12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 01:44

Il y a 7 mois exactement, le 12 mai 2012, Arnie Gundersen s’exprimait sur l’unité 4 de Fukushima Daiichi, lors d’une conférence dans la region du Kansai : « I believe that the structural damage to Unit 4 is so great that if there is a 7.5 earthquake, it will not withstand it ». C’est-à-dire : « Je pense que les dommages à la structure de l’unité 4 sont si importants que, si un séisme de magnitude 7,5 se produit, le bâtiment réacteur n’y résistera pas ».

 

Le double-séisme du 7 décembre 2012 avait une magnitude de 7,4… Si Arnie Gundersen ne se trompe pas, autant dire qu’on a eu chaud !

 

A un dixième près, les bâtiments ont-ils souffert ? On ne connaît pas encore les données sismiques précises sur le site même de l’ex-centrale, mais on peut déjà constater les évènements qui se sont produits les jours suivants. Ont-ils un rapport avec le séisme ?

 

Unité 1

La concentration d’hydrogène a augmenté sensiblement après le tremblement de terre du 7 décembre dans la cuve du réacteur 1 : en deux jours, elle est passée d’un taux inférieur à 0,04% à 0,28%. Pas de quoi être inquiétant, mais à suivre. Une augmentation du taux d’hydrogène est signe que du corium a bougé, provoquant une radiolyse de l’eau. Le taux d’hydrogène est suivi à la loupe car ce gaz est fortement explosif en mélange avec l’oxygène. (source)

 

Unité 2

Tepco a réalisé une inspection le 11 décembre dans la partie basse du réacteur, au niveau d’un tuyau (« vent pipe ») reliant la base de l’enceinte de confinement à la piscine torique (chambre de suppression). Cette inspection n’avait pas été annoncée à l’avance, on ne sait donc pas ce que Tepco cherchait à cet endroit. Elle a permis au moins de constater qu’il n’y avait pas de fuite à cet emplacement. (source)

 

On suppose tout de même qu’ils avaient remarqué quelque chose, tout comme Geoffroy, veilleur des tréfonds de l’ex-centrale : « Le thermocouple "TE-2-3-69N1" a été déclaré HS depuis des mois, mais Tepco continue quand même de publier les valeurs. Depuis le 3/12, les données publiées ne sont plus "incohérentes", les valeurs montent assez vite :
- 258°C 03/12/2012 17:00thermocoupleunit2.jpg
- 262°C 04/12/2012 17:00
- 265°C 05/12/2012 17:00
- 279°C 06/12/2012 17:00
- 273°C 07/12/2012 17:00
- 350°C 08/12/2012 17:00
- 357°C 09/12/2012 17:00
- 366°C 10/12/2012 17:00
- 395°C 11/12/2012 11:00
(Pour rappel, le thermocouple "TE-2-3-69N1" se situe sous la cuve) ».

Il semble ainsi que cette sonde a également réagi au séisme, et que Tepco y accorde quelque importance.

 

Mise à jour du 12/12/12 : Tepco recherche en fait une fuite d'eau extrêmement radioactive. Pour l'instant, il reste incapable de retrouver son origine (source).

 

Unité 3

Après le constat et la réparation, le 10 décembre, d’une fuite à la station R03 de désalinisation de l’eau de refroidissement, le 11 décembre, Tepco a aussi constaté une fuite d’eau radioactive dans le bâtiment turbine de l’unité 3. La fuite aurait eu lieu durant les jours précédents et aurait relâché 15 m3d’eau filtrée. Cette eau a été analysée pour le césium : Cs-134: 4.2E 7 Bq/m3 et Cs-137: 7,4 E 7 Bq/m3. Tepco n’a pas donné la cause de cette fuite. L’opérateur présume qu’elle provient d’un tuyau qui a servi à un test de pression pour un autre réacteur. (source)

 

reactor-3-2.png

Localisation de la fuite dans le bâtiment turbine de l’unité 3

 

Unité 4

Selon une information diffusée par Mitsuhei  Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse, le système de refroidissement de l’unité 4 est encore tombé en panne du 8 au 11 décembre. Un travailleur appelé en urgence pour remplacer la pompe aurait constaté en passant que le béton qui a été coulé pour renforcer la piscine s’était fortement détérioré. Cette information n’a ni été rapportée par les grands médias du Japon, ni communiquée au gouvernement local de Fukushima. (source)

Le système de refroidissement de l’unité 4 était déjà tombé en panne en juillet2012. Quand on voit le temps qu’il faut "en temps normal" pour remplacer une pompe, on s’interroge sur le temps qu’il faudrait en cas de problèmes extérieurs cumulés comme un tsunami et une coupure de courant.

 

A la lumière de ces évènements qui ont suivi le séisme du 7 décembre, on comprend qu’à chaque secousse, l’ex-centrale se dégrade un peu plus. Nous, veilleurs de Fukushima, nous ne sommes pas sismologues, mais nous avons appris à partir du séisme du 11 mars 2011 que chaque tremblement de terre doit être étudié dans le détail. Il faut analyser :

 

1- La structure du sol sur lequel les bâtiments sont construits.

2- Le type de bâtiment, sa fréquence de résonnance et sa conception anti-sismique.

3- La distribution des « accélérations au sol » et notamment leur répartition verticale et horizontale.

4- La direction des accélérations horizontales, qui peuvent jouer dans la direction du meilleur contreventement du bâti ou dans la direction la plus sensible.

5- La puissance de ces accélérations au sol (mesure en Gal).

6- La durée du séisme, « son profil » dans le temps et celui des éventuelles répliques.

 

C'est pourquoi nous serions heureux que des sismologues français s’expriment sur le sujet de l’unité 4 de Fukushima Daiichi.

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 01:50

Luc_Oursel.jpgDans une dépêche de l’AFP, on apprend que « Luc Oursel, président du directoire du groupe français Areva, estime que le Japon aura du mal à se passer d'énergie nucléaire et à recourir rapidement aux renouvelables, malgré l'accident traumatisant de Fukushima ».

Le patron de l’entreprise connue pour favoriser la dissémination du plutonium sur toute la surface de la planète ne semble pas au courant de l’actualité… Une occasion de faire le point.

 


L. O. : « Je pense que l'énergie nucléaire continuera à garder une place dans la production énergétique japonaise pour un temps important. »

 

Pourtant il faudra bien que M. Oursel comprenne un jour que les Japonais ne veulent plus de l’énergie nucléaire. Beaucoup d’entre eux manifestent dans de nombreuses villes depuis 6 mois avec la même volonté inébranlable. De plus, pas plus tard que hier matin, le séisme de magnitude 7,3 a rappelé à tout le Japon que cette terre n’était pas du tout adaptée à cette énergie.

 

 

L. O. : « Il est en effet difficile d'imaginer un approvisionnement énergétique compétitif en s'en passant totalement. »

 

Effectivement, il est difficile pour l’avenir d’Areva d’imaginer qu’il ne pourra plus être possible de vendre du MOX au Japon. Pourtant, avec la rallonge de 2 milliards nécessaire pour construire le réacteur EPR de Flamanville, il est désormais démontré que cette énergie n’est plus compétitive. La construction de cette centrale, dont le coût était programmé à l’origine à 3,3 milliards d’euros, est finalement passée à 8,5 milliards d'euros, soit une multiplication de la facture par 2,5. Les énergies renouvelables concurrencent désormais le nucléaire : l’électricité nucléaire coûtera autour de 70 à 100 euros / mégawattheure alors que l'éolien terrestre se situe actuellement entre 80 et 85 euros.

Pour bien faire, il faudrait aussi compter le coût du prochain accident, probable, qui pourrait ruiner la France : selon une étude récente de l’IRSN, ce coût pourrait approcher 430 milliards d'euros !

 

 

L. O. : « Le maintien des projets de retraitement et de construction de réacteurs montre que l'énergie nucléaire continuera à jouer un rôle dans la production électrique. »

 

Cela montre surtout que cette énergie, comme en France, est imposée à la population…

 

 

L. O. : « L'impact de l'accident de Fukushima sur nos affaires est finalement limité. »

 

Ca c’est le discours de façade, mais dans la réalité, Areva ne fait pas de si bonnes affaires que ça dans le nucléaire. Récemment, l’opérateur CEZ, qui prévoit de construire 2 nouveaux réacteurs dans la centrale de Temelin en République tchèque, a rejeté l’offre d’Areva pour ce projet d'une valeur d'environ 8 milliards d'euros. Par ailleurs, si Areva affiche un bon carnet de commande fin 2012, c’est aussi grâce aux énergies renouvelables : « La croissance soutenue du chiffre d'affaires sur la période est tirée par les activités récurrentes dans l'énergie nucléaire d'une part, et le développement de nos activités dans les énergies renouvelables d'autre part. » (source)

 

Luc Oursel prend soin de ne pas parler du déclin actuel du nucléaire : arrêt programmé de la centrale nucléaire de Kewaunee aux Etats-Unis en 2013, choix de ne pas avoir de centrale nucléaire en Lituanie, arrêt de la centrale de Santa Maria de Garoña en Espagne, fermeture de la centrale de Gentilly 2, l’unique centrale nucléaire du Québec, abandon des projets nucléaires au Mexique, renoncement du stockage de déchets nucléaires en Mongolie, abandon du nucléaire par le groupe Siemens, etc. (source)

 

 

L. O. : « Areva joue même un rôle majeur dans la mise à niveau de sûreté de la flotte mondiale de réacteurs. »

 

Malheureusement, Areva augmente son chiffre d’affaire grâce aux accidents. L’accident génère un retour d’expérience, qui lui-même génère des travaux qui boostent les activités de l’entreprise…



L. O. : « Areva propose aussi des solutions d'énergie renouvelable, mais le Japon est un pays dont les caractéristiques naturelles ne favorisent pas leur développement, compte tenu de l'absence de surfaces étendues pour le déploiement de parcs photovoltaïques ou de plates-formes éoliennes de très grandes puissance. »

 

M. Oursel ne semble pas très bien informé. La géothermie, la biomasse, l’éolien, le solaire… pas pour le Japon ? Si !


L. O. : « Si l'on veut massivement avoir recours à des énergies dont la compétitivité n'est pas encore suffisante, on s'expose à des surcoûts colossaux, comme c'est le cas en Allemagne. »

 

Le surcoût colossal, c’est surtout une catastrophe comme Fukushima ! Actuellement, Tepco est contraint d’indemniser 1,5 millions de personnes. Le coût est estimé par l’opérateur à 100 milliards d’euros. Mais en fait, cela coûtera beaucoup plus cher. Pour comparaison, la catastrophe de Tchernobyl a déjà coûté 200 milliards de dollars, et il faudra compter le coût de la construction du nouveau sarcophage (1,5 milliards d’euros). Combien coûtera le démantèlement de Fukushima sur 40 ans (au moins !) et l’impact sanitaire sur la population ?


L. O. : « En septembre 2011, six mois après l'accident, la centrale était encore en situation de crise. Aujourd'hui, c'est un site industriel organisé, avec des contrôles rigoureux de la radioactivité des personnels, des systèmes de refroidissement robustes, des bâtiments renforcés, même si la radioactivité y reste forte par endroits. »

 

On a envie d’y croire mais, désolé, on n’y croit plus. Tepco a tellement caché d’informations depuis le début de la catastrophe que ces belles paroles font sourire. Tomohiko Suzuki en a été témoin. Nous en avons tous été témoins depuis 20 mois.


L. O. : « Il y a en outre une plus grande ouverture, extrêmement bénéfique, envers des coopérations internationales. Il est important pour l'ensemble du secteur de savoir ce qu'il se passe à Fukushima. Pour les Japonais, cela peut être un élément de crédibilité et de rétablissement de la confiance sérieusement altérée. »

 

Pour être crédible, Tepco devrait commencer par lever le blackout qui pèse sur la nature des explosions des bâtiments réacteurs 3 et 4. Au fait, pourquoi la vidéo de l’explosion incroyable du réacteur 4 est toujours censurée, presque 2 ans après la catastrophe ?


L. O. : « Areva propose plusieurs technologies, pour établir des cartes détaillées de la radioactivité, pour le tri et le traitement des sols contaminés. »

 

Effectivement, Areva développe des technologies permettant d’établir rapidement la cartographie détaillée de zones contaminées. Areva prévoit tout : la fabrication du poison, sa dissémination, et maintenant sa cartographie. N’est-ce pas fabuleux ? L’empoisonneur mondial qui se fait de l’argent en cartographiant son poison répandu.   



L. O. : « Si les populations reviennent habiter la région dans des conditions de sûreté acceptables, ce sera un événement très important qui différenciera nettement l'accident de Fukushima de celui de Tchernobyl, prouvant que son impact aura été maîtrisé dans la durée. »

Mais qui fixe les « conditions de sûreté acceptables » ? Ce sont les pollueurs. Le programme
Ethos est sensé faire accepter aux populations la vie en territoire contaminé. Mais ça, M. Oursel, c’est criminel. Le résultat de ce programme, c’est une augmentation continue de pathologies graves.



___________

Photo d'entête : Luc Oursel (wikipédia)

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 10:42

Alerte au tsunami

 

Selon la NHK, un fort tremblement de terre a frappé le nord du Japon. Une alerte au tsunami a été émise pour les zones côtières de la préfecture de Miyagi. Le séisme s'est produit à 17h18 ce vendredi, heure du Japon, au large de la côte nord-est du Japon. L'Agence météorologique a prévenu qu’un tsunami d'un mètre de haut pourrait frapper les zones côtières de la préfecture de Miyagi à 17h40. Elle a averti que le tsunami pourrait surgir et venir à terre plus d'une fois.

 

source : http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/

 

 

______________________________

 

Mise à jour 10h55 (heure française) :

 

 

 

(NHK)
Selon le bureau météorologique du Japon, un Tsunami de 1 m est arrivé à Ishimomaki dans la préfecture de Miyagi à 18:02 (JST).
Le tsunami se fait en plusieurs vagues, dépêchez-vous de vous enfuir. Les prochaines peuvent être plus hautes.
< Fin>

 

 

 

source : http://fukushima-diary.com/2012/12/tsunami-arrived-at-miyagi-at-1802-jst-1m-more-to-come-it-may-be-higher/

 

 

 

______________________________

.

Mise à jour 12h10 (heure française)

 

 

 

(NHK)

 

Les alertes au tsunami pour les zones côtières du Pacifique de Iwate, Fukushima, Aomori et Ibaraki préfectures ont été levées.

 

 

 

 

 

seisme-7-dec-2012.jpg

 

Premières images

video.jpg.

 

 

Pourquoi un séisme violent au Japon est-il dangereux pour le reste du monde ?

 

 

 

Si vous n’avez pas encore pris le temps de voir ce que vous risquez ‒ quel que soit l’endroit où vous habitez dans l’hémisphère nord ‒ quand un fort séisme se produit au Japon, lisez cet article qui explique bien la situation de danger permanent face à un effondrement possible de la piscine du réacteur 4 de Fukushima Daiichi.

 

 

 

Puis signez cette pétition qui demande une accélération de la prise en charge de ce danger mondial qu’elle représente ! Tepco promet la fin du déchargement de la piscine à la fin de l’année 2014 ! C’est largement insuffisant ! Les spécialistes du monde entier doivent y travailler de toute urgence !

 

 

 

Pour ceux qui pensent encore que ce danger de la piscine 4 est un fake ou de la désinformation, prenez plutôt connaissance de cette note de l’IRSN :

 

 

 

"Un dénoyage complet de la piscine [n°4] conduirait, à terme, à une fusion complète du combustible, susceptible de former un magma difficilement refroidissable et éventuellement au percement des parois de la piscine." (IRSN, 15 mars 2011)

 

 

 

Et là, ça ne serait pas un corium enfoui dans les entrailles de l’enceinte de confinement, mais un corium à l’air libre !

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:06
tabTEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l'unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l'année dernière, le 14 novembre 2011.
.
 
Inspection filmée de l’unité 3 par le robot Packbot le 27 novembre 2012
 
Suite à une constatation de l’augmentation des niveaux de rayonnement dans ce secteur nord-est, Tepco voulait évaluer l’état de conduites de gaz et l’état de la surface du sol. Alors qu’aucune fuite ou dommage n’ont été détectés pour les tuyauteries, l’opérateur a finalement trouvé que la source de cette augmentation de radioactivité se situait au niveau de la porte de l’enceinte de confinement et de ses rails. Cette opération, qui a duré une heure et demie, a mobilisé 9 ouvriers : 3 sur le site, qui ont reçu une dose maximale de 0,52 mSv, et 6 à distance dans une salle confinée.
 
La veille de la prise des mesures, l’enregistrement de la webcam de l’ex-centrale a montré une activité inhabituelle : depuis un échafaudage, des ouvriers semblent avoir pulvérisé un produit dans la direction de la façade sud de l’unité 3, mais on ne sait pas si c’est en rapport avec l’augmentation de la radioactivité.
 

 
 
Voici le rapport de Tepco en japonais sur l’inspection du 27 novembre :
 
tepco1.jpg
 
tepco2.jpg
 
tepco3.jpg
 
tepco4.jpg
 
 
Cette information, qui ne sera sans doute pas répercutée dans les grands médias, confirme la perte de confinement de l’enceinte du réacteur n°3 mais aussi la dangerosité extrême de cette ruine. Les valeurs relevées repoussent d’autant plus la possibilité d’un quelconque démantèlement. En effet, la plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose létale en l’espace de 3 heures.
 
 
____________________
 
sources :
 
 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 21:18

 

PAYSANS-JAPONAISArte Reportage va diffuser le 1er décembre 2012 à 18h35 un documentaire inédit de 26 minutes réalisé par Marie-Monique Robin sur le drame des paysans après Fukushima : « Terre souillée ». Le reportage a été tourné en juin dernier au Japon, avec Roland Théron (image), Marc Duployer (son) et Françoise Boulegue (montage).

 

 

« Partir ou rester ? Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, cette question hante les paysans qui ne savent plus comment assumer leur mission séculaire : celle de nourrir leurs concitoyens. « Terre souillée » s’attache à l’histoire de trois familles paysannes de Nihonmatsu, une ville de 60 000 habitants située à trente kilomètres de la zone interdite. Tous pratiquent l’agriculture biologique depuis plus de trente ans. Seiju Sugeno et sa fille Mizuho ont décidé de rester. Collaborant étroitement avec un scientifique de l’Université de Nigata, ils multiplient les expériences pour décontaminer leurs crbst Fukusols. À 70 ans, Kisaburo Tanno et sa femme Midori ont décidé, eux, de partir pour recommencer de zéro dans la préfecture de Nagano. La mort dans l’âme, car ils ont dû abandonner la ferme que la famille Tanno exploitait depuis treize générations. Quant à Shisasei Tarukawa, il a décidé de partir pour … toujours. Deux semaines après l’accident nucléaire, les autorités ont ordonné la destruction de sa récolte d’épinards, et il s’est suicidé. Aujourd’hui, sa veuve et son fils continuent de cultiver, car ils n’ont pas le choix…

 

Entre silences et rires nerveux, le reportage dessine le désespoir des paysans de Fukushima, dont la terre sacrée a été définitivement « souillée ». »

 

Marie-Monique Robin

 

(source)

 

 

_____________________________

 

Photo d’entête : paysans de Fukushima brandissant leurs choux radioactifs à Tokyo (avril 2011 - Koji Sasahara/AP/SIPA) 

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 00:35

 

kibo-solidarite-aide-fukushimaDepuis 2011, l’association Kibô-Promesse se démène de manière originale pour récolter des fonds afin d’aider deux actions citoyennes basées à Fukushima. Comme l’an passé, elle fait appel aux créateurs, aux acheteurs ou aux donateurs.

 

 

 

 

 

Appel aux créateurs

 

Vous aimez le Japon et vous aimeriez aider ses habitants à vivre sainement après l'accident de Fukushima ? Vous êtes peintre, photographe, sculpteur, vous savez coudre ou tricoter et vous avez envie de partager votre talent ? Joignez-vous aux créateurs de Kibô-Promesse, en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

aider-le-japon-illya

 

 

 

Appel aux acheteurs

 

Une boutique en ligne est ouverte pour exposer les œuvres mise en vente. La boutique Kibô-Promesse permet aux acheteurs de réaliser un achat solidaire, dont la totalité des sommes récoltées sera reversée au profit des sinistrés japonais.

 

La commande d’une création originale est la preuve tangible, utile et esthétique de son engagement à soutenir le Japon. La vente commencera le 7 décembre 2012.

 

Pour accéder à la vitrine de la boutique solidaire, cliquer sur l’image ci-dessous.

 

kiboutique

 

 

 

 

Appel aux donateurs

 

Si vous n’êtes pas créateur ou si vous ne voulez rien acheter, vous pouvez tout simplement faire un don à l’association.

 

Explications ici

 

 

 

A qui profitent les fonds collectés ?

 

Les actions de Kibô-Promesse bénéficient à deux associations de Fukushima gérées par les citoyens japonais eux-mêmes :

- le CRMS (Citizen’s Radioactivity Measuring Station)

- Fukushima Network for Saving Children from Radiation.

 

CRMS-fukushima-logo.jpgLe CRMS

 

Le CRMS (Centre  citoyen de mesure de la radioactivité) est une association à but non lucratif qui a pour but de faire de la radioprotection à Fukushima. Il a été mis en place juste après la catastrophe de la centrale de Fukushima Daiichi, grâce à la volonté de Wataru Iwata, son fondateur, dès mai 2011, et à l’aide de tous les citoyens bénévoles de Fukushima, mais aussi de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité ). La CRIIRAD a fait don de nombreuses machines extrêmement coûteuses afin d’aider la population locale de Fukushima.
Le CRMS effectue les mesures de la radioactivité présente à Fukushima de façon totalement indépendante, mais aussi à la demande du citoyen.

On mesure la radioactivité de l’environnement, mais aussi le taux de becquerels / kg contenu dans les aliments, et les niveaux de contamination interne des personnes grâce à l’accès à un WBC (Whole Body Counter).  Les données sont publiées sur le site web ainsi que sur d’autres supports afin de tenir informé les habitants et de sensibiliser le plus grand nombre à la radioprotection. L’autonomie de chacun est encouragée afin que les locaux puissent assimiler un maximum de connaissances concernant les mesures d’urgence à mettre en place après un accident majeur nucléaire.

La santé des enfants est suivie grâce à des consultations gratuites.  Des notes sont prises dans le « carnet de vie » (carnet de santé sur lequel sont notés les symptômes, les maladies, toutes sortes d’anomalies pouvant apparaître).

Des librairies et médias sont mis à la disposition du public sur tout ce qui concerne la radioprotection. Il existe aussi des bulletins d’informations publiés régulièrement.

Le CRMS organise aussi des conférences internationales afin de faciliter les échanges entre scientifiques et citoyens, des voyages d’études et de stages sont organisés à l’étranger, dans un but collaboratif , et de constitution d’un large réseau international de la radioprotection.
 

 

fukushima-network-for-saving-children-from-radiation.jpgFukushima Network For Saving Children From Radiation


Fukushima Network For Saving Children From Radiation (子供たちを放射能から守る福島ネットワーク = réseau de Fukushima pour protéger les enfants contre la radioactivité) créé le 1er mai 2011 , est un regroupement des parents citoyens conscients et soucieux de protéger leurs enfants des dangers liés à la radioactivité. Ils se sont mobilisés depuis l’accident nucléaire pour faire valoir le droit à la sécurité sanitaire.

Car en effet, plus fragiles, les enfants sont les premières victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima (voir article : « L’innocence traumatisée par la catastrophe : les enfants japonais s’expriment sur Fukushima »).


Seiichi Nakate, directeur de Fukushima Network For Saving Children from radiation, se bat depuis mars 2011 pour défendre la vie des enfants de Fukushima. Il a lui même pu évacuer de Fukushima à Hokkaidô,  il y a de cela quelques mois, pour mettre sa famille et ses enfants en sécurité, loin des zones contaminées. Depuis, il continue son combat pour tenter de faire évacuer les autres enfants et familles de Fukushima, et à sensibiliser le reste du Japon. Il organise régulièrement des conférences sur la réalité vécue par les habitants de Fukushima.

 

Le 17 janvier 2012 à Sapporo, il s’est exprimé en revenant sur les faits du 11 mars 2011 : « On ne nous a rien dit, la dissimulation et la désinformation sur la sécurité ont englouti Fukushima »

 

L’intégralité du témoignage de Seiichi Nakate est disponible en français sur le blog d’Hélios et sur le blog du veilleur japonais EX-SKF

Il dénonce aussi les agissements irresponsables et criminels des autorités qui ont pris la décision d’augmenter la dose légale admissible d’exposition aux radiations, ainsi que la non assistance à personnes en danger : le gouvernement japonais n’a pas évacué toutes les populations, il s’indigne que l’état les laisse continuer à se faire irradier depuis plus d’un an. Seiichi Nakate a aussi dénoncé les mensonges de certains scientifiques comme Shinichi Yamashita.
  

L’importance d’aider ce réseau de parents de Fukushima est vitale afin de leur donner la possibilité de continuer à organiser des conférences un peu partout au Japon, que les familles, en passant par ce réseau, puissent se faire aider, tant par le biais de soutien psychologique et d’écoute mis en place par les citoyens. Les rencontres entres enfants ayant les mêmes symptômes, ainsi que les réunions entre mères inquiètes pour leur enfants sont organisés, ils sont aussi un réseau qui leur permet de se partager des denrées alimentaires non contaminées.

 

 

« Aujourd’hui, plus d’un an et demi s’est écoulé mais rien n’a changé à Fukushima : les radiations ont rendu insupportable le quotidien des habitants. Au-delà des 30 km, les familles n’ont toujours pas été évacuées, ni n’ont reçu de compensations financières ou d’aides médicales de la part du gouvernement.

Depuis mars 2011, les sols, l’eau, l’air mais aussi une partie de la chaîne alimentaire est contaminée. Les habitants continuent de vivre dans un environnement dangereux pour leur santé.

Du fait d’un défaut d’information et de protection de la part du gouvernement, beaucoup de citoyens ont été laissés à leur sort dans des zones envahies par la radioactivité, les soumettant à de forts risques de contamination (notamment interne), situation qui aurait pu et dû être évitée.

Depuis la catastrophe nucléaire, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire. Face à ce triste constat, Kibô-Promesse refuse d’accepter cette réalité comme une fatalité.

Il existe des solutions : l’évacuation ‒ notamment des enfants car ils sont les plus vulnérables ‒ et le dédommagement des familles vivant dans les zones contaminées et la protection de leur santé par un contrôle des denrées alimentaires. Il existe des mesures de radioprotection, elles doivent être mises en œuvre ! »

 

 

Kibô-Promesse a aussi comme objectif d’informer et diffuse régulièrement des articles de fond sur Fukushima, prenant appui sur les nouvelles provenant directement du Japon.

 

>>>>Accéder aux articles de Kibô-Promesse <<<<

 

 

kibo.jpg

 

Vous voulez en savoir plus ?

 

 

Tout est expliqué dans le dossier de presse à télécharger ici (4 Mo).

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 01:17

« Il est impératif que les enfants soient évacués ». Helen Caldicott parcourt la planète pour faire entendre son message sans relâche depuis 2011. Lors d'une conférence à Tokyo le 19 novembre 2012, elle a rappelé que les femmes enceintes et les enfants devraient être évacués dès que possible des zones contaminées par la radioactivité de Fukushima. Elle précise que les 40% de cas d'anomalies thyroïdiennes décelées chez les enfants examinés sont d'une occurrence extrêmement rare en pédiatrie, et que vu la rapidité de leur apparition, il est probable que ces enfants ont été soumis à des doses de radiations plus fortes qu'à Tchernobyl.

 
Elle rappelle également le danger extrême de la piscine du réacteur n°4 qui, si elle s’effondrait, rendrait vraisemblablement nécessaire l’évacuation de Tokyo. Mais comment évacuer 30 millions de personnes ?
 
 
Un grand merci à Kna pour avoir mis en ligne la traduction française !
 
 
Qui est Helen Caldicott ?
caldicott.jpgHelen Caldicott est née à Melbourne en 1938. Médecin australienne, elle abandonne sa carrière médicale pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire et milite pour la reconnaissance des dangers des faibles doses radioactives. En 1982, elle fonde l’association Women’s Action for Nuclear Disarmament (WAND), visant à réduire l’utilisation de l’énergie nucléaire. Elle travaille à la création de groupes comme l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War, qui a été récompensé par le prix Nobel de la paix en 1985. Récompensée par 19 doctorats honoraires, la Smithsonian Institution a nommé Helen Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.
source :
 
 
     

____________________

 

En savoir plus avec Ultraman (EX-SKF)

(traduction française : Hélios du Bistro Bar Blog)

 

Ultraman, 19 novembre 2012

Le cancer de la thyroïde est-il rare chez les enfants japonais ?

 

Ultraman, 20 novembre 2012

Derniers chiffres pour les examens de thyroïde à Fukushima (1er novembre 2012)

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:56
 
Photos
 
- Récolte radioactive
(vendredi 12 octobre 2012, site du journal Asahi)
recolte de riz
Des membres du gouvernement local d’Okuma ‒ commune de la préfecture de Fukushima aujourd'hui dans la zone interdite ‒ récoltent le riz dans quelques champs plantés afin d'en mesurer la contamination.
"Quel message veut transmettre l'homme qui brandit sa botte d'épis de riz ?
Qu'il croit malgré tout à la vie qui continue ?
Qu'il garde l'espoir de reprendre la culture en cet endroit un jour prochain ?
Qu'il veut montrer au monde ce à quoi est réduit son pays natal ?
Qu'en penser ?" (
source)
 
- Thermes
AJ201210300045M
L’établissement thermal Shiokaze-so à Nahara, à 16 km au sud de l’ex-centrale de Fukushima Daiichi, vient de rouvrir ses portes. Il faisait partie de la zone interdite comprise dans un rayon de 20 km.
 
- Street art
“Fais attention à ce que tu manges !”
streetart
Cliquer sur la photo pour accéder aux autres œuvres
 
- Nouveau thermomètre
Suite à la défaillance des sondes existantes, un nouveau thermomètre a été installé sur la cuve du réacteur 2, près du thermomètre TE-2-3-69H3. (source Tepco)
thermocouple
Pour l'unité 2, depuis le 3 novembre 2012, les valeurs publiées par Tepco montrent une montée de la température d'un thermocouple dénommé "VESSEL BOTTOM ABOVE SKIRT JOT"(TE-2-3-69F1) situé en fond de cuve : 72,4°C le 16 novembre, soit +28°C en 13 jours... Aucun autre thermocouple ne montrant une montée de la température, y compris le "SUPPORT SKIRT TOP (TE-2-3-69K1)" situé en dessous du thermocouple TE-2-3-69F1, on suppose que c’est un nouveau thermocouple qui est en train de rendre l’âme. (information Geoffroy)
 
- NAIIC
Le 18 décembre 2011, les membres de la Commission d’enquête indépendante sur la catastrophe (NAIIC) ont visité le site de Fukushima Daiichi.
 
naiic1A collapsed power transmission tower
Pylone effondré
 
naiic2In the Main Anti-Earthquake Building on the power pla
 
Réunion d’information dans le bâtiment anti-sismique
 
naiic3The Second floor of the main office building. Many wi
Etat du deuxième étage du bâtiment administratif
 
naiic4Briefing by a TEPCO employee at a spot where there is
Visite de la centrale en extérieur
 
 
- Résistance au nucléaire
Avec Fukushima, dans le monde entier, une nouvelle génération antinucléaire est née. Ici, Aizen, photographiée par Marianne Ciaudo lors d’une manifestation à Paris.
100000 - Copie
 
 
Album
 
Junku Nishimura est allé dans le Tohoku en avril 2011, il a photographié la zone interdite en noir et blanc, jusqu’à se rapprocher au plus près de la centrale de Fukushima Daiichi et prendre des mesures : sur le côté nord, il a relevé 8 µSv et sur le côté sud, 80 µSv.
 
guiger
 
Pour accéder à son album, cliquer sur la photo suivante.
 
album
 
 
- Tepco réalise un réservoir pour stocker l’eau contaminée (octobre 2012)
réservoir
(source :Enenews)
.
- Nouvelle photo de la piscine 3
.
2012-10-16 20h03 57
 
Images
 
-TEPCo a présenté son projet de couverture pour le réacteur n°3 : 1500 tonnes de métal ! Le but est de limiter les rejets gazeux et le lessivage par la pluie. Il devrait permettre l'installation d'une structure pour retirer les combustibles usés de la piscine. L'intérieur sera ventilé pour que la contamination ambiante n'augmente pas trop, et l'air extrait, filtré. (source ACRO et Ex-SKF)
 
fukushimareactor3cover-1
Le projet de couverture de l’unité 3
 
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Le plan en élévation de l’installation
 
- La préfecture de Fukushima réalise des brochures pour enseigner aux enfants comment se protéger de la radioactivité dans leur vie quotidienne. Réalisées lors de l'été 2011 en réponse aux plaintes des parents et des enseignants, inquiets du manque d'attention portée à la santé des enfants, elles sont diffusées dans les jardins d'enfants, les écoles, les lieux publics.
Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt réaliser des brochures pour apprendre aux populations à envisager une évacuation vers un lieu sain ? C’est terrible de se dire que les adultes condamnent les enfants de ces territoires à devenir malades d’ici quelques années. Encore plus terrible, comme le rappelle Laurent Mabesoone, c’est la condamnation à long terme de ce trésor qu’est le génome humain (l’ADN est cassé par la radioactivité).
 
20110722kibitan
 
En savoir plus avec une Tokyoïte, Sylvie B.
 
 
 
Exposition
 
IKEDA / Haïku et Gravures sur bois “ Après Fukushima - Issa ”
« La tristesse, la colère et la peine de tous ces gens après le désastre engendré par l’explosion de la centrale nucléaire … Comment les poètes en parlent-ils dans leurs vers ? Qu’en est-il des peintres avec leurs tableaux ? Et des musiciens avec leurs instruments, Koto ou Shakuhachi ? Sans perdre mon âme d’enfant, je souhaite faire transparaître dans mes gravures l’univers poétique du "poète du peuple" Issa. »
issa
http://www.tenri-paris.com/art/expo.html
Association Culturelle Franco-Japonaise de Tenri
8-12,rue Bertin Poirée, Paris
Exposition : du 26 novembre au 1er décembre 2012
 
 
Animations
 
- La contamination du Pacifique sur 10 ans

 
Modélisation de la distribution de la contamination radioactive de Fukushima dans l'océan Pacifique jusqu'à 10 ans après la catastrophe par GEOMAR(Helmholtz-Zentrum für Kiel Ozeanforschung, Erik Behrens, Franziska U. Schwarzkopf, Joke F. Lübbecke et Claus W. Böning)
 
- La progression des déchets dans le Pacifique

 
 
 
Vidéos
 
- Vidéoconférence de mars 2011
Le 5 octobre 2012, TEPCO publiait un extrait de 6 heures des vidéoconférences entre la centrale de Fukushima, le siège et les divers sites, enregistrées lors de l'accident nucléaire de Fukushima Daiichi. Leur justification pour avoir tant tardé à publier une partie de ces enregistrements est qu'ils veulent "préserver des informations personnelles". On peut d'ailleurs constater que des passages de la bande audio sont "bipés" ou carrément absents, et que de nombreuses parties des vidéos sont floutées. Kna nous livre ici une compilation de deux émissions japonaises, sous-titrées en français. Les dialogues sont… inimaginables !
 
 
- Inspection du 5ème niveau de l’unité 1 (24 octobre 2012)
Tepco a utilisé un ballon muni d’une caméra pour inspecter l’unité 1. SimplyInfo propose la visite en 3 parties. (durées de la partie 1 : 1 h 06, partie 2 : 1 min 45, partie 3 : 2 min 55)

 

 

 
Les niveaux de radioactivité relevés à chaque étage sont les suivants : 2ème étage : 150,5 mSv/h ; 3ème étage : 33,6 mSv/h ; 4ème étage : 20,1 mSv/h ; 5ème étage : 53,6 mSv/h. (source)
 
 
- La baie de Tokyo est très contaminée : 872 Bq/kg ! Cela s’explique par le lessivage des sols, eux-mêmes contaminés par la pluie. Les radionucléides se déplacent avec l’eau : fossés, ruisseaux, rivières, et arrivent dans la baie de Tokyo.

 
En savoir plus avec cet article
 
- Vue aérienne au zoom du bâtiment réacteur n°4 en juillet 2012 (500 jours après la catastrophe)

 
 
 
Films
 
- « La Terre Interdite, Fukushima », réalisé par Kazunori Kurimoto
Film documentaire ‒ le 3ème de l'association Ganbalo sur la région sinistrée de Fukushima un an après les accidents nucléaires.
 
 
- « Nuclear Nation », d’Atsushi Funahashi​
Documentaire sur l’exil des habitants de Futaba, région ou sont logées les usines nucléaires de Fukushima. Depuis les années 60, Futaba était promis à la prospérité avec l’arrêt de taxes et les principales subventions pour compenser la présence des usines. Mais les habitants de la ville ont perdu leur territoire. A travers leur agonie et leur frustration, le film pose la question du cout réel du capitalisme et de l’énergie nucléaire. Au lendemain du séisme de magnitude 9.0 survenu le 11 mars 2011, la ville entière fut désignée comme zone d’exclusion et les 1400 résidents ont été abandonnés à 250 km plus loin . La communauté entière a été déplacée dans un immeuble de quatre étages. Le film tisse le portrait des évacués. (lien vers le site officiel)
 
 
 
- « Fukushima never again »
Un film de 57 minutes de Labos Video Project

 
" Plus jamais Fukushima" raconte l'histoire de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, dans le nord est du Japon en mars 2011 et expose l’opération de camouflage de Tepco et du gouvernement japonais. Il donne la parole à ceux qui luttent pour la justice et la protection des personnes : mères de Fukushima, experts nucléaires engagés et syndicalistes. (langue anglaise)
 
 
- Décontamination : perte des arbres protecteurs
Documentaire de la NHK (langue anglaise)

 
Le gouvernement a commencé les travaux de décontamination des zones touchées par l'accident nucléaire, mais les progrès sont lents. 
 
 
Humour
 
« Une minute avant Fukushima »
1minuteavantfukushima
 
 
Ne pas voir Fukushima
 
bibiLes Golden Blog Awards n’ont pas voulu voir Fukushima. Pourtant arrivé en tête de sa catégorie (Ecologie / Environnement) grâce aux votes des internautes, le blog de Fukushima n’a pas été retenu par les « partenaires ». Compte rendu de la soirée par Bibi, l’homme qui vous fait penser !
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:21
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Une fois de plus, les Japonais se sont mobilisés en masse dans 9 rassemblements simultanés à Tokyo pour demander l’arrêt de la centrale nucléaire d’Ohi (qui se situe sur une faille active) et l’abandon de l’énergie nucléaire pour leur pays. L’hortensia est une fleur qui tient longtemps…

.
 
 
100 000 manifestants selon les organisateurs (source : Mainichi)
 
7000 manifestants selon le journal Asahi Shimbun
 
Il y a un gros malaise dans le décompte des manifestants antinucléaires au Japon ! Selon le site Fukushima is still news qui recense quotidiennement la presse anglophone du Japon, il y a très peu d’information sur cet évènement.
 
C’est une technique de désinformation : si on n’en parle pas, ça n’existe pas !
Une autre technique consiste à interdire une manifestation dans un endroit qui serait favorable au comptage des manifestants : celle prévue au parc Hibiya de la capitale le même jour a été annulée après que le gouvernement métropolitain de Tokyo a refusé de délivrer un permis. Lors de la grande manifestation de juillet 2012, cette place était bondée et avait permis de révéler l’ampleur de la mobilisation.
 
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Le parc Hibiya lors de la manifestation du 29 juillet 2012 (photo Associated Press)
 
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manifestation du 11 novembre 2012 (photo Mainichi)
 
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manifestation du 11 novembre 2012 (photo Asahi)
 
 
Autres photos et vidéos
.
Des nouvelles d'Euronews

 
 

 
 
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 L'appel à la manifestation du 11/11/12
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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:14

Suite à la publication en 8 parties(1) du rapport de la Commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, nous avions évoqué la possibilité d’en faire un document unique, rassemblant toutes les traductions. C’est désormais chose faite ! Un merci immense aux traducteurs bénévoles qui, de manière coopérative et constructive, ont permis la réalisation de ce travail de longue haleine. Sans eux, cette publication n’aurait pas été possible.

 

Cette édition française se place dans l’esprit qui a prévalu à la rédaction du rapport original, à savoir la diffusion des résultats d’une enquête indépendante des lobbys industriels ou des pressions politiques, avec une grande exigence de transparence et une volonté de diffusion internationale.

 

La traduction complète du résumé du rapport est disponible en format pdf. Vous pouvez télécharger le document en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

couverture traduction rapport NAIIC

 

D’un poids modéré (5 Mo), une fois que vous l’aurez téléchargé, vous pourrez également le transmettre par mail à vos connaissances francophones. N’hésitez pas à le partager !

 

Ce rapport d’enquête, commandé par la Diète Nationale du Japon, révèle entre autres que :

 

- la catastrophe nucléaire de Fukushima est d’origine humaine, alors que TEPCO et toutes les autorités l’attribuaient au tsunami,

 

- la résistance des réacteurs au séisme était inadéquate,

 

- il n’existait pas de réponse adaptée aux tsunamis,

 

- les contre-mesures aux accidents graves étaient non conformes aux standards internationaux,

 

- l’alimentation électrique externe était très vulnérable,

 

- les bureaucraties complices ont rendu la catastrophe inévitable,

 

- l’évacuation des résidents s’est faite dans une extrême confusion,

 

- la catastrophe aurait pu être encore plus grave.

 

Il faut bien évidemment lire ce document avec l’idée de ce qui pourrait se passer si une telle catastrophe survenait en France. Et sa lecture provoque de saines questions :

 

- pourquoi le gouvernement français a-t-il martelé que la catastrophe nucléaire de Fukushima était due au tsunami ?

 

- pourquoi les centrales nucléaires françaises sont-elles souvent construites sur des failles et que des minimisations de risques sismiques sont avérées sur certaines d’entre elles ?

 

- pourquoi l’évacuation des habitants est-elle prévue sur un rayon de 5 km autour d’une centrale accidentée alors qu’à Fukushima l’évacuation a été jusqu’à 30 km ?

 

- comment concrètement les pastilles d’iode seraient-elles distribuées à toute la population dans un rayon de 30 km autour d’une centrale si un accident arrivait ?

 

- pourquoi dit-on à la population française depuis plus de 30 ans que le nucléaire est sûr alors qu’aucune centrale nucléaire française ne possède de récupérateur de corium ?

 

- pourquoi les stress-tests effectués sur les centrales nucléaires françaises ont-ils été pointés du doigt par la commission européenne?

 

- pourquoi le gouvernement français accepte-t-il encore le risque d’un accident grave  et de la disparition d’une région entière de France en cas de contamination qui nécessiterait l’évacuation définitive de ses habitants ?

 

La lecture du rapport de la NAIIC vous donnera également des éléments de réponse à vos propres interrogations.

 

 

____________________

 

(1) Les 8 publications

Rapport de la commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima : la vérité dévoilée (23/07/2012)

Fukushima : la réponse d'urgence à l' « accident » nucléaire (05/08/2012)

L'étendue des dommages de la catastrophe de Fukushima selon le rapport de la commission d’enquête (07/08/2012

Les problèmes organisationnels dans la prévention de la catastrophe de Fukushima(12/08/2012)

Enquête sur les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima (23/09/2012)

Catastrophe de Fukushima : enquête sur les personnes évacuées (24/08/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (1) (28/09/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (2) (30/09/2012)

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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