30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 00:28
- Tepco a édité cette vidéo de la visite du bâtiment du réacteur n°2 de la centrale de Fukushima Daiichi, le 8 juillet 2011, à l’aide du robot Quince. Cryptome l’a diffusé sur youtube.

 
 
 source originale à télécharger :
 
Dans le même temps, Tepco a donné le plan du bâtiment de l’unité 2, pour les niveaux 1, 2 et 3 :
 
plan reacteur2
 
 
source :
 
 
- Le 26 juillet, c’est au tour du bâtiment 3 de recevoir la visite du robot Quince, puis de 11 employés le 27.

 
 
source originale à télécharger :

 

 

Du coup, on obtient également le plan du bâtiment 3 (niveaux 1 et 2), grâce à un document au format pdf. fourni par Tepco :

 

tepco-plan-reacteur3a.jpg
 
tepco-plan-reacteur3b.jpg.
 

Les photos suivantes sont tirées de la vidéo (dernière photo : impossible de monter plus haut, trop de dégats)

 tepco-video-reacteur3.jpg
 
tepco-video-reacteur3b.jpg
 
tepco-video-reacteur3c.jpg
 
tepco-video-reacteur3d.jpg
 
tepco-video-reacteur3e.jpg.
photos Tepco meilleure définition :
 
Dans ce bâtiment, on a mesuré 280 mSv/h comme indiqué sur ce document :
 
reacteur3-mesure-radioactivite.jpg
 
source :
 
 
- Enfin, retour sur la visite des experts de l’AIEA à Fukushima du 22 mai au 2 juin 2011.
Une série de photos à découvrir, tirées du site de l’AIEA
 
aiea-juin-2011.jpg
 
 
Lien vers les autres photos ici
 
aiea2.jpg
 
 
 
 
____________________________
 
Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :
 
Shéma : plan du niveau technique de l’unité 4
Photos : piscine de l’unité 4
Album : photos prises par un liquidateur
Vidéo : reportage sur Fukushima et Tchernobyl
 
Photos : les systèmes de décontamination de l’eau
Schéma : fuite du corium dans le sol
 
Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2
Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur
 
Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA
 
Photos : réacteur 4
Webcam Tepco : enregistrements sur youtube
Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale
 
Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4
 
Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi
Webcam de la centrale par Tepco
 
Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi
 
Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi
 
Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4
Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots
 
Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Photos : tous les clichés fournis par Tepco
Vidéo : zone interdite
 
Webcam de la centrale par Weather Online
 
Vidéos : survol des réacteurs avec des drones
Vidéos : des robots filment au sol
 
Photos : les 15 séries de photos de Cryptome
 
Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth
 
 
 

Partager cet article

Repost0
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 01:18

 
 
La  population de Fukushima, abandonnée par les autorités politiques, vit des heures terribles. Il n’est pas besoin de commenter cette vidéo, les images et les paroles en disent assez pour savoir ce que ces Japonais endurent aujourd’hui, en 2011, suite à un accident nucléaire. Il faudrait être un doux rêveur pour imaginer que cela puisse se passer autrement en France dans la même situation de contamination radioactive généralisée d’un territoire. Comme cet homme que l’on voit à la fin du reportage, je me demande si les pronucléaires ont des enfants…
 
 
 
Cette vidéo suscite l’émoi sur le net, comme en témoignent par exemple les articles de Bigorneau ou Cécile Monnier, dont vous trouverez les liens ci-dessous.
 
 
 
Vivant à Tokyo, je dénonce ce gouvernement irresponsable
par Bigorneau
26 juillet 2011, Rue89
Plus de quatre mois après le séisme de magnitude 9 et l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, la situation n'est pas maîtrisée, et elle apparaît même bien pire que prévu (certains experts l'annoncent pire que Tchernobyl). Je vis à Tokyo, depuis près d'un an, et la gestion de la catastrophe par le gouvernement japonais me révolte. Mais, comme la majorité des Japonais que je connais, je ne dis rien, parce que ça fait trop peur de penser à ça tous les jours. C'est plus simple quand on ne sait pas. Cependant, un soir, j'ai vu cette vidéo. Je suis écœurée, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
(…)
 
A Fukushima, le gouvernement japonais assassine sa population…
Une vidéo mise en ligne par la population de Fukushima jette un pavé dans la marre. Alors que la contamination radioactive n’a jamais cessé, le gouvernement refuse d’aider les parents à mettre leurs enfants à l’abri. Pire encore, les mesures prises pour contrôler l’information et préserver la ligne officielle visent à contraindre les habitants à rester chez eux. Un comportement délibéré qui pourrait bien être caractérisé de crime…
(…)
 
 
 
(1) Merci à Hervé, du groupe Fukushima informations pour la traduction française, et à TheGuillaumes pour avoir inséré le sous-titrage en français dans la vidéo. Pour avoir le texte complet des dialogues, se reporter au bas de cette page.
 
 
----------------------------------------------
 
Pour s’informer sur les dernières actualités concernant la catastrophe de Fukushima et ses conséquences, voici une sélection de quelques articles intéressants parus ces dernières semaines. Désormais, vous pourrez retrouver cette page actualisée d’articles référencés dans le menu « archives » du blog de Fukushima.
 
Fukushima: quelle est la situation de la centrale?
par Cécile Dumas
4 mois et demi après l’accident, provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars, que se passe-t-il à la centrale de Fukushima-Daiichi ? Le point sur une situation toujours très critique.
(…)
 
Le METI avait prévu le pire : le Melt-through
par Trifouillac
23 juillet 2011, Gen4
Le Ministère de l'Industrie Japonais avait prévu le type d'accident rencontré à Fukushima : La perte des systèmes de refroidissement, la création du corium et le percement des 2 cuves par ce dernier. Le réacteur concerné est un GE Mk1 similaire à l'unité 1 de Fukushima Daiichi.
(…)
 
Kotoé a vécu Fukushima comme un tremblement intérieur
entretien avec Kotoé Makino, artiste et danseuse japonaise.
22 juillet 2011, Ouest-France
Née à Tokyo, cette Japonaise de 34 ans est arrivée en Bretagne il y a trois ans et s'est établie à Peumerit-Quintin depuis un an. Cinq mois après la catastrophe de Fukushima, elle raconte comment elle a vécu, à distance, ces événements.
(…)
 
Pendant les travaux, la contamination continue
par François Leclerc, économiste
21 juillet 2011, blog de Paul Jorion
Le typhon Ma-On, qui menaçait la centrale sinistrée de Fukushima, l’a finalement épargnée pour aller se perdre dans l’océan. Comme lors de l’épisode précédent, des mesures de fortune avaient été prises par Tepco, l’opérateur, n’empêchant pas le niveau de l’eau contaminée de dangereusement monter dans les sous-sols en raison des pluies diluviennes.
(…)
 
La ruine et le désespoir des éleveurs de Fukushima
nouvelle AFP
20 juillet 2011, Le Point
"De nombreuses vaches sont mortes après l'accident nucléaire car les éleveurs n'ont pu les nourrir. Maintenant, c'est à notre tour de mourir de faim." Le paysan Masami Yoshizawa est désespéré par l'interdiction du boeuf de Fukushima, qui le prive de son gagne-pain. Comme les autres éleveurs de cette préfecture du nord-est du Japon, Yoshizawa a vu sa vie basculer le 11 mars à cause de l'accident à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, inondée par un tsunami géant consécutif à un séisme sans précédent.
 
Le plongeon de l’uranium n’aura pas lieu
par Camille-Yihua Chen
19 juillet 2011, L’édito matières premières and Co
La peur du nucléaire couvait sous la braise ; la catastrophe de Fukushima l’a ravivée.
Au milieu d’un concert de protestations contre l’atome civil, l’uranium — minerai indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires — a vu son élan haussier se briser net. De 61,35 $ la livre le 24 mars, le cours du yellowcake (poudre d’uranium) est retombé le 24 juin à 54,25 $ la livre. Une chute de plus 13% en trois mois.
(…)
 
 
Japon: nouvelle crise autour du bœuf contaminé par la radioactivité
par Cécile Dumas
19 juillet 2011, Sciences et Avenir
Plusieurs centaines de têtes de bétail contaminées par la consommation de fourrage radioactif ont été vendues au Japon. Une crise dont l'ampleur s'accroît de jour en jour. Au Japon, le nombre de têtes de bétail commercialisées contaminées par du césium se monte à 578 entre la fin mars et le début juillet, selon les informations de la chaîne japonaise NHK. Après les légumes, le lait, le thé, les produits de la mer et les champignons shiitaké, c’est au tour du bœuf d’alimenter les craintes sanitaires des Japonais suite à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.
(…)
 
 
Après Fukushima : une extension massive de l'industrie nucléaire mondiale se prépare
par William Whitlow
16 juillet 2011, World Socialist Web Site
Un rapport de l'Economist Intelligence Unit [le service de recherche et d'analyses du journal The Economist, ndt] prédit une croissance massive sur toute la planète de la production d'énergie nucléaire au cours de la décennie à venir. La prise en compte du désastre de Fukushima, considéré maintenant comme le pire accident industriel de l'histoire, devrait être minime.
(…)
 
Enfin l’ère postnucléaire
par Ulrick Beck, sociologue, philosophe
(traduction : Olivier Mannoni)
9 juillet 2011, Le Monde
Ce qui suit présente certaines des recommandations d'experts ayant servi de base à la politique d'Angela Merkel, qui prévoit la mise en place d'alternatives au nucléaire d'ici à 2021. L'Allemagne pourrait montrer qu'une sortie de l'énergie nucléaire est une opportunité de créer une économie de pointe.
(…)
 
 
-------------------------------------------
 
Traduction française de la vidéo:
« Les autorités japonaises face à la colère des habitants de Fukushima »
Le 19 Juillet à Korahi, ville de Fukushima, les gens face à Akira Sato, directeur du Département des urgences nucléaires locales :

Ne pensez-vous pas que les gens de Fukushima, comme les autres gens, ont le droit de s'échapper pour ne pas être exposés à la radioactivité ?

A.S. Le gouvernement essaye de réduire le taux d'exposition autant que possible.

Vous ne répondez pas à sa question!
Comme cela, vous dites qu'ils n'auraient pas ce droit? Ils ont bien ce droit, n'est-ce pas?

A.S. Je ne sais pas s’ils ont ce droit.

Quoi? Alors vous aussi vous n'en avez pas le droit !
Alors vous aussi, vous-même vous pensez que vous n'avez pas le droit de vivre une vie en bonne santé ?
Réponds-moi !
Vous pensez que les gens de Fukushima n'ont pas des Droits de l'Homme ?
Vous voulez dire qu'il existe une différence de standard d'exposition à la radioactivité pour la préfecture de Fukushima et pour les autres préfectures ?

A.S. Ce que je dis c'est que le gouvernement a essayé de réduire autant que possible le taux d'exposition.

Vous n'avez pas répondu à sa question !
Le gouvernement applique un standard différent pour les gens de Fukushima, c'est ça ?

A.S. J'ai déjà dit tout ce que je peux dire.

Quoi ?
Il y a des gens à Fukushima qui veulent évacuer. Prenez la responsabilité de les évacuer s'il vous plait.
Veuillez nous donner une réponse, un commentaire de votre part.
S'il vous plait répondez !
Assez de temps de réflexion, répondez-nous!

A.S. Bien, vous êtes libres d'évacuer à vos propres risques.
Si les gens vivent dans un endroit en toute sécurité, le gouvernement leur demande de
rester.

C'est maintenant un cas d'urgence, n'est-ce-pas?
La ville de Fukushima est sans danger?
Même dans le bloc communiste le gouvernement russe a évacué rapidement la population du Belarus pendant l'accident de Tchernobyl !
Pourquoi sur la terre, le Japon, une nation libre, ne peut-il pas faire la même chose pour nous?
Même l'Union Soviétique l'a fait pour leur peuple !
L'Union Soviétique a évacué 240 000 enfants en deux semaines !
Qu'est-que le gouvernement a foutu pendant les derniers quatre mois ?
Vous devriez avoir honte !
Qu'est-ce que vous venez en fait faire ici ?
Vous voulons  que vous fassiez examiner l'urine de nos enfants très rapidement !
Et nous voudrions que vous nous informiez plus tard qui fera ces analyses et comment elles seront réalisées.
S'il vous plait, emportez cette urine avec vous.

Akira Sato et les autres officiels se lèvent, sortent précipitamment comme s'enfuyant...

– Ils sont terrribles...
C'est si absurde...
Testez cette urine !
Qu'est-ce que vous pensez que vous faites?
Testez cette urine!
Pourquoi refusez-vous?
Qu'est-ce que vous pensez que vous êtes en train de faire?
S'il vous plait, ne vous enfuyez pas!
S'il vous plait emportez cette urine avec vous!

A.S. Ce n’est pas notre travail.

Nous voudrions que vous l'ameniez au gouvernement central !

A.S. Ce n'est pas du tout notre travail.

Qu'est-ce que vous voulez dire par cela ?
Vous ne pensez pas que vous devriez emporter cette urine avec vous ?
Ils l'ont apportée pour vous aujourd'hui comme ils l'avaient promis !
Ils l'ont apportée pour vous aujourd'hui !
Pourquoi ?
Vous aviez dit auparavant que s’ils vous apportaient les urines vous les feriez analyser ! Vous n'avez pas dit cela ?
S'il vous plait emportez ces urines avec vous !
Arrêtez !
S'il vous plait ne vous enfuyez pas !
Vous ne devriez pas vous enfuir ainsi !
S'il vous plait communiquez avec nous ainsi que les gens peuvent le faire!
Qu'est-ce que vous pensez que vous faites ?
Vous pensez que les bureaucrates à Tokyo sont plus importants que les gens à Fukushima ?
Je vous en supplie, s'il vous plait !

A.S. Nous ne pouvons pas en décider.

Pourquoi cela ?
Vous n'avez pas d'enfants ?
 
 
 
Même vidéo mise en ligne par Kna, avec un sous-titrage uniquement en français :
 

 

-------------------------

 

Mise à jour du mercredi 17 août 2011

 

A la suite de la diffusion par Liberation.fr d'une vidéo sur une réunion d'habitants de Fukushima, l'ambassade du Japon a souhaité apporter des précisions concernant l'action du gouvernement japonais sur place.

 

source : http://www.liberation.fr/c/01012354630-c

 

« Monsieur le Rédacteur en chef

Après la lecture de l’article et le visionnage de la vidéo (http://www.liberation.fr/terre/06013968-a-fukushima-les-habitants-veulent-des-reponses) que vous avez publiés sur votre site internet en date du 27 juillet 2011 sous le titre « A Fukushima, les habitants veulent des réponses », il m’a semblé que ces derniers pouvaient induire vos lecteurs en erreur sur les mesures prises par les autorités japonaises pour rétablir la situation. Permettez-moi donc d’apporter des précisions quant à la situation actuelle au Japon.

Il est évident que le public doit être informé de la situation dans les zones sinistrées par différentes sources. Mais il est tout aussi essentiel d’appréhender correctement les actions menées sur place afin d’éviter tout risque de malentendu. C’est pourquoi je souhaiterais que cette lettre puisse être publiée sur votre site internet.

Le gouvernement japonais consacre actuellement tous ses efforts pour venir en aide aux populations réfugiées du département de Fukushima, pour les prévenir des risques possibles d’irradiation et pour veiller à leur bonne santé. Nous sommes loin de la situation décrite dans la vidéo sous-titrée en anglais intitulée «Japanese government killing its own people in Fukushima» que vous présentez sur votre site.

En outre, cette même vidéo montre des habitants demandant aux autorités locales que les zones où ils résident soient comprises dans les zones d’évacuation. Concernant l’établissement des zones d’évacuation, la situation sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi n’étant pas complètement rétablie, les autorités japonaises continuent à l’heure où nous parlons de désigner des zones d’évacuation planifiée et préparée en adoptant les normes formulées par l’ICPR (CIPR) pour la protection des populations en cas de situations d’urgence nucléaire.

Le gouvernement appelle également les gens résidant hors des zones d’exclusion à évacuer volontairement leurs logements s’ils estiment ce choix préférable. Ces personnes bénéficient de toutes les aides fournies par l’État, comme l’attribution de logements temporaires (y compris des locations privées) tel que fixée par la Loi de Secours en cas de Catastrophes naturelles (« Disaster Relief Act »).

D’autre part, on peut également voir sur cette vidéo un représentant officiel refuser la demande de personnes présentes de tester des échantillons d’urine de leurs enfants. Permettez-moi tout d’abord de préciser que l’officiel présent était un responsable du bureau local de gestion des situations d’urgence nucléaire et que son refus était dicté par l’impossibilité physique d’effectuer directement sur place les tests demandés.

Je souhaiterais également insister sur le fait que les autorités du département de Fukushima ont mis en place une campagne de contrôle médical auprès de l’ensemble des personnes résidant dans la préfecture de Fukushima depuis le 11 mars 2011, afin de dissiper leur crainte, garantir leur bonne santé et préserver leur confiance. En fonction des résultats obtenus lors de l’examen médical de base comprenant un questionnaire médical, des tests d’urine et des analyses plus poussées seront effectués sur les habitants en présentant la nécessité.

Enfin, concernant la vidéo que vous présentez dans votre article comme étant disponible sur le site «Time Out Tokyo» et montrant une mère critiquant l’environnement à risques dans lequel évolue ses enfants, les mesures du niveau d’exposition aux radiations des enfants et des femmes enceintes feront partie intégrante des examens effectués durant les campagnes de contrôle citées précédemment. Des études préliminaires sont d’ailleurs d’ores et déjà menées dans certaines zones. En outre, les membres du gouvernement prennent des mesures destinées à réduire les taux de radiations dans les espaces de vie enfantine. Plus concrètement, le gouvernement apporte son soutien financier aux mesures anti-radiation prises par les responsables dans les cours des écoles affichant des taux de radiation ambiante supérieurs à 1 mSv/h, ainsi que par les collectivités locales dans les parcs et le long des chemins d’écoles.

Malgré tout, le gouvernement japonais fait aujourd’hui son possible pour aider les populations sinistrées, les prémunir des risques d’exposition aux radiations et veiller à leur bon état de santé. Nous espérons pouvoir compter sur votre collaboration pour en informer vos lecteurs.

Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, mes salutations distinguées. 

Fumio SHIMIZU

Directeur du Service Culturel et d’Information de l'ambassade du Japon à Paris »

Partager cet article

Repost0
24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 20:55
maire-minamisoma.jpgOn se souvient encore du SOS lancé sur YouTube en mars dernier par Katsunobu Sakurai, maire de la ville de Minamisoma (70 000 habitants avant l’accident), qui lui a valu une notoriété mondiale. Dominique Leglu en avait fait l’écho dans son blog en relevant cette phrase : « Même les gens qui veulent nous aider et les médias ont peur de venir dans notre ville qui se trouve à 25 km de la centrale nucléaire de Fukushima ». Le réalisateur de la vidéo, Kenichiro Nakata, cité par l’agence Kyodo news dans une dépêche du 1er avril, avait expliqué à l’époque que les résidents victimes du désastre ne savaient même pas s’ils devaient rester ou évacuer.
 
Quatre mois plus tard, la contamination de la ville est avérée, mais suite à l’annonce du gouvernement de la reprise en main de la centrale nucléaire, le maire demande à ses concitoyens évacués de revenir dans la ville. Un membre du conseil municipal, Koichi Ohyama, n’est pas du tout de cet avis. Et pour se faire entendre, il utilise le même canal d’information que son maire, YouTube, pour dénoncer le manque cruel d’information sur la contamination réelle de la localité. Il s’oppose en fait au retour des personnes évacuées tant que toutes les mesures n’auront pas été prises pour mettre la population hors de danger, en particulier les enfants. « Les gens perdent l'habitude de se protéger contre la contamination », prévient Koichi Ohyama. C’est effectivement très dangereux. La radioactivité est invisible mais elle va rester dangereuse durant des dizaines d’années. Les territoires contaminés par l’accident de Tchernobyl sont confrontés aux mêmes problèmes : les gens reviennent.
 
Il est évident que cet homme a raison de protester contre le retour de la population évacuée, car c’est la condamner à la maladie future. Le cas de Minamisoma ne va pas être un cas isolé malheureusement. La pression économique va conduire à de fortes tensions dans la population entre ceux qui sont pour un retour rapide à une vie normale, quitte à « oublier » la radioactivité, et ceux qui ne conçoivent pas la vie sans une information transparente et une prise de précaution maximum, jusqu’à une évacuation définitive le cas échéant.
 
Au-delà du drame de cet homme et de cette ville, c’est le problème de l’exode définitif d’une partie de la population japonaise qui va se poser. Ceux qui connaissent les dangers réels de la radioactivité, ceux qui sont bien informés, ceux qui ont les moyens de partir : tous ces gens sont déjà partis ou sont en train de se préparer à partir. Si Koichi Ohyama estime qu’il y a trop de danger à rester et se décide à quitter sa ville, qui continuera à s’inquiéter de la santé de la population ?
 
Voici donc la vidéo de Koichi Ohyama, diffusée le 18 juillet 2011 sur YouTube. Elle est suivie par la traduction en français de son discours, réalisée par Pom’Verte du groupe Fukushima Informations. Mille mercis à elle pour cet important travail qui permet aux francophones de connaître la réalité.
 
 

 
 
 
 

Nouvel SOS de Minamisoma, Fukushima

 
« Bonjour les amis, je m'appelle Koichi Ohyama, et je suis membre indépendant du conseil municipal de Minamisoma, dans la Préfecture de Fukushima.
 
Ma ville pâtit encore gravement de contamination radioactive, et les gens continuent d'avoir peur du danger en cours venant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, qui est à peu près à 30 kilomètres de notre Mairie.
 
Vous qui m'écoutez, vous, tous les habitants de Minamisoma et de la Préfecture de Fukushima, vous, tous les gens du Japon et tous les gens du monde entier, j'aimerais que vous sachiez ce qui est en train de se passer ici, à Minamisoma.
 
Le 8 juillet, M. Katsunobu Sakurai, le Maire de Minamisoma, cité dans la liste des 100 personnalités les plus influentes du Time, a demandé aux résidents de la ville qui avaient été évacués de la zone de 20km à 30km autour de Fukushima, de rentrer chez eux.
 
Alors, beaucoup d'inquiétudes des résidents me sont parvenues depuis lors. Leurs inquiétudes sont :
 
- Les abris temporaires ou les appartements mis à disposition par la Ville sont dans la zone des taux de doses (de radiation) élevées.
 
- La Ville a construit des bâtiments scolaires temporaires sans enlever la surface de sol contaminée.
 
- Le Gouvernement ne vérifie ni les taux d'irradiation de mon puits ni ceux des légumes produits pour ma propre consommation (les légumes non destinés à la vente).
 
- La vérification des taux d'irradiation de ma maison évacuée, et le nettoyage de sa contamination sont-ils à ma charge (sous ma responsabilité) ?
 
Et tant d'autres sujets d'inquiétudes.
 
Je pense que les inquiétudes des résidents sont très raisonnables [valables], que le Maire ne devrait pas leur demander de repartir, et que le Gouvernement ne devrait pas supprimer la Zone de Préparation à l'Évacuation d'Urgence, qui est de 20km à 30 km autour de Fukushima Daiichi, avant d'en assurer la sécurité.
 
Aucune information détaillée sur la sécurité de la zone de 20 km à 30 km n'a été fournie, c'est pourquoi l'annonce du Maire provoque beaucoup d'inquiétude et de la colère chez les résidents.
 
Dans cette situation, dans le cadre de mon devoir d'annonce publique en tant que membre du Conseil Municipal, j'ai décidé de fournir des informations importantes sur Minamisoma par le biais de YouTube, suivant en cela l'exemple du Maire.
 
À notre avis, la chose la plus dangereuse est la contamination au plutonium, au strontium, et à tous les 31 autres sortes de matières radioactives, répertoriées officiellement au tableau n°5 du rapport de l'AIEA adressé le 6 juin au Gouvernement japonais.
 
Le Gouvernement a officiellement admis que ces matières sont "venues par les airs" de Fukushima Daiichi, mais il n'a pas fait d'enquête, ni annoncé où elles ont "atterri". J'ai demandé directement au Maire et aux membres du Parlement Japonais d'enquêter sur leur contamination, mais je n'ai eu aucune réponse.
 
En hiver, il souffle à Minamisoma de puissants vents saisonniers en provenance des hauts plateaux de l'ouest. Une partie de ces hautes terres sont dans le village de Itate, où les taux relevés sont si élevés qu'on demande à tous les habitants d'évacuer. Donc si des vents violents viennent de ces hauts plateaux hautement contaminés, notre ville sera de nouveau lourdement polluée au prochain hiver.
 
Et si nous enlevons maintenant les matières radioactives de la ville, nous serons de nouveau contaminés en hiver. Notre eau potable provient également de ces hauts plateaux.
 
Où sont ces quantités massives de 31 sortes de matières radioactives très dangereuses, dangereuses au possible ? On peut consulter le tableau et les chiffres dans les sites officiels, mais ni la télévision ni les journaux n'en parlent. C'est totalement injuste.
 
Le Gouvernement et le Maire n'ont pas le droit de mettre les habitants en danger en supprimant la zone restreinte avant d'en avoir contrôlé et assuré la sécurité, tout particulièrement pour la santé des jeunes. Ils sont notre trésor.
 
Nous ne devrions pas poursuivre la restauration économique suite à la catastrophe nucléaire avant d'avoir assuré la sécurité de notre vie.
 
Les parents ne peuvent pas assurer la sécurité de leurs enfants sans une déclaration de sécurité fiable et responsable du Premier Ministre, du Gouverneur, et du Maire. Et au final, c'est le Gouvernement qui doit fournir l'assurance et la responsabilité de la sécurité.
 
Or à Minamisoma, les gens perdent l'habitude de se protéger contre la contamination simplement parce que beaucoup de temps est passé depuis le 11 mars. Ils ont tendance à penser qu'il y aura moins de risques sans le sol, qu'ils n'ont plus besoin de masques, et parfois ils sont au milieu de la poussière dangereuse sans aucune protection.
 
Nous devons tous demander au Gouvernement d'enquêter et d'annoncer publiquement où se trouvent les 31 sortes de matières radioactives dangereuses en provenance de Fukushima Daiichi.
 
D'abord, nous devons connaitre les faits. Ensuite, nous devons y faire face.
 
Nous ne pouvons pas attendre jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour notre santé et notre vie. Le Gouvernement et le Maire ne doivent pas compromettre la santé et la vie des habitants au nom de l'économie.
 
L'avenir de nos enfants dépend maintenant de notre choix et de notre action. Nous devons être responsables de notre santé et de la vie à venir. C'est tellement critique maintenant.
 
S'il vous plait, faites connaitre cette situation à vos voisins et à vos amis, et demandez de l'aide.
 
Merci beaucoup de votre attention. »
 
 
 
-------------------------------------------
 
En savoir plus avec d’autres articles:
 
Dans Ecocentric, un blog du Time (langue anglaise)
un article de Krista Mahr du 21 Juillet 2011 consacré à Koichi Ohyama
« Is This Mike On? Another YouTube SOS from Fukushima »
 
Dans le site de l’Express
un article de Philippe Mesmer du 22 juillet 2011 consacré à Katsunobu Sakurai
Japon: le maire qui veut sauver sa ville après Fukushima
 
 
 
-------------------------------------------
 
Ce n’est pas le seul SOS lancé par un Japonais, je vous avais déjà fait part de l’appel à l’aide des habitants de la ville de Fukushima début juillet :
 
 
 
-------------------------------------------
 
Note : le titre de cette page a été emprunté à la chanson du groupe The police : « Message in a bottle »
 
 

Partager cet article

Repost0
23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 01:24
arnie-gundersenArnie Gundersen, expert nucléaire étatsunien, suit avec régularité la situation au Japon. Depuis le début de la catastrophe, il nous fait part de ses analyses et de ses questionnements par l’intermédiaire de vidéos qu’il diffuse sur le site de Fairewinds. Ses commentaires sont toujours pertinents, et ils sont précieux car c’est l’un des rares scientifiques au monde qui s’exprime sur la catastrophe de Fukushima Daiichi. C’est pourquoi il est important de donner aux francophones la traduction de ses propos, car aucun scientifique de son envergure ne s’exprime en France sur ce sujet. Il est vrai que l’Hexagone est encore plus nucléarisé que le Japon et qu’il ne serait pas de bon ton de parler de pluie noire, ce qui ternirait l’image de cette énergie « propre ». Cette « black rain » est aussi une pluie « chaude », radioactive, qui contamine faune, flore et humanité pour des dizaines d’années.
 
Cette vidéo a été éditée par Fairewinds Associates le 19 juillet 2011 sous le titre original « Ex Japanese Nuclear Regulator Blames Radioactive Animal Feed on "Black Rain” ». On peut la visionner sur le site de Fairewinds, ou sur Youtube avec un sous-titrage automatique (qui présente certains défauts de transcription).
 
 

 
 
 
Un ex-inspecteur nucléaire attribue l’origine des fourrages radioactifs à la "pluie noire"
 
Traduction P. Fetet, à partir du texte original édité par Fairewinds
 
 
« Bonjour, je suis Arnie Gundersen, de Fairewinds, et nous sommes le mardi 19 juillet.
 
Aujourd'hui, j'ai l'intention de parler de l’état des réacteurs à Fukushima, et plus important encore, de la radioactivité qui a été détectée à travers le Japon, pas seulement sur le site. Enfin, j’aimerais parler de ce que les Japonais commencent à appeler « Black Rain » (pluie noire).

La première chose est la situation actuelle site même. Les trois réacteurs de Fukushima qui sont en cause, 1, 2 et 3, et la piscine de combustible du réacteur 4 continuent à libérer de la radioactivité.
 
Actuellement, vous ne pouvez pas la voir dans la journée, car les jours sont chauds, mais vous pouvez la voir durant la nuit. J'ai reçu énormément de courriels à ce sujet, où les gens pensent que le site est en train de sauter. En fait, c’est de la vapeur sortant de ces réacteurs qui rencontre l'air froid du Pacifique.
 
Alors, ils continuent à libérer de la radioactivité. Mais la plupart du rayonnement de Fukushima a été produit en mars et en avril. A l’heure actuelle, il y a beaucoup moins de radioactivité quotidiennement qu'il n'y en avait en mars et avril. Environ 90 à 95% de la radioactivité de Fukushima a été libérée dans les 6 premières semaines de l'accident.
 
Alors que des radiations continuent à être relâchées, en quantité journalière, il n'y en a plus autant qu'avant. Mais d’un autre côté, Fukushima peut continuer à libérer de la radioactivité pendant une longue période.

Les Japonais ont programmé de construire de grandes tentes pour couvrir chacun de ces réacteurs. La première tente est en cours de fabrication et couvrira le réacteur 1, puis ils passeront au réacteur 2, puis au réacteur 3, et enfin au réacteur 4. Ces tentes sont conçues pour empêcher la vapeur de sortir et de la recueillir sous forme d’eau pour la traiter. Donc à partir de septembre, la plupart des radiations atmosphériques seront éliminées de Fukushima, au moins pour un réacteur.
 
Cependant, de plus en plus, cela débouchera sur la contamination de l'eau souterraine et des liquides qui sont sur le site. On ne peut rien prévoir dans l’avenir qui permettrait d'éliminer cette contamination.
 
En fait, les Japonais ont annoncé qu'il faudra 10 ans avant qu'ils ne commencent à démanteler les cœurs à partir du bas de l'enceinte. Il n'y a pas de technologie en ce moment pour les enlever. N'oubliez pas qu'ils ont fondu à travers le réacteur nucléaire et ils se sont répandus à la base de l’enceinte nucléaire.

A Three Mile Island, ils avaient fondu au fond de la cuve du réacteur, mais n’avaient pas traversé le réacteur. Donc, c'est tout nouveau. C'est un peu comme essayer de peler un œuf au fond d'une poêle à frire. S’il cuit trop longtemps, c'est un processus très, très compliqué et difficile. Et c'est ce à quoi nous sommes confrontés à Fukushima, un nettoyage à long terme. Alors en attendant, il y aura énormément de déchets radioactifs liquides qui devront être traités pendant 10 ou peut-être 20 ans.

Eh bien, dans mon esprit, la chose la plus préoccupante est l'information provenant du site dernièrement. Certains de mes amis sont des biologistes qui ont travaillé à Tchernobyl et qui se sont rendus au Japon pour y faire quelques travaux scientifiques. Ils ont bien vu que les choses allaient mal tourner. J'ai reçu un appel de leur part cette semaine et ils ont dit que la situation était très mauvaise. A vrai dire ce sont des scientifiques endurcis qui sont habitués à traiter avec la radioactivité et ils croient que les conditions à Fukushima sont bien pires que ce qu'ils avaient pensé.

Il existe des preuves qui confirment cela. La première est que des champignons qui se trouvent à 30-40 miles des réacteurs se sont révélés être contaminés bien au-delà de ce que les normes japonaises le permettent. Ce qui est intéressant est que ces champignons n’ont pas été cultivés à l’extérieur. Alors, comment est-ce possible de dépasser les normes de rayonnement pour des champignons cultivés en intérieur ? C’est une préoccupation majeure, et encore, ce n’est qu’à 35 miles de la centrale  accidentée.

La deuxième preuve, c'est que des bovins ont été contaminés dans toute la préfecture de Fukushima et au-delà. La semaine dernière, ça a commencé avec 8 vaches contaminées, puis c'est passé à 40 vaches et maintenant il s’agit de plus de 130 vaches qui sont contaminées, et je suis sûr que le nombre va augmenter avec le temps.
 
Maintenant il y a quelques éléments intéressants ici. Le premier est que les vaches étaient à 30-40 miles de la centrale et que leurs niveaux de césium vont bien au-delà de ce qui est déjà toléré pour la consommation humaine. Quand les vaches sont arrivées sur le marché, les Japonais n'ont pas goûté la viande, ils ont frotté la peau de l’animal pour voir s’il n'y avait aucune contamination. Et sur cette base, ils l'ont mise sur le marché. C'est seulement après cela que l'on a découvert que la viande était contaminée. Ce n'est pas une façon acceptable de contrôler la viande de bœuf.
 
Mais la question la plus importante ici est de savoir comment les vaches ont été contaminées alors que tout le monde pensait qu'elles étaient nourries avec de l’ensilage, en d'autres termes, le foin qui avait été sauvegardé d'avant l'accident ?
Il s'avère que les Japonais utilisent les tiges de riz pour nourrir leurs vaches. Et les agriculteurs, à 45 miles et au-delà, coupaient leur tiges de riz pour l’expédier vers les fermes qui étaient à l'intérieur de la préfecture de Fukushima. La paille a été contaminée à 500 000 désintégrations par seconde, dans un kilogramme de paille. Maintenant, il s’agit de césium. Il a une demi-vie de 30 ans. Mais au bout de 30 ans, il se désintégrera à 250 000 désintégrations par seconde. Et 30 ans plus tard, à 125 000 désintégrations par seconde. C'est ce que ce terme de « demi-vie » signifie.

Cela s'est produit à 45 miles. Rappelez-vous, la Nuclear Regulatory Commission avait suggéré l'évacuation au-delà de 50 miles. Cela semble indiquer que la NRC avait raison. Les Japonais auraient dû évacuer leur population au-delà de 50 miles et à la place de cela, ils se sont contentés d’évacuer jusqu’à environ 12-18 miles.

Cette contamination s’est ensuite propagée au-delà de la préfecture de Fukushima. Pourtant, la préfecture elle-même semble être le seul endroit pour lequel les Japonais sont inquiets au sujet de cette exposition à la radioactivité.

La dernière chose dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est ce qui arrive en dehors des 50 miles dont nous venons de parler. Il est déjà assez clair, sur la base de la radioactivité qui a été découverte dans la paille, que le rayonnement, même à 50 miles, est aussi élevé qu’il l’était dans certaines régions de Tchernobyl.

Eh bien, que dire de plus ? Jetons un œil sur Tokyo qui me préoccupe aussi. Tout d'abord, les stations d'épuration à Tokyo ont leurs boues contaminées. Normalement, cette matière est utilisé dans la construction de matériaux de construction. Mais elle est tellement radioactive qu'elle doit être stockée à l'extérieur sous des bâches, jusqu'à ce que quelqu'un trouve un moyen de s’en débarrasser.

La deuxième chose, c’est un rapport de laboratoire qu’un japonais m'a envoyé. Cette personne a pris sur ses propres deniers pour payer un laboratoire afin d’analyser les données sur une rue près d'un terrain de jeux à Tokyo.

Voici le rapport du laboratoire. Il montre qu'il y a 53 000 désintégrations par seconde dans un kilogramme, à partir de 2,2 kilos de matière prélevée sur le côté d'une rue près d'un terrain de jeux à Tokyo.

Cette personne était si préoccupée qu'elle est allé à la mairie de cette ville et le maire lui a répondu : je ne suis pas inquiet à ce sujet. Voici un citoyen qui, avec son propre argent, paye pour un rapport de laboratoire et ne peut rien obtenir de son gouvernement local.

Eh bien, il y a d’autres données. C’est celles que l’on obtient du National Cancer Center, hôpital également près de Tokyo. Ca a été publié sur leur site web quelques jours après l'accident. Le rapport montre que le 24 mars, soit 9 jours après l'accident, le fond radioactif en dehors de l'hôpital a été 30 fois plus élevé que le fond radioactif à l'intérieur de l'hôpital. Il y avait un dépôt de particules chaudes sur le sol. Et il était assez important pour augmenter la quantité de rayonnement que les détecteurs ont évalué à un facteur 30. A vrai dire, un hôpital national du cancer sait clairement comment mesurer le rayonnement, car ce sont des scientifiques expérimentés.

La dernière information que je veux partager avec vous provient d’un rapport que je reçois quotidiennement par courriel d'un éminent physicien japonais nommé le Dr Glen Saji. Il était secrétaire de la Commission de réglementation nucléaire au Japon. Il a écrit il y a deux jours ce qui suit, et cela a à voir avec la paille qui a été découverte près de Fukushima : « Je pense qu'ils ont dû stocker la paille dans un champ au moment du passage du panache, au cours de la première semaine de l'accident, en particulier à cause de la pluie noire ».

A vrai dire, « black rain » n'est pas un terme dont je sois sûr qu'il utilise à la légère. Mais cela a été clairement expérimenté au Japon après l'accident. Ce à quoi il fait référence est qu’il y a eu des nuages ​​de particules radioactives chaudes qui se sont déposées partout dans le nord du Japon.

Eh bien, les Japonais sont des gens débrouillards, comme en témoigne leur victoire en Coupe du monde ce dimanche. Mais ils ont besoin de connaître l'ampleur du problème auquel ils font face afin de le traiter correctement. Plutôt que de limiter l'information, il est important qu'ils limitent la radioactivité.

Je vous remercie beaucoup et à bientôt. »

 
 
Note :
Merci à Pom’Verte, Bernie, Idrissa et Hervé du groupe Facebook « Fukushima informations » pour m’avoir aidé à finaliser la traduction ! N’hésitez pas à rejoindre ce groupe convivial qui partage une somme considérable d’informations sur Fukushima, mais aussi sur le nucléaire en général.
 
 
 
Autre traduction d’Arnie Gundersen :
Interview édité le 3 juin
 

Partager cet article

Repost0
21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:46

kodanshaCe reportage, qui traite du système de décontamination de l’eau, des conditions de sa mise en œuvre, de la possible descente du corium dans le sol et des pratiques de désinformation de Tepco, donne aussi des informations sur l’état général de la centrale de Fukushima Daiichi. Malgré l’annonce rassurante de Tepco et du gouvernement au sujet de la maîtrise de la crise, personne au Japon ne peut ignorer, à la lecture de cet article très critique, ce qui se joue réellement à Fukushima Daiichi.

Merci infiniment à  Marielle Ikeme et Hiroko pour avoir réalisé cette traduction française de qualité.

 

Paru le 8 juillet 2011 sur le site Internet Gendai Business sous le titre original :

メルトアウト「核燃料」地下水直撃の恐怖!
メルトスルーを超える最悪の事態 東電はこの可能性を隠していないか!

cet article provient à l’origine de l’hebdomadaire FRIDAY publié par Kodansha, grande société d'édition au Japon.

 

L’article est suivi d’un communiqué du 20 juillet de NHK World qui confirme, 12 jours plus tard, que le système de recyclage de l’eau de refroidissement ne fonctionne pas correctement.

 

 

Fukushima : après le "Melt-through", le "Melt-out" : le corium attaque les nappes phréatiques

source :

http://gendai.ismedia.jp/articles/-/11152

 

En considérant l’aspect des sous-sols de la centrale de Fukushima Dai-ichi, les spécialistes font un effroyable constat : le système de refroidissement fonctionne bien en deçà des espérances et le devenir du combustible fondu reste incertain.

Cependant Tepco s’évertue à remettre en marche le système de refroidissement des réacteurs de la centrale Fukushima Dai-ichi.

 

 

 

 tuyaux au sol près de l'unité 1

Travail au sol près de l'unité 1

 

 

A l’ouverture de la séance organisée par Tepco et le gouvernement le 27 juin, le responsable M. Takeshi Hosono a déclaré qu’on se rapprochait de la stabilisation du système de refroidissement, qu’un pas en avant avait été franchi. Ce système, interrompu le 18 juin, avait été remis en marche dans l’après-midi à 16h20.

 

Cependant, lors de la clôture de cette conférence, Monsieur Junichi Matsumoto de Tepco a mis fin à cette euphorie en déclarant, les yeux baissés, qu’il avait d’autres informations à communiquer : « De l’eau fuit par les joints, ce qui a entraîné l’arrêt du circuit de refroidissement dans l’après-midi à 5h55. »

 

img_f7fa2c497c2af1145c2af97af567f0a793831.jpg

Mesure de dose de radiations sur une voiture du site : 94 µSv/h

 

 

 

La remise en circulation de l’eau de refroidissement n’a fonctionné que 90 minutes. Ce système est encore en situation d’échec. Ce n’est que le 28 juin qu’il a pu refonctionner. A quand sa stabilité ?

 

C’est parce que ce système a été construit à la hâte que l’on craint des incidents imprévisibles, comme une réplique. Ce système de refroidissement repose sur 4 km de canalisations dans lequel circule une grande quantité d’eau contaminée par le mélange fondu de combustible à haute température. Lors d’un fort tremblement de terre, les canalisations s’endommageraient, les boulons se desserreraient et des matières radioactives se déverseraient dans l’environnement (M. Jun Sakurai technicien spécialisé).

 

Selon les indications de M. Sakurai, il est fort possible qu’une catastrophe imprévisible intervienne à nouveau d’ici la stabilisation du système de refroidissement. La situation serait alarmante. Une atroce réalité peu imaginable, mais qui peut arriver dans la profondeur des sous-sols de la centrale de Fukushima.

 

Avec l’intervention des systèmes de désalinisation d’eau, de séparation huile-eau, de purification, et un autre système d’élimination du césium, l’eau légèrement décontaminée de sa radioactivité est réutilisée pour le refroidissement. Selon un rapport de l’AIEA publié le 7 juin, le gouvernement a reconnu la possibilité de perforations dans les cuves des réacteurs 1~3.

 

Le combustible des réacteurs fondus (melt-down) s’échappe des cuves de pressurisation et s’infiltre dans l’environnement (melt-through).

 

 

schema reacteur 1 

 

Selon Monsieur Hiroaki Koide de l’Université de Kyoto, “La situation de la centrale de Fukushima est désespérée” :

« Je pense que le corium, mélange fondu à base d’uranium, a endommagé le fond des cuves et qu’il s’infiltre au travers du béton et se diffuse dans la terre. Le combustible du cœur des réacteurs ne fond pas à moins de 2800 degrés (la radioactivité empêche la mesure de la température actuelle).

Il y a à peu près cent tonnes de corium. Les cuves de pressurisation et les métaux utilisés pour l’enceinte du bâtiment fondent à 1500 degrés. Il est donc probable que le corium soit tombé au fond des cuves, qu’une partie ait attaqué le sol et qu’une autre partie se soit mélangée avec l’eau contaminée, entraînant la fonte des murs. »

 

Le combustible fuit à l’extérieur des réacteurs et diffuse une forte radioactivité dans l’environnement. M. Koide qualifie cette situation catastrophique de « melt-out ».

Si le corium attaque les nappes phréatiques, on aura beau refroidir, cela n’empêchera pas la radioactivité de s’étendre. Il faut stopper cette infiltration souterraine afin de ne pas contaminer l’océan. Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? Cela protègerait les nappes phréatiques du corium et des sols contaminés.

 

Si l’on considère la structure de la centrale, il y a de grande chance pour que l’on soit entré dans la phase “melt out”. Voici les explications fournies par M. Masashi Goto, ex-technicien nucléaire chez Toshiba :

« L’épaisseur des parois des cuves de pressurisation est d’une dizaine de centimètres. Mais les enceintes de confinement ne font pas plus de 30 millimètres d’épaisseur. La pression des cuves est calculée pour supporter une pression de 70 unités mais la pression à l’extérieur ne peut en excéder 4. Si le combustible devait fuir au point de faire fondre la cuve de pressurisation, l’enceinte de confinement ne résisterait pas. Et qui plus est, le bâtiment extérieur et les murs en béton du sous-sol.

Comme nous l’avons dit plus haut, rien n’a été construit en cas de fonte d’un réacteur, ni au niveau des enceintes, ni au niveau des cuves. C’était dès le départ un échec assuré. C’est pour cela qu’il faut envisager des mesures pour le cas où nous entrerions dans la phase « melt down » car ce n’est qu’une question de temps pour que le corium s’échappe des cuves, perce les enceintes extérieures et s’infiltre dans les sous-sols de la centrale. »

 

Suite à la phase “melt-out”, des particules radioactives terriblement dangereuses sont dispersées. On y trouve de l’iode, dont la demi-vie est de 8 jours, en provenance de l’eau contaminée qui vient du sous-sol des bâtiments et qui remonte à la surface de la terre, ainsi que du césium dont la demi-vie est de 2 ans ; ces particules radioactives assez légères s’accumulent à la surface de l’eau. Par contre, parmi les particules qui s’infiltrent à l’intérieur du sol, il y a le strontium dont la teneur met 29 ans pour diminuer de moitié et le plutonium qui lui mettra 24 000 ans. De plus le plutonium peut rester dans le corps humain 50 ans et y causer de graves dommages. D’après M. Takeda, ancien spécialiste du nucléaire de l’institut de recherche de l’université du Chubu, «  Ses effets sont désastreux ».

 

 

tuyaux au sol 

Sous le soleil brûlant, des hommes travaillent avec des combinaisons de protection renforcées de ruban adhésif. La chaleur s’intensifiant depuis juin, plusieurs ont déjà souffert d’hyperthermie.

 

Le plutonium qui se dépose facilement dans l’eau est une substance radioactive relativement lourde. Si le combustible s’est infiltré dans les eaux souterraines, ce sont les rivières les lacs, les puits, la mer et tout ce qui est en contact avec ces nappes qui vont être contaminés. Et en plus, le niveau de radioactivité est tellement fort que l’homme ne peut pas s’en approcher afin de faire un rapport de la situation.

 

La construction d’une enceinte de protection

 

Est-ce que Tepco connait le niveau actuel d’infiltration du combustible ? Certes Tepco a constaté la phase du « melt-out » mais sans pour autant être persuasif dans ses explications.

 

Selon des analyses, le combustible du réacteur numéro 1 est tombé au fond de la cuve. Actuellement, le refroidissement de ce réacteur est stabilisé grâce aux injections d’eau, ce qui limiterait à partir de maintenant l’éventualité de fortes émanations radioactives. Pour les réacteurs 2 et 3, de mêmes analyses sont en cours mais l’état des réacteurs est inconnu. A la question de savoir si les cuves sont percées ou pas, Tepco répond que l’investigation n’étant pas terminée, les résultats seront communiqués plus tard (Service de presse de Tepco).

 

Pendant que l’attention se focalise sur “la stabilisation de refroidissement des réacteurs”, les possibilités de “melt through” et “melt out” sont à peine évoquées sous prétexte que “l’enquête suit son cours”. Cependant d’un autre côté, Tepco prépare la construction d’une enceinte de protection en profondeur.

 

« Les plans sont en cours d’élaboration. Tepco prévoit de construire une enceinte afin de protéger les nappes phréatiques des infiltrations contaminées » (Service de presse de Tepco).

 

On en revient à l’évocation de M. Koide : « Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? ». Concernant la pire des situations qui pourrait arriver, Tepco ne se prononce pas, mais n’envisage-t-il pas ce « melt out » quand il commence à prendre des mesures à son encontre ?

 

Un travailleur sur la centrale révèle que, depuis juin, le travail à Tepco devient problématique. Sur le panneau d’affichage du stade de Fukushima, des informations étaient quotidiennement publiées sur la centrale. Mais récemment plus aucune information n’est apparue. Selon le patron d’une compagnie mère qui travaille sur la centrale, il manque l’essentiel. Tepco, qui interdit formellement l’accès de la centrale car c’est trop dangereux, n’en dit pas plus. Les ouvriers soupçonnent « Tepco de manigancer quelque chose ».

 

Sous la centrale, où l’homme ne peut pas pénétrer, il est possible que se préparent des évènements sans précédents pour l’humanité.

 

 

 

Note :
Pour voir les autres photos du reportage, se reporter à "Voir Fukushima (15)"

 

--------------------------------------------------

 

 

Le taux de nettoyage à la centrale de Fukushima reste faible

NHK World,

Mercredi 20 juillet 2011- 21:14 0900 (JST)

http://www3.nhk.or.jp/daily/english/20_36.html

 

Le système de décontamination d'eau radioactive de la centrale nucléaire paralysée de Fukushima Daiichi continue de fonctionner en dessous de sa capacité cible.

L’opérateur de l'usine, Tokyo Electric Power Company, a constaté que le taux de décontamination du système était d'environ 53% durant la semaine écoulée, alors que le taux attendu était de 70%. Il a été incapable d'atteindre le taux cible pendant 3 semaines consécutives.

La faible performance du système est due à des fuites d'eau ainsi que le fait que sa capacité à éliminer les matières radioactives est de 30% inférieur à celui des Etats catalogue. 

TEPCO dit que les performances du système ne se sont pas améliorées, même après que la tuyauterie ait été changée, et que la cause du problème est encore inconnue. 

À la centrale en difficulté, l'eau utilisée pour refroidir les réacteurs est devenue radioactive et s’est accumulée dans les sous-sols des bâtiments du réacteur.

TEPCO a exploité un système en boucle depuis le mois dernier, en utilisant l'eau pour refroidir les réacteurs après décontamination. 

Mardi, la compagnie d'électricité et le gouvernement ont déclaré que les réacteurs se sont refroidis de façon stable. Pourtant, le système de recyclage d'eau de refroidissement ne fonctionne pas bien. 

Mercredi, à 7 heures, au bâtiment du réacteur numéro 1, le niveau d'eau polluée dans le sous-sol avait 13 centimètres de plus que la veille. TEPCO dit que la tempête tropicale a haussé les niveaux d'eau.

 

Texte original en anglais

Cleanup rate at Fukushima plant remains low

A system to decontaminate radioactive water at the crippled Fukushima Daiichi nuclear power plant continues to work below its target capacity.
The plant's operator, Tokyo Electric Power Company, has found that the system's decontamination rate was about 53 percent during the past week, compared with the target rate of 70 percent. It has been unable to reach the target rate for 3 consecutive weeks.
The utility says the system's low performance rate is due to water leaks as well as the fact that its capacity to remove radioactive materials is 30 percent lower than the catalog states.
TEPCO says the system's performance has not improved even after its piping was changed, and that the cause of the problem is still unknown.
At the troubled plant, water used to cool down reactors has become radioactive and has been accumulating in the basements of the reactor buildings.
TEPCO has operated the cyclical system since late last month, using the water to cool down the reactors after decontaminating it.
On Tuesday, the utility company and the government said that the reactors are being cooled down in a stable manner. However, the system to recycle cooling water is not working well.
At the Number 1 reactor building, the level of polluted water in the basement at 7 AM on Wednesday was 13 centimeters higher than the previous day. TEPCO says a tropical storm has raised the water levels.

 

 

--------------------------------------------------

 

Pour avoir plus d’infos techniques sur le système de décontamination, reportez-vous à l’excellent dossier de l’électron libre sur le site « Glasnost sur Fukushima » :

« L’électron libre » n° 51 du 14 juillet au 16 juillet

 

Partager cet article

Repost0
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:57

Billet invité

Jean-Claude Cousin, veilleur de Fukushima sur le site Dazibaoueb, m’a transmis cet article que je publie ici volontiers. Dans ce contexte de catastrophe où l’actualité prend le dessus sur l’analyse, il n’est pas inutile de prendre du recul sur les évènements gravissimes qui ont eu lieu et d’aller au-delà des déclarations d’autosatisfaction de Tepco, l’entreprise la plus polluante du monde. Non, malgré les propos minimisants des acteurs du lobby nucléaire, rien n’est réglé. Oui, « le monde va devoir se serrer les coudes », et changer.

 

 

Quatre mois plus tard, Fukushima : un premier bilan ?

par Jean-Claude Cousin, le 16 juillet 2011

  

tsunami.jpg« Rappel des faits. Le 11 mars 2011, un déplacement de trente mètres de la plaque supportant le Japon (plaque nord-américaine), sur une largeur de 400 kilomètres, a provoqué à la fois le séisme le plus violent de l'histoire du Japon (au moins 9 de magnitude), et un très violent tsunami atteignant parfois 14 mètres de hauteur, et ravageant les terres du nord-est sur une profondeur de plusieurs dizaines de kilomètres.

Un autre séisme moins violent, le 9 mars, avait déjà fragilisé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Le 11 mars les défenses automatiques ont très mal fonctionné, et envahies par l'eau de mer n'ont plus permis de refroidir les réacteurs 1 à 3. Dans ceux-ci, en raison de la rapide élévation de température, les barres contenant les pastilles de carburant nucléaire se sont mises à fondre complètement, constituant un corium qui s'est accumulé au fond des cuves. On ne sait pas exactement quel est l'état de ce corium, ni combien de barrières il a réussi à traverser, ni ce qui advient du plutonium qu'il contient nécessairement.

Le plutonium est un sous-produit de la transmutation de l'uranium initial, quand il n'est pas comme dans le réacteur N°3 de Fukushima Daiichi un des constituants du carburant initial. Ce réacteur avait été chargé en MOX, mélange d'uranium pauvre pour 93% et de plutonium pour le reste. Ce mélange particulier est fabriqué en France, par le recyclage de barres usagées provenant du monde entier. Les autres réacteurs utilisent de l'uranium enrichi.

L'inconvénient du plutonium, outre sa toxicité énorme, est la faiblesse de sa masse critique. Cela signifie que, dans le corium encore chaud, si les diverses particules de plutonium réussissent à se constituer en une masse commune suffisante (six kilogrammes seulement, soit en raison de sa masse très élevée - pratiquement 20 Kg pour un litre - une petite motte), une réaction nucléaire se produira spontanément. On peut essayer d'en imaginer les conséquences.

Ce matin, la société TEPCO, opérateur de cette centrale, et le gouvernement japonais se sont félicités de maîtriser la situation : les trois réacteurs incriminés seraient enfin dans un état d'arrêt à froid. En revanche, sur les eaux de refroidissement et leur "nettoyage" des difficultés continuent à se faire jour, avec sans doute un risque de débordement de produits radioactifs dans la terre environnante.

Ce n'est pas tout. La piscine où sont entreposés les déchets du réacteur N°4 est-elle entièrement sécurisée ? Rappelons qu'en raison de l'hydrogène qui s'était accumulé au-dessus, provenant des autres réacteurs, son plafond avait volé en éclats, et les barres usagées avaient manqué d'eau puisque les pompes de refroidissement ne fonctionnaient plus, et que l'eau de la piscine s'était en partie évaporée à force de bouillir.

On notera que pendant tout ce travail des particules de césium, d'iode, et d'autres produits plus lourds ont été transportées par le vent un peu partout, en particulier jusqu'à Tokyo et au-delà. Les quantités n'étant pas très importantes, les effets ne se feront pas sentir tout de suite, mais dans plusieurs années. Déjà, les plantes, les animaux sont radioactifs : on l'a découvert pour le thé, jusqu'à 200 Km de la centrale. C'est aussi vrai pour les champignons, et pour plein d'autres légumes. Bien entendu, les animaux qui ont brouté l'herbe, ou le foin pas encore mis à l'abri, présentent eux aussi des signe de contamination. On ne parle pas des poissons et coquillages, puisque des quantités importantes d'eau très radioactive se sont déversées dans l'océan avant qu'on puisse maîtriser ce facteur.

Jusqu'à présent, n'a été abordé que le volet nucléaire du désastre (qui amène d'ailleurs les Japonais à manquer d'électricité pour cet été). C'est pourquoi le premier ministre a poussé à désormais diversifier la production, en se lançant dans les énergies renouvelables.

 

Pour ce qui est des dégâts matériels du Japon du nord-est, ils sont considérables. Le chiffre de 165 milliards d'euros a été avancé. Tout est à reprendre, infrastructures, routes, distribution électrique et d'eau potable, bâtiments publics et privés. La masse des gravats et détritus divers devra être évacuée d'une façon ou une autre. Sans compter qu'il faudra veiller à ce que les sols, déjà touchés par le sel apporté par la vague, ne soient pas aussi radioactifs. De plus, même les balises géodésiques sont à recaler une à une pour reconstituer les bornages des propriétés, puisque tout a été décalé de façon variable allant jusqu'à plusieurs mètres.

Comment la reconstruction pourra-t-elle se faire ? Très lentement sans doute, puisqu'il faut reprendre plus qu'à zéro, nettoyer, recadastrer, reconstituer des archives dont certaines sont forcément inutilisables en raison de l'envahissement par l'eau, définir les priorités, aider les habitants à reprendre espoir, à repartir sur de nouvelles bases. Il va falloir compter sans doute en dizaines d'années, mais rien ne sera plus comme avant. On compte plus de vingt-trois mille morts et disparus, cela va changer beaucoup de choses. Des familles entières sont manquantes.


Il y aura un Japon d'après le 11 mars, ce sera bien pire qu'un certain 11 septembre à New York. Grosse différence, il peut être considéré comme acquis que dans ce cas-là, une grossière propagande ne va pas transformer le pays en camp retranché, car c'est cela, et rien que cela, l'important du nine-eleven. Le Japon doit vivre, réussira-t-il à surmonter toutes ses difficultés ? Nos descendants le sauront sans doute. Ou pas, si notre monde s'écroule entre-temps sous les coups de boutoir de la grande finance et de ses fous furieux.

Que nous, Européens, ne considérions pas cette affaire comme négligeable. La quantité de nucléides radioactifs divers qui s'est répandue dans l'atmosphère va essaimer sur le monde entier, de façon moins importante à court terme que Tchernobyl pour nous Européens, mais...

Mais les océans vont TOUS supporter un accroissement de radioactivité, plus ou moins stockée par le plancton, puis par les poissons... je laisse deviner la suite. Les prairies de partout seront plus radioactives... un peu, ce qui s'ajoutera à ce qui advient d'un Tchernobyl "qui s'est arrêté à nos frontières", comme l'ont laissé entendre les médias !

Le Monde va devoir se serrer les coudes. Pour cela quelques accapareurs devront, ce sera devenu impératif, laisser de gré ou de force place à de toutes autres formes de gouvernements, solidaires et plus égalitaires. »

 

source image : Ouest-France

Partager cet article

Repost0
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 02:23
Images du plan du niveau technique et de la piscine de l’unité n°4 de Fukushima Daiichi (photos prises le 29 juin 2011)
sources :
 
r4-plan-niveau-5.jpg 
Plan du niveau technique
 
 
r4-source-mainichi5.jpg
 
r4-plan-niveau-5-20a.jpg
 
r4-source-mainichi2.jpg
 
valve-20b.jpg
 
20A et 20B :
Fuel pool cooling and filtering system valve
(Valve du système de refroidissement et de filtrage de la piscine de combustible)
     
r4-source-mainichi3.jpg 
Equipment storage pool side to the fuel exchange truck
(Côté de la piscine de stockage d’équipement à la machine d’échange de combustible)
 
r4-source-mainichi1.jpg 
Reactor well
 
r4-source-mainichi4.jpg 
Spent fuel pool gate
(Porte de la piscine de combustible usé)
 
   

r4-piscine-source-tepco.jpg 

Piscine de combustible le 29 juin 2011

 
 
 
Photos prises par un liquidateur
(lien du site « The Fukushima Project »)
photos-liquidateur.jpg 
 
“This is our reality… Fukushima”
Reportage (langue anglaise, 13 min 29), faisant le lien entre l’accident de Tchernobyl et celui de Fukushima.
importé par aussiegirlonamission sur Youtube

 
 
Une journaliste américaine visite la région de Fukushima et ses territoires évacués. Elle visite également les territoires évacués de la région de Tchernobyl il y a 25 ans. Le reportage est ponctué d’interviews de Chie Matsumoto, japonaise, de Michio Kaku, physicien étatsunien, d’enfants de Tchernobyl et d’une scientifique britannique.
 
 
_____________________________________

Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :

 

Voir Fukushima (15)

Photos : les systèmes de décontamination de l’eau

Schéma : fuite du corium dans le sol

 

Voir Fukushima (14)

Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2

Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur

 

Voir Fukushima (13)

Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA

 

Voir Fukushima (12)

Photos : réacteur 4

Webcam Tepco : enregistrements sur youtube

Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale

 

Voir Fukushima (11)

Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4

 

Voir Fukushima (10)

Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi

Webcam de la centrale par Tepco

 

Voir Fukushima (9)

Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (8)

Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (7)

Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4

Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots

 

Voir Fukushima (6)

Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

 

Voir Fukushima (5)

Photos : tous les clichés fournis par Tepco

Vidéo : zone interdite

 

Voir Fukushima (4)

Webcam de la centrale par Weather Online

 

Voir Fukushima (3)

Vidéos : survol des réacteurs avec des drones

Vidéos : des robots filment au sol

 

Voir Fukushima (2)

Photos : les 15 séries de photos de Cryptome

 

Voir Fukushima (1)

Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth

 

 

 
 

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 01:54

DSCF2325Trop de mauvaises nouvelles depuis plusieurs mois pour ne pas souligner les bonnes ! Cette semaine, au Japon et en France, deux personnalités se sont fait remarquer par leurs propos au sujet de la sortie du nucléaire. Même si ce ne sont que des paroles, elles marquent le début du tournant mondial provoqué par la catastrophe de Fukushima : l’industrie nucléaire étant à la fois trop dangereuse et plus du tout rentable, l’humanité va progressivement quitter cette ère honteuse pour les générations futures. Bien évidemment, cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique, il faudra sans doute plusieurs décennies, mais si les hommes politiques au pouvoir commencent enfin à prendre conscience de la nécessité du changement, on est sur le bon chemin.

 

Kan_Naoto.jpg Naoto Kan (photo Sebastian Pinera)

 

« Le risque nucléaire est trop fort »

 

Naoto Kan, premier ministre du Japon, a déclaré mercredi : « On ne peut plus soutenir que la politique menée jusqu’à présent garantisse la sécurité de l’exploitation de l’énergie nucléaire. Nous devons concevoir une société qui puisse s’en passer. »

Quelle audace ! Et quelle surprise ! Avant l’accident de Fukushima, ce même homme prévoyait une augmentation de la part de l’électricité nucléaire dans la production totale à plus de 50% d’ici à 2030, contre quelque 30% en 2010. Aujourd’hui, il envisage de revoir de fond en comble la politique énergétique du Japon : Naoto Kan plaide pour une « réduction progressive » de la part de l’électricité nucléaire au profit des énergies renouvelables (solaire, éolienne, biomasse, etc.) avec pour objectif de s’en affranchir totalement.

Evidemment, les médias, sous influence financière de Tepco, ont vivement critiqué les propos du premier ministre. Mais malgré son impopularité au Japon, il a indiqué qu’il quitterait le pouvoir une fois adopté un texte sur les énergies renouvelables. Il est clair que les Japonais, de moins en moins favorables à l’énergie nucléaire, vont maintenant attendre des actes, car si « l'abandon du nucléaire est une idée qui monte en puissance" selon l'Asahi, elle "ne doit pas être seulement un slogan", poursuit le Mainichi.

 

Aujourd’hui, seuls 19 réacteurs sur 54 sont en activité au Japon, ce qui montre la grande faiblesse de cette énergie en cas de tremblement de terre.

 

 

éric besson Eric Besson

 

« Nous allons étudier tous les scénarios possibles du mix énergétique des années qui viennent », « Aucun scénario ne sera écarté, y compris, les scénarios de sortie du nucléaire »

 

Eric Besson, pronucléaire notable et ministre français de l’industrie, a précisé qu’une étude prospective était lancée afin d'envisager les scénarios de sortie du nucléaire. Ce programme s’appelle « Energie 2050 ». « Ce programme, qui vient de démarrer et sera piloté par Bercy, prévoit le passage en revue de toutes les sources d'énergie, de la demande et des « sources de production », a précisé Eric Besson sur Europe 1. La grande nouveauté, c’est que parmi les hypothèses, la fin du nucléaire à l'horizon 2040-2050 sera envisagée, ce qui est une grande première pour l'exécutif français.
Bien que le gouvernement, Nicolas Sarkozy en tête, soit favorable à l’énergie nucléaire, les Français sont en train d’évoluer sur le sujet : suite à la catastrophe de Fukushima, les récents sondages montrent qu’une majorité de Français ne sont pas favorables à cette énergie et de ce fait, il est probable que l’énergie sera un thème fort lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2012.

Fukushima a fait bouger les choses. Avant, on ne parlait pas de nucléaire, c’était un sujet tabou. A partir de maintenant, cela devient un enjeu électoral et chaque parti s’en empare : alors que sans surprise Europe-Ecologie-les-Verts veut mettre en œuvre une sortie rapide du nucléaire, le PS, plus divisé, envisage soit une dénucléarisation sans fixer d'échéance (Martine Aubry), soit une réduction de la part de l'atome à 50% d'ici 2025 (François Hollande), soit une sortie d'ici 40 ans (Ségolène Royal).

 

A chacun maintenant d’aider les politiques qui nous gouvernent ou qui vont nous gouverner à faire bouger la ligne encore plus loin,

- en les informant sur ce qui se passe réellement au Japon,

- et en leur indiquant que l’énergie sera un sujet clé pour les prochaines élections.

 

Aujourd’hui en France, de nombreuses centrales nucléaires sont en passe de devoir être arrêtées à cause du manque d’eau dans les rivières qui assurent le refroidissement des cœurs, ce qui montre une autre faiblesse de cette énergie (voir article de l’observatoire du nucléaire).

sources :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bffd2e40-ad8f-11e0-afdb-44023cd0aa9f

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/13/04016-20110713ARTFIG00632-le-japon-envisage-de-sortir-du-nucleaire.php

http://www.sciencesetavenir.fr/depeche/nature-environnement/20110714.AFP7124/japon-le-premier-ministre-kan-critique-pour-la-vacuite-de-ses-propos-sur-le-nucleaire.html

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/sortir-du-nucleaire-gouvernement-cogite-116878.html

 

Partager cet article

Repost0
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 22:00

goupil.jpg

Un accident disent-ils une centrale ils ont perdu le contrôle

Les radiations sont partout et j'habite presque à côté

Le matin je vais à l'école comme tous les enfants

J'ai six ans papa m'a dit si le dosimètre monte plus haut que le trait tu t'éloignes

Tu me cherches

Le dosimètre a dépassé le niveau je ne vais pas à l'école je cherche papa

Je demande aux gens qui passent vous n'avez pas vu mon papa

Il travaille dans une banque

Non on ne l'a pas vu

Les gens regardent mon dosimètre

Ils ont peur

Peur

De me toucher

De me regarder

Peur

Que je les contamine

Peur

De me parler ils s'en vont très vite

Peur

Ils ont appelé des gens qui ressemblent à des cosmonautes

Avec leurs combinaisons blanches

Je ne vois même pas leurs yeux

J'ai peur

Ils m'emmènent

Me font monter dans un camion

Déshabiller

Doucher

Ils me passent un drôle d'appareil qui grésille

Tout autour de moi

Je suis nu

J'ai froid

Peur

Où sont papa et maman

Une autre douche

Encore l'appareil il grésille moins fort

J'ai le droit de ressortir

Pour cette fois ça va ils m'ont dit

Où sont tes parents

Je ne sais pas je les cherche

Comment tu t'appelles

Je dis mon nom

Où tu habites

Ils me ramènent chez moi

C'est long

J'ai peur

Ils m'ont donné un nouveau dosimètre

Ils donnent l'ancien à papa et maman

Tout va bien il est décontaminé

Papa et maman pleurent

Pourquoi vous pleurez

La ville est contaminée

Les radiations arrivent

La vie change on doit déménager

Ça fait trois fois

Et on a tous été irradiés

Cette fois on ne déménage pas on attend

C'est la fin

Des larmes

La douleur

Ils n'ont pas de dosimètre

Ils savent

 

Jérôme Goupil, 9 juillet 2011

 

source :

http://www.jeromegoupil.com/fr/News/Entr%C3%A9es/2011/7/11_Irradi%C3%A9s.html

Partager cet article

Repost0
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 02:03
Du 24 mai au 3 juin 2011, une équipe scientifique de la Criirad est allée au Japon, dans les préfectures d’Ibaraki et de Fukushima. Composée de Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la Criirad, et de Christian Courbon, technicien spécialiste des investigations de terrain, cette mission d’étude avait un triple objectif : évaluer les niveaux d’irradiation, former et équiper des citoyens et des associations japonaises au contrôle radiologique, et limiter au maximum l’exposition des personnes.
Au moment où la Criirad édite la vidéo d’une conférence faite fin juin pour faire connaître le compte rendu de la mission, l’IRSN publie une synthèse sur la pollution radioactive sur terre, un article du site d’Alexander Higgins dévoile une contamination importante du sol de la banlieue de Tokyo et l’Acro met à jour les résultats de ses propres analyses. Il est donc intéressant de comparer leurs différentes approches.
 

 
 
 Vidéo de la conférence de la Criirad du 29 juin 2011 à Lyon avec Bruno Chareyron (1/2 h)
 
1) Informations données lors de la conférence de la Criirad
Selon Bruno Chareyron, les Japonais ont été très mal informés et très mal protégés. Très peu de pastilles d’iode ont été distribuées pour éviter les cancers de la thyroïde. Des doses extrêmement élevées de radiations ont été relevées seulement 10 jours après le début de la catastrophe, ce qui est inacceptable car on a laissé la population dans l’ignorance du danger des retombées.
La Criirad ne comprend pas comment cela a pu se passer dans un pays moderne, riche comme le Japon, ayant des ingénieurs en radioprotection. Cela est inacceptable 25 ans après Tchernobyl.
Par ailleurs, la simulation de l’IRSN du 17 mars a laissé penser qu’il ne fallait évacuer personne, alors qu’on était en pleine contamination. La simulation a été faite sans chiffres fiables, puisqu’encore aujourd’hui, on ne connaît pas exactement la réalité de cette contamination.
 
Fin mai 2011, les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la Criirad sur la ville de Fukushima, située à 60-65 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.
Les débits de dose relevés à 1 mètre du sol, en extérieur, sont plus de 10 fois, voire plus de 20 fois supérieurs à la normale (supérieurs à 1 et 2 μSv/h). L’irradiation est encore mesurable dans les étages des bâtiments. Des mesures effectuées au 4ème étage d’un immeuble ont montré un excès de radiation qui augmente lorsqu’on se rapproche des fenêtres, même fermées.
Les maisons ne sont donc pas vraiment des protections, car les rayonnements gamma des radionucléides qui sont sur le sol à l’extérieur sont très puissants et traversent les murs et les fenêtres. A l’intérieur d’une maison individuelle du quartier Watari, la Criirad a mesuré un débit de dose plus de 3 fois supérieur à la normale au contact du tatami dans la chambre des enfants (0,38 μSv/h) et 6 fois supérieur dans le salon à 1 mètre du sol (0,6 μSv/h). Devant la maison, on mesure 2,2 μSv/h dans le jardin d’agrément et 2,9 μSv/h au niveau de la pelouse d’une école proche (mesures à 1 mètre du sol).
Un prélèvement sous une balançoire de la ville de Fukushima a donné un taux de radioactivité en césium de 370 000 Bq/kg, donc la terre de cette école peut être considérée comme un déchet radioactif.
La centrale de Fukushima Daiichi souffre également d’un manque de contrôle de la radioactivité de l’air : la balise qui se trouve devant la centrale ne fonctionne que 20 minutes par jour. Tepco répond à ce problème en prétendant qu’ils n’ont pas assez de personnel disponible pour changer les filtres.
 
Selon la Criirad, les autorités japonaises n’ont pas lancé de critères d’évacuation obligatoire suffisants. Si rien n’est fait, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an, ce qui correspond à 5 décès pour 100 000 personnes exposées.
Or les autorités japonaises ont fixé une limite de dose de 20 milliSieverts comme critère pour décider d’évacuer définitivement ou non les populations. Ceci correspond à un risque de cancer mortel à terme 20 fois supérieur au risque acceptable en France. Ceci est d’autant plus grave que les habitants de Fukushima ont déjà été fortement exposés. Il faut également tenir compte des doses liées à la contamination interne que ces populations continuent à subir par ingestion de denrées contaminées et des risques liés à l’inhalation de poussières à partir du sol contaminé.
 
L’intérêt de la mission de la Criirad au Japon a été de permettre aux Japonais qui ont rencontré Bruno Chareyron et Christian Courbon d’intellectualiser cette menace invisible, afin de mieux s’en prémunir.
 
 
2) Le rapport de l’IRSN
carte irsn pollution japon 24 mai"Synthèse des informations disponibles sur la contamination radioactive de l’environnement terrestre japonais provoquée par l’accident de Fukushima Dai-ichi"
13 juillet 2011
Selon ce rapport que vous pouvez consulter avec le lien ci-dessus, il n’est pas dangereux de boire du thé faiblement radioactif. Les amateurs de thé apprécieront, j’en suis certain !
Par ailleurs, l’IRSN utilise différentes unités de mesures de radioactivité, soit des Bq/kg (densité massique), soit des Bq/m² (densité surfacique) ce qui ne permet pas de lire le document de façon aisée puisque l’on saute de l’une à l’autre sans explication ni données de comparaison. Il est évident qu’il serait plus juste de donner uniquement des mesures de densité surfacique, car c’est sur le sol que les hommes vivent.
Toutefois, on pourrait quand même comparer ces mesures en transformant les densités massiques en densité surfacique. Mais, petit problème, il manque deux données essentielles : la densité de la terre prélevée et la hauteur du prélèvement. Seul le prélèvement de l’ACRO comporte l’information de profondeur (2 cm). Il faut donc utiliser une densité minimale pour la terre superficielle d’environ 1200 kg/m3 (densité de la terre végétale = 1200, densité de l’argile ou du sable = 1700) pour ensuite envisager de convertir la mesure de 86 680 Bq/kg pour l’iode 131 (prélèvement du 31 mars à Iitate Maeda) avec cette formule : Bq/kg (radioactivité massique) x kg/m3 (densité de la terre) x m (profondeur de prélèvement) = Bq/m² (radioactivité surfacique)
Ce qui donne :
86 680 x 1200 x 0,02 = 2 080 320 Bq/m²
Eh oui, 2 080 320 Bq/m², ça fait plus mal aux yeux dans un rapport que 86 600 Bq/kg ! Voilà comment les scientifiques manient les chiffres pour manipuler les gens.
 
Quant aux autres données de l’IRSN en Bq/kg, impossible d’en tirer quoi que ce soit puisqu’il n’est jamais mentionné la profondeur du prélèvement. Dommage, ça aurait été intéressant, car plus le prélèvement est profond, plus la radioactivité massique baisse !
 
Pour la ville de Fukushima, si on compare les mesures faites par la Criirad et celles fournies par l’IRSN, voici ce que l’on constate :
Selon la Criirad (Ville de Fukushima, fin mai 2011, césium 134 et 137) :
- 490 000 Bq/m² sur la pelouse de l’école primaire Moriai
- Plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.
Selon l’IRSN (Ville de Fukushima) :
- 48 Bq/m² en césium 134 du 29 au 30 mai 2011,
- 70 Bq/m² en césium 137 du 30 au 31 mai 2011, soit un total pour le césium de 118 Bq/m².
       

[ Il y a comme un problème de mesure pour l’un ou pour l’autre ! A la même date (fin mai), les mesures données par l’IRSN sont 5 000 fois inférieures à celles de la Criirad. Certes, il peut y avoir des écarts énormes entre des endroits très rapprochés mais quand même, cela est très surprenant. Cela voudrait-il dire que l’IRSN ne retient que les « bons » endroits ou que la Criirad ne retient que les « mauvais » (en dessous d’une balançoire par exemple) ? ]

Correction du 15 juillet 2011 13h : suite à un commentaire pertinent d’un lecteur, je supprime ce paragraphe car on ne peut effectivement pas comparer un flux avec un dépôt. La Criirad donne une somme de dépôts radioactifs accumulés sur le sol alors que l’IRSN donne le flux, c’est-à-dire l’apport de poussières radioactives en une journée. L’erreur provient de l’utilisation de la même unité « Bq/m² » dans les deux mesures. Pour un flux, il faudrait plutôt utiliser « Bq/m²/j » pour plus de clarté.

Peut-être y verra-t-on plus clair avec les mesures effectuées par un Japonais dans la banlieue de Tokyo ?
 
3) Article “52,547 Bq/Kg of cesium radiation found in soil just outside Tokyo – 135 miles south of Fukushima
52547-Bq-per-Kg-Cesium-Radiation-Found-In-Soil-On-Outskirts
Je ne vais pas développer cet article écrit en anglais, mais simplement résumer l’information la plus importante : selon l’auteur de l’article, Alexander Higgins, un Japonais a fait analyser un échantillon de terre prélevé à Kashiwa, à une trentaine de km au nord-est de Tokyo. Les résultats du laboratoire montrent un rayonnement de 52 547 Bq/kg de césium : 23 663 Bq/kg de césium 134 et 28 884 Bq/kg de césium 137.
‎52 547 Bq/kg, ça fait vraiment beaucoup ! Il doit être, au même titre que la terre sous la balançoire de Fukushima, considéré comme un déchet radioactif (limite maximale au Japon fixée à 8000 Bq/kg).
Si on essaie de comparer ces mesures alarmantes avec celles de l’IRSN, eh bien on ne peut pas, tout simplement, car cette « synthèse » n’en fournit pas. Le rapport mentionne simplement que « dans la grande majorité des préfectures japonaises (dont Tokyo), le césium 134 et le césium 137 ne sont plus détectés dans les retombées atmosphériques collectées ». Mais il ne parle pas des mesures faites au sol.  Pourquoi ? Dans quel but l’IRSN laisse-t-il les habitants de Tokyo dans l’ignorance ?
 
4) Résultats des mesures de l’ACRO : mise à jour au 13 juillet 2011
acroCe laboratoire indépendant a reçu des échantillons en provenance des provinces de Fukushima et de Miyagi qui mettent en évidence une contamination alarmante, ce qui ne contredit en rien les relevés de la Criirad.
Je ne peux reproduire ici tous les tableaux, il est préférable de consulter le site directement à l’aide du lien donné ci-dessus.
Quant à la ville de Kashiwa, l’Acro relève que la contamination surfacique des sols en césium 137 est supérieure à la limite biélorusse de 37 000 Bq/m2 qui implique un contrôle radiologique périodique et qu’il conviendrait de faire une étude plus détaillée de la contamination de cette zone. Cette conclusion ne contredit pas non plus les résultats de l’analyse décrite plus haut par Alexander Higgins.
 
safecast.jpgPour conclure, il semble prudent de conseiller aux Japonais de ne pas tenir compte des mesures officielles. Elles sont souvent prises trop en hauteur (sur les toits par exemple), en dehors de la réalité de la vie humaine qui se passe la plupart du temps au sol. Quant on compare les données officielles aux mesures des organisations indépendantes des intérêts liés à l’industrie nucléaire, on se rend compte qu’il y a une manipulation des données pour désinformer la population. Il existe enfin un site qui rassemble des centaines de milliers de mesures réalisées au Japon par les citoyens volontaires avec des compteurs Geiger. C’est le site http://safecast.org/présentant des cartes interactives.
 

Partager cet article

Repost0

  • : Fukushima 福島第一
  • Fukushima 福島第一
  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
  • Contact

Mentions légales

Directeur de la publication :

Pierre Fetet

Lien vers les mentions légales du blog de Fukushima

Soutien au blog de Fukushima

C'est ici !

 

 Chaîne vidéo du blog de Fukushima

 

BD : Fukushima-Chronique d'un accident sans fin (Bertrand Galic, Roger Vidal)

 

Présentation de la BD par l'éditeur

Dossier documentaire 10 pages sur Fukushima (Pierre Fetet)

 

Dossier sur le rejet des eaux contaminées dans le Pacifique

« Fukushima - Rejets dans le Pacifique : clarification et mise en perspective »

Une analyse critique des données concernant les rejets des eaux radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi initiés en août 2023, dossier réalisé par la CRIIRAD qui tente de répondre à ces questions : Quels sont les principaux défis auquel est confronté l’exploitant de la centrale ? Quels sont les éléments radioactifs rejetés dans le Pacifique ? Les produits issus de la pêche sont-ils contaminés ? Est-il légitime de banaliser le rejet d’éléments radioactifs, notamment du tritium, dans le milieu aquatique ? Qu’en est-t-il en France ?

Consulter le dossier

 

 

Spectacle

Le spectacle d'Audrey Vernon "Fukushima, work in progress" est disponible en ligne à cette adresse :

https://www.imagotv.fr/spectacles/fukushima_work_in_progress

 

 


 

Outil de traduction gratuite de site Internet

Archives De Ce Blog

Actualités sur Fukushima

L'ACROnique de Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

Nos voisins lointains

The Watchers of Fukushima

Projet Mieruka Fukushima

.

« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

Infos en direct

webcam tepco 

 Webcam

 TEPCO

.

webcam tepco 1 

 Webcam

 TEPCO 1

.

reacteur2aout2011webcamTBS Webcam

 TBS/JNN

 

radioactivité Tokyo Radioactivité

 à Tsukuba

 en continu

 

 

Éditions de Fukushima

Publications

Le dernier livre de Jean-Marc Royer

 

 

Le dernier numéro d'Atomes crochus

 

 

Frankushima : un essai graphique sur la catastrophe de Fukushima et le risque nucléaire en France. Site dédié : frankushima.com

 

Un livre essentiel sur les conséquences de Tchernobyl

Télécharger la version française ici.

 

Un livret pour tout apprendre sur le nucléaire !

A télécharger ici

 

 

 

 

sitesanspub

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -