26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 21:12

 

ACLacoste28062012.jpgPar la voix de son président André-Claude Lacoste, l’ASN présentait le jeudi 28 juin 2012 son rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2011. A cette occasion, il faisait aussi le point sur les suites des Évaluations Complémentaires de la Sûreté (ECS) des installations nucléaires conduites après l’accident de Fukushima. Jean-Marc Royer s’est intéressé de près à ce qu’il s’y est dit, et il nous en parle dans l’article qui suit… sans langue de bois.

 

 

-oOo-

 

 

La conférence de presse de l’ASN du 28 juin 2012 :

 

Des approximations savamment dosées, des omissions patiemment élaborées.

 

Au total une langue de bois, bien ciselée, et de longue date.

 

 

par Jean-Marc Royer

 

 

Lors d’une conférence de presse tenue le 28 juin, le président de l’ASN présentait le rapport annuel 2011 intitulé « Il y aura un avant et un après Fukushima[1] ». Effectivement, l’ASN se rend à l’évidence et a récemment intégré ─ mieux vaut tard que jamais ─ deux dimensions capitales des dangers du nucléaire, évolution sur laquelle il faudra revenir. Il n’empêche que, par ses origines, la composition de ses personnels et leur provenance professionnelle ou académique (X-Mines, X-Ponts …), ses relations de longue date avec les industries et les opérateurs nucléaires ─ et j’ajouterais l’imaginaire indécrottablement pro-nucléaire de ses membres ─ l’ASN est bel et bien prise, qu’elle le veuille ou non, dans la gangue[2] des intérêts du village nucléaire international. Cette autorité indépendante devrait, question transparence et indépendance, se régler sur le travail que vient de faire la commission indépendante de la diète japonaise pour étudier la catastrophe de Fukushima : un modèle du genre ! Elle serait également bien inspirée de ne pas croire que « les dérapages » du régulateur japonais, la NISA, ne peuvent survenir qu’au Japon[3] … et qu’elle n’aurait pas son propre « examen de conscience » à faire en détail, et en remontant jusqu’à ses débuts.

Depuis trop longtemps l’ASN nous abreuve de sa la langue de bois[4], de ses « éléments de langage » ─ comme disaient les responsables de la communication de l’ex-présidence de la République ─ et de son expression totalement formatée. On se risque même à avancer qu’en France, à cause de la place et du rôle du nucléaire, cela constitue un des critères de recrutement de ses dirigeants. Encore une fois, il faut comparer son langage et ses méthodes à ceux de la commission indépendante nommée par la diète japonaise. Mais dans son ronron hélas coutumier, devant un parterre de journalistes consentants pour ne pas dire plus, lors de cette dernière conférence de presse de la fin juin, nous avons été réveillés à la vingt-huitième minute exactement par les assertions suivantes :

1) « Nous sommes persuadés qu’il peut y avoir un délai jusqu’à 10 ans pour être sûr d’avoir parfaitement compris Fukushima […] A Three Miles Island, il a fallu 6 ans pour être sûr du taux de fusion du cœur du réacteur ». […] Et quelques secondes plus tard :

2) « Fondamentalement, les installations ont tenu au séisme, c’est le tsunami qui a causé des dégradations … et entraîné les dégâts les plus graves. A vérifier » […]

3) « Il y a actuellement deux lectures de la façon dont les japonais se sont comportés face à la perspective du tsunami :

- Les japonais auraient pu prévoir un tsunami de l’importance de celui qui est intervenu, s’ils n’ont pas pris en compte le tsunami c’est de leur part une défaillance grave, une négligence.

- Deuxième lecture, le tsunami était plus important qu’il n’était prévisible dans l’état actuel des connaissances. » […] 29’30 et enfin :

4) « Nous avons un devoir moral de prendre dès que possible les décisions qui nous paraissent s’imposer ». 30’ Comme on peut le constater, le devoir moral de l’ASN s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément …

 

 

Reprenons les choses dans l’ordre de leur énoncé.

 

1) L’ASN a très bien compris ce qui s’est passé dès les premiers jours à Fukushima[5], à savoir la fonte rapide des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3, les fuites d’eaux hautement radioactives ainsi que les problèmes de refroidissement des assemblages contenus dans les piscines (SFP) des réacteurs 3 et 4[6]. Ce sont ces phénomènes dont la compréhension était déterminante pour évaluer la gravité de la situation et agir en conséquence afin de protéger les populations. Or TEPCO et le gouvernement japonais les ont cachés durant plus de deux mois, sans parler de leur grave incurie à faire face à cette situation comme l’explique la commission indépendante de la diète tout au long de son récent rapport. Le taux de fusion et bien d’autres éléments sont secondaires par rapport à l’estimation globale de la situation. S’abriter derrière ces « inconnues » revient in fine à se défausser de toute appréciation sur la catastrophe japonaise – ce que la commission indépendante de la diète ne fait pas – et à s’exempter des conclusions que l’on doit en tirer en France et ailleurs.

 

 

 

2) Fondamentalement ceci est un gros mensonge : les problèmes graves ont débuté dès le séisme (Cf. le rapport de la commission, le rapport du BRGM[7], ce que nous avons récemment écris à plusieurs mains concernant la piscine du réacteur N°4 et les extraits de l’article ci-dessous publié en juillet 2007). Ces problèmes ont concerné toutes les installations et en particulier les équipements de refroidissement (notamment tous les circuits hydrauliques) qui n’étaient pas suffisamment résistants aux séismes ainsi que les alimentations électriques extérieures. Le tsunami n’a fait qu’altérer définitivement la situation. Le reconnaître reviendrait à être obligé de réévaluer la robustesse de toutes les centrales japonaises, ce que l’industrie nucléaire et le gouvernement se refusent à faire, préparant ainsi le prochain accident nucléaire japonais. Il y a là un « devoir moral » que l’ASN devrait se garder de refouler.

 

 

 

3) Manque de chance pour le président de l’ASN, le rapport de la commission nommée par la diète paraissait quelques jours après cette conférence de presse. Il y est clairement affirmé que l’ampleur du tsunami était prévisible ! De plus, ceci revient encore une fois à focaliser l’attention sur le tsunami alors qu’il ne fût pas l’élément déclencheur de la catastrophe et que bien d’autres éléments sont venus l’aggraver :

 

« Les causes directes de l'accident étaient toutes prévisibles avant le 11 Mars 2011. Mais la centrale de Fukushima Daiichi fût incapable de résister au tremblement de terre et au tsunami qui a frappé ce jour-là. L'opérateur (TEPCO), les organismes de réglementation (NISA et NSC[8]) et l'organisme gouvernemental de promotion de l'industrie nucléaire (METI), ont tous échoué à correctement définir les exigences de sécurité les plus élémentaires, tels que l'évaluation de la probabilité d'un accident, la préparation à contenir les effets des dommages d’un tel désastre, et l'élaboration de plans d'évacuation du public dans le cas d'un relâchement important de radionucléides » (page 16 du rapport de la commission indépendante nommée par la Diète, la NAIIC).

 

Article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun

 

(L'article original est à lire ici) [9] 

 

« A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche. » L’auteur de cet avertissement est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe.

Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes.

Il avait prévenu les autorités de son pays que les centrales japonaises souffraient d'une « vulnérabilité fondamentale » aux séismes. Mais ses avertissements ont été ignorés tant par le gouvernement que par Tepco.

Katsuhiko a lancé son alerte en 2006. Les faits lui ont donné raison dès l'année suivante. Le 16 juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 a provoqué des incidents sérieux à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus importante unité de production d'électricité nucléaire au monde[10].

 

Le violent séisme qui a endommagé le 16 juillet 2007 le complexe nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, dans le centre du Japon, était 2,7 fois plus fort que la limite maximale prévue par les constructeurs de la centrale, affirme dimanche le quotidien Mainichi Shimbun. Selon le journal, la compagnie exploitante, TEPCO, a mesuré une accélération au sol de 993 Gals sous la centrale au moment du séisme, alors que Kashiwazaki-Kariwa était prévue pour supporter une accélération maximale de 370 Gals. Toujours d'après le Mainichi Shimbun, 8 des 17 centrales nucléaires du Japon ont été édifiées selon la même estimation d'accélération maximale du sol, et les normes de construction devront sans doute être durcies. (Source)

 

Avant le séisme de juillet 2007, un autre séisme s'était produit en août 2005, affectant la centrale d'Onagawa, au nord de Fukushima ; encore un autre en mars 2007, dont l'épicentre était à 16 kilomètres de la centrale de Shika. Et cela s'est répété l'année suivante, avec une secousse de magnitude 6,8 à l'est de Honshu, près d'Onagawa et de Fukushima. Même s'il n'y a pas eu de dégâts importants, Tepco a signalé alors trois fuites de liquide radioactif à Fukushima Daini. » [Ces fuites sont la conséquence du fait que toutes les canalisations hydrauliques sont encore moins résistantes que le bâtiment réacteur aux séismes, ndr]   (Source)

 

Ces rappels sont une preuve supplémentaire, s’il en fallait, des déficiences connues des centrales japonaises vis-à-vis des séismes de grande ampleur accompagnés de fortes accélérations au sol. Et l’ASN était bien sûr au courant de ce dossier.

Afin de prendre toute la dimension des interventions publiques de l’ASN, il nous a semblé utile de rappeler l’article suivant :

 

« Avertissements des exploitants de centrales nucléaires »

 

[…] L'industrie nucléaire mondiale est en danger, menacée par la négligence et la complaisance qui ont conduit à plusieurs « incidents graves » dans des centrales nucléaires en Europe, aux États-Unis et au Japon au cours des dernières années. […] David Gilchrist, directeur général de British Energy (BE), Robert Saunders, président de First Energy Nuclear Operating Co (Fenoc), l'opérateur de la centrale de Davis-Besse (dans l'État de l'Ohio, ndt), Hans-Joseph Zimmer, directeur de la centrale nucléaire de Philippsburg (en Allemagne, ndt), Istvan Hadnoti, directeur de la sûreté de la Compagnie de la centrale nucléaire de Paks (en Hongrie, ndt), Aies John, président du centre de Moscou de la WANO[11], qui a inspecté Paks, et Tsunehisa Katsumata, président de Tepco, se sont succédés à la tribune pour expliquer comment leurs organisations s'étaient imperceptiblement laissées aller à une situation où le personnel et la direction ne s'étaient pas rendu compte de l'imminence d'un désastre.

[…] Les représentants des compagnies nucléaires, au nombre de plus de trois cents, écoutent, muets de stupéfaction, leurs pairs leur décrire, rétrospectivement, comment cela pouvait se produire, même dans le cas d'organisations reconnues comme étant des industries de pointe. Le président de la WANO, Hajimu Maeda, a déclaré qu'un « mal terrible » menaçait de l'intérieur les établissements des exploitants nucléaires. Il commence, a-t-il dit, par la « perte de motivation à apprendre auprès des autres... un excès de confiance... [et] la négligence dans le maintien d'une culture de sûreté en raison de pressions considérables exercées pour réduire les coûts à la suite de la déréglementation du marché de l'énergie ». […]

S'il n'y est pas remédié, ces problèmes « sont comme un mal terrible qui naît au sein de l'organisation » et peut, s'il n'est pas décelé, conduire « à un accident majeur » qui « détruira l'organisation tout entière ». Le Suédois Rolf Gullberg, président du centre de Paris de la WANO, a énuméré huit «incidents graves» qui se sont produits au cours des dernières années, à commencer par une fuite dans le joint du couvercle de la cuve de pression des réacteurs à la centrale de Sizewell-B (Royaume-Uni, ndt), suivie de l'affaire de la concentration incorrecte de bore à Philippsburg, de dégradations sans précédent des assemblages de combustible du réacteur n° 3 de Cattenom (dans le département de Moselle, en France, ndt), de la rupture d'un tuyau dans le circuit de refroidissement du réacteur à Brunsbuettel (en Allemagne, ndt), de la corrosion du couvercle de la cuve de pression du réacteur de Davis-Besse, de dommages importants sur le combustible lors d'une opération de nettoyage chimique à la centrale de Paks, et de la falsification de données, tant chez Sellafield que chez Tepco. […]

Zimmer a évoqué la « complaisance » du personnel et de la direction de la centrale de Philippsburg et John « l'excès de confiance » de l'entrepreneur ainsi que « les pressions des délais à tenir » résultant de « biais de production », causes profondes du problème de Paks. Gilchrist a indiqué que British Energy avait obtenu d'excellents résultats financiers et des indicateurs de fonctionnement satisfaisants après la privatisation, mais que ses performances avaient rapidement plongé. L'examen […] effectué par la WANO a constaté, entre autres problèmes, que « des pressions incroyablement fortes quant au coût », alors que British Energy s'enfonçait avec une marge d'autofinancement brut négative, avaient commencé à « éclipser la gestion de la sûreté », a-t-il ajouté. Saunders a affirmé que les bons antécédents en matière de qualité d'exploitation à Davis-Besse et la primauté des ingénieurs sur le personnel de la centrale avaient engendré « arrogance et complaisance... ». Se reposant sur le passé glorieux de Davis-Besse, le personnel a rejeté le déclassement de la performance de la centrale à l'indice 2 de l'échelle IPNO de l'Institut des exploitants nucléaires américains, il y a quelques années, et ont « ignoré » l'importante expérience de fonctionnement dont bénéficiait l'industrie. La direction avait mis en place des programmes, mais il n'y a pas eu de suivi et le personnel chargé de l'inspection de la qualité rendait compte directement à la direction du site, ce qui « influençait son indépendance et son objectivité », a-t-il déclaré. […]

Katsumata a indiqué que le département de l'énergie nucléaire de Tepco était devenu « un cercle homogène et fermé d'ingénieurs qui défiaient les vérifications effectuées par d'autres départements, y compris la direction ». […]

Les règles relatives au maintien en service des équipements n'étaient « pas claires », et ne prenaient pas en compte les défauts apparaissant lors du vieillissement des équipements, encourageant ainsi le personnel à ignorer les règles. Les attaques des médias sur les problèmes dans les installations nucléaires avaient mis les ingénieurs « sur la défensive » et les avaient incités à dissimuler les défauts aussi longtemps qu'ils ne menaçaient pas directement la sûreté – conduisant à 16 cas de falsification dans les rapports d'inspection et de réparation des réacteurs à eau bouillante de Tepco. […] À cela venait s'ajouter le comportement des ingénieurs qui considéraient que « l'approvisionnement stable en électricité [était] le but final », ce qui les a conduits à prendre « des décisions personnelles fondées sur leur propre idée de la sûreté », a ajouté Katsumata. Outre les initiatives prises pour réécrire les règles, réviser le code de conduite de Tepco et renforcer les messages relatifs à la culture de la sécurité, Tepco est en train de prendre diverses mesures pour regagner la confiance du public, y compris en organisant des réunions d'information ouvertes. Nonobstant, plusieurs cadres ont reconnu que cela ne serait pas facile, parce que les nombreux incidents, y compris le dernier épisode chez Tepco, ont sévèrement érodé la confiance du public japonais, et parce que la culture du pays décourage encore les lanceurs d’alerte (whistle blowers). […] « Notre culture de la sûreté, qui a été compromise par des pressions visant à réduire les coûts de production, doit être replacée au premier plan de nos préoccupations » […] Mais lors d'une conférence de presse, Gullberg a indiqué qu'au centre de Paris, qui était le principal retardataire parmi les quatre centres de l'organisation, le nombre d'incidents rapportés jusqu'à maintenant pour cette année représentait le triple des incidents de toute l'année [précédente, soit une augmentation de 400% d’une année à l’autre].

Source : Avertissements des exploitants de centrales nucléaires. La complaisance et la négligence menacent l'industrie nucléaire, par Ann MacLachlan, Berlin (Nucleonics week, volume 44, numéro 42, 16 octobre 2003)

 

Ces extraits d’une conférence de la WANO datent de 2003 ! Ils sont instructifs à beaucoup d’égards. On y constate que même des aveux inédits et aussi profonds concernant le fonctionnement réel des centrales nucléaires, même les mises en garde les plus vives sont restés sans effets puisque huit ans après ce sont les mêmes constats d’irresponsabilités qui ont été faits par la NAIIC suite à la catastrophe de Fukushima. Cela en dit long sur :

- la capacité des opérateurs, à tous les niveaux, à s’opposer à toutes les régulations, ce qui signe également « la bienveillance » des régulateurs et des autorités politiques vis-à-vis de cette industrie,

- l’incapacité des régulateurs à faire appliquer leurs recommandations à moins de compromis douteux en échange. De ce point de vue, il est à craindre que les recommandations éditées par l’ASN en 2012 ne soient l’objet d’âpres négociations entre le pot de fer (EDF) et le pot de terre (ASN). Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ce qui s’y jouera, ce sera la prolongation d’exploitation des centrales à 60 ans, ce qui constitue le plus sûr moyen d’arriver à l’accident majeur en France.

- la dynamique mortifère de cette industrie, capable de s’affranchir des précautions minimales de sécurité de manière à pouvoir verser les dividendes de ses actionnaires et

- l’arrogance de gens qui sont dans la toute puissance technoscientifique héritée des années d’après-guerre.

 

Jean-Marc Royer, septembre 2012

 

 

Photo d’entête : André-Claude Lacoste durant le conférence de presse du 28 juin 2012

 



[2] Nous verrons bien un jour si la version homophonique et masculine de ce substantif peut s’appliquer …

[3] Comme ils croyaient avant Three Miles Island qu’un accident entraînant la fusion du cœur d’un réacteur avait une chance « infinitésimale » de se produire ; comme ils croyaient avant Tchernobyl que ce type de catastrophe pouvait être maîtrisé par la technoscience ; comme ils croyaient avant Fukushima que ce type de catastrophe ne pouvait survenir que dans un régime soviétique … Leurs croyances seront toujours et irrémédiablement « en retard d’une catastrophe ».

[4] Cf. la synthèse du rapport des inspections et des Evaluations Complémentaires de Sécurité de janvier 2012.

[5] D’autant plus qu’au moins deux membres de son collège, André-Claude Lacoste (appelé comme expert international par une autre commission instituée par le village nucléaire international) et Philippe Jamet ont fait le voyage du Japon.

[6] Rappelons qu’elle disposait des informations délivrées par le système international dont la CRIIRAD demande à juste titre et en vain jusqu’à présent qu’elles soient rendues publiques. C’est sur la base de ces informations que les USA avaient demandé à leurs ressortissants de s’éloigner à plus de 80 Km de Fukushima dès les premiers jours de la catastrophe.

[7] Bureau de recherches géologiques et minières français : une autorité en matière de séismes.

[8] Commission de sûreté nucléaire du Japon, un organisme gouvernemental sous la dépendance de l'Office administratif, qui supervise les régulateurs et les opérateurs.

[9] Extraits de la recension de Michel Pracontal, parue le 15 mars 2011dans Mediapart et dont le lien est à la fin de cet article.

[10] Philippe Jamet, membre de l’ASN, était présent dans la délégation de l’AIEA qui a rendu son rapport en août 2007. Rapport en PDF : http://bit.ly/f5cIkb page ii.

[11] World Association of Nuclear Operators : le club international des industries nucléaires.

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 18:26

DSCF5902Voici la suite de la traduction française de la synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête indépendante sur la catastrophe de Fukushima Daiichi. Aux pages 62-70 du document édité en anglais, une annexe intéressante  donne la parole aux travailleurs de la centrale qui se trouvaient sur le site le 11 mars 2011. Le texte reporte les principaux résultats de l’enquête effectuée par la commission auprès de tous les employés, qu’ils soient sous-traitants ou directement sous les ordres de Tepco, accompagnés de graphiques et de témoignages.

Le fait que certaines compagnies sous-traitantes n’aient pas voulu répondre à l’enquête de la commission fausse malheureusement les données. Cela montre en tout état de cause la puissance de ces entreprises de sous-traitance du nucléaire au Japon qui se permettent, sans être inquiétées, de ne pas répondre à une requête du Parlement. Ce défaut d’information est la confirmation de ce nous avions déjà dénoncé avec l’impossibilité de décompter dans le détail le nombre de personnes ayant travaillé à la centrale de Fukushima Daiichi. Le fait qu’il soit impossible de faire une enquête précise, même officielle, est très inquiétant car on ne sait toujours pas ce que sont devenus les travailleurs manquant à l’appel !

______________

 

 

Synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima

 

______________

 

ANNEXE

 

 

 

Enquête sur les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima

 

 

 

(traduction : Marie-France Payrault-Gaber)

 

 

 

-        Après l'accident, la plupart des travailleurs de TEPCO n'ont pas été évacués, mais sont restés sur le site afin d'aider, après la catastrophe. Certains travailleurs en sous-traitance ont été évacués le 11 mars à 16 h00. Il a été constaté des problèmes de communication d’informations pour les sous-traitants. Le 11 mars, ceux qui sont restés sur le site n'ont pas reçu d'explications sur l'état de dangerosité de la situation des réacteurs.

-        Les efforts, mis en place pour le processus de contrôle de l'irradiation des travailleurs sur le site de l'usine accidenté, ont été restreints compte-tenu de la situation d'extrême urgence et des moyens de mesure limités disponibles sur place. Il n'y a pas eu de rapport sur les cumuls des doses d'irradiation pour ces individus et aucun effort n'a été fait pour prendre en compte la radiation in-situ. De nombreux travailleurs ont exprimé leur anxiété et frustration sur le manque de contrôle des doses radioactives. Ces besoins doivent être améliorés.

-        La plupart des travailleurs qui sont restés en fonction après le tremblement de terre dans le cadre de l'accident ont été enregistrés comme professionnels de la radioactivité.

-        Certains d'entre eux ont dû partager un dosimètre avec plusieurs autres personnes car les appareils n'étaient pas en nombre suffisant. Très peu d'entre eux sont restés sans aucun appareil du tout.

-        Un système d'enregistrement des résultats des dosimètres n'était pas disponible. La conséquence en est qu'environ 30 % des employés n'ont pas eu connaissance de leur cumul d'irradiation, ce qui est un problème.

-        On n'a pas observé de différences significatives dans le traitement des mesures prises contre les radiations pour les employés TEPCO et les travailleurs sous-traitants.

-        La majorité des employés qui ont eu à faire face aux conséquences de l'accident n'ont pas été prévenus à l'avance qu'ils auraient à le faire si l'un des réacteurs était détérioré. Certains d'entre eux ont dû travailler sans avoir le choix et n'ont pas donné leur consentement. Des lacunes apparaissent  dans la préparation des travailleurs en cas de désastre nucléaire.

-        Environ 80% des employés ont reçu une information sur les doses radioactives dans leur domaine d'opération, ou connaissaient  les doses de radioactivité du site  à partir de cartographies de dosages avant d'intégrer le groupe. Environ 20% ont affirmé n'avoir reçu aucune explication à ce sujet dans leur domaine opérationnel. Bien qu'il soit indispensable que des travailleurs du site aient à être impliqués dans la crise, une formation sur les niveaux de radiation et les risques devrait toujours être donnée.

 

Résumé de la méthodologie employée pour cette enquête

-        Cette étude a été conduite sur les employés qui étaient présents à l'usine nucléaire de Fukushima Daiiichi le 11 mars 2011.

-        L'objectif de cette enquête : comprendre la réalité de la communication des informations, évacuations et contrôle de santé sur le site de l'usine.

-        Méthode : étude effectuée par courrier.

-        Durée : du 27 avril au 18 mai 2012.

-        Personnes ciblées : environ 5 500 employés présents à l'usine nucléaire Fukishima Daiichi le 11 mars 2011, et ont été ou étaient employés de TEPCO ou de compagnies sous-traitantes (*) et qui ont accepté de participer.

-        Total des participants : 2 415 soit environ 44 % de l'ensemble contacté.

-        Sur ces 2 415 réponses, 1 060 (44%) ont fait des commentaires dans l'espace réservé à cet effet. Par ailleurs, 41 participants ont écrit sur le devant et l'arrière du document d'enquête ou ont fourni des commentaires complémentaires sur des enveloppes ou des feuilles de papier séparées. Nous avons senti de leur part une forte volonté d'être entendus.

 

Répartition des réponses par rapport au lieu de travail

-        la plupart des participants travaillaient dans les aires radioactives le 11 mars.

 

 

Communication des informations aux travailleurs durant l'accident

-        Environ 40% des employés TEPCO ont été alertés que les réacteurs étaient ou pouvaient être à un niveau dangereux. Par ailleurs, pratiquement aucun employé des compagnies sous-traitantes n'a été prévenu.

 

(*) Note : Étant donné que nous n'avons pas pu conduire cette enquête avec les employés des compagnies qui n'ont pas voulu participer, les résultats ne représentent pas tout le personnel concerné et est donc à cet égard incomplète. De plus, cette commission a demandé aux compagnies sous-traitantes de TEPCO l'adresse actuelle des employés qui travaillaient à l'usine nucléaire le 11 mars 2011. Mais certaines compagnies nous ont donné les adresses d'employés qui ont commencé à travailler sur le site de l'usine après le 11 mars 2011. Ceux-ci ont été inclus dans les 5 500 personnes ciblées pour l'enquête. C'est la raison pour laquelle, on ne peut dire que les exemples relevés sont une  analyse statistiquement exacte sur les employés  de Fukushima Daiichi le 11 mars 2011. De ce fait, veuillez prendre note que les réponses peuvent ne pas être statistiquement fiables, excepté pour celles des employés de TEPCO, qui a fourni les informations de contact pour pratiquement tous ses employés.

 

 

Total des réponses

 

1 62-70

 

 

Réponses par type de travail

 

2 62-70

 

 

Après le tremblement de terre du 11 mars, y a-t-il eu une explication donnée par TEPCO sur les conditions critiques des réacteurs ou la possibilité d'une telle situation ?

 

Travailleurs non-évacués

 

3 62-70

 

 

 

Travailleurs évacués

 

4 62-70

 

 

Situation de l'évacuation après le tremblement de terre 

-        Plus de 80% des employés TEPCO n'ont pas été évacués après le tremblement de terre et sont restés sur place. Nombre des employés des sous-traitants ont été évacués de l'usine, tout au moins temporairement.

-        La plupart des évacués l'ont été aux environs de 16 h le 11 mars.

-        Plus de la moitié des travailleurs des sous-traitants qui ont évacué ont répondu qu'ils n'avaient pas reçu d'ordre pour cela. (Ceci inclut ceux qui ont répondu être rentrés chez eux car ils avaient reçu des ordres de le faire en cas de tremblement de terre, et non en raison de l'accident à la centrale électrique.)

-        Environ 30% des travailleurs des compagnies sous-traitantes primaires et 15% des sous-traitants secondaires sont restés sur place afin de faire face à l'accident.

 

Les travailleurs impliqués à contenir l'accident

-        La plupart de tous les employés qui ont dû lutter contre l'accident ont été enregistrés en tant que professionnels de la radioactivité.

-        Seuls environ 10% des employés sous-traitants impliqués dans la lutte contre l'accident ont reçu une explication à l'avance sur la possibilité que l'usine puisse subir un accident nucléaire.

-        Environ 30% des employés TEPCO et 40% des autres n'ont donné aucun accord pour travailler lors d'un tel accident.

 

Gestion de l'irradiation

-        Étant donné le manque de dosimètres à cause du tsunami, TEPCO a laissé de nombreux travailleurs dans les zones aux niveaux de radiation faible partager des dosimètres immédiatement après l'accident. En conséquence, le pourcentage d'employés qui n'ont pas eu accès à un dosimètre du tout a pu être limité à 5 %. Il n'a été observé aucune différence significative entre les employés de TEPCO et les autres.

 

 

 

Le 11 mars, avez-vous évacué le site de l'usine de Fukushima Daiichi (y compris une évacuation temporaire) ?

 

5 62-70

 

 

Avant l'accident, avez-vous été informé des tâches possibles de lutte qui pouvaient vous être confiées dans le cas d'un tel accident ?

 

6 62-70

 

 

Avez-vous reçu des instructions pour l'évacuation du 11 mars (pour ceux qui ont évacué ce jour-là) ?

 

(instructions de TEPCO : 3 et 2 % en bleu)

 

7 62-70

 

 

Ratio des employés professionnels de la radioactivité par rapport aux autres qui sont intervenus dans la lutte contre l'accident

 

8 62-70

 

 

Si vous avez évacué l'usine le 11 mars, à quelle heure ?

 

9 62-70

 

 

-        TEPCO a fait effectuer le contrôle d'irradiation des travailleurs « manuellement » car le système de mesure et de contrôle cumulatif des radiations  était devenu inutilisable. Toutefois, environ 30% des employés ont dit qu'ils n'avaient jamais été informés des doses de radiation cumulées. Il n'y a pas de différences significatives majeures entre les employés de TEPCO et ceux des compagnies sous-traitantes sur le niveau d'informations données concernant l'irradiation.

 

-        Au fur et à mesure de l'évolution de l'accident, les niveaux de radiation montèrent hors du bâtiment parasismique, et même hors de la zone de radiation sous contrôle. A ce stade, TEPCO a donné des explications aux travailleurs engagés dans des tâches hors du bâtiment antisismique sur les doses radioactives des  différents sites de l'usine et sur la possibilité croissante d'irradiation. Alors que 40% des employés ont répondu avoir été informés à chaque fois, 20% d'entre eux ont dit n'avoir reçu aucune de ces informations. Pas de différences significatives entre les employés TEPCO et les autres n'ont été constatés sur l'information des risques et leur étendue durant les opérations.

 

-        Le contrôle de l'exposition radioactive a été mené au mieux vu les limitations et le nombre restreints des matériels  à disposition. Quoiqu'il en soit, de nombreux employés ont affirmé que la gestion de la radiation aussi bien interne que cumulée et leur contrôle a été insuffisant.

 

 

 

Commentaire d'un employé de TEPCO

« Il n'y a eu aucune explication sur le danger encouru jusque tôt le matin du 15 mars. Je comprends que la situation était critique et qu'il y avait peu de temps pour donner des explications, mais au moins, nous voulions savoir. »

« Il nous était demandé de gérer notre taux d'irradiation par nous-mêmes, peut-être parce que les bases de données étaient devenues inutilisables à cause du tremblement de terre. Mais nous n'avions même pas de stylos ou du papier. Il nous était impossible de garder des traces avec précision. »

« Mon exposition radioactive cumulée atteignait environ 0,008 millisievert à la fin mars. J'ai donc demandé un contrôle de tout le corps. La compagnie a refusé arguant que je n'y avais pas droit tant que je n'avais pas atteint 0,1 millisievert. J'ai travaillé dans le bâtiment principal antisismique pendant deux semaines à partir du 11 mars, et j'ai passé là au moins 5 à 6 heures chaque jour. J'étais sûr d'être irradié intérieurement. A la mi-mai, j'ai eu un contrôle des globules blancs du sang, mais les résultats ont montré que j'étais moins atteint que les personnes qui ont passé moins de temps que moi dans ce bâtiment.

 

Commentaire d'un employé de TEPCO

« J'ai réclamé fortement un suivi approfondi, et plus particulièrement pour la génération la plus jeune des travailleurs, qui se sentaient probablement abandonnés. Certains ont été temporairement relevés de leur travail ayant atteint la limite d'exposition radioactive légale d'une année. Les dirigeants TEPCO disent que cet accident n'est pas un autre Tchernobyl, malgré son ampleur, mais je ne vois aucune différence en terme de souffrance des habitants, et plus particulièrement la perte de leur endroit de vie. Je ne veux pas que ces dirigeants diminuent la gravité de l'accident ».

 

Commentaire d'un employé de TEPCO

« Les employés du bâtiment principal parasismique ont travaillé dans des conditions où ils ne pouvaient se fier à personne sauf à eux-mêmes, et ils étaient seuls responsables de leur propre sécurité. Ces problèmes n'ont-ils pas pour origine un manque de préparation en cas de désastre ? Je ne veux pas entendre dire que cet événement a eu lieu car il n'était pas possible de l'anticiper. Le gouvernement et la compagnie de production nucléaire sont responsables des problèmes préexistants qui ont conduit au désastre. N'est-il pas de la responsabilité de la NAIIC (Commission d'Enquête Indépendante) de révéler ces problèmes et les dénoncer ? ».

 

Commentaire d'un employé sous-traitant

« Aucune information quelle qu'elle soit sur l'interruption du courant de la station n'a été transmise aux travailleurs de finition comme nous. Il m'a fallu apprendre par la télévision les ordres d'évacuation d'urgence pour les habitants dans un rayon de 20 km. Bien que travailleur sous-traitant, je devais faire des équipes de 24 heures selon mon contrat de travail. Mon employeur savait que plusieurs de ses employés comme moi étaient restés dans le bâtiment principal antisismique. Toutefois, le directeur général de la compagnie, le directeur exécutif et le responsable de la protection radioactive ont tous évacué avec leurs familles. Finalement, je suis arrivé à appeler notre siège à Tokyo le 14 mars, mais ils n'étaient pas au courant qu'il y avait encore des employés travaillant dans le bâtiment central. J'ai demandé à être évacué, mais ils ont refusé ma demande. Je mangeais et dormais à peine et arrivais à mes limites physiques et mentales. Plus tard, j'ai dit au directeur général  de TEPCO que je voulais être évacué et il fut très difficile d'avoir son consentement. Nous avons découvert que la voiture de notre compagnie que nous avions prévu d'utiliser avait été prise par des employés de TEPCO, mais un collègue nous a emmenés. J'ai demandé à de nombreuses reprises un contrôle physique complet à mon employeur fin mars et en avril, mais ma demande a toujours été refusée. J'ai été assigné à travailler à Daiichi à la fin avril, ce que j'ai refusé compte tenu de problèmes de santé. En résultat, j'ai été par la suite victime de harcèlement moral de mon employeur et suis devenu mentalement déséquilibré. A cause de cela, j'ai dû quitter la compagnie en juin, ce qu'ils ont attribué à une démission pour raisons personnelles. »

 

 

 

Entre le jour de l'accident et la fin mars, est-ce que votre employeur vous a indiqué votre niveau d'irradiation cumulée chaque fois que vous travailliez ​ ?

 

10 62-70

 

 

Entre le jour de l'accident et la fin mars, avez-vous reçu des explications de qui que ce soit sur les risques d'irradiation chaque fois que vous travailliez hors du bâtiment principal parasismique ?

 

11 62-70 

 

 

Avez-vous donné votre accord pour être assigné à des travaux de lutte contre les conséquences d'un accident ?

 

12 62-70

 

 

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« En ce qui concerne les travailleurs, il n'y avait pratiquement pas d'instructions d'évacuation. Il faut un protocole de communication des informations bien compris pour être efficace. Les mesures prises pour faire face à l'accident n'étaient pas coordonnées et par dessus tout très pauvres. Il en va de même de la perspective des habitants. Les procédures d'évacuation et de destination étaient vagues et le sont toujours. Tous ces problèmes doivent être éclaircis. C'est seulement à partir de là qu'un nouveau commissionnement de l'usine nucléaire pourra être discuté. Il y a des employés qui retournent chez eux le soir et essaient de mener des vies normales après avoir été exposés à la radioactivité. C'est inconcevable. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« Je travaillais à Fukushima Daiichi le 11 mars. Lorsque le tremblement de terre s’est produit, j'ai essayé de sortir, mais il m’a fallu deux heures pour sortir du site de l'usine étant donné le nombre de personnes. Les premières vagues du tsunami sont arrivées alors que j'étais encore en train de sortir et cependant il n'y eut aucune annonce concernant le tsunami. En y pensant maintenant, cela me fait frissonner de peur. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

Le niveau de radiation dans le bâtiment principal antisismique était si élevé qu'en temps normal il aurait été complètement bloqué pour empêcher toute entrée. Je n'avais aucun choix sinon celui d'essayer d'évaluer mon taux d'irradiation dans ma tête. Ce bâtiment était clairement contaminé et il y avait une augmentation dans la concentration de poussière et d'iode. L'eau était rare, et je ne pouvais pas me laver les mains avant de manger de la nourriture d'urgence. J'étais clairement exposé intérieurement. L'eau et l'électricité étaient en besoin urgent, toutefois il n'y avait aucune fourniture de l'un ou de l'autre venant de l'extérieur. L'usine était complètement isolée et j'ai pensé avoir été abandonné à mon sort. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« Étant donné que les travailleurs étaient désespérément nécessaires, je n'eus pas le temps de me faire confirmer si ma famille était sauve, et ceci me perturbait tant que je ne pouvais me concentrer sur mes devoirs professionnels. La priorité était de faire face à l'accident, cependant il n'y avait aucune possibilité pour les employés de vérifier leur taux d'irradiation. Je me sentais en danger. Il n'y avait pas assez de dosimètres et il fallait les partager. Les employés chargés de tâches non indispensables furent évacués, mais pas les autres. Je craignais pour ma vie. Le principal bâtiment parasismique avait résisté au tremblement de terre, mais il ne protégeait pas des radiations. Les endroits les plus contaminés étaient indiqués par des bandes adhésives. Étant donné que l'attention était monopolisée par une réunion en réponse au désastre entre le siège de TEPCO et l'usine, aucune information du tout n'a été transmise à la zone d'entourage, alors qu'il y avait une prévision de la dispersion radioactive du système de contrôle interne de l'usine basé sur la direction du vent. Les employés qui étaient chargés de la lutte contre le désastre à ce moment auraient mérités d'être affectés à d'autres endroits ! »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« Le contrôle  des taux radioactifs a manqué de rigueur juste après l'accident. Le contrôle annuel des taux d'irradiation a été un problème vague durant les 15 dernières années. Les différences de taux enregistrées d'un employé à un autre étaient importantes. J'ai été surexposé, environ 0,15 millisievert/h  en externe et 0,007 millisievert/h en interne, de ce fait maintenant je ne peux pas travailler dans la zone contrôlée pour les cinq ans à venir. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« Après l'accident, il n'y avait aucun système de test corporel complet et il était sensé n'y avoir aucune radiation (Je me demande si cela pouvait venir d'ordres des compagnies électriques ou des compagnies de sous-traitance?). Étant donné qu'il n'y a eu aucune information donnée les 12 et 13 mars, nous n'avons pas su dans quelle direction la radiation s'est dispersée durant notre évacuation. »

« Si la décontamination n'a pas la priorité,  nous ne pouvons pas retourner chez nous. J'espère que la décontamination sera faite par des volontaires de chez TEPCO ou des compagnies qui appartiennent à TEPCO (c.à.d. par des personnes qui ne travaillent pas dans des usines nucléaires). »

 

 

 

Avant le 11 Mars, aviez-vous reçu des instructions précisant que vous pouviez avoir à être chargé de lutter contre un accident ?

 

13 62-70

 

 

 

Entre le moment de l'explosion de l'unité 1 le 12 mars et la fin mars, portiez-vous un dosimètre lorsque vous travailliez hors du bâtiment principal parasismique (*) ?

(* le seul bâtiment conçu pour coordonner la lutte contre un tremblement de terre et à partir duquel toutes les réponses à la crise étaient organisées.)

 

14 62-70

 

 

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« Je ne pense pas qu'il ait été donné beaucoup d'attention aux travailleurs qui ont eu en fait à gérer l'accident. Le premier compteur corporel complet a été installé dans la ville d’Iwaki, mais seuls les employés TEPCO étaient en droit de l'utiliser. Les autres devaient se rendre jusqu'à Kashiwazaki et nous n'avons pratiquement pas vu d'employés TEPCO là. TEPCO a laissé tout faire par les principaux sous-traitants. Avant de donner des blâmes, l'opérateur devrait avant tout se focaliser sur les règles de sécurité en cas d'accident. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« En tant que travailleur d'un sous-traitant principal, je n'ai eu d'autre choix que d'être impliqué dans la procédure mise en place après l'accident, ce qui veut dire être confronté à des niveaux d'irradiation extrêmement élevés par rapport à la norme.

Je suis très inquiet pour ma santé depuis le 11 mars. Après l'accident, j'ai reçu une compensation financière selon les conditions de ma propre compagnie, mais c'était vraiment une très petite somme. Peut-on dire que ce que nous avons fait était pour notre pays ? Si c'est le cas, nous devrions recevoir plus d'argent. J'ai souffert  d'un cancer de l'estomac dans le passé et si je devais encore en être atteint à cause du travail fait à la suite de l'accident et en mourir, cela serait impardonnable. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« Cela fait quatre ans que je travaille dans une compagnie sous-traitante. Durant tout ce temps, je n'ai jamais eu de formation sur une procédure d'évacuation en cas d'accident nucléaire. L'état d'esprit de TEPCO était qu'il était « impossible qu'un accident arrive », et « nous n'avons besoin de formation uniquement en cas de sinistre par le feu ». A cause de cela, j'ai été licencié et j'ai dû évacuer très loin afin d'élever mes trois enfants et protéger leur santé. Je veux retrouver nos vies et moyens de vivre. »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant principal

« J'exige de recevoir une compensation et assurance suffisantes dès que possible. Nous ne pouvons pas attendre un jour de plus. »

« Je pense que cet accident devait se produire en fait. TEPCO est devenu maître dans l'art de cacher l'information. Même maintenant, TEPCO n'a pas fourni toutes les informations concernant la fuite d'eau, etc. »

« Le gouvernement et TEPCO auraient dû prendre en compte les accidents passés comme celui de Tchernobyl lorsqu'ils ont dû affronter le désastre. Il n'y a eu aucune excuse faite aux évacués. Comment cela peut-il être acceptable ? »

 

Commentaire d'un employé d'un sous-traitant secondaire

« Aux nouvelles, il était dit que les travailleurs de l'usine qui affrontaient l'accident étaient prêts à mourir, mais en regardant ces nouvelles, je me disais qu'il est impossible que l'on soit prêt à mourir. J'ai fait un contrôle corporel complet pour la première fois fin avril et mon taux d'irradiation était incroyablement élevé. Je suis de tout coeur avec les personnes qui travaillent encore pour lutter contre les conséquences de l'accident. J'espère que ces personnes travaillant à Fukushima Daiichi prendront soin de leur santé. »

 

 

___________________

 

Illustration d’entête : dessin de Tignous, extrait de la couverture du hors-série de Charlie Hebdo « L’escroquerie nucléaire ».

 

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 23:09

commissionDans l’article qui suit, Jean-Marc Royer met en lumière la stratégie du village nucléaire international qui, pour semer la confusion, a créé une « commission d’investigation » dont le but est de contrecarrer les conclusions impartiales de la commission indépendante nommée par la Diète. Mais qu’appelle-t-on au juste « le village nucléaire international » ? C’est l’ensemble des structures publiques ou privées qui ont un intérêt commun au développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire. On distingue son contour dans la conclusion d’un communiqué de presse de l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN) du 10 juin 2011 : « Les autorités réglementaires des pays membres du G8, de l’AEN et des pays associés ont réaffirmé leur engagement à travailler ensemble à l’échelle internationale. Elles sont persuadées que, malgré son caractère dramatique, la situation [à Fukushima] permettra à terme de renforcer la sûreté nucléaire internationalement. La conférence ministérielle de l’AIEA qui se tiendra fin juin, est la prochaine étape importante d’un ensemble d’actions qui améliorera la sûreté nucléaire au niveau mondial ». On y retrouve donc les pays du G8, les 34 pays membres de l’OCDE et les états associés, à savoir l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde, la Roumanie et l’Ukraine. D’autres pays en font également partie par l’intermédiaire de l’Association mondiale des exploitants nucléaires (World Association of Nuclear Operators, WANO), citée également dans le même communiqué. C’est donc une sorte de gouvernance économique mondiale où tous les états concernés font allégeance à l’AIEA (dont l’objectif est le développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans le monde, cf. l’article 3 de ses statuts), par l’intermédiaire de conférences ministérielles. Tous les membres du village nucléaire ont la même religion : ils croient au progrès de la sécurité nucléaire, tout en acceptant qu’il y ait régulièrement des accidents. Cette gouvernance atomique supranationale n’est pas issue de processus démocratiques. Et les états qui ne font pas partie du village ‒ soit les deux tiers des pays de la planète ‒ n’ont évidemment pas leur mot à dire, malgré les pollutions radioactives transfrontalières passées et promises.

 

-oOo-

 

 

 

FUKUSHIMA :

 

Une « commission d’investigation » téléguidée par le village nucléaire

 

à ne pas confondre avec la commission indépendante officiellement investie par la Diète japonaise

 

 

 

par Jean-Marc Royer

 

 

La nomination discrète (et discrétionnaire) d’une « commission d’investigation » sur l’accident de Fukushima (Investigation Committee on the Accident at Fukushima Nuclear Power Stations of Tokyo Electric Power Company) est une créature du village nucléaire international qui ne doit pas être confondue avec celle qui a été mise en place par la Diète japonaise, la Nuclear Accident Independent Investigation Commission (NAIIC) et qui elle, est réellement indépendante et dont nous avons commencé à traduire le premier rapport.

 

Examinons de plus près cette « commission d’investigation ».

 

1) Le compte-rendu de sa première réunion du 7 juin 2011 stipule que : « The committee will prepare an interim report by the end of the present year and submit the final report sometime after the accident has been settled ». C’est à dire que trois mois après le début de la catastrophe, cette commission n’avait aucun doute sur le fait que LA CHOSE serait très bientôt jugulée et que le rapport final serait aussitôt produit [1]. L’arrogance propre à la toute puissance montre ici le bout de son nez, comme le note la NAIIC dans son rapport page 21 : « Dans l'ensemble, la Commission a rencontré une ignorance et une arrogance impardonnables chez toute personne ou tout organisme s'occupant de l'énergie nucléaire. Nous avons rencontré du mépris pour les évolutions internationales et la sécurité publique. Nous avons trouvé un fonctionnement routinier basé sur les procédures et les pratiques conventionnelles antérieures, la priorité étant d’éviter de faire courir des risques à l'organisation. Nous avons trouvé un état d'esprit donnant la priorité aux intérêts de l’organisation, et ceci au détriment du public. » Tout cela est à comparer avec la présentation que cette dernière fait de ses objectifs de travail.

 

2) Elle a été nommée dans le secret du cabinet du premier ministre sans qu’aucun document officiel n’ait été émis ni contresigné, contrairement à la promulgation de la NAIIC. N’est publiquement disponible qu’un « compte-rendu » de la séance, si elle a réellement eût lieu, dont le rédacteur n’est même pas nommé. Sur les quatorze rencontres de cette commission, ne sont disponibles que trois comptes-rendus, les autres réunions faisant l’objet d’une « relation de presse » en trois pages. A comparer là aussi avec le travail de la NAIIC.

 

3) Alors que la commission nommée par la diète japonaise commence par nommer ses membres, donner leurs CV et reproduire leurs signatures, cette soit disant « commission d’investigation » expurge le CV d’au moins un de ses membres, M. Yukio Takasu, libellé comme suit et omettant sa dernière qualité (en rouge) que nous avons retrouvée sur la page du secrétariat de l’ONU : « Permanent Representative of Japan to the International Organizations in Vienna, including the International Atomic Energy Agency (IAEA) », ce qui revient à cacher son appartenance à l’AEIA.

 

Parmi les « international advisory experts », on retrouve des noms connus dans le gotha nucléaire :

 

- Dr. Richard A. Meserve President of the Carnegie Institution for Science. Meserve a été le président de la Nuclear Regulatory Commission états-unienne de 1999 à 2003. Il a récemment été décoré par l’industrie nucléaire d’un award (Carnegie’s Richard Meserve Awarded Nuclear Industry Leadership Prize) et ses déclarations, à cette occasion, valent leur pesant de cacahuètes et sont lisibles sur le site Carnegie Institution for Science.

 

- Prof. Chang Soon Heung Professor at Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST), President of the Korean Nuclear Society. No comment …

 

- Mr. Chai, Guohan Chief Engineer, Nuclear and Radiation Safety Center, Ministry of Environmental Protection of People’s Republic of China. Un pays connu pour ses préoccupations écologiques et la grande transparence de ses décisions administratives … Tous ces « experts » sont évidemment mouillés jusqu’au cou dans la promotion du nucléaire.

 

- Et quelqu’un qui, malgré son masque et son bonnet, est facilement reconnaissable :

 

commission1

 

 

Vous voyez de qui nous voulons parler ?

 

commission2

 

Et maintenant, dans une pose debout, avec un air qui lui est si familier ?

 

commission3

 

Bon, pour ceux qui ne font pas partie de son premier cercle, voici son profil gauche légendaire, mais ici son front est plissé, comme s’il ressentait une préoccupation dont nous ne connaîtrons, malheureusement, jamais le contenu. Dénouons le suspens, il s’agit de … son nom est écrit sur sa combi : André-Claude Lacoste himself, président de l’ASN, qui est un grand cachotier, puisqu’il n’en a soufflé mot à la conférence de presse. Cela aurait été l’occasion de nous dire s’il avait fait bon voyage, de nous parler de l’accueil qu’il reçut, des conditions de son séjour, de la qualité des sushis, voire des fruits de mer locaux, et accessoirement, de ce à quoi il pensait si fort à Fukushima en ce 23 février 2012, à l’heure du déjeuner.

Juste à droite le Coréen Chang Soon Heung, président de la Korean Nuclear Society et derrière, le fameux Meserve états-unien.

Sources : http://icanps.go.jp/eng/meetings/ et http://icanps.go.jp/eng/120223SisattuShashinEng.pdf

 

4) Cette « commission d’investigation » ne manque pas de faire de la publicité pour :

- l’AEIA (« In response to the accident, the IAEA sent an investigation team to Japan in May 2011 and convened a ministerial conference on nuclear safety in June 2011 »),

- un rapport de l’ONU (« The United Nations have also compiled a report on the accident ») dont la commission indépendante nommée par la diète nous explique l’origine de troisième main (c’est un rapport de Tepco repris par le gouvernement et transmis à l’ONU),

- une conférence (and convened a summit conference on nuclear safety in September 2011) qui a indigné nombre de japonais par sa grossière orientation pro-nucléaire.

 

5) Nous avons parcouru ce texte. Il est intentionnellement volumineux de manière à dissuader son étude critique dans le détail tout en donnant une impression de sérieux par sa taille. Il est parsemé de confusions sciemment entretenues (i). Il reporte les responsabilités sur une connaissance scientifique insuffisante (ii). Il émet des recommandations tellement générales qu’elles ne peuvent en aucun cas être contraignantes pour les exploitants (iii).

- i  The then-available accident preventive measures and disaster preparedness of TEPCO and the Nuclear Industry and Safety Agency (“NISA”) were insufficient against tsunami and severe accidents; (page 2)

- ii  Scientific knowledge of earthquakes is not sufficient yet. (page 3)

- iii  The above types of measures should not be left up to the local municipal governments, but need in addition to involve the active participation of the prefectural and national governments […] (page 14).

 

6) Comme par hasard, les dates de publication des rapports « intérimaires et finaux » de cette « commission d’investigation » ont été calées sur celles de la commission indépendante (NAIIC) de manière à semer le trouble dans le milieu médiatique, une pratique bien rôdée maintenant.

Jean-Marc Royer, septembre 2012

 



[1] Rappelons que pendant dix semaines, ils ont caché au peuple japonais et à l’opinion publique internationale ce qu’ils savaient dès les premiers jours, à savoir la fonte des cœurs des réacteurs.

 

 

 

 

Source des photos de cet article : http://icanps.go.jp/eng/120223SisattuShashinEng.pdf

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 23:58
Photos
 
- Photo truquée de Tepco
Ca reste dans la tradition de cette entreprise de cacher les choses. Tepco, grand menteur par omission, nous inonde d’images souvent inutiles et nous cache l’essentiel. Le dernier exemple est particulièrement voyant. Il concerne une ouverture à la base du bâtiment réacteur 4 (ce qui reste de l'emplacement du tunnel de chargement) qui a été grossièrement recolorée en blanc (plus d’infos ici). Mon avis ? Tepco est tellement mal à l’aise avec la solidité des murs du BR4 qu’ils suppriment carrément les trous au pinceau numérique. Tepco aime cultiver le secret et l’embrouille.
 
trou reacteur 4
L'ouverture est bien visible sur cette photo du réacteur 4
 
Ashampoo Snap 2012 09 02 15h45m23s 003
L'ouverture colmatée aux pixels (source)
 
- Déformation des sols
Tepco a diffusé des photos montrant la déformation spectaculaire des sols du site de Fukushima Daiichi due au tremblement de terre du 11 mars 2011. Sans aller jusqu’à voir une « liquéfaction des sols », on distingue très nettement des glissements de terrain et des effets de plissements de surfaces en pente.
120911_122.jpg
Cliquer sur l'image pour accéder aux autres photos.
 
- Nouvelles photos de la piscine 3
 
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Vue entière prise le 13 septembre 2011
 
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120913 03
 
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120913 04
 
- Autres photos de Tepco
 
120910 15
cliquer ici pour accéder à la série « état actuel de la centrale de Fukushima Daiichi » (10 septembre 2012)
cliquer là pour accéder à un listing de 600 photos, visibles dans une seule vidéo diffusée sur youtube par
 
- Montagnes de déchets dus au tsunami : un problème énorme pour le Japon, à la fois de gestion et de diffusion de radioactivité
(Source)
 
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20120418037jf
 
 
- Papillons mutants
Une étude scientifique portant sur plusieurs générations de papillons prélevés à Fukushima démontre que les problèmes génétiques augmentent avec le nombre de générations (explications dans la vidéo). Qu’en sera-t-il des hommes ?
 
papillon-mutant-fukushima-654393-jpg 448777
 
 
Vidéos
 
- Mutations génétiques des papillons : explications

 
 
- Le point sur Fukushima au 31 août 2012
Superbe mise en image et traduction sous-titrée d’une interview d’Arnie Gundersen par Helen Caldicott. A voir et à écouter absolument.
 

 
 
- Enfants en danger
Le 14 septembre 2012, une vidéo a été diffusée par Birdhairjp et concerne l’école Koriyama Daisan junior high school dans la ville de Koriyama, à environ 60 km de la centrale de Fukushima. De la poussière hautement radioactive s’est accumulée dans les rues par endroit mais les élèves courent dedans. Le crime se poursuit dans l’indifférence générale… Les élèves respirent ce poison en courant et rapportent cette poussière à la maison par l’intermédiaire de leurs chaussures. 16,57 µSv/h, ça correspond à 145 mSv/an, soit 145 fois plus que la limite de radiation préconisée pour le public. Cette poussière serait considérée comme un déchet radioactif dans n’importe quel autre pays.

 
 
- « Fukushima, après son retour du Japon »
Entretien avec Michel Fernex

 
 
- Portage du couvercle de la cuve du réacteur 4 (14 septembre2012)
vidéo portage du couvercle du réacteur 4
 
- Portage du couvercle du drywell du réacteur 4 (10 août 2012)
vidéo portage du couvercle du drywell 4
 
- Investigations dans la piscine 3
 
- Survol de l’ex-centrale de Fukushima Daiichi (8 septembre 2012)
 
 
Documentaires
 
- Fukushima, ici et là-bas
Documentaire sur Fukushima réalisé par Cyril Romano, du Cercle des Volontaires. Pendant 45 minutes, il nous fait revivre les événements de l’accident nucléaire côté japonais, et la mobilisation qui s’en est suivie, notamment en France.
docu
 
- Envoyé Spécial à Fukushima : « La peur au ventre »
Les problèmes de l’alimentation au Japon depuis Fukushima

 
 
 
Film
 
Dans ce long métrage, l’accident nucléaire de Fukushima fait l'objet d'un film de fiction au titre provocateur, « The land of hope » (Le pays de l'espoir). La dernière œuvre du réalisateur japonais Sion Sono, auteur de nombreux films à succès, est présenté en première mondiale au festival du film de Toronto, qui se déroule jusqu'au 16 septembre 2012.
 
 
Cartes
 
- Ile d’Hokkaido
Carte avec mesures de radioactivité des produits de consommation pour l’île d’Hokkaido (cliquer sur la carte)
cartehokkaido
 
- Projet d’autoroute
Nouvelle incroyable parue le 1er septembre 2012 dans le quotidien Fukushima Minpo : le 31 août, lors d'une réunion a Koriyama, le ministre de l'environnement Hosono a réaffirmé sa volonté de construire le tronçon d'autoroute Tomioka-Minami Soma. Ladite autoroute passera en plein dans la zone interdite où l’on relève des radiations dépassant 50µSv/h. Ce projet existait avant la catastrophe, mais comment comprendre que ce couteux projet de travaux publique soit maintenu ? (source : Laurent Mabesoone, carte réalisée par Konno Akemi)
 
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- Voir la centrale de près avec google maps (photo ancienne, cliquer sur la carte)
googlemaps
 
- Carte de la contamination du Japon
Un peu d’humour japonais… (traduction Mimi Mato)
 
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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 10:04
Un veilleur attentif de Fukushima, nuckelchen, a remarqué un dégagement de fumée ou de vapeur au sud du réacteur n°2 sur la vidéo de la webcam TBS. Cet évènement a eu lieu le 4 septembre 2012 entre 10h57 et 11h20. Voici son enregistrement :
 
 
Un panache similaire avait également été aperçu au même endroit le 28 février 2012, de 10h52 à 11h58. Le voici pour rappel :
 

 

 
Or, la vidéo du 4 septembre est cette fois suffisamment nette pour distinguer deux objets larges et clairs à la base de ce dégagement.
 
1
 
Il est même clair que le dégagement s’échappe de l’objet situé à droite.
 
2
 
Grâce à cette nouvelle vidéo, il ne fait plus aucun doute que ces objets sont des cheminées de la piscine commune, cheminées que j’avais repérées en étudiant ce bâtiment de près au début de l’année. Voici un cliché réalisé sur le site, montrant l’ensemble de ces cheminées.
 
3
 
On y voit un ensemble de 4 cheminées verticales sur la gauche et un autre de 2 cheminées coudées sur la droite. Comme la caméra TBS est située de manière inverse à cette prise de vue, les deux objets visibles doivent être considérés comme les 2 cheminées coudées. Ceci est confirmé par une autre photo de début 2012 qui montre bien que les cheminées droites sont dans l’axe de la tour de ventilation, donc les cheminées coudées sont logiquement situées à gauche des cheminées verticales dans l’image de la webcam TBS.
 
4
 
Nous avons donc là une information inédite : Tepco procède à des dégazages réguliers à partir de la piscine commune. Il faut exclure l’idée d’un incendie. Il s’agit là plutôt d’un panache de vapeur qui se condense au contact de l’air extérieur à moindre température. Sans doute ces effluents gazeux sont-ils habituels dans une telle installation nucléaire, puisqu’il existe au moins 6 cheminées dans ce bâtiment. Mais il serait intéressant de savoir pourquoi ils sont si chauds au point de produire un panache visible à des kilomètres. Autre question en suspens, sont-ils radioactifs ?
 
5
Les cheminées coudées semblent être reliées à un système de ventilation motorisé
 
En attendant d’en savoir plus, il faut revenir à cette date du 4 septembre 2012 car un autre évènement a eu lieu ce jour-là : à 10h30, Tepco a commencé à injecter de l’azote dans la chambre de suppression du réacteur n°1, suite à une augmentation de la teneur en hydrogène et en krypton 85. Cet évènement était loin d’être anodin, car le taux de krypton était 2000 fois supérieur à celui relevé en novembre 2011, lors de la dernière alerte sur le réacteur n°2. Alors, krypton piégé ou krypton frais qui indiquerait une reprise de criticité du corium ? La question est clairement posée ici.
 
Et aujourd’hui, une question supplémentaire s’impose : une petite demi-heure séparant le début des deux évènements du 4 septembre, l’effluent atmosphérique du bâtiment de la piscine commune ‒ contenant plus de 1000 tonnes de combustible il faut le rappeler ‒ a-t-il un rapport avec la soudaine activité gazeuse du réacteur 1 ?
 
 
 cheminees-piscine-commune.jpg  

___________________________

 

Addendum

 

 

Un 3èmeévènement a eu lieu le 4 septembre 2012, mais cette fois-ci dans le réacteur n°2. Voici une copie de la traduction française de l’article de Fukushima Diary :

 

FUKUSHIMA DIARY FR - La température augmente à un haut niveau dans le RPV2
Par Mochizuki, le 7 septembre 2012 (traduction Mimi Mato).


Une forte augmentation de température a été observée dans le RPV (= enceinte de confinement du réacteur) du réacteur 2.
Elle a été détectée le 4 septembre 2012 mais Tepco ne le rapporte que le 7 septembre 2012. Tepco décide si un thermomètre doit être considéré comme fiable ou hors d'usage.


Tepco a publié ceci (lien) :

Le 4 septembre vers midi, une forte augmentation de la chaleur (par pas de 1,6
) a été détectée par le thermomètre de contrôle de la température à la base de l'enceinte de confinement de l'unité 2 (inclus dans la spécification technique de surveillance (Article 138/143), VESSEL BOTTOM ABOVE SKIRT JOT (TE-2-3-69F2)). A cause de ceci, une mesure directe de résistivité a été faite sur le thermomètre, le 6 septembre de 11:15 AM à 11:24 AM. En conséquence, la résistivité directe (209.34Ω) s'est révélée à 30 % et plus de la résistivité minimale mesurée après l'accident (117.84Ω). Une évaluation de la tendance des températures (deuxième évaluation) sera faite pour déterminer si le thermomètre peut être utilisé comme référence ou doit être considéré comme hors d'usage.

Vous pouvez le voir sur le graphique suivant. La température relevée par ce thermomètre est en vert (
lien).

 

6.jpg

 

 

___________________________

 

Le 4 septembre 2012, il s’est donc passé quelque chose à l’ex-centrale de Fukushima Daiichi, quelque chose qui a provoqué une production anormale d’hydrogène et de krypton 85 dans le réacteur 1, qui semble avoir provoqué une augmentation soudaine de la température dans le réacteur 2, et qui a nécessité une ventilation de gaz chauds dans le bâtiment de la piscine commune. Et si on reparlait des coriums ? Toujours pas localisés 19 mois après leur disparition ?

 

 

 

 
 
 
 

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 21:58

ILS-N-EN-MOURAIENT-PAS-TOUS-MAIS-TOUS-ETAIENT-FRAPPES.jpgLes oiseaux de Fukushima

Mars 2011

 

par Elyane Rejony

 

 

Le printemps arrive dans nos garrigues sèches, une petite averse éveillera les graines,

Les cistes reverdissent, le buis embaume, le parfum des herbes mouillées sent bon la vie,

Le chant inlassable des mésanges bleues annonce la tiédeur des matins, il fait bon sur la Terre.

Là-bas, à Fukushima, les oiseaux innocents volent au ciel inquiet.

Innocents oiseaux

Qui ne savent rien des réactions en chaîne, des sites nucléaires, des ambitions humaines.

Innocents oiseaux qui volent en ciels d’estampes dans l’air contaminé,

Ils voulaient faire leur nid, perpétuer la vie, simplement.

Pourtant ils vont mourir. Ils mourront sans savoir, sans rien voir.

Ou bien auront-ils vu les enfants innocents pourvus de dosimètres,

Les paysans qui se suicident, les réfugiés sans espoir,

Les mères en pleurs, les maisons abandonnées pour toujours

Dont les fenêtres vides, comme des yeux crevés, accueilleront bientôt

Une jungle de branches aux feuilles déformées,

Un chien mort de faim au bout de sa chaîne, les troupeaux abattus…

L’envol des oiseaux jaillit dans la mort sournoise qui habite l’espace,

La mort invisible attend leurs ailes vives, sur les collines douces, inhabitables

Où les cerisiers en fleurs sourient aux vies perdues

Où les lianes recouvriront bientôt les routes désertées.

Innocents oiseaux qui voulaient juste vivre

Vivre

Comme tous les vivants.

Ils ne savaient rien des radionucléides ni de leur radio-toxicité.

Mort nucléaire invisible

Souffle obscène de transparence sur maisons de papier

Mort impalpable sur les rizières où le ciel allume ses rubans

Mort sournoise qui rôde sur les colonnes rouges des temples éternels

Mort toute puissante, sur terre, dans l’air, dans l’océan,

Mort inévitable

Mort nucléaire créée par l’intelligence démesurée

De savants trop sûrs d’eux, bien loin des chants d’oiseaux.

Arrogance criminelle imposée à la Terre entière

Et au ciel immense où les oiseaux veulent seulement vivre,

Vivre

Comme tous les vivants.

25 ans avant Fukushima, les oiseaux de Tchernobyl déjà tombaient des nues.

Le Nucléaire, industrie d’avenir ? Avenir d’amnésique.

Combien faudra-t-il de désastres pour arrêter la folie humaine ?

Nous voulons juste vivre

Vivre

Dans la beauté du monde et le souffle sacré des hirondelles

Sous les grands silences bleus du ciel.

Qui a protégé la vie à Fukushima ?

Qui protège nos vies ?

Qui ?

 

Elyane Rejony (Drôme-France)

 

Mars 2011 - Août 2012

 

 

 

________________

 

Illustration : "ILS N'EN MOURAIENT PAS TOUS MAIS TOUS ÉTAIENT FRAPPÉS". JEAN DE LA FONTAINE

œuvre d’Eve Pèlerins, photographe auteur

 

 

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 21:41

Text der Petition adressiert an den UNO Sicherheitsrat und an den Generalsekretär Ban Ki-Moon

 

Français      English      日本語版    Español     Polski

 

Weil das Atomreaktorgebäude Nr.4 vom Atomkraftwerk Fukushima Daiichi durch das fürchterliche Erdbeben vom 11. März und die Explosionen vom 15. März 2011 stark betroffen war und dadurch die Struktur stark gelitten hat, sodass die Standfestigkeit bedroht ist,

 

Weil das Abklingbecken dieser Anlage, welches sich in 30 Meter Höhe befindet, mit dem Gebaüde einzustürzen, oder sich vom Wasser wegen Rissen zu entleeren droht,

 

Weil dieses Becken 1533 abgebrannte  Brennelemente enthält, was etwa der zehnfachen Menge an Cesium 137 entspricht, welches in Tschernobyl freigesetzt wurde,

 

Weil der Kernbrennstoff, der nicht mehr durch Wasser abgekühlt wird, überhitzt und beschädigt wird, und dadurch einen Brand auslöst, der die radioaktive Strahlung in die Atmosphäre freigibt,

 

Weil das Kühlsystem vom Becken der Anlage Nr.4 regelmäßig ausfällt und keine Notkühlung besitzt,

 

Weil es im Falle eines Brandes der Uran- und Plutoniumelemente für die Menschen nicht mehr möglich wäre vor Ort einzugreifen, da die Radioaktivität zu hoch wäre,

 

Weil ein Brand des Abklingbeckens der Anlage Nr.4 das Verlassen des gesamten Atomkraftwerks von Fukushima Daiichi herbeiführen würde, welches allein etwa 2500 Tonnen Kernbrennstoff verbirgt, was einer 90 mal höheren Toxizität als in Tschernobyl entspricht,

 

Weil das sehr starke Erdbeben vom März 2011 die Wahrscheinlichkeit weiterer verheerender Beben erhöht hat, die den Zusammenbruch des bereits halb zerfallenen Kernreaktorgebäudes Nr.4 in Zukunft verursachen könnte,

 

Weil sich zahlreiche Experten der ganze Welt über die Notwendigkeit, so schnell als möglich einzugreifen, einig sind, um die Evakuierung von ganz Japan und auch eine internationale radioaktive Katastrophe, welche die Gesundheit der ganzen Menschheit und ihre Nachfahren gefährden würde, zu vermeiden,

 

Weil der Konzern TEPCO die Einsturzgefahr des Beckens nicht berücksichtigt und sie für die Verlagerung der Brennelemente an einen sicheren Ort mehrere Jahre beabsichtigen,

 

Weil der Konzern TEPCO und die japanische Regierung mit dieser Krisensituation, welche die Brennelemente des Beckens vom Reaktor Nr.4 in Fukushima Daiichi betrifft, unfähig umgehen,

 

Weil die UNO für die internationale Sicherheit bürgt, ist sie die einzig geeignete Organisation die diese ständige Bedrohung, welche Heute auf die gesamte Menschheit wirkt, unter Aufsicht zu nehmen,

 

Wir, Weltbürger,

 

- verlangen, dass die UNO dringend ein internationales, unabhängiges und interdisziplinäres Team einsetzt, welches die Macht hätte, die Verlagerung und sichere Verwahrung der Brennelemente des Beckens vom Reaktor Nr.4 in Fukushima Daiichi zu leiten,

 

- fordern, dass der Krisenstab mit allen Mitteln gefördert wird, sodass keine Hindernisse diese Aktion verzögern und dass das Ziel der sicheren Verwahrung der Brennelemente so schnell wie möglich erreicht wird,

 

- wünschen, dass die UNO alle notwendigen technischen, wissenschaftlichen, ökonomischen und politischen Kooperationen unterstützt, inklusiv NGO, um diese weltliche Bedrohung, die die Geschichte der gesamten Menscheit noch nie erlebt hat, zu stoppen.

 

Wir danken Ihnen, diese Petition zu unterschreiben :

imagepetition

 

__________________________________

Merci infiniment à Hélène d'avoir traduit la pétition en allemand !

Nous recherchons un autre traducteur qui accepterait de traduire cet article en allemand :

http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-urgent-pour-eviter-une-nouvelle-catastrophe-nucleaire-mondiale-107834979.html

Si vous êtes intéressé, merci de prendre contact ici.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 23:29
Kuchidomeryou est un court-métrage sous la forme d’une lettre adressée au Japon. Enregistré au cours d’un des voyages de l’artiste Shift en Honshū environ un an après la catastrophe de Fukushima, cette œuvre a été réalisée pour « soutenir le peuple japonais dans cette situation effrayante » et pour faire réfléchir à d’autres énergies. 
 
Un texte co-écrit par Schift et Mickael Lesage, lu par Peter Scott, sur une musique originale de Subheim.
 
 

 
 
Traduction française :
(par Mickael Lesage)
 
« Cher Japon,
tu fascines et envoûtes l'Occident depuis de très nombreuses années, par ta culture du respect et de la soumission, par tes avancées technologiques, par la beauté de tes paysages... Mais ton peuple a vu la haine détruire ses villes et ses hommes, un jour d'août 1945, et le respect et la soumission disparaissent peu à peu face à la mort instantanée. La crise économique t'as frappé toi aussi, et le marché technologique s’effondre. Il te restait ta grâce, celle des tes montagnes qui s'érigent au milieu de nulle part, celle de tes campagnes et de ta verdure, si joliment louée par Miyazaki, et tes villes futuristes qui te font osciller entre passé et modernité. Pays adoré, tu sais pourtant rester discret...
Et il fallut une catastrophe pour que le monde se rappelle du peuple japonais. Comme à Kōbe en 1995, tu es revenu à la une de l'actualité, mais cette fois-ci, les conséquences seront tout autres. Dans quelques années, on parlera de Fukushima comme on parle de Tchernobyl aujourd'hui : ses méfaits, les mensonges qui l’entourent, les morts et les contaminés. Lorsque la catastrophe est survenue, tu occupais la première place de l’actualité, avec les images chocs qui vont avec et les chiffres toujours plus terrifiants. Puis, comme si tout était résolu, tu es redevenu discret, comme à ton habitude. Le peuple à la mémoire courte est passé à autre chose, plus question d'aide internationale ou de soutien moral, démerdez vous, jusqu'a la prochaine fois.
A l'empoisonnement d'un pays, on préfère les guéguerres d'égos de quelques pantins ridicules lancés dans une course aux voix pathétiques ; à un sujet dont les écologistes n'ont pas su s’emparer, on préfère les problèmes franco-français. Serait-ce cynique d'espérer une telle catastrophe en France, pour voir les médias des autres pays s'en désintéresser aussitôt ? Pour voir les victimes oubliées dans l'instant ?  L'égoïsme rend mauvais. Et l'homme n'est pas bon à la base. Vers quoi allons-nous ?
Japon, je rêve de te découvrir depuis des années. Et un an après Fukushima, tu oscilles, encore plus, entre tes paradoxes.
Et au printemps, quand reviennent les cerisiers, les rossignols chantent, bercés par le doux parfum d’une radioactivité grandissante. Et tes enfants apprennent à compter en microsieverts – et tes poissons sont toujours frais, apparemment…
Et derrière la fenêtre de ce Shinkansen, je me demande juste…  que vas-tu devenir , qu’allons-nous devenir ?

Pendant ce temps, Japon, tu pourris en silence, les dégâts continuent, et les séquelles seront irréversibles.

Stop au silence, stop au nucléaire. »
 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 00:20
DSCF5869Le ministre français du redressement productif, Arnaud Montebourg, a déclaré dimanche dernier : « Le nucléaire est une filière d’avenir ». Il n’aurait jamais entendu parler de Fukushima cet homme-là ? S’il avait la moindre dignité, il devrait au moins présenter des excuses publiques pour avoir tenu ces propos indécents, eu égard à ce qui se passe actuellement dans la région de Fukushima. Là, toute une population est prise en otage par le village nucléaire qui fait tout pour minimiser les problèmes sanitaires.
 
 
Le constat de la contamination en mars 2011  
       

Deux semaines après la catastrophe de Fukushima, un groupe d'experts gouvernementaux avait conduit des contrôles auprès de 1149 enfants âgés de moins de 15 ans. Ces enfants étaient résidants de trois municipalités voisines de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Iwaki, Kawamata et Iitate, où des niveaux élevés de radiations avaient été constatés. Au total, 44,6% des 1080 enfants dont les tests étaient valides, ont présenté une contamination au niveau de la thyroïde. En effet, l’iode 131 va généralement se fixer dans cette glande, augmentant le risque de développer un cancer ultérieurement. C’est le second crime des autorités japonaises (le premier étant d’avoir laisser s’installer les conditions de la catastrophe) : elles n’ont pas donné suffisamment et clairement l’ordre de prendre les pastilles d’iode dans les territoires contaminés.

 

 

 
enfants de fukushima 10 octobre 2011 allant à l'hopital poEtudes épidémiologiques lancées en juin 2011
 
A la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires ont mis en place des études épidémiologiques afin d’évaluer l’état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs et de suivre son évolution. En théorie, les résultats de ces études épidémiologiques devraient permettre de disposer d’informations sur l’incidence de certaines pathologies au sein de la population japonaise (cancers, leucémies, troubles psychologiques, thyroïdiens, hépatiques, rénaux, diabète, etc.) et d’évaluer les conséquences sanitaires de l’exposition de la population aux retombées radioactives. Prévues pour une durée d’environ 30 ans, le pilotage de ces études a été confié à l’Université médicale de Fukushima, présidée par le très controversé Shinichi Yamashita.
Parmi ces études, l’une consiste à réaliser un bilan thyroïdien pour tous les enfants âgés de moins de 18 ans qui se trouvaient dans la préfecture de Fukushima pendant la phase des rejets : cette étude, qui a pour principal objectif la mise en évidence d’une éventuelle augmentation des cancers de la thyroïde telle qu’elle a été observée chez les enfants exposés aux retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl, portera sur environ 360 000 enfants nés jusqu’au 1er mars 2012.
 
graphiqueIRSN2
Les âges des enfants testés au 31 décembre 2011
 
Premiers résultats en janvier 2012 : inquiétants
 
L’étude publiée par la préfecture de Fukushima en janvier 2012 montrait que sur 3755 enfants, 1143 d’entre eux, soit 30,4% des enfants testés, avaient des nodules ou des kystes de taille variable (jusque 20,1 mm). Or, cet état sanitaire qui doit servir d’« état zéro » était déjà inquiétant au vu du témoignage de ce médecin : « En 30 ans de pratique de médecine générale en milieu rural français, je n'ai pas rencontré d'enfant ayant un nodule thyroïdien. (Juste quelques gonflements de le thyroïde à la puberté; phénomène banal). Je peux confirmer que les nodules thyroïdiens chez l'enfant sont rares. 30 % c'est beaucoup. Dans la littérature médicale on parle de 0,2 à 1,4% pour les moins de 18 ans (ce chiffre monte à 3,5 % si on réalise des examens systématiques par échographie). On aurait donc un facteur 10 ».
 
graphiqueIRSN1
Les premiers résultats (graphique IRSN)
 
Derniers résultats d’avril 2012 : alarmants
 
Michiyuki Matsuzaki, docteur en médecine à l’hôpital de Fukagawa (Hokkaido), s’est penché sur l’étude publiée le 26 avril 2012 qui concernait 38 114 enfants. Comme il ne disposait pas d’état zéro ‒ en effet, celui-ci n’existe pas réellement puisque les tests ont débuté seulement 7 mois après la contamination ‒ il a repris une étude réalisée en 2006 dans la préfecture de Nagasaki, co-écrite par Shinichi Yamashita, qui montre que sur 250 enfants âgés de 7 à 14 ans, deux enfants seulement (0,8%) avaient des kystes thyroïdiens.
Or, selon les résultats d’avril 2012, 13 380 enfants, soit 31,1 % des enfants testés, ont un kyste thyroïdien, ce qui confirme les résultats de janvier 2012. Même si les kystes liquidiens ne signifient pas qu'il y ait une chance immédiate de cancer de la thyroïde, quelque chose d’anormal se passe dans la glande thyroïde de ces enfants. D’où l’inquiétude légitime des parents.
 
36
 
Une lettre de pression sur les médecins
 
En janvier 2012, alors qu’il commençait à publier les premiers résultats, le chef des opérations, Shinichi Yamashita, a envoyé une lettre aux spécialistes des maladies thyroïdiennes dans tout le Japon, leur demandant de ne pas établir d’autre diagnostic pour les familles concernées. La demande de Yamashita est pourtant un acte contraire à la loi médicale qui prévoit qu’en aucun cas un médecin ne doit refuser un examen. Ainsi, par cette démarche, ce « scientifique » démontre encore une fois sa totale soumission au village nucléaire : il veut rester le maître absolu des résultats. Pas question d’établir d’autres mesures qui pourraient contredire les données officielles. Une raison de plus pour s’inquiéter quand on a un enfant qui a des grosseurs anormales dans la thyroïde !
 
De fait, comme le rapporte un article du Mainichi daté du 26 août 2012, les examens supplémentaires sont systématiquement refusés. Par exemple, Pour ses 2 enfants, une mère de 38 ans qui se refugie à Aizuwakamatsu-shi a téléphoné vainement à 5 hôpitaux qui se trouvent à Fukushima. Un pédiatre de Fukushima avoue : « Si mon diagnostic est différent de celui de l’Université Médicale de Fukushima, cela provoquera des confusions ». Un autre de la région Aizu explique : « Ce n’est pas le rôle d’une clinique privée de faire disparaître des angoisses des parents ». Un troisième, qui s’occupe des examens du département de Fukushima, affirme : «  Le suivi réalisé par l’Université Médicale de Fukushima sera le premier et le plus utile pour montrer des effets de la radioactivité sur le corps humain. S’ils vont dans d’autres hôpitaux au lieu de venir à l’examen organisé par l’université, cela perturbera cette précieuse recherche.»
 
Des parents désemparés
 
Rien ne vaut le vécu des gens pour comprendre ce qui se passe réellement pour les réfugiés de Fukushima. Voici la traduction de quelques messages de mamans inquiètes (traduction Kazumi) :
 
1. J’ai emmené mon deuxième fils qui souffre d’une thyroïde enflée à l’hôpital connu pour les traitements de la thyroïde, Le médecin lui a touché la thyroïde, et a écrit effectivement sur le dossier qu’il a des kystes. Je lui ai dit que nous étions de Fukushima, alors il m’a dit qu’il n’avait pas le droit de donner son avis aux refugiés de Fukushima.
 
2. Mon fils a toujours la thyroïde enflée, pas d’appétit. Malgré tout, il faut l’autorisation soit de la préfecture de Fukushima, soit de l’Université Médicale de Fukushima pour le traitement. Je suis prête à payer beaucoup d’argent pour le suivi, mais ce n’est pas une question d’argent car évidemment, mon fils est couvert de la sécurité sociale. Salaud !
 
3. Bonjour. On m’a dit « Demandez d’abord à l’Université Médicale de Fukushima et attendez la réponse ». Autrement dit, aucun médecin ne peut rien faire avec les habitants et les refugiés de Fukushima sans autorisation. Par conséquent, mon médecin ne m’a donné ni diagnostic, ni l’état actuel de ma thyroïde.
 
4. Mon fils s’est fait refuser dans un hôpital qui se trouve à Nagano. J’avais déjà eu la même expérience ailleurs aussi. Le médecin m’a dit qu’il peut soigner un petit rhume ou une blessure, mais pas la thyroïde ni les maladies qui seraient liées à la radioactivité. Il m’a aussi montré une fiche « Avis sur le suivi de la santé des habitants de Fukushima » délivrée par la préfecture de Fukushima.
 
5. Pour soigner les refugiés et les habitants de Fukushima, il faut absolument une autorisation de la préfecture de Fukushima qui dit que c’est eux qui prennent l’entière responsabilité de la santé et de la radioactivité de tous les habitants « à vie ». C’est absurde ce qu’ils disent...
 
Une population cobaye : l’horreur en 2012
 
Le Japon a ainsi choisi délibérément de faire des expériences médicales pouvant causer la mort sur une partie de sa population. Les gens de Fukushima et les réfugiés nucléaires sont devenus des indésirables ‒ tels les hibakusha suite aux bombardements de 1945 qui n’auraient pas les mêmes droits que les autres citoyens. Malgré les résultats connus de la triste « expérience » de Tchernobyl, on laisse des centaines de milliers de personnes vivre en territoire contaminé, et on leur enlève le droit de se faire examiner librement. Troisième crime impardonnable contre l’humain. MM Montebourg, Valls et consorts, c’est ça le bel avenir que vous nous promettez ? Le soutien inconditionnel à l’énergie nucléaire fait glisser petit à petit nos sociétés vers la barbarie, sous couvert de raison d’état ou de raison économique. On sait parfaitement que les premiers cancers de la thyroïde apparaîtront d’ici deux ou trois ans, mais on ne fait rien. On fait semblant de ne pas savoir. Tout cela est écœurant, révoltant. Les responsables de ces actes criminels devront être jugés un jour. 
 
Le programme ETHOS
 
Pire, le crime est organisé, et bien rôdé. On l’a déjà testé en Biélorussie de 1996 à 2001 et ça marche. Pourquoi ne pas recommencer au Japon avec des moyens encore plus sophistiqués ? Le programme ETHOS, financé par l’Europe, qui visait entre autres au « développement d'une culture du risque radiologique pratique au sein de la jeunesse par l'école » n’est autre qu’un programme destiné à faire accepter à la population de vivre dans une zone contaminée. La décontamination d’un territoire qui a subi des retombées radioactives étant impossible et l’évacuation des habitants étant trop coûteuse, le village nucléaire international a trouvé la solution : faire croire à la population qu’on peut vivre en zone contaminée sans danger. Résultat des courses : malgré le programme ETHOS dont tous les participants officiels se sont félicités de la réussite, la courbe de progression des pathologies n’a cessé de croître et aujourd’hui, 40 à 80 % des enfants vivants en territoire contaminé dans la région de Tchernobyl sont malades.
 
Au Japon, on fait semblant de ne pas savoir. On crée des programmes de décontamination qui ne marchent pas, on demande aux gens de retourner vivre chez eux, dans un environnement radioactif permanent. Et surtout, on envoie M. Jacques Lochard, qui dirigeait le projet ETHOS en Biélorussie et qui est aujourd’hui président du CEPN (1), s’occuper des populations japonaises ! Je vous laisse en compagnie du docteur Michel Fernex pour vous expliquer ce qu’il en est, sans langue de bois :
 

 
 
Il est clair que les Japonais doivent être sensibilisés aux dangers du programme ETHOS. Ce genre d’action est fait pour neutraliser les associations indépendantes et pour endormir la population avec des actions inefficaces. Et au final, on risque de se retrouver avec un détournement d’argent public au profit d’une organisation qui ne sera même plus là pour compter les victimes dans quelques années.
 
 
(1) Le Centre d’étude sur l’Evaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN) est une association à but non lucratif, fondée en 1976, pour évaluer la protection de l’homme contre les dangers des rayonnements ionisants, sous ses aspects techniques, sanitaires, économiques et sociaux.
Les membres actuels de l’Association sont au nombre de quatre : Electricité de France (EDF), l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) et AREVA.
 
 
Un homme se bat
 
Pour conclure cet article, je ne peux m’empêcher d’évoquer le combat d’un homme, Nelson Surjon, Français expatrié au Japon avant la catastrophe, réfugié nucléaire à présent, qui n’a jamais cessé de réclamer l’évacuation des enfants de Fukushima. Il a réalisé une série de 7 vidéos sur ce thème, en exposant la situation du Japon d’une manière remarquable et a lancé une pétition internationale pour demander l’évacuation des enfants de Fukushima. Il est important de soutenir aussi ce combat en apportant son soutien ici, car les enfants sont les premières victimes du nucléaire : ils sont infiniment plus sensibles aux radiations.
 
 
 
Sources :
- A propos de l’enquête réalisée deux semaines après le début de la catastrophe : http://www.actu-environnement.com/ae/news/fukushima-traces-radioactives-glande-thyroide-enfants-13275.php4
- A propos de l’apparition des cancers de la thyroïde à partir de 3-4 ans après une irradiation, étude de l’INVS : http://www.invs.sante.fr/pmb/invs/%28id%29/PMB_9452
- Etude de la préfecture de Fukushima publiée en janvier 2012 : http://ex-skf.blogspot.fr/2012/01/1117-children-over-30-of-3739-tested.html
- A propos des nodules thyroïdiens représentant une pathologie rare de l’enfant, « Nodules thyroïdiens chez l’enfant » de F. Compain et A. Lienhardt-Roussie, Endocrinologie Pédiatrique à l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant de Limoge : http://pediatrie.forumactif.com/t229-nodules-thyroidiens-chez-lenfant
- A propos du risque de cancérisation important des nodules thyroïdiens de l'enfant, « Les nodules thyroïdiens de l'enfant » de R. Coutant du Département de Pédiatrie du CHU d'Angers, publié en 2002 dans la Revue internationale de pédiatrie : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=13977118

- Rapport de l’IRSN : « Fukushima 1 an après. Premières analyses de l’accident et de ses conséquences » :

http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/surete/Documents/IRSN_Rapport_Fukushima-1-an-apres_032012.pdf

- Etude thyroïdienne de 2006 sur 250 enfants de la préfecture de Nagasaki : http://1am.sakura.ne.jp/Nuclear/kou131attach2.pdf
- Article de Michiyuki Matsuzaki, “Position Statement: What Is Currently Happening to Fukushima Children ?” : http://fukushimavoice-eng.blogspot.fr/2012/07/position-statement-what-is-currently.html
- Article du Mainichi daté du 26 août 2012 parlant du suivi de la thyroïde : http://mainichi.jp/opinion/news/20120826ddm003040163000c.html
 
 
____________________
 
Annexe : la vraie nature de M. Yamashita !
 
Entretien avec Shunichi Yamashita
Où il est clair que la sauvegarde de l’économie prime sur la santé de la population
 
- Quel est l’objectif de l’examen?
- C’est un service que Fukushima offre pour assurer la santé des habitants, ce n’est pas du tout des recherches. D’après les estimations de l’OMS, la dose de la radioactivité des habitants de Fukushima serait de 100 mSv au maximum, et on ne sait pas encore quelles conséquences une dose si petite aura sur le corps humain. Je dirai, comme les autres scientifiques dans le monde, que cela devra être minime.
 
- Il y a de plus en plus des parents qui demandent une « seconde opinion » hors de Fukushima...
- Il faudra faire quelque chose. Les soucis des parents sont différents de ceux des médecins. Je vais quand même les écouter avec respect et j’essaie d’avoir une bonne relation avec eux.
 
- M. Yamashita, que pensez-vous des effets de la radioactivité sur nous ?
- Il faut attendre plus de 10 ans pour dire quelque chose là-dessus. Ce qui est important maintenant, c’est qu’il ne faut pas détériorer la relation avec les habitants de Fukushima. Mais ce qui est plus important, c’est qu’il faut sauver le Japon, il faut que le Japon ne s’écroule pas. Après Tchernobyl, il y a eu de nombreux procès à propos de l’état de santé, et les dédommagements a ruiné le budget national de l’Ukraine.
 
Texte original :
.
−−検査の目的は。
 ◆県民の健康増進のための医療サービスで、決して調査研究ではない。WHO(世界保健機関)の推計で、福島住民の被ばく線量はどんなに高くても100ミリシーベルト。100ミリシーベルト以下の健康リスクは明らかには証明されていない、または非常に小さいというのが科学者の国際的合意だ。
 −−県外でセカンドオピニオンを求める保護者が増えているが。
 ◆改善策を考えなければならない。医師の考え方とお母さんの立場にギャップがある。謙虚に声を聞き、信頼関係を築きたい。
 −−放射線の影響をどう判断するのか。
 ◆小さながんも見つかるだろうが、甲状腺がんは通常でも一定の頻度で発症する。結論の方向性が出るのは10年以上後になる。県民と我々が対立関係になってはいけない。日本という国が崩壊しないよう導きたい。チェルノブイリ事故後、ウクライナでは健康影響を巡る訴訟が多発し、補償費用が国家予算を圧迫した。そうなった時の最終的な被害者は国民だ。
 
 (source mainichi.jp, 26 août 2012, traduction Kazumi)
 
 
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Articles sur le sujet des problèmes thyroïdiens
 
 
 
 
 
 
 
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En savoir plus sur ETHOS au Japon
 
 
Exposé de Sunichi Tanaka
 
Rapport de Yoshiyuki Mizuno
 
Le site ETHOS in Fukushima
 

Jacques Lochard

Témoignage de son expérience

 

Instauration d’ETHOS à Fukushima

Document

 

 
 

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 17:40
imagepetitionCe n’est pas nouveau, cette menace existe depuis le 15 mars 2011, date à laquelle le bâtiment réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a subi explosions et incendies.
Ce n’est pas nouveau, mais le problème reste urgent à traiter, car une seule petite complication dans le refroidissement de la piscine 4 pourrait entrainer une succession d’évènements qui affecteraient le monde entier en quelques semaines : 2500 tonnes de combustible nucléaire larguées dans l’atmosphère, ça ferait vraiment très mal. Ce ne serait plus les seules régions oubliées de Tchernobyl et Fukushima qui seraient concernées par une contamination radioactive généralisée. Ce serait assurément le monde entier.
 
Tepco, en qui plus personne n’a confiance depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, envisage de retirer le combustible de la piscine d’ici à la fin 2013. Mais personne ne peut assurer qu’un nouveau puissant tremblement de terre n’affecte le Japon dans les 16 mois à venir ! C’est pour cela que l’action à mener est urgente.
 
Une pétition est en ligne pour qu’une équipe internationale prenne en charge les opérations de retrait du combustible. Elle recueille déjà près de 10 000 signatures, mais ce n’est pas suffisant ! Elle est disponible en cinq langues (1) :
 
 
et depuis peu en polonais (voir ci-dessous). Diffusez-là !
 
Masao-Yoshida.jpgDe nouveaux experts s’ajoutent pour souligner l’importance de cette requête, et en premier lieu, l’ancien directeur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi,  Masao Yoshida. Ce dernier, premier témoin de la catastrophe, a récemment affirmé : « Il est nécessaire de mobiliser une assistance internationale et notamment des ingénieurs, des technologies et des appréciations venant de tous les coins du monde. » (lien)
 
Koichi-Kitazawa.jpgPar ailleurs, le professeur Koichi Kitazawa, qui présidait l’Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie et qui a dirigé une commission d'enquête sur l'accident nucléaire de mars 2011, a déclaré : « Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n'importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays (…). Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s'abatte pas sur la centrale. » (lien)
 
Une prière suffira-t-elle pour empêcher une nouvelle catastrophe ou bien s'agit-il d'un aveu d'impuissance face à l'immense tâche qu'il reste à accomplir pour transférer les 264 tonnes de la piscine 4 ? En fait, il ne s’agit plus d’un débat mais d’un constat. Il ne s’agit plus d’être pro ou antinucléaire ; il s’agit juste d’être conscient d’une menace très grave qui va durer sur le long terme, tant que le combustible perché à 30 m de hauteur n’est pas mis à l’abri. Les médias commencent à en parler en France, c’est dire si le sujet est grave. Il est très important que chacun soit au courant et les journalistes doivent continuer à nous informer de la situation. En gros, la situation actuelle, c’est un peu comme si on apprenait qu’un gros astéroïde risquait de tomber sur la terre d’ici un an, et qu’on allait tout tenter pour dévier sa trajectoire afin d’éviter la collision en confiant cette mission à une entreprise réputée pour mentir et faire des erreurs…
 
De toute évidence, il ne suffit pas d’en parler, il faut aussi faire pression pour que la communauté internationale prenne en charge cette crise.
 
 
________________________
 
 
- Les médias en parlent :
 
   

     

Fukushima : et si le pire était à venir ?

(Un article de Vincent Jauvert, Le Nouvel Observateur)

 

Fukushima. La piscine du réacteur 4 inquiète [audio]

(Propos recueillis par Pierrick Baudais, Ouest-France)

 

L'inquiétante piscine de Fukushima

(Un article de Régis Arnaud, Le Figaro)

 

Fukushima: les piscines de combustible font trembler les experts

(Un article de Marc Molitor, RTBF Info)

 

Notre ex beau-frère et le nucléaire
(Un billet de Sophia Aram, France Inter)

 

La piscine de Fukushima fait trembler la planète

(Un article de Pierre-François Besson, Le Matin)

 
 
- Comment la piscine de combustible n°4 peut-elle prendre feu ?
Arnie Gundersen nous l’explique très clairement avec cette vidéo :
 

 
 
 
- Texte de la pétition en polonais :
 
Nie cierpiący zwłoki apel o to, aby uniknąć kolejnej globalnej katastrofy nuklearnej
 
Ponieważ budynek reaktora nr 4 został poważnie zachwiany przez straszliwe trzęsienie ziemi w dniu 11 marca oraz gwałtowne wybuchy w dniu 15 marca 2011, a w związku z tym jego struktura została poddana silnym naprężeniom, które czynią budynek ten bardzo nieodpornym,
 
Ponieważ znajdujące się w tej jednostce  zużyte paliwo jest umieszczone w basenie wzniesionym na wysokości 30 metrów  i grozi zawaleniem budynku lub wypływem z powodu znacznej liczby pęknięć,
 
Ponieważ basen ten zawiera 1.533 wypalonych elementów paliwowych, co jest równoważne 10- krotnej  ilości cezu 137 uwolnionego w Czernobylu,
 
Ponieważ uszkodzenie wodnego systemu chłodzenia  paliwa spowoduje wzrost temperatury i jego degradację, a wynikający z tego pożar spowoduje uwolnienie do atmosfery ogromnej ilości substancji radioaktywnych,
 
Ponieważ rezerwowy system chłodniczy jest niedostępny, a aktualny system chłodzenia ulega regularnym uszkodzeniom,
 
Ponieważ interwencja człowieka w przypadku pożaru obejmującego elementy zawierające uran i pluton jest niemożliwa ze względu na ogromną radioaktywność,
 
Ponieważ Fukushima Daiichi zawiera prawie 2.500 ton paliwa jądrowego - źródło radiotoksyczności 90 razy większej niż w Czernobylu - a ogień w jednostce 4 zmusiłby władze do opuszczenia całego zakładu,
 
Ponieważ siła trzęsienia ziemi z marca 2011 wskazuje na zwiększone prawdopodobieństwo kolejnych katastrofalnych trzęsień ziemi, które mogą z kolei spowodować zawalenie się na wpół zrujnowanego budynku reaktora nr 4,
 
Ponieważ liczni eksperci z całego świata są zgodni w tym, że  należy podjąć niezwłoczną akcję  w celu uniknięcia potencjalnej konieczności ewakuacji całej Japonii i jednocześnie zapobieżeniu międzynarodowej katastrofie radiologicznej, która zagrażałaby zdrowiu obecnej populacji światowej i ich potomków,
 
Ponieważ TEPCO twierdzi, że nie ma ryzyka, że basen upadnie i ponieważ firma planuje rozłożyć na wiele lat przeniesienie wypalonego paliwa i przechowanie go go w bezpiecznym miejscu,
 
Ponieważ TEPCO i rząd japoński nie są zdolne do zarządzania kryzysową sytuacją  dotyczącą wypalonego paliwa w basenie reaktora Fukushima Daiichi nr 4,
 
Ponieważ ONZ, jako gwarant bezpieczeństwa międzynarodowego, jest jedyną organizacją zdolną do podjęcia kroków w sprawie tego permanentnego zagrożenia dla ludzkości,
 
 
My, mieszkańcy świata,
 
- Zwracamy sie do ONZ, aby pilnie ustanowił międzynarodowy, niezależny i interdyscyplinarny zespół. Zespół ten będzie odpowiedzialny za zorganizowanie i zarządzanie przeniesieniem paliwa z basenu jednostki 4 oraz jego bezpieczne przechowanie.
 
- Żądamy, aby zespołowi kryzysowemu zostały przyznane wszystkie potrzebne środki, w celu uniknięcia dalszej zwłoki i zagwarantowania, że zużyte paliwo zostanie bezpiecznie usunięte tak szybko, jak to tylko możliwe.
 
- Nalegamy, aby ONZ poparł wszelkie niezbędne formy współpracy w sferze technicznej, naukowej, ekonomicznej i politycznej, włączając w to organizacje pozarządowe, mające na celu położenie kresu globalnemu zagrożeniu światowemu, nie mającemu swojego odpowiednika w całej historii ludzkości.
 
 
 
imagepetition
 
 
_________________
(1) Je recherche des volontaires pour des traductions en allemand, en russe, en italien, en portugais, et d’autres langues selon vos compétences. Merci de me contacter ici.

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