

 

mp2mp8

Exemples des aménagements pour MP2 et MP8

 

mp2

Balise MP2

 

mp8

Balise MP8

 

tableautepco

Tableau de relevé des mesures montrant les variations dues aux aménagements

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:16
hosonohue.jpg31 mars 2012, un évènement incroyable s’est passé au Japon, et pourtant, vous n’en avez pas entendu parler dans les grands médias, ni au Japon, ni en France ! Un ministre qui se fait huer au point de ne plus pouvoir se faire entendre malgré la sonorisation, c’est pourtant rare !
 
Que s’est-il passé ?
 
De passage à Kyoto pour tenter de convaincre la population de l'innocuité de l'incinération des décombres radioactifs provenant des départements du Nord-Est du Japon le ministre de l'environnement Goshi HOSONO, le gouverneur de Kyoto, Keiji YAMADA, puis Tesuro FUKUYAMA, ancien député (Parti Démocrate) de la Chambre des Conseillers pour Kyoto, se font huer par la foule aux cris de "Kaéré !" (Fous le camp ! Tire-toi !) et "KODOMOwoMAMORé !" (Protégez les enfants !).
Il semble que le peuple japonais ait assez entendu de mensonges durant un an...
 
Regardez surtout à partir de la 11ème minute et jusqu'à la fin, la tension monte peu à peu.
 
 
À 11'30, Goshi Hosono, ministre de l'environnement, entre en scène. Il est immédiatement hué par la foule en colère. Il doit changer de micro pour être entendu par-dessus les cris.

À 16'00, Hosono attrape désespéré un objet d'artisanat fait par un élève d'une région sinistrée et essaie de dire à l'audience en colère ''Pensez-vous que c'est contaminé ?''. Les gens continuent de lui crier après, ''Kaere, Kaere (Va-t-en, va-t-en)''.

À 23', le gouverneur de Kyoto monte sur l'estrade. Les gens continuent de le huer.

À 27'40, Fukuyama, homme politique du parti démocrate de Kyoto et conseiller de l'ex premier ministre Kan, entre en scène. Les gens continuent de crier ''Va-t-en, va-t-en''. Fukuyama essaie de les amadouer en disant qu'il est de Kyoto et qu'il est revenu. Les gens continuent de lui dire de s'en aller.
 
Suite des commentaires en français sur Bistro Bar Blog :
 
Commentaires en anglais sur EX-SKF :
 
Merci à Hélios pour la traduction et à Janick pour l'info !

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 23:55
censureLes faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à atténuer l’impact d’informations dramatiques sur l’industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu’une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un an à Fukushima.
Toutes les astuces utilisées pour cacher les données, pour minimiser les dangers, pour éviter de reconnaître les responsabilités seront évidemment réutilisables pour la prochaine catastrophe qui ne manquera pas d’arriver bientôt, selon les lois statistiques, à l’un des 440 réacteurs répartis tout autour de la planète.
 
Alors voyons, quelles sont ces astuces ?
 
 
1) Effacer les données
 
Au Japon, les données de contamination obtenues via Speedi entre le 11 mars et le 15 mars ont été effacées « par mégarde ». Le système Speedi était sensé alerter la population rapidement en cas de pollution radioactive. Il n’a pas été utilisé, car les données recueillies ont été estimées « surréalistes ».
http://mainichi.jp/select/today/news/20120322k0000m040030000c.html?inb=tw
 
 
2) Etre frappé d’amnésie
 
Haruki Madarame« Je n'ai pas dormi pendant plus d'une semaine, et je ne me souviens de presque rien », a déclaré M. Haruki Madarame, directeur de la NISA (agence japonaise de sûreté nucléaire). Quand on est directeur de la sécurité nucléaire, il n’y a pas besoin d’assumer, il suffit d’être amnésique.
 
 
3) Ne pas communiquer les informations sensibles
 
Si toutefois on ne peut pas faire autrement, attendre plusieurs mois, par exemple avant d’annoncer la fonte des cœurs des réacteurs.
 
rapportcaviardéSi par hasard un organisme de sécurité vous demande la copie d’un rapport, il suffit de le caviarder pour éviter d’être reconnu responsable.
 
 
4) Une fois les cœurs fondus, ne jamais utiliser le mot « corium »  et ne jamais parler de reprise de criticité.
 
Si on en parle par mégarde, se rétracter immédiatement.
 
 
5) Surtout, ne pas diffuser les images des explosions !
 
La vidéo de l’explosion de l’unité 4 n’a jamais été rendue publique.
 
La vidéo de l’explosion de l’unité 3 ne doit plus être diffusée.
Exemples  :
- Le documentaire « Fukushima » (Thierry Lefranc) ne montre aucune explosion. Pourtant cette vidéo est censée expliquer les circonstances de la catastrophe.
 
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi » (IRSN) ne développe pas l’explosion de l’unité 3. Pourtant, ce film est censé détailler le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.
 
fukushima3Et bien sûr, si une explosion dont on a malencontreusement diffusé la vidéo a une allure bizarre, a un panache noir ou est trop puissante, surtout marteler qu’il s’agit d’une explosion d’hydrogène. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, les gens n’y connaissent rien en explosion nucléaire.
 
 
6) Nier une explosion si elle n’est pas visible
 
Tepco a modifié sa position sur l'existence d'une explosion dans le réacteur 2 et a conclu, 7 mois après les faits, qu'elle n'a pas eu lieu. Il est en effet préférable de nier ce qui ne se voit pas. 3 explosions au lieu de 4, c’est toujours ça de pris.
 
 
7) Faire des tours de magie pour démontrer l’innocuité de la radioactivité
 
401830-yasuhiro-sonoda-occupe-poste-secretairePar exemple, boire en public de l’eau de refroidissement d’un réacteur nucléaire, comme l’a fait Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire.
 
 
8) Diffuser des cartes truquées
 
Mabesoone contamination-des-sols-monitoring-aerien mUne carte de contamination du Japon a été diffusée, puis rapidement modifiée. Il ne faut pas affoler inutilement les populations. Il ne faut pas non plus accréditer l’idée que la pollution radioactive ait pu retomber à des centaines de kilomètres de la centrale.
 
 
9) Ne jamais parler de plutonium
 
Ne parler que de l’iode et des césiums, surtout ne pas parler ni rechercher de traces de plutonium, d’américium, de strontium, etc. qui ont des périodes radioactives trop longues. Et si par hasard on retrouve du plutonium, surtout dire qu’il n’est pas dangereux pour la santé et qu’il provient des essais atmosphériques des années 60. Mais en général, il faut éviter de rechercher du plutonium, ça permet de ne pas en trouver, et du coup de ne pas inquiéter la population.
 
Si on est obligé de parler de plutonium, alors il ne faut pas hésiter à mentir, à la télévision, on peut dire n’importe quoi ça passe bien et ça rassure les gens :
« Si vous comparez la toxicité, le plutonium, lorsqu'il est ingéré, n'est pas très différent de celle du sel. » (Tadashi Narabayashi)
 
 
10) Modifier les seuils légaux
 
eau-robinet-verreComme on ne peut pas tout manipuler et que les gens achètent des compteurs Geiger, un moyen radical est de changer les normes. S’il y a trop de radioactivité, il suffit que le gouvernement décrète des seuils plus hauts. Par exemple au Japon, les normes de radioactivité pour l’eau potable ont été relevées : le taux limite était précédemment de 10 Bq/litre pour le césium et l’iode ; il est à présent de 200 Bq/litre pour le césium et de 300 Bq/litre pour l’iode.
Comme la radioactivité est invisible et inodore, tout le monde n’y voit que du feu !
 
Une autre astuce est de déplacer les sondes. Au Japon, on les a remontées entre 20 et 80 m au dessus du sol et de ce fait les mesures ont été plus faibles. Peu importe si cela conduit les enfants japonais à être exposés à 20 mSv/an ‒ comme la limite des travailleurs d’une centrale nucléaire en France ‒ cela ne se verra pas. S’ils tombent malades dans l’avenir, personne ne pourra prouver l’origine des maladies.
 
 
11) Eparpiller les déchets radioactifs dans tout le pays
 
Cette technique est nouvellement expérimentée au Japon, mais ça marche ! Cela a deux avantages : d’abord ça permet d’augmenter en douceur le bruit de fond radioactif général sans créer de manifestation antinucléaire ; la banalisation de la radioactivité est l’avenir de cette énergie ! Ensuite cette dissémination des radionucléides dans l’environnement provoquera des maladies mieux réparties sur l’ensemble du territoire japonais, ce qui permettra de pourfendre l’idée que la région de Fukushima a été plus atteinte que les autres, et donc que globalement, un accident nucléaire n’est pas si catastrophique que ça.
 
 
Si des municipalités refusent de brûler des déchets radioactifs, proposer aux élus de plus grosses enveloppes. L’industrie nucléaire réussit à acheter toutes les consciences, que ce soit pour la construction d’une centrale, l’implantation d’un centre de stockage et maintenant l’acceptation d’incinérer ou d’enterrer des déchets radioactifs n’importe où.
 
 
12) Ne jamais utiliser le terme de catastrophe
 
Préférer les termes « accident » ou « incident » qui sont plus appropriés. L’industrie nucléaire n’a pas les moyens d’assumer une nouvelle catastrophe, Tchernobyl a déjà beaucoup trop coûté.
 
Et surtout, toujours faire l’amalgame avec la catastrophe naturelle provoquée par le tsunami, c’est très important de brouiller les pistes.
 
 
13) Diffuser des articles affirmant que l’accident n’a fait aucun mort.
 
Il est important que ces articles soient écrits par des « experts scientifiques ».
Exemple, l’article de Michael Hanlon publié dans le Daily Telegraph et repris par de nombreux sites francophones, « Tsunami : 20 000 morts - Fukushima Daiichi : zéro mort »
 
Il est primordial de diffuser cette idée que l’énergie nucléaire n’est pas dangereuse. Peu importe s’il y a déjà eu des morts ou s’il y en aura, le seul intérêt visé étant la sauvegarde des profits générés par l’industrie nucléaire.
 
Utiliser les hommes politiques pour diffuser ces mensonges est important, ça fait plus sérieux :
« [Le nucléaire] est une énergie qui n'a tué personne ». (Gérard Longuet)
 
 
14) Si par malheur il y a des morts, ne jamais dire que les personnes sont mortes à cause de la radioactivité.
 
Il existe des tas de noms de maladies, il faut utiliser un de ces noms, c’est assez simple : leucémie foudroyante, infarctus, surmenage, etc.
Sinon, une astuce pour éviter de parler des décès des ouvriers est de ne pas comptabiliser les employés qui font des travaux dangereux, surtout dans les premiers mois. Il suffit d’utiliser massivement des entreprises de sous-traitance, de licencier les ouvriers concernés une fois qu’ils ont terminé leur travail et le tour est joué !
 
 
15) Organiser la vie des territoires contaminés comme si rien ne s’était passé pour faire croire à la population que tout est normal.
 
marathonExemple : organiser des marathons sur les routes et chemins contaminés de la préfecture de Fukushima. Le fait d’utiliser des enfants qui n’ont pas conscience du danger est excellent en termes d’impact visuel : « Si les parents laissent leurs enfants respirer à pleins poumons la poussière de Fukushima, c’est qu’il n’y a vraiment aucun danger », pensent les gens qui ont connaissance de ces évènements.
 
 
16) Effacer des moteurs de recherche les liens directs vers des articles trop sensibles
 
Ce qui est gênant avec l’Internet, c’est que d’autres sites reprennent ces articles et que les internautes peuvent finalement y avoir accès. Il est très regrettable que la population obtienne trop d’informations sur les effets des radiations à faible dose sur la santé car des millions de personnes vivent à côté de centrales nucléaires dans le monde. Désinformer sur les faibles doses est primordial pour l’avenir de l’industrie nucléaire.
Au besoin, il ne faut pas hésiter à neutraliser les scientifiques qui tendraient à prouver ces dangers.
BandazhevskyExemple : le professeur Bandazhevsky, recteur de l'Institut de médecine de Gomel, a été condamné à 8 ans de réclusion après avoir tenté de faire connaître ses résultats sur les faibles doses pour les enfants de Tchernobyl.
 
 
17) Et surtout, il faut à la fois minimiser et positiver ! C’est excellent pour le moral, et ça permet de ne pas à avoir à expliquer l’inexplicable.
 
Quelques exemples :
Ce n’est « pas une catastrophe nucléaire » (Eric Besson, ministre de l’industrie)
 
11 avril 2011 : « Dans trois mois (…) les habitants pourront théoriquement revenir » (Thierry Charles, IRSN)
...phrase en parfaite concordance avec ce que pense Jean-Marc Jancovici : « Il n’y a plus de raison sanitaire, aujourd’hui, d’empêcher le retour des populations évacuées à Fukushima, qui, au final, n’aura fait aucun mort par irradiation. »
 
 « Le corium (...) s’est retrouvé en partie au fond des réacteurs, on verra en quoi ce n’est pas forcément un problème en termes d’impact environnemental. » (Olivier Isnard, IRSN)
 
Il faut aussi bien expliquer à la population que si on reste de bonne humeur, cela stoppe les radiations : selon le professeur Yamashita, Conseiller à la Gestion des risques de santé dus aux radiations dans la préfecture de Fukushima, « Pour dire la vérité, les radiations n'affectent pas les gens qui sourient, mais ceux qui sont soucieux. Cela a été clairement démontré par des études sur des animaux. »
 
« Nous souhaitons que tous viennent au Japon en toute quiétude pour travailler, étudier ou faire du tourisme."
 « Venir au Japon et acheter des produits japonais, y compris ceux produits dans les régions sinistrées, constitue le meilleur soutien à la reconstruction que l’on puisse fournir. » (ambassade du Japon en France)
 
 « Nous avançons assurément vers la reconstruction et la régénération de notre pays » (Ichiro Komatsu, ambassadeur du Japon en France)
 
 
18) Pour finir, une bonne couche de désinformation et le tour est joué !
 
Au cas où tout le reste ne prendrait pas, réaffirmer des mensonges fondamentaux du genre : « L’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire » (le président de la république française, Nicolas Sarkozy)
 
Puis, produire des vidéos idylliques de ce type pour convaincre définitivement les récalcitrants, en particulier les touristes, pour leur faire croire qu’au paradis de Fukushima, la poussière du sol est propre, et que les enfants peuvent y jouer en toute quiétude.
 

 

 
 
 
Donc résumons le discours des tenants de l’industrie atomique qui veulent effacer cette catastrophe nucléaire : oui, il y a bien eu un accident à Fukushima dans une centrale nucléaire. Mais bon, c’était il y a plus d’un an. En fait, il n’y a pas eu de mort, et la centrale est depuis longtemps sous contrôle. Le peu de radioactivité qui s’en est dégagé s’est finalement dilué dans l’immensité de l’océan, et de toute manière la radioactivité n’est pas dangereuse pour la santé. Au contraire, elle crée des paradis où il fait bon vivre et se régénérer.
 
Vue comme ça, elle n’est pas belle la vie ?
 
 
 
  
 
 
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Mises à jour : astuces en bonus
 
 
19) Décontaminer au maximum les endroits où sont placés les compteurs
 
Exemple 1 : un lecteur de ce blog a remarqué que les taux de radioactivité de la centrale de Fukushima Daiichi avaient chuté au mois de mars 2012. Ainsi, pour éviter que l’on se rende compte que la centrale pollue chaque jour de l’année avec effet cumulatif, il suffit de bien nettoyer les abords des 8 sondes, ce qui permet de faire croire que l’ensemble du site voit son taux de radioactivité décroître.
    

La preuve de cette entourloupe a été donnée par un journaliste courageux, Takashi Uesugi, qui est venu sur place pour faire la mesure. Près de la borne M-7, il relève 100 µSv/h alors que le capteur protégé n’indique que 9,3 µSv/h

http://gen4.fr/2012/07/un-ancien-journaliste-du-ny-times-a-releve-des-niveaux-de-radioactivite-dix-fois-superieurs-a-ceux-annonces-officiellement-dans-la-zone-interdite-de-fukushima.html

 

Exemple 2 : après avoir remarqué que ses propres mesures au compteur Geiger étaient nettement plus faibles que celles présentées par les postes de contrôle des radiations du MEXT, un citoyen de Fukushima a prouvé qu'un poste de surveillance des rayonnements est décontaminé secrètement pour réduire les niveaux de rayonnement enregistrés.
 
 
 
 
        
 
20) Combattre les « rumeurs nuisibles »
 
 
 
En avril 2011, pour éviter que les citoyens disent n’importe quoi, le gouvernement japonais a décidé d'appliquer la loi de manière rigoureuse en ce qui concerne les reportages indépendants ainsi que les critiques visant les politiques du gouvernement après la catastrophe, en décidant ce que les citoyens peuvent ou ne peuvent pas dire en public.         
 
 
 
Par exemple, l’agence de publicité Asatsu-DK a été chargée de surveiller les publications du Net. Selon un rapport rendu au METI (ministère de l’industrie au Japon) sur leur programme d'espionnage sur Internet, il avait été demandé à l’agence de fouiner sur la toile publique et sociale afin d’empêcher des « rumeurs nuisibles  ». Elle a donc examiné les messages sur Twitter, sur les forums de discussion publics et sur d'autres formes de médias en ligne tels que les blogs et les sites web, afin de fournir des lignes directrices pour la communication officielle. Mais le rapport, rendu public partiellement, ne précise pas forcément de quelle manière l’espionnage a été utilisé sur les individus concernés.       
 
 
         
 
21) Sous-estimer les rejets de césium
 
 
 
Quand on ne peut pas tricher sur les nombres, tricher sur les dates. La désinformation par omission est une technique peu coûteuse et pratique. Par exemple, faire un bilan annuel en ne prenant en compte que deux semaines : brouillage de compréhension assuré !
 
        
  
- Estimation de l’IRSN
 
Dans son étude du 9 mars 2012 intitulée « L’accident de Fukushima 1 an après : situation environnementale et sanitaire au Japon », l'IRSN évalue les rejets de Cs-137 uniquement du 12 au 25 mars 2011 en insistant sur le fait que c’est moins que les rejets de Tchernobyl : 21 PBq. Pourquoi l’IRSN se limite-t-il à deux semaines de rejet ? Pour minimiser les rejets réels. En présentant les données ainsi, l’IRSN pratique le déni. Un an après, l’IRSN « oublie » de prendre en compte que la centrale de Fukushima Daiichi n’a jamais cessé de rejeter des radionucléides dans l’environnement !       
 
        
 
- Estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais :
 
Une étude intitulée « Fukushima-derived radionuclides in the ocean and biota off Japan », publiée dans le bulletin PNAS du 3 avril 2012, rectifie les estimations précédentes :
 
Fuskushima (Cs-137) : 63 PBq       
 
        
       
22) Supprimer des comptes Youtube dérangeants
 
Le 10 mai 2012, Youtube a supprimé le compte de Tokyobrowntabby. Sous ce nom se cache une habitante de Tokyo qui diffusait des vidéos sur le thème de Fukushima, avec sous-titrages anglais ou japonais. On se souvient aussi de la disparition du compte d’Alex, ce Français expatrié qui faisait des comptes rendus vidéo quasi quotidiens de la catastrophe nucléaire…
Kna60, qui a aussi subi des restrictions sur Youtube, explique parfaitement ce phénomène de contrôle des grandes firmes sur les vidéos. Au passage, il reprend deux vidéos d’Alex de 2011 qui valent le détour si vous ne les avez jamais visionnées !
 

 
 
 
 
 

 

23) Arrêter les enquêtes épidémiologiques

 

Quand une étude scientifique peut compromettre le message officiel sur la situation sanitaire vis-à-vis de la radioactivité, il faut faire arrêter l’étude en prétextant que cela pourrait amener des interrogations de la population.

Le 14 juin 2012, on a appris que le Professeur Shinji Tokonami de l'Université d'Hirosaki avait été sommé par les autorités de Fukushima de stopper prématurément une étude lancée en avril 2011 et qui prévoyait d'étudier l'exposition à la radioactivité d'une centaine d'habitants de la région de Fukushima.
Sur les 62 cas étudiés incomplètement, de l'iode-131 avait été détecté au niveau de la glande thyroïde sur 50 personnes.
          

http://www.gen4.fr/blog/2012/06/une-enqu%C3%AAte-sur-la-radioactivit%C3%A9-stopp%C3%A9e-brutalement-par-les-autorit%C3%A9s-de-fukushima.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Gen4-LeNuclaireBilanEtPerspectives+%28gen4+-+Le+nucl%C3%A9aire%2C+bilan+et+perspectives%29

      

http://www.gen4.fr/blog/2012/06/une-enqu%C3%AAte-sur-la-radioactivit%C3%A9-stopp%C3%A9e-brutalement-par-les-autorit%C3%A9s-de-fukushima.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Gen4-LeNuclaireBilanEtPerspectives+%28gen4+-+Le+nucl%C3%A9aire%2C+bilan+et+perspectives%29

 

 

24) Arrêter de compter les décès

 

S’il y a trop de décès dans une région contaminée, le mieux est de supprimer la rubrique nécrologique. Ca risquerait d’alerter l’opinion.

Iori Mochizuki nous informe par son blog Fukushima Diary du 17 juin 2012 qu’un journal local de Fukushima a interrompu sa rubrique nécrologique depuis une semaine (10 juin 2012).

Le Fukushima Minpo est le plus grand des journaux locaux de Fukushima, il mettait à jour sa rubrique nécrologique tous les jours, il avait attiré l'attention par l'ampleur de ses avis de décès pour une population comme celle de Fukushima. Il y avait entre 40 et 60 morts listés, de tous âges. Aucune explication n'est donnée sur cette interruption.           

http://fukushima-diary.com/2012/06/fukushima-local-news-paper-stopped-updating-condolence-column-for-a-week/#.T94OSCKE-10.facebook

 

 

 

 

 

 25) Faire taire les journalistes

 

Si un journaliste fait une enquête trop poussée révélant des collusions ou des disfonctionnements, il faut lui faire un procès exemplaire qui servira de leçon à ceux qui seraient tentés de faire la même chose. Le village nucléaire ne doit pas être dérangé dans ses petites affaires.

 

Minoru-Tanaka.jpgDepuis mai 2012, le journaliste freelance Minoru Tanaka est ainsi accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’incident nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi.

http://fr.rsf.org/japon-fukushima-acharnement-judiciaire-10-07-2012,42990.html

 

 

 

26) Trafiquer les dosimètres

 

 

 

boitierOn a vu plus haut (n° 19) qu’on pouvait donner l’illusion d’une centrale accidentée qui ne polluerait quasiment plus en protégeant les capteurs. On peut faire la même chose avec les travailleurs : on peut donner l’illusion que la centrale n’est pas dangereuse pour faire travailler les ouvriers plus longtemps. Il suffit pour cela de leur demander de glisser leur dosimètre individuel dans un petit boîtier en plomb. Et hop, ni vu ni connu, la radiation est effacée des registres !

 

 

 

Surtout il faut rester discret. Si la chose est rendue publique, il faut vite trouver un bouc émissaire pour lui faire porter le chapeau d’une pratique courante mais interdite. Ainsi, c’est BUILD-UP, filiale de TOKYO Energy Systems, filiale de TEPCO qui s’est fait prendre. Tant pis pour elle !

 

http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-one-way-to-shield-radiation-108381425.html

 

 

 

 

 

    

 

27) Truquer les photos

 

 

 

Pour minimiser l’état lamentable des structures après une explosion due à l’énergie nucléaire, utiliser un logiciel de retouche de photo pour arranger la vision des bâtiments réacteurs.

 

 

 

Un bon exemple, le bâtiment du réacteur 4 qui comporte une piscine très dangereuse en suspens à 30 mètres de hauteur doit être soutenu avec des murs impeccables. S’il y a des ouvertures gênantes, il suffit de mettre du blanc et hop, le mur est réparé !

 

 

 

trou caché

 

 

 

http://gen4.fr/2012/09/tepco-camouflage.html

 

 

 

 

 

 

28) Supprimer l’accès aux documents

 

 

 

C’est bien de paraître transparent dans un premier temps, c’est l’image officielle de l’industrie nucléaire qu’il faut préserver. Mais attention, au bout d’un certain temps, il faut supprimer l’accès aux informations d’origine car des chercheurs un peu trop zélés pourraient faire des recherches trop poussées. Supprimer l’accès libre à des documents sources est donc un principe de base.

 

 

 

Il faut prendre exemple sur l’ancienne autorité de sûreté nucléaire japonaise qui avait une bibliothèque avec 40 000 documents en libre accès. Cette librairie a été fermée. L’astuce a été de profiter du changement de structure pour arrêter ce service.

 

 

 

http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html (2 octobre 2012)

 

 

 

 

    

 

29) Dénigrer les informations non officielles

 

 

 

Dans les pays où l’Internet ne peut pas être bridé, il est nécessaire d’avoir un réseau de journalistes scientifiques qui désamorcent les informations trop sensibles qui apparaissent dans des blogs ou des journaux trop informés. Pour cela, quand une info fait le buzz et que cela entache la réputation de l’industrie nucléaire, il faut créer un article pour la contrer. Cet article doit insister fortement sur le manque de professionnalisme de l'auteur ou remettre en question des sources non fondées. C’est assez facile, on met le coup de projecteur sur une erreur insignifiante qui n’a pas forcément de rapport avec le fond de l’article. De ce fait, l’attention est détournée et le journal ou l’auteur sont décrédibilisés. Le lecteur doit surtout retenir que la véritable info doit être officielle, et que le reste est de la désinformation. Comme ça, on met tous les sites alternatifs dans le même sac et le tour est joué.

 

 

 

Cette technique est régulièrement et brillamment utilisée par Sylvestre Huet dans son blog Sciences², en particulier avec l’article « Fukushima : désinformation sur la piscine 4 ». Dans son billet, le journaliste n’hésite pas à descendre un collègue du Nouvel Observateur  en s’attachant à une simple bâche plastique et à une erreur de situation de la piscine.

 

 

 

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/09/fukushima-la-d%C3%A9sinformation-continue.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:37

Après le premier essai infructueux du 19 janvier 2012 pour essayer de mesurer le niveau de l’eau dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2, Tepco a réalisé hier une deuxième tentative qui cette fois a porté ses fruits.

fukushimareactor2CV-March12Mais les nouvelles sont très mauvaises. Alors que l’opérateur évaluait la hauteur de l’eau de refroidissement à 3 m, elle a constaté une hauteur de seulement 60 cm en fond de cuve de confinement. Cette nouvelle mesure, implacable, nous rapproche à nouveau du « scénario du pire », et cela le jour même, ironie du sort, où le candidat Nicolas Sarkozy affirme que l’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire (1).

 

 

source image

 

Cette image du Mainichi Daily News représentant grossièrement la coupe du réacteur n°2 est totalement surréaliste, montrant le corium comme une matière inerte qui se serait sagement confinée en fond de cuve de réacteur (RPV) et en fond de cuve de confinement (PCV). Elle essaie de faire croire aux Japonais que la situation est toujours sous contrôle alors qu’il n’en est rien.

 

Pourquoi ?

1) Parce qu’elle ne montre pas le percement du fond de la cuve du réacteur

2) Parce qu’elle ne montre pas le creusement du fond de la cuve de confinement.

3) Parce qu’elle ne montre pas les dégâts occasionnés par l’explosion qui s’est produite dans la piscine torique le 15 mars 2011 à 6h10 et qui lui a fait perdre son étanchéité.

4) Parce qu’une hauteur d’eau de 60 cm est ridicule pour refroidir une masse de 94 tonnes de combustible fondu.

5) Parce que la température de 48,5~50°C des 60 cm d’eau en fond de cuve semble incompatible avec la présence de corium qui a une décroissante thermique extrêmement lente.

 

n2bVoici une infographie plus réaliste mais tout aussi improbable, celle de NHK, qui place le niveau de l’eau de la cuve de confinement à hauteur de l’ouverture des tuyaux descendant vers la piscine torique, mais qui garde de l’eau en fond de cuve de réacteur alors que celui-ci est percé… Le corium quant à lui n’est pas représenté.

 

 

 

 

 

Schéma NHK du réacteur 2

 

 

 

 

Tepco injecte actuellement 9 tonnes d’eau par heure dans le réacteur, soit 2,5 litres par seconde. Où va cette eau ? Elle se déverse probablement dans la piscine torique, puis va se perdre dans les sous-sols fracturés de la centrale, avant d’être à nouveau partiellement pompée pour être retraitée. On ne peut pas vraiment parler de circuit fermé comme on essaie de nous faire croire.

 

barrageévacuationdeseaux

L’eau contaminée du sous-sol pourrait-elle rejoindre l’océan par les innombrables canalisations souterraines reliant la centrale à la côte ? (source du plan : Tepco)

 

Où se trouve le corium ? Les températures relevées dans l’enceinte de confinement laissent supposer qu’il ne doit plus être là. Selon Gen4, « la vérité est que les coriums ont depuis longtemps perforé la cuve réacteur (RPV), le confinement primaire (cuve PCV) et secondaire (le radier en béton ou une variante par l'anneau de surpression) et qu'ils se sont finalement réfugiés quelque part sous les bâtiments ». (lien)

 

tepco.jpg

Schéma Tepco

 

Il est même possible que le corium, dans l’hypothèse où il a pris le chemin de la piscine torique par les tuyaux de bas de cuve (2), ait plongé dans l’eau du réservoir circulaire, provoquant une explosion de vapeur, et non une explosion d’hydrogène. Cette hypothèse a d’ailleurs sans doute été retenue par l’IRSN qui, pudiquement, indique une explosion dans la piscine torique du réacteur 2 en précisant qu’il ne s’agit pas d’une explosion d’hydrogène.

 

Tepco, qui n’aime pas dire les choses comme elles sont, préfère carrément nier cette explosion, se déresponsabilisant ainsi de la perte d’un corium dans la nature, évènement qui n’est jamais arrivé dans l’histoire mondiale du nucléaire et qui fait partie du « scénario du pire ».

 

 

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 (1) Discours du 26 mars 2012 à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux : « C’est un accord électoral entre des gens sectaires qui profitent de l’accident de Fukushima, qui n’est pas un accident nucléaire, pour jouer sur les peurs et pour casser le nucléaire français ».

On peut l’écouter ici à 9:39 : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=321997

 

(2) Les ouvriers de Tepco le pensent : http://fukushima-diary.com/2012/03/fukushima-worker-assumes-melted-fuel-has-gone-into-suppression-chamber/#.T3B7Ejw0_Lg.facebook

 

 

 

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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

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Éditions de Fukushima

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Le dernier livre de Jean-Marc Royer

 

 

Le dernier numéro d'Atomes crochus

 

 

Frankushima : un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France. Site dédié : frankushima.com

 

Un livre essentiel sur les conséquences de Tchernobyl

Télécharger la version française ici.

 

Un livret pour tout apprendre sur le nucléaire !

A télécharger ici

 

 

 

 

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