3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 20:01
coteest4Les inquiétudes au sujet du risque d’effondrement de la piscine de l’unité 4 de la centrale de Fukushima Daiichi sont-elles fondées ? Au Japon, tout le monde parle de ce danger et, pour répondre à cette question, des journalistes d’investigation de l’émission « Hodo Station », sur la chaîne de télévision TV Asahi, ont réalisé une enquête dont les résultats ont été diffusés le 25 mai 2012.
 
Cet article présente les principales informations tirées de cette recherche puis une extrapolation sur ce qui pourrait advenir si Tepco ne réussissait pas son pari de récupérer les barres de combustibles d’ici trois ans.
.
 
Avant toute chose, je tiens à remercier Kna qui nous permet d’avoir accès, par son travail de traduction, de sous-titrage et de diffusion de vidéos, à des informations qui, jusqu’à présent, restent taboues en France dans les grands médias.
 
 
 
Une émission remarquable : une problématique,
des témoignages d’experts, des expériences, des conclusions
 
Comme on aimerait voir ce type d’émission télévisée en France, où des experts et des chercheurs en ingénierie nucléaire parleraient librement de leurs angoisses à propos des risques de l’atome. Pour rappel, l’unité 4 possède une piscine de désactivation contenant 1535 assemblages, soit environ 264 tonnes de combustible. Cette piscine est perchée à 20 mètres au dessus du sol, mais sa structure a subi d’énorme contraintes mécaniques et thermiques lors des explosions et incendies qui ont eu lieu le 15 mars 2011, sources des inquiétudes sur son état.
 
 

 

Masashi GotoMasashi Goto, ex-ingénieur Toshiba expert en conception de centrales nucléaires résistantes aux séismes, a conçu le confinement des réacteurs nucléaires. Voici ce qu’il pense de la solidité du bâtiment réacteur n°4 :

 

 
« Même si les murs existent, il n’y a pas de manière simple d’en connaître la stabilité. A quel point la stabilité a-t-elle été compromise par la haute température de l’incendie ? Il est essentiel d’avoir toutes les données quand vous travaillez sur un calcul structurel. Chaque fois que Tepco publie des données, ils disent toujours « Nous avons calculé ceci, voici le résultat de ce que nous avons fait donc il n’y a pas de danger ». Mais ils n’ont jamais publié une donnée que quelqu’un de l’extérieur pourrait utiliser pour vérifier leurs conclusions. »
.
 
 
Yukiteru NakaYukiteru Naka, directeur de Tohoku Entreprise, travaillait à l’origine comme ingénieur chez General Electric. Spécialisé dans les systèmes de tuyauterie, il a été fortement impliqué dans la construction de la centrale de Fukushima Daiichi (réacteur 1, 2 et 6). Il est maintenant engagé dans les travaux de démantèlement. Connaissant l’état réel du bâtiment réacteur 4, il fait des aveux sur la dangerosité d’une possible fuite d’eau de la piscine de refroidissement de combustible :
 
« Je dois dire qu’il y a un risque concernant l’unité 4. La piscine est actuellement refroidie par un système temporaire. Mais les conduits s’étendent sur des dizaines de kilomètres et étant donné que c’est une construction provisoire, ce n’est pas censé résister aux secousses sismiques. Il n’y a pas assez de maintenance. Les tuyaux courent à travers les décombres. J’estime qu’il faudrait peu de temps pour vider la piscine si les tuyaux étaient endommagés et causaient une fuite. Les émissions de matières radioactives seraient si élevées que personne ne pourrait s’approcher. (…) J’aimerais que le gouvernement et Tepco se préparent avec une notion de crise imminente à l’esprit. (…) Si la piscine se vide, aucun travailleur ne pourra s’approcher du bâtiment réacteur 4, ni des bâtiments 1, 2 et 3. »
.
 
koideHiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche Nucléaire Universitaire de Kyoto, est particulièrement inquiet de l’état de l’unité 4 :
 
« Si la piscine devait s’effondrer à cause d’un nouveau gros séisme, les émissions de matière radioactives seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire d’Hiroshima. »
 
 
Selon un institut de recherche de l’Agence de l’Energie Atomique du Japon, en cas d’entassement des barres de combustible, celles-ci peuvent s’échauffer car l’air ne peut pas circuler. Si la température dépasse 700 °C, les gaines peuvent se briser et laisser s’échapper les pastilles de carburant composées d’uranium et de plutonium.
 
Sans refroidissement par l'air, la destruction des barres par échauffement et la libération des matières radioactives signeraient probablement le début de la fin pour le Japon, et peut-être pour le monde.
 
gaines 
 
 
Gaines de combustibles
éclatées entre 700 et 900 °C
 
 
 
 
 
 
Conclusion sibylline du présentateur pour qui n’a pas suivi entièrement l’émission : « Nous avons découvert l’importance de ce que nous devons envisager ». Pour bien comprendre ce que cela veut dire, je vous conseille de regarder entièrement cette émission :
 
 
Partie 1

 
 
Partie 2

Vidéo originale postée par Irwin Miller : http://youtu.be/jOEkyTPLWzA
Traduction Anglaise par Goldieluvmj : http://youtu.be/zuxFQewzPjk
Traduction et sous-titrage Fr par Kna60.
Version en une seule partie : http://dai.ly/KoYyBP
 
 
Le scénario du pire
 
Il n’y a pas que les experts japonais qui s’inquiètent. Si l’on en croit Robert Alvarez, ancien conseiller au Département américain de l’Énergie, ce problème devrait concerner le monde entier :
 
Robert Alvarez« Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl » (source)
 
 
Pourquoi dans certains cas, on écoute les spécialistes, et que dans d’autres cas on les ignore ? Dans le cas de la catastrophe nucléaire en cours de Fukushima, les raisons sont à la fois économiques et politiques. Pourtant, en ignorant ces alertes avisées, les autorités donneraient comme issue à la crise le hasard ! Si on a de la chance, il n’y aura pas de tremblement de terre assez puissant pour détruire le bâtiment réacteur 4 d’ici trois ans et le combustible pourra être mis en lieu sûr. Si on n’a pas de chance, la piscine s’effondrera avec son combustible et engendrera un enfer atomique mondial. L'attitude de nos gouvernants reflète malheureusement pour l'instant une sorte de lâcheté qui ne correspond pas à la hauteur de leur mission.
 
La responsabilité de savoir si cette piscine va tenir le coup ou non lors du prochain grand séisme japonais ne devrait pas être laissée à Tepco. L’ONU devrait constituer et envoyer d’urgence une équipe scientifique composée des meilleurs spécialistes mondiaux afin d’analyser la situation et de prendre des mesures immédiates de sauvegarde du bâtiment et de transfert des combustibles dans un endroit sûr. Dans cette course contre la montre, un an a déjà été perdu, et il faudrait encore en attendre trois ? Tout cela semble invraisemblable.
 
Avant que Tepco n’avoue la fonte des trois cœurs en 2011, tous les médias évoquaient le scénario du pire comme étant la perte de confinement des matières radioactives, souvent comparée au « syndrome chinois », mais plus justement appelé « Melt-out » par le professeur Koide. Aujourd’hui, l’analyse des faits conduit à envisager  un scenario encore plus dramatique.
 
 
evacuation-tokyo 
 
 
 
 
Une large évacuation du nord du Japon a déjà été envisagée par le gouvernement japonais
 
 
 
En effet, les informations fournies par les experts sont très claires : si la piscine s’effondrait, on ne pourrait plus approcher les unités 1, 2 et 3 de Fukushima Daiichi. A partir de cette donnée simple, un enchaînement d’évènements se produirait inéluctablement :
 
> Abandon de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (6 réacteurs à eau bouillante, 7 piscines, 2400 tonnes de combustibles)
 
> A très court terme, abandon de la centrale nucléaire de Fukushima Daiini qui se trouve à 12 km (4 réacteurs à eau bouillante, 4 piscines)
 
> Qui dit abandon de centrale nucléaire, dit aussi à court terme abandon du refroidissement des cœurs et des piscines de désactivation. Est-ce qu’un expert nucléaire pourrait se prononcer sur la somme de radioactivité dégagée par la perte de contrôle de 10 réacteurs et l’arrêt de refroidissement de 11 piscines de combustible ?
 
> A plus ou moins long terme, abandon probable des centrales nucléaires de Tokai à 110 km au sud (1 réacteur à eau bouillante, 1 piscine), et d’Onagawa à 130 km au nord (3 réacteurs à eau bouillante, 3 piscines)
 
> Evacuation de la moitié nord du Japon, dont la ville de Tokyo.
 
Jusqu’où cet abandon en chaîne de centrales nucléaires irait-il ? L’étape suivante ne serait-elle pas l’abandon de la mégacentrale de Kashiwazaki-Kariwa à l’ouest (7 réacteurs à eau bouillante, 7 piscines) ? Est-ce réaliste ou bien les 2400 tonnes de combustible nucléaire délaissées de Fukushima Daiichi seraient à elles seules suffisantes pour évacuer le Japon ?
 
 
centralesjapon 
 
Abandon successif probable de 14 réacteurs nucléaires en cas d'effondrement de la piscine de l'unité 4 de Fukushima Daiichi
 
 
Ceux qui pensent que des volontaires se presseraient par milliers pour combattre le feu nucléaire n’ont rien compris à la gravité de la chose. Les niveaux de radioactivité atteints dépasseraient les possibilités d’intervention humaine et la bonne volonté, même héroïque, ne servirait à rien. Alors que des robots électroniques ont du mal à fonctionner en présence de fortes radiations, les hommes eux ne le peuvent tout simplement pas.
 
RADIOACTIVITE
 
 
 
3. Pas de panique, mais de l'urgence
 
Mon but, en diffusant cet article, n’est pas d’alimenter les sites catastrophistes ou les articles prédisant la fin du monde, mais simplement d’alerter toutes les personnes responsables qui ne seraient pas conscientes du danger considérable que représenterait l’effondrement d’une piscine de Fukushima Daiichi. Il est en effet très important que chacun soit au courant de ce que représenterait l’arrivée d’un nuage radioactif provoqué par une telle catastrophe. Les autorités françaises, mais également tous les gouvernements de l’hémisphère nord, au lieu de faire l’autruche et d’être sourds aux préoccupations des experts japonais ou aux lanceurs d’alertes internationaux de haut rang, en tant que responsables de la santé de leur population, devraient d’ores et déjà diffuser massivement des conseils de radioprotection. En effet, si cette catastrophe se produisait, aucune nation n’aurait le temps de réagir efficacement à un tel évènement.
 
En France, à l’occasion des élections législatives, il serait utile que tous les citoyens de base interpellent les candidats sur ces questions : sont-ils au courant de ce danger permanent et de l’impact radiologique possible en France ? et que préconisent-ils si le bâtiment réacteur n°4 s’effondre ?
 
Pourquoi devrait-on encore croire Tepco quand elle affirme que l’unité 4 ne peut pas s’effondrer ? Pourquoi l’avenir du monde dépend-il de l’expertise de cette seule entreprise, célèbre pour être responsable de la plus grosse catastrophe nucléaire de l’histoire ?
 
Cet article rapporte des faits, des avertissements, des possibilités. Mais il n’annonce pas l’avenir. L’avenir se trouve dans les décisions politiques d’aujourd’hui. Si les personnes éclairées et influentes ne s’emparent pas de ces informations et n’usent pas de leurs pouvoirs pour faire bouger des positions idéologiques monolithiques, alors il ne restera plus comme « solution » que d’avoir de la chance !

 

 

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En savoir plus avec cet article

 

Danger mondial : les combustibles usés de Fukushima

 
    

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Mise à jour juillet 2012 : signez la pétition adressée à l'ONU !

 .

 
imagepetition 

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commentaires

Pierre Fetet 01/07/2012 23:15

Merci pour cette info Christian.

Voici le texte de M. Barré :
"vendredi 11 mai 2012 09:21
Le supportage de la piscine du réacteur 4 de Fukushima-Daiichi a été très renforcé : installation de piliers d'acier reposant sur le plancher du deuxième étage en juin 2011 puis coulée d'un voile
de béton en juillet. Ainsi consolidée, la piscine devrait résister à un puissant séisme. Si, néanmoins, elle perdait son étanchéité, il serait aujourd'hui beaucoup plus facile de la renvoyer que
cela le fut dans les jours qui ont immédiatement suivi l'accident. L'inventaire de combustible usé dans cette piscine est important, mais la chaleur "résiduelle" qu'ils dégagent est très inférieure
à celle dégagée dans les cœurs peu de temps après l'arrêt, ce qui laisse beaucoup plus de temps pour rétablir le refroidissement avant la dégradation des gaines. L'évacuation des combustibles des
piscines fait partie des actions à terminer dans les deux ans, et les Japonais commencent à préparer les dispositifs nécessaires.

Si elle perd son étanchéité, elle perd son eau. Mais M. Barré ne dit pas comment on colmate la fuite ! Se propose-t-il pour plonger dans la piscine et chercher la fissure sous les tonnes de
combustible ? Non

On vient de voir ces derniers jours que le système de refroidissement actuel de la piscine 4 n'avait pas de système de secours. On sait bien que les accidents arrivent quand plusieurs pépins
arrivent en même temps. Si panne de refroidissement + séisme important provoquant une fuite importante, on fait quoi M. Barré ?

A propos de cette panne, lire ex-skf : http://ex-skf.blogspot.fr/2012/06/fukushima-i-nuke-plant-reactor-4-spent.html

Christian 01/07/2012 22:56

Concernant la piscine du réacteur N°4 il ya une personne chez AREVA qui est d'une certitude terrifiante, à lire en urgence:

M.Bertrand Barré retraité chez AREVA et il en sait des choses : http://www.areva.com/ajaxpub/dialog/DetailQuestion.aspx?idQuestion=1111

Alain Lasverne 26/06/2012 10:39

Très bon article, à la fois informatif et lucide, au stade des informations disponibles.
Je n'adhère pas du tout au maximalisme buté d'un certain Frédéric, qui me semble soit vouloir à toute force qu'on valide ses prophéties non-étayées, ou pire décrédibiliser le site en lançant des
accusations tout à fait injustes contre Pierre. C'est effectivement de l'alarmisme, ou peut-être une tentative qui ne doit rien au hasard de brouiller l'image de ce blog et de noyer les
informations fiables qu'il donne, me semble-t-il.

babelouest 06/06/2012 23:08

Frédéric Boutet, un désinformateur issu de la société pro-nucléon ? Un décrédibilisateur de sites?

Qui sait !

Frédéric Boutet 06/06/2012 21:30

Ca me dérange un peu cette idée que ce blog et gen4 soient les "références" de ce qui se passe sur Fukushima. C'est un gros boulot bien fait, bien fait, bien fait. Très bien fait même. Presque un
travail de... pro ! Ouais, c'est très bien fait.

Et surtout, hein, on s'énerve pas sur le nucléaire non. Faut rester serein et lucide. Faut se prendre les infos qu'on va tous être irradiés sereinement, hein ? Du travail de pro quoi !

Frédéric Boutet 06/06/2012 20:54

Pierre, je ne sais pas. Peut-être s'agit-il d'un illuminé qui s'est fait une politique fiction sur un coup de tête, pas sérieux. Du coup, peut-être que cela me discrédite de le faire connaître.

Mais quand je vois ce document, je me dis que sa politique fiction que tu qualifies de "propagande" est bien peu de choses :
http://www.sfen.org/IMG/pdf/fiches-thematiques-avril2012-.pdf

C'est une question de mesure, de proportions disons.

Pierre Fetet 06/06/2012 19:48

@ Robert
Entièrement d'accord, il y a des risques cumulés qui justifient l'inquiétude générale.
Des nouvelles détaillées de la panne du système de refroidissement sur le site de Trifouillax :
http://www.gen4.fr/blog/2012/06/fuksuhima-suite-%C3%A0-une-panne-prolong%C3%A9e-la-temp%C3%A9rature-de-la-piscine-n-4-a-augment%C3%A9-de-8-degr%C3%A9s-en-45-heures-1.html

Pierre Fetet 06/06/2012 19:41

@ Frédéric
Des infos inventées qui vont dans le bon sens ? Ca s'appelle de la désinformation ou de la propagande selon les cas. Ca sera sans moi ! Si des fois je fais des erreurs, et ça m'est déjà arrivé dans
ce blog, je rectifie le tir. Les rumeurs qui engendrent le catastrophisme, tu n'en trouveras pas ici.

robert 06/06/2012 18:58

Aux risques liés à la sismicité, au délabrement structurel et matériel, à l'usure et la détérioration accélérée dans un environnement radiologique en crise, il faut encore ajouter le risque lié à
l'erreur humaine: les travaux réalisés par des équipes sous-traitantes insuffisamment expérimentées, suant sous leurs masques et combinaisons sous pression, l'oeil rivé sur leurs dosimètres ... Pas
étonnant que la qualité du travail laisse à désirer et que se multiplient les erreurs de branchement, les mauvaises poses de joints, les courts-circuits etc. Les pompes sont d'ailleurs "en ce
moment en panne et une intervention en cours pour réparation dont on espère qu'elle ne durera pas plus de trois jours pour éviter un échauffement excessif de la piscine". Or il semblerait qu'un
nouveau dégagement de vapeur ait été observé dès aujourd'hui.
A suivre de près!

Frédéric Boutet 06/06/2012 18:36

Salut Pierre,
Merci pour avoir investigué un peu plus loin. Il y a effectivement des exagérations et des inventions. Mais dans le bon sens !

Parce que demain, si un séisme fait effondrer cette piscine, ou fait péter les tuyauteries qui la refroidissent, on dira tous qu'il avait raison d'être alarmiste. Sous un nuage continu de
PuCsISrAmU, on est plus japonais, ni français, on est des bêtes qui courent et si on peut s'entasser sur 5000km², on le fait ! Et ça vaut le coup d'être alarmiste !

La "vraie" information... Ah ah. Qu'est-ce que t'en sais de ce qu'ils sont en train de prévoir dans ton dos ? T'es au courant que ton pote gen4 il va à Madrid du 11 au 15 juin pour parler des
surgénérateurs et de la manière de les faire payer aux populations européennes ?

Non vraiment, cet article trop imprécis, certes, mais il ne disqualifie pas la "vraie" information : il la met en valeur ! Parce que la vraie information, c'est que rationnellement, la société
nucléaire, c'est le quatrième Reich, en pire que le troisième.

Pierre Fetet 06/06/2012 17:39

@Frédéric

A propos de cet article alarmiste dont tu parles, voici mes commentaires :

« Pourparlers avec des diplomates russes sur la possible délocalisation de dizaines de millions de japonais » : une seule source effectivement, mais douteuse. Il y a bien des pourparlers mais
seulement sur la reconnaissance de l’appartenance des îles Kouriles au Japon, pas sur autre chose. Détournement d’information ? source d’origine : un article du 15 avril 2012,
http://www.eutimes.net/2012/04/russia-stunned-after-japanese-plan-to-evacuate-40-million-revealed/ qui ne donne pas sa source : le « rapport du Kremlin » dont il parle est introuvable.

« dans le cas très probable d’un effondrement total de l’unité 4 de Fukushima Daiichi » et « Le réacteur 4 est sur le point de s’effondrer complètement » :
Informations alarmistes, aucune probabilité n’a été calculée puisqu’on n’a pas assez d’informations de la part de Tepco.

« Ces barres, après tout, sont déjà exposées à l’air libre » : faux ! Si c’était le cas, on ne pourrait pas approcher de cette piscine et la centrale aurait déjà été évacuée…

« les autorités envisagent de reloger des dizaines de millions de japonais dans les îles Kouriles, situées dans la région de Sakhaline, ou même en Chine, où des centaines d’habitations de villes
fantômes non utilisées pourraient abriter au moins 64 millions de réfugiés » : phrase surréaliste où il est dit qu’on relogerait 64 millions de personnes (la moitié de la population du Japon) dans
des îles rocheuses de 5000 km² (surface 75 fois plus petite que le Japon lui-même) avec peu d’infrastructures.

« Pour les japonais, la catastrophe de Fukushima représente une disparition complète de leur nation » : ah bon ? il faudrait peut-être demander leur avis aux Japonais eux-mêmes !

Voilà donc le type même d’un article catastrophiste qui fait du tort aux véritables informations.

Pierre Fetet 06/06/2012 17:31

@Lionel
Tu ne te trompes pas, dans ce blog, je parle de ce danger spécifique au moins depuis 8 mois : voir mon article
http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-le-site-de-tous-les-dangers-85515879.html
Personne ne peut croire à cette info effectivement, car personne n’a prévu cet évènement. Comme c’est trop gros, ça ne passe pas. Le jour où ça arrivera, si ça arrive, tout le monde tombera des
nues mais comme tu dis, tout le monde se réveillera trop tard.

Frédéric Boutet 05/06/2012 23:39

40 millions de japonais en extrême danger
par empoisonnement aux radiations,
évacuations de masse probables

Source français [http://www.wikistrike.com/article-fukushima-40-millions-de-japonais-en-extreme-danger-pourraient-etre-evacues-en-russie-105412870.html]

Source anglais
[http://www.naturalnews.com/035894_Fukushima_evacuation_radiation.html]

Quand on lit la version anglaise, on constate que :
- le fait que le Japon planifie une évacuation de masse a été confirmé par plusieurs sources
- mais le fait que le Japon serait en contact avec les russes pour cette
évacuation est le fait d'une seule source.
fred

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AVERT electric quakes-volcanic eruptions 05/06/2012 18:13

[DIVERTIBLE] Solar flares trigger earthquakes
Jain, R., Physical Research Laboratory.
EACH of the 682 >4.0 earthquakes under study was preceded by a solar flare of B to X class by 10-100 hrs.
adsabs.harvard.edu/abs/2007AGUSMIN33A..03J.

Explosive volcanic eruptions triggered by [rising now but DIVERTIBLE] cosmic rays
Toshikazu Ebisuzaki, Hiroko Miyahara, Ryuho Kataoka, Tatsuhiko Sato, Yasuhiro Ishimine
sciencedirect.com/science/article/pii/S1342937X10001966.

*PDF http://www.mediafire.com/download.php?37yp537u1v3q0r3

KANES 05/06/2012 10:02

Il y a deux possibilités : soit faire face à un problème, soit le fuir = ne pas vouloir le voir. Lorsqu'un problème est insurmontable, l'homme préfère ne pas le voir...

Lionel 05/06/2012 02:07

Bonjour Pierre, merci d'avoir passé la surmultipliée !!!
Le scénario dont tu parles, nous l'avons envisagé depuis combien de mois ?
6 ou 8 au minimum... Dis moi si je me trompes !
A ce moment, même entre nous nous ne parvenions pas à faire préssentir cet incroyable danger, parmi les "watchdogs" peu ont véritablement adhéré à l'idée que l'urgence se situait bien là !
Mais l'info était passée et tout comme aujourd'hui personne ne veut y croire.
Ou plus exactement personne ne PEUT y croire.
" On ne peut croire une chose qui nous paraît impossible..." Primo Lévi
D'autre part une bonne raison qui provoque ce déni et ce silence complice : le Pouvoir.
En l'occurrence celui du tout-puisant complexe militaro-industriel mondial qui est et reste la seule raison d'être de l'industrie nucléaire dite "civile".
Comme nous l'avions annoncé lors de la contestation contre "Super-Phénix", le nucléaire amène fatalement à une société militaro-policière.
Personne ne dira mot, ne comptons pas dessus, le silence le plus absolu s'est abattu sur Tchernobyl et il n'y aura pas eu un frémissement pour le Japon.
Chacun aide l'autre dans sa démarche de justification ( Si je me retrouve le seul journaliste à en parler, je suis soit ridiculisé, soit une humain mort ), comme les copains n'en parlent pas je ne
veux pas me décrédibiliser.
Auto-censure ça s'appelle et c'est ainsi que le pouvoir présidentiel a assis sa toute-puissance, par acceptation tacite, juste parce que c'est assez difficile de se retrouver marginalisé !
D'ailleurs ils ont été nombreux parmi les "Veilleurs" à déplorer la pertes de leurs amis depuis qu'ils parlaient de l'accident nucléaire.
On ne peut pas ne pas faire le rapprochement.
On ne parlera de la SFP du # 4 que si elle se casse la gueule ou qu'elle perd son refroidissement d'une façon ou d'une autre ( on a le choix, c'est comme au Loto, jeu multiple, on a plus de chances
de gagner... )
Il sera trop tard ?
Bien sûr !
C'est le monde scientifique dans sa totalité qu'il faut mobiliser si l'on veut un espoir d'en réchapper, en aucun cas ne compter sur un politique ni sur leur fidèles serviteurs, les chiens de
gardes ( rien à voir avec "Watchdogs" :-)

Roland 04/06/2012 17:16

Le problème est aggravé par le mode de rangement, "découvert" après la catastrophe. Les appels se multiplient. Mais quel écho a reçu la lettre de l'ambassadeur Murata ? Face à la désinformation,
aux "échappées" de l'exploitant et des autorités, nous devons poursuivre notre combat, interpeller les pouvoirs publics, refuser l'addition des erreurs, des fautes du gouvernement japonais.
La sismicité pèse. Nous sommes confrontés à une question insoluble : pourrons-nous concilier le temps écourté des géophysiciens et le temps long dont nous avons besoin pour maîtriser les suites de
la tragédie nucléaire ?
L'opinion internationale aura-t-elle un poids suffisant pour que le gouvernement abandonne ses projets, élise la sortie du nucléaire et non la relance de certains réacteurs, définisse la nouvelle
politique énergétique.
Nous demandons la nationalisation de tepco, la reprise par l'Etat de l'ensemble de la filière nucléaire, la gestion par le secrétariat général de l'ONU des suites de la catastrophe nucléaire de
Fukushima. Nous sommes entrés dans l'an 2 de l'ère Fukushima, calendrier qui favorise "l'oubli" de nombreux citoyens, mais nous impose une lutte acharnée pour modifier la gestion des suites,
imposer une nouvelle politique, mobiliser les Japonais et les Terriens.

Tamidon 04/06/2012 13:41

Que font les autres pays ? C'est une catastrophe mondiale : c'est une mobilisation des Etats au niveau mondial qu'il faut, pas des chipotages d'entreprise qui compte et fait des comptes.

myrtille 04/06/2012 11:30

ce qui se passe là-bas est tout simplement TERRIFIANT :(
et je plains les personnes qui vivent à proximité :(
(et les autres ..)

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