12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 23:22
Forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants

Le 29 novembre 2014, se tiendra à Genève un « forum scientifique et citoyen sur les effets génétiques des rayonnements ionisants » où interviendront six experts de renommée internationale (Japon, USA, Finlande, Angleterre, Allemagne). Un exposé sera fait en particulier par Chiyo Nohara sur les impacts biologiques de l’accident nucléaire de Fukushima sur le papillon bleu pâle des herbes. Cette étude récente confirme que les conséquences génétiques des faibles doses subies par les organismes vivants apparaissent comme une menace majeure pour les générations futures.

Voici le communiqué de presse du collectif organisateur du forum, IndependentWHO, ainsi que le programme détaillé de la journée.

« Le collectif IndependentWHO - Santé et nucléaire (IWHO) organise un Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants au Centre œcuménique, 120 route de Ferney, Genève (Suisse) le samedi 29 Novembre 2014.

 

Le Forum réunit des experts de l'Allemagne, du Japon, de l'Ukraine, du Royaume-Uni et des États-Unis d'Amérique pour discuter des effets des rayonnements sur des générations d'êtres humains, de plantes et d’animaux touchés par toutes les sources de pollution radioactive. Celles-ci comprennent le fonctionnement de routine des centrales nucléaires, des accidents majeurs tels que ceux de Tchernobyl et de Fukushima, les essais nucléaires atmosphériques, au sol et souterrains et l'utilisation d'uranium appauvri dans les armes.

 

Les intervenants sont la Dr Inge Schmitz-Feuerhake, professeure retraitée de physique expérimentale à l'Université de Brême (Allemagne); le Dr Yuri Dubrova, professeur de génétique à l'Université de Leicester (Royaume-Uni); le Dr Wladimir Wertelecki, président du Conseil des programmes de développement de l'enfant d’OMNI-NET (Ukraine) et ancien président du Département de génétique médicale et de malformations congénitales, de l'Université de South Alabama (USA); le Dr Keith Baverstock, enseignant à la Faculté des sciences naturelles et de l'environnement de l'Université de Kuopio, en Finlande; le Dr Timothy Mousseau, professeur au Département des sciences biologiques de l'Université de Caroline du Sud (Etats-Unis); Mme Chiyo Nohara, membre de l'équipe de l'Unité de BCPH de physiologie moléculaire du Département de chimie, biologie et sciences de la mer de la Faculté des sciences de l'Université des Ryukus à Okinawa (Japon). Le forum sera modéré par Ruth Stégassy, animatrice de l’émission «Terre à Terre» sur France Culture. (Pour le programme détaillé voir www.independentwho.org )

 

L'Organisation mondiale de la Santé a déclaré en 1957 que « tout rayonnement artificiel doit être considéré comme nocif pour l'homme du point de vue génétique » et que « le bien-être des descendants de la génération actuelle est menacé par l'évolution de l'utilisation de l'énergie nucléaire et des sources de rayonnements ». Aucune preuve scientifique n’est apparue depuis pour contredire cette position. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés. Un demi-siècle plus tard, la terre baigne dans la contamination radioactive. Les activités nucléaires, industrielles et militaires, ont endommagé le système de support de vie de l'humanité et de toutes les autres formes de vie pour des dizaines de milliers d'années et, irrévocablement, leur patrimoine génétique. Pendant ce temps, et malgré les termes vigoureux de la mise en garde précoce par rapport aux effets génétiques, l'OMS a abdiqué ses responsabilités dans tous les aspects de la radioprotection. Elle est subordonnée à l’establishment nucléaire tout comme les autorités sanitaires nationales de ses États membres. Pour combler cette lacune, des scientifiques indépendants et les citoyens concernés doivent unir leurs forces pour examiner les preuves, augmenter les connaissances du public et prendre des mesures pour arrêter d'autres dommages et assurer la protection future de notre précieux patrimoine génétique.

 

Le Forum portera sur : les effets génétiques immédiats et différés des rayonnements ionisants; les résultats d'études passées et présentes, les conséquences biologiques sur les individus, les populations et les écosystèmes ; les malformations congénitales chez les nourrissons en Ukraine; des preuves récentes des effets génétiques sur les papillons de Fukushima; et le rôle et les conséquences de l'instabilité génomique induite par les facteurs de stress environnementaux. A travers des discussions avec les orateurs, l'accent sera mis sur les connaissances de base du public sur les dommages génétiques à long terme résultant de la radiocontamination répandue à grande échelle, ainsi que sur les mesures que les scientifiques et les citoyens peuvent prendre ensemble en vue de prises de décision responsables et démocratiques dans ce domaine crucial de la santé publique. »

 

Lien vers les résumés des présentations et les biographies des intervenants

 

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PROGRAMME

 

Samedi 29 novembre 2014

Matin

 

8h30 Accueil

 

9h Présentation du forum

 

9h10

Dr Inge Schmitz-Feuerhake,

Société Allemande de Radioprotection, Membre (retraitée), Université de Brême, Allemagne

Effets génétiques, immédiats et tardifs, des rayonnements ionisants par irradiation et par contamination

 

9h55

Dr Yuri Dubrova,

Département de Génétique, Université de Leicester, Royaume-Uni

Résumé des études précédentes et actuelles sur les effets génétiques des rayonnements ionisants : comprenant un survol des récentes avancées technologiques dans ce domaine, et des effets transgénérationnels de l’exposition des parents aux mutagènes

 

10h40 Pause café/thé

 

11h

Dr Wladimir Wertelecki,

Anciennement du Département de Génétique Médicale et Anomalies Congénitales, Université d’Alabama, USA

Niveaux anormaux de rayonnements ionisants incorporés chez les femmes enceintes ; taux élevés de malformations congénitales chez les enfants de moins d'un an

 

11h45

Dr Keith Baverstock,

Département des Sciences Environnementales, Université de la Finlande orientale, Finlande

Rôle et conséquences potentielles de l’instabilité génomique induite par des facteurs de stress environnementaux

 

12h30 Repas

 

 

Samedi 29 novembre 2014

Après-midi

 

14h

Dr Timothy Mousseau,

Professeur des Sciences Biologiques, Université de Caroline du Sud, USA

Conséquences biologiques des rayonnements dans l’environnement pour les individus, les populations et les écosystèmes : leçons de Tchernobyl et Fukushima

 

14h45

Chiyo Nohara,

Université d’Okinawa, Japon

Impacts biologiques de l’accident nucléaire de Fukushima sur le papillon bleu pâle des herbes

 

15h30 Pause café/thé

 

16h

Échange entre les intervenants et le public

 

17h50

Conclusion

Ruth Stégassy, productrice de l'émission "Terre à terre" sur France Culture, animera ce forum.

 

 

______________________

 

Informations utiles

 

Entrée libre

 

Traduction simultanée anglais/français

 

Merci de vous inscrire à l'avance

 

Renseignements/Inscriptions

Christophe Elain

contact(a)independentwho.org

Tel: 33 (0)6 02 27 36 32

Tel: 41 (0)22 79 73 830

 

Le forum se tiendra au Centre œcuménique

150 route de Ferney

 

Comment se rendre au forum ?

Arrivée par la gare ferroviaire de

Genève (Cornavin)

et/ou bus de la ville de Genève

Ligne n° 5 : Direction Aéroport

Arrêt Crêts – de – Morillon

(arrêt sur demande)

 

Accessibilité par voiture :

Possibilité de parking au Centre œcuménique

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 21:59

L’organisation “Human Rights Now” et 40 organisations de la société civile issues du Japon et de 7 autres pays viennent de publier une déclaration demandant la révision du rapport du Comité Scientifique des Nations Unies sur Fukushima. Ce texte démontre que personne n’est dupe – même au sein de l’UNSCEAR (*)– et confirme une critique internationale à l’encontre du déni général sur les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire orchestré par les grandes organisations onusiennes. Le blog de Fukushima s’était déjà indigné des conclusions de l’UNSCEAR à l’occasion de la communication du pré-rapport sur Fukushima en juin 2013. Voici à présent la traduction française de cette déclaration adressée à l’ONU en langue anglaise.

_________________________

 

 

La société civile japonaise et celle de 7 autres pays

demandent la révision des rapports

du Comité Scientifique des Nations Unies sur Fukushima

 

 

[Publié sur cette page web le 29/10/2014] :
http://hrn.or.jp/eng/news/2014/10/29/japanese-civil-society-and-that-from-7-other-countries-request-the-reports-of-the-united-nations-scientific-committee-on-fukushima-to-be-revised/

 

Traduction : Phil Ansois
Révision : Pierre Fetet

 

 

Déclaration collective


Les groupes de la société civile demandent la révision du récent rapport de l’UNSCEAR (Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives *) intitulé : “Le niveau et les effets de l’exposition à des émissions radioactives due à l’accident nucléaire suite au Grand Tremblement de Terre à l’Est du Japon et au tsunami.“

 

L’organisation “Human Rights Now”, accompagnée de 40 organisations de la société civile issues du Japon, des USA, de Tunisie, d’Azerbaïdjan, des Pays-Bas, d’Allemagne, de France et d’Irlande ont publié une déclaration demandant que l’UNSCEAR et la Quatrième Commission de l’Assemblée Générale révisent le rapport et ses conclusions du point de vue de la perspective des droits de l’homme. Veuillez trouver la déclaration complète ci-dessous.

La version PDF originale en anglais est disponible ici: Letter to UNSCEAR2014

 

____________________

 

Le 24 octobre 2014

 

A l’attention des Membres de la Quatrième Commission de la 69ème Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies,
des Membres de l’ UNSCEAR,
et des Membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies :

 

Les groupes de la société civile demandent la révision du récent rapport de l’UNSCEAR (Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives*) intitulé : “Le niveaux et les effets de l’exposition à des émissions radioactives due à l’accident nucléaire suite au Grand Tremblement de Terre à l’Est du Japon et au tsunami.“
 

La catastrophe de Fukushima en 2011 a transformé la surveillance par les Nations Unies des effets indésirables de la radioactivité en une question de la plus haute importance mondiale. Les buts et les critères de cette surveillance devraient être la protection et la promotion des droits humains à la santé et au bien-être, qui comprennent un environnement aussi exempt que possible d’exposition aux émissions radioactives d’origine humaine. Nous, soussignés, demandons instamment à la 4ème Commission d’examiner de manière critique à la fois les conclusions scientifiques du rapport de l’UNSCEAR, et les preuves scientifiques qui ont été omises de ce rapport.
 

Les médecins de 19 sections nationales affiliées à l’IPPNW (L'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire **), dont « Physicians for Social Responsibility » (USA) et IPPNW Allemagne ont écrit, diffusé, et publié une « Critique du rapport de l’UNSCEAR »*** qui met en question les présomptions et les données utilisées par l’UNSCEAR, et les interprétations et les conclusions qui en découlent.


Nous apprécions les efforts significatifs produits par les membres du comité de l’UNSCEAR pour évaluer les données vastes et complexes concernant la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cependant, leur conclusion comme quoi il n’y a « pas d’effet discernable », maintenant ou dans le futur, est un défi au sens commun et sape la crédibilité de l’UNSCEAR. La « Critique » fait remarquer que sur base du rapport de l’UNSCEAR lui-même, nous pouvons nous attendre à l’apparition, au Japon, d’à peu près 1000 cas de cancer de la thyroïde supplémentaires, et aussi de 4300 à 16800 autres cas de cancer supplémentaires, à cause des retombées radioactives de Fukushima. Nous croyons qu’il s’agit là d’effets très discernables pour les individus, les familles et les communautés affectées par ces cancers, ainsi que pour tous ces individus qui vont être affectés par les autres formes de maladies induites par la radioactivité.
 

En outre, la conclusion de l’UNSCEAR, affirmant qu’il n’y a “aucun effet discernable” est en train d’induire en erreur le gouvernement Japonais, en le poussant à ne pas mettre en œuvre les contremesures permettant d’éviter la surexposition des individus, et à ne pas lancer une surveillance complète des effets sur la santé. De ce fait, cette conclusion cause de sérieuses violations des droits humains.

 

Cette catastrophe ne fut pas un événement singulier qui a abouti à une fin, mais c’est plutôt un événement en cours de développement dont le point final est inconnu. La fuite des éléments radioactifs dans la biosphère se poursuit et les individus continuent d’être exposés aux émissions radioactives parce qu’ils vivent dans des zones contaminées, consomment de la nourriture et de l’eau contaminées, et inhalent de l’air contaminé. En plus, la plupart des effets de Fukushima sur la santé vont prendre des dizaines d’années, voire des générations pour s’exprimer. En conséquence, le rapport actuel de l’UNSCEAR devrait être considéré comme un préliminaire ou comme une estimation initiale des effets de Fukushima sur la santé. Dans l’avenir, il faudra encore pendant une longue période exercer une surveillance permanente et améliorée, ainsi qu’une mise à jour continuelle de cette estimation. Le rapport 2014 de l’UNSCEAR est un commencement, pas une fin.

 

Nous demandons que la Quatrième Commission agisse de deux manières à propos du rapport de l’UNSCEAR :


1) Renvoyer le rapport à l’UNSCEAR pour qu’il soit révisé sur base de la « Critique », en prenant en considération les points soulevés dans la « Critique », et que l’UNSCEAR élargisse la composition du comité afin d’inclure en tant que membres à part entière des scientifiques qui sont critiques vis à vis des activités nucléaires.

 

2) Nous demandons aussi que la Quatrième Commission demande instamment à l’Assemblée Générale de passer une nouvelle résolution recadrant le mandat fondateur de l’UNSCEAR de manière à assurer que la mission première de l’UNSCEAR soit de promouvoir et de protéger la santé publique et le droit à la santé des individus les plus vulnérables. Le Principe de Précaution devrait être employé quand il s’agit de déterminer les régulations concernant l’exposition, le nettoyage et la décontamination, ainsi que la radioactivité après un désastre nucléaire. Ce Principe de Précaution devrait aussi être employé dans la détermination des mesures éducatives conçues pour minimiser et réduire les risques d’exposition individuelle et la surveillance à long terme des sites contaminés. Un nouveau mandat de l’ONU pour l’UNSCEAR est essentiel afin de permettre aux membres du Comité d’être en mesure d'utiliser pleinement leurs compétences dans le but de protéger la vie et la santé de la communauté mondiale.


Cette requête reçoit le soutien des organisations suivantes :

 

- Physicians for Social Responsibility, USA

- International Physicians for the Prevention of Nuclear War – Germany, Germany

- Human Rights Now, Tokyo, Japan

- Peace Boat – US, USA

- Niji to midori no kai, Japan

- Greens Fukushima, Japan

- Workers’ Executive Committee For Anti-nuclear Power Movements, Japan

- Kai Fukushima Downwind, Japan

- The Nature Conservation of Fukushima, Japan

- Friends of the Earth Japan, Japan

- Showa Shell Labour Union, Japan

- Chernobyl Health Survey and Health-care Support for the Victims – Japan Women’s Network, Japan

- Nuclear Disaster Information Center, Japan

- Japan International Volunteer Center, Japan

- Campaign for Nuclear-free Japan, Japan

- Fukushima Network for Denuclearization, Japan

- Hairo Action Fukushima, Japan

- Fukushima Women Against Nukes, Japan

- People in Fukushima-NPP 30km area, Japan

- Refugee Living with Fukushima in Niigata Prefecture, Japan

- Shinshu 3.11 Network, Japan

- National Network of Parents to Protect Children from Radiation, Japan

- The Civil Forum on Nuclear Radiation Damages (CFNRD), Japan

- Takagi School, Japan

- AEEFG – Association de l’Education Environnementale pour les Futures Générations, Tunisia

- NGO of “Ecolife”, Azerbaijan

- Women in Europe for a Common Future International, Netherlands

- Women in Europe for a Common Future, Germany

- Les Femmes d'Europe pour un Avenir Commun (WECF), France

- Irish Doctors’ Environmental Association (IDEA), Ireland

- Nuclear Information and Resource Service, USA

- Nuclear Age Peace Foundation, USA

- Nuclear Age Peace Foundation, New York, USA

- Nukewatch/The Progressive Foundation, USA

- Nuclear Watch New Mexico, USA

- Georgia WAND – Women’s Actions for New Directions, USA

- Physicians for Social Responsibility – Kansas City, USA

- Gray Panthers, USA

- Center for Safe Energy, USA

- Nuclear Energy Information Service, USA

 

[Les réponses à cette requête peuvent être envoyées à :
Physicians for Social Responsibility USA
Alfred Meyer, Board Member
alfred.c.meyer(a)gmail.com
+1-202-215-8208]
 

__________________________

 

* http://fr.wikipedia.org/wiki/UNSCEAR

**http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_internationale_des_m%C3%A9decins_pour_la_pr%C3%A9vention_de_la_guerre_nucl%C3%A9aire

***Analyse critique :

http://www.fukushima-disaster.de/fileadmin/user_upload/pdf/english/Akzente_Unscear2014.pdf

 

__________________________

 

Documents de l’UNSCEAR :

 

- Texte en rapport avec les critiques exprimées dans ce document : http://www.unscear.org/docs/14-06112_Ebook.pdf

Liste des documents publiés par l’UNSCEAR en relation avec Fukushima :
http://www.unscear.org/unscear/fr/fukushima.html

- Rapport de la 68ème session :
http://www.unscear.org/docs/GAreports/A-68-46_e_V1385727.pdf

Annexe scientifique :

http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf


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(*) Mise à jour du 9/01/2020

Suite à la disparition de l'article de la RTBF, et grâce au signalement d'un lecteur, voici la reprise de l'article disparu en français (site libre infos) et en anglais (site Fukushima Voice). Merci à Phil Ansois pour la récupération des données.

Les délégués belges indignés: "On minimise les conséquences de Fukushima"

   De Tchernobyl à Fukushima, l'histoire se répète, sinistre, nauséabonde, criminelle. Les qualificatifs ne manquent pas pour définir la secte nucléaire.
Les Belges sont indignés ? Soit, mais pas sûr qu'ils soient bien placés avec leurs deux centrales pour sept réacteurs. Nous n'allons pas ouvrir des paris sur leurs comportements en cas de catastrophe. Partant du constat qu'un pays ayant fait ce choix énergétique ne va pas spontanément le désavouer suite à un accident nucléaire. Avec Tchernobyl et Fukushima, la démonstration est faite.
Il faut se rappeler sans cesse que la secte nucléocrate symbolise la politique du mensonge et du secret. 
Gaulois.

samedi 6 juillet 2013 à 8h00
http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-delegues-belges-indignes-on-minimise-les-consequences-de-fukushima?id=8042566

   Les discussions se poursuivent au sein de l’UNSCEAR, l’organisme des Nations-unies chargé d’évaluer les conséquences de catastrophes nucléaires et des radiations. Ce comité a préparé un rapport soumis à la discussion des experts de différents pays lors d’une réunion récente à Vienne. Un rapport qui a suscité l’indignation de la délégation belge: "Tout semble fait et rédigé, disent ses membres, pour minimiser les conséquences de la catastrophe de Fukushima. On revient même en arrière sur les enseignements de Tchernobyl et d’autres études".
La délégation  belge comprend plusieurs experts du centre d’étude de l’énergie nucléaire de Mol et de plusieurs universités. Avec ceux de nombreux autres pays, ils ont participé à ces discussions qui se sont tenues à Vienne en mai. L’UNSCEAR doit présenter son rapport à l’assemblée générale des nations-unies, l’automne prochain.
De retour à Bruxelles, le chef de délégation, Hans Van Marcke a livré ses impressions très critiques sur les pré-conclusions de l’UNSCEAR, lors d’un exposé à l’ABR, l’Association belge de radioprotection. Des propos d’autant plus percutants qu’ils viennent du " milieu " et pas de Greenpeace ou d’opposants au nucléaire. Selon nos informations, les discussions ont été si tendues et les belges ont été tellement choqués qu’ils menacent de ne pas signer le rapport et que certains pensaient même quitter la conférence. Après leurs interventions, après aussi celles d’experts anglais, et de certains autres, leurs remarques pourraient être prises en compte dans un nouveau document remanié. Mais le passé a appris que dans ce genre d’enceintes, ce sont le secrétariat et les rapporteurs qui mènent l’agenda et donnent l’orientation finale aux textes, et que la plus grande vigilance est de mise pour voir si les versions finales reflètent bien les débats.
Quelles critiques ?
De façon générale, tout le monde est d’accord : le japon a eu de la chance. Une partie importante de la contamination est partie vers l’océan, la population a été évacuée relativement vite, et le contrôle de la contamination des aliments est satisfaisant. L’impact sera donc sans doute inférieur à celui de Tchernobyl.
Mais les retombées terrestres ne sont pas négligeables pour autant, ni donc les impacts sur la santé et sur l’avenir. Et ils concernent une zone avec des villes densément peuplées comme Fukushima ou Koriama (300 000 habitants) Et de nombreuses données du rapport de l’UNSCEAR sont  lacunaires ou présentées d’une façon critiquable.
Les estimations des doses reçues par les populations sont diluées dans des moyennes peu pertinentes, tout comme d’ailleurs celles encaissées par les dizaines de milliers travailleurs sur le site de la centrale accidentée, dont les autorités japonaises et TEPCO refusent de communiquer le détail. Il est patent aussi que les tablettes d’iode n’ont pas été distribuées et que les examens à la thyroïde ont été réalisés en général trop tard, ce qui interdit pour le moment de dire que peu d’effets seront enregistrés dans l’avenir, comme l’affirme le rapport de l’UNSCEAR.
L’analyse de l’UNSCEAR exclut d’office, par à priori, tout risque potentiel pour les fœtus ou pour l’hérédité. Pour le risque de cancer, elle estime qu’il n’y pas trop à s’en faire puisque les doses de radioactivité seraient  trop faibles pour générer un effet visible. De telles hypothèses ont fâché plusieurs experts dont les belges, car d’une part, comme mentionné plus haut, les doses sont mal présentées et d’autre part, les enseignements de Tchernobyl ainsi que de de nombreuses recherches ces dernières années montrent que les faibles doses peuvent avoir des effets. Or l’UNSCEAR tente visiblement de revenir en arrière sur ces évolutions de la science des radiations. A plusieurs reprises ces dernières années, et encore dans ces discussions-ci, une partie de ces représentants de différents pays veulent faire passer l’idée d’un seuil de 100 millisieverts , en dessous duquel aucun effet sur la santé ne serait à craindre. Pour rappel, les recommandations internationales de la CIPR parlent de 1 mSv par an pour les populations et de 20 mSv par an pour les travailleurs, à ne pas dépasser en situation courante, tout en tolérant des dépassements ponctuels mais non durables en cas de situation de catastrophe.
Les études récentes montrent que, dans plusieurs domaines, des doses plus faibles, situées entre 10 et 100 mSv peuvent avoir des effets.  Il ne s’agit pas que de cancers, mais aussi des atteintes à l’embryon, des perturbations héréditaires, des maladies cardiovasculaires et des cataractes.
Tchernobyl - Fukushima, même déni ?
Plusieurs rapports sont sur la table, en voie d’achèvement. L’un concerne les enfants, un public à protéger et surveiller particulièrement dans le cas de radiations. Ce rapport a été pris en charge par une équipe américaine, dirigée par le professeur Fred Mettler. Il est un des auteurs du rapport du forum de Tchernobyl qui a été fort controversé, très critiqué parce qu’il minimise les effets de la catastrophe de Tchernobyl. Remet-il le couvert ? En tout cas dans son rapport sur les enfants, il écarte à priori toute une série de domaines, d’études et de découvertes qui montrent les effets divers de faibles doses sur les enfants. Il n’a même pas pris connaissance des rapports à ce sujet du groupe d’experts d’Euratom.
Une autre question très sérieuse est niée ou peu défrichée dans un rapport qui la concerne : la question de la pertinence des doses dans certains cas, par exemple dans la contamination interne d’un organisme. En effet il apparait de plus en plus que les effets peuvent être différents selon que des radionucléides se dispersent de façon égale dans tout l’organisme ou au contraire se concentrent en certains endroits. Une dose semblable n’aura donc pas les mêmes effets selon l’endroit où elle s’exerce. Ceci rejoint les hypothèses émises depuis des années par le savant biélorusse Iouri Bandajevski dans l’étude des nombreux effets de Tchernobyl.
Les effets héréditaires de contamination chroniques à faible doses sont difficiles à étudier chez l’homme puisqu’il faut plusieurs générations d’observations. Une façon de les aborder est d’observer ces effets chez les animaux. Plusieurs études ont montré qu’ils pouvaient y avoir des effets préoccupants (les études de Mousseau et Moller qui montrent la dégradation de la biodiversité à Tchernobyl, et celles de Goncharova par exemple). Or elles ne sont pas prises en compte non plus, pas plus que des études importantes de l’IRSN français, qui ont mis en évidence de nombreuses altérations de type cardiaques et neurologiques chez des rats, dans une recherche relative aux troubles cardiovasculaires chez les enfants de Tchernobyl  
Les clivages…
D’où viennent les principales tentatives de minimiser les conséquences de Fukushima (et de Tchernobyl) et de revenir en arrière sur les acquis récents de ces diverses études en radioprotection ? D’un courant qui regroupe pour l’essentiel des experts russes, biélorusses, américains, polonais et argentins. Bon nombre d’entre eux sont des chevilles ouvrières à l’UNSCEAR ainsi qu’à l’AIEA et à la CIPR. L’un d’entre eux, l’argentin Abel Gonzales multiplie les casquettes (aussi dans l’industrie nucléaire argentine) à un point tel que lors d’une session précédente un expert belge a critiqué cette confusion d’intérêt dans un courrier que l’UNSCEAR a refusé de reprendre dans les procès-verbaux. Gonzales,  Mettler et le russe Belanov (retraité de l’AIEA, rédacteur d’un des rapports de l’UNSCEAR), avec certains polonais, sont en ligne directe avec la tendance représentée par le professeur français Tubiana qui rejette fermement toute idée d’effet négatif des faibles doses. Ensemble ils ont constitué un pôle international très actif pour défendre cette thèse. Et ils occupent des places stratégiques au secrétariat de l’UNSCEAR et à l’AIEA (dans les locaux de laquelle se tiennent les réunions de l’UNSCEAR). Les japonais partagent  aujourd’hui ce point de vue, soucieux de limiter l’impact de la  catastrophe et de relancer les réacteurs nucléaires encore à l’arrêt.
Les représentants des autres puissances, tels les chinois ou les indiens ne disent rien, laissant passer les textes de l’UNSCEAR. Les experts français du CEA et de l’IRSN ne s’expriment guère, alors que pourtant par le passé ils ont  déploré la rétention d’information par les japonais. Suédois et allemands sont silencieux aussi. Il est évidemment tentant de faire un parallèle entre les résultats de l’UNSCEAR et la géopolitique de l’énergie nucléaire, quoique dans chaque pays différentes tendances puissent se manifester parmi les experts, mais nous parlons ici des représentants officiels.
La fronde est donc venue des experts belges, soutenus par des anglais, et le président australien.  Les experts européens qui participent aux réunions de l’Euratom sont aussi plus inquiets des effets des faibles doses que les " minimisateurs " de l’UNSCEAR.
Où est encore la discussion et le doute scientifique dans tout cela peut-on se demander? En tout cas ceux qui nient l’impact des faibles doses  voudraient bien voir leur position  inscrite dans le rapport de l’UNSCEAR et avalisée par l’ONU l’automne prochain. Pour les autres, dont les belges, ce serait une régression inacceptable sur les progrès récents des connaissances en radioprotection.
Marc MOLITOR

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Shocked UNSCEAR members in Belgium protest "It even goes back behind the lessons of Chernobyl and other studies."

 
Original post:
Les délégués belges indignés: "On minimise les conséquences de Fukushima" by Marc Molitor
http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-delegues-belges-indignes-on-minimise-les-consequences-de-fukushima?id=8042566

English translation by Alex Rosen, M.D., Vice-chairman, German IPPNW
(posted here with his permission)
 
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Shocked UNSCEAR members in Belgium protest,
"It even goes back behind the lessons of Chernobyl and other studies."
 
Discussions continue in UNSCEAR, the organization of the United Nations responsible for assessing the consequences of nuclear disasters and radiation. The committee prepared a report submitted for discussion amongst experts from different countries at a recent meeting in Vienna - a report that has aroused the indignation of the Belgian delegation: "Everything seems to be written, its members say, to minimize the consequences of the Fukushima disaster. It even goes back behind the lessons of Chernobyl and other studies." The Belgian delegation includes several experts in the study of nuclear energy. UNSCEAR must submit its report to the General Assembly of the United Nations next fall.
 
Back in Brussels, the head of delegation, Hans Van Marcke delivered his critical impressions on UNSCEAR's conclusions in a presentation to the ABR, the Belgian Association for Radiation Protection. According to our information, the discussions were so tense and the Belgian were so shocked that they threaten not to sign the report and some thought even of leaving the conference. They were offered to include their objections and those of others, mainly English experts in a new, revised document. But the past has shown that it is the secretariat and the rapporteurs who lead the agenda and who give the text its final orientation, and that the greatest vigilance is needed to see to it that the final versions adequately reflects the discussions.
 
In general, everyone agrees: Japan has been lucky. An important part of the contamination has gone to the ocean, the population was evacuated fairly quickly, and control of food contamination is satisfactory. The impact will therefore probably be lower than in Chernobyl.
 
But the impacts on soils are not to be underestimated, nor are impacts on health in the future. And these effects involve an area with densely populated cities like Fukushima or Koriyama (300,000 people).
 
Much data of the UNSCEAR report is incomplete or presented in a questionable way. Estimates of doses received by populations are diluted by irrelevant mean values, as are those received by the tens of thousands workers on the site of the plant accident. The Japanese government and TEPCO refused to disclose details. It is also obvious that iodine tablets have not been distributed and thyroid exams were performed too late, which prevents some effects from being found.
 
The analysis of the UNSCEAR automatically excludes a priori any potential risk to the fetus or the genome. For cancer risk, it considers that there is not too much of a risk as the radiation doses are too low to generate a discernible effect. Such assumptions have led to the anger of  experts from Belgium because, on the one hand, as mentioned above, the doses are poorly presented and secondly, the lessons of Chernobyl as well as extensive research in recent years show that low doses can affect health. UNSCEAR is obviously trying to backtrack on these developments in the science of radiation. On several occasions in recent years, and even in the current discussions, representatives of different countries want to convey the idea of a threshold of 100 millisieverts, below which no health effects are to be expected. As a reminder, international ICRP recommendations speak of 1 mSv per year for the population and 20 mSv per year for workers, not to be exceed in the current situation.
 
Recent studies show that, in several areas, lower doses between 10 and 100 mSv can have effects. It is not only cancer, but also damage to the embryo, hereditary disturbances, cardiovascular disease and cataracts.
 
Several reports are on the table nearing completion. One for children, a population to protect and monitor, especially in the case of radiation. This report was supported by an American team, led by Professor Fred Mettler. He is an author of the Chernobyl Forum report, which was highly controversial and criticized because it minimizes the effects of the Chernobyl disaster. In any case, in his report on children, he dismisses a priori a number of areas of study and findings that show the different effects of low doses on children. He did not even read the reports from the Euratom panel.
 
Another serious issue that is denied or misrepresented in the report concerns the question of the relevance of internal contamination of an organism. Indeed it appears increasingly that the effects may be different when radionuclides are dispersed evenly throughout the body, or when they rather are concentrated in certain areas. A similar dose will therefore not have the same effects depending on where it occurs. This is consistent with assumptions by the Belarusian scientist Yuri Bandajevski in the study of the many effects of Chernobyl.
 
Hereditary effects of chronic low-dose contamination are difficult to study in humans because it takes several generations of observation. One way to approach this is to observe these effects in animals. Several studies have shown that effects do occur (Mousseau and Moller studies show the loss of biodiversity in Chernobyl, for example, or the studies of Goncharova). But they are not taken into account either, nor are important studies of French IRSN, which showed many cardiac and neurological alterations in rats.
 
Where do the attempts to minimize the consequences of Fukushima (and Chernobyl) and to backtrack on the recent achievements of the various studies in radiation come from? Mostly from experts from Russia, Belarus, U.S. Poland and Argentina. Many of them are working for both UNSCEAR and the IAEA and ICRP. One of them, the Argentine Abel Gonzales has so many different hats on (also in the Argentine nuclear industry) that in a previous session, a Belgian expert criticized the conflict of interest in a letter that UNSCEAR has refused to represent in the minutes. Gonzales, Mettler and the Russian Balanov (retired IAEA member, editor of UNSCEAR reports), together with some Polish scientists, are in direct line with the trend represented by the French Professor Tubiana who firmly rejects any idea of negative effects of low dose radiation. Together they formed a vibrant international center to defend this thesis. And they occupy strategic places in the secretariat of the IAEA and UNSCEAR (UNSCEAR holds its meetings on the premises of the IAEA). The Japanese today share that view, anxious to limit the impact of the disaster and restart nuclear reactors.
 
Representatives of other countries such as China or India are silent. The French experts from CEA and IRSN expressed little objections, while in the past they deplored the information policy by the Japanese. Swedish and German are also silent. It is obviously tempting to draw a parallel between the results of UNSCEAR and the geopolitics of nuclear power, although in each country different trends can occur among experts.
 
The Belgian experts, supported by British and Australian members and some Euratom members attending the meeting, are more concerned about the effects of low dose radiation.
 
Where is the discussion and the scientific doubt in all this? In any case, those who deny the impact of low doses would love to see their position recorded in the UNSCEAR report and endorsed by the UN this fall. For others, including Belgium, it would be an unacceptable regression on recent advances in knowledge in radiation protection.
 
Marc Molitor

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 01:26
La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après

Selon le dernier communiqué de presse d'Enfants de Tchernobyl Belarus, le 14 octobre 2014, lors du “International Symposium on Legal-medical Aspects of Nuclear Disaster and Human Rights” organisé à l'Université Waseda de Tokyo, Yves Lenoir, président de l'association Enfants de Tchernobyl Belarus, a fait une communication intitulée "La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après"

Des faits et témoignages réunis pour la première fois révèlent la responsabilité première, pleine et entière des dirigeants de la Commission Internationale de Protection Radiologique dans le désastre sanitaire qui a suivi la catastrophe atomique de Tchernobyl en avril 1986.

 

Lors d'un contact téléphonique préliminaire, le 28 avril 1986, le Dr Henri Jammet, vice-président de la Commission, et le Pr Leonid Ilyin, responsable de la radio-protection pour l'URSS, se sont accordés pour prendre du temps alors que les taux de radiactivité étaient déjà des centaines de fois plus élevés que la radiation naturelle à plus de 100 km de la centrale.

 

Il a fallu attendre 10 jours, le 6 mai 1986, pour que la Commission se réunît avec d'autres experts pour conclure de même, et notamment conseiller de ne pas évacuer les populations exposées. Les évaluations des doses déjà reçues, jusqu'à 100 km, dépassaient souvent de bien plus de 100 fois les limites annuelles recommandées par la Commission.

 

Cette désinvolture inexcusable a conduit à l'irradiation et la contamination de plusieurs millions d'êtres humains. L'examen autorisé des conséquences sanitaires ultérieures a été effectué par des experts délégués de leurs pays respectifs dans le cadre de l'UNSCEAR, United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations, institué en 1955 au sein de l'ONU, dont l'Assemblée Générale vote les rapports, leur conférant ainsi un statut incontestable.

Il se trouve que la plupart des dirigeants de la CIPR sont aussi délégués ou représentants de leur pays à l'UNSCEAR.

 

Cette situation institutionnelle interdit très naturellement que les études scientifiques publiées qui mettent en évidence un lien entre Tchernobyl et la dégradation de la santé ainsi que l'accroissement des malformations n'aient été retenues pour établir les bilans de l'accident. On pense ici notamment à celui qui s'impose comme le plus officiel, rédigé dans le cadre du Chernobyl Forum entre 2002 et 2005 et signé par toutes les agences de l'ONU et les Etats les plus touchés de l'ex-URSS.

 

Des hommes impliqués dans cette gestion institutionnelle des conséquences de Tchernobyl coordonnent les actions équivalentes entreprises après la catastrophe de Fukushima, sous la bannière de l'UNSCEAR et de la CIPR, sous la supervision de l'AIEA qui occupe le terrain. La répétition “perfectionnée” du processus post-Tchernobyl suit son cours au Japon.

 

C'est ainsi que la radio-protection internationale s'est condamnée au déni, sous peine d'entraîner dans son naufrage tout l'édifice mental et idéologique qui  légitime le développement de l'énergie atomique : Raison d'Atome oblige.

 

 

Voir le texte complet illustré de l'exposé :

 

- En français : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=waseda-fr

 

- In English : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=waseda-en

 

 

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 15:50
Le nucléaire et sa critique, de Tchernobyl à Fukushima

L'Université Paris Diderot organise deux journées d’études les 26-27 septembre 2014 au Campus Grands Moulins - Halle aux farines. Cette rencontre intitulée « Le nucléaire et sa critique, de Tchernobyl à Fukushima » se tiendra en présence de chercheurs, sociologues, philosophes et militants, avec le concours du Centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale. En voici la présentation, le programme et la liste des intervenants.

.

La crise nucléaire de Fukushima a relancé la critique antinucléaire tant au Japon qu’en France et d’autres pays. Si les gouvernements japonais et français avaient annoncé leur ferme volonté de tirer toutes les leçons de la catastrophe de Fukushima, aujourd’hui ils tendent l’un et l’autre vers une relance des centrales avec un moindre niveau d’écoute de la critique. Comment comprendre cette évolution ? Trois ans après, quelle leçon tirer de ces « leçons » pour la recherche franco-japonaise ? En nombre de réacteurs et par la taille des entreprises du secteur, le Japon demeure la troisième industrie électronucléaire au monde après les Etats-Unis et la France. Alors s’agit-il d’effets de pesanteur d’un Etat dans l’Etat (le « village nucléaire » au Japon et le « lobby nucléaire » en France) ? Ya-t-il néanmoins des signes de sortie de cette politique ? Quelles marges de collaboration possibles pour les militants associatifs impliqués avec les victimes de Fukushima et les chercheurs en sciences sociales engagés dans une approche critique de cette situation ?

Les journées d’études permettront d’échanger tant sur la teneur des recherches en cours que sur les modes de financement possibles pour une recherche à plus long terme. Cette évolution post-Fukushima sera replacée à la lumière de celle qui a suivi Tchernobyl, et en confrontant l’expérience de terrain des sociologues et des militants avec la réflexion de philosophes.

 

______________________________

 

 

PROGRAMME

 

 

Vendredi 26 septembre 2014

 

 

1) Enjeux et limites du nucléaire comme « catastrophe » (philosophie et anthropologie)

Amphi 1A

9h30-9h45 Introduction : Paul Jobin

9h45-10h30 Satoshi Ukai : (Re) découvrir Hiroshima après Fukushima

10h30-11h15 Jean-Jacques Delfour : La philosophie face au nucléaire : pire qu’une catastrophe, la condition nucléaire

11h15-12h00 Christine Bergé : De Superphénix à Mururoa, une déconstruction infinie

 

2) Une catastrophe chronique : le travail nucléaire et ses déplacements (sociologie)

Amphi 12E

14h00-14h45 Marie Ghis : Santé sous-traitée et mobilisations de travailleurs dans l'industrie nucléaire française

14h45-15h30 Paul Jobin : La condition « gitane » du travail nucléaire (Japon)

15h30-15h45 Pause

15h45-16h30 Rina Kojima : Les personnes sinistrées en dehors des zones désignées: une palette de disparités

16h30-17h00 Annie Thébaud-Mony : Nucléaire : un « précariat » sacrifié (discussion du panel)

 

 

Samedi 27 septembre 2014

 

 

3La gouvernance nucléaire et sa critique (sociologie et action citoyenne)

Amphi 11E

9h30-10h15 Sezin Topçu : Du nucléaire et de ses dégâts : analyse sociologique d'une filière d'exception

10h15-11h00 Kolin Kobayashi : Du projet Ethos au mythe d'une sûreté sereine, ou "la gestion post-accidentelle" du lobby nucléaire

11h00-11h45 Yves Lenoir : Les différents temps d'une catastrophe atomique et le dilemme de la décision

11h45-12h15 Sezin Topçu, Paul Jobin, Kolin Kobayashi : Discussion du panel et conclusion du colloque

 

_________________

 

Intervenants :

 

Christine Bergé, docteure de l’EHESS, anthropologue et philosophe des techniques, auteure de Superphenix, déconstruction

d'un mythe (La découverte 2010)

 

Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie à l’Université Toulouse-Le Mirail, auteur de La condition nucléaire ; réflexions sur la situation atomique de l’humanité (L’échappée, 2014)

 

Marie Ghis, doctorante contractuelle à l’EHESS, prépare une thèse de sociologie sur les mobilisations autour des questions de santé au travail dans l'industrie nucléaire en France

 

Paul Jobin, maître de conférences à l’Université Paris-Diderot (UFR de Langues et civilisations de l’Asie orientale), a publié plusieurs articles sur les ouvriers de l’industrie nucléaire au Japon

 

Kolin KOBAYASHI, journaliste indépendant, écrivain et vidéaste, auteur notamment de Le crime du lobby nucléaire international, de Tchernobyl à Fukushima (en japonais, Editions Ibun-sha, Tokyo, 2013)

 

Rina KOJIMA, doctorante allocataire Université Paris-Est LATTS (thèse sur les déplacés de Fukushima)

 

Yves Lenoir, président de l’Association « Enfants de Tchernobyl Belarus »

 

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm et présidente de l’Association Henri Pézerat Santé Travail Environnement

 

Sezin Topçu, chargée de recherche au CNRS (CEMS, Paris), a publié La France nucléaire, l’art de gouverner une technologie contestée (Seuil, 2013)

 

Satoshi UKAI, professeur à l’Université Hitotsubashi Tokyo, administrateur du Maruki Gallery For The Hiroshima Panels Foundation.

 

_________________

 

Lieux :

 

Vendredi matin : Amphi 1A

Vendredi après-midi : Amphi 12E

Samedi matin : Amphi 11E

 

Accès :

 

Accès par l'Esplanade des Grands Moulins

(Rue Marguerite Duras/ Rue Françoise Dolto ou Quai Panhard)

Paris 13ème, RER/Métro : Bibliothèque François-Mitterrand

Bus : 89, 62, 64, 325

 

____________

 

Interventions disponibles sur le net :

 

Les différents temps d'une catastrophe et le dilemme de la décision / Exposé de Yves Lenoir, président de « Enfants de Tchernobyl /Belarus»

 

Du projet Ethos au mythe d’une sûreté sereine, ou "la gestion post-accidentelle" du lobby nucléaire / Kolin Kobayashi

 

(dernière mise à jour : 5 octobre 2014)

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 17:55

Voici un deuxième article de Jean-Marc Royer, tiré de son ouvrage inédit, "Le nucléaire, érotisation suprême et planétaire de la mort ". L’auteur revient sur l’épisode tragique subi par des pêcheurs japonais en 1954, à la suite d’un essai nucléaire atmosphérique états-unien.

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

 

____________________

 

 

 

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

 

Jean-Marc Royer

 

Le 1er mars 1954 survenait l’irradiation des pêcheurs japonais du Lucky Dragon à la suite de l’explosion de la bombe H Castle Bravo sur l’atoll Bikini dans les îles Marshall, la plus puissante explosion nucléaire états-unienne jamais réalisée (15 Mt, mille Hiroshimas). Il en résulta ensuite une zone interdite (W ci-dessous) de 2400 kilomètres de diamètre [1] ! Alors qu’ils se trouvaient en dehors de la zone prohibée lors de l’explosion, les marins avaient ramassé sur le petit navire une poussière grisâtre, qu'ils avaient vite surnommée « cendre de la mort ». Les dégâts imprévus avaient été dissimulés par les autorités états-uniennes jusqu'au 14 mars, date à laquelle le chalutier était rentré au port avec la plupart de son équipage malade. Son opérateur radio Aikichi Kuboyama allait mourir le 23 Septembre suivant, des suites d'une irradiation aiguë et malgré les soins du Pr Tsuzuki Masao. D'autres décès allaient suivre. Les Etas-unis accordèrent royalement à la veuve d'Aikichi Kuboyama un chèque d'un million de yens (2 800 dollars) et en janvier 1955, offraient au gouvernement japonais 2 millions de dollars de compensation pour les dégâts causés par Castle Bravo. Tsuzuki Masao avait joué un rôle majeur dans cette affaire, prenant en charge les irradiés à Tokyo.

 

[1] Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Castle_Bravo. Dito pour les illustrations.

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

« Carte montrant des points (X) où furent capturés des poissons contaminés et où la contamination radioactive de l’Océan était excessive.

B = zone de danger délimitée autour de Bikini, telle qu’annoncée par le gouvernement U.S.

W = zone de danger, telle qu’elle fut ensuite étendue …

xF = position du bateau Lucky Dragon …

NE, EC, et SE sont des courants équatoriaux ».[1]

[1] S. Sevitt, "The Bombs," The Lancet, July 23, 1955, pp. 199-201.

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

Les retombées de l’explosion réparties niveaux de rayonnement. Les courbes de niveau montrent la dose de rayonnement cumulative en Rœntgens (R) pour les 96 premières heures après le test.

http://www.nuclearweaponarchive.org/Usa/Tests/Castle.html

Cet essai avait entraîné la contamination l'atoll de Rangelap pourtant éloigné de 180 km et dont les habitants avaient dû être évacués (3 jours après) et jusqu’en 1957, avant que 300 d’entre-eux ne soient finalement transférés en 1985 à Majetto, une île dans l'atoll de Kwajalein, par le Rainbow Warrior, [1] (qui fut coulé quelques mois plus tard par la DGSE, sous le gouvernement Fabius). De même, 28 marins états-uniens qui opéraient sur la station météo de Rongerik située à 246 km furent également contaminés. Il faut dire qu'en à peine 6 minutes, le nuage avait atteint une altitude de 40 km ! L'historien Alex Wellerstein a écrit à son propos que « Castle Bravo est un récit édifiant sur l'orgueil et l'incompétence des scientifiques de l'ère nucléaire, déclenchant une arme d'une puissance qu'ils ignoraient, avec des effets qu'ils n'avaient pas prévus, et dont l'héritage ne sera pas oublié de si tôt ». En fait, tous les essais nucléaires effectués à Eniwetok ont dépassé les puissances prévues pour atteindre parfois 200% [2] (le 1er novembre 1952, la première explosion de bombe H « Ivy Mike », avait déjà entièrement vaporisé l'atoll d'Elugelab [3]).

 

 

[1] Film de 12 minutes réalisé en 1986 : http://www.youtube.com/watch?v=Oq9fVlBwuJc

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/Enewetak_Atoll

[3] Voir le film de propagande de l’époque : http://www.youtube.com/watch?v=lcywb_VPPgg

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

Non seulement les états nucléaires ont failli à leur mission principale qui consiste à protéger les populations, mais ils ont de surcroît répandu la mort sur la Planète. En conséquence, ils n’ont pas seulement perdu leur légitimité politique, mais devraient être jugés pour l’écocide et les crimes contre l’Humanité commis depuis 1945. Certes, il y a peu de chances que cela advienne un jour car cela signifierait le retournement du totalitarisme démocratique à l’œuvre depuis le basculement de la civilisation occidentale [1]. Néanmoins, ce qui nous importe avant tout c’est que cette idée devienne l’horizon d’une réflexion politico-philosophique car elle emporte avec elle des prémisses et des développements qui nous semblent essentiels pour l’analyse critique.

 

Il y a peu de chances … disions-nous, mais il se trouve que le jeudi 24 avril 2014, la République des Îles Marshall – petit pays de 55 000 habitants au nord-ouest de l’Australie, théâtre de 67 essais nucléaires américains entre 1946 et 1958 sur les atolls de Bikini et d’Enewetak [2] – a déposé à la cour internationale de justice de La Haye, « des requêtes introductives d'instance » sans précedent contre les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël, la Corée du Nord, les accusant de ne pas s'acquitter des obligations contractées à la suite de la signature en 1968 du traité de non-prolifération des armes nucléaires, à savoir de cesser la course aux armes nucléaires et à procéder au désarmement nucléaire à une date rapprochée ; ceci constituerait une « violation flagrante » du droit international. La Cour a toutefois indiqué qu'elle n'avait admis que les plaintes contre le Royaume-Uni, le Pakistan et l'Inde car ces trois nations ont accepté par le passé la « compétence obligatoire » de la CIJ. Les autres plaintes ne seront examinées que si les gouvernements des pays visés donnent leur feu vert ... C’est sans doute la raison pour laquelle une poursuite contre les États-Unis a également été déposée à San Francisco et vise spécifiquement le président Barack Obama, les départements et les secrétaires à la Défense et à l'Énergie et l'Administration fédérale de la sûreté nucléaire. En Molussie, la vie étant simplement une marchandise comme les autres et par conséquent l’objet de transactions financières, les Etats-Unis qui ont versé 500 millions de dollars, s’estiment quittes devant les populations qui ont connu des problèmes de santé et/ou ont dû abandonner leurs îles natales. [Les gouvernements français ont pour leur part procédé à 196 essais nucléaires en Polynésie française, entre 1966 et 1996]. Les Îles Marshall affirment que plutôt que de négocier leur désarmement les neuf pays en question modernisent leurs arsenaux nucléaires, et qu'ils y consacreront 1000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

« Notre peuple a souffert des dommages catastrophiques et irréparables causés par ces armes, et nous promettons de nous battre afin que personne d'autre sur Terre n'ait à vivre de nouveau de telles atrocités », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du pays, Tony de Brum, dans un communiqué. C'est un dossier où David affronte Goliath, estime David Krieger, président de l'organisation californienne Nuclear Age Peace Foundation, qui agit comme consultant dans le dossier. Les Îles Marshall espèrent que d'autres pays se joindront à l'initiative. Plusieurs lauréats du prix Nobel de la paix soutiendraient l'initiative, dont l'archevêque sud-africain Desmond Tutu et l'avocate iranienne Shirin Ebadi.

 

[1] Référence à un manuscrit intitulé Le nucléaire, erotisationsuprême et planétaire de la mort. Essai d’histoire et de philosophie politique. Décoloniser l’imaginaire occidental II, 30/05/2014.

[2] https://marshallislands.llnl.gov/enewetak.php

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 11:12
Ce que dit Naoto Matsumura

Naoto Matsumura vit à Tomioka. Il est une des rares victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima à être restée vivre dans la zone interdite. En mars 2014, il est venu en France, en Allemagne et en Suisse pour témoigner de ce qui lui est arrivé, de ses choix et de son combat. Beaucoup de médias ont rapporté sa venue ; vous trouverez dans cette page une sélection de messages qu’il a portés de Paris à Genève, en passant par Bure, Fessenheim ou le Parlement européen.

Ce billet est illustré par des photos que j’ai prises lors de son périple en France, et se termine par une série de liens vers des articles disponibles sur internet ou téléchargeables, de vidéos, de blogs et d’albums photos.

Merci à tous ceux qui ont rendu possible cette aventure, à tous les organisateurs bénévoles et à tous les donateurs. Car l’objectif de ce voyage a été pleinement atteint. Naoto Matsumura a non seulement rencontré des centaines de lycéens avides de connaissances sur la catastrophe de Fukushima mais il a également livré son témoignage à des millions d’Européens à travers de nombreux médias : l’accident nucléaire est possible en Europe, et spécialement en France ; il est encore temps d’arrêter le nucléaire avant de devenir tous des victimes.

Pierre Fetet

Première interview de Naoto Matsumura en France à RTL le 5 mars 2014 avec Yves Calvi

Première interview de Naoto Matsumura en France à RTL le 5 mars 2014 avec Yves Calvi

A propos du prochain accident nucléaire

 

« Le prochain accident nucléaire, ce sera soit au Japon, soit en France. Je connaissais l'accident de Three Mile Island et de Tchernobyl mais je pensais que ça ne nous concernerait jamais, que la technique japonaise était suffisamment bonne... Je pense qu'EDF juge également que les centrales nucléaires françaises bénéficient d'une technique de meilleure qualité. Tepco, c'était pareil. Ils nous disaient qu'il n'y avait pas de danger, que c'était sûr... Il faut dire haut et fort qu'il faut arrêter le nucléaire, il faut se battre. » (AFP, 6 mars 2014)

 

« Si l'Europe ne décide pas très vite de sortir du nucléaire, elle connaîtra forcément une catastrophe aussi grave que Fukushima » (France Info, 16 mars 2014)

 

« Chez vous en Europe, les pays sont collés les uns aux autres, s’il y a un accident, ce sont plusieurs pays qui seront affectés. » (RTS, 18 mars 2014)

 

Conférence de presse de Naoto Matsumura, Michèle Rivasi et Sandrine Bélier le 11 mars 2014 au Parlement européen

Conférence de presse de Naoto Matsumura, Michèle Rivasi et Sandrine Bélier le 11 mars 2014 au Parlement européen

A propos du projet d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure

 

« L’Andra a des réponses toutes faites qui, selon moi, ne sont pas fiables. Personne ne peut dire qu’il n’y aura jamais d’accident. Avant, Tchernobyl, c’était loin pour moi et je ne croyais pas que cela pouvait m’arriver. Maintenant, je suis concerné. La France fait comme les autres pays. Elle choisit Bure car il n’y a pas beaucoup de population. Ils considèrent qu’il y aurait moins de dégâts en cas d’accident. Les habitants de Bure sont déjà des victimes du nucléaire. Partout, il faut sortir du nucléaire » (Est Républicain, 9 mars 2014)

 

Naoto Matsumura a visité le centre CIGEO à Bure le 7 mars 2014.

Naoto Matsumura a visité le centre CIGEO à Bure le 7 mars 2014.

A propos de l’efficacité de la décontamination des sols

 

« Ce que je souhaite dire en France et en Europe, c'est qu'avant une catastrophe, une centrale nucléaire c'est toujours nickel. Je pense que c'est ce que doit vous dire EDF. C'est que nous disaient en tout cas les dirigeants de Tepco : qu'on n'était pas à Tchernobyl dans l'ex-Union soviétique, qu'il fallait au contraire avoir confiance dans la technique japonaise. Et moi, comme la grande majorité des Japonais, je les croyais. Maintenant, trois ans après l'explosion, ils ne contrôlent plus rien. A tel point, que le gouvernement japonais a dû prendre le contrôle du chantier de décontamination. Depuis janvier, je les ai vus dans ma ville faire enlever la terre trois fois pour la décontaminer. Sans résultat : il y a toujours autant de radioactivité dans le sol... » (La Vie, 7 mars 2014)

 

Accueil chaleureux de Naoto Matsumura au lycée de Barr le 10 mars 2014 où celui-ci a reçu des guirlandes de grues en origami.

Accueil chaleureux de Naoto Matsumura au lycée de Barr le 10 mars 2014 où celui-ci a reçu des guirlandes de grues en origami.

« Finalement, d’après mes propres expériences vécues dans une zone interdite, j’estime que la décontamination du territoire est irréalisable et que le retour dans les zones contaminées est impossible. Car les zones contaminées ne sont plus habitables. Si jamais un  accident pareil arrivait en France, vous perdriez certainement une vaste étendue de votre territoire. » (Conférence au Parlement européen, 11 mars 2014)

 

Janick Magne, Naoto Matsumura, Ren Yabuki et Catherine Connan lors de la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim le 9 mars 2014

Janick Magne, Naoto Matsumura, Ren Yabuki et Catherine Connan lors de la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim le 9 mars 2014

A propos des mensonges de Tepco

 

« Avant le 11 mars 2011, les techniciens de Tepco nous disaient qu’il n’y avait pas de danger, que cela n’arriverait jamais. Des menteurs !

Quelques jours après le 11 mars 2011, un de mes voisins, un technicien Tepco m’a dit que tout était désormais sous contrôle, que tout serait revenu à la normale après quelques jours tout en évacuant sa famille au loin : Menteur!

Depuis le début de la catastrophe, Tepco nous répète que tout va bien. Menteurs !
Ils nous disent maintenant qu’il faudra 30 à 40 ans pour y remédier. Menteurs !
Ils nous ont menti avant, ils nous ont menti pendant, et ils nous mentent même encore
maintenant. » (Enjeux énergies, 8 mars 2014)

 

Naoto Matsumura est venu témoigner le 13 mars 2014 devant la centrale nucléaire de Fessenheim.

Naoto Matsumura est venu témoigner le 13 mars 2014 devant la centrale nucléaire de Fessenheim.

A propos de Fessenheim

 

« La centrale nucléaire de Fessenheim est une vieille centrale. Ce sont ces centrales qui présentent le plus de risques » (Arte Journal, 9 mars 2014)

 

« Si une catastrophe survient ici, il ne restera rien de vos vignes, de vos forêts et de vos champs de maïs. Il faut fermer toutes les centrales du monde. » (L’Alsace, 10 mars 2014)

 

Naoto Matsumura dans les Hautes-Vosges le 9 mars 2014

Naoto Matsumura dans les Hautes-Vosges le 9 mars 2014

A propos de sa ville natale, Tomioka

 

« Ce n’est pas possible d’expliquer la situation de ma ville avec des mots mais après l’explosion de la centrale et l’évacuation, ce qui m’a le plus choqué, c’est le silence. Avant, c’était une ville très animée, aujourd’hui elle est déserte et irradiée définitivement. » (I-Télé, 9 mars 2014)

 

« Je pense que la terre n’a plus de valeur, que personne ne va vouloir des terres de Tomioka. Je suis de la 5ème génération de riziculteurs, mes ancêtres avant moi ont protégé ces terres, mes parents m’ont appris à m’occuper de ces terres, et moi je voulais transmettre ces valeurs à la génération suivante... Il n’y a aucune chance que les générations futures reviennent s’installer à Fukushima. Il n’y a aucune chance pour ça, ça se terminera avec moi. » (RTS, 18 mars 2014)

 

Cinq membres de l’équipe lors de la commémoration organisée par Europe Ecologie les Verts au Parlement européen le 11 mars 2014

Cinq membres de l’équipe lors de la commémoration organisée par Europe Ecologie les Verts au Parlement européen le 11 mars 2014

A propos de son choix de rester en zone contaminée

 

« Au bout de 3 jours, je suis sorti de ma maison, ce qui m'a frappé c'est le silence. J'ai vu un pauvre chien attaché, il n'avait rien à manger ni à boire. Je l'ai donc nourri et un autre chien à côté a commencé à aboyer pour me réclamer aussi de le nourrir. Et c'est comme ça que je me suis aperçu qu'il y avait des milliers d'animaux abandonnés autour de Fukushima. » (France Info, 11 mars 2014)

 

« Au lendemain de l’accident, la seule chose à laquelle j’ai pensé a été de sauver des animaux. Maintenant, je ne peux plus arrêter » (Metronews, 10 mars 2014)

 

« La centrale nucléaire m’a tout pris, ma vie et mes biens. Rester ici, c’est ma façon de combattre pour ne pas oublier, ni ma colère, ni mon chagrin » (L’Alsace, 10 mars 2014)

 

« Une partie de la population ne comprend toujours pas pourquoi j’ai décidé de rester dans la zone rouge pour m’occuper des bêtes. Ces gens-là se demandent si la vie d’un humain n’est pas plus importante que la vie des bêtes. Mais aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Si c’était à refaire, je prendrais la même décision. » (La Télé, 18 mars 2014)

 

José Bové a apporté son soutien à Naoto Matsumura le 11 mars 2014 au Parlement européen.

José Bové a apporté son soutien à Naoto Matsumura le 11 mars 2014 au Parlement européen.

A propos de sa santé

 

« J’ai renoncé à manger mes propres cultures, elles sont trop contaminées. Et moi aussi ! » (Ouest-France, 6 mars 2014)

 

« Pour l’instant je n’ai rien. Peut-être que dans trois ou cinq ans, je verrai les conséquences de la catastrophe sur ma santé » (Metronews, 10 mars 2014)

 

« Peut-être je serai atteint un jour ou l’autre d’une leucémie ou d’un cancer. » (RTL, 11 mars 2014)

 

Naoto Matsumura et Ren Yabuki lors de la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim le 9 mars 2014

Naoto Matsumura et Ren Yabuki lors de la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim le 9 mars 2014

A propos des liquidateurs de Fukushima

 

« Pour Tepco, les travailleurs à la centrale ne sont pas des humains » (JOL Presse, 10 mars 2014)

 

 

A propos du coût de l’électricité nucléaire

 

« Si vous pensez au coût de la décontamination, les coûts de stockage des combustibles usagés et les coûts des dégâts après accident, il est impossible de dire que les centrales nucléaires fabriquent de l’électricité pour bon marché. » (Conférence HEP Vaud, 19 mars 2015)

 

Le 12 mars 2014, Naoto Matsumura a reçu le soutien de Roland Ries, maire de Strasbourg.

Le 12 mars 2014, Naoto Matsumura a reçu le soutien de Roland Ries, maire de Strasbourg.

A propos de la gestion de la catastrophe de Fukushima

 

« Aujourd’hui,  il faut révéler ce qui se passe vraiment à Fukushima, dire aux chaînes de télévision qu’on ne peut plus gérer les problèmes à Fukushima Daiichi. Le gouvernement assure que la situation est maîtrisée, mais c’est loin d’être le cas… La réalité c’est que Tepco ne sait pas comment gérer, ni maîtriser l’accident de Fukushima »». (JOL Presse, 10 mars 2014)

 

« Personne ne peut maîtriser l’accident. Il n’y a aucune technique, aucun moyen d’arrêter cela. » (France Inter, 11 mars 2014)

 

Naoto Matsumura a été invité au Parlement européen le 11 mars 2014 par la députée Michèle Rivasi.

Naoto Matsumura a été invité au Parlement européen le 11 mars 2014 par la députée Michèle Rivasi.

A propos de l’idée qu’il se faisait du nucléaire

 

« Avant la catastrophe, je n’étais pas du tout un militant écologiste. Le nucléaire ne me faisait pas peur, j’avais totalement confiance. » (Ouest-France, 6 mars 2014)

 

« J’étais convaincu que les centrales nucléaires étaient sûres, qu’il n’y avait aucun danger. C’est comme cela que j’avais été formé. » (RTL, 11 mars 2014)

 

« Je n'étais pas anti-nucléaire avant, Tepco m'avait lavé le cerveau. » (France Info, 11 mars 2014)

 

Une plaque commémorative a été inaugurée à l’occasion du passage de Naoto Matsumura, le 13 mars 2014, au lycée de Guebwiller : « En souvenir de la visite du « dernier homme de Fukushima », Naoto Matsumura, venu en Alsace pour témoigner de la tragédie nucléaire de Fukushima ».

Une plaque commémorative a été inaugurée à l’occasion du passage de Naoto Matsumura, le 13 mars 2014, au lycée de Guebwiller : « En souvenir de la visite du « dernier homme de Fukushima », Naoto Matsumura, venu en Alsace pour témoigner de la tragédie nucléaire de Fukushima ».

A propos de l’attitude de l’OMS vis-à-vis des victimes du nucléaire

 

Naoto Matsumura n’a rien dit mais a porté cette pancarte : « Fukushima, another WHO cover up just like Chernobyl ». Le 19 mars 2014, il a participé silencieusement à la vigie d’Hippocrate devant l’OMS à Genève, comme le font chaque jour ouvrable tous les autres militants d’Independent WHO depuis le 26 avril 2007.

 

 

A propos des évacués

 

« Les personnes âgées sont déboussolées, stressées. Beaucoup en meurent. » (Ouest-France, 6 mars 2014)

 

Naoto Matsumura et Ren Yabuki participant à la vigie d’Hippocrate devant l’OMS à Genève le 19 mars 2014 (Photo : Pierre Ferrandon)

Naoto Matsumura et Ren Yabuki participant à la vigie d’Hippocrate devant l’OMS à Genève le 19 mars 2014 (Photo : Pierre Ferrandon)

Une semaine auparavant, le matin du 11 mars 2014, Naoto Matsumura avait fait une conférence au Parlement européen et délivrait également ces revendications :

 

Droits de l’homme

 

« Les victimes doivent être reconnues comme des réfugiés irradiés et soutenus comme tel. Des droits doivent leur être accordés : Droit de réclamer l’évacuation en fonction du niveau de radiation. Droit de protéger les enfants de Fukushima contre la radioactivité. Droit de se procurer des aliments propres non contaminés pour les enfants aussi bien que pour les adultes. »

 

Naoto Matsumura après son appel à fermer les centrales nucléaires du monde entier, le 9 mars 2014 lors de la manifestation à Fessenheim

Naoto Matsumura après son appel à fermer les centrales nucléaires du monde entier, le 9 mars 2014 lors de la manifestation à Fessenheim

Droits de l’animal

 

« Les animaux doivent être évacués et protégés en cas d’accident nucléaire. Les animaux abandonnés dans les zones contaminées ne doivent pas être tués. »

 

Le 6 mars 2014, Naoto Matsumura était l’invité de Mathieu Vidard pour l’enregistrement de l’émission « La tête au carré » à France Inter.

Le 6 mars 2014, Naoto Matsumura était l’invité de Mathieu Vidard pour l’enregistrement de l’émission « La tête au carré » à France Inter.

Liberté d’expression

 

« Avant Fukushima, c’était Tepco, grand sponsor des médias japonais, qui censurait  les opinions publiques. Maintenant c’est la nouvelle loi sur la protection des secrets qui fera taire les médias et les dénonciateurs. Il est plus facile de ne rien dire sur Fukushima Daiichi que de chercher à résoudre les vrais problèmes du nucléaire.

Avec cette nouvelle loi, nous n’aurons plus le droit d’accéder aux informations ni de critiquer l’Etat. Nous risquerons d’être considérés comme terroristes, quel que soit notre statut car c’est une loi qui stipule que celui qui avance sa propre opinion peut être considéré comme terroriste. »

 

L’équipe du périple au complet : Antonio, Ren, Naoto, Catherine, Pierre et Kazumi le 10 mars 2014 (Photo : André Hatz)

L’équipe du périple au complet : Antonio, Ren, Naoto, Catherine, Pierre et Kazumi le 10 mars 2014 (Photo : André Hatz)

 

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Crédits photos pour cet article : Pierre Fetet, sauf la 9ème, la 15ème et la 18ème.

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Pour en savoir plus : liens vers les articles, interviews, vidéos et albums consacrés au voyage de Naoto Matsumura en Europe

 

27/02/14

L’Abeille

« Naoto Matsumura fait étape à Bure le 7 mars prochain »

 

06/03/14

Ouest-France

« Le dernier homme à vivre encore près de Fukushima »

Le Parisien

« Nucléaire : l'ermite de Fukushima prédit un accident au Japon... ou en France »

L’Alsace

« L’ermite de Fukushima qui avertit les Français des risques nucléaires sera à Fessenheim ce dimanche »

AFP

« L'ermite de Fukushima avertit les Français des risques nucléaires »

Vosges-Matin

« Naoto Matsumura : « Le dernier homme de Fukushima » à Bure »

 

07/03/14

La Vie

« Le dernier homme de Fukushima est parmi nous »

Journal de la Haute-Marne

« A la rencontre du résistant de Fukushima »

 

08/03/14

Enjeux énergies

« La conférence de Naoto Matsumura à Paris le 6 mars 2014 »

 

9/03/14

Journal de la Haute-Marne

« S’il n’y a pas de danger, pourquoi ne pas faire CIGEO à Matignon ? »

L’Est Républicain

« Le dernier homme de Fukushima »

Actu 88

« Fukushima – Naota Matsumura lance une alerte rouge : « Arrêtez les centrales ! » 

I-Télé

« Naoto Matsumura, le dernier homme de Fukushima »

SWR

Dreiland aktuell

Arte Journal

Fessenheim - 9 mars 2014

La Dépêche

« Des milliers de manifestants antinucléaires sur le Rhin et à Fessenheim »

Le Parisien

« Nucléaire : entre 3500 et 9000 opposants manifestent contre Fessenheim »

BlogdeFukushima

« L’appel de Naoto Matsumura - Fessenheim - 9 mars 2014 »

 

10/03/14

Dernières Nouvelles d’Alsace

« A Fessenheim, l’alerte Matsumura »

L’Alsace

« Naoto Matsumura, l'ermite de Fukushima, messager du danger »

Le Figaro

« Pour le dernier homme de Fukushima, le prochain accident nucléaire sera en France »

MétroNews

« Le combat de Naoto Matsumura, le "dernier homme de Fukushima" »

JOL presse

Fukushima: Naoto Matsumura, symbole de la lutte contre le nucléaire

 

11/03/14

Le Monde

« Transition énergétique : tout commence à Fessenheim ! »

RTL, Le choix de Yves Calvi

Naoto Matsumura : « Le danger nucléaire concerne aussi la France »

France Inter, La tête au carré

« La vie à Fukushima , 3 ans après la catastrophe »

RTBF1

Journal de 19h
France Info

« Naoto Matsumura, le dernier homme de Fukushima »

Reporterre

« Le dernier homme de Fukushima à Paris »

Ma planète

« Naoto Matsumura, "le dernier homme de Fukushima", témoigne au Parlement européen »

Café Santé Nature

« Retour sur la visite de Naoto Matsumura »

RTBF, Soir Première Europe

« L'histoire incroyable de Naoto Matsumura »

Blog Rue89 de Michèle Rivasi

« Fukushima : habiter dans la zone ou devenir un paria »

Parlement européen

Conférence de presse

Euronews

« Le dernier homme de Fukushima met en garde les Européens »

Chaîne de Sandrine Bélier

« Visite de Naoto Matsumura en Alsace »

Ce que dit Naoto Matsumura

12/03/14

Conférence à Strasbourg

« Les leçons de Fukushima »

 

13/03/14

Alsace 20

« Ren et Naoto engagés dans la cause animale à Fukushima »

Dernières Nouvelles d'Alsace

« Naoto Matsumura ne rencontrera pas les salariés de Fessenheim »

L’Echo

« Il a choisi les radiations plutôt que la soumission »

Dernières Nouvelles d’Alsace

« Naoto Matsumura découvre le vin d’Alsace »

 

14/03/14

La semaine dessinée de La tête au carré

#25

FR3 Alsace

« Naoto Matsumura à Fessenheim pour la fin de son périple alsacien »

 

15/03/14

Regards croisés

« A la différence d’une guerre, une catastrophe nucléaire ne s’arrête jamais »

 

16/03/14

France Info

« Il y aura un Fukushima européen »

Weiler Zeitung

« Protest gegen Fessenheim »

 

17/03/14

Montagsaktion gegen Atom mit Naoto Matsumura

https://www.youtube.com/watch?v=AQEQ0RfUXR0

BZ Basel

Ein japanischer Mann trotzt den Strahlen von Fukushima

 

18/03/14

La Télé

« Un paysan japonais vivant à Fukushima témoigne à Lausanne »

RTS

« Le dernier homme de Fukushima »

Weiler Zeitung

« Mahnmal gegen den Wahnsinn »

 

19/03/14

Regards croisés

« Santé et nucléaire : un tandem sulfureux »

Independent WHO

« Une victime de Fukushima devant l’OMS »

2000watts

« Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima »

 

22/03/14

Le papillon et l’empereur

« Le printemps de Naoto en Alsace »

 

 

PHOTOS

 

4 au 9/03/14

Instantanés de voyage (partie 1)

Photos d'Antonio Pagnotta

 

7/03/14

Rencontre « De Bure à Fukushima » à Bonnet

Photos de Christophe Jobard

 

10/03/14

Naoto Matsumura à la rencontre de viticulteurs au caveau de Roland Gloeckler à Gertwiller

Photos d’André Hatz

 

10 au 14/03/14

Le voyage du dernier homme de Fukushima à Fessenheim (partie 2)

Photos d'Antonio Pagnotta

 

11/03/14

Au Parlement européen

Photos de greensefa

 

12/03/14

Table ronde « Les leçons de Fukushima » à Strasbourg

Photos de Christo Miche

 

15 au 19/03/14

Le voyage du dernier homme de Fukushima à Fessenheim (partie 3)

Photos d'Antonio Pagnotta

 

ENREGISTREMENTS

 

1) Conférence de presse du 11 mars 2014 au Parlement européen de Naoto Matsumura, Michèle Rivasi et Sandrine Bélier à télécharger :

 

English : Version française/anglaise (309 Mo)

Deutsch : Version française/allemande (309 Mo)

Version française sur Youtube (extrait)

 

2) Soirée « Les leçons de Fukushima » du 12 mars 2014 à Strasbourg organisée par le groupe local Greenpeace, avec les interventions de Catherine Connan, Naoto Matsumura, Pierre Fetet, Reiko Hasegawa, Michèle Rivasi, Claude Bourguignon, Bernard Laponche, Antonio Pagnotta, et.

 

Version sur Youtube

Version remasterisée à lire ou à télécharger (957 Mo)

 

3) Conférence du 19 mars 2014 à la HEP de Vaud avec Naoto Matsumura, Ren Yabuki et Antonio Pagnotta.

Version sur Viméo

 

 

 

______________________________

Dernière mise à jour : 3 août 2014

 

 


 

Première page du quotidien DNA du 10 mars 2014

Première page du quotidien DNA du 10 mars 2014

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 15:40
Les enfants de Tchernobyl ... forever

Comment aider les enfants exposés aux radiations dans les territoires radioactifs en Belarus suite à la catastrophe de Tchernobyl ? En participant au projet d’un collectif d’auteurs et d’une association humanitaire qui consiste à éditer un livre-DVD qui servira à financer une opération d’aide aux enfants contaminés.

28 ans déjà

Nous approchons de la date d'un funeste anniversaire, celle du 26 avril. Il y aura alors 28 ans le réacteur n° 4 de la centrale Lénine de Tchernobyl explosait. Un incendie suivit qu'il fallu dix jours pour éteindre. Durant tout ce temps des quantités phénoménales de produits radioactifs ont été dispersés aux quatre vents. La protection des populations ne fut pas assurée. C'est cette erreur, ou plutôt ce crime délibéré, que les régions touchées par Tchernobyl paient aujourd'hui encore.

Comme à Fukushima, le désastre sanitaire se poursuit ; la radioactivité ne fait pas relâche. Le Belarus est le pays le plus atteint. C'est aussi le plus pauvre. C'est donc celui où les enfants sont le plus victime de l'héritage radioactif déposé sur les sols mais aussi dans l'organisme de leurs parents et dans le leur. Ils sont plusieurs centaines de milliers.

 

Un projet pour Belrad

Le 19 mars dernier, la souscription "Tchernobyl forever" a été lancée sur le site de financement participatif  ULULE.

La raison d'être de cette opération de crowdfunding est là : rassembler des fonds pour améliorer le financement du seul institut de radio-protection indépendant du pays, BELRAD, qui ne reçoit aucun soutien du gouvernement biélorusse, ni des instances internationales ; mais aussi élargir le soutien à BELRAD grâce à la diffusion de l'information à l'occasion de la souscription et de l'opération humanitaire qui suivra.

 

Le point sur la collecte

La somme déjà réunie sur ULULE correspond aujourd’hui à 56 % de l'objectif. Tous ceux qui y ont contribué ont donné un élan décisif au mouvement. Pour assurer le plein succès de Tchernobyl forever, le blog de Fukushima s’associe aux porteurs du projet, Enfants de Tchernobyl Belarus et l'association Photographisme pour diffuser ce message.

Merci d’avance pour votre participation !

 

Les enfants de Tchernobyl ... forever

Les auteurs de Tchernobyl Forever

Des journalistes, photographes, cinéastes, écrivains, scientifiques, tous ayant l’expérience du terrain à Tchernobyl et dans les territoires contaminés, ont décidé de mettre leurs travaux en commun.

Tous font don de leurs droits d’auteur et de leur travail pour l’édition du livre-DVD qui raconte l’histoire de Tchernobyl et de ses conséquences, Tchernobyl forever.

 

Comment participer ?

En contribuant financièrement avec un don de 10, 100, 1000 euros ou plus selon vos possibilités. Il s’agit d’un don-souscription à Tchernobyl forever.

 

Cliquer ici pour participer

 

 

A quoi va servir le financement ?

Les fonds collectés permettront d’éditer 3000 livres-DVD et 2000 DVD de Tchernobyl forever (traduit en 7 langues : français / anglais / allemand / espagnol / italien / norvégien / japonais). Cet ouvrage collectif sera ensuite donné par l'association "Photographisme" (maître d'œuvre de l'ouvrage collectif ) à l'association "ENFANTS DE TCHERNOBYL BELARUS" (ETB) qui s'occupe de l'organisation et de la gestion de l’opération humanitaire internationale " Tchernobyl forever ".

 

Pour plus d’informations sur ce projet

http://fr.ulule.com/tchernobyl-forever/

http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=tchernobylforever

 

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 19:51
Quand la science n’est pas la bienvenue

Dans son article « Quand la science n’est pas la bienvenue », Akio Matsumura nous invite à lire, entre autres, l’appel du Rapporteur Spécial de l’ONU, Anand Grover, qui vient encore de rappeler qu’une véritable évaluation des effets du désastre de Fukushima se fait toujours attendre.

Il publie également la lettre d’Helen Caldicott au président du Comité International Olympique, l’exhortant à utiliser l’influence de son organisme pour « mettre en place une équipe d’experts en biomédecine pour une évaluation indépendante »qui tenterait de déterminer l’ampleur des effets sanitaires dus aux radiations, et ce « avant que les plans ambitieux envisagés pour les Jeux de Tokyo de 2020 ne soient trop avancés. » Il faut bien sûr imaginer une équipe indépendante de l’industrie nucléaire et des organismes de réglementation.

Odile Girard

 

_______________________

 

 

Quand la science n’est pas la bienvenue

 

Akio Matsumura

 

 

Article paru sous le titre original « Unwelcome Science: Japan Ignores UN Rapporteur’s Call for Better Fukushima Health Measures » le 27 mars 2014 sur le site Finding the missing link.

 

Traduction française : Odile Girard (Fukushima-is-still-news)

 

 

Pourquoi n’avons-nous pas d’analyses d’urine ? Pourquoi n’avons-nous pas d’analyses de sang ? Deux précautions valent mieux qu’une.

 

Anand Grover, le Rapporteur spécial des Nations Unies qui s’est rendu à Fukushima en 2012, a rappelé à Tokyo ce mois-ci qu’une recherche adaptée sur Fukushima et son impact sur la santé continue à faire défaut.

 

Peu de temps après l’accident de Fukushima il y a trois ans, des médecins ont cherché dans toute la préfecture de Fukushima des kystes, des nodules et autres tumeurs qui n’y seraient pas habituellement et pourraient indiquer un cancer de la thyroïde, l’un des effets possibles des radiations. Le nombre de tumeurs découvertes par les médecins est alarmant mais aussi surprenant : normalement les cancers de la thyroïde ne devraient apparaître que cinq ans après l’exposition aux radiations.

 

Mais alors, que doivent faire les médecins et les responsables sanitaires japonais de cette information ?

 

Information et précaution, apparemment, ne sont pas les bienvenues au Japon. Le pays a l’intention de redémarrer ses réacteurs nucléaires et de laisser les réfugiés de Fukushima revenir dans les zones qui ont été évacuées. Toute étude indiquant que l’exposition aux radiations peut avoir des effets délétères ne peut qu’entraver ce mouvement vers le progrès économique.

 

Le Japon a donc pris des mesures subtiles pour freiner les preuves qui pourraient laisser penser que ces décisions n’ont pas vraiment à cœur les intérêts de ses citoyens. Le Japon peut entraver les études scientifiques permettant d’obtenir de nouvelles informations et de nouvelles preuves de deux façons : en mettant fin aux financements et en imposant une culture du secret faisant en sorte que les chercheurs hésitent à parler à la presse. Un article de David McNeill du 16 mars dans le New York Times expose bien cette manière de faire. Timothy Mosseau, chercheur à l’Université de Caroline du Nord, a trouvé la situation « difficile » lors des trois voyages qu’il a faits à Fukushima. Il a ainsi expliqué au Times :

Il est assez clair qu’on a une sorte d’autocensure ou que les professeurs ont été prévenus par leurs supérieurs d’être très, très prudents. » La « censure la plus insidieuse », a-t-il ajouté, « est le manque de financement au niveau national pour mener ce genre d’études. Ils dépensent des milliers de milliards de yen pour déplacer la saleté et presque rien pour l’évaluation environnementale.

 

Ken Buessler, un autre scientifique américain qui est allé plusieurs fois étudier la pollution marine au large du Japon, a parlé également avec le Times:

Les chercheurs ont reçu l’ordre de ne pas parler à la presse, ou bien ils ne se sentent pas à l’aise pour parler à la presse sans permission, » a dit M.Buesseler. Vétéran de trois missions de recherche au Japon suite au séisme, il veut que les autorités consacrent davantage d’argent à essayer de déterminer les conséquences des émissions de césium et de strontium en provenance de Fukushima sur la chaîne alimentaire. « Pourquoi le gouvernement japonais ne finance t-il pas cette recherche puisque c’est lui qui a le plus à y gagner ?

 

Si les chercheurs sont paralysés et étouffés au Japon même, une autre possibilité serait qu’un autre pays ou un organisme ayant suffisamment d’influence ou de pouvoir sur le gouvernement japonais réclame une évaluation efficace et indépendante des risques sanitaires de Fukushima pour le pays.

 

Tokyo va accueillir les Jeux Olympiques d’été de 2020. L’un des principaux soucis du Comité International Olympique (CIO) – la commission qui organise et supervise les Jeux – pour donner la préférence à Tokyo, était de savoir d’où en étaient Fukushima et tous ses problèmes incessants. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est intervenu personnellement et a assuré le président du CIO de l’époque, Jacques Rogge, que Fukushima était « en de bonnes mains ».

 

Comme l’a clairement indiqué le comité de rédaction du New York Times le 21 mars, l’état actuel du nettoyage est « lamentable » et de toute évidence pas en de bonnes mains. Les scientifiques, au Japon comme ailleurs, nous le disent, les expériences en cours ne sont pas suffisamment nombreuses pour nous donner une image précise de la situation environnementale, scientifique ou sanitaire au Japon, et encore moins des garanties de sécurité.

 

Au début de l’année, le docteur Helen Caldicott, a envoyé à Thomas Bach, l’actuel président du CIO (bio), une lettre soulignant huit sujets d’inquiétude concernant la santé des athlètes olympiques qui seront envoyés à Tokyo en 2020. Sa conclusion est la suivante:

C’est donc pour ces raisons que je recommande fortement que vous exhortiez le Comité International Olympique à mettre en place une équipe d’experts en biomédecine pour une évaluation indépendante ; ceux-ci n’auraient aucun lien financier ou autre avec l’industrie nucléaire ou les organismes de réglementation et mèneraient une enquête diligente partout où cela est nécessaire pour déterminer l’ampleur des effets sanitaires dus aux isotopes radiogéniques, avant que les plans ambitieux envisagés pour les Jeux de Tokyo de 2020 ne soient trop avancés. Il est en outre impératif que l’équipe d’évaluation comprenne et fasse des rapports sur le périlleux état actuel des réacteurs et des bâtiments environnants, les problèmes de fuites d’eaux souterraines et les multiples cuves de stockage remplies de millions de gallons d’eau contaminée installées en surface sur le site.

 

Le texte intégral de la lettre est imprimé ci-dessous et disponible en PDF.  Comme je l’ai déjà écrit, la meilleure façon de s’assurer que Fukushima ne soit pas une menace pour la sécurité des Jeux olympiques sera d’ajouter aux « bonnes mains » du Japon et du CIO celles d’experts scientifiques et d’ingénieurs internationaux. C’est cette concertation éclairée qui pourra évaluer la situation et confirmer que tout ce qui peut-être fait pour atténuer la menace de Fukushima a été identifié et que les mesures adéquates ont été prises en temps utile. Ce sera la médaille d’or la plus respectée de ces Jeux.

 

Voici la lettre du docteur Caldicott :

23 janvier 2014

Cher Monsieur,

Permettez-moi de vous écrire en tant que médecin et pédiatre connaissant bien les effets médicaux des radiations atomiques et des polluants radioactifs qui ont été relâchés dans l’environnement par les réacteurs nucléaires de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi. (Mon CV se trouve à l’adresse suivante : helencaldicott.com)

Je suis profondément inquiète de la santé et du bien-être des athlètes qui se seront entraînés de façon intensive depuis si longtemps pour avoir le droit de participer aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

TEPCO a identifié plus de 60 variétés de polluants radioactifs produits par l’homme dans les échantillons d’eau contaminés qui sont collectés quotidiennement. Beaucoup de ces polluants, notamment les variétés radioactives du césium (Cs-137), du strontium (SR-90, et de l’iode (I-129), n’existaient pas dans notre environnement naturel avant l’invention de la fission nucléaire. Le niveau naturel de pollution de ces substances radioactives est donc nul. Mais une fois émises dans l’environnement, elles resteront potentiellement dangereuses pendant des siècles.

Ci-dessous la liste de mes inquiétudes :

1. Certaines parties de Tokyo sont contaminées par la radioactivité provenant des retombées de l’accident de Fukushima Daiichi d’il y a presque trois ans. Des échantillons récoltés au hasard dans les appartements, dans la mousse des toits et le sol des rues, ont été testés pour divers éléments radioactifs et se sont avérés hautement radioactifs. Les références peuvent être fournies sur demande.

2. Cela signifie que les athlètes seront obligés d’inhaler ou d’ingérer de la poussière radioactive qui émet des rayons alpha, bêta et/ou gamma (comme les rayons-X)émanant de la contamination du sol et des rues.

3. Une grande partie de la nourriture vendue à Tokyo est contaminée par des polluants radioactifs, car, à l’instigation du gouvernement japonais, elle provient de la préfecture de Fukushima. (On ne peut pas goûter ni sentir les éléments radioactifs dans ce qu’on mange et la surveillance de chaque denrée à consommer n’est pas envisageable.

4. Une bonne partie des poissons pêchés sur la côte est du Japon sont chargés d’éléments radioactifs. De fait, certains sont assez lourdement contaminés. Le problème est permanent, car pendant près de trois ans, entre 300 et 400 tonnes d’eau radioactive se sont écoulées chaque jour de dessous les réacteurs endommagés dans l’océan pacifique.

5. Si les athlètes mangent des aliments contaminés par la radioactivité et boivent du thé ou d’autres boissons contaminées, certains d’entre eux ont toutes les chances de développer quelques années plus tard un cancer ou une leucémie. La période d’incubation de ces maladies varie entre cinq et quatre-vingts ans, selon les radionucléides en jeu et selon l’organe affecté.

6. Le gouvernement japonais incinère des déchets radioactifs et une partie des cendres ainsi obtenues sont jetées dans la Baie de Tokyo, là où les athlètes sont censés y faire de l’aviron et s’entraîner.

7. Une autre grand sujet d’inquiétude est le fait que d’ici 2020, il pourrait se produire de nouvelles émissions de polluants radioactifs dans les réacteurs de Fukushima Daiichi. Les bâtiments des unités 3 et 4 sont sévèrement endommagés depuis le séisme initial et les explosions qui ont suivi. Ils pourraient fort bien s’effondrer s’ils devaient subir un autre séisme d’une force supérieure à 7 sur l’échelle de Richter. Si cela devait arriver, des quantités de césium allant jusqu’à dix fois celles de Tchernobyl pourraient être relâchées dans les airs. Un tel événement pourrait grandement exacerber la contamination existante de Tokyo et constituer un grave danger pour les athlètes.

8. Le site de Fukushima Daiichi contient plus de 1000 cuves en métal qui ont été construites à la hâte et contiennent des millions de gallons d’eau extrêmement radioactive. De plus, 400 tonnes sont pompées chaque jour dans les réacteurs endommagés. Certaines de ces cuves ont été montées par des ouvriers inexpérimentés et tiennent à grand renfort de boulons rouillés, de joints en caoutchouc, de tuyaux en plastique et de ruban adhésif. En cas de nouveau séisme, une partie de ces cuves se rompraient, rejetant des volumes supplémentaires d’eau fortement contaminée dans le Pacifique juste au nord de Tokyo.

C’est donc pour ces raisons que je recommande fortement que vous exhortiez le Comité International Olympique à mettre en place une équipe d’experts en biomédecine pour une évaluation indépendante ; ceux-ci n’auraient aucun lien financier ou autre avec l’industrie nucléaire ou les organismes de réglementation et mèneraient une enquête diligente partout où cela est nécessaire pour déterminer l’ampleur des effets sanitaires dus aux isotopes radiogéniques, avant que les plans ambitieux envisagés pour les Jeux de Tokyo de 2020 ne soient trop avancés.

Il est en outre impératif que l’équipe d’évaluation comprenne et fasse des rapports sur le périlleux état actuel des réacteurs et des bâtiments environnants, les problèmes de fuites d’eaux souterraines et les multiples cuves de stockage remplies de millions de gallons d’eau contaminée installées en surface sur le site.

Avec l’assurance de ma considération

Helen Caldicott MBBS, FRACP

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 01:38
Naoto Matsumura : victime de Fukushima, résistant à Tepco et témoin vivant de la catastrophe nucléaire

A l’occasion du 3e anniversaire de la catastrophe de Fukushima, Naoto Matsumura, surnommé « Le dernier homme de Fukushima », arrivera à Paris le 4 mars 2014. Son périple en France durera 10 jours et le mènera de la capitale à la centrale nucléaire de Fessenheim. A chaque étape, il témoignera de ce qu’est véritablement une catastrophe nucléaire : la perte de son territoire, la disparition de sa communauté, l’abandon des animaux et du respect de la vie, la dégradation de la santé, l’exil sans retour ou la contamination forcée.

Qui aura la volonté de rencontrer Naoto Matsumura en France ? Déjà, des voix se sont fait entendre pour dénigrer son témoignage et essayer d’empêcher sa venue. Car il dérange nos petites habitudes de consommateurs tranquilles d’électricité nucléaire. Qui aura le courage de le regarder dans les yeux ? Car dans son regard rieur se trouve un miroir glaçant, celui de notre propre futur si nous ne changeons pas radicalement notre manière de produire de l’électricité. Il se peut en effet que nous ayons peur de rencontrer notre reflet de possible victime irradiée. Car Naoto Matsumura est contaminé. Est-ce pour autant qu’on doit le fuir, le cacher, le nier ? Doit-on avoir peur de serrer la main de Naoto Matsumura ? Y a-t-il de bonnes victimes (celles du tsunami) et de mauvaises victimes (celles contaminées) ? Doit-on le tenir éloigné de la société, l’enfermer dans sa zone ?

 

Pour moi, le choix est fait. C’est d’abord un homme. En tant que victime, il a droit à la reconnaissance et au respect. On lui reproche de ne pas avoir un passé de militant antinucléaire ; et alors ? Il a le droit de témoigner, et son témoignage de résistant ‒ parce qu’il a désobéi au gouvernement en refusant d’évacuer ‒ a autant de valeur que celui de ceux qui ont fui loin de Fukushima ou de ceux que les autorités obligent à rester vivre en territoire contaminé. S’il se trouve sous le feu des projecteurs, tant mieux ! Car les Français ne sont pas assez au courant de la réalité d’une catastrophe nucléaire. Ils vivent pour la plupart dans le déni du danger ou dans l’inconscience d’une catastrophe possible. « On ne peut pas faire de l’électricité autrement ! » disent-ils en cœur. Dans le même temps, on prend soin de ne pas faire référence au Japon qui a fermé la plupart de ses 51 réacteurs nucléaires depuis bientôt 3 ans…

 

Naoto vient en Europe pour dire qu’il est encore possible de choisir une autre voie que le nucléaire. Je suis heureux de pouvoir le rencontrer en France, terre fortement nucléarisée mais encore terre d’accueil, où il pourra s’exprimer librement et faire bouger, j’espère, des lignes qui semblent figées. Je remercie infiniment cet homme qui a le courage de venir parler de ces choses terrifiantes dont il est le témoin depuis 3 ans dans son pays. Je remercie aussi chaleureusement Antonio Pagnotta et Catherine Connan d’avoir osé imaginer puis réussi à concrétiser, grâce au soutien de l'ensemble des organisateurs et des associations parties prenantes, ce voyage qui s’annonce extraordinairement riche de rencontres et d’échanges.

 

Pierre Fetet

 

____________________

 

- Pour soutenir financièrement ce voyage, vous pouvez soit participer en ligne, soit envoyer votre don par voie postale à l’ordre de l’association Le dernier homme de Fukushima à Fessenheim.

 

- Pour en savoir plus sur ce projet, visitez le site dédié, et en particulier sa FAQ.

 

- Pour connaître le programme du voyage de Naoto Matsumura, lisez le communiqué de presse ou le résumé des étapes ci-dessous.

 

Communiqué de presse (en cas de problème de lecture, ajouter l'extension .pdf)

____________________

 

Programme du voyage de Naoto Matsumura en France

 

Naoto Matsumura sera accompagné tout au long de son périple en France par Ren Yabuki, Kazumi Goto (interprète), Catherine Connan, Pierre Fetet et Antonio Pagnotta.

 

Les étapes importantes :

 

4 mars : arrivée à Paris de Naoto Matsumura et Ren Yabuki.

 

5 mars : visites et rencontres à Paris.

 

6 mars : participation à une conférence sur Fukushima dans le 2ème arrondissement  : "Que pouvons-nous apprendre de Fukushima" > 19h-21h, salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan 75002

 

7 mars : visite du site ciblé d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Haute Marne) et rencontre avec des acteurs locaux de la lutte contre le projet CIGEO. 20h30 > soirée publique à Bonnet.

 

8 mars : visite des forêts vosgiennes et rencontre de militants anti-nucléaires.

 

9 mars : participation à la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim

 

10 mars : rencontre avec des viticulteurs alsaciens, conférence et soirée de clôture de l’exposition inter-lycée (Molsheim, Obernai et Barr) des photos d’Antonio Pagnotta au lycée Schuré de Barr.

 

11 mars :   conférence de presse au Parlement Européen à Strasbourg.

 

12 mars : participation à une table ronde sur Les leçons de Fukushima à Strasbourg > 19h Institut Lebel, amphi 1, 4 rue Blaise Pascal.

 

13 mars : rencontre avec les lycéens  du lycée Théodore Deck à Guebwiller, visite d’un agriculteur bio, visite de la centrale photovoltaïque de Feldkirch, réunion publique avec les riverains de la centrale nucléaire de Fessenheim > 18h, Munchhouse.

 

14 mars : rencontre à la mairie de Fessenheim, visite chez un riverain de la centrale nucléaire, rencontre avec des agriculteurs.

 

15 mars : 19h-21h > participation à "Caméra citoyenne" sur la vallée du Florival.

 

16 mars : Visite de Wyhl et de Weisweil, dans le Baden Würtemberg, hauts lieux de la résistance antinucléaire outre-Rhin.

 

17 mars : participation à la Mahnwache de Müllheim, rencontre avec les agriculteurs allemands.

 

18 mars : conférence à la Haute École Pédagogique du canton de Vaud (Lausanne).

 

19 mars : vigie devant l’OMS à Genève avec Independant Who.

 

21 mars : retour au Japon

 

 

NB : ce programme peut être légèrement modifié en fonction de l'avancement du projet.

 

____________________

 

Photo d’entête © Antonio Pagnotta

____________________

 

Naoto militant (source : http://ganbarufukushima.blog.fc2.com/)

Naoto militant (source : http://ganbarufukushima.blog.fc2.com/)

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On en parle

 

Naoto Matsumura –« Le dernier homme de Fukushima »

(blog Regards croisés, 20/02/14)

 

 

 

 

Participation de Naoto Matsumura à une conférence sur Fukushima à Paris

Participation de Naoto Matsumura à une conférence sur Fukushima à Paris

Participation de Naoto Matsumura à une table ronde sur Fukushima à Strasbourg

Participation de Naoto Matsumura à une table ronde sur Fukushima à Strasbourg

Participation de Naoto Matsumura à une soirée publique sur Fukushima à Bonnet (Meuse)

Participation de Naoto Matsumura à une soirée publique sur Fukushima à Bonnet (Meuse)

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 02:03
Analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère

Dans la revue Chocs Avancées 2012 du CEA, qui présente les « avancées scientifiques et techniques de la Direction des applications militaires », un article a été consacré à Fukushima dans la rubrique Environnement : « Accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi : analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère ». Vous trouverez un extrait de cet article en bas de page. Il est un des rares articles scientifiques publiés par le CEA qui soit spécifique à Fukushima et à ce titre il mérite quelques commentaires.

L’article mentionne d’abord une mesure sur un échantillon d’air prélevé du 13 au 14 mars 2011 sur une durée de 24 heures à compter de 6h55 TU. Le bâtiment réacteur n°1 avait explosé la veille (6h36 TU le 12 mars), donc l’échantillon est cohérent avec le premier événement ; en revanche, il est peu probable que le panache noir de l’explosion du réacteur 3, qui s’est produite le 14 mars à 11h01 (2h01 TU), ait pu se déplacer jusqu’à la station de prélèvement de Takasaki, située à plus de 200 km au sud-ouest de Fukushima, surtout avec des vents contraires. Les mesures ne sont donc pas représentatives de la catastrophe atmosphérique dans son ensemble.

 

Le CEA étudie ensuite un prélèvement qui a été effectué du 22 au 23 mars 2011, et conclut à l’invalidité du « dénoyautage (sic) de la piscine de stockage de l’unité 4 ». On suppose que les auteurs veulent dire qu’il est impossible que la piscine se soit vidée (1). En tout cas, on peut se poser la question : comment peut-on invalider un feu de piscine qui aurait été éteint le 16 mars en analysant l’air une semaine plus tard  à 200 km de là ?

 

Dans le dernier paragraphe, les auteurs suggèrent que « les principales émissions atmosphériques ont eu lieu le 14 mars 2011 (explosion du réacteur n° 2) ». Encore une fois, l’explosion du n°3, qui a pourtant aussi eu lieu le 14 mars, est ignorée, comme si on voulait la gommer de l’histoire. Celle du n°4 également, qui a eu lieu le 15 mars. On aimerait pourtant que des gens sérieux du CEA se penchent sur ces incendies et explosions qui, presque 3 ans après les faits, restent des énigmes (2). Cet article semble donc faire l’impasse sur deux pollutions atmosphériques majeures. Pour réaliser une étude sérieuse sur ces évènements, il faudrait en fait prendre les données des jours concernés et utiliser des prélèvements plus rapprochés de la source. La marine américaine, qui était sous le vent, a forcément réalisé des prélèvements beaucoup plus probants (3).

 

Enfin, les auteurs affirment que les données issues des stations de surveillance de la radioactivité de l’atmosphère sont « particulièrement précieuses pour renseigner sur les chronologies de rejets et évaluer les niveaux de remise à l’atmosphère de la radioactivité ». Tellement précieuses qu’ils ne sont pas autorisés à les diffuser intégralement. La catastrophe de Fukushima, que l’on dit civile, est sous le sceau du secret d’état. Bientôt 3 ans après les évènements, on ne sait toujours rien de cette chronologie fine que nous cache le CEA. Les données recueillies dans l’atmosphère existent, il suffirait de les publier. Mais non, on emploie 6 auteurs pour écrire 4 paragraphes sur des miettes d’informations et tirer des conclusions hâtives, voir tendancieuses.

 

Alors pourquoi éditer cet article dans le blog de Fukushima ? Pour montrer que les gouvernements ne sont pas honnêtes avec leurs populations (3). La carte A montre que l’atmosphère est surveillé en secret de manière très performante. Celle-ci montre la pollution du monde au xénon-133, correspondant à l’exact emplacement des industries nucléaires. La légende parle d’un « bruit de fond ». On nous explique souvent que le bruit de fond radioactif est naturel. Or quand on le compare avec la carte mondiale des réacteurs nucléaires, on se rend compte que ce bruit de fond du xénon-133 est totalement artificiel, comme le montre l’illustration d’entête.

 

 (1) A propos du vocabulaire employé, on notera les précautions de langage des auteurs qui, au lieu de parler de corium, emploient les termes de « cœur de réacteur très dégradé » ou d’ « état de fusion avancée des cœurs ».

 

(2) A ce jour, toujours aucune vidéo diffusée de l’explosion du n°4, et aucune analyse du panache de l’explosion du n°3.

 

(3) Ce ne sont pas les 51 marins américains qui portent plainte contre Tepco qui démentiront. Sinon pourquoi souffriraient-ils tous de maladies étranges comme des leucémies, des cancers de la thyroïde ou des testicules, des tumeurs cérébrales, des saignements rectaux ou gynécologiques ?

 

(4) Le libre accès aux données de l’Otice est réclamé depuis des années par la Criirad. Vous pouvez aider cette association indépendante à obtenir gain de cause en participant à leur action.

 

____________________________

Accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi : analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère 

 

G. Le Petit - P. Achim - G. Douysset - P. Gross - M. Monfort - C. Moulin / CEA−DAM Île-de-France

 

Source

 

Le 11 mars 2011, la côte Est du Japon est frappée par un séisme de magnitude exceptionnelle qui conduit à un tsunami majeur, puis à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi.

Quatre réacteurs sur six subissent des dommages irrémédiables entre le 12 et 15 mars 2011, principalement engendrés par des explosions d’hydrogène (unités 1, 2 et 3) et d’un feu affectant la piscine de refroidissement des éléments combustibles de l’unité 4. Dans les jours qui suivent, les stations aérosols et gaz rares du réseau de surveillance de l’Otice (Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires) mettent en évidence la présence de produits de fission dans l’atmosphère. Les données issues de ces stations, reçues au CND (Centre national de données) situé à Bruyères-le-Châtel, sont particulièrement précieuses pour renseigner sur les chronologies de rejets et évaluer les niveaux de remise à l’atmosphère de la radioactivité. Plus spécifiquement, les stations de surveillance aérosols et gaz rares localisées à Takasaki, à environ 100 km au Nord-Ouest de Tokyo (Japon), permettent de fournir un diagnostic sur l’état des réacteurs.

Analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère

Les stations de surveillance Otice de Takasaki sont parmi les premières stations touchées par un rejet radioactif de Fukushima. La figure 1 montre les produits de fission volatils (131I, 132I, 133I, 134Cs, 137Cs, 129mTe, 131mTe et 132Te) mesurés à partir d’un prélèvement d’air de 23 000 m3 acquis sur 24 heures du 13 mars au 14 mars 2011 à Takasaki.

Les niveaux d’activité volumique mesurés sont de l’ordre de 3 500 Bq/ m3 pour 131I et de 400 Bq/m3 pour le 137Cs. Dans les jours qui suivent, les mesures des prélèvements aérosols réalisés à Takasaki mettent en évidence la présence d’un panel de radionucléides élargi. L’un de ces prélèvements, acquis du 22 mars au 23 mars 2011 par la station aérosol de Takasaki, est expertisé par les laboratoires du Département analyse surveillance de l’environnement (DASE) du CEA/DAM. L’analyse met en évidence, outre les produits de fission (110mAg, 140Ba, 136Cs, 137Cs, 131I, 132I, 140La, 99Mo, 95Nb, 86Rb, 125Sb, 127mTe, 129Te, 129mTe, 132Te) et d’activation (134Cs, 113Sn) volatils ou semi-volatils, la présence dans l’atmosphère d’éléments peu volatils, 95Nb et 103Ru, sous forme de traces (activités volumiques, respectivement de 3,0.10-4 et 5,0.10-5 Bq/m3).

 

En s’appuyant sur les travaux issus des programmes de simulation d’accidents graves de réacteurs (VERCORS, PHEBUS) conduits par le CEA (Direction de l’énergie nucléaire) et par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les concentrations en produits de fission mesurées par spectrométrie d’émission gamma par le DASE, permettent de conclure à un état de fusion avancée des cœurs des réacteurs comme origine des rejets de produits de fission à l’atmosphère [1,2], et d’invalider le dénoyautage de la piscine de stockage de l’unité 4 (548 assemblages de haute activité étaient en cours de refroidissement durant les trois mois précédant l’accident). En effet, le rapport 131I /137Cs, mesuré dans les prélèvements atmosphériques, se révèle consistant avec celui correspondant à l’inventaire des cœurs des réacteurs de Fukushima au moment de leurs arrêts. Par ailleurs, la mise en évidence d’une faible signature 113Sn (4,7.10-5 Bq/m3) dans l’air, produit d’activation formé par la réaction 112Sn(n,γ)113Sn au sein des gaines de combustible (constitué d’un alliage en Zircalloy composé principalement de zirconium associé à 1,5 % d’étain), implique une température minimale de 1 800°C correspondant à la fusion des gaines. La non-détection du 95Zr, usuellement en filiation radioactive avec le 95Nb, dans les prélèvements liés à l’accident de Fukushima, est conforme aux résultats obtenus par les expériences CEA/IRSN qui ont montré que cet élément réfractaire était très peu relâché, même dans le cas d’un cœur de réacteur très dégradé.

Analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère
Analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère

 

Lire la suite de l'article :

Cliquer ici

 

_______________________

 

Illustration d’entête : cartes mondiales superposées de la pollution au xénon radioactif et des implantations de l’industrie nucléaire.

 

Illustration ci-dessous : figure 1 recomposée

Analyse des rejets de radionucléides dans l’atmosphère

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