26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 12:29
Tchernobyl, une histoire pas si naturelle que ça

A l’occasion du triste anniversaire du début de la catastrophe de Tchernobyl, j’aimerais revenir sur un documentaire de Luc Riolon diffusé la première fois par Arte en 2010, « Tchernobyl, une histoire naturelle ? », et qui depuis revient régulièrement pour alimenter de fausses idées sur les bienfaits de la radioactivité. Tout dans ce reportage est fait pour accréditer que les faibles doses sont bénéfiques à la nature et que finalement, Tchernobyl a été une bonne expérience. Bien sûr, beaucoup de choses rappelées dans ce film sont vraies, mais un objectif est clairement fixé dans le scénario : persuader petit à petit le spectateur que la radioactivité n’est pas si dangereuse que ça, en utilisant la technique de la persuasion répétitive.

Des paroles bien choisies

 

Dès le début du film, on se met dans le bain avec l’émerveillement des scientifiques :

« Tchernobyl offre des possibilités de recherche vraiment fascinantes qui rejoignent parfaitement nos pôles d’intérêts et qui ne pourraient être nommées nulle part ailleurs », dit l’un ;

« Tchernobyl nous offre une prodigieuse possibilité de comprendre les conséquences biologiques d’un désastre nucléaire majeur », dit l’autre.

 

Et plus loin, la voix off :

« Dans ce laboratoire à ciel ouvert, les scientifiques allaient mettre au jour des phénomènes tout à fait extraordinaires. »

 

Le scientifique « ancien liquidateur » trouve un mulot en excellente santé dans un endroit « 1000 fois plus radioactif que la normale » (mais pas de dose chiffrée).

 

La voix off : « Plus de deux décennies après la catastrophe, la nature semble de manière surprenante avoir repris tous ses droits à Tchernobyl. »

« Les oiseaux nichent même sur le sarcophage de béton qui recouvre le réacteur défunt à des niveaux de radioactivité un million de fois la normale. »

« Tous ces animaux semblent en parfaite santé ».

 

La zone interdite abrite une espèce rare, le cheval de Prevalsky.

Les vieux chevaux malades sont maintenant en forme et le groupe s’est développé. « Je pense que c’est un paradis ici pour les chevaux » dit la scientifique de Kiev.

 

La voix off : « La végétation est exhubérante. »   

« Comme pour les animaux, les radiations semblent n’avoir aucune conséquence sur la végétation. »

« La forêt rouge allait bientôt devenir un laboratoire des plus étonnants de la planète. »

 

Un autre scientifique, qui cultive son jardin dans la zone interdite, a retiré le raisin, le cassis et l’oseille (sous-entendu plantes qui capturent trop le césium ou le strontium).

« Lenid peut donc tranquillement manger les produits de son jardin, soigneusement vérifiés et sélectionnés. »

 

Robert J. Baker : « Même dans la forêt rouge, la végétation est épaisse et l’habitat est devenu sain. Nous pouvons dire qu’il y a plus d’animaux à l’intérieur de la zone que dans des endroits à l’habitat comparable à l’extérieur des 30 km de la zone interdite. »

 

 

A force d’entendre ces paroles répétées, qu’on s’y sent bien à Tchernobyl ! Il ne reste plus qu’à lâcher des informations « scientifiques », et le tour est joué.

 

 

Détournement d’information et désinformation

 

Au début du reportage, une scientifique de l’IRSN aborde le sujet du plutonium, puis subitement, à 30 min, la voix off annonce que la radioactivité dans la zone de Tchernobyl est due principalement à deux radionucléides toujours présents : le césium 137 et strontium 90. Evaporé le plutonium ! Résultat des recherches sur le plutonium ? Ce n’est pas la peine d’en parler, ce n’est pas intéressant. A Fukushima non plus ce n’est pas intéressant. On en trouve oui, ça on ne peut pas le nier, mais quand à étudier l’effet du plutonium sur le monde vivant… Peut-être ce n’est pas nécessaire car on connaît déjà les conclusions ? Radiotoxique très puissant ? Cancérigène ? Ou bien on peut boire le plutonium sans crainte ?

 

Robert J. Baker, généticien à la Texas Tech University Lubbock : « Nous avons été choqué par ce que nous avons trouvé : un taux très élevé de mutation chez les animaux ». Le scientifique a donc publié un article dans Nature précisant que Tchernobyl a provoqué un déferlement de mutations. Quelques semaines après la parution de l’article, ils refont les analyses avec un autre matériel et découvrent que tout est faux et qu’ils se sont trompés.

Et le scientifique de conclure : « Au jour d’aujourd’hui, on peut dire que non seulement les animaux [les souris de Tchernobyl] vont bien, mais qu’également leur génome n’a pas subi de modification. »

C’est pas beau ça ? Dans ce film, on prend comme base scientifique un gars qui s’est rétracté quelques semaines après avoir publié un article dans une revue scientifique de renom à comité de lecture. Est-ce sérieux ? Je suis entièrement d’accord qu’on puisse faire des erreurs et le reconnaître, c’est une démarche plus que louable. Mais dans ce cas, même s’il n’y a pas eu de pression du lobby nucléaire sur cette équipe scientifique, le réalisateur aurait pu donner la parole à d’autres scientifiques qui avaient d’autres conclusions.

 

Est-ce que cet autre scientifique, Sergey Gashchak, radioécologue à l’International Radioecology Laboratory Slavutich, est également sérieux quand il prétend que les mutations peuvent provenir d’autres facteurs naturels comme des anomalies de la biologie des animaux liées à une carence en nutriments, d’une modification du climat (sécheresse ou grande humidité), d’une augmentation des parasites, etc. ?

Ce même homme assure, squelette de cervidé filmé à l’appui : « Bien sûr le strontium provoque des problèmes de santé aux animaux qui vivent ici, mais le squelette semble parfaitement normal. La cause de la mort n’est pas du tout le strontium. Il a été tout simplement dévoré par des loups. »

Même technique de communication qu’avec le mulot : il montre un seul spécimen et le spectateur est conduit à penser que tous les animaux pètent la forme !

 

Le réalisateur réutilisera la même technique pour les oiseaux : on stigmatise le cas des hirondelles qui présentent des malformations (plumes dissymétriques, vieillissement prématuré, tumeurs, etc. mais c’est de leur faute, elles sont fatiguées), et du coup on sous-entend que tous les autres oiseaux vivant en zone contaminée vont bien.

 

Le reportage finit par faire l’apologie de l’effet Hormésis (les faibles doses seraient bénéfiques, alors qu’il est établi depuis des lustres que tout rayonnement a un effet destructeur sur les cellules). On est sauvés ! Mais bon sang, de quoi se plaignent les populations qui vivent en continu dans les territoires contaminés, à Tchernobyl et à Fukushima ?

 

 

Le reportage sert de support aux experts pronucléaires

 

Jean-Marc Jancovici reprend à son compte en février 2012 le tableau idyllique dressé par le film : « Du point de vue des écosystèmes, et ce n’est pas du tout de l’ironie, un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite », déclare-t-il en février 2012.

Mais n’était-ce pas le but recherché par le réalisateur ? Ou bien celui-ci s’est-il fait influencer par ceux qui l’ont aidé dans sa tâche ? Il faut dire qu’une armada de spécialistes de l’IRSN, organisme bien connu pour minimiser les conséquences sanitaires liées à la radioactivité, l’ont aidé dans ses recherches : Didier Champion (Pôle "Radioprotection, environnement, déchets et crise » à l’IRSN, Marie-Pierre Bigot (direction de la communication à l’IRSN), Pascale Portes (responsable du service de presse à IRSN), Jacqueline Garnier-Laplace (Chef de service Recherche, Expertise et Evaluation d’impact environnemental à IRSN), Patrick Gourmelon (directeur de la radioprotection humaine à l’IRSN), Jean-René Jourdain (direction de la protection de l'homme à l’IRSN) et François Bréchignac (Directeur scientifique adjoint à l’IRSN). Toute cette équipe, supervisée par Dietrich Averbeck, Directeur de recherche émérite du CNRS à l’Institut Curie, mais surtout membre du conseil scientifique de l’IRSN, a joué un grand rôle dans le message global du film.

 

 

Conclusions et commentaires sur le film

 

Depuis qu’il est sorti, ce film très controversé a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pour finir, je voudrais reprendre la conclusion d’un très bon article de Michel Fernex, professeur émérite de médecine et spécialiste des impacts sanitaires des radiations (source) :

 

« L’histoire naturelle de Tchernobyl, ce devait être ce qui se déroule dans la nature dans la zone d’exclusion de 30 km de rayon autour du réacteur atomique détruit en 1986. Des chercheurs encore sur place ont consacré des années à l’étude de la faune et ont suivi différentes espèces pendant plusieurs années. Un cinéaste indépendant aurait pu faire profiter les spectateurs de quelques découvertes importantes faites dans ce laboratoire à ciel ouvert, en réalisant un bon documentaire. Il pouvait faire appel au naturaliste du CNRS de Paris Sud, qui travaille sur le terrain depuis plus de dix ans. Avec la collaboration de spécialistes de nombreux pays, Møller & Mousseau décrivent l’impact des rayonnements ionisants sur l’ensemble de la faune. S’en tenir à deux rongeurs médiocrement étudiés dans le terrain et présenter de façon assez confuse ce qui se passe chez les hirondelles, comme si cette espèce était l’exception et non la règle, c’est insuffisant. Volontairement insuffisant.

Pour le monde végétal, le film nous apprend que les pins sont vulnérables et les bouleaux le sont moins, ce qui permet à cette espèce pionnière d’envahir de nombreux espaces, y compris la ville abandonnée de Prypiat. Les fourrés de bouleaux sont d’une grande pauvreté à côté des forêts qui accompagnent les rivières et les fleuves du Bélarus et de l’Ukraine. Il faudra des siècles pour qu’une forêt digne de ce nom renaisse autour de Tchernobyl.

Les spectateurs auront résolu l’énigme proposée par le titre du film. Ils auront découvert la cause de la médiocrité de l’information livrée. À quoi sert cette permanente accumulation de mensonges par omission dont est composé le scénario ? À qui rapporte le crime ? Certes, le réalisateur n’est pas le premier bénéficiaire.

Retenons que le principal objectif statutaire de la puissante agence de l’ONU, l’AIEA, c’est « l’accélération de l’augmentation de la contribution de l’énergie atomique pour la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier ». De toute évidence, ses membres comme tous ceux qui touchent indemnités ou salaires de cette institution ne peuvent être que juge et partie face aux problèmes que soulèvent les victimes des accidents nucléaires, principalement quand il s’agit d’humains. Mais l’AIEA est à nouveau contrainte par ses statuts d’étendre la propagande pro-nucléaire dont elle a la charge, en masquant la souffrance de la faune et en inventant des slogans comme « les animaux se sont rapidement remis du choc radiologique qui a suivi l’explosion de 1986. Ils prospèrent magnifiquement ». L’AIEA ne peut plus se servir de la "radiophobie" dont elle a déjà tellement abusé. Les biologistes constatent que de vastes espaces demeurent impropres à la survie de nombreuses espèces ; seule la permanente recolonisation par des animaux venant de l’extérieur, comme chaque printemps les oiseaux migrateurs ou erratiques, permettent le maintien d’une vie maladive dans ce milieu contaminé.

L’AIEA, l’agence, la plus haut placée dans la hiérarchie de l’ONU, dépendant directement du Conseil de Sécurité, soutient le lobby de l’atome et doit à tout prix nier la vérité sur les conséquences de Tchernobyl sur la santé de la faune comme sur celle des humains. »

Pour en savoir plus :

 

Sur le reportage d’Arte :

« Tchernobyl, histoire naturelle ? »

Un film de Luc Riolon, écrit par Luc Riolon et Antoine Bamas

Produit par Arte France, Camera Lucida Productions, CNRS Images

en partenariat avec Eurovision Science et la Commission européenne de recherche

Conseiller scientifique : Dietrich Averbeck (institut Curie, CNRS)

 

 

Avis de Michel Fernex

 

Avis de Jacques Foos

 

Avis d’Yves Lenoir

 

Avis de Bella Belbéoch

 

 

Le reportage analysé par thème par Yann Moreau

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commentaires

Pierre Fetet 30/05/2016 18:31

Un article de Timothy A. Mousseau qui fait le point
https://theconversation.com/non-tchernobyl-nest-pas-devenu-une-reserve-naturelle-58335

Pierre Fetet 07/10/2015 16:40

On sait maintenant que le vivant est affecté par la radioactivité.
"Tchernobyl : le vivant s'en souvient"
https://www.estim-science.fr/web/estim/base-de-ressources/-/ressource/tchernobyl%20:%20le%20vivant%20s'en%20souvient/6796

Pierre Fetet 08/05/2015 13:20

Une vidéo sur les effets de radiations sur la faune : Biologist Timothy Mousseau has been studying the lasting effects of radiation on the flora and fauna of Chernobyl, Ukraine.
https://www.youtube.com/watch?v=TG-nwQBBfmc

emmanuel 14/03/2014 09:19

article plein d'idéologie, haineux et donc sans intérêt ....

Pierre Fetet 29/05/2014 22:43

Ah bon. Il me semblait au contraire que j'apportais des arguments, contrairement à vous...
Voilà un autre article "haineux" et une vidéo "idéologique", qui montre que le reportage de Luc Riolon aurait pu exposer d'autres avis : De quoi souffre la faune à Tchernobyl et à Fukushima ?
http://blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire-lenjeu-en-vaut-il-la-chandelle-pour-lhumanite/article/270514/de-quoi-souffre-la-faune-tchernobyl-et-fukus

lub 30/05/2013 19:12

hmmmm, j'ai regardé le reportage ci-dessus et son propos est que la flore et la faune résidant dans les zones radioactives aux alentour de Tchernobyl y survivent au prix fort d'une adaptation extrêmement rigoureuse et d'une sur-sollicitation de tous leurs systèmes défensifs : en outre, certaines espèces telles que les hirondelles n'y vivant que temporairement, et donc, n'ayant pas le temps de s'adapter à cet environnement radioactif subissent des mutation graves.
De fait, je ne crois vraiment pas qu'il convienne de penser que le reportage présenter veuille tempérer les dangers du nucléaire !

Pierre Fetet 28/04/2013 02:39

Sur le même sujet, un article mensonger du 26.04.2013 provenant directement de la dictature de Biélorussie, et rapporté par la Voix de la Russie : "Les tortues, les blaireaux et les bisons aiment vivre dans la zone de Tchernobyl, rapporte le ministère des ressources naturelles de la Biélorussie. Tous ces animaux sur le territoire de la réserve écologique radioactive de Polessky, située dans la région de Gomel (Biélorussie). Cette zone a été contaminée par la catastrophe de la centrale de Tchernobyl.
La réserve a été créée en 1988 pour des recherches radio-biologiques et environnementales. 1 251 espèces de plantes y ont été répertoriées, et la faune comprend 54 espèces de mammifères, 25 espèces de poissons, 280 espèces d'oiseaux.
Les chercheurs n’ont répertorié aucun mutant en 27 ans d'observation dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale."

babelouest 27/04/2013 12:21

Je vous que les pro-nucléaire restent nombreux et agissants.

Au fait, ce matin, encore une polémique à Fukushima sur la radioactivité dans l'eau de certains puits... il a été annoncé il y a quelque temps des fuites d'eau radioactive dans le sol, il est logique que des résultats de cet ordre continuent à se faire jour, reste à savoir si cela va continuer : 0.048 becquerels par centimètre cube, ce n'est pas très élevé, mais c'est trop. Il n'y a pas de seuil à la dangerosité des radiations.

Kna 27/04/2013 15:00

"Cher Pierre Fetet" disiez-vous M. Riolon.. Sans vouloir être indiscret, M. Fetet serait-il de fait un vieil ami intime à vous ? Ou avez-vous simplement l'habitude d'employer des formules vidées de leur sens par votre ignorance de l'importance des mots et de leur juste emploi ?
Vous parlez ensuite de film scientifique.. Celui dont on parle ici n'a rien de scientifique, ça n'est que de l'habituelle propagande de négation, minimisation ou banalisation des impacts des industries nucléaires civiles et/ou militaires. On trouve les mêmes prétentions et techniques de duperie chez tous les grands noms pro-nucléaires.
Vous conseillez ensuite de "revoir votre film sans a-priori". C'est-à-dire ? En se mettant dans la peau du bon peuple abreuvé de foot et de télé réalité, à l'esprit critique bien endormi dès qu'il est question de dépasser sa petite sphère d'intérêts quotidiens et personnels, et à la curiosité et connaissances un tant soit-peu techniques ou scientifiques inexistantes ? De manière à simplement ingurgiter votre "produit" efficacement ?
Comment pouvez-vous vous prétendre anti-nucléaire farouche ? Etonnant alors que vous ne soyez pas vraiment une célébrité reconnue par son public et ses pairs pour la fiabilité et l'honnêteté de sa production dans ce domaine, non ?
Quant à votre tirade de fin, genre "faites donc mieux vous-même et bon courage", en langage familier, on peut selon moi appeler ça "finir minable" voyez-vous...

Luc Riolon 26/04/2013 23:30

Cher Pierre Fetet.
Faudrait-il traiter uniquement les effets négatifs des faibles doses simplement parce qu'on se dit "anti nucléaire" ? je le suis moi-même farouchement, mais la moindre des honnêtetés pour un réalisateur de films scientifiques est justement de raisonner de façon scientifique, et non en fonction de ses sentiments et opinions. Ma perception de cet endroit a complètement changée en l'étudiant (2 années) auprès de scientifiques qui y dédient leur vie et toute leur énergie. J'ai raconté ce qu'ils ont découvert, même si cela ne me plaisait pas. Mais tout cela n'a rien à voir avec le fait d'être pour ou contre le nucléaire. Vous vous permettez des commentaires dénués de sens et d'honnêteté. Exactement le piège dans lequel je ne suis pas tombé. Bien à vous. Luc Riolon

Pierre Fetet 28/04/2013 01:54

@Luc Riolon
Je confirme ce que dit Lionel, il n'y a pas d'attaque personnelle dans ma critique, je présente une analyse du film, et c'est une critique sur le fond. Je ne remets pas en cause vos qualités de réalisateur.
Je voulais revenir sur votre conseil "revoir le film sans a priori". Figurez-vous que je n'avais pas d'a priori en le voyant la première fois : j'avais pris soin de ne lire aucune critique, et j'ai juste utilisé mon propre filtre de lecture, celui que j'utilise habituellement pour les sujets sensibles, en prenant des notes. C'est seulement après coup que j'ai découvert ce qu'avaient écrit Michel Fernex et Yves Lenoir.
Quant à votre conseil de faire moi-même un film, j'en suis bien incapable. Ce n'est pas mon métier. Je suis conscient que c'est est travail très long et très exigeant, mais je sais aussi qu'il nécessite une réflexion et des choix. Aucune image d'un film n'arrive au hasard, il s'agit toujours d'un choix réfléchi, c'est pour cela que je parle de "paroles bien choisies", car elles ont sans doute été extraites de dizaines d'heures de rushs.

Lionel 27/04/2013 19:02

Vous semblez prendre la critique pour une attaque personnelle, à la lecture je trouve qu'il n'en est rien !
Vous prétendez à une démarche scientifique alors il vous faut vous préparer à affronter les critiques sur une œuvre publique qui annonce des choses assez graves pour y être soumises.
On ne peut se contenter des quelques affirmations en matière scientifique, vous le savez et je trouve que Pierre a ouvert un débat qui peut générer un échange riche d'arguments, à vous de savoir y répondre en authentique démocratie, où nul ne prétend posséder La vérité...
Donc ne pas faire l'offensé, vous avez pris des risques, assumez-les !

luc riolon 27/04/2013 01:08

Un film scientifique n'est pas une publication scientifique ; je crois que vous devriez revoir le film sans à priori.
je vous invite à faire le film qui selon vous manque. On en reparle ensuite. Bon courage.

Pierre Fetet 27/04/2013 00:31

Bonjour Luc Riolon
Le problème, c’est que vous parlez de « film scientifique ». Or il n’en est pas un. C’est un film sur des scientifiques. Vous avez raison, la science ne choisit pas la conclusion avant de faire l’expérience. Or votre reportage prend très clairement parti pour une théorie très controversée (l’effet Hormésis), en ne présentant l’avis que d’une seule équipe scientifique, celle de Robert J. Baker.
L’honnêteté de votre part aurait été de présenter des avis contraires, c’est-à-dire des scientifiques qui prétendent une chose, et des scientifiques qui prétendent son contraire. Là on aurait pu comparer les protocoles scientifiques de chacun, leurs expériences et leurs conclusions et vous auriez pu laisser vos spectateurs faire le choix par eux-mêmes, à la lumière des infos équilibrées que vous auriez apportées. Mais ce n’est pas le cas, vous avez choisi de favoriser une théorie en ignorant l’autre. C’est un parti pris, donc ce n’est pas scientifique.
En tant que farouche anti-nucléaire, ça ne vous interpelle pas ce que dit Jean-Marc Jancovici ? « Un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite ». Cette phrase pourrait pourtant être un résumé de votre film. A quand un reportage sur Tchernobyl qui laisserait la parole aux scientifiques qui pensent différemment de ceux que vous avez interviewés ?
Cordialement
Pierre Fetet

babelouest 26/04/2013 16:38

Nos compatriotes se laissent-ils prendre à cette propagande ? Oui, je le crains, pour la plupart. Les lanceurs d'alerte sont des pestiférés, harcelés par des institutions aux ordres, quand ils n'ont pas "d'accidents".

schuller odette 26/04/2013 14:08

Quand seront nous assez nombreux pour agir afin que nos chaînes de tv passent les infos honnêtement et aux heures de grande écoute?

Merci encore de tout le travail que vous fournissez

Delphin 28/04/2013 10:36

... Quand l'Allemagne, un des vecteurs d'Arte, n'aura plus - à la différence de la France, pour un certain temps encore - d'intérêt pronucléaire.

Pour quelques temps encore, respect prudent des intérêts économiques d'un partenaire oblige, l'arrogant poids pronucléaire l'emporte.

Ca ne durera plus. Les revers Areva et EDF se multiplient, ce qui va doper le bon sens économique de rejet du nucléaire allemand.

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