22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 21:05

«Dans les années 1970, on estimait le risque d’accident à une fois tous les cent mille ans. Pourtant à vingt-cinq ans d’intervalle, nous avons eu Tchernobyl puis Fukushima. En fait, la probabilité de tels accidents est complètement imprévisible, estime Ivo Rens, dépositaire de l’Appel. Sur les 400 réacteurs nucléaires actifs dans le monde, une majorité date des années 1970. Une catastrophe pourrait surgir n’importe où, n’importe quand.» (source)

 

Il y a trente-cinq ans, le premier « Appel de Genève » avait été lancé contre la centrale de Creys-Malville. Aujourd’hui, un nouveau groupe de physiciens, d’ingénieurs, de professeurs d’université et de responsables politiques interpelle les autorités suisses pour qu'elles décident de sortir sans délai du nucléaire. C’est la catastrophe de Fukushima qui a été le déclencheur de cette nouvelle initiative qui remet la question du risque technologique majeur sur le tapis. L’appel va bientôt être disponible en allemand, italien et anglais car le texte, de visée internationale, concerne tous les états nucléarisés. A ce titre, l’Appel de Genève II est ouvert à la signature de personnes de toutes nationalités. Un site dédié lui est désormais consacré.

L’Appel de Genève II

APPEL DE GENÈVE II

 

Appel aux autorités politiques

 

Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima ont eu lieu à 25 ans d’intervalle.

 

Pourtant, on nous avait assuré que de tels accidents étaient quasiment impossibles ! Nos responsables politiques l’ont cru, et nous aussi. En réalité, la probabilité d’un tel accident est impossible à calculer. Mais elle fut estimée à une fois en cent mille ans. La triste vérité est que ce fut deux fois en vingt-cinq ans. Aujourd’hui, un peu moins de 400 réacteurs nucléaires sont en état de fonctionner dans le monde. La prochaine catastrophe se produira n’importe où, n’importe quand. Et l’état actuel de ces centrales vieillissantes ne peut qu’augmenter la probabilité d’une nouvelle catastrophe.

 

L’inventaire radioactif généré par ces installations est terrifiant : il peut exterminer chaque habitant de notre planète, et cela plusieurs dizaines de milliers de fois ! Il suffit qu’une infime fraction de cet inventaire s’échappe dans la nature pour provoquer une catastrophe. N’oublions jamais que tout ce qui peut arriver, finit par arriver … Tchernobyl et Fukushima en sont la double preuve.

 

Le seul et unique moyen d’éliminer ce risque est d’arrêter ces centrales, d’y entreposer les déchets qu’elles ont produits, d’extraire le combustible irradié et le conditionner dans un milieu approprié et dans des containers adéquats, puis de transformer le site en mausolée. Ces mausolées seront autant de témoignages évoquant, pour les générations futures, les conséquences des risques technologiques non maîtrisables.

 

Au lieu de tenter de nous faire oublier les catastrophes déjà subies, les Etats, les institutions internationales et les pouvoirs économiques devraient décider l’abandon du nucléaire pour aborder la transition vers le tout renouvelable, parfaitement en mesure d’assurer la relève, à condition que l’on cesse d’entraver son développement.

 

On ne peut pas prendre encore le risque d’un accident nucléaire meurtrier qui rendra inhabitable d’immenses territoires pendant des siècles, sous prétexte d’un besoin douteux en électricité. N’oublions pas que l’on a décidé de construire des centrales nucléaires pour ensuite se demander comment vendre le courant ainsi produit. Ce qui a conduit les compagnies d’électricité à promouvoir diverses aberrations énergétiques telles que le chauffage électrique, le développement inconsidéré de l’éclairage public, notamment.

 

Le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable; son abandon est donc inéluctable.

 

Tout retard ne fait qu’augmenter le risque d’une prochaine catastrophe. Après Fukushima, le Japon a bien arrêté la quasi totalité de ses réacteurs : c’est donc possible !

 

C’est la seule attitude responsable. C’est notre seul moyen de limiter les problèmes insolubles que nous léguerons aux générations futures.

 

Genève, le 24 mai 2013

 

 

>>>>>Soutenir l’Appel de Genève 2<<<<<

 

 

Liste des signataires initiaux de l’Appel de Genève 2

• Pierre Lehmann, Physicien nucléaire
• Paul Bonny, Citoyen de Genève
• Ivo Rens, Prof. honoraire de l’Université de Genève
• Yves Lenoir, Ingénieur ­­
• Rémy Pagani, Maire de Genève
• Michèle Rivasi, Fondatrice de la CRIIRAD, Députée européenne
• Wladimir Tchertkoff, Vice-Prés. Enfants de Tchernobyl-Bélarus
• Alexey V.Yablokov, Prof., Académie des sciences de Russie
• Anne-Cécile Reimann, Prés. ContrAtom, Genève
• Luc Recordon, Député au Parlement suisse
• Wataru Iwata, Citoyen japonais
• Michel Fernex, Prof. émérite, Faculté de Médecine, Bâle (Suisse)
• Roger Nordmann, Député au Parlement suisse
• Liliane Maury Pasquier, Députée au Parlement suisse
• Bruno Barillot, Lauréat du Nuclear Free Future Award 2010, Polynésie française
• Philippe Lebreton, Prof. honoraire, Université Lyon 1
• Victor Ruffy, anc. Président du Conseil national (Suisse)
• Jean-Robert Yersin, Député vaudois (Suisse)
• Robert J. Parsons, Journaliste
• Isabelle Chevalley, Députée au Parlement suisse
• Luc Breton, anc. Expert en radioprotection, Institut Suisse de Recherche Expérimentale sur le Cancer, Epalinges
• Yves Renaud, Diplômé du CNAM de Paris
• Jürg Buri, Directeur Fondation Suisse de l’Energie, Zurich
• Frédéric Radeff, Citoyen de Genève
• François Lefort, Prof. HES, Député au Grand Conseil (GE)
• Walter Wildi, Prof. géologie, Université de Genève
• Joel Jakubec, Pasteur de l’Eglise protestante de Genève
• Danielle Martinet, Citoyenne de Genève
• Cyril Mizrahi, ancien Constituant (GE)
• Manuel Tornare, Député au Parlemement suisse, ancien Maire de Genève
• Salima Moyard, Députée au Grand Conseil (GE)
• Guillaume Mathelier, Maire d’Ambilly
• Edouard Dommen, Ethicien
• Micheline Calmy-Rey, anc. Présidente de la Confédération suisse
• Renaud Gautier, Député au Grand Conseil de Genève
• Pierre Mercier, Prof. honoraire de l’Université de Lausanne

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Que faire ?
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commentaires

LegionNetworkCH 10/10/2013 18:02

Je vais aussi relayer votre appel et lui apporter tout le soutien possible.

Cependant, je trouve peu productif de le soumettre à des "autorités" "politiques". des "institutions"... à quoi bon ces titres? Force est de constater que ces entités ne nous aident pas suffisamment à faire face à la crise. Ce sont les individus qui doivent prendre conscience du problème (sinon, est-ce qu'une institution le pourrait)? Peut-être que cette lecture pourra vous en convaincre: http://www.fukushimaawareness.ch/?p=144

LegionNetworkCH
Nous ne pardonnons pas!
Nous n'oublions pas!

tof16 24/09/2013 10:54

même en aspirant l'épaisseur de gravas qui recouvre le haut des paniers , les assemblages peuvent se bloquer dans leur logement, les divers débris qui sont tombés dans la piscine numéro 4 ont très bien pus s'infiltrer entre les assemblages et leur logement, la structure construite pour l’extraction des assemblages empêche de voir ce qui s'y passe.... pourvus qu'elle ne serve pas a un tour "de passe passe" jusqu'en 2020... malheureusement, ils sont capable de tout , surtout du pire ... je n’ai aucune confiance a leur accorder ...

Sophie RedCloud 24/09/2013 09:20

J'ai signé l'appel de Genève II et l'ai transmis à un maximum de connaissances. Les accidents nucléaires tels que celui de Fukushima ayant une ampleur planétaire, c'est au niveau mondial que la mobilisation doit se faire. Je suis d'accord avec Cordhilac, qui soulève très justement le problème de l'origine militaire du nucléaire. C'est elle qui explique l'opacité qui entoure cette industrie. Mais aussi complexe que soit la situation, nous ne devons pas nous décourager. Si plusieurs millions de citoyens à travers le monde se mobilisent pour l'arrêt total et définitif du nucléaire, nous obtiendrons forcément des résultats positifs. Et nous, en France, sommes particulièrement concernés. Bon courage à tous.

Roland 23/09/2013 16:06

J'ai transmis l'apel que j'approuve. J'espère que nous serons nombreux à partager cette démarche.

Tof 24/09/2013 01:00

Dommage que l'aspect financier ne soit pas évoqué non plus. Le nucléaire fut autrefois vanté comme énergie propre et économique. Si on compte le recyclage des déchets sur plusieurs générations, il n'y pas photos, le nucléaire c'est dangereux et très chers.

Cordilhac 23/09/2013 10:26

J'adhère tout-à-fait au texte de l'Appel qui , cependant , esquive le problème de fond .
Le nucléaire civil n'existe que par son origine : la bombe atomique , volonté de puissance des Etats. Et là est le véritable enjeu .
Une fois de plus , dans le texte de l'Appel de Genève II , ceci n'est pas dit .
Envisagé sous le seul angle du nucléaire civil , le texte n'a pas la portée qu'il devrait avoir .

Tof 24/09/2013 01:00

Dommage que l'aspect financier ne soit pas évoqué non plus. Le nucléaire fut autrefois vanté comme énergie propre et économique. Si on compte le recyclage des déchets sur plusieurs générations, il n'y pas photos, le nucléaire c'est dangereux et très chers.

Pierre Fetet 23/09/2013 12:36

Bonjour Cordilhac
Effectivement, le texte n'aborde pas l'origine du nucléaire qui est exclusivement militaire. Je l'ai relayé car il a le grand mérite d'exister et d'être soutenu par des personnalités. Et il n'empêche pas d'autres appels comprenant l'aspect militaire à coexister. Je vois en chaque action demandant l'arrêt du nucléaire quelque chose de positif. Chacun apporte sa pierre à sa façon.

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