Ces travaux sont réalisés pour alléger le bâtiment de l’unité 4 et déblayer les décombres.
Une
pelleteuse en action là où avait été repéré l’« évènement » lumineux du 1erdécembre.
Un engin de démolition en action sur le mur ouest de l’unité 4.
Type d’engin de démolition utilisé : pince à béton au bout d’un bras
articulé
La démolition de certaines parties du bâtiment n°4 se fait par « grignotage ». Cette technique consiste à démolir la structure à l’aide d’une pelleteuse
équipée d’outils spécifiques. Les plus hautes pelles du monde peuvent avoir 65 mètres de bras de démolition. En octobre, la sociétéHusqvarna avait annoncé que deux de ses robots de démolition contrôlé à distance allaient aider les massives opération de nettoyage sur le
site du réacteur n°4 (lien).
Il était temps de s’occuper de l’unité 4 car le niveau de l’eau avait dangereusement baissé ces derniers temps, comme le rapporte l’ACRO : « Jeudi 1er décembre, selon un rapport
intérimaire de TEPCo, le niveau d'eau dans la piscine du réacteur n°4 a atteint un niveau dangereux et les combustibles usés étaient proches d'être dénoyés. Il n'y avait plus qu' 1,5 m d'eau au
dessus des combustibles alors qu'il y en a 7 m habituellement. » D'où l'utilisation du Putzmeister, ce grand bras articulé qui permet d'ajouter de l'eau dans la piscine.
Nouvel état du
bâtiment réacteur n°4.
Photo mystère
On ne sait toujours pas ce qui a traversé la couverture du bâtiment turbine de l’unité 3, suite à l’explosion du bâtiment réacteur. Un objet toutefois assez énorme
vu les dimensions du trou qui a une longueur d’au moins 14 mètres !
Nouvelle fuite d’eau contaminée se déversant dans l’océan.
Dans ces documents de Tepco, remarquez comment Tepco arrête une fuite d’eau : avec des sacs de sable ! De toute manière, siles
égouts se déversent dans la mer, à quoi bon parler de fuite ?
Sans rire, Tepco se fiche bien des fuites, ils avaient décidé de rejeter à nouveau de l'eau contaminée dans la mer. Mais les pêcheurs apparemment pour l'instant ont
réussi à bloquer cette nouvelle pollution programmée. Pour combien de temps ?
Aujourd’hui, il a comparé la carte gouvernementale avec celle publiée par des chercheurs japonais dans un article de la revue scientifique“Kagaku”, dévoilant ainsi des différences notables.
Voici son commentaire :
« Voici la copie de la carte de “simulation des dépôts de césium” (à droite). A gauche, en regard, je joins la carte du Ministère (11 nov).
Attention ! L'échelle des couleurs est différente.
Sur la carte de droite, c'est une gradation qui donne a peu près :
Bleu : environ 10 000 Bq/m2 en césium
Bleu ciel: 20 000
Vert : 30 000
Jaune : 40 000
Rouge : environ 50 000 et plus
Quand on compare les cartes, cela donne :
Marron fonce devient bleu et bleu ciel
Bleu-vert devient vert
Bleu devient jaune ou rouge.
Conclusion : 1. Selon toute vraisemblance, la zone marron foncé (plus de 10 000 Bq/m2) de la carte du Ministère devrait couvrir environ trois fois plus de territoire (dont Niigata et tout Tokyo –
pratiquement tout le bleu de la carte de droite). 2. Les zones de Ibaraki nord, Gunma ouest et Nagano est (Karuizawa, Saku) ne sont certainement pas dans la tranche des 10 000 a 30 000 bq/m2 (comme l'indique la carte du Ministère presque
partout), mais elles sont bien a 50 000 bq/m2 pour la majorité de ce territoire. »
Pour comparer encore, j'ajoute cette carte du professeur Yukio Hayakawa de l’université de Gunma, spécialiste des cendres volcaniques. Pour avoir diffusé cette
carte, cet homme a reçu un avertissement du président de son université avec menaces
disciplinaires.
Où l’on voit un robot nettoyer une sorte de rail du premier niveau du bâtiment de l’unité 3. La radioactivité, très forte à cet endroit, est visible sur le film qui
présente de nombreux points blancs.
Des centaines de milliers de boîtes de lait en poudre pour bébés (Meiji) sont actuellement rappelés au Japon après que des traces de césium radioactif de la centrale
nucléaire de Fukushima aient été détectées. La société, qui rappelle 400 000 boîtes au total, a publié les numéros de lots en ligne afin que les gens puissent vérifier par eux-mêmes : les
lots contaminés peuvent être reconnus par leur date de péremption comme indiqué ci-après :
6/10/2012: 3, 4, 5
24/10/2012: 21, 22, 23
La société Meiji, une des grandes sociétés japonaises de produits laitiers, précise que la quantité de césium dans la poudre de lait est bien en dessous des limites
de sécurité (norme : 200 Bq/kg) et que le produit est retiré à titre de précaution.
C’est grâce à un journaliste deKyodo newsque l’information a été diffusée, obligeant la firme à réagir. Un laboratoire indépendant avait découvert
la contamination du lait par le césium : 30,8 Bq/kg. Selon Meiji, les tests effectués les 3 et 4 décembre ont révélé un taux de césium-134 à 15,2 becquerels par kilogramme et de césium-137 à
16,5 Bq/kg,
Le césium 137 est particulièrement toxique. Il affecte a priori tous les êtres vivants et d'autant plus s'ils sont jeunes. Sa toxicité est
chimique, mais elle résulte surtout et probablement presque essentiellement de ses propriétés radiologiques. Sur le long terme, la contamination se fait surtout par ingestion. Le césium est
ensuite transporté par le sang et tend à se fixer à la place de son analogue chimique, le potassium, principalement dans le squelette. À faibles doses, et à long terme, on lui reconnait les
impacts suivants :
- perturbations du cycle veille-sommeil, sans troubles comportementaux importants
- atteinte du système cardiovasculaire
- troubles du métabolisme de la vitamine D, du cholestérol et des hormones stéroïdiennes,
- malformations congénitales et fœtales,
- risque accru de cancers de la thyroïde
D'autres effets, à plus long terme sont suspectés pour le cœur et la paroi de l'estomac.
Beaucoup de Japonais ont été surpris par cette information, car ils n’ont pas encore réalisé que la contamination de la chaîne alimentaire est générale.
Aujourd’hui, on a du mal à imaginer comment elle ne pourrait pas se poursuivre.
Il faut noter que c’est grâce à un
laboratoire indépendantque l’information a pu arriver jusqu’au consommateur. Au Japon, de plus en plus de citoyens se prennent en main pour
surveiller la radioactivité de leur environnement et de leur alimentation.
Par exemple, voici l’appel lancé
par Laurent Mabesoone qui réside au Japon :
« Parents du Japon, je vous dirais : faites comme nous, rassemblez de toute urgence 10 000 euros pour passer commande d'un doseur LB200 (ou mieux :
A1320A), organisez des séances de mesures citoyennes gratuites pour tous les parents qui le souhaitent, et cessez de compter sur le gouvernement ! »
Je relaie aujourd’hui cette intéressante réflexion d’Alain Giaccone, co-fondateur de Planète Verte, qui a remarqué une publicité et un partenariat entre
le journal Le Monde et Areva et qui s’interroge sur la manière dont les Français sont informés :
« Depuis la catastrophe de Fukushima le débat sur l'énergie nucléaire est désormais porté sur la place publique. Nous sommes toutes et
tous en droit de réfléchir et nous poser des questions sur la manière dont nous sommes informés sur le sujet, par les médias en général, par la presse en particulier. La question en titre,
dérangeante certes, implique une réflexion collective. L'article suivant, rédigé au lendemain d'évènements importants au Japon comme en France, peut apporter quelques éléments à cette
réflexion.
Nouvelle fuite d'eau radioactive à la centrale de Fukushima
TOKYO — Une nouvelle fuite de liquide radioactif se déversant en partie dans l'océan Pacifique a été détectée à la centrale accidentée
de Fukushima, a annoncé lundi l'opérateur du site Tokyo Electric Power (Tepco).
Des techniciens ont été dépêchés sur les lieux pour trouver la cause de cet écoulement qui s'est produit à proximité d'un système de
décontamination des eaux usées, a précisé Tepco.
Une nappe de 45 tonnes d'eau polluée a été découverte autour d'un condensateur, et une barrière de sacs de sable a été dressée à la
hâte pour empêcher l'eau de s'échapper.
Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant: Highly Radioactive Water Leaks From Crippled Japanese
Facility
TOKYO -- Japan's crippled nuclear power plant leaked about 45 tons of highly radioactive water from a purification device over the
weekend, its operator said, and some may have drained into the ocean.
A pool of radioactive water was discovered midday Sunday around a decontamination device (decontamination device = système de
décontamination)
, TEPCO said in a statement on its website. After the equipment was turned off, the leak appeared to stop. Later, workers found a
crack in a concrete barrier leaking the contaminated water into a gutter that leads to the ocean.
TEPCO is using the purification devices to decontaminate water that has been cooling the reactors.
Un rapport de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, indique qu’une partie du béton de l’enceinte de confinement des
réacteurs 1, 2 et 3 a été rongée, sans toutefois traverser la coque en acier.
…/… Décontamination de l’eau : Le reste des opérations semble se poursuivre normalement. L’installation du système de décontamination
de l’eau radioactive par Areva-Veolia, Kurion et Mitsubishi a permis d’extraire des bâtiments environ 150 000 m3 d’eau.
Fukushima : le système AREVA/Veolia contribue avec succès au traitement des eaux
contaminées
Le système de décontamination co-développé par AREVA et Veolia Eau* pour la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi vient de franchir
le cap des 18 000 tonnes d’eaux hautement radioactives traitées à ce jour, soit 15 % du volume accumulé.
Installé sur le site de Fukushima, gravement endommagé à la suite du séisme et du tsunami qui ont frappé le nord-est du Japon au mois
de mars, le système a été conçu, construit et lancé en un temps record (2 mois). Il constitue un élément essentiel pour stabiliser la situation des centrales nucléaires. Il améliorera l’accès des
travailleurs aux parties stratégiques du site et permettra à TEPCO (Tokyo Electric Power Company) de réutiliser les eaux traitées pour refroidir les réacteurs.
Fukushima: le béton de l'enceinte de trois réacteurs sans doute entamé
TOKYO - Le combustible nucléaire qui se trouvait dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale accidentée de Fukushima a rongé une
partie du béton de l'enceinte de confinement, sans toutefois traverser la coque en acier, selon des hypothèses de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco).
Dans un rapport d'analyses rendu public mercredi soir, Tepco explique que ses nouveaux calculs laissent supposer que le combustible du
réacteur 1 a entièrement fondu, percé la cuve sous pression et est tombé sur le plancher en béton de l'enceinte de confinement, le traversant sur une profondeur qui pourrait atteindre 65
centimètres.
Le combustible fondu se trouverait ainsi par endroits à 37 centimètres de la coque en acier, elle-même entourée d'un bâtiment de béton
reposant sur une dalle de 7,6 mètres d'épaisseur.
Une partie du combustible des deux autres réacteurs -- les réacteurs 2 et 3 -- a également fondu en partie, percé la cuve sous
pression et commencé de tomber sur le béton, le rongeant sur quelques centimètres.
Une lecture attentive de ces informations permet de résumer la situation de la manière suivante :
- Une fuite importante d’eau radioactive (45 tonnes d’eau hautement radioactive) a étéconstatée et communiquée par Tepcole
5/12 dans le système de décontamination. Une partie de ces eaux radioactives a été déversée dans la mer.
- Quelques jours avant, Tepco reconnaissait, dans des hypothèses reconnues comme globalement optimistes (lire Hioaki Koidi, professeur de physique à
l'université de Kyoto, interrogé par le New York Times), que le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima a rongé une
partie du béton de l'enceinte de confinement, rendantla situation plus grave qu’on ne le pensait.
Simultanément une action spectaculaire de Greenpeace le 5/12 montre à quel point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux
intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire !
Entre-t-on dans les centrales nucléaires françaises comme dans un moulin ?
Des militants de Greenpeace ont facilement pénétré dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine et auraient filmé la scène. Le
gouvernement évoque la possibilité de "dysfonctionnements" sur la sécurité.
« Il est clair que cela révèle des défaillances dans notre dispositif, reconnaît Claude Guéant en milieu d'après-midi en marge d'un
déplacement à Paris. Il n'est pas normal que des personnes puissent entrer sur un site hautement sécurisé comme l'est une centrale nucléaire...»
Greenpeace : la partie de cache-cache avec EDF prend fin à Cruas
Deux militants de l’organisation écologiste ont finalement été remis aux autorités lundi 5 décembre, aux alentours de 20h30. "Il a
fallu 14h à EDF pour les trouver", explique l’organisation dans un communiqué. …/…
Aussitôt les individus remis aux autorités, le groupe électricien a fait part de son incompréhension. Dans un communiqué, le
groupe affirme qu'il "diligente une enquête interne spécifique au site de Cruas pour comprendre les circonstances qui ont permis à deux militants de Greenpeace de se dissimuler durant plusieurs
heures dans la zone non protégée de l'installation".
France admits lapses after breach of nuke reactor security
Greenpeace: Action shows vulnerability of French nuclear security
France's interior minister admitted Monday that lapses in security made it possible for Greenpeace activists to gain entry to a
nuclear power plant southeast of Paris.
Interior Minister M. Claude Gueant said there have been lapses in the nuclear plant's security system and has ordered a search of all
nuclear plants, a spokesman for the ministry told CNN.
Instantané de la webcam TBS vers 21h00 : lumière jaune-orangée
Instantané de la webcam TBS vers 21h00 : lumière verte
L’image est redevenue nette à 21h50. A l’emplacement de la lumière, on voit encore une lueur
rouge à 22h10 :
SelonSimply Info, l’hypothèse la plus vraisemblable serait celle d’un feu d’hydrogène contrôlé, pour éviter une
explosion. En effet, cela fait plusieurs semaines que Tepco combat la présence d’hydrogène en injectant de l’azote. Peut-être ont-ils trouvé une solution pour se débarrasser de ce gaz
explosif.
Autre hypothèse rencontrée dans les commentairesd’Enenews : des feux de véhicule d’urgence.
Caractéristiques des
lueurs :
- couleurs : jaune, orange et vert
Informations sur les couleurs des flammes : si les gaz incandescents sont riches en
particules carbonées, la couleur d’une flamme est jaune et brillante, comme celle d’une bougie. La couleur peut être aussi une indication de l’intensité énergétique des réactions
physicochimiques, donc de la température des flammes. Plus la température est élevée, plus la couleur de la flamme est froide. La chaleur peut aussi exciter les électrons des composés
métalliques présents dans les flammes. Ils restituent alors l’énergie sous forme d’émission lumineuse spécifique. La présence de chlorure de sodium donne une couleur jaune aux flammes, le
chlorure de calcium produit de l’orange, le sulfate de cuivre, l’acide borique, le nitrate de baryum produisent du vert, le cuivre, le zinc et l’acétate de potassium produisent du bleu. Mais
ces indications sont insuffisantes pour déterminer ce qui brûlait.
Exemple d’une flamme d’hydrogène-oxygène : elle n’est visible que quand elle est exposée
à l’air.
Si l’on se réfère aux dimensions des bâtiments, la flamme supposée avait une taille d’une
dizaine de mètres. Elle semblait former une boule par moment, mais c’est sans doute une déformation de l’image due à son floutage.
- emplacement :
Le phénomène lumineux observé semble se situer à proximité du bâtiment réacteur n°3, sur son
côté sud. Mais en réalité, la caméra est tellement éloignée qu’il est possible que ce que nous voyons soit situé sur un autre plan que celui des réacteurs. En effet, l’évènement a pu se
produire sur une infinité de points situés sur une ligne partant de l’espace #3-#4 et la colline du premier plan. Sur cet axe se trouve un autre bâtiment très important : la piscine
commune de combustible usé (en savoir plus sur cette piscine).
- durée :
L’évènement a été signalé le 1erdécembre 2011 à partir de 16h (ou 10h ET) et a duré environ 6 heures.
- trafic dans les webcams :
Durant cet évènement, lawebcam Tepcoa été débranchée un moment. Par
ailleurs, lawebcam TBS/JNNest restée floue. Quand la lumière s’est estompée, la netteté est revenue.
Tepco maîtrise donc toujours la communication, à sa manière.
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2 décembre 2011 - Mise à jour -
9h30 : Le point incriminé est toujours lumineux.
Une couleur verte constante, comme les jours précédents.
En revanche, autre élément lumineux ce matin en plus : une lumière rouge clignotante
sur une grue près du réacteur n°1. Alerte en cours ?
(Remarque : la lumière de la grue est rouge sur la webcam Tepco et jaune sur celle de
TBS.)
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2 décembre 2011 - Mise à jour -
12h00
Depuis 10h40, la caméra TBS n’offre plus qu’une image noire hyper pixellisée.
Hier, ils avaient flouté l’image, aujourd’hui on ne voit plus rien. Il est évident que
quelque chose veut être caché. Est-ce en rapport avec la lumière clignotante rouge près du réacteur n°1, toujours en marche ?
Le phénomène lumineux d’hier a été enregistré par ichicax4. Si vous n’avez pas pu le voir en direct, le voici en
différé :
A mon sens, la vidéo montre clairement quelque chose en train de brûler.(mise à jour du 4 décembre)
L'agrandissement permet même de "voir" de la fumée qui semble se diriger vers le nord-ouest.
ichicax4nous montre aussi les flashs qui ont précédé l’évènement et expose son interprétation (commentaires en anglais, sous-titrés en
français, merci Kna !). On y apprend entre autres que les gaines que l’on dit de zirconium qui entourent le combustible uranium, sont en fait constituées de zircaloy qui est un alliage de zirconium (95%), d'étain (2%), de niobium, de fer, de chrome, de nickel et
quelques autres métaux, qui lui sont ajoutés pour améliorer ses propriétés mécaniques et de résistance à la corrosion. Très sensible à l’hydrogène, celui-ci le fragilise.
Très difficile d’interpréter ces informations pour l’heure…
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20h00
La webcam Tepco a été coupée vers 19h00. Nous n'avons plus d'image en direct de la
centrale
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3 décembre 2011 - Mise à jour
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11h00
Les images des webcams sont revenues ce matin.
L’image Tepco montre toujours une lumière rouge clignotante sur une grue près du
n°1.
L’image TBS/JNN montre toujours une lumière blanche au centre et verte en bordure, au
même endroit que les jours précédents.
Toutefois, le plan de la webcam TBS/JNN a été recadré et ne montre plus la lumière rouge
de la grue. La raison pourrait être que cette image révélait une différence très nette de couleurs entre les deux caméras. La lumière de la grue apparaissait comme jaune-orange sur la
webcam TBS/JNN, donc saturée en jaune. Dans ce cas, la couleur verte du point « chaud » devrait peut-être être corrigée en bleu. La couleur bleue, dans le cadre d’une piscine de
combustible, serait tout à fait normale. Ce qui est anormal est que l’on voie cette couleur très vive à l’extérieur, et que personne n'en donne d'explication !
Très bon cliché de Duke Thehazard
image TBS/JNN de ce matin
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4 décembre 2011 - Mise à jour
-
15h00
Etant donné que l’on ne constate pas de fumée visible durant la journée et que la
radioactivité ambiante n’augmente pas, il est probable que l’évènement lumineux du 1erdécembre ne
soit ni un incendie, ni un feu volontaire.
Alors comment expliquer ce phénomène ? Selon laTribune de Genève, qui s’appuie sur « certaines sources japonaises », ces lumières seraient dues à l’installation d’un nouvel éclairage.
D’après Etienne Servant (Fukushima
informations), la partie du spectre visible latéralement sur un projecteur haute luminosité peut osciller entre l'orangé et le vert, ce qui
pourrait expliquer le phénomène observé ces derniers temps avec le téléobjectif 500 mm de TBS /JNN : le mouvement du projecteur et de la caméra simultané pourrait produire l'effet
visible. Compte tenu de la distance, de la brume, du mouvement simultané de la caméra et du projecteur, ces éclats lumineux peuvent accentuer le phénomène.
En effet, la caméra TBS/JNN est située à environ 2,5 km de la centrale, et l’image que
l’on perçoit est forcément déformée par les mouvements de l’air et les mouvements de l’objectif dus au vent. L’absence d’image de cette webcam peut aussi s’expliquer par le passage de
brumes qui opacifient l’atmosphère.
Si cette hypothèse n’est pas démentie, cet « évènement » démontre la capacité
des hommes à imaginer ce qu’ils craignent. Les lacunes courantes des informations fournies par Tepco font que la surveillance extérieure de la centrale nucléaire la plus dangereuse au monde
demande toujours un effort d’interprétation. Les effets lumineux perçus sur les webcams depuis le 11 mars ont d’ailleurs souvent conduit à des interprétations erronées.
Pour l’instant, la mise en place de nouveaux projecteurs dans la centrale paraît être une
bonne hypothèse, car les nuits sont plus longues en hiver et les tâches de nettoyage et de déblaiement restent énormes, ce qui nécessite certainement de travailler avec des éclairages
puissants.
Lumière rouge-orangée remarquée par Robert au sud-est de l'unité 4.
Des photos du corium ? Ce n’est pas pour demain ! En revanche, de l’imagination, il en faut pour réaliser ces dessins et animations de ce qui se trouve à
l’intérieur du réacteur n°1 de Fukushima Daiichi. Les chaines de télévision rivalisent de propositions pour nous expliquer ce que personne ne peut savoir.
1) Image du « combustible fondu » (on n’ose toujours pas parler decorium) selon la NHK et les données récentes de Tepco :
D’après Tepco, les 69 tonnes de combustible seraient donc restées dans l’enceinte de confinement, ne rongeant le béton que sur une profondeur de 65 cm. Dans cette
configuration, le corium ne serait pas sorti de l’enceinte de confinement. Reste à expliquer pourquoi le 31 mars, la nappe phréatique à 15 m sous le réacteur était gravement polluée par de
l’iode-131.
2) Ecorché du réacteur et animations par TF1 (juin) : le comble de la désinformation. On nous montre qu’un hélicoptère peut larguer de l’eau à l’intérieur même
du réacteur et qu’une fois le combustible refroidi, l’eau de refroidissement s’écoule par le bas comme si l’enceinte de confinement avait une vidange… du grand n’importe quoi ! (merci à
Uncas pour cette trouvaille !)
Vidéo
Une vidéo remarquable pour voir l’intérieur du bâtiment réacteur n°4 : c’est la première fois que nous disposons d’images aussi rapprochées de l’intérieur de
l’unité 4. Combien ont été payés ces hommes pour aller dans cet endroit hautement radioactif ? On voit très précisément le couvercle jaune de l’enceinte de confinement, posé sur le côté
ouest du niveau technique car le réacteur n°4 était à l’arrêt lors de la catastrophe.
Voici quelques instantanés extraits de cette vidéo exceptionnelle mise en ligne par aristoman007
Le couvercle de l’enceinte de confinement
Enceinte de confinement inondée
Ouvriers travaillant au niveau du canal entre l’enceinte de confinement (DW) et la piscine (SFP)
Toiture et murs éventrés par l’explosion du 15 mars 2011
Photos
Le National Geographic propose quelques séries de photos sur Fukushima, dont celle-ci sur le thème du « nettoyage nucléaire » avec son
indissociable corollaire : les déchets !
La terre continue de trembler à Fukushima, comme on peut le constater sur cet enregistrement vidéo de la webcam Tepco de la centrale du 30 novembre 2011.
Tremblement bien visible dans la séquence de 11h à 12h : plusieurs petites secousses à 11h08, 11h10 , 11h17 avec un homme en blanc effectuant un demi-tour sur
la passerelle pendant le séisme à 11h17. Les heures indiquées sont celles en haut à droite de l'écran. (source Etienne Servant,Fukushima informations)
Le directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, vient d’être hospitalisé. La nature de sa maladie n’a
pas été précisée. Il a été présent sans relâche sur le site depuis le début de la catastrophe. Au-delà de son appartenance au système Tepco qui a permis ce désastre, on peut saluer le courage et
la ténacité de cet homme qui a fait acte de résistance en décidant d’injecter de l’eau de mer pour refroidir les réacteurs le 12 mars sans l’aval de sa hiérarchie. L’avenir nous dira s’il a eu
raison ou pas.
Une série de photos publiées par le Mainichi Daily News montrant ces paysages abandonnés et les gens qui vivent près d'eux, tout en soulignant la menace de
rayonnement qui continue de hanter le Japon (cliquer sur l'image pour accéder aux photos).
Le Financial Times examine les catastrophe nucléaire de Fukushima 8 mois après la fuite radioactive causée par la catastrophe nucléaire au Japon. Des
villages ont été évacués et les terrasses de riz seront bientôt inutilisables car les effets des radiations à long terme continuent à faire des ravages sur l'environnement proche de la centrale
nucléaire de Fukushima. FT visite le village près de Fukushima pour entendre les opinions locaux sur les efforts de décontamination du gouvernement.
Vidéo en Anglais dont la bande son peut être sous-titrée en visionnant sur youtube, et ensuite avec le bouton (cc) traduite dans la langue de son choix.
Avec la
catastrophe de Fukushima en toile de fond, les promoteurs du nucléaire se font de plus en plus entendre pour défendre leur industrie menacée. Le 25 novembre 2011, avant de se rendre à la centrale
nucléaire du Tricastin, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration lors de la visite de l’usine Isover à Orange. Après avoir fait un discours en faveur de la poursuite du nucléaire, il s’est
entretenu avec un ouvrier de l’usine. Le micro de Philippe Leduc et Anne-Laure Danier enregistrait ce dialogue et le journal de 13 heures de France-Inter l’a rapporté.
Transcription du dialogue entre Nicolas Sarkozy et un ouvrier de l’usine Isover à Orange diffusé sur France-Inter le 25 novembre 2011 :
[sujet sur le déplacement de Nicolas Sarkozy à la centrale nucléaire du Tricastin : 10:50 à 12:25 ; transcription de 11:42 à 12:14]
L’ouvrier : Est-ce que vous pensez réellement que l’on paie l’électricité nucléaire à son prix
réel ?
Nicolas Sarkozy : Non
L’ouvrier : Le coût du démantèlement n’est pas vraiment pris en compte dans les
choses.
Nicolas Sarkozy : C’est vrai, bien sûr, ça coûte de l’argent le nucléaire. Fermer le nucléaire
c’est une catastrophe. Une catastrophe.
L’ouvrier : Il faudra quand même penser à ce que les fonds pour le démantèlement soient pris en
compte. C’est pas…
Nicolas Sarkozy : Mais, mais si on les démantèle, 24, …
L’ouvrier : Bien sûr
Nicolas Sarkozy : …avant de commencer, c’est une folie.
L’ouvrier : Les plans, les plans qui sont prévus par d’autres partis politiques ne sont pas sur 10
ans comme vous pensez, c’est pas demain on ferme tout ! C’est quelque chose qui se prévoit à quelques décennies.
Nicolas Sarkozy reconnaît donc clairement que le prix de l’électricité nucléaire est sous-évalué, à cause de la prise en compte partielle du coût du
démantèlement.
Or, obligé par la loi de provisionner dans ses comptes des sommes destinées au démantèlement futur de ses centrales, EDF a attribué 2 milliards d'euros aux
chantiers des 9 anciens réacteurs en cours de déconstruction (voir carte ci-dessous). Si l’on se réfère aurapport de la Cour des comptesde 2005, la seule centrale de Brennilis sera démantelée pour la modique somme de 482 millions d’euros. On voit donc bien qu’EDF ne provisionne pas assez : 2 milliards
d’euros seront juste suffisants pour 4 réacteurs, et non pour 9.
Et que dire de la réserve de 9 milliards pour le parc actuel de 58 réacteurs… qui ne pourrait servir que pour 18 d’entre eux ? Il reste encore à trouver au
moins 20 milliards d’euros.
Nicolas Sarkozy ne ment pas, « ça coûte de l’argent le nucléaire » ! En revanche il ne dit pas qui va payer. C’est pourtant simple, ce sont les
contribuables par leurs impôts et les consommateurs par leurs factures qui vont payer, donc les Français dans leur globalité.
Les mères de Fukushima avaient
alerté le mondedès le mois de juin : les enfants avaient des saignements de nez, des diarrhées, de la toux, des thyroïdes
enflées, etc. Elles n’ont eu cesse d’informer et d’agir pour que tous les enfants soient évacués de la région de Fukushima. Encore dernièrement, elles se sont mobiliséesà Tokyopour sensibiliser la population, mais en vain pour l’instant. Pourtant, l’actualité semble leur donner raison. Un grand nombre d’informations convergentes indiquent
que, suite à la catastrophe nucléaire, l’état général de la santé des Japonais vivant dans une vaste région correspondant au moins à8% du Japonest en train de se dégrader.
Tweet d'un habitant d'Ibaraki : "Je travaille dans un hôpital d'Ibaraki. Il y a eu des patients avec des saignements de nez perpétuels en avril. Il y en a eu
sans raison avec de la diarrhée et de la fièvre en juillet. Maintenant même les membres du personnel de l'hôpital souffrent de diarrhée sans raison...Ça commence à craindre." Tweet d'un habitant
de Fukushima : "Mon ami vit à Iwakashi. Il vient finalement de commencer à avoir de l'hématurie (sang dans les urines, NdT). Mes petits enfants ont des saignements de nez. Ils ne peuvent
évacuer parce qu'ils n'ont pas assez d'argent." (source)
Même si ces tweets n’ont aucune valeur statistique, ils se rencontrent de plus en plus souvent et sont à mettre en relation avec l’augmentation de certaines
pathologies, visible surces graphiques mis
en ligne par le gouvernement japonais : conjonctivites, pneumonies, et diverses autres maladies sont en nette augmentation en 2011.
Pneumonies
Conjonctivites
Maladies "Hand-foot-mouth"
On avait déjà remarqué chez les enfants de Fukushima que leur thyroïde avait été affectée.Un groupe de chercheurs, sous la
direction du Professeur Satoshi Tashiro de l'Université de Hiroshima, avait contrôlé la glande thyroïde de 1149 enfants de la préfecture juste après l'accident, en mars, de la centrale
nucléaire.De l'iode 131 avait été détectéchez environ la moitié des enfants. Les enfants, que l’on a affublés de dosimètres,
semblent ainsi être devenusdes sujets de recherche ! Chez les jeunes évacués, on avait aussi remarqué desdysfonctionnements de la glande thyroïde. Plus au sud, dans la préfecture de Gunma, 80% des patients atteints de
problèmes thyroïdiensvoient aujourd’hui leur état s’aggraver. Devant l'inquiétude et la pression des parents, une étude à grande
échelle sur les problèmes de thyroïde a commencé le 10 octobre : 360 000 enfants de la région de Fukushima seront suivis de manière régulière tout au long de leur vie.
D’autres anomalies ont été remarquées pour ces enfants vivant en zone contaminée comme laperte de
poids, le ralentissement oul’arrêt de la croissanceet même desattaques cardiaques, ce qui peut être mis en lien avec la grandetoxicité du césium-137. L’ACRO, laboratoire français, a aussi fait des mises en garde à plusieurs reprises, à partir d’analyses effectuées sur l’urine des enfants de Fukushima :100% des prélèvements révèlent la présence des
césiums radioactifs. Ainsi, plus de 4 mois après les rejets massifs de radioactivité dans l’environnement, ils étaient toujours contaminés alors que
leurs parents font des efforts pour limiter cette contamination interne. Il est fort probable que cela soit dû à la nourriture.
Et pourtant, cette nourriture contaminée, on la vante et on en fait la promotion pour ne pas laisser tomber la région de Fukushima et son économie agricole. Mais…
un présentateur vedette de la télévision japonaise, Norikazu Otsuka, qui mangeait des produits irradiés devant les caméras « pour montrer leur innocuité », a dernièrement été diagnostiqué par son
médecin comme ayant contracté une leucémie aiguë.
Un autre promoteur et consommateur des légumes de Fukushima, l’empereur du Japon lui-même,vient également
d’être hospitalisé, ainsi que deux autres membres de sa famille. Akihito souffre d’une pneumonie, la princesse Aiko a contracté une Mycoplasma
pneumoniae, et la princesse Masako serait victime de fièvre et de toux : ils ont tous les trois des symptômes communs. Or la pneumonie, nous l’avons vu, est une maladie qui
augmente fortement au Japon cette année ; Takeo Nishioka, Président de la Chambre des conseillers de la Diète du Japon est d'ailleursdécédé d’une
pneumoniele 5 novembre 2011 à l’âge de 75 ans. Même si les cas de l’empereur et de sa famille n’auront pas forcément la même issue, on peut s’interroger
sur ces cas à répétition. En avril, on tentait d’expliquerl’augmentation des cas de pneumoniesdans la région de Tohoku par l’ingestion d’eau de mer : au moins 11
personnes étaient mortes de la pneumonie et environ 150 avaient été hospitalisés dans la préfecture de Miyagi, le nombre de patients étant de cinq à six fois plus élevé que d’habitude. Mais
aujourd’hui, comment expliquer cette augmentation ?Comme pour Tchernobyl, il est probable que les radionucléides, en contamination interne, provoquent ces maladies
respiratoires.
Le problème, ce sont ces idiots qui se bousculent à la télévision pour faire croire aux gens que la situation n’est pas grave. Ainsi, d’après plusieurs
scientifiques médiatisés,le plutonium ne serait pas si dangereux. La radioprotection pour tous n’est pas un concept avancé au Japon. Et la
population, quand elle ne s’organise pas de manière autonome, en fait les frais. Une télévision alternative, OurPlanet-TV, informe de manière indépendante en diffusant des émissions sur le sujet
même de la santé. Par exemple, en juillet dernier, l’émission ContAct a invité Mika Noro, présidente de l'association " Le pont pour Tchernobyl ", qui a partagé son expérience : s’étant
rendue au Bélarus en 1993 (pays le plus touché par les retombées radioactives de Tchernobyl), elle a éclairé avec lucidité et compétences lessymptômes
cliniques chez les enfants de Fukushima. Après la catastrophe de Fukushima, Our Planet-TV a lancé une enquête pour savoir si les retombées radioactives
avaient eu des effets sur la santé de la population. Suite à cet appel, ils ont été amenés à étudierplus de 500
cas. Cette enquête met ainsi en évidence que la radioactivité, même à faible dose, a des effets réels sur la santé, ce qui était déjà connu par ailleurs
avec la reconnaissance del’augmentation du risque de cancer.
Dans cette vidéo sous-titrée en français, on voit entre autres le Dr Masamichi Nishio, chef du centre anti-cancéreux d’Hokkaïdo commenterle livre de Yablokov et
Nesterenko et témoigner que la CIPR (Commission Internationale contre les rayonnements) a renoncé à étudier les effets des radiations
internes car cela aurait gêné le développement de l’industrie nucléaire.
Dans les écoles le problème est identique. Dans le même esprit de se persuader que tout va bien dans le meilleur des mondes, on continue de fonctionner comme si de
rien n’était. Par exemple, on demande aux enfants de nettoyer une piscine contaminée sans protection, ou on leur demanded’aller ramasser les feuilles d’automnesans précaution particulière alors que l’on sait parfaitement qu’elles sont contaminées au césium. Pire encore, on force les enfants à boire du lait contaminé. Et
gare à celui qui ne veut pas. Le 29 septembre 2011, Akira Matsu du New Komeito (parti politique japonais NKP) est intervenue sur ce sujet devant les responsables gouvernementaux japonais et
notamment Yoshihiko Noda, 1er Ministre, Osam Fujumina, chef de Cabinet du secrétariat et Yukio Edo, Ministre de l’industrie et de l’économie. Elle a dénoncé le cynisme et la barbarie du
gouvernement envers les populations contaminées de la région de Fukushima.
Un autre grave problème qui se pose d’ores et déjà dans la région de Fukushima est lafuite du personnel
médicaldepuis la catastrophe. C’est ainsi, les personnes les mieux informées des dangers sanitaires et
qui ont les moyens de déménager s’en vont. Les autres restent, alors que de toute évidence il faudrait au moins évacuer les enfants, plus fragiles aux effets de la radioactivité. Le problème est
immense mais il semble que l’on veuille à tout prix l’ignorer. 8 mois après la catastrophe, on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas, ou qu’on n’a pas eu le temps de trouver des solutions pour
évacuer la population.
La contamination est massive, le gouvernement le sait depuis les premiers jours de la catastrophe. Les premiers touchés ont été les sauveteurs qui ont opéré dans
les régions dévastées par le tsunami, comme le relate ce témoignage : l'un d'entre eux qui était intervenu dans les zones sinistrées d’Iwate et Fukushima est décédé le 26 octobre 2011
d’une défaillance de la fonction rénale, trois mois après avoir appris que lui et les membres de son équipe avaient subi une contamination interne par les radionucléides. La personne qui témoigne
assistait à une conférence de de Taro Yamada lors du ''Forum National des cantines scolaires'' qui s'est tenu le 6 novembre 2011 dans la ville de Sapporo. Sa déclaration a été enregistrée dans la
vidéo ci-dessous (sous-titrages en français). Mais pour une personne qui parle, combien se taisent ? Quel est l’état de santé des autres membres de son équipe ?
Les personnes les plus touchées sont évidemment les « liquidateurs », ces ouvriers de la centrale de Fukushima Daiichi qui reçoivent des doses « héroïques ». Malgré l’assurance de Tepco qui affirme qu’il n’y a pas de décès liés
aux travaux de décontamination et de maintenance de ce qui reste de la centrale, on constate un fort taux de mortalité pour les ouvriers de la centrale, ce qui est en contradiction avec
l’espérance de vie des Japonais qui est la plus élevée au monde. En l’espace de 5 mois, 4 employés sont morts de façon anormale et rapide : le 12 mai 2011, un sexagénaire employé par la
sous-traitance s’est senti mal etest décédé 2
jours plus tard. Le 16 août 2011, un employé de la centrale nucléaireest mort d’une leucémie
foudroyante. Il avait travaillé pour Tepco durant une semaine, affecté à la surveillance de points chauds. Le 6 octobre 2011, un autre travailleur
employé à la centraleest décédé subitement. Enfin, dernier en date, le 11 octobre 2011, un employé d'une cinquantaine d'annéesest mort
brusquementalors qu'il se rendait à son lieu de travail, la centrale de Fukushima Daiichi.
A ces décès, il faut ajouter tous ceux dont on ne parle pas : de nombreuses personnes, employées par la sous-traitance, ont disparu ainsi des décomptes de
Tepco. L’agence de sûreté nucléaire, on se souvient, avait épinglé l’entreprise en juin car celle-ci avait « égaré » des listes d’employés vacataires qui étaient intervenus sur le site,
empêchant tout suivi médical de69
personnes contaminées.
Il n’en a pas fallu plus pour que des rumeurs circulent sur internet sur le décès effectif de ces ouvriers intérimaires, information impossible à vérifier à ce jour
bien qu’un journaliste du Shukan Asahi, M. Imanishi, ait entendu quedes
ambulances arrivaient 10 fois par jourà la centrale. A qui étaient destinées ces ambulances, et pourquoi ni les employés de Tepco, ni les ouvriers
hospitalisés, ni les médecins n’ont-ils le droit de parler ? Il est évident que si un jour un journaliste arrivait à prouver ce genre d’information, l’image du nucléaire serait ternie à
jamais et anéantirait tous les efforts du lobby nucléaire pour cacher la vérité. Il est incroyable que la catastrophe de Tchernobyl n’ait d’ailleurs pas eu plus d’impact sur l’énergie nucléaire
dans le monde. La raison en est que l’OMS, qui était la plus à même de prendre des mesures de protection des populations, s’est tue. Condamnée au silence par unvieil accord avec l’AIEA, elle est devenue
une institution criminelle, laissant tomber malade les gens vivant dans les territoires contaminés, et niantles effets des faibles dosessur la santé humaine.
Il faut en effet savoir que Tchernobyl a généré un million de victimes, comme le rappelle Janette Sherman, biologiste américaine et spécialiste en toxicologie. Dans
la vidéo ci-dessous, elle présente le livre déjà cité « Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and environnement » d'A. Yablokov et de V. et A.
Nesterenko, édité en 2009 par l'Académie des Sciences de New York avec plus de 5000 références scientifiques (et bientôt édité en français).
Les auteurs de ce livre estiment à 985 000 le nombre de décès survenus à cause de Tchernobyl dans le monde entier entre 1986 et 2004, chiffre qui a encore augmenté
depuis cette date. Janette Sherman dénonce également l'accord entre l'OMS et l'AIEA, signé en 1959. L'OMS est théoriquement garante de la santé des populations dans le monde et fait autorité
auprès des États membres. Elle devrait, conformément à sa Constitution, être indépendante de tout intérêt commercial. Pourtant le 28 mai 1959, elle a signé avec l'AIEA (Agence Internationale de
l'Energie Atomique) un accord par lequel aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique qui puisse nuire aux intérêts de l'autre (accord référencé WHA 12-40). Or, l'AIEA
a été constituée en 1957 pour faire la promotion du nucléaire civil...
Cetinterviewa été réalisé le 6 mars 2011 soit 5 jours avant la catastrophe de Fukushima. (Sous-titrage en
français)
Il faut aussi voir pour être complet la conférence de presse donnée par le Dr. Helen Caldicott, physicienne australienne, auteure et avocate anti-nucléaire qui a
fondé plusieurs associations qui luttent contre l'utilisation de l'énergie nucléaire, de l'uranium appauvri pour des munitions, et des armes nucléaires en général. La conférence s’est tenue à
Montréal, au Canada, le 18 mars, une semaine seulement après la catastrophe nucléaire.
Fukushima est bien pire que Tchernobyl
Il est certain que la situation ne va pas s’améliorer au Japon, l'expérience de Tchernobyl le démontre. Le fait de laisser vivre des millions de personnes dans un
environnement contaminé apportera son lot de problèmes et de souffrances. Une grande sagesse a fait fuir de cette zone dangereuse beaucoup de femmes enceintes, protégeant leurs futurs enfants des
radiations. Mais qu’en est-il de celles qui sont restées ? Que doit-on déduire du non-dit du milieu médical, relevé parKeiko Ichikawa ? Si les médecins japonais cachent les malformations et les enfants mort-nés, comment de réelles statistiques pourront-elles être établies ? On connaît déjà lesdégâts
épouvantables causés par l’uranium appauvridus aux bombardements lors de la guerre en Irak, et on imagine avec effroi l’avenir des populations
japonaises soumises à de fortes contaminations. La santé est un sujet difficile à aborder, le lobby nucléaire est très puissant dans le monde entier et cherchera à minimiser toutes les mauvaises
nouvelles. Mais la santé n’a pas de prix et chacun doit se battre pour la conserver. Amis lecteurs, ce sujet est très grave, soyez vigilants et dénoncez toute désinformation, partout où vous le
pouvez !
Complément d'information sur ce sujet par un médecin pédiatre :
Merci à Etienne Servant pour ses infos en continu sur Fukushima
Informations, à Kibo-promesse pour ses articles de qualité, à Véronique Ratel, de IndependentWHO pour l’aide apportée à la collecte des sources, à Jeep pour ses traductions sur aweb2u, à Hélios pour ses traductions sur Bistro bar blog et à Kna60 pour la mise en ligne de nombreuses
vidéos sous-titrées en français ! Sans toutes ces personnes bénévoles à
la recherche de la vérité, cet article n’aurait pu voir le jour.
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Rappel : la seule solution envisageable pour éviter une catastrophe sanitaire est d’évacuer les zones contaminées !
La catastrophe de Fukushima inspire de nombreux artistes à travers le monde. Voici quelques chansons qui sillonnent le web, rappelant à chaque fois les dangers générés par l’énergie nucléaire (page mise à jour régulièrement).
誰にも見えない、匂いもない2011
(Invisible et inodore pour tous 2011)
interprétée par En Rankin Taxi & Dub Band Aïnous (Paroles & Musique: Taxi Rankin)
Fukushima Mama
Radio Free Earth (Joshua Wachtel & Rob Sunderland)
adapted from "Fujiyama Mama" by Earl Burrows
Kochemar
d’Irina et Igor
Kayak à Fukushima
par la Parisienne libérée
Plus d’info sur la musique japonaise dans cet article :
« Fukushima, l’avis d’artistes »
Par Michel Temman, envoyé spécial à Gifu et Tokyo (Next-Libération)
« Chanteurs, DJ ou écrivains, ils se font l’écho de la contestation antinucléaire et, de festivals en manifs, brisent l’omerta qui règne au Japon.
En train, en car, en voiture, à moto, à vélo, à pied, sac à dos et matériel de camping sous le bras, c’est tout une jeunesse japonaise bariolée, tifs déteints, l’âme nomade, qui accourt par bandes chaque été au Starlight Reggae Festa, le plus grand festival reggae du Japon, à 100 kilomètres au nord-est de Kyoto, dans les beaux méandres montagneux et campagnes vallonnées de Gifu. L’édition 2011 n’a pas dérogé à la tradition, attirant 20 000 personnes. Mais elle a eu un goût amer, celui des retombées de la catastrophe de Fukushima et d’une contestation antinucléaire qui ne cesse de s’amplifier avec le soutien actif d’artistes, d’écrivains, de musiciens. Un phénomène sans précédent. »
Autres chansons sur la toile (mise à jour régulière)
L'écolière de Fukushima
Allons travailler pour TEPCo !
Cette chanson est un véritable pied-de-nez à l'industrie nucléaire japonaise. Les auteurs reprennent les propos rassurants de la Compagnie d'électricité de Tôkyô (Tepco) pour en faire des paroles ironiques. Ils invitent notamment ceux qui font la promotion du nucléaire à aller travailler dans un réacteur. Le titre signifie "Allons travailler pour Tepco!" (東電に入ろう, tôden ni hairô). Il s'agit là d'un jeu de mot car la prononciation peut également siginifier "Abolissons les réacteurs en renversant Tepco" (倒電に廃炉). Cette chanson est une reprise de "Andorra" du chanteur de folk Pete Seeger. (source : Le Japon à l’envers)
Paroles:
Y-a-t'il des volontaires dans le public,
pour aller travailler pour Tepco?
Est-ce que quelqu'un veut faire sa fortune?
Car Tepco est à la recherche de personnes compétentes
Refrain :
Allons travailler pour Tepco, Tepco, Tepco,
Travailler pour Tepco, c'est le paradis sur terre
Que tous les meilleurs hommes rentrent à Tepco
Et tombent comme des feuilles, morts
S'il y en a qui veulent avoir le frisson
Ils peuvent venir quand ils veulent chez Tepco
On a tout ce qu'il faut, de l'uranium, du plutonium,
Se faire employer comme sous-traitant, c'est tranquille!
Tous ceux qui font la promotion du nucléaire
Venez s'il-vous-plait sous le cœur d'un réacteur
Cela ne vous fera rien de mal dans l'immédiat,
Prenez une douche et c'est tranquille!
Le nucléaire est une énergie propre
Le plutonium, ça fait pas si peur que ça
Après tout, pour réduire sa radioactivité de moitié,
Cela ne prendra que 24 000 ans
Pour soutenir les besoins d'énergie du Japon
On doit dépendre du nucléaire
Il est inévitable qu'il y ait quelques irradiations
Gargarisez-vous d'un bain de bouche et tout sera tranquille!
Rassemblez tous les déchets nucléaires
Mettez-les dans des fûts, ça ira
Faites-les refroidir dans une piscine de Rokkasho-mura
Il ne reste plus qu'à attendre seulement 300 ans
L'eau fuit de partout, mais gardez votre sang froid
De la fumée sort, mais ne paniquez pas
Le toit s'est envolé, mais tout va bien,
On va refroidir tout ça avec de l'eau de mer!
Il n'y a pas vraiment de danger dans l'immédiat
Mais jetez quand même votre lait et vos légumes
Le grand homme du gouvernement nous l'a dit,
Nous paierons les indemnisations avec vos impôts!
Les compteurs Geiger sont en rupture de stocks
Vous n'avez pas besoin d'en possédez un
Nous publierons les niveaux de radiation
Seuls ceux qui nous croient seront sauvés!
(traduction : Mathieu Gaulène)
"It Was A Big Lie All Along" by Kazuyoshi Saito
(斉藤和義) /歌えなくもない英詞付き
This is a self-parody of a hit song in 2010 "I Loved You All Along" (Zutto Suki Datta) by a singer-songwriter Kazuyoshi Saito. The original Japanese title of this self-parody is "Zutto Uso Datta".
[Full translation (subject to revision)] :
Just take a walk around this country There're nuclear plants total fifty-four
All the textbooks CMs on TV Said they're safe forevermore
Now it turns out that they had duped us And their excuse: "Beyond their assumptions"
The good old sky stays the same But now we find black tickling rain
It was a big lie all along But now it's come to light after all Really a big lie all along "Please be assured nuke power is so safe"
It was a big lie all along I truly miss safe spinach and all Really a big lie all along They must have known for sure how it would be
No one can stop this radiation from flying around in the wind How many people have to get it till they finally face reality? This nation's government
I hear you got out out of this town Have you yet found good water to drink?
Why don't you tell me? No, never mind Nowhere to flee No place I can find
(interlude)
It was a big shit all along All those electric companies Not only TEPCO, but each of them We've no illusion about them any more
It was a big shit all along But still they wanna keep going on Really a big shit all along I feel I gotta do something about it
It was a big lie all along
Really a big shit all along
[Original Japanese lyrics] 「ずっと嘘だった」斉藤和義
この国を歩けば 原発が54基 教科書もCMも言ってたよ、「安全です」
俺たちを騙して、言い訳は「想定外」 懐かしいあの空 くすぐったい黒い雨
ずっとウソだったんだぜ やっぱばれてしまったな ほんとウソだったんだぜ 「原子力は安全です」
ずっとウソだったんだぜ ほうれん草食いてえな ほんとウソだったんだぜ 気づいてたろこの事態
風に舞う放射能はもう止められない 何人が被爆すれば気がついてくれるの この国の政府
この街を離れて うまい水見つけたかい 教えてよ やっぱいいや もうどこも逃げ場はない
ずっとクソだったんだぜ 東電も北電も 中電も九電も もう夢ばかり見てないけど
ずっとクソだったんだぜ それでも続ける気だ ほんとクソだったんだぜ 何かがしたいこの気持ち
ずっとウソだったんだぜ
ほんとクソだったんだぜ
"La voix de la ville sinistrée"
par Yushi Saito
Sur la scène du Sonic Club d'Iwaki, Yushi s'apprête à interpréter un morceau qu'il n'a pas joué depuis longtemps.
« Franchement, j'ai beaucoup hesité à jouer cette chanson ce soir, mais le patron du Sonic m'y a encouragé… ça s'appelle “ la voix de la ville sinistrée ”, écoutez-la bien ! »
Yushi prend sa guitare et entame les premiers accords de blues.
« La ville où je suis né a été complètement irradiée. La maison du gars là-bas a été emportée par le tsunami, les cerisiers en fleurs que nous regardions ensemble, la mer où nous jouions tous les deux, tout, tout, tout a été contaminé. »
Yushi Saito est un « furita », un intérimaire qui cumule differents boulots saisonniers : conducteur de poids lourd, confectionneur de crêpes « okonomiyaki » dans les festivals traditionnels, et travailleur nucléaire à Fukushima Dai-ichi depuis 8 ans.
« Quand il y a eu le séisme, je ne travaillais pas à la centrale. J'ai évacué ma famille à Iwaki et ensuite j'ai écrit deux chansons qui critiquaient Tepco. J'étais fou de rage. »
Depuis, cinq mois se sont écoulés et Yushi a changé les paroles de ces morceaux. Mais « la voix de la ville sinistrée » reste toujours virulente. Ce jeune ouvrier du nucléaire pourrait passer pour un héros à l'étranger, mais au Japon il n'est pas une exception. Ces derniers mois, il souffre de troubles à la prostate et au niveau de l'œsophage, mais choisit de ne pas en parler même s'il est suivi médicalement.
Sur la scène du Sonic Club, Yushi chante à plein poumons. Des chansons sur sa vie d'intérimaire, sur l'amour et sur l'accident nucléaire.
« Nous ne pouvons plus faire confiance au gouvernement. Alors il faut croire en soi et agir en conséquence. Ainsi quoiqu'il arrive, on n'aura pas de regrets. »
« On me dit que c'est à cause du stress et du manque de sommeil. De toute façon, personne ne peut savoir ce qu'il adviendra dans 10 ou 20 ans. Si je commence à y penser, c'est un problème sans fin. Alors je préfère essayer de vivre comme avant. Et chanter ».
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Everybody's Doin' the Fukushima
.
Fukushima (demo)
Fukushima it's like a bad dreama
the cracks are beginning to show
media blackout, hiding the fallout
the criminal conspiracy grows
Acute radiation, jet stream migration
headed for the U.S. of A
politicians went all-out, authorities stalled-out
the cover-up was well underway
Radiation warning? That sounds alarming
tell them everything is O.K.
multiple meltdowns? FEMA told to stand-down
crush anyone in our way
An army of liars to hide the nuclear fires
yes we own everyone on TV
online resistance is rendered defenseless
by our cyber security teams
Fukushima it's like a bad dreama
the melting fuel rods will flow
fallout is global, more than Chernobyl
so the criminal conspiracy grows
As life fades away, what can we say
except that mankind never learns
repeating the cycle, reliving our downfall
until the whole world is burned
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La catastrophe de Fukushima a inspiré une très belle chanson à Zedvan.
La centrale nucléaire détruite de Fukushima-Daiichi vomit ses radiations dans la terre du Japon et l'océan Pacifique. On en parle un peu aux anniversaires, et puis après, plus rien...
Chanteur français, citoyen du monde, Zedvan ne se résout pas à ce silence.
Pas plus qu'aux pertes irrémédiables que l'industrie nucléaire inflige et risque encore d'infliger à la planète et à l'humanité.
Le 13 avril 2011, au lendemain de l'annonce par le gouvernement japonais de l'évacuation d'Iitate (Province de Soma, District de Fukushima), Fumio Okubo, le doyen du village, âgé de 102 ans, a préféré se suicider plutôt que de quitter sa maison.
"Fukushima, chanson du doyen d'Iitate", tente de donner la parole à cet homme.
Une version sous-titrée en anglais (http://youtu.be/lFG9CxPXK_E) et une en japonais (http://youtu.be/2pLs9BvTKMA) sont également disponibles.
D'autres traductions suivront, très bientôt : ce que le Japon a perdu, nous l'avons tous perdu.
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Human ERROR
Le groupe japonais Frying Dutchman a été scandalisé par le comportement du gouvernement japonais face à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Il estime que les autorités ont aggravé la contamination et qu’elles continuent de préserver davantage les puissances de l'argent et l'économie plutôt que la vie de son propre peuple et de ses enfants. Alors que la vidéo HumanError ‒ du nom de leur album et morceau éponyme sorti en août 2011 ‒ avait été visionnée plus de 30 000 fois dès le premier mois de mise en ligne, les membres du groupe avaient décidé d’organiser une parade mondiale à l’occasion du premier anniversaire de la catastrophe, désirant accompagner et amplifier cette vague massive de résistance à l'énergie nucléaire et de soutien aux survivants.
Tu n'as rien vu (à Fukushima) - nouvelle version by RéVOLePTIK - Stéphane Appourchaux / Nicolas Hillion, released 01 October 2013 Des monticules d'eau des monticules d'objets remplacent les cit...
Des monticules d'eau
des monticules d'objets
remplacent les cités
L'intimité déversée l'intimité mêlée l'intimité mélangée
de l'oxyde et du métal
du plancton dans les platanes
un poisson sur un pare-brise
bon pour la psychanalyse
et les larmes des Nations
Les cygnes partiront, les oiseaux partiront, les enfants partiront
Humanité violée
avenir inimaginable
Les coupables
tout désignés
mais intouchables
La pêche y était miraculeuse
les fleurs des cerisiers délicieuses
mais immangeables les poissons
seront laissés tranquilles
les poissons mourront
ou muteront
Toute laideur ici sera née de l'homme
qui croit impunément jouer avec l'atome
les cygnes reviendront, les oiseaux reviendront, les enfants reviendront... oui...
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credits
released 01 October 2013
voix, guitare, textes: Stéphane Appourchaux
enregistrement, mixage, basse : Nicolas Hillion
OCT 2013
Michel Montecrossa dit à propos de 'Talking' End Game: it's the Radioactive Song" :
« Les catastrophes nucléaires, les catastrophes humaines, les catastrophes naturelles sont tous les avertissements et les appels forts pour se tourner vers une évolution de conscience plus élevé. Dans l'émergence d'un savoir au lieu d'une humanité ignorante, il pourrait y avoir l'espoir d'une conduite plus harmonieuse et moins destructive du monde terrestre ".
"Il y a des sujets d'actualité qui forcément nous touchent et nous font prendre conscience de la fragilité de cette terre que nous croyons immortelle ! Plutôt qu'un militantisme basique et souvent inefficace utilisons nos voix pour passer le message en chansons !"
On dit que maintenant à Fukushima
Les oiseaux vivent libres mais ils ne chantent pas
Les souris naissent aveugles les fleurs ne poussent plus
Naitre là-bas c’est une aventure sans issue !
Cinq ans avant on riait à Fukushima
La vie était facile c’était un bel endroit
Avant la vague qui est venue de l’horizon
Avant la lave qui a ravagé nos maisons !
Fukushima c’est chez toi
Partout c’est le même combat
On construit des horreurs qu’on n’assume pas
Que vous soyez enfants d’ici où de là-bas
Je vous en prie surtout ne baissez pas les bras
Accrochez-vous à deux mains à notre caillou
Ne cédez pas aux mirages qui nous rendent fous !
_________________
F*** TEPCO!! / SCRAP
"You wouldn't know the punk band was Japanese, a culture self-programmed for propriety.
I can't write the chorus (sung in English) of the band's favorite song here, as my editor would first delete the offensive word and then report me to my superiors.
Let's just say it's an obscenity that begins with the letter "F" and rhymes with what hockey players call the vulcanized rubber disk that's hit into the goal.
Une chanson inspirée par la catastrophe de Fukushima.
Version live
________________
Pépère, le nucléaire ! Joyeux #anniversaire #Fukushima !
(Paroles et musique : Jérémy K. )
"Écrite en 2014, suite à l'audition sur France Inter d'un reportage expliquant que TEPCO avait fait appel à la mafia japonaise pour recruter dans la rue des personnes endettées, SDF ou psychologiquement fragiles, pour aller nettoyer les endroits les plus dangereux de la centrale de Fukushima et de ses environs, ce qui m'a scandalisé, Pépère, le nucléaire ! est une chanson aux paroles caustiques et même violentes qui dénonce le cynisme dont TEPCO a fait preuve pour s'enrichir, rappelle le fameux mensonge du nuage de Tchernobyl qui se serait « arrêté à la frontière » et pose également la question taboue : si vous êtes pro-nucléaire et qu'un accident se produit dans un centrale, irez-vous, vous-même, faire le nécessaire pour endiguer la catastrophe au péril de votre vie ?
Le clip, pour sa part, est un court-métrage d'animation réalisé essentiellement suivant la technique du papier découpé. A mi-chemin entre les collages de Terry Gilliam et un dessin animé punk, il est totalement « barré » et comprend une multitude d'allusions tant à la culture japonaise qu'aux arts plastiques, au cinéma, à la science, ainsi, bien sûr, qu'à... TEPCO, aux liquidateurs de Tchernobyl et à la vie politique française.
Pépère, le nucléaire ! se veut une authentique création artistique mais également un outil politique efficace."
J'aime l'argent J'suis très content J'viens d'investir Dans l'énergie d'l'avenir !
Le nucléaire Y a pas d'mystère Pour faire du fric C'est la formule magique !
Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, PÉPÈRE !
C'est idéal : J'ai aucun frais ! Pas d'assurances Et rien pour la maintenance !
Irresponsable ! Jamais coupable ! C'est idéal, Je fais ce qui me plait !
Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, PÉPÈRE !
Pour les fissures... Un coup d'peinture ! Pour la piscine... De la résine ! Si y a une fuite... J'attends la suite ! Et pour le cœur... Un extincteur !
Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, pépère ! Pépère le nucléaire, PÉPÈRE !
Et si ça pète ? Y a pas d'problèmes ! Vous croyez pas Que j'vais y aller moi-même ?!
J'ai pas prévu D'mourir là-bas ! Y a bien d'autres cons Qu'iront crever pour moi !
Tous ces clodos / Sayonara ! Tous ces débiles / Sayonara ! Et tous ces vieux Dont on n'sait pas quoi faire / Sayonara !
Tous ces psychos / Sayonara ! Ces inutiles / Sayonara ! Ces sous-humains Qu'on paye à ne rien faire / Sayonara !
Au réacteur ! / Kamikaze ! A la piscine ! / Kamikaze ! Au nettoyage Et aux rayons gamma ! / Kamikaze !
Fukushima woke the dreamer To the lie that we’d been sold That the power that he’d taken Was a flame that he could hold Now the sleeper has awakened but the nightmare still unfolds Fukushima is a story As new as it is old
Lalalala lala
There’s a town near Fukushima Where children used to play But the streets of Namae are empty today And the houses stand like ghosts To all the souls that couldn’t stay The road that we travel And the land on which it lay forever torn asunder sent askew and turned away
How pleasant it is For little tin gods While mother nature nods But when she awakes Our lies and mistakes Are irrevocable Woke the dreamer To the lie that we’d been sold That the power that he’d taken Was a flame that he could hold Now the sleeper has awakened but the nightmare still unfolds Fukushima is a story As new as it is old
[Couplet 1] Au bord du texte le plus ambitieux que je n'ai jamais tenté Je fais partie de ceux qui n'ont pas peur de sauter Et tu sais d'où je viens, j'ai grandi en cité Autrement dit on a grandi dans des maisons hantées Que ce soit le manque de sous, le manque de souffle L'habitude de dessous fait que, peu se découvrent On se cache derrière des capuches, des casquettes et des codes On prend des attitudes, on consomme, on fuck l'école Nos vies ne sont pas des films, on vit par épisodes Et les rêves d'avenir ici sont en exode Peu à peu en eux-mêmes beaucoup s'isolent Exclus, vivent entre eux, sociale est la camisole Des visions à court terme, ne voit pas plus loin que son hall Les cœurs veulent être libres, mais nos têtes sont les geôles Une cartographie réduite, on se dit que peu nous est possible On élabore nos labeurs dans des champs impossibles Y'a que des ions négatifs mon texte est radioactif Un exorcisme lyrical aux vertus curatives Premier couplet introductif, le prochain : le schéma Ton cœur va exploser comme à Fukushima
[Refrain] Une musique en physique quantique (Fukushima) Une expression d'amour, un cantique (Fukushima) Tu peux changer ta vie sur un déclic (Fukushima) Faut juste que sur ton cœur tu cliques (Fukushima) Fukushima
[Couplet 2] Et c'est comme dans un gros bolide, change les rapports Moins de télé et plus de livres : là ça rapporte Tu veux faire du chiffre ? Apprends à compter Sinon tu vas pas vivre, tu vas que raconter Autour de nous trop de béton, les cœurs n'ont plus le wifi As-tu déjà été heureux ? Si tu sais pas, vérifie La simple idée d'être sois même depuis petit terrifie Mon cœur t'écrit ce poème que ma voix amplifie Tu as le pouvoir nucléaire, tu peux en faire une catastrophe Ou alors au contraire tu peux en faire quelque chose de noble Les enfants sont purs, c'est les Hommes les parasites Les mauvaises idées gravitent autour de nous en satellite Je te l'ai déjà dit : tu peux changer ta vie Il te manque un ingrédient dans cette recette magnifique Il faut que tu t'aimes, tu t'aimes, tu, tu, tu t'aimes Les grosses voitures, les grands palais ne sont que des totems Il n'y a que des ions négatifs mon texte est radioactif Un exorcisme lyrical aux vertus curatives Deuxième couplet : le schéma, le prochain : rayon gamma Ton cœur va exploser comme à Fukushima
[Refrain] Une musique en physique quantique (Fukushima) Une expression d'amour un cantique (Fukushima) Tu peux changer ta vie sur un déclic (Fukushima) Faut juste que sur ton cœur tu cliques (Fukushima) Fukushima
[Couplet 3] Dans ma vie j'ai fait un jour une explosion nucléaire En fait j'ai fait une sorte de désastre à l'envers J'ai évacué la zone, chassé les mauvaises ondes Je me suis mis en quarantaine des zombies, des amazones J'ai auréolé ma vie d'amour et de sens J'ai repris mes études, je me suis donné une chance J'ai irradié les miens de rayons gamma, car là d'où je viens y'a que du drama Et combien combien, j'ai vu de gamins qui avaient tout pour eux, se perdre en chemin ? De la même manière qu'un clic, clique sur la gâchette Peut découper ta vie, l'achever à la machette Il faut juste un déclic du cœur, changer de modèle Catapulter leurs codes, leurs vies de bagatelle Prendre soin de ses gosses, de toi et de ta mère La guérison est douce, le remède est amer Y'a que des ions négatifs mon texte est radioactif Un exorcisme lyrical aux vertus curatives Troisième couplet : rayons gamma, maintenant c'est à toi Ton cœur va exploser comme à Fukushima
[Refrain] Une musique en physique quantique (Fukushima) Une expression d'Amour un cantique (Fukushima) Tu peux changer ta vie sur un déclic (Fukushima) Faut juste que sur ton cœur tu cliques (Fukushima) Fukushima
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Fukushima (Bin't'age)
paroles dans l'image
FOU KOU SHI MA
(Auteur inconnu, sur l'air de Bella Ciao)
Fou /kou /shi /ma-a Fou /kou /shi /ma-a Ki é/ lou/ ko/ to /no /naï/ tsou /mé a-a to so/ no /oua /lou-ou oua/ hi/ to/ bi /to- o I/ ta /mé-é /tsou-ou-ou /ké
O/ do / ka /sou ou O /do /ka / sou ou Hi/ to/ bi/ to/ oua /li/ ka ï /sou-ou/ lou-ou Li /djou oun/ ni/ oua/ ka /gui/ li -i no/ na- a /aï / / ko-o /to- o /ouo
Le débat sur l’énergie nucléaire en France n’a jamais eu lieu. Aujourd’hui,
il semble que les partis politiques oublient encore les aspirations des Français à vouloir sortir du nucléaire. Pourtant, la catastrophe de Tchernobyl est toujours en cours et celle de Fukushima
ne fait que commencer !
Afin que les élections servent à préserver la santé des générations futures plutôt que les
intérêts des actionnaires et des oligarchies politico-financières, je vous propose de participer à cette action du Réseau Sortir du Nucléaire en envoyant une lettre pétition au PS et à
Europe-Ecologie Les Verts
L’article sur le corium, « Le corium de Fukushima », édité dans ce blog en deux parties en août 2011 a provoqué de nombreuses réactions et conduit à des commentaires variés. Tout d’abord, il faut préciser que cette présentation n’avait pas pour objet d’être figée dans le marbre, mais de contribuer à la diffusion de la connaissance d’une matière récente dans l’histoire de l’humanité, très difficile à définir car en continuelle transformation. Ce nouvel article va essayer de faire une synthèse, point par point, des principales critiques qui ont été formulées et, en ouvrant une nouvelle fois le débat, va tenter de faire évoluer notre représentation de ce magma insaisissable.
1. Principales critiques
2. Compléments d’informations des contributeurs
3. Nouvelles données disponibles
1. Principales critiques
Les critiques ont été énoncées dans les commentaires qui ont suivi les deux parties de l’article et dans d’autres sites qui ont repris tout ou partie du texte original. Merci à leurs auteurs d’avoir participé d’une manière constructive à l’évolution de ce dossier. Voici les principaux griefs, questionnements et amorces de réponses :
1.1. Décroissance d’activité
Il n'est pas fait mention de décroissance d'activité, donc de refroidissement intrinsèque. La décroissance de la puissance résiduelle des produits de fission est extrêmement rapide : 6 mois après l'arrêt des réacteurs, l'énergie résiduelle se trouve divisée par 40. La décroissance habituellement observée dans les réacteurs arrêtés est de 4 le premier jour, puis de presque 8 après 5 jours et de 20 au bout du premier mois. Mais pour ce qui concerne Fukushima, il semble difficile de dresser un tableau de décroissance radioactive sans connaître la quantification même estimée du coefficient de criticité.
1.2. Puissance
Chaque pastille est supposée délivrer autant d'énergie qu'une tonne de charbon, oui mais uniquement quand la réaction de fission s'y produit, c'est-à-dire dans les conditions habituelles de fonctionnement d’un réacteur. Il ne pourrait y avoir de réaction en chaîne entretenue dans un corium. L'énergie d’un corium ne pourrait provenir que des produits : radioactivité et fission spontanée (la fission spontanée étant de 0,22 microwatt pour une tonne de combustible). On ne peut pas mettre une égalité entre l'énergie obtenue lorsque l'on brûle le combustible dans le réacteur et l'énergie du corium.
1.3. Température
La température d'un corium n'est pas homogène : toute la masse n'est pas à la même température, le centre est peut-être aux environs de 2900-3000°C, mais pas la périphérie.
1.4. Quantité
La formation d’un corium ne conduit pas automatiquement à la fusion (au sens chimique du terme) de la totalité du combustible, car la température reste souvent inférieure à la fusion des oxydes d'U et P (2730°C).
1.5. Ebullition
Ce n'est pas parce qu'on arrive à la température d'ébullition d'un corps que celui-ci se met forcément à bouillir car l'environnement interfère : la pression, la pression en vapeur saturante du corps X au dessus du mélange, la composition du mélange, les potentiels chimiques des espèces présentes dans le mélange, la présence de barrière physique, etc.
1.6. Stratification
Un corium n'est pas une masse liquide comme de l'eau, il y a une stratification et formation d'une croûte et d'un film externe de gaz en périphérie, ceci retient un grand nombre de composés dans le corium, en particulier des composés neutrophages.
1.7. Oxydation des métaux
Le corium, s’il forme une masse unique, ne peut pas tirer beaucoup de chaleur de l’oxydation des métaux par réactions chimiques à chaud avec l'oxygène atmosphérique ou la vapeur d’eau. Dans ce cas, les oxydations exothermiques en périphérie du corium ne représentent qu'une très petite partie de l'énergie thermique totale. En revanche, dans certaines configurations, une oxydation importante du corium peut se produire lorsque celui-ci est en morceaux, avec beaucoup de vapeur : dans le cas d’une explosion de vapeur, on peut avoir une oxydation de ces particules de corium, mais elle reste peu exothermique, en tout cas inférieure à celle du zirconium.
1.8. Corrosion
Ce ne serait pas un phénomène de corrosion qui régirait l'interaction cuve/corium et béton/corium ‒ même s'il y a effectivement des phénomènes d'oxydoréduction en périphérie ‒, ce serait à 95% une interaction thermique : le flux de chaleur provoquerait un percement, ainsi que l'impact des jets de corium lorsque le cœur fond : celui-ci coulerait un peu comme une bougie.
1.9. Stabilité
L’article laisse penser que le corium est stable. En fait, les dangers évoqués dans l’article ne concerneraient que les toutes premières heures de l’accident, quand les cœurs ne sont pas refroidis.
1.10. Dilution de la radioactivité
Le fait de dire que « plus on s’éloigne de la source, plus les particules et les gaz radioactifs sont dilués dans l’atmosphère et présentent moins de danger » est globalement vrai, mais à un niveau de généralité qui pourrait accréditer les thèses officielles ‒ que l’on retrouve dans tous les argumentaires de l’IRSN ‒ selon lesquelles, grâce à la dilution, il n’y a rien à craindre en France après Tchernobyl.
1.11. Explosion nucléaire
Affirmer qu’« un emballement de la réaction en chaîne, même minime, peut conduire à une explosion nucléaire mais à des niveaux d’énergie comparable à celle des explosions conventionnelles » est critiquable. Le Pr. V. Nesterenko, physicien nucléaire qui fut directement en charge des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, explique que 1400 kg du mélange uranium-graphite au contact de l’eau constituaient une masse susceptible de provoquer une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 Mégatonnes soit entre 50 et 80 fois la puissance de l'explosion d'Hiroshima si une quantité suffisante de Corium, qui avait déjà percé la cuve du réacteur, avait transpercé la dalle de béton qui le séparait des masses d’eau contenues dans les sous-sols du réacteur.
1.12. Epaisseur du radier
L’épaisseur de la dalle de béton sous les réacteurs de Fukushima ne serait pas de 8 m. Pour l’EPR de Flamanville, elle est de 4 m d’après l’IRSN. Il est peu probable que dans le passé on fasse mieux : entre 1,30 et 1,50 m à Fessenheim. C’est même ce qui avait amené au sacrifice des mineurs qui ont coulé 300 m3 de béton sous la dalle de Tchernobyl.
2. Compléments d’informations des contributeurs
2.1. Arrêt de la fission
La réaction de fission est stoppée par l'insertion des barres de contrôle, la puissance du "combustible", immédiatement après, tombe à environ 7%, puis à environ 1,5% après une heure, etc.
2.2. Réacteur naturel
Il existerait un exemple historique de corium actif pendant vraisemblablement plusieurs centaines d'années. C'est le « réacteur naturel » d'Oklo, au Gabon. La décroissance radioactive de son corium aurait pris plus de 100 000 ans. Des reprises locales de fissions, vite annihilées par le fort échauffement de l'eau alentour ‒ les neutrons perdant alors leur efficacité statistique de fissions ‒ ont généré à chaque fois de nouveaux produits de fission. Toutefois, les températures évaluées à 400-1000°C sont sans rapport avec les températures de formation du corium dans les réacteurs de Fukushima (2500-3200°C).
2.3. Thermolyse de l’eau
La température de thermolyse de l'eau commence à 850°C, est plus sûre à 2000°C et est complète à 2500°C. On ne doit donc pas imaginer du "craquage" d'eau à grande échelle suite à un contact avec le corium à Fukushima puisque le corium est moins chaud en surface.
3. Nouvelles données disponibles
Voici plusieurs nouveautés à signaler, qui doivent être ajoutées au dossier corium, car elles apportent des connaissances supplémentaires :
3.1. Histoire politique du corium
Article du 31 octobre 2011 sur l’utilisation et la perception du mot corium dans la documentation scientifique et politique, écrit par Francis Chateauraynaud, spécialiste de la sociologie des controverses et des conflits. Une étude remarquable, à lire et à faire connaître pour tous ceux qui s’intéressent à la diffusion des connaissances.
Tel est le titre de l’article de Steve, édité sur son blog le 7 novembre 2011. Il s’agit d’une vue pessimiste du corium mais elle a l’avantage de mettre en lumière des dangers pourtant reconnus par des spécialistes. Bien référencé, on note une solide connaissance de la physique nucléaire de la part de l’auteur ; il faut toutefois relativiser le schéma (reproduit ci-dessous) qui montre une masse de corium beaucoup trop importante par rapport à la grosseur du réacteur. Les conclusions de l’article restent tout à fait pertinentes et mériteraient d’être lues par les autorités nucléaires internationales.
Emission éditée le 21 octobre 2011 de Sébastien Verdier, de l'Institut des risques majeurs (association qui travaille dans l'information sur le risque naturel et technologique).
C'est une interview de Gregoire Deyirmendjian, chef de division de Lyon de l'ASN, autour du film "Le syndrome Chinois", sorti en 79.
L'émission est en deux parties : http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=203 http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=204 La première partie est consacrée au décryptage de l'accident nucléaire, la seconde partie traite des questions qui fâchent, avec notamment cette personne qui dit : « Oui, là, le film se passe dans les années 70 et met en lumière une falsification des radiographies de soudures, et bien des problèmes de falsifications de radios de soudures, ce sont des choses que l'on peut voir encore aujourd'hui en 2011. »
Et aussi, lire cet article à propos d'un syndrome chinois inévitable à Fukushima :
Vidéo sur le corium de Tchernobyl : un bon résumé de ce qui s’est passé il y a 25 ans à Tchernobyl et qui nous concerne encore. Le mélange de combustible fondu et de sable a créé une lave qui a coulé et s’est finalement solidifiée sur place mais qui est encore radioactive et dangereuse aujourd’hui.
3.5. Au cœur du corium
Le CEA a publié en septembre 2011 un dossier écrit par Claire Abou dans « Les défis du CEA » n° 163, intitulé «Au cœur du corium». Dans cet article consacré au corium, on vante les mérites de la recherche nécessaire pour augmenter la sûreté. Mais ce que l’article ne dit pas, c’est que les expériences ne peuvent atteindre les températures et les masses de combustible en cause dans l’accident de Fukushima.
3.6. Fusion du coeur et produits de fission
L'IRSN a réalisé un film peu connu sur le sujet de la fusion du coeur. On y apprend entre autres que lors des expériences menées dans un réacteur de recherche, le coeur fond plus rapidement que les calculs théoriques ne l'avaient établi et qu'il est impossible de contenir l'iode radioactif gazeux à cause de la porosité du béton de l'enceinte de confinement.
3.7. Rapport préliminaire sur l'état des coeurs des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima Daiichi
Ce rapport vient de paraître. Il est la traduction anglaise d'une partie du rapport de Tepco sur l'état de la centrale. Cette partie, qui fait 66 pages, sera à analyser attentivement. Elle décrit et analyse chaque melt-down, avec graphiques et shémas. Voici par exemple un shéma sur la fonte du coeur n°1 : 15 heures après l'arrêt du refroidissement, il est évalué qu'il ne reste plus rien à l'emplacement où il se trouvait dans la cuve.
3.8. L’IRSN a publié dans sa revue trimestrielle AKTIS un numéro spécial (n°5) en deux parties sur ses recherches concernant les accidents de perte de refroidissement.
3.9. L’AIPRI a calculé l'activité des combustibles fondus de Fukushima Daiichi. A lire dans cette article : "Radioactivité et radiotoxicité des 3 corium perdus de Fukushima."
Le débat reste donc ouvert. Et spécialement à tous les passionnés de la physique nucléaire car il faut le dire, le corium est un sujet de recherche essentiel pour l’avenir de la planète. Les concepteurs de l’EPR avaient déjà bien compris cet enjeu puisqu’ils ont prévu un récupérateur de corium, censé apporter plus de sécurité. Pour autant, avant de continuer à s’engager dans cette énergie folle qui pourrira inéluctablement l’économie et la tranquillité de nos descendants par ses déchets, il faudrait déjà réfléchir à maîtriser les coriums du passé (Tchernobyl) et du présent (Fukushima), sans compter les prochains coriums qui vont sans doute apparaître sur la terre dans les années à venir. Le parc nucléaire mondial est vieillissant, maints réacteurs fonctionnent au-delà de la durée initiale prévue ‒ il est bon de rappeler qu’on venait d’autoriser Fukushima Daiichi-1 à reprendre du service pour 10 ans ‒, et il existe ainsi beaucoup de candidats pourle prochain accident : les Etats-Unis persistent à conserver plus de 20 réacteurs identiques à ceux de Fukushima alors que l’histoire vient de démontrer leurs grandes faiblesses. Nombre de réacteurs sont installés sur des failles sismiques alors que la terre entre dans une période d’activité tellurique marquée par de nombreux tremblements de terre.La centrale de Metsamor(Arménie) est un représentant typique de ces dangers imminents : vieille centrale de conception soviétique, région fortement sismique et conflit entre direction et personnel… toutes les conditions sont actuellement réunies pour un nouvel enfer. En France, l’avenir n’est pas rose non plus : l’IRSN vient de donnerson avalpour qu’aucun des 58 réacteurs ne ferme, malgré la reconnaissance d’une grande insécurité (possibilité d’inondations, de tremblements de terre, etc. qui affecteraient le système de refroidissement). L’après Fukushima, comme le remarquait justement un lecteur de ce blog, semble marqué par un nombre accru d’incidents nucléaires dans le monde :inondationà Fort Cahloun,incendieprès du complexe nucléaire de Los Alamos,incendieà la centrale du Tricastin,explosionau complexe nucléaire de Marcoule,pollution à l’iode-131 en Europe,incendiedans un laboratoire situé près d'Idaho Falls… La majorité des politiciens et les scientifiques semblent aujourd’hui inconscients face aux dangers réels qu’ils font prendre à la population mondiale, endormie également. La bête « corium » a donc encore malheureusement de beaux jours devant elle. A vous de voir s’il faut s’en accommoder ou s’il faut la combattre.
Dossier sur le rejet des eaux contaminées dans le Pacifique
« Fukushima - Rejets dans le Pacifique : clarification et mise en perspective »
Une analyse critique des données concernant les rejets des eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi initiés en août 2023, dossier réalisé par la CRIIRAD qui tente de répondre à ces questions : Quels sont les principaux défis auquel est confronté l’exploitant de la centrale ? Quels sont les éléments radioactifs rejetés dans le Pacifique ? Les produits issus de la pêche sont-ils contaminés ? Est-il légitime de banaliser le rejet d’éléments radioactifs, notamment du tritium, dans le milieu aquatique ? Qu’en est-t-il en France ?
« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)