29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 23:55
censureLes faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à atténuer l’impact d’informations dramatiques sur l’industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu’une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un an à Fukushima.
Toutes les astuces utilisées pour cacher les données, pour minimiser les dangers, pour éviter de reconnaître les responsabilités seront évidemment réutilisables pour la prochaine catastrophe qui ne manquera pas d’arriver bientôt, selon les lois statistiques, à l’un des 440 réacteurs répartis tout autour de la planète.
 
Alors voyons, quelles sont ces astuces ?
 
 
1) Effacer les données
 
Au Japon, les données de contamination obtenues via Speedi entre le 11 mars et le 15 mars ont été effacées « par mégarde ». Le système Speedi était sensé alerter la population rapidement en cas de pollution radioactive. Il n’a pas été utilisé, car les données recueillies ont été estimées « surréalistes ».
http://mainichi.jp/select/today/news/20120322k0000m040030000c.html?inb=tw
 
 
2) Etre frappé d’amnésie
 
Haruki Madarame« Je n'ai pas dormi pendant plus d'une semaine, et je ne me souviens de presque rien », a déclaré M. Haruki Madarame, directeur de la NISA (agence japonaise de sûreté nucléaire). Quand on est directeur de la sécurité nucléaire, il n’y a pas besoin d’assumer, il suffit d’être amnésique.
 
 
3) Ne pas communiquer les informations sensibles
 
Si toutefois on ne peut pas faire autrement, attendre plusieurs mois, par exemple avant d’annoncer la fonte des cœurs des réacteurs.
 
rapportcaviardéSi par hasard un organisme de sécurité vous demande la copie d’un rapport, il suffit de le caviarder pour éviter d’être reconnu responsable.
 
 
4) Une fois les cœurs fondus, ne jamais utiliser le mot « corium »  et ne jamais parler de reprise de criticité.
 
Si on en parle par mégarde, se rétracter immédiatement.
 
 
5) Surtout, ne pas diffuser les images des explosions !
 
La vidéo de l’explosion de l’unité 4 n’a jamais été rendue publique.
 
La vidéo de l’explosion de l’unité 3 ne doit plus être diffusée.
Exemples  :
- Le documentaire « Fukushima » (Thierry Lefranc) ne montre aucune explosion. Pourtant cette vidéo est censée expliquer les circonstances de la catastrophe.
 
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi » (IRSN) ne développe pas l’explosion de l’unité 3. Pourtant, ce film est censé détailler le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.
 
fukushima3Et bien sûr, si une explosion dont on a malencontreusement diffusé la vidéo a une allure bizarre, a un panache noir ou est trop puissante, surtout marteler qu’il s’agit d’une explosion d’hydrogène. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, les gens n’y connaissent rien en explosion nucléaire.
 
 
6) Nier une explosion si elle n’est pas visible
 
Tepco a modifié sa position sur l'existence d'une explosion dans le réacteur 2 et a conclu, 7 mois après les faits, qu'elle n'a pas eu lieu. Il est en effet préférable de nier ce qui ne se voit pas. 3 explosions au lieu de 4, c’est toujours ça de pris.
 
 
7) Faire des tours de magie pour démontrer l’innocuité de la radioactivité
 
401830-yasuhiro-sonoda-occupe-poste-secretairePar exemple, boire en public de l’eau de refroidissement d’un réacteur nucléaire, comme l’a fait Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire.
 
 
8) Diffuser des cartes truquées
 
Mabesoone contamination-des-sols-monitoring-aerien mUne carte de contamination du Japon a été diffusée, puis rapidement modifiée. Il ne faut pas affoler inutilement les populations. Il ne faut pas non plus accréditer l’idée que la pollution radioactive ait pu retomber à des centaines de kilomètres de la centrale.
 
 
9) Ne jamais parler de plutonium
 
Ne parler que de l’iode et des césiums, surtout ne pas parler ni rechercher de traces de plutonium, d’américium, de strontium, etc. qui ont des périodes radioactives trop longues. Et si par hasard on retrouve du plutonium, surtout dire qu’il n’est pas dangereux pour la santé et qu’il provient des essais atmosphériques des années 60. Mais en général, il faut éviter de rechercher du plutonium, ça permet de ne pas en trouver, et du coup de ne pas inquiéter la population.
 
Si on est obligé de parler de plutonium, alors il ne faut pas hésiter à mentir, à la télévision, on peut dire n’importe quoi ça passe bien et ça rassure les gens :
« Si vous comparez la toxicité, le plutonium, lorsqu'il est ingéré, n'est pas très différent de celle du sel. » (Tadashi Narabayashi)
 
 
10) Modifier les seuils légaux
 
eau-robinet-verreComme on ne peut pas tout manipuler et que les gens achètent des compteurs Geiger, un moyen radical est de changer les normes. S’il y a trop de radioactivité, il suffit que le gouvernement décrète des seuils plus hauts. Par exemple au Japon, les normes de radioactivité pour l’eau potable ont été relevées : le taux limite était précédemment de 10 Bq/litre pour le césium et l’iode ; il est à présent de 200 Bq/litre pour le césium et de 300 Bq/litre pour l’iode.
Comme la radioactivité est invisible et inodore, tout le monde n’y voit que du feu !
 
Une autre astuce est de déplacer les sondes. Au Japon, on les a remontées entre 20 et 80 m au dessus du sol et de ce fait les mesures ont été plus faibles. Peu importe si cela conduit les enfants japonais à être exposés à 20 mSv/an ‒ comme la limite des travailleurs d’une centrale nucléaire en France ‒ cela ne se verra pas. S’ils tombent malades dans l’avenir, personne ne pourra prouver l’origine des maladies.
 
 
11) Eparpiller les déchets radioactifs dans tout le pays
 
Cette technique est nouvellement expérimentée au Japon, mais ça marche ! Cela a deux avantages : d’abord ça permet d’augmenter en douceur le bruit de fond radioactif général sans créer de manifestation antinucléaire ; la banalisation de la radioactivité est l’avenir de cette énergie ! Ensuite cette dissémination des radionucléides dans l’environnement provoquera des maladies mieux réparties sur l’ensemble du territoire japonais, ce qui permettra de pourfendre l’idée que la région de Fukushima a été plus atteinte que les autres, et donc que globalement, un accident nucléaire n’est pas si catastrophique que ça.
 
 
Si des municipalités refusent de brûler des déchets radioactifs, proposer aux élus de plus grosses enveloppes. L’industrie nucléaire réussit à acheter toutes les consciences, que ce soit pour la construction d’une centrale, l’implantation d’un centre de stockage et maintenant l’acceptation d’incinérer ou d’enterrer des déchets radioactifs n’importe où.
 
 
12) Ne jamais utiliser le terme de catastrophe
 
Préférer les termes « accident » ou « incident » qui sont plus appropriés. L’industrie nucléaire n’a pas les moyens d’assumer une nouvelle catastrophe, Tchernobyl a déjà beaucoup trop coûté.
 
Et surtout, toujours faire l’amalgame avec la catastrophe naturelle provoquée par le tsunami, c’est très important de brouiller les pistes.
 
 
13) Diffuser des articles affirmant que l’accident n’a fait aucun mort.
 
Il est important que ces articles soient écrits par des « experts scientifiques ».
Exemple, l’article de Michael Hanlon publié dans le Daily Telegraph et repris par de nombreux sites francophones, « Tsunami : 20 000 morts - Fukushima Daiichi : zéro mort »
 
Il est primordial de diffuser cette idée que l’énergie nucléaire n’est pas dangereuse. Peu importe s’il y a déjà eu des morts ou s’il y en aura, le seul intérêt visé étant la sauvegarde des profits générés par l’industrie nucléaire.
 
Utiliser les hommes politiques pour diffuser ces mensonges est important, ça fait plus sérieux :
« [Le nucléaire] est une énergie qui n'a tué personne ». (Gérard Longuet)
 
 
14) Si par malheur il y a des morts, ne jamais dire que les personnes sont mortes à cause de la radioactivité.
 
Il existe des tas de noms de maladies, il faut utiliser un de ces noms, c’est assez simple : leucémie foudroyante, infarctus, surmenage, etc.
Sinon, une astuce pour éviter de parler des décès des ouvriers est de ne pas comptabiliser les employés qui font des travaux dangereux, surtout dans les premiers mois. Il suffit d’utiliser massivement des entreprises de sous-traitance, de licencier les ouvriers concernés une fois qu’ils ont terminé leur travail et le tour est joué !
 
 
15) Organiser la vie des territoires contaminés comme si rien ne s’était passé pour faire croire à la population que tout est normal.
 
marathonExemple : organiser des marathons sur les routes et chemins contaminés de la préfecture de Fukushima. Le fait d’utiliser des enfants qui n’ont pas conscience du danger est excellent en termes d’impact visuel : « Si les parents laissent leurs enfants respirer à pleins poumons la poussière de Fukushima, c’est qu’il n’y a vraiment aucun danger », pensent les gens qui ont connaissance de ces évènements.
 
 
16) Effacer des moteurs de recherche les liens directs vers des articles trop sensibles
 
Ce qui est gênant avec l’Internet, c’est que d’autres sites reprennent ces articles et que les internautes peuvent finalement y avoir accès. Il est très regrettable que la population obtienne trop d’informations sur les effets des radiations à faible dose sur la santé car des millions de personnes vivent à côté de centrales nucléaires dans le monde. Désinformer sur les faibles doses est primordial pour l’avenir de l’industrie nucléaire.
Au besoin, il ne faut pas hésiter à neutraliser les scientifiques qui tendraient à prouver ces dangers.
BandazhevskyExemple : le professeur Bandazhevsky, recteur de l'Institut de médecine de Gomel, a été condamné à 8 ans de réclusion après avoir tenté de faire connaître ses résultats sur les faibles doses pour les enfants de Tchernobyl.
 
 
17) Et surtout, il faut à la fois minimiser et positiver ! C’est excellent pour le moral, et ça permet de ne pas à avoir à expliquer l’inexplicable.
 
Quelques exemples :
Ce n’est « pas une catastrophe nucléaire » (Eric Besson, ministre de l’industrie)
 
11 avril 2011 : « Dans trois mois (…) les habitants pourront théoriquement revenir » (Thierry Charles, IRSN)
...phrase en parfaite concordance avec ce que pense Jean-Marc Jancovici : « Il n’y a plus de raison sanitaire, aujourd’hui, d’empêcher le retour des populations évacuées à Fukushima, qui, au final, n’aura fait aucun mort par irradiation. »
 
 « Le corium (...) s’est retrouvé en partie au fond des réacteurs, on verra en quoi ce n’est pas forcément un problème en termes d’impact environnemental. » (Olivier Isnard, IRSN)
 
Il faut aussi bien expliquer à la population que si on reste de bonne humeur, cela stoppe les radiations : selon le professeur Yamashita, Conseiller à la Gestion des risques de santé dus aux radiations dans la préfecture de Fukushima, « Pour dire la vérité, les radiations n'affectent pas les gens qui sourient, mais ceux qui sont soucieux. Cela a été clairement démontré par des études sur des animaux. »
 
« Nous souhaitons que tous viennent au Japon en toute quiétude pour travailler, étudier ou faire du tourisme."
 « Venir au Japon et acheter des produits japonais, y compris ceux produits dans les régions sinistrées, constitue le meilleur soutien à la reconstruction que l’on puisse fournir. » (ambassade du Japon en France)
 
 « Nous avançons assurément vers la reconstruction et la régénération de notre pays » (Ichiro Komatsu, ambassadeur du Japon en France)
 
 
18) Pour finir, une bonne couche de désinformation et le tour est joué !
 
Au cas où tout le reste ne prendrait pas, réaffirmer des mensonges fondamentaux du genre : « L’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire » (le président de la république française, Nicolas Sarkozy)
 
Puis, produire des vidéos idylliques de ce type pour convaincre définitivement les récalcitrants, en particulier les touristes, pour leur faire croire qu’au paradis de Fukushima, la poussière du sol est propre, et que les enfants peuvent y jouer en toute quiétude.
 

 

 
 
 
Donc résumons le discours des tenants de l’industrie atomique qui veulent effacer cette catastrophe nucléaire : oui, il y a bien eu un accident à Fukushima dans une centrale nucléaire. Mais bon, c’était il y a plus d’un an. En fait, il n’y a pas eu de mort, et la centrale est depuis longtemps sous contrôle. Le peu de radioactivité qui s’en est dégagé s’est finalement dilué dans l’immensité de l’océan, et de toute manière la radioactivité n’est pas dangereuse pour la santé. Au contraire, elle crée des paradis où il fait bon vivre et se régénérer.
 
Vue comme ça, elle n’est pas belle la vie ?
 
 
 
  
 
 
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Mises à jour : astuces en bonus
 
 
19) Décontaminer au maximum les endroits où sont placés les compteurs
 
Exemple 1 : un lecteur de ce blog a remarqué que les taux de radioactivité de la centrale de Fukushima Daiichi avaient chuté au mois de mars 2012. Ainsi, pour éviter que l’on se rende compte que la centrale pollue chaque jour de l’année avec effet cumulatif, il suffit de bien nettoyer les abords des 8 sondes, ce qui permet de faire croire que l’ensemble du site voit son taux de radioactivité décroître.
    

La preuve de cette entourloupe a été donnée par un journaliste courageux, Takashi Uesugi, qui est venu sur place pour faire la mesure. Près de la borne M-7, il relève 100 µSv/h alors que le capteur protégé n’indique que 9,3 µSv/h

http://gen4.fr/2012/07/un-ancien-journaliste-du-ny-times-a-releve-des-niveaux-de-radioactivite-dix-fois-superieurs-a-ceux-annonces-officiellement-dans-la-zone-interdite-de-fukushima.html

 

Exemple 2 : après avoir remarqué que ses propres mesures au compteur Geiger étaient nettement plus faibles que celles présentées par les postes de contrôle des radiations du MEXT, un citoyen de Fukushima a prouvé qu'un poste de surveillance des rayonnements est décontaminé secrètement pour réduire les niveaux de rayonnement enregistrés.
 
 
 
 
        
 
20) Combattre les « rumeurs nuisibles »
 
 
 
En avril 2011, pour éviter que les citoyens disent n’importe quoi, le gouvernement japonais a décidé d'appliquer la loi de manière rigoureuse en ce qui concerne les reportages indépendants ainsi que les critiques visant les politiques du gouvernement après la catastrophe, en décidant ce que les citoyens peuvent ou ne peuvent pas dire en public.         
 
 
 
Par exemple, l’agence de publicité Asatsu-DK a été chargée de surveiller les publications du Net. Selon un rapport rendu au METI (ministère de l’industrie au Japon) sur leur programme d'espionnage sur Internet, il avait été demandé à l’agence de fouiner sur la toile publique et sociale afin d’empêcher des « rumeurs nuisibles  ». Elle a donc examiné les messages sur Twitter, sur les forums de discussion publics et sur d'autres formes de médias en ligne tels que les blogs et les sites web, afin de fournir des lignes directrices pour la communication officielle. Mais le rapport, rendu public partiellement, ne précise pas forcément de quelle manière l’espionnage a été utilisé sur les individus concernés.       
 
 
         
 
21) Sous-estimer les rejets de césium
 
 
 
Quand on ne peut pas tricher sur les nombres, tricher sur les dates. La désinformation par omission est une technique peu coûteuse et pratique. Par exemple, faire un bilan annuel en ne prenant en compte que deux semaines : brouillage de compréhension assuré !
 
        
  
- Estimation de l’IRSN
 
Dans son étude du 9 mars 2012 intitulée « L’accident de Fukushima 1 an après : situation environnementale et sanitaire au Japon », l'IRSN évalue les rejets de Cs-137 uniquement du 12 au 25 mars 2011 en insistant sur le fait que c’est moins que les rejets de Tchernobyl : 21 PBq. Pourquoi l’IRSN se limite-t-il à deux semaines de rejet ? Pour minimiser les rejets réels. En présentant les données ainsi, l’IRSN pratique le déni. Un an après, l’IRSN « oublie » de prendre en compte que la centrale de Fukushima Daiichi n’a jamais cessé de rejeter des radionucléides dans l’environnement !       
 
        
 
- Estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais :
 
Une étude intitulée « Fukushima-derived radionuclides in the ocean and biota off Japan », publiée dans le bulletin PNAS du 3 avril 2012, rectifie les estimations précédentes :
 
Fuskushima (Cs-137) : 63 PBq       
 
        
       
22) Supprimer des comptes Youtube dérangeants
 
Le 10 mai 2012, Youtube a supprimé le compte de Tokyobrowntabby. Sous ce nom se cache une habitante de Tokyo qui diffusait des vidéos sur le thème de Fukushima, avec sous-titrages anglais ou japonais. On se souvient aussi de la disparition du compte d’Alex, ce Français expatrié qui faisait des comptes rendus vidéo quasi quotidiens de la catastrophe nucléaire…
Kna60, qui a aussi subi des restrictions sur Youtube, explique parfaitement ce phénomène de contrôle des grandes firmes sur les vidéos. Au passage, il reprend deux vidéos d’Alex de 2011 qui valent le détour si vous ne les avez jamais visionnées !
 

 
 
 
 
 

 

23) Arrêter les enquêtes épidémiologiques

 

Quand une étude scientifique peut compromettre le message officiel sur la situation sanitaire vis-à-vis de la radioactivité, il faut faire arrêter l’étude en prétextant que cela pourrait amener des interrogations de la population.

Le 14 juin 2012, on a appris que le Professeur Shinji Tokonami de l'Université d'Hirosaki avait été sommé par les autorités de Fukushima de stopper prématurément une étude lancée en avril 2011 et qui prévoyait d'étudier l'exposition à la radioactivité d'une centaine d'habitants de la région de Fukushima.
Sur les 62 cas étudiés incomplètement, de l'iode-131 avait été détecté au niveau de la glande thyroïde sur 50 personnes.
          

http://www.gen4.fr/blog/2012/06/une-enqu%C3%AAte-sur-la-radioactivit%C3%A9-stopp%C3%A9e-brutalement-par-les-autorit%C3%A9s-de-fukushima.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Gen4-LeNuclaireBilanEtPerspectives+%28gen4+-+Le+nucl%C3%A9aire%2C+bilan+et+perspectives%29

      

http://www.gen4.fr/blog/2012/06/une-enqu%C3%AAte-sur-la-radioactivit%C3%A9-stopp%C3%A9e-brutalement-par-les-autorit%C3%A9s-de-fukushima.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Gen4-LeNuclaireBilanEtPerspectives+%28gen4+-+Le+nucl%C3%A9aire%2C+bilan+et+perspectives%29

 

 

24) Arrêter de compter les décès

 

S’il y a trop de décès dans une région contaminée, le mieux est de supprimer la rubrique nécrologique. Ca risquerait d’alerter l’opinion.

Iori Mochizuki nous informe par son blog Fukushima Diary du 17 juin 2012 qu’un journal local de Fukushima a interrompu sa rubrique nécrologique depuis une semaine (10 juin 2012).

Le Fukushima Minpo est le plus grand des journaux locaux de Fukushima, il mettait à jour sa rubrique nécrologique tous les jours, il avait attiré l'attention par l'ampleur de ses avis de décès pour une population comme celle de Fukushima. Il y avait entre 40 et 60 morts listés, de tous âges. Aucune explication n'est donnée sur cette interruption.           

http://fukushima-diary.com/2012/06/fukushima-local-news-paper-stopped-updating-condolence-column-for-a-week/#.T94OSCKE-10.facebook

 

 

 

 

 

 25) Faire taire les journalistes

 

Si un journaliste fait une enquête trop poussée révélant des collusions ou des disfonctionnements, il faut lui faire un procès exemplaire qui servira de leçon à ceux qui seraient tentés de faire la même chose. Le village nucléaire ne doit pas être dérangé dans ses petites affaires.

 

Minoru-Tanaka.jpgDepuis mai 2012, le journaliste freelance Minoru Tanaka est ainsi accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’incident nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi.

http://fr.rsf.org/japon-fukushima-acharnement-judiciaire-10-07-2012,42990.html

 

 

 

26) Trafiquer les dosimètres

 

 

 

boitierOn a vu plus haut (n° 19) qu’on pouvait donner l’illusion d’une centrale accidentée qui ne polluerait quasiment plus en protégeant les capteurs. On peut faire la même chose avec les travailleurs : on peut donner l’illusion que la centrale n’est pas dangereuse pour faire travailler les ouvriers plus longtemps. Il suffit pour cela de leur demander de glisser leur dosimètre individuel dans un petit boîtier en plomb. Et hop, ni vu ni connu, la radiation est effacée des registres !

 

 

 

Surtout il faut rester discret. Si la chose est rendue publique, il faut vite trouver un bouc émissaire pour lui faire porter le chapeau d’une pratique courante mais interdite. Ainsi, c’est BUILD-UP, filiale de TOKYO Energy Systems, filiale de TEPCO qui s’est fait prendre. Tant pis pour elle !

 

http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-one-way-to-shield-radiation-108381425.html

 

 

 

 

 

    

 

27) Truquer les photos

 

 

 

Pour minimiser l’état lamentable des structures après une explosion due à l’énergie nucléaire, utiliser un logiciel de retouche de photo pour arranger la vision des bâtiments réacteurs.

 

 

 

Un bon exemple, le bâtiment du réacteur 4 qui comporte une piscine très dangereuse en suspens à 30 mètres de hauteur doit être soutenu avec des murs impeccables. S’il y a des ouvertures gênantes, il suffit de mettre du blanc et hop, le mur est réparé !

 

 

 

trou caché

 

 

 

http://gen4.fr/2012/09/tepco-camouflage.html

 

 

 

 

 

 

28) Supprimer l’accès aux documents

 

 

 

C’est bien de paraître transparent dans un premier temps, c’est l’image officielle de l’industrie nucléaire qu’il faut préserver. Mais attention, au bout d’un certain temps, il faut supprimer l’accès aux informations d’origine car des chercheurs un peu trop zélés pourraient faire des recherches trop poussées. Supprimer l’accès libre à des documents sources est donc un principe de base.

 

 

 

Il faut prendre exemple sur l’ancienne autorité de sûreté nucléaire japonaise qui avait une bibliothèque avec 40 000 documents en libre accès. Cette librairie a été fermée. L’astuce a été de profiter du changement de structure pour arrêter ce service.

 

 

 

http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html (2 octobre 2012)

 

 

 

 

    

 

29) Dénigrer les informations non officielles

 

 

 

Dans les pays où l’Internet ne peut pas être bridé, il est nécessaire d’avoir un réseau de journalistes scientifiques qui désamorcent les informations trop sensibles qui apparaissent dans des blogs ou des journaux trop informés. Pour cela, quand une info fait le buzz et que cela entache la réputation de l’industrie nucléaire, il faut créer un article pour la contrer. Cet article doit insister fortement sur le manque de professionnalisme de l'auteur ou remettre en question des sources non fondées. C’est assez facile, on met le coup de projecteur sur une erreur insignifiante qui n’a pas forcément de rapport avec le fond de l’article. De ce fait, l’attention est détournée et le journal ou l’auteur sont décrédibilisés. Le lecteur doit surtout retenir que la véritable info doit être officielle, et que le reste est de la désinformation. Comme ça, on met tous les sites alternatifs dans le même sac et le tour est joué.

 

 

 

Cette technique est régulièrement et brillamment utilisée par Sylvestre Huet dans son blog Sciences², en particulier avec l’article « Fukushima : désinformation sur la piscine 4 ». Dans son billet, le journaliste n’hésite pas à descendre un collègue du Nouvel Observateur  en s’attachant à une simple bâche plastique et à une erreur de situation de la piscine.

 

 

 

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/09/fukushima-la-d%C3%A9sinformation-continue.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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commentaires

Eric 04/04/2012

Excellente synthèse des différentes formes de désinformation et de manipulation employées à propos de Fukushima. Merci. Je conseille également la lecture du très beau livre de Michaël Ferrier,
"Fukushima, récit d'un désastre" (Gallimard, 2012), écrivain vivant à Tokyo, qui analyse bien la situation aujourd'hui dans sa 3e partie ("La demi-vie, mode d'emploi").

nuckelchen 12/06/2012

tabbytobby strikes back:
http://www.dailymotion.com/tokyobrowntabby

and then i have to say "thank you for your side and that you be a great help for my fuku-researches.
with one word:
i love you
no joke.

what me is making sad is that i'm not part of your thread.
(i had lost my old youtube account in may 2011 about tbs reloadings,
i have made a new one and have made more then 1.600 single video reports from the both fukushima livestreams in the last 12 months,
http://www.youtube.com/user/nuckelchenblogde
is that something like nothing for you?
and something new i have build up right now,
a channel with uploads from the forbidden videos:
http://www.youtube.com/user/skywatch7gebirge

and that my permanetly video workings had motivated a man from japan,
to go first like i,
http://www.youtube.com/user/454541919,
and then he starts:
http://www.youtube.com/user/jnnlivecam

i know that it wasn't a personal hit from yourside but i would be happy in future times when we were aloud to be a part of your reportings too.

lg
ulli

elibi 12/06/2012

Un sacré morceau de pertinence. Comme d'ab.
Et de biens beaux commentaires.
@ nuckelchen so you ARE looking for coveRAGE
groupie #2 onboard. Go for it Nuck!
Ain't French a beautiful language?

simple-touriste 16/10/2013

« Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi » (IRSN) ne montre pas l’explosion de l’unité 3. Pourtant, ce film est censé détailler le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.
http://www.youtube.com/watch?v=gF19Ukb4S-I&feature=player_embedded

N'importe quoi, comme toujours :
http://www.youtube.com/watch?v=gF19Ukb4S-I&feature=player_embedded

Vous êtes vraiment des négationnistes!

DR GOODHEAR 18/08/2014

2014 - Tokyo, Japan Should Be Evacuated Says Dr Mita MD, Most Of Japan Radiation Contaminated After The Fukushima Mega Nuclear Disaster; via @AGreenRoad
http://agreenroad.blogspot.com/2012/03/tokyo-is-it-safe-to-visit-or-live-in.html

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