23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 18:50

plutoniumstrontiumLe plutonium est assez difficile à étudier car les radiations alpha qu’il émet sont très difficiles à détecter. C’est pourquoi on étudie plus volontiers les retombées des césiums, plus abondants, et dont l’activité gamma est très facile à mesurer.

Pourtant, à Fukushima, avec l’explosion d’un réacteur fonctionnant au MOX (mélange uranium-plutonium), les choses auraient pu être faites autrement. On aurait dû beaucoup plus étudier les retombées de plutonium. Car ce radiotoxique est mortel et en cas de pollution accidentelle, il y a un grave danger sanitaire. Mais souhaite-t-on vraiment protéger la population ? On peut en douter.

Les données rassurantes fournies jusqu’à maintenant par les autorités et Tepco pourraient aujourd’hui être remises en cause.

 

Le ratio

 

Quand une catastrophe nucléaire advient, beaucoup de radionucléides sont libérés dans l’environnement en plus ou moins grande quantité. La proportion entre un élément et un autre donne un ratio que l’on devrait retrouver plus ou moins à l’identique d’un échantillon à un autre. La valeur de ce ratio change avec le temps car chaque élément a une période radioactive différente ; on se sert donc de ce ratio pour déterminer l’origine temporelle et spatiale d’une pollution.

 

Des données rares et éparses

 

Fin mars 2011, on apprenait par Tepco que des traces de plutonium (238, 239 et 240) avaient été détectées dans le sol de la centrale. Mais l’entreprise avait mis ça sur le compte des anciens essais nucléaires atmosphériques. L’information était à l’époque impossible à vérifier puisque Tepco ne fournissait ni chiffre, ni ratio. Juste après la catastrophe, le 21 avril 2011, un prélèvement avait été effectué par un universitaire près de la centrale qui donnait 0,078 Bq/kg. Cette fois-ci, on annonçait que ce plutonium provenait bien de la centrale de Fukushima Daiichi. Mais on avait aussitôt déclaré que cela n’avait aucune incidence sur la santé.

 

Plus tard, fin septembre 2011, les autorités ont diffusé des données sur les retombées de plutonium et de strontium, relayées sous forme d’une carte par l’Asahi Shimbun, toujours en assurant que les quantités étaient infimes. Enfin, en novembre 2011, le ministère de l’industrie (METI) a réalisé une carte des relevés de plutonium sur la préfecture de Fukushima : en moyenne, 0,19 à 0,77 Bq/kg, ce qui pour cette dernière mesure est 10 fois plus important que la mesure d’avril. Toutefois, on sait que ces données restent suspectes car ces résultats sont en contradiction avec les données sur le neptunium, précurseur du plutonium, issues des prélèvements effectués à Iitate en avril 2011.

 

Les dernières mesures

 

Fukushima Diary et Enenews apportent un nouvel éclairage à ce que l’on savait jusqu’à maintenant. Selon le premier site, du Pu 239, du Pu 240 et du strontium ont été relevés dans le sol et dans des copeaux de bois à Otsuchi cho (préfecture d’Iwate, à plus de 200 km au nord de la centrale de Fukushima Daiichi). C’est lors de tests effectués en octobre 2012 par les villes (Kashiwazaki et Sanjo de la préfecture de Niigata) qui ont accepté des débris d’Otsuchi cho que le plutonium et le strontium ont été détectés. L’intérêt de cette info est qu’elle donne les mesures du strontium et du plutonium dans un même document, ce qui permet d’en déduire le ratio.

 

tabjap.jpg

 

Le second site, Enenews, a réalisé la traduction des tableaux en anglais ; les voici maintenant en français.

 

Lieu de prélèvement

Strontium

Plutonium 238

Plutonium 239 + 240

Remarques

cendres (incinération avant test)

3,7

non détecté

0,019

cendre d’origine collectée le 25 août

cendres (incinération durant le test)

3,2

non détecté

0,016

cendre solidifiée collectée le 12 octobre

Unité utilisée : Bq / kg

 

 

Lieu du prélèvement

Strontium

Plutonium 238

Plutonium 239 + 240

Remarques

Copeaux de bois de la ville d’Otsuchi

0,71

non détecté

0,0019

abri temporaire de la ville de Yamada (prélevé le 3 octobre)

Sol du parc Shiroyama de la ville d’Otsuchi

0,84

non détecté

0,017

copeaux de bois autour de la cour (prélevé le 3 octobre)

Sol de la ville d’Otsuchi Inari Shrine

2,2

non détecté

0,13

copeaux de bois autour de la cour (prélevé le 3 octobre)

Unité utilisée : Bq / kg

 

Comme nous l’avons vu plus haut, c’est le ratio et non la mesure en elle-même qui est intéressante. Ici, nous allons nous focaliser sur le ratio strontium 90 / plutonium 239+240 :

 

 

 

Strontium

Plutonium 239 + 240

ratio Sr90/Pu239-240

3,7

0,019

194,74

3,2

0,016

200,00

0,71

0,0019

373,68

0,84

0,017

49,41

2,2

0,13

16,92

 

 

On peut constater que le ratio déduit est compris entre 16 et 374. Or, les ratios jusqu’alors communiqués par Tepco concernant les retombées de Strontium et Plutonium tournent autour de 20 000, et non autour de 200. La différence est énorme, avec un facteur 100. En clair, contrairement au ratio Sr90/Pu239-240 attendu, on a un ratio 100 fois plus petit, ce qui correspond grosso modo à un ratio Sr90/Pu239-240 de cœur de réacteur...  

 

Conclusion ? Il semble y avoir beaucoup plus de plutonium dans la nature que ce que les autorités veulent bien le dire. Il sera intéressant à l’avenir de rechercher d’autres analyses permettant de déduire ce ratio afin de les comparer.

 

 

_____________________

 

Sur le même sujet :

.

Le plutonium 239, c’est pas du chocolat ! (AIPRI)

 

et aussi

 

Plutonium et strontium en Amérique ?

Le plutonium de Fukushima Daiichi

Peut-on boire du plutonium sans danger ?

 

 

 

_____________________

 

L’avis d’Ultraman, sur le blog Ex-SKF :

 

#Radioactive Japan: Sanjo City's Detection of Plutonium in the Iwate Debris and Soil Causing Excitement on Twitter

 

 

 

_____________________

Illustration d'entête : carte des retombées de strontium et de plutonium (Asahi Shimbun, octobre 2011)

 

Partager cet article

Repost0
16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 15:17
plan centraleTepco a mis en ligne le 14 décembre 2012 une vidéo montrant l’ensemble des installations du site nucléaire de Fukushima Daiichi qui est devenue une méga usine à brasser de l’eau radioactive. Qui aujourd’hui voudrait investir dans une entreprise qui emploierait 1000 personnes pendant au moins 40 ans et qui ne produirait rien d’autre que des déchets radioactifs ? La voix numérique artificielle donnant des explications concorde avec cette inhumanité que nous impose cette ‘macrotechnoscience’ envahissante. Et les jingles à chaque nouveau plan ressemblent à ceux donnés aux enfants pour tourner la page d’un livre de conte. Tepco continue ainsi à essayer maladroitement d’infantiliser le public sans pourtant réussir à faire croire qu’ils maîtrisent tout, sinon la communication minimisante : ce voyage touristique au cœur de la centrale ne nous dit pas un mot des pertes de confinement de 3 réacteurs, de l’impossibilité de récupérer les coriums, de la pollution irrémédiable de la nappe phréatique, de l’océan et de tout un pays.
 
Malgré tout, la vidéo reste un document informatif intéressant pour connaître mieux le site, en particulier ces 23 plans qui indiquent les emplacements de certaines installations.
 
 
Voir la vidéo sous-titrée en français par Kna
 
 
Plans de la centrale tirés de la vidéo
 
    Bat antisismique
Bâtiment anti-sismique (Centre de réponse d’urgence)
 
    parking incendie
Parking pour les véhicules d’incendie
 
    réservoir tampon
Réservoir et pompes pour l’eau de refroidissement des réacteurs
 
    circuit refroid
Les 4 km de tuyaux du système de refroidissement
 
    Bat administratif
Bâtiment administratif principal
 
    stockage conteneurs
Installation temporaire de stockage des châteaux (« dry casks » = combustible entreposé à sec))
 
    filtrage multi
Installation de traitement des radionucléides
 
    réservoirs
Aire de stockage de l’eau contaminée
 
    commut sud
Installation de commutation électrique (66 kV)
 
    traitement eau
Bâtiment de contrôle du système de traitement de l’eau contaminée
 
    point observ
Point de vue des unités 1 à 4 (emplacement de la webcam Tepco)
 
    piscine commune
Piscine commune (10 m au dessus du niveau de la mer)
 
    absorbeur césium
Incinérateur à haute température
 
    Bat réacteur unit 4
Unité 4
 
    Absorp césium et décontamin
Installations de décontamination
 

 

Digue temporaire

Digue temporaire
 
    unit 1 à 4 seaside
Construction d’un mur de protection
 

 

plan18

Méga barge
 
    conteneurs secs
Lieu de stockage des châteaux (« dry casks »)
 
    5 & 6 seaside
Aire des installations côté mer des unités 5 et 6
 
    urgences
    Salle des urgences
 
    generateur diesel 6B
Générateur Diesel de secours
 

 

pylone abattu

Pylône électrique détruit par le tremblement de terre
.
coupe mur eau
Mur protection eau
couvert unit 4
.
 
 
________________
.
Illustration d'entête : plan de la centrale de Fukuishima Daiichi (rapport NAIIC).

Partager cet article

Repost0
12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 01:44

Il y a 7 mois exactement, le 12 mai 2012, Arnie Gundersen s’exprimait sur l’unité 4 de Fukushima Daiichi, lors d’une conférence dans la region du Kansai : « I believe that the structural damage to Unit 4 is so great that if there is a 7.5 earthquake, it will not withstand it ». C’est-à-dire : « Je pense que les dommages à la structure de l’unité 4 sont si importants que, si un séisme de magnitude 7,5 se produit, le bâtiment réacteur n’y résistera pas ».

 

Le double-séisme du 7 décembre 2012 avait une magnitude de 7,4… Si Arnie Gundersen ne se trompe pas, autant dire qu’on a eu chaud !

 

A un dixième près, les bâtiments ont-ils souffert ? On ne connaît pas encore les données sismiques précises sur le site même de l’ex-centrale, mais on peut déjà constater les évènements qui se sont produits les jours suivants. Ont-ils un rapport avec le séisme ?

 

Unité 1

La concentration d’hydrogène a augmenté sensiblement après le tremblement de terre du 7 décembre dans la cuve du réacteur 1 : en deux jours, elle est passée d’un taux inférieur à 0,04% à 0,28%. Pas de quoi être inquiétant, mais à suivre. Une augmentation du taux d’hydrogène est signe que du corium a bougé, provoquant une radiolyse de l’eau. Le taux d’hydrogène est suivi à la loupe car ce gaz est fortement explosif en mélange avec l’oxygène. (source)

 

Unité 2

Tepco a réalisé une inspection le 11 décembre dans la partie basse du réacteur, au niveau d’un tuyau (« vent pipe ») reliant la base de l’enceinte de confinement à la piscine torique (chambre de suppression). Cette inspection n’avait pas été annoncée à l’avance, on ne sait donc pas ce que Tepco cherchait à cet endroit. Elle a permis au moins de constater qu’il n’y avait pas de fuite à cet emplacement. (source)

 

On suppose tout de même qu’ils avaient remarqué quelque chose, tout comme Geoffroy, veilleur des tréfonds de l’ex-centrale : « Le thermocouple "TE-2-3-69N1" a été déclaré HS depuis des mois, mais Tepco continue quand même de publier les valeurs. Depuis le 3/12, les données publiées ne sont plus "incohérentes", les valeurs montent assez vite :
- 258°C 03/12/2012 17:00thermocoupleunit2.jpg
- 262°C 04/12/2012 17:00
- 265°C 05/12/2012 17:00
- 279°C 06/12/2012 17:00
- 273°C 07/12/2012 17:00
- 350°C 08/12/2012 17:00
- 357°C 09/12/2012 17:00
- 366°C 10/12/2012 17:00
- 395°C 11/12/2012 11:00
(Pour rappel, le thermocouple "TE-2-3-69N1" se situe sous la cuve) ».

Il semble ainsi que cette sonde a également réagi au séisme, et que Tepco y accorde quelque importance.

 

Mise à jour du 12/12/12 : Tepco recherche en fait une fuite d'eau extrêmement radioactive. Pour l'instant, il reste incapable de retrouver son origine (source).

 

Unité 3

Après le constat et la réparation, le 10 décembre, d’une fuite à la station R03 de désalinisation de l’eau de refroidissement, le 11 décembre, Tepco a aussi constaté une fuite d’eau radioactive dans le bâtiment turbine de l’unité 3. La fuite aurait eu lieu durant les jours précédents et aurait relâché 15 m3d’eau filtrée. Cette eau a été analysée pour le césium : Cs-134: 4.2E 7 Bq/m3 et Cs-137: 7,4 E 7 Bq/m3. Tepco n’a pas donné la cause de cette fuite. L’opérateur présume qu’elle provient d’un tuyau qui a servi à un test de pression pour un autre réacteur. (source)

 

reactor-3-2.png

Localisation de la fuite dans le bâtiment turbine de l’unité 3

 

Unité 4

Selon une information diffusée par Mitsuhei  Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse, le système de refroidissement de l’unité 4 est encore tombé en panne du 8 au 11 décembre. Un travailleur appelé en urgence pour remplacer la pompe aurait constaté en passant que le béton qui a été coulé pour renforcer la piscine s’était fortement détérioré. Cette information n’a ni été rapportée par les grands médias du Japon, ni communiquée au gouvernement local de Fukushima. (source)

Le système de refroidissement de l’unité 4 était déjà tombé en panne en juillet2012. Quand on voit le temps qu’il faut "en temps normal" pour remplacer une pompe, on s’interroge sur le temps qu’il faudrait en cas de problèmes extérieurs cumulés comme un tsunami et une coupure de courant.

 

A la lumière de ces évènements qui ont suivi le séisme du 7 décembre, on comprend qu’à chaque secousse, l’ex-centrale se dégrade un peu plus. Nous, veilleurs de Fukushima, nous ne sommes pas sismologues, mais nous avons appris à partir du séisme du 11 mars 2011 que chaque tremblement de terre doit être étudié dans le détail. Il faut analyser :

 

1- La structure du sol sur lequel les bâtiments sont construits.

2- Le type de bâtiment, sa fréquence de résonnance et sa conception anti-sismique.

3- La distribution des « accélérations au sol » et notamment leur répartition verticale et horizontale.

4- La direction des accélérations horizontales, qui peuvent jouer dans la direction du meilleur contreventement du bâti ou dans la direction la plus sensible.

5- La puissance de ces accélérations au sol (mesure en Gal).

6- La durée du séisme, « son profil » dans le temps et celui des éventuelles répliques.

 

C'est pourquoi nous serions heureux que des sismologues français s’expriment sur le sujet de l’unité 4 de Fukushima Daiichi.

 

Partager cet article

Repost0
7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 10:42

Alerte au tsunami

 

Selon la NHK, un fort tremblement de terre a frappé le nord du Japon. Une alerte au tsunami a été émise pour les zones côtières de la préfecture de Miyagi. Le séisme s'est produit à 17h18 ce vendredi, heure du Japon, au large de la côte nord-est du Japon. L'Agence météorologique a prévenu qu’un tsunami d'un mètre de haut pourrait frapper les zones côtières de la préfecture de Miyagi à 17h40. Elle a averti que le tsunami pourrait surgir et venir à terre plus d'une fois.

 

source : http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/

 

 

______________________________

 

Mise à jour 10h55 (heure française) :

 

 

 

(NHK)
Selon le bureau météorologique du Japon, un Tsunami de 1 m est arrivé à Ishimomaki dans la préfecture de Miyagi à 18:02 (JST).
Le tsunami se fait en plusieurs vagues, dépêchez-vous de vous enfuir. Les prochaines peuvent être plus hautes.
< Fin>

 

 

 

source : http://fukushima-diary.com/2012/12/tsunami-arrived-at-miyagi-at-1802-jst-1m-more-to-come-it-may-be-higher/

 

 

 

______________________________

.

Mise à jour 12h10 (heure française)

 

 

 

(NHK)

 

Les alertes au tsunami pour les zones côtières du Pacifique de Iwate, Fukushima, Aomori et Ibaraki préfectures ont été levées.

 

 

 

 

 

seisme-7-dec-2012.jpg

 

Premières images

video.jpg.

 

 

Pourquoi un séisme violent au Japon est-il dangereux pour le reste du monde ?

 

 

 

Si vous n’avez pas encore pris le temps de voir ce que vous risquez ‒ quel que soit l’endroit où vous habitez dans l’hémisphère nord ‒ quand un fort séisme se produit au Japon, lisez cet article qui explique bien la situation de danger permanent face à un effondrement possible de la piscine du réacteur 4 de Fukushima Daiichi.

 

 

 

Puis signez cette pétition qui demande une accélération de la prise en charge de ce danger mondial qu’elle représente ! Tepco promet la fin du déchargement de la piscine à la fin de l’année 2014 ! C’est largement insuffisant ! Les spécialistes du monde entier doivent y travailler de toute urgence !

 

 

 

Pour ceux qui pensent encore que ce danger de la piscine 4 est un fake ou de la désinformation, prenez plutôt connaissance de cette note de l’IRSN :

 

 

 

"Un dénoyage complet de la piscine [n°4] conduirait, à terme, à une fusion complète du combustible, susceptible de former un magma difficilement refroidissable et éventuellement au percement des parois de la piscine." (IRSN, 15 mars 2011)

 

 

 

Et là, ça ne serait pas un corium enfoui dans les entrailles de l’enceinte de confinement, mais un corium à l’air libre !

Partager cet article

Repost0
29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:06
tabTEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l'unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l'année dernière, le 14 novembre 2011.
.
 
Inspection filmée de l’unité 3 par le robot Packbot le 27 novembre 2012
 
Suite à une constatation de l’augmentation des niveaux de rayonnement dans ce secteur nord-est, Tepco voulait évaluer l’état de conduites de gaz et l’état de la surface du sol. Alors qu’aucune fuite ou dommage n’ont été détectés pour les tuyauteries, l’opérateur a finalement trouvé que la source de cette augmentation de radioactivité se situait au niveau de la porte de l’enceinte de confinement et de ses rails. Cette opération, qui a duré une heure et demie, a mobilisé 9 ouvriers : 3 sur le site, qui ont reçu une dose maximale de 0,52 mSv, et 6 à distance dans une salle confinée.
 
La veille de la prise des mesures, l’enregistrement de la webcam de l’ex-centrale a montré une activité inhabituelle : depuis un échafaudage, des ouvriers semblent avoir pulvérisé un produit dans la direction de la façade sud de l’unité 3, mais on ne sait pas si c’est en rapport avec l’augmentation de la radioactivité.
 

 
 
Voici le rapport de Tepco en japonais sur l’inspection du 27 novembre :
 
tepco1.jpg
 
tepco2.jpg
 
tepco3.jpg
 
tepco4.jpg
 
 
Cette information, qui ne sera sans doute pas répercutée dans les grands médias, confirme la perte de confinement de l’enceinte du réacteur n°3 mais aussi la dangerosité extrême de cette ruine. Les valeurs relevées repoussent d’autant plus la possibilité d’un quelconque démantèlement. En effet, la plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose létale en l’espace de 3 heures.
 
 
____________________
 
sources :
 
 

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 21:18

 

PAYSANS-JAPONAISArte Reportage va diffuser le 1er décembre 2012 à 18h35 un documentaire inédit de 26 minutes réalisé par Marie-Monique Robin sur le drame des paysans après Fukushima : « Terre souillée ». Le reportage a été tourné en juin dernier au Japon, avec Roland Théron (image), Marc Duployer (son) et Françoise Boulegue (montage).

 

 

« Partir ou rester ? Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, cette question hante les paysans qui ne savent plus comment assumer leur mission séculaire : celle de nourrir leurs concitoyens. « Terre souillée » s’attache à l’histoire de trois familles paysannes de Nihonmatsu, une ville de 60 000 habitants située à trente kilomètres de la zone interdite. Tous pratiquent l’agriculture biologique depuis plus de trente ans. Seiju Sugeno et sa fille Mizuho ont décidé de rester. Collaborant étroitement avec un scientifique de l’Université de Nigata, ils multiplient les expériences pour décontaminer leurs crbst Fukusols. À 70 ans, Kisaburo Tanno et sa femme Midori ont décidé, eux, de partir pour recommencer de zéro dans la préfecture de Nagano. La mort dans l’âme, car ils ont dû abandonner la ferme que la famille Tanno exploitait depuis treize générations. Quant à Shisasei Tarukawa, il a décidé de partir pour … toujours. Deux semaines après l’accident nucléaire, les autorités ont ordonné la destruction de sa récolte d’épinards, et il s’est suicidé. Aujourd’hui, sa veuve et son fils continuent de cultiver, car ils n’ont pas le choix…

 

Entre silences et rires nerveux, le reportage dessine le désespoir des paysans de Fukushima, dont la terre sacrée a été définitivement « souillée ». »

 

Marie-Monique Robin

 

(source)

 

 

_____________________________

 

Photo d’entête : paysans de Fukushima brandissant leurs choux radioactifs à Tokyo (avril 2011 - Koji Sasahara/AP/SIPA) 

 

 

Partager cet article

Repost0
23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 01:17

« Il est impératif que les enfants soient évacués ». Helen Caldicott parcourt la planète pour faire entendre son message sans relâche depuis 2011. Lors d'une conférence à Tokyo le 19 novembre 2012, elle a rappelé que les femmes enceintes et les enfants devraient être évacués dès que possible des zones contaminées par la radioactivité de Fukushima. Elle précise que les 40% de cas d'anomalies thyroïdiennes décelées chez les enfants examinés sont d'une occurrence extrêmement rare en pédiatrie, et que vu la rapidité de leur apparition, il est probable que ces enfants ont été soumis à des doses de radiations plus fortes qu'à Tchernobyl.

 
Elle rappelle également le danger extrême de la piscine du réacteur n°4 qui, si elle s’effondrait, rendrait vraisemblablement nécessaire l’évacuation de Tokyo. Mais comment évacuer 30 millions de personnes ?
 
 
Un grand merci à Kna pour avoir mis en ligne la traduction française !
 
 
Qui est Helen Caldicott ?
caldicott.jpgHelen Caldicott est née à Melbourne en 1938. Médecin australienne, elle abandonne sa carrière médicale pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire et milite pour la reconnaissance des dangers des faibles doses radioactives. En 1982, elle fonde l’association Women’s Action for Nuclear Disarmament (WAND), visant à réduire l’utilisation de l’énergie nucléaire. Elle travaille à la création de groupes comme l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War, qui a été récompensé par le prix Nobel de la paix en 1985. Récompensée par 19 doctorats honoraires, la Smithsonian Institution a nommé Helen Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.
source :
 
 
     

____________________

 

En savoir plus avec Ultraman (EX-SKF)

(traduction française : Hélios du Bistro Bar Blog)

 

Ultraman, 19 novembre 2012

Le cancer de la thyroïde est-il rare chez les enfants japonais ?

 

Ultraman, 20 novembre 2012

Derniers chiffres pour les examens de thyroïde à Fukushima (1er novembre 2012)

 

Partager cet article

Repost0
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:21
61424 128258743994363 484795899 n

Une fois de plus, les Japonais se sont mobilisés en masse dans 9 rassemblements simultanés à Tokyo pour demander l’arrêt de la centrale nucléaire d’Ohi (qui se situe sur une faille active) et l’abandon de l’énergie nucléaire pour leur pays. L’hortensia est une fleur qui tient longtemps…

.
 
 
100 000 manifestants selon les organisateurs (source : Mainichi)
 
7000 manifestants selon le journal Asahi Shimbun
 
Il y a un gros malaise dans le décompte des manifestants antinucléaires au Japon ! Selon le site Fukushima is still news qui recense quotidiennement la presse anglophone du Japon, il y a très peu d’information sur cet évènement.
 
C’est une technique de désinformation : si on n’en parle pas, ça n’existe pas !
Une autre technique consiste à interdire une manifestation dans un endroit qui serait favorable au comptage des manifestants : celle prévue au parc Hibiya de la capitale le même jour a été annulée après que le gouvernement métropolitain de Tokyo a refusé de délivrer un permis. Lors de la grande manifestation de juillet 2012, cette place était bondée et avait permis de révéler l’ampleur de la mobilisation.
 
japan protest 72912
Le parc Hibiya lors de la manifestation du 29 juillet 2012 (photo Associated Press)
 
manif-Tokyo.jpg
manifestation du 11 novembre 2012 (photo Mainichi)
 
AJ201211120072M.jpg
 
manifestation du 11 novembre 2012 (photo Asahi)
 
 
Autres photos et vidéos
.
Des nouvelles d'Euronews

 
 

 
 
293883 409427829125930 1652525699 n
 
fryer_final_top.jpg
 L'appel à la manifestation du 11/11/12
405096 296513883792951 1636686237 n
 
 
 
 
 
 
 
 

Partager cet article

Repost0
11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:14

Suite à la publication en 8 parties(1) du rapport de la Commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, nous avions évoqué la possibilité d’en faire un document unique, rassemblant toutes les traductions. C’est désormais chose faite ! Un merci immense aux traducteurs bénévoles qui, de manière coopérative et constructive, ont permis la réalisation de ce travail de longue haleine. Sans eux, cette publication n’aurait pas été possible.

 

Cette édition française se place dans l’esprit qui a prévalu à la rédaction du rapport original, à savoir la diffusion des résultats d’une enquête indépendante des lobbys industriels ou des pressions politiques, avec une grande exigence de transparence et une volonté de diffusion internationale.

 

La traduction complète du résumé du rapport est disponible en format pdf. Vous pouvez télécharger le document en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

couverture traduction rapport NAIIC

 

D’un poids modéré (5 Mo), une fois que vous l’aurez téléchargé, vous pourrez également le transmettre par mail à vos connaissances francophones. N’hésitez pas à le partager !

 

Ce rapport d’enquête, commandé par la Diète Nationale du Japon, révèle entre autres que :

 

- la catastrophe nucléaire de Fukushima est d’origine humaine, alors que TEPCO et toutes les autorités l’attribuaient au tsunami,

 

- la résistance des réacteurs au séisme était inadéquate,

 

- il n’existait pas de réponse adaptée aux tsunamis,

 

- les contre-mesures aux accidents graves étaient non conformes aux standards internationaux,

 

- l’alimentation électrique externe était très vulnérable,

 

- les bureaucraties complices ont rendu la catastrophe inévitable,

 

- l’évacuation des résidents s’est faite dans une extrême confusion,

 

- la catastrophe aurait pu être encore plus grave.

 

Il faut bien évidemment lire ce document avec l’idée de ce qui pourrait se passer si une telle catastrophe survenait en France. Et sa lecture provoque de saines questions :

 

- pourquoi le gouvernement français a-t-il martelé que la catastrophe nucléaire de Fukushima était due au tsunami ?

 

- pourquoi les centrales nucléaires françaises sont-elles souvent construites sur des failles et que des minimisations de risques sismiques sont avérées sur certaines d’entre elles ?

 

- pourquoi l’évacuation des habitants est-elle prévue sur un rayon de 5 km autour d’une centrale accidentée alors qu’à Fukushima l’évacuation a été jusqu’à 30 km ?

 

- comment concrètement les pastilles d’iode seraient-elles distribuées à toute la population dans un rayon de 30 km autour d’une centrale si un accident arrivait ?

 

- pourquoi dit-on à la population française depuis plus de 30 ans que le nucléaire est sûr alors qu’aucune centrale nucléaire française ne possède de récupérateur de corium ?

 

- pourquoi les stress-tests effectués sur les centrales nucléaires françaises ont-ils été pointés du doigt par la commission européenne?

 

- pourquoi le gouvernement français accepte-t-il encore le risque d’un accident grave  et de la disparition d’une région entière de France en cas de contamination qui nécessiterait l’évacuation définitive de ses habitants ?

 

La lecture du rapport de la NAIIC vous donnera également des éléments de réponse à vos propres interrogations.

 

 

____________________

 

(1) Les 8 publications

Rapport de la commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima : la vérité dévoilée (23/07/2012)

Fukushima : la réponse d'urgence à l' « accident » nucléaire (05/08/2012)

L'étendue des dommages de la catastrophe de Fukushima selon le rapport de la commission d’enquête (07/08/2012

Les problèmes organisationnels dans la prévention de la catastrophe de Fukushima(12/08/2012)

Enquête sur les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima (23/09/2012)

Catastrophe de Fukushima : enquête sur les personnes évacuées (24/08/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (1) (28/09/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (2) (30/09/2012)

 

 

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 00:48
conference-presse.jpgOn se souvient de l’enquête du journaliste indépendant Tomohiko Suzuki qui s’était fait engager l’année dernière comme ouvrier à la centrale de Fukushima Daiichi. Les résultats de ses investigations avaient fait beaucoup de bruit, car ils avaient révélé que l’état du site nucléaire n’était pas aussi rassurant que le clamait Tepco et que les conditions de travail des ouvriers étaient inadmissibles. Mais de telles investigations ne sont pas sans risque. Par exemple le journaliste freelance Minoru Tanaka, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’accident de Fukushima-Daiichi, a été accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire. Autre exemple, ce journaliste d’origine canadienne, Christopher Johnson, qui, après avoir enquêté de manière indépendante sur la catastrophe atomique en avril 2011, s’est vu expulsé du Japon avec des pressions inqualifiables. Un exemple pour que les autres journalistes restent dans le rang de l’information officielle ? Le village nucléaire n’aime pas les questions embarrassantes, les enquêtes trop poussées, la diffusion d’informations sensibles, la révélation de compromissions, etc. et elle s’arrange d’une manière ou d’une autre pour empêcher ou ralentir le travail des journalistes indépendants, quitte à faire pression de manière radicale. Et pas seulement au Japon ; la journaliste française Dominique Lorentz, qui travaille sur le nucléaire, affirme avoir reçu un certain nombre d’intimidations, dont des menaces « d’élimination physique ». Pour résumer la situation, il est difficile d’exercer son métier de journaliste quand on touche au nucléaire. Nous avons déjà montré dans ce blog comment le nucléaire aboutissait inéluctablement à une société policière ; avec les obstructions régulières faites à l’encontre des journalistes d’investigation, nous voyons qu’il mène également à une société de type totalitaire, certes de manière sournoise, mais assurément une société où l’information doit être officielle ou ne pas être.
 
Récemment, trois journalistes indépendants japonais refusant le fait de ne pas pouvoir accéder au club de presse officiel et faisant l’objet de discriminations, ont déposé une requête officielle afin d’être en mesure de couvrir correctement les manifestations anti-nucléaires. L’ONG Reporters sans frontières, qui soutient leur démarche, vient de publier un communiqué de presse à ce sujet :
 
« Les journalistes freelance interdits de couverture des manifestations anti-nucléaires
 
conférence presse2Reporters sans frontières soutient la requête officielle déposée le 31 octobre 2012, par trois journalistes freelance, Yu Terasawa, Michiyoshi Hatakeyama et Yuichi Sato, auprès de la Cour régionale de Tokyo, afin de pouvoir accéder au bâtiment du Kisha Club de la diète (Diet Kisha Club) et être ainsi en mesure de couvrir des manifestations anti-nucléaires.
 
Depuis le mois de juin, les trois journalistes freelance ont été systématiquement empêchés d’accéder au Kisha club (club de la presse officiel) de la Diète, notamment par son directeur Toshiyuki Saga. Des manifestations anti-nucléaires se déroulent tous les vendredis, depuis plusieurs mois, devant la résidence du premier ministre japonais. Le Club de presse, situé en face de la résidence, permet une couverture idéale de l’évènement.
 
“Cette obstruction dont les journalistes freelance font l’objet est arbitraire et illégale au regard du droit japonais et des principes fondamentaux de la liberté de la presse et du droit d’informer”, a déclaré Reporters sans frontières.
 
“La Cour régionale de Tokyo ne saurait légitimer de tels blocages dans l’accès à l’information, d’autant plus qu’ils émanent de journalistes. Les journalistes freelance jouent un rôle essentiel dans la garantie du pluralisme de l’information, nécessaire à la démocratie. Non contents de jouir des privilèges inégalitaires qu’offre le système des Kisha clubs, les journalistes de ces clubs se fourvoient totalement en méprisant de la sorte toute une partie de la communauté des professionnels des médias", a ajouté l’organisation.
 
Les trois journalistes appartiennent au groupe de liaison des freelance, créée en octobre 2011 afin de défendre les droits des freelance à participer aux conférences de presse conjointement organisées par le gouvernement et la compagnie d’électricité TEPCO. Ils ont tenté de filmer les manifestations contre la reprise du nucléaire qui ont régulièrement lieu devant la résidence du Premier ministre.
 
Les journalistes ont déposé, à trois reprises, le 17 juillet, le 16 août et le 10 octobre 2012, des lettres adressées à Toshiyuki Saga, ancien de journaliste Kyodo News, une autorisation d’accès au club de presse. Ces lettres sont toutes restées sans réponses.
Dans une vidéo publiée sur Youtube le 13 octobre 2012, et filmé la veille, Toshiyuki Saga affirme son hostilité envers les journalistes freelance venus couvrir les manifestations :
 

 
 
Le 2 novembre dernier, Toshiyuki Saga a refusé d’être interviewé à ce sujet par le correspondant de Reporters sans frontières. »
(…)
 
 
 

Partager cet article

Repost0

  • : Fukushima 福島第一
  • Fukushima 福島第一
  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
  • Contact

Mentions légales

Directeur de la publication :

Pierre Fetet

Lien vers les mentions légales du blog de Fukushima

Actualités sur Fukushima

L'ACROnique de Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

Nos voisins lointains

The Watchers of Fukushima

Projet Mieruka Fukushima

.

« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

Infos en direct

webcam tepco 

 Webcam

 TEPCO

.

webcam tepco 1 

 Webcam

 TEPCO 1

.

reacteur2aout2011webcamTBS Webcam

 TBS/JNN

 

radioactivité Tokyo Radioactivité

 à Tsukuba

 en continu

.  

carte contamination cumulée Contamination

 cumulée

 du japon

 

radfuku Mesure des radiations

 dans la préfecture

 de Fukushima :

 

Éditions de Fukushima

Publications

Le dernier livre de Jean-Marc Royer

 

 

Le dernier numéro d'Atomes crochus

 

 

Frankushima : un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France. Site dédié : frankushima.com

 

Un livre essentiel sur les conséquences de Tchernobyl

Télécharger la version française ici.

 

Un livret pour tout apprendre sur le nucléaire !

A télécharger ici

 

 

 

 

sitesanspub

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -