24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 11:29
Schémas
 
L’hydrogène est toujours privilégié officiellement comme origine de l’explosion du réacteur n°3.
Tout le monde n’est pas d’accord, comme l’explique Arnie Gundersen dans la vidéo qui suit.
 
schémaunit1
Schéma interprétatif de l’explosion de l’unité 1
 
schémaunit3
Schéma interprétatif de l’explosion de l’unité 3
 
 
Vidéos
 
- A. Gundersen : Plus de leçons de Fukushima - 17.12.2012
(sur l’intégrité du confinement et la perte du refroidissement ultime, sous-titrage en français par Kna)
 

 
 
 
- Conférence et interview de Christophe Elain au contre-forum de Koryiama et au campement antinucléaire à Tokyo. Membre du Collectif Independentwho (pour l'indépendence de l'OMS), il a participé également en tant qu'observateur au Congrès international ministériel de l'AIEA.
 
         
 
          
 
 
Reportage
 
- Christophe Elain a réalisé un reportage sur le Contre-forum de « Nuclear Free Now » du 12 au 17 décembre 2012. Lire l’article entier en cliquant ici.
En voici quelques illustrations.
 
iw1
Terre contaminée à Iitate
 
iw2
Manifestation devant le lieu de la conférence à Koryama le 15 décembre 2012
 

iw3

Contrôle de la radioactivité du riz
 
iw4
L’union des maires pour un Japon sans nucléaire au contre-forum
 
 
- Les Japonais continuent de manifester contre le nucléaire au Japon. Ici des manifestants à Tokyo le vendredi 21 décembre 2012.
 
tokyo
(source Asahi)
 
 
A la centrale
 

flaque

Fuite à l’unité de traitement des déchets de l’unité 4
 
intérieur piscine3
Intérieur de la piscine 3 (visibilité 5 m)
 

poutrelle retirée

La poutrelle qui était tombée dans la piscine de l’unité 3 a été récupérée.
 
liners
Installation de protection avant retrait de la poutrelle
 
retrait poutrelle
Retrait de la poutrelle avec une pince spéciale
 
 
Cartes
 
- Cartes discordantes des retombées du césium 137 au sol. La carte de gauche est issue d’une modélisation informatique, celle de droite est issue de données au sol.
 
carteJAEA
JNES = Japan Nuclear Energy Safety Organization (organisme de sûreté de l’énergie nucléaire du Japon)
JAEA = Japan Atomic Energy Agency (agence de l’énergie atomique japonaise)
MELCOR et OSCAAR sont des noms de codes informatiques du génie nucléaire. Ces programmes permettent de modéliser l'évolution et la répartition des retombées radioactives lors des accidents des réacteurs nucléaires en fonction des données météorologiques et d’en déduire les doses ayant un impact sur la population.
 
- Radioactivité des rivières de Fukushima
« Débits de dose radioactive (Air Dose Rate, en microsieverts par heure) mesurés sur le terrain à l’aide d’un radiamètre portable à proximité des rivières (cercle et triangles) en novembre 2011 et comparaison par rapport aux débits de dose radioactive mesurés par relevés aéroportés au niveau des sols par le MEXT. »
 
RTEmagicC 012 txdam30831 b48873
© Projet TOFU (recalculé et interpolé à partir de données du MEXT japonais)
 
 
Etude
 
Nous l’avions déjà vu avec les oiseaux. Les feuilles conservent également la radioactivité qui peut être mise en évidence avec un papier réactif.
 
feuilles
 
Images de feuilles radioactives
(source)
 
 
Cinéma
 
« The Land of Hope » de Sion Sono affiche
« Avec son "pays de l’espoir" (kibô no kuni) Sion Sono, écrivain et réalisateur prolixe ‒ Suicide club, Coldfish, Guilty of Romance ‒ réussit avec brio à évoquer avec un ton juste le sujet si difficile et si douloureux pour les Japonais du désastre nucléaire créé par la centrale de Fukushima. »
 
   
(source)
 
 
 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 18:50

plutoniumstrontiumLe plutonium est assez difficile à étudier car les radiations alpha qu’il émet sont très difficiles à détecter. C’est pourquoi on étudie plus volontiers les retombées des césiums, plus abondants, et dont l’activité gamma est très facile à mesurer.

Pourtant, à Fukushima, avec l’explosion d’un réacteur fonctionnant au MOX (mélange uranium-plutonium), les choses auraient pu être faites autrement. On aurait dû beaucoup plus étudier les retombées de plutonium. Car ce radiotoxique est mortel et en cas de pollution accidentelle, il y a un grave danger sanitaire. Mais souhaite-t-on vraiment protéger la population ? On peut en douter.

Les données rassurantes fournies jusqu’à maintenant par les autorités et Tepco pourraient aujourd’hui être remises en cause.

 

Le ratio

 

Quand une catastrophe nucléaire advient, beaucoup de radionucléides sont libérés dans l’environnement en plus ou moins grande quantité. La proportion entre un élément et un autre donne un ratio que l’on devrait retrouver plus ou moins à l’identique d’un échantillon à un autre. La valeur de ce ratio change avec le temps car chaque élément a une période radioactive différente ; on se sert donc de ce ratio pour déterminer l’origine temporelle et spatiale d’une pollution.

 

Des données rares et éparses

 

Fin mars 2011, on apprenait par Tepco que des traces de plutonium (238, 239 et 240) avaient été détectées dans le sol de la centrale. Mais l’entreprise avait mis ça sur le compte des anciens essais nucléaires atmosphériques. L’information était à l’époque impossible à vérifier puisque Tepco ne fournissait ni chiffre, ni ratio. Juste après la catastrophe, le 21 avril 2011, un prélèvement avait été effectué par un universitaire près de la centrale qui donnait 0,078 Bq/kg. Cette fois-ci, on annonçait que ce plutonium provenait bien de la centrale de Fukushima Daiichi. Mais on avait aussitôt déclaré que cela n’avait aucune incidence sur la santé.

 

Plus tard, fin septembre 2011, les autorités ont diffusé des données sur les retombées de plutonium et de strontium, relayées sous forme d’une carte par l’Asahi Shimbun, toujours en assurant que les quantités étaient infimes. Enfin, en novembre 2011, le ministère de l’industrie (METI) a réalisé une carte des relevés de plutonium sur la préfecture de Fukushima : en moyenne, 0,19 à 0,77 Bq/kg, ce qui pour cette dernière mesure est 10 fois plus important que la mesure d’avril. Toutefois, on sait que ces données restent suspectes car ces résultats sont en contradiction avec les données sur le neptunium, précurseur du plutonium, issues des prélèvements effectués à Iitate en avril 2011.

 

Les dernières mesures

 

Fukushima Diary et Enenews apportent un nouvel éclairage à ce que l’on savait jusqu’à maintenant. Selon le premier site, du Pu 239, du Pu 240 et du strontium ont été relevés dans le sol et dans des copeaux de bois à Otsuchi cho (préfecture d’Iwate, à plus de 200 km au nord de la centrale de Fukushima Daiichi). C’est lors de tests effectués en octobre 2012 par les villes (Kashiwazaki et Sanjo de la préfecture de Niigata) qui ont accepté des débris d’Otsuchi cho que le plutonium et le strontium ont été détectés. L’intérêt de cette info est qu’elle donne les mesures du strontium et du plutonium dans un même document, ce qui permet d’en déduire le ratio.

 

tabjap.jpg

 

Le second site, Enenews, a réalisé la traduction des tableaux en anglais ; les voici maintenant en français.

 

Lieu de prélèvement

Strontium

Plutonium 238

Plutonium 239 + 240

Remarques

cendres (incinération avant test)

3,7

non détecté

0,019

cendre d’origine collectée le 25 août

cendres (incinération durant le test)

3,2

non détecté

0,016

cendre solidifiée collectée le 12 octobre

Unité utilisée : Bq / kg

 

 

Lieu du prélèvement

Strontium

Plutonium 238

Plutonium 239 + 240

Remarques

Copeaux de bois de la ville d’Otsuchi

0,71

non détecté

0,0019

abri temporaire de la ville de Yamada (prélevé le 3 octobre)

Sol du parc Shiroyama de la ville d’Otsuchi

0,84

non détecté

0,017

copeaux de bois autour de la cour (prélevé le 3 octobre)

Sol de la ville d’Otsuchi Inari Shrine

2,2

non détecté

0,13

copeaux de bois autour de la cour (prélevé le 3 octobre)

Unité utilisée : Bq / kg

 

Comme nous l’avons vu plus haut, c’est le ratio et non la mesure en elle-même qui est intéressante. Ici, nous allons nous focaliser sur le ratio strontium 90 / plutonium 239+240 :

 

 

 

Strontium

Plutonium 239 + 240

ratio Sr90/Pu239-240

3,7

0,019

194,74

3,2

0,016

200,00

0,71

0,0019

373,68

0,84

0,017

49,41

2,2

0,13

16,92

 

 

On peut constater que le ratio déduit est compris entre 16 et 374. Or, les ratios jusqu’alors communiqués par Tepco concernant les retombées de Strontium et Plutonium tournent autour de 20 000, et non autour de 200. La différence est énorme, avec un facteur 100. En clair, contrairement au ratio Sr90/Pu239-240 attendu, on a un ratio 100 fois plus petit, ce qui correspond grosso modo à un ratio Sr90/Pu239-240 de cœur de réacteur...  

 

Conclusion ? Il semble y avoir beaucoup plus de plutonium dans la nature que ce que les autorités veulent bien le dire. Il sera intéressant à l’avenir de rechercher d’autres analyses permettant de déduire ce ratio afin de les comparer.

 

 

_____________________

 

Sur le même sujet :

.

Le plutonium 239, c’est pas du chocolat ! (AIPRI)

 

et aussi

 

Plutonium et strontium en Amérique ?

Le plutonium de Fukushima Daiichi

Peut-on boire du plutonium sans danger ?

 

 

 

_____________________

 

L’avis d’Ultraman, sur le blog Ex-SKF :

 

#Radioactive Japan: Sanjo City's Detection of Plutonium in the Iwate Debris and Soil Causing Excitement on Twitter

 

 

 

_____________________

Illustration d'entête : carte des retombées de strontium et de plutonium (Asahi Shimbun, octobre 2011)

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 15:17
plan centraleTepco a mis en ligne le 14 décembre 2012 une vidéo montrant l’ensemble des installations du site nucléaire de Fukushima Daiichi qui est devenue une méga usine à brasser de l’eau radioactive. Qui aujourd’hui voudrait investir dans une entreprise qui emploierait 1000 personnes pendant au moins 40 ans et qui ne produirait rien d’autre que des déchets radioactifs ? La voix numérique artificielle donnant des explications concorde avec cette inhumanité que nous impose cette ‘macrotechnoscience’ envahissante. Et les jingles à chaque nouveau plan ressemblent à ceux donnés aux enfants pour tourner la page d’un livre de conte. Tepco continue ainsi à essayer maladroitement d’infantiliser le public sans pourtant réussir à faire croire qu’ils maîtrisent tout, sinon la communication minimisante : ce voyage touristique au cœur de la centrale ne nous dit pas un mot des pertes de confinement de 3 réacteurs, de l’impossibilité de récupérer les coriums, de la pollution irrémédiable de la nappe phréatique, de l’océan et de tout un pays.
 
Malgré tout, la vidéo reste un document informatif intéressant pour connaître mieux le site, en particulier ces 23 plans qui indiquent les emplacements de certaines installations.
 
 
Voir la vidéo sous-titrée en français par Kna
 
 
Plans de la centrale tirés de la vidéo
 
    Bat antisismique
Bâtiment anti-sismique (Centre de réponse d’urgence)
 
    parking incendie
Parking pour les véhicules d’incendie
 
    réservoir tampon
Réservoir et pompes pour l’eau de refroidissement des réacteurs
 
    circuit refroid
Les 4 km de tuyaux du système de refroidissement
 
    Bat administratif
Bâtiment administratif principal
 
    stockage conteneurs
Installation temporaire de stockage des châteaux (« dry casks » = combustible entreposé à sec))
 
    filtrage multi
Installation de traitement des radionucléides
 
    réservoirs
Aire de stockage de l’eau contaminée
 
    commut sud
Installation de commutation électrique (66 kV)
 
    traitement eau
Bâtiment de contrôle du système de traitement de l’eau contaminée
 
    point observ
Point de vue des unités 1 à 4 (emplacement de la webcam Tepco)
 
    piscine commune
Piscine commune (10 m au dessus du niveau de la mer)
 
    absorbeur césium
Incinérateur à haute température
 
    Bat réacteur unit 4
Unité 4
 
    Absorp césium et décontamin
Installations de décontamination
 

 

Digue temporaire

Digue temporaire
 
    unit 1 à 4 seaside
Construction d’un mur de protection
 

 

plan18

Méga barge
 
    conteneurs secs
Lieu de stockage des châteaux (« dry casks »)
 
    5 & 6 seaside
Aire des installations côté mer des unités 5 et 6
 
    urgences
    Salle des urgences
 
    generateur diesel 6B
Générateur Diesel de secours
 

 

pylone abattu

Pylône électrique détruit par le tremblement de terre
.
coupe mur eau
Mur protection eau
couvert unit 4
.
 
 
________________
.
Illustration d'entête : plan de la centrale de Fukuishima Daiichi (rapport NAIIC).

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 15:45
Séismes
 
L’ex-centrale de Fukushima Daiichi vient à nouveau d’être secouée par plusieurs séismes de moyenne intensité, mais très proches du site nucléaire. Celui de 13h27, d’une magnitude de 5,3, avait son épicentre à seulement 35 km du site nucléaire. Mais heureusement à 60 km de profondeur. Celui du 7 décembre se situait à près de 350 km.
La piscine 4 est toujours source d’inquiétude, à cause de sa situation à 30 mètres de hauteur ET des 1533 assemblages qui ne pourront pas être retirés avant fin 2014. Les deux années qui viennent vont être longues pour ceux qui sont conscients du danger de cette épée de Damoclès…
 
15 décembre 2012 localisation
 
Vidéo de la secousse sur le site

 
 
 
Photos
 
Tepco a diffusé de nouvelles images du bâtiment réacteur 4, dont ces deux photos des façades sud et ouest (source). On remarquera deux choses : 1) la façade sud comporte un trou supplémentaire, sans doute réalisé en vue de la construction d’une superstructure ; 2) le cadrage de la photo de la façade ouest prend soin de ne pas montrer la base du mur, ce qui donne l’illusion d’un bâtiment stable. C’est pourquoi il est bon de revenir à une photo antérieure montrant bien que l’explosion du 15 mars avait aussi touché le rez-de-chaussée.
 
BR4facesud
façade sud
 
BR4faceouest
façade ouest
 
BR4base
vision de la base de la façade ouest (2011)
 
 
Vidéos
 
- L'ONU et l'aspect sanitaire de la crise nucléaire de Fukushima
« Après une enquête du 15 au 26 novembre 2012 dans les zones touchées par la catastrophe nucléaire de Fukushima, M. Anand Grover, Rapporteur Spécial pour le Droit à la Santé de l'ONU livre ses premières constatations, lors d'une conférence de presse au Japan National Press Club à Tokyo. En toute indépendance, il parvient à lever un coin du voile très opaque qui recouvre tout ce qui touche aux conséquences de "l'accident" japonais. » (texte et sous-titres Kna)
 

 
 
- Fukushima : des centaines de milliers de personnes vivent toujours sur des territoires fortement contaminés
Pour illustrer cette terrible réalité, ainsi que le communiqué de la CRIIRAD du 5 décembre à ce sujet , Kna a sous-titré en français 3 petites vidéos publiées à  cette occasion. A voir sur le blog de Kna.
criirad
 
 
- Yves Lenoir, président de l'association Enfants Tchernobyl Belarus, s’exprime sur le "traitement de Tchernobyl appliqué à Fukushima", lors de la Prise de la Bastille d'iode, rassemblement co-organisé par Sortir du Nucléaire Paris et Yosomono-net, le 11 novembre 2012, place de la Bastille à Paris.
 
 
 
 
Art
 
- Tableau
“Fukushima” par M art'IN
fukushima
 
 
- 3D : Après la tragédie du 11 mars 2011, Artistide Despres, artiste sur Second Life, a transformé en musique la radioactivité mesurée en direct à Fukushima. L’usine avait été reproduite en 3D pour cette occasion par Artistide Despres et Lolliko Larkham.
 

 
 
 
- Fukushima Music Project
 
 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 01:44

Il y a 7 mois exactement, le 12 mai 2012, Arnie Gundersen s’exprimait sur l’unité 4 de Fukushima Daiichi, lors d’une conférence dans la region du Kansai : « I believe that the structural damage to Unit 4 is so great that if there is a 7.5 earthquake, it will not withstand it ». C’est-à-dire : « Je pense que les dommages à la structure de l’unité 4 sont si importants que, si un séisme de magnitude 7,5 se produit, le bâtiment réacteur n’y résistera pas ».

 

Le double-séisme du 7 décembre 2012 avait une magnitude de 7,4… Si Arnie Gundersen ne se trompe pas, autant dire qu’on a eu chaud !

 

A un dixième près, les bâtiments ont-ils souffert ? On ne connaît pas encore les données sismiques précises sur le site même de l’ex-centrale, mais on peut déjà constater les évènements qui se sont produits les jours suivants. Ont-ils un rapport avec le séisme ?

 

Unité 1

La concentration d’hydrogène a augmenté sensiblement après le tremblement de terre du 7 décembre dans la cuve du réacteur 1 : en deux jours, elle est passée d’un taux inférieur à 0,04% à 0,28%. Pas de quoi être inquiétant, mais à suivre. Une augmentation du taux d’hydrogène est signe que du corium a bougé, provoquant une radiolyse de l’eau. Le taux d’hydrogène est suivi à la loupe car ce gaz est fortement explosif en mélange avec l’oxygène. (source)

 

Unité 2

Tepco a réalisé une inspection le 11 décembre dans la partie basse du réacteur, au niveau d’un tuyau (« vent pipe ») reliant la base de l’enceinte de confinement à la piscine torique (chambre de suppression). Cette inspection n’avait pas été annoncée à l’avance, on ne sait donc pas ce que Tepco cherchait à cet endroit. Elle a permis au moins de constater qu’il n’y avait pas de fuite à cet emplacement. (source)

 

On suppose tout de même qu’ils avaient remarqué quelque chose, tout comme Geoffroy, veilleur des tréfonds de l’ex-centrale : « Le thermocouple "TE-2-3-69N1" a été déclaré HS depuis des mois, mais Tepco continue quand même de publier les valeurs. Depuis le 3/12, les données publiées ne sont plus "incohérentes", les valeurs montent assez vite :
- 258°C 03/12/2012 17:00thermocoupleunit2.jpg
- 262°C 04/12/2012 17:00
- 265°C 05/12/2012 17:00
- 279°C 06/12/2012 17:00
- 273°C 07/12/2012 17:00
- 350°C 08/12/2012 17:00
- 357°C 09/12/2012 17:00
- 366°C 10/12/2012 17:00
- 395°C 11/12/2012 11:00
(Pour rappel, le thermocouple "TE-2-3-69N1" se situe sous la cuve) ».

Il semble ainsi que cette sonde a également réagi au séisme, et que Tepco y accorde quelque importance.

 

Mise à jour du 12/12/12 : Tepco recherche en fait une fuite d'eau extrêmement radioactive. Pour l'instant, il reste incapable de retrouver son origine (source).

 

Unité 3

Après le constat et la réparation, le 10 décembre, d’une fuite à la station R03 de désalinisation de l’eau de refroidissement, le 11 décembre, Tepco a aussi constaté une fuite d’eau radioactive dans le bâtiment turbine de l’unité 3. La fuite aurait eu lieu durant les jours précédents et aurait relâché 15 m3d’eau filtrée. Cette eau a été analysée pour le césium : Cs-134: 4.2E 7 Bq/m3 et Cs-137: 7,4 E 7 Bq/m3. Tepco n’a pas donné la cause de cette fuite. L’opérateur présume qu’elle provient d’un tuyau qui a servi à un test de pression pour un autre réacteur. (source)

 

reactor-3-2.png

Localisation de la fuite dans le bâtiment turbine de l’unité 3

 

Unité 4

Selon une information diffusée par Mitsuhei  Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse, le système de refroidissement de l’unité 4 est encore tombé en panne du 8 au 11 décembre. Un travailleur appelé en urgence pour remplacer la pompe aurait constaté en passant que le béton qui a été coulé pour renforcer la piscine s’était fortement détérioré. Cette information n’a ni été rapportée par les grands médias du Japon, ni communiquée au gouvernement local de Fukushima. (source)

Le système de refroidissement de l’unité 4 était déjà tombé en panne en juillet2012. Quand on voit le temps qu’il faut "en temps normal" pour remplacer une pompe, on s’interroge sur le temps qu’il faudrait en cas de problèmes extérieurs cumulés comme un tsunami et une coupure de courant.

 

A la lumière de ces évènements qui ont suivi le séisme du 7 décembre, on comprend qu’à chaque secousse, l’ex-centrale se dégrade un peu plus. Nous, veilleurs de Fukushima, nous ne sommes pas sismologues, mais nous avons appris à partir du séisme du 11 mars 2011 que chaque tremblement de terre doit être étudié dans le détail. Il faut analyser :

 

1- La structure du sol sur lequel les bâtiments sont construits.

2- Le type de bâtiment, sa fréquence de résonnance et sa conception anti-sismique.

3- La distribution des « accélérations au sol » et notamment leur répartition verticale et horizontale.

4- La direction des accélérations horizontales, qui peuvent jouer dans la direction du meilleur contreventement du bâti ou dans la direction la plus sensible.

5- La puissance de ces accélérations au sol (mesure en Gal).

6- La durée du séisme, « son profil » dans le temps et celui des éventuelles répliques.

 

C'est pourquoi nous serions heureux que des sismologues français s’expriment sur le sujet de l’unité 4 de Fukushima Daiichi.

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 01:50

Luc_Oursel.jpgDans une dépêche de l’AFP, on apprend que « Luc Oursel, président du directoire du groupe français Areva, estime que le Japon aura du mal à se passer d'énergie nucléaire et à recourir rapidement aux renouvelables, malgré l'accident traumatisant de Fukushima ».

Le patron de l’entreprise connue pour favoriser la dissémination du plutonium sur toute la surface de la planète ne semble pas au courant de l’actualité… Une occasion de faire le point.

 


L. O. : « Je pense que l'énergie nucléaire continuera à garder une place dans la production énergétique japonaise pour un temps important. »

 

Pourtant il faudra bien que M. Oursel comprenne un jour que les Japonais ne veulent plus de l’énergie nucléaire. Beaucoup d’entre eux manifestent dans de nombreuses villes depuis 6 mois avec la même volonté inébranlable. De plus, pas plus tard que hier matin, le séisme de magnitude 7,3 a rappelé à tout le Japon que cette terre n’était pas du tout adaptée à cette énergie.

 

 

L. O. : « Il est en effet difficile d'imaginer un approvisionnement énergétique compétitif en s'en passant totalement. »

 

Effectivement, il est difficile pour l’avenir d’Areva d’imaginer qu’il ne pourra plus être possible de vendre du MOX au Japon. Pourtant, avec la rallonge de 2 milliards nécessaire pour construire le réacteur EPR de Flamanville, il est désormais démontré que cette énergie n’est plus compétitive. La construction de cette centrale, dont le coût était programmé à l’origine à 3,3 milliards d’euros, est finalement passée à 8,5 milliards d'euros, soit une multiplication de la facture par 2,5. Les énergies renouvelables concurrencent désormais le nucléaire : l’électricité nucléaire coûtera autour de 70 à 100 euros / mégawattheure alors que l'éolien terrestre se situe actuellement entre 80 et 85 euros.

Pour bien faire, il faudrait aussi compter le coût du prochain accident, probable, qui pourrait ruiner la France : selon une étude récente de l’IRSN, ce coût pourrait approcher 430 milliards d'euros !

 

 

L. O. : « Le maintien des projets de retraitement et de construction de réacteurs montre que l'énergie nucléaire continuera à jouer un rôle dans la production électrique. »

 

Cela montre surtout que cette énergie, comme en France, est imposée à la population…

 

 

L. O. : « L'impact de l'accident de Fukushima sur nos affaires est finalement limité. »

 

Ca c’est le discours de façade, mais dans la réalité, Areva ne fait pas de si bonnes affaires que ça dans le nucléaire. Récemment, l’opérateur CEZ, qui prévoit de construire 2 nouveaux réacteurs dans la centrale de Temelin en République tchèque, a rejeté l’offre d’Areva pour ce projet d'une valeur d'environ 8 milliards d'euros. Par ailleurs, si Areva affiche un bon carnet de commande fin 2012, c’est aussi grâce aux énergies renouvelables : « La croissance soutenue du chiffre d'affaires sur la période est tirée par les activités récurrentes dans l'énergie nucléaire d'une part, et le développement de nos activités dans les énergies renouvelables d'autre part. » (source)

 

Luc Oursel prend soin de ne pas parler du déclin actuel du nucléaire : arrêt programmé de la centrale nucléaire de Kewaunee aux Etats-Unis en 2013, choix de ne pas avoir de centrale nucléaire en Lituanie, arrêt de la centrale de Santa Maria de Garoña en Espagne, fermeture de la centrale de Gentilly 2, l’unique centrale nucléaire du Québec, abandon des projets nucléaires au Mexique, renoncement du stockage de déchets nucléaires en Mongolie, abandon du nucléaire par le groupe Siemens, etc. (source)

 

 

L. O. : « Areva joue même un rôle majeur dans la mise à niveau de sûreté de la flotte mondiale de réacteurs. »

 

Malheureusement, Areva augmente son chiffre d’affaire grâce aux accidents. L’accident génère un retour d’expérience, qui lui-même génère des travaux qui boostent les activités de l’entreprise…



L. O. : « Areva propose aussi des solutions d'énergie renouvelable, mais le Japon est un pays dont les caractéristiques naturelles ne favorisent pas leur développement, compte tenu de l'absence de surfaces étendues pour le déploiement de parcs photovoltaïques ou de plates-formes éoliennes de très grandes puissance. »

 

M. Oursel ne semble pas très bien informé. La géothermie, la biomasse, l’éolien, le solaire… pas pour le Japon ? Si !


L. O. : « Si l'on veut massivement avoir recours à des énergies dont la compétitivité n'est pas encore suffisante, on s'expose à des surcoûts colossaux, comme c'est le cas en Allemagne. »

 

Le surcoût colossal, c’est surtout une catastrophe comme Fukushima ! Actuellement, Tepco est contraint d’indemniser 1,5 millions de personnes. Le coût est estimé par l’opérateur à 100 milliards d’euros. Mais en fait, cela coûtera beaucoup plus cher. Pour comparaison, la catastrophe de Tchernobyl a déjà coûté 200 milliards de dollars, et il faudra compter le coût de la construction du nouveau sarcophage (1,5 milliards d’euros). Combien coûtera le démantèlement de Fukushima sur 40 ans (au moins !) et l’impact sanitaire sur la population ?


L. O. : « En septembre 2011, six mois après l'accident, la centrale était encore en situation de crise. Aujourd'hui, c'est un site industriel organisé, avec des contrôles rigoureux de la radioactivité des personnels, des systèmes de refroidissement robustes, des bâtiments renforcés, même si la radioactivité y reste forte par endroits. »

 

On a envie d’y croire mais, désolé, on n’y croit plus. Tepco a tellement caché d’informations depuis le début de la catastrophe que ces belles paroles font sourire. Tomohiko Suzuki en a été témoin. Nous en avons tous été témoins depuis 20 mois.


L. O. : « Il y a en outre une plus grande ouverture, extrêmement bénéfique, envers des coopérations internationales. Il est important pour l'ensemble du secteur de savoir ce qu'il se passe à Fukushima. Pour les Japonais, cela peut être un élément de crédibilité et de rétablissement de la confiance sérieusement altérée. »

 

Pour être crédible, Tepco devrait commencer par lever le blackout qui pèse sur la nature des explosions des bâtiments réacteurs 3 et 4. Au fait, pourquoi la vidéo de l’explosion incroyable du réacteur 4 est toujours censurée, presque 2 ans après la catastrophe ?


L. O. : « Areva propose plusieurs technologies, pour établir des cartes détaillées de la radioactivité, pour le tri et le traitement des sols contaminés. »

 

Effectivement, Areva développe des technologies permettant d’établir rapidement la cartographie détaillée de zones contaminées. Areva prévoit tout : la fabrication du poison, sa dissémination, et maintenant sa cartographie. N’est-ce pas fabuleux ? L’empoisonneur mondial qui se fait de l’argent en cartographiant son poison répandu.   



L. O. : « Si les populations reviennent habiter la région dans des conditions de sûreté acceptables, ce sera un événement très important qui différenciera nettement l'accident de Fukushima de celui de Tchernobyl, prouvant que son impact aura été maîtrisé dans la durée. »

Mais qui fixe les « conditions de sûreté acceptables » ? Ce sont les pollueurs. Le programme
Ethos est sensé faire accepter aux populations la vie en territoire contaminé. Mais ça, M. Oursel, c’est criminel. Le résultat de ce programme, c’est une augmentation continue de pathologies graves.



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Photo d'entête : Luc Oursel (wikipédia)

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 10:42

Alerte au tsunami

 

Selon la NHK, un fort tremblement de terre a frappé le nord du Japon. Une alerte au tsunami a été émise pour les zones côtières de la préfecture de Miyagi. Le séisme s'est produit à 17h18 ce vendredi, heure du Japon, au large de la côte nord-est du Japon. L'Agence météorologique a prévenu qu’un tsunami d'un mètre de haut pourrait frapper les zones côtières de la préfecture de Miyagi à 17h40. Elle a averti que le tsunami pourrait surgir et venir à terre plus d'une fois.

 

source : http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/

 

 

______________________________

 

Mise à jour 10h55 (heure française) :

 

 

 

(NHK)
Selon le bureau météorologique du Japon, un Tsunami de 1 m est arrivé à Ishimomaki dans la préfecture de Miyagi à 18:02 (JST).
Le tsunami se fait en plusieurs vagues, dépêchez-vous de vous enfuir. Les prochaines peuvent être plus hautes.
< Fin>

 

 

 

source : http://fukushima-diary.com/2012/12/tsunami-arrived-at-miyagi-at-1802-jst-1m-more-to-come-it-may-be-higher/

 

 

 

______________________________

.

Mise à jour 12h10 (heure française)

 

 

 

(NHK)

 

Les alertes au tsunami pour les zones côtières du Pacifique de Iwate, Fukushima, Aomori et Ibaraki préfectures ont été levées.

 

 

 

 

 

seisme-7-dec-2012.jpg

 

Premières images

video.jpg.

 

 

Pourquoi un séisme violent au Japon est-il dangereux pour le reste du monde ?

 

 

 

Si vous n’avez pas encore pris le temps de voir ce que vous risquez ‒ quel que soit l’endroit où vous habitez dans l’hémisphère nord ‒ quand un fort séisme se produit au Japon, lisez cet article qui explique bien la situation de danger permanent face à un effondrement possible de la piscine du réacteur 4 de Fukushima Daiichi.

 

 

 

Puis signez cette pétition qui demande une accélération de la prise en charge de ce danger mondial qu’elle représente ! Tepco promet la fin du déchargement de la piscine à la fin de l’année 2014 ! C’est largement insuffisant ! Les spécialistes du monde entier doivent y travailler de toute urgence !

 

 

 

Pour ceux qui pensent encore que ce danger de la piscine 4 est un fake ou de la désinformation, prenez plutôt connaissance de cette note de l’IRSN :

 

 

 

"Un dénoyage complet de la piscine [n°4] conduirait, à terme, à une fusion complète du combustible, susceptible de former un magma difficilement refroidissable et éventuellement au percement des parois de la piscine." (IRSN, 15 mars 2011)

 

 

 

Et là, ça ne serait pas un corium enfoui dans les entrailles de l’enceinte de confinement, mais un corium à l’air libre !

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:06
tabTEPCO a annoncé qu’un robot utilisé pour inspecter l'unité 3 de Fukushima Daiichi avait mesuré un niveau de rayonnement cumulé de 4780 mSv/h au rez-de-chaussée du bâtiment réacteur 3, soit beaucoup plus que le rayonnement cumulé de 1300 mSv/h mesuré aux mêmes endroits l'année dernière, le 14 novembre 2011.
.
 
Inspection filmée de l’unité 3 par le robot Packbot le 27 novembre 2012
 
Suite à une constatation de l’augmentation des niveaux de rayonnement dans ce secteur nord-est, Tepco voulait évaluer l’état de conduites de gaz et l’état de la surface du sol. Alors qu’aucune fuite ou dommage n’ont été détectés pour les tuyauteries, l’opérateur a finalement trouvé que la source de cette augmentation de radioactivité se situait au niveau de la porte de l’enceinte de confinement et de ses rails. Cette opération, qui a duré une heure et demie, a mobilisé 9 ouvriers : 3 sur le site, qui ont reçu une dose maximale de 0,52 mSv, et 6 à distance dans une salle confinée.
 
La veille de la prise des mesures, l’enregistrement de la webcam de l’ex-centrale a montré une activité inhabituelle : depuis un échafaudage, des ouvriers semblent avoir pulvérisé un produit dans la direction de la façade sud de l’unité 3, mais on ne sait pas si c’est en rapport avec l’augmentation de la radioactivité.
 

 
 
Voici le rapport de Tepco en japonais sur l’inspection du 27 novembre :
 
tepco1.jpg
 
tepco2.jpg
 
tepco3.jpg
 
tepco4.jpg
 
 
Cette information, qui ne sera sans doute pas répercutée dans les grands médias, confirme la perte de confinement de l’enceinte du réacteur n°3 mais aussi la dangerosité extrême de cette ruine. Les valeurs relevées repoussent d’autant plus la possibilité d’un quelconque démantèlement. En effet, la plus grande mesure enregistrée par le robot est de 2290 mSv/h : un homme ne pourrait intervenir dans cet endroit sans recevoir une dose létale en l’espace de 3 heures.
 
 
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sources :
 
 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 21:18

 

PAYSANS-JAPONAISArte Reportage va diffuser le 1er décembre 2012 à 18h35 un documentaire inédit de 26 minutes réalisé par Marie-Monique Robin sur le drame des paysans après Fukushima : « Terre souillée ». Le reportage a été tourné en juin dernier au Japon, avec Roland Théron (image), Marc Duployer (son) et Françoise Boulegue (montage).

 

 

« Partir ou rester ? Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, cette question hante les paysans qui ne savent plus comment assumer leur mission séculaire : celle de nourrir leurs concitoyens. « Terre souillée » s’attache à l’histoire de trois familles paysannes de Nihonmatsu, une ville de 60 000 habitants située à trente kilomètres de la zone interdite. Tous pratiquent l’agriculture biologique depuis plus de trente ans. Seiju Sugeno et sa fille Mizuho ont décidé de rester. Collaborant étroitement avec un scientifique de l’Université de Nigata, ils multiplient les expériences pour décontaminer leurs crbst Fukusols. À 70 ans, Kisaburo Tanno et sa femme Midori ont décidé, eux, de partir pour recommencer de zéro dans la préfecture de Nagano. La mort dans l’âme, car ils ont dû abandonner la ferme que la famille Tanno exploitait depuis treize générations. Quant à Shisasei Tarukawa, il a décidé de partir pour … toujours. Deux semaines après l’accident nucléaire, les autorités ont ordonné la destruction de sa récolte d’épinards, et il s’est suicidé. Aujourd’hui, sa veuve et son fils continuent de cultiver, car ils n’ont pas le choix…

 

Entre silences et rires nerveux, le reportage dessine le désespoir des paysans de Fukushima, dont la terre sacrée a été définitivement « souillée ». »

 

Marie-Monique Robin

 

(source)

 

 

_____________________________

 

Photo d’entête : paysans de Fukushima brandissant leurs choux radioactifs à Tokyo (avril 2011 - Koji Sasahara/AP/SIPA) 

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 00:35

 

kibo-solidarite-aide-fukushimaDepuis 2011, l’association Kibô-Promesse se démène de manière originale pour récolter des fonds afin d’aider deux actions citoyennes basées à Fukushima. Comme l’an passé, elle fait appel aux créateurs, aux acheteurs ou aux donateurs.

 

 

 

 

 

Appel aux créateurs

 

Vous aimez le Japon et vous aimeriez aider ses habitants à vivre sainement après l'accident de Fukushima ? Vous êtes peintre, photographe, sculpteur, vous savez coudre ou tricoter et vous avez envie de partager votre talent ? Joignez-vous aux créateurs de Kibô-Promesse, en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

aider-le-japon-illya

 

 

 

Appel aux acheteurs

 

Une boutique en ligne est ouverte pour exposer les œuvres mise en vente. La boutique Kibô-Promesse permet aux acheteurs de réaliser un achat solidaire, dont la totalité des sommes récoltées sera reversée au profit des sinistrés japonais.

 

La commande d’une création originale est la preuve tangible, utile et esthétique de son engagement à soutenir le Japon. La vente commencera le 7 décembre 2012.

 

Pour accéder à la vitrine de la boutique solidaire, cliquer sur l’image ci-dessous.

 

kiboutique

 

 

 

 

Appel aux donateurs

 

Si vous n’êtes pas créateur ou si vous ne voulez rien acheter, vous pouvez tout simplement faire un don à l’association.

 

Explications ici

 

 

 

A qui profitent les fonds collectés ?

 

Les actions de Kibô-Promesse bénéficient à deux associations de Fukushima gérées par les citoyens japonais eux-mêmes :

- le CRMS (Citizen’s Radioactivity Measuring Station)

- Fukushima Network for Saving Children from Radiation.

 

CRMS-fukushima-logo.jpgLe CRMS

 

Le CRMS (Centre  citoyen de mesure de la radioactivité) est une association à but non lucratif qui a pour but de faire de la radioprotection à Fukushima. Il a été mis en place juste après la catastrophe de la centrale de Fukushima Daiichi, grâce à la volonté de Wataru Iwata, son fondateur, dès mai 2011, et à l’aide de tous les citoyens bénévoles de Fukushima, mais aussi de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité ). La CRIIRAD a fait don de nombreuses machines extrêmement coûteuses afin d’aider la population locale de Fukushima.
Le CRMS effectue les mesures de la radioactivité présente à Fukushima de façon totalement indépendante, mais aussi à la demande du citoyen.

On mesure la radioactivité de l’environnement, mais aussi le taux de becquerels / kg contenu dans les aliments, et les niveaux de contamination interne des personnes grâce à l’accès à un WBC (Whole Body Counter).  Les données sont publiées sur le site web ainsi que sur d’autres supports afin de tenir informé les habitants et de sensibiliser le plus grand nombre à la radioprotection. L’autonomie de chacun est encouragée afin que les locaux puissent assimiler un maximum de connaissances concernant les mesures d’urgence à mettre en place après un accident majeur nucléaire.

La santé des enfants est suivie grâce à des consultations gratuites.  Des notes sont prises dans le « carnet de vie » (carnet de santé sur lequel sont notés les symptômes, les maladies, toutes sortes d’anomalies pouvant apparaître).

Des librairies et médias sont mis à la disposition du public sur tout ce qui concerne la radioprotection. Il existe aussi des bulletins d’informations publiés régulièrement.

Le CRMS organise aussi des conférences internationales afin de faciliter les échanges entre scientifiques et citoyens, des voyages d’études et de stages sont organisés à l’étranger, dans un but collaboratif , et de constitution d’un large réseau international de la radioprotection.
 

 

fukushima-network-for-saving-children-from-radiation.jpgFukushima Network For Saving Children From Radiation


Fukushima Network For Saving Children From Radiation (子供たちを放射能から守る福島ネットワーク = réseau de Fukushima pour protéger les enfants contre la radioactivité) créé le 1er mai 2011 , est un regroupement des parents citoyens conscients et soucieux de protéger leurs enfants des dangers liés à la radioactivité. Ils se sont mobilisés depuis l’accident nucléaire pour faire valoir le droit à la sécurité sanitaire.

Car en effet, plus fragiles, les enfants sont les premières victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima (voir article : « L’innocence traumatisée par la catastrophe : les enfants japonais s’expriment sur Fukushima »).


Seiichi Nakate, directeur de Fukushima Network For Saving Children from radiation, se bat depuis mars 2011 pour défendre la vie des enfants de Fukushima. Il a lui même pu évacuer de Fukushima à Hokkaidô,  il y a de cela quelques mois, pour mettre sa famille et ses enfants en sécurité, loin des zones contaminées. Depuis, il continue son combat pour tenter de faire évacuer les autres enfants et familles de Fukushima, et à sensibiliser le reste du Japon. Il organise régulièrement des conférences sur la réalité vécue par les habitants de Fukushima.

 

Le 17 janvier 2012 à Sapporo, il s’est exprimé en revenant sur les faits du 11 mars 2011 : « On ne nous a rien dit, la dissimulation et la désinformation sur la sécurité ont englouti Fukushima »

 

L’intégralité du témoignage de Seiichi Nakate est disponible en français sur le blog d’Hélios et sur le blog du veilleur japonais EX-SKF

Il dénonce aussi les agissements irresponsables et criminels des autorités qui ont pris la décision d’augmenter la dose légale admissible d’exposition aux radiations, ainsi que la non assistance à personnes en danger : le gouvernement japonais n’a pas évacué toutes les populations, il s’indigne que l’état les laisse continuer à se faire irradier depuis plus d’un an. Seiichi Nakate a aussi dénoncé les mensonges de certains scientifiques comme Shinichi Yamashita.
  

L’importance d’aider ce réseau de parents de Fukushima est vitale afin de leur donner la possibilité de continuer à organiser des conférences un peu partout au Japon, que les familles, en passant par ce réseau, puissent se faire aider, tant par le biais de soutien psychologique et d’écoute mis en place par les citoyens. Les rencontres entres enfants ayant les mêmes symptômes, ainsi que les réunions entre mères inquiètes pour leur enfants sont organisés, ils sont aussi un réseau qui leur permet de se partager des denrées alimentaires non contaminées.

 

 

« Aujourd’hui, plus d’un an et demi s’est écoulé mais rien n’a changé à Fukushima : les radiations ont rendu insupportable le quotidien des habitants. Au-delà des 30 km, les familles n’ont toujours pas été évacuées, ni n’ont reçu de compensations financières ou d’aides médicales de la part du gouvernement.

Depuis mars 2011, les sols, l’eau, l’air mais aussi une partie de la chaîne alimentaire est contaminée. Les habitants continuent de vivre dans un environnement dangereux pour leur santé.

Du fait d’un défaut d’information et de protection de la part du gouvernement, beaucoup de citoyens ont été laissés à leur sort dans des zones envahies par la radioactivité, les soumettant à de forts risques de contamination (notamment interne), situation qui aurait pu et dû être évitée.

Depuis la catastrophe nucléaire, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire. Face à ce triste constat, Kibô-Promesse refuse d’accepter cette réalité comme une fatalité.

Il existe des solutions : l’évacuation ‒ notamment des enfants car ils sont les plus vulnérables ‒ et le dédommagement des familles vivant dans les zones contaminées et la protection de leur santé par un contrôle des denrées alimentaires. Il existe des mesures de radioprotection, elles doivent être mises en œuvre ! »

 

 

Kibô-Promesse a aussi comme objectif d’informer et diffuse régulièrement des articles de fond sur Fukushima, prenant appui sur les nouvelles provenant directement du Japon.

 

>>>>Accéder aux articles de Kibô-Promesse <<<<

 

 

kibo.jpg

 

Vous voulez en savoir plus ?

 

 

Tout est expliqué dans le dossier de presse à télécharger ici (4 Mo).

 

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