1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 17:42
Le rat de Fukushima
Voici un spécimen du nouvel ennemi de l’industrie nucléaire : le rat. Celui-ci s’est fait griller à Fukushima Daiichi et a provoqué un black-out électrique sur le site atomique. En plus de servir de fusibles, les rats, gravement contaminés, sont devenus malgré eux des « déchets nucléaires » mobiles : 15 µSv/h rapportés pour un spécimen qui avait été piégé l’an dernier.
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Les chevaux meurent à Fukushima
Selon M. Hosokawa, propriétaire d'un ranch à Iitate dans la région de Fukushima, « les chevaux sont tous en train de mourir. Tout ça, c'est à cause de la radioactivité ! ». Les uns après les autres, ses animaux développent des maladies et finissent par agoniser. Ce propriétaire malheureux se bat contre TEPCO, accumulant les preuves afin d’obtenir réparation dans cette situation pourtant irréparable. (info Aizen, groupe les Veilleurs de Fukushima francophones)
Cliquer sur l’image pour accéder à l’article (en japonais) et aux autres photos.
 
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L’occasion manquée
Un reportage de la NHK (29 mars 2013)
Lors de l’essai de refroidissement du réacteur n°3 de Fukushima Daiichi en mars 2011, Tepco a perdu beaucoup de l’eau injectée depuis les camions citernes car elle est allée en partie dans les réservoirs des condenseurs. C’est cet échec de refroidissement efficace du cœur qui, selon ce reportage, aurait conduit au meltdown.
 

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Les rejets de la centrale de Fukushima
 
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Construction du nouveau complexe de traitement des eaux radioactives de F-1
Tepco envisage sérieusement de rejeter l’eau traitée à la mer, alors que seuls 62 radionucléides sur une centaine seront traités. Le tritium n’en sera pas, comme en France qui s’autorise des rejets colossaux.
Cliquer sur l’image pour accéder au dossier Tepco »
 
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On construit aussi un système de dérivation des eaux souterraines. Cette image légendée « Transfer pipe installation (each system - temporary storage tank - sea)  » ne laisse aucun doute sur les intentions de Tepco : l’eau pompée en amont sera aussi rejetée à la mer. Cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder au dossier Tepco.
 
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« Installation du tuyau de transfert (chaque système - réservoir de stockage temporaire - mer) »
 
En attendant d’autres travaux toujours plus importants que les précédents, que devient l’eau radioactive des sous-sols de l’ex-centrale ? Elle s’écoule tranquillement vers la mer sans que personne ne s’en inquiète, à l’abri des caméras et de la communication « on-maîtrise-tout » de l’opérateur. Avec la centaine de conduits souterrains existants, l’eau n’a que l’embarras du choix.
 
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(source)
 
 
Vidéo : inspection de l’unité 1
Le 28 mars 2013, Tepco a fait visiter le quatrième niveau de l’unité 1 de Fukushima Daiichi à un ancien membre de la Diète, Hiroshi Kawauchi. Toujours la même grande désolation, et des kilomètres de tuyaux…

 
  
 
Dernière vidéo aérienne du site nucléaire de Fukushima Daiichi
(source Jijicom)

 
 
 
Sculpture « Suhana » d’Antoine Desjardins
 « Le tsunami du 11 mars 2011 à Sendaï a bouleversé le paysage et induit la catastrophe de la centrale atomique de Daïchi Fukushima. Ce travail qui convie des images de presses globales et des emblêmes de la tradition culturelle et artistique japonaise engage une réflexion sur la permanence, le désordre, la difformité et l’hybridation incontrôlée ».
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Voir les autres œuvres sur la page consacrée à Sendaï / Fukushima ici.
 
 
Visite virtuelle dans la zone interdite de Fukushima
Namie est une ville fantôme située à quelques kilomètres de la centrale de Fuksuhima, évacuée après la catastrophe de 2011. Google y a envoyé ses voitures surmontées de caméras à 360 degrés. Voici un aperçu des images qu'elles ont rapportées.
 
 
Flashs rouges à la centrale de Fukushima Daiichi
Le 27 mars 2013 vers 21:34 (JST), trois « éclairs » rouges ont été observés à quelques secondes d’intervalle sur la webcam de Tepco. Le premier est très discret, les deux autres s’amplifient en intensité.
 
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Troisième « flash »
 
Vidéo où l’on peut les voir à 17:12, 17:14 et 17:20.

 
 
Les avis divergent quant à l’interprétation à donner à ces images fugaces. L’objectif de la caméra étant couvert de gouttes de pluie, il est très probable qu’il s’agisse simplement du reflet irisé d’une lumière provenant d’une source proche de la caméra.
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:22
symposiumFace au rouleau compresseur du village nucléaire mondial qui, comme pour Tchernobyl, utilise toute son énergie et sa puissance financière pour camoufler la vérité sur la catastrophe de Fukushima et ses conséquences sanitaires, des citoyens se mobilisent dans tous les pays pour apporter un autre éclairage.
 
Les nations qui utilisent l’énergie nucléaire et leurs institutions minimisent systématiquement les problèmes engendrés par l’emploi de cette énergie. En cas d’accident, les populations ne sont généralement pas prévenues, ou trop tardivement. En cas de nuage radioactif, on minimise l’importance et l’étendue des pollutions. En cas de contamination de grands territoires, on demande aux populations de rester chez elles et de continuer à vivre en acceptant de respirer et d’ingérer des radionucléides malfaisants en leur faisant croire que tout est maîtrisé. On leur demande d’accepter avec le sourire plus d’inquiétudes et de contraintes, mais en gardant l’espoir de jours meilleurs alors que l’avenir se traduira par plus de maladies.
 
Face à cette négation des dangers des faibles doses orchestrée par des organisations internationales telles que l’AIEA, l’UNSCEAR ou l’OMS, trois rencontres d’envergure se sont tenues depuis deux ans, la première à Genève en mai 2012 organisée par IndependentWHO, la deuxième à Koriyama en décembre 2012 organisée par Nuclear Free Now et la troisième en mars 2013 à New York organisée par la Helen Caldicott Foundation.
 
1. Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection : De Tchernobyl à Fukushima, 12-13 mai 2012, Genève (Suisse)
Le forum a fait l’objet d’une publication française, « Actes du Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection : de Tchernobyl à Fukushima ». Il sera bientôt disponible en anglais.
Deux options sont possibles :
 
2. Contre-forum sur Fukushima, 12-17 décembre 2012, Koriyama (Japon)
Un compte-rendu réalisé par Christophe Elain est disponible en français sur le site d’IndependentWHO.
 
3. Symposium: The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Accident, 11-12 mars 2013, New York (Etats-Unis)
Accéder au site officiel : toutes les présentations sont disponibles en vidéo et sous forme de fichiers texte en anglais.
 
Appel aux lecteurs : comme pour le Rapport officiel de la Commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima, j’appelle les lecteurs du blog de Fukushima qui ont des compétences pour réaliser des transcriptions et des traductions anglais-français à se signaler. Une équipe de traducteurs bénévoles est en train de se constituer pour se partager la traduction des 21 communications du colloque de New York. Plus nous serons nombreux, plus la tâche sera répartie.
 
Déjà, l’infatigable Kna a commencé à éditer des communications en français, et grâce à l’aide du groupe des traducteurs, toutes les présentations pourront être ainsi traduites, sous-titrées et diffusées en vidéos et en textes. Voici les premières en ligne :
 
 
 
 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 21:47

« 15 thèses sur le nucléaire », c’est le titre du dernier article de Jean-Marc Royer qui vient de paraître dans la revue de Sciences-Po, Ecologie et Politique (n° 46). Nous en publions ici l’intégralité, avec l’autorisation de son auteur. Le rédacteur de l’appel « Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’Humanité » revient une nouvelle fois sur l’histoire du nucléaire en analysant les rouages des évènements, des horreurs et des crimes commis et sur les conditions similaires à Fukushima qui amèneront, si rien ne change, à une nouvelle catastrophe nucléaire en France. Selon Jean-Marc Royer, « des possibilités immenses » pour changer la donne sont en chacun d’entre nous, « pour peu que nous en sentions la nécessité en tant qu’être humain ».

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15 thèses sur le nucléaire

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Jean-Marc Royer

 

 

« La leçon pourra s’écrire ainsi : toute authentique science politique nouvelle – de celle qu’invoquait autrefois impérativement Tocqueville, et qu’il convoquait comme une nécessité alarmée – ne s’amorcera dorénavant que d’une éthique de la désillusion, portail des œuvres de lucidité. Il n’y aura probablement plus d’autre Éthique pertinente aujourd’hui que celle qui s’amorce dans l’orientation de cet "axe". Qui y établit ses bases. Qui ne dit pas le Bien, mais qui scrute d’abord le Mal. » (1) 

 

Ces thèses ne sont que la suite d’un travail sur le rôle, la place du mode de connaissance scientifique dans l’imaginaire occidental et les préliminaires d’un travail en cours. Elles se situent résolument du côté de la réflexion philosophique qu’impose l’ère nucléaire et sur les traces de Günther Anders (2).

 

Première thèse

Ce 6 août 1945, l’énergie nucléaire s’est d’emblée et massivement imposée à la conscience de l’humanité comme un commandement adressé à chacun, car, dès le lendemain, tous les pouvoirs (sauf Staline qui fulminait), tous les journaux, tous les intellectuels, tous les éditorialistes, tous les philosophes, à l’exception de Simon Charbonneau, Albert Camus et Günther Anders, se sont abandonnés à cette lourde menace, ou pire, l’ont célébrée comme une grande révolution scientifique, voire la promesse d’une ère nouvelle pour l’humanité (3). Mais entre l’exhortation générale à célébrer le progrès, et la conscience diffuse qu’un meurtre de masse venait peut-être encore d’être commis (les photos publiques d’Auschwitz dataient de quelques semaines), tout s’est passé comme si une gigantesque injonction subliminale avait été adressée à l’humanité dans son ensemble, que l’on pourrait ainsi formuler : « tu admireras ma science du désastre », ou, autrement dit, « tu honoreras ce qui détruit l’humanité à laquelle tu appartiens ». Ainsi, comme aux temps des Pharaons, la prosternation fut générale devant cette éclatante démonstration de toute-puissance et, dès le premier jour, le grand œuvre du refoulement fut initié : il fut à la mesure de la menace qui pesait pour la première fois sur l’ensemble du vivant et de l’écosphère. Cet été-là, les trois coups mortifères de la toute-puissance occidentale ont retenti (4) ; le second acte de cette tragédie n’est pas terminé.

 

Deuxième thèse

Toutes les premières photos (vues du ciel, et transmises par les militaires), montrent la dévastation des villes d’Hiroshima et Nagasaki (il faudrait plutôt dire leur volatilisation) qui fut si complète que les mots manquèrent pour le dire : les militaires, les politiques et même les scientifiques, avaient déjà éprouvé cette stupéfaction inouïe le seize juillet précédent lors du premier essai à Alamagordo. En conséquence, outre les aspects purement destructifs de cette nouvelle arme scientifique, des effets d’un autre ordre étaient « attendus, et même espérés », (d’une manière quasi mystique (5)), et que l’on pourrait formuler de la manière suivante : en sidérant les esprits, il s’agissait de ficher, au creux des inconscients, une munition anti-personnelle à retardement, destinée à faire des trous dans l’ordre symbolique du sujet (le langage) longtemps après l’explosion. Depuis, ces trous dans l’ordre symbolique n’ont fait que croître et sont devenus les niches d’une nouvelle servitude, car un des moyens dont dispose l’idéologie pour devenir inintelligible et invulnérable, c’est justement d’infiltrer le langage, les mots de chaque jour. D’autre part, cette forte stupéfaction des consciences a constitué ce que l’on pourrait appeler l’expérimentation princeps (à cette échelle) de la « stratégie du choc », laquelle, – combinée au dispositif  (6) à 360° – inaugure ainsi l’usage d’un des leviers de la gouvernance propre au totalitarisme démocratique (7). Condition insuffisante, certes, mais nécessaire : c’est dans la critique radicale de cet ordre symbolique embarqué (embedded) et dans celle de l’imaginaire qu’on lui propose à peu de frais, que le sujet a des chances de maintenir une parole vivante, et le monde de survivre.

 

Troisième thèse

Levinas a attiré l’attention sur le fait, pour lui paradoxal, qu’une civilisation, qui avait proclamé la valeur absolue de la personne, ait industriellement massacré ou laissé massacrer six millions d’êtres humains du seul fait qu’ils étaient juifs, tziganes, homosexuels, internés en psychiatrie ou opposants. Il ajoutait que, malheureusement, la culture occidentale n’avait pu l’empêcher. Or, le premier génocide du siècle, déjà perpétré par l’Allemagne, le fut entre 1904 et 1908 en Namibie, contre les Hereros (8) tandis que dès ce moment-là, les pratiques eugénistes à la base du nazisme y fleurissaient (9) comme aux États-Unis et ailleurs (10). Une constatation s’impose : cette civilisation était déjà corrodée de l’intérieur, à un point inimaginable aujourd’hui ; il était donc vain d’en attendre un secours face à la barbarie (11).

N’en déplaise aux antiquaires de l’Histoire et de la Philosophie, il faut considérer ensemble Auschwitz et Hiroshima parce qu’ils sont l’avers et le revers d’une même médaille, et qu’ils ont marqué à jamais la conscience de l’humanité et le devenir de la planète de leurs sceaux indélébiles. Ce n’est pas seulement que la mort industrielle et scientifique y montrait son vrai visage, en 1945 ; il s’est alors ouvert une nouvelle période de l’histoire humaine et de l’Anthropocène dont toutes les dimensions sont encore méconnues ou très largement mésestimées, ce qui fait que l’on parle encore de manière laudative des trente années qui ont suivi la seconde Guerre mondiale comme de « trente glorieuses » années alors que jamais, depuis la nuit des temps, la Terre, le vivant et l’humanité n’avaient été confrontés à d’aussi dures épreuves. Deux exemples : sait-on que, depuis 1945, plus de cinquante millions de personnes sont mortes des suites d’accidents automobiles et qu’autant sont gravement handicapées à vie (12) ? Et qui sait que, depuis cette date les 2 400 explosions atomiques – et tous les autres avatars du nucléaire – auront provoqué plus de soixante-cinq millions de morts ? C’est-à-dire que ces deux non-évènements auront fait deux fois plus de victimes que la seconde Guerre mondiale (13) tout en restant insu.

 

Quatrième thèse

Au-delà de leurs spécificités, Auschwitz et Hiroshima ont plusieurs traits en commun dont l’un d’entre eux est capital : ce sont des crimes commis contre l’Humanité (14). De ce fait, la génération d’après-guerre a eu en cadeau dans son berceau les signifiants des plus radicales expériences de déshumanisation que le monde ait jamais connues. L'effet de ces désastres n’est toujours pas apuré dans les consciences (et la civilisation) occidentales, ce qui contribue à mettre entre parenthèses tout sens moral et à refouler ce qui en fait l’inhumanité radicale. La transmission entre générations en est profondément affectée : sur quel crédit moral la parole des ascendants peut-elle encore s’appuyer ? L’avènement de l’image télévisuelle, (qui a préparé celle de l’informatique généralisée), est venu approfondir cette césure par la prévalence d’une procédure de connaissance qui se voudrait immédiate (dans les deux sens du terme), c’est-à-dire sans aucun intermédiaire et « en temps réel ». C’est ainsi que la parole des anciens et notre langue maternelle sont progressivement mises hors-jeu. Or, cette transmission entre générations, c’est l’apprentissage de la butée, de la limite ; quand il fait défaut, il se fait par le passage à l’acte avec tous les effets délétères et mortifères que cela entraîne. Cet état des choses (visible aussi bien au plan individuel et collectif que politique) est porteur des plus gros dangers pour notre monde en tant que nous avons acquis les possibilités technoscientifiques de tout détruire d’une manière systémique, que ce soit violemment, très lentement, ou même en faisant passer cet anéantissement minutieux pour un projet salvateur (Cf. les projets de géo-ingénierie nanotechnologique comme recours contre les effets des surcroîts de gaz à effet de serre).

 

Cinquième thèse

Tout ce qui précède (y compris les profonds traumas de guerres) constitue le terreau d’une évolution sociale et psychique inédite qui a été favorisée et s’incarne à merveille dans « l’American Way of life » : la jouissance de l’objet (15) et la tyrannie de l’immédiat fondent une double « forclusion du sujet » (16). Les dispositions psychiques elles-mêmes, qui permettaient de penser, de sublimer, ont progressivement été dévaluées : ce qui est de l’ordre de la Culture, de la création, de la réflexion critique, est partout mis au ban, sans avoir même besoin de le formuler, encore moins de le planifier ; l’efficacité immédiate, le taux de retour sur investissement ou l’image de marque sont devenus les critères d’un utilitarisme universellement admis et promu. Cela a engendré, avec le leurre généralisé d’un prétendu individualisme (17) (en fait un conformisme totalement et vulgairement formaté), une irrésistible « mèreversion » (18) de la démocratie dont la figure s’est progressivement tournée vers une sorte de totalitarisme démocratique. La mise en place de cet État politique doit beaucoup au coup de maître initial (encore très largement sous-estimé, car peu étudié, et dont les archives sont encore pour partie inaccessibles), qu’a représenté le Manhattan Project durant les années de guerre.

 

Sixième thèse (première forme du déni)

J’appelle « secrets de la famille occidentale » tout ce qui a conduit à Auschwitz et à Hiroshima. Ceux-ci, d'indicibles après-guerre, sont devenus innommables à la seconde génération et deviennent inimaginables pour la troisième, celle d’aujourd’hui. Cela a également entraîné des ruptures de mémoire qui compliquent la nécessaire conscience du « peu d’avenir que contient le temps où nous sommes » (19). En plus de la difficulté accrue qui s’ensuit pour affronter l’immensité de ces crimes voilés contre l’humanité, cela entraîne évidemment leur refoulement. Il en résulte que la mort à grande échelle véhiculée par l’énergie atomique (et cette civilisation industrielle) a été prise dans la banquise de profonds dénis, ce qui a fortement contribué à anesthésier la conscience de cette CHOSE et de ses dangers à tous les niveaux de la société : civile, technicienne, scientifique, philosophique et politique. La privatisation « des exploitants » en cours depuis trente ans, avec son cortège de démotivations et de suicides reconnus après-coup, d’externalisations et de départs massifs à la retraite, occasionnent d’autres types de ruptures de mémoire propre aux macro-systèmes sociotechniques à interactions complexes et couplages forts (20) qui sont totalement inédits par leur extension et leur diversité. D’autres facteurs historiques, sociaux, organisationnels et techniques, notamment le vieillissement des installations jusqu'à soixante ans, comme le souhaite EDF, augmentent la probabilité d’une occurrence de catastrophe nucléaire majeure dans ce pays, jusqu’à la rendre inéluctable.

 

Septième thèse (la mémoire et le déni)

La France entretient de drôles de liens avec sa mémoire historique, et pour cause. Comme il y eut une drôle de guerre de septembre 1939 à mai 1940, une profonde défaite de juin 1940 à juin 1944, une curieuse collaboration durant ces quatre années, une troublante libération importée d’outre-Atlantique et initialement prévue en occupation militaire (21), il s’est mis en place une étrange victoire d’août 1944 à octobre 1945. Que l’historiographie française ait eu besoin d’être ébranlée, trente ans après, par un chercheur étranger, Robert Paxton, pour ouvrir les yeux sur ce douloureux passé, n’est pas sans signification pour ce qui nous préoccupe. Car dans ce pays, plus que partout ailleurs, le nucléaire s’est établi sur le profond déni d’une réalité historique plus que désagréable à affronter, sans parler de la réitération de ces amères défaites, quelques années plus tard, en Indochine et en Algérie.

C’est ce déni de tout un pan du passé (de 1940 à 1962, presque le temps d’une génération), largement partagé dans la société française, qui coule encore, souterrainement, dans tout l’imaginaire de la classe politique à travers le fantasme de « glorieuses années ». C’est ce qui explique aussi le statut intouchable et enkysté du nucléaire dont ils espéraient une rédemption et qui en conserve une part de sacré à leurs yeux, sacralité illustrée par la locution suivante : « l’indépendance-énergétique-et-militaire-de-la-Nation » (22). Érigé en principe intangible qui infuse dans la haute administration, dans les grands corps et parmi les technocrates, ce profond déni est caractéristique de l’imaginaire des politiques français : ils veulent encore tous croire dur comme fer que le nucléaire français est exceptionnellement sûr et qu’il n’y a donc pas lieu d’affoler la population, ni même de s’en préoccuper.

Cela constitue évidemment une des meilleures manières de préparer l’avènement d’un accident majeur car ce fut exactement l’état d’esprit du « village nucléaire » japonais (politiques, administrateurs, régulateurs, industriels et exploitants confondus (23)) à la veille de Fukushima – un état caractérisé par une incompétence à peine croyable, la dissimulation, les malversations, une impréparation maximale – et ce sera exactement la même chose en France.

 

Huitième thèse

C’est dans les semaines suivant Nagasaki, avant même la création de la « joint commission (24)» puis de l’Atomic Bomb Casualty Commission (25), que se sont mis en place les termes d’un débat sur les contaminations aux faibles doses qui n’en finit pas depuis plus de soixante ans, alors que c’est une question de santé publique de première importance. Étudier ce qui s’est vraiment passé juste après le désastre, au Japon, en 1945, reste d’une brûlante actualité : autant que l’on sache, des pans entiers de cette réalité sont encore sous le sceau du secret. J'emploie l’expression autant que l’on sache, car, au fur et à mesure que l’on se penche sur l’histoire de cette industrie nucléaire civile et militaire, on prend conscience qu’elle est marquée du double sceau du secret et de la mort. Cette question mériterait également d’être examinée d’un point de vue épistémologique : au village nucléaire international qui dénie ces effets en les nommant « stochastiques », c'est-à-dire non déterministes, il faudrait renvoyer l’indéterminisme fondamental qui caractérise tout ce qui concerne les phénomènes engendrés par le bombardement neutronique non contrôlé d’un noyau d’uranium ou de plutonium.

 

Neuvième thèse

Les dimensions exceptionnelles du « Manhattan Project » n’ont pas été suffisamment étudiées ou prises en compte pour de multiples raisons et dans de multiples domaines. Or ce projet inaugure ce « dispositif à 360° » caractéristique d’une dérive des États, synchrone de l’impériale « American Way of life » qui fut non négociable depuis ses débuts. Sur le mode d’une rationalité calculatrice sans vérité, avec la science pour puissant référent universel, le totalitarisme démocratique qui s’est progressivement mis en place n’a pas pris pour modèle celui des années 30 en Europe. Le « plus jamais ça » est donc totalement inadéquat pour décrypter cette mutation économique et politique du lien social. L’encerclement idéologique des individus qui s’en est suivi a pour pendant la misérable « circularité des raisons de vivre » que la production industrielle de masse a imposé avec la consommation de ses produits par ses propres producteurs.

 

Dixième thèse

Ce que contient la piscine N°4 de Fukushima, ce ne sont pas seulement trois cents tonnes d'assemblages neufs et irradiés, c’est l’équivalent de trois « cœurs » de réacteurs (50 % de plus qu’à Tchernobyl). Elle contient le danger, suspendu à trente mètres de hauteur, de rayer de la carte une grande partie du Japon, avec des conséquences mondiales imprévisibles (26). Qu’en disent les autorités, le village nucléaire international et les médias, en particulier en France ? Les uns sont dans leur déni constitutif, quant aux autres, il faut avoir entendu, au moins une fois dans sa vie, ce type de conférence de presse pour en croire ses oreilles (27) … Au temps de l’Anthropocène, la notion de catastrophe sous-entend la dévastation totale de l’écosphère comme horizon, même si les spécificités, les spatialités et les temporalités des diverses catastrophes ne sont pas prévisibles. Depuis les années 40, le monde est devenu un laboratoire d’essais de la toute-puissance à l’échelle1:1. Les animaux sont devenus des produits industriels dès 1865 à Chicago ; les êtres humains, eux, de la chair à canon, des cobayes (28), des ressources, puis des variables d’ajustement selon les besoins ; quant au vivant, aujourd'hui brevetable, il est en passe d’être entièrement aux mains de trusts transnationaux.

 

Onzième thèse

Tout comme il y eut des Faurisson, il y a des négationnistes de l’Anthropocène. Il est de la toute première importance de comprendre que la toute puissance – au besoin armée – fut et reste le cadre dans lequel ils ont vécu, dans lequel ils demeurent, et qui a façonné leur être intérieur : ils s’y accrocheront jusqu’à la dernière minute. En ce sens, avec Auschwitz, le nucléaire, « fils-aîné-de-la-science » reste une clé de voûte capitale de l’imaginaire occidental qui mène le monde à sa perte. La toute-puissance nucléaire représente le saut de la mort où certains veulent entraîner l’Humanité et l’écosphère. La déconstruction de cet imaginaire, pièce à pièce, est une condition nécessaire, bien qu’insuffisante, pour préserver notre humanité au quotidien et aussi celle de nos descendants.

 

Douzième thèse

Tout comme le néolibéralisme financier n’a plus besoin de parler politique pour faire la politique du monde, mieux, pour mettre à genoux des dirigeants politiques partout asservis à leurs soifs de liquidités, le nucléaire, qui, partout, a été promu par des complexes scientifico-militaro-industriels et a été imposé par des minorités, se présente comme l’assurance d’un confort à bon marché incontournable, encouragé en cela par la consommation de masse et une politique de croissance illusoire. Encouragé aussi par l’absence d’études exhaustives contradictoires en la matière, il se paye le luxe de se présenter sur le papier glacé des médias comme une énergie propre et économique. Et même après la catastrophe de Fukushima, s’il advenait que des aménagements de sécurité en viennent à lui être imposés, le village nucléaire international a d’ores et déjà préparé sa réponse : il exige d’ores et déjà en contrepartie de pouvoir prolonger l’exploitation des installations le plus longtemps possible (29), c'est-à-dire jusqu’à la dernière minute.

 

Treizième thèse. Le nucléaire, essence du politique « postmoderne ».

Avec la domination sans partage du mode de connaissance scientifique, tous les verrous qui rendaient le réel incontournable et avivaient ainsi le DESIR ont sauté. Le réel a alors acquis un autre statut : de fondamentalement inatteignable, il est prétendument devenu à la portée de l’homme demain matin. Cela peut s’énoncer autrement : les sciences peuvent nous dire tout le vrai, plus rien ne peut échapper, la transparence est possible et toute entrave à la jouissance immédiate trouvera sa solution finale (c’est ainsi que doivent se penser les projets de géo-ingénierie). Ce paradigme de la toute-puissance est au cœur de l’invention et de l’utilisation de l’énergie atomique. C’est, – avec ses dangers incommensurables – ce qui fait du nucléaire l’essence philosophique incontournable du politique postmoderne. En ce sens, la toute-puissance constitutive du nucléaire participe bien plus que d’une idéologie ou d’un récit de fondation. Elle s’appuie et relève d’une nouvelle conception de l’humanité, post-prométhéenne, et son anthropologie reste à faire.

 

Quatorzième thèse.

La synergie avec le néolibéralisme financiarisé est devenue envahissante, très préoccupante même, car la consigne sociale de celui-ci est de faire sauter toutes les bornes, de gommer la notion même de limite, pour pouvoir miser sur une croissance et une expansion sans fins, avec pour horizon une catastrophe planétaire à laquelle les uns et les autres préparent subrepticement les populations (30). Au niveau individuel, il est devenu hautement recommandé de faire appel à la technoscience pour éviter d’avoir à se confronter au réel et à éprouver la perte, la solitude, la finitude, notre mortalité – autrement dit la condition humaine qui nous amènerait à prendre conscience et à réagir.

 

Quinzième thèse. Appels à la surrection des consciences.

La critique, pour identifier les éléments négatifs d’un ordre social et politique, a besoin d’un horizon de sens, et le seul qui vaille, en ces domaines, c’est celui de l’émancipation. Or, de ce côté-là, le ciel s’était bien obscurci, et pour de multiples raisons, depuis quelque temps. Ce qui fait que, souvent, l’analyse n’a plus de points d’appui, plus de repères, évite même soigneusement de développer toute problématique : « on se réfère à un ensemble de connaissances très élaborées mais qui deviennent sans conséquences, dont il ne sera rien tiré. C’est par exemple ce que l’on rencontre fréquemment dans certains discours académiques : une accumulation de connaissances très développées, très intéressantes, un déploiement de savoirs rigoureux et argumentés qui, pourtant, peuvent très bien ne jamais devoir engager leur auteur et se révèlent dès lors sans aucun effet (31) ». C’est le prix, depuis trente ans, des défaites, des reniements, de l’envahissement néolibéral et d’une forme de servage inédite dans l’histoire de l’humanité. Faute de cet horizon d’émancipation, le devenir catastrophique du monde et du vivant – qu’il ait pour origine des activités industrielles, nucléaires ou financières – est venu en prendre la place dans la critique. Et après tout, ce pourrait être un retour salutaire à la matérialité, à la réalité… de ce que nous vivons.

 

1) Le temps est venu de lancer des groupes de recherche, des conférences ou des séminaires autonomes, bref toute forme d'élaboration intellectuelle indépendante, sans laquelle aucun changement de cap ne pourra se faire. Sans oublier que les réseaux informatiques ne pourront jamais rivaliser avec l’action coordonnée des hommes, le devenir de tous les « printemps arabes » est une malheureuse illustration de cette autre nécessité : celle de « penser le monde » avant que d’autres le fassent à notre place et s’emparent de l’espace de démocratie ainsi créé. Les militaires, les économistes, les politiques libéraux, avaient très tôt compris (dès 1947 avec la société du Mont Pèlerin) qu’il ne pouvait y avoir d’issue politique en leur faveur sans avoir au préalable gagné la bataille des idées : ils ont financé les radios, les télévisions, les universités, les « think-tank » par milliers pour défaire l’ex-URSS puis les mouvements contestataires des années 60 et ont préparé patiemment l’avènement néolibéral. Hors cette lutte déterminée sur le terrain des idées, il n’y a pas d’autre possibilité de les empêcher de mener le monde et notre humanité à leur perte. Le nombre de décennies qu’il nous reste pour les arrêter se compte vraisemblablement sur les doigts d’une main … Pour le moment, ce que nous avons tous à y gagner, c’est qu’il n’y a pas non plus d’autre manière de rester humain, jour après jour.

 

2) En 2011, pour le vingt-cinquième « anniversaire de Tchernobyl » et suite à la catastrophe de Fukushima, un appel (32) intitulé « Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’Humanité » fut publié. Cet appel à la conscience morale et politique, signé par un certain nombre de philosophes et de personnalités – Paul Ariès, Marc Atteia, Marie-Christine Gamberini, Raphaël Granvaud, Alain Gras, François Jarrige, Eva Joly, Baudouin Jurdant, Paul Lannoye, Serge Latouche, Frederick Lemarchand, Corinne Lepage, Stéphane Lhomme, Jean-Marie Matagne, Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Jacques Testart, Alexeï Yablokov – traduit en six langues (dont le japonais et le chinois) fit le tour du monde sur Internet. Fallait-il le transformer en pétition internationale ou le laisser subsister ainsi, fragile, à la surface de la mémoire, comme l’émotion qui suit l’écoute d’une œuvre musicale, surtout quand l’artiste indique au public que le silence qui suit fait partie de l’interprétation qu’il vient de lui donner ? En tous cas, nous avons eu la satisfaction de constater (y compris aux Etats-Unis) qu’il n’est pas rare maintenant de voir CES CRIMES appelés par leurs noms. Cet appel est une illustration des possibilités immenses de chacun d’entre nous, pour peu que nous en sentions la nécessité en tant qu’être humain.

 

3) Une des marques essentielles d'une œuvre artistique, c’est qu’elle bouleverse notre être. Et, lorsqu'une chape de plomb pèse sur les mémoires et les consciences, une œuvre d’art peut contribuer de manière décisive à dessiller nos regards, car elle a ce pouvoir incomparable de nous rendre envisageable (et même représentable) ce qui est socialement refoulé et qui fait défaut dans l’élaboration intellectuelle. En France, des films comme Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, Le chagrin et la pitié de Marcel Ophüls, et Shoah de Claude Lanzmann, quelques réserves que l'on y fasse, furent des événements multidimensionnels aussi bien par leur propos que leur ampleur de vues. De même, les œuvres de Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Améry, furent d'une importance décisive lorsque dans l’après-guerre, il fallut rendre la voix à ces rescapés des camps de la mort alors que l’on s’échinait à en étouffer la parole une seconde fois. Autrement dit, lorsque le silence ou le refoulement sont de mise, les artistes ont un rôle de dévoilement irremplaçable (33). Or il s’est passé quelque chose de fondamental à Hiroshima sur le plan de la tragédie, du pathétique, du politique, de la vie elle-même. Souvenons-nous que les cinquante-cinq réacteurs japonais ont avant tout été construits sur les failles de cette mémoire. Il y aura d’autres Fukushima, ici même, car du point de vue de la mémoire, nous avons des béances au moins aussi imposantes que celles du peuple japonais, et le déni en plus (le parallèle entre les deux pays est d’ailleurs fort instructif). C’est pourquoi nous attendons avec impatience des Canto Général écrits par des Patrick Chamoiseau, Édouard Glissant, Viviane Forrester, André Velter, Armand Gatti, Beaudoin de Bodinat et orchestrés par un Mikis Theodorakis. C’est un Sophocle, un Euripide ou un Eschyle que nous espérons, pour mettre en scène la tragédie, unique, que l’humanité et le monde sont en train de vivre.

Jean-Marc Royer décembre 2012/janvier 2013.

 

Je tiens à remercier Christophe Bonneuil pour ses encouragements et Alain Gras, Quentin Hardy, Serge Latouche et Sandrine Marchal pour leur relecture de cet article.

 

 

_______________

 

1 Gérard Rabinovitch, Inquiète ton voisin comme toi-même. Notes critiques sur Modernité et Holocauste de Zygmunt Baumann, Travailler, 2003/2 n° 10, p. 163-184. DOI : 10.3917/trav.010.0163, http://www.cairn.info/revue-travailler-2003-2-page-163.htm

 

2 Et sur celles de Michel Henry, Jean-Claude Michéa, Majid Rahnema, Cornélius Castoriadis, Jean-Pierre Lebrun.

 

3 Roger Belbéoch a lu la presse internationale. Il fait part de ce travail dans une interview (en bas de page) sur http://www.dissident-media.org/infonucleaire/brevet_bombea.html. Tout cela revenait aussi à présenter cette explosion comme l’implacable illustration du fait que, dorénavant, nul ne pourrait plus jamais arrêter la marche du Progrès car sa puissance dépassait maintenant, et de loin, toute volonté humaine.

 

4 16 juillet, 6 et 9 août 1945.

 

5 Les premiers mots d’Oppenheimer furent ceux de la Bhagavad-Gîtâ : « Maintenant, je suis devenu la mort, le destructeur des mondes ».

 

6 Dispositif : « tout ce qui a, d'une manière ou d'une autre, la capacité de capturer, d'orienter, de déterminer, d'intercepter, de modeler, de contrôler, et d'assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants », Giorgio Agamben, Qu'est-ce qu'un dispositif ? Rivages, 2007.

 

7 Il s’agit là, pour le dire vite, de l’utilisation des moyens démocratiques contre la démocratie, ce qui tend à devenir systématique en Occident. Une autre forme en est la dénégation des votes populaires rejetant les différents traités européens ou, les « ajustements » législatifs et constitutionnels des pouvoirs exécutifs afin de se soustraire aux poursuites judiciaires encourues à la suite d’agissements délictueux ou criminels ou pire encore et plus récemment, la nomination de quatre financiers ayant transité par la même banque, Goldmann Sachs, à la tête de responsabilités gouvernementales européennes en dehors de tout processus démocratique.

 

8 Ingolf Diener, Namibie, une histoire, un devenir, Éditions Karthala, Paris, 2000, http://www.lautresite.com/new/edition/explo/hereros/ et http://pressafrique.com/m102.html. De même, au Congo, entre 1890 et 1907, durant le règne du roi Léopold II de Belgique des massacres de masse avec ordre d'extermination des villageois ont été constatés, tout comme dans l’Oubangui-Chari. Sources : Arthur Conan Doyle, Le crime du Congo belge, Nuits rouges, 2005. Adam Hochschild, Les fantômes du roi Léopold ; la terreur coloniale dans l’État du Congo, Tallandier, 2007. Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II ; l'histoire du Congo, 1900-1910, t. 1 et 2, Harmattan, 2003, 2010. Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, Flammarion, 2012. http://www.pressafrique.com/m396.html et Stephen Smith, Géraldine Faes, Bokassa 1er; un empereur français, Calmann-Lévy, 2010.

 

9 En 1915 déjà, un scientifique américain, Vernon M. L. Kellogg est nommé directeur du Comité d’aide aux Belges par le gouvernement des USA. C'est à ce titre qu'il se trouve au Grand Quartier Général allemand en 1917 et qu'il en rapporte un livre peu connu " Headquarters Nights, a record of conversations and experiences at the headquarters of the german army in France and Belgium " dans lequel il rapporte les théories âprement discutées au GQG allemand qu'il a fréquenté au jour le jour. J’en ai traduit quelques extraits dans mon ouvrage, La science creuset de l’inhumanité. Décoloniser l’imaginaire occidental, l’Harmattan, 2012, pp 49 et 152.

 

10 Et jusque dans la législation suédoise des années 1970. Cf. André Pichot, La Société pure. De Darwin à Hitler, Flammarion, coll. « Champs », 2009.

 

11 Cf. mon ouvrage, opus cité, pp 43-65 et 82-85.

 

12 Contribution personnelle au séminaire GATSEG de Dominique Pestre, Sezin Topçu, Soraya Boudia, Amy Dahan. Mai 2012.

 

13 Je renvoie à ce sujet à la publication du Comité Européen sur le risque de l’Irradiation, (CERI) Recommandations 2003 du CERI, Éd Frison Roche, 2004, p 168 ou au rapport en anglais sur : www.euradcom.org ou aux publications de l’académie des sciences de New-York ou bien encore à mon ouvrage Note XV. Activités nucléaires depuis 1965 : plus de soixante-cinq millions de morts, p 178.

 

14 Cf. à ce sujet l’appel international « Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité » traduit en plusieurs langues et signé par une vingtaine de philosophes et personnalités publiques.

 

15 La première bombe atomique qui explosa le 16 juillet 1945 avait pour nom de code Gadget.

 

16 Forclusion ou enfermement. Dire que le « sujet », au sens philosophique, est forclos ou « barré », comme aurait dit Lacan, c’est dire qu’il ne peut advenir à lui-même. Autrement dit, les sujets cèdent le pas à leurs ombres, dans une quête sans fin de la jouissance immédiate, ce qui convient à merveille au système marchand qui sous-tend le « totalitarisme démocratique ».

 

17 Cf. à ce sujet l’œuvre de Cornélius Castoriadis.

 

18 Concept emprunté à Jean-Pierre Lebrun dans son maître ouvrage, La condition de l’homme n’est pas sans conditions, Denoël, 2010.

 

19 Beaudoin de Bodinat, La vie sur Terre. Réflexion sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes, Encyclopédie des nuisances, 2008.

 

20 Extension du concept d’Alain Gras : les Macro systèmes complexes.

 

21 Occupation militaire préparée par les États-unis sous le nom d’AMGOT, Allied Military Government of Occupied Territories.

 

22 « Indépendance » largement appuyée sur un néocolonialisme plus destructeur que l’ancien. Cf. à ce sujet Raphaël Granvaud, Areva en Afrique ; une face cachée du nucléaire français, Agone, 2012.

 

23 Cf. à ce sujet le rapport de la commission indépendante de la Diète japonaise sur Fukushima, The national Diet of Japan. Fukushima Nuclear Accident Independent Investigation Commission (NAIIC), année 2012.

 

24 En septembre et octobre 1945 au moins trois commissions états-uniennes différentes se rendirent au Japon. Cela commençait à tirer à hue et à dia. Mac Arthur exigea donc une réunion de ces entités de manière à mieux les contrôler.

 

25 Atomic Bomb Casualty Commission, fondée en 1946 par les États-Unis dans le Japon occupé pour récupérer le maximum d’éléments, d’enquêtes et de travaux sur les irradiations et les contaminations atomiques afin d’en interdire l’accès ou l’usage ultérieur.

 

26 Cf. l’étude que j’ai coordonnée avec P. Fetet, publiée sur son blog : http://ddata.over-blog.com/4/37/62/00/piscine-4/Piscine-du-R4-V9--2-.pdf

 

27 Pour se faire une idée précise ce cette complicité, il faut absolument regarder la seconde partie de la conférence de presse de l’ASN du 28 juin 2012 sur son site : http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites/2012/Rapport-de-l-ASN-2011-il-y-aura-un-avant-et-un-apres-Fukushima.

 

28 Entre 1942 et 1961, diverses « expériences » d’irradiation et d’inoculation radioactives furent pratiquées sur des enfants et des adultes civils et militaires états-uniens dénommés HP, Human Products : JP Desbordes, Les cobayes de l’apocalypse nucléaire, Roularta, 2011, pp 54 à 62.

 

29 Ce qui revient à tenter de reprendre d’une main ce que l’on a accordé de l’autre, sans parler de toutes des stratégies de lobbying destinées à affaiblir le contenu des recommandations applicables, ni des lenteurs bureaucratiques opposables, ni du détournement des règles dans l’application des procédures obligatoires, ni des externalisations galopantes. Cf. à ce sujet le rapport de la commission indépendante de la Diète japonaise sur Fukushima, opus cité.

 

30 Cf. le projet Ethos in bulletin Criirad : http://www.criirad.org/actualites/tchernobylfrancbelarus/conclusionsonu_aieasept05/tu22mensonges.pdf

 ou la vidéo de Michel Fernex : http://www.youtube.com/watch?v=tyiSRxLYAss ou encore : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/codirpa.html ou bien encore l’étude des projets Ethos, Core, Sage, Parex in Marc Atteia, Le technoscientisme, le totalitarisme contemporain, Yves Michel, 2009.

 

31 Jean-Pierre Lebrun, La condition humaine n’est pas sans condition, Denoël, 2010, p 23. Voir aussi Un monde sans limite, érès, 2009.

 

32 Publié par les Zindigné(e)s en novembre 2011 et mis en ligne par Pierre Fetet sur le blog dédié à Fukushima : http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-international-hiroshima-tchernobyl-fukushima-des-crimes-contre-l-humanite-101458831.html

 

33 L’horreur économique de Viviane Forrester, un essai publié en 1996, diffusé à trois cent cinquante mille exemplaires et probablement lu par un million de Français, traduit en vingt-quatre langues a, de ce point de vue, constitué un événement qui était l’œuvre, comme dans toutes les périodes troubles, d’un artiste, en l’occurrence d’un écrivain-essayiste. D’où cette dernière thèse en forme de triple appel.

 

 

 

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 23:59
Plusieurs chaînes humaines ont eu lieu à Paris le 9 mars 2013 autour des lieux de pouvoir pour réaffirmer l’urgence de sortir du nucléaire.
 
Nous étions des milliers à nous tenir la main et à crier "Fukushima plus jamais ça", certainement pas assez, mais suffisamment pour être entendus par les passants et les médias.
 
Pas besoin d'en écrire plus, je poste ce soir uniquement quelques liens, quelques vidéos et quelques photos pour partager les meilleurs souvenirs de cet évènement, et pour témoigner de notre solidarité internationale envers les victimes de toutes les catastrophes nucléaires, de Tchernobyl à Fukushima.
 
Photos à l’Opéra et au Ministère de la Santé
 
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Autres photos
 
Vidéos
 
Chaîne à l’Opéra
     
       
Concert à la Bastille

 
 
Revue de presse
 
Autres vidéos
 
Albums
 
Chaîne Ministère de la santé
(cliquer sur l'image pour accéder à l'album) 
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Chaîne Hotel de Ville - Bastille
 
Chaîne à Paris
 
Votre serviteur interviewé par TF1 (à 0:34)
 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 18:12

DSCF6154---Copie.JPGA l’invitation d’un collectif d’associations, Jean-Louis Basdevant s’est exprimé lors d’une conférence le 7 mars 2013 à Strasbourg sur le sujet polémique de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Pour cet ancien professeur de l’Ecole polytechnique, c’est clair, il faut stopper Fessenheim immédiatement.

 

.

Après la catastrophe de Fukushima, Jean-Louis Basdevant a selon ses propres mots « viré sa cuti ». En juillet 2011, il comprit que toutes les centrales nucléaires françaises pouvaient avoir le même problème qu’au Japon. Selon lui, « l’accident nucléaire grave » n’a été pris en compte en France qu’à partir de la conception de l’EPR, ce qui signifie qu’aucun réacteur en France n’est construit selon les normes de sécurité que l’on exigerait aujourd’hui. En effet, aucun réacteur français ne possède le moyen d’arrêter un corium suite à une fusion du cœur.

 

L’exemple de Fessenheim

 

Dans la centrale alsacienne, le socle en béton constituant ce qu’on appelle le radier a une hauteur de 1,5 mètre. Selon le physicien nucléaire, ce socle ne résisterait pas longtemps à un cœur fondu à 2800°C, et celui-ci atteindrait rapidement le sol géologique. La recommandation de l’ASN qui préconise de renforcer ce radier serait inefficace car l’ajout d’une épaisseur de 50 centimètres de béton ne retarderait l’avancée du corium que de quelques heures. A titre de comparaison, la centrale de Fukushima Daiichi a un radier estimé entre 6 à 8 mètres, et selon Jean-Louis Basdevant, le corium a traversé cette épaisseur en mars 2011 et se trouve actuellement en dehors de l’enceinte de confinement.

 

Un récupérateur de corium

 

La grande nouveauté de l’EPR ‒ dont on a bien du mal à obtenir un prototype et dont le coût a plus que doublé depuis le début des travaux à Flamanville (3,3 à 8,5 milliards d’euros) ‒ est le récupérateur de corium. Aujourd’hui, aucun réacteur en France ne possède ce système. La recommandation de l’ASN pour Fessenheim est d’assortir cette surcouche de béton d’un récupérateur de corium, ce qui nécessite des travaux d’un coût de 30 à 50 millions d’euros pour les deux réacteurs. Mais en cas d’inondation, que se passerait-il si le corium rencontrait brusquement une masse d’eau ? Dans les deux dernières catastrophes nucléaires (Tchernobyl et Fukushima), les spécialistes ont toujours craint une explosion de vapeur qui pourrait endommager gravement l’enceinte de confinement.

 

Présence du grand canal d’Alsace

 

Pourquoi craint-on une inondation à Fessenheim ? Le refroidissement des réacteurs est assuré par l’eau du grand canal d’Alsace qui est situé 9 mètres plus haut que le sol de la centrale. En cas de rupture de la digue (tremblement de terre, chute d’avion, …), la centrale serait rapidement inondée et se retrouverait dans la même situation que celle de Fukushima inondée par le tsunami.

 

Une nappe phréatique menacée

 

Sous la centrale de Fessenheim, la nappe phréatique rhénane affleure à 3 à 5 mètres de profondeur. Cette nappe est l’une des plus importantes réserves en eau souterraine d’Europe, contenant près de 80 milliards de mètres cubes d’eau. Elle assure 80% des besoins en eau potable de la région et plus de 50% des besoins des industries. Selon les prescriptions de l’ASN, un puits a été creusé en 2012 dans cette nappe pour alimenter un système de refroidissement de secours en cas de problème avec le refroidissement avec l’eau du canal. Or pour Jean-Louis Basdevant, cette disposition met la nappe phréatique en plus grand danger : en cas d’accident nucléaire grave, le corium n’a même plus besoin de percer la couche de béton qui est sensée protéger la réserve aquifère, car le puits est déjà fait par la main de l’homme. Si une rupture de confinement a lieu, les radionucléides auront une voie royale pour polluer le sous-sol.

 

« Un poignard dans le cœur de l’Europe »

 

Selon le physicien, c’est absurde d’avoir installé une centrale nucléaire à cet endroit précis. Située en zone sismique, sous la menace d’une inondation par le canal, menaçant de contaminer la nappe phréatique et la vallée du Rhin jusqu’à la mer du Nord, il affirme que c’est criminel de continuer à prendre le risque d’un accident grave contaminant une grande partie de l’Europe.

 

 

 

Qui est Jean-Louis Basdevant ?

 

Ancien élève de l’École normale supérieure, le physicien Jean-Louis Basdevant est directeur de recherche au CNRS. Il a été pendant 35 ans professeur à l’École polytechnique dont il a présidé le département de physique. Il donnait des cours de mécanique quantique, d’énergie nucléaire et d’énergie-environnement.

 

Spécialiste de physique des hautes énergies et d’astrophysique nucléaire, il a travaillé au Lawrence Berkeley National Laboratory, au CEA à Saclay, au Cern à Genève, dans des laboratoires américains et à l’INFN de Turin.

 

(source)

 

 

 

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En savoir plus

 

 

Jean-Louis Basdevant : « Pourquoi il faut stopper Fessenheim »(L’Alsace)

Arrêter Fessenheim, une décision vertueuse(Respublica)

Devrait-on arrêter Fessenheim ? (Partager pour comprendre)

Faut-il fermer Fessenheim ? (Newsring)

Maîtriser le nucléaire… ou fermer toutes les centrales nucléaires du monde (Blog de Fukushima)

Dossier Fessenheim (Sortir du Nucléaire)

 

 

 

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Action en justice

 

 

 

Les associations Réseau "Sortir du nucléaire", Alsace Nature, Stop Transports - Halte au nucléaire, Stop Fessenheim et le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin ont déposé un recours gracieux contre l’avis de l’ASN sur la poursuite d’exploitation, au-delà de trente ans, du réacteur 1 et contre l’accord pour le renforcement du radier, le 15 février 2013. Ce recours étant resté sans suite, les associations ont déposé un référé et un recours sur le fond devant le Conseil d’Etat, le 21 mars 2013.

 

Lire le communiqué de presse commun

 

En savoir plus sur cette action en justice

 

 

 

 

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La conférence de J.-L. Basdevant en vidéo

 

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 23:57

janick-magne-et-eva-joly-1024x576Janick Magne, professeure d’université à Tokyo, est une citoyenne française expatriée au Japon depuis 35 ans. Depuis mars 2011 et les tragiques évènements qui se sont déroulés à Fukushima, elle décide de militer pour une sortie du nucléaire au Japon. L’ex-candidate d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) aux législatives pour l’Asie, l’Océanie et le Japon se rend plusieurs fois dans la préfecture de Fukushima pour parler aux habitants et rencontrer les mères mobilisées pour l’évacuation des territoires contaminés. Soutenant activement la population évacuée, elle visite également plusieurs fois la zone interdite de Futuba et en rapporte des photos afin de réaliser une exposition.

Dans les semaines qui viennent, elle va parcourir la France pour témoigner de ce qui se passe au Japon depuis deux ans, en présentant sa conférence dans 5 lieux dont le dernier, Bonnet, se situe à quelques kilomètres de Bure, commune qui accueille le projet monstrueux du centre d’enfouissement de déchets nucléaires que veut imposer le village nucléaire.

 

 

Conférence « Fukushima, 2 ans après »

 

- GOLBEY (Vosges, près d’Epinal) > Vendredi 22 mars 2013, salle Barbelouze (place de la mairie) à 20h30

 

- CONDES (Haute-Marne, près de Chaumont) > Samedi 23 mars 2013, salle des fêtes (proche de la mairie) à 20h00

 

- SAINT-ETIENNE (Loire) > Mercredi 3 avril 2013

 

- CHAMBERY (Savoie) > Jeudi 4 avril 2013

 

- BONNET (Meuse, près de Bure) > Samedi 6 avril 2013

 

 

 

 « C'est mon troisième voyage dans la zone interdite de Fukushima. On ne revient pas indemne de Fukushima. Mon objectif est clair et mes amis japonais y souscrivent entièrement : témoigner, dire l'horreur d'une catastrophe nucléaire, raconter comment du jour au lendemain tous ces gens ont perdu leurs biens, leur maison, leur travail, leurs rêves, leur vie. » (source)

 

 

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Lors de sa conférence, Janick Magne aborde la situation actuelle de la centrale de Fukushima Daiichi, mais aussi les conséquences sanitaires au Japon et les risques sur le long terme pour l’environnement. Alors que la centrale vient de subir à nouveau un black-out général empêchant le refroidissement des piscines de combustible, beaucoup de questions se posent encore autour de cette catastrophe qui dure, c’est pourquoi la conférencière laisse une large place à un échange avec le public.

 

 

janick-magne 0256 FUTABA cousine de MS 16 02 2013[1]

 

 

 

Expo photos de la zone interdite (50 clichés)

 

PARIS, Mairie du 2ème arrondissement – du 25 au 31 mars 2013

En savoir plus

 

EXPO PHOTOS

 

"Dans la zone interdite de Fukushima"

 

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50 photos de Janick MAGNE & Minami SHIMURA 

 

« A l'invitation d'une famille japonaise amie originaire de la ville de Futaba, en zone interdite, j'ai pu me rendre à trois reprises sur les lieux, entre février 2012 et février 2013. J'en ai rapporté des photos qui montrent le drame humain en train de se jouer là-bas.

Suite à l'accident nucléaire de mars 2011, 70 000 personnes ont évacué en catastrophe en laissant tout derrière elles... Depuis deux ans, les communes de la zone sont restées en l'état. Décombres, tas de ferraille, magasins éventrés, toits écroulés sur la chaussée, champs et rizières envahis d'herbes folles, animaux morts, d'autres qui rôdent en liberté, lourdement contaminés... Pourtant, certains quartiers ont été totalement épargnés et de belles propriétés intactes témoignent encore de la richesse passée de cette région dont la production agricole  et la pêche faisaient la réputation. C'est  l'une des plus belles régions du Japon, avec ses forêts, le Pacifique au pied des collines et les montagnes à l'horizon... Aujourd'hui, ce ne sont plus que villes fantômes envahies par les rats et le silence, où la vie s'est arrêtée subitement... Il  n'est pas facile de pénétrer dans la zone interdite, strictement contrôlée. Il faut en faire la demande à l'avance et justifier de raisons valables. La visite est limitée à 5 heures maximum et l'itinéraire doit être déclaré. Il faut, pour entrer dans la zone, enfiler des tenues blanches en non-tissé et un  masque léger mais ils ne protègent pas des radiations, ils évitent simplement de rapporter sur soi de la poussière contenant des radionucléides ou d'en respirer... »    

Janick Magne                                                      

 

Zone interdite ville déserteet toit écroulé 20026-IMG

 

 

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En savoir plus sur Janick Magne :

 

Interview de Janick Magne par Kibo Promesse

 

No futur, zone morte

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 14:41
Nouveau découpage des zones d'évacuation à Fukushima
Valable à partir du mois d’avril 2013
Il y a des gens qui sont supposés vivre à 20 mSv/an et d'autres qui pourront être là dans la journée uniquement, de 20 et 49 mSv/an...
 
carte
(source)
 
 
Comparaison des normes Tchernobyl / Fukushima
 
normes
(source Junko T.)
 
 
Dans quel état se trouve la centrale ?
Une infographie proposée par Courrier International
« Le gouvernement japonais a annoncé que le site de Fukushima était stabilisé en décembre 2011, en affirmant que les réacteurs étaient en état d’arrêt à froid. Or, le site est toujours sous la menace de nouveaux séismes et de tsunami. (…) Il s’agit là du plus grand chantier de déconstruction de l’histoire du nucléaire, et, le démantèlement total du site ne sera achevé qu’aux alentours de 2050. »
 
infographie1
 
infographie2
 
 
   

Levée de restriction de plantation du riz pour certaines zones contaminées

Le gouvernement annonce la levée de restriction pour Naraha machi, Kawauchi mura, Kawamata machi, Iitate mura, et Minamisoma city où des expérimentations vont être effectuées.

 

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(source)

 

 

"KAKUSEI: The Fukushima End"
Un film de Dion Tan

 
 
 
Fukushima,1/3 Chronique d'un Désastre
Reportage diffusé sur ARTE (Japon, 2012, 47mn)
Pourtant très bien documenté sur les problèmes techniques, le documentaire ne fournit aucune image des explosions ! Ce point est loin d’être anodin, mais fait partie d’une stratégie de non communication d’images sensibles. En effet la comparaison des explosions des unités 1 et 3 démontre très clairement que les explosions ne sont pas de même nature. Cacher ces vidéos revient à faire de la désinformation, c’est très grave.
A voir en trois parties sur youtube :
 
 
georgesbaumgartnerFukushima : au cœur du réacteur
JT 19h30, lundi 11 mars 2013 (RTBF)
Georges Baumgartner alias Frédéric Charles visite la centrale de Fukushima Daiichi. Ce journaliste nous avait fait un excellent reportage sur la situation en 2012.
 
 rtbf
   
 
Takeshi Takahashi, directeur du site de l’ex-centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, déclare sans sourciller : « Cette opération commencera en décembre et durera au moins 4 ans ».
Après une opération de communication mensongère de Tepco ‒ reprise par l’ensemble des médias ‒ qui annonçait une accélération des travaux qui devaient s’achever fin 2014 pour le réacteur 4, l’opérateur avoue maintenant que le vidage de la piscine 4 durera au moins jusqu’en 2017 ! Il n’y a donc eu aucune accélération, le début étant toujours prévu en décembre 2013 (et non en novembre !) et la fin pas avant 2017 (et non 2014 !).
 
Hiroshige KobayashiHiroshige Kobayashi, manager de la compagnie de construction Kajima, a la charge de nettoyer le bâtiment réacteur n°3.
 
 
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Bridget Kyoto de retour de Fukushima
« Bridget revient de Fukushima et, franchement, elle n’a rien noté de particulier, à part un peu de radioactivité de rien du tout – bref, pas de quoi en faire tout un plat. C’est même presque comme s’il ne s’était rien passé. Ah, qu’ils sont résilients, ces Japonais ! »
 

 
Si vous souhaitez aider Bridget Kyoto à continuer à nous informer, cliquez ici (cf. fin de page).
 
 
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Webdocumentaire
« Quand on habite ici, on oublie la radioactivité »
Documentaire d’une lycéenne, Risa Yamada
 
 
afficheWelcome to Fukushima
Film remarquable réalisé par Alain de Halleux
diffusé sur youtube en 4 parties :
 
 
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Mon expérience de Premier Ministre durant la catastrophe nucléaire de Fukushima - Naoto Kan, 10 mars 2013
(Source : Kna Blog)
Dans ce message vidéo, Naoto Kan, ancien Premier Ministre lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, résume le déroulement de ces évènements, et nous fait part de son analyse.
Vidéo réalisée à l'occasion du 
symposium "The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Accident" organisé par la fondation Helen Caldicott les 11 & 12 Mars 2013 à New York.
knablog
 
 
Alone in the zone
 
 
Une selection de videos sur Fukushima
 
 
Ecouter Fukushima !
La tectonique des images
avec Yoann Moreau, chercheur à l'EHESS, anthropologue, spécialiste du Japon
 
 
Médée / Fukushima
581730 10151563621051754 754383225 n
« Une rencontre explosive et inattendue entre science et sacré envahit l’Arsenic (Lausanne) avec la tentaculaire création de la Cie Jours Tranquilles : « Médée/Fukushima ». Une exploration constellaire à laquelle nous invitent les interprètes de cette aventure intérieure, entre universel et cellulaire »
Médée Fukushima sera joué aussi les 19 et 20 avril au théâtre des Halles à Sierre (Suisse) 
 
 
Fukushima, compte-rendu chronologique de la catastrophe
(sous-titrage en français : Kna)
« Hiroaki Koide, titulaire d'une maîtrise ès sciences en génie nucléaire, professeur assistant et chercheur à l'Institut de Recherche du Réacteur de l'Université de Kyoto dresse un compte-rendu rapide sur le déroulement de la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'étendue de la contamination radioactive, sa gestion par le gouvernement Japonais et les conséquences pour la population, les risques qui perdurent et vont persister pendant des décennies, et l'aveuglement de certains décideurs économiques et politiques quant à la nécessité de l'énergie nucléaire ».
 
 
Flash info
du 19 mars 2013 par Fukushima Information

 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Voir Fukushima
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:59

 

souris.jpgMise à jour 20 mars 2013, 11 h

 

Selon les informations fournies par Tepco, le système électrique a été réparé entièrement. La panne aurait été produite par un rongeur ! Ou comment un tout petit animal pourrait être à l’origine d’une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale… Qui a dit qu’un tremblement de terre ou un tsunami étaient nécessaires pour créer un blackout ?

 

Pour plus d’informations :

The blackout was caused by a mouse in the panel board, the board has been left on the truck since 3/18/2011 (Fukushima Diary)

Fukushima : reprise complète du refroidissement des piscines de stockage (Le Monde)

 

 

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cryptome7A l’été 2012, une panne s’était déjà produite sur le système de refroidissement de la piscine n°4. Cette fois-ci, c’est une panne plus grave puisque, selon l'agence Kyodo se référant à Tepco, 3 piscines du site nucléaire ne sont plus alimentées en électricité.

 

En fait, la coupure de courant, lundi soir à 18h57 a provoqué l'arrêt du système de refroidissement de 4 piscines : celles des réacteurs n°1, 3 et 4 de l’ex-centrale de Fukushima Daiichi et aussi la piscine commune qui contient 6377 assemblages (environ 1000 tonnes de combustible). Tepco a mis 3 heures pour informer la Commission japonaise pour le contrôle de l'énergie atomique (NRA). Cette agence indique que l’injection d’eau dans les ex-réacteurs n’a pas été stoppée. Selon RT (Russie Today), Tepco aurait affirmé avoir trouvé la cause de la panne et avoir commencé à travailler à la réparation.

 

A l'heure ou nous écrivons, la température de l'eau dans les piscines se situe entre 13° et 25°C. Alors que la température monte progressivement de 0,1 à 0,3°C par heure, cela laisse une marge de manœuvre de quelques jours à l’opérateur pour réparer le système. Les spécialistes et les veilleurs de Fukushima sont surtout préoccupés par l'état de la piscine du réacteur n°4 dont le bâtiment avait été fortement ébranlé, déformé ou détruit par une explosion d’hydrogène le 15 mars 2011. Mais dans le cas de figure d’une possible évaporation de l’eau, les piscines 1 et 3 sont tout aussi inquiétantes dans leur pouvoir de nuisance. Si le système de refroidissement ne se remet pas en marche, la température de l'eau atteindra le niveau maximal autorisé de 65°C en 4 jours.

 

Fukushima Diary relève avec justesse ce que nous avions déjà dénoncé en juillet 2012 : il n’existe toujours pas de système de secours de refroidissement à Fukushima Daiichi, 2 ans après le début de la catastrophe !

 

 

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PS : je n’aurai pas la possibilité de faire des mises à jour dans la journée de mardi. Pour suivre l’actualité sur Fukushima, cliquer ici ou .

 

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Sources:

Blackout(Fukushima is still news)

[Analysis] The sudden blackout revealed the weakness of Fukushima plant, “Reactor4 has 4 days to go”(Fukushima Diary)

Crucial system fails at Japan's quake-damaged nuclear plant (CBC News)

Fukushima : le système de refroidissement du combustible usé hors service (La voix de la Russie)

TEPCO reports power failure at Fukushima, stops cooling system (RT)

Panne de courant à la centrale de Fukushima (le jdd)

Panne de courant à la centrale de Fukushima (20 minutes online)

#Fukushima I Nuke Plant Cannot Cool Spent Fuel Pools, Cause Unknown (EX-SKF)

Power blackout at crippled Japanese nuclear plant (Khon2)

Centrale nucléaire de Fukushima: un système de refroidissement en panne (RiaNovosti)

 

 

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 21:30
drapeaujapon.jpgComment ne pas être d'accord avec les demandes exprimées dans cette lettre-pétition adressée à l'Ambassadeur du Japon en France ?
.
Je fais suivre bien volontiers ce texte et le lien qui mène à la pétition.
 
 
 
 
Lettre ouverte à Monsieur Ichiro KOMATSU, Ambassadeur du Japon en France. 
 


Monsieur l’Ambassadeur, 

Nous voici deux ans après le début de la catastrophe atomique de la centrale nucléaire de Fukushima : un bien triste anniversaire. Nous sommes en pensée avec le peuple japonais qui a enduré tant de souffrances depuis le début du désastre, le 11 mars 2011. 

Cependant, nous déplorons le caractère dérisoire des mesures prises pour protéger les populations, notamment les enfants et les femmes enceintes. Actuellement des populations, à qui le gouvernement japonais avait imposé l’évacuation, sont sommées de retourner dans les territoires contaminés pour y vivre sous des doses de 20mSv par an. Ce sont des doses de travailleurs du nucléaire, la dose de rayonnement "admissible" pour le public doit être inférieure ou égale à 1mSv par an. D’après la très pro nucléaire CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) 1 mSv par an correspond à 17 cancers dont la moitié de mortels pour 100 000 personnes exposées. 

Malgré les protestations de la population japonaise qui subit de près ou de loin la contamination radioactive tant externe qu’interne et face à la menace permanente d’un nouveau séisme, d’une erreur humaine, d'une défaillance technique, le gouvernement précédent a décidé de redémarrer les deux réacteurs de la centrale d’Ohi, décision que le nouveau gouvernement récemment élu n’a pas remise en question. 

Nous remercions beaucoup le Japon d’avoir fait la preuve, après le terrible tremblement de terre de 2011, qu’un grand pays industrialisé et fortement nucléarisé pouvait arrêter immédiatement ses réacteurs nucléaires sans revenir ni à la bougie ni au Moyen Âge. 

Au même titre que nous demandons l’arrêt immédiat du nucléaire en France, nous sommes solidaires avec les populations des territoires contaminés et les personnes et associations qui sont en lutte au Japon pour le non-redémarrage des centrales et pour l’arrêt total et définitif du nucléaire. 

Les graves dangers de cette industrie et les très graves conséquences sanitaires des catastrophes nucléaires (Tchernobyl et Fukushima) ne connaissent ni de frontières géographiques, ni de limites de temps. Pour Tchernobyl, l'Académie des Sciences de New York a publié dans ses Annals (
Vol. 1181, December 2009) une étude très complète, intitulée "Chernobyl. Consequences of the catastrophe for People and the Environment", qui synthétise près de 5000 articles et recherches de terrain. Les auteurs estiment à 985 000 le nombre de décès survenus à cause de Tchernobyl dans le monde entier entre 1986 et 2004. Vous savez déjà que Fukushima fera dans les 70 ans à venir des centaines de milliers de morts et presque autant de cancers non mortels. Nous considérons que la responsabilité de votre gouvernement, comme celle de tous gouvernements qui prônent le maintien et la poursuite du nucléaire, est engagée. 

Les populations victimes du début de la catastrophe de Fukushima et celles non évacuées ou celles qui retournent vivre à Fukushima vont subir dans les années à venir une augmentation des leucémies, des cancers, des maladies du cœur et des vaisseaux, maladies du foie, des reins, de la glande thyroïde, altérations du système immunitaire, mutations génétiques, malformations congénitales, etc… 

Au minimum le gouvernement japonais devrait : 

- évacuer et dédommager les populations qui, en vivant normalement sur un territoire, subiraient une irradiation interne et externe cumulée supérieure à 1 mSv/an ; 

- tout faire pour contenir la radioactivité dans les zones interdites, donc ne pas exporter les gravats et les ruines vers d'autres préfectures, et partout interdire de brûler les déchets contaminés ; 

- ne pas distribuer, commercialiser, ou mélanger, à de la nourriture propre, les productions contaminées par Fukushima. 

Nous vous demandons également que soient libérés les cinq militants arrêtés par la police d'Osaka, et toujours détenus pour avoir mis en avant leurs revendications antinucléaires. 

Nous vous prions de bien vouloir transmettre ce courrier à Monsieur Shinzo Abe, premier Ministre du Japon, en nos noms. 

Dans l’espoir d’être entendus, nous vous remercions et nous vous prions de croire, Monsieur l’Ambassadeur à notre plus haute considération. 

Les signataires
 
 
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Pour les signatures individuelles : 
 
Pour les signatures de groupes : 
envoyer un mail à stop.nucleaire (a) yahoo.fr
 
------------------------------------------------------------------
 
 
 
.
 
 
 
 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 11:19
digue-en-sacs-radioactifs3.jpgSelon une information rapportée par Canal+, une digue située à une vingtaine de kilomètres au sud de la centrale de Fukushima Daiichi, a été colmatée avec des sacs remplis de déchets radioactifs. Une nouvelle fois, il est mis en évidence que la gestion des déchets radioactifs au Japon est totalement absurde. La moindre tempête disséminera à nouveau la radioactivité collectée dans ces sacs.
 
Cette digue de protection côtière a été éventrée par le tsunami du 11 mars 2011. Sur l’image satellite datant de 2011, on distingue bien les endroits où la digue a souffert de la puissance de la vague.
 
vue-satellite.jpg
Vue aérienne de la digue éventrée (Google Earth 2011)
 
digue-en-sacsradioactifs.jpg
Digue constituée de sacs numérotés
 
La digue est à 1,5 km du J-Village, ce site d’entrainement sportif transformé en base arrière pour les travailleurs-liquidateurs de l’ex-centrale, juste à côté de la centrale thermique côtière de Hirono.
 
jvillage.jpg
Le J-Village
 
digue-en-sacs-radioactifs2.jpg
On reconnaît la centrale électrique de Hirono en arrière-plan
 
Selon Shogo Domae, c’est la pègre qui est à l’origine de ce nouveau scandale. Les yakusas auraient ainsi saisi le marché de la décontamination sans obligation de suivre les règles de sécurité élémentaires concernant les déchets radioactifs. On retrouve ce genre de sacs partout : dans les jardins des particuliers, dans les fossés, dans les montagnes ou en bordure de rivière. Ainsi, le gouvernement qui n’a aucun moyen de gérer cette crise, laisse faire ces pratiques maffieuses : officiellement, la décontamination a lieu, mais officieusement, on permet des absurdités. Les déchets radioactifs issus de la décontamination sont balancés dans la nature sans aucun contrôle, c’est le grand n’importe quoi !
 
Non seulement le plus grand pollueur du monde, Tepco, n’a pas été poursuivi pour son abominable crime, mais la maffia japonaise se fait de l’argent avec une décontamination bâclée et totalement inefficace. Le gouvernement a promis 9 milliards d’euros sur 3 ans pour la décontamination…
 
Pour en savoir plus, voir le reportage de Marjolaine Grappe et Christophe Barreyre « Vouloir le beurre et l’argent du réacteur »
 
 
 
Sur le même sujet, un autre reportage diffusé sur Arte :
 

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  • Fukushima 福島第一
  • : Un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.
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Agenda

Du 19 au 28 juin

Exposition "Le Japon - Fukushima pour l'avenir"

Adresse : cinéma Les Variétés à Marseille

Présentation de l'exposition : cliquer ici

Cette exposition collective rend hommage à la tragédie du 11 mars 2011 au Japon et à la mémoire de ses victimes. Elle regroupe 10 artistes sur cet événement qui s'engagent contre l'oubli de cette triple catastrophe et qui transmettent à travers leurs œuvres leurs réactions, leurs sentiments, leurs émotions, leurs messages.

 

 

Outil de traduction gratuite de site Internet

Actualités sur Fukushima

Les Veilleurs de Fukushima

The Watchers of Fukushima

Presse japonaise anglophone  

NHK en français

.

« Sans le web, mémoire vive de notre monde, sans ces citoyens qui n’attendent pas des anniversaires, de tristes anniversaires, pour se préoccuper du sort des réfugiés de Fukushima, eh bien le message poignant de Monsieur Idogawa (maire de Futuba) n’aurait strictement aucun écho. » (Guy Birenbaum, Europe 1, 1er mars 2013)

Infos en direct

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.

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radioactivité Tokyo Radioactivité

 à Tsukuba

 en continu

.  

carte contamination cumulée Contamination

 cumulée

 du japon

 

radfuku Mesure des radiations

 dans la préfecture

 de Fukushima :

 

Aider le Japon maintenant

"Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement"

Un livre essentiel alors que la catastrophe de Tchernobyl a commencé il y a 29 ans.

Télécharger la version française ici.

 

 

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