30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 19:17

Mise à jour du 19 décembre 2011 : Evidemment, avec le recul, je ne titrerais plus ce billet comme ça. "Ciel ouvert" est une expression trop forte car la ruine n'a pas encore été explorée. Pourtant, il est évident que l'enceinte de confinement du réacteur n°3 a perdu son étanchéité le jour de l'explosion le 14 mars. Cette fuite est très visible sur une vidéo et sur les photos infrarouge. Elle se situe du côté de la piscine de refroidissement de combustible, au bord de la dalle antimissile. De plus, l'explosion n'a pas emporté la piscine : la situation de la piscine donnée par Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, était erronée. Enfin, contrairement à l'article cité, les 3 derniers étages du bâtiment n'ont pas disparu entièrement, ce qui ne permet pas de conclure que le haut du réacteur s'est volatilisé. 

 

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Bon voilà. Inutile de tourner autour du pot. Après avoir longuement fait le tour de la question au travers de ce blog, aujourd’hui je vais arrêter d’utiliser le point d’interrogation et dire simplement mes convictions.

   

unité 3 petite 110316 1f sora 150 jours après la première explosion à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, on ne sait toujours pas l’essentiel. Les informations au sujet de cet accident sont filtrées, voire censurées, par Tepco et le gouvernement japonais. Un homme courageux, Toshiso Kosako, vient de démissionner de son poste de conseiller scientifique auprès du premier ministre nippon. Au cours d’une conférence de presse, il a déclaré, en larme : « Cela n’a aucun sens que je reste à mon poste. Je ne peux m'empêcher de penser que (le gouvernement) ne prend que des mesures provisoires (...) et retarde ainsi la résolution de cette crise nucléaire. »

 

Il est clair que la politique, au Japon comme dans le monde entier, se conjugue mal avec les constatations scientifiques. Les raisons économiques sont les plus fortes. Il est par exemple difficile de prendre la décision de faire évacuer une région habitée, même s’il est avéré qu’elle est contaminée outre mesure par la radioactivité. On le sait bien, on a l’exemple de la catastrophe de Tchernobyl : 25 ans après la catastrophe, des dizaines de milliers de personnes vivent encore dans des zones fortement contaminées, et on laisse faire. Ce n’est pas un problème, la radioactivité est invisible et inodore. Si elle rend malade et tue à petit feu, ce n’est pas le problème des dirigeants politiques qui soignent leurs carrières à court terme ou des actionnaires du lobby nucléaire qui réclament leurs dividendes.

 

Enfin bref, on nous ment ; mais on nous cache quoi au fait ? La plus grande pollution nucléaire jamais réalisée sur la terre.

 

Mais aucun grand dirigeant de notre planète ne vous le dira, car ils sont tous mouillés dans cette salle affaire qu’est l’énergie nucléaire. Etats-Unis : 104 réacteurs, France : 58 réacteurs, Japon : 55 réacteurs, Russie : 32 réacteurs, etc. (442 réacteurs civils dans le monde en 2011).

AECL, AREVA NP, GEHitachi, MHI, Toshiba, Westinghouse, KEPCO E&C, OKB Gidropress, AXPO, CEZ, CGNPC, EDF, ENDESA, Energoatom, E.ON, Exelon, KHNP, NOK/Resun, OPG, Rosenergoatom, RWE, FEPC (TEPCo), TVO, Vattenfall, Visagino AE, etc. (la World Nuclear Association compte 190 membres), aucune de ces grandes entreprises implantées partout dans le monde n’acceptera qu’on salisse l’image de marque de l’énergie nucléaire, source de leur économie et de leurs bénéfices.

 

Ainsi personne sur notre planète n’acceptera d’endosser la responsabilité de cette catastrophe, ni les chefs d’état pronucléaires, ni les patrons du lobby nucléaire. Pour eux, il n’y a que la solution des lâches, cacher la vérité et continuer de vanter cette énergie « propre » et « bon marché ».

Dans le futur, si un jour procès contre ces criminels il y a, ils vous diront « responsables mais pas coupables ». Alors pour l’instant, le silence est de mise.

 

Mais quelle est cette grande pollution radioactive mondiale ? Et bien c’est simple, d’après toutes les enquêtes réalisées et hypothèses émises, il est évident que le réacteur n° 3 a explosé, emportant avec lui sa piscine de stockage de combustible. Aujourd’hui malgré le mensonge planétaire, tous les indices sont là : l’explosion du réacteur n° 3 n’a rien à voir avec une explosion d’hydrogène et du plutonium se retrouve en Amérique du nord. De plus en plus de scientifiques dans le monde font connaître leur opinion à ce sujet : Dominique Leglu, Arnold Gundersen, Helen Caldicott, Hirose Takashi, etc.  

 

Et puis il y a l’analyse fine des photos du réacteur effectuée dernièrement par un internaute enquêteur, Morice. Il démontre dans son article très bien documenté que les plans connus des réacteurs de Fukushima Dai-ichi sont faux, et que le réacteur n° 3 et sa piscine ont disparu : « Si l'on tient compte de l'élévation finale de ce qui reste du bâtiment, on constate que tout le haut, sur les trois derniers étages a disparu... y compris le sommet du réacteur ! Et y compris aussi... la piscine ou étaient censés reposer les 88 tonnes de Mox ! ». Après cela, il ne faut pas s’étonner que l’on retrouve du plutonium en Amérique…

 

« L'explosion survenue lundi sous le toit du réacteur N°3 de la centrale nucléaire japonaise Fukushima-1, à 250 km de Tokyo, n'a pas porté préjudice au réacteur », annonçait lundi 14 mars le secrétaire général du gouvernement japonais Yukio Edano. Eh bien non, le réacteur n° 3 n’est pas intact. Il a explosé. Et je mets cette affirmation en titre de cet article, car personne n’a pu jusqu’ici prouver le contraire pour faire taire toutes ces « rumeurs ».

 

 

Sources :

-       sur la désinformation au Japon :

http://fr.sott.net/articles/show/3393-Fukushima-informations-et-desinformation

-       sur la corruption de Tepco et la censure au Japon :                 

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-corruption-des-medias-72661889.html

-       sur la démission de Toshiso Kosako :

http://www.romandie.com/news/n/_Fukushima_demission_d_un_conseiller_scientifique_du_Premier_ministre290420111404.asp

-       sur la forte contamination de régions autour de Tchernobyl :

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-bombe-sanitaire-a-retardement-72635401.html

-       sur la World Nuclear Association :

https://ric.nrc-gateway.gov/docs/abstracts/fourestb-h.pdf

-       sur "l’incident de Fukushima Daiichi" vu par Areva :

http://provola.unblog.fr/files/2011/04/fukushimaarevamatthiasbraun.pdf

-       sur l’annonce du réacteur n°3 intact par le gouvernement :

http://fr.rian.ru/world/20110314/188857442.html

-       sur l’absence d’enceinte de confinement et l’explosion du réacteur n°3 :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/atom-heart-fucker-saison-13-le-92843

 

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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commentaires

Guillaume Cortot 30/04/2011 23:34


Bonjour M. Fetet

Ému par ce que vous venez de publier, j'ai eu envie de "faire qqchose", réagir d'une manière ou d'une autre.... et je n'ai rien trouvé de mieux que vous faire parvenir un lien vers un article d'un
journal mexicain dont je vous avais parlé, la Jornada, un journal prestigieux classé à gauche (et pourtant ....) ; ça illustre le problème de désinformation mondiale dont vous parlez, même iciau
Mexique, dans un pays où à ma connaissance il n'y a pas de firme aussi puissante qu'AREVA ou Tepco.

http://www.jornada.unam.mx/2011/04/16/index.php?section=opinion&article=018a2pol

Je ne vais pas tout traduire, voici ce que ça dit en gros :

"L'acident nucléaire de Fukushima : une évaluation scientifique"


1er paragraphe : l'auteur expose les catastrophes naturelles puis l'accident nucléaire qui se sont produits en mars dernier. “ (…) Cependant, plus que sur le tremblement de terre lui-même,
l’inondation et la souffrance humaine, l’attention s’est portée sur la grave imperfection (c’est moi G. Cortot qui souligne) et la lutte pour contrôler les réacteurs nucléaires endommagés de
Fukushima. Dans divers médias, on a parlé de l’hécatombe et de l’apocalypse (le tout avec l’appellation nucléaire) et d’autres adjectifs qui alarment la population, laquelle ne sait plus si elle
peut ou non sortir de sa maison, si elle doit ou non s’abstenir d’acheter des composant électroniques nippons ou si elle survivra ou pas à la radiation qui provient du pays du soleil levant. Et
tout cela en dépit du fait qu’aujourd’hui on n’a pas connaissance d’un seul mort qui serait dû à l’accident nucléaire (moi qui souligne encore: quid des blessés ? les deux ouvriers qui ont eu les
pieds brûlés ?). Comment expliquer cette réaction démesurée ? “ S’ensuivent des remarques sur la radiocativité naturelle, les radiographies et les voyages en avion. “Jusqu’à maintenant, la
radiation sur la population japonaise n’est pas significative. La dose reçue par les habitants de Tokyo, par exemple, est comparable à celle que provoque un voyage transcontinental en avion et bien
inférieure à celle d’une tomographie (je ne sais pas ce que c’est) du thorax http://xkcd.com/radiation/ Grâce aux mesures prises par les autorités japonaises, la contamination (brillante absence
d’explication sur la différence entre contamination et radiation ....) d’aliments dans ce pays ne devrait pas représenter un problème sanitaire digne de considération. Les dangers supposés pour le
Mexique sont entièrement imaginaires.
2ème paragraphe : l’auteur évoque le précédent de Tchernobyl. “Il s’avère surprenant et édifiant de lire le récent rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé sur ce grave accident, car il met
en perspective les versions anecdotiques et les évaluations scientifiques des experts des organisations internationales, qu’on ne peut accuser de défendre les intérêts de l’industrie nucléaire (à
moins de professer une doctrine de la conspiration mondiale, si populaire parmi certains analystes). On peut lire un résumé de cet article ici : www.unscear.org/unscear/en/chernobyl.html.”
3ème paragraphe : “Il ne s’agit pas, bien sûr, de minimiser les dangers de l’énergie nucléaire ni les problèmes des déchets radiocactifs. Cependant, il existe de multiples considérations
importantes pour évauler les risques, les avantages et les désavantages de l’option nucléaire. Par manque d’espace, je n’en citerai que quelques uns : a) L’énergie nucléaire ne contribue pas d’une
manière significative au réchauffement global, provoqué par les gaz émis par des combustibles fossiles, comme le pétrole, le charbon et leurs dérivés. B) Parmi les usines de Fukushima, cinq sont
d’un modèle ancien (à peu près 1960), par exemple les réacteurs endommagés un, deux, trois et quatre. Les mesures de sécurité des modèles de deuxième et troisième géneration, sont très supérieures.
Les deux réacteurs de Laguna Verde (la seule centrale nucléaire en activité au Mexique, à ma connaissance) sont de deuxième géneration, comme le réacteur numéro six de Fukushima, qui n’a pas été
endommagé par le raz de marée. C) Autant que nous le sachions, il ne peut pas y avoir de tsunami dans le Golfe du Mexique (y a juste un ou deux ouragans de temps en temps). L’expérience mexicaine à
Laguna Verde nous permet, au moins, d’étudier la possibilité de l’option nucléaire pour les années à venir, face à la diminution de nos réserves pétrolières. D) Le problème des déchets nucléaires
peut être minoré par de nouvelles méthodes de traitement des isotopes de vie moyennement longue. Voir par exemple www.sciencevale.com/news/funding-for-powerful-neutron-source/ . La grande espérance
future, en même temps que les énergies renouvelables, est l’énergie résultant de la fusion nucléaire, qui est le mécanisme qui allume notre soleil et les étoiles www.iter.org/.”
“ L’accident de Fukushima doit nous motiver à tenir un large débat sur les pour et les contre de l’option nucléaire. Le problème énergétique est d’une grande complexité et requiert des solutions
basées sur une science intégrative (?) et multidisciplinaire. La science possède des mécanisme de révision et d’analyse qui nous permettent d’évaluer avec sérénité les risques futurs, dans un
panorama global.

Mark Twain disait que pour chaque problème complexe, il existe une solution évidente, simple et erronée. Ne prenons pas de décision rapide qui paraîtraît évidente. En attendant, applaudissons
l’énorme courage et l’intégrité du peuple japonais face à cette tragédie.”

Signé Alejandro FRANK, directeur ICN – UNAM (l’UNAM est la plus grande université publique du Mexique et la plus prestigieuse ; le journal Lla Jornada est lié à cette université)


Propagande facile à déjouer, dirons-nous, les ficelles sont trop grosses ........ eh bien voici la traduction du commentaire de “bolivar” :

Hay que seguir divulgando las bondades de la energia nuclear, y tambien los riesgos. Ojala y las autoridades educativas de nuestro pais, retomen la importancia de formar ingenieros y tecnicos
capaces de investigar y manejar este tipo de energia que a todos nos conviene. Saludos,

“Il faut continuer de rendre publiques les bienfaits de l’énergie nucléaire, et aussi les risques. Pourvu que les autorités éducatives de notre pays se rendent compte de l’importance de former des
ingénieurs et des techniciens capables d’étudier et de gérer ce type d’énergie qui nous convient à tous. Salutations”

Quelques considérations philosophiques pour terminer .... que nous sommes faibles, nous autres humains technologiques .... corruptibles, influençables, crédules ....et on pensait être au somment de
l’évolution .... ben y a des singes qui doivent se marrer ;)


Désolé M. Fetet pour ce commentaire fleuve. C’est hors sujet en plus, n’hésitez pas à modérer, ça vous fera juste une petite touche d’exotisme. Une nouvelle fois, tous mes encouragements et
remerciments,

G. Cortot


Pierre Fetet 01/05/2011 00:07



Non, ce commentaire n'est pas du tout hors sujet. Il prouve que le lobby pronucléaire est bien mondial, et qu'il utilise partout le même discours avec des arguments fallacieux. Il faut
rester vigilant et continuer à le contrer et à le dénoncer à chaque fois qu'il se manifeste.



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