7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 20:52

En 2011, Ian Goddard s’est penché sur l’explosion de l’unité 3 et, après avoir abandonné l’hypothèse d’Arnie Gundersen, a proposé une théorie basée sur une explosion de vapeur dans l’enceinte de confinement. Les autorités japonaises et l’opérateur Tepco ont toujours affirmé officiellement que cette explosion avait été provoquée par de l’hydrogène, mais cette position est uniquement due aux premiers communiqués du Cabinet du Premier ministre japonais et de la NISA, et non pas à la réalité constatée. En effet, quelques secondes après l’explosion, le directeur de la centrale s’est écrié : « QG, QG, c’est affreux ! L’unité 3 a explosé à présent ! Je pense que c’est probablement dû à la vapeur ». Mais on lui a bien fait comprendre ensuite qu’il ne faudrait plus qu’il en parle de cette manière et que l’on devait désormais uniquement expliquer les faits avec la version officielle.

J’ai choisi de diffuser la théorie de Ian Goddard car, 3 ans après les faits, elle reste la théorie la plus plausible et paradoxalement une des moins diffusées. Deux informations données par Tepco postérieurement à l’édition de l’article original en 2011 corroborent son scénario. Tout d’abord, en 2012, l’opérateur a lâché une information de taille : un bouchon de grandes dimensions qui ferme un conduit permettant d’apporter ou retirer des équipements lourds à la base de l’enceinte de confinement est sorti de son emplacement. Il est probable qu’une surpression interne ait pu réaliser cet exploit de déplacer cet équipement de plusieurs dizaines de tonnes qui reste évidemment fermé quand le réacteur est en fonctionnement. La deuxième information date de cette année : suite au nettoyage des ruines de l’unité 3, une partie de la dalle anti-missile, élément intégral du couvercle du puits de cuve du réacteur, a été retrouvée affaissée de 30 cm en son centre par rapport aux autres éléments, ce qui peut s’expliquer par son soulèvement et sa chute, aucun objet lourd n’étant tombé directement dessus. Là encore, cet équipement en béton armé d’environ 40 tonnes n’a pas pu bouger sans qu’une très forte pression n’apparaisse subitement.

Toutefois, la complexité de cette succession d’explosions de l’unité 3 est telle qu’il est possible que d’autres facteurs soient responsables de tel ou tel évènement physique non pris en compte dans ce scénario énoncé précocement. C’est pourquoi il doit être considéré comme une bonne piste de recherche et doit laisser la porte ouverte à d’autres scénarios ou variantes. Quoi qu'il en soit, cette hypothèse d’explosion de vapeur, toujours tue par les autorités scientifiques de la planète nucléaire, a le mérite d’exister et Ian Goddard doit ici être remercié pour la clarté de sa démonstration qui contraste avec le mutisme des organismes scientifiques censés nous expliquer ce qui est arrivé.

Pierre Fetet

 

 

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Unité 3 de Fukushima : la théorie de l’explosion de vapeur

 

Ian Goddard

 

 

 

Titre original : Fukushima Unit 3 - steam-explosion theory

Source : http://iangoddard.com/fukushima01.html

Traduction française : Pierre Fetet (relecture Phil Ansois)

 

 

 

 

L’événement marquant des fusions de cœur de Fukushima a été la grande explosion de l'unité 3, le 14 mars, avec son nuage en forme de champignon, en total contraste avec l'explosion de l'unité 1 qui n'avait provoqué aucune projection verticale remarquable. Pourtant, Tokyo Electric Power Company suppose que chacune de ces explosions est due à de l’hydrogène qui s’est retrouvé confiné au niveau supérieur au-dessus du réacteur. Toutefois, parce que des effets radicalement différents suggèrent des causes différentes, considérons un modèle fondé sur des données probantes dans lequel l’explosion de l'unité 3 était une explosion de vapeur qui a vaporisé des tonnes d'eau de mer injectées en un nuage en forme de champignon et qui a déclenché des explosions secondaires d'hydrogène.
 

Figure 1: L’explosion de l’unité 1, contrairement à celle de l’unité 3, n’a pas eu d’amplitude verticale et n'a pas formé de nuage en forme de champignon. Il semble donc que quelque chose en plus soit arrivé à l'unité 3. Le nuage en forme de champignon est composé d’une masse compatible avec des tonnes d'eau vaporisée.

Figure 1: L’explosion de l’unité 1, contrairement à celle de l’unité 3, n’a pas eu d’amplitude verticale et n'a pas formé de nuage en forme de champignon. Il semble donc que quelque chose en plus soit arrivé à l'unité 3. Le nuage en forme de champignon est composé d’une masse compatible avec des tonnes d'eau vaporisée.


Le risque d'une explosion de vapeur au cours d’une fusion de cœur dans une enceinte de confinement abritant un réacteur a été un sujet de préoccupation et de recherche considérable, comme indiqué dans Moriyama et al .:

« L'explosion de vapeur provoquée par le contact d’un cœur fondu et d’un liquide de refroidissement [l'eau] est reconnue comme l'une des menaces potentielles pour l'intégrité d’une enceinte de confinement lors d'un accident grave de réacteurs à eau légère et l'une des plus importantes sources d'incertitude dans l'évaluation des fréquences des premiers rejets importants de produits de fission. » [1]

Puisque de l'eau de mer a été injectée dans le réacteur de l’unité 3 dans le but de le refroidir lors de sa fusion, les ingrédients nécessaires pour une explosion de vapeur dans l'enceinte de confinement étaient réunis avant l'explosion. Donc, étant donné que l'explosion de vapeur est un risque reconnu dans de telles circonstances, la possibilité d'une explosion de vapeur nécessite une enquête que nous allons entreprendre sans délai.


Panaches de vapeur distincts provenant de l'enceinte de confinement

 
Dès que les nuages ​​de l'explosion se sont dissipés, deux panaches de vapeur distincts ont été vus sortant du niveau supérieur démoli de l'unité 3.

La figure 2 (a) montre l'unité 3 trois minutes après son explosion, et là nous voyons deux panaches de vapeur distincts. Ces deux panaches ont été observées tout au long du début du printemps, quand l'unité 3 produisait de la vapeur, comme le montre la figure 2 (b, c, d).
 

Figure 2 (a-d): des panaches de vapeur distincts vus tout au long du début du printemps après l’explosion s’élèvent en nuage de l'unité 3. (e) La tendance à un panache de vapeur persistant suggère une vapeur provenant de l'enceinte de confinement.

Figure 2 (a-d): des panaches de vapeur distincts vus tout au long du début du printemps après l’explosion s’élèvent en nuage de l'unité 3. (e) La tendance à un panache de vapeur persistant suggère une vapeur provenant de l'enceinte de confinement.


La figure 2 (e) situe les panaches de vapeur sur le plan de l'unité 3. Sans surprise, le volume important des nuages de vapeur qui s'échappaient est en corrélation avec un grand réservoir d'eau bouillante [2]. La seule autre masse d'eau sur le site est la piscine de combustible usé sur le côté sud de l'unité 3 (voir la piscine de combustible usé dans les figures 2 (e) et 3). Cependant, les panaches de vapeur émanent de points autour du centre de l'unité 3, et s’échappent dans de gaies volutes tout comme de la vapeur s’échappant de trous dans un récipient d'eau bouillante. De toute évidence, ces panaches de vapeur distincts ne viennent pas de la piscine de combustible.


Les points chauds du couvercle du puits de cuve correspondent aux panaches de vapeur


La figure 3 localise les points chauds sur les photos infrarouges associées au plan de l’étage de service de l'unité 3. On constate que les points chauds clés s'alignent avec le bord du couvercle du puits de la cuve du réacteur. Ces points chauds correspondent à leur tour aux panaches de vapeur de la figure 2 et aux forces explosives que nous verrons dans la figure 4.
 

Figure 3 : Animation : les points chauds correspondent au couvercle, à la vapeur et aux souffles explosifs dans la figure 4. Notez que la piscine de combustible à gauche est décentrée ; c’est également chaud au niveau du stockage de combustible usé.

Figure 3 : Animation : les points chauds correspondent au couvercle, à la vapeur et aux souffles explosifs dans la figure 4. Notez que la piscine de combustible à gauche est décentrée ; c’est également chaud au niveau du stockage de combustible usé.


Les panaches de l’explosion correspondent aux panaches de vapeur


La figure 4 montre les séquences vidéo initiales de l'explosion de l’unité 3. Notez qu'il y a des panaches explosifs distincts, le plus évident étant le panache de feu qui a la forme d’un poing qui frappe et passe à travers le haut de la paroi sud ensoleillée. Notez aussi que les panaches explosifs initiaux ne se propagent pas vers le haut comme le nuage en forme de champignon qui les a suivis, mais qu’ils ont plutôt des effets de souffle sur les côtés suivant un angle d’environ 45˚. Les angles des vecteurs [d’éjection ; cf. Fig. 3] convergent bien sur ​​le bord du couvercle du réacteur, là d’où proviennent aussi les panaches de vapeur. Par conséquent, dans ce modèle d’explosion de vapeur, ces panaches explosifs sont une phase ignée des panaches de vapeur qui s’est produite immédiatement après, comme le montre la figure 2. Cette phase enflammée des panaches provenant de l’enceinte de confinement reflète l'éjection explosive de gaz inflammables comme l'hydrogène à partir de la zone supérieure de l'enceinte de confinement.
 

Figure 4 : Animation : modélisation de la phase initiale de l'explosion sur la base des données des figures 2 et 3. L'eau, dans notre modèle, est assombrie par sa contamination avec du combustible fondu et des dégagements gazeux.

Figure 4 : Animation : modélisation de la phase initiale de l'explosion sur la base des données des figures 2 et 3. L'eau, dans notre modèle, est assombrie par sa contamination avec du combustible fondu et des dégagements gazeux.


La figure 5 montre le mécanisme de déclenchement d’une explosion de vapeur hors cuve, comme cela est décrit dans Moriyama et al., où l'eau s’est accumulée au fond de l'enceinte de confinement en dessous du réacteur. Ensuite, le combustible fondu, en traversant le fond de la cuve fondue du réacteur, provoque une explosion de vapeur au moment où il tombe dans l’eau en dessous du réacteur. [1] Ainsi, dans notre modèle pour Fukushima, l'eau de mer injectée dans le réacteur de l'unité 3 s’écoule hors du réacteur et s’accumule dans l’enceinte de confinement. La chute du combustible en fusion déclenche alors une explosion de vapeur qui elle-même déclenche les explosions secondaires d'hydrogène. [1,3]
 

Figure 5 : Animation: l’explosion de vapeur hors-cuve déclenchée par le combustible fondu tombant dans l'eau.

Figure 5 : Animation: l’explosion de vapeur hors-cuve déclenchée par le combustible fondu tombant dans l'eau.


Dans la figure 6, toutes nos observations sont réunies pour former un modèle compatible et cohérent d’explosion de vapeur hors-cuve qui concorde parfaitement avec l'explosion de l'unité 3. Ici, nous faisons fonctionner ce modèle plus loin que l’animation de la figure 4, jusqu’au point de « l'épanouissement du champignon », qui arrive juste après comme prévu, une grosse boule de vapeur de carburant usé roulant vers le haut dans le ciel. Nous supposons que la force de l'explosion dans l'enceinte a momentanément soulevé le couvercle du puits de cuve, permettant à une partie importante de l'eau de mer de s’échapper, avant qu’il ne retombe et se referme. Mais les dégâts de l'explosion sur les joints du couvercle ont permis à la vapeur de se propager pendant des semaines comme on le voit dans la figure 2.

 

Figure 6 : Animation : modélisation de l’explosion de vapeur hors-cuve appliquée à l'explosion de l'unité 3.

Figure 6 : Animation : modélisation de l’explosion de vapeur hors-cuve appliquée à l'explosion de l'unité 3.

 

Indices donnés par les instruments de mesure

Les données enregistrées indiquent que l'explosion de l’unité 3 a été associée à un taux significatif de variation de pression (une chute de pression) dans l’enceinte de confinement (appelée aussi drywell, ou D/W) comme si cela correspondait à un rejet explosif soudain provenant de celle-ci. [4]

 

Figure 7 : l'explosion a coïncidé avec une baisse soudaine de la pression de confinement. Le graphique montre le taux de variation de pression et son évolution ; la pression n’est pas revenue à la normale après l'explosion (voir [4] pour plus de détails).

Figure 7 : l'explosion a coïncidé avec une baisse soudaine de la pression de confinement. Le graphique montre le taux de variation de pression et son évolution ; la pression n’est pas revenue à la normale après l'explosion (voir [4] pour plus de détails).


La théorie de TEPCO selon laquelle l'explosion de l’unité 3 est uniquement due à une explosion d'hydrogène dans l'espace du niveau supérieur au-dessus du confinement est contredite par la perte simultanée et soudaine de la pression de l'enceinte de confinement, qui indique clairement son implication dans l'explosion.
Cela montre aussi que l'eau de mer injectée dans le réacteur fuyait, ce qui de ce fait inondait l'enceinte de confinement comme le montre la figure 5. Vingt heures avant que l'unité 3 n’explose, TEPCO a également indiqué dans un communiqué de presse (soulignement ajouté):

En tenant compte du fait que le niveau d'eau dans la cuve sous pression n'a pas augmenté depuis longtemps et que la dose de rayonnement augmente, nous ne pouvons pas exclure la possibilité que la même situation se soit produite à l'unité 1 le 12 mars. [5]

Que le niveau de l’eau n'ait pas augmenté pendant une longue période est conforme à un écoulement de l'eau hors du réacteur. Et qu'il ait finalement augmenté est cohérent avec le fait que le niveau dans l'enceinte de confinement était finalement suffisamment élevé pour permettre au niveau d’augmenter aussi dans le réacteur. Cependant, gardez à l'esprit que ce sont des conclusions à partir d'une déclaration au sujet d'une situation complexe et que même ceux qui étaient sur le site à ce moment ne pouvaient pas être certains de la signification des données des niveaux d'eau.


Discussion


Étant donné que l'explosion de vapeur hors cuve au cours d'une crise est reconnue par l'industrie nucléaire et les scientifiques comme un risque grave, il est surprenant que la seule mention de celle-ci en rapport aux fusions de cœurs de Fukushima trouvée via Google (au 03/09/11) se trouve dans un rapport de Greenpeace Allemagne [6]. Ce qui est aussi surprenant, c'est qu'il n'y a pas eu à ce jour d'explication ou même de reconnaissance des différences considérables entre les explosions de Fukushima provenant de l'industrie, du gouvernement ou de sources universitaires. Et pourtant, comprendre exactement comment les centrales nucléaires ont explosé pourrait évidemment aider à protéger le public contre les catastrophes nucléaires du futur.


Dans le rapport du gouvernement japonais, l’explosion de l’unité 3 est expliquée de cette manière : " Une explosion, qui était probablement une explosion d'hydrogène, a eu lieu à la partie supérieure du bâtiment réacteur à 11h01 le 14 mars " [7]. C'est tout ! Pour une explication universellement acceptée, sans question à faire valoir en passant simplement comme probable, c'est surprenant. En outre, elle est probable par rapport à quoi ? Si je dis « La pluie est probable », nous savons que ça signifie que c’est probable par rapport au fait qu’il ne pleut pas, et nous savons ce que ne pas pleuvoir veut dire. Pourtant, il n'est pas fait mention de toute autre cause possible relative au fait que cette probabilité est favorisée. Le terme explosion de vapeur ne figure même pas dans le rapport. Il semble donc que soit il n’y a que Greenpeace à être familier avec la littérature nucléaire, soit le gouvernement et TEPCO ont choisi de garder le silence sur d'autres causes possibles.

Considérant que la fuite de liquide de refroidissement dans l'enceinte de confinement est une condition préalable pour une explosion de vapeur hors-cuve tant redoutée, il est curieux que TEPCO ait déclaré dans presque chaque communiqué de presse précédent l’explosion de l'unité 3 : « Actuellement, nous ne croyons pas qu'il y ait une fuite de liquide de refroidissement du réacteur vers l’enceinte de confinement du réacteur. » [8] En commençant par dire « nous ne croyons pas », c'est avant tout une déclaration au sujet de la croyance qui revient à dire : nous ne savons rien de toute fuite. Un tel déni de savoir qu'une condition préalable essentielle à une explosion de vapeur hors-cuve puisse exister a des relents de manœuvres précontentieuses destinées à réduire la responsabilité éventuelle de TEPCO.

En conclusion, les éléments de preuve dans le présent rapport ramènent constamment à une explosion dans l'enceinte de confinement et donc plus probablement à une explosion de vapeur hors cuve dans cette grande enceinte d'eau bouillante [2]. Ce type d'explosion de vapeur est le type le plus probable parce que la recherche indique qu’il est très peu probable qu’une explosion à l’intérieur de la cuve (c’est-à-dire une défaillance du confinement en mode alpha) survenant à l'intérieur du réacteur lui-même puisse provoquer une brèche dans l'enceinte de confinement, et il y aurait donc peu de chances qu’elle produise l'explosion dramatique de l'unité 3 [1].

 


Conclusion

La preuve empirique multimodale examinée ci-dessus démontre que tous ces éléments, à savoir (a) les panaches de vapeur d'eau, (b) les points chauds, (c) les forces explosives et (d) un nuage de vapeur en forme de champignon,  correspondent à des vecteurs [d’éjection ; cf. Fig. 3] dont les origines convergent autour du couvercle d'un grand réservoir d’eau bouillante connu sous le nom d’enceinte de confinement. En outre, les données enregistrées montrent que la pression dans l'enceinte de confinement a soudainement chuté au moment de l'explosion (conformément à une explosion provenant de l'enceinte de confinement) et que le jour avant l'explosion, les niveaux d'eau n'ont pas augmenté dans le réacteur pendant une longue période en dépit de l’eau injectée (compatible avec l'eau qui s'écoule du réacteur et son accumulation dans l’enceinte de confinement). Enfin, compte tenu de la présence de flammes dans deux des panaches explosifs (figures 4 et 6), l'explosion dans l'enceinte a probablement déclenché les explosions secondaires d'hydrogène, car ce  gaz se serait accumulé à la fois dans l'espace de l’enceinte de confinement et dans l'espace du niveau supérieur au-dessus de l'enceinte de confinement.

 


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[1] Moriyama, K., et al. (2006). Evaluation of Containment Failure Probability by Ex-Vessel Steam Explosion in Japanese LWR Plants, Journal of Nuclear Science and Technology, 43(7), p.774-784.


[2] Nous n’avons pas besoin d’émettre l'hypothèse que le réservoir d'eau était en train de bouillir parce que son ébullition est un fait accepté par tout observateur bien informé. En effet, (1) l'eau autour du combustible nucléaire fondu ou en train de fondre est nécessairement en ébullition et doit être renouvelée en permanence pour étancher le rythme rapide de l'ébullition, et (2) les panaches de vapeur vus dans la figure 2 montrent clairement que l'eau fuyant de l’intérieur de l’enceinte de confinement de l’unité 3 bouillait. Reconnaissant que l'enceinte de confinement était un grand réservoir d'eau bouillante, comme une grande cocotte-minute avant que ses joints ne cèdent, la théorie selon laquelle il a subi une explosion de vapeur doit être considérée comme la théorie par défaut.

[3] JAEA. (2006). Nuclear Safety Research, Evaluating the Risk of Steam Explosions, JAEA R&D Review, p. 83.


[4] Variation du taux de pression du D/W de l’unité 3 (MPa/h) dans la période 0-96 heures après le séisme.

Voir aussi: la pression de la cuve du réacteur (RPV) et de l’enceinte de confinement primaire (PCV, et toute autre dénomination : enceinte de confinement, drywell ou D/W) au moment de l'explosion.

Données brutes de Tepco pour l'unité 3, certaines d'entre elles utilisées ici.

[5] TEPCO Communiqué de presse de Tepco du 13 Mars 2011 : Impact to TEPCO's Facilities due to Miyagiken-Oki Earthquake (as of 3:00PM).

[6] Large, J.H. (2011). Brief opinion on the TEPCO plan to flood the primary containment of Unit 1 Fukushima Dai-ichi, Greenpeace Germany.

[7] Prime Minister of Japan and His Cabinet. (2011). Report of Japanese Government to the IAEA Ministerial Conference on Nuclear Safety - The Accident at TEPCO's Fukushima Nuclear Power Stations, Chapter 4.


[8] Communiqué de presse de Tepco du 12 mars 2011 : Plant Status of Fukushima Daiichi Nuclear Power Station (as of 11PM March 12th).

 

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 17:53

Tepco diffuse un document en japonais et une vidéo qui indique une fuite importante dans le bâtiment réacteur n°3. Cette fuite a été constatée le 18 janvier 2014 à 14h40 par un employé qui surveillait les images prises par une caméra montée sur un robot utilisé à enlever les débris.

Situation de la fuite

Situation de la fuite

Le plan indique que l’écoulement a lieu au niveau du rez-de-chaussée (niveau 1F). L’eau, qui s’étale sur 30 cm de largeur, rejoint un entonnoir de vidange.

 

Tepco précise dans son communiqué à la presse japonaise qu’il n'y a pas de changement significatif observé dans les postes de contrôle et dans les paramètres de l'installation (quantité d'eau injectée dans les réacteurs, températures au fond des cuves de réacteur, températures à l'intérieur des enceintes de confinement, etc.). Mais pour l’instant, ils ne connaissent pas l’origine de cette fuite.

Le débit de dose de l'air ambiant à proximité de la fuite est d'environ 30 millisieverts/heure, ce qui ne permet pas à un homme de s’approcher. Toute investigation se fait à distance dans le bâtiment réacteur n°3 qui, suite à son explosion le 14 mars 2011, est extrêmement radioactif.

Réacteur 3 : niveaux de rayonnement au sol en juillet 2013 (source Ex-SKF)

Réacteur 3 : niveaux de rayonnement au sol en juillet 2013 (source Ex-SKF)

Schéma interprétatif du veilleur japonais Masaishi Shiozaki (cf. source ci-dessous)

Schéma interprétatif du veilleur japonais Masaishi Shiozaki (cf. source ci-dessous)

Selon Masaishi Shiozaki, il y a de grandes chances que cette eau soit hautement radioactive, car elle est en lien avec un équipement ("main steam isolation valve room") relié au réacteur.

 

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Mise à jour du 20 janvier 2014

 

L’eau de cette fuite est hautement radioactive :

 

Radioactivité Bêta : 2.4×10^4 Bq/cm3 = 24 millions de Becquerels/litre
Césium 134 :7.0×10^2 Bq/cm3 = 700 000 Becquerels/litre

Césium 137 :1.7×10^3 Bq/cm3 = 1,7 millions de Becquerels/litre

Cobalt 60 :2.5×10^1 Bq/cm3 = 25 000 Becquerels/litre

 

Source : site de TEPCO (version : Japonais), 19 janvier 2014.

http ://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1233699_5851.html

 

Communiqué de l’ACRO à ce sujet :

« Retour sur la fuite découverte dans le réacteur n°3 : TEPCo n'en connaissait pas l'origine, mais a émis une hypothèse rassurante liée à de l'eau de pluie. Elle n'a pas mentionné d'hypothèse inquiétante... Elle donne maintenant des informations (en japonais uniquement) sur cette eau :
- la température est de 20°C alors que l'eau injectée est à 7°C (à 17h) ;
- il y a 1,7 MBq/l en césium 137 (1,7 million de becquerels par litre), 700 000 Bq/l en césium 134, 25 000 Bq/l en Cobalt 60 et 24 MBq/l en bêta total. (Les données de TEPCo sont en Bq/cm3 pour faire moins peur). C'est donc beaucoup plus contaminé que l'eau injectée dont la composition est ici en anglais.
TEPCo en conclut pudiquement que "ce n'est pas l'eau qui pénètre dans le réacteur". Certes, mais elle n'en dit pas plus sur la provenance. Toujours pas d'hypothèse alarmante, alors que la veille, elle n'avait pas hésité à suggérer qu'il pouvait s'agir d'eau de pluie... Quand les médias l'interrogent, le porte-parole de la compagnie ne peut nier que cette eau doit sortir de l'enceinte de confinement.
Cette eau a donc fort probablement pénétré dans la cuve où elle a été en contact avec le combustible. La fuite existe-t-elle depuis le début ? Est-elle partiellement responsable de la fusion ? Si oui, est-elle due au séisme ou au tsunami ? Ces questions sont cruciales pour la sûreté des autres réacteurs. Rien à ce propos, même en japonais.
Et comme les débits de dose sont très élevés sur place, aucun être humain ne peut aller inspecter. La réponse à ces questions va tarder. »

(source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html)

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:06
tabTEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l'unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l'année dernière, le 14 novembre 2011.
.
 
Inspection filmée de l’unité 3 par le robot Packbot le 27 novembre 2012
 
Suite à une constatation de l’augmentation des niveaux de rayonnement dans ce secteur nord-est, Tepco voulait évaluer l’état de conduites de gaz et l’état de la surface du sol. Alors qu’aucune fuite ou dommage n’ont été détectés pour les tuyauteries, l’opérateur a finalement trouvé que la source de cette augmentation de radioactivité se situait au niveau de la porte de l’enceinte de confinement et de ses rails. Cette opération, qui a duré une heure et demie, a mobilisé 9 ouvriers : 3 sur le site, qui ont reçu une dose maximale de 0,52 mSv, et 6 à distance dans une salle confinée.
 
La veille de la prise des mesures, l’enregistrement de la webcam de l’ex-centrale a montré une activité inhabituelle : depuis un échafaudage, des ouvriers semblent avoir pulvérisé un produit dans la direction de la façade sud de l’unité 3, mais on ne sait pas si c’est en rapport avec l’augmentation de la radioactivité.
 

 
 
Voici le rapport de Tepco en japonais sur l’inspection du 27 novembre :
 
tepco1.jpg
 
tepco2.jpg
 
tepco3.jpg
 
tepco4.jpg
 
 
Cette information, qui ne sera sans doute pas répercutée dans les grands médias, confirme la perte de confinement de l’enceinte du réacteur n°3 mais aussi la dangerosité extrême de cette ruine. Les valeurs relevées repoussent d’autant plus la possibilité d’un quelconque démantèlement. En effet, la plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose létale en l’espace de 3 heures.
 
 
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sources :
 
 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 02:58


    unité 3 moyenne face cachée 110316 1f sora 1 - CopieLe désormais célèbre blog Ex-SKF, qui donne des informations journalières en provenance du Japon, vient de rapporter l’interview d’un ingénieur japonais, Setsuo Fujiwara, ancien inspecteur au JNES (Japan Nuclear Energy Safety Organization). Celui-ci a déclaré au magazine SPA qu'il y a eu deux explosions au réacteur 3 le 14 mars à Fukushima Daiichi : une explosion d'hydrogène, puis une explosion nucléaire à la piscine de combustible usé.



Ce qui suit est une copie du texte japonais, puis une traduction en anglais et enfin une traduction en français. Précisons qu’EX-SKF n’a pas de connaissance particulière en physique nucléaire, et que de ce fait, sa traduction peut être sujette à révision, le cas échéant.



 

「福島第一原発3号機で3月14日に起きた爆発はピカドン(核爆発)だ!!」

"The explosion in Reactor 3 at Fukushima I Nuke Plant on March 14 was nuclear!"

"L'explosion dans le réacteur 3 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi le 14 mars était nucléaire ! "



そう語るのは、10年の春まで日本原子力安全基盤機構(JNES)で原発検査員を務めていた藤原節男氏。原発の施設と運用について隅々まで知る専門家の一人だ。

So says Mr. Setsuo Fujiwara, who worked at Japan Nuclear Energy Safety Organization (JNES) until the spring of 2010 as nuclear plant inspector. He is one of those experts who know the nuclear power plant facilities and operations in great details.

C'est ce que dit M. Setsuo Fujiwara, qui a travaillé à l’Organisation de sûreté de l’Energie nucléaire du Japon (JNES) jusqu'au printemps de 2010 comme inspecteur des installations nucléaires. Il est l'un de ces experts qui connaissent très précisément les installations et les activités de la centrale nucléaire.

 


 「3号機の爆発では、一度ピカっと炎が出た後、ドーンと黒煙がまっすぐ建屋上方へと立ち上っています。水素爆発であんな黒い煙は出ません。キノコ雲の形状といい、核爆発の現象に酷似している」

"In the Reactor 3 explosion, there was a flicker of fire, then a vertical, black smoke up the reactor building. A hydrogen explosion does not produce such a black smoke. And the mushroom cloud. It resembles a nuclear explosion."

« Dans l’explosion du réacteur 3, il y a eu une lueur d'incendie, puis une fumée noire verticale au dessus du bâtiment réacteur. Une explosion d'hydrogène ne produit pas une fumée noire. Et le nuage en forme de champignon. Cela ressemble à une explosion nucléaire. »

 

 



しかし、政府、東電の発表では、原子炉内部は安定を取り戻してきているはずだが?

But according to the government and TEPCO, the nuclear reactors are getting more stable, aren't they?

Mais selon le gouvernement et TEPCO, les réacteurs nucléaires deviennent plus stables, n’est-ce pas?

 


 「重要な放射能飛散原因は、使用済み燃料プールです」

"A more important source of radioactive materials dispersed is the Spent Fuel Pools."

 

"Une source plus importante de matières radioactives dispersées est la piscine de combustible usé."



 彼は一原発を陸側から写した航空写真を取り出した。

Fujiwara takes out an aerial photograph of the plant shot from the land side.

 

Fujiwara sort une photographie aérienne de la centrale prise du côté terre.


 

「建屋上部フレームは、使用済み燃料プールの場所が吹っ飛んでいます。プール内で爆発が起こり、そこにあった燃料棒は飛び散ってしまったと思われます」

"The upper frames of the reactor building are blown off at the location of the Spent Fuel Pool. I believe there was an explosion inside the SFP, and the fuel rods inside were blown out."

 

«Les cadres supérieurs du bâtiment réacteur sont arrachés à l'emplacement de la piscine du combustible usé. Je crois qu'il ya eu une explosion à l'intérieur du SFP et les barres de combustible qui étaient à l'intérieur ont été soufflées."

   

piscinetrou---Copie.jpg



 
だが、たとえ使用済み燃料が溶融して下に溜まっても、果たしてそれで核爆発は起きるのだろうか。

If the spent fuel had melted and sank to the bottom of the pool, would that cause a nuclear explosion?

Si le combustible usé avait fondu et coulé au fond de la piscine, est-ce que ça aurait causé une explosion nucléaire?


 
「3号機の燃料プール内では、爆発が生じるまでに冷却水が少なくなり、ジルカロイ・水反応で水素が発生。上方の燃料被覆管が溶けて、中のペレットはブロック崩し状態。プール内が原子炉さながら、小出力で臨界状態となって水が沸騰したと思われます。そして、プール水面上方で水素爆発。その圧力で沸騰水中のボイド(水蒸気)が圧縮。ボイド反応度係数はマイナスなので、一気に核分裂の反応度が高まり、即発臨界の核爆発が起きた。3号機爆発のスローモーションビデオを観ると、爆発音が3回聞こえる。これが、水素爆発の後に核爆発が生じた証拠です」

"The amount of cooling water decreased in the Reactor 3 SFP prior to the explosion, and hydrogen was generated from the zircaloy-water reaction. The upper part of the cladding melted, and the pellets fell out and piled [at the bottom of the pool?]. Inside the SFP, it was like a nuclear reactor becoming critical, and the water boiled. Then there was a hydrogen explosion above the surface of the water in the SFP, and due to the pressure from the explosion, voids (steam bubbles) in the boiling water were compressed. The void coefficient was negative, so the reactivity of nuclear fission was suddenly heightened, resulting in a nuclear explosion from the prompt criticality. When you see the slow-motion video of Reactor 3's explosion, you hear three explosive sounds. It is the evidence that the nuclear explosion occurred after the hydrogen explosion."

"La quantité d'eau de refroidissement a diminué dans la SFP du réacteur 3 avant l'explosion, et l'hydrogène a été générée par la réaction du zircaloy avec l’eau. La partie supérieure de la gaine a fondu, et les pastilles sont tombées et se sont empilées [au fond de la piscine ?]. A l'intérieur de la SFP, c’était comme un réacteur nucléaire qui devient critique, et l'eau s’est mise à bouillir. Puis il y a eu une explosion d'hydrogène au-dessus de la surface de l'eau dans la SFP, et en raison de la pression de l'explosion, les vides (bulles de vapeur) dans l'eau bouillante ont été compressés. Le coefficient de vide a été négatif, donc la réactivité de la fission nucléaire a été soudainement accrue, produisant une explosion nucléaire de criticité instantanée. Quand vous voyez la vidéo au ralenti de l'explosion du réacteur 3, vous entendez trois bruits d'explosions. C'est la preuve que l'explosion nucléaire a eu lieu après l'explosion d'hydrogène. "


 
続いて彼が指差したのは、排気筒と3号機を結ぶ配管部分だ。太いパイプはそこで断裂し、短い管が口を空けて転がっている。

Next, he points to the pipe that connected the exhaust stack and Reactor 3. The big pipe is broken, and the short segment of the pipe is lying on the ground.

 

Ensuite, il pointe le tuyau qui reliait le tuyau d'échappement et le réacteur 3. Le gros tuyau est cassé, et le segment court du tuyau est couché sur le sol.


tuyaucoupe.jpg

 

.
 
「東電は、定期点検中の4号機で水素爆発が起きたのは、3号機で発生した水素がこの配管を通って、4号機建屋に入ったためだと説明しました。しかし写真を見ると、このとおり配管は繋がっていない。4号機でも使用済み燃料プール内で水素が発生して、爆発したと言える。3、4号機爆発とも、使用済み燃料プールの水素なら、1号機も使用済み燃料プールの水素による爆発ではないか。これら重要な事故シナリオについて、誰もダメ出しをしていない」

"TEPCO explained that the hydrogen gas generated in Reactor 3 passed through this pipe and entered the reactor building of Reactor 4, causing the hydrogen explosion in Reactor 4 which was in regular maintenance at that time. However, if you look at the photo, the pipe is broken. I think it was a hydrogen explosion in Reactor 4 also, caused by hydrogen generated inside the Spent Fuel Pool. If Reactors 3 and 4's hydrogen came from the Spent Fuel Pools, is it possible that the explosion of Reactor 1 was also caused by hydrogen from the Spent Fuel Pool? But no one is questioning [TEPCO] hard on these important points in reconstructing the accident."

    «TEPCO a expliqué que le gaz hydrogène produit dans le réacteur 3 a traversé ce tuyau et est entré dans le bâtiment du réacteur 4, provoquant l'explosion d'hydrogène dans le réacteur 4, qui était dans un entretien régulier à cette époque. Cependant, si vous regardez la photo, le tuyau est cassé. Je pense que c'était aussi une explosion d'hydrogène dans le réacteur 4, causée par de l'hydrogène généré à l'intérieur de la piscine de combustible usé. Si l’hydrogène des réacteurs 3 et 4 provient de la piscine de combustible usé, est-il possible que l'explosion du réacteur 1 ait également été causée par l'hydrogène à partir de la piscine du combustible usé ? Mais personne ne questionne fermement [TEPCO] sur ces points importants concernant la reconstitution de l’accident. »

 
彼は、脱原発の技術者たちにもこれら事故シナリオ内容を投げかけたが、コメントを控えたという。「日本の技術者は、自分の専門領域以外のことにはなかなか発言しようとしない」と藤原氏は苛立つ。

Fujiwara says he tried to run his scenario of the accident with the engineers who are anti-nuclear, but that they withheld comments. "Japanese engineers are too reluctant to comment on things outside their specialties", says Fujiwara, irritated.

 

Fujiwara dit qu'il a essayé d'exécuter son scénario de l'accident avec les ingénieurs qui sont anti-nucléaires, mais qu'ils ont retenu leurs commentaires. "Les ingénieurs japonais sont trop réticents à commenter des choses en dehors de leurs spécialités», dit Fujiwara, irrité.


------------------------------------------------------

 

Setsuo-Fujiwara.jpgQui est Setsuo Fujiwara ?

 

Cet ancien inspecteur âgé de 62 ans, ayant dénoncé des irrégularités dans les rapports d’inspection concernant la sécurité d’installations nucléaires au Japon, a été forcé par le JNES à prendre une retraite anticipée en mars 2010. Pour tenter de retrouver son travail, il a porté plainte à la cour de justice du district de Tokyo.

« J'ai décidé de devenir un Don Quichotte et d'élever ma voix, maintenant que je suis presque à la retraite et que je n’ai plus rien à perdre », avait déclaré M. Fujiwara dans une interview.

C’est donc un expert nucléaire japonais qui parle sans aucune contrainte.

 

------------------------------------------------------

 

 

 

sources :

http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/japanese-engineer-there-was-nuclear.html

http://www.zakzak.co.jp/zakspa/news/20111213/zsp1112130929001-n1.htm

http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303654804576346821727192828.html

 

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 14:42

Cet article est la traduction française d’une page d’un blog italien, Giappo Pazzie, qui est le seul site, à ma connaissance, donnant une aussi bonne représentation graphique de l’ensemble des structures d’un réacteur. L’auteur de ces images en perspective a réalisé un travail important, en utilisant toute la documentation existante disponible pour être au plus près du réel. C’est donc un ensemble de documents imagés de qualité qu’il nous livre, qui permettra au plus grand nombre de mieux comprendre la situation à Fukushima Daiichi. 

 

Page originale en italien :

http://giappopazzie.blogspot.com/2011/05/post-tecnico-4-approfondimento-sulla.html?showComment=1306789655060#c6061292040857001931

 

Reproduction et traduction (avec autorisation de son auteur, Luca da Osaka) :

 

1ère partie

 

Analyse

 

Pour accéder à la 1ère partie de l'article, cliquer ici :

http://fukushima.over-blog.fr/article-le-reacteur-n-3-de-fukushima-daiichi-1ere-partie-76473777.html

 

 

2ème partie


La comparaison avec l'état actuel
 

Après cette introduction sur la forme des divers étages de R3, nous allons voir une photographie prise sur place qui dépeint la situation actuelle de l'immeuble.

 

 

93aerial-2011-3-30-0-50-49-confronto.jpg

Comparaison de R3 avec les structures R2 et R4, mettant en évidence l’absence d'au moins deux étages (CRF et 5F). Le chevauchement de R2 et R3 est une projection fonctionnelle des plans de construction.


Permettez-nous de superposer des images virtuelles à des structures réelles :

1) Vue verticale de R3 et R4

 

94aerial-2011-3-30-0-20-11-confronto   

 

En jaune le couvercle du D/W en " position d’activité" et à sa gauche, en vert, la piscine de combustible qui, selon la planimétrie, s'étendrait en profondeur de 5F à 3F. R4 est à gauche et R3 à droite ; pour le premier on suppose que la configuration spatiale du réacteur est comparable à celle du second.

 


2) Vue de face pris en vol

 

95aerial-2011-3-30-3-20-0.jpg 

Photographie aérienne de R3

 

96aerial-2011-3-30-3-20-0-confronto.jpg

Modèle approché superposé à une photographie de R3.


Il est assez difficile de bien superposer les deux images. Les deux constructions en béton dans le coin avant droit du bâtiment ne sont pas authentiques parce qu'ils ne sont que des références à des graphiques, car il n'y avait aucune indication de leur mesure dans les dessins de la centrale examinés.
À première vue, il semblerait que R3 a subi l'effondrement complet du CRF, de 5F et en partie aussi de 4F (les semelles peuvent avoir différentes sections dans le même plan et par conséquent, il a pu exister des effondrements localisés). Du côté de la T/B, il semblerait que la structure ait mieux résisté : justement dans cette zone, il y a des murs en béton épais pour soutenir le D/W, tandis quà l’avant du bâtiment, il y a plus de « vides » probablement plus enclins à un affaissement.
Cependant, ce n'est qu'une hypothèse tirée d’une série de considérations personnelles, basée sur très peu d’éléments concrets.

 

Quelques nouvelles photos découvertes via Flickr montrent quelques détails de R3 et R4 (lien ici ). Dans cette photographie du R4, on voit bien le pont roulant sur le CFR (la structure d'acier grise aussi grande que le bâtiment) ainsi que la machine de ravitaillement (vert clair).

 

975705368411_4a2ee8f0a6_o.jpg

Vue latérale sud de R4 : pont roulant (la "poutre" grise en haut) 

et la machine de ravitaillement en carburant (vert clair juste en dessous à droite)

 

 985705937712_f3b356410b_o.jpg

 Vue latérale sud de R4 : zoom du cliché précédent

 

Une structure similaire au pont roulant de R4 est également visible dans cette photo de R3 en fait on voit une extrémité de ce qui pourrait être une double poutre du pont roulant tombée du CRF sur le 5F, celle-ci ayant perdu la base de son appui. Sur la photo on voit en bas des piliers avec la protubérance caractéristique sur laquelle généralement s’appuient les poutres des rails du pont roulant. Ils sont inversés par rapport à leur position normale, comme ils ont été coupés et ont été renversés à l'extérieur du bâtiment.

 

 995705961026_2b9175499b_o.jpg

Vue ouest de R3 : les piliers de la CRF coupés et renversés (en bas)

Pont roulant (?) en haut au centre.

 

La chute semble à peu près arrivée au niveau de la position du réacteur. En pratique le pont roulant serait en position de faire un "toit" à au moins la moitié de la voûte de béton qui couvre l'entrée du D/W du R3. Cela ne veut pas dire que c'est une mauvaise chose.

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 11:43

Cet article est la traduction française d’une page d’un blog italien,  Giappo Pazzie, qui est le seul site, à ma connaissance, donnant une aussi bonne représentation graphique de l’ensemble des structures d’un réacteur. L’auteur de ces images en perspective a réalisé un travail important, en utilisant toute la documentation existante disponible pour être au plus près du réel. C’est donc un ensemble de documents imagés de qualité qu’il nous livre, qui permettra au plus grand nombre de mieux comprendre la situation à Fukushima Daiichi. 

  

Page originale en italien :

http://giappopazzie.blogspot.com/2011/05/post-tecnico-4-approfondimento-sulla.html?showComment=1306789655060#c6061292040857001931

 

Reproduction et traduction (avec autorisation de son auteur, Luca da Osaka) :

 

1ère partie

 

Pour les lecteurs potentiels : ce message fait partie d'une série de documents provenant de la collecte d’informations d'ordre technique dans le site blog unico-lab, sur divers aspects de l'accident de la centrale Fukushima 1. La publication dans Giappo Pazzie est faite uniquement pour la commodité de pouvoir consulter une synthèse des quatre réflexions que l'auteur a réuni dans cette période et que, tout compte fait, il était intéressant de mettre dans le domaine public. (…)
Merci de votre compréhension.
Mamoru

____________________________________________________________________________________________________
Dans la même série :
Post technique n ° 1 : A propos de l'eau à Fukushima
Post technique n ° 2 : Quelle quantité d'eau y a-t-il dans un réacteur à Fukushima?

publié le 1er mai 2011 
corrections et ajout de nouvelles illustrations le 4 mai 2011
ajout de nouvelles photos à la fin de l’article le 9 mai 2011

Note:
Le modèle présenté dans cet article a été conçu à partir de divers rapports officiels publiés ces dernières années par TEPCO. L'aménagement intérieur se réfère aux ouvrages principaux en béton et à d’anciennes analyses structurelles de l’unité 3 de la centrale de Fukushima 1.
On ne doit donc pas considérer ces illustrations comme des représentations fidèles de la construction proprement dite, mais plutôt comme une "meilleure estimation" provenant de la lecture des données en notre possession. Les images sont proportionnées et l'erreur de représentation est probablement de moins de 5%. Peu de détails techniques peuvent être tirés des illustrations-sources, ce qui fait qu’il manque des compartiments, des escaliers, des portes et des ouvertures de service.

 


Analyse

 

Voici les principales caractéristiques du R3.

 

 tableau-copie-1.jpg

  

 

L’édifice de l’unité 3 (comme les 5 autres sur le site) se compose de 5 étages, selon la norme japonaise ; le premier étage est indiqué 1F.

 

1Locali RB3 trasparenza2a

Représentation schématique en transparence de l’unité 3

 
Les altitudes entre parenthèses correspondent au niveau supérieur de chaque étage par rapport au niveau de référence (passage extérieur des réacteurs 1 et 4, ~ entre 9000 et 10000).

 


B1F (OP-2060)
Le niveau le plus bas est d'environ 12 mètres sous le niveau du sol. C’est la partie la  plus complexe du réacteur en raison de ses installations : la piscine torique, à peu près au centre de ce niveau, entourée d'un mur de 1,5 mètre d'épaisseur, est renforcée par quatre murs diagonaux d’1 mètre d'épaisseur qui donnent à la structure une forme octogonale. Le tout repose sur une dalle de béton d'environ 4,5 mètres d'épaisseur.

 
2R3_B1F.png

 

D'autres installations de secours sont présentes à ce niveau :
- 4 pompes de circuit de RHR (Residual Heat Removal = suppression de chaleur résiduelle) et leurs échangeurs de chaleur
- 1 (quantité à confirmer) pompe du circuit HPCI (Hight Pressure Coolant Injection = injection de liquide de refroidissement à haute pression) 


1F (OP 10200)
C'est le premier étage au-dessus du sol du R/B (Reactor Building = bâtiment du réacteur) du R3 (réacteur n°3). Il présente une ouverture sur le côté opposé au T/B (Turbine Building = bâtiment des turbines) qui se prolonge à l'extérieur du bâtiment.  La partie rouge représente la salle où les tuyaux qui transportent la vapeur d'eau de la cuve du réacteur rejoignent le T/B.
Les murs ont environ 1 300 mm d'épaisseur.


3R3_1F.png

 

 

 

2F (OP 18700)
Le plafond de cet étage a environ la même hauteur que celle du T/B proche. Juste au-dessus de la salle du passage des tuyaux de vapeur de 1F, il y a une salle qui est utilisée pour les opérations de secours en cas de besoin.

 

4R3_2F.png

 

 

3F (OP 26900)
A partir de ce niveau, la structure commence à se rétrécir considérablement autour du D/W (Dry Well = enceinte de confinement en béton) et on commence à voir le fond de la piscine (en vert) dans laquelle sont placées les barres de combustible retirées du réacteur. 

5R3_3F.png

 

Le plan présente des murs extérieurs de 900 à 1 100 mm d'épaisseur, tandis que la piscine du combustible, qui est, à l'intérieur du bâtiment, à environ 3 mètres de l'intérieur des murs extérieurs, est dotée de murs de 1 400 à 1 850 mm.


4F (OP 32300)
De la même manière qu’on le voit dans le cadre du plan précédent, nous voyons aussi ici le développement de la structure de confinement de la piscine de combustible (toujours vert) et le réservoir utilisé pour l'inondation du D/W lors de la manipulation des barres quand le réacteur est arrêté.

6R3_4F.png

 

L'épaisseur des murs extérieurs va jusque 600 mm, tandis que plus de renforts sont notés aux extrémités opposées du D/W avec une épaisseur similaire à un niveau inférieur.
Dans les images, pour plus de commodité de lecture, il apparaît que le « plafond » de béton qui ferme le sommet du D/W protège également le sommet du réacteur.


5F (OP 39920)
C'est le niveau technique sur lequel sont réalisés les chargements et les déchargements de la cuve.
Il devrait être équipé d'une machine pour le changement de carburant qui se déplace sur des rails et permet le transfert de la cuve du réacteur à la piscine pendant les temps d'arrêt. 


(Note de Toto - Unicolab)
Le changement de combustible est fait entièrement sous l'eau, pour aucune raison les barres ne doivent être retirées de l'eau pendant le ravitaillement. Les barres sont regroupées en assemblages qui ont un crochet après avoir été harponnés. Toute la partie supérieure de la PCV (Pressure Containment Vessel = enceinte de confinement) est inondé, on ouvre les vannes qui communiquent avec la PCV et la piscine à travers un mécanisme à deux portes, les barres sont transférées de la cuve du réacteur à la piscine. Le niveau technique est utilisé pour soutenir la couverture du PCV qui est aussi celle du RPV. Selon l'activité de la couverture du RPV, les opérateurs décident ou non de puiser dans la piscine dont le but est plus d’être un bouclier anti-radiation que d’être là pour le refroidissement.


7R3_5F.png


Le niveau 5F du R4 selon le schéma ci-dessous (désolé pour la simplicité du graphisme):


 8nenryou pool R4

Vue en plan et en coupe du niveau 5F du R4 (shéma simplifié)


Dans le cas illustré de la figure (R4), après l’inondation de la partie supérieure du D/W, les barres sont transférées par un canal de 8 mètres de profondeur à l'intérieur de la piscine de combustible usé, qui est encore plus profonde que le plancher de la 5F, ce qui semble être en accord avec l'ensemble des plans du R3 qui donnent environ 13 mètres de profondeur du niveau de 5F jusqu’au fond de la piscine de carburant.


CRF (OP 47820) - « Crane Floor » (= niveau supérieur)
Ce n'est pas un véritable étage, mais plutôt un niveau juste au-dessus du niveau 5F, où sont placées les rails du pont roulant du réacteur. Dans cette zone, toutes les parois ont une épaisseur de 300 mm.

 

 

9R3_CRF.png

 

Les structures de renforcement de cette partie sont indicatives, parce qu'il n'y a pas de données sur la forme exacte des chevrons et autres structures de consolidation de la structure.

 


RF (OP 55720) - "Roof" (= toit)
Le toit de l'édifice achève la construction.

 

91R3_RF.png

 

Voici un résumé de la taille du bâtiment principal et la hauteur indicative des différents étages. Dans la vue en plan on peut voir la position du centre de la cuve du réacteur, du côté de la T/B (vers la mer, si vous regardez les photos).

 

92Locali_R3_DWG.png 

Principales dimensions du R/B 3 (en mm, sauf indication contraire)

  

Le réacteur n°3 de Fukushima Daiichi (2ème partie)

La comparaison avec l'état actuel

Pour lire la suite, cliquer ici : 

http://fukushima.over-blog.fr/article-le-reacteur-n-3-de-fukushima-daiichi-2eme-partie-76486681.html 

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 00:43

 

"Il est tout à fait possible que la fusion se soit également produite au sein des réacteurs deux et trois [et que] la plupart du combustible soit sans doute tombé au fond [de la cuve sous pression], comme dans le réacteur numéro un", a déclaré un porte-parole de Tokyo Electric Power.

 

Source : Le Monde

http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/05/24/tepco-annonce-que-les-reacteurs-2-et-3-sont-en-fusion_1526427_1492975.html

 

 

1, 2, 3, ça fait 3 cœurs fondus ! Tepco reconnaît officiellement la fusion des réacteurs 1, 2 et 3 après deux mois d’entourloupes. Heureusement qu’il y a des gens qui parlent au Japon, sinon on en serait encore à un incident mineur…

 

En fait pour ceux qui s’informent correctement, c’est-à-dire par le réseau des veilleurs de Fukushima, cette information de Tepco n’est pas vraiment une nouveauté. Je vous en avais déjà parlé il y a 3 semaines avec la déclaration de Mishio Ishikawa à la télévision le 29 avril dernier ( http://fukushima.over-blog.fr/article-les-coeurs-des-reacteurs-1-2-et-3-de-fukushima-dai-ichi-auraient-fondu-a-100-73003947.html ). On ressent juste de la colère face à cette entreprise menteuse et manipulatrice, qui n’hésite pas à cacher la vérité en mettant en péril la vie de dizaines de milliers d’habitants.

 

Et puis, il y a maintenant le professeur Hiroaiki Koide de l'Université de Kyoto, qui aurait déclaré hier devant la commission de la chambre haute du parlement Japonais que lui et ses collègues avaient eu à subir de "fortes pressions pour ne pas publier immédiatement les données de contamination dès le 15 mars" dans le cadre de l'accident de Fukushima. H. Koide avait fait de nombreuses déclarations préalables selon lesquelles les autorités Japonaises minimiseraient systématiquement les retombées de l'accident dans le cadre d'accords secrets entre les opérateurs et les autorités de contrôle nucléaires.

source :

 http://www.forum-rpcirkus.com/t1653p210-les-informations

 

Fusion-et-excursion-corium

 

Bon alors maintenant, où en est le corium des trois réacteurs ? Ce ne sont pas les ingénieurs de Tepco qui vous le diront, car ils n’en savent rien ! Il n’y a pas de caméra sous la cuve, et même s’il y avait du matériel pour mesurer quoi que ce soit, il serait fondu par cet infâme magma. Donc il faudra attendre plus de 10 ans (voire 20 selon Thierry Charles, IRSN), avant qu’il ne refroidisse et que l’on sache ce qu’il est devenu, à moins qu’il ne provoque une nouvelle explosion. Le Mainichi a publié hier les déclarations de Chris Allison du Idaho National Laboratory, USA, créateur d’un logiciel de simulation d'analyse d'accident grave, qui a estimé à son tour qu'en cas de "blackout station" total sur un réacteur de même modèle qu'à Fukushima, l'ensemble du combustible fondrait et se regrouperait en fond de cuve à environ +200 minutes puis que le corium atteindrait 1650° C à +260 minutes après le début du blackout, température de fusion de l'acier inoxydable de la cuve du réacteur. La synthèse de ces travaux a été communiquée à l'AIEA fin mars, ce qui n'a pas empêché Tepco de révéler la gravité réelle de l'accident 45 jours plus tard et de continuer à soutenir à ce jour que le corium est "probablement" resté bien sagement stationné au fond de la cuve du réacteur. Mais qui croit encore Tepco ?

 

Source Mainichi :
http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110523p2a00m0na019000c.html

 

 

 

 

 

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 08:55

Jusqu'à présent, on n'avait que des photos éloignées de la façade ouest du bâtiment du réacteur 3. De nouvelles photos, publiées par Cryptome, permettent de s'en rapprocher sensiblement. Ces photos sont précieuses pour ceux qui essaient de comprendre ce qui a pu se passer dans ce réacteur.

 

unité 3 moyenne face cachée 110316 1f sora 1 - Copie

 

On distingue par exemple une grille bleue dans l'angle nord-ouest du bâtiment en ruine. Cet objet d'environ 2 m de longueur avec des cases carrées pourrait-il être un support d'assemblages ? La question est posée.

 

Ajout du 29 mai 2011 :

Tepco a ajouté une image de meilleure qualité sous ce même angle ici

http://www.tepco.co.jp/en/news/110311/images/110527_3.jpg

 

 

Pour mémoire, Cryptome publie régulièrement des photos de Fukushima Daiichi. Tous les liens actualisés régulièrement vers les 15 séries de photos se trouvent ici :

http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-2-71376115.html

 

Lien direct vers le site de Cryptome :

http://cryptome.org/nppw-series.htm

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 01:02

L'explosion du bâtiment du réacteur n°3, survenue le 14 mars, reste encore un mystère. Pour autant, les experts en énergie nucléaire sans langue de bois s'accordent à reconnaître, non pas une explosion due à l'hydrogène, mais une explosion nucléaire. Christopher Busby, scientifique britannique, fait le même diagnostic qu'Arnie Gundersen. Cette petite vidéo de 2min49, créée par GoddarsJournal, reprend cette théorie et explique de manière très claire le déroulement de l'explosion.

 

video explosion 3

Lien vers la vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=1Q3ljfLvHww

 

In order to better follow this video, I propose a transcript of the English text and French translations.

 

Pour mieux suivre cette vidéo, je propose une retranscription du texte en anglais et une traduction en français.

 

 

0 :00

While officials claim that both blasts were hydrogen explosions, professor Christopher Busby, a nuclear energy expert complains that the blast at Fukushima Daiichi unit 3 may have been a nuclear fission criticality.

0:18

Indeed it's plain to see that the explosion of unit 3 differs significantly from the explosion at unit 1. Not just in terms of magnitude, but a whole spectrum of features. 0:30

In this video, we'll examine some of those features.

0:37

Unit 3 building initially implodes and from its first seconds its blast differs from unit 1's.

0:45

Its first smoke is pitch black and while the force of unit's one blast is almost entirely lateral, the forces from unit 3 are almost entirely straight upward, carrying massive debris five times the height of the building.

1:06

Indicative of extreme temperatures, an apparent ring of vortex forms immediately unconstrained lateral smoke projection.

1:16

Fire appears to be sucked up and into the vortex.  Ring vortices are classic features of nuclear explosions.

1:26

Indeed a classical mushroom cloud cap eventually blooms from the blast invariably driven by the same thermal forces.

1:45

For context let's compare the Fukushima fission reactor blast with a known test of a nuclear fission weapon.

1:54

The classic thermally driven downward rotation of mushroom cloud caps is equally apparent in both cases. 

2:03

While all nuclear explosions have these thermally driven characteristics, not all explosions with these characteristics are nuclear. 

2:13

So while the visual evidences may be consistent with Busby's speculation, it is not perfect proof that unit 3's blast was really a fission criticality explosion.

2:26

Such proof could come from isotope ratio data that TEPCO has yet to release.

2:34

But one has to wonder what are the odds that such a massive explosion with distinct nuclear fission characteristics arises from a nuclear fission power plant and isn't a nuclear fission event.   

 

0 :00

Bien que les responsables affirment que les deux explosions ont été des explosions d'hydrogène, le professeur Christopher Busby, un expert en énergie nucléaire le conteste : l'explosion de l’unité 3 à Fukushima Daiichi peut avoir été due à une criticité de fission nucléaire.

0 :18

En effet il est aisé de voir que l'explosion de l'unité 3 diffère de manière significative de l'explosion de l'unité 1. Pas seulement en termes de grandeur, mais aussi avec tout un éventail de caractéristiques.

0 :30

Dans cette vidéo, nous allons examiner certaines de ces caractéristiques.

0 :37

Tout d’abord, le bâtiment de l’unité 3 implose et le souffle de ces premières secondes diffère de celui de l'unité 1.

0 :45

Sa première fumée est noire comme la poix, et alors que la force du souffle de l’unité 1 est presque entièrement latérale, les forces provenant de l'unité 3 sont presque entièrement dirigées vers le haut, transportant des débris massifs jusqu’à cinq fois la hauteur du bâtiment.

1 :06

Révélateur de températures extrêmes, un anneau apparent de vortex forme immédiatement et sans contrainte une projection latérale de fumée.

1 :16

Le feu semble être aspiré dans le tourbillon. Les tourbillons annulaires sont des caractéristiques classiques des explosions nucléaires.

1 :26

En effet, le sommet du nuage classique en forme de champignon se forme invariablement à partir du souffle entrainé par les mêmes forces thermiques.

1 :45

Pour exemple, nous allons comparer l'explosion du réacteur de Fukushima avec un essai connu d'une arme à fission nucléaire.

1 :54

La rotation classique entrainée thermiquement vers le bas des sommets de champignon est apparente de la même manière dans les deux cas.

2 :03

Bien que toutes les explosions nucléaires aient ces poussées thermiques caractéristiques, toutes les explosions avec ces particularités ne sont pas nucléaires. 2 :13

Ainsi, alors que les évidences visuelles peuvent être en accord avec la spéculation de Busby, cela ne constitue pas une preuve parfaite que l’explosion de l'unité 3 était vraiment une explosion de criticité de fission.

2 :26

Cette preuve pourrait venir à partir des données de rapport isotopique que TEPCO n'a pas encore publiées.

2 :34

Mais on peut se demander quelles sont les chances qu'une telle explosion massive, avec des caractéristiques distinctes de fission nucléaire, provienne d'une centrale nucléaire et ne soit pas un accident de criticité.

 

 

 

Qu’est-ce qu’un accident de criticité ?

 

Un accident de criticité désigne un accident nucléaire  provoqué par une réaction nucléaire en chaîne involontaire et incontrôlée dans un combustible nucléaire fissile comme l'uranium ou le plutonium. Cet événement nécessite à minima une masse critique de matière nucléaire. Le combustible est alors le siège d'une réaction en chaîne au cours de laquelle se produit un grand nombre de fissions en un court laps de temps. Il se dégage alors une quantité dangereuse de rayonnement ionisant, sous forme de neutrons et de rayons X ou gamma. Normalement, un accident de criticité ne provoque pas d’explosion nucléaire.

Source wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_de_criticit%C3%A9

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 00:44

Mise à jour du 23/10/11

 

 

L’information donnée par le titre de cet article est fausse. La piscine du réacteur n°3 n’est pas éventrée. J’avais déduit cette donnée par une information provenant du blog de Sylvestre Huet. Or ce dernier s’est trompé mais n’a jamais rectifié son erreur. Il a mal situé la piscine sur une photo verticale (lien) : « Un zoom à la verticale sur le 3, où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l'angle en haut et à gauche ».

...................................................................

 

 

La semaine dernière, j’affirmais que le réacteur n°3 avait explosé avec sa piscine de stockage, convaincu par un exposé dont j’ai cité la source. Bon voilà, c’était juste une conviction de blogueur, une humeur du jour, pas un article d’investigation. Mais depuis une semaine, j’ai approfondi le sujet et je vous livre aujourd’hui le résultat de mes recherches.

 

En fait, si personne ne peut être sûr de l’état du réacteur n° 3, à cause de la non visibilité de celui-ci, on peut toutefois analyser les photos disponibles des ruines du bâtiment qui le protégeait. Mais ces images sont rares et invariablement obliques et offrent la plupart du temps une vision partielle ou trop éloignée. De plus les bâtiments des réacteurs 1 à 4 se ressemblent énormément, et il est important d’analyser chaque image en sachant de quel réacteur il s’agit et en l’orientant.

 

Tout d’abord, il faut prendre en compte que les réacteurs 2, 3 et 4 sont construits sur un même niveau et ont les mêmes dimensions. Cela permet de constater quels niveaux ont disparu dans le bâtiment 3 : deux niveaux manquent côté ouest, et aucun côté est, du moins pour ce qui concerne les poutres en béton armé qui forment la structure de base des bâtiments 2 à 4.

 

récateurs 2 3 4 construits au même niveau coté est conse 

Côté est

 

2 3 4 coté ouest le reacteur 3 a perdu les 2 derniers nive

Côté ouest

 

Ensuite, à partir des données disponibles, je me suis attelé à la reconstitution en élévation des quatre façades du réacteur n°3. Pour ce faire, j’ai utilisé deux coupes transversales du réacteur de type GE Mark I, réacteur à eau bouillante construit à Fukushima dans les unités 1 à 5. A partir des photos extérieures et des coupes, j’ai restitué la hauteur des bâtiments, évaluée à 56-60 m à l’extérieur et à 17-18 m sous le niveau du sol.

 

Puis, grâce à l’observation minutieuse des photos et des vidéos, j’ai dessiné les murs encore existants, et laissé vide les espaces disparus dans les façades. Pour rendre plus lisible les figures, j’ai attribué une couleur différentes aux éléments les plus importants du réacteur : la cuve du réacteur (rouge), l’enceinte de confinement (jaune, son couvercle étant de cette couleur), la piscine torique (gris) et la piscine de stockage de combustible (bleu).

 

Enfin, j’ai établi un plan du bâtiment du réacteur n° 3 pour avoir une meilleure vision que celle donnée par cet enchevêtrement de poutres et matériaux divers visibles sur les photos aériennes.  Et pour finir, j’ai ajouté sur le plan les emplacements des différentes émanations du réacteur (fumée noire, vapeur). Cela donne une image nouvelle du réacteur n° 3, qui permet d’analyser plus finement la situation.

 

shéma réacteur 3 fukushima légère 

 

 

piscine éventréeCe qui frappe en premier lieu, c’est que la piscine de stockage de combustible carrée est éventrée : la paroi de béton verticale qui la supportait à l’ouest n’existe plus. Il est probable, comme le soutient Arnie Gundersen, que celle-ci ait été victime d’une micro-explosion nucléaire (réaction nucléaire « prompte »), et que tout ce qu’elle contenait soit parti dans l’atmosphère lors de l’explosion du 14 mars.

 

Source pour l'emplacement de la piscine de combustible : l'article de Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, "Fukushima : les photos où l'on voit presque tout"

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/03/fukushima-les-photos-o%C3%B9-lon-voit-presque-tout-.html 

 

Autre élément à constater : trois niveaux ont disparu sur les faces ouest et nord, ce qui signifie que l’explosion d’hydrogène qui a détruit le bâtiment dans un premier temps a eu lieu sous le niveau du plateau technique, à la hauteur du sommet de l’enceinte de confinement et de la cuve du réacteur. Celui-ci n’apparaissant pas sur les photos, sans doute recouvert par les décombres, il est impossible de dire dans quel état il est ; mais il est vraisemblable que cette enceinte se soit volatilisée, ou au moins la dalle antimissile la recouvrant, comme l’indique l’expertise de l’IRSN du 20 mars. Quelles que soient les hypothèses, l’enceinte de confinement n’est plus étanche car sa pression est celle de l’atmosphère et elle a perdu son rôle de protection.

 

L’état des murs indique aussi que l’explosion a eu lieu du côté ouest, la façade est gardant son entière élévation. Cela s’explique par la position désaxée du réacteur dans le bâtiment, on le voit avec le plan et les coupes sud et nord. L’explosion d’hydrogène a donc eu lieu du côté ouest, dans l’axe du réacteur.

 

Les photos et les vidéos montrent enfin de la vapeur s’échappant du côté est, c'est-à-dire à la verticale de la piscine torique. Celle-ci a peut-être été endommagée de ce côté. La fumée sombre quant à elle s’échappe des ruines sur le côté sud. Peut-être s’agit-il de débris de combustibles issus de la piscine de stockage qui a explosé.

 

Beaucoup de questions se posent encore. Par exemple, est-il possible que l’énorme flamme soit seulement due à une explosion hydrogène-oxygène ? Ce genre d’explosion donne habituellement de l’eau avec une flamme très difficile à voir. Si cette flamme-flash sortait de la piscine (elle est visible sur le côté sud), pourrait-elle correspondre à cette mini réaction nucléaire ? Et dans ce cas, l’explosion énorme qui suit pourrait-elle sortir de la cuve de confinement ? J’espère en tout cas que l’on va avancer dans la compréhension de cet évènement du 14 mars, grâce aux analyses recoupées de chacun. Mon prochain article portera sur le réacteur n° 4, avec également une analyse de ses façades.

 

 

 

 

 

     

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