15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 13:47

Fukushima : une catastrophe sans fin

 

Cécile Asanuma-Brice

 

Voici maintenant plus d’un siècle que nos pays modernisés se sont tournés vers la planification afin de penser un meilleur équilibre économique et démographique de leur territoire. Si tel fut le discours mis en avant pour en vanter les mérites, le résultat n’en reste pas moins décevant, si ce n’est nul. Le rééquilibrage régional n’a que relativement fonctionné, bien qu’artificiellement réactivé par quelques espoirs toujours déçus, et les campagnes ont continué à se vider de leurs activités humaines au profit des villes dont l’étalement s’épanche telle une tâche d’huile alimentée par les fuites du moteur de la société de consommation. Il en est de même au Japon, où les campagnes meurent lentement, où les villages abandonnés laissent leurs belles demeures de bois pourrir au gré des vents, au fil du temps. Fukushima n’avait pas échappé à ce rouleau compresseur d’un système économique sans indulgence, devenu l’ultime but de la production humaine alors qu’il aurait dû en être son serein soutien.

 

ISOTOPES. Ça n’est donc pas sans surprise que nous observons l’ardeur des organisations internationales, ainsi que celle du gouvernement japonais à vouloir à tout prix faire rentrer dans leur campagne en désuétude les populations réfugiées suite à l’accident nucléaire du 11 mars 2011. Plus de 6 années après l’explosion de la centrale, présents plus que jamais sur ce territoire rural perdu au milieu de nulle part, les membres de l’AIEA, du CEPN, de l’IRSN et autres UNSCEAR (1), se lancent dans "l’humanitaire" à la défense des paysans en péril, nous ventant les bienfaits de la résilience (2), les nuisances du refuge, les méfaits sanitaires du stress face au désastre, tout en affichant une attitude agnostique envers les résultats épidémiologiques qui voient pourtant croître à plus de 184 le nombre d’enfants de moins de 18 ans ayant dû être opérés d’un cancer de la thyroïde sur un échantillon limité de 270 500 personnes (3). Ce point, qu’il est devenu tabou d’évoquer dans les cercles scientifiques, est néanmoins fondamental, en ce qu’il est celui qui déterminera la nécessité des politiques de protection à mettre en œuvre, ou non, en cas d’accident. Si l’explosion d’une centrale nucléaire et la dispersion des isotopes qu’elle contient à travers monts et vallées n’est pas dangereuse pour la santé humaine et pour la vie dans son ensemble, alors pourquoi partir en cas d’explosion, pourquoi évacuer les populations dont on broie la vie communautaire, mais aussi à quoi bon dépenser tant d’argent à décontaminer, pourquoi avoir créer des centres de recherches spécifiques sur la radioprotection puisqu’il serait inutile de s’en protéger, et finalement pourquoi se servir de ces mêmes isotopes inoffensifs pour réaliser l’arme de destruction ultime que l’on brandit à la face du monde à chaque tension diplomatique ? Bref, nous devons rétablir de la cohérence dans nos discours et nos analyses. Si les habitants de Fukushima se sont réfugiés, ou ont été évacués (même si l’évacuation organisée par l’administration a été bien tardive) c’est qu’il y a un danger, réel, dont nous avons tous connaissance : scientifiques, militaires et citoyens (cette dernière catégorie comprenant les deux précédentes).

 

Ce danger serait néanmoins variable, bien que jamais nul, en fonction de la dose reçue. En outre, alors que les populations de toutes parts réclament une plus grande sécurité vis-à-vis du nucléaire, les seuils des doses dites admissibles par les autorités gestionnaires sont relevés, en toute discrétion, à chaque accident.

La réouverture progressive de la zone d’évacuation © Préfecture de Fukushima

La réouverture progressive de la zone d’évacuation © Préfecture de Fukushima

« Ai-je droit de mettre en jeu l’intégralité des intérêts des autres ? » (4)

 

Afin de permettre une marge d’acceptabilité toujours plus grande du risque, les institutions en charge de la gestion du nucléaire et de sa production ont élaboré un système de seuils dits "acceptables" pour l’être humain. Le tout est de réussir à appréhender, ainsi qu’à quantifier ce qui est de l’ordre de l’acceptable prenant en considération les aspects économiques, sociaux et sanitaires générés par une catastrophe nucléaire. On aurait pu croire que l’aspect sanitaire eut été déterminant, et que l’être humain accorderait plus d’attention, plus d’intérêt, à ce qui pourrait mettre sa santé en péril, mais à notre grande surprise, il n’en est rien. Ainsi, bien que les dernières études épidémiologiques telles Inworks (réalisée sur une cohorte de plus de 308 000 travailleurs de centrale nucléaire), ou encore le modèle LNT (Linear No-Threshold model, 2007, Université d’Ottawa) nous prouvent l’augmentation du risque de développement de maladies proportionnellement au niveau d’exposition aux irradiations, balayant de fait la pertinence d’une limite sécuritaire, des seuils sont encore fixés afin de permettre l’existence de l’exploitation de centrales nucléaires et de leurs désagréments: fuites et autres accidents potentiels augmentant le niveau de radioactivité environnant. C’est ainsi que l’on a vu le seuil de protection internationalement fixé à 1 mSv (pour la population hors travailleurs des centrales), passé, sans bruit, à 20 mSv dans les directives de l’union européenne en 2014, 3 ans après Fukushima. Il est par ailleurs indiqué dans ce même texte qu’un taux annuel allant jusqu’à 100 mSv est envisageable dans des conditions d’urgence (5), justifiant un niveau de 20 mSv/an en temps normal, en pleine contradiction avec les études menées sur la question.

 

Ce point est fondamental, en ce qu’il permet, entre autre, l’autorisation internationale de la réouverture d’une partie de la zone d’évacuation autour de la centrale de Fukushima à la fin du mois de mars 2017. Le but de cette démarche est d’élaborer un système de cogestion citoyenne des conséquences d’un accident afin de prouver que l’on est capable de surmonter une catastrophe nucléaire en sachant gérer la radioactivité présente, mais également de diminuer les coûts auparavant pris en charge par les entreprises gestionnaires des centrales. Pour autant, l’imposition d’une planification politique au retour à vivre dans les zones contaminées de Fukushima n’a pas le succès escompté et les désastres s’enchaînent tour à tour.

Mesure de la radioactivité d’un pin. Age : 100 ans, Hauteur : 15 m, prélevé en janvier 2016 à Iitate (Fukushima). Mesures effectuées par l’université d’Hiroshima. La mesure montre la concentration des isotopes dans le cœur des végétaux. © Documents ITO Nobu (centre de recherche sur la radioactivité à Iitate (IISORA).

Mesure de la radioactivité d’un pin. Age : 100 ans, Hauteur : 15 m, prélevé en janvier 2016 à Iitate (Fukushima). Mesures effectuées par l’université d’Hiroshima. La mesure montre la concentration des isotopes dans le cœur des végétaux. © Documents ITO Nobu (centre de recherche sur la radioactivité à Iitate (IISORA).

Les désastres annoncés se succèdent sans fin à Fukushima

 

Ce fut d’abord une politique de décontamination toute aussi drastique, coûteuse, qu’inefficace, qui a conduit à l’entrepôt de milliers de sacs contenant des tonnes de terre contaminée répartis sur plus de 115 000 sites dans la préfecture, principalement en bord de mer. Cette politique ayant rempli son seul rôle de regain de confiance citoyenne en démontrant que le gouvernement se préoccupait de la situation, et devenue ingérable par le volume occupé, s’est conclue par la décision de réutiliser les débris en deçà de 8 000 Bq/kg pour la construction des routes et autres travaux relatifs aux ponts et chaussées dans l’ensemble du pays. Cette stratégie s’est accompagnée d’une campagne de communication sur l’acceptation du risque pour inciter au retour en vue d’une "stabilisation" avant l’accueil des jeux Olympiques de 2020, avec notamment la construction d’un centre dans lequel on apprend aux habitants les différents modes de décontamination possibles via des maquettes ludiques, ou encore des visites organisées dans la centrale nucléaire endommagée pour les lycéens, sans protection mais armés de dosimètres.

Documentaire NHK « Je veux voir de mes propres yeux – Visite de la centrale par des lycéens de la région », 23 novembre 2016.

Documentaire NHK « Je veux voir de mes propres yeux – Visite de la centrale par des lycéens de la région », 23 novembre 2016.

La réouverture d’une partie de la zone d’évacuation conséquente entraîne automatiquement la fin des indemnités de logement accordées jusqu’alors aux réfugiés, ainsi que l’expulsion des habitants des cités de logements provisoires qui seront fermées. Des appartements dans des immeubles collectifs publics, dont ils devront assumer le loyer, leur ont parfois été proposés. La plupart des personnes âgées concernées, propriétaires de biens devenus inhabitables six ans après la catastrophe, sont pour la plupart dans l’incapacité de pouvoir assumer un loyer ainsi que la charge économique de la consommation de biens alimentaires qu’ils produisaient autrefois.

 

En outre, des psychologues, spécialisés dans les traumatismes psychologiques engendrés par des situations de désastres, dont le Professeur Tsujiuchi de l’université de Waseda, avait estimé, après une étude dont les résultats furent publiés début 2016, qu’un retour contraint sur une zone encore instable, dans laquelle les personnes réfugiées ont subi leur traumatisme, et alors que celles-ci sont atteintes, pour la plupart d’entre elles, de PTSD (Post Traumatic Stress Disorder), serait un nouveau drame, entraînant une vague de suicide notable.

 

La concrétisation de ces prévisions ne se fit pas attendre. Les communes rouvertes successivement à l’habitat accueillent quelques-uns des habitants qui ont opté pour le retour. La contamination très élevée, bien qu’irrégulière, a découragé la plupart des familles avec enfants au retour, celles-ci ayant recommencé leur vie ailleurs. Les habitants, en très faible nombre, souvent âgés, se trouvent dans une situation d’isolement qui devient vite insupportable, entraînant un état dépressif lourd, voir leur suicide (cf. reportage de la NHK en janvier 2017). Ces personnes sont confrontées à une différence trop grande entre l’espoir du retour longtemps maintenu par les discours sécurisants des autorités ou les politiques de décontamination, et la réalité du retour qui est toute autre (taux de radioactivité encore trop élevé, paysage dévasté par la décontamination et les sacs de terre, plus aucun habitant ni de communauté existante).

 

Iitate, des investissements pharaoniques pour une ville fantôme

 

Iitate est l’une des communes destinée à être rouverte à l’habitat le mois prochain. Malgré un investissement colossal de plus d’1 milliard 700 millions euros pour la reconstruction des divers équipements publics, la commune n’accueillera pas le nombre de résidents escompté. Un habitant du village d’Iitate déclarait le 19 février 2017, lors d’une conférence organisée à Fukushima par des chercheurs et les anciens habitants du village : « On nous dit qu’il n’y a pas de problème. Qu’il suffit de ne pas aller sur les “hot spots”. On ne peut ni aller en montagne, ni s'approcher des rivières, ne pas aller à droite ni à gauche... Comment voulez- vous que l'on vive ici ?!”. Un ancien membre du conseil communal, témoigne : « Nous avons déménagé il y a six ans maintenant. Pourquoi devrions-nous rentrer dans un village désert où l’environnement ne nous permet pas de vivre librement et en sécurité ? » (6).

Conférence sur le retour des habitants d’Iitate (Fukushima) 19.02.2017 © Cécile Brice

Conférence sur le retour des habitants d’Iitate (Fukushima) 19.02.2017 © Cécile Brice

Ces derniers mois ont vu un regain des séismes dans la région de Fukushima, au moment où la pénétration d’un robot scorpion dans l’enceinte a permis de confirmer la fonte du corium du réacteur visité qui s’est enfoncé dans les sous-sols. Cette instabilité ne fait que renforcer la population dans son jugement de ne pas céder à la politique du retour. Même si les habitants "captifs" ont développé des bases de données cartographiées de la radioactivité afin de mettre en place leur protection, les fantasmes des institutions internationales, qui rêvaient de cogestion des conséquences de l’accident nucléaire par les habitants auront montré leurs limites. On ne peut demander aux victimes d’un système imposé d’assumer la charge des accidents engendrés par ce système.

 

(Article édité le 14 mars dans Sciences et avenir)

 

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(1) AIEA : Agence Internationale de l’énergie atomique, CEPN : Centre d’étude sur l’évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, UNSCEAR : United Nation Scientific Comittee on the Effects of Atomic Radiation.

(2) Cf. Cécile Asanuma-Brice, « De la vulnérabilité à la résilience, réflexions sur la protection en cas de désastre extrême », Raison Publique, nov. 2015

(3) Selon les résultats de la commission sanitaire rendus officiels en février 2017.

(4) Hans Jonas, « Le principe de responsabilité » Champs essais, Flammarion, 2013, p.81.

(5) "Sans préjudice des niveaux de référence fixés pour les doses équivalentes, les niveaux de référence exprimés en dose efficace sont fixés dans l'intervalle de 1 à 20 mSv par an pour les situations d'exposition existantes et de 20 à 100 mSv (aiguë ou annuelle) pour les situations d'exposition d'urgence". II (Actes non législatifs). DIRECTIVE 2013/59/EURATOM du conseil du 5 décembre 2013 fixant les normes de base.

(6) Site de la commune

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En savoir plus sur les faibles doses
 
Conférence de presse du 15 mars 2017 au Foreign Correspondents Club of Japan avec Dr Cécile Asanuma-Brice, Pr. Keith Baverstock (université de Finlande) et Dr Shimizu Nanako de l'université d'Utsunomiya concernant la question des faibles doses et la réouverture de la zone d'évacuation autour de la centrale nucléaire de Fukushima.
Deux textes de recommandations sur ce même thème, signés par 14 scientifiques du monde entier, viennent d'être publiés dans la revue scientifique Kagaku (Science), également envoyés au gouvernement japonais ainsi qu' au préfet de Fukushima.

Plus d'infos sur la VIDEO (durée 1h, en anglais)

 

Cécile Asanuma-Brice informe qu’elle s’exprime sous sa casquette de Présidente de l’Association du CSRP ; elle annonce que les travaux du 6ème symposium (Nihonmatsu, du 7 au 10 octobre 2016) [qui réunissait, entre autres, des scientifiques indépendants mais aussi des « autorités » de Fukushima] ont débouché sur 2 « déclarations » :

  1. la « conclusion » du symposium, qu’elle lit aux journalistes [ici le texte en anglais, 6 pages]
  2. « the Nihonmatsu Déclaration on the Risks of Exposure to Low Doses of Ionizing Radiation » qui sera prochainement traduite en anglais

Ces déclarations ont de plus été publiées (en japonais) dans le N° de mars de la revue « Kagaku » (qui signifie « science » ajoute-t-elle).

 

Cécile Asanuma-Brice, au début de la video : « aujourd’hui la mémoire collective du Japon s’estompe or, on doit trouver des solutions pour les milliers de sinistrés… En 2016 le symposium a duré 4 jours, des scientifiques, épidémiologiques, biologistes ont débattu du sujet des « zones évacuées » sur la réponse qu’il convenait d’apporter à la question : est-il acceptable de réouvrir les zones évacuées ? D’un point de vue scientifique, la réponse est clairement NON ! Ils ont donc rédigé 2 textes de recommandations qui ont été publiés dans la revue [montrée à l’écran à 6.52’] Kagaku de mars 2017.

 

Fourteen independent experts from inside and outside of Japan participated at the 6th Citizen-Scientist International Symposium on Radiation Protection, held from October 7 to October 10, 2016, in Nihonmatsu, Fukushima prefecture, in order to present their latest research. Over three days, they exchanged opinions on the themes of “Epidemiology of low-dose radiation” and “Discourses, laws and ethics after the nuclear power plant accident.” They compiled their propositions in two recommendations text they signed, based on discussions they had during the symposium, but also on findings and numerous study reports published after Chernobyl and Fukushima.

 

(1) The first recommendation agreement, “Conclusion” of the 6th CSRP, take a critical look at risk communication currently conducted by the Japanese authorities, and listed up 6 recommendations deemed indispensable from the victims’ viewpoint.

(2) The second recommendation agreement, entitled “The Nihonmatsu Declaration on the Risks of Exposure to Low Doses of Ionizing Radiation,” uses the “linear non-threshold (LNT) model” based on the latest scientific findings demonstrating scientific impertinence and lack of political wisdom of the present return policy for the evacuees to areas below 20 millisievert per year.

 

The Japanese version of these two recommendation reports were published in the March 2016 issue of Science Magazine “Kagaku (Science),” and the electronic English version will be published on its special website soon).

CSRP will transmit these recommendations agreement to Minister of the Environment, Director General of Reconstruction Agency, Chairman of Nuclear Regulation Authority and the Governor of Fukushima Prefecture, and hold press conferences for Japanese journalists and foreign correspondents in Japan.

 

Tout est regroupé sous l’onglet « overview » : présentation, programme détaillé des 4 jours, intervenants (leur biographie s’obtient en cliquant sur leur portrait).

 

(infos Evelyne Genoulaz)

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Publié par Cécile Asanuma-Brice - dans Au Japon
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 20:44

Difficile d’être novateur sur le sujet de Fukushima. Aurait-on déjà tout dit depuis 6 ans que dure la catastrophe ? Eh bien non, avec le film de Linda Bendali, « De Paris à Fukushima, les secrets d’une catastrophe », le sujet de l’attitude de la France nucléaire au mois de mars 2011 n’avait jamais été abordé sous cet angle : alors que le Premier ministre japonais, Naoto Kan, confronté au feu nucléaire, devenait anti-nucléaire, le gouvernement Fillon lançait l’artillerie lourde pour contrer toute véhémence de débat sur ce sujet en France. Pour le ministre de l’industrie, Eric Besson, il s’agissait d’un incident. Nicolas Sarkozy s’invitait au Japon alors qu’on ne l’y attendait pas pour faire la promotion du nucléaire en pleine crise atomique. Et la France faisait semblant d’aider le Japon en envoyant des produits inutilisables ou dépassés. Donc un bon documentaire pointant des dysfonctionnements tant japonais que français que l’on peut revoir sur le compte Youtube de l'émission ci-dessous.

Cela dit, ce reportage a réveillé en moi une vieille colère, jamais vraiment éteinte depuis 1986, et vous n’échapperez donc pas aux commentaires que m'inspire ce reportage.

Pierre Fetet

 

Les mensonges de Tepco

 

Au début du documentaire, Tepco, champion du mensonge et du non-dit s’exprime par la voix de son porte-parole Yuichi Okamura : « Nous n’avions jamais imaginé qu’un tel accident puisse arriver. A partir des statistiques, nous avions calculé que le tsunami ne devait pas dépasser 5 mètres. Nos prévisions étaient dépassées.»

 

Il est contredit ensuite par la réalisatrice. Je remercie infiniment Linda Bendali d’avoir insisté sur le fait que le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur Fukushima a donné comme première conclusion que la catastrophe de Fukushima est d’origine humaine. Car peu de gens comprennent l’enchaînement des évènements et l’on entend trop souvent que « la catastrophe de Fukushima a été provoquée par le tsunami ». Or, la véritable chaîne logique a été celle-ci :

 

1) Irresponsabilité : Tepco décide de construire une centrale nucléaire au niveau de la mer.

 

2) Stupidité : Alors que sept tsunamis de 12 à 28 mètres de hauteur ont eu lieu au Japon au XXe siècle, les hommes décident de construire une digue de protection de 5 m.

 

3) Corruption : les organismes de sûreté nucléaire du Japon acceptent les dossiers de construction.

 

4) Evènement naturel : un tsunami de 15 m de hauteur s’abat sur la côte est de Honshu, et donc sur la centrale de Fukushima Daiichi.

 

 

L’IRSN fait sa pub

 

L’IRSN est toujours pris en exemple et soigne son image de marque. Normal, il est l’organisme officiel de référence. Pourtant j’ai déjà pris plusieurs fois cet institut en flagrant délit de mensonge : assurance que les évacués allaient revenir d’ici trois mois en 2011, assurance qu’il n’y avait pas eu de rejet de strontium et de plutonium au Japon, assurance qu’une centrale nucléaire ne peut pas exploser en France… On a encore eu droit à Thierry Charles dernièrement qui affirme savoir où est le corium alors que même Tepco ne le sait pas…

 

Dans le documentaire, le narrateur assure que « L’IRSN est le premier organisme au monde à annoncer que le cœur en fusion s’est échappé de son confinement ». Et effectivement on a l’impression, en écoutant Jacques Repussard, que son institut a communiqué sur ce sujet en mars 2011. Or six mois après le début de la catastrophe, l’IRSN était encore à écrire : « Il reste impossible de savoir si du combustible fondu a pu se relocaliser au fond des enceintes et dans quelle quantité. » (Communiqué du 25 août 2011). Pourtant, le gouvernement japonais avait déjà reçu un rapport de l’AIEA le 7 juin reconnaissant la possibilité de perforations dans les cuves des réacteurs 1 à 3…

 

Non, sérieusement. Tout d’abord, le premier organisme qui a annoncé la fusion des trois cœurs, c’est Tepco, le 24 mai 2011. Et l’IRSN l’a annoncé le lendemain. Auparavant, l’IRSN n’a jamais rien écrit d’autre, pour les réacteurs 1, 2 et 3, que « L’injection d’eau douce se poursuit. Le débit d’injection d’eau est ajusté afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement dénoyé. »

 

En 2011, la première personne qui a osé briser l’omerta du lobby nucléaire est Mishio Ishikawa, fondateur du JANTI (Japan Nuclear Technology Institute) : lors d’une émission télévisée japonaise, le 29 avril 2011, il a affirmé que les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Daiichi étaient fondus à 100%. C’est ça l’histoire, c’est comme ça que ça s’est passé. L’IRSN n’a jamais dit cela avant quiconque. L’IRSN a respecté l’omerta sur la fonte totale des trois cœurs comme tous les acteurs du monde nucléaire et a attendu docilement que Tepco annonce la réalité pour acquiescer, quoi qu’en dise Jacques Repussard six ans plus tard.

 

 

Le mythe Naoto Kan

 

L’image du Premier ministre du Japon d’alors est à nuancer. On a l’impression, après avoir vu le documentaire, que Naoto Kan est intervenu en héros. Or il faut admettre également qu’il a fait plusieurs erreurs :

 

- Naoto Kan est allé à la centrale de Fukushima Daiichi en pleine crise et a fortement dérangé la gestion en cours. Le directeur Masao Yoshida a été sommé de s’expliquer, et d’expliquer ce qu’il était en train de faire, faisant perdre un temps précieux à ceux qui essayaient de résoudre les problèmes un par un (C’était juste avant les explosions du n°2 et du n°4 !). Le documentaire laisse entendre que Masao Yoshida allait quitter la centrale avec tous les ouvriers, et que grâce à l’intervention de Kan, ils ont été obligés de rester. C’est faux. Tepco avait peut-être l’intention de quitter le navire, mais le directeur responsable de la centrale a démenti tout projet d’abandon du site.

 

- Le documentaire montre bien Naoto Kan qui s’agenouille devant Nicolas Sarkozy. Politesse ou pressions industrielles ? On ne sait pas pourquoi il n’a pas osé contrer le VRP du nucléaire français.

 

- Naoto Kan restera pour tous les habitants des zones évacuées celui qui a décidé de faire passer la norme de 1 à 20 mSv/an. D’un côté, il était prêt à faire évacuer Tokyo mais de l’autre il a fait subir à toute une région un taux d’irradiation très important. Quelque chose est bizarre dans ces attitudes opposées.

 

 

Le spectre de Tchernobyl

 

Pierre Pellerin, même disparu, fait encore des dégâts… Entre deux parties du documentaire, Frédéric Boisset, rédacteur en chef de Brainworks Press, présente l’histoire de Tchernobyl de cette manière : « En 1986, le nuage radioactif se répand sur toute l’Europe. Les autorités n’ont pas les moyens techniques pour mesurer les retombées, donner des consignes aux Français. Peut-on manger des fruits et des légumes ? Faut-il se calfeutrer ? C’est pour éviter ce type de ratage qu’on a créé cet institut [l’IRSN]. »

 

Or ce n’est pas une interview prise sur le vif, c’est un texte soigneusement préparé avant l’enregistrement. Frédéric Boisset soutient donc sans sourcilier que le SCPRI de 1986, un ancêtre de l’IRSN, n’avait pas les moyens d’alerter les Français des dangers de la radioactivité !  Quelle énormité ! En Allemagne, ils avaient les moyens d’interdire la vente des épinards et des salades, de confiner les élèves à l’intérieur mais pas en France. Frédéric Boisset nous refait le coup du nuage qui s’arrête à la frontière ? C’est invraisemblable qu’un journaliste perpétue la désinformation commencée en 1986.

 

Pourtant, l’IRSN, digne héritier de l'esprit du SCPRI, a fait ce communiqué le 15 mars 2011, jour où le nuage radioactif de Fukushima est arrivé à Tokyo : « Une légère élévation de la radioactivité ambiante à Tokyo est constatée par quelques mesures. Cette élévation n’est pas significative en termes d’impact radiologique. » Pierre Pellerin n’aurait pas dit mieux ! Dans le même temps, Olivier Isnard, expert de l’IRSN dépêché à Tokyo, préconisait le calfeutrage des locaux de l’ambassade de France. Heureusement, Philippe Faure, l’ambassadeur de France au Japon, communiquait autrement auprès de ses expatriés à 10 h : « Restez dans vos maisons, en veillant à les calfeutrer au maximum, cela protège efficacement contre les éléments radioactifs de faible intensité qui pourraient traverser Tokyo. » Mais à 20 h, il change de ton et reprend le discours officiel dicté par l’IRSN : « La situation reste à l’heure qu’il est tout à fait saine sur Tokyo. Une très légère hausse de radioactivité a été enregistrée. Elle ne présente aucun danger sur la santé humaine. » 100 Bq/m3 ne présenterait aucun danger pour la santé pour un nuage radioactif sortant directement d’un réacteur nucléaire ? Je ne suis pas plus rassuré qu’en 1986 malheureusement. La Criirad non plus, qui publiait le 14 mars 2011 ce communiqué : "Alertes nucléaires au Japon"
 

 

Le tabou de l'explosion de vapeur

 

Une dernière tromperie. L’IRSN a trafiqué la traduction des paroles de Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi. Juste après l’explosion de l’unité 3, celui-ci, affolé, appelle le quartier général pour l’informer de la situation. Tepco a livré cet enregistrement et l’IRSN l’a diffusé dans une vidéo en 2013.  Je ne connais pas le japonais mais j’ai des amis japonais qui m’ont assuré de la traduction de ses paroles. Je vous donne donc les deux versions, celle de mes amis et celle de l’IRSN. Les japanophones pourront vérifier d'eux-mêmes.

 

Version TV japonaise

https://youtu.be/OWCLXjEdwJM?t=7m38s

7:38 – 7:48

Version IRSN

https://youtu.be/tjEHCGUx9JQ?t=52m52s

52:56 – 53:06

  • QG ! QG !
  • Oui, ici le QG.
  • QG ! QG ! C’est affreux ! L’unité 3 a explosé maintenant. Je pense que c’est probablement la vapeur.
  • QG, estce que vous m’entendez ? On a un problème. Écoutez-moi s’il vous plait.
  • QG ! QG ! C’est terrible ! On a eu un problème sur le site n°3 !

 

 

Le documentaire donne une autre version : « QG, QG, c'est terrible ! C'est très grave ! - Oui, ici le QG. - Il semble qu'il y a eu une explosion sur le réacteur 3 qui ressemble à une explosion d'hydrogène ». Qui a soufflé ce texte aux journalistes ? Pourtant "Yoshida dit bien « suijôki » (vapeur) et non « suiso » (hydrogène). La traduction de l’IRSN censure donc l’hypothèse émise par le directeur de la centrale : l’explosion de vapeur. C’est normal, c’est la version officielle du gouvernement japonais et l’IRSN ne peut pas aller contre.

 

L’explosion de vapeur est un sujet tabou des communicants du nucléaire. Les experts en parlent entre eux, réalisent des études, des thèses, mais n’en parlent jamais au public car le sujet de l’explosion d’une centrale nucléaire est trop anxiogène. Si jamais on apprenait qu’une explosion de vapeur était arrivée à Fukushima, cela mettrait à mal l’image du nucléaire mondial. En France, le lobby politico-industriel a misé sa communication sur la maîtrise de l’hydrogène : toutes les centrales françaises ont des recombineurs d’hydrogène pour éviter les explosions d’hydrogène. Mais contre une explosion de vapeur, il n’y a rien à faire. Quand la cuve de confinement est pleine d’eau et que le corium à 3000°C tombe dedans, ça fait boum, que l’on soit au Japon ou en France, que ce soit un réacteur à eau bouillante ou un réacteur à eau pressurisée.

 

 

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En savoir plus sur le documentaire

 

Fukushima : la bataille de la France au nom de l’atome (Libération, Arnaud Vaulerin)

Fukushima : histoire d'une panique française (Téléobs, Arnaud Gonzague)

 

 

(dernière mise à jour 21/02/17)

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Illustration d'entête : évocation des fuites du réacteur 1 de Fukushima Daiichi (capture de l'animation du documentaire)

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 01:07

Les investigations menées par Tepco fin janvier 2017 ont permis de visualiser une partie de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur 2 de Fukushima Daiichi. A cette occasion, Tepco a fait semblant de s’étonner de deux choses pourtant très prévisibles : 1) le corium a pu faire un trou dans une plateforme métallique située juste en dessous de la cuve du réacteur. 2) l’endroit est excessivement radioactif : 530 Sieverts/h (dose létale quasi immédiate), mesure de radioactivité la plus haute jusqu’à présent révélée par Tepco.

(Mises à jour régulières en bas de page)

Le trou d’un mètre de côté observé le 30 janvier (photo Tepco)

Le trou d’un mètre de côté observé le 30 janvier (photo Tepco)

Cette découverte a été rendue possible grâce à une caméra conduite à distance. Ce n’est pas la première fois que Tepco fait des recherches dans l’enceinte de confinement du réacteur 2, mais les images obtenues jusqu’alors n’étaient pas aussi explicites.

Ouvriers à l’action dans le BR2 (photo Tepco)

Ouvriers à l’action dans le BR2 (photo Tepco)

Situation de la cavité explorée (document Tepco)

Situation de la cavité explorée (document Tepco)

Aire d’investigation (Illustrations d’après des documents Tepco)
Aire d’investigation (Illustrations d’après des documents Tepco)

Aire d’investigation (Illustrations d’après des documents Tepco)

Les employés de Tepco ont utilisé un accès existant destiné au remplacement des barres de contrôle qui ne peut se faire que par le bas. Pour cela, une ouverture est aménagée dans l’enceinte de confinement suivie d’une passerelle qui permet d’accéder à la cavité située juste en dessous de la cuve. A cet endroit, les systèmes de commande des barres peuvent être vérifiés lors des visites d’entretien et les barres de contrôle peuvent être remplacées si besoin. Voici par exemple une photo d’une inspection du dessous de cuve du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, le 8 février 2012.  

Les barres de contrôle sous le réacteur 4 de Fukushima Daini (Reuters/Kyodo)

Les barres de contrôle sous le réacteur 4 de Fukushima Daini (Reuters/Kyodo)

Ces barres sont nécessaires au bon fonctionnement du réacteur car elles permettent de réguler sa puissance. Le 11 mars 2011, les barres sont remontées automatiquement dans les réacteurs de Daiichi et ont stoppé la réaction en chaîne.

 

Aujourd’hui au réacteur 2 de Fukushima Daiichi, le paysage du dessous de cuve est tout autre, voilà ce qu’on peut en voir :

Commandes des barres de contrôle du réacteur 2 de Fukushima Daiichi (photo Tepco)

Commandes des barres de contrôle du réacteur 2 de Fukushima Daiichi (photo Tepco)

A partir d’un montage de Tepco, le site Simply Info a évalué l’emplacement du trou dans la grille ("HOLE" sur l’illustration ci-dessous).

Illustration Simply Info

Illustration Simply Info

Tepco a également fourni un plan de la plateforme avec la situation du trou :

Illustration Tepco

Illustration Tepco

Aire d’investigation et évocation des dégâts (Illustration Asahi Shimbun)

Aire d’investigation et évocation des dégâts (Illustration Asahi Shimbun)

Le caillebotis est recouvert de morceaux de matière noire qui pourrait bien être du corium solidifié. Le trou dans la plateforme, juste sous la cuve, évoque le passage du corium. Ayant pu chauffer à l’intérieur de la cuve jusqu’à 2 à 3000°C, celui-ci a facilement pu faire fondre les barres de contrôle et comme le fond de cuve est percé de multiples trous (voir photos ci-dessous), le magma radioactif n’a pas eu de mal à traverser la passoire.

Ces trous servent à faire coulisser les barres de contrôle qui sont situées sous la cuve. C'est un vieux système des réacteurs Mark-I ou Mark-II, conçus par General Electric, qui a démontré sa grande faiblesse. Aujourd'hui, il existe encore beaucoup de centrales nucléaires qui l'utiisent, notamment aux Etats-Unis. En France, le système est différent, il est actionné par le haut.

Les fonds de cuve des réacteurs de Fukushima Daiichi sont des passoires (97 trous pour le n°1, 137 pour les réacteurs 2, 3, 4, 5 et 185 pour le réacteur n°6)
Les fonds de cuve des réacteurs de Fukushima Daiichi sont des passoires (97 trous pour le n°1, 137 pour les réacteurs 2, 3, 4, 5 et 185 pour le réacteur n°6)

Les fonds de cuve des réacteurs de Fukushima Daiichi sont des passoires (97 trous pour le n°1, 137 pour les réacteurs 2, 3, 4, 5 et 185 pour le réacteur n°6)

On peut facilement imaginer, puisque trou il y a, que le corium est tombé sur le caillebotis, l’a rendu mou à cause de la chaleur et l’a déformé jusqu’à percement à cause de sa densité 20 fois plus importante que celle de l’eau. La suite logique est qu’il est tombé dans le fond de l’enceinte de confinement. Là, l’interaction corium-béton, bien connue des spécialistes, a fait disparaître le béton petit à petit. On ne connaît pas la profondeur du trou – n’ayez crainte Tepco nous l’annoncera un jour – mais peu importe, le mal est fait depuis 6 ans déjà et la pollution est permanente à cause de l’eau. L’investigation du 26 mars 2012 nous avait appris qu’il y avait 60 cm d’eau au fond de l’enceinte à une température d’environ 50°C, malgré un apport de plus de 100 m3/jour.  Le corium est donc bien proche et l’eau extrêmement contaminée file dans les sous-sols et la nappe phréatique. Le corium n’a pas besoin de s’être enfoncé dans le sol pour polluer la nappe phréatique et l’océan Pacifique.

De fait, les niveaux de pollution de la nappe phréatique en aval du réacteur 2 ont toujours été gigantesques. Les dernières données de Tepco relevées par le site Fukushima Diary montraient des niveaux importants en strontium 90 pour des échantillons pris non loin du réacteur 2, côté mer : puits 1-06 : 750 000 Bq/L, puits 1-14 : 54 000 Bq/L, puits 1-16 : 200 000 Bq/L (5 février 2016). Et il faut se souvenir que Tepco a avoué durant l’été 2013 que 300 m3 d’eau contaminée allaient directement des sous-sols de la centrale à l’océan Pacifique chaque jour.

 

Une partie du corium du réacteur 2 a pu aussi se déverser dans la piscine torique. On en retrouvera partout assurément. Il faut se souvenir du corium de Tchernobyl qui se trouve encore, 30 ans après les faits, réparti sur plusieurs niveaux de la centrale ukrainienne.

Répartition du corium de Tchernobyl. Aucun démantèlement depuis trente ans.

Répartition du corium de Tchernobyl. Aucun démantèlement depuis trente ans.

A Fukushima Daiichi, Hiroshi Miyano, professeur à l'Université Hosei et président de la commission d'étude pour le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, a déclaré que « Le niveau extrêmement élevé de radiations mesuré à un endroit, s'il est exact, peut indiquer que le combustible n'est pas loin et qu'il n'est pas recouvert d'eau ».

Mais les plus de 500 Sv/h relevés sous la cuve et le trou dans la grille risquent fort d’empêcher Tepco de poursuivre ses investigations comme il l’avait prévu. En effet, le petit robot qu’ils comptaient envoyer en éclaireur devait passer sur cette grille. Or il n’a pas été conçu pour rencontrer des débris collés à la grille ou des trous. Il était prévu également pour mener une mission de 10 heures (la dernière investigation avait donné une radioactivité de 73 Sv/h). La radioactivité ambiante réactualisée le rendra inutilisable probablement au bout d’une ou deux heures seulement.

Le robot que Tepco compte utiliser pour les explorations futures

Le robot que Tepco compte utiliser pour les explorations futures

Pour mémoire, le réacteur 2 de Fukushima Daiichi a subi une explosion, sans doute au niveau de la piscine torique, le 15 mars 2011 vers 6h10. A partir de cette date, une énorme quantité de radioactivité s’est échappée de ce réacteur qui, malgré ses murs extérieurs intacts, rejetait un panache de vapeur permanent par le trou du panneau d’évent (déjà ouvert le 13 mars 2011).

Panache de vapeur visible le 23 mars 2011

Panache de vapeur visible le 23 mars 2011

Trou du panneau d’évent du BR2 (façade est)

Trou du panneau d’évent du BR2 (façade est)

Cette radioactivité venait soit directement du puits de cuve, à la verticale du réacteur, comme le montre cette photo gamma (880 mSv/h en juin 2013) (ce qui prouve au passage que le couvercle de la cuve n'est plus étanche),

L’intérieur du réacteur 2 (d’après une photo gamma Tepco)

L’intérieur du réacteur 2 (d’après une photo gamma Tepco)

soit par une cheminée de ventilation provenant du sous-sol, qui est bien visible sur la photo ci-dessous (angle nord-ouest du bâtiment-réacteur).

Cheminée de ventilation du réacteur 2 (photo Tepco)

Cheminée de ventilation du réacteur 2 (photo Tepco)

On n’a donc pas fini de parler de Fukushima. Tepco compte sur 40 ans pour démanteler le site, mais il est probable que dans plusieurs siècles on en parle encore.

 

Pierre Fetet

 

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Documents de synthèse de Tepco

2 février :

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170202_01-e.pdf

30 janvier :

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170130_02-e.pdf

26 janvier :

http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170126_01-e.pdf

Vidéo du 26 janvier 2017

http://www.tepco.co.jp/en/news/library/archive-e.html?video_uuid=udr1gg5z&catid=61785

 

 

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Mise à jour (08/02/17)

 

Tepco a donné plus d'informations sur la localisation de la mesure de 530 Sv/h (qui d'ailleurs n'est qu'une estimation faite à partir de la caméra avec marge d'erreur de 30%).

Voici le nouveau schéma diffusé par l'opérateur qui montre l'endroit précis (point n°2) où l'estimation de 530 Sv/h a été faite, suivi de la photo reconstituée de l'endroit :

Schéma de localisation des mesures (merci à Masaichi Shiozaki pour la traduction !)

Schéma de localisation des mesures (merci à Masaichi Shiozaki pour la traduction !)

Partie de la passerelle où a été observée une masse de métal fondu très radioactif selon l'estimation (530 Sv/h)

Partie de la passerelle où a été observée une masse de métal fondu très radioactif selon l'estimation (530 Sv/h)

Si la masse fondue est du corium, on s'explique mal comment il a pu arriver à cet endroit. On observe également qu'il n'y a "que" 20 Sv/h sous la cuve (à l'entrée du socle), alors que l'on se rapproche du trou dans la plateforme. Les investigations futures dans ce secteur devront essayer de répondre à ces problématiques. Dernière remarque relevée par Masaichi Shiozaki : Tepco précise qu'au moment de l'arrêt du réacteur 2, donc en 2011, le débit de dose pour les assemblages de combustible était de plusieurs dizaines de milliers de Sv/h. Tepco nous habitue progressivement aux grands nombres. Plus on se rapprochera du corium, plus on mesurera une haute radioactivité. Ce qu'il ne faut pas confondre avec une augmentation de la radioactivité.

 

Source des deux dernières illustrations :

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/handouts/2017/images1/handouts_170206_05-j.pdf

 

 

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Mise à jour (09/02/17)

 

Selon Kyodo News, lors du nettoyage de la passerelle avec un jet d'eau à haute pression, l'image transmise par la caméra est devenue sombre. Bref, la caméra a grillé. Tepco a relevé une radioactivité de 650 Sieverts par heure, soit 120 Sieverts de plus que la dernière mesure communiquée fin janvier. De ce fait, l'opération a été interrompue. Cela ralentit (voire compromet ?) la poursuite des investigations. La passerelle doit en effet être dégagée de tout débris pour laisser passer le petit robot prospecteur Scorpion, censé supporter une radioactivité de 1000 Sv/h.

(Source : http://english.kyodonews.jp/news/2017/02/457859.html)

 

Selon Tepco, les "sédiments" (peut-être des fragments de corium) ont été détachés sur un mètre (sur les 5 mètres planifiés). Car plus on approche du socle de la cuve, plus la couche est épaisse et difficile à décoller.

 

Localisation du nettoyage (Extrait du rapport de Tepco du 9 février 2017)

Localisation du nettoyage (Extrait du rapport de Tepco du 9 février 2017)

La vidéo du décapage des "sédiments" est visible à cette adresse :

http://www.tepco.co.jp/tepconews/library/archive-j.html?video_uuid=x9n765q1&catid=69619

 

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Mise à jour (15/02/17)

 

Tepco continue de communiquer des infos sur les investigations du réacteur 2.

La photo reconstituée montre que la plateforme comporte au moins 3 trous et qu'elle est déformée par endroit.

Vue globale de la plateforme (photo Tepco)

Vue globale de la plateforme (photo Tepco)

Plan de la plateforme. Les parties rouges sont manquantes.

Plan de la plateforme. Les parties rouges sont manquantes.

Le plan de la plateforme ne montre que deux trous. La photo commentée en montre un troisième du côté sud du réacteur non représenté sur le plan. On peut en déduire que le corium a fui par plusieurs trous depuis le fond de la cuve.

Le corium, en toute logique, doit se trouver en dessous, en fond de cuve de confinement, ou encore plus bas s'il y a eu une interaction corium-béton. Pour en savoir plus, le robot Scorpion devra s'approcher d'un trou et diriger sa caméra vers le fond de l'enceinte.

Source : http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/handouts/2017/images1/handouts_170215_08-j.pdf

 

 

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Mise à jour (16/02/17)

 

Le robot Scorpion est entré dans l'enceinte de confinement et s'est avancé sur la passerelle jusqu'à la plateforme sous la cuve, mais sans pouvoir aller plus loin car une chenille ne fonctionnait plus.

Le robot Scorpion avançant sur la passerelle

Le robot Scorpion avançant sur la passerelle

Ouverture du socle (photo Tepco)

Ouverture du socle (photo Tepco)

A trois mètres du socle, le robot a relevé 210 Sv/h et 16,5°C.

Extrait du rapport de Tepco

Extrait du rapport de Tepco

Vidéo de l'exploration visible ici :

http://www.tepco.co.jp/en/news/library/archive-e.html?video_uuid=ptc4lm8y&catid=61785

 

Rapport Tepco du 16/02/17 : http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170216_01-e.pdf

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Mise à jour (25/02/17)

 

Tepco diffuse à nouveau cette image du dessous du réacteur 2 avec les barres de contrôle.

Barres de contrôle sous la cuve du réacteur 2 (photo Tepco)

Barres de contrôle sous la cuve du réacteur 2 (photo Tepco)

Il diffuse aussi une nouvelle image de l'état de la passerelle avec ses trous.

Plateforme sous la cuve du BR2 (photo Tepco)

Plateforme sous la cuve du BR2 (photo Tepco)

Tepco diffuse également un rapport, mais uniquement en japonais.

Celui-ci envisage une autre mission robotique d'exploration du réacteur 2.

Toujours par le même conduit, un robot de même type que le précédent (assez fin pour passer dans un tuyau) sera envoyé sur une passerelle qui se situe autour du socle de la cuve. Après avoir fait la moitié du tour du socle, le robot laissera pendre une caméra et un dosimètre pour voir l'état de la base de l'enceinte de confinement à côté du socle. A cet endroit, on devrait également apercevoir une ouverture d'accès au dessous de la cuve du réacteur, là où en toute logique, le corium est tombé.

 

Chose très rare pour Tepco, une flaque de corium est représentée sortant par cette ouverture. Manifestement, Tepco s'attend à en trouver sur tout le fond.

 

A droite, corium apparaissant sous forme de flaque bleue (schéma Tepco-IRID : 燃料デブリの広がり(イメージ)

A droite, corium apparaissant sous forme de flaque bleue (schéma Tepco-IRID : 燃料デブリの広がり(イメージ)

Reconstitution de la passerelle autour du socle (photo Tepco)

Reconstitution de la passerelle autour du socle (photo Tepco)

Adresse du rapport complet (en japonais)

http://www.tepco.co.jp/nu/fukushima-np/roadmap/2017/images1/d170223_08-j.pdf

Le site du Mainichi a mis en ligne aujourd'hui des photos de l'intérieur du réacteur 5 de Fukushima Daiichi. Ces photos sont très intéressantes car elles permettent de voir en net ce que le robot voit en flou dans le réacteur 2.

La passerelle d'accès aux barres de contrôle du réacteur 5 (photo Mainichi)

La passerelle d'accès aux barres de contrôle du réacteur 5 (photo Mainichi)

La plateforme sous la cuve du réacteur 5 (photo Mainichi)

La plateforme sous la cuve du réacteur 5 (photo Mainichi)

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Mise à jour (10/05/17)

 

IRID et Tepco ont édité un rapport final en anglais sur les investigations du réacteur 2.

Il a été publié par le site Simply Info avec des commentaires à cette adresse :

http://www.fukuleaks.org/web/?p=16208

 

Du nouveau au réacteur 2 de Fukushima Daiichi

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 21:51

Texte de de HORI Yasuo du 30 novembre 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

Texte original en espéranto

Le 30 novembre a eu lieu la fête de Zamenhof (événement en l'honneur de l'inventeur de l'espéranto) organisée par le Cercle de Mai dans la station thermale d'Īzaka dans la ville de Fukushima. Profitant de cette occasion, j'ai visité la ville de Fukushima et le mont Shinobu qui s'y trouve.

 

 

Comment on nettoie l'environnement dans les villes autour de la centrale nucléaire n°1 endommagée de Fukushima


     A trois minutes de marche de la gare de Fukushima se trouve ce qui s'appelle la "Plaza pour obtenir des informations sur le nettoyage" (http://josen-plaza.env.go.jp/). Dans cette Plaza, on distribue diverses informations sur la radioactivité et le nettoyage, donc, lorsque je vais à Fukushima, j'ai l'habitude de m'y rendre. Cependant, je n'ai jamais vu de visiteurs dans ce bureau et chaque fois deux ou trois préposés m'attendaient avec une expression ennuyée. Ce jour-là aussi, la situation était identique.

 

  Je m'intéresse à l'état du nettoyage dans les villes autour de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima. Sur les tableaux blancs on pouvait lire l'état actuel dans ces villes,  par exemple celui-ci :

 

Villes

Transports de déchets

dans le lieu de stockage provisoire

Nombre d'ouvriers

Progression du travail de nettoyage

Minami-Sōma

transporté

4100

Maisons 100%, Forêts 100%, Champs 100%, Routes 100%

Ītate

transporté

1400

Maisons 100%, Forêts  99.8%, Champs  99%, Routes  95%

Namie

transporté

2300

Maisons 92%, Forêts 96%, Champs 96%, Routes 87%

Ōkuma

transporté

590

Maisons 100%, Forêts 100%, Champs  100%, Routes 100%

Tomioka

transporté

1200

Maisons 100%, Forêts 100%, Champs  99.9%, Routes 99%

 

 

  La centrale nucléaire n°1 est implantée dans les villes d'Ōkuma et Futaba. Namie et Tomioka sont des villes voisines, et Ītate est situé un peu loin de la centrale, mais le nuage nucléaire a flotté vers ce village et l'a fortement contaminé. Dans ces 5 villes et village, les gens ne sont pas autorisés à vivre, mais 9590 personnes en tout y travaillent pour nettoyer la terre. La moitié d'entre eux sont des habitants de Fukushima, l'autre moitié vient d'autres départements pour gagner un salaire.

 

 

       Selon les informations ci-dessus, presque tous les sites sont déjà nettoyés, mais ici "forêts" signifie "lisière de forêt dans un rayon de 20 mètres autour des maisons." On ne peut pas nettoyer de très vastes forêts, on a donc décidé de nettoyer juste quelques arbres autour des maisons afin que les habitants puissent vivre dans leur propre maison. Par conséquent, presque toutes les forêts sont encore si radioactives qu'on ne peut y prendre du bois pour cultiver des champignons, ni y cueillir des herbes et champignons comestibles. En outre, l'eau de pluie provenant des forêts peut à nouveau contaminer le sol où sont installées les maisons. 

 

    On va construire à présent, on construit, et on a déjà achevé une petite partie de "l'avant-dernier stockage  de déchets" ( On construira le stockage final dans 30 ans en dehors du département de Fukushima, et c'est là qu'iront ces déchets, mais personne n'y croit), or de nombreux propriétaires de terrain ne sont pas d'accord pour la vente ou le prêt de leurs terrains à l'État, si bien que la construction est très lente. Selon le tableau, on transporte maintenant les déchets de ces villes dans le lieu de stockage, mais je suppose que la quantité en est très faible. La plupart des déchets se trouvent encore dans ces villes.

 

      Sur les tableaux sont écrits les noms des entreprises qui font ces travaux. Toutes sont de grandes compagnies. Certes, elles en tirent un grand bénéfice, ainsi que de la construction de barrages anti-tsunamis le long de la côte de la région de Tōhoku. Nombreux sont ceux qui souffrent des suites du tsunami et de l'accident nucléaire, mais à l'inverse, ces entreprises rient sous cape de l'immense profit engendré, et je les soupçonne d'espérer que reviennent tsunami et accident nucléaire.

 

 

Efforts pour la sécurisation des productions


Encore beaucoup de gens pensent que les produits de Fukushima ne sont pas sûrs, c'est pourquoi le département de Fukushima essaye de dissiper cette mauvaise réputation auprès des gens. Pour cette raison, on fait différents efforts; par exemple, pour le riz on effectue ceci :

   1. le nettoyage des champs par retournement de la terre de sous-couche pour la mettre en surface, labourage plus profond, grattage de la terre de surface

   2. la prévention de l'absorption de césium radioactif dans le riz par épandage de grandes quantités de potasse dans les champs, car, lorsque la terre manque de potassium, le riz absorbe davantage de césium.

   3. l'examen de tous les sacs de riz. La norme maximale de radioactivité autorisée dans les productions est de 100 becquerels / kg. On examine tous les sacs de riz, et seuls les sacs en dessous de cette norme reçoivent l'étiquette "contrôlé" et pourront aller sur le marché. En 2014, 10.968.811 sacs ont été examinés, dont aucun ne dépassait la norme. 

 

  Pareillement les fruits, les légumes, le poisson et la viande sont contrôlés puis envoyés sur le marché. Sur la base de ces efforts, le département de Fukushima explique  que les productions de Fukushima sont les plus sûres du Japon, mais la sécurité et la paix appartiennent à d'autres catégories. Même si on comprend "la sécurité" dans sa tête, dans son coeur on ne peut pas l'accepter, car maintenant encore les productions de Fukushima ne sont achetées qu'après d'âpres marchandages et les agriculteurs se lamentent.

 

 

Au pied du mont Shinobu côté sud


Le pied du mont Shinobu côté sud était un lieu de prédilection pour les habitants. Beaucoup s'y promenaient, mais depuis l'accident nucléaire seulement quelques personnes courageuses y vont. Il est très proche de la gare de Fukushima. J'ai emprunté un vélo gratuit à la gare et je m'y suis rendu.

 

Au pied de la montagne se trouve le Musée Départemental de l'Art. Entre le musée et la montagne il y a un petit ruisseau. A un endroit, il y a 3 ans, c'était contaminé à 12 microsieverts par heure (la norme maximale est de 0,23). L'an dernier, le nombre était tombé en dessous de 10. Le ruisseau à présent était plein de feuilles mortes. J'ai mesuré sur les feuilles et le chiffre a affiché environ 6 microsieverts. Le chiffre cette fois a diminué de moitié, mais cet endroit est encore trop pollué pour être habitable.

   Le pied sud de la montagne était un endroit très agréable pour les habitants, car ils pouvaient profiter d'un beau panorama en direction du mont Azuma-yama, symbole du département. Mais maintenant, à côté de toutes les maisons, on voit des sacs verts contenant de la terre polluée. J'ai mesuré la radioactivité sur ces sacs. Les chiffres étaient d'environ 0,15 donc ici c'est habitable, mais les gens ne veulent pas vivre entourés de sacs verts. Beaucoup de maisons étaient vides. Lorsque cet "avant-dernier lieu de stockage" sera terminé dans Ōkuma et Futaba, ces sacs verts y seront dirigés, mais nous ne savons pas quand cela aura lieu.

Autour du Mont Shinobu dans la ville de Fukushima

   Je me suis dirigé ensuite vers l'ouest en longeant la montagne. Il s'y trouve un centre des impôts municipal et national, et à proximité une station émettrice de télévision. Dans ce lieu il y a un énorme stockage temporaire de déchets. Peut-être y avait-il là un parking auparavant.

Autour du Mont Shinobu dans la ville de Fukushima

A côté du stockage se trouve un dosimètre avec l'information suivante:

Cet entrepôt provisoire est une installation pour préserver temporairement et en toute sécurité la terre polluée etc., avant qu'elle soit transportée vers "l'avant-dernier stockage". A cet effet, l'installation est construite pour contenir les déchets nucléaires, empêcher la radioactivité de se répandre, observer les déchets et tenir les gens à distance.
Afin de maintenir le lieu de stockage sûr et rassurant, nous mesurons la radioactivité chaque semaine et l'eau souterraine chaque mois.
Afin de ne pas endommager le beau paysage du mont Shinobu, nous avons couvert la terre polluée avec une bâche de plastique vert.

Explications tout à fait ridicules ! Le lieu de stockage s'est rapproché des habitants et les inquiète. Est-ce que la couverture verte s'harmonise avec la montagne verte ? Nous ne savons pas quand ce monticule sera transféré à "l'avant-dernier stockage" que l'on construit à côté de la centrale nucléaire endommagée. Certes, beaucoup craignent que le monticule vert ne se dresse ici à jamais.

 

 

A côté de ce monticule se trouvent des maisons provisoires pour les réfugiés de la ville de Namie. Ils sont partis de leur ville parce qu'il y a là-bas une radioactivité forte mais invisible, or maintenant ils logent face à une radioactivité visible. Sur quelques fenêtres pendaient des kakis. C'est là un paysage d'automne symbolique du Japon, mais comme ils pendent tristement ici !

Autour du Mont Shinobu dans la ville de Fukushima

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Publié par Ginette Martin - dans Textes de HORI Yasuo
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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 07:02

Texte de de HORI Yasuo du 17 novembre 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

L'Asie nucléaire (source openstreetmap)

L'Asie nucléaire (source openstreetmap)

Article original en espéranto

Le Vietnam a retardé la construction de réacteurs nucléaires


Le 6 novembre, on a appris que le Parti communiste du Vietnam avait demandé au gouvernement de retarder la construction des réacteurs nucléaires, car c'est très difficile de dépenser autant d'argent pour cette installation. 

 

En 2010, le Japon a réussi à obtenir une commande de deux réacteurs nucléaires au Vietnam, mais à cause de cette dernière décision, la construction pourra être reportée à beaucoup plus tard, alors ce sera un grave revers pour le Premier ministre japonais Abe, qui a l'intention d'exporter le plus possible de réacteurs japonais à l'étranger pour la prospérité de l'économie japonaise.

 

Au Vietnam, en mars de cette année, le gouvernement a publié que le premier réacteur commencerait à fonctionner en 2028, mais plusieurs des membres du conseil d'administration nouvellement élus craignent une détérioration de la situation financière du pays en raison de cette construction et craignent aussi le danger de l'énergie nucléaire. Cependant, le responsable du ministère de l'économie a nié la possibilité d'arrêter la construction elle-même.
(Selon le journal Mainichi, du 7 novembre 2016)

 

 

Taïwan a décidé de démanteler toutes les centrales nucléaires pour 2025

 

A Taïwan, en 2015, l'électricité provenant des centrales nucléaires constituait  14,1%, et actuellement ce sont  3 réacteurs qui fonctionnent dans trois centrales. Après l'accident de Fukushima, l'opinion antinucléaire s'est durcie, et en mai Mme Tsai Ing-wen, qui a promis d'abandonner l'énergie nucléaire, a été élue présidente de Taïwan. Tous les réacteurs à Taïwan atteindront 40 années d'âge en 2025. Dans la loi qui sera révisée sur l'industrie de l'électricité, on inscrira clairement l'abandon des projets de restauration, et l'arrêt de tous les réacteurs pour 2025.

 

Le 23 octobre, dans le journal Asahi a paru une interview avec M. Lee (李世光), le ministre de l'économie de Taïwan, que je traduis ici.

 

– Pourquoi Taïwan se dirige-t-elle vers l'arrêt des centrales nucléaires ?
M. Lee: Après l'accident de Fukushima, l'opinion publique a beaucoup changé. Le nouveau gouvernement a montré son objectif clair d'abandonner tous les réacteurs et promouvoir l'énergie renouvelable. Lorsque le monde industriel constatera que cet objectif ne va pas vaciller, il investira positivement dans l'énergie renouvelable et il créera un grand changement.

 

– Il semble que le temps va manquer.
M. Lee: Avant que nous ayons montré clairement notre objectif, on a nous opposé la difficulté de compenser les 14,1% d'électricité que nous allions perdre, et on a manifesté un doute quant à la stabilité de l'énergie renouvelable, et la conclusion a été que dépendre de l'énergie renouvelable serait difficile ; et en ce qui concerne le traitement des combustibles usagés, on a cessé de réfléchir sérieusement et on a évité de conclure. Un tel état d'esprit est le plus grand obstacle pour les énergies renouvelables.

 

– Comment changerez-vous tout cela ?
M. Lee: Maintenant produire de l'électricité à partir de l'énergie solaire est techniquement assez au point, et les panneaux solaires deviennent bon marché. Pour Taïwan va naître une grande chance. Dans le détroit de Taïwan soufflent des vents forts, donc produire de l'électricité à partir du vent est une solution des plus envisageables. Cependant il manque une technologie suffisante pour Taïwan, donc nous attendons l'aide du Japon.

Aucune source d'électricité renouvelable ne peut, à elle seule, constituer l'énergie de base, mais nous y arriverons si nous combinons diverses sortes d'énergies renouvelables. Pendant ce temps, nous exploiterons la technologie du stockage d'énergie et ferons la promotion  des économies d'électricité.

 

– Cela est-il réalisable?
M. Lee:  Alors que nous visons à rejeter les réacteurs nucléaires, nous ne devons pas nous demander si nous pourrons remplacer l'énergie nucléaire par de l'énergie renouvelable, mais nous devons réfléchir à la politique à mener pour que nous ne laissions pas le problème des déchets nucléaires à la génération qui vient.

Taïwan a sagement choisi une nouvelle présidente, et s'est dirigée dans la bonne voie, tandis qu'au Japon, on a élu ce mauvais premier ministre et on lui permet de remettre en fonctionnement toujours davantage de réacteurs nucléaires  et on lui permet même d'exporter des réacteurs japonais à l'étranger.

 

 

Le Japon et l'Inde se sont mis d'accord sur l'énergie nucléaire


    Le 11 novembre, le Premier ministre japonais et le Premier ministre indien ont signé un accord sur l'énergie nucléaire. Grâce à cet accord, le Japon pourra exporter des réacteurs nucléaires en Inde (y compris des produits nucléaires, des machines, des équipements et de la technologie).

Centrales nucléaires en fonctionnement en Inde (Les chiffres indiquent le nombre de réacteurs)

Centrales nucléaires en fonctionnement en Inde (Les chiffres indiquent le nombre de réacteurs)

L'Inde a expérimenté une bombe atomique en 1974, et en 1998 elle l'a expérimentée une deuxième fois. Elle n'a pas signé le Pacte de non-prolifération des armes nucléaires (en anglais, Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons: NPT), donc beaucoup craignent que cet accord ne facilite l'exploitation des armes nucléaires en Inde.

 

Le Japon a souffert, et souffre encore, des deux bombes atomiques larguées sur son sol, il a donc le devoir de proposer l'abolition des armes nucléaires dans le monde, mais le gouvernement actuel fait tout le contraire. M. Sakuma Kunihiko, représentant des victimes des bombes atomiques, a vivement protesté en disant :

"L'Inde n'a pas signé le Pacte. Les équipements nucléaires que nous allons exporter peuvent être utilisés pour produire des armes nucléaires.

L'accord qui vient d'être conclu est contraire à l'objectif du TNP, et en conséquence le Japon pourra se trouver engagé dans la production de davantage d'armes nucléaires en Inde ".

Le 27 novembre, le Japon refuse toujours de signer la résolution sur la tenue d'une session de l'Organisation des Nations Unies pour l'abolition des armes nucléaires. Maintenant, le Japon est devenu un pays qui ne mérite plus le respect du monde.

 

 

Tremblement de terre et centrales nucléaires en Corée

La politique nucléaire des pays voisins du Japon

Un tremblement de terre d'une magnitude de 5,8 s'est produit le 12 septembre en Corée. Ce séisme a eu lieu à proximité de deux centrales nucléaires: Wolseong ( ) avec 6 réacteurs et Kori ( ) avec 6 réacteurs ; et dans un rayon de 30 kilomètres autour de ces centrales vivent 3,8 millions de personnes. Le gouvernement insiste sur le fait que les centrales sont construites assez solidement pour résister aux tremblements de terre, mais les opposants proposent le démantèlement des réacteurs anciens et fragiles face aux séismes, et l'arrêt de la construction des nouveaux réacteurs n ° 5 et 6 dans la centrale nucléaire de Kori.
(Selon le journal Akahata du 20 septembre 2016)

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 09:03

Article original d’Akio Matsumura paru le 3 décembre 2016 sur le site Finding the missing link.

Traduction française : Odile Girard (Fukushima-is-still-news)

Read in English

 

Pour la planète Terre, une période de cinq ans et huit mois ne représente que le temps d’un éclair.

Le séisme de force 7,4 qui a frappé l’est du Japon le 22 novembre 2016 et serait une réplique du grand séisme du Japon de l’Est du 11 mars 2011, a servi à réveiller les consciences ; en tant qu’humains, nous avons en effet la mémoire terriblement courte.

Beaucoup cette fois se sont inquiétés en apprenant l’arrêt momentané de la pompe de refroidissement de la piscine de combustible nucléaire usé à la centrale de Fukushima No.2 opérée par Tokyo Electric Power Co (TEPCO)... Au tout début de la catastrophe de mars 2011, l’arrêt de la pompe de refroidissement à la centrale de Fukushima No.1 avait soulevé de sévères inquiétudes quant au combustible usé. On avait alors redouté un rejet massif de substances radioactives.

Nous craignons que cette leçon particulière de la catastrophe de 2011 n’ait déjà été oubliée.

Nous devons en toute humilité tirer les leçons de chaque désastre. Il revient à la société – aux particuliers comme aux entreprises – de continuer à envisager des contremesures viables et ce constamment.

En fin de compte, c’est la seule manière de pouvoir se préparer à la prochaine catastrophe qui pourrait se produire aujourd’hui même.

Le gouvernement japonais et le gouvernement métropolitain de Tokyo inondent l’actualité de promotions pour les Jeux olympiques de 2020 prévus à Tokyo. Devant tant de nouvelles passionnantes, nous remarquons à peine qu’on ne parle quasiment pas de l’avancement des réparations, des difficultés rencontrées par les équipes ou du nombre de zones encore inapprochables sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima. De fait, l’observateur lambda au Japon ou aux États-Unis a l’impression que les problèmes nucléaires de Fukushima ont été résolus depuis longtemps et qu’aujourd’hui tout va bien. Ce n’est bien sûr pas le cas. Je crains fort que bien des aspects de la crise nucléaire de Fukushima ne continuent à affecter la sécurité des personnes et de l’environnement.

Vue aérienne de la centrale nucléaire Fukushima Daini de Tokyo Electric Power Co., à Nahara, dans la préfecture de Fukushima, au Japon. Photo prise le 22 novembre 2016. Crédit : Kyodo Kyodo/via REUTERS

Vue aérienne de la centrale nucléaire Fukushima Daini de Tokyo Electric Power Co., à Nahara, dans la préfecture de Fukushima, au Japon. Photo prise le 22 novembre 2016. Crédit : Kyodo Kyodo/via REUTERS

Les médias ont détourné les projecteurs de la crise (Anglais) . Il est donc important de garder à l’esprit les réalités suivantes :

 

  • En raison de l’importance des radiations, personne ne peut approcher les réacteurs 1, 2 et 3. Aucune solution pour retirer les coriums n’est envisagée pour au moins 40 ans. ans.

 

  • TEPCO utilise 400 tonnes d’eau par jour pour refroidir les cœurs fondus des trois réacteurs dévastés et 400 tonnes supplémentaires s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments réacteurs endommagés. De plus, la pluie emporte dans l’océan les matériaux radioactifs restant sur le site.

 

  • Le phytoplancton (algues) qui absorbe les isotopes radioactifs de Fukushima nourrit le plancton animal et ses larves microscopiques. Ces microorganismes, première source de nourriture des poissons et des mammifères marins, sont ensuite transportés le long du courant du Pacifique nord jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord et se retrouvent en Alaska et au Chili.

 

  • Un mur souterrain de boue gelée d’une trentaine de mètres de profondeur et de près d’un kilomètre et demi de longueur – officiellement dénommé « le mur de glace » – a coûté 320 millions de dollars et est totalement incapable de remplir son objectif, qui était de réduire le passage de l’eau contaminée.

 

  • Selon le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, les mesures de décontamination coûteront plusieurs milliards de dollars par an si l’on veut vraiment améliorer la situation. Il y a peu de chances que le gouvernement japonais soit prêt à consacrer autant de son budget à cet objectif.

 

Ce que nous avons appris avec l’accident nucléaire de Fukushima, c’est que les priorités du gouvernement japonais et de TEPCO n’étaient pas de protéger le public et malheureusement, beaucoup d’éminents scientifiques nucléaires japonais ont soutenu TEPCO ou gardé le silence. TEPCO a fini par admettre, cinq ans plus tard, qu’ils avaient attendu deux mois pour utiliser le terme de « fusion » à la centrale. Pour les experts du monde entier qui observaient la situation, il était évident que les cœurs étaient en train de fondre dès lors qu’ont eu lieu des rejets massifs de gaz de fission.

 

J’ai également beaucoup de mal à accepter la façon dont l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’AIEA) a géré la situation depuis la crise initiale jusqu’à aujourd’hui. Au départ, l’AIEA a envoyé des experts à Fukushima pour évaluer la situation et aider par leur expertise le gouvernement et TEPCO. Pourquoi l’Agence ne s’est-elle pas interposée quand le gouvernement japonais a décidé une zone d’évacuation de 20 km, soit un quart de la recommandation américaine (80 km) et un dixième ( !) des 200 km –incluant Tokyo – préconisés par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ? La mission de l’AIEA est de promouvoir l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, tout en empêchant que celle-ci soit utilisée à des fins militaires, dont les armes nucléaires. Ces objectifs devraient comprendre une obligation morale de faire de la sécurité publique une priorité, et non pas de défendre les positions des gouvernements-membres et de l’industrie nucléaire.

 

CARTE INTERACTIVE : Centrales nucléaires et Index de fragilité des États

Pour utiliser cette carte : cliquer ici
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Cliquer sur chaque centrale ou sur le pays pour plus d’informations. Double-cliquer pour zoomer. Cliquer et faire glisser pour se déplacer.

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À mon avis, la probabilité d’attaques terroristes sur l’un des 430 réacteurs nucléaires existant dans le monde est forte et va en augmentant. Compte tenu des enjeux politiques, économiques et environnementaux que représente le nucléaire pour les gouvernements et l’industrie, la discussion sur la sûreté et la sécurité de l’industrie nucléaire a toutes les chances de rester opaque et limitée. Pour faire contrepoids au manque d’information, il en va de l’intérêt public d’établir un réseau indépendant d’experts en sûreté et sécurité nucléaires. Hans-Peter Durr, récemment disparu, ancien directeur du département d’Astrophysique à l’Institut Max Planck en Allemagne, m’avait dit quelques jours après le début de la crise de Fukushima, qu’après un accident nucléaire, une solution scientifique pour y mettre fin peut prendre des décennies. Selon lui, le seul moyen de minimiser les dégâts serait de rassembler des experts en divers domaines pour arriver à avoir une vue d’ensemble de l’accident nucléaire.

 

Il est très encourageant de constater l’ampleur du soutien que j’ai reçu pour établir le Conseil consultatif international de l’Alliance pour l’action en cas d’urgence nucléaire (NEAA). Beaucoup de gens m’ont aidé à recruter des experts dans de nombreux domaines : ingénierie nucléaire, médecine, santé et justice environnementales, armée, biologie, activisme social, industrie et réseaux sociaux. Les membres de notre conseil sont des sommités dans leur domaine ; tous sont reconnus et recommandés tant par leurs collègues que par le public. (Remarque : Dans ce conseil, nous ne représentons que nous-mêmes. Les détails professionnels ne sont là que pour le contexte.)

 

Je suis extrêmement heureux d’introduire les membres actuels du Conseil consultatif international de la NEAA.

Prénom

Nom de famille

Détails professionnels

Pays

Robert

Alvarez

Founder of the Environment Policy Institute

USA

Claus

Biegert

Director of the Nuclear-Free Foundation

Allemagne

Oleg

Bodrov

Chairman of Green World

Russie

Rinaldo

Brutoco

Founding President of the World Business Academy

USA

Helen

Caldicott

Founding President of Physicians for Social Responsibility

Australie

Agnes

Denes

International Conceptual and Environmental Artist, pioneer of the ecological art movement

USA, née à Budapest, Hongrie

Arne Johnanson

Fjortoft

Fonder of the Worldview International Foundation

Norvège

Subrata

Ghoshroy

Research affiliate at the Program in Science, Technology, and Society at the Massachusetts Institute of Technology

USA

Roza (Rose)

Goncharova

Head of Genetic Safety Laboratory, National Academy of Science of Belarus, Institute of Genetics and Cytology

Biélorussie

Pervez

Hoodbhoy

Member of the Permanent Monitoring Panel on Terrorism of the World Federation of Scientists

Pakistan

Scott

Jones

Career naval officer, Qualified nuclear weapons delivery pilot

USA

David

Krieger

Founder of the Nuclear Age Peace Foundation

USA

Yves

Lenoir

Social movement for children of Chernobyl. President of the French Association Enfants de Tchernobyl Belarus

France

Claus

Montonen

Professor of Elementary Particle Physics at University of Helsinki

Finlande

Eisuke

Matsui

Director of Gifu Research Institute for Environmental Medicine

Japon

Akio

Matsumura

Founder of NEAA, Founder of the Global Forum of Spiritual and Parliamentary Leaders

Japon

Mitsuhei

Murata

Former Japanese Ambassador to Switzerland

Japon

Andreas

Nidecker

Founder of Physicians for Social Responsibility/International Physicians for the Prevention of Nuclear War/Switzerland (PSR/IPPNW/Switzerland)

Suisse

Michel

Prieur

President of the International Center of Comparative Environmental Law (CIDCE), Professor Emeritus of University of Limoges

France

Muhammad

Riaz Pasha

Scientist and former Adviser/ Technical Consultant to the Pakistan Atomic Energy Commission

Pakistan

Alex

Rosen

Vice President of the International Physicians for the Prevention of Nuclear War Germany

Allemagne

Vinod

Saighal

Major General (ret), Executive Director of Eco Monitors Society

Inde

Jurgen

Scheffran

Professor of Climate Change and Security at University of Hamburg

Allemagne

Alice

Slater

Lawyer, Nuclear Age Peace Foundation

USA

Gordon

Thompson

Executive Director of Institute for Resource and Security Studies

USA

Francisco Chico

Whitaker

World Future Council (WFC), Catholic Commission for Justice and Peace

Brésil

Remarque : l’IPPNW a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985.

Nous ne savons pas quand, ni où, ni comment un accident nucléaire se produira, mais nous devons admettre le fait que les gouvernements et l’industrie feront tout leur possible pour masquer les dangers au public.

 

De nos jours, nous avons accès à l’information et les moyens de connecter des experts pour analyser, interpréter et communiquer cette information. Le défi auquel nous sommes confrontés est de mettre en place et de maintenir un réseau efficace, indépendant, qui serve à défendre l’intérêt public.

 

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 07:00

Texte de de HORI Yasuo du 1er novembre 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

 

 

Derniers mouvements en date contre la politique nucléaire

Texte original en espéranto

Les débats au tribunal de ma ville ont pris fin


Le 31 octobre a eu lieu la fermeture des débats au tribunal de Maebashi, dans le département de Gunma. Les magistrats ont annoncé qu'ils rendraient leur verdict le 17 mars 2017. Il s'agissait d'une demande de fonds de compensation de la part des victimes habitant ici en raison de l'accident nucléaire de Fukushima en mars  2011.

 

Le 11 septembre, le groupe de plaignants constitué de 137 personnes de 45 familles de Fukushima, vivant principalement dans le département de Gunma, a exigé devant le tribunal une indemnisation de TEPCO. Le 25 avril 2014, la première des plaidoiries verbales a eu lieu. Le 15 décembre, tous les 137 plaignants ont présenté leur affaire. En tout 25 séances ont eu lieu et finalement, le 31 octobre 2016,  les débats ont été terminés.

 

Dans ce jugement, le groupe des accusateurs a donné les arguments suivants :


1. Les plaignants ont été chassés de leur maison à cause de l'accident de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima. Ils ont perdu leur foyer, base de leur vie et de leur bonheur de vivre. Cinq années plus tard, certains ne peuvent pas encore revenir à Fukushima, certains vivent séparés des membres de leur famille et d'autres vivent seuls ici dans un endroit qui leur est étranger.

 

2. Ils exigent qu'au tribunal on leur explique les causes de l'accident. On pouvait prévoir un tsunami exceptionnel, mais TEPCO n'a rien fait pour prévenir l'accident, et l'État n'a pas donné de consignes à la compagnie. Ils sont tous deux coupables de l'accident.

 

3. Ils demandent que le tribunal fasse rapidement son travail pour sauver au plus tôt les victimes en difficulté. 

 

    4. Ils exigent 10 millions de yens (86 500 euros) de compensation de TEPCO.

 

    J'ai souvent assisté à l'audience du tribunal, et j'ai senti que la présidente Hara éprouvait de la sympathie pour le groupe de plaignants et avait au contraire une position sévère envers les avocats de TEPCO et de l'État. Elle a écouté sincèrement les plaidoiries des plaignants. Elle a consenti à un verdict rapide comme le demandaient ceux-ci, si bien qu'une audience s'est tenue presque tous les mois, de sorte que le verdict sera le premier sur les 20 procès similaires se déroulant au Japon.

 

Au sujet de la sincérité de la présidente quelqu'un a écrit ces lignes:

 

Des 25 audiences, la plus impressionnante a été celle du 25 avril 2014. C'était la première audience et une femme a témoigné. Elle a parlé de la façon dont elle avait fui et atteint le département de Gunma, elle pleurait et tremblait, et pour finir elle s'est écroulée. Tout le monde la regardait avec une grande inquiétude. Elle n'était pas très mal en point, mais elle a dû sortir du palais de justice avec l'aide des responsables du tribunal. Ensuite la présidente a lu le reste de sa plaidoirie jusqu'au bout, et elle a déclaré que cela devait être considéré comme la plaidoirie de cette femme. J'ai été ému par sa sincérité.

 

Après la fermeture des audiences, est arrivée la réunion de synthèse. On y a fait un rapport sur 5 années de procès et ensuite deux accusatrices ont dit un mot en prenant congé. Je vais traduire les paroles de Mme Tanyi Sugie.


Je vous remercie de tout cœur de votre présence et de votre soutien. Je suis sûre que votre appui constant a encouragé le jury et sera un puissant levier pour une possibilité de verdict équitable.
J'ai perdu deux parents après l'accident nucléaire, c'est pourquoi aujourd'hui je suis venue ici en habit de deuil.
En juillet 2011, je me suis réfugiée dans la ville de Maebashi, laissant derrière moi mes chers amis. Je suis une réfugiée volontaire, non contrainte par le gouvernement, parce que mon mari et moi vivions en dehors de la zone interdite, donc j'ai toujours eu un sentiment de culpabilité depuis. Chaque jour, je me demandais si mon choix avait été juste, et si nous n'aurions pas dû rester là pour lutter ensemble. Aujourd'hui sont venues 15 personnes de la ville où j'habitais, donc je suis d'autant plus heureuse de les voir.
Je suis également reconnaissante aux avocats, qui nous ont soutenus au cours des 3 dernières années. Ils nous ont sincèrement tendu leurs mains secourables. Dans le Gunma, chaque plaideur est pris en charge par son avocat particulier. Tout le monde était venu à la barre des témoins avec beaucoup d'inquiétude et de peur. A ce moment-là les avocats et les sympathisants nous ont soutenus chaleureusement. Nous vous remercions du fond du cœur. Nous avons ainsi marché main dans la main avec une forte confiance.
J'ai plaidé deux fois. J'ai commencé les plaidoiries par ces mots "TEPCO doit compenser nos journées perdues dans la terreur et la solitude" et j'ai fini par ces mots "S'il n'y avait pas eu de centrale nucléaire, s'il n'y avait pas eu cet accident nucléaire, ...". Toutes les victimes ont leurs propres difficultés, mais ce qui les a causées, c'est l'accident nucléaire.
Le jour de l'accident, sans aucune information sur les pollutions aériennes, beaucoup de gens sont restés dans cet endroit dangereux et de nombreux parents ont fait la queue avec leurs enfants sous la pluie et la neige en attendant de l'eau. Ils regrettent d'avoir agi ainsi ce jour-là et ils s'en veulent. Ensuite, le gouvernement a déclaré qu'une radioactivité de 20 ou même de 100 millisieverts/an n'était pas dangereuse, mais peut-on le croire?
Qui peut rassurer les mères qui tremblent et qui pensent qu'une bombe nucléaire installée dans le corps de leurs enfants pourra exploser à tout moment ? Qui est coupable, et qui devra leur demander pardon? Qui doit répondre à la question d'un enfant: "Est-ce que je grandirai? Combien de temps pourrai-je vivre?". Même si nous pourrons rentrer chez nous, nous ne pourrons pas retrouver notre ancienne vie tranquille.

Pendant les audiences, Mme A, qui s'est réfugiée avec ses trois enfants, a raconté d'une voix tremblante qu'à partir de ce jour-là l'enfer avait commencé. Mme B a perdu son mari pendant l'exode, Mme C a renoncé à avoir un bébé, Mme D était dans l'inquiétude, craignant que ses enfants ne soient pas acceptés par leurs camarades de classe à l'école..., tous les 137 plaignants ont raconté leurs difficultés; avec leurs jambes qui tremblaient et avec des larmes, ils expliquaient le danger de l'énergie nucléaire, se présentant comme des personnes sincères et fières, et ils demandaient que TEPCO et le gouvernement leur présentent des excuses.

 

A chaque audience, les dossiers augmentaient et s'entassaient sur la table des avocats. Toutes les paroles qui y figuraient montraient une accumulation de chagrins, de pertes et d'angoisses chez les habitants de Fukushima. Mais TEPCO et le gouvernement n'ont jamais accepté une seule page de nos plaintes. Au contraire les agresseurs se dressent avec arrogance au-dessus des agressés.

 

Ce que nous pouvons faire maintenant, c'est exiger un verdict juste, et serrer plus fort les mains de nos amis. Nous ne demandons pas l'aumône à TEPCO et au gouvernement, mais nous exigeons d'être indemnisés comme notre droit.

 

Il y a 60 ans, le gouvernement a officiellement reconnu que la maladie de Minamata avait été causée par la société Tshiso qui avait déversé du mercure dans la mer, et ce problème a reçu un commencement de solution, mais il y a encore des gens qui souffrent sans compensation et sans aide médicale. Notre bataille contre la radioactivité invisible, inodore et indolore, durera longtemps par delà les générations, avec la crainte d'une maladie qui pourra éclater à tout moment. Tous les malades disent: "Qu'elle n'arrive plus jamais, la souffrance qui est la nôtre actuellement". Toutes les victimes de Fukushima sont d'accord.

Nous avons expérimenté le pire et le plus grand malheur, c'est pourquoi nous voulons faire ce que nous pouvons faire maintenant pour l'avenir, pour le monde à venir. C'est avec cette conviction que nous avons soumis notre affaire à la justice."
Le tribunal rendra son verdict en mars 2017, mais ce sera seulement le début de notre lutte. TEPCO et le gouvernement feront appel sans avoir honte quand ils auront ici un verdict défavorable. Jusqu'à ce qu'ils acceptent leur culpabilité et nous demandent pardon et que nous retrouvions une vie tranquille, après avoir reçu une compensation suffisante, nous avons décidé de nous battre, et nous ne renoncerons pas à la bataille.
A vous, les avocats et les sympathisants, nous adressons nos remerciements chaleureux. Jusqu'à la victoire finale, marchons ensemble main dans la main.

 Deux gouverneurs opposés à l'énergie nucléaire ont été élus


   En juillet a été élu M. Mitazono Satoshi comme gouverneur du département de Kagoshima, dans lequel se trouve la centrale nucléaire de Sendai. Il a exigé l'arrêt de cette usine, bien qu'il n'ait pas le pouvoir de l'ordonner. La société Kyūshū, qui possède cette centrale, a rejeté sa demande. L'avis du gouverneur, c'est-à-dire l'opinion de ses administrés, est d'une grande importance, donc l'entreprise ne peut pas simplement l'ignorer. Dans le département voisin de Kagoshima ont eu lieu de grands tremblements de terre successifs en avril, de sorte que les habitants de Kagoshima ont une grande peur d'un accident de la centrale nucléaire dans leur département. 

 

En octobre a été élu M. Yoneyama Ryūitshi à la tête du département de Nīgata. A Nīgata se trouve la plus grande centrale nucléaire du monde, à savoir celle de Kashiwazaki-Kariwa. Dans cette centrale, qui dispose de sept réacteurs, a eu lieu en 2007 un gros accident causé par un tremblement de terre. A présent, plus aucun réacteur ne fonctionne, mais TEPCO a l'intention de les remettre en route.

 

Le gouvernement va décider de démanteler le surgénérateur de Monju, qu'on a échoué à remettre en route au cours des 20 dernières années, bien qu'on ait dépensé 1000 milliards de yens (8,65 milliards d'euros). Le gouvernement a prévu de produire du plutonium à partir d'uranium usagé à Monju pour que le Japon possède éternellement un combustible nucléaire bon marché. Que ce soit pour garder Monju ou pour le mettre au rebut, nous aurons besoin de beaucoup d'argent et on ne sait pas comment le démanteler en toute sécurité.

 

Selon un sondage réalisé par le journal Asahi, 57% des Japonais sont opposés à la remise en route des réacteurs nucléaires, tandis que 29 % l'approuvent.

 

 

Les pays voisins


    A Taïwan, le cabinet a décidé d'arrêter tous les trois réacteurs jusqu'en 2025. Après l'accident nucléaire de Fukushima, le mouvement contre l'énergie nucléaire a évolué, si bien qu'on a  décidé de ne plus construire le réacteur n°4  qui est en cours de construction.
(Selon le journal Akahata du 24 octobre 2016)

  

Au Vietnam, beaucoup de gens sont opposés au fonctionnement de trois réacteurs chinois, qui sont situés à proximité du Vietnam. On avait prévu de construire une centrale nucléaire sous la direction du Japon, mais après l'accident nucléaire de Fukushima, la crainte a augmenté, si bien que le gouvernement a décidé de reporter la construction à 2020.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 09:32

Situation de l’épicentre par rapport à la centrale de Fukushima DaiichiAlors que le Premier ministre japonais, depuis l’Argentine, donnait un ordre d’évacuation concernant 100 000 personnes, on a tremblé aussi hier soir à Fukushima Informations en apprenant la nouvelle d’un tsunami. A 5h59 au Japon et 22h59 en Europe, un tremblement de terre d’une magnitude annoncée de 7,3 (puis abaissée à 6,9) a eu lieu au large de la centrale de Fukushima Daiichi, produisant un tsunami annoncé de 3 m (en réalité jusque 1,4 m aux alentours de Sendai). Les souvenirs des évènements de mars 2011 se sont soudain réactivés. Quelques personnes ont été légèrement blessées et un début d’incendie a été signalé dans une raffinerie. Mais l’alerte a été levée. Selon Tepco, aucun problème majeur n’a été recensé sur le site de Fukushima Daiichi. Cette secousse de rappel nous fait cependant frémir avec raison, car les problèmes atomiques sont loin d’être réglés.

Le séisme a eu lieu à 33 km de la centrale de Fukushima Daiichi. Ce n’est pas la première fois que ce point précis tremble. Déjà en 2011, il avait donné plusieurs séismes d’une magnitude supérieure à 6. Sa profondeur est très faible : 10 km. Les séismes d’une magnitude supérieure à 4 sont le plus souvent à une profondeur de 20 à 40 km. Le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 s’était produit par exemple à 32 km de profondeur. Or plus l’épicentre est proche de la surface, plus il est dévastateur car l’onde de choc est moins amortie. Je ne suis pas sismologue mais c’est ce que je remarque : l’homme est suffisamment idiot pour construire des centrales nucléaires à 30 km d’une faille active...

En ce point précis, la première secousse a eu lieu à 3h25, magnitude 4,6 : pas de quoi réveiller les Japonais qui ont l’habitude de ce genre de séisme qui est ressenti faiblement en intensité sur la côte (intensité 1 à 2). Mais à 5h59, le séisme de magnitude 7,3 provoque l’alerte générale et les ordres d’évacuation. Un tsunami de 3 m est annoncé.

Le tremblement de terre a provoqué l’arrêt du système de refroidissement de la piscine n°3 de combustible de la centrale nucléaire à l’arrêt de Fukushima Daini, située à 12 km au sud de celle de Fukushima Daiichi. Cette information n’est pas anodine car la piscine n°3 de cette centrale contient 2544 assemblages de combustible nucléaire qu’il est impératif de refroidir en toute circonstance, sans quoi il y a risque d’évaporation de l’eau et d’embrasement aérien du combustible. Cela nous rappelle que même sans explosion de centrale et sans guerre, le feu nucléaire est toujours possible à cause de l’existence même de piscines de combustible sans enceinte de confinement.

Piscine de Fukushima Daini : c’est beau, c’est propre, mais c’est extrêmement dangereux

Piscine de Fukushima Daini : c’est beau, c’est propre, mais c’est extrêmement dangereux

Ce séisme qui finalement n’aura pas d’autres conséquences apparentes a été suivi de nombreuses répliques, 44 à l’heure où j’écris :

Heure (JST)

Latitude

Longitude

Profondeur

Magnitude

Région

03:25 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.6E

20 km

4.6

Fukushima-ken Oki

05:59 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.6E

10 km

7.3

Fukushima-ken Oki

06:10 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.4E

40 km

5.4

Fukushima-ken Oki

06:39 JST 22 Nov 2016

37.3N

140.9E

50 km

5.5

Fukushima-ken Hamadori

06:51 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.5E

30 km

4.9

Fukushima-ken Oki

08:23 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.6E

20 km

4.7

Fukushima-ken Oki

08:40 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.5E

40 km

4.6

Fukushima-ken Oki

08:52 JST 22 Nov 2016

38.0N

141.3E

10 km

3.8

Miyagi-ken Oki

08:56 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.4E

20 km

4.0

Fukushima-ken Oki

09:03 JST 22 Nov 2016

37.4N

141.6E

40 km

4.4

Fukushima-ken Oki

09:04 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.6E

20 km

4.1

Fukushima-ken Oki

09:08 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.5E

40 km

4.1

Fukushima-ken Oki

09:14 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.4E

20 km

3.7

Fukushima-ken Oki

09:18 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.5E

20 km

3.9

Fukushima-ken Oki

09:19 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.5E

30 km

3.6

Fukushima-ken Oki

09:28 JST 22 Nov 2016

37.2N

141.4E

40 km

4.0

Fukushima-ken Oki

09:29 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.5E

30 km

3.8

Fukushima-ken Oki

09:32 JST 22 Nov 2016

37.3N

141.6E

30 km

4.4

Fukushima-ken Oki

09:36 JST 22 Nov 2016

37.4N

141.6E

20 km

4.0

Fukushima-ken Oki

09:47 JST 22 Nov 2016

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30 km

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09:49 JST 22 Nov 2016

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09:53 JST 22 Nov 2016

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very shallow

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10:09 JST 22 Nov 2016

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10:19 JST 22 Nov 2016

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10:31 JST 22 Nov 2016

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10:38 JST 22 Nov 2016

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11:15 JST 22 Nov 2016

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11:16 JST 22 Nov 2016

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11:24 JST 22 Nov 2016

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12:06 JST 22 Nov 2016

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12:32 JST 22 Nov 2016

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12:38 JST 22 Nov 2016

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13:04 JST 22 Nov 2016

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13:26 JST 22 Nov 2016

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14:17 JST 22 Nov 2016

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14:48 JST 22 Nov 2016

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15:14 JST 22 Nov 2016

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16:32 JST 22 Nov 2016

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17:03 JST 22 Nov 2016

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17:14 JST 22 Nov 2016

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17:25 JST 22 Nov 2016

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17:49 JST 22 Nov 2016

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18:49 JST 22 Nov 2016

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19:10 JST 22 Nov 2016

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20 km

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Carte du séisme de 5h59 diffusée par la Japan Meteorological Agency

Carte du séisme de 5h59 diffusée par la Japan Meteorological Agency

Arrivée de la vague à 8h41 à Tagajo, près de Sendai (@yabatters)

Arrivée de la vague à 8h41 à Tagajo, près de Sendai (@yabatters)

Penser que Fukushima, c’est réglé, est une erreur. L’épée de Damoclès est toujours là. Alors que 300 tonnes d’eau hautement radioactive se déversent chaque jour dans l’océan Pacifique, alors que trois coriums se retrouvent dans les sous-sols des réacteurs 1, 2 et 3, il y a encore 3 piscines à vider sur le site de Fukushima Daiichi :

- piscine 1 : 392 assemblages

- piscine 2 : 615 assemblages

- piscine 3 : 566 assemblages

 

Ce qui fait en tout 1573 assemblages, soit la bagatelle de 270 tonnes de combustible nucléaire encore prisonnier des ruines ou de la radioactivité. Tepco vient d’annoncer qu’ils ne pourraient pas respecter leur feuille de route et qu’ils repoussaient le vidage de la piscine 3 qui était prévu en mars 2018. La raison invoquée est qu’il y a trop de radioactivité et qu'il faut protéger les travailleurs. Ça ne serait pas étonnant qu’ils reportent cette opération à haut risque après les JO de 2020, de peur que cela ne fasse trop de vague et ternisse l’image d’un Fukushima « propre » que le gouvernement Abe, aidé des médias, construit petit à petit…

 

Pierre Fetet

_________________

Mise à jour 22/11/16 20h40

 

Le site de Fukushima Daiichi a quand même été bien secoué lors de ce séisme. Tepco vient d'avouer que de l'eau de la piscine commune était sortie de la piscine et s'était répandue sur une surface de 2 x 3 m (source : Fukushima Diary). C'est un peu comme si on donnait un coup de pied dans une cuvette d'eau. L'onde de choc provoque un tsunami dans la mer et fait de grosses vagues dans les piscines. Il ne faudrait pas qu'il lui arrive quelque chose de fâcheux à cette piscine parce que pour le coup, celle-là est à toc : plus de 1000 tonnes de combustible nucléaire y sont entreposées !

 

Tepco dit aussi que le poste de surveillance de la radioactivité de l'océan situé à l'extrémité de la jetée du port de la centrale a été mis hors service en raison du tremblement de terre.

 

Iori Mochizuki remarque avec raison que Tepco s'était empressé, 40 minutes après le séisme, de dire que le tsunami d'un mètre de hauteur n'avait pas affecté la centrale...

 

On a appris aussi par l'Asahi que Tepco avait coupé manuellement le transfert de l'eau contaminée pour éviter une fuite éventuelle durant le tsunami (source : http://www.fukushima-is-still-news.com/)

 

Enfin, selon le Japan Times, ce tremblement de terre est une réplique du séisme de 2011. Il aurait été provoqué par une plaque de roche qui aurait glissé verticalement, créant un écart dans le niveau des fonds marins et poussant l'eau de mer. Selon Tepco, les accélérations constatées à la centrale de Fukushma Daiichi auraient été de  54,2 gal, 68,4 gal et 65,9 gal. (source Fukuleaks)

Les Japonais évacuant les côtes au petit matin (photo AP/SIPA)

Les Japonais évacuant les côtes au petit matin (photo AP/SIPA)

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 11:51

Cet article de Pierre Péguin a été publié le 7 novembre 2016 sur le site de la Coordination Antinucléaire Sud-est. Il explique ce qu’est le programme Ethos pour les pays contaminés actuels et futurs.

 

 

 

 

0,56 µSv/h dans une maison pour cette famille de la préfecture de Fukushima, soit 4,9 mSv/an (photo 福島の子供を守れ)

 

 

Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos,

un crime contre l'humanité

 

Pierre Péguin, automne 2016

 

 

Pour reprendre les termes d'une récente tribune libre*, les aménageurs de la vie mutilée (vie dite aussi demi-vie**), prétendent que la contamination, dangereuse en principe, s’avérerait en fait inoffensive dans la vie réelle. C'est un mensonge d'une extrême violence, une insulte aux proches des victimes et aux survivants, dans le but de restreindre les évacuations et les mesures de protection, exposant ainsi les populations touchées aux terribles dégâts sanitaires. C'est un crime.

Il s’agit donc d’endiguer l’horreur des effets de la contamination en la camouflant, en prétendant qu’on peut échapper au danger en s’y confrontant, en gérant sa peur.  Car il s'agit bien en effet de bloquer toute velléité d'hérésies remettant en cause la religion de l'atome, et pour cela d’emplir discrètement les hôpitaux de malades et les cimetières de victimes, plutôt que d'évacuer et de soigner les populations des terres devenues inhabitables. Pas question donc de reconnaître l'inhumanité et la terrible dangerosité de l'atome.

Dans ce qui suit on va voir comment et pourquoi tout est fait pour cacher le crime atomique et ce qu'il en coûte aux populations, avec une grande responsabilité de la nucléocratie française et en particulier de deux de ses principaux représentants Jacques Lochard et  Gilles Hériard-Dubreuil.

 

*Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault. http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

**Michael Ferrier, « Fukushima – Récit d'un désastre » 2012.

 

 

Les enfants sont particulièrement touchés par les catastrophes, un seul traitement disponible : la pectine.

 
En pleine croissance, les enfants sont particulièrement fragiles face à la contamination par les  radioéléments dispersés dans l'environnement que ce soit par les catastrophes atomiques jusqu'à des milliers de km, ou par les multiples incidents qui émaillent le fonctionnement des centres nucléaires. Que faire pour protéger la multitude d’enfants malades ou bien affaiblis vivant dans les territoires contaminés ? Principales victimes, leur situation s'aggrave d'année en année,  en fonction de la teneur de leur corps en Césium137 et Strontium 90.

C'est le césium qui se loge dans tous les organes (un peu à la façon du potassium) qui est le plus facile à mesurer pour apprécier la nécessité de donner un traitement. Seule la pectine connue pour permettre l'élimination des métaux lourds ,dont ces radioéléments, peut soulager ces jeunes.
L’expérience acquise au Bélarus montre que des cures de trois semaines de pectine de pomme vitaminée permettent de diminuer la charge de césium, donc de diminuer les dommages. Ces cures peuvent être renouvelées tous les trois mois et doivent s’accompagner de mesures de précaution dans le choix et la préparation de la nourriture.


Mais le lobby de l'atome a bloqué la généralisation de cures de pectine.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la pectine de pomme est un véritable adversaire du lobby atomique. C’est la seule explication de la guerre qu’il lui fait. En effet ceux qui sont chargées de veiller à la protection contre les effets du nucléaire, prétendent que les malades ne sont victimes que de stress et de peurs irraisonnées qui annihilent le système immunitaire. Pour la CIPR* et le CEPN**  reconnaître qu'une cure de pectine, connue pour sa capacité à éliminer le césium et le strontium, est efficace pour améliorer la santé des enfants, c'est reconnaître qu'ils sont bien contaminés. Ainsi au nom de la religion de l'atome on condamne des centaines de milliers de jeunes à une vie amputée.
Il est criminel de la part de nos organismes d’État de proposer à la Biélorussie et au Japon qui ne demandent que ça, l'application du programme Ethos-Core dont le rôle est d'étouffer les effets de la radioactivité, pour sauver l'image de l'industrie atomique et celle du pays, et ce aux dépens des victimes abandonnées à leur sort.
Et, soyons-en sûrs, il en sera de même chez nous en cas de catastrophe, tout sera fait pour en minorer les effets, pour cacher la réalité des risques et des dégâts humains, le but étant de sauver l'industrie nucléaire quel qu'en soit le prix, au nom de l'identité et de la "grandeur" de la France.…


Réclamons que la pectine soit fournie aux enfants de la deuxième génération de Tchernobyl, quasiment tous malades, et à ceux de la première génération de Fukushima. En vue de la catastrophe atomique qui nous menace de plus en plus, réclamons également que la pectine soit disponible  pour la distribution en France, comme l’iode pour la thyroïde.


C'est par les études réalisées dans le cadre des projets Ethos et Core que la stratégie du lobby de l'atome a été précisée, il faut donc expliquer de quoi il s'agit, pour comprendre ce qui se passe en Biélorussie, au Japon et ce qui est prévu pour nous….

 

Le projet franco-européen Ethos  

 

Le projet ETHOS a été mis en œuvre par une équipe de recherche impliquant quatre organismes scientifiques : le Centre d’étude sur l’Evaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN), l’Institut National d’Agronomie de Paris-Grignon (INAPG), l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) et le groupe d’étude Mutadis qui en a assuré la coordination. Il a été présenté comme devant améliorer durablement les conditions de vie des habitants affectés par la présence à long terme de contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl.

Il s'agit en fait de plusieurs programmes successifs, toujours financés par l'Europe et la France (qui y a intérêt), Ethos 1 puis 2, Core, Sage (dans la suite on les appellera « projet Ethos » , voire « éthos », pour simplifier). Ils ont été expérimentés sur les populations vivant en territoire contaminé par Tchernobyl,  dans des bourgs situés au sud-est de la Biélorussie, à 200 km environ de Tchernobyl. 

Le but officiel a été d'étudier comment aider la population à vivre en territoire contaminé par la radioactivité. Le but réel est de prétendre qu'on peut y vivre, quitte à observer des précautions élémentaires, d'autant que tout est fait pour convaincre qu’il y a peu de contamination, et qu’on peut s’y adapter. Ces campagnes sont soutenues par des « experts » francais  (Gilles Heriad‑Dubreuil, Jacques Lochard) et internationaux, membres des organismes chargés de la sécurité du nucléaire.

Ces intervenants nient la réalité d'une contamination dangereuse. Leur stratégie criminelle va même jusqu'à annoncer que les dommages subis par les habitants ne sont pas dus à la radioactivité, mais à la peur et la phobie du nucléaire qui les rendent fragiles et malades. Donc toute thérapie comme la distribution de pectines, n'a pas lieu d'être… Tout cela arrange bien le gouvernement du pays pressé de se débarrasser de cette sale affaire.  
Et il en est de même au Japon où Jacques Lochard y sévit pour favoriser la relance du nucléaire sous la tutelle française qui a besoin de ce précieux client..

Il en sera de même pour nous après la catastrophe, il est prévu d'évacuer le moins possible d'habitants, et de persuader ceux qui restent que c'est sans risques…. Quitte à imposer une norme de dose reçue très importante: En France, la norme actuelle est 1 mSv/an, mais s’il y a un accident, ce sera 20 mSv/an et si on a la malchance d’habiter trop près du désastre, on aura droit à 100 mSv/an.  La contamination des aliments est prévue aussi d’être multipliée dans tous les pays européens de façon à ne pas gêner les échanges et les exportations (business as usual).

L’épidémie de maladies mortelles ou handicapantes qui se développeront plus tard avec douleur ne comptent pas pour nos dirigeants, les dégâts de santé et génétiques étant reportés dans le temps, la criminalité de la démarche sera diluée, d’autant que les habitants seront rendus responsables de effets de la catastrophe dont ils sont pourtant victimes. …. 

 

Le projet Ethos ne constitue-t-il pas un crime contre l’humanité, dont les responsables sont la CIPR et le CEPN ?

 

Quelques chiffres pour bien voir les enjeux : (cf communiqué de la Criirad du 3/10/2016). En situation normale, la limite maximale de dose applicable au public est de 1 mSv/an et cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé : si 66 millions de Français recevaient une dose de 1 mSv, cette exposition provoquerait en effet, à terme probablement plus de 22 000 cancers radio-induits, sans compter toutes les pathologies non cancéreuses, les malformations et maladies génétiques. Si l’on multiplie ces chiffres par 20 ou par 100, les niveaux de risque retenus par les autorités donnent le vertige.

Il souligne également le nombre très élevé de ceux qui seront exposés à des doses inférieures mais qui n’en sont pas moins inacceptables : des nourrissons, des enfants, des ados pourraient recevoir tout à fait légalement des doses de 10 mSv/an, c’est-à-dire des doses qui ne sont envisageables que pour des travailleurs du nucléaire.

Plus les niveaux de références sont élevés et plus s’allègent les dépenses de mesures de  protection des personnes et d'indemnisation des dommages. Le choix des autorités est tout à fait cohérent, rappelons en effet que l’industrie nucléaire est dispensée de l'application du principe pollueur-payeur : pour l’essentiel, les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe seront supportées par ses victimes et par l’État. La décision de fixer des niveaux de référence aussi élevés est le fruit de 20 ans d'efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français (CEPN). Plutôt que de proposer des indemnisations permettant de commencer une nouvelle vie dans un environnement sain, on enjoint aux victimes d’être résilientes et de s’adapter à la nouvelle réalité : celle d’un environnement contaminé. C’est évidemment tout bénéfice pour l’industrie nucléaire. Les accidents nucléaires majeurs ne sont plus des catastrophes mais des aléas gérables.

 

Pour se convaincre de la criminalité de l'application du programme ethos, voir ces deux documents : 

 

- Tribune libre collective de : Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault :

http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

 

- Et la vidéo (30 mn) « Save Kids Japan » , une  présentation sous titrée en francais d'Ethos Fukushima par la journaliste indépendante japonaise Mari Takenouchi aux prises avec la justice de son pays pour la remise en cause du projet ETHOS, visant à maintenir et faire revenir les habitants de Fukushima dans les zones contaminées.

http://www.youtube.com/watch?v=ccYPtQwPx78

 

Notes :

 

*-La CIPR, Commission internationale de protection radiologique est une ONG qui émet des recommandations concernant les mesures de sécurité à prendre sur les installations sensibles. Elle fonde ses préconisations sur la base des indications fournies par le Comité scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomiques, l’UNSCAER. Le mandat de l’UNSCEAR est de rendre compte aux États Membres de l'ONU des effets et dangers des radiations dans l'environnement. C’est au sein de cette instance que la doctrine officielle s’élabore à l’abri de toute critique scientifique ou de remise en cause, L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ayant abdiqué de toute compétence dans le domaine de la radioactivité. 

La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales reposent sur les recommandations destinées surtout à ne pas gêner l’industrie atomique.

*-Le CEPN, Centre d’Étude sur l'évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, représente le lobby nucléaire français. Créé en 1976, Le CEPN est un « faux-nez » du CEA où il a son siège (à Fontenay aux Roses près de Paris),c’est une association qui rassemble : EDF, AREVA, CEA, l’IRSN !

 

Les membres de ces structures sont tous issus du même moule, cooptés ou nommés hors de tout processus démocratique, ils sont interchangeables. Ainsi Jacques Lochard est directeur du CEPN et vice président de la CIPR.…

 

Lire :

 

« La comédie atomique » d’Yves Lenoir, sur la compromission de ces organismes dont le rôle n’est pas de protéger les populations comme on pourrait le penser, mais de protéger l’industrie de l’atome et leurs servants. 2016, La Découverte,

 

« Le nucléaire en Asie. Fukushima, et après ? » de Mathieu Gaulène,  journaliste indépendant, spécialiste du Japon, où il réside depuis cinq ans, auteur de nombreux articles sur Fukushima et ses suites, la politique énergétique du Japon et l'opposition au nucléaire.  2016 aux éditions Piquier

 

Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

Enfant portant un dosimètre dans la préfecture de Fukushima (Photo Alain de Halleux)

_______________

 

Annexes :

 

1) Le jardin nucléaire d’ethos

- Complément d'info sur la pectine – cas de la Biélorussie
- La Chélation, ou comment la pectine détoxifie l’organisme
- L'association Enfants Tchernobyl Belarus (ETB)

- Effets pervers et but réel d'Ethos

- Belrad

- La France a dans ses rangs les champions de la gestion criminelle post-catastrophe (Jacques Lochard, Gilles Hériard-Dubreuil, François Rollinger)

- Le village nucléaire mondial

- Le CODIRPA : vers la gestion par l’État de la vie durablement contaminée après un accident nucléaire en France (démarche PAREX, CODIRPA)

 

2) Quelques contre-informations et témoignages

- Tchernobyl : conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement

- Nombre total de victimes liées à Tchernobyl

- Les victimes du nucléaire

- Vivre en zone contaminée

- Témoignage de Bella Belbeoch

- Le Dr Michel Fernex dénonce mensonges et silences qui mettent en danger les populations.

- Conférence récente de Nakajima Takashi, habitant à Sōma, ville du département de Fukushima.

 

Pour lire l’ensemble de ces annexes, cliquer sur ce lien.

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Publié par Pierre Fetet
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 11:31

J’ai pris connaissance il y a quelques jours d’une carte qui m’a tout de suite interpellé. Elle affiche des mesures de la radioactivité à la fois précises et inquiétantes. Ne connaissant pas le japonais, j’ai demandé à Kurumi Sugita, présidente de l’association Nos voisins lointains 3.11, de me traduire le texte.

 

Elle a tout de suite accepté et m’a expliqué de quoi il s’agissait : « Le Projet de mesure de la radioactivité environnementale autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (Fukuichi shûhen kankyôhôshasen monitoring project) est mené par une équipe de bénévoles relativement âgés (qui sont moins radiosensibles que les jeunes) pour réaliser des mesures de radioactivité avec un maillage serré de 75 x 100 m pour la radioactivité dans l'air et 375 x 500 m pour la contamination du sol. Les mesures de radioactivité ambiante et du sol sont réalisées principalement dans la ville de Minamisōma et aux alentours. Ils essaient de réaliser des mesures détaillées afin de montrer aux habitants les conditions réelles de leur vie, et également d’accumuler des données en vue de l’analyse des dommages sanitaires et environnementaux qui peuvent se montrer à long terme. »

 

Grâce à la traduction de Kurumi et avec l'accord de M. Ozawa, auteur du document, j’ai pu réaliser une version française de cette carte que vous trouverez ci-dessous.

Carte de l’équipe de M. Ozawa (traduction Kurumi Sugita)

Carte de l’équipe de M. Ozawa (traduction Kurumi Sugita)

Dans le cadre de la normalisation des territoires contaminés en zones habitables, l'ordre d'évacuation de l'arrondissement d’Odaka de la ville de Minamisōma a été levé le 12 juillet 2016, excepté la zone qui longe Namie (hameau d’Ohatake où habite un seul ménage) classée comme zone de "retour difficile".

 

Situation de la zone étudiée

Situation de la zone étudiée

La carte de contamination examine les secteurs de Kanaya et Kawabusa de l’arrondissement d’Odaka, à une quinzaine de kilomètres de l’ex-centrale de Fukushima Daiichi. M. Ozawa, l’ingénieur qui a lancé cette enquête, a choisi la précision des mesures, c'est-à-dire qu’il s’emploie à mesurer la radioactivité avec des radiamètres à scintillation de laboratoire : Hitachi Aloka TCS172B, Hitachi Aloka TGS146B et Canberra NaI Scintillation Detector.

 

L’originalité de sa carte tient autant à la qualité de réalisation qu’à l’abondance de renseignements : on peut y lire, pour chacun des 36 prélèvements effectués, des mesures en Bq/m², en Bq/kg, en µSv/h à trois hauteurs différentes du sol (1 m, 50 cm, 1 cm) et en cpm (coups par minute) à la hauteur de 1 cm. Pour qui connaît un peu la radioactivité, ce sont des informations très précieuses. Habituellement, les mesures sont données en l’une ou l’autre unité, mais jamais simultanément avec 4 unités. Les organismes officiels devraient prendre exemple sur cette manière de travailler.

 

Les mesures que dévoile la carte sont très inquiétantes. Elles montrent que la terre a un niveau de contamination qui ferait d’elle un déchet radioactif dans n’importe quel pays non contaminé. Comme l’écrit M. Ozawa, ces terrains devraient être considérés comme une « zone contrôlée », c’est-à-dire un espace sécurisé, comme dans les centrales nucléaires, où l’on doit vérifier constamment les doses reçues. Dans les faits, c’est pire que dans une centrale car au Japon, on demande aux habitants évacués depuis 5 ans et demi de rentrer chez eux alors que l’on sait pertinemment qu’ils seront irradiés (jusqu’à 20 mSv/an) et contaminés (par inhalation et ingestion).

L'équipe de Fukushima Daiichi Monitoring Project lors d'une prise de mesure à Minamisoma cet été. On reconnaît sur les blousons le logo du laboratoire japonais indépendant Chikurin, partenaire de l’ACRO (Photo David Boilley).

L'équipe de Fukushima Daiichi Monitoring Project lors d'une prise de mesure à Minamisoma cet été. On reconnaît sur les blousons le logo du laboratoire japonais indépendant Chikurin, partenaire de l’ACRO (Photo David Boilley).

Cette recherche citoyenne est remarquable à plus d’un titre :

 

- Elle est indépendante de toute organisation. Aucun lobby n’intervient pour modifier ou atténuer telle ou telle mesure. Ce sont juste des données brutes, prises par des gens honnêtes, en recherche de vérité.

 

- Elle respecte un protocole scientifique, expliqué sur la carte. Il y aura toujours des gens pour critiquer tel ou tel aspect de la démarche, mais celle-ci est rigoureuse et objective.

 

- Elle prend des mesures à 1 m du sol mais aussi à 1 cm du sol. Cette démarche est plus logique car les hommes marchent sur le sol jusqu’à présent non ? Les cartes de contamination du Japon montrent souvent des mesures à 1 m du sol, ce qui ne reflète pas la réalité et semble être fait pour minimiser les faits. En effet, la mesure est souvent deux fois plus élevée à 1 cm du sol qu’à 1 m.

 

- Elle agit comme un révélateur. M. Ozawa et son équipe sont des lanceurs d’alerte. Leurs cartes disent : faites attention ! Des lois se contredisent au Japon. Ce que prétend le gouvernement, à savoir qu’une dose de 20 mSv/an ne produira pas d’effet sanitaire, n’est pas forcément la vérité. Si vous revenez, vous allez bel et bien être irradiés et contaminés. La France se prépare à la même forfaiture, à savoir qu’ « elle est en train de transposer en droit national les dispositions de la directive 2013/59/Euratom : les autorités françaises ont retenu la borne supérieure de l’intervalle : 100 mSv pour la phase d’urgence et 20 mSv pour les 12 mois suivants (et pour les années suivantes rien ne garantit que ce niveau de référence ne sera pas reconduit). Ces valeurs s’appliquent à tous, y compris les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes ! » (source Criirad)

 

Le gouvernement japonais demande aux habitants de rentrer chez eux et supprime les indemnités aux évacués. Les JO approchent, la région de Fukushima doit être perçue comme « normale » pour que les sportifs et les supporters du monde entier n’aient pas peur, quitte à sacrifier la santé des populations locales. Il faut donc faire connaître la carte de M. Ozawa pour que les futures campagnes publicitaires n’étouffent pas la réalité des faits.

 

Pierre Fetet

 

 

____________________

 

Pour en savoir plus :

 

M. Ozawa dans un reportage de la RTBF

La poussière qui s’envole avec ses radionucléides à Minamisōma

Article sur le retour en zone contaminée du blog Nos voisins lointains 3.11

http://nosvoisins311.wixsite.com/voisins311-france/single-post/2016/08/22/Le-retour-aux-zones-contamin%C3%A9es

 

Les données concernant les mesures à Minamisōma

http://www.f1-monitoring-project.jp/open_deta.html

 

Site internet de l’équipe militante :

http://www.f1-monitoring-project.jp/index.html

 

Adresse de la carte d’origine (HD)

http://www.f1-monitoring-project.jp/dirtsfiles/20161104-Odaka-Kanaya-Kawabusa-s.jpg

 

Lanceurs d'alerte à Minamisōma

Cet article et sa carte ont été traduits en anglais par Hervé Courtois à cette adresse :

https://nuclear-news.net/2016/11/12/the-minamisoma-whistleblowers-fukushima/

 

Voici la traduction de la carte en anglais :

Lanceurs d'alerte à Minamisōma

 

Anciens articles du blog de Fukushima concernant Minamisōma

 

Poussière noire à Minamisoma (17/02/2012)

Selon les informations rapportées par le blog EX-SKF , on a trouvé à Minamisoma une mystérieuse poussière noire radioactive déposée sur le sol dans de nombreux endroits de la ville. Sa radioactivité en césium a été évaluée à plus d'un million de becquerels/kg....

 

Des nouvelles de Minamisoma (11/02/2012)

Depuis l’année dernière, Minamisoma est devenue une ville très connue du Japon car elle est située à 25 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Lors de la catastrophe, son maire Katsunobu Sakurai avait envoyé un appel à l’aide sur YouTube, entendu...

 

I'll send an SOS to the world : I hope that someone gets my message in a bottle (24/07/2011)

On se souvient encore du SOS lancé sur YouTube en mars dernier par Katsunobu Sakurai, maire de la ville de Minamisoma (70 000 habitants avant l’accident), qui lui a valu une notoriété mondiale. Dominique Leglu en avait fait l’écho dans son blog en relevant...

 

"Grey zone" d’Alain de Halleux : un film à soutenir (23/05/2012)

Alain de Halleux, connu pour son engagement avec la réalisation des films « RAS : nucléaire, rien à signaler », « Chernobyl 4 ever » et « Récits de Fukushima », s’est engagé dans un nouveau film sur Fukushima. Le réalisateur s’est rendu à Minamisoma en...

 

Aide directe aux habitants de Minamisoma (24/12/2011)

« J’arrive au bout de mon voyage. Je ne peux clamer : « Evacuons TOUS les enfants du district de Fukushima ! », comme je le pensais avant de partir. Dire cela, correspond à une position idéologique. Si je faisais ça, je ressemblerais à TEPCO ou à tous...

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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2-3-4 novembre 2017, Paris

3ème Forum Social Mondial Antinucléaire

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7 novembre 2017, Epinal, 20h00

Conférence "Fukushima 6 ans après" par Toshiya Morita

organisée par Vosges Alternatives au Nucléaire

 

8 novembre 2017, Colmar, 20h00

Conférence "Fukushima 6 ans après" par Toshiya Morita

organisée par Stop Fessenheim

 

13 novembre 2017, Liège, 20h00

Projection du film "La terre abandonnée" de Gilles Laurent (73 minutes, 2016)

Cinema "Le Sauvenière", Place Xavier Neujean à Liège

En savoir plus en cliquant ici

 

23 novembre 2017, Nismes, 20h00

Projection du film "La terre abandonnée" de Gilles Laurent (73 minutes, 2016)

En savoir plus en cliquant ici

 

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