4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 00:40

independentwho[ Information from IndependentWHO ] 

 

Version française : ici

 

IndependentWHO is organising a « Scientific and Citizen Forum on Radioprotection : from Chernobyl to Fukushima » on May 12th 2012 in Geneva.

 

Why organize a scientific and citizen Forum?

 

The real health consequences of Chernobyl have been covered up. And a repeat cover up of the health consequences of Fukushima is well underway.

Subordinate since 1959 to the International Atomic Energy Agency – part of whose mandate is the promotion of peacefull use of the atom - the World Health Organization has fully participed in the cover up.

 

The " clean bill of health " that the WHO provides to all nuclear activities must be denounced and civil society must take matters into its own hands.

IndependentWHO has decided, therefore, to invite independent scientists, free or all conflict of interest, to participate in a Scientific and Citizen Forum so that serious, reliable information can be provided be to the public on radiocontamination and radioprotection.

 

The Forum will allow citizens, politicians, journalists, health professionals and Hippocratic Vigils to share information and experience and think about what they can do together to protect populations from radioactive pollution.

 

 

P R O G R A M M E

 

Saturday 12 may 2012 – 8.00 to 12.45 -

 

8.30 Welcome

9.00 Présentation – Chair : Marc MOLITOR

Opening adress by Rémy PAGANI (Switzerland)

Administrative Councillor of the City of Geneva

Introduction to the Forum

Paul ROULLAUD(France)Représentative, IndependentWHO

Why organize a scientific and citizen forum ?

Roland DESBORDES (France) Président, CRIIRAD

Citizen information : taking responsability.

Paul LANNOYE (Belgium) Scientist, Honorary Member of

European Parliament : Why have the risks of exposure to radioactivity

always been underestimated ?

9.50 Overview of the radiocontamination in Japan and the

Health consequences of Chernobyl

- Chair : André LARIVIÈRE

Alexei YABLOKOV (Russia) Environmental scientist ,

Adviser, Academy of Sciences :

The diversity of biomedical consequences of Chernobyl.

ShinzoKIMURA (Japan) Professor, University of

Hokkaido. Specialist in radioprotection.

Extent of contamination and first clinical symptoms following

the Fukushima catastrophe.

EisukeMATSUI (Japan) Director, Institute of Environmental

Medicine of Gifu, Specialist in respiratory illness.

Action taken by Japanese scientists and citizens concerned about

low-doses internal radiation exposure in Japan.

11.25 Radioprotection against internal contamination

- Chair : Wladimir TCHERTKOFF

Galina BANDAJEVSKAIA (Belarus) Pediatrician, cardiologist

Health status of children in Belarus since the accident at the

Chernobyl nuclear reactor.

Alexei NESTERENKO(Belarus) Director, Belrad Institute

Implementation of radioprotection for population at local level.

Radioecological atlas : human beings and ionizing radiation.

Vladimir BABENKO (Belarus) Assistant Director, Belrad

Institut : From Chernobyl to Fukushima... A practical guide to

radioprotection.

 

Saturday 12 may 2012 – 14.00 to 18.00 -

 

14.00 Management of the catastrophe by the autorities and its effects on

society. - Chair : Eric PEYTREMANN

Sophie FAUCONNIER (France) Practitioner, author of studies on the

impact of Chernobyl in Corsica

Health impact of the Chernobyl accident in Corsica : an independent

epidemiological study finally established.

Paul JOBIN (France) Professor of Sociology, specialised in Japan,

Research associate at the Center for Research on Contempory Issues in

Public Health (INSERM-EHESS)

Fukushima : radioprotection ou « radio-management » by autorities ?

Kolin KOBAYASHI (Japan) Journalist, correspondent, 'Days Japan'

Nuclear energy in Japan, from Hiroshima to Fukushima, and the

antinuclear movement

15.20 Civil society : Following Chernobyl and Fukushima, NGOs,

individuals citizens, politicians, doctors, scientists, andjournalists

take action.

- Chair : Marc MOLITOR

Youri BANDAJEVSKY (Belarus) Anatomopathologist,

Président, Center for Analysis and Coordination "Ecology and Health"

From the syndrome of chronic incorporation of long half- life radionuclides

to the creation of programs and radioprotection policies for populations

: - an example of an integrated model.

Aya MARUMORI and Wataru IWATA (Japan) Independent Laboratory

CRMS : Independent initiatives and activities following Fukushima

Michèle RIVASI (France) Member, European Parliament , co-founder

CRIIRAD.

What is Europe doing in the area of radioprotection ?

Miwa CHIWAKI (Japan) Representative,Association of Mothers from

Fukushima : Our struggle for survival continues.

Chris BUSBY (United Kingdom) Chimist, chemical physicist,

Secretary ECRR

Small area cancer epidemiology for the Citizen : some approaches.

Michel FERNEX (Switzerland) Professor Emeritus, Faculty of

Medicine, Basel, former consultant, WHO.

Fukushima : precious time has been lost.

Conclusion of the day

 

 

Accommodation

 

“Accommodation in Geneva and the surrounding area”

Do not hesitate to contact IndependentWHO for further information:

contact@independentwho.org

 

Partager cet article

Repost0
1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 22:57

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de l’air

 

Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

projet1Evidemment, une simple bâche posée sur un ex-réacteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphérique. Aujourd’hui, pour l’unité 1 uniquement, cette couverture sert plutôt à stopper l’arrivée d’eau extérieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout à cacher le réacteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidéo de son explosion le 12 mars 2011 a été historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nucléaire exploser à la télévision. 25 ans de travail acharné de désinformation et de formatage des cerveaux anéantis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unité 3 a été pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et cassé à jamais l’image du nucléaire sans danger. C’est pourquoi la vidéo de l’explosion de l’unité 4 a été interdite de diffusion, verrouillée, censurée.

La couverture du bâtiment réacteur n°1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de la nappe phréatique

 

Par le choix du refroidissement à l’eau de réacteurs percés, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des Danaïdes : les hommes sont désormais condamnés à pomper et traiter de l’eau radioactive durant des décennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extérieure, Tepco a prévu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phréatique.

 

6a015433c24917970c016765c081b3970b

Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

 

L’ancienne centrale électrique dévolue à Tokyo est désormais appelée à devenir une usine de retraitement des eaux usées éternelles de l’industrie nucléaire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durée indéterminée (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs

 

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminée, le terme de « liquidateur », donné à l’origine aux gens qui se sont sacrifiés pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

 

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

 

 

Travaux pour éviter une contamination de l’océan Pacifique

 

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. A l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

 

cross section view

 

panoramic view

(Source Tepco)

 

 

Travaux pour éviter un nouvel incendie de la piscine 4

 

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unité 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au réservoir de désactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est évaporée petit à petit jusqu’à laisser à l’air le haut des barres de combustible. C’est là que l’incendie a pu se déclarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, répandant leurs produits de fission directement dans l'atmosphère. L’incendie s’est arrêté vers midi. Mais un autre incendie a été signalé le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

En voici le projet fourni par Tepco :

 

1

 

2

 

(Pour en savoir plus sur ce projet, voir l’article de Trifouillax.)

 

 

Autres travaux à prévoir et coûts pharamineux

 

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut réaliser en priorité. Toutefois il est évident que le combustible des unités 1 et 3 devra être également transféré, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des décennies. Mais entretemps, il faudra résoudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient déjà plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplémentaire ?

 

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

 

Enfin, combien cela va-t-il coûter ?

Est-ce que le prix des conséquences des catastrophes nucléaires sera maintenant compris dans le coût du kW ?

Et qui va payer au final ?

 

On a déjà des éléments de réponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de démarrer. Coût total prévu pour un seul réacteur : 1,54 milliard d'euros.

Partager cet article

Repost0
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 15:02
Centrale de Fukushima Daiichi
 
- Unité 1
 
Depuis que Tepco l’a emballée, on n’a plus d’image !
 
 
- Unité 2
 
Inspection de la piscine torique, appelée aussi chambre de suppression.
Cliquer sur l’image pour visionner le diaporama de Simply Info
diaporama
 
 
 
- Unité 3
 
react3
Cliquez sur ce lien pour avoir la photo en HD :
 
reacteur3
Photo de Takashi Morizumi, photojournaliste japonais.
 
tepco3
Inspection de la trappe d’équipement (hatch)
 
machinetombée3
Elément de la machine de ravitaillement tombée dans la piscine
 
 
- Unité 4
lors de la visite du Vice Ministre Ikko Nakatsuka 
 
120423 02
Sous la piscine
 
120423 03
La piscine de désactivation, recouverte d’une bâche blanche
 
120423 04
L’enceinte de confinement inondée
 
120423 04 - Copie
Détail de la photo précédente.
 
 
Autres photos
 
Suivi de la contamination interne à Namie
wbd
 
 
Reportage de Flo sur la décontamination à Fukushima : ouvriers sans masque de protection (cliquer sur la photo pour accéder au reportage)
 
Mise à jour : la photo a été retirée à la demande de son auteure.
Vous ne pourrez pas la voir non plus dans son blog car l'article a été supprimé.
   
 
 
A Date City, ville contaminée et pleine de hot-spots, on demande à des enfants de maternelle de nettoyer une boîte aux lettres. L'horreur du déni.
post
 
 
 
Images 360° de la préfecture de Miyagi en mars 2011 après le tsunami
360
 
 
Vidéos
 
La piscine de l’unité 3 a-t-elle explosé ?
(Goddard's Journal)
 

 
 
Ouverture de la zone interdite (BFM TV)
 
Vidéo de la piscine 4 (Tepco)

 
 
Visite du 24 avril 2012 dans l’unité 4 (Tepco)

 
(voir à partir de 2:40)
 
Vidéo de l'intérieur du bouchon blindé de l’enceinte de confinement du réacteur 3 (18/04/2012)

 
 
 
Webcam
 
Fumée le 29 mars 2012 semblant provenir de l’unité 3

 
 
 
 
---------------------------
 
Merci aux veilleurs et à Etienne Servant, grâce à qui j’ai pu glaner la plupart de ces images.
Pour d’autres images, vidéos et infos, visitez son Scoopit au jour le jour !
 
 

Partager cet article

Repost0
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 00:41
réacteur 3Dans une interview de Luc Oursel accordée à Challenges, celui-ci conseille aux autorités japonaises de « communiquer davantage sur ce qui se passe à Fukushima pour expliquer comment la situation est mise sous contrôle ».
 
Il est peu probable que les vœux du président du directoire d’Areva soient rapidement exaucés, car en fait peu de choses sont sous contrôle.
 
Aujourd’hui, qu’est-ce que contrôle Tepco à Fukushima Daiichi ?
 
Tepco maître de l’eau ?
 
Elle a envahi la centrale de manière artificielle dans le combat permanent contre le feu nucléaire et de manière naturelle par la nappe phréatique. Tepco ne sait plus quoi faire de cette eau contaminée. Pour assurer une image d’entreprise responsable qui gère la situation, elle a créé des champs de cuves autour de la centrale pour récupérer l’eau radioactive pompée, avant de la traiter et de la réinjecter dans le circuit de refroidissement des réacteurs. Mais ces usines improvisées qui désalinisent et filtrent le césium tombent souvent en panne ‒Areva en sait quelque chose ‒ et le solde des mètres cubes se trouve finalement positif, malgré les promesses de la feuille de route de 2011. En effet, des quantités considérables d’eau de la nappe phréatique ‒ on parlait en septembre de 200 à 500 tonnes par jour  ‒ arrivent directement dans les sous-sols de la centrale et s’ajoutent aux volumes d’eau pompée.
Le stockage de l’eau radioactive ‒ 98 000 à 120 000 tonnes selon les estimations ‒ ne pouvant pas s’étendre infiniment, Tepco, au bout d’un an, est au pied du mur.
 
stokeau
Cuves d’eau radioactive
 
L’entreprise s’apprête aujourd’hui à vouloir faire baisser le niveau de la nappe phréatique par 14 puits de pompage à l’ouest du site afin que l’eau n’envahisse plus les sous-sols de la centrale. Cette eau devrait être conduite directement dans l’océan. Or, rien ne dit qu’elle ne soit pas contaminée, car ce que ne dit plus l’opérateur, c’est que les échanges avec la nappe phréatique ont lieu dans les deux sens et que la pollution radioactive s’est répandue dans le sol dès les premiers jours de la catastrophe. C’est Naoyuki Matsuma lui-même, porte-parole de Tepco, qui l’a attesté en mars 2011 : à 15 m de profondeur sous la centrale, une mesure d’iode 131 indiquait un taux 10 000 fois supérieure à la norme (430 becquerels par cm3). Depuis, l’entreprise n’a jamais plus communiqué sur ces analyses d’eau de la nappe phréatique. Connaissant ses pratiques de non-dits, il est probable que ce qu’on analyse aujourd’hui n’est pas politiquement communicable au public.
 
 
Tepco maître du feu ?
 
Après la série historique des explosions et incendies qui se sont produits sur les 4 premiers réacteurs de Fukushima Daiichi du 12 au 15 mars 2011 (n°1 : 1 explosion ; n°2 : 1 explosion ; n°3 : 3 explosions et 1 incendie ; n°4 : 3 explosions et 2 incendies), Tepco recherche les cœurs fondus. Depuis la disparition de trois coriums de la centrale dans les premiers jours de la catastrophe, l’opérateur a beau prospecter, il ne les retrouve pas. Il a filmé à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a inspecté la piscine torique du réacteur n°2, il a examiné l’ouverture latérale (hatch) de la base de l’enceinte de confinement du réacteur n°3 : rien. Certes, énormément de radioactivité, ce qui confirme les meltdowns, mais pas de corium en vue. Alors où sont les coriums ? Quelque part logés dans les radiers ou partis dans la nature ? Et comment maîtriser la situation si on ne connaît pas la température ? En effet, les thermocouples sont déclarés hors service de manière régulière, de telle sorte que pour le réacteur n°2, on ne dispose plus que d’une seule sonde valide dans le bas de la cuve.
Après le feu passé catastrophique et le feu présent introuvable, Tepco maîtrise-t-il le feu futur ? Pour éviter de nouvelles explosions, l’opérateur injecte de l’azote pour contrer la production régulière d’hydrogène de la centrale, mais il s’avère que ce système tombe régulièrement en panne, et ce quelquefois pendant plusieurs heures.
Par ailleurs, de grandes craintes se sont petit à petit répandues dans le monde sur la possibilité d’un grand feu d’artifice final si la piscine n°4 venait à se vider ou à s’effondrer suite à un tremblement de terre de très grande magnitude.
 
intérieur piscine reacteur 4
Combustible de la piscine du réacteur 4
 
Ce ne serait plus le scénario du pire mais le scénario de la fin, comme dirait l’ingénieur nucléaire Hiroaki Koide. Dans ce cas, les 264 tonnes de combustible, privés de refroidissement, prendraient feu et cet incendie imposerait une évacuation immédiate de la centrale sous peine de mort rapide de tout le personnel. A partir de cet abandon du site, les évènements s’enchaîneraient, sans qu’aucun homme ne puisse y faire quoi que ce soit : un à un, les systèmes de refroidissement des ex-réacteurs et des 6 piscines de refroidissement restantes tomberaient en panne, faute de maintenance. Les incendies de combustible, et peut-être des réactions nucléaires « promptes », sorte de micro-explosions atomiques, se succéderaient alors, mettant en jeu au final dans l’atmosphère plus de 2400 tonnes de combustible (Pour mémoire, Tchernobyl avait envoyé 50 tonnes de combustible dans les airs).
Les lecteurs de ce blog savent déjà cela depuis longtemps, mais la prise de conscience d’un tel danger semble enfin arriver dans les sphères influentes. Ainsi récemment, un ambassadeur japonais, Mitsuhei Murata et un sénateur étatsunien, Ron Wyden, se sont exprimés publiquement pour une meilleure prise en compte mondiale de cette menace permanente.
 
L’avis du diplomate Akio Matsumura (sous-titré en français)
 
Pour l’instant, la piscine n°4 tient le coup, les explosions du bâtiment ayant affecté principalement les niveaux supérieurs. Tepco a écarté tout danger d’effondrement de murs surplombant la piscine en démolissant et démontant scrupuleusement toutes les structures qui auraient pu lâcher lors d’un séisme violent. La piscine a également été consolidée dans ses fondements. Enfin, Tepco a déjà prévu le transfert des barres de combustible menaçantes par une construction spéciale. Mais cela prendra du temps. Beaucoup de temps, de une à plusieurs années. Et les travaux ne devront pas être arrêtés par un séisme trop important.
 
 
Tepco maître de la terre ?
 
Alors là on va faire très court, l’évènement du 11 mars 2011 a démontré définitivement qu’une centrale nucléaire ne devait pas être construite dans une zone sismique. Les hommes ne peuvent pas défier les forces telluriques. Tepco a donc eu tort de construire Fukushima Daiichi sur une ancienne faille. Et tous ceux qui actuellement dans le monde favorisent de nouvelles constructions de centrales nucléaires dans des zones sismiques ou permettent de continuer leur exploitation font prendre des risques énormes à l’humanité. On pense en particulier à la vieille centrale arménienne de Metsamor et à la future mégacentrale de Jaitapur en Inde (projet de 6 EPR).
 
Bien sûr, Monsieur Oursel savait déjà tout cela : Tepco ne maîtrise pas grand-chose. L’opérateur ne sait pas quoi faire de l’eau radioactive, à l’image de l’apprenti sorcier ; il ne sait pas où est le feu nucléaire qu’il a créé, il ne fait plus que le subir depuis que Fukushima Daiichi n’est plus une centrale nucléaire ; il ne maîtrise pas les tremblements de terre, il ne peut pas connaître la date ni l’intensité du prochain. Il maîtrise en revanche parfaitement la communication, diffusant ses informations au compte-goutte, souvent avec plusieurs mois de retard pour amoindrir l’impact des mauvaises nouvelles.
Pourtant M. Oursel préfèrerait qu’ils communiquent de manière plus positive. Car Areva, avec une perte de 2,4 milliards d’euros en 2011, souffre beaucoup de l’image catastrophique de Fukushima. Tepco fait ce qu’il peut, les liquidateurs  travaillent dur pour améliorer l’aspect et la sécurité du site en déblayant toutes les matières radioactives issues des explosions. Mais une catastrophe nucléaire reste une catastrophe à très longue durée. 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, on doit reconstruire un nouveau sarcophage pour un seul cœur fondu. Combien de décennies seront nécessaires pour démanteler Fukushima et ses 3 cœurs fondus ? Nul ne le sait, la catastrophe semble éternelle pour l’humanité, et quelle que soit la communication qu’on emploie, l’industrie nucléaire n’a plus d’avenir.
 
 

Partager cet article

Repost0
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 23:11

Billet invité

Geoffroy Auneau, veilleur de Fukushima, s’intéresse de près au site de Fukushima Daiichi. Il nous informe régulièrement par l’intermédiaire de ses commentaires sur l’état de la centrale. Aujourd’hui, après l’édition d’un rapport de Tepco sur les 8 balises permanentes de surveillance de la radioactivité de la centrale, il nous donne son point de vue sur la décontamination de l’environnement et l’aménagement de ces postes de mesure.

 

plan

Schéma des emplacements des balises de surveillance de l’environnement à Fukushima Daïchi

 

Monitoring des balises de Fukushima Daïchi

par Geoffroy AUNEAU

 

Depuis cet hiver, les valeurs des balises situées autour de l’enceinte du site de Fukushima ont connu des baisses parfois ponctuelles liées à la présence de neige (l’eau fait office d’écran contre la radioactivité). Mais depuis le mois de février, régulièrement, la valeur d’une balise baissait significativement pendant la semaine : toujours entre 8h-12h et 13h-17h, le travail du personnel de la centrale était à l’œuvre pour faire baisser les valeurs d’irradiation.

Par le document du 20 avril 2012 (lien), Tepco a pu donner quelques explications sur ce travail.

Tepco souhaitait avoir une irradiation inférieure à 10 µSv/h sur l’ensemble des balises installées sur le site, excepté les balises temporaires qui ne sont pas concernées : Main Building (255µSv/h), West Gate (9µSv/h) et Main Gate (25 µSv/h). MP1 n’a connu aucuns travaux car sa valeur est de 4µSv/h. Les autres balises MP2 à MP8 ont bien connu une décontamination dans un rayon de 20 à 30 m autour d’elles. Les méthodes utilisées sont : élagage des arbres, enlèvement d’une partie du sol et surtout construction d’un mur d’1,60 m à 2,5 m de haut et d’épaisseur 30 cm autour des balises ayant des valeurs très élevées (MP6, MP7 et MP8).

 

mp2ab

Aménagement de la balise MP2

 

mp6ab

Aménagement de la balise MP6

 

 

Ce samedi 21 avril 2012, les valeurs des balises sont toutes comprises entre 4 et 10 µSv/h, objectif atteint pour Tepco (mais limite pour MP7 valeur à 10 µSv/h).

 

Les raisons de cette pseudo « décontamination » ?

 

- Argument n°1 : opération marketing, Tepco pourra montrer des valeurs d’irradiation assez faibles en périphérie du site, juste un cache misère. Les journalistes et les lecteurs reprendront ces valeurs sans se poser de questions.

 

- Argument n°2 : selon Tepco, l’abaissement du bruit de fond permet d’améliorer la détection d’un possible relâchement anormale de contamination. Le contre exemple provient de la balise « South of Main Building » qui connait des variations journalières sans équivoque, diminution le matin et montée des valeurs en fin d’après-midi. Les variations sont très bien visibles sur le graphique (lien). Il s’agit ici de relâchement « normal » de radioactivité (fluctuation d’environ 10µSv/h sur la journée).

 

tableaugeoffroy

 

- Argument n°3 « caisson blindé » : les balises MP6, MP7, MP8 sont maintenant très bien protégées contre les radiations (photos sur le lien : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/images/handouts_120420_06-e.pdf). Les valeurs de la radioactivité ont été divisées d’un facteur 5 grâce à ce système, mais le but premier de ces dispositifs n’est il pas de surveiller l’irradiation  (par intégration du débit de dose autour de la sonde) ?  L’argument n°2 ne tient pas et devient même un gros mensonge : les variations des valeurs des balises MP6 à 8 seront maintenant réduites d’un facteur X suite à ces travaux.

 

- Argument n°4 surveillance à 2 vitesses : la comparaison entre chaque balise n’est plus possible, certaines sont protégées, à priori par du béton (MP6 à 8), et d’autres sans protection.

 

Les méthodes employées par Tepco sont-elles vraiment justes ? Que signifient exactement les variations de la balise Main Building ?

 

 

-------------------------------------

Autres documents fournis par Tepco

 

mp2mp8

Exemples des aménagements pour MP2 et MP8

 

mp2

Balise MP2

 

mp8

Balise MP8

 

tableautepco

Tableau de relevé des mesures montrant les variations dues aux aménagements

 

Partager cet article

Repost0
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 00:10

RAPPORT.jpg

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a rendu en janvier un rapport de plus de 500 pages sur les inspections des centrales nucléaires françaises que peu de personne ont lu en entier. Jean-Marc Royer, rédacteur de l’appel  « Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité », a fait cet important travail de lecture et a réalisé un résumé de ce document, ainsi qu’une analyse très intéressante. Sa synthèse vous est présentée intégralement dans cette page.

 

 

Le rapport de l’ASN est consultable en ligne iciou téléchargeable (6,29 Mo)

 

Le texte de Jean-Marc Royer est aussi téléchargeable en fichier PDF (285 Ko)

 

 

___________________________

 

 

Synthèse et commentaire des inspections conduites en 2011 par l’ASN

 

par Jean-Marc ROYER

 

Suite à l’accident de Fukushima, des inspections et « évaluations complémentaires de sûreté » (ECS) ont été conduites entre le printemps et l’automne 2011 ; elles ont porté sur :

1 - Les dispositions de sûreté : sont-elles conformes aux cahiers des charges en cours aussi appelé « référentiel EDF » ?

2 - Au-delà de cette conformité basique, ces dispositions sont-elles adaptées « aux situations extrêmes » ?

3 - Seraient-elles à même de pallier aux effets cumulatifs qui caractérisent les situations accidentelles ?

4 - Quelles dispositions seraient susceptibles d'améliorer le niveau de sûreté des installations dans ces cas là (13) ?

 

Les sujets abordés lors de ces inspections concernaient :

- la protection contre les inondations et les séismes ;

- la perte des sources de refroidissement ;

- la perte des alimentations électriques ;

- la gestion des situations d’urgence (15).

 

J’ai eu à gérer des questions de « sûreté/sécurité industrielle » sur de grandes installations en France et à l’étranger, et j’ai dû connaître le fonctionnement « des autorités indépendantes » et le type de rapports qu’elles produisent à destination du public. Il y aurait beaucoup à dire, sur le fond et sur la forme à la lecture du rapport de l’ASN. C’est pourquoi je me suis tenu très près du texte (la plupart du temps en le citant in extenso) mais en le traduisant en langage compréhensible lorsque cela était nécessaire. Le résumé qui suit, très synthétique, issu de ce rapport de 524 pages, situe toujours la source de ce qui est écrit ou cité par le N° de page (affiché entre parenthèses) auquel il se réfère.

Tout cela concerne la première partie de ce texte. Il n’empêche qu’il faut également savoir repérer les non-dits de cette littérature qui sont aussi importants que ce qui est écrit : c’est un exercice digne de ceux que les soviétologues faisaient au temps de la Pravda, un exercice ingrat mais indispensable dans lequel il faut savoir remettre la technoscience à sa place et surtout n’avoir soi-même rien à vendre, pas même une expertise. Ceci fait l’objet de la seconde partie du texte.

 

En ce qui concerne les dangers induits par les inondations

 

La Règle Particulière de Conduite est déclinée avec des retards de plusieurs années, avec des « écarts » et de manière incomplète ou incohérente, en contradiction avec le Plan d’Urgence Interne ou sans convention d’alerte avec Météo France ; certains « retours d’expérience » ne sont pas renseignés, le ruban bleu revenant aux sites de Cruas et du Tricastin qui n’ont toujours pas intégré qu’ils pouvaient être isolés par une inondation et même, pour ce dernier site, en perdre son alimentation électrique.

Les suivis météorologiques ainsi que la détection des seuils d’alerte laissent à désirer, tandis que les exercices annuels de simulation sont bâclés, ce qui augure mal du « lancement des actions appropriées dans les délais » en cas de nécessité. Les moyens de protection - en particulier la Protection Volumétrique, les Moyens Mobiles de Pompage et leur alimentation - ne sont pas correctement entretenus (notamment les joints « waterstop » de la PV) ou surveillés (certaines galeries inter bâtiments ne sont pas étanches et un affaissement de pointe de digue a été constaté lors d’une inspection). Par ailleurs, l’ASN se plaint de ce que les échéances convenues pour effectuer des travaux à la suite de « l’évènement du Blayais » ne soient pas respectées sans qu’aucune mesure compensatoire n’ait été prise (25 à 32).

L’ASN, faisant le constat que des « effets falaise » (effets cumulatifs) peuvent se produire très près des niveaux d’inondation retenus dans le « référentiel EDF », demande à l’exploitant de revoir toutes ses estimations (fournir le détail de la méthodologie et les justifications utilisées pour caractériser le modèle d’inondation retenue), de se prononcer lui-même sur l’adéquation des bâtiments à ces évaluations et lui prescrira de revoir sa copie concernant Belleville et Tricastin, notamment en cas de rupture des digues amont.

Concernant des « effets falaise » possibles suite à une inondation (perte totale de source froide et/ou des alimentations électriques), l’ASN pense que ni les rapports d’Evaluation Complémentaires de Sûreté, ni les compléments présentés par EDF en cours d’instruction, ne sont de nature à les éviter et lui demande de revoir là aussi ses copies (122, 124, 128, 130, 137 et 139).

 

Pour les dangers liés aux séismes majeurs

 

Un constat : la règle en vigueur (FS I.3.b) n’est pas respectée, l’instrumentation est insuffisante ou mal positionnée, son entretien et sa maintenance laissent à désirer, de même que sa qualification, son étalonnage et son réglage. De plus, les exercices ne sont pas réalisés et les opérateurs ne savent pas utiliser cette instrumentation sismique ou en interpréter les données en salle de commande ce qui les mettrait dans l’impossibilité de se faire une idée juste sur l’état du réacteur (40). « Les exploitants du site du Tricastin auraient des difficultés à gérer une situation accidentelle consécutive à un séisme majeur, du fait de la perte des alimentations électriques, des moyens de communication, de la supervision de l'installation ou encore du non dimensionnement au séisme de locaux annexes, des locaux de crise ou de repli, et des locaux abritant les moyens et les hommes de la Formation Locale de Sécurité » (67). Sur d’autres sites, les moyens d’alimentation électrique de secours seraient généralement indisponibles en cas de séisme. (79).

 

Concernant les dangers liés à la perte de la source froide (nommée : H1)

 

Encore des « écarts au référentiel », des disparités dans le suivi des équipements, des « anomalies de maintenance ou d’essais périodiques » et des relations problématiques entre les services centraux d’EDF et les centrales. Mention spéciale pour La Hague où il est nécessaire d’améliorer la maintenance et de vérifier la tenue dans le temps des équipements de refroidissement (échangeurs, aérothermes, tuyauteries) ou de ventilation naturelle des entreposages des colis compactés de coques et embouts (Areva NC) dont l’efficience semble remise en cause au vu des écarts constatés en inspection (41 à 44 et 71).

De plus, les dispositions proposées par EDF visent essentiellement à permettre des appoints (au circuit secondaire, au circuit primaire, et aux piscines combustible) pour prolonger l’autonomie des réacteurs et des piscines, ce qui permet de retarder la fusion du cœur mais pas nécessairement de l’éviter (181) en quelques heures (175).

L’ASN considère donc qu’EDF doit « conforter ses conclusions quant à la capacité des centrales à gérer une situation dégradée de type H1 sur plusieurs tranches simultanément, y compris lorsqu’une autre tranche connaît un accident grave » (177).

 

Les dangers liés à la perte des alimentations électriques (H3)

 

L’ASN a relevé là aussi des écarts sur la conformité, l’entretien (corrosion interne ou externe des tuyauteries et des réservoirs de carburant sur une majorité de sites) et les contrôles périodiques, qui affectent la robustesse des groupes électrogènes de secours.

L’ASN a donc demandé à EDF de revoir sa copie et de :

Fournir les informations sur la capacité et la durée des batteries ;

Indiquer combien de temps le site peut faire face à la perte des alimentations électriques externes et des sources d’énergie de secours, sans intervention extérieure, avant qu’un endommagement grave du combustible ne soit inévitable ;

Préciser quelles actions (extérieures) sont prévues pour prévenir la dégradation du combustible ;

Identifier les moments où les principaux effets falaise se produisent ;

Indiquer si des dispositions peuvent être envisagées pour prévenir ces effets falaise ou pour renforcer la robustesse de l’installation (modification de conception, modification des procédures, dispositions organisationnelles, etc.). (46, 152)

De plus, « l’ASN constate que les ECS mettent en évidence des « effets falaise » de court terme, caractérisés par un délai avant découvrement du cœur inférieur au délai prévu pour la mise en œuvre des moyens de la Force d’Action Rapide Nucléaire (160) et recommande de mettre en œuvre sans délai les moyens proposés par EDF pour répondre à ces dangers » (161).

Dans l’attente du déploiement progressif de dispositions qui prendra plusieurs années, l’ASN prescrira la mise en place de dispositions provisoires dès 2012, telles que des groupes électrogènes mobiles (226).

A La Hague, la disponibilité problématique des moyens de secours et la corrosion avancée de certains équipements des groupes électrogènes commandent une action palliative rapide (74), tandis que sur plusieurs « autres sites » (hors centrales) la perte des alimentations électriques conduirait à moyen terme à la perte des moyens de surveillance en salle de commande et à la perte des moyens de communication (75).

 

Quelle « gestion des accidents graves » ?

 

Moyens matériels et organisation

EDF indiquant que :

- la disponibilité des moyens matériels nécessaires à la gestion de crise, (Matériels Mobiles de Sûreté, les matériels PUI et les Matériels du Domaine Complémentaire), ne peut être garantie dans les situations extrêmes (187) ;

- l'arrivée des astreintes est impossible pendant les 24 premières heures suivant une situation de grande ampleur touchant tout le site (186), [ce qui correspond au délai maximal de mise en œuvre de la future « Force d’Action Rapide Nucléaire »] ;

- les moyens de communication utilisés lors du gréement de l'organisation peuvent être défaillants (189) ;

- la tenue aux situations extrêmes de l’instrumentation technique et environnementale nécessaire à la gestion de crise n’est pas garantie (p 193),

 

et l’ASN, considérant que :

- EDF n’a pas achevé l’analyse des points faibles de l’organisation en fonction de l’ampleur de la crise, et n’a pas évalué les conséquences des phénomènes dangereux liés à la dégradation des voies de communication et des canalisations dans les situations extrêmes (190) ;

- une analyse approfondie devra être menée sur les conditions d’intervention spécifiques aux situations accidentelles (difficultés lors de la prise de décision, suffisance des ressources, compétences requises, accessibilité et habitabilité des locaux, stress et fatigue des intervenants, ambiance sonore, calorifique et radiologique, 224),

- et nonobstant l’installation prévue par EDF d’une instrumentation dédiée à la gestion des accidents graves permettant de détecter la percée de la cuve et de détecter la présence d’hydrogène dans l’enceinte,

 

l’ASN va prescrire à EDF d’intégrer dans le « noyau dur » les éléments indispensables à la gestion de crise, c'est-à-dire :

- Les locaux, les moyens matériels, les moyens de communication et l’instrumentation technique (notamment la détection de l’entrée en AG) et environnementale ;

- Les moyens de dosimétrie opérationnelle, les instruments de mesures pour la radioprotection et les moyens de protection individuelle et collective en quantité suffisante ;

- L’accessibilité, l’opérabilité, l’habitabilité des salles de commande en cas de rejets de substances dangereuses ou radioactives (184), notamment après ouverture du système de filtration U5, lequel pose une série de problèmes non résolus à ce jour. En effet :

. il n’est pas « robuste aux séismes majeurs » ;

. il ne peut être utilisé pendant les premières 24h suivant un AG pour éviter le rejet des aérosols ;

. par la condensation ou la présence d’oxygène dans sa tuyauterie, il induit des risques de déflagration de l’Hydrogène ;

. son ouverture oblige les personnels à évacuer les salles de commande dans les 24h suivantes ;

. son efficacité de filtrage laisse à désirer, surtout s’il est utilisé par deux réacteurs simultanément (184 à 207).

Par ailleurs, l’ASN a prescrit à EDF le renforcement du radier de Fessenheim, avant le 30 juin 2013 (205).

 

Le cas particulier des piscines

Les centrales de Bugey et Fessenheim présentent un risque particulier d’endommagement de la piscine en cas de chute d’un emballage de transport de combustible (210). 

Compte tenu de la difficulté, voire de l’impossibilité, de la mise en place de moyens efficaces de limitation des conséquences d’un dénoyage prolongé des assemblages combustibles (confinement statique et filtration inefficaces), l’ASN imposera à EDF des prescriptions pour renforcer les mesures de prévention et la robustesse de l’installation afin de limiter la possibilité d’un tel accident (213).

 

La Sous-traitance

« L’ASN considère qu’EDF n’apporte pas la démonstration que les différentes périodes d’arrêt de réacteur qui ont lieu au cours de l’année sur chacun des CNPE engendrent au total des surcroîts saisonniers qui justifieraient le recours à la sous-traitance. Par ailleurs, le recours à la sous-traitance pose la question du maintien des compétences internes au sein de l’organisation de l’exploitant, en particulier dans un contexte de prolongation éventuelle de la durée d’exploitation des installations nucléaires existantes et de renouvellement important des effectifs » (p 216) et « l’ASN considère que la surveillance des sous-traitants exécutant des activités importantes pour la sûreté doit être renforcée, et en particulier que cette surveillance ne peut pas être déléguée » (230).

 

Conclusions du rapport ASN

L’analyse des rapports d’ECS d’EDF a montré que certains scénarios de perte de la source froide et de perte des alimentations électriques peuvent conduire, en l’absence de toute intervention, « à une fusion du coeur dans un délai de quelques heures pour les cas les plus défavorables » (p 226). Or, « l’accident de Fukushima a montré que la capacité de l’exploitant et, le cas échéant, de ses prestataires à s’organiser pour travailler en cas d’accident grave est un élément essentiel de la maîtrise d’une telle situation », (13) [ce qui ne semble pas être le cas].

Par ailleurs, « l’ASN considère, pour ce qui concerne la gestion de crise, que les exploitants du groupe AREVA ont dressé un état des lieux sommaire et n’ont pas tiré les conclusions pratiques des constats effectués » (342).

« Au premier trimestre de 2012, l’ASN imposera donc aux exploitants un ensemble de dispositions de sûreté relatives à la prévention des risques de séisme et d’inondation, à la prévention des risques liés aux autres activités industrielles, à la surveillance des sous-traitants et au traitement des non conformités. Par la suite, l’ASN s’assurera du respect par les exploitants de la centaine de prescriptions qu’elle aura édictées, ainsi que de la prise en compte des nouveaux référentiels qu’elle aura approuvés » (16).

 

 

Quelques commentaires et réflexions philosophiques subséquentes

 

Il n’y a pas une seule installation qui ne fasse l’objet d’une remarque d’inspection ou d’une recommandation importante. Qu’il s’agisse, en temps normal, ou en situation extrême (ou afin de l’éviter) :

- des estimations et des méthodes qui sont à la base des « référentiels nationaux » de sécurité de l’exploitant,

- de la déclinaison obligatoire des Règles Particulières de Conduites sur les sites ou de la gestion des « écarts » à ces règles,

- des conditions nécessaires à l’efficience de ces règles « en amont et en aval » (prédiction et retour d’expérience),

- du suivi, de l’entretien et de la maintenance des systèmes, des équipements et des matériels, y compris des groupes de secours,

- de la capacité à mettre en place et à utiliser une instrumentation spécifique (séisme, intégrité du confinement et entrée en AG),

- de la capacité du système de filtrage U5 et de ses dangers intrinsèques,

- du danger très particulier porté par les piscines de stockage dans le bâtiment réacteur,

- de l’analyse des situations internes et externes porteuses de dangers,

- de l’analyse des effets cumulatifs de toutes natures propre aux situations extrêmes et des moyens de les éviter,

- de l’organisation humaine ou matérielle locale et nationale, en particulier de l’usage de la sous-traitance,

- des moyens de mobiliser rapidement les personnels d’astreinte,

- de l’accessibilité, de l’opérabilité ou de l’habitabilité des locaux de commande, de crise ou de repli,

- des moyens de mesure et de radioprotection individuelle et collective en quantité suffisante,

- de la pérennité des moyens de communication,

- du respect des engagements de sûreté pris avec l’ASN.

 

Depuis la conception, l'accident majeur n'a jamais été pris en compte

 

-1- Qu’est-ce que ce rapport vient démontrer ? A sa lecture, on réalise peu à peu ce qui se lit entre les lignes : les ingénieurs nucléaires, leurs commanditaires industriels, politiques et militaires se refusaient à penser, il y a quarante ans, qu’un accident majeur puisse un jour arriver. Les centrales ont été construites sur ce postulat : la probabilité de survenue d’un accident majeur était considérée comme nulle ou bien trop minime pour justifier des dispositions jugées trop coûteuses au regard de ce qui fût qualifié de « risque résiduel ». Poussé par Tchernobyl et Fukushima, c’est ce à quoi ce rapport se confronte, et à quoi il tente de pallier un peu tard, par des moyens et des méthodes dont on peut se demander ce qu’ils deviendront une fois traduits sur les sites par l’exploitant, étant donné la manière dont les prescriptions en cours sont appliquées.

 

Le nucléaire français « au bord de la falaise » !

 

-2- Il n’y a pas un seul des sujets abordés par l'ASN qui ne pose problème, alors que l’exploitant, l’industrie dans son ensemble et les politiques qui les soutiennent nous serinent depuis des lustres que les centrales françaises sont les plus sûres ! Quel démenti cinglant et argumenté en détail ! Ce ne sont plus seulement des manques ou des négligences, mais une suite d’aveux, qui, mis bout à bout constituent justement le lit d’un accident majeur ! Un véritable gouffre, un précipice au bord duquel se trouve effectivement toute l’industrie nucléaire, guettée par « un effet falaise » (les acronymes et les euphémismes sont un des traits majeurs de la novlangue) qui lui est consubstantiel (voir plus bas). Sans pouvoir malheureusement le démontrer dans ce cadre, il est évident qu'il se produira un accident nucléaire majeur en France. Intégrer cela dans le domaine de la pensée pose certes quelques difficultés, mais devient à mon sens plus que nécessaire.

Ce qui suit n'est certes pas une illustration centrale de cette hypothèse, mais elle en illustre l'accroissement de la probabilité (l'invention du MOX est récente).

 

Silence, on MOX !

 

-3- Un des silences assourdissant de ce rapport (il aurait été facile de l’introduire dans ces « stress-test ») concerne l’utilisation dans 22 réacteurs, et avec l’accord de l’ASN, du MOX pour « Mixed Oxydes », un composé d’environ 6 à 7 % de dioxyde de plutonium au lieu de l’enrichissement classique à 4,2% d’235U. D’une part il accroît notablement les dangers d’accidents majeurs car :

- la conduite des réacteurs avec MOX est nettement plus délicate ;

- il accélère le processus de vieillissement des réacteurs ;

- il a un processus de fusion plus bas et plus rapide : dans une configuration accidentelle, le risque de criticité, est donc plus important et plus rapidement atteint ;

- il aggrave toute situation accidentelle car l’eau mélangée au bore qui sert à atténuer les effets d’échauffement de la radioactivité en absorbant les neutrons, est d’une efficacité moindre avec le MOX.

D’autre part ce plutonium est issu du retraitement de l’uranium nucléaire usé, ce qui suppose le transport délicat et fréquent de matériaux hautement radioactifs des centrales vers les usines et retour.

Le plutonium fait non seulement partie des éléments présentant une radiotoxicité très élevée, mais tous les isotopes et autres composés issus du plutonium sont également très toxiques et radioactifs. En voie aérienne, on estime qu’une quantité de l’ordre du dixième de milligramme peut provoquer le décès rapide d’une personne.

 

Une gestion « statistico-probabiliste » du risque bien pratique …

 

-4- De plus, à faire pour la première fois cet exercice d’imagination, on s’aperçoit que tout l’appareil technico-politique du nucléaire nous donne à voir l’ampleur, non seulement des « écarts » (comme ils disent) avec les préconisations de sécurité de base, mais aussi et surtout :

- l’impossible maîtrise tous azimuts des aléas propres aux « Macro Systèmes Techniques » (1) ;

- l’incapacité de voir (ou d’imaginer) les effets cumulatifs possibles de ces éventualités (baptisées « effets falaise ») tant la dénégation des dangers majeurs a contribué à les refouler depuis des décennies ;

- et de plus, le refus de prendre en compte les hypothèses les plus pessimistes parce que le rapport coût/bénéfice est « économiquement défavorable » et que la probabilité d’occurrence d’un accident majeur est jugée négligeable.

En réalité, ce type de calcul a trouvé son inspiration au cœur de la science physique atomiste, laquelle a amplement légitimé l’extension d’un nouveau mode de mesure - statistique et probabiliste - et non plus strictement déterministe (2). Or, ce type d’évaluation - qui de surcroît repose sur des hypothèses en arborescence et des modélisations ad hoc - présente l’insigne avantage d’être manipulable à l’infini, donc de se prêter à tous les désirs des industriels qui veulent nous faire croire à la soit-distante sûreté de ces manipulations nucléaires.

 

Les centrales nucléaires : des Macro-Systèmes Techniques intrinsèquement dangereux

 

-5- Force est de constater une fois de plus les fragilités (et les dangers qui s’en suivent) de tous ces MST constitués d’un entrelacs de techniques, de technologies, de process et d’interfaces multiples dont on veut nous faire croire que leurs complexités inévitables ne sont que le signe de la modernité et de la sûreté technoscientifiques.

La sophistication extrême des matériaux utilisés (bétons et aciers spéciaux …) et le contrôle fin de leurs caractéristiques que cela suppose, la difficulté de leur mise en œuvre étant donné la précision de leurs spécifications, la complexité de la construction des parcs nucléaires et de leurs raccordements, les problèmes dus à l’interdépendance de multiples technologies entre-elles (mécanique, électrotechnique, électronique, pneumatique, hydraulique, informatique …), les questions de conduite opérationnelle ordinaire et extraordinaire, la gestion des urgences et des situations de crise, l’adéquation des interfaces hommes/machines à toutes les situations, la qualification des personnels intervenants, les opérations de maintenance et de réparations (compliquées et parfois dangereuses), la gestion du vieillissement tous azimuts des installations, la qualité de tous les contrôles opérant à tous les niveaux depuis la mise en service nominale jusqu’au démantèlement, la gestion des déchets … Ce listing élémentaire et générique donne une petite idée du nombre de process corrélés entre eux et des répercutions possibles d’un manquement ou d’une simple défaillance, pour peu que ceux-ci soient imprévus et se produisent sur une interface délicate.

-6- En plus de ces fragilités intrinsèques et des dangers dus aux aléas climatiques et géologiques, il en est d’autres qui ont été introduits depuis trente ans par la pression actionnariale et qui conduisent soit à la sous-traitance massive, soit à des malversations dans le but de faire des économies sur l’entretien et la maintenance (Cf. les dossiers publiés concernant Tepco), soit à des politiques de « risques calculés » dont on a pu constater l’inanité à plusieurs reprises au Japon, en France et ailleurs.

 

De multiples conséquences supportées par les populations du monde entier

 

-7- Evidemment, la puissance dévastatrice intrinsèque des MST nucléaires (liée à ses fragilités) exige une « sûreté totale », c'est-à-dire un système politique du type « totalitarisme démocratique postmoderne » (3) intériorisé dans les imaginaires des populations du monde entier. Un des multiples aspects de ces penchants, peu étudié, se niche dans le « droit nucléaire international » forgé sur mesure dans les années 60 en dérogation à tous les usages conventionnels (4). Le nucléaire a ceci de particulier qu'il n'a pu se mettre en place qu'en bénéficiant (de la part des Etats) de régimes dérogatoires dans de nombreux domaines. Par contrecoup, ses répercutions se sont fait sentir dans tous les domaines de l'activité humaine, y compris le politique, la philosophie et la morale (5). En voici une petite illustration.

-8- Un accident nucléaire majeur rend obsolètes et dérisoires tous les plans et les mesures de sécurité (on se souviendra longtemps des tuyaux d’arrosage à l’eau de mer dérisoirement inadaptés à refroidir des cœurs de réacteurs en fusion partielle à Fukushima, 60% de l’eau étant dissipée en évaporation et 20% ratant sa cible). Les possibilités d’un Etat (et du secteur privé plus encore) ne seront jamais à la mesure de la catastrophe ; c’est ce que la limitation des responsabilités de l’industrie nucléaire, actée dès ses débuts par diverses lois et conventions confirme de manière éclatante (6). De ce point de vue, le droit prenait en compte, noir sur blanc, les gigantesques dangers consubstantiels au nucléaire que les pouvoirs s’efforçaient, en même temps qu’ils négociaient ces conventions, de nier devant les opinions mondiales. Sans ce report des responsabilités sur le corps social, aucun investisseur, aucun industriel au monde n’aurait investi un seul centime dans cette industrie.

 

Déconstruire le nucléaire, décoloniser l'imaginaire occidental

 

-9- L’énergie nucléaire n’est que secondairement une technologie ; elle est avant tout « la fille aînée de la science ». Aucune technique n’aurait jamais permis une telle intrusion dans la composition de la matière. Autrement dit, « l’énergie nucléaire », n’en déplaise à beaucoup, n’est qu’une conséquence du mode de connaissance scientifique spécifique de l’Occident et du rapport à la nature (à l’écosphère) que cela sous-tend. D’un seul coup, en 1945, cette « création scientifique » a rendu totalement obsolètes toutes les critiques philosophiques qui s’en tenaient à celle des techniques, comme si d’ailleurs les techniques n’étaient pas un attribut inévitable de toute vie en société depuis la nuit des temps.

-10- Tous ces Macro Systèmes Techniques ont en commun la volonté de défier et de maîtriser au-delà des « lois de la Nature » (que la science a par ailleurs encensées à une certaine époque pour s’affirmer face aux croyances religieuses dominantes), ce qui s’apparente de facto à une activité fondamentalement transgressive que l’on baptise Progrès pour en faire oublier le caractère prométhéen. Mais il ne faut pas oublier que ces Macro Systèmes Techniques ont un but : faire de l’homme moderne un homme appareillé dont il suffira un jour de le débrancher pour mettre fin à son existence.

 

Les trous du rapport de l’ASN

 

Outre l’utilisation du MOX qui réduit les marges de sécurité et dont l’ASN avalise ainsi de facto l’usage, il est toujours utile de se poser les questions suivantes : qu’est-ce que le document passe sous silence, ou omet de rapporter publiquement ? Car il y a toujours deux versions de ce type de rapport, bien évidemment : une version professionnelle et une pour « le grand public ». Par ailleurs, ces inspecteurs, que n’ont-ils pas vus, pu voir, ou pas voulu voir ou écrire ?

- Tout d’abord, la chose le plus surprenante dans la conception des centrales, ce qui est certainement un héritage des « trente béates » nucléaires, c’est que les salles de contrôle-commande, non seulement ne sont pas doublées, mais qu’elles ne sont pas suffisamment isolées, protégées ou autonomes en cas d’accident majeur très radioactif. Rien n’est dit à ce propos dans le rapport de l’ASN. (7)

- En 2011, Arnie Gundersen avait attiré l’attention sur le fait que les batteries de dernier secours prévues pour durer 8h à Fukushima, n’ont pas tenu tout ce temps, et il avait recommandé que cette autonomie (de 4h aux Etats-Unis) soit augmentée en urgence. Or la disponibilité des batteries est très dépendante de leur entretien et de leur maintenance dont on a vu dans le rapport de l’ASN comment ils étaient assurés en France dans certains sites. Or rien ne filtre sur cette question du secours en CC dans le rapport de l’ASN, ce qui est fort curieux. (8)

- « Notons, et c’est important, que le radier, c'est-à-dire la chape de béton sur laquelle repose l’enceinte de confinement de la cuve, a une épaisseur de trois mètres, alors que, sur les REP du parc français, l’épaisseur correspondante n’est que d’un mètre. » (9) Ainsi s’exprime JL Basdevant, …….. Mise à part la recommandation concernant le radier de Fessenheim, rien n’est dit non plus à ce sujet dans le rapport de l’ASN.

- Pourquoi les « ECS » qui envisagent un accident grave sont-ils muets sur leurs conséquences alors que « en France, l’ASN coordonne depuis 2005 une réflexion sur la gestion des suites d’un accident nucléaire (10) » et que « nous travaillons sur le post-accident, avec l’idée de se préparer aux conséquences pour la population et l’environnement, une fois que les émissions radioactives ont cessé (sic) (11) » ? Il faut bien lire cette phrase, tous les mots ont leur importance pour bien comprendre dans quelle direction l’ASN travaille. Est-ce pour cela que cette réflexion n’est pas publique ?

- Pourquoi n’est-il rien dit sur les effluents émis quotidiennement par les centrales ? Et pourquoi, alors que la transparence est devenue un crédo largement partagé, l’ASN ne propose-t-elle pas l’installation de balises de surveillance des émissions radioactives des 58 réacteurs (12) dont les mesures seraient visibles H24 sur internet par tout un chacun : cela ne serait-il pas une aide à la protection des populations en cas d’accident majeur, puisque l’ASN doit savoir maintenant, après Tchernobyl et Fukushima, que les tous premiers jours sont décisifs de ce point de vue ?

 

Jean-Marc Royer version 2 en juillet 2012.

 

 

__________________________

 

 (1) Concept clé du philosophe Alain Gras, « Que sais-je », 1997. Voir point 5.

 

 (2) On appréciera d’autant plus ce type de raisonnement que l’on connaît la « ligne de défense » de l’industrie nucléaire et de l’OMS : ils demandent aux victimes de prouver un rapport déterministe entre les effets des radiations (notamment les contaminations aux faibles doses) et les maladies induites.

 

 (3) Le film Food Inc en est une bonne illustration : l’auteur y montre comment, de manière totalement « démocratique » des lois sont votées dans certains états des Etats-Unis qui empêchent toute critique publique des industries agroalimentaires et des trusts de fast-food afin de protéger leur chiffre d’affaires. Il s’agit là, pour résumer, de l’utilisation des moyens démocratiques contre la démocratie, ce qui tend à devenir systématique en Occident. Une autre forme en est la dénégation des votes populaires rejetant les différents traités européens ou pire, les « ajustements » législatifs et constitutionnels des pouvoirs exécutifs afin de se soustraire aux poursuites judiciaires encourues à la suite d’agissements délictueux ou criminels ou, plus récemment, la nomination de banquiers à la tête de responsabilités gouvernementales en dehors de tout processus démocratique.

 

 (4) http://www.oecd-nea.org/law/isnl/10th/isnl-10th-anniversary-f.pdf

 

 (5) Lire le philosophe Günther Anders à ce sujet.

 

 (6) Conventions de Paris (juillet 1960) et Bruxelles (janvier 1963), amendées par les Protocoles de janvier 1964, novembre 1982 et février 2004. Loi d’octobre 1968 modifiée par celle du 16 juin 1990 …

 

(7) Mais c’est une des décisions annoncées lors de sa conférence de presse du 28 juin par l’ASN !

 

(8) Là aussi l’ASN a pris des décisions annoncées le 28 juin 2012 !

 

(9) JL Basdevant, Maitriser le nucléaire. Sortir du nucléaire après Fukushima, Eyrolles, 2012, p162-3.

 

(10) Délibération ASN N° 2011-DL-0021 du 21 mars 2011 sur l’accident de Fukushima et ses suites.

 

(11) Comme le disait un membre de l’ASN dans le monde du 2 avril 2011.

 

(12) Un réseau existe déjà, mais outre qu’il ne dit rien des émissions quotidiennes des centrales, il est incomplet du point de vue des analyses effectuées. Voir les remarques de la CRIIRAD à ce sujet.

 

 

 

 

(mise à jour du 22 juillet 2012)

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 17:18

photo-le-dl-patrick-roux.jpgMardi 10 avril 2012. Encore un incendie dans une centrale nucléaire française. Encore une pompe sur le circuit de refroidissement, mais cette fois-ci sur le circuit secondaire. Les pompes des centrales nucléaires françaises sont-elles vraiment sûres ? Pourquoi brûlent-elles ? Mystère.

 

EDF considère cet évènement comme un « incident mineur », mais en fait, aucune panne dans une centrale nucléaire ne doit être considérée de la sorte. Une centrale nucléaire doit être exemplaire en sécurité. Car un enchaînement d’évènements mineurs peut déclencher une catastrophe.

 

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

 

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire du Tricastin. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Fukushima…

 

tricastin-FUKU.jpg

 

… Avignon, Lyon et Castres seraient des villes contaminées. Selon la direction du vent, il est probable qu’Aix, Marseille et Toulon soient également touchées. En effet, la carte des retombées de Fukushima se limite à la superficie de l’île, mais elles ont été considérables aussi à l’est, côté pacifique.

 

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl…

 

tricastin-tcherno.jpg

 

… une grande partie de la vallée du Rhône devrait être évacuée. Avignon, Lyon, Valence, Saint-Etienne, Chalon-sur-Saône seraient des villes contaminées. Annecy et Chambéry seraient sans doute à évacuer. Mais d’autres pays que la France seraient aussi touchés, en particulier la Suisse : Genève serait à évacuer. La pollution s’étendrait jusqu’à l’Italie et l’Autriche. Paradoxalement, ces trois derniers pays subiraient les effets d’une catastrophe nucléaire alors qu’ils ont décidé de sortir du nucléaire. En effet, la France impose le risque nucléaire à ses propres habitants, mais aussi à l'ensemble des Européens.

 

 

 

----------------------------------

 

En savoir plus sur la centrale du Tricastin

 

Dépêche du Dauphiné sur cet incendie

http://www.ledauphine.com/drome/2012/04/10/degagement-de-fumee-sans-consequences-a-la-centrale-du-tricastin

 

Un autre incendie a déjà eu lieu à la centrale de Tricastin au mois de juillet 2011

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110702.OBS6326/incendie-a-la-centrale-edf-de-tricastin.html

 

Evènement de 2008 au Tricastin

http://groupes.sortirdunucleaire.org/2008-Tricastin-fuite-d-uranium

 

Pourquoi il faut arrêter le Tricastin ?

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/labaleine167.pdf

 

D'autres infos concernant Tricastin et la vallée Rhône-Durance 

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

 

.

.

 

 

 

 

 

------------------------------------

Photo d'entête de Patrick Roux (DL).

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 17:17
Ces deux reportages sont très intéressants à mettre en vis-vis.
 
L’un parle des conditions mises en place dans le « village nucléaire » japonais qui ont permis à la catastrophe de Fukushima de se produire. « Bien que la cause directe de l’accident était le tsunami, de façon plus significative, l’erreur a été les mesures de sécurité requise qui n’ont pas été prises », explique l’ex-premier ministre du Japon, Naoto Kan.
 
« Le mensonge de Fukushima », documentaire de Johannes Hano diffusé sur la chaîne allemande ZDF le 7 mars 2012, sous-titré en français par Kna.
 
 
 
L’autre parle des conditions actuelles du « village nucléaire » français. On y apprend que le ministre actuel de l’économie, François Baroin, fait pression pour « accélérer les efforts de redressement de la rentabilité » de l’électricité nucléaire, ce qui amoindrit mécaniquement la sécurité des centrales, car on oublie le facteur humain : 80 % des travailleurs du nucléaire sont aujourd’hui salariés d’entreprises de sous-traitance, et on ne leur donne plus aujourd’hui les moyens de travailler de manière efficace.
 
« Nucléaire, la bombe humaine », reportage d’Elsa Fayner diffusé sur France 5
le mardi 10 avril 2012 à 20h35
ou visible sur le net à l’adresse suivante jusqu’au 17 avril 2012
bombe-humaine.jpg
 
 
 
 

Partager cet article

Repost0
7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 20:43

vue-de-la-centrale-nucleaire-de-penly-en-seine-maritime-le-Ouf ! On respire, ce n’était qu’un « incident » !

5 avril 2012. Deux départs de feu à la centrale nucléaire de Penly et une fuite d’eau radioactive de 2,3 m3 par heure, classé niveau 1 sur l’échelle INES.  

La panne d’une pompe servant au refroidissement du réacteur : grave ou pas grave ?

« Niveau 1 » signifie « anomalie ». Donc pas grave a priori, selon l’ASN.

La fuite ne peut évidemment pas être considérée comme grave par cet organisme étant donné que des fuites sont déjà tolérées par la même agence de sureté nucléaire (lien). D’autant plus qu’on autorise cette centrale à relâcher 72.000.000.000.000 Bq par an dans la Manche, juste pour le tritium (cf. autorisation pour 2008).

 

FUITE BR 4

 

 

 

 

Une fuite connue en 2010 à la centrale nucléaire de Penly

(Source : Médiapart, 25 juin 2011)

 

 

 

 

Juste une anomalie donc.

Pourtant, si une autre pompe n’avait pas pris le relai, le cœur aurait fondu rapidement.

Comme à Three Mile Island. Comme à Fukushima.

 

On remarque en passant que cet incendie, qui a quand même nécessité l’intervention de 29 personnes, n’a pas eu besoin d’un tremblement de terre ou d’un tsunami pour se produire.

C’est pourquoi il est utile de rappeler ‒ ou d’apprendre ? ‒ à la population ce qui se passerait en cas d’accident majeur : contamination des sols pour des décennies, voire des siècles, et évacuations définitives pour les zones les plus touchées.

 

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

 

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire de Penly. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

 

Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Fukushima…

 

 penlyv2fuku.jpg  

 

… Le Havre, Rouen, seraient des villes contaminées. Les côtes anglaises et la Manche seraient également touchées. La carte des retombées de Fukushima, à cause de l’impossibilité de les relever dans l’océan Pacifique, ne montre pas la pollution à l'est. Selon les vents dominants, il faudrait aussi très probablement évacuer les villes suivantes : Amiens, Lille, Saint-Quentin, Calais, Dunkerque, et la plupart du territoire belge serait contaminé (zone grisée) à cause de la pollution radioactive aérienne qui serait générée par une catastrophe nucléaire à Penly.

 

Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Tchernobyl…

 

penly tcherno

 

… Le Havre, Rouen, Orléans, Calais, Dunkerque seraient des villes contaminées. Mais d’autres pays que la France seraient touchés : l’Angleterre, la Belgique (faudrait-il évacuer Bruges ?), les Pays-Bas et l’Allemagne. Il faudrait aussi sans doute interdire la pêche dans la Manche étant donné que l’essentiel des retombées y seraient localisées.

 

 

 

---------------------------

 

En savoir plus sur l’évènement de Penly

 

 

Analyse de Bruno Chareyron (Criirad)

http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/penly/penly.html

 

Analyse de Bernard Frau

http://leblogpolitiquedebernardfrau.20minutes-blogs.fr/archive/2012/04/06/grave-evenement-a-la-centrale-de-penly.html

 

Article du Monde

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/06/que-s-est-il-passe-a-la-centrale-de-penly_1681749_3244.html

 

Communiqué de l’IRSN

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20120406_incident-penly.aspx

 

Communiqués de l’ASN

http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites

 

 

Partager cet article

Repost0
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:53

independentwho.jpgUn forum scientifique et citoyen sur la radioprotection intitulé « De Tchernobyl à Fukushima » se tiendra les 12 et 13 mai 2012 à Genève. Organisé par IndependentWHO, un mouvement citoyen initié par un collectif d’associations et d’individus, il rassemblera de nombreuses personnalités engagées dans le monde entier : Bélarus, Belgique, Russie, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Suisse.

 

Les vraies conséquences sanitaires de Tchernobyl ont été dissimulées. Et cette dissimulation se répète avec Fukushima. L’Organisation Mondiale de la Santé étant subordonnée depuis 1959 à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont le but est le développement de l’énergie atomique, participe directement à ces dissimulations.

 

Le « label » santé de l’OMS ne pouvant plus être une garantie, il revient à la société civile de se prendre en charge. Aussi IndependentWHO  a pris la décision d’inviter des scientifiques indépendants de tout conflit d’intérêts pour qu’une véritable information soit donnée en matière de radioprotection des populations exposées à des rayonnements ionisants.

 

Ce forum sera aussi un moment de partage d’expériences entre citoyens, vigies d’Independent WHO, élus, journalistes et professionnels de la santé, pour réfléchir à ce que nous pouvons faire ensemble pour que la santé des populations soit prise en compte en cas d’exposition à une pollution radioactive.

 

 

Appel aux dons

 

Le soutien à la réalisation de ce colloque entièrement indépendant est primordial.

 

Si vous souhaitez aider financièrement cette action, cliquez ici :

 

http://independentwho.org/fr/2012/04/01/forum-radioprotection-dons/

 

 

 

LIEUX ET PROGRAMME

 

Samedi 12 Mai : Centre OEcuménique des Églises 150 Route de Ferney 1211 GENEVE 2 Suisse .

Salle de conférences (avec traduction simultanée anglais, français, japonais et russe)

Dimanche 13 Mai : Salle Gandhi, Maison des associations 15 rue des Savoises, Genève.

 

L'entrée est libre dans la limite des places disponibles.

Pour des raisons d'organisation, il est préférable de s'inscrire à l'avance en envoyant un mail à

contact@independentwho.org

 

 

Hébergement

“Voir les possibilités d’hébergement à Genève et dans les environs”

 

 

 

PROGRAMME DU SAMEDI 12 MAI

 

Samedi 12 mai 2012 – de 8h30 à 12h45 -

 

8h30 Accueil

9h00 Présentation du Forum – Modérateur : Marc MOLITOR

Ouverture du Forum par Rémy PAGANI (Suisse) Conseiller

administratif de la Ville de Genève.

Introduction du Forum

Paul ROULLAUD (France) Représentant IndependentWHO

Pourquoi ce forum scientifique et citoyen.

Roland DESBORDES (France) Président de la CRIIRAD

Prise en charge citoyenne de l'information.

Paul LANNOYE (Belgique) Docteur es Sciences, Député

Européen Honoraire : Pourquoi les risques de la radioactivité

ont-ils toujours été sous-estimés ?

9h50 Panorama des contaminations au Japon et des

conséquences sanitaires à Tchernobyl

- Modérateur : André LARIVIÈRE

Alexei YABLOKOV (Russie) Docteur ès Sciences biologiques

Conseiller de l'Académie des Sciences de Russie : Diversité des

conséquences biomédicales de la catastrophe de Tchernobyl.

Dr ShinzoKIMURA (Japon) Enseignant à l' Université de

Hokkaido. Expert en radioprotection.

Étendue des contaminations. Premiers symptômes cliniques

après Fukushima.

Dr EisukeMATSUI (Japon) Spécialiste pathologie respiratoire

Directeur de l'Institut médical de l'environnement de Gifu

Actions de citoyens et de scientifiques japonais concernés par l'exposition

aux faibles doses de rayonnement ionisant interne au Japon.

11h25 La radioprotection contre la contamination interne élevée

- Modérateur : Wladimir TCHERTKOFF

DrGalina BANDAJEVSKAIA (Bélarus) Pédiatre, cardiologue

Etat de santé des enfants du Bélarus après l'accident de

Tchernobyl.

Alexei NESTERENKO(Bélarus) Directeur de l'Institut Belrad

Le concept de radioprotection des habitants au niveau local.

L' ATLAS radio-écologique. L'homme et les rayonnements ionisants

Vladimir BABENKO (Bélarus) Directeur-Adjoint de Belrad

De Tchernobyl à Fukushima... Guide pratique de radioprotection

 

 

Samedi 12 mai 2012 – de 14h00 à 18h00 -

 

14h00 Gestion de la catastrophe par les autorités et ses effets sur la

société. - Modérateur : Eric PEYTREMANN

Dr Sophie FAUCONNIER (France) Médecin, auteure d'études sur

l'impact sanitaire de Tchernobyl en Corse

Impact sanitaire de l'accident de Tchernobyl en Corse : une étude

épidémiologique indépendante enfin mise en place.

Paul JOBIN (France) Sociologue, spécialiste du Japon, chercheur

associé au Centre de recherche sur les enjeux contemporains en santé

Publique (INSERM-EHESS)

Fukushima : Radioprotection ou « radio-gestion » par les autorités ?

Kolin KOBAYASHI (Japon) Journaliste, correspondant 'Days Japan'

Le nucléaire au Japon, de Hiroshima à Fukushima, et le mouvement

antinucléaire.

15h20 La société civile : Après Tchernobyl et Fukushima, des ONG,

citoyens, élus, médecins, scientifiques et journalistes s' activent.

- Modérateur : Marc MOLITOR

Dr Youri BANDAJEVSKY (Bélarus) Anatomopathologiste,

Président du Centre d'Analyse et de Coordination "Ecologie et Santé"

Du syndrome d'incorporation chronique des radionucléides à période

longue (SLIR) à la construction de programmes et politiques de radio -

protection des populations : - un exemple de modèle intégré.

Aya MARUMORI et Wataru IWATA (Japon) du laboratoire

indépendant japonais CRMS : Initiatives et actions indépendantes

après Fukushima.

Michèle RIVASI (France) Députée européenne , cofondatrice de la

CRIIRAD.

Que fait l'Europe en matière de radioprotection ?

Miwa CHIWAKI (Japon) Représentante de l'association des mères

de Fukushima : Notre lutte pour la survie continue.

Chris BUSBY (Royaume-Uni) Chimiste, Physicien, Secrétaire du CERI

Epidémiologie citoyenne du cancer dans les petites localités : quelques

approches.

Dr Michel FERNEX (Suisse) Professeur émérite de la Faculté de

Médecine de Bâle, ex-consultant de l'OMS.

Le temps perdu à Fukushima.

Conclusion de la journée

   

 

 

PROGRAMME DU DIMANCHE 13 MAI

 

de 8h30 à 15h :

 

RENCONTRE-DÉBAT entre scientifiques, élus, professionnels de la santé, vigies, journalistes, citoyens :

QUE POUVONS-NOUS FAIRE ENSEMBLE ?

Salle Gandhi, Maison des Associations, 15 rue des Savoises, Genève.

 

 

---------------------------------------

 

En savoir plus sur l’évènement

 

Présentation du forum

Document à télécharger (16 Ko)

 

Communiqué de presse

Document à télécharger (41 Ko)

 

Programme et présentation en format PDF

Document à télécharger (163 Ko) VERSION FRANCAISE

Document à télécharger (210 Ko) ENGLISH VERSION

 

Site du Collectif Independent WHO

http://www.independentwho.org/

 

 

 

Partager cet article

Repost0

  • : Fukushima 福島第一
  • Fukushima 福島第一
  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
  • Contact

Mentions légales

Directeur de la publication :

Pierre Fetet

Lien vers les mentions légales du blog de Fukushima

Soutien au blog de Fukushima

C'est ici !

 

 Chaîne vidéo du blog de Fukushima

 

BD : Fukushima-Chronique d'un accident sans fin (Bertrand Galic, Roger Vidal)

 

Présentation de la BD par l'éditeur

Dossier documentaire 10 pages sur Fukushima (Pierre Fetet)

 

Dossier sur le rejet des eaux contaminées dans le Pacifique

« Fukushima - Rejets dans le Pacifique : clarification et mise en perspective »

Une analyse critique des données concernant les rejets des eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi initiés en août 2023, dossier réalisé par la CRIIRAD qui tente de répondre à ces questions : Quels sont les principaux défis auquel est confronté l’exploitant de la centrale ? Quels sont les éléments radioactifs rejetés dans le Pacifique ? Les produits issus de la pêche sont-ils contaminés ? Est-il légitime de banaliser le rejet d’éléments radioactifs, notamment du tritium, dans le milieu aquatique ? Qu’en est-t-il en France ?

Consulter le dossier

 

 

Spectacle

Le spectacle d'Audrey Vernon "Fukushima, work in progress" est disponible en ligne à cette adresse :

https://www.imagotv.fr/spectacles/fukushima_work_in_progress

 

 


 

Outil de traduction gratuite de site Internet

Archives De Ce Blog

Actualités sur Fukushima

L'ACROnique de Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

Nos voisins lointains

The Watchers of Fukushima

Projet Mieruka Fukushima

.

« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

Infos en direct

webcam tepco 

 Webcam

 TEPCO

.

webcam tepco 1 

 Webcam

 TEPCO 1

.

reacteur2aout2011webcamTBS Webcam

 TBS/JNN

 

radioactivité Tokyo Radioactivité

 à Tsukuba

 en continu

 

 

Éditions de Fukushima

Publications

Le dernier livre de Jean-Marc Royer

 

 

Le dernier numéro d'Atomes crochus

 

 

Frankushima : un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France. Site dédié : frankushima.com

 

Un livre essentiel sur les conséquences de Tchernobyl

Télécharger la version française ici.

 

Un livret pour tout apprendre sur le nucléaire !

A télécharger ici

 

 

 

 

sitesanspub

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -