Après la ville de Strasbourg, le conseil général du Haut-Rhin a adopté, hier, à l’unanimité – droite, gauche et écologistes réunis — moins une abstention, une motion demandant l’arrêt de la
centrale nucléaire de Fessenheim.
La France pourrait sans doute décider la même chose si on interrogeait les Français sur le sujet ; mais sur la question nucléaire, point de débat démocratique dans ce pays en vue pour
l'instant...
Pourtant des solutions existent, des scénarios ont déjà été étudiés :
- par l'association Négawatt : sortie du nucléaire en 30 ans
Quant à la catastrophe de Fukushima, la Bank
of America-Merrill Lynch estime la facture pour l'instant à 130 milliards de dollars, mais il est probable qu'elle augmentera au fil du temps puisque le niveau de gravité est
dorénavant le même que celui de la catastrophe de Tchernobyl.
- les coûts énormes de construction des réacteurs (l'EPR de Flamanville coûtera au moins 5 milliards d'euros, celui de Finlande a déjà coûté 6
milliards)
- le coût du traitement des déchets pendant des centaines d'années, non évalué, mais chiffré en milliards d'euros. Rien que le site
d'enfouissement profond de Bure a déjà coûté plus de 35 milliards d'euros. Combien coûtera son exploitation ?
Je relaie cet article du site "Rebellyon.info" qui dénonce la gestion de la crise au Japon face au problème des populations concernées directement par la pollution radioactive.
Omissions, mensonges, déclarations contradictoires, laisser-aller, silence, mépris, irresponsabilités... au menu de cet article qui n'a pas assez de mots pour dénoncer cette situation dramatique
pour la population japonaise.
Pour faire la lumière sur les détails et les conséquences de l’accident de Three Misle Island, il a fallu plus de 10 ans ; pour l’accident de Tchernobyl, 30 ans après, l’OMS recense 4000
morts alors que l’académie des sciences de New York en recense 1 000 000.
Pour l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi, c’est le même scénario : mensonges, omission, dissimulations, déclarations contradictoires, tant de la part de Tepco que du
gouvernement japonais, avec la complicité des autres États qui se taisent et la bénédiction de l’industrie du nucléaire. Les japonais en font les frais (...)
NOUVEAU DANGER. Des réactions de fission dans la piscine n°4
Par Dominique Leglu
Attention, danger ! C’est vers la piscine de l’unité n°4 de Fukushima que les regards convergent aujourd’hui avec
une nouvelle inquiétude. S’y déroulent des réactions en chaîne
dégageant une très forte radioactivité ! Des niveaux “100 000 fois supérieurs à la normale”, selon l’agence de sûreté
nucléaire japonaise NISA (...)
Radiation has risen to high levels above the spent-fuel pool at reactor No. 4 and its temperature is rising, the nuclear safety agency said Wednesday, indicating the fuel rods have
been further damaged and emitting radioactive substances (...)
TEPCO confirms damage to
part of No. 4 unit's spent nuke fuel
Kyodo news
Some of
the spent nuclear fuel rods stored in the No. 4 reactor building of the crisis-hit Fukushima Daiichi power plant were confirmed to be damaged, but most of them are believed to be in sound
condition, plant operator Tokyo Electric Power Co. said Wednesday (…)
Pierre Pellerin, directeur du SCPRI (Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants),
transmet ce communiqué à l'AFP le 30 avril à minuit :
"Situation dans l’ensemble stationnaire. On note cependant,
sur certaines stations du sud-est une légère hausse de la radioactivité atmosphérique, non significative pour la santé
publique"
La
ministre déléguée chargée de la Santé et de la Famille, Michèle Barzach, fit quant à elle paraître le 16 mai deux communiqués :
"La Santé n'est aucunement menacée par les conséquences de cet accident. Les activités courantes peuvent donc être poursuivies sans précautions particulières,
notamment :
- alimentation : les eaux habituellement potables, le lait, les produits alimentaires frais ou de conserve peuvent être consommés quel que soit l'âge du
consommateur,
- activités en plein air : elles peuvent être menées sans modification (travaux divers, jeux, sports, promenade, baignade)"
"le déroulement des grossesses en cours ne nécessite
aujourd'hui, à ce titre, absolument aucune précaution particulière"
Thierry Charles, responsable des questions de sûreté à l'IRSN ((Institut
de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), interviewé par Antoine Bouthier
LE MONDE.FR, 11 avril 2011
"Depuis dix jours, la situation est à peu près stabilisée. Les ingénieurs parviennent à refroidir les
réacteurs en continu avec de l'eau douce. On a retrouvé des flaques très radioactives sous la centrale, ce qui pourrait être dû à de petites fuites sous les
cuves.
(...)
Le pire est passé, mais ce n'est que le début de la
conquête. La situation sera complètement gérée lorsque le système de refroidissement fonctionnera de nouveau. Les ingénieurs avancent doucement et ils ont raison de prendre leur temps. D'autant
plus qu'ils arrivent à alimenter les réacteurs en eau sans problème.
(...)
[La zone d’exclusion] a été élargie à 30 km. Cela correspond à la zone post-accidentelle, où l'on observe
des dépôts de radioactivité au sol. Nous pensons que c'est une mesure raisonnable. L'iode 131 est un radioélément à vie assez courte, elle décroît d'un
facteur 2 chaque semaine. Dans trois mois, son niveau sera complètement secondaire et les habitants pourront théoriquement revenir."
Mais il faut rappeler que, sans même une catastrophe comme celle de Fukushima, le lobby nucléaire essaie depuis lontemps de faire monter la radioactivité dans notre environnement : le
réseau Sortir du nucléaire et la Criirad avaient en 2000 lancé une campagne contre une directive européenne autorisant le recyclage des déchets dits "de très faible activité".
Depuis 2002, le Code de la Santé Publique interdit d'ajouter des substances radioactives dans les biens de consommation. Mais en mai 2009, un décret ministériel a donné la possibilité
aux industriels d'obtenirs des dérogations pour les matériaux de construction.
Depuis le début de la catastrophe de Fukushima, on essaye "d'éviter le pire", mais peu de gens s'expriment sur ce que le pire peut représenter, tellement c'est inconcevable. Du coup, il est plus
facile d'éviter ce sujet que de l'affronter.
Les pessimistes parlent d'une possible explosion de la centrale à cause du corium (coeur fondu sous forme de magma) qui rencontrerait dans sa descente souterraine une nappe d'eau qui se
vaporiserait instantanément.
Les "optimistes" prévoient de conserver la situation stable durant des dizaines d'années, en essayant tant bien que mal de refroidir ces réacteurs devenus pourtant incontrôlables.
Mais dans les deux cas, la catastrophe est immense. Dans le cas d'une explosion, la pollution mondiale pourrait être brutale et rapide, Dans le cas d'une "stabilisation", la centrale
diffuserait son poison mortel dans l'air et l'océan durant des dizaines d'années, voire plus.
Alex, un Français vivant à Tokyo, choisit d'exprimer ses craintes par des vidéos qu'il partage régulièrement sur le net.
Il explique entre autres la grande différence d'échelle entre Tchernobyl et Fukushima.
Pour le reste, même si le ton qu'il emploie semble disproportionné par rapport à la situation actuelle à Tokyo, on peut l'écouter. Puisse-t-il ne pas avoir totalement raison.
La catastrophe de Fukushima relance le débat sur la sous-traitance dans les centrales nucléaires. Voici quelques reportages, sous forme de film, de vidéo, d'articles ou de dossiers pour aborder le problème.
Nucléaire : voyage au pays des forçats de l'atome
LE MONDE | • Mis à jour le
"Gérard Teyssier connaît les sales boulots du nucléaire. Quinquagénaire robuste, adepte de la course de fond, cet employé de la sous-traitance a notamment décontaminé les sols « avec une machine monobrosse, mais souvent à la main, à quatre pattes, vêtu d'une cagoule, d'une combinaison en papier et d'une paire de gants en vinyle ».
Pratiques scandaleuses pour les travailleurs de Fukushima
(ddmagazine, 12/12/12)
Le ministère du Travail japonais a demandé à Tepco, l'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima, d'améliorer le contrôle de ses sous-traitants.Selon le Asahi Shimbun, cette décision revient à la reconnaissance implicite d'un système illégal de sous-traitance en cascade, avec Tepco au sommet, qui permet de s'affranchir de la sécurité des travailleurs. Le président de Tepco, Naomi Hirose, a admis les difficultés du recrutement de travailleurs pour intervenir sur des zones fortement contaminées de la centrale en ruine et le recours à des centaines de travailleurs au travers d'un système de recrutement opaque. [en vignette, schéma du système publié par le Asahi Shimbun].
En début de semaine, EDF jouait les bons élèves en transmettant à l’Autorité pour la Sûreté Nucléaire (ASN) des conclusions très rassurantes à propos de la filière nucléaire française. Pas de chance, cette remise de copie intervient quelques jours après un accident survenu à Marcoule dans le Gard, au Centre de traitement et de conditionnement de déchets de faible activité (Centraco). Sur ce site géré par le groupe EDF, le 12 septembre, l’explosion d’un four d’incinération a tué une personne et en a blessé quatre autres.
Plusieurs enquêtes de l’ASN, de l’Inspection du Travail et la gendarmerie sont en cours pour déterminer les causes de cet incident nucléaire. Mais dès à présent, les différentes personnes travaillant sur place, avec lesquelles nous nous sommes entretenues, expliquent le drame par une gestion approximative de la maintenance, fondée selon eux sur une multiplication des sous-traitants. Ces derniers travaillant le plus souvent dans des conditions préoccupantes. 350 personnes sont employées au Centraco, 210 relevant de contrats de travail passés par le groupe EDF et 140 relevant de plusieurs entreprises de sous-traitance.
Emission de Mathieu Vidard "La tête au carré" du 28 octobre 2011 sur France Inter
La sous-traitance dans le nucléaire, un reportage de Pascale Pascariello
Près de 80% de la maintenance des installations nucléaires est aujourd’hui sous-traitée.
« EDF utilise pas loin de 20 000 personnes en sous-traitance, aux cotés de ses 20 000 salariés. C'est vraiment un souci ! Ces sous-traitants doivent être formés, travailler dans de bonnes conditions, être bien protégés, bien surveillés ». Ce cri d'alarme a été lancé le 29 aout dernier par le Président de l'Autorité de Sureté nucléaire, André-Claude Lacoste, en charge de veiller sur les 19 centrales françaises.
Nous sommes donc allés voir ceux qui entretiennent les centrales. Certains sont des "nomades" qui vont de centrales en centrales et logent dans des campings ou des gites. Souvent interdits de parole sous peine de licenciement, les sous-traitants du nucléaire éprouvent aujourd'hui le besoin d'alerter l'opinion sur les risques qu'ils encourent et sur la dégradation des conditions d'intervention à l'intérieur des centrales.
On les appelle les "jumpers", ils sont chargés d'entrer dans le générateur de vapeur pour obturer les tuyaux qui le relient au réacteur nucléaire. Séjour maximum autorisé : de 90 à 120 secondes, sous peine de surdosage radioactif ! Ils font partie de la masse des ouvriers intérimaires et sous-payés, chargés de maintenance dans les centrales nucléaires (décontamineurs, mécaniciens, contrôleurs...). Des travailleurs de l'ombre qui, avec ce film, sortent pour la première fois du silence pour dresser un tableau inquiétant d'un des fleurons de l'industrie européenne. Depuis la libéralisation des marchés et la privatisation des groupes énergétiques, les conditions de travail semblent en effet se dégrader, au mépris de la santé des ouvriers et de la sécurité. Au nom de la rentabilité, EDF/GDF-Suez, Areva et les autres recourent de plus en plus à la sous-traitance, rognent sur les effectifs et la maintenance, font pression sur les employés...
Nucléaire: quels sont les risques de la sous-traitance?
Blog Et voilà le travail, chronique de l’humain en entreprise
Au Japon, comme en France, les tâches dangereuses du nucléaire sont confiées à des sous-traitants. Qui sont ces nomades du nucléaire, qui interviennent de centrale en centrale? Quels sont les risques de la sous-traitance pour leur santé, et pour la sûreté du pays ?
Les bagnards du nucléaire
Reportage audio d’Aurélien Chartendrault (l’Express), publié le 19/03/2011
Ils parcourent la France entière pour effectuer la maintenance des centrales et travaillent au plus près du risque. On les appelle "les invisibles", "les intermittents", les "nomades" du nucléaire. Qui sont-ils? Reportage à la centrale de Nogent-sur-Seine.
Les clochards du nucléaire
Article de Mathieu Gaulène (l’Express), publié le 02/04/2011
80% des travailleurs du nucléaire au Japon sont en fait des sous-traitants, recrutés parmi les couches les plus paupérisées de la population japonaise.
Qui entretient les centrales nucléaires en France ? Jumpers, funambules, scaphandriers, ils sont 20.000 à parcourir chaque année des milliers de kilomètres pour assurer la maintenance des centrales et réacteurs français.Ces sous-traitants de l’atome dénoncent aujourd’hui leurs conditions de travail et s’inquiètent pour leur santé.
Les serfs de l'atome
Article de Marie Vaton et Elsa Vigoureux (Le Nouvel Observateur), publié le 03/05/2011
Ils sont 21.000 à nettoyer, curer, réparer les cuves des centrales nucléaires. Un travail de sous-traitance, loin du temps où leurs pères portaient fièrement le blason EDF. Nomades, ils interviennent à Cuers, au Tricastin ou ailleurs en France. Une vie passée à prendre "de la dose" pour pas cher payé.
Compétitivité et sous-traitance nucléaire: servitude et nouvelle forme d'esclavage
Article d’Annie Thebaud-Mony, chercheuse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publié par le Réseau Sortir du nucléaire (1999).
Chaque année, entre 20 000 et 30 000 travailleurs, intervenant en sous-traitance dans l’industrie nucléaire, sont directement affectés aux travaux sous rayonnements. Ces travailleurs que certains nomment de façon péjorative “les viandes à rem” effectuent l’essentiel des tâches de maintenance des centrales et supportent plus de 80 % de la dose collective annuelle d’irradiation reçues dans le parc nucléaire français. La question qui se pose est pourquoi les activités de maintenance, fondamentales pour la sûreté des installations nucléaires, sont-elles sous-traitées ?
A lire aussi : L'industrie nucléaire : sous-traitance et servitude.
Enquête sur le personnel intérimaire travaillant dans l'industrie nucléaire.
272 pages, 28 € port compris à commander au Réseau “Sortir du nucléaire”
Les intermittents du nucléaire- Enquête STED sur le travail en sous-traitance dans la maintenance des centrales nucléaires
Sous la coordination de Ghislaine Doniol-Shaw, Dominique Huez et Nicolas Sandret
Editions Octares - 1995
Cet ouvrage présente les résultats de la première phase de l'enquête épidémiologique STED (Sous-Traitance EDF DATR) conduite auprès des salariés sous-traitants DATR (Directement Affectés aux Travaux sous Rayonnements ionisants) intervenant dans les travaux de maintenance des centrales nucléaires, pendant les arrêts de tranche.
A voir aussi :
Arrêt de tranche - les trimardeurs du nucléaire
Catherine Pozzo di Borgo
L'Harmattan - 1994
Un film qui met en lumière la précarité de l'emploi, pose la question des risques auxquels ces travailleurs, exposés à de fortes radiations, sont confrontés et interroge la sûreté même des installations nucléaires françaises.
Les intouchables japonais
Un reportage de Lili Eclimont sur ARTE.
La catastrophe de Fukushima, c'était en mars 2011. Depuis, les agences d'intérim peinent à trouver des travailleurs qui acceptent d'aller dans la centrale dont l'avenir est toujours imprévisible. Mais où Tepco va-t-il donc chercher ces "volontaires" quand on sait qu'à ce jour, 3 hommes sont morts irradiés dans la centrale endommagée. Selon certaines rumeurs, des "burakumin" seraient recrutés, des personnes issues d'une caste très pauvre qui s'est toujours vu confier les basses besognes depuis l'époque Edo mais aussi des sans-abri et des journaliers, une main d'œuvre bon marché et soumise. Une pratique courante dans les centrales nucléaires japonaises, bien avant Fukushima.
Suite à des incidents dans la centrale de Tricastin, des salariés de la sous-traitance ont décidé de créer en novembre 2009, ce site et de “tenir informés des conditions de travail , de santé et de vie” dans les centrales.
« Santé, Sous-traitance nucléaire-chimie » est une association à but non lucratif qui soutient et défend les droits de ces salariés n’ayant aucun recours ».
Livres :
Annie Thébaud-Mony :
"L'Industrie nucléaire. Sous-traitance et servitude", Inserm-EDK, 2000, "Travailler peut nuire gravement à votre santé", La Découverte, 2007.
Un roman très précis sur le sujet : « La centrale » de Elisabeth Filhol, P.O.L., 2010.
Rapport d’étape de la mission parlementaire sur la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir. Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques : http://www.senat.fr/rap/r10-701/r10-7011.pdf
Centrale de Dampierre-en-Burly (Photo Adrien Matton)
Plus de peur que de mal après l'incendie qui a éclaté à la centrale de Fukushima Dai-ichi quelques heures avant la réplique.
D'après un communiqué deTEPCO,
à environ 06h38 (heure locale), le 12 avril, un incendie a éclaté dans une armoire de commandes
électrique, standard de distribution contenant des piles, situé à proximité du canal d'évacuation d'eau au sud pour les unités 1 à 4. L’équipe anti-incendie est intervenue peu de temps après le
début du sinistre. Cet incident n'a pas eu d'incidence sur la dissémination de substances radioactives ou sur la capacité de refroidissement du réacteur.Les données tirées de la surveillance de l'environnement dans la région n'ont pas changé. À 09h12 (heure locale), a été confirmée l'extinction d'incendie au
tableau de distribution.
Après avoir contacté Bernard Allenbach, ingénieur au SERTIT, je vous livre des extraits de sa réponse :
"Nous n’avons pas étudié très en détail les impacts sur la centrale de Fukushima, nos études, intégrant toute la zone côtière, ont été faites dans l’urgence avec des images SPOT-5 (N-B) d’une
résolution de 2,5 m ,ce qui est suffisant pour évaluer en grand les zones impactées ; mais s’il s’agît d’établir un constat détaillé à l’échelle de chacune des centrales il vaudrait mieux le
tenter en exploitant des images mieux résolues, idéalement 0,5 m et moins . "
L'info d'une vague de 3 à 4 m semble être due en fait à l'interprétation de Cécile Dumas, journaliste à Sciences et Avenir, qui avait interrogé l'ingénieur, car il poursuit :
"Ce que nous avons remarqué, en exploitant la base de donnée altimétrique (pas extrêmement précise, dont nous disposons : résolution planimétrique 90 m), et ceci est vrai surtout pour la zone
allant de Sendai jusque vers les centrales de Fukushima, c’est que les zones affectées par la vague du tsunami, telles qu’on peut les observer sur ces images satellites, sont pour l’essentiel «
soulignées » par l’isoligne d’altitude 3, 5 m. Cette isoligne est à une distance moyenne de 3 km du rivage dans la région (plutôt plate) de Sendai."
Mais la centrale de Fukushima Dai-ichi est adossée à un relief et la vague n'a pas pu pénétrer dans les terres à cet endroit. D'où sa plus forte puissance en arrivant sur la centrale et sa
pénétration haute sur le site.
En agrandissant les photos du METI, on distingue bien la marque de l'eau, à une hauteur d'environ 14 m, mais la marque est faible et peu visible sur une photo de taille
réduite.
Pour ceux qui douteraient encore de la hauteur de la vague, voici un article analysant des images satellite de la centrale de Fukushima Dai-ichi :
Maintenant, reste à comprendre pourquoi on a laissé construire une centrale nucléaire à 10 m au dessus du niveau de la mer sur une côte réputée pour ses tsunamis !
Certainement cela aurait coûté beaucoup plus cher en investissement et en fonctionnement de la construire sur la colline.
L'entreprise Tepco et le gouvernement japonais savaient tout ça.
Dossier sur le rejet des eaux contaminées dans le Pacifique
« Fukushima - Rejets dans le Pacifique : clarification et mise en perspective »
Une analyse critique des données concernant les rejets des eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi initiés en août 2023, dossier réalisé par la CRIIRAD qui tente de répondre à ces questions : Quels sont les principaux défis auquel est confronté l’exploitant de la centrale ? Quels sont les éléments radioactifs rejetés dans le Pacifique ? Les produits issus de la pêche sont-ils contaminés ? Est-il légitime de banaliser le rejet d’éléments radioactifs, notamment du tritium, dans le milieu aquatique ? Qu’en est-t-il en France ?
« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)