Ouf ! On respire, ce n’était qu’un « incident » !
5 avril 2012. Deux départs de feu à la centrale nucléaire de Penly et une fuite d’eau radioactive de 2,3 m3 par heure, classé niveau 1 sur l’échelle INES.
La panne d’une pompe servant au refroidissement du réacteur : grave ou pas grave ?
« Niveau 1 » signifie « anomalie ». Donc pas grave a priori, selon l’ASN.
La fuite ne peut évidemment pas être considérée comme grave par cet organisme étant donné que des fuites sont déjà tolérées par la même agence de sureté nucléaire (lien). D’autant plus qu’on autorise cette centrale à relâcher 72.000.000.000.000 Bq par an dans la Manche, juste pour le tritium (cf. autorisation pour 2008).
Une fuite connue en 2010 à la centrale nucléaire de Penly
(Source : Médiapart, 25 juin 2011)
Juste une anomalie donc.
Pourtant, si une autre pompe n’avait pas pris le relai, le cœur aurait fondu rapidement.
Comme à Three Mile Island. Comme à Fukushima.
On remarque en passant que cet incendie, qui a quand même nécessité l’intervention de 29 personnes, n’a pas eu besoin d’un tremblement de terre ou d’un tsunami pour se produire.
C’est pourquoi il est utile de rappeler ‒ ou d’apprendre ? ‒ à la population ce qui se passerait en cas d’accident majeur : contamination des sols pour des décennies, voire des siècles, et évacuations définitives pour les zones les plus touchées.
Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.
Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.
Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire de Penly. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.
Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Fukushima…
… Le Havre, Rouen, seraient des villes contaminées. Les côtes anglaises et la Manche seraient également touchées. La carte des retombées de Fukushima, à cause de l’impossibilité de les relever dans l’océan Pacifique, ne montre pas la pollution à l'est. Selon les vents dominants, il faudrait aussi très probablement évacuer les villes suivantes : Amiens, Lille, Saint-Quentin, Calais, Dunkerque, et la plupart du territoire belge serait contaminé (zone grisée) à cause de la pollution radioactive aérienne qui serait générée par une catastrophe nucléaire à Penly.
Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Tchernobyl…
… Le Havre, Rouen, Orléans, Calais, Dunkerque seraient des villes contaminées. Mais d’autres pays que la France seraient touchés : l’Angleterre, la Belgique (faudrait-il évacuer Bruges ?), les Pays-Bas et l’Allemagne. Il faudrait aussi sans doute interdire la pêche dans la Manche étant donné que l’essentiel des retombées y seraient localisées.
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En savoir plus sur l’évènement de Penly
Analyse de Bruno Chareyron (Criirad)
http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/penly/penly.html
Analyse de Bernard Frau
Article du Monde
Communiqué de l’IRSN
http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20120406_incident-penly.aspx
Communiqués de l’ASN
http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites
Un forum scientifique et citoyen sur la radioprotection intitulé « De Tchernobyl à Fukushima » se tiendra les 12 et 13 mai 2012 à Genève. Organisé par IndependentWHO, un
mouvement citoyen initié par un collectif d’associations et d’individus, il rassemblera de nombreuses personnalités engagées
dans le monde entier : Bélarus, Belgique, Russie, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Suisse.
Les vraies conséquences sanitaires de Tchernobyl ont été dissimulées. Et cette dissimulation se répète avec Fukushima. L’Organisation Mondiale de la Santé étant subordonnée depuis 1959 à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont le but est le développement de l’énergie atomique, participe directement à ces dissimulations.
Le « label » santé de l’OMS ne pouvant plus être une garantie, il revient à la société civile de se prendre en charge. Aussi IndependentWHO a pris la décision d’inviter des scientifiques indépendants de tout conflit d’intérêts pour qu’une véritable information soit donnée en matière de radioprotection des populations exposées à des rayonnements ionisants.
Ce forum sera aussi un moment de partage d’expériences entre citoyens, vigies d’Independent WHO, élus, journalistes et professionnels de la santé, pour réfléchir à ce que nous pouvons faire ensemble pour que la santé des populations soit prise en compte en cas d’exposition à une pollution radioactive.
Appel aux dons
Le soutien à la réalisation de ce colloque entièrement indépendant est primordial.
Si vous souhaitez aider financièrement cette action, cliquez ici :
http://independentwho.org/fr/2012/04/01/forum-radioprotection-dons/
LIEUX ET PROGRAMME
Samedi 12 Mai : Centre OEcuménique des Églises 150 Route de Ferney 1211 GENEVE 2 Suisse .
Salle de conférences (avec traduction simultanée anglais, français, japonais et russe)
Dimanche 13 Mai : Salle Gandhi, Maison des associations 15 rue des Savoises, Genève.
L'entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Pour des raisons d'organisation, il est préférable de s'inscrire à l'avance en envoyant un mail à
Hébergement
“Voir les possibilités d’hébergement à Genève et dans les environs”
PROGRAMME DU SAMEDI 12 MAI
Samedi 12 mai 2012 – de 8h30 à 12h45 -
8h30 Accueil
9h00 Présentation du Forum – Modérateur : Marc MOLITOR
Ouverture du Forum par Rémy PAGANI (Suisse) Conseiller
administratif de la Ville de Genève.
Introduction du Forum
Paul ROULLAUD (France) Représentant IndependentWHO
Pourquoi ce forum scientifique et citoyen.
Roland DESBORDES (France) Président de la CRIIRAD
Prise en charge citoyenne de l'information.
Paul LANNOYE (Belgique) Docteur es Sciences, Député
Européen Honoraire : Pourquoi les risques de la radioactivité
ont-ils toujours été sous-estimés ?
9h50 Panorama des contaminations au Japon et des
conséquences sanitaires à Tchernobyl
- Modérateur : André LARIVIÈRE
Alexei YABLOKOV (Russie) Docteur ès Sciences biologiques
Conseiller de l'Académie des Sciences de Russie : Diversité des
conséquences biomédicales de la catastrophe de Tchernobyl.
Dr ShinzoKIMURA (Japon) Enseignant à l' Université de
Hokkaido. Expert en radioprotection.
Étendue des contaminations. Premiers symptômes cliniques
après Fukushima.
Dr EisukeMATSUI (Japon) Spécialiste pathologie respiratoire
Directeur de l'Institut médical de l'environnement de Gifu
Actions de citoyens et de scientifiques japonais concernés par l'exposition
aux faibles doses de rayonnement ionisant interne au Japon.
11h25 La radioprotection contre la contamination interne élevée
- Modérateur : Wladimir TCHERTKOFF
DrGalina BANDAJEVSKAIA (Bélarus) Pédiatre, cardiologue
Etat de santé des enfants du Bélarus après l'accident de
Tchernobyl.
Alexei NESTERENKO(Bélarus) Directeur de l'Institut Belrad
Le concept de radioprotection des habitants au niveau local.
L' ATLAS radio-écologique. L'homme et les rayonnements ionisants
Vladimir BABENKO (Bélarus) Directeur-Adjoint de Belrad
De Tchernobyl à Fukushima... Guide pratique de radioprotection
Samedi 12 mai 2012 – de 14h00 à 18h00 -
14h00 Gestion de la catastrophe par les autorités et ses effets sur la
société. - Modérateur : Eric PEYTREMANN
Dr Sophie FAUCONNIER (France) Médecin, auteure d'études sur
l'impact sanitaire de Tchernobyl en Corse
Impact sanitaire de l'accident de Tchernobyl en Corse : une étude
épidémiologique indépendante enfin mise en place.
Paul JOBIN (France) Sociologue, spécialiste du Japon, chercheur
associé au Centre de recherche sur les enjeux contemporains en santé
Publique (INSERM-EHESS)
Fukushima : Radioprotection ou « radio-gestion » par les autorités ?
Kolin KOBAYASHI (Japon) Journaliste, correspondant 'Days Japan'
Le nucléaire au Japon, de Hiroshima à Fukushima, et le mouvement
antinucléaire.
15h20 La société civile : Après Tchernobyl et Fukushima, des ONG,
citoyens, élus, médecins, scientifiques et journalistes s' activent.
- Modérateur : Marc MOLITOR
Dr Youri BANDAJEVSKY (Bélarus) Anatomopathologiste,
Président du Centre d'Analyse et de Coordination "Ecologie et Santé"
Du syndrome d'incorporation chronique des radionucléides à période
longue (SLIR) à la construction de programmes et politiques de radio -
protection des populations : - un exemple de modèle intégré.
Aya MARUMORI et Wataru IWATA (Japon) du laboratoire
indépendant japonais CRMS : Initiatives et actions indépendantes
après Fukushima.
Michèle RIVASI (France) Députée européenne , cofondatrice de la
CRIIRAD.
Que fait l'Europe en matière de radioprotection ?
Miwa CHIWAKI (Japon) Représentante de l'association des mères
de Fukushima : Notre lutte pour la survie continue.
Chris BUSBY (Royaume-Uni) Chimiste, Physicien, Secrétaire du CERI
Epidémiologie citoyenne du cancer dans les petites localités : quelques
approches.
Dr Michel FERNEX (Suisse) Professeur émérite de la Faculté de
Médecine de Bâle, ex-consultant de l'OMS.
Le temps perdu à Fukushima.
Conclusion de la journée
PROGRAMME DU DIMANCHE 13 MAI
de 8h30 à 15h :
RENCONTRE-DÉBAT entre scientifiques, élus, professionnels de la santé, vigies, journalistes, citoyens :
QUE POUVONS-NOUS FAIRE ENSEMBLE ?
Salle Gandhi, Maison des Associations, 15 rue des Savoises, Genève.
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En savoir plus sur l’évènement
Présentation du forum
Document à télécharger (16 Ko)
Communiqué de presse
Document à télécharger (41 Ko)
Programme et présentation en format PDF
Document à télécharger (163 Ko) VERSION FRANCAISE
Document à télécharger (210 Ko) ENGLISH VERSION
Site du Collectif Independent WHO
http://www.independentwho.org/
31 mars 2012, un évènement incroyable s’est passé au Japon, et pourtant, vous n’en avez pas entendu parler dans les grands médias, ni au Japon, ni en France ! Un ministre qui se fait huer au point de ne plus pouvoir se faire entendre malgré la sonorisation, c’est pourtant rare !
Les faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à atténuer l’impact d’informations dramatiques sur l’industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu’une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un an à Fukushima.
« Je n'ai pas dormi pendant plus d'une semaine, et je ne me souviens de presque rien », a déclaré M. Haruki Madarame, directeur de la NISA (agence japonaise de sûreté nucléaire). Quand on est directeur de la sécurité nucléaire, il n’y a pas besoin d’assumer, il suffit d’être amnésique.
Si par hasard un organisme de sécurité vous demande la copie d’un rapport, il suffit de le caviarder pour éviter d’être reconnu responsable.
Et bien sûr, si une explosion dont on a malencontreusement diffusé la vidéo a une allure bizarre, a un panache noir ou est trop puissante, surtout marteler qu’il s’agit d’une explosion d’hydrogène. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, les gens n’y connaissent rien en explosion nucléaire.
Par exemple, boire en public de l’eau de refroidissement d’un réacteur nucléaire, comme l’a fait Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire.
Une carte de contamination du Japon a été diffusée, puis rapidement modifiée. Il ne faut pas affoler inutilement les populations. Il ne faut pas non plus accréditer l’idée que la pollution radioactive ait pu retomber à des centaines de kilomètres de la centrale.
Comme on ne peut pas tout manipuler et que les gens achètent des compteurs Geiger, un moyen radical est de changer les normes. S’il y a trop de radioactivité, il suffit que le gouvernement décrète des seuils plus hauts. Par exemple au Japon, les normes de radioactivité pour l’eau potable ont été relevées : le taux limite était précédemment de 10 Bq/litre pour le césium et l’iode ; il est à présent de 200 Bq/litre pour le césium et de 300 Bq/litre pour l’iode.
Exemple : organiser des marathons sur les routes et chemins contaminés de la préfecture de Fukushima. Le fait d’utiliser des enfants qui n’ont pas conscience du danger est excellent en termes d’impact visuel : « Si les parents laissent leurs enfants respirer à pleins poumons la poussière de Fukushima, c’est qu’il n’y a vraiment aucun danger », pensent les gens qui ont connaissance de ces évènements.
Exemple : le professeur Bandazhevsky, recteur de l'Institut de médecine de Gomel, a été condamné à 8 ans de réclusion après avoir tenté de faire connaître ses résultats sur les faibles doses pour les enfants de Tchernobyl.La preuve de cette entourloupe a été donnée par un journaliste courageux, Takashi Uesugi, qui est venu sur place pour faire la mesure. Près de la borne M-7, il relève 100 µSv/h alors que le capteur protégé n’indique que 9,3 µSv/h
Exemple 2 : après avoir remarqué que ses propres mesures au compteur Geiger étaient nettement plus faibles que celles présentées par les postes de contrôle des radiations du MEXT, un citoyen de Fukushima a prouvé qu'un poste de surveillance des rayonnements est décontaminé secrètement pour réduire les niveaux de rayonnement enregistrés.
23) Arrêter les enquêtes épidémiologiques
Quand une étude scientifique peut compromettre le message officiel sur la situation sanitaire vis-à-vis de la radioactivité, il faut faire arrêter l’étude en prétextant que cela pourrait amener des interrogations de la population.
Le 14 juin 2012, on a appris que le Professeur Shinji Tokonami de l'Université d'Hirosaki avait été sommé par les autorités de Fukushima de stopper prématurément une étude lancée en avril 2011 et qui prévoyait d'étudier l'exposition à la radioactivité d'une centaine d'habitants de la région de Fukushima.
Sur les 62 cas étudiés incomplètement, de l'iode-131 avait été détecté au niveau de la glande thyroïde sur 50 personnes.
24) Arrêter de compter les décès
S’il y a trop de décès dans une région contaminée, le mieux est de supprimer la rubrique nécrologique. Ca risquerait d’alerter l’opinion.
Iori Mochizuki nous informe par son blog Fukushima Diary du 17 juin 2012 qu’un journal local de Fukushima a interrompu sa rubrique nécrologique depuis une semaine (10 juin 2012).
Le Fukushima Minpo est le plus grand des journaux locaux de Fukushima, il mettait à jour sa rubrique nécrologique tous les jours, il avait attiré l'attention par l'ampleur de ses avis de décès pour une population comme celle de Fukushima. Il y avait entre 40 et 60 morts listés, de tous âges. Aucune explication n'est donnée sur cette interruption.
25) Faire taire les journalistes
Si un journaliste fait une enquête trop poussée révélant des collusions ou des disfonctionnements, il faut lui faire un procès exemplaire qui servira de leçon à ceux qui seraient tentés de faire la même chose. Le village nucléaire ne doit pas être dérangé dans ses petites affaires.
Depuis mai 2012, le journaliste freelance Minoru Tanaka est ainsi accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’incident nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi.
http://fr.rsf.org/japon-fukushima-acharnement-judiciaire-10-07-2012,42990.html
26) Trafiquer les dosimètres
On a vu plus haut (n° 19) qu’on pouvait donner l’illusion d’une centrale accidentée qui ne polluerait quasiment plus en protégeant les capteurs. On peut faire la même chose avec les travailleurs : on peut donner l’illusion que la centrale n’est pas dangereuse pour faire travailler les ouvriers plus longtemps. Il suffit pour cela de leur demander de glisser leur dosimètre individuel dans un petit boîtier en plomb. Et hop, ni vu ni connu, la radiation est effacée des registres !
Surtout il faut rester discret. Si la chose est rendue publique, il faut vite trouver un bouc émissaire pour lui faire porter le chapeau d’une pratique courante mais interdite. Ainsi, c’est BUILD-UP, filiale de TOKYO Energy Systems, filiale de TEPCO qui s’est fait prendre. Tant pis pour elle !
http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-one-way-to-shield-radiation-108381425.html
27) Truquer les photos
Pour minimiser l’état lamentable des structures après une explosion due à l’énergie nucléaire, utiliser un logiciel de retouche de photo pour arranger la vision des bâtiments réacteurs.
Un bon exemple, le bâtiment du réacteur 4 qui comporte une piscine très dangereuse en suspens à 30 mètres de hauteur doit être soutenu avec des murs impeccables. S’il y a des ouvertures gênantes, il suffit de mettre du blanc et hop, le mur est réparé !

http://gen4.fr/2012/09/tepco-camouflage.html
28) Supprimer l’accès aux documents
C’est bien de paraître transparent dans un premier temps, c’est l’image officielle de l’industrie nucléaire qu’il faut préserver. Mais attention, au bout d’un certain temps, il faut supprimer l’accès aux informations d’origine car des chercheurs un peu trop zélés pourraient faire des recherches trop poussées. Supprimer l’accès libre à des documents sources est donc un principe de base.
Il faut prendre exemple sur l’ancienne autorité de sûreté nucléaire japonaise qui avait une bibliothèque avec 40 000 documents en libre accès. Cette librairie a été fermée. L’astuce a été de profiter du changement de structure pour arrêter ce service.
http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html (2 octobre 2012)
29) Dénigrer les informations non officielles
Dans les pays où l’Internet ne peut pas être bridé, il est nécessaire d’avoir un réseau de journalistes scientifiques qui désamorcent les informations trop sensibles qui apparaissent dans des blogs ou des journaux trop informés. Pour cela, quand une info fait le buzz et que cela entache la réputation de l’industrie nucléaire, il faut créer un article pour la contrer. Cet article doit insister fortement sur le manque de professionnalisme de l'auteur ou remettre en question des sources non fondées. C’est assez facile, on met le coup de projecteur sur une erreur insignifiante qui n’a pas forcément de rapport avec le fond de l’article. De ce fait, l’attention est détournée et le journal ou l’auteur sont décrédibilisés. Le lecteur doit surtout retenir que la véritable info doit être officielle, et que le reste est de la désinformation. Comme ça, on met tous les sites alternatifs dans le même sac et le tour est joué.
Cette technique est régulièrement et brillamment utilisée par Sylvestre Huet dans son blog Sciences², en particulier avec l’article « Fukushima : désinformation sur la piscine 4 ». Dans son billet, le journaliste n’hésite pas à descendre un collègue du Nouvel Observateur en s’attachant à une simple bâche plastique et à une erreur de situation de la piscine.
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/09/fukushima-la-d%C3%A9sinformation-continue.html
Il y a un mois, j’ai adressé à chaque candidat républicain un questionnaire concernant Fukushima. Voici les réponses de ceux qui ont accepté de participer à cette tribune. Pour permettre à tous les candidats de s’exprimer, cette page sera mise à jour régulièrement jusqu’au jour de l’élection présidentielle.
(Précision : l’ordre des candidats est celui qui a été déterminé par le Conseil Constitutionnel)
Mme Eva Joly (Europe Ecologie Les Verts)
1. Quelle a été votre première pensée quand vous avez appris qu’une centrale nucléaire avait explosé au Japon ?
L’effroi d’abord. Ensuite, une inquiétude tenace, à laquelle il était impossible d’apporter une réponse. Elle a été longue et elle n’a pas disparu aujourd’hui encore. Car on ne savait pas ce qui se passait vraiment, donc il était difficile de comprendre les conséquences avérées ou potentielles.
2. Que pensez-vous de l’annonce de l’arrêt à froid des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en décembre dernier par le gouvernement japonais ?
Que c’est une belle tentative de manipulation. L’arrêt à froid est un terme qui s’applique pour un réacteur dans un état normal. En l’occurrence, cela ne signifie rien. C’est plutôt un slogan qui cherche à masquer la réalité puisque personne ne sait exactement l’état de la situation : où est le corium ? pourquoi la température a réaugmenté temporairement dans le réacteur numéro 2 ? pourquoi n’y a-t-il que 60 cm d’eau dans le réacteur 2 quand on en attendait plusieurs mètres ?...
La réalité est que nous ne savons pas l’essentiel. Cela vaut pour les réacteurs, mais aussi pour les piscines, notamment celle du réacteur 4. J’ai appris récemment, avec effroi, que si la piscine du réacteur 4 est restée remplie d’eau, cela est le pur fruit de la chance. En effet, il y avait une fuite, totalement fortuite, avec un autre bassin surélevé. Cette fuite au niveau de la porte de séparation des deux bassins n’aurait pas dû exister. C’est elle qui a permis d’éviter le scénario catastrophe d’un embrasement des barres de combustible. Mais la question de la piscine du réacteur 4 est loin d’être résolue : il y a des raisons importantes de rester inquiets, tant sa fragilité est grande.
Il nous faudra des décennies pour déconstruire la centrale. Alors seulement, on pourra dire que la catastrophe est finie.
3. Que pensez-vous de l’idée de la création d’une commission d’experts internationaux qui prendrait en charge le suivi du site de Fukushima ?
Je suis favorable au développement d’une expertise internationale, pour Fukushima, et pour le nucléaire en général. Il faut multiplier les sources d’expertises, avec différents types d’indépendances (vis-à-vis du politique, vis-à-vis des puissances économiques, vis-à-vis des fiertés nationales…) et avec de la transparence. C’est le seul moyen de créer des débats d’experts contradictoires seuls à même de renforcer la sûreté.
Aujourd’hui, en France, on se gargarise d’une expertise « indépendante », mais elle n’est ni plurielle, ni contradictoire, ni transparente, ni indépendante en de nombreux points (pressions économiques d’entreprises publiques, porosité avec l’industrie nucléaire, prédominance des grands corps d’Etat…).
4. Pensez-vous que les femmes de Fukushima ont raison de se mobiliser pour avoir les moyens d’évacuer leurs enfants des zones contaminées ?
Evidemment. J’ai rencontré certaines de ces femmes, quand je me suis déplacée à Fukushima. Cela m’a bouleversé. L’ennemi invisible de la radioactivité change votre regard sur le monde : comment se protéger et protéger les êtres qu’on aime le plus au monde ? comment y échapper ? comment être sûr que l’on y échappe ? Ce sont des questions très concrètes, qui amènent des familles à se séparer ou à quitter définitivement leur vie passée. C’est humainement dramatique.
Le discours, largement relayé en France, selon lequel la radioactivité diffuse du type de celle rencontrée autour de Fukushima n’aurait pas d’impact sur la santé m’est insupportable. Certains affirment même que les impacts sanitaires sont liés au stress, une sorte d’effet placebo ! C’est mépriser ces populations victimes, qui n’ont rien demandé, et qui paient un prix élevé. Et c’est mépriser les sciences et des centaines ou milliers d’études, de multiples origines disciplinaires, qui montrent le contraire. Les parangons du nucléaire sont la caricature du positivisme productiviste qui refuse de croire à la faillibilité de l’homme : une dose d’humilité leur ferait beaucoup de bien.
5. Suite à la catastrophe nucléaire, des Japonais ont quitté leur pays car ils ne s’y sentent plus en sécurité. Seriez-vous favorable à la création d’un statut international de réfugié environnemental ?
Oui. Cela s’appliquerait pour le cas du nucléaire, mais également pour les réfugiés climatiques. Ou bien ceux victimes de l’exploitation des ressources naturelles.
C’est dramatique d’en être arrivé à un tel impératif…
6. Lors de la catastrophe, le gouvernement japonais a fait évacuer une zone de 20 puis de 30 km en utilisant des cercles concentriques autour du site nucléaire. En France, en cas d’accident nucléaire, les Plans Particuliers d’Intervention prévoient l’évacuation d’une zone de 2 km, et le confinement de la population dans un rayon de 10 km. Pensez-vous que ces mesures de sécurité soient suffisantes ?
Evidemment non. Nous demandons un renforcement drastique des procédures (en particulier des PPI), une amélioration de la transparence et des pouvoirs des Commissions Locales d’Information.
La sûreté et la sécurité doivent être drastiquement renforcées à court terme, bien au-delà des recommandations de l’ASN. Mais la seule véritable solution pour supprimer le risque est de sortir du nucléaire.
7. La catastrophe de Fukushima vous a-t-elle fait évoluer sur l’idée que vous vous faisiez de la sûreté nucléaire ?
Non, pas fondamentalement. Je suis confortée dans mes idées, et dans la conviction qu’il y a urgence à agir. Je ne cesse de me battre pour cela.
8. Selon vous, pourquoi n’a-t-on jamais demandé aux Français quelle énergie ils voulaient utiliser en priorité ? Seriez-vous favorable à l’organisation en France d’un débat national sur l’énergie suivi d’un référendum afin que la population choisisse en connaissance de cause les risques qu’elle est prête à assumer ?
Car le nucléaire a d’abord été une entreprise militaire, et que le nucléaire civil s’est imposé en conséquence, à la fois à des fins de justification des moyens nécessaires au nucléaire militaire et pour prouver que le nucléaire allait dans le « sens du progrès ».
De plus, la France est largement dirigée par une administration composée par les « Grands corps d’Etat » (corps des Mines, corps des Ponts notamment). Je pense que ces serviteurs de l’Etat sont persuadés d’agir pour le bien commun. Ils sont aussi persuadés que les enjeux complexes dépassent les capacités des citoyens. Ce qui est évidemment dangereux et absurde.
La France n’a jamais eu de débat réel sur l’énergie. Jusqu’à peu encore (peut être est-ce encore le cas ?), nos dirigeants sont persuadés qu’énergie est synonyme d’électricité, donc de nucléaire. Ils ont découvert, sans tout comprendre d’ailleurs (souvenez-vous du débat entre M. Sarkozy et Mme Royal il y a cinq ans), que le nucléaire ce n’est que 17% de l’énergie finale en France, et 2,2% de l’énergie finale dans le monde.
Nous avons besoin de faire de l’enjeu énergétique une question de société, dans lequel la question nucléaire fait partie, mais ne s’y résume pas. Nous pourrons montrer comment les énergies renouvelables et surtout les réductions de consommations par l’efficacité et la sobriété sont autrement plus puissantes que le nucléaire. Nous pourrons montrer que la lutte pour la protection du climat et la réponse à la raréfaction des ressources fossiles n’ont pas besoin du nucléaire. Nous pourrons montrer, bien au contraire, que le nucléaire porte un risque insupportable pour un bénéfice négligeable et qu’il bloque les alternatives.
Nous pensons qu’un référendum risquerait de simplifier à outrance la question de la transition énergétique et qu’une grande loi d’orientation permettrait davantage de garantir et de concrétiser la sortie du nucléaire et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
9. Souhaitez-vous ajouter autre chose sur le sujet de la catastrophe de Fukushima ?
Les conséquences de cette catastrophe, je les ai vues de mes yeux. Je les garde en mémoire et elles font partie de ces souvenirs révoltants qui me donnent le courage de continuer à me battre.
M. Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire)
Réponse non communiquée
M. Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)
Réponse non communiquée
M. Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste)
1. Quelle a été votre première pensée quand vous avez appris qu’une centrale nucléaire avait explosé au Japon ?
Que l’horreur absolue était en train d’arriver
2. Que pensez-vous de l’annonce de l’arrêt à froid des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en décembre dernier par le gouvernement japonais ?
C'est une annonce politique à la tonalité rassurante qui ne correspond pas à la réalité et confine à la désinformation. Dans le cas des trois réacteurs de Fukushima, l’arrêt à froid signifie que l’eau est en-dessous de 100°C et que le risque d’une reprise de la réaction de fission est écarté. Cependant beaucoup d’inconnues demeurent sur l’état des réacteurs : leur combustible a fondu et a formé un corium qui est tombé au fond de la cuve, puis l'a probablement traversée.. Personne ne sait aujourd'hui où se trouve exactement ce corium et nul ne peut présager de ce qui va se produire dans les semaines, mois ou années à venir.
3. Que pensez-vous de l’idée de la création d’une commission d’experts internationaux qui prendrait en charge le suivi du site de Fukushima ?
Nous n’avons pas confiance dans les « experts » internationaux qui sont pour la plupart inféodés au lobby nucléaire et en particulier les « experts » français. Si une telle commission devait être créée, elle devrait comprendre pour moitié au moins, des scientifiques militants dans les groupes d’opposition au nucléaire. Ce ne sera jamais le cas. Les japonais ne doivent compter que sur leur mobilisation et sur notre solidarité pour pousser les autorités à dire la vérité qui est connue des opérateurs.
4. Pensez-vous que les femmes de Fukushima ont raison de se mobiliser pour avoir les moyens d’évacuer leurs enfants des zones contaminées ?
Bien entendu !
5. Suite à la catastrophe nucléaire, des Japonais ont quitté leur pays car ils ne s’y sentent plus en sécurité. Seriez-vous favorable à la création d’un statut international de réfugié environnemental ?
Absolument
6. Lors de la catastrophe, le gouvernement japonais a fait évacuer une zone de 20 puis de 30 km en utilisant des cercles concentriques autour du site nucléaire. En France, en cas d’accident nucléaire, les Plans Particuliers d’Intervention prévoient l’évacuation d’une zone de 2 km, et le confinement de la population dans un rayon de 10 km. Pensez-vous que ces mesures de sécurité soient suffisantes ?
Elles sont tout simplement ridicules. Le gouvernement français a toujours fait preuve d’une inconséquence dramatique et potentiellement meurtrière en la matière.
7. La catastrophe de Fukushima vous a-t-elle fait évoluer sur l’idée que vous vous faisiez de la sûreté nucléaire ?
Non, nous étions déjà profondément antinucléaires et ne nous faisions aucune illusion sur la sûreté. Hélas nous avions raison.
8. Selon vous, pourquoi n’a-t-on jamais demandé aux Français quelle énergie ils voulaient utiliser en priorité ? Seriez-vous favorable à l’organisation en France d’un débat national sur l’énergie suivi d’un référendum afin que la population choisisse en connaissance de cause les risques qu’elle est prête à assumer ?
En réponse à la 1ère question, la raison est simple : nous évoluons dans une fausse démocratie dirigée en fait par le marché, les grands groupes et la classe politique à leur service. Les gens sont réduits à de simples électeurs pour ceux qui dirigent et décident et ne sauraient être considérés en tant qu'acteurs.
Sur le 2ème point : imaginer un vrai débat public national où toutes les positions auraient la même liberté de s'exprimer est d'une grande naïveté : aujourd'hui le pouvoir est totalement inféodé à Aréva et aux multinationales dont l'intérêt est de vendre des centrales nucléaires coûte que coûte. Les drames que le nucléaire provoque ne sont pour ces gens-là que des dégâts collatéraux nécessaires. Dans ce contexte, l'organisation d'un référendum est une mascarade de démocratie. Non seulement c'est un leurre de penser que les gens pourraient décider en connaissance de cause tant la propagande menée par les classes dirigeantes est puissante, mais ça devient un mensonge de laisser croire que ces mêmes classes dirigeantes respecteraient le résultat du vote si celui-ci leur était défavorable. (cf. le traité constitutionnel européen).
Pour nous, en France (comme dans le monde entier d’ailleurs) nous devons imposer la sortie du nucléaire par nos mobilisations qui devront être encore plus massives que vient de l'être la chaîne humaine du 11 mars. Pour nous y aider, les partis politiques devraient faire des propositions crédibles pour sortir du nucléaire et montrer que c’est techniquement et socialement possible. C’est ce que fait le NPA en popularisant un plan de sortie en 10 ans argumenté et chiffré.
Au NPA, nous ne nous retranchons pas comme certains derrière une proposition de référendum pour masquer notre absence de position sur la question.
9. Souhaitez-vous ajouter autre chose sur le sujet de la catastrophe de Fukushima ?
Oui, après la catastrophe de Fukushima où rien n'est définitivement sous contrôle, et malgré les efforts des travailleurs japonais qui tentent au péril de leur vie, d'empêcher un désastre encore plus grand, l'humanité est toujours sous la menace du pire. Cette tragédie a révélé au monde de façon encore plus évidente l'urgence absolue à se mettre à l'abri des méfaits du nucléaire. Accidents aux conséquences gravissimes, effets de la radioactivité sur la santé, production de déchets hautement nocifs et ingérables, énormes difficultés pour le démantèlement des centrales, pollution des rivières indispensables au refroidissement des réacteurs, production d'armes nucléaires..., les raisons de sortir du nucléaire sont multiples.
Il faut une voix pour le crier et dire qu'il est tout à fait possible de sortir rapidement du nucléaire. Hélas, à l'exception de quelques associations, le NPA est bien seul dans le monde politique pour faire des propositions en ce sens. Nous continuerons néanmoins et invitons tous ceux qui le souhaitent à prendre connaissance de notre scénario de sortie en 10 ans à cette adresse : http://www.npa2009.org/content/8-pages-npa-comment-sortir-du-nucl%C3%A9airepdf
Mme Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)
Réponse non communiquée
M. Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès)
Réponse non communiquée
M. François Bayrou (Mouvement Démocrate)
Réponse non communiquée
M. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)
Réponse non communiquée
M. François Hollande (Parti Socialiste)
Réponse non communiquée
Après le premier essai infructueux du 19 janvier 2012 pour essayer de mesurer le niveau de l’eau dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2, Tepco a réalisé hier une deuxième tentative qui cette fois a porté ses fruits.
Mais les nouvelles sont très mauvaises. Alors que l’opérateur évaluait la hauteur de l’eau de refroidissement à 3 m, elle a constaté une hauteur de seulement 60 cm en fond de
cuve de confinement. Cette nouvelle mesure, implacable, nous rapproche à nouveau du « scénario du pire », et cela le jour même, ironie du sort, où le candidat Nicolas Sarkozy affirme
que l’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire (1).
Cette image du Mainichi Daily News représentant grossièrement la coupe du réacteur n°2 est totalement surréaliste, montrant le corium comme une matière inerte qui se serait sagement confinée en fond de cuve de réacteur (RPV) et en fond de cuve de confinement (PCV). Elle essaie de faire croire aux Japonais que la situation est toujours sous contrôle alors qu’il n’en est rien.
Pourquoi ?
1) Parce qu’elle ne montre pas le percement du fond de la cuve du réacteur
2) Parce qu’elle ne montre pas le creusement du fond de la cuve de confinement.
3) Parce qu’elle ne montre pas les dégâts occasionnés par l’explosion qui s’est produite dans la piscine torique le 15 mars 2011 à 6h10 et qui lui a fait perdre son étanchéité.
4) Parce qu’une hauteur d’eau de 60 cm est ridicule pour refroidir une masse de 94 tonnes de combustible fondu.
5) Parce que la température de 48,5~50°C des 60 cm d’eau en fond de cuve semble incompatible avec la présence de corium qui a une décroissante thermique extrêmement lente.
Voici une infographie plus réaliste mais
tout aussi improbable, celle de NHK, qui place le niveau de l’eau de la cuve de confinement à hauteur de l’ouverture des tuyaux descendant vers la piscine torique, mais qui garde de l’eau en fond
de cuve de réacteur alors que celui-ci est percé… Le corium quant à lui n’est pas représenté.
Schéma NHK du réacteur 2
Tepco injecte actuellement 9 tonnes d’eau par heure dans le réacteur, soit 2,5 litres par seconde. Où va cette eau ? Elle se déverse probablement dans la piscine torique, puis va se perdre dans les sous-sols fracturés de la centrale, avant d’être à nouveau partiellement pompée pour être retraitée. On ne peut pas vraiment parler de circuit fermé comme on essaie de nous faire croire.
L’eau contaminée du sous-sol pourrait-elle rejoindre l’océan par les innombrables canalisations souterraines reliant la centrale à la côte ? (source du plan : Tepco)
Où se trouve le corium ? Les températures relevées dans l’enceinte de confinement laissent supposer qu’il ne doit plus être là. Selon Gen4, « la vérité est que les coriums ont depuis longtemps perforé la cuve réacteur (RPV), le confinement primaire (cuve PCV) et secondaire (le radier en béton ou une variante par l'anneau de surpression) et qu'ils se sont finalement réfugiés quelque part sous les bâtiments ». (lien)
Schéma Tepco
Il est même possible que le corium, dans l’hypothèse où il a pris le chemin de la piscine torique par les tuyaux de bas de cuve (2), ait plongé dans l’eau du réservoir circulaire, provoquant une explosion de vapeur, et non une explosion d’hydrogène. Cette hypothèse a d’ailleurs sans doute été retenue par l’IRSN qui, pudiquement, indique une explosion dans la piscine torique du réacteur 2 en précisant qu’il ne s’agit pas d’une explosion d’hydrogène.
Tepco, qui n’aime pas dire les choses comme elles sont, préfère carrément nier cette explosion, se déresponsabilisant ainsi de la perte d’un corium dans la nature, évènement qui n’est jamais arrivé dans l’histoire mondiale du nucléaire et qui fait partie du « scénario du pire ».
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(1) Discours du 26 mars 2012 à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux : « C’est un accord électoral entre des gens sectaires qui profitent de l’accident de Fukushima, qui n’est pas un accident nucléaire, pour jouer sur les peurs et pour casser le nucléaire français ».
On peut l’écouter ici à 9:39 : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=321997
(2) Les ouvriers de Tepco le pensent : http://fukushima-diary.com/2012/03/fukushima-worker-assumes-melted-fuel-has-gone-into-suppression-chamber/#.T3B7Ejw0_Lg.facebook
Hiroshima et
Fukushima.
Comment ne pas relier les deux évènements ? La fission de l’atome, la pluie noire, le césium, la contamination interne, la maladie, l’exclusion, la souffrance.
Voici le témoignage d’une survivante d’Hiroshima, Bun Hashizume, traduit par Pierre Régnier. Dans les moments les plus critiques, elle a toujours gardé la foi en l’humanité et en la bonté de chacun, trouvant les ressources qui lui ont permis de surmonter l’insurmontable.
Une leçon de vie et d’espoir pour tous les Japonais touchés par la catastrophe de Fukushima.
(Texte en japonais et en anglais plus bas)
Témoignage de Hashizume Bun, survivante d’Hiroshima
29 mars 2011
« Je suis une « atomisée » rescapée du bombardement d’Hiroshima. J’habite à Tôkyô. J’ai 80 ans.
Le 11 mars 2011, lorsqu’a eu lieu le Grand Tremblement de Terre du Nord-Est du Japon suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, j’étais en train d’écrire un livre sur le bombardement
atomique survenu soixante-six ans auparavant et sur la vie de la population civile d’Hiroshima avant et après le bombardement. J’avais déjà rédigé la majeure partie de cet ouvrage, mais accablée
par la douleur que provoqua en moi l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima, j’ai voulu finir la rédaction du dernier chapitre sur le lieu même du bombardement atomique, à
Hiroshima, ma ville natale.
Tard le soir, en foulant le sol d’Hiroshima, je sentais un lourd fardeau peser sur mes épaules et, pendant un temps, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre. A chaque fois que je
revenais à Hiroshima, j’avais pour habitude de commencer par me rendre à pied au mémorial pour les morts situé dans le Parc de la Paix et de discuter avec les membres de ma famille qui se
trouvent là, ainsi qu’avec mes amis, ou de simples connaissances, et avec tous ceux qui sont morts ce jour-là dans une horreur qui dépasse l’entendement. Mais cette fois-ci, plutôt que de prier,
je leur ai demandé :
Donnez-moi encore pour un temps la santé,
Donnez-moi de la force,
Dites-moi ce que je peux faire, guidez-moi s’il vous plaît.
Ce jour-là, j’ai été atomisée à 1,5 kilomètre de l’hypocentre de la bombe. J’ai été très gravement blessée et j’ai frôlé la mort mais j’ai pu survivre grâce à l’aide de trois personnes qui m’ont
sauvé la vie.
Lorsque nous vivions dans les baraques, je souffrais de maladies fulgurantes dues à la radioactivité telles que, par exemple, de fortes fièvres, des saignements de nez et des gencives, de
terribles diarrhées et vomissements, des taches pourpres sur tout le corps ou la perte des cheveux. Pourtant, là encore miraculeusement j’ai pu survivre. Cependant par la suite et jusqu’à
aujourd’hui, j’ai souffert de nombreuses maladies et il n’est pas un seul jour où j’ai été en bonne santé.
Parmi toutes les maladies, un des maux les plus pénibles est le « chancellement des atomisés ». Cette maladie se manifeste par un état d’épuisement difficilement supportable.
Plusieurs fois j’ai imploré le médecin « Docteur, ne serait-ce qu’une journée ou même une heure, faites-moi me sentir fraîche et légère. » Mais cela ne s’est jamais réalisé. En allant
me coucher le soir, je priais Dieu, « Faites que je ne me réveille pas demain matin. »
Toutes ces maladies étaient dues à l’irradiation interne. Toutes les substances contaminées par la radioactivité que nous avions ingérées, notamment l’eau que nous avions bue, la nourriture ou
l’air, ces substances continuent sans cesse leur réaction à l’intérieur même de l’organisme et bouleversent les gènes. Cela se poursuit jusqu’à la mort.
Finalement, récemment on en parle dans les médias : le césium qui détruit les fibres musculaires serait à l’origine du « chancellement des atomisés », et c’est ici, à
Hiroshima, que je l’ai appris tout dernièrement.
Ceux qui ce jour-là étaient sous la pluie noire, ceux qui sont entrés dans la ville pour venir secourir les victimes ou chercher des proches, mais pas seulement les victimes de la bombe, tous les
atomisés victimes des essais nucléaires, des accidents des centrales, tous ceux-là sont victimes d’irradiations internes.
L’irradiation interne a toujours été sciemment dissimulée. Maintenant, du fait de l’accident de la centrale de Fukushima, enfin, on voit apparaître le terme « irradiation
interne », mais on ne voit quasiment aucune explication précise de ce dont il s’agit.
Sans doute parce qu’alors il ne serait plus possible de continuer à développer l’exploitation des centrales nucléaires.
« L’énergie nucléaire est une énergie propre », « l’énergie rêvée » entendait-on à une époque mais, après les accidents des centrales de Tchernobyl et de Three Mile
Island, on l’entendait un peu moins.
Cependant, ces dernières années, beaucoup de pays dans le monde se sont remis à la course à la construction de centrales nucléaires. On a appelé cela « la Renaissance des centrales
nucléaires ». Voyant cette évolution, j’ai alerté sur le fait qu’inévitablement, dans un futur pas bien lointain, il y aurait quelque part sur terre un accident dans une centrale
nucléaire.
Cela se produit actuellement dans mon pays et qui plus est, chaque seconde, il y a des fuites ininterrompues de substances radioactives très concentrées. Il n’y a pas de moyen pour stopper cela
de façon sûre et l’on ne peut prévoir quand cette situation critique prendra fin.
Au Japon, pays de petite superficie et situé en zone sismique, il y a plus de 50 réacteurs nucléaires. De plus, ils sont regroupés et établis sur des plaques produisant de nombreux tremblements
de terre, régions à faible population.
Par ailleurs, à Fukushima, dans la centrale numéro 1 de Fukushima, il y a six réacteurs qui forment une chaîne s’enfonçant dans la spirale du danger. En outre, à la centrale numéro 2 de
Fukushima, il y a aussi quatre réacteurs qui ont subi des dommages. Après le grand tremblement de terre du Nord-Est, le 15 mars, il y a eu un grand tremblement de terre à Shizuoka. On dit que,
dans première moitié de ce siècle, se produira inévitablement Le Grand Tremblement de Terre du Tôkai et de la Baie de Suruga. C’est là que se trouve l’une des centrales majeures qu’est celle de
Hamaoka.
Sur la zone très sismique de la côte de la Mer du Japon, les centrales nucléaires sont nombreuses, en particulier dans la préfecture du Fukui que l’on appelle « le Ginza des centrales
nucléaires » (en référence au quartier très animé et dense de Ginza à Tôkyô).
À la population du Japon,
Est-ce une bonne chose que le Japon, victime des bombes atomiques soit devenu le pays coupable d’une telle émission de radioactivité ?
Il n’y a plus de temps à perdre. Agissons pour que soient arrêtées les centrales actuellement en activité.
Aux populations du monde entier, je vous en prie, apportez-nous votre soutien.
Demandons haut et fort que sur la Terre, naturellement, il n’y ait plus de construction de centrales nucléaires, mais aussi que l’on stoppe toutes les centrales en activité et que soient
reclassés les réacteurs nucléaires.
En tant qu’atomisée de la bombe, j’ai lutté contre le nucléaire au Japon et à l’étranger. Cela parce qu’il y a la menace que la vie sur Terre soit détruite, non seulement par les bombes atomiques
ou les bombes à hydrogène, mais aussi par les centrales nucléaires.
Même lors de leur fonctionnement ordinaire, les centrales nucléaires rejettent de petites quantités de particules radioactives qui contaminent la mer, l’air et le sol. La dangerosité de ces
rejets de particules radioactives en faibles quantités est occultée.
Il n’y a pas que l’être humain qui ait reçu la vie sur Terre. N’est-il pas indécent que l’être humain, pour son propre bénéfice, sacrifie les autres espèces vivantes ?
Ouvrir la voie vers une vie en harmonie avec la nature ne devrait-il pas être la sagesse humaine ?
Par ailleurs, nous qui vivons entre le 20ème et le 21ème siècle, nous ne nous sommes vus confier qu’un court laps de temps dans la longue histoire de l’humanité. Est-ce que nous ne sommes pas
simplement supposés passer le relais entre nos aïeux et les générations à venir ?
Nous, les atomisés des bombardements ainsi que les atomisés des accidents des centrales nucléaires et des essais nucléaires, avons souffert toute notre vie ; de même, les atomisés de
l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima souffriront désormais sans cesse.
On voit tous les jours dans les médias les gens endurer des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés.
Et en voyant des nourrissons innocents et des enfants ne pas perdre leur vitalité même dans de telles conditions, j’ai le cœur meurtri mais j’y vois en même temps un espoir.
La radioactivité est particulièrement nocive pour les enfants et empêche leur croissance.
La radioactivité ne connaît pas les frontières.
Pour secourir les enfants qui sont l’avenir,
Tous ensemble, dans le monde entier,
Donnons-nous la main et levons-nous contre le nucléaire »
source : http://autreinfo.free.fr/Fukushima.htm
Qui est Hashizume Bun ?
Madame Hashizume
Fumiko, Hashizume Bun de son nom de plume, est née à Hiroshima en 1931. A quatorze ans, elle se trouvait à moins d’un kilomètre et demi de l’hypocentre de l’explosion atomique, le 6 août 1945, à
8 h 15. Gravement blessée, elle a survécu miraculeusement non seulement à ses blessures mais aussi à la famine et aux maladies qui s'ensuivirent. Durant plusieurs décennies, comme la plupart des
hibakusha (survivants des bombardements atomique), elle ne parvenait pas à évoquer le sujet, se refusant à se remémorer les événements. Elle est finalement parvenue à décrire l'horreur et les
conditions extrêmes de la survie après le bombardement en écrivant un livre.
A l’âge de 76 ans, elle a engagé toute son énergie pour témoigner à travers le monde du drame humain qu'elle et les siens ont vécu. Elle a notamment fait de nombreuses conférences en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon.
Elle est l'auteur de divers ouvrages en japonais, notamment des recueils de poésie.
Son autobiographie, témoignage de ce qu'ont vécu les habitants d'Hiroshima, est disponible en langue française : « Le jour où le soleil est tombé - J'avais 14 ans à Hiroshima », 2007, Ed. Cénacle de France, 219 p.
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En savoir plus
Autour du témoignage d’Hashizume Bun, survivante d’Hiroshima
Photo entête : lumières d'espoir devant le mémorial d'Hiroshima
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Texte original
橋爪文さん 「広島から日本のみなさん、世界のみなさんへ」
私は広島の被爆者で、東京在住、現在八十歳です。
二〇一一年三月十一日、東日本大震災が起こり、続いて福島原発事故が発生したとき、私は六十六年前の原爆被爆と、その前後の市民たちの暮らしについて執筆中でした。
大半を書き終えていた私は、福島原発事故を痛く重く心に抱き、最終章は故郷広島の原爆の原点に立って書き終えたいと思いました。
夜遅く広島の地を踏んだとき、私は両肩に重い負荷を感じ、一瞬足が前に進みませんでした。
帰広する度に私は先ず平和公園の慰霊碑に足を運び、碑の中の親族、友人、知人、そしてあの日、想像を絶する惨状の中で死んでいった人びとと対話するのが常でしたが、今回は祈るというよりお願いをしました。
私に、いましばらくの間、健康を与えてください。
私に、ちからを与えてください。
私に、何ができるのか教え、導いてください。
私はあの日、爆心地から約一・五キロメートルの地で被爆し、瀕死の重傷を負いましたが、三人の人に助けられ生きのびることができました。
焼け跡でのバラック生活の中で、高熱、鼻や歯ぐきからの出血、ひどい下痢、嘔吐、全身の紫斑、脱毛など、急性の原爆症に苦しめられましたが、このときも奇跡的に生きのびることができました。
しかし、その後、現在に至るまで、次々とさまざまな病気に苦しめられ、一日として健康体であった日はありません。
中でも特に辛かったのは、「原爆ぶらぶら病」でした。
症状は、耐え難いほどの倦怠感です。
私は医師に何度かお願いしました。
「先生、一日でも、一時間でもいいですから、爽やかで軽いからだにしてください」
でも、それは叶いませんでした。
私は夜寝るときに神に祈りました。
「明日の朝、目が覚めませんように」
それらはすべて放射線による内部被曝によって起こりました。
放射性物質を含んだ水、食物、空気などを体内に取り込むと、その物質が体内で絶え間なく核分裂を起こして細胞を破壊していき、遺伝子を狂わせます。それは死ぬまで続きます。
最近ようやくメデイアにその名前が出てきた「セシウム」が「原爆ぶらぶら病」の原因で、それが筋肉にダメージを与えると、ここ広島で聞きました。
あの日、黒い雨に遭った人、救援や人を探しに市内に入った人たち、また原爆だけではなく、核実験、原発事故の被曝者たちもみんな内部被曝者です。
内部被曝については、ずっと隠蔽されてきました。
今回の福島原発事故によって、やっと「内部被曝」という言葉が出てくるようになりましたが、それがどういうものかについて詳しい説明はありません。
原発行政が進められなくなるからです。
原発がクリーンエネルギー、夢のエネルギーともてはやされた時期もありましたが、チェルノブイリやスリーマイル島の原発事故の後、少し控えられていました。
それなのに近年、世界の多くの国が競って原発を造ろうとしています。それを原発ルネッサンスなどと呼んでいますね。
この傾向を見て、私はあまり遠くない将来、必ず地球上のどこかで原発事故が起こると思って警告していました。
それが現在、私の国で起こり、しかも毎秒高濃度の放射性物質を漏らしつづけています。それを止める確固とした手立てもなく、危機的な状態が終わる見通しはたっていません。
国土の狭い、地震国の日本に五十基を超える原発。しかも地震多発のプレートの上に、過疎地に集中して建てています。
今回の福島原発も第一原発には六号機まであり、それらは連鎖して危機に陥っています。
また、福島第二原発にも一号機から四号機まであり、それらもダメージを受けています。
東北の大地震のあと三月十五日には、静岡でも大きな地震が起きました。東海、駿河湾の大地震は、今世紀前半に一〇〇%起こるといわれています。しかも直下型。その上には最大級の浜岡原発があります。
地震の多い日本海側にも原発銀座と呼ばれる福井県をはじめ、多くの原発があります。
日本のみなさん
原爆被爆国の日本が放射能発生加害国になっていって良いのでしょうか?
時間はありません。現在稼働している原発を止めるように働きかけましょう。
世界の皆さん
加勢してください。
そして、地球上に新しい原発を造ることはもちろん、いま稼働しているすべての原発を止め、廃炉にするように声を上げましょう。
私は被爆者として国の内外で反核を訴えてきました。それは原爆・水爆だけではなく、原発が地球上の生命を滅ぼす日が来ることを恐れてのことです。
原発は正常に稼働しているときでさえ、常に微量の放射性物質を放出し、海、空、土を汚しています。
微量放射線の危険性についても隠蔽されています。
地球上に生を受けているのは人間だけではありません。人間が自らの利得のために、他の生物を犠牲にするのは不遜ではないでしょうか?
自然と調和して生きていく道を拓くのが、人間の英知ではないでしょうか?
また二十世紀から二十一世紀に生きる私たちは、長い人類史のほんの一刻を与えられているに過ぎません。先達から引き継ぎ、未来へバトンタッチをする、ほんの一刻を預かっているだけではないでしょうか?
私たち原爆被爆者や、原発事故・核実験などによる被曝者が一生苦しんできたように、福島原発事故による被曝者たちが、これから苦しみつづけることになります。
避難所での厳しい生活にひたすら耐えている人びとの様子が毎日報道されます。
そんな中にあっても、無心な乳幼児、活力を失わない子どもたちの姿に、私は心を打たれると同時に、そこに希望を見るのです。
放射能は、子どもたちに特に大きな被害を与えて、彼らの成長を妨げます。
それなのに、政府や電力会社はこの狭い地震国・日本にさらに十基以上を建て続けるというのです。
放射能に国境はありません。
未来を拓く子どもたちを救うためにも
世界中のみなさん
共に手を取り合って、反原発に向けて立ち上がりましょう。
Version anglaise
APPEAL OF HASHIZUME BUN, A-BOMB SURVIVOR OF HIROSHIMA,
TO THE PEOPLE OF JAPAN AND THE PEOPLE OF THE WORLD
March 29, 2011
My name is Hashizume Bun and I am an A-bomb survivor of Hiroshima. I live in Tokyo and I am now 80 years old. When the Great Eastern Japan Earthquake occurred on March 11, 2011, which triggered
the crisis at the nuclear power plant in Fukushima, I was in the midst of writing about the radiation exposure wrought by the atomic bombing of 66 years ago and about the lives of Hiroshima
citizens before and after the blast.
Though much of my writing had already been completed, I was deeply pained by the accident involving the Fukushima nuclear plant and I felt that I would like to conclude my thoughts—and share this
conclusion in English as well—from the vantage point of the atomic bombing of Hiroshima, my hometown.
When the earthquake struck, I was in Tokyo; afterwards, I came to Hiroshima. When I reached the A-bombed city, it was late at night and I felt a heavy weight on my shoulders. It took a moment for
me to take my first steps.
Every time I return to Hiroshima, I first visit the memorials standing in Hiroshima Peace Memorial Park and I speak to my family members, friends, acquaintances, and other victims who perished in
the unimaginable horror of the atomic bombing. This time, however, I asked them to hear my wish, rather than my prayer.
Please enable my health to hold.
Please enable my strength.
Please guide me, and lead me, in my efforts.
On the day of the atomic bombing, I was exposed to the bomb’s radiation at a location 1.5 kilometers from the hypocenter. I was also injured severely, but I managed to survive the blast with the
help of others.
After the war, I lived in a makeshift hut in the burned-out city and I suffered from acute symptoms of radiation exposure, including a high fever, bleeding from my gums, dreadful diarrhea,
vomiting, purple spots that covered my body, and hair loss. It was a miracle that I again survived.
Since that time, right up to today, I have suffered from a series of illnesses and I have never enjoyed a single day of fine health.
Among the many illnesses, one has been particularly difficult. The symptom of this “A-bomb disease” is unbearable fatigue. I begged my doctor to make me feel fresh and light again, if only for a
day, if only for an hour, but it did not happen. When I went to sleep at night, I prayed to God: “Don’t let me wake up tomorrow.”
All this poor health was caused by internal exposure to the bomb’s radiation. Once radioactive materials are ingested in the body through contaminated water, food, or air, these substances
continue to be radioactive without end, destroying the body’s cells and damaging genes. This is a lifelong fate.
I did not know until my recent visit to Hiroshima that the substance called “Cesium,” which has been a familiar talking point of the media these days, damages the muscles and induces the awful
“A-bomb disease.”
People who were doused by the black rain or entered the city to aid the relief efforts or search for the missing all became victims of internal exposure. And beyond the A-bomb survivors, those
who have suffered nuclear tests or accidents at nuclear power plants are also victims of internal exposure to radiation.
Information about internal exposure to radiation has been hidden from the public for a long time. Since the accident at the Fukushima nuclear plant, the expression “internal exposure to
radiation” is finally being uttered, but no detailed explanations have been forthcoming. Revealing such information will make it difficult for the government to continue pursuing nuclear
energy
Nuclear energy had once been praised as “clean energy,” even “ideal energy,” but this enthusiasm cooled somewhat after the accidents at the nuclear power plants at Chernobyl and Three Mile
Island. In recent years, however, many nations have been constructing nuclear power plants and the age has been dubbed a “renaissance” of nuclear energy. As I watched this phenomenon unfold, I
couldn’t help but feel that one day, not far in the future, there would undoubtedly be another accident at a nuclear power plant somewhere in the world.
That accident has occurred in my own country, and the crippled nuclear plant is now continuously leaking a large volume of radioactive materials into the environment. There is no foolproof way to
stop it, and no end to the crisis is in sight. In the small nation of Japan, which suffers from frequent earthquakes, more than 50 nuclear reactors have been built. These nuclear reactors loom
mainly in depopulated areas, on sites within active earthquake zones.
The Great Eastern Japan Earthquake has compromised the six reactors at the nuclear power plant in Fukushima. Experts warn that further earthquakes of this magnitude—earthquakes that will strike
in the vicinity of other nuclear power plants—will occur with 100% certainty in the none-too-distant future.
To the people of Japan, I ask: Will we simply accept the fact that Japan, the A-bombed nation, ultimately brings about a catastrophe of worldwide radiation exposure?
Time is of the essence. We must work together to halt the nuclear power plants now in operation. People of the world, join hands and speak out to stop the construction of any additional nuclear
power plants, speak out to shut down every nuclear power plant on earth.
As an A-bomb survivor, I have long been opposed to nuclear energy in Japan and internationally. This is because I have feared not only nuclear bombs, but also the possibility that one day nuclear
energy would destroy all life on the planet. Even operable nuclear power plants are continuously releasing small amounts of radioactive materials into the environment, contaminating the soil, the
sea, and the sky. The danger of these small amounts of radioactive materials is being concealed, too.
Human beings are not the only living things. Is it not arrogance for human beings to sacrifice other living things simply for our own benefit? Would it not be wiser for human beings to seek
harmony with nature? Humanity in the 20th and 21st centuries is offered only a moment in the long history of our species. That brief moment has been bequeathed by our ancestors, which we, in
turn, bequeath to our descendants.
Like the A-bomb survivors, and the sufferers of nuclear tests and nuclear power plant accidents, the victims of the accident at the Fukushima nuclear power plant will face suffering throughout
their lives. The people displaced by the multiple disasters in eastern Japan are braving difficult days in shelters. But even amid such conditions, the children retain their innocence and hope
and I am moved and find hope in them.
Radiation is especially damaging to children and their growth. Nevertheless, the Japanese government and electric power companies say they will persist in the construction of more nuclear power
plants in Japan, in this small nation continually shaken by earthquakes.
Radiation respects no border. To save our children, the future of our species, I call on the people of Japan, and the people of the world, to stand together and oppose the continuation of nuclear
energy.
(source des textes japonais et anglais :
http://ameblo.jp/hibakushaglobal/entry-10902685850.html)
En ce mois de mars 2012, comme un écho au combat des 100 femmes de Fukushima, un nouvel appel vient d’être lancé, l’Appel
des Femmes pour l’Arrêt Immédiat du Recours à l’Énergie Atomique.
« Certaines d’entre nous sont connues. D’autres moins. D’autres pas du tout. Certaines sont des militantes de longue date. D’autres ne militeront jamais. Certaines sont des amies proches. D’autres affichent de profonds désaccords entre elles sur quantité de terrains.
Mais, toutes, nous partageons désormais la conviction de la nécessité vitale d’un arrêt immédiat du recours à l’énergie nucléaire. Qu’il s’agisse de production d’électricité ou d’armement (…) »
Lire la suite de l’appel, connaître les signataires, signer : une seule adresse !
A cette occasion, je voudrais faire connaître deux témoignages qui m’ont touché, ceux de Cécile et d’Aizen, toutes deux engagées dans la lutte antinucléaire par diverses actions, en particulier l’information. Il n’est pas inutile ni futile de savoir ce que ressentent les gens. Depuis Fukushima, leur vie a changé, et elles ne sont pas les seules à penser et à vivre différemment depuis mars 2011.
Le témoignage de Cécile
(texte original en anglais ici, traduit par Bibou Gaiga Kaunta)
« Je ne suis pas japonaise, et je ne vis même pas au Japon. Mais la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi a changé ma vie ...
Lorsque le tremblement de terre et le tsunami sont survenus, j'ai été choquée et accablée par la tragédie du peuple japonais.
Et puis, c'est arrivé ...
A ce moment là, je ne savais rien du tout sur l'énergie nucléaire. Bien que je sois française,... enfant à l'époque de Tchernobyl, j'étais juste aveugle...
Lorsque Fukushima a commencé, j'étais un adulte. J'ai pu trouver des informations par moi-même. Maintenant, je vois ...
Je vois la souffrance des personnes au Japon ...
Je vois des enfants froidement sacrifiés pour le profit ...
Je vois des parents aux prises avec la peur ...
Je vois le silence étouffant ...
J'entends le cri long et profond de l'homme face à l'injustice ...
Et, juste au-dessus de cette montagne de colère et de douleur, je te vois, mon fils, entouré par l'horreur et le danger ... Le monde était plein de fleurs et de papillons, il est maintenant un
endroit pour les radionucléides et les larmes ...
Et c'est de ma faute, parce que je n'ai jamais rien fait pour éviter cela ...
Le 11 mars 2012, comme chaque jour depuis 2011, levons-nous !
... De sorte que tous les gens qui vivent au Japon savent que nous pensons terriblement à eux,
... Afin que tous les différents pouvoirs publics dans le monde sachent que nous ne pourrons jamais pardonner leurs crimes contre le peuple du Japon,
... Nous allons nous battre ensemble pour exiger l'arrêt des centrales nucléaires à travers le monde.
Alors tous nos enfants pourront jouer dans un grand jardin,
plein de fleurs et de papillons ...
C'est peut-être notre dernière chance ... »
Le témoignage d’Aizen
« Cette année a été la plus longue, la plus usante, la plus éreintante que j’ai jamais connue. Je crois que par la force des choses, j’ai enfin appris ce que voulait dire l’expression :
se battre pour une cause qui nous tient à cœur.
(…)
Au delà même de la tristesse que je ressens face à la catastrophe de Fukushima, souvent, ce qui me fait le plus de peine, c’est de constater un déni constant de réalité chez bien des individus. Régulièrement on m’a traitée de fataliste. Mais je ne le suis pas, je suis simplement lucide.
J’aime le Japon plus que quiconque. C’est ma patrie, je suis née là bas, j’ai de la nostalgie, un amour incommensurable pour ce pays. Mais l’amour ne me rend ni aveugle, ni inconsciente.
Les gens ont souvent peur de voir la réalité en face. Ils aimeraient que les choses ne soient pas aussi cruelles, ils espèrent toujours qu’il puisse exister des circonstances atténuantes. Seulement voilà: il ne peut y avoir de circonstances atténuantes face à une catastrophe nucléaire. On peut se battre pour et contre beaucoup de chose, sauf contre la radioactivité.
C’est logique, implacable, mathématique : il faut évacuer les zones contaminées. La limite autorisée pour l’exposition de la population aux rayonnements artificiels, en France est de 1 mSv/an/personne. Je vous laisse faire vous même le calcul des zones potentielles à évacuer au Japon. Relever les limites d’exposition est un crime. Je ne cesserai à jamais de le dénoncer.
Dimanche, je n’ai pas commémoré les 1 an de Fukushima, parce que je n’ai cessé de commémorer toute l’année. 1 an vient de passer mais rien n’est terminé. J’ai peur qu’après cet anniversaire les gens puissent oublier plus facilement. Tout ne fait que commencer. Le 11 mars 2012, je l’ai passé avec mes proches, dans un recueillement silencieux.
Je ne prie plus depuis longtemps, car je sais que mes prières n’auront jamais aucune influence sur la radioactivité, mais je médite pour évacuer ma rage, mon indignation, ma colère face à ce gouvernement japonais irresponsable et laxiste, face à Tepco qui cache les informations, face à la désinformation dans le monde entier, face aux négationnistes qui constamment se permettent de minimiser les conséquences et la souffrance d’un peuple…
Mais j’évacue mes ressentiments, car pour aider les autres et ce monde, il ne peut y avoir de place pour la haine. Il faut apprendre alors à avoir de la compassion même pour nos ennemis… »
(…)
Lire la suite ici :
Lors d’une émission intitulée "Morning Bird" sur TV Asahi, diffusée en direct le 8 mars 2012, les Japonais qui pensaient que la catastrophe nucléaire de Fukushima était terminée ont été frappés de stupeur en écoutant une interview d’Hiroaki Koide. « Si la piscine de l'unité 4 fuit, c'est la fin », a-t-il déclaré.
Qui est Hiroaki Koide ?Soutien au blog de Fukushima
Chaîne vidéo du blog de Fukushima
BD : Fukushima-Chronique d'un accident sans fin (Bertrand Galic, Roger Vidal)
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Présentation de la BD par l'éditeur
Dossier documentaire 10 pages sur Fukushima (Pierre Fetet)
Dossier sur le rejet des eaux contaminées dans le Pacifique
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« Fukushima - Rejets dans le Pacifique : clarification et mise en perspective »
Une analyse critique des données concernant les rejets des eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi initiés en août 2023, dossier réalisé par la CRIIRAD qui tente de répondre à ces questions : Quels sont les principaux défis auquel est confronté l’exploitant de la centrale ? Quels sont les éléments radioactifs rejetés dans le Pacifique ? Les produits issus de la pêche sont-ils contaminés ? Est-il légitime de banaliser le rejet d’éléments radioactifs, notamment du tritium, dans le milieu aquatique ? Qu’en est-t-il en France ?
Spectacle
Le spectacle d'Audrey Vernon "Fukushima, work in progress" est disponible en ligne à cette adresse :
https://www.imagotv.fr/spectacles/fukushima_work_in_progress
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« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)
Les Éditions de Fukushima : des livres à télécharger et à diffuser librement
Le dernier livre de Jean-Marc Royer
Le dernier numéro d'Atomes crochus
Frankushima : un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France. Site dédié : frankushima.com

Un livre essentiel sur les conséquences de Tchernobyl

Télécharger la version française ici.
Un livret pour tout apprendre sur le nucléaire !