22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 08:00
Ouvriers travaillant sans protection avec de la terre radioactive (source : capture d’écran vidéo NHK)

Ouvriers travaillant sans protection avec de la terre radioactive (source : capture d’écran vidéo NHK)

La doctrine du lobby nucléaire est de tout minimiser et d’effacer les traces du crime. Après avoir décidé de disséminer la radioactivité des eaux contaminées de Fukushima Daiichi en la déversant diluée dans le Pacifique, le gouvernement japonais vient de décider de disséminer les sols radioactifs récupérés après l’accident atomique à travers le pays, en commençant par Tokyo. C’est Fonzy (1) qui nous donne cette information qui n’a pas encore été diffusée en France, tant les mauvaises nouvelles pleuvent de toutes parts sur la planète...

 

 

-oOo-

 

 

Bonjour, ça fait longtemps ! Je vais bien. J’habite toujours à 250 km de la centrale de Fukushima Daiichi, accidentée en mars 2011, et qui est complètement tombée dans l’oubli en 2025. En effet, peu de personnes en parlent. Il est difficile de savoir ce qui se passe à l’intérieur de la centrale, comment vivent les habitants tout autour, ou encore quel est le niveau de contamination radioactive dans le voisinage.

 

Il y a quelques jours, j’ai appris, complètement par hasard, une nouvelle qui m’a vraiment choquée : de la terre radioactive (4000 Bq/kg) stockée autour de la centrale a été transférée à Kasumigaseki, le cœur administratif de Tokyo, pour… y planter des fleurs !

 

Je vous joins la traduction d’un article publié sur le site de la NHK et traduit par DeepL, ainsi qu’un petit résumé que j’ai rédigé en me référant à une note très instructive et très intéressante publiée par Atsuko Masano, journaliste scientifique, qui analyse minutieusement le contexte dans lequel a éclaté ce scandale.

 

Fonzy 

 

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Article sur le site de la NHK

 

La terre décontaminée (4000 Bq/kg) de Fukushima est réutilisée dans les ministères centraux de Kasumigaseki, au centre de Tokyo. La terre est transportée dans les parterres de fleurs.

(source : https://www3.nhk.or.jp/.../20250914/k10014922581000.html)

 

Les travaux de recyclage de la terre retirée lors de la décontamination après l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont commencé dans les ministères centraux de Kasumigaseki, à Tokyo. Le 14, cette terre a été transportée dans les parterres de fleurs du ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie.

 

Après l'accident nucléaire, les grandes quantités de terre retirées lors de la décontamination dans la préfecture de Fukushima ont été stockées dans des installations de stockage intermédiaire dans la préfecture. La loi stipule qu'elles doivent être définitivement éliminées en dehors de la préfecture de Fukushima d'ici 2045.

 

Afin de réduire la quantité à éliminer définitivement, le gouvernement a décidé de réutiliser la terre à faible concentration en substances radioactives pour le remblayage de chantiers publics dans tout le pays. En juillet dernier, cette opération a été menée dans l'enceinte de la résidence du Premier ministre.

 

Dans la foulée, neuf bâtiments abritant des ministères centraux à Kasumigaseki ont également décidé de réutiliser cette terre. Les travaux ont commencé le 13 dans les bâtiments abritant le ministère de l'Environnement, le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, le ministère de l'Économie, de la Commerce et de l'Industrie, ainsi que l'Agence pour la reconstruction.

 

Dans le bâtiment abritant le ministère de l'Économie, de l’Industrie et du Commerce, des travaux ont été effectués le 14 pour recouvrir d'une couche de 55 cm de terre provenant de Fukushima le parterre de fleurs situé devant le parking.

 

Une couche de 20 cm de terre normale sera ensuite ajoutée par-dessus afin d'empêcher la dispersion.

 

Le ministère de l'Environnement a fixé une norme selon laquelle la terre utilisée pour le recyclage doit avoir une concentration en césium radioactif inférieure à 8 000 becquerels par kilo. La terre utilisée cette fois-ci contient environ 4 000 becquerels par kilo.

 

Le ministère de l'Environnement mesure régulièrement les niveaux de radiation et publie ces informations sur son site web afin de favoriser la compréhension du public. »

 

(Traduit avec DeepL.com, version gratuite)

 

 

 

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Note d’Atsuko Masano

 

(source : https://note.com/masanoatsuko/n/n8be053b7c4f3?sub_rt=share_pb)

 

Question 1

 

Combien de temps a duré l’examen entre la demande d’autorisation d’utiliser des sols dépollués à 4 000 Bq/kg dans un parterre de fleurs d’un ministère central et l’octroi du feu vert ?

 

Réponse : La demande a été faite le vendredi 5 septembre 2025, et le feu vert a été donné le vendredi 12 septembre.

 

À noter que le rapport final de la réunion d’experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui avait donné son aval à l’utilisation de sols contaminés en dessous de 8 000 Bq/kg, recommandait au ministère de l’Environnement de séparer la « fonction de régulation » de la « fonction de mise en œuvre ». Or, le « Responsable de la planification de l’examen réglementaire pour la réutilisation dans la reconstruction et l’élimination finale » est affecté au même service que la mise en œuvre, à savoir le Groupe des projets de restauration environnementale du Bureau de la restauration environnementale et du recyclage des ressources du ministère de l’Environnement.

 


 

Question 2

 

Sur les photos de presse montrant des ouvriers travaillant dans le parterre sans masque (ce qui aurait servi à éviter l’inhalation de sols contaminés et donc l’exposition interne), qui a donné cette instruction : le ministère de l’Environnement, l’entreprise titulaire du marché ou un sous-traitant ?

 

Réponse : « Dans les lignes directrices de mars concernant la réutilisation pour la reconstruction, il est indiqué que cela peut se faire sans nécessiter de mesures de protection particulières. Nous avons agi en conséquence. Le ministère de l’Environnement a donné instruction à l’entreprise de procéder en tenue de travail ordinaire. »
Autrement dit, il s’agissait bien d’une directive du ministère de l’Environnement.

 

Ouvriers travaillant sans protection avec de la terre radioactive (source : capture d’écran vidéo NHK)

Ouvriers travaillant sans protection avec de la terre radioactive (source : capture d’écran vidéo NHK)

Contexte

  • En juillet 2015, un Comité d’examen de la stratégie de développement technologique pour la réduction du volume et la réutilisation des sols dépollués destinés à l’entreposage intermédiaire a été mis en place.
  • En 2016, ce comité a conclu qu’il serait « peu réaliste » de garantir des sites finaux de stockage en dehors de la préfecture, et a donc décidé que les sols seraient « réutilisés uniquement pour les travaux publics ».
  • La modification du décret ministériel basée sur la loi spéciale stipule que « les sols contaminés à moins de 8 000 Bq/kg doivent être utilisés sous une gestion appropriée ».
  • Les usages possibles ont été limités, de manière stricte, à trois catégories : « remblai », « remblayage » et « matériau de remplissage ».

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Une analyse critique des données concernant les rejets des eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi initiés en août 2023, dossier réalisé par la CRIIRAD qui tente de répondre à ces questions : Quels sont les principaux défis auquel est confronté l’exploitant de la centrale ? Quels sont les éléments radioactifs rejetés dans le Pacifique ? Les produits issus de la pêche sont-ils contaminés ? Est-il légitime de banaliser le rejet d’éléments radioactifs, notamment du tritium, dans le milieu aquatique ? Qu’en est-t-il en France ?

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