23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 23:07

Nous poursuivons petit à petit la publication de la traduction française de la synthèse du rapport officiel de la commission d’enquête. A la page 49 du document édité en anglais, commencent les annexes. La première porte sur les résultats de l’enquête effectuée par la commission auprès des personnes évacuées, accompagnés de graphiques et de témoignages.

« Ils n’arrêtaient pas de dire que les centrales nucléaires étaient absolument sans danger, puis l'accident est arrivé ». C’est un commentaire parmi d’autres, tous recueillis parmi la population touchée par la catastrophe. Lisez-les, ils sont tous empreints de bon sens et de sagesse.

 

___________________

 

.

 

ANNEXES

 

 

Enquête sur les personnes évacuées de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima

 

 



  

 

1. Le retard du gouvernement à communiquer des informations sur l'accident a conduit à de la confusion par la suite.
2. Parce que les instructions pour l'évacuation ont été faites au coup par coup, de nombreuses personnes ont été évacuées plusieurs fois, évacuées vers des zones à fortes radiations, et évacuées avec seulement le strict nécessaire.
3. Des messages d'agonie fournis par les personnes évacuées nous ont été délivrés. Les problèmes ne sont pas encore résolus. Des mesures appropriées devraient être considérés dans les plus brefs délais.


 

Communication d'informations sur l'accident

  •          La connaissance de l'accident était extrêmement faible chez les habitants, malgré les divulgations d’informations conformément à l'article 10 à 15h42 le 11 mars, divulgation d’un rapport conformément à l'article 15 à 16h45, et la déclaration de l'état d'urgence à 19:03.
  •          Il y avait des différences significatives dans la vitesse de transmission des informations sur l’accident dans les zones évacuées, en fonction de la distance de la centrale.
  •          Les municipalités et la police ont été les sources d’information sur l’accident pour 40% des habitants de Futaba et Naraha, mais seulement pour 10% des habitants de Minamisoma, Iitate, et Kawamata.

 

Ordre d'évacuation


Les habitants ont été informés de l'accident quelques heures après qu’il survienne, mais ils n'ont reçu aucune information sur la situation ou qui auraient été utiles pour leur évacuation. En conséquence, de nombreux habitants n'ont pu partir qu’avec le strict nécessaire.

Évacuations volontaires

  •          A l’intérieur de la zone de 30 km de rayon, l'ordre de se calfeutrer dans les habitations a été émis à 11h00 le 15 mars et l'appel pour les évacuations volontaires a été émis le 25 mars. Cependant, comme le gouvernement a été lent à donner des instructions de nombreux habitants ont évacués de manière  volontaire.
  •          Même s'il était évident qu'il y avait des niveaux de radiations élevées dans Iitate et Kawamata, les évacuations planifiées ne l’ont été que tardivement. Le gouvernement a peut-être tardé à désigner les zones à évacuées ayant des niveaux élevés de radiations.

Évacuations vers des zones ayant des niveaux élevés de radiations

  •          Environ 50 pour cent des habitants de Namie ont temporairement évacués vers des zones avec des concentrations élevées de radiations.
  •          Le gouvernement a tardé à divulguer des informations de surveillance.

Expansion des zones évacuées et évacuation progressive

  •          Grâce à plus de quatre évacuations, plus de 70 pour cent des habitants des zones près des centrales de Fukushima Daiichi et de Fukushima Dai-Ni (Futaba, Okuma, Tomioka, Naraha, Namie) ont été évacués.
  •          Il y a eu de nombreuses plaintes concernant des ordres d'évacuation qui ont exigé des habitants vivant au plus près des centrales nucléaires d'évacuer de nombreuses fois.

Prévention d'accident

  •          Même à la centrale elle-même, il y a eu peu d'explication de la possibilité d'un accident nucléaire. Moins de 15% des habitants ont déclaré avoir reçu une formation à l'évacuation en cas de catastrophe nucléaire et moins de 10% des habitants ont indiqué avoir reçu des explications quant à la possibilité d'un accident nucléaire.

 

 

1nombre de réponses par municipalité

Nombre de réponses par municipalités

 

Résultats du sondage

  •          Ce sondage a été envoyé aux citoyens qui ont été forcés d'évacuer à la suite de cet accident.
  •          Objectif : Comprendre la réalité de la façon dont l'évacuation a été ordonnée et la manière dont les risques de l'énergie nucléaire ont été expliqués
  •          Méthode : enquête postale
  •          Durée : du 15 mars au 11 avril 2012
  •          Répondants ciblés : 21 000 foyers sélectionnés au hasard dans 12 villes, bourgs et villages (pour un total de 55 000 foyers) dans les zones évacuées
  •          Villes et villages interrogés : Futaba, Okuma, Tomioka, Naraha, Namie, Hirono, Tamura, Minamisoma, Kawauchi, Katsurao, Kawamata, Iitate.
  •          Répondants totals : 10 633
  •          La Commission tient à exprimer sa gratitude aux nombreuses personnes qui ont coopérées avec cette enquête. Le taux de réponse a été extrêmement élevé : 50 pour cent.
  •          Sur les 10 633 répondants, 8 073 (76%) ont fourni des commentaires dans l'espace de commentaires libres. De plus, 431 répondants ont écrit sur le recto et le verso de la feuille d'enquête et/ou ont écrit d’autres commentaires sur des documents distincts, exprimant ainsi leur forte volonté de se faire entendre.

Retard dans la communication de l'information

  •          La connaissance de l'accident a été extrêmement faible parmi les habitants évacués malgré les divulgations d’informations conformément à l'article 10 à 15h42 le 11 mars, divulgation d’un rapport conformément à l'article 15 à 16h45, et la déclaration de l'état d'urgence à 19:03.
  •          Il y avait des différences significatives dans la vitesse de transmission des informations sur l’accident dans les zones évacuées.
  •          Les municipalités, le système radio d’urgence ou la police ont été les sources d’information sur l’accident pour 40% des habitants de Futaba et Narahamachi, mais seulement pour 10% des habitants de Minamisoma, Iitate, et Kawamata.

 

 

Heure de l'ordre d'évacuation et source d'information

  •          Quelques heures après que l'ordre d'évacuation ait été émis, les municipalités ont communiqués l'ordre d'évacuation aux habitants, montrant qu'il y avait un haut niveau de communication entre les municipalités et les habitants.
    Cependant, comme il y avait des zones dans lesquels les municipalités n'ont pas reçu les ordres d'évacuation du gouvernement, il y avait des problèmes majeurs dans le processus de transmission de l'ordre d'évacuation du gouvernement aux municipalités.
  •          Les habitants ont reçu l'ordre d'évacuation, mais ils n'ont pas reçu d'informations sur la situation ou l'accident qui aurait été utile à leur évacuation. En conséquence, de nombreux habitants sont partis avec seulement le strict nécessaire.

 

2When did you know about the accident at Fukushima Daiichi

Quand avez-vous appris l’accident à Fukushima Daiichi ?

 

3sources sur l'accident

Source d’information à propos de l’accident

 

  •          Beaucoup d’habitants ont reçu des informations des municipalités.
  •          Un pourcentage élevé d’habitantsde Minamisoma, Kawamata et Iitate ont reçu des informations de la télévision, la radio ou l'internet.

(i) Commentaire d’un habitant deFutaba:
«J'ai quitté ma maison avec seulement le strict nécessaire. J'ai appris où aller par le système radio d’urgence alors que j'étais sur la route. Je suis arrivé au premier site d’évacuation ou il m’avait été indiqué d’aller au bout de 6h de voiture au lieu d’une heure seulement en temps normal. En chemin, mon fils qui vit loin m’a appelé et m'a dit que je ne devais pas m’attendre à revenir bientôt. C'est alors seulement que j’ai commencé à comprendre peu à peu ce qui était en train de se passer. C'est ce que je me rappelle. Pouvez-vous imaginer à quoi ressemble la vie quand vous êtes déplacés et séparés de vos amis et des gens que vous connaissez? "

 

4pourcentage connaissance evacuation

Pourcentage d’habitants qui savaient à propos de l’évacuation

(Quand avez-vous appris que votre lieu d’habitation était compris dans une zone d’évacuation ?)

 

5source evacuation instruction

Source d’information à propos de l’ordre d’évacuation

 



(ii) Commentaire d’un habitant d’Okuma:
"S'il y avait eu même un mot au sujet d'une centrale nucléaire lorsque l'évacuation a été ordonnée, nous aurions pu réagir raisonnablement, prendre nos objets de valeur avec nous ou fermer la maison avant que l’on parte. Nous avons dû courir avec rien d'autre que les vêtements que nous avions sur nous. C’est une telle déception à chaque fois que nous sommes brièvement autorisés à rentrer chez nous seulement pour découvrir que nous avons été cambriolés à nouveau. "


(iii) Commentaire d’un habitant de Tomioka:
"Nous voulions entendre clairement que nous ne serions pas en mesure de revenir pour un certain temps. Je n’ai pas pu amener mes objets de valeur avec moi. En particulier, parce que les dossiers médicaux ont été laissés à la maison la santé de mes parents s'est aggravée pendant l'évacuation. Il est difficile, en particulier pour les personnes âgées, de fuir au dépourvu. Je n'ai pas d'attachement à Tomioka parce que nous louions seulement la maison, mais si nous ne pouvons pas vivre dans le logement temporaire pour toujours, nous allons perdre un endroit pour vivre de façon permanente. Il y a d'autres problèmes aussi. Donc, je veux soutenir le bien-être à nouveau. Ce n'était pas le personnel de l'administration préfectorale ou de la mairie qui étaient là pour nous guider lors de l'évacuation, c’était les travailleurs des services médicaux qui en général voyaient mon père. Il a fallu une demi-journée pour savoir où il a été emmené. Il a fallu trop longtemps pour créer une liste de personnes évacuées. "


(iv) Commentaire d’un habitant de Namie:
"J'ai réussi à passer une nuit dans une école primaire du quartier de Tsushima après avoir entendu une annonce dans le gymnase dans la matinée du 12 mars qu’un tsunami s'était approché de l’école primaire de Namie-Higashi, au lieu d'être informé de l'accident survenu à la centrale nucléaire. Si on m'avait dit spécifiquement à propos de l'accident, j'aurais évacués vers un endroit plus loin que Tsushima. Il est décevant que information n'ai pas été donnée."

(v) Commentaire par un habitant d’Odaka de Minamisoma :
"Nous ne savions pas qu’il y avait eu une explosion d'hydrogène à la centrale, nous ne pouvions pas deviner pourquoi nous avons dû évacuer. Le directeur (de TEPCO) à l’époque de l'accident s’est rappelé à la télé qu'il pensait qu'il pouvait mourir à l'époque, mais ce genre d'information aurait dû être annoncé aux habitants vivant à proximité instantanément. En tout état de cause, l'information à été publiée trop lentement. Les habitants n'ont pas été traités correctement. "

Temps d'évacuation

  •          Quelques heures après que l'ordre d'évacuation ait été émis, la plupart des habitants (80-90%) dans les zones évacuées ont commencé à évacuer.
  •          Dans la zone de 30 km entourant la centrale nucléaire, les habitants n'ont pas eu d’autre choix que d’évacuer volontairement. Même si un niveau élevé de radiations a été observé dans Kawamata et Iitate la désignation de l’évacuation planifiée de la zone a été retardée.
  •          A l’intérieur de la zone de 30km de rayon, l'ordre de se calfeutrer dans les habitations a été émis à 11h00 le 15 mars, et l'appel pour évacuer volontairement a été émis le 25 mars. Cependant, comme le gouvernement a été lent à donner des instructions, de nombreux habitants ont évacués de manière  volontaire.
  •          Même s'il était évident qu'il y avait des niveaux de radiations élevées dans Iitate et Kawamata, les évacuations planifiées ne l’ont été que tardivement. Le gouvernement a peut-être tardé à désigner les zones à évacuées ayant des niveaux élevés de radiations.
  •          Dans l'espace pour les commentaires, certains habitants de ces zones ont critiqués que le gouvernement a tardé à délivrer l'ordre d'évacuation ou même que le gouvernement
    n'a pas émis l'ordre pour leur zone.


(i) Commentaire d’un habitant de Minamisoma
"A Haramachi dans Minamisoma, on nous a dit de « rester à la maison », et on ne nous a pas dit même une seule fois d'évacuer. À la télévision, tout ce qu'ils ont dit était qu’ «il n'y a pas d'effets immédiats sur la santé », ce qui nous a fait encore plus peur. Rien n'a changé depuis que l'accident est survenu. Quand il y a très peu de progrès en matière de décontamination, il est trop étrange que l'ordre d'évacuation soit déjà levé. Le gouvernement devrait réfléchir davantage aux populations locales. "

(ii) un commentaire d’un habitant de Kawauchi (zone de 20 km-30 km)
"Le 11 mars, immédiatement après avoir entendu les premières informations sur l'accident, de nombreuses personnes dans le village ont évacuées vers cette zone. Les jeunes s’envoyaient des emails «évacuez» les uns aux autres, presque comme une chaine d’emails. Cependant, nous n'avons reçu aucune information officielle sur l’évacuation. On nous a seulement dit de rester à l'intérieur par l'intermédiaire du système de radio d'urgence. Après avoir entendu un voisin qui a un policier dans sa famille disant : «Je vais évacuer car cela semble dangereux », j'ai décidé d'évacuer. J'ai entendu dire que la police était partie de Kawauchi le 14 mars. Les bénévoles qui donnaient de la nourriture ont utilisé l'essence restant pour leur transport. Je voulais qu'ils nous aident à évacuer le plus tôt possible. Je ne peux que penser qu'ils nous ont abandonnés. "

 

6évacuation volontaire

Pourcentage de ceux qui savaient

(Quand avez-vous commencé à évacuer ?)

 

7poucentage evacuation volontaire

Pourcentage d’habitants qui ont évacués volontairement

 

(iii) Commentaire d’un habitant d’Iitate
«Cette région n'a reçue aucune information dans les premières phases de l'accident nucléaire.
Nous avons entendu parler du niveau de radiations seulement après que l'équipe de recherche de l'AIEA soit venue. M. Edano, le secrétaire général du gouvernement, a dit à plusieurs reprises à la télévision que le niveau de radiations "n'aura pas d’effets immédiats sur la santé ». La réalité est que les habitants d’Iitate ont été exposés à des radiations jusqu'au 22 avril (lorsque l'évacuation planifiée a été ordonnée). Cela fait maintenant une année depuis, mais nous n'avons reçu aucune indemnisation des dommages et le gouvernement essaie de le couvrir par la levée des ordres d'évacuation."

(iv) Commentaire d’un habitant de Hirono
"Parce qu'ils pourraient paniquer ... Parce que les personnes dans les zones avec le plus de danger ne seraient pas en mesure d'évacuer ... Comment la zone d'évacuation a été étendu à 10 km de diamètre par la suite au lieu de 5 km dans la phase initiale ... Alors que nous n'avions que la télévision comme source d'information sans informations précises ou d'idée de la façon dont l'accident allait se développer, le ministre en fonction continuait de déclarer "cela n'affectera pas la santé immédiatement ...". TEPCO ne cessait de parler de la sécurité et de la fiabilité des réacteurs ... Je suis dégoûté de la faible qualité des personnes en charge de ce pays. "


(v) Commentaire d’un habitant de Kawamata
"Ils disaient qu'il n'y a pas d'effet immédiat, mais l'évacuation a été ordonnée le 16 avril. S’ils l’avaient ordonnée plus tôt, j'aurais pu trouver un lieu spécifique pour évacuer.
Bien que ce fut un désastre important, la réponse a été trop lente. La réponse initiale la plus importante basée sur les faits de la situation réelle n'a pas été faite et aucun ordre basé sur des mesures de conformité n’a été donnés. Je demande la préparation en cas de situation d’urgence. Tout ce que j’ai vu était les politiciens jouant aux partis politiques, même si la nation est confrontée à un désastre sans précédent. Je m'interroge sur l'humanité de ces gens. Il est regrettable que ce soit la nation qui ait choisi ces personnes en charge. "

 

Les habitants ont évacués vers des zones qui devinrent plus tard des zones évacuées

  •          Environ 50 pour cent des résidents de Namie ont temporairement évacués vers des zones avec des concentrations élevées de radiations.

 

8Percentage of residents who evacuated to areas from which

Pourcentage d’habitants qui ont évacués vers des zones qu’ils ont du ré-évacuer plus tard à cause de hautes concentrations de radiations

 

Insatisfaction à propos de la divulgation de renseignementsà partir de SPEEDI ou de données de surveillance

  •          Beaucoup de commentaires des habitants de Namie, Minamisoma, et Iitate ont montrés du mécontentement sur la divulgation d'informations à partir de SPEEDI ou de données de surveillance.

 

(i) Commentaire d’un habitant deNamie:
"Le fait que j’ai évacué vers une zone avec la dose la plus élevée de radiations en l'absence d’information SPEEDI demeure une source de crainte pour ma santé pour le reste de ma vie. Pourquoi n'ont-ils pas divulgué les informations SPEEDI ? Que pensent-ils de la vie des gens ? Notre maison n’est plus ​​habitable en raison de difficultés dans la reconstruction des infrastructures, la décontamination et la peur d'avoir une installation de stockage provisoire à proximité. L'énergie nucléaire doit être arrêtée. Il causera un second Fukushima et il n’y aura nulle part où vivre au Japon."

(ii) Commentaire d’un habitant de Minamisoma:
"J’aurais aimé que l'information soit divulguée beaucoup plus tôt. Je comprends que la décision du gouvernement de ne pas divulguer visait à empêcher une possible panique. Mais les habitants ont été évacués vers des zones avec des concentrations élevées de radiations en raison du manque d'informations. A partir de maintenant, les causes de l'accident doivent être étudiées et un manuel de mesures de réponses doit être mis en place, parce que nous ne savons pas quand le prochain accident se produira. Je demande de considérer des méthodes pour minimiser les dommages d’accident à prendre en considération, étant donné qu'il est difficile de l'empêcher."


(iii) Commentaire d’un habitant de Iitate:
«Je crois que beaucoup de gens ont été exposés à des radiations à cause de la réponse inadéquate à l’accident par le gouvernement et les municipalités. Les données ont été effacées et des instructions trompeuses ont été données même s'ils étaient au courant de la situation réelle. Est-ce qu'ils valorisent vraiment nos vies? Notre famille à déneiger à l'extérieur de notre maison et a été mouillée parce que nous ne savions pas à propos des radiations. Nous exigeons l'indemnisation des dommages et des problèmes de santé au cours des prochaines décennies. Qu'est-ce que les membres du NAIIC pensent des mensonges qui sont révélés même après que plus d'une année se soit écoulée depuis l'accident? "


Nombres d'évacuations

  •          Dans l'année après les accidents, les résidents les plus proches de la centrale ont dû évacuer un certain nombre de fois. Environ 70% des résidents de Futaba, Okuma, Tomioka, Naraha et Namie ont dû évacuer quatre fois ou plus.
  •          Le gouvernement a tardé à divulguer des informations de surveillance.

9nombre evacuation fin mars 2012

 

Nombre d’évacuations avant fin mars 2012

 

(i) Les habitants de Namie
"Même si nous revenons à Namie les tuiles du toit sont tombées et la pluie contaminée est tombée à l’intérieur. Ce ne sont pas des conditions dans lesquelles nous pouvons vivre. Chaque fois que j’y retourne je me sens en colère. Notre plus jeune fils dit aussi qu'il est désormais impossible pour nous de vivre ici. L’après-midi du 11 mars, quand nous étions sur le point de réparer le toit, on nous a dit d'évacuer à la salle de gym de l'école à proximité de Tsushima. Nous sommes restés à l'école pendant 3 ou 4 jours. C'était un endroit avec des niveaux élevés de radiations. Nous avons déménagé six fois à l'intérieur et à l'extérieur de la préfecture et nous nous sommes finalement arrêtés après être venu ici."(Nihonmatsu)

(ii) Un commentaire d’un habitant de Futaba
"Le 12 mars, notre hôtel n'avait pas d'électricité ni d'eau. Nous avons été autorisés à rester dans un ancien hôtel et ils ont partagé avec nous l'essence. Notre fils habite dans la préfecture de Saitama et il nous a laissé habiter la pendant quatre mois. Actuellement, nous vivons ensemble comme une famille de quatre personnes. Lorsque nous avons visité notre maison brièvement le 6 mars, mon mari a eu un choc quand il a réalisé qu'il ne pourrait pas retourner dans la maison ou il est né et est actuellement à l'hôpital. Nous sommes frustrés par l'irresponsabilité et le déshonneur de la politique de ce pays et de TEPCO. "

 

10Percentage of residents who experienced evacuation traini

Pourcentage d’habitants qui ont eu un entraînement à l’évacuation avant l’accident nucléaire

 

(iii) Commentaire d’un habitant de Tomioka
«Nous n'avions aucune idée de ce qui se passait, mais on nous a dit d'évacuer à Kawauchi. Quand nous sommes arrivés là, nous avons dû déménager d'un endroit à l'autre et sommes finalement arrivés à Miharu mais on nous a dit qu'il était plein. On nous a dit d'aller vers le centre d'évacuation de Motomiya. Nous avons ensuite déménagé à plusieurs reprises par la suite et sommes actuellement dans une location à Iwaki. Depuis un an s'est écoulé, mais nous n'avons aucune idée de ce que nous allons faire. "

Habitants qui ont su au sujet de la possibilité d'un accident ou ayant reçu un entrainement à l’évacuation avant l'accident

  •          Même dans des endroits à proximité de l'usine, seulement 10-15% des habitants ont déclarés avoir reçu une formation à l'évacuation, et moins de 10% ont été informés de la possibilité d'un accident nucléaire.
  •          Certains ont déclaré avoir reçu une explication que les centrales nucléaires étaient sûres et sécurisées, et ont ainsi pensés qu’un accident ne se produirait jamais.


(i) Commentaire d’un habitant de Futaba
«J'ai assisté à une conférence donnée par TEPCO une fois. Mentionnant l'exemple du 11 septembre aux Etats-Unis, ils ont dit que les centrales nucléaires sont sûres quoi qu’il arrive. Lorsque j'ai posé une question pour reconfirmer la sécurité absolue, les participants à la conférence, dont beaucoup sont des membres de famille des employés de TEPCO, me regardèrent comme si je n’avais rien compris de ce TEPCO nous avait dit. Les attitudes et les réactions de TEPCO et du gouvernement, qui semblent penser si peu à nous, me mettent en colère plutôt que triste. Je demande une réponse  plus rapide et sincère. "


(ii) Un commentaire d’un habitant d’Okuma
«Je travaillais dans une centrale nucléaire et je n'ai jamais pensé à un tel accident. Quand j’ai travaillé comme sous-traitant pour TEPCO au premier étage, j'ai demandé à un chef d'équipe " Et si un tsunami semblable à celui de Sumatra frappe le Japon? " La réponse fut, " Impossible!"
Il n'est pas nécessaire de penser à une situation impossible ». Après tout, TEPCO, le gouvernement, et la municipalité n’ont pas pensés suffisamment sérieusement. Moi non plus. ".


(iii) Commentaire d’un habitants de Naraha
«Lorsque j'ai assisté à une conférence pour les habitants locaux par TEPCO peu de temps après que la société ait caché un accident au public, TEPCO a déclaré qu'ils avaient non seulement les 3 premières couches de protection, mais aussi les 4e et 5e couches de mesures de sécurité, d’une manière que les habitants participants ne comprendraient pas ce que cela signifie d'avoir tant de couches de sécurité. Maintenant je me rends compte que tout ce que TEPCO a expliqué était des mensonges, et que je m'étais trompé. "

 

11Percentage of residents who had been informed of the poss

Pourcentage d’habitants ayant été informés de la possibilité d’un accident nucléaire avant le 11 mars

 

(iv) Commentaire par un résident de Tamura
"Ils n’arrêtaient pas de dire que les centrales nucléaires étaient absolument sans danger puis l'accident est arrivé. Si toutes les personnes impliquées considèrent l'accident comme un simple « accident imprévisible » alors ce pays doit être très négligent. Les causes doivent être trouvées et clarifiées.
Cet accident ne doit jamais se répéter. Je veux donner de candides conseils aux membres du régime. Ils sont censés considérer la vie quotidienne de la nation et de la reconstruction, mais ils sont préoccupés par des batailles politiques. Alors que l'enquête sur l'accident doit être approfondie, le régime doit avoir une discussion approfondie pour la nation. "

(v) Commentaire d’un résident de Katsurao
"Nous étions habitués à regarder des publicités TV tous les jours revendiquant que l’énergie nucléaire coutait moins chère, était sûre et propre. Avec de vifs souvenirs d'un tel message, nous ne pouvions pas croire que l'accident s'était produit, comme nous ne pouvions imaginer qu’un tsunami apporte la tragédie. Nous vivons encore dans un étroit logement temporaire après plus d'un an. Nous n'avons aucune idée du moment où nous pourrons revenir à notre maison. Nous sommes absolument opposés à la remise en service des réacteurs. De nouveaux réacteurs ne devraient pas être autorisés et nous devons passer aux énergies renouvelables. Des lois et règlements concernant de tels plans doivent être mis en place rapidement. Le gouvernement devrait accélérer les progrès de l'indemnisation des dommages de l'accident. Ce n'est pas comme la compensation pour un accident de la circulation .... Je suis fatigué de mes conditions de vie actuelles. Je demande que le gouvernement aille de l'avant pour prendre sa responsabilité et fasse tous les efforts pour indemniser les victimes. Je compte sur le gouvernement. "

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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commentaires

coronado 26/08/2012 20:20

+1 avec delphin c'est bien triste

Delphin 25/08/2012 17:05

Le nucléaire a ceci d'intéressant, malheureusement, qu'il est un condensé saisissant des tares de nos sociétés (les précédentes avaient les leurs) :

- "Dictature" des experts
- Utilisation des savoirs techniques pour écraser l'individu non informé
- Ceux qui savent décident donc pour ceux qui ne savent pas, c'est logique
- Habillage de la recherche de puissance par la nécessité énergétique (la minimisation de la consommation d'énergie n'a jamais vraiment été conceptualisée)
- Politique de l'apparence (plus on creuse, plus on se rend compte que le nucléaire est absurde à tous niveaux)
- Complicité du monde médiatique. Sans celle-ci, pas d'opinion dupée
- Primauté des critères (pseudo)économiques sur la vie elle-même

Delphin

Miche 24/08/2012 04:04

Très intéressant... tant que survivra cette idée folle que les autorités et les spécialistes savent pour nous, font ce qui doit être fait...
Merci pour ce blog.

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