16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 21:31

chernobyl-graffiti_1881641b.jpg« Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 "liquidateurs" les plus exposés. »

(extrait du dossier scientifique sur le nucléaire mis en ligne par le CNRS début janvier 2013)

 

Même après la catastrophe de Fukushima, le village nucléaire mondial reste cohérent, il produit le même discours dans toutes les organisations institutionnelles : le nucléaire, même lors des accidents, ne génèrerait que très peu de décès. C’est la doctrine officielle, et quasiment tous les salariés et subventionnés de l’énergie nucléaire se soumettent à ce postulat. Bien sûr, pour « prouver » cette assertion, on se réfère à l’unique source autorisée, le rapport initié par l’AIEA, premier promoteur de l’énergie atomique dans le monde,  « L’héritage de Tchernobyl : impacts sanitaires, environnementaux et socio-économique », publié en 2005.

 

Pourtant d’autres rapports scientifiques existent, mais les organisations institutionnelles les ignorent complètement :

 

- 2006 : The other report on Chernobyl (Torch)

 

- 2006 : The Chernobyl Catastrophe - Consequences on Human Health

 

- 2009 : Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment

 

De plus, les actes de la conférence « Les conséquences de Tchernobyl et d'autres accidents radiologiques sur la santé » qui s’est tenue à Genève en 1995 n’ont jamais été publiés. Il y a donc réellement une mainmise de l’AIEA sur les publications de l’OMS avec une réelle volonté de cacher la vérité. Est-ce une démarche scientifique ? Certainement pas, et c’est une honte que le CNRS s’associe à cette démarche négationniste.

 

Deux personnes se sont élevées contre le positionnement du CNRS, Thierry Ribault, économiste au CNRS, et Stéphane Lhomme, de l’Observatoire du nucléaire. Dans ces deux articles, la lumière est faite sur la stratégie du CNRS pour manipuler l’opinion :

 

 

Fukushima : le CNRS tait la vérité et domestique les masses

par Thierry Ribault

Le CNRS a rendu accessible le 7 janvier un dossier scientifique multimédia sur l’énergie nucléaire, destiné au « grand public ». Chercheur au CNRS en poste au Japon, où je travaille sur les modalités de la protection humaine dans le contexte du désastre de Fukushima, je tiens à me dissocier des propos tenus dans cette « animation », destinée à domestiquer les masses et taire la véritable situation à Fukushima.

Dans ce dossier « scientifique » aux desseins animés, les affirmations dénuées d’argumentation et prenant des allures d’évidences indiscutables sont légion. Ainsi, il y est certifié que :

(…)

Lire la suite de l’article

 

 

L'Observatoire du nucléaire accuse le CNRS de tromperie

par Stéphane Lhomme

« Le 7 janvier 2013, le CNRS a annoncé par communiqué la publication d'un document multimédia sur le nucléaire, prétendant que "Cette animation donne au grand public des clés pour mieux comprendre la problématique du nucléaire et ainsi participer au débat qui se déroulera de janvier à avril 2013."

Le CNRS pouvait éventuellement prendre position en faveur de l'atome, mais à condition de le faire de façon affichée et assumée. Au contraire, jouant de toute évidence de son statut d'organisme public, le CNRS laisse habilement penser que le contenu de son document est non partisan et ne fait que présenter de façon neutre et honnête les éléments du débat sur le nucléaire. Il s'agit d'une tromperie délibérée.

(…)

Lire la suite de l’article

 

 

     

 

_________________

 

Mise à jour du 20 janvier 2013

 

Suite à la dénonciation générale sur la toile de certains propos mis en ligne par le CNRS, les auteurs du dossier sur le nucléaire ont modifié le texte incriminé dans cette page (cf. texte copié-collé extrait de la partie « Aspects sociétaux / Conséquences des accidents nucléaires » en début du billet).

 

Thierry Ribaut en fait état dans un commentaire sur le site de Rue89. Voici un extrait de son commentaire :

 

« Allégations qui s’effondrent de facto

 

Il semble que les allégations de certains extrémistes de la domination qui s’expriment dans les commentaires de cet article, m’affublant de « paranoïa » (ont-ils même déjà rencontré un paranoïaque ?) ou encore m’imaginant « soutenu par les multinationales des énergies fossiles, qui font 2 millions de morts par an », (seulement ? !), de facto s’effondrent : les artisans du site du CNRS ont modifié ce jour un passage du texte du dossier sagascience sur l’énergie nucléaire à la partie Conséquences humaines des accidents nucléaires.

Je rappelle l’ancienne version :

 

« Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 “liquidateurs” les plus exposés. Par ailleurs, des registres font état d’environ 4000 cas de cancers de la thyroïde diagnostiqués imputables à l’accident de Tchernobyl, chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans en 1986, âge où la maladie est rare et n’a pu être induite que par une contamination à l’iode radioactif dispersé dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe. D’autres conséquences graves, notamment psycho-sociologiques, existent pour les populations humaines : la détresse, pouvant mener au suicide, des populations évacuées qui perdent tout du jour au lendemain et la peur de la contamination (à Tchernobyl, un grand nombre de femmes ont avorté par crainte de donner naissance à des enfants malformés). »

 

Et je signale la nouvelle (en mettant en gras le passage ajouté, les fautes de frappe ne sont pas de moi) :

 

« Le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations-Unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50 et à 2200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 “liquidateurs” les plus exposés. Par ailleurs, des registres font état d’environ 4000 cas de cancers de la thyroïde diagnostiqués imputables à l’accident de Tchernobyl, chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans en 1986, âge où la maladie est rare et n’a pu être induite que par une contamination à l’iode radioactif dispersé dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe.
Cependant, ces chiffres font l’objet de fortes controverses dans la commaunauté scientifique internationale et il est donc encore aujourd’hui, plus de 20 ans après, très difficile d’avoir une estimation fiable du nombre de victimes de cette catastrophe.
D’autres conséquences graves, notamment psycho-sociologiques, existent pour les populations humaines : la détresse, pouvant mener au suicide, des populations évacuées qui perdent tout du jour au lendemain et la peur de la contamination (à Tchernobyl, un grand nombre de femmes ont avorté par crainte de donner naissance à des enfants malformés). »

 

On note, outre la timidité de cet ajustement (pourquoi ne pas fournir directement les chiffres alternatifs disponibles partout ?) qu’une attention au moins aussi grande est portée aux « conséquences graves notamment psycho-sociologiques » de la catastrophe de Tchernobyl, qu’au chiffrage des victimes du cancer. Ce qui est encore une fois un parti pris évident en faveur de la non-évacuation des populations (donc d’une relativisation de la gravité des effets sanitaires physiologiques des radiations) alors que, comme l’indique le rapport gouvernemental ukrainien que j’ai cité dans mon article, sur les 13 136 enfants nés entre 1992 et 2009, des « liquidateurs » ukrainiens de Tchernobyl de 1986-1987, 10% présentaient des malformations congénitales à la naissance : la peur de la contamination » et la « crainte de donner naissance à des enfants malformés » sont bel et bien fondées. »

 

 

Comme quoi il est utile de dénoncer des textes honteux chaque fois que nécessaire. Le CNRS, qui lui-même a combattu le négationnisme dans ses propres rangs il y a une douzaine d’années, ne pouvait laisser ce texte en l’état. La correction est timide, mais la correction est là, c’est tout à son honneur.

 

 

 

 

_________________

 

Photo d’entête :  AFP/East News

 

 

 

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commentaires

Pierre Fetet 28/01/2013 22:54

@JP
Non bien sûr, ce n’est pas la même chose. Mais si le terme de négationnisme désigne au départ la négation de la réalité du génocide pratiqué par l'Allemagne nazie contre les Juifs (4 à 5 millions
de morts), il est aujourd’hui utilisé, par extension, pour désigner la négation, la contestation ou la minimisation d'autres faits historiques, en particulier ceux qu'on pourrait qualifier de
crimes contre l'humanité. Nier le million de morts dus à la catastrophe de Tchernobyl comptabilisé de manière scientifique en 2004, c’est du négationnisme. Ces morts n’ont évidemment pas été
voulus, il s’agit d’un accident. Mais il s’agit tout de même d’un million de morts (probablement plusieurs millions aujourd’hui). Avec Fukushima, il ne s’agit plus d’un accident. Nous avons la
preuve que la catastrophe nucléaire est d’origine humaine et qu’elle était évitable. Il s’agit donc d’un crime contre l’humanité. D’abord contre les millions de Japonais contaminés, mais aussi
contre les milliards d’êtres humains qui seront contaminés durant les 40 prochaines années à cause des radionucléides qui s’échappent quotidiennement de la centrale dans l’atmosphère et dans
l’océan Pacifique. Avec le recul de Tchernobyl, on sait très bien quelle incidence la catastrophe de Fukushima aura sur la population. Tous les accidents nucléaires futurs seront également des
crimes contre l’humanité, car aujourd’hui on sait qu’il est impossible d’utiliser l’énergie nucléaire sans provoquer des catastrophes monstrueuses. Choisir cette énergie, c’est choisir la prochaine
catastrophe. Pour moi c’est criminel.
Enfin, à titre d’information, la radioactivité a fait au moins 65 millions de morts dans le monde (source : http://www.euradcom.org/2003/nouvellesnormes.htm).

JP 28/01/2013 21:52

Je n'ai pas tout compris: en parlant de negationnisme, vous soutenez que pro-nucleaires et negationnistes de la Shoah, c'est la meme chose? (cf dernier lien sur Serge Thion)
Vous n'allez pas un peu loin?

robert 21/01/2013 08:14

Intéressante mise à jour sur l'évolution du discours tenu par le CNRS. Quiconque a suivi le fil des versions officielles des événements de Fukushima a déjà compris que le flou, la dissimulation, la
falsification, les revirements, la contradiction, la feinte ignorance, les détournements d'attention et autres techniques génératrices de confusion sont devenues la marque caractéristique du
discours tenu par le nucléaire.
Ce discours fluctuant suggère sa faiblesse croissante et son échec final.

Delphin 19/01/2013 20:18

Oui Lionel, l'accumulation de l'incorporation par le vivant de faibles doses de radioactivité conduit statistiquement à long terme à un accroissement ultérieur du nombre de cancers pour le groupe
qui y a été soumis.

Cependant, comme pour le tabac, nous sommes très inégaux quant aux effets sur l'organisme. Telle personne, présentant pourtant des anomalies cellulaires consécutives à une faible contamination
prolongée, ne semblera pas en souffrir, tandis que telle autre, pour des doses plus faibles, déclenchera ultérieurement un cancer. Sans oublier les plus fragiles, les enfants.

Il n'en reste pas moins que l'âge avançant est un facteur statis tiquement à prendre en compte, même si les pronucléaires amplifient probablement fortement cette caractéristique du vivant.

Personne ne peut dire ce que serait le vieillissement dans un cadre non agressif puisque ce cadre n'existe pas. Alors, chez les spécialistes, les polémiques vont bon train.

Mais de toute façon, l'important est que la radioprotection doit se baser sur les groupes les plus à risques (dont les enfants) et non sur une hypothétique moyenne de population.

Delphin

Lionel 19/01/2013 15:16

L'effet du vieillissement a vécu...
Il est tout-à-fait évident qu'une personne ayant inhalé ou ingéré une particule radioactive n'aura pas de cancer si elle meurt prématurément dans un accident de circulation !
L'effet de proximité, effet des faibles doses doit se comprendre sur la durée, en quelques années ce ne sont pas moins de quelques milliards de bombardements de quelques cellules qui se produisent
et plus le temps passe plus le risque de dégénérescence est grand.

http://aipri.blogspot.fr/p/calcul-de-dose-lenergie-deposee-par-une.html

Il est donc normal qu'une personne contaminée vers la trentaine se voit déclarer des cancers avec l'âge, ce qui ne sigbnifie en aucun cas que le vieillissement soit générateur de cancers !!!
Pour les molécules non radioactives, il s'agit non seulement d'un équivalent de l'effet de proximité mais les populations exposées le sont de façon récurrentes au quotidien par la nourriture, les
produits ménagers... et il y a donc un effet d'accumulation puisque beaucoup sont accumulables dans les graisses ou certains organes, il suffira par exemple d'une innocente cure d'amaigrissement
pour libérer quelques molécules de trop qui vont engendrer un cancer 15, 20, 30 ans plus tard...
Cet argument de l'augmentation du taux de cancers avec l'âge, de même qu'en raison de meilleurs dépistages est simplement une arme de propagande pour nous masquer la réalité :
Les contaminations par les faibles doses répétitives sont génératrices de maladies induites parfois mortelles, c'est un fait acquis !

robert 18/01/2013 20:14

Au cours de mes interrogations sur les conséquences que pourraient avoir entraînées les explosions, criticités, incendies de Fukushima, je suis tombé, en parcourant internet, sur ce fleuron de
l'intox pro-nucléaire, un texte signé d'un certain Bernard L. Cohen, du département de physique de l'université de Pittsburgh, et daté de 1985, où on apprend que le plutonium n'est pas plus
dangereux que la caféine, et que personne n'a voulu relever le défi de l'auteur qui aurait proposé personnellement d'avaler ou d'inhaler autant de plutonium que son contradicteur accepterait
d'absorber de caféine.
"Le mythe de la toxicité du plutonium" (en anglais):

http://www.fortfreedom.org/p22.htm

On se demande pourquoi se donner la peine de construire des enceintes de confinement autour des réacteurs!

Pierre Fetet 18/01/2013 18:04

Merci pour cette précision importante Delphin !
Il serait intéressant alors de connaître la part due au vieillissement.

Delphin 18/01/2013 17:49

Citation Pierre Fetet : "Pas étonnant avec tout ça [les radionucléides régulièrement déversés dans l'environnement] que le cancer progresse. Pour la France, on est passé, entre 1950 et 2001, de 175
à 230 décès pour 100 000 habitants (métropole)."

Un partie importante de cet accroissement provient du vieillissement de la population (l'occurence de cancer croît avec l'âge)

Delphin

Pierre Fetet 18/01/2013 10:18

Le taux radioactif augmente effectivement en continu puisque l'industrie nucléaire déverse quotidiennement des radionucléides dans l'enironnement. Ca a commencé avec les essais atmosphériques, ça
continue avec les centrales électriques, les réacteurs expérimentaux et pour production médicale et les bombes à uranium.
Pas étonnant avec tout ça que le cancer progresse. Pour la France, on est passé, entre 1950 et 2001, de 175 à 230 décès pour 100 000 habitants (métropole).

Une lecture réaliste sur la radioactivité produite par les humains dans l'atmosphère : "La chambre à gaz atomique" consultable en ligne ici :
http://www.vff-marenostrum.org/News/La-chambre-gaz-atomique-P.Scampa-2012.pdf

Il ne faut pas oublier non plus que le nucléaire n'est pas le seul responsable, l'homme a produit de nombreuses substances cancérigènes et mutagènes non radioactives !

babelouest 18/01/2013 08:57

Peut-on déduire de toutes ces études que le taux "naturel" moyen sur la Terre a augmenté, induisant des risques désormais plus grands pour tous de développer des cellules malignes résistant aux
défenses du corps ? C'est bien entendu valable pour tous les êtres vivants, plantes comprises.

Pour les lanceurs d'alertes, il faut tenir compte du fait qu'avant Internet leur tâche était quasi impossible. Même aujourd'hui leur voix est bien faible au milieu du tohu-bohu causé par les médias

Pierre Fetet 17/01/2013 21:00

@ tous
Merci pour vos réflexions et liens très intéressants !

@ Georges DAVID
Je ne me serais pas permis de mettre des guillemets et d'écrire que c'était un extrait du dossier du CNRS si cela n'avait pas été le cas.
L'extrait cité, qui nomme bien le rapport de l'AIEA de 2005, est un copié collé du texte que vous trouverez dans Aspects sociétaux / Conséquences des accidents nucléaires

Delphin 17/01/2013 20:54

Voici la copie d'une "escarmouche"à propos des faibles doses que j'ai eue en avril 2012 avec le producteur de l'émission "Science publique" sur France Culture, sur son blog.

Le problème est que ces journalistes "têtent" à la mamelle CEA.

Delphin
--------------------------------------------------------------------
Le modèle de la CIPR 60 (1990) est bien sans seuil !

1
Extrait du blog de Michel Alberganti « Science publique » sur France Culture (12 avril 2011)

« … En fait, la limite de 100 millisieverts par an est considérée comme celle à partir de laquelle la proportion de cancer commence à augmenter dans la population touchée. Le risque
progresserait de 5% par sievert supplémentaire, »

-------------------------------------------------------
Delphin12.04.2011

Bonjour,

Il faut répéter encore et toujours que la Commission Internationale de Protection Radiologique a bâti en 1990 (CIPR 60) un modèle des détriments apportés par les faibles doses :

Il n'y a pas de seuil, la relation est linéaire et l'effet est aléatoire, donc n'a pas de sens au niveau individuel.
Si 10 000 personnes reçoivent 1 sievert, 500 feront un cancer mortel. 50 si elles reçoivent 100 millisieverts et 5 si elles reçoivent 10 millisieverts.
Appliqué au Japon actuel, cela signifie que si 1 million de japonais (zone très contaminée) recevaient les 300 millisieverts mentionnés, 15 000
2
développeront ultérieurement un cancer.

La CIPR est l'organisme officiel international qui édicte des recommandations en ce domaine. La France a mis du temps à appliquer ce modèle, mais elle le fait, tout en répétant que la CIPR était
mue par un souci hyperprotecteur, ce qui ne tient pas puisqu'il s'agit ici d'un modèle et non d'une norme.

Le modèle de la CIPR a des implicites sociaux,puisqu'elle parle de cancers radio-induits "mortels".C'est choquant, puisque ça signifie que si on guérissait maintenant, par exemple, 50% de ces
cancers, l'impact décrit par le modèle serait alors divisé par deux !

Depuis, Tchernobyl a montré qu'il y avait d'autres effets que les cancers aux faibles doses, comme des atteintes cardiaques. la recherche montre également que nous sommes extrêmement inégaux quant
aux effets des faibles doses et que les perturbations cellulaires se transmettent aux descendants, souvent sans effets apparents, mais pas toujours.

POURQUOI LES MEDIAS NE FONT-ILS JAMAIS REFERENCE A CETTE NORME, POURTANT OFFICIELLE ?

Amicalement,

3
Delphin
(Sources : La Gazette Nucléaire, revue du Groupement des Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire)







REPONSE DE MICHEL ALBERGANTI :

@Delphin
La CIPR ne dit pas qu'il n'y a pas de seuil. Elle définit des mesures sur la base d'une hypothèse sans seuil ("soucis hyperprotecteur" comme vous dites).
Cette hypothèse est débattue (doses naturelles, études suites aux bombes A, étude sur un bâtiment à Taïwan, etc.)







INTERPELLATION DE TRAFIC :

trafic12.04.2011

@Delphin
"Il faut répéter encore et toujours que"

Ce serait mieux si vous répétiez encore une
4
fois, mais cette fois en donnant à l'appui de vos affirmations, des références précises. Et aussi bien si ces références précises ne sont pas à leur tour des affirmations péremptoires...








Delphin13.04.2011

Bonjour trafic (et les autres)

En 1990 la CIPR a redéfini complètement le système de radioprotection qu'elle recommande dans sa publication 60 (CIPR 60, 1991) [5].

Les nouvelles recommandations de la CIPR [7]
1) Il n'y a pas de seuil de dose en dessous duquel il n'y a aucun effet . La Commission s'explique sur ce point dans plusieurs articles (Art. 21, 62, 68, 69, 100). Toute dose de rayonnement
comporte un risque cancérigène et génétique (effets stochastiques ou non déterministes).

2) La probabilité d'apparition d'un cancer radio-induit mortel est directement proportionnelle à la dose reçue.

5
3) Le rayonnement naturel n'est pas inoffensif.
L'article 140 précise :
«La composante de l'irradiation du public due aux sources naturelles est de loin la plus élevée, mais ceci ne fournit aucune justification[souligné par nous] pour réduire l'attention qu'on doit
apporter aux irradiations plus faibles mais plus facilement maîtrisables dues aux sources artificielles»[sous-entendu hors situation accidentelle].
(Extrait de "La Gazette Nucléaire, n°141/142 avril 1995)
La modélisation était dans mon précédent message.


Pour compléter : Conférence internationale MELODI dédiée aux recherches sur les faibles doses de rayonnement ionisant octobre 2010 : "Aussi faible soit la dose, le risque existe" Sylvie Chevillard,
chef du service de radiobiologie expérimentale du CEA.

Amicalement à trafic (et aux autres),

Delphin







6
Delphin14.04.2011

Bonjour,

Je suis allé relire la CIPR 60 et sa vision de la notion de seuil :

"Malgré l'existence de mécanismes de défense très efficaces, le clone de cellules résultant de la reproduction d'une cellule somatique modifiée mais viable, peut conduire après un retard prolongé
et variable appelé période de latence à la manifestation d'une condition maligne, un cancer. La probabilité d'un cancer résultant du rayonnement augmente ordinairement lorsque les doses augmentent
par incréments, probablement sans seuil et d'une façon qui est approximativement proportionnelle à la dose" (Art. 21).

"Les mécanismes de défense ne sont probablement pas totalement efficaces même aux faibles doses, aussi, il est improbable qu'ils engendrent un seuil dans la relation dose/réponse" (Art. 62).

"L'équilibre entre les dommages et les réparations dans les cellules et les mécanismes ultérieurs de défense peuvent influer sur la forme de la courbe de réponse, mais on ne peut en attendre qu'il
en résulte un véritable seuil" (Art. 68)

Source : La Gazette Nucléaire n° 117/118.



7
A propos du suivi des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki, qui a fondé les normes concernant les faibles doses :

- La population suivie n'était pas normale au sens statistique (survivance des plus résistants).
- fragilité des déclarations, surestimatrices des doses reçues, puisque l'étude a commencé seulement 5 ans après et que le dédommagement financier s'accroissait avec la proximité de
l'épicentre.
- Sous-estimation non négligeable d'un effet de protection de bâtiments, surestimant là encore les doses reçues. On attribue donc à des doses plus élevées les détriments de doses plus faibles.
- Un "flash" brièvement très irradiant ne peut être vraiment comparé à une faible contamination chronique.
- Lorsque l'étude devint enfin accessible à tous les chercheurs, certains documents importants avaient disparu.

En résumé, l'étude des survivants d'Hiroshima est maintenant discréditée.

Amicalement,

Delphin

Roland 17/01/2013 18:31

Une démarche biaisée, une fois encore, qui souligne la nécessité des "veilleurs", des blogs comme celui que tu animes, l'apport de Trifou (Gen4).
Nous refusons le déni, nous réclamons un réel effort des autorités de sûreté, des gouvernements. Les associations, les mouvements comme la révolution des hortensias nous aident à balayer cette
mauvaise approche, qui ne trompe plus les citoyens.

DAVID Georges 17/01/2013 14:59

@ Pierre FETET : un ami, à qui j'ai fait suivre cet article, m'a très justement fait remarquer que dans le dossier scientifique sur le nucléaire réalisé par le dit CNRS, ainsi que dans le
communiqué de presse qui a accompagné la sortie de ce dossier: http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2933.htm , jamais il est fait référence au rapport de 2005 - en effet très contestable - de
l'OMS et de l'AIEA.

D'où tirez vous cette assertion (dans ses propos Thierry RIBAULT s'y réfère également) ? S'il s'agit d'écrits du CNRS en marge de ce montage vidéo, il serait bon pour une bonne crédibilité d'en
préciser la source?

Merci pour votre réponse et un grand bravo, au passage, pour votre blog.
Georges

Lionel 17/01/2013 13:28

L'équilibre du monde capitaliste est en jeu !
C'est le moment plus que jamais de faire connaître la réalité des effets des faibles doses de contaminants.

http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Role_cesium_cancer_thyroide.pdf
Par le Pr Bandajevsky.

L'effet des faibles doses ou effet Petkau :
http://books.google.de/books?id=kkxzmBwKt78C&printsec=frontcover&hl=de#v=onepage&q=plankton&f=false

Toutes les doses de radiations peuvent générer des cancers :
http://www.nirs.org/press/06-30-2005/1

Le Pu, poumons et effet de proximité :
http://www.aipri.blogspot.fr/2012/12/plutonium-poumons-et-effets-de.html

L'imposture des facteurs de doses ( pour les amateurs de précisions physico-médico-techniques... ) :
http://www.aipri.blogspot.fr/2012/12/jirai-cracher-sur-vos-tombes.html

Encore bien d'autres à donner le tournis, j'ai choisi parmi les plus crédibles !
C'est le moment de montrer que nous pouvons faire face intelligemment à l'insupportable propagande et omerta sur le sujet !

robert 17/01/2013 10:47

C'est à mon avis un des aspects les plus alarmants de l'apocalypse nucléaire que nous vivons aujourd'hui.
J'emploie le mot "apocalypse" dans son sens étymologique, c'est à dire "dévoilement", "révélation".
Face aux dangers immenses de cette puissance destructrice censée avoir été domptée au service de la vie, nous avons cru pouvoir nous fier aux assurances prodiguées par les autorités publiques,
internationales, scientifiques. Aucun des "accidents" (en réalité produits inéluctables) du
nucléaire survenus par le passé, malgré les explications officielles apaisantes, n'a vraiment été résorbé. Les diverses contaminations, depuis les essais nucléaires, subsistent et s'accumulent.

Fukushima est la goutte qui fait déborder le vase. Le tour de passe-passe qui consiste à déclarer la catastrophe heureusement évitée, le danger minimisé, escamoté, nié, cet expédient est utilisé
une fois de trop, nous ne l'acceptons plus! Nous sommes brutalement réveillés au fait que toutes ces instances qui s'abritent derrières les titres scientifiques et l'autorité publique travaillent
en réalité depuis le début contre le bien public.

Il nous faut désormais prendre en main nous-mêmes la surveillance de notre environnement, la mesure du danger réel, la protection de nos vies, la diffusion de l'information véritable, assurer la
mise en commun des compétences bénévoles.

Cette apocalypse, c'est le masque rassurant du nucléaire définitivement levé, c'est la perte de crédit des autorités, mais c'est peut-être aussi un point critique atteint pour la fragilité de notre
biosphère.

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