29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 00:20

Il y a un mois, j’ai adressé à chaque candidat républicain un questionnaire concernant Fukushima. Voici les réponses de ceux qui ont accepté de participer à cette tribune. Pour permettre à tous les candidats de s’exprimer, cette page sera mise à jour régulièrement jusqu’au jour de l’élection présidentielle.

 

(Précision : l’ordre des candidats est celui qui a été déterminé par le Conseil Constitutionnel)

 

 

Mme Eva Joly (Europe Ecologie Les Verts)

 

1. Quelle a été votre première pensée quand vous avez appris qu’une centrale nucléaire avait explosé au Japon ?

 

L’effroi d’abord. Ensuite, une inquiétude tenace, à laquelle il était impossible d’apporter une réponse. Elle a été longue et elle n’a pas disparu aujourd’hui encore. Car on ne savait pas ce qui se passait vraiment, donc il était  difficile de comprendre les conséquences avérées ou potentielles.

 

2. Que pensez-vous de l’annonce de l’arrêt à froid des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en décembre dernier par le gouvernement japonais ?

 

Que c’est une belle tentative de manipulation. L’arrêt à froid est un terme qui s’applique pour un réacteur dans un état normal. En l’occurrence, cela ne signifie rien. C’est plutôt un slogan qui cherche à masquer la réalité puisque personne ne sait exactement l’état de la situation : où est le corium ? pourquoi la température a réaugmenté temporairement dans le réacteur numéro 2 ? pourquoi n’y a-t-il que 60 cm d’eau dans le réacteur 2 quand on en attendait plusieurs mètres ?...

 

La réalité est que nous ne savons pas l’essentiel. Cela vaut pour les réacteurs, mais aussi pour les piscines, notamment celle du réacteur 4. J’ai appris récemment, avec effroi, que si la piscine du réacteur 4 est restée remplie d’eau, cela est le pur fruit de la chance. En effet, il y avait une fuite, totalement fortuite, avec un autre bassin surélevé. Cette fuite au niveau de la porte de séparation des deux bassins n’aurait pas dû exister. C’est elle qui a permis d’éviter le scénario catastrophe d’un embrasement des barres de combustible. Mais la question de la piscine du réacteur 4 est loin d’être résolue : il y a des raisons importantes de rester inquiets, tant sa fragilité est grande.

 

Il nous faudra des décennies pour déconstruire la centrale. Alors seulement, on pourra dire que la catastrophe est finie.

 

3. Que pensez-vous de l’idée de la création d’une commission d’experts internationaux qui prendrait en charge le suivi du site de Fukushima ?

 

Je suis favorable au développement d’une expertise internationale, pour Fukushima, et pour le nucléaire en général. Il faut multiplier les sources d’expertises, avec différents types d’indépendances (vis-à-vis du politique, vis-à-vis des puissances économiques, vis-à-vis des fiertés nationales…) et avec de la transparence. C’est le seul moyen de créer des débats d’experts contradictoires seuls à même de renforcer la sûreté.

 

Aujourd’hui, en France, on se gargarise d’une expertise « indépendante », mais elle n’est ni plurielle, ni contradictoire, ni transparente, ni indépendante en de nombreux points (pressions économiques d’entreprises publiques, porosité avec l’industrie nucléaire, prédominance des grands corps d’Etat…).

 

4. Pensez-vous que les femmes de Fukushima ont raison de se mobiliser pour avoir les moyens d’évacuer leurs enfants des zones contaminées ?

 

Evidemment. J’ai rencontré certaines de ces femmes, quand je me suis déplacée à Fukushima. Cela m’a bouleversé. L’ennemi invisible de la radioactivité change votre regard sur le monde : comment se protéger et protéger les êtres qu’on aime le plus au monde ? comment y échapper ? comment être sûr que l’on y échappe ? Ce sont des questions très concrètes, qui amènent des familles à se séparer ou à quitter définitivement leur vie passée. C’est humainement dramatique.

 

Le discours, largement relayé en France, selon lequel la radioactivité diffuse du type de celle rencontrée autour de Fukushima n’aurait pas d’impact sur la santé m’est insupportable. Certains affirment même que les impacts sanitaires sont liés au stress, une sorte d’effet placebo ! C’est mépriser ces populations victimes, qui n’ont rien demandé, et qui paient un prix élevé. Et c’est mépriser les sciences et des centaines ou milliers d’études, de multiples origines disciplinaires, qui montrent le contraire. Les parangons du nucléaire sont la caricature du positivisme productiviste qui refuse de croire à la faillibilité de l’homme : une dose d’humilité leur ferait beaucoup de bien. 

 

5. Suite à la catastrophe nucléaire, des Japonais ont quitté leur pays car ils ne s’y sentent plus en sécurité. Seriez-vous favorable à la création d’un statut international de réfugié environnemental ?

 

Oui. Cela s’appliquerait pour le cas du nucléaire, mais également pour les réfugiés climatiques. Ou bien ceux victimes de l’exploitation des ressources naturelles.

C’est dramatique d’en être arrivé à un tel impératif…

 

6. Lors de la catastrophe, le gouvernement japonais a fait évacuer une zone de 20 puis de 30 km en utilisant des cercles concentriques autour du site nucléaire. En France, en cas d’accident nucléaire, les Plans Particuliers d’Intervention prévoient l’évacuation d’une zone de 2 km, et le confinement de la population dans un rayon de 10 km. Pensez-vous que ces mesures de sécurité soient suffisantes ?

 

Evidemment non. Nous demandons un renforcement drastique des procédures (en particulier des PPI), une amélioration de la transparence et des pouvoirs des Commissions Locales d’Information.

 

La sûreté et la sécurité doivent être drastiquement renforcées à court terme, bien au-delà des recommandations de l’ASN. Mais la seule véritable solution pour supprimer le risque est de sortir du nucléaire.

 

7. La catastrophe de Fukushima vous a-t-elle fait évoluer sur l’idée que vous vous faisiez de la sûreté nucléaire ?

 

Non, pas fondamentalement. Je suis confortée dans mes idées, et dans la conviction qu’il y a urgence à agir. Je ne cesse de me battre pour cela.

 

8. Selon vous, pourquoi n’a-t-on jamais demandé aux Français quelle énergie ils voulaient utiliser en priorité ? Seriez-vous favorable à l’organisation en France d’un débat national sur l’énergie suivi d’un référendum afin que la population choisisse en connaissance de cause les risques qu’elle est prête à assumer ?

 

Car le nucléaire a d’abord été une entreprise militaire, et que le nucléaire civil s’est imposé en conséquence, à la fois à des fins de justification des moyens nécessaires au nucléaire militaire et pour prouver que le nucléaire allait dans le « sens du progrès ».

 

De plus, la France est largement dirigée par une administration composée par les « Grands corps d’Etat » (corps des Mines, corps des Ponts notamment). Je pense que ces serviteurs de l’Etat sont persuadés d’agir pour le bien commun. Ils sont aussi persuadés que les enjeux complexes dépassent les capacités des citoyens. Ce qui est évidemment dangereux et absurde.

 

La France n’a jamais eu de débat réel sur l’énergie. Jusqu’à peu encore (peut être est-ce encore le cas ?), nos dirigeants sont persuadés qu’énergie est synonyme d’électricité, donc de nucléaire. Ils ont découvert, sans tout comprendre d’ailleurs (souvenez-vous du débat entre M. Sarkozy et Mme Royal il y a cinq ans), que le nucléaire ce n’est que 17% de l’énergie finale en France, et 2,2% de l’énergie finale dans le monde.

 

Nous avons besoin de faire de l’enjeu énergétique une question de société, dans lequel la question nucléaire fait partie, mais ne s’y résume pas. Nous pourrons montrer comment les énergies renouvelables et surtout les réductions de consommations par l’efficacité et la sobriété sont autrement plus puissantes que le nucléaire. Nous pourrons montrer que la lutte pour la protection du climat et la réponse à la raréfaction des ressources fossiles n’ont pas besoin du nucléaire. Nous pourrons montrer, bien au contraire, que le nucléaire porte un risque insupportable pour un bénéfice négligeable et qu’il bloque les alternatives.

 

Nous pensons qu’un référendum risquerait de simplifier à outrance la question de la transition énergétique et qu’une grande loi d’orientation permettrait davantage de garantir et de concrétiser la sortie du nucléaire et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

9. Souhaitez-vous ajouter autre chose sur le sujet de la catastrophe de Fukushima ?

 

Les conséquences de cette catastrophe, je les ai vues de mes yeux. Je les garde en mémoire et elles font partie de ces souvenirs révoltants qui me donnent le courage de continuer à me battre.

 

 

 

M. Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire)

Réponse non communiquée

 

 

M. Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)

Réponse non communiquée

 

 

M. Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste)

 

1. Quelle a été votre première pensée quand vous avez appris qu’une centrale nucléaire avait explosé au Japon ?

 

Que l’horreur absolue était en train d’arriver

 

2. Que pensez-vous de l’annonce de l’arrêt à froid des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en décembre dernier par le gouvernement japonais ?

 

C'est une annonce politique à la tonalité rassurante qui ne correspond pas à la réalité et confine à la désinformation. Dans le cas des trois réacteurs de Fukushima, l’arrêt à froid signifie que l’eau est en-dessous de 100°C et que le risque d’une reprise de la réaction de fission est écarté. Cependant beaucoup d’inconnues demeurent sur l’état des réacteurs : leur combustible a fondu et a formé un corium qui est tombé au fond de la cuve, puis l'a probablement traversée.. Personne ne sait aujourd'hui où se trouve  exactement ce corium et nul ne peut présager de ce qui va se produire dans les semaines, mois ou années à venir.

 

3. Que pensez-vous de l’idée de la création d’une commission d’experts internationaux qui prendrait en charge le suivi du site de Fukushima ?

 

Nous n’avons pas confiance dans les « experts » internationaux qui sont pour la plupart inféodés au lobby nucléaire et en particulier les « experts » français. Si une telle commission devait être créée, elle devrait comprendre pour moitié au moins, des scientifiques militants dans les groupes d’opposition au nucléaire. Ce ne sera jamais le cas. Les japonais ne doivent compter que sur leur mobilisation et sur notre solidarité pour pousser les autorités à dire la vérité qui est connue des opérateurs.

 

4. Pensez-vous que les femmes de Fukushima ont raison de se mobiliser pour avoir les moyens d’évacuer leurs enfants des zones contaminées ?

 

Bien entendu !

 

5. Suite à la catastrophe nucléaire, des Japonais ont quitté leur pays car ils ne s’y sentent plus en sécurité. Seriez-vous favorable à la création d’un statut international de réfugié environnemental ?

 

Absolument

 

6. Lors de la catastrophe, le gouvernement japonais a fait évacuer une zone de 20 puis de 30 km en utilisant des cercles concentriques autour du site nucléaire. En France, en cas d’accident nucléaire, les Plans Particuliers d’Intervention prévoient l’évacuation d’une zone de 2 km, et le confinement de la population dans un rayon de 10 km. Pensez-vous que ces mesures de sécurité soient suffisantes ?

 

Elles sont tout simplement ridicules. Le gouvernement français a toujours fait preuve d’une inconséquence dramatique et potentiellement meurtrière en la matière.

 

7. La catastrophe de Fukushima vous a-t-elle fait évoluer sur l’idée que vous vous faisiez de la sûreté nucléaire ?

 

Non, nous étions déjà profondément antinucléaires et ne nous faisions aucune illusion sur la sûreté. Hélas nous avions raison.

 

8. Selon vous, pourquoi n’a-t-on jamais demandé aux Français quelle énergie ils voulaient utiliser en priorité ? Seriez-vous favorable à l’organisation en France d’un débat national sur l’énergie suivi d’un référendum afin que la population choisisse en connaissance de cause les risques qu’elle est prête à assumer ?

 

En réponse à la 1ère question, la raison est simple : nous évoluons dans une fausse démocratie dirigée en fait par le marché, les grands groupes et la classe politique à leur service. Les gens sont réduits à de simples électeurs pour ceux qui dirigent et décident et ne sauraient être considérés en tant qu'acteurs.

Sur le 2ème point : imaginer un vrai débat public national où toutes les positions auraient la même liberté de s'exprimer est d'une grande naïveté : aujourd'hui le pouvoir est totalement inféodé à Aréva et aux multinationales dont l'intérêt est de vendre des centrales nucléaires coûte que coûte. Les drames que le nucléaire provoque ne sont pour ces gens-là que des dégâts collatéraux nécessaires. Dans ce contexte, l'organisation d'un référendum est une mascarade de démocratie. Non seulement c'est un leurre de penser que les gens pourraient décider en connaissance de cause tant la propagande menée par les classes dirigeantes est puissante, mais ça devient un mensonge de laisser croire que ces mêmes classes dirigeantes respecteraient le résultat du vote si celui-ci leur était défavorable. (cf. le traité constitutionnel européen).

 

Pour nous, en France (comme dans le monde entier d’ailleurs) nous devons imposer la sortie du nucléaire par nos mobilisations qui devront être encore plus massives que vient de l'être la chaîne humaine du 11 mars. Pour nous y aider, les partis politiques devraient faire des propositions crédibles pour sortir du nucléaire et montrer que c’est techniquement et socialement possible. C’est ce que fait le NPA en popularisant un plan de sortie en 10 ans argumenté et chiffré.

Au NPA, nous ne nous retranchons pas comme certains derrière une proposition de référendum pour masquer notre absence de position sur la question.

 

9. Souhaitez-vous ajouter autre chose sur le sujet de la catastrophe de Fukushima ?

 

Oui, après la catastrophe de Fukushima où rien n'est définitivement sous contrôle, et malgré les efforts des travailleurs japonais qui tentent au péril de leur vie, d'empêcher un désastre encore plus grand, l'humanité est toujours sous la menace du pire. Cette tragédie a révélé au monde de façon encore plus évidente l'urgence absolue à se mettre à l'abri des méfaits du nucléaire. Accidents aux conséquences gravissimes, effets de la radioactivité sur la santé, production de déchets hautement nocifs et ingérables, énormes difficultés pour le démantèlement des centrales, pollution des rivières indispensables au refroidissement des réacteurs, production d'armes nucléaires..., les raisons de sortir du nucléaire sont multiples.

Il faut une voix pour le crier et dire qu'il est tout à fait possible de sortir rapidement du nucléaire. Hélas, à l'exception de quelques associations, le NPA est bien seul dans le monde politique pour faire des propositions en ce sens. Nous continuerons néanmoins et invitons tous ceux qui le souhaitent à prendre connaissance de notre scénario de sortie en 10 ans à cette adresse : http://www.npa2009.org/content/8-pages-npa-comment-sortir-du-nucl%C3%A9airepdf

 

 

Mme Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)

Réponse non communiquée

 

 

M. Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès)

Réponse non communiquée

 

 

M. François Bayrou (Mouvement Démocrate)

Réponse non communiquée

 

 

M. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

Réponse non communiquée

 

 

M. François Hollande (Parti Socialiste)

Réponse non communiquée

 

 

 

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Publié par Pierre Fetet - dans En France et ailleurs
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commentaires

Nounouille 27/04/2012 12:29

Excellent site, excellent articles, et grosse déception de voir que le "3eme homme" qui a su convaincre près de 20% de l'électorat n'a même pas eu sa chance de s'exprimer. Faire du militantisme
anti-nucléaire et politique en même temps, c'est moche, c'est bête, et cela me déçoit. Je pensais être face à des gens objectifs et ouverts d'esprit. Comme si face à la menace de fukushima, un
parti ayant le droit de se présenter aux élections dans ce pays pouvait représenter une menace nécessitant la censure!

stan 17/04/2012 20:58

Je remercie l'auteur de ce blog de ne pas ouvrir de tribune aux partis fascistes, qui par essence, se servent du système parlementaire pour arriver à sa suppression, mésusent de la liberté
d'expression pour mieux la réprimer. En Belgique, cette non-mise-en-évidence politique s'appelle le 'cordon sanitaire' : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cordon_sanitaire_(politique_belge)

Bonne continuation monsieur Fetet et merci pour votre courage et votre analyse.

odette 13/04/2012 04:53

je joins simplement ma voix à celle de Philippe

odette

Philippe 01/04/2012 10:36

Si être républicain, c'est ne pas omttre les partis politiques fachisants, c'etait par exemple aussi à une autre époque $tre un bon petit soldat pour soutenir les intérêts français en Algérie.
Trêve de discussions politiciennes nauséabondes (pro-FN, accords purement électoralistes entre partis, promesses pasquoyennes), l'auteur de ce blog fait une action citoyenne de grande qualité et
notre devoir citoyen et humain est ne nous en servir pour arrêter ce mode de production énergétique particulièrement dangereux.
Merci Pierre , s'il te plait continue

Kna 01/04/2012 04:35

Je trouve aussi un peu dommage que TOUS les candidats ne figurent pas ici. Chacun a bien le droit d'avoir ses préférences politiques, mais là, je trouve que l'impartialité des lieux en prend un
coup..

Je trouvais au début que c'était une bonne idée cet envoi de questionnaire, je trouvais même ça "gonflé" d'une certaine manière.
Je ne pense pas maintenant que ça soit une mauvaise idée, mais je crains en fait qu'il ne faille pas attacher trop d'importance à ce qui y figurera, ou pas.
Il me semble logique de considérer que les candidats doivent avoir d'autres chats à fouetter que de consacrer du temps à ce questionnaire, idem pour leur éventuel(le) chargé(e) de comm ou autre
porte-parole..
Je n'ai aucune intention de médire sur ce blog ni son auteur, mais je ne suis pas sûr que les candidats ne vont pas raisonner en terme d'audience potentielle à atteindre. Ce blog fera-t-il alors le
poids pour la pluspart d'entre eux ? Pas certain.. L'avenir nous dira qui fera l'effort de se manifester, mais en étant un peu pessimiste, ça ne m'étonnerait guère qu'il n'y ait pas foule.
Et toujours pour me faire l'avocat du diable, on pourrait penser que si ce Monsieur Poutou du NPA, dont je ne connaissais même pas le nom, a "tiré le premier", c'est qu'il a eu le temps de le
faire.
Peut-être car les gros calibres sont occupés ailleurs, sur des cibles plus avantageuses :)

De toutes manières, il me semble important de ne pas oublier certaines choses :

- Les promesses des politiques, quel que soit leur bord, n'engagent que ceux qui y croient.

- Tous les politiques, depuis toujours, sont tôt ou tard OBLIGÉS de mentir, de dissimuler, de trahir leurs électeurs et frères d'hier. La seule différence, c'est que certains s'y adonnent avec plus
d'entrain et moins de nécessités que d'autres.

Pour en revenir au nucléaire, plus le temps passe, plus je me documente sur la question, plus il devient pour moi évident qu'il représente l'essence même de la pire barbarie dont puisse faire
preuve l'être humain. Que ce soit le nucléaire militaire des origines, ou le nucléaire civil, c'est un des meilleurs révélateurs des pires bassesses et atrocités dont soit capable l'être humain.
Cupidité pathologique, avidité de pouvoirs, mépris de la vie humaine et de l'environnement.. tous les pires travers de notre triste humanité sont là, impitoyablement mis en lumière, aussi belles
que soient les excuses et louables les prétextes qui peuvent servir à essayer de les masquer.

Je pense qu'il est intolérable, INTOLÉRABLE, que des élus des plus hautes sphères du pouvoir d'une nation puissent mentir sciemment et effrontément, à la face des dizaines de millions de personnes
de leur peuple, des millions d'électeurs qui les ont mis au pouvoir, des autres nations alliées et du reste de la planète. Et bien évidement en toute impunité.

Je trouve intolérable, et abject, que l'on prétende que "sans nucléaire, on retourne à la bougie".
Je trouve abject, et intolérable, que l'on puisse affirmer que "Fukushima n'est pas une catastrophe nucléaire".
Je m'en tiendrai là, la liste serait tellement longue, depuis qu'il y a 60 ans, certains ont commencé à rêver de toujours plus d'argent, de pouvoir, de parts de marché à conquérir, de puissance
!

Et dites vous bien que cela continue, que cela sera sans fin, si cette pauvre humanité n'ouvre pas les yeux..
La filière thorium, ça vous dit quelque chose ? C'est bien, c'est propre (enfin, moins sale), connu depuis fort longtemps mais abandonné car on ne peut pas fabriquer de plutonium pour les bombes
avec ça. Hé bien voilà, c'est censé être le nucléaire du futur, et il est déjà question de coller des centrales thorium... sur la lune !
Non, c'est pas pour le 1er avril.. Vous imaginez les parts de marché, le monopole de rêve, les chiffres d'affaires à la clé ?
Et mars, la planète rouge, on en parle un peu moins ces temps-ci. Le "terraforming" de Mars, ça vous dit quelque chose ??
Ca fait des années que c'est à l'étude déjà, ça n'est rien moins que de (re)créer une atmosphère sur Mars, pour le rendre vivable !
Vivable ? Ben oui, parce que sur Terre, quand on aura tout niqué, tout exploité, qu'il n'y aura plus rien à gratter, plus rien à sauver, faudra bien qu'une élite triée sur le volet puisse aller
propager le cancer.. pardon, la race humaine ailleurs dans l'univers.
Et vous imaginez le pognon monstre à ramasser, les débouchés incroyables, les empires à bâtir ??

Vous croyez toujours que c'est un "happy april fool's day" ?
Réveillez-vous, ouvrez les yeux, sortez votre cerveau du bocal sur la table de nuit, cherchez.. Eteignez votre télé et pensez par vous-mêmes. Observez un peu la triste jungle humaine, son
"évolution", que l'on trouve si formidable depuis le temps des cavernes.. Restez modestes, 50,60 ans en arrière.
Hiroshima, Nagasaki, l'ABCC.
La déclaration d'Ensenhower en 54.
L'accord entre l'AIEA et l'OMS en 59.
Mayak, windscale, Chernobyl, Fukushima
Guerre du Golfe, Kossovo, Afghanistan, Irak, Lybie.. Remarquables performances des armes à l'uranium appauvri.. et combien de décennies, de siècles de séquelles pour les populations civiles ?
Au japon, on cherche à disséminer les déchets du tsunami devenus radioactifs et ceux issus de la "décontamination" partout dans le pays, en faisant appel à l'esprit patriotique de la population. Ce
qui permettra de globaliser l'augmentation des cas de cancers et d'embrouiller les études épidémiologiques. Sans oublier bien sûr les marchés juteux de quelques milliards de Yens à se partager
entre politiques, hommes d'affaires et scientifiques corrompus, en cheville avec la mafia qui perpétue l'esclavagisme moderne auprès des malheureux qui leurs servent de "viande à rems".

Chez nous, on est quand même plus civilisés.. On exploite juste la Françafrique tant qu'on pourra pour alimenter notre "indépendance énergétique", et c'est tout juste si on délaisse un peu quelques
petits déchets inoffensifs dans d'anciennes carrières, dans des dépots clandestins de futs qui rouillent gentiments dans la nature, dans les remblais de lotissements, de terrains de sport, sous un
parking.. C'est tout juste si on s'autorise, sous couverture du "secret défense" bien entendu, à laisser crever sans indemnités les "irradiés de la république", selon les ambitions du Général. Et à
peine si on permet légalement de caser quelques autres déchets dans des biens de consommation..

Faudrait-il vraiment vous énumérer tous les politiques et autres tenants du pouvoir financier et commercial et leurs bienfaits, qui depuis 60 ans nous bourrent le cul de paille comme on dit par
chez moi, à propos du nucléaire ? entre autres.

Qui, parmi vous, parmi vos parents, a eu le choix de décider, de dire OUI, je veux du nucléaire, ou NON, je n'en veux pas, en connaissance de cause ? QUI ??

Qui a mis en place tous ces décideurs, qui a laissé s'installer cette pourriture, ce mépris, cette arrogance, ces germes de la destruction de l'humanité et de la planète, au bénéfice d'une infime
minorité, pour 3-4 de leurs ridicules générations, à l'échelle de l'espèce humaine ? QUI ??

Pendant longtemps, quelques dizaines d'années, je n'ai pas voulu entendre parler de politique. Maintenant, j'ai l'âge d'avoir bientôt un petit fils. L'âge de rentrer dans les statistiques, et comme
un homme sur 2, d'avoir moi aussi mon cancer, comme les amis, comme la famille.
Des mots d'une chanson me reviennent souvent en tête, je crois que c'est du Cabrel : "Je courrais, je courrais je courrais, et le temps s'en allait ..."
Depuis quelques mois, d'autres s'y ajoutent, des Frying Dutchman : "alors qu'on s'amusait, les ingénieurs ont conçu des centrales nucléaires..."

Maintenant, je me dis "Bon sang, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai laissé faire ? Qu'est-ce qu'ON a laissé faire ??"

N'avez-vous pas des enfants, des petits enfants ? Ne comptez-vous pas en avoir ?

Le nucléaire est une solution de DESTRUCTION FINALE.
Une voie sans issue, sans solutions, sans remêdes, sans avenir.
Voilà 60 ans qu'on vous promet que le meilleur est pour demain.

Etes-vous assez obtus pour croire encore que c'est l'avenir de la France qui est en jeu, son économie, son industrie, les emplois de toute un indispensable filière, si on ne continue pas dans cette
voie obsolète et aberrante ?
Voilà des années qu'on vous ment sur les risques, sur les coûts, les perspectives, sur la finalité.

N'en avez-vous pas assez d'entendre des responsables politiques, dont la responsabilité s'arrête à s'assurer un gros salaire, une grosse retraite, un maximum d'avantages et la meilleure protection
possible contre toute mise ne cause, déclarer par exemple "Il y a bien des ponts qui s'écroulent lors des tremblements de terre, et Alors ? On n'a pas arrêté de construire des ponts ! Pourquoi
arrêterait-on de construire des centrales nucléaires ?" Un ministre Turc il me semble. Et ne dites pas "Ha oui, mais un Turc.." On a exactement les mêmes à la maison !!

On aura l'air fin, avec nos centrales de m*rde, nos politiques de m*rde et nos électeurs du même tonneau, si le Japon dans un éclair de lucidité, de courage et de volonté, devient logiquement vu
ses capacités technologiques, le leader mondial des solutions d'énergies distribuées et renouvelables, et le leader mondial des techniques de démantèlement des anciennes centrales !

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