21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 01:02

L'explosion du bâtiment du réacteur n°3, survenue le 14 mars, reste encore un mystère. Pour autant, les experts en énergie nucléaire sans langue de bois s'accordent à reconnaître, non pas une explosion due à l'hydrogène, mais une explosion nucléaire. Christopher Busby, scientifique britannique, fait le même diagnostic qu'Arnie Gundersen. Cette petite vidéo de 2min49, créée par GoddarsJournal, reprend cette théorie et explique de manière très claire le déroulement de l'explosion.

 

video explosion 3

Lien vers la vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=1Q3ljfLvHww

 

In order to better follow this video, I propose a transcript of the English text and French translations.

 

Pour mieux suivre cette vidéo, je propose une retranscription du texte en anglais et une traduction en français.

 

 

0 :00

While officials claim that both blasts were hydrogen explosions, professor Christopher Busby, a nuclear energy expert complains that the blast at Fukushima Daiichi unit 3 may have been a nuclear fission criticality.

0:18

Indeed it's plain to see that the explosion of unit 3 differs significantly from the explosion at unit 1. Not just in terms of magnitude, but a whole spectrum of features. 0:30

In this video, we'll examine some of those features.

0:37

Unit 3 building initially implodes and from its first seconds its blast differs from unit 1's.

0:45

Its first smoke is pitch black and while the force of unit's one blast is almost entirely lateral, the forces from unit 3 are almost entirely straight upward, carrying massive debris five times the height of the building.

1:06

Indicative of extreme temperatures, an apparent ring of vortex forms immediately unconstrained lateral smoke projection.

1:16

Fire appears to be sucked up and into the vortex.  Ring vortices are classic features of nuclear explosions.

1:26

Indeed a classical mushroom cloud cap eventually blooms from the blast invariably driven by the same thermal forces.

1:45

For context let's compare the Fukushima fission reactor blast with a known test of a nuclear fission weapon.

1:54

The classic thermally driven downward rotation of mushroom cloud caps is equally apparent in both cases. 

2:03

While all nuclear explosions have these thermally driven characteristics, not all explosions with these characteristics are nuclear. 

2:13

So while the visual evidences may be consistent with Busby's speculation, it is not perfect proof that unit 3's blast was really a fission criticality explosion.

2:26

Such proof could come from isotope ratio data that TEPCO has yet to release.

2:34

But one has to wonder what are the odds that such a massive explosion with distinct nuclear fission characteristics arises from a nuclear fission power plant and isn't a nuclear fission event.   

 

0 :00

Bien que les responsables affirment que les deux explosions ont été des explosions d'hydrogène, le professeur Christopher Busby, un expert en énergie nucléaire le conteste : l'explosion de l’unité 3 à Fukushima Daiichi peut avoir été due à une criticité de fission nucléaire.

0 :18

En effet il est aisé de voir que l'explosion de l'unité 3 diffère de manière significative de l'explosion de l'unité 1. Pas seulement en termes de grandeur, mais aussi avec tout un éventail de caractéristiques.

0 :30

Dans cette vidéo, nous allons examiner certaines de ces caractéristiques.

0 :37

Tout d’abord, le bâtiment de l’unité 3 implose et le souffle de ces premières secondes diffère de celui de l'unité 1.

0 :45

Sa première fumée est noire comme la poix, et alors que la force du souffle de l’unité 1 est presque entièrement latérale, les forces provenant de l'unité 3 sont presque entièrement dirigées vers le haut, transportant des débris massifs jusqu’à cinq fois la hauteur du bâtiment.

1 :06

Révélateur de températures extrêmes, un anneau apparent de vortex forme immédiatement et sans contrainte une projection latérale de fumée.

1 :16

Le feu semble être aspiré dans le tourbillon. Les tourbillons annulaires sont des caractéristiques classiques des explosions nucléaires.

1 :26

En effet, le sommet du nuage classique en forme de champignon se forme invariablement à partir du souffle entrainé par les mêmes forces thermiques.

1 :45

Pour exemple, nous allons comparer l'explosion du réacteur de Fukushima avec un essai connu d'une arme à fission nucléaire.

1 :54

La rotation classique entrainée thermiquement vers le bas des sommets de champignon est apparente de la même manière dans les deux cas.

2 :03

Bien que toutes les explosions nucléaires aient ces poussées thermiques caractéristiques, toutes les explosions avec ces particularités ne sont pas nucléaires. 2 :13

Ainsi, alors que les évidences visuelles peuvent être en accord avec la spéculation de Busby, cela ne constitue pas une preuve parfaite que l’explosion de l'unité 3 était vraiment une explosion de criticité de fission.

2 :26

Cette preuve pourrait venir à partir des données de rapport isotopique que TEPCO n'a pas encore publiées.

2 :34

Mais on peut se demander quelles sont les chances qu'une telle explosion massive, avec des caractéristiques distinctes de fission nucléaire, provienne d'une centrale nucléaire et ne soit pas un accident de criticité.

 

 

 

Qu’est-ce qu’un accident de criticité ?

 

Un accident de criticité désigne un accident nucléaire  provoqué par une réaction nucléaire en chaîne involontaire et incontrôlée dans un combustible nucléaire fissile comme l'uranium ou le plutonium. Cet événement nécessite à minima une masse critique de matière nucléaire. Le combustible est alors le siège d'une réaction en chaîne au cours de laquelle se produit un grand nombre de fissions en un court laps de temps. Il se dégage alors une quantité dangereuse de rayonnement ionisant, sous forme de neutrons et de rayons X ou gamma. Normalement, un accident de criticité ne provoque pas d’explosion nucléaire.

Source wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_de_criticit%C3%A9

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Publié par Pierre Fetet - dans Au Japon
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commentaires

robert 21/02/2014 10:44

D'autres "spécialistes" ont aussi fait observer qu'une explosion nucléaire aurait dégagé de grandes quantités de gaz rares et surtout aurait engendré un intense rayonnement neutronique décimant toute vie aux alentours. Mais on fait toujours appel à la "géométrie" nécessaire pour un tel résultat. Quelle pouvait être cette géométrie après les dégâts du séisme et de l'explosion du Nº1 ? On est dans une configuration inconnue où - qui sait ? - des para-criticités intermittentes ne sont pas inenvisageables ... jusqu'à présent.

robert 28/03/2014 01:09

PS - Pour en revenir aux déclarations apparemment faussement attribuées au triste professeur, peut-être aurait-il mieux valu pour lui qu'il les eût vraiment faites, car on aurait pu les mettre au compte d'un accès passager de démence sénile; tandis que les propos qu'il a effectivement tenus démontrent une volonté consciente et délibérée d'occulter la réalité du danger de la catastrophe de Tchernobyl.

robert 12/03/2014 00:11

Glubb:

Il ne s'agit pas de "déviations" comme vous aimez à le répéter, car c'est bien la même mentalité négationniste qui sous-tend tous vos propos. Ces derniers seraient risibles s'il n'y allait de la santé de millions de personnes dont vous paraissez très peu vous soucier.
Vous ne faites rien d'autre que jouer sur les mots pour occulter la culpabilité évidente de l'institution scientifique vendue au nucléaire.

L'article de Wikipédia que vous citez est en effet intéressant. On y apprend que le triste professeur en question avait une longue histoire de minimisation des risques des accidents nucléaires. C'est cette même logique de minimisation des faits et de vision myopique des mots que vous suivez sur tous les sujets abordés. En effet, la phrase ridicule selon laquelle le nuage de Tchernobyl se serait arrêté à nos frontières n'est apparemment pas de lui. Mais le public est bien excusable de résumer ainsi les déclarations scandaleuses de ce mandarin vénal telles qu'on peut les entendre dans l'enregistrement de son intervention télévisée. Quelle différence si je vous dit, sur votre lit d'hôpital, qu'il "n'y avait pas de mort aux rats dans votre bouillon" ou bien qu'il "y en avait certes, mais à un taux insignifiant pour la santé"? Pour celui qui est, en fin de compte, bel et bien empoisonné, cela revient exactement au même.

Je vais rechercher les références que vous donnez sur la "nécessité de faire d'avantage de recherches (tiens-tiens!) sur les rejets de transuraniens de Fukushima", car les cartes actualisées des dépôts de Plutonium sur le territoire japonais semblent faire cruellement défaut alors que de nombreux témoins ont découvert non pas des nano-traces , mais des particules bien visibles (cherchez "black substance") le long des routes japonaises. J'attends donc avec impatience de pouvoir consulter ce document qui, nul doute, apportera une brillante démonstration à votre thèse de" l'éventage des enceintes", et permettra aux gens de savoir quels endroits éviter entre Fukushima et Tokyo.

Amusant, votre aveu involontaire: " ...des études montrant que Tchernobyl n'a pas eu d'impact en Europe de l'ouest ..." : comparez votre phrasé avec ce que je vous demandais et venez encore m'entretenir de votre obsession d'objectivité et d'impartialité!
En réalité, depuis Windscale-Sellafield, Three-Mile-Island, Tchernobyl et Fukushima, je suppose que le programme de suivi sanitaire des populations par l'OMS suite à un accident nucléaire est parfaitement rôdé et entièrement au point afin qu'il ne demeure aucune incertitude quant aux conséquences sur la santé des personnes.
De même que le sujet de la fréquence des cancers du nourrisson à proximité des centrales EN BON ETAT DE FONCTIONNEMENT doit maintenant occuper toutes les recherches puisque la priorité est de "vérifier dix fois les résultats" comme vous aimez à le répéter.

TICEN: pour votre information, Traité d'Interdiction Complète des Essais Nucléaires.
Quelles que soient les raisons de l'inaccessibilité des mesures, c'est un scandale, car on ne peut accepter de s'en remettre à la bonne foi d'un "professeur-perroquet du nucléaire".

Vous vous plaignez de "déviations"? Mais on voit que vous n'êtes qu'un jongleur de mots affublé d'un masque trompeur "d'objectivité et d'impartialité".
Vous proclamez avec fierté que l'explosion du 3 n'a rien à voir avec l'explosion d'une bombe nucléaire, ce qui est une évidence. Mais les mécanismes de possible emballement passager des réactions nucléaires dans le combustible en fusion ou entreposé à proximité d'une explosion, rien de ce que vous avez dit ne permet de les écarter définitivement.

Glubb 11/03/2014 21:35

Bonjour Robert :

1°) Pour les propos de Pellerin :
a) je reprends exactement vos termes mail d'il y a un jour) : "On ne peut pas comparer par exemple la gravité des propos d'un professeur bardé de titres, de diplômes et d'honneurs et qui met le public directement en danger en certifiant que le nuage de Tchernobyl ne peut atteindre la France".
b) Vous verrez aisément sur YouTube, par simple recherche de mots-clés, le triste professeur en personne déclarer que Tchernobyl n'est vraiment dangereux que pour les travailleurs à l'intérieur de la centrale.
c) Quel rapport entre les propos que vous imputez à Pellerin : "le nuage ne peut atteindre la France" et le fait que Tchernobyl n'est vraiment dangereux que pour les travailleurs de la centrale???? Dans un cas on parle de l'arrivée (ou non) d'air contaminé sur le sol français, dans l'autre de la dangerosité de Tchernobyl... quel est le rapport? Je repose donc mon défi : "Vous voudrez bien me trouver l'article, l'interview, le communiqué de presse où Pellerin dit que le nuage de Tchernobyl n'a pas atteint la France..." et rien d'autre car encore une fois je reprends ce que vous avez dit au départ.

Inutile d'essayer de parler avec vous : vous déviez systématiquement.

Pour le reste :
- dépôts de transuraniens à Fukushima : un excellent article est sorti dans Nature en août 2013 : "Plutonium release from Fukushima Daïchi foster the need for more detailed investigations". Vous y trouverez en notes un grand nombre de publications relatives à l'évaluation de la radioactivité liée aux transuraniens (enfin avant tout le plutonium) dispersés lors de l'accident.

- j'ai déjà répondu que la dispersion faisait suite à l'éventage des enceintes et pas à l'explosion d'hydrogène.

C'est pas la peine que je cherche des études montrant que Tchernobyl n'a pas eu d'impact en Europe de l'ouest, vous allez encore me dire qu'elles sont tronquées...

Quant au réseau TICEN... connais pas... ça doit être OTICE. J'ai déjà expliqué à l'auteur de ce blog pourquoi ses résultats n'étaient pas accessibles au public.

robert 11/03/2014 16:09

Glubb,

Les défis que vous lancez sont souvent étrangement faciles à relever.
Vous verrez aisément sur YouTube, par simple recherche de mots-clés, le triste professeur en personne déclarer que Tchernobyl n'est vraiment dangereux que pour les travailleurs à l'intérieur de la centrale.

Mais puisque vous vous vantez de ne fonder vos jugements que sur des analyses objectives et impartiales, veuillez nous indiquer, afin que nous puissions également apprécier les progrès réalisés en matière de transparence, les sources suivantes, propres à écarter définitivement les hypothèses de nature "polémique ou partisane":

(liste provisoire à titre d'exemple)

- les études continues réalisées par les autorités japonaises sur la quantité des rejets et la localisation des dépôts de Plutonium, Américium, Curium, Thorium, en provenance de Fukushima;

- le mécanisme par lequel ce Plutonium a pu se trouver aérosolisé et éjecté suite à une explosion d'hydrogène extérieure au cœur des réacteurs;

- les études réalisées, après Tchernobyl, par l'OMS sur la santé des populations, en se basant sur un système de carnet individuel de santé, afin que les résultats puissent être significatifs indépendamment des déplacements ultérieurs des personnes;

- l'organisation actuelle des mêmes études concernant la population japonaise;

- les résultats d'analyse de la radioactivité de l'air du réseau international TICEN, afin que chacun puisse directement vérifier le niveau de gravité des "accidents", "fuites" et autres incendies et explosions qui continuent régulièrement de se produire dans les centrales, lieux de stockage, et instituts médicaux éparpillés sur notre globe.

Glubb 10/03/2014 22:28

Bonjour Robert,

1°) Concernant les propos du Pr Pellerin, (car c'est bien de lui dont il s'agit) :
Vous voudrez bien me trouver l'article, l'interview, le communiqué de presse où Pellerin dit que le nuage de Tchernobyl n'a pas atteint la France... Vous ne le trouverez pas car ce document n'existe pas! Vous constatez donc qu'en 1986 le mensonge est du côté des médias et des anti-nucléaires... Je vous invite à lire l'article "Pellerin" sur Wikipédia, c'est très intéressant (en particulier les notes et ref).

2°) Les gens maintenant réagissent de manière viscérale et émotionnelle :
oui, là vous avez entièrement raison. Je n'ai rien contre le fait que des personnes puissent être émotionnellement contre le nucléaire, que se soit vraiment une position de principe... ça ne me gène absolument pas. Par contre que l'on utilise un discours rationnel (ou présenté comme tel) pour faire passer ses convictions, ça c'est inadmissible. Si Gundersen avait commencé sa vidé en disant : "voici une analyse non scientifique et émotionnellement complètement orientée contre le nucléaire" je ne serai jamais intervenu ici.
Le pb avec le nucléaire (et en particulier en France) c'est qu'il a été imposé et qu'il a très longtemps été lié au militaire. En fait les anti-nucléaires au départ sont avant tout des anti-militaristes et des gens qui sont opposés à un Etat fort... bon pourquoi pas... mais là aussi il faut le dire, et pas faire des communiqués soit disant scientifiques alors qu'en réalité l'opposition est fondée idéologiquement.

Si vous regardez objectivement ce qui s'est passé au sujet du nucléaire en France depuis 1960, que constatez-vous? Le nucléaire a été imposé c'est un fait. Le contexte politique faisait que l'antimilitarisme était un courant assez fort (soutenu par la guerre froide et l'URSS), à partir de là il y a eu cristallisation de l'opposition :
- d'un côté des militants près à tout pour défendre une idéologie
- de l'autre un Etat fort, soucieux de développer l'indépendance énergétique de la France et la dissuasion nucléaire
A partir de là tous les coups ont eu lieu et aussi bien d'un côté que de l'autre!
De surcroît les médias n'ont jamais été une source réelle d'information : on est dans le royaume de l'émotion, du scoop et de l'audimat à tout prix, conséquence plus on peut faire une info extraordinaire et mieux c'est... Si vous titrez dans un cas : "le nuage de Tchernobyl passera au-dessus de la France sans conséquences sanitaires", et dans l'autre : "on vous ment, l'Etat vous cache la vérité à propos de Tchernobyl en France"... ben il est clair que c'est le second titre qui sera le plus vendeur.

Votre position était tenable il y a une vingtaine d'années, oui effectivement il y avait alors une certaine opacité dans le domaine du nucléaire liée au fait que cette industrie était très liée au militaire, au fait aussi que pendant des années les scientifiques (chercheurs, ingénieurs, techniciens) n'avaient pas vraiment conscience du danger lié au nucléaire, (plusieurs scientifiques se sont faits gravement irradiés), il y avait sans doute aussi un grand manque dans la formation aux métiers du nucléaire sur le facteur temps : la gestion des déchets, la traçabilité, etc. C'est vrai qu'il y a eu des choses parfaitement inadmissibles (par ex au Centre de Stockage de la Manche), il y a des zones polluées du fait de comportements scandaleux... oui c'est vrai, mais ça reste très très limité. Je puis vous certifier que les pollutions chimiques sont infiniment plus nombreuses que les pollutions radioactives en France sans pour autant être moins dangereuses (voir le cas de StocaMine par ex).
De plus le monde du nucléaire a considérablement évolué ces 10 dernières années : les rapports de l'ASN sont consultables, l'IRSN met à la disposition du public une documentation très riche et objective, la loi relative à la Transparence et à la Sécurité en matière Nucléaire de 2006 est un outil juridique extrêmement puissant et qui permet d'obtenir des informations sur toutes les INB en France... évidemment cette loi a été complètement passée sous silence par les anti-nucléaires (comme par hasard...).

3°) Présence de plutonium autour de Fukushima et hypothèses légitimes sur l'explosion de l'unité 3 :
je ne vous suis pas sur le terme "légitimes" : on peut se poser des questions à propos de cette explosion, mais il faut rester objectif : relisez de nouveau ce que j'ai écrit sur cette explosion plus haut : j'ai essayé d'être objectif et rationnel. Il ne me semble pas légitime de broder sur une explosion nucléaire PARCE QU'on a retrouvé du plutonium autour de Fukushima, et ce pour de multiples raisons : quantité trouvée (très faible), possibilité (et c'est certainement ce qui s'est passé) de dispersion au moment des éventage des cuves... Vous voyez c'est comme dans toutes ces "grandes affaires" criminelles (Chevalines, mort de la princesse Diana, Dupont de Ligones, etc.) : ce n'est pas parce qu'on est face à quelque chose d'exceptionnel et difficile à expliquer qu'il devient légitime de faire n'importe quelle hypothèse (et surtout de chercher à tous prix à valider l'hypothèse la plus à même d'aller dans le sens de ses a-priori).

4°) L'industrie nucléaire qui décourage et cherche à bloquer dans les domaines qu'elle veut occulter :
Je ne vois pas de quoi vous voulez parler... Avez-vous des exemples clairs précis et documentés? Je puis vous assurer qu'en France Areva ne peut pas faire grand chose pour occulter quoique se soit et idem pour EDF que se soit vis à vis de l'IRSN ou à fortiori de l'ASN.

Delphin 26/05/2011 12:31


Bonjour,

Un réacteur nucléaire peut-il être le siège d'une explosion nucléaire ?
Le terme 'excursion" n'est-il pas trompeur ?

Jean Pierre Pharabod, alors ingénieur au laboratoire de Physique Nucléaire des Hautes Energies de l'Ecole Polytechnique et Jean Paul Shapira, polytechnicien, dans le livre "les jeux de l'atome et
du hasard"(Calmann Lévy 1988 ) n'ont pas l'air de considérer que le sujet n'est qu'un "jeu sur les mots" :

(A propos de Tchernobyl)

(p.67) "Etait-ce une explosion nucléaire ? oui et non. Non, car cela n'avait aucune commune mesure avec l'épouvantable cataclysme provoqué par une bombe atomique.
Non, parce que l'énergie explosive avait été essentiellement le fait de l'eau brutalement vaporisée par l'énorme accroissement de puissance du réacteur.

Mais oui, parce que toute cette énergie était en fait d'origine nucléaire; l'eau n'avait servi que d'intermédiaire."

Remarque personnelle :

On peut d'ailleurs se demander si le terme "excursion" n'est pas,à l'origine, destiné d'abord à neutraliser l'image négative du terme "explosion" ( Pharabod utilise le terme "explosion)


Autre extrait du livre :

"Mais reconnaître cela, c'est reconnaître l'instabilité structurelle de ces machines, dont le physicien Jean Bussac écrivait en 1961 que ce sont des machines "en équilibre précaire"
("Principes de contrôles", Génie Atomique PUF 1961, cité par Pharabod et Shapira).


Ultime citation (tjrs d'après Pharabod...) :

(A. Pascquet, bulletin d'informations scientifiques et techniques du CEA n°112, février 67) :

"Les essais effectués [...] ont amplement démontré que les réacteurs piscines, tout comme les réacteurs à eau pressurisée ou à eau bouillante, pouvaient être le siège d'excursions de puissance très
violentes entraînant la destruction partielle ou totale des structures du réacteur."
D'après Pharabod, en 67, on pouvait encore s'exprimer librement au CEA, le nucléaire n'était pas encore raison d'état.

Conclusion :
Tout réacteur nucléaire peut potentiellement être le siège d'une explosion nucléaire - d'effet destructeur limité au site - mais dont les conséquences radioactives peuvent être redoutables.
A la différence des réacteurs type Tchernobyl (RBMK), ce risque explosif n'existe pas dans un réacteur occidental, DES L'INSTANT QUE LES SYSTEMES DE SECURITE FONCTIONNENT CORRECTEMENT.(instabilité
structurelle de Tchernobyl à basse puissance)

Amicalement,

Delphin


Pierre Fetet 06/09/2014 00:07

@Glubb
Quand je reprends vos conclusions (explosion nucléaire exclue + explosion d'hydrogène), nous nous retrouvons dans une configuration identique à l'hypothèse de Ian Goddard qui considère que la grande explosion est une explosion de vapeur, avec des explosions d'hydrogène secondaires. L'explosion de vapeur pourrait provenir du corium tombant dans l'eau qui se trouvait accidentellement dans le drywell. Dans ce cas, la dalle anti-missile qui a été retrouvée écrasée ne l'aurait pas été par la pression extérieure (contre laquelle elle avait été conçue) mais plutôt parce qu'elle aurait été soulevée par la pression soudaine de la vapeur et qu'elle serait retombée à son emplacement initial mais en se fracturant en son centre.
Quant à la couleur noire de la colonne de fumée, vous évitez de dire d'où proviendrait autant de carburant explosif au sein même d'une centrale nucléaire où l'énergie utilisée est essentiellement de l'électricité. Je vois mal un immense réservoir de pétrole ou de gaz à côté d'un réacteur, ça serait un peu suicidaire comme installation vous ne trouvez pas ? Dans le cas d'une explosion de vapeur, la couleur noire pourrait provenir du corium fracturé en des milliards de particules lors de son contact avec l'eau.
Théorie de Ian Goddard ici en anglais : http://iangoddard.com/fukushima01.html et bientôt sur le blog de Fukushima en français.

Pierre Fetet 21/02/2014 00:51

Merci pour cet exposé intéressant. Toutefois je trouve que l'hypothèse de Gundersen reste très plausible. Il note que l'explosion du 3 a provoqué une détonation et non une déflagration. Et la machine de 35 tonnes qui était au dessus de la piscine a été soulevée dans les airs avant de retomber dans la piscine, donc l'explosion provenait du bas et non du plafond. Autre indice de la puissance faramineuse de cette explosion, une dalle "antimissile" située au dessus du drywell a été écrasée par la pression (affaissement de 30 cm). Quand on regarde aussi ces poutrelles en acier tordues et fondues à l'emplacement de la piscine, on a la preuve qu'il y a eu une intense chaleur à cet endroit précis. Qu'est-ce qui pourrait faire fondre des poutres en acier en quelques secondes sinon une réaction nucléaire ?
Voir aussi la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=a5deknvi6S4&feature=youtube_gdata

Glubb 20/02/2014 16:50

De façon résumée car je me rend compte que mon exposé est un peu long et fastidieux à lire :
- la forme de la colonne de fumée n'informe en rien sur la nature de l'explosion
- il est très probable qu'il y ait eu une accumulation d'hydrogène pur dans le haut du bâtiment, arrivé progressive d'oxygène, et également arrivée également d'autres gaz (vapeur diverses, fuel, peut-être des réserves d'acétylène pour travaux, etc.)
- la géométrie du lieu de l'explosion a fait que celle-ci n' a pas permis la déflagration de l'ensemble de l'hydrogène présent, ni à fortiori des autres gaz (carbonés eux) présents
- premier temps : explosion d'hydrogène, second temps combustion avec force suies (mauvaises conditions : défaut d'O2 déjà consommé massivement dans la déflagration avec l'H2, pb de température, pression...).
Conclusion :
- explosion nucléaire exclue avec une confiance de 99,98%
- explosion d'hydrogène dans un premier temps : confiance à 99,98%
- combustion de vapeurs d'origine diverses (unité trois mais aussi des autres réacteurs par les conduites communes) : confiance à 70-75%

Glubb 20/02/2014 16:33

Bonjour Pierre,

je ne doute pas de votre sincérité, mais le pb avec vous c'est que vous voulez toujours faire parler les faits dans un sens : le vôtre (et ici celui de l'omerta, de la désinformation, du secret, le gros nuage noir on en parle pas donc c'est nucléaire... etc.) ça c'est très très pénible et du coup votre blog n'est pas réellement informatif.
Revenons-en aux faits.
1°) Vous dites "C'est quoi?". Je ne pourrai pas vous répondre et je pense qu'actuellement personne ne peut le faire... peut-être ne pourra-t-on jamais le faire. Juste une petite remarque : sur l'accident de Tchernobyl on ne sait toujours pas exactement quelle a été l'origine de l'énergie colossale qui a soulevé les 300t du toit du réacteur... explosion d'hydrogène? Explosion de vapeur? On ne sait pas. On ne peut pas toujours répondre.
2°) La vidéo qui met en parallèle les deux explosions : unité 1 et 3 est profondément tendancieuse (si vous étiez objectif, votre travail aurait justement été de montrer pourquoi) : lorsque l'on veut comparer deux évènements, il faut que comme on dit "toutes choses soient égales par ailleurs" : lorsque l'on fait des essais comparatifs en expérimentation médicale, on ne fait pas 1 essai, on fait des dizaine d'essais... idem quand on obtient un résultat x avec une expérience y, on doit refaire de nombreuses fois (parfois des dizaines de fois) la même expérience y pour en conclure que oui cette expérience y donne bien le résultat x.
Quel rapport avec la vidéo? L'auteur fait une comparaison entre des images d' EU1 (explosion unité 1) et EU3... très bien, mais quelles étaient les conditions des (si je puis dire) deux expériences (EU1 et EU2)? Etaient-elles identiques? Quid :
- des conditions climatiques externes (en particulier présence ou non de vent)
- de la distribution de l'hydrogène dans les bâtiments
- de la composition du mélange qui a explosé
- de la structure fine (type de béton en particulier) des bâtiments puisqu'il ils n'ont pas été bâtis au même moment
- température interne et externe
- etc.
Une explosion est un phénomène très complexe et chaotique : une très petite variation des conditions initiales entraîne de très grandes variations dans les résultats obtenus.
Conséquence de tout : il n'est pas possible en étant objectif de comparer EU1 et EU3, et d'en déduire PARCE QUE EU3 ne ressemble pas à EU1 alors EU3 NE PEUT PAS être une explosion d'hydrogène (étant entendu que EU1 en est une).
3°) Vous employez dans votre article le terme "explosion nucléaire". Là aussi avant d'utiliser une telle expression (dont vous savez très bien quelle résonance elle peut avoir chez le lecteur lambda...), il faut réfléchir un peu. Vous voyez c'est comme les gens qui ont vu dans les fumées des tours du World Trade Center des visages sataniques... là aussi : "qu'est-ce que c'est au juste que le diable?" si je puis dire... Une explosion nucléaire (dans le cas de la fission) c'est un emballement extrême d'une réaction en chaîne, c'est extrêmement puissant, ça nécessite des conditions très très particulières : pour faire une bombe atomique il ne suffit pas (heureusement!!!) de réunir une masse critique, il faut aussi que cette masse fissile ait une géométrie très très particulière (d'où les secrets très bien gardés sur les armes atomiques et aussi la difficulté qu'il y a a réaliser de telles armes (voir la débauche incroyable de moyens du projet Manathan pour la mise au point de la première bombe!).
Le second point c'est que lors d'une explosion nucléaire la chaleur est phénoménale et il y a une dispersion locale de radioactivité énorme : voir l'intérieur actuel du réacteur de Tchernobyl (pourtant peu compact), ou les sites d'essais atmosphériques des premières bombes (américains, français (hélas!), soviétiques...) la radioactivité y est considérable.
Vous voyez donc que :
- d'abord du fait de l'arrangement spatial des matières fissiles aussi bien dans le réacteur fondu que dans la piscine de l'U3,
- ensuite du fait qu'il n'y a pas de radioactivité délirante dans l'U3 actuelle (la piscine est bleutée mais s'il y avait vraiment de la radioactivité très forte elle le serait autrement plus), sans compter qu'il serait extrêmement dangereux de se balader dans un tel environnement et qu'il est peu probable que des caméras électroniques (capteurs silicium) soient à même de résister pour fournir les images dépourvues de tout parasite comme on peut en trouver quantité sur le Web de l'U3 depuis l'explosion.
Vous voyez donc qu'il est pratiquement impossible qu'une telle explosion ait eu lieu, vous voyez avec des raisonnements très simples et des données faciles à trouver on arrive assez facilement à invalider à 99,98% l'explosion nucléaire.
4°) Le problème avec vous, c'est que vous n'arrivez pas à dire simplement : "les scientifiques ne savent pas", non il vous faut de la certitude, et s'il n'y en a pas, alors forcément vous imaginez ce qui va le plus dans votre sens... c'est vraiment très partisan comme façon de faire. Je vais donc essayer d'aller plus loin dans mon "explication"... je ne suis pas un spécialiste des explosions donc c'est quand même à prendre avec réserve, mais ça se tient.
Donc, que s'est-il passé?
Avant d'aller plus loin, je vais vous faire part d'un pb que j'ai eu à régler sur une voiture maintenant assez ancienne, vous verrez c'est très éclairant. Sur les vieilles voitures à essence il y a un carburateur et des bougies, pour que le moteur tourne bien il faut que le mélange air-essence se fasse dans des proportions très précises et qu'il s'enflamme également dans des conditions très précises de température et de pression. Pour réaliser tout cela il vous faut faire des tas de réglages : régler le point d'allumage, la richesse, l'ouverture papillon, le% de dwell etc. Si tout est parfaitement régler votre moteur marche bien, c'est à dire qu'il va y avoir déflagration et non détonation et que les gaz vont être complètement brûlés.
Que se passe-t-il si votre moteur est mal réglé, avec trop d'essence qui arrive : vous fumez noir, si vous n'avez pas assez l'essence : explosion de gaz imbrûlés dans le pot d'échappement... Noir... explosion... ça vous dit quelque chose....non?
Pour qu'un mélange gazeux explose il faut qu'il soit confiné, sinon il brûle.
Revenons à l'EU3 (je répète que je suis dans des hypothèses, mais à mon sens ça se tient) : le bâtiment réacteur s'est rempli d'hydrogène de façon non uniforme (il y a des poches, des cloisons, des origines diverses du gaz : la fusion du coeur, des remontées par les conduites venant d'autres unités, etc.), conséquence le mélange est très peu homogène (même si on peut supposer que vers le haut une certaine homogénéité s'est réalisée (pas de cloison, stratification des gaz...)), à un moment dans le haut du réacteur on arrive aux conditions stoechiométriques de la déflagration H/O2... explosion d'hydrogène (tout début de l'évènement vidéo filmé EU3), puis comme dans un moteur mal réglé, comme tous les gaz n'ont pas été brûlés dans l'explosion : combustion avec élévation d'une colonne de fumée très noire (combustion incomplète, sans doute avec d'autre vapeurs de diesel etc.). Voilà...
Pour infos je vous donne deux liens pour des images de colonnes de fumées de forme très proche de celle de l'EU3 :
- http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/a-bagdad-36-morts-et-71-blesses-dans-trois-explosions_844218.html En cherchant de façon plus approfondie vous trouverez facilement des images plus grandes de cette colonne liée à un attentat (donc origine nucléaire exclue (heureusement!!!)).
- http://nikonites.com/sports/9925-anatomy-explosion.html#axzz2tsEn24sI

Conclusion : vous voyez Pierre, j'ai travaillé à la louche 4-5h sur votre sujet, et dans ce laps de temps j'ai réussi a mettre quasiment complètement par terre vos affirmations (votre article commence certes par "un mystère", mais vous écrivez aussi que "les physiciens s'accordent à reconnaître [...] une explosion nucléaire"), je ne dis pas avoir levé tous les doutes, je n'ai aucun élément suffisamment fort pour affirmer avec certitude que c'est une explosion d'hydrogène seulement, mais bon on est à la louche à 80-90% de certitude si je puis dire.

Ce n'est pas la première fois que j'interviens sur votre blog (voir le sujet Corium : pseudo : glubbein ou glubboff selon mon humeur :)) et aussi sur l'article du CEA (Echos avancées : suivi des retombées atmosphériques de la catastrophe de Fukushima)... Je constate toujours la même désinformation : que vous soyez partisan, OK, mais alors à ce moment-là indiquez-le clairement en haut de chaque page de votre blog : "ceci est le blog d'un anti-nucléaire, les infos présentées ici sont donc celles qui vont le plus possible discréditer le nucléaire, sans qu'aune analyse critique n'en soit faites". Vous vous offusquez régulièrement de la "rétention d'info" ou de la désinformation réalisées par le lobby nucléaire, mais vous vous faites la même chose (avec des infos inverses évidemment!)... ça me semble incohérent et surtout ça met en l'air toute possibilité de vous accorder la moindre crédibilité (de la même façon que la SFEN, AREVA ou EDF par ex de par leur partialité ne peuvent être considérés comme crédibles).

Pierre Fetet 20/02/2014 01:36

OK je me suis trompé. Mais je suis sincère, je n'avais pas réussi à trouver de vidéo montrant une flamme d'hydrogène ! Celle-ci est bien visible sur votre vidéo, de couleur orange. Une autre vidéo montre cette flamme de manière pédagogique et en rapport avec Fukushima, celle d'Arnie Gundersen : http://www.youtube.com/watch?v=aSfVPXp5Hsw
Bien, si on récapitule, il y a bien une flamme orange dans un premier temps qui serait due à une explosion d'hydrogène, puis une explosion verticale produisant une détonation et un gros nuage noir. Là ce n'est plus de l'hydrogène. C'est quoi ?

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Jeudi 7 septembre 2017, 17h06
Dominique Balaÿ, demain 7 septembre sur la radio suisse RTS - Espace 2
Le titre de l'émission est MAGNETIQUE, c'est une quotidienne autour de la musique animée par Anne GILLOT.
Elle l'interrogera sur l'histoire et les motivations du projet "Et pendant ce temps là à Fukushima" qu'il mène depuis 2011 en invitant des artistes à produire une œuvre ou à simplement à s'exprimer sur la catastrophe de Fukushima.
 
Mardi 12 septembre à 20h
Projection/débat du film "Fukushima : Les voix silencieuses" à Grenoble.
Les 2 réalisateurs, Chiho Sato et Luca Rue, seront présents au débat.
Lieu: Antigone, 22 rue des violettes 38100 Grenoble
Entrée gratuite sans réservation
 

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