11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 21:25
(Image satellite mars 2011)

Si vous voulez aller vers des choses positives, je vous y encourage. Cultivez vos passions, mangez sainement, évitez les personnes toxiques, soyez optimistes, profitez des petits bonheurs de chaque jour, faites-vous plaisir. Mais si vous n’êtes pas en forme en ce moment, ne lisez pas cet article, ne fréquentez pas ce blog, car il donne la vérité toute crue sur Fukushima et le nucléaire en général, des choses dont on entend peu parler malgré leur gravité. En créant ce blog il y a sept ans, je ne visais pas autre chose que de présenter des infos qui ont du mal à circuler. Car elles dérangent, elles ne vont pas dans le sens que l’on aimerait, elles font mal, elles interrogent, elles remettent en question des connaissances que l’on croyait acquises. Car le nucléaire, qui a été présenté à l’origine comme la solution à tous les problèmes de la terre, est un enfer. Un enfer pour les populations civiles qui ont subi le feu nucléaire en 1945, un enfer pour les gens contaminés dans et autour des mines d’uranium, un enfer pour les populations malades sur d’immenses territoires suite aux essais atmosphériques et aux catastrophes nucléaires, sans que l’OMS ne s’en occupe, un enfer pour les gens qui ont des cancers à cause du fait qu'ils vivent près d’une centrale nucléaire prétendument propre, un enfer pour les milliers de travailleurs de Tepco qui « gèrent » au mieux les ruines de la centrale de Fukushima Daiichi, un enfer pour les réfugiés nucléaires que le gouvernement japonais incite à revenir vivre dans des territoires contaminés.

Voilà sept ans que la catastrophe de Fukushima a eu lieu, sept ans de malheurs que les auteurs de ce blog vous ont contés. Et pourtant, la catastrophe ne fait que commencer. Car la pollution nucléaire se compte en centaines, en milliers, en millions d’années selon les radionucléides. Il faudra faire avec désormais. C’est pourquoi, si l’on veut penser un tant soit peu aux générations futures, il est important de sortir du nucléaire pour arrêter de produire des déchets dont on ne sait que faire et surtout, avant qu’une nouvelle catastrophe, possiblement fatale pour l’avenir de l’humanité, ne se produise.

Pierre Fetet

Le nombre de cancers de la thyroïde augmente sans cesse

 

La seule enquête épidémiologique existante au Japon en rapport avec la catastrophe nucléaire de Fukushima concerne un diagnostic réalisé pour environ 380 000 jeunes, mineurs au moment de la catastrophe. Avant 2011, l’incidence du cancer de la thyroïde des enfants au Japon était de 0,35 cas par an pour 100 000 enfants ; un seul nouveau cas de cancer de la thyroïde de l’enfant chaque année devait donc advenir dans la préfecture de Fukushima. Or, à ce jour, 160 cas de cancer thyroïdien sont confirmés et 35 enfants sont en attente d’une opération. Malgré ce résultat significatif, l’Université de Médecine de Fukushima affirme que la catastrophe nucléaire de Fukushima n’a pas eu d’influence sur l’augmentation des cancers de la thyroïde des enfants. Cherchez l’erreur.

Répartition géographique des cas de cancers de la thyroïde

Répartition géographique des cas de cancers de la thyroïde

Pour en savoir plus, je vous encourage à lire l’étude réalisée par le Dr Alex Rosen, médecin, président de l’IPPNW-Allemagne (International Physicians for the Prevention of Nuclear War) et publiée le 7 mars 2018

Lien vers la traduction française de l’étude détaillée,

éditée dans le site de Georges Magnier, Vivre après Fukushima

 

La pollution due aux rejets de mars 2011 s’est répandue sur des centaines de km²

 

On retrouve autour de la centrale et jusqu’à des centaines de kilomètres de la centrale du combustible usé prisonnier de billes de verre microscopiques. Les plus petites de ces particules, insolubles, sont très légères et peuvent voyager avec le vent. On peut donc les inhaler. Une fois logées dans des poumons, elles sont piégées à vie et peuvent alors provoquer des cancers.

On ne connaît pas bien le processus de création de ces microbilles qui ont été rejetées dans l’atmosphère en mars 2011, mais elles existent et posent un véritable problème sanitaire. Mais les autorités ne tiennent pas compte de cette pollution. L’incitation au retour des populations dans les territoires contaminés n’est basée que sur la dose ambiante et jamais sur la pollution effective du sol ou les matières en suspension dans l’atmosphère. D'où l'intérêt des mesures des taux de radioactivité par les citoyens eux-mêmes.

Sept ans de malheur nucléaire à Fukushima

Pour en apprendre davantage sur les billes de verre au césium, il faut lire l’article de Cécile Brice publié dans son blog Japosphère le 7 mars 2018 :

Billes de césium à Fukushima, incertitude scientifique contre certitude politique

 

Nous avions déjà évoqué cette information en février 2016 avec cet article :

Un nouveau produit dérivé de la fusion des cœurs a été découvert au loin de la centrale de Fukushima Daiichi

A propos de la pollution et des doses mesurées différemment par les autorités et la population, je vous invite à vous reporter au site Nos Voisins Lointains 3.11 qui suit de près ce dossier et publie les cartes citoyennes :

Le public devrait-il être autorisé à voir la carte de la radio-contamination ?

Dernière carte de la pollution radioactive effeectuée par des citoyens pour Tomioka

Dernière carte de la pollution radioactive effeectuée par des citoyens pour Tomioka

Le retour douloureux de la population en terre radioactive

 

Le retour de la population en terres contaminées se fait dans la douleur. Douleur de familles séparées, douleur du danger de contamination, douleur de ne jamais pouvoir retrouver le cadre d’avant la catastrophe, douleur d’un avenir incertain. Deux camps s’affrontent, les optimistes qui veulent le retour de toute la population en niant les risques pour la santé, et puis les lucides qui savent que la décontamination n’est pas possible (retour des radio-éléments par la poussière venant des forêts) et ne souhaitent pas prendre de risque, en particulier pour les enfants.

 

Je vous propose de regarder ce petit film (4 min 41) diffusé par Greenpeace le 9 mars 2018. C’est le témoignage poignant de Mme Kanno, une ancienne habitante de Tsushima, dans la région de Namie.

Lisez également cet autre témoignage du 11 mars 2018 de Ruiko MUTO, appartenant au groupe « Femmes de Fukushima contre le nucléaire », déléguée de la partie plaignante au procès pénal intenté contre les dirigeants de TEPCO. (traduction française: yosomono-net France)

 

 

Lien vers le message de Ruiko Muto : Message à toutes les personnes dans le monde qui continuent de se préoccuper de Fukushima

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi n’est pas sous contrôle

 

On parle tellement peu de la centrale de Fukushima Daiichi que l’on finit par croire, avec le temps, que les Japonais ont réglé tous les problèmes. D’autant plus que les jeux olympiques se tiendront à Tokyo en 2020, avec certaines épreuves prévues à 19 km de la centrale de Fukushima Daiichi.

8000 ouvriers travaillent sur site pour s’occuper de la maintenance des installations de refroidissement des piscines et des réacteurs, pour le stockage de l’eau contaminée et son traitement, pour réaliser les opérations de prospection à l’intérieur des réacteurs afin d’assurer le démantèlement futur des installations. Par exemple, une couverture vient d’être terminée pour le réacteur n°3, l’objectif étant de vider le combustible de la piscine dans les deux prochaines années.

 

La nouvelle couverture du réacteur 3 en forme de cylindre vient d'être terminée (photo Tepco)

La nouvelle couverture du réacteur 3 en forme de cylindre vient d'être terminée (photo Tepco)

On a également construit un mur de glace souterrain de 1,5 km qui entoure les quatre réacteurs accidentés. Mais l’Autorité de Régulation Nucléaire japonaise doute sérieusement de l’efficacité de cette technique qui, de surcroit, coûte très cher : 265 millions d’euros pour la construction de l’installation et une facture de 8 millions d’euros par an pour l’électricité consommée pour maintenir le mur gelé… De l’eau contaminée continue donc de couler sous la centrale pour rejoindre la nappe phréatique qui rejoint l’océan Pacifique.  

Prière à la centrale de Fukushima Daiichi le 11 mars 2018 (photo Tepco)

Prière à la centrale de Fukushima Daiichi le 11 mars 2018 (photo Tepco)

Aujourd’hui, le problème de l’eau contaminée n’est donc pas réglé. Plus d’un million de tonnes d’eau radioactive est stockée sur site. La seule solution envisagée par le gouvernement est de la rejeter en mer après traitement, bien qu’on ne réussisse pas à la décontaminer entièrement (seule une soixantaine de radionucléides sont traités sur une centaine).

Dire que la centrale est sous contrôle est donc évidemment exagéré. On ne sait pas quoi faire de l’eau contaminée et on n’a pas encore inventé les techniques pour démanteler les réacteurs en milieu létal. On a bien trouvé où étaient passés les coriums de certains réacteurs, mais on ne sait pas encore avec certitude où ils se sont arrêtés.

 

Pour l’état de la centrale de Fukushima Daiichi, je vous conseille la lecture d’un article très détaillé sur le site L’ACROnique de Fukushima le 8 mars 2018 :

Chiffres clés pour le septième anniversaire

 

Et également, si vous lisez l’anglais, le rapport annuel sur Fukushima, daté du 11 mars 2018, de SimplyInfo.org, site qui suit la catastrophe nucléaire depuis sept ans :

Lire le rapport annuel sur Fukushima

 

 

Une communication incomplète en France

 

J’ai regardé le reportage présenté par Elise Lucet dans Envoyé Spécial le 8 mars 2018, « Fukushima, retour à la vie ». J’ai cru presque me trouver devant un reportage payé par le gouvernement japonais ! En effet, les réalisateurs Pierre Monégier, David da Meda et Emmanuel Lejeune ont fait le choix de présenter le retour de la population dans des territoires contaminés comme une chose envisageable. Mis à part quelques mentions courtes du danger de la radioactivité, le reportage montre 5 exemples de personnes retournant au pays, dont une qui hésite encore mais vient de faire reconstruire sa maison.

 

Elise Lucet présente le reportage : « A Naraha, une des villes évacuées en urgence, on entend à nouveau les rires des enfants dans les écoles, les paysans ont repris leur travail, l’espoir revient doucement à une dizaine de kilomètres de la centrale ». Et la phrase célèbre du pronucléaire Shinzo Abé, devant le comité olympique le 7 septembre 2013 à Buenos Aires pour obtenir les JO, me revient en écho : « Aujourd'hui, sous le ciel bleu de Fukushima, des enfants jouent au ballon et regardent vers l'avenir. »

 

Dans le reportage, pas de témoignage de personnes qui choisissent de ne pas revenir alors qu’ils sont majoritaires… Certes, cela peut être un choix d’attaque du sujet, mais alors il aurait fallu rééquilibrer le propos en apportant des informations. J’ai une impression très mitigée, moi qui suis au courant du danger des faibles doses. Mais pour le commun des auditeurs, quelle impression aura-t-il au final ? Voir un agriculteur qui n’a plus peur de la pluie contaminée, voir une collégienne très contente de retourner dans son collège, voir trois femmes très contentes de créer des poupées pour repeupler le village, voir un pêcheur heureux de pêcher des poissons contaminés en dessous de la norme de 25 Bq/kg, voir un musicien chanter une très jolie chanson sur sa terre natale, voir une école maternelle avec des petits dans un environnement éducatif flambant neuf : toutes les images sont là pour redonner espoir à n’importe qui, même à Elise Lucet, alors que ces gens vivent en territoire contaminé, à quelques kilomètres d’une centrale qui a explosé 4 fois en mars 2011.

 

On espère pour ces enfants que la terre n'est pas contaminée (capture d'écran reportage d'Envoyé spécial)

On espère pour ces enfants que la terre n'est pas contaminée (capture d'écran reportage d'Envoyé spécial)

L'eau de la commune de Naraha est-elle potable quand on sait que les boues du fond du réservoir d’alimentation font plusieurs dizaines de milliers de Bq/kg ? Une question sur la potabilité de l'eau aurait été intéressante. Engager des enfants dans la replantation d’arbres, « pour semer les graines du futur », en leur faisant creuser des trous dans la terre, sans masque, ce n’est pas correct de la part des adultes qui organisent cet évènement. La voix off précise : « La radioactivité est encore 20 fois supérieure au taux recommandé ailleurs dans le monde » mais en même temps, on voit l’image d’un poste de surveillance de la radioactivité montrant 0,105 µSv/h, ce qui indique une radioactivité normale ! Manifestement, les journalistes ne se sont pas formés aux mesures de la radioactivité. Du coup l’info est contradictoire. Ils ne savent pas que ces postes de surveillance cachent des défauts : nettoyés soigneusement chaque jour, la radioactivité y est moindre qu’ailleurs. Et souvent ils sont souvent truqués pour montrer une radioactivité moindre.

A propos de la collégienne Yuka : « Ici au moins, personne ne la traite de pestiférée. » Ça voudrait dire qu’il vaut mieux être contaminé que réfugié ?

La voix off prétend aussi : « Les rivières se lavent peu à peu des contaminations » : c’est faux, il aurait fallu présenter les études de cumul de radioactivité dans les sédiments. Ils auraient appris qu’il existe un point chaud dans la baie de Tokyo par exemple.

Toujours la voix off : « Les forêts n’ont toujours pas été décontaminées », comme si cela était possible ! Puis le prêtre Ousami balaie sans masque la poussière de son temple contaminé. Pas de commentaire sur la possibilité qu’il inhale du combustible.

 

La voix off continue : « Les derniers nés représentent les écoliers qui manquent toujours à l’appel dans les classes de Naraha… L’avenir de Naraha dépend de ceux qui ne sont pas encore revenus… Naraha, leur Furusato à eux, s’est donné trois ans pour se débarrasser des fantômes du passé, les remplacer par de nouveaux écoliers, des fermiers, des pêcheurs, de quoi s’assurer peut-être un avenir, après le plus grave accident nucléaire de l’histoire.

Telle est la conclusion de ce reportage qui me laisse extrêmement perplexe et insatisfait. Est-ce conscient ou inconscient, ces journalistes ont réussi à faire passer le message criminel du programme Ethos à Fukushima : les populations peuvent revenir dans les territoires contaminés, regardez, c’est possible ! N’est-ce pas formidable cet espoir de renaissance ?

 

Photo de la classe maternelle. Les poupées représentent les absents. (capture d'écran reportage Envoyé spécial)

Photo de la classe maternelle. Les poupées représentent les absents. (capture d'écran reportage Envoyé spécial)

Pour conclure, un dernier lien pour contrebalancer ce reportage éthosien, c’est une contribution d’Hisako Sakiyama, directrice de recherche à l'Institut National des Sciences Radiologiques du Japon qui faisait le point en 2013 sur les dangers des faibles doses

Hisako Sakiyama - Evaluation du risque des faibles doses de radioactivité au Japon

 

 

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commentaires

mickael 17/06/2018 13:39

merci d'exister, j'ai tapé fukushima 2018 et le nombre de résultats google est tellement faible que s'en est grotesque. de plus en tête un site du nucléaire qui propose un état des lieux sur Fukushima. le foutage de gueule est à son maximum. à moins que des ET nettoient secrètement les lieux, tous ces gens vont crever d'ici moins de 20 ans. en 2014 le levothyrox médicament le plus vendu en France. j'ai pas les chiffres après. trouver de l'iode devient de plus en plus impossible. consignes données aux pharmaciens pour le présenter comme dangereux. j'ai appris qu'en plus la majorité des stocks avait été réquisitionnée par l'armée il y a 4-5 ans environs quand j'ai insisté pour en avoir. j'ai pris de la bétadine 10% mais apparemment elle est bcp moins iodée qu'avant. la différence d'odeur est flagrante. donc ils ont comme tout intérêt à ce qu'il y ait le plus de dommage collatéraux...après tout c'est invisible comme tueur avec bonne presse. et bien sûr les compteurs Geiger ça va pas se vendre comme des détecteurs de fumée....
j'avais un groupe sur FB référendum sortir du nucléaire mais déjà FB c'est à chier et en plus j'ai été gentillement trollé par un indien, géronimo. du travail de pro patient et en douceur...mais bon comme je disais FB c'est à chier. que de la complaisance là dedans...bien mieux un blog
bonne continuation

chad 28/03/2018 11:00

bonjour
Merci pour ce blog que je découvre aujourd'hui (recherches sur le corium)
j'ai vu le reportage de fr2
il n'etait ni optimiste ni pessimiste selon moi
Merci pour l'article

Glubbein 22/03/2018 14:33

Un petit mot pour l'intervenant(e) ? Delphin : je vous rappelle que vous n'avez toujours rien répondu à ma remarque concernant votre affirmation du 27/08/2011 à 22h56 sur ce blog, portant sur le livre de Pharabod et Schapira : je le redis ici, ces deux auteurs, contrairement à ce que vous avez écrit, n'ont jamais écrit qu'il y avait eu une explosion nucléaire à Tchenobyl (je vous ai d'ailleurs à l'époque mis le passage complet du livre afin d'appuyer factuellement mon affirmation). Vous n'avez rien répondu, rien rectifié...
Conséquence : on ne peut être qu'extrêmement dubitatif et réservé sur vos affirmations...

Delphin 07/04/2018 13:46

A Glubbein, à propos de Tchernobyl,


Ma réponse se trouve sous mon intervention concernant l'impact des faibles doses de Mancuso, Stewart et Kneale ci-dessous.
Delphin

Delphin 19/03/2018 14:39

Bonjour opiniâtre Pierre Fetet,

La lecture de ce mémorandum a fait revenir à ma propre mémoire la méconnue mais solide étude statistique sur l’impact des faibles doses suivante :
(Source : « La Gazette Nucléaire » n° 30, 1977, du Groupement des Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire - fiche technique n°34)

Dans les années 70, la Commission de l’énergie atomique (A.E.C.) des Etats Unis, par avance certaine de l’innocuité de la chaîne de production de l’énergie nucléaire, confiait à 3 scientifiques, Thomas Mancuso, Alice Stewart (célèbre médecin épidémiologiste ) et George Kneale, une étude statistique sur les conséquences radiologiques éventuelles concernant 35 000 personnes ayant travaillé de 1944 à 1977 dans le centre nucléaire militaire de Hanford aux Etat Unis.

L’intérêt favorisant de l’étude est principalement que les travailleurs affectés aux travaux sous rayonnement portaient systématiquement un dosimètre accroché sur la poitrine et qu’ils n’avaient, en moyenne, reçu que quelques rad (quelques dizaines de millisievert) sur toute leur vie de travail exposée aux rayonnements.

Sur les 23 700 travailleurs ayant été réellement concernés par des rayonnement externes durant leur vie de travail à Hanford, 4 033 étaient morts au moment de l’étude, dont 832 de cancers. Echantillon statistique trop faible pour une classique étude, avec population équivalente « témoin » n’ayant pas reçu de rayonnement.

Mancuso, Stewart et Kneale décidaient donc de s’appuyer sur une particularité typiquement anglo-saxonne, pour une étude originale mais rigoureuse : Le système de sécurité sociale américain enregistre systématiquement, pour les ayants droits, la date et les causes réelles de la mort (certificat de décès).

Les chercheurs décidèrent donc tout simplement de relier les certificats de décès des 4 033 morts, avec leurs doses externes reçues compilées sur leurs dosimètre. Il s’agissait donc de comparer les doses externes reçues à Hanford par les morts par cancer, avec les doses reçues par les morts pour d’autres causes que le cancer.

Si les rayonnements cumulés ont un effet délétère, les morts par cancer doivent avoir statistiquement significativement reçu plus de doses que les morts par d’autres causes que le cancer (méthode dite des doses comparées moyennes).

Comme dans toute étude statistique, un certain nombre de « redressements » statistiques doivent être effectués pour tenir compte de l’influence biaisante de nombreux facteurs, « fumeurs », « âge du décès » « temps de travail réellement sous rayonnement », « âge du décès » (plus on vieillit, plus on a de (mal)chance de décéder) etc.

Mais Mancuso, Stewart et Kneale sont allés plus loin.Ils ont découpé leur population statistique de 4 033 morts en 7 groupes croissants de « doses cumulées reçues » (extrêmement faibles doses ,moins de 0,8 msv / très très faibles doses, de 0,8 msv à 0,3 msv / très faibles doses, 0,3 à 0,64 msv, etc... jusqu’à plus de 50 msv.)

Et là, surprise, aux 7 groupes de doses cumulées croissantes, se relient 7 groupes de nombre croissant de travailleurs décédés par cancer. Il est intéressant de constater que ces études portent sur de très faibles doses, externes, car on manipule du « combustible » très faiblement irradié dans les centres militaires.

Mancuso, Stewart et Kneale ont été déssaisis de l’étude avant sa fin, Mancuso a vu sa carrière professionnelle ultérieure torpillée et il a eu énormément de mal à obtenir, comme c’est la loi, communication des modalités de l’étude refaite pour le disqualifier.

Une des critiques, spectaculaire mais absurde, a été de faire ressortir que, preuve absolue de parti pris des 3 chercheurs, «  il y a significativement moins de morts par cancer à Hanford que dans la population ordinaire ». Produire cette critique, c’est taire que la population des travailleurs de Hanford n’est pas une « population normale » au sens statistique, puisqu’un des critères d’embauche est une meilleure santé que la moyenne.

C’est depuis l’étude d’Alice Stewart ( médecin épidémiologiste anglaise) qu’on n’irradie plus par les rayons X (radiographies) les femmes récemment enceintes.
Elle avait montré statistiquement dès 1956 la surmortalité des fœtus, en stade de transformation intense. Il a fallu de nombreuses années pour que ses travaux soient effectivement pris en cause, preuve du poids écrasant du lobby jusque dans la chaîne médico-sociale.

Delphin

Glubbein 13/04/2018 15:39

Bonjour Monsieur (je m'adresse à l'intervenant Delphin).

J'ai été jusqu'à présent, compréhensif et explicatif avec vous, c'est terminé !
Quand on parle de neutronique, de réaction nucléaire, de physique nucléaire, ou de médecine, on se doit absolument d'être parfaitement précis et univoque.
Je reprends VOS écrits :
"Résumé simple de cette première explosion :
- Explosion nucléaire (par opposition à une explosion chimique, type d'hydrogène par exemple) de 30 % du "combustible", équivalente à 250 kg de TNT.
- C'est l'eau des 1 600 tubes de force noyés dans le graphite, dans chacun desquels se trouvent des crayons d'uranium, qui détone.
L'énergie explosive du "combustible", " immédiatement pulvérisé en fines goutelettes fondues" est immédiatement transmise à l'eau environnante, et c'est elle qui détone, immédiatement vaporisée ("conduisant à une vaporisation brutale de l'eau").
- La première explosion (le moment où il y a "détonation") est donc bien une explosion à forme vapeur, mais à énergie d'explosion nucléaire d'une fraction du "combustible".
a) "par opposition à une explosion chimique, type d'hydrogène par exemple" ceci ne veut rien dire : "explosion de type d'hydrogène", ne veut RIEN dire !
b) "est donc bien une explosion à forme vapeur, mais à énergie d'explosion nucléaire d'une fraction du "combustible"." idem, "explosion à forme de vapeur" ne veut RIEN DIRE, "énergie d'explosion nucléaire d'une fraction..." ne veut RIEN DIRE !!!

Si je mets ceci aujourd'hui en avant c'est que je connais l'article publié par NT le 16 nov 2017 : "A nuclear jet à Tchernobyl...", et j'ai lu l'article de ouest France :
https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/12811/reader/reader.html#!preferred/1/package/12811/pub/18357/page/9
OU EST-IL ECRIT : "contrairement à ce qu'affirme le consensus nucléaire" OU ??????
Il est écrit : "contrairement à ce qu'affirme le consensus OFFICIEL" !!!
Ceci montre bien votre état d'esprit !!

D'autre part l'article de NT est, comme tout article scientifique, à prendre avec précaution, il faut le lire attentivement, y rechercher la présence de biais, d'erreurs, etc. Bref il doit être soumis à une lecture critique ! Aujourd'hui les fausses publications pullulent, tous les jours il y a des articles bidons, tous les jours !
Je ne dis absolument pas que cet article est bidon (il est très intéressant... bien que pas si novateur que ça en réalité... faut bien faire parler de soi...), il doit être lu avec un regard critique et neutre (ce qui va de paire !!!).
Et de toute façon cet article va plutôt dans mon sens puisque les auteurs précisent bien qu'il ne s'agit pas d'explosion nucléaire comme ce qu'on observe dans une bombe à U ou au Pu !!!
Je vous invite d'ailleurs à lire l'article, vous verrez que les auteurs prennent bien soin d'expliquer ce qu'ils entendent par "explosion nucléaire".

Pour le reste, sachez qu'énormément de processus physiques sont "à équilibre précaires" (et ce n'est pas parce que A. Pasquet X-POnts, utilise cette expression qu'elle est acceptable), en utilisant exactement les mêmes réactifs et en ne changeant que très peu de paramètres (trois) vous pouvez avec la même réaction chimique obtenir un parfum ou... un puissant explosif !!!! Je dis bien avec exactement les mêmes réactifs !!!!

Ca me fait rire cette expression : "équilibre précaire "!!! Un avion dans le ciel est également en équilibre extrêmement précaire (il suffit de voir ce qui s'est passé sur le Rio-Paris), est-ce que pour autant il faut arrêter tous les avions ?
C'est une bonne comparaison d'ailleurs : voyez le nombres de vies humaines perdues du fait de l'aviation et du fait du nucléaire... y a pas photo !!!
Un tas de systèmes sont en équilibre "précaire" (c'est d'ailleurs pas vraiment scientifique comme terme), à commencer par de très nombreux systèmes électroniques qui pourtant fonctionnent très bien car JUSTEMENT la précarité est connue et on met en place des sécurités !!! Nous savons très bien aujourd'hui qu'il y a des risques dans le nucléaire, les accidents de criticité font l'objet de publications régulières, et on met en place un très grand nombre de sécurités pour gérer cette instabilité. Bien évidemment que c'est précaire puisque k est variable... vous ne savez pas ce qu'est k... lisez un traité de neutronique, ça vous changera des articles du Nouvel Obs ou de Ouest France !!!

Toute activité humaine suppose une prise de risque (et même toute activité... un lion à la chasse prend le risque d'un coup de corne), il faut faire une balance entre les risques et les avantages. Moi je prends le parti du risque nucléaire, car le risque climatique n'est plus un risque, c'est une réalité !!!
Et je terminerai là dessus cher Monsieur : le climat est un système à équilibre précaire, et l'Homme a fait sortir ce système de son équilibre, et les conséquences vont être dramatiques ! Ca fait des années que vous claironnez que le nucléaire c'est risqué... ça fait des années que vous surestimez ce risque face au pb très grave du changement climatique par de la propagande et des déformations (voir ci-dessus) qui n'ont rien à envier à celle d'AREVA ou de la SFEN. Ca fait des années que vous désinformez et que vous dites n'importe quoi au sujet du nucléaire, et de l'énergie globalement, (genre "Nucléaire non merci" à l'arrière de la voiture... aujourd'hui il faudrait mettre un autre autocollant à côté : "Mais ou au CO2 qui sort de mon pot d'échappement et est en train de foutre en l'air tout le climat" avec à la clef... le réchauffement climatique !! Vous en porterez la responsabilité.

Delphin 28/03/2018 14:00

Réponse à Glubbein,

Citation extraite du livre "les jeux de l'atome et du hasard", de Pharabod et Schapira, spécialistes en physique nucléaire, à propos de l'accident de Tchernobyl :

Remarque : les rares |XYZ] sont de mon fait.

Page 150 [...] "Il est 1h 23mn 40s lorsque les opérateurs réagissent enfin et introduisent les barres [de contrôle], qui, trop lentes à descendre, ne peuvent agir à temps. Lorsqu'ils voudront les laisser tomber par gravité, trois secondes après, il sera trop tard : elles resteront bloquées dans leur course, car les tubes de force, dont la température a augmenté brutalement, ont déjà dû se déformer. L'excursion rapide de réactivité conduit une seconde plus tard, à 1h 23 mn 44s, à un pic de puissance et à une véritable explosion qui pulvérise littéralement le combustible. Cette excursion nucléaire s'arrête en raison de la dispersion de l'uranium et de l'augmentation de température."

Cet extrait est à relier à la page suivante, sous-titrée "les deux explosions".
Citation extraite de cette page 151 : "On a donc dû, à partir de modèles, reconstituer sur ordinateur les paramètres de ces deux explosions. C'est ce qu'a fait en France, l'IPSN, à partir d'informations fournies par les soviétiques et de mesures effectuées au Japon en 1984 sur les effets mécaniques causés par une excursion brutale de criticité. L'accroissement soudain du nombre de fissions s'accompagne d'un dégagement de chaleur qui n'a pas le temps de s'évacuer : le combustible, dont la température augmente alors rapidement, est immédiatement pulvérisé en fines gouttelettes fondues...|citation référence aux expériences japonaises] ... Dans ces conditions une partie de celui-ci a dû être transformé en fines particules de quelques dizaines de microns de diamètre, conduisant à une vaporisation brutale de l'eau.
La première explosion est donc une explosion de vapeur au cours de laquelle, compte tenu de la taille de ces particules, pas plus de 1% de l'énergie nucléaire de fission a été libérée sous forme mécanique, soit environ 1 000 mégajoules [...]
La première explosion aurait affecté environ 30% du combustible et correspond, selon la reconstitution des soviétiques à la libération de l'énergie nucléaire de fission qui a conduit, en 4 secondes environ, à un pic de puissance thermique 100 fois plus élevé que la puissance maximale du réacteur de 3 200 MWth, et à une explosion équivalente à 250 kg de TNT".
FIN DE CITATION.
Les auteurs abordent ensuite la seconde explosion, d'hydrogène (cf. Fukushima), qui ne concerne pas cette discussion.

Résumé simple de cette première explosion :
- Explosion nucléaire (par opposition à une explosion chimique, type d'hydrogène par exemple) de 30 % du "combustible", équivalente à 250 kg de TNT.
- C'est l'eau des 1 600 tubes de force noyés dans le graphite, dans chacun desquels se trouvent des crayons d'uranium, qui détone.
L'énergie explosive du "combustible", " immédiatement pulvérisé en fines goutelettes fondues" est immédiatement transmise à l'eau environnante, et c'est elle qui détone, immédiatement vaporisée ("conduisant à une vaporisation brutale de l'eau").
- La première explosion (le moment où il y a "détonation") est donc bien une explosion à forme vapeur, mais à énergie d'explosion nucléaire d'une fraction du "combustible".

Rappels :

1°- de la 3ème ligne de ma longue citation : "L'excursion rapide de réactivité conduit une seconde plus tard, à 1h 23 mn 44s, à un pic de puissance et à une véritable explosion qui pulvérise littéralement le combustible".

2°- de la 24ème ligne de mon texte :"La première explosion aurait affecté environ 30% du combustible et correspond, selon la reconstitution des soviétiques à la libération de l'énergie nucléaire de fission qui a conduit, en 4 secondes environ, à un pic de puissance thermique 100 fois plus élevé que la puissance maximale du réacteur de 3 200 MWth, et à une explosion équivalente à 250 kg de TNT".



Cordialement,
Delphin

TOM 13/03/2018 17:20

incompréhensible de la part d'Elise Lucet!! elle aurait aussi dû proposer des chèques-vacances pour ce joli petit bourg si sain..

Delphin 12/04/2018 19:20

Réponse à Glubbein, encart "Réponse à votre dernière intervention (ci-dessous)... C'est un vrai bazar...

Bonjour Glubbein,

Il me semble que vous avez perdu un peu de votre fougue initiale.

Il me semble également que vous me faites un mauvais procès :
- J’assimilerais la puissance de l’explosion d’origine nucléaire d’un réacteur à celle d’une bombe A (je vous cite : « Faire une bombe atomique c'est très très compliqué »...) 
- J’affirmerais que la première explosion de Tchernobyl aurait été nucléaire («  Vous êtes persuadé qu'un réacteur nucléaire peut être le siège d'une détonation nucléaire « )

En ce qui concerne le premier faux procès, il n’est qu’à relire mes interventions pour percevoir clairement que je ne parle que de la similarité du processus à l’oeuvre, pas de son intensité.

En ce qui concerne le second, vous faites continuellement semblant d’oublier que l’explosion d’origine nucléaire de Tchernobyl, comme celle du petit réacteur nucléaire Borax, comme celle accidentelle du réacteur de recherche SL1, dont je n’ai pas parlé, est l’exposé argumenté de Pharabod et Shapira, spécialistes de physique nucléaire, tel que je vous en ai fait la copie des extraits significatifs (A propos de Borax : « Etait-ce une explosion nucléaire ? [...] Oui, parce que toute cette énergie était en fait d’origine nucléaire. »).

Mais voici qui ne va pas vous remonter le moral :

- Ouest-France.fr du 21 novembre 2017, je cite :

« Trente-et-un an après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, une équipe de chercheurs suédois apporte un nouvel éclairage sur ses causes. Selon eux, la première explosion aurait été d’origine nucléaire, contrairement à ce qu’affirme le consensus nucléaire. ».

Je continue ma citation :

« Cette étude, publiée dans la revue Nuclear Technology (principale publication scientifique internationale sur le nucléaire), affirme que ce sont des explosions nucléaires, survenues à l’intérieur du réacteur lui-même, qui auraient causé le drame.
"Cette explosion nucléaire ne doit absolument pas être confondue avec une bombe atomique", confirment les auteurs, "car les deux diffèrent considérablement dans leurs principes d'opérations, le transport de neutrons, l'énergie libérée et les températures concernées."

Les explosions de Tchernobyl, selon la nouvelle étude, seraient alors "une ou plusieurs explosions, où l'énergie provient d'un accroissement très rapide des réactions de fission causé par les barres de contrôle coincées." ».

- De même, nouvelobs.com / sciences - 17 novembre 2017 (A propos de cette étude des chercheurs suédois) :

« Il ne s'agit bien entendu pas d'explosions nucléaires similaires à celle d'une bombe atomique.

Dans une bombe A, rien ne contrôle les réactions de fission qui se produisent quasi simultanément dans un combustible très enrichi en matériaux fissiles. Tout a alors lieu en une fraction de seconde, libérant une énergie colossale. 

Dans un réacteur nucléaire comme celui de Tchernobyl, le combustible est faiblement enrichi, et les réactions de fission nucléaire, qui se produisent en permanence, sont modérées par les barres de contrôle.

"Cette explosion nucléaire ne doit absolument pas être confondue avec une bombe atomique", confirment les auteurs, "car les deux diffèrent considérablement dans leurs principes d'opérations, le transport de neutrons, l'énergie libérée et les températures concernées." »

Et bien, il ne leur aura fallu que trente ans pour mettre à jour cette information primordiale, occultée par le lobby (cf. Ouest- France :« ...contrairement à ce qu’affirme le consensus nucléaire »)

A partir de là, une question devrait émerger, qui mettra encore trente ans à le faire  : « Mais pourquoi ne nous a-t-on pas correctement informé ? »

Réponse : Parce que tout réacteur nucléaire a un défaut congénital, c’est une machine en équilibre instable. Le problème n’est pas tant de l’intensité de l’explosion nucléaire (circonscrite au site) dont il n’est pas impossible qu’il soit le siège, que de son instabilité native.

Voici ce qu'écrivait le scientifique du sérail André Pasquet en 1967 (ancien élève de l’école polytechnique, ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre du conseil d’administration de l’école polytechnique), quand on pouvait encore s'exprimer librement au CEA, le grand programme nucléaire français n'étant pas encore lancé :

« Les essais éffectués aux USA sur Borax et Spert, l'accident survenu au réacteur SL1, ont amplement démontré que les réacteurs piscines, tout comme les réacteurs à eau pressurisée ou à eau bouillante pouvaient être les siège d'excursions de puissance très violentes entraînant la destruction partielle ou totale des structures du réacteur" ("La simulation des excursions de puissance", Bulletin d'informations scientifiques et techniques, n°112, CEA 1967).

André Pasquet écrivait, en 1967, "Ce sont des machines à équilibre précaire".

Je comprends que cette réalité ne vous soit pas plaisante, vous qui ne nous donnez comme choix que la peste « réchauffement climatique » ou le choléra «  énergie nucléaire ».

Quant à ce terme « excursion » :

Le terme générique « excursion » recouvre 2 conséquences possibles d’un processus nucléaire à l’oeuvre.

- A ma connaissance, l'excursion de puissance de l’usine de traitement de l’uranium de Tokaï Mura en septembre 1999 s'est développée sur une vingtaine d'heure - du fait de la solution avec présence d'eau servant de modérateur - ce qui en a fait, dans ce cas, une excursion nucléaire longuement auto entretenue, donc de nature pas vraiment explosive (mise en présence malencontreuse de deux solutions “sous critiques” leur permettant d’atteindre la masse critique => accident dit “de criticité”)

- Tchernobyl, Borax, SL1, où – le réacteur à puissance négligeable (presque à l’arrêt) -, les barres de contrôle sont expulsées où ne descendent pas, ce qui conduit à un processus violemment explosif.

Cordialement,

Delphin (masculin de "Delphine")

Glubbein 10/04/2018 16:03

Bonjour Delphin,

Réponse à votre dernière intervention (ci-dessous)... C'est un vrai bazar pour répondre aux commentaires dans ce blog, mais c'est un tout autre sujet.


Vous confondez énormément de choses.

Globalement pour vous : réaction nucléaire en chaîne incontrôlée = explosion nucléaire.
C'est totalement faux, et heureusement car si c'était le cas il suffirait de faire un petit cœur (type BORAX) et d'en retirer les systèmes de ralentisseurs pour obtenir une bombe atomique...
Faire une bombe atomique c'est très très compliqué car il faut maintenir la matière fissile confinée bien qu'elle soit le siège d'une augmentation extraordinaire de sa température interne.
Le processus n'est pas le même, et la meilleure preuve c'est que lors d'une détonation nucléaire (le terme "explosion" est un terme grand public non univoque en physique) on obtient des éléments bien particuliers (produits de détonations) qui signent le fait qu'il y a bien eu une détonation nucléaire ("explosion nucléaire" pour vous)
Lisez la littérature de qualité sur les accidents de criticité (les excursions sont une catégorie d'accident de criticité), il y en a eu beaucoup... aucun n'a donné le résultat d'une bombe atomique (en particulier quant aux isotopes obtenus, ce qui montre qu'est bien face à deux faits physiques différents, même s'ils ont une base commune).

Voilà, ici s'arrête mon intervention. Vous êtes persuadé qu'un réacteur nucléaire peut être le siège d'une détonation nucléaire (ce que vous nommez comme le grand public une "explosion nucléaire"), ben restez persuadé...
Continuez de faire de la propagande anti-nucléaire... quand les océans seront à un pH de 6, et que tout le climat aura été bouleversé avec des centaines de milliers de morts à la clef, vous vous rendrez peut-être enfin compte que les risques du nucléaire sont bien faibles par rapport à la catastrophe climatique liée à la production d'énergie avec émissions de gaz à effet de serre.
Je vous invite à lire le texte signé par 15.000 scientifiques de 184 pays différents publié par BioScience :
https://academic.oup.com/bioscience/article/67/12/1026/4605229
Ce texte n'évoque absolument pas le nucléaire comme péril pour l'humanité.

Je suis ne suis pas un "croisé du nucléaire" mais un "croisé de la vie heureuse sur Terre et du respect de la Nature", un scientifique qui voit que l'état de l'environnement est catastrophique, et que ce fait n'est nullement lié à l'énergie nucléaire, laquelle je me permets de vous le rappeler a sauvé énormément de vies humaines (radiothérapie, diagnostic scintigraphique, dosages sérologiques, explorations fonctionnelles en PET scan...), certes il y a eu des morts, mais un "epsilon" par rapport au pétrole, au charbon, à l'hydraulique...

L'héritage pour les générations futures dont vous parlez si souvent, il est déjà là, le changement climatique il est déjà là, et c'est une vraie catastrophe, laquelle, encore une fois, n'a RIEN A VOIR avec le nucléaire.

Delphin 08/04/2018 14:37

Réponse à la dernière intervention de Glubbein :"Vous ne savez pas de quoi vous parlez, encore une fois..."

Bonjour Glubbein, croisé du nucléaire.


Je vous ai gardé le meilleur pour la fin.

Mais d’abord un petit rappel à l’usage des lecteurs de notre polémique concernant la première des deux explosions ayant affecté le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl.

Glubbein, mon contradicteur, ne remet pas en cause la description faite de cette explosion par les deux auteurs du livre « les jeux de l’atome et du hasard », Calmann-Lévy édition, mais l'exactitude de la vulgarisation que j’en fais ici.

Comme je vais maintenant leur laisser la parole, il est utile de préciser que ce livre a été écrit par Jean-Pierre Pharabod, précédemment ingénieur des services nucléaires d’EDF pendant 7 ans, était ingénieur au Laboratoire de Physique Nucléaire des Hautes Energies de l’Ecole Polytechnique à l’époque de la sortie du livre.
Son compère d’écriture, Jean-Paul Schapira, est lui polytechnicien et à l’époque, directeur de recherches à l’Institut de Physique Nucléaire d’Orsay.

Je doute que vous ayez entièrement lu le livre Glubbein, car le chapitre 3 du livre de Pharabod et Schapira, clairement intitulé « explosions en Idaho » traite de plusieurs explosions de petits réacteurs de recherche au Centre d’essais d’Idaho Falls, dont un des objets d’étude était alors, je cite p. 66, « l’étude des excursions de puissance ou excursions nucléaires, c’est-à-dire les augmentations très rapides de puissance qui se produisent si la réaction en chaîne s’emballe et qui peuvent conduire jusqu’à l’explosion ».

Le 22 juillet 1954, un petit réacteur de recherche dit « à eau bouillante » (l’eau qui quitte la cuve actionne directement les turbines des alternateurs) explosait, à l’initiative des opérateurs.

Je laisse Pharabod et Schapira décrire et expliquer ce qui constitue bien une explosion nucléaire :

DEBUT DE LA CITATION, p. 66.
« L’histoire du centre d’essais est d’ailleurs marqué par les excursions nucléaires, volontaires ou accidentelles. La première a eu lieu le 22 juillet 1954 sur le premier réacteur de la série Borax (Boiling Reactor Experiment).

Ce petit réacteur à eau bouillante avait démarré en 1953 ; il avait rempli sa mission et la décision fut prise de voir ce qui se passait en cas d’excursion nucléaire. Les opérateurs se mirent à l’abri à 800m de là et commandèrent à distance l’éjection des barres de contrôle. Ce fut une très belle explosion.

Le réacteur passa d’une puissance négligeable (il était à l’arrêt, et l’eau était seulement à 20°C) à 19 000 MW (mégawatts), puissance absolument colossale, et cela en moins d’un dixième de seconde ; la puissance doublait doublait tous les 2,6 millièmes de seconde. Sous l’action de la pression résultant de la vaporisation quasi-instantanée de l’eau, le coeur fut projeté en l’air. Des débris montèrent jusqu’à 25m et retombèrent dans un rayon d’une centaine de mètres.

Etait-ce une explosion nucléaire ? Oui et non. Non car cela n’avait aucune commune mesure avec l’épouvantable cataclysme provoqué par une bombe atomique. Non, parce que l’énergie explosive libérée avait été essentiellement le fait de l’eau brutalement vaporisée par l’énorme accroissement de puissance du réacteur.
Mais oui, parce que toute cette énergie était en fait d’origine nucléaire ; l’eau n’ayant servi que d’intermédiaire (dans d’autre cas, l’énergie nucléaire peut d’ailleurs se convertir directement – mais partiellement – en énergie « mécanique » explosive).

Comment de tels phénomènes peuvent-ils se produire dans des réacteurs généralement décrits comme inoffensifs, et en tout cas non susceptibles d’exploser ? Simplement, si l’on ose dire, parce que ce sont des machines en équilibre précaire […] FIN DE CITATION.

Les auteurs expliquent alors que la réaction nucléaire à l’oeuvre dans un réacteur est contrôlée (maintenue non explosive) en s’arrangeant pour que chaque fission précédemment produite ne donne pas lieu à plus d’une nouvelle fission (par les neutrons précédemment émis ), sous risque d’emballement de la réaction, vite explosif, et que le pilotage de cette réaction domptée est essentiellement le fait des barres de contrôle « absorbeuses » de neutrons.

Cette description de l’explosion nucléaire d’un tout petit réacteur de recherche décrit exactement Tchernobyl. Et pour cause, l'explosion d'origine nucléaire de réacteurs est un des thèmes du livre :

- Emballement brutal de la réaction nucléaire en cours, qui prend immédiatement un caractère explosif.
- Vaporisation instantanée de l’eau de la cuve par l’extraordinaire chaleur de l’explosion.
- C’est l’eau qui détonne, comme « une goutte d’eau sur une pierre chaude » (« ein tropfen wasser auf einen heissen stein » en allemand, langue à laquelle me fait penser votre pseudo « glubbein »).
- Les auteurs passent continuellement du terme « excursion » à celui « d’ explosion », car ce qui compte ici c’est le caractère éminemment explosif de la réaction en chaîne déchaînée (jeux de mot).

Votre explication de la « soudure à l’arc » est fumeuse Glubbein, n’importe quel physicien nucléaire objectif vous dira que la réaction nucléaire qui est à œuvre dans un réacteur nucléaire est exactement la même que celle qui est en œuvre dans une bombe A.

La grande différence, c’est que :
- Dans les bombes d’Hiroshima (uranium 235) et Nagasaki (plutonium 239), tout est fait pour une réaction instantanée à puissance maximale (quasiment que de la matière fissile, présence d’un explosif classique pour, son explosion déclenchée, « fusionner » instantanément les deux demi-sphères d’uranium 235 ou de plutonium 239, conduisant à un rendement explosif maximal).

- Dans un réacteur nucléaire, tout est fait pour une réaction en chaîne domestiquée, se développant progressivement régulièrement dans le temps, pour constamment maintenir à environ 300°C (réacteurs PWR) l’eau qui passe dans la cuve. Ceci grâce principalement aux fameuses barres de contrôle, continuellement ajustées pour pénétrer plus ou moins dans le coeur du réacteur.

L’explosion de Tchernobyl n’a donc rien à voir, dans ses conséquences matérielles, avec Hiroshima (explosion circonscrite au site), mais tout à voir avec la réaction à l’oeuvre : l’emballement explosif de la réaction de fission.

Delphin

Glubbein 07/04/2018 15:40

Bonjour Delphin,

Vous reprenez en grande partie ma citation... mais vous en omettez une part très importante (cf infra)
La pulvérisation du combustible n'est pas une explosion nucléaire, c'est une "explosion" identique à celle que vous observez quand vous soudez avec une baguette et à l'arc, si vous réglez à trop fort courant, le métal fond très vite et il projettes des gouttes partout... et ça n'a rien à voir avec ce qui se passe dans une bombe atomique (heureusement !).
Nulle part, absolument nulle par il n'est question dans le texte d'explosion nucléaire, absolument nulle part !
La première explosion affecte 30 % du combustible, oui absolument, mais ça n'est pas une explosion nucléaire, les auteurs parlent bien "d'excursion nucléaire" D'ailleurs l'expérience japonaise (que vous avez soigneusement omise de citer) est la suivante :
"Les expériences, réalisées par les Japonais sur des pastilles d'oxyde d'uranium suggèrent que des transferts de chaleur de 600 calories par gramme ont pu être atteints à Tchernobyl. Le chiffre de 300 calorie par gramme avancé par les Soviétiques étant une moyenne pour l'ensemble du combustible. Dans ces conditions une partie de celui-ci a dû être transformé en fines particules de quelques dizaines de micron de diamètre, conduisant à une vaporisation brutale de l'eau." (citation que vous avez (encore une fois) omise...).
Selon vous les Japonais ont donc fait des explosions nucléaires contrôlées avec des pastilles d'uranium... là j'avoue qu'ils sont très très forts !!! :))... j'ignorais totalement qu'on pouvait faire des explosions nucléaires contrôlées avec des petites pastilles d'uranium... :))

Vous ne savez pas de quoi vous parlez, encore une fois...

Tim 13/03/2018 09:15

Bonjour Pierre,
Tout d'abord merci pour ton travail que je suis maintenant depuis 7 ans. Tes superbes synthèses me permettent, même si j'y comprends rien quand c'est trop technique, de suivre l’évolution de cette catastrophe qui n’en finira...jamais.
Un article en particulier m'a beaucoup marqué, http://www.fukushima-blog.com/article-fukushima-et-l-avenir-du-monde-106326840.html, et le problème des piscines de désactivation.
Depuis peu je m’intéresse à la collapsologie ou l’effondrement de notre société thermo-industrielle.
Beaucoup de questions liées au nucléaire dans un environnement d'effondrement me traversent la tête et je me demandais si toi, avec ton expérience, tu pouvait me mettre sur la piste des réponses.
Voici quelques exemples de mes questions..
Ton blog traite surtout de l'accident à Fukushima mais si on ramène la réflexion plus proche à la maison, si par exemple un problème survenait au niveau des piscines de Dampierre, impossibilité de refroidir les barres de combustion, effondrement, fuite. Quelles seraient les conséquences pour la France, l'Europe, le Monde de cet événement?
Et comment ferait-on pour maintenir en sûreté une centrale, centre de traitement, de stockage, etc en cas d'effondrement systémique?
Alors peut être toi tu connais des liens, livres, travaux qui traitent ces sujets et qui son compréhensible pour des gens qui ne viennent pas du milieu "nucléaire"?
J’espère que tu pourras m'apporter des réponses et je te remercie d'avance pour ton intérêt dans mon questionnement.
Bravo encore pour tout ton travail que je continue à suivre avec grand intérêt.
Cordialement,
Tim

Pierre Fetet 15/03/2018 21:51

« Mettre en sécurité une centrale », ça n’est jamais vraiment possible, sauf quand les coeurs et les piscines ont totalement été vidés. On ne peut pas arrêter une centrale comme on éteint une lampe en appuyant sur un interrupteur. On est OBLIGE de refroidir le cœur et la piscine de désactivation en permanence. Donc, a priori, une fois qu’on a stoppé la réaction en chaine (grappe de barres de contrôle descendue), il suffit que le refroidissement reste en position automatique pour que ça marche. Sauf qu’il y a des pannes – on l’a observé plusieurs fois à Fukushima depuis 2011 – et donc il y a forcément des interventions humaines. Si la panne est un tuyau bouché, il faut le déboucher. Si la panne est électrique, il faut que quelqu’un mette en route le générateur de secours, ensuite il faut quelqu’un pour remettre du gazole dans le réservoir pour que le moteur ne s’arrête pas, il faut pouvoir être réapprovisionné en carburant régulièrement (ça serait intéressant de connaître l’autonomie du système de secours). Si la panne est une pompe qui lâche, il faut la remplacer (ça serait intéressant de savoir s’il y a des pompes de secours dans toutes les centrales). Si l’équipe chargée de ces boulots est absente pour une raison ou pour une autre, il faut la remplacer. Si c’est en milieu radioactif, il faut trouver des volontaires (il existe une force d’intervention depuis Fukushima, la FARN cf. http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Nucleaire_et_societe/expertise-pluraliste/IRSN-ANCCLI/Documents/Sem13/4_presentation_FARN_P-Renoux_19juin2013.pdf). Etc. Je suppose que la liste des choses à prévoir est longue, c’est aussi pour cette raison que le nucléaire n’est plus compétitif par rapport aux énergies vertes. Mais la liste n’est malheureusement jamais assez longue. Il suffit d’un virus, une pandémie, et le problème peut devenir rapidement insoluble (voir le roman de Yannick Monget, Résilience).
La centrale la plus affectée après Dampierre serait sans doute celle de Belleville à 40 km de là. A Fukushima, on a des territoires interdits à plus de 40 km donc on peut supposer que les équipes de Belleville devraient travailler en milieu fortement contaminé. Heureusement, les normes post Fukushima ont imposé un bunker de crise donc des hommes pourraient rester. Mais ils devraient sortir aussi pour la maintenance. Mais combien de temps ? Qui ravitaille ? Qui accepte d’y travailler ? Il faut un pouvoir centralisé et l’armée, sinon tout le monde fuit. Le nucléaire amène inévitablement un état policier, voire totalitaire, pour conserver la sécurité de la majorité. Hélas, l’état s’est déjà montré fortement policier pour imposer l’énergie nucléaire et maintenant pour imposer l’enfouissement des déchets à Bure.
Ça serait intéressant, au lieu de croire comme l’ont fait les Japonais à la sûreté des centrales, de se renseigner pour savoir comment on prévoit en France d’arrêter un feu de piscine. Je n’ai jamais rencontré de texte là-dessus, il faudrait demander à l’ASN ou à l’IRSN. Ils ont des adresses de contact, normalement ils répondent.

Tim 15/03/2018 14:36

Merci pour ton retour Pierre.
Suite à ta reponse j'ai une nouvelle question.
Imaginons, Un accident majeur est intervenu a Dampierre et on évacue en urgence un périmètre de 250km autour de la centrale. Dans ce périmètre se trouvent, si je ne me trompes pas, au moins 5 autres centrales. Est ce que, humainement, on est capable de mettre en sécurité ces centrales ou est ce qu'un effet domino risque d'avoir lieu? Un effet domino de centrale à centrale contaminerai, la France, l'Europe voir le monde entier avec les courants de vents si je ne me trompes pas ? Quelles seraient les conséquences pour notre planète et nous les humains ?

Pierre Fetet 13/03/2018 21:56

Bonjour Tim,
La centrale de Dampierre est au centre de la France. Une catastrophe du même type que Fukushima peut se produire évidemment à cet endroit, il suffira d’une erreur humaine, d’un directeur de centrale qui décide de se suicider, d’un terroriste intelligent, d’une cuve défaillante. Pas besoin de tsunami ni de tremblement de terre… Donc, si on écoute Naoto Kan, dans le cas où on n’a pas la même chance qu’au Japon, faisons un cercle de 250 km autour de Dampierre, on atteint Paris et il faut évacuer une bonne moitié de la France. Je ne vous parle pas des vents dominants qui porteront ces poisons éternels dans les autres pays européens. L’Europe éclatera, les Français seront haïs.
Je ne viens pas du milieu nucléaire, j’ai tout appris en essayant de répondre à des questions sur le fonctionnement de la centrale de Fukushima Daiichi et en essayant de comprendre comment ça a pu se produire. Il y a un certain aveuglement de l’ensemble de la population française vis-à-vis du danger du nucléaire. Tout est fait pour qu’on ne sache rien des dangers. Il suffit de répéter chaque jour que c’est propre, pas cher, sûr, et ça marche.
Je ne suis pas spécialiste de la collapsologie, je ne savais même pas que ça existait il y a quelques années. Donc je n’ai vraiment de référence, je suis désolé. J’ai trouvé cette page sur le portail du risque, il y a pas mal de liens dans pas mal de domaines, peut-être y trouveras-tu des réponses à tes questions : http://www.iut.u-bordeaux.fr/portaildurisque/928-acteurs-des-domaines-qhse.html

Ginette Martin 12/03/2018 19:20

Avec beaucoup d'émotion, j'ai regardé le reportage télé sur le retour à Naraha. On avouait que la radioactivité était limite, même si les données étaient en deçà de la réalité, on montrait les quantités énormes de sacs de terre polluée, on montrait aussi que les gens y recevaient de la nourriture non-contaminée venue d'ailleurs pour rester en vie, que certains cadres ne dormaient pas sur place, etc...
Les journalistes ont montré ce qu'on leur laissait voir et cela aurait pu être pire dans le "tout va bien".
J'ai senti ces gens très courageux et en situation très précaire. Si je les rencontrais, je les laisserais à leur minuscule espoir, même s'il est assez dérisoire.

binnendijk 12/03/2018 18:53

Merci Pierre pour votre travail.

gandja669 12/03/2018 08:23

Merci pour ce compte rendu riche d'informations !
La première fois que j'ai entendu parler du programme ethos c'étais sur la conférence de tcherno23.
C'est même d'ailleurs ce qui est prévu en france en cas d'accident mais ça, tout ceux qui m'ont ri au nez lorsque je tentais vainement de leur expliquer en quoi ce programme consiste l'apprendront tôt ou tard a leurs dépend vu que nos dirigeants semblent persister dans cette voie sans issue qui, au moindre faut pas, nous feras passer du tout au rien de moins de temps qu'il en faut pour le dire.

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