7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 00:52

275px-Plutonium_pellet.jpgBizarrement, le monde continue à ignorer les coriums de Fuklushima. Le mot corium reste tabou, certains préférant même parler de cœurs fondus plutôt que d’utiliser le mot interdit. Le monde nucléaire n’est pas loin de réécrire l’histoire…

Non seulement les coriums n’existeraient pas, mais l’explosion qui avait été entendue dans le bâtiment de l’unité 2 serait aujourd’hui remise en cause par Tepco. On trouve du plutonium jusqu’à des dizaines de kilomètres de la centrale, mais finalement on décide de ne plus le rechercher. Une manière aussi d’effacer sa présence, et de ne plus parler de tout ce qu’a produit la catastrophe de Fukushima.

Pour autant, cela ne doit pas nous empêcher de revenir sur les combustibles qui étaient présents au moment de l’accident. On est toujours en droit de se demander quelle est leur quantité et de quoi ils sont composés. Et en particulier le chargement du cœur n°3, formé en partie de MOX, ce combustible fabriqué en France constitué d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium.

 

1163463 3 97dd chargement-du-mox-sur-le-pacific-heron-a

Chargement de MOX français en 2009 à Cherbrourg (source Le Monde)

 

 

1. La question du MOX

 

Selon l’excellent article d’Andrea Fradin « [Révélations] Areva au cœur du réacteur de Fukushima », un porte-parole d’Areva confirmait en mars l’implication de l’entreprise française dans la centrale de Fukushima, indiquant que “le réacteur 3 fonctionnait avec 30% de MOX” (1).

 

Or, si l’on s’en tient aux données brutes fournies par Tepco sur les combustibles de la centrale accidentée, il y avait, au moment du séisme du 11 mars 2011, 548 assemblages dans le cœur du réacteur 3. Et 30% de 548, cela fait 164 assemblages de MOX.

 

Pourtant, d’après Bertrand Barré, conseiller scientifique d’Areva, « le réacteur 3 de la centrale de Fukushima ne contient que 32 assemblages de MOX ».

 

Tout d’abord, le terme « que » est malheureux dans le contexte de la catastrophe actuelle, vis-à-vis de toutes les personnes contaminées actuellement au Japon. Car 32 assemblages d’environ 172 kg, ça fait tout de même 5,5 tonnes du combustible le plus dangereux de la planète, car contenant plus de 300 kg de plutonium. Sa toxicité est extrême, puisque sa dose létale est de l'ordre du microgramme. 300 kg équivaut donc à 300 milliards de doses mortelles.

 

Mais 164 assemblages, c’est une autre mesure, ça correspond à 28 tonnes de MOX, contenant près de 1700 kilogrammes de plutonium !

 

Alors qui dit vrai ? Areva pris de court interrogé par OWNI le lendemain de la catastrophe ou Areva à tête reposée qui ne peut pas dire autre chose parce que c’est la quantité maximale pour laquelle le réacteur 3 de Fukushima Daiichi est homologué auprès de l'AIEA ?

On peut aussi poser cette question autrement : qui dit faux ? L’article d’OWNI ou le conseiller scientifique d’Areva ?

 

section-1-methode-transport

Caisson de transport pour MOX (document Areva)

 

Quant aux proportions exactes du plutonium dans le MOX utilisé à Fukushima Daiichi, rien n’est clair. Areva elle-même sème le trouble et, sous couvert de transparence, laisse paraître au contraire de grandes incertitudes : « Sa seule différence avec le combustible nucléaire de base, fabriqué uniquement avec de l'uranium et appelé combustible UO2, réside dans le fait que le combustible MOX contient une faible proportion de plutonium mélangé avec de l'uranium (MOX signifie Mélange d'OXydes d'uranium et de plutonium). La proportion de plutonium varie selon le type de combustible : elle est généralement comprise entre 5 et 10 %. » (lien)

« Constitution d’un mélange primaire, à partir de poudres d'oxyde de plutonium, d'oxyde d'uranium appauvri et de "chamotte" obtenue à partir de pastilles de rebut. De l’uranium appauvri est ajouté à ce mélange primaire afin d'obtenir la teneur précise requise par les clients. Ce mélange final est appelé mélange secondaire. La teneur en plutonium de l'assemblage combustible - peut varier de 3 à 12% - en fonction des spécifications du Client.» (
lien)

Dans les deux citations, bien qu’Areva ne soit pas d’accord avec lui-même, il s’agit bien d’un mélange d’oxydes, et la moyenne du taux de plutonium est 7,5 %. Mais l’IRSN donne encore une autre fourchette : « La production du mélange secondaire : de l’oxyde d’uranium est ajouté au mélange primaire pour obtenir la teneur en plutonium recherchée, entre 5 et 12,5 %, selon les besoins des réacteurs. » (
lien)

 

Donc officiellement, la teneur en plutonium peut varier avec un facteur 1 à 4, ce qui, pour les quantités considérables de combustible en jeu, donne une fourchette extrêmement large : dans le cas d’un chargement à 6 % de MOX (32 assemblages), nous obtenons entre 165 et 688 kg de plutonium. Dans le cas d’un chargement à 30 % de MOX (164 assemblages), nous obtenons entre 850 kg et 3,5 tonnes de plutonium !

 

 

2. La question des quantités de combustible dans les cœurs

 

Selon un rapport en japonais diffusé en août 2011 concernant le maintien de l'arrosage des réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, il y aurait 120 tonnes de combustible dans le réacteur n°1, et 164 tonnes dans les réacteurs 2 et 3 (2).

Or ces données ne correspondent pas avec celles connues par les autorités nucléaires au moment de l’accident.

Elles ne correspondent pas plus à celles fournies par Tepco à l’ambassade de France au Japon en 1999.

Voici un tableau résumant ces différentes données.

 

 

réacteur 1

réacteur 2

réacteur 3

1999

78 t

105,4 t

102,5 t

2010

69 t

94 t

94 t

août 2011

120 t

164 t

164 t

 

On le voit, les différences sont énormes. Et incompréhensibles. Peut-on surcharger un cœur de 50 tonnes de combustible ?

Avec les données d’août 2011, les infos de l’article d’OWNI (30 % de MOX pour le cœur n° 3) et le taux maximum de plutonium dans le MOX (12,5 %), on arrive à une masse de plutonium invraisemblable : 6 tonnes !

 

Et 6 mois après la catastrophe, on ne possède toujours pas d’information fiable à ce sujet (3). Inexplicable. Les autorités nucléaires vont-elles encore longtemps se ridiculiser en autorisant Tepco à rester dans le flou ?

 

 

3. La question des entreposages à sec

 

Ils sont appelés « dry casks » (littéralement « fûts secs »). On appelle ce stockage en français un entreposage « en châteaux », car d’habitude, les fûts cylindriques sont placés verticalement, ressemblant à des tours. Mais à Fukushima Daiichi, les containers sont stockés horizontalement. A l’origine, ce type de stockage était utilisé uniquement pour le transport, mais en 1994, la licence a été modifiée pour qu’ils puissent aussi servir pour le stockage permanent, ce qui a été réalisé à partir de 1995.

 

dry cask dessin

Dry cask

 

dry cask

Dry cask

 

Les parois des dry casks forment un blindage contre les rayonnements et la chaleur est transférée à l'air ambiant par conduction.

Il existe deux types de containers, des larges et des moyens, tous deux d’une longueur de 5,60 m. Les larges (diamètre 2,40 m) peuvent contenir 52 assemblages tandis que les moyens (diamètre 2,20 m) peuvent en contenir 37. A Fukushima, il y a 9 dry casks, 5 larges et 4 mediums. 11 containers supplémentaires étaient en préparation en novembre 2010, mais on ne sait pas s’ils avaient déjà été conditionnés en mars 2011.

 

Un bâtiment est consacré à l’entreposage des dry casks. Il est situé en bordure de mer, entre les réacteurs 1 et 5. A cause de sa position basse, ce bâtiment a été inondé entièrement lors du tsunami du 11 mars 2011. Mais il ne semble pas que cela ait provoqué de problème particulier.

 

batiment dry cask

Bâtiment pour le stockage des dry casks

 

Venons-en à la question. On sait par un document de l’ambassade de France au Japon qu’en 1999, les unités 4, 5 et 6 entreposaient du combustible usé dans des châteaux, en plus du combustible entreposé dans les piscines. On peut supposer que cela était dû à un manque de place, les piscines ayant une capacité limitée. Tepco envisageait ainsi la construction d’un plus grand centre de stockage pour solutionner ce manque de place chronique pour le combustible usé. 

La question qui se pose est de savoir si du combustible entreposé en châteaux était encore présent dans les bâtiments des unités 4, 5 et 6 le jour de l’accident.

 

 

4. La question du combustible stocké en piscine

 

Il existe 7 piscines de stockage de combustible usé à Fukushima Daiichi. Une dans chacune des 6 unités, et une piscine commune, située à 40 mètres à l’ouest de l’unité 4.

 

plan centrale fukushima daiichi

Plan de situation des différentes piscines du site

 

Environ 700 assemblages de combustible usé étaient générés chaque année à Fukushima Daiichi, soit environ 120 tonnes qu’il fallait laisser en piscine pour les faire refroidir.

Voici un tableau qui résume les différentes manières de stocker le combustible dans cette centrale :

 

Méthode de stockage

 

Quantité de stockage

(nombre d’assemblages en mars 2010)

Capacité (installations existantes)

Piscine de combustible usé à chaque réacteur

3450

8310

Entreposage à sec

408

408

Piscine commune

6291

6840

total

10149

15558

 

La piscine commune du site de Fukushima Daiichi est en service depuis 1997. Elle mesure 12 m sur 29 et a une profondeur de 11 m.

Les assemblages sont rangés dans des caisses par 90. On peut ranger 76 caisses dans le fond de cette piscine, ce qui lui donne une capacité maximale théorique de 6840 assemblages.

 

piscine commune

La piscine commune de Fukushima Daiichi

 

piscine commune dessin

Caisse et stockage dans la piscine commune

 

picine commune dessin

Ecorché du bâtiment de la piscine commune

 

Pour résoudre le problème de manque de place, on a augmenté la capacité des piscines de combustible usé en pratiquant le re-racking, c’est-à-dire en réduisant les espaces entre les caisses dans les piscines.

 

Le re-racking nécessite le remplacement des caisses conventionnelles par des caisses à haute densité, traitées pour l'absorption des neutrons. Cette technique permet une augmentation de la capacité de stockage d’une piscine de 40% à plus de 100% selon les situations. Mais avant d’effectuer un re-racking, il est d'abord nécessaire de vérifier que la structure de la piscine est capable de supporter le poids supplémentaire impliqué. Comme cette méthode est la plus simple et la moins chère, le re-racking a déjà été largement utilisé dans les centrales japonaises. Il faut noter toutefois que cette pratique n’avait pas été prévue à la conception des bâtiments et qu’elle met de fait les installations en surcharge, car l’uranium a une densité 19 fois supérieure à celle de l’eau.

Les questions qui se posent aujourd’hui sont les suivantes : est-ce que les tonnages officiels des combustibles en piscine prennent en compte l’utilisation du re-racking ? quel est le pourcentage d’augmentation de stockage par re-racking à Fukushima Daiichi ? et est-ce que les piscines associées aux réacteurs ‒ il faut le rappeler, perchées à 20 mètres au dessus du sol ‒ sont assez solides pour supporter de telles masses sans être affectées à long terme, surtout avec les secousses régulières dues aux tremblements de terre ?

 

 

Conclusion

 

Difficile de conclure : quand on cherche des données fiables et référencées, on tombe immanquablement sur des approximations et sur des contradictions, voire des impossibilités physiques (les cœurs ont-ils pu être aménagés pour être surchargés ?). Cette petite enquête apporte ainsi plus d’interrogations qu’elle n’en résout car ces questions restent en effet en suspens :

 

- Quel est le pourcentage réel d’assemblages de MOX dans le cœur du réacteur 3 : 30 % ou 6 % ?

- Quel est le pourcentage réel de plutonium dans le MOX utilisé dans le réacteur 3 de Fukushima Daiichi ?

- Quelles quantités réelles de combustibles se trouvaient dans chacun des réacteurs et des piscines ?

- Comment peut-on expliquer les différences de tonnages de combustible fournis par l’ambassade de France au Japon en 1999 et par Tepco en 2010 et 2011 ?

- Du combustible entreposé en châteaux était-il encore présent dans les bâtiments des unités 4, 5 et 6 le jour de l’accident ?

- Quelles sont les caractéristiques de l’utilisation du re-racking à Fukushima Daiichi ?

 

Si Tepco souhaitait devenir une entreprise crédible, il faudrait qu’elle commence, entre autres, par répondre à ces questions. Tant que la lumière ne sera pas faite sur la réalité de la centrale au moment de l’accident, l’énergie nucléaire restera cette énergie du secret, car pour l’instant, sa communication relève plus des pratiques de la grande muette que d’une entreprise responsable devant la société civile.

 

Pierre Fetet

 

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(1) Cette information est totalement plausible, car en 2008, le Japon lançait la construction de la centrale d’Ohma qui devrait démarrer avec 30% de MOX. Elle devrait être opérationnelle en 2014.

Voir : http://www.sfen.org/La-Commission-Europeenne-se

Mais on peut aussi imaginer qu’il s’agit d’une erreur de transcription. Selon Areva, le MOX peut être chargé de différentes manières, à la demande du client. On peut se demander si, à Fukushima, le MOX n’était pas chargé à 30 % de plutonium, au lieu des 3 à 12 % annoncé officiellement par Areva. Selon certains, le MOX pourrait même dans certains cas être chargé à 100 % de plutonium…

 

(2) Voir le document original et sa traduction.

 

(3) Un député japonais, Kono Taro , donne des tonnages encore différents… Dans cette page, il fait l’inventaire des combustibles des centrales nucléaires du Japon :

http://www.taro.org/2011/05/post-1017.php

 

 

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Sources :

 

L’article d’Andréa Fradin du 15 mars 2011 dans OWNI.fr, « [Révélations] Areva au cœur du réacteur de Fukushima »

http://owni.fr/2011/03/15/revelations-areva-au-coeur-du-reacteur-de-fukushima/

La page d’Areva.com du 15 avril 2011, « Quelles solutions pour Fukushima ? »

http://www.areva.com/ajaxpub/Dialog/DetailQuestion.aspx?idQuestion=749

« Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : toutes les données sur les réacteurs et les combustibles », article du 20 mai 2011 publié dans ce blog

http://fukushima.over-blog.fr/article-centrale-nucleaire-de-fukushima-daiichi-toutes-les-donnees-sur-les-reacteurs-et-les-combustibles-74272123.html

Rapport de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques No 612 (1997 / 1998)

http://www.senat.fr/rap/o97-612/o97-61222.html

Sources pour le chapitre 3 :

http://www.nrc.gov/waste/spent-fuel-storage/pools.html

http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/Pub1398_web.pdf

Integrity Inspection of Dry Storage Casks and Spent Fuels at Fukushima Daiichi Nuclear Power Station - 16 novembre 2010 - Yumiko Kumano - Tokyo Electric Power Company

http://www.scribd.com/doc/51060557/Integrity-Inspection-of-Dry-Storage-Casksand-Spent-Fuels-at-Fukushima-DaiichiNuclear-Power-Station

 

 

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Autres articles du blog de Fukushima traitant de la question des combustibles :

Le plutonium de Fukushima Daiichi

Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : toutes les données sur les réacteurs et les combustibles

Le corium de Fukushima (1) : description et données

Le corium de Fukushima (2) : effets et dangers

Radionucléides de Fukushima

 

 

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Remarque de l’auteur :

Si des lecteurs ont connaissance d’informations supplémentaires sur le sujet des combustibles de Fukushima Daiichi, je leur serai reconnaissant de laisser un commentaire qui complétera avantageusement la lecture de cet article.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 23:42

6 mois après la catastrophe, plusieurs synthèses ou bilans ont été publiés ‒ ce blog s’en est déjà fait l’écho ‒ mais connaissez-vous les articles suivants ? Et les questions qui en découlent… connaissez-vous quelqu’un, 6 mois après les évènements, qui soit capable d’y répondre ?

 

Manifestation-Tokyo pics 809Japon : 6 mois après le cauchemar

par Kibo Promesse

http://kibo-promesse.org/2011/09/japon-6-mois-apres-le-cauchemar/

On communique très vite sur le bilan humain et financier de la catastrophe : Il y aurait plus de 28.000 morts et disparus, près de 300.000 réfugiés, plusieurs centaines de milliards de dollars de dégâts et 25 millions de tonnes de déchets. Cependant, le gouvernement et TEPCO ne communiquent pas sur le nucléaire. Pire : La désinformation s’organise au plus haut, tous gouvernements confondus, pour minimiser l’ampleur de la catastrophe. 

(…)

Lire la suite de l’article

 

20110908p2a00m0na021000p size5Samedi-sciences (9): Fukushima six mois après

par Michel de Pracontal

http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-de-pracontal/100911/samedi-sciences-9-fukushima-six-mois-apres

Pour avoir parlé de « villes fantômes » à propos des communes proches de la centrale de Fukushima Daiichi, le ministre de l'industrie japonais, Yoshio Hachiro, vient d'être contraint à présenter sa démission. Si l'expression a choqué, elle reflète hélas la situation concrète d'une zone où ne vivent plus que des animaux sauvages et des plantes, et où certains sites sont si contaminés qu'ils ne seront pas habitables dans un avenir prévisible. 

(…)

Lire la suite de l’article

 

27030 52341Fukushima, 6 mois après : un quotidien irradié

par Greenpeace

http://energie-climat.greenpeace.fr/fukushima-6-mois-apres-un-quotidien-irradie

Vivre, chaque jour : avoir un toit, à manger, aller au bureau, à l’école, se promener … ces choses tellement banales vues d’ici, et qui sont pourtant tellement compliquées à Fukushima, 6 mois après …

(…)

Lire la suite de l’article

 

217864 0201627001124 webDossier : Fukushima, 6 mois après

par Yann Rousseau et Nicolas Barré

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/dossier/0201626928229-fukushima-6-mois-apres-217864.php

Six mois après avoir assisté impuissant à la destruction des 4 réacteurs de sa centrale de Fukushima-Daiichi, l'opérateur Tepco espère toujours reprendre le contrôle du site avant la fin janvier 2012. Le retraitement d'importantes quantités d'eau contaminée qui compliquent l'accès du site s'est accéléré. L'inquiétude de la population grandit sur une possible contamination de la nourriture. Le gouvernement a refusé les contrôles systématiques des légumes ou de la viande produits près de la centrale.

(…)

Lire la suite de l’article

 

onegai012Fukushima : 6 mois de suicidaire censure.

par l’AIPRI

http://aipri.blogspot.com/2011/09/fukushima-6-mois-de-suicidaire-censure.html

Plus de six mois se sont écoulés depuis la plus grande catastrophe nucléaire civile qu’ait connue l’humanité et l’on est toujours dans l’expectative de ces indispensables données nucléaires objectives qui permettraient de prendre la mesure si non exacte du moins approchée du désastre. Ces données que les instances nationales et internationales censurent diligentement, sans hélas, amen, empêcher leurs poumons, les poumons de leurs fidèles alliés et de leurs fidèles banquiers, les poumons de leurs ennemis jurés, les poumons de leurs enfants et petits enfants très chéris de s’encrasser d’insoluble et artificielle radioactivité particulaire ambiante, ces données l’Aipri les a réclamées vainement dès les premiers jours.

(…)

Lire la suite de l’article

 

L’article de l’AIPRI se termine sur plusieurs questions pertinentes que je trouve intéressant de reproduire ici :

 

Question 1. Quel était le taux de combustion moyen des carburants nucléaires des centrales « accidentées »  (fondues) ?

 

Question 2.  Quelle quantité exacte de MOX contenait la centrale n°3 ?

 

Question 3. Combien de milliers de tonnes de carburant « éteint » (mais désormais fondu en grande partie) sont-elles stockées à Fukushima ? 2800 tonnes ou bien 9500 tonnes comme le soutient un député japonais ?

 

Question 4. Quel est le taux de combustion moyen de ces déchets ? Les chiffres que l’on trouve dans la littérature scientifique qui dans le passé analysa ces déchets vont, grosso modo, de 24 à 42 GwJ/t.

 

Question 5. Combien « pesait » le panache initial, d’environ 210 mètres de haut pour 40 mètres de diamètre, de la seconde explosion ?  A savoir combien de tonnes de carburant « actif et/ou éteint » ont-elles été projetées dans l’environnement ?

 

Ce ne sont pas les seules questions que l’on se pose sur Fukushima, il y en a bien d’autres comme celles-ci :

 

6. Pourquoi Tepco interdit à ses employés de parler à des journalistes ?

 

7. Quelle était le taux de radioactivité des 11500 tonnes d’eau rejetées dans le Pacifique en avril ?

 

8. Pourquoi les employés d’Areva ont-ils tous quitté le Japon quand la centrale a explosé ?

 

9. Pourquoi les pastilles d’iode n’ont-elles pas été distribuées à tous les habitants de la zone contaminée ?

 

10. Pourquoi les zones d’évacuations sont-elles concentriques alors que la contamination des sols ne l’est pas ?

 

11. Pourquoi on n’évacue pas certaines zones habitées alors qu’elle sont autant contaminées que certaines zones évacuées à Tchernobyl ?

 

12. Pourquoi on fait subir aux enfants de Fukushima le même taux de radiation que les travailleurs du nucléaire ?

 

13. Pourquoi Tepco n’a jamais diffusé les vidéos des explosions des unités 2 et 4 ?

 

14. Pourquoi Tepco ne répond à la question de l’AIEA concernant la découverte de Technetium ?

 

15. Pourquoi la France refuse de communiquer les mesures réalisées par le réseau international de surveillance de la radioactivité dans l'air ?

 

16. Quelle a été la mission des 140 militaires experts en risques nucléaires qui sont intervenus en mars et qu’ont-ils découvert ?

 

17. Quel était le pourcentage de plutonium dans le MOX utilisé dans le réacteur n°3 ?

 

18. Pourquoi Tepco ne parle jamais des coriums ?

 

19. Pourquoi certains ouvriers de la centrale n’ont pas été enregistrés et pourquoi d’autres ne portaient pas de dosimètres ?

 

20. Pourquoi le gouvernement japonais veut-il limiter l’utilisation des compteurs Geiger ?

 

21. Pourquoi 6 mois après la catastrophe on se pose encore tellement de questions ?

 

Amis lecteurs, si vous avez d’autres questions restées sans réponse, mettez-les en commentaire. Peut-être d’autres lecteurs pourront y répondre ?

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 15:17

  

Une série de secousses a eu lieu hier dans la région de Fukushima, mais suivant les sites de veille des tremblements de terre, les informations sont plus ou moins précises. D’après un site japonais qui a relevé des secousses proches de la centrale de Fukushima Daiichi, il a été émis l’hypothèse que le corium pourrait être un facteur déclenchant d’explosions de vapeur. N'ayant aucune information sur la localisation et l’état des coriums, il semble prématuré de rendre cette matière magmateuse responsable de séismes sous la centrale. En revanche, les nombreuses secousses qui ont eu lieu hier dans la région sont très inquiétantes, car l’état de la centrale de Fukushima Daiichi est loin d’être satisfaisant, et sa position sur une faille géologique la rend extrêmement vulnérable.

 

 

tremblement-3.jpg

Relevé des secousses près de la centrale

source : http://fukushima-diary.com/2011/09/breaking-news-explosion-underground/

 

D’après le site Japan Quake Map, l’épicentre du séisme d’hier se situait à 40 km au sud de la centrale, à l’ouest de la ville d’Iwaki.

 

tremblement-2.jpg

carte tirée de Japan Quake Map

 

 

Cette information est confirmée par le site de relevés des tremblements de terre Emergency Yahoo : 12 secousses ont eu lieu dans la préfecture de Fukushima (Fukushima Hamadori) dans la seule journée d’hier (pour la France, 29 septembre 2011 ; pour le Japon, à cheval sur le 29 et le 30).

 

Elles sont répertoriées comme suit :

lien

heure - date

coordonnées

profondeur

magnitude

3 heures, 46 minutes 30 Septembre, 2011

Environ 3 heures 42 minutes 30 Septembre 2011

37,1N 140,9E

10 km

3,5

2 heures 55 minutes 30 Septembre 2011

Environ 2 heures 51 minutes 30 Septembre 2011

37,1N 140,9E

10 km

2,8

1 heure 58 minutes 30 Septembre, 2011

Environ 1 heure 54 minutes 30 Septembre, 2011

37,1N 140,8E

peu profond

4,2

31 minutes à minuit 30 Septembre, 2011

Aux alentours de minuit le 27 Septembre 30, 2011

37,1N 140,9E

10 km

2,6

22 heures 45 minutes 29 Septembre 2011

Environ 22 heures 41 minutes 29 Septembre 2011

37,1N 140,8E

peu profond

3,3

58 minutes 29 Septembre 2011 21:00

Environ 54 minutes 29 Septembre 2011 21:00

37,1N 140,8E

10 km

2,9

34 minutes 29 Septembre 2011 21:00

Environ 29 minutes 29 Septembre 2011 21:00

37,1N 140,9E

10 km

3,7

41 minutes 29 Septembre 2011 20:00

Environ 37 minutes 29 Septembre 2011 20:00

37,1N 140,9E

10 km

3

07:20 minutes 29 Septembre 2011

Aux alentours de 3h20 sur le 29 Septembre, 2011

37,1N 140,8E

peu profond

3,7

19 heures 44 minutes 29 Septembre 2011

Environ 19 heures 40 minutes 29 Septembre 2011

37,1N 140,8E

10 km

2,8

18:19 minutes Septembre 29, 2011

Aux alentours de 13h19 le 29 Septembre, 2011

37,1N 140,8E

10 km

2,9

17:19 minutes Septembre 29, 2011

Aux alentours de 8h19 sur le 29 Septembre, 2011

37,1N 140,9E

peu profond

2

 

tremblement-de-terre-29-30-septembre-2011.jpg

Situation des épicentres avec Google Earth : repères A et B

 

La localisation des épicentres est également à 40 km au sud de la centrale de Fukushima Daiichi, à proximité de la ville d’Iwaki.

Rien à voir donc avec un tremblement de terre qui aurait eu lieu sous la centrale, même si des répliques ont été ressenties près du site nucléaire.

 

Quoi qu’il en soit, les tremblements de terre de la région de Fukushima sont à hauts risques pour au moins trois raisons :

 

1) La piscine attenante au réacteur n°4 est pleine à craquer de combustible : pas moins de 264 tonnes (229 tonnes de combustible usé et 35 tonnes de combustible neuf). Or cette piscine est située à 20 m au dessus du niveau du sol, et le bâtiment qui la soutient est en piteux état. En effet, celui-ci a subi plusieurs explosions : le 14 mars, le bâtiment a été méchamment déformé à cause du souffle de l’explosion de l’unité 3, puis le 15 mars, le hall d'opération de l’unité 4 a été victime de deux grosses explosions qui ont causé deux brèches d’environ 8 mètres de large sur l’enceinte extérieure du bâtiment abritant le réacteur et à 9 h 38, une explosion a eu lieu, suivie d’un incendie de la piscine de stockage du combustible.

 

110411_1f_7.jpg

L'unité 4 : un bâtiment fragilisé.

 

La piscine menaçant de s’effondrer, Tepco l’a consolidée dans les mois qui ont suivi avec des poutres métalliques supplémentaires et du béton. Mais rien ne dit si elle pourrait supporter un nouveau tremblement de terre de même magnitude que le 11 mars 2011.

Dans le cas où elle s’effondrerait, l’IRSN a estimé que la zone d’évacuation autour de la centrale devrait être d’au moins 60 km de rayon, et que plus personne ne pourrait rester travailler à la centrale à cause de la trop forte radioactivité qui y régnerait : il pourrait en effet y avoir un débit de dose de plusieurs centaines de Gray/h sur 1 km à la ronde (source).

 

110730 1

Piscine de l’unité 4 : consolidations (photo Tepco)

 

A partir de ce moment, plus rien ne serait contrôlable, et il faudrait probablement évacuer le nord et le centre du Japon de toute urgence, car les évènements dramatiques s’enchaîneraient les uns après les autres : les autres piscines ne pourraient plus être refroidies puisque les hommes auraient déserté le site. Ce ne serait alors plus une mais 7 piscines qui seraient en perdition. Les 6 autres piscines perdraient leur eau par évaporation au bout de quelques jours ou quelques semaines et les 1700 tonnes de combustible qu’elles contiennent commenceraient à brûler ‒ à ciel ouvert pour 3 d’entre elles. C’est alors l’hémisphère nord entier qui serait touché durablement par un panache hautement radioactif.

 

Etant donné les conséquences planétaires qu’entrainerait l’effondrement de cette piscine, il serait souhaitable que des experts internationaux indépendants viennent s’assurer directement sur site que cette piscine a fait l’objet de travaux de consolidation suffisants.

 

2) Le fait que la centrale de Fukushima Daiichi soit construite sur une faille est très inquiétant également. En effet, celle-ci, même ancienne, peut très bien être de nouveau active, vu l’intensité et le nombre de répliques constatées dans la région depuis le 11 mars. Le plus gros danger, après ceux connus pour les 4 réacteurs en perdition, vient de la piscine commune qui contient à elle seule 1097 tonnes de combustible usé. Elle a fait l’objet d’une grosse attention dans les études géologiques car la solidité de son socle devrait être sans faille, c’est vraiment le cas de le dire. Le moindre mouvement de terrain pourrait lui être fatal ‒ la piscine a une longueur de 29 mètres ‒ car une fuite massive d’eau par l’intermédiaire d’une fissure entrainerait le réchauffement immédiat des combustibles qui ont besoin continuellement d’être refroidis.

 

faille fukushima daiichi

Faille de Fukushima

 

Connaissant au moins depuis 2009 l’existence de cette faille, l’entreprise et les autorités de surveillance nucléaire ont pourtant choisi de l’ignorer. Aujourd’hui, il semble vraiment dangereux de vouloir continuer à entreposer le combustible usé sur le site de Fukushima Daiichi. Il serait raisonnable de prévoir à moyen terme de transférer ces tonnes de combustible vers un site de stockage plus sûr.

 

3) Un tsunami est toujours possible, et s’il arrivait qu’il s’en produise un de nouveau, les installations provisoires pour contenir le danger sur le site seraient rapidement mises hors service (toile qui est sensée stopper la radioactivité du réacteur 1, usine de retraitement de l’eau de refroidissement des piscines et des réacteurs). La construction d’une digue sur la côte devrait donc être aussi une priorité.

 

On comprend ainsi les inquiétudes et le stress des Japonais qui vivent au quotidien avec cette menace permanente, en plus de la contamination radioactive à gérer. De nouvelles cartes des terres contaminées viennent de paraître, et l’on constate en les observant que plus on réalise de mesures, plus l’étendue de la pollution radioactive est grande : certains points chauds sont situés à plus de 100 km de la centrale… Malgré cela, à partir d’aujourd’hui 30 septembre 2011, le gouvernement japonais demande aux évacués de la zone 20-30 km de retourner vivre chez eux. En prenant cette décision, l’Etat nippon décide donc de ne plus protéger une partie de sa population qui va participer de facto à une expérimentation sur les effets de la radioactivité à faible dose sur la santé humaine.

 

Laurent Mabesoone, résidant au Japon et créateur du mouvement du ruban jaune, 脱原発アピールの黄色いリボン Yellow ribbon against nuclear power, a réagi en envoyant un courriel de protestation au ministère de l’environnement :

 

"La décision de votre ministère de ne pas décontaminer les sols a proximité de la centrale de Fukushima 1, là où les radiations ne dépassent pas 5 millisieverts par an, est une décision insensée. La norme internationale est de 1 millisievert par an. Encore une fois, votre politique fait en sorte de laisser vivre les habitants de Fukushima dans la discrimination. Ceci s'oppose même à la Constitution de ce pays, qui garantit l'égalité des citoyens. Pire : vous prétextez d'un "manque de moyens financiers" ! C'en est trop. Vous savez certainement que M Shimizu, ancien PDG de la Tepco s'apprête à recevoir une prime de départ a la retraite de 500 millions de yens (environ 5 millions d'euros). Eh bien, que cet homme reverse tout son argent a la décontamination de ladite zone ! Maintenant, la première priorité dans ce pays, c'est la protection de la vie des citoyens de Fukushima. Si vous prétendez que le Japon est un Etat de droit, respectez la norme de 1 millisievert par an ! Respectez le droit a l'égalité des habitants de Fukushima !"273844_100002199562749_33240_n.jpg

 

 

 

 

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 00:47

Le site de Mochizuki rapporte les propos tenus par un employé de Tepco travaillant actuellement dans la centrale de Fukushima. Il se fait appeler Happy20790.

Voici ses tweets du 26 septembre, traduits en anglais puis en français. Ces courts textes nous montrent le quotidien de ces travailleurs de l’impossible

 

source :

http://fukushima-diary.com/2011/09/breaking-news-high-level-of-radiation-is-making-hydrogen-from-h2o/#.ToB_UxtVxGQ.facebook

 

 

今日も無事帰って来ましたっ。1号機の原子炉建屋は今日も作業中止でし。先週、可燃性ガス測定器で4%Maxって言ったけどまさかの100%越え(*_*)今ある測定器は可燃性ガスを計るものだから水素単体はわからないけど東電はほとんどが水素だろうだって言ってる。

I managed to come back safely today. We couldn’t work at reactor 1 today, again. Last week,they said they detected 4% of hydrogen but it turned out to be over 100%. The current measurement tool is to detected only flammable gas, but Tepco says probably it is all hydrogen.

J’ai réussi à revenir sain et sauf aujourd’hui. Une nouvelle fois, nous ne pouvions pas travailler au réacteur 1 aujourd’hui. La semaine dernière, ils disaient qu’ils avaient détecté 4% d’hydrogène mais il semble que ce soit 100%. L’outil de mesure actuel sert seulement à détecter du gaz inflammable, mais Tepco dit que tout est probablement de l’hydrogène.

 

配管切んなくて良かった~。あり得ない事だけど、最初の工程には測定なんて項目なくて前日に決まったから、ヤバかったよ。水素単体の測定器は今1Fにはなくて、28日に準備出来る予定なんだ。2829日に測定出来ると思う。結果は明らかだけどね。

We would have been all dead if we cut of the pipe. Unbelievable story, but as our original schedule, we didn’t plan to check the presence of flammable gas. The process was added the day before the day. It’s so scary.

The measurement tool to detect only hydrogen is not in Fukushima plant right now.

It’s coming on 9/28. We are to measure it on 28th or 29th but the result is already obvious. Most of the gas is hydrogen.

Nous aurions été tous morts si nous avions coupé le tuyau. Incroyable histoire, mais comme le voulait notre programme à l’origine, nous ne prévoyions pas de détecter la présence d’un gaz inflammable. Cette procédure a été ajoutée la veille. C’est trop effrayant.

L’outil de mesure pour détecter uniquement l’hydrogène n’est pas à Fukushima actuellement. On l’aura le 28 septembre. Nous mesurerons ça le 28 ou le 29, mais le résultat est déjà évident. Beaucoup d’hydrogène.

 

その後は窒素置換して窒素パージしながら切断する計画を検討してる。空気中の酸素濃度は18%位だから空気に触れても爆発だから凄く怖いんだけど。窒素も大量に使うから酸欠事故も心配だし

Then we are going to inject nitrogen to cut out to pipes. But normal air contains 18% of oxygen, which is enough to cause a hydrogen explosion even without fire. It’s so scary. Injecting nitrogen may also cause lack of oxygen..

Alors nous sommes en train d’injecter de l’azote afin de pouvoir couper les tuyaux. Mais l’air normal contient 18% d’oxygène, ce qui est assez pour causer une explosion d’hydrogène, même sans feu. C’est tellement effrayant. Injecter de l’azote peut causer aussi un manque d’oxygène….

 

水素が配管内に溜まってるのは事故当初のものが抜けてないやつや、新たな水素が溜まってと両方の理由があるみたい。新たな水素は色々な情報によると、どうも燃料被覆管のジルカロイの反応ではなくて水蒸気が高線量を浴びると水素が発生するみたい。

They say there are two possibilities why there’s so much hydrogen remain there still.

(1) Some of it remained even after the hydrogen explosion.

(2) New hydrogen came out ..

From looking at variety of information, it seems like it’s not from the (thermal) Zircaloy reaction.

It’s probably that high radiation is producing hydrogen out of H2O.

Ils disent qu’il y a deux possibilités qui expliquent pourquoi il y a tant d’hydrogène qui se trouve encore là.

(1) De l’hydrogène qui serait resté même après l’explosion.

(2) Du nouvel hydrogène

A la lumière de différentes informations, il semble que cela ne provient pas de la réaction thermique avec le zirconium.

 

どこにどれだけ溜まってるかわかんないから大変だよ。原子炉建屋だけじゃなくてタービン建屋の配管だって危ないし。凄い配管の量だよ。対象配管だけアイソレ(仕切る)出来ればいいんだけど、仕切れる(アイソレ)バルブも壊れてるし、健全でも気体を止めるには難しいし

It’s impossible to know how much hydrogen is stocked and where. It could be everywhere. and the amount of the pipes are crazy..If we can identify the pipe that has hydrogen inside, we could isolate the part but the valves are broken and it’s not enough to stop gas.

C’est impossible de savoir combien d’hydrogène est stocké et où. Il pourrait être partout. Et il y a un nombre invraisemblable de tuyaux. Si nous pouvions identifier le tuyau dans lequel il y a de l’hydrogène, nous pourrions isoler la partie mais les valves sont cassées et ce n’est pas suffisant pour stopper le gaz.

 

東電は対象配管だけなんとか対応して工事進めるみたいだけど、作業側としては先に全体をなんとかしないとって考えるけど多分無理なんだろうな。

Tepco is planning to do with only the “troubled” pipes, but from the view of us, actual workers, we want them to check the whole plant first..

Tepco prévoit de faire avec seulement les tuyaux «troublés», mais de notre point de vue, nous les travailleurs réels, nous voulons qu'ils puissent d’abord vérifier l'ensemble de l’usine.

東電は1号機爆発の時も絶対爆発は無いって言ってオイラ達は2号機の中の作業、自衛隊や消防はヤード作業してた時にドドドッカーンてきたからなぁ。自衛隊は東電信じないって撤退しちゃうし。あれがなきゃもっと自衛隊手伝ったかもなのに。

In the last explosion of the reactor 1, they told us there would never be an explosion. We were working at reactor 2, and fire fighters and self defense force were working at the yard, when it exploded.

–> then self defense force quit trusting Tepco anymore and they withdrew.

Dans la dernière explosion du réacteur 1, ils nous avaient dit qu'il n'y aurait jamais d’explosion. Nous étions en train de travailler au réacteur 2, et les pompiers et les forces d'autodéfense travaillaient dans la cour, quand il a explosé.
-> Alors la force d'autodéfense n’a plus eu confiance en Tepco et ils se retirèrent.

そんな今の現状で28日に避難準備区域が解除される。もう少し待てないのかなぁ。せめてカバーリングが出来るまで。最近ニュースも詳しく伝えないから危険性がわからないのかなぁ。汚染水処理だってサリーが止まったりまだまだ安心出来ないし

In this situation, they are going to lift the mandatory evacuating area on 9/28. They should wait at least until we finish making the cover for reactor 1.

Recently mass media don’t broadcast any details so they might not be afraid anymore. Even the water purifying system is broken and being stopped.

Dans cette situation, ils vont lever le domaine de l'évacuation obligatoire le 28 septembre. Ils devraient attendre au moins que nous ayons fini de faire la couverture pour le réacteur 1.
Actuellement les médias ne diffusent pas tous les détails de sorte qu’on ne peut plus avoir peur. Même le système de purification de l'eau est endommagé et a été arrêté.

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Conclusion : le corium est encore très actif. A son contact, l’eau est probablement craquée par radiolyse et donne de l’hydrogène et de l’oxygène, ce qui rend une explosion toujours possible sur le site.

 

 

En savoir plus : article de Philippe Mesmer dans Le Monde du 24 septembre 2011

 

Risque d'une nouvelle explosion d'hydrogène au réacteur 1 de Fukushima

 


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Mise à jour du 8 octobre 2011

 

Deux semaines plus tard, l'inquiétude des travailleurs est identique : ils arrivent à faire baisser le taux de ce gaz explosif, mais celui-ci remonte toujours. Tepco dit que c'est de l'hydrogène résiduel, alors que les travailleurs disent qu'il vient du sous-sol. La présence d'hydrogène rend la situation toujours dangereuse.

Source : http://fukushima-diary.com/2011/10/breaking-news-hydrogen-keeps-coming-up/

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 15:19

« Manifestation inédite à Tokyo » : très bon article de Christian Kessler sur le Japon aujourd’hui face à la menace permanente de la contamination radioactive ou d’un tremblement de terre à Tokyo.

 

 

blog-kessler.jpg.

 

Christian Kessler est historien, professeur à L’Athénée Français de Tokyo, et aux universités Musashi et Aoyama Gakuin (Tokyo), auteur notamment de « Le Petit Dictionnaire du Japon » (Desclée de Brouwer, Paris 1996).

 

« En vacances pour quelques jours en France cet été, je fus étonné du silence médiatique sur le tremblement de terre du 11 mars, le tsunami et la catastrophe nucléaire sans précédent au Japon. Pourtant, les médias occidentaux n’avaient pas lésiné sur la couverture du plus grand désastre du pays depuis Hiroshima et Nagasaki en 1945. Mais d’autres événements ont rejeté dans l’oubli une catastrophe qui, au Japon où je suis rentré, continue de faire la Une des quotidiens. Avec son lot de nouvelles, guère faites pour rassurer sur le futur proche.

 

Ainsi M. Christopher Busby, responsable scientifique au Comité européen des risques sur les radiations, a déclaré qu’à cent kilomètres de la centrale de Fukushima et même jusqu’à l’agglomération de Tokyo, les niveaux de radioactivité sont bien plus élevés que ne le disent les autorités japonaises en charge du dossier Fukushima. On aurait détecté dans la capitale même, en quelques endroits précis, des niveaux de radioactivité supérieurs à ceux de la zone d’exclusion de Tchernobyl ! Tokyo Electric Power Company (Tepco) a reconnu le 15 août que 200 millions de becquerels s’échappaient chaque heure des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Entre mars et fin juillet, les rejets totalisaient 1 milliard de becquerels par heure, toujours d’après Tepco.

 

Selon un comité scientifique affilié au gouvernement japonais (mais ce dernier ne reconnaît pas ses résultats), les rejets de césium des réacteurs de la centrale de Fukushima depuis mars sont égaux en volume à 168 fois ceux d’Hiroshima en août 1945 – comparaison fréquemment utilisée ici. Après les rejets massifs en mars, les vents, les pluies, le ruissellement ont dispersé d’importantes quantités d’isotopes aussi bien à l’ouest (Niigata), qu’au centre (Nagano), ou qu’à Tokyo. Près de chez moi, à Saitama (nord de Tokyo), on mesure 919 100 becquerels, alors que l’institut de radioprotection et de sécurité nucléaire avait fixé le seuil d’évacuation à 600 000 becquerels par mètre carré ! Pour Wataru Iwata, responsable du centre de mesure CRMS à Fukushima, « détecter les dépôts radioactifs qui sont dispersés sur une surface aussi énorme, prendra des années ».

 

Bref, de jour en jour, le citoyen ordinaire apprend que la situation est loin d’être sous contrôle. Malgré, il faut le reconnaître, un gros travail de Tepco. Avec des employés du groupe français Areva, l’entreprise cherche des solutions pour refroidir les réacteurs et commencer à envisager la construction des dômes de béton qui devraient un jour devenir le tombeau de ces réacteurs, dans dix ou quinze ans, quand ils seront définitivement décontaminés.

Dès mon retour à Tokyo, je ressens l’angoisse qui règne autour de moi, dans ce petit restaurant de quartier, par exemple, où l’on m’a vu arriver avec plaisir. Ouf, le Français n’a pas déserté ! Je m’empresse de rappeler à quel point les valeureux « Cherry Blossom » (cerisier en fleur) avaient tenu tête à l’équipe de France de rugby, pays où contrairement à l’archipel, on pratique ce sport de longue date (match du 10 septembre gagné par la France 47 à 21). Tout de suite, on me parle de ces anciens de Tepco à la retraite qui s’organisent dans tout le pays et proposent de descendre dans la centrale afin d’épargner les jeunes. C’est bien l’esprit japonais, m’assurent-ils. Je ne cherche pas à les contredire. Les voilà ragaillardis pour un moment.

 

De toute évidence, la menace pèse.

(…)

 

Lire la suite de l’article.

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 17:57
Nouvelle vidéo de l’unité 3
Pour une fois, Tepco nous livre une vidéo de bonne qualité montrant le niveau supérieur du bâtiment détruit (prise le 24 août 2011).
situation-video-3.jpg
Situation de la prise de vue
 
On commence par voir le côté ouest du bâtiment et l’image se poursuit vers l’est, à peu près au centre, au niveau du réacteur. On aperçoit à droite à 2:20 une surface jaunâtre qui pourrait correspondre au couvercle de l’enceinte de confinement (à confirmer). D’ailleurs ça fume à cet endroit, ce qui prouve une nouvelle fois que la centrale est toujours en phase de pollution radioactive atmosphérique.
 
IR-reacteur3-24-sept-video.jpg
  
La deuxième partie de la vidéo montre le bord sud-ouest de la piscine de stockage de matériel, au niveau de l’écluse qui la relie avec le drywell (enceinte de confinement). Difficile de dire où est le niveau de l’eau à cause de la vue verticale, mais une chose est sûre : ça fume également à cet endroit, du côté du réacteur.
En comparant avec la photo infrarouge (voir plus bas), on peut s’apercevoir que le problème de fuite était le même le 26 mars, il y a 6 mois.
 

 
 
 
 
 

Vidéo de l’unité 2

 

Ce document n’en est pas un à vrai dire. Très pénible à regarder, la caméra n’a manifestement pas la possibilité de se diriger vers le sol. On voit toutefois beaucoup de vapeur s’échapper, ce qui confirme la pollution radioactive atmosphérique du réacteur n°2.

 

 
 
 
 
 
Thermographie
 
Des photos aériennes infrarouges de la centrale de Fukushima Daiichi sont disponibles sur le site du ministère de la défense du Japon. On peut les télécharger à partir de ce lien :
 
IR-reacteur3-23-mars.jpg
Exemple de photo : le réacteur n° 3 le 23 mars 2011.
 
Le site Gyldengrisgaard publie ces photos de manière comparative, présentant les réacteurs par colonne et par date. De ce fait, on peut suivre l’évolution des évènements thermiques du 20 mars au 26 avril 2011.
 
infrarouge.jpg
 
L’analyse de ces photos est intéressante, par exemple en superposant la photo du réacteur n°3 avec le plan de Tepco. Cela permet de visualiser où se trouvent exactement les émissions de chaleur.
 
infographie-reacteur-3-copie-1.jpg
Superposition du plan et de la photo infrarouge du n°3 (23 mars 2011)
 
 
 
 
Montage photo
 
660 photos de Fukushima en 3 minutes 42 : accrochez-vous !
(cliquer sur l'image)
 
 
video-660.jpg
 
 
 
 
Photos Tepco
 
L’entreprise fournit toujours régulièrement des photos plus ou moins intéressantes. Et bien sûr, comme il n’y a pas grand-chose à dire sur les réacteurs 5 et 6, ils en donnent une quarantaine de photos ! Pas le courage de les copier ici ; si cela vous intéresse, vous pouvez les télécharger directement sur leur site :
 
Bien sûr, Tepco communique toujours autant sur le montage de la tente du n°1, par exemple cette photo :
 
tente-n1.jpg
 
Mais le montage prend du retard, apparemment à cause d’une grève des grutiers
 
 
 
 
Reportage
 
Fukushima : les révoltés du nucléaire
De David Zavaglia, Pierre Grillot, Roger Walch et Valérie Mérie – Scientifilms – ARTE GEIE – France 2011

arte-24-sept.jpg
 
"Alors que la France prononce vingt cinq ans plus tard un non lieu général sur Tchernobyl – et les supposés mensonges sur le nuage radioactif - les Japonais décident de prendre leur destin en main. Malgré une discrétion et un fatalisme farouches, ils n'acceptent plus les mensonges d'Etat."
 
Décidemment seul Arte semble s’intéresser à Fukushima ! Ce reportage très intéressant a été diffusé le 24 septembre.
Rediffusion dimanche 25 septembre à 12H00 et samedi 1 octobre à 06H00.
 
 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:08

manif-19-septembre.jpgSuite à l’appel lancé par des groupes anti-nucléaires japonais, une manifestation massive a eu lieu à Tokyo le 19 septembre : environ 60 000 personnes ont répondu à cet appel, un chiffre qui a largement dépassé les attentes des organisateurs.

 

Le fer de lance de ce mouvement anti-nucléaire est le comité : 10 Million People’s Action to say Goodbye to Nuclear Power Plants.  Parmi les membres fondateurs de ce comité, on compte l’écrivain et lauréat du Prix Nobel, Kenzaburo Oe, et des intellectuels et artistes, comme le musicien Ryuichi Sakamoto.

Son but est de présenter une pétition de 10 millions de signatures au Premier Ministre japonais à l’occasion du premier anniversaire du triple désastre du 11 mars. Jusque là, on compte déjà un million de signatures récoltées.

 

Pour en savoir plus sur cette organisation, veuillez visiter leur site 

(japonais/anglais)

 

Le  site Senri no michi propose la traduction française de cette pétition. Merci de leur apporter tout votre soutien !

 

petition.jpg 

 

 

Pour télécharger la pétition,

veuillez cliquer sur un lien ci-dessous

 

 

 

 

French petition

 

English petition

 

Japanese petition

 

Italian petition

 

 

Quelques notes concernant la pétition

 

Au Japon, une pétition signée à la main a beaucoup plus de valeur qu’une signature électronique par internet. Veuillez donc imprimer la pétition et nous l’envoyer par courrier.

Voici quelques instructions :

 

1.  La pétition comprend deux pages, qui doivent être présentées ensemble. Merci d’agrafer ces deux pages.

 

2.  La pétition est adressée au Premier Ministre japonais en fonction. Elle reste néanmoins valable même en cas de changement de la personne qui occupe cette fonction.  Quand notre organisation présentera les pétitions, on fera en sorte que toutes les obligations légales garantissant la validité de la pétition soient remplies.

 

3.  Merci d’envoyer la pétition par courrier (le fax ne peut pas être accepté) à l’adresse suivante ;

Citizens’ Committee for the 10 Million People’s Petition to say Goodbye to Nuclear Power Plants

c/o Gensuikin, 1F 3-2-11 Kanda Surugadai, Chiyoda-ku, Tokyo 101-0062, JAPAN

 

4.  La date limite de cette pétition est le 28/02/12. Néanmoins nous avons fixé deux dates intermédiaires : le 10 septembre 2011, et le 20 décembre 2011

 

5.  Quelques précisions supplémentaires :

Veuillez écrire votre nom et votre adresse dans votre propre langue.

Des pétitions signées par des citoyens non-japonais qui ne résident pas au Japon sont valables, sous condition que celles-ci soient adressées au Premier Ministre japonais.  Une pétition signée par des citoyens non-japonais résidant ailleurs qu’au Japon et adressée au Diet National (Parlement) ou au Chambre Supérieure ne sera pas valable.

Il n’y a pas de limite d’âge. Des pétitions signées par des mineurs sont valables.

En principe, une signature doit être signée par la personne elle-même. Pour les mineurs ou les personnes qui ne sont pas aptes à signer elles-mêmes, une signature par procuration est acceptée.

 

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:45

satelliteLa nature se déchaine encore au Japon. Un typhon passe actuellement sur la centrale de Fukushima.  Les webcams Tepco et TBS ne fonctionnent plus que par intermittence.

 

Des nouvelles du typhon, par Mochizuki Cheshire Iori (blog Fukushima Diary).

 

 

 

 

 

 Que disait-il à 19h ? (midi pour la France)

 

(traduction)

 

Breaking News: Typhoon’s hitting Fukushima

http://fukushima-diary.com/2011/09/breaking-news-typhoons-hitting-fukushima/#.Tnm67VbtGr0.facebook

 

« 18:58 21/09/2011, le typhon est presque juste au-dessus de ce PC, à Yokohama.

Le 15
ème
typhon, avec une pression de 960hPa, a touché Hamamatsu depuis 14 heures et se dirige vers le nord-est, directement à Fukushima. (50km /h)

Autant que je sache, la plupart des transports métropolitains sont arrêtés.
Il ya eu quatre fois des black-out entre 16 heures et 18 heures.
Maintenant plus de 100 000 maisons sont touchées.

Niveau de rayonnement a augmenté autour de Tokyo et de Fukushima.
• Dans Kawasaki, 0,05 µSv / h → 0,10 µSv / h
• A Futabamachi, Fukushima, c'est 21 µSv / h aujourd'hui.

Le vent souffle du sud au nord, et il est très salé.
On suppose que le typhon répand de l'eau de mer.
Le rayonnement est supposé provenir de la mer.

21:00 d'aujourd'hui [14 h pour la France], on s’attend à ce que le 15e typhon soit juste en train de frapper les installations de Fukushima.
Mais la couverture du réacteur 1 n'est pas encore terminée.
Certaines personnes supposent que la centrale de Fukushima puisse être inondée aujourd'hui.
  
Seul Dieu le sait combien d'heures il nous reste.

Une chose dont je suis sûr, c’est que j’aurais dû évacuer avant. »

grue tombée

Image de la webcam, une grue semble être tombée sur le réacteur n°3.

Edit : en fait non, elle est juste repliée (voir : http://www.youtube.com/watch?v=AKkYkyXKJSE&feature=youtu.be).

 

sans-titre

Pic de radioactivité constaté au passage du typhon

 

403415446

Déplacement du typhon

 

geiger 21 09 fuku

Mesure sur Fukushima

 

 

 

Autres photos de ce typhon

(source Fukushima Diary)

 

1

 

2

 

3

 

4

 

5

 

6.

 

 

Autres infos récentes de Charmaine Harris

(Marcoule Nuclear Fuel Plant Explosion)

« Information about the earthquake and tsunami in Japan (地震と津波日本に関する情報)
About 530,000 homes are without electricity.
316, 000 in Shizuoka, 146, 000 in Kanagawa, 29, 000 in Chiba and 15, 000 in Tokyo. »

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 23:24

Les émissions parlant de Fukushima en France sont suffisamment rares pour qu’on les signale.

 

France Culture diffusait le 19 septembre l’émission « Du grain à moudre » intitulée :

Peut-on désinventer le nucléaire ?

 

isnard-et-laponche.JPG Olivier Isnard

 et Bernard Laponche

 

 

Présentation :

« De la même manière qu’il y eut un ‘avant’ et un ‘après’ Tchernobyl, il y aura un ‘avant’ et un ‘après’ Fukushima. Six mois après le séisme et le tsunami qui ont mis en péril la centrale japonaise et traumatisé la population, la question de la pérennité du nucléaire civil reste plus que jamais d’actualité. Depuis cet accident, la Suisse a décidé de sortir du nucléaire en 2034, l’Allemagne dès 2022. L’Italie, de ne pas y revenir, comme cela avait été un temps envisagé.

Hier, le conglomérat industriel allemand Siemens a annoncé à son tour qu’il renonçait à cette technologie, pour se consacrer pleinement aux énergies renouvelables. Le nucléaire : trop dangereux aux yeux de nos plus proches voisins.

 Cette série de décisions, d’en finir une bonne fois pour toutes, contraste fortement avec l’attitude de la France. C’est qu’il n’est pas facile de remettre en cause une politique énergétique fondée depuis les débuts de la Vème République sur la primauté de l’atome.

L’électricité que nous consommons aujourd’hui est fournie, pour les trois quarts par l’énergie nucléaire. Avec ses 19 centrales et ses 58 réacteurs en activité, la France est le pays le plus nucléarisé au monde. Et pas forcément le plus sûr.

Selon une enquête récente de l’Autorité de sureté nucléaire, aucune de nos centrales ne prendrait correctement en compte le risque sismique. Eric Besson, le ministre de l’énergie, avait donc beau jeu aujourd’hui de plaider, devant l’AIEA à Vienne, en faveur d’une généralisation des tests de résistance à tous les réacteurs du monde.

La France ne semble donc pas prête à sortir du nucléaire. Mais, et c’est un changement notable, ceux qui la dirigent ou la dirigeront demain, sont désormais disposés à en débattre, comme l’a prouvé la première confrontation télévisée entre les candidats à la primaire socialiste. L’idée d’une sortie du nucléaire n’est plus taboue Mais s’agit-il vraiment d’une bonne idée ?

 

Peut-on désinventer le nucléaire ?

Pour y répondre, Hervé Gardette recevait :

 

- Olivier Isnard, chercheur à l'Institut radiologique de sûreté nucléaire (IRSN), adjoint au chef du service des situations d'urgence et d'organisation de crise

 

- Jacques Foos, professeur honoraire au Conservatoire national des Arts et Métiers et auteur du livre Peut-on sortir du nucléaire ? Après Fukushima, les scénarios énergétiques de 2050 à paraître aux éditions Hermann le 24 octobre 2011

 

- Bernard Laponche, physicien nucléaire, politologue et auteur du livre En finir avec le nucléaire à paraître aux éditions du Seuil le 6 octobre 2011 »

 

 

Pour écouter cette émission :

http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4311981#reecoute-4311981

(39 minutes)

 

Durant cette émission, encore des propos très ambigus d’Olivier Isnard (IRSN) :

 

« Ce qu’on ressent de la société japonaise, c’est une défiance de plus en plus forte vis-à-vis de… vis-à-vis du… du pouvoir… du pouvoir politique et de.. et des mesures qu’ils sont en train de prendre. Euh… On est dans une période, par rapport à cette crise, où finalement, on n’attend plus de son pays de nous protéger de manière arbitraire, mais d’instaurer une discussion, une ouverture à la société civile, où un débat s’instaurerait entre cette société et l’état et le pouvoir politique pour trouver ensemble euh... ben… une certaine acceptation de la vie dans un territoire contaminé. Ce qui n’est à l’heure actuelle pas le cas, et donc la défiance vis-à-vis des mesures prises par l’état et bien évidemment le problème posé par le nucléaire au Japon se fait de plus en plus important. »

 

Mais face au discours pronucléaire invraisemblable de Jacques Foos, le représentant de l’IRSN a insisté sur les réels dangers du césium. De plus, il a bien expliqué la différence fondamentale existant entre une irradiation naturelle provenant du sol et une contamination interne via la chaîne alimentaire comme c’est le cas au Japon actuellement. Merci à lui d’avoir recentré les informations de base.

 

Merci aussi et enfin à Bernard Laponche d’avoir rétabli la vérité sur les dangers de la radioactivité et la nécessité de sortir du nucléaire !

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 19:45
plan barrage2Un des grands axes de la feuille de route de Tokyo Electric Power Company pour contenir l’accident nucléaire est la prévention de la contamination de l'eau de mer. Pour cela, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi prévoit de construire un mur en acier pour empêcher l'eau radioactive de s'écouler dans l’océan.
 
Actuellement, selon la firme nipponne, plus de 110 000 tonnes d'eau hautement radioactive sont actuellement stockées dans les caves des bâtiments de la centrale. L’entreprise compte utiliser entre 600 et 700 palplanches en acier pour créer un mur de 800 mètres longeant la côte. Chaque élément, de 22 mètres de long et un mètre de large, sera enfoncé profondément dans le sol sous le niveau du fond de la mer pour arrêter l'écoulement des eaux souterraines.

Cet ouvrage, prévu pour une durée de 30 ans, sera complété par un système de captage des eaux contaminées, à l’intérieur d’une importante chape de béton qui sera coulée dans l’espace entre la digue existante et la barrière en acier. Tepco estime qu’il faudra se préparer à une hausse des niveaux d'eau souterraine autour de l'usine quand le mur aura été construit. Une surveillance étroite des niveaux, le pompage des eaux souterraines et leur décontamination seront ainsi nécessaires afin d’éviter tout débordement vers l’océan.
 
Tepco reconnaît donc implicitement que l’eau contaminée des sous-sols est actuellement en train de s’écouler dans la mer, ce qui est en concordance avec les conclusions de l’analyse géologique du terrain : les couches aquifères en correspondance avec le plateau d’Abukuma ont un pendage dirigé vers la mer. Même si la vitesse de déplacement des eaux souterraines est lente ‒ de l’ordre de quelques mètres par semaine ‒ il faut être conscient que de l’eau radioactive va continuer à se déverser régulièrement dans la mer durant au moins deux ans, date à laquelle la construction du barrage est sensée être terminée.
 
plan barrage3
Plan de situation du barrage
 
Selon un schéma représentant la future construction en plan et en coupe, ce barrage sera établi dans le bassin de décharge des eaux de refroidissement de la centrale et au-delà, au nord et au sud, jusqu’aux quais longeant la centrale.
 
D’après la coupe fournie par Tepco, le barrage traversera 3 couches géologiques et le début d’une quatrième. Celles-ci font partie de la couche géologique de Tomioka, datant du Miocène Supérieur. Nous avons donc ici la confirmation que des couches aquifères se situent juste sous la centrale.
 
plan barrage4
Coupe du barrage
 
Toutefois, même si l’effort de l’entreprise semble louable, il restera un coup d’épée dans l’eau, et ce pour plusieurs raisons :
 
- La première est que l’ensemble des couches sédimentaires sur lesquelles a été construite la centrale a une profondeur d’au moins 1000 mètres. Les tremblements de terre réguliers de la région font qu’il est illusoire de compter sur l’imperméabilité de ces roches. En effet, même si un grès fortement argileux a une porosité médiocre, sa friabilité le rend perméable. On peut se demander pourquoi Tepco a choisi une profondeur de 22 mètres. Peut-être tout simplement à cause d’une limite technique. C’est peut-être un indice aussi sur la localisation éventuelle des coriums ? En tout état de cause, la profondeur de ce barrage ne garantira en rien le confinement de l’eau contaminée car son passage dans les couches inférieures, même ralenti, sera toujours possible par les fissures intrinsèques à ce genre de terrain.
 
- La deuxième est que ce barrage va être construit sur une faille. Tepco évite de communiquer sur le sujet mais il est clair que le terrain ne se prête à aucune construction, que ce soit un réacteur ou un barrage. Cette faille est clairement visible sur un document de la NSC (autorité de sûreté nucléaire du Japon), et il est vraisemblable que durant le tremblement de terre du 11 mars, celle-ci soit redevenue active, vus les dégâts causés aux dalles en béton en bordure de mer. Etant donné l’existence de cette faille à 200 mètres sous le niveau du sol, il est probable que la future construction ne sera pas épargnée par les mouvements de terrain causés par celle-ci. D’où de légitimes doutes sur la pérennité de l’étanchéité de la structure
 
faille de fukushima
Faille de Fukushima
 
- La troisième est que le barrage n’est pas fermé. Si l’eau ne peut pas passer directement vers la mer, elle va simplement contourner la barrière, en passant au nord ou au sud.
 
Ce barrage est donc seulement un nouvel élément dans la communication de Tepco : l’entreprise fait tout pour paraître maîtriser la situation. Elle décontamine l’eau de refroidissement des réacteurs et des piscines, elle crée de nouvelles enceintes autours des réacteurs détruits pour éviter la propagation de la radioactivité aérienne, et enfin elle construit un barrage pour épargner la mer.
 
Mais malheureusement l’avenir dira que tout ceci est vain : le plus gros de la contamination aérienne a été répandu sur le Japon en mars. Trop tard pour revenir en arrière. Les coriums sont sans doute quelque part dans le sous-sol. Trop tard pour les retenir. La nappe phréatique est contaminée. Trop tard pour la préserver. Le barrage souterrain est ouvert et ne sera jamais assez profond. Trop tard, l’océan pacifique va connaître une source de pollution radioactive continue qui va contaminer l’ensemble des mers de la planète durant des dizaines d'années...
 
 
 
 
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Sources
 
Vidéo de NHK World présentant le barrage

 
 
Communiqué de NHK World
 
Communiqué du Mainichi Daily News
 
 
 
------------------------------------
 
En savoir plus
 
La commission gouvernementale Japonaise sur l'énergie atomique évoque pour la première fois une éventualité de contamination des eaux souterraines à Fukushima Daiichi (Gen4)
 
 
Dispersion de la radioactivité dans les océans
 
Mise à jour février 2012 : des précisions de Tepco :

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