3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:57
pellerinPour les jeunes générations, ce nom de Pierre Pellerin ne dit pas grand-chose.
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Il faut revenir en arrière, en 1986 : suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, cet homme transmet un communiqué à l’AFP, le 30 avril :
 
« Situation dans l’ensemble stationnaire. On note cependant, sur certaines stations du sud-est une légère hausse de la radioactivité atmosphérique, non significative pour la santé publique »
 
Pour beaucoup de Français, il reste celui qui a affirmé aux Français que la radioactivité provenant de Tchernobyl n’aurait aucune incidence sur leur santé.
 
« Ca ne menace personne actuellement, sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine, et encore, c’est surtout dans l’usine… »
 

 
 
Les Corses ne sont pas de cet avis. Surtout les centaines de Corses qui ont un cancer de la thyroïde. Pourtant, avant que cet homme ait été définitivement mis hors de cause par la justice en novembre 2012, la collectivité territoriale de Corse avait lancé une enquête épidémiologique.
 
Pierre Pellerin est mort à l’âge de 89 ans, sans avoir été condamné. Il a bien vécu, défendant l’idée que l’on peut vivre avec le nucléaire. Pour lui, c’est vrai, il a eu une belle et longue vie. Mais il a laissé aux Français des centaines de cancers à gérer (reconnus par Georges Charpak), alors qu’ils auraient pu être évités avec des mesures de précaution qui n’ont pas été données à l’époque, ni par lui, ni par le gouvernement Chirac (dont Michèle Barzach, ministre de la santé). Il a laissé aussi l’idée que les faibles doses, ce n’est pas dangereux. Enfin, il a laissé les déchets nucléaires aux générations futures. L’énergie est consommée, les déchets restent pour des milliers d’années.
 
Aujourd’hui, en 2013, rien n’a changé. Le dernier rapport de l’OMS sur Fukushima ne dit pas autre chose qu’en 1986 : le risque d’avoir un cancer augmenterait pour les gens qui se trouvaient proches de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Mais globalement, l’augmentation du nombre de cancers ne serait pas sensible…
 
Les enfants de Fukushima qui ont déjà un cancer de la thyroïde apprécient évidemment l’optimisme de l’OMS qui, paraît-il, a été créée pour le bien des peuples.
 
 
carte-cont.jpg
Carte de la contamination due à Tchernobyl
(source)
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2382713.jpg
 

(source)

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Le point de vue de Michèle Rivasi, députée européenne :

Décès de Pierre Pellerin: la mémoire des victimes françaises de Tchernobyl bafouée à jamais.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 11:17

panorama4.jpgL’ACRO édite une excellente analyse de la situation à Fukushima deux ans après le début de la catastrophe nucléaire. Une vue d’ensemble où tous ces points sont abordés : contamination, décontamination, responsabilité de l’exploitant, populations touchées, pollutions fluviales et marines, etc. à partir du formidable travail de collecte d’informations effectué quotidiennement sur le site de l’association à la page : « La catastrophe de Fukushima au jour le jour ». Une base de données incontournable pour les historiens contemporains !

Voici quelques extraits de la synthèse.

 

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Fukushima, deux ans après, retour à l’anormal

ACRO, 23 février 2013

 

(extraits)

 

Les autorités japonaises rêvent d’une catastrophe réversible : le gouvernement a engagé un immense programme de « décontamination » et a promis un retour à une partie des 160 000 personnes qui ont quitté leur habitation pour fuir les dangers de la radioactivité. Dans d’autres zones, non évacuées, mais aussi contaminées de 8 régions du Japon, ce sont les municipalités qui ont la charge des travaux qui consistent à laver, frotter, couper les herbes, arbustes, gratter la terre… Pour les zones évacuées, le gouvernement a lancé des appels d’offres et ce sont les majors du BTP, sans aucune expérience, mais pouvant mobiliser une large main d’œuvre, qui ont été retenues. L’une d’entre elles avait la charge du génie civil lors de la construction des réacteurs de la centrale de Fukushima. Comme toujours, ce sont des sous-traitants qui font les sales travaux.

(…)


Seul l’appât du gain intéresse les compagnies retenues, qui n’ont subi aucune sanction. Personne n’a été sanctionné suite à cette catastrophe. Les cadres dirigeants limogés de TEPCo, l’exploitant de la centrale accidentée, se sont recasés dans des filiales et la compagnie espère toujours pouvoir continuer à exploiter son autre centrale nucléaire. On retire le permis de conduire à un chauffard, pas à un exploitant du nucléaire. TEPCo, s’accroche à ses 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, sur la mer du Japon, dans la province de Niigata, même si deux d’entre eux sont situés sur une faille sismique qui a été requalifiée en faille active suite aux révisions des critères de sûreté. Les autres, à eau bouillante, de la même technologie que ceux de Fukushima, nécessitent des investissements massifs et des années de travaux de remise aux normes durcies par la nouvelle autorité de sûreté. TEPCo n’a pas renoncé non plus à ses réacteurs non accidentés de Fukushima, même s’ils ont été noyés par de l’eau de mer corrosive lors du tsunami de mars 2011 et même si les autorités locales n’en veulent plus. Des milliers de travailleurs y sont exposés à des doses inutiles pour tenter de les remettre en état de marche.

(…)


Pour les populations touchées par la catastrophe la vie est toujours anormale. Les déplacés volontaires ne bénéficient de quasiment aucune aide. On ne sait même pas combien ils sont, nombre d’entre eux n’allant pas s’enregistrer sur le nouveau lieu de vie. Pour ceux qui sont restés par force ou par choix, la vie dans les territoires contaminés est difficile. L’alimentation est toujours un sujet d’inquiétude. Les enfants ne jouent presque plus dehors et prennent du poids. Pour les réfugiés, qui ont dû évacuer sur ordre des autorités, la vie est aussi difficile dans le logement provisoire, souvent exigu. Comment refaire sa vie quand on ne sait pas combien de temps cette attente va durer, quand on ne sait pas si l’on pourra rentrer un jour chez soi ? Pour les agriculteurs, l’espoir de retrouver une ferme est très mince.

(…)


La mer continue à se contaminer sans que l’on n’y puisse rien. Les infiltrations d’eau souterraine polluent le rivage sur le site de la centrale et le lessivage des sols par les eaux de pluie entraîne une augmentation de la contamination des sédiments dans l’embouchure des fleuves. C’est particulièrement flagrant dans la Baie de Tôkyô où la contamination croît de jour en jour. Le pire est peut-être à venir : TEPCo est contrainte d’injecter d’énormes quantités d’eau pour refroidir les combustibles fondus des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Cette eau se contamine, s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et menace de déborder dans la mer. TEPCo la pompe donc continuellement, la décontamine très partiellement et la réinjecte. Mais de l’eau souterraine s’infiltre aussi, se contamine et augmente les stocks. La compagnie ne sait plus où mettre les cuves pleines d’eau contaminée sur son site. Elle n’a d’autre perspective que de la rejeter en mer à plus ou moins longue échéance, après une décontamination plus poussée, promet-elle, mais toujours partielle. La station de traitement, prévue pour septembre 2012, ne fonctionne toujours pas.

(…)


Quant aux habitants évacués, ils n’en peuvent plus. Ils ne croient plus à un retour à la normale. De nombreux habitants, surtout ceux avec de jeunes enfants, se sont résignés et ne rentreront jamais. Quelle sera leur vie quand les indemnités s’arrêteront ? Quel sera leur état de santé à long terme ? Il y a déjà, officiellement, trois cas de cancer de la thyroïde avérés chez les enfants de Fukushima, qui ont subi une intervention chirurgicale. 7 autres cas suspects sont en cours d’analyses complémentaires. Cela ne va qu’empirer, le pic du nombre de cas étant apparu 4 à 5 ans après les rejets massifs à Tchernobyl.

(…)

 

Lire l’article en entier

 

 

Qu’est-ce que l’ACRO ?

 

Créée à la suite de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest) est une association d'information et de surveillance de la radioactivité, dotée d'un laboratoire d'analyse et agréée de protection de l'environnement. L'association publie une revue trimestrielle d'information, l'ACROnique du nucléaire, organise des conférences publiques et tente de répondre à de nombreuses demandes de renseignements.

 

 

 

Photo d'entête : Prise de vue panoramique au niveau arasé de l'unité 4 (source)

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 16:26
cafumeVoici encore une vidéo, enregistrée le 20 février 2013 qui montre une fumée sortant de l’usine. Ce n’est pas la première fois que ce genre de fumée est remarqué. Nous avions déjà observé la même chose le 28 février 2012 et le 4 septembre 2012. Jusqu’à présent, n’ayant aucune information de la part de Tepco au sujet de ces fumées intermittentes, je pensais que ces émanations provenaient d’une cheminée de la piscine commune.
 

 
 
Or, suivant le plan fourni récemment par Tepco et l’orientation de visée de la webcam TBS, il apparaît que l'on peut émettre une autre hypothèse. En effet, un incinérateur à haute température est situé juste à côté de la piscine commune. Mais celui-ci est caché par la forêt et reste donc invisible à l’écran de la webcam. En revanche, la haute cheminée de l’incinérateur pourrait arriver juste à la bonne hauteur pour que les fumées soient visibles.
 
plan13
 
J’ai recherché une image de ce bâtiment mais c’est difficile car Tepco, mis à part le plan de situation, n’en a jamais communiqué de photo, sinon à la marge. Finalement, j’ai retrouvé trois vues aériennes montrant ce bâtiment avec sa grande cheminée, sous trois angles différents. Pour bien le faire apparaître, je l’ai colorié en rouge. Au nord de l’incinérateur se trouve la piscine commune (en bleu) et au sud  un bâtiment non encore identifié (en jaune), qui a un rapport avec le bâtiment situé à l’est puisqu’il est relié par un pont-galerie.
 
vue1
 
vue2
 
vue3
 
  

Le plan de Tepco est tellement imprécis qu’il est difficile de savoir où se situe l’installation d’adsorption de césium. Si quelqu’un en sait plus, je mettrai à jour ce billet.

[ Mise à jour 25/02/13 : Geoffroy a retrouvé un plan de Tepco qui précise le lieu : l’équipement qui permet d’adsorber le césium (appelé Sarry, fourni par Toshiba) a été installée en 2011 dans le bâtiment de l’incinérateur haute température (donc le rouge sur les photos ci-dessus). L’installation est constituée de 14 cuves cylindriques qui doivent réduire la teneur en césium et autres radioéléments à un millionième de la teneur d'entrée. La première photo de ces cuves a été éditée par l’Asahi il y a quelques jours (cf. Voir Fukushima (49), 3ème photo). ]
 
Mais que brûle Tepco ?
 
Les fumées sont toujours observées le matin vers 10 h. Durant ces évènements, les travaux du chantier ne sont pas arrêtés, il s’agit donc probablement d’opérations programmées d’incinération de déchets, ce qui est bien plus vraisemblable que des émanations provenant d’une piscine.  Comme Tepco nous inonde de photos de mauvaise qualité sur tout et n’importe quoi dans la centrale, et qu’il ne communique jamais sur cet incinérateur, on peut considérer cette activité comme suspecte. Pourquoi ? Tout simplement parce que les activités des milliers de travailleurs sur le site génèrent des tonnes de déchets contaminés dont Tepco ne sait que faire. Le plus simple est sans doute de brûler tous ces gants, combinaisons, filtres, masques, chaussures et autres objets radioactifs. C’est l’hypothèse la plus plausible, bien que je ne sois pas encore certain que cette fumée provienne bien de cet incinérateur-là. Pour autant, est-ce que Tepco a l’autorisation de rejeter dans l’atmosphère des poussières radioactives supplémentaires ? En France ça serait interdit et au Japon autorisé ? Hum…Il faudrait demander à l’autorité de sûreté nucléaire.
 
dechets
Que faire de ces tonnes de déchets radioactifs ?
 
 
  

 

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Mise à jour (24 février 2013)

 

Merci à Etienne Servant qui a retrouvé un document de Tepco relatant la présence d’un incinérateur sur le site. Toutefois, il s’agit d’un petit incinérateur situé près de l’unité 5. Le texte du document « Dans l'incinérateur de petite taille, seules des ordures non contaminées  sont brûlées (boîtes à lunch vides, etc.). » semble vouloir dire qu’inversement, dans l’autre incinérateur, celui de grande taille dont on ne parle jamais, on y brûle les déchets contaminés…

 

doctepcoincinerateur.jpg

 

 

 

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Mise à jour (25 février 2013)

 

Iori (Fukushima Diary) signale que cette fumée a également été aperçue le 7 janvier 2013 à 10h17 (donc toujours aux environs de 10h du matin).

Dans son article « Le 7 janvier 2013, de la fumée noire sort de la cheminée de la piscine commune à combustibles », un ouvrier mentionne que cette fumée sort d’une cheminée de la piscine commune (donc le bâtiment bleu sur les photos ci-dessus), ce qui nous ramène à ma première hypothèse. Peut-être le bâtiment de la piscine commune a également un incinérateur pour ses propres activités ?

 

imagebot324-450x328.png

Fumée du 7 janvier 2013

 

 

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Mise à jour (24 janvier 2014)

 

Nuckelchen signale un nouveau dégagement de fumées qui a eu lieu le 22 janvier 2014 entre 13:00 et 14:11 JST.

Plus de détail ici : http://fukushima.xobor.de/t32f9-steamy-wonders-th-of-january.html#msg65

 

 

 

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 01:51
Reportage
Des journalistes du Asahi Shimbun ont visité la centrale de Fukushima Daiichi le 20 février 2013. Ils en ont ramené un article, des photos ‒ dont une vue panoramique ‒ et une vidéo.
 
4a
Vue aérienne du bâtiment réacteur n° 4 à droite, et le bâtiment du réacteur n ° 3 à gauche (photo Hiroshi Kawai)
 
4
Le bâtiment du réacteur n° 4 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi le 20 février 2013 (photo Soichiro Yamamoto)
 
4b
Un inspecteur examine le système de décontamination Sarry le 20 février 2013. Pour la première fois l'installation d'adsorption de césium a été montrée aux médias. (photo Soichiro Yamamoto)
 
4c
Une protection a été placée au-dessus de la piscine de stockage du combustible nucléaire usé, à droite, au dernier étage du bâtiment du réacteur n° 4. On voit aussi en arrière-plan les unités 2 et 3. (photo Soichiro Yamamoto)
 
4d
Véhicules renversés et autres débris restent sur ​​le côté côtier du réacteur n° 1. (photo Soichiro Yamamoto)
 
4e
Plan de la visite de la centrale avec indication des mesures de radioactivité.
 
 
Vue panoramique depuis le réacteur 4 (Asahi)
(Cliquer sur l'image pour accéder à l'image interactive).
485049 343034255807580 1685980526 n
 
 
Vidéo du réacteur 4 (Asahi)
3 minutes de visite au niveau technique du réacteur 4

 
« Ici, la lecture est de 200 microsieverts par heure », dit l'inspecteur." Mais il est de 1.000 microsieverts sur le côté nord près de bâtiment du réacteur n° 3. Gardez vos distances »
(source)
 
 
Tepco publie des vidéos de la piscine 3
 
- Les racks de combustible sur lesquels le bras de la machine de ravitaillement repose.

 
 
- Vidéo du bras de levage tombé dans la piscine
Télécharger ou voir la vidéo originale Tepco :
Play Video / Download(12.9MB)
 
- Vidéo de la perte du bras de levage à l’origine de ces investigations

 
 
 
L’AIEA publie un rapport de Tepco
Daté de janvier 2013, ce rapport inédit de 59 pages intitulé « Demolition and Removal of Structures Damaged or Contaminated as a Result of the Fukushima Accident » est téléchargeable ici.
L’image la plus intéressante est celle représentant une hypothèse de présence du corium dans la piscine torique (p. 51).
 
corium
Visualisation du corium par Tepco (p. 51)
 
debris location
Ecorché d’un réacteur : à la recherche du corium
 
release
Estimation du relâchement de Césium par Tepco
 
waterstoragetanks
Plan des installations de stockage de l’eau
 
eaucontaminée
Accumulation de l’eau contaminée
 
 
Des robots pour travailler à Fukushima
 
000 Hkg8284274-1024x703
Ils s'appellent Sakura, Frigo-ma ou Packbot, et interviennent au sein de la centrale nucléaire ravagée de Fukushima.
(source)
 
Les ingénieurs de Toshiba ont mis au point un robot télécommandé capable de projeter de la glace sèche pour "aspirer" les substances radioactives.
 
 
Mais… alors que les robots perfectionnés capables de travailler en milieu hautement radioactif sont indispensables, les entreprises spécialisées ne sont pas franchement intéressées par la recherche et la fabrication de robots qui ne serviront que pour Fukushima...
(source)
 
 
 
 
 
 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 22:42

tricastin-tcherno.jpgL’IRSN vient de mettre en ligne l’étude sur le coût d’un accident nucléaire en France qui avait été rendue publique en anglais le 6 novembre 2012 au forum Eurosafe à Bruxelles. Rien de nouveau dans cette publication qui avait déjà été reprise par de nombreux médias et traduite par nos propres soins. Toutefois, cette publication sur le site même de l’IRSN officialise l’information qui avait été reléguée dans une note de bas de page du rapport de la Cour des Comptes sur les coûts de la filière électronucléaire : un accident nucléaire majeur pourrait coûter à la France jusqu’à 1000 milliards d’euros.

 

Evidemment, l’IRSN ne l’annonce pas ainsi. Comme d’habitude, l’institut fournit des moyennes qui, de fait, minimisent l’information, bien que 430 milliards d’euros soit déjà un coût exorbitant à faire pâlir nos dirigeants et leurs électeurs. Pour avoir une véritable idée du coût possible d’un tel accident, il faut reprendre les données de l’IRSN pour en déduire les estimations basse et haute.

 

L’estimation basse retenue par les économistes de l’IRSN est à -60% de l’estimation moyenne, ce qui porte le montant total des coûts à 171 milliards d’euros.

 

L’estimation haute est quant à elle à +120% de l’estimation moyenne, soit 939 milliards d’euros arrondis à 1000 milliards par la Cour des Comptes.

 

 

Estimation basse

Md€-60%

Estimation moyenne

Md€

Estimation haute

Md€+120%

Coûts sur site

?

8

?

Coûts radiologiques hors-site

?

53

?

Territoires contaminés

?

110

?

Coûts en termes d’image

?

166

?

Coûts liés à la production d’énergie

?

90

?

Total

171

427

939

 

 

Ainsi, pour des raisons inexpliquées et en contradiction avec l’effort de transparence déjà engagé pour d’autres informations, l’IRSN ne publie pas l’étude complète mais seulement un résumé dont les données sont lacunaires. Ces données sont pourtant connues de l’IRSN depuis longtemps puisque la Cour des Comptes y faisait déjà référence en janvier 2012.

 

Or, que doit connaître un décideur pour prendre les bonnes décisions ? L’info ou la moitié de l’info ? Il est évident qu’un politique doit prendre en compte les deux bornes de l’estimation avant d’engager sa responsabilité et celle du pays entier. Il est très important qu’il sache à quoi il s’engage quand il fait prendre le risque à tous les Français de devoir payer 1000 milliards d’euros et de mettre le pays à genou.

 

Quoi qu’il en soit, il est maintenant démontré que le coût réel de l’électricité nucléaire ne correspond absolument pas au coût du kWh facturé puisque les dépenses générées par un accident nucléaire ne sont jamais prises en charge par l’opérateur mais par l’Etat. Dernier exemple en date, celui de Fukushima où l’exploitant Tepco reçoit régulièrement des milliards de yens de l’Etat japonais pour être en mesure (mais de manière très insuffisante) de payer les charges qui lui incombent. C’est ainsi que les constructeurs de centrales nucléaires, puis les exploitants, encaissent toujours les bénéfices de leurs activités nucléaires lucratives mais ne paient jamais complètement les dépenses provoquées par les accidents. Au final, ce sont les citoyens qui paient la différence par leurs impôts (en plus d'être évacués et irradiés !).

 

Si vous n’êtes pas d’accord avec ce système, vous pouvez participer à une campagne lancée par Greenpeace International qui demande à ce que les constructeurs payent les dommages que leurs réacteurs causent dans le monde. Cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder à l’action.

 

fukushima_Infographic_07_02_13-FR.jpg

 

 

 

________________________

 

En savoir plus

 

   

Un accident nucléaire en France : mais combien coûte une vie humaine pour l’IRSN ? (Rue 89)

 

Accident nucléaire : la France va revoir la responsabilité civile de l'exploitant à la hausse (Les Echos)

 

Qui paye les coûts d'une catastrophe nucléaire ? L'exemple de Fukushima (Notre planète - Info)

 

Accident nucléaire : les exploitants devraient payer plus (BFMTV)

 

Fukushima deux ans après : l’industrie nucléaire « irresponsable » (Greenpeace)

 

 

________________________ 

Illustration d'entête : carte de simulation d'un accident nucléaire à Tricastin à partir des données de Tchernobyl (source) 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 22:00
Affiche de la grande mobilisation du 10 mars 2013 au Japon
 
affiche 10 mars 2013
Une grande mobilisation aura également lieu en France le 9 mars : voir ici.
 
 
Investigation dans la piscine de l’unité 3 (suite)
Le bras de levage perdu a été localisé. (source tepco)
 
tepco1
 
130213 21
 
130213 20
 
Analyse de SimplyInfo (cliquer ici)
bentcontrolrods.jpg
 
Analyse de Gen4 (cliquer ici)
2013-02-18_17h10_35_thumb.png
 
 
Ca fuit encore à la centrale...
 
tepcofuite.jpg
.
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Investigation au niveau du tore du réacteur 1
tepcoinvestigation1.jpg
Tepco a effectué un forage, mais a trouvé au fond un matériau différent, de l'acier probablement. La plus forte radiation trouvée est 920 mSv/h. Selon Fukushima Diary, le corium ne doit pas être loin !
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imagebot400-450x316.png
.
.
Photo du bâtiment réacteur n°4
Tepco persiste à cacher le bâtiment réacteur n° 4. Il a tellement peur que l’on aperçoive les détériorations de la base des murs qu’il coupe carrément les images. De la belle censure aux ciseaux !
 
130213 01
(source)
 
 
Sujet de la NHK sur la centrale de Fukushima
(1er février 2013, sous-titrages français Kna))
 
 
Vision d’une ville fantôme

 
 
 
   

Interview du maire de Futaba M. Idogawa après sa démission (23.01.2013)

.
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Bande annonce de “Welcome to Fukushima”
Film de Alain de Halleux

 
 
 
Dossier
Greenpeace International a réalisé un dossier intitulé: « Fukushima deux ans après : l’industrie nucléaire « irresponsable » ».
Cliquer ici pour accéder au résumé.
 
dossier greenpeace
 
 
TV
Mardi 5 et jeudi 7 mars 2013, Arte diffusera des reportages inédits sur Fukushima
Cliquer ici pour avoir le programme détaillé
 
arte
 
 
Carte
Inventaire des centrales japonaises sur des failles actives
 
cartefailles
(source)
 
 
 
 
 
 
 
 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 15:00

Psammoma.jpgLe cancer de la thyroïde est un cancer habituellement rare, de l’ordre de 1 à 3 pour 1 million chez les enfants japonais. Du coup, l’information annonçant qu’un cancer de la thyroïde a été détecté et soigné chez 3 enfants de la préfecture de Fukushima ne passe pas inaperçue, d’autant plus que 7 autres sont soupçonnés.

Pas même deux ans après la catastrophe, les terribles effets de l’iode 131 sont déjà là.

 

Evidemment les autorités irresponsables, qui demandent aux gens d’aller vivre en territoire contaminé (1), n’ont pas manqué d’essayer d’amoindrir la nouvelle en envoyant au charbon le professeur Kazuo Sakai, de l'Institut national des Sciences radiologiques. Pour expliquer qu'il était encore trop tôt pour accuser Fukushima, ce « chercheur » qui ignore totalement les données connues sur Tchernobyl, a osé déclarer selon l’AFP  : « D'après les données issues des études sur les victimes de la bombe atomique de Hiroshima, il est reconnu que le risque de cancer croît lorsque la dose reçue dépasse 100 millisieverts ». Ca rappelle le très controversé Pr. Yamashita, que l’on a appelé ironiquement « Monsieur 100 mSv » et qui prétendait abusivement qu’il n’y avait pas de risque pour la santé jusqu’à 100 mSv/an (Il s’est excusé depuis…). Selon Kazuo Sakai, les maladies que l’on observe à Fukushima viennent du stress. Comment peut-on oser dire de tels mensonges à l’annonce des premiers cas de cancer ?

 

En fait, le dixième rapport de l'enquête sanitaire réalisée sur la préfecture de Fukushima ‒ publié récemment avec des données allant jusqu'au 21 janvier 2013 ‒ a révélé que 44,2 % des 94 975 enfants suivis présentaient des anomalies échographiques à leur thyroïde. Le nombre d'anomalies a donc augmenté au fil du temps, ainsi que la proportion d'enfants présentant des nodules d’une taille égale ou supérieure à 5,1 mm. La situation est donc toujours très préoccupante, car si aucune évacuation n’intervient rapidement, la catastrophe sanitaire aura  une bien plus grande ampleur.

 

Pour essayer de contrer cette folie du déni, l’avocat Toshio Yanagihara tente une action collective à laquelle je vous propose de participer. Cet homme représente 14 enfants de Fukushima qui demandent l'évacuation collective de la zone contaminée. Pour soutenir cette démarche en justice, deux actions sont organisées : une manifestation qui aura lieu le 23 février 2013 à Tokyo, et un site internet qui recueille l’appui de tous ceux qui se sentent concernés et qui veulent laisser un message de soutien. C’est très simple, il suffit d’indiquer son nom, son prénom, son pays, et d’écrire un message de soutien.

 

Cliquer ici pour accéder au site de soutien

 

 

 

(1) Les spécialistes Shinzo Kimura et Masaharu Okano ont démontré par leurs mesures que la Préfecture de Fukushima était à évacuer, comme le montrent ces graphiques très parlants, où l’on constate que plus de 5 millions de Bq/m² ont été relevés.

 

 

 

______________________

 

En savoir plus

 

 

Cancers de la Thyroïde à Fukushima: 3 cas officiels, 7 cas en examen.

 

ACRO : révélation des trois cas de cancer de la thyroïde confirmés (Jeudi 14 février)

 

Fukushima kids have skyrocketing number of thyroid abnormalities - report

 

10 children with thyroid problem consist of 3 male 7 female, average age is 15 y.o, “79 times higher rate than usual”

 

Cancer de la thyroïde à Fukushima : des chiffres manipulés

 

Problèmes de thyroïde à Fukushima : une population cobaye

 

Cancer de la thyroïde et rayonnements ionisants. Un bilan.

 

_____________________

 

Les cancers de la thyroïde au Bélarus dus à la catastrophe de Tchernobyl

 

 

tableaubelarus.jpg

(source GR21)

 

 

tableauirsnbelarus.jpg

(source IRSN)

 

 

_____________

Source image d'entête : Wikimedia  ( cellule tumorale de la thyroïde)

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:07
AsahiNeige2Merci à Martine Carton pour ce témoignage et cette traduction qui montrent ce qu’est la vie après une catastrophe nucléaire. La ville de Fukushima (300 000 habitants) aurait dû être évacuée : début avril 2011, elle présentait 2,5 fois les seuils d’évacuation établis en Ukraine pour le Cs-137. Elle devrait toujours l’être aujourd’hui…
 
« Ceci n’est pas un scoop, c’est un moment de la vie ordinaire au Japon.
Ce matin, avant de partir à l’école, ma fille lisait un article du Journal Asahi pour les écoliers. Elle me tend le journal et me dit : « Regarde, maman, c’est triste. »
J’ai traduit cet article, intitulé : « On a joué dans la neige comme des fous !
Fukushima, les enfants en excursion
« Je voudrais bien m’amuser dans la neige ! »
Dans les zones où la radioactivité est relativement élevée, nombreux sont les enfants privés de jeux extérieurs. Inquiètes du manque d’exercices physiques des enfants, des organisations se chargent de les emmener jouer dans des zones moins contaminées. C’est le cas d’une de ces organisations, la NPO Sortie éducative « Enfants en excursion » qui propose aussi des programmes qui vont de l’assistance d’urgence à des actions prolongées dans le temps. »

UNE JOURNÉE DE VISAGES RADIEUX
La neige qui arrive jusqu’à la taille est lisse. Dans le jardin enneigé, les enfants font des glissades ou s’étendent de tout leur long dans la neige. Ils se sont bien amusés, leurs visages sont tout recouverts de neige. Les garçons de trois ans courent à toutes jambes devant les élèves de primaires. Le visage radieux, ils ont oublié jusqu’au froid. « Les enfants en excursion » ont passé une journée à jouer comme des fous dans une zone où la radioactivité est faible. Seize enfants de 3 à 9 ans, habitant la ville de Fukushima ou les alentours, ont participé à cette journée, à Inawashiromachi, plus à l’ouest de chez eux.
Tomoki Watanabé (9 ans) et son petit frère sortent tous les week-ends en famille hors de la préfecture de Fukushima. « En général, on ne joue pas beaucoup dehors. Comme activités de club, les CE2 passent leur temps à jouer au yoyo. » ajoute Tomoki. Nombreuses sont encore les écoles primaires qui limitent à trois heures par jour les sorties extérieures. Après les cours, les élèves vont à la garderie, mais ils ne peuvent pas sortir non plus.
L’association offre aussi des classes de découverte de la nature : ce jour-là, les enfants ont fait du traîneau sur les pistes de ski.
« Jouer dehors, c’est vraiment super ! » s’exclame Tomoki, les yeux brillants de joie.
(Fin de l’article)
 
AsahiNeige-copie-2.jpg
 

« Restera-t-il, dans quelques décennies, des « zones moins contaminées », vestiges d’un monde disparu, qu’on montrera à nos enfants qui les regarderont avec des yeux brillants – de larmes ?
L’association en question a une page FaceBook, vous pouvez l’aimer autant que vous voulez, merci.
http://www.facebook.com/fukushima.ihp »
 
   
________________________
 
Pour approfondir
 
 

 
 
Le Fukushima Collective Evacuation Trial mène une action en justice collective pour demander au gouvernement local de la ville de Koriyama, préfecture de Fukushima, d'évacuer les enfants des zones où la dose de radioactivité de fond est supérieure à 1 mSv/an.
Si le cas des enfants de Koriyama est approuvé par le tribunal, les autorités d'autres zones à forte radioactivité devront adopter cette norme et assurer un soutien inconditionnel à l'évacuation des enfants.
 
 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:32

fessenheimv2tcherno.jpgLe 6 novembre 2012, lors du forum Eurosafe organisé à Bruxelles par le réseau ETSON et ses partenaires, deux économistes de l'IRSN, Ludivine Pascucci-Cahen et Patrick Momal, ont présenté une communication intitulée « Massive radiological releases profoundly differ from controlled releases » (Les rejets radiologiques massifs sont très différents des rejets contrôlés).

 

La principale information de cette communication est une bombe : un accident nucléaire 3 fois moins important que celui de Fukushima (1 fusion de cœur de réacteur contre 3 au Japon) engendrerait un coût d’au moins 430 milliards d’euros pour le seul pays de France, soit plus que le budget de l’Etat. Autant dire une faillite complète.

 

Dans un souci de diffusion maximale des informations importantes concernant le nucléaire en France, le blog de Fukushima a décidé de réaliser la traduction de la communication de l’IRSN (1)

 

Télécharger la traduction française de la communication de l’IRSN

 

Cette communication serait passée inaperçue si l’ACRO ne l’avait pas relevée à l’occasion de sa mise en ligne en langue anglaise en décembre 2012 sur le site du forum Eurosafe. Depuis, une autre communication a été réalisée par les mêmes spécialistes en économie, en France cette fois à Cadarache, et c’est seulement à cette occasion que la presse s’en est fait l’écho à partir du 7 février 2013.   

 

On ne saurait trop remercier tous les sites d'information qui ont repris cette nouvelle car bizarrement, alors que l’information a été rendue publique depuis maintenant 3 mois, ni le site de Cadarache, ni le site du CEA, ni le site de l’IRSN ne la diffusent. Comme le gouvernement français doit déposer, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, un projet de loi de programmation à la fin du premier semestre 2013, il nous a semblé opportun de diffuser aussi cette information cruciale dont les politiques doivent absolument tenir compte pour l’avenir de la France et de l’Europe en général.

 

430 milliards d’euros, c’est difficile à imaginer ! Voilà enfin la vérité de ce que nous propose le nucléaire, une sorte de roulette russe économique et sanitaire. Voilà le futur de ce pays et de l’Europe, car les pays voisins profiteront largement du désastre prévu, il n’y a pas comme au Japon l’océan Pacifique à l’est pour absorber la radioactivité mortelle. Il y a la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, l’Italie, pays qui ont décidé de sortir du nucléaire. Voilà aussi à quoi il faudrait se préparer : avoir une responsabilité et une honte éternelle envers tous les pays contaminés de l’Europe.

 

« L’Autorité de Sûreté Nucléaire l’a dit, on ne peut pas exclure une catastrophe nucléaire majeure en France. Le risque économique incommensurable que fait peser l’industrie nucléaire sur notre pays doit donc absolument être pris en compte dans le débat en cours. » (source ACRO)

 

Le projet de loi de programmation sur la transition énergétique concerne votre député et le sénateur de votre circonscription. Envoyez-leur la communication de l’IRSN en pièce jointe par mail ! Et dites-leur par la même occasion ce que vous pensez du risque nucléaire : acceptable ? inacceptable ?

 

Vous trouverez leurs adresses mail ici et .

   

 

Vous pouvez aussi porter cette connaissance dans le débat national sur la transition énergétique. On peut y participer directement par cette page qui permet à toute personne intéressée de poster une contribution :

http://www.transition-energetique.gouv.fr/contribuer

 

 

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Lire aussi à ce sujet :

 

 

Comment estimer le coût d’un accident nucléaire ? (Etude de P. Momal)

Peut-on supporter le coût d’une catastrophe nucléaire majeure ? (ACRO)

Le coût d'un accident nucléaire en France ? Plus de 400 milliards d'euros(Les Echos)

Un accident nucléaire majeur coûterait 430 milliards d'euros (Le Figaro)

Un accident nucléaire en France : une catastrophe pour l'économie (Le Monde)

L'IRSN évalue à 430 milliards d'euros le coût d'un accident nucléaire majeur en France(L’Usine Nouvelle)

 

   

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Addendum

 

Une lectrice du blog apporte une information de taille, puisqu’il s’agit d’une autre estimation de l’IRSN, énoncée dans le rapport public de la Cour des Comptes sur les coûts de la filière nucléaire mis en ligne le 31/01/12. Voici ce qu’indiquait la note 200, page 242 :

« Les estimations de l’IRSN donnent un coût moyen compris entre 70 Md€ pour un accident modéré sur un réacteur comme celui qui s’est produit à Three Mile Island en 1979, et 600 Md€ à 1 000 Md€ pour un accident très grave comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima. » (source)

On comprend ici que l’IRSN, qui réalise selon P. Momal et L. Pascucci-Cahen des estimations depuis 8 ans, a une politique de communication à deux vitesses. Devant la Cour des Comptes, l’accident majeur coûterait entre 600 et 1000 milliards d’euros, et devant les journalistes, ce coût tomberait à 430 milliards d’euros. Dans les deux cas, la somme est colossale et, comme dit P. Momal, « l’accident demeurerait largement intolérable » et les décideurs seraient face à « une situation dans l’ensemble désespérée ».

 

 

 201305 Cout accident nucleaire

 

Une autre source de l'IRSN est publiée par le Figaro. Curieusement, cette image amoindrit encore l'estimation, la facture totale passant de 430 milliards dans l'article  à 421 milliards dans l'illustration.

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 (1) Les rejets radiologiques massifs sont très différents des rejets contrôlés


Ludivine Pascucci-Cahen et Patrick Momal


Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
31 av Division Leclerc, 92260 Fontenay-aux-Roses

 

 

Titre original : Massive radiological releases profoundly differ from controlled releases

Edité par EUROSAFE, lien : http://www.eurosafe-forum.org/2012-seminar-2

 

Traduction française : Odile Girard, Catherine Thirion, Pierre Fetet


Résumé:

Se préparer à un accident nucléaire nécessite de comprendre les conséquences potentielles de cet accident. Alors que de nombreux experts spécialisés ont travaillé sur divers aspects particuliers d’un tel accident, il est surprenant que si peu d'efforts aient été consacrés à obtenir une vue d’ensemble  et à fournir une image globale et équilibrée de toutes les conséquences majeures. L'IRSN a travaillé sur le coût des accidents nucléaires, un exercice qui se doit d’être aussi complet que possible, étant donné que toute omission sous-estimerait évidemment le coût. Il fournit donc (idéalement) une estimation de tous les éléments de coût d’un accident, révélant la nature de ces coûts et esquissant ainsi une image globale. Sur un réacteur à eau pressurisée français (REP), il apparaît que des rejets contrôlés provoqueraient un accident « économique » ayant des conséquences radiologiques limitées par rapport à d'autres coûts ; en revanche, des rejets massifs déclencheraient une crise majeure ayant des conséquences radiologiques importantes. Ces deux types de crises confronteraient les décideurs à différents types de défis.

 

Plan de la communication

 

 

 

 

1. LES COÛTS ESTIMATIFS DOIVENT ÊTRE COMPLETS POUR DONNER UNE VUE GLOBALE

 

            1.1. L’estimation des coûts doit être complète

 

            1.2. Les grandes catégories de coûts

 

            1.3. Détail des postes de coûts

 

 

 

2. UN ACCIDENT NUCLÉAIRE GRAVE EN FRANCE serait un DÉSASTRE NATIONAL Mais resterait NÉanmoins gÉrable

 

            2.1. Un désastre national

 

            2.2. Une crise gérable

 

            2.3. Variabilité

 

 

 

3. UN ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR EN FRANCE PROVOQUERAIT UNE CATASTROPHE EUROPÉENNE INGÉRABLE

 

            3.1. Une catastrophe radiologique majeure

 

            3.2. Des coûts économiques élevés

 

            3.3. Des pertes énormes

 

 

 

4. REMARQUES DE CONCLUSION

 

 

 

Lire la communication en entier

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 23:17
Piscine commune de Fukushima Daiichi
 
commonsfp
 
Photo du 5 février 2013 (source Kyodo News)
Les paniers d’assemblages de combustible occupent la totalité de la surface disponible (Les croisillons obliques que l’on aperçoit sont le reflet de la structure du plafond). Avant de transférer le combustible de la piscine de désactivation du réacteur 4, Tepco devra faire de la place en enlevant une partie du combustible entreposé dans la piscine commune.
 
 
Avancement des travaux au réacteur 4
Photos du 5 février 2013 (source Kyodo News)
 
 reacteur4
 
 reacteur4b
 
 
Visite de l’unité 1
 
Tepco a livré le 7 février 2013 une vidéo d’une investigation au niveau 4 de l’unité 1 réalisée le 18 octobre 2011. Apparemment, la mission consistait à vérifier la pression de divers réservoirs. Au moment de redescendre, entre le 4èmeet le 3ème niveau, une alarme stridente se met à retentir. Les ouvriers arrivent au 3ème niveau, l’alarme ne s’arrête pas, l’ouvrier regarde son plan (pour retrouver le chemin de la sortie ?). Il semble que cette alarme leur indique que le temps prescrit pour cette mission de reconnaissance est terminé.
Cette vidéo a été montrée à la commission d’enquête parlementaire en 2012.
Lien d’origine pour télécharger la vidéo (38,9 Mo) :
 
Vidéo disponible sur Youtube (21 min 33)
 
    
 
 
Captures d’écran
 
 16
 
 2
 
 12
 
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5
 
 8
 
 
 
Documentaire sur les enfants de Fukushima qui ont des kystes et des nodules thyroïdiens
Beaucoup d'enfants de Fukushima n'ont jamais été évacués après la catastrophe nucléaire du 11 Mars 2011. Maintenant, le nombre d'enfants de Fukushima qui se trouvent à avoir des kystes et des nodules thyroïdiens est en augmentation. Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir?  (traduction Kna) 
.
 
      
 
 
Incroyables images de Fukushima
Ces photos datent de 2011, mais elles sont toujours aussi surprenantes. Un excellent diaporama archivant une masse considérable d’informations et d’explications.
 
 
 
 

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