Fonzy nous en avait déjà parlé l’année dernière, le gouvernement japonais continue de disséminer les sols radioactifs récupérés après l’accident nucléaire de Fukushima. Le bon sens voudrait qu’un déchet radioactif soit confiné, surveillé et le moins dispersé possible. C’est tout le contraire qui se passe au nom d’une « logique de groupe ». Pourtant, avec cette décision, le groupe devient exposé inutilement, mais cette fois dans le silence.
La logique du groupe doit l’emporter sur celle de l’individu. C’est ce qui se passe au Japon, et même lorsqu’il est question de radioactivité.
Le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a décidé que les sols décontaminés dans la préfecture de Fukushima seraient éliminés définitivement en dehors de la préfecture d’ici mars 2045. Cette décision est justifiée par la nécessité de « ne pas imposer une charge supplémentaire aux habitants de Fukushima, qui ont été les plus durement touchés par l’accident nucléaire, et notamment aux habitants d’Ōkuma et de Futaba, qui ont dû prendre la décision extrêmement lourde de fournir à l’État leurs terres et leurs habitations transmises de génération en génération, afin de permettre l’implantation et l’aménagement des installations de stockage intermédiaire des sols contaminés. »
Bien qu’ils soient désignés sous le nom de « sols décontaminés », les critères fixés par le ministère de l’Environnement pour leur réutilisation autorisent une concentration allant jusqu’à 8 000 Bq/kg. L’État considère que l’impact sur le corps humain se situe « à un niveau négligeable ». Pourtant, avant l’accident de Fukushima, une concentration de 100 Bq/kg aurait été considérée comme un déchet dangereux et aurait été entreposée dans un bâtiment en béton. Ainsi, la politique nationale prévoit désormais que des substances radioactives potentiellement dangereuses pour l’être humain soient dispersées dans tout le Japon au cours des quelque vingt prochaines années, au nom d’une prétendue solidarité nationale. C’est de la folie !
Les sols contaminés transportés cette fois-ci, en août 2026, présentent une concentration en césium radioactif de 4 000 Bq/kg. Ils ont été répandus sur deux sites : le complexe gouvernemental de Saitama Shintoshin, situé dans l’arrondissement de Chūō, au centre de la préfecture de Saitama, dans la banlieue de Tokyo, et le complexe gouvernemental de Sendai, situé dans l’arrondissement d’Aoba, à Sendai, dans la région du Tōhoku, en face du siège du gouvernement préfectoral de Miyagi. Ces deux sites se trouvent en milieu urbain, à proximité des principales gares, mais aussi d’hôpitaux et de centres commerciaux.
Sur chacun des deux sites, un trou d’environ 20 cm de profondeur a été creusé dans une jardinière d’environ 1 m³, puis les sols contaminés y ont été déposés avant d’être recouverts de terre ordinaire. Les ouvriers qui ont effectué les travaux ne portaient pas de combinaison de protection. Certains ne portaient même pas de masque. C’est également quelque chose que je ne peux pas accepter.
Ce n’est pas la première fois que des sols contaminés sont répandus dans un espace public situé en dehors de Fukushima. En juillet 2025 déjà, des sols contaminés avaient été déposés dans les jardins situés devant la résidence officielle du Premier ministre. En septembre de la même année, ils avaient également été répandus dans les terrains — notamment dans des jardinières — de plusieurs ministères et administrations centrales situés à Kasumigaseki, dont le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales.
En 2022, il était prévu d’enfouir ces sols dans les jardinières du jardin national de Shinjuku Gyoen, situé au cœur de Tokyo et constituant également l’un des sites touristiques de la capitale. Cependant, le projet avait suscité une opposition très forte lors des réunions d’information destinées aux habitants et avait finalement été abandonné.
C’est peut-être pour cette raison qu’à Saitama et à Sendai, aucune réunion d’information n’a été organisée à l’intention des habitants du voisinage. Les sols contaminés ont été transportés sur place seulement quatre jours après l’annonce publique du projet. Qui plus est, ils ont été acheminés tôt le matin, plusieurs heures avant l’horaire initialement prévu. Je ne peux ressentir que de la colère face à une manière de procéder qui donne l’impression de tromper les citoyens.
Enfin, il convient de noter que le projet visant à utiliser des « sols de reconstruction et de revitalisation » fabriqués à partir de sols contaminés dans le cadre de la GREEN×EXPO 2027 Yokohama Japan, qui se tiendra du 19 mars au 26 septembre 2027 dans l’arrondissement de Seya, à Yokohama, est, lui aussi, en bonne voie.
Reportage de Jiji Press
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