29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:06
tabTEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l'unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l'année dernière, le 14 novembre 2011.
.
 
Inspection filmée de l’unité 3 par le robot Packbot le 27 novembre 2012
 
Suite à une constatation de l’augmentation des niveaux de rayonnement dans ce secteur nord-est, Tepco voulait évaluer l’état de conduites de gaz et l’état de la surface du sol. Alors qu’aucune fuite ou dommage n’ont été détectés pour les tuyauteries, l’opérateur a finalement trouvé que la source de cette augmentation de radioactivité se situait au niveau de la porte de l’enceinte de confinement et de ses rails. Cette opération, qui a duré une heure et demie, a mobilisé 9 ouvriers : 3 sur le site, qui ont reçu une dose maximale de 0,52 mSv, et 6 à distance dans une salle confinée.
 
La veille de la prise des mesures, l’enregistrement de la webcam de l’ex-centrale a montré une activité inhabituelle : depuis un échafaudage, des ouvriers semblent avoir pulvérisé un produit dans la direction de la façade sud de l’unité 3, mais on ne sait pas si c’est en rapport avec l’augmentation de la radioactivité.
 

 
 
Voici le rapport de Tepco en japonais sur l’inspection du 27 novembre :
 
tepco1.jpg
 
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Cette information, qui ne sera sans doute pas répercutée dans les grands médias, confirme la perte de confinement de l’enceinte du réacteur n°3 mais aussi la dangerosité extrême de cette ruine. Les valeurs relevées repoussent d’autant plus la possibilité d’un quelconque démantèlement. En effet, la plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose létale en l’espace de 3 heures.
 
 
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sources :
 
 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 21:18

 

PAYSANS-JAPONAISArte Reportage va diffuser le 1er décembre 2012 à 18h35 un documentaire inédit de 26 minutes réalisé par Marie-Monique Robin sur le drame des paysans après Fukushima : « Terre souillée ». Le reportage a été tourné en juin dernier au Japon, avec Roland Théron (image), Marc Duployer (son) et Françoise Boulegue (montage).

 

 

« Partir ou rester ? Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, cette question hante les paysans qui ne savent plus comment assumer leur mission séculaire : celle de nourrir leurs concitoyens. « Terre souillée » s’attache à l’histoire de trois familles paysannes de Nihonmatsu, une ville de 60 000 habitants située à trente kilomètres de la zone interdite. Tous pratiquent l’agriculture biologique depuis plus de trente ans. Seiju Sugeno et sa fille Mizuho ont décidé de rester. Collaborant étroitement avec un scientifique de l’Université de Nigata, ils multiplient les expériences pour décontaminer leurs crbst Fukusols. À 70 ans, Kisaburo Tanno et sa femme Midori ont décidé, eux, de partir pour recommencer de zéro dans la préfecture de Nagano. La mort dans l’âme, car ils ont dû abandonner la ferme que la famille Tanno exploitait depuis treize générations. Quant à Shisasei Tarukawa, il a décidé de partir pour … toujours. Deux semaines après l’accident nucléaire, les autorités ont ordonné la destruction de sa récolte d’épinards, et il s’est suicidé. Aujourd’hui, sa veuve et son fils continuent de cultiver, car ils n’ont pas le choix…

 

Entre silences et rires nerveux, le reportage dessine le désespoir des paysans de Fukushima, dont la terre sacrée a été définitivement « souillée ». »

 

Marie-Monique Robin

 

(source)

 

 

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Photo d’entête : paysans de Fukushima brandissant leurs choux radioactifs à Tokyo (avril 2011 - Koji Sasahara/AP/SIPA) 

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 00:35

 

kibo-solidarite-aide-fukushimaDepuis 2011, l’association Kibô-Promesse se démène de manière originale pour récolter des fonds afin d’aider deux actions citoyennes basées à Fukushima. Comme l’an passé, elle fait appel aux créateurs, aux acheteurs ou aux donateurs.

 

 

 

 

 

Appel aux créateurs

 

Vous aimez le Japon et vous aimeriez aider ses habitants à vivre sainement après l'accident de Fukushima ? Vous êtes peintre, photographe, sculpteur, vous savez coudre ou tricoter et vous avez envie de partager votre talent ? Joignez-vous aux créateurs de Kibô-Promesse, en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

aider-le-japon-illya

 

 

 

Appel aux acheteurs

 

Une boutique en ligne est ouverte pour exposer les œuvres mise en vente. La boutique Kibô-Promesse permet aux acheteurs de réaliser un achat solidaire, dont la totalité des sommes récoltées sera reversée au profit des sinistrés japonais.

 

La commande d’une création originale est la preuve tangible, utile et esthétique de son engagement à soutenir le Japon. La vente commencera le 7 décembre 2012.

 

Pour accéder à la vitrine de la boutique solidaire, cliquer sur l’image ci-dessous.

 

kiboutique

 

 

 

 

Appel aux donateurs

 

Si vous n’êtes pas créateur ou si vous ne voulez rien acheter, vous pouvez tout simplement faire un don à l’association.

 

Explications ici

 

 

 

A qui profitent les fonds collectés ?

 

Les actions de Kibô-Promesse bénéficient à deux associations de Fukushima gérées par les citoyens japonais eux-mêmes :

- le CRMS (Citizen’s Radioactivity Measuring Station)

- Fukushima Network for Saving Children from Radiation.

 

CRMS-fukushima-logo.jpgLe CRMS

 

Le CRMS (Centre  citoyen de mesure de la radioactivité) est une association à but non lucratif qui a pour but de faire de la radioprotection à Fukushima. Il a été mis en place juste après la catastrophe de la centrale de Fukushima Daiichi, grâce à la volonté de Wataru Iwata, son fondateur, dès mai 2011, et à l’aide de tous les citoyens bénévoles de Fukushima, mais aussi de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité ). La CRIIRAD a fait don de nombreuses machines extrêmement coûteuses afin d’aider la population locale de Fukushima.
Le CRMS effectue les mesures de la radioactivité présente à Fukushima de façon totalement indépendante, mais aussi à la demande du citoyen.

On mesure la radioactivité de l’environnement, mais aussi le taux de becquerels / kg contenu dans les aliments, et les niveaux de contamination interne des personnes grâce à l’accès à un WBC (Whole Body Counter).  Les données sont publiées sur le site web ainsi que sur d’autres supports afin de tenir informé les habitants et de sensibiliser le plus grand nombre à la radioprotection. L’autonomie de chacun est encouragée afin que les locaux puissent assimiler un maximum de connaissances concernant les mesures d’urgence à mettre en place après un accident majeur nucléaire.

La santé des enfants est suivie grâce à des consultations gratuites.  Des notes sont prises dans le « carnet de vie » (carnet de santé sur lequel sont notés les symptômes, les maladies, toutes sortes d’anomalies pouvant apparaître).

Des librairies et médias sont mis à la disposition du public sur tout ce qui concerne la radioprotection. Il existe aussi des bulletins d’informations publiés régulièrement.

Le CRMS organise aussi des conférences internationales afin de faciliter les échanges entre scientifiques et citoyens, des voyages d’études et de stages sont organisés à l’étranger, dans un but collaboratif , et de constitution d’un large réseau international de la radioprotection.
 

 

fukushima-network-for-saving-children-from-radiation.jpgFukushima Network For Saving Children From Radiation


Fukushima Network For Saving Children From Radiation (子供たちを放射能から守る福島ネットワーク = réseau de Fukushima pour protéger les enfants contre la radioactivité) créé le 1er mai 2011 , est un regroupement des parents citoyens conscients et soucieux de protéger leurs enfants des dangers liés à la radioactivité. Ils se sont mobilisés depuis l’accident nucléaire pour faire valoir le droit à la sécurité sanitaire.

Car en effet, plus fragiles, les enfants sont les premières victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima (voir article : « L’innocence traumatisée par la catastrophe : les enfants japonais s’expriment sur Fukushima »).


Seiichi Nakate, directeur de Fukushima Network For Saving Children from radiation, se bat depuis mars 2011 pour défendre la vie des enfants de Fukushima. Il a lui même pu évacuer de Fukushima à Hokkaidô,  il y a de cela quelques mois, pour mettre sa famille et ses enfants en sécurité, loin des zones contaminées. Depuis, il continue son combat pour tenter de faire évacuer les autres enfants et familles de Fukushima, et à sensibiliser le reste du Japon. Il organise régulièrement des conférences sur la réalité vécue par les habitants de Fukushima.

 

Le 17 janvier 2012 à Sapporo, il s’est exprimé en revenant sur les faits du 11 mars 2011 : « On ne nous a rien dit, la dissimulation et la désinformation sur la sécurité ont englouti Fukushima »

 

L’intégralité du témoignage de Seiichi Nakate est disponible en français sur le blog d’Hélios et sur le blog du veilleur japonais EX-SKF

Il dénonce aussi les agissements irresponsables et criminels des autorités qui ont pris la décision d’augmenter la dose légale admissible d’exposition aux radiations, ainsi que la non assistance à personnes en danger : le gouvernement japonais n’a pas évacué toutes les populations, il s’indigne que l’état les laisse continuer à se faire irradier depuis plus d’un an. Seiichi Nakate a aussi dénoncé les mensonges de certains scientifiques comme Shinichi Yamashita.
  

L’importance d’aider ce réseau de parents de Fukushima est vitale afin de leur donner la possibilité de continuer à organiser des conférences un peu partout au Japon, que les familles, en passant par ce réseau, puissent se faire aider, tant par le biais de soutien psychologique et d’écoute mis en place par les citoyens. Les rencontres entres enfants ayant les mêmes symptômes, ainsi que les réunions entre mères inquiètes pour leur enfants sont organisés, ils sont aussi un réseau qui leur permet de se partager des denrées alimentaires non contaminées.

 

 

« Aujourd’hui, plus d’un an et demi s’est écoulé mais rien n’a changé à Fukushima : les radiations ont rendu insupportable le quotidien des habitants. Au-delà des 30 km, les familles n’ont toujours pas été évacuées, ni n’ont reçu de compensations financières ou d’aides médicales de la part du gouvernement.

Depuis mars 2011, les sols, l’eau, l’air mais aussi une partie de la chaîne alimentaire est contaminée. Les habitants continuent de vivre dans un environnement dangereux pour leur santé.

Du fait d’un défaut d’information et de protection de la part du gouvernement, beaucoup de citoyens ont été laissés à leur sort dans des zones envahies par la radioactivité, les soumettant à de forts risques de contamination (notamment interne), situation qui aurait pu et dû être évitée.

Depuis la catastrophe nucléaire, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire. Face à ce triste constat, Kibô-Promesse refuse d’accepter cette réalité comme une fatalité.

Il existe des solutions : l’évacuation ‒ notamment des enfants car ils sont les plus vulnérables ‒ et le dédommagement des familles vivant dans les zones contaminées et la protection de leur santé par un contrôle des denrées alimentaires. Il existe des mesures de radioprotection, elles doivent être mises en œuvre ! »

 

 

Kibô-Promesse a aussi comme objectif d’informer et diffuse régulièrement des articles de fond sur Fukushima, prenant appui sur les nouvelles provenant directement du Japon.

 

>>>>Accéder aux articles de Kibô-Promesse <<<<

 

 

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Vous voulez en savoir plus ?

 

 

Tout est expliqué dans le dossier de presse à télécharger ici (4 Mo).

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 01:17

« Il est impératif que les enfants soient évacués ». Helen Caldicott parcourt la planète pour faire entendre son message sans relâche depuis 2011. Lors d'une conférence à Tokyo le 19 novembre 2012, elle a rappelé que les femmes enceintes et les enfants devraient être évacués dès que possible des zones contaminées par la radioactivité de Fukushima. Elle précise que les 40% de cas d'anomalies thyroïdiennes décelées chez les enfants examinés sont d'une occurrence extrêmement rare en pédiatrie, et que vu la rapidité de leur apparition, il est probable que ces enfants ont été soumis à des doses de radiations plus fortes qu'à Tchernobyl.

 
Elle rappelle également le danger extrême de la piscine du réacteur n°4 qui, si elle s’effondrait, rendrait vraisemblablement nécessaire l’évacuation de Tokyo. Mais comment évacuer 30 millions de personnes ?
 
 
Un grand merci à Kna pour avoir mis en ligne la traduction française !
 
 
Qui est Helen Caldicott ?
caldicott.jpgHelen Caldicott est née à Melbourne en 1938. Médecin australienne, elle abandonne sa carrière médicale pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire et milite pour la reconnaissance des dangers des faibles doses radioactives. En 1982, elle fonde l’association Women’s Action for Nuclear Disarmament (WAND), visant à réduire l’utilisation de l’énergie nucléaire. Elle travaille à la création de groupes comme l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War, qui a été récompensé par le prix Nobel de la paix en 1985. Récompensée par 19 doctorats honoraires, la Smithsonian Institution a nommé Helen Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du XXe siècle.
source :
 
 
     

____________________

 

En savoir plus avec Ultraman (EX-SKF)

(traduction française : Hélios du Bistro Bar Blog)

 

Ultraman, 19 novembre 2012

Le cancer de la thyroïde est-il rare chez les enfants japonais ?

 

Ultraman, 20 novembre 2012

Derniers chiffres pour les examens de thyroïde à Fukushima (1er novembre 2012)

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:56
 
Photos
 
- Récolte radioactive
(vendredi 12 octobre 2012, site du journal Asahi)
recolte de riz
Des membres du gouvernement local d’Okuma ‒ commune de la préfecture de Fukushima aujourd'hui dans la zone interdite ‒ récoltent le riz dans quelques champs plantés afin d'en mesurer la contamination.
"Quel message veut transmettre l'homme qui brandit sa botte d'épis de riz ?
Qu'il croit malgré tout à la vie qui continue ?
Qu'il garde l'espoir de reprendre la culture en cet endroit un jour prochain ?
Qu'il veut montrer au monde ce à quoi est réduit son pays natal ?
Qu'en penser ?" (
source)
 
- Thermes
AJ201210300045M
L’établissement thermal Shiokaze-so à Nahara, à 16 km au sud de l’ex-centrale de Fukushima Daiichi, vient de rouvrir ses portes. Il faisait partie de la zone interdite comprise dans un rayon de 20 km.
(source)
 
- Street art
“Fais attention à ce que tu manges !”
streetart
Cliquer sur la photo pour accéder aux autres œuvres
 
- Nouveau thermomètre
Suite à la défaillance des sondes existantes, un nouveau thermomètre a été installé sur la cuve du réacteur 2, près du thermomètre TE-2-3-69H3. (source Tepco)
thermocouple
Pour l'unité 2, depuis le 3 novembre 2012, les valeurs publiées par Tepco montrent une montée de la température d'un thermocouple dénommé "VESSEL BOTTOM ABOVE SKIRT JOT"(TE-2-3-69F1) situé en fond de cuve : 72,4°C le 16 novembre, soit +28°C en 13 jours... Aucun autre thermocouple ne montrant une montée de la température, y compris le "SUPPORT SKIRT TOP (TE-2-3-69K1)" situé en dessous du thermocouple TE-2-3-69F1, on suppose que c’est un nouveau thermocouple qui est en train de rendre l’âme. (information Geoffroy)

- NAIIC
Le 18 décembre 2011, les membres de la Commission d’enquête indépendante sur la catastrophe (NAIIC) ont visité le site de Fukushima Daiichi.
 
naiic1A collapsed power transmission tower
Pylone effondré
 
naiic2In the Main Anti-Earthquake Building on the power pla
 
Réunion d’information dans le bâtiment anti-sismique
 
naiic3The Second floor of the main office building. Many wi
Etat du deuxième étage du bâtiment administratif
 
naiic4Briefing by a TEPCO employee at a spot where there is
Visite de la centrale en extérieur
 
 
- Résistance au nucléaire
Avec Fukushima, dans le monde entier, une nouvelle génération antinucléaire est née. Ici, Aizen, photographiée par Marianne Ciaudo lors d’une manifestation à Paris.
100000 - Copie
 
 
Album
 
Junku Nishimura est allé dans le Tohoku en avril 2011, il a photographié la zone interdite en noir et blanc, jusqu’à se rapprocher au plus près de la centrale de Fukushima Daiichi et prendre des mesures : sur le côté nord, il a relevé 8 µSv et sur le côté sud, 80 µSv.
 
guiger
 
Pour accéder à son album, cliquer sur la photo suivante.
 
album
 
 
- Tepco réalise un réservoir pour stocker l’eau contaminée (octobre 2012)
réservoir
(source :Enenews)
.
- Nouvelle photo de la piscine 3
.
2012-10-16 20h03 57
 
Images
 
-TEPCo a présenté son projet de couverture pour le réacteur n°3 : 1500 tonnes de métal ! Le but est de limiter les rejets gazeux et le lessivage par la pluie. Il devrait permettre l'installation d'une structure pour retirer les combustibles usés de la piscine. L'intérieur sera ventilé pour que la contamination ambiante n'augmente pas trop, et l'air extrait, filtré. (source ACRO et Ex-SKF)
 
fukushimareactor3cover-1
Le projet de couverture de l’unité 3
 
fukushimareactor3cover-2
Le plan en élévation de l’installation
 
- La préfecture de Fukushima réalise des brochures pour enseigner aux enfants comment se protéger de la radioactivité dans leur vie quotidienne. Réalisées lors de l'été 2011 en réponse aux plaintes des parents et des enseignants, inquiets du manque d'attention portée à la santé des enfants, elles sont diffusées dans les jardins d'enfants, les écoles, les lieux publics.
Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt réaliser des brochures pour apprendre aux populations à envisager une évacuation vers un lieu sain ? C’est terrible de se dire que les adultes condamnent les enfants de ces territoires à devenir malades d’ici quelques années. Encore plus terrible, comme le rappelle Laurent Mabesoone, c’est la condamnation à long terme de ce trésor qu’est le génome humain (l’ADN est cassé par la radioactivité).
 
20110722kibitan
 
En savoir plus avec une Tokyoïte, Sylvie B.
 
 
 
Exposition
 
IKEDA / Haïku et Gravures sur bois “ Après Fukushima - Issa ”
« La tristesse, la colère et la peine de tous ces gens après le désastre engendré par l’explosion de la centrale nucléaire … Comment les poètes en parlent-ils dans leurs vers ? Qu’en est-il des peintres avec leurs tableaux ? Et des musiciens avec leurs instruments, Koto ou Shakuhachi ? Sans perdre mon âme d’enfant, je souhaite faire transparaître dans mes gravures l’univers poétique du "poète du peuple" Issa. »
issa
http://www.tenri-paris.com/art/expo.html
Association Culturelle Franco-Japonaise de Tenri
8-12,rue Bertin Poirée, Paris
Exposition : du 26 novembre au 1er décembre 2012
 
 
Animations
 
- La contamination du Pacifique sur 10 ans

 
Modélisation de la distribution de la contamination radioactive de Fukushima dans l'océan Pacifique jusqu'à 10 ans après la catastrophe par GEOMAR(Helmholtz-Zentrum für Kiel Ozeanforschung, Erik Behrens, Franziska U. Schwarzkopf, Joke F. Lübbecke et Claus W. Böning)
 
- La progression des déchets dans le Pacifique

 
 
 
Vidéos
 
- Vidéoconférence de mars 2011
Le 5 octobre 2012, TEPCO publiait un extrait de 6 heures des vidéoconférences entre la centrale de Fukushima, le siège et les divers sites, enregistrées lors de l'accident nucléaire de Fukushima Daiichi. Leur justification pour avoir tant tardé à publier une partie de ces enregistrements est qu'ils veulent "préserver des informations personnelles". On peut d'ailleurs constater que des passages de la bande audio sont "bipés" ou carrément absents, et que de nombreuses parties des vidéos sont floutées. Kna nous livre ici une compilation de deux émissions japonaises, sous-titrées en français. Les dialogues sont… inimaginables !
 
 
- Inspection du 5ème niveau de l’unité 1 (24 octobre 2012)
Tepco a utilisé un ballon muni d’une caméra pour inspecter l’unité 1. SimplyInfo propose la visite en 3 parties. (durées de la partie 1 : 1 h 06, partie 2 : 1 min 45, partie 3 : 2 min 55)

 

 

 
Les niveaux de radioactivité relevés à chaque étage sont les suivants : 2ème étage : 150,5 mSv/h ; 3ème étage : 33,6 mSv/h ; 4ème étage : 20,1 mSv/h ; 5ème étage : 53,6 mSv/h. (source)
 
 
- La baie de Tokyo est très contaminée : 872 Bq/kg ! Cela s’explique par le lessivage des sols, eux-mêmes contaminés par la pluie. Les radionucléides se déplacent avec l’eau : fossés, ruisseaux, rivières, et arrivent dans la baie de Tokyo.

 
En savoir plus avec cet article
 
- Vue aérienne au zoom du bâtiment réacteur n°4 en juillet 2012 (500 jours après la catastrophe)

 
 
 
Films
 
- « La Terre Interdite, Fukushima », réalisé par Kazunori Kurimoto
Film documentaire ‒ le 3ème de l'association Ganbalo sur la région sinistrée de Fukushima un an après les accidents nucléaires.
 
 
- « Nuclear Nation », d’Atsushi Funahashi​
Documentaire sur l’exil des habitants de Futaba, région ou sont logées les usines nucléaires de Fukushima. Depuis les années 60, Futaba était promis à la prospérité avec l’arrêt de taxes et les principales subventions pour compenser la présence des usines. Mais les habitants de la ville ont perdu leur territoire. A travers leur agonie et leur frustration, le film pose la question du cout réel du capitalisme et de l’énergie nucléaire. Au lendemain du séisme de magnitude 9.0 survenu le 11 mars 2011, la ville entière fut désignée comme zone d’exclusion et les 1400 résidents ont été abandonnés à 250 km plus loin . La communauté entière a été déplacée dans un immeuble de quatre étages. Le film tisse le portrait des évacués. (lien vers le site officiel)
 
 
 
- « Fukushima never again »
Un film de 57 minutes de Labos Video Project

 
" Plus jamais Fukushima" raconte l'histoire de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, dans le nord est du Japon en mars 2011 et expose l’opération de camouflage de Tepco et du gouvernement japonais. Il donne la parole à ceux qui luttent pour la justice et la protection des personnes : mères de Fukushima, experts nucléaires engagés et syndicalistes. (langue anglaise)
 
 
- Décontamination : perte des arbres protecteurs
Documentaire de la NHK (langue anglaise)

 
Le gouvernement a commencé les travaux de décontamination des zones touchées par l'accident nucléaire, mais les progrès sont lents. 
 
 
Humour
 
« Une minute avant Fukushima »
1minuteavantfukushima
 
 
Ne pas voir Fukushima
 
bibiLes Golden Blog Awards n’ont pas voulu voir Fukushima. Pourtant arrivé en tête de sa catégorie (Ecologie / Environnement) grâce aux votes des internautes, le blog de Fukushima n’a pas été retenu par les « partenaires ». Il faut dire que KIA, principal sponsor de ce concours, a investi massivement dans une entreprise dénommée… AREVA. Ceci rend mensonger le slogan du concours « Par les blogueurs, pour les blogueurs ». Il faudrait plutôt lui attribuer ce nouveau slogan : « Les blogs au service de la finance internationale ». Compte rendu de la soirée par Bibi, l’homme qui vous fait penser !
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:21
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Une fois de plus, les Japonais se sont mobilisés en masse dans 9 rassemblements simultanés à Tokyo pour demander l’arrêt de la centrale nucléaire d’Ohi (qui se situe sur une faille active) et l’abandon de l’énergie nucléaire pour leur pays. L’hortensia est une fleur qui tient longtemps…

.
 
 
100 000 manifestants selon les organisateurs (source : Mainichi)
 
7000 manifestants selon le journal Asahi Shimbun
 
Il y a un gros malaise dans le décompte des manifestants antinucléaires au Japon ! Selon le site Fukushima is still news qui recense quotidiennement la presse anglophone du Japon, il y a très peu d’information sur cet évènement.
 
C’est une technique de désinformation : si on n’en parle pas, ça n’existe pas !
Une autre technique consiste à interdire une manifestation dans un endroit qui serait favorable au comptage des manifestants : celle prévue au parc Hibiya de la capitale le même jour a été annulée après que le gouvernement métropolitain de Tokyo a refusé de délivrer un permis. Lors de la grande manifestation de juillet 2012, cette place était bondée et avait permis de révéler l’ampleur de la mobilisation.
 
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Le parc Hibiya lors de la manifestation du 29 juillet 2012 (photo Associated Press)
 
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manifestation du 11 novembre 2012 (photo Mainichi)
 
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manifestation du 11 novembre 2012 (photo Asahi)
 
 
Autres photos et vidéos
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Des nouvelles d'Euronews

 
 

 
 
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 L'appel à la manifestation du 11/11/12
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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:14

Suite à la publication en 8 parties(1) du rapport de la Commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, nous avions évoqué la possibilité d’en faire un document unique, rassemblant toutes les traductions. C’est désormais chose faite ! Un merci immense aux traducteurs bénévoles qui, de manière coopérative et constructive, ont permis la réalisation de ce travail de longue haleine. Sans eux, cette publication n’aurait pas été possible.

 

Cette édition française se place dans l’esprit qui a prévalu à la rédaction du rapport original, à savoir la diffusion des résultats d’une enquête indépendante des lobbys industriels ou des pressions politiques, avec une grande exigence de transparence et une volonté de diffusion internationale.

 

La traduction complète du résumé du rapport est disponible en format pdf. Vous pouvez télécharger le document en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

couverture traduction rapport NAIIC

 

D’un poids modéré (4 Mo), une fois que vous l’aurez téléchargé, vous pourrez également le transmettre par mail à vos connaissances francophones. N’hésitez pas à le partager !

 

Ce rapport d’enquête, commandé par la Diète Nationale du Japon, révèle entre autres que :

 

- la catastrophe nucléaire de Fukushima est d’origine humaine, alors que TEPCO et toutes les autorités l’attribuaient au tsunami,

 

- la résistance des réacteurs au séisme était inadéquate,

 

- il n’existait pas de réponse adaptée aux tsunamis,

 

- les contre-mesures aux accidents graves étaient non conformes aux standards internationaux,

 

- l’alimentation électrique externe était très vulnérable,

 

- les bureaucraties complices ont rendu la catastrophe inévitable,

 

- l’évacuation des résidents s’est faite dans une extrême confusion,

 

- la catastrophe aurait pu être encore plus grave.

 

Il faut bien évidemment lire ce document avec l’idée de ce qui pourrait se passer si une telle catastrophe survenait en France. Et sa lecture provoque de saines questions :

 

- pourquoi le gouvernement français a-t-il martelé que la catastrophe nucléaire de Fukushima était due au tsunami ?

 

- pourquoi les centrales nucléaires françaises sont-elles souvent construites sur des failles et que des minimisations de risques sismiques sont avérées sur certaines d’entre elles ?

 

- pourquoi l’évacuation des habitants est-elle prévue sur un rayon de 5 km autour d’une centrale accidentée alors qu’à Fukushima l’évacuation a été jusqu’à 30 km ?

 

- comment concrètement les pastilles d’iode seraient-elles distribuées à toute la population dans un rayon de 30 km autour d’une centrale si un accident arrivait ?

 

- pourquoi dit-on à la population française depuis plus de 30 ans que le nucléaire est sûr alors qu’aucune centrale nucléaire française ne possède de récupérateur de corium ?

 

- pourquoi les stress-tests effectués sur les centrales nucléaires françaises ont-ils été pointés du doigt par la commission européenne?

 

- pourquoi le gouvernement français accepte-t-il encore le risque d’un accident grave  et de la disparition d’une région entière de France en cas de contamination qui nécessiterait l’évacuation définitive de ses habitants ?

 

La lecture du rapport de la NAIIC vous donnera également des éléments de réponse à vos propres interrogations.

 

 

____________________

 

(1) Les 8 publications

Rapport de la commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima : la vérité dévoilée (23/07/2012)

Fukushima : la réponse d'urgence à l' « accident » nucléaire (05/08/2012)

L'étendue des dommages de la catastrophe de Fukushima selon le rapport de la commission d’enquête (07/08/2012

Les problèmes organisationnels dans la prévention de la catastrophe de Fukushima(12/08/2012)

Enquête sur les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima (23/09/2012)

Catastrophe de Fukushima : enquête sur les personnes évacuées (24/08/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (1) (28/09/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (2) (30/09/2012)

 

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 14:43
vigie-9-novembre-2012-paris.jpgDepuis 2007, le collectif « Independent WHO » tient une vigie chaque jour ouvrable devant l’OMS à Genève pour dénoncer la non-assistance à personne en danger vis-à-vis des populations vivant dans des territoires contaminés par la radioactivité, en premier lieu dans la région de Tchernobyl, et aujourd’hui dans la région de Fukushima. Face au silence de cette organisation internationale qui continue à ne pas porter assistance aux victimes des pollutions radioactives, une nouvelle vigie vient d’être mise en place à Paris.
 
Comment ne pas réagir face à ces bombes sanitaires à retardement que sont les radionucléides qui contaminent la nourriture de ces territoires ? Qui laisserait ses enfants subir un tel empoisonnement en France ? 26 ans après la catastrophe de Tchernobyl, à cause de cette contamination interne, le nombre d’enfants malades ne cesse d’augmenter dans les régions contaminées : trisomie 21, malformations congénitales, cancers, vieillissement prématuré, mutations, sans compter le changement dans le sex-ratio et l’augmentation de la mortalité. Par exemple, dans les territoires contaminés du Belarus, il ne reste plus que 27% d’enfants en bonne santé (données officielles 2009). Dans ce pays, près de 800 enfants sont nés en 2012 avec des malformations cardiaques sans que personne ne prenne en compte le facteur radiologique…
 
Parce que « le Ministre de la santé français, en tant que représentant d'un pays membre de l'OMS, est coresponsable de la politique de cette organisation internationale », un collectif vient de se créer à paris pour rappeler à Marisol Touraine qu’il est urgent qu’elle intervienne à Genève afin de demander la révision de l’accord OMS-AIEA de 1959 et la création d’un département « Santé et rayonnements ionisants » indépendant du lobby nucléaire.
 
La vigie parisienne a démarré le 9 novembre 2012 devant le Ministère de la Santé. Elle aura lieu de 9 heures à 17 heures chaque vendredi, jour commun aux manifestations hebdomadaires japonaises. Tout citoyen sensible à cette démarche exemplaire peut participer en s’inscrivant auprès du collectif, mais chacun peut aussi venir simplement encourager les vigies.
 
Le collectif souhaite également que partout dans le monde, des vigies similaires se mettent en place devant tous les ministères de la santé des pays membres de l’OMS.
 
 
-oOo-
 
 
Communiqué du collectif
 
 
independentwho« Le Collectif international « Santé et Nucléaire Pour l'indépendance de l'OMS (Independentwho) » a commencé le vendredi 9 novembre 2012 une action hebdomadaire de vigie citoyenne devant le Ministère de la Santé à Paris.
 
Le Collectif s’est constitué pour alerter la population sur le rôle mené par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la dissimulation des conséquences sanitaires des pollutions radioactives.
 
Le Collectif dénonce l'Accord WHA 1240, signé le 28 mai 1959 entre l'OMS et l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), par lequel ces deux organismes de l’ONU ne peuvent prendre de position publique qui puisse nuire l’une à l’autre. De fait, l’OMS s’en remet à l’AIEA pour évaluer les conséquences sanitaires du nucléaire. D’où le déni de ces conséquences dans le bilan officiel de la catastrophe de Tchernobyl : une cinquantaine de morts, 4000 cancers de la thyroïde chez les enfants… Ce qui explique aussi que l’OMS n’ait plus aucun département de recherche sur les pollutions radioactives et qu’elle n’ait apporté aucune assistance aux victimes de Tchernobyl depuis 1986 ni aux victimes de Fukushima depuis le 11 mars 2011.
 
Le Ministre de la santé français, en tant que représentant d'un pays membre de l'OMS, est coresponsable de la politique de cette organisation internationale, en matière de radioprotection. Nous attendons qu’il demande la révision de cet accord et la création d’un département « Santé et rayonnements ionisants » indépendant du lobby nucléaire.
 
La France est l'un des pays les plus nucléarisés au monde et nous ne sommes pas à l'abri d'un accident nucléaire. Aucune installation de la filière nucléaire française n'est complètement étanche ; centrales nucléaires, centres de retraitement et de stockage des déchets procèdent régulièrement à des rejets de polluants radioactifs dans l'environnement. Ces rejets provoquent, à doses dites faibles, des dommages à la santé, dont l'enquête épidémiologique de la faculté de Mayence en Allemagne, publiée en 2007, a donné la preuve. Elle met en évidence une augmentation significative des leucémies (2,2 fois +) et des cancers (1,6 fois +) chez les enfants de moins de 5 ans qui vivent dans un rayon de 5 km d’une centrale nucléaire.
Le territoire français a déjà subi la pollution de Tchernobyl que les services de radioprotection français ont dissimulée : justice n'est toujours pas rendue aux victimes, parmi lesquelles les malades de la thyroïde. Celles des essais nucléaires français attendent également d’être reconnues et indemnisées comme il convient.
 
Le Collectif assure depuis le 26 avril 2007 une vigie tous les jours ouvrables, devant le siège de l'OMS à Genève. Il tient en plus à Paris, une vigie, chaque vendredi, devant le Ministère de la Santé. Il la reconduira tant que la France n'aura pas fait le nécessaire pour que l'OMS accomplisse sa mission de protection des populations concernant les pollutions radioactives et que soit mise en place, à l’échelle hexagonale et/ou européenne, une recherche indépendante sur le thème « santé et nucléaire ». Cette vigie d’Hippocrate veillera à ce que la SANTÉ SOIT UN BIEN au-dessus de tout conflit d’intérêts.
 
La vigie devant le Ministère de la Santé se tient, de 9 à 17 h, tous les vendredis, place Pierre Laroque (à l'angle de l'avenue Duquesne et de l'avenue Ségur).
 
Métro : ligne 8, Station Ecole Militaire ou ligne 13, Station St François Xavier.
Inscriptions : contact (a) independentwho.org
Pour tous renseignements, consulter notre site : http://independentwho.org 
 
  

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 00:48
conference-presse.jpgOn se souvient de l’enquête du journaliste indépendant Tomohiko Suzuki qui s’était fait engager l’année dernière comme ouvrier à la centrale de Fukushima Daiichi. Les résultats de ses investigations avaient fait beaucoup de bruit, car ils avaient révélé que l’état du site nucléaire n’était pas aussi rassurant que le clamait Tepco et que les conditions de travail des ouvriers étaient inadmissibles. Mais de telles investigations ne sont pas sans risque. Par exemple le journaliste freelance Minoru Tanaka, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’accident de Fukushima-Daiichi, a été accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire. Autre exemple, ce journaliste d’origine canadienne, Christopher Johnson, qui, après avoir enquêté de manière indépendante sur la catastrophe atomique en avril 2011, s’est vu expulsé du Japon avec des pressions inqualifiables. Un exemple pour que les autres journalistes restent dans le rang de l’information officielle ? Le village nucléaire n’aime pas les questions embarrassantes, les enquêtes trop poussées, la diffusion d’informations sensibles, la révélation de compromissions, etc. et elle s’arrange d’une manière ou d’une autre pour empêcher ou ralentir le travail des journalistes indépendants, quitte à faire pression de manière radicale. Et pas seulement au Japon ; la journaliste française Dominique Lorentz, qui travaille sur le nucléaire, affirme avoir reçu un certain nombre d’intimidations, dont des menaces « d’élimination physique ». Pour résumer la situation, il est difficile d’exercer son métier de journaliste quand on touche au nucléaire. Nous avons déjà montré dans ce blog comment le nucléaire aboutissait inéluctablement à une société policière ; avec les obstructions régulières faites à l’encontre des journalistes d’investigation, nous voyons qu’il mène également à une société de type totalitaire, certes de manière sournoise, mais assurément une société où l’information doit être officielle ou ne pas être.
 
Récemment, trois journalistes indépendants japonais refusant le fait de ne pas pouvoir accéder au club de presse officiel et faisant l’objet de discriminations, ont déposé une requête officielle afin d’être en mesure de couvrir correctement les manifestations anti-nucléaires. L’ONG Reporters sans frontières, qui soutient leur démarche, vient de publier un communiqué de presse à ce sujet :
 
« Les journalistes freelance interdits de couverture des manifestations anti-nucléaires
 
conférence presse2Reporters sans frontières soutient la requête officielle déposée le 31 octobre 2012, par trois journalistes freelance, Yu Terasawa, Michiyoshi Hatakeyama et Yuichi Sato, auprès de la Cour régionale de Tokyo, afin de pouvoir accéder au bâtiment du Kisha Club de la diète (Diet Kisha Club) et être ainsi en mesure de couvrir des manifestations anti-nucléaires.
 
Depuis le mois de juin, les trois journalistes freelance ont été systématiquement empêchés d’accéder au Kisha club (club de la presse officiel) de la Diète, notamment par son directeur Toshiyuki Saga. Des manifestations anti-nucléaires se déroulent tous les vendredis, depuis plusieurs mois, devant la résidence du premier ministre japonais. Le Club de presse, situé en face de la résidence, permet une couverture idéale de l’évènement.
 
“Cette obstruction dont les journalistes freelance font l’objet est arbitraire et illégale au regard du droit japonais et des principes fondamentaux de la liberté de la presse et du droit d’informer”, a déclaré Reporters sans frontières.
 
“La Cour régionale de Tokyo ne saurait légitimer de tels blocages dans l’accès à l’information, d’autant plus qu’ils émanent de journalistes. Les journalistes freelance jouent un rôle essentiel dans la garantie du pluralisme de l’information, nécessaire à la démocratie. Non contents de jouir des privilèges inégalitaires qu’offre le système des Kisha clubs, les journalistes de ces clubs se fourvoient totalement en méprisant de la sorte toute une partie de la communauté des professionnels des médias", a ajouté l’organisation.
 
Les trois journalistes appartiennent au groupe de liaison des freelance, créée en octobre 2011 afin de défendre les droits des freelance à participer aux conférences de presse conjointement organisées par le gouvernement et la compagnie d’électricité TEPCO. Ils ont tenté de filmer les manifestations contre la reprise du nucléaire qui ont régulièrement lieu devant la résidence du Premier ministre.
 
Les journalistes ont déposé, à trois reprises, le 17 juillet, le 16 août et le 10 octobre 2012, des lettres adressées à Toshiyuki Saga, ancien de journaliste Kyodo News, une autorisation d’accès au club de presse. Ces lettres sont toutes restées sans réponses.
Dans une vidéo publiée sur Youtube le 13 octobre 2012, et filmé la veille, Toshiyuki Saga affirme son hostilité envers les journalistes freelance venus couvrir les manifestations :
 

 
 
Le 2 novembre dernier, Toshiyuki Saga a refusé d’être interviewé à ce sujet par le correspondant de Reporters sans frontières. »
(…)
 
 
 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 04:04

Le 15 mars 2011, une ou plusieurs explosions suivies d’un incendie mettaient à mal le bâtiment réacteur 4 de Fukushima Daiichi. L’origine de cette ou ces explosions est encore discutée. Officiellement, l’hydrogène de l’unité 3 en serait la cause, mais concrètement, on ne s’explique pas comment le gaz aurait pu passer d’un réacteur à l’autre alors que le tuyau les reliant avait été détruit la veille, lors de l’explosion de l’unité 3.

 

tuyaucoupe

Tuyau de ventilation sectionné

 

tuyautepco

Tepco dans sa version montre avec les flèches vertes d’autres tuyaux de plus petit diamètre, mais ils ne sont pas visibles entièrement :

 

 

Une autre hypothèse, plus simple et reprise par beaucoup d’observateurs, est que l’hydrogène serait venu de la piscine de désactivation, formé par le zirconium des gaines de combustible qui auraient souffert de la forte chaleur.

 

Les différentes chronologies proposées sur différents sites, pour les évènements du réacteur 4, ne s’accordent pas tout à fait pour la simple et bonne raison que les informations n’ont été données que parcimonieusement par l’opérateur. Quelque chose est top secret dans ces évènements : 19 mois plus tard, on ne sait toujours pas ce qui s’est passé et aucune vidéo n’a été diffusée, contrairement aux autres explosions. C’est tellement top secret qu’on a « oublié » d’indiquer cette ou ces explosions le 15 mars 2011 dans la chronologie étatsunienne de la catastrophe sur wikipedia, voyez vous-même :

 

timeline

 

A propos des Etats-Unis, il y a cette information peu divulguée sur l’intervention de l’armée américaine pour éteindre l’incendie. Le 15 mars, le premier ministre Kan donna la permission à l’armée américaine, en lien avec la force d’autodéfense japonaise, d’utiliser l’aéroport de Yamagata et le même jour, le gouvernement interdisait le survol de la centrale dans un rayon de 30 km. Selon le journal de la société Asahi, c’est bien l’armée américaine qui a éteint l’incendie du réacteur 4. De ce fait, on comprend mieux pourquoi le secret est bien gardé et l’info bridée : il semble bien qu’il s’agisse d’un secret-défense imposé par les Etats-Unis.

 

Au fait, c’était un incendie de quoi ? Cela n’a jamais été mentionné. Mais en revanche, on sait parfaitement que cet incendie et son nuage ont provoqué une forte hausse de la radioactivité (100 millisieverts par heure près du n°4 tout de même !) et en même temps un vent de panique chez tous nos dirigeants politiques et administratifs. C’est par exemple ce qui a poussé l'ambassade de France à demander à ses ressortissants de quitter Tokyo, ce qui a provoqué la décision des radios publiques françaises à rapatrier presque tous leurs journalistes du Japon. Faut-il aussi rappeler que les Etats-Unis ont demandé à ses ressortissants de s’éloigner à plus de 80 km de la centrale ?

 

Mais de quoi avait-on peur au fait ? Une explosion s’était produite et « quelque chose » brûlait dans l’unité 4, quelque chose qui augmentait la radioactivité de l’air, quelque chose qui est encore aujourd’hui top secret. Pourtant, officiellement, il n’y a eu qu’une explosion d’hydrogène. Or ce genre d’explosion ne donne que peu de pollution puisque l’hydrogène se combinant avec l’oxygène ne produit que de… l’eau. Si on admet qu’on ne nous cache pas une explosion nucléaire ‒ le toit et le bâtiment auraient été autrement détruits ! ‒ on doit se résoudre à admettre qu’on nous cache la nature même de l’incendie.

 

Pourtant les infos des journaux du 15 mars sont unanimes : c’est bien la piscine qui était en feu. Ils reprennent d’ailleurs un communiqué de l’AIEA de ce jour-là : « Les autorités japonaises ont informé aujourd'hui l'AIEA à 04H50 (03H50 GMT) que le bassin du combustible usé du réacteur nucléaire 4 de la centrale de Fukushima Daiichi était en feu et que de la radioactivité était en train d'être libérée directement dans l'atmosphère. » (source)

 

Mais la dernière version officielle, celle de Tepco de mai 2012, affirme que “the fuel in the pool was not exposed and was not damaged”, c’est-à-dire que le combustible de la piscine n’a pas été exposé [à l’air] et n’a pas subi de dommage. Comment expliquent-ils cela ? Alors que vraisemblablement l’eau de la piscine 4, à force de bouillir et s’évaporer, venait à manquer, la vanne entre la piscine et le réacteur se serait ouverte ou aurait perdu son étanchéité et l’eau du réacteur se serait alors transvasée dans la piscine, refroidissant rapidement le combustible. Cette version tient du miracle, mais bon, pourquoi pas, il y a eu 47 séismes ce jour-là au Japon avec une magnitude comprise entre 4,6 et 6, alors pourquoi pas une fuite effectivement, à la faveur d’une secousse un peu plus forte que les autres ? On ne serait d’ailleurs peut-être pas là à essayer de comprendre ce qui s’est passé si les 1535 assemblages de combustible n’avaient pas été refroidis à temps !

 

piscine4

 

Mais tout ça n’explique pas la nature des incendies, celui du 15 mars que l’armée américaine aurait éteint, et celui du 16 mars, qui se serait éteint « spontanément ». Quelle était la nature des incendies ? Qu’a donc fait l’armée américaine pour éteindre l’incendie le 15 mars ? Pourquoi les faces sud et nord du bâtiment réacteur 4 présentent des trous béants au niveau 3 ? Saura-t-on un jour la vérité sur les évènements de l’unité 4 ?

 

wano

Même la WANO (association mondiale des opérateurs nucléaires ) ne comprend pas ce qui s’est passé.

 

 

Les 4 faces de l’unité 4

 

nord

face nord

 

est

face est

 

sud

face sud

 

ouest-copie-1.jpg

face ouest

 

   

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